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mercredi, 24 mars 2021

L'eau est le composé chimique le plus abondant dans la nature, mais la guerre pour l'"or bleu" ne fait que commencer

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L'eau est le composé chimique le plus abondant dans la nature, mais la guerre pour l'"or bleu" ne fait que commencer

Pecus Ganèsh Tomasino

https://www.lintellettualedissidente.it/

Le composé chimique le plus abondant dans la nature est l'eau. Un être humain privé d'eau meurt au bout d'une poignée d'heures plus ou moins longues, et d'après ce que nous pouvons savoir, cette substance exerce naturellement sur tout et tous une force qui s'apparente d'une certaine manière à la gravité. Les premières grandes communautés humaines ont été fondées sur les rives de cours d'eau importants et constants (il va sans dire : le Tigre et l'Euphrate), et aujourd'hui encore, la disponibilité de l'eau par habitant est un indice de la richesse absolue du territoire analysé. Les communautés humaines gravitent autour de l'eau ou la font graviter autour d'elles. La question semble évidente, mais elle ne l'est peut-être pas tant que cela : à quoi sert l'eau dans l'Anthropocène? D'une manière générale, et en la réduisant à l'essentiel, elle est utilisée pour boire, nettoyer, irriguer, éclairer et fabriquer. Les entreprises qui se chargent généreusement de donner de l'eau aux assoiffés sont pléthore, et parmi elles, seules quinze se disputent un marché d'environ trois cents milliards d'euros par an. Les plus grands sont : français, américains, chinois ; et ils produisent de l'eau en bouteille, des boissons gazeuses et des produits assimilés. En revanche, en ce qui concerne les autres fonctions de l'eau, les questions se compliquent et prennent une forme qui vous fait prendre la tête. Les aspects technico-politico-économiques de la gestion des ressources en eau vont de la campagne aux universités, des plus hauts niveaux des géants financiers aux coulisses les plus secrètes.

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Michael Burry.

Michael Burry, qui n'a même pas quarante ans, qui a parié en 2007 sur l'échec du fameux "too big to fail" et a gagné haut la main (aujourd'hui, il dirige la société Scion Capital Investment), à la question de savoir sur quoi il avait décidé d'investir, a répondu laconiquement : "Je vais investir dans l'eau". De la disponibilité en or bleu dépend, de manière directe, la capacité à produire des aliments et du bétail et donc, en bonne logique déductrice, à constituer une part fondamentale des balances commerciales entre les différents pays, mais aussi, et ce n’est pas la moindre des choses, la quantité d'énergie électrique qui peut être produite de manière totalement propre, en faisant face uniquement aux coûts d'investissement initial et d'entretien. Les centrales hydroélectriques associées à des réservoirs plus ou moins artificiels constituent aujourd'hui le moyen le plus économique et le plus propre de produire de l'énergie à des coûts d'exploitation techniquement négligeables. Surtout, si les investissements initiaux sont très importants et considérés comme stratégiques, s’ils sont pris en charge par les différents circuits éparpillés dans le monde et si ensuite, en raison de vicissitudes habituelles, de crises économiques, de guerres ou d'accords multilatéraux, ces structures se retrouvent entre les mains de géants privés de l'énergie.

L'énergie produite est évidemment utilisée pour les processus industriels, mais attention, car l'eau est utilisée dans les processus industriels de tellement de façons (de la chimie fine à l'industrie lourde) qu'il est peut-être commode de la définir comme le composé le plus abondant dans la nature, mais aussi comme le plus important pour les communautés humaines. Dans un monde surpeuplé et harcelé par l'instabilité climatique, il devient évident que les technologies de découverte, de collecte, de distribution, d'utilisation et de récupération de l'eau sont stratégiques, et les nations souveraines, plus ou moins animées par des tendances hégémoniques ataviques, le savent; et donc, de manière plus ou moins légitime, tendent à s'accaparer le plus d'eau possible.

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Les pays les plus actifs dans ce secteur fondamental sont évidemment les États-Unis et le Royaume-Uni, les deux principales puissances anglo-saxonnes, la France et la Chine, la Russie étant apparemment à la traîne. Essentiellement donc les puissance qui occupent les sièges permanents des Nations Unies. Le Brésil, par exemple, qui est le pays disposant des ressources en eau les plus riches du monde et qui devrait donc être aussi l'un des plus riches, voit son indice de Gini - exprimé en pourcentage - égal à 51,3 (un coefficient qui, s'il est égal à zéro, indique que les revenus sont également et parfaitement répartis entre tous et égal à un indique, au contraire, qu'ils sont parfaitement centralisés entre les mains d'une seule personne). Le Brésil est l'un des pays les plus inégalitaires au monde, alors qu'il est l'un des plus riches en ressources, et pas seulement en ressources en eau. Mais c'est là une autre affaire. Au fil des ans, dans le plus grand pays d'Amérique latine, depuis la fin du siècle dernier, une riche série de privatisations a permis à des entreprises privées (dans le cas spécifique de Suez surtout) de s'emparer à des fins lucratives des structures de gestion et de distribution de l'eau brésilienne en échange de promesses contractuelles de nature souvent opaque.

Quelle est donc la géopolitique de l'eau ou des eaux ? Le fleuve Colorado est d'abord riche et florissant aux États-Unis, où il irrigue des millions d'hectares de terres et produit des quantités exorbitantes d'énergie, avant d'être réduit à un filet d'eau toxique à la frontière avec le Mexique. Le Danube traverse sur une longueur de 2800 km dix pays européens, jaillit en Allemagne et se jette dans la mer Noire sur les côtes roumaines. Depuis des siècles, il est le théâtre d'affrontements transfrontaliers. Son bassin hydrographique intéresse au total près d'une vingtaine de pays, dont l'Italie pour 0,15%. Le lac Aral, qui, à cause de ses dimensions est souvent appelé ‘’mer’’, n'existe presque plus aujourd’hui, tout simplement, à cause de l'utilisation forcenée et déséquilibrée des eaux de ses affluents et de son bassin. La mer Morte, l'un des bassins d'eau les plus fascinants et les plus salés au monde, est au centre d'un litige entre la Jordanie et Israël pour la construction d'un canal qui devrait amener les eaux de la mer Rouge à la mer Morte en produisant de l'énergie en exploitant la différence naturelle d’altitude de plus de 400 mètres qui existe entre les deux mers.

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Le réseau fluvial Yarlung-Tsangpo-Brahmapoutre est l'un des plus grands et des plus puissants réseaux hydrographiques de la planète. Il est au centre d'un conflit territorial très complexe concernant les droits d'utilisation des ressources entre deux des puissances les plus prometteuses de la planète (la Chine et l'Inde) qui veulent exploiter ce réseau fluvial, chacune pour sa part, au maximum. Et ce ne sont là que des exemples flagrants de conflits autour des eaux de surface. Il serait exagéré de dire qu'à la base de chaque conflit il y a une question d'approvisionnement en eau; mais il n'est certainement pas exagéré de dire que les ressources en eau d'un territoire poussent les pouvoirs politico-économiques à se déplacer jusqu'au point de confrontation afin de pouvoir en exploiter au moins une partie considérée comme équitable. La nappe aquifère dite des grès de Nubie est le plus grand bassin d'eau souterraine, considérée comme fossile, qui n’a jamais été découverte et peut-être même imaginée. Elle est située dans l'un des territoires les plus secs et les moins développés de la planète, qui se trouve également être, malheureusement depuis de nombreuses années, l'un des plus instables politiquement. Au-dessus de ce réservoir de vie aux dimensions bibliques se trouvent les déserts du Tchad, du Soudan, de la Libye et de l'Égypte. Khadafi avait commencé à réaliser un projet pharaonique d'exploitation des eaux de cette strate, plaçant, de ce fait et stratégiquement, la Libye dans une position enviable avec d’énormes avantages géopolitiques: est-ce un hasard si aujourd'hui ce même pays n'est plus qu'une sorte de vague souvenir ? Comme le disait Andreotti : "penser mal, c'est toujours avoir raison".

Et l'Italie ? Que fait l'Italie, que fait-elle avec l'eau ? En gros, il discute, de manière animée, et, comme d'habitude, conclut peu. Le numéro 3/2020 de la célèbre revue italienne de renseignement, Gnosis, est un volume très élégant, au ton presque poétique, entièrement consacré à l'eau, dans lequel l'état actuel et futur des arts et techniques concernant cette substance est exposé avec beaucoup de précision et d'acuité. Malheureusement, la position de l'Italie sur le plan géopolitique est vague et les choix effectués en matière de gestion de ses ressources en eau domestiques sont très rares, à l'exception de quelques bonnes pratiques mises en œuvre par Ferrero, l'une des plus grandes entreprises du secteur mondial de la distribution alimentaire et l'une des moins empêtrées dans le bourbier sociopolitique italien. En gros, l'Italie a fait la sourde oreille au merveilleux moment de civilisation exprimé par la population lors du référendum sur l'eau, rabaissant ce que le peuple a élevé au rang de bien commun universel à une simple affaire de parti ; l’Italie officielle ne comprend pas le potentiel éducatif consistant à optimiser et utiliser les ressources naturelles en général et de l'eau en particulier ; elle n'a aucun rôle au niveau local ou mondial dans l'exploitation durable des ressources en eau, sauf partiellement l’Eni ; elle n'a aucun rôle politique technologique et/ou industriel actif dans les secteurs les plus stratégiques de la gestion de l'eau, il suffit de dire que parmi les 25 personnalités les plus influentes dans le domaine de l'eau il n'y a même pas un Italien. Le nouveau ministre de la transition écologique Roberto Cingolani a non seulement compris l'état de dégradation et d'abandon dans lequel nous nous trouvons, mais il a prospecté l'avenir en avançant la un argument clé qui fera comprendre pourquoi l'eau est si importante maintenant. L'avenir proche, et selon toute vraisemblance le siècle entier qui nous attend, sera alimenté par des batteries, et aussi efficaces et écologiques qu'elles puissent être, elles doivent être et seront chargées et rechargées avec de l'électricité durable. Le ministre dit, et écoutons-le car il n'a pas tort, que oui, la fusion froide, comme on l'appelle improprement, sera le mécanisme de base de la production d'énergie pour l'avenir, nous ne savons pas encore à quelle distance temporelle, mais c'est à partir de l'eau que nous produirons la plus grande partie de l'énergie à court et moyen terme avec une technologie plus que centenaire : l'électrolyse. Voici le mystère. À partir de la molécule d'eau exposée à l'action magique de la cathode et de l'anode traversées par un courant électrique approprié, par oxydoréduction, la liaison entre l'hydrogène et l'oxygène est rompue, produisant les deux espèces chimiques distinctes. Isolé et correctement stocké, l'hydrogène est une source d'énergie propre et pratiquement inépuisable, car son utilisation génère à nouveau de l'eau.

Si le siècle dernier a été celui des combustibles fossiles et des plastiques hydrocarbonés, nous devons ramener notre mémoire à la splendeur imaginative de feu Enrico Mattei: l'homme dont la folie visionnaire l'a amené à exiger six pattes pour l’animal mythologique qui est devenu le symbole de l’Eni parce que quatre ne suffisaient pas, et dont la charité chrétienne l'a amené à penser naïvement qu'il était possible de créer un développement pour tous de manière équilibrée en suivant un partage équitable des biens que nous offre le Seigneur, bref un Icare moderne ; ou encore à nous rappeler les exploits scientifiques de l'éminent et brillant prof. Giulio Natta, qui a inventé la matière première, si plastique qu'elle est devenue précisément le Plastique, à la base de tout le design qu'aujourd'hui, si bien que nous en retrouvons bêtement un peu partout ne pouvant éviter d'en ingérer une certaine quantité chaque jour. Ce siècle sera le siècle de l'eau, et Michael Burry gagnera une fois de plus beaucoup d'argent. La vraie question est de savoir si l'Italie sera enfin capable de trouver sa place dans le monde, en commençant à penser et à formuler des demandes modérées et légitimes de développement qui soient cohérentes avec les niveaux et les capacités que nous sommes en mesure de mettre en œuvre dans ce pays. Il est clair que la position géographique n'aide pas, elle est trop stratégique ; à tel point que si nous devenions trop souverains en tant qu'Italiens, nous pourrions être trop influents. C'est à la classe dirigeante de comprendre comment s'y prendre. Le 22 mars, pour ce que cela vaut, est la Journée mondiale de l'eau et l'Italie n'a même pas été invitée.

00:55 Publié dans Actualité, Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, économie, eau, or bleu, géoéconomie | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

samedi, 06 mars 2021

Les terres rares, le cobalt et l'empire mondial de la finance. Ce qui se passe réellement derrière la haute technologie et l'« économie verte »

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Les terres rares, le cobalt et l'empire mondial de la finance. Ce qui se passe réellement derrière la haute technologie et l'« économie verte »

Par Cristiano Puglisi

Ex : https://blog.ilgiornale.it/puglisi/

Derrière la nouvelle guerre froide silencieuse entre l'Occident américain et l'Eurasie tournée vers Pékin, se détache, menaçante, l'ombre de l'empire mondial qui franchit les frontières des différents acteurs étatiques impliqués. Il s'agit de l'empire mondial de la techno-finance, résultat de la soudure stratégique entre les géants de la haute technologie et ceux de l'argent, le tout avec des racines fermement implantées aux États-Unis d'Amérique, le cœur du capitalisme mondial et mondialiste. Mais cela se déroule avec une vision de base qui, contrairement à celle proposée par Donald Trump et son entourage, n'a pas besoin  -bien qu'elle en ait probablement encore fait usage, sur le plan tactique-  de l'hostilité antichinoise des trumpistes ni d'affirmer la suprématie américaine en termes d'État ou de nation. Car l'empire technologico-bancaire, en réalité, sait bien que sa domination sur tout le spectre est basée sur autre chose.

Et, pour comprendre la complexité de la situation et l'extension véritablement planétaire de cette domination totalitaire, il n'y a peut-être pas de meilleur thème que celui des "terres rares", un sujet vraiment peu connu en dehors des cercles d'études stratégiques. Ce terme, connu sous l'acronyme REE (Rare Earth Elements) dérive de la découverte, faite à la fin du 18ème siècle, du chimiste et militaire suédois Carl Axel Arrhenius. Il a découvert dans une carrière un minéral, la gadolinite, à partir duquel un oxyde peu commun (d'où l'adjectif "rare") pouvait être synthétisé : le gadolinium. C'était la première des "terres rares". Les 16 autres « terres rares » ont été découvertes au fil du temps et sont allés remplir les cases vides du tableau périodique. Il s'agit de tous les métaux lanthanides : lutécium, scandium, ytterbium, lanthane, cérium, holmium, praséodyme, néodyme, prométhium, samarium, dysprosium, europium, terbium, erbium, thulium et yttrium.

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Pourquoi ces minéraux sont-ils si importants ? La réponse est simple. Sans les "terres rares", l'industrie prédominante d'aujourd'hui, la technologie, ne pourrait pas exister. En fait, ces 17 éléments sont utilisés pour produire les objets qui font désormais partie de la vie quotidienne des êtres humains et sans lesquels, peut-être, l'économie mondiale telle que nous la connaissons aujourd'hui s'arrêterait : des smartphones aux tablettes, des ordinateurs aux écrans, en passant par les cartes mères, les imprimantes, les télévisions, les aimants, les catalyseurs, les lasers et les fibres optiques. Mais les "terres rares" sont également essentielles dans la perspective de la "révolution verte" que le capital mondial soutient par tous les moyens en vue de réaliser à terme ce que le Forum économique mondial de Davos a récemment appelé la "grande remise à plat mondiale" : les éoliennes, les panneaux photovoltaïques et les batteries pour véhicules électriques seraient impossibles à produire sans ces minéraux. Enfin, la technologie militaire : même les missiles de croisière sont fabriqués grâce aux "terres rares".

Production et extraction des « terres rares » et du cobalt : l’avantage semble clairement aux mains des Chinois…

Eh bien, on s’apercevra très vite, et clairement, que quiconque possède de grandes réserves de ces matériaux a, pour l'essentiel, le destin de l'humanité entre ses mains. Ce que l'on dit souvent, dans les rares occasions où le sujet est abordé, même dans les médias dits "généralistes", c'est que la République populaire de Chine possède cet avantage concurrentiel (pour utiliser un euphémisme). Ce qui, en principe, est tout à fait exact.

La Chine possède des réserves de terres rares de 44 millions de tonnes, les plus importantes du monde si l'on pense que le Brésil et le Vietnam (en deuxième position à égalité de mérite dans ce classement particulier) n'en détiennent que la moitié, soit 22 millions. Ils sont suivis par la Russie, avec 12 millions, l'Inde avec six, l'Australie avec trois et les États-Unis d'Amérique avec "seulement" 1,4 million de tonnes. Cependant, les réserves sont une chose, la capacité de production en est une autre. Mais là aussi, la Chine domine le marché, avec une production de 120.000 tonnes par an. Ils sont suivis, dans ce classement supplémentaire, par l'Australie avec 20.000 tonnes, les États-Unis avec 15.000 tonnes et la Birmanie avec 5.000.

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Compte tenu de cette situation, actuellement, environ 80% des métaux de ce type utilisés par les Etats-Unis sont importés de Chine. Ces données, ainsi que les explications supplémentaires sur la nature des guerres commerciales qui, ces dernières années, ont vu Pékin et Washington s'opposer, donnent l'idée que le jeu a déjà été largement gagné par les Chinois plutôt que par les Américains. Pour être plus clair, citant l'agence de presse européenne Euronews, "selon les données du gouvernement américain, la Chine abrite environ 36,7% des réserves mondiales de terres rares et est redevable de 70,6% de la production mondiale totale de ces métaux". Et, dans la même situation que les États-Unis, il y a d'autres réalités géopolitiques, comme l'Europe et le Japon.

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Ajoutons à ces considérations que, outre les "terres rares" pour soutenir la production des objets électroniques mentionnés ci-dessus, d'autres matériaux sont nécessaires. Parmi tous, l'un des plus importants est le cobalt. Eh bien, ce minéral se trouve entassé en grande quantité en Afrique, pour être précis surtout en République démocratique du Congo, fournisseur, en 2017 de près de 70% de la demande mondiale totale. Un chiffre stupéfiant, encore appelé à augmenter. Il rapporte un article d'investigation, daté de 2018, de Saverio Pipitone selon lequel le prix du cobalt "de janvier 2016 à juillet 2018 a triplé, passant de 10 à 32 dollars la livre, avec des gains énormes au Congo qui profitent aux dirigeants ou aux chefs de guerre, qui sont de mèche avec les sociétés étrangères et au détriment d'au moins 100.000 travailleurs, dont 40.000 enfants – selon les données de l'UNICEF de 2014 - qui l'extraient à la main ou avec des outils rudimentaires pendant 12 heures par jour au misérable salaire de 2 dollars". Cependant, même dans cette nouvelle "ruée vers l'or" pour le cobalt africain et, en l'occurrence, congolais, la Chine semble exceller : à travers des entreprises comme le géant China Molybdenum, qui a récemment acquis la mine de Tenke, au Congo, pour la somme de 2,6 milliards de dollars, ou Zhejiang Huayou Cobalt, elle vise résolument l'hégémonie sur le marché.

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Mais dans les coulisses, la finance américaine habituelle se déplace, poussant à l’émergence d’une « économie verte »

Il y a cependant un grand "mais" à apporter à ce qui vient d'être écrit. Car, même dans les coulisses de ces géants chinois, les ficelles des marionnettistes de la finance internationale se meuvent. C'est-à-dire, une finance occidentale. C'est-à-dire, américaine. Oui, car toutes les principales entreprises chinoises (et pas seulement) impliquées dans l'activité d'extraction ont en commun la présence massive, dans leur capital social, de grands fonds d'investissement. Nous parlons de réalités telles que le Vanguard Group, en fait, le plus grand groupe mondial d'épargne gérée, avec un montant total de 5.000 milliards de dollars, basé en Pennsylvanie, mais aussi BlackRock, un fonds de capital-investissement qui, aujourd'hui, gère des investissements pour 6.000 milliards de dollars, soit trois fois le montant de la dette publique d'une nation comme la Grande-Bretagne. Mais, dans le jeu, il y a d'autres réalités, telles que les investissements fiduciaires. Des groupes, tous américains, qui ont misé sur l'économie verte. Ces groupes, après avoir été lourdement accusés d'investir dans les activités les plus anti-écologiques (comme l'exploitation minière), semblent très préoccupés par la durabilité environnementale de leurs investissements. À tel point que le fondateur et PDG de BlackRock, Larry Fink, a lui-même expliqué les raisons pour lesquelles son entreprise figurait parmi celles qui ont créé la Task Force on Climate-related Financial Disclosures (TCFD) : "Pour l'évaluation et la communication des risques liés au climat, ainsi que pour les questions de gouvernance qui sont essentielles pour les gérer, la TCFD fournit un cadre précieux".

Le nœud gordien des arbitres de la durabilité

L'analyste William F.Engdahl explique à cet égard que le TCFD "a été créé en 2015 par la Banque des règlements internationaux, présidée par Mark Carney, membre du conseil d'administration de Davos et chef de la Banque d'Angleterre. En 2016, le TCFD, la City of London Corporation et le gouvernement britannique ont créé l'Initiative de financement vert, dans le but de canaliser des billions de dollars vers des investissements "verts". Les banquiers centraux du Conseil de stabilité financière ont nommé 31 personnes pour former le TCFD. Présidé par le milliardaire Michael Bloomberg, il comprend, outre BlackRock, JP Morgan Chase ; la Barclays Bank ; HSBC ; Swiss Re, la deuxième plus grande agence de réassurance au monde ; ICBC Bank ; Tata Steel, ENI, Dow Chemical, le géant minier BHP et David Blood de Al Gore's Generation Investment LLC".

