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samedi, 16 avril 2022

Journaloperies

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Journaloperies

par Georges FELTIN-TRACOL

La guerre en Ukraine charrie comme tous les conflits son flot inévitable de fausses informations et de propagande tant du côté de l’agresseur russe que de l’agressé ukrainien. Dans ces circonstances tragiques, le système médiatique occidental d’occupation mentale n’hésite pas à tordre la réalité ou à créer des faits imaginaires afin d’émouvoir les masses crédules. La découverte de charniers dans la banlieue de Kyïv devrait inciter ce petit monde médiatique à la plus grande prudence. A-t-il déjà oublié l’affaire des couveuses de Koweït-Ville débranchées en 1990 par des soldats irakiens ? Cette information traumatisante se révéla un mensonge fomenté dans le cadre d’une intense guerre psychologique contre l’Irak. Et que penser du précédent de Timișoara en Roumanie ? L’exposition médiatique de nombreux cadavres d’hommes, de femmes et d’enfants provoqua la chute de Nicolae Ceaușescu à Noël 1989. On apprit plus tard que les dépouilles sortaient des morgues locales. La manipulation macabre revenait au KGB gorbatchévien ainsi qu’aux agents pro-soviétiques de la Securitate.

La présente narration journalistique ne respecte aucune déontologie. Les officines occidentales de désinformation le démontrent tous les jours. Le constatant en direct, le gouvernement militaire malien vient de suspendre la diffusion sur son territoire de France 24 et de RFI (Radio France Internationale) accusées de soutenir des allégations fausses. Cette décision légitime scandalise le gouvernement hexagonal et les journalistes du sérail qui, en revanche, se félicitent du bannissement dans toute l’Union dite européenne des réseaux de RT et de Sputnik dès le 1er mars 2022.

La Commission de Bruxelles a pour l’occasion outrepassé ses droits et violé l’accord audio-visuel signé avec l’autorité française compétente en excluant ces deux entreprises médiatiques. Malgré une audience plus que limitée, Sputnik et RT France travailleraient l’opinion publique au même titre que CNN, France 24, Radio Free Europe - Radio Liberty ou la BBC World Service. Cette censure extra-légale n’offusque pas les habituels dévots de la liberté d’expression à sens unique.

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Véritable expert de l’enfumage élevé au rang d’œuvre d’art, le quotidien Le Monde s’associe avec d’autres organes de presse occidentaux afin de révéler l’ensemble des biens détenus en Europe, en Amérique du Nord et en Océanie par Vladimir Poutine, son entourage et les oligarques russes. Il est en revanche étrange qu’aucun journaliste du Système ne se penche sur le patrimoine modeste d’Emmanuel Macron. Le « super-banquier » élyséen ne serait-il qu’un smicard contrarié ? Ce manque de curiosité surprend. Les grands groupes de presse pourraient aussi se saisir de l’incroyable « McKinseygate » s’ils n’étaient pas la propriété de ploutocrates liés aux commandes publiques. Il y a cinq ans, l’emploi fictif de Pénélope Fillon et les costumes de son mari suscitaient la mobilisation totale des journalistes et l’intervention rapide du Parquet national financier (PNF). Pour le « McKinseygate », le PNF vient à peine d’ouvrir une enquête préliminaire. Ne voudrait-il pas nuire à la réélection du candidat – président ? Peut-on encore croire à l’indépendance de la justice et des magistrats ?

Très en pointe en 2017 contre François Fillon, Le Canard Enchaîné s’écarte de ce scandale. Le palmipède imprimé préfère harceler Marine Le Pen, Éric Zemmour et Jean-Luc Mélenchon plutôt que dénoncer le pillage organisé  méthodique de l’État par la caste mondialiste auquel il appartient.

Obsédés par l’extrême droite, les « Laurel et Hardy » guère comiques d’un quotidien gaucho-bancaire et la jeune inquisitrice d’un titre vespéral habitué aux articles spécieux quasi-psychotiques, vivent paradoxalement de la persistance de la supposée « bête immonde ». Sans elle, ils pointeraient à Pôle Emploi… Avec une rare mauvaise foi, ils pratiquent volontiers l’amalgame. Un tragique fait-divers, à savoir le meurtre de l’ancien joueur de rugby argentin, Federico Martín Aramburú, dans la nuit du 18 au 19 mars dernier dans le centre de Paris, permet à la meute journalistique de donner l’identité des personnes suspectées, de publier leur visage et d’insister sur leur militantisme passé au GUD (Groupe Union Défense) comme si la sanglante altercation avait eu une connotation politique. Pourquoi les officines de presse ne procèdent-elles pas de même pour les trafiquants de drogue, les délinquants du quotidien et les violeurs ? C’est à se demander si un militant identitaire urinant dans un jardin public à 2 h du matin ne commettrait pas un crime contre l’humanité...

Le 16 février 2022, le journal télévisé de France 2, dans le cadre de « L’Œil du 20 heures », diffusait un reportage tourné en caméra caché aux dépens d’Academia Christiana que surveilleraient les services de renseignement. Pour quelle raison maligne ? Les six minutes malhonnêtes chargent une sympathique et efficace association catholique identitaire culturelle et métapolitique. Le reportage proteste qu’une école hors contrat réservée aux garçons en Normandie accueillit les premières universités d’été d’Academia Christiana. Les résultats exceptionnels aux examens nationaux écrasent les établissements publics des environs en dépit de leurs soins pédagogiques palliatifs avancés. Il s’indigne par ailleurs qu’un médecin généraliste ne prescrive pas aux adolescentes la pilule contraceptive dont le rejet dans les eaux affecte les écosystèmes et les organismes vivants. Plutôt qu’accuser ce médecin, n’aurait-il pas dû cibler la pornographie qui assaille en permanence une jeunesse lobotomisée par l’« enseignement de l’ignorance » ?

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Le président d’Academia Christiana, Victor Aubert (photo), a dès le lendemain réagi aux attaques de ce reportage excrémentiel. Grâce aux réseaux sociaux, il a su contourner le refus inacceptable de France 2 de lui donner un droit de réponse. Ce n’est ni la première, ni la dernière fois que les « flics de l’information triturée » versent dans la « journaloperie » ordinaire. Sans tomber dans la paranoïa, restons vigilants, tenons notre langue et montrons tout notre mépris aux mercenaires du mensonge médiatique éprouvé. 

GF-T

  • « Vigie d’un monde en ébullition », n° 28, mise en ligne le 13 avril 2022 sur Radio Méridien Zéro.

samedi, 26 mars 2022

Médias de masse et démocratie à l'ère de la "post-vérité"

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Médias de masse et démocratie à l'ère de la "post-vérité"

par Carlo Alberto Zaccheo

Source: https://www.destra.it/home/mass-media-e-democrazia-nellera-della-post-verita/

Selon l'Encyclopédie Treccani, le néologisme post-vérité signifie : "un argument, caractérisé par un fort appel aux émotions, qui, étant basé sur des croyances répandues et non sur des faits vérifiés, tend à être accepté comme vrai, influençant l'opinion publique". Le substantif dérive de l'anglais post-truth, et au cours de la dernière décennie, son utilisation a tellement augmenté que l'Oxford English Dictionary l'a proclamé "mot de l'année 2016". Ce n'était pas un lien de cause à effet. Le choix a été déterminé par la campagne électorale de l'ancien président américain Donald Trump et le référendum sur le Brexit, qui ont tous deux eu lieu cette année-là.

Selon de nombreux partisans de ces thèses, lors de l'élection présidentielle américaine et de la campagne référendaire, tant l'ancien président américain que ceux qui souhaitaient que le Royaume-Uni quitte l'Europe ont fait un usage obsessionnel des fake news qui ont d'une manière ou d'une autre affecté les résultats des deux scrutins. Pour ne citer qu'un exemple, pendant la campagne référendaire, on pouvait lire à l'extérieur des bus que la Grande-Bretagne dépensait environ 350 millions de livres par semaine pour l'Europe et, selon les partisans de la sortie de la Grande-Bretagne de l'UE, cet argent pourrait être utilisé pour réformer les soins de santé et les rendre plus efficaces.

Cependant, il est impossible de ne pas mentionner une étude intéressante réalisée par des chercheurs de Stanford intitulée Social Media and Fake News in the 2016 Election, en collaboration avec l'Université de New York. L'étude a révélé que les chaînes de télévision étaient "la principale source d'information des électeurs de Trump, par une large marge par rapport aux médias sociaux". En fait, selon cette étude, les électeurs de Trump qui ont suivi l'actualité pendant l'élection américaine de 2016 sur les médias sociaux n'étaient qu'un maigre 13,8 % par rapport aux 86,2 % restants qui ont suivi la campagne par le biais de la télévision locale, de la télévision par câble, de la radio, des émissions d'information, des réseaux de télévision et d'autres médias. Les recherches ont même conduit certains à affirmer que même l'affirmation selon laquelle l'ancien président Trump a remporté l'élection grâce à la diffusion massive de fake news circulant sur les médias sociaux était un "hoax" ou une fake news.

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Le terme "post-vérité" a été utilisé pour la première fois en 1992 par le journaliste Steve Tesich dans le magazine américain The Nation et faisait référence à la fausse nouvelle selon laquelle Saddam Hussein possédait des armes bactériologiques et constituait un grave danger pour l'Occident ; cette "post-vérité" est devenue la mèche qui a déclenché la première guerre du Golfe en 1991. La journaliste Barbara Spinelli a été la première en Italie à utiliser le substantif post-vérité dans un article de Repubblica en 2013, qui portait encore sur la guerre du Golfe. Mais ce n'est qu'en 2016 que le mot "post-vérité" s'est répandu de manière impressionnante en quelques semaines. Selon l'Accademia della Crusca, l'utilisation du mot en 2016 par rapport à 2015 a augmenté de 2000% et est devenu d'usage courant, devenant viral tout en faisant l'objet d'analyses à travers des essais et des articles par de nombreux experts et journalistes.

L'ère de la post-vérité est en fait aussi vieille que les êtres humains et, attention, elle se renforce à mesure que les intérêts économiques et financiers se renforcent et, paradoxalement, que la politique s'affaiblit. Plus la politique est faible, plus elle recourt à la "post-vérité" par la diffusion systématique de fausses nouvelles. Ce phénomène s'est accentué avec la fin des idéologies politiques et le phénomène consécutif de forts flux électoraux. La journaliste Gabriela Giacomella a écrit en 2017 : "l'expression fake news est le mot magique utilisé pour faire taire l'ennemi, ou plutôt, une arme à utiliser quand on ne sait pas comment sortir victorieux d'un débat...".

Mais le problème se situe à la racine. Le public croit le "mot magique" et se laisse guider, se laisse convaincre que ce qu'il entend n'est pas faux mais vrai, et dans tous les cas, le "mot magique" sert à répandre le doute et l'incertitude parmi le public lui-même. C'est impressionnant ce que le chercheur du MIT de Boston, Sorosoush Vousoghi, a récemment démontré dans une étude publiée dans le prestigieux magazine 'Science', à savoir que les fake news sur Twitter se propagent six fois plus vite que les vraies nouvelles, et qu'à leur tour, la possibilité d'être retweeté est bien plus grande que les vraies nouvelles.

Les conséquences de ce dernier aspect, le retweet de fake news, sont expliquées par le sociologue Giovanni Boccia Artieri(photo) : "le paradigme de la communication a changé : nous ne sommes plus seulement l'"objet" de la communication mais le "sujet" de celle-ci". Cela signifie que la communication par les réseaux sociaux est désormais devenue un outil de masse où chacun a son mot à dire, et c'est un phénomène imparable car il permet à chacun le fameux quart d'heure de célébrité et est capable de développer, pour l'auteur du post, un plaisir similaire à celui produit par les drogues.

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Le professeur G. Riva, professeur de psychologie de la communication, dans son essai intitulé Fake news écrit que : "progressivement, à mesure que le sujet s'habitue à la présence de dopamine, des niveaux de plus en plus élevés sont nécessaires pour maintenir le degré de plaisir initial". En bref, il a les mêmes effets qu'une drogue. Sur les sites de réseaux sociaux, une personne qui publie une phrase, une vidéo, une photo, plus elle reçoit de likes, plus son niveau de plaisir augmente. Le même sujet a tendance à augmenter de plus en plus sa présence sur les réseaux sociaux afin de vérifier l'augmentation du nombre de likes sur le sujet qu'il a posté et d'augmenter le "plaisir".

Le journaliste et écrivain Valerio Moggia affirme toutefois qu'"il n'y a (presque) rien de nouveau dans ce qui s'est passé en 2016". Il plaide pour un manque de nouveauté dans l'ère de la post-vérité. En substance, il existe de nombreux exemples de l'utilisation actuelle du terme anglais "post-vérité" avant 2016, dont précisément celui utilisé en 1992 en rapport avec la guerre du Golfe et un livre publié en 2004 intitulé Post-truth Era : "combien de fois l'ère de la post-vérité a-t-elle commencé ?". Et Valerio Moggia de déclarer à nouveau : "ce qui a changé, en 2016, c'est que nous avons tous sans doute pris conscience de l'existence d'un problème dont les racines sont pourtant solides et très anciennes".

Sans remonter trop loin dans le temps, il suffit de se rappeler qu'en 1954, le KGB (Comité pour la sécurité nationale) a été créé en Russie, et que l'une de ses principales tâches était de créer de la désinformation. Le KGB a créé une section spéciale dont l'initiale était D, ou plutôt, c'était l'initiale du terme qui, traduit en italien, signifie Désinformation. Et les médias sociaux n'existaient pas : rien de nouveau sous le soleil.

L'ère de la post-vérité concerne-t-elle uniquement la politique ? Absolument pas ! Même si les fake news qui se répandent le plus rapidement, selon les études menées par le sociologue Soroush Vosoughi cité plus haut, sont celles qui concernent la politique. Mais je pourrais citer des exemples de fake news dans le domaine de la recherche, de la médecine et de l'industrie. Combien de décennies, si ce n'est un siècle, a-t-il fallu pour que la recherche scientifique fasse comprendre aux gens que la cigarette est nocive pour la santé ? L'industrie du tabac, par le biais de la "post-vérité", a réussi à convaincre pendant longtemps les fumeurs de cigarettes que fumer n'était pas dangereux. C'est ce que les fumeurs voulaient qu'on leur dise.

Les industries pétrolières ont fait pire. Ils ont financé des instituts de recherche pour semer le doute sur le fait que le réchauffement de la planète n'est pas dû au développement par l'utilisation du pétrole et de ses dérivés, mais fait partie du changement climatique normal.

L'un des aspects importants des fake news est qu'elles se concentrent sur l'émotivité du sujet et que sa capacité à raisonner est influencée par cette émotivité. Il n'est pas nécessaire, en somme, de diffuser des fake news. Les sites qui diffusent des fake news, qui, selon une étude récente, sont au moins quatre-vingt-dix rien qu'en Italie, présentent des nouvelles avec un pourcentage minimum de 1% de contenu faux. Mais ce 1% est suffisant pour que le public doute de la vérité scientifiquement prouvée, ou même la déforme complètement, en la faisant sienne.

Mais qu'est-ce que l'ère de la post-vérité a à voir avec les médias sociaux ? Je réponds en citant à nouveau Giuseppe Riva (photo) qui, dans son livre Fake News, écrit : "la tendance des utilisateurs à consacrer de moins en moins d'attention aux contenus sur les réseaux sociaux - en quinze ans, nous sommes passés d'une moyenne de 12 à 8 secondes d'attention par contenu - et la facilité avec laquelle il est possible de modifier les contenus numériques sans que l'utilisateur inexpérimenté s'en aperçoive, il ne fait aucun doute que les médias sociaux représentent le contexte idéal pour la création et le partage de fake news". Bien que non exclusif.

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Comment les victimes peuvent-elles se défendre contre la post-vérité qui a remplacé la vérité ? Gianluca Gardini, professeur de droit, dans une interview accordée à Letture.org, affirme que "le droit de rapporter des nouvelles et le droit d'être informé selon la vérité doivent être protégés", et qu'un investissement sérieux dans la culture numérique des citoyens est nécessaire. Il n'est pas d'accord avec une forme quelconque de contrôle par les Autorités "parce que cela ferait taire beaucoup de voix qui animent le web". Gabriele Ruffatti, maître de conférences en informatique, estime quant à lui que ".... nécessite une certaine forme de contrôle dans un contexte démocratique".

Comme nous pouvons le constater, le problème est complexe et les convictions des experts qui l'abordent de diverses manières sont différentes. Traiter le problème et apporter des remèdes à la post-vérité, qui, comme nous l'avons lu, ne concerne pas seulement les médias sociaux, et dans une période où l'éthique, la responsabilité, la vérité et le sens des limites sont à l'agonie, trop de choses se sont passées.

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Je conclurai par les propos de Lee Mcintyre, professeur d'éthique à la Harvard Extension School et chercheur au Centre de philosophie et d'histoire de l'université de Boston : "la post-vérité peut être combattue, et la première étape pour y parvenir est de comprendre d'où elle vient". J'ajouterais que pour la combattre, il faut avoir les sujets qui sont prêts à le faire. Ce n'est pas du pessimisme, c'est une simple constatation des faits.

lundi, 21 mars 2022

Guerre de l'information et action psychologique en Occident à un niveau sans précédent

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Guerre de l'information et action psychologique en Occident à un niveau sans précédent

Par Marcelo Ramirez

Source: https://kontrainfo.com/guerra-informativa-y-accion-psicologica-en-occidente-en-un-nivel-sin-precedentes-por-marcelo-ramirez/

La guerre de l'information s'est définitivement installée à un niveau sans précédent en temps de paix, ou du moins de guerre non déclarée.

Les actions de Poutine ont été fermes, mais nous assistons aujourd'hui à une offensive de communication dans laquelle on tente de fixer un double concept dans l'esprit des sociétés occidentales : Poutine est un dirigeant dictatorial et sanguinaire, mais en même temps maladroit et improvisé qui prend des mesures sans calculer les répercussions de ses actions.

On assiste ainsi à une dualité incongrue mais répétitive, d'où l'insistance sur l'improvisation de l'armée russe dans son avancée sur l'Ukraine, soulignant les problèmes logistiques et la destruction de matériel, allant même jusqu'à dire que les rations alimentaires pour les troupes ont presque une décennie de retard.

Bien entendu, les sources de ces histoires sont des vidéos téléchargées sur les médias sociaux à partir de sources ukrainiennes, y compris des documents du SBU, le service de renseignement ukrainien, ou des États-Unis et du Royaume-Uni.

Ces documents sont pris pour vrais, même s'il s'agit de véhicules non identifiés écrasés par des explosions. Des chaînes spécialisées de YouTube ont même affirmé que plus d'un millier de véhicules russes ont été détruits par les forces ukrainiennes, en prenant ces sources pour vraies.

Cette situation s'accompagne de descriptions apocalyptiques des perspectives économiques de la Russie face à des sanctions sévères et inattendues. C'est là que nous voyons le double standard, Poutine est un fou qui n'a même pas estimé les dommages causés par l'Occident à son économie via les sanctions, ce qui, couplé à la planification militaire épouvantable, met en doute les perspectives d'avenir de Poutine à la tête du gouvernement russe.

Si vous ne détestez pas Poutine parce qu'il est un tyran sanguinaire, peu importe, au moins ne le soutenez pas parce qu'il est un homme inepte qui détruit la Russie.

L'une des erreurs qui lui est maintenant attribuée est que le dirigeant russe fait face à une opposition croissante dans son pays en raison des manifestations contre lui. Poutine est approuvé à 73 % ses initiatives militaires en Ukraine et les protestations proviennent d'un petit groupe aligné sur l'Occident, favorable aux politiques culturelles de Washington et financé par les Occidentaux.

C'est la même chose que ce qui s'est passé avec Navalny, qui était présenté comme une menace pour le pouvoir de Poutine et pourtant sa popularité n'a jamais dépassé 2%.

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Un autre exemple de la manipulation de l'information est que, profitant de l'ignorance générale en Occident, il est rapporté que les médias indépendants sont censurés, citant ce qui s'est passé avec la radio Echo de Moscou, présentée dans ces contrées comme une voix libre qui s'oppose à Poutine, omettant de dire qu'il s'agit simplement d'un média appartenant au capital américain.

La Russie a limité la participation de la propagande culturelle mondialiste occidentale, mais n'a pas réussi à la faire taire. De plus, contrairement à ce que les sociétés occidentales sont amenées à croire, Poutine est un dirigeant très populaire, mais il est loin d'être le maître de son pays.

Dans une nation où les leaders ont historiquement une forte personnalité, Poutine a dû faire face aux soi-disant oligarques, qui accueilleraient sûrement quelqu'un qui leur permettrait de contrôler le pouvoir politique grâce à leurs millions et sans se mêler des questions "patriotiques".

Ce sont ces personnes que l'Occident sanctionne aujourd'hui, en saisissant des yachts de luxe et en espérant que cela signifie que ces oligarques chercheront à renverser Poutine, mais l'équilibre interne des forces ne leur permet pas d'avancer comme dans nos pays habitués aux coups d'État économiques.

La Russie est un pays complexe avec plus de 150 nationalités et des intérêts différents, c'est pourquoi il est nécessaire de connaître son histoire et ses références politiques pour comprendre que Poutine ne fait qu'exprimer ce que la société russe dans son ensemble demande.

Seule l'ignorance peut faire croire que l'assassinat de Poutine, tel que proposé par le sénateur américain Lindsey Graham, changerait la position de la Russie vis-à-vis de l'OTAN.

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Ceux qui le pensent devraient prêter attention à certains détails tels que les demandes répétées de Ranzam Kadyrov, le leader tchétchène dont les hommes combattent le gouvernement de Kiev, qui a publiquement demandé au président d'avoir les coudées franches pour contrôler la situation dans les 48 heures.

En cela, nous voyons ce qui se passe réellement. La Russie n'a pas pris le contrôle de l'Ukraine simplement parce que l'intention de Poutine est de détruire l'appareil militaire de Kiev et de chasser les néonazis du pouvoir, mais pas d'annexer l'Ukraine ou d'anéantir sa population pro-occidentale.

Libérer Kadyrov aurait des résultats rapides, mais cela signifierait beaucoup de morts parmi les civils et la destruction des infrastructures. Une telle politique, similaire à celle de l'OTAN, c'est-à-dire des mois de bombardements jusqu'à ce que tout ce qui bouge soit détruit et ensuite passer sur les cendres pourrait bien être faite, la Russie a les moyens de l'exécuter, cependant, le ressentiment des Ukrainiens s'aggraverait et la Russie devrait également supporter les coûts ultérieurs de la reconstruction.

Ce n'est pas un problème pour les États-Unis car leur économie est beaucoup plus importante, mais surtout parce qu'il s'agit d'une entreprise à détruire et d'une autre à reconstruire, les sociétés américaines s'attellent à la tâche avec des prix gonflés et une qualité douteuse, laissant un trou dans les poches du trésor américain et dans les économies meurtries des pays dévastés.

La presse, et les communicateurs des médias sociaux, prennent cela comme un signe de faiblesse et d'incapacité, une telle stratégie est inconcevable, et cela a à voir avec les différents modèles que chaque camp a en tête.

L'action psychologique est si grande qu'elle finit par montrer que le pays qui a vu en quelques heures la perte de sa marine, de son aviation, de presque toutes ses bases militaires, d'une bonne partie de son armée de terre et qui a toutes ses villes principales encerclées, y compris sa capitale, est en train de gagner.

Ils ont également construit l'illusion que la Russie va se heurter à une résistance du peuple ukrainien comme cela s'est produit en Afghanistan, ignorant le fait qu'en réalité les caractéristiques du peuple ukrainien sont très différentes de celles de l'Afghanistan. Il n'y a pas de différence religieuse substantielle et ils sont tous slaves, bien que la moitié d'entre eux est pro-occidentale pour des raisons historiques et l'autre moitié pro-russe.

Pour cette raison, la population ukrainienne est à peu près divisée en deux en ce qui concerne la sympathie pour la Russie, et il y a tout lieu de croire que parmi ces Slaves occidentaux, une bonne partie doit être mécontente de la destruction de leur pays par la défiance de Zelensky et son soutien politique néo-nazi.

Un mensonge, s'il est répété mille fois, devient la vérité, est un principe de propagande désormais apprécié en Occident.

Une simple question permet d'exposer la réalité. Si l'OTAN est si puissante et l'armée russe si faible et mal préparée, comment se fait-il que la Russie défie ceux qui s'y opposent et annonce qu'elle détruira les convois d'armes occidentaux vers l'Ukraine, alors que l'OTAN ne fait que reculer et évite tout contact direct ?

À ce stade, nous constatons que si les villes ukrainiennes disposent aujourd'hui d'eau, d'électricité et d'Internet, c'est simplement parce que la Russie le permet, ce qui devrait faire réfléchir aux raisons ultimes et ne semble pas compatible avec le dirigeant sans cœur.

Les versions qui laissent penser que la Russie prépare des attaques contre des centrales nucléaires à ses propres frontières et à celles du Belarus ne manquent pas - quelle logique y a-t-il à générer une fuite radioactive à proximité de son propre territoire ?

Mais ce n'est pas tout, nous voyons aussi la Russie être accusée de préparer une attaque aux armes chimiques contre les Ukrainiens, tout en laissant l'eau et l'électricité fonctionner, personne ne remarque l'absurdité ?

Nous ne devrions pas être trop surpris quand nous voyons les allégations que la Russie fait depuis des années, allégations qui sont rendues vraies par les 26 laboratoires biologiques en Ukraine, en plus de la demi-douzaine trouvée au Kazakhstan et de la plus d'une centaine dans d'autres nations limitrophes de la Russie.

Les États-Unis ignorent ces allégations et, face aux preuves fournies par Moscou, choisissent d'expliquer qu'ils sont préoccupés par le fait que la Russie puisse avoir accès à ces agents pathogènes mortels.

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Personne en Occident ne semble s'inquiéter du fait que les États-Unis et l'OTAN possèdent plus d'une centaine de laboratoires pour la guerre biologique, que des programmes sont développés pour capturer le matériel génétique russe et chinois afin de fabriquer des armes ethniques qui ne sont mortelles que pour les groupes cibles.

Non, pour l'Occident, il est normal que de telles recherches soient menées à la frontière russe (et chinoise), et le danger est que la Russie puisse mettre la main sur ces informations.

Le niveau de l'approche est vraiment enfantin, et pourtant nous devons apprécier avec une certaine tristesse qu'une grande partie de la société occidentale est tellement aliénée par la propagande qu'elle est incapable de comprendre quelque chose d'aussi basique que ce que nous décrivons.

Une dernière question à mentionner dans ce sens est la question économique et financière, présentée une fois de plus dans la sphère occidentale comme des sanctions surpuissantes (la déconnexion de Swift a été annoncée comme une bombe nucléaire économique). Peu après le coup initial, nous voyons des données qui devraient amener l'Occident à se demander si c'est la bonne façon de vaincre la Russie.

Tout d'abord, nous avons assisté à la flambée des prix de l'énergie, des métaux et des denrées alimentaires, ce qui a exercé une pression inflationniste sur les économies. Mais ce n'est qu'un début, la déconnexion de Swift a fini par être partielle car l'UE, comme l'a reconnu Josep Borrell, ne peut se passer du gaz russe et son remplacement prendra plusieurs années, voire pas du tout, et à un coût exorbitant.

Pour avoir une idée de ce dont nous parlons, le gaz qui, il y a un an, coûtait environ 300 dollars pour 1000 m3, vaut aujourd'hui 3900 dollars, ce qui a un impact non seulement sur les poches des consommateurs européens qui ont besoin de chauffage, mais aussi sur l'industrie, déjà chère en soi, et qui perdra sa compétitivité dans le monde.

L'Europe est en train de se suicider et elle le fait aux mains de ses propres dirigeants, qui ont formé une croisade qui les conduit à interdire tout ce qui est russe, avec des absurdités telles qu'un orchestre symphonique qui a refusé de jouer Tchaïkovski parce qu'il était russe.

Les politiques de la "cancel culture" que nous avons vues à l'oeuvre il y a quelques mois dans leur absurdité progressiste ont maintenant une utilité géopolitique.

La Chine est le grand gagnant, elle obtient du gaz supplémentaire pour son économie et profite de l'absurdité du Swift car les États-Unis et leurs partenaires démontrent simplement que le dollar n'est pas une valeur refuge, que les réserves peuvent être confisquées à volonté et que la soi-disant sécurité juridique n'est qu'un bluff.

Tout est prêt pour que le yuan, désormais doté d'une version cryptographique, adossé à l'or et soutenu par CIPS, l'équivalent chinois de Swift, le supplante dans au moins deux tiers du monde non occidental.

Espérons que pour l'Occident, c'est le pire, s'il s'oriente vers une division mondiale en deux secteurs dans une répétition de la guerre froide, il se retrouvera avec la pire partie, celle d'une économie spéculative tandis que le camp rival dispose du secteur productif, avec le design et la technologie comme agrégat.

L'Occident s'est trompé sur la réalité, la Russie n'a pas été effrayée par les sanctions, qui loin d'être surprenantes ou dévastatrices comme la presse voudrait nous le faire croire, les a utilisées à son avantage en rachetant à prix cassés les entreprises qui quittent son pays et en nationalisant l'économie, en sapant le pouvoir réel des Etats-Unis, qui était le dollar comme monnaie de réserve et de commerce et en démontrant à l'Occident que ses entreprises dépendent des matières premières russes. Combien de temps faudra-t-il pour le remplacer et à quel prix ? Et ce n'est qu'un exemple.

En réalité, les sanctions occidentales ne sont qu'un catalyseur pour l'émergence d'une puissance alternative aux Anglo-Saxons et à leurs partenaires de moindre importance, qui a pour corrélat la perte de marchés tels que les 140 millions de Russes plus leurs alliés, auxquels on peut ajouter la Chine si on continue à faire pression sur elle.

L'UE est laissée pour compte, ses capacités sont réduites et ses contradictions internes sont exposées, ce qui la conduira à l'effondrement dans un court laps de temps. Les États-Unis perdent un partenaire tel que cette UE décadente et se referment sur eux-mêmes, mais pas en position de force comme le voulait Trump, mais en position de faiblesse.

Si nous prêtons attention aux acteurs mondiaux les plus pertinents, seuls les plus proches ont suivi les États-Unis, à preuve les pays que la Russie a signalés, l'UE plus 14 autres.

L'Inde, les 15 de l'ANASE, la Chine, les Africains, les Ibéro-Américains et les pays d'Asie centrale, entre autres, ont décidé de ne pas se plier aux États-Unis et à leurs sanctions.

Si le calcul de Poutine est si faux, si tout a si mal tourné pour lui, pourquoi ne se plie-t-il pas aux actions occidentales ? Il ne voit certainement pas le triomphe de l'Occident aussi clairement que la presse et les communicateurs de réseaux voudraient nous le faire croire.

Ces manipulateurs de nouvelles ont parlé de l'effondrement du rouble. Pourtant, lundi dernier, il a ouvert à 153 roubles pour un dollar et vendredi, il a clôturé à 114 roubles par unité de la devise américaine.

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Le fait de cacher cette nouvelle crée une réalité parallèle, un sentiment d'euphorie triomphale qui vise à maintenir le soutien du public et à faire passer les États hésitants dans le camp des vainqueurs.

Le problème réside dans le fait que les élites occidentales sont bien conscientes de la réalité : leur défaite à moyen terme est scellée et ne peut être évitée que par une action militaire visant à stopper la dérive naturelle des événements.

Bien sûr, même en cas de triomphe militaire hypothétique et douteux, le monde serait détruit et des milliards de personnes perdraient la vie directement et indirectement. L'hémisphère nord serait pratiquement inhabitable et c'est là que se concentre la majorité de la population mondiale.

