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lundi, 21 septembre 2026

À propos de la crise énergétique en Europe

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À propos de la crise énergétique en Europe

Carlos X. Blanco

L’Europe occidentale manque de ressources énergétiques fossiles. Contrairement à des géants tels que la Chine — qui est en passe de devenir un « État électrique » —, les États-Unis ou la Russie, qui disposent d’importantes ressources énergétiques propres, les États européens sont, dans ce domaine également, devenus dépendants.

La subordination politique et militaire des pays européens depuis l’occupation de 1945 est devenue chronique. Dans une civilisation technologique, celui qui possède et contrôle l’énergie contrôle dans une large mesure le pouvoir. Les précédentes crises pétrolières — comme celle des années 1970 — ont montré que les Européens doivent être prêts à abandonner à tout moment leur voiture au profit du vélo. De même, maintenir les niveaux élevés de consommation des Européens tout en payant des prix exorbitants pour l’énergie et sans disposer d’énergies renouvelables suffisamment développées entraînera la ruine économique de cette partie du monde.

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La « crise d’Ormuz », c’est-à-dire l’attaque injustifiable des États-Unis contre la République islamique d’Iran, constitue une preuve supplémentaire de l’incompatibilité des intérêts et des objectifs des États-Unis, d’une part, et de l’Europe, d’autre part.

Selon la presse, les agressions américaines ont provoqué un tel blocage des voies d’approvisionnement que les Européens ont dû, et devront encore, supporter un surcoût considérable sur leurs importations de pétrole brut. Quatre pays européens seulement — les Pays-Bas, l’Italie, la France et l’Espagne — devront payer 41 milliards d’euros supplémentaires en raison du blocage du détroit d’Ormuz, selon Euronews. Sur ces 41 milliards, 8 milliards incomberont au Royaume d’Espagne.

Les États européens, qui manquent d’énergie et de nombreuses ressources fondamentales pour l’industrie technologique moderne, ont eux-mêmes provoqué leur dépendance, leur soumission et leur absence d’autonomie stratégique. En vain, la presse atlantiste, qui continue d’endoctriner l’Europe, accusera les «radicaux» iraniens du blocage du détroit d’Ormuz et de l’instabilité au Moyen-Orient. Pourtant, les attaques illégales et brutales lancées par Trump, qui ont notamment comporté l’assassinat ciblé de négociateurs et de dirigeants politiques, sont la véritable cause de cette crise qui ruinera l’Europe.

Sur le plan géopolitique, les États-Unis forment une grande île, relativement isolée des bouleversements affectant le reste de la planète. Il s’agit d’une vaste île dotée de ses propres ressources minières et énergétiques, où le Nord yankee peut se réfugier ou se replier en cas d’accumulation de défaites, en exploitant le sud de son propre continent — «l’arrière-pays de la doctrine Monroe» —, en s’emparant du Groenland, etc.

Pourtant, les Européens ont vu, sous leurs propres yeux, les Américains déclencher des conflits contraires à leurs intérêts objectifs, les enfonçant encore davantage dans une dépendance quasi coloniale remontant à 1945. Ignorer cette asymétrie est fatal. Il existe des attaques et des actions que les Américains peuvent, pour le moment, se permettre, mais pas les Européens.

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L’explosion du gazoduc Nord Stream, le 26 septembre 2022, acceptée et même dissimulée par l’Allemagne — le premier pays d’Europe occidentale à en avoir subi les conséquences —, suivie par la soumission des autres pays européens directement concernés par ce gazoduc, constitue un autre cas flagrant: les intérêts des États-Unis et ceux de l’Europe ne coïncident pas. Au contraire, ils sont contradictoires: ce qui profite à l’une des parties nuit nécessairement à l’autre, et inversement.

Le gaz russe, accessible et bon marché pour une grande partie de l’Europe, est désormais interdit sur ordre des États-Unis. L’Europe achète du gaz coûteux aux États-Unis et, par pur esprit de servilité, refuse de négocier avec la Russie. L’enracinement du conflit ukrainien, devenu une véritable guerre de l’OTAN contre la Russie, peut être interprété comme un nouvel épisode de la colonisation américaine de l’Europe.

Les dirigeants et les principaux partis au pouvoir dans les États européens sont influencés, sinon directement choisis, par les États-Unis. La mise en scène de certaines frictions ou divergences entre Trump et ses alliés ne saurait masquer les faits objectifs. Pour atteindre leurs objectifs géopolitiques, les Américains sont disposés à précipiter toute l’Europe dans la ruine économique.

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Le cas espagnol est assez représentatif et comparable au cas allemand. Madrid obtenait de l’Algérie — plutôt que de la Russie — un gaz bon marché et géographiquement proche, couvrant plus de 30% de ses besoins.

La politique de soumission à l’axe atlantique menée par le gouvernement de Pedro Sánchez et le PSOE a provoqué une paralysie des relations avec l’Algérie au cours de l’exercice 2022-2023, blocage auquel il est aujourd’hui remédié.

Plus de 600 millions d’euros ont été perdus en raison de la soumission absolue de Madrid à Rabat, uniquement pour s’aligner sur l’axe atlantiste-sioniste auquel Rabat appartient. L’Espagne doit être le seul cas au monde où un État européen appartenant — prétendument — au «monde libre» et «avancé» est colonisé par une dictature nord-africaine où règnent le sous-développement et l’ignorance.

Cela ne peut s’expliquer que par la vassalité atlantiste. Pourtant, une analyse superficielle des chiffres relatifs aux investissements des entrepreneurs espagnols au Maroc et à ceux des entrepreneurs marocains en Espagne révèle le contraire.

Lors de cette désastreuse crise de 2022, au cours de laquelle l’Espagne a renoncé de facto au Sahara — un territoire qui aurait dû être décolonisé, mais qui demeure de jure sous souveraineté espagnole —, le gouvernement de Madrid a adopté une attitude analogue à celle du gouvernement allemand lorsque le gazoduc Nord Stream a été dynamité sous ses yeux: la ruine nationale et la trahison des intérêts souverains devaient être acceptées avec impassibilité ou résignation en raison de la vassalité envers l’atlantisme, c’est-à-dire envers les États-Unis.

À moins d’un tournant populiste radical, le gouvernement espagnol sera toujours dominé par le gouvernement marocain et risquera de perdre le gaz algérien, ou tout autre avantage nécessaire, en échange de son appartenance à l’axe yankee-sioniste-atlantique, au sein duquel Rabat joue un rôle essentiel — contrairement à l’Espagne. Il en va de même pour les Allemands, qui ont encore intensifié le réarmement et la russophobie même après que Nord Stream eut été saboté sous leurs yeux, allant ainsi à l’encontre des intérêts souverains du peuple allemand et de la moitié de l’Europe.

Être l’ami des Américains coûte cher.

Ryan Perkins: la désindustrialisation allemande dans le plan de bataille américain pour la nouvelle Europe

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Ryan Perkins: la désindustrialisation allemande dans le plan de bataille américain pour la nouvelle Europe

Source: https://www.unser-mitteleuropa.com/206014

Ryan Perkins sur l’intégration de l’Europe de l’UE à la politique impériale atlantiste mondiale 

L’auteur et analyste Ryan Perkins explique qu’il n’existe aucun divorce transatlantique. L’Europe serait simplement reconfigurée afin d’accorder aux États-Unis une plus grande liberté d’action dans la région Asie-Pacifique: la désindustrialisation et la financiarisation de l’Allemagne constituent la dot impériale de ce mariage!

Le nouveau rôle de l’Allemagne par la financiarisation, pierre angulaire du plan de bataille américain pour l’Europe

L’article de Ryan Perkins sur la désindustrialisation délibérée de l’Allemagne, traduit en français

Pas de divorce

L’idée selon laquelle les États-Unis et l’Europe se dirigeraient vers une séparation stratégique paraît séduisante sur les plans politique et émotionnel: les différends commerciaux, les subventions industrielles, le partage du fardeau en matière de défense et la rhétorique d’une «autonomie stratégique» européenne sont considérés comme autant de preuves que l’ordre atlantique serait prétendument en train de se désagréger. Mais cela permet seulement aux élites des deux côtés de l’Atlantique de…

    … se bercer, elles-mêmes ainsi que leurs électorats, d’illusions quant à leur capacité d’action politique !

Mais cette idée est fausse! Il n’y aura pas de césure transatlantique, non pas parce qu’un amour perdu aurait été retrouvé, mais parce qu’une telle séparation serait structurellement impossible. Les États-Unis et l’Europe ne sont liés ni par des sentiments ni par des valeurs communes. Ils sont liés par le capital, qu’il est impossible de découpler à une telle échelle.

Au cœur de cette relation se dissimule un fait presque entièrement passé sous silence dans les commentaires des médias [occidentaux] :

    Le stock d’investissements directs croisés entre les États-Unis et l’Europe s’élève à environ sept mille milliards de dollars!

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Il ne s’agit pas de flux commerciaux qui pourraient être réorientés, ni de capitaux de portefeuille qui pourraient être retirés. Il s’agit d’usines, de chaînes d’approvisionnement du secteur de la défense, de banques, d’assureurs, de propriété intellectuelle et d’interconnexions durables entre entreprises, intégrés aux systèmes juridiques nationaux et politiques des deux côtés de l’Atlantique.

Un système édifié sur un socle de capital aussi fondamental ne se désagrège pas: il ne fait que se réorganiser !

Ce à quoi nous assistons aujourd’hui n’est pas l’effondrement de l’ordre atlantique, mais un recalibrage interne au sein d’un empire financier centré sur les États-Unis. Les querelles portant sur la politique industrielle et les dépenses de défense concernent la répartition des coûts et la division du travail, mais ne constituent pas des stratégies de sortie.

Au niveau qui compte réellement, l’intégration s’est au contraire approfondie: les lignes de swap dollar-euro demeurent l’épine dorsale de la stabilité financière mondiale. La coordination réglementaire est aujourd’hui encore plus étroite qu’avant la crise financière mondiale. Lors de chaque période de tension — comme en 2008, durant les crises de l’euro et du Covid, ou lors du choc énergétique —, la coordination s’est au contraire intensifiée et ne s’est nullement délitée.

Ce n’est pas ainsi que se déroulent les divorces. C’est ainsi que se comportent les empires financiers qui ne se dissolvent pas d’eux-mêmes: ils se contentent de réagir et de se réorganiser!

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Le facteur chinois

La logique stratégique à l’origine de ce réalignement est la Chine:

Washington considère la région Asie-Pacifique comme le théâtre décisif de la lutte pour la suprématie au XXIe siècle, précisément parce que la Chine est la seule puissance qui serait capable de contester la suprématie technologique, industrielle et militaire des États-Unis. Cette appréciation entraîne une conséquence inévitable: les États-Unis doivent retirer des ressources d’Europe sans pour autant laisser s’effondrer l’ordre sécuritaire européen.

En d’autres termes, l’Europe doit devenir un pilier suffisamment fiable de l’OTAN pour que les États-Unis puissent déployer leurs forces ailleurs:

    Cela n’exige pas l’indépendance européenne — cela l’exclut au contraire!

Cela nécessite toutefois des capacités européennes — budgétaires, industrielles et institutionnelles — permettant à l’Europe de gérer sa propre zone tout en restant pleinement intégrée au système atlantique.

Ce qui change réellement

C’est pourquoi l’Europe remanie discrètement son système d’exploitation économique:

Les emprunts communs de l’UE, autrefois tabous, sont devenus la norme. On attend désormais de la Banque centrale européenne qu’elle stabilise les marchés des obligations souveraines en temps de crise, plutôt que de rester à l’écart. La discipline budgétaire a cédé la place à la capacité d’action budgétaire…

    …ce qui apparaît le plus clairement dans l’abandon, par l’Allemagne, du frein à l’endettement !

Les politiques de défense et industrielle ne sont plus considérées comme des réponses temporaires à des situations d’urgence, mais comme des composantes permanentes du paysage économique.

Rien de tout cela ne crée un super-État européen. Mais, prises ensemble, ces transformations rendent l’Europe financièrement lisible et opérationnellement mobilisable dans un monde où les États-Unis partent du principe qu’ils seront occupés ailleurs.

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Le nouveau rôle de l’Allemagne dans le nouveau concept européen

Le déclin industriel de l’Allemagne n’est pas le fruit accidentel d’une mauvaise politique énergétique:

    Il s’agit de la reconfiguration stratégique d’un État central au sein de l’empire financier [atlantique]!

La fermeture des centrales nucléaires et l’abandon de la dépendance au gaz russe n’étaient pas des erreurs, mais le démantèlement contrôlé d’un modèle d’exportation obsolète, incompatible avec une zone euro unifiée. En bref, les excédents commerciaux persistants de l’Allemagne et son autoritarisme budgétaire — l’«ordolibéralisme» allemand — ont déstabilisé la périphérie de l’Europe. La véritable fonction de l’Allemagne est passée de la production de biens à la gestion financière — d’hégémon industriel à ancrage financier. Cette financiarisation ne constitue…

    …aucunement un signe d’indépendance européenne, mais celui d’une intégration plus profonde dans un système dirigé par les États-Unis!

[Note de la rédaction: L’école de pensée ordolibérale fut fondée dans la première moitié du XXe siècle par les économistes de l’école de Fribourg. Elle constituait un courant de pensée économique selon lequel l’État fixe un cadre juridique stable afin de garantir la libre concurrence et la liberté du marché.

L’ordolibéralisme sert de fondement théorique à l’économie sociale de marché en Allemagne et en Europe centrale. Il associe les principes de performance et de responsabilité à la compensation sociale, une approche qui est toutefois demeurée complètement étrangère à l’Occident.

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Après 1945, les idées de l’école de Fribourg servirent de fondement théorique à l’ordre économique ouest-allemand sous Ludwig Erhard (photo). L’objectif était d’empêcher les monopoles et les cartels afin de permettre la libre concurrence. Une monnaie stable devait en constituer le fondement décisif.

Associée à la Deutschland AG [1], cette école de pensée allemande devait apparaître comme un chiffon rouge aux yeux des représentants de l’impérialisme et du néocolonialisme atlantistes. Dans la lutte décisive pour reconfigurer le modèle économique allemand en fonction de l’impérialisme économique atlantiste, l’ordolibéralisme allemand fut, au tournant du millénaire, de plus en plus pris pour cible par les curateurs atlantistes. Ceux-ci le firent ensuite dénigrer comme relevant prétendument de la «vieille école», conjointement avec la Deutschland AG, avant de les éliminer définitivement dans le sillage de la crise financière de 2008. Parallèlement, l’Allemagne fut atlantisée.

Les articles de Ryan Perkins portent sur ce nouvel ordre européen consécutif à la prise de contrôle atlantiste, strictement conforme au modèle de domination atlantiste sous une oligarchie qui ne tolère les démocraties simulées que dans certaines limites].

En abandonnant son frein à l’endettement et en acceptant une dette collective de l’UE, l’Allemagne s’est transformée en garante budgétaire de la stabilité continentale. Cela rend possible une Europe plus performante et capable de s’autofinancer, qui agit de façon autonome dans la gestion quotidienne — afin que les États-Unis puissent déplacer leur puissance, leurs ressources et leur attention vers la compétition décisive dans la région Asie-Pacifique:

    La désindustrialisation de l’Allemagne est le prix à payer pour devenir un pilier fiable de cette structure impériale!

L’Ukraine et l’escalade contrôlée

L’Ukraine se trouve au centre de ce nouvel ordre.

La tâche de l’Europe n’est pas de remplacer la puissance militaire américaine, mais de soutenir l’Ukraine sur le long terme et de conserver la possibilité d’intensifier, voire de «rallumer», un conflit gelé chaque fois que cela paraîtrait opportun sur le plan géopolitique — sans obliger les États-Unis à maintenir de nouveau d’importantes forces armées sur le continent. Cela nécessite de l’argent, de la logistique et des capacités de production [chez les Européens de l’UE], mais aucune autonomie rhétorique.

La nouvelle architecture financière européenne est précisément conçue à cet effet !

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Réarmement sans indépendance

Le réarmement de l’Europe ne signifie toutefois pas l’indépendance de sa politique de défense. Bien au contraire!

Les équipements militaires les plus modernes continueront d’être achetés aux États-Unis, avec une production supplémentaire sous licence, notamment dans les pays d’Europe orientale. Les accords transatlantiques conclus en juillet en vue de réorienter le commerce et la sécurité engagent de fait l’Europe à…

    … acheter pour quelque 600 milliards de dollars d’armements américains au cours des dix prochaines années!

Cela lie directement le développement militaire européen aux capacités industrielles des États-Unis!

Ce n’est pas un hasard. Cela est présenté comme le prix de la rapidité, de l’ampleur et de l’interopérabilité, mais lie inévitablement l’Europe aux chaînes de commandement américaines et…

    …garantit que Wall Street en prélèvera, comme toujours, sa part!

La nouvelle division européenne du travail

Ce qui se dessine n’est pas une Europe souveraine, mais une Europe fonctionnelle, organisée selon des schémas manifestement impériaux:

- La France fournit une marge d’appréciation politique et une crédibilité militaire. L’Allemagne apporte la profondeur de ses bilans, tandis que son modèle industriel axé sur les exportations s’érode et que le financement par le déficit devient inévitable.

- L’Europe du Sud sert de zone de transmission budgétaire et de demande.

- L’Europe de l’Est devient l’atelier industriel où se déroulent la production d’armes sous licence, les activités manufacturières énergivores et la logistique avancée, étroitement intégrées aux systèmes de l’OTAN.

Ce n’est pas de la convergence, mais bien de la différenciation!

L’autonomie stratégique comme simple théâtre politique

Le discours sur l’«autonomie stratégique» persiste avec ténacité parce qu’il remplit une fonction politique utile. Il permet aux chefs d’État et de gouvernement européens de justifier l’expansion budgétaire, les dépenses militaires et la centralisation institutionnelle sans devoir reconnaître que ces changements enchaînent davantage l’Europe au système atlantique, au lieu de desserrer ces liens:

    La rhétorique est tournée vers l’extérieur, mais les structures vers l’intérieur!

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Il n’existe aucune issue à ce système

Une véritable séparation transatlantique exigerait des contrôles de capitaux, des sanctions financières entre alliés ou l’effondrement de la coopération en matière de liquidités dollar-euro. Rien de tout cela n’est même de loin plausible. Toutes ces mesures entraîneraient des pertes trop importantes pour que l’une ou l’autre partie veuille les supporter.

L’ordre atlantique n’est pas maintenu par la bonne volonté, mais par le fait qu’une sortie serait financièrement catastrophique.

Conclusions

Les relations transatlantiques ne prennent pas fin: elles sont simplement reconfigurées pour une époque marquée par la rivalité entre les États-Unis et la Chine.

L’Europe est recapitalisée, centralisée et militarisée — non pas pour échapper à la puissance américaine, mais pour permettre à celle-ci d’être employée ailleurs. Les États-Unis ne perdent pas l’Europe: ils délèguent simplement la gestion d’un théâtre d’opérations [territoire occupé] afin de pouvoir se concentrer sur un autre.

Ce qui repose sur sept mille milliards de dollars de capitaux irrécupérables ne se dissout pas:

    Cela ne fait que s’adapter — au service de l’Empire!

Note:

[1] Il existait en Allemagne, jusqu’au tournant du millénaire, un système comparable, la «Deutschland AG», qui s’était développé comme fondement de l’essor industriel de l’Allemagne après la fondation du deuxième Empire allemand en 1871. La structure de la Deutschland AG fut progressivement démantelée, à commencer par l’assassinat, le 30 novembre 1989, d’Alfred Herrhausen, alors président de la Deutsche Bank, par des services atlantistes, avant d’être définitivement éliminée en 2008. La dissolution étatique ultérieure de la République fédérale d’Allemagne au sein du système financier atlantique s’en trouvait ainsi nécessairement prédéterminée.

* * *

Les articles de Ryan Perkins font partie d’une série consacrée à la désindustrialisation de l’Allemagne et à la restructuration de l’Europe dans le cadre de l’Empire américain.

