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jeudi, 17 septembre 2020

De l’urgence de combattre l’inculture

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De l’urgence de combattre l’inculture

par Jean-Baptiste Noé
Ex: https://echelledejacob.blogspot.be
 
La géopolitique permet beaucoup de choses et notamment de comprendre le monde dans lequel nous évoluons. Mais, à cet égard, le niveau d’inculture de certains cadres et dirigeants d’entreprise est particulièrement préoccupant. Cela est mauvais pour l’image qu’ils donnent d’eux-mêmes et cela est nuisible au développement de leur entreprise et à la réussite de leur mission.

Une inculture inquiétante

Deux exemples récents illustrent ces propos. Un échange avec un consultant d’un grand cabinet de conseil qui venait d’obtenir un gros contrat en Algérie. Tout heureux de cela il lâcha cette phrase : « Je connais très bien l’Algérie, je suis souvent allé au Maroc ». Sous-entendu, puisque les Algériens sont des Arabes et des musulmans, comme les Marocains, quand on connait les seconds on connait les premiers. Je doute fort que ce type de pensée lui permette de satisfaire ses clients, et on peut lui prédire quelques déconvenues commerciales.

Second exemple, une étudiante dans une grande école de la place parisienne qui voulait me convaincre de publier un article sur le développement des panneaux solaires au Yémen. « C’est un sujet d’avenir pour le pays, notamment face au réchauffement climatique. » Possible. Mais disons que pour l’instant la priorité du Yémen est ailleurs, et notamment d’arriver à éteindre une guerre qui s’enlise et qui fait des milliers de morts et de réfugiés. Les Yéménites veulent d’abord manger en paix, ils verront ensuite pour les panneaux solaires.

Quelques exemples certes, mais qui ne sont pas anecdotiques, et qui révèlent un réel décrochage intellectuel. Or la mondialisation est cruelle et elle ne donnera pas de seconde chance aux nations et aux entreprises incultes.

Soyons clairs : tout n’est pas la faute de ces jeunes gens. Ils ne sont pas responsables du vide des programmes scolaires et de la non-transmission voulue qu’ils ont subie. Ils ne sont pas responsables non plus du lavage de cerveau et des lubies iréniques de certaines écoles de commerce et d’ingénieurs. Mais ils doivent se rendre compte qu’ils ne savent pas et que la compétition mondiale ne porte pas tant aujourd’hui sur la maîtrise de la technique que sur la maîtrise de la culture. Cela ne concerne pas d’ailleurs que la nouvelle génération, mais est valable pour tout le monde. La non-connaissance de la littérature classique, de l’histoire des pays, de leur géographie et de leur culture, la vision stérile et enfantine d’un monde qui serait plat, sans relief, sans aspérité est redoutable. Cela explique en partie les échecs successifs et répétés du Quai d’Orsay et de la diplomatie française au cours des dix dernières années : une inculture crasse, incapable de tenir compte de la stratification des siècles et des particularités des peuples. Parce que certains veulent que l’Europe sorte de l’histoire, ils croient que les autres régions le veulent aussi.

Un manque de curiosité

Plus que l’inculture, ce qui frappe c’est le manque de curiosité. Nous vivons ainsi un curieux paradoxe : il n’a jamais été aussi facile d’accéder au savoir et pourtant ces gisements ne sont pas exploités. On peut accéder gratuitement à des banques de photos qui nous permettent de voir des paysages, des pays et des villes sans quitter son bureau. Je peux ainsi visiter Tokyo ou Bamako, chose impossible à mes grands-parents, à moins d’acheter un atlas illustré fort onéreux. On peut accéder à toute la littérature mondiale en accès libre. Wikipédia est une encyclopédie beaucoup plus commode à manier que les antiques volumes de l’Encyclopédia Universalis. Grâce à YouTube, je peux accéder à des concerts de musique classique et écouter des ténors et des cantatrices renommés. La Philharmonie de Paris diffuse tous ses concerts sur son site. Nous pouvons trouver des conférences et des vidéos de grande qualité pour compléter des cours indigents. Et pourtant, l’inculture grandie et, avec elle, la certitude de savoir et de connaître. C’est affligeant le nombre d’étudiants qui ouvrent rarement un livre, mais qui croient connaître un sujet et avoir l’autorité pour en parler.

Bien évidemment il ne s’agit pas d’être un expert sur tout, mais d’avoir une culture générale, c’est-à-dire une connaissance des grands principes, qui permet ensuite, si besoin, de se spécialiser dans un domaine pour répondre aux circonstances. Le Général de Gaulle disait que « la véritable école du commandement est la culture générale » avant d’ajouter « Au fond des victoires d’Alexandre on retrouve toujours Aristote ». Où peut-on trouver Aristote aujourd’hui chez les dirigeants d’entreprise ? La culture générale permet la connaissance de l’autre et facilite donc les échanges. Quoi de mieux pour parler à un inconnu que de commencer à évoquer les écrivains de son pays, la gastronomie, les grands monuments ? Ce sont les commodités de la conversation, qui permettent de se connaître et d’aborder ensuite, si nécessaire, les sujets divergents.

Le conformisme des élites

Le conformisme intellectuel des patrons et des élites est également confondant, notamment sur les sujets écologiques. On les voit schizophrènes et partagés en deux : d’un côté l’injonction écologique qui les oblige à penser « transition écologique », « développement durable », « urgence climatique », de l’autre le savoir accumulé dans leur métier qui leur prouve que tout cela est fumisterie. On voit ainsi des grands industriels accepter sans broncher les normes absurdes que leur imposent les gouvernements, comme des moutons conduits à l’abattoir qui n’auraient même plus la force de bêler. « L’État stratège » que le monde entier doit nous envier, adopte une série de normes et de contraintes dogmatiques qui détruisent l’agriculture (betterave et céréales notamment), l’aviation (Air France et les normes CO2), l’automobile (l’imposition de la voiture électrique), le nucléaire (fermeture des centrales) et un grand nombre d’autres secteurs industriels. Nul besoin d’accuser la mondialisation ou l’Europe, la bureaucratie française est assez douée pour se suicider seule. Quel patron ou manager haut placé entend-on pour s’élever contre ces normes absurdes qui détruisent la puissance française et, plus grave encore, vont apporter la pauvreté à des millions de personnes ? L’effet de sidération est tel qu’aucune personne concernée et compétente ne lève le doigt pour apporter une objection.

En son temps, Christophe de Margerie, alors PDG de Total, était le seul à s’élever publiquement contre les sanctions contreproductives imposées à la Russie. Carlos Tavares, le PDG de PSA, est l’un des rares à dénoncer les diktats écologistes qui détruisent l’industrie automobile et à parler clairement sur les normes imposées par le Parlement européen et la Commission. Pour le reste, beaucoup sont ceux qui ploient et maugréent sans rien dire. Beaucoup ont déjà intériorisé leur défaite et sont intellectuellement morts. Cet effet de sidération est inquiétant et rappelle le roman d’Ayn Rand, La Grève, où là aussi les industriels se laissent assassiner sans réagir, hormis ceux qui déclenchent la grève des impôts et de la soumission.

Quelles solutions ?

À défaut de pouvoir toucher un public large, les dirigeants devraient sans cesse expliquer à leurs salariés l’état des normes et l’absurdité de ce qui est imposé. C’est ce que l’on appelle la participation des salariés à la vie de l’entreprise, qui ne se limite pas aux questions financières et à la répartition des bénéfices. Autant de salariés qui pourraient ensuite répandre la bonne nouvelle à leur entourage proche. Si Air France ne peut plus assurer sa liaison Orly / Mérignac, de nombreuses entreprises vont fermer. La perte d’emploi est généralement assez compréhensible par ceux qui sont concernés.

Aux dirigeants et aux étudiants, on ne peut que conseiller de lire les classiques et, à défaut ou en complément, d’écouter et de regarder les nombreux podcasts et émissions où interviennent les auteurs compétents et renommés. Nous avons aujourd’hui la chance d’avoir des bibliothèques du savoir immenses, accessibles à tous et partout. On peut lire la presse de Hong Kong et de Buenos Aires, assister à une conférence parisienne depuis la province. À tel point que l’on peut se demander si les écoles supérieures qui délivrent du vide intellectuel servent encore à quelque chose.

La connaissance n’est pas un enjeu secondaire. Il ne s’agit pas d’avoir de l’érudition pour en faire usage dans le monde, mais de posséder le bagage culturel indispensable pour vaincre dans la mondialisation. L’inculture est une faiblesse utilisée par les démagogues et les marchands de peur, qu’ils agitent le drapeau de l’épidémie ou celui de l’urgence climatique. La réponse est d’abord intellectuelle et morale, comme au temps où se levèrent quelques rares intellectuels pour combattre le totalitarisme communiste.

Jean-Baptiste Noé

jeudi, 10 septembre 2020

Nostradamus, le masque, et le Covid19

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Nostradamus, le masque, et le Covid19

par Pierre-Emile Blairon

L’article que Georges Gourdin a fait paraître : Nostradamus aurait-il inspiré Pierre-Emile Blairon ? m’a quelque peu désarçonné sur le coup car il ne m’avait pas avisé de sa parution ; mais c’est une heureuse surprise : il m’a permis de réfléchir sur les motifs qui m’ont amené à écrire les quelques phrases que vous avez déjà lues ou que vous allez lire. C’est le but de ma présente démarche : vous exposer ces motifs.

« La fin d’un cycle est toujours caractérisée par une accélération et une multiplication d’événements tragiques ou aberrants, par le règne du mensonge, l’inversion totale des valeurs longuement élaborées par la civilisation qui est en train de mourir mais c’est alors le moment où chaque instant de la vie sociale revêt un masque, en l’occurrence mortuaire, comme une gigantesque fête de carnaval dont les acteurs revêtiraient des costumes de zombies errants à la recherche d’un souffle de vie.

Funèbre parodie où l’on tente en vain de découvrir dans cette foule un véritable humain.

En fait, quand tout n’est que parodie, c’est que le monde réel est déjà mort.

Sous le masque, il n'y a que le néant. »

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Je ne me souvenais pas d’avoir écrit ces lignes. Il faut dire que, un livre terminé, mon esprit est occupé par le suivant alors que j’oublie presque tout du précédent ; je ne suis pas vraiment un bon commercial.

Au moment même de la parution de mon dernier livre, Chroniques d’une fin de cycle, paru aux Editions du Lore en décembre 2019, « l’élite » mondiale pédo-sataniste au pouvoir mettait la dernière main à la plus grande manipulation de tous les temps, qui allait aboutir à ce délire que constitue le totalitarisme sanitaire planétaire, si bien réussi dans ses moindres détails.

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Pour toute commande: http://www.ladiffusiondulore.fr/home/781-chroniques-d-une-fin-de-cycle-les-enfers-parodisiaques.html

Le pire des mondes

Le sous-titre de ce livre Chroniques d’une fin de cycle, où ces phrases citées figurent parmi les premières, les annonce déjà : Les enfers parodisiaques ; un amalgame de « paradis » et « parodie » ; le paradis est ici un faux paradis, et même l’inverse, puisqu’il est un enfer, tandis que la parodie est une vraie parodie qui singe le bonheur, tel que Aldous Huxley l’avait évoqué dans son livre Le meilleur des mondes qui signifie évidemment « Le pire des mondes ».

Le pire des mondes – comme il n’en a encore jamais existé - est celui que nous sommes destinés à vivre et que nous vivons déjà pour certains d’entre nous, parmi les plus lucides ; la plupart de nos contemporains étant complètement inconscients de ce qui arrive et, surtout, de ce qui va arriver.

Les populations sont devenues globalement incapables d’analyser la situation présente, d’entrevoir quelque chemin d’avenir, inaptes à tirer les moindres leçons du passé. Elles répètent stupidement les mêmes schémas, exécutent machinalement les mêmes gestes, obéissent massivement aux moindres injonctions si ce n’est aux moindres stimuli ; elles sont entrées dans un processus d’abêtissement complet ; et encore, certaines bêtes ont plus de facultés intelligentes pour se situer dans la vie et pour affirmer leur « personnalité ».

Le rapport avec Nostradamus ? Pourquoi m’aurait-il influencé ? C’est que je l’ai longtemps fréquenté en écrivant sa biographie, en tentant de résoudre ses énigmes, en donnant des conférences et des articles sur le personnage et son œuvre. Inévitablement, une sorte de complicité est née et, peut-être inconsciemment, j’ai pensé à lui en écrivant ces lignes sur le masque quelque peu prémonitoires.

Avant d’être devin, Nostradamus était médecin

Mais quelques éléments d’ordre tout à fait concret peuvent avoir aussi creusé un petit sillon dans ma mémoire ; ainsi, rappelons-nous que Nostradamus, avant d’être devin, était médecin, qu’il n’hésitait pas à se rendre dans les villes terrassées par une épidémie (autrement plus grave que la gripette préfabriquée qu’on veut nous faire passer pour une catastrophique pandémie mondiale) pour exercer son métier qui était alors un véritable sacerdoce souvent de nature sacrificielle ; nombre de médecins y laissaient leur vie ; la télé n’existait pas encore pour passer le plus clair de son temps à s’y pavaner, grassement payés au nombre de mensonges proférés comme font les Diafoirus actuels[1] au lieu d’exercer leur métier.

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La peste, en effet, sévissait régulièrement et partout à cette époque (début du XVIe siècle) et Nostradamus se rendait sur les lieux de l’épidémie pour tenter d’y soulager les malheureux contaminés. Les médecins portaient alors des masques en forme de bec de pélican dont la renflure était remplie de plantes médicinales censées les protéger des miasmes environnants. Nostradamus avait mis au point une décoction magique constituée de plantes et de fleurs aux propriétés antiseptiques qui se révélèrent particulièrement efficaces puisqu’il ne fut jamais atteint par la maladie (c’était un bon vivant, il est mort de… la goutte !).

Déduire plus que prédire

Nostradamus était connu, et l’est encore, pour ses prédictions, dont beaucoup furent vérifiées.

Certes, les dieux, ceux des Gaulois, des Indous, des Chaldéens et des Hébreux, s’étaient penchés sur son berceau ; c’est lui-même qui les évoque, et les invoque, selon ses dires. C’est, sans doute, un petit coup de leurs pouces qui a permis ses hallucinantes prophéties calculées au jour près (comme, par exemple, le début et la fin du communisme soviétique)

Son disciple, Chavigny, ne l’appelait-il pas le « Janus français », Janus, le dieu de l’antiquité, le dieu primordial, le dieu des commencements, celui qui a deux visages, l’un tourné vers le passé, l’autre vers l’avenir ?

Car le génie de Nostradamus, plus que de prédire, consistait à déduire.

Nostradamus fut l’un des premiers modernes (il a vécu pendant la Renaissance, début des Temps modernes) à avoir compris le système des cycles qui explique la marche du monde.

Les premiers écrits de cyclologie apparaissent chez les Indous, qui ne faisaient que s’en référer aux cycles de vie naturels : tous les êtres naturels, les plantes, les astres, les saisons, les jours, les heures, les hommes, les animaux vivent selon un cycle : naissance, vie, mort ; le temps est cyclique, tout recommence lorsque tout est mort.

Mais les civilisations naissent, vivent et meurent selon le même processus.

Les Indous avaient divisé le temps cyclique en quatre périodes, chacune d’elles appelée Yuga. Nous sommes à la fin de la dernière période, appelée Kali-Yuga, déclin entamé il y a 6400 ans.

Toutes les anciennes sociétés traditionnelles se référaient au système cyclique, au temps cyclique, le temps linéaire n’étant qu’une invention humaine initiée par les monothéistes.

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Les Grecs, par les écrits d’Hésiode notamment, ont aussi adopté le concept de temps cyclique, lui aussi partagé en quatre périodes qui vont du meilleur au pire ; le système cyclique est un système involutif. L’Age d’or est suivi de l’Age d’argent, puis du bronze, puis du fer, qui correspond donc au Kali-Yuga, celui dont nous vivons les derniers instants ; à la fin du grand cycle réapparaît le nouveau avec un nouvel Age d’or.

Ainsi donc, Nostradamus, le Janus français, doté d’une longue mémoire, d’une grande culture, ainsi que d’une profonde intuition, héritier spirituel de plusieurs ethnies et cultures, déduisait des anciens cycles les événements qui allaient apparaître pour le nouveau.

Le système cyclique a été compris et repris par quelques-uns de nos auteurs contemporains qui se sont ainsi avérés être des passeurs et des mainteneurs des anciennes sociétés traditionnelles à travers le monde, et, plus particulièrement, du monde indo-européen :  Spengler, Mircéa Eliade, Georges Dumézil, René Guénon, Julius Evola… auxquels il convient de se référer pour comprendre quelque chose à l’Histoire du monde et aux terribles événements qui se déroulent sous nos yeux.

Je terminerai par une phrase qui résume bien cet article, phrase de Paul-Georges Sansonetti qui, lui aussi, appartient à cette catégorie distinguée de passeurs et de mainteneurs : « Comme disait Goethe :" Les évènements à venir projettent leur ombre vers nous". Encore faut-il que de véritables voyants (alliant une intuition indissociable de la conscience ethnique à une lucidité héroïque) soient capables d'interpréter ces ombres messagères. »

Note:

[1] Les Diafoirus sont des médecins, père et fils, dans la pièce de Molière, Le Malade imaginaire. « Cuistres grandiloquents et rétrogrades dont le charlatanisme finit par éclater au grand jour » (Wiktionnaire)

mercredi, 09 septembre 2020

Comment leurs masques rendent bêtes et méchants

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Comment leurs masques rendent bêtes et méchants

par Nicolas Bonnal

Dans notre tradition chrétienne et biblique le fait de cacher sa face est un délit spirituel ; et si Dieu cache sa face, la situation est spirituellement très grave. Exemple :

11 Il dit en son cœur : Dieu a oublié, il cache sa face, il ne verra pas, à jamais (psaume 10).

Le masque comme on sait ne prétend pas (ou plus) nous guérir de cet affreux virus qui ne tue plus personne et ne sert qu’à établir le nouvel ordre mondial et son grand Reset, en abolissant ce qui restait de liberté et en diminuant la population de deux milliards à coups de vaccins – pour commencer. A court terme on a pu voir aussi que le masque altère la santé et le caractère de la personne humaine, raison pourquoi certains le veulent définitif et obligatoire. Quand on hait (Gates-Attali-Davos-Soros, etc.) on ne compte pas.

Mais voyons ce qui dit un psychiatre du système, préposé à la manipulation – ou à la location – du cerveau humain et de ses clics acheteurs. Patrick Fagan dans un article puissant paru dans le mensuel britannique The Critic explore les raisons pour lesquelles les masques “rendraient les gens stupides” et seraient une forme de “déshumanisation.”

Fagan écrit :

[…] “Les masques peuvent désormais être ajoutés à la liste des obligations qui vous rendent stupides. […] voici les faits qui expliquent pourquoi vous ne devriez absolument, catégoriquement, pas porter de masque. Ils vous rendent influençables ; ils vous rendent plus susceptible de suivre les directives de quelqu’un d’autre et de faire des choses que vous ne feriez pas autrement. En bref, ils vous privent de votre fonction exécutive – votre conscience. »

Le masque déresponsabilise et rend plus fou : voyez les BLM et les Antifa que Trump laisse faire aux USA pour obéir à ses sponsors, tout en espérant être réélu par son électorat de petits blancs affolés (les oligarques étant eux euphoriques et patients comme on sait).

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Fagan donne deux exemples caractéristiques de cette répugnante civilisation consumériste (je rappelle que le mot consommation veut aussi dire mort en latin) :

« Un excellent exemple nous vient d’une étude réalisée par Mathes et Guest (1976), qui ont demandé aux participants s’ils seraient prêts, et combien ils devraient être payés, pour porter une pancarte à la cafétéria de l’université disant “la masturbation, c’est chouette” Les résultats ont montré que lorsque les gens portaient un masque, ils étaient plus susceptibles de porter l’affiche et qu’il leur fallait moins d’argent pour le faire (30 dollars contre 48 dollars en moyenne).

Pendant ce temps, Miller et Rowold (1979) ont présenté un bol de chocolats aux participants à Halloween et leur ont dit qu’ils n’avaient le droit d’en prendre que deux chacun. Lorsque les enfants pensaient qu’ils n’étaient pas surveillés, ils se servaient eux-mêmes. Les enfants sans masque ont enfreint la règle, en prenant plus de chocolats, 37% du temps, contre 62% pour les enfants masqués. Les auteurs ont conclu que les masques “entraînent une diminution des inhibitions comportementales”. […] »

Le masque sert à désinhiber : qu’il s’agisse de BLM, des racailles, de Macron ou de sa police toujours sordide et brutale (quoiqu’en pensent certains), on voit très bien les effets de cette désinhibition. Depuis qu’on ne voit plus leurs visages, casqués ou masqués, les flics sont odieux. Fagan :

« Les effets désinhibiteurs du port d’un masque sont décrits par les psychologues en termes de suspension des mécanismes de contrôle du surmoi, permettant aux impulsions subconscientes de prendre le dessus. Saigre (1989) a écrit que les masques “raccourcissent” les systèmes de défense conscients et encouragent une “régression massive” vers un état plus primitif ; Castle (1986) a écrit que les mascarades du XVIIIe siècle permettaient aux porteurs de masques de libérer leurs pulsions hédonistes et sexuelles réprimées ; et Caillois (1962) a écrit de la même façon sur les carnavals masqués européens impliquant des activités libidinales, notamment “les indécences, les bousculades, les rires provocateurs, les seins à découvert, les imitations de bouffonnerie, une incitation permanente à l’émeute, les festins et les excès de paroles, de bruit et de mouvement”. Au XIIe siècle, le pape Innocent III a interdit les masques dans le cadre de sa lutte contre l’immoralité ; et en 1845, l’État de New York a rendu illégal le port de masques en public par plus de deux personnes, après que des agriculteurs aient porté des masques pour attaquer leurs propriétaires. »

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L’altération de l’identité est évidente, ce qui explique la symbolique contre-initiatique des bals masqués de Venise aux Rothschild en passant par Fanny Hill :

« Du point de vue de la neuro-imagerie, les masques sont connus pour inhiber l’identité et le contrôle des impulsions – tous deux associés à la fonction exécutive dans le cortex préfrontal (par exemple, Glannon, 2005 ; Tacikowski, Berger & Ehrsson, 2017). En d’autres termes, les masques font taire le Jiminy Cricket dans le cerveau. »

Grâce aux masques on doit aussi se taire (cf. la muselière) :

« Il n’est pas étonnant que le fait de se couvrir la bouche nous fasse taire psychologiquement. Des études ont montré que les vêtements ont un effet puissant sur notre façon de penser (ou non), via un principe connu sous le nom de cognition encapsulée : le port d’une blouse de laboratoire améliore la fonction cognitive (Adam & Galinsky, 2012), le port d’une blouse d’infirmière augmente l’empathie (López-Pérez et al., 2016), et le port de marques contrefaites augmente la probabilité de tricher dans un test (Gino, Norton & Ariely, 2010). De même, dans le monde du langage corporel, le fait qu’une personne mette sa main sur sa bouche est un signe qu’elle écoute attentivement : elle est prête à recevoir des informations, et non à les remettre en question. »

On pense à Tom Cruise dans la scène du billard du film incontournable Eyes Wide Shut. J’ai expliqué ailleurs la haute symbolique maçonnique de cette « tenue ».

Les masques rendent stupides en nous privant d’air, ajoute Fagan :

« Il existe également une raison plus fondamentale pour laquelle les masques peuvent rendre stupide : la diminution du flux d’oxygène vers le cerveau. Les voiles faciaux réduisent la fonction ventilatoire à long terme (Alghadir, Aly & Zafar, 2012), et les masques chirurgicaux peuvent réduire l’oxygénation du sang chez les chirurgiens (Beder et al., 2008) : croyez-le ou non, se couvrir la bouche rend la respiration plus difficile. En examinant le masque facial N95, une étude de 2010 (Roberge et al.) a conclu que “les niveaux de dioxyde de carbone et d’oxygène étaient respectivement nettement supérieurs et inférieurs aux normes ambiantes du lieu de travail” à l’intérieur du masque. »

Les gouvernements soumis au N.O.M. étendent leur pouvoir pour fabriquer le gentil troupeau résigné prophétisé par Tocqueville :

« Le fait que les masques ne fonctionnent probablement même pas nous amène à la dernière raison pour laquelle le port d’un masque inculque la stupidité et la conformité : à travers un bombardement de mensonges, de contradictions et de confusion, l’État submerge votre capacité à raisonner clairement. »

Fagan donne l’exemple du communisme. On pourrait donner celui de Robinson obligeant le pauvre Vendredi à faire n’importe quoi (creuser et boucher des trous) pour éprouver sa puissance de colonial armé et la soumission de l’indigène. Fagan :

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« Comme l’a écrit Theodore Dalrymple, “Dans mon étude des sociétés communistes, je suis arrivé à la conclusion que le but de la propagande communiste n’était pas de persuader ou de convaincre, ni d’informer, mais d’humilier ; et donc, moins elle correspondait à la réalité, mieux c’était. Lorsque les gens sont contraints de se taire lorsqu’on leur raconte les mensonges les plus évidents, ou pire encore lorsqu’ils sont contraints de répéter eux-mêmes ces mensonges, ils perdent une fois pour toutes leur sens de la probité. Consentir à des mensonges évidents, c’est en quelque sorte devenir soi-même mauvais. La volonté de résister à quoi que ce soit est ainsi érodée, et même détruite. Une société de menteurs émasculés est facile à contrôler”.

Fagan conclut un texte brillant et courageux :

« Le but des masques faciaux n’est pas de protéger les humains, mais de diminuer l’humanité – de voler aux gens leur ego, leur identité et leur autonomie. »

Et nous citerons encore la bible, tout en demandant à nos lecteurs de découvrir les vidéos de l’extraordinaire rabbin Amnon Itshak qui a dénoncé la volonté folle de Netanyahou de pucer tous les enfants israéliens :

9 Ne me cache pas ta face, ne repousse point ton serviteur avec colère (psaume 27)

Ou aussi :

7 tu as caché ta face, j’ai été épouvanté (psaume 30)

Sources :

https://thecritic.co.uk/face-masks-make-you-stupid/

https://covidinfos.net/covid19/les-masques-vous-rendent-s...

Bonnal –  Les mystères de Stanley Kubrick (Dualpha, Amazon.fr)

https://nicolasbonnal.wordpress.com/2020/06/09/gants-masq...

 

lundi, 07 septembre 2020

Jacques Georges: Des souvenirs qui ont de la gueule

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Jacques Georges: Des souvenirs qui ont de la gueule

par Georges FELTIN-TRACOL

Rédacteur bien trop discret d’Europe Maxima, Jacques Georges vient de commettre un singulier ouvrage à mi-chemin de l’autobiographie et du pamphlet. Outre un titre accrocheur, Sept décennies qui ont changé la gueule du monde attire l’attention par une couverture présentant le portrait du grand-père de l’auteur, un paysan francilien au regard franc et malicieux, une belle figure de Gaulois qu’on retrouve dans les romans bourguignons de Henri Vincenot. Jacques Georges place son grand-père « Pageorges » en repère à partir duquel il estime que sa vie, commencée en 1944, coïncide avec un changement d’époque à l’instar du Romain de l’Antiquité tardive à l’aurore du Haut-Moyen Âge, de l’Occidental de la fin du Moyen Âge aux premiers temps de la Renaissance ou de l’Européen de 1790 aux débuts de l’Ère contemporaine. Il le reconnaît volontiers : « Je suis toujours resté en retrait. Dès le départ, je me suis senti profondément décalé, minoritaire, décalé (p. 244). »

Il importe d’évoquer la bafouille de Jacques Georges. Ce n’est pas dans la grasse presse mensongère subventionnée quotidienne, Le Monde ou Libération, ou hebdomadaire, Le Point ou L’Express, qu’on mentionnera ce livre écrit d’abord à l’intention de ses enfants et petits-enfants. Sept décennies qui ont changé la gueule du monde se caractérise par un très beau style aux phrases limpides, ciselées et percutantes. On peut à la rigueur lui reprocher une présence un peu trop fréquente de « franglicismes » (1).

De Barbu à d’Ormesson

dormesson.jpgStade suprême d’un copinage éhonté, l’auteur me présente comme « un esprit encyclopédique ayant tout lu et tout analysé (p. 291) ». C’est très gentil de sa part, mais inexact. Pour preuve, Jacques Georges cite régulièrement « Jean d’Ormesson pour sa légèreté profonde (p. 285) ». Hormis les articles souvent indigestes parcourus rapidement dans les pages « Opinions » du Figaro, ce libéral conservateur très en vue demeure pour moi un inconnu. Certes, lycéen et ayant apprécié le feuilleton télévisé Au plaisir de Dieu, je pris avec déception connaissance du roman éponyme. En 2015, Romaric Sangars avait signé chez Pierre-Guillaume de Roux un pamphlet au titre plaisant, Suffirait-il d’aller gifler Jean d’Ormesson pour arranger un peu la gueule de la littérature française  ? La question se posait. Toutefois, l’un des tout premiers romans de « Jean d’O » en 1971, La gloire de l’Empire, serait un pastiche uchronique, ce qui peut le rendrait moins antipathique. Jean d’Ormesson a surtout fait une prestation remarquable – et remarquée – aux côtés de Catherine Frot dans le film de Christian Vincent en 2012, Les Saveurs du palais. Il y campe avec gourmandise un président de la République très mitterrandien.

Le sous-titre de l’ouvrage de Jacques Georges est « Témoignage piquant d’un Gaulois d’Europe ! ». Oui, il n’offre pas de l’eau tiède ou de la camomille. Il alterne au contraire eau glacée et jet brûlant. Jacques Georges se définit « comme fils du peuple français, le vrai, l’enraciné, le paysan, celui qui vit sur son sol et travaille toute sa vie. L’ethnie franque d’Île-de-France prédomine (p. 30) ». En pleine rédaction, il retrouve dans les affaires familiales « une carte du Service d’ordre du Rassemblement du peuple français (RPF) de 1951 (p. 31) » de son père. Il en est déçu, lui prêtant « des sympathies politiques plus épicées que le gaullisme ! (idem) ». Jacques Georges oublie qu’à cette date où se construit contre les menaces gaulliste et communiste une « troisième force » politicienne entre socialistes, démocrates-chrétiens et radicaux, le RPF en tant que gaullisme d’opposition à la IVe République, prend aux yeux d’un pouvoir déliquescent et d’une presse aux ordres un air de « populisme ». Son chef charismatique y est dépeint en apprenti-dictateur néo-fasciste d’autant qu’il a auparavant osé réclamer la libération du Maréchal Pétain…

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Marcel Barbu.