Une question :

Qui pourrait souhaiter un monde réduit à 10 ou 20 % de sa population, car ce serait le résultat d'une guerre entre les grandes puissances. Il existe des groupes qui travaillent sur cette hypothèse.

Par coïncidence, on assiste à un boom des transactions immobilières où des méga-milliardaires occidentaux, notamment du monde anglo-saxon, investissent dans des terres de l'hémisphère sud comme l'Amérique du Sud ou des îles du Pacifique.

C'est peut-être un indice de ceux qui jouent le jeu et de ce qu'ils recherchent, utiliser les nations qu'ils ont parasitées à leurs fins pour imposer leur volonté de suicide afin d'imposer leur modèle.

mercredi, 02 février 2022

Culture woke : quiconque ose contester l'hégémonie du discours officiel doit être "annulé"

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Culture woke : quiconque ose contester l'hégémonie du discours officiel doit être "annulé"

Par Juan Manuel de Prada

Source: https://kontrainfo.com/cultura-woke-quien-se-atreve-a-desafiar-la-hegemonia-del-discurso-oficial-debe-ser-cancelado-por-juan-manuel-de-prada/


Il ne suffit plus d'organiser des conférences de presse au cours desquelles les questions des journalistes ne sont pas autorisées ; il ne suffit plus de permettre que les questions soient posées uniquement par les médias adeptes de la génuflexion permanente, condamnant les frondeurs à jouer le rôle de public muet. Il s'agit maintenant de garantir que seules les "versions officielles" concoctées à La Moncloa soient diffusées, en masquant les sources des médias plus critiques, qui seront ainsi obligés d'"écrire par ouï-dire" et pourront être plus facilement discrédités par les "vérificateurs" - ces Janissaires au service des "versions officielles"-, qui classeront toutes leurs nouvelles comme des "canulars" (ou feik nious, ce qui est plus parlant).

Au moment où les esprits s'échauffent, quiconque ose contester l'hégémonie du discours officiel doit être "annulé". Toute forme de dissidence, aussi légère soit-elle, est considérée comme illégitime, pernicieuse, dangereuse pour la paix et la tranquillité qui devraient régner parmi les masses crétinisées, dont le pouvoir s'érige en protecteur ultime. Jefferson a déclaré que "si je devais décider si nous devions avoir un gouvernement sans journaux ou des journaux sans gouvernement, je n'hésiterais pas un instant à préférer le second". Dans cette ère de la mort, le dilemme de Jefferson n'a pas de sens, car le gouvernement dispose de mécanismes suffisants pour garantir que ses "versions officielles" prévalent : il dispose de médias dépendants qui lui servent de porte-voix, de "fact-checkers" chargés de stigmatiser les médias dévoyés, de cacatoès et de perroquets qui régurgitent ses slogans et désignent les hérétiques qui osent les contester, il a des chiens de garde dans les réseaux sociaux chargés de la chasse aux sorcières et de la criminalisation des dissidents, il y a - en bref - des masses crétinisées qui réagissent de manière pavlovienne, perméables à l'agitation la plus grossière, et prêtes à diaboliser toute forme de journalisme critique.

Ainsi, le journalisme consacré à l'examen critique du pouvoir est en train de disparaître. A l'ère de la folie woke, c'est le pouvoir qui se consacre à scruter les journalistes dignes de ce nom, à les transformer en ennemis publics que les masses crétinisées peuvent harceler dans les latrines d'internet, voire aller gribouiller des injures sur le pas de leur porte. À l'ère du réveil woke, le pouvoir établit la vérité ; et, non content de cela, il dicte également qui est légitimé à la diffuser et qui doit être expulsé dans les ténèbres. Et, en même temps qu'il s'attelle à cette tâche de contrôle du journalisme gênant, le pouvoir peut mobiliser ses cacatoès et ses perroquets, subventionner ses "truthers", fouetter ses chiens de garde sur les réseaux sociaux, flatter les masses de lourdauds sectaires qui ne comprennent plus que, dans le journalisme, les faits sont sacrés mais que le jugement qu'ils méritent est différent. Maintenant, tout jugement dissident peut être purgé. Et la purge a commencé.

samedi, 20 mars 2021

Comment interpréter le concept de liberté utilisé par Freedom House?

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Comment interpréter le concept de liberté utilisé par Freedom House?

Leonid Savin

https://rebelion.org/

Traduction par Juan Gabriel Caro Rivera

Bien que Freedom House (FH) prétende être une organisation non gouvernementale, 70 à 80% de son budget total provient du gouvernement américain. Par conséquent, une grande partie du travail effectué par cette ONG est le reflet des politiques américaines. Récemment, FH a publié son dernier rapport annuel dans lequel il analyse l'état des libertés civiles dans le monde (1). Le rapport se fonde sur le concept occidental de ‘’liberté négative’’, qui conçoit la liberté comme l'absence d'obligations et de restrictions dictées par les relations sociales.

Les pays sont divisés en trois catégories: les libres, les ‘’partiellement libres’’ et les non libres. D'ici 2020, la FH prévoit qu'il y aura 82 pays libres, 59 pays partiellement libres et 54 pays non libres.

Pour avoir une idée de l'approche utilisée par Freedom House pour classer les différents États, il suffit de noter que des pays comme la Russie, la Turquie, le Kazakhstan, la Chine et le Vietnam sont considérés comme non libres, tandis que l'Ukraine, le Royaume du Maroc, le Pakistan et l'Inde sont classés comme partiellement libres ; les vaches sacrées de la démocratie sont les pays d'Europe occidentale et les États-Unis.

L'Estonie est le pays qui s'en approche le plus, avec un total de 94 points, ce qui est étrange, car cette démocratie balte est connue pour le fait qu'elle considère que la population russe ne fait pas partie de la citoyenneté estonienne, ce qui porte atteinte aux droits de l'homme pour des raisons ethniques, mais l'Estonie est considérée comme un pays libre par les employés de Freedom House. La même discrimination existe en Lettonie, mais ce pays reçoit un total de 89 points.

Le rapport note que le niveau des libertés démocratiques a sensiblement diminué au cours de l'année écoulée dans un total de 45 pays (2). La FH fait référence à plusieurs pays, notamment la Biélorussie.

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Aux États-Unis, le niveau de liberté individuelle s'est dégradé, ce qui a fait tomber ce pays loin derrière la Lettonie et l'Estonie (le score en matière de libertés civiles aux États-Unis est passé de 94 à 83 au cours de l'année écoulée), mais c'est la faute à Donald Trump.

Le rapport note également que l'épidémie de coronavirus a eu un impact négatif sur la promotion de la liberté, cela est clair en ce qui concerne des pays comme la Hongrie, la Pologne, l'Algérie, l'Égypte, l'Espagne, la Grande-Bretagne, l'Inde, la Chine, le Canada, l'Argentine, le Brésil, le Venezuela, la Colombie, l'Iran, la Thaïlande et les Philippines. ...

Le système de classement est plutôt biaisé. Par exemple, le rapport est caractérisé par des jugements tels que ceux-ci : "Les ennemis de la liberté défendent l'idée fausse que la démocratie est entrée dans un processus de déclin parce qu'elle est incapable de répondre aux besoins du peuple. En fait, la démocratie est en déclin pour une autre raison : parce que ses représentants les plus éminents ne font rien pour la défendre. Les démocraties doivent de toute urgence commencer à se montrer solidaires les unes des autres afin de conserver leur leadership mondial. Les gouvernements qui défendent la démocratie, y compris la nouvelle administration à Washington, doivent se réunir le plus rapidement possible..."

Que signifie "ne pas faire assez pour défendre la démocratie"? Bombarder la Yougoslavie, envahir l'Irak et l'Afghanistan, détruire l'État libyen, tenter de renverser le président de la Syrie, promouvoir un coup d'État en Ukraine? Soutenir une dictature brutale au Bahreïn afin d'assurer la présence de la cinquième flotte de la marine américaine?

À peu près au même moment où le rapport de Freedom House a été publié, le directeur du renseignement national des États-Unis a rendu public un rapport spécial sur l'implication du gouvernement saoudien dans le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi. Le meurtre s'est produit en octobre 2018 au consulat d'Arabie saoudite à Istanbul. Le rapport indique que le prince héritier Mohammed bin Salman a donné le feu vert à une opération visant à capturer et à tuer ce journaliste saoudien, mais les États-Unis n'ont imposé aucune sanction contre l'Arabie saoudite ou contre le prince héritier (Washington s'est limité à imposer quelques sanctions contre l'ancien chef des services de renseignement saoudiens Ahmad al-Asiri).

Il n'est pas non plus important que les employés de Freedom House écrivent sur l'état des libertés civiles dans les pays non libres (comme l'Arabie saoudite), puisque ces pays sont, dans l'ensemble, des vassaux des États-Unis. Les vassaux sont autorisés à faire certaines choses que les autres ne peuvent pas faire, et ces choses doivent inclure la suppression des libertés civiles, comme cela se passe actuellement en Ukraine avec l'approbation du gouvernement américain (3).

Notes :

  1. (1) https://freedomhouse.org/report/freedom-world/2021/democracy-under-siege
  2. (2) https://freedomhouse.org/explore-the-map?type=fiw&year=2021
  3. (3) https://www.fondsk.ru/news/2021/03/01/ozhestochennaja-borba-so-svobodoj-...

Source : https://www.fondsk.ru/news/2021/03/07/o-nesvobodnoj-rossii-i-otnositelno...

mardi, 15 décembre 2020

Les "antiracistes" et la réinvention du langage

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Les "antiracistes" et la réinvention du langage

par Marco Malaguti

Source : Centro Machiavelli & https://www.ariannaeditrice.it

"Je ne suis pas raciste mais...". Cette phrase a longtemps été une phrase qui ne peut plus être prononcée. Dans le passé, elle était utilisée pour exprimer les distinctions les plus polies concernant l'immigration de masse, mais maintenant elle est considérée comme une sorte de confession. Le "mais" nie automatiquement la négation, quelle que soit la suite de la phrase, de sorte que le "je ne suis pas raciste" est arbitrairement supprimé par celui qui reçoit la phrase : une intervention extérieure brutale révoque la légitimité de la relation existante entre le signifiant et le signifié, modifiant de manière significative ce deuxième aspect, le sommet du triangle sémiotique de la signification.

31tJToGpqVL.jpgUne telle opération n'est possible qu'en intervenant au niveau de la légitimation, dont le fonctionnement est décrit avec précision par Jean-François Lyotard dans le deuxième chapitre de La condition postmoderne avec un titre particulièrement emblématique : "Le problème". Le droit de décider de ce qui est vrai - par exemple, que la phrase "Je ne suis pas raciste mais" implique le rejet de la discrimination raciale - est pour Lyotard un problème essentiellement prospectif. Le droit de décider de ce qui est vrai ou faux (par exemple un sens), est étroitement lié au droit de décider de ce qui est juste et de ce qui est injuste. Dans un tel scénario, la science (la sémiotique) est étroitement liée à la politique et à l'éthique qui, selon Lyotard, reposerait sur un concept appelé "Occident". Lyotard conclut son chapitre par ce commentaire paradigmatique : "Qui décide de ce qu'est la connaissance (c'est-à-dire le sens à attribuer aux signifiants, ndA) ? La question de la connaissance à l'ère des technologies de l'information est plus que jamais la question du gouvernement".

En ce sens, l'œuvre culturelle du progressisme a été activée avec clairvoyance par une remise en question de toute la culture occidentale qui a sagement combiné les outils d'un relativisme semi-absolu et d'un dogmatisme para théologique qui ne sont qu'en apparence en contradiction l'un avec l'autre. L'affirmation progressive de significations progressistes corroborée par l'imprimatur de la légitimité académique et politique a placé les défenseurs des anciennes significations dans une impasse dont il semble n'y avoir aucune issue.

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Dans un tel contexte, l'adversaire double les enjeux : il ne suffit plus de proclamer que l'on n'adhère pas aux anciennes significations, il faut les répudier publiquement. L'autodafé de l'Inquisition espagnole est de nouveau à la mode. C'est ce qu'ont suggéré des universitaires comme Ibram Kendi (Université de Boston), qui, lors d'un webinaire de l'Université de Stanford, a déclaré qu'il ne suffit plus de ne pas dire qu'on est raciste, mais qu'il faut une déclaration publique de lutte contre le racisme.

Nous l'avons vu : Lyotard a attribué à l'Occident un sens central en tant que concept prospectif. Si nous encadrons les significations dans une prospective occidentale (c'est-à-dire blanche), la déclaration de Kendi a une logique qui lui est propre : les institutions décident de ce qui est juste et de ce qui ne l'est pas, c'est-à-dire qu'elles décident des significations des signifiants dans une perspective eurocentrique, donc implicitement raciste. Au lieu de cela, exiger des autoproclamations ouvertes d'antiracisme démolit le système de consensus et de légitimité sur lequel reposent les significations.

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Mais le problème qui se pose est celui de l'émergence, qui connote cette évolution comme une simple succession d'actes de force nihilistes : ceux qui ont le plus de force brute et de ruse pour s'imposer au détriment des autres sont aux commandes, et une perspective commune fait totalement défaut. C'est ainsi que se produit le déclin de toute transcendance politique, en particulier dans les républiques libérales-démocrates. En ce sens, le concept d'État lui-même est redéfini et se corrode, devenant une sorte de vase prêt à être rempli, selon la fortuité, le hasard et les forces qui s'affrontent à l'extérieur, avec des significations toujours nouvelles. Les oppositions, quelles qu'elles soient, sont soumises à la violence coercitive des maîtres du sens, prêts cependant à en payer le prix au premier moment de faiblesse de ceux-ci.

Le concept d'alternance démocratique disparaît, submergé par une lutte brutale pour la vie et la mort.

Cet état de précarité totale est perçu avec lucidité par les appareils au pouvoir, qui courent se mettre à l'abri :

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Le pouvoir déclenche une course à des lois toujours plus liberticides dans une sorte d'idéation pré-traumatique mais loin d'être paranoïaque. Cette tendance peut être observée dans tous les pays, des démocraties libérales occidentales aux pays "populistes", des "démocraties" sud-américaines au totalitarisme chinois et aux monarchies musulmanes du Golfe persique. Dans tous les pays du monde, les technologies et les lois qui les contrôlent représentent le secteur clé des relations entre les gouvernements et les oppositions, et aucun changement de tendance n'est visible : ce processus trouve précisément ses racines dans le champ de bataille sémiologique et plus encore dans celui des récits et des images.

L'importance de ce champ de bataille a été implicitement soulignée par Kendi lui-même à l'occasion des dernières élections présidentielles, lorsqu'il s'est particulièrement attardé sur des expressions telles que "vote légal" et "responsabilité personnelle", soulignant le caractère éminemment linguistique du problème. Il reste à savoir si les différentes langues du monde, en particulier celles d'origine européenne, peuvent être repensées dans une optique "inclusive" et "antiraciste", ou si, ayant été codifiées et provenant d'une époque certainement "raciste" (ainsi que "patriarcale", "homophobe", etc.), elles ne devraient pas plutôt être abolies tout court et remplacées par quelque chose d'autre, peut-être créé de toutes pièces, en dehors de la perspective occidentale.

Ce problème affecte la légitimité même des États qui seraient théoriquement appelés à approuver de telles mesures, mais qui sont aussi les rejetons d'un même horizon sémiotique. La conséquence serait qu'aucun État, du moins à l'Ouest, ne serait pleinement légitime. Un message radical dont les conséquences à long terme peuvent être aussi dangereuses qu'impondérables.

Fausses nouvelles : une nouvelle chasse aux sorcières

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Fausses nouvelles : une nouvelle chasse aux sorcières

par Enrica Perucchietti

Source :  Nazione futura & https://www.ariannaeditrice.it

Enrica Perucchietti, journaliste et écrivain, fait un tabac en librairie avec Fake News. Come il potere controlla i media e censura l’informazione indipendente per ottenere il consenso.  (= Fake News. Comment le pouvoir contrôle les médias et censure l'information indépendante pour obtenir un consensus). Ce livre décrit le monde dystopique dans lequel nous avons été catapultés ces derniers mois. Analyses, descriptions, commentaires et réflexions pour démasquer le pouvoir qui contrôle l'information et occulte la dissidence.

Entretien avec Enrica Perucchietti

Fake News vise à démasquer le pouvoir qui contrôle les médias et censure l'information. Pensez-vous que la lutte contre les fausses nouvelles ressemble à une nouvelle chasse aux sorcières ?

Oui, je crois que la lutte actuelle contre les pseudo-fausses nouvelles est en fait une chasse aux sorcières, d’un type très élaboré, visant à réprimer toute dissidence. Elle dure désormais depuis trois ans, et elle a atteint son point culminant pendant le confinement, avec la censure sur le Net de contenus que l'algorithme de service ne considérait pas comme convergents avec le récit officiel sur le Covid-19. D'une part, cette chasse aux sorcières moderne exploite la question de la cyberintimidation, de la haine et de la désinformation sur le web, pour aboutir à l'approbation d'une censure du réseau, en venant à assumer, du DDL Gambaro à la Commission d'enquête parlementaire sur les fausses nouvelles, l'introduction de nouvelles lois ou formes d'amendes et d'emprisonnement pour ceux qui divulguent des nouvelles "fausses, exagérées, biaisées, concernant des données ou des faits manifestement infondés ou faux" ; des normes qui rappellent le crime d'opinion (une forme moderne de psycho-réalité orwellienne), dont le but n'est pas tant de frapper les nouvelles non fondées que la dissidence en général.

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La classe politique prépare-t-elle les nouvelles pour obtenir un consensus et obscurcir les dissensions?

La propagande a toujours été, même en démocratie, un outil de formation de l'opinion publique et d'hétéro-détermination du consensus. La politique, et plus généralement le pouvoir, a intérêt à diriger l'information, qui, surtout au cours de ces derniers mois, est parfois devenue indissociable de la propagande. Un exemple récent est le décret-loi 34/2020 (dit "décret de relance") qui, dans son article 195, a prévu l'allocation de 50 millions d'euros pour la fourniture d'une contribution extraordinaire en faveur des diffuseurs locaux de radio et de télévision (c'est-à-dire des spots) qui s'engagent à transmettre des messages de communication institutionnelle relatifs à l'urgence sanitaire dans leurs propres espaces d'information. On peut imaginer combien d'éditeurs, pour accéder à ce financement, en viendront à accepter de diffuser des spots institutionnels et à aligner leur ligne éditoriale sur une version pro-gouvernementale. Cela conduira bien évidemment à la formation de l'opinion publique en orientant le consensus dans la direction prédéterminée d'en haut (dans ce cas par le gouvernement). Les informations de masse qui se diffusent par le biais des médias grand public et bénéficient d'investissements sont obligées de se soumettre à des lignes éditoriales spécifiques et à la volonté (ou au caprice) des sponsors. Y compris, bien sûr, la censure.

Ce que vous appelez la "psychose antiraciste" se répand. De quoi s'agit-il ?

Cette psychose fait partie du progressisme politiquement correct qui, depuis des années, tente de reprogrammer les consciences. Au lieu de sensibiliser les citoyens sur des questions significatives, elle tente de convertir les masses par la violence, la psychose et l'hystérie, en refusant toute forme de confrontation. En d'autres termes, on a créé une forme de psychopole arc-en-ciel et politiquement correct qui ne tolère pas les déviations par rapport à la pensée unique qui est aussi féroce qu'implacable. Pensons, par exemple, à Black Lives Matter : le mouvement, né après l'homicide dont fut victime George Floyd, a décrété l'interdiction de films parce qu'ils sont considérés comme racistes, sexistes, homophobes ou transphobes, (Variety, le magazine américain culte des cinéphiles du monde entier, a publié une liste de dix films considérés comme "dangereux", de Autant en emporte le vent à Forrest Gump), une autre liste d’œuvres littéraires (de Dante à Lovecraft), une liste de termes considérés comme racistes et a également banalisé la démolition iconoclaste de statues. Cela a généré une véritable psychose qui a touché des domaines inattendus, en changeant une fois de plus le langage et en interdisant l'utilisation de termes tabous. L'Oréal, la multinationale des cosmétiques, a décidé de supprimer le mot "blanc" et "blanchissant" de ses produits : cette décision intervient après que la filiale indienne du groupe Unilever, qui a choisi de rebaptiser sa crème blanchissante pour la peau commercialisée sous le nom de "Fair & Lovely", ait visé un modèle plus "inclusif". Johnson & Johnson a également confirmé aux médias qu'elle ne vendra plus le sérum blanchissant "Fine Fairness" de Neutrogena, mais qu'elle le remplacera par un hydratant d'Indian Clean & Clear, appelé "Clear Fairness Cream". La frénésie antiraciste a également investi le Git-Hub, la communauté des développeurs informatiques, peuplée de programmeurs d'Apple, Microsoft, Google, Twitter, Facebook et sur laquelle les codes sources sont téléchargés et divers sujets sont débattus sur des forums de discussion spéciaux. Le siège a pris la décision d'abolir le terme technique "maître", utilisé dans les logiciels, parce qu'il est trop proche de l'esclavage.

Donald Trump pourrait être un cas d'école, en tant que victime de la censure par Twitter, surtout dans son moment politique le plus délicat : la campagne électorale. Comment analysez-vous l'affaire Trump dans le contexte de la communication ?

C'est un cas emblématique et très grave en termes de liberté de pensée et d'information, puisque - qu'on aime le personnage ou non - Trump a été victime de battage publicitaire, de campagnes de diffamation, de scandales montés et pilotés avec art, voire de censure des réseaux sociaux et des chaînes de télévision. La censure a servi à empêcher à tout prix que certains messages du président sortant puissent pénétrer et se répandre dans l'opinion publique : si cela se produit avec l'occupant de la Maison Blanche, comment peut-on penser que le citoyen moyen sera immunisé ?

Les canulars circulant facilement sur le web sont des canulars, rarement reconnus par l'utilisateur moyen. Serait-ce une bonne habitude de vérifier les faits ?

fake-news-n-e-4d.jpgSi la vérification des faits était objective et ne constituait pas seulement un moyen d'attaquer, de dénigrer et de persécuter des informations indépendantes, elle constituerait une pratique bonne et souhaitable. C'est pourquoi j'ai rejoint le projet de Matteo Gracis du site nobufale.it, dont le but est de vérifier les nouvelles, y compris, toutefois, celles transmises par les médias, qui sont les premiers à se tromper, et non de vérifier les nouvelles et de diffuser de fausses nouvelles.

Sommes-nous en train de revivre un deuxième 1984 ?

Nous risquons de nous réveiller dans un contexte très similaire. En quelques mois, nous avons été catapultés dans une véritable dystopie, un système totalitaire, produit par l'intersection d'idéologies égalitaires, du capitalisme technologique et du contrôle pharmaceutique, incluant la surveillance des citoyens, le déploiement de drones, les amendes sauvages, les propositions de bracelets hi-tech pour la distanciation sociale, la distanciation verticale dans les transports publics, le psycho-policier, le néo-langage avec l'invention de termes ad hoc pour marquer les dissidents (NO MASK , négationniste, etc.), la censure du web, les traitements médicaux obligatoires, la délation, la tempête d’injures sur les réseaux sociaux contre ceux qui osent critiquer les mesures prises par le gouvernement. ), la censure sur le web, le traitement médical obligatoire, etc. La crainte de l'urgence sanitaire a conduit à la création d'une sorte de psychopole dans lequel les citoyens ont joué avec diligence le rôle d'informateurs, prêts à dénoncer toute personne qui, selon leurs paramètres, ne respectait pas les règles. Cela a créé une sorte de chasse au "untore" de la mémoire de Manzoni (vous vous souvenez de la colonne infâme ?) avec le signalement viral de comportements ambigus et la création de groupes Facebook où signaler tout contrevenant aux interdictions. Les "dissidents", c'est-à-dire ceux qui critiquaient l'excès de restrictions, étaient insultés, dénigrés, menacés, coupables précisément de penser mal, comme si leur esprit critique pouvait mettre en danger, voire "infecter", toute la communauté. On peut bien dire que, assombrie, voire écrasée par le poids de la peur, la recherche de la sécurité a conduit de plus en plus de personnes à accepter de s'appuyer sur des mesures autoritaires et répressives pour se sentir en sécurité. Le pouvoir, qui ne s'identifie pas à la politique mais l'exploite et la dirige dans les coulisses, profite des moments de crise pour diriger l'opinion publique de manière de plus en plus sophistiquée, en imposant un principe d'autorité : dans un horizon où tout risque de s'estomper et de disparaître sous le poids des images, où tout devient "relatif" et virtuel, pour comprendre ce qui est vrai et ce qui est faux, il faut se référer à une autorité extérieure pour être rassuré et savoir orienter ses choix.

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La langue est un autre élément étudié dans son analyse. La pathologie du politiquement correct affecte-t-elle également notre façon de nous exprimer ?

Le recours à des néologismes toujours nouveaux, créés avec art, signifie que ce n'est plus nous qui pensons avec des mots, mais que ce sont les mots eux-mêmes qui pensent pour nous. Cela se produit parce qu'ils sont vidés de leur sens, sclérosés, tout comme l'esprit des gens est devenu schizophrène à force d'être manipulé et de vivre dans un présent éternel où l'histoire est constamment falsifiée et réécrite. Le langage est réduit à l'essentiel, les mots deviennent des coquilles vides, idéales pour véhiculer les concepts du « double langage » orwellien, qui peuvent être constamment modifiés, renversés, niés, désavoués. De même que la conscience est nivelée et l'identité de la personne est éradiquée, car "remplie" par les préceptes du pouvoir, de même le langage est vidé. La pensée unique, aujourd'hui, ne nécessite plus une censure violente, bien que le dénigrement et la violence médiatique la remplacent en partie, mais fait de chacun un censeur de lui-même. D'une part, la répression et la violence nous empêchent d'exprimer ce que nous voudrions, par peur d'une réaction; d'autre part, le politiquement correct et le néolangage (la novlangue) rendent de plus en plus difficile non seulement de parler et d'écrire, mais même de penser. Le néo-langage politiquement correct est une construction artificielle et bureaucratique ; c'est une langue pour les fanatiques idéologiques, qui infecte le monde entier, s'imposant par des slogans et une dépendance aux médias. Aujourd'hui, nous pouvons observer de nombreux exemples de néo-langage, mais le plus flagrant est le processus de réécriture du langage, qui a été imposé par le gender friendly pour subjuguer mentalement les consciences et les empêcher de "penser", et surtout de penser de manière "hérétique".

Revenant sur la forme du langage, quand le pouvoir "s'adresse au public comme à des enfants" ?

L'exploitation de l'émotion est une technique classique, une règle d'or, pour provoquer un court-circuit dans une analyse rationnelle. De plus, l'utilisation du registre émotionnel permet d'ouvrir la porte à l'inconscient, d'implanter ou d'injecter des idées, des désirs, des peurs et des craintes. Walter Lippmann a déjà expliqué l'importance de l'empathie : une personne finit par s'identifier à une idée ou à une image lorsqu'elle la sent sienne, c'est-à-dire lorsqu'elle éprouve un sentiment de participation émotionnelle et donc de proximité.

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Comment la stratégie de distraction est-elle mise en œuvre ?

Elle est l'élément principal du contrôle social et consiste à détourner l'attention du public des problèmes et des changements importants décidés par les élites politiques et économiques, par la technique du déluge ou de l'inondation de "distractions" continues et d'informations insignifiantes. C'est-à-dire qu'il vise à occuper le public sans lui donner le temps de réfléchir, le rendant ainsi "passif". Déjà Aldous Huxley notait, dans Le meilleur des mondes revisité, comment les puissants avaient compris que, pour contrôler les masses, il fallait agir sur "l'appétit presque insatiable de distractions" de l'homme. En ce sens, explique le romancier anglais, l'industrie des médias est décrite comme l'un des bras armés des gouvernants, visant non pas tant à communiquer le vrai ou le faux, mais plutôt à offrir l'irréel, c'est-à-dire une évasion du réel qui oblige l'homme à se distraire des contingences sociales, économiques et politiques. Cette règle peut également être appliquée aux scandales, aux nouvelles ou aux commérages, qui servent à détourner l'attention de l'opinion publique de problèmes beaucoup plus urgents. Il comprend également tous les événements sportifs ou spectacles qui parviennent à attirer une attention considérable des médias et donc du public.

L'urgence de Covid19 a été un test pour la communication au grand public. Quel a été l'effet sur la population ?

À partir des différentes versions émises sur la propagation de la contagion, pendant les mois de la pandémie du Covid-19, les informations officielles étaient virtuelles, contradictoires et parfois schizophrènes, alimentant un récit catastrophique et générant la terreur et la psychose de masse. Au cours des premiers mois, je pense que le caractère vague des informations était dû en partie au manque de transparence dans la gestion initiale de la pandémie par la Chine et en partie à la diffusion de données contradictoires et peu claires par les organismes institutionnels et les "experts". Pendant des semaines, même les journalistes n'ont pas pu comprendre la gravité de la situation, car les déclarations - parfois exprimées superficiellement et à titre personnel - des "experts" étaient trop diverses et contradictoires. D'où la désorientation et la perception publique de l'information "virtuelle". Dans les mois qui ont suivi, on a cependant pu constater que les médias ont délibérément choisi de continuer à cautionner le catastrophisme et d'accroître l'anxiété et la psychose, poursuivant une criminologie de la santé visant à maintenir un climat de peur élevé et justifiant des mesures répressives clairement destinées à maintenir la pression jusqu'à l'arrivée du vaccin. Le fait que l'opinion publique soit divisée même sur une question aussi sensible que la pandémie du Covid-19 montre clairement que l'information, de plus en plus spectaculaire, peine parfois à être crédible, précisément parce qu'elle semble avoir abandonné l'objectivité et la recherche de la vérité pour se soumettre à des lignes éditoriales spécifiques ou simplement pour faire de l'audimat, capter quelques clics ou vendre quelques exemplaires supplémentaires d'un journal. Dans ce cas, même les journalistes se sont trouvés obligés de courir après des informations confuses et contradictoires émanant d'organes officiels : comme ils sont tous devenus des "experts" mais sont tous en contradiction les uns avec les autres, il a été difficile de reconstituer et de diffuser des informations correctes.

jeudi, 26 novembre 2020

Les relations troubles entre les journalistes et la CIA

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Les relations troubles entre les journalistes et la CIA

Ex: http://www.geopolintel.fr

Pendant la crise du Covid bon nombre de spectateurs se sont interrogés sur les conflits d’intérêts des journalistes et des médecins avec les laboratoires pharmaceutiques.
BFM TV (Altice Europe NV) et le laboratoire GILEAD ont en commun de nombreux actionnaires.
Posons-nous la question de savoir si cette propagande anti Raoult fait partie du Projet Mockingbird, liant à la fois les rédactions et les laboratoires à la CIA.

Officiellement, le Projet Mockingbird n’existe plus mais il semble que ce réseau soit toujours actif dans toutes les rédactions du monde.

La création du Projet « MOCKINGBIRD »

En 1948, l’agent de la CIA Frank Gardiner Wisner a été nommé directeur du Bureau des projets spéciaux pour créer le Projet Mockingbird (« oiseau-moqueur »), un programme visant à influencer les médias américains.
Wisner reçut l’ordre de créer une organisation dont l’un des objectifs principaux serait de créer la propagande.
L’OPC était financé par le détournement de fonds qui étaient destinés au « Plan Marshall ».
Une partie de cet argent fût utilisé pour soudoyer et corrompre les journalistes et les éditeurs.

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Frank G. Wisner II (son fils) s’est marié en 1976 avec Christine de Ganay, divorcée de Pal Sarközy de Nagy-Bocsa. Elle est la mère d’Olivier Sarkozy (demi-frère du président Nicolas Sarkozy).

