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dimanche, 23 avril 2017

Turquie: deux sociétés irréconciliables?

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Bob Woodward:

Ex: http://www.decryptnewsonline.com 

C’est une victoire étroite, lourde d’inconnues, que celle remportée par Recep Tayyip Erdogan dimanche 16 avril lors du référendum destiné à instaurer une « hyperprésidence », donnant au chef de l’Etat des pouvoirs sans précédent, lui permettant de contrôler l’exécutif mais aussi très largement le législatif et le judiciaire. Le oui l’a emporté avec 51,3 % des suffrages, selon des résultats non encore définitifs. Loin du plébiscite escompté il y a encore quelques mois par celui que ses partisans appellent « reis » – le chef – et qui se sentait renforcé après l’échec du coup d’état militaire de juillet 2016. Près de 25 millions d’électeurs turcs ont voté pour les dix-huit amendements à la Constitution, soit 1,5 million de plus que ceux qui les ont rejetés. Selon des résultats quasi-définitifs, 51,3% des Turcs ont approuvé dimanche la réforme transformant leur pays en République présidentielle, après neuf décennies de régime parlementaire. Le chef de l'Etat, Recep Tayyip Erdogan, a revendiqué sa victoire, qu'il a qualifiée de «moment historique», appelant «les autres pays à respecter la décision du peuple turc» et s'engageant à lancer «immédiatement» les travaux sur le rétablissement de la peine de mort - une promesse de campagne. Devant des milliers de partisans réunis à Ankara, le Premier ministre et chef du parti au pouvoir (Parti de la justice et du développement, AKP), Binali Yildirim, a quant à lui salué «la plus belle réponse» aux commanditaires de la tentative de putsch de juillet 2016, aux séparatistes kurdes et aux «forces étrangères hostiles à la Turquie». Plus de 86 % des électeurs ont participé au scrutin.
 
Cette victoire étriquée, le pouvoir turc la doit à ses bastions conservateurs d'Anatolie centrale et de la mer Noire, tandis que le non l'emporte dans les plus grandes villes du pays: Istanbul, Ankara et Izmir. . Il devra surtout justifier sa décision de dernière minute d'accepter comme valides de nombreux bulletins normalement considérés comme irréguliers - car exempts de sceau officiel. L'opposition devrait utiliser cette procédure discutable pour remettre en cause le résultat. «Le référendum a montré qu'au moins 50 % de la société disait non» à cette réforme, a dénoncé le leader de l'opposition, Kemal Kiliçdaroglu. «Nous respectons le verdict du peuple mais le YSK a jeté une ombre sur le résultat», a poursuivi le chef du Parti républicain du peuple (CHP). La deuxième formation d'opposition, le Parti démocratique des peuples (HDP, pro-kurde), a fait savoir qu'il allait contester les votes provenant de «deux tiers» des urnes, dénonçant des «manipulations».
 
L'opposition refuse donc de s'avouer vaincue. Et pour cause: pendant toute la campagne, le non a nargué le oui dans les intentions de vote. Ignorés par les grands médias (y compris les chaînes publiques), privés des ressources de l'Etat, assimilés aux terroristes, séparatistes et putschistes, invisibles sous les kilomètres de banderoles du oui qui ceinturaient l'espace public, les partisans du non - soit tous les partis politiques à l'exception de l'AKP et de son allié ultranationaliste MHP - ont cru à la victoire. Il a fallu attendre les dernières semaines pour que la machine du pouvoir achève vraisemblablement de convaincre les indécis - ou de les effrayer.
 
«Si le non l'emporte, nous entrerons dans une période de chaos ou d'instabilité», avait prévenu le ministre du Commerce, Bülent Tüfenkci, tandis que le Premier ministre, Binali Yildirim, promettait d'en finir avec le terrorisme en cas de victoire du oui. Des peurs et des promesses agitées pendant la campagne par le chef de l'Etat qui, dix jours avant le vote, appelait même les électeurs tentés par un refus à «ne pas mettre en danger leur vie après la mort». «On se demande ce que le résultat aurait pu être si les conditions de campagne avaient été équitables», écrivait l'éditorialiste Murat Yetkin dans le quotidien Hürriyet à la veille du référendum.
 

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La Turquie, plus polarisée que jamais, ne sort pas non plus indemne de ces deux mois de campagne. «Des choses ont été dites qui ne l'avaient jamais été et ont aggravé la dimension Kulturkampf au sein de la société», estime le politologue Ahmet Insel. Comme lorsque le président a accusé ses opposants d'être du côté des terroristes. Ou lorsqu'un éditorialiste influent et proche d'Erdogan, Hayrettin Karaman, a écrit que le oui était un «devoir religieux» et que les musulmans devraient désormais traiter les électeurs du non comme les juifs et chrétiens auxquels on accorde le droit de vivre. Ailleurs, un imam leur a promis l'enfer. A Istanbul, un employé municipal a assimilé sur Facebook - avant d'être mis à pied - les femmes et les filles des partisans du non à des «butins de guerre». Pour Ahmet Insel, qui tient une chronique dans le quotidien d'opposition laïque Cumhuriyet, «on a vu pour la première fois un discours musulman dominant, autoritaire, sûr de lui et agressif. Cela va probablement aggraver la peur mutuelle des deux côtés.»
 
Quant à la réforme en elle-même, elle n'entrera pas en vigueur avant les prochaines élections législatives et présidentielle, censées se tenir le même jour de novembre 2019. D'ici là, Recep Tayyip Erdogan - qui a semblé écarter dimanche la perspective d'élections anticipées - continuera d'user de tous les pouvoirs dont il dispose déjà. A deux nouvelles exceptions près: le président pourra reprendre immédiatement sa carte de l'AKP, qu'il avait dû quitter en août 2014 au nom de l'impartialité de sa fonction. Quant au Conseil des juges et procureurs (HSK), qui nomme et révoque les magistrats, il sera remodelé sous 30 jours par le chef de l'Etat, qui achèvera ainsi d'asseoir son autorité sur l'appareil judiciaire.
 
S’adressant à plusieurs centaines de ses supporteurs réunis devant son palais de Tarabya, sur la rive européenne du Bosphore, M. Erdogan a évoqué une « victoire historique » en insistant sur le rôle « décisif » du vote des Turcs de l’étranger. « Le 16 avril est une victoire pour la Turquie pour ceux qui ont voté oui et pour ceux qui ont voté non », a-t-il clamé.

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« Le pays a pris une décision historique », s’est félicité le chef de l’Etat tout en mettant en garde tous ceux qui contesteraient le résultat de la consultation. « Tout le monde devrait respecter la décision de notre nation, en particulier nos alliés », a-t-il insisté alors que les Européens n’ont pas caché leurs inquiétudes sur une réforme constitutionnelle qui remet en cause nombre des principes de l’Etat de droit et notamment la séparation des pouvoirs.
 
Le caractère pour le moins étriqué de la victoire du oui représente un véritable camouflet pour l’homme fort de la Turquie. Le non gagne en effet dans les grandes villes du pays, à commencer par Istanbul, dont M. Erdogan fut le maire, et Ankara. C’est un signal fort car ces deux villes votent majoritairement depuis 1994 pour les partis islamistes, d’abord le Refah (Parti de la prospérité, interdit en 1998) et depuis 2002 pour l’AKP (Parti de la justice et du développement).
 
Les habitants de plusieurs quartiers d’Istanbul acquis au non – entre autres à Besiktas, du côté européen du Bosphore, à Kadikoy et à Maltepe, côté asiatique – sont descendus dans la rue pour protester contre la victoire proclamée de M. Erdogan. A Sisli et à Cihangir, d’autres partisans du non se sont livrés à un concert de casseroles depuis leurs fenêtres et leurs balcons, peu après la tombée des résultats.
 
Ce retournement représente un avertissement pour le leader de l’AKP, qui disposait déjà d’un pouvoir sans équivalent depuis Mustafa Kemal Atatürk, le fondateur de la République turque. L’AKP et le MHP – le parti de la droite ultranationaliste dont le leader, Devlet Bahceli, appelait aussi à voter oui – représentaient lors des scrutins de novembre 2015 63 % des électeurs d’Ankara et 62 % de ceux d’Istanbul. A peine 48 % des électeurs de ces deux métropoles ont voté pour le oui, soit une perte de plus de 10 points. Au sein même de l’AKP, cette concentration du pouvoir entre les mains d’un seul homme suscitait une réelle inquiétude.
 
Le référendum a accru les divisions du pays et la polarisation toujours plus extrême entre partisans et adversaires de M. Erdogan. « Il a gagné officiellement mais il a perdu politiquement », relève l’universitaire Ahmet Insel, directeur de la prestigieuse revue Birikim. Si légalement le président peut et va mettre en œuvre sa réforme constitutionnelle, sa légitimité est sérieusement écornée par le résultat du vote. « Une réforme d’une telle ampleur qui bouleverse les fondamentaux de la république ne peut s’appuyer sur une si courte majorité, de surcroît contestée », relevait sur les ondes de CNN Türk Murat Yetkin, directeur du quotidien Hurriyet Daily News.
 
L’étroitesse de la victoire du oui attise les polémiques sur les irrégularités du scrutin de la part de l’opposition, le CHP (Parti républicain du peuple, laïque) et le HDP (Parti démocratique des peuples, pro-kurde). Le CHP, la principale force de l’opposition, a annoncé qu’il allait demander un nouveau décompte de la moitié des bulletins en dénonçant des « actes illégaux ». La controverse porte sur les bulletins de vote non tamponnés par les scrutateurs présents dans les bureaux.
 
Quand le décompte a commencé, la Haute Commission électorale (YSK) a fait savoir que les bulletins dépourvus de tampons seraient considérés comme valides, contrairement à ce qui prévalait jusqu’ici. Cette décision, véritable entorse à la pratique habituelle, a été prise « à la demande de représentants de l’AKP », a précisé Sadi Güven, le président de la YSK. « Plus d’un million et demi de votes douteux ont ainsi été validés », a accusé Erdal Aksunger, un des vice-présidents du CHP. « Celui qui a pris le cheval est déjà parti », a lancé M. Erdogan, laissant entendre, par le biais de ce proverbe populaire, qu’il était trop tard pour contester quoi que ce soit.
 
Dans le sud-est du pays, à majorité kurde, et notamment dans les bastions historiques du Parti démocratique des peuples (HDP), le non l’emporte sans surprise mais sans éclat avec des scores contrastés, allant selon les provinces de 57,2 % à 72,6 % des voix.
 
Le scrutin de dimanche intervient après une série de bouleversements majeurs dont le mouvement kurde ne s’est pas relevé. En deux ans, il a eu à subir l’échec des guérillas urbaines menées par sa branche armée, qui s’est prolongé par la destruction ou la mise sous coupe réglée par les forces de sécurité de villes qui lui étaient acquises, des vagues d’arrestations massives au sein de son encadrement, l’emprisonnement du leader du HDP, le très populaire Selahattin Demirtas, et la perte de 80 des 102 municipalités kurdes dont il s’était emparé par les urnes au profit d’administrateurs nommés par l’Etat.
 
Malgré ce contexte défavorable et une campagne qui n’a pas été menée à armes égales contre le camp du oui, la carte du non dans le sud-est dessine encore un territoire cohérent, à majorité kurde. « La victoire du non dans des régions kurdes montre qu’elles conservent leur identité politique, que nous existons en tant que Kurdes et que le changement constitutionnel n’est pas légitime », estime Osman Baydemir, porte-parole du HDP, ancien maire de Diyarbakir, la capitale officieuse des Kurdes de Turquie.
 
Cependant, le rejet du projet constitutionnel ne se confond pas avec un vote d’adhésion pour le HDP et la persistance d’une enclave kurde hostile au pouvoir ne vaut pas sécession. Au sein même de cette zone et bien que la mesure des irrégularités qui ont entaché le scrutin ne soit pas encore connue, les scores du non restent inférieurs à ceux obtenus par le HDP lors des élections de novembre 2015.
 
Si M. Erdogan gagne, il n’en est pas moins politiquement affaibli, y compris sur la scène internationale. La campagne électorale a fortement dégradé les relations entre le président turc et plusieurs dirigeants européens, dont la chancelière allemande Angela Merkel, qu’il a accusée de « pratiques nazies » pour avoir refusé aux officiels d’Ankara de mener campagne dans son pays. Et il relance le défi.
 
Face à la foule de ses partisans qui à Istanbul scandait des slogans en faveur de la peine de mort, le président turc, accompagné par sa femme, Emine, a promis de « discuter au plus vite de ce sujet avec le premier ministre [Binali Yildirim] ». « Nous pourrions organiser un référendum », a-t-il lancé. Le retour en vigueur de la peine capitale en Turquie donnerait le coup de grâce au processus d’adhésion à l’Union européenne, déjà plongé dans un coma irréversible.

samedi, 22 avril 2017

Donald Goes to Canossa

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Donald Goes to Canossa
(A Light-headed discussion of grave affairs)
 
What’s wrong with gassing your own people? After all, California does it and Oklahoma plans it, and these are fine advanced states. I would not like the Russians to send their howling missiles to Sacramento: they gas their own people. While gassing someone’s else people may be considered a sort of interference in their affairs, gassing of one’s own people is clearly one’s own business. Mind your own business, sir, gas your own.

And if these are beautiful babies that you worry about, why, the US flushes them down the drain, a million beautiful babies a year are ripped out by abortionists. Would you like Vlad Putin to strafe the Planned Parenthood headquarters at 434 West 33rd Street, New York, NY as they kill beautiful babies?

Who are “your own people” is also open for interpretation. A few years ago I went to the funeral of a young Palestinian Christian girl who has been gassed to death by Israelis in her own bedroom in Beit Jalla near Jerusalem (they shot a tear gas bomb into her window). Was she “their own people”? If you say she wasn’t, then, by the same measure, the Jews of Germany weren’t “their own people” for the Germans, and then, Hitler did not “gas his own people” making him a great improvement on Bashar Assad, according to the ADL-authorised version.

Why it is so God-awful to gas people and/or beautiful babies, while frying them with napalm, pouring Agent Orange over them or starving them to death is a proper thing to do. Or nuking them, indeed. Would nuking Nagasaki count as a lesser crime than anything else? If it is a question of aesthetics, I think napalm makes the worst pictures of deep-fried babies as those made in Gaza after Israeli attack. They are so awful that I forbade my Italian publisher to place one of them on the cover of my book. In comparison to them, gas deaths are almost blissful.

For these reasons I do not intend to discuss whether Bashar Assad did, or he didn’t. The story is murky, and the Russians – and the alternative press – had a few mutually contradicting versions Rashomon-like. The whole thing was a false flag cautiously prepared by the rebels and/or Americans; or it was a freak accident, a result of Syrian air force hitting a rebel chemical weapons factory, like the US did a week later; or was it a combination of two, the rebels using the spill to raise hell. Washington is not Kurosawa, and the Trump administration immediately declared they knew what happened before the dust settled, just like Bush and Netanyahu all knew on 9/11. For me it is of little interest: in what way these eighty people died – out of hundreds of thousands who have died in the Middle East wars started by President Bush the Senior and continued by his worthy successors.

The verdict of official Washington is of very little value, after the Kuwaiti incubator baby hoax, the Iraqi WMD of Powell, Libyan atrocities and similar fake news. This boy has cried wolf too often for us to pay attention this time. I do not trust anything the mainstream media tells us, for they proved to be inveterate liars. But who cares even if it were true, when we have heard US State Secretary Madeleine Albright saying it was worth while to kill 500,000 beautiful babies to weaken Iraq?

I would advise you to dismiss this horror story of he-gassed-his-own-people and banish it out of your mind. Who cares? It is just a psy-war against his-own-people, meaning you. Rejecting such stories will restore your ability to judge right. Reject whatever they want you to discuss out of hand and you will regain freedom of mind.

However, the underlying story of Donald’s U-turn is one of the most entertaining and riveting stories that deserves to be looked at. Without unnecessary embellishments (“he saw dead babies”) it is even better. After years of twits against Middle Eastern wars and for friendship with Russia, after going against the establishment and winning, such full surrender is amazing.

It is less amazing if you think of his choice: to be removed from power and locked up in the cellars of Alcatraz or Guantanamo. The CIA and The New York Times with help of the judiciary and the ever-treacherous McCain had plotted to jail or kill Trump, and he saw no other way to save his skin but doing a full Canossa.

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Trump had some ambitions, but becoming a martyr hasn’t been one of them. He who fights and runs away, lives to fight another day, he murmured to himself, dumped Bannon and bombed Syria.

It worked like magic. His avowed enemies in Congress and in the media greeted him like a young lad coming out of a cathouse: boy, now you became a man! Now you are a real president! Fareed Zakaria blessed him on CNN: “Donald Trump became President of the United States last night.” The Jews forgot their silly stuff of antisemitism and threw their yarmulkes high in his honour. Mme Clinton stopped sulking and said now she does not regret losing the elections to this fine man. A small deed, but a great reward, Donald could say. If Paris was worth a mass, Washington is worth a strike.

After all, America is an evolved Comanche and Apache tribal union, and the Great White Chief has to have the biggest string of scalps at his belt.

The Russians weren’t unduly upset. They have tolerated Israeli missile strikes and bombings of Syria all the time; so why would they object now? The Russian line is as follows: we fight the terrorists, we do not fight for Bashar Assad against other forces, be it Israel, Turkey, Kurds or the US or against moderate opposition. Yes, it is unfair to Assad, but this is the Russian attitude, like it or not. They do not intend to fight the whole West, Israel and the Sunni kingdoms. They fight against ISIS, Al Nusra and similar extreme factions of Islamic movement. So Trump’s strike annoyed them, but it did not cross the red line they drew.

The Western media stressed that the Syria strike has been aimed against Putin, first of all, that the intention was to humiliate the Russian ruler. The Russians did not think so. For them it was an affair between Trump and Assad. Putin did not feel humiliated, and that’s why he received State Secretary Rex Tillerson at the Kremlin. He and Mr Lavrov told Tillerson that the US has absolutely zero evidence for their claim; that this event should be investigated; that they do not believe Assad was behind it. Tillerson proposed that the Russians switch sides in Syria, and this proposal was been immediately rejected. Lavrov quickly recapped previous the causes of war in Iraq, Libya and Syria; he reminded them of the proven case of 2013 chemical weapons hoax. Still, they parted without acrimony. Russian-American relations are not worse than they were; mainly due to Putin’s dogged desire to avoid war with the US for as long as he can, preferably for another five or six years at least.

Trump managed the China angle well. He claimed that President Xi expressed his understanding or even approval of the strike. The Chinese deny that, but they did not make too much of it. They abstained at the Security Council vote on Syria, and Russia had to veto it alone. This is a big achievement for the American President, and an unexpected one.

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The pundits thought Trump planned to befriend Russia in order to isolate China; surprisingly he used China to isolate Russia. The Russian and the Chinese Presidents should worry about this American gambit more than about the Syrian strike.

Israel has been happy about the strike; Israeli left and right were united on this point, though they offered differing explanations. But then, Israel is happy at any strike at an Arab target. American Jews were happy, too. I wrote of a chasm between liberal Jews and Zionists Donald Trump tried to exploit in his interests. This time he satisfied both factions.

If Trump will be satisfied with this great result, we can say he emerged a winner, and he didn’t even poison his relations with Russia or China. The problem is, he is tempted to repeat this trick with North Korea, and this will be a very costly mistake.

North Koreans, whom I visited last year, are not a soft target like Syria or Iraq. This is the hardest target on the planet. They are used to confrontation with the US. They were born into this confrontation; they grew at the Korean War of 1950s when their country had been devastated by American bombs. Their fathers lived through the Japanese colonisation, and they are determined – never again. They have little love for Americans and for Japanese, and they would like to mete their vengeance on them and on their South Korean stooges. The Japanese and the American soldiers and sailors’ mothers should pray to their gods to restore President Trump to his senses.

If Trump strikes Korea, the Koreans are likely to strike back at the US fleet, the US bases in South Korea and in Okinawa. Probably they will use their nuclear weapons. This is exactly the occasion they prepared their A- and H-bombs for. This is exactly the reason they refused the plans of denuclearisation, and they were right.

A problem with American planning is its repetiousness. They always do the same routine they borrowed from a spaghetti Western. You know, the vigilante calls upon his adversary: release your hostage and drop your gun or I’ll shoot! When the fool drops the gun, the vigilante smiles madly and shoots anyway. It is not a chivalrous approach, but then, American foreign policy is charted by businessmen, not by knights.

In September 2013 Obama threatened Bashar Assad into dropping his gun. Assad gave up his arsenal of chemical weapons, the only thing he could employ against nuclear-armed Israel next door. The Russians (willingly or not) supported this Israeli-American subterfuge. After Assad had voluntarily disarmed, Israel was safe; Assad couldn’t do anything to harm Israel or Americans. Then they accused him of using the chemical weapons he gave up, and attacked him.

The same routine happened in Libya. They threatened Muammar Gadhafi and he gave up his weaponry. He also opened his country for the TNC to buy and operate Libyan oil and gas. They privatised and bought everything they could, and at the end they attacked Libya anyway and killed Gadhafi.

You remember that Saddam Hussein agreed to all American demands, that he opened every door in his country for their inspection, and when they learned he had no WMD, they accused him of possessing WMD, attacked, destroyed his country for good and hanged him. You can’t even call the American foreign policy makers “treacherous”, like you can’t call a cyclone “strong wind”.

The North Koreans had learned this lesson by heart. They are not going to drop their guns, even if the Russians and the Chinese were to beg them on their knees to do it for their sake please. Once, Russia and China were reliable, but it was in the days of Stalin and Mao, they think. Koreans know that nowadays a country has to rely on its own nuclear forces and to be ready to deliver the payload wherever it hurts.

For Iraq and Syria, a nearby spot of enemy’s vulnerability (“the hostage”) was the Jewish state, but they allowed themselves to be convinced to surrender their weapons. For North Korea, the adversary’s vulnerable spots are the US bases, and Japan, an old enemy and the US ally.

Donald Trump had sent a formidable force to the Korean shores. There are tens of thousands of sailors and soldiers, there are ships, nuke-bearing submarines and air force. Just now the Americans exploded their Mother-Of-All-Bombs in Afghanistan, this poor land they ruined – first, by bringing there Osama bin Laden, then by conquering it, and after all, by turning it into biggest producer of drugs in the world, this ultimate source of CIA’s independent wealth. No doubt, the US can destroy Korea – second time within our lifespan. But they can’t scare the North Koreans into submission. The Koreans can’t be scared.

North Korea has no billionaires ready to serve as an American Fifth Column. They have no ethnic or gender minorities, no culture of critique. Stubborn folk, they will not surrender.

Trump will have to bomb them; kill a million; and perhaps a million Japanese and Americans will be killed by the Korean payback. Trump might have his Pacific Fleet sunk just at the time when the US might need it for future confrontation with China. The Koreans can’t harm the continental US in any case, but Trump’s attack and Korean response may undermine the US naval strength, and then the US will be overrun by the same Mexicans Trump hated so much. Ironic justice, of sorts. Nobody can cause so much damage to the Republic as the President, after all. Is it possible? Yes. Not a sure thing, but a possible one.

It will be an inglorious end for Trump’s career, and quite unnecessary one, too. North Korea threatens nobody; they live their own life in their far-away peninsula. They have nukes to make them a hard target, hard to swallow and digest, not in order to attack. It would be better to forget about them, and to return to the things Trump promised to his voters.

It is still possible; his Syrian strike will be forgotten; Trump has enough time left to eliminate his enemies in the Republican Party, to dismantle the CIA, to create his own militia and to proceed and save America.

However, there is a hitch. Why do so many Americans want to have the world war as they push upon Trump to start it? America is overpopulated, that’s why. There are too many people, and since the Trojan war, a war has been the solution for overcrowding. The forces that bring refugees and immigrants to your shores are the same forces that lead you to war.

My baby-boomer generation came to life after the WWII, and the world welcomed us. We grew in spacious places; we had countryside in which to frolic, and housing had been relatively inexpensive. We could have children, we had something to look for. Now it is crowded everywhere; nature has been destroyed or privatised, even the Dead Sea has been killed.

The US population doubled since 1960; Europe (as well as Russia) added 25%, mainly immigrants, some cities grew much faster: Moscow’s population tripled. Population growth brings war. The Middle East is at war, and it is not only America’s fault, but also of their preoccupation with fertility. The population of Israel, of Palestine, of Syria quadrupled, that of Jordan multiplied by factor of ten, while Lebanon has had it better than most by just doubling its population. Unhappy Aleppo’s population grew six times since 1950s, and naturally there was the civil war. Even after so much death and destruction, Syria today has more people than it ever had, while Israel has no place even to bury its dwellers. Israel is a thousand per cent more crowded (its population density is 1,000 per cent higher) than the OECD average.

Another, less discussed reason is that the means of production improved greatly and now Wall Street and other hard-core liberals think there are too many unneeded people who can’t be employed profitably. Instead of returning industries to the US, it is easier to kill a hundred million of America’s surplus population.

For these reasons the War Party wants to start World War Three, to free space for the coming generations and to get rid of surplus. Perhaps this man with orange hair is an unlikely avatar of Shiva the Destroyer, whose attack on Korea will lay our world waste, and bring in the new spacious world for our sons and daughters – if they will survive the war. And if Korea thing will fail, there are still Russia and China, and sooner or later they will oblige. Unless the liberals who want the world without us will be defeated.

Israel Shamir can be reached at adam@israelshamir.net

This article was first published at The Unz Review.

vendredi, 21 avril 2017

Terrorisme musulman ”low cost” : la contagion

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Terrorisme musulman ”low cost” : la contagion

par Guillaume Faye

Ex: http://www.gfaye.com 

Après l’attaque terroriste de Londres du 22 mars 2017, on pense au refrain de Francis Cabrel « Et ça continue, encore et encore, c’est que le début, d’accord, d’accord » La possibilité d’une guerre civile ethnique, dévastatrice, qui se prépare, se confirme. Les attentats ”low cost”, c’est-à-dire avec peu de moyens (véhicules–béliers, armes blanches, etc.), se multiplient par contagion. Les auteurs sont tous musulmans sans aucune exception. Et, sans aucune exception non plus, ces djihadistes sont des délinquants repris de justice.

Le symbole de Westminster

Quatre morts et plus de quarante blessés sur le pont de Westminster où le terroriste musulman a foncé sur les piétons avec son 4X4 Hyundaï de location. Puis il s’encastre dans les grilles du Parlement, blessant les gardiens en faction. Il parvient à pénétrer dans la cour du Palais de Westminster, peu protégée, où il poignarde à mort un policier (stupidement désarmé donc sans défense, comme les bobbies britanniques) avant d’être abattu par un agent en civil des forces spéciales. (1)

Signe de la fragilité des sociétés occidentales et de l’impact provoqué par cet acte criminel à moyens insignifiants, des scènes de panique se sont ensuivies. La Chambre des Communes comme la Chambre des Lords ont été bouclées, les députés confinés à l’intérieur. Même la Reine à Buckingham Palace a dû subir des mesures spéciales de protection. Les agresseurs musulmans se félicitent de cette dissymétrie : ”avec des armes rudimentaires et des fanatisés, nous déstabilisons ces pays européens que, par ailleurs, nous envahissons par l’immigration et la démographie”. Tel est leur calcul implacable. De plus, comme sur la Promenades des Anglais à Nice le soir du 14 juillet ou lors du Marché de Noël à Berlin, ils choisissent des lieux et moments symboliques.

Multiplication des petits attentats djihadistes par des délinquants 

Quelques jours avant l’attentat de Londres, un autre Maghrébin, lui aussi repris de justice multirécidiviste (ayant bénéficié d’une scandaleuse mansuétude judiciaire comme à l’accoutumé), Ziyed  Ben Belgacem, a attaqué à l’aéroport d’Orly une patrouille militaire de l’opération Sentinelle dans le but de tuer, en tentant de s’emparer du fusil d’assaut d’une  femme militaire,  avant d’être abattu (2). Là encore, la corrélation entre criminalité et djihadisme est évidente. « On le prend pour un petit braqueur, mais dans sa tête c’est déjà un islamiste radicalisé de longue date : la haine de la société s’est muée en haine de la France », note François d’Orcival (Valeurs actuelles, 23–29/03/ 2017). 

Le lendemain de l’attaque de Londres, un nouvel attentat à la voiture bélier a lieu à Anvers, commis par un Tunisien (Français de papier), bien entendu délinquant de droit commun et trafiquant de drogue. En état d’ébriété, il a foncé dans la foule d’une rue piétonne, sans faire de victimes. Mohammed R. n’était pas un musulman ”radicalisé”, ce qui est inquiétant. Des spécialistes français, adeptes de la culture de l’excuse, ont écarté l’acte terroriste : ivre, il aurait voulu échapper à des contrôles de la police anversoise et aurait emprunté dans sa fuite une rue piétonne. Comment expliquer que la police belge ait retrouvé des armes dans son coffre, dont un fusil à pompe ? 

Le soldat Lee Rigby a été massacré en pleine rue, en 2013, en Grande Bretagne, à l’arme blanche par deux Noirs ”britanniques” de papier d’origine nigériane, racistes anti Blancs convertis à l’islam, qui est pour eux, la religion des ”peuples de couleur”, leitmotiv classique. Depuis, de multiples cas semblables se sont produits en Europe et en Amérique du Nord,  passés sous silence ou minimisés par les médias.

La terreur quotidienne, voie de l’islam invasif

Cette méthode du terrorisme ”low cost”, très efficace, liée à l’invasion migratoire de l’Europe, à 95% musulmane, repose sur un nombre croissant de candidats criminels potentiels recrutés dans cette population. Le terrorisme ”bas de gamme”, avec peu de moyens, est le plus dangereux et le moins décelable à l’avance. Il sera de plus en plus fréquent dans les pays européens et d’Amérique du Nord. Cette technique  d’attaque, très adaptée à la guerre civile, est faite pour épouvanter les populations, à créer une insécurité permanente. Elle ne nécessite pas d’équipes spécialisées coûteuses et difficiles à recruter. Elle s’adapte bien à la population arabo–musulmane ou afro–musulmane qui possède un niveau d’expertise, de compétence et d’organisation assez faible dans pratiquement tous les domaines mais qui, en revanche, s’avère facile à fanatiser.     

Cette technique du terrorisme low cost a été théorisée et encouragée par Abou Mohammed al–Adnani, porte–parole de l’État islamique (tué le 30 août 2016). Dans son appel du 22 septembre 2014 contre les citoyens de la coalition anti Dae’ch, tout spécialement anglo–saxons et français, il ordonnait : «  si vous pouvez tuer un incroyant […] alors comptez sur Allah et tuez–le de n’importe quelle manière. Si vous ne pouvez pas trouver d’engin explosif, alors isolez l’Américain infidèle, les Français infidèle ou n’importe lequel de ses alliés. Écrasez–lui la tête à coups de pierres, tuez-le avec un couteau, renversez–le avec votre voiture, jetez–le dans le vide, étouffez–le ou empoisonnez–le ».