À propos de l’auteur: Ryan Perkins est analyste principal et rédacteur pour le Global Economic Indicator. Il vit à Pékin. Ses analyses ont été publiées dans des médias internationaux tels que The Atlantic Magazine et ont été sollicitées aussi bien par des entreprises que par des groupes de réflexion. Son blog Substack s’est classé à la 49ème place dans la catégorie «Actualités mondiales et politique».

Le livre L’esprit dans la machine de Ryan Perkins, consacré à la technocratie capitaliste, souvent confondue avec le marxisme | Source : ryanperkins.sustack.com

- L’article de Ryan Perkins du 27 décembre 2025, « Désindustrialisation délibérée : le nouveau rôle de l’Allemagne par la financiarisation dans le plan de bataille américain pour l’Europe », en version originale anglaise - ICI: https://ceinewsletter.substack.com/p/deindustrialization-...

- L’article d’UM de Ryan Perkins du 16 décembre 2025, « Le théâtre politique de Friedrich Merz » - ICI: https://www.unser-mitteleuropa.com/205934

- L’article d’UM de Ryan Perkins du 29 octobre 2025, « La désindustrialisation de l’Allemagne est un coup d’État du capital ! » - ICI: https://www.unser-mitteleuropa.com/205668

- L’article d’UM de Ryan Perkins du 10 novembre 2025, « Finale du coup d’État du capital : l’Europe démantelée entre les États-Unis et la Chine ! » - ICI: https://www.unser-mitteleuropa.com/205778   

- L’article d’UM sur le « sombre accord » du 17 janvier 2025 — comment et quand le transfert planifié et systématique de richesses vers les États-Unis a commencé - ICI: https://www.unser-mitteleuropa.com/157313 

- L’article d’UM de Ryan Perkins du 20 novembre 2025, « La vassalisation de l’Europe et la Pax Americana dans la pénombre du crépuscule » - ICI: https://www.unser-mitteleuropa.com/205842

Quand la politique étrangère devient une politique industrielle - ce que Volkswagen révèle du modèle allemand

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Quand la politique étrangère devient une politique industrielle - ce que Volkswagen révèle du modèle allemand

Elena Fritz

Source: https://t.me/global_affairs_byelena

Volkswagen a nettement revu à la baisse ses prévisions pour 2026. On peut y voir un problème propre au groupe: coûts, Porsche, logiciels, politique de gamme et transformation.

Mais on peut aussi pousser l’analyse un peu plus loin.

Car le cas de Volkswagen montre avec une grande précision à quel point les conditions permettant à l’industrie allemande de réussir ont changé.

Pendant longtemps, la Chine a représenté pour les constructeurs automobiles allemands à la fois un marché, un site de production et une source de bénéfices. Aujourd’hui, elle est également devenue un concurrent technologique et industriel qu’il faut prendre au sérieux, non seulement sur son propre marché, mais aussi, et de plus en plus, en Europe et sur les marchés tiers.

De leur côté, les États-Unis, depuis longtemps, ne considèrent plus le commerce comme une simple question d’ouverture des marchés. Les droits de douane, les subventions, l’accès aux marchés et les décisions d’implantation font désormais partie d’une politique industrielle stratégique.

L’Union européenne commence elle aussi à réagir: au moyen de droits compensateurs, du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF), d’une politique des matières premières, de marchés publics stratégiques et de tentatives visant à faire davantage du marché intérieur un levier de politique économique.

Il ne s’agit plus seulement de savoir si une entreprise allemande produit de manière suffisamment efficace ou si elle est capable de rester à la hauteur sur le plan technologique.

Il s’agit de savoir dans quelles conditions politiques elle peut encore produire, d’où viennent l’énergie et les matières premières, quels marchés demeurent ouverts, qui définit les normes technologiques et dans quelle mesure les dépendances économiques peuvent être exploitées à des fins de politique étrangère.

C’est précisément ici que la politique étrangère commence à devenir aussi une politique industrielle.

Pendant longtemps, le modèle allemand a reposé sur une combinaison exceptionnellement favorable: une énergie relativement bon marché, des marchés mondiaux ouverts, une demande croissante en Chine, la protection des États-Unis en matière de sécurité et des chaînes d’approvisionnement mondiales résilientes.

Plusieurs de ces conditions s’érodent simultanément. C’est pourquoi l’annonce que fait Volkswagen est plus intéressante qu’un simple avertissement sur résultats (!).

Elle montre que l’Allemagne ne doit pas seulement débattre des stratégies d’entreprise, mais aussi des conditions permettant de maintenir sur son territoire la création de valeurs industrielles.

Il ne s’agit pas pour autant d’autarcie, mais de marge de manœuvre stratégique. Un pays industriel est en mesure d’agir lorsque, en matière d’énergie, de matières premières, de technologies, de capitaux et de débouchés, il ne dépend pas d’une seule configuration politique.

C’est précisément là que réside le véritable défi pour l’Allemagne: non pas choisir entre Washington, Pékin ou un autre centre de pouvoir, mais être capable d’entretenir des relations avec plusieurs centres de pouvoir sans devenir dépendante de l’un d’entre eux au point que ses décisions économiques puissent lui être dictées de l’extérieur.

Volkswagen est donc bien plus qu’un constructeur automobile en difficulté.

Le groupe illustre un modèle économique allemand désormais plongé dans un monde où la puissance économique est de nouveau plus étroitement liée au pouvoir politique, à la maîtrise technologique et au contrôle des ressources.

C’est précisément pourquoi la question de l’avenir de Volkswagen finira par devenir celle de la position stratégique de l’Allemagne elle-même.

#geopolitiek@global_affairs_byelena

 

dimanche, 20 septembre 2026

Clause de l’ONU: l’Allemagne reste un État ennemi des Nations-Unies!

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Clause de l’ONU: l’Allemagne reste un État ennemi des Nations-Unies!

Michael von der Schulenburg,

député européen et diplomate auprès de l’ONU

Source: https://www.anonymousnews.org/hintergruende/un-klausel-de...

Le député européen (BSW) et diplomate de longue date aux Nations unies Michael von der Schulenburg met en garde le gouvernement fédéral allemand : la clause dite des États ennemis, qui autorise dans certains cas une intervention militaire contre les anciennes puissances de l’Axe, n’est ni oubliée ni obsolète.

Lorsque les Alliés de la Seconde Guerre mondiale élaborèrent la Charte des Nations unies, ils souhaitaient créer un système mondial de sécurité collective. Celui-ci devait avoir pour objectif de «préserver les générations futures du fléau de la guerre». En adoptant la Charte des Nations unies, tous les États membres s’engagèrent également à régler désormais leurs différends exclusivement par des moyens pacifiques, et non plus par la force militaire. Les décisions relatives au recours à la force pour maintenir ou rétablir la paix ne devaient plus être prises que collectivement, d’abord par les onze membres, et aujourd’hui par les quinze membres du Conseil de sécurité des Nations unies.

La Charte des Nations unies contient toutefois une exception aujourd’hui largement tombée dans l’oubli: la clause dite des États ennemis, figurant aux articles 53, 77 et 107. Elle confère aux anciennes puissances alliées victorieuses le droit de prendre, même sans mandat du Conseil de sécurité, des mesures militaires contre les États ennemis appartenant autrefois aux puissances de l’Axe, afin d’empêcher toute nouvelle agression de leur part. Le Conseil de sécurité étant expressément exclu dans ce cas, cela pourrait signifier que chacun des anciens Alliés est habilité à déterminer lui-même si une ancienne puissance de l’Axe adopte de nouveau une attitude agressive.

Les pays de loin les plus importants auxquels s’appliquait la clause des États ennemis étaient l’Allemagne et le Japon. Mais cette clause demeure-t-elle applicable plus de quatre-vingts ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale? Le gouvernement fédéral allemand répond sans équivoque par la négative. La situation juridique ne paraît cependant pas aussi claire.

Le gouvernement fédéral estime que la clause des États ennemis est depuis longtemps devenue sans objet («obsolète»). Il invoque principalement deux éléments: premièrement, une résolution de l’Assemblée générale des Nations unies datant de 1995 et, deuxièmement, le traité Deux-plus-Quatre de 1990.

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En 1995, l’Assemblée générale constata, dans une résolution adoptée, que l’Allemagne réunifiée faisait partie des États épris de paix et que la clause des États ennemis était donc dépassée. Auparavant déjà, selon l’argumentation du gouvernement fédéral, les quatre puissances victorieuses avaient renoncé, dans le traité Deux-plus-Quatre, à leurs droits particuliers à l’égard de l’Allemagne, ce qui inclurait également les droits découlant de la clause des États ennemis. Mais ces arguments sont-ils réellement valables? Voici quelques considérations :

1. La clause des États ennemis n’a jamais été supprimée de la Charte des Nations unies.

L’Assemblée générale s’est contentée de constater que cette clause devait être considérée comme sans objet à l’égard d’une Allemagne éprise de paix. Le texte de la résolution ne précise toutefois pas que cette clause serait désormais définitivement caduque. Si, à l’avenir, l’Allemagne n’était plus considérée comme un État épris de paix, la clause des États ennemis pourrait-elle être appliquée de nouveau? Il n’existe probablement pas de réponse claire à cette question.

2. Les résolutions de l’Assemblée générale des Nations unies ne sont pas juridiquement contraignantes.

Les résolutions de l’Assemblée générale ont généralement valeur de recommandations. En vertu de la Charte des Nations unies, les décisions contraignantes ne peuvent, en principe, être prises que par le Conseil de sécurité. Or, aucune résolution du Conseil de sécurité n’a jamais formellement abrogé la clause des États ennemis. Les dispositions concernées figurent donc toujours dans le texte de la Charte.

3. La suppression de la clause nécessiterait une modification de la Charte des Nations unies.

La suppression de la clause des États ennemis nécessiterait une procédure formelle de révision conformément aux règles de la Charte. Cela nécessiterait sans doute également la ratification de cette modification par tous les États membres. Rien de tel ne s’est produit et les articles concernés demeurent donc en vigueur.

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4. Le traité Deux-plus-Quatre ne peut pas modifier la Charte des Nations unies.

Le traité Deux-plus-Quatre est certes un traité juridiquement contraignant au regard du droit international. Toutefois, un traité conclu entre l’Allemagne et les quatre puissances victorieuses ne saurait décider d’une modification de la Charte. Le traité ne contient pas non plus de référence à une abrogation expresse de la clause des États ennemis figurant dans la Charte des Nations unies.

5. La Russie pourrait éventuellement dénoncer le traité Deux-plus-Quatre.

La Russie pourrait faire valoir que l’Allemagne a violé l’esprit et la lettre du traité Deux-plus-Quatre, par exemple en raison de sa participation à l’intervention de l’OTAN contre la Yougoslavie en 1999, du stationnement de troupes allemandes en Lituanie ou de la mise en place de structures militaires de l’OTAN sur le territoire de l’ancienne RDA.

Compte tenu des tensions croissantes entre l’Allemagne et la Russie, la clause des États ennemis pourrait retrouver une importance politique. La Chine l’a déjà invoquée dans le cas du Japon. Comme l’a indiqué l’ambassade de Chine au Japon sur X, la Chine aurait le droit de prendre des «mesures militaires directes» sans solliciter l’autorisation du Conseil de sécurité des Nations unies, si le Japon prenait des mesures allant dans le sens d’une nouvelle agression.

La Russie pourrait tenter d’invoquer la clause des États ennemis, comme elle en a déjà menacé, pour justifier des opérations militaires contre des installations allemandes produisant des drones à longue portée destinés à la guerre en Ukraine. Elle pourrait alors soutenir que, par son soutien à l’Ukraine, l’Allemagne est devenue de fait partie prenante à la confrontation.

Il pourrait également être souligné que le gouvernement fédéral a élaboré une nouvelle stratégie militaire exclusivement dirigée contre la Russie. Comme circonstance aggravante, il pourrait être avancé que la dernière stratégie militaire allemande remonte à 1939 et qu’elle conduisit directement à la Seconde Guerre mondiale. Par l’application de la clause des États ennemis — voire par la seule menace de son application —, l’Allemagne pourrait être rattrapée par son passé. Il est douteux que la République fédérale d’Allemagne puisse compter, dans ce cas, sur un soutien international.

Le gouvernement fédéral ne devrait donc pas écarter d’un revers de main la possibilité d’une nouvelle application de la clause des États ennemis, mais se rappeler que, compte tenu de son passé, l’Allemagne a l’obligation particulière d’œuvrer en faveur d’une solution pacifique à la guerre en Ukraine, d’éviter les risques d’escalade et de ne pas aggraver davantage les tensions politiques. À une époque où la confrontation militaire s’intensifie, il serait donc particulièrement judicieux de rechercher le dialogue entre l’Allemagne et la Russie ainsi que des voies de désescalade.

Harcèlements eurocratiques

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Harcèlements eurocratiques

par Georges Feltin-Tracol

Siégeant tantôt à Bruxelles, tantôt à Strasbourg, le Parlement dit européen fait penser à cette boisson des années 1980 dont le slogan publicitaire expliquait que « son nom sonne comme un nom d’alcool… mais ce n’est pas de l’alcool ». En effet, l’assemblée élue de la prétendue Union européenne n’est qu’un organe législatif partiel dépendant du bon vouloir des gouvernements des États-membres et d’une Commission bureaucratique.

Quand cette pseudo-assemblée qui coûte un bras aux contribuables n’approuve pas des directives toujours plus oppressantes pour le quotidien du quidam européen, elle décerne des prix à des agents d’influence qui pratiquent aux quatre coins du monde leur savoir-faire subversif sous le doux nom de «révolution de couleur». Elle vote enfin des résolutions tout aussi abracadabrantes les unes que les autres. Ainsi, le mardi 7 juillet 2026, le Parlement européen entérine-t-il à une très large majorité (414 voix pour, 224 contre et 18 abstentions) la requête de l’APPF présentée sous la forme d’un rapport de 294 pages riche en inversions accusatoires et en analyses biaisées, qui entend surveiller le groupe parlementaire Europe des nations souveraines (ENS).

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Créé au lendemain des élections de 2024 autour des quinze députés de l’AfD (Alternative pour l’Allemagne), ENS compte vingt-sept membres dont la Française Sarah Knafo de Reconquête !, l’Italien Roberto Vannacci, élu sur la liste de la Lega qu’il a quittée pour fonder et diriger Futuro nazionale, et les Hongrois du Mouvement Notre Patrie. Il s’agit de la troisième formation issue des droites radicales, de rupture et de conviction en concurrence avec les Patriotes pour l’Europe (85 élus) présidé par Jordan Bardella, et les Conservateurs et réformistes européens (79 membres parmi lesquels Marion Maréchal) animés par Fratelli d’Italia et les Polonais du PiS (Droit et Justice).

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L’APPF désigne pour sa part l’Autorité pour les partis politiques européens et les fondations politiques européennes. Calqués sur le modèle allemand, les partis politiques associés au sein d’un même attelage européen disposent de fondations qui assurent la formation de leurs élus et la diffusion publique de leurs idées. Leurs frais de fonctionnement reposent sur de larges subventions.

Par exemple, le PPE (Parti populaire européen), dans les mains de la CDU (les démocrates-chrétiens allemands), se tourne vers le Centre Wilfried-Martens pour les études européennes, du nom de l’ancien premier ministre belge.

Les sociaux-démocrates ont la Fondation pour les études progressistes européennes; les Patriotes pour l’Europe la Fondation européenne des patriotes pour l’Europe, CRE Nouvelle Direction – Fondation pour la Réforme européenne et ENS de la Fondation Souveraineté. Les instances soi-disant européennes leur versent chaque année jusqu’à 46 millions d’euros !

De création récente (2016), l’APPF doit d’abord s’assurer de la transparence financière des partis et autres fondations, ce qui est légitime. Mais elle doit aussi vérifier si partis et fondations respectent l’ensemble des valeurs dites fondamentales de l’Union supposée européenne, à savoir le respect de la dignité humaine (mais pas du fœtus?), de la liberté (et l’apartheid vaccinal des temps covidiens?), de la démocratie (avec ou sans les magouilles, bourrages des urnes et recours massif au vote par correspondance?), d’égalité (c’est-à-dire?), de l’État de droit (comprendre accepter la suprématie des juges), de la soumission aux droits humains, y compris du droit des individus appartenant à certaines minorités médiatisées, du pluralisme factice (donc sans opinions tranchées), de la tolérance (surtout envers criminels et délinquants), de la justice (encore une chimère néfaste, car non concrète!), de la non-discrimination (redondance avec l’égalité), de la solidarité et de l’égalité entre femmes et hommes (quid des intersexuels, des trans et autres non-binaires?). Le sort des poux et des morpions demeure une préoccupation secondaire, ce qui dénote d’un spécisme inacceptable…

Fort du vote de ce soi-disant Parlement européen à l’exception des trois groupes patriotes, l’APPF peut désormais vérifier le caractère démocratique d’ENS et des partis nationaux qui composent son équivalent partidaire au mépris d’ailleurs de l’article 4 de la Constitution de la Ve République française qui stipule qu’«ils se forment et exercent leur activité librement».

Cette instance parasite va solliciter des universitaires irréprochables et à l’impartialité proverbiale, sûrement spécialistes ès-extrême droite, pour déterminer si ENS (parti et groupe) respecte ou non ces fameux critères démocratiques. Si leur avis est négatif, ENS risque de perdre son statut de «parti politique européen» et de ne plus recevoir deux millions d’euros de subventions annuelles. En revanche, les membres du groupe ne perdront pas leur mandat.

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Il est facile ensuite d’imaginer que dans quelques temps la présidence du Parlement européen saisira l’OLAF (Office européen de lutte antifraude) à propos de détournements financiers imaginaires autour d’assistants parlementaires impliqués dans la vie politique nationale… Une pareille décision aurait un impact certain en Allemagne où des voix politiciennes, ecclésiastiques, « cultureuses » et médiatiques réclament l’interdiction de l’AfD, premier parti d’opposition du pays…

L’APPF a déjà retiré en 2020 son agrément à l’Alliance pour la paix et la liberté pour des motifs semblables. Cette sympathique structure paneuropéenne regroupait les Allemands de Die Heimat (ex-NPD), Les Nationalistes d’Yvan Benedetti et le Parti populaire Notre Slovaquie. Il serait toutefois inapproprié et téméraire de fouiner autour du PPE abonné aux scandales financiers outre-Rhin, des socialistes européens corruptibles, des Verts et de Renew (centristes libéraux macronistes), fidèles relais bien payés des multinationales étatsuniennes et arabes.

L’APPF s’émeut de propos très politiquement incorrects tenus par Alice Weidel de l’AfD, Éric Zemmour et un responsable du mouvement nationaliste bulgare Renaissance. Cette autorité eurocratique semble méconnaître tout bon sens socio-politique.

Hasard du calendrier, l’APPF doit changer sous peu de président. Le candidat pressenti, le Français Philippe Musquar, pencherait bien trop à droite! Horreur! Il aurait milité chez… Les Républicains! Le comble porte cependant sur son mode de sélection obscure et guère transparent. Le choix final sortirait des discussions intenses entre les secrétaires généraux du Conseil européen, de la Commission et du Parlement européen ! Pour donner des leçons au monde entier, le Parlement dit européen est toujours en pointe. Dommage qu’il ne se les applique jamais !

  • « Chronique flibustière » n° 198.

La stratégie est-européenne de la Grande-Bretagne, 1912–2026

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La stratégie est-européenne de la Grande-Bretagne, 1912–2026

par Zheng Wei

Analyste stratégique freelance 

Source: https://www.linkedin.com/pulse/gro%C3%9Fbritanniens-osteu...

Un siècle d’étranglement par l’«offshore balancer»: la stratégie est-européenne de la Grande-Bretagne, de la poudrière balkanique de 1912 au bourbier du Donbass en 2026.