Jacques Georges éprouve de fortes réticence à l’égard de la personne et de la politique de Charles De Gaulle. À l’élection présidentielle de 1965, il appartient à la cohorte des 279 685 électeurs de Marcel Barbu, le « candidat des chiens écrasés », favorable au référendum d’initiative populaire, préfiguration de la candidature inaboutie de Coluche en 1981, du phénomène italien Mouvement Cinq Étoiles de l’humoriste Beppe Grillo et de l’élection à la présidence ukrainienne de Volodymyr Zelenski. Jacques Georges ignore peut-être que son directeur de campagne travaillait au journal d’opposition nationale et européenne Rivarol. Par ailleurs, ce père de dix-sept enfants prônait à travers son entreprise coopérative drômoise de boîtiers de montres, la « communauté de travail », c’est-à-dire une réalisation de la pensée économique et sociale non-conformiste anti-marxiste et non libérale.

L’économie et toute sa complexité passionnent l’auteur. Ce fils du peuple incarne bien la méritocratie républicaine propre aux « Trente Glorieuses ». Excellent élève, il rencontre au collège le jeune Philippe Conrad. Une fois le bac en poche (et à l’époque, on ne le donne pas à la gueule du client…), il s’inscrit en fac de droit et à Sciences Po-Paris. De cette double expérience universitaire, il en tire bien des occasions manquées. « Trop jeune, idéaliste, pas au courant, décalé, scrupuleux, hésitant, bref trop peu au courant du système, pour mesurer la chance extraordinaire qui m’était donné de rencontrer (p. 73) » Raymond Barre, Jacques Chirac, son « interrogateur en Droit public à l’examen du diplôme de Sciences Po obtenu au rang honorable à l’été 1965 (idem) », le chanoine Kir, l’aventurier Henri de Monfreid, l’écrivain royaliste Henri Massis et, surtout, Bertrand de Jouvenel qui lui proposa « d’être son assistant (p. 72) ». Jacques Georges aurait pu devenir un excellent administrateur public, voire un brillant homme politique s’il n’avait pas ce défaut rédhibitoire pour un politicien, la franchise.

Économiste et technicien

Quelques années plus tard, en compagnie de son épouse, Jacques Georges voyage en Allemagne dans la Forêt Noire. Il décide au culot et sur un coup de tête de saluer Albert Speer. « Le rencontrer, c’était rencontrer l’Histoire, en même temps qu’un homme exceptionnel (p. 107). » Malgré une arrivée à l’improviste, l’architecte et homme politique les accueille avec une rare courtoisie et prend tout son temps pour discuter avec eux en français. Albert Speer et Jacques Georges partagent une idiosyncrasie propre à un certain type humain qu’Ernst Jünger nomme dans ses écrits les « Maurétaniens », que Raymond Abellio qualifie d’« hommes d’exécution (ou d’entretien dans l’administration des choses) » et que James Burnham désigne comme des « managers » dans L’ère des organisateurs. Ministre de l’armement dans les derniers mois de la Seconde Guerre mondiale, Albert Speer porte la productivité allemande à un niveau jamais égalé et ce, en dépit des contraintes multiples. De manière plus pacifique, Jacques Georges a un parcours professionnel qui reflète bien l’intuition de James Burnham dans son essai managérial sorti en 1947 en France. Albert Speer et Jacques Georges sont des techniciens, c’est-à-dire des maîtres de l’ordonnancement technique. Il affirme en effet que « l’économie, c’est le réel, parfois sordide, mais le réel, ce qui a son prix. Quand on a des idées politiques, avoir une idée du réel évite le déraillement ! (p. 133) ».

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Jacques Georges travaille tour à tour dans une banque d’affaires, pour une multinationale étatsunienne connue bien plus tard pour ses OGM, pour « une PME financière picarde d’une vingtaine de personnes (p. 144) », puis au sein d’une compagnie financière et bancaire installée sur les Champs-Élysées avant de trouver à la fin des années 1990 son Graal professionnel : l’expertise internationale auprès des « pays (essentiellement du pourtour méditerranéen) dits “ associés ”, c’est-à-dire désireux de bénéficier d’une assistance technique européenne en se rapprochant d’un modèle économique et social, sinon politique, intitulé “ Acquis communautaire ” (p. 171) ». Dans cette nouvelle fonction, il parcourt le monde, en particulier l’Europe centrale, balkanique et orientale, la Turquie, l’Afrique du Nord et le Proche-Orient. Il se rend même au Chili et en Guinée. Au cours de ses séjours parfois longs (un semestre), il a le temps de humer l’atmosphère et en retire des anecdotes savoureuses ou presque dramatiques comme cette course à pied solitaire en Roumanie qui aurait pu mal finir face à une meute de chiens sauvages…

Ce métier de consultant « faisait enfin coïncider dans mon travail mes passions pour la liberté (ne pas avoir de patron, juste des donneurs d’ordres publics), pour les grandes synthèses multidisciplinaires, et pour l’Europe, ma Patrie de toujours, mon Destin, et celui de mes enfants (pp. 171 – 172) ». On retrouve ici l’âme foncière de l’organisateur-né. De son passage dans la multinationale étatsunienne, Jacques Georges y voit « une exigence d’excellence impressionnante et parfaitement noble. Dans leur domaine elles étaient en avance sur leur temps, voilà leur péché majeur. Si elles ont fini par prendre un pouvoir excessif par rapport aux États, c’est bien parce que ceux-ci, soit n’ont pas voulu, soit plutôt ont été incapables de tenir leur rôle de législateur et de régulateur, qui jamais ne leur fut contesté (p. 142) ». Cette appétence pour les entreprises polyvalentes géantes s’observe chez le Guillaume Faye de la décennie 1980 quand il vante dans la bande dessinée Avant-Guerre (2) et dans l’émission radiophonique mythique diffusée sur une radio libre « Scène de chasse en ciel d’Europe » (3) la firme Typhoone, fer de lance économique, techno-industriel et scientifique de la Grande Fédération européenne. En dehors que Jacques Georges apprécie beaucoup Guillaume Faye, tous deux sont les élèves, directs ou non, de l’économiste lyonnais hétérodoxe François Perroux (photo). Guillaume Faye a lu ses livres et a probablement discuté avec lui. Jacques Georges a suivi les cours de son plus célèbre disciple, Raymond Barre.

0_0.jpgDes réflexions réactives

Cet ouvrage très intéressant et qui se lit avec plaisir traduit une réelle inquiétude à l’égard d’un monde en déclin. « Le remplacement de De Gaulle par pire que lui est un fait : le modernisme passéiste de Pompidou, le libéralisme avancé de Giscard, le gaullisme social de Chaban-Delmas, la Droite de gauche post-radicale de Chirac ont jeté, dès cette époque, les bases solides du déclin français d’aujourd’hui (p. 130). » François Mitterrand a été le dernier chef d’État français à montrer en public une posture présidentielle appropriée. Le grotesque Jacques Chirac a été un « super-menteur » inutile et un escroc notoire. Nicolas Sarközy restera comme le seul président de la République qui se prenait pour un Premier ministre. François Hollande fut un locataire de l’Élysée qui se voyait en commentateur mal-informé de sa propre politique. Quant à Emmanuel Macron, c’est un dirigeant qui s’amuse avec une France réduite en doudou… Jacques Georges s’attriste de cette décadence qui frappe toute l’Europe. Cela navre l’auteur, Européen de France, pour qui « l’unité européenne, de préférence sur base franco-allemande, relève du destin (p. 163) ». Favorable au traité de Maastricht, il se félicite de la mise en place et du maintien de l’euro. On comprend qu’il bannit de son vocabulaire châtié le terme Frexit.

Très tôt exaspéré par le monopole intellectuel de la Gauche, Jacques Georges fréquente le Club de l’Horloge avant qu’il ne devienne le carrefour « d’un conservatisme franco-français post-maurrassien (p. 165) » et le GRECE auquel il adhère « dès 1971 (idem) ». Ce n’est pourtant que bien plus tard, au début de la décennie 1990 qu’il découvre le haut-lieu des universités d’été grécistes. « La Domus était un phalanstère de droite dure mais ouverte et libre. Liberté totale de pensée et de parole. Absence de tabous. Inspiration haute. Argent inconnu au bataillon. Moments d’émotion, d’échanges, de franches rigolades et de fraternité virile, tout ce que j’aimais et aimerais encore si l’occasion s’en présentait. Ce sont là des évènements qui marquent idées et sensibilités pour toujours (p. 166). » L’ensemble reposait sur le « très charismatique Maurice, fort en gueule, esprit d’élite et grand cœur (p. 165) », le Dr. Maurice Rollet, chancelier du GRECE et responsable de la bâtisse jusqu’à son décès en 2014. Sa veuve à qui Jacques Georges a eu l’obligeance d’envoyer un exemplaire dédicacé a beaucoup apprécié cette marque d’amitié.

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« Européiste » décrié chez les « horlogers », « suppôt du marché » critiqué par certains néo-droitistes, Jacques Georges ne recherche pas le consensus. Ainsi ne partage-t-il pas l’engouement envers les Gilets jaunes imaginés comme l’avant-garde d’une révolution conservatrice nationale-populiste. « En l’état actuel de la sensibilité commune, le seul explosif révolutionnaire est le portefeuille plat. À chaque époque son niveau. Le peuple avalera tout, chômage, submersion migratoire, perte d’identité, humiliations quotidiennes, etc. tant qu’il lui restera quelques sous en fin de mois pour payer le téléphone portable, la traite de la bagnole, et l’essence pour s’en servir (p. 221). » Saluons cette lucidité corroborée par les développements récents de la tyrannie pseudo-sanitaire qui impose l’incroyable mascarade de se couvrir le visage en public alors que la République hexagonale, c’est bien connu, se vit la tronche à l’air… Les Français protestent-ils contre les restrictions croissantes de leurs libertés de se déplacer, de respirer, de s’habiller (pour la finale de la Coupe d’Europe des clubs à Barcelone le 23 août dernier, la préfecture de Marseille interdit pendant une journée le port du maillot du PSG avant de se raviser) ? Non, les « lions » sont devenus des moutons, des ânes et des veaux (que ces sympathiques animaux pardonnent la comparaison à leur détriment).

Le témoignage de Jacques Georges illustré par diverses photographies, caricatures et couvertures dans une belle mise en page de la part d’un éditeur soigneux sera pour bien des lecteurs non seulement « piquante », mais aussi « irritante » et « urticante » tant il va à rebours de l’actuel Zeitgeist émollient. On peut croire que Jacques Georges joue au mécontemporain patenté qui se fait un malin plaisir de déplaire à tous, aux masses hébétées en priorité, et d’adopter ainsi un style anti-conformiste de bon aloi. Ce serait une lourde erreur de le penser. Par ce livre et à travers une vie riche et variée, Jacques Georges prouve qu’il n’a pas besoin de se donner une allure. Sa liberté d’esprit ne représente pas un anti-conformisme préfabriqué. En son temps, Vladimir Jankélévitch jugeait d’ailleurs que « de tous les conformismes, le conformisme du non-conformisme est le plus hypocrite et le plus répandu aujourd’hui (4) ».

Sept décennies qui ont changé la gueule du monde constitue bien un mélange audacieux de pessimisme civilisationnel et de bonheur personnel. Jacques Georges apporte en tout cas un témoignage saisissant sur la fin d’un monde et l’avènement d’un autre dont on ne perçoit que les lointaines lueurs et les premiers échos. Son préfacier, Philippe Conrad, « espère que ces “ mémoires ” un peu insolites – qui rendent compte d’un parcours personnel mais racontent aussi les interrogations d’un Européen d’aujourd’hui, confronté aux incertitudes tragiques de notre temps – contribueront aux prises de conscience devenues nécessaires (p. 13) ». Les aïeux de Jacques Georges, dont « Pageorges », peuvent être déjà fiers d’avoir un tel descendant. Ce fut enfin une joie de découvrir les mémoires d’un vieil ami qui ont vraiment une bien belle gueule.

Georges Feltin-Tracol

Notes

1 : Jacques Georges sera sanctionné en recopiant du pied droit et à l’envers les œuvres complètes d’Étiemble…

2 : cf. Avant-Guerre, scénario de Guillaume Faye, dessins d’Éric Simon et de J.-M. Simon, Carrere, 1985.

3 : On peut écouter « Scène de chasse en ciel d’Europe – Amplitude FFI » sur Euro-Synergies et Soundcloud.

4 : Quelque part dans l’inachevé, entretien entre Vladimir Jankélévitch et Béatrice Berlowitz, Gallimard, coll. « Folio – Essais », 1978, p. 13.

• Jacques Georges, Sept décennies qui ont changé la gueule du monde. Témoignage piquant d’un Gaulois d’Europe !, préface de Philippe Conrad, IBAcom Éditions (29, rue Greuze, F – 75116 Paris, France), 2020, 376 p., 20 € (livre à commander sur www.ibacom.fr).

samedi, 05 septembre 2020

Observations sur le devenir eunuque de la tyrannie en Occident

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Observations sur le devenir eunuque de la tyrannie en Occident

par Nicolas Bonnal

« Alors les requins arrivèrent et mangèrent les femmes et les enfants d’abord ».

La montée du totalitarisme se précipite en occident.  Ce totalitarisme n’est pas vraiment puritain comme le pense Shamir ; il est obsédé sexuel et il pousse jusqu’à l’abjection sa tendance sadique et perverse. Contrairement à ce que d’autres aussi pensent la cible n’est pas le mâle blanc, mais la possible famille, entité potentiellement naturelle et reproductrice,  qu’il s’agit d’éradiquer, en commençant du reste par les femmes et les enfants. Il s’agit donc de détruire les trois, la femme, l’enfant, l’homme. Comme disait Chesterton la famille est le seul Etat qui crée et aime ses citoyens, elle est donc l’Etat à détruire pour les princes de ce monde et leurs stewards.

ARIANE-BILHERAN.jpgCible enfantine ? La philosophe Ariane Bilheran rappelle à ce sujet :

« L’école n’accomplit plus sa mission, et chaque jour le niveau dégringole dans les égouts, laissant des générations à l’abandon, et des professeurs pieds et poings liés avec le sentiment qu’ils ne parviennent pas à accomplir leur mission, tout simplement parce que, si ces bases fondamentales ne sont pas acquises (au lieu de cela, je rappelle que l’OMS préconise d’enseigner « les relations sexuelles » avec pénétration » à l’âge de 6 ans – mention ajoutée dans la version en espagnol « con penetración », « avec pénétration », je renvoie à mon livre L’imposture des droits sexuels), rien ne pourra s’inscrire ensuite du côté des apprentissages intellectuels. »

L’obsession pédophile est officialisée à l’école, rappelle Ariane :

« Enfin, j’imagine que lorsque l’enfant subira les cours sur les « droits sexuels », avec l’enseignant « partenaire » (dont je rappelle qu’il s’agit d’un « éducateur sexuel » habilité par le ministère de la santé, et non pas d’un professeur de l’éducation nationale normalement constitué, cf. mon livre L’imposture des droits sexuels), le masque sera bien pratique pour le faire taire et le conditionner encore plus à se taire… »

Je vous laisse découvrir les trente pages (gratuites) de ce travail admirable et généreux (l’auteure a été virée de Facebook comme je le suis de…Google, coronavirus oblige). Et j’en viens à mon affirmation : l’affirmation d’un pouvoir de type eunuque au niveau occidental. Les hommes politiques n’ont plus de famille ou d’enfants, et on dirait que c’est pour cela qu’ils ont été choisis, de Merkel à Macron, et du Luxembourg à l’Irlande. La première ministresse finlandaise se vante d’avoir été éduquée par un couple de même sexe (il y a encore des sexes alors?). C’est même pour cela qu’elle a été choisie (car on n’élit plus personne, on maintient au pouvoir).

Enfin établissons une constatation ; ces personnalités sont autoritaires et adorent commander, surveiller, sanctionner. Leur pouvoir s’est étendu avec l’informatique et  le coronavirus leur a permis d’établir leur dictature. Je pense souvent à Hal 9000  et à sa voix asexuée dans 2001, et j’ai établi un lien dans mon livre sur Kubrick entre l’ordinateur et l’hermaphrodite. L’ordinateur désexualise l’humanité, alors on en profite. Chesterton a vu que l’Amérique était déjà une nursery en arrivant aux USA et que le citoyen du futur serait considéré comme un enfant. D’où la rage mondiale et mondialiste quand la Clinton ne fut pas élue…La révolte des « déplorables » fut jugée inqualifiable et la tyrannie virale a permis de le châtier (piquer) comme il se devait.

41VMQS9SW9L._SY291_BO1,204,203,200_QL40_ML2_.jpgCette réalité du pouvoir eunuque m’est  apparue en lisant Michel Maffesoli qui citait le chercheur hongrois Balazs. Pourquoi ? Parce que ces auteurs ont découvert (Balasz) et rappelé (Maffesoli) que les eunuques ont déjà gouverné le monde, avec leur gant de velours et leur main de fer. C’était dans l’empire chinois de la décadence.

Je cite Maffesoli qui va se faire attraper par la police :

« Dans son livre La bureaucratie céleste, l’historien de la Chine antique, Etienne Balazs, souligne la prédominance des eunuques dans l’organisation de l’Empire. Ne pouvant procréer ils élaborent une conception du monde dans laquelle un ordre abstrait et totalement désincarné prédomine. L’élément essentiel étant la surveillance généralisée. »

Puis il applique à notre triste époque :

« En utilisant, d’une manière métaphorique cet exemple historique, on peut souligner que la mascarade en cours est promue par la « bureaucratie céleste » contemporaine dont l’ambition est stricto sensu d’engendrer une société aseptisée dans laquelle tout serait, censément, sous contrôle. Et en reprenant la robuste expression de Joseph de Maistre, c’est toute « la canaille mondaine » qui sans coup férir s’emploie non pas à faire des enfants, mais à infantiliser la société : il faut en effet noter que pas un parti politique n’a osé s’élever contre le port du masque généralisé. »

En surgit un ordre puritain basé sur la technologie, donc éminemment anglo-saxon :

Ce qui montre bien, endogamie oblige, que c’est la classe politique en son ensemble, aidée par des médias aux ordres et soutenue par des « experts » soumis, qui est génératrice d’un spectacle lisse et sans aspérités. Mais l’hystérie hygiéniste, le terrorisme sanitaire, ne sont pas sans danger. Car c’est lorsqu’on ne sait pas affronter le mal que celui-ci se venge en devenant en son sens strict pervers : per via, il prend les voies détournées s’offrant à lui. »

Je ne partage pas la suite du texte qui évoque une réaction soi-disant un peu bestiale ; je suis plus pessimiste que cela. Comme l’a dit Paul Virilio peu avant de mourir, nous vivons dans une société de dissuadés.

md30420192686.jpgJe cite maintenant Etienne Balazs, qui a mieux souligné que Marcel Granet ou René Guénon les périls de cette société chinoise de l’époque baroque, apparemment sage et traditionnelle :

« Cette élite improductive tire sa force de sa fonction socialement nécessaire et indispensable, de coordonner, surveiller, diriger, encadrer le travail productif des autres. »

Et en effet cette élite eunuque s’occupe de tout, se mêle de tout et gère tout, un peu comme l’Etat bonapartiste décrié par Marx dans son fastueux 18 Brumaire.

  1. Taricat, un commentateur de Balazs, écrit sur la stérilisation de la société par cette élite eunuque qui fait tant penser à nos eurocrates :

« Mais c'est surtout par une répression plus subtile que cette classe dominante se reproduisait. Détenant le monopole de l'éducation, elle avait mis en place un régime d’enseignement et d'examens qui sélectionnait le recrutement des fonctionnaires ; cooptation, recommandations, examens permettaient la reproduction d'une élite intellectuelle présentant une uniformité de pensée tout à fait propice à la cohésion de l'appareil administratif. »

Cette classe, comme la mondialiste ou l’énarchie qui nous dirige, hait le petit capitalisme qui survivrait (services, hôtels, restauration, etc.), les petits entrepreneurs, les travailleurs autonomes :

« Outre cette raison, la principale entrave au développement capitaliste fut la mainmise totalitaire de l'Etat qui paralysait toute initiative privée, n'accordant le droit à l'investissement qu'à ses propres fonctionnaires (et uniquement pour l'investissement foncier). Nous voudrions ajouter à cette argumentation que te monopole d'exploitation de la main d'œuvre étant constamment détenu, par l'Etat, il n'y avait pas de travailleurs libres sur le marché, condition impérative, comme l'a montré Marx, du développement capitaliste. »

Elle a donc détruit la Chine et permit son invasion et son pillage par un occident toujours aussi inconscient de ses crimes et de sa bêtise.

Voilà où nous en sommes : et je rappellerai la fin de 2001 quand l’ordinateur extermine l’équipage qu’il juge impropre à mener la mission. On en revient aussi à Matrix et à cet objectif sinistre de liquider ce virus qu’est l’homme.

Sources :

Michel Maffesoli : Macron ventriloque de la farce masquée (le courrier des stratèges)

Étienne Balazs, La bureaucratie céleste : recherches sur l'économie et la société de la Chine traditionnelle, Paris, Gallimard, 1968

Taricat Jean. http://www.persee.fr/doc/homso_0018-4306_1969_num_12_1_1221

Le moment paranoïaque (le déferlement totalitaire) face à la dialectique du maître et de l’esclave, Ariane BILHERAN

Bonnal – Kubrick (Dualpha, Amazon)

mercredi, 02 septembre 2020

Contre leur rage de détruire : pouvons-nous encore nous défendre ?

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Contre leur rage de détruire : pouvons-nous encore nous défendre ?

par Nicolas Bonnal

Nous sommes en face de la plus belle destruction créatrice, pour reprendre l’expression luciférienne du regrettable Schumpeter, de notre histoire humaine. Des élites veulent détruire les peuples et les économies, et veulent les remplacer par un grand projet « créateur » nommé le Grand Reset. Et comme nous sommes en démocratie en occident, terre présumée des grandes libertés, personne ou presque n’ose se défendre ou réaliser ce qui se passe : on masque, on ruine, on séquestre, on tabasse, on militarise, et tout le monde se la ferme, comme au cours des deux premières guerres mondiales, quand les opinions publiques occidentales ont gobé les propagandes imposées (Bernays). Les Français eux comme dit Céline restent « parfaitement enthousiastes », fidèles à leur habitude. Zinoviev a raison et le citoyen occidental est le plus abruti de l’histoire. Seulement voilà nous sommes mêlés à son sort titanesque. Zinoviev :

« Nous sommes dans une époque post idéologique mais en réalité la supra idéologie du monde occidental diffusée au cours des 20 dernières années est bien plus forte que l’idéologie communiste ou nationale-socialiste. Le citoyen occidental est bien plus abruti que ne l’était le soviétique moyen par la propagande communiste. »

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Guy Debord disait la même chose dans ses commentaires :

« Le spectaculaire intégré a fait mieux, avec de très nouveaux procédés, et en opérant cette fois mondialement. L’ineptie qui se fait respecter partout, il n’est plus permis d’en rire ; en tout cas il est devenu impossible de faire savoir qu’on en rit. »

Jamais l’expression « d’élites hostiles » (Kevin Macdonald) n’a été si juste qu’aujourd’hui. Les élites occidentales (guerres, contrôles, impôts, répressions) ont rarement été bienveillantes, sauf pendant la guerre froide (Zinoviev) et on juge les gens à leur mouvement, pas à leur couleur, comme dans le jeu d’échecs du prisonnier (épisode « checkmate »). Mais l’expression est très juste, on l’a vu au moment des gilets jaunes. En France les élites sont devenues haineuses et odieuses.

 Tous les écrivains spécialistes de ces questions nous mettaient en garde contre ces mêmes élites depuis les années 60 et 70 quand les agendas malthusiens, technophiles et écologistes se sont mis en place avec deux ou trois objectifs prioritaires, d’ailleurs assez puérils (puérils ou sataniques ?) : dépeupler, contrôler, dépolluer. Tout cela devient possible avec la révolution informatique qui permet aux élites occidentales si bien étudiées par Michel Foucault de parachever leur obsession séculaire de surveillance et de contrôle des populations. Je le cite pour l’exemple, car des ignares en matière de déconstruction l’insultent sans même le lire :

« Espace découpé, immobile, figé. Chacun est arrimé à sa place. Et s’il bouge, il y va de sa vie, contagion ou punition. L’inspection fonctionne sans cesse. Le regard partout est en éveil…Tous les jours, l’intendant visite le quartier dont il a la charge, s’enquiert si les syndics s’acquittent de leurs tâches, si les habitants ont à s’en plaindre; ils « surveillent leurs actions ». Tous les jours aussi, le syndic passe dans la rue dont il est responsable; s’arrête devant chaque maison; fait placer tous les habitants aux fenêtres (ceux qui habiteraient sur la cour se verraient assigner une fenêtre sur la rue où nul autre qu’eux ne pourrait se montrer) ; appelle chacun par son nom; s’informe de l’état de tous, un par un…Chacun enfermé dans sa cage, chacun à sa fenêtre, répondant à son nom et se montrant quand on lui demande, c’est la grande revue des vivants et des morts. »

Tout cela pour décrire le bon vieux temps de Louis XIV et de l’Ancien Régime…Jésuites (avec ce pape décalé on est servis), caserne, hôpital, voilà ce que devient notre ordinaire. J’oubliai le poste de police et la marque théâtrale et baroque du masque.

Ici cela va devenir permanent et facilité par les technologies de l’information…Un rappel aussi sur la Chine que des antisystèmes pas trop informés nous présentent comme le modèle à suivre. La Chine présente un vieux modèle de bureaucratie totalitaire dirigée par des eunuques (l’idéologie du genre et l’avortement à neuf mois ça vous dit ?), alors citons Michel Maffesoli :

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« Dans son livre La bureaucratie céleste, l’historien de la Chine antique, Etienne Balazs, souligne la prédominance des eunuques dans l’organisation de l’Empire. Ne pouvant procréer ils élaborent une conception du monde dans laquelle un ordre abstrait et totalement désincarné prédomine. L’élément essentiel étant la surveillance généralisée. En utilisant, d’une manière métaphorique cet exemple historique, on peut souligner que la mascarade en cours est promue par la « bureaucratie céleste » contemporaine dont l’ambition est stricto sensu d’engendrer une société aseptisée dans laquelle tout serait, censément, sous contrôle. Et en reprenant la robuste expression de Joseph de Maistre, c’est toute « la canaille mondaine » qui sans coup férir s’emploie non pas à faire des enfants, mais à infantiliser la société : il faut en effet noter que pas un parti politique n’a osé s’élever contre le port du masque généralisé. »

ob_48b1cb_chesterton-portrait.jpgCette gestion par les eunuques et les féministes est aujourd’hui parfaitement appliquée dans le monde occidental. Comme je l’ai montrée ailleurs elle était entrevue par Chesterton dans son livre What I saw in America, qui commence par un intense contrôle aux frontières…

Mais revenons à notre sujet : comment nous défendre. Il va falloir faire vite car le système des élites hostiles de Davos, du Potomac, de Bruxelles et de la Silicon Valley veut vraiment détruire. Tout sera mis en place l’an prochain ou dans quelques années. J’ai montré que tous les films de dystopie se passaient autour des années 2020 (Mad Max, Blade runner, Soleil vert, 2019 la chute de New York…) :

Le système procède par destruction, anéantissement. Liliane Held-Khawam :

« Cette aberration, qui consiste à prendre du réel à des individus en leur cédant du néant, est en train de mener la planète à la faillite généralisée. Une fin inéluctable prévue par le concepteur du modèle économique Milton Friedman puisque celui-ci avait prévu l’hélicoptère monétaire qui consiste à remettre à tout un chacun un Revenu universel.

Le Revenu universel devient indispensable quand le marché planétaire n’existe plus, qu’il est tenu par des oligopoles/des cartels/ des monopoles. De fait, à l’heure actuelle, seules les entreprises PME et commerces très sains (détenant des coussins de sécurité) peuvent encore prétendre à une certaine liberté d’entreprendre hors des griffes des banquiers. »

Mais ceci c’était avant! »

Comment leur échapper ? Car ce sera le vaccin pour une bouchée.

Nous sommes tous dépendants du système, de son informatique, de son électricité, de ses banques, de ses villes, de son eau courante et du reste. Comment lui échapper alors quand il voudra nous pucer après nous avoir ruinés et peu à peu (c’est le plus grave) dévitalisés, découragés? Faut-il fuir dans leur campagne ? J’ai plusieurs amis comme cela, qui vivent d’ailleurs plus confortablement que les bobos parigots dans leur cambrousse, en Bourgogne ou en Andalousie, ont un puits, des animaux herbivores, des arbres fruitiers, possèdent un groupe électrogène (excellent pour échapper à EDF, mais il faut de l’essence). On peut avoir ses armes, bien s’entendre avec ses voisins, imaginer une communauté, etc. Ce modèle à la mode un temps en Amérique du temps des milices, on n’en parle plus. On n’en parle plus, ou il a disparu du fait de la traque et de la répression ?

Beaucoup recommandent d’acheter de l’or… Il y a dix ans déjà dans sa merveilleuse entrevue Lucien Cerise déclarait :

arton24817.jpg« Il faut laisser le moins d’argent possible à la banque, ou alors dans des banques non-occidentales. Le bank run complet est un idéal vers lequel il faut tendre, mais il est difficilement praticable pour la plupart des gens. Il faut essayer quand même de dé-virtualiser nos biens et de re-matérialiser notre capital au maximum, par exemple, dans les métaux précieux ou l’immobilier. Si on n’a pas beaucoup d’argent, acheter des objets utiles pour le bricolage, des denrées alimentaires non périssables, des graines et des semences, ou un petit terrain, voire un garage, une cave, un grenier, un comble, un box. Bref, convertir tout ce qui n’a qu’une valeur d’échange, une valeur fiduciaire, sous format papier ou numérique, en choses à valeur d’usage, valeur réelle et concrète. »

Face à la guerre d’extermination menée par le capital, les bureaucrates et leur techno-nazisme Lucien déclarait encore :

« Dans l’associatif, s’investir dans divers mouvements, les « villes en transition », la relocalisation, le survivalisme (à condition qu’il abandonne ce qui reste en lui d’égoïsme concurrentiel libéral), les monnaies alternatives et complémentaires, où l’on apprend à s’organiser concrètement en dehors du capitalisme. La reconquête locale d’une souveraineté alimentaire, énergétique, puis économique et politique permet d’améliorer la résilience, la capacité de résistance aux chocs infligés par le capitalisme et son mode de fonctionnement par la crise, la délocalisation et le déracinement. Comme disait Sun-Tzu, « Gagner, c’est rester en vie ». Tant que nous sommes en vie, quelles que soient les conditions de cette vie, l’ennemi n’a pas gagné. Donc nous ne perdons pas. Donc nous gagnons. »

Je ne suis ni jeune ni optimiste et je compte des imbéciles innombrables : je vois quand même bien le système triompher. La police est devenue barbare en France et ailleurs ; l’armée est mobilisée ; 90% des gens ne remettent jamais en cause la narrative des médias oligarques et gouvernementaux ; la jeunesse est absorbée…

51WoeSfhuUL._AC_SY445_.jpgDans le bon film Bourne Legacy on voit des drones lanceurs de missiles anéantir un B.A.D. de luxe au fin fond de l’Alaska, alors… Le système peut et pourra aussi faire des exemples : on tabasse déjà des couples et des mères de famille, des jeunes filles avec la bénédiction des surréelles néo-féministes, alors on peut à terme pratiquer les assassinats ciblés, les exterminations pour l’exemple, les massacres gratuits. Cela peut servir à liquider des contrevenants-terroristes, les rebelles disait Jünger qui après la guerre précédente sentait la menace venir, et à démotiver les autres dans le sens du vaccin de Bill Gates si bien décrit à Berlin comme le neveu Kennedy.  S’il y a une chose que le monde moderne m’a montré depuis que j’ai appris à le connaître, c’est que le pire est avec lui toujours sûr. Tous les agendas de la dystopie terminale sont en place. A ceux qui sont vivants de les déjouer s’ils en ont encore la motivation et l’énergie. Le reste jouera au troupeau pucé et encadré par les humoristes.