L’appel d’al–Adnani a encouragé de nombreux passages à l’acte. Le 20 octobre 2014, à Saint–Jean–sur–Richelieu (Québec), un converti avait écrasé deux militaires avec sa voiture, tuant l’un et blessant l’autre, avant d’être abattu. En France, une dizaine d’attaques semblables ont été répertoriées, rappelons–le,  dont la plus meurtrière, le 14 juillet  2016 à Nice (plus de 80 morts et 400 blessés) et Berlin (12 morts et 48 blessés) sur le marché de Noël, attaques au camion écraseur par deux Tunisiens, obéissant à Dae’ch.   

Le profil classique du djihadiste : islam, ressentiment ethnique, délinquance  

Khalid Massood, Britannique de 52 ans, métis, l’auteur de l’attaque de Londres, n’était pas surveillé pour activités terroristes mais jadis fiché par le MI5 (3) pour un rôle « périphérique ». Comme par hasard, il avait un lourd casier judiciaire, accumulant les condamnations pour agressions, détentions d’armes et troubles à l’ordre public. En Grande Bretagne, comme partout ailleurs en Europe, la criminalité est majoritairement le fait de délinquants d’origine immigrée extra–européenne ou de nationaux aux racines étrangères ; et, comme on le remarque, les musulmans auteurs d’attentats de haute ou basse intensité sont sans exceptions tous des repris de justice. Djihad et délinquance sont intimement, structurellement liés. Et même historiquement : Mahomet, partout donné en exemple, pratiquait et justifiait pillages, meurtres, vols et razzias. Une étroite logique corrèle islam, violence, et criminalité.

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Khalid Massood, l’assassin musulman de Westminster, est un pseudonyme arabisé et afghanisé. Son vrai nom était Adrian Elms (nom de sa mère). Né en Grande Bretagne en 1964 d’une mère blanche et d’un père noir ayant abandonné la mère, situation classique. Élevé par sa mère, il devient délinquant à partir de 19 ans. En 2004, il a poignardé un homme au visage. Il se convertit à l’islam et se radicalise pour des raisons ethniques, cas très répandu. En effet, avec l’échec total de l’utopique ”intégration” et de l’imbécile ”vivre ensemble”, l’islam est perçu comme la religion identitaire des non–Blancs, prétendument opprimés. Ce dogme est repris par les Européens  collaborateurs et soumis, adeptes de l’  islamo-gauchisme. 

Le délinquant et assassin Massood, cas classique, était mû par une haine raciste  (camouflée par l’antiracisme) de l’Occident, de l’Europe  et des Blancs. La police britannique soupçonne que cet assassin, même s’il a agi seul, a été entouré par une bande de coreligionnaires et de ”frères” ethniques qui l’ont aidé. 

Les djihadistes et tueurs anonymes

L’État islamique, Dae’ch, a revendiqué l’attentat de Londres et proclamé que Massood était l’un de ses soldats. Pas besoin pour cela qu’il ait eu le moindre contact avec Dae’ch.  Le tueur anonyme a obéi aux ordres : tuer des ”mécréants”, des Européens de souche, des Blancs. La force de Dae’ch, comme d’autres organisations musulmanes concurrentes, est de lancer des ”ordres criminels”, des fatwas, et des milliers de fanatiques, à petite échelle, obéiront.  N’importe quel terroriste djihadiste improvisé peut pratiquer l’écrasement de piétons à la voiture bélier ou le massacre à l’arme blanche, par surprise, où et quand il veut. Il est un combattant anonyme.

Un fait qui s’est produit le 24 mars 2017 à Dijon est particulièrement inquiétant : une femme voilée de la tête aux pieds selon la tenue islamique rigoriste ne laissant apparaître que les yeux, a attaqué et terrorisé les passants avec un couteau de 20cm. de long, puis est entrée dans une église et dans une parfumerie afin de poignarder des ”mécréants”, sans succès, avant d’être neutralisée. Cette meurtrière potentielle sera, n’en doutons pas, très bien traitée par la justice française. Pas d’islamophobie, n’est-ce–pas ?

Terrorisme islamiste ou plutôt  islam terroriste ?

Les politiciens et journalistes peureux désignent abstraitement le ”terrorisme” comme danger suprême. Sans oser préciser l’ennemi : l’islam terroriste (terme plus pertinent que l’ « islamisme », ruse sémantique). L’islam invasif qui utilise le terrorisme pour déstabiliser et effrayer les sociétés européennes, mais dont l’arme principale est néanmoins l’invasion migratoire et la natalité des immigrés, visant à une substitution de population, reprend une stratégie constante de guerre contre les Européens depuis le VIIIe siècle.

Après cette attaque du 22 mars à Westminster, Theresa May, la Première ministre britannique, a estimé que le terroriste  visait d’abord un symbole – un des plus anciens parlements du monde – et donc « des valeurs de démocratie et de liberté d’expression ». Oui, c’est vrai, mais là n’est pas l’essentiel : elle n’a pas mentionné l’islam ni même l’islamisme comme responsables de l’attentat ! Ce déni de réalité, comme chez d’autres dirigeants européens, trahit la lâcheté, la peur et, déjà, la soumission. Elle a ajouté, dans la langue de bois de l’idéologie dominante : «  toute tentative de faire échec à ces valeurs par la violence et la terreur est vouée à l’échec ». Hors de propos. Les agresseurs musulmans ne visent pas principalement à détruire les ”valeurs ” de la démocratie occidentale, dont ils se moquent, mais ils veulent d’abord porter la guerre, complément de l’invasion, au cœur de l’Europe afin de la conquérir, de la soumettre et de détruire sa civilisation détestée, selon la poursuite d’un dessein millénaire.  

Créer l’angoisse par des meurtres répétitifs, imprévisibles et faciles  

Provoquer une psychose et terrifier les populations européennes au quotidien, c’est le but des attentats ”low cost”. Ils sont plus dangereux que les gros attentats. On finit par s’habituer aux agressions terroristes banalisées des immigrés musulmans, avec peu de moyens et quelques morts. Mais elles sont répétitives et seront beaucoup plus meurtrières que les attentats sophistiqués de commandos difficiles à organiser.   

Certes, cet attentat londonien n’a rien à voir avec celui à l’explosif  dans les transports en commun en juillet 2005, qui avait fait 56 morts et 700 blessés. Mais ce genre d’attentats, comme celui du Bataclan, est professionnel et ne peut se produire qu’à intervalles espacés ;  en outre ils sont difficiles à organiser et repérables ; les polices européennes en ont déjoué des dizaines depuis plusieurs années.

En revanche les attaques ”low cost” de type Westminster, qui connaissent une augmentation constante, même si elles font moins de victimes, sont faciles à entreprendre sans gros moyens, peuvent être menées par un grand nombre d’assassins fanatisés non professionnels recrutées dans les populations immigrées ; elles sont difficilement détectables par les services de renseignement et peuvent devenir quotidiennes, faisant donc au total plus de victimes et créant une atmosphère de peur permanente dans la population.

Complicité du dictateur turc Erdogan avec le terrorisme musulman

 Cette psychose recherchée est parfaitement comprise par le président turc, Erdogan, candidat au sultanat dictatorial, islamiste ”anti–terroriste” mais complice du terrorisme musulman. Ce xénophobe qui dénonce le ”racisme” des Européens, ce tyran constructeur d’un État totalitaire qui accuse Mme Merkel de ”nazisme”, ce démocrate qui prévoit un référendum – truqué d’avance–  pour abolir la démocratie et en revenir à l’absolutisme ottoman, a commis une lourde gaffe. En effet, Erdogan a menacé en ces termes les Européens qui refusent ses diktats et, sous entendu, qui s’opposent à l’islamisation de leurs patries : «  Si vous continuez à vous comporter de cette manière, demain, aucun, aucun Occidental ne pourra plus faire un pas en sécurité, avec sérénité dans la rue, nulle part dans le monde ». Ces propos incroyables, qui incitent au terrorisme quotidien généralisé contre les Occidentaux, reflètent très exactement l’idéologie de Dae’ch et d’Al–Qaida que prétend combattre le dictateur turc. Savoir si Erdogan est un psychopathe mégalomane ou un agent bien organisé et cynique de l’invasion de l’Europe et du terrorisme musulman est une question erronée : il est les deux. L’utilité d’Erdogan au moins, dans sa bêtise brutale et inculte, c’est qu’il confirme l’islam comme notre ennemi principal en nous manifestant son hostilité menaçante, selon le paradoxe de Carl Schmitt : si tu ne désignes pas ton ennemi, lui, te désigne.   

Incompatibilité  ethnique et affrontement inévitable

Les attaques terroristes ”low cost” ont un sinistre avenir en France, en Europe  et même en Amérique du Nord. Elles vont se multiplier par mimétisme. En s’ajoutant à la délinquance de harcèlement constante des jeunes issus de l’immigration. La stratégie de la tension, déjà installée, va  s’aggraver. Le problème se formule ainsi : les Européens anesthésiés vont–ils se réveiller ? En étant cynique, cette agressivité criminelle des colonisateurs et envahisseurs – selon une formulation réelle mais interdite et interdite parce que réelle –  est-elle positive pour le réveil des Européens ?    

L’ennemi est clairement l’islam,  intimement lié à une proportion de plus en plus importante de populations immigrées hostiles, approuvant les attentats. L’intégration et l’assimilation sont des cadavres idéologiques. Le ”vivre ensemble”, une utopie d’adolescents attardés. Mais la résistance est aussi plombée, non seulement par les collaborateurs des envahisseurs, mais par des Européens sincères et naïfs qui sont stupidement optimistes et ”bisounours”. Le terrorisme islamique est moins grave que l’islamisation et l’invasion migratoire et démographique  dont il n’est que la conséquence.  Il peut contribuer à réveiller les consciences.

Le plus dangereux, le plus irréversible est la conjonction de deux submersions : par les bateaux (invasion démographique extérieure) et par les berceaux (invasion démographique intérieure, du fait d’une natalité trois fois plus élevée des immigrés). Il faut s’attaquer à la cause de tous les maux présents et à venir : la présence croissante sur le sol européen de ces populations ethniquement incompatibles. De Gaulle avait bien vu cetteincompatibilité ethnique. Et c’est pour cela, pour éviter la guerre civile en France, qu’il avait voulu l’indépendance de l’Algérie. Ses successeurs après Pompidou, petits messieurs sans envergure (Giscard, Mitterrand, Chirac, Sarkozy, Hollande), n’ont pas pu ni même voulu endiguer l’immigration – invasion colonisatrice. Ces grands bourgeois imbéciles ont cru que ça allait bien se passer. Eh bien non, ça se passe mal. 

Notes:

(1) L’absence de port d’armes à feu par les policiers britanniques date d’une époque où la Grande Bretagne était une société paisible et homogène. Ce paramètre a disparu avec l’immigration.

(2) Les opérations ”Vigipirate ” et ”Sentinelle” qui font patrouiller, à grand frais, sur la voie publique près de 10.000 militaires, au détriment de leurs missions normales, sont stupides et inefficaces. C’est uniquement destiné à rassurer et à ”communiquer”. Non seulement les patrouilles militaires n’évitent aucun attentat  mais elles les attirent ! On suscite des attaques contre ces soldats, cibles réjouissantes car symboles de l’État français, surtout quand l’armée commet l’erreur de faire patrouiller des femmes ! Ce qui attise la haine des agresseurs. La seule solution contre le terrorisme urbain, ce sont les patrouilles invisibles, sur tous les points sensibles, de professionnels indétectables et bien armés. Prompts à neutraliser immédiatement tout suspect en cas de début de passage à l’acte. La théâtralité militaire est totalement inopérante dans la guerre de l’ombre.  Où l’on ne se bat pas en uniforme. 

(3) MI5 Military Intelligence 5. Service de renseignement et de contre–espionnage intérieur britannique. Le MI 6 est le service extérieur. Cela correspond à la DGSI et à la DGSE françaises.     

jeudi, 20 avril 2017

Euro : révolver sur la tempe de Marine Le Pen

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Euro : révolver sur la tempe de Marine Le Pen

par Guillaume Faye

Ex: http://www.gfaye.com 

Et c’est elle qui a armé le barillet : son projet de sortie de l’euro,    risque de lui interdire une victoire possible au second tour, en détournant une partie déterminante de son électorat potentiel. Pourtant, déjouant les pronostics, après le lamentable épisode Fillon, qui aurait pu fissurer le ”plafond de verre” empêchant Marine Le Pen de l’emporter au second tour, une promesse de victoire n’était pas impossible. Mais voilà… la gaffe de la sortie de l’euro fait peur.

Le fragile atout de Marine : TSM, ” tout sauf Macron ! ”

Face à Fillon au second tour, Marine Le Pen perd. Contrairement à la propagande des médias (pro–Macron à 80%), opposée à Macron, elle peut vaincre. Car en cas de duel au second tour Fillon – MLP, cette dernière serait éliminée à coup sûr, tous les électeurs de Macron et des autres candidats de gauche se reportant sur Fillon, selon la discipline du ”front républicain”. En revanche, un second tour Macron–MLP pourrait voir Marine Le Pen l’emporter : parce qu’une partie de l’électorat Fillon  ne voterait pas Macron, l’héritier de Hollande, mais MLP, par hostilité à cet intrigant, perçu comme un imposteur. Défenseur d’idées laxistes pro–immigration, cosmopolites et francophobes snobs, partisan de la ”discrimination positive”, euphémisme pour racisme institutionnel anti–Français de souche, accusant son propre pays de ”crimes contre l’humanité”, silencieux sur le génocide des chrétiens d’Orient, affirmant l’inexistence d’une ”culture française”, le candidat Macron peut ne pas bénéficier d’un report de voix de la droite filloniste face à MLP. Donc, contrairement aux sondages peu crédibles, Marine Le Pen, récoltant une partie de l’électorat Fillon (”tout sauf Macron !”) pourrait  faire un score légèrement supérieur au faux nez de Hollande et …être élue à l’Élysée.

À ce propos, on notera qu’au cours de ses meetings, Fillon fait très aisément siffler Macron mais échoue lamentablement à faire siffler Marine Le Pen. 

Mais cette chance historique de la présidente du FN d’accéder à l’Élysée est plombée par son programme fébrile de sortie de l’euro, qui s’ajoute à son projet économique ultra–conservateur de gauche, dans le prolongement de la léthargie socialo–étatiste des Mitterrand, Chirac, Sarkozy et Hollande, voire flirtant avec les momies marxistes Mélenchon et Hamon. Son électorat ne comprend pas : la sortie de l’euro n’est vraiment pas pour lui la priorité…    

Mais avant de critiquer Marine Le Pen, critiquons l’euro

L’euro était une fausse bonne idée. Associer dans une monnaie commune des économies très divergentes, n’était pas une décision économique rationnelle, mais purement politique. L’euro est un projet allemand de domination économique cynique. La France (le naïf Giscard) a suivi le projet par romantisme européiste. L’euro n’était – et n’est toujours– ni plus ni moins que le mark, camouflé sous un faux nez. D’ailleurs, la parité a été fixée à l’époque à 1€ = 2 DM et le siège de la BCE qui gère l’euro est à Francfort. Quelle coïncidence… 

Un des effets pervers de l’euro a été qu’il a permis de faire baisser les taux d’intérêts des emprunts internationaux – grâce à la politique de la BCE de Francfort–  et donc d’encourager à s’endetter de manière irresponsable, notamment les États français et grec, les plus pusillanimes et gauchisés d’Europe. Il ne fallait pas créer l’euro, mais, c’est trop tard : il serait dévastateur de sortir brutalement de cette énorme machine, de ce monstre monétaire. On doit malheureusement faire avec. Et le réformer progressivement. Modifier l’euro de l’intérieur (comme l’UE) serait plus pertinent que revenir à un ”nouveau franc” folklorique : ce remède enfantin serait pire que le mal. 

MLP a parfaitement raison de critiquer la catastrophique Europe de Bruxelles. Elle pose de bonnes questions, mais apporte de mauvaises réponses. Son projet mal ficelé de sortie  inquiète son électorat ; ce qui risque de lui retirer quelques points  fatidiques qui lui permettraient de franchir la barre des 50% au second tour. N’oublions pas que, selon les sondages – qui ne se trompent que de quelques  points dans le pire des cas – 72% des Français ne veulent surtout pas sortir de l’euro. Le pari de Marine Le Pen de renverser cette tendance lourde est impossible à gagner.  

Très graves inconvénients d’une sortie de l’euro

La sortie de la France de l’euro, même négociée –forcément mal–, serait très aventureuse. Elle provoquerait tout d’abord dans les six mois une dévaluation d’au moins 25% du ”nouveau franc”. Tous les détenteurs d’avoirs, particuliers ou entreprises modestes, perdraient une grande partie de leur épargne ou capital. 

D’autre part, cette dévalorisation du ”nouveau franc” générerait une puissante inflation par la hausse de prix des produits importés et même des produits fabriqués en France puisque ces derniers incorporent de nombreux composants importés. D’où une baisse du pouvoir d’achat. La fuite des capitaux, des cerveaux et des compétences s’accroîtrait. Le contrôle des changes serait rétabli. Les détenteurs d’assurance–vie subiraient une limitation de retirer leur épargne, ajoutée à sa dévalorisation fiduciaire.  

« Un projet de sortie de l’euro indissociable d’un défaut sur la dette française […] implique une explosion du chômage et de l’inflation ainsi qu’une chute d’au moins 20 % du pouvoir d’achat des Français », affirme Nicolas Baverez (Le Figaro, 17/ 04/ 2017). Certes, à son habitude, ce catastrophiste patenté exagère peut-être, mais les conseillers économiques du Front national sont–ils vraiment compétents ? 

Quitter l’euro et le remplacer par ”un nouveau franc”, préviennent les deux agences de notation Moody’s et Standard & Poor’s – qu’on peut ne pas aimer mais dont les prévisions ont très rarement été mises en défaut – reviendrait à mettre la France en cessation de paiement à l’image de la Grèce ou jadis de l’Argentine. Cela impliquerait non seulement de ne plus pouvoir rembourser les intérêts de la dette, mais ne plus pouvoir emprunter. Donc être obligé de cesser de payer à 100% les 6 millions de fonctionnaires et agents publics et autres millions de retraités de ce secteur. Sans parler de la Sécu, endettée jusqu’au cou, qui cesserait de fonctionner, faute de liquidités.

Le pays pourrait être acculé à la faillite. En effet, c’est tout bête : si vous ne pouvez plus rembourser vos créanciers, vous ne pouvez plus continuer à leur emprunter. Et aucun État ne peut forcer les ”marchés”  à lui prêter !  

En cas de sortie effective de l’euro et de son remplacement par une ”nouveau franc”, les premières victimes seraient – non pas les très riches ou les multinationales  – mais les classes moyennes modestes et les petites entreprises, qui verraient s’effondrer la valeur de leurs avoirs, transcrits dans une monnaie dévalorisée. 

Le sophisme de retrouver la ”souveraineté monétaire”

Les arguments en faveur du retour au franc s’appuient sur les exemples du franc suisse, de la couronne suédoise ou de la livre sterling, monnaies de pays prospères qui n’ont jamais adopté l’euro ni inconsidérément changé de monnaie ! Le problème, c’est la mutation monétaire de l’euro, grande monnaie (mal) mutualisée, vers une nouvelle monnaie ressuscitée – le franc – qui ne bénéficierait plus d’aucune confiance ou crédibilité internationales. La réincarnation d’un ectoplasme.    

La candidate MLP, en rétablissant le franc, argumente qu’elle rendra à la France sa « souveraineté monétaire ». Rien de moins sûr avec les étranglements que provoquerait le retour au franc, notamment la mise sous tutelle du pays par le FMI et les autres créanciers, du fait d’une explosion de la dette (dévalorisation du franc et majoration des taux d’intérêt) et de l’impossibilité de la rembourser en euros, la monnaie où elle a été libellée.

Un retour forcé au franc, qui deviendrait une monnaie de singe, aurait exactement l’effet inverse : l’esclavage monétaire. Et l’humiliation de mendier des crédits à la BCE.  La raison (principe de réalité) est que la France est endettée jusqu’au cou auprès des créanciers étrangers  – et non pas nationaux comme le Japon, la Chine et les USA– et qu’un retour au franc signifierait une mise sous tutelle internationale, de notre pays  à l’économie objectivement socialiste.

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Brexit et Frexit : rien à voir

Marine Le Pen a beau expliquer quelle serait ”sage”, qu’elle négocierait avec Bruxelles, l’Allemagne et nos autres partenaires une sortie en douceur de la France de l’euro et une sorte de ”Frexit”, bien peu croient à ce scénario Blanche–Neige. Elle fustige les mauvais prophètes qui prédisaient une catastrophe en cas de vote pour le Brexit. Elle compare un Brexit qui, pour l’instant, ne se passe pas trop mal à un Frexit (France exit, sortie de la France de l’UE). Mais ça n’a rien à voir ! Comparaison n’est pas raison. La Grande Bretagne n’a jamais été réellement membre de l’UE. Elle ne participe ni à l’euro, ni à Schengen et bénéficie d’un régime financier dérogatoire depuis Mme Thatcher.     

Si Marine Le Pen est élue, elle a peu de chance de parvenir à un abandon de l’euro par la France. (D’autant qu’elle risque de ne pas avoir de majorité parlementaire ni de majorité populaire en cas de référendum sur la sortie de l’euro) et de l’UE). Mais  cette éventualité peut créer un vent de panique sur les marchés, provoquant une fuite des capitaux et un recul des investissements en France, causes supplémentaires de destructions d’emplois.

Sortie de l’euro : préoccupation marginale dans l’électorat FN

Alors que Marine Le Pen et le Front national avaient un boulevard devant eux en se présentant comme le seul espoir crédible face à l’invasion migratoire incontrôlée, à l’islamisation massive, à la destruction de l’identité nationale, à l’explosion de la criminalité et de l’insécurité, à l’effondrement de l’école publique, à la marginalisation de la ”France périphérique”, voilà qu’ils se focalisent sur des sujets mal travaillés comme la sortie de l’euro. Ces positions inquiètent les classes populaires, qui craignent un aventurisme d’amateurs et redoutent que le FN, dans son obsession anti–euro, ait oublié leurs préoccupations centrales.  

Une majorité de Français, y compris parmi les nostalgiques du franc et de la souveraineté monétaire française, redoute une sortie de la France de l’euro, par réalisme. Et surtout pour leurs propres économies ! L’assurance–vie est plus importante que l’idéologie…

Le vote FN est motivé par l’immigration, pas par l’euro !  

La motivation du vote FN chez les classes populaires, mais pas seulement, est d’abord la révolte silencieuse contre l’immigration invasive et l’islamisation avec ses conséquences innombrables qui pourrissent la vie de millions de nos concitoyens modestes. La sortie de l’euro avancée comme priorité par MLP leur apparaît donc comme un projet très secondaire, voire utopique et dangereux pour leurs modestes économies. Ce n’est pas qu’ils soient attachés à l’euro ou à l’UE actuelle, très loin s’en faut, mais ils pensent que l’acharnement de MLP contre l’euro et l’UE est une obsession qui ne correspond pas à leurs  préoccupations centrales. Elle risque donc de perdre des milliers (euphémisme) de voix qui lui était acquises. 

Surtout avec ce scénario de référendum : une telle consultation sur la sortie de l’euro et de l’UE, proposée par MLP de manière inconséquente, serait suicidaire pour elle si elle était élue présidente  de la République. Car un ”non” serait probable et la carboniserait, la forçant à démissionner, avec un bonnet d’âne sur la tête et la mort du Front national.  

La confusion des priorités dessert gravement le FN

Les classes populaires françaises se méfient des mesures ”sociales” collectivistes et utopiques qui abondent dans le programme du FN ; elles exigent d’abord, parce qu’elles sont en première ligne, une protection contre l’immigration invasive, l’insécurité endémique qu’elle provoque et les transferts financiers à leur détriment et au bénéfice des aliens.

Marine Le Pen fait de la sortie de l’euro ce qu’elle croit être un  point fort alors que c’est un point faible. Elle s’est enferrée dans un scénario ingérable de référendum et de démission de sa part si elle le perd, ce qui est l’hypothèse la plus probable. Personne n’y comprend plus rien.  

Plutôt que la sortie de l’euro, il fallait un plan astucieux, ”gaullien”, de désobéissance aux institutions de l’UE (Commission, Cour de Justice, Conseil, etc.) selon le principe machiavélien du fait accompli. Mais surtout pas un chantage enfantin qui, finalement, rassure ses ennemis.     

Dans l’urgence, il faut que Marine Le Pen amende son discours sur la sortie de l’euro (pas sur sa critique de l’UE, bien au contraire) en rassurant une partie indispensable de ses électeurs. Elle devrait aussi abandonner cette psychorigidité perdante qu’elle a exprimée dans une interview au Figaro  du 18 avril : la rédaction lui demande si elle ”partirait” (démissionnerait de sa présidence) en cas d’échec de son référendum sur la sortie de l’UE et de l’euro. Elle répond de manière affligeante : « je ne considère pas la politique comme du rodéo, où il faut à tout pris rester sur son cheval ».

Ce qui signifie : je me laisserai tomber de mon cheval si je suis désarçonnée, je démissionnerai sans me battre si je perds mon référendum. Tout ou rien. Ce n’est pas très enthousiasmant. Je voterai tout de même pour elle, mais sans illusions.   

mercredi, 19 avril 2017

If Trump Loses Bannon, Trump Loses the Presidency

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If Trump Loses Bannon, Trump Loses the Presidency

Ex: http://www.americanthinker.com 

I bet big on Donald Trump in the 2016 elections, rather famously.  Now I will be shorting Trump stock for the foreseeable future until Bannon, and Bannon-ism, returns to policy dominance in the White House.

Should Trump ever lose Bannon entirely, Trump is a lame duck.  Some media suggest that Trump could replace Bannon with Jared Kushner.  Jared Kushner is to Steve Bannon what Dan Quayle was to JFK. 

 

Bannon – uniquely among the Trump team – threads together the policy weaves of the Trump electoral majority, a majority dependent upon newfound GOP support from the working class, especially in the northern half of the country, but also the southern upcountry and Appalachia.

Three issues allowed Trump to distinguish himself, both in the GOP primaries and in the general election, to appeal to these GOP skeptic voting constituencies: 

  1. No preachy politics.  These voters want neither Southern Baptists nor Hollywood celebrities lecturing them about morality nonstop.  They generally take a more libertine approach on marijuana, especially amongst the younger cohorts in this constituency.  (Many of these communities were moonshine communities back in the day, especially the Appalachian communities.  You will find a not too surprising overlap between marijuana and moonshine communities historically.)  The Appalachian communities and their kindred constituencies cast decisive votes in more places than West Virginia, Tennessee, Indiana, and Kentucky.  Appalachia dips into Pennsylvania and Ohio, helped make Virginia competitive, tipped the balance in North Carolina, and shares a lot in common in political mindset with places like the Minnesotan Iron Range, the northern woods of Wisconsin, the peninsula of Michigan, and the countryside of Iowa.  They are often Christian but more likely to be Saturday party-goers than Sunday church-goers.
  1. No more dumb war.  Voters from the ancestral regions of the Union draftees after the Civil War – from northern Maine to the Minnesota Iron Range – have, ever since, instinctively viewed war with suspicion.  Study the voting patterns of this kind of county, and you will find that sudden surges turn out to oppose various wars.  The heart of "isolationism" was a Midwestern phenomenon in the same regions that tilted so heavily toward Trump in the election.  It is not a coincidence that areas with historic antiwar tendencies – from east Tennessee to western Wisconsin, from rural Iowa to northern Maine – were some of the biggest pro-Trump trending areas in the country, nor that two states that formed the heart of antiwar politicians in the past (like Ohio's Taft) bolted so heavily toward Trump.  Trump used his war-skeptical views to outflank the war-loving Hillary on both the working-class left and right, giving him the keys to his electoral majority, heisting Bernie primary voters along the way.  Betray this group with another Mideast war, and Trump endangers his electoral majority permanently.  That is where Bannon's inclusion in national security decisions remained critical for Trump's own political future. 
  1. No more job-killing deals.  The global-focused economy of finance and real estate enriched the urban port cities at the expense of the rural- and middle-America small-town heartland, who make our food and make our products.  Trump, despite profiting from that largely coastal port-city world, promised to reverse that economic bargain.  Trade, immigration, and infrastructure all allowed him to carve out distinguishing traits, while also promising a protective government that does not over-rely on regulatory bureaucracy in areas of health, education, and energy.  Tax reform took its role, as did Obamacare reversal, but it all fit into a different fabric of policy ideals from traditional Republican economics, meant to appeal to a GOP-skeptic northern working class rightly skeptical of Ryan economics and McCain foreign policy.

Bannon understands, intricately, each of these issues and, as important, the intimate way each of these issues connects the new constituencies of the Trump electoral majority.  Bannon also understands the adversary – an alliance of Deep-State, administrative-regulatory-state, professional-class career bureaucrats and their media lapdogs and allies.  Bannon also enjoys another unique attribute: actually overcoming them, in the public area of persuasion (the extraordinary rise of Breitbart against a media blackout of the site) and the electoral arena of actual elections (feeding the Tea Party, then fueling Trumpism).

Bannon politically is to Trump what Carville was to Clinton, Atwater was to Poppy Bush, and Kevin Phillips was to Nixon, but he also enjoys a consigliere-type skill set for actual policy that gives strategic substance to Trump's gut-driven, emotive decision-making.  Trump's instinctive ingenuity and persuasive mastery cannot substitute for Bannon's integration of policies and constituencies in actually governing.

Kushner's apparent deference to the war-mongering elements of the national-security establishment and the bank-adoring financiers of Wall Street reveals that he suffers from the same delusional understanding of politics and policy that got the GOP so hated by its own base over the last half-decade.  Kushner looks to the approval of Goldman Sachs; Bannon looks to the approval of those who hate Goldman Sachs.

Lose Bannon, lose the country.  Lose Bannon, lose the presidency.  Trump needs to bet on Bannon, or it will be time to no longer bet on Trump. 

Read more: http://www.americanthinker.com/articles/2017/04/if_trump_...
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Les nouveaux néocons: une imposture française?

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Les nouveaux néocons: une imposture française?

 
Ex: http://zejournal.mobi 

On croyait les pompiers pyromanes de Saint-Germain-des-Prés carbonisés par la funeste aventure de leurs mentors américains en Afghanistan et en Irak. Après avoir tenté de propager «leur révolution droit-de-l’hommiste» en Géorgie et en Ukraine et allumé la mèche de l’incendie libyen, les voici de retour. Tous aux abris !

1- La firme BHL et ses grenouillages médiatiques : revue de détails

Après avoir cumulé tant de fiascos, la sagesse aurait voulu qu’ils affichent un profil bas. Chassés piteusement de la porte de l’Histoire, ils reviennent par la fenêtre, en route pour de nouvelles aventures interventionnistes, armés de leurs réseaux au sein de l’establishment parisien.

SOS Racisme, Licra, Urgence Darfour, Urgence Syrie… autant d’acronymes racoleurs pour mieux endormir les masses à coup d’indignations sélectives et sur commande. «Ils», ce sont les néoconservateurs français. Des agents d’influence, directeurs de conscience, intellectuels médiatiques qui picorent dans la main de l’inoxydable milliardaire en francs Bernard-Henri Lévy, dit BHL.