Sur le grand échiquier géopolitique de l’époque moderne, les effectifs de l’armée britannique n’ont certes jamais égalé ceux des principales puissances terrestres du continent européen. Pourtant, la capacité de Londres à façonner — et à détruire — l’espace géopolitique au cœur de l’Eurasie s’est déployée tout au long d’un siècle. Depuis que Halford Mackinder a formulé sa «théorie du Heartland» en 1904, le centre névralgique stratégique de l’Empire britannique est hanté par un cauchemar immuable: il ne fallait en aucun cas permettre aux ressources essentielles, à l’industrie et à la population de l’Eurasie de s’intégrer en un seul ensemble.

Appliqué à l’espace européen, ce cauchemar stratégique s’est cristallisé en une loi d’airain: il ne fallait jamais que l’industrie de précision, les capacités d’organisation et de mobilisation ainsi que les capitaux de l’Allemagne fusionnent en profondeur avec les immenses ressources naturelles, la profondeur stratégique et l’assise démographique de la Russie.

Afin d’empêcher cette intégration terrestre, la Grande-Bretagne a perfectionné, au cours d’un siècle entier, son rôle traditionnel d’«offshore balancer» pour en faire une technique sophistiquée de fragmentation continentale. Du déclenchement des guerres balkaniques en 1912 afin de couper le chemin de fer de Bagdad, jusqu’à la transformation du Donbass en hachoir destiné à briser, en 2026, la confiance stratégique entre l’Allemagne et la Russie, la stratégie est-européenne de la Grande-Bretagne a toujours suivi la même logique mécanique de la géopolitique.

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1. Le sabotage de la ligne ferroviaire des «3 B»: la mèche de la poudrière balkanique et le premier étranglement continental (1912–1914)

Vers la fin du XIXe siècle, l’unification allemande et l’essor fulgurant de la production industrielle poussèrent Berlin à rechercher de nouvelles voies terrestres pour contourner le blocus des routes maritimes mondiales exercé par la Royal Navy. Le chemin de fer de Bagdad, promu par le gouvernement de Guillaume II — la ligne dite des «3 B»: Berlin–Byzance–Bagdad — constituait un coup de poignard stratégique porté directement contre le cœur du Moyen-Orient, jusqu’au golfe Persique. Une fois cette ligne achevée, les troupes allemandes pourraient non seulement être transférées en quelques jours sur le flanc des Indes britanniques, en échappant à toute opération d’interception de la flotte britannique; cela signifiait en outre que les ressources pétrolières des plaines de Mésopotamie ainsi que les droits d’exploitation tout au long du tracé reviendraient à l’alliance entre l’Allemagne et l’Autriche-Hongrie.

Face à cette menace mortelle, l’appareil diplomatique londonien mit en œuvre des mesures froidement calculées et hautement efficaces:

- Le revirement radical de la posture géopolitique: en 1907, la Grande-Bretagne abandonna le «Grand Jeu» qu’elle menait depuis près d’un siècle contre l’Empire tsariste au Moyen-Orient et en Asie centrale, signa la convention de Saint-Pétersbourg et, au moyen de concessions en Perse et en Afghanistan, attela l’Empire tsariste — longtemps considéré comme son ennemi juré — au char de guerre de l’Entente contre l’Allemagne.

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- L’activation de la zone de fracture balkanique: le point d’étranglement le plus vulnérable du pont terrestre continental reliant Vienne à Constantinople en direction du sud se trouvait dans les Balkans. La Grande-Bretagne toléra et encouragea secrètement la formation de la Ligue balkanique. Les deux guerres balkaniques de 1912 et 1913, présentées en apparence comme des guerres de libération nationale visant à chasser l’Empire ottoman de la région, servirent essentiellement à la puissance maritime pour réduire en ruines le corridor stratégique entre l’Europe centrale et le Moyen-Orient, en provoquant l’affrontement entre le nationalisme slave et les forces pangermanistes.

- Le dilemme de sécurité irréversible: l’héritage des guerres balkaniques fut une Serbie expansionniste soutenue par Saint-Pétersbourg. Ce coin enfoncé à la frontière méridionale de l’Autriche-Hongrie contraignit l’Allemagne à subordonner toute nouvelle extension de sa puissance terrestre à la soumission complète des Balkans, tandis que l’Empire tsariste ne pouvait en aucun cas reculer s’il voulait préserver son rôle de puissance protectrice. La mèche allumée par la Grande-Bretagne dans les Balkans produisit finalement à Sarajevo l’étincelle qui déclencha la Première Guerre mondiale et fit en sorte que les deux grands empires, l’Allemagne et la Russie, s’épuisent mutuellement jusqu’à leur effondrement dans les plaines d’Europe orientale.

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2. Le tournant de l’après-guerre: «Operation Unthinkable» et le rempart devant le rideau de fer (1945–1946)

Les atrocités de la Première Guerre mondiale ne purent empêcher cette logique historique de se répéter. Avant la défaite de l’Allemagne nazie au printemps 1945, les États-Unis et la Grande-Bretagne avaient temporairement favorisé le «plan Morgenthau», qui visait à inonder les mines du bassin de la Ruhr, à transférer toutes les machines-outils lourdes, à désindustrialiser durablement l’Allemagne et à la transformer en un territoire agricole et pastoral docile. Mais lorsque des millions de soldats aguerris de l’Armée rouge se retrouvèrent sur l’Elbe et que le drapeau rouge flotta sur le Reichstag, la peur de Londres passa brusquement de la «revanche allemande» à la «soviétisation complète de l’Eurasie».

Les manœuvres de Churchill au cours de cette période révélèrent sans ménagement le vrai visage des élites de la puissance maritime, dépouillé de toute façade morale:

- «Operation Unthinkable»: en mai 1945 — le mois même de la capitulation allemande — Churchill chargea dans le plus grand secret l’état-major interarmées de planification du cabinet de guerre britannique d’élaborer une attaque surprise contre les troupes soviétiques stationnées en Europe orientale et en Allemagne de l’Est. L’un des principaux éléments de ce plan consistait à maintenir secrètement en unités constituées environ 100.000 soldats de la Wehrmacht et de la Waffen-SS qui venaient d’être désarmés, à les équiper d’armes britanniques et américaines et à les employer comme première vague de chair à canon lors de la progression vers Moscou.

- Du diktat de désindustrialisation au réarmement en première ligne: lorsque l’état-major constata qu’une bataille terrestre conventionnelle contre la masse des blindés soviétiques se solderait par un fiasco, et que le commandement militaire américain mit précipitamment fin à l’offensive, la Grande-Bretagne assuma immédiatement le leadership idéologique de la guerre froide — comme en témoigne le discours de Churchill sur le «rideau de fer», prononcé à Fulton en 1946. Le plan Marshall qui suivit et la reconstruction de l’Allemagne de l’Ouest ne furent nullement un acte de bienfaisance occidentale; ils constituèrent un rempart géopolitique voulu par la Grande-Bretagne: afin de bloquer l’avancée de la puissance terrestre soviétique, il fallait rapidement ranimer l’industrie lourde ouest-allemande et l’intégrer solidement à l’architecture défensive de l’OTAN.

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3. Guerre cognitive et forces par procuration: la rupture physique des liens germano-russes à l’époque contemporaine

À l’ère de l’après-guerre froide, la mondialisation et le développement des réseaux de gazoducs créèrent en réalité une base matérielle sans précédent pour une nouvelle intégration du continent eurasiatique. Le gaz naturel russe bon marché et fiable, acheminé par gazoduc — Nord Stream 1 et Nord Stream 2 —, associé aux produits industriels allemands de haute technologie et aux immenses débouchés extérieurs à l’Europe, constituait le fondement porteur de la prospérité européenne.

Dans les calculs britanniques, cependant, cette fusion organique de «l’ingénierie berlinoise et des matières premières moscovites» ne différait en rien du chemin de fer de Bagdad un siècle auparavant: il s’agissait d’une menace mortelle qu’il fallait anéantir à tout prix.

Londres ne disposant plus, au XXIe siècle, des capacités de projection militaire de son ancien empire mondial, elle réorienta son action vers une politique agressive des forces périphériques, agissant par procuration, et de guerre cognitive de facture moralisatrice:

- La constitution d’un bloc avancé radicalement antirusse en Europe orientale: Londres contourna délibérément le noyau traditionnel de l’Europe occidentale formé autour de l’Allemagne et de la France et noua avec la Pologne et les États baltes un axe de sécurité particulièrement intransigeant. En stationnant durablement des groupements tactiques multinationaux en première ligne, notamment en Estonie, la Grande-Bretagne fit avancer la ligne de l’OTAN jusqu’aux flancs les plus vulnérables de la Russie et priva systématiquement Moscou de ses corridors de sécurité historiques.

- La substitution du fanatisme idéologique à la rationalité géopolitique: la Grande-Bretagne et les réseaux transatlantiques composés de groupes de réflexion dûment façonnés par son influence s’infiltrèrent en profondeur dans l’espace du débat européen. Les nécessités relevant de la realpolitik — la préservation de l’État et la sécurité énergétique — furent soudain réduites à un récit bipolaire opposant «le bien au mal». Toute approche rationnelle d’une politique allemande envers la Russie fut étouffée par des campagnes moralisatrices; dans l’espace public, les décideurs pondérés furent ostracisés car considérés comme des «auxiliaires de la dictature».

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4. Le piège final: le bourbier du Donbass et l’automutilation stratégique de l’Allemagne (jusqu’en 2026)

Après le déclenchement de la crise ukrainienne en 2022, la Grande-Bretagne se distingua au sein du camp occidental comme le partisan de l’escalade le plus implacable. Depuis le Premier ministre de l’époque, qui se précipita à Kyiv pour faire échouer les premières négociations de paix à Istanbul, jusqu’au rôle de chef de file joué dans le franchissement des lignes rouges par la livraison de chars Challenger 2 et de missiles de croisière Storm Shadow, la Grande-Bretagne accula impitoyablement Berlin à chaque tournant critique.

En 2026, cette stratégie produit pour la puissance maritime les résultats destructeurs escomptés:

- Le double isolement, sur les plans physique et historique: la destruction terroriste des gazoducs Nord Stream coupa définitivement toute voie de retour physique à une coopération énergétique germano-russe. Et lorsque les premiers chars allemands Leopard 2 arborant la croix droite allemande prirent feu dans les steppes de Zaporijjia et du Donbass, la Grande-Bretagne atteignit son objectif historique: la confiance historique et la réconciliation entre Allemands et Russes, patiemment construites pendant des décennies après la Seconde Guerre mondiale, furent irrévocablement anéanties.

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- La castration opérationnelle et la saignée économique de l’Allemagne: sous la bannière de la « Zeitenwende » moralement imposée, l’Allemagne s’infligea une explosion des dépenses d’armement et des prix exorbitants pour le gaz naturel liquéfié américain importé. Depuis lors, des centaines de milliards d’euros sont drainés vers le complexe militaro-industriel anglo-américain, tandis que les industries nationales de la chimie, de la construction mécanique et de l’automobile sont frappées par une profonde désindustrialisation. L’Allemagne perdit non seulement sa base énergétique bon marché et sa profondeur stratégique orientale, mais se trouva aussi, dans le gouffre sans fond de l’aide militaire destinée au Donbass, solidement enchaînée au rôle humiliant de bailleur de fonds et d’avant-poste de l’hégémonie atlantique.

Le verdict de l’histoire: les limites de la politique maritime de l’ombre

Au cours des 114 années qui s’étendent des gorges des Balkans en 1912 aux sols gelés du Donbass en 2026, la stratégie est-européenne de la Grande-Bretagne apparaît comme une chronique ininterrompue de division continentale délibérée. Elle s’est toujours caractérisée par sa capacité à pousser les principales puissances continentales à s’affronter dans de sanglantes guerres d’usure, au prix de pertes propres minimales et en attisant les blessures ethniques dans les zones périphériques.

Cette méthode d’étranglement par-derrière atteint cependant ses limites physiques. Alors que la Grande-Bretagne ne cessait d’allumer des incendies dans les plaines d’Europe orientale, sa propre base industrielle s’érodait de plus en plus, jusqu’à ne laisser subsister qu’une structure financière parasitaire. Lorsque les tirs d’artillerie et les essaims de drones sur les champs de bataille du Donbass ramènent de nouveau la guerre à une impitoyable épreuve de force fondée sur la profondeur de l’appareil industriel, la production d’acier et la capacité d’endurance stratégique, les intrigues diplomatiques poussiéreuses et la puissance médiatique de la propagande ne peuvent plus dissimuler la pourriture intérieure de ce vestige impérial. La main de l’« offshore balancer », qui n’a cessé de mettre le feu aux lignes de fracture eurasiatiques, risque, avec le retour inexorable de la realpolitik continentale, d’être consumée par les flammes qu’elle a elle-même allumées.

mercredi, 16 septembre 2026

L’amiral Schönbach interrogé par Paolo Arrigotti: «La doctrine militaire allemande est erronée»

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L’amiral Schönbach interrogé par Paolo Arrigotti: «La doctrine militaire allemande est erronée»

Par Movisol.org

Source: https://comedonchisciotte.org/l-ammiraglio-schonbach-inte...

EIR et la chaîne YouTube de Paolo Arrigotti, «Spunti di riflessione» («Pistes de réflexion»), ont interrogé le vice-amiral à la retraite Kay-Achim Schönbach, ancien chef de la Marine allemande.

De nombreuses personnes en Allemagne partagent la position de l’amiral, selon laquelle la diabolisation du président russe Vladimir Poutine et de tout un peuple est une erreur.

    « La diabolisation — et c’est très important —, la diabolisation du président russe de la Fédération de Russie et, dans une certaine mesure, celle du peuple russe par certains secteurs des médias allemands, est imprudente et trompeuse, car, tôt ou tard, cette guerre prendra fin et il faudra alors continuer à vivre aux côtés d’un État situé à notre frontière orientale », a déclaré Schönbach.

    « À mon avis, a poursuivi l’amiral, mais aussi selon l’appréciation bien plus autorisée et significative des principaux services de renseignement — et surtout celle du plus haut commandant militaire américain en Europe —, la Russie n’est ni disposée ni en mesure d’attaquer l’OTAN. »

Ceux qui persistent à affirmer que la Russie veut envahir l’Europe font preuve d’un «niveau intellectuel abyssal», a-t-il déclaré.

Dans cet entretien, l’amiral critique la nouvelle stratégie de sécurité allemande, qu’il juge

    « trop axée sur la menace russe, au lieu de placer la République fédérale d’Allemagne et sa population au centre de la mission de défense, dans toutes les directions ».

    « Le réarmement militaire russe, qui fait l’objet d’une surveillance attentive, est perçu comme le signe que la Russie se prépare à une guerre en Europe. Notre propre réarmement, qui est parti d’un niveau beaucoup plus élevé — non seulement celui de l’Allemagne, mais aussi celui de l’Europe et de l’OTAN —, devrait en revanche être compris par la Russie comme une mesure en faveur de la paix. »

Peut-être la cause de cette «obsession» réside-t-elle dans le fait que,

    « tout comme en matière de politique migratoire, l’objectif est également de montrer au monde entier que nous, Allemands, sommes redevenus bons, ou que nous voulons le redevenir. Du point de vue des élites politiques allemandes, l’Ukraine est une cause commode qu’il convient de défendre avec un soutien inconditionnel contre la bête qu’est Moscou, afin de garantir que, cette fois, l’Allemagne se trouve du bon côté de l’histoire ».

Mais, ce faisant, l’Allemagne franchit une ligne rouge en produisant sur son territoire des armes destinées à l’Ukraine. Kiev frappe avec ces armes des cibles situées en Russie, et l’amiral Schönbach met en garde contre les conséquences :

    « La guerre fait également rage loin à l’intérieur du territoire, et la Russie n’a pratiquement aucun moyen de se défendre. Je ne partage pas nécessairement cette position, mais je la comprends. Et la Russie n’a pratiquement aucune possibilité de se défendre en bombardant les installations de production, puisque celles-ci se trouvent hors d’Ukraine.

    C’est pourquoi, en tant que citoyen allemand, je dois craindre qu’il y ait un jour des actions militaires russes sur le sol allemand, lesquelles pourraient prendre des formes très diverses. En définitive, nous ne serons pas en mesure de nous en protéger. Peut-être subirons-nous également de lourdes pertes dans ce contexte, et j’espère que cela ne se produira pas. »

L’amiral Schönbach avait fait la une de l’actualité en 2022, lorsqu’il avait été contraint de démissionner de ses fonctions d’inspecteur général de la Marine — l’équivalent allemand du chef d’état-major de la Marine — après que certains propos tenus lors d’une réunion à huis clos en Inde eurent été rendus publics. À cette occasion, il avait affirmé que Vladimir Poutine cherchait à obtenir le respect de l’Occident et que, si ce respect lui avait été accordé, il n’aurait pas marché sur l’Ukraine. Il avait également déclaré que la Russie ne restituerait pas volontairement la Crimée.

L’amiral a signé le récent appel adressé au pape Léon à l’initiative de diverses organisations internationales œuvrant pour la paix, parmi lesquelles l’Institut Schiller.

Par Movisol.org (11 septembre 2026)

Source : https://movisol.org/lamm-schonbach-alleir-la-dottrina-mil...

lundi, 14 septembre 2026

Matthias Strolz, fondateur du parti des libéraux de gauche autrichiens: "La FPÖ de droite a toujours eu raison sur la migration"

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Matthias Strolz, fondateur du parti des libéraux de gauche autrichiens: "La FPÖ de droite a toujours eu raison sur la migration"

Peter W. Logghe

Source:  https://www.facebook.com/peter.logghe.94 

Il y a huit ans, l’universitaire et entrepreneur autrichien Matthias Strolz a tourné le dos à la politique partisane, après avoir fondé, en 2012, le parti libéral de gauche NEOS. Dans le journal libéral autrichien Der Kurier, il règle sévèrement ses comptes avec les deux grands partis du système, la SPÖ socialiste et l’ÖVP démocrate-chrétienne, surtout en matière de migration. Pendant des années, les avertissements de la FPÖ concernant la migration incontrôlée, les écoles qui cédaient sous la pression ou l’échec de la politique d’intégration ont été qualifiés d’alarmisme, de populisme et de racisme. Or Strolz aboutit aujourd’hui à des conclusions qui s’inscrivent très largement dans la ligne de la FPÖ.

«L’Europe n’a pas suffisamment réfléchi à la question de savoir qui peut entrer et qui ne le peut pas, ni aux conséquences que la migration contrôlée aurait pour les États d’accueil. La crise migratoire de 2015 a représenté une perte totale de contrôle», déclare Strolz, qui ajoute: «Nous avons connu le chaos pendant bien trop longtemps». Il continue, dit-il, à prendre ses distances avec les nationalistes autrichiens de droite de la FPÖ, mais précise: «Je ne suis pas non plus un détracteur de la FPÖ». Dans leurs critiques, ils n’avaient pas toujours tort et n’ont pas toujours tort aujourd’hui non plus, affirme Strolz.

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Le vent tourne-t-il également à droite en Autriche? NEOS veut-il gouverner avec la FPÖ?

Les populistes, affirme Strolz, simplifient les problèmes et ne proposent pas toujours des solutions applicables. Mais — et il le souligne — «ce fut un mérite de la FPÖ d’avoir signalé, il y a déjà longtemps, que la migration posait de graves problèmes». Une déclaration forte, puisqu’elle émane du fondateur d’un parti, NEOS, qui s’est toujours situé à gauche sur les questions de société et s’est fait connaître par des mesures favorables à la migration. La FPÖ de droite n’a pas «inventé» les problèmes migratoires; elle a probablement été l’une des premières à déceler une évolution sociale néfaste et à la dénoncer publiquement, affirme Strolz.