Sources :

https://nicolasbonnal.wordpress.com/2019/02/20/%EF%BB%BFl...

https://lilianeheldkhawam.com/2020/08/27/la-faillite-de-l...

https://nicolasbonnal.wordpress.com/2020/08/28/michel-maf...

https://nicolasbonnal.wordpress.com/2020/07/27/michel-fou...

https://nicolasbonnal.wordpress.com/2020/08/17/zinoviev-e...

 

jeudi, 20 août 2020

Au Touring Café de Hossegor: réflexions ironiques sur les masques et le covid-19

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Au Touring Café de Hossegor: réflexions ironiques sur les masques et le covid-19
Christian Garrabos

(via Facebook)

Hier, comme prévu, je suis allé prendre mon café au centre-ville d’Hossegor (au Touring, pas au Sporting comme je l’avais écrit !)

Port du masque obligatoire dans la ville. J’ai donc mis le mien. Tout le monde sait que je suis particulièrement discipliné ! (héhé…).

Dès l’instant où j’ai été mettre de l’argent dans l’horodateur, j’ai constaté que cette règle n’était pas respectée par tous, loin de là… et ce n’était pas que les jeunes qui oubliaient ce nouvel appendice. Arrivé au café, assis en vue du va-et-vient des passants. Je me suis mis à compter…

Très vite, je me suis dit qu’il serait intéressant, de séparer les jeunes des moins jeunes… (Je n’emploierais pas le qualificatif de « personnes à risque », tellement vague et subjectif, d’autant que les jeunes peuvent eux aussi, être à risques !)

Aussi vite, je me suis dit qu’il y avait les jeunes, réellement jeunes, moins de 30 ans… et les jeunes, un peu moins jeunes… Dans la même réflexion, je me suis dit qu’il serait intéressant de trouver le pourcentage de ceux qui portent un masque par rapport à ceux qui n’en portent pas dans leur catégorie d’âge… Sinon, mes chiffres risquaient de manquer de pertinence, n’est-ce pas ?

Il aurait été bien aussi, de voir quel est le nombre de ceux que ne portent pas un masque étant debout dans la rue, mais mangeant une glace. Et de ceux qui sont assis à la terrasse d’un bar, et qui voient passer des centaines de personnes à moins de 1 mètre d’elles !... Les mêmes et d’autres que j’ai retrouvés allant à la plage, sans masque cette fois-ci, et se croisant à touche-touche dans les allées menant à la plage !

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Pour résumer, avec tout ça j’étais un peu perdu pour assurer la pertinence et la fiabilité des statistiques que je voulais faire… Je dirais même que je me suis totalement perdu… Bref, à vue de nez (hihihi…), je pense que pas loin de 20 % des gens ne portaient pas de masque !

Je me suis posé alors une autre question… (C’est grave docteur ? Je n’y peux rien, je suis comme ça, depuis tout petit, en plus !) Dans tous ces gens que je voyais, combien étaient porteurs du virus ?

Je viens de lire les statistiques données par le journal Sud-ouest ce matin, ici, le taux de contamination est de 1,9 individu pour 100 000…, c’est dire que sur tout Hossegor, y compris Capbreton et les alentours, il doit y en avoir 1 ! Pas de bol de le croiser juste au moment où il postillonne !

Je parlais de statistiques officielles… La réflexion qui m’est venue devant mon café : comment arriver à connaitre le nombre de gens qu’un « positif » (pas un malade…) contamine, alors que l’on ne connait pas le nombre réel de malades ? Des projections ? Certes, mais sur des échantillons non représentatifs !

Et surtout, comment peut-on affirmer que la seconde vague se prépare, avec des malades qui ne sont pas malades, alors que les vrais malades sont en diminution et que le nombre de morts journaliers ne doit pas excéder celui que l’on aurait avec toutes les maladies liées à des insuffisances respiratoires ?

Vu les questions que je me suis posées, comment se fait-il que l’on ait des statistiques aussi simplistes, avec des critères de validité qui changent chaque semaine…

Quand je lis les données qui nous sont présentées par le bon professeur Salomon, et ce, depuis plus de six mois, j’ai la même sensation que celle que j’avais, les soirs de cuite, alors que je devais rendre un devoir auquel je n’avais rien compris et dans lequel il fallait bien que je donne quelques conclusions !

Certains d’entre vous auront peut-être vu à la télé, comme moi, fin mars, début avril, un homme présenté comme statisticien à l’Institut Pasteur, qui parlait du taux de dangerosité du virus, affirmer : « j’ai eu une intuition ! »
Admirable !

C’est vrai que l’on peut faire des statistiques sur les tirages de cartes et interpréter cela.
N’est-ce pas de la Chiromancie ?

vendredi, 22 mai 2020

Hervé Juvin: la liberté ou la mort

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La liberté ou la mort ?...

par Hervé Juvin
Ex: http://metapoinfos.hautetfort.com

Nous reproduisons ci-dessous un point de vue d'Hervé Juvin, cueilli sur son site personnel et consacré à l'allergie à la mort dans notre société. Économiste de formation et député européen, Hervé Juvin est notamment l'auteur de deux essais essentiels, Le renversement du monde (Gallimard, 2010) et La grande séparation - Pour une écologie des civilisations (Gallimard, 2013). Candidat aux élections européennes sur la liste du Rassemblement national, il a publié récemment un manifeste intitulé France, le moment politique (Rocher, 2018).

La liberté ou la mort ?

La parabole du maître et de l’esclave constitue pour Hegel la clé de la condition politique. Elle se résume ainsi. La vie est un conflit où ceux qui mettent leur vie en jeu commandent, ceux qui choisissent de vivre à tout prix deviennent esclaves. La liberté a un prix, et c’est celui de la vie. Ceux qui placent la vie au-dessus de tout, ceux qui font des joies de ce monde leur religion, ceux-là qui refusent qu’aucune cause ne vaille qu’on tue ou qu’on meure pour elle, se condamnent à la soumission. La règle connaît peu d’exceptions dans l’histoire. Et les réactions collectives face à l’épidémie de COVID19 ont beaucoup à nous dire sur la parabole du maître et de l’esclave, et sur son actualité.

Le mensonge de la promesse de ne pas mourir

41ER6ZP8YHL.jpgNous choisissons la vie. La promesse implicite de tout gouvernement européen est que chaque femme, chaque homme a droit à plus de 80 ans de vie heureuse, sans souffrance, sans handicap, sans accident. Voilà pourquoi est jugée scandaleuse une épidémie qui a tué des patients dont l’âge médian est de 84 ans — rappelons que dans toutes les sociétés jusqu’à la nôtre, l’immense majorité de la population n’avait aucun espoir d’atteindre cet âge ! Tout ce qui arrive doit trouver une réponse collective, rien de ce qui arrive ne doit plus arriver vraiment, et tous les accidents de la vie doivent être corrigés par l’action bienfaitrice et consolante de l’État. Big Mother est là pour tout et pour tous, tout le temps, mère possessive et étouffante, comme l’a merveilleusement décrit Michel Schneider. Voilà pourquoi une pandémie qui touche une faible proportion des moins de 70 ans, presque exclusivement souffrant d’une ou plusieurs pathologies graves, est insupportable. La mort est exclue du tableau moderne, elle est cachée, dissimulée, le plus souvent noyée dans les brumes de l’inconscience et l’isolement de l’hôpital. Qu’il est loin le temps où Greuze montrait le chef de famille mourant entouré de ses enfants, petits enfants, domestiques, dans la conscience de la vie accomplie !

Le refus de la mort n’est pas qu’une formule. Tout décès devient un scandale. En témoignent ces parents qui portent plainte contre l’armée quand leur fils est mort au combat, parce que le commandement ne l’a pas suffisamment protégé – et que le feu tue. En témoignent ces normes partout imposées pour que tout handicap se voie compensé par les aménagements collectifs — des ascenseurs dans les services publics, chez les médecins ou les dentistes à la demande de tapis roulants au long des sentiers de randonnée. En témoigne plus encore l’extraordinaire effet de sidération causé par une pandémie qui, comme on le dit dans les quartiers, ne tue que des vieux blancs malades — moins de 10 % ont moins de 60 ans et ne sont ni obèses, ni déficients cardiaques ni affectés de maladies respiratoires ou de cancers — bref ; rarement pandémie aura fait perdre moins d’années de vie à ceux qu’elle frappe. Rarement aussi aura-t-elle ouvert de telles espérances aux marchands du contrôle social, du traçage individuel et du pouvoir sanitaire universel — que ne ferait-on pas, non pour une poignée de dollars, mais pour quelques dizaines de milliards de dollars de plus ? Le système de corruption global mis en place par les Fondations nord-américaines peut se réjouir, le choc de la pandémie répète celui du 11 septembre en mettant à bas toutes les protections que l’histoire, les identités et la démocratie avaient érigées contre l’extraterritorialité de la cupidité globale.      

yoran-brejnik-30-03dictaturebis.jpgDémocratie libérale, vraiment ?

Une fois de plus, les complotistes qui s’agitent ont tort. Car la question n’est pas que certains cherchent à profiter de toutes les occasions, ni que d’autres y voient l’opportunité de museler les mouvements sociaux et leur opposition politique, le problème est que les occasions leur sont données. La trouble fascination des démocraties occidentales, ou de ce qu’il en reste, pour les régimes autoritaires et l’acceptation quasi-totale par les populations françaises et européennes d’une dictature sanitaire hors des lois, du débat et de la raison, exprime un trouble profond et peut-être un changement de nature anthropologique.

Le refus de la mort, l’idée que rien ne vaut une vie, la conviction que rien n’est de trop pour ajouter des jours aux jours, et un autre souffle au dernier souffle, ont conduit les gouvernements à des décisions aberrantes au regard des libertés publiques, incohérentes par rapport au discours libéral, mais furieusement pertinentes par rapport à cette croyance ; la mort n’a plus de place dans la société du bien-être ; l’État est comptable d’une assurance de longue vie pour tous. Voilà ce qui fait des industries du corps, de la pharmacie au voyage, la première activité mondiale ; les aliments deviennent une annexe de la pharmacie, et les loisirs, l’occasion de remplir les prescriptions du médecin ; quant à l’amour, l’exercice est recommandé, hygiénique et contrôlé. Voilà ce qui sépare les pays où l’on sait pourquoi tuer ou mourir, de ceux où il s’agit seulement d’en profiter tant qu’on peut, à tout prix. Voilà ce qui sépare l’Europe de ces pays, des États-Unis à l’Afrique, où la population s’insurge contre les fermetures imposées, la mort forcée de la vie sociale et la suppression des libertés publiques. Voilà une soumission qui ne ressemble pas à la France et aux Français. Auraient-ils perdu jusqu’à leur identité, tétanisée par l’indécente propagande des chiens de garde du pouvoir sanitaire qui saturent les écrans ? Et voilà qui promet l’Europe, qui ne sait plus se battre qu’à distance, par drones ou robot interposés, et sans souffrir chez soi, à toutes les défaites.

Le vieux cri révolutionnaire, la liberté ou la mort, résonne étrangement en ces temps de défaite de la vie. Quand il faut donner son mot de passe, il ne s’agit plus de jouer d’identités multiples et de minorités ignorées, il s’agit de savoir qui est ami, qui est ennemi, et qui tue qui. Nul ne peut souhaiter que revienne le temps où donner le mot de passe est affaire de vie ou de mort. Du Liban au Soudan, du Yémen à la Syrie, du Pakistan à l’Inde ou l’Iran, ils sont des millions à vivre en ce temps-là. Mais nul ne peut douter que le temps est déjà proche où ceux qui ne savent reconnaître leurs amis et les distinguer de leurs ennemis se condamnent eux-mêmes à la confusion d’abord, où nous sommes, à la soumission ensuite, où nous plongeons sans frémir, et enfin à la défaite et à la mort, qui déjà nous font signe sous le masque.

Hervé Juvin (Site officiel d'Hervé Juvin,14 mai 2020)

mercredi, 20 mai 2020

Pierre-Emile Blairon: "Les apprentis-dictateurs"

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Les apprentis-dictateurs

par Pierre-Emile Blairon

Pour votre sécurité

« Pour votre sécurité, contrôles radars fréquents ».

Ce panneau qui jalonne les autoroutes françaises en a fait sourire ou rager plus d’un. Les premiers radars automatiques sont apparus en 2003. « Pour votre sécurité », remplissez les caisses de l’Etat.

title-1576680650.jpgMais aussi, étouffez-vous : le port du casque pour les motards et la ceinture (de sécurité pour votre sécurité) pour les automobilistes avaient précédé cette touchante attention des autorités qui voulaient protéger nos vies sans notre accord express ; car, après tout, nous sommes responsables de notre destin et il n’appartient qu’à nous d’en faire ce que nous voulons, à une seule condition : que nous respections les règles de la société qui interdisent d’attenter à la liberté des autres (et encore plus à leur vie ou à leur intégrité physique). Que la vitesse excessive non maîtrisée de votre véhicule soit proscrite hors circuit, voilà qui est bien compréhensible ; mais le port du casque ou de la ceinture concerne exclusivement notre propre personne sans qu’il soit mis en danger la vie d’autrui.

La fureur de vivre

Les jeunes petits-bourgeois incultes qui se moquent des boomers (les vieux qui sont nés après la seconde guerre mondiale) en pensant qu’ils ne s’intéressaient, comme eux, qu’à l’économie et à la surconsommation, ignorent tout de la jeunesse de la plupart de ces « boomers » qui vivaient ailleurs qu’à Paris et d’une manière autrement moins conformiste qu’eux au même âge.

A l’époque de la « Fureur de vivre » et de la « Dolce vita », les jeunes rebelles avaient envie de mourir ailleurs que dedans un bon lit, comme dit la chanson, en brûlant la vie par les deux bouts et en la quittant, par exemple, le crâne fracassé contre un platane (qui en avait vu de toutes les couleurs).

D’autres, ou les mêmes, sur un registre plus romantique, se délectaient de voir passer les jolies filles des années 60, robes légères et cheveux au vent sur leurs mobylettes, leurs scooters ou leurs Solex.

02ab39c083d8e45b807c3772dc830b1e.jpgC’était l’époque des Blousons noirs, des bandes, de la castagne, le début des années 60, l’époque juste avant celle où Brigitte Bardot chantait sur son Harley-Davidson : « Que m’importe de mourir les cheveux dans le vent », une époque où « on se traitait de con, à peine qu’on se traitait », chantait Claude Nougaro, un temps qui n’avait pas encore vu la pseudo-révolution des mao-spontexs, les enfants des grands bourgeois parisiens, qui allaient s’amuser à faire mai 68 en prenant pour modèles de vertu les sanguinaires khmers rouges (avant de succéder aux affaires de leurs papas et de prendre le pouvoir politique), un temps qui n’avait pas encore vu les rassemblements Peace and love à la sexualité débridée et le mignon Flower power.

Aucun des membres de ces troupes bien disparates, gentils comme méchants, n’aurait imaginé porter un casque pour faire de la moto ou attacher une ceinture en montant dans une voiture.

On peut, en effet, ne pas aimer avoir le crâne compressé dans un casque (quand il n’est pas question de faire la guerre), dans une « prison pour la tête ». On peut ne pas aimer être ligoté dans une ceinture comme un aliéné (aliéné : être étranger à soi-même). J’entends déjà certains dire : « vous savez ce que ça coûte un accident, pour l’hôpital ? » Mais pourquoi est-ce toujours au citoyen d’être responsable de ce qu’il paye déjà, de n’être responsable que lorsqu’il s’agit de payer ? Combien coûtent tous ces parasites payés à ne rien faire ou à mal faire (Voir à ce sujet l’article de Michel Lebon sur Nice-Provence Info où il donne la liste des employés de l’Agence régionale de santé pour notre région Provence-Alpes-Côte d’azur[1]) et combien coûtent toutes les erreurs du gouvernement actuel (ah oui, l’hôpital, parlons-en…) ?

On a ensuite commencé à entendre ce slogan « sauver des vies » lorsqu’il s’est agi d’épargner celles causées par les accidents de la route puis celle des fumeurs. La formule était encore une fois mal venue car, après tout, on ne sauve jamais aucune vie qui finira bien par trouver son terme d’une manière ou d’une autre, tôt ou tard.

Le 17 mai 1973, La Prévention routière avait diffusé une campagne de publicité (voir photo) pour marquer les esprits afin de dénoncer le nombre de victimes annuel par accident de la route : 16545, approximativement la population de Mazamet qu’on fait allonger dans les rues de la ville. A noter que Chantal Perrichon, la présidente de la Ligue contre la violence routière, n’avait pas encore commencé à sévir.

Le principe de prévention

Il y avait, tout près de chez moi, une route qui menait directement à la ville ; elle était bordée, à son départ, par une falaise rocheuse ; longtemps, il y eut un panneau triangulaire très simple représentant une chute de pierres. Symbole compréhensible pour tout le monde, même ceux ne parlant pas français.

chutepierres.jpgLe panneau voulait dire : attention, des pierres sont déjà tombées à cet endroit, méfiez-vous, le risque subsiste ; ce qui voulait aussi signifier : vous vous engagez dans cette voie à vos risques et périls, sous votre responsabilité ; ce panneau était simplement là pour vous faire comprendre que vous étiez libre de prendre une décision qui était votre choix, qu’il n’était pas question de vous infantiliser. Le panneau faisait partie d’un système de signalisation qui, à l’époque, n’avait pas de nom, parce que le bon sens n’a pas besoin d’être nommé, un concept qu’on aurait pu appeler alors le principe de prévention, du verbe « prévenir ».

Le principe de précaution

Et puis, il y a une dizaine d’années, des pierres sont à nouveau tombées de cette falaise sur la route.

Le panneau à usage préventif avait disparu. Que faire ? il fallait entreprendre des travaux, placer un filet métallique pour recouvrir cette partie de la falaise sur une dizaine de mètres. Mais, derrière chaque incident de ce type, partout en France, il y a une énorme bureaucratie à la française, des milliers d’employés qui vont s’intéresser ou pas au problème (le plus souvent pas), des centaines de propositions contradictoires qui vont faire que rien ne sera fait avant longtemps ; c’est ce qui est arrivé. La route a été fermée pendant des mois parce que les différentes couches décisionnaires (l’Etat, la Région, le département, la communauté de communes, la Métropole, la ville, puis la DDE, le préfet, et les diverses instances bureaucratiques… (ce qu’on a appelé le « millefeuille administratif ») n’ont jamais voulu prendre la décision d’ouvrir la route avant que ne soient effectués les travaux - ça peut se comprendre – mais ont mis des mois avant d’autoriser leur réalisation, chacun des « décisionnaires » tenant trop à son confort pour risquer quelque initiative que ce soit. Et ce sont les citoyens qui pâtissent in fine de cette effarante impéritie.

Le principe de précaution provient du droit de l'environnement et du droit de la santé, ayant été développé à la suite d'affaires telles que celle du sang contaminé où les instances dirigeantes du milieu hospitalier se renvoyant la patate chaude pour ne pas prendre de décision ont fini par être « responsables » (mais « pas coupables ») de la mort de centaines de personnes parmi les populations hémophiles transfusées. Le scandale débouchera en 1993 sur la création de la Cour de justice de la République, compétente pour juger les crimes ou délits commis par les membres du gouvernement dans l’exercice de leurs fonctions, juridiction d’exception dont le président Macron a souhaité la disparition.

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Le principe de précaution représente l’un des archétypes du politiquement correct d’une société bien policée, bien soumise et bien timorée, un principe contre lequel personne n’ose s’élever.

Il consiste à priver de liberté l’ensemble de la population pour sauver d’une part des irresponsables - les individus incapables de se gérer - et les décideurs, d’autre part, qui préfèrent pénaliser l’ensemble de la population au profit de leur confort personnel ; qu’il est loin le temps où les fonctionnaires étaient au service de la nation et des citoyens !

Les partisans de l’Ordre mondial, comme le sont tous nos gouvernants de l’ouest européen, rêvent d’une suppression des frontières au niveau national, mais assignent, « en même temps », à chaque citoyen une limite territoriale qui ne peut excéder celle de son propre corps (lequel citoyen l’accepte généralement très bien puisqu’il a été mutilé de son esprit critique très insidieusement par les médias, et principalement par la télé). Nous avons vu quel a été le processus de cet enfermement gradué et indolore qui a affecté perfidement la population depuis la fin des années 60.

Avant de poursuivre, je ferai remarquer que ces principes de sécurité et de précaution totalement artificiels et superflus mais dont le gouvernement semble tenir grand compte ne font nullement référence à la véritable insécurité, celle dont l’Etat doit se préoccuper en tout premier lieu – il s’agit d’une fonction régalienne - mais qui ne l’intéresse nullement de combattre car elle lui permet d’entretenir un climat de peur et de psychose qui affecte le citoyen dans le but de rester au pouvoir ; je veux parler de l’insécurité causée par les délinquants sur les personnes et les biens : incivilités, vols, viols, meurtres, de nos jours perpétrés au quotidien.

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[Les citoyens] « ont peur, donc s’isolent les uns des autres, cessent de sortir, mettent une sourdine à leurs revendications. Les rues se vident, l’espace public se délite, chacun se replie sur sa sphère privée, meublent ses soirées en regardant la télévision : quoi de plus favorable à l’exercice de l’autorité ? En laissant les délinquants agir à sa place, le pouvoir fait d’une pierre deux coups. L’ordre se défait, tout est d’ailleurs mis en œuvre pour qu’il se défasse, mais le désarroi même qui en résulte débouche paradoxalement dans une relégitimation du pouvoir (car le pouvoir apparaît comme l’ultime rempart contre le désordre triomphant). Les forces de l’ordre ont pour consigne de laisser faire, c’est-à-dire de ne rien faire qui puisse empêcher l’ordre de se défaire (politique de passivité). »

Voilà ce qu’écrivait Eric Werner en 1998[2], nous nous retrouvons dans cette exacte situation en ce printemps 2020 après les mesures édictées dans le monde entier à l’occasion de cette pandémie ; nous voyons que les objectifs du Système n’ont guère changé. La peur de la pandémie a succédé, avec beaucoup plus de succès pour ceux qui l’ont instillée, à celle du terrorisme ; le « Restez chez vous » a remplacé plus efficacement le « Je suis Charlie » qui avait fait l’objet, à l’époque, d’une véritable hystérie collective.

Covid 19 : le coup de tonnerre qui bouleverse le monde

Soyons clair : un coup de tonnerre est un phénomène naturel ; nous ne sommes pas certains que le Covid19 soit véritablement une pandémie d’origine naturelle.

Le véritable coup de tonnerre est celui-ci : pourquoi le Système mondial a-t-il décidé de passer brutalement à l’action en propageant ce virus ? Nous nous attendions à une mise en place plus lente dans sa guerre contre les peuples traditionnels. En fait, je crois qu’il a mis en application le dicton : « L’occasion fait le larron ». Il est possible qu’un employé du fameux laboratoire P4 de Wuhan ait malencontreusement ou intentionnellement répandu le virus hors les murs du laboratoire ; et quelques esprits avisés dans les sphères du pouvoir mondial ont profité de cette opportunité pour mettre en place ce plan de manipulation des masses qui existe vraisemblablement depuis de nombreuses années « dans les cartons », comme on dit.

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C’est ainsi que les deux principes que nous dénonçons ont tellement bien fait leur travail que les promoteurs de la pandémie ont pensé qu’il serait un jeu d’enfant de poursuivre le processus ; le monde est mûr pour un puçage global sous forme de vaccination, par exemple. Le principe de sécurité et le principe de précaution (tous deux entrés en vigueur contre la population) vont servir à canaliser et à faire accepter les restrictions aux libertés décidées à l’occasion de cette pandémie.

Une autre mise au point : la gestion de la crise pandémique par le gouvernement français (mais qui fut à peu de détails près la même dans d’autres pays européens : l’Italie, la Belgique, l’Espagne, notamment), cette gestion a été qualifiée de catastrophique par l’opposition réactionnaire de droite et de gauche ; rien n’est plus faux ; notre gouvernement est arrivé à ses fins avec un brio qu’il faut saluer. Inutile que je développe ce point, Georges Gourdin l’a remarquablement bien fait dans son article sur Nice-Provence-Info : https://www.nice-provence.info/2020/05/11/detrompez-vous-...

Souvenez-vous de ce que les commentateurs ont considéré comme un cafouillage au tout début de la crise : les déclarations contradictoires entre les différents membres du gouvernement sur l’existence de stocks de masques, de tests, sur les modalités tout aussi contradictoires du confinement, dont la dernière perle revient au président Macron lui-même qui assure, le lundi 18 mai, que la France n’a « jamais été en rupture de stock de masques », perle précédée de celle du ministre de l’Education nationale Blanquer : « Il y a plus de risques à rester chez soi que d’aller à l’école », après que tous les membres du gouvernement et autres « experts » en pandémies nous aient répété en boucle le contraire qui tenait en un mot : confinement , qui est un autre terme pour désigner l’incarcération, celle-ci quasiment volontaire de la part des incarcérés. On connaît la formule d’Aldous Huxley qui peut accompagner tous les épisodes de cette gigantesque manipulation : « La dictature parfaite serait une dictature qui aurait les apparences de la démocratie, une prison sans murs dont les prisonniers ne songeraient pas à s'évader. Un système d'esclavage où, grâce à la consommation et au divertissement, les esclaves auraient l'amour de leur servitude ... »

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En réalité, tout le monde au gouvernement et dans les médias a admirablement joué le rôle qui lui a été attribué pour décontenancer le peuple qu’ils méprisent, tous plus acteurs et menteurs les uns que les autres.

Quand tout le monde vous ment en permanence, le résultat n'est pas que vous croyez ces mensonges mais que plus personne ne croit plus rien. Un peuple qui ne peut plus rien croire ne peut pas se faire une opinion. Il est privé non seulement de sa capacité d'agir mais aussi de sa capacité de penser et de juger. Et, avec un tel peuple, vous pouvez faire ce que vous voulez”, disait Hannah Arendt.

Résultat, à l’heure où j’écris, un sondage vient d’être publié qui confirme que la côte du Premier ministre s’envole à 57%[3] d’opinions favorables après toutes les turpitudes dont ce sinistre personnage s’est rendu coupable ; se référer plus haut au texte d’Eric Werner pour comprendre l’attitude de la population qui peut apparaître comme une aberration.

Les matamores de la pandémie

On ne sait pas si c’est le principe de précaution qui s’est appliqué puissance 10 lors de cet épisode de pandémie. En tout cas, le conditionnement actuel de la population par le Système mondial a été préparé avec une telle constance et une telle méticulosité grâce à ces principes de « sécurité » rabâchés jusqu’à la nausée par les médias pendant des années qu’il n’y avait pratiquement plus rien à faire pour la conduire exactement là où il voulait qu’elle aille, c’est-à-dire : nulle part. Un labyrinthe dépourvu de sortie, un piège à rats. D’où le slogan : restez chez vous.

Je dirais qu’il y avait en partie de ça en ce qui concerne les petits décideurs, certains petits maires par exemple, toujours prompts à imiter ce qui se fait en haut lieu, histoire de passer pour des gens importants, même s’ils ne comprennent rien aux véritables intentions de l’oligarchie mondiale, ou même nationale. Nous avions déjà vu ce phénomène en ce qui concerne un autre sujet, tout à fait différent, mais qui procède de la même démarche, lorsque j’avais évoqué dans un autre article ces ronds-points « agrémentés » d’une « œuvre d’art » dont nous gratifiaient certains édiles locaux[4].

Si ces édiles, pour la plupart de bonne foi, savaient à quelle monstruosité ils s’empressent de collaborer avec un zèle inouï en croyant « protéger » leurs concitoyens, ils en resteraient mortifiés pour le reste de leur vie.

L’un des premiers à se distinguer dans cette surenchère sanitaire liberticide fut le maire de Sanary qui prohibait de circuler à plus de 10 mètres de son domicile et qui interdisait d’aller chez le boulanger pour acheter une seule baguette ; il avait été obligé de faire marche arrière devant le nombre de protestations de la population.

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Robert Ménard, pour ne pas être en reste, a fait enlever tous les bancs de sa ville, Béziers, pour empêcher bien sûr la population de s’y asseoir (après avoir encensé, d’ailleurs, le premier discours du Président Macron sur la crise sanitaire ; il n’a pas été récompensé de cette flagornerie, l’Etat lui a interdit de proposer un test au personnel des écoles et des crèches).

A Biarritz, on n’avait pas le droit de s’asseoir « plus de deux minutes » sur les bancs publics face à la mer ; qu’importe, quand on a vu ses reflets changeants sous la pluie (comme chantait Charles Trénet) plus de deux minutes, on a tout vu ; Georges Brassens doit se retourner dans sa tombe, lui qui prenait la défense des amoureux qui se bécotaient sur les bancs publics, bravant les regards désapprobateurs des « passants honnêtes ».

Gilles Simeoni, président du conseil exécutif de Corse va demander que chaque personne souhaitant venir sur l'île (Corses compris) « présente à l'aéroport ou au port un test de dépistage négatif datant de moins de sept jours avant le départ. ». On a connu ce monsieur moins regardant sur les conditions d’entrée sanitaire sur l’île lorsqu’il proposait d’accueillir les clandestins de l’Aquarius.

J’ai gardé pour la bonne bouche l’inénarrable Estrosi qui nous a fait la totale à Nice.