Nombreux ont été les lanceurs d’alerte à démasquer l’imposture de ces faux humanistes, vrais va-t-en-guerre autoproclamés héritiers d’André Malraux ou de Raymond Aron. On ne compte plus les documentaires et ouvrages dévoilant leur discours charriant le vrai, le vraisemblable et le faux. Ils jouissent d’un accès libre dans les médias parisiens amis et partenaires (Le Point, L’Obs, L’Express, Le Monde, Le JDD, Libération, Arte…). Ce qui ne les empêche pas de disposer de leurs propres relais, comme feu la revue Le Meilleur des mondes et son avatar, La Règle du jeu.

Autant de cénacles néoconservateurs bien-pensants dans lesquels les émules de BHL et de Wolfowitz donnent le ton, dessinent les contours et les limites du Bien et du Mal, n’hésitent pas à jeter l’anathème sur le premier «théoricien du complot» venu. Des professionnels du verbe et de la persuasion devant les caméras qui pianotent allègrement leur rengaine sur les maux de l’humanité.

2- Un grand détournement, des anciens soixante huitards maoistes, trotskistes

Anciens soixante-huitards maoïstes, trotskistes, convertis à la fin de la décennie 1960 à la mondialisation heureuse chère à Alain Minc, ces droits-de-l’hommistes, thuriféraires du droit d’Israël à coloniser et réprimer impunément ses indigènes palestiniens, ont compris depuis belle lurette que l’obsessionnel combat contre les fachos et les antisémites de tous bords ne fait plus recette. Aussi assiste-t-on depuis les années 1980 à un habile enfumage, sorte de décloisonnement communautaire en trompe-l’œil destinée à élargir les thèmes et les terrains d’actions. Dans cette galaxie d’ONG (SOS Racisme, Collectif Urgence Darfour, Urgence Syrie, etc.), le procédé est simple :

occuper simultanément et autant que possible le terrain de diverses causes (combat contre la négation des génocides arménien et rwandais, défense des Roms, etc.), coopter des militants extérieurs à leur réseau en échange d’une éphémère visibilité.

3- Benjamin Abtan, L’Egam, un SOS Racisme bis pour l’UE

La scène se passe le 21 septembre 2016 dans le grand amphi Émile-Boutmy de Sciences Po Paris, le même où des années durant l’honorable Dominique Strauss-Kahn dispensait son cours aussi magistral que soporifique.

À la tribune, des représentants des associations estudiantines de Sciences Po, Jeunes Écolo, Jeunes Socialistes, Unef, Uni, Dominique Sopo, président de SOS Racisme, bref le gratin du bobo parisien «progressiste» dans une représentation frisant la caricature. L’ONG European Grassroots Antiracist Movement, ou Egam, chapeaute l’événement. Quoi de plus normal, quand on va à la pêche aux subventions, que de se présenter comme «le» mouvement antiraciste européen par excellence auprès des fonctionnaires de Bruxelles….

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Pour cette conférence sur la Turquie, Benjamin Abtan, maître de cérémonie, et ses amis ont réuni un casting de choix. Le très atlantiste Bernard Kouchner y cohabite avec des responsables politiques et militants associatifs kurdes de Turquie, mais aussi des militants de la société civile (Arméniens, Kurdes gauchisants…) d’Istanbul, des représentants de la communauté arménienne de France, invités à témoigner chacun à tour de rôle sur la scène. Tous dénoncent la violente répression en cours en Turquie et la situation déplorable des minorités. Pas de débat, peu de questions, mais une rivalité dans l’art oratoire de la dénonciation. La mine grave, Benjamin Abtan semble bien rodé à l’exercice.

La lecture de sa fiche sur le site de La Règle du jeu et du réseau Linkedin nous apprend qu’après avoir été élu à la tête de l’Union des étudiants juifs de France (UEJF) de 2005 à 2007 et un court passage dans le conseil en affaires, cet ancien cadre de l’ONG SOS Racisme, proche de Dominique Sopo, a été conseiller des droits de l’homme de Bernard Kouchner lorsqu’il était ministre des Affaires étrangères.

Nulle mention, par contre, de son passage dans le cabinet de l’ex-garde des Sceaux Christine Taubira. Si ce n’est qu’il est coauteur, en 2007, d’un ouvrage sur le génocide tutsi (Rwanda. Pour un dialogue des mémoires(1)) et s’affiche en défenseur engagé des droits de l’homme, pourfendeur de tous les négationnismes.

Outre l’Egam, qu’il dirige depuis sa création en 2010, Benjamin Abtan a habilement fondé dans la foulée du décès d’Elie Wiesel le «réseau Elie Wiesel», qui se présente comme le «réseau européen de parlementaires pour la prévention des génocides des crimes de masse et contre le négationnisme». À la tête de cet organisme droit de l’homiste, il s’engage, notamment, dans «la défense des Roms, ou encore pour la reconnaissance du génocide arménien»(2). Encore une astuce que d’emprunter le nom de ce rescapé des camps de la mort, hâtivement qualifié de «conscience du xxe siècle», oubliant par là qu’il était également un actif soutien des colons israéliens extrémistes au soir de sa vie.

4- Les «commémorations tours»

Au milieu des années 2000, l’UEJF et SOS Racisme ont initié une nouvelle formule : les «commémorations tours». Le Rwanda d’abord, la Turquie ensuite. Le message est simple et efficace : «pour la solidarité des naufragés contre la concurrence des mémoires», ce nouveau visage du racisme et de l’antisémitisme, comme le martèlent à l’envi Abtan et ses petits camarades de SOS Racisme.

À peine créée, l’Egam a fait du voyage à Istanbul le 24 avril, date de commémoration du génocide des Arméniens de 1915, une sorte de rituel. Sont du voyage des délégations mixtes comprenant des membres de l’Egam et des associations arméniennes de France cooptées (Collectif Van, UGAB).

Si d’aucuns saluent leur courage d’aller crier le mot «génocide» dans la gueule du loup, d’autres s’irritent du militantisme lucratif de ce réseau en apparence trans européen.

C’est notamment le cas d’Araz K., journaliste arménien de Turquie, pour qui les gesticulations d’Abtan dans les rues d’Istanbul ne se font que face à une caméra. «Benjamin fait des pieds et des mains pour pouvoir être le plus proche des caméras. Chaque 24 avril il répète la même scène ; le reste de l’année, on n’entend généralement pas parler de lui», tance-t-il. Il faut bien avoir de quoi justifier les demandes de subventions !

Fin 2014, l’Egam serait parvenue à décrocher une enveloppe du Conseil régional d’Île-de-France de 60.000 euros sur un budget de 121.000 euros, dont 28.000 euros en frais de personnel et 8.400 euros en frais de gestion rien que pour le déplacement d’une délégation à Istanbul pour le centenaire du génocide des Arméniens (3). Juste avant que le Conseil régional passe à droite, en octobre 2015, ils ont attribué à l’Egam 30 000 euros pour le 101e anniversaire du génocide arménien (4). Militant à temps plein, Benjamin Abtan semble être aussi passé dans l’art de maquiller son salaire aux frais des contribuables.

5- Bernard Schalscha et sa microscopique structure «Association France-Syrie Démocratie»

Dans sa stratégie de captation de ressources (matérielles et symboliques), le patron de l’Egam peut compter aussi sur la synergie mise en place avec des structures amies issues de la même mouvance :

SOS Racisme, Licra, Femen, Ni putes ni soumises, UEFJ, Confédération étudiante, Collectif Urgence Darfour…une structure millefeuilles sur laquelle viennent se greffer d’autres organisations chaque fois qu’on a besoin de leur caution symbolique.

Collectif Urgence Darfour, Ibuka, Collectif Van font partie d’un même réseau, et c’est souvent les mêmes personnes qui animent les dynamiques communes. Parmi elles, citons Bernard Schalscha, secrétaire général de l’association France Syrie démocratie (5), structure confidentielle créée de toutes pièces sur le modèle de Collectif Urgence Darfour et membre du comité de rédaction de La Règle du jeu, où il s’exprime notamment sur les questions liées aux droits de l’homme.

Soixante-huitard, «laïcard», obsédé par l’islamisme, son allure faussement négligée contraste avec les chemises impeccablement repassées de son mentor millionnaire. Toujours est-il que cet homme qui parle à l’oreille de BHL parraine le conseil des ex-musulmans, ce groupe d’«athées» fondé en 2013 (6) par le transfuge palestinien Waleed al-Husseini, auteur d’un pamphlet contre l’Autorité palestinienne (7). Du pain béni pour les militants islamophobes de tout poil, à commencer par la sulfureuse Caroline Fourest…(8).

Quand Schalscha est quelque part, son ami de toujours Jacky Mamou n’est jamais bien loin. Cet ancien trotskiste soixante-huitard French doctor en son temps, président de Médecins du Monde de 1996 à 2000, actuellement à la tête du Collectif Urgence Darfour, a le pedigree du parfait néoconservateur assumé, notamment de par sa proximité avec le Cercle de l’Oratoire (9).

Créé au lendemain des attaques du 11 septembre 2011, ce cercle néoconservateur informel d’amis se réunissant pour échanger leurs opinions sur les sujets d’actualité rassemble une palette d’écrivains chercheurs et journalistes atlantistes sous la houlette de l’ancien trotskiste et journaliste franco-israélien Michel Taubmann.

Citons, parmi ses membres, Bernard Kouchner, André Glucksmann (mort en novembre 2015) et son essayiste de fils Raphaël, le philosophe Pascal Bruckner, le consultant et ex-porte-parole de la milice des Forces libanaises en France Antoine Basbous, le géopoliticien Frédéric Encel, le chercheur Bruno Tertrais, le journaliste Philippe Val, ainsi que Mohammed Abdi, ex-secrétaire général de l’association Ni putes ni soumises…

Sans doute Schalscha croit-il en ce que lui et ses amis réalisent au nom d’une certaine conception de la liberté et du respect de la dignité humaine. Aussi, il n’a pas hésité à embrasser l’ardeur des associations engagées dans la promotion du régime de l’ancien président géorgien au milieu des années 2000, comme il l’a fait pour la Syrie(10).

6- Raphael Glucksman et le commerce lucratif en Géorgie et en Ukraine…

Entre les «révolutionnaires» de Tbilissi et ceux de Saint-Germain-des-Prés, la lune de miel a duré tant que le fantasque Mikhaïl Saakachvili, enfant chéri de Washington, était au pouvoir. Depuis, le héros de la révolution des roses de 2003 a échangé sa nationalité géorgienne contre un plat de lentilles américano-ukrainien.

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Déjà en mars 2010, SOS Racisme, dont le responsable de l’international à l’époque n’était autre que Benjamin Abtan, œuvrait en France pour promouvoir la Géorgie alors qu’au même moment Tbilissi menait une politique de discrimination contre les minorités nationales et religieuses du pays, notamment une violente répression policière contre les Arméniens de la région de Samskhe-Djavakhetie.

En dépit des rapports accablants de l’Onu, du Conseil de l’Europe et d’ONG antiracistes de France, rien n’a été fait pour dénoncer ces violences. Bien au contraire! À croire que leurs fréquents déplacements à Tbilissi sur les pas de leur gourou BHL, parti la fleur aux dents sur-le-champ de bataille, n’avaient qu’une finalité :
prendre position contre Moscou, intervenir en faveur des réfugiés de la guerre russo-géorgienne de 2008, et, dans une moindre mesure, cimenter l’alliance entre la Géorgie et Israël.
Dans son communiqué daté du 8 mars 2008, SOS Racisme et l’Union des étudiants juifs de France annonçaient hardiment la tenue d’un «concert de solidarité avec les réfugiés et pour eux un plus grand camp de réfugiés situé à la lisière de la ligne de démarcation d’Abkhazie(11).

À quelques centaines de mètres du FSB et des soldats russes, nous chanterons pour la liberté des réfugiés, avec notamment Youssou N’Dour, MC Solaar, Jane Birkin». Le grand soir des Bobos assoiffés de justice et de liberté…

Derrière cette «solidarité des ébranlés» se cache un juteux contrat liant l’administration Saakachvili à un proche de la bande de Raphaël Glucksmann (12). Ce dernier est du reste peint dans la Règle du jeu par le journaliste Laurent David Samama, soldat de la garde prétorienne de BHL, comme un parfait progressiste antiréac «citoyen du monde, fervent défenseur de l’idée cosmopolite, supranationale et européenne (13)». En cela, Raphaël Glucksmann est le digne fils de son ex-maoïste de père reconverti au néoconservatisme jusqu’à son dernier souffle.

Marié à l’époque à une Géorgienne (14), le jeune et brillant révolutionnaire en herbe conseillait «son ami» le président géorgien, qui avait confié la promotion de son pays à son agence Noé Com, animée par trois jeunes Français qu’on retrouve dans l’entourage de SOS Racisme et de Benjamin Abtan. Aujourd’hui le manège se répète en Ukraine, où BHL et son fidèle Abtan se rendent régulièrement depuis les premières étincelles de l’Euro Maïdan (15) pour soutenir le pouvoir atlantiste en place.

Non sans talent ni force de persuasion (parfois de coercition), les nouveaux néocons occupent le terrain en tissant des relations suivies avec des militants de tous bords dont ils ignoraient à peu près tout du combat. Jusqu’à preuve du contraire, leur opération de com fait recette.

Si leurs «amis indigènes» arméniens, kurdes, roms, tutsis prêtent volontiers leurs noms et leurs contributions symboliques à l’entreprise droit-de-l’hommiste (signature de pétitions, participation à des colloques et conférences, rédaction d’articles dans la Règle du Jeu etc.). S’ils ne sont toujours pas invités à goûter au gâteau, ils se consolent à la lecture d’une tribune dans la presse parisienne.

En témoigne celle coécrite par les copains de SOS Racisme et de l’Egam, dénonçant la lâcheté de Paris qui persiste à minimiser son rôle trouble au cours du génocide de 1994(16). Il y a de quoi! Surtout quand on apprend qu’excédé par leurs mimodrames, le Quai d’Orsay a fini par supprimer sa subvention annuelle à l’Egam. Heureusement qu’il existe encore des amis sincères, comme Harlem Désir à la tête du ministère des Affaires européennes, pour actionner en continu la pompe à financement…

Notes:

1- Coédité par l’UEJF et Albin Michel, cet ouvrage collectif réunit les contributions d’une palette de «néocons» historiques et cooptés autour de Benjamin Abtan : Souâd Belhaddad (caution arabe du projet), Judith Cohen Solal, Frédéric Encel, David Hazan, Richard Prasquier, Patrick de Saint-Exupéry, Dominique Sopo, Christiane Taubira, David Bénazéraf, Arthur Dreyfuss, Jonathan Hayoun et Serge Kamuhinda avec en prime une préface de Bernard Kouchner

(http://www.crif.org/fr/alireavoiraecouter/Rwanda-Pour-un-dialogue-des-memoires-(*)8971)

2- http://laregledujeu.org/contributeur/benjamin-abtan/ 

3- https://www.iledefrance.fr/sites/default/files/mariane/RA... et https://www.iledefrance.fr/sites/default/files/programme_... 

4- http://mariane.iledefrance.fr/cindocwebjsp/temporaryfiles...

5- http://francesyriedemocratie.blogspot.fr/

6- http://www.laicite-republique.org/des-athees-lancent-un-c...

7- Waleed al-Husseini, Blasphémateurs! Les Prisons d’Allah, Grasset, 2015.

8- https://crissementathee.wordpress.com/2015/06/09/le-blasp...

9- Proche du Project for a New American Century (Pnac), le think tank néoconservateur dont étaient issus les principaux membres de l’administration Bush.

10- Son but est de défendre la politique américaine auprès de l’opinion publique, le plus grand danger selon eux étant l’islamisme qu’ils qualifient d’«islamo-fascisme» ou de «fascisme vert», mais fermant les yeux sur les dérives liberticides pratiquées par les États-Unis de l’époque Bush.

11- https://fr.sputniknews.com/international/2015103110192161...

12- http://uejf.org/blog/2010/05/conference-de-presse-de-luej...

13- http://www.ojim.fr/portraits/raphael-glucksmann

14- http://laregledujeu.org/2015/06/02/22258/raphael-glucksma... Il est l’époux d’Eka Zgouladze, vice-ministre de l’Intérieur puis ministre de l’Intérieur en Géorgie sous la présidence de Mikhaïl Saakachvili. Après avoir reçu la nationalité ukrainienne en décembre 2014, elle est nommée quelques jours plus tard vice-ministre de l’Intérieur de l’Ukraine dans le second gouvernement Iatsenouk

15- ( http://www.marianne.net/Georgie-la-french-connection_a223... ) Toujours est-il qu’en 2016, la presse faisait état de la relation de Raphaël Gluksmann avec la journaliste Léa Salamé.

16- http://www.huffingtonpost.fr/benjamin-abtan/adhesion-popu...

17- http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/04/05/rwanda-i...

18- http://www.madaniya.info/2015/04/25/hommage-aux-victimes-... 


- Source : Madaniya

Tulsi est-elle une sorcière?

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Tulsi est-elle une sorcière?

Ex: http://www.dedefensa.org 

On s’étonnait avec quelque impatience que la vertu et l’échafaud ne se soient pas manifestés plus tôt... Enfin, nous y sommes et ZeroHedge.com/TheDuran.com peuvent, de concert, exprimer leur soulagement : « It's becoming increasingly clear that Gabbard is just another Putin puppet who likely assisted Russian hackers in their efforts to take down Hillary...we sincerely hope the Congress launches an immediate investigation. »

Effectivement, la raciste, xenophobe et homophobe, machiste, white-supremacist, pro-Poutine & pro-Assad, antisémite, couarde & traîtresse Tulsi Gabbard est enfin l’objet de l’attention bienveillante des gardiens vigilants de la fosse aux sorcières. Le McCarthysme original, vraiment, fait cour de récré à côté du McCarthysme-postmoderne de Washington D.C.-Alice in Wonderland. Gabbard est la dernière sorcière en date que l’ogre édenté ait à se mettre sous la dent, pour avoir scandaleusement affirmé que l’attaque contre la Syrie du 6 avril n’était pas justifiée, n’était pas légale, n’était pas humanitaire, n’était pas héroïque, n’était pas intelligente — alors qu’au contraire, elle est bien tout cela, comme chaque jour le montre davantage. Cette attaque et les commentaires qu’elle suscite nous font béer de fascination presqu’admirative devant l’abysse d’au-delà du sans-fond qu’atteint l’hébétude de la néantisation intellectuelle de nos dirigeants-Système et leurs hordes de zombies-Système ramassant les ordures derrière eux. Du point de vue de la pensée et si la pensée à une odeur, le purin, à côté, sent la rose du printemps “qui ce matin avait déclose”.

« Sporting a sweet new “Resist” picture on Twitter, Neera Tanden, President of the Center for American Progress and author of numerous embarrassing email exchanges with John Podesta, called on Hawaiians to oust their Representative, Tulsi Gabbard, for having the audacity to question whether Assad was responsible for the recent chemical weapons attacks in Syria.

» Of course, we're almost certain that Neera's comments had nothing to do with the fact that Gabbard was one of the few House democrats to throw her support behind Bernie Sanders in the 2016 presidential election rather than Tanden's chosen candidate, Hillary.

» Nevertheless, here is Gabbard speaking with Wolf Blitzer of CNN who, like many of his colleagues in the MSM, seems to suddenly be very trusting of the Trump administration. [...]

» Gabbard, who sits on the Armed Services and Foreign Affairs committees, drew criticism earlier this year when she took a somewhat mysterious trip alone to meet with Assad in Syria without alerting House Speaker Paul Ryan.  The liberal Democrat subsequently explained she simply wanted to engage in dialogue with Assad though it clearly burned some bridges within her own party.Per CNN :

» Gabbard told CNN on Friday that she wants to achieve peace in Syria, “Why should we just blindly follow this escalation of a counterproductive regime-change war?” “There's responsibility that goes around,” Gabbard said. “Standing here pointing fingers does not accomplish peace for the Syrian people. It will not bring about an end to this war.“

» Meanwhile, former DNC chair Howard Dean also decided to join in on ganging up on Gabbard, but he immediately got shut down by a follower who asked the obvious question of why engaging in dialogue was disqualifying for Gabbard but violating federal record retention laws and a Congressional subpoena was perfectly fine for Hillary... »

Ce texte de ZeroHedge.com autant qu’une description sarcastique des attaques contre Tulsi Gabbard ont leur place dans le défilé des nouvelles de Washington D.C. In Wonderland, mais ils sont aussi un signe convainquant de l’accélération de la dynamique de désordre dans laquelle l’attaque contre la Syrie n’a mis aucun ordre puisqu’elle a provoqué exactement le contraire. On s’en serait douté, certes, mais pas à la Maison-Blanche ni au Congrès.

En d’autres mots, les attaques contre Gabbard nous disent d’une façon plus générale que la montée du désordre incohérent au moins depuis fin-2015/déut-2016 dans la vie politique aux USA, centré sur la relation antagoniste avec la Russie et la dénonciation hystérique de tout ce qui est russe ou ce qui s’y rattache (Assad et la Syrie), cette montée du désordre ne cesse d’accélérer. Si l’on considère, comme certains l’ont supposé, que le but (?) de Trump avec son affaire syrienne était notamment de faire cesser les attaques contre lui comme “marionnette de Poutine”, c’est sans aucun doute que l’on n’a pas compris l’exacte nature de ces attaques. On ne peut raisonner avec des manœuvres prétendument rationnelles, comme le sont effectivement des machinations de cette sorte, un désordre qui est d’essence à la fois irrationnelle et psychiatrique.

(Bien entendu, nous jugeons là d’une hypothèse qui n’est certainement pas la nôtre. Pour nous, la décision de l’attaque contre la Syrie n’est pas une “manœuvre rationnelle” et elle a aussi bien montré la grande part d’irrationnel, – son côté téléréalité disons, pour faire bref, – du président Trump. Au reste, les conséquences de l’attaque, qui se font sentir essentiellement sinon uniquement à Washington D.C. In Wonderland, découvrent une production extraordinaire d’explications extravagantes de tous les côtés, aussi bien dans l’administration qu’au Congrès, des changements constants d’attitudes [notamment les “flips-flops” de Tillerson sur le sort d’Assad, dont CNN a fait une rubrique, – on en vient à admettre que CNN fait pour une fois un commentaire acceptable, c’est dire où nous en sommes...] Tout se passe comme s’il y avait eu une attaque, un missile strike contre Washington D.C. In Wonderland et non pas contre la Syrie...)

Le traitement entamé contre Gabbard montre que la campagne de néo-McCarthysme, ou de McCarthysme-postmoderne, se produit avec toujours cette montée paroxystique de la férocité, accompagnée de son cortège de sottise, de ridicule et d’incohérences. Le parti démocrate semble enfermé dans une sorte d’asile qu’il s’est créé lui-même, qui invite à une constante radicalisation de sa radicalité désormais devenue sa raison d’être. Les républicains, eux, tentent de suivre puisqu’ils ne peuvent imaginer envisager une autre orientation qu’une radicalisation ; ils peinent à le faire parce qu’ils sont le parti du président, prétendument d’un président réhabilité aux yeux du Système, mais sans que cette pseudo-“réhabilitation” apporte le moindre rangement et le moindre apaisement dans ce parti déstabilisé complètement depuis la montée et la victoire de Trump.

Certes, le McCarthysme-postmoderne est sans aucun doute plus violent et plus incandescent que ne fut le vrai McCarthysme, mais il est aussi complètement incontrôlable, notamment par ceux qui sont censés en profiter. Ce McCarthysme-postmoderne n’a justement pas un Joe McCarthy, à la fois pour le rendre réellement efficace comme dans les années 1950, à la fois pour disparaître en éliminant de ses positions Joe McCarthy comme cela fut fait en 1953-1954 ; il n’a rien d’humain qui puisse prétendre à son contrôle, et répond à une impulsion générale venue du Système, et dont l’effet semble d’abord affecter, psychologiquement, ceux qui prétendent le contrôler et en tirer profit sans savoir ni dans quelle intention ni pour quel but. Le McCarthysme des années 1950 constituait le développement d’une phobie propre à l’américanisme, mais qui avait des effets politiques favorables ou défavorables selon ce qu’on en voulait, et qui effectivement s’avérait contrôlable. Le McCarthysme-postmoderne est complètement autobloquant, il s’annihile lui-même en même temps qu’il se déchaîne, montrant bien ainsi qu’il est une production du Système.

Normalement, comme on l’a vue agir jusqu’ici, et notamment son courage sinon son héroïsme, Gabbard devrait pouvoir résister à ces attaques, sinon même se renforcer contre elles et envisager des possibilités de contre-attaque. Elle n’est pas seule, notamment avec pour allié principal Rand Paul au Sénat et quelques autres parlementaires qui se distinguent épisodiquement, selon les arguments développés, de la meute générale pour des raisons diverses. Puisqu’il n’y a pas de Joe McCarthy mais un courant général qui est généré par le Système, cela signifie que ceux qui relaient ce McCarthysme ne sont nullement unis et même s’affrontent entre eux. Il s’agit du McCarthysme du désordre, sans aucun frein et finalement sans aucun but que lui-même, – le désordre pour le désordre, – et ceux qui parviennent à y résister, – Tulsi Gabbard pour notre propos, certes, – pourraient bien se retrouver en position de force si le désordre atteint un point de rupture.

Confiance, donc, dans Tulsi Gabbard, à propos de laquelle nous venons de lire, alors que nous terminons cet article, cette hypothèse en forme de fervente prière que le Saker US introduit dans l'article qu'il vient lui-même de mettre en ligne  :

« The next four years will be terrible, I am sorry to say.  Our next hope – however thin – for somebody sane in the White House might be for 2020.  Maybe Tulsi Gabbard will run on a campaign promise of peace and truly draining the swamp?  Maybe “America first” will mean something if Gabbard says it?  Right now she seems to be pretty much the only one refusing the accept the “Assad did it” nonsense.  So maybe she can provide the mix of peace and progressive social policies so many Americans really want?  Maybe she could become the first woman President for all the right, rather then wrong, reasons. I don’t know.  2020 is still very, very far away, let’s just hope we all make it to that date before some imbecile in DC decides that war with Russia is a good idea. »

 

Mis en ligne le 12 avril 2017 à 18H01

mardi, 18 avril 2017

Presseschau - April 2017

 

jeudi, 30 mars 2017

Pierre-Guillaume de Roux: «Il y a chez mon père une volonté de briser les idoles»

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Pierre-Guillaume de Roux: «Il y a chez mon père une volonté de briser les idoles»

 
Ex: https://philitt.fr 
 

Pierre-Guillaume de Roux a dirigé de nombreuses maisons d’édition (éditions de la Table Ronde, éditions du Rocher) avant de créer la sienne en 2010, qui porte son nom. Il est le fils de l’écrivain et éditeur Dominique de Roux, fondateur des Cahiers de l’Herne et défenseur d’une conception de la littérature en voie de disparition.

PHILITT : Pouvez-vous nous parler de la fondation des éditions et des Cahiers de L’Herne?

Pierre-Guillaume de Roux : Les Cahiers de L’Herne ont été créés en 1961, avec un premier cahier René Guy Cadou. Mais l’histoire commence en 1956 avec une revue un peu potache tirée à 300 exemplaires qui s’appellait L’Herne, dans laquelle mon père et ses amis vont publier leurs premiers textes. Cette période va réunir autour de lui des gens aussi différents que Jean Ricardou, qui passera ensuite à Tel Quel, Jean Thibaudeau, Georges Londeix et quelques autres. C’est la première cellule.

L’Herne représente pour mon père une forme de littérature comparée : on coupe une tête, elle repousse toujours. À Lerne de la mythologie, il a ajouté sa lettre fétiche, le H, qu’on retrouve dans les Dossiers H ou dans la revue Exil(H). Cette lettre va l’accompagner toute sa vie. Cette première période va se terminer en 1958. Il va y avoir un moment de rupture, de réflexion. Entre 1958 et 1960 va mûrir l’idée de cahiers livrés deux fois par an dans le but de réévaluer la littérature, c’est-à-dire de changer la bibliothèque. Les surréalistes l’avaient fait quelques décennies plus tôt.

dominiquederoux1.jpgCadou était un coup d’essai, un pur fruit du hasard. C’est grâce au peintre Jean Jégoudez qu’on a pu accéder à des archives et constituer ce premier cahier. Cadou est un poète marginal qu’on ne lit pas à Paris : c’est l’une des raisons pour lesquelles mon père s’y est intéressé. Mais c’est Bernanos qui donnera le coup d’envoi effectif aux Cahiers. Mon père avait une forte passion pour Bernanos. Il l’avait découvert adolescent. Et par ma mère, nous avons des liens forts avec Bernanos car mon arrière-grand-père, Robert Vallery-Radot, qui fut l’un de ses intimes, est à l’origine de la publication de Sous le soleil de Satan chez Plon. Le livre lui est d’ailleurs dédié. C’est ainsi que mon père aura accès aux archives de l’écrivain et se liera d’amitié avec l’un de ses fils : Michel Bernanos. Ce cahier, plus volumineux que le précédent, constitue un titre emblématique de ce que va devenir L’Herne.

Ce qui impose L’Herne, ce sont les deux cahiers Céline en 1963 et 1965 — et, entre les deux, un cahier Borgès. Il y avait une volonté de casser les formes et une façon très neuve d’aborder un auteur : par le biais de l’œuvre et celui de sa vie. Une volonté non hagiographique. Il ne faut pas aborder l’auteur avec frilosité mais de manière transversale, éclatée et sans hésiter à être critique. L’Herne aujourd’hui a été rattrapée par l’académisme. L’Herne n’a plus rien à voir avec la conception qu’en avait mon père. La maison d’édition a été depuis longtemps trahie à tous les niveaux. On y débusque trop souvent de gros pavés qui ressemblent à d’insipides et assommantes thèses universitaires lancées à la poursuite de gloires établies.

PHILITT : Quelle était la conception de la littérature de Dominique de Roux ? Voulait-il réhabiliter les auteurs dits « maudits » ?

Pierre-Guillaume de Roux : Il suffit de voir les auteurs qui surgissent dans les années 60. Céline est encore un proscrit qu’on lit sous le manteau. Il n’est pas encore le classique qu’il est devenu aujourd’hui. Parler de Céline est plus que suspect. Ce qui explique que mon père sera traité de fasciste dès qu’il lancera des publications à propos de l’écrivain. C’est la preuve qu’il avait raison : qu’il y avait un vrai travail à accomplir autour de Céline pour lui donner une place à part entière dans la littérature. C’est de la même manière qu’il va s’intéresser à Pound. Pound, un des plus grands poètes du XXe siècle. Il a totalement révolutionné la poésie américaine mais, pour des raisons politiques, il est complètement marginalisé. Mon père va procéder à la réévaluation de son œuvre et à sa complète réhabilitation. Pound est avant tout un très grand écrivain qu’il faut reconnaître comme tel. Tous ces auteurs sont tenus dans une forme d’illégitimité politique mais pas seulement. Pour Gombrowicz c’est différent : c’est l’exil, c’est une œuvre difficile que l’on a pas su acclimater en France. Il va tout faire pour qu’elle le soit.