Dans le même entretien, Strolz décrit encore un problème fondamental lié à la migration et à la politique défaillante de l’Union européenne: les États membres de l’UE perdent leur capacité d’action lorsqu’ils ne peuvent ou ne sont plus autorisés à décider eux-mêmes qui franchit leurs frontières et qui ne les franchit pas. Car, affirme Strolz, nous devons fixer des limites. «Cela signifie que tout le monde ne peut pas venir simplement parce qu’il ou elle le souhaite. Nous avons besoin de migration, mais uniquement d’une migration limitée».

Selon Matthias Strolz, la réussite de l’intégration des étrangers ne dépend pas de déclarations politiques aux formulations séduisantes, mais de la pratique quotidienne. Si les enseignants doivent consacrer toujours plus de temps à l’acquisition de connaissances linguistiques élémentaires, il leur en reste moins pour l’enseignement proprement dit. Et la langue commune demeure le principal indicateur d’une intégration réussie. Dès que le groupe des nouveaux arrivants devient trop important, il ne peut absolument plus être question d’intégration.

Encore un libéral qui admet à contrecœur qu’il existe un problème fondamental et qu’il faut rapidement procéder à des ajustements profonds. Qui sera le prochain ?

dimanche, 13 septembre 2026

L’Europe devra exproprier Google et Amazon: un acte souverain et stratégique

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L’Europe devra exproprier Google et Amazon: un acte souverain et stratégique

Par Luca Oleastri 

Source : Luca Oleastri & https://www.ariannaeditrice.it/articoli/l-europa-dovra-es...

L’Europe devra exproprier Google et Amazon. Ce n'est pas du communisme, c'est une question de survie. 

Je vais vous expliquer en une minute pourquoi, au cours des cinq prochaines années, nous parlerons de l’expropriation des centres de données en Europe, qu’on le veuille ou non.

Au cours des deux dernières années, Amazon, Microsoft, Google et Meta ont dépensé 377 milliards de dollars pour construire des centres de données, et ils en dépenseront 660 milliards supplémentaires en 2026. Soit une hausse de plus de 80%. Pour éviter de faire exploser leurs bilans, ils ont déjà signé pour 1100 milliards de dollars de loyers futurs, qui ne figurent même pas dans leurs comptes comme de la dette.

Ces entreprises sont passées du statut de sociétés de logiciels à celui de sociétés de béton et d’électricité, endettées jusqu’au cou.

Si cette bulle éclate — et elle éclatera —, il ne se produira pas ce que vous espérez. Les serveurs ne s’éteindront pas. Ils resteront en place, comme les chemins de fer après le krach de 1873 ou la fibre optique après 2000. Ils seront rachetés à prix cassé par ceux qui disposent de liquidités: les États et les fonds souverains.

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Aux États-Unis, c’est déjà prévu: si AWS ou Azure faisaient faillite, Washington les réquisitionnerait dès le lendemain matin au nom de la sécurité nationale. Modèle Lockheed Marti: je ne te sauve pas, je te rachète.

En Chine, c’est déjà ainsi.

Et l’Europe ?

Ici, notre situation est pire. Nous sommes des colonies numériques. Les centres de données d’AWS et d’Azure situés à Milan et à Francfort se trouvent sur le sol européen, mais relèvent du droit américain. Si nous entrons en conflit avec les États-Unis, ils nous coupent l’accès aux puces.

L’AI Act dont nous nous vantons est notre ligne Maginot: nous réglementons ce qu’un agent conversationnel peut dire, alors que nous avons déjà perdu la guerre quant au lieu où il fonctionne et à l’énergie qu’il utilise.

C’est pourquoi l’expropriation stratégique deviendra inévitable en Europe.

Il ne s’agit pas de tout prendre. C’est une question de réalité physique :

Sans ces centres de données, tout s’arrête : la santé, les paiements, la défense.

Ils sont trop importants pour faire faillite, mais trop endettés pour pouvoir tenir seuls.

Ils appartiennent à des intérêts étrangers.

Lorsque ces trois facteurs se conjuguent, n’importe quel État, de droite comme de gauche, s’en empare.

Comment procéderons-nous ?

Pas demain, au prix fort: ce serait suicidaire. Nous le ferons lorsque l’éclatement de la bulle aura mis à terre les constructeurs des bâtiments industriels qui les abritent. Lorsqu’ils ne vaudront plus que 20 % de leur valeur actuelle. C’est alors que le Golden Power entrera en jeu: une acquisition forcée au prix du marché, désormais fortement réduit, moyennant indemnisation. Une procédure parfaitement légale au regard des traités de l’Union européenne.

Nous les placerons sous l’autorité d’une entreprise de service public — comme Terna pour l’électricité — qui possédera les bâtiments et l’énergie, et louera les baies informatiques à ceux qui respecteront les lois européennes.

Soit nous rachetons nous-mêmes les bâtiments à prix cassé, soit c’est nous qui serons rachetés.

Les serveurs resteront de toute façon allumés.

Seule changera l’identité de celui qui détiendra les clés du local technique.

Sources: The Hindu BusinessLine / Goldman Sachs / Moody’s Ratings, concernant les dépenses d’investissement et les contrats de location des hyperscalers en 2025-2026.

samedi, 12 septembre 2026

Götz Kubitschek: «Nous sommes nés au cœur de la société. Les vieux partis? Ils exploseront»

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Götz Kubitschek: «Nous sommes nés au cœur de la société. Les vieux partis? Ils exploseront»

Source: https://www.ilgiornale.it/news/politica-estera/noi-nati-n...

L’idéologue de la Nouvelle Droite Götz Kubitschek: «L’AfD est le parti le plus intéressant d’Europe. La remigration est une politique dure; si nous ne la mettons pas en œuvre, la situation de l’Allemagne ne fera qu’empirer».

Propos recueillis par Francesco De Felice (Il Giornale, Italie)

Remigration, défense de la tradition et droite authentique conçue comme un mouvement populaire : tels sont les thèmes grâce auxquels l’AfD — le parti souverainiste qui, avec environ 30% dans les sondages, constitue la première force politique d’Allemagne — a triomphé aux élections législatives de Saxe-Anhalt. Avec 43,8% des voix, cette droite se prépare à diriger ce Land de l’Est avec Ulrich Siegmund, son candidat au poste de ministre-président. Depuis Magdebourg, capitale de la Saxe-Anhalt où elle a amorcé un tournant historique, l’AfD se met en marche vers Berlin, à la conquête du gouvernement fédéral.

M03949041567-source.jpgLa CDU du chancelier Friedrich Merz s’effondre à 17,2%, écrasée par les souverainistes, tout comme les autres partis qui ont tenté d’enrayer leur progression en les isolant politiquement et en agitant les spectres du nazisme. Götz Kubitschek, idéologue de la Nouvelle Droite, explique à Il Giornale les raisons du succès de l’AfD. Sa maison d’édition Antaios a publié en Allemagne Il mondo al contrario de Roberto Vannacci.

En Saxe-Anhalt, le parti de droite AfD a écrit une page d’histoire en remportant les élections législatives. Comment commentez-vous le résultat du scrutin?

«Un très beau résultat était prévisible, mais son ampleur et l’effondrement de la CDU ont surpris. Séduisant, sincère et positif, Ulrich Siegmund — le candidat des souverainistes au poste de ministre-président du Land, NDLR — s’est révélé être une véritable chance pour le parti et lui a fait gagner des points décisifs. C’est véritablement un événement historique dans l’histoire du parlementarisme allemand. Il est difficile de dire ce qui va se passer maintenant. Je conseille à l’AfD de ne pas faire le premier pas. Les vieux partis doivent d’abord se désagréger et exploser».

Quelles sont les raisons du succès de l’AfD ? La Brandmauer, le «mur coupe-feu» érigé par les autres partis contre l’"extrême-droite", s’est-elle enfin effondrée?

«Depuis des années, l’AfD est le projet de parti de droite le plus intéressant d’Europe. Pourquoi? L’AfD est née au cœur de la société et a compris combien il était important qu’il existe en Allemagne un parti pleinement de droite, et combien il est normal d’être de droite. Par leurs méthodes de dénonciation et de criminalisation, ainsi que par leur Brandmauer, ses adversaires politiques ont fait de l’AfD la seule véritable Alternative pour l’Allemagne. Le résultat était prévisible, mais pas dans de telles proportions».

csm_0002c7_b716ab092a.jpgSiegmund (photo) mise sur la remigration, une proposition qui suscite la peur en Allemagne et en Europe. Que signifie-t-elle? Comment comptez-vous apaiser ces craintes?

« La remigration n’est pas ce que prétendent les adversaires de ce concept. C’est une politique dure. Je crains qu’il ne soit pas possible de dissiper toutes les craintes. De plus, l’avenir de l’Allemagne sera encore plus dur si la remigration n’est pas mise en œuvre. En raison des politiques catastrophiques menées au cours des dernières décennies, il n’existe pas de solution douce».

Tillschneider_Hans-Thomas_-WEB.jpgL’AfD mène un Kulturkampf, une guerre culturelle: avec le mot d’ordre «Pense allemand», le parti a déclaré la guerre à la modernité. «Nous sommes traditionalistes», affirme Hans-Thomas Tillschneider (photo), député de l’AfD au Parlement de Saxe-Anhalt. Que signifie pour vous la tradition? Comment remporte-t-on la guerre contre la modernité?

«La postmodernité a déclaré la guerre à la modernité il y a déjà cinquante ans. Le postmoderne a gagné. Il ne faut pas combattre les vaincus. Au fond, c’est simple: la culture signifie devoir et vouloir vivre avec l’histoire. Soit on la déconstruit et l’on vit parmi les ruines, soit on l’accepte, on la cite et l’on comprend que nous sommes juchés sur les épaules de géants. La tradition fait partie intégrante d’une conception allemande de la culture, tout comme la capacité de penser au-delà d’elle. Ou bien voulons-nous nous contenter de visiter des musées?».

vendredi, 11 septembre 2026

Sahra la Rouge

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Sahra la Rouge

Andrea Marcigliano

Source: https://electomagazine.it/sahra-la-rossa/

Certains pourraient dire que la nouvelle politique allemande est déterminée par des femmes. Si ce n’était que ces femmes dérangent. Elles brisent les schémas établis, suscitent des doutes, voire une véritable angoisse.

Sahra Wagenknecht est la dirigeante du BSW, une formation d’extrême gauche qui porte d’ailleurs son nom. Une transition vers un nouveau parti, après la rupture retentissante de Wagenknecht avec Die Linke, le parti de la gauche radicale allemande dont elle était vice-présidente.

En simplifiant beaucoup, Wagenknecht est une «rouge-brune»: elle associe les revendications propres à une gauche communiste, dont elle est issue par sa formation politique, à la défense de l’identité nationale allemande. Notamment face à une immigration incontrôlée qui tend à dénaturer l’Allemagne et qui finit par appauvrir les classes prolétariennes.

Or, lors des élections en Saxe-Anhalt, le BSW a recueilli 5,4% des voix. Des voix qui deviennent essentielles pour former un gouvernement dirigé par l’AfD.

En effet, le parti de droite a obtenu 44,5%. Un score considérable, mais insuffisant pour prendre la tête du gouvernement du Land.

Wagenknecht s’est déclarée disposée à conclure un accord. Grâce à son vote favorable, ou même à sa simple abstention, l’AfD pourrait prendre la direction du Land.

Il ne s’agit pas seulement d’un événement local, circonscrit à une réalité limitée. Il s’agit plutôt d’un signal politique très clair.

Réfléchissons-y bien…

La droite populiste et l’extrême-gauche s’allient. Pour gouverner en opposition à la vieille nomenklatura qui domine la scène politique depuis des décennies.

Ce n’est plus une lutte entre la droite et la gauche, mais plutôt un affrontement entre le haut et le bas.

Autrement dit, entre les forces qui émergent des profondeurs d’un peuple las et en colère, et ceux qui, au cours de ces dernières années, ont décidé de l’avenir de l’Allemagne.

Mais qui ont conduit le pays non seulement au bord de la guerre avec la Russie, mais aussi — et surtout — dans une crise économique sans précédent dans l’histoire de l’Allemagne d’après-guerre.

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L’AfD et le BSW ont des origines et des couleurs politiques différentes. Ils représentent néanmoins le soulèvement du peuple allemand contre de prétendues élites qui ne répondent qu’au pouvoir de la finance mondiale.

Et ce qui se passe en Saxe-Anhalt n’est qu’un signal. Le début d’un processus qui pourrait bientôt gagner toute l’Allemagne.

Le falot Merz tentera certainement tout ce qui est en son pouvoir pour enrayer cette menace contre son propre pouvoir et, surtout, contre celui de ses maîtres.

Mais s'il y parviendra est une tout autre affaire.

L’énigme Le Pen

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L’énigme Le Pen

Andrea Marcigliano

Source: https://electomagazine.it/enigma-le-pen/

Tous les sondages placent le Rassemblement national en tête lors des prochaines élections législatives françaises.

Et, pour Marine Le Pen, la voie vers l’Élysée semble s’ouvrir.

À mesure que l’échéance électorale approche et que les sondages lui donnent raison, Marine Le Pen semble affirmer davantage ses choix politiques.

Désormais, elle parle de plus en plus clairement d’un désengagement de la guerre en Ukraine et de son intention de concentrer tous les efforts économiques sur la situation intérieure de la France, qui est difficile, sinon franchement compromise.

Une décision qui s’explique avant tout par le sentiment que l’opinion publique — et donc son électorat — est lasse de cette guerre voulue par Macron. Lasse de voir détournées vers l’Ukraine des ressources qui devraient servir à protéger les Français.

Lasse de voir progressivement détruits les derniers vestiges de l’État social et le pays sombrer dans un chaos total. Avec des banlieues et des quartiers entiers des principales villes désormais totalement aux mains du crime organisé. Ou, pire encore, de tribunaux islamistes qui ne reconnaissent d’autres lois que les leurs.

Marine Le Pen semble avoir la capacité, ainsi que la possibilité, de devenir la représentante de ces profonds malaises qui tourmentent les Français. Et cela la conduira aisément à l’Élysée, sauf manœuvres et pièges tendus par certains pouvoirs financiers, français ou étrangers, qui la considèrent avec méfiance.

Il est toutefois difficile de dire, pour l’heure, ce que Marine Le Pen pourrait faire une fois installée à l’Élysée.

En premier lieu, de quelle marge de manœuvre disposerait-elle, compte tenu du fait que, certes, le pouvoir du président est fort, mais qu’il n’est pas absolu? Et qu’il doit toujours composer avec d’autres forces, les affronter ou parvenir à un accord avec elles. Des forces qui, pour la plupart, ne sont pas «parlementaires».

Et cela vaut pour elle comme cela a toujours valu pour les différents occupants de l’Élysée.

Même De Gaulle, le père et, d’une certaine manière, le maître de la Ve République, dut accepter de conclure des accords avec certains pouvoirs. Et se mesurer continuellement à eux.

Au-delà de cette question, cependant, une autre devrait être posée. Peut-être plus pressante encore que la précédente.

Une fois à l’Élysée, que voudra réellement faire Marine Le Pen?

Car son programme est extrêmement précis et détaillé dans son analyse de la situation de crise, mais demeure assez vague quant aux solutions possibles.

Surtout, Marine Le Pen ne définit pas clairement le rôle international de «sa» France.

Certes, un désengagement en Ukraine… mais qu’est-ce que cela devrait impliquer?

Une rupture avec l’OTAN et un retour à une politique française totalement — ou presque — indépendante de Washington et de Londres?

Et les relations avec Moscou? Un retour à une politique diplomatique tournée vers l’Est?

Et les rapports avec l’Afrique? Continuité ou rupture avec la politique impérialiste de Paris dans la vaste région subsaharienne?

Autant de questions auxquelles Mme Le Pen ne répond pas, pour l’heure.

Peut-être ne le veut-elle pas.

Peut-être ne le peut-elle pas…

jeudi, 10 septembre 2026

Acide, acétone, papier aluminium: la piste Soros derrière une ONG à Ceuta

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Acide, acétone, papier aluminium: la piste Soros derrière une ONG à Ceuta

Source: https://report24.news/saeure-aceton-alufolie-die-soros-sp...

À Ceuta, des engins explosifs improvisés sont lancés contre des soldats et des citoyens qui manifestent. Peu après, la police identifie des collaborateurs de l’ONG de gauche d’aide aux migrants No Name Kitchen, qui auraient acheté avec des migrants d’importantes quantités d’acide chlorhydrique, de papier aluminium et d’acétone. Derrière cette organisation se trouve un réseau de financement qui, à travers plusieurs niveaux, remonte jusqu’à l’entourage des Open Society Foundations de George Soros.

imnnkages.jpgL’enclave espagnole est sous pression depuis plusieurs semaines. Des migrants venus du Maroc tentent régulièrement de franchir la frontière, des soldats sont attaqués et les habitants protestent contre la situation. Dans ce contexte, les enquêteurs s’intéressent précisément à une ONG qui s’oppose depuis des années à la protection des frontières européennes et soutient les migrants clandestins le long de la route des Balkans.

Selon les informations d’El Español, la Policía Nacional a identifié plusieurs collaborateurs de No Name Kitchen qui auraient acheté, avec des migrants, de grandes quantités de salfumán — de l’acide chlorhydrique vendu dans le commerce —, de papier aluminium et d’acétone. Ces achats ont attiré l’attention des policiers, car de tels matériaux peuvent servir à fabriquer des engins explosifs chimiques improvisés. Quelques jours auparavant, des récipients de ce type avaient déjà été utilisés à Ceuta contre des soldats et des habitants qui manifestaient.

Jeudi, des soldats en patrouille ont été attaqués avec de telles armes chimiques ; vendredi, ce fut au tour d’une manifestation d’habitants d’être visée. Dimanche, une nouvelle attaque contre des soldats s’est produite dans le secteur de San Amaro. Trois Marocains ont été arrêtés après l’un de ces incidents. La police cherche à déterminer si ces achats suspects sont liés aux engins explosifs utilisés précédemment. L’acide chlorhydrique, le papier aluminium et l’acétone étant en vente libre, les acheteurs n’ont pas été arrêtés dans un premier temps pour leur acquisition.

    La police espagnole enquête sur l’ONG No Name Kitchen après que ses membres ont été vus en train d’acheter de l’acide chlorhydrique, du papier aluminium et de l’acétone en compagnie de migrants à Ceuta.

Deux membres de NNK avaient déjà été arrêtés

Pour justifier ces achats sensibles, No Name Kitchen sert une inoffensive histoire de cuisine: le papier aluminium aurait été destiné aux aliments et les solvants au nettoyage. Les policiers sur place semblent avoir accordé moins de crédit à cette explication. Selon El Español, ils ont identifié les personnes concernées et poursuivent leurs investigations sur les faits et les acheteurs. Quelques jours auparavant, des engins explosifs chimiques improvisés avaient été utilisés à Ceuta contre des soldats et des habitants qui manifestaient.

Ainsi, lorsque le ministère de l’Intérieur dirigé par les socialistes affirme que ni la Policía Nacional ni la Guardia Civil n’enquêtent sur « une ONG » soupçonnée d’avoir fourni du matériel destiné à la fabrication d’engins explosifs, cela peut peut-être être vrai — du moins pour l’instant. Après tout, l’enquête de la police vise principalement les personnes identifiées. Le seul problème est que celles-ci ont précisément acheté ces matériaux pour le compte de cette ONG de gauche. Le fait que Madrid, dirigé par les socialistes, publie maintenant un démenti qui passe à côté du cœur de l’enquête policière a au moins de quoi interpeller.

Une GUERRE CIVILE menace-t-elle CEUTA ?

    Selon La Gaceta, la chaîne de supermarchés Mercadona aurait alerté la police dès vendredi que des groupes de migrants clandestins auraient acheté en grandes quantités des bouteilles d’aguafuerte — de l’acide chlorhydrique — et du papier aluminium.

