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jeudi, 09 septembre 2021

La société méfiante qui ne pense pas et ne croit pas

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La société méfiante qui ne pense pas et ne croit pas

par Marcello Veneziani 

Source : Marcello Veneziani & https://www.ariannaeditrice.it/articoli/la-societa-diffidente-che-non-pensa-e-non-crede

Dans quelle "race" de société vivons-nous ? Je sais que la question est mal formulée car elle utilise le "mot interdit", mais il suffit d'un minimum d'intelligence pour en comprendre le sens. Quel malaise profond traduit la révolte contre la vaccination obligatoire et le "passeport vert", en dehors des raisons sanitaires qui la sous-tendent ? Nous vivons dans une société de peur, de méfiance et de ressentiment, et nous en portons tous les signes à des degrés divers. La peur et le terrorisme de la contagion ont également alimenté la peur inverse, celle du vaccin incognito, "expérimental".

La méfiance à l'égard des personnes à risque d'infection et de celles qui ne suivent pas les protocoles sanitaires a accru la méfiance spéculaire à l'égard des pouvoirs politiques, pharmaceutiques et sanitaires et de leurs adeptes. Et le ressentiment à l'égard de la "race maudite" des sceptiques et des rebelles aux prescriptions en matière de santé s'est transformé en une forme de ressentiment à l'égard des obligations, de leurs commissaires-priseurs et des agitateurs de drapeaux. C'est une spirale dont nous ne pouvons comprendre le sens si nous ne regardons que l'effet de la rébellion, sans nous interroger sur les motivations qui l'ont incubée et nourrie, jusqu'à ce qu'elle explose. La vérité est que les rebelles sont une minorité (et que les indisciplinés sont une minorité de la minorité), mais ils sont la partie émergée d'un iceberg beaucoup plus grand : parce qu'en plus des rebelles, il y a le public plus large des réticents, des sceptiques, des méfiants; même parmi ceux qui ont été vaccinés et ont un "laissez-passer vert".

Mais nous ne souhaitons pas revenir sur la question des vaccins et des passeports sanitaires ; nous voulons plutôt comprendre quel malaise pousse notre société à devenir la proie du ressentiment, de la méfiance, de la peur et de l'anxiété.

Ici, nous devons faire un saut supplémentaire pour entrer dans les profondeurs de l'agitation sociale et civile. Au-delà de la pandémie, nous sommes entrés depuis longtemps dans la société qui ne croit pas, qui ne pense pas, qui ne sait pas, qui n'aime pas sauf dans sa vie privée et qui a perdu la foi dans le monde, dans l'avenir et dans les classes dirigeantes.

Il fut un temps où l'on pensait qu'une fois les croyances dépassées, la société mature de la pensée autonome se développerait, remplaçant la foi par la raison, la certitude par la liberté, la dévotion par le sens critique. Au contraire, nous assistons ici à un résultat très différent: notre société qui ne croit pas est aussi une société qui ne pense pas, notre société qui n'a plus la foi, qu'elle soit religieuse ou politique, est plus exposée à la méfiance et à la défiance envers la raison et les guides.

Une fois que la dévotion populaire aux prétendues superstitions religieuses a disparu, le trou noir de l'ignorance s'est agrandi, tout comme le manque de volonté d'enquêter, de penser de manière critique et de porter des jugements indépendants. Les saints ont été remplacés par des gourous, après les prédicateurs sont venus les influenceurs, et une fois les institutions religieuses désertées, les gens s'en remettent aux superstitions de la toile mondiale. Ce qui s'est passé est un terrible mélange d'ignorance et de présomption: l'ignorance des sociétés dominées par la foi et l'autorité était au moins accompagnée d'humilité et de respect pour ceux qui savent, ont plus d'expérience et de culture. Aujourd'hui, cependant, tout le monde prétend juger de tout ; en raison d'un sens mal compris de la démocratie et de la souveraineté des citoyens, chacun se sent autorisé à juger les événements et les personnalités du fond de son ignorance. L'ignorance et l'arrogance se conjuguent pour claironner des jugements méprisants et des comportements conséquents au nom sacré de la liberté.

En bref, la perte de la foi, de la confiance dans l'autorité, s'est combinée avec la perte de la connaissance, avec le mépris de la culture, avec le rejet du savoir, ce qui est un chemin difficile, épineux, dans lequel se forment inévitablement des hiérarchies de compréhension. Une société ne peut vivre si elle ne croit en rien, si elle ne pense pas, si elle n'étudie pas, si elle ne respecte pas les différences, les rôles et les rangs de la connaissance.

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Un texte d'un philosophe à l'écart, Pietro Martinetti, mort en 1943, vient de sortir. Il s'intitule Il compito della filosofia nell'ora presente (= La tâche de la philosophie à l'époque actuelle) (éd. Comunità) et date d'il y a cent ans. Martinetti n'était ni catholique ni traditionaliste, il était plutôt proche du protestantisme. À l'époque du fascisme, il fut le seul philosophe universitaire à refuser de prêter serment d'allégeance au régime, en 1931, et à en subir les conséquences. La solitude de sa dissidence a magnifié sa figure et diminué celle de ses nombreux collègues devenus antifascistes à la chute du régime, mais qui étaient tous alignés à l'époque. Il est facile d'être antifasciste au beau milieu d'un régime antifasciste ; il fallait du courage, de l'amour de la vérité et de la dignité en tant que philosophe pour l'être lorsque le fascisme avait le pouvoir et le consensus.

Martinetti, bien que non croyant, écrit que pour le philosophe "la religion est la charnière de la vie" et que "la vie morale n'a de fin et de véritable consistance que dans la conscience religieuse". Il définit ensuite la société comme "un organisme spirituel dont le but et l'idéal sont l'unité harmonieuse de toutes les volontés dans une vie commune". Vous rendez-vous compte de l'abîme qui nous sépare aujourd'hui de sa vision? Bien sûr, le philosophe regarde ce qui devrait être, l'idéal, et perd de vue "la réalité effective", comme dit Machiavel. Mais le plus décourageant, c'est que les philosophes, les penseurs et les intellectuels eux-mêmes ont perdu l'idéal sans avoir gagné le réel; et s'ils font allusion à une quelconque dissidence, comme ce fut le cas sur la question du covid, ils sont raillés et censurés. Selon Martinetti, l'art, la philosophie et la religion sont les moyens de générer l'union sociale et spirituelle et de s'élever du fini à l'infini.

D'où la question, avec une amertume découragée: dans quelle "race" de société vivons-nous, qui a cessé de croire et de penser, qui est devenue inculte, rancunière et présomptueuse? Et si "la tâche de la philosophie à l'heure actuelle" était de repenser la société en tant qu'organisme spirituel et la philosophie en relation avec le sacré et le destin, sur un chemin qui entrelace croire et penser, connaître et aimer? Mission impossible, mais nécessaire.

samedi, 04 septembre 2021

La tradition native des Européens n'est pas morte. Elle sommeille comme Blanche-Neige dans son cercueil de verre ! 

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La tradition native des Européens n'est pas morte. Elle sommeille comme Blanche-Neige dans son cercueil de verre ! 

Libres propos en guise d’hommage à Jean Haudry

par Frédéric Andreu

L’observation attentive des visiteurs du site pariétal de Lascaux a conduit les  sociologues a formuler une réflexion d'une portée dépassant largement le cadre de leur recherche. A l’époque, une copie de la grotte éponyme venait d’être construite à quelques lieues du site original. C’est cette copie que les touristes visitent et non la grotte originale. Un fac-similé en plâtre, en tous points conforme à l’original, double le site pariétale unique au monde dans le but de le protéger de la corrosion.  

A l’époque de l’aménagement du site, ce fac-similé de la célèbre grotte déclencha, notamment chez Jean Baudrillard, une réflexion de grande portée. Un champs de compréhension de la « post-modernité » s’ouvrit peu à peu en observant attentivement les visiteurs qui s'exclamaient d'aise devant les peintures rupestres  couvertes de bisons. Les visiteurs croyaient que ces peintures doublées de projecteurs étaient les véritables. Au risque de simplifier, l’intuition de Baudrillard peut se résumer en cette formule : entre l’original et la copie, c’est la copie qui l’emporte.

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Mais qu’entend exactement Baudrillard par « original » et « copie » ? Non pas l’observation du processus technique rendant désormais possible la reproduction en série. La « copie » postmoderne est tout autre chose. Il s’agit du tropisme principal propre à elle. Ce tropisme, à la fois captatif et parodique, engendre un ou des parallèles destinés à conduire l’original au rebus. Voici résumé en quelques mots un principe qui reste attaché à Jean Baudrillard mais que l’on rencontre déjà chez les philosophes présocratiques.

La démonstration intellectuelle de Baudrillard eut un certain retentissement chez l’adolescent que j’étais. Poser la question du "dédoublement" dans le champs d'observation de la post-modernité - qui est désormais notre original omniprésent – c'était ce rendre compte que le tout de notre monde est un faux et que ce théâtre durait de la naissance à la mort. La post-modernité dans laquelle je suis né m’est apparu comme un vaste théâtre de dupe. Nous ne mesurons pas toujours combien le monde post-moderne est un double puisqu'il nous apparaît comme notre original exporté désormais au quatre coins du monde. Nous ne voyons généralement pas plus notre monde que le poisson rouge ne voit l’aquarium dans lequel il nage. La technoscience omniprésente est notre univers mais cet univers est un parallèle au réel, non le réel augmenté. Si vous lisez - en cet instant même – ces lignes sur votre écran d'ordinateur, c’est que vous participez sans vous en rendre compte à ce monde spectral, parallèle et luciférien.

Donnons à présent quelques exemples simples de ce qui nous apparaît comme relever du même principe du double : la surface asphaltée du réseau autoroutier double le chemin de terre tout comme les valeurs de la république doublent et les principes anciens de la royauté. Jean-Paul Sartre double Heidegger et nous pourrions donner de multiples exemples qui montrent que la post-modernité est un vaste marché de doubles narcissiques.

Nous pourrions en effet remplir des listes entières de ces dédoublements qui sont devenues la norme de notre monde. En tant que "dédoublements" ou « double », ils participent pleinement à la « cybernétique de l'auto-mouvement du capital » décrit par Guy Debord dans la «Société du spectacle».

Le thème éminemment complexe du dédoublement "porteur de lumière" - au sens luciférien du terme, c’est le sceau même de la modernité. La post-modernité marque simplement une étape dans ce processus : le double est devenu notre monde et l’original est désormais oublié. Le processus se décline en une série de thèmes secondaires qui mériterait un examen approfondi dépassant le cadre d'une simple note sur internet. Voyons que Narcisse est sans doute un de ces thèmes  imbriqués. En effet, Narcisse se noie dans son reflet or qu’est-ce que le reflet sinon un double ? Narcisse a perdu de vue tout rapport a ce qu'il est originellement. De ce point de vue, Narcisse peut être considéré comme l'archétype de l'individu post-moderne.

Le champs du double est trop large pour en dessiner les contours dans le cadre étroit d'une simple note publiée sur internet. En revanche, je crois pouvoir surprendre mon lecteur en montrant que le christianisme est peut être bien la matrice de ce processus. Je précise que je n’ouvre pas ici un procès contre le christianisme ; je pointe simplement ce qui, en lui, relève du dispositif du double. En effet, lorsqu'on observe attentivement la tradition chrétienne, on se rend compte qu'elle « double » une tradition plus ancienne. Plus précisément, le christianisme en temps que processus historique apparaît bien comme une entreprise de captation d’éléments païens.

Cela est vrai de la tradition « orthodoxe » des premiers siècles (commune alors à l'Orient et à l'Occident); moins vrai de sa dissidence romaine et catholique; encore moins vrai de la réforme protestante. Enfin, les Droits de l'Homme peuvent apparaître comme un énième réemploi « devenu fou » des valeurs chrétiennes, pour reprendre la célèbre formule de Chesterton. 

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La lecture des ouvrage de Jean Haudry, notamment la "Religion cosmique des Indo-Européens", a fait réplique - au sens sismique du terme - du tremblement de certitudes déjà entamé par d’autres lecteurs.

Les ouvrages de Baudrillard m'invitèrent à considérer la post-modernité comme relevant d’une série de "doubles" tandis que ceux de Jean Haudry soulevèrent le voile sur la tradition des origines. Dans la "Religion cosmique des Indo-Européens" se dessinent les linéaments de notre «identité» native. D'autres ouvrages du même auteur nous apprenaient que nombre d'éléments que l'on croyaient chrétiens, (comme la triade pensée/parole/action) relèvent en fait d'une tradition bien antérieure au christianisme. La raison en est simple : le christianisme est une religion exogène au sol européen et au monde indo-européen. Pour s’y implanter, le clergé chrétien n'eut de cesse d'incorporer, cela relève d’une stratégie d’appropriation du sacré totalement planifiée par les élites cléricales. Il y a pléthore d'exemples: le culte des Saints a servit à recouvrir celui des dieux et des héros de l'Antiquité; celui de la Vierge Marie a recouvert le culte d'Isis et autres déesses-mères de l'ancienne tradition.

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Afin de pénétrer les structures profondes des peuples européens, la stratégie des Conciles a moins consisté à rejeter le paganisme qu’à «christianiser» ses structures. Le but d’une nouvelle idéologie est toujours la même : s’approprier les postes de pouvoir de la société conquise. Il résulte que le christianisme est une forme "mixte" que l'on peut appeler "pagano-chrétienne".

Toute une cadena aurea de chercheurs, où brillent notamment les noms de Émile Benveniste, Georges Dumézil et Jean Haudry, permet de retrouver le fil d’Ariane de la tradition. Les champs d’exploration respectifs de ces chercheurs ont mis en exergue les lignes de force disparues de l’ancienne tradition. Même si la tradition est morte en occident, elle reste cependant inscrite dans la "boîte noire" de notre identité que sont les anciens mythes de l’Europe. Les études comparées de ces mythes et rites observés chez différents peuples rendent possible la mise en exergue de la « tradition » que Jean Haudry qualifie d’«indo-européenne".

Nous admettons que la formule « tradition indo-européenne » peut rebuter le lecteur profane car elle relève du jargon linguistique. Elle a cependant l’avantage de se distinguer de la formulation de "tradition primordiale" d’obédience ésotérique.

La formule «tradition primordiale» impressionne à première vue plus que «tradition indo-européenne» mais elle est aussi plus trompeuse ; à mon sens, elle est à mettre au nombre de ces fausses fenêtres universalistes d’autant plus que lke cadre de la fenêtre est peint aux couleurs de l’ésotérisme. L’adjectif «primordiale» exclue en outre toute référence à un espace-temps particulier or celle-ci est fondamentale : aucune tradition ne naît dans le vide et celle que Jean Haudry reconstitue relève clairement du grand nord européen.

Au terme de « tradition indo-européenne » nous préférons une autre formulation. «Actualisme» convient à mon avis mieux que tradition indo-européenne. L’«actualisme» désigne tout ce qui dans la société est contenu en puissance et se destine à se traduire en acte : tel est exactement le cas de la tradition indo-européenne.

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À l'heure où nous écrivons ces lignes, des travaux scientifiques relatifs à la "tradition indo-européenne" sont en cours sous la plume de Jean Haudry. Il est important d’insister encore sur le fait que cette tradition est démontrable scientifiquement et ne provient pas de la quincaillerie ésotérique. La méthodologie des linguistes français se base sur les données de langue et de culture, croisées et recroisées entre elles, mais il en est une autre dans laquelle ils excellent moins. Il n’est pas simple pour des gens dont le pays n’a même pas d‘armoirie officielle, et où la tradition nationale a été détruite, de se remettre à l’écoute de ce qui sommeille en eux. La tradition n’est ni objet de musée ni objet de laboratoire, c’est un auto-mouvement cosmique de l’être générique. Elle se décline sur trois plans, un plan cosmique (les trois cieux tournant autour de terre), un plan sociétal (les trois castes fonctionnelles) et un plan personnel (la psychologie individuelle, elle même trine). Les trois couleurs, le blanc, le rouge et le noir, données par la tradition en permet une codification symbolique.

Dans cette perspective, la tradition n’a pas d’origine humaine. Elle contient sa propre finalité interne. Le mouvement des planètes que l’on observe dans le ciel donne une métaphore de ce qu’est la tradition ; un auto-mouvement. A l’extrême, je dirais que la planète terre que l’on croit voir tourner par gravitation autour du soleil  tourne en réalité par « tradition » solaire. Sans tradition, elle s’arrêterait de tourner. Il en va de même de nos peuples indo-européens. Sans tradition, ils se condamnent à disparaître.

Le dispositif des religions et des idéologies lucifériennes consistent en un  détournement de cette attraction surnaturelle de ce que nous sommes. Il agit comme un canal qui détourne l’eau d’un fleuve. 

Mais, même obombrée par des siècles de captation subversive, la tradition native des Indo-Européens réapparaît dans les périodes critiques de l’Histoire. Elle est réapparu au Moyen-Âge sous la forme de la tradition templière ; elle aurait pu apparaître à nouveau en Allemagne au XXème siècle si les nationaux-socialistes n’avaient pas traiter la moitié des peuples d’Europe, les slaves, en «sous-hommes». Elle est en voit de réapparaître aujourd’hui à l’instar du système immunitaire d’un organisme stimulé par la maladie. Dans cette perspective, ce n’est peut être pas un hasard si la tradition remontre le bout de son nez à l’heure grise de la globalisation. Cette globalisation, c‘est l’expression sur terre des puissances de progrès. Plus ces puissances destructrices prennent de l’ampleur, plus les forces contraires, conservatrices, en prennent aussi.

Il y a un sens caché de l’apparaître de ces forces cosmiques qui transcende nos lattitudes individuelles. Sur un plan métaphysique, les travaux de Jean Haudry participent à cet auto-mouvement du retour à la tradition.

Pour comprendre en profondeur « ce qui se passe » les mots ne suffisent pas toujours. Sans doute convient-il de rappeler que la veritas des Anciens n’a rien à voir avec celle des Modernes. Elle en est même l’antithèse symétrique. La vérité des Anciens ne repose pas sur un château de cartes de l’abstraction. L’un des termes grecs pour vérité est «Aléthéïa». Il est lié aux puissances symboliques du dévoilement. Les Anciens Grecs sacrifiaient a des dieux qui étaient représentés sans habit comme pour indiquer qu’ils étaient les puissances symboliques du dévoilement. Le combat que leur livrent depuis toujours les titans - puissances antinomiques du voilement – est aujourd’hui démultiplié par la technologie noire omniprésente de notre quotidien. Le monde parallèle de la technologie relève toujours de la même stratégie du « double » : le  double calque narcissiquement l’original afin de se faire passer pour lui. 

Bref, tout un processus historique d’oubli du cosmos, des dieux et de la tradition d’origine non humaine est depuis toujours à l’œuvre mais la plus sérieuse des atteintes jamais orchestrée contre la tradition indo-européenne c’est la tradition parallèle à celle-ci. Le dispositif mis au point par le clergé chrétien ne consiste pas a détruire la tradition mais a en créer un double le plus proche possible de l’original, à la fois captatif et fascinatoire. En Inde, la tradition native demeure ; en Europe, elle est morte et doublée par son décalque chrétien de diverses obédiences, mais sa résurrection est en cours du moins dans les ouvrages de Jean Haudry.

Cela tombe bien car les mots sont des puissances vibratoires, qui anticipent le réel.

Frédéric Andreu

contact : fredericandreu@yahoo.fr

dimanche, 08 août 2021

Quand la majorité silencieuse des vaccinés commence à persécuter les hérétiques…

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Quand la majorité silencieuse des vaccinés commence à persécuter les hérétiques…

par Nicolas Bonnal

Le pouvoir y certes est allé fort. Alors on rassemble facilement un million de personnes dans les rues alors on se dit qu’on a gagné. Mais ce n’est pas si simple. On aura bientôt cinquante millions de vaccinés et ces vaccinés ne seront pas commodes. Samedi je n’ai pas eu l’impression d’une manif de vainqueurs, mais de perdants, de minoritaires et d’isolés. L’écrasante majorité des beaufs de ce pays sont pour le passe comme ils ont été pour la guerre contre l’Irak, la Syrie, la Libye, les confinements, les masques, la mondialisation, Macron, la russophobie viscérale, le Reset, l’écologie, le reste. On retrouve les chiffres de Stanley Milgram, alors pourquoi s’étonner ? 60% gobent tout, 30% doutent, 10% résistent. Je sais que les sondages sont truqués, mais voyez la réalité du terrain. Ceux de mes lecteurs qui travaillent me le disent, qu’on les persécute au boulot.  Et on n’est qu’un début. Macron a la majorité et les médias derrière lui, plus les milliers de milliards de ses oligarques. Il peut voir venir.

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Un rappel : on fascise les non-vaccinés parce qu’ils parlent d’étoile jaune. Mais on en parle en Israël. Et Stefan Zweig (suicidé en 1941) ne disait pas que les juifs étaient gazés par Hitler en 1938 à Vienne ; il disait que les Juifs n’avaient plus le droit de s’asseoir sur un banc, d’aller au restaurant ou au cinéma. Zweig aussi explique que la masse anesthésiée finit par s’en foutre du sort du juif – comme aujourd’hui le vacciné du non-vacciné. Au-dessus plane donc une élite surhumaine ou transhumaine qui LUI VEUT VRAIMENT DU MAL. Regardez une brève et belle émission du Journal L’Humanité: une petite mignonne explique à partir de 1’23 qu’elle n’a plus de droits et qu’elle est harcelée au boulot par ses gentils collègues (« ils sont tous pour le vaccin, ils disent que je suis un danger pour la nation »). Je répète, c’est ce que me confirment MES LECTEURS QUI TRAVAILLENT. Une bonne dame confirme que les vaccinés accusent et persécutent. Plus il y aura de vaccinés, plus il aura de persécutions.

Le vacciné a tout pour se sentir bien dans sa peau. Dans ses mémoires Maurice Bardèche en effet explique que les Français cherchaient à survivre (ô marché noir…) et que le sort des Juifs leur était indifférent.  Bardèche : « le public ne me sembla montrer aucune sensibilité particulière à l'égard de l'avenir qu'on pouvait craindre pour les Juifs résidant en France. La partie de la population dont je pouvais connaître les sentiments avait cru, à tort ou raison, je n'en sais rien, que la plupart des Juifs avaient souhaité cette guerre, combattu ceux qui voulaient l'éviter. »

Les minorités non vaccinées seront accusées de ne pas tenir compte des braves gens qui risquent d’être contaminés à cause d’elles. On verra la suite. Il est facile de parler de révolte de rue alors qu’ils ont encore la loi martiale et l’OTAN dans leur pochette-surprise. Vive notre âge obscur.

https://strategika.fr/2021/06/12/a-la-lumiere-du-covid-st...

https://www.youtube.com/watch?v=zrux9n1itIs

https://ia802904.us.archive.org/27/items/Souvenirs_48/Bar...

 

 

mercredi, 23 juin 2021

Les droits de l'âme, au-dessus des droits de l'homme !

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Les droits de l'âme, au-dessus des droits de l'homme !
 
Frédéric Andreu

La fréquentation musardienne de grands auteurs de la cadena aurea des poètes, laquelle remonte à l'Antiquité, m'a intimé l'idée que l'être générique des Anciens, loin d'être immature ou pré-rationnel, était tout entier narratif et mythologique. Il correspond à ce "matin profond de notre mémoire" en attente dans l'Homme travaillé par le germe divin. Ce matin de la conscience, où l'image est au-dessus du concept, est bien sûr capable de réflexion et de science, mais sans jamais succomber à la saisie scientifique. Nous savons que c'est la modernité qui a peu à peu annexé l'être au règne tyrannique de l'"idée" et de la preuve.

Nous assistons aujourd'hui, sans toujours nous en rendre compte, à une autre étape de cet arraisonnement, bien plus pernicieuse que la première. La pieuvre numérique prend l'assaut de l'être que nous avions fini par identifier au moi. Elle engendre les mêmes justifications de nature messianique: la croisade révolutionnaire de 1789 s'érigeait contre un obscurantisme et une tyrannie en grande partie imaginaire; le système technocratique de surveillance actuel prétend nous libérer des pandémies qu'il a lui-même engendré en laboratoire. Il ne nous dit rien des capsules informatiques qu'ils pourraient un jour nous inoculer sous la peau qui seraient reliées à un réseau de satellites, lui-même relié à un ordinateur central...

En attendant cette 25ème heure, la dissidence radicale ne consiste-t-elle pas à se remettre à l'écoute de cet être générique d'essence mythologique et poétique si bien révélé, par exemple, par Brasillach dans son roman Comme le temps passe ?
 
Lire, écrire, échanger, témoigner de nos "droits d'hauteur", c'est exercer ses droits de l'âme à disposer d'elle-même, face au faux omniprésent de la technoscience, c'est faire parler "ces jardins qui parlent peu sinon dans mon livre" (La Fontaine).
 
On découvre alors que l'âme est capable de bien autre chose que de produire des "idées"; elle peut aussi s'aventurer dans les "penetralia" de notre vie secrète.
 
Luc-Olivier d'Algange a trouvé une formule qui nous ôte toute illusion de vivre dans un possible compromis : "Nous ne pouvons être à la fois Homme du nouveau (ou de la planification) et Homme du matin (ou de la réminiscence)". Une fois portée à notre conscience, quelque chose en nous pressent que ce choix est en effet radical et définitif. Les dieux et les muses qui sommeillaient en notre mémoire, résonnent à nouveau avec les événements petits ou grands de nos vies; nos rencontres se hissent à hauteur de mythe. Bref, notre vie a changé d'octave.

Le texte qui suit est un exemple tiré du recueil titré Droits d'Hauteur, publié aux éditions du "Reboisement de l'Imaginaire". Il montre combien la création et les rencontres qui y séjournent, loin de se limiter au rôle de simple décorum, participe à cette œuvre de réminiscence :

SUR L'OPPIDUM DU CARMEL

Clameurs oniriques de branches, frétillement de feuilles dans le soleil, les grands bouleaux remuent et remuent encore au gré des rumeurs du vent jusqu'à ce qu'ils trouvent les clés du ciel...
 
Les arbres, ils n'ont peur ni du vent ni du temps qui passe. Si tu apparais couronnée dans mon souvenir, c'est que toi aussi tu as séjourné ne serait-ce qu'un instant sous l'arbre stéphanophore...
 
Je te dis alors ceci : si les arbres te font entendre quelque chose de l'âme, honore-les d'un poème ! Car l'âme est pareillement en quête d'elle-même.
 
Prie, mais ne te fie pas trop à ceux qui ont pouvoir sur me monde, avec leur religion hautaine. Les écoutants des arbres n'ont pouvoir sur rien mais souveraineté sur tout, et c'est  eux que l'on appelle "poètes".

Frédéric Andreu

Contact : fredericandreu@yahoo.fr
Site perso : https://www.lulu.com/spotlight/fredericandreu

dimanche, 18 avril 2021

Les convulsions du sens, réflexions métapolitiques…

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Les convulsions du sens, réflexions métapolitiques…

Cet article se veut une sorte de conclusion de deux précédents…et une introduction à un débat diversifié. La tonalité provocatrice est délibérée dans l’espoir de susciter des réactions…hors normes habituelles.

Nous pensons que le présent, quel que soit le regard porté, est sans issue. Ceux qui prétendent détenir des solutions se voient démentis par la réalité, nonobstant la jouissance (y compris matérielle : les médiacrates etc..) qu’ils tirent de leurs illusions…partagées. Il n’y a pas de solution sociale, pas plus que de solution nationale, à la situation actuelle. En premier lieu parce que la dite « société » n’est plus qu’un agglomérat de milieux, institutions, etc … sans langage commun et donc sans possibilité de partage.

Ensuite parce que n’apparaissent pas les luttes qui créent le langage d’un nouvel ordre social.

L’ordre LIDL que nous connaissons, fait de consommation dénuées de goûts et de loisirs « low-cost » n’agonise que très lentement. L’empire romain a connu plusieurs siècles (2-3), d’épidémies (bien réelles), d’invasions et de famines avant de se disloquer et de s’effondrer.

L’impasse du présent est fortement déniée aussi perceptible qu’elle soit : Alors ?

Caractériser comme « société » voire « communauté nationale » le conglomérat d’étrangers au milieu duquel nous errons est une usurpation langagière et conceptuelle. Les relations familiales se dissolvent, de flirt en divorce, de concubinages en recompositions. Les solidarités familiales en pâtissent mais l’autisme promu du sujet triomphant et « je suis ce que je suis » (c’est-à-dire pas grand-chose) y contribue largement.

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Mais au-delà ce sont toutes les formes sociales constitutives d’une authentique civilisation qui se désintègrent. Cette corrosion a frappé le « peuple travailleur » : le prolétariat n’existe plus, les uns et les autres n’ayant plus rien à partager (hormis le jaune éphémère d’un gilet). La mise en œuvre d’un assistanat généralisé (RSA etc…) et d’un intérim étendu dissout les solidarités potentielles par l’éphémère relationnel.

Et ce flottement social a également produit la ban-localisation (Renaud Camus) dissolvant les liens de quartiers et promouvant la « zonification » commerciale.

En somme, et pour résumer tout cela, l’ordre du travail fût l’ordre d’un monde. Sa ruine révèle la nouvelle forme d’organisation sociale : la distribution mondiale de la production et la promotion des zones les plus productrices de plus-value (l’Afrique, l’Asie…) avec touristification commerciale du reste du monde, (la mine de Carmaux, cf : J.Jaurès a été reconvertie en musée Cap découverte) et pôle de loisirs avec coups de grisou itératifs et distractifs. Rappelons en passant la réunion en 1960 du Club de Rome et Sicco Mansholt, et sa distribution des rôles des régions d’Europe au niveau du tourisme ou autres, de Zbigniew Brezinski sur la « théorie des inutiles » : il y a ceux qui consomment et ceux qui produisent et ceux qui produisent et consomment (à lire à ce propos le livre de David Graeber : Bullshit Jobs sur les emplois inutiles et non productifs).

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Pour conclure sur ce sujet, et nous prolongeons Graeber, disons que le seul but de l’économie est la production de marchandises à des fins de multiplications des bénéfices : le sens et l’utilité sont désormais caducs ou obsolètes.

Face à cela, que peut-on faire et quel monde promouvoir ? Peut-on croire en une réforme de la société existante, voire en une révolution comme le crurent voici quelques décennies les adeptes des fascismes ou des communismes ? Quels combats politiques sont porteurs de sens:que peut changer l’élection proportionnelle ? Le frexit a t-il un sens ? etc…

Que toutes ces revendications ou réformes (ou mesures telles que suppressions de la GPA-PMA etc..) aient un sens et réjouissent les citoyens qui s’agrègent autour de telles réalités postulées peut se concevoir. Mais qui, sérieusement, peut imaginer que promouvoir la société des années 60  (ou 80 selon l’âge des promoteurs) aura un sens historique durable, restaurateur d’une civilisation…

D’aucuns affirment, et d’autres ont écrit, qu’il n’y avait d’autre espoir que l’effondrement de la société marchande (et spectaculaire), afin que renaisse une humanité se forgeant une identité authentique.

Est-ce absurde ?

Après la venue du rédempteur, beaucoup espèrent en la victoire d’une incarnation de l’identité nationale, du peuple etc…Eric Zemmour, (Jean Messiha et Marion Marechal) en seront la personnification. Je meurs d’envie de poser la question à cet ami de sa conception de la remigration, du frexit et de la reconstruction de l’économie nationale etc… La définition d’une authentique démocratie : le pouvoir du peuple ? La structure sociétale…

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Et comment pour ce faire, échapper à la tutelle de la CEE, de la Davocratie… ?

En somme les questions fondamentales sont celles de la liberté d’agir dans la société mondialisée et la prison Europe (CEE) c’est-à-dire la définition de la Souveraineté et de la définition  précise du populisme.

A quoi servent les instances politiciennes (Conseil Départemental, Conseil Régional, Parlement, Sénat … ) ?

Ne peut-on pas leur substituer des instances corporatives associées et un référendum systématisé traduisant le pouvoir du peuple.

Souverainisme et Corporatisme (populisme) sont indissociables : Qui en fait la promotion ?

Daniel Cosculluela.

dimanche, 04 avril 2021

"J’ai enterré mon pays" par Paul Craig Roberts

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J’ai enterré mon pays

Paul Craig Roberts

Je suis né au printemps de 1939. J’avais presque cinq mois quand l’Allemagne a envahi la Pologne le 1er septembre. Les gouvernements britannique et français répondirent à l’invasion en déclarant la guerre à l’Allemagne, initiant ainsi la Seconde Guerre mondiale.

C’est toujours l’Allemagne qui est blâmée. On dit toujours que l’invasion de la Pologne par l’Allemagne est l’événement qui déclencha la Seconde Guerre mondiale, jamais la déclaration de guerre britannique et française à l’Allemagne. C’est parce que les vainqueurs écrivent l’histoire.

Les Britanniques, les Français et les Américains furent vainqueurs seulement parce que l’Armée Rouge soviétique vainquit la Wehrmacht, peut-être la meilleure armée existante. Les Soviets l’emportèrent par le nombre et par la capacité de production d’armes bien au-dessus de la capacité de l’Allemagne. Après avoir lu le livre de Viktor Suvorov, The Real Culprit, je ne crois pas que Staline avait le moindre besoin des livraisons de guerre de l’Occident. L’invasion de la Normandie n’eut pas lieu avant le 6 juin 1944, après que l’Armée Rouge ait combattu la Wehrmacht pendant trois ans depuis juin 1941.

Hitler était en train de reconstruire l’Allemagne après son démembrement par le traité de Versailles. Seuls les populations allemandes et les territoires sous domination polonaise restaient à récupérer. Pour des raisons qui n’ont pas de sens, le gouvernement britannique interféra dans les négociations germano-polonaises et provoqua la rupture des négociations par le gouvernement militaire polonais. Le résultat fut le Pacte Molotov-Ribbentrop qui divisa la Pologne entre l’Allemagne et l’Union Soviétique. Hitler revendiquait des territoires allemands. Les Soviets ne revendiquaient pas les territoires polonais saisis par l’Armée Rouge, mais les Britanniques et les Français limitèrent leur objection à l’invasion de la Pologne par l’Allemagne.

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C’est la stupide « garantie » britannique à la Pologne qui causa la Seconde Guerre mondiale. En son absence, le gouvernement polonais aurait traité avec l’Allemagne. Hitler ne voulait pas la guerre avec la Grande-Bretagne et la France, encore moins avec les USA. Ce furent des événements imposés à l’Allemagne. Après la rapide défaite des armées britannique et française, Hitler proposa la paix à la Grande-Bretagne avec des garanties militaires allemandes pour protéger l’Empire britannique, mais Churchill garda l’offre de paix secrète et refusa.

Churchill continua de refuser les offres de paix allemandes, et certains historiens conclurent que la raison pour laquelle Hitler attaqua l’Union Soviétique était à cause de la croyance d’Hitler que Churchill résistait dans l’attente que la Russie entrerait dans la guerre du coté britannique et français. Par conséquent, Hitler décida qu’il détruirait cet espoir britannique en envahissant la Russie. Suvorov dit qu’Hitler savait que Staline était sur le point d’attaquer l’Allemagne, mais les études de David Irving n’ont pas découvert de preuves pour appuyer l’affirmation de Suvorov que Hitler avait connaissance d’une attaque soviétique planifiée. Aucun des deux camps ne semblait connaître l’intention de l’autre.

Sans un hiver russe précoce, Hitler aurait pu réussir à assommer l’Union Soviétique. L’hiver précoce stoppa l’avance allemande et donna à l’Armée Rouge le temps de récupérer et s’organiser.

J’écris cela comme arrière-plan du monde où j’ai grandi. La Seconde Guerre mondiale ne fit pas de mal aux USA. Elle fit du bien à l’Amérique. La guerre sortit les USA d’une décennie de dépression économique et fit des USA la puissance mondiale avec la monnaie de réserve.

Les morts militaires US des deux fronts – Japon et Allemagne – se montèrent à 416.000, un chiffre presque égalé par la Grande-Bretagne, un pays et une population beaucoup plus petits, et dépassé par la petite Yougoslavie avec 446.000 morts militaires. Par contre, les morts militaires allemandes se montèrent à 4.300.000 plus une estimation de 500.000 morts civils du fait de la politique britannique et américaine de cibler les populations civiles allemandes par des bombardements sur les zones résidentielles. La défaite de l’Allemagne fut obtenue par l’Union Soviétique au prix d’un minimum de 10.000.000 de morts militaires et entre 24.000.000 et 26.000.000 de morts civils et militaires.

J’ai grandi dans des temps bénis. En ces jours quelqu’un n’avait pas besoin d’être brillant ou d’avoir des relations dans la classe dirigeante pour réussir. Ce fait séparait l’Amérique du reste du monde dans l’opinion populaire. Les Américains vivaient dans un pays d’opportunités. Et c’était vrai, pas une fiction.

A Atlanta, en Géorgie, les enfants de 5 ans pouvaient aller tout seul ou avec des camarades de classe plus d’un kilomètre aller-retour jusqu’à l’école sans être molestés ou kidnappés. Les garçons pouvaient se battre sur le terrain de jeu sans être arrêtés. Les parents réglaient les problèmes seuls avec les enseignants. Les enseignants étaient exceptionnels. Il n’existait pas de diplômes d’enseignement. Les enseignants avaient des diplômes en anglais ou en d’autres langues, en mathématiques, en chimie, en physique, en histoire. C’étaient des gens qui aimaient leurs sujets et qui transmettaient cela aux étudiants.

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Les mauvais comportements, qui étaient rares, étaient réglés par une note envoyée à la maison qui devait être signée par un parent et renvoyée le jour suivant. Une note à la maison était la dernière chose désirée. Il n’y avait pas de numéro de téléphone gouvernemental qu’on pouvait appeler pour se plaindre d’avoir été puni pour ses mauvaises actions.

Nous nous entendions bien avec les Américains noirs. Ils faisaient partie même des foyers de la basse classe moyenne blanche. A cette époque les machines pour aider à faire le travail étaient inconnues. Les vêtements étaient lavés à la main et mis à sécher sur des cordes à linge. Les repas étaient préparés à partir de rien avec de vrais ingrédients. Si la mère n’était pas présente, Carrie était la patronne, pas nous les « Blancs privilégiés ». Carrie dînait avec nous à la table, et si Carrie rencontrait un problème financier qu’elle ne pouvait pas régler, mes parents et ses autres employeurs à la journée puisaient dans leurs maigres ressources pour l’aider.

J’ai grandi à Atlanta, Géorgie, sans crainte ni haine des Américains noirs. Ce n’est plus le cas à Atlanta. Beaucoup d’habitants blancs fuient la ville.

Ce ne sont pas seulement les relations entre les races qui se sont détériorées. Tout s’est détérioré. L’Amérique aujourd’hui n’a plus aucun rapport avec le monde américain où j’ai grandi. Bien sûr, aujourd’hui la réponse sera que j’ai grandi avec le « privilège blanc ». Mais en fait, j’ai grandi dans une communauté où les gens et les genres avaient des rôles différents, et une personne était jugée d’après sa performance. La performance incluait le comportement moral. Si vous aviez une bonne moralité et que vous faisiez un bon travail et que vous teniez parole, vous étiez respecté. Point-barre.

Aujourd’hui si vous n’êtes pas une personne « woke » qui objecte au genre des pronoms et si vous ne croyez pas que la classe ouvrière blanche est « raciste systémique », vous êtes « déplateformé » et « annulé » [cancelled]. Les Blancs sont maintenant diabolisés par d’autres Blancs, et ceux qui sont diabolisés ne sont pas autorisés à se défendre. N’importe quelle « personne de couleur » peut détruire un patron, un collègue, un professeur ou un doyen d’université en prétendant être « offensé ».

En Amérique aujourd’hui il y a très peu de gens libres. Seuls ceux qui ne dépendent pas de l’emploi et de l’approbation des médias sont libres. Même ce petit nombre d’Américains libres est en danger, puisque l’expression d’une dissidence est définie par le régime Biden comme du terrorisme intérieur.

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Les médias parlent d’une seule voix, et la voix est celle de la dénonciation de tous ceux qui contestent le récit dominant. En Amérique aujourd’hui les médias protègent les erreurs et l’avarice des bureaucrates médicaux alliés à Big Pharma, et les médias couvrent les récits de l’Establishment contre les experts scientifiques qui sont réduits au silence par la privation de forum. En conséquence, le public est informé seulement par une propagande égoïste qui défend ses intérêts matériels et accroît le pouvoir du gouvernement sur les citoyens.

Les conséquences sont diverses et désastreuses. Avec le Covid il y a eu des confinements inutiles qui ont détruit des commerces et des individus. En politique étrangère, des antagonismes ont été créés qui pourraient conduire à des guerres désastreuses contre l’Iran, la Chine et la Russie. La focalisation du régime Biden à définir les supporters de Trump, 90 millions d’électeurs américains, comme des terroristes intérieurs, implique du guerre civile.

Ce que je trouve le plus décourageant concernant l’Amérique est qu’après toutes les tromperies prouvées que les Américains ont subies – l’assassinat du Président John F. Kennedy, l’assassinat de Robert Kennedy, l’assassinat de Martin Luther King, l’assassinat de dirigeants étrangers qui refusaient de suivre la ligne de Washington, la guerre du Vietnam, le 11 septembre, les armes de destruction massive de Saddam Hussein, l’utilisation d’armes chimiques, les armes nucléaires iraniennes, le Russiagate, l’invasion russe de l’Ukraine, les élections de 2020, l’insurrection trumpiste au Capitole – la liste continue à l’infini – les Américains continuent à s’asseoir devant CNN et le reste, à écouter NRP, et à lire le New York Times ou le Washington Post et continuent ainsi à satisfaire l’Establishment dominant en acceptant de subir un lavage de cerveau. Un peuple aussi insouciant n’a pas de possibilités de survie.

Une Amérique soumise à un lavage de cerveau, un monde occidental soumis à un lavage de cerveau ne sont pas des terres de liberté.

Sur ce site web, j’essaie de vous rendre conscients. Contrairement aux médias, je vous donne de bonnes informations sur les sujets que j’explique. Revenez en arrière et comparez ce que je vous ai dit avec ce que les médias vous ont dit.

Examinez, par exemple, mon reportage sur le Covid. Je vous ai dit comment vous protéger. Je vous ai dit quels sont les remèdes si vous êtes contaminé par une variante grave. Je vous ai dit que les masques ne sont pas protecteurs s’ils ne sont pas classés N95.

C’est une information précieuse. Ce site web est précieux pour tout le monde. Chaque personne sur terre est unique. Nous devrions respecter les gens tant qu’ils ne nous donnent pas une raison de ne pas les respecter. Les gens dans les gouvernements occidentaux semblent être les moins respectables. Ce sont eux qui mentent le plus, et les presstitutes leur donnent la parole. Seuls ceux qui disent la vérité sont attaqués.

Réfléchissez à vos sources d’informations. Je veux dire de vraie information, pas ce qui s’accorde avec vos préjugés. Avez-vous de meilleures sources que ce site web ?

Vous tient-il informé ? Vous fait-il réfléchir ?

Si c’est le cas, vous lui devez votre soutien.

Source

vendredi, 12 mars 2021

«Pas dans un boum, dans un murmure»: notes sur notre petite apocalypse

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«Pas dans un boum, dans un murmure»: notes sur notre petite apocalypse

par Nicolas Bonnal

Tout semble s’imposer, le marquage électronique,  les vaccins, le test partout, le passage au communisme sacerdotal (Abellio), le wokenisme démoniaque, la chienlit morale et LGBTQ à la télé, l’antiracisme-fascisme en roue libre, etc. D’un autre côté ici et là on nous ressort jusqu’à la nausée la phrase de Hölderlin, que Jean Baudrillard citait il y a déjà trente ans au sortir de l’abominable guerre du Golfe : « là où croît le danger là aussi croît ce qui sauve ». C’est dans le poème Patmos.

On va voir. La résistance n’existe pas, comme je l’ai dit, elle a été fluidifiée par les réseaux, les râleurs se contenant de cliquer, pas de résister ou de manifester comme on disait jadis. La perte de la capacité tellurique c’est la fin de la résistance, merde, lisez/appliquez Carl Schmitt pour une fois.

L’épuration de Trump et du reste se passe sans un murmure dans la salle. Le système avance rapidement et impeccablement ses pions et comme dit l’abject Figaro on va pouvoir tester les gens à l’entrée des autoroutes avec le test QR ou je ne sais quoi. On leur souhaite du plaisir aux gens, car à force de se gaver de télé, de radio, de hamburgers, ils vont mal finir. Mais s’en préoccupent-ils les gens ?  Ne sont-ils pas déjà morts ? Les films de zombie sont vieux de deux générations déjà.

A côté de cela on veut nous rassurer. Tout cela est inapplicable, le Français résiste, il ne se ferait pas vacciner… Mais le système a tout son temps (2030 date-butoir et regardez leurs progrès en un an) et je me souviens dans mon enfance pour la bagnole. Il y avait beaucoup de morts mais c’était aussi l’âge d’or de l’automobile et de la liberté sur les routes. Alors on a sévi comme pour chasser un virus (et l’acerbe Sarkozy a remis ça dès son arrivée au pouvoir). Limitation de vitesse, test d’alcoolémie, port de la ceinture de sécurité, multiplication aberrante des ronds-points, ils ont réussi à tout imposer nos bureaucrates et nos mondialistes et c’était pour notre bien, pour notre sécurité. Ici aussi c’est pour notre bien, pour notre sécurité. Et j’en arrive à me demander : tout cela ne démontre-t-il pas que l’humanité n’est qu’un troupeau d’esclaves ? Sous prétexte de voter (et où ne va-t-on pas voter ?), on se croit en démocratie et on se comporte comme des cloportes ou bien des bœufs à l’abattoir. Revoyez le sang de bêtes de Franju. On a un mouton traître nommé le miniard qui amène les comparses à l’égorgeoir, qu’on maintient en vie et qui sert à chaque fois pour conduire le troupeau bêlant  et opinant de Panurge.

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Passons au positif, car on va me reprocher de casser le moral des troupes.

Celui qui nous rassurerait c’est Biden qui a l’air bien gâteux, et sa Kamala qui est nulle comme un rat. Cette paire d’as a été élue en trichant sans une seule réaction (sinon la prise arrangée du Capitole qui a permis de virer Trump plus vite et d’accélérer le totalitarisme mondialiste – oui, c’est à cela que sert la résistance, gare au prochain attentat false flag !) et avec l’approbation de toute la canaille globale devenue folle ; car notre absence de résistance produit leur ubris. Mais on sait très bien que Biden peut dégager et qu’on peut caser une autre marionnette ; au point où en sont arrivés les journaux globaux (le NYT, le Monde, le Guardian, El Pais, etc.) ce n’est pas cela qui gênera l’opinion publique, chienne prête à toutes les prostitutions depuis des siècles (colonisations, guerres mondiales, mondialisation, totalitarismes, légalisation de toutes les perversions et en conséquence interdiction de toutes les libertés). Certains voient une possibilité de défaite militaire contre l’Iran, la Russie ou la Chine (mais on nous dit aussi qu’elle fait partie du N.O.M., cette Chine, que Biden est son homme ?). On verra, mais là encore je fais confiance aux généraux américains décrits par Kubrick : on finira au nucléaire puisque l’équipement US n’est plus à la hauteur face aux progrès des trois grands de l’opposition officielle (Iran, Russie, Chine donc). Certains donc disent que ce serait mieux une bataille et donc une défaite US, et un écroulement du satanisme occidental, mais encore faudrait-il en sortir vivants !

On a envie de prier la providence mais vu ce que sont devenus le Vatican et le catholicisme dit romain ? On ne va pas prier les dieux du Capitole tout de même ? Je constate d’ailleurs de plus en plus de recours chez les antisystèmes à l’increvable apocalypse, aux êtres de lumière, à l’attirail New Age, au zen emballé sous vide, comme disait Guy Debord. Lui voyait la liberté dans la lutte politique et sociale et pas dans les interventions divines toujours longues à se produire et chères à rembourser… Le clergé, le parti…

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En réalité je ne sais plus quoi écrire depuis quelques mois maintenant : tout est programmé pour nous faire vivre puis crever, par des satanistes et par l’inertie de milliards d’abrutis et de zombis peaufinés à la télé et au portable (voyez le film de Jarmusch, The Dead don’t die, qui le montre très bien).

Comme le montre Lucien Cerise le contrôle technologique trop tatillon ne marchera pas (il est trop fou et ils ne sont plus si bons, ils en restent à l’éternelle peur du gendarme comme au temps de de Funès et des pieds nickelés), mais c’est peut-être ce qui est voulu, pour que les survivalistes de Davos et les techno-lords de la Silicon Valley (voyez mon Internet nouvelle voie) soient contents. Le film Idiocracy, écrit par un des Coen, le montre finalement. Une humanité de fauchés, d’abrutis, d’affreux sales et méchants subsiste dans des ruines affreuses sorties des romans de Dick. Mais elle n’a pas l’air mécontent ! Et si finalement Klaus Schwab avait raison : si dans dix ans, les survivants abrutis étaient contents, les rares mécontents (tous vieux) s’étant suicidés ?

Last scene of all (dit Shakespeare), la situation en Israël, pays-phare des religions abrahamiques. Elle m’évoque l’apocalypse décrite par T.S. Eliot, texte lu à la fin d’Apocalypse now : c’est ainsi que le monde se termine, pas dans un boum, dans un murmure (not in a bang but a whimper). Quelle punition pour tant d’orgueil…

 

mardi, 09 mars 2021

Ne nous laissons pas assoter

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Luc-Olivier d’Algange:

Ne nous laissons pas assoter

J'apprends que l'Académie française, souvent mieux inspirée, chasse de son dictionnaire le mot «  assoter  ». Ce mot avait l'avantage de dire, mieux que la formule «  rendre sot  », cet assaut de sottise, cette sottise offensive et offensante, cette sottise qui assaille et dont la télévision, les débats publics, la publicité et la religion même, lorsqu'elle tombe aux mains d'effroyables barbares vaniteux, usent à notre détriment.

Se laisser assoter n'est rien d'autre que se laisser vaincre. On nous assote par la veulerie et la frayeur, la distraction et le travail, par l'ignorance et par le bourrage de l'information, par les généralités idéologiques et par les potins, par la musique d'ambiance et par le vacarme des rues, par la désolation des centres commerciaux et la puanteur de l'air, et même par les bons sentiments. Epargnons-nous d'étendre la liste, chacun sait, ou devrait savoir, ce qu'il en est.

Un homme assoté est un homme qui, littéralement, ne sait plus où il en est, c'est dire qu'il ne sait d'où il vient ni où il va. La réminiscence et le projet lui sont également interdit, - sinon un projet commercial, ou de carrière, dont l'horizon est un plan de retraite, - et plus interdite encore la présence d'esprit et la présence réelle.

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Le voici énervé, au sens étymologique, exactement privé du nerf qui lui permettrait de se ressaisir, - de se ressaisir dans un monde sans lequel il n'est rien: cette belle civilisation blessée, européenne, avec ses langues et ses œuvres, qui se délite de moins en moins lentement dans la stupeur et dans l'oubli.

Un homme assoté est sans défense; on peut lui faire dire et lui dire de faire n'importe quoi. Depuis qu'elle est devenue l'ennemie de sa propre civilisation, notre société est devenue une assourdissante machine à assoter. Voici donc les écrans, qui instillent la torpeur et la terreur; voici la publicité qui nous incline à cesser de désirer sinon ce qu'elle veut vendre; voici l'Economie, qui dissout toute chose concrète en abstraction; et voici la morale, une certaine morale, qui sert aux vils et aux ineptes de prétexte à l'abaissement de toute vertu, au sens antique, et de tout génie.

L'assoté tire fierté de son assotement, il s'en vante, s'en revendique contre ce qui subsiste encore vaguement, ici et là, d'une exigence aristocratique, d'un pouvoir de l'excellence, d'une générosité perdue. Les Grands Assotés nous gouvernent et se font élire au titre de Grands Assoteurs. La table rase est leur horizon, leur promesse. Rien ne doit demeurer de ce qui nous laissait le loisir de n'être pas assotés. Ni le silence, ni la vastitude, ni la solitude conquise, ni même l'orthographe ou la grammaire, ni rien de ce qui permettait de discerner, de reconnaître ou de comprendre. Le propre de l'assoté est de n'exister que dans le flou, le confus, l'indiscernable et l'interchangeable, et la fonction de l'Assoteur est de l'y maintenir. Sur ce point, on ne saurait dire qu'il lésine. Tout lui est bon, et il ne manque jamais de se féliciter des concours et des complicités les plus infâmes dans ce travail qui est un combat contre les moindres scintillements de l'esprit et les plus douces rumeurs de l'âme des peuples ou des individus.

Des qualités qui n'ont, à première vue, pas de rapport direct avec l'exercice de l'intelligence, tombent également sous sa vindicte car les Grands Assoteurs savent bien que leur règne est déjà menacé par le bon sens et le bon coeur, par la beauté simple des êtres et des choses et par le pressentiment de la merveille qui se laisse deviner, entre la forêt la clairière, par chaque matin qui recommence le temps dans l'ordre des jours.

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Aussi bien les Grands Assoteurs nous voudront-t-il non seulement ineptes, sans grammaire ni logique, mais aussi, et surtout, tristes et sans recours, moroses et sans élans, assignés à notre sottise comme l'âne attaché au piquet et qui tourne à s'y étrangler.

L'Assoteur étant lui-même passablement assoté, ses ruses sont elles-mêmes assez sottes et n'opèrent, par bonheur, que sur des esprits déjà enclins à la sottise. L'une d'elle consiste à dire et redire sans cesse, jusqu'à atteindre une sorte d'état hypnotique, que les rares heureux qui entendent résister à l'assotement ne le sont que par méchanceté, - le «  méchant  », en jargon d'assoteur (qui n'a cure d'exactitude historique) étant nommé «  réactionnaire  » ou «  fasciste  ». Il est vrai que certains, et certaines, sont bien méchants de ne pas se laisser assoter, de faillir au «  comme il faut  », tels ces enfants que l'on place communément aux Etats-Unis sous neuroleptiques pour avoir été «  méchants  », autrement dit, indociles.

La docilité ne s'invente pas, elle se prédispose. La remontrance ni la punition ne suffisent à rendre docile un indocile. Pour réduire vraiment les hommes à la servitude, il faut que l'Assoteur la leur serve volontaire, sous l'appellation de «   démocratie  ». Pour qu'elle puisse affirmer son âpre et mesquine force, il faut réduire l'espace où respirent l'âme et le corps qui portent l'esprit; il faut désanimer et désincarner.

A cet égard, la technique est une arme de choix, mais non la seule. Ce que veut la technique n'est jamais qu'un accomplissement de la volonté qui nous chasse de nos terres, de nos ciels et rend ainsi incompréhensibles les Symboles qui, naguère encore, opéraient à ces fulgurantes jonctions entre le visible et l'invisible dont resplendit le monde lorsqu'il est non plus utilisé mais contemplé.

Pour chasser les hommes de ce qu'ils sont, là où ils sont, il faut vider leur mémoire de tous les signes et intersignes, œuvres et chants qui leur rappellent leur provenance et leur donnent la chance d'une destination.

L'Ennemi frappe au plus vif, pour le nécroser, et ce plus vif, au commencement, est notre langue natale par laquelle toute sapience nous vient et coule de source. Pour l'Assoteur, dans sa version pédagogiste par exemple, il ne suffit pas que la langue s'appauvrisse, s'altère, il faut l'atteindre, à travers ses usages, dans ses règles mêmes afin d'accroître, autant que se peut, la confusion des esprits et rendre étrangères au premier regard les œuvres antérieures à ses calamiteuses réformes orthographiques et grammaticales.

Ne lui disputons point cette compétence, l'Assoteur connaît son travail: éloigner ce qui vivifie; rendre incompréhensible ce qui avive l'âme; précipiter les esclaves par destination dans la distraction et la tristesse; couper court, au nom de la morale, non celle des Moralistes mais celle, sinistre et envieuse, des moralisateurs, à tout instinct de révolte. Lors, le compte est bon. Il n'est plus de bonheur que celui qu'on achète, d'autre joie qu'imposée, et la pensée calculante trouve son règne sans partage.

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Il n'est pas nécessaire de verser dans quelque nietzschéisme caricatural pour se rendre à l'évidence   : un combat est mené contre notre puissance qui serait, si elle parvenait à s’épanouir, bonté et beauté. Ce combat est celui du pouvoir contre la puissance. Les hommes de pouvoir sont mus par l’envie. Les hommes de puissance le sont par la générosité et le don. La fonction du pouvoir est d’exercer contre la puissance une procédure vengeresse. Le pouvoir, pour s’étendre, doit répandre la tristesse et l’ennui, la confusion morose et l’hébétude, et, certes, il ne peut le faire sans l’immense armée supplétive constituée par les arriérés, barbares, énervés et déprimés de toutes sortes qui sont là pour diffuser partout où ils se trouvent la crainte d’autrui et le dégoût de soi. Ce sont eux qui, sitôt sortons-nous le nez de la boue, s’efforcent de nous convaincre que nos efforts sont vains, que notre cause est perdue et que nous sommes déjà vaincus.

N’en croyons rien  ! Si la défaite et la mort sont au bout du combat, elles ne le sont qu’au bout, à la fin, dans les hiéroglyphes des fins dernières, comme toute vie connait sa fin, étant naturellement cernée par la mort. Ce qu’ils veulent de nous, ces apôtres du néant, c’est notre mort, non à la fin, mais dans les heures mêmes de la vie   ; ce qu’ils convoitent, c’est notre défaite suscitée par leur seul récri indigné, notre soumission d’emblée, sans conditions.

Dès lors que nous comprenons que toute grande politique s’ordonne et s’est toujours ordonnée à la poésie, dès lors que notre stratégie se fonde sur Homère, la Bhagavad-Gîta et la Geste arthurienne plutôt que sur un stage «  force de vente  », la souveraineté nous demeure, sinon dans le temps de l’usure, mais, irréfragable, dans le temps du chant.

La seule défaillance fatale serait que le temps du chant, le temps des Muses, le temps du frémissement ardent, en lui, de l’éternité dont il est l’image mobile, cédât au temps de l’usure, - cette abstraction linéaire qui ne correspond à rien, ni dans la réalité de l’âme, ni dans celle du cosmos.

Dans le temps du chant s’éveillent et dansent toutes nos fidélités. Celles-ci ne sont pas des douairières acariâtres mais de jeunes silhouettes surgies des sylves et de l’écume. Elles ne nous relient pas à un passé embaumé, naturalisé ou «  muséal  » mais à l’éternité toute vive, rimbaldienne, de «  la mer allée avec le soleil  ». Fidélités ondoyantes, et non pas règlementaires, elles portent vers nous un parfum de prairies et de soleil, un sacré qui s’éprouve avant que nous fussions contraints d’y croire, un arc tendu, écharpe d’Iris, entre le visible et l’invisible.

En résistant à la guerre totale que la société, désormais, conduit contre la civilisation qu’elle devrait protéger et chérir, en refusant de nous laisser assoter, nous ne sauverons pas seulement une esthétique, une morale et une mémoire, mais ce secret même de l’être qui se nomme le possible.

On nous ressasse que «  tout a été dit  », que la conscience européenne de l’être est achevée, figée, que l’art est mort et qu’il ne nous reste plus qu’à nous soumettre aux plus tristes fatalités. «  Tout a déjà été dit  », on nous le disait déjà avant Proust, Céline, Ezra Pound   ; on nous le disait même avant Chateaubriand et Hugo. Sans doute le disait-on déjà avant Dante et même Virgile. Ce «  tout a été dit  » trahit surtout le manque d’imagination créatrice de celui qui le formule. Cette formule décourageante veut nous dire qu’ici, en Europe, tout est dit, et qu’il n’y a plus qu’à s’abandonner à la plus ostensible barbarie, à vouloir s’en rédimer en disparaissant. Un idéologue ou un journaliste s’en laisseront aisément convaincre. Il sera plus difficile d’en persuader un poète ou un homme d’action, - qui savent que de bien-pensants journalistes peuvent parler de tout sans rien dire du tout. Ce qui est véritablement dit vient de loin, de si loin que ceux qui parlent de tout n’en ont plus la moindre idée, et, littéralement, ne l’entendent pas. 

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Non seulement tout n’a pas été dit, et tout n’est pas dit, mais ce qui fut dit n’a pas même encore été entendu ni éprouvé dans sa plénitude, ce qui est dit n’est pas encore advenu au dire. Les milliers de travaux universitaires qui ont pratiqué sur les œuvres leurs médecines légales «  textuelles  » ne changent rien, bien au contraire, au fait troublant que les grands œuvres, ces événements de l’âme attendent encore leur avènement dans nos âmes. Virgile, Dante, Hölderlin, Nerval attendent dans la pénombre pour nous dire ce qui doit encore être dit, pour susciter en nous le ressouvenir, «  par-delà les portes de cornes et d’ivoire  ».

Les œuvres de la conscience européenne de l’être sont en attente, en puissance, et c’est contre elles qu’un Dédire universel, - que la démonologie expliquerait bien mieux que la sociologie,- travaille sans relâche  ; et c’est par elles, ces œuvres, qui sont attentes ardentes, que la puissance et le possible nous reviendront dans le plus beau des printemps.

Ainsi que dans le véritable amour, nous reprendrons tout au début, avant les défaillances et les trahisons, là où pointe la vérité de l’être, en sa fragilité émouvante de la jeune corolle. Nous passerons outre aux fastidieuses dérisions des lassés et des blasés. Parménide, Héraclite et Empédocle nous diront le secret de l’être et du feu, comme à des amis, au plus près de ce que nous éprouvons immédiatement, dans la senteur des aromates jetés au feu par notre belle nuit ourlée de la rumeur des flots.

Luc-Olivier d’Algange

mardi, 16 février 2021

Le Pokémon et la crétinisation technologique en 1880

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Le Pokémon et la crétinisation technologique en 1880

par Nicolas Bonnal

L'autre jour à Madrid, par quarante degrés centigrades et sur la plaza del sol, « des milliers » (comme on dit) de jeunes professionnels et autres étudiants prometteurs se sont réunis en tongues, short et T-Shirt pour une réunion Pokémon qui promettait beaucoup. Ils se réunissaient donc pour chasser le Pokémon devant les médias émerveillés qui en rendaient compte, et qui affirmaient qu'enfin les jeux vidéo ne sédentarisent pas (pourquoi leur chercher des poux dans la tête ? T'es facho ?), qu'enfin une action japonaise (Nintendo) montait autant qu'à Wall Street (où elles sont toutes achetées, comme Hillary, par les robots de la Fed insatiable), qu'enfin surtout soixante-cinq millions de zombies qui, comme dans un roman de Phillip K. Dick, faisaient la même chose (la chasse à une électro-bestiole donc) au même moment, c'était, c'est fantastique. Quel signe de modernité, tralala.

Nous sommes tombés bien bas mais, comme dit un allègre ami franco-algérien, qui n'a pourtant pas de permis camion, nous creusons encore ! Car enfin, souvenez-vous que du temps de nos aïeux, pour paraphraser Corneille, nous ne valions guère mieux. Nous avions déjà une technologie de choix pour nous ahurir, enfants de ce règne de la quantité et de la révolte des masses...

La seule et vraie révolution politique française, c'est 1870, et la seule grande révolution technologique, c'est l'électricité. C'est Villiers de l'Isle-Adam qui a le mieux perçu l'air du temps, qui est à la sottise entretenue, créée et chouchoutée par la benoite technologie. Le recueil des Contes cruels contient bien des perles qui calmeront les grincheux du web : nous étions alors crétinisés par l'avènement de la lumière et du reste. C'était pour reprendre le bon mot de Philippe Béchade l'inintelligence artificielle au berceau. Je ferai mon distinguo entre technique et technologie : la première sert et soutient le corps, la deuxième s'attaque à l'âme. La première vous transporte, la deuxième vous occupe.

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La force de Villiers, qui intéressera PhG, est de relier le phénomène de la technologie à celui du chauvinisme qui nous enverra à Verdun et ailleurs. Voyez ces mots qui en annoncent d'autres (de maux) :

« Autour de lui, sous les puissantes vibrations tombées du beffroi, − dehors, là−bas, au−delà du mur de ses yeux −, des piétinements de cavalerie, et, par éclats, des sonneries aux champs, des acclamations mêlées aux salves des Invalides, aux cris fiers des commandements, des bruissements d'acier, des tonnerres de tambours scandant des défilés interminables d'infanterie, toute une rumeur de gloire lui arrivait (1) ! »

Tout cela très lié donc au militaire festif et ludique, comme la guerre allemande du futur, qui enchante le Kaiser ou même le bien jeune Thomas Mann. Le mégaphone (revoyez le Dictateur de Chaplin pour comprendre) et la fée électricité annoncent les massacres qu'ils inspirent et encensent :

« Son ouïe suraiguë percevait jusqu'à des flottements d'étendards aux lourdes franges frôlant des cuirasses. Dans l'entendement du vieux captif de l'obscurité, mille éclairs de sensations, pressenties et indistinctes, s'évoquaient ! Une divination l'avertissait de ce qui enfiévrait les cœurs et les pensées dans la Ville (2). »

La guerre fraîche et joyeuse est d'abord une guerre électrique, une guerre de conditionnement donc. Macluhan a bien parlé de l'imprimerie pour la révolution puritaine en Angleterre (révolution si j'ose dire du peuple du Livre et de la livre...).

Après Villiers lance le grand débat auquel personne ne répond jamais : les membres du docte public moderne, les gens donc, sont-ils abrutis par la technologie ou sont-ils ahuris naturellement ? Céline était clair : pour lui le populo n'est pas victime, il est collabo, et il n'apprécie que le faux et le chiqué :

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« Que demande toute la foule moderne ? Elle demande à se mettre à genoux devant l'or et devant la merde !... Elle a le goût du faux, du bidon, de la farcie connerie, comme aucune foule n'eut jamais dans toutes les pires antiquités... Du coup, on la gave, elle en crève... Et plus nulle, plus insignifiante est l'idole choisie au départ, plus elle a de chances de triompher dans le cœur des foules... mieux la publicité s'accroche à sa nullité, pénètre, entraîne toute l'idolâtrie (3)... »

Autrement dit la technologie révèle la bêtise humaine, elle ne la fabrique pas ; elle la répand, elle ne la provoque pas. Medium is not message. Quelques milliers de Happy Few chaque jour pour Dedefensa.org, un milliard pour Lady Gaga et son Twitter (sans oublier le million de commentaires par chanson, - voyez YouTube et vous saurez de combien de zombis vous êtes entourés), qui aplatit pape, Trump, Clinton, tout « le flot de purin mondiale » qu'a dénoncé notre bon Francis Ponge.

Moins agressif, mais aussi misanthrope que Céline ou Léautaud, Villiers ajoute :

« Car le public raffole, remarquez ceci, de l'Extraordinaire ! Mais, comme il ne sait pas très bien en quoi consiste, en littérature (passez−moi toujours le mot), ce même Extraordinaire dont il raffole, il s'ensuit, à mes yeux, que l'appréciation d'un portier doit sembler préférable, en bon journalisme, à celle du Dante (4). »

Villiers écrit que dans la société du spectacle il ne faut pas faire semblant d'être bête (c'est trop difficile) : il faut l'être.

« Mais le pire, c'est que vous laissez pressentir dans l'on ne sait quoi de votre phrase que vous cherchez à dissimuler votre intelligence pour ne pas effaroucher le lecteur ! Que diable, les gens n'aiment pas qu'on les humilie (5) ! »

Et on a bien fait de détrôner ces rois qui avaient des goûts élitistes. Ils préféraient Phèdre et le roi Lear à American pie ou Taxi.

« Les rois, tout ennuyeux qu'ils soient, approuvent et honorent Shakespeare, Molière, Wagner, Hugo, etc. ; les républiques bannissent Eschyle, proscrivent le Dante, décapitent André Chénier. En république, voyez−vous, on a bien autre chose à faire que d'avoir du génie ! On a tant d'affaires sur les bras, vous comprenez (6). »

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Certes on a notre classe moyenne relookée en bobo qui adore se presser aux expos. Mais comme elle ne fait pas la différence entre Turner et Rothko, entre Memling et Dubuffet, elle accomplit le mot de mon ami Paucard sur la crétinisation par la culture (7).

Puis notre écrivain maudit (il mourut de faim ou presque, ce descendant de croisé, après avoir épousé sa bonne) énonce la loi d'airain du système ploutocratique, démocratique et technologique moderne (loi que dénonçaient aussi bien Poe ou Thoreau) : dépenser beaucoup et fabriquer beaucoup d'effets spéciaux pour vendre... rien du tout ou presque. La camelote...

« On voit d'ici ce mouvement, cette vie, cette animation extraordinaire que les intérêts financiers sont seuls capables de donner, aujourd'hui, à des villes sérieuses. Tout à coup, de puissants jets de magnésium ou de lumière électrique, grossis cent mille fois, partent du sommet de quelque colline fleurie, enchantement des jeunes ménages, − d'une colline analogue, par exemple, à notre cher Montmartre ; − ces jets lumineux, maintenus par d'immenses réflecteurs versicolores, envoient, brusquement, au fond du ciel, entre Sirius et Aldébaran, l'Oeil du taureau, sinon même au milieu des Eyades, l'image gracieuse de ce jeune adolescent qui tient une écharpe sur laquelle nous lisons tous les jours, avec un nouveau plaisir, ces belles paroles : On restitue l'or de toute emplette qui a cessé de ravir (8)! »

Eh oui, il faut faire les courses et surtout se faire rembourser si on n'est pas content. Notez que Zola écrit la même chose ou presque dans son Bonheur des dames. Sauf qu'il adore lui le système. La femme va au bruit, dit-il...

« Il professait que la femme est sans force contre la réclame, qu’elle finit fatalement par aller au bruit (9). »

Enfin, bien avant le culte hollywoodien (peu avant en fait, car enfin il a écrit sur Edison), Villiers décrit une tordante machine à gloire – car on veut tous être célèbre comme Andy Warhol, Woody Allen ou les ayatollahs.

« Le rendement de sa machine, c'est la GLOIRE ! Elle produit de la gloire comme un rosier des roses ! L'appareil de l'éminent physicien fabrique la Gloire. Elle en fournit. Elle en fait naître, d'une façon organique et inévitable. Elle vous en couvre ! N'en voulût−on pas avoir : l'on veut s'enfuir, et cela vous poursuit (10). »

Et si un public par trop assoupi ne répond pas assez vite, qu'on lui botte le derrière, comme aux émissions dites de divertissement ! Il faut qu'il applaudisse le célèbre.

auguste-villiers-de-lisle-adam-fb1b9c9b-f9f7-44f5-af75-bea59e6c370-resize-750.jpg« Ici, la Machine se complique insensiblement, et la conception devient de plus en plus profonde ; les tuyaux de gaz à lumière sont alternés d'autres tuyaux, ceux des gaz hilarants et dacryphores. Les balcons sont machinés, à l'intérieur : ils renferment d'invisibles poings en métal − destinés à réveiller, au besoin, le Public− et nantis de bouquets et de couronnes (11). »

Tout cela pour dire que finalement le Pokémon n'est pas si grave !

On laisse Villiers nous amuser une dernière fois, et hélas plus qu'un Alphonse Allais :

« Témoin le délicieux Appareil du professeur Schneitzoëffer (junior), de Nürnberg (Bayern), pour l'Analyse chimique du dernier soupir. Prix : un double thaler − (7 fr. 95 avec la boîte), − un don ! ... − Affranchir. Succursales à Paris, à Rome et dans toutes les capitales. − Le port en sus. − Eviter les contrefaçons. Grâce à cet Appareil, les enfants pourront, dorénavant, regretter leurs parents sans douleur ... C'est à se demander, en un mot, si l'Age d'or ne revient pas (12). »

Car l'âge d'or a la vie dure !

Nicolas Bonnal

Notes

1.) Villiers, Contes cruels, Ed. Garnier, conte Vox populi.

2.) Ibid.

3.) Céline, Bagatelles pour un massacre, p.33.

4.) Villiers, op.cit., Deux augures.

5.) Ibid.

6.) Ibid.

7.) Alain Paucard, la crétinisation par la culture, l'Age d'Homme.

8.) Villiers, op.cit., l'affichage céleste.

9.) Zola, Au bonheur des dames, chapitre IX.

10.) Villiers, op.cit., la machine à gloire.

11.) Ibid.

12.) Villiers, op.cit., L'appareil pour l'analyse chimique du dernier soupir.

dimanche, 07 février 2021

Mais quelle est cette secte qui dirige le monde ?

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Mais quelle est cette secte qui dirige le monde ?

par Piere-Emile Blairon

Portrait d’un robot

Il nous faut d’abord dresser un portrait-robot (on ne peut pas si bien dire !) du sectateur mondialiste-type ; choisissons-le de nationalité française, celle que nous connaissons le mieux, mais il n’est pas plus Français que Guatémaltèque ou Martien.

Il a été formaté en France (ENA et Sciences Po) et aux Etats-Unis (Yale ou Harvard) ; c’est un Young Leader[1], la créature arrogante d’une sorte de club élitiste franco-américain qui se permet de choisir (en finançant leurs études) les futurs dirigeants politiques, financiers, économiques et médiatiques de la société française (existe maintenant en version franco-chinoise - on n’arrête pas le progrès- avec la bénédiction de l’inévitable Attali, le fléau de Dieu, celui qu’on voit sourire béatement derrière chaque Président français depuis Mitterrand lors des cérémonies d’investiture).

Le Young Leader fait aussi partie de l’une ou de plusieurs de ces officines qui rassemblent leurs membres périodiquement dans un grand fracas médiatique sous prétexte que leurs réunions sont « secrètes » : Bilderberg, Trilatérale, Open Society de Soros, Forum de Davos, Fondation Rockfeller, le club Le Siècle d’Olivier Duhamel[2], Skull and Bones, Fondation Gates, etc.

Notre homme-robot est un parfait nomade qui n’a de connaissance des pays qu’il traverse que le confort des hôtels de luxe qui l’hébergent, confort agrémenté de « shoots » et de gâteries sexuelles selon ses « orientations », la plupart du temps exclusivement perverses (c’est qu’on s’ennuie dans la routine !)

On lui a inculqué une aversion totale pour la nature, l’histoire, les traditions, l’enracinement, l’attachement à un sol ou à un peuple ; il n’a aucune connaissance culturelle en dehors de ses spécialités consacrées principalement à l’économie, aux opérations boursières et à l’art de manipuler les foules en jouant de la flûte ; il est probable qu’un élève studieux d’une 3ème des années 1950 aurait pu lui en remontrer en culture générale mais s’il ne s’est jamais aventuré dans les labyrinthes lumineux de la langue d’un Gracq, il vous dira ce qu’il faut en penser parce que ses maîtres n’auront pas oublié de programmer le neurone adéquat. Notre « homme » est un as de la simulation et de la dissimulation.

Enfin, pour compléter ce charmant tableau, il a une haine viscérale pour « le bon peuple » en même temps que ces manants lui inspirent une trouille tout aussi incontrôlée ; c’est juste à ce (dernier) moment qu’il redevient humain.

Il nous faut voir maintenant comment on est arrivé à l’émergence d’un tel monstre.

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Les films prophétiques de Stanley Kubrick

Stanley Kubrick est mort le 7 mars 1999 juste après avoir terminé la réalisation de Eyes wide shut, qu’il considérait comme son meilleur film. Il y a donc 22 ans.

La plupart des spectateurs du film, mais aussi des critiques, n’y ont rien compris ; et, mieux, pour se défendre de leur incapacité à l’expliquer, ils ont affirmé que, de toutes façons, il n’y avait rien à comprendre, que ce n’était qu’un « film de cul » décrivant une orgie satanique organisée par l’upperclass new-yorkaise avec un scénario aux dialogues indigents rappelant le film de série B éponyme : Orgie satanique, sorti en 1965. Ce bon Kubrick est bien fatigué, circulez, y a rien à voir.

Mais Stanley Kubrick ne s’est pas contenté d’être parmi les plus grands cinéastes de tous les temps, salué pour sa technique et l’éclectisme de ses choix, il est aussi un visionnaire, de ceux dont on ne reconnaît le génie prédictif que lorsque les événements qu’ils ont décrits arrivent effectivement.

J’ai choisi de parler des œuvres de Stanley Kubrick pour n’avoir pas à remonter aux racines du mal, à savoir au frankisme (fin du XVIIIe siècle), aux Illuminati (début du XVIIIe siècle) ou aux francs-maçons (fin du XVIe siècle) même si ces sociétés plus ou moins secrètes et d’autres beaucoup plus anciennes (la Kabbale, La Confrérie du Serpent) constituent les références (mal comprises) de celle qui gouverne la planète aujourd’hui.

2001 : L’Odyssée de l’espace et le transhumanisme

2001 : L’Odyssée de l’espace, l’autre film prophétique de Kubrick est sorti en 1968 ; il y a trois personnages principaux dans ce film : un monolithe noir[3] qui symbolise la Connaissance apportée aux hommes par des extraterrestres, vraisemblablement originaires de Jupiter, un humain, David Bowman, qui servira d’objet d’observation à ces mêmes extraterrestres[4], un ordinateur, appelé Hal 9000 dans la version originale et Carl 500 dans la version française qui va préfigurer la révolte des robots qui vont s’humaniser jusqu’à défier leurs créateurs et se libérer de leur joug. En quelque sorte, l’histoire de Prométhée défiant les dieux qui recommence.

Le scénario ? Il y a plusieurs millions d’années, une tribu d’australopithèques découvre un monolithe noir déposé devant leur caverne ; en le touchant, ils acquièrent un savoir qui leur permet d’utiliser les os des animaux qu’ils mangent comme armes pour vaincre les tribus ennemies. C’est la scène-culte, exactement archéofuturiste, la plus célèbre de l’histoire du cinéma, qui montre l’un d’eux tuant son adversaire avec un os qu’il va ensuite lancer vers le ciel ; l’os tournoyant se transforme en un vaisseau spatial qui vogue au rythme d’une valse de Strauss ; raccourci stupéfiant entre notre plus vieille histoire et notre plus lointain futur. Une équipe de cosmonautes retrouvera ce même monolithe enfoui dans le sol lunaire[5], émettant des ondes en direction de Jupiter ; il sera encore présent, immense, en orbite autour de Jupiter où va accéder David Bowman au terme d’un voyage à travers l’espace et le temps, et le temps aussi de sa propre vie qui défilera devant les yeux hallucinés du cosmonaute.

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Le monolithe noir se dressera une quatrième fois, implacable, tel Thanatos, le juge des morts, devant le lit de Bowman, vieillard agonisant.

La dernière image du film est celle d’un fœtus, probablement Bowman lui-même, image d’espoir, de recommencement, de renaissance, symbolisant le cycle des réincarnations.

Une grande partie du film, entre les fantastiques images de début et de fin, raconte l’emprise progressive du robot sur les humains qui sont censés êtes ses maîtres. L’humanisation du robot ou la robotisation de l’Homme est un lieu commun de la science-fiction depuis Frankenstein. L’œuvre de Marie Shelley, si bien nommée : Frankenstein ou le Prométhée moderne, a été écrite en 1818 ; on connaît l’histoire : Un jeune savant nommé Frankenstein[6] décide de fabriquer un être humain en assemblant des parties diverses de cadavres glanées dans les cimetières. Nous allons voir que « La secte qui dirige le monde » a plus d’affinités avec la créature hagarde de Frankenstein, composée de chairs putrides sanguinolentes, qu’avec une répliquante (femme-robot) de Blade Runner (l’autre film-culte de la SF) mignonne et bien propre sur elle.

C’est cette partie-là du film qui met en vedette le robot qui intéresse précisément La-Secte-qui-dirige-le-monde ; Car la principale obsession (ils en ont d’autres) des membres de la Secte qui sont biologiquement des humains, quoiqu’ils fassent, est l’immortalité du corps ; celle de l’âme ne les intéresse aucunement comme ne les intéresse pas non plus les corps autres que le leur, ils ne sont pas du tout altruistes ; quand ils pensent « élitistes », il convient de traduire : égoïstes ; les Sectateurs sont psychiatriquement malades, dotés d’un ego surdimensionné, d’une vanité incommensurable (qui se traduit universellement par ce qu’on appelle l’hubris), d’un narcissisme hors normes qui en fait des manipulateurs pervers ; on retrouvera ces traits de leur caractère tout au long de leur parcours sociétal, notamment par de sordides faits divers qui les impliquent dans des histoires de délinquance financière ou sexuelle dont ils se sortent toujours. On ne compte plus les membres du gouvernement mis en examen[7].

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Les Sectateurs sont progressistes, c’est-à-dire qu’en bons matérialistes athées, ils ne croient qu’au progrès de la technique, or, ce progrès-là se heurte, dans son évolution qu’ils aimeraient infinie et sans obstacle, à une évidence naturelle que nous pensions jusqu’à présent incontournable : la mort.

Les Sectateurs se comportent comme des Titans prométhéens : ils rêvent de gigantisme (de titanisme), ils rêvent d’être Dieu, de le remplacer, de créer (pour eux uniquement) un paradis sur Terre.

Les savants savent désormais comment enrayer l’oxydation des cellules qui est le principal facteur de leur vieillissement[8] ; Les études qui se poursuivent dans ce domaine sont, bien évidemment, financés par les richissimes dirigeants de la Secte, comme ils financent aussi la recherche sur les nanoparticules insérées dans des corps humains qui permettront de changer les organes déficients et donc, à terme, le corps en entier[9]

Mais, mesdames et messieurs qui me lisez, ne rêvez pas ! L’immortalité, ça n’est pas pour vous !

Et c’est là que vous allez comprendre (pour ceux qui ont raté quelques épisodes[10]) ce qui est en train de se passer au moment où j’écris, le 3 février 2021.

« Rien ne garantit qu’une humanité augmentée sera tolérante vis-à-vis des humains traditionnels. [] La possible tyrannie de la minorité transhumaniste doit être envisagée avec lucidité. »

41mXuqlRuwL._SX303_BO1,204,203,200_.jpgAinsi s’exprime le représentant du transhumanisme en France, Laurent Alexandre, dans son livre dont le titre ne prête à aucune ambiguïté : La Mort de la mort[11].

Et il va rajouter un peu plus loin :

« Avoir des millions de nanorobots médicaux dans le corps est une perspective intéressante, à condition que la sécurité informatique soit assurée. Imaginez que des bioterroristes parviennent à prendre le contrôle de ces nanorobots ! En les rendant agressifs, ils pourraient tuer d’un clic de souris des millions d’individus […] Une attaque terroriste virale, avec par exemple une version génétiquement modifiée du SRAS, de la variole ou autre, pourrait provoquer des millions de victimes avant qu’un vaccin ne soit disponible[12]. »

Epoustouflantes, ces dernières lignes, non ? Le copain de Bill Gates a écrit son livre en 2011, il y a 10 ans !

Mais les premières lignes sont aussi « prophétiques » ; je le dis et le redis : la Secte ne cache jamais rien de ses monstrueuses intentions. D’abord, la menace : « la possible tyrannie de la minorité transhumaniste » que la Secte met précisément à exécution en ce moment. Puis le projet est exposé : en fait de « terroristes », ce sont les adeptes de la Secte eux-mêmes qui prendront « le contrôle de ces nanorobots » et qui pourront donc éliminer à leur guise tout contrevenant à leurs diktats : « ils pourraient tuer d’un clic de souris des millions d’individus », rajoute Alexandre.

Il n’a jamais été question pour la Secte d’étendre le bénéfice de l’immortalité corporelle à l’ensemble de l’humanité. Et pour cause ! Imaginez la planète qui déborde déjà avec 7 milliards d’individus dont les enfants pourraient ne jamais mourir… Là encore, la Secte nous a avertis (par les inscriptions sur les « Georgia Guidestones[13] ») qu’elle avait fixé le seuil maximal de la population mondiale à 500 millions d’individus. Il faut bien éliminer les autres d’ici là, donc 6 milliards 500 millions d’humains.

La Secte espérait bien arriver à ses fins avec la fabrication par les Chinois (et les Français aussi, semble-t-il) d’un virus qui permettrait une belle hécatombe pour commencer. Raté, l’éléphant n’a accouché que d’une souris et la terrible pandémie que d’une grippe à peine plus sévère que les grippes saisonnières. La Secte va-t-elle se rattraper avec l’inoculation d’un pseudo-vaccin OGM[14] bien mortel ? L’avenir nous le dira. En attendant, le premier volet de l’objectif Covid a été pleinement atteint : la soumission de la population planétaire aux injonctions pourtant hautement stupides de la Secte ; mais, d’un mouton, on ne fait pas un loup et d’un imbécile un génie et, comme disait Céline : « J'ai toujours su et compris que les cons sont la majorité, que c'est donc bien forcé qu'ils gagnent ! »

Eyes wide shut et le satanisme

Revenons au dernier film de Kubrick ; le titre est éloquent : les yeux grand fermés ; c’est exactement l’attitude de repli des populations actuellement ; il n’est de pire sourd que celui qui ne veut pas entendre ; les éléments qui viennent à l’encontre du matraquage médiatique concernant cette pseudo-pandémie comme les statistiques officielles prouvant les unes après les autres qu’il n’y a jamais eu d’augmentation du nombre de morts supérieure à la moyenne depuis 1945 ne servent à rien ; les masses ont décidé de ne rien voir, de garder les yeux fermés. Il est plus confortable d’adopter une attitude moutonnière et de faire comme la majorité plutôt que de penser par soi-même, de se faire une opinion et de découvrir que la vérité va à contre-courant de la doxa officielle.

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Là encore, la Secte ne cache pas les statistiques ni leur caractère officiel, donc authentique et vérifiable comme si elle savait que rien désormais ne pourrait convaincre les foules que le Covid n’existe pas et n’a jamais existé ; le lavage de cerveau, qui fait croire qu’on peut mourir du Covid alors qu’on meurt d’une comorbidité (ou de vieillesse, ou des deux), s’est avéré d’une totale efficacité sur la quasi-totalité de la population planétaire et l’on reste toujours effaré de constater cette unanimité même si l’on connaît les méthodes employées pour arriver à ce résultat. L’idée m’était même venue (parce que j’aime bien lire des ouvrages de science-fiction) que ce pouvait être avec l’appui (et sur l’injonction) d’autres puissances extérieures à notre monde, plus efficaces que la Secte, mais tout aussi nocives, sinon plus.

En vérité, et pour revenir sur Terre, notre planète, cette technique de propagande (du titre de l’ouvrage d’Edouard Bernez, Propaganda, dont se sont inspirés tous les petits apprentis-dictateurs), a été bien étudiée par Noam Chomsky, Lucien Cerise ou Philippe Bobola qui nous ont expliqué comment fonctionne la « fabrication du consentement » des masses sur le principe de l’hypnose, ce qu’on appelle « l’ingénierie sociale ».

Mais ce titre – et ce film – concernent un autre domaine, moins policé et moins lisse sur le plan esthétique que celui traité par 2001 : l’Odyssée de l’espace, où l’opinion est tout aussi volontairement aveugle et qui constitue l’autre visage de la Secte, encore plus effrayant, et c’est pour cette raison que ce visage est dissimulé dans les plus importantes scènes du film.

Le personnage principal est un médecin dont le rôle est interprété par Tom Cruise, fréquentant la haute bourgeoisie new-yorkaise, qui, par curiosité, se fait inviter à une soirée très spéciale et très fermée – il n’en sait pas plus - où l’on doit se rendre masqué.

Dans ce grand manoir fortement gardé où arrivent de luxueuses limousines, le jeune médecin va se trouver confronté à un spectacle mêlant à la fois la frénésie de scènes orgiaques et la rigueur glaçante d’une cérémonie accompagnée de lugubres mélopées, offrant tous les aspects d’un rite satanique. Le médecin, qui n’a pas reçu d’invitation en bonne et due forme, est démasqué – dans les deux sens du terme - et doit encourir une lourde sanction dont on devine la sévérité ; il est secouru par une jeune femme qui s’offre à sa place en sacrifice et qui sera effectivement retrouvée morte le lendemain d’une overdose.

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Il raconte sa mésaventure à Ziegler[15], l’organisateur de la soirée qu’il connait bien, puisqu’il est l’un de ses riches patients, mais dont il ignorait le rôle et la présence à la soirée. S’ensuit au cours de cette entrevue un dialogue où Ziegler l’admoneste et lui fait entrevoir le danger auquel il vient d’échapper : « Ecoute, Bill, tu ne sais pas dans quel guêpier tu t’es fourré hier soir. Tu as une idée du monde que tu as côtoyé ? Crois-moi, ces gens ne sont pas n’importe qui ; si je te disais comment ils s’appellent… Je ne vais pas le faire, évidemment, mais si je te le disais, tu n’en dormirais pas de la nuit. »

Drogue, sexe, satanisme, meurtres, magie noire : la Secte. L’affaire Epstein 20 ans avant. Il n’y manque que la pédophilie et les enfants offerts en sacrifice au diable.

Magie kabbalistique et puritanisme biblique : l’alliance de la carpe et du lapin

Mais, pour revenir à la réalité, comment des gens qui ne croient ni à Dieu, ni à diable, participeraient-ils à de telles orgies dont le decorum et les rites semblent inspirés d’une autre époque ? Comment une femme aussi austère que Christine Lagarde qui dirige le FMI peut-elle s’enticher de numérologie[16] ?. On l’entend dans cette vidéo demander à son auditoire de « penser au 7 magique » et prédire en 2014 (guématrie : 7, en additionnant les chiffres) » les 7 années prospères qui vont suivre jusqu’à 2021 », année où « le FMI aura quelque à faire ».

Sans doute, 7 années « prospères » pour les mondialistes et une année 2021 où ils espèrent leur triomphe final, mais une année terrible pour les peuples opprimés par eux.

La secte la plus célèbre et la plus fermée des Etats-Unis a son siège à Yale ; elle a été fondée en 1832 et a accueilli en son sein certains présidents des Etats-Unis, comme la famille Bush ; la secte s’appelle très romantiquement Skull and Bones, crâne et os. Des visiteurs qui se sont introduits par effraction dans le « saint des saints » ont contemplé un décor funèbre : murs tapissés de velours noir ou rouge, pentagramme, une gravure représentant un cercueil et des crânes Tous les ingrédients du parfait petit magicien, genre Harry Potter. On pourrait en sourire si cette caricature de décor de film pour faire peur aux enfants n’était pas prise au sérieux par les individus les plus puissants des Etats-Unis et donc de la planète.

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Il est probable que cette mise en scène macabre qui souligne l’attrait des Américains pour le satanisme considéré alors comme une transgression libératrice, trouve ses origines dans celles des Etats-Unis, avant même les pompeux rituels maçonniques, lorsque les premiers puritains chassés d’Angleterre s’installèrent dès 1620 dans le Massachusetts, gens frustes et manichéens n’ayant pour tout repère spirituel que les injonctions bibliques auxquelles ils s’adonnaient dans la plus stricte observance, étouffant les moindres tentatives de liberté de penser et d’indépendance ; c’est dans ce même Massachusetts que, quelques années plus tard, en 1692, éclata l’affaire des « sorcières » de Salem et les procès sordides qui s’ensuivirent qui aboutirent à l’exécution de 14 femmes et 6 hommes.

Nous allons retrouver ce même archaïsme superstitieux dans ce qu’on pensait être l’endroit idéal où s’épanouissait la « modernité », la joie de vivre et la libération des mœurs de cette Amérique coincée : Hollywood.

On se trompait lourdement ; le cinéma américain est tout aussi prude que les premiers pilgrims et il faut s’appeler Kubrick pour oser filmer une paire de fesses ; par contre, l’hémoglobine coule à flots et on s’ingénie à montrer complaisamment et avec force détails tous les massacres, à la tronçonneuse ou avec tout autre ustensile.

Les affaires de sexe ne se traitent pas dans les films, elles se font dans les coulisses et sur les canapés des producteurs ; le répugnant Weinstein sera le premier à tomber sous la charge accusatrice de pas moins de 93 actrices.

Les Américains, dont les pulsions sexuelles étaient refoulées depuis des siècles, s’étaient arrangés autrement depuis longtemps et s’adonnaient secrètement à toutes sortes de perversités, pratiques d’autant plus facilitées qu’ils disposaient d’un solide compte en banque et d’une notoriété suffisante pour décourager les soupçons.

Hollywood et la pédophilie

Mais que peut-on chercher quand on a tout : l’argent, le pouvoir, la gloire ? D’abord, l’immortalité, on l’a vu ; mais après ?

Eh bien, on cherche des dérivatifs à son ennui (surtout s’il doit durer éternellement) , de nouvelles sensations, on cherche à jouer avec ses pairs à qui repoussera toujours plus loin les limites de sa puissance et à transgresser tout ce qui paraît constituer les tabous d’une société qui ne doivent être respectés que par les autres, ceux qu’on paye et qu’on domine.

Et voici qu’on en arrive à la pédophilie, une perversion qui gangrène la totalité de la planète.

Aux USA, le FBI annonce qu’il y a actuellement 1800 enquêtes en cours, qu’une opération datant du mois de janvier de cette année a permis de libérer 33 enfants, que 473 personnes ont été arrêtés l’année dernière pour trafic d’enfants[17].

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Hollywood se retrouve encore en première ligne. Un jeune producteur hollywoodien s’est résolu à dénoncer ce dont il a été témoin[18] ; c’était en août 2020.

Et la saga Epstein était déjà passée par là, affaire qui, après celle de Weinstein, libère la parole ; Epstein, cet homme d’affaires milliardaire, agent du Mossad et de la CIA – exactement le même profil que le père de sa compagne Guislaine Maxwell, Robert Maxwell, milliardaire britannique aujourd’hui disparu[19] – filmait les ébats sexuels de ses prestigieux invités avec des jeunes filles mineures ; cela permettait ensuite bien sûr de les faire chanter ; on a répété entre autres les noms des Clinton[20] et du prince Andrew, le fils de la reine Elisabeth ; Epstein sera retrouvé pendu dans sa cellule ; personne ne croit à un suicide, bien sûr ;  il est inutile de s’attarder sur cette affaire que tout le monde connaît ; il nous faut juste rappeler que, dans ce grand cercle des puissants, tout le monde se fréquente, investit dans les mêmes entreprises, échange ses partenaires, femmes, filles, fils, maris, se retrouve dans les mêmes clubs sélects, les mêmes plages paradisiaques, les mêmes îles privées, prend les mêmes cocktails dans les mêmes yachts ou les mêmes jets, boit les mêmes coupes de champagne dans les mêmes hôtels particuliers, tous aussi luxueux dans n’importe quelle partie du globe, et participe, in fine, aux mêmes orgies pédo-sataniques sans crainte de se faire prendre en se protégeant les uns les autres.

Guislaine Maxwell est toujours en prison et toujours vivante ; parlera-t-elle ? Rien n’est moins sûr maintenant que ses amis sont au pouvoir en Amérique.

Du marécage new-yorkais au Marais parisien

Epstein avait des liens étroits avec la France, il possédait un bel hôtel particulier à Paris, avenue Foch, Guislaine Maxwell est britannique, mais aussi française (née à Maisons-Laffitte), mais aussi américaine ; l’une de ses sœurs, Christine, spécialisée dans le domaine de l’internet avec sa société Chiliad, s’est installée en France, à Meyreuil, une petite commune limitrophe d’Aix-en-Provence, à la fin des années 1990[21]

Jeffrey Epstein avait un correspondant à Paris, Jean-Luc Brunel-Benchemoul, qui avait créé deux agences de mannequins et qui aurait fourni Epstein en très jeunes filles ; accusé de viol sur mineurs, il a été arrêté par la police française le 17 décembre 2020.

Comme l’Europe et la France ont toujours avalé toutes les turpitudes venant des USA, le courant pédophile a traversé l’Atlantique pour s’installer en France où il semble encore plus actif, et peut-être depuis aussi longtemps qu’aux Etats-Unis.

Tout comme en Amérique aussi, les langues se sont récemment déliées avec le témoignage de nombreuses victimes de pédophiles gravitant dans les hautes sphères du pouvoir politique, médiatique, culturel.

Certains se souviennent de l’affaire du Coral en 1982, un centre éducatif où ont été commis des actes pédophiles ; l’un des protagonistes, qui accusait certaines personnalités du monde politique et littéraire (déjà) est retrouvé mort ; les enquêteurs ont conclu à un suicide (déjà).

En 1996, c’est l’affaire Dutroux en Belgique, en 2003, l’affaire Fourniret, en 2005, l’affaire d’Outreau, en 2007, l’affaire Evrard… mais c’est l’affaire Matzneff,  qui va véritablement réveiller l’opinion en 2019 quand elle s’aperçoit que les milieux culturels, politiques et médiatiques étaient depuis toujours très tolérants à l’égard de la pédophilie au point que certains individus invités à l’émission Apostrophes dirigée par Bernard Pivot, comme Daniel Cohn-Bendit ou Gabriel Matzneff, n’hésitaient pas à décrire leurs expériences pédophiles.

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Le livre de Vanessa Springora paru en décembre 2019, qui raconte sa relation avec Matzneff alors qu’elle avait 14 ans, jette un pavé dans la mare de la bienpensance ; le livre de Camille Kouchner, fille de Bernard Kouchner et d’Evelyne Pisier, Familia Grande, s’engouffre dans la brèche en dénonçant les agressions sexuelles commises envers son frère Julien par leur beau-père, Olivier Duhamel.

C’est ainsi que l’on reparle de la mort mystérieuse de l’actrice Marie-France Pisier, retrouvée au fond de la piscine de la propriété familiale de Sanary, par la voix de Julien : « Je n'ai jamais cru que ma tante se soit suicidée, mais je ne sais pas comment elle est morte. Ma seule certitude, c'est que toute cette histoire [concernant l'acte de pédophilie] l'a tuée. » Marie-France Pisier s’était élevée, avant sa mort, contre l’apathie de sa soeur à propos des relations connues d’Olivier Duhamel avec son beau-fils ; il se passait de drôles de choses dans cette maison de Sanary où « les jeunes sont offerts aux femmes plus âgées » selon les dires de Camille[22]. Enfin, la dernière qui vient de sortir, le 25 janvier 2020, juste quelques jours après l’affaire Duhamel : l’affaire Richard Berry, un acteur connu, marié à l’époque à Jeane Manson, chanteuse et actrice, accusé par sa fille de l’avoir violée alors qu’elle avait 8 ans ; elle en a 45 aujourd’hui.

Il est fort probable que la liste des plaintes à venir sera longue, en Amérique, en France et ailleurs puisque ces pratiques incestueuses et pédophiles sont habituelles chez les adeptes de la Secte.

Pour conclure, j’aimerais donner un ordre d’idée de ce que pourrait représenter numériquement la Secte sur le plan mondial en prenant arbitrairement comme unité de base l’unité décimale pour simplifier.

Pour une population mondiale de 7 milliards d’individus (où l’on retrouve le chiffre 7) :

En passant rapidement sur le cœur du noyau de la Secte (7, 70, 700, 7000 qui seraient les véritables maîtres du monde) :

Les comploteurs seraient au nombre de 70 000, en y ajoutant les chefs d’Etat, les membres des gouvernements de la planète, les divers membres des clubs secrets déjà cités, les communicants : (journalistes, publicitaires), les grands patrons, les vedettes du showbiz collabos, la jet set, les syndicalistes corrompus… donc en pourcentage sur la totalité de la population planétaire : 0,001 %

Leurs affidés, leurs suiveurs, leurs employés, leur clientèle comme on disait chez les patriciens romains, leurs laquais, grassement payés, auxquels il faut rajouter leurs chiens de garde (leurs milices : police, gendarmerie…) bien dressés, à défaut d’être bien payés : 70 millions, soit 1 % de la population mondiale. Le dissident russe Zinoviev, opérant les mêmes calculs, estimait à quelques 50 millions le nombre de ces employés du Système[23] en 1999.

Les ennemis des comploteurs seraient les complotistes, selon la qualification des comploteurs. Nous reprendrons les mêmes chiffres, pour être à égalité. 70 000 résistants, lanceurs d’alertes, écrivains, journalistes, blogueurs, influenceurs qui ont analysé les intentions malfaisantes de la Secte bien avant le début de leur application, soit 0,001 %.

Les hommes et les femmes de bon sens, qui sont passé au travers du nuage toxique qui se diffuse principalement par hypnose (ingénierie sociale) en allumant la télévision (publicité, infos, images subliminales) ou la radio (publicité, infos, sons subliminaux) ; estimons donc cette population lucide et en bonne santé mentale à 70 millions d’individus, soit : 1 % de la population mondiale.

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Et puis, vient le troupeau inconscient qui a suivi les joueurs de flûte sans se poser de questions, qui le conduisent à l’abîme où il se jettera massivement. Les bons toutous muselés et décérébrés respectant les gestes-barrières (pas de barrières le long du précipice, la Secte a oublié d’en disposer) sont au nombre de 6 milliards 859 millions et des poussières, soit 98,998 % et des poussières.

En ramenant tous ces chiffres à la France, en supposant qu’elle contient 70 millions d’habitants, donc 1% de la population mondiale, nous obtenons 700 sectateurs comploteurs, 700 000 affidés, 700 résistants dits « complotistes », 700 000 personnes avec un cerveau en état de marche, et 68 millions 589 000 moutons lobotomisés.

L’objectif souhaité de 500 millions de survivants au maximum recommandé par les Georgia Guidestones sera largement atteint si rien ne change d’ici la fin.

Chapeau ! Rideau !

Pierre-Emile Blairon

Notes:

[1] Parmi tant d’autres exemples, Emmanuel Macron est Young Leader, ainsi que celui qui lui a servi de Premier ministre, Edouard Philippe.

[2] https://www.valeursactuelles.com/societe/onze-ministres-d...?

[3][3] Qui fait des émules en apparaissant mystérieusement un peu partout sur la planète Terre depuis 2019.

https://www.businessinsider.fr/ce-que-lon-sait-des-myster...

[4] https://www.premiere.fr/Cinema/Stanley-Kubrick-revele-le-sens-de-la-fin-de-2001-L-Odyssee-de-l-espace-dans-une-interview.

[5] Pour l’anecdote, 2001 : L’Odyssée de l’espace a été réalisé en 1968 ; le 21 juillet 1969, l’Homme (américain) marchait sur la Lune pour la première fois. Dans une vidéo que vous trouverez ci-après, diffusée par les Inrocks, qui aurait été tournée 3 jours avant sa mort, Stanley Kubrick disait que les Américains n’étaient jamais allés sur la Lune et que les images du prétendu alunissage ont été tournées par lui sur Terre sur commande des autorités américaines en compétition avec les Russes pour la maîtrise de l’espace à l’époque. Selon l’article des Inrocks qui accompagne ces images (et selon tous les medias mainstream), la vidéo en question est un faux (Moon hoax) et c’est un acteur qui tient le rôle de Kubrick ; je n’ai pas trouvé de réponses aux questions que je me pose mais elles existent peut-être : quel est le nom de cet acteur ? D’autre part, en 2021, les techniques de reconnaissance faciale et vocale sont suffisamment sûres pour permettre l’accès à des sites sensibles ; quelle est la société maîtrisant ces techniques qui a déterminé que l’homme qui parle dans cette vidéo ne peut pas être Kubrick ? https://www.lesinrocks.com/2019/03/08/cinema/actualite-ci...

[6] Il est toujours bon de le préciser car on assimile souvent le nom du créateur à sa créature.

[7] https://www.lesechos.fr/politique-societe/politique/ces-affaires-qui-ternissent-le-quinquennat-macron-138374

[8] Voir mon livre La Roue et le sablier, p. 263.

[9] Id. p.259.

[10] Voir mon article Objectif Covid : soumission et robotisation de la population planétaire, Nice Provence infos

[11] Laurent Alexandre, La Mort de la mort, éditions JC Lattès

[12] Voir La Roue et le sablier, p.265

[13] La Roue et le sablier, p 267

[14] Sacré avantage quand même pour ceux qui se feront vacciner : plus la peine de regarder les étiquettes dans les supermarchés pour savoir si le produit que vous achetez comporte des OGM ; les OGM sont déjà inclus : c’est vous !

[15] Interprété par le cinéaste Sidney Pollack, réalisateur de plusieurs chefs-d’œuvre, dont Jeremiah Johnson et Out of Africa.

[16] https://www.youtube.com/watch?v=cU6kwbHArYo

[17] https://exoportail.com/usa-33-enfants-disparus-retrouves-lors-dune-operation-de-lutte-contre-la-traite-detres-humains/?

[18] https://www.youtube.com/watch?v=TBb4HKQsn9w&fbclid=IwAR1iaz4-J3RgBg0fHdNTTlJL3jhwsT-CSnZFTfrkXHz9KKlJW_DpZL897Gw

[19] Mort mystérieuse, car cet excellent marin serait tombé de son yacht… en pissant par-dessus bord. Je n’ai pas compté le nombre de morts mystérieuses évoquées dans cet article.

[20] Le couple Clinton étant lui-même impliqué dans une affaire de pédophilie, le fameux « pizzagate ».

[21] https://www.thedailybeast.com/ghislaine-maxwell-where-in-the-world-is-jeffrey-epsteins-girlfriend

 « Her older sister, Christine Malina-Maxwell, has a home in Meyreuil, a semi-rural village about 8 miles from Aix-en-Provence » (Daily Beast)

[22] https://fr.news.yahoo.com/affaire-olivier-duhamel-sc%C3%A8nes-sordides-210414631.html

[23] La Roue et le sablier, p.208.

lundi, 25 janvier 2021

Investiture de Joe Biden, un show à l’américaine, rempli de symboles…

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Investiture de Joe Biden, un show à l’américaine, rempli de symboles…

Par Frédéric Andreu-Véricel

Une vice-présidente investie explicitement sur critère racial, une "lady gaga" déguisée en meringue venue pousser la chansonnette, une ado qui déclame un "poème" en hommage à la négritude ; un pasteur blanc, l'autre noir, un président Biden qui tient à peine debout, voici la pièce "Rainbow Society" qui s'est joué sur nos petits écrans.

Ce vendredi 22 janvier 2021, une chaîne concurrente diffusait un reportage sur les flamants roses de bien meilleur aloi. J'aurais bien voulu visionner ce reportage au lieu de devoir ingurgiter ce hamburger dégoulinant de ketchup "politically correct". Mais, voyez-vous, la politique française sonne de plus en plus comme une réplique - au sens sismique du terme - des éternuements politiques de l'Amérique.

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Pour un regard encore hanté par la loi naturelle, ce cérémonial ressemblerait plus à un casting d'une série américaine, la série B de la démocratie libérale (B comme "Biden") qu'à une investiture présidentielle.

Le metteur en scène brillait par son absence, et c'est bien normal car un film ne vous montre ni le metteur en scène, ni le producteur au cigare Havane, ni les transactions financières qui ont toujours lieu à huis-clos... tout ce que vous voyez, c'est la face émergée de l'Iceberg : le jeu des acteurs.

Telle est bien l'impression qui domine cette soirée de bien-pensance communielle : ceux qui détiennent les manettes du pouvoir ne sont pas médiatisés. Ceux qui détiennent les pouvoirs réels sont des oligarchies localisées, notamment, à New York, Riad et Tel Aviv, ces trois principaux centres névralgiques du Triangle des Bermudes de la géopolitique mondiale.

Ce vendredi 22 janvier, les oies du Capitole cacardaient leur hymne aux Droits de l'Homme Etranger, au communautarisme à base raciale, tout en sachant très bien que leurs gargarismes idéologiques, débrayés de toute organicité, n'effaceront jamais les fins de mois difficiles de millions d'Américains, ne freinera pas le décrochage de la classe moyenne, ni les tensions raciales au quotidien, faces cachées de l'American Dream.

Bref, la politique consiste désormais à substituer la dimension "cosmique" par une idéologie "cosmétique" peinte avec le rouleau de la société arc-en-ciel.

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Le président sorti (et non sortant) et sa belle épouse, brillaient par leur absence. Il n'y a donc pas eu de réelle passation de pouvoir mais plutôt une prise de pouvoir. Du jamais vu depuis 250 ans !

Au moment de l'investiture, Donald Trump jouait, parait-il, au golf dans son ranch de Floride survolé par les flamants roses...

Et puis, ce soir-là, un autre groupe brillait aussi par son absence : aucun indien Cherokee ! aucun Navajo, ni Iroquois ! Même plus récupérée comme symbole comme au temps des Westerns de mon enfance !

Simple oubli de casting ou augure prophétique ? Peut-être les deux à la fois, mon capitaine ! A quoi ressemblera le podium de l'investiture du président de l'Europe dans deux ou trois cents ans ? A quelle réserve seront réduits les "Natives Europeans", les derniers "blancs" d'Europe non encore métissés ?

L'Europe occidentale, et la France en particulier, sont en effet en voie de submersion démographique. Les vagues migratoires, provenant notamment de l'Afrique, submergent nos villes comme un tsunami, avec la complicité active des gouvernements de droite et de gauche qui se sont succédé.

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Au moment même où Biden devenait le maître fantoche du monde, les députés français votaient les pleins pouvoirs à Macron, l'agent de Biden en France. Un témoin direct de la scène, Nicolas Dupont-Aignan, adresse un tweet d'alerte dénonçant ce coup d'Etat sanitaire : https://mobile.twitter.com/dupontaignan/status/1325141827784216576?lang=en

Au-delà de l'anecdote, on peut se demander comment la France, la fille aînée de l'Eglise, s'est transformé en la "fille aînée de l'Amérique" ? 

Là encore, les symboles parlent souvent plus que de longs exposés historiques indigestes. Le Jazz, le Corned beef et la Révolution Française sont des produits d'importation. Tout le monde connaît la provenance des deux premiers produits de cette liste, beaucoup moins celle du troisième.

La Révolution dite "française" visait l'élimination du roi car celui-ci représentait une tradition, un principe, un verrou symbolique contre l'individualisme marchand. Il fallait briser ce verrou pour que s'ouvre la boite de Pandore de l'idéologie libérale. La société d'Ancien Régime n'était pas ouverte au logiciel libéral, il fallait faire sauter des verrous. Ce logiciel incluait le programme "Manifest destiny" ou "destin manifeste". Il paraît même que le drapeau tricolore serait inspiré du Stars and Strips, bleu, blanc et rouge.

Sauf pour les Français qui ne s'en rendent pas compte, la France représente à bien des égards le calque projeté des Etats-Unis en Europe.

Mon immersion au Royaume de Belgique m'a démontré qu'un Belge regarde un Français un peu comme un Canadien regarde, mutatis mutandis, un Etats-Unien ; il y voit un intrus prompt à donner des leçons, mal poli et dominateur.

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A l'inverse, un patriote français reconnaîtra dans les petites patries de Wallonie les éclats du "pays réel" disparu de la France : une bienveillance dans les rapports sociaux, une certaine manière de voir le monde, toute une manière d'être en voie de disparition dans l'Hexagone.

Le Français cultivé sait bien que - depuis la défaite de 1815 à Waterloo - sa nation joue pour ainsi dire les prolongations. L'ancre du navire France a quitté le champ des étoiles ; le pays mystique est mort avec Louis XVI ne laissant vivant que le "pays légal" ou contre-pays tout puissant, qui étouffe chaque jour davantage le "pays réel" à l'instar du lierre qui envahit l'arbre sain. J'ajoute que ces intellectuels brillants dont la France tire son orgueil sont le pendant de l'éclatement de la communauté organique. L'"individuo-universalisme", le nationalisme hors sol qui règne en France, secrète des intellectuels comme une maladie génère des dérèglements pathologiques.

Depuis 1789, la classe au pouvoir est foncièrement bourgeoise. Elle claironne son adhésion aux "valeurs-de-la-république" à qui veut encore l'entendre, dans un antifascisme de principe. Il est amusant de constater que cette classe antifasciste s'évertue à donner raison à Adolf Hitler. En effet, alors qu'il se confiait à son aide de camp Martin Bormann, ce chef d'Etat allemand de triste mémoire ne s'est-il pas écrié :

"Encore 200 ans de cette petite politique de bourgeois français et la frontière avec l'Afrique ce sera le Rhin".

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Si vous n'avez jamais pris le métro à Paris, faites-le ! Vous verrez que cette phrase résonnera dans vos oreilles comme une prophétie.

Biden et l' "Etat Profond" n'ont pas de soucis à se faire ; ils peuvent faire confiance aux "élites françaises" pour que se réalise la prophétie du Führer allemand.

Frédéric Andreu-Véricel

Contact : fredericandreu@yahoo.fr

vendredi, 15 janvier 2021

L'aigle contre le drone : Une métaphore "haute" provenant d'un pays "bas"

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L'aigle contre le drone :

Une métaphore "haute" provenant d'un pays "bas"

par Frédéric Andreu-Véricel

Surtout ne le répétez à personne, mais je crois bien qu'une métaphore sismique vient de briser les faux vitrages de la pensée unique : un aigle royal attaque un drone !

Les serres du roi des oiseaux entrent dans la structure de l'appareil téléguidé ; l'objet s'écrase aussitôt sur le sol comme un jouet déglingué, puis, le puissant volatile reprend son envol en direction des empyrées célestes...

Imaginez un instant que les métaphores ne soient pas réservées à un petit cercle de gens lettrés, ni même aux poètes, mais ouvert à tous ceux pour qui voir ne va pas de soi... alors, un aigle qui attaque un drone, cela pourrait résonner dans les tous les recoins de notre imaginaire individuel et collectif, cela pourrait entraîner les cris de la terre, le Cri de Munch, le cri du nouveau né, cela pourrait même réveiller cet instinct de survie qui est au fond du peuple.

Pour le moins, cette métaphore est d'une puissance à couper le souffle. Elle "rétablit les hiérarchies vraies" aurait dit Antoine de Saint-Exupéry... Au-dessus, c'est le soleil ! Je ne trouve rien de plus à ajouter, un peu abasourdi moi-même par cette découverte...

Le drone représente la technologie noire par où s'effectue le grand transfert des souverainetés humaines. Il représente aussi la surveillance de la néo-dictature orwellienne sous couvert de sécurité sanitaire. On se demande même si notre conscience collective n'aurait pas encore totalement sombré dans le Léthé anesthésiant de la technique ? Si la fin de l'Histoire n'aurait pas encore sonné ?

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Le "plan de secours" des peuples qui ne veulent pas mourir a connu son prophète, Guillaume Faye ; il a connu une traduction sociale, la révolte des Gilets Jaunes ; gageons qu'il connaîtra un avenir : le réveil des peuples de l'aigle par le retour à la communauté organique.

Au Moyen-Age, on entraînait des aigles à la chasse aux nuisibles, aujourd'hui, contre les drones de Big Brother.

Cet élevage a lieu dans un petit pays, ingénieux, discret, et diablement bien organisé - bref un peu le contraire de la France. Autre paradoxe, ce pays singulier porte un nom pluriel : les Pays-Bas.

La première fois que je visitai les Pays-Bas, c'était à bicyclette. Attendez un peu que je vous raconte...

Quelques lieues après la frontière, je m'arrêtai devant une boutique pour acheter un stylo. Je posai ma bicyclette, entrai dans la boutique, puis attendis mon tour pour payer. Le vendeur s'écria alors :

- Savez-vous qui était la personne qui est passé juste avant vous ?

- Je répondis : non.

- C'est le premier ministre des Pays-Bas !

Je sortis de la boutique à journaux, un stylo neuf à la main... scène augurale qui portait le sceau de l'avenir : "tu écriras un jour une histoire sur ce pays singulier..."

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Les Pays-Bas sont un pays où le ministre se déplace sans garde du corps ; il achète son journal dans une boutique et vous le croisez dans la rue, tout simplement. On m'a dit plus tard que Mark Rutte (c'est son nom) donne des cours d'histoire dans un lycée. Pour se faire, il s'y rend à bicyclette. Car aux Pays-Bas vous pouvez être premier ministre et donner des cours dans un lycée. Il n'y a pas de bourgeois qui vous marchent sur les pieds sans s'excuser car il n'y a pas de bourgeois, aux Pays-Bas. Il y a des gens qui travaillent et des gens qui travaillent, aux Pays Bas. Vous pouvez ramasser les poubelles ou être premier ministre, personne ne vous marchera sur les pieds.

Bref, je m'arrête ensuite dans un parking, gare mon vélo. Tout-à-coup, une fille belle comme un soleil passe devant moi et me sourit : le monde bascule aussitôt dans la mythologie nordique. La fille engloutie alors un sandwich et monte dans son camion.

Aux Pays-Bas, les muses peuvent être des camionneuses qui vont livrer des briques dans une usine !

Dépité, je reprends ma bicyclette en direction des îles de la lointaine Frise. L'aigle royal me jette un regard depuis les altitudes célestes. C'est normal, je suis poète et donc un peu chamane aussi...

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Post Scriptum : vous croyez que les aigles qui attaquent les drones, cela n'existe pas ? Alors prière de cliquer ci-après :

https://www.rtbf.be/info/monde/detail_des-aigles-pour-neu...

 

mercredi, 30 décembre 2020

Mythologie personnelle versus équation libérale, ou comment la vie véritable ne peut être qu'"illibérale"

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Mythologie personnelle versus équation libérale, ou comment la vie véritable ne peut être qu'"illibérale"

Par Frédéric Andreu-Véricel

Quelques heures à Paris... entre deux voyages, quelques heures en compagnie de Pierre le Vigan. Quelques heures assez lentes pour que la petite place de Contrescarpe se découvre à sa magie particulière et que la rue Mouffetard entre dans ma "mythologie personnelle".

comme_le_temps_passe-131267-264-432.jpg"Mythologie personnelle", une belle expression, n'est-ce pas ? Cette formule est une invention de Robert Brasillach. Une formule qui m'a fait comprendre - au sens premier du terme de "prendre avec moi"- son roman Comme le temps passe. Un roman, une histoire, une fresque de sentiments qui parle immédiatement à l'âme et de l'âme et qui scintille dans ma mémoire comme un diamant au fond d'une mine.

Comme toutes ces choses qui nous précèdent et nous dépassent, notre "mythologie personnelle" sous-entend un sous-sol, un secret, une vie cachée. Entre voilement et dévoilement de ce que contient la vie véritable, je comprends, grâce à Brasillach, que notre "mythologie personnelle" nous cherche autant que nous la cherchons. Cette relation de chercheur-cherché me parait essentielle à la vie véritable. Bien qu'elle ne donne pouvoir sur rien, elle donne souveraineté sur tout.

Certes, il n'est pas facile de se mettre à l'écoute de sa "mythologie personnelle" au milieu des bruits de la méga-machine libérale car cette machine - la plus redoutable jamais inventée par l'Homme - "refuse le halo autour des choses" et, comme le dit encore Roger Milliot, elle "appelle solidarité la cohabitation".

Le "halo autour des choses" autre belle expression, n'est-ce pas ? On ne peut pas tous être de grands poètes comme Brasillach ou Milliot pour trouver des expressions aussi belles et justes. Cependant, nous pouvons au moins  refuser les mots qui nous nient. Nous pouvons refuser d'être les porteurs de valises remplies de ces concepts trompeurs tels que "libéralisme". Appelons un chat un chat, un Macron un Macron, un connard un connard, par les termes idoines.

Le "libéralisme", qu'est-ce que c'est ? Sinon le logiciel idéologique, en apparence inoffensif, d'une machine qui coupe et qui broie tout sur son passage. C'est pourquoi je préfère à libéralisme le terme de "méga-machine" pour désigner ce processus planétarisé du déboisement de l'imaginaire et de l'appauvrissement des sols.

Ce processus nihiliste (que pourfend très courageusement Pierre le Vigan) est aussi et surtout une dépossession de nos légendes et de nos vies. Il a sa géopolitique propre (le triangle des Bermudes : New York, Tel Aviv, Riad), son dispositif (le déchaînement de la technoscience), son axiome (there is no alternative) et ses thuriféraires, tel qu’Emmanuel Macron déclare : "il n'y a pas de culture française".

Pas de culture française puisque pas de peuple, que des individus "producteurs-consommateurs" dont la finalité sur terre consiste à résoudre une équation individuelle. Pas de mythologie personnelle ou collective, pas d'augures, bon ou mauvais, pas de poésie, mais une équation à résoudre, c'est tout. Alors, quelle place laissée à la vie véritable ? Aucune.

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Étrangère à la vie, la "méga-machine" ne reconnaît que l'ordre transparent du nombre, le quantitatif et la planification. Que la planification soit communiste ou libérale, au fond, cela importe peu tant que le bulldozer continue son travail d'expansion infinie.

La mythologie personnelle, la vie comme récit, voire comme récital, doit se réduire au format de l'équation chiffrée ou l'individu rationnel a remplacé la personne, la famille, la patrie et ou le qualitatif est remplacé par le quantitatif. Le monde libéral ne connaît aucun dieu, il ne procure que des joies tristes et des enfers climatisés (Henri Miller).

Que nous votions à gauche ou à droite est aujourd'hui devenu secondaire, l'important, pour le système, est que vous ne sortiez pas de votre équation à trois inconnues. Que les libéraux se rassurent, avec un immobilier parisien qui dépasse désormais les 10.000 euros le m2, il y a toutes les chances que vos vies se réduisent à ces trois inconnues :

-L'inconnue Logement

-L'inconnue Emploi

-L'inconnue Temps de transport entre logement et emploi.

Inutile de dire que cette vie-là laisse peu de place à la mythologie narrative. Nous sommes donc tous plus ou moins (y compris ceux qui tirent apparemment profit du libéralisme) prisonniers de cette équation à trois inconnues. Vous parvenez à résoudre une de ces trois inconnues et c'est alors une autre inconnue qui s'impose à vous, et ainsi de suite. Un jeu de chaise musicale sans musique : voici peut être la définition la plus précise du libéralisme qui me vient à l'esprit.

Mythologie personnelle versus équation libérale, voici en tout cas les termes d'un combat de l'âme. Cela tombe bien, Noël est aussi le théâtre du solstice d'hiver, le combat cosmique entre la lumière et l'ombre. La période de l'année, suivie de douze jours sacrés, où l'équation individuelle est sensée laisser place à sa "mythologie personnelle", où le sapin dressé dans le foyer refait le lien entre la terre et le ciel, où la famille, séparée le reste du temps, refait "mythologie commune".

Voici, peut être, ce que sous-entendent ces "Joyeux Noël !" et "Bonne année !" que l'on scande entre nous sans trop savoir ce qu'ils contiennent. A mon tour de vous souhaiter une mythologie de Noël et du nouvel an la plus réparatrice possible - la plus anti-libérale, a-libérale et il-libérale possible. Je vous laisse le choix de l'adjectif.

Frédéric Andreu-Véricel.

Contact : fredericandreu@yahoo.fr

dimanche, 27 décembre 2020

Le Soleil d’Outre-temps - Variation sur la puissance et le pouvoir

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Luc-Olivier d'Algange:

Le Soleil d’Outre-temps

Variation sur la puissance et le pouvoir

 

« Est deus in nobis, agitante calescimus illo »

Ovide

« Que je sois - la balle d'or lancée dans le soleil levant. Que je sois - le pendule qui revient au point mort chercher la verticale du soleil »

Stanislas Rodanski.

 

Confondre la puissance et le pouvoir nous expose à maintes erreurs et déroutes. Il n'est rien, quoiqu'en veuillent les moralisateurs, de plus profondément ancré dans le cœur de l'homme que le goût de la puissance, et son malheur est de croire qu'elle lui sera donnée, ou rendue, comme un bien immémorial dont il fut spolié, par l'exercice du pouvoir. Il échange ainsi la présence réelle contre la représentation (tout pouvoir étant toujours de représentation), le feu contre la cendre, la souveraineté du possible contre la servitude d'une condition asservie à d'autres conditions.

La puissance en acte est gaité, et confiance; le pouvoir, lui, sauf au moment de la conquête du pouvoir, lequel n'est alors encore qu'en puissance, est morose et méfiant. Le plus petit pouvoir, celui du guichetier qui nous fait attendre indûment, comme le plus grand, celui du chef d'Etat, subordonne le pouvoir qu'il exerce, ou qu'il croit exercer, sur nous, précisément au guichet ou à l'Etat, - qui n'est rien d'autre qu'un immense guichet. L'idéologie démocratique, loin de nous avoir délivrés du pouvoir, l'a multiplié, accentué, rendu plus sinistre et plus obstiné, jusque dans la sphère privée.

La disparition des hiérarchies traditionnelle fait, certes, de chaque individu un « pouvoir » susceptible de mesurer sa force avec ses voisins et ses proches, mais seulement dans la mesure où ce pouvoir le prive, lui et les siens, de toute promesse de puissance. Cette idéologie, vaguement psychologisante, au service d'une « individualité » dépersonnalisée, se fondant, par surcroît, sur ce qu'il y a de plus vil en nous, la rivalité mesquine et la jalousie, convient au mieux au système de contrôle dont la fonction est de réduire notre entendement aux fonctions « utiles », celles qui « rapportent », au détriment du poïen, et de la puissance.

9782226066008-475x500-1.jpgL'homme de peu de pouvoir, et que ce pouvoir déjà embarrasse et humilie, en viendra ainsi, dans le piège qui lui est tendu, à désirer non pas l'écart, le « recours aux forêts », la souveraineté perdue, mais un « plus de pouvoir », croyant ainsi, par ce pouvoir plus grand, qui est en réalité une plus grande servitude, se délivrer du pouvoir plus petit, sans voir qu'il augmente ce dont il souffre en croyant s'en départir. La puissance, lors, s'éloigne de plus en plus, au point de paraître irréelle, alors qu'elle est le cœur même du réel, la vérité fulgurante de tout acte d'être, « l'éclair dans l'Eclair » dont parlait Angélus Silésius.

Cette puissance lointaine, comme perdue dans quelque brume d'or aux confins de notre conscience et de notre nostalgie, quelle est-elle ? Par quels signes manifeste-t-elle sa présence, de telle sorte que nous la reconnaissions ? Est-il, d'elle en nous, une recouvrance possible ? Lointaine, secrète, entrevue, désirée, pressentie, un chant nous en vient, porté par les ailes de la réminiscence et par le témoignage des œuvres.

Ce qui nous en sépare, mais d'une séparation radicale, est peu de chose, peut-être n'est-ce que la seule conviction, implantée en nous, d'en être séparé ; et que cette séparation, si désolante qu'elle soit dans le cours des jours, n'en est pas moins un « bien moral » ? Or, lorsqu’intervient, comme l'instrument du pouvoir, l'armée des moralisateurs, ceux-ci nous disent aussi, sans le vouloir, que le pouvoir qu'ils étayent est fragile et que, sans notre consentement niais, il ne tiendrait guère. Le pouvoir qui moralise est vincible, voici déjà une bonne nouvelle ! La puissance peut nous être rendue; et la preuve en est qu'en certaines circonstances de la vie, elle l'est, pour quelques-uns, ne fût-ce que dans l'entrevision ou l'instant enchanté sans lesquels nous ne saurions même concevoir la différence entre le pouvoir et la puissance.

Contre le pouvoir qui nous avilit, que nous le subissions ou que nous l'exercions, les deux occurrences étant parfaitement interchangeables, des alliés nous sont donnés, qu'il faut apprendre à discerner dans la confusion des apparences. Ces alliés infimes ou immenses, dans l'extrême proximité ou le plus grand lointain, les hommes, jadis, les nommaient les dieux.

Participer de la puissance des dieux en les servant, c'est-à-dire en y étant attentifs, était une façon de s'inscrire dans l'écriture du monde, d'accorder notre chant au plus vaste chant, - afin de s'y perdre, de se détacher des écorces mortes, pour s'y retrouver, en soi. L'Odyssée, l'Enéide, les Argonautiques nous montrent que les dieux, puissances en acte, ont partie liée avec l'imprévisible autant qu'avec le destin. Tant que, dans l'aventure, les dieux et les déesses veillent, rien n'est dit. Les circonstances les plus hostiles ou les plus favorables peuvent tourner et se retourner. Ce « toujours possible » est la puissance même, celle qui nous porte à échapper au monde des planificateurs et des statisticiens. En leurs épiphanies, les dieux sont les alliés de notre puissance. Les hymnes que les hommes dirent en leur honneur sont gratitude, puissance recueillie.

De cette puissance se composent les temples, les chants et les joies humaines, - ce que naguère encore nous pouvions nommer une civilisation avant que son écorce morte, la société, ne vienne à en réduire drastiquement les ressources spirituelles. Nous vivons en ce temps où la société est devenue non seulement l’écorce morte mais l'ennemie déclarée de la civilisation. Tout ce qui « fonctionne », c'est-à-dire tout ce qui contrôle, par l'argent, la technique, la « communication », semble avoir pour fin la destruction, l'oubli, la disparition de notre civilisation, autrement dit la disparition de cette prodigieuse arborescence qui relie Valéry à Virgile, Nerval à Dante, Proust à Saint-Simon, Fénelon à Homère, Shelley à Plotin, Nietzsche à Héraclite, ou encore Dino Campana à Orphée.

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Avec ces arborescences, qui tant offusquent les mentalités linéaires et planificatrices, - ces faux amis de l'ordre qui le ne conçoivent que quadrillé, en catégories, comme autant de cellules carcérales où chacun est réduit à une identité abstraite, - disparaissent aussi les nuances, autrement dit ce qui apparente le mouvement de la pensée à celui des nuages. D'un seul geste nous sont alors ôtés la forme surgie de la terre, l'arbre, mythologique et concret, et le ciel où il se dresse, la puissance tellurique et la puissance ouranienne. Qu'elles nous soient ôtées, dans ce « cauchemar climatisé » qu'est le monde moderne, ne signifient pas qu'elles n'existent plus. Elles existent, magnifiquement, là où nous avons cessés d'exister, là où notre « être-là » n'est plus là, -, là où nous ne sommes plus car nous nous sommes refugiés derrières les écrans et les représentations.

Le propre de l'ordre abstrait que les modernes ont instauré, sous les espèces de la société de contrôle, est d'être anti-musical, littéralement l'ennemi des Muses, le contraire d'un ordre harmonique. Face à l'ordre abstrait nul ne sera jamais assez anarchiste, quand bien même c'est au nom de certains principes et du Logos qu'il refusera le logiciel qui lui est imposé. Cette société, en effet, dès que nous consentons, par faiblesse, à y participer, nous rançonne à l'envi, au bénéfice des plus irresponsables qui, pour ce faire, nous maintiennent dans la stupeur d'un troupeau aveugle, et la question se pose: de quelles ombres, sur les murs de quelle caverne cybernétique, veut-t-elle nous façonner ? A quelle immatérialité d'ombre veut-t-elle nous confondre ?

fdinoCporph.jpgLe dessein est obscur, échappant sans doute, dans ses fins dernières, à ceux-là même qui le promeuvent, mais son mode opératoire, en revanche, est des plus clairs. Nous ne savons pas exactement qui est l'Ennemi, mais nous pouvons voir quels sont les adversaires de cet Ennemi: le sensible et l'intelligible dans leurs variations et leurs pointes extrêmes. On pourrait le dire d'un mot, chargé du sens de ce qui précède: le poème, non certes en tant que « travail du texte » mais comme expérience orphique, telle que la connut, dans son péril, Dino Campana, telle qu'elle s'irise dans les dizains de la Délie de Maurice Scève. Le poème, non comme épiphénomène mais comme la trame secrète sur laquelle reposent la raison et le réel; le poème comme reconnaissance que nous sommes bien là, dans un esprit, une âme et un corps, un dans trois et trois dans un. Le monde binaire, celui des moralisateurs et des informaticiens, en méconnaissant l'âme, nous prive, en les séparant, de l'esprit et du corps, lesquels se réduisent alors, l'un par la pensée calculante, l'autre comme objet publicitaire, à n'être que des enjeux de pouvoir.

La puissance nous reviendra par les ressources d'une civilisation, la nôtre, qui sut faire corps de l'esprit, c'est-à-dire des œuvres, et inventer des corps qui avaient de l'esprit, des corps libres et sensibles, au rebours des puritanismes barbares. Au demeurant, les œuvres sont moins lointaines qu'il n'y paraît. Ces prodigieuses puissances encloses dans certains livres, si tout est fait pour nous en distraire, nous les faire oublier, ou nous en dégoûter par des exégèses universitaires « narratologiques », ou simplement malveillantes, demeurent cependant à notre portée, cachées dans leurs évidences, comme la lettre volée d'Edgar Poe. Le monde moderne, ayant perfectionné la méthodologie totalitaire, ne songe plus guère à brûler les livres, il lui suffit d'en médire, et de multiplier les entendements qui ne pourront plus les comprendre, et en tireront une étrange fierté. La stratégie est au point, flatter l'ignorance, au détriment des méchants « élitistes », - hypnotiser, abrutir, dissiper, avec l'assentiment de la morale commune.

Les pédagogistes, ce petit personnel de la grande entreprise de crétinisation planétaire, avec leurs pauvres arguties bourdieusiennes, n'éloignèrent de tous, précisément pour la réserver aux « héritiers » honnis (qui la plupart du temps ne savent qu'en faire), ces œuvres majeures de la haute culture européenne, de crainte qu'explosant en des âmes ingénues, elles n'en éveillent les puissances, suscitant ainsi des hommes ardents et légers, capables, par exemple de reprendre Fiume, et généralement peu contrôlables.

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Qu'un enthousiasme naisse, dans un jeune esprit, de la lecture de Homère, Virgile ou de Marc Aurèle, cela s'est vu, et celui que rien ne prédestinait, de ces seules puissances encloses dans les mots, peut devenir Vate, fonder un état au service des Muses, qu'il rêva épicentre d'une plus vaste reconquête, à Fiume précisément, et s'il n'y parvint durablement, la politique des gestionnaire ayant repris sa place indue, demeure le ressouvenir de la belle aventure où les arditi se joignirent aux poètes exquis, où l'avant-garde retint les échos d'un soleil latin antérieur, d'un outre-soleil, Logos héliaque, tel que le songea l'Empereur Julien. Oui, ces œuvres sont bien dangereuses, et les pédagogistes savent ce qu'ils font en les tenant à l'écart sous des prétextes fallacieux. Un ressac pourrait en venir, et des âmes bien nées s'en laisser porter, emportant du même mouvement, pour les disperser, ces moroses « superstructures » où l'on prétend nous tenir.  

Plus nous entrons dans une phase critique et plus l'inimitié du pouvoir à l'égard de la puissance, de la société (de ce qu'elle est devenue) pour la civilisation, se fait jour. Ce n'est plus seulement l'indifférence de l'écorce morte pour ce qu'elle enserre mais un effort constant pour éteindre, partout où il risque d'apparaître, le feu sacré. Le beau symbole zoroastrien du feu perpétué d'âge en âge par une attention bienveillante, donne, par ces temps ruineux, l'idée de ce qu'il nous reste à accomplir. La passation du feu contre le parti des éteignoirs, - de la puissance du feu, qui transmute, contre les pouvoirs qui nous assignent au plus petit dénominateur commun.

 A celui qui a fréquenté ses semblables, quelque peu, hors de sa famille et de son travail, - lieux de pouvoir par excellence,-  l'opportunité a parfois été donnée de rencontrer des êtres de puissance, c'est-à-dire des hommes et des femmes qui, ne voulant les restreindre mais au contraire les accroître, et laissant le recours à leur guise, se proposèrent, par l'exemple, par le génie de l'impromptu, voire par une forme de désinvolture heureuse, à brûle-pourpoint, comme une chance d'être.

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Ces chances sont rares, et méconnues. Ces êtres magnifiques, nous passons à leurs côtés sans les voir, sans les discerner, sans les reconnaitre et souvent quelque ressentiment, plus ou moins enfoui, nous gendarme contre eux et nous interdit d'en recevoir les bienfaits. Face à l'homme de puissance, l'homme de pouvoir, ne pouvant l'exercer tel qu'il le songe, est ramené à la vanité de son pouvoir et à l'inutilité de sa servitude et devient ainsi homme de la vengeance et dépit.

L'homme de puissance, au contraire, auquel, selon le mot de Nietzsche, «  il répugne de suivre autant que de guider », déroute les aspirations les plus faciles, à commencer par celles des idéologues qui sont au service du pouvoir, fût-il utopique. Le vingtième siècle, qui fut le grand siècle des idéologues, fut profus de ces discours qui, si contradictoires qu'ils paraissent, n'eurent jamais d'autre but que de nous priver de nos plus innocentes libertés ou de nous en punir. Successeurs des formes religieuses les plus asservissantes, de l'exotérisme dominateur le plus obtus, les idéologues, mus par la haine de tout mouvement libre, autrement dit, de l'âme elle-même, voulurent faire le Paradis ici-bas, mais sur les monceaux de cadavre de ceux qui croyaient l'avoir déjà trouvé humblement. Le propre des idéologies modernes, ce qu'elles ont de commun avec le pire des fondamentalismes religieux, - accordé, comme l'écrivit Ernst Jünger, au règne des Titans -, est, chaque fois, d'expliquer le divers par un seul de ses aspects et de l'y vouloir soumettre. Le multiple n'est plus alors l'émanation de l'Un, mais nié en tant que tel. Rien n'est moins plotinien que cette uniformisation qui méconnait les gradations entre l'Un et le Multiple, l'intelligible et le sensible.

daumier.pngQuoique vous pensiez, l'idéologue, successeur de l'Inquisiteur, sait mieux que vous pourquoi vous le pensez. Vos intuitions, vos aperçus, ne sont pour lui qu'une façon de vous classer dans telle ou telle catégorie plus ou moins répréhensible, selon qu'il vous jugera plus ou moins hostile ou utile à ce qu'il voudrait prévoir, établir, consolider, - le tout aboutissant généralement à de sinistres désastres et des champs de ruines.

N'attendons pas d'un idéologue que l'histoire lui soit de quelque enseignement, ni le réel, ni l'évidence; sa pensée n'est là que pour les nier. Ce qui est donné lui fait horreur; et le don en soi, cette preuve de puissance qui échappe aux logiques du calcul ou de l'utilité. Une forme d'humanité chafouine, abstraite, monomaniaque, contrôlée, punitive, triste, est l'horizon de cette volonté servie par le ressentiment, - ce diaballein. Nous y sommes presque, et de ne pas y être encore entièrement, mais d'en être si proches nous donne, ou devrait nous donner, à comprendre à quel irréparable nous sommes exposés, à quelle solitude effroyable nous serons livrés dans un monde parfaitement collectif et globalisé, et dont la laideur, en proie à la démesure, ne cessera de croître et de se répandre.

La beauté et la laideur, loin de n'intéresser que ceux que l'on nomme, de façon quelque peu condescendante, les « esthètes », sont d'abord des choses qui s'éprouvent. Pour subir l'influence profonde la beauté ou de la laideur, point n'est nécessaire d'avoir la capacité de les considérer ou de les estimer, et moins encore celle de les « expertiser ». On sait les Modernes, qui ratiocinent, ennemis de toutes les évidences. De vagues sophismes relativistes leur suffisent à intervertir la beauté et la laideur, à donner l'une pour l'autre, pour finir par nous dire qu'elles n'existent pas. L'art contemporain est, en grande partie, la spectaculaire représentation de ce relativisme vulgaire qui finit par accorder à la laideur et à l'insignifiance sa préférence, après nous avoir dit que « tout se vaut » et que « tous les hommes sont artistes », - sinon que certains sont plus habiles que d'autres à esbaudir le bourgeois et à capter les subventions publiques. La puissance de la beauté et le pouvoir de la laideur agissent sur l'âme. L'une la fait rayonner et chanter, l'autre l'assombrit, la rabougrit, l'aveulit et la livre au mutisme et au bruit, - ces mondes sans issues où dépérissent les Muses.

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A la puissance de la beauté s'oppose le pouvoir, exercice de la laideur. Celui qui vit dans la beauté d'un paysage ou d'une cité n'a nul besoin de se représenter cette beauté pour en recevoir l'influence bienfaitrice. De même que celui est condamné et livré à la laideur en subit l'influence sans la concevoir. Les poètes en eurent l'intuition: la beauté est antérieure. Elle vient d'avant, d'un outre-temps, ressac et réminiscence d'un monde à la naissance, là où l'Idée se forme et devient forme formatrice. L'antérieure beauté affleure dans la beauté présente; elle opère la passation entre ce qui fut et ce qui demeure; elle s'accomplit dans l'initiation, la naissance nouvelle éclose dans le regard auquel la beauté est offerte, non comme un spectacle mais comme une vérité intérieure.

Voici la puissance même, l'éclat du premier matin du monde, qui est de toujours, voici le temps où elle advint, le temps fécond, et non celui de l'usure, voici les hommes dont elle est favorisée, « les Forts, les Sereins, les Légers », dont parlait Stefan George, et que tout pouvoir vise à faire disparaître, mais qui persistent, vivaces, dans l'amitié fidèle que nous leur portons.

Luc-Olivier d'Algange

 

lundi, 21 décembre 2020

Le monde : un malade en phase terminale

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Le monde : un malade en phase terminale

par Pierre-Emile Blairon

J’écris ces lignes le 19 décembre 2020 ; le monde est dans la plus complète absence de repères quant à son avenir immédiat ; les populations de la planète s’apparentent à des zombies qui n’ont plus aucune espèce de jugement critique, exécutant machinalement toutes les directives que leurs dirigeants leur transmettent, certains mêmes réclamant de plus grandes contraintes qui les mèneront inévitablement à la mort ou à un statut d’esclave ou de robot qu’il n’est pas bien difficile à imaginer quand on a gardé un minimum de lucidité. Le monde entier est sous l’emprise d’une peur irraisonnée et injustifiée savamment instillée dans les cerveaux défaillants de 99% de l’humanité.

La planète Terre est devenue un immense asile d’aliénés à ciel ouvert où ne sont effectivement enfermés dans les hôpitaux psychiatriques que les rares personnes qui ont conservé une bonne santé mentale.

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Prémonitions

Evola, lorsqu’il énonçait les phrases qui vont suivre imaginait-il qu’elles seraient vérifiées en état paroxystique en 2020 ?

« A l'opposé de ce que pensent psychiatres, psychanalystes et « assistants sociaux », dans une société et une civilisation comme celles d'aujourd'hui et, spécialement, comme celles d'Amérique, il faut voir en général l'homme sain dans le rebelle, dans l'asocial, dans celui qui ne s'adapte pas. Dans un monde anormal, les valeurs se renversent : celui qui apparaît anormal par rapport au milieu existant, il est probable que c'est justement lui le « normal », qu'en lui subsiste encore un reste d'énergie vitale intègre ; et nous ne suivons en rien ceux qui voudraient « rééduquer » des éléments de ce genre, considérés comme des malades, et les « récupérer » pour la « société ».

Le très érudit Michel Deseille, dans l’une de ses excellentes vidéos datée du 3 janvier 2020, avait dressé le thème astral du monde pour l’année 2020 ; il avait appelé cette année à venir « l’année terrible » ; on se souvient de « l’annus horribilis » évoquée par la reine d’Angleterre pour 1992. Deseille avait insisté sur les bouleversements qui allaient agiter l’Amérique, et qui allaient se répercuter sur la planète, en précisant à la fin de son intervention que, selon les préceptes de la Tradition primordiale, les hommes ne pourraient pas arrêter les manifestations ultimes du cycle qui allait voir s’effondrer toutes les valeurs qui avaient maintenu pendant des siècles la structure même du monde. Il faut reconnaître que ses prédictions étaient exactes.

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Pour commander: http://www.ladiffusiondulore.fr/home/781-chroniques-d-une-fin-de-cycle-les-enfers-parodisiaques.html

J’avais recensé dans mon dernier livre, Chroniques d’une fin de cycle, paru en décembre 2019, il y a donc tout juste un an, les signes avant-coureurs du tsunami - préparé avec soin et méthode par l’oligarchie planétaire - qui allait déferler sur le monde quelques mois après, sans avoir eu la moindre idée de l’ampleur qu’allait prendre cette catastrophe et, surtout, de la rapidité et de la facilité avec lesquelles allait se mettre en place cette dictature « sanitaire » planétaire.

Ce livre présentait une sorte d’état des lieux mettant l’accent sur les méthodes utilisées par la gouvernance mondiale pour manipuler et conditionner les peuples, soulignant la vulnérabilité naïve de certains types sociologiques d’individus et certains comportements insouciants, liés à la « mode » par exemple, qui permettaient plus facilement l’intrusion et la mise en place de ces outils d’asservissement à l’intérieur même de nos propres corps[1].

Autre exemple de ces signes prémonitoires : l’insistance avec laquelle on a cru bon, ces dernières années, de promouvoir, en la présentant elle aussi comme une mode branchée, festive et incontournable, la consommation d’insectes vivants ou morts (par exemple à l’apéritif) ; c’est que la gouvernance mondiale sait déjà comment nourrir à peu de frais les masses d’esclaves qu’elle s’apprête à exploiter ; il est probable que ces insectes fournissant les éléments nutritionnels nécessaires à la survie de cette foule innombrable seront présentés sous forme de pilules afin d’atténuer la répugnance qu’un esprit traditionnel pourrait « encore » conserver à l’égard de ces charmantes bestioles ; c’est tout à fait symbolique : on peut faire avaler n’importe quelle horreur à des masses savamment conditionnées[2].

Dans tous mes livres et dans toutes mes interventions, je me suis attaché à expliquer ce qui est le cœur même de ce qu’on a appelé improprement le « paganisme » : le système cyclique et la Tradition primordiale.

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Toutes les anciennes traditions nous enseignent que nous sommes à la fin d’un grand cycle, ce que les Hindous appellent le Kali-Yuga, l’âge sombre, et comme le temps est cyclique, après cet âge de fer, ainsi dénommé par les anciens Grecs, reviendra l’âge d’or.

Mes explications ne contentaient pas tout le monde ; notamment ceux qui, dans le système des cycles, ne retenaient que le plus agréable : l’âge d’or. Il était difficile de faire admettre que, tant que les trois aiguilles de la montre n’étaient pas arrivées toutes les trois sur le 6 (666), c’est-à-dire en bas, au nadir, elles ne remonteraient évidemment pas ; on me pressait de donner une date, au moins une approximation : dans deux ans, dans cinq ans, dans dix ans, dans cent ans ? Je répondais invariablement que je n’étais pas Nostradamus. Pourtant, me répliquait-on, nous sommes bien en plein déclin, on ne peut pas faire plus horrible ! quarante ans que je l’entends, celle-là ! Et tous les ans, il fallait bien constater avec stupeur, ou résignation, que c’était pire ! Pour les rassurer, je leur expliquais que, en phase terminale, la chute s’accélère brutalement, ce n’est désormais pas tous les ans que l’on peut vivre de terribles événements que l’on croyait impossibles, c’est tous les jours qu’une nouvelle encore plus stupéfiante que celle qui nous avait chamboulés la veille vient nous bouleverser à nouveau ; le chaos devient triomphant, impérieux, impérial ! Je leur disais aussi que, s’ils étaient pressés, il fallait aider à abattre le mur qui était en train de s’effondrer (en étant du bon côté, bien sûr…)

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Armageddon

Cette situation a duré jusqu’en 2019 ; 19, comme le Covid, plus exactement jusqu’en décembre 2019, date de la parution des Chroniques, date de l’apparition du Covid.

Je ne m’attendais pas à ce que les forces négatives qui nous combattent depuis des siècles, celles qui s’opposent à l’ordre cosmique naturel, décident d’engager la grande bataille à ce moment-là, en profitant de l’heureuse opportunité d’une pandémie inattendue créée par un virus dont la Chine leur aurait vanté les effets ravageurs sur les populations. La manœuvre n’a pas réussi complètement, il n’y a pas eu de pandémie, cette grippe, sévère certes, est devenue une pandémie virtuelle car tout le monde s’est comporté comme si elle avait été dévastatrice, y compris les populations dûment lobotomisées par les médias, lesquels ont aidé les gouvernants du monde entier, soumis eux aussi à la secte mondialiste en place, à installer la peur universelle.

La grande bataille, c’est, dans la Bible, l’Armageddon, bataille finale entre les forces du bien et les forces du mal lors de « la fin du monde » ; il s’agit, pour nous, Européens, hommes de la Tradition, de la fin d’un cycle, donc plutôt la fin d’un monde et non pas du monde ; rappelons que toutes les traditions, y compris les traditions monothéistes, sont subordonnées à la Tradition primordiale.

Toujours dans la Bible, mais, cette fois, dans les textes johanniques (de Jean, l’apôtre), on trouve le récit de l’Apocalypse qui, à l’origine, désignait une révélation de Jésus et qui a pris ensuite la définition d’une catastrophe majeure ; l’Apocalypse désignant donc aussi la « fin des temps » pour les chrétiens, en même temps que l’instant de la Révélation, du renouveau.

Les « forces du mal » sont désormais bien repérées dans la mesure où, dans ces dernières années, elles ne cachaient même plus leurs buts et leurs turpitudes, persuadées qu’elles avaient déjà gagné ; c’est ainsi qu’on a pu les regrouper sous l’appellation générique de « pédo-satanistes » en fonction des activités « ludiques » auxquelles elles s’adonnaient et s’adonnent toujours sans complexes, activités qui leur ont permis d’avoir prise sur la plupart des dirigeants dans le monde qu’ils ont impliqués à leurs orgies sanglantes.

Dans ce contexte, les oligarques mondialistes s’efforcent d’organiser ce qu’ils appellent le « Grand Reset », c’est-à-dire cette Apocalypse biblique à leur sauce transhumaniste : tout détruire du passé en appuyant simplement sur un bouton comme on pourrait le faire en informatique pour supprimer toutes les données périmées, toutes les informations contenues dans un ordinateur, le remettre à zéro ( du passé faisons table rase) et tout recommencer, faire ainsi advenir le nouvel « âge d’or » selon leurs propres critères uniquement matérialistes, en gommant toutes les spécificités qui ont structuré le façonnage des peuples et des individus : l’histoire, les coutumes, le savoir-faire, le savoir-vivre, la connaissance, l’instruction, l’éducation, la langue, la spiritualité, la personnalité, etc.

Ces entités maléfiques appartiennent, comme une écume qui s’envole au vent, au cycle noir qui s’achève et seront emportées avec lui en phase ultime, comme volatilisées, a dit Guénon, car elles ne sont que les résidus de mondes disparus, sans lien solide et profond avec le monde et la vie, même si elles se présentent sous les oripeaux rutilants de la plus extrême modernité, la « modernité » étant l’un des aspects majeurs de la décadence.

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Dystopie

Ces puissances malfaisantes veulent instaurer une dystopie.

Qu’est-ce qu’une dystopie ?

Je dirais que c’est l’autre nom de l’utopie qui veut se faire passer pour son contraire, ce qui, en ces temps de confusion, ne fait qu’ajouter au chaos mental.

Le mot « Utopia » vient d’un roman de l’Anglais Thomas More qui a voulu dépeindre une société parfaite, sans défaut, où l’humanité vivrait complètement heureuse comme dans une sorte de paradis terrestre ; il s’avère que, à chaque fois que les hommes ont voulu mettre en oeuvre cet idéal rêvé par les poètes, ils n’ont réussi qu’à créer les plus monstrueuses sociétés que la Terre ait portées ; pour exemple, la Révolution française (avec son triptyque républicain Liberté, Egalité, Fraternité), le socialisme, le communisme, le national-socialisme ont été une longue suite de massacres, de terreurs, d’oppressions, de tortures, de génocides.

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L’enfer est pavé de bonnes intentions.

Les auteurs, qu’on a ensuite classés dans la catégorie « science-fiction », constatant que les idées de leurs aînés pouvaient s’avérer dangereuses au vu des réalisations qu’elles avaient suscitées, ont adopté la position inverse qui consistait à décrire une société qui se pensait délibérément totalitaire et qui agissait en conséquence. Le pouvoir qui se met en place ne cherche pas du tout à faire le bonheur des populations, mais uniquement celui des dirigeants qui composent ce pouvoir, quelque soit le type de bonheur auquel ils veulent accéder, y compris s’il est caractérisé par la plus extrême perversité.

L’auteur qui décrit une dystopie aboutissant donc inévitablement à une société de cauchemar, veut évidemment prévenir les populations pour qu’elles se gardent de ce type d’oppression en analysant quelques aspects des méthodes qui sont communes à tous les autoritarismes.

Les romans dystopiques sont nombreux, certains célèbres comme en 1895, La Machine à explorer le temps de H.G. Wells,

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La Peste écarlate en 1912 de Jack London, qui relate l’apparition d’une véritable pandémie qui éradique la presque totalité de la population planétaire, Nous autres du Russe Ievgueni Zamiatine qui décrit, en 1920, une société où l’Etat s’est introduit dans l’intimité des habitants du pays qui sont, de facto, privés de toute liberté, puisque la moindre de leurs activités est minutieusement conditionnée par une réglementation et si étroitement surveillée que les citoyens sont obligés de vivre dans des maisons de verre ; tout le monde connaît le roman-culte de George Orwell, 1984, en 1948 et le non moins célèbre roman d’Aldous Huxley, Le meilleur des mondes, écrit un peu plus tôt en 1932[3].

Nous retiendrons encore, en 1985, La Servante écarlate de Margaret Atwood et Globalia de Jean-Christophe Rufin en 2004.

On peut consulter sur internet une longue liste exhaustive des films mettant en scène une dystopie (wikipedia), dont certains restent des chefs-d’oeuvre : Orange mécanique, Mad Max, Blade Runner, par exemple.

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La dystopie qui se met en place, qui regroupe les passages les plus croustillants de ces livres et de ces films (et qui va se réaliser si rien ne vient contrecarrer ses projets, ce qui semble le plus probable) présente quelques intéressantes particularités :

  1. la caste pédo-sataniste au pouvoir n’a jamais rien caché de son projet de mettre en place un gouvernement mondial sur la base de la disparition préalable de la plupart des structures traditionnelles, économiques, culturelles, etc.
  2. la population mondiale qui est destinée à être privée de toutes ses libertés fondamentales est pleinement consentante.
  3. Cette population a été conditionnée depuis des dizaines d’années, voire des siècles, de telle manière que les avertissements des éveilleurs et des lanceurs d’alerte ne puissent pas les atteindre et donc les mettre en garde.
  4. Une infime minorité de personnes lucides va supporter tout le poids mental, spirituel et peut-être physique de l’abomination qui se prépare, la quasi-totalité de la population mondiale ayant renoncé volontairement à son libre-arbitre.

Dans l’immédiat, c’est-à-dire dans les prochaines semaines à venir, les derniers soubresauts de ce monde agonisant ne s’achèveront que dans l’horreur et la terreur à moins d’un retournement de la situation politique aux Etats-Unis qui verrait le président Trump reprendre ses fonctions. Cela pourrait alors signifier au moins une halte dans le processus de décomposition, tout comme il y a dans les périodes de refroidissement glaciaire de courts épisodes de réchauffement (une hypothèse qui plaît bien à Greta).

Enfin, il me faut encore signaler que les fins de cycle sont toujours constituées d’une convergence de catastrophes et que, donc, s’il est aisé de prévoir les comportements humains, il est carrément impossible de savoir si le monde périra par l’eau, par le feu, d’un déplacement brutal des plaques tectoniques ou de la collision avec une comète trainant romantiquement sa queue enflammée.

J’espère que ce scénario d’un film -catastrophe qui sortira l’année prochaine vous a plu.

Joyeux Noël.

Pierre-Emile Blairon

Note:

[1] La mode : les manipulations physiques de la subversion mondiale, in Chroniques d’une fin de cycle, Les éditions du Lore, p.177, article paru dans Nice-Provence-Info le 29 août 2018.

[2] Voulez-vous manger des cafards ? in Chroniques d’une fin de cycle, Les Editions du Lore, p.122, aricle paru dans Nice-Provence-Info le 6 novembre 2015

[3] Ce roman qui, donc, dénonce une société totalitaire, a été écrit en France en quatre mois, à Sanary-sur-Mer ; c’est avec un petit sourire narquois que je rappelle-ironie du destin-que le maire actuel de Sanary s’est distingué, parmi les apprentis-dictateurs, pour interdire à ses concitoyens de s’aventurer au-delà de 10 mètres de leur pas de porte et de ne pas aller chez le boulanger pour n’acheter qu’une seule baguette. Voir l’article Les apprentis-dictateurs, paru le 20 mai 2020 sur Nice-Provence-Infos.

dimanche, 20 décembre 2020

Le nouvel ordre mondial et ses bourreaux volontaires

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Le nouvel ordre mondial et ses bourreaux volontaires

par Nicolas Bonnal

La notion « d’élites hostiles » de Kevin Macdonald s’adapte aux temps apocalyptiques que nous vivons. Elle représente quelques milliers de personnes par pays, un million tout au plus dans le monde ; et ces « élites » (fric plus convictions hérétiques, au sens de Chesterton) détraquées pour tout un tas de raisons nous veulent vraiment du mal,  fonctionnaires internationaux, experts, ONG, milliardaires…  Et rappelons-nous que les politiques d’extermination totalitaire ne se mettent jamais tout de suite en place : on attend en général quinze ans (Hitler, Mao, Staline) pour les mettre en place car on a formé les bourreaux volontaires et les victimes. Nous sommes en l’an I de coronavirus. Attendez l’an quinze pour voir ce qui restera de vous.

Du point de vue socio-économique, grâce aux progrès techniques, tout pouvait bien se passer et, comme je l’ai montré dans mon texte sur le Reset qui se termine, rien ne ressemble en 2020 aux apocalyptiques opus hollywoodiens des années 70  qui promouvaient les délires du club de Rome, de la Trilatérale, des écolos. Même la technologie pourrait être utilisée pour aider l’homme au lieu de le supprimer. Cependant, comme on ne cesse de le montrer ici et ailleurs, nos Blofeld-Schwab, nos techno-nazis ou nos oligarques humanitaires  veulent leur dystopie, ils veulent leur tyrannie numérique, leur crash mondial, ils veulent leur sabotage énergétique, ils veulent la misère des jeunes ou des nations, et ils veulent imposer une mixture de terreur et de survie dont la France « orange psychiatrique » d’Alex Macron donne un avant-goût, ou pour mieux dire un avant-dégoût, au reste de l’Europe mécréante. Cet anéantissement de la nature humaine rappelle les meilleures heures du bolchevisme et du nazisme mais elle se fait cette fois aux ordres de la démocratie-marché-TINA dont on a déjà montré avec Debord ou Zinoviev le caractère néototalitaire. C’est la chute de l’URSS toujours qui a précipité notre sort de condamnés à mort…

J’en arrive à mon titre alors : combien de bourreaux volontaires auront-ils à leurs bottes pour servir leur dessein de dépopulation et d’extermination de la santé, des libertés et des économies ? Combien ? Un million, ce qui ne serait pas assez, cinq millions ou vingt millions par pays de taille moyenne comme la France ou l’Allemagne ? On vient de voir que les soignants des EHPAD ne veulent pas du vaccin : mais accepteront-ils de voir leurs patients nonagénaires mourir sous leurs yeux des effets du vaccin Gates ou Pfizer ?  Et qui les vaccinera eux ? Faudra-t-il les menacer de mort, de faim, d’expulsion, de sanctions, pour les pousser à se vacciner ? Et combien de bourreaux volontaires (pensez aux rafles de la guerre, aux gardiens de camps) le feront ? Jusqu’où peut aller une âme qui se damne, qui s’achète, ou qui joue de paresse simplement…

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On aura donc (je laisse de côté les élites car il s’agit de compter la masse des collabos cette fois) :

  • Les enthousiastes. Ils sont plus nombreux qu’on ne le croit : les antisystèmes vivent dans le monde parallèle du clic où tout le monde s’approuve en réseau, et ils ne se rendent pas compte que beaucoup de gens sont passés du côté obscur, comme dit mon ami Olivier Demeulenaere. On a les cadres, les politiciens, les administratifs sélectionnés, les féministes, les LGBTQ, les antiracistes (qui vont se régaler avec Biden et Kamala), les antichrétiens (qui ont pris le pouvoir au Vatican, voyez leur soutien officiel à Davos ou la crèche de Noël aliénigène), les personnels politiques délirants qui ont pris le pouvoir à peu près partout en Europe, même quand le vieux nom d’un parti est préservé pour tromper le consommateur-électeur ivrogne. Le rôle des universités américaines et de l’enseignement anglo-saxon encore… Dès les années soixante-dix on pouvait se rendre compte que la menace venait d’Amérique, pas du bloc communiste.
  • Les fonctionnaires : leur pouvoir est renforcé par le virus et ils seront choyés jusqu’au bout comme dans tous les régimes staliniens et pétainistes. On a ici ou là un flic ou gendarme qui se rebelle, mais les autres ? Faut bien gagner sa vie et obéir. Faut mériter sa retraite. Mais à quel prix ? La dureté des fonctionnaires municipaux parisiens m’a été rappelée par Lucien Cerise récemment. On me confirme la tragique  médiocrité caporaliste du corps enseignant. Mais qui en doutait encore ? Parmi les fonctionnaires on a les militaires. Le pouvoir mondialiste a doublé les traitements des généraux en France depuis dix ans, et on se doute que les primes et les retraites seront à la fête. La militarisation se fera aux dépens d’une épuration qui mettra les plus vils aux commandes. Voir le sort des gilets jaunes.
  • Les forcés. Prenons plusieurs exemples.  Il y a longtemps que les journalistes ont été remplacés par les putes, comme dit Alain Soral. On est passé en mode accéléré sous les hyper-présidents Sarkozy-Hollande, première mouture du pouvoir mondialiste ultime. On voit que la même recette de bâton et carotte s’applique aux médecins ; la médecine libérale disparait au profit d’une médecine soviétisée qui a recours à l’hôpital psychiatrique maintenant pour éloigner le contrevenant. De la même manière, restauration et petits commerces (dont le sort est tragique depuis la protéiforme, incomprise, prophétique révolte poujadiste des années cinquante) sont forcés de disparaître pour être remplacés par le millier de supermarchés technétroniques décrits par Vincent Held dans le livre qu’il m’a demandé de préfacer l’an prochain, si Dieu nous prête vie.
  • Les peureux. Ils sont hypnotisés par la peur du virus, des pandémies, de tout. Un lâche peut tout faire. La télévision en a fabriqué des millions avec ses chaînes de News et ses actus en bandeaux.
  • Les passifs enfin, dont le rebelle liquide fait aisément partie. Imaginez-vous que soixante personnes seulement s’étaient rassemblées pour demander la libération du professeur Fourtillan… Le reste clique.

Terminons. J’ai beaucoup parlé dans mon livre-recueil sur la servitude volontaire (PDF gratuit, à quatre euros –  prix coûtant – sur Amazon.fr) de notre soumission et de notre acédie. Je voulais évoquer un problème finalement plus brûlant. Combien de bourreaux volontaires seront prêts à se damner pour tourmenter leurs frères et obéir à Klaus Schwab et à sa clique ?

Bibliographie :

Bonnal – Si quelques résistants… ; Littérature et conspiration (Amazon.fr, Dualpha)

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vendredi, 04 décembre 2020

Homme du matin versus homme du nouveau

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Homme du matin versus homme du nouveau

Conversation d'âmes avec Luc-Olivier D'Algange

par Frédéric Andreu-Véricel

"Homme du Matin", "auteurs matinaux", "pensée aurorale"... autant d'expressions qui, prononcées au détour d'une causerie amicale, attirent aussitôt l'attention, voire soulèvent un peu le voile de l'horizon sans doute plus efficacement que la fréquentation de longues travées spéculatives.

Mais il faut parfois se lever de bonne heure pour saisir la portée de ces expressions qui semblent échappées d'un dialogue de Platon.

Personnellement, je ne suis pas un lève-tôt - ni d'ailleurs un lève-tard. C'est vers neuf heures du matin, alors que les premiers rayons de soleil jouent de la harpe avec mes cils entrouverts, que je pose le pied au sol. Je "comprends" alors au sens premier de "cum-prehendere", saisir avec soi - et sans me perdre en conjectures philosophiques - ce que Luc-Olivier d'Algange entend par "homme du matin"...

Ce type d'homme, précise-t-il, c'est « l'homme de la réminiscence », l'homme du "matin profond" platonicien.

Seulement voilà, ne connaissant Platon qu'à travers quelques citations, j'ai recourt aux néo-platoniciens de la cadena aurea, cette chaîne d'or de la tradition qui tinte assurément dans les écrits de Luc-Olivier d'Algange pour le saluer de loin. L'"homme du matin" est celui qui résonne, voire raisonne, avec cette tradition. Il est encore capable d'être émerveillé par un lever de soleil, capable d'être surpris par un sourire qui traverse la foule... autant de "rendez-vous" fixés l'on ne sait où, et dont nous avons l'impression d'arriver après l'heure. Ces échos provenant de plus haut que soi ne sont-ils pas, après tout, autant d'indices conduisant au centre de notre labyrinthe intérieur ?

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Je comprends que cet "homme matinal" est aussi celui qui, devant un Nicolas Poussin, un Vermeer, un Van Gogh, "se souvient". Il se souvient ou, plus exactement, son âme se "souvient". Et cette réminiscence lui indique des voies de compréhension à la fois anciennes et nouvelles. Cet homme de la réminiscence, ajoute si joliment Luc-Olivier d'Algange (dans un entretien réalisé sur Ernst Jünger) "va aussi légèrement que possible vers ses plus lointains souvenirs"...

Mais alors, cher Luc-Olivier, l'"homme du nouveau", qui est-il ? Le double négatif de l'homme du matin ? Celui qui ne sait plus qu'il a une âme ? Est-ce donc l'homme noyé dans la "Lethia", le fleuve de de l'oubli ?

L'"homme du nouveau", écrit Luc-Olivier, "c'est l'homme de la planification abstraite et vengeresse. [...] cet homme, nous le voyons au travail, uniformisateur et nihiliste, qui ne connait qu’une seule modalité du temps, celle de l’usure".

Voilà qui est dit. Seriez-vous d'accord, cher Luc-Olivier, d'ajouter ceci ? Le but de l'"homme du nouveau" est de résoudre son "équation individuelle" alors que l'"homme du matin", lui, recherche sa légende narrative ?

Si oui, si dans votre esprit, le monde, hanté par la loi naturelle, agit encore comme une voûte narrative toute résonante d'échos, alors, inutile d'aller plus loin !

Inutile de rechercher d'autres preuves. Vous savez comme moi que, de toute façon, les preuves fatiguent la vérité. Ajoutons simplement que s'ils leur arrivent de parler la même langue, l'"homo mecanicus" et l'"homo legendicus" (deux variantes latines que je n'ai pas mentionnées dans le titre pour ne pas paraître pédant) ne parlent tout simplement pas le même langage.

Le premier court au devant d'une réalité qui lui échappe - alors même qu'elle ne cesse de se dévoiler sous ses yeux. Il regarde sans voir ; il entend sans écouter. Il y a un moyen infaillible de le reconnaître. La conversation de l'"homme du nouveau" aboutie presque toujours aux mêmes ronds-points idéologiques. J'entendais l'autre jour au milieu de la foule prisonnière du métro tombé subitement en panne : "Ce n'est pas la technologie qui est en cause mais l'usage qu'on en fait".

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Non ! Monsieur du métro ! Je ne suis pas d'accord avec vous ! Ce n'est pas l'usage que l'on fait de la technique, mais bien la technique elle-même qui absorbe nos souverainetés concrètes à l'instar des trous noirs de la stratosphère absorbant la lumière. C'est elle qui relègue la Nature et l'Homme au second plan. Suivant une courbe d'expansion qui lui est propre, plus la technique progresse et plus l'humanité recule. Etape après étape, l'homme se transforme en individu détribalisé, atomisé, interchangeable. Ceux qui, par instinct de survie, jetteraient la télévision à la poubelle, refuseraient les slogans à la mode tels que "progrès", "performance" ou encore "globalisation heureuse" seraient traités d'"aigris" ou de "réactionnaires" entre autres noms d'oiseau.

Cet homme au souffle court (et qui pourtant ne manque pas d'air), addict aux écrans plats ignore qu'il existe des voies de changements qui permettent de rester soi-même. Il réside en réalité dans un monde parallèle et factice. (D'ailleurs, ne l'es-tu pas devenu peu ou prou, toi qui te trouve en cet instant même devant l'écran de ton ordinateur ?).

Cet homme parallèle ne voyage pas, il circule. Se rend-il seulement compte qu'en circulant en métro, il se retrouve en-dessous de la terre, telle une taupe ; se rend-il compte qu'en avion, il survole la terre comme un oiseau ? Quand d'aventure il se retrouve sur le sol ferme, c'est bien souvent pour le fuir en courant à toute vitesse, emballé dans un de ces collants plastifiés de "jogger". Emballé, certes, mais au sens de l'emballage du poulet de supermarché.

Cher Luc-Olivier, merci pour cette conversation d'âme à âme. Vos mots sont ceux d'un veilleur.

Frédéric Andreu-Véricel

jeudi, 19 novembre 2020

Douze bonnes raisons de ne pas nous révolter

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Douze bonnes raisons de ne pas nous révolter

par Nicolas Bonnal

Certains voient le peuple réagir, tout casser. Et de trembler… On sent que ces gentils Cassandre voudraient mettre en garde le pouvoir contre nous, comme s’il n’était pas déjà prêt à nous atomiser ce pouvoir, surtout avec la facile élection truquée de Biden qui va confiner les États-Unis pour l’hiver et imposer le masque et le vaccin partout.

Mais je vois moi plein de raisons pour ne pas bouger du tout. Désolé, je serai féroce.

  • La dictature des chaines info est totale, tenant la plupart des gens sous contrôle. Aucune rébellion chez les jeunes, aucune sagesse chez les anciens qui ont l’âge des soixante-huitards et ont toujours gobé le storytelling médiatique.
  • Nous avons avalé le poison de leur techno-dictature et nous nous en contentons. L’addiction à l’écran et à la technologie a été voulue par nos maîtres certes, mais aussi par nous-mêmes.
  • Nous-mêmes résistants (ou se croyant tels) nous nous contentons de cliquer. Nous faisons de la résistance liquide (Bauman), le système nous ayant liquidés. Nous ne sommes pas capables d’opposer une résistance solide à la dictature.
  • Nous avons intégré le fait que nous sommes trop nombreux, pollueurs. Les gens iront au crématoire croyant faire une bonne action.
  • La menace qui nous paraît à nous réelle : Reset, Blockchain, vaccins, camps, dépopulation, paraît farfelue non pas aux médias mais à tout le monde.
  • L’être humain adore la servitude volontaire : voyez ici mes textes sur La Boétie. Ce que je veux dire c’est qu’il est facile de soumettre 90% du populo. Platon rappelle que le tyran ne prend pas le pouvoir contre le peuple mais avec lui (République, VIII).
  • Le putsch est mondial, et aucun pays ne montre l’exemple : pourquoi la France le ferait-elle ?
  • Les Gilets Jaunes ont constitué une gifle phénoménale à la face du peuple. Il n’ose plus bouger par peur de se ridiculiser, et comme on le comprend ! L’épisode mériterait son histoire sérieuse comme mai 68.
  • Les gens passent tous dans la rue le pif dans le smartphone. Y ajouter un masque sur ce même pif ne change pas grand-chose. Les contraintes actuelles accélèrent un vieux comportement entropique, ne le créent pas.
  • On espère ici ou là que le confinement sera rétribué (le fameux revenu universel) et on ne s’en trouvera pas si mal.
  • Le système a des alliés naturels : les retraités, les fonctionnaires, les « farces de l’ordre », les syndicats, les partis politiques, les médias, qui sont tous financés par lui et par la planche à billets de la BCE.
  • Le monde moderne est hallucinatoire (Guénon) : on a la médecine, la liberté, le progrès, la science, tout un tas de mots hypnotiques avec des majuscules qui nous tiennent sur l’éteignoir. Tout cela rend difficile le réveil.

vendredi, 13 novembre 2020

La politique française: un mélange de Kafka et de Courteline. Un absurde qui n’aurait pas lu Camus!

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La politique française: un mélange de Kafka et de Courteline. Un absurde qui n’aurait pas lu Camus!

Ex: https://brunobertez.com

Je reprends peu de textes de l’IFRAP.

Ce n’est pas qu’ils soient mauvais mais ils adoptent un point de vue, un angle, un point de fuite qui est celui du soi disant intérêt public tel que eux le définissent.

Moi je me place du strict point de vue de l’individu, pour moi c’est l’individu qui est souverain pas le global, pas le tout.

Pourquoi? Parce que le tout n’existe pas, c’est une réification, une construction idéologique de lesprit dominant a laquelle on prête vie pour baiser les gens; les vrais ceux qui existent.

Mais ici l’IFRAP fait oeuvre utile , alors cela mérité d’être diffusé.

Je crois à la décentralisation de la gestion du Covid et par dessus tout à la responsabilisation des individus.

L’IFRAP.

La vie, la mort.

On se sent petit face à ces grands enjeux. On pourrait parler mille heures de nos fragilités et de celles de notre système de soins (pourtant un des plus chers au monde) devant la pandémie. Mais il faut regarder les choses en face et tirer la sonnette d’alarme.

Nos partenaires européens n’ont pas confiné aussi durement que nous au printemps et pas plus maintenant. En conséquence, notre économie a souffert et va souffrir plus que celle de nos partenaires.

Là où l’Allemagne va perdre un peu moins de 6 points de PIB en 2020, nous allons en perdre plus de 11. C’est presque deux fois plus. Cet écart est trop important.

Dernier recours

Ce nouveau confinement, dont l’impact sur le PIB est estimé à 50 milliards et qui représente 20 milliards de dépenses supplémentaires, nous entraîne vers une dépense publique à 63,4 % du PIB. Une folie dont nous n’en avons pas (plus) les moyens. Folie qui va obérer une partie de notre rebond de 2021. Et ce n’est pas fini car, selon l’OMS, d’autres vagues virales sont à attendre. Cette même Organisation mondiale de la santé explique que les mesures de confinement de la population et de l’économie sont à utiliser « en dernier recours ».

Travailler au maximum malgré le virus doit redevenir la règle commune pour tous les Français, quel que soit le secteur. C’était d’ailleurs le point de départ annoncé par le président Macron : « Le travail pourra continuer ». Sauf, visiblement, pour les commerces considérés comme non essentiels.

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Vos chaussettes sont trouées et vous avez besoin d’en acheter une paire rapidement ? Ce n’est pas essentiel. Vous avez envie de fumer ? C’est essentiel. De lire un bon livre ? Pas essentiel. Besoin d’un vêtement d’enfant en deux ans ? Essentiel. En trois ans ? Interdit.

 

Kafka n’y retrouverait pas ses petits. Qu’est-ce qui est essentiel ? 

Là encore la France est plus dure que ses partenaires : les librairies sont ouvertes en Belgique, la plupart des commerces également en Allemagne, en Autriche, en Suisse, en Espagne, au Portugal… Sans parler de la Suède.

Cerise sur le gâteau, la France est, avec la Belgique, le seul pays qui empêche les supermarchés de vendre des produits non essentiels quand certains proposent carrément de renverser la vapeur et de fermer les premiers pour ouvrir seulement les petits commerces !

Ont-ils oublié que beaucoup de nos villages n’en ont plus ?

Attestation infantilisante

Attendre quinze jours pour arbitrer sur la réouverture ou non des commerces ? C’est trop long ! Les idées de préréservations façon Doctolib, ou de développer dans l’urgence des sites Internet… sonnent vraiment trop technocratiques et jacobines. Et ne nous gaussons pas des maires qui ont promulgué des arrêtés pour que leurs commerces restent ouverts. Les centres-villes de nos petites bourgades souffrent déjà tellement de la fermeture des commerces, ils sont légitimement désespérés par la situation et ils ne voient pas pourquoi on attraperait plus le virus dans la librairie du coin qu’en grande surface ?

N’attentons pas quinze jours pour rouvrir nos commerces, même s’il doit y avoir des règles sanitaires contraignantes. N’attendons pas non plus pour faire confiance aux Français en supprimant cette attestation de déplacement, unique en Europe, qui nous infantilise et maintient un climat de défiance à l’heure où nous devons être soudés.

Faisons confiance à nos élus locaux et à notre Parlement pour coconstruire le chemin de la sortie de ce confinement avec de la souplesse en fonction des territoires. N’oublions pas qu’il y a, non pas un mais deux combats à gagner : le sanitaire et l’économique. Sinon, les « survivants » du Covid n’auront que la crise économique et le chômage en héritage.

lundi, 09 novembre 2020

L'ÉCHAPPÉE BELLE ou comment j'ai fui le confinement pour ne pas finir en con fini

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L'ÉCHAPPÉE BELLE ou comment j'ai fui le confinement pour ne pas finir en con fini

par Frédéric Andreu-Véricel

Je quitte un pays à la litière poétique asséchée par deux cents ans de scientisme et d'hypocrisie mondaine. Ce n'est pourtant pas, comme l'annonçaient les romans d'anticipation de mon enfance, un robot "Hi Tech" qui dirige la société d'aujourd'hui mais un président élu démocratiquement au suffrage universel, un président jeune et dynamique, de surcroît.

Ils avaient tort ces romans, bien que l'image du robot omnipotent puisse être compris comme métaphore. Alors, de ce point de vue métaphorique, ils avaient aussi raison, ces romans de mon enfance...

L'élection de Macron marque en effet une étape supplémentaire de l'asservissement du peuple, sa soumission à l'ordre technocratique mondialisé. Claironnez les fameuses "valeurs de la république", tout en réduisant toujours plus les libertés concrètes, voilà la méthode Macron.

Je dis bien une "étape" supplémentaire, pas la feuille de route, planifiée ailleurs et par d'autres, il ne l'a connait pas, il ignore même en être un exécutant servile.

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Avant lui, Nicolas Sarkozy avait proclamé le métissage obligatoire, imposer des quotas d'immigrés et des limitations de vitesses de manière non moins autoritaire. Vous êtes au volant de votre automobile, vous roulez tranquillement sur une ligne droite, vous dépassez de 5 km/heure la limite autorisée et, un robot caché dans un buisson vous retire votre permis de conduire ; c'est très concret, voyez-vous, l'ordre technocratique !

Alors, oui, aujourd'hui, je m'éloigne de ce pays devenu invivable. Je prends refuge, du moins temporairement, dans un pays où il n'y a pas de limitation de vitesse là où il n'est pas nécessaire qu'il y en ait, un pays où il est possible de sortir de chez soi sans Ausweis républicain, où le confinement le plus strict permet à deux personnes de marcher côte à côte dans la rue, un pays où les administrations publiques répondent au courrier qu'on leur envoie, bref, un pays encore respirable.

Je quitte le pays légal, non le pays réel. Dans les textes que j'écris, il est toujours question de la vie la plus concrète, des chemins de mon enfance, des fêtes à l'école, des beaux moments passés entre amis à regarder la mer, un pays qui laisse encore deviner des îles mystérieuses à l'horizon comme cette Alcudia "visible seulement par temps de brume" si chère à Robert Brasillach...

Le problème avec ces Sarkozy, ces Macron et consorts, c'est qu'ils refusent la part de mystère du monde ou, comme le dit Roger Milliot, ils "refusent le halo autour des choses", le problème, c'est qu'ils appellent solidarité la cohabitation". A chaque fois qu'on les contredit, ils se brusquent et invoquent aussitôt la déesse TINA, vous savez la devise de Margaret Thatcher ; T. I. N. A., "There Is No Alternative", la divinité suprême de notre époque.

Vous en voulez des mesures technocratiques autoritaires ? En voici une: dans quelques heures en effet, se balader en forêt, déambuler dans son quartier seront passibles de 135 euros d'amende. Ces lois technocratiques et autoritaires - dont l'efficacité restent à prouver - ne sont à mon avis que la continuité des limitations de vitesse imposées sous Nicolas Sarkozy. Elles n'ont rien à voir avec le bien des gens, leur santé, mais tout à voir avec le processus de domestication du peuple.

Bref, assez parlé ! Il faut agir, car il est des circonstances où hésiter, c'est consentir. A minuit sonné de ce vendredi 30 octobre 2020, l'assignation à résidence entre en vigueur. Minuit, heure fatidique ! Les villes françaises se transformeront en usine intensive de poulets d'élevage, et les carrosses sans doute aussi, en citrouilles !

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C'est donc décidé ! J'enfile mon duvet norvégien, mon ciré imperméable et mon camping-gaz dans mes sacoches vélo puis, tout de go sur ma bicyclette, je traverse la frontière !

Si tout va bien, dans quelques jours, je traverserai une seconde frontière, puis, je parviendrais dans la ferme où m'attend Wim. Wim est un ami néerlandais un peu solitaire. Il vit dans une ferme isolée au milieu du "polder", la vaste plaine hollandaise plantée de moulins à vent.

Les chevaux de traits, les moutons de Texel, le vent de la Mer du Nord qui soulève le foin telle une mèche blonde, et "les soleils mouillés de ces ciels brouillés" si chers à Baudelaire... c'est tout cet univers qui m'attend là-bas, au Pays Bas, du côté de Groningen...

Au fond, mon rêve n'est pas si compliqué, beaucoup de gens le partage, c'est le rêve d'une existence simple et heureuse, débarrassée de toute cette technostructure qui nous digère chaque jour davantage à coup de lois toujours plus coercitives. Ce que nous voulons, c'est vivre enfin à l'air libre, c'est respirer. C'est vivre dignement sur terre.

Frédéric Andreu

Contact : fredericandreu@yahoo.fr

mardi, 03 novembre 2020

Perspectives

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Perspectives

par Pierre-Émile BLAIRON

Ex: http://www.europemaxima.com

Les peuples (et particulièrement le peuple français dans sa grande majorité), sont dans l’illusion quand ils attendent la fin du covid, la fin du confinement, ou du reconfinement, ou du « re-reconfinement », la fin du couvre-feu à 21 h, puis à 20 h, puis à 19 h, la fin des fermetures des bars, des restaurants, des discothèques, des salles de sports, la fin des interdictions pseudo-sanitaires, etc.

Ils croient qu’ensuite, « quand ce sera terminé », ils pourront recommencer à vivre comme autrefois, mais cet « autrefois » n’est guère plus loin que l’année dernière.

Non seulement il n’y aura pas de fin, mais toutes ces contraintes seront aggravées en permanence.

Ils n’ont pas compris que leur vieux monde est mort, celui qu’ils aimaient tant, dans lequel ils ne se sont jamais posés de questions, égoïstement et exclusivement préoccupés qu’ils étaient par le choix du lieu de leurs prochaines vacances, par le choix de leur prochaine voiture ou celui de leur prochain smartphone.

Ce monde si confortable est mort, définitivement mort.

Et ils ont encore moins compris que, à moins d’un retournement in extremis opéré par quelques veilleurs qui auront eu bien du mérite à affronter l’incompréhension de tous, le monde qui nous attend sera le monde de l’horreur et de la terreur.

Je dois bien avouer que je n’ai aucune sympathie et encore moins de compassion pour ces hédonistes dont le seul mot d’ordre était : nous d’abord et après nous, le déluge. On n’a jamais que le destin que l’on mérite.

Pierre-Émile Blairon

mardi, 27 octobre 2020

La désintégration?...

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La désintégration ?...
 
par Maxime Tandonnet
Ex: http://metapoinfos.hautetfort.com

Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Maxime Tandonnet, cueilli sur son blog personnel et consacré à l'assassinat islamiste de Conflans vu comme un symptome de la désintégration accélérée de notre pays. Ancien haut-fonctionnaire, spécialiste des questions d'immigration, et désormais enseignant, Maxime Tandonnet a été conseiller à l’Élysée sous la présidence de Nicolas Sarkozy. Il a donné un témoignage lucide et éclairant de cette expérience dans Au cœur du volcan (Flammarion, 2014).

La désintégration

La décapitation d’un professeur d’histoire à Conflans n’est que dans la continuité d’une longue série d’attentats en cours depuis 2012. M. Paty est la 263e victime de l’islamisme. La vague se poursuit, inexorablement. Ceux qui n’ont pas la mémoire courte le savent. A chaque fois, les réactions de la société politico-médiatique française sont strictement identiques: hystérie de quelques jours, indignation furibonde, hommages solennels, marches blanches, bouquets de fleurs, grandiloquence, coups de menton, annonces spectaculaires, toujours les mêmes, expulsions, fermetures , interdictions, etc. Et toujours le même discours: « Cette fois, plus jamais pareil! » Mais rien n’y fait, la tragédie continue.

Essayer de prendre de la hauteur, de resituer la vague sanguinaire dans son contexte historique. La France est sur la pente d’une désintégration accélérée. Les fanfaronnades de ses dirigeants, de gouvernement en gouvernement, ne doivent leurrer personne. L’Etat est débordé par la violence qui se déchaîne partout. Les flux migratoires en hausse fulgurante (asile, titres de séjour) échappent à son contrôle. Le territoire se morcelle en enclaves étrangères et se hérisse de frontières intérieures. L’école au centre de la tragédie, confrontée au chaos, n’assure plus correctement la transmission du savoir et de l’intelligence, produisant une génération en déshérence. La nature ayant horreur du vide, l’idéologie islamiste s’engouffre dans l’espace laissé vacant par la culture française. L’explosion de la dette publique (120% du PIB), est la mesure de l’impéritie et de l’incapacité des gestionnaires de la chose publique. Les principes et les repères de la nation achèvent de voler en éclat, tels que la solidarité nationale (avec 9 millions de pauvres). Amalgame? Non, tout ceci procède d’une même faillite de long terme.

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La France, au prise d’une vertigineuse poussée de l’inculture et de la bêtise, est privée de boussole, à l’image d’un bateau ivre: où est le bien, où est le mal? Les déclarations de ses plus hauts dirigeants prônent le haine de soi, la culpabilité et la repentance. La suppression emblématique de la figure paternelle à travers la « PMA sans père » n’est pas le moindre aspect de cette œuvre de destruction des repères. Les scandales, l’arrogance et le mépris du peuple sont au cœur de la décomposition. Bref, la France se désagrège, se dissout dans la médiocrité, prend l’eau de toute part et le meurtre horrible de M. Paty n’est qu’une étape supplémentaire dans ce désastre.  Aucune gesticulation, aucune pitrerie ne doit entretenir l’illusion. Remède miracle? Il n’en existe que pour les imbéciles. C’est au prix d’un changement radical de perspective et d’un effort de plusieurs décennies, peut-être de plusieurs générations, qu’un début de redressement est envisageable. Il passe à la base, par une prise de conscience, un retour à l’intelligence collective, mais nous en sommes bien loin et la pente tragique se poursuit.

Maxime Tandonnet (Blog personnel de Maxime Tandonnet, 20 octobre 2020)

lundi, 28 septembre 2020

Convergence des dilemmes

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Convergence des dilemmes

Par James Howard Kunstler

Source ClusterFuck Nation

Et alors, l’Amérique a une nouvelle crise fabriquée, une « ElectionGate », comme si tous les autres troubles s’accumulant comme des dépressions tropicales défilant sur les mers de septembre ne suffisaient pas. Laissez-moi vous rappeler ce qui se passe en plus. La pandémie dite de Wuhan est toujours d’actualité, l’économie s’effondre, une guerre raciale domestique s’intensifie, toute la côte ouest brûle, au sens propre, et la production pétrolière américaine s’effondre. Oh … et la tempête tropicale Sally, qui se déplace lentement, devrait se transformer en ouragan sur la côte du Golfe du Mexique aujourd’hui, déversant ses 600 mm de pluie.

L’Amérique a besoin d’une crise constitutionnelle autant que d’un trou dans le crâne, et c’est exactement ce qui est prévu pour la saison des vacances par les têtes pensantes du lobby Lawfare [guerilla juridique], l’auxiliaire du parti Démocrate. Voici comment cela fonctionne : les journaux et les chaînes d’information câblées complices publient des sondages montrant que Joe Biden est en tête dans plusieurs États en balance pour l’élection, même si ce n’est pas vrai. Facebook et Twitter amplifient les attentes d’une victoire de Biden. Cela prépare le terrain pour la fureur qui suivra lorsqu’il s’avérera qu’il a perdu le soir de l’élection. Au moment opportun, les Antifa et BLM vont commencer à s’ébranler dans tout le pays. Pendant ce temps, une énorme récolte de votes par correspondance se déversera dans des circonscriptions électorales totalement dépourvues d’équipements pour les valider.

Les cadres du lobby Lawfare vont s’agiter dans les assemblées législatives des États contestés pour envoyer des listes électorales dévoyées au collège électoral. Le conflit se terminera au Congrès, qui attend que les représentants nouvellement élus se réunissent le 4 janvier, en espérant que les cadres du lobby Lawfare, pour la plupart Démocrates, puissent s’y asseoir. Oups ! Il s’avérera que les Démocrates ont perdu leur majorité, là aussi. Les combats dans les rues s’intensifieront et accableront les forces de police désarmées dans les villes dirigées par les Démocrates. Le 20 janvier, jour de l’inauguration, les Démocrates demanderont à l’armée de faire sortir Trump de la Maison Blanche « manu military ! », comme l’a si bien dit M. Biden lui-même cet été. L’armée américaine devrait se scinder en deux factions, avec pour résultat une seconde guerre civile.

Vous n’avez pas lu ça ici pour la première fois, bien sûr. C’est partout sur le web depuis des semaines, depuis que le Transition Integrity ProjectProjet pour l’intégrité de la transition – tonton, pourquoi tu tousses ?! – parrainé par le parti Démocrate, a lancé son « jeu de guerre » de l’été, avec l’intention de démontrer que toute victoire aux élections de Trump serait une preuve de trahison et nécessiterait une correction par tous les moyens nécessaires, y compris la sédition, qu’ils avaient déjà essayé plusieurs fois de manière organisée depuis 2016, … et bâclée. Les Démocrates sont assez fous maintenant pour vouloir cela. Ils se sont rendus fous depuis des années, avec une volonté mortifère d’éradiquer la civilisation occidentale – et eux-mêmes avec. Il existe de nombreuses exégèses de ce phénomène, la plupart dérivées des théories marxistes de la révolution, mais ma propre explication s’en écarte.

L’orgie d’hystérie politique, de folie et de violence est une réaction psychotique à l’effondrement de l’économie techno-industrielle [la technosphère] – une caractéristique de celle-ci, en fait. Lorsque tous les arrangements sociaux et économiques familiers sont menacés, les gens deviennent fous. Il est intéressant de noter que la folie a en fait commencé dans les collèges et les universités où les idées, les produits de la pensée, sont censées être un stock de valeurs. Plus les questions pratiques de la vie quotidienne devenaient pressantes, moins les intellectuels voulaient y faire face. Ils ont donc désespérément généré un champ idéologique de contre-idées folles pour repousser la menace, un programme de vœux pieux, de contes utopiques enfantins et d’exercices de pulvérisation des limites. Lorsque toutes ces têtes formatées ont quitté les campus, à la remise des diplômes, elles ont infecté tous les autres secteurs de l’activité américaine, les institutions, les entreprises, les médias, le sport, Hollywood, etc. Le pays a maintenant perdu la tête. Des échos de la France de 1793 ? … plutôt une rime, pas une reprise.

L’économie américaine a commencé un effondrement lent et insidieux parce que sa base énergétique pétrolière est devenue inabordable. La réalité a été occultée par des apparences paradoxales : le miracle du pétrole de schiste a fait passer la production pétrolière américaine de moins de cinq millions de barils par jour en 2007, à treize millions de barils par jour en 2019. Plutôt impressionnant. Il semblait que nous étions inondés de pétrole. Le problème était que les compagnies qui produisaient le pétrole de schiste ne pouvaient pas gagner d’argent, et les prêts qui ont servi à mettre en scène le « miracle » du pétrole de schiste ne sont pas honorés … donc les compagnies n’ont pas pu obtenir de nouveaux prêts… et ont fait faillite. Ainsi, l’effondrement de la production pétrolière américaine est une boucle de rétroaction qui se renforce d’elle-même et qui va certainement continuer et aggraver les choses. Aujourd’hui, moins d’un an après avoir atteint le chiffre majestueux de 13 millions de barils par jour, la production est tombée à environ 10 millions – une baisse vraiment nette. Pour masquer davantage la dynamique en jeu, le prix de l’essence à la pompe est assez bas – moins de 2,50 dollars le gallon là où je vis, contre plus de 4 dollars il y a quelques années – et la plupart des citoyens considèrent le prix de l’essence comme leur seul indice de la façon dont les choses se passent dans l’industrie pétrolière.

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La pandémie de Covid-19 a aggravé et accéléré les dégâts en fermant une grande partie des petites entreprises américaines depuis mars. Celles-ci et les personnes qui les possédaient ont terriblement souffert. Cette situation et les fermetures publiques ont considérablement réduit la demande de produits pétroliers, faisant baisser le prix du baril et réduisant les liquidités des compagnies pétrolières. Cela a également aggravé la détérioration des relations avec notre principal partenaire commercial, la Chine, dont l’effet net menace la chaîne d’approvisionnement pour toutes sortes de pièces et de produits critiques nécessaires au fonctionnement de nos systèmes complexes.

La question de savoir si M. Trump, ou quiconque, peut répondre intelligemment à cette longue urgence est une question essentielle. En ce qui concerne la politique électorale, M. Trump n’est que marginalement mieux placé car il n’est pas favorable à la destruction des institutions existantes de la république comme le sont ses adversaires. Il y a moins de raisons de croire qu’il est capable de faire face à l’effondrement des rouages de l’économie, qui l’attend après le déroulement de la dramaturgie électorale. Pour M. Trump, beaucoup dépend d’une performance illusoire des marchés financiers. C’est la saison des krachs boursiers, tout comme celle des cyclones dans l’Atlantique, et ces marchés se sont comportés ces derniers temps de manière extravagante, prêts pour un crash historique.

Pendant ce temps, le chaos lié au mouvement BLM se poursuit pendant la nuit, cette fois dans la bonne vieille ville de Lancaster, PA, où un hispanique armé d’un couteau a été abattu par les flics. C’est fou comme cela semble injustifié. L’incident et la réaction qui a provoqué émeutes, incendies … a été suivie par une tentative d’assassinat de deux adjoints du shérif du comté de Los Angeles dans leur voiture samedi soir par ce qui semble être un enfant noir ou un nain. Par la suite, des « manifestants » BLM se sont présentés à l’hôpital où les adjoints étaient opérés, en criant « J’espère qu’ils vont mourir ». J’ai hâte d’entendre Rachel Maddow et Lawrence O’Donnell essayer d’expliquer cela à leurs fidèles fans sur MSNBC

James Howard Kunstler

Pour lui, les choses sont claires, le monde actuel se termine et un nouveau arrive. Il ne dépend que de nous de le construire ou de le subir mais il faut d’abord faire notre deuil de ces pensées magiques qui font monter les statistiques jusqu’au ciel.

Traduit par Hervé, relu par jj pour le Saker Francophone

jeudi, 17 septembre 2020

De l’urgence de combattre l’inculture

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De l’urgence de combattre l’inculture

par Jean-Baptiste Noé
Ex: https://echelledejacob.blogspot.be
 
La géopolitique permet beaucoup de choses et notamment de comprendre le monde dans lequel nous évoluons. Mais, à cet égard, le niveau d’inculture de certains cadres et dirigeants d’entreprise est particulièrement préoccupant. Cela est mauvais pour l’image qu’ils donnent d’eux-mêmes et cela est nuisible au développement de leur entreprise et à la réussite de leur mission.

Une inculture inquiétante

Deux exemples récents illustrent ces propos. Un échange avec un consultant d’un grand cabinet de conseil qui venait d’obtenir un gros contrat en Algérie. Tout heureux de cela il lâcha cette phrase : « Je connais très bien l’Algérie, je suis souvent allé au Maroc ». Sous-entendu, puisque les Algériens sont des Arabes et des musulmans, comme les Marocains, quand on connait les seconds on connait les premiers. Je doute fort que ce type de pensée lui permette de satisfaire ses clients, et on peut lui prédire quelques déconvenues commerciales.

Second exemple, une étudiante dans une grande école de la place parisienne qui voulait me convaincre de publier un article sur le développement des panneaux solaires au Yémen. « C’est un sujet d’avenir pour le pays, notamment face au réchauffement climatique. » Possible. Mais disons que pour l’instant la priorité du Yémen est ailleurs, et notamment d’arriver à éteindre une guerre qui s’enlise et qui fait des milliers de morts et de réfugiés. Les Yéménites veulent d’abord manger en paix, ils verront ensuite pour les panneaux solaires.

Quelques exemples certes, mais qui ne sont pas anecdotiques, et qui révèlent un réel décrochage intellectuel. Or la mondialisation est cruelle et elle ne donnera pas de seconde chance aux nations et aux entreprises incultes.

Soyons clairs : tout n’est pas la faute de ces jeunes gens. Ils ne sont pas responsables du vide des programmes scolaires et de la non-transmission voulue qu’ils ont subie. Ils ne sont pas responsables non plus du lavage de cerveau et des lubies iréniques de certaines écoles de commerce et d’ingénieurs. Mais ils doivent se rendre compte qu’ils ne savent pas et que la compétition mondiale ne porte pas tant aujourd’hui sur la maîtrise de la technique que sur la maîtrise de la culture. Cela ne concerne pas d’ailleurs que la nouvelle génération, mais est valable pour tout le monde. La non-connaissance de la littérature classique, de l’histoire des pays, de leur géographie et de leur culture, la vision stérile et enfantine d’un monde qui serait plat, sans relief, sans aspérité est redoutable. Cela explique en partie les échecs successifs et répétés du Quai d’Orsay et de la diplomatie française au cours des dix dernières années : une inculture crasse, incapable de tenir compte de la stratification des siècles et des particularités des peuples. Parce que certains veulent que l’Europe sorte de l’histoire, ils croient que les autres régions le veulent aussi.

Un manque de curiosité

Plus que l’inculture, ce qui frappe c’est le manque de curiosité. Nous vivons ainsi un curieux paradoxe : il n’a jamais été aussi facile d’accéder au savoir et pourtant ces gisements ne sont pas exploités. On peut accéder gratuitement à des banques de photos qui nous permettent de voir des paysages, des pays et des villes sans quitter son bureau. Je peux ainsi visiter Tokyo ou Bamako, chose impossible à mes grands-parents, à moins d’acheter un atlas illustré fort onéreux. On peut accéder à toute la littérature mondiale en accès libre. Wikipédia est une encyclopédie beaucoup plus commode à manier que les antiques volumes de l’Encyclopédia Universalis. Grâce à YouTube, je peux accéder à des concerts de musique classique et écouter des ténors et des cantatrices renommés. La Philharmonie de Paris diffuse tous ses concerts sur son site. Nous pouvons trouver des conférences et des vidéos de grande qualité pour compléter des cours indigents. Et pourtant, l’inculture grandie et, avec elle, la certitude de savoir et de connaître. C’est affligeant le nombre d’étudiants qui ouvrent rarement un livre, mais qui croient connaître un sujet et avoir l’autorité pour en parler.

Bien évidemment il ne s’agit pas d’être un expert sur tout, mais d’avoir une culture générale, c’est-à-dire une connaissance des grands principes, qui permet ensuite, si besoin, de se spécialiser dans un domaine pour répondre aux circonstances. Le Général de Gaulle disait que « la véritable école du commandement est la culture générale » avant d’ajouter « Au fond des victoires d’Alexandre on retrouve toujours Aristote ». Où peut-on trouver Aristote aujourd’hui chez les dirigeants d’entreprise ? La culture générale permet la connaissance de l’autre et facilite donc les échanges. Quoi de mieux pour parler à un inconnu que de commencer à évoquer les écrivains de son pays, la gastronomie, les grands monuments ? Ce sont les commodités de la conversation, qui permettent de se connaître et d’aborder ensuite, si nécessaire, les sujets divergents.

Le conformisme des élites

Le conformisme intellectuel des patrons et des élites est également confondant, notamment sur les sujets écologiques. On les voit schizophrènes et partagés en deux : d’un côté l’injonction écologique qui les oblige à penser « transition écologique », « développement durable », « urgence climatique », de l’autre le savoir accumulé dans leur métier qui leur prouve que tout cela est fumisterie. On voit ainsi des grands industriels accepter sans broncher les normes absurdes que leur imposent les gouvernements, comme des moutons conduits à l’abattoir qui n’auraient même plus la force de bêler. « L’État stratège » que le monde entier doit nous envier, adopte une série de normes et de contraintes dogmatiques qui détruisent l’agriculture (betterave et céréales notamment), l’aviation (Air France et les normes CO2), l’automobile (l’imposition de la voiture électrique), le nucléaire (fermeture des centrales) et un grand nombre d’autres secteurs industriels. Nul besoin d’accuser la mondialisation ou l’Europe, la bureaucratie française est assez douée pour se suicider seule. Quel patron ou manager haut placé entend-on pour s’élever contre ces normes absurdes qui détruisent la puissance française et, plus grave encore, vont apporter la pauvreté à des millions de personnes ? L’effet de sidération est tel qu’aucune personne concernée et compétente ne lève le doigt pour apporter une objection.

En son temps, Christophe de Margerie, alors PDG de Total, était le seul à s’élever publiquement contre les sanctions contreproductives imposées à la Russie. Carlos Tavares, le PDG de PSA, est l’un des rares à dénoncer les diktats écologistes qui détruisent l’industrie automobile et à parler clairement sur les normes imposées par le Parlement européen et la Commission. Pour le reste, beaucoup sont ceux qui ploient et maugréent sans rien dire. Beaucoup ont déjà intériorisé leur défaite et sont intellectuellement morts. Cet effet de sidération est inquiétant et rappelle le roman d’Ayn Rand, La Grève, où là aussi les industriels se laissent assassiner sans réagir, hormis ceux qui déclenchent la grève des impôts et de la soumission.

Quelles solutions ?

À défaut de pouvoir toucher un public large, les dirigeants devraient sans cesse expliquer à leurs salariés l’état des normes et l’absurdité de ce qui est imposé. C’est ce que l’on appelle la participation des salariés à la vie de l’entreprise, qui ne se limite pas aux questions financières et à la répartition des bénéfices. Autant de salariés qui pourraient ensuite répandre la bonne nouvelle à leur entourage proche. Si Air France ne peut plus assurer sa liaison Orly / Mérignac, de nombreuses entreprises vont fermer. La perte d’emploi est généralement assez compréhensible par ceux qui sont concernés.

Aux dirigeants et aux étudiants, on ne peut que conseiller de lire les classiques et, à défaut ou en complément, d’écouter et de regarder les nombreux podcasts et émissions où interviennent les auteurs compétents et renommés. Nous avons aujourd’hui la chance d’avoir des bibliothèques du savoir immenses, accessibles à tous et partout. On peut lire la presse de Hong Kong et de Buenos Aires, assister à une conférence parisienne depuis la province. À tel point que l’on peut se demander si les écoles supérieures qui délivrent du vide intellectuel servent encore à quelque chose.

La connaissance n’est pas un enjeu secondaire. Il ne s’agit pas d’avoir de l’érudition pour en faire usage dans le monde, mais de posséder le bagage culturel indispensable pour vaincre dans la mondialisation. L’inculture est une faiblesse utilisée par les démagogues et les marchands de peur, qu’ils agitent le drapeau de l’épidémie ou celui de l’urgence climatique. La réponse est d’abord intellectuelle et morale, comme au temps où se levèrent quelques rares intellectuels pour combattre le totalitarisme communiste.

Jean-Baptiste Noé

jeudi, 10 septembre 2020

Nostradamus, le masque, et le Covid19

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Nostradamus, le masque, et le Covid19

par Pierre-Emile Blairon

L’article que Georges Gourdin a fait paraître : Nostradamus aurait-il inspiré Pierre-Emile Blairon ? m’a quelque peu désarçonné sur le coup car il ne m’avait pas avisé de sa parution ; mais c’est une heureuse surprise : il m’a permis de réfléchir sur les motifs qui m’ont amené à écrire les quelques phrases que vous avez déjà lues ou que vous allez lire. C’est le but de ma présente démarche : vous exposer ces motifs.

« La fin d’un cycle est toujours caractérisée par une accélération et une multiplication d’événements tragiques ou aberrants, par le règne du mensonge, l’inversion totale des valeurs longuement élaborées par la civilisation qui est en train de mourir mais c’est alors le moment où chaque instant de la vie sociale revêt un masque, en l’occurrence mortuaire, comme une gigantesque fête de carnaval dont les acteurs revêtiraient des costumes de zombies errants à la recherche d’un souffle de vie.

Funèbre parodie où l’on tente en vain de découvrir dans cette foule un véritable humain.

En fait, quand tout n’est que parodie, c’est que le monde réel est déjà mort.

Sous le masque, il n'y a que le néant. »

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Je ne me souvenais pas d’avoir écrit ces lignes. Il faut dire que, un livre terminé, mon esprit est occupé par le suivant alors que j’oublie presque tout du précédent ; je ne suis pas vraiment un bon commercial.

Au moment même de la parution de mon dernier livre, Chroniques d’une fin de cycle, paru aux Editions du Lore en décembre 2019, « l’élite » mondiale pédo-sataniste au pouvoir mettait la dernière main à la plus grande manipulation de tous les temps, qui allait aboutir à ce délire que constitue le totalitarisme sanitaire planétaire, si bien réussi dans ses moindres détails.

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Pour toute commande: http://www.ladiffusiondulore.fr/home/781-chroniques-d-une-fin-de-cycle-les-enfers-parodisiaques.html

Le pire des mondes

Le sous-titre de ce livre Chroniques d’une fin de cycle, où ces phrases citées figurent parmi les premières, les annonce déjà : Les enfers parodisiaques ; un amalgame de « paradis » et « parodie » ; le paradis est ici un faux paradis, et même l’inverse, puisqu’il est un enfer, tandis que la parodie est une vraie parodie qui singe le bonheur, tel que Aldous Huxley l’avait évoqué dans son livre Le meilleur des mondes qui signifie évidemment « Le pire des mondes ».

Le pire des mondes – comme il n’en a encore jamais existé - est celui que nous sommes destinés à vivre et que nous vivons déjà pour certains d’entre nous, parmi les plus lucides ; la plupart de nos contemporains étant complètement inconscients de ce qui arrive et, surtout, de ce qui va arriver.

Les populations sont devenues globalement incapables d’analyser la situation présente, d’entrevoir quelque chemin d’avenir, inaptes à tirer les moindres leçons du passé. Elles répètent stupidement les mêmes schémas, exécutent machinalement les mêmes gestes, obéissent massivement aux moindres injonctions si ce n’est aux moindres stimuli ; elles sont entrées dans un processus d’abêtissement complet ; et encore, certaines bêtes ont plus de facultés intelligentes pour se situer dans la vie et pour affirmer leur « personnalité ».

Le rapport avec Nostradamus ? Pourquoi m’aurait-il influencé ? C’est que je l’ai longtemps fréquenté en écrivant sa biographie, en tentant de résoudre ses énigmes, en donnant des conférences et des articles sur le personnage et son œuvre. Inévitablement, une sorte de complicité est née et, peut-être inconsciemment, j’ai pensé à lui en écrivant ces lignes sur le masque quelque peu prémonitoires.

Avant d’être devin, Nostradamus était médecin

Mais quelques éléments d’ordre tout à fait concret peuvent avoir aussi creusé un petit sillon dans ma mémoire ; ainsi, rappelons-nous que Nostradamus, avant d’être devin, était médecin, qu’il n’hésitait pas à se rendre dans les villes terrassées par une épidémie (autrement plus grave que la gripette préfabriquée qu’on veut nous faire passer pour une catastrophique pandémie mondiale) pour exercer son métier qui était alors un véritable sacerdoce souvent de nature sacrificielle ; nombre de médecins y laissaient leur vie ; la télé n’existait pas encore pour passer le plus clair de son temps à s’y pavaner, grassement payés au nombre de mensonges proférés comme font les Diafoirus actuels[1] au lieu d’exercer leur métier.

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La peste, en effet, sévissait régulièrement et partout à cette époque (début du XVIe siècle) et Nostradamus se rendait sur les lieux de l’épidémie pour tenter d’y soulager les malheureux contaminés. Les médecins portaient alors des masques en forme de bec de pélican dont la renflure était remplie de plantes médicinales censées les protéger des miasmes environnants. Nostradamus avait mis au point une décoction magique constituée de plantes et de fleurs aux propriétés antiseptiques qui se révélèrent particulièrement efficaces puisqu’il ne fut jamais atteint par la maladie (c’était un bon vivant, il est mort de… la goutte !).

Déduire plus que prédire

Nostradamus était connu, et l’est encore, pour ses prédictions, dont beaucoup furent vérifiées.

Certes, les dieux, ceux des Gaulois, des Indous, des Chaldéens et des Hébreux, s’étaient penchés sur son berceau ; c’est lui-même qui les évoque, et les invoque, selon ses dires. C’est, sans doute, un petit coup de leurs pouces qui a permis ses hallucinantes prophéties calculées au jour près (comme, par exemple, le début et la fin du communisme soviétique)

Son disciple, Chavigny, ne l’appelait-il pas le « Janus français », Janus, le dieu de l’antiquité, le dieu primordial, le dieu des commencements, celui qui a deux visages, l’un tourné vers le passé, l’autre vers l’avenir ?

Car le génie de Nostradamus, plus que de prédire, consistait à déduire.

Nostradamus fut l’un des premiers modernes (il a vécu pendant la Renaissance, début des Temps modernes) à avoir compris le système des cycles qui explique la marche du monde.

Les premiers écrits de cyclologie apparaissent chez les Indous, qui ne faisaient que s’en référer aux cycles de vie naturels : tous les êtres naturels, les plantes, les astres, les saisons, les jours, les heures, les hommes, les animaux vivent selon un cycle : naissance, vie, mort ; le temps est cyclique, tout recommence lorsque tout est mort.

Mais les civilisations naissent, vivent et meurent selon le même processus.

Les Indous avaient divisé le temps cyclique en quatre périodes, chacune d’elles appelée Yuga. Nous sommes à la fin de la dernière période, appelée Kali-Yuga, déclin entamé il y a 6400 ans.

Toutes les anciennes sociétés traditionnelles se référaient au système cyclique, au temps cyclique, le temps linéaire n’étant qu’une invention humaine initiée par les monothéistes.

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Les Grecs, par les écrits d’Hésiode notamment, ont aussi adopté le concept de temps cyclique, lui aussi partagé en quatre périodes qui vont du meilleur au pire ; le système cyclique est un système involutif. L’Age d’or est suivi de l’Age d’argent, puis du bronze, puis du fer, qui correspond donc au Kali-Yuga, celui dont nous vivons les derniers instants ; à la fin du grand cycle réapparaît le nouveau avec un nouvel Age d’or.

Ainsi donc, Nostradamus, le Janus français, doté d’une longue mémoire, d’une grande culture, ainsi que d’une profonde intuition, héritier spirituel de plusieurs ethnies et cultures, déduisait des anciens cycles les événements qui allaient apparaître pour le nouveau.

Le système cyclique a été compris et repris par quelques-uns de nos auteurs contemporains qui se sont ainsi avérés être des passeurs et des mainteneurs des anciennes sociétés traditionnelles à travers le monde, et, plus particulièrement, du monde indo-européen :  Spengler, Mircéa Eliade, Georges Dumézil, René Guénon, Julius Evola… auxquels il convient de se référer pour comprendre quelque chose à l’Histoire du monde et aux terribles événements qui se déroulent sous nos yeux.

Je terminerai par une phrase qui résume bien cet article, phrase de Paul-Georges Sansonetti qui, lui aussi, appartient à cette catégorie distinguée de passeurs et de mainteneurs : « Comme disait Goethe :" Les évènements à venir projettent leur ombre vers nous". Encore faut-il que de véritables voyants (alliant une intuition indissociable de la conscience ethnique à une lucidité héroïque) soient capables d'interpréter ces ombres messagères. »

Note:

[1] Les Diafoirus sont des médecins, père et fils, dans la pièce de Molière, Le Malade imaginaire. « Cuistres grandiloquents et rétrogrades dont le charlatanisme finit par éclater au grand jour » (Wiktionnaire)