Journalistes Occidentaux & CIA : « La CIA contrôle tout ! »
Udo Ulfkotte du Frankfurter Allgemeine Zeitung

Les révélations fracassantes d’un ancien rédacteur en chef allemand sur ses liens et ceux de la plupart des journalistes occidentaux avec la CIA

Udo Ulfkotte, ancien rédacteur en chef du Frankfurter Allgemeine Zeitung (l’un des plus grands quotidiens allemands), révèle qu’il a travaillé pour la CIA. Il affirme que tous les médias les plus importants sont contrôlés par la CIA et que celle-ci œuvre à une guerre avec la Russie… Fatigué de tromper ses lecteurs et effrayé par la guerre qui s’annonce, il a décidé de parler.

Cliquez sur la vignette pour voir la vidéo du journaliste Udo Ulfkotte

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Udo Ulfkotte, un ancien rédacteur en chef d’un des plus grands quotidien allemand de grand tirage Frankfurter Allgemeine Zeitung, admet qu’il a travaillé pour la CIA.

“Je suis journalise depuis environ 25 ans et on m’a appris à mentir, à trahir et à ne pas dire la vérité au public,” a dit Ulfkotte dans un entretien avec la chaîne Russia Today (RT). “J’ai été soutenu par la CIA, pourquoi ? Parce que je suis pro-américain”

Il a décidé de dire la vérité au sujet des médias de masse complètement contrôlés par la classe financière parce qu’il a peur d’une guerre en Europe.

“Les médias allemands et américains essaient d’amener la guerre aux gens en Europe, d’amener la guerre en Russie. C’est le point de non retour et je vais dire ce que j’ai à dire… Ce que j’ai fait dans le passé est mal, mamipuler les gens, de construire une propagande contre la Russie.”

Ulfkotte a dit que la plupart des journalistes de la corporation médiatique aux Etats-Unis et en Europe sont “soi-disant des couvertures non-officielles”, ils travaillent pour une agence de renseignement. “Je pense que c’est particulièrement le cas pour les journalistes britanniques, parce qu’ils ont une relation bien plus étroite (avec leur service de renseignement). C’est très certainement le cas avec les journalistes israéliens et bien sûr les journalistes français… C’est également le cas avec les journalistes australiens, néo-zéalndais, taïwanais, bref, de beaucoup de pays.”

Operation Mockingbird (Opération “oiseau moqueur”)

La subversion par la CIA des médias de masse est très bien documentée. Dès 1948, l’ancien avocat de Wall Street Frank Wisner (NdT : le père du beau-père de Sarkozy…) a établi l’opération Mockingbird quand il était directeur de l’OSP (Office of Special Projects), qui allait devenir par la suite un département de la CIA. Cette opération avait pour but de convertir les médias en outil de propagande pour l’élite financière. Wisner engagea Philip Graham du Washington Post pour diriger l’opération et recruter des journalistes, beaucoup d’entre eux avaient travaillé pour le renseignement militaire durant la seconde guerre mondiale.

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“Vers la fin des années 1950, Wisner ‘possédait’ des membres respectés du New York Times, de Newsweek, de CBS et autres véhicules de communication,” écrit Deborah Davis dans son livre“Katharine the Great : Katharine Graham and the Washington Post”.

De 1953, l’opération fut dirigée par le directeur de la CIA Allen Dulles et balayait virtuellement toutes les grosses entreprises médiatiques incluant le New York Times (NdT : Nous avons dit sur ce blog depuis très longtemps que le New York Times était “la voix de la CIA”…), les magazines Time et Life, les équipes de journaux télévisés, particulièrement CBS News sous Philip Paley, en plus des journaux et chaînes de télévision d’information, la CIA contrôlait aussi Hollywood et la production des films.

“Les fichiers de la CIA documentent des arrangements de couverture additionnels avec ces organisations de presse entre autres : Le New York Herald Tribune, Saturday Evening Post, Scripps-Howard Newspapers, Hearst Newspapers, Associated Press (AP), United Press International (UPI), the Mutual Broadcasting System (MBS), Reuters, the Miami Herald,” a écrit Carl Bernstein le célèbre journaliste de l’affaire du Watergate dans un article paru dans la revue Rolling Stone en 1977.

Des preuves de l’existence du réseau de la propagande de la CIA, son “puissant Wurlitzer” comme l’appelait Wisner, avaient été révélées dans les années 1970 suite aux révélations du comité d’enquête du sénateur Church (Church Committee). “”La CIA entretient couramment un réseau de plusieurs centaines d’individus étrangers à travers le monde qui fournissent des renseignements à la CIA et parfois essaient d’influencer les opinions publiques au travers de l’utilisation de propagande cachée. Ces individus donnent à la CIA un accès direct à un grand nombre de journaux, magazines et périodiques, un grand nombre d’agences de presse, de stations de radios et de télévisions, d’entreprises de publication de livres, maisons d’édition et autres fonctions médiatiques étrangères,” citait un rapport du comité du Congrès en 1976.

Comme le documente Alex Constantine, l’opération Mockingbird est toujours opérationnelle aujourd’hui sous une grande variété de déguisements. Un de ses plus grands géniteurs, Richard Mellon Scaife, vient juste de décéder.

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CIA Media pousse pour une guerre catastrophique avec la Russie

Udo Ulfkotte s’est dévoilé parce qu’il a peur d’une guerre entre les Etats-Unis, l’Europe et la Russie.

“Les médias américains et allemands essaient d’amener la guerre en Europe, en Russie. C’est le point de non retour et je vais dire ce que j’ai à dire… Ce que j’ai fait dans le passé est mal, manipuler les gens, construire une propagande contre la Russie. Ce n’est pas juste ce que mes collègues font également, ce qu’ils ont fait dans le passé, parce qu’ils sont corrompus pour trahir le peuple, pas seulement en Allemagne, mais partout en Europe… J’ai très peur d’une nouvelle guerre en Europe et je ne veux pas avoir une fois de plus cette situation se produire, car une guerre ne vient jamais toute seule, il y a toujours des gens qui poussent à la guerre et ce ne sont pas seulement les politiciens, ce sont les journalistes également… Nous avons trahi notre lectorat, nous avons juste toujours poussé pour la guerre… J’en ai assez, j’en ai ras le bol de toute cette propagande. Nous vivons dans une république bananière et non pas dans un pays démocratique où nous aurions la liberté de la presse.”

Pour l’élite gouvernante, l’oligarchie financière en contrôle des Etats-Unis, la guerre est un outil fait sur mesure pour maintenir et centraliser le pouvoir ainsi qu’établir un ordre monétaire mondial. Aveuglée par son arrogance démesurée, l’élite croit qu’une guerre avec la Russie va mettre en échec les aspirations géopolitiques de cette nation, qu’ils perçoivent comme une menace, comme celles de la chine. Mettre en échec et défier la Russie est l’objectif de cette guerre en Ukraine, qui s’est mise en sourdine depuis quelques temps.

La Russie est parfaitement au courant de ce qui se trame et se prépare maintenant pour l’inévitable : une guerre thermonucléaire. Impensable il y a encore 2 ou 3 ans, la Russie est maintenant en train de considérer une refonte à très grande échelle de sa position militaire et de considérer (NdT : comme l’ont déjà fait les Etats-Unis…) la possibilité d’une première frappe nucléaire contre l’OTAN et les Etats-Unis.

“A mon avis, notre ennemi principal sont les Etats-Unis et l’OTAN”, a dit le mois dernier le général Youri Yakoubov, vétéran du ministère de la défense russe.

Yakoubov a dit que la Russie avait fusionné ses forces aériennes et spatiales avec ses forces nucléaires aériennes, terrestres et maritimes.
“De plus, il est nécessaire de finement détailler les conditions sous lesquelles la Russie pourrait mener une frappe préemptive avec ses forces balistiques stratégiques”, a t’il dit.

SOURCE

 

samedi, 05 septembre 2020

Novlangue, langue de coton et autres langues de censure

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Novlangue, langue de coton et autres langues de censure

par François-Bernard Huyghe

Ex: https://www.cairn.info

Contrôler la langue c’est pouvoir contrôler et orienter les populations. Des jargons professionnels à l’écriture inclusive, tout un arsenal s’étend pour faire de la nécessaire mise en ordre des mots et des propos une mise au pas des idées. Censure officielle et autocensure individuelle peuvent se conjuguer au service d’un totalitarisme verbal, régnant en faveur d’un supposé bien.

La plupart des lecteurs conviendront que la langue (système de signes a priori fait pour cela) sert à communiquer. Mais elle fait aussi intérioriser un pouvoir : utiliser certains mots, d’une certaine façon, interdit de penser certaines idées.

Jargon, novlangue et langue de coton

Parmi les langues de pouvoir, nous distinguerons trois familles (ou trois logiques principales) : la famille jargon, la famille novlangue et la famille langue de coton. Étant entendu qu’il y a énormément de mariages et cousinages entre les trois branches.

Les jargons sont des langues spécifiques à des catégories sociales ou professionnelles. Ils permettent de se comprendre à l’intérieur d’un cercle et d’exclure les non-initiés (comme les argots dans les groupes marginaux). Globalement, un jargon sert à s’identifier à une communauté (« je maîtrise les codes »), et à faire sentir aux autres qu’ils n’en sont pas (« ils ne comprennent pas »). Il en résulte souvent, grâce à des termes ésotériques, techniques ou savants, un effet de persuasion (« puisque je ne comprends pas, ce doit être vrai »). La sidération fonde l’autorité. Et le mystère, la soumission.

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La novlangue a une origine bien précise : le génial roman d’Orwell 1984 décrit comment le pouvoir de Big Brother développe scientifiquement un néovocabulaire et une néosyntaxe. Le but est de remplacer l’ancienne langue naturelle par le newspeak. La fonction est d’empêcher la formulation de toute critique afin de produire une soumission idéologique. Pour cela, des bureaucrates suppriment une partie du vocabulaire et réassignent un sens nouveau à d’autres (le fameux « la guerre, c’est la paix, la vérité, c’est le mensonge »). L’usage révisé devient obligatoire et, dans les mots forgés par le parti, s’exprime l’adhésion à la doctrine. Toute représentation de l’histoire et de la réalité est parallèlement modifiée par les médias et les archives sont réécrites suivant la ligne politique. Le système repose sur le couple interdiction plus automaticité. Les phrases, purifiées des mots inutiles, s’enchaînent pour mener aux conclusions souhaitées. Parallèlement, la « doublepensée » permet d’assumer des contradictions évidentes. Essentiellement idéologique, la novlangue suppose un ennemi, coupable du mal par excellence : la « crimepensée », c’est-à-dire le seul fait de concevoir (et nommer) le monde autrement que Big Brother.

« Tous les concepts nécessaires seront exprimés chacun exactement par un seul mot dont le sens sera rigoureusement limité. Toutes les significations subsidiaires seront supprimées et oubliées… La Révolution sera complète quand le langage sera parfait. »
George Orwell, 1984.

Certes la novlangue n’a jamais été parlée que dans le roman, mais elle se réfère à la « sovietlangue », ou langue de bois soviétique, outil historique d’une logocratie : une parole officielle formalisée et dont la répétition obligatoire s’impose à tous. Elle sert à occulter la réalité (les échecs du régime ou les contradictions de la doctrine). Elle contraint chacun à feindre de croire en un monde imaginaire où ladite doctrine fonctionnerait parfaitement. Mentionnons aussi une LTI (« lingua terti imperi », langue du Troisième Reich) nazie que s’imposaient les membres du parti. Totalitarisme et contrôle du langage entretiennent un lien évident. La recherche de la prévisibilité maximale : conformité de toute parole, même dans des échanges privés. Donc contrôle maximal des esprits qui ne maîtriseront plus de codes pour penser autrement.

huyghe_1991_coton_couv-1-649x1024.jpgLa troisième catégorie de notre typologie ne fonctionne pas par les conventions d’une minorité ou par la contrainte des autorités : elle est si consensuelle, si peu discriminante, si floue qu’il n’est plus possible de dire le contraire. Cette « langue de coton » a particulièrement fleuri à la fin des années 1980, dans les discours médiatique, politique et technocratique. Irréfutable parce que l’on ne peut pas énoncer la thèse opposée, elle dit des choses tellement imprécises ou moralement évidentes qu’il est impossible de savoir à quelle condition son message pourrait être reconnu faux tant il offre d’interprétations. On reconnaît la langue de coton à ce que ses concepts sont interchangeables. Les mêmes mots peuvent servir à parler de n’importe quoi d’autre.

« Cela dit, dès que l’on échappe au physicalisme des rapports de force pour réintroduire les rapports symboliques de connaissance, la logique des alternatives obligées fait que l’on a toutes les chances de tomber dans la tradition de la philosophie du sujet, de la conscience, et de penser ces actes de reconnaissance comme des actes libres de soumission et de complicité. »
Interview non parodique de Pierre Bourdieu parue dans Libération en 1982.

En résumé, les jargons jouent sur le ressort de l’incompréhension (sens ésotérique), les novlangues et sovietlangues sur l’interdiction et la prescription (sens obligatoire) et la langue de coton par exclusion de la critique (vidée de sens).

Politiquement correct et écriture inclusive

Cela posé, à quoi ressemblent les langues idéologiques d’aujourd’hui ? Le lecteur se doute que nous allons répondre : un peu des trois. Mais d’autres facteurs plus récents s’ajoutent.

Le premier est le « politiquement correct ». Dans la décennie 1980, on commence à employer l’expression aux États-Unis (vite abrégée en PC pour political correctness). Ce sont des formules et vocables qui se réclament d’une vision ouverte et moderne du monde. Elle impose de reformuler les façons anciennes de nommer certaines catégories de gens ou certaines notions. Non seulement le PC multiplie les interdits et les expressions figées (avec périphrases ridicules), mais il le fait au nom d’un impératif : ne pas offenser telle catégorie – minorités ethniques, femmes – telle forme de sexualité, tel handicap, tel mode de vie, telle conviction. Le tout pour ne pas discriminer. Des phrases sont bannies non parce qu’elles seraient fausses (rappelons que nommer, c’est discriminer, pour bien distinguer ce dont on parle de tout le reste), mais parce qu’elles provoqueraient une souffrance ou une humiliation. Elles révéleraient une domination. Le parler ancien serait plein de stéréotypes, globalement imposés par les hommes blancs hétérosexuels prospères et conservateurs. Lexique et grammaire (prédominance du masculin en français) refléteraient un rapport de pouvoir à déconstruire. Pour le remplacer par un langage convenu (par qui, au fait ?) et de nouveaux rapports de respect et de tolérance.

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Ce raisonnement repose sur trois présupposés. D’abord que ceux qui ont produit la langue jusqu’à présent (le peuple et les écrivains) ignoraient la nature oppressive de la langue et, partant, étaient complices des dominants. Seconde idée : une minorité éclairée est, elle, en mesure de déconstruire le complot séculaire et de fixer les bonnes dénominations source des bonnes pensées. Troisième postulat : imposer la pensée correcte par les mots rectifiés, c’est supprimer la source du mal, dans la tête. Cela permet de criminaliser toute critique : par les mots mêmes que vous employez, ou votre refus du PC, vous êtes du côté des oppresseurs et des abrutis. Donc vous ne pensez pas vraiment : votre tête est pleine de stéréotypes dont nous allons vous guérir.

À un degré plus avancé, se développe l’écriture inclusive, qui, au mépris de la grammaire, impose des contorsions destinées à établir l’égalité entre masculin et féminin. Le but est que personne ne puisse se sentir mal représenté ou lésé par l’orthographe. Double bénéfice : ceux qui l’adoptent se forment au dogme et ceux qui la maîtrisent manifestent leur supériorité morale. On gagne à tous les coups : qui ne parle pas comme moi (par exemple, qui doute de la « théorie du genre ») ne pense littéralement pas, il a des fantasmes et des haines. Et comme la langue est performative (elle a des effets dans la vie réelle), il est comme responsable de quelques crimes relevant du sexisme, du patriarcat, du colonialisme.

« Quand il·elle·s sont tout neuf·ve·s,
Qu’il·elle·s sortent de l’oeuf,
Du cocon, Tou·te·s les jeunes morveux·euse·s
Prennent les vieux·vieilles mecs·nanas
Pour des con·ne·s.
Quand il·elle·s sont d’venu·e·s
Des têtes chenues,
Des grison·ne·s,
Tous les vieux fourneaux
Prennent les jeunot·te·s
Pour des con·ne·s. »
Chanson de Georges Brassens traduite en écriture inclusive.

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Amusant paradoxe : si la novlangue de Big Brother s’assume comme langue d’autorité, le politiquement correct se pare des prestiges de la critique. S’il s’impose c’est, disent ses partisans, pour nous libérer et parce que nous étions aliénés. Ce qui lui permet, en toute bonne conscience, de transformer des opinions adverses en délits. Le jour où nous parlerons comme des robots, nous serons totalement libres.

Marqueurs progressistes et marqueurs conservateurs

Bien entendu, la plupart des éditorialistes ou des hommes politiques ne parlent pas comme des décoloniaux intersectionnels queers. Leur discours, surtout à l’heure du « en même temps », fonctionne plus banalement avec un stock de mots éprouvés et rassurants : compétitivité, ouverture, société civile, transition écologiste, parité, décentralisation, attentes sociétales, participation citoyenne, dimension européenne, dialogue. La tendance à la standardisation se renforce avec des tics verbaux comme « être en capacité de » ou « dans une logique de dialogue ». De ce point de vue, le discours macronien n’est pas fondamentalement différent de la rhétorique progressiste libérale-libertaire typique des classes dominantes européennes. Mélangeant parler techno-libéral et inévitable appel aux valeurs, il opte pour le sens le moins discriminant possible et les affirmations les plus tautologiques et morales. Le tout sous le chapeau du « progressisme », dont on croit comprendre qu’il consisterait à accorder plus de droits et de libertés à chacun dans un cadre de prospérité et de sécurité. Difficile d’être férocement contre.

« Les valeurs qui avaient guidé la construction des démocraties libérales sont remises en cause, les clivages politiques traditionnels disqualifiés, les débats encombrés d’idées bradées en une poignée de signes, d’opinions brandies comme des vérités, et débitées dans une accélération frénétique… Contre les vents contraires de l’Histoire, la pression des idées reçues et les idéologies avançant sous le masque d’un prétendu pragmatisme […]. Réconcilier le savant, le politique et le citoyen, faire le pari de la raison et de l’intelligence collective pour retrouver le chemin d’un progrès devenu si difficile à définir. »
Texte non parodique de présentation de la collection « Raison de plus », chez Fayard.

Le problème de cette néo-langue de coton est qu’elle suscite deux fortes oppositions, celle du réel et celle de couches sociales rétives au parler d’en haut.

Une grande partie du discours des élites consiste, sinon à dire que tout va bien et qu’il n’y a pas d’alternative, du moins à faire oublier les réalités déplaisantes. D’où un code du déni. Le citoyen moyen a une idée de ce que cachent des euphémismes comme : mineurs non accompagnés, dommages collatéraux, drague qui a mal tourné, individu déséquilibré muni d’un couteau, islamiste modéré, échauffourées dans un quartier sensible, faire société, croissance négative ou restructuration de l’entreprise.

L’autre menace pour la langue dominante serait que les dominés ne la pratiquent guère. Quiconque a fréquenté un rassemblement de Gilets jaunes a compris que l’on n’employait pas les mêmes périphrases que sur les plateaux de télévision et dans les beaux quartiers. Mais il y a plus : quand une domination idéologique recule, cela se traduit aussi par une lutte du vocabulaire. En sens inverse : de repentance à bobos, de mondialisme à immigrationnisme, d’oligarchie à extra-européen, d’islamo-gauchisme à dictature de la bien-pensance, certains termes sont devenus des marqueurs conservateurs. Autant de termes mauvais à dire et de thèmes mauvais à penser pour les tenants d’une hégémonie qui se réclame du progrès et de l’ouverture.

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Sans parler des lois contre les fake news, de la lutte contre le discours de haine, les bons esprits veulent démasquer et endiguer le discours réac paré d’un charme sulfureux anti-establishment et subversif. D’autant qu’il dénonce la censure conformiste et le totalitarisme latent des bien-pensants en un singulier retournement. Du coup, on s’inquiète de la montée intellectuelle du « national-populisme ». Comme si un certain héritage – Lumières, Mai 68, multiculturalisme – était menacé par une « révolte contre la révolte » des réactionnaires. Et comme si leur reconquête intellectuelle passait aussi par les mots.

Certains termes agissent comme des déclencheurs. Ainsi, même en période de coronavirus et tandis que de nombreux pays ferment les leurs, le seul emploi du mot « frontière » suscite un rire méprisant et un soupçon politique (« relents identitaires » ?). Peuple, nation, dictature médiatique, élites, étranger, oligarchie, islamiste, culture, identité, sont des marqueurs dont l’emploi sur un plateau de télévision ne peut que déclencher en riposte un « mais qu’entendez- vous par là ? » ironique. La question est en réalité une mise en cause destinée à bien marquer la différence entre, d’une part, un langage totem démocratique apaisé d’ouverture qui va de soi, et, d’autre part, des termes tabous qui pourraient bien dissimuler des stéréotypes archaïsants, des arrière-pensées suspectes et le début d’un langage totalisant.

On répète souvent la phrase de Confucius, « pour rétablir l’ordre dans l’empire il faut commencer par rectifier les dénominations », ou celle de Camus, « mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde ». Et c’est vrai. Mais encore faut-il se rappeler que le désordre et la confusion des mots servent les détenteurs d’un pouvoir : celui de nommer ou d’occulter.

Mis en ligne sur Cairn.info le 08/07/2020

dimanche, 30 août 2020

Un ex-agent des services secrets fracasse les fake news utilisées par l’Occident dans ses guerres

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Un ex-agent des services secrets fracasse les fake news utilisées par l’Occident dans ses guerres

Comment les fausses nouvelles contribuent-elles à justifier les conflits internationaux? Dans un ouvrage décapant, «Gouverner par les fake news», Jacques Baud, un ex-agent secret suisse, dénonce l’emploi des infox par les pays occidentaux. Entretien.

( Note ExoPortail : De mon point de vue l’analyse pourrait aller plus loin mais la dénonciation d’un ex-agent des services secrets étant tellement rare, qui plus est dans l’espace francophone, que cela mérite d’être diffusé ! )

C’était il y a plus de trois ans, quelques mois avant l’élection d’Emmanuel Macron. Richard Ferrand, alors secrétaire général de En Marche, publiait une tribune dans Le Monde intitulée «Ne laissons pas la Russie déstabiliser la présidentielle en France!». Un texte grandiloquent où il affirmait notamment que «deux grands médias, Russia Today et Sputnik, qui appartiennent à l’État russe» font «au quotidien de la diffusion, de la propagation de fausses nouvelles».

Tandis que François Fillon était empêtré dans le Penelopegate, l’argument de l’ingérence russe –déjà massivement utilisé aux États-Unis– avait permis d’affermir la candidature Macron, estime Jacques Baud, ancien agent des services de renseignement suisses, ayant travaillé à l’Onu puis à l’Otan. Construction d’un ennemi ou coup de com’ électoral?

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Les spéculations sur le péril russe continueront d’être alimentées par les médias mainstream, chercheurs et politiques lors de la crise des Gilets jaunes et les élections européennes. La menace russe pèse-t-elle sur l’Occident? Celui qui a travaillé longtemps «à l’étude de la menace soviétique» répond: «Non, absolument pas». Le colonel Jacques Baud, auteur du livre Gouverner par les fake news, (Éd. Max Milo), qualifie ainsi la manœuvre de «distorsion des faits».

Véritable pamphlet contre les services de renseignement, diplomates, politiques et médias, Gouverner par les fake news déconstruit en règle les infox produites par les pays occidentaux depuis quelques dizaines d’années. L’internaute n’y dénichera pas d’informations sensibles sur la mort de Kennedy, mais il y trouvera une grille de lecture afin d’appréhender les réalités stratégiques internationales. Jacques Baud accumule une compilation de dossiers accablants afin d’«inspirer un doute raisonnable sur la manière dont nous sommes informés

Les mensonges, boucliers de la démocratie ?

Héritage de la campagne présidentielle américaine de 2016, le terme de fake news a régulièrement été accolé à Donald Trump et ses saillies provocatrices. Proposant une hiérarchie de ces bobards, Jacques Baud estime que les plus dangereux sont ceux qui «manipulent les faits de sorte à créer une cohérence factice autour d’une apparence de vérité, afin de fausser la perception d’un auditoire et de le pousser à adhérer à une politique.»

81cWLT8bC5L.__BG0,0,0,0_FMpng_AC_UL600_SR387,600_.pngDe nombreux États tels que la Syrie, l’Iran, la Russie, le Venezuela ont tour à tour subi et continuent à être la cible de récits tronqués, d’infox de la part des Européens et Américains. Pour quel effet final recherché? «La fake news vient en appui d’une politique», soit la fabrication d’un ennemi, le lancement d’une intervention ou encore un changement de régime. L’intervention américaine en Irak en 2003, justifiée par le somptueux bobard de Colin Powell, Secrétaire d’État américain, brandissant une soi-disant fiole d’anthrax à la tribune des Nations unies n’en est qu’un exemple parmi d’autres.

«De nombreux conflits ont été déclenchés dans le monde par de fausses nouvelles. Les fausses nouvelles servent à acquérir en fait l’opinion publique en faveur d’un gouvernement. Le vrai problème des fake news, c’est qu’elles faussent notre vision des problèmes et elles tendent à anesthésier un peu la volonté populaire. On a des guerres qui sont faites sans volonté populaire.»

C’est le cas également de l’assassinat du général iranien Qassem Soleimani par des frappes américaines le 3 janvier 2020. Le prétexte officiel? Celui-ci préparait des opérations contre quatre ambassades américaines au Moyen-Orient, une «menace imminente» selon Donald Trump. Quelques jours plus tard, la version du Président américain a changé, l’«horrible passé» de Soleimani justifierait tout simplement cette «opération homo» (assassinat ciblé).

Médias et services secrets, les relations troubles :

Régulièrement, les responsabilités d’interventions sont attribuées aux seuls politiques, notamment l’aventure de Nicolas Sarkozy et de Bernard Henri-Lévy en Libye en 2011. Sont-ils les seuls à mettre en cause? Quel rôle peut-on imputer à la DGSE, au MI6 ou encore à la CIA? L’ancien agent secret considère que le service de renseignement doit représenter un «mètre étalon de l’information pour un décideur stratégique. C’est ça sa fonction. C’est de lui dire, la situation elle est comme ça. Après, vous décidez ce que vous voulez». Et selon lui, les services occidentaux pèchent «à analyser objectivement et factuellement» les situations.

C’est pourquoi il dénonce cette «rigidité intellectuelle» dont font preuve diplomates et militaires à pratiquer d’une autre façon la guerre, à ne «concevoir que la tactique au détriment de la stratégie globale». En 2019, un article paru dans la Revue Défense Nationale du colonel Legrier critiquait dans ce sens la stratégie militaire de la coalition en Irak, faite de bombardements meurtriers en donnant «à la population une détestable image de ce que peut être une libération à l’occidentale

Jacques Baud pourfend les renseignements, les politiques, mais aussi le milieu de la presse tout entier, qui serait coupable de suivisme à l’égard des chancelleries occidentales. Les médias centraux français en prennent notamment pour leur grade. Celui-ci leur reproche ainsi de «masquer une partie de la réalité», en soutenant, dans le cas du Venezuela, des «entreprises qui contreviennent au droit international et à l’État de droit». Plus en amont, Jacques Baud insiste sur la sélection des sources d’information.

«Je n’ai rien contre le fait qu’on s’adresse à l’opposition pour avoir de l’information, mais cette information, on se rend bien compte qu’elle ne peut pas être prise au sens strict. Elles doivent être mises en relation avec des sources venant de l’autre côté. Typiquement pour la Syrie, on a une information qui semble venir pratiquement exclusivement de l’opposition. L’opposition c’est quoi? C’est des djihadistes. Donc en réalité, la presse fait la propagande djihadiste d’une certaine manière.»

Source : https://fr.sputniknews.com/interviews/202008281044330378-...

A regarder également (vidéo de 2016):

Jacques Baud : le terrorisme comme stratégie militaire

 
Le colonel Jacques Baud est un expert suisse en sécurité. Il donne ici un entretien à TV5 Monde à l'occasion de la sortie de son livre "Terrorisme, mensonges politiques et stratègies fatales de l'Occident". Issu d'un Etat neutre, il s'autorise à dire la vérité, malgré la doxa atlantiste.
 

jeudi, 25 juin 2020

»Corona Fehlalarm?«: Regierungskritisches Buch stürmt die Spiegel-Bestsellerliste

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Torsten Groß:

»Corona Fehlalarm?«: Regierungskritisches Buch stürmt die Spiegel-Bestsellerliste

Paukenschlag des Jahres: Schon wenige Stunden nachdem der Büchergemeinde im Netz Anfang Juni bekannt wurde, dass der anerkannte deutsche Facharzt für Mikrobiologie und Infektionsepidemiologie, Prof. Dr. Sucharit Bhakdi (73), seine regierungskritischen Thesen zur »Corona-Pandemie« in einem Buch veröffentlicht, eroberte die Publikation alleine durch Vorbestellungen – rund drei Wochen vor Erscheinungstermin (!) – nahezu sämtliche Internet-Bestsellerlisten des Landes im Sturm (KOPP Report berichtete). Jetzt ist das Druckwerk im Handel erschienen und unverzüglich auf Platz 5 in die Spiegel-Bestsellerliste geschossen – und somit ein überaus deutlicher Anwärter auf den Mega-Bestseller des Jahres!

Das besonders BEMERKENSWERTE vorab: Die Rangfolge der Spiegel-Bestsellerliste wird im Auftrag von buchreport durch elektronische Abfrage in den Warenwirtschaftssystemen buchhändlerischer Verkaufsstellen – derzeit anhand der Verkaufsdaten aus mehr als 4200 Verkaufsstellen – ermittelt. Dies umfasst nach aktuellen Angaben von buchreport den Sortimentsbuchhandel (Standort- und Filialhändler), Online-Shops, den Bahnhofsbuchhandel, Kauf- und Warenhäuser und Nebenmärkte (u.a. Elektrofachhandel und Drogerieketten mit Medienangebot). Jeweils am Montagmittag werden die vorliegenden Verkaufsdaten der Vorwoche ausgewertet.

Nun ist der glasklare Favorit auf den Mega-Bestseller des Jahres nach offiziellen Angaben des publizierenden Verlages am 23. Juni 2020 im Handel erschienen – also konkret vor zwei Tagen. Und buchreport hat Mittwochnachmittag (gestern) die Rangfolge der Spiegel-Bestsellerliste (Woche 27/2020) veröffentlicht und das regierungskritische Buch Corona Fehlalarm? von Prof. Dr. rer. nat. Karina Reiss und Univ.-Prof. Dr. med. Sucharit Bhakdi bereits auf Rang 5 gelistet (Kategorie Taschenbuch Sachbücher).

Es ist also alles andere als unwahrscheinlich, dass der bei Politik und Mainstream-Medien unliebsame wie in Gänze boykottierte Buch-Verkaufsschlager zeitnah die obersten Plätze der Spiegel-Bestsellerliste erklimmen und dort für sehr lange Zeit verharren dürfte – sehr zum Leidwesen der Fans eines erneuten Lockdowns.

Interessierte Leser medizinischer Fachbuchliteratur mit noch etwas Platz im Bücherregal könnten also nicht nur gravierenden Einfluss auf die Rangfolge der Spiegel-Bestsellerliste der nächsten Wochen und Monate nehmen, sondern auch zu Auftraggebern für weitere aufschlussreiche wie amüsante Besprechungen der »anerkannten Literaturkritiker« dieser Republik avancieren!

