22.03.2008
Charles Kay Ogden

22 mars 1957 : Mort à Londres de l’écrivain et linguiste Charles Kay Ogden, inventeur des méthodes d’enseignement du “basic English”. Ogden forge effectivement les règles d’un anglais standardisé, uniformisé, apte à être enseigné sur la planète entière. Il commence ce combat dès 1912 et achèvera de mettre sa méthode au point vers 1934, une méthode qui se base, entre autres choses, sur une étude précise de la signification des mots. Tout au long de cette période de maturation de sa pensée, le grand public se désintéresse de ses efforts. La seconde guerre mondiale et l’alliance indéfectible entre Churchill et Roosevelt va changer sa situation. Le Premier Ministre britannique, dont on connaît le bellicisme outrancier, l’appelle en 1943 pour diriger un comité afin de diffuser dans le monde le “basic English” et sanctionner, par là, la victoire des puissances maritimes sur le continent européen. C’est Ogden qui est le linguiste à la base de la plupart des méthodes utilisées dans l’enseignement de l’anglais en dehors des pays anglophones.
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14.05.2007
Dictionnaire des onomatopées
Dictionnaire des onomatopées,
par Marc Laudelout
http://louisferdinandceline.free.fr/index2.htm
Bulletin célinien n°240, avril 2003
Bien qu’ils soient couramment utilisés, ces mots sont pour la plupart traités avec désinvolture, sinon ignorés par les dictionnaires et les grammaires. Ce sont pourtant bien des mots qui rendent compte de réalités précises, mais dont l’inventaire n’avait jamais été effectué par quiconque. Pierre Enckell et Pierre Rézeau en ont répéré, avec passion et exactitude, les apparitions dans des milliers d’ouvrages anciens et modernes, pour les classer et les analyser selon les meilleures normes lexicographiques. De ah à zzz, leurs origines lointaines y sont déterminées, leurs emplois actuels sont définis, leurs sens divers classés et illustrés par une multitude d’exemples où Balzac et Claudel côtoient... Céline. Comme on s’en doute, celui-ci tient une belle place dans ce dictionnaire où se retrouvent des citations de ses romans, mais aussi des fameuses satires que d’aucuns appellent improprement " pamphlets ". C’est dans un roman échevelé comme Guignol’s band que le choix est le plus vaste : de "bing" à "badaboum" en passant par "vraoum" ou "vlaouf", la moisson est ample.
Avec ce dictionnaire, c’est tout un pan méconnu de notre langue qui est révélé. Écoutons Jean-Paul Resweber, le préfacier : " La musique de l’onomatopée est légère et brève, même si elle se répète à la façon d’une ritournelle, car le rythme en souffle la mélodie à chaque avancée. Elle imite les bruits du monde à la légère, sans tension ni crispation. Elle nous invite à affleurer à la superficie du monde, en nous faisant renoncer à l’illusion tragique des profondeurs. Elle nous répète que le monde est un jeu : le jeu de l’enfant héraclitéen qui sautille sur le damier de la marelle. Nietzsche rêvait que les mots perdent enfin leur sérieux, pour jouer la musique du monde et nous faire danser sur les choses. L’onomatopée nous rappelle à cette insoutenable légèreté de l’être du monde. " Comme on le voit, ce livre qui peut, au premier abord, paraître frivole ne l’est pas du tout. Et l’on a ainsi la confirmation que Céline, musicien hors pair, utilise avec brio toutes les ressources du langage – le trésor onomatopéique n’étant assurément pas le moindre.
M. L.
Pierre ENCKELL & Pierre RÉZEAU. Dictionnaire des onomatopées, Presses Universitaires de France, 584 pages.
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