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Il existe également un autre organisme qui évalue les actions des multinationales par rapport à la durabilité environnementale. Il s'agit du Sustainability Accounting Standards Board (SASB), une organisation à but non lucratif qui fournit des normes comptables pour le développement durable. "Cela semble rassurant, poursuit M. Engdahl, tant que nous n'aurons pas vu qui sont les membres du SASB qui donneront l'imprimatur au respect du climat. Les membres comprennent, outre BlackRock bien sûr, Vanguard Funds, Fidelity Investments, Goldman Sachs, State Street Global, Carlyle Group, Rockefeller Capital Management et plusieurs grandes banques telles que Bank of America-ML et UBS. Que fait ce groupe-cadre ? Selon leur site web, "Depuis 2011, nous travaillons à un objectif ambitieux de développement et de maintien de normes de comptabilité durable pour 77 secteurs". Ainsi, les mêmes groupes financiers qui, depuis des décennies, dirigent les flux de capitaux mondiaux vers les grands projets de charbon, de pétrole et d'exploitation minière deviendront désormais les arbitres de la durabilité.

L'avenir de l'économie mondiale, de ce qui est défini comme la "Grande Restitution Globale", en bref, semble, à la lumière de ce qui a été dit ci-dessus, être fermement entre les mains des géants de la finance occidentale. Il n'est donc pas excessif d'affirmer que ces mêmes géants, en détenant des investissements dans des activités industrielles telles que l'extraction de minéraux qui servent à produire tout ce qui, de nos jours, est devenu indispensable, détiennent, en fait, un pouvoir presque absolu sur l'humanité. Une situation qu'il est impossible de ne pas considérer comme terrifiante et dystopique. Mais, après tout, c'est de cela qu'il s'agit.

mercredi, 03 mars 2021

"Survivre à la guerre économique" avec Olivier de Maison Rouge

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"Survivre à la guerre économique" avec Olivier de Maison Rouge

"La France ne le sait pas, mais nous sommes en guerre avec l’Amérique. Oui, une guerre permanente, une guerre vitale, une guerre économique, une guerre sans mort apparemment. Oui, ils sont très durs les Américains, ils sont voraces, ils veulent un pouvoir sans partage sur le monde". Ces mots du président Mitterrand n'avaient rien d'une fable, la guerre économique et bien là et elle est totale. C'est ce qu'a voulu démontrer maître Olivier de Maison Rouge dans son ouvrage "Survivre à la guerre économique - Manuel de résilience" publié chez VA Editions. Il revient sur les principales attaques de "l'allié américain" : Prism, Alstom... sur la politique de censure des GAFAM, le grand Big Brother et décrit les contours de la politique publique de sécurité économique dont la France s'est dotée en 2019 pour tenter de survivre face à Washington.
 
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samedi, 20 février 2021

L'objectif de Mario Draghi : déclencher la "destruction créatrice" du marché

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L'objectif de Mario Draghi : déclencher la "destruction créatrice" du marché

par Thomas Fazi

Source : La Fionda &

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Nombreux sont ceux qui se demandent quelle philosophie de politique économique inspirera le gouvernement Draghi en passe de gérer les affaires de l’Italie. Plusieurs commentateurs - se basant sur une interprétation absolument fallacieuse du travail de Draghi à la BCE (l'idée que les politiques monétaires expansives représentent une politique "keynésienne"), se basant également sur un de ses articles désormais célèbres d'il y a quelques mois paru dans le Financial Times, où Draghi a apuré la dette publique (la "bonne") ; et dans certains cas, en se référant même à ses études sous la houlette de l'un des plus grands économistes keynésiens du siècle dernier, Federico Caffè - semblent convaincus que Draghi va évoluer dans le sillage d'une politique substantiellement expansive, voire, précisément, "keynésienne". En bref, une politique opposée à l'austérité de Monti.

Mais c'est Draghi lui-même qui contredit ces prévisions iréniques dans son dernier communiqué public, à savoir le tout récent rapport sur les politiques post-COVID élaboré par le G30 - officiellement un groupe de réflexion, fondé à l'initiative de la Fondation Rockefeller en 1978, qui fournit des conseils sur les questions d'économie monétaire et internationale, selon de nombreux centres de lobbying de la haute finance - présidé par Draghi lui-même avec Raghuram Rajan, ancien gouverneur de la banque centrale indienne.

Il indique clairement que les gouvernements ne devraient pas gaspiller de l'argent pour soutenir des entreprises malheureusement vouées à l'échec, définies dans le rapport comme des "entreprises zombies" - pensez par exemple, en ce qui concerne l'Italie, aux centaines de milliers de magasins et d'établissements publics mis à genoux par la pandémie et ses mesures de confinement. Entreprises qui ne sont que partiellement soutenues par une "aide" gouvernementale insuffisante. Pour ce rapport, les mesures à prendre devraient plutôt accompagner la "pandémie" et plutôt s'adonner à la "destruction créatrice", propre du marché libre, en laissant ces entreprises à leur sort et en encourageant le déplacement des travailleurs vers les entreprises vertueuses qui continueront à être rentables et à prospérer après la crise.

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La thèse de base est, d’abord, que le marché devrait être laissé libre d'agir (parce qu'il est plus efficace que le secteur public) et, ensuite, que les gouvernements devraient se limiter à intervenir uniquement en présence de "défaillances du marché" manifestes - un concept intrinsèquement libéral qui indique un écart par rapport à l'"efficacité" normale du marché - tandis que lorsqu'il s'agit d'une entreprise qui échoue en raison du fonctionnement "naturel" du marché, l'État ne devrait pas s'interposer.

Le document du G30 se concentre également sur le marché du travail, en écrivant que "les gouvernements devraient encourager les ajustements du marché du travail [...] qui obligeront certains travailleurs à changer d'entreprise ou de secteur, avec un recyclage approprié et une aide économique". Le message est clair : les gouvernements ne doivent pas essayer d'empêcher l'expulsion de la main-d'œuvre des entreprises vouées à la faillite, comme l'Italie et plusieurs autres pays ont essayé de le faire jusqu'à présent, en partie grâce à un gel des licenciements (qui doit expirer en mars) et à l'utilisation généralisée des fonds de licenciement. Ils devraient plutôt aider et faciliter ce processus pour permettre au marché de prévoir une allocation "efficace" des ressources (y compris des êtres humains).

Comme le note l'économiste Emiliano Brancaccio, nous sommes confrontés à "une vision schumpétérienne à la sauce libérale qui risque de laisser un flot de chômeurs dans la rue", et de plonger des centaines de milliers de petits et moyens entrepreneurs dans le désespoir. Autre que celle de Keynes (ou de Caffè!), la vision de l'économie et de la société incarnée dans le document du G30 - et implicitement épousée par Draghi - semble rappeler l'idéologie libéraliste des premiers temps, étouffée à juste titre après la Seconde Guerre mondiale, dans laquelle les relations sociales, la vie des gens, l'essence même de la société étaient subordonnées à un seul principe régulateur, celui du marché.

Ce point de vue est non seulement exécrable d'un point de vue éthique et moral, mais il est également faux : il n'existe pas de marché qui fonctionne "en dehors" de l'État, sur la base de sa propre logique d'autorégulation, par rapport auquel l'État peut décider d'intervenir ou non ; les marchés, au contraire, sont toujours un produit du cadre juridique, économique et social créé par l'État. En d'autres termes, il n'y a rien de "naturel" dans le fait qu'une certaine entreprise échoue plutôt qu'une autre. Si aujourd'hui les petites entreprises risquent de fermer, alors que les grandes multinationales réalisent des profits faramineux, ce n'est que la conséquence du fait qu'en tant que société, nous nous sommes donné un principe d'organisation - que Draghi vise aujourd'hui à renforcer - qui favorise les grandes entreprises privées par rapport aux petites entreprises familiales. Mais c'est un choix politique.

Il va sans dire que la vision de la société du G30 et de Draghi est littéralement aux antipodes de la vision de Keynes et de Caffè - ainsi que de celle incarnée dans notre Constitution, qui est sur le point d'être violée à nouveau - selon laquelle la tâche de l'État est de dominer et de gouverner les marchés, et leur travail destructeur, en les subordonnant à des objectifs de progrès économique, social, culturel et humain.

Ayez au moins la décence de ne pas mettre leur nom à côté de celui de Draghi.

vendredi, 19 février 2021

Guillaume Travers, « Il y a un double besoin de réenracinement »

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Un besoin de réenracinement...

Entretien avec Guillaume Travers

Ex: http://metapoinfos.hautetfort.com

Nous reproduisons ci-dessous un  entretien donné par l'économiste Guillaume Travers au laboratoire d'idées Droite de demain à l'occasion de la publication de ses essais Capitalisme moderne et société de marché : l’Europe sous le règne de la quantité et Économie médiévale et société féodale : un temps de renouveau pour l’Europe aux éditions de La Nouvelle Librairie.

Guillaume Travers, « Il y a un double besoin de réenracinement »

Votre ouvrage traite notamment de l’apparition du capitalisme que vous opposez au féodalisme de l’époque médiévale, quels sont les rouages du système économique féodal?

Dans une large mesure, le système féodal est un contre-modèle par rapport au capitalisme libéral que nous connaissons aujourd’hui. Ses caractéristiques principales, que je mets en évidence dans un précédent livre (Économie médiévale et société féodale), sont les suivantes. C’est d’abord un monde de communautés, et non un monde d’individus. Les échanges économiques et les relations sociales sont donc toujours mises au service d’une vision du bien commun ; à l’inverse, notre époque veut laisser libre cours à tous les désirs individuels. Le monde féodal est en outre profondément terrestre, enraciné, et très largement rural. Le grand commerce demeure totalement périphérique ; les multiples communautés locales vivent dans une autarcie relative. Enfin, c’est un monde où la richesse est toujours mise au service de fins jugées plus hautes : le courage militaire, la sagesse religieuse. Les deux figures tutélaires du monde médiéval sont le saint et le chevalier, pas le financier qui accumule de grandes richesses.

Est-ce que ce n’est pas aussi la montée de l’individualisme qui rend totalement impossible un retour vers une économie du bien commun ?

Historiquement, le délitement de ce monde féodal est indubitablement lié à la montée de l’individualisme. Entendons-nous sur les mots : par individualisme, je n’entends pas seulement un trait psychologique qui pousse à l’égoïsme, mais une révolution dans la manière de penser l’homme. L’époque moderne est la seule qui en soit venue à considérer que l’individu précède toute communauté, que les appartenances et les enracinements ne sont que secondaires. Est-ce à dire que le retour vers une économie du bien commun soit impossible ? Je ne le crois pas. Il y a certes beaucoup de chemin à parcourir. Mais je crois qu’une série de crises pousseront les individus à recréer des communautés : crise sécuritaire, crise identitaire, crise écologique, etc. 

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Le délitement de la nationalité, du patriotisme, la déconstruction des communautés humaines, ne sont-elles pas aussi responsables des comportements individualistes ?

C’est le problème de l’œuf et de la poule. Historiquement, les attaches communautaires ont été fortes partout, et d’une grande diversité : communautés de métiers, communautés villageoises et urbaines, confréries religieuses, etc. L’individualisme s’est affirmé contre ces communautés, proclamant qu’elles étaient illégitimes, qu’elles entravaient la « liberté » de l’individu. Mais l’inverse est aussi vrai : au fur et à mesure que ces communautés s’affaiblissent, qu’elles jouent de moins en moins leur rôle organique dans la vie des hommes, alors les individus sont portés à s’en détacher. Mais il me semble que ce processus touche aujourd’hui ses limites : la crise identitaire qui traverse toute l’Europe témoigne d’un besoin d’appartenance, de réaffiliation. Quand nombre de nos contemporains sombrent dans la consommation de masse, et croient s’affirmer en portant un vêtement de telle ou telle marque, ils ne font que témoigner d’un besoin latent d’appartenances plus structurantes. 

Peut-on réellement retrouver un esprit de vivre selon ses besoins à l’opposée de l’accumulation de richesse ? Au-fond n’est-ce pas tout simplement dans l’ADN de l’Homme de vouloir accumuler, posséder ?

L’idée selon laquelle l’homme aurait de tout temps été un pur égoïste entravé par les contraintes de la société est le postulat central de la philosophie libérale. La liberté individuelle serait un état originaire, et tout le reste (institutions, traditions, coutumes, etc.) serait purement artificiel : c’est ainsi que l’époque moderne prétend « libérer » l’individu en déconstruisant tous ces héritages. Tout cela est ridicule, dès lors que l’on se tourne vers l’histoire. Pendant la plus grande partie de leur histoire, les hommes ne se sont jamais représentés comme des individus tournés vers leurs seuls intérêts matériels. Cette idée de l’homme préoccupé uniquement par ses intérêts est une création finalement très récente dans l’histoire longue des idées et des mentalités. 

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Le retour vers le localisme est-il le symptôme d’une prise de conscience des dérives d’un néolibéralisme incontrôlable ?

Je crois que cela témoigne d’un double besoin de réenracinement. On connaît la phrase célèbre de Christopher Lasch, que je crois très juste : « le déracinement déracine tout, sauf le besoin de racines ». Dans un monde où tous les repères ont été déconstruits, délégitimés, il y a un besoin de retrouver du sens. S’enraciner dans une ville, dans un village, prendre part à une communauté, est un moyen de redonner du sens à son quotidien. Acheter en grande surface des légumes importés, ou se les procurer auprès d’un voisin paysan, ce n’est pas la même chose. Derrière le localisme, il y a aussi la prise de conscience des déséquilibres écologiques, qui menacent jusqu’à notre vie. Je ne parle pas tant du réchauffement climatique que de la pollution des sols et des eaux, de la contamination de l’alimentation, des perturbateurs endocriniens, etc. 

Vous êtes critiques envers le libéralisme dans vos ouvrages, mais n’est-ce pas le système économique le plus égalitaire dans l’accession aux ressources ? Surtout, ne doit-on pas différencier le libéralisme classique du néolibéralisme mondialisé ?

Sur les différents types de libéralisme, je suis très sceptique. L’un mène nécessairement à l’autre. Une fois que l’on proclame que l’individu est supérieur au collectif, il lui est supérieur en tout. Si on dit que le monde n’est composé que d’individus, alors il est naturel que tout ce qui reste de distinctions soit progressivement balayé : il n’y a plus lieu de faire de différence entre Africains et Européens, car tous ne sont que des individus ; il n’y a plus lieu de faire de différence entre hommes et femmes, car tous ne sont que des individus abstraits, etc. En d’autres termes, la pente du libéral-conservatisme est glissante, et souvent pétrie de contradictions. Ceci dit, être anti-libéral ne veut pas dire que l’on nie tout concept de liberté, bien au contraire. Je pense par exemple que, à l’heure actuelle, tout ce qui relève du petit commerce et de l’artisanat est étouffé par des contraintes qu’il serait bon d’alléger. Mais cela ne fait pas de moi un libéral, en tout cas pas au sens philosophique. 

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Quelles sont les valeurs du féodalisme qui peuvent, selon-vous, inspirer la droite de demain ?

Un écueil serait de vouloir simplement revenir en arrière, au Moyen-Âge ou à quelque autre époque. La volonté de restaurer le passé, quand bien même elle peut être touchante, est fondamentalement impolitique : cela n’arrivera pas, et s’accrocher à ce rêve est vain. En revanche, les valeurs héritées du passé, les structures mentales, les manières de penser l’homme et la société qui ont été propres au monde féodal peuvent nous inspirer. Je crois qu’il nous faut réapprendre à placer nos intérêts en tant que communautés avant nos intérêts individuels. Cela touche à tous les aspects du quotidien : soutenir les producteurs enracinés contre la grande distribution ou Amazon, etc. Cela signifie aussi renouer avec les valeurs traditionnelles – le courage, etc. – plutôt que de valoriser le seul confort que donne le bien-être matériel. S’il y a une droite de demain, elle ne doit pas être comme une bonne part de la droite actuelle : bien trop souvent une droite bourgeoise, qui préfère le confort au courage, ses intérêts matériels à ce qui n’a pas de prix.

Guillaume Travers, propos recueillis par Paul Gallard (La Droite de demain, 15 février 2021)

mardi, 15 décembre 2020

Davos, le Covid-19 et la grande réinitialisation

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Davos, le Covid-19 et la grande réinitialisation

"Guerre" et Covid, considérations amorales
 
Irnerio SEMINATORE

La Réinitialisation

La Réinitialisation, ou le "Great Reset" est le guide prospectif de "Davos", phare du globalisme référentiel, pour repenser le système international, améliorer le capitalisme, apporter des solutions aux défis planétaires et esquisser un nouvel ordre mondial. Pour les adeptes de la théorie du complot, il s'agirait de la mise sur pied d'un plan mondial de contrôle, de manipulation et de destruction malthusienne de la population, sur fonds de pandémie Covid 19 et du réseau 5G. La droite réformiste et multilatéraliste du globalisme, s'opposerait ici, à l'aile souverainiste et multipolariste du mondialisme.

La réinitialisation serait au même temps le Graal de "Davos" et le secret inavouable des globalistes de la grande finance, dont l'idéologie se constitue autour d'un projet de dépopulation planétaire et donc d'une philosophie génocidaire, à expérimentation smart et transversale, pour mesurer concrètement les failles du système, âpre et asymétrique. L'hypothèse de base de ce projet, grâce au Covid19 est de reconstruire la société sur une économie durable, qui a ses limites dans l'insuffisance des ressources et dans l'inadaptation des politiques censées les distribuer.

Qui ne se rappelle à ce propos du Rapport Meadows sur "Les limites à la croissance" de 1972, qui fut commandé au Massachusetts Institute of Technology (MIT), par le "Club de Rome" ? Personne ne peut oublier, à ce même propos, l'incontournable "1984" de Orwell, publié en 1949, sur les formes de totalitarisme qui se cachaient derrière la façade de la Novlangue, l'universalisation de la restriction des limites de la pensée.

41y7IMyPZzL._SX315_BO1,204,203,200_.jpgLe Rapport Meadows

Le premier modélisait l'empreinte écologique des principales interactions du "Système Terre": population, économie, énergie, production agricole et industrielle. Il mettait en avant le danger, pour l'environnement planétaire des conséquences dramatiques d'une croissance démographique et économique exponentielle de l'humanité sur le long terme et faisait état des risques de catastrophe environnementale et économique, liés à la quête de croissance, à partir de ressources limitées et d'un monde fini. Le rapport concluait à l'urgence de freiner l'augmentation de la population ainsi que l'industrialisation. La théorie de l'interdépendance, conçue dans la même année, 1972, par le "Rapport Spécial du Département d’État américain", servait parfaitement ce modèle et laissait entrevoir une possible convergence d'intérêts entre Est et Ouest, capitalisme et socialisme.

Les modalités des calculs du Rapport Meadows comme la dimension alarmiste du rapport firent l’objet de nombreuses controverses, en particulier l’idée que le franchissement de certaines limites conduirait nécessairement à un effondrement économique et à une baisse massive de la population. Ce travail précurseur a largement contribué à une prise de conscience non seulement de la fragilité de l’écosystème, mais aussi des "boucles de rétroaction" qui le régissent et des questions démographiques en matière d’environnement. Selon Laure Waridel et Philippe Descamps, les conclusions du rapport Meadows tiennent toujours la route et son rejet témoigne de la force des biais cognitifs quant aux effets de l’activité humaine sur l’environnement et en appelle toujours à freiner la croissance et à protéger la biodiversité.

91AXG-rkZJL.jpg"1984" de George Orwell

Le deuxième modèle, "1984" de Orwell, se donnait pour but, dans un monde obstinément bipolaire et radicalement antinomique de restreindre, avec le paradoxe de la Novlangue, les limites de la pensée, de manière à ce que les crimes de celle-ci, l'opposition, l'insubordination ou la révolte, n'aient plus de mots ou de concepts pour l'exprimer (toute analogie à l'actualité est purement arbitraire). D'autres penseront pour vous, par des procédés du haut vers le bas de la société !

L'insémination des idées comme celle des enfants procédera par des méthodes artificielles. D'autre part la réinterprétation et le renversement mémoriels du passé transformeront le mensonge en vérité.

L'abattement des statues des grands hommes, le changement de noms des édifices et des rues,la modification et le trucage des photos, ou encore les actuelles fake-news, altéreront et modifieront le passé et deviendront les vérités du moment, le sang bouillant qui nourrit l'esprit de révolte. Ils seront le tombeau de l'autorité ! Dans ces conditions la réinitialisation devient nécessaire et se colore de la promesse de la Bible et la mondialisation représentera le rachat de la dégénérescence du christianisme.

Le Covid de Davos

Le Covid est une chance pour Davos ! Les complotistes, les conspirationnistes et les vérificateurs de la pensée ont acquis la certitude qu'elle avait été inventée, créée à dessein, dans les laboratoires militaires de Wuhan ! Et bien non !

81TBcvgYqNL.jpgElle vient d'un monde inique et pervers, qu'il faut réformer et un changement radical s'impose ! Profitons de cette occasion historique ! "Il s’agit, - clame d'en haut le tout-puissant Docteur Schwab, Président-Fondateur de Davos,- de rendre (le monde) moins clivant, moins polluant, moins destructeur, plus inclusif, plus équitable et plus juste que celui dans lequel nous vivions à l’ère pré-pandémique." Une véritable révolution ! Ni rouge ni noire, mais verte ! Elle rendra notre vie, déjà difficile, définitivement plate et sans oppositions.

En effet la réinitialisation, n'est pas une conséquence du Covid, mais une opportunité fondatrice. Il faudra agir "ensemble et rapidement, afin de réorganiser tous les aspects de nos sociétés et de nos économies, de l’éducation aux contrats sociaux et aux conditions de travail. Chaque pays, des États-Unis à la Chine, doit participer, et chaque industrie, du pétrole et du gaz à la technologie, doit être transformée." Une grande révolution globaliste blanche, inclusive et laissant derrière nous le Mal (les oppositions) et les grandes iniquités sociales. Voici le terrifiant message de Davos. Il est existentiel et biblique ! En clair le choix de chacun se résumerait aux expressions les plus simples : Politique ou science bridée ? État ou individu ? Démocratie ou totalitarisme ? Au niveau inter-étatique et systémique, le champ de la pandémie aura pour confrontation l'emprise du pouvoir de l'hémisphère Nord sur le Sud, ou bien de l'Est sur l'Ouest ? Et la réinitialisation sera-t-elle souple et  multilatéraliste et par conséquent interne à l'actuelle hiérarchie des pouvoirs mondiaux, ou, en revanche, multipolariste et disruptive, exigeant une guerre nucléaire ? Elle sera de nature à comporter un coup d’État globaliste à l'intérieur de la Triade. Et quel sera le choix de l'Europe et de l'Otan dans ce terrain, totalement nouveau, d'expérimentation et d'expérience historique ?