Bestellinformationen:

» Karina Reiss/Sucharit Bhakdi: Corona Fehlalarm?, 160 Seiten, 15,00 Euro – hier bestellen!

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Donnerstag, 25.06.2020

dimanche, 21 juin 2020

Le Génie du Complotisme

vendredi, 19 juin 2020

« Arte, la télé qui vous manipule »

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« Arte, la télé qui vous manipule »

Ex: http://imperiumeuropa.hautetfort.com  

Lors de mon dimanche de Pentecôte j’ai eu droit à une belle séance de manipulation sur la chaîne ARTE dans l’émission « Les petits secrets des grands tableaux, le négrier Turner 1840 ». Durant ce reportage on pouvait apprendre que le Royaume uni fut la première puissance européenne à mettre fin au commerce triangulaire en 1807. Mais non à l’esclavage puisqu’il faudra attendre 1833 pour que Londres y mette fin. Mais de cela il ne fut pas question. Uniquement de la fin du commerce triangulaire. Et le reportage de poursuivre en précisant que du fait de sa toute puissance maritime le Royaume Uni força les autres nations européennes à faire de même. La France mettant dix ans à suivre l’exemple. Cela nous transporte donc en 1817. Et voilà la manipulation. En vérité la traite négrière fut interdite le 29 mars 1815, quand Napoléon revint au pouvoir lors des Cent-Jours, et fut confirmé par l'ordonnance royale du 8 janvier 1817 et la loi du 15 avril 1818 sous Louis XVIII. Mais c’est bien l’empereur Napoléon 1er, sous l’influence du libéral Benjamin Constant, qui décida d’abolir ce commerce. Sauf que cela ne cadre pas avec l’image véhiculée par nos médias qui veulent que nous ne conservions de Napoléon 1er que le souvenir de l’homme qui rétablit l’esclave en France en 1802 après son abolition par la Révolution française.

Sans Jamais vraiment nous préciser les conditions et les raisons qui ont conduit à la réintroduction de cette pratique ignominieuse. Sous l’influence d’un fort lobby colonial sous la direction du deuxième consul Cambacérès et de Talleyrand, ministre des Relations extérieures, sans parler de son épouse créole Joséphine, le jeune Premier consul se retrouvait face à une situation chaotique dans les confettis de l’Empire colonial. Outre que l’esclavage ne fut jamais abolit dans de nombreux territoires en dépit des décisions révolutionnaires comme à La Réunion ou en Martinique, cette dernière n’hésitant pas à se soumettre temporairement à la couronne britannique qui n’avait pas aboli l’esclavage, Napoléon Bonaparte devait également faire face au mécontentement des colons qui, en contrepartie, n’avaient reçu aucune compensation financière. Le Premier consul qui ambitionnait encore de rivaliser avec le Royaume uni sur les mers en rétablissant un empire colonial ne vit dans le rétablissement de l’esclavage qu’un moyen politique pour rétablir l’autorité de la métropole sur son empire. Sa décision fut pragmatique et non idéologique comme certains révisionnistes des temps modernes se plaisent à le dire.

L’abolition de la traite négrière découla de la même approche pragmatique. La France n’étant plus en capacité de rivaliser depuis longtemps avec l’Angleterre sur les mers. Le décret impérial du 29 mars 1815 entérina ainsi l’abolition de ce sinistre commerce comme le prouve le document ci-dessous.

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Cependant après la défaite de Napoléon à Waterloo, le roi Louis XVIII de retour au pouvoir décida que tous les actes de celui que les Bourbons considéraient comme un « usurpateur » étaient illégitimes. Et c’est ainsi qu’il faudra attendre l’ordonnance royale du 8 janvier 1817 pour que Louis XVIII interdise à son tour l’introduction d’esclaves dans les colonies françaises. Ce qui permet à ARTE en 2020 de nous manipuler mine de rien en affirmant que la France avait suivi le Royaume uni dix ans plus tard en passant totalement sous silence la décision impériale et le rôle précurseur de Napoléon 1er. Une belle fake news historique provenant pourtant d’un média tout ce qu’il y a de plus mainstream....

D.B.

jeudi, 11 juin 2020

L’opinion vient se heurter de plein fouet dans la paroi invisible des mensonges d’État

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L’opinion vient se heurter de plein fouet dans la paroi invisible des mensonges d’État

Ex: http://www.geopolintel.fr

Le 30 octobre 1938, Orson Welles, acteur, réalisateur, producteur et scénariste américain bien connu, diffusait une mise en scène radiophonique préenregistrée d’après « La guerre des mondes » roman de H.G. Wells publié en 1898. Autrement dit : « Mars attaque ! »… Le lendemain de l’émission, les journaux évoquent des scènes d’hystérie collective, d’émeutes à travers le territoire des États-Unis et une vague de suicides ! Cette réaction aurait été, dit-on aujourd’hui, largement exagérée pour ne pas dire inventée par des gens de presse en mal de ventes et de sensationnalisme. N’oublions pas cependant que réécrire l’histoire est devenu un sport extensivement pratiqué par toutes les grandes démocraties – populaires ou libérales - toujours en proie au démon tentateur de la dérive totalitaire… Cela a commencé avec la Terreur – de l’échafaud à l’hôpital psychiatrique pour tous – et se poursuit à présent avec le goulag mental dont les médiacrates dominants sont les gardiens avisés… Tenant le haut du pavé dans nos lucarnes ce sont nos commissaires politiques et idéologiques, prêtraille de la pensée unique, conforme et bienséante. 

Ceci d’autant plus que les moyens de communication modernes sont devenus d’extraordinaires instruments pour qui veut redessiner le monde à son image [1]. Ainsi le 9 mai 2020 un rapport interne du service de “protection des infrastructures” du ministère allemand de l’Intérieur, contestant la dangerosité du Covid-19, fuitait et parvenait au magazine libéral-conservateur “Tichys Einblick”. Le document épinglait l’estimation de la dangerosité du virus, laquelle au final se révélait singulièrement fantaisiste et notamment moins létale que la grippe de 2017/2018. Concluant par une mise en garde contre les conséquences désastreuses, sociales et économiques, des mesures générales de confinement [2].

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Reste que, dans l’affaire de « La guerre des mondes », il s’est vraisemblablement agi d’effacer ou de gommer a posteriori ce que le montage hertzien de Welles avait mis en exergue, à savoir l’extrême sensibilité (vulnérabilité) des foules à la peur créée puis véhiculée par les nouveaux grands médias – en l’occurrence la TSF - et la facilité avec laquelle l’effroi était alors susceptible de se répandre jusqu’à se transformer en vent de panique. Mieux valait en effet que les applications pratiques des cogitations d’un Edward Bernays (1891-1995), neveu de Sigmund Freud, relatives à ce qu’il a lui-même appelé « la fabrique du consentement » ne soient pas divulguées hors de propos. Comprenons bien que la négation de la réalité et la révision du déroulé des faits - préalables à leur réaménagement selon un narratif aussi politiquement correct qu’utile - sont les deux mamelles sèches de l’histoire officielle… Car en ce qui concerne le 30 octobre 1934, les témoignages recueillis à chaud ne laissent guère de doute : certaines personnes rapportent avoir ressenti des signes matériels, tangibles comme l’odeur des gaz utilisés par les Martiens ou la chaleur des rayons mortels émis par leurs armes [3]. Ce qui en dit long sur la suggestibilité des humains, animaux sociaux puissamment grégaires pour certains et le goût immodéré de quelques-uns pour la falsification des faits d’histoire.

Justice et guerres sans limites

Autre exemple du fonctionnement peu rationnel du psychisme humain… Dans la nuit du 20 au 21 septembre 2001, George Walker Bush déclarait « une guerre sans limites » aux ennemis de l’Amérique annonçant la guerre éclair qui allait faire mettre un genou en terre à ces gueux d’Afghans accusés d’avoir abattu les orgueilleux symboles de la super puissance financière mondiale… En fait, c’est l’expression “justice sans limites” qui a été utilisée par le président américain, mais d’opportuns tripatouillages sémantiques vont se multiplier dans la confusion générale. L’Amérique, après les attentats de Manhattan, se trouve plongée dans un profond état de stupeur ; en France Le Monde, journal officieux de la République, titre le 13 septembre : « Nous sommes tous Américains » comme plus tard, en janvier 2015, nous serons « Charlie ».

L’onde de choc a parcouru la planète entière avec les images terrifiantes diffusées en boucle de l’écroulement des tours jumelles à la vitesse de la chute libre. Or, dans toutes les oreilles des bipèdes interloqués, résonnaient le chiffre stupéfiant de 20.000 morts… dus aux génies du mal qu’incarnaient à merveille Ben Laden dans sa grotte – une sorte de gourbi et non un formidable complexe digne des Fu Manchu et autres Spectres de Ian Fleming - et Mollah Omar, le borgne, en fuite sur sa mobylette. Ce total extravaguant de 20.000 victimes poursuivit sa carrière au cours des mois suivants avant de se dissoudre dans les sables mouvants de l’inconstante mémoire des foules et des gens de presse. Qui d’ailleurs s’en souvient ? Un bilan qui sera à l’arrivée arrêté à 2977 morts pour l’ensemble des attentats, Pentagone compris. Mais impossible maintenant de retrouver trace du décompte, et surtout pas sur la Toile nettoyée et astiquée quotidiennement par les techniciens de surface du consortium des GAFAM [4] ?

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Le dernier épisode en date de manipulation globale, la pandémie de Covid-19, dont l’Afrique noire - quoique continent réputé sous-développé en matière d’infrastructures sanitaires - est sortie indemne, illustre à merveille l’idée que dans les pays administrés par des technocraties, les opinions publiques n’ont plus de rapport tangible à la réalité qu’à travers la vitre déformantes des écrans médiatiques. Au sens précis du terme, leur rapport au monde est médiatisé (médié) et les images qui s’affichent dans les lucarnes électroniques acquièrent plus de réalité que la réalité elle-même. Le mythe platonicien de la caverne n’aura jamais possédé autant d’actualité et de vigueur que depuis ce fameux 30 octobre 1938. On comprend à ce titre que les pouvoirs soient tentés d’user de l’extrême perméabilité des esprits pour les manier à leur guise et en tant que de besoin… Le 11/9, nouveau Pearl Harbor, a légitimé et autorisé un chapelet de guerres loin encore d’être achevées au prix de millions de morts… Afghanistan, Irak, Syrie, Libye et cætera. Le Covid justifie l’enfermement volontaire des masses, leur contrôle policier et l’inoculation obligée des substances - pour le coup - vénéneuses. L’homme définitivement domestiqué, à l’instar de ses animaux familiers, ne pourra plus franchir les frontières sans son passeport sanitaire.

Guerre globale contre les Nations

Citons un article récent du discret “Jeune-Nation” :Covid : stratégie du choc et chant du cygne du Nouvel Ordre Mondial, 5 juin 2020… Résumé : Avec la pandémie, la Silicon Valley prend ouvertement le relais des États-nations dans des domaines aussi stratégiques que les questions de santé et de surveillance des populations, disposant, et elle seule, d’une force de frappe avec son monopole de la communication numérique à échelle planétaire. Elle colonise actuellement les instances de commandement du monde occidental d’après-guerre : ONU et autres organismes internationaux ou les ONG altermondialistes de la pieuvre Soros, tous concourant et aspirant à la cogestion de la Gouvernance mondiale ; OTAN ; marchés financiers, institutions européennes, Partis politiques, médias, mafias en tous genres nourrissant d’argent noir l’économie visible. Microsoft possède un bureau à l’ONU, Bill Gates dirige de facto l’OMS et le royaume pourri du Danemark nomme un ambassadeur auprès des GAFAM.

À six mois de la prochaine élection présidentielle américaine, le coronavirus est devenu l’alibi idéal pour renforcer le contrôle idéologique de l’information : Twitter censure la parole du Président des États-Unis parce que ses twitts relatifs au virus enfreignent, selon la formule consacrée, les « règles de la communauté  »… Mais de quelle communauté s’agit-il ? Au même moment, Facebook met 130 millions de dollars sur la table pour créer sa propre « Cour suprême » composée de politiciens progressistes (liberal en anglo-américain) à la retraite, épaulés par des universitaires et des journalistes de gauche (pléonasme), soit un conseil de surveillance habilité à exercer une censure souveraine sur les messages non conformes à leurs choix partisans. Cynique et lucide à la fois, la communautariste Susan Wojcicki, directrice générale YouTube (une filiale de Google), admet que sa politique d’étroite surveillance des contenus rebute les usagers, mais elle n’en a cure eu égard à la position dominante de sa « chaîne » ! Le projet avoué de tout ce beau monde : l’identification biométrique ou marquage du bétail humain… autrement dit les bœufs masqués ! Cela associé à des campagnes de vaccinations rendues obligatoires [5] en raison d’un risque pandémique toujours présent ou prêt à ressurgir à chaque virage saisonnier. L’illuminé Bill Gates, fondateur de Microsoft, finance la mise au point de tatouages à points quantiques permettant à la fois de vacciner et d’identifier les vaccinés (voir l’initiative ID2020 visant à imposer l’identification biométrique). La suppression de l’argent liquide est également à l’ordre du jour ce qui permettrait le pistage intégral des contribuables astreints ou réduits aux seules transactions électroniques.

Et pour parachever l’ensemble et afin d’accompagner la censure numérique nous assistons au développement d’un système généralisé de fact-checking – dénonciation et correction en temps réel et sur mesure – prémisse d’un Ministère de la Vérité universelle. Les algorithmes ouvertement biaisés de Google et les armées de fact-checkers de YouTube, Twitter et Facebook font et feront remonter les “vérités” utiles ou opportunes… et disparaître les opinions dérangeantes ou indésirables. Facebook émet déjà des « avertissements » aux utilisateurs imprudents qui ont aimé ou cliqué sur « désinformation coronavirus » ; YouTube supprime les vidéos mettant en cause l’OMS. Bref, les algorithmes de la Silicon Valley aspirent au contrôle de notre carte cognitive et mentale » [AstolpheJN]… et apparemment ils y parviennent sans trop de peine !

cover.tif.jpgLe scandale planétaire de la revue The Lancet

Trois des quatre auteurs de l’article objet du scandale – son maître d’œuvre Mandeep Mehra [6], Amit N. Patel et Franck Ruschitzka – n’ont pas traînés devant la levée de bouclier suscitée par leurs analyses « foireuses » réalisées par des « pieds nickelés » selon le professeur Didier Raoult (vidéo mise en ligne le 2 juin et qui a autorité pour les qualifier en ces termes) pour se rétracter. La télévision publique hexagonale, tout aussi foireuse qualifie ces méthodes inqualifiables d’erreurs… « Ils se sont trompés !  ». Sous-entendu, sans doute de bonne foi ? [7]. Pratiques fâcheuses, très regrettables mêmes et singulièrement inexcusables tant le trucage est patent. Les auteurs « accusent » l’entreprise chargée de collecter les données, Surgisphere Corporation, laquelle refuserait à présent de leur donner un libre accès à l’intégralité des sources utiles à de plus amples vérifications. Que ne s’en sont-ils préoccupés avant ? Avant les décisions politiques (à nouveau inversées depuis) de l’OMS et du ministre Olivier Véran d’interdire aussitôt après la publication de leur article, les tests et l’utilisation de l’hydroxychloroquine. La précipitation du ministre de la santé est aussi désolante que coupable sachant que, si le protocole de Didier Raoult avait été reconnu plus tôt et non âprement combattu, nous aurions certainement à déplorer beaucoup moins de morts.

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Le faisan en chef.
Mandeep R. Mehra membre du conseil consultatif scientifique de Leviticus Cardio. Les titres ronflants ne lui manquent pas avant de passer à l’épidémiologie bidon : directeur du Heart and Vascular Center et du Collaborative Center for Advanced Heart Disease du Brigham and Women’s Hospital de Boston, Massachusetts.

Le 2 juin, l’ex prestigieuse revue médicale The Lancet – que restera-t-il de ce prestige à la fin de la tourmente… lui survivra-t-elle ? – prenait ses distances avec l’étude [8] dénigrant gravement le protocole du Dr. Raoult (utilisé dans le traitement précoce du SRAS-CoV-2)… publication qui en principe avait été soumis à son comité de lecture avant d’être imprimée. The Lancet souhaitait « alerter ses lecteurs - par le truchement d’une “expression of concern”- sur le fait que de sérieuses questions scientifiques ont été portées à [son] attention »… Un dernier mot relatif à Surgisphere, société ayant abondé l’étude du Pr. Mehra… Surgisphere possèdent plusieurs adresses ou boîte aux lettres et ne comptent pas plus de cinq salariés… et très peu d’activité jusqu’à mars 2020 sur son site internet jusqu’à la publication de leur fracassante étude en forme de faux-pas monumental pour BigPharma.

Le faisan et la prostituée

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Ce sont donc, désormais, les ex escort-girls qui dirigent le monde médical ?

Créée le 1er mars 2007 par le Dr. Sapan Desai (l’un des co-auteurs de l’étude du Pr. Mehra), la société se dit spécialisée dans le big data et l’utilisation de l’intelligence artificielle dans l’analyse de données. Une autre société au nom de Sapan Desai, Surgisphere Corporation avait déjà été créée le 28 juin 2012 puis dissoute en janvier 2016 [9]. Personnage folklorique, Ariane Anderson est directrice des ventes de Surgisphere, elle vient des milieux de la prostitution mondaine et de l’industrie pornographique (photos publiques à l’appui). Un détail éclairant quant au contexte de l’article de The Lancet commandés par on ne sait qui (mais on devine pourquoi) en vue de démolir les travaux d’un médecin de province mais internationalement reconnu, qui avait l’immense tort de soigner et guérir ses malades autant que faire se peut ! Faut-il encore insister sur l’amateurisme et l’incompétence du ministre de la Santé – ne vaudrait-il pas mieux parler de stupidité bornée, voire plus ? – lequel a démarré au quart de tour, en toute hâte, sans le moindre recul face à une étude bidon, truquée de À à Z ?

Le 8 juin 2020

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Notes

[1Au chapitre des mensonges sidérants et meurtriers, pensons à l’effondrement spontané le 11 Septembre 2001 de la Tour N°7 du WTC, ou à la fiole d’anthrax que le Secrétaire d’État américain Colin Powell agita le 5 février 2003 sous le nez d’un Conseil de Sécurité médusé… ou encore aux parfaits alunissages à répétition avec des véhicules aérospatiaux qui tous eurent le bon goût de ne jamais tomber en panne durant les dix années du programme Apollo (1961/1972)… Mais qui hélas ne purent jamais y retourner depuis… Jusqu’à ce que l’on salue comme un exploit indescriptible l’envol le 30 mai 2020 de la fusée SpaceX d’Elon Musk après neuf ans d’absence des É-U dans l’espace extra-atmosphérique uniquement occupé par les Soyouz russes qui eux, n’ont jamais déposé que de modestes robots sur le sol poudreux de Séléné.

[2Bundesministerium des Innern, für Bau und Heimat [cf.voltaire.org2juin20] - pdf // KM 4 – 51000/29#2 - KM4 Analyse des Krisenmanagements (Kurzfassung)

[3Handley Cantril (Princeton University) “The Invasion from Mars : A Study in the Psychology of Panic” 1940.

[4GAFAM pour Google/Apple/Facebook/Amazon/Microsoft

[5Depuis 2018 un rapport de l’UE prévoit un plan d’action pour un « passeport de vaccination ». Une véritable et suspecte obsession du vaccin obligatoire… Rappelons qu’à peine nommée au ministère, Mme Buzyn a rendu obligatoire un cocktail de 11 vaccins pour les nouveaux nés français.

[6Petah-Tikva, Israël 16 juillet 2019. Levitecus Cardio annonce la nomination du professeur Mandeep R. Mehra à son conseil consultatif scientifique. Si les laboratoires israéliens sont intervenus pour discréditer à tout prix le travail de cet hurluberlu de Raoult (lequel soigne et guérit sans chichi ni blabla et à moindre frais), c’est bien évidemment en raison des gigantesques enjeux financiers liés à la mise sur le marché du c-vaccin miracle. Ce pourquoi Américains et Hébreux ont soufflé via l’OMS et l’Imperial College de Londres, un vent de panique planétaire, 7 milliards d’humains à vacciner valent bien ça, non ?

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[8L’étude en cause ayant conclu que ce traitement n’était pas bénéfique aux malades et même éventuellement néfaste a déterminé un peu partout dans le monde développé, l’interruption des essais cliniques sur l’hydroxychloroquine. Publiée le 22 mai dans The Lancet, elle se fonde sur les données de 96 000 patients hospitalisés entre décembre et avril dans 671 hôpitaux de quatre continents. Immédiatement de nombreux chercheurs ont exprimé leur scepticisme, y compris des scientifiques opposés à l’usage de l’hydroxychloroquine : dans une lettre ouverte datée du 28 mai, des dizaines de scientifiques dénonce l’article de The Lancet pour les « inquiétudes liées à la méthodologie [qu’il soulève] et [quant] à l’intégrité des données".

[9Geopolintel3juin20

dimanche, 07 juin 2020

La désinformation par le sentiment

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La désinformation par le sentiment

par Bernard PLOUVIER

Ex: https://metainfos.fr

Il paraît que les généraux sont toujours en retard d’une guerre. Les toquards de la politique – ceux qui ne sont jamais élus, parfois en dépit d’excellentes idées – sont des phraseurs nuls, conseillés par des incompétents.

La propagande, comme la publicité commerciale dont elle n’est qu’une variante, a des règles. La première d’entre elles est d’émouvoir la majorité de l’électorat, qui toujours et partout est composée de sous-doués ou de moyennement doués.

Seuls 25% de la population, toutes races et ethnies confondues, jouissent d’un Q.-I. supérieur à 110. En admettant que les 5% de débiles profonds ne participent pas aux scrutins, cela fait 70% de sujets à Q.-I. moyen et faiblard qui forment une majorité écrasante, inaccessible à la puissance de la raison, aux analyses logiquement menées, aux démonstrations savantes.

Pour gagner une élection, il faut user de la rhétorique larmoyante ou, mieux encore, utiliser l’extraordinaire puissance émotionnelle de l’image.

Lors d’une vague migratoire indésirable, il a suffi du cadavre d’un gamin moyen-oriental photographié sur une plage de Turquie pour servir d’argument – illogique, irrationnel, mais d’autant plus puissant – au lobby immigrationniste… alors même que l’avenir du gamin, s’il avait survécu à la transhumance décidée par ses parents, était indéterminé : serait-il devenu bon père de famille ou voyou ?

Ce que l’on connaît de la majorité écrasante des adolescents et des jeunes adultes mâles issus de l’immigration extra-européenne ne plaide guère en faveur de l’immigration, mais l’émotion soulevée par l’image du cadavre juvénile a fait perdre tout bon sens à la quasi-totalité des spectateurs. Alors même que cette image était la pire accusation que l’on pouvait porter contre les immigrationnistes : passeurs assassins, familles débiles du côté exportateur ; lobby des femelles frustrées et des politiciens démagogues au service des requins de la grande distribution avides de gains procurés par une surconsommation alimentée par l’argent public et la charité privée, du côté des pays d’accueil… illégal, puisqu’aucune nation n’a été consultée sur ce sujet.

Autre exemple : le cadavre d’un G.I. mutilé, exposé dans une rue de Mogadiscio, a suffi à faire perdre à une majorité de citoyens des USA leur sentiment d’appartenir au « grand pays, devenu le gendarme du monde ». Seuls les fous furieux de Washington – et leurs complices de Wall Street ou d’Israël – avaient osé émettre cette prétention. La folie impérialiste est de toutes les époques et de tous les continents – et les Asiatiques actuels feraient bien de méditer l’histoire de la grandeur et de l’effondrement de leurs empires ainsi que la fugacité de leurs anciennes conquêtes d’Europe orientale.

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Il serait temps que les nations de chaque continent s’unissent, à la fois pour mieux vivre et pour s’opposer vigoureusement aux impérialismes venus d’ailleurs. C’était l’unique leçon à tirer de l’image de Mogadiscio et nul n’en a parlé dans les media, vendus à la globalo-mondialisation. 

Un pillard noir meurt lors d’une émeute au pays du melting pot, étouffé par le genou d’un policier brutal, selon une méthode utilisée par les soldats israéliens à l’encontre des manifestants palestiniens… qui sont eux-mêmes d’excellents tortionnaires quand ils ont capturé un soldat israélien isolé. La mort de ce voyou – car un pillard est un délinquant – est la cause d’innombrables émeutes raciales non seulement aux USA, mais aussi en divers pays de pot-pourri multiracial, dont la France. Le passage en boucle, sur les chaines de télévision et les blogs du Net, de la photographie du noir et du policier en pleine action a engendré une multitude d’émeutes… du beau travail de « fouille-merde » – pardon : d’honnête journaliste, si utile à la société !

Une jeune psychotique suédoise, d’une laideur agressive, débite d’un ton monocorde ses slogans écologistes d’une débilité d’école maternelle et la photographie de cette autiste devient le symbole de la « Défense de la planète », détrônant le célèbre « bébé phoque » au hit-parade de la dinguerie sentimentale.

En 1968, on avait largement diffusé l’image d’un petit rouquin dodu qui faisait face à de solides policiers (et son sourire ressemblait davantage à un rictus de panique qu’à toute autre chose – avoir soutenu cela en fac de médecine a valu à quelqu’un que je connais assez bien un coup de couteau dans l’avant-bras gauche). Cela reste l’image symbolique du mouvement soixante-huitard, puisque le petit dodu subversif est devenu député, après avoir célébré la pédophilie dans un livre immonde ; ses arguments sont toujours aussi idiots, mais ils se sont enrichis de grossièretés au fil des décennies.

Pour convaincre, il faut émouvoir. L’image peut être trompeuse comme cela fut et reste le cas de certaines supercheries : mai 1968, l’écologie-spectacle. L’image peut au contraire être honnête, étant l’instantané d’une réalité qui mérite une réflexion puis une action orientée vers l’amélioration de l’existant.

Pour lutter contre les fléaux installés dans notre Europe occidentale : immigration de masse d’origine extra-européenne, désertification industrielle, hédonisme grossier, rien ne vaut la puissance émotionnelle de l’image, qu’elle soit photographie isolée ou reportage filmé.

Si l’on veut redresser, améliorer, exalter, il faut parvenir à l’exercice du pouvoir : être élu par une vraie majorité. Pour cela, les discours restent inopérants, sauf à faire dans la plus basse démagogie, comme un Mitterrand en 1981 ou un Macron, tout récemment.

L’efficacité commande de présenter massivement – en boucle télévisuelle et sur le Net – des images d’émeutes raciales ou des conséquences d’attentats de fous d’allah, la triste réalité des friches industrielles d’Occident, mais aussi l’obésité, la veulerie, l’alcoolisme, la grossièreté et la vulgarité des plus ignobles des Occidentaux.

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La démagogie, c’est l’art de promettre aux andouilles majoritaires un avenir radieux… alors même que la médiocrité humaine restera inchangée, invariable jusqu’à mutation ou remplacement de l’espèce. Dans un monde aléatoire, la vie terrestre est un enfer : il suffit d’ouvrir les yeux et les oreilles pour en être persuadé.

Si un être bienfaisant veut, néanmoins, pour sa communauté et durant une petite tranche d’histoire, améliorer l’existence – soit : hausser le niveau culturel et, accessoirement, le niveau de bien-être matériel de ses concitoyens -, il lui faut au préalable être élu.

Pour cela, l’homme qui veut réellement aider sa nation – et non le politicard bas de gamme vendu à un lobby ou uniquement préoccupé de sa gloriole, voire de son enrichissement – doit émouvoir, frapper l’opinion.

Les discours n’ont de puissance que lorsqu’ils sont adressés à des nations fortement instruites… ce n’est plus le cas des Français de souche européenne, abêtis et aveulis, vivant à l’époque des ultimes années de la Ve République, agonisant dans l’abjection et envahie d’allogènes inassimilables.

Seule la force des images – qu’il ne faut en aucun cas truquer, car la réalité suffit amplement – peut agir sur le cerveau de nos concitoyens.

vendredi, 05 juin 2020

Vocabulaire préfabriqué

Le billet de Daniel Pollett

Ex: https://liguedumidi.com

Nous observons tous que depuis bien longtemps, les gauchistes utilisent et instillent l’utilisation d’un vocabulaire préfabriqué, dont l’indigence référentielle n’a d’égal que son inadaptation historique, en plus d’être une insulte permanente à l’usage du français littéraire et à l’objectivité du plus élémentaire bon sens.

Tout y passe : Histoire, politique, économie, actualité et, bien sûr, les fondements de notre société civilisée, organisée et consciente que sont le patriotisme, l’écologie et même la République. Pourtant, ces fondamentaux sont l’affaire de tous et ne devraient pas être dénaturés par l’utilisation d’un vocabulaire aussi inadapté que méprisant ou par des utilisations partisanes. On peut citer par exemple l’utilisation grandissante du verbe « porter » remplaçant le verbe adéquat qu’une paresse intellectuelle à la mode fait éviter de puiser dans la richesse de notre langue nationale -par exemple dire de tel député qu’il « porte » un projet alors qu’il serait plus juste d’utiliser les verbes « soutenir » ou  « présenter »-. Pour ce qui concerne nous autres patriotes ou identitaires, nous connaissons par cœur le vocabulaire vomi en permanence à notre endroit, aussi bien par les gauchistes revendiqués que par les médias déversant la propagande gouvernementale au lieu de faire de l’information.

91xDnLZUPBL.jpgTerminant la lecture de deux livres sur le commandant Hélie Denoix de Saint-Marc, sa biographie écrite par Laurent Beccaria et l’un de ses propres ouvrages Les Champs de braises, des souvenirs d’enfance reviennent à propos éclairer les mots injustes utilisés volontairement par ceux qui ne supportent pas que l’on ne pense pas comme eux.

J’avais dix ans lorsque, le 21 Avril 1961, une partie de l’armée française prit le contrôle du pouvoir civil et militaire à Alger, en réaction à la trahison dont elle-même, les harkis, les musulmans fidèles à la France et les Pieds-Noirs étaient les victimes. Les politiciens de tous bords, ceux-là même qui avaient demandé à l’armée de rétablir l’ordre « par tous les moyens » en Algérie tout en négociant secrètement et toujours à la baisse avec le FLN condamnèrent sévèrement cette courte révolte, tout comme plus tard ils le firent pour l’utilisation de « tous les moyens » qu’ils avaient pourtant préconisés. Résultat connu : l’armée française a gagné la guerre mais les politiciens ont abandonné l’Algérie, non pas au peuple algérien mais au FLN. Alors il y a eu les massacres de civils, la corruption et le délaissement de l’héritage colonial, puis encore la guerre civile et une caricature de démocratie amenant l’Algérie à son état actuel, ou nombre d’Algériens veulent venir habiter le pays des colonisateurs honnis.

Je me souviens bien de mes lectures de ce temps-là et des années suivantes, où les militaires putschistes étaient insultés en permanence par l’ensemble de la presse, beaucoup s’accordant pour affirmer qu’ils avaient déstabilisé l’ordre républicain et menacé la sécurité de l’État. L’opinion publique, lassée de cette guerre qui mit si longtemps à dire son vrai nom et à laquelle participait le contingent, était restée marquée par l’appel pathétique lancé à la radio par le Premier ministre Michel Debré, celui-là même qui quelques années plus tôt justifiait par avance toute forme de défense de l’Algérie française. Les putschistes d’Alger étaient donc des « fascistes » dont l’hypothèse de l’arrivée par la voie des airs avait fait trembler le peuple et la République. Habitant alors Montreuil-sous-Bois dans le département de la Seine, devenu Montreuil dans le 9-3, fief communiste de longue date qui était mon environnement, je fus imprégné moi-même de ces mots injustes qui restèrent gravés dans mon esprit d’enfant comme autant de références historiques. C’est ainsi que l’on fabrique les préjugés.