Ce n’est pas la première fois que No Name Kitchen entre en conflit avec la police à Ceuta. Dès le 23 août, deux collaborateurs de l’organisation avaient été arrêtés. Le ministre de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, a déclaré publiquement qu’ils auraient incité des groupes violents à s’en prendre à des policiers, avant de refuser d’obéir aux instructions des forces de l’ordre. L’ONG conteste également cette version des faits et affirme que ses collaborateurs se sont contentés de filmer des interventions policières contre des migrants. Le débat porte ainsi sur une organisation dont le personnel est entré à plusieurs reprises en conflit avec les services de sécurité en l’espace de quelques jours: d’abord pour une incitation présumée à la violence contre des policiers, puis en raison d’un achat suspect de produits chimiques et de matériaux qui avaient joué un rôle, peu de temps auparavant, dans des attaques commises à Ceuta.

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L’argent de Soros derrière le réseau d’ONG

Dès qu’il est question d’argent, le récit de l’inoffensive équipe de bénévoles fait rapidement long feu. Depuis des années, No Name Kitchen est intégrée à un réseau international d’organisations migratoires de gauche et de fondations disposant de moyens financiers considérables. Au cœur de ce réseau figurent les Open Society Foundations de George Soros. No Name Kitchen comptait parmi les fondateurs du Border Violence Monitoring Network. Dès 2019, ce réseau déclarait ouvertement recevoir des fonds d’Open Society. Cet argent servait à financer des postes ainsi que les frais de déplacement des bénévoles. À l’époque, No Name Kitchen intervenait le long de la route des Balkans en tant que composante de ce dispositif et est restée membre du réseau jusqu’en 2023.

La piste Soros n’a toutefois pas disparu pour autant. Aujourd’hui, No Name Kitchen reçoit de l’argent d’organisations qui travaillent elles-mêmes en étroite collaboration avec Open Society. L’une d’entre elles est Choose Love. Cette organisation britannique finance No Name Kitchen depuis des années et participe parallèlement, aux côtés d’Open Society, du Rockefeller Brothers Fund, de la Fondation Robert Bosch et d’autres grandes fondations, à des fonds communs destinés au financement d’organisations d’aide aux migrants.

    La police espagnole enquête après qu’un important groupe de migrants clandestins, principalement marocains et accompagnés de membres d’une ONG financée par George Soros, a acheté de grandes quantités d’acide chlorhydrique et de papier aluminium dans un supermarché de Ceuta, produits qui pourraient être destinés à fabriquer des engins artisanaux…

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La Guerrilla Foundation a également largement financé No Name Kitchen: 16.500 euros ont été versés à l’organisation en 2023. Cette même fondation avait auparavant créé FundAction avec l’Open Society Initiative for Europe et d’autres bailleurs de fonds. Les fondations participantes avaient expressément mis leurs ressources en commun, avant de les redistribuer par l’intermédiaire de ce fonds collectif.

Voici comment fonctionne ce système : au sommet se trouvent des fondations disposant de milliards, en dessous des fonds communs et des organismes de financement, et tout en bas des groupes comme No Name Kitchen, présents aux frontières de l’Europe. L’argent passe entre plusieurs mains, tandis que les bailleurs de fonds initiaux s’éloignent toujours davantage des événements sur le terrain. Pour les observateurs extérieurs, il devient presque impossible de déterminer de quel fonds provenait initialement chaque euro. Mais si, au bout du compte, de tels extrémistes de gauche tuent des soldats, des policiers ou même des citoyens qui manifestent au moyen de leurs engins incendiaires chimiques, ces bailleurs de fonds devront eux aussi répondre à l’accusation d’avoir contribué, par leur soutien financier, à ces actes de violence.

mercredi, 09 septembre 2026

Le paradoxe vert: des colombes de la paix aux faucons de guerre

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Le paradoxe vert: des colombes de la paix aux faucons de guerre

par Franz Ferdinand 

Source: https://www.unser-mitteleuropa.com/205108

Plus d’un lecteur s’est peut-être déjà demandé pourquoi les colombes de la paix écologistes se sont, au fil du temps, transformées en faucons de guerre. Existerait-il éventuellement un lien intrinsèque entre l’hystérie climatique et le bellicisme occidental ?

Le début de la propagande climatique a coïncidé, même sur le plan chronologique, avec l’effondrement de l’Union soviétique

L’effondrement de l’Union soviétique et la réunification allemande ont été interprétés par l’«Occident des valeurs» comme un signe de faiblesse de la Russie; et il est vrai qu’il y a 37 ans, la Russie était réellement très faible. Dès lors, les élites occidentales ont espéré pouvoir démanteler entièrement la Russie en exerçant une pression extérieure par l’élargissement de l’OTAN vers l’Est et une pression intérieure par le soutien aux dissidents, afin d’intégrer cet immense territoire dans l’orbite occidentale. (Voir à ce sujet : https://www.unser-mitteleuropa.com/201573 .)

Vladimir Poutine l’a compris et a donc tenté de s’opposer à cette prétention, ce qui constitue désormais, du point de vue occidental, une «agression», parce que l’ambition occidentale de domination mondiale se trouve contrariée.

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Dans la guerre en Ukraine, l’Occident est de fait une partie belligérante

Par ses livraisons d’armes et d’argent, ainsi que par son soutien aux attaques ukrainiennes contre les infrastructures civiles en Russie, l’Occident est partie prenante à cette guerre. De surcroît, il mène de plus en plus d’attaques directes contre la Russie en arraisonnant des navires, ce qui constitue des actes de guerre de faible intensité. Il ne se contente pas de saisir des pétroliers russes importants pour l’effort de guerre de la Russie, mais s’empare également d’autres bâtiments, comme récemment d’un navire de recherche russe. (Voir à ce sujet: https://www.unser-mitteleuropa.com/204991 .)

L’« Occident des valeurs » s’emploie donc consciencieusement à faire dégénérer le conflit ukrainien, dans l’espoir que Vladimir Poutine finisse par perdre patience et réagisse par des attaques directes contre l’Occident. On sait qu’il existe en Russie plusieurs commentateurs, comme le politologue Sergueï Karaganov, qui plaident en faveur d’une frappe nucléaire préventive contre l’Occident.

Les Verts ne veulent pas « exclure complètement » une guerre nucléaire et entendent « mettre clairement en évidence les risques» [1]

Il est évident que des provocations répétées sapent la position de Poutine et qu’elles peuvent soit entraîner son renversement et son remplacement par un dirigeant beaucoup plus radical, comme Dmitri Medvedev, soit le contraindre lui-même à céder aux revendications radicales en faveur d’une première frappe nucléaire.

Manifestement, dans sa tentative de démanteler et de déstabiliser la Russie, l’« Occident des valeurs », tout en connaissant la doctrine nucléaire russe, accepte sciemment le risque d’une escalade atomique !

Quel lien cette politique entretient-elle donc avec l’hystérie climatique, toujours plus envahissante en Allemagne ?

Pour le comprendre, il faut se mettre dans l’univers mental des illuminés de la gauche écologiste. Ce n’est qu’ainsi que l’on peut établir un lien entre l’idéal de société écologiste et l’effondrement social complet qui suivrait une guerre nucléaire dévastatrice avec la Russie.

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Fort heureusement, une représentante de la secte écologiste qui prétend améliorer le monde, l’auteure Ulrike Herrmann, a écrit un livre dont on peut tirer les idées directrices des visions écologistes de l’avenir. Cet ouvrage, intitulé Das Ende des Kapitalismus (« La fin du capitalisme »), imagine une société dont la consommation énergétique serait couverte uniquement par l’énergie solaire et éolienne. Naturellement, cette piètre production est immédiatement devenue un « best-seller » dans les médias dominants! Ce livre ne constitue donc pas seulement les élucubrations d’une folle solitaire: son contenu bénéficie d’une large approbation au sein de la communauté des déments de la gauche écologiste qui, malheureusement, décide actuellement de notre sort!

Le but de l’utopie de la gauche écologiste: la pauvreté pour tous !

Ulrike Herrmann parvient logiquement, dans ce livre, à la conclusion que limiter la consommation énergétique aux énergies éolienne et solaire signifiera la fin de notre société industrielle et entraînera ainsi la disparition de la plupart des emplois industriels. L’Allemagne se trouve effectivement déjà sur cette voie de régression, comme le montrent plusieurs exemples:

- Le drame de l’industrie automobile allemande, qui a commencé avec des normes absurdes sur les gaz d’échappement et a atteint son point culminant provisoire avec la menace d’une interdiction des moteurs thermiques.

- La pénurie d’électricité : grâce à la « transition énergétique », l’électricité devra à l’avenir être rationnée pour les entreprises (voir: https://www.youtube.com/watch?v=7TwkarMTjO8 ). Les entreprises allemandes quitteront l’Allemagne les unes après les autres.

- Le niveau d’instruction de la jeunesse s’effondre pour une multitude de raisons (voir: https://www.unser-mitteleuropa.com/204845 ).

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Toutefois, la main-d’œuvre ainsi libérée et peu instruite trouvera alors un emploi dans l’agriculture, puisqu’il n’y aura plus non plus de diesel pour les tracteurs et que l’ensemble des travaux agricoles devra donc, à l’avenir, être de nouveau effectué à la main.

La conséquence serait l’appauvrissement complet de l’Allemagne, comme au Moyen Âge ou au Cambodge sous Pol Pot. Il est clair qu’une telle idiotie ne pourrait être mise en œuvre qu’à plusieurs conditions :

- La démocratie — ou ce qu’il en reste après les «cordons sanitaires» et les limites imposées à ce qu’il est permis de dire — doit être entièrement abolie. Le pouvoir doit être repris par une noblesse écosocialiste.

- La religion climatique constitue le fondement idéologique de cette société.

- L’industrie existante doit être physiquement détruite, afin qu’un retour aux bienfaits de l’industrialisation soit impossible sous le dogme du recours exclusif aux énergies éolienne et solaire.

- L’éducation doit être réprimée comme sous Pol Pot. Ce n’est qu’ainsi que la foi climatique naïve pourra être consolidée.

- La population doit être réduite.

Comment parvenir à cet état si bénéfique aux yeux de nos hystériques du climat ?

La réponse est limpide. Il faut une guerre qui détruise tout, ruine la base industrielle, fasse mourir un grand nombre de personnes et au cours de laquelle un régime d’exception militaire soit instauré, avant de ne tout simplement plus être levé à la fin de la guerre. Vladimir Poutine devra servir de bouc émissaire pour cette folie !

Cette conclusion peut paraître quelque peu tirée par les cheveux à certains lecteurs. Mais il ne faut pas oublier que les élites européennes devenues complètement folles, et plus particulièrement les élites allemandes, ont de l’eau jusqu’aux lèvres. Ces élites ne se préoccupent plus que de leur survie politique. Pour conserver leur pouvoir, elles sont prêtes à commettre n’importe quel crime. Après tout, seuls les citoyens stupides sont censés mourir.

Que l’on songe, par exemple, aux prochaines élections régionales en Saxe-Anhalt, où même une majorité absolue de l’AfD est envisageable, ou encore à la situation en Autriche, où l’impopularité de la « coalition des perdants » atteint chaque jour de nouveaux sommets.

En France, Marine Le Pen devient toujours plus populaire. Sa cote de popularité atteint actuellement 36%! Si elle n’est pas autorisée à se présenter à la prochaine élection présidentielle de 2027, Jordan Bardella prendra sa place. Après les prochaines élections, la France deviendra très probablement ingouvernable. Il est impossible de savoir si elle appartiendra encore alors à la «coalition des volontaires». Si la France se tient à l’écart d’une guerre contre la Russie, toute l’Europe du Sud se détournera de l’OTAN.

Seule une guerre avec la Russie peut encore sauver « nos » élites !

Les élites allemandes et autrichiennes se sont totalement fourvoyées, en particulier dans la «transition énergétique». Après des investissements s’élevant à plusieurs milliers de milliards, l’approvisionnement électrique devient de plus en plus cher et de moins en moins fiable. D’ici à 2045, la transition énergétique allemande devrait coûter jusqu’à 5400 milliards d’euros. Il n’est plus possible de faire marche arrière sans que les responsables de cette folie soient chassés!

Une multitude d’autres problèmes dépassent également nos élites démentes, tels que la question migratoire, le problème des retraites, une dette publique totalement hors de contrôle laissant entrevoir un effondrement monétaire, et bien d’autres encore. La seule possibilité, pour le courant politique dominant, de survivre à l’effondrement général de la société est une catastrophe aux allures d’Armageddon dont on pourra rejeter la faute sur Poutine !

Une guerre avec la Russie est donc nécessaire de toute urgence, et le temps presse avant qu’il ne soit trop tard pour « nos » élites!

lundi, 07 septembre 2026

AfD - Le nouveau parti des ouvriers

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AfD - Le nouveau parti des ouvriers

Par Daniell Pföhringer 

Source: https://www.compact-online.de/die-neue-arbeiterpartei/

Lors des élections régionales de Saxe-Anhalt, l’AfD est arrivée en tête dans presque toutes les tranches d’âge. Son avance était particulièrement nette chez les 35-44 ans et les 45-59 ans: dans ces deux catégories, elle a recueilli 53% des voix.

Mais l’AfD a également obtenu de bons résultats chez les jeunes et les primo-votants de 18 à 24 ans, ainsi que chez les 25-34 ans, avec respectivement 42 et 44% des voix, ce qui la place très nettement devant tous les autres partis. Chez les 60-69 ans, elle a recueilli 47% des suffrages. Ce n’est que chez les plus de 70 ans qu’elle se retrouve à égalité avec la CDU, à 31%.

De manière générale, on peut affirmer que plus la tranche d’âge des électeurs est élevée, plus le soutien à la CDU est important. Chez les jeunes électeurs de 18 à 24 ans, le parti du ministre-président encore en fonction, Sven Schulze, atteint tout juste la barre des 5%. Outre l’AfD, Die Linke (17%) et les Verts (13%) ont également obtenu dans cette tranche d’âge des résultats supérieurs à leur moyenne.

Une forte implantation dans toutes les catégories professionnelles

Si l’on examine les catégories professionnelles, les chiffres d’Infratest dimap montrent que l’AfD, victorieuse du scrutin, est particulièrement forte parmi les ouvriers. Dans cette catégorie, 61% des électeurs ont voté pour le parti, qui devance ainsi largement toutes les autres formations. Le SPD, autrefois considéré comme le parti des ouvriers, est très largement distancé: il arrive derrière la CDU (10%), Die Linke (7%) et le BSW (6%), et à égalité avec les Verts (5%).

Parmi les employés également, l’AfD devance largement tous les autres partis avec 46% des voix. Dans cette catégorie, la CDU recueille 13%, les Verts 12% et Die Linke 10%. Chez les travailleurs indépendants, plus d’un électeur sur deux a voté pour l’AfD (52%), contre 19% pour la CDU et 14% pour les Verts.

Une ventilation des résultats selon le sexe fait apparaître en Saxe-Anhalt un phénomène déjà observé lors de précédents scrutins. Alors que 50% des hommes ont voté pour l’AfD, cette proportion n’est que de 39% chez les femmes. Un élément est ici particulièrement frappant: auprès des femmes, tous les partis représentés dans le nouveau Parlement régional, à l’exception de l’AfD, obtiennent de meilleurs résultats qu’auprès des hommes. Le SPD, les Verts et Die Linke recueillent tout au plus deux points de pourcentage supplémentaires chez les femmes, tandis que l’écart atteint quatre points pour la CDU.

L’AfD remporte presque tous les mandats directs

Autre détail remarquable de ces élections: l’AfD a remporté presque toutes les circonscriptions au scrutin direct en Saxe-Anhalt. Dans trois circonscriptions — Magdebourg II, Halle II et Halle III —, les candidats de Die Linke ont été élus directement au Parlement régional. En revanche, la CDU au pouvoir n’a remporté aucun mandat direct. Lors des élections régionales de 2021, l’Union avait encore gagné 40 des 41 circonscriptions au scrutin direct. Cela souligne une nouvelle fois l’ampleur de la débâcle subie hier par la CDU.

Pour ce qui est des secondes voix, attribuées aux listes des partis, l’AfD a dominé dans 40 des 41 circonscriptions. Ce n’est que dans la circonscription de Halle III que les Verts sont arrivés en tête des secondes voix, avec 33,7%. Là encore, le déclin de l’Union est manifeste, puisque la CDU avait encore obtenu le plus grand nombre de secondes voix dans les 41 circonscriptions en 2021.

L’un des mandats directs a été remporté par Ulrich Siegmund, tête de liste de l’AfD. Selon les résultats provisoires, il a recueilli 49,0% des premières voix dans sa circonscription de Genthin. Le meilleur résultat de l’AfD en matière de premières voix a toutefois été obtenu par Reiner Kretschmann, avec 55,6% à Eisleben. Le candidat direct de la CDU, René Barthel, n’y a recueilli que 21,4%. Dans aucune autre circonscription l’écart n’a été aussi important: 34,2 points de pourcentage.

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Le deuxième meilleur résultat au scrutin direct a été obtenu par Hans-Thomas Tillschneider (photo), avec 54,9% dans la circonscription de Querfurt. La troisième place du classement de l’AfD pour les premières voix revient à Matthias Büttner, qui a obtenu 53,4% à Staßfurt. Au total, onze candidats directs de l’AfD ont recueilli plus de 50% des suffrages.

Le ministre-président encore en fonction, Sven Schulze, a perdu son mandat direct dans la circonscription de Magdebourg III face à Christian Mertens, de l’AfD. Schulze a obtenu 31,7%, contre 35,2% pour Mertens: il s’agissait du résultat le plus serré de la soirée électorale d’hier. Dans la circonscription de Halle III, Jannik-Loris Balint, de Die Linke, a remporté une victoire écrasante avec 39,9% des premières voix. Il devance ainsi de 22,1 points son adversaire de l’AfD, Martin Sehrndt (17,8%), lequel a obtenu le score le plus faible de tous les candidats arrivés en deuxième position au scrutin direct.

Les bastions électoraux

L’AfD a obtenu des résultats particulièrement élevés en matière de secondes voix dans les zones rurales situées au sud de Magdebourg. Dans l’arrondissement de Mansfeld-Harz-du-Sud, elle a recueilli plus d’une voix sur deux (51,9%); dans les communes de Plötzkau et de Schnaudertal, elle a même dépassé les 60%. Le BSW a enregistré des résultats supérieurs à sa moyenne dans les circonscriptions d’Aschersleben (7,4%), de Dessau-Roßlau (6,6%) et de Stendal (6,4%).

Les bastions des autres partis sont répartis dans l’ensemble du Land. Dans l’arrondissement de Wittenberg, la CDU, avec 20,3%, a obtenu un résultat supérieur à sa moyenne régionale; à l’échelle communale, elle a réalisé son meilleur score à Steigra, avec 23,3%. Die Linke et les Verts ont surtout obtenu de bons résultats dans les villes traditionnellement ancrées à gauche de Magdebourg et de Halle. Quant au SPD, il a enregistré son meilleur score à Wernigerode, dans le Harz, avec 16,5%.

AfD - Le nouveau parti des ouvriers

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AfD - Le nouveau parti des ouvriers

Par Daniell Pföhringer 

Source: https://www.compact-online.de/die-neue-arbeiterpartei/

Lors des élections régionales de Saxe-Anhalt, l’AfD est arrivée en tête dans presque toutes les tranches d’âge. Son avance était particulièrement nette chez les 35-44 ans et les 45-59 ans: dans ces deux catégories, elle a recueilli 53% des voix.

Mais l’AfD a également obtenu de bons résultats chez les jeunes et les primo-votants de 18 à 24 ans, ainsi que chez les 25-34 ans, avec respectivement 42 et 44% des voix, ce qui la place très nettement devant tous les autres partis. Chez les 60-69 ans, elle a recueilli 47% des suffrages. Ce n’est que chez les plus de 70 ans qu’elle se retrouve à égalité avec la CDU, à 31%.

De manière générale, on peut affirmer que plus la tranche d’âge des électeurs est élevée, plus le soutien à la CDU est important. Chez les jeunes électeurs de 18 à 24 ans, le parti du ministre-président encore en fonction, Sven Schulze, atteint tout juste la barre des 5%. Outre l’AfD, Die Linke (17%) et les Verts (13%) ont également obtenu dans cette tranche d’âge des résultats supérieurs à leur moyenne.