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Guerre et Covid19. Considérations amorales

Si le Covid est considéré comme une forme de guerre et donc comme un aspect de la politique mondiale, interne à la logique d'affrontement régulier du système, dont le but inavouable serait un projet de dépopulation de la planète et donc une grande purge générale du monde, un accord entre les puissances globales (Triade- USA, République Populaire Chinoise et Russie, ou avec les noms de 1984 d'Orwell, Oceania, Eurasia et Eastasia) est nécessaire pour le contrôle mesuré de la pandémie. En revanche, si le Covid n'est qu'un complément de la politique d'hégémonie et de suprématie systémiques, tous les autres moyens de la politique seront nécessaires pour affermir ses intérêts, y compris la guerre nucléaire et génocidaire, à côté des gains (en morts) de la pandémie. Ainsi la perspective de résolution de la pandémie ne concernerait plus seulement un choix de régime et de société, ni même une révolution blanche, mais une option de fond sur la nature civilisationnelle du système hégémonique de demain et sur la détermination, conséquente et contraignante, des grands choix éternels de la philosophie. Cette option aura pour référence de base le citoyen ou le peuple et, par là et en conséquence ultime, la garantie de sécurité de l’État; autrement dit une soumission conditionnelle et relative de l'individu au pouvoir en Océania ou, par une sorte d'antinomie conceptuelle, une subordination intégrale et totale de l'individu au Pouvoir et au "Ministère de la Vérité", en Estasia, où le souverain est le démiurge arbitraire du destin des nations.

Bruxelles le 13 décembre 2020

vendredi, 04 décembre 2020

La grande glaciation économique

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La grande glaciation économique
 
Le nouveau livre de Thomas Flichy de la Neuville
 
Chers amis,

J’ai le plaisir de vous présenter notre prochaine édition « La grande glaciation économique » de Thomas Flichy de la Neuville.
 
Sans+titre-2.pngEn l’an un de la révolution sanitaire, alors que chacun était confortablement isolé dans sa bulle numérique, la température chuta brusquement. La grande glaciation économique avait en effet commencé. Jadis flamboyants, les chefs d’hier se laissaient envahir par la dépression. 2021 fut donc un long hivernage marqué par l’effondrement démocratique, l’enfermement digital et la montée générale de la violence. Ce dernier entraîna la mort de nombreux caméléons politiques, prisonniers de leurs raisonnements captieux. Seule une infime minorité réussit à s’extraire de la tourbe et à survivre aux effondrements silencieux en cours. Puisant ses ressources dans la déconnexion et l’investissement artistique, ces chefs venus de nulle part réussirent à perpétuer la vie malgré les difficultés.
 
L’auteur est ancien élève en persan de l'Institut National des Langues et Cultures Orientales, Thomas Flichy de La Neuville est Professeur agrégé de l’Université, docteur en droit et habilité à diriger des recherches en histoire. Ses travaux scientifiques portent sur la capacité des civilisations à transmettre la vie sur la longue durée. Cette approche géoculturelle s'est intéressée dans un premier temps aux potentialités créatrices des élites, notamment dans les armées -La fantaisie de l'officier. Trois civilisations majeures ont fait l'objet d'une enquête géoculturelle: "La Perse", "L'Iran au delà de l'Islamisme", la Chine: "Stratégies chinoises, le regard jésuite", et la Russie: "Chine, Iran, Russie, un nouvel empire mongol ?". Sous sa direction, plusieurs équipes ont analysé les conflits contemporains sous l’angle de la géoculture ("Opération Serval au Mali, l'opération française décryptée", "Centrafrique, pourquoi la guerre ?", "Ukraine, regards sur la crise"). Thomas Flichy de La Neuville est titulaire de la chaire de géopolitique de Rennes School of Business. Il intervient dans de nombreuses universités étrangères, notamment à l'United States Naval Academy, la Theresianische Militärakademie l'Université d’Oxford et l’académie diplomatique de Vienne. »
 
La sortie de « la grande glaciation est prévue d’ici quelques jours et vous serez livré à partir du 8 décembre prochain.
 
 
Je vous souhaite un joyeux Noël et reviendrai vers vous début 2021 pour vous présenter nos projets à venir.
 
A bientôt
 
Laurent Hocq
Editeur pour BIOS
 
+ 33 6 4084 4905

dimanche, 29 novembre 2020

L'économie en tant qu'idéologie : la racine de tous les maux

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L'économie en tant qu'idéologie : la racine de tous les maux

par Roberto Bonuglia

Ex: https://legio-victrix.blogspot.com

« Le développement économique est devenu une fin en soi, déconnectée de toute finalité sociale ». Bernard Perret et Guy Roustang l'ont écrit dans L'économie contre la société. Face à la crise de l'intégration sociale et culturelle (Paris, Editions du Seuil, 1993). Aujourd'hui comme hier, c'est une déclaration plus que partageable, visant à avertir que l'économie devient de plus en plus une "fin" plutôt qu'un "moyen".

En fait, il suffit de regarder en arrière dans un sens chronologique : en trente ans de mondialisation, l'économie est devenue bien plus qu'une "forme de connaissance de certains phénomènes sociaux". Elle est devenue une "technique économique", s'éloignant à des années-lumière des postulats classiques de ce qui était précisément l'économie "politique".

Dans la société standardisée du troisième millénaire, la logique économique est devenue la mentalité réelle et prédominante qui a fini par guider les relations sociales, uniformisant le bon sens, marginalisant la morale et toutes les formes sociales.

La combinaison de la mondialisation et du néolibéralisme a transformé l'économie en une idéologie. En fait, elle a perdu sa vocation originale et naturelle de traiter du "problème du déplacement des ressources" pour devenir une logique de gestion d'entreprise. Elle a ainsi dangereusement évolué vers une vision univoque du monde et une technique de contrôle et de domination.

« L'économie comme idéologie » peut donc être définie comme la prétention de l'économie à exercer une domination sur la culture et la politique, en leur imposant sa façon de "penser la réalité". Cela pourrait avoir des conséquences qui pourraient être "freinées" tant que la société reste un ensemble relativement homogène avec un fort contenu communautaire. Mais les migrations internes au sein du "village global" et l'aliénation technologique ont "libéré" le contenu idéologique présent - dès le début - dans les théories économiques du conditionnement des faits et des limites imposées par le social.

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C'est pourquoi, comme l'écrit Jean Baudrillard dans La transparence du mal (Paris, Editions Galilée, 1990), l'économie - après la chute du mur de Berlin - est entrée dans "sa phase esthétique et délirante" et est devenue le véhicule des idéologies qui se sont combattues entre elles pendant la "guerre froide" ; elle est devenue elle-même "idéologie", construisant sa propre philosophie sociale, se donnant, en quelque sorte, un vêtement normatif.

L'économie est ainsi passée de la sphère privée à la sphère publique et s'est donné pour tâche de baliser le chemin pour répondre par la force aux attentes du monde globalisé. Toutes ces réponses ont subi un changement radical dans la nature des relations sociales, à travers cette "objectivation de l'échange" - comme l'a dit Simmel - qui élimine d'un coup de ciseaux toute composante émotionnelle ou instinctive de ces relations, en prescrivant qu'elles doivent être organisées pour donner à la réalité une structure stable et à la mutation une direction prévisible : ce qui se passe dans notre société "grâce" au Covid-19. Celui-ci est le test décisif de cette mutation génétique de l'économie qui bascule dans l'idéologie.

Nous avons été témoins - distraits plutôt qu'impuissants - de l'économie comme technique économique qui a remplacé sans hâte mais sans repos l'économie comme forme de connaissance d'un des aspects de la société. Cela a donné naissance à un pouvoir incontrôlé et à un mode de vie basé uniquement sur l'intérêt et le calcul qui a inévitablement déchiré les bases du lien social.

L'élément émotionnel et "pré-rationnel" de la vie individuelle a été éradiqué et nous nous retrouvons aujourd'hui avec des racines coupées : le désert culturel, la socialisation de la culture, la liquidation de toute la culture de la tradition humaniste ne sont que quelques-uns des effets les plus dévastateurs du processus de déconstruction et de reconstruction du monde globalisé de ces trente dernières années.

Aujourd'hui plus que jamais, nous avons donc nécessairement besoin d'une pensée forte et alternative à ce schéma imposé par la contrainte, qui sache retrouver le sens de notre histoire, l'histoire de la culture moderne. Un sens lié - comme il l'a toujours été et de manière indissoluble - à la libération des limites, imposées par le présentisme, dans lesquelles la mentalité économique du néolibéralisme globalisant et la rationalité instrumentale nous ont enfermés. Une route qui est certes ascendante, mais la seule à pouvoir être prise et empruntée.

lundi, 19 octobre 2020

Christian Westbrook: Food Wars…the Engineered Destruction of Our Food Supply

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Christian Westbrook: Food Wars…the Engineered Destruction of Our Food Supply

Posted by in Podcast

Christian “The Ice Age Farmer” Westbrook discusses the engineered and deliberate destruction of our food supply. Pretexts cited to shut down farms and cull livestock include the spread of “coronavirus” between humans on farms, transmission from animals to humans, as well as outright sabotage of food storehouses. He describes the move to tax and eliminate meat and replace it with fake, synthetic, lab-grown foodstuffs. Power elites seeks to track and trace all food through artificial intelligence and the blockchain. He suggests everyone begin to grow their own food.

*Support/Donate to Geopolitics & Empire:

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Show Notes

Perfect storm hits Kazakhstan egg industry https://www.poultryworld.net/Eggs/Articles/2020/8/Perfect...

43% of small businesses say they’ll be forced to close permanently https://www.marketwatch.com/story/43-of-small-businesses-...

Lord Birkenhead’s 1929 Predictions for 2029 https://www.scribd.com/document/36111515/Save-This-for-Yo...

Fauci Warns That Earth Has Entered a “Pandemic Era” https://futurism.com/neoscope/fauci-warns-earth-entered-p...

Food Chain Reaction crisis simulation ends with global carbon tax https://www.cargill.com/story/food-chain-reaction-simulat...

Websites

Ice Age Farmer http://www.iceagefarmer.com

About Christian “Ice Age Farmer” Westbrook

Christian produces videos, interviews, tools (Growing Degree DaysCrop Loss MapWiki and Maps) in order to shed light on the myriad risks to our food system and how they must inspire us to grow our own food.

*Podcast intro music is from the song “The Queens Jig” by “Musicke & Mirth” from their album “Music for Two Lyra Viols”: http://musicke-mirth.de/en/recordings.html (available on iTunes or Amazon)

samedi, 26 septembre 2020

Pourquoi l'extraterritorialité américaine constitue-t-elle une arme de guerre économique?

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Pourquoi l'extraterritorialité américaine constitue-t-elle une arme de guerre économique?
 
Ex: La Revue Géopolitique (via Instagram)

Neuf milliards d'euros d'amende contre BNP Paribas pour avoir violé l’embargo iranien ou encore 772 millions contre Alstom sont deux exemples illustrant les conséquences de l'extraterritorialité du droit américain comme arme de guerre économique.⠀

Après de nombreuses dérives de multinationales américaines, le Congrès vote le "Foreign Corrupt Practices Act" (FCPA) en 1977, loi luttant contre la corruption d'argent public - et promue par les USA auprès de l’OCDE en 1997 - après s’être aperçu d’une éventuelle distorsion de concurrence entre les entreprises américaines et étrangères, non-tenues par cette loi. Ce principe permet au “Department of Justice” de poursuivre une entreprise étrangère s’adonnant à des activités frauduleuses, lorsqu’elle possède un quelconque lien avec les USA, tel que l’utilisation du dollar lors d’une transaction.⠀

Suspecté depuis 2010 de mener des activités de corruption pour obtenir des contrats, la justice américaine a fait pression (montant de la possible amende, arrestation de dirigeants) en 2014 sur le PDG d’Alstom, poids lourd de l’industrie française, et l’a obligé à céder sa filiale “énergie” à un concurrent direct américain, General Electric, pour la somme dérisoire de 13 millions d’€, en échange de l’abandon des poursuites. Titulaire d’actions cotées aux USA et accusée de corruption concernant des appels d’offres publics, l’entreprise Sanofi a dû payer une amende de 25 millions d’euros en 2018, au titre du FCPA.

Avec des amendes colossales, l’arrestation de dirigeants d’entreprises ou encore l’obligation de se conformer aux standards de la réglementation américaine, au risque d’être banni du très influent marché américain, les USA disposent ainsi d’un arsenal juridique remettant en cause la souveraineté économique des Etats qui y sont confrontés. Qu’est-ce que vous en pensez? Votre opinion nous intéresse!

“Source Image: ShutterStock”⠀
Rédacteur: Joan Kinder⠀
Rédacteur en chef: Saïmi Steiner⠀

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samedi, 19 septembre 2020

De la guerre commerciale à la "guérilla économique"

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De la guerre commerciale à la "guérilla économique"

La guerre économique fait rage. La crise sanitaire et économique qui s’en suit, ont accentué les rapports de force et affaibli des structures déjà largement exposées, constituant autant de proies. Face à cette mutation sans précédent, il est essentiel que les entreprises puissent disposer d’une boîte à outils de la sécurité économique et parer les menaces et ingérences auxquelles elles sont malgré elles exposées.

Rappelons au préalable quelques considérations sur la guerre économique, dans son approche macro :
Elle ne doit pas se confondre avec la guerre à l’économie militaro-industrielle, telle que la destruction, par des moyens armés, d’usines d’armement, de voies de communication, atteintes aux pôles aéroportuaires, coupures à l’accès aux matières premières, moyens de télécommunication, infrastructures cyber, etc., lesquelles actions relèvent davantage de la guerre totale.
 
La guerre économique n’est pas non plus la guerre à l’économie dans son essence même, que les altermondialistes et anticapitalistes mènent dans leur velléité d’anéantissement du libéralisme, et plus largement des activités économiques humaines sous toutes ses formes.
 
Enfin, elle n’est pas l’économie de guerre à savoir l’effort industriel des entreprises d’armement pour subvenir aux ressources en moyens nécessaires pour livrer les batailles et alimenter l’appareil militaire en armement.
 
En réalité, comme nous l’avions démontré dans notre précédent ouvrage [1], la guerre de nature non militaire et/ou non conventionnelle affecte désormais les petites ou moyennes puissances. Précisément, la guerre économique prospère en temps de paix militaire, et constitue l’affrontement géoéconomique des grandes puissances, à défaut d’employer des moyens armés. D’où le recours essentiel aux stratégies indirectes et/ou asymétriques dont le droit, la fiscalité, les technologies, les normes environnementales désormais, etc., ne sont pas absentes.
 
En effet, selon Bernard Esambert :
 
« L’économie mondiale se globalise : la conquête des marchés et des technologies a pris la place des anciennes conquêtes territoriales et coloniales. Nous vivons désormais en état de guerre économique mondiale, et il ne s’agit pas seulement là d’une récupération du vocabulaire militaire. Ce conflit est réel, et ses lignes de force orientent l’action des nations et la vie des individus. L’objet de cette guerre est, pour chaque nation, de créer chez elle emplois et revenus croissants au détriment de ceux de ses voisins » (…)
« la guerre économique impose également des débarquements chez l’ennemi par l’implantation à l’étranger, la défense de l’arrière par des entreprises à caractère régional et l’établissement de protections au travers de tarifs douaniers qui ne représentent plus que des murets de fortune, de mouvements monétaires qui ont pris le relais des barrières douanières, enfin d’innombrables entraves aux échanges qui protègent ici ou là un pan de l’économie ». « Les chômeurs sont désormais les morts de la guerre économique » [2] .
 
Mais cette compétition économique exacerbée – ou guerre par l’économie– ne concerne pas seulement les grands groupes ; elle n’épargne pas non plus le tissu industriel et commercial territorial. Tant s’en faut. Dès lors que nous voulons développer des aspects pratiques au niveau de l’entreprise, il convient de se situer dans le cadre des ingérences et déloyautés commerciales, affectant directement le tissu des TPE, PME et ETI.  C’est ce que ne nous nommerons la « guérilla économique » constituée de conflits de moindre intensité, mais tout aussi mortifère pour l’entreprise.
 
De la même manière qu’il est souvent opposé macro-économie et micro-économie, il existe donc bien une guerre économique (à l’échelle des états) et une guérilla économique vécue au niveau des TPE-PME-ETI, qui relève de la compétition exacerbée.
 
La guérilla ou « petite guerre » est souvent présentée comme un conflit de partisans, ou combattants irréguliers, ne constituant pas une armée régulière de soldat sous uniforme. La guerre froide et la période de décolonisation ont favorisé ce type d’agressions non conventionnelles. De même que l’arme atomique a conduit les grandes puissances à la neutralité directe et aux affrontements asymétriques. C’est d’ailleurs le fondement même de guerre froide : « paix impossible, guerre improbable » [3].
 
Par conséquent, à l’instar de ces luttes armées indirectes, la guérilla économique est une action concertée visant une cible industrielle ou commerciale, destinée à réduire, sans intervention étatique ni institutionnelle, sa part de marché ou sa position dominante, jusqu’à l’anéantissement total.
 
Plusieurs actions relevant de cette sphère de « petite guerre économique » peuvent être recensées : espionnage industriel, déstabilisation réputationnelle (guérilla informationnelle), cyber atteinte aux données, risques en matière de conformité, fraudes financières, débauchages et mouvements RH. Autant d’ingérences dans la gouvernance de l’entreprise afin de parvenir à des buts de guerre.
 
C’est l’ensemble de ces moyens, et leurs réponses, qui sont exposés dans « Survivre à la guerre économique », pour en faire un véritable manuel de survie face aux risques contemporains relevant de la guérilla économique.

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Olivier de MAISON ROUGE est Avocat, Docteur en droit. Professeur associé à l’Ecole des relations internationales (ILERI) et à l’Ecole de Guerre Economique (EGE), intervenant régulier à l’IHEDN et à l’Ecole Nationale de la Magistrature (ENM). L’auteur a été amené à défendre des entreprises confrontées aux actes d’espionnage économique et ingérences économiques ; il a développé une véritable doctrine en matière de contre-mesures juridiques et de protection du patrimoine informationnel. Il contribue ainsi à l’élaboration de références et standards en matière de sécurité économique et de souveraineté en matière d’informations sensibles.
Auteur de nombreux articles et d’ouvrages :
Cyberisques. La gestion juridique des risques numériques, LexisNexis, 2018
Penser la guerre économique. Bréviaire stratégique. VA Editions, 2018

Dernier ouvrage paru : « Survivre à la guerre économique. Manuel de résilience  », VA Editions, septembre 2020
 
[1] de MAISON ROUGE Olivier, Penser la guerre économique. Bréviaire stratégique. VA Editions, 2018.
[2] ESAMBERT Bernard, La guerre économique mondiale, Olivier Orban, 1991
[3] ARON Raymond, Le grand schisme, 1948

vendredi, 14 août 2020

La sophistique de Soros et la lutte pour façonner une nouvelle Science économique

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La sophistique de Soros et la lutte pour façonner une nouvelle Science économique


Par Matthew Ehret

Sources: https://lesakerfrancophone.fr & Strategic Culture

Dans mes articles précédents La grande arnaque de la réinitialisation et Putin’s Anti-Fascist Open System and You, j’ai souligné que l’effondrement du système transatlantique avait provoqué un déluge de «fausses solutions» promues par ces mêmes pyromanes qui ont beaucoup fait pour alimenter l’incendie en créant une bulle économique post-industrielle pendant de nombreuses décennies.

Une de ces fausses solutions a pris la forme du Green New Deal qui propose d’utiliser la double crise économique et sanitaire de la COVID-19 pour accélérer la transition vers un ordre mondial décarboné grâce aux réseaux d’énergie verte, au plafonnement et à l’échange de taxes carbone, et enfin à la réduction générale de la population. La perspective peu agréable derrière ce paradigme est enracinée dans une misanthropie dévote qui vise à résoudre les problèmes de l’humanité en établissant un régime d’États post-nationaux à gestion technocratique.

L’autre paradigme avancé par les présidents Poutine et Xi Jinping est, en termes simples, une alliance multipolaire dans l’esprit qui préside aux Routes de la soie, Initiative Belt and Road, et polaire. Sur la base de leurs paroles et de leurs actions, les deux dirigeants se sont engagés à développer un modèle de système fondé sur l’idée que les ressources et la croissance d’un pays ne sont limitées que par les capacités cognitives de sa population. De vastes projets basées sur le train à grande vitesse, les programmes hydrauliques et le développement spatial, mettent en évidence, dans la pratique, à quel point cette vision anti-malthusienne s’est exprimée lorsque 135 pays en ont déjà rejoint le cadre, à différents niveaux, et que des centaines de millions de personnes ont été sortis de la pauvreté.

L’Institut pour une nouvelle pensée économique

Aujourd’hui, je voudrais aborder un peu plus en détail une partie souvent négligée mais très importante de ces fausses solutions. Cela impliquera malheureusement de se pencher sur l’esprit inquiétant de George Soros et d’une organisation basée à Oxford que ce milliardaire, financier du changement de régime, adepte du gouvernement mondial et anti-nation, a cofondé en 2008, l’Institute For New Economic Thinking (INET).