A propos des déplacements dits brefs, relatifs à la pratique sportive, aux promenades en famille ou aux sorties nécessaires pour les animaux domestiques, trop nombreux sont ceux dévoyant ces règles pour contourner les mesures du confinement. Trop nombreux sont ceux utilisant ce prétexte pour se retrouver entre amis, aller voir la famille ou tout simplement s’offrir un bol d’air…» C’est moi qui souligne. Et on rajoutera à ça quelques mesures qu’il avait prévues comme le port du masque obligatoire, le couvre-feu à partir de 20 h dans certains quartiers, la fermeture des plages, de la Promenade des Anglais, de l’avenue Jean Médecin et des parcs et jardins, les fermetures administratives des entreprises ne faisant pas respecter la « distanciation sociale »…

Masque : muselière, baillon, ou les deux ?

masquemuqzeliere.jpgLe port du masque est aussi efficace que la loi Avia pour attenter à la liberté d’expression et presque aussi efficace que la fameuse marque de la bête, le puçage que Bill Gates nous promet en même temps que la vaccination à échelle mondiale.

Le masque, muselière, baillon, ou les deux à la fois, constitue le symbole parfait de soumission à l’ordre régnant qui permet à nos gouvernants de savoir globalement (sauf exception) quels sont ceux des Français qui leur sont passivement acquis et, mieux encore (car leurs visages sont à découvert) ceux qui deviennent de facto des dissidents.

On se souvient des polémiques qu’avait suscitées le port du voile, véritable signe de soumission de la femme musulmane ; nous avons avec cette nouvelle « masquarade » l’équivalent mondial du niqab pour tous.

Porteurs du masque ou visages découverts : paradoxalement, on pourrait dire que, quelque soit le choix, les masques sont (quand même) tombés.

Retour aux heures les plus sombres

La pandémie va passer, les big brothers de pacotille vont se faire oublier, resteront les modalités du but recherché qui a été atteint sans doute au-delà des espérances de ses promoteurs et particulièrement en France, comme l’a si bien relevé Eric Werner, encore lui :

« La France n’a pas été le seul pays d’Europe à instaurer un confinement strict de sa population, mais nulle part ailleurs la répression policière en lien avec la mise en œuvre de cette mesure, en elle-même, il est vrai, déjà très discutable, n’a comporté des traits d’une telle férocité, parfois même d’inhumanité. Certaines vidéos en font foi. L’État français traite aujourd’hui sa propre population comme s’il était en guerre avec elle. Une telle situation est complètement atypique et même unique en Europe.

Observons au passage que les Français dans leur ensemble n’en ont pas ou que rarement conscience. Il faudrait que quelqu’un prenne un jour la peine de le leur expliquer : leur dire que nulle part ailleurs sur le continent, la police ne se permettrait de traiter ainsi les gens. Ce n’est même pas imaginable. Le leur dirait-on qu’ils se montreraient peut-être moins timides dans leurs protestations. Quand on croit que c’est la même chose ailleurs, on a tendance à dédramatiser, quand ce n’est pas à banaliser. Or, justement, ce n’est pas la même chose ailleurs. » Article d’Eric Werner paru dans la rubrique «Enfumages» de l’Antipresse n° 232 du 10/05/2020.

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En vérité, les citoyens eux-mêmes, dans leur grande majorité, auront dépassé les souhaits des apprentis-dictateurs qui voulaient les contraindre ; chacun d’eux faisant assaut de veulerie, de mesquinerie et de conformisme, dénonçant à la police son voisin qui ne respectait pas à la lettre les règles du confinement ou regardant comme des criminels ceux qui ne portaient pas de masque, tous ces bons petits-bourgeois étant persuadés d’être, dans leur bon droit, des modèles de vertu. C’est le retour aux heures les plus sombres de la collaboration.

Pendant des siècles, nos soldats se sont battus pour conserver à leur peuple sa liberté qui était alors considérée comme la valeur suprême qui devait être le socle de toute vie digne de ce nom ; beaucoup sont morts pour cette cause.

monmorts.jpgLes Français du XXIe siècle ont choisi : ils préfèrent désormais l’esclavage à la liberté. Comme l’avait si bien montré le dessin de Konk qui, représentant un monument aux morts, avait remplacé l’inscription « Morts pour la France » par celle plus en rapport avec la mentalité actuelle : « Morts pour rien ».

Paul-Georges Sansonetti a fort bien défini la situation tragique qui est actuellement la nôtre dans son livre, Présence de la Tradition primordiale (éditions ODS) : Si les civilisations s'épanouissent en reflétant, par la formulation de la beauté, un ordre suprahumain, leur sauvegarde n'est assurée que lorsque s'affirme une volonté combattante sans faille. Asservissements et ténèbres ne croissent qu'en des temps où rouillent les épées."

Pierre-Emile Blairon

Notes:

[1] « Par curiosité, faites-vous mal, jetez un coup d’œil sur l’organigramme de l’Agence régionale de santé Provence-Alpes-Côte d’Azur. Des comme ça, il y en a dans toutes les Régions. Ça en fait des brasseurs d’air pour décider du nombre de cases de la marelle. » (La marelle, Nice-Provence-Info, 10.5.2020)

[2] Eric Werner, L’avant-guerre civile, Editions L’âge d’homme.

[3] Sondage publié, le 12 mai, par Paris Match et Sud Radio et réalisé par l’IFOP.

[4] L’art de la provocation.

 

jeudi, 14 mai 2020

Nous vivons dans un monde de plus en plus étrange

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Nous vivons dans un monde de plus en plus étrange

Nous qui n'avons jamais possédé desclaves, devrions payer des réparations pour esclavage à des personnes qui n'ont jamais été esclaves.

Nous sommes tenus responsables d’événements qui se sont produits avant notre naissance, mais d’autres personnes ne sont pas tenues responsables de ce qu'elles font actuellement chez nous.

Nous avons fermé nos frontières, bien trop tard, aux vols venant de Chine et d’ailleurs par crainte d’être des victimes du Coronavirus SARS-2, ce pâle concurrent sans vaccin au virus de l’Influenza, mais nos élus rêvent de les ouvrir à nouveau et sans contrôle sanitaire ni de sécurité, alors qu’après la triste et perverse expérience de confinement de population en hiver-printemps 2020 et nos prisons 5 étoiles remplies à 70 % de malfrats étrangers, les pays européens devraient tous se déconfiner de l’UE et contrôler avec rigueur leurs frontières.

Les immigrants atteints de SIDA, de tuberculose toujours très contagieuse et de plus en plus souvent multi-résistante aux antibiotiques, de variole du singe ou orthopoxvirose simienne, de drépanocytose, de maladies parasitaires, gale, poux, lèpre et autres, de maladies sexuellement transmissibles comme la syphilis, d’hépatites A et B, de poliomyélite, de coronaviroses telle que le syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV), de dentition négligée, d’affections psychiatriques en particulier la schizophrénie, etc, sont les bienvenus sans aucun contrôle sanitaire à nos frontières, mais vous devez prouver que votre chien est bien vacciné chaque année contre la rage, même payer pour doser ses anticorps contre la rage et avoir une assurance responsabilité pour couvrir ses éventuels méfaits.

Si un mec prétend être une femme, vous devriez désormais faire semblant avec lui qu’il est bien une femme.

La sexualisation des enfants est mauvaise, mais les drag queens de 10 ans comme le garçon de l’image ci-dessus seraient bonnes.

Les activistes qui affirment que le genre n'existe pas exigent des élues et une femme présidente.

Nous disons être préoccupés par l’éducation de nos enfants, mais le père et la mère deviennent des options interchangeables et cette perverse révolution anthropologique du mariage pour tous ne fait que commencer.

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D'une manière ou d'une autre, c’est devenu anti-Suisse de compter et de souligner le nombre de vrais Suisses en Suisse, le nombre de vrais Français en France, le nombre de vrais Américains aux USA, etc.

Les Russes qui auraient influencé les dernières élections aux USA et ne cèdent pas leurs entreprises aux Chinois communistes sont mauvais, mais les Mexicains illégaux qui votent aux élections aux USA sont bons.

C'était cool pour le candidat à la présidence Joe Biden de "faire chanter" le président de l'Ukraine, mais c'est une infraction intolérable que le Président Donald Trump s'enquiert à ce sujet.

Aux USA en particulier et dans quelques autres démocraties ceux qui ont 20 ans sont trop jeunes pour boire une bière, mais à dix-huit ils seraient assez âgés et matures pour voter, se marier et éduquer des enfants.

Les illégaux ne sont pas tenus de présenter une pièce d'identité, mais les citoyens ne peuvent pas acheter un vrai médicaments contre la toux sans montrer une pièce d’identité ou une ordonnance d’un médecin.

Les citoyens sont condamnés s’ils n’acquièrent pas leur propre assurance maladie-accident obligatoire, puis ils sont obligés de payer pour soigner les illégaux.

Personne et aucun parti ne gagnent le pouvoir à l'issue d'un référendum, seule l'idée l’emporte, mais des élus en place épris de pouvoir font tout pour ne pas appliquer le résultat de ce référendum.

Toute rhétorique inflammatoire, politiquement incorrecte ou islamiquement incorrecte est scandaleuse, mais harceler les gens dans les restaurants, dans la rue et à leur volant est vertueux.

Des personnes qui ne sont jamais allées à l'université devraient payer les dettes des étudiants qui ont contracté des prêts pour obtenir des diplômes inutiles puisqu’ils ne leur rapportent guère.

Les professionnels talentueux en STIM (Science, Technologie, Ingénierie et Mathématiques) de pays occidentaux démocratiques, qui souhaitent immigrer pour travailler chez nous, doivent passer par un rigoureux processus de vérification, mais tout gangster, tout faux adolescent, tout violeur, tout militant dont l’ersatz de religion se situe bien en dessous du niveau de la ceinture, tout analphabète, etc, de pays éloignés, qui franchissent les frontières de Schengen et les nôtres sont des bienvenus que nous devrions accueillir et entretenir avec l’argent de nos impôts, cela même beaucoup mieux que nos retraités et nos sans-abris.

Dépenser des millions pour contrôler la sécurité à nos frontières c’est trop cher, mais dépenser des milliards pour accueillir des faux réfugiés, des réfugiés économique et des illégaux et payer même leurs soins de santé, leurs avocats, leurs interprètes, leurs crimes et leur séjours en prisons, etc, ce n’est jamais trop cher.

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Si vous trichez pour être admis au cycle d’orientation ou à l’université vous serez puni, mais si vous trichez pour entrer dans notre pays, vous pourrez aller au collège gratuitement.

Les mêmes élus qui exigent que la loi soit appliquée à tous les citoyens, mettent les immigrants illégaux et eux-mêmes au-dessus de la loi.

Nos élus et dirigeants de la gauche élargie affirment avoir une philosophie du progrès pour tous, mais ils bousculent les règles égoïstement, uniquement pour leurs propres intérêts et ceux de leurs copains, des lobbies et des oligarques mondialistes. En résumé ces élus et ces dirigeants nous racontent qu’ils détestent les inégalités, mais en réalité, ils adorent les privilèges.

Ces mêmes élus qui nous racontent préparer notre pays à la prochaine catastrophe sanitaire ou autre persistent à endetter notre Etat-nation pour qu’il ne soit pas prêt.

Les illégaux et les faux réfugiés ne paient pas d’impôts, mais ils sont subventionnés généreusement par nos impôts.

« Tintin au Congo » est devenu Le Congo chez Tintin alors que nos élus nous disent faire la guerre aux immigrants illégaux, aux faux réfugiés et aux réfugiés économiques; toutefois, en réalité, les angéliques mesures homéopathiques qu’ils prennent sont des rustines inefficaces et hypocrites contre ces envahisseurs militants et des fainéants à temps plein qui ne partagent pas du tout, mais alors pas du tout, les mêmes valeurs que nous et rendent notre société multiconflictuelle.

Nous voyons d'autres pays devenir socialistes puis s'effondrer, mais le socialisme et sont économie dirigée nous semblent être un excellent plan pour le futur de notre pays, de nos enfants et petits enfants.

La répression et la manipulation des électeurs est criminelle en démocratie (par exemple la pratique illégale du « voto di scambio » de la mafia, du « vote-buying », du « "vote for favours »), mais ne pas permettre au Président Donald Trump de participer au prochain scrutin serait une bonne chose.

Les manifestations et défilés patriotiques seraient mauvais, mais les défilés de femmes déguisées en vagin, de personnes de sexe indéterminé, etc, sont bons .

Des criminels sont arrêtés puis libérés pour voler, blesser, violer plus de gens, mais les arrêter ou les expulser est mauvais parce que ce serait une violation de leurs droits.

Toutes ces illogiques et honteuses hypocrisies rendent notre monde multi-conflictuel, nous appauvrissent et nous rendent en quelque sorte «racistes».

Dominique Schwander.

lundi, 11 mai 2020

Burn Baby BURN!

Burn Baby BURN!

via Facebook

Sans parler d’écroulement et en sachant pertinemment que le monde de demain sera sans doute le même en pire, certains faits méritent tout de même d’être remarqués dans la société actuelle. C’est la première fois qu’un chef d’État lâche à ce point le guidon pour se retrouver en roue libre proche de la falaise : le mec se pointe manifestement plein de chnouffe pour expliquer aux Français comment Robinson allait chercher du fromage et du jambon dans la cale, ou encore raconter que « la bête de l’événement arrive »… Y en a qui se poudrent le nez pour s’amuser, lui manifestement est en train de craquer et je me surprends à avoir de la compassion pour lui. Il aurait dû rester à la banque Rothschild là où il pouvait foutre la merde sans que ça se voit ; pour la présidence, il n’a manifestement pas les épaules.

Rappelez-vous des professionnels de la politique du genre Sarkozy : quand un type comme ça te met une quenelle du genre traité de Lisbonne, il le fait avec aisance et discrétion. Le type reste d’aplomb quoi qu’il arrive, fier de ses accomplissements quels qu'ils soient. Au moins ce gouvernement a-t-il une certaine honnêteté en admettant à demi-mot le futur effondrement économique et le fait que tout le monde doit s’appauvrir à l’exception de l’hyper classe. L’effondrement de l’économie réelle et les dettes liées au Corona devront forcément être remboursées et ce sera avec les impôts.

La vie va se durcir pour tout le monde, pour les pauvres comme pour les bourges. Si les naïfs et les gauchistes se réjouissent de l’éventuel revenu universel, c’est oublier que les prochaines miettes qui seront jetées aux plus démunis serviront simplement à s’assurer qu’ils consomment un minimum, et faire tourner la machine. Naturellement tout cela se fera sous condition, surveillance et contrôle des déplacements, puisque le coronavirus aura aussi servi à nous conditionner pour nous faire accepter le futur contrôle social. Un de mes amis me reprochait récemment de ne pas tenir compte des capacités de résistance et de réveil du peuple : connerie.

Ce peuple n’a aucune capacité de résistance, ni d’ailleurs de volonté. Le peuple chie dans son froc quand on lui bricole une pandémie et si ce n’est pas suffisant (parce que super-grippe en juin juillet ça peut lasser) on lui refoule du moustique tigre sur les berges du Rhône qui transmet la dingue, le chikungunya, la malaria etc. On lui parle des frelons asiatiques qui envahissent le pays (mais jamais de l’économie chinetoque qui fait la même chose) ou d’enfants qui claquent à tour de bras suite au Kawasaki. Bref le peuple chie dans son froc et applaudit aux fenêtres, porte des masques en voitures et respecte la distance sociale.

La jeunesse, il ne faudra pas trop compter dessus. D’abord, les générations futures il y en aura de moins en moins puisque les jeunes hommes n’osent plus aborder les filles, et que ces dernières préfèrent toujours ceux qui parlent le plus, rigolent fort exhibant fièrement leur Q.I/corps de sous hommes tout en fumant un pétard… ça n’aide pas à la reproduction… la jeunesse c’est celle de la crainte, de l’éternelle indécision, de l’incapacité à concevoir ce qui est bon ou mauvais pour son développement et son épanouissement. C’est la jeunesse émotive qui n’est pas capable de foncer quand il le faut, d’affirmer sa puissance et de jouir du monde comme il se doit.

C’est aussi une jeunesse qui se refuse à penser par elle-même préférant toujours s’en remettre en définitive à YouTube, à la télé ou au groupe de copains. Ceux qui réfléchissent par eux-mêmes le font uniquement pour affirmer leurs « particularités » et choix qui selon eux en font des êtres uniques mais qui en réalité les transforment juste en pleureuses fragiles, du pain béni pour les millions de migrants importés par les gouvernements occidentaux (sachant que le Soudanais lui n’en a rien à foutre des droits de l’homme)… bref le monde de demain ce sera la France d’Hanouna en bas, et des malades mentaux complètement névrosés en haut pour diriger le tout. Mais comme l’a si justement affirmé un de mes frères récemment, en mêlant stoïcisme et humour, « le monde brûle mais nous, nous dansons ».

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jeudi, 07 mai 2020

ROCK HAINE ROL !

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Christian Rol:

Réflexions en état de confinement

ROCK HAINE ROL !

via Facebook

Tous les connards qui ont voté Macron n’osent plus vraiment revendiquer leur forfait ; mais ils lui trouvent quand même des circonstances atténuantes et louent le « chef de guerre » en bras de chemise, agité comme un toxico en manque et coiffé comme un dessous de bras, qui aujourd’hui, en s’adressant aux cultureux subventionnés, a dit son vœu de voir un été « apprenant et culturel ». Rien que ce jargon mériterait la Haute Cour !

Aujourd’hui, avant mon échappée belle quotidienne sur les plages désertes, j’ai du subir la fréquentation de quelques uns de mes contemporains, dont un jardinier, un abruti de première bourre qui vient m’expliquer à moi que ce flicage est normal. Je lui raconte quand même qu’au marché de ce matin il y avait l’éternelle équipe de bourrins galonnés qui slalomait entre les croquants avec une mitraillette à la main ( !). Non, l’autre, il trouve ça normal. « Ben, c’est le plan Vigipirate qui s’applique… je vois pas le problème… »

Qu’est-ce qu’on peut espérer avec des enflures pareilles, des bons français disposés à tous les renoncements, toute les trahisons, toutes les privations de liberté ? Quelle malédiction me fit naître dans cette époque et dans ce pays ?

Les bricoleurs fébriles qui tiennent lieu de « pouvoir exécutif » se cassent le nez un jour sur deux sur une ordonnance absurde bientôt contredite par le ministère voisin ou tel mandarin plein de componction ; au point que même les journalistes serviles (pléonasme) ne savent plus sur quel pied danser et hésitent, désormais, à relayer l’information avec l’empressement de passeurs de plats.

Dans cette valse des décisions clownesques, la négresse burlesque déguisée en Casimir tient une place de choix que personne ne songera à lui envier. La Sénégalaise est la risée de la France entière mais c’est une partie du plan : faire avaler des couleuvres en rigolant, ça passe mieux…

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Depuis quelques jours, et à la veille de ce fameux déconfinement à plusieurs vitesses, les bras cassés s’emmêlent un peu plus encore les pinceaux avec le retour à l’école des gniards ingérables. Faut-il les renvoyer sur les bancs de leur classe ou les maintenir à la maison ? Choix cornélien. Surtout pour les parents à bout qui préfèrent désormais voir la marmaille dégager de la maison plutôt que d’avoir à subir un jour de plus leurs mioches encore plus caractériels qu’eux-mêmes.

Je fulmine en rond, plus encore qu’au début car, désormais, mon instinct se voit confirmé par les actes : les salopards distillent au compte-goutte le menu pour les années qui viennent. En entrée : Soupe à la grimace sur son lit de fumier. Attali en rêvait, l’Institut Montaigne en parle : plus de vacances ou presque, plus de ponts du mois de mai et des semaines au taf de 48 heures. Tout cela, évidemment, sans évoquer la moindre hausse de salaire, « effort de guerre » oblige ! Mais ce n’est là qu’une mise en bouche… La retraite à 70 ans, ça viendra plus tard. Comme les rançons prohibitives sur les droits de succession, les impôts et les taxes en tout genre…

Tout cela, bien sûr, ne me concerne pas, ou à peine. Ma marginalité m’aura finalement épargné bien des déceptions puisqu’un pessimiste ne saurait tomber de haut.

En attendant la mise en place de ce joli programme (sans parler des libertés sous cloche), souhaitons-nous une rentrée explosive qui débouche sur des « troubles » ingérables par le régime.

Je ne vois pas d’autre solution pour nous sortir de cette dictature capitaliste, le jour d'après, dont le covid 19 (1984, assurément) aura été un Cheval de Troie plutôt bien ficelé…

C. Rol

vendredi, 01 mai 2020

Dépolitisez-vous !

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Dépolitisez-vous !

par Tibet Dikmen

Dans ces temps modernes, chaque aspect fondamental de l’humanité (et même plus) a été politisé. La politisation de ces valeurs fondamentales de la vie les a inévitablement menées à être revendiquées par des factions différentes en concurrence dans l’arène politique. La stagnation causée par ces « revendications » a rendu impossible d’apporter des solutions concrètes à des questions qui auparavant n’étaient même pas supposées être des questions. Comme tout sujet qui est politisé stagne, des valeurs importantes et authentiques sont délibérément politisées afin que leur destruction puisse être effectuée plus rapidement : justice, liberté économique, environnement et écologie, tradition et religion (ou ce qui est reste), famille et genre, planification urbaine et architecture, etc.

N’oublions pas non plus que, quelle que soit la faction qui réussit à devenir majoritaire, se faire « élire démocratiquement » et gagner des sièges, se qualifier officiellement avec des termes comme « gauche, centre, droite », ou attirer d’une façon ou d’une autre l’attention des médias, c’est se mettre directement ou indirectement au service du coté obscur.

La droite et la gauche appartiennent toutes deux au même dragon.

La politique, dans son concept moderne, est le dragon que combat l’Archange Saint-Michel, et elle est donc une menace pour la Vie.

Les humains sont des créatures biologiques, et font donc partie du Tout naturel.

Les concepts et les vertus corrompues qui nous sont imposés par des « gouvernements démocratiques » autoproclamés, comme l’égalité, les droits de l’homme, la liberté et d’autres choses, sont dans leur essence opposés à l’ordre naturel de l’Univers. Cela a entraîné une quantification graduelle et d’une certaine manière « inconsciente » des aspects qualitatifs de nos vies.

Il est toujours plus facile de supprimer des nombres que de supprimer des concepts abstraits et métaphysiques profondément enracinés. La nature destructrice de la démocratie peut aussi être vue en-dehors de nous et autour de nous, ses vertus modernes corrompues sont non seulement des ennemies de l’humanité mais aussi de toutes les choses vivantes sur cette planète. D’un point de vue objectif, les humains sont ceux qui ont le moins souffert de cette décadence. Cependant, cette illusion est seulement temporaire ; celui qui coupe la branche sur laquelle il est assis ne comprendra ses erreurs que lorsqu’il atteindra son but ultime.

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Pour « chevaucher le tigre » et survivre à l’effondrement civilisationnel et culturel, certains penseurs traditionalistes défendent une position « apolitique passive ». Cette position repose sur la perception que tôt ou tard ces hérétiques modernes s’anéantiront eux-mêmes en se noyant dans leur propre décadence. Cependant, même s’ils l’ont oublié, ceux-ci sont des êtres biologiques et sont directement liés au tout. Même s’ils sont cancéreux, ils font partie de l’organisme. Cela signifie que quand le moment de l’auto-anéantissement viendra, ils anéantiront la terre avec eux. Cela peut être comparé à un phénomène très moderne : l’auteur d’un attentat-suicide meurt avec la bombe qui explose. En prenant les vies de ceux qui sont autour de lui, et en endommageant l’environnement aussi. Il est inutile que j’insiste sur les conséquences que 7,5 milliards d’humains inconscients causeront sur cette planète fatiguée. Ce comportement est facilement prévisible et on peut déjà en voir des indications aujourd’hui. Avec l’apparition de cette pandémie « sujette à débat », certains individus ont tenté de contaminer les gens en crachant et en léchant des infrastructures publiques (un grand nombre de tels cas a été rapporté en Belgique, aux USA et en Chine). Cela pourrait être le résultat d’une mentalité individualiste défectueuse : « Si je meurs, tout le monde doit mourir avec moi ».

Pour empêcher cet effondrement mental mondial, un « apolitisme actif » est nécessaire.

Les hommes idéalistes doivent oublier leurs anciennes rivalités et gagner plus de conscience et d’unité.

Toutes les institutions, tous les concepts et autorités politiques ainsi que les établissements économiques devraient être boycottés. Tout ce qui est un résultat de la modernité devrait être boycotté, cela peut signifier jeter sa télévision par la fenêtre ou refuser de conduire une voiture. Tout l’espace-temps dans lequel nous sommes actuellement emprisonnés devrait être nié. Cela entraînera non seulement la reconnexion individuelle avec l’infini, mais détachera aussi l’individu de la mentalité d’« esclave volontaire » et lui donnera la conscience nécessaire pour la combattre. Les idéaux et les valeurs connectés avec l’infini sont les seules armes vraiment efficaces que nous pouvons utiliser.

Quant à l’ordre sociétal, une dépopulation et une décroissance forcées doivent être encouragées. Cela aidera directement ou indirectement la planète à guérir des profondes blessures que les humains modernes lui ont infligées avec leurs désirs hédonistes toujours croissants.

Certaines parties de la population mondiale placées face à cette « guérison forcée de la terre » prendront finalement conscience de leur « inutilité » et comprendront qu’ils prennent trop d’espace. Une grande majorité des « inutiles » devront se sacrifier pour le bien de « l’Univers,  la Nature et le Tout ».

Ceux qui sont trop égoïstes et qui ont trop peur de la mort se hâteront de tenter de se rendre utiles, certains réussiront à se trouver des talents cachés (qui ne pouvaient pas s’exprimer à cause du style de vie lobotomisant moderne), et certains qui n’y parviendront pas devront accepter la mort. Pour ceux qui répondent aux conditions naturelles pour rester en vie, ils devront rendre ce qui a été pris par la force. Notre devoir en tant que créatures honorables est de demander pardon et de reconstruire. Mais cette fois-ci ce ne sera pas pour la quantité ou le nombre, car la Vérité ne se préoccupe pas de concepts aussi réducteurs.

L’humanité doit prendre conscience de sa place dans l’ordre naturel le plus tôt possible et réapprendre la décence et l’humilité. Sinon, la ruine surviendra.

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Une planète de déchets

L’hédonisme autodestructeur n’est pas aussi moderne que nous pouvons le penser. Il est le résultat de notre « ego » depuis l’aube de l’humanité. Cependant, les proportions qu’il a prises dans les temps actuels sont le résultat d’un « idéal éclairé » dont le monde est si fier : l’individualisme. Le fait de diviser un organisme en entités séparées, chacune pensant que le monde tourne autour d’elle, et de nourrir de force leur « ego » comme des poulets emplis d’eau, a entraîné un siècle entier de dégénérescence.

C’est un agenda de « séparatisme » très bien programmé, séparant d’abord l’humanité du Tout et ensuite d’elle-même. Pour maintenir cette inconscience sur le long terme, les pulsions animales ont été fortement stimulées et gardées en vie afin de paralyser l’esprit. De plus, les désirs creux incessants et le comportement réducteur ont été encouragés avec succès à l’aide de la technologie. Cela prouve aussi que le progrès technologique, qui est un résultat du progrès démocratique, est aussi un ennemi de l’existence dès qu’il atteint son but ultime. Nourrir une population aussi énorme avec de telles atrocités n’est pas une tâche facile, et une grande proportion de la « vie » a donc été compromise pour satisfaire la demande.

D’innombrables sites industriels et de production de masse présents partout exploitent continuellement la planète (comment une chose à l’intérieur d’un emballage plastique avec un code-barres peut-elle être appelée nourriture ?). Un enfant exploitant sa mère pour nourrir son hédonisme doit être la plus grande hérésie de notre époque.

Les actions nécessaires qui doivent être entreprises pour stopper cela, comme nous l’avons dit plus haut, mettront fin à cette gloutonnerie et à cette surexploitation excessives. Cependant, un énorme tas de déchets de béton à coté de la dévastation chimique et biologique restera.

Que faire des gratte-ciels vides, des grossiers blocs de béton, des innombrables quantités de déchets et de cadavres ?

jeudi, 30 avril 2020

Attali ou Confucius !

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Attali ou Confucius !

par Bruno Guige

via Facebbok

Il va tout de même falloir se demander pourquoi les pays d'Asie, dans l'ensemble, font face à la pandémie avec davantage d'efficacité que les pays occidentaux. Les raisons en sont politiques, bien sûr, les États socialistes comme la Chine et le Vietnam étant de loin ceux qui s'en sortent le mieux. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'ils ont pris la mesure du phénomène avant les autres, et que l'État a refusé d'arbitrer entre sauver des vies et sauver des points de croissance, tandis que les pays capitalistes prônent l'immunité collective, c'est-à-dire l'euthanasie des faibles et des vieux, comme l'a avoué le vice-gouverneur du Texas, véritable génie politique qui s'est fait le porte-parole du malthusianisme néolibéral et le digne héritier spirituel de Jacques Attali, chantre de l'euthanasie des anciens et de la société sans retraite. Au moins c'est clair.

Mais la politique n'explique pas tout, du moins en Asie, et c'est ce que montre le débat sur le port du masque. Ce qui est fascinant, en effet, c'est sa dimension anthropologique. Car cet ustensile, comme on le sait, n'a aucun intérêt immédiat pour l'individu qui le porte. Il ne sert pas à se protéger, mais à protéger les autres. C'est pourquoi on l'utilise depuis longtemps dans les pays de tradition confucéenne. En Chine, au Vietnam, et dans les pays d'Asie marqués par cette conception éthique vieille de 2500 ans, la collectivité prime sur l'individu. Ou plutôt, l'individu n'existe que comme produit social. Comme dit le philosophe chinois Zhao Tingyang, "la coexistence précède l'existence". L' être n'est pas substance mais relation.

J'entends déjà les cris d'horreur des individualistes forcenés, mais ce n'est pas parce qu'ils croient à des chimères que le réel va se plier à leurs désirs. Car si l'individu se croit libre, il n'existe en réalité que comme tissu de relations sociales, la qualité de son existence individuelle dépendant de la qualité de ses relations sociales et de rien d'autre. Marx l'avait d'ailleurs remarquablement mis en lumière, mais on ne va quand même pas demander aux bobos parisiens qui croient accomplir un acte révolutionnaire en bravant l'interdiction de sortir de chez soi pour danser sur Dalida de lire Marx. C'est peine perdue.

