vendredi, 23 novembre 2007
Wolodymir Kubijovytsch

23 novembre 1900: Naissance à Novi Sacz de Wolodymir Kubijovytsch (Koubiyovitch), qui sera le Président de l’UCC ou « Comité National Ukrainien ». Formé à l’Université de Cracovie en Pologne, où il étudia la géographie, la géologie et l’histoire, puis y enseigna la géographie et l’ethnologie; Wolodymir Kubijovytsch devint en 1939 le principal organisateur de l’UCC, instance créée pour représenter les Ukrainiens de Pologne face aux nouveaux occupants allemands.
Son principal souci fut de soustraire ses ouailles ukrainiennes à la déportation vers les usines allemandes et à les faire affecter à des travaux agricoles sur place. Par ailleurs, il favorise l’éclosion d’une culture ukrainienne à l’ouest de l’ancienne frontière soviétique. Il obtient du « Reichsprotektor » de Bohème-Moravie l’autorisation de créer une université ukrainienne à Prague. Il sera très déçu, après l’entrée des troupes allemandes en Ukraine soviétique, car aucun gouvernement ukrainien autonome ne verra le jour. Aucune proclamation en faveur de l’unification ukrainienne ne fut jamais prononcée. Pire, le gouverneur national-socialiste de l’Ukraine, Erich Koch, ne pratiquait aucune politique favorable aux Ukrainiens. Quant aux Ukrainiens de Transnistrie, territoire annexé à la Roumanie, ils subissaient de terribles discriminations.
Après Stalingrad, la panique s’empare toutefois de tous les Ukrainiens (et forcément des Allemands), qui décident de faire front commun contre les Soviétiques. L’UCC participe à l’effort commun. 82.000 hommes se portent volontaires, 13.000 seront sélectionnés pour former une « Division galicienne », qui affrontera héroïquement les Soviétiques en juin 1944, mais sera complètement décimée sous le choc inégal. Ses restes, augmentés de nouveaux volontaires, se battront contre les insurgés slovaques dans les Carpates et contre les partisans titistes en Slovénie. Après s’être rendus aux Britanniques en Autriche, beaucoup de ces soldats seront livrés aux Soviétiques, qui les massacreront ou les disperseront dans l’archipel du Goulag.
Wolodymir Kubijovytsch survivra à la tourmente, reviendra enseigner à Prague, avant de partir en exil à Paris. Il déploiera une activité débordante, rédigera près de 80 monographies et réalisera l’œuvre de sa vie : l’Encyclopédie de l’ukrainologie, rédigée en anglais et en ukrainien. Il meurt le 2 novembre 1985 à Paris.
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L' "Empire" e l'Impero
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Qui suis-je? Henri Vincenot !

Qui suis-je? Henri Vincenot
Henri Vincenot est, dans la République des Lettres, un personnage parfaitement atypique. Sans doute aurait-il apprécié ce compliment car, au propre comme au figuré, il aimait marcher hors des sentiers battus. Il a longtemps porté en lui une œuvre que le public n’a découverte que très tardivement.
Dans ce ” Qui suis-je ? Vincenot”, l’auteur nous montre comment le temps perdu a été très vite regagné, comment, en un temps et dans une société où l’anonymat, l’individualisme et la solitude frappent de plein fouet tant de personnes, l’œuvre d’Henri Vincenot continue à nous dire l’importance vitale de l’appartenance à des communautés organiques, le caractère salvateur de l’enracinement, l’impérative nécessité d’une identité - identité parfois niée, souvent oubliée -, que cette lecture nous conduit à redécouvrir. Car le conteur prend par la main celui qui ouvre un de ses livres pour la première fois et il ne le lâche plus; non pour l’enfermer dans un univers purement livresque, mais pour lui onvrir les portes d’nne vie authentique, libérée des pesanteurs des mensonges et des dogmes de la modernité. À ce titre, Vincenot est un éveilleur. Il connaît l’importance des initiations. Là où il est, il contemple avec ses yeux malicieux et son sourire un peu narquois, sous sa moustache de Gaulois, les pauvres insectes qui s’agitent fébrilement, mais en vain, dans la termitière. Et il montre du doigt, à ceux qui veulent bien regarder et qui méritent de l’entendre dire, le chemin des étoiles.
Editions Pardes
par Pierre Vial 128 p., ill., 12 €
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