Fondé en 2008, l’Institute for New Economic Thinking a été conçu pour attirer les jeunes esprits créatifs – qui pourraient autrement faire de réelles découvertes en science économique – dans un environnement contrôlé où ils se verraient accorder une liberté et un financement apparents – mais pas réels. Dans cet environnement, ils seraient libres d’inventer de nouvelles théories alternatives de l’économie pour autant qu’ils adopteraient certaines hypothèses et axiomes spécifiques du dogme, propices à des sociétés oligarchiques engagées dans une pensée de croissance nulle dans un système fermé.

L’idée derrière INET était simple : le crash financier de 2008-2009 garantissait presque que de nouvelles idées seraient recherchées pour éteindre l’incendie imminent alors que les moutons se réveilleraient en masse sous le choc de l’ordre en ruine, et un large filet devait être créé pour capturer tous les poissons sautant hors de l’étang à la recherche de nouvelles idées.

Baron_Turner_of_Ecchinswell_FRS.jpgParmi les autres cofondateurs figuraient Jim Balsillie et William Janeway, tandis que l’ancien président de l’INET n’est autre que Lord Adair Turner (photo).

Balsillie est un milliardaire canadien qui a dirigé le Canadian Roundtable Group renommé le Conseil international du Canada (CIC) après sa fusion avec son Center for International Governance Innovation (CIGI) en 2007. Travaillant en tandem avec le pendant américain de Chatham House – alias le Council on Foreign Relations – Balsillie a déclaré en 2007 :

J’ai dirigé la création du Conseil international canadien (CIC). Les Américains ont leur puissant Council on Foreign Relations, qui propose une analyse non partisane des questions internationales et intègre les chefs d’entreprise avec les meilleurs chercheurs et responsables des politiques publiques.

Janeway est professeur à Cambridge et directeur général de Warburg Princus Capital Management – oui, la même famille bancaire de Warburg qui a été surprise en train de financer Hitler – tandis que Lord Turner est l’ancien régulateur en chef de la ville de Londres de 2008 à 2013 qui a introduit pour la première fois une législation pour un Green New Deal au parlement britannique en 2009 et préside actuellement la Global Energy Transitions Commission. Parmi les autres dirigeants du conseil d’administration de l’INET figurent Drummond Pike, fondateur de la Tides Foundation de Soros , Rohinton Medhora, président du CIGI de Balsillie, et Rob Johnson, ancien directeur général de Soros Fund Management.

La sophistique Soros vs Popper derrière l’INET

Dans une interview accordée à Chrystia Freeland en 2010, Soros a décrit le but du nouvel institut dans les termes suivants :

Il s’agit d’une tentative pour amener les économistes à repenser les fondements mêmes de l’économie car il s’avère que la théorie macro-économique s’est effondrée. La crise financière a montré qu’elle est tout à fait inadéquate pour faire n’importe quel type de projection sur l’avenir, et elle doit être repensée à partir de ses fondamentaux.

Dans l’interview, Soros explique que l’économie est en crise en raison de la fausse croyance que le domaine pourrait être traité comme une science dure, à l’instar de la physique ou de la biologie, avec des lois newtoniennes immuables. Mais comme le domaine de l’économie est façonné par la pensée humaine, elle-même régie par des sentiments et des passions irrationnels, elle ne pourra jamais être «une vraie science». Ce qui est encore plus problématique, selon Soros, est que même les concepts apparemment «scientifiques» émanant de la raison sont intrinsèquement faux et donc toute action causée par ces pensées intrinsèquement fausses est naturellement destructrice et provoque un déséquilibre.

Soros débat avec Rob Johnson sur l’INET – Vidéo en anglais

Contrairement aux molécules dans un espace de gaz qui obéissent à des lois spécifiques, les êtres humains agissent dans l’espace de l’économie d’une manière qui peut parfois changer à la fois le volume de l’espace économique et aussi changer, par réflexe, les pensées de ces participants eux-mêmes. Soros aime utiliser l’exemple d’un toxicomane.

Dans une conférence d’octobre 2010 sur sa théorie générale de la réflexivité, Soros décrit le fait problématique de juger une personne comme un trafiquant de drogue criminel, et que cette pensée – jugement – manifesté dans les lois et les actions amènera alors le trafiquant à agir comme un criminel. La pensée – le jugement – façonne ainsi le résultat. Soros soutient que si vous ne criminalisiez pas les drogues, vous élimineriez tout jugement, donc aussi le comportement criminel, et donc finalement le crime. Les criminels agiraient de manière respectueuse, les barons de la drogue deviendraient des hommes d’affaires normaux et les toxicomanes vivraient leur vie comme bon leur semble, comme toute personne «normale».

Soros, qui aime se considérer comme un philosophe profond, a avancé sa théorie générale de la réflexivité, laquelle, explique-t-il dans ses conférences, est fondée sur deux hypothèses : la vision du monde du participant est toujours partielle et déformée, ce qu’il appelle le «principe de faillibilité», et «ces vues déformées peuvent influencer la situation à laquelle elles se rapportent, car de fausses vues mènent à des actions inappropriées.» («Principe de réflexivité» de Soros).

Étant donné que chaque idée façonne le système d’une manière de plus en plus inappropriée, ces «constructions mentales prennent leur propre existence, ce qui complique davantage la situation». Cette croissance de la fausse pensée et de la fausse action conduit ainsi à un déséquilibre extrême et donc à l’effondrement inévitable des systèmes.

Le co-contrôleur de Soros à l’INEP Rob Johnson a déclaré que nous devons «rattacher nos modèles au contexte d’incertitude radicale».

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Il ne faut pas réfléchir longtemps pour imaginer pourquoi un sociopathe comme Soros était attiré par cet ensemble de concepts. Dans sa conférence de 2010, Soros a déclaré : «J’ai commencé à développer ma philosophie en tant qu’étudiant à la London School of Economics à la fin des années 1950… sous le mentorat de Karl Popper» qui a soutenu [dans son livre Open Society and its Enemies -ed] que « la vérité empirique ne peut être connue avec une certitude absolue… Même les lois scientifiques ne peuvent pas être vérifiées ». Libérée du fardeau de la vérité, la conscience est libérée de toute douleur qui résulterait de l’engagement dans le mal.

Comme indiqué dans une tristement célèbre interview de 60 Minutes, Soros a déclaré que non seulement il n’avait ressenti aucun remord pour avoir travaillé avec les nazis à la confiscation des biens de Juifs assassinés alors qu’il était un adolescent vivant en Hongrie en 1944, mais qu’il l’avait décrit comme «le meilleur moment de sa vie». Lorsque l’intervieweur a poussé Soros à s’expliquer, il a souri et a déclaré «c’est comme sur les marchés. Si je n’avais pas été là … quelqu’un d’autre l’aurait fait à ma place, de toute façon.»

George Soros est-il un sociopathe ? Vidéo en anglais

Gardez à l’esprit que ce n’étaient pas les réflexions d’un vieil homme nostalgique pensant à son combat d’enfance pour survivre dans la Hongrie contrôlée par les nazis, mais les pensées mûres d’un spéculateur international qui avait fait des milliards, suite à la destruction de nations, en pariant contre leurs devises. L’esprit tordu de Soros conclurait que « c’est juste gagner de l’argent. Si les gens meurent de faim ou si les gouvernements font faillite, alors qui s’en soucie ? C’est légal et je ne suis donc certainement pas un criminel. »

À ce point, n’importe quelle personne sensée reconnaîtrait bientôt que la propre théorie de Soros s’effondre, puisque même si ses actes n’ont pas été qualifiés de criminels par le système judiciaire, il a continué à agir comme un criminel. [cf le Tribunal de Nuremberg qui a jugé les nazis, NdT]

Fusion de l’incertitude radicale et de la stabilité

Tout en promouvant la croyance en une «incertitude radicale», Soros a déclaré en 2012 que l’objectif de l’INET est que «l’hypothèse d’anticipations et de comportements rationnels soit effectivement abandonnée».

Soros a décrit comment «l’idée que la stabilité doit être un objectif de politique publique, ce qui n’est actuellement pas généralement accepté, deviendra mieux reconnue».

Ici surgit un nouveau paradoxe …

Comment un système fondé sur une incertitude radicale peut-il être guidé par la stabilité ? D’où viendrait cette stabilité ? Qui va l’imposer ? Quelles normes pourraient être utilisées ? Toutes les normes ne sont-elles pas intrinsèquement mensongères dans la vision du monde de Soros ?

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La réponse à ces questions est plus simple que vous ne l’imaginez :

On attendra des masses qu’elles s’imposent la stabilité à elles-mêmes, et ensuite l’élite managériale au niveau supérieur, cachée derrière le prétexte invisible de la «complexité», contrôlera la «stabilité» du système d’en haut comme des dieux dominants les serfs dans ce que Aldous Huxley a un jour appelé le Camp de concentration sans larmes.

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Pour Soros, et dans la vision de l‘INET, cela prendra la forme du Green New Deal et n’est en aucun cas déconnecté du financement philanthropique grâce auquel Soros est devenu célèbre au cours des dernières décennies. Un brillant article de 1998 de Jim Jatras a identifié cette homogénéisation de la culture financée par les partisans de Soros comme du « Rainbow Fascism ».

Travaillant en tandem avec les Nations Unies, l’INET a parrainé en 2019 une université d’été pour de jeunes économistes talentueux intitulée «Is a Global Green New Deal the Solution ?» – programmé pour amener les participants à la conclusion que «oui… évidemment.»

En janvier 2020, Soros a engagé 1 milliard de dollars pour créer une «Université mondiale… pour lutter contre les gouvernements autoritaires et le changement climatique, les qualifiant de défis jumeaux qui menacent la survie de notre civilisation», en mettant l’accent sur Trump, Xi Jinping et le président Poutine.

Peut-être que si Soros, en tant que jeune homme, avait davantage étudié Max Planck au lieu de perdre son temps avec l’immoraliste Karl Popper, il aurait mis en mouvement un ensemble d’idées différentes qui faisait plus de bien au monde et à nos propres âmes que les concepts misanthropes qu’il a choisis pour guider sa vie.

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Max Planck contre Karl Popper

Aux prises avec les mêmes problèmes que Popper et Soros, le grand scientifique, musicien et philosophe Max Planck (1858-1947) a adopté une approche très différente pour résoudre les paradoxes de Soros et Popper en s’attaquant au paradoxe séculaire de l’existence du libre arbitre dans un univers de loi. Comment ces deux états pourraient-ils coexister ?

Planck a été saisi par cette question alors qu’il était jeune adolescent, et a choisi de s’y attaquer de la manière la plus créative : au lieu de suivre les conseils de son professeur cynique, qui croyait que rien ne pouvait plus être découvert en physique et qu’il devrait abandonner ses ambitions scientifiques pour une carrière plus lucrative, Planck a consacré sa vie à la cause de la sagesse et a cherché à découvrir les principes créatifs à la base de l’univers.

Sa passion s’est matérialisée par la découverte du quantum d’énergie – la constante de Planck – créant un nouveau domaine de la science de la microphysique et de l’exploitation de l’énergie atomique, la mécanique quantique. Planck a démontré que la capacité de l’esprit à comprendre et à agir selon les lois de la création a amené l’univers lui-même à réagir en augmentant les conditions aux limites de l’humanité, permettant ainsi à notre espèce de supporter plus de personnes, avec des qualités de vie et un savoir plus élevés, grâce au progrès scientifique et technologique.

S’exprimant contre l’abandon de la causalité, qui gagnait en popularité dans les années 1930 avec la montée en puissance de l’école statistique probabiliste de Copenhague avec Neils Bohr et Max Heisenberg – sur laquelle Soros et Popper fondent leurs théories – Planck a fait valoir dans sa Philosophie de la physique de 1935 que :

La raison pour laquelle les mesures de la physique atomique sont inexactes ne doit pas nécessairement être recherchée dans un échec de la causalité. Cela peut aussi bien consister en la formulation de concepts défectueux et donc de questions inappropriées.

Dans le même essai, Planck a soutenu que la corruption de la science, qui est devenue beaucoup plus profonde 80 ans plus tard, était liée à deux erreurs fondamentales :

  1. L’imposition des mathématiques comme science dominante par rapport à la physique, ce qui a incité les scientifiques à essayer de «forcer» la réalité physique dans le cadre limité, et souvent faux, du langage mathématique et…
  2. La tendance à expulser l’esprit subjectif du scientifique hors des paramètres de l’équation de l’univers objectif que l’esprit de cette personne étudiait. Sur ce point, Planck a déclaré :

En traitant de la structure de toute science, une interconnexion réciproque entre les jugements épistémologiques [d’où parle la science ? NdT] et les jugements de valeur [à qui et pour qui parle la science ? NdT] a été constatée, et qu’aucune science ne peut être totalement dissociée de la personnalité des scientifiques.

Vers la fin de sa vie, Max Planck s’est efforcé avec passion de réintroduire dans la pratique scientifique le sens de l’honnêteté et de l’amour qui a animé les plus grandes découvertes de l’histoire humaine, y compris ses propres découvertes sur la physique quantique.

51CHa7asYLL.jpgDans ses deux œuvres incroyables  Philosophy of Physics (1935 pdf) et Where is Science Going ? (1932 ebook) Planck fait valoir que le paradoxe de la dualité onde-corpuscule ne peut être résolu qu’en intégrant le paramètre de l’esprit de l’enquêteur dans l’équation et en supprimant le mur conceptuel séparant l’observateur de l’observé.

Pour clarifier le paradoxe onde-corpuscule et la solution de Planck

Contrairement à une planète ou à un autre objet, la vitesse et la position d’un photon ne peuvent pas être mesurées simultanément. La mesure exacte de l’un des deux paramètres entraîne l’impossibilité de mesurer exactement l’autre, la théorie permet seulement de connaître la probabilité de la valeur de l’autre paramètre, c’est le principe d’incertitude de Heisenberg. Planck déclare que la solution à cela ne doit pas être trouvée en supposant paresseusement que la lumière doit simplement avoir deux identités distinctes d’onde et de particule, ni que la vérité de son essence ne peut être connue, mais plutôt que les définitions mêmes d’onde, de particule, ainsi que l’esprit lui-même doivent être affinés en traitant scientifiquement la question du libre arbitre… car c’est le seul cas connu pour lequel l’acte d’observation modifie ce qui est observé.

Planck déclare :

Nous pouvons peut-être traiter du libre arbitre. Considérée subjectivement, la volonté, dans la mesure où elle regarde vers l’avenir, n’est pas causalement déterminée, car toute connaissance de la volonté du sujet, par lui-même, agit causalement sur celle-ci, de sorte que toute connaissance définitive d’un lien causal fixe est hors de question. En d’autres termes, nous pourrions dire que regardée de l’extérieur – objectivement – la volonté est causalement déterminée, et que regardée de l’intérieur – subjectivement – elle est libre.

Planck a très bien décrit le rôle de la pensée créatrice dans ce processus en disant :

Une bonne hypothèse de travail est essentielle avant toute enquête. Cela étant, nous sommes confrontés à la difficile question de savoir comment nous allons faire pour trouver l’hypothèse la plus appropriée. Pour cela, il ne peut y avoir de règle générale. La pensée logique en elle-même ne suffit pas, même pas lorsqu’elle dispose d’un corps d’expérience exceptionnellement vaste et multiple pour l’aider. La seule méthode possible consiste à comprendre immédiatement le problème ou à se saisir d’une heureuse idée opportune. Un tel saut intellectuel ne peut être exécuté que par une imagination vive et indépendante et par une forte puissance créatrice, guidée par une connaissance exacte des faits donnés pour qu’elle suive le droit chemin.

Alors que Planck était un pianiste accompli, Einstein parlait sans relâche de l’importance de l’adhésion de son âme à la musique classique et de son amour de jouer Mozart au violon. Les deux hommes jouaient fréquemment de la musique ensemble, et tous deux témoignaient du rôle vital de la musique classique en leur permettant de s’évader au-delà des contraintes du raisonnement logique déductif / inductif – les mathématiques formelles – qui les avait empêchés de formuler des hypothèses fructueuses.

À propos du rôle de la musique dans la découverte scientifique, Einstein a déclaré :

La théorie de la relativité m’est venue par intuition, et la musique est le moteur de cette intuition. Mes parents m’ont fait étudier le violon depuis l’âge de six ans. Ma nouvelle découverte est le résultat de la perception musicale.

Dans un autre essai, Einstein est allé encore plus loin pour décrire le rôle de la causalité dans une fugue de Bach comme clé maîtresse pour débloquer les problèmes mathématiquement insolubles des quantas et de la causalité plus généralement :

Je crois que les événements de la nature sont régis par une loi beaucoup plus stricte et plus contraignante que ce que nous soupçonnons aujourd’hui, lorsque nous parlons d’un événement comme étant la cause d’un autre. Notre concept ici se limite à un événement dans une temporalité. Il est dissocié de l’ensemble du processus. Notre manière approximative actuelle d’appliquer le principe causal est assez superficielle… Nous sommes comme un enfant qui juge un poème par ses rimes, et non par son rythme. Ou, nous sommes comme un jeune étudiant au piano reliant simplement une note à celle qui précède ou suit immédiatement. Dans une certaine mesure, tout cela peut être très bien, quand on a affaire à des compositions simples ; mais cela ne fera pas l’affaire pour l’interprétation d’une fugue de Bach. La physique quantique nous a présenté des processus très complexes, et pour y faire face, nous devons encore élargir et affiner notre concept de causalité.

À ma connaissance, cette idée n’était nulle part mieux exprimée à notre époque que dans cette courte vidéo de 17 minutes, Le passé est-il certain ?Vidéo en anglais

Remettre l’esprit sur le siège du conducteur

Au lieu d’une nouvelle ère de découvertes dans les voyages spatiaux, le développement pacifique et les découvertes atomiques comme l’envisageaient John F. Kennedy ou Charles De Gaulle, le XXe siècle a vu la formation d’un nouveau sacerdoce scientifique qui s’est transformé en un culte de la société de consommation tentant, pour toujours, de «vivre dans l’insaisissable maintenant» – le Big Now – … ignorant du passé, craintif pour l’avenir et dédaigneux envers la nature humaine. Des ectoplasmes et des zombies comme Karl Popper et George Soros se sont levés pour mettre en action un ensemble d’idées qui rejetaient la méthode de pensée fructueuse et éprouvée menée par des scientifiques comme Einstein, Planck et le grand bio-géochimiste Vladimir Vernadsky qui ont tous conclu que si la logique déductive / inductive pure échoue à produire la vérité, alors il vaut mieux trouver une meilleure définition de la vérité plutôt que de supposer paresseusement qu’elle n’existe pas.

Alors que l’humanité est tirée par un meilleur paradigme de système ouvert dirigé par Vladimir Poutine, Xi Jinping et d’autres dirigeants de l’Alliance multipolaire, rappelons-nous les sages paroles de Planck dont la vision de la condition humaine devrait être revisitée plus souvent :

La science ne peut pas résoudre le mystère ultime de la nature, et ceci parce qu’en dernière analyse, nous faisons nous-mêmes partie de la nature, et par conséquent, partie du mystère que nous essayons de résoudre. La musique et l’art sont, dans une certaine mesure, également des tentatives de résoudre, ou du moins d’exprimer ce mystère. Mais à mon avis, plus nous progressons avec l’un ou l’autre, plus nous sommes mis en harmonie avec toute la nature elle-même. Et c’est l’un des grands services rendus par la science à l’individu.

L’auteur de cet article a prononcé une conférence, en 2015, sur ce sujet intituléePlanck vs Russell : A Battle for Causality in the 20th Century, qui peut être visionnée ici – en anglais :

Matthew Ehret

Traduit par jj, relu par Hervé pour le Saker Francophone

samedi, 27 juin 2020

La guerre économique par l’extraterritorialité du Droit

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La guerre économique par l’extraterritorialité du Droit

Ex: https://infoguerre.fr

Frédéric Pierucci, Président d’IKARIAN, William Feugère, Avocat, Fondateur d’ETHICORP, Blandine Cordier-Palasse, Présidente de BCP Executive Search

et Véronique Chapuis, directrice du programme Intelligence Juridique EGE

A RETENIR

1. L’Intelligence Juridique replace le sujet de l’extra-territorialité à « sa juste place, stratégique, économique et politique » dixit Sophie Leclerc, directrice juridique

2. L’extra-territorialité ? Enjeux d’Intelligence Economique et Juridique

  • Permet à un pays d’imposer des sanctions (amendes, prison) à des personnes physiques ou morales où qu’elles soient, en cas d’infraction aux lois de lutte contre la corruption, le blanchiment, la fraude, le trafic d’influence (etc.) ou en cas de non-respect des embargos ou sanctions imposées à un autre pays.
  • Les faits reprochés peuvent avoir été commis dans le passé sans limite de temps.
  • Les enquêtes sont déclenchées de façon discrétionnaire.
  • Entreprises, administrateurs, dirigeants, salariés et retraités peuvent être responsables à titre personnel. Les délégations de pouvoirs ne sont pas opposables au DOJ US.
  • Ça marche si l’entreprise accusée a des intérêts financiers et commerciaux dans ce pays dont elle ne peut pas s’affranchir (biens, affaires commerciales, contrats ou offre en cours aux US, utilisation de la monnaie de ce pays)[1].

3. Objectifs ?

C’est une arme d’encadrement du commerce (embargos, pays sous sanction) ou une arme de guerre économique (lutte contre la corruption, le blanchiment, le trafic d’influence …) comme le montre le pourcentage d’entreprises européennes condamnées : 62% dont 25% payés par les entreprises françaises. L’importance des amendes (plusieurs milliards €) et les transactions avec le DOJ (Department of Justice) permettant d’éviter la condamnation pénale de l’entreprise.

C’est plutôt un transfert de responsabilité par les états sur les entreprises qu’une délégation de souveraineté[2].

4. Moyens de défense

La France s’est dotée de moyens de lutte contre ces infractions (Loi Sapin 2, l’AFA (Agence Française de Lutte contre la Corruption)) qu’elle peut maintenant opposer au DOJ américain. La CGIP (convention judiciaire d’intérêt public) permet d’éteindre l’action publique si l’entreprise accusée respecte les obligations imposées[3].