Il y a chez mon père une volonté de briser les idoles, de rompre avec une forme d’académisme qui était très prégnante dans cette France des années 60. D’où son intérêt pour Céline, pour Pound, pour Wyndham Lewis qui sont tous des révolutionnaires, en tout cas de prodigieux rénovateurs des formes existantes.

PHILITT : Quelle relation entretenait-il avec les Hussards ?

Pierre-Guillaume de Roux : C’est compliqué. Dans un livre que j’ai publié il y a deux ans avec Philippe Barthelet, Roger Nimier, Antoine Blondin, Jacques Laurent et l’esprit hussard, il y a un extrait du journal de mon père de l’année 1962 où il se montre très critique à leur égard. Il est injuste, n’oublions pas l’âge qu’il a à ce moment-là (26 ans).  Il rencontre néanmoins Nimier à propos du Cahier Céline. Malheureusement, la relation n’a pu s’épanouir avec Nimier puisqu’il est mort trop tôt. Pourtant, je pense qu’ils avaient beaucoup de choses en commun : ce goût impeccable en littérature, cette manière de reconnaître immédiatement un véritable écrivain, cette curiosité d’esprit panoramique, ce goût pour la littérature comparée…

PHILITT : Dominique de Roux dénonçait le conformisme et le règne de l’argent. Était-il animé par une esthétique antimoderne ?

Pierre-Guillaume de Roux : À cet égard, je pense que oui. N’oubliez pas que mon père est nourri de Léon Bloy et de sa critique de l’usure. Mais aussi de Pound qui s’est penché sur toutes ces questions économiques. C’est à la fois quelqu’un qui a su sentir la modernité littéraire – d’où son adoration pour Burroughs, Ginsberg, Kerouac – et qui a une approche antimoderne vis-à-vis de la société. Il était aussi lecteur de Péguy. Le Cahier dirigé par Jean Bastaire a beaucoup compté pour mon père.

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Dominique de Roux et le chef de guérilla angolaise Jonas Savimbi

PHILITT : Quelles sont les rencontres qui l’ont le plus marqué ?

Pierre-Guillaume de Roux : Pound, Gombrowicz, Abellio, Pierre Jean Jouve font partie des rencontres les plus importantes de sa vie. Avec Abellio, il y a eu une amitié très forte. Abellio m’a écrit un jour que mon père était son meilleur ami. Ils se rencontrent en 1962 et ils vont se voir jusqu’à la mort de mon père en 1977 sans discontinuité. Il lui a évidemment consacré un Cahier de L’Herne.

PHILITT : Pound et Borgés, ce sont plutôt des rencontres…

Pierre-Guillaume de Roux : Oui, Pound est déjà un homme très âgé mais il va quand même beaucoup le voir. Entre 1962 et sa mort, il le voit très régulièrement. La rencontre avec Gombrowicz se fait entre 1967 et 1969 et pendant cette courte période ils se voient très souvent. Mon père passe son temps à Vence où vit aussi le grand traducteur Maurice-Edgar Coindreau qu’il fréquente beaucoup à cette époque. Je détiens d’ailleurs leur superbe correspondance.

PHILITT : Il n’a jamais rencontré Céline ?

Pierre-Guillaume de Roux : Ils n’ont fait que se croiser. Au moment où mon père initie les Cahiers Céline en 1960, tout va très vite et Céline meurt en juillet 1961. Il n’a pas eu le temps de le rencontrer.

PHILITT : Quelle est sa relation avec Jean-Edern Hallier ?

Pierre-Guillaume de Roux : Très compliquée. Ils ont été très amis. Ils se sont beaucoup vus au début des années 1960. C’est une relation passionnelle avec beaucoup de brouilles plus ou moins longues jusqu’à une rupture décisive après mai 68. Jean-Edern le traîne dans la boue, le calomnie, en fait un agent de la CIA. On retrouve là toutes les affabulations habituelles de Jean-Edern qui était tout sauf un être fiable, tout sauf un ami fidèle. C’est un personnage qui ne pensait qu’à lui, une espèce d’ogre qui voulait tout ramener à sa personne. Rien ne pouvait être durable avec un être comme ça.

HernePound.jpgPHILITT : Pouvez-nous parler de ses engagements politiques, de son rôle lors de la révolution des Œillets au Portugal et de son soutien à Jonas Savimbi en Angola ? La philosophie de Dominique de Roux était-elle une philosophie de l’action ? Peut-on le rapprocher des écrivains aventuriers que furent Conrad ou Rimbaud ?

Pierre-Guillaume de Roux : Pour ce qui est de son engagement au Portugal, il se fait un peu par le fruit du hasard, sous le coup d’une double rupture dans sa vie. Il y a d’abord son éviction des Presses de la Cité. Il dirigeait avec Christian Bourgois la maison d’édition éponyme ainsi que la collection de poche 10/18. En 1972, mon père publie Immédiatement, un livre qui tient à la fois du recueil d’aphorismes et du journal. L’ouvrage provoque un énorme scandale puisque Barthes, Pompidou et Genevoix sont mis en cause. La page 186-187 du livre est censurée. On voit débarquer en librairie des représentants du groupe des Presses de la Cité pour couper la page en question. Mon père a perdu du jour au lendemain toutes ses fonctions éditoriales. Un an et demi plus tard, il est dépossédé de sa propre maison d’édition à la suite de basses manœuvres d’actionnaires qui le trahissent. C’est un moment très difficile dans sa vie. Il se trouve qu’il connaît bien Pierre-André Boutang – grand homme de télévision, fils du philosophe Pierre Boutang – et le producteur et journaliste Jean-François Chauvel qui anime Magazine 52, une émission pour la troisième chaîne. Fort de ces appuis, il part tourner un reportage au Portugal. Il se passe alors quelque chose.

Cette découverte du Portugal est un coup de foudre. Il est ensuite amené à poursuivre son travail de journaliste en se rendant dans l’empire colonial portugais (Mozambique, Guinée, Angola). Il va y rencontrer les principaux protagonistes de ce qui va devenir bientôt la révolution des Œillets avec des figures comme le général Spinola ou Othello de Carvalho. Lors de ses voyages, il entend parler de Jonas Savimbi. Il est très intrigué par cet homme. Il atterrit à Luanda et n’a de cesse de vouloir le rencontrer. Cela finit par se faire. Se noue ensuite une amitié qui va décider d’un engagement capital, puisqu’il sera jusqu’à sa mort le proche conseiller de Savimbi et aussi, en quelque sorte, son ambassadeur. Savimbi me dira plus tard que grâce à ces informations très sûres et à ses nombreux appuis, mon père a littéralement sauvé son mouvement l’Unita au moins sur le plan politique quand a éclaté la révolution du 25 avril 1974 à Lisbonne. Mon père consacre la plus grande partie de son temps à ses nouvelles fonctions. Elles le dévorent. N’oubliez pas que nous sommes en pleine Guerre Froide. L’Union Soviétique est extrêmement puissante et l’Afrique est un enjeu important, l’Angola tout particulièrement. Les enjeux géopolitiques sont considérables. Mon père est un anticommuniste de toujours et il y a pour lui un combat essentiel à mener. Cela va nourrir sa vie d’écrivain, son œuvre. Son roman Le Cinquième empire est là pour en témoigner. Il avait une trilogie africaine en tête. Concernant son côté aventurier, je rappelle qu’il était fasciné par Malraux même s’il pouvait se montrer également très critique à son égard. Il rêvait de le faire venir à Lisbonne pour en faire le « Borodine de la révolution portugaise ». Il a été le voir plusieurs fois à Verrières. Il dresse un beau portrait de lui dans son ouvrage posthume Le Livre nègre. L’engagement littéraire de Malraux est quelque chose qui l’a profondément marqué.

heideggercahierdelherne.jpgPHILITT : Vous éditez vous aussi des écrivains controversés (Richard Millet, Alain de Benoist…). Quel regard jetez-vous sur le milieu de l’édition d’aujourd’hui ? Êtes-vous plus ou moins sévère que ne l’était votre père vis-à-vis des éditeurs de son temps ?

Pierre-Guillaume de Roux : Pas moins. Si j’ai décidé d’ouvrir cette maison d’édition, c’est parce que je pense que pour faire des choix significatifs, il faut être complètement indépendant. Un certain travail n’est plus envisageable dans les grandes maisons où règne un conformisme qui déteint sur tout. En faisant peser sur nous comme une chape de plomb idéologique. Cependant, nous sommes parvenus à un tournant… Il se passe quelque chose. Ceux qui détiennent le pouvoir médiatique – pour aller vite la gauche idéologique – sentent qu’ils sont en train de le perdre. Ils s’accrochent à la rampe de manière d’autant plus agressive. C’est un virage extrêmement délicat et dangereux à négocier. L’édition aujourd’hui se caractérise par une forme de conformisme où, au fond, tout le monde pense la même chose, tout le monde publie la même chose. Il y a bien sûr quelques exceptions : L’Âge d’homme, Le Bruit du temps par exemple font un travail formidable. Tout se joue dans les petites maisons parfaitement indépendantes. Ailleurs, il y a une absence de risque qui me frappe. L’argent a déteint sur tout, on est dans une approche purement quantitative. On parle de tirage, de best-seller mais plus de texte. C’est tout de même un paradoxe quand on fait ce métier. Le cœur du métier d’éditeur consiste à aller à la découverte et à imposer de nouveaux auteurs avec une exigence qu’il faut maintenir à tout prix.

PHILITT : Pensez-vous que Houellebecq fasse exception ?

Pierre-Guillaume de Roux : Oui, Je pense que c’est un écrivain important. Je l’avais repéré à la sortie de L’Extension du domaine de la lutte. J’avais été frappé par ce ton neuf. On le tolère parce qu’il est devenu un best-seller international et qu’il rapporte beaucoup d’argent. Ce qui n’est pas le cas de Richard Millet. S’il avait été un best-seller, on ne l’aurait certainement pas ostracisé comme on l’a fait honteusement.

PHILITT : La prestigieuse maison d’édition Gallimard a manqué les deux grands écrivains français du XXe siècle (Proust et Céline). Qu’est-ce que cela nous dit du milieu de l’édition?

Pierre-Guillaume de Roux : Gallimard est, comme le dit Philippe Sollers, le laboratoire central. Quand on voit ce que cette maison a publié en cent ans, il y a de quoi être admiratif. Il y a eu en effet le raté de Proust mais ils se sont rattrapés d’une certaine manière. Gide a raté Proust mais Jacques Rivière et Gaston Gallimard finissent par le récupérer. Pour Céline, c’est un peu le même topo. Mais à côté de ça… que de sommets ! Gide, Claudel, Malraux… Gaston Gallimard a été un éditeur prodigieux parce qu’il a su s’entourer, parce qu’il avait une curiosité extraordinaire et parce qu’il a su aussi être un chef d’entreprise. Il a toujours joué de cet équilibre entre les écrivains dont il savait qu’ils n’allaient pas rencontrer un grand succès mais qu’il soutenait à tout prix et des livres plus faciles. Ce que je regrette aujourd’hui, c’est que cette pratique ait quasiment disparu. On se fout de l’écrivain, on ne pense qu’à la rentabilité. On finit par promouvoir des auteurs qui n’ont pas grand intérêt. Et contrairement à ce que disent les pessimistes, il y a de grands écrivains en France. Mais encore faut-il les lire et les reconnaître. Et la critique littéraire ne joue plus son rôle. Les journaux font de moins en moins de place aux suppléments littéraires. Tout ce qui relève véritablement de la littérature est nié.

Crédit photo : www.lerideau.fr

Robert Steuckers : Nationalisme Européen, le combat de demain !

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Robert Steuckers: Nationalisme Européen, 

le combat de demain!

Strasbourg Zone Dissidente

Pour écouter:

https://www.youtube.com/watch?v=dBqGJqvshQc...

Conférence donnée à Strasbourg, le 4 mars 2017.

mercredi, 29 mars 2017

Le tiers inclus nord-irlandais

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Le tiers inclus nord-irlandais

Georges Feltin-Tracol

Ex: http://synthesenationale.hautetfort.com 

Le 2 mars dernier, les électeurs de l’Irlande du Nord (ou Ulster pour les loyalistes britanniques) élisaient leur Parlement régional d’une manière anticipée. Née en 1921 au lendemain de la signature du traité anglo-irlandais qui fondait l’État libre irlandais (Eire) afin de satisfaire la minorité protestante unioniste orangiste alors dominante dans les six comtés du Nord-Est de l’île, l’Irlande du Nord connut une vraie guerre civile de 1969 à 1998 entre les républicains catholiques, les orangistes protestants et leurs alliés, les forces britanniques qui se comportèrent en véritable troupe d’occupation.

L’abandon progressif de la lutte armée et des attentats par l’IRA permit la conclusion des Accord du Vendredi Saint en 1998 et le début d’une période d’apaisement. Le régime d’autonomie régionale favorisa même en 2007 l’impensable, à savoir une coalition gouvernementale entre les anciens ennemis les plus farouches : les unionistes radicaux du pasteur Ian Paisley, nouveau Premier ministre, et le Sinn Fein de Martin Mc Guiness, un ancien chef de l’IRA désigné comme vice-Premier ministre ! Cette entente s’est brisée en décembre 2016. Malade, Mc Guiness démissionna pour protester contre le détournement de subventions publiques au profit des héritiers politiques de Paisley (NDLR SN : il est décédé la semaine dernière).

Hostile au « Brexit » à 55,8 %, l’Irlande du Nord voit avec inquiétude le retour probable d’une frontière terrestre avec l’autre Irlande. Or la population catholique en Ulster sera bientôt majoritaire. L’éventualité d’une réunification de l’île s’éloigne cependant surtout si l’Écosse n’obtient pas son indépendance. Il faut toutefois prendre en compte une nouvelle donnée démographique qui modifie le face-à-face habituel en faveur d’un tiers inclus surprenant. L’Irlande du Nord enfin pacifiée a bénéficié à la fois du dynamisme économique du « Tigre celtique » et des nombreuses aides régionales de l’Union pseudo-européenne. L’Ulster a donc non seulement attiré des Polonais, des Baltes et des Roumains, mais aussi des masses allochtones extra-européennes, en particulier une importante communauté musulmane indo-pakistanaise.

Si les premiers immigrés allogènes se faisaient discrets, leurs enfants se montrent, eux, plus revendicatifs et, comme à Londres, à Édimbourg ou à Cardiff, soutiennent un multiculturalisme dément et l’instauration progressive de la charia. Leurs exigences irritent autant les républicains que les orangistes qui découvrent avec surprise et effroi qu’un troisième larron vient d’entrer en scène…

• « Chronique hebdomadaire du Village planétaire », n° 26, diffusée sur Radio-Libertés, le 24 mars 2017.

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Egypte: liquidation de la révolution de 2011?

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Bob Woodward

Ex: http://www.decryptnewsonline.com 

Avec la libération de l'ex-président égyptien Hosni Moubarak vendredi, et alors que plusieurs figures du Printemps arabe se trouvent encore en prison, c'est la révolution de 2011 qui vient d'être liquidée symboliquement dans l'Égypte de Sissi. C'est son avocat Farid al-Deeb qui a annoncé vendredi le départ d'Hosni Moubarak de l'hôpital militaire du Caire dans lequel il a passé l'essentiel de ses six années de détention. La libération d'Hosni Moubarak qui avait régné sans partage sur le pays pendant 30 ans vient briser définitivement les aspirations nées d'une révolution qui avait porté l'espoir d'un régime plus démocratique. Outre Moubarak, son ex-ministre de l’Intérieur, Habib al-Adly, qui symbolise la torture et les abus du régime, a aussi été acquitté pour les meurtres de manifestants pendant la révolte. En revanche, Alaa Abdel Fattah et Ahmed Douma, deux des plus importants meneurs de la révolution, sont toujours en prison.

Depuis que l’actuel président Abdel Fattah al-Sissi, ex-chef de l’armée, a destitué son prédécesseur islamiste Mohamed Morsi en 2013, il dirige à son tour le pays d’une main de fer, éliminant toute forme d’opposition. Six ans après la révolution, les détracteurs de Mohamed Sissi l’accusent d’avoir refermé la parenthèse démocratique ouverte avec le soulèvement de janvier-février 2011.

Outre Hosni Moubarak, son ex-ministre de l'Intérieur, Habib al-Adly, qui symbolise la torture et les abus du régime, a aussi été acquitté pour les meurtres de manifestants pendant la révolte. En revanche, Alaa Abdel Fattah et Ahmed Douma, deux des plus importants meneurs de la révolution, sont toujours en prison. Depuis que l'actuel président Abdel Fattah al-Sissi, ex-chef de l'armée, a destitué son prédécesseur islamiste Mohamed Morsi en 2013, il dirige à son tour le pays d'une main de fer, éliminant toute forme d'opposition. Six ans après la révolution, les détracteurs d'Abdel Fattah al-Sissi l'accusent d'avoir refermé la parenthèse démocratique ouverte avec le soulèvement de janvier-février 2011. Pour sa part, Hosni Moubarak a été jugé dans deux grandes affaires depuis son départ du pouvoir. Il a notamment été accusé d'avoir incité au meurtre de manifestants pendant la révolte, au cours de laquelle quelque 850 personnes ont été tuées lors d'affrontements avec la police. Condamné à la prison à vie en 2012, il a été blanchi en 2014. Et le 2 mars dernier, la Cour de cassation a confirmé cet acquittement.

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Pour Adel Ramadan, avocat pour l'organisation de défense des droits de l'homme Egyptian Initiative for Personal Rights, Hosni Moubarak a bénéficié d'un traitement spécial lors de son procès. « Il y a une différence entre la façon humaine dont M. Moubarak et les symboles de son régime ont été traités et celle dont ont été traités les militants de janvier 2011 », a-t-il dit à l'Agence France-Presse. Si des militants ont été remis en liberté, certains sont astreints à un contrôle judiciaire strict. Ahmed Maher, fondateur et porte-parole du Mouvement du 6 avril, un groupe très actif en 2011, a été libéré en janvier. Pendant trois ans, il devra se rendre chaque soir au commissariat de son quartier et y passer la nuit.

Toutefois, jeudi, la justice a ordonné la réouverture d'une enquête pour corruption contre l'ex-président, liée à des cadeaux pour lui et sa famille de la part du quotidien gouvernemental Al-Ahram, d'une valeur d'environ un million de dollars. Et la semaine dernière, les autorités ont gracié 203 détenus dans des procédures liées à l'interdiction de manifester. Mais aucun militant réputé n'est sorti de prison. Après la destitution de Mohamed Morsi, l'opposition islamiste a aussi été laminée. En août 2013, l'assaut est donné au Caire contre des milliers de pro-Morsi. Environ 700 d'entre eux sont tués.

Aujourd'hui, l'Égypte du président Sissi est confrontée aux mêmes inégalités, qui ont mené à la révolution de 2011. Le pays connaît de nouveau un régime autoritaire, et traverse une grave crise économique. En novembre dernier, le gouvernement a décidé de laisser flotter sa devise pour obtenir un prêt de 12 milliards de dollars du Fonds monétaire international. Résultat : l'inflation a explosé et la situation économique est devenue la préoccupation majeure des Égyptiens. « Les conditions qui ont mené à la révolution de janvier sont toujours présentes, bien que j'exclurais qu'une autre révolution puisse avoir lieu », explique Mostafa Kamel el-Sayed, professeur de sciences politiques à l'université du Caire.

Plusieurs organisations de défense des droits de l'homme accusent les autorités d'orchestrer disparitions forcées, arrestations arbitraires et autres détentions illégales. En septembre, la justice a gelé les avoirs d'organisations de défense des droits de l'homme soupçonnées de perception illégale de fonds étrangers.


La première et la principale leçon est que la croisée entre démocratie occidentale et démocratie islamique a commencé. Personne n’a la solution pacifique parce que de chaque côté l’on se croit dans la justesse et dans la suprématie de sa cause.

Aucun pays occidental n’avait vu la montée fulgurante de l’EI après l’élimination de Ben Laden. Quand Ben Ali a trinqué en premier, parce que la Tunisie était devenue un pays touristique de prédilection, peu d’analystes occidentaux avaient fait le rapprochement avec Bali, en Indonésie. Le tourisme est, par essence et par excellence, un vecteur d’échanges de cultures. Les Islamistes en sont allergiques à mourir ? Boko Haram ne le cache à personne.

Le verrou qui empêchait les islamistes de s’épanouir vers le sud du Sahara était Kadhafi et la Libye. Créer une insurrection occasionnerait une répression sanglante de Kadhafi qui mécontenterait les Occidentaux. Les rebelles de Misrata ont fait le jeu et la France de Nicolas Sarkozy y a été entraînée sur avis d’un « philosophe » qui se prenait dur comme pierre pour un philanthrope. Et comme le leadership international manquait à l’époque, Obama et Cameroon ont suivi.

L’impardonnable a été que la résolution 1973 (zone d’exclusion de vol » a été utilisée pour bombarder et pas pour réduire Kadhafi mais pour éliminer le verrou contre les islamistes.

Les « Frères musulmans » d’Egypte furent aussi matés dans le sang par Moubarak, les occidentaux  ont crié au scandale pour lui retenir la main. Il sera renversé par une marée humaine. Mais les réformes étaient contraires à la vision de la démocratie occidentale, la démocratie islamique fut renversée.

Après 6 ans, Moubarak, qui avait été condamné à la peine de mort par les Frères musulmans pour le grand massacre de la place Tahrir vient d’être libéré, Ben Ali n’a pas bénéficier des mêmes considérations.

En Syrie, les choses ont été autres. N’eût été le refus des Russes et Chinois, Bachar Al-Assad aurait été renversé et toute la sous-région se trouverait actuellement sous commandement de l’EI.

La libération de Hosni Moubarak signifie que ce que l’on a qualifié de «Printemps arabe» n‘était autre chose qu’une flambée islamiste que les pays cherchent à tous prix à juguler. Mais le ver est déjà dans le fruit et la condition sociale et juridique favorable à son expansion est, ironie de l’histoire, la démocratie, elle-même. Aucun pays n’est épargné. 

En Afrique subsaharienne, il faut craindre que des petits machiavels jouent avec le feu et s’en servent pour garder ou pour prendre le pouvoir…

Turquie-Europe: le divorce?

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Bob Woodward:

Ex: http://www.decryptnewsonline.com 

Les relations entre la Turquie et les pays de l’Union européenne se sont détériorées après l’annulation de plusieurs meetings turcs sur le sol européen début mars, notamment aux Pays-Bas et en Allemagne. Les ministres turcs ont été envoyés défendre devant la diaspora le projet de réforme constitutionnelle qui renforcerait les pouvoirs du président Recep Tayyip Erdogan. C’est à partir de ce lundi 27 mars que les Turcs de l’étranger peuvent commencer à voter pour le référendum du 16 avril en Turquie.

Depuis dix jours, les dirigeants turcs dénoncent la dérive fasciste de leurs homologues européens. Le président turc Recep Tayyip Erdogan a même directement accusé la chancelière allemande Angela Merkel de pratiques « nazies ». En campagne électorale et sur fond de vives tensions avec Bruxelles, Recep Tayyip Erdogan a évoqué samedi un possible référendum sur la candidature turque à l’UE.
« En ce qui concerne les négociations (d’adhésion), nous pourrions prendre la voie d’un référendum et obéir à la décision que prendrait la nation ». Lors d’un déplacement à Antalya, dans le sud du pays, Recep Tayyip Erdogan a indiqué samedi 25 mars qu’il envisageait la tenue d’un possible référendum sur la poursuite de la candidature de la Turquie à l’Union européenne. Ces déclarations surviennent alors que les relations entre la Turquie et l’UE se sont fortement tendues ces dernières semaines après l’interdiction de meetings pro-Erdogan dans plusieurs pays européens, notamment en Allemagne et aux Pays-Bas.

Le président turc, qui avait déjà évoqué l’an dernier une possible consultation populaire sur le processus d’adhésion, a ajouté samedi qu’un éventuel vote de ce type se tiendrait après un autre référendum constitutionnel, le 16 avril. Après le coup d’Etat raté en juillet 2016 et la violente répression qui s’est abattue sur la société (40 000 personnes emprisonnées, 125 000 fonctionnaires suspendus, des journalistes poursuivis…), M. Erdogan a proposé une réforme constitutionnelle qui vise à renforcer ses pouvoirs.

Entamées en 2005, les négociations d’adhésion de la Turquie à l’UE ont progressé très lentement du fait de désaccords sur Chypre, les droits de l’homme et d’autres dossiers et sont au point mort depuis des années. Plus tôt dans la journée, samedi, M. Erdogan avait déclaré que l’UE lui « simplifierait la tâche » si elle décidait elle-même d’abandonner les négociations d’adhésion de la Turquie.

« Ah ! Si seulement ils pouvaient prendre une telle décision ! Cela nous simplifierait la tâche », a lancé M. Erdogan, ajoutant qu’une victoire au référendum du 16 avril marquerait un « point de rupture » avec l’UE. Pour séduire l’électorat nationaliste, dont il a besoin pour remporter le référendum, le président turc a répété à plusieurs reprises ces dernières semaines qu’il soutenait le rétablissement de la peine capitale. Une ligne rouge pour Bruxelles.

En dépit des tensions, la Turquie et l’Union européenne restent des partenaires importants, notamment sur le dossier migratoire et la lutte antiterroriste.

La crise diplomatique se creuse donc entre la Turquie et l'Union européenne. Le président turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré samedi qu'un oui au référendum du 16 avril sur le renforcement de ses pouvoirs marquerait un « point de rupture » avec l'Europe. « Qu'entend-on ? Que si le oui l'emporte (au référendum), l'Union européenne ne nous acceptera pas. Ah ! Si seulement ils pouvaient prendre une telle décision, cela nous simplifierait la tâche », a déclaré Recep Tayyip Erdogan lors d'un discours à Antalya (sud). « De toute façon, le 16 avril est pour nous un point de rupture. C'est pour cela que le oui est si important. Nous allons mettre tout cela sur la table. Car la Turquie n'est le souffre-douleur de personne », a-t-il poursuivi, sous les acclamations de son auditoire.

Ces déclarations surviennent alors que les relations entre la Turquie et l'UE se sont fortement tendues ces dernières semaines après l'interdiction de meetings pro-Erdogan dans plusieurs pays européens, notamment en Allemagne et aux Pays-Bas. Malgré les tensions, la Turquie reste un important partenaire de l'UE, notamment sur le dossier migratoire.

Rhétorique nationaliste

Les analystes s'interrogent pour savoir si cet accès de fièvre traduit une réelle volonté de rupture avec l'UE de la part de la Turquie ou s'il s'agit d'un orage passager, lié à la flambée de la rhétorique nationaliste en période électorale. Pour séduire l'électorat nationaliste, sans lequel il n'a aucune chance de remporter le référendum, Erdogan a ainsi répété à plusieurs reprises ces dernières semaines qu'il soutenait le rétablissement de la peine capitale, une ligne rouge pour Bruxelles.

«Que disent-ils ? Que la Turquie n'aura pas sa place en Europe si nous rétablissons la peine de mort. (...) Fort bien!» a lancé le président turc samedi. Le chef de l'État turc avait évoqué jeudi un possible « passage en revue » des relations avec l'UE, soulignant toutefois l'importance des rapports économiques avec le Bloc, premier partenaire commercial de la Turquie.

Keeping the Myth and the Islamic State Alive

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Tony Cartalucci:

Keeping the Myth and the Islamic State Alive

Ex: http://landdestroyer.blogspot.com 

March 23, 2017 (Tony Cartalucci - NEO) - Joint Syrian-Russian-Iranian operations against foreign-funded and armed militant groups across Syrian territory have incrementally dismantled and frustrated the fighting capacity of groups including the so-called Islamic State, Al Nusra, Al Qaeda, and a myriad of other fronts coordinated and arrayed from abroad against Damascus.

With the Russian intervention in late 2015, considerable air power was applied to these militant fronts' logistical lines extending beyond Syria's borders. As the supplies were cut, Syrian forces and their allies were able to isolate and eliminate one stronghold after another.

Now, many of these groups face defeat within Syria, prompting their foreign sponsors into two courses of action - posing as the forces responsible for their defeat as the US and Turkey are attempting to do amid their respective, illegal incursions into Syrian territory, and creating a narrative to serve as cover for the evacuation and harboring of these militant groups elsewhere for future use.

Terrorist Organizations are Empire's Modern Mercenaries 

Just before and since the fall of the Ottoman Empire in the early 20th century, Anglo-American interests have cultivated militant groups across its territory to divide and conquer the entire region - contributing toward Washington and London's greater global hegemonic ambitions.

The terrorist organization known as Al Qaeda, created in part from the shattered remains of the Syrian Muslim Brotherhood defeated by Hafez Al Assad in the 1980's, would be deployed next to Afghanistan after their foreign-backed bid to overthrow the Syrian government failed.
 
Since then, Al Qaeda has participated in NATO operations in the Balkans, across the Middle East and North Africa, and even as far as Asia. The group operates as both a casus belli for Western intervention globally, and as a proxy force able to wage war against governments Western military forces are unable to confront directly as was the case in Libya and currently in Syria.

Al Qaeda and its various subsidiaries and affiliates - including the Islamic State - also serve in an auxiliary capacity such as in Yemen where they hold territory taken by mechanized forces from Persian Gulf invaders.

While Western narratives attempt to portray these militant fronts as independent terrorist organizations operating beyond both international law and the reach of superior Western military and intelligence capabilities, in reality, this narrative is cover for what is obvious state sponsored proxy terrorism and militancy.

The United States has all but admitted its role in the creation of these organizations as well as their ongoing role in their perpetuation. The use of US allies including Saudi Arabia, Qatar, and the United Arab Emirates (UAE) to launder money, weapons, training, and other forms of political and material support through has also been extensively documented.

Keeping the Myth and the Islamic State Alive

RAND Corporation representatives recently penned an editorial in Fortune titled, "Why A Dying Islamic State Could Be An Even Bigger Threat To America," in which they attempt to explain how, despite the Islamic State losing its territorial holdings in Syria and Iraq, the organization will continue to operate and pose as a menace to global security.

In reality, the Islamic State, Al Qaeda, and other fronts will continue to persist for one sole reason - the immense multinational state sponsorship they receive from the United States, NATO, and the Gulf Cooperation Council (GCC).

The Fortune editorial claims:
The liberation of Mosul and Raqqa are important initial steps in diminishing the threat from the Islamic State. Without an actual state, the Islamic State will likely lose a substantial amount of its appeal. Without a secure territorial base to operate from, it may have a harder time organizing external attacks. Yet the Islamic State, like al Qaeda before it, will continue to metastasize and seek to spread its influence once it loses its home base.
The RAND authors also claim:
If the Islamic State is to be defeated and stay defeated, military measures will need to be combined with economic, technical, and political assistance designed to improve state and local capacity. Popular grievances that have given rise to extremist movements need to be better addressed. These are not steps the United States should take alone, but Washington should lead in assembling and guiding donor coalitions working with each of the affected countries. 
However, it is difficult to believe that self-proclaimed professional policymakers and experts failed to consider the source of the Islamic State's fighting capacity - its extensive state sponsorship. No mention is made of this in the editorial, nor is any mention of this made by US, NATO, or GCC politicians, military planners, analysts, or other policymakers. It is an open secret guarded carefully with repetitive editorials and news pieces like the aforementioned RAND piece in Fortune.