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Le dernier aspect de la question, et peut-être le plus important, c'est la dimension rituelle du port du masque, comme illustration de ce dont les sociétés asiatiques sont capables, et dont nous sommes, nous, incapables. Un rite, dans l'éthique confucéenne, n'est pas un geste purement formel que l'on accomplit par une sorte de soumission aveugle à des règles surannées. "Les rites, dit Confucius, c'est ce qui met de l'ordre dans ce qu'on fait". La ritualisation de la vie sociale a pour vertu de discipliner les comportements en regard du bien commun, elle éduque, oriente et civilise. Ce n'est pas un hasard, non plus, si les rites s'ordonnent à cette conception fondamentale de la société chinoise comme élargissement de la famille, noyau et paradigme de toutes les relations inter-humaines, et si de cette conception le culte des ancêtres est la source vive, celle qui relie entre elles, d'un fil invisible, les générations successives.

Qu'il s'agisse du culte des ancêtres, des liturgies funéraires, des fêtes familiales, sociales ou patriotiques, la forme des rites est inculquée aux individus pour les mettre en capacité de remplir leurs obligations. Le ritualisme repose sur cette idée, très profonde, que la bonne conduite ne peut venir que de pratiques répétées. Comme le respect dû aux anciens, dont il est la conséquence logique puisqu'il s'agit de protéger nos aînés, le port du masque fait partie de ces rituels sociaux qui signalent une collectivité responsable. Les sociétés asiatiques ont fait ce choix depuis longtemps. A nous de faire les nôtres, en nous demandant si nous voulons une société qui euthanasie les anciens ou une société qui les honore. C'est Attali ou Confucius.

mardi, 28 avril 2020

Vers la fin des «ponts» du mois de mai?

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Vers la fin des «ponts» du mois de mai?

par Georges FELTIN-TRACOL

Ex: http://www.europemaxima.com

Geoffroy Roux de Bézieux, le président du MEDEF, le syndicat du CAC 40, ne fait pas dans la nuance. Dans un entretien au Figaro du 10 avril dernier, il déclarait que pour sortir de la crise économique imputée au coronavirus, Les Français devraient travailler plus longtemps, avoir moins de congés payés et accepter de perdre des jours fériés. La rengaine n’est pas nouvelle. Elle démontre qu’en digne héritier des négriers industriels des XIXe et XXe siècles, le MEDEF s’accroche encore à de vieilles lunes.

L’automatisation, l’informatique et la robotisation modifient durablement les conditions de travail. Déjà, à la fin des années 1960, les grands patrons ont poussé Pompidou à privilégier l’immigration de main-d’œuvre étrangère aux dépens de l’installation, certes coûteuse au départ, des premières chaînes de montage automatiques qui auraient probablement évité l’actuel « Grand Remplacement ».

Sans la pandémie de covid – 19, le mois de mai 2020 eut été propice à de courts séjours touristiques grâce à quatre sympathiques « ponts » : les 1er, 2 et 3 mai; les 8, 9 et 10 mai; les 21, 22, 23 et 24 mai pour l’Ascension, et même les 30 et 31 mai ainsi que le 1er juin pour la Pentecôte.Tous ces ponts ne peuvent qu’enrager les hiérarques du grand patronat. Ils aimeraient un monde dans lequel les salariés trimeraient deux cents heures par semaine pour un demi euro et donneraient à leur direction cent, deux cents ou trois cents euros chaque mois dans l’espoir de garder leur emploi.

Le MEDEF ne représente qu’une minorité de patrons, vrais bureaucrates du capital. Ce ne sont pas des capitaines d’industrie audacieux prêts à hypothéquer leurs biens personnels pour la bonne marche de leur entreprise. Ces aventuriers économiques se retrouvent chez les artisans, les indépendants et les chefs des petites et moyennes entreprises, soit les plus affectés par le confinement imbécile et pour qui les aides exceptionnelles de l’État sont les compliquées à obtenir en raison d’une paperasserie administrative proliférante.

En 2020, la productivité française ne repose plus sur la durée journalière du temps de travail, les 35 heures par semaine, les cinq semaines de congés payés, le repos dominical et les onze jours fériés (hors particularités propres à l’Outre-mer). La demande du grand patronat de les réduire rejoint les exigences répétées des multiculturalistes qui remplaceraient volontiers une à deux fêtes chrétiennes par une à deux autres fêtes monothéistes exogènes. Les deux groupes œuvrent de concert.

Déplorable Premier ministre du sinistre Chirac, le Poitevin Jean-Pierre Raffarin a rétabli en 2004 la corvée seigneuriale avec la « journée de solidarité » prévue à l’origine pour parasiter le lundi de Pentecôte. Il s’agissait par d’un jour de travail gratuit de financer la dépendance des personnes âgées sans jamais solliciter le capital et les « parlementeurs ». Le pognon ainsi soutiré aux travailleurs permet en fait de rembourser les intérêts de la dette abyssale de l’Hexagone.

Reporter le plus tard possible l’âge légal de la retraite, rogner sur les congés payés, augmenter la durée hebdomadaire et quotidienne du temps de travail, supprimer des jours fériés, voilà les propositions soi-disant innovantes d’une clique patronale aveugle aux nouveaux enjeux. Ces bouffons déphasés s’enferrent dans leur incompétence libérale policière progressiste et continuent à regarder la décennie 2020 avec les lunettes de 1880 ! Le grand patronat composé de fonctionnaires salariés pantouflards payés à coup de stock options et de parachutes dorés ne saisit pas l’imbrication croissante des questions sociale, écologique et nationale (ou identitaire). Peu importe, il sera tôt ou tard éjecté et remplacé par une élite nouvelle consciente des nouveaux défis.

Et s’il faut abroger des jours fériés, plutôt que de s’attaquer aux célébrations chrétiennes, que la « Ripoublique » hexagonale commence par réduire les siennes. Abolissons les funestes 8-Mai et 14-Juillet ! On ne peut pas se satisfaire de la sujétion de l’Europe par le bolchévisme de Wall Street et de la City. On ne peut pas non plus fêter la prise d’une forteresse royale qui n’accueillait qu’un noble incestueux, un fou, un apprenti-régicide et quatre faux monnayeurs. On ne doit pas non plus se féliciter de la fête organisée un an plus tard sur le Champ de Mars parisien et dont le déroulement cacha l’évidente duplicité des parties en présence.

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Sans réclamer la reconnaissance officielle du 10 juillet 1940, il serait bien que le 27 juillet devienne la nouvelle fête nationale française en souvenir de la victoire de Bouvines en 1214. Allié au jeune prince des Romains Frédéric de Hohenstaufen et du pape Innocent III, le roi de France Philippe II Auguste gagna grâce aux milices communales des bourgs francs du Nord sur les troupes anglaises du roi Jean sans Terre, d’un comte de Flandre félon et de l’usurpateur impérial le guelfe Otton IV.

Si on peut encore vibrer à l’évocation du sacre des souverains français à Reims, le récit de la Fête de la Fédération n’émeut guère. L’historien médiéviste et résistant français Marc Bloch voyait dans le ravissement commun de ces deux événements une preuve marquante de francité. Pour la circonstance, notre européanité l’emporte nettement.

Georges Feltin-Tracol

• « Chronique hebdomadaire du Village planétaire », n° 170.

09:56 Publié dans Actualité, Réflexions personnelles | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mai, actualité, france | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

Société totale

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Société totale

par Eric Werner

Ex: https://ericwerner.blogspot.com

Ce qui se passe aujourd'hui est d'une bien plus grande importance que le 11 septembre, dit l'Avocate. Sauf que c'est le même paradigme. Les lois antiterroristes avaient pour but la création d'un Etat total. En grande partie, c'est maintenant chose faite. Mais les dirigeants n'entendent pas en rester là. Ils veulent aller plus loin. L'Etat total c'est bien. Mais au-delà de l'Etat total, il y a la société totale. Une définition possible de l'Etat total est de dire qu'il donne tous les pouvoirs à la police. La police fait ce que bon lui semble, elle fonctionne en roue libre. Voilà l'Etat total. La société totale, c'est autre chose encore. L'objectif, en l'espèce, est une refonte complète du mode et des habitudes de vie. L'actuelle pandémie en offre l'opportunité. On profite du choc ainsi créé pour avancer un peu plus encore dans la voie de l'Etat total, mais surtout pour jeter les bases de la société totale. Des pans entiers de l'économie sont d'ores et déjà passés à la trappe (jusqu'à 50-60 % des PME notamment). On crée ainsi les conditions de possibilité d'une nouvelle société: la société totale, justement. Ubérisation du travail, Bullshit jobs, télémédecine, "homme augmenté", traçage numérique, certificat de santé, euthanasie, confinement-déconfinement, revenu unique de base : telles en sont les caractéristiques. Avec cette pandémie, les gens se voient par ailleurs condamnés à l'isolement. On pourrait ici citer Aristote et ce qu'il dit de la tyrannie. Pour le tyran, explique-t-il, rien n'importe tant que de séparer les individus les uns des autres. Ils ne doivent pas se parler ni avoir de contacts. Grâce à la pandémie, cela cesse d'être un souci.

(1) Voir "Aller et venir", 21 mars 2020.
 

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mercredi, 22 avril 2020

Depoliticize yourself

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Tibet DIKMEN:                                                             

Depoliticize yourself

In these modern times, every fundamental aspect of humanity (and beyond) has been politicized. The politicization of these fundamental assets of life has inevitably caused them to be claimed by different factions racing in the political arena. The stagnation caused by these ‘claims’ has made it impossible to provide concrete solutions to matters, that weren’t even supposed to be matters in the first place. As every subject that is politicized stagnates, important and authentic assets are being deliberately politicized so that their destruction can get carried out quicker : justice, economic freedom, environement and ecology, tradition and religion (from what’s left of it), family and gender, city planning and architecture,etc…

Let us also not forget that, which ever faction that manages to become mainstream, to get ‘democratically elected’ and gain seats, to officially brand itself under terms such as ‘left, centre, right,...’ or that gets any form of attention from the media, is directly or indirectly at the service of the dark side.

Both the right and the left wing belong to the same dragon.

Politics, in its modern concept, is the dragon that Archangel St-Michael is fighting, and is therefore a threat to the prevealing of Life.

Humans are biological creatures and thus, a part of the natural Whole.

Concepts and corrupted virtues that are forced upon us by self-entitled ‘democratical governments’ such as equality, human rights, liberty and more, are in their essence opposite to the natural order of the Universe. This has resulted in a gradual and somehow ‘unconscious’ quantification of the qualitative aspects of our lives.

It is always easier to delete numbers than to delete deep rooted abstract and metaphysical concepts. The destructive nature of democracy can also be seen outside and around us, its corrupt modern virtues are not only a foe for humanity but for the entire living things on this planet. From an objective point of view, humans are the ones who have the least suffered from this decay. However, this illusion is only temporary ; the one who is cutting the branch on which he sits, will only get a sense of his mistakes when he achieves his ultimate goal.

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In order to ‘ride the tiger’ and survive the civilisational and cultural crumble, some of the Traditionalist thinkers defend a ‘passive apolitiea’ stance. This stance rests on the perception that sooner or later, these modern heretics will auto-annihilate themselves by drowning in their own decay. However, even if they have forgotten it, these are biological beings and are directly linked to the whole. Even if cancerous, they are part of the organism. This would mean that when the time of auto-annihilation will come, they will annihilate the earth with themselves. This can be compared to a very modern phenomenon: the suicide bomber dies alongside the bomb that explodes. Taking the lives of those around him, and damaging the environment too. It is unnecessary for me to emphasize the consequences that 7.5 billion unconscious humans will cause on this tired planet. This behaviour is easily predictable and it’s footsteps can even be seen as of today. With the outbreak of this ‘debatable’ pandemia, some individuals have attempted to contaminate people by spitting and licking public infrastructure (A big number of such cases has been recorded in Belgium, USA and China). This may be the result of a failed individualistic mentality : ‘If I die, everyone should die with me.’

In order to prevent this global mental meltdown, an ‘active apolitea’ is necessary.

Idealistic men should leave former rivalry behind and gain consciousness and unity.

All political institutions, concepts, and autorities along with economical establishments should be boycotted. Anything that is a result of modernity should be boycotted, this can range from ditching ones TV from the window to refusing to ride a car. The entire space-time in which we are currently stuck in, should be denied. This will not only result in the individual reconnecting with the infinite but, will also detach the individual from the modern ‘volunteer slave’ mentality and give him the necessary awareness to fight it. Ideals and values connected to the infinite are the only truly effective weapons we can arm ourselves with.

As for societal order, a forced depopulation and degrowth must be enhanced. This will directly and/or indirectly help the planet recover from the deep wounds modern humans have inflicted it with their evergrowing hedonistic desires.

Some parts of the world population facing this ‘forced healing of earth’ will, eventually, gain consciousness of their ‘uselesness’ and will be aware that they take too much space. A big majority of the ‘useless’ will have to sacrifice themselves for the good of the ‘Universe, Nature and Whole’.

Those who are too selfish and/or scared of death, will rush to try to make themselves useful, some will manage to find hidden talents (that were prevented to arise due to a modern lobotomising lifestyle) and some who fail to do so, will have to embrace death. For the ones that meet the natural requirements to stay alive, will have to give back what has been forcefully taken. It is our duty as honorable critters to ask forgiveness and rebuild. But this time, it is not going to be about size or numbers for the Truth does not deal with such reductive concepts.

Humanity must gain awareness of its place in the natural order as soon as possible and (re)gain its decency and humility. Otherwise, doom awaits.

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A planet of waste

Self-destructive hedonism is not as modern as we may think. It has been the result of the « ego » since our dawn. However, the proportion that it has taken in current times is the result of an ‘enlightened ideal’ that the modern world is so proud with : Individualism. Splitting an organism into seperate entities, each thinking that the world revolves around them, and forcefully feeding their ‘ego’ like water-inflated chickens, has resulted in an entire century of degeneration.

This is a very well programmed ‘separatism’ agenda, first separating humanity from the Whole and then from itself. To maintain this unconsciousness  in the long-term, animalistic pulsions have been severly taunted and kept alive in order to boggle the mind. Furthermore neverding empty desires and reductive behaviour have been succesfully advertised with the help of technology. This also proves that technological advancement, which is a result of democratical progress, is also an enemy of existence once it reaches its ultimate goal. Feeding such a big population with such atrocities is not an easy task, a big portion of ‘life’ has therefore been compromised to meet the demand.

Countless industrial sites and mass-production around every corner of the planet are continuously expoliting the planet. (How much can something inside a barcoded plastic package be called food ?). A child expoliting his mother in order to feed his hedonism must be the biggest heresy of our age.

The necessary actions that must be undertaken in order to stop this, as we have stated above, will put an end to this excessive gluttony and over-exploitation. However, an enormous chunk of concrete waste alongside chemical and bio-engineered desolation will remain.

What to do with empty skyscrapers, brutal concrete blocks, uncountable amount of waste and dead bodies ?

dimanche, 12 avril 2020

Cauchemar totalitaire, de la quarantaine au communisme

Le récit glaçant d’un cauchemar qu’a fait Marcello Veneziani. Même si nous conservons l’optimisme naïf de croire que la fin est exagérée et relève plus du fantasme que de l’anticipation, toute la première partie ne relève désormais plus de la fiction: nous sommes en plein dedans, ou nous y serons quand le « déconfinement » sera décrété.

Cauchemar totalitaire, de la quarantaine au communisme

Marcello Veneziani
La Verità, 7 avril 2020

Ex: http://www.benoit-et-moi.fr

La captivité prolongée engendre de mauvaises pensées. De ceux qui la subissent, de ceux qui la décrètent. Malus mala cogitat, qui vit mal pense mal, pourrions-nous traduire. Ainsi, dans un demi-sommeil, entre la nuit et l’aube, j’ai fait un cauchemar. J’ai vu, j’ai pensé, j’ai rêvé – je ne sais pas trop – où porterait la longue détention pour raisons sanitaires: à un régime totalitaire jamais vu auparavant qui priverait les citoyens des libertés les plus fondamentales et n’admettrait aucune dissidence, au nom de l’urgence sanitaire suprême. Niés, les droits principaux, qui précèdent même les droits démocratiques: sortir de la maison, se promener, rencontrer sa famille et ses amis, s’embrasser, vivre en plein air, aller à la messe. Stoppée, toute activité productive, détruite, toute forme de travail, de récréation, de la lecture au café; seulement les distractions centralisées et contrôlées, car administrées par le Réseau directement à la maison.

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Marcello Veneziani

Dans ce cauchemar, l’obligation de porter des masques était devenue permanente, dans le but de museler les citoyens, de les empêcher de parler librement et de se faire comprendre, avec l’excuse de préserver leur santé. Sous la menace de la maladie, de l’hospitalisation et de la mort, le peuple effrayé devenait docile et n’opposait pas de résistance Toute réunion de trois personnes ou plus était strictement interdite, et toute manifestation requérant une assemblée était interdite. Toute foi était déracinée, réduite au seul secret de sa propre intimité (enfermés dans les toilettes pour prier), la politique contrainte au privé, par contre, permission de fumer et de promener le chien.

À un certain moment, l’interdiction absolue de sortir fut supprimée, mais avec quatre lourdes conditions.

  • La première fut que même respirer en plein air, sortir de la maison, marcher, était considéré comme une concession, une grâce du pouvoir clément, et donc les gens devaient être reconnaissants à leurs geôliers de pouvoir enfin faire ce que personne dans l’histoire de l’humanité n’avait interdit à tout un peuple. La libre circulation était cependant limitée. Même pour les opinions et les dissensions, l’interdiction de circuler restait en vigueur, une commission spéciale était chargée de les réprimer.
  • La deuxième condition fut le prix à payer pour cette grâce ; considérant qu’un virus peut évoluer et se régénérer sous d’autres formes, alors la prophylaxie, les contrôles, la distanciation sociale, les voyages supervisés et toutes les restrictions en vigueur furent seulement tempérés et réglementés mais ne disparurent pas. On pouvait faire deux pas, sans exagération, respecter les horaires pour prendre la voiture et aller au supermarché, régler sa vie au rythme de la cloche de l’État qui scandait les horaires, les permis et les interdictions. En échange de cette liberté limitée, les sujets devaient être contrôlés par des bracelets électroniques et des colliers, des téléphones portables de surveillance, des bracelets de cou qui signalaient la présence, le mouvement et le temps de sortie. La mer, synonyme de liberté, était interdite.
  • Mais le régime totalitaro-sanitaire devint vraiment odieux quand il affronta la puissante crise économique et sociale que la contagion avait créée, la faillite de millions d’activités, la perte d’emplois pour des millions de travailleurs, la misère et à la faim. Après avoir promis une intervention de l’État pour protéger, soutenir ceux, nombreux restés à terre, après avoir promis des revenus et des fonds pour redémarrer, les caisses se vidèrent, il fut décidé, après un prélèvement forcé sous forme d’impôt sur la fortune, d’adopter un remède plus radical. Remettre tous les salaires à zéro, tout le monde reçoit le même revenu universel de citoyenneté. Autrement dit, à chacun selon ses besoins. Niée toute reconnaissance du mérite et des compétences, des études et du CV, de l’inventivité et de l’ingéniosité. Ainsi se réalisa l’utopie du communisme, mais elle fut appelée par un autre nom pour rassurer les gens; et elle fut promue par des gens qui ne venaient pas du communisme mais de rien ou du cirque.

  • ‘A livella (*) devint l’hymne universel, acclamé par les nouveaux prolétaires affamés. Aucun régime, pas même le plus sanguinaire, n’avait réussi à étendre le contrôle totalitaire et les revenus égalitaires de manière aussi radicale. La crainte de la contagion et la crise qui s’ensuivit y parvinrent. On soupçonna alors que le virus avait été induit, ou du moins véhiculé, manipulé, monté. Et que les mêmes pays d’où il était parti avait pris le dessus étendant le régime communiste à l’Occident.
  •  
  • Enfin, la misère économique et sociale, les subventions d’État et le contrôle à but sanitaire, produisirent de fait l’extinction de la souveraineté politique, populaire et nationale et le transfert du pouvoir à un protectorat médico-économico-technocratique qui garantissait les flux financiers et le budget. C’est de cette façon que le communisme coopta les oligarques de la finance. Avec le despotisme maocapitaliste, on installe les chevaux de la Troïka (cavalli di Troïka, jeu de mots avec cavalli di Troia, chevaux de Troies), « trio » (terne: peut-être allusion à la liste de trois noms soumis à l’approbation du Pape lors de la nomination d’un évêque) de commandement composées d’un banquier, d’un manipulateur de médias et d’un soldat. Les pays développés vaincus et leur production démantelée, les pays qui vivaient du pétrole réduits à la famine, la société nivelée et la démocratie révoquée, le communisme implicite était dominé par un clan de faux scientifiques et de vrais satrapes.

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Un rayon de soleil qui avait filtré dans la pièce me libéra du cauchemar mais il resta dans mes yeux, dans mon esprit, dans mes poumons, dans ma gorge. Bien sûr, ce sont de mauvaises pensées; même Paul Valéry a écrit ses mauvaises pensées en temps de captivité sous la seconde guerre mondiale et pendant l’occupation allemande.

La douceur interdite d’avril, qui était le mois le plus beau et le plus prometteur – beau pour le printemps qu’il déverse, prometteur pour l’été qu’il annonce – est devenue avec la prison domestique « le plus cruel des mois », comme l’a écrit T.S. Eliot.

Et l’interdiction de la Résurrection pour raisons d’hygiène, imposée pendant la Semaine Sainte, a rendu la détention encore plus atroce.

Si vous privez un homme de Pâques, au nom de la santé, vous lui refusez la possibilité d’être sauvé.

Ndt

(*) Poème napolitain (1964) de Totò (1898-1967), acteur comique très populaire en Italie . Il y est question d’un dialogue entre deux morts enterrés côte à côte dans un cimetière, un éboueur et un aristocrate, et la morale est le nivellement que la mort opère entre tous les hommes (wikipedia en italien).

vendredi, 03 avril 2020

Eric Werner: La liberté, malgré les urgences !...

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La liberté, malgré les urgences !...

par Eric Werner

Ex: http://metapoinfos.hautetfort.com

Nous reproduisons ci-dessous un point de vue d'Eric Werner, cueilli sur le site d'Antipresse et consacré au recul progressif de la liberté en Europe, et en particulier en France.

Penseur important et trop peu connu, Eric Werner est l'auteur de plusieurs essais marquants comme L'avant-guerre civile (L'Age d'Homme, 1998 puis Xénia, 2015), De l'extermination (Xénia, 2013), ou Un air de guerre (Xénia, 2017), et de recueils de courtes chroniques comme Ne vous approchez pas des fenêtres (Xénia, 2008) et Le début de la fin et autres causeries crépusculaires (Xénia, 2012). Il vient de publier dernièrement Légitimité de l'autodéfense (Xénia, 2019).

La liberté, malgré les urgences !

Les sociétés européennes se trouvent aujourd’hui confrontées à de tels défis qu’il peut apparaître étrange, pour ne pas dire inactuel, de s’interroger sur ce que devient aujourd’hui la liberté en Europe. Ce n’est à coup sûr pas une priorité. Et pourtant c’est ce qu’on va essayer ici de faire malgré le couvre-feu matériel et mental imposé par la lutte contre le Coronavirus.

Il est beaucoup aujourd’hui question de «dérive autoritaire» en Europe. C’est évidemment un euphémisme. La vraie question, en fait, qui se pose (au-delà même de celle consistant à se demander si nous sommes encore en démocratie) est celle de l’État de droit. Que subsiste-t-il aujourd’hui encore dans nos pays de l’État de droit?

Je dis «nos pays», car la question ne se pose pas seulement dans certains d’entre eux à l’exclusion d’autres hypothétiquement mieux favorisés, mais peu ou prou partout. Un pays comme la France est évidemment en première ligne. Il serait fastidieux de dresser la liste de toutes les atteintes à l’État de droit survenues en France au cours de la période récente, en lien ou non avec l’épisode des Gilets jaunes. Ces atteintes sont graves et n’ont pas leur équivalent ailleurs. Mais il ne faut pas se faire d’illusions. On est certainement légitimé à insister sur la singularité française. Mais, d’une part, cette singularité n’est que relative, et d’autre part la France ne fait que précéder les autres pays dans une évolution d’ensemble n’épargnant, en fait, aucun pays. Elle a simplement une longueur d’avance.

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Le problème doit donc être abordé à l’échelle du continent dans son ensemble. On admettra sans peine par exemple que les violences policières constatées ces derniers mois en France n’ont pas leur équivalent en Suisse. Mais divers scandales survenus récemment à Genève, ville frontalière, montrent que la Suisse n’est pas a priori à l’abri de tels débordements (1). D’autres exemples pourraient être cités, notamment un, il y a deux ans, dans le canton de Berne. L’affaire avait débouché dans une interpellation au Grand Conseil bernois. Les violences policières sont encore en Suisse l’exception. Mais il ne faut pas dire qu’elles n’existent pas.

Par ailleurs, les violences policières n’épuisent pas le problème. Ainsi, toujours en Suisse, le Parlement s’apprête à adopter un projet de loi sur les mesures policières de lutte contre le terrorisme, projet de loi entérinant le principe selon lequel de telles mesures pourraient être prises en dehors de tout contrôle judiciaire. Il ne faut pas idéaliser la justice, ni bien sûr non plus surestimer son aptitude à protéger les libertés fondamentales (la violence judiciaire n’est pas un vain mot, elle n’a souvent rien à envier à la violence policière proprement dite), mais le contrôle judiciaire n’en est pas moins préférable à pas de contrôle du tout. Un tel contrôle ne garantit assurément pas en lui-même la survie des libertés fondamentales, mais peut en revanche, dans une certaine mesure au moins, la favoriser. Alors qu’avec sa suppression une telle survie devient hautement improbable, pour ne pas dire désespérée.

Le modèle français

La Suisse se borne ici à suivre l’exemple français, puisqu’en 2017 déjà le Parlement français avait décidé de transférer dans le droit ordinaire certaines dispositions de l’état d’urgence, au nombre desquelles, justement, l’abolition du contrôle judiciaire sur les actes des autorités en lien avec la lutte contre le «terrorisme». On met ici le mot «terrorisme» entre guillemets, car les autorités françaises ont tendance à user et abuser de cette notion en en donnant une interprétation très extensive. On est très vite aujourd’hui en France traité de «terroriste».

On pourrait aussi parler des atteintes croissantes à la liberté de parole et de critique, qui font qu’il devient de plus en plus risqué aujourd’hui d’aborder certains sujets jugés sensibles. Il n’y a pas encore à l’heure actuelle en Suisse de loi Avia, mais il est évident qu’un jour ou l’autre il y en aura une, car on voit mal la Suisse ne pas s’aligner sur ce qui se fait ailleurs en ce domaine. Ce ne sera au reste pas très compliqué. Il suffira de compléter l’article 261 bis du Code pénal, par simple adjonction d’un ou deux alinéas, comme cela vient de se faire pour la pénalisation de l’homophobie. Il faut en tenir compte quand on dit que la liberté d’expression est aujourd’hui mieux garantie en Suisse qu’en France. C’est certainement vrai en soi, mais encore une fois, c’est le mouvement d’ensemble qui compte.

Et ainsi de suite. En France toujours, un décret du 20 février dernier légalise le fichage généralisé des individus, au travers d’une nouvelle application numérique dénommée GendNotes. Les gendarmes sont encouragés désormais à collecter des données à caractère personnel (y compris celles relatives aux opinions philosophiques et politiques). Ils l’ont naturellement toujours fait dans le passé, mais c’est maintenant légalisé. On peut bien, si l’on y tient, parler ici de «dérive autoritaire», mais chacun admettra qu’il s’agit de tout autre chose. On assiste en fait à la mise en place d’un régime de type orwellien inaugurant une nouvelle espèce de totalitarisme. La généralisation à tous les coins de rue de la reconnaissance faciale s’inscrit également dans ce contexte.

Insistons au passage sur le fait qu’avec l’avènement des nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC), les choses se font en quelque sorte toutes seules. C’est une opportunité qui s’offre à l’État, et celui-ci, tout naturellement, en profite.

L’humain rapetissé

On est dès lors amené à se poser cette question: comment se fait-il que personne ne réagisse? En fait, ne se révolte? Car, effectivement, les gens ne révoltent pas. On pourrait dire que la non-révolte est chose normale: plus normale, en tout cas, que la révolte. On ne se révolte qu’exceptionnellement. Les gens ne se rendent pas non plus toujours compte à quels risques ils s’exposent en ne se révoltant pas. Ou quand ils s’en rendent compte, il est déjà trop tard. Ils cèdent également volontiers à la peur. Etc. Tout cela étant admis, on n’en reste pas moins surpris de la passivité et de l’absence de réaction des citoyens. Ils donnent l’impression d’être comme tétanisés. Il y a certes eu l’épisode des Gilets jaunes. Mais leurs revendications étaient d’ordre surtout économique.

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C’est un sujet complexe, on ne va bien sûr pas ici en faire le tour, juste développer une ou deux remarques. On s’inspirera ici du dernier livre d’Emmanuel Todd, Les Luttes de classes en France au XXIe siècle (2), qui aborde le problème sous l’angle anthropologique. Prenant le contre-pied d’une thématique aujourd’hui ressassée, celle de «l’homme augmenté», Todd dit que l’homme contemporain est au contraire extrêmement «diminué». L’individu n’est pas devenu aujourd’hui «plus grand», comme on le prétend parfois, mais au contraire «plus petit». Todd se réfère à certains travaux récents sur la dépression et la fatigue mentale des individus à notre époque. Il insiste également sur le fait que les dernières décennies ont été marquées par un double effondrement religieux et moral, double effondrement qui n’est évidemment pas resté sans effet sur la psyché individuelle. L’ancienne religion s’est effondrée, et avec elle l’ensemble des croyances et points de repère qui contribuaient jusqu’à une date encore récente à «encadrer» l’individu et par là même à le renforcer, à lui donner confiance en lui-même: on pense en particulier au cadre national. L’individu est aujourd’hui très largement abandonné à lui-même. Et donc, tout naturellement, tend à «s’affaisser», à se rapetisser.

C’est un début de réponse. La fatigue, en elle-même, n’est pas nécessairement incompatible avec la révolte, il y a des gens fatigués qui pourtant se révoltent. Mais ce n’est pas le cas le plus fréquent. Ce que la fatigue nourrit plutôt, c’est le renoncement, la passivité. Mais on pourrait dire autre chose encore. Qu’ils soient ou non fatigués, les gens, en règle générale, se révoltent quand ils ont faim. Encore une fois, il faut citer les Gilets jaunes. Or être privé de liberté, ce n’est pas exactement mourir de faim. La liberté n’est pas un bien matériel, mais immatériel. On croise ici Dostoïevski et sa légende du Grand Inquisiteur. Le Christ dit au Grand inquisiteur: l’homme ne vit pas seulement de pain. Soit, mais la plupart de nos contemporains sont aujourd’hui sincèrement convaincus du contraire: l’homme ne vit que de pain. Pourquoi dès lors le fait d’être privé de liberté les conduiraient-il à se révolter?