5. Administrateurs et Salariés impliqués

Les salariés impliqués dans l’accusation de leur entreprise, les retraités et anciens salariés doivent faire assurer leur défense sur leurs deniers personnels.

6. Programme de compliance

Les mesures pour assurer la conformité concernent tous les niveaux et toutes les directions de l’entreprise : conseil d’administration, comex, directions générale, RH, juridique, finances, affaires publiques, commerciale, achat, qualité, technique, R&D, sécurité, marketing, communication.

A CREUSER

7. Enlever l’épée de Damoclès de la menace des enquêtes 

La défense des entreprises européennes contre l’extra-territorialité devrait être une priorité stratégique de l’Union Européenne car l’extra-territorialité est une source de désorganisation des entreprises en plus d’être un poids. Amendes et peines de prison sont la partie émergée de l’iceberg. S’y ajoutent les coûts et effets des défenses à mettre en place, de l’ingérence dans la gouvernance via le monitoring, des organisations et procédures à déployer, de l’hémorragie des secrets d’affaires dans les flux de défense. Notre loi de blocage est insuffisante. Il faudrait donner des compétences extra-territoriales au juge français. Une démarche européenne et des alliances avec l’Allemagne et d’autres pays seraient utiles pour construire un système efficace.

8. Développer une gouvernance holistique de la Compliance 

La compliance ou conformité est un dispositif qui doit être intégré dans la stratégie de l’entreprise au plus haut niveau par le CA et le COMEX ou CODIR car les objectifs de l’entreprise doivent être atteignables en maîtrisant les risques qui y sont liés. C’est tout l’enjeu de la signification de la « Tolérance Zéro » par opposition au « Pas vu, Pas pris » lorsque la question est traitée de façon superficielle ou sous le seul angle juridique. Les conseils d’administration doivent donner la ligne directrice et les directions générales doivent donner les moyens de mettre en place, déployer et monitorer le programme de compliance de manière efficiente.

9. Lutter contre l’insécurité juridique 

Le DOJ fait signer aux entreprises sous enquête une renonciation à bénéficier de la prescription prévue par la Loi. On ne connaît pas la position des tribunaux américains car les entreprises sont forcées à transiger de peur des conséquences d’une assignation au pénal aux Etats Unis.

Le passé est une zone de risque à contrôler. On peut citer notamment le guide fusions-acquisitions de l’AFA qui rend les dirigeants de l’entreprise acquéreur ou absorbante responsables des manquements antérieurs en cas de défaut de contrôle. Le traitement doit être plus large que la corruption, qui ne figure pas parmi les  5 premiers risques auxquels les entreprises sont effectivement confrontées : atteintes à la sécurité des salariés et accidents du travail, intrusions informatiques, es atteintes à la protection des données personnelles, le harcèlement moral et enfin les escroqueries et « fraudes au président » (enquête AFJE-ethicorp.org 2019-2020, publié Éditions législatives, disponible sur www.ethicorp.org) .

10. Protéger les administrateurs, dirigeants et salariés 

L’exposition des dirigeants, salariés, ex-salariés, retraités est à encadrer par les Ressources Humaines et par la Direction Juridique des entreprises. C’est un enjeu managérial prioritaire. La même démarche doit être menée pour protéger les administrateurs.

11. Lutter pour la probité des affaires 

La répression par des sanctions lourdes et l’ingérence dans la gouvernance des entreprises sont-ils les meilleurs moyens de lutter pour la probité des affaires ? L’argent dépensé dans cette lutte contre ne serait-il pas mieux employé à aider les entreprises à faire évoluer des pratiques parfois séculaires, parfois encore ancrées comme mode normal de fonctionnement dans certains pays, à concevoir des mesures locales ? Le rejet de certains clients ne satisfaisant pas tous les critères du KYC ne pourrait-il pas évoluer vers leur intégration en contrepartie de programmes qualité assurant la probité ?

C’est tout l’enjeu d’un changement de culture au sein des organisations où valeurs partagées, éthique des affaires et programme de compliance déployé avec efficience, pourraient renforcer, voire redonner de la confiance dans les relations avec l’ensemble des parties prenantes de son écosystème.

Notes

[1] Pour aller plus loin sur le lien de dépendance : http://www.leclubdesjuristes.com/le-retrait-des-etats-uni...

[2] Pour aller plus loi sur la notion de délégation de souveraineté : La Nouvelle Economique Politique, Olivier Bomsel, Folio 2017 http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Folio/Folio-e...

[3] https://www.agence-francaise-anticorruption.gouv.fr/fr/co....

lundi, 15 juin 2020

Yves Perez : Les vertus du protectionnisme

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Politique & Eco avec Yves Perez :

Les vertus du protectionnisme

 
9782810009350.jpgRedonner ses lettres de noblesse au protectionnisme ! C'est la mission que s'est donné l'économiste Yves Perez. Mis à l'index par une majorité de décideurs acquis au dogme du libre-échange, le protectionnisme est pourtant aujourd'hui dans tous les esprits, sinon dans les faits, comme en témoigne l'Amérique de Trump. Et avec la pandémie de covid-19, même les néo-libéraux commencent à tourner casaque. Dans son ouvrage "Les vertus du protectionnisme", Yves Perez propose de redéfinir une stratégie économique et industrielle cohérente et pérenne.
 
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vendredi, 29 mai 2020

USA: Einzelhandel droht Pleitewelle – Milliardäre profitieren

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Torsten Groß:

USA: Einzelhandel droht Pleitewelle – Milliardäre profitieren

Ex: https://kopp-report.de

Den USA steht eine Insolvenzwelle katastrophalen Ausmaßes als Folge des wirtschaftlichen Lockdowns zur Bekämpfung der Corona-Pandemie bevor. Ausgangspunkt dieses Pleite-Tsunamis könnten der Einzelhandel und die Gastronomie sein. Beide Branchen sehen sich mit drastischen Umsatzeinbußen konfrontiert, weil wegen der Ausgangs- und Kontaktbeschränkungen die Laufkundschaft ausbleibt.

Vor allem kleinere Händler sind in der Bredouille. Viele Ladeninhaber sind aufgrund der in den letzten Wochen erlittenen Umsatzausfälle nicht mehr in der Lage, ihre Miete zu bezahlen. Die meisten großen Ketten mussten ihre Filialen wegen Corona sogar ganz schließen. Fällige Mietzahlungen für die Ladenflächen werden zurückgehalten, um das Liquiditätspolster zu vergrößern und so das wirtschaftliche Überleben in der Krise zu sichern.

Allein im April sollen Schätzungen zufolge Gewerbemieten in Höhe von 7,4 Milliarden US-Dollar nicht bezahlt worden sein, was etwa 45 Prozent des geschuldeten Gesamtbetrages entspricht. Betreiber von Shopping Malls haben sogar nur 25 Prozent der erwarteten Mieteinnahmen erhalten. In diesen Einkaufszentren hat die Leerstandsquote mittlerweile ein Rekordniveau erreicht.

Vor einigen Tagen nun haben Tausende von Geschäftsinhabern eine standardisierte Mahnung ihrer Vermieter erhalten. Adressaten waren vor allem Restaurants, Kaufhäuser, Bekleidungsanbieter und Fachgeschäfte, die Mietzahlungen für einen Zeitraum von bis zu drei Monaten schulden.

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Einige Mahnschreiben waren bereits im März versandt worden. Zum Monatswechsel Ende April/Anfang Mai hat sich die Zahl aber deutlich erhöht.

Die blauen Briefe haben bei vielen der betroffenen Ladeninhabern Panik ausgelöst. Sie befürchten, dass ihnen die Vermieter die Nutzung der angemieteten Gewerbeflächen bis auf weiteres untersagen oder den Mietvertrag kündigen könnten, was das wirtschaftliche Aus bedeutete. Sollten die Vermieter ihre Mahnverfahren weiter betreiben, würde die Zahl der Bankrotte in den USA drastisch steigen.

Ob es dazu tatsächlich kommt, bleibt allerdings abzuwarten. Die Vermieter befinden sich nämlich in einer Zwickmühle. Einerseits sind die meisten von ihnen auf die Zahlungen angewiesen, um eigene Verbindlichkeiten insbesondere gegenüber kreditgebenden Banken zu erfüllen, die ihre Immobilien finanzieren. Andererseits bringt es wenig, wenn sie ihre säumigen Vertragspartner vor die Tür setzen, weil die Chancen, Nachmieter für die dann leerstehenden Ladenlokale zu finden, wegen der corona-bedingten Rezession derzeit gering sind.

Marktbeobachter gehen deshalb davon aus, dass die jüngste Mahnwelle vornehmlich dem Zweck dient, die Ansprüche der Eigentümer im Insolvenzverfahren zu sichern, sollte die Pleitewelle tatsächlich im großen Maßstab einsetzen. Erste Beispiele für Konkurse auch prominenter Unternehmen gibt es bereits: So mussten die 1907 gegründete Nobelkaufhauskette Neimann Marcus Group, der Gemischtwarenhändler J. C. Penney und die Bekleidungskette J. Crew im laufenden Monat einen Insolvenzantrag nach Chapter 11 des United States Code stellen.

In dieser Situation haben einige Immobilieneigentümer Verhandlungen mit ihren Mietern aufgenommen, um die bestehenden Verträge unter Berücksichtigung der schwierigen finanziellen Situation der Gewerbetreibenden anzupassen. Gleichzeitig beharrt man aber auf seinem grundsätzlichen Zahlungsanspruch: »Im Endeffekt haben wir einen rechtsgültigen Vertrag und erwarten, dass die Mieten entrichtet werden«, äußerte kürzlich David Simon, Vorstandsvorsitzender der Simon Property Group Inc., die seit Jahresbeginn fast zwei Drittel ihres Börsenwertes eingebüßt hat.

Andere Vermieter sind allerdings weniger kulant und schlagen in ihren Mahnschreiben einen sehr aggressiven Ton an. Sie drohen offen damit, die säumigen Mieter vor die Tür zu setzen und ihr Geschäftsinventar zu verwerten, um zu ihrem Geld zu kommen. Zumeist lassen die Absender ihren harschen Worten aber keine Taten folgen – noch, muss man sagen. Denn sollte die Konjunktur nicht bald wieder Fahrt aufnehmen und die Mietzahlungen auch in den nächsten Monaten ausbleiben, könnten die Immobilieneigner tatsächlich dazu übergehen, die bestehenden Mietverhältnisse zu beenden und die Gewerbetreibenden so zur Schließung ihre Geschäfte zu zwingen, was in einigen Fällen auch schon geschehen ist. »Die Stimmung wird auf beiden Seiten des Tisches ziemlich gereizt und emotional«, beschreibt Tom Mullaney, der für Restrukturierungsmaßnahmen verantwortliche Geschäftsführer beim Immobiliendienstleister Jones Lang LaSalle, die aktuelle Lage. »Das Einzige, was schlimmer ist, als ein Einzelhändler zu sein, ist es, ein Vermieter von Einzelhandelsflächen zu sein«, so Mullaney.

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Während Einzelhändler, Gastronomen und die meisten anderen Gewerbetreibenden in den USA massiv unter dem corona-bedingten Lockdown leiden, sind einige wenige Unternehmen und ihre Besitzer Gewinner der Krise. Einer Studie zufolge basierend auf den Daten des Wirtschaftsmagazins Forbes konnten US-Milliardäre ihr Vermögen in den letzten zwei Monaten um sage und schreibe 434 Milliarden Dollar steigern. Gemessen am absoluten Vermögenszuwachs wird das Feld von Jeff Bezos und Mark Zuckerberg angeführt.

Während Amazon-Gründer Bezos dank des explosionsartigen Bestellzuwachses im Online-Handel um 35 Mrd. Dollar und damit um knapp ein Drittel zulegte, wurde Facebook-Chef Mark Zuckerberg um 25,3 Mrd. Dollar reicher, ein Plus von mehr als 46 Prozent.

Relativ betrachtet war der Unternehmer Elon Musk (Tesla) der größte Profiteur. Er hat einen Vermögenszuwachs von satten 48 Prozent zu verzeichnen. Zu berücksichtigten ist allerdings, dass der Beobachtungszeitraum der Studie mit dem Börsentief Mitte März begann und die seitdem andauernde Phase der schnellen Erholung an den Kapitalmärkten erfasst. Bezogen auf das Gesamtjahr dürften die Vermögenszuwächse der Krisengewinner deshalb weniger fulminant ausfallen.

Das ändert allerdings nichts am grundsätzlichen Befund, dass einige Reiche in erheblichem Maße von der weltweiten Corona-Pandemie profitieren – und das nicht nur in den USA.

»Die Zunahme des Wohlstands von Milliardären in einer globalen Pandemie unterstreicht die groteske Natur ungleicher Opfer«, kritisiert Chuck Collins, leitender Wissenschaftler am Institut für politische Studien in Washington, das die Studie erstellt hat. »Während Millionen als Ersthelfer und Mitarbeiter an vorderster Front ihr Leben und ihre Existenzgrundlage riskieren, profitieren diese Milliardäre von einem Wirtschafts- und Steuersystem, das darauf ausgerichtet ist, den Wohlstand nach oben zu verteilen«, resümiert Collins die Ergebnisse seiner Untersuchung.

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Dienstag, 26.05.2020

00:52 Publié dans Actualité, Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, économie, états-unis | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

vendredi, 08 mai 2020

L’économie européenne devrait connaitre une récession de 7,5% en 2020… si tout se passe bien

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L’économie européenne devrait connaitre une récession de 7,5% en 2020… si tout se passe bien

par Ivan Lapchine

En communiquant ses nouvelles prévisions, le 6 mai, la Commission européenne a prévenu que «l'économie de l'UE connaîtra[it] une récession dans des proportions historiques cette année». Elle devrait être à peu près semblable pour la moyenne des 27 Etats membres et pour la seule zone euro, avec des contractions des produits intérieurs bruts (PIB) respectives de 7,5% et 7,75%. Une reprise est attendue en 2021 aux environs de 6% pour les deux ensembles.

L’ampleur du choc causé par le coronavirus se constate dans celle de la révision brutale des prévisions de la Commission :   elles ont été revues à la baisse d'environ neuf points de pourcentage par rapport à ce qui était envisagé à l’automne et de 6,5 points en seulement deux mois.

Tous les Etats membres ont été atteintes, mais pour l’année 2020, l’ampleur de la récession variera suivant les pays et la structure de leur économie. L’Espagne, la Grèce et le Portugal où le tourisme apporte habituellement une importante contribution économique seront les plus touchés avec près de 9% de contraction du PIB.

Le taux de chômage dans la zone euro devrait passer d’une moyenne de 7,5% en 2019 à 9,5% en 2020, avant de retomber à 8,5% en 2021. Dans l'UE, il devrait passer de 6,7% en 2019 à 9% en 2020, puis tomber à environ 8% en 2021. Certains Etats membres connaîtront une augmentation du chômage plus importante que d'autres. Ceux qui comptent une forte proportion de travailleurs sous contrat de courte durée et ceux dont une grande partie de la main-d'œuvre dépend du tourisme sont particulièrement vulnérables. Les jeunes qui entrent sur le marché du travail en ce moment auront également plus de mal à trouver leur premier emploi.

La zone euro proche de la déflation

Enfin, les prix à la consommation devraient chuter sensiblement cette année en raison de la baisse de la demande et de la forte baisse des prix du pétrole, qui, ensemble, devraient plus que compenser les hausses de prix isolées causées par les ruptures d'approvisionnement liées à la pandémie. La zone euro, se trouvera dangereusement proche de la déflation avec un indice de progression des prix de 0,2% en 2020, et à 1,1% en 2021. La situation ne sera guère meilleure pour la moyenne des 27 avec une inflation prévue à 0,6% en 2020 et 1,3% en 2021.

Après avoir baissé depuis 2014, le ratio dette publique/PIB devrait de nouveau augmenter en 2020. Dans la zone euro, il devrait passer de 86% à 102,75% et de 79,4% à 95% dans l’UE.

La Cour constitutionnelle allemande fixe un ultimatum à la #BCE et menace la zone #euro#Allemagne  #UE  #Economie

 https://t.co/huRi7VxTOEpic.twitter.com/OVSjb9cx65

— RT France (@RTenfrancais) May 6, 2020

Incertitude «exceptionnellement élevée» et risques «orientés à la baisse»

Dans son communiqué, la Commission européenne ajoute que ses prévisions «sont assombries par un degré d'incertitude plus élevé que d'habitude». En effet, elles se basent sur un scénario qui prévoit un déconfinement progressif de l’activité économique en Europe à partir de mai. Mais la commission prévient qu’«une pandémie plus grave et plus durable […] pourrait entraîner une baisse du PIB beaucoup plus importante».

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L’exécutif européen affirme avec insistance la nécessité d’un plan de relance coordonnée au niveau européen qu’elle prépare et espère faire accepter aux Etats membres malgré leurs divergences. Dans son communiqué la Commission européenne souligne qu’«étant donné l'interdépendance des économies de l'UE, la dynamique de la reprise dans chaque Etat membre affectera également la force de la reprise des autres Etats membres».

«Reprise collective» et «réponses coordonnées»

A ce sujet, Valdis Dombrovskis, vice-président de la commission a déclaré : «Notre reprise collective dépendra de la poursuite de réponses fortes et coordonnées aux niveaux européen et national. Nous sommes plus forts ensemble.»

Paolo Gentiloni, commissaire européen à l'économie, a pour sa part souligné que «tant la profondeur de la récession que la force de la reprise ser[aie]nt inégales, conditionnées par la vitesse à laquelle les fermetures peuvent être levées, l'importance des services comme le tourisme dans chaque économie et par les ressources financières de chaque pays». Et pour lui ces divergences entre les économies constituent «une menace pour le marché unique et la zone euro» qui peut toutefois être atténuée «par une action européenne commune et décisive».

Enfin, la Commission redoute un reflux de la mondialisation qu’elle caractérise par «des changements d'attitude plus radicaux et permanents à l'égard des chaînes de valeur mondiales et de la coopération internationale». Cette tendance, écrit-elle, «pèserait sur l'économie européenne très ouverte et interconnectée».

Ivan Lapchine

Extrait de: Source et auteur

L'Arabie saoudite au bord du désastre économique

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L'Arabie saoudite au bord du désastre économique

par Jean-Paul Baquiast
Ex: http://www.europesolidaire.eu
 
Comme on pouvait le pressentir, l'épidémie mondiale de coronavirus qui ralentit considérablement la demande de pétrole pose un véritable problème de survie économique au Royaume saoudien.

Celui-ci subsiste essentiellement sur une seule ressources, le pétrole et le gaz dont la nature (Allah ?) l'avait richement doté. Pour réduire cette dépendance, le prince héritier Mohammad bin Salman al Saoud (MBS) avait envisagé de diversifier l'économie. Pour cela, il avait tenté d'y appeler des investisseurs étrangers compétents notamment dans le domaines des nouvelles sciences et technologies. Il avait élaboré à cette fin un plan dit Vision 2030. Mais aujourd'hui il n'a plus les moyens de leur offrir des conditions d'accueil attrayantes.

Ceci d'autant plus que le pétrole saoudien est désormais en compétition avec le pétrole russe. Certes, la Russie souffre aussi de la baisse des cours pétroliers, mais elle dispose d'une économie suffisamment puissante pour ne pas en dépendre. Le roi Salman, père du prince, a prévenu le 19 mars que le Royaume devait se préparer à une bataille très difficile. C'était  peu avant le 26 mars, où il devait présider une réunion du G20, autrement dit des 20 puissances les plus riches du monde. Cette réunion était supposée proposer une politiques internationale permettant de lutter contre le virus. Comme l'on sait, rien de sérieux n'en est sorti.

MBS, sunnite, avait initialement accusé l'Iran chiite d'être à la source de l'épidémie, alors qu'elle en est elle-même durement frappée. Ses proches avaient porté la même accusation contre le Qatar, supposé s'opposer à la Vision 2030. Ce furent ensuite les travailleurs éthiopiens venus chercher de l'emploi à Riyad qui furent suspectés d'être des porteurs du virus. Des milliers d'entre eux furent expulsés, dans des conditions dites inhumaines par les associations.

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Il est vrai que l'Arabie Saoudite est particulièrement victime du coronavirus. Début avril, 200.000 cas ont été identifiés, dont 150 membres de la famille royale, famille il est vrai très nombreuse. Le 6 avril, un couvre-feu a été décrété dans les principales villes. De nombreux magasins alimentaires ont été fermés, provoquant l'inquiétude des milieux populaires. 

De plus le Hajj, pèlerinage annuel que font, au moins une fois dans leur vie, les musulmans aux lieux saints des villes de La Mecque et Médine, en Arabie saoudite, devant se tenir du 28 juillet au 3 août, ne pourra avoir lieu. Ce pèlerinage est traditionnellement une source de profits considérables pour le Royaume. Deux millions de pèlerins étaient attendus. On rappellera par ailleurs que MBS prévoyait la création d'une ville dite futuriste, nommée Neom, à laquelle il espérait pouvoir consacrer 600 milliards de dollar, lesquels rapporteraient des profits bien supérieurs. On devait y trouver, entre autres, des automobiles volantes et des serviteurs robotiques. .

Certes le Royaume dispose de réserves financières considérables, provenant de la vente du pétrole. Mais celles-ci s'épuiseront vite. Malheureusement, selon les observateurs, la crise actuelle aurait semé la panique dans l'esprit de MBS. Perdant son sang-froid, il envisagerait un retour à un nationalisme agressif et à d'autres décisions irrationnelles qui seraient la risée de toute la région, à commencer par l'Iran et la Russie. Il ne pourra espérer aucun appui de Washington, l'allié de toujours, qui affronte bien d'autres nécessités.