With US-NATO-GCC plans frustrated in Syria by a formidable military coalition, the special interests driving this axis will inevitably seek to deploy their proxy forces where such coalitions cannot reach. Current efforts to divide and disrupt socioeconomic and political stability across all of Asia would be served well by the inclusion of veteran terrorists and militants escaping from Syrian-Russian-Iranian forces in the Middle East.

Defiant nations in Southeast Asia in particular, may find local political brush fires turned into infernos with the inclusion of the Islamic State's shifting ranks. In Myanmar, US-Saudi backed militants are already attempting to expand violence surrounding the Rohingya crisis, likely in an attempt to create a pretext for a permanent US military presence in the country aimed at further driving a wedge between Myanmar and neighboring China.

In Thailand, inflaming its lengthy southern insurgency by transforming it from a political struggle into the same sort of intentionally sectarian and destructive conflict that has consumed Libya and Syria could help Washington rein in Bangkok. A similar strategy is likely already under way in the Philippines.

Seeing through the myth, and exposing the true nature of the Islamic State and other terrorist organizations as proxy forces serving multinational special interests, is the most important, and perhaps only way of protecting against the use of such groups to geopolitically coerce, divide, and destroy nations.

Building formidable coalitions both on the battlefield and in information space is also essential in confronting and overcoming such tactics. Attempting to capitulate to Western narratives in fear of alienating public opinion does not eliminate the treat of militant fronts entering into and destroying a nation - in fact - it only further emboldens such efforts. Nations like Libya which attempted to appease Western interests by joining the so-called "War on Terror" no longer exist as functioning states.

In the coming months, as pressure grows on Western proxies operating in Syria and Iraq, editorials like that featured in Fortune will multiply. It is important to expose what the West attempts to portray as inevitable retreat conducted solely by terrorist organizations as the Western-enabled evacuation and redeployment it truly is.

Tony Cartalucci, Bangkok-based geopolitical researcher and writer, especially for the online magazine New Eastern Outlook”.  
 

mardi, 28 mars 2017

Elections parlementaires aux Pays-Bas: Geert Wilders a-t-il échoué?

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Elections parlementaires aux Pays-Bas: Geert Wilders a-t-il échoué?

par Thomas Ferrier

Ex: http://thomasferrier.hautetfort.com 

Avec 13,1% des voix (+ 3 points) et 20 sièges (+5), le PVV de Geert Wilders est loin d’avoir remportée les élections parlementaires aux Pays-Bas, contrairement à ce que les sondages annonçaient encore quelques semaines avant que le scrutin n’ait lieu. Néanmoins peut-on parler de la défaite d’un parti qui progresse en cinq ans ? Il faut oser dire que oui.

La progression de Wilders est très modeste. Pour quelqu’un qui prétendait pouvoir réorienter radicalement la politique néerlandaise, on est loin du compte. Mais hors contexte, malgré tout, ce n’est pas si mal. Son parti est désormais le deuxième du pays, et ce n’est pas rien.

En fait, la surprise vient surtout de la chute vertigineuse des travaillistes (gauche sociale-démocrate) qui avec 5.7% des voix et 9 sièges s’effondrent totalement. Leur recul est de 19.1 points et de 29 sièges. Dans un tel contexte, le PVV aurait dû être le principal bénéficiaire de cette chute, d’autant plus que le parti au pouvoir, le VVD de Mark Rutte, avec 21.3% des voix (-5.3 points) et 33 sièges (-8), n’a pas bénéficié du moindre report favorable. Cela ne l’a pourtant pas été.

Qui a donc progressé ? Le CDA (chrétiens-démocrates) avec 12.4% (+3.9) et 19 sièges (+6) est davantage gagnant. Il a récupéré de nombreuses voix perdues par le VVD de Rutte, voix qui ne sont pas allés sur Wilders. Ce dernier a donc récupéré uniquement 1.4% environ du VVD, et 1.7% environ de la gauche. C’est faible. Or ses réserves étaient à droite, surtout sur le dos du VVD, et cela n’a pas fonctionné ainsi.

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Le mouvement Démocrates 66 (D66) avec 12.2% des voix (+4.2) et 19 sièges (+7) est également un des grands vainqueurs de cette élection, ayant pris de nombreuses voix à gauche. Cela a été encore bien davantage le cas des écologistes de gauche (GL) qui avec 9.1% (+6.8) et 14 sièges (+10) ont aspiré littéralement les voix travaillistes.  Le Parti Socialiste (gauche radicale), plutôt eurosceptique, n’obtient que 9.1% des voix (-0.6) et 14 sièges (-1). C’est pour lui aussi une sérieuse déconvenue car il a été incapable de récupérer des voix de la gauche modérée.

Enfin les petits partis ont également grappillé des voix, comme l’Union Chrétienne avec 3.4% (+0.3) et 5 sièges (-), le Parti en faveur des Animaux (PvdD) avec 3.2% (+1.3) et 5 sièges (+2), le Parti des Seniors 50+ avec 3.1% (+1.2) et 4 sièges (+2). Un nouveau venu, représentant la minorité islamo-turque, auparavant intégrée au sein des sociaux-démocrates, Denk, obtient 2.1% des voix et 3 sièges.

Enfin, de petits partis populistes de droite ont pu freiner la progression du PVV. Le Forum pour la Démocratie du politologue Thierry Baudet, eurosceptique, obtient 1.8% des voix et 2 sièges, alors que le VNL (Pour les Pays-Bas) de Jan Roos échoue de peu à entrer au parlement avec 0.4% des voix.

Geert Wilders n’a pas su convaincre mais a aussi été victime de la très grande résistance de Mark Rutte, dont l’effondrement pourtant probable a été enrayé. L’explication est très contextuelle. En s’opposant stratégiquement aux provocations du président turc Erdogan, en interdisant aux ministres turcs de venir prêcher la bonne parole aux Pays-Bas mêmes en direction des Turcs qui y sont installés, Mark Rutte a bénéficié d’un effet patriote, dont le PVV, plus dur et plus cohérent sur cette question, a été la victime. Les voix qui ont échappé à Wilders pour devenir le dirigeant du premier parti du pays l’ont été en raison de cette crise diplomatique, habilement instrumentalisée par le premier ministre sortant.

Enfin, c’est une défaite de l’euroscepticisme alors qu’un sondage sorti il y a quelques semaines indiquait même une majorité de Néerlandais prêts à voter pour un « Nexit », pour un départ des Pays-Bas de l’Union Européenne, en cas de référendum. Or seuls Wilders et les socialistes radicaux le prônaient. Ils n’ont pas été récompensés. Wilders certes n’est pas affaibli mais renforcé, car ses thèmes ont dominé le débat. Mais il n’a pas réussi le coup qu’il espérait. Et en ce sens, c’est un échec, même si cela ne signifie pas que son parti va s’effondrer, ce que rien n’indique. Dans l’opposition, car Wilders ne sera sans doute pas intégré à une coalition gouvernementale, il devrait se refaire même une santé en plaçant le nouveau gouvernement, si le VVD trouve une majorité autour de lui, sous sa surveillance constante.

Thomas FERRIER (Le Parti des Européens)

Elections parlementaires en Bulgarie : à gauche et très à droite

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Elections parlementaires en Bulgarie : à gauche et très à droite

par Thomas Ferrier

Ex: http://thomasferrier.hautetfort.com 

Les élections parlementaires bulgares anticipées de 2017, les dernières élections ayant eu lieu en 2014, à la demande du gouvernement sortant de droite de Boyko Borisov autour de son parti, le GERB, ont eu lieu dans un contexte tendu où la position vis-à-vis de la Russie et de l’Union Européenne a été au cœur des enjeux, tout comme dans la Macédoine voisine.

Avec 32,6% en 2017 contre 32,67% en 2014, le GERB (« Citoyens pour le développement européen de la Bulgarie ») reste la première force du pays avec une étonnante constante, maintenant à peu près à l’identique son résultat antérieur. Il gagne 11 sièges, l’amenant à disposer de 95 sièges sur 240, en raison de l’effondrement de plusieurs formations modérées qui ont perdu tous leurs mandats en tombant en dessous de la barre fatidique de 4% des voix.

Mais c’est le Parti Socialiste Bulgare, russophile, qui avec 27,2% des voix, progresse de près de douze points, devant la principale force d’opposition au GERB. Avec 80 sièges (+41), il n’est certes pas en mesure de créer une coalition majoritaire autour de lui, mais il a montré qu’il fallait compter avec lui. Il a profité notamment de l’effondrement du Parti des Réformateurs (3,06%, - 5 points, -23 sièges) et aussi de l’ABR-Mouvement 21, social-démocrate et pro-russes, qui est passé de 5,35% (4,15 + 1,2) et 11 sièges à 1,55% et aucun siège.

De la même façon, la division des partis représentant la population turque de Bulgarie a abouti à un recul du parti DSB (« Mouvement des droits et libertés ») qui, avec 8,99% (-5 points) et 26 sièges (-12) n’est plus faiseur de roi. Il a été notamment victime d’une scission du mouvement Dost, qui obtient 2,86% des voix mais aucun siège.

C’est à la droite du GERB que le jeu a changé. Autour de la coalition « Patriotes unis », les principaux partis nationalistes bulgares autour de l’IMRO, du FNSB et Ataka (le mouvement de Volen Siderov), ont obtenu ensemble 9,07% des voix et 27 sièges (-3) soit moins que la liste Front Patriotique et la liste Ataka en 2014 (11,8%). Leur unité aurait dû logiquement les renforcer mais ils ont été victimes de la concurrence du mouvement Volya (« Volonté ») qui avec 4,15% des voix rentre au parlement et obtient en outre 12 sièges.

Les autres mouvements politiques font de la figuration. Les mouvements nationalistes PNR (0,07%), Association Nationale Bulgare (0,11%) et Renouveau (1,08%), nouveaux, n’ont pas réussi leur implantation dans un contexte de forte concurrence à droite. A gauche, les Verts obtiennent 2,88% des voix, la « Nouvelle République » 2,48% des voix, échouant l’un comme l’autre à entrer au parlement.

Cinq partis seulement seront donc représentés ce qui limite les combinaisons électorales possibles. Le PSB, même avec le parti turc, est minoritaire. Le GERB l’est également, et doit donc se doter d’alliés. L’alliance possible avec le parti Volya serait insuffisante. Il faut donc que le GERB s’ouvre aux « Patriotes unis » afin de disposer d’une majorité parlementaire. Il y aura nécessairement droitisation de la ligne gouvernementale dans un sens en outre davantage eurosceptique. Une grande coalition GERB/BSP est peu vraisemblable. La situation n’est pas celle de l’Autriche ou de l’Allemagne. La droite nationale en Bulgarie n’est pas victime d’un ostracisme particulier.

Thomas FERRIER (Le Parti des Européens)

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lundi, 27 mars 2017

Les plus belles miettes de la revue de presse de Pierre Bérard

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Les plus belles miettes de la revue de presse de Pierre Bérard

Ex: http://metapoinfos.hautetfort.com 

Au sommaire :

DÉBAT ENTRE LES CINQ PRINCIPAUX CANDIDATS À L’ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE

Bilan du débat entre les cinq principaux candidats. Machine à lancer des promesse mirobolantes et coûteuse pour Hamon (demain on rase gratis) largement distancé de  ce point de vue par Mélenchon qui se révèle, sans surprise, le meilleur tribun. Macron incarne excellemment le zeitgeist post-politique de l’époque; seigneur de l’empire du vide,  le néant en marche n’a pas crevé l’écran où il apparaissait pour la première fois en débat. Alors qu’il était le plus attendu des candidats, il n’est pas parvenu à dégager une  « vision » d’avenir de sa possible présidence. Provoquant l’éclat de rire de Marine Le Pen, Il n’a pas hésité à répéter le « fake new » selon lequel le nombre d’immigrés n’avait  pas augmenté depuis les années trente, la même ritournelle que les médias nous servent avec leur psittacisme habituel. Il a également assuré sans pouffer de rire qu’il savait ce qu’était les fins de mois difficiles. Macron, pauvre comme Crésus, les neuf millions de démunis apprécieront… L’état de grâce qu’il connaissait jusqu’alors risque d’en pâtir.  Les autres étaient dans leur registre habituel. À ce propos le check up de Laurent Cantamessi.
 
 
L’un des meilleurs debriefing du débat du 19 mars, on le trouve sur TV-Libertés. Bref et précis. Il en ressort que Macron, pour autant qu’on puisse en cerner les idées, correspond à la parfaite définition du ludion selon le dictionnaire, un objet creux rempli d’air soumis par des pressions successives à un incessant mouvement d’aller et retour. Ondoyant, fluctuant et sans doute versatile, il se dérobe sans cesse sans qu’on puisse l’attraper, comme un savon précipité au fond de la baignoire. Mais le bébé cadum du paysage audiovisuel français continuera d’être, n’en doutons pas, le chouchou de la médiasphère.
 
 
Pour Raoul Fougax qui signe sur Metamag son bilan du débat, ce fut d’abord un round d’observation qui a permis à chacun de marquer son territoire sans mordre la poussière. 
Selon lui Mélenchon fut sans conteste le meilleur, ce qui constitue pour Hamon, le terne apparatchik, une mauvaise nouvelle. Macron possède un art consommé de ne rien dire en parlant beaucoup. Il demeure « le joker mondialiste et médiatique choisi contre Marine le Pen… qui, elle, n’est pas parvenue à élargir son électorat ».
 
 

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ZOOM SUR LE CANDIDAT MACRON 
 
• Tous les médias nous cachent délibérément les turpitudes du candidat Macron. TV Libertés, la chaîne TV dissidente, nous réinforme. Émission présentée par Élise Blaise.
 
 
Quand la folie Macron s’empare du « cercle de la raison ». Vincent Trémolet de Villers s’étonne, dans une décoiffante tribune du Figaro, que ceux qui ne juraient jadis que pour la litanie des chiffres, les experts et leur courbe, les techniciens et leur calcul, les spécialistes et leur démonstration puissent s’abandonner aux délires irrationnels du freluquet d’En marche. Faire « marcher » dans la langue vernaculaire se dit aussi de ceux que l’on veut berner…
 
 
Tribune de Paul-François Paoli dans Le Figaro. L’auteur de « Quand la gauche agonise » (Éditions du Rocher, 2016) souligne la contradiction d’un homme qui se dit admirateur de l’historien républicain Ernest Lavisse qui défendait tout à la fois le roman national, dont il fut « l’instituteur », et la mission civilisatrice de la France des droits de l’homme dans ses colonies et qui déclare à Alger tel un Janus contemporain que la colonisation fut un crime contre l’humanité. Le sophiste Macron, symptôme de la névrose de l’universalisme française ?
 
 
Complicité entre « Young Leader ». Emmanuel Macron est-il le candidat de l’atlantisme pur sucre ? Réponse sur le site des Identitaires, Novopress.
 
 
Richard Millet sur son site écrabouille le candidat Emmanuel Macron dont il blâme la servilité idéologique à la repentance, particulièrement éclatante dans ses deux récentes prises de position sur l’absence de culture française et sur le colonialisme assimilé en bloc à un crime contre l’humanité. Position qui lui a valu un satisfecit d’Al-Quaïda dans la péninsule arabique.
 
 
Selon Jean-Paul Brighelli le programme scolaire de Macron est fait pour les gobe-mouches.  
 
 
• L’avocat Régis de Castelnau fait feu contre Macron en relevant les très nombreuses irrégularités qui environnent sa campagne, la propagande éhontée à laquelle se livrent les médias subventionnés, les diverses interventions de l’État et le caractère plus que trouble de son financement. Sa conclusion est limpide : « Emmanuel Macron est donc la solution pour cette partie du Capital, celui de l’oligarchie néolibérale mondialisée qui a fait sécession et qui emmène avec elle celles des couches moyennes qui en profitent… La mondialisation néolibérale est incompatible avec la démocratie. Les gens qui la conduisent le savent bien qui rêvent de démocratie sans démos. Macron est leur agent ». 
 
 
Parus sur le blog de Jean-Paul Brighelli les échanges qu’il a eu avec Malika Sorel-Sutter font le point sur les récentes déclarations du candidat Macron et décèle chez ce présidentiable la parfaite copie conforme du libéral-libertaire, un produit de synthèse entre « Terra Nova » et « L’Institut Montaigne ».
 
 
La caricature d’Emmanuel Macron diffusée sur le compte Twitter des Républicains le vendredi 10 mars a suscité une effervescence démesurée sur les réseaux sociaux et  dans les médias. Tous s'enflamment et accusent le visuel de faire référence aux pires clichés antisémites des nauséeuses années trente. Si il y a motif à être surpris par cette histoire rocambolesque et l’hystérie qu’elle soulève ce n’est pas par le croquis d’une banalité extrême. On pourrait en effet s’étonner que Les Républicains qui ne passent pas pour des ennemis acharnés de la ploutocratie financière aient pu figurer l’ex-banquier Macron selon les stéréotypes classiques du possédant affameur du peuple avec son haut-de-forme, son costume élégant (offert par Bourgi ?) et tranchant avec une faucille maculée de sang un imposant cigare. Comme le remarque Emmanuel Debono dans Le Monde cette imagerie est internationale et dénuée de connotation judéophobe. Elle fut surtout utilisée, et abondamment, par la gauche et les communistes dans leur propagande contre « le grand capital ». La reprise de ce lieu commun par Les Républicains n’avait donc rien à voir avec les arrière-pensées antisémites que certains se plaisaient à y voir, et le visage figuré de Macron ne ressemblait d’aucune façon à l’iconographie en vogue dans les milieux anti-juifs des années trente. Mais puisque on est sensés revivre dans l’atmosphère méphitique de ces années là il fallait bien que la caricature y soit rapportée contre toute évidence. La disposition des médaillons représentant les différents ralliés au fringuant hologramme de Hollande dans laquelle certains ont voulu percevoir une réminiscence de la fameuse toile d’araignée d’un complot enserrant le monde n’avait pour but que de figurer l’éclectisme des has-been rejoignant le panache du candidat (d'Alain Madelin l’ancien Occidental, à Robert Hue fossoyeur du Parti communiste français, et aux dernières nouvelles, jusqu’au crétin des Pyrénées, le traîne-misère Douste-Blazy, c’est dire l’escroquerie !). 
Difficile donc de faire passer ce croquis badin comme relevant des codes de l'obsession antisémite. Pourtant rien n’y a fait : après que le dessin ait été prestement évacué à la première alerte, le courageux Fillon demandait des sanctions contre son auteur.
 
 
Et
 
 
DIVERS
 
L’économiste-philosophe Frédéric Lordon invité de France culture le vendredi 24 mars parle de la souveraineté qui pour lui « s’assimile en totalité au concept de démocratie ». Héros de Nuits debout, il poursuit une réflexion intéressante sur la sortie de l’UE par le bord « droit » (Brexit, Marine le Pen) ou le bord « gauche » qu’il approuve mais dont il éprouve beaucoup de mal à donner un exemple concret.
 
 
Pour Jean-Michel Quatrepoint, journaliste économique et membre du Comité Orwell le cycle néolibéral commencé le 15 août 1971 avec la fin du système de Bretton Woods touche à sa fin. Brexit et Trump sont les prodromes de ce changement de cap qui nous introduit dans une phase de démondialisation, de retérittorialisation et de réhabilitation des frontières. Sa conclusion géopolitique est édifiante : « Soit l’Allemagne joue le jeu de l’Europe européenne, pour reprendre une expression gaullienne, et normalise à cette fin sa relation avec Moscou. Soit elle demeure atlantiste et refuse d’envisager la dimension stratégique de son rapport au monde. Elle restera alors un pays exclusivement mercantiliste… Mais il n’est pas certain que le construction européenne puisse survivre longtemps à la seconde option ».
 
L’Observatoire des Journalistes et de l’Information Médiatique (OJIM) poursuit son indispensable travail de critique des médias de grand chemin. Cette fois il traite  de la mainmise des Gafa (Google, Apple, Facebook, Amazon) les quatre multinationales américaines, sur notre vie quotidienne. En contrôlant l’information numérique elles contrôlent de fait le formatage des citoyens. 
 
 
Face aux déclarations contradictoires de Donald Trump concernant l’OTAN et la Russie, Jean-Paul Basquiast propose de remplacer l’alliance atlantique par un nouvel organisme de sécurité collective s’étendant de Vancouver à Vladivostok.
 
 
Dans un récent numéro de Marianne, Jean-François Kahn moque la russophobie rabique des médias du « système » qui ont trouvé l’ouvre-boîte universel pour expliquer leurs nombreuses déconvenues face au monde tel qu’il va : « c’est la faute à Poutine ». Tout cela n’est pas sans évoquer la célèbre phrase de Guy Debord extraite de ses commentaires sur la société du spectacle : « cette démocratie si parfaite qu’elle veut en effet être jugée sur ses ennemis plutôt que sur ses résultats ». 
 
 
• Excellente analyse de l’ouvrage de François Bousquet « La droite buissonnière » (Éditions du Rocher, 2017) par Nicolas Faure sur le site de la Fondation Polémia.
 
 
• Rendre le pouvoir au peuple suivant le voeu du fondateur de la cinquième République, tel est l'objectif de Jean-Yves Le Gallou selon lequel ce pouvoir est accaparé par des juges dépourvus de légitimité démocratique. Il faudrait en revenir à une stricte séparation des pouvoirs, condition sine qua non d’un bon équilibre suivant Montesquieu. Ce qui bien entendu n’est plus de règle aujourd’hui, puisque les juges interprètent les lois qui nous gouvernent selon des principes tellement généraux qu’ils peuvent donner cours aux gloses les plus contradictoires. Bonne intervention sur le zoom de TV-libertés assortie d’une déambulation instructive dans le Paris des véritables centres de décision : le Conseil constitutionnel, le Conseil d’État, le Tribunal administratif, la Cour de cassation, le Tribunal de Paris où siège la XVII chambre liberticide et pour finir la Cour européenne des droits de l’homme qui siège à Strasbourg.
 

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Pour Michel Maffesoli l’écologie reste dans la droite ligne du productivisme, c’est pourquoi il propose de lui substituer ce qu’il appelle l’écosophie, néologisme par lequel il entend non plus un traitement de notre rapport à la nature mais une discipline considérant que l’espèce humaine fait partie de la nature, n’en est séparée d’aucune façon. 
Il y a une « nature des choses » et la prétention de la changer n’a conduit qu’à la dévastation du monde naturel et social. Reprenant la distinction faite par la philosophie allemande entre la culture c’est à dire l’instituant et la civilisation, c’est à dire l’institué, sa démarche s’inscrit dans une perspective résolument « révolutionnaire conservatrice ».
 
 
Ingrid Riocreux affichant en épigraphe de son blog « Décryptons les décrypteurs ! » démonte le reportage de C8 sur le Front National niçois en en dévoilant les trucages et les combines. À dire vrai le procédé de l’infiltration qui caractérise ce type de « révélation » qui ne révèle rien et qui n'est employé qu'à l’encontre de ceux que les médias aiment tant haïr nous en apprend beaucoup plus sur les procédés d’une presse subventionnée que sur les cibles qu’elle vise avec une constance et une obstination jamais démentie et dont chacun a pu mesurer depuis des dizaines d’années la remarquable efficacité.
On lira, pour parfaire cet article, le remarquable entretien de décodage des médias qu’elle livre dans la dernière livraison d’Éléments.                  . 
 
 
La dernière édition d’I-Média présentée par Jean-Yves Le Gallou et Hervé Grandchamp étudie le festival de novlangue fait de litotes utiles pour euphémiser le terrorisme islamique. Elle rappelle opportunément le discours prophétique d’Enoch Powell qui vit sa carrière brisée car il appelait les britanniques au sursaut face à l’immigration. Le Zapping nous signale que le présentateur du journal de TF1 se fait taper sur les doigts par le CSA pour avoir proféré une vérité dérangeante et nous montre un Pascal Bruckner soucieux avant tout de faire battre Marine Le Pen… Une séquence sur les diverses performances des débatteurs lors de l’émission opposant les cinq principaux candidats aux présidentielles publiées dans la presse qui sacre « une large victoire de Macron » confirme ce que nous savions : les médias de l’oligarchie votent et poussent à voter pour le godelureau. Enfin l’émission se termine avec un gros plan sur « La semaine de la presse à l’école » sensée forger l’esprit critique des élèves mais qui se révèle une véritable séance d’endoctrinement, assimilant la critique des médias au « complotisme »…
 
 
La coalition anti État Islamique se devait d’épargner autant que faire ce peut les civils dans son siège de Mossoul, à la grande différence des « barbares russes et pro-assad »qui à Alep n’avaient pas hésité à recourir à des moyens de terreur face à des populations désarmés. On voit par cet article du Monde qu’il n’en est rien. Les guerres ne sont jamais propres, et qui plus est les guerres modernes. Cette information que Le Monde traite avec une pudeur de vierge, ne serait-ce que par le titre de l’article qui parle « d’effondrement » au lieu de rapporter la vérité crue qui est celle d’un « bombardement » en dit long sur l’alignement des médias sur le suzerain américain. Qu’aurait-on lu si il s’était agi d’une action russe au Proche-Orient ?
 
 
Michel Onfray prend position pour un régionalisme anti-jacobin inspiré des Girondins et de Proudhon, seule façon selon lui de renouer avec un idéal communautaire. Son livre « Décoloniser les provinces. Contribution aux présidentielles » Éditions de L’Observatoire, vient de paraitre.
 

De digitale revolutie en de representatieve democratie

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De digitale revolutie en de representatieve democratie

Esther van Fenema en Sid Lukkassen

Wat betekent de digitale revolutie – en in het verlengde daarvan de globalisering en haar consequenties – voor de toekomst van de representatieve democratie?; Over deze vraag gaat Esther van Fenema in gesprek met politiek filosoof Sid Lukkassen, en over het boek De Democratie en haar Media, dat is gebaseerd op zijn proefschrift.

Help Café Weltschmerz en onze toekomst met een donatie: NL23 TRIO 0390 4379 13

Technologie speelt een steeds belangrijkere rol in onze samenleving – we zijn constant ingeplugd op media:
massamedia komen uit de hele wereld binnen en de sociale media vormen een tweede sociale ruimte. Media bepalen mede ons zelfbeeld: Control the media, control the mind.

Meer dan ooit draait politiek om het beheersen van informatie en het framen van informatie: hierdoor verkregen politici middelen om meer invloed uit te oefenen. Maar moderne media gelden voor hen tegelijkertijd als risico: door toegenomen communicatiesnelheid moeten politici continu reageren op mediaontwikkelingen. Peilingen hangen bijvoorbeeld meer dan ooit als een zwaard van Damocles boven de hoofden van politici, die voortdurend onder druk gezet worden om op basis van deze kortetermijnperspectieven te handelen. Wat voor gevolgen heeft dit alles voor het functioneren van macht in Westerse democratieën?

samedi, 25 mars 2017

De la terre comme camp de concentration électronique

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De la terre comme camp de concentration électronique

par Nicolas Bonnal

Ex: http://www.dedefensa.org 

On est tous contents de perdre notre temps sur le réseau (filet, en latin), de pêcher ici ou là des poissons d’or et des informations, de perdre notre temps qui aurait pu être consacré à cultiver notre vrai jardin. Mais comme dans le parc d’attractions de Pinocchio il y a un prix à payer. Car on vit dans la toile d’araignée.

Je cite dans mon livre sur le web les psaumes et puis Job :

« Alors Job dénonce la toile d'araignée mondiale ... : « ... ainsi périt l'espoir de l'impie. Sa confiance n'est que filandre, sa sécurité, une maison d'araignée. » (8, 15) « L'impie s'est bâti une maison d'araignée. » (27, 18)

Job pourfend le World Wide Web du Malin. Ce dernier tisse pour le piéger dans ses mondes virtuels, mais ses pièges ne tiennent pas. En effet, l'impie lance les jeunes pousses, ou start-up de l'Internet : « Au-dessus du jardin il lançait ses jeunes pousses ... » (8, 1 7) Le symbolisme du réseau est omniprésent. Le réseau a constitué le corps : « Ne m'as-tu pas vêtu de peau et chair, Tissé en os et en nerfs ? » (1 0, 11) Mais la peur du filet est omniprésente : « ... sachez que Dieu lui-même m'a fait du tort Et enveloppé de son filet. » (19, 6) « Ses pieds le jettent dans un filet Et il avance parmi les rets. » (18, 8) Job combat les fils ténus qui l'enserrent : « Un lacet le saisit au talon et le piège se referme sur lui. Le nœud pour le prendre est caché en terre, une trappe l'attend sur le sentier. » (18, 9-10) »

Je cite aussi les psaumes :

« Le psaume X dénonce « les païens (qui) ont croulé dans la fosse qu'ils ont faite, (et dont) le pied s'est pris au filet qu'ils ont tendu ... YHVH a lié l'impie à son propre piège». Le chant 31 est plus sombre; cette fois l'imprécateur s'adresse à Dieu en ces termes:« Tire-moi du filet qu'on m'a tendu, car c'est toi ma force. » Plus loin, le psalmiste espère que le piège se retournera contre son ennemi : « Sans raison ils m'ont tendu leur filet ... le filet qu'ils ont tendu les prendra » (35). »

Les gros malins diront que donc cela a toujours été comme cela, puisque les psaumes le disent, et que j’ai besoin d’un bon tranquillisant. Certainement pas (on en vend assez comme ça à ces humoristes), et ce qui me frappe aujourd’hui pour moi qui ai passé la moitié de ma vie en voyage, c’est que cela se passe aujourd’hui partout comme ça, d’autant, qu’il n’y a plus de paysans, que ce soit en France, au Mexique (éliminés par le GATT, ils sont allés se connecter en Amérique) ou en Ouganda. C’est cela surtout le Grand Remplacement, et il est plus dangereux que le Grand Remplacement ethnique dont on nous rebat les oreilles. C’est Carl Schmitt qui remarquait que le guérillero ou le résistant perd tout pouvoir du moment qu’il n’est plus tellurique mais techno-dépendant. Le Lager (le camp donc) électronique qui recouvre la terre aujourd’hui nous a ôté le tellurisme. C’est pourquoi d’ailleurs que je me débats avec mon livre sur la bataille de mes champs patagoniques. Une résistance au ras du sol est-elle encore possible ?

Les progrès du totalitarisme électronique actuel reposent sur le web qui renforce le pouvoir méphitique des vrais conspirateurs. Ce sont les administrations des démocraties impopulaires, les banques, les services secrets, la police parallèle (pas celle destinée à vous protéger, remplacée) qui devient omniprésente. Michal Snyder rappelle dans theeconomiccollapse.blog.com que la police US arrête des citoyens au retour d’un bref voyage au Canada pour contrôler le contenu, après l’avoir confisqué, de leur téléphone portable. Cette police-là a tous les devoirs, sauf celui de vous protéger. C’est la police mise en place au lendemain des attentats. Demandez-vous après à qui profite le terrorisme ! Dans la foulée on anéantit le cash dont pourraient sans rire se servir les terroristes, et on accuse les russes de hacker les élections ce qui va permettre de les annuler partout.

Car ce n’est pas plus difficile que ça. Au deuxième tour en France vous aurez le choix entre Macron et Hamon ou Macron et Macron. Les autres seront tous en prison, même ceux qui ont baissé leur pantalon.

Et le progrès technologique a permis l’établissement du présent permanent informatif qui noie toute réalité dans la liquidité idiot-visuelle. Guy Debord :

« La construction d’un présent où la mode elle-même, de l’habillement aux chanteurs, s’est immobilisée, qui veut oublier le passé et qui ne donne plus l’impression de croire à un avenir, est obtenue par l’incessant passage circulaire de l’information, revenant à tout instant sur une liste très succincte des mêmes vétilles, annoncées passionnément comme d’importantes nouvelles ; alors que ne passent que rarement, et par brèves saccades, les nouvelles véritablement importantes, sur ce qui change effectivement. Elles concernent toujours la condamnation que ce monde semble avoir prononcée contre son existence, les étapes de son autodestruction programmée. »

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Le problème est qu’avant de s’autodétruire ce machin mondial nous aura détruits. C’est comme le scorpion d’Orson Welles.

L’état mondial actuel devient ivre de sa puissance et transforme donc la terre en camp de concentration électronique ; abolition du cash partout, au Japon pour les JO, à Tai Wan, en Inde et en Europe. Contrôle de l’or et des devises, contrôle de votre pensée, censure de votre information par les chaînes en bandeau de la désinformation, tout devient possible, et cet Etat profond qui est aussi un Etat de surface, un Etat de spectacle (le président truc a visité les francs-maçons, les réfugiés de Calais, les résistants syriens, les amis du Bilderbergs…) de société-écran. Le public, comme dans la fable de Platon, se régale.

Les fondations façon Bill Gates (voyez le texte de Jacob Lovitch traduit par Hervé sur le sakerfrancophone.fr) aussi se régalent. Lucien Cerise en a parlé justement de ceci dans une interview :

«À cet égard, l’initiative commune d’un Bill Gates et d’un Rockefeller de créer sur l’île norvégienne de Svalbard une sorte de bunker « arche de Noé » contenant toutes les graines et semences du monde est plutôt inquiétante. Pourquoi font-ils cela, que manigancent-ils ? Question rhétorique, le projet est fort clair : il s’agit de commencer à privatiser toute la biosphère, ce qui permettra de la contrôler intégralement après l’avoir intégralement détruite. Rigidifier après avoir fluidifié, nous sommes au cœur du Gestell et de l’ingénierie cybernétique, qui partagent le même horizon : l’automatisation complète du globe terrestre.»

Dans un proche domaine, notre vieil ami Ron Paul, dernier gardien des libertés en Amérique, a parlé sur lewrockwell.com des appareils Samsung, firme soi-disant coréenne, qui dévoilent vos pensées et vos murmures même éteints. Faut-il ne pas les acheter pour être tranquille ? Mais ils pourront toujours envoyer cette néo-police, cette police parallèle pour contrôler votre or, votre jardin, votre consommation d’eau (Serge de Beketch avait écrit un beau texte sur ce contrôle via les hélicos : pas d’irrigation pour votre chou en cas de changement climatique, pas question de survivre hors du système technétronique défini par Brzezinski en 1967 !).

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La mondialisation a été rendue facile par la « dangereuse expansion technologique » (Guy Debord) qui a toujours été au service du pouvoir. Redécouvrez le lucide Paul Virilio sur ces sujets aussi. Je ne crois pas au « gouvernement par le chaos » (c’est même une notion-système), je crois comme mon maître La Boétie (il avait seize ans !) au gouvernement par le bon vieux contrôle. Le mot vient de rotula, qui désigne le rouleau, le cylindre en latin. Il a été introduit en Angleterre par les terribles normands conquérants de ce diable de Guillaume, et il servi, ce contrôle à éditer le Livre du Jugement dernier, le Domesday book, qui mesurait la richesse de ces pauvres anglo-saxons poule par poule, œuf par œuf. Le « dénombrement » est d’ailleurs prohibé dans la Bible et l’Eternel frappe Israël de la peste après le dénombrement du peuple (2 Samuel, 24, 1). Mais il obsède tous les pouvoirs, rendus odieux par l’informatique et par le web.

dicours-servitude-volontaire.jpgLe fait que nous nous connections pour le tancer au lieu de prendre la rue l’arrange. Et le web vous piège plus facilement comme son nom l’indique, le filet. Voyez ce qui vient d’arriver à Alain Soral : un dessin numérique bouffon, trois mois de prison. C’est plus sûr pour le PS que la bande à Bonnot. Continuons comme ça, comme dans le huis clos sartrien. L’informatique nous bloque chez nous au lieu de nous faire descendre. J’oubliais, il y a les crétins qui descendent dans la rue par quarante degrés (je les ai vus à Madrid) pour courir après le Pokémon (parfois je me demande si nous ne méritons pas cent fois ce qui nous tombe dessus)…

N’oublions pas non plus que les champions de la mondialisation se veulent les penseurs du global.

Et ce que Hamlet appelle The Distracted Globe, ce mot global donc, et toutes ses connotations néo-totalitaires, PhG en parle très bien, en parle extraordinairement ici-même:

«La rotondité de la terre permet de suggérer que l’espace physique prend la forme d’un symbole de l’inéluctabilité de la modernité comme maîtrise du monde (on dira plus tard globalisation du monde, ce qui veut dire sous forme pléonastique globalisation du globe et confirme que le globe terre n’est pas seulement un phénomène physique, et qu’il est également le symbole à la fois de la maîtrise et de la fermeture du monde par la modernité).»

J’avais appelé Philippe Grasset pour lui rappeler qu’en latin, dans mon dictionnaire Quicherat de 1899 cette méphitique palabre de globe désigne l’escadron de troupes, le gros de cavalerie (globus equitum, chez César), le globus navium (l’escadre, toujours chez césar), l’essaim d’abeilles et même, chez Salluste, la poignée d’aristocrates – d’oligarques ? - ! Ille consensionis globus désigne même la poignée de conspirateurs. Le consensus désigne aussi le complot en latin ; je découvre tous les jours ces lettres latines qu’on m’a si mal apprises. Pensez à ce consensus qu’on vous impose sur les sujets qui motivent les décideurs…

On peut toujours dire que j’exagère et qu’il en reste assez comme ça, comme dit Boris Vian dans un texte célèbre ! Mais voyez comment le fisc vous traite ; voyez comment la police électorale traite les 96% de Français qui ne voulaient plus de socialisme et traque leurs candidats avec l’aide du moteur de recherche ; voyez comment la police de la route vous traite ; voyez comment la banque ou l’aéroport vous traitent ; voyez comment on vous traite en Allemagne (prison ferme) si vous êtes contre l’éducation de la théorie du genre pour votre enfant ; voyez comment le tribunal vous traitera si vous êtes européen ici, américain là-bas. Etre un national devient un obstacle presque dans chaque pays. Car cette civilisation c’est comme le vol terrifiant de GermanWings. Elle est guidée par des fous suicidaires, mais on ne peut plus descendre en marche ; on s’écrasera en plein vol alors.

Très justement le jeune rebelle La Boétie s’en prenait à nous. Car où sont passés les barricades ? On s’est barricadés. La Boétie :

« Pauvres gens misérables, peuples insensés, nations opiniâtres à votre mal et aveugles à votre bien ! Vous vous laissez enlever sous vos yeux le plus beau et le plus clair de votre revenu, vous laissez piller vos champs, voler et dépouiller vos maisons des vieux meubles de vos ancêtres ! Vous vivez de telle sorte que rien n’est plus à vous. Il semble que vous regarderiez désormais comme un grand bonheur qu’on vous laissât seulement la moitié de vos biens, de vos familles, de vos vies. »

En effet : de la même manière que nous travaillons un jour sur deux pour payer les impôts à nos super-Etats profonds et superficiels, nous avons divisé par deux le nombre de nos enfants. Et c’est la démocratie qui a appliqué ce miracle ; nombre de naissances divisé par deux en Allemagne de l’est après le communisme ; et divisé par deux en Espagne après le franquisme. C’est Orson Welles qui déclara dans une interview que l’Espagne traditionnelle fut détruite par la démocratie et personne d’autre.

Un peu de Tocqueville, encore et toujours :

« Au-dessus de ceux-là s’élève un pouvoir immense et tutélaire, qui se charge seul d’assurer leur jouissance et de veiller sut leur sort. Il est absolu, détaillé, régulier, prévoyant et doux. Il ressemblerait à la puissance paternelle si, comme elle, il avait pour objet de préparer les hommes à l’âge viril ; mais il ne cherche, au contraire, qu’à les fixer irrévocablement dans – 400 l’enfance ; il aime que les citoyens se réjouissent, pourvu qu’ils ne songent qu’à se réjouir. Il travaille volontiers à leur bonheur ; mais il veut en être l’unique agent et le seul arbitre ; il pourvoit à leur sécurité, prévoit et assure leurs besoins, facilite leurs plaisirs, conduit leurs principales affaires, dirige leur industrie, règle leurs successions, divise leurs héritages, que ne peut-il leur ôter entièrement le trouble de penser et la peine de vivre ? C’est ainsi que tous les jours il rend moins utile et plus rare l’emploi du libre arbitre ; qu’il renferme l’action de la volonté dans un plus petit espace, et dérobe peu à peu à chaque citoyen jusqu’à l’usage de lui-même. »

Bibliographie

Bonnal (Nicolas) – Internet et les secrets de la mondialisation (Kindle_Amazon) ; les grands écrivains et la conspiration. Voyez aussi les Territoires protocolaires.

Cerise (Lucien) – Gouverner par le chaos –sur voxnr.com

Dictionnaire de latin (Quicherat, Hachette, 1899)

Grasset (Philippe) – La grâce de l’histoire, le deuxième cercle (éditions mols), p. 200

Hamlet – Acte I, scène 5

Vian (Boris) – Chanson « Ils cassent le monde»

Virilio (Paul) – Cybermonde, la politique du pire (Galilée)

Films

Alphaville – Jean-Luc Godard

Le prisonnier – épisode deux (les cloches de Big Ben)

Enemy of the state (Tony Scott)

Matrix (frères Washowski)

Mr Arkadin (Orson Welles)

Blogs

Lewrockwell.com

Lesakerfrancophone.fr

Maurizioblondet.it

Theeconomiccollapse.blog.com

Les Etats-Unis et la Grande Bretagne ont financé et continuent à aider le terrorisme

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Les Etats-Unis et la Grande Bretagne ont financé et continuent à aider le terrorisme

par Jean-Paul Baquiast

Ex: http://www.europesolidaire.eu 

Après l'attentat de Westminster, qui en laisse présager d'autres analogues, faut-il rappeler que pendant des années, l'alliance entre les Etats-Unis et la Grande Bretagne a financé et entrainé, avec la collaboration de l'Arabie saoudite, des monarchies pétrolières et de la Turquie, des milliers d'extrémistes islamique en Syrie, Iraq et Libye. Il n'est pas certain que ceci ne se poursuive pas discrètement, même si dans le même temps ces pays annoncent vouloir dorénavant « éradiquer » l'Etat islamique.
Pourquoi cette bienveillance ? Parce que ces terroristes continuent à mener une guerre dans tout le Moyen-Orient contre Bashar al Assad et l'influence qui ont prise récemment, à la demande de ce dernier, la Russie et l'Iran. Les intérêts pétroliers et géostratégiques occidentaux se croient menacés par Damas et Moscou, sans admettre que dans la lutte globale contre le djihadisme, la Syrie et la Russie mènent une lutte efficace contre l'internationale terroriste islamique qui les menace encore plus qu'il ne menace l'Europe et l'Amérique.

Des mesures de protection dérisoires

Pour se défendre contre de nouveaux attentats terroristes, Theresa May promet des mesures de protection telles que l'interdiction de portables et tablettes sur certaines lignes aériennes. Mais dans le même temps la Grande Bretagne continue à refuser la mise en place de cartes d'identités au prétexte qu'elles menaceraient les libertés publiques. Il en a résulté qu'il a fallu des heures à Scotland Yard pour identifier le terroriste de Londres, un certain britannique nommé Khalid Masood, 52 ans.

Il y a plus grave. La Grande Bretagne comme la France disposent de fichiers de milliers d'individus ayant travaillé avec l'Etat islamique, les fiches dites S en France. Plus de 3.000 Britanniques seraient inscrits sur une liste de surveillance anti-terreur établie par le service de renseignement MI5. Mais comme ils ne sont pas encore passé à des actions violentes identifiées, on se borne à continuer à les surveiller épisodiquement au lieu de les mettre en détention, fut-ce à titre provisoire. Ceci est dérisoire, vu les faibles moyens dont dispose la police et les complicités dont ces individus disposent dans les quartiers dits sensibles – sans mentionner en Angleterre le nombre de communes ayant été autorisées à pratiquer la shariaa qui se révèlent de véritables pépinières de terroristes en puissance.

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On objectera que les attentats seront de plus en plus le fait de candidats au suicide pour Allah, convertis discrètement dans certaines mosquées ou sur les réseaux sociaux islamistes, sans avoir fait parler d'eux auparavant. Peut-être, mais il n'empêche que de nombreux autres sont connus des services de police et que rien n'est fait pour les empêcher de nuire.

Mais que faire, dira-t-on? Créer des milliers de places de prison, alors que l'administration pénitentiaire manque déjà de personnel ? Pourquoi pas ? Lorsqu'un pays est en guerre, il trouve les moyens de se défendre. D'autres mesures seraient possibles, mais nous ne les évoquerons pas ici.

Dans l'immédiat, le quotidien Sun de Rupert Murdoch a réclamé une augmentation massive de la police armée, tandis que le Daily Mail dénonce comme de plus en plus pervers le refus de donner aux autorités le droit d'écouter les communications électroniques. Mais ceci ne se fera pas. Rappelons que Rupert Murdoch est considéré en Angleterre comme un dangereux fanatique de droite, de même que l'est encore Marine Le Pen en France.

vendredi, 24 mars 2017

Des soldats du Califat en Chine ?

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Bob Woodward
Ex: http://www.decryptnewsonline.com 

Dans une vidéo adressée à la Chine, le groupe Etat islamique menace le pays, par la voix de combattants issus de la minorité ouïghoure.

"Vous les Chinois qui ne comprenez pas ce que les gens disent! Nous sommes les soldats du Califat, et nous viendrons à vous pour clarifier les choses en faisant parler nos armes, pour verser des rivières de sang afin de venger les opprimés". Dans une vidéo de 28 minutes, des combattants issus de la minorité chinoise ouïghoure adressent ces menaces glaçantes à la Chine entière.

Dans l'enregistrement publié lundi par une branche du groupe djihadiste basée dans l'ouest de l'Irak, selon SITE, un organisme spécialisé dans la surveillance sur internet des sites islamiques, l'auteur des menaces égorge un homme désigné comme un informateur.

Ces menaces qui visent régulièrement les Etats-Unis, l'Europe, ou le Proche-Orient sont inédites pour la Chine. Pékin est désormais selon "une cible de la rhétorique jihadiste", confirme Michael Clarke, expert du Xinjiang à l'Université de Canberra. Selon lui, cette vidéo serait la "première menace directe" de l'Etat islamique contre la Chine. 

Adressée depuis l'Irak, la menace pourrait pourtant frapper la Chine de l'intérieur. Les combattants présent sur la vidéo sont issus de la minorité chinoise ouïghoure. Cette ethnie majoritairement musulmane de la province du Xinjiang (nord-ouest) dit subir régulièrement des discriminations religieuses et sur le marché de l'emploi. 

Une frange radicalisée de cette ethnie s'est vu imputer par Pékin plusieurs attentats sur l'ensemble du territoire chinois, qui ont fait plusieurs centaines de mort ces dernières années. Selon Michael Clarke, il s'agit de "la première fois que des militants s'exprimant en ouïghour font allégeance à l'EI".

La guerre contre l'EI en Syrie et en Irak implique désormais, outre les puissances régionales, l'ensemble des grandes puissances membres permanents du conseil de sécurité de l'ONU à l'exception de la Chine. Aussi est-il légitime de se poser la question: la Chine restera-t-elle la grande absente du chaudron irako-syrien?

Le voyage du président chinois Xi Jinping, du 19 au 23 janvier 2016, en Arabie saoudite, en Égypte et en Iran démontre clairement l'influence géopolitique croissante de Pékin au Moyen-Orient. Il est donc légitime de se demander si la Chine va aussi s'impliquer militairement dans la lutte contre les terroristes de l'État Islamique. La déclaration du Président Xi Jinping, annonçant que son pays entendait faire payer aux «criminels» de Daesh l'«atroce assassinat» d'un ressortissant chinois en Syrie, détenu depuis septembre dernier (Fan Jinghui a été enlevé le 10 septembre ; exécution Annoncée le 19/11/2015 par Daesh), peut le faire penser, d'autant plus que cet assassinat coïncide avec la mort de trois cadres chinois dans l'attaque de l'hôtel Radisson de Bamako le 20/11. Le gouvernement chinois peut-il se contenter de déclarations et ne rien faire pour protéger ses ressortissants à l'extérieur du pays?

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Dans un document publié à Pékin en janvier 2016, la Chine a réaffirmé sa détermination à développer ses relations avec les pays arabes sur la base des cinq principes: «le respect mutuel de la souveraineté et de l'intégrité territoriale, non-agression mutuelle, non-ingérence mutuelle dans les affaires intérieures, égalité et avantages réciproques, et coexistence pacifique». Elle soutient le processus de paix au Moyen-Orient, la création d'un État palestinien indépendant et pleinement souverain sur la base des frontières de 1967 et ayant Jérusalem-Est comme capitale, ainsi que les efforts déployés par la Ligue arabe et ses États membres à cette fin. Elle s'en tient au règlement politique des crises régionales, et appuie la création d'une zone exempte d'armes nucléaires et d'autres armes de destruction massive au Moyen-Orient. Elle soutient les efforts actifs des pays arabes visant «à renforcer l'unité, à contrer la propagation des idées extrémistes et à combattre le terrorisme».

Conformément à cette ligne politique, la Chine s'est maintenue jusqu'à présent à l'écart de la lutte contre l'État islamique. Cette attitude était dictée par le désir de ne pas déplaire à l'Arabie Saoudite et au Qatar, deux de ses principaux fournisseurs de pétrole, ennemis farouches du régime de Bachar el-Assad et qui soutiennent les groupes islamistes, mais aussi pour ne pas fournir d'arguments à tous les prédicateurs salafistes qui veulent embrigader dans le terrorisme la population Ouighour du Xinjiang.

Néanmoins, la position chinoise reste très éloignée de la solution «démocratique à tout prix», que semblent défendre hypocritement les États-Unis et l'Europe en Syrie, quand on connaît le soutien indéfectible qu'ils apportent à des régimes corrompus ou moyenâgeux comme celui en place en Arabie Saoudite.

La position chinoise insiste sur la nécessité d'un compromis, plutôt que la révolution et ses conséquences directes: le désordre et le chaos généralisés.

La Chine a donc conservé naturellement ses relations diplomatiques avec Damas et y maintient un ambassadeur. Pékin soutient diplomatiquement le gouvernement d'Assad (La Chine a joint son véto en 2014 à une résolution du Conseil de sécurité de l'Onu présentée par la France qui devait renvoyer le «dossier syrien» devant la Cour pénale internationale (CPI) pour ses violations monumentales des droits de l'homme et du droit humanitaire international). La Chine n'a jusqu'à présent acheminé en Syrie, de manière ouverte, qu'une aide humanitaire au profit du croissant rouge syrien et a promis une aide importante pour la reconstruction du pays.

Fait nouveau, en mai 2015, sur le plan militaire, la Chine a affiché sa coopération navale en Méditerranée orientale avec la Russie à l'occasion de manœuvres navales communes.

Aussi, il apparait légitime de se demander si on ne va pas assister à un changement de cette politique traditionnelle face à la menace que constitue l'État islamique, à l'implication plus ou moins directe et ouverte des États du Moyen-Orient, notamment celle de la Turquie, et aux conséquences que cela peut engendrer pour la sécurité dans le Xinjiang.

En effet, la Chine apprécie toujours une situation selon trois points de vue: le droit international et la légitimité, ses intérêts internationaux et sa stratégie globale, et les conséquences sur le plan intérieur ; c'est-à-dire pour le Moyen-Orient: les activités des djihadistes Ouighours de la province extrême orientale du Xinjiang.

Cette province chinoise vaste comme 3 fois la France est frontalière de 8 Etats- la Mongolie, la Russie, le Kazakhstan, le Kyrgyzstan, le Tajikistan, l'Afghanistan, le Pakistan et l'Inde.

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Les Ouïghours font partie d'un vaste ensemble de groupes ethniques et culturels turco-mongole dont les Kirghizes, les Ouzbeks et les Kazakhs que l'on trouve aussi au Xinjiang qui composent la majorité des populations de l'Asie Centrale. Les peuples turcs regroupent 22 groupes ethniques couvrant le Caucase (Azerbaïdjan, Crimée, Daguestan, la Moldavie), l'Iran, l'Asie centrale (d'Ouest en Est: le Turkménistan, l'Ouzbékistan, le Kirghizstan, le Kazakhstan, Karakalpakie), la Mongolie, la Chine (le Xinjian), la Russie (la Sibérie, la Iakoutie) Tous des groupes parlent des langues turciques apparentées, de la famille ouralo-altaïque, qui sont des langues agglutinantes.

Pékin prend très au sérieux le risque de contamination des Ouighours du Xinjiang par le salafisme djihadiste, même si cette population musulmane n'est pas acquise a priori aux djihadistes. En effet, elle est de tradition soufie et, de ce fait, considérée par les salafistes comme déviante car revendiquant une relation directe avec Dieu et faisant du prophète un simple instrument de la révélation.

Néanmoins, les musulmans chinois sont passés de près de 11 millions en 1951 à plus de 20 millions aujourd'hui (Statistiques officielles du Gouvernement chinois). D'autres estimations avancent le chiffre de 40 à 60 millions, avec plus de 30.000 imams et presque 24.000 mosquées répartis principalement dans les provinces musulmanes.

À partir de la fin des années 80, les séparatistes musulmans de la province autonome du Xinjiang, sous l'influence d'Al Qaida, ont de plus en plus contesté l'autorité centrale de Beijing. Néanmoins, ce conflit est resté peu médiatisé en occident par rapport à la lutte des Tibétains contre le gouvernement central chinois.

Les Ouighours représentent, en effet, l'ethnie la plus nombreuse du Xinjiang, soit 46% de la population (13 millions) malgré une «hanisation» galopante depuis l'arrivée au pouvoir de Mao. Il existe par ailleurs une diaspora ouïgoure très active regroupée dans le Congrès mondial des Ouïghours dont le siège est à Munich, l'Allemagne ayant accueilli de nombreux réfugiés politiques ouïghours. Cette organisation est présidée par Rebiya Kadeer, militante des droits de l'homme libérée des prisons chinoises, qui vit aux États-Unis où existe une association américaine des Ouïghours: le Uyghur Human Rights Project, forme classique des ONG soutenues par la CIA et le département d'État américain .

Depuis le début des années 2000, des dizaines d'organisations avec un programme démocratique ont vu le jour, principalement en Amérique du Nord et en Europe à Munich qui est la ville d'Europe qui possède la plus grande population ouïghoure et qui accueille le plus d'organisations. Aujourd'hui, par l'intermédiaire de la National Endowment for Democracy, le Département d'État des États-Unis finance la plupart des organisations indépendantistes ouïghoures militant pour un État démocratique.

Pékin considère que ces structures sont des organisations terroristes et dénonce des liens avec le Mouvement islamique du Turkestan oriental, classé comme organisation terroriste, qui cherche à établir un État islamique Ouighour dans le Xinjiang. ( Le Mouvement islamique du Turkestan oriental est placé sur la liste officielle des groupes terroristes de la République populaire de Chine, des États-Unis et du Kazakhstan. En 2002, les Nations unies ont classé le mouvement comme étant proche d'Al-Qaida.)

L'ethnie ouighour fait partie d'un vaste ensemble turcique et bénéficie ainsi de relais dans les pays voisins où existent des minorités turcophones, et en premier lieu dans la Turquie d'Erdogan. Alors qu'il lutte contre le sentiment national Kurde, et nie le génocide arménien, Recep Tayep Erdogan appuie le développement du panturquisme. Ainsi en juillet 2009, depuis le G8 d'Aquila (Italie), il a dénoncé une «forme de génocide» au Xinjiang. La diplomatie turque s'est ensuite employée à modérer ses propos. Mais les services secrets turcs sont à la manœuvre pour aider le Mouvement Islamique de l'Est du Turkestan à acheminer les combattants Ouighours en Syrie.

Seymour Hersh rapporte dans Military to Militaryles inquiétudes de l'ambassadeur de Syrie en Chine Imad Moustapha, actuel ambassadeur de Syrie en Chine, qui fut le doyen de la faculté des sciences de l'Université de Damas, et un proche collaborateur d'Assad, lorsqu'il fut nommé en 2004 ambassadeur de Syrie à Washington, poste qu'il occupa pendant 7 ans: «Erdogan a transporté des Ouighours vers la Syrie par des moyens de transport spéciaux, tandis que son gouvernement s'agitait en faveur de leur combat en Chine. Les terroristes musulmans ouighours et birmans qui s'échappent par la Thaïlande se procurent d'une manière ou d'une autre des passeports turcs, puis sont acheminés vers la Turquie d'où ils transitent vers la Syrie.»

L'ambassadeur a ajouté qu'il existe une «ratline» («route secrète») qui achemine les Ouighours - les estimations vont de quelques centaines à quelques milliers - depuis la Chine via le Kazakhstan pour un éventuel transit par la Turquie. «Le fait qu'ils aient été aidés par les services secrets turcs pour se rendre en Syrie depuis la Chine en passant par la Turquie a été à la source de tensions énormes entre services secrets chinois et turcs. La Chine est inquiète du soutien de la Turquie envers les combattants Ouighours en Syrie, qui pourrait très bien s'étendre au Xinjkiang. Nous fournissons déjà des informations concernant ces terroristes et les routes qu'ils empruntent pour rejoindre la Syrie aux services secrets chinois.»

Le journal IHS-Jane's Defence Weekly a estimé en octobre 2015 qu'au moins 5000 futurs combattants Ouighours étaient arrivés en Turquie depuis 2013, dont peut-être 2000 avaient fait mouvement vers la Syrie. Moustapha a déclaré qu'il détenait des informations selon lesquelles «au moins 860 combattants Ouighours se trouveraient en Syrie.»

La presse officielle chinoise louait le 12 mai 2015 la relation de plus en plus étroite entre Pékin et Moscou, tandis que les deux puissances lançaient conjointement des manœuvres navales inédites en Méditerranée . Ces exercices rassemblent neuf navires de guerre russes et chinois pour une durée prévue de 11 jours, a rapporté le quotidien Global Times.

La Méditerranée est une partie du monde où les deux pays n'avaient jamais procédé à des exercices militaires communs, ont précisé les médias à Pékin. «Cela montre clairement que les deux pays vont œuvrer ensemble au maintien de la paix et de l'ordre international de l'après-guerre», a commenté l'agence de presse Chine Nouvelle, qui voit dans ce rapprochement la garantie d'une «contribution à un monde meilleur».

Par ailleurs, en novembre 2015, Pékin a conclu un accord de dix ans avec Djibouti, pour permettre à la Chine d'y construire une plateforme qui abritera des infrastructures logistiques militaires. «Il s'agira de leur premier emplacement militaire en Afrique». Cette base sera tournée vers l'Océan Indien pour sécuriser la route maritime d'acheminement du pétrole du Golfe Persique et vers l'Afrique. C'est la première base chinoise située aussi à l'Ouest. Elle pourrait aussi constituer un relais et un point d'appui précieux si Pékin décidait d'engager des troupes ou de fournir des équipements militaires à la Syrie.

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Pour l'instant, l'action ouverte de la Chine se borne à un soutien diplomatique de l'Etat syrien, à une aide humanitaire et à une promesse de 30 milliards après la guerre pour aider à la reconstruction du pays. Le 2 novembre 2015, l'ambassadeur de Chine à Damas, Wang Qi Jian, recevant une délégation syrienne de religieux et de tribus, a réitéré le soutien de son pays «au règlement politique de la crise en Syrie pour préserver la souveraineté du pays et l'unité de ses territoires».

On peut donc affirmer sans crainte que la Chine ne restera pas à l'écart d'un règlement politique de la crise syrienne. De plus, si la guerre contre Daesh s'éternise, il est certain que les menaces pour la sécurité de ses ressortissants au Xinjiang ou de ses expatriés augmentera et qu'il sera de plus en plus difficile au gouvernement chinois de se borner à des déclarations comme en 2015 sans rien faire pour venger les victimes chinoises des terroristes.

 

mercredi, 22 mars 2017

Entretien avec Jean-Michel Quatrepoint

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« Le cycle néolibéral touche à sa fin »

Entretien avec Jean-Michel Quatrepoint, journaliste économique et essayiste

Ex: http://metamag.fr

Dans une vidéo parue sur Xerfi canal, vous expliquez que nous sommes en train de changer de cycle et que le néolibéralisme a atteint ses limites. Qu’est-ce qui vous faire dire ça ? Est-ce l’élection de Trump aux États-Unis ? Le Brexit en Europe ?
Oui. Le néolibéralisme est entré dans un processus de reflux, après son apogée que je situe en 2007-2008, avec la grande crise : crise des subprimes aux États-Unis, puis crise des « dettes souveraines » et de l’euro, par ricochet, en Europe.

JMQ-1.jpgCe cycle néolibéral avait commencé le 15 août 1971, avec l’abandon de la convertibilité du dollar en or, autrement dit avec la fin du système de Bretton Woods. Une fin décidée unilatéralement par Nixon alors que les Américains avaient besoin de créer beaucoup de monnaie pour financer tout à la fois la guerre du Vietnam et la guerre des étoiles. En 1971, on bascule donc dans un système de changes flexibles. Dans le même temps, l’école de Chicago [une école de pensée néolibérale dont la figure emblématique est Milton Friedman] entreprend un travail théorique visant à bâtir un corps de doctrine en rupture avec le keynésianisme. Cette école théorise le « trop d’État, trop de syndicats, trop de conglomérats et de monopoles ». Elle plaide pour la dérégulation et la casse du système pour le rendre plus dynamique.

Puis Reagan arrive au pouvoir aux États-Unis (Thatcher l’a précédé en Grande-Bretagne, de la même façon que le Brexit a précédé Trump de quelques mois) pour appliquer ce programme. Il est d’ailleurs amusant de rappeler qu’il se fait élire sur le slogan « Make America great again ». Car à la fin des années 1970, l’Amérique est en proie au doute. On se situe juste après le Watergate, l’impeachment de Nixon, la défaite au Vietnam, la prise d’otage à l’ambassade d’Iran. Par ailleurs, c’est l’époque où se posent les premiers problèmes de désindustrialisation. Les États-Unis se heurtent à l’ambition japonaise, tout comme ils se heurtent aujourd’hui à l’offensive chinoise. Pendant la première moitié de la décennie 1980, ils organisent donc la contre-offensive. L’affaire se solde par les accords monétaires du Plaza de septembre 1985. Le Japon est mis à genoux et obligé de réévaluer sa monnaie de 100 % en un an. Au passage, l’Allemagne doit réévaluer elle aussi.

Vous voulez dire en somme que le début de la présidence Reagan correspondait à l’entrée dans un cycle, comme celui dans la présidence Trump signale qu’on est en train d’en sortir ?
Oui. Avec des différences mais avec des similitudes également. A l’époque – c’est une différence -Reagan commence par casser les monopoles : dans les télécoms, dans le transport aérien, etc. Puis il dérégule, libéralise progressivement les mouvements de capitaux. Enfin, il se tourne vers les Européens et leur demande de procéder de même, au nom de la réciprocité. Mais par ailleurs – ça, ce sont plutôt des similitudes – Reagan donne un coup de pouce fiscal aux entreprises d’une part, et entreprend de gros travaux d’infrastructure d’autre part. Sur ce, au début des années 1990, le communisme s’effondre.

C’est une nouvelle étape du cycle…
Tout à fait. Une étape décisive. On considère que le système américain a gagné, puisqu’il est le seul à subsister. Il a gagné parce qu’il a produit plus de richesses en Occident et les a mieux redistribué que le communisme. Puisqu’il a gagné on va donc appliquer ses règles – libre échange, privatisations, dérégulation, démocratie à l’occidentale – aux quatre coins du monde. Et l’on se met à théoriser la globalisation.

Politiquement, les États-Unis entrent dans l’ère Clinton. C’est un tournant. Alors que les Républicains étaient l’un sans être l’autre, pour la première fois arrivent aux commandes, avec les Démocrates, des gens qui sont à la fois très néolibéraux en économie et très « diversitaires » sur le plan culturel. Dès lors, on voit monter en puissance la glorification des minorités et la sacralisation des différences.

JMQ-2.jpgAu nom d’une certaine idée de « l’ouverture » ?
Et au nom de l’idée que puisqu’on a gagné, c’est qu’on a le meilleur modèle. Qu’il n’y a pas de prospérité possible sans l’application de ce modèle. C’est ce que les Américains vont tenter d’expliquer aux Chinois et aux Russes.

Concernant les Russes, on envisage avant tout d’en faire des fournisseurs de matières premières. Mais d’abord on les punit en démantelant l’édifice dont ils sont le pivot. La Russie passe à 140 millions alors que l’URSS en comptait 300 millions. Et Brzezinski – l’auteur très écouté du « Grand échiquier » et qui a longuement plaidé pour une séparation irrémédiable de la Russie et de l’Ukraine – voulait aller plus loin encore.

Quant à la Chine, elle est perçue comme un eldorado où les multinationales américaines vont pouvoir massivement délocaliser, dans l’espoir de s’emparer à terme du marché chinois. Les États-Unis envisagent d’installer toute l’industrie en Chine et de se spécialiser sur la finance, les services, la Défense, l’entertainment (Hollywood, les produits culturels…). Il est également prévu que l’on compense le déficit commercial ainsi généré grâce aux excédents sur les services les revenus des brevets, des capitaux, et les achats de dette américaine par les pays qui accumulent les excédents commerciaux. Lawrence Summers ( économiste et secrétaire au Trésor de Bill Clinton en 1999-2001 ) a d’ailleurs théorisé la chose en expliquant qu’il fallait délocaliser toute l’industrie polluante dans les pays émergents, et ne conserver sur le sol américain que les activités « nobles » et de conception.

Mais aujourd’hui, on change de cap…
A vrai dire, c’est Obama qui aurait dû opérer ce virage. Il a été élu précisément pour cela. Lors de la primaire démocrate, il avait été choisi contre Clinton, à la surprise générale. Sachant que les Clinton incarnent à eux deux tout le processus de déréglementation économique (suppression du Glass Stiegel act qui séparait les banques de dépôt et celles d’investissement, par exemple), le vote Obama représentait déjà une tentative de sortir de ce piège.

Le problème c’est qu’Obama a énormément déçu. Il voulait agir, pourtant. Mais il a capitulé devant tous les lobbies et le bilan de son Obamacare est très mitigé. En revanche il a sauvé General Motors et mené à bien une révolution énergétique qui a permis au pays de devenir autosuffisant dans le but de diminuer le déficit de la balance commerciale. Ça, ce n’est pas rien.

Revenons sur Trump. Que peut-il faire à présent ?
Trump a une obsession, c’est le déficit de la balance des comptes courants. Et il a raison. Lorsqu’on regarde les chiffres de ce déficit, on s’aperçoit que rien n’a changé sous Obama. Les avantages tirés de la politique énergétique volontariste sont effacés. L’an dernier, le déficit commercial s’est élevé à 750 milliards de dollars. Certes, avec 250 milliards de bénéfices sur les services et la finance, le déficit des comptes courants n’est « que » de 500 milliards. Mais cela fait dix ans que ça dure ! C’est colossal ! Car bien sûr, tout cela se traduit par de l’endettement. Sous Obama, la dette publique a doublé. Elle est passé de 10 000 à 20 000 milliards de dollars. Quant à la dette privée, celle des entreprises et des ménages, elle repart actuellement à la hausse. L’épargne est négative aux États-Unis.

Ce que Trump veut, c’est combler ces déficits colossaux. Il s’est donc fixé pour objectif de récupérer de l’industrie manufacturière et de la matière fiscale. C’est aussi la raison pour laquelle il s’est empressé de cibler les pays ayant des excédents sur l’Amérique. Ces pays sont la Chine, l’Allemagne, le Mexique et le Japon. Le tout dernier est une pièce maîtresse du dispositif géostratégique américain dans le Pacifique, donc il est relativement épargné. Mais les trois autres sont pilonnés par l’administration Trump.

D’où l’idée invraisemblable du mur à la frontière mexicaine, par exemple ?
Oui, cette annonce est très symbolique. Mon hypothèse est que Trump a fait le choix, parce que c’est dans son tempérament et parce qu’il a constaté l’échec d’Obama, de « casser la baraque », y compris en se montrant très provocateur. Il part du principe qu’avec l’establishment, la manière douce est inopérante. Donc il y va au chalumeau. Par exemple, il brutalise les journalistes et se passe des médias : il twitte. Et c’est loin d’être sans effet ! Regardez les grandes entreprises. Ce qui compte, pour elles, c’est évidemment leur valeur boursière. Et si le Président fait un tweet expliquant que Ford est un mauvais américain parce qu’il veut délocaliser 1000 emplois, immédiatement, l’action chute en bourse.

La contrepartie c’est que Trump s’est constitué un pool d’ennemis irréductibles qui feront tout pour se débarrasser de lui. Parmi ceux-ci figurent les agences de renseignement, qui sont nombreuses et emploient plus de 800 000 personnes. Depuis le 11 septembre 2001, elles ont pris une importance considérable et constituent un véritable État dans l’État. Parmi les ennemis de Trump figure également l’administration, tout aussi jalouse de ses prérogatives qu’elle peut l’être en France. Vient ensuite l’establishment médiatique, qu’il n’a pas flatté dans le sens du poil, c’est le moins que l’on puisse dire. Autres ennemis enfin, les « GAFA » (les géants du Web : Google, Apple, Facebook, Amazon). Ils fascinaient Obama, qui leur a tout passé, n’a rien su réguler, n’est jamais parvenu à leur faire rapatrier les profits accumulés à l’étranger. Trump, lui, les a ignorés. Il a gagné l’élection en faisant sciemment l’impasse sur les côte Est et Ouest, et en ne faisant quasiment campagne que dans les dix swing states. Dans ces swing states, il a par ailleurs utilisé pour sa campagne un logiciel fabriqué par une entreprise appartenant à Peter Thiel, le seul magnat de la Silicon Valley à l’avoir soutenu et aujourd’hui son conseiller technologique. Cet outil permet un ciblage marketing extrêmement fin qui a permis aux organisateurs de la campagne d’identifier les électeurs qui, dans les États concernés, étaient capable de faire pencher la balance en faveur du candidat. C’est sur ceux-ci qu’on a fait porter l’effort maximal.

Mais Trump a été élu dans des conditions improbables, à l’arrachée. S’il n’a en plus que des ennemis, avec qui peut-il gouverner ?
Avec la moitié des Américains tout de même, c’est à dire avec ceux qui l’ont élu ! Trump a également de son côté une bonne partie des syndicats, notamment ceux du transport routier, du secteur pétrolier, du BTP. Forcément, avec 1 300 milliards d’investissements annoncés dans les infrastructures…

JMQ-3.jpgIl a aussi quelques banquiers…. et c’est paradoxal. Vouloir acter la fin du cycle néolibéral en s’entourant d’anciens de chez Goldman Sachs…. on a le droit d’être dubitatif ?
On a le droit. Mais je pense surtout que Trump a compris qu’on ne pouvait pas avoir trop d’ennemis en même temps. Donc il ménage Wall Street. Il n’y a qu’à voir la bourse américaine, qui était supposé souffrir et qui bat en réalité record sur record. En plus, c’est habile. Parce que les GAFA, qui sont souvent surcotées en bourse, ont davantage besoin de Wall Street que l’inverse. Si l’on se fâche avec les unes, il est important de ménager l’autre.

Une partie du patronat, enfin, soutient Trump. Certains patrons ont bien compris qu’un changement de cycle était déjà amorcé. Le principal signe en est que le commerce mondial progresse désormais moins vite que le PIB mondial… alors-même que celui-ci augmente moins vite. Depuis deux ou trois ans, les grandes entreprises, sans aller jusqu’à relocaliser, commencent à réorganiser leur chaîne de valeur. Les investissements ont déjà commencé à être réorientés avant l’accession de Trump à la présidence. La difficulté à ce stade, c’est que ces choses-là ne s’opèrent pas en un claquement de doigts. Une décision d’investissement relocalisé peut demander des années d’étude et de travail. A noter également : les créations d’usine relocalisées aux États-Unis poussent très loin la robotisation, et ne créent pas forcément tant d’emplois que cela. C’est d’ailleurs là le vrai sujet du nouveau cycle économique qui s’ouvre, et pas seulement aux États-Unis : où créée-t-on de l’emploi ?

Le problème est d’autant plus saillant que personne n’a vraiment anticipé le changement de cycle. Tout le monde – jusqu’à Pascal Lamy – est d’accord pour dire que la globalisation a été trop loin. Et qu’il faut instaurer des régulations et des freins. Quelles régulations toutefois ? Et quels freins ?….

Sommes-nous entrés dans une phase de démondialisation ?
Tout à fait. Ou de retérittorialisation, même si ses modalités restent à définir. La notion de « frontière » est en cours de réhabilitation…..

Et l’Europe dans tout ça ? Trump n’a de cesse de vilipender les gros pays créanciers, c’est à dire la Chine et l’Allemagne. Quelles conséquences cela peut-il avoir sur l’Allemagne, donc sur l’Europe ?
N’allons pas trop vite. Le principal problème pour lui est la Chine, non l’Allemagne. Les États-Unis restent très dépendants de Pékin. Et même si Trump a été très offensif au début en appelant la Présidente de Taïwan – c’était peut-être une gaffe d’ailleurs – il a tout de même fait une fleur substantielle aux Chinois en renonçant au TTP (le traité de libre-échange trans-Pacifique) qui était explicitement dirigé contre eux.

Vient ensuite la question de la mer de Chine. Les Chinois considèrent que c’est leur mer intérieure et que les Américains n’ont rien à y faire. Inversement, les Américains refusent depuis toujours l’idée qu’une puissance du Pacifique possède une flotte capable de venir frôler leurs côtes. A vrai dire, ils se considèrent comme une île et pour eux – comme pour les Anglais autrefois – le contrôle des mers est essentiel. Dès lors, lorsque les Chinois affichent, comme c’est le cas, une volonté de constituer une flotte de guerre avec des porte-avions, il s’agit pour les États-Unis d’un casus belli. En somme, il y a sans doute, entre les deux puissances, un compromis à négocier. Il pourrait consister à laisser intégralement la main aux Chinois en mer de Chine, et à leur demander, en contrepartie, un strict respect de la doctrine Monroe (« l’Amérique aux Américains ») énoncée au début du XIX° siècle mais toujours prégnante.

Est-ce que ce « donnant-donnant » pourrait valoir aussi avec les Russes ?
La Russie, pour les Américains, n’est pas un enjeu de même ampleur que la Chine. La Russie est une vraie puissance militaire. C’est d’ailleurs là une brillante réussite de Poutine, qui a redonné de la fierté à son pays en utilisant l’armée et avec peu de moyens. En revanche, sur le plan économique, la Russie n’existe pas. Son PIB c’est celui de l’Espagne, guère plus. Elle est poursuivie par cette malédiction des pays pétroliers qui vivent de la rente et ne parviennent pas à accéder au stade suivant du développement économique.

Donc au bout du compte, si Trump veut normaliser les relations entre les États-Unis et la Russie, c’est parce qu’il n’y a pas spécialement de danger de ce côté-là….
Non, la Russie n’est en aucune façon un créancier des États-Unis. De plus, les Américains n’ont aucun intérêt à ce que se forme une alliance trop étroite entre la Russie et la Chine.

Et pour en revenir à l’Allemagne ?
Que veut l’Allemagne ?… C’est une question à laquelle je serais bien en peine de répondre à ce stade. Attendons déjà de voir si le prochain chancelier sera Merkel ou Schulz. Le SPD, en effet, est traditionnellement bien plus pro-russe que la CDU. Il suffit de se rappeler l’époque Schröder, et la manière dont l’axe Paris-Berlin-Moscou s’est opposé à Bush au moment où il lançait sa guerre en Irak.

Peut-on recréer cet axe ? Pour moi, le véritable enjeu de l’Europe est celui-ci. Soit l’Allemagne joue le jeu de « l’Europe européenne », pour reprendre une expression gaullienne, et normalise à cette fin sa relation avec Moscou. Soit elle demeure atlantiste et refuse d’envisager la dimension stratégique de son rapport au monde. Elle restera alors le pays exclusivement mercantiliste qu’elle est actuellement, soucieuse uniquement de se tailler la part du lion dans le commerce mondial en usant et abusant à cette fin d’une monnaie qui l’arrange, l’euro. Mais il n’est pas certain que la construction européenne puisse survivre longtemps à la seconde option.

Jean-Michel Quatrepoint est notamment l’auteur de Le Choc des empires. Etats-Unis, Chine, Allemagne: qui dominera l’économie-monde ? (Le Débat, Gallimard, 2014) et de Alstom, scandale d’Etat – dernière liquidation de l’industrie française (Fayard, en septembre 2015) . ll est membre du Comité Orwell présidé par Natacha Polony.

Source

Larges extraits de la revue de presse de Pierre Bérard

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Larges extraits de la revue de presse de Pierre Bérard

Ex: http://metapoinfos.hautetfort.com 

Au sommaire :

L’émission de Méridien Zéro du 10 mars était consacrée au dernier numéro de Nouvelle École portant sur Charles Maurras, «  instituteur » du nationalisme-royaliste qui  exerça pendant un demi-siècle un magistère intellectuel de premier plan. Deux des contributeurs de la revue, Rémi Soulié et Olivier François, et les animateurs habituels de  la radio s’efforcent d’approfondir de façon passionnante certains des aspects de l’homme et de l’oeuvre, sans en taire les limites et les impasses.
 
 
• Vincent Coussedière s’érige en faux contre le sentiment commun d’une vague « populiste » irrésistible. Et pour cause; celui qui parle du « retour du peuple » n’identifie pas ce retour aux partis dits populistes car le peuple n’est pas un parti. Le populisme du peuple doit, selon lui, s’interpréter comme la pression exercée par les peuples voulant conserver leur existence substantielle contre les système partisans qui se montrent non seulement incapables de les protéger mais qui entendent les liquider. Ainsi, si la décomposition des systèmes politiques est généralisée, leur recomposition « populiste » fantasmée par de nombreux commentateurs n’est pas encore à l’ordre du jour comme vient de le montrer le relatif échec de Geert Wilders aux Pays-Bas. Vincent Coussedière vient de publier « Fin de partie. Requiem pour l’élection présidentielle » chez Pierre-Guillaume de Roux.
 
 
Courte chronique de Yannick Jaffré au sujet de l’ouvrage de Michel Onfray « Décadence » sur les ondes de Radio Libertés. 
 
  
Excellent commentaire de Michel Drac à propos des « Écrits corsaires » de Pier Paolo Pasolini, un livre des années 70 où le cinéaste tenait sur l’évolution de nos sociétés vers  un hédonisme de masse un discours d’avant garde. Saisissant parfaitement l’esprit de cette époque, Pasolini y voyait, à l’encontre des débris de l’antifascisme archaïque, l’imposition du nouvel ordre bourgeois de la marchandise.
 
 

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De Michel Drac on peut également consulter le compte-rendu du livre de John Rushton « Race, Evolution and Behavior. A Life History Perspective» (première référence). Également sa chronique de l’ouvrage de Stratediplo intitulé « La huitième plaie » qui traite de l'invasion que subit notre continent et qui selon lui résulte d’un plan globalement concerté par les oligarchies auxquelles nous avons délégué notre souveraineté (deuxième référence).
 
 
 
Quand Daoud Boughezala (rédacteur en chef de « Causeur ») dénonce le racisme subliminal de Laura Slimani. Non, contrairement aux apparences elle n’est pas membre du Parti des Indigènes de la République, mais « porte-parole égalité femmes-hommes » de la campagne de Benoît Hamon et accessoirement présidente des Jeunes socialistes européens.
 
 
Dans un entretien avec Causeur l’économiste, Jean-Luc Gréau affirme que si notre pays crée bien des emplois (187000 en 2016), ce ne sont que des emplois à faible productivité, tandis que les emplois à forte productivité continuent de quitter le sol national, ce qui explique le faible taux de croissance. Conclusion : l’économie française se tiers-mondise toujours plus.
 
 
Pour le Commissaire européen Dimitris Avramopoulos, l’heure est grave car les « valeurs » de l’Europe sont en jeu. « Allons-nous nous laisser submerger par la montée du populisme, du nationalisme et de la xénophobie ? » s’interroge-t-il, anxieux, dans un entretien à La Tribune de Genève. Ce qui ne l’empêche nullement de souffler sur les braises en décrétant que « Les Vingt-Sept auront besoin à l’avenir de 6 millions d’immigrés », et de décider ex abrupto « d’ouvrir des bureaux dans tous les pays de la rive sud de la Méditerranée et en Afrique de l’Ouest » car c’est le meilleur moyen de lutter contre les passeurs ». Les attentats islamistes ? Aucun problème puisqu’ils  « ont été commis par des citoyens européens » (ce qui est vrai sur le papier). Bref, nulle précision sur les « valeurs » de l’Europe ni sur ce qu’il faut entendre par le concept « citoyen européen ». 
 
 
Selon Joachim Véliocas de l’Observatoire de l’islamisation, le candidat Emmanuel Macron, l’un des porte-paroles préférés de l’oligarchie qui se présente néanmoins comme« antisystème, brisant les routines de la classe politique française » , affiche sans complexe un domaine où surtout rien de doit changer en France. C’est la politique d’immigration.  Si d’aventure il se trouvait élu en mai prochain non seulement il compte ouvrir grand la vanne des frontières pour les « migrants » mais il renforcerait l’exercice de la discrimination positive (déclaration du 8 mars) c’est à dire celle des passe-droits accordés aux membres de certaines catégories de la population afin de leur permettre d’échapper aux critères du droit commun de la République. Comme le dit Anne-Marie Le Pourhiet, professeur de droit constitutionnel, « L’adjectif positif est destiné à gommer le caractère négatif de la différenciation puisque toute discrimination est en l’espèce évidemment positive pour son bénéficiaire mais négative pour celui qu’elle exclut. Une discrimination en faveur des femmes ou des Noirs se fait au détriment des hommes ou des Blancs. Et dès lors que l’on prétend ériger la lutte contre toutes les discriminations en politique publique, il est incohérent de prétendre parallèlement les encourager en faveur de certaines catégories et donc au dépens des autres » (Le Figaro du 16 mars).
 
 
Si l’on en croit Arnaud Lachaize (pseudonyme d’un haut fonctionnaire soumis au droit de réserve) Emmanuel Macron qui était reçu le jeudi 16 mars par la chancelière Angela Merkel développe comme elle un programme assumé d’ouverture des frontières. En janvier lors d’une précédente visite il avait loué la généreuse politique d’accueil inconditionnel de la dirigeante allemande qui avait ouvert son territoire à plus d’un million de « migrants » parmi lesquels des terroristes et des criminels et reprochait à une Europe frileuse de n’avoir pas « réagi comme elle aurait dû à ce moment là ». Très bonne mise au point face à l’angélisme de certaines élites. On regrettera seulement une incise inutile sur la soi-disante « xénophobie » qui aurait cours en France.
 
 
Dans l’émission d’Olivier de Lagarde « Moi président » sur France Info du 16 mars Malika Sorel-Sutter présentait son projet d’abolition de l’ensemble des lois mémorielles qui censurent abusivement la liberté d’expression et encouragent, selon elle, le communautarisme victimaire. Une intervention courageuse dont il n’est pas certain que le candidat Fillion la reprenne à son compte. Malika Sorel figurait cependant à ses cotés lors de la manifestation du Trocadéro…
 
 
Le débat « intellectuel » dans l’espace médiatique destiné au grand public ne doit pas être confondu avec le débat intellectuel tel qu’il se déroule dans les laboratoire ou au sein du milieu feutré du CNRS. Le premier souffre en termes pascalien de la confusion des ordres avec l’intrusion abusive du moralisme (aussi bien celui des intentions que  celui des conséquences) et des arrières pensées politiques. Ainsi substitue-t-on les critères du bien et du mal là où ne devraient s’imposer dans la délibération, que la question du vrai et du faux. Ainsi s’est imposée dans le débat médiatique la sentence que même vraie une proposition doit être tue au regard des conséquences qu’elle pourrait avoir ou parce que elle ferait le jeu de x ou y. André Perrin, auteur du livre « Scènes de la vie intellectuelle en France. L’intimidation contre le débat » (préface de Jean-Claude Michéa, paru en 2016 aux Éditions de l’Artilleur) déroule ainsi son raisonnement convainquant au cours d'une émission Répliques d’Alain Finkielkraut. Un Finkielkraut qui s’abandonne lui même à une facile confusion des ordres dès que pointe le soupçon terrifiant de « révisionnisme ». 
 
 
L’émission de Radio communauté juive animée par Elisabeth Lévy et Alain Finkielkraut  du 12 mars prend acte tout d’abord de la relaxation de Georges Bensoussan à la suite du procès qui lui avait été infligé par des associations islamistes et la Licra qui voudrait faire passer toute critique argumentée de l’islam pour une apologie du racisme puis commentent les graves « incidents » intervenus au lycée Suger en Seine Saint-Denis. Finkielkraut s’insurgeant contre ceux qui lorsqu’on ose avancer que le déclin s’empare de tout ou partie de l’activité sociale se récrient tout de go avec cette apostrophe sublime empruntée à la doxa : « Vous n’allez pas prétendre que c’était mieux avant ». Pourtant, dit-il, ce qui s’est passé les 6 et 7 mars aux abords de ce lycée de Saint-Denis n’a pas d’antécédent dans l’école républicaine. La bataille rangée contre les forces de l’ordre laisse de marbre les nouveaux Pangloss qui prennent prétexte des inégalités dont souffrent les banlieues pour tout pardonner aux fauteurs de trouble au nom de l’antiracisme. Protégée par l’alibi sociologique la violence des encapuchonnés du lycée Suger est expliquée par la violence sociale qui se déverse sur eux, ils cessent du même coup d’être fautifs et les victimes se retrouvent métamorphosées en coupables. Il est vrai que Geoffroy de Lagasnerie, le sociologue pour lequel le syntagme « intellectuel de droite » relève de l'oxymore affirme « qu’excuser est un beau programme pour la gauche ». Ainsi, comme on le voit, l’antiracisme fou n’a pas fini de faire des ravages.  
 

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Bonne intervention d'Éric Zemmour sur la crise agricole. Si à l’occasion du salon de l’agriculture chaque candidat y est allé de sa visite mimant ainsi Jacques Chirac, c’est aussi au temps de Chirac que les paysans sont devenus des « agriculteurs » et se simple mot a tout changé. On se moquait désormais de la qualité des produits, de la pollution, des dettes et des saisons. C’était le Pérou et il avait pour capitale Bruxelles et sa politique agricole commune. Mais, selon lui la PAC n’existe plus et se sont les technocrates bruxellois eux-mêmes qui ont cassé leur jouet en jetant les agriculteurs dans la fournaise du marché mondial où la plupart périssent quand ils ne sont pas mis dans la main des grandes surfaces et des banques. Elle produit toujours plus et toujours plus mauvais, elle ruine les sols et les estomacs. De là le choix qui en découle pour le monde de la terre : jouer le jeu de la « ferme des 1000 vaches » ou celui de l’agriculture biologique et des circuits courts.
 
 
Raisonnement semblable à celui de Zemmour chez Périco Légasse.
 
 
Eugènie Bastié présente « Les derniers gaulois », le beau documentaire de Patrick Buisson consacré à l’ethnocide des paysans qui a vu disparaitre en deux générations un monde séculaire et presque immobile.
 
 
Eugénie Bastié nous introduit au livre « Aux origines de la décroissance. Cinquante penseurs », ( L’Échappée-Le Pas de côté-Ecosociété) recueil de portraits des précurseurs de cette école qui a tracé son sillon du XIX au XX siècle. Contre l’hubris de la civilisation industrielle qui ne connait plus de limites elle nous rappelle avec Jacques Ellul que « S’intéresser à la protection de l’environnement et à l’écologie sans mettre en question le progrès technique, c’est engager une opération non seulement inutile, mais fondamentalement nocive ».
 
 
Dans le denier numéro de « Perspectives Libres » dirigée par Pierre-Yves Rougeyron, (numéro 19 consacré à « De Gaulle au XXI siècle »), trois articles de Pierre Le Vigan ont retenu notre attention. Il s’agit de « L’implosion du politique. Du constat de l’impuissance de nos élites à la possible relève populaire du politique », de « La culture post-moderne, une imposture. Hédonisme, technophilie et marchandisation », et « Comment et pourquoi l’école a cessé d’être l’école ».
 
 
Dans un entretien avec le site de réflexion « Le comptoir », Frédéric Pichon, historien et géopolitologue auteur de « Syrie: Pourquoi l’Occident s’est trompé » et tout récemment de « Syrie, une guerre pour rien » (Édition du Cerf) reprend les propos de Dominique de Villepin sur le déploiement en France d’une sorte de « virus néoconservateur » et reconnait que notre pays est incapable d’agir sans demander l’autorisation de Washington. Il note également l’influence des lobbies anti-iraniens au quai d’Orsay et fustige l’action des ONG dans cette partie du monde qui a fait libérer de nombreux islamistes des geôles dans lesquelles ils pourrissaient aggravant ainsi le malheur des populations locales; « le messianisme occidental faisant la courte échelle aux fondamentalistes… ». Un démêlement des intrigues de ce Proche-Orient compliqué, savant et très bien informé qui met en valeur la réaction « clausewitzienne » russe privilégiant le rapport de force militaire et qui a fait d’elle l’acteur majeur de la recomposition de la région.  
 
 
S’exprimant sur notre politique en Syrie, Frédéric Pichon déclare « nommer l’ennemi c’est précisément définir ce qui nous distingue, ce qui nous discrimine, c’est tracer une frontière, une limite même normative, c’est affirmer contre, toutes choses auxquelles la culture contemporaine a décider de renoncer… » Selon lui, nos politiques se sont lourdement trompés en Syrie.
 

Larges extraits de la revue de presse de Pierre Bérard

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Larges extraits de la revue de presse de Pierre Bérard

Ex: http://metapoinfos.hautetfort.com 

Au sommaire :

L’émission de Méridien Zéro du 10 mars était consacrée au dernier numéro de Nouvelle École portant sur Charles Maurras, «  instituteur » du nationalisme-royaliste qui  exerça pendant un demi-siècle un magistère intellectuel de premier plan. Deux des contributeurs de la revue, Rémi Soulié et Olivier François, et les animateurs habituels de  la radio s’efforcent d’approfondir de façon passionnante certains des aspects de l’homme et de l’oeuvre, sans en taire les limites et les impasses.
 
 
• Vincent Coussedière s’érige en faux contre le sentiment commun d’une vague « populiste » irrésistible. Et pour cause; celui qui parle du « retour du peuple » n’identifie pas ce retour aux partis dits populistes car le peuple n’est pas un parti. Le populisme du peuple doit, selon lui, s’interpréter comme la pression exercée par les peuples voulant conserver leur existence substantielle contre les système partisans qui se montrent non seulement incapables de les protéger mais qui entendent les liquider. Ainsi, si la décomposition des systèmes politiques est généralisée, leur recomposition « populiste » fantasmée par de nombreux commentateurs n’est pas encore à l’ordre du jour comme vient de le montrer le relatif échec de Geert Wilders aux Pays-Bas. Vincent Coussedière vient de publier « Fin de partie. Requiem pour l’élection présidentielle » chez Pierre-Guillaume de Roux.
 
 
Courte chronique de Yannick Jaffré au sujet de l’ouvrage de Michel Onfray « Décadence » sur les ondes de Radio Libertés. 
 
  
Excellent commentaire de Michel Drac à propos des « Écrits corsaires » de Pier Paolo Pasolini, un livre des années 70 où le cinéaste tenait sur l’évolution de nos sociétés vers  un hédonisme de masse un discours d’avant garde. Saisissant parfaitement l’esprit de cette époque, Pasolini y voyait, à l’encontre des débris de l’antifascisme archaïque, l’imposition du nouvel ordre bourgeois de la marchandise.
 
 

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De Michel Drac on peut également consulter le compte-rendu du livre de John Rushton « Race, Evolution and Behavior. A Life History Perspective» (première référence). Également sa chronique de l’ouvrage de Stratediplo intitulé « La huitième plaie » qui traite de l'invasion que subit notre continent et qui selon lui résulte d’un plan globalement concerté par les oligarchies auxquelles nous avons délégué notre souveraineté (deuxième référence).
 
 
 
Quand Daoud Boughezala (rédacteur en chef de « Causeur ») dénonce le racisme subliminal de Laura Slimani. Non, contrairement aux apparences elle n’est pas membre du Parti des Indigènes de la République, mais « porte-parole égalité femmes-hommes » de la campagne de Benoît Hamon et accessoirement présidente des Jeunes socialistes européens.
 
 
Dans un entretien avec Causeur l’économiste, Jean-Luc Gréau affirme que si notre pays crée bien des emplois (187000 en 2016), ce ne sont que des emplois à faible productivité, tandis que les emplois à forte productivité continuent de quitter le sol national, ce qui explique le faible taux de croissance. Conclusion : l’économie française se tiers-mondise toujours plus.
 