On retrouve ici l’effondrement religieux. Avec raison, Emmanuel Todd, met la fatigue en lien avec l’effondrement religieux. L’effondrement religieux conduit à la fatigue, qui elle-même conduit à la non-révolte. Sauf que ce passage par la fatigue n’est que facultatif. La non-révolte se laisse aussi penser comme un produit direct de l’effondrement religieux.

Eric Werner (Antipresse n°226, 29 mars 2020)

Notes :
  1. 1) Voir Slobodan Despot: « L’affaire Simon Brandt, un “signal faible” — mais assourdissant! », Antipresse 219 | 09/02/2020.

  2. 2) Seuil, 2020. Cf. en particulier le chapitre V (pp. 127-153).

mercredi, 25 mars 2020

Le retour brutal du réel et un effondrement prévisible

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Le retour brutal du réel et un effondrement prévisible

Dominique Baettig
Médecin, Ancien Conseiller national

Ex: http://www.lesobservateurs.ch

C’était annoncé et personne ne voulait vraiment y croire. La grande réinitialisation de l’Economie globale ( Big Reset), la limitation de la croissance « infinie » pour des raisons écologiques, démographiques, l’éclatement de la domination mondiale des USA en un monde multipolaire, l’insoutenabilité de la dette, tous les signes étaient visibles. Personne ne voulait agir, freiner, s’adapter, relocaliser l’économie, renforcer la souveraineté citoyenne et nationale. On discutaillait sur les taxes de billet d’avion, on laissait pérorer les experts scientifiques sur le réchauffement et on diabolisait les critiques des solutions « globalistes/mondialistes ».Rien n’était possible en dehors du renoncement volontaire et des nouvelles start-ups de l’Economie verte (green business).

Brutalement tout se freine, tout s’arrête. Grâce à un nouvel ennemi invisible (comme le terrorisme autrefois), un redoutable virus responsable d’une pandémie, dont la propagation est rapide et globale, facilitée par les échanges et la libre circulation des marchandises, des personnes.

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La classe politique dominante qui avait tout fait pour éviter la limitation et le freinage de ce processus (libre circulation, libre-échange, abolition des frontières, minage de la démocratie de proximité « discriminatoire », immigrationnisme culpabilisateur) doit avaler son chapeau, sans vergogne. Tout d’un coup on contrôle les frontières, on se rend compte de la fragilité de l’économie à cause des délocalisations, du recours massif à la main-d’œuvre frontalière, à la pénurie de biens de première nécessité sanitaire ou économique. Le « vivre ensemble » impératif de la pensée unique bobo/libérale/gauche moraliste est tout d’un coup annulé et remplacé par le « restez chez vous pour sauver des vies, surtout celles des plus vulnérables âgés ». Un revirement à 180% avec toutes les incohérences politiques et doubles contraintes d’un modèle qui s’effondre. Restez chez vous ( sauf les migrants !) mais il faut que certains puissent sortir pour soigner les victimes, faire marcher l’économie indispensable, protégez-vous mais cela ne sert à rien, il ne faut pas contrôler les frontières  car l’économie pourrait aussi s’effondrer, les masques ne sont pas utiles ( ils auraient été exportés d’ailleurs et manqueraient). Les mesures collectives et préventives que l’Etat aurait pu anticiper sont directement et autoritairement imposées  (autoconfinement, décisions administratives arbitraires : distance sociale, nombre de personnes pouvant se rassembler sans risque, isolement social, spirituel) laissant chacun seul, culpabilisé comme vecteur potentiel du problème, à la merci de la propagande mouvante de l’Etat et les informations alternatives des réseaux sociaux. Plus grave, l’économie réelle de proximité, (les petits commerçants, indépendants, marchés) est bloquée et la dépendance aux grandes surfaces et aux entreprises qui utilisent commandes et ventes sur Internet se développe massivement.

Il est évident que le changement, dans une sorte d’urgence qui deviendra chronique, un état d’exception avec suspension des libertés politiques et individuelles est irréversible et qu’il faudra s’y adapter et surtout anticiper les dérives autoritaires et les moyens de contrôle social massifs amplifiés par la 5G. Il faudra plus d’autonomie, d’autarcie, de relocalisation des entreprises, de réindustrialisation, de freinage des migrations et du phénomène transfrontalier. Il faut s’y préparer et ne pas permettre à ceux qui en sont responsables, les globalistes de gauche et de droite, l’économie financiarisée d’imposer leur agenda autoritaire et leur gouvernance de plus en plus directive, unique et centralisée.

Les citoyens devront s’organiser, pour le moment encore à travers l’Etat national souverain, avoir leur mot à dire, bénéficier directement de l’hélicoptère financier de la BNS qui se prépare à être mis à contribution et ne pas permettre le captage des ressources qui devront obligatoirement être injectées. Pas de nouvel endettement supplémentaire, pas d’arrosage des multinationales. Et réactiver en priorité les réseaux de soutien locaux, familiaux, l’économie de proximité. Ne nous laissons pas culpabiliser ni accuser d’être responsables de la difficulté du freinage d’un virus. Ne nous laissons pas isoler. Préparons activement l’après effondrement, décidons de l’avenir librement et souverainement

Dominique Baettig  ancien conseiller national, militant souverainiste

mardi, 24 mars 2020

Nietzsche : l’hypermoralisme du système face au Grand Remplacement

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Nietzsche : l’hypermoralisme

 

du système face au

 

Grand Remplacement

 
par Tomislav Sunic
 

À chacun son Nietzsche. Par cette phrase nous pouvons entamer un énième discours sur Nietzsche. Vu le nombre inouï d’ouvrages consacrés à  Nietzsche, il est de rigueur de poser la question : quel Nietzsche faut-il lire d’abord ? Faut-il lire en premier lieu Nietzsche lui-même ou faut-il d’abord lire les ouvrages que d’autres auteurs lui ont consacrés ? Et quel ouvrage et par quel autre auteur ? Le problème est d’autant plus grave qu’on ne trouve pas deux ouvrages parmi des dizaines de milliers sur Nietzsche qui s’accordent sur la même interprétation de ses idées. Certes, on pourrait formuler la même remarque quant à mon interprétation de Nietzsche. De plus, il se peut que ma compréhension, mon interprétation et mon choix des armes au regard de ses pensées soient différents de ceux de nombreux auteurs qui prétendent être ses meilleurs interprètes. Par conséquent,  on peut m’accuser d’utiliser des démarches explicatives qui ne seraient partagées ni par Nietzsche ni par ses innombrables interprètes.            


9782080707536.jpgCe qu’il faut mettre en évidence, c’est le lien fondamental établi par Nietzsche entre les valeurs chrétiennes et leurs avatars séculiers  qui servent aujourd’hui  de base légale et psychologique aux classes dirigeantes  en Occident pour faire entrer des masses non-européennes en Europe. En utilisant les valeurs moralisatrices, dont les origines lointaines remontent au christianisme primitif, le Système est en train de procéder à la destruction des peuples européens. 

Nietzsche fut non seulement un bon philosophe mais également un bon philologue qui connaissait  fort bien les subtilités du langage de son temps. Par conséquent et en premier lieu, il nous faut isoler quelques-uns des termes utilisés par lui et tenter de trouver  les équivalents conceptuels, en français et en anglais, utilisés dans le langage académique et médiatique d’aujourd’hui. Ce qu’il faut retenir chez Nietzsche, c’est sa dénonciation incessante de la fausse morale chrétienne propagée par ses contemporains et à la place de laquelle il propose des vertus combatives, c’est-à-dire la « virtù » antique  dépouillée  de la « vertu moraline » (moralinfreie Tugend1.

Dans notre langage à nous, Nietzsche nous enseigne comment  reconnaître, derrière des phrases moralisatrices  sur l’humanité, sur la paix et la tolérance, la nouvelle  forme de terrorisme intellectuel qui se dessine et qui force les gens à devenir la proie de sentiments de culpabilité politique : « Il y a aujourd’hui, presque partout en Europe, une sensibilité et une irritabilité maladives vis-à-vis de la douleur et aussi unetendance fâcheuse à se plaindre, une efféminisation qui voudrait se parer de religion et de fatras philosophique, pour se donner plus d’éclat » 2.  De surcroît, il faut ajouter à cette fausse morale décrite par Nietzsche  sa critique acerbe du providentialisme chrétien qui se manifeste aujourd’hui dans l’esprit grégaire de la démocratie moderne.  Les effets laïcisés de cette moraline chrétienne apparaissent aujourd’hui, en Europe et en Amérique, dans la mystique des droits de l’ homme, le mythe du multi culturalisme, le devoir de métissage, et dans la bien-pensance de l’enseignement supérieur. L’amour pour tous les ratés du monde, en l’occurrence pour les immigrés du Tiers monde à la recherche d’une vie plus facile en Europe,  est devenue une vraie manie dans des cercles politiques et médiatiques. Pierre Chassard, un bon connaisseur français de Nietzsche, résume les pensées du philosophe  par les phrases suivantes :  « Les damnés de la terre, pendus à la croix, sont seuls devins. Les ratés de la vie sont les élus du ciel.  Il sont les bons et les autres sont les méchants » 3. La liste serait plus longue si l’on y ajoutait les petits Blancs avec leur haine de soi, ainsi que le dogme de l’interchangeabilité des peuples et des races véhiculé par le Système et les grands médias. Ces composants dont Nietzsche fut le premier détracteur, sont  aujourd’hui la marque déposée du Système.

9782080710574-475x500-1.jpgCommençons d’abord par l’expression « le grand remplacement ». Cette expression, due à l’écrivain  Renaud Camus, est mal vue par le Système 4.  Or bien que le livre de cet auteur soit fort utile, son titre se prête aux malentendus. Au lieu de l’expression « le grand remplacement », on est tenté d’utiliser la formule plus exacte de « grande invasion ». De plus, le terme « invasion » nous renvoie à la notion du politique des siècles précédents lorsque son emploi s’accompagnait généralement d’un vrai conflit  armé – ce qui n’est pas le cas pour l’heure avec les flux de migrants extra-européens auxquels les médias occidentaux attribuent le titre sentimental de « réfugiés ». Le Système et ses scribes évitent le terme « invasion » ou « remplacement », leur préférant des expressions romantiques tels que « enrichissement culturel » ou « diversité » – termes qui furent d’ailleurs promus par la langue américaine dans les années 80 du siècle précèdent.  D’autre part, même si l’on se met d’accord  sur l’usage du terme « invasion » pour décrire la ruée des migrants afro-asiatiques vers l’Europe, le choix de ce mot nous conduit sur le plan de la polémologie, sujet que l’on peut aborder au passage.
Selon Nietzsche, la moralisation du politique engendre le chaos politique dans les démocraties parlementaires. Dans le cadre de ses analyses, il nous incombe de transposer la fausse morale décrite par lui dans le Système ou nous vivons. En effet, il suffit d’écouter le langage hyper moraliste de nos classes dirigeantes pour s’aviser que leur bric-à-brac politique – qu’ils baptisent « démocratie » et « vivre ensemble » – est une gigantesque imposture. On est chaque jour témoin de l’effusion du langage hyper moraliste dans les discours des dirigeants euro-américains : cela leur sert de paravent juridique pour leurs démarches humanitaristes au profit des immigrés non-européens, mais aussi de belle couverture pour leur répression de toute forme de pensée libre.

Dans l’Allemagne bismarckienne de la fin du XIXe siècle, Nietzsche ne connut pas de flux migratoire extra-européen. En revanche, il avait bien saisi la dynamique de la pensée hyper moraliste qui était en train de s’implanter en Occident dans les discours  de nombreux politiciens et intellectuels de son époque – soit sous une forme libérale, soit sous une forme cryptocommuniste. Cette démarche hyper moraliste, ayant pour but la création du meilleur des mondes ou la promotion des lendemains communistes qui chantent, devait fatalement aboutir, cent ans après sa mort, au monde multiculturel que nous connaissons et contre lequel Nietzsche nous avait mis en garde.

Il serait donc vain de s’en prendre aux migrants, dont la majorité est certes musulmane et extra-européenne, sans décrypter au préalable les idées moralisatrices, globalistes, altruistes et œcuméniques dont se pare l’Eglise depuis deux mille ans. Ce fut le grand mérite de Nietzsche d’avoir été le premier à saisir que tous nos concepts politiques actuels, tous les dérapages du système libéral auxquels nous faisons face aujourd’hui, proviennent du fanatisme chrétien et que  « le mouvement démocratique continue l’héritage du mouvement chrétien ». 5

Certes, dans le Système d’aujourd’hui, qui se veut d’ailleurs le meilleur du monde, toute critique de la démocratie parlementaire, du multi culturalisme et du métissage, entre dans le cadre pénal, de la démonologie et de ses sbires. D’une part, le Système se targue d’être tolérant, prétend donner sans restriction la parole même à ses détracteurs, et d’autre part, il réussit, tout en se cachant derrière les mots de tolérance, de diversité et d’humanisme, à exercer un contrôle total de sa population – phénomène jamais vu auparavant dans l’histoire de l’Occident.  Du point de vue du langage moderne, du point de vue de la notion  du politique, le Système a parfaitement réussi à renverser les traditionnelles valeurs européennes d’honneur et de sacrifice pour le bien commun. Dans le cadre actuel de la transposition de ces valeurs moralisatrices et œcuméniques, décriées par Nietzsche autrefois, il devient logique que les masses non-européennes qui entrent pêle-mêle en Europe se perçoivent comme de « pauvres réfugiés ». En effet, le vocable « réfugié » n’a pas été choisi par les migrants non-européens :  il leur a été accordé par la classe dirigeante et ses acolytes bien-pensants des grands médias.

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L’un de meilleurs connaisseurs de Nietzsche, l’Allemand Alfred  Baeumler, dans l’Allemagne de Weimar, a bien  saisi le dérapage nihiliste inhérent au langage de la démocratie  libérale et l’aberration politique qui en a découlé en Europe entre les deux guerres.

“Le nihilisme, à savoir le chaos, est la conséquence inévitable de la croyance en l’harmonie sans lutte, en un ordre sans contraste. Le véritable ordre naît des relations de pouvoir créées par la volonté de puissance.  Inhumain veut dire chaos. La règne de la tolérance et des idées morales, de la raison et de la compassion, bref “l’humanité” conduit à l’inhumanité”. 6

Le Moi et mon Double

En conséquence de cet hyper moralisme qui sévit  aujourd’hui  en Occident, on aperçoit chez nos gouvernants une tendance accrue au dédoublement de leur propre soi qu’ils projettent ensuite  sur les migrants extra-européens destinés à constituer dorénavant le nouveau phare de l’humanité.  Ce déni de soi est surtout visible en Allemagne, pays qui fut, à partir de 1945, obligé de se rechercher une nouvelle identité.

51g+SxMLW9L._SX359_BO1,204,203,200_.jpgA titre d’exemple de ce mental allemand du « dopplengaegertum », on peut citer  plusieurs auteurs de contes fantastiques du début du XIXe  siècle qui, par détour, reflètent parfaitement l’esprit fracturé de l’Allemagne d’aujourd’hui.  Citons ainsi l’écrivain de contes horrifiques  E. T. A. Hoffmann et sa nouvelle L’homme au sable 7.  Le personnage principal de ce conte tombe amoureux de l’image d’un automate qui ressemble étrangement à une belle femme conçue au préalable dans ses rêves d’antan. Au tout dernier moment, cette femme-automate imaginaire pousse le malheureux au suicide. Aujourd’hui, nous assistons à une semblable fixation mécanique et suicidaire  par des gouvernants européens épris de projets quasi autistiques et tiers-mondistes, à savoir à leur jouissance de la démolition délibérée de leur propre identité et son remplacement par le simulacre de l’identité afro-asiatique. Or cette fois-ci, les gouvernants européens, faute d’être physiquement remplacés par de réels migrants afro-asiatiques, sont en train de se remplacer eux-mêmes par l’imaginaire sur réel emprunté aux migrants afro-asiatiques.
On peut en fournir un exemple avec les pèlerinages pénitentiels des politiciens européens sur les lieux saints de la haute politique mondiale, à savoir Washington, Bruxelles et Tel Aviv. Les Allemands doivent faire un chemin de croix supplémentaire en rendant une visite de pénitence à Israël pour y faire un mea culpaidentitaire. Lorsque la chancelière Merkel s’est rendue en Israël il y a deux ans, elle y déclara: « Être conscient de cette responsabilité( les crimes nazis contre les Juifs, N.A) est une part de notre identité nationale » 8. Sans son Double, c’est-à-dire sans l’acceptation de l’Autre qui fut autrefois nié ou colonisé, le Système et ses bien-pensants ne pourraient pas survivre.
Dans cette même veine, les politiciens et les intellectuels européens se voient obligés de renchérir sur leurs dédoublements  moralisateurs à l’encontre des migrants extra-européens et cela dans le but d’écarter tout soupçon de regain du fascisme ou de crypto-nostalgie coloniale.  On pourrait parler longtemps de ces nouveaux dédoublements chez les politiciens européens qui surenchérissent dans la haine de soi, l’autocensure et l’hypertrophie de la fausse morale envers les inconnus exotiques. Nietzsche a bien décrit cette pensée castratrice,  qui est devenue aujourd’hui l’idée directrice du Système libéral.
Veut-on dire par là qu’un tel système de traitement a rendu l’homme meilleur, je n’y contredirai pas : mais j’ajouterai que, pour moi, rendre « meilleur » signifie « domestiquer », « affaiblir », « décourager », « raffiner », « amollir », « efféminer » (rendre meilleur serait donc presque synonyme de dégrader…) 9.

La recherche du double politique dont nous sommes témoins a atteint aujourd’hui en Europe une limite pathologique : les politiciens de l’EU n’ont de cesse d’amplifier leur bienveillance envers les migrants afro-asiatiques afin de mieux se débarrasser de leur péché historique antisémite, colonialiste et raciste. Dans la majorité des cas, un tel comportement mimétique est le résultat de la rééducation alliée de l’Europe depuis 1945, dont le but était de créer une nouvelle espèce humaine.

Dans ce court essai sur Nietzsche il ne nous faut pas oublier le nom de l’anthropologue allemand Arnold Gehlen, peut être le meilleur connaisseur de Nietzsche, dont l’analyse sur la  moraline du Système porte le nom « d’hyper morale » .

L’hypertrophie morale survient quand on accepte tout simplement chaque être humain dans sa simple humanité et qu’on lui octroie dans cette qualité d’existencele rang le plus élevé 10

Cette hypertrophie morale, ou moraline post-nietzschéenne, est utilisée  par nos gouvernants et leurs services de  « fake news » pour imposer une culpabilité éternelle aux Blancs et leur faire oublier ainsi leur identité culturelle et raciale.

5e02c258250000ca84d311e5.jpegNi l’Eglise catholique ni les papistes du monde entier ne sont à la traîne. Le dernier en date est le pape François avec ses prêches sur les droits des immigrés ou ses homélies affirmant que « les migrants sont le symbole de tous les exclus de la société globalisée » 11. À l’écoute de ses paroles urbi et orbi, cela vaut la peine d’examiner le psychisme des migrants afro-asiatiques. Malgré leur modeste quotient intellectuel, ils ne sont pas bêtes. Ils savent qu’ils ont de puissants alliés, non seulement dans les cercles antifas  mais également au sein du haut clergé catholique, aux Etats-Unis et en Europe.
On peut assurément fustiger George Soros et une foule d’ONG pour avoir facilité l’inondation de l’Occident par des migrants africains et asiatiques. Pourtant, le fait demeure que les migrants afro-asiatiques suivent d’abord et avant tout les appels de bienvenue unilatéraux des politiciens européens dont les propos sont approuvés  par le pape et le haut clergé catholique. Ces derniers sont toujours prompts à se mobiliser pour l’établissement de quartiers et de villes sanctuaires, ce qui a pour effet de redoubler leurs arrivées 12.  En effet, l’Eglise fonctionne aujourd’hui comme une sorte de contre-pouvoir vis-à-vis du pouvoir légal en place, lequel est de toute façon déjà très laxiste par rapport à l’arrivée des migrants.

Au-delà des phrases moralisatrices sur les bienfaits du multi culturalisme et du métissage propagées par le Système et l’Eglise auprès des peuples blancs, les lois impitoyables de la biologie et de l’hérédité ne peuvent être ignorées. Dans les années à venir, les pays de l’Union européenne seront exposés à des conflits multireligieux et multiraciaux parmi les nouveaux migrants non-européens, conflits de grande ampleur et de longue durée. Avec leur déni de soi, les pays européens, Allemagne en tête, auront du mal à faire face non seulement au grand remplacement des peuples, mais également aux conflits sauvages au sein même des divers groupes de migrants non-européens. Contrairement aux opinions erronées  énoncées par les dirigeants de l’UE et leurs mauvais disciples universitaires, l’intolérance raciale et la xénophobie en Europe ne sont  aucunement le privilège des nationalistes blancs. La fierté raciale et l’exclusivisme racial ne sont en aucun cas le monopole des Européens de souche. Les petites guerres larvées entre ressortissants d’origine asiatique et ressortissants de provenance subsaharienne ont un bel avenir.  Pire, de concert avec divers groupes moralisateurs et antifascistes, les gouvernants du Système auront du mal à faire admettre aux migrants les mêmes oukases, les mêmes normes juridiques, les mêmes tests scolaires et les mêmes concepts politiques qu’aux Occidentaux. Imposées aux migrants, ces règles occidentales resteront toujours étrangères et inacceptables pour eux. Au nom de la « diversité »  et « vivre  ensemble » le Système est en train de détruire non seulement l’identité des peuples européens, mais ruine aussi l’identité des nouveaux arrivants non-européens.

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Les états multiculturels et multiraciaux conduisent tôt ou tard à des guerres civiles. Dans le grand remplacement qui est en cours, les guerres interraciales parmi les migrants non-européens seront aggravées par les grands changements démographiques. De plus, ces guerres hybrides et larvées s’accompagneront d’une surenchère des discours  victimaires de chaque membre de ces différentes peuplades  et tribus résidant en Europe, chacun revendiquant bien sûr la première place sur la liste des victimes.  La méfiance mutuelle, suivie par le déclin de la solidarité civique et la dissolution de l’ordre seront à l’ordre du jour. Les bouffonneries moralisatrices et masochistes des politiciens blancs, dont l’Allemagne fait la surenchère, ne sont que le reflet logique d’un vieux complexe d’infériorité dû au passé fasciste, colonial, oustacha ou national-socialiste. Suite aux incessantes incantations des gens du Système – «mea culpa, mea maxima culpa » – qu’aurait dit  Nietzsche au sujet de notre destin ? Sa réponse est claire :  « une crise comme il n’y en eut jamais sur terre » 13.


Notes : 

  1. 1) Friedrich Nietzsche, L’Antéchrist (Œuvres complètes) (Paris : Arvensa éditions ; 2014), p. 3945. 

  2. 2) F. Nietzsche,  Par-delà le Bien et le Mal (Paris : Editions Ligaran, 2015), p. 293.
  3. 3) Pierre Chassard, La philosophie de l’histoire dans la philosophie de Nietzsche (Paris : éd. GRECE, 1975),  p.78.
  4. 4) Renaud Camus, Le Grand Remplacement  (Paris ; éditions David Reinharc, 2011).
  5. 5) F. Nietzsche, Par delà le bien et le mal (Ouvres complètes), (Arvensa éd). p. 3327.
  6. 6) Alfred Baeumler, Nietzsche; der Philosoph und Politiker(Leipzig : Reclam, 1931), p. 72-73. 
  7. 7) E.T.A. Hoffmann, L’homme au sable (Paris : Gallimard, 2003).
  8. 8) The Times of Israel, « Merkel : la mémoire des crimes nazis « inséparable » de l’identité allemande », le 6 décembre, 2019.
  9. 9) Friedrich Nietzsche, La Généalogie de la morale (Œuvres complètes de Frédéric Nietzsche, vol 11). Traduction par Henri Albert (Paris : Mercure de France, 1900), p. 249.
  10. 10) Arnold Gehlen, Moral und Hypermoral  (Frankfurt : Athenäum 1969), p. 143. 
  11. 11) Le Monde, « Le pape François : « Les migrants sont le symbole de tous les exclus de la société globalisée »», le 8 juillet, 2019. 
  12. 12) Voir T. Sunic, « Non-White Migrants and the Catholic Church: The Politics of Penitence », The Occidental Observer, Avril, 2017. 
  13. 13) Friedrich Nietzsche, Ecce Homo (Traduction par Henri Albert), (Paris : Mercure de France 1909), p. 255. 

samedi, 08 février 2020

Décadence, effondrement, apocalypse

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Décadence, effondrement, apocalypse

par Antonin Campana

Ex: http://www.autochtonisme.com

L’idée de « décadence nationale » hante le XIXe siècle. Taine souligne la médiocrité de la vie intellectuelle et la futilité des nouvelles générations. Ernest Renan, espère une réforme intellectuelle et morale qui désintoxique le pays des idéaux qui compromettent « l’état moral de la France » (1874). Plus concret, l’écrivain légitimiste Claude-Marie Raudot s’alarme, chiffres à l’appui, de la diminution du nombre des naissances, du déclin de la moralité, des « dépenses énormes » et de la « déperdition de forces » causées par la colonisation de l’Algérie. Il accuse la fièvre du changement : « La France est continuellement en révolution, écrit-il, comme un malade qui s’agite, croit trouver dans le changement un soulagement à ses maux et ne fait que les aggraver, la France est en décadence, donc elle s’appuie sur des institutions funestes et des principes faux  » (De la décadence de la France, 1850). Avec une clairvoyance extraordinaire, il répond d’avance à ceux qui voudraient endiguer le reflux démographique par la fabrication de nouveaux Français : « N’est-ce pas un rêve, écrit-il en 1862, de croire qu’on fera des Français avec les Arabes et les Kabyles ? Nous aurons en eux des sujets obéissants, tant que nous serons les plus forts, des concitoyens jamais » (Mes Oisivetés ).

51EFH-5sunL._SX327_BO1204203200_.jpgTout ce qui a été craint par les esprits les plus affûtés du XIXe siècle est arrivé à la France, mais amplifié au centuple ! Ils se plaignaient du fléchissement intellectuel de leur siècle ? Mais celui-ci avait encore ses Lamartine, ses Auguste Comte, ses Proudhon, ses Verlaine et ses Stendhal !  Aujourd’hui, nous n’avons plus que des Badinter, des Attali, des Luc Ferry ou des BHL ! Ils se plaignaient de la diminution du nombre de naissances en France ? Mais aujourd’hui, les naissances françaises sont directement remplacées par des naissances étrangères ! Ils se plaignaient de l’état moral de la France ? Mais aujourd’hui le sens moral se vautre dans le transsexualisme, l’idéologie LGBTQ, le féminisme, l’idéologie du genre, l’idéologie « no-child » et la stigmatisation de « l’homme blanc hétérosexuel de plus de 50 ans » ! Ils craignaient que l’on fabrique un jour des Français de papier ? Mais aujourd’hui ces Français de papier se comptent par millions et font la loi ! 

Les intellectuels réalistes du XIXe siècle ne se trompaient pas : la décadence avait bien commencé. Mais la décadence qui est alors dénoncée nous paraît insignifiante au regard de l’effondrement multiforme et gigantesque que nous connaissons aujourd’hui. C’est que le  pourrissement commençait à peine. Seul un nez exercé en percevait les premiers effluves. De nos jours, les odeurs sont insupportables et le cadavre est à un stade de pourrissement avancé. Peut-on encore parler de « décadence nationale » quand la nation est déjà morte ?

Pourquoi la décadence ?

Les auteurs dont nous parlons sont unanimes à dénoncer les dérives du sens moral. Pour Renan, l’affaiblissement moral de la France explique largement la défaite. L’idée que la défaite de 1870 procède de causes spirituelles plutôt que politiques ou militaires est d’ailleurs largement partagée à cette époque. On se souvient ainsi que la basilique du Sacré-Cœur de Paris fut construite en réparation des fautes morales commises par le pays. Or, l’idée d’une décadence qui serait le résultat d’un affaissement moral et spirituel n’est pas aussi absurde qu’il peut paraître.

On le sait, la société européenne traditionnelle a toujours été le produit d’un équilibre subtil entre le spirituel et le temporel, entre ce qui appartient à Dieu et ce qui appartient à César. La société française traditionnelle n’échappe pas, jusqu’à la révolution « française » tout au moins, à cette loi d’équilibre. Par son action, la République atteint l’Eglise, c’est-à-dire un pilier essentiel de l’ordre moral et de l’ordre social. Comment s’étonner alors du déclin progressif de la moralité et de la société ? Le refoulement du spirituel, qui irrigue l’ordre moral et l’ordre social traditionnel, ne pouvait que provoquer une rupture des équilibres antérieurs.

Or, une société ne peut rester en déséquilibre très longtemps. En effet, un déséquilibre se traduit toujours par une souffrance, un manque, une tension qui préfigurent la rupture et une nouvelle recomposition. Le déséquilibre « précipite ». Mécaniquement, l’organisation sociale va donc agir sur elle-même pour trouver un nouvel équilibre. Mais cet équilibre sera impossible à atteindre puisqu’une de ses conditions anthropologiques fondamentales, la spiritualité, aura été écartée. La société va donc se lancer dans une quête perpétuelle de remise en question et de changements sans fin. Comme une personne sur le point de tomber enchaîne des pas de plus en plus rapides pour tenter de se rattraper, la société en déséquilibre va enchaîner des transformations de plus en plus rapides… qui vont accentuer son déséquilibre et précipiter sa chute ! On l’a vu, Claude-Marie Raudot exprime parfaitement ce processus lorsqu’il écrit que la France est « continuellement en révolution », qu’elle est « comme un malade qui s’agite » et que le « changement » grâce auquel le pays espère se rétablir ne fait au contraire qu’aggraver ses problèmes.

Prenons l’exemple de la dénatalité, puisqu’il est pointé par Raudot :

Au déséquilibre démographique, le régime répond ainsi par un « changement » : l’ouverture des frontières, l’organisation d’une immigration de masse et des naturalisations intensives (celles, précisément, que semblait redouter Raudot). Mais cette immigration crée à son tour des déséquilibres encore plus importants : des zones de non-droit apparaissent, la France connaît une guerre civile de basse intensité. Le régime cherche alors à résoudre ce nouveau déséquilibre par un nouveau « changement » : il discrimine économiquement la France périphérique, avantage les banlieues et tient un discours qui stigmatise les Français de souche. Mais ce changement engendre un autre déséquilibre : la France périphérique se révolte (Gilets jaunes) sans que pour autant les allochtones se tiennent tranquilles (Bataclan). Le régime répond à cette agitation par un nouveau changement : il accentue les violences policières et se dote de lois qui l’autorisent à placer la population sous surveillance. Mais ce changement exacerbe les tensions et rapproche le pays d’une guerre civile de forte intensité. Le régime y répondra sans doute par une violence encore plus dure, avant de disparaître définitivement sous le poids des changements qu’il a provoqués.  