 

jeudi, 07 mai 2020

Deutschlands Automobilindustrie droht ein Desaster

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Torsten Groß:

Deutschlands Automobilindustrie droht ein Desaster

Ex: https://kopp-report.de

Der bekannte Wirtschaftswissenschaftler Ferdinand Dudenhöffer hat eine düstere Prognose für die Automobilindustrie abgegeben. Nach Einschätzung des deutschen Hochschulprofessors, der an der Universität St. Gallen lehrt, wird sich die Branche weltweit frühestens im Jahr 2025 von den Nachwirkungen der Corona-Krise erholt haben. Das ist vor allem für die deutsche Volkswirtschaft eine schlechte Nachricht. Denn der Wohlstand unseres Landes ist maßgeblich vom Kraftfahrzeugbau abhängig, der mit 436 Mrd. Euro mehr als ein Fünftel zum Gesamtumsatz des verarbeitenden Gewerbes beisteuert und 836.000 Menschen beschäftigt.

In keinem anderen Land der Welt hat die Autoindustrie einen so großen Anteil an der heimischen Wertschöpfung wie bei uns. Wichtig auch: Etwa zwei Drittel der Einnahmen aus dem Verkauf deutscher Fahrzeuge werden im Ausland generiert. Doch dort wird die Nachfrage infolge des weltweiten Konjunktureinbruchs 2020 deutlich zurückgehen.

Dudenhöffer geht davon aus, dass der Autoabsatz in Asien im Vergleich zum Vorjahr von 32 Millionen verkauften Einheiten auf heuer 25,9 Millionen sinkt, ein Minus von über 19 Prozent. Für Nordamerika rechnet Dudenhöffer mit einem Absatzverlust von 4 Millionen Einheiten oder 20 Prozent gemessen an der Stückzahl, die 2019 erreicht wurde.

Und in Europa dürften nach den Berechnungen des Experten 2,8 Millionen Autos weniger abgesetzt werden als noch in 2019 (minus 17,7 Prozent), wobei Westeuropa wegen der schon heute hohen Marktsättigung stärker betroffen sein wird als der Osten des Kontinents, wo es in puncto Mobilität noch Nachholbedarf gibt.

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Weltweit wird die Zahl der produzierten Autos im laufenden Jahr gegenüber 2019 um 14,4 Millionen Einheiten auf 65,2 Millionen einbrechen, was einem Rückgang von über 18 Prozent entspricht. Das wäre der niedrigste Stand seit 2011. Noch dramatischer sieht die Prognose für Deutschland aus. Bei uns soll der Ausstoß um 900.000 auf dann nur noch 3.800.000 Fahrzeuge sinken. 100.000 Arbeitsplätze stehen auf der Kippe. Bereits jetzt sind nach Angaben des Verbandes der Automobilindustrie (VDA) 400.000 Beschäftigte in der Branche von Kurzarbeit betroffen. Kein Wunder, dass die Hersteller auf eine möglichst schnelle Wiederaufnahme der Produktion drängen, die in einigen Werken bereits wieder anläuft, wenn auch nur eingeschränkt. Denn die Lieferketten aus dem Ausland sind fragil. Viele Fahrzeugkomponenten z.B. aus Norditalien stehen wegen des Shutdowns und der Ausfuhrbeschränkungen noch nicht wieder zur Verfügung.

Vor allem aber fehlt es an Nachfrage der Käufer. In Erwartung der von Wirtschaftsforschern vorhergesagten schweren Rezession und millionenfacher Arbeitslosigkeit halten sich die Verbraucher mit teuren Neuanschaffungen wie einem Auto verständlicherweise zurück. Im Vorfeld des am heutigen Dienstag stattfindenden Telefongipfels mit Bundeskanzlerin Merkel fordert der VDA deshalb eine vom Staat finanzierte, zeitlich befristete »Neustart-Prämie« als Anreiz, um Konsumenten zum Kauf eines Neuwagens zu motivieren. Insidern zufolge soll diese Prämie nach den Vorstellungen der Branche mindestens 2.500 Euro betragen. Dieser »Sockelbetrag« könne mit zusätzlichen Boni kombiniert werden, um den Absatz umweltfreundlicher Fahrzeuge im Sinne der Klimaschutzziele – zusätzlich zum bereits bestehenden Förderprogramm Elektromobilität (FEM) – zu unterstützen. Auch Jahreswagen sollen in das Prämienmodell einbezogen werden.

Ob sich die Branche mit diesen weitreichenden und für den Steuerzahler kostspieligen Forderungen wird durchsetzen können, bleibt abzuwarten. Eine politische Entscheidung soll heute noch nicht getroffen werden. Kritiker sehen in der Kaufprämie eine ungerechtfertigte Bevorzugung der Autoindustrie gegenüber anderen Branchen, die wirtschaftlich ebenfalls mit dem Rücken zur Wand stehen.

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Im Übrigen stellt sich die Frage, ob sich der gewünschte Effekt in der jetzigen Phase tatsächlich einstellen würde. Denn noch ist die Corona-Epidemie nicht ausgestanden, eine zweite oder gar dritte Infektionswelle, wie sie z.B. bei der Spanischen Grippe der Jahre 1918/1919 auftrat, könnte eine erneute Verschärfung des Lockdowns durch die Politik zur Folge haben – ein Szenario, das von den Mainstreammedien gestützt auf die Aussagen des Robert Koch Instituts (RKI) und anderer einschlägig bekannter Virologen jeden Tag aufs Neue an die Wand gemalt wird. So lange diese Unsicherheit besteht, werden auch großzügige Kaufprämien die Konsumenten nicht dazu verleiten, in Scharen in die Autohäuser zu strömen. Notwendig ist eine langfristige Perspektive im Umgang mit dem Virus und ein politisches Konzept, das ein höchstmögliches Maß an Gesundheitsschutz vor allem für die besonders gefährdeten Gruppen der Bevölkerung gewährleistet, ohne dabei die Wirtschaft zu ruinieren. Daran fehlt es in Deutschland auch Monate nach dem Ausbruch der Pandemie bis heute.

Experte Dudenhöffer prognostiziert, dass sich der weltweite Automarkt erst 2025 wieder erholt haben wird. Erst dann könnten die Absatzzahlen des Jahres 2019, dem letzten Jahr von Corona, wieder erreicht bzw. leicht übertroffen werden. Von dieser Entwicklung dürfte Asien überproportional profitieren, weil hier die Motorisierung der Bevölkerung in vielen Ländern deutlicher geringer ist als in den Industriestaaten Nordamerikas und Europas.

Bis diese lange Durststrecke überwunden ist, wird es zu einer Schrumpfung der Branche kommen, um die bestehenden Überkapazitäten abzubauen, die Dudenhöffer auf 25 Prozent beziffert. Unabhängig von der aktuellen Krise wird dieser Strukturwandel zahlreiche gut bezahlte Jobs in der Automobilindustrie kosten, auch bei uns.

Eine zusätzliche Belastung speziell für die deutschen Hersteller resultiert aus der politischen Verteufelung des Dieselmotors und dem aus Gründen des »Klimaschutzes« erzwungenen Umstieg auf elektrisch betriebene Fahrzeuge, deren Produktion deutlich weniger Teile und damit auch Arbeitskräfte insbesondere bei den Zulieferern erfordert.

Der Autobranche stehen also schwere Zeiten ins Haus. Die Maßnahmen zur Bekämpfung der Virus-Pandemie haben die Lage noch einmal deutlich verschärft. Darunter werden hierzulande vor allem solche Bundesländer zu leiden haben, die große Produktionsstandorte beherbergen, etwa Niedersachsen mit VW in Wolfsburg, Nordrhein-Westfalen (Ford), Baden-Württemberg (Daimler-Benz, Porsche) und Bayern (BMW, Audi).

Ganze Regionen, in denen der Automobilbau wirtschaftlicher Taktgeber ist, droht der Niedergang, wenn dort in größerem Maßstab Jobs und damit Kaufkraft verloren gehen. Dafür verantwortlich sind Fehlentscheidungen der Politik, die nicht nur in der Corona-Krise, sondern schon zuvor getroffen worden sind!

mercredi, 22 avril 2020

Économie : En territoire inconnu

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Économie : En territoire inconnu
par Hervé Juvin
Ex: http://metapoinfos.hautetfort.com

Nous reproduisons ci-dessous un point de vue d'Hervé Juvin, cueilli sur son site personnel et consacré aux conséquences économiques de la crise sanitaire. Économiste de formation, vice-président de Géopragma et député européen, Hervé Juvin est notamment l'auteur de deux essais essentiels, Le renversement du monde (Gallimard, 2010) et La grande séparation - Pour une écologie des civilisations (Gallimard, 2013). Candidat aux élections européennes sur la liste du Rassemblement national, il a publié récemment un manifeste intitulé France, le moment politique (Rocher, 2018).

Économie : En territoire inconnu

Wall Street a connu début avril sa meilleure semaine depuis… 1938 ! Au moment même où les États-Unis annonçaient un nombre record d’inscriptions au chômage : 16 millions ! Malgré l’extension mondiale de la pandémie de Covid19, la paralysie d’un nombre croissant d’économies et la réduction du commerce international, de l’ordre de 30 %, ni les produits de taux, ni les actions n’ont subi les conséquences de la crise en proportion des effets attendus sur les résultats des entreprises, à l’exception des valeurs directement impactées ; tourisme, aéronautique, etc.

Les marchés lead l’économie

Que se passe-t-il ? Aucun hasard dans cet apparent paradoxe, aucune raison non plus d’en appeler à la ritournelle de ceux qui veulent que tout ça n’ait aucun sens, que les marchés aient perdu toute utilité, et qu’il suffise de fermer les Bourses, d’interdire le versement des dividendes, et accessoirement de nationaliser les entreprises. Les Cassandre finissent toujours par avoir raison, elles ne savent ni quand ni pourquoi, ce qui les rend dérisoires.

Mieux vaut regarder en face les trois faits révolutionnaires qui changent tout ce que nous croyions savoir sur les marchés.

D’abord, ce ne sont plus les chiffres d’affaires et les résultats qui font les mouvements des valeurs d’actifs, c’est l’action des Banques centrales. Business ne fait plus-value. Ceux qui croient encore que les sociétés privées dirigent le monde doivent y réfléchir. Depuis un mois, les États décident du versement des dividendes et des rachats d’action, les États décident de l’implantation des usines et des autorisations de vente à l’étranger ou d’importation de produits industriels, et les États décident de la vente ou non d’entreprises privées à d’autres entreprises privées, le blocage de la vente de Photonis à Télédyne en France en donnant un bon exemple !

Nous sommes loin de l’abandon d’Alcatel, d’Alstom, de Morpho-Safran, de Technip, des Chantiers de l’Atlantique, etc. Et ceux qui croient encore que les marchés s’autorégulent doivent abandonner leurs illusions ; les banques centrales ont tiré la leçon de 2008, elles savent que les marchés s’autorégulent encore moins qu’ils ne sont transparents et équitables, et elles en tirent la conséquence ; à elles de faire les prix de marché — pour le meilleur ou pour le pire, c’est une autre histoire !

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L’endettement

Ensuite, la Nouvelle Politique Monétaire (NPM) et son application signifient que l’émission de monnaie est devenue le vrai moteur des économies, et que tout peut être fait, rien ne doit être exclu, qui assure le maintien des valorisations boursières. Les banques centrales sont le premier acteur de l’économie nouvelle. Les marchés ont été nationalisés ; ou, plutôt, les marchés financiers sont devenus trop importants pour les laisser à la confrontation des acheteurs et des vendeurs. Le citoyen avait disparu, effacé par le consommateur, le consommateur disparaît, effacé par l’investisseur, devenu l’acteur central de la société globale, ou par son symétrique, le consommateur endetté, État ou particulier, qui doit avoir la certitude, non de rembourser ses dettes, ne rêvons pas, mais de pouvoir s’endetter davantage !

Nous sommes passés d’un univers dans lequel le crédit bancaire et les aides d’État déterminaient l’activité, au monde dans lequel la valorisation boursière commande la propriété et in fine décide de l’activité du crédit. Quelle Nation pourrait accepter que les plus belles entreprises nationales soient rachetées à vil prix parce que les cours de leurs actions ont baissé ? Trois solutions : la nationalisation, à la fois suspecte et coûteuse ; l’interdiction par la loi, qui trouve vite ses limites géopolitiques ; le soutien des cours. D’où cette conviction appliquée, il faut faire tout ce qu’il faut pour que les valorisations demeurent élevées, et progressent, c’est la condition de la stabilité économique ! La surabondance monétaire booste les cours des actions. Est-ce la nouvelle règle du jeu ?

Enfin, c’en est fini de la diversité des anticipations, cette fiction convenable des marchés où les prix étaient le résultat de l’appréciation du risque, et des anticipations d’acteur divers par leurs horizons de gestion, leurs objectifs de rendement, leur appétence pour le risque, etc. Jamais la détention d’actions n’a été aussi massivement concentrée entre les mains des 1 % de « superriches » — aux États-Unis, de toute leur histoire ! Et jamais la concentration des pouvoirs (ou la confiscation de la démocratie) n’a joué aussi manifestement pour protéger les super-riches contre tout événement fâcheux, et leur garantir la poursuite accélérée de leur enrichissement !

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Les banques centrales sont prêtes à tout

Les données publiées par le site « Zerohedge » indiquent plus de 16 000 milliards de dollars ont été engagées par la FED pour sauver les banques américaines, leurs actionnaires et leurs dirigeants, de la faillite et de ses conséquences judiciaires pour les uns, financières pour les autres ! Ce qu’elles n’indiquent pas, c’est ce phénomène bien connu et si bien exploité ; la surrèglementation nourrit l’hyperconcentration. Seuls, les très gros, très riches et très forts bénéficient des seuils réglementaires et normatifs qui excluent les plus petits, plus faibles, moins riches.

Le temps est venu de ranger au bazar des accessoires défraîchis les enseignements de l’économie classique sur la fabrication des prix et les racontars sur « la concurrence libre et non faussée » que nul n’a jamais rencontrée nulle part ailleurs que dans les manuels d’économie et les discours de la Commission européenne à la Concurrence ! Les marchés actions doivent progresser, les Banques centrales en sont garantes, et on ne gagne jamais contre les banques centrales, c’est bien connu ! Voilà qui met à bas tout ce que nous croyions savoir sur les politiques de gestion d’actifs. Les politiques de gestion raisonnables, différenciées, basées sur les fondamentaux des entreprises ou des États n’ont plus de sens quand ce sont les injections de liquidités et les politiques de rachat de tout et n’importe quoi par les banques centrales qui font les cours. S’il est une conclusion à tirer de l’énormité des engagements des banques centrales, Fed comme BCE, c’est bien qu’elles sont prêtes à acheter n’importe quoi pour que la musique continue !

Dans ces conditions, le couple risque-rentabilité qui dirigeait les allocations d’actifs raisonnées n’est plus de saison. La sélection des titres est un exercice vain. Tout simplement parce que la partie « risque » s’est évanouie, ou que l’action des banques centrales fait qu’il est impossible de l’évaluer. Il n’y a plus de prix pour le risque, ce qui interroge au passage sur le nouveau tour du capitalisme et le sens du mot « entrepreneur ». La logique est : qui va bénéficier des actions de la FED et du Congrès, de la BCE et des décisions du Conseil et de l’Eurogroupe ?

La richesse ne vient plus du travail

Au moment d’entrer en territoire inconnu, que conclure ? D’abord, essayer de comprendre les règles du « new normal ». Les règles ne sont pas les mêmes, ce qui ne signifie qu’il n’y a pas de règles ; elles sont nouvelles, c’est tout. Ensuite, s’efforcer de prévoir l’évolution dans le temps de ces règles et de leurs impacts, leur nouveauté même pouvant réserver toutes les surprises. Enfin, reconnaître l’intérêt de la France, et faire en sorte que la France sorte gagnante d’un jeu qui fera des gagnants et des perdants.

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Sauver l’effet richesse, c’est la nouvelle règle du chef d’orchestre. La richesse dans les pays riches ne vient plus du travail, mais de la détention ou de l’attraction du capital (cas exemplaire des start-up qui ne sont riches ni de produits, ni de clients, ni de chiffre d’affaires, mais du capital qu’elles lèvent sans limites, et qu’elles consomment également sans limites ; voir Uber, Tesla, etc. !) Et voilà comment des compagnies aériennes américaines qui ont racheté pour 45 milliards de leurs propres actions (soit 96 % de leur cash flow disponible) pour enrichir leurs actionnaires demandent… 54 milliards d’aides au gouvernement pour ne pas faire faillite (Boeing a suivi la même politique, consacrant la totalité de son cash flow disponible en dix ans au rachat de ses propres actions et demande également le sauvetage par l’argent public) !

Le compromis entre le capital et le travail a été rompu dans les années 1990 pour être remplacé par un compromis entre les détenteurs du capital et les banques centrales ; il ne s’agit plus de partager des gains de productivité, il s’agit de s’enrichir sans fin ! Il ne s’agit plus de redouter une « stagnation séculaire » de la croissance dans les pays riches, il s’agit d’assurer l’enrichissement des plus riches par la création monétaire déversée sur les marchés d’actifs ! Ce ne sont plus les plus vulnérables qui sont protégés, ce sont les plus riches qui peuvent se servir. Il est permis d’espérer, mais ce n’est pas demain que le monde du travail retrouvera les leviers qui lui avaient permis de négocier le partage des gains de productivité qu’assurait l’industrie — d’ailleurs, il n’y a plus chez nous ni industrie ni gains de productivité ! Pour s’en convaincre, et contrairement à tout ce que suggèrent la situation actuelle et la célébration méritée du courage des soignants, des gendarmes et des policiers, des caissières et des livreurs, il suffit de regarder où va l’argent émis par les banques centrales ; les marchés ont l’argent, les soignants ont l’ovation de 20 heures aux fenêtres chaque soir ! Paradoxalement, la pandémie marque un nouveau bond en avant du capitalisme libéral. Certains peuvent rêver que ce soit le dernier.

L’Europe laissée de côté pour le véritable affrontement

Éviter la confrontation au réel et ruiner l’adversaire, c’est le jeu du moment. Un jeu impitoyable dans la confrontation des faibles aux forts. La Chine est annoncée grande gagnante de l’épreuve actuelle. Attendons. Il serait paradoxal que le pays d’où est parti la pandémie, qui l’a probablement aggravé par sa politique de censure des informations critiques, ou simplement des mauvaises nouvelles, et par le retard mis à en reconnaître le caractère expansif et non maîtrisé, en tire un bénéfice géopolitique et financier, mais nous sommes installés en plein paradoxe (le fait qu’une chose et son contraire puissent être affirmés en même temps est caractéristique de la situation présente, c’est-à-dire du chaos cognitif et de la confusion mentale) ! Attendons pour en juger de voir quels engagements en faveur de la relocalisation massive de nos productions stratégiques seront effectivement tenus.

Tout indique que les États-Unis se détournent de l’Europe pour engager la confrontation avec le pays qu’ils jugent leur premier adversaire du XXIè siècle, une confrontation dont tout indique qu’elle mobilisera la gamme entière des stratégies non conventionnelles et des armes non militaires, les moyens de paiement, les systèmes d’information et les attaques biologiques constituant quelques-uns des moyens d’un arsenal varié. Bitcoin, 5G, biotech — nous n’avons encore rien vu des ressources que la monnaie et la finance de marché peuvent mobiliser pour appauvrir l’ennemi, pour diviser l’ennemi, pour obliger l’ennemi à composer.

Plus besoin des canonnières du commodore Perry pour obliger un pays à s’ouvrir et à se plier ! Au choix, on considérera les milliers de milliards de dollars mis sur la table par la FED depuis ces dernières années comme une arme de destruction massive pour les détenteurs de papier libellé en dollar, ou pour le système financier occidental lui-même… les paris sont ouverts ! Et on sera attentif au projet attribué au macronisme de confier la gestion des réserves d’or de la France à une banque américaine ; après le pillage d’Alstom, le pillage de la Banque de France ? Pendant la pandémie, le hold-up continue !

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Protéger le patrimoine national et l’activité nationale devient une priorité pour chaque État. C’est la priorité de la France. La sécurité monétaire, la sécurité économique et patrimoniale, s’imposent au premier rang des enjeux de sécurité globale. Derrière les soubresauts boursiers, les risques de prise de contrôle de tel ou tel fleuron technologique ou industriel sont multipliés. Derrière la suppression de la monnaie papier, les enjeux de contrôle, de détournement, et de vol, sont gigantesques. Derrière la naïveté avec laquelle les administrations européennes prétendent se moderniser en substituant au papier et au guichet l’Internet obligé se cache mal l’exploitant américain ou chinois et un retour au temps des colonies, quand quelques compagnies privées, aventureuses et pirates, se partageaient des continents.

Et qu’en sera-t-il si le traçage individuel grâce aux données collectées à partir des téléphones portables se justifie par des motifs sanitaires pour devenir la règle imposée à toute la population, au bénéfice des prestataires qui s’en félicitent déjà ? La pandémie n’arrête pas les (bonnes) affaires d’Atos et de ses concurrents (écouter à ce sujet sur RTL l’étonnant discours du commissaire européen Thierry Breton, ex-PDG d’Atos, ouvrant sereinement la voie au contrôle numérique de la population européenne !) Derrière l’échappée belle de toutes les règles budgétaires de rigueur imposées par l’Union, s’annonce une course qui fera des gagnants et des perdants.

La France doit saisir dans la pandémie une bonne occasion de rompre avec les contraintes que l’Union européenne impose aux choix nationaux, à la protection du marché national, à la préférence pour les entreprises nationales. La France doit utiliser au maximum les facilités qui sont offertes par la BCE, par un mécanisme européen de solidarité (MES) débarrassé de toute conditionnalité, par le fonds européen de relance annoncé.

Elle doit le faire au profit des entreprises françaises, des projets français, de l’indépendance de la France – et sauver les entreprises familiales du commerce et de la restauration, contre les ambitions prédatrices des chaînes mondiales de « malbouffe ». Elle doit mobiliser toutes les capacités que l’Union européenne peut offrir dans son propre intérêt, comme l’Allemagne, comme les Pays-Bas, comme les autres Nations le font. Et elle doit plus encore considérer les marchés financiers pour ce qu’ils sont, un outil à la disposition de qui choisit de s’en servir. Voilà qui n’invalide pas le rôle des marchés, mais qui le transforme.