Une forte implantation dans toutes les catégories professionnelles

Si l’on examine les catégories professionnelles, les chiffres d’Infratest dimap montrent que l’AfD, victorieuse du scrutin, est particulièrement forte parmi les ouvriers. Dans cette catégorie, 61% des électeurs ont voté pour le parti, qui devance ainsi largement toutes les autres formations. Le SPD, autrefois considéré comme le parti des ouvriers, est très largement distancé: il arrive derrière la CDU (10%), Die Linke (7%) et le BSW (6%), et à égalité avec les Verts (5%).

Parmi les employés également, l’AfD devance largement tous les autres partis avec 46% des voix. Dans cette catégorie, la CDU recueille 13%, les Verts 12% et Die Linke 10%. Chez les travailleurs indépendants, plus d’un électeur sur deux a voté pour l’AfD (52%), contre 19% pour la CDU et 14% pour les Verts.

Une ventilation des résultats selon le sexe fait apparaître en Saxe-Anhalt un phénomène déjà observé lors de précédents scrutins. Alors que 50% des hommes ont voté pour l’AfD, cette proportion n’est que de 39% chez les femmes. Un élément est ici particulièrement frappant: auprès des femmes, tous les partis représentés dans le nouveau Parlement régional, à l’exception de l’AfD, obtiennent de meilleurs résultats qu’auprès des hommes. Le SPD, les Verts et Die Linke recueillent tout au plus deux points de pourcentage supplémentaires chez les femmes, tandis que l’écart atteint quatre points pour la CDU.

L’AfD remporte presque tous les mandats directs

Autre détail remarquable de ces élections: l’AfD a remporté presque toutes les circonscriptions au scrutin direct en Saxe-Anhalt. Dans trois circonscriptions — Magdebourg II, Halle II et Halle III —, les candidats de Die Linke ont été élus directement au Parlement régional. En revanche, la CDU au pouvoir n’a remporté aucun mandat direct. Lors des élections régionales de 2021, l’Union avait encore gagné 40 des 41 circonscriptions au scrutin direct. Cela souligne une nouvelle fois l’ampleur de la débâcle subie hier par la CDU.

Pour ce qui est des secondes voix, attribuées aux listes des partis, l’AfD a dominé dans 40 des 41 circonscriptions. Ce n’est que dans la circonscription de Halle III que les Verts sont arrivés en tête des secondes voix, avec 33,7%. Là encore, le déclin de l’Union est manifeste, puisque la CDU avait encore obtenu le plus grand nombre de secondes voix dans les 41 circonscriptions en 2021.

L’un des mandats directs a été remporté par Ulrich Siegmund, tête de liste de l’AfD. Selon les résultats provisoires, il a recueilli 49,0% des premières voix dans sa circonscription de Genthin. Le meilleur résultat de l’AfD en matière de premières voix a toutefois été obtenu par Reiner Kretschmann, avec 55,6% à Eisleben. Le candidat direct de la CDU, René Barthel, n’y a recueilli que 21,4%. Dans aucune autre circonscription l’écart n’a été aussi important: 34,2 points de pourcentage.

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Le deuxième meilleur résultat au scrutin direct a été obtenu par Hans-Thomas Tillschneider (photo), avec 54,9% dans la circonscription de Querfurt. La troisième place du classement de l’AfD pour les premières voix revient à Matthias Büttner, qui a obtenu 53,4% à Staßfurt. Au total, onze candidats directs de l’AfD ont recueilli plus de 50% des suffrages.

Le ministre-président encore en fonction, Sven Schulze, a perdu son mandat direct dans la circonscription de Magdebourg III face à Christian Mertens, de l’AfD. Schulze a obtenu 31,7%, contre 35,2% pour Mertens: il s’agissait du résultat le plus serré de la soirée électorale d’hier. Dans la circonscription de Halle III, Jannik-Loris Balint, de Die Linke, a remporté une victoire écrasante avec 39,9% des premières voix. Il devance ainsi de 22,1 points son adversaire de l’AfD, Martin Sehrndt (17,8%), lequel a obtenu le score le plus faible de tous les candidats arrivés en deuxième position au scrutin direct.

Les bastions électoraux

L’AfD a obtenu des résultats particulièrement élevés en matière de secondes voix dans les zones rurales situées au sud de Magdebourg. Dans l’arrondissement de Mansfeld-Harz-du-Sud, elle a recueilli plus d’une voix sur deux (51,9%); dans les communes de Plötzkau et de Schnaudertal, elle a même dépassé les 60%. Le BSW a enregistré des résultats supérieurs à sa moyenne dans les circonscriptions d’Aschersleben (7,4%), de Dessau-Roßlau (6,6%) et de Stendal (6,4%).

Les bastions des autres partis sont répartis dans l’ensemble du Land. Dans l’arrondissement de Wittenberg, la CDU, avec 20,3%, a obtenu un résultat supérieur à sa moyenne régionale; à l’échelle communale, elle a réalisé son meilleur score à Steigra, avec 23,3%. Die Linke et les Verts ont surtout obtenu de bons résultats dans les villes traditionnellement ancrées à gauche de Magdebourg et de Halle. Quant au SPD, il a enregistré son meilleur score à Wernigerode, dans le Harz, avec 16,5%.

Le deuxième tournant historique de l’Allemagne

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Le deuxième tournant historique de l’Allemagne

par Wolfgang Hübner

Source: https://pi-news.net/2026/09/deutschlands-zweite-wende/

Après les événements de Saxe-Anhalt, une nouvelle époque de l’histoire allemande se dessine à l'horizon. Elle a déjà un visage: celui d’Ulrich Siegmund, né en 1990, l’année de la réunification. Au lendemain de son grand succès électoral, rien ne pourrait être plus superficiel que de se demander si, et comment, il deviendra prochainement ministre-président de ce Land, même sans majorité absolue. Car il obtiendra bien entendu cette fonction — qui d’autre pourrait l’obtenir?! Mais Siegmund, cet enfant du premier grand tournant national, signale, du haut de ses 35 ans, la fin de la vassalisation de ce pays et de ce peuple.

Avec cet homme politique de l’AfD réapparaît une Allemagne qui se libère des ombres du national-socialisme et du complexe d’expiation. Quiconque, dans un refus absolu de tirer les leçons du passé, cherche à nuire à Siegmund en brandissant contre lui la fallacieuse massue accusatoire de "nazisme" ne fera que se ranger lui-même parmi les irréductibles. Les prochaines semaines, jusqu’à l’élection de l’homme de Tangermünde au poste de ministre-président, seront certes encore marquées par les mises en scène plus ou moins enragées du front uni de la mouvance Antifa, mais la pénible époque des coalitions formées contre un parti touche à sa fin.

Avec le scrutin de Saxe-Anhalt s’est ouverte une période de nouvelles perspectives pour cette maison de retraite prise de panique qu’est la République fédérale. Cela concerne aussi bien la politique intérieure que la politique étrangère. La chute vertigineuse de la CDU en Saxe-Anhalt et dans les sondages fait sonner le glas de celle qui fut pendant de longues années le « parti d’État » d’Adenauer et de Kohl. Ce parti moribond souffre d’une maladie incurable provoquée par la funeste stratégie du « cordon sanitaire », qui devait pourtant — ironie du sort — le préserver du malheur.

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Friedrich Merz peut porter le deuil, mais seul son ami Zelensky pleurera ce chancelier qui a d’ores et déjà échoué. Outre le triomphe de Siegmund, le résultat électoral dans l’Est présente un autre aspect important : le sauvetage in extremis du BSW, le parti de Wagenknecht. Premièrement, le BSW devient ainsi l’arbitre décisif au Parlement de Magdebourg. Et après sa faute politique en Thuringe, le parti ne peut pas une nouvelle fois mettre son existence en jeu avec un spectacle anti-AfD politiquement aveugle. Deuxièmement, la ligne pacifiste relativement constante du BSW a porté ses fruits. Elle reste nécessaire en Allemagne, notamment parce que la position de l’AfD à cet égard est loin d’être univoque.

Le résultat électoral comporte encore d’autres aspects remarquables. Les prochains jours seront consacrés à leur interprétation. Une chose est toutefois claire : en Saxe-Anhalt, des faits ont été établis pour l’avenir de l’Allemagne que plus personne ne peut désormais faire disparaître par des pirouettes interprétatives — le deuxième tournant a commencé !

Victoire de l’AfD aux élections en Saxe-Anhalt: quelle suite?

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Victoire de l’AfD aux élections en Saxe-Anhalt: quelle suite?

Source: https://report24.news/afd-sieg-in-sachsen-anhalt-wahl-wie...

Le résultat provisoire des élections régionales en Saxe-Anhalt est connu. Avec 43,8% des voix, l’AfD devient ainsi la première force politique du Land, tandis que le score de la CDU a été réduit de plus de moitié. L’entrée du BSW au Parlement empêche toutefois l’AfD de disposer d’une majorité de sièges lui permettant de gouverner seule. Que va-t-il donc se passer maintenant ?

En 2018 encore, Friedrich Merz annonçait avec emphase qu’il briguait la présidence de la CDU afin de réduire de moitié le score de l’AfD. Or, huit ans plus tard, c’est précisément l’AfD qui a divisé par deux celui de la CDU. Tandis que l’"Alternative pour l’Allemagne" a plus que doublé sa part des voix, l’Union chrétienne-démocrate, malgré une participation électorale record, a perdu plus de la moitié de son électorat — soit une baisse de 19,9 points — et n’est plus parvenue à convaincre que 17,2% des électeurs. Les réactions des représentants de la CDU étaient révélatrices.

La seule question qui se pose désormais est celle de la suite. Ulrich Siegmund, qui déclarait encore avant le scrutin ne vouloir devenir ministre-président qu’en cas de majorité nette de l’AfD, considère à présent que d’autres possibilités sont envisageables. Il a qualifié de « bricolage » le modèle proposé par le BSW, qui prévoit un ministre-président au-dessus des partis. Une coopération pourrait avoir lieu avec les forces disposées à soutenir le changement de politique réclamé par l’AfD — expressément, «que cela passe par un groupe parlementaire ou par des députés à titre individuel». En cas d’échec, Siegmund a même évoqué de nouvelles élections, prédisant alors «50 ou 55%» des voix pour son parti.

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Le BSW, qui a franchi de justesse du seuil des 5 %, a compliqué la situation, devient maintenant une sorte de «faiseur de roi», d’autant que, selon les résultats provisoires, l’AfD et le BSW totalisent ensemble 44 sièges. Les partis du «cordon sanitaire» — la CDU (15 sièges), le SPD, les Verts et Die Linke (8 sièges chacun) — comptent quant à eux un total de 39 députés.

Mais cela signifie aussi que si, par exemple, trois ou quatre députés de la CDU déclaraient publiquement vouloir soutenir un gouvernement AfD minoritaire, Siegmund pourrait obtenir une majorité avec eux et le BSW — une telle configuration permettrait également de compenser d’éventuelles absences. Parmi les quinze députés CDU élus au Parlement régional, cinq se sont clairement opposés par le passé à toute coopération. Pour trois autres, certains indices laissent au moins entrevoir une certaine ouverture.

L’autre possibilité, celle d’un gouvernement réunissant tous les autres partis contre l’AfD, paraît toutefois improbable. D’une part, la CDU ne veut pas non plus gouverner avec Die Linke, le SPD ne veut pas s’allier au BSW et le BSW refuse également de former une coalition avec la CDU. Toutefois, si les autres partis empêchent l’AfD, victorieuse des élections, de former un gouvernement, la prédiction de Siegmund selon laquelle de nouvelles élections donneraient lieu à un vote protestataire encore plus massif pourrait bel et bien se réaliser. Du moins si Siegmund tente réellement et sérieusement de former un gouvernement et d’obtenir le soutien du BSW ainsi que de certains députés de la CDU.

 

Le séisme allemand qui pourrait annoncer d’autres secousses en Europe

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Le séisme allemand qui pourrait annoncer d’autres secousses en Europe
 
Gastel Etzwane
 
 
En Saxe-Anhalt, ce n’est plus une poussée de l’AfD. C’est un basculement.
 
Avec environ 44 % des suffrages, le parti a plus que doublé son résultat de 2021 et relégué très loin derrière lui la CDU du chancelier Friedrich Merz, tombée autour de 18,5 %. Dans un Land gouverné par les chrétiens-démocrates depuis 2002, l’écart est considérable. Il interdit désormais de réduire le vote AfD à une simple protestation des marges. Une partie importante de l’électorat allemand ne proteste plus: elle choisit une autre politique.
 
Le phénomène mérite d’autant plus d’attention que l’AfD n’a pas bénéficié d’une quelconque banalisation institutionnelle. C’est même l’inverse. Le parti demeure soumis au cordon sanitaire des autres grandes formations allemandes. Certaines de ses structures ont été classées à l’extrême droite par les services de renseignement intérieur et la question de son interdiction a été publiquement débattue. Le dispositif politique destiné à contenir sa progression n’a donc pas disparu. Il vient simplement de rencontrer sa limite: le suffrage.
 
C’est peut-être la première leçon de Saxe-Anhalt. Il existe un moment où la disqualification d’un parti cesse d’affaiblir ses propositions et peut, au contraire, convaincre une partie de l’électorat que certaines questions ne trouvent plus d’expression ailleurs.

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Car l’AfD n’a pas progressé en atténuant ses positions. Elle défend un durcissement considérable de la politique migratoire, conteste le soutien militaire durable à l’Ukraine, réclame le rétablissement de relations avec Moscou et remet en cause l’orientation européenne suivie par Berlin. Une partie du parti va jusqu’à envisager une rupture beaucoup plus profonde avec l’Union européenne.
 
À cela s’ajoute un discours économique qui rencontre désormais les inquiétudes d’une Allemagne confrontée à la stagnation, au coût de l’énergie et aux difficultés de son industrie. L’AfD relie ces sujets entre eux: politique énergétique, sanctions contre la Russie, guerre en Ukraine, dépenses publiques, immigration, souveraineté nationale. On peut récuser ses réponses. Il devient beaucoup plus difficile de prétendre que les questions auxquelles elle répond n’existent pas.
 
L’Ukraine devient une question électorale intérieure
 
C’est probablement à Kiev que le résultat allemand devrait être observé avec le plus d’attention.
 
Depuis quatre ans, le soutien à l’Ukraine a souvent été présenté en Europe occidentale comme une politique extérieure bénéficiant d’un consensus suffisamment large pour échapper aux alternances électorales. La Saxe-Anhalt montre les limites de cette hypothèse.
 
L’aide militaire et financière à Kiev entre désormais directement dans la compétition politique allemande. Chaque nouvelle livraison d’armes, chaque enveloppe budgétaire et chaque engagement de reconstruction peuvent être confrontés aux dépenses intérieures, aux infrastructures, à l’énergie ou à l’industrie. La question n’est donc plus seulement de savoir combien de temps l’Europe possède les moyens matériels de soutenir l’Ukraine. Elle est de savoir combien de temps ses gouvernements disposent de la majorité politique nécessaire pour le faire.
 
Cette évolution dépasse largement la Saxe-Anhalt. Si elle se confirme ailleurs, les gouvernements européens devront compter avec un phénomène qu’ils ont longtemps sous-estimé: une politique étrangère peut être cohérente diplomatiquement et devenir progressivement coûteuse électoralement.

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La réaction de Donald Tusk est, à cet égard, révélatrice. Le Premier ministre polonais a estimé que, dans son pays, seuls « des idiots ou des traîtres » pouvaient se réjouir du triomphe de l’AfD. La violence même de la formule dit quelque chose de l’inquiétude provoquée par le résultat allemand. Varsovie est l’un des soutiens européens les plus constants de Kiev et considère la Russie comme une menace stratégique majeure. Voir progresser aussi brutalement, dans le premier pays de l’Union par sa puissance économique, une force contestant cette politique ne peut être pour elle un événement régional.
 
Un laboratoire politique
 
La victoire de l’AfD possède en outre une dimension institutionnelle. Gouverner un Land ne signifie pas seulement administrer des routes ou des écoles. Les Länder disposent de compétences importantes en matière de police, d’éducation, de culture et d’administration. L’arrivée éventuelle de l’AfD aux responsabilités ferait ainsi passer le parti du statut de force protestataire à celui de parti de gouvernement.
 
C’est précisément ce passage qui pourrait modifier la politique allemande. Un parti maintenu pendant des années à l’extérieur du système peut être contenu tant qu’il demeure minoritaire. La mécanique devient beaucoup plus difficile lorsque quatre électeurs sur dix votent pour lui.
 
Reste alors une question qui ne concerne plus seulement l’Allemagne.
 
Dans plusieurs démocraties européennes, certaines positions sur l’immigration, l’Union européenne, la Russie, l’Ukraine ou les rapports avec les États-Unis demeurent extrêmement coûteuses à défendre. Celui qui s’écarte suffisamment du consensus s’expose immédiatement à la disqualification, aux procès en irresponsabilité et parfois à l’isolement politique. La France connaît, elle aussi, ce mécanisme, même si son histoire, ses institutions et son paysage partisan interdisent de transposer mécaniquement le cas allemand.
 
Mais la Saxe-Anhalt suggère une hypothèse plus dérangeante: et si la violence de la réaction provoquée par certaines positions ne signifiait pas nécessairement qu’elles sont électoralement impossibles ?
 
Un parti peut perdre en cherchant constamment à devenir acceptable aux yeux de ceux qui ne voteront jamais pour lui. Il peut aussi choisir de maintenir une ligne impopulaire dans les institutions, les médias ou les milieux dirigeants, mais dont il estime qu’elle rencontre une demande dans le pays. L’AfD vient d’expérimenter cette seconde stratégie avec une ampleur que peu imaginaient encore possible il y a quelques années.
 
Il serait hasardeux d’en déduire que la même recette produirait le même résultat en France. Mais il serait tout aussi imprudent de considérer ce qui vient de se passer en Allemagne comme une singularité de l’Est allemand.
 
La véritable leçon de Saxe-Anhalt est peut-être là. Pendant longtemps, le cordon sanitaire a posé une frontière autour de l’AfD. Dimanche, les électeurs ne l’ont pas abolie. Ils sont passés par-dessus.
 

dimanche, 06 septembre 2026

Un manuel de rémigration

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Un manuel de rémigration

par Georges Feltin-Tracol 

De Belfast à Rome, de Ceuta à Leipzig, le sujet brûlant de la rémigration prend une ampleur inédite considérable auprès des opinions européennes malgré l’occultation sciemment entretenue par le système médiatique d’occupation mentale. Le 31 octobre prochain doit se tenir à Paris une réunion, la troisième après l’Italie à Milan en avril 2025 et à Porto au Portugal en mai 2026, sur ce thème crucial pour l’avenir des Eurochtones. Pas sûr que le régime répressif d’extrême centre de l’Élysée la maintienne…

immsremages.jpgIl y a quelques mois paraissait un essai de Jean-Yves Le Gallou sur cette problématique. Son préfacier, le militant identitaire autrichien multi-persécuté Martin Sellner, l’avait devancé dès 2024 avec Remigration. Ein Vorschlag aux éditions Antaios du courageux Götz Kubitschek.

Après une traduction espagnole chez Editorial EAS, voici enfin sa version française ! On remarquera que la publication de Remigration. Une proposition, (2026, 216 p., 18 €.) ne relève pas du groupe éditorial Bolloré que certains naïfs estiment être à la pointe du combat des idées. Non, cette belle initiative d’offrir au lecteur français l’analyse pertinente de Martin Sellner revient à une maison d’édition installée en Vivarais, Hétairie, qui présente un ouvrage soigné et de belle facture. Bravo pour cette parution !

Remigration.jpgRemigration. Une proposition n’est pas un pamphlet contre la présence immigrée en Europe. Martin Sellner propose par des exemples pratiques et des cas précis qu’une politique de rémigration n’appartient pas à la science-fiction. S’adressant à l’origine au public allemand et autrichien, membres d’États historiquement fédéraux, l’auteur se revendique de droite, terme qui implique dans le monde germanique une rupture certaine avec les conventions formelles établies.

Face à un «État-providence [qui] se transforme progressivement en instrument de redistribution ethnique», «ce livre est conçu comme le fondement d’une “œuvre pionnière métapolitique” destinée à préparer la rémigration sur le plan des idées ». Il lui importe de se confronter à une «Allemagne [qui] devient une “société de minorités multiples”, dans laquelle la majorité autochtone se trouve peu à peu ravalée au rang d’un groupe ethnique parmi d’autres».

Les justes critiques de Martin Sellner ne concernent pas les minorités ethniques enracinées qui forment la remarquable marqueterie polyculturaliste européenne (les Danois du Schleswig – Holstein, les Frisons orientaux en Basse-Saxe, les Sorabes de Lusace, les Slovènes de Carinthie, les Roms et les Sinti, etc.). Pour lui, «les peuples existent, mais selon une modalité différente de celle des communautés religieuses, économiques ou purement sociales». Il reconnaît par ailleurs que «l’identité collective n’est pas un objet statique, mais un processus réflexif et dynamique. Elle ne peut donc être définie une fois pour toutes ni définitivement fixée». Son projet ambitieux de rémigration correspond à « une politique identitaire positive [… qui] souhaite préserver, mais aussi développer, le peuple comme expression de la diversité ethnoculturelle du monde ».

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Martin Sellner et Eva Vlaardingerbroeck au Bal des Corporations étudiantes à Vienne.

Comment le «cauchemar principal du régime de Berlin» imagine-t-il la rémigration? Il s’agit d’abord d’«un concept englobant l’ensemble des mesures relevant d’une politique identitaire et démographique de droite, destinée à réduire une étrangeté devenue excessive. Cela comprend l’expulsion des immigrés illégaux, mais ne s’y limite pas: il faut également y inclure une réforme du droit d’asile, du droit de la nationalité et du droit des étrangers, ainsi que toutes les mesures susceptibles d’encourager le retour volontaire».

Dans les faits, « la rémigration désigne un ensemble de mesures destinées à inverser les flux migratoires, sur le fondement d’une politique démographique et identitaire alternative ». Elle contredit donc « la politique démographique dominante [qui] est, sans conteste, celle du remplacement par l’immigration ». Il prévient enfin que «la normalisation démographique par la rémigration ne signifie donc ni “État racial” ni “lois de Nuremberg”. La politique de rémigration vise la question de la loyauté, de l’obéissance à la loi et de la volonté d’assimilation».

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Bien que le monde germanophone demeure réticent au modèle de l’État-nation, Martin Sellner défend avec conviction l’assimilation et récuse toute intégration. Tout étranger qui accepte de rejoindre la communauté populaire de destin qui l’accueille doit renoncer à son héritage et adopter mœurs et usages. Grande est donc son opposition au port du voile musulman et à d’autres tenues religieuses dans les espaces publics et dans les bâtiments officiels! Certes, il entend respecter les distinctions culturelles et religieuses dans le domaine privé. Il soutient en outre un projet assez utopique d’«islam européen» hors de toutes références historiques aux Tatars de Pologne et à l’islam des Balkans avec ses expressions bektachie et soufie.

L’auteur espère faire taire ses détracteurs. «Puisque l’intégration demeure un objectif possible, la rémigration ne saurait être comparée au “nettoyage ethnique” ni aux autres scénarios d’horreur issus du vocabulaire du lobby migrationniste». Sur le marché du travail, il observe, sévère, que «le remplacement migratoire afro-arabe ne résout pas la pénurie de travailleurs qualifiés; il l’aggrave».

Par delà des décisions simples et de bon sens telles l’expulsion immédiate de tout contrevenant allogène, l’application stricte de la préférence nationale, l’incitation financière et professionnelle des migrants à quitter l’Europe, Martin Sellner ne se satisfait pas des programmes britannique et italien de renvoi des étrangers clandestins au Rwanda et en Albanie, programmes hélas arrêtés, faute de volonté politique ou suite à une décision abjecte d’une justice partiale et maligne!

En différenciant parmi les migrants les demandeurs d’asile, les naturalisés et citoyens non assimilés ainsi que les autres étrangers, il réclame une méthode «démoscopique» avec un organisme scientifique central qui traiterait et publierait en permanence toutes les données migratoires disponibles.

61+cMzmC3rL._AC_UF1000,1000_QL80_.jpgAu grand dam des belles âmes, Martin Sellner suggère la création en Afrique du Nord de «villes de rétention» (adaptation des «villes à charte» chères aux libertariens?) qui recevraient l’ensemble des migrants désireux de se rendre en Europe. «Toute personne arrivant dans la ville modèle serait enregistrée biométriquement, recevrait un titre de séjour de trois ans, des services de base et une allocation mensuelle. Dans la ville, elle serait immédiatement intégrée à un programme de retour». Si une résidence permanente est possible, tout habitant aurait le droit inconditionnel de rentrer dans son pays natal. L’État qui accepterait ce plan bénéficierait d’aides financières massives dont la suppression de sa dette publique.

En prenant exemple sur Hong Kong et Singapour, «la ville serait administrée par Frontex ou par un joint-venture réunissant plusieurs États européens. Les infrastructures, les systèmes sociaux et sanitaires y seraient organisés efficacement. Une force de police bien équipée, une surveillance complète et un code municipal strict assureraient la sécurité. À long terme, toutefois, les habitants de la ville seraient encouragés à se gouverner eux-mêmes et à élire leur propre organe représentatif ». Ce serait la démonstration tangible que les sans-papiers sont des ingénieurs, des médecins, des capitaines d’industrie, des scientifiques au potentiel inexploité…

9791254622667_1051288544_0_0_0_75.jpgMartin Sellner pense cette politique possible au niveau de l’Union dite européenne, d’autant que l’Allemagne est un contributeur net au contraire de la Hongrie et de l’Italie. Une révision radicale de la politique migratoire de la prétendue Union européenne se réaliserait grâce à un accord préalable des gouvernements nationaux de droite identitaire. On demeure sceptique sur ce point, car toute politique à l’échelle institutionnelle européenne se voit limitée, encadrée et surveillée par les traités internationaux et les instances judiciaires cosmopolites comme la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) et la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH). Autre contrainte, afin qu’advienne un pareil changement, il faudrait d’abord chasser la caste du pouvoir qui entérinera des lois d’exception contre les partisans de l’eurochtonie. «Les mesures relevant de cette “anarcho-tyrannie” émergente visent d’abord les autochtones et les migrants assimilés». Les discriminations en cours en Allemagne contre les candidats, les adhérents et les sympathisants de l’AfD et d’autres formations patriotiques en sont des préfigurations manifestes inquiétantes.

En dépit de ces pressions inacceptables et attentatoires au droit imprescriptible des peuples à rester eux-mêmes, «la rémigration constitue […] la priorité absolue de toute politique de droite; et tout responsable politique sérieux, dès qu’il se réclame de la droite, devra tôt ou tard présenter son propre concept de rémigration», d’autant que «la richesse nationale, la sécurité intérieure, la démocratie, l’identité ethnoculturelle possèdent une valeur intrinsèque indéniable. Il est donc éthiquement justifié de militer pour la rémigration afin de préserver ces biens, de promouvoir notre bien commun et d’éviter les souffrances provoquées». Se servant à bon escient des leçons d’Antonio Gramsci, Martin Sellner affirme que «la vision patriotique du monde doit devenir hégémonique dans son ensemble et former son propre milieu culturel, capable d’englober une large alliance de groupes sociaux différents». À la différence des multiculturalistes et des autres mondialistes qui œuvrent pour l’homogénéité mortifère du monde, il considère qu’«en tant que projet ethnopluraliste, la rémigration respecte la diversité des cultures et exige le respect mutuel». Le projet de rémigration facilite en réalité une réelle ouverture au monde, à un monde hétérogène d’ensembles politiques fortement homogènes.  

  • « Chronique flibustière », n° 196, d’abord mise en ligne le 3 septembre 2026 sur Synthèse nationale.

Alors que Tusk perd le soutien des Polonais, un quatrième parti de droite apparaît soudainement en Pologne

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Alors que Tusk perd le soutien des Polonais, un quatrième parti de droite apparaît soudainement en Pologne

Peter W. Logghe

Source: https://www.facebook.com/peter.logghe.94

La politique peut décidément être délicieusement complexe, ne trouvez-vous pas? À environ un an des prochaines élections législatives en Pologne — normalement prévues en novembre 2027 —, le pays risque de se retrouver dans une impasse politique totale. Sur le papier, la droite semble bien placée pour remplacer en novembre le gouvernement centriste de Donald Tusk. En effet, même si le parti de Tusk, la KO ou "Coalition civique", reste le premier dans les sondages, il ne disposerait plus d’une majorité de sièges.

Or, c’est précisément au sein du PiS, principal prétendant à la direction d’un nouveau gouvernement polonais, que les tensions se font sentir. Peu avant la pause parlementaire estivale, l’ancien Premier ministre Mateusz Morawiecki a présenté sa démission du PiS. Il a été suivi par 39 députés, un sénateur et trois eurodéputés du PiS. Il apparaît que des désaccords sur les choix stratégiques sont à l’origine de cette décision. Morawiecki souhaiterait créer un véritable parti en octobre, mais, pour l’instant, les dissidents du PiS se sont regroupés au sein d’une association interne au parti, baptisée «Développement Plus».

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Une droite polonaise divisée finira-t-elle malgré tout par perdre la bataille ?

Selon certaines sources, le président du parti, Kaczyński, était fou de rage et a déclaré: «Nous ne voyons dans cette association rien d’autre qu’une tentative de diviser le parti».

Sławomir_Mentzen_2_(cropped).jpgPourtant, le PiS, qui a gouverné la Pologne entre 2015 et 2023 avec une majorité absolue de sièges, est sous pression depuis déjà quelque temps. Cette pression vient surtout de deux autres partis de droite: la "Confédération" de Sławomir Mentzen (photo), qui semble principalement attirer les jeunes et les entrepreneurs, et la formation qui en est issue par scission, la Confédération de la Couronne polonaise de Grzegorz Braun. Ce n’est qu’avec l’appui de ces deux partis que le PiS est parvenu, en juin 2025, à faire élire le candidat de droite Karol Nawrocki à la présidence de la République polonaise. Il s’en est vraiment fallu de peu pour que Nawrocki ne soit pas élu.

En mars 2026, le président du PiS, Jarosław Kaczyński, a proposé Przemysław Czarnek comme tête de liste pour les prochaines élections législatives. Czarnek souhaite notamment réduire, voire supprimer, le soutien à l’Ukraine. Cela s’est finalement révélé être la goutte d’eau qui a fait déborder le vase pour Morawiecki, lequel appartient plutôt à l’aile centriste du PiS et se définit comme atlantiste et social-conservateur.

Les récents sondages montrent que Donald Tusk n’obtiendrait plus de majorité pour sa coalition actuelle. Il serait particulièrement regrettable que les divisions au sein de la droite permettent la poursuite de certaines évolutions préjudiciables à la Pologne. Que fera Mateusz Morawiecki ? Il peut apparemment compter sur le soutien d’un nombre croissant de Polonais.

En Pologne aussi, les prochains mois s’annoncent particulièrement passionnants…

samedi, 05 septembre 2026

L’illusion du choix: la fabrication du consensus dans une France post-souveraine - Le faux ordre occidental

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L’illusion du choix: la fabrication du consensus dans une France post-souveraine

Le faux ordre occidental

Jerry B. Marchant 

Jerry B. Marchant examine comment l’apparence du consentement populaire — mis en scène, mesuré par sondage ou projeté — sert à donner à une issue prédéterminée les apparences d’un libre choix, et s’interroge sur ceux qui en bénéficient réellement lorsque la souveraineté d’une nation est définie à sa place par d’autres.

On ne cesse de nous répéter qu’un choix nous appartient. Parfois, le message est tonitruant et sans équivoque, comme dans ces proclamations lancées lors de rassemblements, devenues virales sur les réseaux sociaux et répétées jusqu’à ressembler moins à une opinion qu’à un fait naturel. L’effet est toujours le même : l’issue commence à paraître inévitable et, parce qu’elle semble bénéficier d’un soutien populaire, elle finit par donner l’impression d’être le fruit d’une décision prise par la nation elle-même. Pourtant, de plus en plus souvent, la « nation » censée parvenir à cette décision n’est pas celle qui décide réellement.

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Edward Bernays, père des relations publiques modernes, appelait cela «l’ingénierie du consentement», autrement dit le façonnement délibéré de ce que les individus croient avoir décidé par eux-mêmes¹.

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Les expériences classiques menées par Solomon Asch dans les années 1950 ont montré avec quelle facilité les individus renoncent à leur propre jugement dès lors qu’ils croient qu’un consensus collectif existe déjà — même s’il est mis en scène². La force de persuasion ne réside pas dans l’argument, mais dans l’impression que la foule a déjà tranché, ainsi que dans la question de savoir qui décide, en premier lieu, de ce sur quoi cette foule est autorisée à se prononcer.

La question de la souveraineté sur le plan intérieur

Le président français lui-même s’est montré remarquablement franc quant à l’instance à laquelle devrait, selon lui, revenir ce pouvoir de décision. Dans un discours prononcé en 2017, Emmanuel Macron a présenté l’idée même de souveraineté nationale comme une illusion, notion que la France devait, selon lui, dépasser au profit d’une «souveraineté européenne» partagée. Depuis lors, il a réitéré ce thème, déclarant devant le Parlement européen à Strasbourg qu’un repli sur la souveraineté nationale constituait un faux réconfort dans un monde marqué par les migrations et les rivalités entre puissances, et affirmant au contraire que l’Europe avait besoin d’une souveraineté plus forte que celle de ses États membres.

Ses détracteurs — non seulement au sein de la droite nationaliste, mais dans l’ensemble du spectre politique — soutiennent que cette vision a vidé de leur substance les mécanismes par lesquels les citoyens français ordinaires pourraient véritablement être consultés.

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Des analystes écrivant pour le blogue EUROPP de la London School of Economics (LSE) décrivent le projet de Macron comme la promesse qu’«un centre technocratique et post-idéologique pourrait transcender le clivage traditionnel entre la gauche et la droite en France». Cette promesse est aujourd’hui largement considérée comme ayant échoué, laissant derrière elle un mode de gouvernement reposant sur un cercle restreint de conseillers plutôt que sur les partis, les syndicats ou les collectivités locales.

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Le site d’analyse The UnPopulist a observé que cette approche technocratique avait conféré aux réformes de Macron le caractère de mesures imposées plutôt que celui de décisions issues du débat, une dynamique liée au fait qu’à peine un quart des citoyens français estiment désormais que leur système politique fonctionne encore.

Le « Grand Débat national » lancé par son propre gouvernement en 2019 pour désamorcer la révolte des Gilets jaunes a été largement perçu comme la confirmation du même schéma: une consultation mise en scène pour donner l’impression que le pouvoir était à l’écoute.

Manon Aubry, de La France insoumise, a accusé Macron d’orienter le débat de manière à éviter «les questions qui dérangeaient», notamment celle du rétablissement de l’impôt sur la fortune qu’il avait supprimé. Un sondage de l’IFOP a révélé que seuls 38% des électeurs français pensaient que leurs contributions auraient une quelconque influence sur les politiques effectivement menées.

Par la suite, un chroniqueur de The Connexion a estimé que cet exercice de deux mois n’avait produit pour ainsi dire aucun changement mesurable. Une consultation dont les conclusions ont été discrètement remisées une fois les troubles immédiats apaisés.

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Telle est, dans sa forme la plus simple, la critique nationaliste: une classe dirigeante qui répond de plus en plus à Bruxelles et à un électorat «européen» abstrait plutôt qu’à l’électorat français, tout en habillant cet arrangement du langage de la consultation et du consensus afin que le transfert du pouvoir décisionnel apparaisse comme un choix du public.

La question de l’hypocrisie sur le plan international

Le même gouvernement qui met en scène un consensus intérieur tout en le contournant discrètement s’est érigé, sur la scène internationale, en défenseur de la légitimité démocratique face à tous les autres. Macron a présenté à plusieurs reprises l’Union européenne comme un rempart de la démocratie libérale contre ses rivaux «illibéraux» et «autoritaires», désignant explicitement la Russie et la Chine comme les puissances contre lesquelles l’Europe devait défendre sa souveraineté.

Les chercheurs qui étudient l’émergence de l’ordre multipolaire ont relevé le malaise inhérent à cette posture.

Des travaux de l’Atlantic Council indiquent que les puissances émergentes, avec à leur tête la Russie et la Chine, contestent de plus en plus la prétention de l’Occident à définir ce qui constitue un gouvernement légitime. Elles soutiennent que la promotion occidentale de la démocratie s’est trop souvent accompagnée de changements de régime à l’étranger, comparant ce schéma, pour reprendre les termes du rapport, au «colonialisme du XIXe siècle».

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Les recherches du Carnegie Endowment sur «l’ordre post-occidental» vont plus loin encore, en montrant que les promoteurs occidentaux de la démocratie ont eux-mêmes discrètement soutenu des partenaires autoritaires lorsque cela leur convenait. Les chercheurs de Carnegie ont notamment souligné que Washington continuait de soutenir le gouvernement égyptien, même après avoir publiquement dénoncé son bilan antidémocratique. Parallèlement, un nombre croissant de travaux universitaires consacrés à la « démocratie non occidentale » soutiennent que la prétention même à imposer un modèle universel de consentement légitime défini par l’Occident constitue en soi une stratégie hégémonique: un moyen pour un bloc civilisationnel de continuer à juger les choix politiques de toutes les autres nations à l’aune de ses propres critères.

Pour le dire clairement: un gouvernement français incapable de susciter un véritable consensus intérieur, et qui considère ouvertement sa propre souveraineté nationale comme une prérogative appelée à être mise en commun et ainsi abandonnée, n’est guère fondé à donner des leçons au reste d’un monde multipolaire sur l’authenticité de ses élections.

Deux symptômes d’une même maladie

Rien de tout cela ne prouve l’existence d’une coordination entre le centrisme technocratique de Macron, le populisme mis en scène de Mélenchon ou l’establishment occidental plus large auquel ils appartiennent tous deux, chacun à sa manière. Cela laisse toutefois entendre que le «consensus fabriqué» n’est pas une ruse étrangère importée de l’extérieur, mais le mode opératoire d’une classe politique qui a appris à présenter l’érosion du pouvoir décisionnel d’une nation comme si elle procédait de la volonté de cette nation elle-même.

Le danger ne réside pas dans le fait que l’on mentirait ouvertement aux citoyens. Il est plus subtil: le sentiment d’avoir choisi librement — que ce choix porte sur un président, une politique ou une place au sein du système d’alliances d’autrui — constitue lui-même le produit que l’on cherche à vendre.

Reconnaître la mise en scène — l’hologramme, la consultation soigneusement orchestrée, la souveraineté discrètement redéfinie comme une illusion — est la première étape pour distinguer la décision véritable d’une nation de sa simple représentation.

Notes:

(1) Bernays, Edward L. “The Engineering of Consent.” The Annals of the American Academy of Political and Social Science, vol. 250, 1947, pp. 113–120.

(2) Asch, Solomon E. “Effects of Group Pressure Upon the Modification and Distortion of Judgments.” In Groups, Leadership and Men, edited by Harold Guetzkow, Carnegie Press, 1951, pp. 177–190.

 

jeudi, 03 septembre 2026

Le populisme prospère sur le terreau d’une démocratie paralysée

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Le populisme prospère sur le terreau d’une démocratie paralysée

L’arrogance morale empêche toute discussion ouverte

Herbert Ammon 

Source: https://www.tabularasamagazin.de/herbert-ammon-der-populi...