 
Pour le Commissaire européen Dimitris Avramopoulos, l’heure est grave car les « valeurs » de l’Europe sont en jeu. « Allons-nous nous laisser submerger par la montée du populisme, du nationalisme et de la xénophobie ? » s’interroge-t-il, anxieux, dans un entretien à La Tribune de Genève. Ce qui ne l’empêche nullement de souffler sur les braises en décrétant que « Les Vingt-Sept auront besoin à l’avenir de 6 millions d’immigrés », et de décider ex abrupto « d’ouvrir des bureaux dans tous les pays de la rive sud de la Méditerranée et en Afrique de l’Ouest » car c’est le meilleur moyen de lutter contre les passeurs ». Les attentats islamistes ? Aucun problème puisqu’ils  « ont été commis par des citoyens européens » (ce qui est vrai sur le papier). Bref, nulle précision sur les « valeurs » de l’Europe ni sur ce qu’il faut entendre par le concept « citoyen européen ». 
 
 
Selon Joachim Véliocas de l’Observatoire de l’islamisation, le candidat Emmanuel Macron, l’un des porte-paroles préférés de l’oligarchie qui se présente néanmoins comme« antisystème, brisant les routines de la classe politique française » , affiche sans complexe un domaine où surtout rien de doit changer en France. C’est la politique d’immigration.  Si d’aventure il se trouvait élu en mai prochain non seulement il compte ouvrir grand la vanne des frontières pour les « migrants » mais il renforcerait l’exercice de la discrimination positive (déclaration du 8 mars) c’est à dire celle des passe-droits accordés aux membres de certaines catégories de la population afin de leur permettre d’échapper aux critères du droit commun de la République. Comme le dit Anne-Marie Le Pourhiet, professeur de droit constitutionnel, « L’adjectif positif est destiné à gommer le caractère négatif de la différenciation puisque toute discrimination est en l’espèce évidemment positive pour son bénéficiaire mais négative pour celui qu’elle exclut. Une discrimination en faveur des femmes ou des Noirs se fait au détriment des hommes ou des Blancs. Et dès lors que l’on prétend ériger la lutte contre toutes les discriminations en politique publique, il est incohérent de prétendre parallèlement les encourager en faveur de certaines catégories et donc au dépens des autres » (Le Figaro du 16 mars).
 
 
Si l’on en croit Arnaud Lachaize (pseudonyme d’un haut fonctionnaire soumis au droit de réserve) Emmanuel Macron qui était reçu le jeudi 16 mars par la chancelière Angela Merkel développe comme elle un programme assumé d’ouverture des frontières. En janvier lors d’une précédente visite il avait loué la généreuse politique d’accueil inconditionnel de la dirigeante allemande qui avait ouvert son territoire à plus d’un million de « migrants » parmi lesquels des terroristes et des criminels et reprochait à une Europe frileuse de n’avoir pas « réagi comme elle aurait dû à ce moment là ». Très bonne mise au point face à l’angélisme de certaines élites. On regrettera seulement une incise inutile sur la soi-disante « xénophobie » qui aurait cours en France.
 
 
Dans l’émission d’Olivier de Lagarde « Moi président » sur France Info du 16 mars Malika Sorel-Sutter présentait son projet d’abolition de l’ensemble des lois mémorielles qui censurent abusivement la liberté d’expression et encouragent, selon elle, le communautarisme victimaire. Une intervention courageuse dont il n’est pas certain que le candidat Fillion la reprenne à son compte. Malika Sorel figurait cependant à ses cotés lors de la manifestation du Trocadéro…
 
 
Le débat « intellectuel » dans l’espace médiatique destiné au grand public ne doit pas être confondu avec le débat intellectuel tel qu’il se déroule dans les laboratoire ou au sein du milieu feutré du CNRS. Le premier souffre en termes pascalien de la confusion des ordres avec l’intrusion abusive du moralisme (aussi bien celui des intentions que  celui des conséquences) et des arrières pensées politiques. Ainsi substitue-t-on les critères du bien et du mal là où ne devraient s’imposer dans la délibération, que la question du vrai et du faux. Ainsi s’est imposée dans le débat médiatique la sentence que même vraie une proposition doit être tue au regard des conséquences qu’elle pourrait avoir ou parce que elle ferait le jeu de x ou y. André Perrin, auteur du livre « Scènes de la vie intellectuelle en France. L’intimidation contre le débat » (préface de Jean-Claude Michéa, paru en 2016 aux Éditions de l’Artilleur) déroule ainsi son raisonnement convainquant au cours d'une émission Répliques d’Alain Finkielkraut. Un Finkielkraut qui s’abandonne lui même à une facile confusion des ordres dès que pointe le soupçon terrifiant de « révisionnisme ». 
 
 
L’émission de Radio communauté juive animée par Elisabeth Lévy et Alain Finkielkraut  du 12 mars prend acte tout d’abord de la relaxation de Georges Bensoussan à la suite du procès qui lui avait été infligé par des associations islamistes et la Licra qui voudrait faire passer toute critique argumentée de l’islam pour une apologie du racisme puis commentent les graves « incidents » intervenus au lycée Suger en Seine Saint-Denis. Finkielkraut s’insurgeant contre ceux qui lorsqu’on ose avancer que le déclin s’empare de tout ou partie de l’activité sociale se récrient tout de go avec cette apostrophe sublime empruntée à la doxa : « Vous n’allez pas prétendre que c’était mieux avant ». Pourtant, dit-il, ce qui s’est passé les 6 et 7 mars aux abords de ce lycée de Saint-Denis n’a pas d’antécédent dans l’école républicaine. La bataille rangée contre les forces de l’ordre laisse de marbre les nouveaux Pangloss qui prennent prétexte des inégalités dont souffrent les banlieues pour tout pardonner aux fauteurs de trouble au nom de l’antiracisme. Protégée par l’alibi sociologique la violence des encapuchonnés du lycée Suger est expliquée par la violence sociale qui se déverse sur eux, ils cessent du même coup d’être fautifs et les victimes se retrouvent métamorphosées en coupables. Il est vrai que Geoffroy de Lagasnerie, le sociologue pour lequel le syntagme « intellectuel de droite » relève de l'oxymore affirme « qu’excuser est un beau programme pour la gauche ». Ainsi, comme on le voit, l’antiracisme fou n’a pas fini de faire des ravages.  
 

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Bonne intervention d'Éric Zemmour sur la crise agricole. Si à l’occasion du salon de l’agriculture chaque candidat y est allé de sa visite mimant ainsi Jacques Chirac, c’est aussi au temps de Chirac que les paysans sont devenus des « agriculteurs » et se simple mot a tout changé. On se moquait désormais de la qualité des produits, de la pollution, des dettes et des saisons. C’était le Pérou et il avait pour capitale Bruxelles et sa politique agricole commune. Mais, selon lui la PAC n’existe plus et se sont les technocrates bruxellois eux-mêmes qui ont cassé leur jouet en jetant les agriculteurs dans la fournaise du marché mondial où la plupart périssent quand ils ne sont pas mis dans la main des grandes surfaces et des banques. Elle produit toujours plus et toujours plus mauvais, elle ruine les sols et les estomacs. De là le choix qui en découle pour le monde de la terre : jouer le jeu de la « ferme des 1000 vaches » ou celui de l’agriculture biologique et des circuits courts.
 
 
Raisonnement semblable à celui de Zemmour chez Périco Légasse.
 
 
Eugènie Bastié présente « Les derniers gaulois », le beau documentaire de Patrick Buisson consacré à l’ethnocide des paysans qui a vu disparaitre en deux générations un monde séculaire et presque immobile.
 
 
Eugénie Bastié nous introduit au livre « Aux origines de la décroissance. Cinquante penseurs », ( L’Échappée-Le Pas de côté-Ecosociété) recueil de portraits des précurseurs de cette école qui a tracé son sillon du XIX au XX siècle. Contre l’hubris de la civilisation industrielle qui ne connait plus de limites elle nous rappelle avec Jacques Ellul que « S’intéresser à la protection de l’environnement et à l’écologie sans mettre en question le progrès technique, c’est engager une opération non seulement inutile, mais fondamentalement nocive ».
 
 
Dans le denier numéro de « Perspectives Libres » dirigée par Pierre-Yves Rougeyron, (numéro 19 consacré à « De Gaulle au XXI siècle »), trois articles de Pierre Le Vigan ont retenu notre attention. Il s’agit de « L’implosion du politique. Du constat de l’impuissance de nos élites à la possible relève populaire du politique », de « La culture post-moderne, une imposture. Hédonisme, technophilie et marchandisation », et « Comment et pourquoi l’école a cessé d’être l’école ».
 
 
Dans un entretien avec le site de réflexion « Le comptoir », Frédéric Pichon, historien et géopolitologue auteur de « Syrie: Pourquoi l’Occident s’est trompé » et tout récemment de « Syrie, une guerre pour rien » (Édition du Cerf) reprend les propos de Dominique de Villepin sur le déploiement en France d’une sorte de « virus néoconservateur » et reconnait que notre pays est incapable d’agir sans demander l’autorisation de Washington. Il note également l’influence des lobbies anti-iraniens au quai d’Orsay et fustige l’action des ONG dans cette partie du monde qui a fait libérer de nombreux islamistes des geôles dans lesquelles ils pourrissaient aggravant ainsi le malheur des populations locales; « le messianisme occidental faisant la courte échelle aux fondamentalistes… ». Un démêlement des intrigues de ce Proche-Orient compliqué, savant et très bien informé qui met en valeur la réaction « clausewitzienne » russe privilégiant le rapport de force militaire et qui a fait d’elle l’acteur majeur de la recomposition de la région.  
 
 
S’exprimant sur notre politique en Syrie, Frédéric Pichon déclare « nommer l’ennemi c’est précisément définir ce qui nous distingue, ce qui nous discrimine, c’est tracer une frontière, une limite même normative, c’est affirmer contre, toutes choses auxquelles la culture contemporaine a décider de renoncer… » Selon lui, nos politiques se sont lourdement trompés en Syrie.
 

mardi, 21 mars 2017

Bannon: un guénonien à Washington D.C.?

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Bannon: un guénonien à Washington D.C.?

Ex: http://www.dedefensa.org

On a déjà beaucoup parlé de Stephen Bannon, ce “conseiller stratégique” du président Trump et, semble-t-il, le conseiller le plus écouté jusqu’à être considéré, – selon certains points de vue, – comme l’éminence grise et l’inspirateur de Trump. L’on sait également que Bannon a déjà beaucoup suscité de commentaires avec certaines de ses conceptions, notamment et précisément son idée selon laquelle il faut “détruire tout le Système” (cette expression étant une interprétation de certaines déclarations et écrits, qui s’éclaireront plus loin). (... Et nous laissons bien entendu de côté les sornettes insupportables de médiocrité, issues des complexes et obsessions postmodernismes, sur son prétendu “suprémacisme blanc” et le reste. Ce faisant, nous laissons les esprits forts et flics de la postmodernité jouer avec leurs poussières.) Or, voici un texte particulièrement intéressant à cet égard, que nous comptons utiliser comme une des références pour un prochain F&C consacré à la question que soulève le cas Bannon, du point de vue de notre civilisation et de son destin dans l’arrangement cosmique du monde... Pas moins, chers lecteurs.

Le texte est d’Alastair Crooke, dans Consortium News, le 10 mars. Nous connaissons Crooke que nous avons souvent cité, et qu’il nous est arrivé de rencontrer pour mieux apprécier ses qualités. Nous ferons deux remarques à son propos, qui situeront parfaitement l’appréciation que nous en avons, et par conséquent une façon de voir ce qu'on peut accorder de crédit au texte que nous examinons.

• Cet ancien officier du MI6 devenu conseiller du Haut Représentant de l’UE Solana au début des années 2000, a choisi ensuite la voie très difficile de l’indépendance en créant son institut dit Conflict Forum. Basé au Liban puis replié sur l’Italie, Crooke poursuit un chemin ardu, sans soutien institutionnalisé, caractérisé par une rupture avec la pensée dominante, ditto le Système. Ses positions sont évidemment elles-mêmes en rupture complète avec la doxa-Système et sa carrière nous garantit que ses jugements sont nourris de la rigueur et de l’expérience professionnelles qui lui sont naturelles.

• Crooke est un homme affable et doux, au jugement rationnel et d’une très grande culture, qui a l’habitude d’observer les divers problèmes soulevés par la Grande Crise générale du point de vue d’un érudit particulièrement versé dans les conceptions liées à la pensée de la Tradition. Il est un de ces esprits qui commentent les événements en ayant comme référence les grands courants philosophiques qui l’intéressent. Très grand connaisseur des questions de l’Islam, hors des analyses hystériquement artificielles sur l’“islamisme” extrémisme-terroriste et l’“islamophobie” qui lui répond, – caricature postmoderniste contre caricature postmoderniste, – on peut très bien lors d’une discussion avec lui se trouver entraînés dans une réflexion commune sur le néoplatonisme sans avoir le sentiment de se trouver hors-sujet.

Ce qui passionne Crooke dans la personne de Bannon, et par conséquent dans la sorte d’influence qu’il exercerait sur un Trump qui apparaîtrait lui-même intellectuellement bien plus conséquent qu’on ne croit, c’est la conscience qu’a le personnage de la profondeur vertigineuse de la Grande Crise. L’intérêt que présentent la personnalité et l’expérience de Bannon est qu’il a lui aussi, de son côté, à côté de positions théoriques très marquées, une expérience professionnelle également très marquée des instruments fondamentaux, déstructurants et dissolvants, de la postmodernité et du Système, ; il a en effet travaillé à Hollywood comme scénariste et réalisateur (son film Generation Zero) et à Wall Street, chez Goldman-Sachs, avant de passer à Breitbart.News.

(C’est une démarche courante aujourd’hui, qui demande une grande attention de la psychologie, une grande souplesse de l’esprit et de son jugement. Ce qui peut être d’abord perçu comme des signes de compromission avec le Système du point de vue des antiSystème, peut également, par éventuelle inversion vertueuse et suivant une enquête éclairée, être vu au contraire comme des instruments d’une connaissance éventuellement décisive de l’adversaire, “de l’intérieur”.)

Neil-Prophecy.jpgBannon est extrêmement influencé par les travaux de deux commentateurs de la sorte que nous nommerions “crisologues” tant le concept de crise (crisologie) est au centre de toutes nos réflexions, Neil Howe et William Strauss, auteurs de An American Prophecy, en 1997. Les deux auteurs adoptent une approche de l’actuelle situation,  – la grande Crise se faisant déjà sentir dès la fin du communisme avec la mise en cause radicale de la notion de Progrès, – qui se réfère aux théories cycliques de la Tradition. « [Leur] analyse rejette les promesses des historiens occidentaux modernes de développement social et économie linéaire (progrès continuel et déclin) ou chaotique (trop de complexité pour révéler n’importe quelle direction). Au lieu de cela, ils adoptent la vision d’à peu près toutes les sociétés traditionnelles : que le temps social est un temps cyclique dans lequel les événements sont significatifs seulement dans la mesure où ils sont caractérisés par ce que le philosophe Mircea Eliade nommait “reconstitution”. Dans l’espace cyclique, une fois que vous avez écarté les accidents accessoires et sans signification, ainsi que la technologie, il vous reste un nombre limité de conceptions sociales, qui tendent à se répéter selon un ordre bien fixé... »

Les deux auteurs identifient quatre phases (quatre Turnings) dans le cycle, High, Awakening, Unravelling et Crisis, – étant entendu et étant évident que nous nous trouvons dans une quatrième phase du cycle donné qui voit évoluer notre civilisation et notre destin. Bien entendu, cette schématisation est irrésistiblement identifiable comme étant de type guénonien, c’est-à-dire selon la référence classique, et considérée par Guénon lui-même comme “universelle” du Manvatara hindouiste des quatre âges (Or, Argent, Airain et Fer), et référence effectivement de la Tradition et de toutes les doctrines qui s’y rapportent. Bien entendu encore, cette sorte de conception s’oppose d’une façon fondamentale et universelle à toutes les idées et conceptions de type moderniste. On a là, bien entendu toujours, une clef solide et fort bien ciselée pour expliquer la haine absolument diabolique, – le qualificatif sonne bien et juste, – qui accompagne Trump, son administration, et bien sûr son conseiller Bannon identifié comme le Diable en personne. (Ce qui est somme toute inacceptable comme on le comprend aisément, car il doit être admis que le Diable ne peut supporte ni admettre d’être plagié ni imité de quelque façon que ce soit...)

Dans les conceptions de Bannon, et puisque nous nous trouvons comme toutes les traditions s’accordent à le penser dans une fin de cycle, à la fois crisique et catastrophique, il y a comme une pressante et impérative nécessité d’aller jusqu’au bout de la catastrophe. Il se trouve, observe Crooke, que cette conception rencontre, ou se rapproche en la croisant, de certaines conceptions de Trump lui-même, exprimées dès 2000, selon l’extrême probabilité d’une catastrophe économique, financière et sociale, avec l’idée implicite de la nécessité de cette catastrophe pour parvenir à une sorte de “renaissance”.

(On pourrait penser qu’il y a là une idée qui pourrait aussi bien trouver sa symbolisation triviale dans l’expression que Trump employait pour indiquer qu’il allait attaquer la corruption, le clientélisme, etc., de l’establishment. “Drainer le cloaque” pourrait aussi bien s’appliquer à la nécessité de porter la Grande crise à son extrême catastrophique.)

On comprend l’intérêt de cette analyse, surtout dans le climat actuel qui ne cesse d’évoluer vers un catastrophisme quasiment opérationnel, laissant loin derrière lui les seules craintes de crises parcellaires, n’affectant qu’un seul domaine, et qui sont finalement des crises “rassurantes” pour le Système as a whole (comme celle de l’automne 2008, par exemple). Il y a maintenant plusieurs années qu’on ne mesure plus les possibilités de crise aux seuls chiffres du chômage, de la Bourse ou de la croissance, mais que le sentiment général est celui d’une crise de civilisation en train de se préparer ou déjà en train de se dérouler, affectant par définition tous les domaines, un bouleversement à la fois métahistorique et eschatologique.

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La question que soulèvent ces réflexions concerne bien entendu la signification réelle de la politique Trump, ou de ce qu’on perçoit comme étant une antipolitique, sinon une non-politique, – ce qui est un objet de très nombreuses interrogations et supputations depuis deux mois. (Trump est-il prisonnier du Système ? Trump a-t-il capitulé devant le Système ? Trump est-il un faux-nez du Système ? Trump est-il un comploteur ? Trump est-il un crétin? Trump est-il fou ? Etc.) Dans le chef de cette “politique“ qui a les allures d’une non-politique, peut-on concevoir que la politique de Trump soit une démarche volontaire à la finalité aussi vertigineuse, et peut-on concevoir qu’on puisse définir et accomplir une politique qui soit le contraire du concept de politique, accompagnant un processus de destruction-reconstruction, de chaos-renaissance, etc. ? Bien entendu, on voit combien cette sorte d’hypothèse s’accorde avec l’observation que nous faisons souvent du processus de surpuissance-autodestruction caractérisant le Système. Il y a là un courant d’hypothèses qui tend à s’orienter vers les attentes intellectuelles, sinon spirituelles, qu’a fait naître le développement des événements depuis quelques années (depuis 9/11, depuis l’automne 2008, depuis le “printemps arabe” de 2010, et singulièrement depuis le “coup de Kiev” de février 2014 et jusqu’au Brexit et USA-2016 avec Trump).

dedefensa.org

 

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Steve Bannon’s Apocalyptic ‘Unravelling’

by Alastair Crooke

Steve Bannon is accustomed to start many of his talks to activists and Tea Party gatherings in the following way: “At 11 o’clock on 18 September 2008, Hank Paulson and Ben Bernanke told the U.S. President that they had already stove-piped $500 billions of liquidity into the financial system during the previous 24 hours – but needed a further one Trillion dollars, that same day.

“The pair said that if they did not get it immediately, the U.S. financial system would implode within 72 hours; the world’s financial system, within three weeks; and that social unrest and political chaos could ensue within the month.” (In the end, Bannon notes, it was more like $5 trillion that was required, though no one really knows how much, as there has been no accounting for all these trillions).

“We (the U.S.) have”, he continues, “in the wake of the bailouts that ensued, liabilities of $200 trillions, but net assets – including everything – of some $50-60 trillion.” (Recall that Bannon is himself a former Goldman Sachs banker).

“We are upside down; the industrial democracies today have a problem we have never had before; we are over-leveraged (we have to go through a massive de-leveraging); and we have built a welfare state which is completely and totally unsupportable.

“And why this is a crisis … the problem … is that the numbers have become so esoteric that even the guys on Wall Street, at Goldman Sachs, the guys I work with, and the Treasury guys … It’s so tough to get this together … Trillion dollar deficits … etcetera.”

But, Bannon says — in spite of all these esoteric, unimaginable numbers wafting about — the Tea Party women (and it is mainly led by women, he points out) get it. They know a different reality: they know what groceries now cost, they know their kids have $50,000 in college debt, are still living at home, and see no jobs in prospect: “The reason I called the film Generation Zero is because this generation, the guys in their 20s and 30s: We’ve wiped them out.”

And it’s not just Bannon. A decade earlier, in 2000, Donald Trump was writing in a very similar vein in a pamphlet that marked his first toying with the prospect of becoming a Presidential candidate: “My third reason for wanting to speak out is that I see not only incredible prosperity … but also the possibility of economic and social upheaval … Look towards the future, and if you are like me, you will see storm clouds brewing. Big Trouble. I hope I am wrong, but I think we may be facing an economic crash like we’ve never seen before.”

And before the recent presidential election, Donald Trump kept to this same narrative: the stock market was dangerously inflated. In an interview on CNBC, he said, “I hope I’m wrong, but I think we’re in a big, fat, juicy bubble,” adding that conditions were so perilous that the country was headed for a “very massive recession” and that “if you raise interest rates even a little bit, (everything’s) going to come crashing down.”

The Paradox

And here, precisely, is the paradox: Why — if Trump and Bannon view the economy as already over-leveraged, excess-bubbled, and far too fragile to accommodate even a small interest rate rise — has Trump (in Mike Whitney’s words) “promised  … more treats and less rules for Wall Street … tax cuts, massive government spending, and fewer regulations … $1 trillion in fiscal stimulus to rev up consumer spending and beef up corporate profits … to slash corporate tax rates and fatten the bottom line for America’s biggest businesses. And he’s going to gut Dodd-Frank, the ‘onerous’ regulations that were put in place following the 2008 financial implosion, to prevent another economy-decimating cataclysm.”

Does President Trump see the world differently, now that he is President? Or has he parted company with Bannon’s vision?

Though Bannon is often credited – though most often, by a hostile press, aiming to present Trump (falsely) as the “accidental President” who never really expected to win – as the intellectual force behind President Trump. In fact, Trump’s current main domestic and foreign policies were all presaged, and entirely present, in Trump’s 2000 pamphlet.

In 2000, Bannon was less political, screenwriter Julia Jones, a long-time Bannon collaborator, notes. “But the Sept. 11 attacks,” Ms. Jones says, “changed him” and their Hollywood collaboration did not survive his growing engagement with politics.

Bannon himself pins his political radicalization to his experience of the 2008 Great Financial Crisis. He detested how his Goldman colleagues mocked the Tea Party’s “forgotten” ones. As Ms. Jones sees it, a more reliable key to Bannon’s worldview lies in his military service.

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“He has a respect for duty,” she said in early February. “The word he has used a lot is ‘dharma.’” Mr. Bannon found the concept of dharma in the Bhagavad Gita, she recalls. It can describe one’s path in life or one’s place in the universe.

There is no evidence, however, that President Trump either has changed his economic views or that he has diverged in his understanding of the nature of the crisis facing America (and Europe).

Tests Ahead

Both men are very smart. Trump understands business, and Bannon finance. They surely know the headwinds they face: the looming prospect of a wrangle to increase the American $20 trillion “debt ceiling” (which begins to bite on March 15), amid a factious Republican Party, the improbability of the President’s tax or fiscal proposals being enacted quickly, and the likelihood that the Federal Reserve will hike interest rates, “until something breaks.” If they are so smart, what then is going on?

What Bannon has brought to the partnership however, is a clear articulation of the nature of this “crisis” in his Generation Zero film, which explicitly is built around the framework of a book called The Fourth Turning: An American Prophecy, written in 1997 by Neil Howe and William Strauss.

In the words of one of the co-authors, the analysis “rejects the deep premise of modern Western historians that social time is either linear (continuous progress or decline) or chaotic (too complex to reveal any direction). Instead we adopt the insight of nearly all traditional societies: that social time is a recurring cycle in which events become meaningful only to the extent that they are what philosopher Mircea Eliade calls ‘reenactments.’ In cyclical space, once you strip away the extraneous accidents and technology, you are left with only a limited number of social moods, which tend to recur in a fixed order.”

Howe and Strauss write: “The cycle begins with the First Turning, a ‘High’ which comes after a crisis era. In a High, institutions are strong and individualism is weak. Society is confident about where it wants to go collectively, even if many feel stifled by the prevailing conformity.

“The Second Turning is an ‘Awakening,’ when institutions are attacked in the name of higher principles and deeper values. Just when society is hitting its high tide of public progress, people suddenly tire of all the social discipline and want to recapture a sense of personal authenticity.

“The Third Turning is an ‘Unravelling,’ in many ways the opposite of the High. Institutions are weak and distrusted, while individualism is strong and flourishing.

“Finally, the Fourth Turning is a ‘Crisis’ period. This is when our institutional life is reconstructed from the ground up, always in response to a perceived threat to the nation’s very survival. If history does not produce such an urgent threat, Fourth Turning leaders will invariably find one — and may even fabricate one — to mobilize collective action. Civic authority revives, and people and groups begin to pitch in as participants in a larger community. As these Promethean bursts of civic effort reach their resolution, Fourth Turnings refresh and redefine our national identity.” (Emphasis added).

Woodstock Generation

Bannon’s film focuses principally on the causes of the 2008 financial crisis, and on the “ideas” that arose amongst the “Woodstock generation” (the Woodstock musical festival occurred in 1969), that permeated, in one way or another, throughout American and European society.

The narrator calls the Woodstock generation the “Children of Plenty.” It was a point of inflection: a second turning “Awakening”; a discontinuity in culture and values. The older generation (that is, anyone over 30) was viewed as having nothing to say, nor any experience to contribute. It was the elevation of the “pleasure principle” (as a “new” phenomenon, as “their” discovery), over the puritan ethic; It celebrated doing one’s own thing; it was about “Self” and narcissism.

The “Unravelling” followed in the form of government and institutional weakness: the “system” lacked the courage to take difficult decisions. The easy choices invariably were taken: the élites absorbed the self-centered, spoilt-child, ethos of the “me” generation. The 1980s and 1990s become the era of “casino capitalism” and the “Davos man.”

The lavish taxpayer bailouts of the U.S. banks after the Mexican, Russian, Asian and Argentinian defaults and crises washed away the bankers’ costly mistakes. The 2004 Bear Stearns exemption which allowed the big five banks to leverage their lending above 12:1 – and, which quickly extended to become 25:1, 30:1 and even 40:1 – permitted the irresponsible risk-taking and the billions in profit-making. The “Dot Com” bubble was accommodated by monetary policy – and then the massive 2008 bailouts accommodated the banks, yet again.

The “Unravelling” was essentially a cultural failure: a failure of responsibility, of courage to face hard choices – it was, in short, the film suggests, an era of spoilt institutions, compromised politicians and irresponsible Wall Streeters – the incumbent class – indulging themselves, and “abdicating responsibility.”

Now we have entered the “Fourth Turning”: “All the easy choices are back of us.” The “system” still lacks courage. Bannon says this period will be the “nastiest, ugliest in history.” It will be brutal, and “we” (by which he means the Trump Tea Party activists) will be “vilified.” This phase may last 15 – 20 years, he predicts.

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Greek Tragedy

The key to this Fourth Turning is “character.” It is about values. What Bannon means by “our crisis” is perhaps best expressed when the narrator says: “the essence of Greek tragedy is that it is not like a traffic accident, where somebody dies [i.e. the great financial crises didn’t just arise by mischance].

The Greek sense is that tragedy is where something happens because it has to happen, because of the nature of the participants. Because the people involved, make it happen. And they have no choice to make it happen, because that’s their nature.”

This is the deeper implication of what transpired from Woodstock: the nature of people changed. The “pleasure principle,” the narcissism, had displaced the “higher” values that had made America what it was. The generation that believed that there was “no risk, no mountain they could not climb” brought this crisis upon themselves. They wiped out 200 years of financial responsibility in about 20 years. This, it appears, captures the essence of Bannon’s thinking.

That is where we are, Bannon asserts: Stark winter inevitably follows, after a warm, lazy summer. It becomes a time of testing, of adversity. Each season in nature has its vital function. Fourth turnings are necessary: they a part of the cycle of renewal.

Bannon’s film concludes with author Howe declaring: “history is seasonal and winter is coming,”

And, what is the immediate political message? It is simple, the narrator of Bannon’s film says: “STOP”: stop doing what you were doing. Stop spending like before. Stop taking on spending commitments that cannot be afforded. Stop mortgaging your children’s future with debt. Stop trying to manipulate the banking system. It is a time for tough thinking, for saying “no” to bailouts, for changing the culture, and re-constructing institutional life.

Cultural Legacy

And how do you re-construct civic life? You look to those who still possess a sense of duty and responsibility – who have retained a cultural legacy of values. It is noticeable that when Bannon addresses the activists, almost the first thing he does is to salute the veterans and serving officers, and praise their qualities, their sense of duty.

It is no surprise then that President Trump wants to increase both the veterans’ and the military’s budget. It is not so much a portent of U.S. military belligerence, but more that he sees them as warriors for the coming “winter” of testing and adversity. Then, and only then does Bannon speak to the “thin blue line” of activists who still have strength of character, a sense of responsibility, of duty. He tells them that the future rests in their hands, alone.

Does this sound like men – Bannon and Trump – who want to ramp up a fresh financial bubble, to indulge the Wall Street casino (in their words)? No? So, what is going on?

They know “the crisis” is coming. Let us recall what Neil Howe wrote in the Washington Post concerning the “Fourth Turning”:

“This is when our institutional life is reconstructed from the ground up, always in response to a perceived threat to the nation’s very survival. If history does not produce such an urgent threat, Fourth Turning leaders will invariably find one — and may even fabricate one — to mobilize collective action. Civic authority revives, and people and groups begin to pitch in as participants in a larger community. As these Promethean bursts of civic effort reach their resolution, Fourth Turnings refresh and redefine our national identity.”

Trump has no need to “fabricate” a financial crisis. It will happen “because it has to happen, because of the nature of the participants (in the current ‘system’). Because the people involved, make it happen. And they have no choice to make it happen, because that’s their nature.”

It is not even President Obama’s or Treasury Secretary Hank Paulson’s fault, per se. They are just who they are.

Trump and Bannon therefore are not likely trying to ignite the “animal spirits” of the players in the financial “casino” (as many in the financial sphere seem to assume). If Bannon’s film and Trump’s articulation of crisis mean anything, it is that their aim is to ignite the “animal spirits” of “the working-class casualties and those forgotten Americans” of the Midwest, Michigan, Indiana, Ohio, Wisconsin and Pennsylvania.

At that point, they hope that the “thin blue line” of activists will “pitch in” with a Promethean burst of civic effort which will reconstruct America’s institutional and economic life.

If this is so, the Trump/Bannon vision both is audacious – and quite an extraordinary gamble …

Alastair Crooke