Tout simplement parce que nous sortons du monde du bon père de famille qui savait que rembourser des dettes enrichies. Dans le nouveau monde, non seulement les dettes ne seront jamais remboursées, mais celui qui s’enrichit est celui qui peut émettre le plus de dettes. Dans le nouveau monde, ce ne sont plus des créanciers exigeants et sourcilleux qui achètent la dette, ce sont des banques centrales d’autant plus accommodantes qu’elles jouent elles-mêmes leur survie — au cours des dernières semaines, la nouvelle Présidente de la BCE, Christine Lagarde, l’a bien compris !

Et l’impensable arrive. La France de 2020 doit savoir s’enrichir de sa dette et mobiliser sans freins la dépense publique, si elle sait l’employer à relocaliser son industrie, à relancer une politique territoriale qui commence par le soutien au secteur de l’hôtellerie, de la restauration familiale et du petit commerce, à relancer de grands projets (le second porte-avion, le cloud français ?) et à réduire le coût du financement de son économie, l’exemple allemand étant sur ce sujet à méditer.

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Mieux vaut danser en cadence quand s’arrêter donne le vertige. Les colonnes du temple européen s’effondrent les unes après les autres, de Maastricht à Schengen, ce n’était que des colonnes en papier. Mais que l’entreprise privée, libre de sa stratégie, que les marchés concurrentiels où se forment les prix, que l’allocation des capitaux selon le rapport rendement-risque disparaissent par la magie complaisante des banques centrales, voilà qui mérite attention ; ce sont cette fois les bases du libéralisme qui sont mises à mal. Certains diront ; changeons de partition ! D’autres diront plus simplement ; tant que la musique joue, il faut continuer à danser, seuls ont tort ceux qui pensent d’en tirer en s’isolant dans leur coin. Mais la seule question qui compte est tout autre ; vaut-il mieux être celui qui joue dans l’orchestre, celui qui danse sur la piste, ou celui qui agite son mouchoir sur le quai en regardant partir le Titanic, tous pavillons flottant au vent ?

Hervé Juvin (Site officiel d'Hervé Juvin, 13 avril 2020)

mardi, 21 avril 2020

Der größte Crash aller Zeiten: Deutschland am Scheideweg

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Torsten Groß:

Der größte Crash aller Zeiten: Deutschland am Scheideweg

Ex: https://kopp-report.de

Einer der klügsten Köpfe Deutschlands legt nach: Nach Der Draghi-Crash (2017), Wenn schwarze Schwäne Junge kriegen (2018) und Verzockte Freiheit (2019), allesamt Bestseller, hat der Ökonom und Risikomanager Markus Krall, ein neues, 300 Seiten starkes Buch mit dem Titel Die bürgerliche Revolution vorgelegt. Sein Untertitel ist Programm: »Wie wir unsere Freiheit und unsere Werte erhalten«.

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Im ersten Teil seines Buches zeigt Krall, der sich selbst als libertär einordnet, welche Entwicklungen die bürgerlich-freiheitliche Ordnung in Europa und Deutschland bedrohen. In komprimierter und auch für Laien verständlicher Form erläutert Krall die fatalen Folgen, die von der planwirtschaftlichen Geldpolitik der Notenbanken für Wachstum und Wohlstand unserer Gesellschaft ausgehen. Dieser vom Autor so bezeichnete »Geldsozialismus«, der zu Lasten der Leistungsträger geht und seinen sichtbarsten Ausdruck in den Nullzinsen der EZB finde, führe unweigerlich zum Kollaps des monetären Systems und der Marktwirtschaft. Die politische Klasse billige den Kurs der Zentralbanken, um mit immer neuen Schulden die kurzfristigen Konsumwünsche der Bürger zu befriedigen und Wählerstimmen zu maximieren. Die herrschenden Eliten seien nicht in der Lage, den Menschen durch Aufklärung und geistige Führung das langfristig Notwendige zu vermitteln. Den tieferen Grund für dieses Versagen sieht Krall in der adversen ökonomischen Selektion des politischen Personals, die den Aufstieg rückgratloser Opportunisten ohne intellektuelle Befähigung begünstige.

Der absehbare wirtschaftliche Zusammenbruch werde am Ende auch die Demokratie zerstören, ist sich Krall sicher, und führt als historisches Beispiel die Weimarer Republik an. Dieses Szenario werde begünstigt durch die Aushöhlung der Herrschaft des Rechts und die defizitär ausgestaltete Gewaltenteilung in Deutschland, was der Autor beispielhaft an der Institution des Bundesverfassungsgerichts und seiner Rechtsprechung festmacht. Letztlich versagten aber alle drei Gewalten – Exekutive, Legislative und Jurisdiktion – bei ihrer vom Grundgesetz vorgegebenen Aufgabe, die konstitutionelle Ordnung zu schützen und die Rechte der Bürger zu wahren.

Scharfe Kritik übt Krall an den Kirchen, die zu einem »Wurmfortsatz des Staates« verkommen seien und sich dem linken Zeitgeist angebiedert hätten. Ihre Funktionsträger schwiegen zum Konsumterror, zur Auflösung von Ehe und Familie, zu Pornographie und Abtreibung. Stattdessen beteilige man sich an der Abschaffung der freiheitlichen Ordnung, obwohl die ihr ideengeschichtliches Fundament gerade im christlichen Glauben finde. Die Folge, so Krall, sei »die tiefgreifendste Erosion des Glaubens in unserer Gesellschaft, die je stattgefunden hat«. Das Führungsversagen der Kirchenoberen schaffe ein geistiges Vakuum, das sowohl von scheinwissenschaftlicher Propaganda mit religiösem Wahrheitsanspruch wie der Klimahysterie als auch dem Islamismus gefüllt werde.

35446679._SY475_.jpgEbenfalls hart ins Gericht geht Krall mit den Medien, die ihrer Rolle als »vierte Gewalt« zur Kontrolle der Mächtigen nicht mehr gerecht würden. Stattdessen fungierten sie als ein Erziehungsinstrument im Interesse der herrschenden Eliten, was besonders im Haltungsjournalismus zum Ausdruck komme, der nicht mehr zwischen Nachricht und Meinung unterscheide. Ziel sei es, das Publikum im politisch korrekten Sinn umzuerziehen. Dazu gehöre es auch, die Sprache zu manipulieren, indem bestimmte Begriffe als »Unworte« aus dem Diskurs verbannt oder usurpiert und mit neuen Bedeutungen aufgeladen werden. Krall nennt dafür einige Beispiele im Buch. Darüber hinaus würden ganze Themenkomplexe und unliebsame Meinungen in der öffentlichen und medialen Diskussion verunglimpft. Eine besonders unrühmliche Rolle bei dem Versuch, die destruktive Politik der Regierenden zu rechtfertigen, spiele der öffentlich-rechtliche Rundfunk, den der Bürger als Opfer der Indoktrination auch noch mit Zwangsgebühren finanzieren müsse. Gleichzeitig werde das Internet als freier Informations- und Diskussionskanal für kritische Bürger durch immer schärfere Gesetze und Zensurmaßnahmen beschränkt. Als Beispiele führt Krall das Netzwerkdurchsetzungsgesetz und den auf EU-Ebene beschlossenen Upload-Filter an.

Als ideologische Grundlage für die gesellschaftlichen Verwerfungen, die den Fortbestand der bürgerlich-freiheitlichen Gesellschaftsordnung gefährden, identifiziert Markus Krall den Kulturmarxismus. In ihm manifestiere sich die Herausforderung des Sozialismus in der Gegenwart, der für die Unfreiheit des Menschen stehe. Seine Merkmale seien die Feindschaft gegen Ehe und Familie, die Ablehnung des Privateigentums, die Verneinung der Freiheitsrechte des Individuums, der Hass auf die Religion und insbesondere das Christentum sowie die Zerstörung von Kunst, Kultur und Musik. In allen seinen historischen Ausprägungen – einschließlich der des Nationalsozialismus – habe der Sozialismus stets zu Massenmord und Genozid geführt, weshalb diese Ideologie ein Todeskult sei, der die Vernichtung der Menschheit zum Ziel habe. Krall beschreibt die »weichen« Methoden, mit denen die Kulturmarxisten versuchen, die Macht schrittweise an sich zu reißen, um danach zu den viel brutaleren Mitteln des Staatssozialismus überzugehen.

Für den Autor ist klar: Die Gesellschaften des Westens stehen vor einem Kampf um die Freiheit, sowohl gegen die Kräfte des Kulturmarxismus als auch des salafistischen Islamismus, der eine Spielart der sozialistischen Menschenfeindlichkeit sei. Wie dieser Kampf ausgehen wird, hängt nach Meinung von Krall entscheidend davon ab, ob die Leistungsträger der Gesellschaft bereit und in der Lage sind, die freiheitliche Kraft der bürgerlichen Revolution zu revitalisieren. Es gehe um Freiheit oder Knechtschaft. Das sei der epochale und unausweichliche Konflikt, den es zu bestehen gelte.

Im zweiten Teil seines Buches zeigt Markus Krall auf, mit welchen Strategien und Methoden es dem Bürgertum gelingen kann, diesen Kampf zu gewinnen. Der nahende Zusammenbruch des Geldsystems biete dabei die Chance zu einer grundlegenden Erneuerung, sofern es gelinge, den Menschen zu verdeutlichen, dass der Crash nicht die Folge von Markt-, sondern von Staats- und Politikversagen sei. Ziel müsse eine »Republik der Freiheit« basierend auf Bildung und Leistung sein, die Marktwirtschaft, Eigentum, Ehe und Familie, Religion, Individualität und christlich-europäischer Kultur verpflichtet sei. Krall entwirft den 100-Tage-Plan einer neuen freiheitlichen Regierung, der die Reaktivierung der Selbstheilungskräfte des Marktes zum Ziel hat, um die Folgen der jahrzehntelangen Misswirtschaft rasch zu überwinden.

Dem schließt sich ein umfassendes Konzept für die Reform des Grundgesetzes an, das von allen freiheitsfeindlichen Elemente bereinigt werden müsse. Krall will für Deutschland eine Reform an Haupt und Gliedern, die nicht nur die Wirtschaft, sondern alle Politikfelder umfassen soll.

Der Autor beschränkt sich dabei nicht auf Allgemeinplätze, sondern legt seine Vorstellungen zur Neugestaltung unserer Verfassungsordnung sehr konkret dar. Einige der Programmpunkte dürften kontroverse Diskussionen auslösen, etwa die Forderungen nach einer Mindestqualifikation für Amtsträger der Exekutive, der Abschaffung des Länderfinanzausgleichs und einem Goldstandard. Oder der Gedanke, ein Wahlkönigtum anstelle des heutigen, von den Parteien ausgekungelten Bundespräsidenten zu konstituieren.

Mit Die bürgerliche Revolution hat Markus Krall einen provokanten Debattenbeitrag vorgelegt, der es bereits kurz nach seinem Erscheinen in die Spiegel-Bestsellerliste geschafft hat. Zu Recht. Ein empfehlenswertes Buch für alle freiheitlich denkenden Zeitgenossen, denen die Zukunft Deutschlands nicht gleichgültig ist!

Bestellinformationen:

» Markus Krall: Die bürgerliche Revolution, 300 Seiten, 22,00 Euro – hier bestellen!

Samstag, 18.04.2020

vendredi, 17 avril 2020

Vous avez dit « guerre », l’économie c’est la guerre !

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Vous avez dit « guerre », l’économie c’est la guerre !

Par Olivier de MAISON ROUGE

Avocat – Docteur en droit

Ex: http://www.epge.fr

A paraître « Survivre à la guerre économique » (VA Editions)

A trop de gargariser de mots flamboyants et à employer des formules trop verbeuses, on prend le risque de les détourner de leur sens premier.

Certes, le monde connaît une catastrophe planétaire majeure. La lutte contre le Covid-19 emploie toutes les ressources nécessaires à la survie de la nation : police, armées (plan « Résilience »), professionnels de santé, mais encore caissiers, éboueurs, ouvriers, agriculteurs, etc, effectivement envoyés en première ligne, la ligne de front.

Un champ sémantique belliciste

Le langage belliqueux semble naturellement s’imposer, tant cela peut ressembler à première vue à un conflit, une bataille en rang serré ; pourtant à regarder de plus près, cette crise n’emprunte pas tous les ressorts de la guerre.

Si « La guerre est un caméléon », comme le disait Von Clausewitz, Gaïdz Minassian contestait cependant cette rhétorique guerrière appliquée à la crise sanitaire[1] : « Elle [ la guerre ] change de forme, de couleur, d’acteurs mais pas de nature. Pour parler de guerre, il faut un ennemi. L’expression « d’ennemi invisible » pour qualifier le Covid-19 ne tient pas. Dans une guerre, l’ennemi est un élément structuré et incarné. » (…) Poursuivant « On ne signe pas la paix avec un virus ». (…) Enfin, « Qui dit guerre dit aussi destructions matérielles. Les rues des villes sont désertes, mais pas détruites ».

Il est vrai que, pour sa part, la guerre économique n’est sans user à son tour d’une sémantique militaire.

Qu’on en juge :

En effet, un prédateur entame les hostilités. La guerre économique met en opposition des assaillants. Auparavant, l’attaquant a affûté ses armes et constitué ses armées avec ses alliés ; placé ses pions et ses espions. Il commence alors l’offensive. Il se lance à l’assaut de l’entreprise devenue sa cible, son but de guerre, avant d’en faire un butin. Il livre bataille contre sa proie qui s’arme, riposte et se défend. Cette dernière lutte pour sauver ses marchés, ses approvisionnements, tandis que l’assaillant combat pour obtenir de nouvelles conquêtes, pour accroître sa fortune. Les hostilités sont dures et les coups sont rudes.

En revanche, la cible n’est pas sans défense. Elle contre-attaque et établit les plans d’une contre-offensive. Si le combat devient désespéré, elle ne rendra pas pour autant les armes aussi facilement. Elle peut tout d’abord faire appel à un chevalier blanc qui, s’il n’est pas franc peut s’avérer être un chevalier noir. Si la partie est définitivement perdue, la société prise dans le filet peut en dernier ressort pratiquer la politique de la terre brûlée. Se voyant perdue, déshonorée, livrée à l’ennemi, elle ingurgitera quelque pilule empoisonnée afin de ne pas se rendre vivante[2].

La guerre est un fait

Selon Oswald Spengler : « la paix est un souhait, la guerre est un fait » ce qui répond à la locution latine bien connue « Si vis pacem, para bellum ».

ob_d29098_clausewitz-frontispiece.jpgUne guerre est un affrontement entre deux puissances ; un « choc des volontés » selon Von Clausewitz qui prétendait également que « la guerre est le prolongement de la politique par d’autres moyens ». C’est invariablement un rapport de forces, associant tout à la fois brutalité par le fracas des armes et le metis ou la ruse de l’intelligence.

Un conflit s’opère entre ennemis, déclarés ou pas, mais toujours désignés, cherchant à dominer, à anéantir ou à réduire l’adversaire ou encore à s’approprier ou occuper un espace. La guerre conduit au sacrifice suprême de ses acteurs quelle que soit la ligne de front.

Aussi regrettable soit-il, nous sommes amenés à constater que dans l’histoire de l’humanité, depuis ses plus lointaines origines, la guerre est inhérente à la nature humaine et les épisodes pacifiques constituent a contrario des séquences anormales au sein de longues périodes guerrières beaucoup plus nombreuses. La paix est l’exception quand la guerre en constitue le temps ordinaire.

De tous temps, et dans tous les espaces, les hommes se sont donc affrontés et ce quel que soit le motif invoqué par les parties belligérantes et quel que soit la nature du conflit ; on peut ainsi affirmer que « la guerre est le propre de l’homme »[3].

Aussi, faut-il de méfier de ceux qui disent : « Il n’y a pas de conflit. » Ils sont mal informés ou dangereux. »[4]. Ce constat lucide a été énoncé en 1986 par Alexandre de Marenches, un grand espion français, ancien patron du SDECE, lequel avait sans nul doute une acuité certaine, ne serait-ce par déformation professionnelle.

Or, une grande spécificité de ces dernières décennies fut la négation de l’ennemi. Dès lors que la guerre demeurait proclamée comme étant immorale, l’ennemi avait disparu avec le principe même d’affrontement direct.

Or, comme l’a écrit très justement Julien FREUND : « Se tromper sur son ennemi par étourderie idéologique, par peur ou par refus de le reconnaître à cause de sa langueur de l’opinion publique c’est, pour un Etat, s’exposer à voir son existence mise tôt ou tard en péril. Or, un ennemi non reconnu est toujours plus dangereux qu’un ennemi reconnu »[5]. C’est sur cette nouvelle illusion que s’ouvrit le 21ème siècle.

L’économie, c’est aussi la guerre

Ainsi, en un demi-siècle, l’Occident a glissé au fil du temps d’une lutte armée, de nature conventionnelle entre états ou factions ethniques au moyen d’armements traditionnels tels que blindés, avions chasseurs et bombardiers, marine militaire, ou plus terrifiants comme les armes NBC[6] et électromagnétiques, à des conflits souterrains, plus feutrés, d’une nature nouvelle, dans un schéma de conquête économique et d’affirmation de puissance géoéconomique, géostratégique et géopolitique.

La guerre économique ne doit pas se confondre avec la guerre à l’économie militaro-industrielle, telle que la destruction ou le sabotage, par des moyens armés, d’usines d’armement, de voies de communication, atteintes aux pôles aéroportuaires, coupures à l’accès aux matières premières, moyens de télécommunication, infrastructures cyber, etc., lesquelles actions relèvent davantage de la guerre totale[7]. La guerre à l’économie c’est neutraliser les capacités de production de l’ennemi.

La guerre économique n’est pas non plus la guerre à l’économie que les altermondialistes et anticapitalistes mènent dans leur velléité d’anéantissement du libéralisme sous toutes ses formes, et plus largement des activités économiques humaines sous toutes ses formes. Si la guerre économique n’empêche pas la remise en cause d’un modèle économique, elle ne se rattache pas aux contempteurs du capitalisme, sauf à en dénoncer les travers.

Enfin, elle n’est pas l’économie de guerre à savoir l’effort industriel des entreprises d’armement pour subvenir aux ressources et moyens nécessaires pour livrer les batailles et alimenter l’appareil militaire en armement. Si la guerre économique interroge les questions essentielles d’autonomie stratégique, elle n’est pas le recours à toutes les capacités de production au bénéfice des forces armées.

En réalité, la guerre économique prospère précisément en temps de paix militaire, et constitue l’affrontement géoéconomique des grandes puissances, à défaut d’employer des moyens armés.

D’où le recours essentiel aux stratégies indirectes et/ou asymétriques dont le droit, la fiscalité, les technologies, les normes environnementales désormais, etc., ne sont pas absentes.

511t6Vlw1wL.jpgEn matière de définition, selon Bernard Esambert :

« L’économie mondiale se globalise : la conquête des marchés et des technologies a pris la place des anciennes conquêtes territoriales et coloniales. Nous vivons désormais en état de guerre économique mondiale, et il ne s’agit pas seulement là d’une récupération du vocabulaire militaire. Ce conflit est réel, et ses lignes de force orientent l’action des nations et la vie des individus. L’objet de cette guerre est, pour chaque nation, de créer chez elle emplois et revenus croissants au détriment de ceux de ses voisins » (…)

« La guerre économique impose également des débarquements chez l’ennemi par l’implantation à l’étranger, la défense de l’arrière par des entreprises à caractère régional et l’établissement de protections au travers de tarifs douaniers qui ne représentent plus que des murets de fortune, de mouvements monétaires qui ont pris le relais des barrières douanières, enfin d’innombrables entraves aux échanges qui protègent ici ou là un pan de l’économie ». « Les chômeurs sont désormais les morts de la guerre économique »[8].

D’une autre manière, avec une lecture plus dialectique, Christian Harbulot suppose que :

« Ce sont désormais la politique, et donc la guerre, qui ont changé de visage pour se réinventer et se placer très largement au service de l’efficacité économique, c’est-à-dire d’un capitalisme financier à l’intérieur duquel l’État tente, avec plus ou moins de succès, de préserver une base industrielle. »[9]

Enfin, l’universitaire Frédéric Munier précise que :

« La guerre économique peut tout d’abord être définie, au sens strict, comme une modalité de la guerre. Elle s’inscrit alors dans un contexte de conflit entre nations sous la forme d’actions de violence économiques : l’embargo, le boycott, des mesures de contingentement en sont des exemples parmi d’autres. Les armes économiques sont mises au service d’un projet politique, le plus souvent l’affaiblissement d’une cible. (…) Cette guerre économique s’apparente à une guerre par l’économie. »[10]

Mais cette compétition économique exacerbée – ou guerre par l’économie pour reprendre l’expression de ce dernier – ne concerne pas seulement les grands groupes ; elle n’épargne pas non plus le tissu industriel et commercial territorial. Tant s’en faut.

En cette période de catastrophe sanitaire, veillons à ce que la crise qui s’en suit ne déchaîne pas davantage la guerre économique entre les nouveaux blocs Est-Ouest qui s’affirment.


Notes:

[1] MINASSIAN Gaïdz, « Covid-19, ce que cache la rhétorique guerrière », in Le Monde, 8 avril 2020

[2] de MAISON ROUGE Olivier, Les stratégies de défense anti OPA, mémoire, 2002

[3] A ce titre : MARRET J.-L., « Guerre totale », L’Editeur, 2012.

[4] OKRENT C. et de MARENCHES A. « Dans le secret des princes », Stock, 1986, p. 314.

[5] FREUND Julien, L’essence du politique, Dalloz, (réed.), 1965.

[6] Pour Nucléaire, Biologique ou Bactériologique et Nucléaire.