L’AfD, parti populiste de droite, doit son ascension non seulement à des décisions politiques contestables, mais aussi au fait que toute discussion sur la question centrale de l’immigration sans limites est rejetée avec une «arrogance morale provocatrice» (comte Kielmannsegg). Dans son article, Herbert Ammon rappelle les prises de position d’Eva Quistorp, de Richard Schröder et de Gunter Weißgerber, dont les voix sont restées inaudibles dans les milieux ecclésiastiques.

Kielmannsegg-aca92bcb.jpgEncore un commentaire sur l’apocalypse médiatiquement annoncée pour le 6 septembre? Oui, assurément. Ce nouveau commentaire m’a été inspiré par l’essai du politologue, le Comte Peter von Kielmannsegg (photo), publié dans la Frankfurter Allgemeine Zeitung du 31 août 2026 (p. 6) sous le titre: «Le naufrage de la démocratie peut-il encore être évité?». L’auteur ne fait pas partie de ces prophètes de malheur qui, face à la victoire électorale imminente de l’AfD en Saxe-Anhalt, voient déjà se profiler une répétition de la catastrophe allemande de 1933 à 1945. Il désigne et explique plutôt le dilemme dans lequel «la démocratie allemande […] s’est empêtrée», et qui pourrait tout de même «déboucher sur une véritable crise démocratique».

Les phrases essentielles du texte sont les suivantes: «Le dilemme peut se résumer en une phrase: la République fédérale ne peut pas être gouvernée avec l’AfD, mais elle ne peut désormais plus l’être sans elle. La démocratie allemande s’est, dans une large mesure, elle-même placée dans cette situation. D’un côté, elle n’a presque rien omis de ce qui était susceptible de faire naître un puissant populisme de droite. De l’autre, elle a fait tout ce qui était imaginable pour rendre impossible une domestication démocratique de ce populisme. À présent, elle, la démocratie allemande, se heurte à elle-même».

Kielmannsegg désigne sans détour la principale raison de l’essor — particulièrement spectaculaire en comparaison avec d’autres pays — du populisme de droite allemand, sans toutefois mentionner la chancelière Angela Merkel comme principale responsable: l’immigration massive, rendue possible sans égard pour la population locale et élevée au rang d’impératif idéologique. «Ce qui a surtout ouvert la voie à l’AfD, c’est que la politique des frontières ouvertes s’est refusée pendant des années, avec une arrogance morale provocatrice, à toute discussion sérieuse. Un front uni (sic!) des partis politiques établis ne laissait aucune place à la controverse en matière d’immigration, tandis que l’espace public sanctionnait durement, par les moyens dont il disposait, toute infraction à l'ordre de "s’ouvrir au monde"».

Rares sont les représentants de l’élite universitaire à avoir jusqu’ici désigné aussi clairement les causes — et les responsables — de l’envolée de l’AfD. Kielmannsegg aurait également pu mentionner le front idéologique uni dans les médias, ainsi que les ONG, acteurs imbus d’eux-mêmes émanant de la «société civile». Enfin, les Églises, qui revendiquent un rôle de direction morale dans toutes les questions politiquement pertinentes — au premier rang desquelles figure l’«immigration» —, jouent, elles aussi, un rôle contestable du point de vue d’une éthique de la responsabilité.

Eva_Quistorp_(crop).jpgIl convient néanmoins de rappeler ici une exception éditoriale concernant la «culture de l’accueil», mise en scène avec des ours en peluche et des acclamations après l’ouverture des frontières décidée par Merkel. En 2018, Eva Quistorp (photo) — théologienne et autrefois cofondatrice des Verts —, le philosophe et théologien Richard Schröder — ancien président du groupe parlementaire du SPD à la Chambre du peuple librement élue — et Gunter Weißgerber — alors encore membre du SPD — publièrent aux éditions Herder un mémorandum sur la question des réfugiés intitulé Weltoffenes Deutschland? Zehn Thesen, die unser Land verändern (« Une Allemagne ouverte sur le monde ? Dix thèses qui transforment notre pays »).

weltoffenes-deutschland-zehn-thesen-die-unser-land-veraendern-978-3-451-38187-4-54151.jpgIl y était question de la nécessité — également commandée par l’éthique — de tenir compte des limites d'une immigration illimitée. Voir également : https://ulrich-siebgeber.blogspot.com/2018/03/weigerber-schroder-quistorp-10-thesen.html. Dans les milieux de l’Église évangélique en Allemagne (EKD), cet avertissement resta lettre morte. Quiconque aborde aujourd’hui la coresponsabilité des Églises — dont les effectifs diminuent de manière spectaculaire pour de multiples raisons — dans la polarisation croissante de la vie politique et de la société se heurte à une fin de non-recevoir indignée.

Dans son essai, Kielmannsegg relie la question de l’AfD à des problèmes fondamentaux de la théorie démocratique. Il s’agit des contradictions inhérentes à la notion de «souverain» — c’est-à-dire du «peuple» comme source du pouvoir établi — ainsi que de la confiance réciproque entre gouvernants et gouvernés. Le populisme signale la perte de confiance du «peuple» envers le système de pouvoir établi. Voir également H.A. : https://www.globkult.de/geschichte/rezensionen/2488-die-entmachtung-des-demos-in-%E2%80%9Eunserer%E2%80%9C-demokratie.

En ce qui concerne «la troupe» — autrement dit l’AfD —, Kielmannsegg estime que «l’effondrement spectaculaire de la confiance envers l’État, la politique et les responsables politiques, tel qu’il apparaît dans les comportements électoraux, […] reste difficile à comprendre dans son ampleur». Il lui trouve néanmoins une explication dans l’évolution de la CDU, devenue un «parti de l’air du temps» sans profil bien défini.

Les causes de l’essor de l’AfD — qu’il n’est désormais plus possible d’écarter de « notre démocratie » — sont manifestes. Elles apparaissent dans tous les domaines : économie, démographie, infrastructures, éducation et culture. La question de l’immigration demeure au centre. Pendant des décennies — et même après l’ouverture des frontières décidée par Merkel —, aucun débat ouvert sur les graves conséquences de l’«immigration» dans notre «société moderne d’immigration» n’a été mené au sein de l’État dominé par les partis établis; il a été, de fait, étouffé. Lorsque les partis se contentent de défendre leurs parts de pouvoir et leurs prébendes, lorsqu’ils considèrent en définitive le «peuple» comme immature — ou «de droite» — et lorsqu’aucun débat ouvert n’a lieu sur le bien commun et les dangers qui menacent la res publica, il ne s’agit pas d’une démocratie «vécue», mais d’une démocratie paralysée.

La social-démocratie allemande lutte pour ne pas disparaître

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La social-démocratie allemande lutte pour ne pas disparaître

Source: https://mpr21.info/la-socialdemocracia-alemana-lucha-para...

Le Parti social-démocrate, le plus ancien d’Allemagne, s’enfonce toujours davantage dans la crise. Les électeurs s’en détournent et les dissensions s’accentuent. Des élections doivent avoir lieu en Saxe-Anhalt et les prévisions annoncent la victoire de l’AfD, qualifiée d’«extrême droite».

Ce n’est pas seulement la crise d’un parti, mais celle de l’État allemand édifié dans l’après-guerre et réunifié en 1990. La Saxe-Anhalt illustre l’échec de cette réunification. Le SPD fait partie de la coalition gouvernementale, et le discrédit de Merz et des siens va entraîner dans sa chute les complices du désastre politique et économique allemand. La réforme du système de retraite a provoqué un profond mécontentement au sein d’une population très vieillissante.

Dès le mois de juin, nous annoncions que la social-démocratie était en train de devenir un parti résiduel. Lors des prochaines élections, elle ne devrait recueillir que 7 ou 8% des voix, un pourcentage insignifiant comparé aux 42% de l’AfD. Sa principale inquiétude est qu’elle pourrait tomber sous le seuil des 5%, ce qui l’exclurait du Parlement.

Cependant, la Saxe-Anhalt n’est pas le seul Land où la social-démocratie lutte pour ne pas disparaître. À l’échelle nationale, le parti ne recueille plus que 12% des voix, derrière l’AfD, la CDU/CSU et les Verts.

Dans le Bade-Wurtemberg, le SPD a enregistré son plus mauvais résultat depuis l’après-guerre et n’a réussi qu’à conserver sa représentation au Parlement régional. En Rhénanie-Palatinat, après trente-cinq années au pouvoir, la social-démocratie est arrivée en deuxième position, derrière la CDU. Son résultat électoral a été le plus mauvais de l’histoire de ce Land.

À Berlin, elle végète à la cinquième place avec seulement 12% des voix, tandis que, dans le Land oriental de Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, elle pourrait connaître le même sort qu’en Rhénanie-Palatinat: une perte d’influence.

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Une crise existentielle

Selon une analyse de l’institut de sondage Forsa, publiée en novembre dernier, seuls 9% des ouvriers et des électeurs au chômage votent pour le SPD.

Il s’agit d’une crise existentielle. Le SPD est menacé de perdre toute pertinence politique, et les responsables locaux réclament la tenue de réunions afin de changer de cap et de remplacer des dirigeants tels que Bärbel Bas et Lars Klingbeil, qui siègent au sein du gouvernement Merz.

Outre la réforme des retraites, le réarmement a contraint le gouvernement à réduire les aides au logement et les prestations versées en cas d’arrêt maladie. Dans le même temps, l’industrie automobile disparaît et les licenciements dans les principales usines se comptent par milliers.

 

Le «non» de l’Islande à l’UE est une grande leçon pour tous les peuples européens : le peuple, la souveraineté et les pêcheurs l’emportent

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Le «non» de l’Islande à l’UE est une grande leçon pour tous les peuples européens : le peuple, la souveraineté et les pêcheurs l’emportent

Par Luciano Tovaglieri

Source : Come Don Chisciotte & https://www.ariannaeditrice.it/articoli/10790

L’Islande a choisi de rester maîtresse de son propre destin. Lors du référendum du 29 août 2026, 52,8% des électeurs ont rejeté la proposition de reprendre les négociations d’adhésion à l’Union européenne, tandis que 47,2% ont voté pour. La participation, qui s’est élevée à 82,5%, a été très forte et confère au résultat une valeur politique et populaire incontestable.

Il convient de préciser que les Islandais n’étaient pas appelés à se prononcer directement sur l’adhésion à l’Union européenne, mais uniquement sur la réouverture des négociations, interrompues depuis plus d’une décennie. En cas de victoire du «oui», l’éventuel accord final aurait été soumis à un second référendum. Pourtant, même cette formulation prudente, présentée par les partisans de l’intégration comme une simple invitation à «voir quelles conditions auraient pu être obtenues», n’a pas réussi à convaincre la majorité.

Le peuple islandais a préféré ne pas même s’engager dans cette voie, conscient que les négociations d’adhésion ne constituent pas une rencontre entre des parties placées sur un pied d’égalité, mais un processus au cours duquel l’État candidat doit progressivement se conformer aux normes et aux politiques définies par Bruxelles.

L’entrée dans l’Union européenne aurait pu se révéler désastreuse pour l’Islande, pour son économie et, surtout, pour le droit des Islandais de décider de manière autonome comment administrer leurs propres ressources.

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Un petit peuple sur un territoire immense

L’Islande est une nation extraordinaire. Elle possède un territoire d’environ 103.000 kilomètres carrés, soit plus du tiers de la superficie de l’Italie, mais ne compte que 400.000 habitants. Elle est donc l’un des pays les moins densément peuplés d’Europe.

Au début de l’année 2025, Reykjavík, la capitale, comptait environ 139.000 habitants, soit à peu près autant que Rimini. L’ensemble de l’agglomération de la capitale regroupe environ 245.000 personnes, soit près des deux tiers de la population islandaise.

Ces chiffres permettent de comprendre la nature particulière de l’Islande: une petite communauté nationale dispersée sur un territoire immense, façonnée durant des siècles par la mer, le climat, l’isolement géographique et la nécessité d’administrer ses ressources naturelles avec une extrême prudence.

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Pour les Islandais, la pêche n’est pas seulement un secteur économique. Elle fait partie de leur histoire, de leur identité et de la survie même de la nation. Selon les données citées au cours de la campagne référendaire, le secteur de la pêche contribue de manière décisive à l’économie du pays et génère environ 40% de ses recettes d’exportation.

Céder ne serait-ce qu’une partie du contrôle des eaux territoriales et de la gestion des quotas de pêche aurait donc signifié placer entre les mains des institutions européennes l’un des principaux instruments de l’indépendance islandaise.

La révolte des pêcheurs contre Bruxelles

Il n’est pas surprenant que la plus forte opposition à la réouverture des négociations soit venue des communautés côtières, des pêcheurs, des agriculteurs et des zones rurales.

Une éventuelle adhésion aurait impliqué de se confronter à la politique commune de la pêche de l’Union européenne, fondée sur la gestion communautaire des ressources halieutiques et sur la répartition des possibilités de pêche entre les États membres. Les opposants craignaient que l’Islande ne soit contrainte d’accepter des compromis concernant l’accès à ses eaux et les quotas de capture.

Les partisans du «oui» répondaient que Reykjavík aurait pu négocier des dérogations et des conditions particulières.

Mais pourquoi un peuple devrait-il remettre à Bruxelles une compétence qu’il exerce aujourd’hui pleinement, puis compter sur la bienveillance des négociateurs européens pour en récupérer au moins une partie?

imagcodwes.jpgLes Islandais connaissent bien la valeur de leurs eaux. Entre les années 1950 et 1970, ils ont même affronté le Royaume-Uni lors des «guerres de la morue» afin d’étendre et de défendre leur zone de pêche. Il aurait été paradoxal de conquérir cette indépendance face à une grande puissance maritime pour la remettre ensuite en cause en entrant dans l’Union européenne.

Pour un pêcheur d’un petit port islandais, l’autonomie n’est pas une notion abstraite. Elle signifie le travail, le revenu, la pérennité des communautés locales et la possibilité de transmettre à ses enfants un métier et un patrimoine national.

Reykjavík contre l’Islande profonde

Le vote a révélé une nette fracture territoriale. Reykjavík a été la seule région du pays dans laquelle la réouverture des négociations a obtenu la majorité: le «oui» a atteint 57,5% dans la circonscription nord de la capitale et 54,5% dans la circonscription sud.

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Dans toutes les autres circonscriptions, le «non» l’a emporté. Il a atteint 62,9% dans les régions du Nord-Ouest, 61,2% dans celles du Nord-Est et environ 60% dans le Sud. Même la circonscription du Sud-Ouest, qui comprend les villes entourant la capitale, a rejeté la proposition à 53%.

Le contraste est manifeste.

La capitale concentre les services à forte valeur ajoutée, l’administration publique, la finance, les universités, les activités internationales et les secteurs les plus étroitement liés aux grandes entreprises européennes et mondiales. Dans les régions périphériques, en revanche, la vie économique et sociale demeure davantage tributaire de la pêche, de l’agriculture, de l’élevage et du rapport direct avec le territoire.

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Il s’agit d’une polarisation que l’on observe désormais dans de nombreuses nations occidentales. Les capitales et les métropoles, davantage intégrées aux réseaux financiers, culturels et professionnels transnationaux, ont tendance à considérer plus favorablement le mondialisme, l’effacement progressif des frontières et une société toujours plus déracinée et métissée. Les communautés rurales, les petites villes et les périphéries géographiques perçoivent en revanche plus clairement la valeur de l’identité, des traditions, de la souveraineté et du contrôle des ressources nationales.

Naturellement, un référendum sur l’Union européenne ne saurait être automatiquement interprété comme un vote sur l’immigration ou sur tous les aspects de la mondialisation. Mais la fracture territoriale apparue en Islande s’inscrit incontestablement dans une tendance beaucoup plus large: ceux qui vivent directement du territoire comprennent plus aisément que la souveraineté et l’identité ne sont pas des mots appartenant au passé, mais des conditions indispensables à la construction de l’avenir.

L’Islande est déjà intégrée à l’Europe

La propagande européiste a tenté de faire croire qu’en refusant la réouverture des négociations, l’Islande risquait de se retrouver isolée. Rien ne saurait être plus éloigné de la réalité.

L’Islande appartient à l’Association européenne de libre-échange, l’AELE, et participe depuis 1994 à l’Espace économique européen. Elle a donc accès au marché unique et bénéficie de la libre circulation des marchandises, des services, des capitaux et des personnes. Elle fait également partie de l’espace Schengen et entretient des relations économiques et commerciales très étroites avec l’Union européenne. L’UE est déjà son principal partenaire commercial.

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L’Islande a ainsi obtenu presque tous les avantages pratiques de la coopération européenne sans être un État membre de l’Union et, surtout, sans avoir cédé à Bruxelles le contrôle intégral de la pêche, de l’agriculture, de la politique commerciale et d’autres secteurs stratégiques.

Il est vrai que, par l’intermédiaire de l’Espace économique européen, Reykjavík reprend une part importante des normes européennes relatives au marché intérieur sans participer pleinement à leur élaboration. C’est l’un des arguments invoqués par les partisans de l’adhésion. Mais devenir l’un des membres les moins peuplés de l’Union n’aurait certainement pas conféré à l’Islande un poids décisif dans les décisions de Bruxelles. En revanche, cela aurait étendu l’ingérence européenne précisément aux domaines qui restent aujourd’hui le plus largement placés sous contrôle national.

Couronne islandaise, euro et autonomie économique

Les partisans du « oui » citaient, parmi les avantages possibles, une plus grande stabilité économique, des taux d’intérêt plus bas et la perspective d’adopter l’euro à l’avenir. La couronne islandaise, en tant que monnaie d’une économie de très petite taille, peut en effet subir de fortes fluctuations et contribuer aux pressions inflationnistes.

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Mais une monnaie nationale constitue également un instrument d’autonomie. Lors de la crise financière de 2008, l’Islande a pu dévaluer la couronne, imposer des contrôles sur les capitaux, restructurer son système bancaire et suivre une voie différente de celle imposée par l’Union européenne à ses États les plus endettés.

L’adoption de l’euro aurait pu réduire le risque de change et faciliter certaines opérations commerciales, mais elle aurait également privé l’Islande de sa propre politique monétaire. Les décisions relatives aux taux d’intérêt auraient été prises par la Banque centrale européenne en fonction des besoins généraux de la zone euro, et non de ceux, particuliers, d’une île de 400.000 habitants située dans l’Atlantique Nord.

Une fois encore, les avantages promis étaient donc partiels et discutables, tandis que l’abandon de souveraineté aurait été bien réel.

L’échec du projet européiste

Le résultat du référendum constitue un grave revers politique pour le gouvernement et pour ceux qui souhaitaient ramener l’Islande sur la voie de l’adhésion. Ils avaient présenté le vote comme un choix prudent, affirmant que la réouverture des négociations n’aurait nullement obligé le pays à entrer dans l’Union. Ils avaient invoqué l’instabilité internationale, les tensions dans l’Arctique, les avantages de l’euro et la protection que Bruxelles aurait pu offrir.

La majorité des Islandais ne s’est pas laissé convaincre. Elle a compris que la coopération entre les peuples européens n’exige pas nécessairement la subordination à un appareil supranational. Il est possible de commercer, de voyager, de coopérer et d’affronter ensemble des problèmes communs sans confier à des autorités lointaines le contrôle de ses eaux, de son économie et de son avenir.

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Le peuple islandais n’a pas voté contre l’Europe. Il a voté contre la transformation de l’Europe en un système centralisé réduisant progressivement l’autonomie des nations.

Le message venu de l’Atlantique Nord constitue donc une leçon pour tous les peuples européens: une nation peut être petite par le nombre de ses habitants et se montrer en même temps grande dans la défense de sa liberté.

L’Islande a choisi de rester islandaise. Et nous saluons avec joie un peuple qui a su défendre sa mer, son travail et son droit d’être maître chez lui.

Vive l’Islande, vive l’Italie, et à bas le pouvoir usurocratique et mondialiste de l’Union européenne !