Certes, il y a longtemps que ma passion pour l’Histoire a fort heureusement fait changer mon regard sur ces hommes et ces événements, et j’ai voulu comprendre les motivations des uns et des autres. C’est pourquoi la lecture successive de ces deux livres n’a pas été une révélation me faisant changer d’opinion, mais elle m’a amené à réfléchir encore plus longuement sur la nature humaine, les relations entre les individus, les mouvements de masse et ce qui peut décider du destin d’un homme. Le commandant Hélie Denoix de Saint-Marc était un personnage spirituel, émouvant et attachant que j’aimerais avoir rencontré.

C’est pourquoi lorsque j’observe le vocabulaire utilisé envers nous, patriotes, identitaires, défenseurs de notre patrimoine historique et culturel, que ce soit par les gauchistes, les journalistes et les politiciens, je me dis que ce phénomène n’est pas nouveau, mais qu’il est bien volontaire, calculé et offensif. Il est dégradant, injuste et mensonger. Il entretient l’idée que les réflexes naturels de défense de ce qui est à soi sont intrinsèquement mauvais et condamnables.

Il participe à la haine de soi avec laquelle, comme l’a écrit Hélie Denoix de Saint-Marc, on ne fait rien de bien. Il dénigre notre Patrie, nos ancêtres et notre Histoire. Il prépare une humanité sans racines, sans passé et sans avenir.

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Staline recommandait à ses complices, lors de polémiques, de commencer par traiter leur adversaire de fasciste, arguant que le temps et l’énergie qu’il emploierait à expliquer que ce n’était pas vrai seraient perdus pour sa propre argumentation. Le procédé a depuis fait école sans discontinuer et se pratique encore sous nos yeux. De plus, ces gauchistes qui investissent le plus possible de rouages sociaux n’hésitent pas à en exclure les patriotes -je l’ai constaté personnellement récemment- tout en prétendant que c’est nous qui sommes des mouvements d’exclusion… Ce sont eux qui ont pris le contrôle du mouvement des Gilets Jaunes tout en le laissant discréditer par les exactions de leurs complices Blacks Blocs et on voit où cela a mené : rien de ce qui a motivé et provoqué le mouvement des Gilets Jaunes n’est résolu. Le pouvoir a laissé les Blacks Blocs commettre des destructions sans que sa police ne fasse parmi eux le moindre blessé, alors que l’on sait comment elle a mutilé, éborgné, matraqué les Gilets Jaunes pacifiques. Une fois de plus, on peut constater la complicité de fait entre ces gauchistes et le pouvoir dictatorial macronien et mondialiste. Amis patriotes, identitaires, défenseurs de notre patrimoine historique, ne laissons pas tous ces ennemis de la France nous dénigrer avec leur vocabulaire aussi médiocre que mensonger !

mercredi, 20 mai 2020

Corona-Tote: Opferzahl in den USA wird manipuliert

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Torsten Groß:

Corona-Tote: Opferzahl in den USA wird manipuliert

Ex: https://kopp-report.de

Nach Angaben der Weltgesundheitsorganisation (WHO) sind in den USA 89.272 Menschen am Coronavirus verstorben (Stand 19.05.2020). Gemessen an der absoluten Zahl der Toten liegen die Vereinigten Staaten damit im internationalen Vergleich an der Spitze. Wie kein anderes Thema beeinflusst die Sterbeziffer die öffentliche Debatte in den USA und ist zugleich für das Handeln der politischen Akteure in der Krise leitend. Sie beruht aber auf einer falschen Erfassung der Toten, deren Zahl deutlich zu hoch gegriffen sein könnte.

Denn die Definition der Todesfälle, die COVID-19 zugerechnet werden, ist äußerst banal: Jeder Verstorbene, der im Rahmen der Obduktion positiv auf das Virus getestet wird, geht in die Corona-Statistik ein. Das gilt beispielsweise auch für Menschen, die in einem Hospiz lebten und denen aufgrund anderer Erkrankungen von Ärzten nur noch eine geringe Lebenserwartung bescheinigt worden war. Sogar Selbstmörder und Autofahrer, die bei Verkehrsunfällen starben, werden als Virusopfer gezählt, wenn der postmortale Coronatest positiv ausfällt. Diese Methode kommt in den meisten Bundesstaaten zum Einsatz. Die so ermittelte Zahl der Seuchentoten ist Grundlage für die nationale US-Statistik.

Im Gegensatz zu anderen Ländern »zählen wir jeden, der mit COVID-19 stirbt, als einen COVID-19 Toten«, stellte kürzlich Dr. Deborah Birx fest, Koordinatorin für die Bekämpfung der Corona-Pandemie im Weißen Haus. Einige Bundesstaaten gehen sogar noch über diese weit gefasste Definition hinaus. Das gilt z.B. für New York. Dort werden Verstorbene selbst dann zu den Corona-Toten gezählt, wenn der Virustest negativ ausgefallen war, sie aber zum Zeitpunkt ihres Todes Symptome der Erkrankung zeigten. Am 21. April 2020 traf das für 3.700 der über 10.000 amtlich bestätigten Opfer der Seuche zu. Das Problem ist, dass die Anzeichen einer Sars-CoV-2-Infektion große Ähnlichkeit mit denen einer normalen Grippe haben.

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Dr. Deborah Birx.

Viele Verstorbene dürften deshalb falsch kategorisiert werden, was erklären könnte, warum die Zahl der Virustoten im Staat New York, dessen demokratischer Gouverneur Andrew Cuomo sich in der Krise als Gegenspieler von Präsident Donald Trump profiliert, überproportional hoch ist und fast ein Fünftel aller Corona-Sterbefälle in den USA ausmacht.

Selbst wenn sich Ärzte über die Todesursache eines Patienten unsicher sind, empfehlen viele Gesundheitsbehörden, COVID-19 im Totenschein einzutragen. Mehr noch: In einigen Krankenhäusern werden angestellte Mediziner regelrecht unter Druck gesetzt, Sars-Cov-2 als Todesursache anzugeben, selbst wenn sie anderer Auffassung sind. Hintergrund ist der Coronavirus Aid, Relief und Economic Security Act (kurz CARES Act), ein Gesetz, dass die wirtschaftlichen Folgen der Pandemie in den USA abmildern soll. Der CARES Act sieht u. a. vor, dass Krankenhäuser für die Behandlung von Corona-Patienten einen Vergütungszuschlag von 20 Prozent erhalten. Dieser finanzielle Anreiz sorgt ebenfalls für statistische Verzerrungen, die das epidemische Lagebild verdüstern.

Nicht nur Dr. Birx, sondern auch andere Experten gehen vor diesem Hintergrund davon aus, dass die Zahl der am Coronavirus verstorbenen Menschen in den USA deutlich geringer ist als die amtlichen Statistiken der amerikanischen Gesundheitsbehörde CDC zeigen. Es wird vermutet, dass infolge der Zählweise und doppelt erfasster Sterbefälle über 25 Prozent mehr Corona-Tote an die WHO gemeldet werden als es in den Vereinigten Staaten tatsächlich gibt.

Die linke Washington Post behauptet dagegen, dass die Zahl der Virustoten statistisch unterschätzt werde. Man argumentiert, dass die Gesamtzahl der Sterbefälle, die normalerweise im Zeitraum März bis Anfang Mai registriert wird, in diesem Jahr höher ausfalle, was darauf schließen lasse, dass es mehr Corona-Opfer gäbe, als die Behörden einräumten. Doch diese Sicht greift zu kurz. Denn die Zeiten sind eben nicht normal. Viele Menschen auch mit lebensbedrohlichen Erkrankungen wie etwa Herzproblemen meiden den Gang zum Arzt oder ins Krankenhaus aus Furcht, sich dort mit dem Virus zu infizieren. Eigentlich dringend erforderliche Operationen werden aufgeschoben, bis es schließlich zu spät ist. Darüber hinaus erzeugen die Ausnahmesituation der Corona-Pandemie und die Angst vor der Zukunft bei vielen Menschen großen Stress, was sich in einer deutlichen Zunahme der Zahl von Suiziden zeigt – eine Entwicklung, die nicht nur in den USA, sondern auch in Deutschland und anderen Staaten zu beobachten ist. Die Folge ist ein Anstieg der Sterbezahl, was aber nicht auf eine hohe Dunkelziffer bei den COVID-19-Toten hindeuten muss.

Die fehlerhaften Daten, die ein verzerrtes Bild der Gefährlichkeit von Sars-CoV-2 vermitteln, verbreiten nicht nur übertriebene Furcht in der Bevölkerung vor einer Ansteckung mit dem Virus, sondern erschweren es auch, die Situation in den USA mit der in anderen Ländern zu vergleichen und die Wirksamkeit der verschiedenen Maßnahmen zu beurteilen, die zur Bekämpfung der Seuche ergriffen worden sind.

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Vor allem aber führt die unzureichende Datenbasis zu Fehlentscheidungen der Politik, die das Leben und die Zukunft von Millionen Menschen beeinträchtigen oder gar zerstören. Der Shutdown der Wirtschaft dauert länger, als es erforderlich wäre. Die Arbeitslosigkeit steigt rasant und mit ihr die soziale Not.

Der Staat muss billionenschwere Rettungspakete auflegen, um einen Kollaps zu verhindern, was die öffentliche Schuldenlast aufbläht und auf kurz oder lang auch zu höheren Steuern führen wird. Das Gesagte gilt natürlich nicht nur für die Vereinigten Staaten, sondern für alle Industriestaaten, die sich mit COVID-19 konfrontiert sehen. Doch in den USA fällt die Krise mit einem wichtigen Ereignis zusammen, der Präsidentschaftswahl im November. Das linke Establishment will unbedingt verhindern, dass Amtsinhaber Donald Trump wiedergewählt wird und für weitere vier Jahre im Weißen Haus regiert. Es besteht deshalb in diesen Kreisen ein gesteigertes Interesse daran, das Ende des Corona-Lockdowns hinauszuzögern, um die wirtschaftliche Krise zu verschärfen und so die Chancen von Trump zu schmälern.

Das ist ein wesentlicher Grund, warum die epidemische Lage auch mit Hilfe aufgebauschter Zahlen in der amerikanischen Öffentlichkeit dramatischer dargestellt wird, als sie es in Wahrheit ist!

vendredi, 08 mai 2020

Entretien avec Jean-Yves Le Gallou: fausses nouvelles et vrais bobards

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Entretien avec Jean-Yves Le Gallou: fausses nouvelles et vrais bobards

Jean-Yves Le Gallou, fondateur de Polemia et spécialiste des médias, analyse le traitement des informations durant le confinement.

  Durant cette période d’épidémie, la moisson n’a-t-elle pas été particulièrement fructueuse pour vous qui traquez les fausses nouvelles ?

— Si. Les fausses nouvelles ont été doublement systémiques : nous avons eu des fausses nouvelles gouvernementales, précieusement relayées par les médias. Ainsi quand l’ineffable Sibeth Ndiaye et le petit arrogant Véran ont affirmé que les masques étaient inutiles, Le Parisien a publié une infographie pour illustrer la « vérité » gouvernementale. Quand, un mois plus tard, le gouvernement a expliqué que les masques seraient obligatoires après le déconfinement, Le Parisien a repris son infographie pour se caler sur la nouvelle vérité officielle…

N’y a-t-il pas eu – encore plus nettement que d’habitude – la dénonciation par les médias de prétendues « fausses nouvelles » d’une part et, d’autre part, la diffusion de leurs propres bobards ?

— Oui. Sur l’origine du virus, on nous a obligés dans un premier temps à croire que le coupable c’était le pangolin : le pangolin, vous dis-je ! Evoquer l’hypothèse d’une sortie accidentelle du virus du laboratoire P4 de Wuhan, inauguré en 2017 par Cazeneuve, le Premier ministre de Hollande, et Yves Levy, le mari de Buzyn, c’était être « complotiste » ! Et les chasseurs de « fake news » vous dénonçaient. Aujourd’hui, c’est presque devenu une hypothèse mainstream relayée par les services spéciaux et les ministres des pays occidentaux. Macron lui même nous a dit « on nous a caché des choses ». Le découvreur du sida, le prix Nobel Montagnier, a même envisagé l’hypothèse d’une fabrication humaine. A son tour il a été accusé d’être « complotiste ».

Alors, accident de la nature ou accident scientifique ? Origine naturelle ou fabrication humaine ? Aujourd’hui nous ne connaissons pas l’origine du virus et il serait sage de le reconnaître.

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Qu’appelez-vous « l’Etat Big Mother » ?

41ER6ZP8YHL._SX284_BO1,204,203,200_.jpg— C’est à l’échelon de l’Etat la philosophie de la mère abusive qui s’impose : « Couvre-toi », « Mets ton sweat », « Ne sors pas, tu vas attraper froid ». Veran traite les Français comme des enfants. C’est très exactement ce que condamne Michel Schneider, l’auteur de Big Mother : « Ecoute, proximité, caresses, urgence, amour. Les hommes politiques jouent à la mère. Dirigeants n’osant plus diriger, citoyens infantilisés attendant tout de l’Etat : la France est malade de sa politique comme certains enfants le sont de leur mère » ! C’est le triptyque de la soumission : Big mother (infantilisation des Français), Big brother (surveillance générale), Big Other (priorité à l’immigré).

Vous n’hésitez pas à parler de « dictature Macron ». N’exagérez-vous pas?

— Hélas non, en novembre dernier nous avions consacré le Forum de la dissidence de Polémia à « La dictature Macron ». Pourquoi ? Parce que la logique du pouvoir est post-démocratique : imposer à l’opinion les dogmes du mondialisme, de l’immigrationnisme et la déconstruction de tous les héritages et traditions. La crise sanitaire – amplifiée par l’incurie gouvernementale – est une formidable occasion pour faire avancer les pions de l’idéologie dominante. La stratégie du choc est mise en oeuvre avec la dictature sanitaire : limitation de la liberté d’expression, sous couvert de lutter contre les « fake news » : dès mars, le préfet Solly, directeur de Facebook France, a annoncé le renforcement de la « régulation » – traduisez censure – sur les réseaux. Et labellisation de la parole officielle au nom de la lutte contre l’épidémie. Restriction de la liberté de circulation bien au-delà du strict nécessaire pour lutter contre l’épidémie (funérailles impossibles, fermeture des parcs, des forêts, des plages, etc.). Mise en cause de la liberté du culte catholique. Atteintes à la liberté de prescription médicale (chloroquine). Ce n’est peut-être pas encore le Goulag mais c’est un pas en avant dans le Moulag.

Pensez-vous qu’avec le déconfinement nous échapperons à cette « dictature sanitaire » ?

— Non, le déconfinement sera au contraire l’occasion d’inscrire dans le marbre de la loi certaines mesures prises lors de l’état d’urgence sanitaire. D’imposer dans la durée le principe de l’ausweisspour circuler. D’avancer dans le traçage électronique des citoyens. De remettre en cause le secret médical. En attendant le vaccin obligatoire avec puce électronique voulu par Bill Gates et l’OMS.

Certains rêvent d’un retour au moins partiel au souverainisme, leçon de cette épidémie. Y croyez-vous ?

— Dans cette affaire, certains ont fait un mauvais procès à l’Union européenne qui n’est en rien responsable des problèmes de santé qui restent du domaine des Etats, voire des Etats fédérés comme en Allemagne. C’est peut-être paradoxal, mais certains souverainistes sont les idiots du pouvoir qu’ils exonèrent de ses fautes en en rejetant la responsabilité sur Bruxelles. Le vrai combat à mener c’est celui contre l’idéologie dominante et les hommes qui la mettent en œuvre : que ceux-ci soient à Paris ou à Bruxelles ne change pas grand chose. Il ne faut pas se tromper de combat. L’épidémie de coronavirus a surtout montré la faillite de l’Etat francais emberlificoté dans des pratiques managériales (« qualité – contrôle – performance – pilotage ») aussi prétentieuses qu’inefficaces.

Quels effets cette épidémie semble-t-elle avoir sur l’immigration clandestine ? Va-t-on être plus regardant ?

D-Cohn-Bendit_7c5793ec5f1e8748077cd20662d9de9d.jpg— Je crains que non ! Le gouvernement Conte en Italie a annoncé qu’il allait régulariser 200 000 clandestins, soi-disant pour faire face aux besoins de l’économie. Et depuis l’Allemagne – où il échappe au confinement – Cohn Bendit nous explique que nous avons été sauvés par les livreurs dont beaucoup sont clandestins et qu’il faut les remercier en leur donnant des papiers. Quant au Conseil d’Etat, il a imposé la réouverture des guichets de demande d’asile.

Retiendrez-vous dans votre choix pour les prochains Bobards d’or la dénonciation d’une « messe clandestine » à Saint-Nicolas ou à Saint-André-de-l’Europe ?

— Le montage sur la « messe clandestine » à Saint-Nicolas-du-Chardonnet y trouvera sa place dans la catégorie Bobard coronavirus.

Une conclusion ?

— Dissidence ! Résistance ! •

Propos recueillis par Anne Le Pape

Photo :  Anne Le Pape

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Extrait de: Source et auteur

De la “pandémie médiatique” : entretien avec François-Bernard Huyghe

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De la “pandémie médiatique” : entretien avec François-Bernard Huyghe

Ex: https://www.ojim.fr

Nous avons déjà présenté plusieurs ouvrages du médiologue François-Bernard Huyghe qui vient de publier en mai une nouvelle édition actualisée de son opus Fake news (“Manip, Infox et Infodémie”) aux éditions VA Press. Entretien.

Question : Vous venez de publier une nouvelle édition de Fake news, version entièrement remaniée de votre livre sur les « infox ». Il y a une telle actualité du faux qu’il faille compléter l’édition de l’année dernière ?

François-Bernard Huyghe : Il y a même urgence ! La preuve : après avoir fait adopter une « loi contre le manipulation de l’information » (en 2018), le gouvernement a envisagé de créer une plateforme « Désinfox coronavirus » pour contrer rumeurs et affabulations relatives à l’épidémie et suggérer de “bonnes” sources. Selon le mot de Debord, le système libéral “ne veut être jugé que sur ses ennemis” ; visiblement, le macronisme a choisi le registre “Fakes, complotisme, délire haineux et fantasmes extrémistes” pour disqualifier toute parole critique. Plutôt qu’à une censure du contenu (interdire de dire x ou y), on agit désormais sur le code (informations vérifiées — devinez par qui — versus manipulations ne relevant pas de l’opinion mais de la malfaisance). Le citoyen est invité à intérioriser les normes du politiquement correct et de l’authentiquement correct. Il y a un enjeu idéologique considérable. Même si le projet mal ficelé a été abandonné, la tentation de réguler le code demeure.

Bien entendu, dire cela ce n’est pas nier qu’il prolifère des explications délirantes, des photos truquées, des révélations imaginaires, des thèses douteuses ou des prédictions invraisemblables sur la pandémie. Il a même fallu inventer un néologisme pour désigner le phénomène : infodémie. La propagation du faux parallèle à celle du virus.

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Vous dites même que la crise prend une dimension géopolitique ?

Oui, il y a comme des strates dans la mésinformation relative au Covid-19 :

- Il y a d’abord le phénomène ancestral de la rumeur ou de la pensée magique en période de catastrophe : remèdes miracles, boucs-émissaires désignés, récits surprenants sur “la vérité qu’on nous cache”, explications bricolées etc. se répandent spontanément.

- Une composante “médiologique”, disons liée aux technologies de l’information. Les réseaux sociaux qui permettent à chacun de s’exprimer, de diffuser, mais aussi de se dissimuler, sont favorables par nature aux discours alternatifs, éventuellement aux trucages, et toujours aux emballements collectifs. Surtout ici dans un domaine où le discours “scientifique” ou l’établissement des “faits” donnent lieu à interprétations hasardeuses.

- Outre la dimension politique nationale (un gouvernement donnant des versions contradictoires mais toujours “appuyées sur les scientifiques” à quelques jours de distance), il y a un enjeu géopolitique. Pour faire simple : les Chinois, après avoir un peu cafouillé au début de l’épidémie, lancent une grande opération de charme (soft power) sur le thème nous avons bien maîtrisé et notre modèle est universel. Côté américain ou dans les milieux atlantistes on riposte : les Chinois ont menti, ils manipulent l’opinion mondiale, non à l’hégémonie de Pékin. Une guerre internationale de l’information est en cours.

Au fait, comment reconnaît-on une “fake news” ?

Il faut que ce soit une nouvelle (un récit, une citation une photo de quelque chose qui se serait produit) et qu’elle soit fausse. Ce qui en général se reconnaît à ce qu’elle contredit la logique, ou les autres témoignages, ou les sources originelles. Ou encore si l’on peut prouver la fabrication : il y a des logiciels, des ONG, des rubriques “fact-checking” des médias qui passent leur journée à vérifier et la probabilité qu’un faux avéré ne soit pas signalé en ligne en quelques minutes est très faible.

Mais après avoir examiné le message, il faut aussi faire son auto-examen. Ne pas qualifier de fake tout ce qui relève de l’interprétation des idées ou de l’anticipation du futur, ne pas qualifier de manipulation tout ce qui contredit nos croyances (ni ne tenir pour démontré tout ce qui les renforce)…

Vous qui êtes un défenseur de la langue française vous avez placé un glossaire anglais (ou globish) des mots employés à ce sujet ?

Oui, bien forcé : tout ce débat sur les fake news (qui auraient fait élire Trump ou provoqué le Brexit) s’est développé aux États-Unis après 2016 ; et les médias et centres de recherches étatsuniens ont produit énormément de néologismes à ce sujet. Demandez-vous pourquoi les Européens se sentent obligés de penser puis d’adopter ces idées et ce vocabulaire.

Fake news : Manip, Infox et Infodémie en 2021, Format Kindle, VA Press, mai 2021 (6,49 €)

jeudi, 30 avril 2020

MENTIRAS EN LA INFORMACION: ‘FAKE NEWS’

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MENTIRAS EN LA INFORMACION: ‘FAKE NEWS’

La prensa acusa a internet de difundir muchas noticias falsas (Fake News), como medicamentos inútiles o incluso peligrosos, consejos o noticias sin base, etc.  cosa bien cierta, pero la propia prensa no hace más que mentir cada día.

Sería inútil y larguísimo tratar de citar todas las mentiras de la prensa y Tv de una sola semana, pues es casi el 50% de lo que publican, así que solo quiero tratar cuatro temas mínimos que afectan a los acontecimientos sobre el virus y sus consecuencias, solo porque son significativos de cómo se ocultan las cosas en los medios de información.

1- Hay mentiras, grandes mentiras y estadísticas (que son ya enormes mentiras).

En la prensa salía continuamente la idea de que USA había ya igualado el número de fallecidos a España por el virus, y así acusaban a Trump de sus errores. Era como tratar de exponer que el gobierno de España lo hacía mejor que el de USA.

No es que el gobierno de USA lo haga bien, pero es infame hablar de fallecidos en general y no en tanto por ciento de la población. USA tiene una población de unas 6 o 7 veces mayor que España. China unas 32 veces más que España.

Por tanto España ha tenido muchísimo más fallecidos que la China y muchos más, a la fecha en que se deban esas noticias, que en USA, respecto a la población.

Jamás se dio una cifra comparativa teniendo en cuenta la población, pues España ha sido uno de los países con más afectación en el mundo (junto a Italia).

Este tipo de mentiras es muy normal. Se habla de que China tiene un enorme PIB, de 12 billones de dólares. Pero si se hablase por habitante, China es una país pobre de PIB por habitante. España con 1,3 billones de PIB, pero con 32 veces menos de habitantes, es mucho más rica.

Para colmo lo importante es el PIB medio por habitante, y aún más el grado de bienestar medio de los habitantes.

2- La propuesta española e italiana de emitir Euro Bonos, o sea mutualizar la emisión de deuda, para combatir la crisis actual económica provocada por el virus.

Toda la prensa española insultaba de insolidarios, egoístas, casi tiranos, a los países como Holanda, Alemania, etc. que se niegan a esta solución.

Nunca se explicaba las razones y que significa mutualizar deuda, los eurobonos propuestos (y no aceptados).

La Ministra de Exteriores y la de Economía tienen la desvergüenza de declarar que: “La emisión de deuda conjunta con una garantía solidaria es el paso lógico…” o sea, que pretenden que el endeudamiento español sea garantizado por los demás países de la UE, sin control alguno establecido.

0oicw-002.jpgEs el cuento de la hormiga y la cigarra. Cuando países que durante años han logrado ir reduciendo su deuda a un 45 a 50% del PIB, a base de controlar sus gastos y sus ingresos, mientras en España o Italia lo aumentaban al 100 y 140% del PIB, sin control alguno, no parece muy lógico esperar que las hormigas asuman ahora la futura deuda de España o Italia sin normas que eviten que se siga malgastando y aumentando la deuda sin control. Porque no parece que el actual gobierno de España esté por establecer claramente y oficialmente medidas que reduzcan en el futuro el endeudamiento, que es lo que exigen los demás países para mutualizar la deuda.

3- El aumento exponencial de la deuda que va a traer la crisis económica actual.

Es absolutamente lógico que en un momento de crisis se endeude el Estado, como lo haría cualquier empresa. No se trata pues de evitar o negarse a endeudarse, al contrario, hay que hacerlo para evitar el caos y la miseria de la gente.

Se plantea que el BCE con la UE permitan emitir 1.100.000 millones de euros en deuda pública de los países. Unos 125.000 millones para España, eso dice Guindos desde la vicepresidencia del BCE. Vale.

Nadie declara que problemas planteará este aumento de endeudamiento. Incluso Guindos al ser preguntado por ello, declaró: “los niveles de deuda son sostenibles, y cuando pase esta crisis las condiciones económicas volverán a la normalidad”.

O sea un 100% del PIB en deuda es ‘normal’. Pues ¿por qué no pasamos al 300% de deuda?, si es normal un 100% y no explica que pueda ser un problema, pues aumentemos lo que nos dé la gana la deuda.

Y si resulta que si hay problema, si cree que luego habrá que bajar la deuda, entonces debería declararse y concretarse de qué forma se va a reducir esa inmensidad de deuda nueva.

La idea de que endeudarse no es problema, está muy generalizada y es totalmente falsa en las condiciones actuales.

Nunca es problema aumentar la deuda si hay un plan de reducirla luego, ya sea con ahorro posterior, ya sea mediante las ganancias al Estado de lo efectuado con esa deuda (eliminar paro, generar impuestos o ganancias nuevas…).

Pero endeudarse sin un plan de reducción posterior es una barbaridad. Y actualmente el endeudamiento infinito actual es un cadena que ata a los Estados a la finanza de forma absoluta. Cualquier Estado que quiera enfrentarse a la finanza de la UE está atado por la deuda en euros. Grecia lo supo muy bien cuando lo intentó.

Nunca se ha hablado claramente y públicamente al pueblo del endeudamiento, su esclavitud y los condicionantes que tiene.

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4- Los intereses de la emisión de deuda a cero.

Otro tema es la idea de generar dinero a cero intereses por el Banco Central, aunque hoy en BCE ya no depende de los Estados de forma tan directa.

La idea es absolutamente correcta, es dinero contable y puede emitirse a cero de intereses.

Veamos algunas mentiras sobre este tema: La más jocosa se ha producido cuando el Presidente español Sánchez declaró que iba a recibir de la UE unos miles de millones de euros sin intereses para conceder préstamos a empresas y autónomos que los pidieran por causa de su parada de trabajo por el confinamiento actual.

La realidad es bien distinta: El Estado español recibe el dinero del BCE a cero, pero lo que hace es ‘avalar’ (no prestar directamente) el 80% de los préstamos que los necesitados pidan a los Bancos. Y el Banco prestará a quien corresponda a un interés ‘razonable’ y con las condiciones que considere. O sea, del cero se pasa a un 3%, por ejemplo.

Iglesias y su ‘Podemos’ pide una Banca estatal, pero Bankia es estatal y funciona como un banco privado. Y el gobierno actual no ha indicado que Bankia prestará (como Estado) directamente casi al 0% ese dinero que recibe el Estado al 0%.

Nadie es informado de por qué el BCE ha bajado los intereses al casi 0%. No es por un tema de lógica, sino porque si pusiera los intereses más altos, varios Estados de la UE quebrarían, no podrían pagar los intereses de la deuda pública.

mentiorasmediaticas.jpgEn cuanto a la idea de que los inversores privados pongan su dinero en empresas (con acciones u obligaciones, bonos, deuda pública, etc.) al 0% es una utopía típica. Incluso aunque la inflación fuera del 0% (que no lo es) ningún inversor privado va a poner dinero en una empresa sin intereses, de forma que si la empresa fracasa pierda todo lo invertido, y si tiene beneficios no cobre nada el inversor. El riesgo del inversor debe tener una recompensa.

5- Por último me permito, como una broma, una referencia a la locura igualitaria.

Hace un tiempo unas locas feministas proponían que la igualdad de la mujer con el hombre pasaba necesariamente por lograr que el hombre pueda quedar embarazado y parir hijos, y que la ciencia debe trabajar en este sentido.

Cuando rebuznaron de esta forma, algunas dirigentes políticas progresistas aplaudieron la idea y auguraron que con el tiempo se iba a lograr esta igualdad. Forzar a la Naturaleza a ser igualitaria.

Hace poco salió en la prensa una de esas noticias que cualquiera sabe si es cierta o no, según la cual el coronavirus actual afecta mucho más a los hombres que a las mujeres.

La Ministra de Igualdad, que es una especie de florero para hacer políticamente correcto al gobierno, no se levantó indignada para pedir condenar al virus ese de discriminador de género, y reclamar a la ciencia que modifique el virus para hacerlo igualitario. Una lástima.

 

mercredi, 29 avril 2020

Review: Agitprop in America

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Review: Agitprop in America

“Agitprop has been the method for destroying America’s culture and rebuilding it as Cultural Marxism.”
      John Harmon McElroy, Agitprop in America

agitprop-456x705.jpgAgitprop in America
John Harmon McElroy

Arktos, 2020 

“You can live with the loss of certainty, but not of belief.” So begins John Harmon McElroy’s recently-published Agitprop in America, an almost 400-page book on America’s increasing distance from former beliefs, wholesale adoption of new ones, and the methods by which this transformation was brought about. A cultural historian, McElroy is a professor emeritus of the University of Arizona and was a Fulbright scholar at universities in Spain and Brazil. I suspect Agitprop in America is an exercise in catharsis for the author. During the course of the volume McElroy is clearly, to borrow Melville’s famous words, “driving off the spleen,” by which I mean that he is dispensing with many years of excess feelings of irritation, built up over a career in decaying academia. In Agitprop in America, McElroy takes aim at a succession of modern academia’s sacred cows, with chapters covering Marxist history and propaganda techniques, “social justice” activism, mandatory diversity, political correctness, free speech, snowflake culture, government spending, and the dominance of Cultural Marxism in the American education system. One of the book’s more unique features is a 107-page lexicon of 234 terms (from Ableism to Xenophobia) explaining the invention and employment of language as a method of cultural transformation via agitprop. The book is written in a terse, urgent style reminiscent of Hillaire Belloc, and McElroy comes across confident, bullish, and confrontational, all of which contributes character to what is one of the more original and interesting books I’ve read thus far in 2020.

My first impression of Agitprop in America was that it was a kind of throwback to older anti-Communist texts. I mean this in neither a strictly positive nor strictly negative sense, but an understanding and appreciation of the overall intellectual trajectory of the book will demand that this is acknowledged. In the absence of biographical details, I would estimate McElroy to be in his 80s. He comes across as a thoroughly committed Christian and capitalist, and the book itself is dedicated to “Cuba’s Escambray guerrillas who died fighting Fidel Castro’s Marxist tyranny in the 1960s.” As such, the psychology of the book is underpinned by tensions and memories that are either unknown or significantly faded among younger generations, such as McCarthyism, the Bay of Pigs incident, and the Cuban Missile Crisis. That being said, the book is still incredibly contemporary and relevant. This is in large part due to McElroy’s keen ear for contemporary society and politics, as well as the evolving lexicon of Cultural Marxism, which enables him to discuss “woke” culture with the same accuracy and vigor as “class struggle.” I also think that, in an age where it’s becoming commonplace among Rightist millennials to dismiss “Boomers” and throw themselves headlong into a “NazBol” Third Positionism that in some respects rehabilitates or repurposes aspects of Marxism and even the Frankfurt School, it’s beneficial to listen to those with decades of experience in the culture wars. Although I don’t agree with everything McElroy has to say, he is one such individual and he has produced a very useful text.

9781583228982.jpgThe book opens with the contention that “since the 1960s Marxists and their sympathizers in America have been using agitprop (an integration of intense agitation and propaganda invented by Lenin) to destroy America’s culture and build Cultural Marxism. To do this, agitprop has changed American speech and manipulated cultural values and beliefs.”  American history has been rewritten “to make it into a Marxian tale of unmitigated oppression.” American contemporary society has been reinterpreted as the story of “one biologically defined ruling class (straight White males) “victimizing” all other biologically defined classes.” These Marxist dogmas “are causing the destruction of America’s exceptional culture.”

Part I of the book consists of a brief sketch of the historical context of agitprop in America. McElroy does a very capable job of following political correctness from its Soviet and Maoist origins, through the campus agitations of the 1960s, to the “woke” culture warriors of today. Early in the chapter he indulges in some of the “antifa are the real fascists” fluff that one unfortunately expects from older anti-Communists, and he makes one positive reference to the tainted writings of the Jewish neoconservative academic Richard Pipes. But these are brief divergences from an otherwise steady and interesting invective against the corruption of language and the introduction of politically correct culture in the United States. McElroy is at his best when he focuses on the methodology of Culture Marxism, writing:

Instead of overturning the U.S government by force and taking comprehensive control of the United States all at once, the Counter Culture/Political Correctness Movement has been engaged for the last fifty years in gradually but relentlessly transforming the United States from within little by little, by co-opting its institutions and destroying existing cultural beliefs slowly and methodically, and replacing them with the dogmas of Marxism. (8)

In our current age of declining optimism and rising nihilism, I found McElroy’s persistent belief in American exceptionalism to be somewhat heartening. Although the America of today has thickened and bubbled into a globalist empire, it was indeed founded, as McElroy reminds us “on belief in man’s unalienable birthright to life, liberty, the pursuit of happiness, and government by consent of the governed.” The author is both saddened and angered to see the promise of the “American Dream” come under sustained attack from both internal and external enemies, and while we can make the argument for a more critical or nuanced interrogation of such concepts as the “American Dream” (Tom Sunic’s excellent Homo Americanus is probably unsurpassed in this area), it’s difficult to argue that something special and precious hasn’t been lost in America since the 1950s. Where Sunic and McElroy might agree, with radically different implications, is in their assessment of the nature of American culture through history. Both assert the European origins of American culture, and both assert that it later became essentially non-European. For McElroy, this transition (c. 1800–1950) represents a triumph, with America defining itself against “the aristocratic cultures of Europe based on belief in ruling classes constituted by “noble” and “royal” blood.” For Sunic, the drift away from European culture resulted in hostility to European traditions, and an obsession with “rights” and individualistic consumerism, that has dogged America for over a century and has contributed heavily to its current cultural malaise. Both scholars would find agreement again in the fact America post-1950 has been in the throes of a cultural catastrophe in which Marxism has been pivotal.

The latter section of the first chapter concerns Marxist dogma from Soviet times to the present. McElroy is quite right to point out that historically Marxists argued that deviation from their worldview could represent a “symptom of mental derangement requiring treatment in a psychiatric clinic,” and he places this alongside commentary on how today’s dissidents are presented as “enemies of humanity.” In each case, agitprop develops an environment in which dissent is viewed and portrayed as “a kind of irrational, anti-science behavior.” The key to the success of Cultural Marxist agitprop is its “intrinsic deceptiveness.” McElroy writes,

Political correctness represents itself as a champion of fundamental American values. That brazen pretense, that Marxism is identical to American liberalism and progressivism, is why the Counter Culture/Political Correctness movement has had so much success in the United States. (22)

Drawing on Saul Alinsky’s infamous Rules for Radicals, McElroy explains how Cultural Marxists provoke their opponents into reacting (e.g. threatening to take down historical monuments, ordering “gay cakes”) and then denounce them as irrational “reactionaries.” Another tactic is to create problems, or interpret problems, in such a manner that permits the proposal of Marxist “solutions.” I thought that an analysis of Alinsky’s works might provoke a deeper reading from McElroy, who writes that Alinsky was “an atheist.” In fact, Alinsky was an agnostic who, when asked specifically about religion, would always reply that he was Jewish. This error is indicative of a broader blind spot in the text — the ethnic component of anti-American activism. This blind spot manifests more subtly throughout the lexicon of Cultural Marxist terms that comprises the middle of the book. Quite frankly, when one actually looks at the individuals who have coined or popularized many of these genuinely novel agitprop terms (e.g. ‘homophobia’ by George Weinberg, ‘deconstructionism’ by Jacques Derrida, ‘racism’ by Magnus Hirschfeld and Leon Trotsky, ‘transgender’ by Magnus Hirschfeld and later Harry Benjamin, ‘sex work” and ‘sex worker’ by Carol Leigh, ‘cultural pluralism’ by Horace Kallen), they emerge almost exclusively as Jews. It’s a simple and unavoidable fact that Jews have been at the forefront of changing “ways of seeing” by first changing “ways of describing.” I agree with McElroy that we shouldn’t call anti-American agitators “liberals,” and that “Leftists” also leaves a lot unsaid. McElroy, however, proposes “PC Marxists,” which I feel doesn’t get any closer to the mark.

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The question presenting itself is: Does this blind spot hinder the usefulness of the text? I don’t think so. Agitprop in America can be read by the well-informed, such as readers of this website, who can fill in certain blanks (as I have above) from their own extensive reading and derive a great deal of knowledge and pleasure from the book. McElroy opines that the two greatest identifying attitudinal markers of “PC Marxism” are hypocrisy and paranoia. He writes that they vigorously enforce “separation of church and state,” and fully embrace “crony capitalism.” Rather than being genuine Americans, they merely “go about in the guise” of the everyday man, while looking down on those who dissent from their thinking in the belief they’re “stupid.” They “relentlessly insist on social justice.” Who does this sound like? And, so you see, specifics of nomenclature aside, the book lends itself to an open and usable reading.

The second chapter of the book contains some interesting autobiographical material on McElroy’s early academic career. In 1966, the same year our own Kevin MacDonald graduated from the University of Wisconsin-Madison, McElroy, a newly minted PhD, arrived at the college. McElroy writes, “Without knowing it, I was going to one of the two epicenters of the Counter Culture movement in the Midwest, the other being the University of Michigan.” McElroy became especially fascinated with the chants of student protestors, seeing in their uniformity certain indications of “planning for a nationwide campaign of agitation and propaganda against U.S. military involvement in Vietnam and against America’s cultural beliefs.” The chapter proceeds with a discussion of the mindset and tactics of this early agitprop campaign, with McElroy commenting:

Normal minds of course find it difficult to believe in a “culture war” that has gone on for half a century and that aims to transform the world’s oldest, most successful republic into a center for Cultural Marxism. Because the project is so audacious, it has taken many middle-class Americans a long time to believe such a movement exists; and many middle-class Americans apparently still refuse to believe a systematic assault is underway on American culture and has been going on in America for fifty years. But whether you believe it or not, a culture war is in progress in America, as evidenced by the fact that many Americans now prefer the dogmas of Marxism to the beliefs of American culture.

The second part of the book consists of the above-mentioned 107-page lexicon of 234 terms explaining the invention and employment of language as a method of cultural transformation via agitprop. The lexicon itself is preceded by two brief explanatory chapters on “Politically Correct Language as a Means of Revolution,” and “Terms Related to and Used by the Counter Culture/Political Correctness Movement.” The first of these chapters is very heavily focused on McElroy’s belief that we should once more refer to Blacks as “Negroes” or “Negro Americans.” For McElroy, the term “African-American” is an “agitprop substitute” designed to make Whites and Blacks constantly aware “that most Negro Americans have remote ancestors brought to America from Africa in chains as slaves.” The author spends several pages thrashing out this issue, which left me quite unsure that this particular issue would be the metaphorical hill I’d personally choose to die on. McElroy comes from a generation in which the term “Negro” probably retained a semblance of tradition and even charm about it, whereas it’s now fallen so completely out of use that a resurrection of the term could only be perceived by all sides as something negative. Again, I actually do sympathize with the central thrust of McElroy’s meaning here. I’m just not convinced I’d base my war on agitprop so strongly in this particular issue.

My misgivings on this point carried through somewhat to the lexicon itself, which is overwhelmingly good but contains some dubious entries. McElroy must first be commended for compiling such an extension list of terms, which is, as far as I’m aware, the only ‘Rightist” lexicon of Cultural Marxist agitprop in existence. Each term comes with commentary, with some only a few sentences in length and others a few pages. A few examples should suffice in order to give a flavor of the style:

Ableism
A faux bias cooked up by PC agitprop, ableism is an alleged prejudice against a person with a disability as, for instance, refusing to hire someone with a stutter or substandard comprehension of spoken English as an office receptionist. Not hiring a person with a patently disqualifying deficiency constitutes the prejudice of “ableism,” according to PC Marxists. See entry on “Sizeism.”

Person of Size
Someone who is extremely obese is a “person of size” in PC talk. The euphemism was invented as part of agitprop’s insistence on the need for sensitive, inoffensive diction.

Relationship
The expression “having a relationship” means in PC parlance having sex with the same partner for a significant length of time without getting married. To a PC Marxist, “having a relationship” is preferable to having a marriage because it forestalls family formation.

Right-Wing Extremism
“Right-wing extremism” is one of the labels PC Marxists use to criticize their opponents, whom they regard as “extreme” because they put the interests of their nation above the revolutionary dogmas of global Marxism.

Sexual Orientation
This is the PC euphemism for homosexuality. The euphemism was coined to avoid the use of the words “homosexual” and “homosexuality.” The phrase “sexual orientation” allows persons who are politically correct to praise and promote homosexual behavior without having to use the terms “homosexual” or “homosexuality,” which are loaded with a historical burden of moral disapproval. The term “sexual orientation,” however, has a scientific ring to it implying that homosexuality is merely one of various “orientations” toward sexual activity, so that no one should object to it. Homosexual practices ought to be considered as any other erotic activity. This is the argument agitprop in America is making in its revolutionary assault.

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With over 230 terms covered, many of them very current in contemporary internet culture, McElroy is to be applauded for his effort in both compiling the list and keeping his finger on the agitprop pulse. The few dubious entries emerge from McElroy’s apparently fundamentalist Christian beliefs, which lead him to a few scathing remarks on evolution, the Big Bang theory, etc. This is McElroy’s book, and it’s his right to wax lyrical on some matters that are clearly close to his heart. I’m certainly not disparaging his approach, but I do think that this might alienate readers who are of a more scientific and less spiritual mindset. That being said, he has produced a great piece of work in this lexicon.

The third section of the book is probably my favorite, and McElroy demonstrates the best of his reading and understanding here. The section consists of commentaries/chapters covering “seven related revolutionary concepts that PC agitprop has imposed on America.” These are “Biological Class Consciousness,” “Social Justice,” “Mandatory Diversity,” a politics of double standards, mass indoctrination on “sensitivity,” censorship and the policing of speech, and the promotion of a sterile and self-obsessed atheism. Of these, the first is one of the best, with McElroy remarking:

Now, after five decades of relentless Marxist agitation and propaganda promoting biological class consciousness in America, courses on U.S. history and Western civilization have dwindled and all but disappeared at American colleges and universities while courses on biological class consciousness have proliferated. Everywhere today in U.S. institutions of higher education, one finds courses and degree programs in Women’s Studies, African-American Studies, Mexican-American Studies, and LGBT studies. And as college and university faculties have become more uniform in their Political Correctness, the courses on U.S. history and Western civilization which remain in the curriculum are almost invariably taught from the point of view of Marxian class struggle, which is to say from the standpoint that straight “Euro-American” males (SEAMs) comprise a ruling class which has “victimized” women, negro Americans, Hispanics, Asian-Americans, homosexuals, and other biologically defined classes. College students today are being taught to hate SEAMs as a class for the “victimisation” they have allegedly inflicted on all other biological classes in America.(180)

McElroy is equally on point when it comes to “social justice,” suggesting that the term really refers to “the idea of preferential treatment for members of allegedly oppressed classes. It is justice dispensed according to class history … “Social justice” is political justice. It expresses political favoritism that will advance the revolution.” The author is also good on the subject of “Mandatory Diversity,” pointing out just how incentivized this has become in our culture and economy:

A reputation for being “diverse” is something institutions throughout America today are eager to acquire. Being “diverse” has become a political, economic, and academic requirement, a much-coveted accolade, a shibboleth attesting to one’s Political Correctness. (220)

On “sensitivity” agitprop, McElroy observes that “the real purpose of the sensitivity game is intimidation.” Enforced “soft language” for protected groups creates an atmosphere in which deviation into normal speech can be chastized as hateful, unfair, and bigoted. The wider the sensitivity net (e.g. embracing the fat, the ugly, etc.) then the more successful will be the broader cultural strategy. It is an offensive built on “not offending.” The same themes are evident in censorship and the policing of speech.

ppquiet.jpgThe final section of the book consists of five short chapters on differing subjects. The first is a commentary on “The Failure of Marxism in the USSR and Successes of PC Marxism in America” which combines an interesting historical overview with a quite strident attack on the Obama years. The next chapter is a brief but lucid essay on how agitprop and PC Marxism has influenced U.S. government spending. The third, and shortest chapter in this section is an attempted rebuttal of the idea that America has become an imperialist nation. I tend to disagree with McElroy somewhat here, not because I believe America has an empire in the conventional sense, but because I believe it’s self-evident that elements of the U.S. government, most notably the neocons, have increasingly steered the country into a foreign interventionist position built around the idea of sustaining global finance capitalism and the state of Israel. Since McElroy’s musings on this topic are limited to a few pages, I was, however, spared any lasting distaste.

—The book then nears its end with a very good chapter on “PC Marxist Dominance in U.S. Public Schools,” before closing with a very pro-Trump chapter on “The Significance of the 2016 Presidential Election.” I was ambivalent about this last chapter because it lacks the nuanced and qualified approach to Trump’s 2016 win that is surely now, in light of a succession of policy failures and absences, much-deserved. Part of me wishes I could share McElroy’s optimism, and I laud any man of his advanced age for avoiding the temptation of observing it all with jaded distance. But I cannot, having considered all available evidence and precedence, share his persistent belief in the MAGA phenomenon.

Final Reflection on Agitprop in America

John Harmon McElroy’s work of catharsis is a worthy addition to the Arktos library, and offers an original and multifaceted new approach to the subject of America’s undeniable and ongoing decay. At almost 400 pages of commentaries on numerous subjects, including a large lexicon of Cultural Marxist terms, the book certainly represents value for money and will consume many hours of study. Of course, it doesn’t have “all the answers,” something it has in common with the vast majority of political texts on the market, but it does approach a normally pessimistic subject with intellectual vigor, aggression, confidence, and even optimism. It’s a book worthy of being “balanced out” by the later reading of another text like Sunic’s Homo Americanus, and I think readers can gain much from such an exercise. Readers could also benefit by conducting some of their own research into the origins of certain agitprop terms. McElroy includes several blank pages at the end of his book for “notes,” which could be put to use in this manner. As hinted at earlier in this review, I guarantee that readers will find some predictable but useful information in the process.

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mercredi, 04 mars 2020

Le culte apocalyptique du réchauffement climatique

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Le culte apocalyptique du réchauffement climatique

par Dmitry Orlov

Ex: https://versouvaton.blogspot.com

 
Article original de Dmitry Orlov, publié le 21 Février 2020 sur le site Club Orlov
Traduit par le blog http://versouvaton.blogspot.fr
 
Vous voulez sauver la planète ? Pensez-vous que cela nécessite que tout le monde arrête de brûler des combustibles fossiles, et que cela passe nécessairement par le fait de recouvrir les champs avec des panneaux solaires et la colonisation des plages et des crêtes montagneuses par des éoliennes géantes ? Que diriez-vous d’instaurer une taxe sur les émissions de dioxyde de carbone et de taxer les gens pour le dioxyde de carbone qu’ils émettent ? Pensez-vous que le fait que « 99,9% des climatologues sont d’accord… » implique logiquement qu’ils ont nécessairement raison ? Et qu’est-ce qui vous fait penser que les humains sont capables de sauver des planètes alors qu’ils ne savent même pas quoi faire de leurs déchets ?

Si ce genre de réflexion vous dérange et vous fait imaginer que je suis une sorte de « négationniste du changement climatique », alors, à moins que vous ne soyez émotionnellement fragile et sujet à des crises d’hystérie, vous devriez quand même faire un effort et continuer à lire, car vous avez peut-être, sans que ce soit votre faute, été intronisé dans le culte apocalyptique du réchauffement climatique. La première étape pour vous libérer des griffes d’une secte apocalyptique est de réaliser que vous êtes membre d’une secte apocalyptique. Une partie du processus consiste à apprendre comment fonctionne une secte : d’où lui vient son pouvoir, pourquoi les gens tombent dans ses griffes et, surtout, qui la paie et qui s’enrichit grâce à elle. Il peut être douloureux au début de briser ses illusions, mais vous vous sentirez certainement mieux par la suite, à moins que vous ne trouviez immédiatement autre chose, également hors de votre contrôle, pour vous en inquiéter et pour vous en occuper.

Il y a de fortes chances que vous ne soyez pas vous-même un climatologue, auquel cas l’idée que l’arrêt de toute utilisation de combustibles fossiles empêchera une apocalypse climatique à court terme est, pour vous, aussi fondée sur la connaissance que l’idée que, si un chaman ne fait pas sa danse de la pluie, les pluies ne viendront pas et les cultures se faneront et se flétriront. Et si vous étiez un climatologue, et un honnête scientifique, vous sauriez que les modèles climatiques sont assez inutiles pour prédire l’avenir climatique avec un degré de précision utile. Une fois que toutes les incertitudes liées aux conditions initiales et aux diverses hypothèses, paramètres et facteurs de brouillage des modèles sont prises en compte, il s’avère que ces derniers prédisent que la température moyenne de la planète, un siècle plus tard, ira de la chaleur torride au froid de la période glaciaire. C’est comme si l’on prédisait que les mauvaises habitudes entraîneront un raccourcissement de la vie d’un an ou deux, à quelques décennies près.

D’un autre côté, il y a des choses que nous savons sur la base des preuves physiques dont nous disposons, comme les rochers géants trouvés très loin au sud de leur lieu d’origine, transportés là par les glaciers et dont la surface est parfaitement lisse. La Terre traverse une ère glaciaire et ce, depuis un demi-million d’années. Elle approche actuellement (à quelques siècles près) de la fin d’une période interglaciaire exceptionnellement longue – environ 12 000 ans – qui sera suivie d’une période de cent mille ans pendant laquelle une grande partie de l’hémisphère nord sera recouverte de glaciers. La combustion de combustibles fossiles, en particulier le charbon, pourrait retarder quelque peu le début de la prochaine période glaciaire ou le rapprocher. Nous ne savons pas ce qui déclenche les périodes glaciaires, mais il pourrait s’agir d’épisodes de réchauffement climatique.

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Il existe une théorie, qui reste à vérifier, selon laquelle ces périodes glaciaires commencent lorsque la fonte des glaces du Groenland produit suffisamment d’eau douce qui, étant plus légère que l’eau de l’océan, flotte à la surface et empêche le Gulf Stream de couler au fond de l’Atlantique Nord, l’arrêtant et provoquant un refroidissement important du climat le long de la côte est de l’Amérique du Nord et en Europe occidentale. Il y a quelques décennies, cette théorie était très populaire, à tel point qu’elle a servi de base au film Le jour d’après sur le début soudain et catastrophique de la prochaine période glaciaire. Cette théorie est quelque peu tombée en désuétude depuis lors.

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Mais aujourd’hui, il existe une nouvelle théorie, basée sur les dernières observations de la NASA. La combinaison d’un océan Arctique relativement libre de glace pendant les étés et d’un régime de vent circumpolaire dans le sens des aiguilles d’une montre très exceptionnellement stable, connu sous le nom de Gyre de Beaufort, a bloqué une très grande quantité d’eau douce. Cette eau provient des grands fleuves d’Eurasie qui coulent vers le nord – Ob, Lena et Ienisseï – et lorsque cette Gyre de Beaufort s’affaiblit (comme elle finira certainement par le faire), toute cette montagne d’eau douce accumulée est vouée à s’écouler vers l’Atlantique (le détroit de Béring en direction du Pacifique étant trop étroit et peu profond) et à court-circuiter le Gulf Stream avant qu’il n’atteigne l’Atlantique Nord. Les températures en Amérique du Nord et en Europe occidentale vont s’effondrer, ce qui stimulera sans doute davantage la demande européenne déjà torride de gaz naturel russe.

BrnBld_ArcticCurrents.svg.pngMais il y a aussi d’autres facteurs, tels que les fluctuations de l’activité solaire, les effets sur la formation de nuages d’aérosols mis dans la stratosphère par des éruptions volcaniques, les effets sur la formation de nuages de vent solaire et de rayonnement spatial pénétrant dans l’ionosphère en raison d’un affaiblissement du champ magnétique terrestre, et d’autres facteurs dont nous pouvons ou non avoir connaissance. Les données directes et fiables dont nous disposons proviennent de satellites météorologiques et ne remontent qu’à un peu plus de 50 ans. En termes d’histoire du climat, ce n’est vraiment rien. Toutes les autres preuves sont indirectes, inexactes et reposent en grande partie sur des théories que nous n’avons aucun moyen de tester directement – à savoir vivre et faire des observations tout au long des prochaines glaciations. Mais comme les périodes glaciaires durent beaucoup plus longtemps que n’importe quelle civilisation humaine, les chances que de tels programmes de recherche aboutissent à une conclusion sont, pour parler franchement, inexistantes.

Si l’on adopte une perspective d’ingénierie à plus long terme pour optimiser le climat de la Terre – ce qui est un enchaînement de pensée amusant, bien que tout à fait inutile – la Terre pourrait être beaucoup plus chaude et plus confortable qu’elle ne l’est actuellement, avec un climat agréablement subtropical d’un pôle à l’autre, si ce n’était certains problèmes structurels à long terme. L’un de ces problèmes est la situation de l’Antarctique au pôle sud. Non seulement il retient beaucoup d’eau douce, qui pourrait sûrement être mieux utilisée, mais les vents et les courants circumpolaires limitent la circulation nord-sud, ce qui donne une région équatoriale extrêmement chaude et des pôles extrêmement froids. Heureusement, l’Antarctique dérive du pôle sud vers l’Atlantique, à raison d’environ 1 cm/an. Dans 100 millions d’années, il sera 1000 km plus au nord, les flux circumpolaires s’affaibliront, une partie de la glace antarctique fondra et le climat commencera à s’égaliser, les tropiques se refroidissant et les pôles se réchauffant.

Un autre problème structurel majeur concerne le détroit de Béring qui sépare l’Asie du Nord-Est de l’Amérique du Nord : il est étroit, peu profond, plein de sédiments et ne permet pas une bonne circulation dans l’océan Arctique, de l’Atlantique au Pacifique. Par conséquent, l’Arctique est souvent encombré de glace et beaucoup plus froid qu’il ne devrait l’être. Malheureusement, ce problème ne fera qu’empirer. Au cours des quelque 50 millions d’années à venir, le détroit de Béring va entièrement se fermer, car le mouvement tectonique des plaques écrasera l’Asie contre l’Amérique. Et puis – horreur des horreurs – dans quelque 200 millions d’années, tous les continents de la Terre, à l’exception de l’Antarctique, seront entassés ensemble près du pôle Nord ! Heureusement, les humains auront disparu d’ici là. Les espèces de primates n’ont tendance à persister que pendant quelques millions d’années.

Une telle perspective à long terme est un anathème pour le culte du réchauffement climatique qui, comme c’est le cas pour un culte de l’apocalypse, souffre d’une extrême vision à court terme. Comme c’est souvent le cas pour les sectes apocalyptiques, si les prévisions les plus sombres ne se réalisent pas (comme elles ont déjà échoué à plusieurs reprises depuis que la secte a vu le jour), l’apocalypse est simplement repoussée un peu et les déclarations les plus sombres sont reprises avec une vigueur inlassable, mais concerne maintenant une nouvelle date fixée dans un avenir proche.

Le culte du réchauffement climatique se concentre principalement sur les émissions de dioxyde de carbone, car le dioxyde de carbone est considéré comme le gaz ultime du réchauffement climatique et le déclencheur de l’apocalypse climatique. C’est étrange, car le méthane et la vapeur d’eau sont des gaz à effet de serre beaucoup plus efficaces (bien que la vapeur d’eau puisse également refroidir la surface de la Terre si les aérosols des éruptions volcaniques ou les rayons de l’espace provoquent la formation de nuages en excès, qui réfléchissent alors la lumière du soleil loin de la surface).

La théorie selon laquelle il existe un mécanisme qui produit une relation linéaire entre les concentrations atmosphériques de dioxyde de carbone et la température moyenne de la planète est assez difficile à prouver. D’une part, il n’est pas clair si des concentrations plus élevées de dioxyde de carbone atmosphérique provoquent un réchauffement climatique ou si les épisodes de réchauffement climatique (qui sont généralement brefs) entraînent une augmentation des concentrations de dioxyde de carbone atmosphérique à mesure que le dioxyde de carbone s’échappe des océans plus chauds.
D’autre part, le mécanisme par lequel le dioxyde de carbone piège la chaleur près de la surface de la Terre n’est pas du tout clair non plus. Bien sûr, les molécules de dioxyde de carbone peuvent absorber le rayonnement infrarouge et se réchauffer. Mais ceux qui ont étudié un peu de physique sont probablement conscients d’un phénomène appelé convection : les gaz chauds ont tendance à s’élever. Et donc, si le dioxyde de carbone se réchauffe, cette chaleur s’élève de la troposphère (près de la surface) vers la stratosphère, où elle est perdue dans l’espace. Sur Google, tapez « Théorie adiabatique de l’effet de serre«  si vous êtes curieux.

Le dioxyde de carbone ne reste pas très longtemps dans l’atmosphère car l’océan agit comme une éponge à dioxyde de carbone : la concentration d’équilibre du dioxyde de carbone dans l’eau de mer est soixante fois plus élevée que dans l’air. Ce rapport est maintenu partout où l’air et l’eau sont en contact et les déséquilibres sont éliminés soit par l’eau qui absorbe le dioxyde de carbone de l’air, soit par les bulles de dioxyde de carbone qui jaillissent et éclatent hors de l’eau et donc dans l’air. Lorsque la température augmente, le dioxyde de carbone sort de l’eau sous forme de bulles, comme lorsqu’une bouteille de bière ouverte est sortie du réfrigérateur et posée sur la table de la cuisine. Il est donc assez difficile d’affirmer que c’est l’augmentation du dioxyde de carbone dans l’atmosphère qui provoque le réchauffement de la planète et non l’inverse.

En outre, l’océan agit comme un lieu d’enfouissement du dioxyde de carbone. L’eau saturée de dioxyde de carbone est plus lourde et a tendance à s’enfoncer. Cet effet a provoqué l’accumulation d’une grande quantité d’eau chargée de dioxyde de carbone dans les profondeurs des océans. L’un de ces endroits se trouve dans le Pacifique Nord : l’eau froide de l’océan Arctique, chargée de dioxyde de carbone et s’écoulant vers le sud par le détroit de Béring, a coulé au fond et y est restée pendant des millions d’années, formant un grand réservoir permanent de dioxyde de carbone. D’autres processus font que le carbone précipite au fond de l’océan et forme des sédiments. Les océans absorbant constamment le dioxyde de carbone de l’air, il y a peu de chances que le dioxyde de carbone atmosphérique continue à augmenter sur des périodes géologiquement importantes. En revanche, il est possible qu’un manque de dioxyde de carbone atmosphérique prive la végétation de cet engrais essentiel et qu’elle dépérisse. Heureusement, quelques poussées d’activité volcanique espacées au hasard sont normalement suffisantes pour maintenir l’équilibre.

Le dioxyde de carbone n’est en aucun cas entièrement enfoui à jamais dans les profondeurs des océans ; une grande partie s’attarde près de la surface, prête à retourner dans l’air sous forme de bulles lorsque la température augmente. C’est une bonne chose car les concentrations actuelles de dioxyde de carbone dans l’atmosphère sont bien inférieures à ce qui serait optimal : elles se situent actuellement autour de 400 parties par million, alors que les exploitants de serres commerciales fixent spécifiquement les concentrations de dioxyde de carbone dans leurs serres entre 800 et 1000 parties par million pour une productivité optimale. Si nous voulons que la Terre soit une véritable serre et qu’elle devienne encore plus verte, plus feuillue et plus féconde, nous devons mettre plus de dioxyde de carbone dans l’air, et non moins. Le dioxyde de carbone est un engrais essentiel pour les plantes, et il est assez ironique que le mouvement écologiste s’y oppose, puisqu’il s’agit du gaz le plus vert qui existe. C’est aussi bizarre que de voir des souris refuser de manger des céréales ou des politiciens américains voter pour réduire les dépenses de défense.

Le dioxyde de carbone atmosphérique, comme d’autres gaz, est constamment renouvelé par l’activité volcanique et c’est ce qui maintient la fertilité de la planète. L’excès de dioxyde de carbone est absorbé par les océans où il forme des sédiments. Le carbone atmosphérique capturé par les plantes est parfois séquestré dans la croûte terrestre et, sur des millions d’années, une petite partie de cette matière organique est cuite par la chaleur interne de la Terre pour produire des combustibles fossiles : gaz naturel, pétrole, charbon quand le gaz est trop cuit, et schiste quand il n’est pas assez cuit.

À son tour, une petite partie de toute cette matière organique séquestrée devient récupérable grâce à une technologie raisonnable (exploitation minière, forage) et même à une technologie hautement déraisonnable (enlèvement des montagnes, forage horizontal et fracturation hydraulique, forage pétrolier et gazier en mer profonde). Elle est enfin produite et raffinée en divers produits de valeur qui font tourner le monde. Les combustibles fossiles sont l’élément vital de la civilisation technologique ; sans eux, une grande partie de la population gèlerait pendant l’hiver et rien ne se ferait ni ne se déplacerait. Les technologies soi-disant « sans carbone », « renouvelables » et « durables », telles que les panneaux solaires et les éoliennes, dépendent essentiellement du charbon, du diesel et de diverses matières premières pétrochimiques pour leur production, leur installation et leur entretien, et n’existeraient pas sans elles.

L’idée que déterrer et brûler une infime partie de toute la matière organique jamais produite par les organismes vivants détruirait d’une manière ou d’une autre la vie sur Terre n’est rien de moins qu’absurde. Il est bien sûr certain que la vie sur Terre sera détruite, mais à long terme. Outre le dioxyde de carbone, une autre molécule qui rend la vie possible est l’eau. Dans un milliard d’années environ, l’intensité du rayonnement solaire augmentera de quelque 10 %, ce qui entraînera une perte de la majeure partie de l’hydrogène vers l’espace et, avec lui, de l’eau (comme cela s’est déjà produit sur Mars, qui est plus petite et a une gravité plus faible pour maintenir l’atmosphère en place). Mais nous aurons disparu depuis longtemps d’ici là, donc il n’y a pas lieu de s’inquiéter.

En attendant, on entend souvent dire que la combustion de combustibles fossiles réchauffera suffisamment la planète pour faire fondre tous les glaciers, provoquant une élévation des océans suffisante pour noyer toutes les villes côtières où vit actuellement près de la moitié de la population. Un peu de calcul est nécessaire pour montrer que, même si le climat se réchauffait suffisamment pour que les palmiers bordent l’Antarctique (faisant des plages vierges de l’Antarctique une destination fabuleuse pour les bateaux de croisière), la plupart des 30 millions de kilomètres cubes de glace seraient encore là pendant un demi-million d’années ou plus – certainement assez longtemps pour que nos merveilleuses villes côtières partent en poussière, donc, encore une fois, il n’y a pas lieu de s’inquiéter.

Mais ce n’est pas tout : l’idée que si la calotte glaciaire de l’Antarctique fondait, le niveau des océans augmenterait de 58 mètres (c’est la prévision spécifique basée sur le volume estimé de la glace de l’Antarctique qui se trouve sur le substrat rocheux) est spectaculairement en état de mort cérébrale – si vous voulez bien y réfléchir. Le fait que tant de gens acceptent cette affirmation et secouent la tête en signe de sincère consternation est également une chose à laquelle nous devons réfléchir. Tous ces esprits faibles ont-ils dormi pendant leurs cours de géologie ? Leur modèle mental de la Terre est-il une boule de pierre solide avec un peu d’eau à sa surface ? Peut-être que certains d’entre eux pensent aussi que la Terre est plate ? Ou est-ce le résultat d’une certaine réticence à penser à d’autres choses que celles officiellement recommandées ?

En tout cas, la Terre est une sphère de roche fondue avec une sphère de fer fondu en son centre, et toute la matière solide qui existe se trouve dans la croûte terrestre, qui est assez mince, et flotte sur la roche fondue. La croûte est en effet un peu croustillante, et elle ne coule pas mais craque, se déplaçant par à-coups et provoquant des tremblements de terre. Néanmoins, lorsqu’on fait la moyenne sur plusieurs centaines de milliers d’années (assez longtemps pour que l’Antarctique se libère de la glace), son mouvement est constant et régulier. Des morceaux de croûte s’enfoncent lorsqu’ils sont chargés de glace et remontent à la surface lorsque la glace fond.

Ainsi, l’Antarctique est un morceau de croûte qui flotte sur la roche en fusion et sur lequel repose un tas de glace. Que pensez-vous qu’il se passerait si, sur un demi-million d’années, cette eau solide fondait et s’écoulait ? L’océan remonterait-il, ou l’Antarctique remonterait-il ; le fond de l’océan s’abaisserait-il et le niveau de l’océan resterait-il constant ? Certains de ceux qui lisent ceci le savaient déjà ; d’autres ont juste vécu un moment « Ah ! » – ou un moment « Oh, merde ! » s’il se trouve que vous êtes un membre du GIEC, dont les experts ont fait de grands efforts pour déterminer quelle glace de l’Antarctique flotte sur l’océan et n’est donc pas un danger et quelle glace repose sur le sol solide et est donc sur le point de noyer Londres. Pour le reste, laissez-moi vous guider.

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La roche en fusion sur laquelle flotte l’Antarctique est environ trois fois plus dense que l’eau. Par conséquent, lorsque la glace de l’Antarctique fondra, l’Antarctique flottera plus haut d’un tiers de la hauteur de sa banquise actuelle. Maintenant, la roche en fusion qui devrait couler sous l’Antarctique pour la faire remonter viendra de sous les fonds marins environnants, ce qui la fera s’affaisser, laissant ainsi la place à un tiers de l’eau de la glace qui a fondu. Mais cette eau va alors s’enfoncer sur les fonds marins, les poussant vers le bas par rapport à la terre ferme. Ainsi, les deux tiers de l’élévation supposée du niveau de l’océan ont tout simplement disparu ; une analyse plus approfondie permettrait de se débarrasser du reste. Les experts du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat ont-ils pris la peine d’en tenir compte dans leur estimation de l’élévation du niveau des océans ? Non, ils ne l’ont pas fait. C’est une honte !

J’espère que les 2500 mots qui précèdent suffisent à indiquer qu’il faut une grande connaissance et compréhension des sciences naturelles pour paraître intelligent lorsqu’on discute du climat et de son évolution. J’espère aussi avoir bien fait comprendre que la « négation du changement climatique » n’est pas possible : le climat de la Terre (ou plutôt les climats, car ils sont nombreux) fluctue lorsqu’on l’observe à une échelle de temps donnée. Ce qu’il reste à comprendre, c’est que si le climat peut être étudié de diverses manières intéressantes, son avenir ne peut être prédit – non pas parce que personne n’a encore trouvé comment le faire, mais parce qu’il est trop imprévisible.
Tout d’abord, il n’est pas possible de séparer les causes des effets. Oui, nous pouvons sans aucun doute supposer que si le soleil influence la terre, ce qui se passe sur la terre n’affecte en rien ce qui se passe sur le soleil. Mais c’est là toute la question : le soleil est en fait la seule variable indépendante qui existe ; tout le reste affecte tout le reste. Mais la production solaire fluctue également et ne peut pas non plus être prédite avec précision.

Les activistes du climat supposent que la consommation de combustibles fossiles est une variable indépendante qui peut être réduite en lançant des appels stridents qui commencent par « A moins que nous n’arrêtions maintenant… ». Cependant, s’ils essayaient de la contrôler en coupant le chauffage des gens au milieu de l’hiver – en arrêtant les livraisons de charbon ou en imposant des sanctions sur les gazoducs – et en laissant leurs habitations geler, ils se retrouveraient en temps voulu jetés contre un mur et abattus par des foules en colère. Ce serait là un effet secondaire involontaire et des plus regrettables de l’activisme climatique que beaucoup de gens ont tendance à négliger, mais nous pouvons être assurés qu’une fois les effusions de sang terminées, les expéditions de charbon et les flux de gaz reprendraient.

Deuxièmement, le climat ne peut pas être prédit parce que les facteurs qui l’affectent ne le font pas de manière directe. Par exemple, nous ne pouvons pas dire si l’augmentation des concentrations de dioxyde de carbone dans l’atmosphère, qu’elle soit due à la combustion de combustibles fossiles, au réchauffement des océans ou à un pic d’activité volcanique, entraînera un réchauffement du climat ou un refroidissement beaucoup plus important en déclenchant le début de la prochaine période glaciaire. Lorsqu’on imagine un système avec des entrées et des sorties spécifiques, les sorties ne sont pas directement proportionnelles aux entrées. Le climat est un système non linéaire.

Troisièmement, parce que le climat ne réagit jamais deux fois de la même manière à un même ensemble de conditions, car à chaque fois elles affectent une planète légèrement différente. Au cours d’une période interglaciaire donnée, une courte période de réchauffement (de quelques siècles) peut s’écouler sans répercussions sérieuses (épisodes de refroidissement) tandis qu’une autre peut déclencher le début de la période de glaciation suivante. Il n’est donc pas possible d’effectuer des expériences répétées, même mentales, pour déterminer comment le climat devrait se comporter à chaque fois, car il se comporte différemment à chaque fois. Le climat est un système qui varie dans le temps.

Ainsi, le climat est un système largement autonome (pas de variables indépendantes, sauf le soleil, qui est lui-même imprévisible), fortement non linéaire (les effets ne sont pas exactement proportionnels à leurs causes) et variable dans le temps (il ne réagit jamais deux fois de la même façon). Les scientifiques sont devenus assez bons pour caractériser et faire des prédictions sur les systèmes linéaires invariants dans le temps avec des variables indépendantes qui peuvent être contrôlées et les ingénieurs sont devenus assez bons pour les concevoir. Les systèmes autonomes non linéaires variables dans le temps ne sont tout simplement pas leur point fort, c’est le moins qu’on puisse dire.

Il y a un autre élément à ajouter au puzzle. Il semblerait que toute la fixation sur le réchauffement de la planète dû à l’effet de serre causé par les émissions de dioxyde de carbone provenant de la combustion de combustibles fossiles soit plutôt hors sujet, car le réchauffement, dans la mesure où il est réel, a une autre source entièrement différente : le noyau de la terre. Les mesures de la température des océans, effectuées par des milliers de sondes robotisées à différentes profondeurs de la planète, ont donné un résultat étonnant, si étonnant que les climatologues traditionnels ont fait de leur mieux pour l’ignorer. Au cours des dix dernières années, l’océan tout entier s’est réchauffé de 1ºC. Comme ce réchauffement est observable à toutes les profondeurs, et pas seulement à la surface, la source de cette chaleur ne peut pas être l’air légèrement plus chaud au-dessus de l’eau ; il doit donc s’agir de ce qui se trouve en dessous.

Et ce qui se trouve en dessous est un assez grand réacteur à fission nucléaire de formation naturelle, encastré dans une sphère de roche et de fer en fusion. Apparemment, l’activité de ce réacteur a augmenté d’un cran. L’énergie supplémentaire nécessaire pour provoquer ce réchauffement est d’environ 300 térawatts. En comparaison, la consommation mondiale totale d’énergie, toutes sources confondues, n’est que d’environ 20 térawatts, et la quasi-totalité de cette énergie, après avoir fait un travail utile, est irradiée dans l’espace sous forme de chaleur résiduelle.

C’est un effet énorme : si cette tendance au réchauffement devait se poursuivre pendant un millier d’années seulement (un clignement de paupière en termes de géologie), les océans commenceraient à bouillir. Mais il n’y a pas lieu de paniquer, car il s’agit probablement d’une fluctuation aléatoire de plus, et à un moment donné, le réchauffement s’arrêtera et la prochaine période glaciaire commencera, de façon très naturelle et totalement indépendante de la volonté de chacun ; en attendant, nous pouvons tous profiter du temps plus chaud.

La hausse de la température des océans explique également l’élévation du niveau de la mer observée. Elle est due à la dilatation thermique : l’eau plus chaude prend plus de place. Il n’est pas nécessaire de faire fondre les glaciers, d’autant plus que, comme je l’ai expliqué, si l’on considère les effets des tremblements de terre, la fonte des glaciers est, sans jeu de mots, un lavement.

Enfin, il n’est pas non plus nécessaire de blâmer les combustibles fossiles pour l’augmentation des concentrations de dioxyde de carbone dans l’atmosphère : la hausse des températures des océans entraîne l’effervescence d’une plus grande quantité de dioxyde de carbone hors de l’eau et dans l’air. Le réchauffement de l’océan, qui couvre ¾ de la surface de la planète, émet environ 100 fois plus de dioxyde de carbone que l’ensemble de l’industrie, de l’agriculture et des autres activités humaines réunies.

Cette poussée de réchauffement provenant du cœur de la Terre rend inutile toute explication du réchauffement climatique lié aux émissions de gaz à effet de serre, ainsi que les efforts internationaux totalement inefficaces pour limiter ces émissions. Il s’avère donc que le type de théorie du réchauffement planétaire qui est devenu conventionnel, du moins en Europe et aux États-Unis, et dans quelques autres endroits, et qui attribue le réchauffement planétaire au dioxyde de carbone provenant de l’utilisation de combustibles fossiles (ainsi qu’aux pets de vache) et prévoit une catastrophe climatique imminente et une extinction humaine à court terme, n’est ni nécessaire (d’autres explications existent) ni suffisant (les données sont loin d’être disponibles).

Si l’on considère la science du climat, la théorie du réchauffement climatique catastrophique n’a aucun sens. Pour lui donner un sens, nous sommes obligés de regarder au-delà de la science du climat, à un niveau méta. Certes, de nombreux climatologues sont d’accord entre eux, mais ce n’est pas de la science, c’est du marketing, comme dans « Neuf dentistes sur dix sont d’accord pour dire que le brossage avec BatGuano® va stimuler votre libido ». La science qui est mue par l’opinion publique n’est pas la science. L’affirmation selon laquelle l’opinion scientifique est en quelque sorte différente, spéciale et plus importante que les opinions des simples mortels est une sorte de sophisme logique, argumentum ad auctoritatem (argument d’autorité).

Dans la vraie science, on formule des hypothèses et on les vérifie par l’expérience ou l’observation. Un ensemble d’hypothèses, vérifiées ou invalidées, est ensuite utilisé pour formuler des théories. La valeur d’une théorie réside dans sa capacité de prédiction. Quelle que soit la notoriété ou la popularité d’une théorie, si elle ne peut pas être utilisée pour faire des prédictions précises qui peuvent être testées, elle est invalide et doit être rejetée. Pour les raisons que j’ai évoquées ci-dessus, les changements climatiques ne sont pas prévisibles en raison de la nature du système : il est autonome, non linéaire, variable dans le temps, et les échelles de temps pertinentes dépassent la durée de vie de toute civilisation humaine donnée.

En tenant compte de tout cela, je voudrais proposer une approche entièrement différente pour traiter le phénomène catastrophique du réchauffement climatique. Je souhaite abandonner toute tentative de le traiter comme une quelconque recherche scientifique et considérer plutôt sa phénoménologie comme un mouvement social. Et ici, je voudrais présenter mon premier témoin : Greta Thunberg.

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Greta est clairement un leader de ce mouvement. Elle rencontre des chefs d’État, prononce des discours devant l’Assemblée générale des Nations unies et participe à des conférences internationales sur le climat. Pourtant, elle n’a manifestement pas la capacité mentale de comprendre les modèles mathématiques du climat et la physique qui les sous-tend. Greta vient d’avoir 17 ans et a beaucoup séché l’école (sa devise est « La grève de l’école pour le climat ! »). Il est donc très peu probable qu’elle soit allée particulièrement loin en mathématiques ou en physique. Si on lui demandait d’estimer la température de surface d’une planète donnée en se basant sur sa distance par rapport au soleil, son albédo et son émissivité (les trois chiffres les plus importants ; les autres peuvent être négligés lors du calcul d’une estimation approximative), elle serait probablement complètement perplexe.

En bref, on peut supposer sans risque que Greta ne sait rien. Mais elle n’a pas besoin de savoir – parce qu’elle y croit ! Elle est parfaitement sincère et honnête lorsqu’elle dit que nous détruisons la Terre – parce que c’est sa foi. Pour expliquer correctement le phénomène Greta, nous devons quitter le domaine de la science et entrer dans le domaine de la religion.

Greta est touchée. C’est une sainte folle, une idiote dont on pense qu’elle possède le don divin de prophétie. Ce qu’elle prophétise, c’est une catastrophe climatique causée par le dioxyde de carbone. Elle dit qu’elle peut en fait voir les molécules de dioxyde de carbone, qui font environ 0,0000000002 mètre de large, donc elle doit aussi être voyante. Il n’y a rien de mal à être un voyant. Je vois parfois des anges, mais je ne proposerais jamais de formuler des politiques énergétiques mondiales sur la base de telles visions.

Vous pouvez croire que Dieu a mis ces idées dans la tête de la pauvre Greta, mais vous me rendez sceptique. Je crois que quelqu’un d’autre lui a bourré le crâne de ces notions, et la question est : pourquoi ces notions particulières ? Les idéologies populaires (et le changement climatique catastrophique est une idéologie populaire) n’apparaissent pas et ne se répandent pas sans raison. Il y a généralement un besoin spécifique dans l’imagination populaire auquel elles répondent et qu’elles remplissent. Quel est donc ce besoin ?

Avant de pouvoir répondre à cette question, nous devons définir l’objet que nous étudions : Qui a ce besoin ? Et nous constatons ici que les seules personnes qui forment un public réceptif à la prophétie de Greta, qui en sont infectées et qui se transforment en véritables croyants catastrophistes du climat, sont des personnes que l’on peut définir comme occidentales. Plus précisément, il s’agit de l’Union européenne, des États-Unis et des parties les plus importantes et les plus prospères du Commonwealth britannique.

Si, par contre, vous regardez la majorité de la population de la planète, soit elle ne prend pas la peine de prêter attention aux écolières suédoises qui débitent des bêtises, soit, si elle le fait, elle n’est pas du tout impressionnée. Il se peut que leurs dirigeants se contentent d’exprimer un intérêt de pure forme pour le GIEC et qu’ils signent même des traités sur le climat (à condition qu’ils ne les obligent pas à faire quoi que ce soit), mais c’est peut-être parce qu’il est plus facile de faire de l’humour avec des idiots surmenés que de discuter avec eux. Qu’est-ce qui rend les Occidentaux particulièrement vulnérables ?

Greta est presque entièrement non intellectuelle et ne peut que croire. Mais est-ce vrai pour la plupart des autres Occidentaux ? Après tout, les pays occidentaux ont des systèmes d’éducation et délivrent des diplômes de haut niveau dans toutes sortes de disciplines. Pourquoi, alors, la simple foi a-t-elle autant d’attrait pour eux ? Il existe deux types d’éducation en Occident : l’absence presque totale d’éducation (pour les populations pauvres, noires, arabes et latinos) et une éducation de qualité mais purement pragmatique visant spécifiquement à la réussite professionnelle et financière (pour les populations riches, blanches, plus quelques Asiatiques).

Ces deux types d’éducation ont en commun de minimiser la quantité de connaissances en sciences naturelles et en logique tout en décourageant activement la pensée critique indépendante. Dans le premier cas, c’est parce que toutes les connaissances sont minimisées ; dans le second, parce que ces connaissances ne sont pas considérées comme suffisamment importantes et ne sont donc pas hiérarchisées. La priorité est donnée aux connaissances dans un domaine spécifique qui sont applicables à l’exécution d’un travail spécifique.

Comprendre le climat de la Terre n’est pas une tâche spécifique, sauf pour les climatologues occidentaux traditionnels – que nous avons laissés pour compte à ce stade. Il existe de nombreux emplois spécifiques – toiletteurs pour chiens, concepteurs de microprocesseurs, professeurs de yoga, barmen… Prévoir ce que sera le climat mondial à une date future n’est pas une tâche pour aucun d’entre eux. Si vous n’êtes pas d’accord, rassemblez un certain nombre de toiletteurs pour chiens et de concepteurs de microprocesseurs occidentaux dans une pièce, posez-leur des questions sur le climat mondial, et vous constaterez sans doute que leur niveau de compréhension des sciences naturelles est comparable à celui de la pauvre Greta. Et cela leur donne des notes faciles pour la science climatique basée sur la foi.

Les politiciens occidentaux sont-ils différents à cet égard des toiletteurs pour chiens et des concepteurs de microprocesseurs occidentaux ? Non, pas du tout ! Permettez-moi de présenter mon second témoin : Alexandria Ocasio-Cortez.

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AOC, comme ses disciples l’appellent, est un membre du Congrès américain qui est l’auteur du Green New Deal. Le niveau d’absurdité qu’elle débite sur l’économie, le socialisme et l’environnement est tout simplement hors norme ! Tout comme pour Greta, il y a toutes les raisons de croire qu’elle est parfaitement sincère, dans la mesure où elle croit vraiment, profondément, aux absurdités qu’elle débite. Est-elle une spécialiste capable de comprendre toutes ces questions ? Bien sûr que non ! Le niveau intellectuel de cette ancienne barman n’est pas très supérieur à celui de Greta.

Alexandria est-elle significativement différente de ses collègues politiques ? Encore une fois, non. Elle est peut-être plus charismatique, plus performante, plus visible que la plupart d’entre eux, mais elle est toujours aussi crédule et idiote que Greta lorsqu’il s’agit de prédire des changements climatiques catastrophiques. J’utilise le terme « idiot » dans son sens classique, du latin idiota « une personne ignorante » et non comme une insulte vernaculaire. Elle n’est pas une idiote baveuse et dégoulinante, mais une idiote qui fonctionne bien.

Ses décisions sur la façon de « sauver la planète » ne sont pas fondées sur une connaissance ou une compréhension réelle. Pour elle, le test ultime de la science du climat est un concours de popularité politique. Interrogée sur les mérites de la science elle-même, elle va sans doute immédiatement et sans hésitation commettre l’erreur logique de l’argumentum ad auctoritatem (argument d’autorité) en disant que 99,999 % de tous les climatologues partagent ses opinions (ainsi que son désir de leur accorder une subvention fédérale).

Néanmoins, il semble important de se demander pourquoi elle croit ce qu’elle croit plutôt qu’autre chose. Pourquoi croit-elle volontiers au changement climatique anthropique plutôt qu’à l’activité solaire ? Un idiot (encore une fois, au sens technique du terme) devrait être prêt à croire à peu près n’importe quoi. Pourquoi ce choix particulier ? Elle serait probablement déconcertée si on lui demandait d’expliquer le lien entre les émissions de dioxyde de carbone anthropiques et non anthropiques. Pourtant, elle trouve facile de croire que l’activité humaine détruit la biosphère par les émissions de dioxyde de carbone et, bien sûr, par ses pets de vache désormais célèbres dans le monde entier.

En revanche, elle a probablement beaucoup plus de mal à croire que la biosphère est menacée par une éruption de super volcan, une attaque d’astéroïdes géants, une invasion extraterrestre ou un holocauste nucléaire déclenché par ce mécréant en uniforme aux sourcils broussailleux et aux yeux sombres qui se tient derrière Trump lors des conférences de presse. Nous devons donc nous demander : pourquoi est-elle si prête à faire ce saut de confiance particulier et pas un autre tout aussi audacieux ?

Pourquoi croit-on une chose mais pas une autre ? On croit, librement et sans aucune pression ou contrainte, dans deux circonstances : si votre revenu dépend de l’adoption d’une croyance particulière ; et si une foi particulière permet de compenser et de contrôler ses phobies et ses complexes psychologiques.

Dans le premier cas, il existe un aphorisme célèbre d’Upton Sinclair : « Il est difficile d’amener un homme à comprendre quelque chose lorsque son salaire dépend de son incompréhension ». Dans ce dernier cas, un bon exemple est le complexe de l’émigrant, qui oblige les émigrés et les exilés à croire sincèrement que le pays où ils ont abouti est un véritable paradis sur terre, où les rues sont pavées d’or et où le travail et un peu de chance feront de vous un millionnaire – toutes les preuves étant contraires.

Il est amusant de dire à ces gens, comme je l’ai parfois fait, que j’ai moi aussi passé de nombreuses années à vivre du mauvais côté de la planète, et que j’ai souffert de terribles nostalgies, mais qu’elles ont complètement disparu une fois que je suis rentré chez moi, où j’apprécie la compagnie de mes propres concitoyens, et j’aime vraiment ne plus avoir à craindre les flics à la gâchette facile et les avocats suceurs de sang ou de se faire arnaquer sur tous les plans, du logement aux médicaments en passant par les impôts et les services Internet. Ou plutôt, ce serait amusant… sauf que cela les rend vraiment malheureux, que leurs efforts pour cacher leur misère derrière des remarques narquoises sont vains, et que c’est méchant de faire souffrir les gens.

En bref, la foi qui est choisie librement est celle qui permet aux gens de continuer à fonctionner au jour le jour (pas nécessairement à long terme) et d’éviter l’angoisse mentale liée à leur situation incertaine ou à l’absence de bonnes perspectives. La société dans son ensemble, en tant qu’entité autorégulatrice dotée d’une certaine forme d’intelligence émergente, opte pour des idéologies (et la foi est ce qui sous-tend une idéologie particulière) qui lui permettent, dans son ensemble, de réussir ou, si cela n’est plus possible, de continuer à fonctionner pour le moment tout en limitant les conflits et les perturbations internes.

Comment l’idéologie du changement climatique catastrophique causé par les émissions anthropiques de dioxyde de carbone provenant de la combustion de combustibles fossiles (et des pets de vache) remplit-elle cette fonction dans l’Occident actuel, où elle est répandue ? Quelle est la grande transition en cours en Occident qui a permis à cette nouvelle foi de balayer la terre et de conquérir sans effort tant d’esprits ? Ce qui me vient à l’esprit, c’est l’affirmation souvent répétée selon laquelle « le capitalisme a échoué ». En effet, nous pouvons observer de nombreux points d’échec dans l’Union européenne et en Amérique du Nord :
  • La production de ressources énergétiques diminue (ou, dans le cas de la fracturation hydraulique, devient non rentable)
  • La production de ressources naturelles diminue, devient non rentable ou les deux
  • La production industrielle devient également non rentable et s’enfuit en Asie du Sud-Est, en Russie et ailleurs
  • L’agriculture ne peut être maintenue en vie que par des subventions constantes
  • La dette publique gonfle hors de toute proportion avec l’économie physique
  • Les emplois productifs diminuent et sont remplacés par des emplois de services non productifs
  • De larges segments de la population, les jeunes et les personnes d’âge moyen en particulier, se retrouvent économiquement marginalisés et viennent grossir les rangs des chômeurs de longue durée
  • Les résultats des élections deviennent de moins en moins prévisibles à mesure que les partis politiques traditionnels se scindent et perdent du pouvoir et que de nouveaux partis extrémistes et populistes émergent et gagnent du pouvoir
La société n’a aucun moyen d’arrêter ou d’inverser ces processus, qui sont causés par des facteurs objectifs tels que l’épuisement des ressources, la perte de colonies à piller, l’inadéquation de plus en plus flagrante des élites dirigeantes et la dégénérescence et la sénescence progressives générales de groupes ethniques clés et d’une population qui ne forme plus activement des familles avec des enfants et qui adopte au contraire des formes de plus en plus tordues de déviance sexuelle. Une explication réaliste de ce qui se passe, qui prendrait en compte des éléments tels que le rôle corrupteur de l’impression monétaire dans la transformation de l’argent d’une réserve de richesse en matériau de construction pour les pyramides de la dette et les combines de type Ponzi, ou la relation entre les déficits commerciaux structurels et la baisse du niveau de vie, est à la fois trop difficile à traiter pour les masses occidentales et, si elles devaient la traiter, trop insultante.

À l’époque des jours heureux de l’Europe et de l’Amérique, lorsque le capitalisme impérialiste a conquis le monde et a redirigé la plus grande partie des richesses et des ressources vers l’Europe et l’Amérique, la foi dominante était le protestantisme, et l’idéologie qui le sous-tendait était le capitalisme de libre marché. Partout où les marchés étaient jugés insuffisamment libres, comme dans le Japon féodal, un commodore Perry se présentait, menaçant de soumettre les indigènes, et la richesse coulait des marchés nouvellement libérés vers les centres impériaux. Ce processus a duré plusieurs siècles glorieux, mais il est aujourd’hui largement terminé et l’idéologie raciste et suprémaciste blanche qui avait sous-tendu la foi protestante a en grande partie disparu. Lorsque l’idéologie a disparu, la foi aussi a disparu et, dans toute l’Europe, les églises sont maintenant vides et sont démolies et remplacées par des mosquées.

Si l’idéologie islamiste semble adaptée pour remplacer rapidement les populations indigènes vieillissantes et en déclin par des importations plus viriles et plus fructueuses et pour remodeler l’Europe en un califat, ce processus a peu de chances de se poursuivre. La plupart des nouveaux arrivants ne parviennent pas à devenir productifs pour les mêmes raisons, énumérées ci-dessus, que les populations indigènes ne peuvent plus être productives, et ils ne parviennent pas à s’intégrer, car il n’y a plus grand-chose pour eux à quoi s’intégrer. Au lieu de cela, ils restent isolés et se contentent de l’assistanat mis en œuvre. Une fois que les aides ne seront plus disponibles, certains d’entre eux iront vers des pâturages plus verts tandis que les autres resteront sur place et produiront un désordre sanglant qui transformera certaines parties de l’Europe en zone interdite (un processus qui a déjà commencé en Allemagne, en France, en Suède et dans d’autres pays).

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Si le capitalisme a échoué, alors l’Occident passera du capitalisme à… quoi exactement ? Bien que le mot à la mode politique, à peine nouveau mais de plus en plus populaire, soit « Socialisme » (un gériatrique complètement socialiste nommé Bernie, actuellement en tête de la présidentielle américaine), je ne crois pas que le Socialisme soit à l’ordre du jour. La différence entre le capitalisme et le socialisme ne réside pas dans les méthodes de production de la richesse, qui sont inévitablement capitalistes, puisqu’elles nécessitent du capital, que sa source soit privée ou publique.
En fait, les économies capitalistes d’État, telles que celles de la Chine et de la Russie, semblent être un meilleur choix, car l’allocation du capital peut y être dictée par des considérations plus stratégiques que la chance, la cupidité et la peur. La différence entre le capitalisme et le socialisme réside plutôt dans la manière dont la richesse est distribuée : soit elle est autorisée à être stockée sans fin au sommet (jusqu’à ce qu’il soit temps de sortir à nouveau les guillotines), soit elle est faite pour servir le bien public en favorisant le bien-être de la société et en aidant au développement d’une méritocratie nationale.

Mais comme, pour les raisons énumérées ci-dessus, la création de richesses dans les pays occidentaux est désormais compromise, il n’y aura pas beaucoup de richesses à distribuer, de sorte que le choix entre capitalisme et socialisme n’est pas vraiment un choix. Les partisans de Bernie parlent beaucoup de voler les riches et de distribuer le butin, mais le problème avec ce plan est que le butin consiste maintenant en grande partie en des pyramides de dettes et des combines à la Ponzi conçues pour donner aux riches une apparence de richesse sur papier, et ce papier se transformera en cendres dès qu’un effort sera fait pour le dépenser réellement pour quelque chose de physique. Ainsi, le socialisme n’est pas un choix valable. Quel est donc le choix alors ?

Le seul choix évident, confirmé par l’observation, est le parasitisme : la vie d’un ver intestinal baignant dans un flot de nourriture gratuite. Le parasite peut avoir un large choix d’activités, toutes improductives, allant d’activités peu lucratives comme le toilettage des chiens, les cours de yoga, le service de bar ou la préparation de café hors de prix, à des activités totalement non rémunératrices comme s’habiller, se faire des selfies et les afficher sur Instagram. Le flux de nourriture gratuite peut prendre la forme d’un revenu minimum garanti ou d’autres formes de dépenses sociales qui, bien qu’elles soient de plus en plus maigres, parviennent à maintenir le corps et l’âme ensemble pour le moment.

Les parasites ne sont pas responsables de leur parasitisme, puisque chaque type d’activité productive qu’ils tentent de lancer est automatiquement contrecarré par une vaste armée d’autres parasites présents à tous les niveaux de gouvernement, dans chaque cabinet d’avocats et dans chaque groupe industriel, tous exigeant le respect de réglementations déraisonnables, dont la moindre n’est pas liée aux émissions de dioxyde de carbone (qui, en Europe, sont désormais taxées). Ce sont des parasites non pas par choix mais par nécessité. Sans doute, le sentiment d’impuissance et d’inutilité que cette prise de conscience produit est-il psychologiquement destructeur (comme l’attestent les taux déjà élevés et croissants de toxicomanie, de dépression et de suicide).

Dans ces conditions, une idéologie qui dirait aux parasites qu’ils ne sont en fait pas du tout des parasites mais de vaillants guerriers luttant pour sauver la planète d’une catastrophe imminente serait la bienvenue. C’est là que le culte apocalyptique du réchauffement climatique est venu à la rescousse émotionnelle des parasites. Il s’avère soudain que le déclin industriel et la baisse de la production d’énergie peuvent être considérés comme un signe de vertu : ces industries maudites sont des entités impures, maudites, infernales, maléfiques à tous égards, et c’est ce qui tue la planète. Par conséquent, s’en débarrasser est vertueux et pieux, et si le résultat est de frissonner dans le noir, alors c’est le noble sacrifice que l’on doit faire pour le bien de la planète entière. Si votre père a extrait du charbon ou foré pour l’industrie du pétrole, mais que vous êtes un styliste pour chien, alors c’est tout simplement splendide, parce que votre père a travaillé pour ruiner la planète, mais vous, vous travaillez pour la sauver !