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Nous pourrions prendre d’autres exemples comme le mariage, la famille ou la langue. Comment est-on passé du mariage comme sacrement devant Dieu au « mariage pour tous » ? Comment est-on passé de la famille patriarcale à la famille homoparentale non genrée ? Comment est-on passé des sermons de Bossuet à l’écriture inclusive ? Ce sont bien des principes absurdes, avec la complicité d’institutions dévoyées, qui par étapes successives ont entraîné la décadence de tous les aspects de la France !

En fait, quand le spirituel « laisse les clés » au temporel, alors l’effondrement est inévitable. Pour Durkheim, la religion fait l’unité du groupe. Cela signifie que s’il n’y a plus de religion, alors il y a fractionnement. Et s’il y a fractionnement, il y a lutte d’intérêts entre les parties. Autrement dit, le déséquilibre de la société, implique une lutte de plus en plus âpre entre des parties qui auront tendance à se scinder en sous-parties, elles-mêmes en lutte les unes contre les autres et elles-mêmes se scindant à leur tour. Le déséquilibre engendre un déséquilibre de plus en plus grand, de plus en plus rapide, de plus en plus diversifié et de plus en plus diversifiant jusqu’à l’effondrement final. La société se cannibalise : les allochtones contre les Autochtones, les femmes contre les hommes, les homosexuels contre les hétérosexuels, les jeunes contre les vieux, le privé contre le public, les lesbiennes contre les gays, les végans contre  les végétariens, les végétariens contre les flexitariens…

Confirmant Durkheim, l’historien David Engels, explique que l’athéisme est l’un des marqueurs de la décadence de la République romaine (voyez ici).

L’Ancien Testament expose quant à lui que l’oubli des commandements de Dieu empêchera les champs de produire, transformera les villes en désert, dispersera le peuple parmi les nations. En d’autres termes, transparaît l’idée que l’athéisme est cause d’effondrement.

 A l’autre bout du monde, les études de Claude Lévi-Strauss montrent qu’il y a un rapport entre la destruction, par les missionnaires salésiens, des structures cérémonielles des indiens Bororos du Brésil (par le démantèlement de l’organisation géométrique de leur habitat) et l’effondrement ultérieur de leur société.

Chez nous, en France, le processus d’effondrement (économique, démographique, culturel, moral…) commence véritablement à partir de la Révolution. Or la Révolution installe, avec une violence inouïe, un régime qui systématise le rejet de la religion traditionnelle…

Il se pourrait que l’effondrement des sociétés humaines commence lorsque le spirituel n’est plus opérationnel dans le social, lorsqu’il n’irrigue plus le tissu social, lorsqu’il n’a plus son mot à dire dans la structuration sociale et la bonne marche de la société. Religion, religare, relier : quand le spirituel ne relie plus, alors la société se désagrège et disparaît.

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Que rajouter de plus de notre point de vue autochtoniste, étant posé que cette société en putréfaction nous est désormais totalement étrangère ? Tout d’abord, que l’enchainement de plus en plus rapide des déséquilibres rend inutile de s’impliquer en faveur de l’une ou de l’autre des « parties » actuellement en lutte, sauf si des nécessités stratégiques ou tactiques l’exigent. Ensuite que le processus de désintégration du corps politique est maintenant irréversible : il ira jusqu’au bout, c’est-à-dire jusqu’à cet effondrement apocalyptique de la société que nous commençons à voir. Enfin, sans doute, qu’il est nécessaire que l’effondrement atteigne son terme. Il semble maintenant que notre peuple ne renaîtra pas avant que son « reste pur » ne puisse dire, tel Jésus sur sa croix :

« Tout est achevé ! ».

Antonin Campana

dimanche, 26 janvier 2020

Le rêve des uns et le cauchemar des autres

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Le rêve des uns et le cauchemar des autres

 
 
par Michel Raimbaud
Ex: http://www.zejournal.mobi

Il est dans l’air du temps de considérer les épisodes troubles que nous vivons aujourd’hui comme une réplique à ce que furent hier les « années folles » de l’entre-deux guerres. Ce n’est pas une perspective encourageante, car cet entracte convulsif de vingt ans tout juste (1919/1939), loin d’être seulement une explosion des libertés, un foisonnement des innovations, une envolée du progrès, allait déboucher sur le festival de boucherie et d’horreur que nous savons, suite logique de son échec. Peut-on recréer un ordre universel, alors que la moitié de la planète reste sous le joug colonial ? Rétablir la stabilité alors que quatre empires viennent de disparaître, deux d’entre eux, Russie et Allemagne, ne se voyant nullement comme des vaincus, et que le statut des deux «superpuissances» coloniales est ébranlé par l’ascension de l’Amérique* ? Quand cette dernière refuse d’adhérer à la Société des Nations qu’elle a patronnée, comment donc garantir la paix ?

Folles ou non, les présentes années sont écervelées, ou décervelées. Mais en 2020, l’heure n’est plus à renifler un séisme attendu, car celui-ci gronde déjà de toutes parts. Pourtant, si le monde revisité est bien devenu universel, l’Occident préfère s’identifier à une « communauté internationale » qui ne l’est pas. Le refus de prendre en compte cette « fracture » est à l’origine de la rage et/ou de la démence de ses élites pensantes, dirigeantes et rugissantes.

Pour ne parler que de nos bons maîtres, nous dispensant ainsi de parler de ses vassaux, aimeriez-vous rencontrer au fond d’une ruelle John Bolton, le schtroumpf grognon, partir en croisière avec Pompeo, le père fouettard de la diplomatie étatsunienne, discuter des droits de l’homme avec Nikkie Halley, la harpie du Conseil de Sécurité ? Que feriez-vous si Trump vous proposait de parler dans un coin tranquille de la gestion de votre plan d’épargne ? Ou d’écrire l’histoire du Moyen-Orient avec Wolfowitz ? Auriez-vous envie d’évoquer l’Irak avec Mme Albright ou Dick Cheney, ou la Palestine avec Jared Kushner ?

Pour comprendre comment on en est arrivé à cette folie, il est essentiel de répondre, quitte à enfoncer les portes ouvertes, à l’interrogation historique du génie qui savait poser les bonnes questions, ce George W. Bush, qui allait imprimer sa marque indélébile à la Maison-Blanche, de 2001 à 2009.

Tandis que Bill, son frivole prédécesseur, avait fait du bureau ovale un jardin secret, et que Barack allait en faire une chaire d’où il prêcherait la paix des Nobel tout en faisant la guerre – par derrière – mieux que quiconque, notre Debeliou (c’est le nom de scène de Bush fils) transformera les lieux en oratoire où l’on marmonne entre bigots de pieuses oraisons avant de prendre les décisions mettant à sac la planète. Bien qu’il n’ait ni découvert l’Amérique ni inventé la poudre, il endossera la géostratégie néoconservatrice du début de millénaire, et le rôle de chef de file des « grandes démocraties ».

Rattrapé sur ses vieux jours par Alzheimer, Ronald Reagan, premier à déclarer « la guerre contre la terreur », ne se souvenait plus avoir été Président. Retiré dans son ranch, Debeliou, lui, consacre ses loisirs à peindre de blancs moutons. C’est un sain divertissement, dont le choix témoigne d’une heureuse nature. Ce « good guy » a manifestement la conscience tranquille : n’a-t-il pas accompli la mission qui lui avait été confiée par le Ciel de guider l’Axe du Bien au milieu de la cohorte des « parias » ? Dans son cocon paisible, comment aurait-il pris la mesure des crimes qu’il a ordonnés et couverts, à l’abri de toute poursuite de la Cour Pénale Internationale ou de ses avatars, le « monde civilisé » et ses succursales n’étant pas de leur compétence. ? Il n’aura jamais soupçonné, même en cauchemar, la haine dont son Amérique est l’objet, de l’arrière-cour latino-américaine à l’Asie éternelle, en passant par la complaisante Europe et ce Grand-Moyen-Orient qui s’étend désormais de la Mauritanie au Pacifique et du sud de la Moscovie à l’équateur africain ? Il mourra sans savoir que l’Amérique est devenue sous son règne l’Etat-voyou par excellence avant de sombrer dans le banditisme « from behind » d’Obama, puis carrément dans le gangstérisme international de l’oncle Donald.

Notre propos d’aujourd’hui n’est pas de faire, comme le veut la mode, une lettre ouverte qu’ils ne liront pas à G. W. Bush et ses ex-acolytes, ses prédécesseurs ou ses successeurs. Il n’est même pas de passer en revue les fioretti du pape de l’Axe du Bien et les florilèges de ses conseillers neocons, dont le cynisme et l’arrogance dépassent l’entendement. Laissant Debeliou à ses petits moutons, on essaiera de répondre in absentia à l’angoisse métaphysique qui le tenaille en 2001 alors qu’il s’apprête à venger les attentats du 11 septembre en semant mort, destruction et chaos dans les sept pays programmés :l’Irak ; la Syrie, le Liban, la Libye, la Somalie, l’Afghanistan, le Soudan.

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C’est durant cette phase particulièrement fébrile de sa vie intellectuelle, le 20 septembre 2001, que Debeliou, s’adressant au Congrès sérieux comme un Pape, lance à la ville et au monde la question « des Américains » : « Pourquoi des gens peuvent-ils nous haïr, alors que nous sommes si bons ? ». Il fallait y penser et aussi l’oser, mais l’on sait depuis Audiard que c’est à cela que l’on reconnaît les gens que rien n’arrête. Puisqu’aux Etats-Unis on est démocrate même quand on est républicain, car c’est à peu près la même chose, notre tribun répond, sûr de son fait : « Ils haïssent ce qu’ils voient dans cette salle : un gouvernement élu démocratiquement. Leurs chefs sont auto-désignés. Ils haïssent nos libertés, de religion, d’expression, notre droit de voter, de nous rassembler et d’exprimer nos désaccords ».

Sans queue ni tête, cet amalgame entre les «terroristes» du 11 septembre (saoudiens pour la plupart) et les sept pays précédemment mentionnés, est évidemment arbitraire, visant à justifier la « pensée stratégique » qui va inspirer Debeliou dans sa « guerre contre la terreur ». On peut toutefois se demander si, visant les « Etats préoccupants », il n’est pas en train de dénoncer ses propres impostures :

« Nous ne sommes pas dupes de leur feinte piété (…). Ce sont les héritiers de toutes les idéologies sanglantes du XXème siècle. (…) Ils marchent dans la foulée du fascisme, du nazisme et du totalitarisme. Ils suivront ce chemin jusqu’à sa fin, dans la tombe anonyme des mensonges répudiés de l’Histoire ».

Ne dirait-on pas une condamnation des menées néoconservatrices, dont la ceinture verte arabo-musulmane est le théâtre privilégié depuis un quart de siècle ? Signe des temps et du ciel, des Israéliens se poseront la même question, comme Rishon Lezion dans le Yediot Aharonot du 26 juillet 2006 : Pourquoi nous haïssent-ils tant ?

On ne peut s’empêcher de rappeler l’anecdote rapportée en 2007 à la revue Democracy Now par le Général Wesley Clark, ex-commandant en chef des troupes de l’Otan en 1999 en Yougoslavie, lors de la dislocation de celle-ci par les Occidentaux. Quelques jours après le 11 septembre, ce haut responsable se rend au Pentagone, où sévissent alors Donald Rumsfeld et Paul Wolfowitz. Il rapporte un intéressant et surprenant dialogue :

  • –  Nous avons décidé de partir en guerre contre l’Irak, lui dit-on.
  • –  En guerre contre l’Irak, mais pourquoi ? demande W. Clark
  • –  Je ne sais pas. Je pense qu’ils ne savent pas quoi faire d’autre.
  • –  A-t-on trouvé un lien entre Saddam et Al Qaeda ?
  • –  Non…Rien de neuf…Ils ont juste pris la décision de faire la guerre contre l’Irak. Sans doute parce qu’on ne sait pas quoi faire des terroristes. Mais nous avons de bons militaires et nous pouvons renverser des gouvernements…

Trois semaines après, on bombarde l’Afghanistan, et le dialogue reprend : Toujours une guerre en Irak ? Réplique : C’est bien pire que ça. Voici un papier expliquant comment nous allons nous emparer de sept pays en cinq ans, l’Irak d’abord, puis la Syrie, le Liban, la Libye, la Somalie, le Soudan et, pour finir, l’Iran. C’est ce programme qui est suivi depuis vingt ans.

polkreyg.jpgPaul Craig Roberts, journaliste, ancien Secrétaire-adjoint au Trésor de Ronald Reagan, économiste inventeur de la Reaganomics, l’affirme en janvier 2016 : « Le gouvernement des Etats-Unis est l’organisation criminelle la plus achevée de l’histoire humaine». Robert Mac Namara parlera d’un «Etat voyou »…Par leur présence militaire (de 750 à 1200 bases dans tous les recoins du monde), leurs implications officielles passées (en Corée, au Vietnam, enYougoslavie, en Afghanistan, en Irak) ou présentes (Irak, Afghanistan, Pakistan, Somalie, Yémen, Syrie), par leurs ingérences et leurs intimidations secrètes ou avouées (au Moyen-Orient, en Amérique Latine, en Europe, en Asie), ils constituent la plus grande menace contre la paix et la sécurité. Sous laprésidence de G. W. Bush, les forces d’opérations spéciales sévissaient dans 66 pays. En 2010, ce nombre était passé à 75 selon le Washington Post, et à 120 en 2011, selon le Commandement de ces forces. En 2013, on en comptait 134, hormis les guerres conventionnelles et les opérations par drones (de plus en plus fréquentes), le pacifique Obama ayant à son actif une progression de 123%. En 2019/2020, les dépenses militaires US devraient friser les 750 milliards de dollars, soit environ 37 % du total mondial : énorme mais, comme dirait Picsou, « des cacahuètes » pour un pays qui imprime lui-même ses billets !

Les opérations ne sont pas forcément défensives (face à des menaces contre la présence et les intérêts de l’Amérique), ou ponctuellement offensives (pour le contrôle du pouvoir et l’accès gratuit ou bon marché aux ressources, pétrole en premier). Il s’agit de plus en plus souvent, au Grand Moyen-Orient notamment, de plans d’action préventive, mis en œuvre avec la couverture de médias aux ordres qui se chargent de justifier des crimes de guerre dûment programmés en servant des narratives ad hoc et des infos truquées. Ajoutons à ce bilan les « sanctions » qui arrosent tous les « régimes » qui déplaisent à Washington, soit environ 120 pays de la « communauté internationale ». C’est beaucoup pour un axe du Bien.

Des millions de victimes, de blessés, de réfugiés et déplacés, des trillions de dollars dépensés pour tuer ou détruire, le résultat est accablant, mais il permet de répondre à la question surréaliste de Debeliou. Voilà pourquoi ils vous haïssent tant, Mr Bush and Co.

L’invention de l’Amérique

C’est par hasard que Christophe Colomb débarque le 12 octobre 1492 sur une plage des Caraïbes (dans les actuelles Bahamas, paradis fiscal et centre de blanchiments divers). Il pense être aux Indes, mais on dira après coup qu’il a découvert l’Amérique. Or, c’est déjà fait, des Vikings ayant abordé et exploré ses marges nordiques sept ou huit siècles plus tôt. Et ce « nouveau monde » est loin d’avoir une population clairsemée ou d’implantation récente. Les Amérindiens ont pour ancêtres des vagues de migrants venus d’Asie… quelques dizaines de millénaires plus tôt. Il faudra attendre le 20ème siècle pour que l’on admette qu’à la fin du 15ème les Amériques comptent entre 45 et 80 millions d’habitants, autant que l’Europe (environ 15% du total mondial). Les autochtones seront moins de cinq millions un siècle plus tard, rhume de cerveau et varicelle ayant le dos très large. Qu’est-ce donc si ce n’est pas un génocide, le plus grand de l’histoire ? Centre et sud confondus, c’est mal parti pour les Amérindiens. Avant de n’y voir qu’une lointaine réminiscence, il faudrait interroger les descendants des survivants, là où ils sont encore en nombres conséquents, demander par exemple à Evo Morales ce qu’il en pense…

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On dira « oui mais le Nord, ce n’est pas pareil ». En fait un bon siècle plus tard, ce sera le même scénario. Lorsque le « Mayflower » et 120 colons guidés par les « Pères pèlerins » venus d’Europe y touchent terre en novembre 1620, le territoire est habité. Si la prise de contact est pacifique, la prise de possession ressemblera assez vite à un western grandeur nature, où le tir à l’indien sera le sport favori des « gardiens de vaches », pour la distraction des générations futures. Qui d’entre nous, tapi dans l’anonymat des salles obscures, n’a pas applaudi frénétiquement les courageux cow-boys quand ils abattaient à la chaîne des Indiens emplumés tournicotant autour de leurs chariots ?

Indomptables ou denrée rare, les aborigènes seront bientôt remplacés par des esclaves venus d’Afrique. Pour ces derniers, les décennies de supplice seront oubliées sinon absoutes, grâce à la case de l’Oncle Tom et au rêve de Martin Luther King. La ségrégation est-elle pourtant si ancienne qu’il faille l’oublier ?

Bref, le « rêve américain » des immigrants européens se traduira par un cauchemar pour les Amérindiens comme pour les Africains asservis. L’Amérique n’existerait pas sans ce double cauchemar.

Le rêve américain et le mythe de l’Amérique si bonne

Intervenue dans le cadre du rezzou de l’Occident sur la planète, l’ascension irrésistible de l’Amérique, dont le nom usuel illustre l’annexion intellectuelle de deux continents, a fait oublier qu’elle devait son existence au génocide et à la spoliation des Amérindiens, sa prospérité en partie à l’esclavage, puis au pillage des ressources d’autrui. Qu’ils remontent à quatre siècles ou à quarante ans, ces « souvenirs » ne sont plus guère rappelés. Classés parmi les faits accomplis selon la volonté divine ou les miracles de la civilisation européenne, il ne fait pas bon les mentionner, sous peine d’être tenu pour un redoutable pisse-vinaigre.

La diffusion invasive du « rêve américain », génération après génération, est l’un des résultats de l’accession de cette fille de l’Europe au rang de puissance dès la grande guerre. Dans la mythologie, sinon dans la réalité, et à en croire certains historiens, l’intervention de l’Amérique aurait été décisive dans la victoire de 1918, puis dans l’organisation de la paix, avec la création en 1920 de la Société des Nations, ancêtre de l’ONU, grâce au Président Woodrow Wilson.

Mais c’est surtout à la faveur du second conflit mondial que les Etats-Unis sont promus au rang de superpuissance, libératrice, amicale, ouverte et généreuse. Ce cliché aura la vie dure, jusqu’à aujourd’hui, bien qu’il soit battu en brèche. Il fera oublier ce qui doit l’être :

-L’Amérique bonne et pacifique reste le seul pays à avoir trucidé à l’arme atomique trois centaines de milliers de civils, japonais en l’occurrence.

-Elle a une tendance fâcheuse à bombarder avant de libérer ou vice- versa, qu’il s’agisse de l’Allemagne nazie ou des pays amis comme la France.

-Elle est impitoyable pour les vaincus ou ceux tenus comme tels, voués à devenir des AMGOT (Territoires Occupés par le Gouvernement Américain). Notre pays devra au Général De Gaulle d’avoir échappé à ce statut peu flatteur.

-Elle est volontiers hégémonique : après l’Amérique (de l’Alaska à la Terre de Feu) aux Américains de Monroe, ce sera bientôt le Plan Marshall de l’après-guerre, qui impose la suzeraineté de Washington sur l’Europe occidentale. Au prétexte d’aider à la reconstruction, des armées de fonctionnaires US établiront une tutelle de facto sur l’ensemble des administrations du vieux continent. L’euphorie de l’époque et la crainte du communisme feront gober cette sujétion à notre Quatrième République…

Bien qu’elle se soit présentée comme vertueuse et protectrice face à l’URSS et au bloc communiste, l’Amérique de la guerre froide avait pourtant dévoilé certains faux-semblants, une démocratie en trompe-l’œil malgré les alternances, blanc bonnet et bonnet blanc, autoritaire, oppressive et répressive,n’ayant pas d’amis mais des intérêts, pas de partenaires mais des vassaux, une Amérique qui considère le monde comme son arrière-cour. Mais elle préservait l’essentiel de son aura, ses défaillances restant des tabous.

L’accession à l’hyper-puissance en 1991, à la fin de la guerre froide, allait tétaniser la planète, contraignant peuples et Etats à un « choix » lapidaire entre la soumission ou la destruction, la prétention à l’hégémonie globale débouchant sur un cauchemar pour ceux qui refuseraient l’ordre imposé par Washington et ses alliés…Voici donc le « moment unipolaire américain » qui durant vingt ans repoussera les limites de l’arrogance et du cynisme.

51PaFCg7i5L.jpgDès la chute de l’URSS, on ne peut que noter ce mépris croissant des institutions internationales, du multilatéralisme, des compromis, et cette tendance à peine voilée à faire prévaloir la constitution et les lois étatsuniennes sur la légalité onusienne, des comportements tels qu’on les dénonce sur les rives du Potomac. Le vocabulaire travestissant les mots et les concepts, les narratives contrefaisant systématiquement faits et réalités achèveront de rendre tout dialogue insensé et toute diplomatie illusoire. Simple exemple parmi d’autres, la notion de Rogue State qui, selon Avraham Shlaim, l’un des « nouveaux historiens » israéliens, professeur à l’Université d’Oxford, se définit par les trois critères suivants : (1) Violer régulièrement la légalité internationale, (2) Détenir des armes de destruction massive, (3) Utiliser le terrorisme pour terroriser les populations civiles. Destiné à cibler Moscou ou Téhéran ou Damas, ce logiciel dévoyé ne conduirait-il pas à Washington, à Tel-Aviv, ou à telle capitale « civilisée » ?

Dès la seconde guerre d’Irak, les « grandes démocraties » entameront leur longue dérive vers une diplomatie du mensonge de plus en plus insolente, prenant des libertés avec règles et principes, en osmose avec leur idole américaine et son cœur battant israélien. Merci pour ce moment, dirait un auteur contemporain.

Pourtant, à ce stade, la pétulance de Bill, la pieuse candeur de Debeliou, l’élégance nobélienne de Barack ont un effet anesthésiant sur les partenaires occidentaux ou autres, réticents à voir de la vilénie dans les postures de leur bon suzerain. L’Amérique, Etat mafieux, comploteur, peu fiable ? Tout mais pas ça…On a pu se leurrer quant à l’ADN du système américain, où se côtoient l’esprit pionnier, la culture cow-boy, le messianisme militant, le culte de la réussite, les néoconservateurs américano-israéliens étant les gâte-sauces de ce cocktail détonnant, degré zéro de la politique et de la diplomatie. L’arrivée de l’oncle Picsou aux affaires a eu le mérite de lever le masque.

Pour l’Amérique first, tout se vend tout s’achète, rien n’est gratuit. Plus de désinvolture, plus de discours bien balancés, plus d’invocations célestes. Mais des décisions brutales, un mépris total de ce qui est autre, une ignorance crasse des réalités du monde, une approche éléphantesque, plus de circonlocutions diplomatiques, plus d’engagements internationaux, plus de traités, mais des tweets provocateurs, des pluies de menaces, des sanctions à tous vents, des insultes à tout va.

Plus rien à attendre de bon de l’Amérique si bonne. Nixon doit se retourner dans sa tombe : la théorie du fou est mise en pratique, non plus comme un leurre, mais comme une politique en soi, imprévisible, insensée, violente, brutale. Ce n’est plus un simple Etat sans-gêne, avec des manières de mauvais garçons, mais un Etat gangster, d’autant plus brutal et menaçant qu’il n’a plus la maitrise des situations. Chahuté et contesté, le maître du monde ne sait plus où donner de la tête, de la Syrie à l’Irak et l’Iran et à la Russie, à la Chine, du Venezuela à la Corée du Nord, de la Turquie à l’Arabie et au Yémen.

Sommes-nous tous des Américains ?

Raison de plus pour apostropher les innombrables propagandistes du « rêve américain », pour interpeller les multiples adeptes et apôtres de cette « dame bêtise », Mère des gens sans inquiétude, Mère de ceux que l’on dit forts, Mère des saintes habitudes, Princesse des gens sans remords, que stigmatise Jacques Brel : Salut à toi Dame bêtise, toi dont le règne est méconnu, Mais dis- le moi, comment fais-tu, Pour avoir tant d’amants, et tant de fiancés, Tant de représentants et tant de prisonniers, Pour tisser de tes mains tant de malentendus, et faire croire aux crétins que nous sommes vaincus.

On n’arrête pas ce qui est en marche, qu’il s’agisse de la république ou de la civilisation. Cinq siècles et des poussières après la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb, un certain Colombani allait découvrir que « nous sommes tous des Américains », assertion relevant de la méthode Coué, aurait-on dit jadis. Il n’en est rien. Malgré les efforts ardents des beautiful people qui gouvernent notre vieux pays, c’est toujours du wishful thinking…

D’ailleurs, serait-il vraiment sage pour un pays aussi cartésien que la France de faire comme si nous étions tous des compatriotes de Debeliou, de Donald Trump, John Bolton, Rumsfeld, Pence ou Pompeo ? Si tel n’est pas le cas, quoi qu’en pensent nos élites vol-au-vent, de quel droit un gouvernement s’engage-t-il au nom du peuple français, mais sans son accord, dans des aventures dangereuses. Pourquoi s’enferre-t-il sur des positions injustes et illégales, au mépris du droit international, des principes de la charte onusienne, violant les principes dont notre pays, membre permanent du Conseil de Sécurité, est censé être le gardien ?

Est-il nécessaire de manifester une solidarité sans faille aux pays agresseurs, l’Amérique et ses complices orientaux, adeptes des «frappes punitives», des crimes de guerre, des occupations illégales de territoires (syriens, irakiens ou autres), des sanctions inhumaines ? Est-il compréhensible que, dans l’affrontement actuel entre Washington et Téhéran, l’on choisisse d’appeler à la retenue et au retour à la négociation la partie, déjà sous blocus et sous sanctions, dont un officiel vient d’être assassiné ? Est-il honorable que l’on marque sa solidarité avec un Etat qui viole systématiquement lois internationales et souverainetés, vole ouvertement le pétrole syrien et pratique l’assassinat ciblé au nom d’une « doctrine Bethlehem d’autodéfense préventive » ?

Non, décidément, face aux évènements dramatiques qui menacent à tout instant de faire exploser la poudrière du Moyen-Orient, mettant en péril une paix mondiale plus fragile que jamais, la France n’a rien à gagner à s’aligner systématiquement sur des gouvernements sans foi ni loi ni vergogne. Vingt ans après la question idiote de Debeliou, dans nos pays où l’on s’arroge « le droit de dire le droit », tout se passe comme si penseurs et décideurs n’avaient pas encore saisi « pourquoi ils nous haïssent tant ». A l’heure de tous les dangers, ne serait-il pas urgent d’accélérer la réflexion et surtout d’en tirer les leçons ?

* L’Auteur utilise le mot Amérique pour désigner les États-Unis d’Amérique.

dimanche, 19 janvier 2020

L’effondrement de l’Empire d’Occident moderne. Quel avenir pour l’humanité ?

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L’effondrement de l’Empire d’Occident moderne. Quel avenir pour l’humanité ?


Par Ugo Bardi

Source CassandraLegacy

Ces notes ne sont pas censées dénigrer ni exalter une entité dont l’histoire remonte à au moins deux millénaires. Comme tous les Empires, passés et présents, l’Empire Mondial Moderne a traversé la parabole de sa croissance et de sa gloire et il commence maintenant son déclin. Il n’y a pas grand-chose que nous puissions faire à ce sujet, nous devons accepter que c’est ainsi que l’univers fonctionne. Sur ce sujet, voir aussi un de mes précédents billets « Pourquoi l’Europe a conquis le monde ?« .

Pour tout ce qui existe, il y a une raison et c’est vrai aussi pour cette chose gigantesque qu’on appelle parfois « l’Occident » ou peut-être « l’Empire américain », ou peut-être « la Globalisation ». Pour trouver cette raison, on peut remonter aux origines mêmes de l’empire moderne. Nous pouvons les trouver dans un empire plus ancien, mais déjà très avancé : l’Empire romain.

Comme quelqu’un a pu le dire (et peut-être que quelqu’un l’a fait, mais c’est sans doute un concept original pour moi), « la géographie est la mère des Empires ». Les Empires sont construits sur la disponibilité des ressources naturelles et sur la capacité de les transporter. Ainsi, les Romains ont exploité la géographie du bassin méditerranéen pour construire un empire basé sur le transport maritime. Rome était le centre d’une plaque tournante du commerce qui surpassait tous les autres États de la région occidentale de l’Eurasie et de l’Afrique du Nord. Ce système de transport était si important qu’il a même été déifié sous le nom de la déesse Annona. Sa cohésion était assurée par un système financier basé sur la monnaie, le latin comme lingua franca, un grand système militaire et un système juridique très avancé pour l’époque.

Mais comme tous les empires, celui de Rome portait en lui les germes de sa propre destruction. L’empire a atteint son apogée à un moment donné au cours du 1er siècle de notre ère, puis il a commencé à décliner. Il est le résultat d’une combinaison de facteurs connexes : l’épuisement des mines de métaux précieux qui a privé l’Empire de sa monnaie, la croissance de la route de la soie qui a siphonné les richesses romaines vers la Chine, la surexploitation de l’agriculture nord-africaine qui alimentait les villes romaines. Pas d’argent, pas de ressources, pas de nourriture : l’Empire ne pouvait que s’effondrer et c’est ce qui s’est produit.

L’ancien Empire romain a laissé une ombre fantomatique sur l’Europe, si persistante que pendant deux millénaires, on a essayé de le recréer d’une manière ou d’une autre [Charlemagne, Napoléon, Hitler, NdT]. Mais ce n’était pas possible, c’était encore une fois une question de géographie. L’agriculture intensive romaine avait tellement endommagé le sol nord-africain qu’il ne pouvait plus se rétablir – et c’est bien ce qui s’est passé. La perte du sol fertile sur la rive sud a divisé la mer Méditerranée en deux moitiés : la partie nord, verte et encore fertile, et la partie sud, sèche et stérile. Néanmoins, il y a eu plusieurs tentatives pour reconstruire l’ancienne unité économique et politique du bassin. Le califat arabe a construit un empire méditerranéen du sud basé sur l’arabe comme Lingua Franca et sur l’Islam comme terrain culturel commun. Mais l’expansion de l’Islam n’a jamais atteint l’Europe occidentale. Sa base économique était faible : l’agriculture nord-africaine ne pouvait tout simplement pas soutenir le niveau de population qui aurait été nécessaire pour contrôler l’ensemble du bassin méditerranéen. Le même destin s’est abattu, plus tard, sur l’Empire turc.