[7] Voir Jean TANNERY (1878-1939 à l’origine de la guerre économique, par Michaël BOURLET, in « Guerres mondiales et conflits contemporains », 2004/2, n°214.

[8] ESAMBERT Bernard, La guerre économique mondiale, Olivier Orban, 1991.

[9] HARBULOT Christian, La machine de guerre économique, Economica, 1992.

[10] Munier Frédéric, La Guerre économique. Rapport Anteios 2010, PUF, 2009.

11:01 Publié dans Actualité, Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, guerre, guerre économique, économie | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

mardi, 31 mars 2020

Ce sera 1929, puis l’hyperinflation et l’effondrement du Système

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Ce sera 1929, puis l’hyperinflation et l’effondrement du Système

Marc Rousset

Ex: http://synthesenationale.hautetfort.com

La remontée passagère des Bourses est due uniquement à l’intervention immédiate, et beaucoup plus rapide qu’en 2008, des banques centrales et des gouvernements, celle de la Fed pour les achats de bons du Trésor et les titres hypothécaires n’ayant plus de limites, avec des innovations telle que le rachat de créances privées (obligations gagées sur des prêts à la consommation). La Fed ouvre les vannes monétaires et fait tapis face à la crise du coronavirus. C’est ce que fait, également, la BCE lorsqu’elle rachète les dettes publiques irremboursables de la France et de l’Italie. La BCE, avec son nouveau bazooka de 750 milliards d’euros, porte son effort de rachat de titres, pour 2020, à 1.000 milliards d’euros. Quant aux règles comptables pour les banques, elles disparaissent ou sont assouplies.

L’ensemble des mesures gouvernementales des pays du G20 représente 5.000 milliards de dollars. Les mesures du gouvernement américain s’élèveront à 2.000 milliards de dollars et, si l’on additionne l’ensemble des mesures des États européens, dont 1.100 milliards d’euros pour l’Allemagne, un plan sans précédent depuis la Deuxième Guerre mondiale, on se rapproche du chiffre américain. Les États-Unis, qui n’ont pas les lois sociales du chômage partiel, ont décidé de se rallier à la politique de « l’argent par hélicoptère, » avec un chèque du gouvernement fédéral d’environ 3.000 dollars pour une famille avec deux enfants.

Aux États-Unis, le chômage augmente à la verticale. À très court terme, selon James Bullard, président de la Réserve fédérale de Saint Louis, 46 millions d’Américains pourraient se trouver au chômage. Le taux de chômage pourrait atteindre 30 %, un chiffre plus élevé que lors de la Grande Dépression de 1929 et trois fois supérieur à celui de la récession de 2008-2009. Goldman Sachs anticipe un plongeon du PIB américain de 24 % au deuxième trimestre, alors que Morgan Stanley l’évalue à 30 %. Pendant le dernier trimestre de la crise 2008, la contraction n’avait été que de 8 %. On est donc clairement dans les années 1930.

À Wuhan, la diminution d’activité a été de 42 % au premier trimestre 2020. En France, selon l’INSEE, un mois de confinement coûte 3 % de PIB. Le coût du confinement en France pour deux mois serait donc, au minimum, de 140 milliards d’euros, soit une perte d’activité de 35 %, plus vraisemblablement 200 milliards d’euros, soit une réduction d’activité de 50 %, qui viendront s’ajouter à notre endettement déjà démentiel de 2.400 milliards d’euros. Il ne faudrait pas que la France meure, guérie du coronavirus, car les milliards distribués pour le chômage partiel vont être empruntés et il faudra les rembourser ! De même l’endettement public de l’Italie devrait passer, fin 2020, de 135 % à 161 % du PIB, selon Goldman Sachs. La BCE, « prêteur en dernier ressort », va se retrouver avec des montagnes de créances irrécouvrables, comme dans les économies de guerre, ce qui entraînera la perte de confiance dans la monnaie et l’inflation.

Sur les marchés obligataires, il y a aussi risque de tempête, style 1929, pour les dettes des entreprises zombies hyperendettées en raison de la baisse des taux. Les banques centrales essaient d‘intervenir sur les marchés à risque high yield mais les digues pourraient céder dans la durée et les taux s’envoler, avec risque de krach obligataire. L’écart du taux public d’emprunt français avec l’Allemagne s’élargit, tandis que celui avec l’Italie grimpe d’une façon accélérée. Une crise dans la zone euro n’est pas à exclure, d’autant plus que les Allemands, réalistes, ne veulent pas entendre parler à juste titre des emprunts mutuels « coronabonds » rêvés par Macron.

Les napoléons d’or, en France, sont en pénurie totale ou se vendent avec des primes très élevées par rapport au cours officiel. Il est probable que l’or va s’envoler très bientôt, comme en 2008, dans les trois années suivantes, au fur et à mesure que des dépressions économiques apparaîtront et que les banques centrales se rapprocheront de la faillite, de la perte de confiance dans la monnaie, avec des taux d’inflation qui pourront être élevés.

La stagflation pourrait, à terme, laisser la place à l’hyperinflation. Les États-Unis inquiètent et la Chine, avec un système financier branlant et une possible nouvelle contamination, ne rassure pas, d’autant plus que sa reprise sera très vite freinée par la récession si le reste du monde se met à l’arrêt. Il est probable que nous assistions au début de la pire dépression économique mondiale jamais survenue en temps de paix, tant les dettes des États, des entreprises et des particuliers sont démentielles partout dans le monde, et tant les bilans des banques centrales (Fed, BCE, Japon) ont de plus en plus à leur actif des créances gigantesques irrécouvrables.

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samedi, 28 mars 2020

La politique industrielle après le Coronavirus

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La politique industrielle après le Coronavirus

par Nadine Levratto

Ex: https://echelledejacob.blogspot.com

 
La crise sanitaire nous aura appris quelque chose. Les chaînes globales de commodités (1), de valeur et autres réseaux de production globaux sont des colosses aux pieds d’argile dont la sensibilité aux chocs appelle un changement de modèle de production.

Dès les premiers signes de ralentissement économique en Chine au mois de janvier, la presse française a rendu compte des risques pour les entreprises des autres pays, tout en soulignant que les stocks devraient suffire pour traverser la crise. De fait, dès le début du pic de l’épidémie, 80 % des entreprises américaines implantées dans l’est de la Chine déclaraient ne plus avoir suffisamment d’ouvriers pour faire tourner normalement leurs lignes de production, mises à mal par le prolongement des congés du nouvel an chinois. La Harvard Business Review mentionnait qu’avec une diminution de 20 % du nombre de départs des ports chinois, le risque d’interruption d’activité des entreprises françaises serait une réalité dès la mi-mars. Le cabinet Euler Hermès a également attiré l’attention sur la mise à l’arrêt de certains sites, ainsi que sur l’apparition de goulots d’étranglement pour le transport de marchandises à l’entrée et à la sortie de la Chine, qui risquaient de pénaliser l’industrie européenne.

Ces prévisions se sont avérées exactes. A partir du 10 mars, les fermetures de sites de production font la une des journaux. La baisse de l’activité est également lisible dans la diminution de la consommation d’électricité, inférieure de 10 à 25 % aux niveaux habituels à la même période.

Trois révélations

La plus spectaculaire des révélations concerne le niveau – terrible – de dépendance des industriels et consommateurs européens à la production hors Europe, tout particulièrement la production chinoise. Cette forme d’organisation de l’économie repose sur des activités de production dispersées à l’échelle mondiale, stratégie guidée par une focalisation marquée sur les grandes entreprises et leur performance financière. Elle attise la concurrence entre les différents sites mondiaux à travers l’investissement direct, la sous-traitance et l’externalisation de l’approvisionnement.

La crise liée au Covid-19 met ensuite en relief les effets négatifs des délocalisations et de l’essor de la sous-traitance. Celles-ci, motivées par la recherche de gains d’efficacité, sont à l’origine de nombreuses pertes d’emplois industriels, non compensées par les créations d’emplois dans les services au cours des trente dernières années. Cette déstructuration du tissu économique a aggravé les pertes de compétences locales et accentué la fragilité de l’industrie européenne. On se retrouve au point où le Ministre de l’économie Bruno Le Maire se dit prêt à aller jusqu’à nationaliser des entreprises pour « protéger notre patrimoine industriel ». Ce revirement idéologique n’est pas spécifique à la France : le gouvernement italien envisage de débloquer 600 millions d’euros pour sauver le secteur aérien, en vertu d’une clause exceptionnelle de « calamité naturelle ».

L’industrie se révèle ainsi de plus en plus dépendante du transport et de la logistique, qui génèrent d’importants dommages environnementaux

Cette crise met enfin en lumière l’asservissement de l’industrie aux secteurs de la logistique et des transports de marchandises, générateurs de multiples dommages environnementaux. Le recul de l’industrie en France et plus généralement en Europe, combinée à la réduction des stocks résultant de la généralisation des techniques de lean management et de juste-à-temps ont intensifié les flux d’échanges entre les pays producteurs et les pays assembleurs ou utilisateurs. L’industrie se révèle ainsi de plus en plus dépendante du transport et de la logistique, qui ont été totalement intégrés aux chaînes d’approvisionnement et sont désormais générateurs de valeur ajoutée. Les cartes comparant les niveaux actuels de pollution (très faibles) à ceux de la même période l’an passé, mettent bien en évidence la contribution au changement climatique de ce mode d’organisation du système productif. 

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Le retour de l’État stratège ?

Cette combinaison de crise sanitaire et de crise économique remet au goût du jour un principe déjà esquissé à l’époque de l’épidémie du SRAS : celui de l’Etat stratège. Le moment est peut-être propice à la réactivation du décret dit Montebourg de 2014, jamais utilisé, qui avait élargi le champ d’application d’un décret de Dominique de Villepin de 2005 soumettant certains investissements étrangers en France à l’autorisation préalable de l’Etat. Les secteurs de la défense, de la santé, de l’eau, de l’énergie, des transports et des télécoms, sévèrement touchés par les difficultés actuelles, faisaient déjà partie de la liste. La loi Pacte en 2019 l’a étendue à la production de semi-conducteurs, au secteur spatial, aux drones et, s’ils sont en lien avec la sécurité nationale, l’intelligence artificielle, la cybersécurité, la robotique et le stockage de données. L’Etat doit encore définir ce qu’est une entreprise indispensable à notre économie, à en dresser la liste et à définir un cadre pour renforcer leurs fonds propres par le biais d’un organisme ou une agence nationale.

Le rêve d’une France sans usine a montré ses limites et ses dangers

La crise engage également à renouveler la réflexion sur l’organisation spatiale du secteur productif de manière à rapprocher les lieux de production des lieux de consommation, celle des individus (consommation finale) comme celle des entreprises (consommation intermédiaire). Avant la crise financière de 2008, les territoires dominés par l’économie résidentielle1 tiraient mieux leur épingle du jeu que les territoires industriels. Mais la dernière décennie a révélé que les territoires qui ont su préserver une activité industrielle étaient plus dynamiques et créateurs d’emplois que ceux qui se sont spécialisés dans les services, plus encore quand il s’agit de services aux ménages. Le rêve d’une France sans usine a montré ses limites et ses dangers.

Réhabiliter l’industrie

La réhabilitation de l’industrie est devenue un enjeu par le potentiel de création d’emplois directs et indirects qu’elle recèle, son rôle clé dans la compétitivité nationale et sa place centrale dans les dynamiques territoriales. Favoriser la relocalisation de la production et rapprocher lieux de production et de consommation des biens est nécessaire à la transition écologique.

Une réflexion doit s’engager sur les manières de réimplanter des activités productives dans les territoires urbains

Pour cela, il est essentiel de structurer la réflexion sur les conditions de la présence des activités de production dans les territoires urbains. Il faut également définir les formes industrielles – au sens large – compatibles avec cette réorganisation des espaces économiques2. Le concept de ville productive3, qui trouve son illustration dans certains quartiers de Bruxelles, les banlieues sud et est de Lyon, Flers en Normandie ou des territoires comme Grand-Orly Seine Bièvre, invite à regarder la manière dont des territoires s’y prennent pour réimplanter des activités de production en milieu urbain.

Les accidents tels que l’incendie de l’usine Lubrizol à Rouen ont montré que le retour d’activités industrielles concentrées correspondant au modèle de production de masse n’est plus envisageable. Cependant, les nouveaux modes d’organisation de la production rendent possible la présence d’activités de fabrication, de maintenance et de services liés à l’industrie dans les milieux urbains. Cela marquerait le retour du tissu productif en ville, un enjeu important pour tous les territoires urbains, notamment en termes d’emplois. 
 

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vendredi, 27 mars 2020

La vraie crise

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La vraie crise

Ex:

par Marc ROUSSET

Les Bourses européennes ont rebondi, ce vendredi, mais le Dow Jones a perdu 4,55 %, soit 17,3 % sur la semaine, pour finir à 19.173,98 points, c’est-à-dire sa pire semaine depuis la crise financière de 2008, les milliards de Trump et de la Fed, des gouvernements européens et de la BCE ne parvenant pas à éloigner les craintes d’une récession, tandis que le prix du baril de pétrole WTI continuait de dégringoler. L’indice VIX de la peur s’est élevé, le lundi 19 mars, jusqu’à 83, pour retomber à 74,8 mardi, soit un chiffre proche de 2008. Lundi, les bourses européennes dévissaient de nouveau entre 3 et 5%.

Emmanuel Macron a d’ores et déjà perdu la première bataille contre le coronavirus, alors que la Corée, Singapour et Taïwan ont endigué le virus sans mettre leur pays et leur population à l’arrêt. Il a stupidement envoyé 17 tonnes de matériel médical à Wuhan en février et perdu un temps précieux de deux mois avant de réagir, tout en se refusant, pour des raisons idéologiques, à fermer et contrôler sanitairement les frontières nationales. La France de Macron n’a pas en nombre suffisant un stock stratégique de masques pour le personnel soignant, et encore moins pour les Français, ni de tests, ce qui représente un gain budgétaire de seulement 15 millions d’euros. L’impréparation de l’État est évidente, le verbe de la Macronie abondant, l’action impuissante et les résultats catastrophiques !

Après avoir appelé massivement les entreprises à recourir au chômage partiel avec un coût inacceptable pour les finances publiques et qui risquait d’arrêter complètement l’économie du pays, le gouvernement a changé de stratégie en durcissant les conditions de validation du chômage partiel pour les entreprises. Il est anormal que les chantiers de BTP s’arrêtent ou que les artisans ne puissent pas faire des travaux s’ils le souhaitent, nonobstant le problème des masques et des tests qui sont en nombre insuffisant. Comme l’indiquent le MEDEF et la CFDT, sous peine d’accélérer la faillite de la France, il faut « trouver un juste milieu entre ceux qui appellent les entreprises à fermer par précaution et ceux qui veulent envoyer tout le monde bosser ».

L’inefficace Bruxelles s’affole et suspend sine die le pacte de stabilité qui limite les déficits des États à 3 % du PIB et la dette publique à 60 %. Malgré l’action de la BCE, les taux d’intérêt allemands, français et surtout italiens ont remonté. Il y a un risque potentiel de divergence des taux d’intérêt d’emprunts à long terme par pays et d’éclatement de la zone euro.

Le monde, y compris les États-Unis triomphants de Trump et la Chine, va plonger dans la récession et, selon l’OIT à Genève, 25 millions d’emplois sont menacés. Les politiques monétaires de liquidités de la Fed et de la BCE sont nécessaires pour éviter les faillites et l’explosion immédiate, mais impuissantes pour régler des problèmes d’insuffisance de l’offre et de la demande des économies réelles, tandis que l’indice manufacturier « Empire State » s’effondre en mars à -21,5, au plus bas depuis la crise financière de 2008. Goldman Sachs estime que le PIB de la Chine pourrait se contracter de 9 % au premier trimestre et celui des États-Unis de 5 % au deuxième trimestre.

Comme la France, l’Europe n’a d’autre solution que de continuer à travailler malgré le coronavirus car le bazooka illusoire des 750 milliards d’euros déversés par la BCE, d’ici 2020, ne représente que trois semaines de travail pour un PIB de 12.500 milliards de la zone euro, d’autant plus que va bientôt se poser le problème de la confiance dans une monnaie de singe. Mais en Italie aussi, l’accord pour maintenir l’activité des usines, suite aux risques sanitaires, montre des signes de fragilité, avec des grèves perlées.

Le grand point d’interrogation qui peut tout faire basculer est l’intensité et l’extension de la crise sanitaire aux États-Unis, la Californie dont la Silicon Valley et l’État de New York étant maintenant en confinement.

Le coronavirus ne fait que précipiter la crise, annoncée depuis longtemps, de la bulle des actions et de l’hyperendettement ; il l’aggrave, mais ne la cause pas. De 1980 à 2019, la capitalisation boursière mondiale des entreprises a augmenté de 113 % alors que le PIB mondial n’a augmenté que de 35 % ! Les marchés vont se préoccuper beaucoup plus des courbes des infections et des décès dans le monde, des déficits publics, de l’augmentation de l’hyperendettement des États, des entreprises et des particuliers, ainsi que de la perte de confiance dans la monnaie et dans le Système plutôt que des impuissants bazookas des dépenses publiques des États et de l’artillerie monétaire inefficace, à long terme, des banques centrales.

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lundi, 16 mars 2020

Etats en faillite, explosion du Système d’ici 2021 au plus tard

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Etats en faillite, explosion du Système d’ici 2021 au plus tard

Marc Rousset

Ex: http://synthesenationale.hautetfort.com

Le CAC 40 à 4118, 36, soit -32,35 %, depuis le 1er janvier, le Dow Jones à -25,71 %, après un rebond injustifié de 9,26 %, suite à la simple proclamation de l’état d’urgence, ce vendredi. En 2008, après le krach qui avait suivi la faillite de Lehman Brothers, les marchés avaient mis six mois pour toucher le fond. La « descente aux enfers » devrait continuer. On n’attend plus que les prochaines victimes parmi les « hedge fund « spéculatifs dans les prochaines semaines, les rumeurs les plus folles circulant sur H2O, une filiale de gestion de Natixis. Quant à l’indice VIX de la peur qui était de 15 en février, il a flambé jusqu’à à 70, soit au même niveau qu’en 2008.

On assiste à un choc de l’offre, avec le blocage des chaînes de production et d’approvisionnement en Chine (chômage partiel de 7.000 ouvriers de Volkswagen près de Barcelone et de Skoda en Tchéquie par manque de pièces) et un choc de la demande dans tous les pays touchés par le virus. Les bénéfices vont chuter, comme dans une « économie de guerre », avec des faillites dans les secteurs exposés.

Bruxelles promet une « flexibilité maximale » et Macron  veut jouer au  Mario Draghi de la BCE avec son « quoi qu’il en coûte », mais les garanties accordées, les prêts non remboursés, le coût du chômage dont le partiel, la chute du PIB avec moins de recettes fiscales, c’est au minimum 200 milliards d’euros pour seulement deux mois de coronavirus, soit un déficit public 2020, de 12 % du PIB , avec une dette publique  française de 110 % du PIB jamais contrôlée jusqu’à ce jour durant le mandat de Macron. Comme la dette italienne, elle est irremboursable. L’Etat sortira de la crise sanitaire en situation de faillite, les entreprises privées survivantes étant encore plus endettées. Depuis 2008, les dettes ne font qu’augmenter tous azimuts partout dans le monde pour des raisons différentes et ne peuvent pas monter jusqu’au ciel !

La BCE va continuer la politique de création de fausse monnaie avec un « QE » supplémentaire par rapport aux actuels 20 milliards d’euros mensuels, de 120 milliards d’euros en 2020, afin de racheter entre autres les obligations des Etats en quasi- faillite. Elle va aussi accorder des prêts TLTRO aux banques pour sauver les PME et les entreprises, le taux préférentiel négatif étant de -0,75 %. Les ratios sécuritaires des banques sont allégés et les tests de résistance supprimés : on n’attend plus que les faillites bancaires ! Aux Etats -Unis, l’injection supplémentaire déjà exceptionnelle de 150 milliards de dollars sur le marché monétaire du « repo » sera multipliée par dix : 1500 milliards de dollars !

Le monde, Japon inclus, va tout droit vers la récession car comme le dit très justement l’économiste Christophe Barraud, « le seul moyen pour contrôler l’épidémie…, c’est de tuer l’économie ! ». Quant à la chute du prix du baril de pétrole, elle s’explique par le désir de Ryad et de Moscou de se débarrasser du pétrole de schiste américain, en mettant en faillite 100 compagnies pétrolières.

L’Italie se bat courageusement contre le coronavirus, mais pourrait bien être le prochain cygne noir, déclenchant l’explosion de l’UE et de la zone euro avec ses banques en quasi faillite, sa dette publique de 135 % du PIB, son taux de croissance déjà nul, sa démographie catastrophique. Juste après le discours de Lagarde, les taux italiens à 10 ans se sont envolés de 1,2 à 1,6 % contre -0,548 % pour le Bund allemand.

L’or n’a baissé que suite aux prises de bénéfices pour combler les pertes sur les actions et pourrait s’envoler vers des sommets, comme ce fut le cas après 2008, avec un bond des cours de 1200 dollars l’once en trois ans.

La triste réalité, c’est qu’avec le coronavirus pandémique dans le monde entier, tous les pays déjà hyper-endettés, entreprises privées et particuliers inclus, n’auront d’autre solution pour survivre que de s’endetter encore davantage et de faire tourner la planche à billets. La crise de 2020 sera pire que celle de 2008 car il y aura d’abord mise à l’arrêt de l’économie réelle. Un krach obligataire et immobilier avec des taux qui s’élèvent subitement jusqu’à 20 % dans un monde hyper-inflationniste est aussi probable. La BCE ne pourra pas combattre une perte de confiance dans le Système économique et financier qui débouchera probablement sur une crise sociale et politique, voire une révolution conservatrice, fin 2020 ou, au plus tard, en 2021.

14:04 Publié dans Actualité, Economie | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : crise, krach, crise économique, actualité | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook