mercredi, 15 avril 2026
Iran et la souffrance du monde unipolaire - Guerre, hégémonie et résistance multipolaire

L'Iran et la souffrance du monde unipolaire
Guerre, hégémonie et résistance multipolaire
Alexandre Douguine
Alexandre Douguine affirme que Trump a brisé les illusions diplomatiques et a exposé la nature brutale de l'hégémonie américaine, faisant du conflit avec l'Iran une lutte décisive pour l'avenir du multipolarisme.
Entretien avec Alexandre Douguine sur Sputnik TV dans l’émission Escalade.
Modérateur : Commençons par parler de l’Iran. Dernières nouvelles du ministère des Affaires étrangères de la République islamique: le porte-parole, Esmaeil Baghaei, a déclaré tout à l’heure que Téhéran a déjà répondu aux propositions des médiateurs internationaux pour un cessez-le-feu.
Parallèlement, nous assistons à un processus parallèle: l’ultimatum de Donald Trump, qui expire aujourd’hui, 6 avril. Comme d’habitude, le président américain menace l’Iran "de l’enfer" si ce dernier ne consent pas, et exige la réouverture du détroit d'Ormuz.
Que se passe-t-il actuellement sur le plan diplomatique entre Washington et Téhéran? Malgré le fait que l’Iran ait récemment souligné qu’aucune négociation n’était en cours, nous voyons maintenant des signes clairs qu'il y a mouvement et un cadre possible pour un accord, prétendument préparé via le Pakistan et la Chine. Comment évaluez-vous cette situation ?
Alexandre Douguine: Il y a tellement de désinformation sur cette guerre qu’il est extrêmement difficile de faire confiance aux déclarations de quiconque. Nous voyons comment les négociateurs sont assassinés pendant le processus, et chaque accord est immédiatement violé. Il semble qu’il soit même plus dangereux de négocier avec Israël ou les États-Unis — peut-être même plus que de ne pas négocier. Je pense que les Iraniens l’ont déjà compris.
Le fait que Trump ait osé publier, lors de Pâques, un message obscène montre avec qui nous avons affaire. Le jour même où les catholiques célébraient la résurrection du Christ, le président américain écrivait que ce mardi, l’Iran subirait la destruction de ponts et de systèmes énergétiques. Je cite: «Vous n’avez jamais vu ce qui arrivera mardi». Ensuite, une exigence profane pour rouvrir le détroit, et une menace directe: «Vous, traîtres, bâtards, vous vivrez l'enfer». Enfin, une déclaration totalement blasphématoire: «Que Dieu bénisse le Président DONALD J. TRUMP».
C’est une citation littérale de son message sur Truth Social. Même beaucoup d’analystes américains ont vu en cela des signes d’une évolution clinique rapide: aucun président américain n’a jamais parlé ainsi à ses ennemis ou à ses alliés. Cela montre qu’il y a une mépris total pour sa propre religion comme pour les sentiments d’autrui.
Nous sommes face à des circonstances diplomatiques sans précédent. Il n’y a plus d’engagements, de lignes rouges, de normes ou de règles. Ce que nous vivons, c’est une agressivité dure, brute, totalement infernale, où aucun mot ne pèse.
Certains pourraient dire qu’un événement extraordinaire se produit, alors que je soutiens qu’il ne s’agit en réalité d’aucun changement fondamental. Si l’on regarde comment les États-Unis se comportaient sous les présidents précédents, ils étaient diplomatiques, polis, respectaient les règles. Bien sûr, leur comportement actuel est sans précédent: une sorte de «bête» occupe maintenant la Maison-Blanche. Mais il est important de souligner que les Américains ont toujours agi ainsi. La présentation était différente; le noyau restait le même.
Le monde occidental, dirigé par les États-Unis, a toujours cherché à renforcer son hégémonie, et lorsqu’il a commencé à faiblir, il a utilisé tous les moyens: diabolisation des adversaires, violence brute, et justifications fallacieuses. Trump n’a rien changé en substance dans la politique américaine. Il a simplement laissé tomber le «voile humain», la façade diplomatique. Ses méthodes, ses ultimatums, son style de négociation diffèrent peu de ceux de ses prédécesseurs, qu’ils soient de droite ou de gauche.
Trump gère une sorte de pornographie politique: il enlève tous les masques et dit: «Regardez, c’est comme ça – c'est brutal et c'est cru». Certains aiment ça, d’autres non, mais nous avons basculé vers un langage direct, de rue, dans les relations internationales. En même temps, le cœur de la politique américaine n’a pas changé.
Nous espérions que Trump changerait cette politique, qu’il se concentrerait sur les problèmes intérieurs de l’Amérique. Mais il ne l’a pas fait. Les problèmes internes s’aggravent rapidement; rien ne s’améliore — tout empire. Sur le plan extérieur aussi, il n’y a pas de changement, sauf dans la façon dont les actions sont présentées, et, si l’on veut, dans une forme étrange, inquiétante, d’honnêteté.

Trump incarne la «franchise» de l’agresseur. Il parle franchement: «Je vais vous tuer comme des chiens. Que vous soyez coupables ou non, peu importe — je vais tout détruire. Je vais vous écraser, vous aplatir. Je vais contrôler votre pétrole et nommer vos dirigeants. Vous n’êtes rien, vous êtes mes esclaves, et si vous résistez, vous serez des rebelles». Il agit ainsi envers tout le monde — mais en réalité, c’est ainsi que tous les présidents américains des dernières décennies se sont comportés. Je le répète: la forme a radicalement changé, mais l’essence est restée la même.
Et c’est cela qui est le plus dangereux: Trump n’est rien de fondamentalement nouveau dans l’histoire américaine. Il poursuit la même politique agressive, hégémonique, unipolaire, mais sous une autre forme. D’où l’ultimatum contre l’Iran demain. Trump envisage-t-il vraiment de détruire tout le système énergétique du pays? Nous savons que les Américains ont une certaine supériorité aérienne; leur faculté de contrôler est considérable. Nous pouvons prévoir des opérations terrestres sur des îles et des bombardements massifs.
Je pense qu’il ne reste que peu d’espoir que les négociations aboutissent. Les Iraniens ne vont pas accepter la défaite et ne vont pas se soumettre à la brutalité d’un agresseur sanguinaire — ils ne peuvent tout simplement pas agir autrement par leur nature. Probablement, ils continueront leur propre «projet chiite énergique». Les chiites ont souvent perdu sur le plan matériel dans l’histoire, mais ils ont survécu pendant des siècles dans des conditions terribles.

Pour eux, l’éthos de Karbala est déterminant: la volonté d’accepter une défaite terrestre pour une supériorité spirituelle immense, comparable aux premiers martyrs chrétiens. C’est une culture particulière du sacrifice et de la persévérance. Et si Trump confronte cette société avec une brutalité aussi ouverte, elle ne répond pas par la peur, mais par une cohésion et un courage exceptionnels. La population iranienne héroïque est aujourd’hui unie contre le mal pur et sans mélange qui émane de l’Occident.
Modérateur : Le jour de Pâques chrétienne occidentale, de tels messages apparaissent particulièrement symboliques et omineux. Revenons à votre thèse selon laquelle Trump aurait simplement mis de côté la politesse et commencé à parler «plus honnêtement», tout en restant dans le schéma familier de la politique impériale américaine.
Mais ne vous semble-t-il pas qu’une telle franchise réduit drastiquement son espace de manœuvre? Après tout, ce genre de «franchise» en diplomatie pourrait aliéner même les partenaires américains qui ont toléré l’hégémonie de Washington pendant des décennies, tant qu’elle était enveloppée dans la rhétorique plus douce de ses prédécesseurs. Trump ne se pousse pas lui-même à l’isolement, ne se prive-t-il pas de la capacité d’utiliser le «soft power» que d’autres présidents manœuvraient si habilement ?
Alexandre Douguine: Oui, absolument. Cette manière d’être franc aliène beaucoup de gens et suscite une forte opposition. Cela concerne à la fois les démocrates et une part importante de ses anciens supporters du mouvement MAGA, qui croyaient sincèrement en ses promesses de revenir aux valeurs traditionnelles et de rejeter toute guerre d'agression. Aujourd’hui, Trump repousse un grand nombre de personnes — des Américains et Européens ordinaires et même jusqu’à certains globalistes.
De plus, regardez ce que disent en ligne les idéologues du néoconservatisme — plus exactement Kristol et Kagan. En substance, Trump incarne désormais leur propre programme: une hégémonie américaine ouverte, sans honte, dans sa forme la plus dure. Après tout, ils ont toujours voulu la guerre avec l’Iran, la pression sur la Russie, un rôle réduit pour les partenaires européens de l’OTAN, et l’agressivité permanente dans la région du Pacifique. Pourtant, même ces théoriciens du «poing de fer» reculent d’effroi face à la manière dont Trump la met en œuvre. Ils disent: «Nous voulions cela, mais la manière sauvage et brutale dont cela est exécuté discrédite nos propres plans».
Ce qui est frappant: même ceux qui ont formulé le programme actuel de la Maison Blanche n’acceptent pas la sauvagerie avec laquelle il est mis en œuvre. Je me demande souvent: pourquoi? S’il se comportait un peu plus prudemment, plus calmement, et surtout plus décemment — du moins dans les limites du protocole diplomatique minimal — il pourrait éviter de nombreux problèmes au sein de son propre camp, parmi ceux qui se tiennent du même côté que lui.
Pourquoi ne le fait-il pas ? Je pense que la seule raison réside dans un manque de temps. Trump cherche à achever un certain programme mondial d’ici 2028, en voulant ignorer tous les obstacles. Pour l'essentiel, il adhère à une politique d’accélération — une théorie philosophique et politique visant à accélérer artificiellement le temps historique et social. Il ne prête aucune attention aux détails, fonce à toute vitesse, et avance les yeux fermés vers la réalisation de ses objectifs, malgré l’opposition colossale de tous côtés.

Mais quels sont ces objectifs? Peu à peu, une logique claire et cohérente commence à se dessiner dans le comportement de Trump — aussi monstrueuse soit-elle.
Le premier point est la restauration de l’influence affaiblie des États-Unis en Amérique du Nord. Nous voyons cela dans la pression qui a été exercée sur le Venezuela et sur Cuba, dans le conflit intense avec le Mexique et la Colombie. Trump veut établir un contrôle direct sur l’Amérique Latine dans l’esprit d’une Doctrine Monroe renouvelée, qu’ils ont ouvertement déclarée dans leur nouveau concept de sécurité nationale.
Le deuxième point est la restauration d’un contrôle total sur le Moyen-Orient par le biais de son proxy, Israël. Il peut être long de débattre qui en est le véritable initiateur — Washington ou Tel-Aviv — mais l’objectif est clair: détruire les principaux pôles de souveraineté dans le monde islamique. La cible numéro un ici est l’Iran. Et en deuxième position se trouve la Turquie. Une guerre contre elle est déjà intégrée de facto dans leurs plans pour la prochaine étape.
Ensuite (nous sautons le troisième point — vous comprendrez pourquoi): le quatrième objectif de la présidence de Trump dans ce cadre est une guerre inévitable avec la Chine dans la région du Pacifique. Pékin est son concurrent le plus fondamental. Le plan de Trump est simple et terrifiant: gagner toutes les petites guerres précédentes pour pouvoir déclencher à la fin de son mandat une guerre stratégique à grande échelle contre la Chine.
Et voici venir ce troisième point manquant: que faire avec la Russie? Après tout, la Russie est aussi l’un des pôles les plus puissants du monde multipolaire. Et ici, Trump diverge fondamentalement des globalistes. Trump croit que la Russie, en soi, n’est pas un problème fatal pour lui. Il espère que Moscou acceptera finalement ses conditions — par exemple, ouvrir son espace aérien aux missiles américains visant la Chine via le Pôle Nord, et ne pas intervenir dans la dernière étape du réagencement mondial.
Si la Russie résiste, ils prévoient de la mettre sous pression depuis l’Europe: provoquer une escalade militaire autour de Kaliningrad ou intensifier les frappes sur les infrastructures énergétiques et les ports. Nous encaissons déjà de telles attaques, qui sont clairement soutenues par des opérateurs américains. Trump pense que nous pouvons être contraints au statut de vassal, en interprétant à tort notre volonté de négocier comme une faiblesse et une capitulation. Si la Russie ne cède pas, elle sera encore davantage sous pression — mais pour lui, ce n’est pas une fin en soi, seulement l’élimination d’un obstacle.
En revanche, pour les globalistes et les libéraux, la Russie apparaît comme l’adversaire le plus dangereux, celui qu’il faut détruire en premier. C’est là la différence clé entre les deux catégories d'adversaires que nous avons en face de nous. Par conséquent, à la troisième étape, Trump ne veut pas dépenser d’efforts inutiles: il ne fait pas de gestes grandioses en soutien à l’Ukraine, croyant que nous serons de toute façon éliminés. Pour lui, la cible principale est la Chine.

En combinant tous les quatre points, nous observons une stratégie visant à préserver fondamentalement un monde unipolaire en détruisant tous les autres pôles de souveraineté: la Russie, l’Iran et la Chine. Les principaux coups sont dirigés contre notre prestige et notre indépendance, car les Américains comprennent que si nous résistons et devenons plus forts, le reste du monde nous suivra.
Et ici, derrière ce qui semble être le comportement erratique de Trump, émerge une logique claire et cohérente. C’est une guerre totale contre le monde multipolaire, une lutte pour préserver l’hégémonie occidentale par la destruction séquentielle — je suis précis quand je dis "séquentielle" — des adversaires. Chaque nouvel acteur dans la file reçoit une fausse promesse qu’il ne sera pas affecté. D’abord, ils disent: «N’intervenez pas au Venezuela et à Cuba». Ensuite: «Nous nous occuperons de l’Iran; cela ne vous concerne pas». Puis: «Nous soumettrons la Russie, et vous, la Chine, attendez — car nous vous respectons».
La stratégie est simple: une fois que nous, d’une manière ou d’une autre, cesserons de représenter une force souveraine et d’affirmer notre souveraineté, Washington tournera toute sa force contre la Chine. C’est une politique rationnelle, bien qu’exprimée dans des termes hystériques, d’une brutalité inhumaine et d’une agressivité infernale. Ce qui se dresse devant nous, c’est un plan — une stratégie qui pourrait être soutenue par un État encore plus profond que celui que Trump a promis de combattre.
Trump lui-même, avec son accélérationnisme et sa manière d'agir particulière, se révèle simplement être un instrument de l’agonie monstrueuse du monde unipolaire. Et cette agonie est extrêmement dangereuse. Beaucoup d’entre nous croyaient que la domination occidentale était déjà du passé et que la multipolarité était un fait accompli. Mais il semble que nous étions tout aussi pressés que l'était Francis Fukuyama avec sa théorie de «la fin de l’histoire».
Le monde multipolaire n’est pas encore advenu — la lutte pour celui-ci se déroule actuellement. Si nous résistons et que nous l’emportons, l’humanité gagnera le droit à un avenir multipolaire. Mais nous devons garder les yeux ouverts: dans cette bataille, nous avons aussi une chance de perdre.
Animateur: Une question de notre auditeur: "Alexandre, comment évalues-tu la probabilité que Donald Trump puisse utiliser des armes nucléaires dans le conflit avec l’Iran? Et qu’a voulu dire précisément le président américain quand il a promis à Téhéran ‘un véritable enfer’?"
Alexandre Douguine: Je ne pense pas que Trump menace aujourd'hui directement l’Iran avec des armes nucléaires, même si leur utilisation ne peut être exclue. Alors que nous n’avons parlé que de la préparation à des tests nucléaires, les États-Unis ont déjà commencé à en effectuer — cela montre une fois de plus à quelle vitesse ils mettent en œuvre leur politique. Washington et Israël sont techniquement capables d’une telle étape, mais pour l’instant, «l’enfer pour l’Iran», dans la compréhension de Trump, prend une forme différente.
Ce à quoi cela fait principalement référence, c’est à la destruction totale de l’infrastructure industrielle et logistique de l’Iran: ponts, centres de transport et installations énergétiques. Cela implique des bombardements massifs, des frappes de missiles de tous côtés, et probablement le début d’une opération terrestre visant à forcer l’ouverture du détroit d’Ormuz.
Cependant, la question de l’utilisation d’armes nucléaires reste ouverte. Si les événements ne se déroulent pas selon le scénario américain, alors à la prochaine étape d’escalade — et l’intensité continue de croître — l’arsenal nucléaire pourrait être mis en jeu. Je ne pense pas que cela arrivera demain, mais le seuil pour l’utilisation de la force a été dangereusement abaissé.
Animateur: Une autre question concerne la capacité des États-Unis à soutenir un conflit prolongé. De nombreux experts et analystes calculent déjà le coût de l’opération actuelle: selon certains rapports, les dépenses en munitions seules ont dépassé cinq milliards cinq cents millions de dollars dans les premiers jours. Il est affirmé que les stocks de certains types de missiles – comme les interceptor Patriot et la munition de précision guidée – s’épuisent plus rapidement que l’industrie de la défense ne peut les reconstituer.
Dans quelle mesure l’Amérique est-elle réellement prête pour une guerre longue et épuisante si la voie diplomatique échoue et si l’Iran ne répond pas à l’ultimatum de Trump ? Washington dispose-t-il de ressources suffisantes pour maintenir un tel niveau d’escalade sans compromettre sa capacité de combat dans d’autres régions ?
Alexandre Douguine: À mon avis, l’Amérique est techniquement prête pour une guerre longue – peut-être même plus longtemps que beaucoup de gens ne le pensent. Malgré le «brouillard de la guerre», les États-Unis possèdent d’énormes ressources pour mener un conflit massif et prolongé contre l’Iran. Cependant, une telle stratégie entraînera inévitablement d’importantes conséquences politiques à l’intérieur même des États-Unis.
Nous voyons comment le nombre d’opposants à Trump augmente rapidement. Pour lui, une guerre qui dure longtemps représente un grand risque, notamment si l'on tient compte des élections de mi-mandat qui auront lieu cet automne, le 3 novembre. Toute prolongation des hostilités jouera contre lui sur le plan intérieur. C’est pourquoi la préparation technologique de Washington pour une guerre longue n’est qu’une chose, mais la stabilité politique dans de telles conditions en est une autre.
Animateur: Nous avons discuté en détail de la stratégie mondiale de Donald Trump pour son mandat actuel. Et voici ce qui est remarquable: en ce moment, au cœur d’un conflit à grande échelle au Moyen-Orient, nous assistons à une restructuration sans précédent de la hiérarchie des commandants militaires américains.
Pourquoi Trump prend-il un tel risque en changeant de cap en plein milieu d’une guerre avec l’Iran ? S’agit-il d’une partie du même plan pour démanteler «l’État profond», ou y a-t-il une autre nécessité purement militaire derrière cela?
Alexandre Douguine : Au sein de la direction américaine, notamment dans le domaine militaire, il existe de nombreux opposants qui ne sont pas d’accord avec ce que Trump fait ou la manière dont il le fait. Ces militaires sont plutôt des personnalités équilibrées et prudentes. Mais lorsque Trump a renommé le Département de la Défense en «Département de la Guerre» et a nommé Pete Hegseth – un sioniste chrétien radical, un fanatique avec une idéologie proche de celle des skinheads – à la tête de ce département, les généraux américains ont été profondément inquiets.
Ces gens ont vécu plusieurs guerres; ils ne sont pas faibles, ce sont des mondialistes et des partisans de l’impérialisme américain. Mais même eux ont vu que quelque chose d’aussi radical n’avait jamais été fait auparavant. Même Joe Kent, ancien chef du comité contre le terrorisme, qui a personnellement participé aux opérations américaines au Moyen-Orient, a réagi avec indignation. Ni lui ni les généraux de haut rang limogés ne sont opposés au pouvoir américain; au contraire, ils pensent que les actions de Trump sapent ce pouvoir.
Ici, nous voyons une situation similaires à celle qui interpelle certains néoconservateurs dont nous avons parlé plus tôt dans la présente émission. Trump met en œuvre leur programme, mais les théoriciens eux-mêmes regardent horrifiés les méthodes avec lesquelles il est exécuté. Il cherche à renforcer l’hégémonie, tandis que l’armée – qui a consacré sa vie au service de cette hégémonie – est horrifiée par les méthodes et les résultats. Cette opinion est largement répandue. Il est également important de noter que parmi ceux qui ont été congédiés se trouvait le chef du corps des chapelains: ce qui se passe aujourd’hui à la Maison-Blanche relève d'une véritable frénésie mise en scène par de soi-disant évangéliques.
Il s’agit d’un groupe de fondamentaux protestants extrémistes, principalement baptistes et calvinistes, convaincus que nous vivons la fin des temps. Pour eux, les combats et les opérations militaires autour d’Israël signifient la Seconde Venue de celui qu’ils appellent Christ. Bien sûr, cela n’a rien à voir avec notre Seigneur Jésus-Christ, mais ils utilisent le même nom. Dans leur modèle, ce «Jésus protestant» devrait arriver presque dans des soucoupes volantes pour sauver les «néo-nés».
Dans cette vision dispensationaliste du monde, les principaux ennemis déclarés sont les Iraniens, les musulmans et les Russes. À la Maison-Blanche, ils pratiquent désormais ouvertement lerurs rituels: parler en langues imaginaires et différentes, crier des phrases incompréhensibles, bénir frénétiquement Trump et le qualifier de nouveau messie. Les chrétiens traditionnels – surtout les catholiques, mais aussi des protestants plus rationnels et mesurés – sont horrifiés par ce qui se passe dans les couloirs du pouvoir et dans le nouveau «Département de la Guerre».
À la place des anciens responsables émergent des maniaques patentés et des fanatiques possédés, qui hurlent et se tordent d’hystérie. Ils flattent Trump sans vergogne, le déifient et le qualifient de la seconde incarnation de Dieu. Ce n’est plus de la politique, ni même une religion au sens habituel : c’est une force obscure et extatique qui a pris le contrôle du pays le plus puissant du monde.
Et bien sûr, dans cette situation, Pete Hegseth tente d’introduire cette eschatologie pseudo-religieuse, toute en fureurs, directement dans l’armée américaine. Cela va à l’encontre de la logique et de la mentalité des officiers de carrière, qui la rejettent complètement. C’est pourquoi le chef du corps des chaprlains, le major général William «Bill» Green, a été démis de ses fonctions, tout comme des généraux de troupes combattantes, dont le chef d’état-major Randal George. Ils ne sont pas d’accord avec Trump, mais pour lui, cela fait partie de sa propre logique.
Auparavant, il animait une émission où, après chaque segment, il pouvait danser en agitant des pilons de poulet. Mais aujourd’hui, quand nous disons que des clowns dirigent le monde, il ne s’agit plus simplement de comédiens sanglants comme Zelensky. Nous faisons maintenant face à des figures bien plus terrifiantes. Après avoir joué dans son «Trump show» – cette parodie bon marché et répugnante de «The Muppet Show» – Trump terminait généralement chaque épisode par la phrase: «You are fired». Et il renvoyait effectivement un employé de sa société. C’était le point culminant: «Tu es viré – dehors!». Peu importait que vous ayez fidèlement servi et fait tout ce qui était demandé.
Maintenant, il a amené ce spectacle à la Maison-Blanche. Si quelque chose ne lui plaît pas – «You are fired». C’est ainsi qu’il a traité la procureure générale Pamela Bondi, qui avait été sa fidèle avocate, couvrant ses scandales et mentant sans relâche, ce qui a provoqué une haine généralisée à son encontre. Récemment, il lui a dit: «You’re fired, ma’am». En d’autres termes: dégage! Il traite Kristi Noem de la même manière, et il agit de même avec les généraux des troupes combattantes. Pour lui, ce n’est qu’une extension de l’écran de télévision, où de vraies personnes et le destin de pays entiers ne sont que des accessoires pour son spectacle sans fin.
Pour Trump, se débarrasser de quelqu’un ne se limite pas à un simple geste; il n’a même pas besoin d’une raison. Vous pouvez lui être loyal à l’infini, vous pouvez vous prosterner devant lui et satisfaire tous ses caprices, mais dès qu’il y a un changement dans sa tête, il sort sa phrase emblématique: «Tu es viré». C’est exactement ainsi qu’il traite maintenant les généraux en pleine campagne contre l’Iran, ce qui suscite une vague croissante de ressentiment au sein de l’armée.
En même temps, toutefois, la logique dont nous avons parlé plus tôt devient de plus en plus claire. Il semble que la situation réelle en Occident soit bien plus critique que ce que nous imaginons. Ils sont, en fait, suspendus à un fil. Si les structures mondiales de gouvernance ont conféré le pouvoir à un homme qui agit de cette manière — rapidement, en avançant à toute vitesse, en ignorant toutes les conventions — alors ils n’ont tout simplement pas d’autre choix. Il n’y a plus de temps pour les illusions libérales, pour les façades humanitaires ou pour parler de droits de l’homme. Trump ne fait même plus semblant d’y croire. Tout se résume désormais à une chose: «Détruisez tout sur notre passage, car notre pouvoir a été ébranlé, et nous devons le conserver».
Les véritables forces qui gouvernent l’Occident ont décidé que c’est précisément ce genre d’instrument dont ils ont besoin en ce moment. Plus tard, Trump sera blâmé pour tout et accusé de tous les péchés possibles. S’il ne s’est pas déjà éloigné de ce monde d’ici là, lui et son entourage — ces sadistes corrompus comme Kushner, Witkoff et d’autres avec des réputations complètement compromises — seront traînés devant les tribunaux et expédiés derrière les barreaux. Tout son entourage sera soumis à une punition massive et démonstrative. Mais la tâche sera accomplie: en les utilisant, ils tentent de consolider une hégémonie en train d’effondrer.

Et c’est, à mon avis, la seule explication rationnelle de ce que nous voyons à l'oeuvre. Ces licenciements brutaux et humiliants, même de collaborateurs des plus loyaux — c’est son mode de fonctionnement par défaut. Il ne se contente pas de licencier; il cherche à écraser et à humilier. Nous avons vu comment il a expulsé Pamela Bondi (photo), qui était son ombre et son bouclier; nous avons vu comment il a traité Kristi Noem. C’est aussi ainsi qu’il traite les Européens: pour lui, ils ne sont pas des alliés, mais des esclaves, qu’il ne se donne même plus la peine d’encourager.
Pour l’instant, Trump évite de fâcher la Russie et la Chine en ne leur adressant pas de telles insultes personnelles directes, mais il est clair qu’il pourrait les frapper toutes deux à tout moment. Pour lui, ce n’est pas un problème. Et il existe une certaine logique à cela: apparemment, ce n’est que par une hégémonie aussi brutale, accélérée et extrêmement agressive que l’Occident peut préserver son ordre unipolaire.
Ils n’ont tout simplement pas le temps de créer des illusions, de maintenir la politesse envers des «vassaux nobles». Il n’y a plus de temps pour le libéralisme, les droits de l’homme et autres pseudo-valeurs qui, autrefois, servaient de couverture à la même dictature dure. Les forces mondiales ont choisi un homme capable d’accomplir cette mission sale et impopulaire — pour l’humanité tout entière et pour la société américaine elle-même — aussi rapidement et impitoyablement que possible. La véritable mission de Trump, longtemps dissimulée derrière le faste de son spectacle, devient de plus en plus claire: c’est une dernière tentative désespérée pour maintenir le monde sous le contrôle d’un seul maître.

Aujourd’hui, j’ai même publié un post à propos de ma conversation avec Tucker Carlson, qui a eu lieu il y a exactement deux ans. À l’époque, la campagne électorale complète de Trump n’avait pas encore commencé, et nous supposions que son principal adversaire serait Biden. Nous avons discuté avec Tucker de l’avenir, et il a admis que ce qu’il craignait le plus était l’influence des néoconservateurs sur Trump.
Lorsque nous avons abordé les perspectives d’un monde multipolaire, Carlson a fait une pause un instant et a dit: «Je pense que Trump n’acceptera pas la multipolarité». À cette époque, Carlson le soutenait encore, le voyant comme un défenseur des valeurs traditionnelles et un opposant au libéralisme. D’ailleurs, Tucker avait alors une vision très négative du nationalisme ukrainien et espérait que Trump ferait évoluer la position des États-Unis en notre faveur. Néanmoins, il avait déjà ses doutes concernant la multipolarité.
Aujourd’hui, Tucker Carlson s’oppose ouvertement à Trump aux États-Unis, même s’il a été l’un de ceux qui l’ont aidé à accéder au pouvoir. Maintenant, Tucker affirme ouvertement qu’il n’a jamais compris qui Trump allait devenir. Il croyait en lui, partageait ses idées, mais Trump a trahi le mouvement MAGA et ses supporters. Beaucoup d’entre eux sont désormais en opposition, bien que Tucker soit encore occasionnellement invité à la Maison-Blanche malgré ses critiques.
Déjà à l’époque, Carlson prévoyait que Trump aurait des problèmes avec le monde multipolaire. Et pourtant, la multipolarité est la seule forme d’un ordre mondial véritablement juste et la seule voie pour mettre fin à l’hégémonie occidentale. La majorité de ceux qui soutenaient initialement Trump étaient d’accord avec cela: ils voulaient simplement que l’Amérique occupe une place digne dans ce nouveau monde. Mais à un moment donné, Trump a déclaré la guerre à la multipolarité. Et ce n’est plus un mensonge, ni un geste accidentel, ni une crise nerveuse. C’est le cœur de sa politique — une lutte impitoyable contre le monde multipolaire.
Comment cela pourrait-il se terminer? Soit Trump infligera des dégâts critiques à la multipolarité, repoussant ce processus de plusieurs décennies — un scénario qui n’est pas à exclure, étant donné son agressivité extrême. Soit, au contraire, ses mesures extrêmement dures accéléreront l’effondrement de l’hégémonie occidentale, générant chaos et division au sein de l’OTAN, et pouvant même conduire à une guerre civile aux États-Unis eux-mêmes. Les enjeux ont été portés à leur maximum: Trump a mis tout sur la table, et nous, les défenseurs du monde multipolaire, sommes obligés d’en faire autant. Dans ce jeu, il est impossible de rester en marge — ceux qui ne participent pas laissent simplement les autres décider à leur place.
Trump mise tout pour préserver l’hégémonie des États-Unis à tout prix. Et nous n’avons d’autre choix que d’accepter cette logique d’escalade. Il n’y a pas de moyen d’y échapper. On parle beaucoup maintenant de négociations, mais les Iraniens — un peuple grand et fier avec une histoire millénaire, avec les empires achéménide et sassanide — peuvent-ils vraiment accepter le rôle de « misérables esclaves » que Trump leur assigne? Je ne peux pas l’imaginer. Même une petite nation ne supporterait pas un tel ton, alors une grande civilisation l'acceptera encore moins.
Trump n’a pas besoin de négociations. Son ultimatum à l’Iran est un avertissement clair à la Chine et à nous: «Voilà ce qui vous arrivera si vous osez résister». C’est une guerre directe contre nous, et nous ne pouvons pas rester de simples spectateurs. Il est impossible de faire comme si rien ne se passait au Venezuela, à Cuba ou au Moyen-Orient, pendant que des attaques sous sanctions sont menées contre notre territoire, et que nos ports et pétroliers sont bloqués.
Nous sommes maintenant au troisième des stades sur les quatre du plan de Trump. À la fin, il y aura une guerre avec la Chine. Pékin espère retarder ce moment, mais les Américains frapperont quand cela leur conviendra. En ce moment, l’Iran est ce qui se trouve entre la Chine et le destin des autres, et entre nous et le destin du Venezuela. Trump semble croire que nous n’oserons jamais utiliser notre arsenal nucléaire, et c’est pourquoi il garde pour Washington le droit de décider quand et comment la force doit être utilisée. Soit il ne nous considère pas comme une menace fatale, soit il fait habilement semblant, en remettant à plus tard le règlement final.
Animateur: L’Iran aujourd’hui donne l’exemple à beaucoup: nos concitoyens admirent sincèrement la façon dont Téhéran résiste avec ténacité à une pression énorme. En conclusion, je voudrais aborder la question des attaques contre les infrastructures, mais cette fois-ci en relation avec notre propre région.
Très récemment, il y a seulement quelques jours, une tentative d’attaque terroriste contre le gazoduc TurkStream a été empêchée. Et voici une évolution importante : plusieurs pays — la Russie, la Turquie, la Hongrie et la Serbie — ont convenu de créer une coalition pour assurer la sécurité physique de ce pipeline.
N’est-ce pas une réponse directe à la politique agressive de l’Occident et, en particulier, aux méthodes dans lesquelles les États-Unis pourraient être impliqués ?
Alexandre Douguine: Je suis convaincu que cela ne peut pas être une initiative des Ukrainiens. L’Ukraine n’est qu’un instrument soumis, un exécutant technique de la politique américaine. Il est évident que le sabotage des pipelines Nord Stream servait les intérêts de Washington. Maintenant, face au blocus du détroit d’Ormuz, les États-Unis tentent de créer une situation dans laquelle la Russie ne pourra pas bénéficier d’une forte hausse des prix de l’énergie. Les attaques contre notre infrastructure et nos ports sont une initiative directe des États-Unis.
Quant à la coalition pour protéger TurkStream, avec tout le respect dû à ses participants, nous devons comprendre à quel point leur souveraineté est limitée. Si les Américains décident de faire exploser ce pipeline, ils le feront sans prêter attention aux alliances qui protègent soi-disant les États européens semi-vassaux. En cas extrême, ils remplaceront simplement les gouvernements si ceux-ci s’avèrent trop persistants.
La situation est critique. Il est une chose de lutter contre l’Ukraine ou même contre l’Union européenne, et une tout autre de faire face aux États-Unis, qui les soutiennent. Bien qu’il puisse sembler que Washington hésite à entrer dans un conflit direct, toutes les décisions fondamentales y sont prises. Sous Trump, seule la façade a changé; l’essence reste la même: une hégémonie rigide et impitoyable.
Nous devons reconnaître la nature radicale de ce moment. Et l’Iran offre un exemple qui vaut la peine d’être suivi. Aujourd’hui, l’humanité est confrontée à un choix brutal: soit vous êtes l’Iran — c’est-à-dire, la résistance —, soit vous êtes Hitler sous une nouvelle forme de nazisme américain et israélien, contre lequel le monde se dresse aujourd’hui dans toute sa force.
Il n’y a pas de troisième voie dans cette escalade.
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mardi, 14 avril 2026
États-Unis et Iran: aucun accord, aucune paix, aucune solution

États-Unis et Iran: aucun accord, aucune paix, aucune solution
Elena Fritz
Source: https://t.me/global_affairs_byelena#
Les négociations entre Washington et Téhéran se sont terminées sans résultat. Le vice-président américain J. D. Vance a quitté Islamabad après 21 heures de négociations, sans qu’un accord ait été conclu. Son message a été aussi bref qu’éclairant: les États-Unis ont présenté leur dernière position, l’Iran ne l’a pas acceptée.
Ce n’est pas une simple note de bas de page. Cela montre plutôt à quel point le conflit est profondément bloqué sur les points essentiels. Car il ne s’agissait pas de questions de détail, mais des véritables enjeux de pouvoir.
Premier point : l’Iran ne veut pas perdre le contrôle du détroit d’Ormuz et semble également vouloir en tirer un avantage économique.
Deuxième point : Téhéran n’est pas prêt à renoncer à l’enrichissement d’uranium.
Troisième point : l’Iran réclame de facto une sorte de compensation pour les destructions causées par la guerre, la politique de pression et les sanctions.
Washington rejette tout cela.
Il n’est donc pas surprenant que les négociations échouent dans ces conditions. Ce qui est plutôt remarquable, c’est autre chose: Trump a déclaré par la suite que les résultats des négociations n’étaient pas décisifs pour lui, car les États-Unis avaient déjà atteint leurs objectifs. Cela ne ressemble pas à de la confiance en soi, mais plutôt à une tentative de justifier a posteriori l’absence de résultats politiques comme un succès.
Car le vrai constat est différent: Washington ne veut apparemment pas d’une nouvelle grande guerre, mais ne peut pas non plus contraindre Téhéran à signer un accord selon ses conditions. C’est précisément là que réside le cœur stratégique de la situation.
Qu'en découle-t-il? Pas de paix. Mais probablement pas non plus un grand conflit immédiat. Plus vraisemblable, un état que l’on peut décrire comme une impasse sensible durable: un cessez-le-feu plutôt qu’un ordre régional nouveau, une dissuasion plutôt qu’une entente, des menaces plutôt qu’une solution.
Ce contexte offre des marges à l’Iran. Téhéran cherchera probablement à renforcer son influence autour d’Ormuz, tant sur le plan politique qu’économique. Et il y a également de fortes raisons de penser que le programme nucléaire iranien continuera — peut-être de manière plus occulte, plus prudente, mais ne sera probablement pas abandonné.
Par ailleurs, il est presque aussi prévisible que les États-Unis et Israël procéderont à des frappes limitées contre les sites nucléaires iraniens dès qu’ils auront l’impression que Téhéran dépasse une ligne rouge. Ce n’est pas une voie vers la paix, mais la logique d’un conflit à la demande.
Sur le plan intérieur, le régime iranien a plutôt traversé cette crise qu’il ne l’a subie. La pression extérieure ne l’a pas déstabilisé, mais plutôt renforcé. Et là aussi, c’est une vérité désagréable à entendre et à constater pour l’Occident.
Pour Trump, ce résultat est donc difficile à qualifier de succès. Si l’on ne veut pas de guerre, mais que l’on n’obtient pas non plus de percée politique, il ne reste à la fin que la gestion longue d'un conflit non résolu. C’est exactement ce que nous voyons se dessiner ici.
Mais ce qui est encore plus important, c'est la ligne géopolitique plus large: les États-Unis perdent visiblement en influence au Moyen-Orient. Ils peuvent menacer, sanctionner, bombarder. Mais ils sont de moins en moins capables de façonner l’ordre politique de la région selon leurs souhaits. C’est le vrai contexte de ces négociations ratées.
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samedi, 11 avril 2026
Trump, MAGA et la bataille pour l’avenir politique des États-Unis

Trump, MAGA et la bataille pour l’avenir politique des États-Unis
Par Alexander Douguine
Le couple politique formé par Donald et Melania ressemble de plus en plus à l’intrigue de « House of Cards ». Y compris le fait que Melania préside une séance du Conseil de sécurité de l’ONU, comme cela était prévu dans « House of Cards ». Il y a de nombreuses raisons de remplacer le vieux fou fatigué par une femme belle et sensée. Et de publier les fameux fichiers...
Alex Jones, Candace Owens, Tucker Carlson et Megyn Kelly, ainsi que Thomas Massie et MTG, constituent le noyau de MAGA. Leur rupture avec Trump (et vice versa) n’est ni circonstancielle ni pragmatique, elle est idéologique. Ils incarnent l’essence même de pourquoi Trump a été élu. Ils ont été le quartier général.
Alex Jones, Candace Owens, Tucker Carlson et Megyn Kelly, ainsi que Thomas Massie et MTG, sont le véritable « America First ». En plus de Rand Paul. Ils sont devenus le véritable pouvoir. Ils représentent tout ce que le peuple aimait chez Trump. C’est Trump qui a trahi le peuple. Désormais, il ne compte plus que sur le soutien des sionistes.
Les sionistes (chrétiens ou antichristiques) faisaient partie de MAGA, ils étaient donateurs, sympathisants, spéculateurs, mais ils ne constituaient pas la base. Pas du tout. Aujourd’hui, ils gouvernent les États-Unis. Une minorité puissante qui affiche une audace sans limite. Mais la base n’est plus là. La base s’est éloignée de Trump de façon irréversible.
Si MAGA est mort, il devrait y avoir quelque chose de nouveau. Les pessimistes sont les sionistes sans avenir. L’avenir appartient à d’autres. Et nous voyons maintenant ces autres avec beaucoup plus de clarté.
Une nouvelle administration américaine est en train de se former. Autour du noyau ex-MAGA trahi par Trump. Plus tôt le peuple abandonnera ce vieil homme qui sombre et qui est totalement engagé, plus il aura de chances d’obtenir le billet pour l’avenir. C’est cela la vraie Révolution Conservatrice. Trump n’était qu’une première étape de celle-ci.

Le point essentiel : la déception totale face à Trump et au sionisme déchaîné qui a détruit toute sa crédibilité n’est pas une raison suffisante pour embrasser les libéraux, les démocrates et les mondialistes. Il faut former une nouvelle coalition maintenant, sinon il sera trop tard.
La politique ne peut pas se réduire à un simple spectacle. Il y a une stratégie idéologique et géopolitique derrière. Le spectacle n’est qu’un outil pour promouvoir un certain agenda. Il ne peut pas remplacer la signification. La signification est toujours là. Le sionisme EST une signification. Il faut la nier. Voilà qui est génial. Qui est très bien. Mais, alors, propose la tienne.
Le sionisme aux États-Unis repose sur deux théologies politiques entrelacées :
- La vision suprémaciste du Grand Israël, du Troisième Temple, du Messie volontaire.
- La vision dispensationaliste de l’histoire, de la politique, des États et de l’échiquier de la fin des temps.
Ensemble, ces deux théologies forment un réseau puissant.
Le mondialisme libéral est une autre théologie politique: il prône l'individualisme radical, le fatras « woke », la fin de l’histoire, le Gouvernement Mondial, l'internationalisme, le postmodernisme, l'extermination des vestiges de la société traditionnelle (religion, famille, genre), la migration incontrôlée, le posthumanisme.
La théologie politique libérale et la théologie politique sioniste forment ensemble les deux piliers de l’État Profond ou de l’État Plus Profond (si l’on considère l’État Profond uniquement comme la théologie politique libérale). Le noyau initial de MAGA, rejeté par Trump, représente l’espace pour faire advenir UNE AUTRE THÉOLOGIE POLITIQUE.
Quelle pourrait être cette alternative à la théologie politique de l’État Profond ? Souveraineté, peuple, tradition, normalité, identité, continuer à être humain en opposition totale à ce que promeuvent les libéraux ou les sionistes. Russell Kirk, Paul Gottfried, Pat Buchanan, Samuel Francis, Richard Weaver, Ron Paul.
19:36 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : donald trump, maga, états-unis, actualité |
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Les critiques de Trump à l'égard de l'OTAN s'intensifient: l'article 5 est-il encore en vigueur?

Les critiques de Trump à l'égard de l'OTAN s'intensifient: l'article 5 est-il encore en vigueur?
Markku Siira
Source: https://markkusiira.substack.com/p/trumpin-nato-kritiikki...
Le président américain Donald Trump participait à une réunion bilatérale avec le secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte, en marge de la réunion annuelle du Forum économique mondial (FEM), le 21 janvier 2026 à Davos, en Suisse. Cette réunion annuelle des dirigeants politiques et économiques intervenait dans un contexte de tensions croissantes entre les États-Unis et l'Europe sur toute une série de questions, notamment la promesse de Trump d'acquérir le Groenland, un territoire danois semi-autonome.
Le second mandat du président Donald Trump a porté les tensions internes au sein de l'OTAN à un niveau sans précédent. Même si l'attitude critique de Trump envers l'alliance militaire n'est pas nouvelle, ses récentes déclarations indiquent un changement de nature: il ne s'agit plus seulement de se plaindre du déséquilibre des contributions financières, mais de remettre fondamentalement en question l'alliance dans son ensemble.
Selon Risto E. J. Penttilä, spécialiste en politique internationale, l'OTAN se trouve à nouveau en pleine crise suite aux dernières déclarations de la Maison Blanche. La nouveauté réside dans le fait que tant le président Trump que le ministre des Affaires étrangères Marco Rubio parlent ouvertement d’une réorganisation des relations internationales dans le chef des Etats-Unis. Il ne s’agit pas de diplomatie habituelle envers les "alliés", mais, selon la description de Penttilä, d’une « crise conjugale dans les relations transatlantiques ».
Au cœur des dernières critiques de Trump à l'égard de l'OTAN se trouve l'attitude réticente des pays européens face à l'appel des États-Unis à participer à l'ouverture du détroit d'Ormuz pendant la guerre avec l'Iran. Trump estime avoir aidé l'Europe en Ukraine, et pense donc qu'il était désormais au tour de l'Europe de soutenir les États-Unis. La porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a qualifié l’attitude des Européens de « test qu’ils ont échoué ». Dans la vision cynique du monde de Trump, un tel comportement ne sera ni oublié ni pardonné.

Les alliés européens des États-Unis n’ont pas condamné l’attaque américaine contre l’Iran, pas plus qu’ils n’ont condamné l’attaque russe contre l’Ukraine – alors qu’en Europe, celle-ci a été considérée comme une guerre d’agression illégale. Les alliés de l’OTAN n’ont même pas été informés à l’avance de la planification opérationnelle. Si l’OTAN est une alliance de défense, pourquoi ses membres devraient-ils soutenir les États-Unis dans une opération bafouant le droit international, dans laquelle le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a entraîné Trump ? Pourquoi les règles applicables à la Russie ne s’appliquent-elles pas à tous les pays ?
Dans les cercles euro-atlantiques, l'idée se renforce que les États-Unis ne sont plus aussi déterminés à défendre l'Europe – et en particulier les pays limitrophes de la Russie. L'article 5 de l'OTAN, selon lequel une attaque contre un État membre est une attaque contre tous, est la pierre angulaire de l'alliance depuis la guerre froide.
Si la fiabilité de ce mécanisme automatique venait à s’effriter, l’OTAN se transformerait essentiellement en une plateforme de coordination où la coopération européenne serait mise en avant et où la puissance militaire américaine ne servirait plus que de moyen de dissuasion potentiel – et non plus de garant de sécurité certain.
Une théorie marginale mais politiquement intéressante s'inscrit dans ce contexte: Trump souhaiterait retirer les États-Unis de l'OTAN, car après la guerre avec l'Iran, la prochaine cible potentielle d'Israël pourrait être la Turquie – un pays membre de l'alliance militaire. Dans ce cas, l'article 5 de l'OTAN serait considéré comme un obstacle stratégique à toute attaque israélienne.

Pour l’administration Trump, Israël est un partenaire nettement plus important que la Turquie, et dans un contexte plus large, le rêve sioniste d’un « Grand Israël », auquel s’ajouteraient des territoires de Syrie, du Liban, d’Égypte, de Jordanie, d’Irak, d’Arabie saoudite et de Turquie, refait surface.
Les tensions entre Israël et la Turquie se sont considérablement intensifiées ces dernières années. Le ministre israélien de la Diaspora, Amichai Chikli, a qualifié le président turc Recep Tayyip Erdoğan de « fondamentaliste islamiste » et a décrit la Turquie comme un « nouvel Iran ».
Une rhétorique similaire a également été renforcée dans une récente analyse du Jerusalem Post, qui considère la Turquie comme une menace croissante pour l’Occident et Israël – une sorte de successeur de l’Iran en tant que perturbateur régional, soutenant le Hamas et remettant en cause l’unité de l’OTAN.
Erdoğan a quant à lui qualifié les actions d’Israël à Gaza de génocide et a émis un mandat d’arrêt contre le Premier ministre Netanyahou. Israël a renforcé sa coopération en matière de défense avec la Grèce et Chypre, rivaux traditionnels de la Turquie.
Derrière les menaces publiques d’Israël pourrait également se cacher une volonté stratégique de renforcer la position politique intérieure d’Erdoğan. Au sein du Parlement turc, le président a été critiqué pour avoir maintenu une coopération pratique avec Israël, contrairement à sa rhétorique publique.
Les dernières données du Bureau central des statistiques israélien montrent que la Turquie a exporté vers Israël pour plus de 924 millions de dollars de marchandises en 2025. Les échanges commerciaux se sont poursuivis – en partie via des pays tiers et grâce à des pratiques statistiques contestables. Ce décalage entre les discours et les actes rend improbable une rupture totale.
Une théorie spéculative concernant une éventuelle attaque d'Israël contre la Turquie – soutenue par les États-Unis en dehors du cadre de l'OTAN – illustre toutefois une dynamique plus large: l'administration Trump ne considère pas l'OTAN comme une alliance de défense sacrée, mais comme un outil dont on peut se passer si nécessaire, s'il ne sert plus les intérêts de sécurité des États-Unis ou de leurs alliés proches.
Le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, qui a déjà surnommé Trump « papa », a qualifié sa rencontre à la Maison Blanche de « franche et ouverte ». Cette formulation diplomatique adoucit probablement le ton irrité du président. Rutte a déclaré comprendre la déception de Trump, mais a souligné que de nombreux pays européens avaient aidé les États-Unis contre l’Iran – par exemple en mettant leurs aéroports à la disposition des bombardiers.
Les États-Unis ne se retireront sans doute pas complètement de l’OTAN – Trump ne pourrait d’ailleurs pas prendre une telle décision seul –, mais la question du redéploiement des troupes a déjà été évoquée lors des discussions : des soldats pourraient être transférés d’Allemagne vers la Roumanie, par exemple, et vers d’autres pays, ceux qui se sont montrés les plus fidèles à Trump.

Bien que l’OTAN ait été confrontée à des tempêtes répétées au cours du second mandat de Trump – les menaces d’annexion du Groenland en étant l’exemple le plus grave –, les acteurs euro-atlantiques espèrent que l’alliance s’en sortira, même si ce n’est plus sous sa forme actuelle. Certains s’attendent à ce que la situation se normalise sous le mandat du prochain président américain.
Une architecture de sécurité à bâtir entre la Russie et l’Europe étant, dans la situation actuelle, une option totalement exclue, l’OTAN de demain pourrait être plus européenne et moins dépendante des garanties de sécurité américaines. Le poids symbolique et opérationnel de l’article 5 s’affaiblit, laissant place à une coopération plus ponctuelle et fondée sur les intérêts. Ce changement pourrait s’avérer l’héritage transatlantique le plus marquant du second mandat de Trump.
13:36 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, europe, états-unis, affaires européennes, otan, donald trump, alliance atlantique |
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jeudi, 09 avril 2026
Les États-Unis présentent leur nouvelle stratégie de sécurité dénommée la «Grande Amérique du Nord»

Les États-Unis présentent leur nouvelle stratégie de sécurité dénommée la «Grande Amérique du Nord»
Source: https://geoestrategia.eu/noticia/46059/politica/ee.uu.-pr...
Le secrétaire à la Guerre des États-Unis, Pete Hegseth, a déclaré ce dimanche que le président Donald Trump avait tracé une nouvelle carte stratégique englobant tout le territoire nord-américain du Groenland au golfe du Mexique, en incluant le canal de Panama et les pays environnants.
Selon ses explications, cette vision est désignée, au sein du Département de la Guerre, comme la «Grande Amérique du Nord». «Toutes les nations et territoires souverains situés au nord de l’équateur [...] constituent notre périmètre de sécurité dans ce grand voisinage», a-t-il déclaré, tout en soulignant que ces pays ne font pas partie du Sud Global.

Hegseth a indiqué que cette délimitation répond à des facteurs géographiques, en soulignant que les territoires, qui y sont inclus, ont accès à l’Atlantique Nord ou au Pacifique Nord et se situent au nord de barrières naturelles telles que l’Amazonie et la cordillère des Andes. De plus, il a précisé que cette approche vise à «rétablir nos relations nord-sud» par une coopération accrue en matière de défense entre les États-Unis et leurs partenaires de l’hémisphère Nord.
Dans ce contexte, le ministre a indiqué que Washington renforcera sa présence dans le Nord, tandis qu'au Sud de l’équateur, il encouragera une répartition plus équitable des responsabilités en matière de sécurité. Selon lui, cela permettra aux pays de l’hémisphère Sud d’assumer un rôle plus important dans la défense de l’Atlantique Sud et du Pacifique Sud, ainsi que dans la protection des infrastructures critiques.
Le Secrétaire à la Guerre Pete Hegseth a dévoilé la nouvelle doctrine de sécurité des États-Unis, qui définit la «Grande Amérique du Nord» comme un territoire s’étendant «du Groenland au golfe du Mexique et au canal de Panama».
Chaque nation et territoire souverain au nord de l’équateur, du Groenland à l’Équateur, de l’Alaska à la Guyane, constitue le «périmètre de sécurité immédiat» dans «ce grand voisinage dans lequel nous vivons tous».
Hegseth a insisté sur le fait que les États-Unis augmenteront leur présence militaire dans cette vaste zone, de l’Alaska à la Guyane, tout en exigeant que les nations au sud de l’équateur paient pour la défense des océans et des ressources du Sud.
Plutôt que de respecter la souveraineté, l’administration Trump ravive la Doctrine Monroe à grande échelle.
Cette posture agressive s’accompagne de :
- de la diffusion d'une nouvelle carte stratégique qui redessine littéralement l’hémisphère comme un territoire contrôlé par les États-Unis;
- du projet d'établir des bases et de planifier des opérations militaires élargies en Amérique latine et dans les Caraïbes;
- de revendications clairement formulées pour un «partage des charges» qui obligera les pays les plus faibles à payer pour être dominés par les États-Unis;
- d'un rejet évident de tout accord de sécurité indépendant des Etats-Unis dans l’hémisphère Sud.
Le schéma est clair: moins de discours sur l’idée d'association amicale, plus d’affirmation d'un contrôle direct par Washington. La souveraineté des pays visés devient conditionnelle dès qu'elle entre en conflit avec les priorités stratégiques des États-Unis.
18:39 Publié dans Actualité, Géopolitique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, états-unis, géopolitique, amérique du nord, caraïbes, grande amérique du nord |
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mardi, 07 avril 2026
L'Atlantisme est-il en voie de disparition, et Trump sera-t-il le fossoyeur de l'Empire américain?

L'Atlantisme est-il en voie de disparition, et Trump sera-t-il le fossoyeur de l'Empire américain?
Franz Ferdinand
Source: https://www.unser-mitteleuropa.com/194689
La guerre contre l’Iran, déclenchée par Donald Trump, a entraîné une rupture nette entre les États-Unis et l’Union européenne. Même dans le conflit en Ukraine, la chimie entre l’Amérique et l’Europe ne fonctionne plus.
Dans les médias mainstream, la guerre contre l’Iran est, pour la première fois, qualifiée d’agression illicite selon le droit international, ce qui est bien sûr le cas, mais le proclamer est sans nul doute une nouveauté. Jusqu’à présent, toutes les guerres d’agression américaines ont toujours été présentées comme en quelque sorte justifiées. Mais cette fois, ça suffit. Même la fameuse belliciste, Mme Marie-Agnes Strack-Zimmermann, a exprimé une position critique! Cela veut vraiment la peine de le mentionner!
On peut même supposer que la colère qui règne au sein de la direction de l’UE est décrite de manière assez édulcorée dans les médias.
Il faut bien réaliser ce que cette guerre signifie pour l’UE.
Pour mémoire: la guerre en Ukraine a été initialement provoquée par le coup d’État de Maidan et par le non-respect des accords de Minsk. C’était en quelque sorte un projet commun de l’UE et des États-Unis pour dépecer la Russie et encercler la Chine. Le plan, à travers cette guerre, de remplacer Poutine par un vassal occidental docile, a échoué. Donald Trump a déjà, il y a quelque temps, dans des moments de lucidité, compris qu’il n’y avait aucun sens à continuer cette guerre pour une moitié d'oblast ukrainien.

Seule l’UE souhaite continuer cette guerre par pure folie des grandeurs, et aussi pour ne pas perdre la face après avoir dépensé des milliards d’aide, sans compter, pour soutenir le corrompu Zelensky !
Avec la guerre contre l’Iran, Donald Trump laisse l’UE sur place sans l'avoir avertie, voire lui tourne carrément le dos. Donald Trump s’est obstiné, résistant à tout, dans le même piège dans lequel Poutine est enfermé depuis quatre ans. La durée de cette guerre contre l’Iran est totalement incertaine. Ce qui est certain, c’est que la Russie et la Chine feront tout pour qu’elle dure le plus longtemps possible et pour affaiblir au maximum les États-Unis.
Cela signifie toutefois qu’un soutien américain à la guerre en Ukraine n’est plus à prévoir. L’UE doit désormais assumer seule cette guerre. De plus, les missiles, censés assurer la défense de l'Europe otanienne, missiles tout aussiessentiels dans la guerre en Ukraine, sont désormais utilisés en Israël et dans les États du Golfe.
En outre, la résistance acharnée, asymétrique, de l’Iran dans le détroit d’Ormuz conduit à une crise énergétique et économique gravissime. Si l’UE s’était déjà tirée une balle dans le pied avec ses sanctions contre la Russie, elle se trouve soudainement, et de façon inattendue, sanctionnée aussi par l’Iran, qui considère l’UE comme un groupe d’États ennemis.
Il faut craindre que toutes ces destructions en Iran, que Donald Trump célèbre actuellement comme une « victoire », finissent par être payées, en quelque sorte, par une sorte de péage pour passer le détroit d’Ormuz, péage qui sera imposé par la communauté internationale. Il est fort probable que cette taxe ne sera perçue que par des navires d’États ennemis de l'Iran, ce qui ne pèsera donc que sur ces économies-là!
La crise économique prolongée qui s’annonce affaiblira plutôt les partis politiques mainstream du « Monde occidental » et fera tomber définitivement leurs coalitions fragiles, plutôt que de faire tomber le régime des mollahs. Ce dernier a été renforcé par les bombardements criminels et illicites selon le droit international qui sont perpétrés par Israël. En fin de compte, les plus stupides d'entre nos concitoyens ont compris qu’il existait un lien entre la violence brutale qui a coûté la vie à des milliers de personnes (dont des forces de sécurité) et les bombardements, lors desquels, par exemple, 170 fillettes d'une école primaire ont été tuées.
Du point de vue de l’UE, il aurait sûrement été « plus raisonnable » de d’abord mettre fin à la guerre en Ukraine dans un sens favorable à l’Ukraine, avant de s’occuper de l’Iran. Au lieu de cela, Donald Trump, de manière unilatérale, et motivé par Netanyahu, un homme recherché par la Cour pénale internationale de La Haye comme criminel de guerre, a déclenché la guerre contre l’Iran sans consulter ses partenaires européens. Il se comporte ainsi comme une sorte de dictateur mondial, pris dans un délire césarien, auquel tous doivent obéir sans discuter.

La question qui se pose désormais est de savoir si cette rupture atlantique pourra se résorber après la fin du régime de Trump ?
Probablement pas, car la furie trumpiste va bouleverser irréversiblement l’ordre mondial existant jusqu’à la fin du mandat de Trump. Un retour au point de départ d’avant l’arrivée de Trump ne sera plus possible. De plus, déjà sous Biden, la relation entre les États-Unis et l’UE n’était pas aussi amicale qu’elle était décrite dans les médias, si l’on pense notamment à l’attaque terroriste contre le gazoduc Nord Stream, annoncée par Biden lui-même!
Ce qui peut au moins être considéré comme certain, c’est que la Russie, durant cette période, ira conquérir les quelques milliers de kilomètres carrés restants dans l’oblast de Donetsk, et la guerre en Ukraine se terminera victorieusement pour la Russie. L’UE sera humiliée. Elle devra peut-être même supplier Poutine pour du pétrole et du gaz afin de maintenir son économie à flot. Poutine exigera alors un prix politique (par exemple la reconnaissance internationale des conquêtes).
Il est possible que l’UE finisse par reconnaître que la Russie serait le partenaire naturel de l’UE, comme Gorbatchev et même Poutine l’avaient proposé, avec une Europe commune de Lisbonne à Vladivostok.
Les États-Unis seront encore affaiblis par une guerre prolongée contre l’Iran. Il se pourrait même que les monarchies du Golfe expulsent les États-Unis de leurs territoires et concluent la paix avec l’Iran. Sinon, ces monarchies ne seront plus viables. Si changement de régime il y aura, il faudra plutôt l'attendre dans ces pays-là!
20:44 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, affaires européennes, europe, états-unis, otan, atlantisme |
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La guerre en Iran expose la brutalité du réel: les États-Unis seraient écrasés dans un conflit avec la Chine

La guerre en Iran expose la brutalité du réel: les États-Unis seraient écrasés dans un conflit avec la Chine
Par NewRulesGeo (Telegram)
Quelques semaines après le début de la guerre en Iran, Washington souffre déjà de pénuries de missiles, de lacunes en défense aérienne, de pressions navales et de ruptures logistiques. Ce qui devait être une campagne limitée révèle des failles structurelles profondes.
De la défense aérienne aux chaînes d’approvisionnement, le message est clair: si se battre contre l’Iran coûte aussi cher, une guerre avec la Chine serait dévastatrice.
Voici comment l’Iran expose les limites des États-Unis – et pourquoi si la Chine était attaquée, ce serait bien pire :
Les défenses ont été épuisées instantanément – (https://t.me/newrulesgeo/1715?single ). L’Iran a brûlé près de 40 % des intercepteurs THAAD américains en 16 jours et a fait passer des drones au-delà des défenses aériennes. L’arsenal de missiles et de drones plus grand et plus intelligent de la Chine (https://t.me/newrulesgeo/1674 ) submergerait les systèmes américains par le volume, la précision et des essaims d’IA (https://t.me/newrulesgeo/1674 ) qui réduiraient les temps de réponse à quelques secondes.

Les porte-avions et les bases neutralisés – (https://t.me/newrulesgeo/1700?single ). Les frappes iraniennes ont forcé les navires de guerre américains à rester sur la réserve et ont détruit un E-3 (photo) au sol. La doctrine de l’US Air Combat Element (ACE) échoue déjà. Face aux systèmes A2/AD en couches de la Chine (https://t.me/newrulesgeo/1705 ), les avions américains seraient détruits avant même de décoller — les porte-avions et les bases sont laissés vulnérables à des milliers de kilomètres.
Les munitions épuisées, l’industrie incapable de suivre – (https://t.me/newrulesgeo/1666 ). Des centaines de Tomahawks utilisés en Iran épuisent les réserves destinées à un éventuel scénario similaire à Taïwan. Les États-Unis ne peuvent pas remplacer les armes de précision assez rapidement — des années (https://t.me/newrulesgeo/1632 ) de production contre quelques jours de guerre. Pire encore, les armes américaines dépendent des terres rares chinoises (https://t.me/newrulesgeo/1615 ), ce qui donne à Pékin une emprise directe.
La Chine s’adapte en temps réel – (https://t.me/newrulesgeo/1599 ) – Tandis que les États-Unis sont occupés en Iran, la Chine évolue, apprend de chaque opération américaine. Beidou fournit (https://t.me/newrulesgeo/691 ) une capacité de ciblage en temps réel sur de vastes distances. Avec une fusion avancée des capteurs comme MizarVision (https://t.me/newrulesgeo/1596 ), la Chine s’adapte plus rapidement aux tactiques américaines et reste un pas en avance.
Si l’Iran expose les fissures, la Chine serait le test de résistance qui ferait sauter le système.
@NewRulesGeo - Suivez-nous sur X (https://x.com/NewRulesGeo?t=6cJ2ZyQr-1f_lBvKPNggKw&s=09 )
15:38 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, états-unis, iran, chine |
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dimanche, 05 avril 2026
Évaluation stratégique et géopolitique (vendredi 3 avril 2026, 35ème jour de la guerre)

Évaluation stratégique et géopolitique (vendredi 3 avril 2026, 35ème jour de la guerre)
Talal Nahle
Source: https://www.facebook.com/demir.adnan.2025
La page Facebook d'Adnan Demir commente chaque jour les événements de la guerre d'Iran, en langue turque. Nous ne pourrons pas traduire chaque jour ces précieux commentaires. Que nos lecteurs consultent donc quotidiennement cette page remarquable.
35ème jour : « La rébellion des généraux » frappe le Pentagone... L’Iran brûle ses serveurs technologiques dans son espace aérien et abat un F-15E !
Ce 35ème jour ouvre une page sans précédent dans l’histoire des conflits modernes. Pour la première fois, nous assistons à une « révolte silencieuse » qui secoue les plus hautes sphères de la commandement militaire américain; le Commandant des forces terrestres quitte immédiatement ses fonctions, et le Secrétaire à la Défense (y compris le Commandant des forces terrestres) démet plus de douze généraux. Le Pentagone se désagrège intérieurement en rejetant les ordres suicidaires de Trump concernant une opération terrestre contre l’Iran.
Sur le champ de bataille, l’Iran tient la situation bien en mains: ses missiles frappent les serveurs de la Silicon Valley à Bahreïn et aux Émirats arabes unis, et leur défense aérienne abat les F-15E, symboles de la supériorité aérienne américaine. Entre-temps, la position internationale menée par la Russie, la Chine et la France refuse que l’ONU autorise l’usage de la force dans le détroit d’Hormuz, ce qui fracture le parapluie occidental.
Je vous présente cette analyse approfondie de l’échiquier régional et international :
Premièrement : « Le massacre des généraux »... Le Pentagone refuse le suicide de l’armée de terre
C’est le développement le plus dangereux à Washington depuis la guerre du Vietnam.
- Le limogeage des commandants : la démission du Général d’Armée Randy George (photo) et la révocation, par le Secrétaire à la Défense (Pete Hegseth), de 12 généraux dont le Commandant de l’Armée de terre n’est pas une simple rotation. Ces commandants professionnels, ayant une connaissance réelle du terrain, réalisent que les plans d'invasion de Trump (à Kharg ou pour saisir l’uranium) constituent un « hachoir à viande » pour la Marine. Plutôt que d’envoyer des milliers d’Américains à la mort, ils choisissent de se révolter ou de démissionner.
- L’attitude moqueuse des Français: le général français « Yakovleff » résume ces plans américains ostentatoires en disant: « Les responsables américains devraient arrêter de se droguer à la coke.». La structure militaire occidentale considère que les ordres de Trump relèvent plus du Hollywood que de la réalité militaire.
Deuxièmement : L’hypocrisie française et la chute de l’avion F-15E... Les ennemis contrôlent le ciel iranien
- Le choc Strike Eagle : les médias iraniens ont publié des images du crash d’un chasseurs de type F-15E Strike Eagle appartenant à la 494ème escadrille américaine basée au Royaume-Uni, abattu dans l’État de Markazi. Cet événement répété horrifie Washington: l’Iran ne se contente pas d’abattre de petits drones, mais aussi ses avions de chasse de quatrième génération, parmi les plus avancés.
- L’arnaque française (Mission 52): malgré la déclaration publique que la France refuse toute opération militaire, les données aériennes ont prouvé que les bombardiers stratégiques américains B-52H ont toujours survolé l’espace aérien français pour frapper l’Iran. Ce double jeu de Paris—d’un côté la diplomatie douce (pour permettre le transit de ses navires dans le détroit d'Ormuz) et de l’autre le soutien militaire secret—est confirmé.
Troisièmement : L’équation de la Silicon Valley... Les frappes contre Amazon et Oracle
- L’application stricte de l’ultimatum: comme prévu, les Gardiens de la Révolution ont maintenu leur menace. Après avoir attaqué « Amazon » au Bahreïn (en représailles à l’assassinat de Fathali Zadeh), l’Iran a détruit aujourd’hui l’infrastructure cloud d’Oracle aux Émirats (en représailles à l’attentat contre Kamal Kharrazi).
- Message aux grandes entreprises technologiques - avec la liste suivante: Google, Microsoft, Meta. Ce ciblage ébranle considérablement la confiance dans l’infrastructure numérique du Golfe. Si « Amazon » minimise la perte financière, le « coût de la perte de confiance » forcera Trump à faire pression pour arrêter la guerre. La poursuite du conflit fera de tous les centres de données occidentaux des cibles légitimes dans tout le Moyen-Orient.
Quatrièmement: L’économie de l’armement et l’épuisement d’Israël... «L’armée épuisée»
- La stratégie du Hezbollah (économie des armes): le média hébreu «Or Heller» (Kanal 13) admet que le Hezbollah mène la guerre avec une intelligence redoutable: il lance 200 roquettes par jour (dont 70% pour écraser les forces terrestres au sud du Liban). Le Hezbollah prévoit une guerre qui plongera Israël dans une crise grave, par épuisement des munitions et retards dans la préparation, guerre qui pourra durer des mois.
- L’aveuglement d’Israël: Yedioth Ahronoth (Ron Ben-Yishai) reconnaît que l’armée n’a attaqué qu'«après avoir tiré ses roquettes» sur les plateformes du Hezbollah, ce qui constitue un échec honteux en termes d’«attaques préventives».
- Le projet de «zone tampon» sectaire: la radio militaire israélienne a annoncé un plan pour éradiquer une zone de 4 km dans le sud afin de créer une « zone tampon » qui exclurait «les villages chrétiens sous contrôle de la sécurité israélienne». C’est une tentative malveillante et flagrante d’attiser les tensions sectaires au Liban et de créer une nouvelle «Armée de Lahad»; ce projet est condamné d’avance à l’échec.
Cinquièmement : La défaite dissuasive américaine et l’acceptation de la souveraineté iranienne
- La souveraineté de Hormuz: CNN et le Financial Times confirment que l’appel de Trump à sécuriser le détroit d’Hormuz équivaut en réalité à «reconnaître indirectement la victoire stratégique de l’Iran et son contrôle sur le passage»; Téhéran a prouvé que «l’honneur national» ne peut pas s’acheter avec les accords commerciaux de Trump.

- L’attaque du radar THAAD en Arabie saoudite: la confirmation par CNN de l’attaque contre le radar critique AN/TPY-2 du système THAAD en Arabie saoudite montre que la «surveillance défensive» américaine dans la région est devenue aveugle; cela explique la précision extrême des missiles iraniens contre leurs cibles.
Conclusion pour les leaders : Que se passera-t-il après le « cul-de-sac » à Washington ?
Nous assistons à «la désintégration du consensus américain» et à la concrétisation de la victoire de l’Axe:
- États-Unis: l’annonce par Washington que «les négociations avec Israël sont dans une impasse», la rébellion des généraux, et le refus du Conseil de sécurité de légitimer la guerre. Trump est coincé, incapable de négocier, et les généraux refusent l’opération terrestre; de grandes entreprises, telles Amazon et Oracle, sont bombardées.
- L’axe de la Résistance: il est passé de la «défense stratégique» à la «discipline géoéconomique»; viser le port de Fouzair avec des drones ferme la dernière porte de sortie, et l’abattage du F-15E confirme que l’Iran possède toujours des systèmes de défense aérienne très avancés (comme la version améliorée du Bavar-373).
Prévision stratégique:
Les prochains jours seront décisifs pour les États-Unis: Trump subira une forte pression du « Deep State » (renseignement, Département d’État, grandes entreprises) pour réduire la tension. S’il persiste dans son entêtement (en utilisant des bombardiers B-52), l’Iran réagira en attaquant Google et Microsoft, ce qui déclenchera une nouvelle crise financière sur Wall Street et forcera Trump à capituler ou à être destitué sous la pression de l’économie mondiale en déclin.
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vendredi, 03 avril 2026
Les États-Unis comme éternel ennemi de l’Europe

Les États-Unis comme éternel ennemi de l’Europe
Raphael Machado
Source: https://telegra.ph/Gli-Stati-Uniti-come-eterno-nemico-del...
Si les États-Unis sont les amis de l’Europe, alors l’Europe n’a pas besoin d’ennemis.
Nous nous sommes habitués à considérer la relation entre les États-Unis et les pays européens, notamment ceux d’Europe occidentale, comme une alliance irréprochable, une véritable amitié entre les peuples. D’ailleurs, le discours dominant parle d’une seule « civilisation occidentale », qui unit l’Amérique du Nord et l’Europe, fondée sur les mêmes « valeurs judéo-chrétiennes ».
Cette perspective, partagée par de nombreux atlantistes et anti-impérialistes, est erronée en raison de sa myopie. Elle repose sur une lecture limitée de l’histoire, qui ne prend en compte que le monde depuis la seconde moitié du 20ème siècle jusqu’aux dernières années.
Ainsi, face aux événements contemporains qui témoignent d’un certain mépris, voire d’une hostilité, des États-Unis envers l’Europe, certains restent stupéfaits. Peut-être les Européens eux-mêmes, mal informés et victimes d’ingénierie sociale, restent-ils déconcertés, sans comprendre ce qui se passe.
Au-delà de la politique étrangère britannique elle-même, qui a toujours été anti-européenne, la fondation même des États-Unis s’est faite dans une perspective anti-européenne. Pour les « pères pèlerins », les pays européens étaient tyranniques, oppressifs et hédonistes. Le papisme était le siège même de l’Antéchrist. Même les pays protestants comme les Pays-Bas étaient critiqués et condamnés comme libertins et insuffisamment religieux.
Extrêmement sectaires, les puritains qui allaient fonder les États-Unis ne considéraient même pas possible de continuer à respirer le même air que les Anglais, les Hollandais et, en général, les Européens d’autres confessions chrétiennes. Le gouverneur de Plymouth, William Bradford, également l’un des premiers écrivains américains, le précise très bien dans son ouvrage Of Plymouth Plantation où il commente, par exemple, que « Satan semble avoir suivi une méthode similaire en ces derniers jours, puisque la vérité a commencé à émerger et à se répandre après la grande apostasie de cet homme du péché, l’Antéchrist papal ».
Il n’est donc pas surprenant que dès le XIXe siècle, les États-Unis fassent leurs débuts sur la scène internationale avec une politique étrangère spécifiquement anti-européenne, visant à forcer l’expulsion des Européens de leurs derniers territoires en Amérique latine afin de remplacer la présence européenne par la leur. L’objectif principal à l’époque était l’Espagne (et dans ce cas, même la foi catholique espagnole jouait un rôle dans la propagande américaine).
Après avoir achevé l’expulsion des Européens (à l’exception des Anglais et, en partie, des Français) des Amériques, la politique étrangère américaine s’est concentrée sur l’ingérence permanente dans les affaires européennes, visant toujours à étouffer l’émergence de toute puissance capable de défier sa force croissante. À l’ombre de l’Empire britannique, qui au début du 20ème siècle commençait déjà à montrer des fissures, les États-Unis ont attisé la Première Guerre mondiale pour liquider quatre empires à la fois: les empires allemand, austro-hongrois, ottoman et russe, et affaiblir également la France et le Royaume-Uni.
La Société des Nations, quant à elle, fut créée pour permettre aux États-Unis d’influencer la politique européenne via les votes de leurs représentants latino-américains, sans que les États-Unis eux-mêmes ne se soumettent à son mandat.
On pourrait ici rappeler brièvement le rôle de Wall Street dans le soutien initial à la montée d’Hitler en Allemagne, mais même sans tenir compte de cet aspect, il est de notoriété publique et bien connu que l’OTAN a été conçue non seulement comme une arme pour tenir l’URSS hors d’Europe, mais aussi comme une structure d’occupation pour garantir la soumission des Européens et cimenter l’occupation militaire américaine du continent européen.
Maintenir l’Europe sous tutelle a toujours été un objectif principal des États-Unis, qu’ils poursuivent encore aujourd’hui.
Il est nécessaire d’insister sur cette dimension historique afin que l’on soit conscient de l’horizon radicalement anti-européen de la politique étrangère américaine. Prenons, par exemple, l’épisode de la naissance de l’euro en 1999. Malgré les critiques répandues contre l’Union européenne et l’euro de la part des souverainistes, on tentait encore parfois d’orienter le projet d’intégration européenne dans une direction qui défierait l’hégémonie économique et financière des États-Unis. Autrement dit, pendant une courte période, on tenta de considérer l’euro comme une possible voie vers la dédollarisation.
Mais juste après la naissance de l’euro, les États-Unis ont lancé une guerre en Europe, bombardant la Serbie sans aucune justification légitime, si ce n’est celle d’écraser les Serbes (alliés historiques de la Russie). L’impact immédiat pour le reste de l’Europe fut un effondrement immédiat de l’euro, car les investisseurs le vendaient pour acheter des dollars, et une baisse significative sur tous les marchés boursiers européens, autrement dit une fuite de capitaux. Un simple dommage collatéral… ou l’intervention en Serbie avait-elle été pensée dès le départ aussi comme un coup contre l’Europe ?
Le moment actuel de tension entre les États-Unis et l’Europe n’est donc pas un simple accroc dans ces relations.
Récapitulons ce qui s’est passé ces dernières années.
Les États-Unis ont convaincu les dirigeants européens d’allumer le feu en Ukraine, avec le Maïdan et la préparation d’une guerre contre la Russie. La réaction russe avec l’opération militaire spéciale a immédiatement entraîné la plus grande vague de sanctions de l’histoire de l’humanité, mais le principal perdant fut l’Europe, qui a perdu l’accès à des sources d’énergie extrêmement bon marché venant de Russie.

L’impact économique fut immédiat, avec une hausse de l’inflation et un ralentissement de l’activité économique. Des pays comme la Bulgarie, la Slovaquie, la Finlande, la République tchèque et la Lituanie ont vu leur PIB diminuer entre 2 et 5 %.
L’attentat contre le gazoduc germano-russe Nord Stream a encore aggravé la situation, en particulier pour l’Allemagne qui, à partir de ce moment, est simplement entrée en récession, avec un PIB en baisse de près de 1% par an jusqu’à la stagnation à partir de 2025. Parallèlement, le secteur industriel allemand s’est réduit, avec une perte d’emplois allant jusqu’à 200.000 unités. Pendant ce temps, bien que l’Allemagne ait réussi à remplacer le gaz russe par du gaz naturel liquéfié, les coûts restent environ 80% plus élevés que le gaz russe, avec des répercussions sur l’économie et les prix.

En d’autres termes, la “locomotive” économique de l’Europe a déraillé. Il s’agit de l’Allemagne même qui, dans la géopolitique classique (que les stratèges atlantistes connaissent très bien), a toujours été considérée comme un allié naturel et complémentaire de la Russie. En effet, depuis au moins 200 ans, l’un des objectifs principaux de la géopolitique atlantiste a été d’empêcher une alliance entre l’Allemagne et la Russie.
Pendant ce temps, très vite, les États-Unis, déjà sous Trump, ont commencé à exercer une pression encore plus forte sur l’Europe, avec la question du Groenland, les droits de douane et les tentatives de faire supporter aux Européens les coûts d’un conflit principalement géré à Washington.
Pour empirer les choses, depuis 2022, les États-Unis ont exercé des pressions pour éliminer tout achat de gaz russe par les Européens. Cet objectif a été pratiquement atteint début 2026. Peu après, les États-Unis ont déclenché une guerre dans le Golfe, provoquant la paralysie de l’industrie pétrolière régionale et une envolée des prix du baril de pétrole. Une grande partie du pétrole, du GNL et de certaines autres matières premières dont dépendait l’économie européenne provenait justement du Golfe…
Si les États-Unis sont les amis de l’Europe, alors l’Europe n’a pas besoin d’ennemis.
Article original : Strategic Culture Foundation
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jeudi, 02 avril 2026
Discours de Trump à l’idiocratie - Une machine de guerre guidée par la décadence et l’illusion

Discours de Trump à l’idiocratie
Une machine de guerre guidée par la décadence et l’illusion
Alexander Douguine
Alexander Douguine sur l’empereur-clown et la machine de guerre délirante.
Trump a prononcé son adresse à la nation. Elle fut brève. Il paraissait pitoyable et brisé. Ses joues étaient tombantes; ses paupières gonflées. Il avait visiblement décliné. Pourtant, en même temps, il menaçait l’Iran de poursuivre la guerre. Le calendrier a changé; il s’agit désormais d'une guerre de plusieurs années. Une opération terrestre est plus que probable, bien que Trump ne l’ait pas encore annoncée ouvertement. Pour l’instant, utilisant presque exactement les mêmes mots qu’Hillary Clinton avait employés à propos de la Libye, il a promis de «bombarder l’Iran pour le ramener à l’âge de pierre, là où il doit rester». Il est difficile de dire à quel «âge» appartient la civilisation de Jeffrey Epstein, surtout puisque, en Occident, les grandes époques et périodes de déclin total semblent avoir été confondues et ré-interprétées. Pire, ce que nous observons aujourd’hui ressemble à une idiocratie.
Les commentaires sur le discours de Trump sur les réseaux sociaux sont en grande majorité moqueurs, sarcastiques et négatifs, à l’exception de tentatives désespérées de bots cherchant à atténuer ce fiasco épique, répétant des louanges identiques et maladroitement formulées.

La très grande majorité des anciens partisans de Trump déclarent ouvertement que «le vieux a perdu la tête» («il n’est plus là»). De courtes vidéos comparant Trump à Boris Eltsine — présentant Trump comme une honte pour l’Amérique et Eltsine comme une honte pour la Russie — apparaissent de plus en plus souvent; dans ces vidéos, les deux semblent danser et gesticuler. Au passage, il faut reconnaître à Trump qu’il ne boit pas d’alcool. Seulement du Coca Light. Ses vices sont d’une autre nature. Beaucoup aux États-Unis sont convaincus que, ayant été pris dans les rets d'Epstein et des services secrets israéliens, il est devenu victime d'un chantage et a ainsi lancé la guerre contre l’Iran, qu’il est désormais forcé de poursuivre contre toute logique, malgré l’absence totale de tout désir de combattre parmi le public américain.
Trump a également déclaré que la santé, le coût de la vie et la sécurité alimentaire ne sont pas ses préoccupations. Sa préoccupation, c’est la guerre. Voilà ce que dit ce «président du monde entier».
Il a été élu sur des promesses strictement opposées.
En résumé, le discours de Trump équivaut à un fiasco politique et psychologique complet sur fond d’escalade vers une grande guerre. Cela ressemble de plus en plus à une Troisième Guerre mondiale.
Les États-Unis (représentés par Trump seul et le groupe de fanatiques sionistes qui l’entourent) cherchent à mener une guerre pour Israël contre l’Iran, tandis que les dirigeants européens concentrent leurs efforts contre la Russie. L’OTAN est fracturée, mais la paix semble avoir été oubliée par presque toutes les parties de l’Occident collectif, aujourd'hui fissuré, sinon brisé.
Que nous le voulions ou non, nous, Russes, sommes aussi, des participants à cette guerre mondiale — sur notre front ukrainien.
Dans une guerre à grande échelle, il ne faut jamais sous-estimer l’adversaire, aussi pitoyable qu’il puisse parfois paraître. Il faut augmenter sa propre force rapidement et par tous les moyens. Aussi dégradé que puisse paraître Trump lui-même, les États-Unis restent une puissance militaire redoutable. Et les pays européens de l’OTAN restent un adversaire assez sérieux. Par conséquent, pour la Russie, malgré toutes nos intentions pacifiques, il n’y a pas d’autre option que de combattre — de vraiment combattre, pas à moitié. Nos ennemis (si ce ne sont pas ceux-ci, ce seront d’autres) ont l’intention de mener la guerre longtemps et avec une grande férocité, y compris contre nous. Cela ne peut être ignoré, et tout discours ou rêve de paix doit être reporté à un futur indéfini.
Paix ou guerre, paix ou guerre, paix ou guerre ? Guerre ! Liberté ou mort, liberté ou mort, liberté ou mort ? Guerre !
— Egor Letov
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mercredi, 01 avril 2026
L’Occident n’exporte pas la démocratie, mais la destruction

L’Occident n’exporte pas la démocratie, mais la destruction
Sacha Vliegen
Source: https://www.feniksvlaanderen.be/blog/3095580_het-westen-e...
L’Occident aime se raconter une story héroïque. Lorsqu’il intervient, occupe, bombarde, impose des sanctions ou soutient des changements de régime, il prétend ne pas agir par soif de pouvoir mais par vocation morale. Il ne construirait plus d’empires, mais répandrait la liberté. Il ne mènerait pas de lutte civilisationnelle, mais protégerait les droits de l’homme. Il ne sèmerait pas le chaos, mais établirait des institutions. Le mantra classique est bien connu: nous n’apportons pas la domination, nous apportons la démocratie.
C’est précisément là que réside le plus grand mensonge de notre époque. Aujourd’hui, l’Occident n’exporte pas la démocratie, mais le vide. Il n’exporte pas la maturité politique, mais la décomposition de l’État. Non l’ordre, mais la dissolution. Derrière le discours solennel sur la liberté se cache rarement une communauté concrète qui se comprend avec mesure; ce qui s’impose, c’est plutôt un modèle civilisationnel déraciné qui extériorise sa propre crise intérieure. La démocratie libérale n’apparaît pas dans ce contexte comme une forme de gouvernement modeste parmi d’autres possibles, mais comme une utopie universelle à imposer à l’humanité. C’est précisément pour cela qu’elle devient destructrice.

Comment l’Occident en est venu à se comprendre comme moderne
Le cœur du problème va plus loin que la seule politique étrangère. On ne peut comprendre l’agression de l’Occident contre des entités extérieures à lui sans pénétrer sa métaphysique interne. L’Occident, dans sa compréhension moderne de lui-même, n’est pas simplement Athènes, Rome, le christianisme ou la cathédrale gothique. Dès qu’il commence à se considérer comme « Occident » au sens idéologique contemporain, il apparaît surtout comme un projet moderne: une civilisation qui se comprend à partir de la raison, du contrôle, de l’universalité abstraite et du primat de l’individu. Ce n’est qu’à partir de la modernité, et de façon accentuée depuis les Lumières, que l’homme se perçoit de plus en plus comme un sujet autonome, précédant ses liens, son histoire et sa place. Il n’est plus intégré dans un ordre qu’il reçoit; il devient une volonté qui se conçoit elle-même.

Cette image moderne de soi est bien plus radicale qu’on ne l’admet généralement. Elle ne signifie pas seulement que l’homme possède des droits. Elle implique qu’il est pensé politiquement d’abord comme individu détaché, et seulement ensuite comme membre d’une communauté. La nation devient alors secondaire. La religion, préférence privée. La tradition, folklore. L’histoire, matériau. Le lieu, interchangeable. Même le corps devient, à l’époque postmoderne, un objet malléable. L’homme libéral paraît soi-disant libéré, mais en réalité il est débarrassé de toute forme supérieure qui le limite, le forme et l’oriente.
C’est là que l’apport d’Inventing the Individual est précieux. Ce que ce livre de Larry Siedentop révèle involontairement, c’est que l’idée occidentale de la personne n’est pas née de nulle part, ni uniquement des Lumières françaises. L’individualisme moderne vit sur un capital moral plus ancien qu’il n’a pas lui-même généré. La dignité de la personne, l’âme égale, la gravité morale de chaque être humain: tout cela s’est développé historiquement dans un long lit chrétien.
L’idéologie libérale contemporaine agit pourtant comme si elle était le point final de l’histoire et pouvait subsister sans racines métaphysiques ou religieuses. Ainsi, elle réduit la personne à l’individu, la communauté au contrat, et la liberté au choix. Ce qui était encore enraciné dans un ordre moral est alors ramené à une procédure.
Le prix du déracinement
Cela entraîne un glissement fatal. Une civilisation qui comprend l’homme principalement comme porteur de droits et de désirs, mais non plus comme héritier, fils, père, citoyen, gardien de traditions et participant à une forme historique précise, mine inévitablement sa propre substance. On retrouve alors précisément les symptômes que les penseurs conservateurs désignent depuis longtemps: décadence, épuisement démographique, perte de sens, solitude massive, addiction à la consommation, vide spirituel et une incapacité croissante à distinguer liberté et errance. Ce que le discours officiel appelle émancipation, devient souvent dans l’expérience quotidienne un abandon.
Une société qui veut d’abord « libérer » l’homme de la famille, de la tradition, de la religion, de la nation et du sexe, ne le libère pas pour l'amener vers un niveau de maturité supérieure, mais vers une plus grande manipulabilité. L’homme qui n’appartient plus à rien ne devient pas souverain, mais contrôlable. Il devient vulnérable aux logiques du marché, à l’idéologie thérapeutique, à la technocratie et aux modes morales. Il possède peut-être plus de choix, mais moins de forme. Plus de stimulations, mais moins de direction. Plus de confort, mais moins de monde.
La réflexion touche ici à ce que Heidegger n’a besoin de mentionner qu’une ou deux fois pour clarifier le propos. La modernité comprend de plus en plus la réalité selon l’utilité, la faisabilité et la disponibilité. L’étant n’apparaît plus comme quelque chose qui nous précède et à quoi nous devons nous rapporter, mais comme un matériau à ordonner, calculer et exploiter.
En ce sens, la pensée occidentale est devenue univoque, une « monorailité » de technique, de morale et de pouvoir. Cette univoque n’affecte pas seulement l’économie ou la science ; elle touche aussi la politique étrangère. Celui qui comprend le monde uniquement comme un problème à résoudre par des schémas universels ne voit plus les peuples comme des réalités historiques, mais comme des obstacles, des dossiers à traiter ou des projets de transition.
Du vide intérieur à l’agression extérieure
Nous arrivons ainsi à l’exportation de la démocratie. Ces dernières décennies, Washington surtout a persévéré avec un zèle quasi religieux à affirmer que la liberté n’est pas seulement une forme de régime propre, mais une mission. On parlait ouvertement d’une « forward strategy of freedom », de la réforme du Moyen-Orient, de la transformation de sociétés prétendument en retard dans l’histoire.

En pratique, cela signifiait rarement la formation sur bases organiques d’un peuple politique. Cela signifiait intervention, désorganisation, guerre civile, escalade sectaire, flux massif de réfugiés et institutionnalisation du chaos. L’Irak n’a pas été libéré, mais brisé. La Libye n’a pas été démocratisée, mais démantelée. La Syrie n’a pas été sauvée, mais transformée en champ de bataille par procuration. L’Afghanistan, après vingt ans d’occupation, a été rendu exactement aux forces que l’on croyait avoir vaincues.
Ce n’est ni un hasard ni une série de malheureuses erreurs. C’est structurel. La démocratie n’est pas un logiciel que l’on peut installer militairement. Elle suppose confiance, médiations, tradition juridique, habitudes, loyautés, sacrifices et une compréhension partagée du bien. Quand on ignore ce fond historique et pense que les élections, les ONG et les campagnes médiatiques suffisent à légitimer un régime, il ne se forme pas de démocratie, mais une simulation. Ce qu’on exporte alors, c’est une coquille administrative sans âme. Dès que la puissance occupante part ou que la source d’argent se tarit, il ne reste que des ruines.
La tragédie est que l’Occident continue de présenter ces marques de destruction comme l'expression d'une supériorité morale. Il bombarde tout en parlant de droits. Il sanctionne des populations entières et appelle cela une pression sur les régimes. Il détruit des infrastructures et appelle cela une stabilisation. Il arme des mandataires et appelle cela une responsabilité internationale. L’hypocrisie est devenue si totale que l’Occident ne peut se maintenir moralement qu’en occultant systématiquement les conséquences de ses actes.
Même dans la froide sphère du réalisme, une accusation dévastatrice s’élève désormais. John Mearsheimer, qui n’est certainement pas un mystique mais un penseur du pouvoir pragmatique, a évoqué publiquement des dizaines de millions de morts dus à la politique de sanctions et d’intervention américaine.
Pour les États-Unis seulement, il avance le chiffre de 38 millions de morts pour la période 1971–2021. Il n’est pas nécessaire de dogmatiser ce chiffre pour saisir l’essentiel: le coût humain de l’impérialisme moral n’est pas un phénomène marginal, mais son vrai contenu. Même ceux qui trouvent ce chiffre exagéré aboutissent à des millions. Il ne s’agit donc pas d’excès, mais d’un schéma civilisationnel.
Ce qui s’épuise sur le plan intérieur devient agressif sur le plan extérieur. C’est peut-être la loi la plus profonde de l’Occident actuel. Une civilisation qui ne sait plus pourquoi elle vit devient d’autant plus prescriptive envers la façon dont les autres doivent vivre. Puisqu’elle refuse de voir sa propre crise, elle projette sa norme sur le reste du monde. Ainsi, le nihilisme intérieur se transforme en missionarisme extérieur.
On n’arrive plus à susciter l’esprit communautaire à Paris, Londres, Bruxelles ou New York, mais on croit pouvoir remodeler des régions entières selon le modèle de l’État de droit et du marché. On a vidé chez soi la substance du politique, mais on continue à parler ailleurs comme si on incarnait le point final moral de l’humanité.
États-projets et pouvoir déraciné
Cela nous amène à la question des formes de civilisation qui montrent aujourd’hui le plus clairement ce qu’un projet moderne déraciné peut produire. Les États-Unis et Israël ne sont pas identiques, et il serait intellectuellement simpliste de les assimiler. Pourtant, ils partagent une parenté qu’on ne peut ignorer. Ces deux États portent nettement le caractère d’un projet idéologique: définis politiquement, investis d’une mission, orientés technologiquement et constamment justifiés par un appel à l’exceptionnalité. Dans les deux cas, la société n’est pas seulement issue d’une continuité historique lentement consolidée, mais aussi façonnée par la colonisation, la mobilisation, la sécurité et une vision d’avenir. Cela accroît leur énergie politique, mais aussi leur danger.

Israël montre aujourd’hui, d’une manière saisissante, ce qu’une construction historique artificielle peut engendrer lorsqu’elle s'exprime uniquement par la menace, la notion d’élection divine et la supériorité technique. Là où une civilisation enracinée reste limitée par la tragédie de son héritage, un État-projet considère l’histoire comme un mandat. Gaza n’en est pas l’exception, mais le point culminant. Lorsqu’un ordre politique se déclare moralement absolu et place son adversaire hors de la pleine réciprocité, la destruction devient presque naturellement un moyen acceptable. L’autre n’est plus un voisin, un rival ou même un ennemi au sens classique, mais une perturbation à neutraliser.

C’est précisément pourquoi l’Occident, sous sa forme actuelle, est si dangereux pour le monde. Une culture déracinée n’est pas simplement faible. Elle est souvent très efficace dans la violence, car elle ne limite plus sa violence par une forme plus élevée de connaissance de soi. Elle dispose de technologie, de capital, de propagande, de satellites, de régimes de sanctions, de drones et de médias mondiaux. Ce qui lui manque, c’est la mesure. Et là où la mesure manque, le pouvoir devient destructeur.
Pour Israël, c’est une version condensée. On y voit aussi comment une société qui se définit principalement par le souci de la sécurité, la persistance de la mémoire et la mobilisation permanente en arrive à un appauvrissement moral. Lorsque la légitimité historique est entièrement absorbée par la défiance existentielle, il ne reste qu’une politique qui est certes très technologique, mais n'est pas sage; puissante, mais non grande. Que John Mearsheimer parle désormais ouvertement de génocide à Gaza n’est pas simplement de la polémique. C’est le signe que même dans l’analyse stratégique classique, la limite du défendable a été franchie.

De l’autre côté de l’océan, les États-Unis montrent la même logique à plus grande échelle. Là aussi, l’ordre politique est fortement orienté vers les principes abstraits, les procédures, l’universalité idéologique et l’expansion d’un modèle. La république américaine possédait autrefois des traces de vertu locale, de gravité religieuse et de retenue constitutionnelle. Mais la phase impériale a largement annulé ces limitations. Ce qui reste, c’est une civilisation à la fois didactique moralement et imprudente stratégiquement: elle prêche les droits et produit des ruines, elle déclare la paix et exporte la guerre.
C’est là que réside le plus grand danger pour l’avenir. Le déclin de la puissance mondiale occidentale ne signifie pas automatiquement que le monde sera plus calme. Au contraire. Les hégémonies déclinantes sont souvent plus dangereuses que les hégémonies sûres d’elles-mêmes. Celui qui sent son primat s’effriter se tourne plus vite vers les sanctions, l’escalade, les guerres par procuration et les démonstrations ultimes de force. C’est précisément la phase dans laquelle nous nous trouvons. Le monde devient multipolaire, mais l’Occident se comporte toujours comme s’il détenait le monopole de la légitimité. Ainsi, il pourra, tout en s’affaiblissant, encore détruire beaucoup.
Vers un réalisme qui limite les dégâts
La conclusion nécessaire est donc dure mais simple. L’Occident doit abandonner son arrogance morale. Il doit cesser de se considérer comme le tuteur pédagogique de l’humanité. Il doit enfin reconnaître que les rêves libéraux de démocratisation universelle se sont révélés non seulement naïfs, mais mortels. Cela ne requiert pas du cynisme, mais une humanité retrouvée. Tous les régimes n’ont pas à devenir pareils aux nôtres. Toutes les civilisations ne veulent pas de notre anthropologie. Toutes les crises n’appellent pas à intervention. Tous les ennemis ne peuvent être rééduqués. La politique commence là où l’on réapprend à penser en termes de frontières, de relations, de tragédie et de conséquences.

Ce dont nous avons besoin aujourd’hui, ce n’est pas une nouvelle croisade pour les valeurs, mais une éthique civilisationnelle de retenue. Pas un universalisme abstrait qui veut imposer partout le même moule, mais un réalisme tragique qui prend au sérieux la pluralité des peuples et des formes historiques. Pas exporter la démocratie, mais limiter les destructions. Pas la croyance en la fin de l’histoire, mais la préparation à un ordre mondial différent où l’Occident ne dicte plus le catéchisme de l’humanité.
Ce n’est qu’alors qu’il pourra retrouver une part de sa dignité. Non pas en rêvant à nouveau à l’hégémonie, mais en renonçant à l’illusion de pouvoir se recréer lui-même et le monde selon un seul modèle. La première étape vers le renouveau n’est donc pas le triomphe, mais un travail de démasquage. L’Occident n’exporte pas la démocratie. Tant qu’il s'exprime dans sa forme actuelle, il exporte surtout le déracinement, le chaos et la mort.
Celui qui veut vraiment agir humainement pendant la période de transition à venir doit penser moins en termes de supériorité morale et plus en termes de limitation concrète des dégâts. La question n’est plus de savoir comment faire en sorte que le monde soit encore plus occidental. La question est de savoir comment empêcher une hégémonie en déclin d’entraîner encore des régions entières dans sa propre décomposition. C’est là que commence la seule gravitas qui reste crédible aujourd’hui.
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Israël, Trump et le piège iranien : la guerre dont on ne peut plus sortir élégamment

Israël, Trump et le piège iranien: la guerre dont on ne peut plus sortir élégamment
Elena Fritz
Source: https://t.me/global_affairs_byelena#
Selon la narration du New York Times (https://www.nytimes.com/2026/03/22/us/politics/iran-israe...), Israël aurait présenté à Washington un scénario d’effondrement rapide du front intérieur en Iran, créant ainsi exactement cette attente nécessaire à l’entrée en guerre des États-Unis. Selon ce plan: éliminer des membres de la direction iranienne, mener des opérations de renseignement, activer des réseaux d’opposition, provoquer des troubles et faire tomber le système de l’intérieur. Un modèle classique de changement de régime. Mais comme souvent, une fois de plus, il faut bioen constater que le désir de provoquer un soulèvement n’est pas synonyme de soulèvement lui-même.
Trois semaines après le début des hostilités, le résultat est décevant. Le système iranien est peut-être affaibli, mais il tient bon. Et c’est précisément ce point que les acteurs extérieurs sous-estiment régulièrement: un État ne s’effondre pas parce que ses adversaires souhaitent sa chute, mais seulement lorsque sa capacité de contrôle interne se désagrège réellement. Ce qui ne s’est manifestement pas produit en Iran.
Cela offre une autre perspective. Si l’on suppose que le plan conjoint américano-israélien visait réellement un renversement rapide, alors ce plan a échoué. Mais si l’on regarde de plus près, il est possible que l’objectif de Washington ne soit pas identique à celui d’Israël. En effet, du point de vue israélien, le problème crucial depuis la phase de la guerre de 12 jours en 2025 était clair: Israël ne peut pas seul renverser l’Iran ni mener une longue guerre d’usure contre lui. Avec les États-Unis à bord, la donne serait différente.

C’est ici que réside le cœur du problème: pour Tel-Aviv, le succès n’a peut-être jamais consisté principalement à déstabiliser immédiatement l’Iran, mais à engager profondément les États-Unis dans le conflit. Et à cet égard, l’objectif serait considéré comme atteint. En effet, une fois que les États-Unis s’engagent politiquement, militairement et symboliquement dans un tel conflit, la logique dangereuse de l’escalade commence. Si le premier plan échoue, le second suit. Et si celui-ci rate aussi, on en rajoute encore. Car le retrait devient de plus en plus coûteux.
C’est le véritable dilemme des Américains : ils ne peuvent pas entrer dans une guerre à volonté puis en sortir sans conséquence. Chaque retrait visible nuit à leur crédibilité, à leur dissuasion et à leur influence mondiale. C’est pourquoi, justement, les conflits initialement présentés comme courts, limités et maîtrisables deviennent si souvent des pièges stratégiques.
Trump aurait difficilement admis en public avoir été entraîné dans une telle dynamique. D’autant plus que Washington poursuit bien sûr ses propres intérêts. Il ne s’agit pas seulement d’objectifs de puissance au Moyen-Orient, mais aussi d’effets géoéconomiques. Un conflit prolongé avec l’Iran crée de l’insécurité énergétique, exerce une pression sur les prix et impose de nouvelles charges à l’Europe — c’est-à-dire précisément dans cette zone déjà structurellement vulnérable.
La véritable conclusion est donc la suivante : ce n’est pas l’attaque militaire en soi qui est décisive, mais la modification de la configuration stratégique. Israël a partiellement compensé sa faiblesse centrale — son incapacité à mener une longue opération en solo contre l’Iran — en impliquant plus profondément les États-Unis dans le conflit. Washington, de son côté, fait face au problème classique de toute grande puissance : il voulait influencer la situation, mais pourrait désormais être entraîné par la dynamique même de la guerre.
Ainsi, l’absence de révolution en Iran n’est pas seulement l’échec d’un plan. C’est le moment où l’on voit clairement ce qui comptait vraiment dès le départ : non pas un renversement rapide, mais la création d’une situation dans laquelle l’Amérique ne peut plus simplement arrêter la guerre.
En conclusion : jusqu’à présent, la guerre ne suit pas le scénario officiellement présenté. Mais c’est précisément pour cette raison qu’elle pourrait réussir pour ceux qui n’ont jamais cru à ce scénario officiel.
#géopolitique@global_affairs_byelena
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mardi, 31 mars 2026
Théologie politique américaine: la Bible comme arme

Théologie politique américaine: la Bible comme arme
par Tomislav Sunic
En ce qui concerne la bombe à retardement qui menace le Moyen-Orient et le Golfe, il est trompeur d’attribuer l’entière responsabilité au président Trump ou au Premier ministre israélien Bibi Netanyahou. De nombreux experts du Moyen-Orient négligent un facteur important: la mission que se donnent les Américains, inspirés par la Bible, qui remonte à plus d'un siècle et vise à régénérer le monde — et qui s'applique aujourd’hui en Iran. Cette mentalité messianique éclaire la situation actuelle non seulement au Moyen-Orient, mais aussi au sein de l’UE et de la classe politique américaine.
Les premiers colons américains se considéraient comme des dissidents oints par Dieu, et leur nouvelle patrie comme un don du dieu juif Yahweh. L’Amérique était présentée comme un nouvel Israël — une Terre promise, un nouveau Canaan pour son peuple élu. Les pèlerins, les colons, et plus tard même les politiciens sécularisés se réclamant des Lumières — tous se considéraient comme un peuple élu qui avait laissé derrière lui une Europe malade, corrompue et déchirée par les conflits tribaux. On pourrait citer le sociologue allemand Werner Sombart dans son ouvrage Les Juifs et le capitalisme moderne (1913, p. 44) :
« Ce que nous appelons l’américanisme n’est rien d’autre, si l’on peut dire, que l’esprit juif distillé. »
L’attaque américaine contre l’Iran n’est que la suite logique de cette théologie politique élargie visant à refaire le monde à l’image de l’Amérique. Cette politique inspirée de la Bible, qui frappe aujourd’hui l'Iran, repose sur des idées empruntées à la pensée juive primitive. Les notions de « Cité sur la colline », de « pays de Dieu » et de « Destinée manifeste » s’inspirent toutes de l’Ancien Testament.
L’idée biblique de prédestination a servi aux premiers colons de tremplin pour leur propre conception de l’unicité démocratique. La terre d’Israël biblique était destinée à servir de matrice idéologico-théologique à la vision américaine de la Terre promise, et doit donc être protégé militairement à tout prix aujourd’hui. De plus, pour des millions de chrétiens, la seconde venue de Jésus n’aura pas lieu dans un village des Ozarks ou dans l’arrière-pays croate de Medjugorje, mais uniquement dans la Jérusalem juive.

Différentes variantes de cette envie d’« améliorer » le monde, inspirée par la Bible, sont depuis longtemps au cœur de la politique étrangère américaine, même lorsqu’elles sont habillées d’un langage laïc. Ces impulsions œcuméniques se présentent désormais sous des étiquettes libérales et communistes telles que les droits de l’homme, la lutte contre le mal, la droiture morale, la tolérance et le multiculturalisme.
Les Juifs modernes sont les derniers à blâmer ici, étant donné que des millions de sionistes chrétiens tentent de dépasser et de « surpasser les Juifs » — aspirant, à leur tour, à se transformer en « véritable Israël » (verus Israel). La mentalité chrétienne monothéiste d’amour-haine vis-à-vis des Juifs peut être décrite comme une sorte de névrose. Elle est liée à un système théologique — puis idéologique — qui présuppose une vérité unique tout en excluant toutes les autres. Un système fondé sur un seul dieu jaloux doit, par définition, rejeter tous les autres dieux concurrents — et toutes les vérités rivales.

La guerre contre l’Iran s’inscrit dans le sillage de cette auto-élection politique et de cette exclusion théologique de l’Autre, telles qu’elles sont déjà énoncées dans l’Ancien Testament juif. D’où la diabolisation récurrente des opposants politiques ou religieux dans la politique étrangère américaine: d’abord les Indiens, puis les proverbiaux « nazis » allemands « païens », ensuite les « diaboliques » communistes athées, et plus récemment les « diaboliques » islamistes en Iran. Tous ont été présentés comme des sous-humains ou des terroristes. Et avec les terroristes, bien sûr, on ne négocie pas — ils doivent être éliminés ou, à défaut, rééduqués.
C’est presque un truisme que l’UE fasse profil bas concernant le lien politico-théologique entre les États-Unis et Israël: l’Europe fonctionne comme un vassal américain depuis quatre-vingts ans. L’exemple le plus visible de cette déférence se trouve dans le comportement des politiciens allemands, qui émettent parfois de légères critiques à l’égard des engagements militaires américains, mais ne s’aventurent jamais à critiquer Israël — et encore moins à faire des déclarations critiques sur les Israéliens. L’ancienne chancelière Angela Merkel, en mars 2008, a déclaré dans son discours à la Knesset israélienne :
« Chaque gouvernement fédéral et chaque chancelier avant moi se sont engagés à assumer la responsabilité historique particulière de l’Allemagne envers la sécurité d’Israël. Cette responsabilité historique de l’Allemagne fait partie de la raison d’État (Staatsräson) de mon pays. Cela signifie que la sécurité d’Israël n’est jamais négociable pour moi en tant que chancelière allemande. »
L’Allemagne se distingue comme l’exemple le plus grotesque de cette mimique masochiste. La politique allemande actuelle vis-à-vis de l’engagement militaire américain en Iran évite soigneusement toute critique d’Israël. Craignant d’être qualifiés de fascistes, les politiciens européens sont censés continuer à multiplier les mea culpa antifascistes — sur ordre, pour ainsi dire, de Washington, D.C. et de Tel-Aviv. Dans le même esprit, et dans le cadre de ce que l’on pourrait appeler une politique d’« expiation de l’homme blanc », l’Allemagne et l’ensemble de l’UE sont censés accueillir des réfugiés dits non blancs, tout en mettant constamment en avant leur rôle de « nations coupables » (Tätervolk) historiquement malfaisantes.
La posture conciliante de la classe dirigeante de l’UE face à l’engagement militaire des États-Unis et d’Israël trouve des racines plus profondes. Peu après la Seconde Guerre mondiale, le cercle de réflexion d’obédience néo-communiste connu sous le nom d’École de Francfort — dont de nombreux membres étaient d’origine juive — a joué un rôle clé dans la formation de la nouvelle culture crypto-communiste européenne.
Des vagues de psychanalystes freudo-marxiens américains, majoritairement orientés à gauche et devenus professeurs titulaires, ont afflué en Europe après la guerre, cherchant à remodeler l’esprit européen. À leurs côtés sont arrivés une multitude de prédicateurs hyper-moralistes, inspirés de la Bible, désireux d’imposer le modèle américain de démocratie à la vie publique européenne.
Après les tueries israéliennes à Gaza, la situation pourrait rapidement devenir difficile pour l’identité juive et ses soutiens aux États-Unis. Une sorte de dialectique négative s’est installée. La gauche et les milieux Antifa — contrairement à une droite quasi neutralisée — ont commencé à attaquer Israël et son lobby en des termes de plus en plus durs. Ce n’est guère surprenant. En effet, la gauche, tant aux États-Unis qu’au sein de l’UE, et son acolyte turbulent qu'est le mouvement Antifa, disposent désormais de plus d’espace pour critiquer Israël. Il est difficile de les taxer d’antisémitisme, étant donné qu’ils ont historiquement été influencés par un nombre important d’intellectuels freudo-marxiens.
L’héritage gauchiste se retourne à présent contre ses parrains. Les militants de droite et les nationalistes blancs, quant à eux, ne peuvent pas se permettre ce luxe. Soupçonnés depuis longtemps d’antisémitisme, ils se transforment de plus en plus en caméléons d'Esope — beaucoup redoublent de faux philo-sémitisme, et certains hommes politiques de droite organisent des pèlerinages rituels au Mur des Lamentations à Jérusalem.
Les élites politiques allemandes, pour leur part, tout en mimant le lien américano-israélien, sont allées encore plus loin. Dans leur zèle à afficher des références démocratiques antifascistes et à signaler leur obéissance à Israël, elles rappellent le personnage de la ballade de Goethe, L’Apprenti sorcier. Le jeune apprenti, désireux de se mettre en avant, décide d’imiter les talents de son maître dans la manipulation du balai magique, libérant finalement des forces qu’il ne peut contrôler, causant ainsi sa propre perte:
Balai, ne pourrais-je jamais te calmer ?
Je vais t’attraper,
Te tenir et te frapper,
Et ton vieux bois
Je vais le briser—
Avec une hache bien aiguisée, je te fendrai !

La bonne nouvelle, c’est que le langage public dans l’UE et aux États-Unis, après la frappe conjointe israélo-américaine contre l’Iran, est de moins en moins contraint par les normes woke et politiquement correctes. Aux yeux des grands médias, même des intellectuels autrefois qualifiés de radicaux de droite expriment désormais une critique ouverte d’Israël — chose inimaginable il y a encore quelques années.
Cependant, la mainmise sur la liberté d’expression et la recherche académique demeure. Le président Trump, malgré ses initiatives notables pour démanteler l’agenda DEI inspiré par le communisme et pour dénoncer les élites européennes quant à leur contrôle de la pensée, a probablement été contraint de conclure un accord avec le lobby israélien intérieur, qui l’a poussé dans la campagne malheureuse contre l’Iran.
Contrairement à une croyance largement répandue, la complaisance politique envers Israël — y compris ses compagnons de route parmi des millions de chrétiens fervents attendant l’apparition de Jésus — n’est pas le fruit d’une idéologie violente imposée par une poignée de conspirateurs juifs. En réalité, de longs sentiments de culpabilité inspirés par la Bible avaient déjà créé un terrain fertile pour l’érosion de la liberté de pensée.
Associée à l’illusion d’une croissance capitaliste sans fin, et à l’œcuménisme chrétien du « aime ton prochain non blanc », une croyance s’est installée selon laquelle tout finirait par s’arranger. Ce ne sera pas le cas. Au fond, l’esprit du renoncement chrétien équivaut à une perte de l’Esprit lui-même.
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dimanche, 29 mars 2026
Guerre d’Iran: le front intérieur du Seigneur

Guerre d’Iran: le front intérieur du Seigneur
USA: Des sionistes chrétiens dans l’esprit de la fin des temps se préparent pour la bataille finale contre «Magog» et les «Perses»
Par Susann Witt-Stahl
Source: https://www.jungewelt.de/artikel/520148.iran-krieg-heimat...
Une mer de versets bibliques et de kitsch évangélique inonde actuellement les réseaux sociaux américains. «Le Seigneur ordonne à ses anges de veiller sur eux dans toutes leurs voies», lit-on dans une publication Instagram accompagnée d’une image montrant des soldats en prière, avec la bannière étoilée, des chars et des avions, survolés par une escouade de chevaliers blancs ailés. Andy Ogles, député républicain à la Chambre des représentants du Tennessee, a publié une vidéo générée par IA où il apparaît avec le ministre de la guerre Pete Hegseth et le ministre des affaires étrangères Marco Rubio, tous trois en armures de croisés devant la Maison-Blanche, avec ces mots: «C’est une bataille entre le bien et le mal».

Cercles bibliques, téléprédicateurs, influenceurs chrétiens sur Internet – le "front intérieur du Seigneur" prépare spirituellement la population à la bataille finale contre les démons de Téhéran, mais aussi pour renforcer l’idée de transformer les États-Unis en une théocratie chrétienne.

Selon les estimations, 60 à 80 millions d’Américains sont adeptes de la foi évangélique – une tendance à la hausse. Des associations comme la National Association of Evangelicals, la Faith and Freedom Coalition, mais surtout les sionistes chrétiens de Christians United for Israel (CUFI), qui revendiquent environ dix millions de membres (dont Hegseth, Mike Huckabee, l’ambassadeur américain en Israël et l’ambassadeur américain à l’ONU Mike Waltz), mobilisent comme la plus grande organisation pro-israélienne des États-Unis.
Le CUFI a investi ces dernières années des millions de dollars dans le lobbying pour obtenir du Congrès plus de sanctions contre l’Iran et une approche plus dure envers le Hezbollah, le Hamas, Ansarollah et d’autres ennemis d’Israël. Ils investissent aussi dans la construction illégale de colonies en Cisjordanie. Leur objectif est d’établir un Grand Israël, allant du Nil à l’Euphrate, et finalement de construire un troisième temple à Jérusalem pour provoquer l’Apocalypse avec le retour de Jésus, ce qui finirait par jeter les Juifs en enfer ou les forcer à se convertir au christianisme. Paula White-Caine, responsable du « bureau de la foi » du président américain, est aussi une sioniste chrétienne ; elle a organisé le 5 mars la prière des dirigeants évangéliques avec Donald Trump dans le Bureau ovale pour solliciter l’aide divine dans la guerre contre l’Iran.

La République islamique est, pour les sionistes chrétiens, un acteur majeur des prophéties de la fin des temps. Dimanche, après le début de la guerre contre l’Iran, le fondateur du CUFI, John Hagee (à son insistance, l’ambassade américaine avait été déplacée de Tel Aviv à Jérusalem en 2018) a loué dans son sermon la «brillante exécution» de «l’Opération Epic Fury». Le pasteur évangélique Greg Laurie a rappelé à sa communauté la semaine dernière la prédiction biblique selon laquelle « dans les derniers jours, une grande coalition venue du nord – comprenant la Perse, l’Iran actuel – se lèvera contre Israël, voir Ézéchiel 38/39 ». Laurie, qui est aumônier de la police et dont les services en ligne atteignent en moyenne 100.000 spectateurs, faisait partie des responsables religieux sélectionnés par Donald Trump lors de sa première investiture en 2017 pour participer au service national de prière. Il lance des « appels au réveil », invitant à se préparer pour la venue imminente du Seigneur. Mais, avant cela, Israël deviendrait de plus en plus isolé et une « grande nation » appelée Magog entrerait en guerre, avertit Laurie en citant la Bible. « Cela n’a pas encore eu lieu. De nombreux chercheurs pensent que Magog désigne la Russie actuelle. Je partage cet avis. »
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jeudi, 26 mars 2026
Les États-Unis entreprennent la reconquête de l’Amérique latine («Opération Extermination Totale»)

Les États-Unis entreprennent la reconquête de l’Amérique latine («Opération Extermination Totale»)
Nick Turse
La semaine dernière, un haut responsable du Pentagone a révélé que les guerres américaines dans l’hémisphère occidental s’étendaient et a présenté la dite « Opération Extermination Totale ». Les attaques contre les cartels de la drogue latino-américains ne sont « que le début », a déclaré Joseph Humire, sous-secrétaire intérimaire à la Guerre pour la Défense nationale et les Affaires de sécurité des Amériques, devant les membres du Comité des services armés du Congrès.
Humire (photo) a indiqué que de nombreux autres assauts étaient à prévoir en Amérique latine. Ces déclarations sont intervenues un jour après que le président Donald Trump a de nouveau évoqué l’annexion américaine de Cuba. «Je pense que j’aurai l’honneur de prendre Cuba», a-t-il déclaré la semaine dernière. «Qu’il s’agisse de la libérer ou de la prendre, je crois que je peux en faire ce que je veux».
Humire a annoncé que le Département de la Guerre soutenait «des actions cinétiques bilatérales contre des cibles liées aux cartels le long de la frontière entre la Colombie et l’Équateur». Il faisait référence aux attaques du 3 mars contre des «organisations qualifiées de terroristes» mais non identifiées. «L’effort conjoint, appelé ‘Opération Extermination Totale’, marque le début d’une offensive militaire de l’Équateur contre les organisations criminelles transnationales avec le soutien des États-Unis», a-t-il déclaré.
La campagne américano-équatorienne s’est déjà étendue à la Colombie après le bombardement d’une ferme, ou l’impact d’une bombe par ricochet, le 3 mars, qui a laissé un engin non explosé de 227 kilos dans la zone frontalière colombienne.
Humire a évoqué les « attaques terrestres conjointes » que les États-Unis menaient en Équateur avec «des dispositifs qu’ils n’auraient autrement pas». «Oui, comme l’a dit le président, nous bombardons aussi des narcoterroristes sur le territoire», a écrit le Secrétaire à la Guerre, Pete Hegseth, le 6 mars, en annonçant une nouvelle attaque.
Quelques jours plus tard, dans un rapport sur les pouvoirs de guerre annonçant l’intervention de l’armée américaine dans les hostilités dans ce pays, la Maison-Blanche a informé le Congrès de «l’action militaire menée le 6 mars 2026 contre des installations de narcoterroristes affiliés à une organisation considérée comme terroriste».
Lance du Sud/Southern Spear
Les attaques en Équateur font aussi partie de l’Opération Lance du Sud, et représentent une extension de celle-ci: la campagne illégale de frappes de l’armée américaine contre des embarcations dans la mer des Caraïbes et l’océan Pacifique oriental. Les États-Unis ont mené 46 attaques depuis septembre 2025, détruisant 48 embarcations et causant la mort de près de 160 civils. La dernière attaque, le 19 mars dans l’océan Pacifique, a coûté la vie à deux personnes de plus et fait un survivant. Le gouvernement Trump affirme que ses victimes sont membres d’au moins l’un des 24 cartels et bandes criminelles contre lesquels il prétend être en guerre, mais refuse de les nommer.

Le général Francis Donovan (photo), commandant du Southcom, a déclaré la semaine dernière devant les membres du Congrès que «les attaques de bateaux ne sont pas la solution», mais a laissé entendre une campagne encore plus vaste. «Ce que nous lançons actuellement pourrait être une extension de l’Opération Lance du Sud, mais il s’agit en réalité d’un processus de lutte contre les cartels qui génère une friction systémique totale dans tout ce réseau», a-t-il dit aux membres du Comité des services armés du Sénat. «Je pense que ces attaques cinétiques [par bateaux] n’en sont qu’une petite partie».
Humire n’a pas pu préciser le nombre d’attaques terrestres menées dans près de 20 pays d’Amérique latine et des Caraïbes. «Je n’ai pas de chiffre exact», a-t-il répondu à une question. Mais lorsque Adam Smith lui a demandé si le Département de la Guerre «lancerait beaucoup plus d’attaques terrestres», Humire a répondu: «Oui, Monsieur le député».

La dissuasion contre les narcos
Humire a affirmé que la campagne menée par les États-Unis et l’Équateur «fixait le cadre pour des opérations régionales de dissuasion contre l’infrastructure des cartels dans toute l’Amérique latine et les Caraïbes». Le terme «dissuasion» est devenu un euphémisme populaire au Pentagone pour désigner l’utilisation de frappes létales, contrairement aux efforts antérieurs du gouvernement américain qui consistaient à mobiliser des moyens économiques, diplomatiques et militaires pour convaincre les adversaires d’abandonner une certaine ligne d’action. «La dissuasion a un effet dissuasif sur les narcoterroristes et augmente les risques associés à leurs mouvements», a déclaré Humire.
En janvier, les États-Unis ont attaqué le Venezuela et ont kidnappé Maduro. Maintenant, le pays est gouverné par un régime fantoche. Les procureurs ont préparé une accusation pénale contre la présidente intérimaire vénézuélienne, Delcy Rodríguez, la menaçant de poursuites pour corruption et blanchiment d’argent si elle ne continue pas à obéir aux ordres du gouvernement Trump.

Le gouvernement Trump mène également une opération de changement de régime à Cuba, tentant de renverser le président Miguel Díaz-Canel (photo) comme condition préalable aux négociations entre les États-Unis et le gouvernement de La Havane. Les rumeurs évoquent Raúl Guillermo Rodríguez Castro, petit-fils de l’ancien président cubain Raúl Castro, aujourd'hui âgé de 94 ans. Díaz-Canel a fait référence aux plans américains de «s’emparer du pays» et a déclaré que les États-Unis feraient face à une «résistance imprenable».
«Je contrôle Cuba», a récemment déclaré Trump, soulignant que sa coûteuse guerre de changement de régime au Moyen-Orient est pour le moment prioritaire. «Nous nous occuperons d’abord de l’Iran, avant de passer à Cuba». Trump a imposé un blocus pétrolier à Cuba en janvier, plongeant le pays dans la crise. Le réseau électrique national de l’île s’est déjà effondré trois fois ce mois-ci, avec une panne qui a duré plus de 29 heures.
Nick Turse
Voir également: https://theintercept.com/2026/03/23/trump-operation-total...
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L’UE n’échappe pas à la dépendance – elle ne fait que la remplacer

L’UE n’échappe pas à la dépendance – elle ne fait que la remplacer
Elena Fritz
Source: https://t.me/global_affairs_byelena#
Pendant des années, Bruxelles a reproché à la Russie d’utiliser l’énergie comme instrument de pression géopolitique. Or, un constat évident s’impose aujourd’hui: ce contre quoi on était censé se protéger menace désormais de venir de Washington.
Si l’UE ne ratifie pas l’accord avec les États-Unis, elle risque de se retrouver, précisément au moment d’une nouvelle tension énergétique, sans GNL américain. Le prix politique à payer serait colossal: 15% de droits de douane sur l’ensemble des exportations européennes vers les États-Unis.
Cela révèle la véritable nature du sujet: il n’est pas question de «valeurs», ni de «partenariat», mais d'une puissance qui s'exerce par la dépendance. Celui qui fournit l’énergie influence non seulement les marchés, mais aussi les décisions politiques.
La contradiction fondamentale est évidente:
L’UE voulait se détacher des ressources énergétiques russes pour gagner en souveraineté. En réalité, elle n’a pas gagné une véritable souveraineté dans de nombreux domaines, mais a simplement changé de partenaire pour perpétuer sa dépendance. La dépendance au gaz russe acheminé par pipeline s'est transformée en une dépendance au GNL américain.
Et cette nouvelle dépendance est plus coûteuse à plusieurs égards:
- économiquement, car le GNL est plus cher;
- industriellement, car des prix élevés de l’énergie affaiblissent la compétitivité de l’Europe;
- politiquement, car l’approvisionnement est désormais ouvertement lié à des exigences commerciales.
Les tant vantées «molécules de liberté» se révèlent ainsi être un boulet doré d'ordre géopolitique. L’Europe ne paie pas seulement un prix plus élevé par livraison – elle paie avec sa marge de manœuvre stratégique.
Pour l’Allemagne, la situation est particulièrement sensible. Car ici, dépendance énergétique, orientation vers l’exportation et vulnérabilité industrielle convergent directement. Lorsque la sécurité d’approvisionnement est conditionnée politiquement et que l’exportation est frappée simultanément de droits de douane, il ne s’agit plus d’un fonctionnement normal du marché. L’énergie devient alors une arme, et le commerce un instrument pour imposer la discipline.
La conclusion est inconfortable:
L’Europe n’a pas surmonté la dépendance russe, elle l’a transformée en une dépendance américaine.
Qui, tout simplement, est plus chère.
Qui, tout aussi simplement, est plus instable.
Et politiquement parlant, elle est nettement plus humiliante.
#géopolitique@global_affairs_byelena
19:45 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : gaz naturel, gaz de schiste, énergie, europe, affaires européennes, états-unis, russie |
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mercredi, 25 mars 2026
Guerre d’Iran: Trump a atteint l’objectif de faire dominer les États-Unis sur le marché mondial du GNL

Guerre d’Iran: Trump a atteint l’objectif de faire dominer les États-Unis sur le marché mondial du GNL
La guerre contre l’Iran ne se déroule pas bien pour les États-Unis, mais Trump a tout de même atteint un objectif important. Après la neutralisation d’installations majeures de GNL au Qatar, les États-Unis vont dominer le marché mondial du GNL (gaz naturel liquéfié) dans les prochaines années et pourront exercer une pression et une influence sans précédent sur les économies d’autres pays.
par Anti-Spiegel
Source: https://anti-spiegel.ru/2026/trump-hat-das-ziel-erreicht-...
Lorsque les États-Unis ont publié leur nouvelle stratégie de sécurité nationale à la fin de l’année dernière, mon analyse initiale s’est révélée très juste. Dans cette stratégie, l’Asie – après les continents américains – est la région la plus importante au monde pour Trump, et le pays le plus crucial est bien sûr la Chine, considérée par les États-Unis comme leur principal concurrent.
La stratégie de sécurité de Trump
Cependant, Trump ne souhaite pas une guerre contre la Chine, comme le rêvent de nombreux faucons à Washington. Dans sa stratégie de sécurité, Trump a écrit que la région Indo-Pacifique serait l’un des principaux «champs de bataille géopolitiques», car elle «contribue déjà à près de la moitié du PIB mondial (…) et cette part ne cessera d’augmenter au 21ème siècle». On a laissé la Chine devenir trop puissante et il faut changer de politique, car la Chine représente un défi économique, mais une guerre doit être évitée. La nouvelle stratégie considère donc la Chine avant tout comme un défi économique et réaffirme que Washington «réorientera ses relations économiques avec la République populaire de Chine et accordera la priorité à la réciprocité et à l’équité pour restaurer l’indépendance économique américaine».
En d’autres termes: battre la Chine sur le plan économique est une des principales priorités de Trump en politique étrangère. Et en janvier, j’ai expliqué dans une autre analyse que Trump veut restaurer la domination mondiale des États-Unis via la suprématie sur les marchés énergétiques mondiaux.

Il suffit donc de rassembler ces éléments pour comprendre que, par la guerre contre l’Iran, Trump tente précisément d’atteindre cet objectif. La guerre ne se déroule pas du tout comme prévu pour les États-Unis, mais Trump semble avoir atteint son objectif principal: dominer les marchés du GNL et du pétrole, et affaiblir la Chine à travers les conséquences du conflit.
La domination sur le marché du GNL
Avant la guerre contre l’Iran, les cinq premiers producteurs de GNL étaient: les États-Unis (102 millions de tonnes par an), l’Australie (82 millions de tonnes), le Qatar (77 millions), la Russie (37 millions) et la Malaisie (32 millions). Les États-Unis, l’Australie et le Qatar produisaient ainsi 60% du GNL mondial.
Si le Qatar est complètement hors-jeu, cela représente environ 18% du GNL mondial en moins. Par conséquent, le pouvoir de marché des autres grands acteurs, les États-Unis et l’Australie, augmente, sachant que l’Australie est un allié fidèle des États-Unis. Ces deux pays fourniraient alors ensemble la moitié du GNL mondial, ce qui leur conférerait une puissance de marché inédite.

La Chine a certes diversifié ses importations de pétrole et de gaz, mais une part importante de ses approvisionnements provient toujours du Golfe, notamment du Qatar, qui est un fournisseur clé de GNL. Mais après que les installations de GNL au Qatar ont été gravement touchées par la guerre, il est déjà clair que le Qatar sera incapable de livrer autant de GNL qu’avant, et ce pendant des années, car la réparation des dégâts devrait, selon les experts, durer jusqu’à cinq ans.
La diminution du GNL disponible sur les marchés mondiaux entraînera une forte hausse des prix pendant des années, ce qui posera de sérieux problèmes aux économies importatrices, y compris à la Chine.
En raréfiant le GNL via cette guerre, Trump a mis en œuvre l’un des objectifs de sa stratégie de sécurité: attaquer et affaiblir l’économie chinoise. Ce sera une conséquence inévitable du conflit, car la Russie ne pourra pas compenser le manque – et la Russie ne renoncera évidemment pas à profiter des prix élevés du GNL sur le marché.
De la même manière que la Chine a profité de fortes réductions sur le pétrole russe en raison des sanctions occidentales, la Russie se réjouira de pouvoir vendre son gaz de pipeline et son GNL plus cher à la Chine grâce à la crise énergétique à venir. Pour des raisons politiques, la Chine restera sans doute un client privilégié de la Russie, mais la Russie ne fera pas de cadeaux non plus.
Quelles conséquences pour l’Europe ?
Même si Trump parle de manière très désobligeante de la politique européenne, il n’a ni totalement abandonné ni négligé l’Europe. Pour lui, l’Europe reste un contrepoids à la Russie, et bien sûr un réservoir financier à exploiter.

Il l’a prouvé de manière très claire. Il suffit de se rappeler les 5% du PIB pour la défense imposés à l’OTAN (dont la majeure partie ira à des entreprises américaines), ou encore l’accord commercial qu’il a arraché l’été dernier à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, dans lequel l’UE a supprimé tous les droits de douane sur les produits américains, mais accepté que ses propres produits soient taxés à 15% lors de leur entrée aux États-Unis. Et ainsi de suite: en une seule année, Trump a extorqué autant d’argent à l’UE que peu de présidents américains avant lui en aussi peu de temps.
Et maintenant que des tensions apparaissent en Europe, car l’accord commercial est jugé unilatéral et injuste et que les ambitions de Trump sur le Groenland ne plaisent pas aux Européens, les États-Unis viennent de menacer d’arrêter les livraisons de GNL à l’UE si elle ne ratifie pas l’accord sans modifications.
La politique énergétique de l’UE, dictée par des idéologues fanatiques (désolé, on ne peut pas les qualifier autrement), demeure inchangée: pas d’importations de pétrole ou de gaz russe, préférant imposer des rationnements d’électricité plutôt que d’acheter à Moscou. L’UE s’est ainsi livrée pieds et poings liés à Trump, qui ne manquera pas d’en profiter, comme le montre le chantage actuel sur les livraisons de GNL.
Et il ne faut pas croire qu’un président démocrate changerait la donne, car le plan de rendre l’UE dépendante des États-Unis pour son pétrole et son gaz, afin de mieux la contrôler politiquement, a été poursuivi par tous les présidents américains depuis vingt ans. Il suffit de se rappeler la menace de Biden contre Nord Stream en présence du chancelier Scholz, et le sabotage des gazoducs qui s’ensuivit quelques mois plus tard.
Le succès de Trump, qui pourrait lui coûter cher
Néanmoins, il faut reconnaître que la guerre contre l’Iran ne se déroule pas comme Trump l’avait prévu. Après l’échec de la guerre-éclair et de la décapitation rapide du régime, Trump se retrouve empêtré dans un long conflit, très impopulaire auprès de sa base, car il avait promis le contraire en campagne électorale, et parce que les prix de l’essence ont fortement augmenté aux États-Unis, ce qui n’était certainement pas son intention.
Cela n’empêche pas que Trump ait fait un grand pas vers son objectif de dominer les marchés mondiaux du pétrole et du gaz, ce qui constitue un succès pour lui.

La question est maintenant de savoir s’il parviendra à vendre ce succès à ses partisans ou s’ils s’en désintéresseront, «America first» n’étant pour eux pas tant la suprématie mondiale des États-Unis que leur propre niveau de vie, qui souffre des conséquences de la guerre.
Dans cette perspective, le succès de Trump pourrait littéralement lui coûter sa place lors des élections de mi-mandat. Si les démocrates remportent les deux chambres du Congrès, une nouvelle procédure de destitution sera inévitable. Et alors, le nouveau président américain s’appellerait J.D. Vance, ce qui rebattrait de nombreuses cartes.
19:54 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : gnl, gaz de schiste, états-unis, hydrocarbures, iran, qatar, europe, affaires européennes, actualité |
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Agressions voyoucratiques

Agressions voyoucratiques
par Georges Feltin-Tracol
Finies les spéculations oiseuses ! Les masques tombent enfin ! En dépit de quelques frappes inacceptables contre la Syrie néo-baasiste du président Bachar al-Assad sous son premier mandat, Donald Trump exprimait souvent en public sa réticence à toute intervention militaire extérieure. Insensibles au tourbillon MAGA, les responsables du parti républicain d’alors alimentaient cette attitude d’autant qu’ils incarnaient des adultes dans une chambre soumise au bon vouloir d’un garnement plus que gâteux.
Pour son second mandat, Trump a évincé ces « adultes » en faveur de fidèles prêts à suivre leur champion dans toutes les aventures possibles. La nomination de Marco Rubio, néo-conservateur assumé, comme secrétaire d’État en est la première marque. Le choix de changer le département de la Défense en département de la Guerre en est une deuxième. L’enlèvement du président vénézuélien Nicolas Maduro et de son épouse au début de l’année 2026 entérine cette nouvelle disposition d’esprit belliciste !
Le déclenchement simultané des opérations israélienne « Lion rugissant » (détournement du symbole impérial iranien) et étatsunienne « Fureur épique » contre l’Iran ce 28 février 2026 signale le ralliement du trumpisme au néo-conservatisme. Soyons encore plus précis: on observe la synthèse des délires «néo-cons» et des ambitions sans limites de la faction technolâtre transhumaniste au sein de la mouvance MAGA. On supposait que les États-Unis trumpistes se contenteraient d’un grand espace englobant tout l’hémisphère occidental (les Amériques) élargi au Groenland, voire à l’Islande, ainsi qu’une partie de l’Océanie; c’était sans compter avec le gouvernement israélien d’émanation sioniste révisionniste qui entend désormais remodeler à son seul profit tout le Moyen-Orient. Toutefois, ayant déjà mis la main sur les vastes réserves en hydrocarbures du Venezuela, Washington cherche à contrôler la cinquième réserve pétrolière du monde et la deuxième en gaz. Des atouts non négligeables contre Moscou et Pékin…
Tel-Aviv et Washington se justifient en prétextant une soi-disant « guerre préventive ». Il est en réalité bien curieux d’assister à l’attaque concertée d’un État souverain, pas encore détenteur de l’arme nucléaire, par deux puissances atomiques militaires effectives, l’une officielle et l’autre officieuse qui l’a acquise au mépris renouvelé de tous les traités de non-prolifération. Elles violent la souveraineté de l’État iranien. Outre la fin définitive des recherches nucléaires militaires (et peut-être civiles), les deux agresseurs exigent aussi la fin du programme balistique, la disparition de la marine nationale iranienne et l’arrêt du soutien de Téhéran à ses mandataires: le Hezbollah libanais qui compte des unités de combat chrétiennes, le Hamas palestinien, les milices chiites en Irak et les partisans d’Allah au Yémen.

Le conflit est-il formel? Le 4 mars, un sous-marin étatsunien a coulé au large du Sri Lanka la frégate iranienne Dena (photo), ce qui constitue un indéniable acte de guerre. Pourtant aucune guerre n’a été déclarée ! Les États-Unis et Israël pratiquent par conséquent un terrorisme de grande ampleur. On remarquera que le monde sportif n’a toujours pas exclu les équipes US et israélienne. Deux poids deux mesures…
Dans la journée du 6 mars, Donald Trump rejette toutes nouvelles négociations et, dans la continuité de la diplomatie yankee, réclame la reddition sans condition de l’Iran. Les agresseurs rêvent de transformer l’Iran en une autre Allemagne occidentale post-1945, énervée et dégénérée. Le dirigeant étatsunien veut dans le même temps qu’on lui rende compte du choix du successeur du Guide suprême de la Révolution islamique assassiné. Non content de gouverner les États-Unis depuis son terrain de golf en Floride, il veut s’occuper de Gaza, du Venezuela et maintenant de l’Iran !
Comme ses soutiens déments de la Silicon Valley, le locataire de la Maison Blanche voit sa tête gonflée. Contre cette honteuse guerre, saluons – pour une fois – la réaction salutaire du président socialiste du gouvernement espagnol Pedro Sanchez. Dans la même veine, comme l’écrit fort bien dans une tribune parue dans Libération du 4 mars dernier, l’ancien premier ministre Dominique Galouzeau de Villepin qui prépare par ce biais sa candidature probable à la présidentielle de l’année prochaine, estime que « nous voyons […] se dessiner l’hubris impériale sous ses deux formes. Du côté américain, l’aspiration à la domination par la puissance, la tentation de substituer la contrainte à la procédure, de remplacer le cadre par la décision unilatérale. Du côté israélien, une logique de sécurité qui n’est plus seulement défensive, mais qui tend vers la domination et l’écrasement, partout où c’est jugé nécessaire, au profit de la fragmentation et des zones grises, du Sud-Liban au Sud-Syrie, du Yémen aux autres interstices où l’État s’efface ». Dans quelques mois, de tels propos tomberont-ils sous le coup de l’abjecte et funeste proposition de loi déposée par Caroline Yadan qui instaurerait un délit de blasphème géopolitique ? Il faut le craindre…
Oui, les masques tombent ! Sans rien comprendre des enjeux, les crétins droitards qui persistent à hanter les plateaux malfamés de Cnews, continuent à voir en Trump le croisé de l’Occident judéo-chrétien (une belle ineptie historique magistrale) alors qu’il n’est que le pourvoyeur d’un Occident américanomorphe corrupteur de notre Europe ancestrale. Trump a reconnu le régime islamiste d’Ahmed al-Charaa en Syrie qui ne se soucie guère du sort des Druzes, des Alaouites et des Kurdes en attendant celui des chrétiens. L’actuel gouvernement belliciste et suprémaciste de Tel-Aviv envisagerait, en cas de chute de l’Iran, le déplacement forcé des Palestiniens de Gaza et des autres territoires occupés dont la minorité chrétienne. Vers quelle destination ? Très certainement le continent européen qui, soumis aux lois liberticides foisonnantes, se fera ainsi remplacer.

Malgré un fort sentiment national, voire nationaliste, l’Iran qui a subi une occupation britannique et soviétique, risquerait de se fragmenter selon des critères ethniques. Les Kurdes d’Iran (10% de la population) rêvent d’une région autonome similaire à son équivalent en Irak. Ils se méfient toutefois de la duplicité occidentale par rapport à l’effacement du Rojava en Syrie. Les Baloutches (environ 4%) pourraient se soulever, surtout si les assistent leurs homologues au Pakistan en sourde révolte contre Islamabad. Ce soutien, direct ou non, fragiliserait par contrecoup l’unique puissance nucléaire musulmane.
L’Azerbaïdjan pourrait s’emparer du territoire iranien où vivent les Azéris (16%). Tout dépendra du sort du détroit d’Ormuz. Les Gardiens de la Révolution iranienne le bloquent et sèment une belle pagaille dans la circulation économique et commerciale planétaire. Déverrouiller ce point névralgique impliquerait des bâtiments escortés par des navires de guerre étatsuniens sous une protection aérienne permanente. Mais cette solution n’est guère satisfaisante en raison de l’étroitesse du site. Il est dès lors possible que se déroule un débarquement dans cette région arabophone afin de créer aux dépens de l’intégrité territoriale iranienne une zone neutre sous le contrôle de la Maison Blanche. Cette occupation illégale résonnerait avec la reconnaissance israélienne du 26 décembre 2025 du Somaliland, un État-fantôme près du détroit de Bab el-Mandeb en face du Yémen houthi et à proximité du canal de Suez.

Souvent chrétiens, les droitards hexagonaux savent-ils que l’effondrement de la République islamique d’Iran serait une catastrophe pour l’Arménie qui survit grâce à sa frontière méridionale avec l’Iran ? Le traité de paix conclu entre Erevan et Bakou, le 8 août 2025, prévoit cependant la formation d’un corridor sous l’égide des États-Unis le long de la frontière iranienne entre l’exclave azérie du Nakhitchevan et l’Azerbaïdjan. La région arménienne du Zanguezour se placerait en pratique sous une tutelle extraterritoriale. Par ailleurs, ce tracé encouragerait le projet pantouranien qui se substituerait ainsi aux ambitions néo-ottomanes d’Ankara avec, à plus ou moins long terme, un choc frontal avec l’Empire du Milieu chinois…
La dynamique propre de ce conflit ne va pas s’arrêter de si tôt. Espérons que la logique clauswitzienne de montée aux extrêmes accentue les tensions inhérentes à la société étatsunienne ! Souhaitons que Trump et sa clique perdent largement les élections de mi-mandat en novembre prochain tant à la Chambre des représentants qu’au Sénat. La Maison Blanche détourne volontiers l’attention du public des affres de l’affaire Epstein et de ses échecs intérieurs : le coût de la vie augmente; les salaires stagnent. L’ICE, la police anti-immigration, se retire de la municipalité démocrate de Minneapolis après une vive contestation de la part des électeurs démocrates.

Une fidèle du mouvement MAGA, ancienne gouverneur du Dakota du Sud, la secrétaire à la Sécurité intérieure, Kristi Noem (photo), est congédiée le 5 mars dernier, suite à des pressions du Congrès. Une victoire incontestable de l’opposition démocrate dans les deux chambres favoriserait certainement la destitution simultanée de Donald Trump et de J.D. Vance afin que la speakerine démocrate de la Chambre des représentants, Alexandria Ocasio-Cortez, si elle ne brigue pas le siège de sénateur de New York de Chuck Schumer qui ne se représente pas, accède au Bureau Ovale. Son arrivée perturberait grandement la vie politique intérieure des États-Unis d’Amérique.
GF-T
- « Vigie d’un monde en ébullition », n° 185, mise en ligne le 15 mars 2026 sur Radio Méridien Zéro.
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lundi, 23 mars 2026
Que vise la cyberstratégie de Trump en 2026?

Que vise la cyberstratégie de Trump en 2026?
Leonid Savin
La doctrine néoconservatrice «Qui n’est pas avec nous est contre nous» dans le cadre de l’Internet global
En mars, le texte de la nouvelle cyberstratégie nationale des États-Unis a été publié. D’ailleurs, la page de couverture porte le titre: «Cyberstratégie de Donald Trump pour l’Amérique». Il est peu probable que le président des États-Unis possède les compétences nécessaires pour comprendre toute la complexité de l’infrastructure cybernétique critique du monde; et avec l’agression déclenchée contre l’Iran, il a déjà montré ses faiblesses. Ce document n’a fait que révéler, une fois de plus, le complexe de narcissisme pathologique du chef actuel des États-Unis. Ainsi que ses plans expansionnistes, puisqu’il y est affirmé que la domination des États-Unis sera établie dans le cyberespace. Auparavant, cela était désigné comme la dernière frontière à conquérir et à organiser. Il semble que Trump ait décidé d’endosser cette mission.
«Le cyberespace est né en Amérique», indique le début du document, qui ne fait que cinq pages, suggérant que les États-Unis ont pleinement le droit de dominer cette zone virtuelle spécifique et d’y instaurer leurs propres règles.
Il est dit que "contrairement aux autres administrations, l’administration Trump ne se limitera pas à des mesures partielles et des stratégies ambiguës qui ignorent le nombre croissant et la gravité des cybermenaces". "Le président Trump continuera à combattre directement les menaces dans le cyberespace. L’Amérique dispose d’innovations technologiques et économiques inégalées, d’une puissance militaire sans égale et d’une société attachée à la liberté et à l’expression ouverte".

Le texte poursuit en évoquant les cybercriminels qui causent des dommages à l’économie (mais ils ne le font pas qu’aux États-Unis), avec la promesse de les combattre. En réalité, ces criminels fictifs sont manifestement politisés, puisqu’il est immédiatement précisé que les actions des États-Unis visent non seulement à rechercher et à bloquer l’argent volé aux citoyens américains, mais aussi à mener «une opération pour détruire l’infrastructure nucléaire de l’Iran ou à laisser nos adversaires aveugles et désemparés lors d’une opération militaire impeccable comme celle qui a permis de traduire en justice le narcoterroriste international Nicolás Maduro».
L’aveu de l’utilisation d’outils cybernétiques lors de l’opération contre le président démocratiquement élu du Venezuela et dans l’agression contre l’Iran, qui se poursuit encore aujourd’hui, est un signal clair adressé à d’autres États, en particulier à ceux désignés comme adversaires et à ceux qui figurent sur la liste des menaces pour les États-Unis (la Russie y est présente depuis près de 20 ans). D’ailleurs, le commandement cybernétique américain avait déjà reconnu avoir mené à plusieurs reprises des opérations avancées contre la Russie, notamment en aidant l’Ukraine.
Il est ensuite déclaré ce qui s’inscrit dans l’oxymore bien connu depuis l’occupation de l’Irak en 2003: la «défense préventive» – attaquer sous prétexte de se défendre: «Notre détermination est absolue. Nous agirons rapidement, de manière réfléchie et en anticipant, afin de neutraliser les cybermenaces contre l’Amérique. Nous ne limiterons pas nos actions à la sphère “cyber”. Nous déploierons des efforts sans précédent, de façon coordonnée et cohérente au sein du gouvernement américain. En travaillant avec nos alliés à travers le monde, nous défendrons les intérêts et la sécurité des États-Unis. Nous lutterons contre la limitation de la liberté d’expression. Nous vaincrons les adversaires qui vendent une intelligence artificielle “bon marché” et des technologies numériques intégrant la censure, la surveillance et des préjugés idéologiques… Nos adversaires ressentent et ressentiront de plus en plus les conséquences de leurs actes; nous démantèlerons leurs réseaux, traquerons les hackers et espions, et sanctionnerons les entreprises étrangères de hackers illégaux. Nous exposerons et embarrasserons l’espionnage en ligne, la propagande destructrice et les opérations d’influence, ainsi que les activités subversives de nature culturelle. En réprimant les campagnes cybernétiques des adversaires et en rendant nos réseaux plus sûrs et résilients, nous stimulerons l’innovation, accélérerons la croissance économique et assurerons la domination des technologies américaines. Nous abrogerons les réglementations lourdes et inefficaces pour permettre à nos partenaires industriels de mettre rapidement en œuvre de nouvelles technologies. Les partenaires du secteur privé doivent être capables de répondre et de se rétablir rapidement, afin d’assurer la continuité de l’économie américaine. Nous protégerons nos systèmes fédéraux, notre infrastructure vitale et nos chaînes d’approvisionnement, en plaçant la sécurité au cœur de l’innovation. Nous moderniserons nos systèmes d’information pour que l’ancienne infrastructure ne freine pas l’innovation. Nous agirons sur la scène internationale par la diplomatie, le commerce et des opérations, pour que les normes et standards reflètent nos valeurs. Nous mettrons à profit les talents et l’inventivité immenses de notre base de recherche privée. Nous établirons un nouveau niveau de relations entre les secteurs public et privé pour protéger l’Amérique en temps de paix comme en temps de guerre».

Derrière ces phrases pompeuses se cache en réalité le désir banal d’empêcher toute concurrence loyale, car tout produit alternatif dans le domaine des technologies de l’information sera déclaré manœuvre ennemie, contre laquelle on luttera immédiatement par tous les moyens possibles (c’est-à-dire par une guerre hybride, y compris des moyens cinétiques). Et c’est un nouveau mensonge, car c’est justement aux États-Unis que sont développés et continuent d’être développés des mécanismes de censure dans l’espace Internet.
Le plan d’action comprend six points. Quatre d’entre eux concernent le développement de la production de haute précision et des investissements aux États-Unis, visant à développer les infrastructures critiques. Le cinquième concerne la chaîne d’approvisionnement et l’introduction des outils les plus récents, tels que l’intelligence artificielle et la cryptographie post-quantique. Il est également question de l’introduction de l’intelligence artificielle agentielle pour scanner les réseaux et de la cyberdiplomatie, c’est-à-dire de l’imposition, à d’autres pays et d'autres peuples, de logiciels produits aux États-Unis. Bien entendu, au nom de la démocratie mondiale et de la prospérité. Et s’ils refusent, ils seront inscrits sur la liste des adversaires, avec les conséquences correspondantes.

Le sixième point concerne les ressources humaines et le développement des talents, afin de «combiner et utiliser les avantages des capacités existantes dans les milieux universitaires, les établissements professionnels et techniques, les entreprises et les possibilités du capital-risque — pour former et recycler nos employés existants dans le domaine de la cybersécurité dans divers secteurs et professions, ainsi que pour attirer la prochaine génération dans le développement et le déploiement de cybertechnologies et de solutions avancées ». Cela concerne l’industrie, les scientifiques, le gouvernement, les militaires.
En principe, la stratégie ne révèle pas de nouveaux horizons qui seraient fantastiques. Elle ne fait que confirmer le caractère agressif de la politique américaine et son intention d’établir une surveillance totale et un monopole dans le cyberespace.
Voir: https://fondsk.ru/news/2026/03/22/chto-nesyot-kiberstrate...
19:20 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : donald trump, cyberstratégie, états-unis |
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samedi, 21 mars 2026
Du Nord Stream à l’Iran: géopolitique d’un empire en déclin

Du Nord Stream à l’Iran: géopolitique d’un empire en déclin
Irene Calvé, Antonio Turiel et Juan Bordera
Source: https://geoestrategia.eu/noticia/45928/geoestrategia/del-...
Le pétrole s’épuise et, avec lui, s’épuise aussi la fiction d’un empire soutenu par des rentes énergétiques. Plus précisément, le fracking – la technique qui a permis aux États-Unis de devenir un exportateur net d’hydrocarbures – commence à décliner. Washington le sait et est prêt à tout pour prolonger encore de quelques années sa suprématie énergétique. C’est pourquoi l’attaque contre l’Iran n’est pas un accident, mais un mouvement stratégique: il faut que le prix du pétrole augmente pour que le fracking redevienne rentable, même si cela implique d’embraser tout le Moyen-Orient. Car il ne s’agit pas de gagner, mais d'éviter de sombrer tout de suite.

Depuis que les États-Unis ont atteint leur pic de production conventionnelle en 1972, ils sont devenus dépendants des importations de pétrole. Mais tout a changé avec l’essor du fracking: une technologie agressive qui a permis d’exploiter des gisements non conventionnels, en extrayant des gouttes dispersées dans des roches poreuses à force de les fracturer sous haute pression (d’où le terme « fracking »). Grâce à cette technologie, les États-Unis sont passés du statut de grand importateur d’hydrocarbures à celui de premier producteur mondial de pétrole et de gaz naturel (dépassant l’Arabie Saoudite et la Russie), et de premier exportateur mondial de gaz naturel et d’essence. Il est vrai qu’ils ont pu couvrir plus que leurs besoins en gaz naturel (les États-Unis restent un pays très charbonnier, ils n’utilisent donc pas autant de gaz pour produire de l’électricité), mais ils n’ont jamais cessé d’acheter du pétrole, même si les importations sont passées de plus de 60% à moins de 40% aujourd’hui. Quoi qu’il en soit, les États-Unis sont devenus trop dépendants du fracking pour garantir la stabilité de leur économie productive. Cependant, les «sweet spots» (meilleurs gisements) du fracking sont épuisés depuis longtemps, et tout indique que le déclin terminal de la production commencera dans les prochaines années.
Pourquoi alors provoquer ce chaos, si le fracking a de toute façon ses jours comptés? Il ne s’agit pas d’une stratégie durable à long terme, mais d’une fuite en avant alimentée par des taux d’intérêt bas, des stimuli financiers et un pétrole cher. Toute une économie reconfigurée pour vendre de l’énergie fossile au reste du monde, surtout dans un contexte de déclin du pétrole conventionnel.
Le fracking, d’un point de vue physique, frise l’absurdité: extraire de l’énergie en en dépensant presque autant, voire plus
Mais, comme nous l’avons dit, ce miracle touche à sa fin. Le fracking a un problème physique: il est intensif en énergie et en matériaux, coûteux économiquement, et s’épuise rapidement (au bout de cinq ans, la plupart des puits ferment). Depuis longtemps, on nous alerte sur le fait que les meilleurs puits ferment, que les projections étaient exagérées et que de nombreux champs sont déjà en déclin.
Depuis 2022, le fracking aux États-Unis est entré dans une phase critique. Un puits sur trois a fermé, et l’activité de forage a chuté à un niveau historiquement bas, avec à peine 442 appareils en activité dans tout le pays. Cette crise est directement liée à la chute du prix du pétrole, qui est récemment passé en dessous du seuil de rentabilité du fracking, estimé (de manière optimiste) entre 60 et 65 dollars le baril. Contrairement à d’autres cycles où l’OPEP – et en particulier l’Arabie Saoudite – réduisait la production pour stabiliser les prix, elle a choisi cette fois de maintenir une production élevée.
Selon certains analystes, la stratégie saoudienne vise à évincer du marché les concurrents aux coûts d’extraction plus élevés, comme le fracking américain, et à regagner les parts de marché perdues. Cette offensive pétrolière, combinée à une demande faible (les droits de douane de Trump ont fait beaucoup de mal), n’a pas seulement fait chuter le prix du brut, mais a aussi replacé l’OPEP au centre du contrôle du marché, mettant les États-Unis à la croisée des chemins: soit ils forcent une hausse du prix mondial – par l’instabilité ou le blocage de l’approvisionnement dans d’autres régions – soit ils acceptent leur perte progressive d’hégémonie énergétique et économique. Dans ce contexte, le fracking américain ne peut survivre que si le prix du baril grimpe fortement. C’est là qu’intervient le Taux de Retour Énergétique (TRE).

La TRE mesure combien d’énergie on obtient pour chaque unité d’énergie investie dans l’extraction. Au début du 20ème siècle, le pétrole conventionnel avait une TRE allant jusqu’à 100:1, c’est-à-dire que pour chaque unité d’énergie investie, on en obtenait 100: une relation qui a permis tout le développement industriel du 20ème siècle. En revanche, le fracking est né avec des rendements bien moindres, de 6:1 à 12:1 à ses débuts, et aujourd’hui il est tombé à 3:1, voire moins, à mesure que les puits vieillissent et s’épuisent rapidement. C’est comme cueillir des pommes: au début, il suffit de tendre le bras pour attraper celles qui pendent aux branches basses (haute TRE), mais quand il ne reste plus que celles tout en haut, qui demandent plus d’efforts et de risques, alors l’on risque de dépenser plus de calories à les cueillir que ce qu’elles rapportent. Même si le fracking reste rentable à condition que le prix du baril monte, d’un point de vue physique il frise l’absurdité: extraire de l’énergie en en dépensant presque autant, voire plus. Mais le capitalisme ne fonctionne pas selon des critères scientifiques. Il fonctionne selon la valeur d’échange: si le prix du baril monte assez haut, n’importe quelle aberration énergétique devient une affaire. D’où le paradoxe: une technique énergétiquement absurde peut survivre si les marchés permettent de la vendre cher (et qu’on la subventionne, ou qu’on puise de l’énergie ailleurs, par exemple en ne maintenant pas les infrastructures). L’économie capitaliste dégrade systématiquement la TRE, car elle n’extrait pas de l’énergie pour soutenir la vie, mais pour alimenter le cycle d’accumulation. Et ce cycle dépend aujourd’hui, littéralement, du déclenchement de guerres.
L’implication est brutale. Les États-Unis ne peuvent pas se permettre de redevenir importateurs nets de pétrole. Non seulement pour des raisons énergétiques, mais parce que toute leur architecture économique récente s’est fondée sur leur transformation en une sorte «d’émirat fossile»: exportateur d’énergie, receveur de rentes internationales, soutien artificiel de leur hégémonie militaire. La croissance économique issue du fracking a soutenu des régions entières, surtout dans des États comme le Texas, le Dakota du Nord ou le Nouveau-Mexique. Et ce, alors que leur industrie manufacturière reste moribonde depuis la crise de 2008, avec une production bien inférieure à celle d’il y a 30 ans et une partie de l’industrie énergivore dépendant de prix bas du pétrole.
Le tourisme international – l’un des moteurs non énergétiques majeurs – s’est effondré depuis la pandémie et ne s’est même pas relevé aux niveaux d’avant-crise, avec une nette aggravation en 2025 due aux tensions politiques et aux mesures migratoires restrictives.
Enfin, l’agriculture reste compétitive à l’export, mais fait face à des problèmes structurels comme la concentration, les sécheresses croissantes et, évidemment, la dépendance au pétrole. Le fracking n’était pas un simple complément pour les États-Unis; c’était leur pari et leur bouée de sauvetage.

Les États-Unis ont fait exploser Nord Stream pour forcer l’Europe à dépendre de leur gaz, même s’il était vendu plus cher
Mais maintenant que les puits s’épuisent, existe-t-il un plan? Évidemment non; il n’y a que la logique électoraliste à court terme propre aux «démocraties libérales»: ne pas se concentrer sur une solution durable, mais repousser les conséquences de l’inévitable jusqu’à la fin du mandat. C’est pourquoi ils ont fait sauter Nord Stream: pour forcer l’Europe à dépendre du gaz américain, même vendu plus cher. C’est aussi pourquoi, lors des négociations commerciales, les États-Unis ont conditionné la levée des droits de douane à l’achat massif d’énergie fossile «made in USA» par l’UE (350 milliards de dollars en tout). Ces gestes ne sont pas anecdotiques: ils font partie d’une guerre commerciale et énergétique planifiée pour soutenir le prix du pétrole et gagner du temps avant d’affronter la réalité matérielle: les États-Unis cesseront d’être un grand exportateur d’hydrocarbures (principalement de gaz naturel et d’essence).
Et maintenant vient l’Iran. Une pièce clé, car si Téhéran répond à l’assassinat de ses militaires en bloquant le détroit d’Ormuz – par où transite près de 20% du pétrole mondial, ce qui représente 40% des exportations mondiales d’or noir – le prix du brut s’envolerait. Exactement ce dont le fracking américain a besoin. Est-ce une solution à long terme? Absolument pas. Et pour ce mandat? Peut-être. Voilà la logique désespérée: si le fracking tient encore quelques années, on gagne du temps, on gagne les élections, on soutient le dollar, on retarde la chute.

L’alternative – ne rien faire – impliquerait le maintien de prix bas pour le pétrole, ce qui rendrait économiquement impossible la poursuite de l’exploitation du fracking dans de nombreux champs clés. Cela signifierait, en termes pratiques, une accélération de la désindustrialisation, notamment dans les États de l’intérieur et du sud, déjà dévastés par des décennies de délocalisation, d’abandon et de déclin de l’investissement public. Perdre le fracking priverait de nombreux territoires de leur dernière source d’emplois directs et indirects. Les tensions sociales s’accentueraient: une population armée, appauvrie, politiquement polarisée et avec une foi déclinante dans les institutions pourrait être le terreau d’explosions violentes, de révoltes locales ou même d’une guerre civile diffuse. Ce n’est pas une hypothèse apocalyptique lancée au hasard: des secteurs du Département de la Défense américain et du secteur énergétique ont averti que la déstabilisation interne causée par le choc énergétique est l’un des principaux risques stratégiques à moyen terme. La fin du fracking n’est pas simplement une question économique : c’est une menace existentielle pour l’architecture politique, territoriale et militaire des États-Unis.
Il se peut que le Moyen-Orient s’embrase. Mais c’est un prix jugé acceptable si cela permet de maintenir la valeur d’échange de l’énergie fossile américaine
La disjonctive est donc claire: ne rien faire, c’est risquer l’effondrement de l’intérieur. Agir, c’est risquer une escalade mondiale, mais au moins on retarde sa propre chute. Peut-être que le Moyen-Orient s’embrasera. Peut-être que la guerre deviendra incontrôlable. Mais c’est un prix considérable mais accepté s’il permet de maintenir artificiellement la valeur d’échange de leur énergie fossile. Pendant ce temps, la TRE continue de chuter. La planète se réchauffe. L’énergie utile s’épuise. Mais le capital, tel un zombie aveugle, ne répond qu’à la rentabilité immédiate, même si cela implique de dynamiter les bases mêmes de la vie.
Face à cette logique suicidaire, il est urgent de rompre : mettre l’énergie au service de la vie et non du marché, comprendre que la transition énergétique ne peut se fonder que sur une réorganisation radicale de notre rapport à l’énergie, à la production, à la planète. Utiliser la valeur d’usage et non la valeur d’échange.
Et dans cette alternative brutale – sombrer seul ou embraser le monde – l’empire, une fois de plus, a fait son choix.
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mercredi, 18 mars 2026
"Bouclier des Amériques", narcocartels et le nouveau bâton de l’Oncle Sam

"Bouclier des Amériques", narcocartels et le nouveau bâton de l’Oncle Sam
Leonid Savin
La semaine dernière, deux événements ont eu lieu à Miami, sur la base du Commandement Sud des États-Unis, à la suite desquels la zone d’influence réelle des États-Unis dans l’hémisphère occidental a été étendue, grâce à l’accord des partenaires participants à la nouvelle initiative de Washington.
Le jeudi 5 mars, un sommet de lutte contre les cartels s’est tenu au niveau des ministres de la Défense de plusieurs pays d’Amérique latine et des Caraïbes. Et le samedi 7 mars, un sommet intitulé « Bouclier des Amériques » (Shield of the Americas) a réuni, au niveau des chefs d’État, les dirigeants sur les questions de sécurité régionale.
La coalition des « Amériques » contre les narcocartels a été formée et une déclaration commune a été signée le 5 mars. Le secrétaire américain à la Défense, Peter Hegseth, a déclaré lors de la cérémonie que les trafiquants de drogue étaient de plus en plus dissuadés par la campagne américaine d’attaques contre des navires soupçonnés de transporter de la drogue, campagne lancée en septembre dernier. Depuis le début de l’opération, connue sous le nom d’« Opération Southern Spear », les forces armées américaines ont attaqué au moins 44 navires dans les eaux de l’océan Pacifique oriental et des Caraïbes.
Dans les propos tenus, on note une tentative manifeste de légitimer rétroactivement ces frappes, et en même temps, le mot « soupçonnés » indique l’absence de justification nécessaire à la décision de frapper. Après tout, un suspect n’est pas nécessairement coupable. Ainsi, les États-Unis violent ouvertement la présomption d’innocence et comptent bien continuer à le faire, en entraînant d’autres pays dans leurs sales affaires, déplaçant ainsi la responsabilité sur eux.
Le 7 mars, une déclaration de Donald Trump est également apparue sur le site de la Maison Blanche, déclarant que:
« (1) Les cartels criminels et les organisations terroristes étrangères dans l’hémisphère occidental doivent être démantelés dans toute la mesure permise par la loi applicable.
(2) Les États-Unis et leurs alliés doivent se coordonner pour priver ces organisations de tout contrôle territorial et d’accès aux financements ou ressources nécessaires à leurs campagnes de violence.
(3) Les États-Unis formeront et mobiliseront les forces armées des pays partenaires pour constituer la force de frappe la plus efficace possible, afin de démanteler les cartels et leur capacité à exporter la violence et à exercer leur influence par l’intimidation organisée.
(4) Les États-Unis et leurs alliés doivent tenir les menaces extérieures à distance, y compris les influences étrangères néfastes qui sont extérieures à l’hémisphère occidental. »
En résumé, bienvenue dans la mauvaise époque de la seconde moitié du 20ème siècle, lorsque Washington menait les opérations du Plan Condor en Amérique latine et formait le personnel des juntes régionales à la School of the Americas. Sauf que désormais, la liste des « organisations terroristes » sera élargie au gré (et selon les intérêts) de Washington. Outre le Hezbollah libanais et toute organisation liée à l’Iran, elle pourrait bien inclure des entreprises chinoises, que les États-Unis cherchent activement à évincer de l’hémisphère occidental.

Il convient également de noter qu’il n’y avait que 12 pays à la réunion avec Trump, et non 17 comme indiqué sur le site web, ce qui est d’ailleurs visible sur la photo officielle du sommet : il s’agit de l’Argentine, la Bolivie, le Guyana, le Honduras, la République dominicaine, le Costa Rica, le Panama, le Paraguay, le Salvador, Trinité-et-Tobago, le Chili et l’Équateur. La présence des chefs de ces États montre qui applique et appliquera la voie tracée par Washington dans son pays dans un avenir proche.
Il est également significatif que ni le Mexique ni la Colombie, pourtant célèbres pour leurs narcocartels, n’aient participé aux deux sommets. Bien que cela constitue un signal clair de l’indépendance souveraine de ces deux pays, il existe néanmoins un risque qu’un Donald Trump mentalement instable le prenne comme une insulte personnelle et accentue la pression sur les gouvernements mexicain et colombien, d’autant plus qu’ils s’orientent à gauche.
Lors de son discours du 7 mars, Trump a également évoqué Cuba, déclarant une fois de plus que l’île allait « tomber bientôt » parce que son économie y était détruite, et qu’il s’en occuperait après l’Iran. Toutefois, Cuba ne partage pas cet avis et estime que les sommets de Miami devraient être condamnés.
Le président cubain Miguel Diaz-Canel a réagi à cet événement en ces termes: «Le petit sommet réactionnaire et néocolonial en Floride, convoqué par les États-Unis avec l’aide des gouvernements de droite de la région, les oblige à accepter l’usage mortel de la force militaire américaine pour résoudre des problèmes internes et maintenir l’ordre et la tranquillité dans leurs pays. Il s’agit d’une tentative de remettre en cause l’idée de faire de l’Amérique latine et des Caraïbes une zone de paix, une attaque contre les aspirations à l’intégration régionale et une soumission aux intérêts du puissant voisin du nord, conformément aux principes de la doctrine Monroe».
Le ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Rodriguez, a ajouté que le seul résultat public fut la signature d’un document «servile et malhonnête» évoquant l’utilisation de la force militaire américaine comme instrument répressif contre les cartels criminels et pour réprimer les problèmes internes et frontaliers.
Enfin, le mécontentement grandit également au sein des pays eux-mêmes, devenus otages de la politique américaine, à l’égard de leurs propres dirigeants actuels. Voici, par exemple, ce qu’écrit la publication El Periodico du Panama à propos des résultats du sommet: «Le Traité de neutralité permanente entre les États-Unis et le Panama, qui interdit la présence de bases militaires étrangères sur le territoire national, a été annulé… On peut comprendre les États-Unis, leur position et leurs revendications d’hégémonie et de contrôle, mais voir des gouvernements qui ne reculent devant aucune concession, qui font montre d'un vassalisme honteux qui fleure la trahison, provoque un sentiment de douleur, surtout pour nous, Panaméens, qui avons fait preuve d’un nationalisme militant qui les a fait reculer… nous avons chassé les bases gringo de notre territoire, tout comme nous avons fermé la School of the Americas, qui formait tous les putschistes militaires de la droite fasciste, qui ont détruit la démocratie de nos peuples et établi des régimes de terreur sur tout le continent à une autre époque où sévissait déjà ce vassalisme. Dans le passé, la nation panaméenne, toute la population patriotique, est descendue dans la rue et a dit au gouvernement gringo que le canal de Panama appartient au Panama, et que la présence militaire américaine viole la souveraineté, le traité Torrijos-Carter et notre Constitution politique… Nous vivons des temps difficiles sous l’égide d’un régime oligarchique de droite qui n’a aucune honte nationale et considère comme allant de soi un vassalisme qui insulte la mémoire de tous les patriotes de notre histoire… »
On peut supposer que d’autres États vassaux voient aussi grandir leur insatisfaction face à la nouvelle infiltration de la machine militaire américaine sur leurs territoires nationaux.
Source originelle: https://orientalreview.su/2026/03/12/shield-of-the-americas-narcocartels-and-new-stick-of-uncle-sam/
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jeudi, 12 mars 2026
Trump est un «chrétien sioniste fondamentaliste»

Trump est un «chrétien sioniste fondamentaliste»
Pierre-Emile Blairon
Tout comme 50 millions d’Américains car, oui, 50 millions d’Américains se réclament de ce mouvement religieux, ce qui n’est pas rien pour un pays de 350 millions d’habitants.
Trump ne changera pas, il a dans son ADN la poursuite du rêve d’hégémonie américaine sur la planète et n’acceptera jamais de voir les États-Unis d’Amérique relégués derrière les BRICS.
Trump suit exactement son modèle biblique: c’est le rêve sioniste du «Grand Israël» étendu à l’échelle de la planète: pour Trump, le «Peuple élu», c’est moins l’Israël sioniste que les Américains du «Nouveau Monde» !
La scène de la Cène
Tout le monde a vu cette photo, ou cette vidéo, de Trump assis à son bureau, le visage baissé et la mine contrite comme s’il s’apprêtait à être lavé de tous ses péchés, ce jeudi 5 mars 2026.
Autour de lui, debout, les mains posées sur son crâne élégamment parcouru d’une vague blonde décolorée, une vingtaine de prédicateurs se pressent, rameutés en urgence des quatre coins du pays afin de constituer un égrégore qui, grâce à ses prières extatiques, serait susceptible de permettre à Trump de gagner sa guerre contre le « Mal ».
Le Mal est représenté en l’occurrence par les méchants Iraniens qui se passeraient bien de cette « fatwa » sionisto-chrétienne puisqu’ils sont blancs comme neige, n’ayant jamais voulu agresser personne.
On dirait une parodie de la Cène, en moins triviale, moins satanique, moins epsteinienne néanmoins que celle présentée par les Macron et leurs suppôts lors des Jeux Olympiques organisés par la France en été 2024.

Cette scène soulève cependant de nombreuses questions, objections et critiques sur la légitimité de ce personnage à jouer ce rôle du héros adoubé par ses preux chevaliers avant de partir au combat pour terrasser le dragon.
Dans plusieurs articles précédents[1], notamment celui de janvier 2026, j’ai tracé un portrait de cet homme qui reste encore (pour combien de temps ?) l’un des plus puissants de la planète.
Donald Trump est un individu que des circonstances et une ascendance favorables ont placé à la tête des États-Unis sans que rien, dans son caractère ou ses aspirations, ne le distingue d’un Américain moyen, voire médiocre. C’est un fils à papa qui, comme tous les gosses de riches, a passé sa jeunesse à trousser les filles et à flamber dans les boîtes de nuit[2] l’argent d’un père qui a réussi lui-même à s’imposer et à s’enrichir grâce à des parents peu regardants sur les moyens d’y parvenir. Ce va-t-en-guerre (pour les autres) n’a pas fait son service militaire, ce qui lui aurait permis d’aller se battre au Vietnam car, après 4 reports d’incorporation, il a réussi à se faire réformer pour une banale épine calcanéenne au talon (ce dont j’ai souffert moi-même sans me faire réformer).
Comme un certain nombre d’Américains, dont la lecture spirituelle se limite souvent à celle d’un seul livre, la Bible, Donald Trump est un individu inculte, rustre et fruste, fasciné par le clinquant, qui n’a retenu de son passage à l’Université, où il a suivi un cursus spécialisé dans les affaires immobilières, que ce qu’un bon Américain doit apprendre, à savoir : respecter la devise sacrée de tous les Américains qui est contenue dans trois mots : Bible and Business.

Le traumatisme originel des Américains
Toute la nation américaine est fortement conditionnée par un traumatisme originel qui explique bien des comportements de ce peuple dirigé par des marchands, des « outlaws » à la gâchette facile, des pasteurs et des psychiatres : le mythe de fondation [3] de l’Amérique est le rejet de leurs ancêtres par le continent européen dont ils sont issus. L’Europe, en l’occurrence l’Angleterre puis la Hollande, les a chassés au début du XVIIe siècle parce qu’ils avaient été atteints d’une sorte de folie religieuse fanatique agressive, le Puritanisme, qui perturbait l’ensemble de leurs comportements et portaient atteinte à la vie normale des voisins qu’ils étaient bien obligés de côtoyer. Pas grand-chose n’a changé depuis.


Le livre, désormais classique, de Christopher Hill sur les sectes extrémistes chassées d'Angleterre au début du 17ème. Catalogue de sectaires établis à la même époque (notons que l'on y inclut les Jésuites). Des Puritains découpent la croix du drapeau anglais, début du 17ème siècle.
Nombre d’Américains d’aujourd’hui ont repris à leur compte ce mythe qu’ils n’ont pas créé mais qu’ils se persuadent d’incarner physiquement, en quelque sorte par procuration tout comme leurs ancêtres revivaient, par leur exil, l’épopée fantasmée des Hébreux dont tous leurs enfants portaient les prénoms. Les biblistes considérèrent dès lors la terre sur laquelle ils venaient de poser les pieds, dont ils ignoraient la vaste étendue (et aussi les habitants), comme la leur, leur terre promise, Israël constituant la nouvelle « maison-mère » des nouveaux Américains, leur véritable patrie spirituelle.
Les premiers présidents des États-Unis vont suivre cette même voie comme nous le montre Prisca Perani, de l’Université de Reims, qui écrivait en 2004, dans un numéro de la revue Matériaux pour notre temps dans cet article : Les chrétiens sionistes aux États-Unis :
« Une certaine identification avec l’Israël biblique semble caractériser les toutes premières colonies. Ainsi, les premiers colons calvinistes ont tendance à s’identifier aux Hébreux, fuyant les persécutions pour trouver une Terre promise où fonder une Nouvelle Jérusalem. Au siècle suivant, des sympathies que l’on pourrait qualifier de philosémites commencent à voir le jour dans certains cercles. Ainsi, des indépendantistes tiennent l’anglais pour la langue de l’oppresseur et veulent faire de l’hébreu la langue nationale.
Thomas Jefferson, Benjamin Franklin et John Adams proposent comme sceau officiel des États-Unis une représentation des Hébreux traversant la Mer Rouge, poursuivis par le pharaon et protégés par Moïse […] John Adams écrit à Thomas Jefferson que les « Hébreux ont fait plus pour civiliser l’homme que toute autre nation ».
Quelle est la doctrine des chrétiens sionistes fondamentalistes ?
Voilà qui n’est pas très simple à expliquer, ce sont des esprits tordus, selon l’expression de Julius Evola.
Selon la revue Études de janvier 2024, fondée par des Jésuites russes en 1856, « Pour les évangéliques américains, fort attachés à une lecture littérale de la Bible, il est certain que les Juifs sont un peuple d’élus, auquel Dieu a promis une terre qui s’étend du ʺNil à l’Euphrateʺ et qui inclut la Judée et la Samarie, la bande de Gaza, les hauteurs du Golan et Jérusalem Est. Pour eux, les territoires occupés après la guerre des Six Jours sont les territoires promis par Dieu à Abraham, d’après la Genèse (Gn 15, 18). Du point de vue évangélique, l’existence des Juifs sert de preuve ou plutôt de témoignage à la véracité de l’Ancien Testament. Le soutien inconditionnel des évangéliques à Israël prend tout son sens dans une perspective eschatologique, centrée sur la ʺFin des tempsʺ, l’ʺenlèvementʺ (the Rapture) des vrais chrétiens avant la Grande Tribulation, le combat de sept ans contre l’Antéchrist, la bataille d’Armageddon (le ʺmont Megiddoʺ, en hébreu), précédant le retour du Christ en gloire, la Parousie. […]

Selon le plus célèbre des sionistes chrétiens, le pasteur John Hagee (photo), ʺil n’est pas possible de dire “Je suis chrétien” et de ne pas aimer le peuple juifʺ. Pour des raisons eschatologiques, Dieu nous ordonne d’aimer le peuple juif et de défendre sa présence sur la Terre sainte. Or, la Bible, selon les évangéliques, ne mentionne pas l’existence d’un peuple palestinien : les Palestiniens n’existent pas, c’est du moins l’opinion maintes fois exprimée par des évangéliques ultraconservateurs comme Mike Huckabee[4], ancien gouverneur de l’Arkansas et candidat malheureux aux présidentielles de 2008 et de 2016. »
Pour les sionistes chrétiens, « seul le retour de Jésus peut apporter la justice aux hommes incapables de la créer eux-mêmes. Il faut donc hâter le retour du Christ pour qu'advienne le règne millénaire du Christ, mais pour hâter ce retour, il faut organiser celui des Juifs dans la terre qui leur a été donnée par Dieu ». (Wikipedia : article : Sionisme chrétien)
Où ça se complique, c’est que beaucoup de ces chrétiens sionistes sont violemment… antisémites comme John Hagee, cité plus haut, qui déclare, rappelons-le : ʺil n’est pas possible de dire “Je suis chrétien” et de ne pas aimer le peuple juifʺ pour ensuite clamer son admiration pour Adolf Hitler. C’est le même John Hagee qui a persuadé Trump de déplacer l’ambassade des États-Unis de Tel-Aviv à Jérusalem, soulevant l’émoi des pays arabes.
Tout ceci est d’une totale incohérence ; on croit retrouver les discours de Trump (ou ceux de Macron) :

En effet, selon Wikipedia, « ce courant comprend parmi ses principaux représentants des personnalités antisémites, tels que les pasteurs John Hagee, pour qui Adolf Hitler fut « le bras armé de dieu », Robert Jeffress, selon lequel tous les juifs sont destinés à l'enfer. […]
Le Premier ministre israélien de 1977 à 1983, Menahem Begin, encouragea les croyances des sionistes chrétiens. Il cultiva ses liens avec un certain nombre de dirigeants évangéliques fondamentalistes comme Jerry Falwell, David Allen Lewis, Hal Lindsey, Pat Robertson. Menahem Begin entretint d'ailleurs une véritable amitié avec Jerry Falwell, qui reçut le prix Jabotinsky[5], témoignage d'une grande reconnaissance des milieux nationalistes israéliens. » (Wikipedia : article : Sionisme chrétien)
Le sionisme chrétien de l’administration Trump est clairement affiché
Déjà, le 18 janvier 2025, la revue universitaire The Conversation, dans un article intitulé Le sionisme chrétien, une influence majeure sur la nouvelle administration Trump avait pointé la prépondérance des sionistes chrétiens au sein de l’équipe Trump qu’elle appelait encore « nationalistes chrétiens » et relevait l’aspect messianique et mystique de l’entourage de Donald Trump.
« Depuis une dizaine d’années, une nouvelle idéologie s’est fabriquée autour du candidat républicain devenu président en 2016 et réélu en 2024 : le nationalisme chrétien. Cette synthèse de circonstance joue sur la corde d’une identité américaine chrétienne ʺde toujoursʺ qui serait menacée par des ennemis intérieurs, mais que Donald Trump – l’élu du peuple – et de Dieu – va protéger et restaurer, de même qu’il va relever la grande Amérique, nation chérie de la Providence. Le nationalisme chrétien qui définit l’ère Trump a une dimension sioniste assumée, malgré son isolationnisme officiel. Cette dimension est plus ancienne que le nationalisme chrétien. Depuis les années 1970-1980, le Parti républicain a progressivement incorporé, avec la pression exercée sur lui par la droite chrétienne, une grille de lecture religieuse de l’État contemporain d’Israël qui semble être devenue commune parmi ses membres et l’entourage de D. Trump. »

Plaque commémorant l’arrivée de sionistes chrétiens américains à Jaffa en 1866.
TV5Monde Info, dans un article intitulé : « Le sionisme chrétien, une idéologie néfaste : le cri d'alarme venu du saint des saints de la Chrétienté » a diffusé, le 30 janvier 2026, un reportage consacré à la colonie israélienne sioniste dénommée Trump Heigths[6], les « hauteurs de Trump », « offerte » par ce même Trump, fondée le 4 juillet 2020 sur le plateau du Golan syrien occupé et annexé par Israël, un Trump qui ne semble pas s’embarrasser, tout comme l’Israël sioniste, de la souveraineté de ces territoires occupés par la force.
Il est désormais difficile, par cet exemple on ne peut plus probant, de nier la politique assumée de l’administration Trump d’occupation de territoires qu’elle considère comme propriété acquise en vertu des mêmes allégations chimériques de terres supposées « données » par Dieu à l’Israël sioniste et, par délégation, aux christiano-sionistes américains.
Des terres, si ce n’est des pays, qui ne leur appartiennent pas, ni aux uns ni aux autres, sous prétexte de préparer conjointement la « parousie » (second avènement du Christ) pour les uns et la venue du Messiah pour les autres.
Pitoyables marchands du Temple qui exposent à la vue de Dieu et du monde leurs sordides tractations !
Nous sommes en plein délire. Comment des esprits sensés peuvent-il croire qu’il suffit de préparer matériellement, -voire d’en faire table rase- un lieu illégalement acquis au prix de massacres de dizaines de milliers de personnes innocentes pour croire qu’un Dieu, qu’il soit juif ou chrétien, ou autre, accepterait d’y faire sa demeure dans de telles conditions ?
Quand on écoute les prédicateurs évangélistes, ceux-là qui se sont précipités au secours de Trump, on se demande s’ils ne sont pas plus fanatiques que ces islamistes qui appellent à la guerre sainte et à décapiter l’infidèle. On ne comprend pas quel genre de christianisme, à des milliers de kilomètres de la bienveillance, de la charité et de l’amour du prochain qui ont toujours constitué l’armature et la raison d’être de cette religion, pratiquent ces gens hystériques, qui semblent réellement possédés par le démon comme on peut le voir sur certaines vidéos, telle cette femme qui hurle et fait mine de frapper l’infidèle à mort. Cette femme, Paula White[7], est celle qui, dans la scène de la Cène, lors du rassemblement des pasteurs dans le bureau de Trump, est habillée en rouge. N’est-ce pas la couleur de Satan ? Ce choix était-il bien approprié, ou innocent, dans une telle circonstance où on sait que la planète entière regardera cette séquence ?

D’autres personnages, proches de Trump, ont attiré sur eux l’attention des médias par leur comportement pour le moins excessif ; j’en citerai deux qui ont, tous les deux, subi les foudres de l’une des rares personnes à avoir conservé en Amérique un minimum de bon sens, avec Candace Owens, je veux parler de Tucker Carlson ; Tucker Carlson a interviewé Mike Huckabee (photo, ci-dessous) [8], ancien pasteur baptiste, « Il est ambassadeur en Israël depuis 2025. Fervent sioniste chrétien, il défend la colonisation israélienne en Cisjordanie occupée et s'oppose à la création d’un État palestinien, affirmant que le peuple palestinien est une invention. Il défend également le droit de l’État israélien à étendre son territoire au détriment des pays voisins. » (Wikipedia)

Le deuxième personnage sulfureux est Pete Hegseth[9], actuel secrétaire à la Guerre américain, dont Tucker Carlson a dit qu’il était un agent sioniste : « Je n'imaginais pas qu'il ait des opinions aussi mûrement réfléchies, précises et apparemment très éclairées sur la reconstruction du troisième temple. Ce n'est pas le genre de choses qu'on apprend à l'école du dimanche. »
Je terminerai cet article sur cette remarquable intervention de Pascal Lottaz, intitulée La guerre sans changement : les fondamentalistes ont pris l’armée américaine[10], qui est présentée ainsi, résumant parfaitement ce qui vient d’être dit ici : «Divers rapports indiquent que des commandants militaires américains disent à leurs soldats que le but de la guerre contre l’Iran est de provoquer l’Armageddon et le Second Avènement du Christ. Pete Hegseth est lui-même un évangélique fanatique avec deux tatouages fondamentalistes chrétiens, et il existe un ʺBureau de la foi de la Maison-Blancheʺ dirigé par un évangéliste belliciste. Le sionisme (juif et chrétien) tourne entièrement autour de ces idées. Et si la guerre contre l’Iran n’était pas en réalité une guerre ʺrationnelle et séculièreʺ menée par les néoconservateurs pour projeter la puissance américaine, mais une guerre irrationnelle de fanatiques religieux qui la veulent pour elle-même, parce qu’elle ferait partie du plan divin de Dieu ? Cela changerait fondamentalement la manière d’évaluer la nature de cette tragédie… et cela pourrait mettre directement en danger la mosquée Al-Aqsa de Jérusalem ».
Pierre-Émile Blairon
Notes:
[1] Le nouveau « Nouveau monde » de Trump, 2 mars 2025
Quelle est donc cette « civilisation judéo-chrétienne » à laquelle nous appartiendrions ? 21 septembre 2025
Trump veut-il vraiment en finir avec la guerre en Ukraine ? 30 novembre 2025
Avis de recherche : l’Occident a été confisqué par deux psychopathes, 19 janvier 2026
[2] Ce qui le mènera à rencontrer Epstein.
[3] Voir Le sacré et le Profane, de Mircea Eliade, Gallimard.
[4] Aujourd’hui ambassadeur des États-Unis en Israël.
[5] C’est le père de Benjamin Netanyahou qui était le secrétaire de Jabotinsky, l’un des fondateurs du nouveau sionisme. Comme le monde est petit !
[6] https://information.tv5monde.com/international/edito-le-sionisme-chretien-une-ideologie-nefaste-le-cri-dalarme-venu-du-saint-des-saints-de-la-chretiente-2807543
[7] Trump et ses fous de Dieu : https://www.youtube.com/watch?v=p8goipwHbag
[8] https://www.facebook.com/reel/1878217349485526
[9] Encore un personnage plus que douteux : « À partir de l'été 2025, Pete Hegseth supervise une série d'attaques militaires contre de petites embarcations soupçonnées de transporter de la drogue dans la mer des Caraïbes. Ces opérations ont provoqué la destruction de dizaines d'embarcations et la mort d'au moins 145 personnes. Aucune preuve n’a été fournie par les autorités américaines sur la présence à bord de chargements de drogue et de nombreux experts en droit international humanitaire estiment que ces frappes constituent des exécutions extrajudiciaires » (Wikipedia)
[10] https://www.youtube.com/watch?v=QSDLCTFFy10
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mercredi, 11 mars 2026
Le précédent iranien. L'échec des États-Unis en Ukraine signifie également la perte du Moyen-Orient

Le précédent iranien. L'échec des États-Unis en Ukraine signifie également la perte du Moyen-Orient
Cristi Pantelimon
Source: https://www.estica.ro/article/precedentul-iranian-esecul-...
La guerre menée par les États-Unis et Israël contre l'Iran (qui est soutenu par la Russie et la Chine) met de plus en plus en lumière la stratégie américaine et ses limites.
Il s'agit de la deuxième tentative des Américains de dissuader l'Iran de poursuivre sa propre voie géopolitique, après la guerre de 12 jours de l'été dernier. Il semble que cette fois encore, malgré le début violent des hostilités, avec la décapitation des dirigeants religieux iraniens, la tentative américano-israélienne échouera.
De plus, les États-Unis sont désormais contraints de frapper à la porte de leur semi-allié d'Anchorage, Vladimir Poutine, afin de trouver une solution à la crise géopolitique majeure qui semble se profiler à l'horizon pour l'alliance américano-israélienne.
S'agissant de la deuxième tentative des États-Unis et d'Israël pour renverser la forteresse perse, qui semble vouée à l'échec, il convient de souligner les conséquences possibles de cette aventure.
Tout d'abord, les États-Unis ne sont plus perçus comme un État souverain, mais comme un État dépendant des besoins sécuritaires et géostratégiques d'Israël. Le grand prêtre du souverainisme mondial, Donald Trump, semble être à la merci de Benjamin Netanyahu et cherche à s'en sortir en manifestant une hystérie belliqueuse qui, malheureusement pour lui, ne dépasse pas le niveau de la rhétorique théâtrale. Avec la sévérité d'un analyste qui a vu beaucoup de choses dans sa vie, Jeffrey Sachs qualifie Trump de « fou » dans une interview qui circule depuis quelques jours sur Internet. Trump s'effondre et, avec lui, tout le poids de l'hégémonisme américain théâtral et exagéré, autrefois fondé sur une grandeur « dimensionnelle » réelle, aujourd'hui fondé uniquement sur des menaces à l'encontre de ceux qui sont sans défense ou suffisamment calmes pour attendre l'effondrement de plus en plus évident du colosse américain. Dans cette dernière catégorie, on trouve en premier lieu la Chine, principal ennemi des États-Unis, qui est aussi le joueur le plus redoutable, mais également l'Europe, l'Inde et la Russie. Tous, en fait, attendent...
Le fait que les États-Unis ne restent aux côtés que d'Israël aura des conséquences catastrophiques sur la politique américaine dans tous les théâtres d'opérations, et l'effigie des États-Unis vue sur le « fond » israélien est, de loin, la plus grande perte d'image pour l'empire américain.
D'ailleurs, la faiblesse de tout empire maritime est plus qu'évidente ces jours-ci.
Il suffit qu'une puissance continentale capable et déterminée l'attaque pour que cet empire maritime vacille. Et l'Iran est loin d'être une puissance continentale de premier plan ! Les distances énormes entre les centres d'opérations, la difficulté d'approvisionnement, le réseau complexe de bases et leur taille réduite par rapport aux besoins d'une guerre à long terme (de type continental) font des États-Unis une puissance très vulnérable sur le front réel du Moyen-Orient.
Les États-Unis auraient dû vaincre la Russie en Ukraine pour avoir aujourd'hui une chance au Moyen-Orient. Ayant échoué en Ukraine, ils n'ont aucune chance au Moyen-Orient. Les Américains le savent et le sauront encore mieux à l'avenir.
En conséquence, les États-Unis se retourneront sans doute plus durement contre l'hémisphère occidental (Cuba), mais aussi contre leur allié européen générique (le Groenland). Jeffrey Sachs s'attend même à une invasion de cet espace laissé libre par les fronts de la confrontation géopolitique acharnée jusqu'à présent. Nous verrons si ce sera le cas.
Les mouvements de l'Europe sont faibles, pour des raisons évidentes.
À l'exception de la France, l'Europe n'a pas la capacité de s'affirmer militairement. La France de Macron cherche à être le bon bras droit de l'empire américain, en essayant de copier une grandeur stratégique, doublée d'un engagement diplomatique multilatéraliste.
Là où l'Amérique frappe et désagrège, la France cherche des solutions de coopération géopolitique (parapluie nucléaire en Europe, déblocage du détroit d'Ormuz, etc.). La France ne peut pas engager seule une telle action ; elle ne peut le faire qu'en coordination avec la Russie et la Chine.
Mais pour l'Europe, le théâtre du Moyen-Orient peut aussi être une autre leçon : dans un monde où l'alliance russo-chinoise attaque les bases américaines dans le Golfe avec l'aide de l'Iran, cela éveille probablement la nostalgie de l'urgence d'une autonomie stratégique qui signifierait tout simplement le désengagement militaire américain dans l'ouest du continent européen.
Je ne pense pas que quiconque interprète autrement, à long terme, l'idée du parapluie nucléaire français...
La Chine déclare qu'elle est prête à attendre, dans son style caractéristique, l'implosion de l'empire américain « moribond ». Taiwan sera probablement la cerise sur le gâteau de cet empire. Et il semble que le temps presse, et que l'humanité va bientôt mettre fin à l'hégémonie américaine mondiale.
La Russie s'empresse de soutenir, autant qu'elle le peut, le nouvel Iran, qui semble sortir indemne de la confrontation avec les États-Unis et Israël.
Si les États-Unis et Israël ne parviennent pas à vaincre définitivement l'Iran, le destin d'Israël par rapport à l'Iran s'écrira différemment, et le destin des États-Unis au Moyen-Orient est presque scellé...
Un acteur majeur semble être en attente : l'Inde. Conformiste face à la demande impérative de Trump de cesser les importations de pétrole russe, l'Inde se pliera aux nouvelles directives de Washington, qui lui enjoignent de reprendre les importations de pétrole russe afin d'éviter l'effondrement du marché mondial du pétrodollar. Même ainsi, l'Inde n'est qu'un acteur en attente, dont la position géographique ne la recommande nullement dans le cadre d'une stratégie américaine renouvelée en Asie.
La géopolitique américaine se précise : les États-Unis ne peuvent plus gérer de façon absolue aucune des zones géopolitiques majeures. C'est pourquoi l'accent est mis sur la destruction systématique de toutes les tentatives de synthèse régionale ou mondiale soutenues par la nouvelle étoile de l'économie et de la politique planétaires, la Chine.
La guerre mondiale approche d'un point d'inflexion. Et celui-ci accélérera le déclin de la puissance qui, en retrait, comprend qu'elle doit attaquer les bastions construits par les autres...
19:35 Publié dans Actualité, Géopolitique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, iran, géopolitique, états-unis |
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mardi, 10 mars 2026
Les États-Unis veulent isoler la Chine de l’Amérique latine

Les États-Unis veulent isoler la Chine de l’Amérique latine
Source: https://mpr21.info/estados-unidos-quiere-aislar-a-china-d...
Samedi, Trump a convoqué douze dirigeants latino-américains dans son club de golf de Miami pour créer une coalition régionale appelée « Bouclier des Amériques ». L’objectif est de réduire l’influence de la Chine sur un continent où, en deux décennies, elle s’est imposée comme un partenaire commercial indispensable.
Au cours de son discours, Trump a annoncé la création d’une coalition militaire pour éradiquer les cartels criminels, évoquant des attaques de missiles contre des organisations narco-terroristes. Il a profité du sommet pour réaffirmer ses ambitions sur Cuba, affirmant que le gouvernement de La Havane vivait ses derniers instants.
Les participants — Argentine (Javier Milei), Salvador (Nayib Bukele), Équateur (Daniel Noboa), Bolivie, Costa Rica, République dominicaine, Guyana, Honduras, Panama, Paraguay, Chili (José Antonio Kast) et Trinité-et-Tobago — sont des dirigeants inféodés à l’impérialisme.
Le Brésil, sous le gouvernement de Lula, le Mexique, sous celui de Claudia Sheinbaum, et la Colombie, sous la présidence de Gustavo Petro, ont brillé par leur absence, ces trois pays entretenant des relations commerciales étroites avec Pékin.
Quant à la Chine, Trump souhaite bloquer les contrats attribués à ce pays concernant les minerais critiques, les infrastructures de transport et les capacités de renseignement militaire. L’Argentine, le Chili et la Bolivie détiennent à eux trois les plus grandes réserves mondiales de lithium, un métal stratégique pour les batteries et le stockage d’énergie, une ressource que Washington entend arracher à Pékin.
Depuis le début de ce siècle, la Chine a considérablement accru ses prêts, projets d’infrastructure et accords commerciaux sur tout le continent. En 2024, le commerce bilatéral entre la Chine et l’Amérique du Sud avait atteint 518 milliards de dollars, faisant de Pékin le premier ou le deuxième partenaire commercial de la plupart des économies de la région.
La stratégie de sécurité nationale publiée par le gouvernement Trump en décembre dernier stipule que les États-Unis refuseront à tout concurrent extérieur au continent la possibilité de posséder ou de contrôler des actifs stratégiques en Amérique latine. Le Panama s’est retiré de la Nouvelle Route de la Soie en janvier de cette année, après que la Cour suprême panaméenne a déclaré inconstitutionnel le contrat entre le pays et l’entreprise CK Hutchison, basée à Hong Kong. L’Équateur, de son côté, a autorisé l’installation d’une base militaire américaine sur son territoire.
La prochaine étape de la coalition antichinoise sera définie lors des consultations bilatérales entre Washington et les gouvernements signataires dans les semaines précédant le voyage de Trump en Chine, prévu pour début avril.
20:24 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, chine, amérique latine, donald trump, états-unis, amérique ibérique, amérique du sud |
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lundi, 09 mars 2026
Guerre en Iran: Charlie Kirk a lancé un avertissement – et il est mort!

Guerre en Iran: Charlie Kirk a lancé un avertissement – et il est mort!
Par Daniell Pföhringer
Source: https://www.compact-online.de/iran-krieg-charlie-kirk-war...
Candace Owens, influenceuse américaine très populaire et ancienne compagne de Charlie Kirk dans le mouvement Turning Point USA, a établi un lien entre la guerre en Iran et l'assassinat de Kirk. Cela correspond aux résultats de nos recherches sur ce meurtre, présentés dans notre numéro «Les attentats qui ont changé le monde». Pour en savoir plus, cliquez ici: https://www.compact-shop.de/shop/compact-magazin/compact-...
Une nouvelle série en plusieurs vidéos est actuellement diffusée sur la chaîne YouTube de Candace Owens: dans « The Bride of Charlie », elle et son équipe enquêtent sur les incohérences dans le CV d'Erika, la veuve de Charlie Kirk, et remettent en question ses antécédents, sa prise de contrôle rapide de Turning Point USA (TPUSA) après la mort de Charlie, et prouvent des mensonges flagrants et des liens obscurs.
Charlie Kirk faisait obstacle aux bellicistes
Dans le quatrième épisode, publié le 4 mars, Candace revient sur Charlie lui-même et montre, à l'aide de divers Posts sur X et d'autres déclarations, que l'influenceur pro-Trump, assassiné le 10 septembre 2025 à Orem, dans l'Utah, s'était clairement prononcé contre une « guerre totale » , c'est-à-dire une guerre totale contre l'Iran, et mettait en garde contre ses conséquences imprévisibles. Dans le même temps, Kirk s'est opposé avec véhémence aux néoconservateurs du Parti républicain qui poussaient le président à prendre une telle mesure.
Candace Owens a déclaré textuellement:
«Nous vous avons dit la vérité à l'époque [après l'opération Midnight Hammer du 22 juin 2025, c'est-à-dire l'attaque américaine contre l'Iran dans le cadre de la guerre des douze jours d'Israël]: vous vouliez une guerre totale. C'était ce que voulait Bibi [Benjamin Netanyahu], ce que voulaient les sionistes autour de Trump. Et la seule personne qui s'opposait à l'implication des États-Unis dans une guerre totale en Iran était Charlie Kirk».
Candace poursuit: «Charlie Kirk était à la Maison Blanche et il a convaincu Trump que c'était une idée terrible qui ferait chuter son soutien et ruinerait son héritage. Lui [Netanyahou] et ses acolytes étaient furieux: Charlie Kirk, 31 ans, est la personne qui nous empêche d'obtenir ce que nous voulons».
Elle poursuit:
«Je suis personnellement convaincue que c'est précisément pour cette raison qu'ils ont comploté pour éliminer définitivement cet obstacle quelques mois plus tard. (...) Il est très probable qu'un plan ait été mis en œuvre après que Charlie ait contrecarré les souhaits de Bibi à la Maison Blanche. Sur la base des preuves dont je dispose, je pense que l'assassinat de Charlie était probablement une opération militaire très sophistiquée, destinée – et c'est là que cela devient bizarre, tant ces gens sont fous – à utiliser ironiquement son meurtre pour consolider le soutien américain à Israël».
C'est pourquoi, après l'assassinat de Charlie Kirk, Netanyahou serait «immédiatement passé à l'antenne» pour «vous rappeler à tous à quel point il aimait Israël».

Contre un changement de régime en Iran
En effet, l'opposition de Kirk à une guerre contre l'Iran transparaît dans de nombreux messages publiés depuis 2020:
3 janvier 2020 : Charlie Kirk qualifie certes le gouvernement de Téhéran de «régime maléfique», mais estime que les États-Unis doivent faire preuve de discipline et de retenue afin d'éviter une nouvelle guerre sans fin dans la région. Son appel: «Le sable et la mort continueront de nous ruiner. PAS DE GUERRE avec l'Iran!».
8 janvier 2020 : Kirk salue la retenue de Trump face aux provocations iraniennes (par exemple l'attaque contre l'ambassade américaine) et qualifie la « doctrine Trump » de pragmatique, contrairement aux idées des « bellicistes ». Il met en garde contre le fait que la gauche présentera Trump comme un belliciste en cas d'intervention, alors qu'il ne souhaite pas la guerre.
3 avril 2025 : Kirk met en garde contre les « tambours de guerre » à Washington et qualifie d' « erreur catastrophique » le fait de déclencher une guerre contre l'Iran. Il critique à nouveau les « bellicistes » néoconservateurs qui veulent envoyer des jeunes Américains à la mort et plaide pour un retrait du Moyen-Orient.

17 juin 2025 : Kirk décrit deux extrêmes dans la politique étrangère américaine : les interventionnistes radicaux (comme Lindsey Graham) et les isolationnistes. Il se positionne plus près des isolationnistes, critique les efforts de changement de régime en Iran, car ceux-ci ont semé le chaos, et loue à nouveau le pragmatisme de Trump.
17 juin 2025 : Kirk critique le sénateur James Lankford (un « fanatique des frontières ouvertes ») pour avoir appelé à un changement de régime en Iran et lui reproche de ne jamais avoir été du côté de la base républicaine, alors qu'il plaide désormais en faveur d'une guerre civile au Moyen-Orient.
19 juin 2025 : Kirk s'oppose à nouveau à un changement de régime en Iran, car cela créerait un vide du pouvoir, exacerberait les tensions ethniques et finirait par échouer, comme en Irak, en Afghanistan et en Libye.
Il reproche aux « faucons de guerre » de « brouiller les pistes » et de présenter un changement de régime comme une solution simple, ce qui est irresponsable.
Rupture avec le lobby pro-israélien
Cette position cohérente a-t-elle signé l'arrêt de mort de Kirk ? Le fait est que lors du Student Action Summit organisé par Turning Point USA à la mi-juillet à Tampa, en Floride, l'intervention de Tucker Carlson a dû faire grincer des dents les sponsors actuels de l'organisation issus du lobby israélien. Devant l'équipe réunie, l'icône du MAGA a dévoilé les liens entre Jeffrey Epstein et le Mossad et a qualifié ouvertement le milliardaire pro-israélien Bill Ackman de « fraudeur » qui aurait évolué dans « l'entourage » d'Epstein.

Cet incident, ainsi que d'autres similaires que nous mettons en lumière dans le numéro de COMPACT intitulé « Les attentats qui ont changé le monde » (cf. infra), n'est pas resté sans conséquences. Quelques semaines plus tard, le 6 août, Charlie, visiblement pâle, a déclaré dans une interview avec l'influenceuse conservatrice Megyn Kelly (photo): « J'ai reçu des messages, Megyn, dans lesquels je suis qualifié d'antisémite. » Irrité, il a déclaré: « J'ai moins de possibilités de critiquer le gouvernement israélien que les Israéliens eux-mêmes. Et c'est vraiment très, très étrange. » Il a finalement ajouté:
« Nous sommes américains, nous sommes avant tout américains, point final. Fin de l'histoire. »
Ses bailleurs de fonds lui ont fait part de leur mécontentement le 8 août, environ un mois avant son assassinat, dans un luxueux complexe hôtelier des Hamptons. Comme l'a rapporté Max Blumenthal, rédacteur en chef du portail d'investigation américain The Grayzone, en se référant aux participants de cette « retraite d'influenceurs », la réunion convoquée par Ackman, qui rassemblait une douzaine de militants pro-israéliens, s'est transformée en tribunal.
Charlie aurait été « engueulé » par le milliardaire et une certaine Natascha avant qu'on lui présente une « liste détaillée de ses fautes ». Selon l'initié, Kirk aurait été « effrayé » par ce traitement. Ackman a nié cette version après l'assassinat de Charlie.
« Ils vont me tuer ! »
Les tensions ont continué à s'intensifier. Début octobre 2025, Candace Owens a publié des extraits d'une conversation qui a eu lieu seulement 48 heures avant l'assassinat de Charlie Kirk. Outre Kirk, son pasteur évangélique, un rabbin et le commentateur américain pro-israélien Josh Hammer, entre autres, ont participé à cette conversation.
Voici les passages les plus significatifs :
Charlie Kirk (15 h 48) : « Je viens de perdre un autre gros donateur juif. 2 millions de dollars par an, parce que nous ne refusons pas Tucker {Carlson}. Je pense inviter Candace {Owens}. »
Expéditeur inconnu (15 h 50) : « Uggghh. »
Charlie Kirk (15 h 54): «Les donateurs juifs correspondent à tous les stéréotypes. Je ne peux pas et je ne vais pas me laisser intimider comme ça».
Charlie Kirk (15 h 54) : « Cela ne me laisse pas d'autre choix que de quitter la cause pro-israélienne. »
Mais ce n'est pas tout ! Le 9 septembre, soit exactement un jour avant l'assassinat, Kirk a participé à une conférence Zoom sur les « défis anti-israéliens » lors de sa prochaine tournée universitaire. Étaient également présents : ledit rabbin et Josh Hammer. Selon Candace Owens, Kirk aurait envoyé plusieurs messages en majuscules à plusieurs personnes pendant la réunion Zoom: « ILS VONT ME TUER ! »

Vous trouverez toutes les informations cachées et les incohérences concernant le meurtre de Charlie Kirk dans notre édition révélatrice « Les attentats qui ont changé le monde ». Ne vous laissez plus mener en bateau, découvrez la vérité. Commandez ici: https://www.compact-shop.de/shop/compact-magazin/compact-...
13:14 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, charlie kirk, états-unis |
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