De l’autre côté de la mer Méditerranée, l’Europe était une région que les Romains de l’Antiquité avaient toujours considérée comme une périphérie. Avec la disparition de l’Empire romain, l’Europe du Nord a été libérée pour se développer par elle-même. C’était la période que nous appelons « l’âge des ténèbres », un terme impropre s’il en est. Les âges « sombres » étaient une nouvelle civilisation qui a exploité certaines des structures culturelles et technologiques héritées de Rome mais qui a également développé des structures originales. Le manque d’or et d’argent a rendu impossible pour les Européens de maintenir l’unité de l’Europe par des moyens militaires. Ils ont dû se fier à des méthodes plus subtiles et plus sophistiquées qui, néanmoins, ont été modelées sur les vieilles structures romaines. L’unité culturelle était assurée par le christianisme, l’Église créant même une nouvelle forme de monnaie basée non pas sur des métaux précieux mais sur les reliques d’hommes et de femmes saints. L’Église était également le gardien du latin, la vieille langue romaine qui est devenue la Lingua Franca européenne, le seul outil qui a permis aux Européens de se comprendre.

De cette façon, les Européens ont créé une civilisation apaisée et sophistiquée. Ils ont pu maintenir la primauté du droit et ils ont redonné aux femmes certains des droits qu’elles avaient perdus pendant l’Empire romain. Les bûchers de sorcières, endémique dans l’Empire romain, n’ont pas pu être complètement abolis, mais leur fréquence a été réduite à presque zéro. L’esclavage a été officiellement aboli, bien qu’il n’ait jamais réellement disparu. La richesse matérielle a été réduite au profit de la richesse spirituelle, l’art et la littérature ont prospéré autant que possible dans une région pauvre comme l’Europe l’était à cette époque. Les guerres ne disparurent pas, mais le début du Moyen Âge fut une période relativement calme, l’Église conservant un certain contrôle sur les pires excès des seigneurs de la guerre locaux. Le cycle arthurien mettait l’accent sur la façon dont les chevaliers errants se battaient pour accomplir de bonnes actions et pour défendre les faibles. Il n’a été mis par écrit qu’à la fin du Moyen Âge, mais il faisait partie du paysage européen fantasmé depuis des temps bien plus anciens.

Mais les choses ne s’arrêtent jamais. Au Moyen Âge, la population et l’économie européennes se développaient ensemble en exploitant un territoire relativement intact. Bientôt, la civilisation apaisée du début du Moyen Âge a cédé la place à quelque chose qui ne l’était plus. Au tournant du millénaire, l’Europe était surpeuplée et les Européens ont commencé à chercher des zones où s’étendre. Les croisades ont commencé au XIème siècle et ont constitué une nouvelle tentative de réunification du bassin méditerranéen. L’Europe s’est même dotée de structures internationales qui auraient pu régir le nouvel empire méditerranéen : les ordres chevaleresques. Parmi ceux-ci, les Templiers constituaient une structure particulièrement intéressante : en partie une société militaire, mais aussi une banque et un centre culturel, tous basés sur le latin comme Lingua Franca. L’idée était que le nouvel empire méditerranéen serait gouverné par une organisation supranationale, un peu comme l’ancien Empire romain.

Mais les croisades ont été un échec coûteux. L’effort militaire devait être soutenu par les principales ressources économiques de l’époque : les forêts et les terres agricoles. Ces deux ressources ont été fortement sollicitées et le résultat fut une époque de famines et de pestes qui réduisit presque de moitié la population européenne. C’est un nouvel effondrement qui a eu lieu au cours du XIVème siècle. C’était assez grave pour que l’on puisse imaginer que les descendants de Salah ad-Din auraient pu revenir et conquérir l’Europe, s’ils n’avaient pas été poignardés dans le dos par l’Empire mongol en expansion.

European-Population-at-the-time-of-the-Great-Plague-from-Langer-1964.pngLa population européenne : graphique de William E Langer, « The Black Death » Scientific American, février 1964, p. 117 — notez comment la croissance est plus rapide après l’effondrement qu’elle ne l’était avant.

Mais les Européens ont été têtus. Malgré l’effondrement du XIVème siècle, ils n’ont pas abandonné et ils ont continué à utiliser le même truc qu’avant : reconstruire après une catastrophe en modelant de nouvelles structures sur les anciennes. Les Européens étaient de bons guerriers, des constructeurs navals compétents, d’excellents marchands et toujours prêts à prendre des risques pour gagner de l’argent. S’ils ne pouvaient pas s’étendre à l’Est, eh bien, pourquoi ne pas s’étendre plus à l’Ouest, de l’autre côté de l’océan Atlantique ? C’était une idée qui a eu un succès fou. Les Européens ont importé de Chine la technologie de la poudre à canon et l’ont utilisée pour construire des armes redoutables. Avec leurs nouvelles compétences en matière d’artillerie, ils ont créé un nouveau type de navire, le galion armé de canons. C’était une arme de domination : un galion pouvait naviguer partout et faire exploser toute opposition sur la mer, puis débarquer des armées pour s’emparer des terres. Un siècle après la grande peste, la population européenne augmentait à nouveau, plus vite qu’avant. Et, cette fois, les Européens se lançaient à la conquête du monde.

Pendant quelques siècles, les Européens se sont comportés comme des maraudeurs dans le monde entier : explorateurs, marchands, pirates, colons, bâtisseurs d’empire, etc. Ils naviguaient partout et partout où ils naviguaient, ils dominaient la mer. Mais qui étaient-ils ? L’Europe n’a jamais gagné une unité politique ni ne s’est engagée dans un effort pour créer un empire politiquement unifié. Tout en combattant les populations non-européennes, les Européens se battaient aussi entre eux pour le butin. La seule entité supranationale de gouvernement qu’ils avaient était l’Église catholique, mais c’était un outil obsolète pour les temps nouveaux. Au XVIème siècle, l’Église catholique n’était plus une gardienne de reliques, elle était elle-même une relique. Le coup de grâce lui a été donné par l’invention de la presse à imprimer qui a énormément réduit le coût des livres. Cela a conduit à un marché pour les livres écrits en langue vernaculaire et ce fut la fin du latin comme Lingua Franca européenne. Le résultat fut la réforme de Martin Luther, en 1517 : le pouvoir de l’Église catholique fut brisé à jamais. Maintenant, les États européens avaient ce qu’ils voulaient : les mains libres pour s’étendre où ils voulaient.

Comme vous l’avez peut-être imaginé, le résultat de cette phase historique de « bataille royale » a été un nouveau désastre. Les États européens se sautèrent à la gorge en s’engageant dans la « guerre de 30 ans » (1618 – 1648). La moitié de l’Europe fut dévastée, les fléaux et les famines réapparurent, la production alimentaire s’effondra et avec elle la population. Les Européens ne se battaient pas seulement les uns contre les autres sous la forme d’États en guerre. Les hommes européens se battaient contre les femmes européennes : c’est l’époque de la chasse aux sorcières, des dizaines de milliers de femmes européennes innocentes furent emprisonnées, torturées et brûlées sur les bûchers. Avec ses forêts coupées et ses terres agricoles érodées par la surexploitation, il devint fort possible d’imaginer que l’âge de l’empire mondial européen soit à jamais révolu. Ce ne fut pas le cas.

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Tout comme un coup de chance avait sauvé l’Europe après le premier effondrement du XIVème siècle, un autre événement presque miraculeux a sauvé l’Europe de l’effondrement du XVIIIème siècle. Ce miracle avait un nom : le charbon. C’est un économiste européen du XIXème siècle, William Jevons, qui avait noté qu’« avec le charbon, tout est facile ». Et avec le charbon, les Européens pouvaient résoudre la plupart de leurs problèmes : le charbon pouvait être utilisé à la place du bois pour fondre les métaux et fabriquer des armes. Cela a sauvé les forêts européennes (mais pas celle de l’Espagne, qui n’avait pas de charbon bon marché et dont l’empire s’effondrait lentement). Ensuite, le charbon pouvait être transformé en nourriture grâce à une technologie indirecte mais efficace. Le charbon était utilisé pour fondre le fer et produire des armes. Avec les armes, de nouvelles terres étaient conquises et leurs habitants réduits en esclavage. Les esclaves cultivaient alors des plantations et produisaient des aliments qui étaient expédiés en Europe. C’est à cette époque que les Britanniques ont pris l’habitude de prendre le thé l’après-midi : le thé, le sucre et la farine pour les gâteaux étaient tous produits dans les plantations britanniques d’outre-mer.

Et le cycle continua. La population européenne a recommencé à croître au cours du XVIIIème siècle et, à la fin du XIXème siècle, l’exploit de conquérir le monde était presque terminé. Le XXème siècle a vu la consolidation de ce que nous pouvons aujourd’hui appeler « l’Empire occidental », le terme « Occident » désignant une entité culturelle qui n’était plus seulement européenne : elle comprenait les États-Unis, l’Australie, l’Afrique du Sud et quelques autres États – y compris même des pays asiatiques tels que le Japon qui, en 1905, a gagné un espace parmi les puissances mondiales par la force des armes, battant à plates coutures une puissance européenne traditionnelle, la Russie, lors de la bataille navale de Tsushima [financée pour le Japon par des banques occidentales, NdT]. D’un point de vue militaire, l’Empire d’Occident était une réalité. Il restait à le transformer en une entité politique. Tous les empires ont besoin d’un empereur, mais l’Occident n’en avait pas, pas encore.

La phase finale de la construction de l’Empire d’Occident a eu lieu avec les deux guerres mondiales du XXème siècle. C’étaient de véritables guerres civiles pour la domination impériale, semblables aux guerres civiles de la Rome antique à l’époque de César et d’Auguste. De ces guerres, un vainqueur évident est sorti : les États-Unis. Après 1945, l’Empire avait une monnaie commune (le dollar), une langue commune (l’anglais), une capitale (Washington DC) et un empereur, le président des États-Unis. Plus que tout cela, ils s’étaient doté d’une puissante machine de propagande, celle que nous appelons aujourd’hui « fabrication du consensus ». Elle a construit un récit qui décrivait la Seconde Guerre mondiale comme un triomphe du bien contre le mal — ce dernier étant représenté par l’Allemagne nazie. Ce récit reste aujourd’hui le mythe du financement de l’Empire d’Occident. Le seul empire rival restant, l’Empire soviétique, s’est effondré en 1991, laissant l’Empire américain comme seule puissance dominante du monde. Cela aussi a été considéré comme une preuve de la bonté inhérente de l’Empire américain. C’est à cette époque que Francis Fukuyama a écrit son livre « La fin de l’histoire » (1992), décrivant correctement les événements dont il était témoin. Tout comme lorsque l’empereur Octavianus a inauguré l’âge de la « Pax Romana », ce fut le début d’un nouvel âge d’or : la « Pax Americana ».

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Hélas, l’histoire ne finit jamais et, comme je l’ai mentionné au début de cet essai, tous les empires portent en eux les graines de leurs propres destructions. Quelques décennies seulement se sont écoulées depuis l’époque où Fukuyama avait revendiqué la fin de l’histoire et la Pax Americana semble déjà terminée. La domination du monde occidental avait été basée d’abord sur le charbon, puis sur le pétrole, et maintenant on essaie de passer au gaz, mais ce sont toutes des ressources finies qui deviennent de plus en plus chères à produire. Tout comme le déclin de Rome avait suivi celui de ses mines d’or, l’Occident suit le déclin des puits qu’il contrôle. Le dollar perd son rôle de monnaie de réserve mondiale et l’Empire est menacé par un nouveau système commercial. Tout comme l’ancienne route de la soie a été un facteur de l’effondrement de l’Empire romain, l’initiative naissante de la « Nouvelle route de la soie » qui reliera l’Eurasie en une seule région commerciale pourrait donner le coup de grâce à la domination mondialisée de l’Occident.

Il est certain que l’Empire d’Occident, bien que moribond, n’est pas encore mort. Il a toujours sa merveilleuse machine de propagande qui fonctionne. La grande machine a même réussi à convaincre la plupart des gens que l’empire n’existe pas vraiment, que tout ce qu’ils voient qu’on leur fait est fait pour leur bien et que les étrangers sont affamés et bombardés avec les meilleures intentions. C’est un exploit remarquable qui rappelle quelque chose qu’un poète européen, Baudelaire, a dit il y a longtemps : « Le meilleur tour du Diable consiste à vous faire croire qu’il n’existe pas. » C’est typique de toutes les structures de devenir méchantes pendant leur déclin, cela arrive même aux êtres humains. Donc, nous vivons peut-être dans un « Empire du mensonge«  qui se détruit en essayant de construire sa propre réalité. Sauf que la vraie réalité gagne toujours.

Et nous y voilà, aujourd’hui. Tout comme l’ancien Empire romain, l’Empire d’Occident finit son cycle et le déclin a déjà commencé. Donc, à ce stade, nous pourrions risquer une sorte de jugement moral : l’Empire d’Occident était-il bon ou mauvais ? Dans un sens, tous les empires sont mauvais : ce sont généralement des organisations militaires impitoyables qui se livrent à toutes sortes de massacres, de génocides et de destructions. De l’Empire romain, on se souvient de l’extermination des Carthaginois comme exemple, mais ce n’était pas le seul. De l’Empire occidental, nous avons de nombreux exemples : le plus maléfique est peut-être le génocide des Indiens d’Amérique du Nord, mais des choses comme l’extermination de civils par le bombardement aérien des villes pendant la Deuxième Guerre mondiale étaient aussi impressionnantes. Et l’Empire (maléfique) ne semble pas avoir perdu son goût pour le génocide, du moins comme on peut le juger d’après certaines déclarations récentes de membres du gouvernement américain sur l’idée d’affamer les Iraniens.

D’autre part, il serait difficile de soutenir que les Occidentaux sont plus mauvais que les personnes appartenant à d’autres cultures. Si l’histoire nous dit quelque chose, c’est que les gens ont tendance à devenir mauvais lorsqu’ils ont la possibilité de le faire. L’Occident a créé beaucoup de bonnes choses, de la musique polyphonique à la science moderne et, durant cette dernière phase de son histoire, il mène la lutte pour maintenir la Terre en vie – une fille comme Greta Thunberg est un exemple typique du « bon Occident » par opposition au « mauvais Occident ».

Dans l’ensemble, tous les empires de l’histoire sont plus ou moins les mêmes. Ils sont comme des vagues qui s’écrasent sur une plage : certaines sont grandes, d’autres petites, certaines font des dégâts, d’autres ne font que laisser des traces sur le sable. L’Empire d’Occident a fait plus de dégâts que les autres parce qu’il était plus grand, mais il n’était pas différent. Nous devons accepter que l’univers fonctionne d’une certaine manière : jamais en douceur, toujours en montant et descendant et, souvent, en passant par des effondrements abrupts, comme l’avait noté il y a longtemps le philosophe romain Lucius Seneca. L’empire actuel étant si grand, la transition vers ce qui viendra après nous doit être plus abrupte et plus dramatique que tout ce que l’on a vu dans l’histoire auparavant. Mais, tout comme ce fut le cas pour la Rome antique, l’avenir pourrait bien être un âge plus doux et plus sain que l’âge actuel.

Ugo Bardi enseigne la chimie physique à l’Université de Florence, en Italie, et il est également membre du Club de Rome. Il s’intéresse à l’épuisement des ressources, à la modélisation de la dynamique des systèmes, aux sciences climatiques et aux énergies renouvelables.

Traduit par Hervé, relu par Marcel pour le Saker Francophone

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mardi, 31 décembre 2019

Ambiance fin du monde

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Ambiance fin du monde

 
 
par Richard Labévière
Ex: http://www.zejournal.mobi

Désolation tous azimuts. Casino remplace ses caissières par des machines et des vigiles. Certains clients trouvent cela formidable ! C’est dire l’état des consciences… La SNCF – qui n’est plus la SNCF – aussi, ferme ses accueils humains les uns après les autres. En son temps, les syndicats ont été incapables d’expliquer et de dénoncer la privatisation de ce grand service public, démantelé à la demande expresse de Bruxelles. Désormais, c’est le règne, là-aussi, de la double punition : l’usager paie et fait le travail, que son imprimante fonctionne ou non ! Comme partout désormais : le service, c’est le client lui-même qui l’assure, selon l’un des fondamentaux de l’ultra-libéralisme : plus d’accueil, plus de secrétariat, plus d’intermédiaire humain salarié, plus de salariat du tout, mais des consommateurs qui financent et actionnent eux-mêmes les services auxquels ils croient avoir accès.

Dans cette perspective, il faut privatiser : pri-va-ti-ser à tout prix ! Glissement de terrain : de la « main invisible » du libéralisme de papa (Adam Smith, Ricardo), on est passé – depuis la fin des années 1970 avec Thatcher et Reagan – au « néo-libéralisme », en réaction aux politiques keynésiennes de l’Etat-providence. Avec la crise de 2008, on est entré de plein pied dans une troisième phase d’hyper, sinon d’ultra-libéralisme, le mot d’ordre étant justement d’accélérer la privatisation de tout, du reste, et à tout prix : les entreprises, les ressources naturelles, la biodiversité, l’espace public et les cerveaux… La propriété, c’est le vol disait Proudhon. Aujourd’hui et plus que jamais dans l’Histoire : privatiser, c’est voler ! Les riches toujours plus riches, les pauvres toujours plus pauvres… Cette loi de thermodynamique engendre révoltes sociales, suicides et risques accrus de guerres civiles : Chili, Mexique, Bolivie, Brésil, Haïti, Irak, Liban, France, etc.

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Cette tendance générale à l’« ubérisation » ne dérégule pas seulement les métiers établis mais se généralise à l’ensemble des activités humaines. Il n’est qu’à voir les trottinettes faucher les petites vieilles sur les trottoirs, et pas seulement les petites vieilles, objet de métal hideux abandonné au beau milieu des trottoirs, devant les entrées d’immeubles et de boulangeries – paroxysme de la privatisation de l’espace public ; les vélos – dont une majorité d’usagers ne sait plus se servir – griller les feux de la circulation, percutant les piétons qui ont encore la naïveté d’emprunter les passages cloutés quand le petit bonhomme passe au vert… les patins à roulettes et autres machines roulantes électriques qui ont transformé les rues en une jungle où règne la loi du plus fort, sous l’œil goguenard des forces de l’ordre, celles ci le plus souvent brillant par leur absence!

En fait, cette violence insidieuse nous fait glisser d’une ubérisation déjà structurelle à une « mad-maxisation »(1) plus dangereuse encore puisqu’il y va désormais de notre intégrité physique et mentale. Parce qu’il ne s’agit plus seulement de faire de l’argent, n’importe comment, mais de faire prévaloir son individualité – hors-sol – de toutes les manières possibles – changements de sexe, piercings et tatouages, selfies ou ego-portraits, fabrication d’enfant-marchandises, etc. -, sans hésiter à recourir à la violence physique. Ici, ne sont pas seulement en cause les règlements de compte des quartiers nord de Marseille, mais des comportements quotidiens, sur les trottoirs, au volant, dans les files d’attente ou sur Internet…

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Durant plus d’une année, n’oublions pas que s’est déchaînée une violence policière inouïe afin de dissuader les petites gens de rejoindre le mouvement des Gilets Jaunes : des morts, yeux crevés, mains arrachés et tabassages en règle avec, à la clef, une restriction significative du droit de manifester ; restriction des libertés civiles et politiques dans une République qui marche en arrière, sur la tête et sans discernement. Et ce ne sont pas les quelques Black Blocs et inévitables casseurs – étrangement très mobiles – qui pouvaient justifier le déferlement d’une violence révélatrice d’un fascisme qu’on croyait définitivement enfermé au musée des horreurs historiques. Comme au temps de Pinochet et de sa junte sanguinaire, l’armée chilienne est redescendue dans les rues de Santiago, de Concepcion et de Valparaiso : plus de 500 morts et des milliers de blessés. Triste résultat de la politique ultra-libérale des Chicago-Boys de Milton Friedman, que les socio-démocrates chiliens ont poursuivi le petit doigt sur la couture du pantalon de la grande finance internationale – l’ennemi imaginaire de François Hollande qui fait maintenant des animations dans les supermarchés…

Ailleurs, dans le centre-ville des grandes villes françaises, des gens se battent entre eux pour essayer d’accéder aux transports publics. Là-aussi, des vigiles… mais impuissants à endiguer l’impulsion « ma gueule d’abord ! ». L’enfer de Jean-Paul Sartre, ce n’est plus les « Autres » puisque ces derniers n’existent plus. Les Autres d’aujourd’hui ont disparu dans un néant généralisé et absolu au profit d’égos atomisés, godemichets dans les oreilles et décibels dans le cerveau, les zombies d’aujourd’hui – jeans troués, casquettes retournées, ça fait « newyorkais » et « rebelle » – s’entrechoquent avec leurs semblables sans plus s’excuser, comme des bœufs ruminants et dociles.

Du reste, les formules de politesse ont disparu d’un vocabulaire qui atteint péniblement deux cents mots. L’uniforme de ces Sturmabteilung/SA modernes : le survêtement de sport à trois bandes et les baskets « naïque », qui valent une fortune. Signe de reconnaissance de ces phalanges apocalyptiques, les marques tribales fabriquent cette nouvelle « élégance » en plastique venue de l’industrie du football. Ces joueurs – drôles de salariés -, qui drainent des millions et des droits de télévision exponentiels, s’imposent comme les « héros » de supporters qui sont persuadés que Vercingétorix est l’avant-centre du Real-Madrid. Ce nouvel opium du peuple est même encensé par quelques géopoliticiens fatigués, qui en tirent des manuels au kilo… parce que tous les autres systèmes multilatéraux (politiques, économiques, et de justice) se sont effondrés.

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Au coeur de cette implosion généralisée : l’ego numérique et ses mal nommés « réseaux sociaux », en fait des outils numériques qui produisent l’atomisation sociale : j’ai deux millions d’amis mais je ne connais pas mon voisin de palier. Ego permanent : je donne mon avis sur tout et n’importe quoi sans chercher le plus petit début de rationalité – j’aime/j’aime pas -, parce que tel est mon bon plaisir, parce que je suis devenu le « journaliste » de mon quotidien, avec les photos de ma vie intime qui n’a plus aucun secret. La presse parle maintenant de « médias sociaux » ! La boucle est bouclée : devenue particulièrement nulle, la presse généraliste se meurt parce qu’elle fait la morale au lieu de produire des faits. Plus de faits ! Terminé ! Des émotions – coco -, de l’affect, voilà le secret des bonnes « unes » et des « headlines ». Pas étonnant de voir les tweets et autres fesses/boucs remplacer l’information – maintenant instincts-Gram – dans l’entropie abyssale de nos sociétés de com-mu-ni-ca-tion.

La politique, c’est communiquer bien-sûr, et prioritairement en faveur des lobbies indispensables pour une éventuelle réélection. Non contente d’inaugurer une place « Jérusalem » à la seule gloire de la soldatesque israélienne, d’avoir imposé un schéma de circulation parfaitement absurde et hyper-pollueur, « la maire socialiste de Paris, Mme Anne Hidalgo, aligne les péroraisons écologiques, tout en laissant recouvrir les grands bâtiments de la capitale de publicités géantes et lumineuses pour les marques de luxe ou de téléphone portable »(2). Donc, pour les prochaines municipales, vous avez compris : tout, sauf Hidalgo !

Dans le même ordre d’idées, comment la mairie de Paris et d’autres communes peuvent-elles admettre que la Starbucks Corporation(3) rachète les principales brasseries de Paris ou d’autres villes au point de défigurer leurs plus belles places et avenues ? Et ce n’est pas un hasard si les « casquettes retournées » et autres SA adorent se retrouver dans ces établissements où l’on consomme de la bouffe américaine très improbable dans de la vaisselle jetable. Il faut boycotter ces établissements pour trois raisons : 1) on l’a dit, ils défigurent nos centre-villes ; 2) comme les GAFA, ces vecteurs de malbouffe ne paient pratiquement pas d’impôt en France ; 3) enfin, les patrons de Starbucks financent allègrement la construction des colonies israéliennes dans les territoires palestiniens occupés. Dehors Starbucks, hors de nos villes et villages !!!

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La fracture territoriale constitue l’un des principaux moteurs de la protestation des Gilets jaunes : plus d’écoles, ni de postes, ni de maternités ou tout simplement de services publics dans nos territoires et petites communes, et de moins en moins de trains régionaux « tagés » bien-sûr ! Les ploucs de « province » n’ont qu’à se débrouiller avec leur voiture au diesel dont les taxes contribueront à financer, ose-t-on dire une « transition écologique ». On se souvient comment s’est terminée la saga de la vignette-auto, initialement censée améliorer la vie des personnes âgées… Le plus inquiétant concerne la désertification sanitaire. Le Premier ministre lui-même constate benoîtement que l’hôpital public est « en phase de décrochage, comme on dit d’un avion qui ne se porte plus et qui pourrait décrocher ». En effet, l’hôpital et la santé publique partent en vrille alors que le locataire de Matignon avoue son impuissance… Mais qu’attend-il pour changer de métier. Mendès disait que « gouverner, c’est prévoir ». C’est aussi fixer des priorités. A l’évidence, l’équipe actuelle, comme celles d’hier et d’avant-hier, est complètement dépassée, préférant faire des phrases, disant tout et son contraire, « en même temps », bien-sûr !

Ce tropisme est particulièrement accentué, sinon caricatural en matière de politique étrangère. Sur l’Europe : il faut approfondir avant d’élargir et pourtant on prévoit déjà l’adhésion de plusieurs pays balkaniques. Les discussions d’adhésion avec la Turquie n’ont toujours pas officiellement été stoppées, alors qu’Ankara multiplie chantages et pieds de nez. En Afrique, on prône des partenariats « équilibrés », tout en continuant à soutenir les ploutocraties d’« Etats faillis » et à imposer des réformes structurelles dévastatrices. Au Proche Orient, on ne dit plus rien sur les coups de force israéliens à répétition. Silence complice assourdissant ! Sur la Syrie : fermée en mars 2012, l’ambassade de France à Damas n’est toujours pas rouverte : on dit que les Syriens doivent choisir leur avenir, « et en même temps » que Bachar al-Assad doit en être exclu !

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Sur l’OTAN : on dit que c’est un grand corps malade, mais que l’Organisation demeure le « cadre naturel » de la défense des pays européens. Sur la relation franco-allemande, qui ne fonctionne plus vraiment depuis la réunification de ce pays, la France s’accommode d’un état permanent de soumission et d’humiliations répétées.

Quant à la Cop-25, c’est le pompon : fiasco total, mais on se dit que ce n’est déjà pas si mal que la réunion ait pu avoir lieu et qu’on fera mieux la prochaine fois. Tout cela est bien désespérant !

Pendant ce temps-là, à Annemasse, la vieille gare, qui aurait dû être classée – belle architecture IIIème République avec ses portiques eiffeliens – est en voie de démolition pour être remplacée par un cube de verre et de métal. Troisième triptyque de notre modernité : une laideur en carton-pâte, assurée de mal vieillir. Le nouveau bâtiment, qui n’a pas encore été inauguré, est déjà endommagé : les écoulements de pluie en obscurcissent la transparence initiale. « Transparence », maître mot d’une époque qui justifie et érige pourtant la corruption sous toutes ses formes en modèle de réussite sociale.

Dernièrement, le « Monsieur retraite » – Jean-Paul Delavoye – a oublié de déclarer une quinzaine de mandats dont certains juteux, et quelques dépenses faramineuses. Lors de son départ forcé, il est néanmoins salué par la ministre de la santé comme un « grand serviteur de l’Etat » et remplacé par un obscur député, ancien responsable des ressources humaines du groupe Auchan, qui avait viré une employée pour une erreur de caisse de 80 centimes d’euros… Quel monde !

Face à de telles violences sociales, quotidiennes et clandestines, il n’est pas abusif de dénoncer un alignement généralisé qui s’apparence à une nouvelle forme de fascisme. Les trois piliers de ce fascisme contemporain : des robots, des vigiles et la laideur en prime. Uniformes en plastique, matériaux de pacotilles et sous-cultures de masse assiègent ce qui reste d’intelligence collective. Depuis le 5 décembre dernier, le recul des ventes de livres dans les librairies indépendantes(4) se chiffre à – 5,6%, tandis que l’achat de consoles et jeux vidéo a encore atteint des records himalayens.

Dans cette ambiance très « fin du monde », que faire ?

Le mot est faible, tant l’implosion du sens est généralisée, sidérale, fractale… Reconstituer des réseaux clandestins, ceux de l’intelligence et de l’amitié comme autant de CNR (Conseil National de la Résistance) pour continuer à cultiver les « passions joyeuses » – disait Spinoza – contre les « passions tristes », à entretenir la joie du savoir et de la connaissance contre l’ignorance qui finit toujours par devenir meurtrière. Mais, comme l’explique Alain Supiot(5), ce n’est pas en restaurant le programme du CNR comme un monument historique que l’on trouvera une issue à notre déglingue sociale, environnementale et culturelle. C’est en repensant son architecture à la lumière du système des objets, de leurs productions et consommations, ainsi qu’au statut accordé au travail. Vaste chantier !

Bonne lecture, en vous souhaitant les meilleures choses pour les temps qui viennent. Nous en aurons besoin ! A la semaine prochaine, ou plutôt à l’année prochaine.

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Notes:

(1) Mad Max est un film australien d’anticipation  réalisé par George Miller, sorti en 1979. La structure narrative est fondée sur le style western, Mad Max se déroulant dans une société violente où la criminalité est en forte augmentation et où le chaos se répand. Mad Max est le premier film d’une série qui se poursuit par Mad Max 2 : Le Défi en 1981 ; Mad Max : Au-delà du dôme du tonnerre en 1985 et enfin Mad Max: Fury Road en 2015.

(2) Serge Halimi : « De Santiago à Paris, les peuples dans la rue ». Le Monde diplomatique – Numéro 790, janvier 2020.

(3) Starbucks Corporation est une chaîne de cafés américaine fondée en 1971. En partie en franchise, il s’agit de la plus grande chaîne de ce genre dans le monde, avec 31 256 établissements implantés dans 78 pays, dont 12 000 aux États-Unis. 

(4) Le Figaro, 27 décembre 2019.

(5) Alain Supiot : Le travail n’est pas une marchandise – Contenu et sens du travail au XXIème siècle. Editions du Collège de France, 2019.