L’étape suivante consiste à déclarer que seuls les gens bons et vertueux méritent d’être libérés des contingences et de vivre la belle vie comme parasites. Ce sont eux qui utilisent uniquement l’énergie « renouvelable » et « durable » des panneaux solaires et des éoliennes, alors que tous les malfaiteurs qui produisent et distribuent l’énergie à base de combustibles fossiles sont par définition ceux qui tuent la planète et doivent donc être punis par des amendes, des droits et des taxes sur les émissions de dioxyde de carbone. La plupart des revenus qu’ils en tirent peuvent alors être consacrés à des installations éoliennes et solaires « propres« , tandis que le reste peut être distribué aux stylistes canins sous-employés, qui pourraient alors survivre vertueusement en tant que parasites sur les gains des méchants destructeurs de la planète.

L’idéologie du réchauffement climatique, ainsi que le culte apocalyptique qu’elle sous-tend, est une solution à court terme pour préserver la stabilité psychologique de la société occidentale. Elle offre une explication acceptable à la crise croissante des économies physiques de ces sociétés. Elle fournit également le fondement moral de la tentative acharnée mais futile de voler les ressources des nations riches en combustibles fossiles impurs qui refusent de sauver la planète et de réorienter ces ressources vers des fins vertueuses telles que les installations éoliennes et solaires.

Ce culte apocalyptique du réchauffement climatique n’est certainement pas l’une des choses suivantes :
  • Ce n’est pas une tentative de sauver la planète car le changement climatique est constant, avec ou sans influence humaine. Son avenir ne peut être prédit avec précision car la science est faible lorsqu’il s’agit de systèmes autonomes non linéaires et variables dans le temps, alors que le dioxyde de carbone est un gaz utile qui fertilise toute la vie végétale de la planète et améliore le rendement des cultures.
  • Ce n’est pas une tentative de se préparer à la famine énergétique qui se profile à l’horizon. Elle n’offre aucun moyen de résoudre les problèmes actuels liés aux futurs approvisionnements en énergie. Par exemple, ce serait une bonne idée d’aider la Russie à perfectionner la technologie du cycle fermé du combustible nucléaire, qui est assez avancée, et qui permettra aux centrales nucléaires de fonctionner pendant des siècles sur le grand stock d’uranium appauvri qui a déjà été extrait et raffiné, et aussi de brûler pratiquement tous les déchets nucléaires de haute activité. Au lieu de cela, les ressources sont réorientées vers des projets futiles tels que les installations éoliennes et solaires, qui ont une durée de vie très limitée et ne peuvent être remplacées que par des procédés de fabrication qui nécessitent l’utilisation de combustibles fossiles et d’autres ressources non renouvelables. La famine énergétique est déjà là, et se manifeste comme un problème d’accessibilité à l’énergie dans les pays à court d’énergie comme les États-Unis. Dans ces pays, la fracturation hydraulique produit encore beaucoup de pétrole, mais ce n’est pas le bon type de pétrole pour fabriquer du diesel et du carburant pour avions, et cela entraîne un flux constant et croissant de faillites d’entreprises parce que l’industrie de la fracturation ne peut pas atteindre le seuil de rentabilité avec un pétrole à 60 dollars le baril. En conséquence, les États-Unis sont aujourd’hui le deuxième importateur de pétrole russe. Les campagnes occidentales visant à acquérir le pétrole manquant par le vol échouent toutes : la tentative de voler le pétrole du Venezuela n’a abouti à rien, la production pétrolière de la Libye est à zéro, le vol du pétrole irakien se heurte à des problèmes et, alors que les États-Unis continuent de voler le pétrole de la Syrie, c’est certainement une petite affaire et un signe de désespoir. Pendant ce temps, la compagnie russe Rosneft est extrêmement rentable, produit près de 6 millions de barils/jour à 3,2 $/baril, a un taux de remplacement des réserves de 1,8 en raison de nouvelles découvertes et est le plus grand contributeur fiscal au budget fédéral russe.
  • Il ne s’agit pas de permettre de survivre aux conséquences d’une dislocation économique extrême et de la rupture des chaînes d’approvisionnement mondiales, car la plupart des nouvelles installations d’énergie renouvelable sont trop sophistiquées pour pouvoir être entretenues à l’aide de composants d’origine locale et leur réparation et remplacement dans de telles conditions deviendra impossible. Pour l’instant, le culte du réchauffement climatique oblige les services publics à installer des milliards de dollars d’équipements défectueux : pratiquement toutes les installations d’énergie alternative sont conçues pour alimenter les réseaux électriques existants, qui doivent de plus en plus souvent être alimentés par les turbines à gaz naturel à cycle unique, plutôt peu rentables. Ces dernières, à l’exception des installations hydroélectriques, sont le seul moyen de compenser l’énergie intermittente et irrégulière produite par l’énergie éolienne et solaire. Les centrales nucléaires, les centrales au charbon et les centrales à gaz à cycle combiné, plus efficaces, ne peuvent pas monter et descendre en puissance assez rapidement pour compenser les fluctuations aléatoires de la production des parcs éoliens et solaires. Il y a actuellement une surabondance de gaz naturel provenant de l’explosion de la très temporaire fête du slip issue de la fracturation hydraulique aux États-Unis, où de plus en plus de puits qui devaient produire du pétrole aussi bien que du gaz ne produisent plus que du gaz. À plus long terme, le gaz naturel va se raréfier et devenir plus cher. Le résultat inévitable à plus long terme est une panne de réseau, où les parcs solaires et éoliens resteront inutilisés parce qu’il n’y aura plus de réseau pour les alimenter.
Ce n’est que récemment que j’ai réalisé que ce culte écologiste de l’apocalypse est en fait un culte de l’apocalypse inspiré par les délires fous de certains monstres scientifiques marginaux et suralimenté par le besoin psychologique de compenser l’inévitabilité de la dégradation et de l’effondrement économique et social en cours. Dans les années 1980, ils ont fait irruption sur la scène, tentant de prouver que nous allons tous mourir à coup sûr, car il existe une corrélation entre les émissions de dioxyde de carbone et le réchauffement du climat de la Terre. Il s’est alors avéré que leurs modèles étaient incorrects et que la planète se refroidissait en fait. Le problème a donc été rebaptisé à la hâte « changement climatique mondial » et la lutte contre ce phénomène s’est poursuivie comme auparavant. Mais le fait que ces folles divagations se soient avérées incorrectes n’a dérangé personne, car elles ont fourni une idéologie si parfaite pour une société qui tentait de passer du capitalisme au parasitisme.

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La vérité est que ce qui passe pour la science climatique occidentale dominante n’est pas de la science ; c’est une tentative de faire avancer un programme politique en utilisant un ensemble de postulats idéologiques formulés dans un langage à consonance scientifique. De nombreuses personnes, qui tentent de donner un sens à ce gâchis par elles-mêmes, sont induites en erreur par les soi-disant « négationnistes du changement climatique » – ceux qui tentent de s’opposer à ce jonglage politique en « démystifiant » les diverses affirmations des climatologues. Le problème ne réside pas dans leurs revendications spécifiques, mais dans la disposition hystérique qui les oblige à faire de telles revendications. Démystifier leurs revendications, c’est comme débattre avec quelqu’un qui est violemment fou ou discuter des conditions de financement avec quelqu’un qui vous a volé votre portefeuille.

Bien que la tentative de transition du capitalisme au parasitisme soit vouée à l’échec, pour l’instant, le culte apocalyptique du réchauffement climatique a donné naissance à une mafia du changement climatique dans tout l’Occident qui s’est implantée dans les gouvernements, les entreprises, les universités et la presse. Les scientifiques ne peuvent pas remettre en question sa validité, car ceux qui le font perdent leurs subventions et leur emploi et deviennent d’anciens scientifiques déshonorés dont la voix n’est plus autorisée à être entendue. Les politiciens ne peuvent pas non plus le faire parce que leurs électeurs n’ont que faire de la vérité et qu’ils ont besoin d’explications simples qui font de leur appauvrissement et de leur dégradation continus une nécessité vertueuse et salvatrice pour la planète. Les journalistes qui tentent d’offrir une vision équilibrée de l’histoire du réchauffement climatique sont sûrs d’être qualifiés de « trolls russes » et évincés.

Quant à ceux qui se trouvent en dehors de l’Occident, en particulier dans les pays encore riches en ressources, socialement stables et en expansion économique, repousser l’assaut des membres de la secte apocalyptique occidentale du réchauffement planétaire qui tentent de leur imposer des politiques de « vol à l’arraché » restera une tâche essentielle. Ces fanatiques continueront à recruter et à former des idiots utiles parmi les habitants du pays, puis à utiliser l’argent et la pression internationale pour les installer à des postes de pouvoir.

Rien de tout cela ne fonctionnera. Le front occidental lui-même s’est fissuré et les nations occidentales seront de plus en plus enclines à se sauter à la gorge les unes les autres et incapables de formuler des politiques à l’égard du reste du monde. Le terme « Occidentalisme » a fait l’objet d’un badinage lors de la récente conférence de Munich sur la sécurité : il n’y a plus d’Occident, plus de programme commun. Il ne reste plus que quelques Occidentaux qui débitent toutes les absurdités qu’ils souhaitent tout en s’ignorant les uns les autres. Ces groupes sont toujours capables de causer des problèmes internationaux, mais ils ne font que faire perdre du temps à tout le monde.

Capture-d%u2019écran-2018-03-04-à-17.37.07-234x350.pngTenter de s’engager de manière constructive avec les membres de la secte apocalyptique du réchauffement climatique n’est pas la bonne approche. La bonne approche consiste à rejeter le sort des climatologues occidentaux comme étant une bande d’hommes d’affaires politiques pires qu’inutiles gaspillant des subventions ; à se servir des résultats de la recherche scientifique réelle et à s’informer sur les raisons pour lesquelles le climat de la Terre change constamment, a changé pendant des millions d’années et changera encore pendant des millions d’années et, enfin, à reconnaître la secte apocalyptique du réchauffement climatique pour ce qu’elle est – une secte – et à mettre autant de distance que possible entre ses membres et vous-même. C’est un jeu de patience ; éventuellement, les aspirants parasites occidentaux seront obligés de réaliser que leur appel à la vertu n’atteignant pas le résultat escompté, ils devront descendre de leur cheval de bataille du réchauffement climatique et commencer à faire ce que les parasites sociaux doivent normalement faire : mendier.

Dmitry Orlov

Le livre de Dmitry Orlov est l’un des ouvrages fondateurs de cette nouvelle « discipline » que l’on nomme aujourd’hui : « collapsologie » c’est à-dire l’étude de l’effondrement des sociétés ou des civilisations.

[Crédit de recherche : Stanislav Bezgin]

Le culte apocalyptique du réchauffement climatique

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Le culte apocalyptique du réchauffement climatique

par Dmitry Orlov

Ex: https://versouvaton.blogspot.com

 
Article original de Dmitry Orlov, publié le 21 Février 2020 sur le site Club Orlov
Traduit par le blog http://versouvaton.blogspot.fr
 
Vous voulez sauver la planète ? Pensez-vous que cela nécessite que tout le monde arrête de brûler des combustibles fossiles, et que cela passe nécessairement par le fait de recouvrir les champs avec des panneaux solaires et la colonisation des plages et des crêtes montagneuses par des éoliennes géantes ? Que diriez-vous d’instaurer une taxe sur les émissions de dioxyde de carbone et de taxer les gens pour le dioxyde de carbone qu’ils émettent ? Pensez-vous que le fait que « 99,9% des climatologues sont d’accord… » implique logiquement qu’ils ont nécessairement raison ? Et qu’est-ce qui vous fait penser que les humains sont capables de sauver des planètes alors qu’ils ne savent même pas quoi faire de leurs déchets ?

Si ce genre de réflexion vous dérange et vous fait imaginer que je suis une sorte de « négationniste du changement climatique », alors, à moins que vous ne soyez émotionnellement fragile et sujet à des crises d’hystérie, vous devriez quand même faire un effort et continuer à lire, car vous avez peut-être, sans que ce soit votre faute, été intronisé dans le culte apocalyptique du réchauffement climatique. La première étape pour vous libérer des griffes d’une secte apocalyptique est de réaliser que vous êtes membre d’une secte apocalyptique. Une partie du processus consiste à apprendre comment fonctionne une secte : d’où lui vient son pouvoir, pourquoi les gens tombent dans ses griffes et, surtout, qui la paie et qui s’enrichit grâce à elle. Il peut être douloureux au début de briser ses illusions, mais vous vous sentirez certainement mieux par la suite, à moins que vous ne trouviez immédiatement autre chose, également hors de votre contrôle, pour vous en inquiéter et pour vous en occuper.

Il y a de fortes chances que vous ne soyez pas vous-même un climatologue, auquel cas l’idée que l’arrêt de toute utilisation de combustibles fossiles empêchera une apocalypse climatique à court terme est, pour vous, aussi fondée sur la connaissance que l’idée que, si un chaman ne fait pas sa danse de la pluie, les pluies ne viendront pas et les cultures se faneront et se flétriront. Et si vous étiez un climatologue, et un honnête scientifique, vous sauriez que les modèles climatiques sont assez inutiles pour prédire l’avenir climatique avec un degré de précision utile. Une fois que toutes les incertitudes liées aux conditions initiales et aux diverses hypothèses, paramètres et facteurs de brouillage des modèles sont prises en compte, il s’avère que ces derniers prédisent que la température moyenne de la planète, un siècle plus tard, ira de la chaleur torride au froid de la période glaciaire. C’est comme si l’on prédisait que les mauvaises habitudes entraîneront un raccourcissement de la vie d’un an ou deux, à quelques décennies près.

D’un autre côté, il y a des choses que nous savons sur la base des preuves physiques dont nous disposons, comme les rochers géants trouvés très loin au sud de leur lieu d’origine, transportés là par les glaciers et dont la surface est parfaitement lisse. La Terre traverse une ère glaciaire et ce, depuis un demi-million d’années. Elle approche actuellement (à quelques siècles près) de la fin d’une période interglaciaire exceptionnellement longue – environ 12 000 ans – qui sera suivie d’une période de cent mille ans pendant laquelle une grande partie de l’hémisphère nord sera recouverte de glaciers. La combustion de combustibles fossiles, en particulier le charbon, pourrait retarder quelque peu le début de la prochaine période glaciaire ou le rapprocher. Nous ne savons pas ce qui déclenche les périodes glaciaires, mais il pourrait s’agir d’épisodes de réchauffement climatique.

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Il existe une théorie, qui reste à vérifier, selon laquelle ces périodes glaciaires commencent lorsque la fonte des glaces du Groenland produit suffisamment d’eau douce qui, étant plus légère que l’eau de l’océan, flotte à la surface et empêche le Gulf Stream de couler au fond de l’Atlantique Nord, l’arrêtant et provoquant un refroidissement important du climat le long de la côte est de l’Amérique du Nord et en Europe occidentale. Il y a quelques décennies, cette théorie était très populaire, à tel point qu’elle a servi de base au film Le jour d’après sur le début soudain et catastrophique de la prochaine période glaciaire. Cette théorie est quelque peu tombée en désuétude depuis lors.

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Mais aujourd’hui, il existe une nouvelle théorie, basée sur les dernières observations de la NASA. La combinaison d’un océan Arctique relativement libre de glace pendant les étés et d’un régime de vent circumpolaire dans le sens des aiguilles d’une montre très exceptionnellement stable, connu sous le nom de Gyre de Beaufort, a bloqué une très grande quantité d’eau douce. Cette eau provient des grands fleuves d’Eurasie qui coulent vers le nord – Ob, Lena et Ienisseï – et lorsque cette Gyre de Beaufort s’affaiblit (comme elle finira certainement par le faire), toute cette montagne d’eau douce accumulée est vouée à s’écouler vers l’Atlantique (le détroit de Béring en direction du Pacifique étant trop étroit et peu profond) et à court-circuiter le Gulf Stream avant qu’il n’atteigne l’Atlantique Nord. Les températures en Amérique du Nord et en Europe occidentale vont s’effondrer, ce qui stimulera sans doute davantage la demande européenne déjà torride de gaz naturel russe.

BrnBld_ArcticCurrents.svg.pngMais il y a aussi d’autres facteurs, tels que les fluctuations de l’activité solaire, les effets sur la formation de nuages d’aérosols mis dans la stratosphère par des éruptions volcaniques, les effets sur la formation de nuages de vent solaire et de rayonnement spatial pénétrant dans l’ionosphère en raison d’un affaiblissement du champ magnétique terrestre, et d’autres facteurs dont nous pouvons ou non avoir connaissance. Les données directes et fiables dont nous disposons proviennent de satellites météorologiques et ne remontent qu’à un peu plus de 50 ans. En termes d’histoire du climat, ce n’est vraiment rien. Toutes les autres preuves sont indirectes, inexactes et reposent en grande partie sur des théories que nous n’avons aucun moyen de tester directement – à savoir vivre et faire des observations tout au long des prochaines glaciations. Mais comme les périodes glaciaires durent beaucoup plus longtemps que n’importe quelle civilisation humaine, les chances que de tels programmes de recherche aboutissent à une conclusion sont, pour parler franchement, inexistantes.

Si l’on adopte une perspective d’ingénierie à plus long terme pour optimiser le climat de la Terre – ce qui est un enchaînement de pensée amusant, bien que tout à fait inutile – la Terre pourrait être beaucoup plus chaude et plus confortable qu’elle ne l’est actuellement, avec un climat agréablement subtropical d’un pôle à l’autre, si ce n’était certains problèmes structurels à long terme. L’un de ces problèmes est la situation de l’Antarctique au pôle sud. Non seulement il retient beaucoup d’eau douce, qui pourrait sûrement être mieux utilisée, mais les vents et les courants circumpolaires limitent la circulation nord-sud, ce qui donne une région équatoriale extrêmement chaude et des pôles extrêmement froids. Heureusement, l’Antarctique dérive du pôle sud vers l’Atlantique, à raison d’environ 1 cm/an. Dans 100 millions d’années, il sera 1000 km plus au nord, les flux circumpolaires s’affaibliront, une partie de la glace antarctique fondra et le climat commencera à s’égaliser, les tropiques se refroidissant et les pôles se réchauffant.

Un autre problème structurel majeur concerne le détroit de Béring qui sépare l’Asie du Nord-Est de l’Amérique du Nord : il est étroit, peu profond, plein de sédiments et ne permet pas une bonne circulation dans l’océan Arctique, de l’Atlantique au Pacifique. Par conséquent, l’Arctique est souvent encombré de glace et beaucoup plus froid qu’il ne devrait l’être. Malheureusement, ce problème ne fera qu’empirer. Au cours des quelque 50 millions d’années à venir, le détroit de Béring va entièrement se fermer, car le mouvement tectonique des plaques écrasera l’Asie contre l’Amérique. Et puis – horreur des horreurs – dans quelque 200 millions d’années, tous les continents de la Terre, à l’exception de l’Antarctique, seront entassés ensemble près du pôle Nord ! Heureusement, les humains auront disparu d’ici là. Les espèces de primates n’ont tendance à persister que pendant quelques millions d’années.

Une telle perspective à long terme est un anathème pour le culte du réchauffement climatique qui, comme c’est le cas pour un culte de l’apocalypse, souffre d’une extrême vision à court terme. Comme c’est souvent le cas pour les sectes apocalyptiques, si les prévisions les plus sombres ne se réalisent pas (comme elles ont déjà échoué à plusieurs reprises depuis que la secte a vu le jour), l’apocalypse est simplement repoussée un peu et les déclarations les plus sombres sont reprises avec une vigueur inlassable, mais concerne maintenant une nouvelle date fixée dans un avenir proche.

Le culte du réchauffement climatique se concentre principalement sur les émissions de dioxyde de carbone, car le dioxyde de carbone est considéré comme le gaz ultime du réchauffement climatique et le déclencheur de l’apocalypse climatique. C’est étrange, car le méthane et la vapeur d’eau sont des gaz à effet de serre beaucoup plus efficaces (bien que la vapeur d’eau puisse également refroidir la surface de la Terre si les aérosols des éruptions volcaniques ou les rayons de l’espace provoquent la formation de nuages en excès, qui réfléchissent alors la lumière du soleil loin de la surface).

La théorie selon laquelle il existe un mécanisme qui produit une relation linéaire entre les concentrations atmosphériques de dioxyde de carbone et la température moyenne de la planète est assez difficile à prouver. D’une part, il n’est pas clair si des concentrations plus élevées de dioxyde de carbone atmosphérique provoquent un réchauffement climatique ou si les épisodes de réchauffement climatique (qui sont généralement brefs) entraînent une augmentation des concentrations de dioxyde de carbone atmosphérique à mesure que le dioxyde de carbone s’échappe des océans plus chauds.
D’autre part, le mécanisme par lequel le dioxyde de carbone piège la chaleur près de la surface de la Terre n’est pas du tout clair non plus. Bien sûr, les molécules de dioxyde de carbone peuvent absorber le rayonnement infrarouge et se réchauffer. Mais ceux qui ont étudié un peu de physique sont probablement conscients d’un phénomène appelé convection : les gaz chauds ont tendance à s’élever. Et donc, si le dioxyde de carbone se réchauffe, cette chaleur s’élève de la troposphère (près de la surface) vers la stratosphère, où elle est perdue dans l’espace. Sur Google, tapez « Théorie adiabatique de l’effet de serre«  si vous êtes curieux.

Le dioxyde de carbone ne reste pas très longtemps dans l’atmosphère car l’océan agit comme une éponge à dioxyde de carbone : la concentration d’équilibre du dioxyde de carbone dans l’eau de mer est soixante fois plus élevée que dans l’air. Ce rapport est maintenu partout où l’air et l’eau sont en contact et les déséquilibres sont éliminés soit par l’eau qui absorbe le dioxyde de carbone de l’air, soit par les bulles de dioxyde de carbone qui jaillissent et éclatent hors de l’eau et donc dans l’air. Lorsque la température augmente, le dioxyde de carbone sort de l’eau sous forme de bulles, comme lorsqu’une bouteille de bière ouverte est sortie du réfrigérateur et posée sur la table de la cuisine. Il est donc assez difficile d’affirmer que c’est l’augmentation du dioxyde de carbone dans l’atmosphère qui provoque le réchauffement de la planète et non l’inverse.

En outre, l’océan agit comme un lieu d’enfouissement du dioxyde de carbone. L’eau saturée de dioxyde de carbone est plus lourde et a tendance à s’enfoncer. Cet effet a provoqué l’accumulation d’une grande quantité d’eau chargée de dioxyde de carbone dans les profondeurs des océans. L’un de ces endroits se trouve dans le Pacifique Nord : l’eau froide de l’océan Arctique, chargée de dioxyde de carbone et s’écoulant vers le sud par le détroit de Béring, a coulé au fond et y est restée pendant des millions d’années, formant un grand réservoir permanent de dioxyde de carbone. D’autres processus font que le carbone précipite au fond de l’océan et forme des sédiments. Les océans absorbant constamment le dioxyde de carbone de l’air, il y a peu de chances que le dioxyde de carbone atmosphérique continue à augmenter sur des périodes géologiquement importantes. En revanche, il est possible qu’un manque de dioxyde de carbone atmosphérique prive la végétation de cet engrais essentiel et qu’elle dépérisse. Heureusement, quelques poussées d’activité volcanique espacées au hasard sont normalement suffisantes pour maintenir l’équilibre.

Le dioxyde de carbone n’est en aucun cas entièrement enfoui à jamais dans les profondeurs des océans ; une grande partie s’attarde près de la surface, prête à retourner dans l’air sous forme de bulles lorsque la température augmente. C’est une bonne chose car les concentrations actuelles de dioxyde de carbone dans l’atmosphère sont bien inférieures à ce qui serait optimal : elles se situent actuellement autour de 400 parties par million, alors que les exploitants de serres commerciales fixent spécifiquement les concentrations de dioxyde de carbone dans leurs serres entre 800 et 1000 parties par million pour une productivité optimale. Si nous voulons que la Terre soit une véritable serre et qu’elle devienne encore plus verte, plus feuillue et plus féconde, nous devons mettre plus de dioxyde de carbone dans l’air, et non moins. Le dioxyde de carbone est un engrais essentiel pour les plantes, et il est assez ironique que le mouvement écologiste s’y oppose, puisqu’il s’agit du gaz le plus vert qui existe. C’est aussi bizarre que de voir des souris refuser de manger des céréales ou des politiciens américains voter pour réduire les dépenses de défense.

Le dioxyde de carbone atmosphérique, comme d’autres gaz, est constamment renouvelé par l’activité volcanique et c’est ce qui maintient la fertilité de la planète. L’excès de dioxyde de carbone est absorbé par les océans où il forme des sédiments. Le carbone atmosphérique capturé par les plantes est parfois séquestré dans la croûte terrestre et, sur des millions d’années, une petite partie de cette matière organique est cuite par la chaleur interne de la Terre pour produire des combustibles fossiles : gaz naturel, pétrole, charbon quand le gaz est trop cuit, et schiste quand il n’est pas assez cuit.

À son tour, une petite partie de toute cette matière organique séquestrée devient récupérable grâce à une technologie raisonnable (exploitation minière, forage) et même à une technologie hautement déraisonnable (enlèvement des montagnes, forage horizontal et fracturation hydraulique, forage pétrolier et gazier en mer profonde). Elle est enfin produite et raffinée en divers produits de valeur qui font tourner le monde. Les combustibles fossiles sont l’élément vital de la civilisation technologique ; sans eux, une grande partie de la population gèlerait pendant l’hiver et rien ne se ferait ni ne se déplacerait. Les technologies soi-disant « sans carbone », « renouvelables » et « durables », telles que les panneaux solaires et les éoliennes, dépendent essentiellement du charbon, du diesel et de diverses matières premières pétrochimiques pour leur production, leur installation et leur entretien, et n’existeraient pas sans elles.

L’idée que déterrer et brûler une infime partie de toute la matière organique jamais produite par les organismes vivants détruirait d’une manière ou d’une autre la vie sur Terre n’est rien de moins qu’absurde. Il est bien sûr certain que la vie sur Terre sera détruite, mais à long terme. Outre le dioxyde de carbone, une autre molécule qui rend la vie possible est l’eau. Dans un milliard d’années environ, l’intensité du rayonnement solaire augmentera de quelque 10 %, ce qui entraînera une perte de la majeure partie de l’hydrogène vers l’espace et, avec lui, de l’eau (comme cela s’est déjà produit sur Mars, qui est plus petite et a une gravité plus faible pour maintenir l’atmosphère en place). Mais nous aurons disparu depuis longtemps d’ici là, donc il n’y a pas lieu de s’inquiéter.

En attendant, on entend souvent dire que la combustion de combustibles fossiles réchauffera suffisamment la planète pour faire fondre tous les glaciers, provoquant une élévation des océans suffisante pour noyer toutes les villes côtières où vit actuellement près de la moitié de la population. Un peu de calcul est nécessaire pour montrer que, même si le climat se réchauffait suffisamment pour que les palmiers bordent l’Antarctique (faisant des plages vierges de l’Antarctique une destination fabuleuse pour les bateaux de croisière), la plupart des 30 millions de kilomètres cubes de glace seraient encore là pendant un demi-million d’années ou plus – certainement assez longtemps pour que nos merveilleuses villes côtières partent en poussière, donc, encore une fois, il n’y a pas lieu de s’inquiéter.

Mais ce n’est pas tout : l’idée que si la calotte glaciaire de l’Antarctique fondait, le niveau des océans augmenterait de 58 mètres (c’est la prévision spécifique basée sur le volume estimé de la glace de l’Antarctique qui se trouve sur le substrat rocheux) est spectaculairement en état de mort cérébrale – si vous voulez bien y réfléchir. Le fait que tant de gens acceptent cette affirmation et secouent la tête en signe de sincère consternation est également une chose à laquelle nous devons réfléchir. Tous ces esprits faibles ont-ils dormi pendant leurs cours de géologie ? Leur modèle mental de la Terre est-il une boule de pierre solide avec un peu d’eau à sa surface ? Peut-être que certains d’entre eux pensent aussi que la Terre est plate ? Ou est-ce le résultat d’une certaine réticence à penser à d’autres choses que celles officiellement recommandées ?

En tout cas, la Terre est une sphère de roche fondue avec une sphère de fer fondu en son centre, et toute la matière solide qui existe se trouve dans la croûte terrestre, qui est assez mince, et flotte sur la roche fondue. La croûte est en effet un peu croustillante, et elle ne coule pas mais craque, se déplaçant par à-coups et provoquant des tremblements de terre. Néanmoins, lorsqu’on fait la moyenne sur plusieurs centaines de milliers d’années (assez longtemps pour que l’Antarctique se libère de la glace), son mouvement est constant et régulier. Des morceaux de croûte s’enfoncent lorsqu’ils sont chargés de glace et remontent à la surface lorsque la glace fond.

Ainsi, l’Antarctique est un morceau de croûte qui flotte sur la roche en fusion et sur lequel repose un tas de glace. Que pensez-vous qu’il se passerait si, sur un demi-million d’années, cette eau solide fondait et s’écoulait ? L’océan remonterait-il, ou l’Antarctique remonterait-il ; le fond de l’océan s’abaisserait-il et le niveau de l’océan resterait-il constant ? Certains de ceux qui lisent ceci le savaient déjà ; d’autres ont juste vécu un moment « Ah ! » – ou un moment « Oh, merde ! » s’il se trouve que vous êtes un membre du GIEC, dont les experts ont fait de grands efforts pour déterminer quelle glace de l’Antarctique flotte sur l’océan et n’est donc pas un danger et quelle glace repose sur le sol solide et est donc sur le point de noyer Londres. Pour le reste, laissez-moi vous guider.

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La roche en fusion sur laquelle flotte l’Antarctique est environ trois fois plus dense que l’eau. Par conséquent, lorsque la glace de l’Antarctique fondra, l’Antarctique flottera plus haut d’un tiers de la hauteur de sa banquise actuelle. Maintenant, la roche en fusion qui devrait couler sous l’Antarctique pour la faire remonter viendra de sous les fonds marins environnants, ce qui la fera s’affaisser, laissant ainsi la place à un tiers de l’eau de la glace qui a fondu. Mais cette eau va alors s’enfoncer sur les fonds marins, les poussant vers le bas par rapport à la terre ferme. Ainsi, les deux tiers de l’élévation supposée du niveau de l’océan ont tout simplement disparu ; une analyse plus approfondie permettrait de se débarrasser du reste. Les experts du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat ont-ils pris la peine d’en tenir compte dans leur estimation de l’élévation du niveau des océans ? Non, ils ne l’ont pas fait. C’est une honte !

J’espère que les 2500 mots qui précèdent suffisent à indiquer qu’il faut une grande connaissance et compréhension des sciences naturelles pour paraître intelligent lorsqu’on discute du climat et de son évolution. J’espère aussi avoir bien fait comprendre que la « négation du changement climatique » n’est pas possible : le climat de la Terre (ou plutôt les climats, car ils sont nombreux) fluctue lorsqu’on l’observe à une échelle de temps donnée. Ce qu’il reste à comprendre, c’est que si le climat peut être étudié de diverses manières intéressantes, son avenir ne peut être prédit – non pas parce que personne n’a encore trouvé comment le faire, mais parce qu’il est trop imprévisible.
Tout d’abord, il n’est pas possible de séparer les causes des effets. Oui, nous pouvons sans aucun doute supposer que si le soleil influence la terre, ce qui se passe sur la terre n’affecte en rien ce qui se passe sur le soleil. Mais c’est là toute la question : le soleil est en fait la seule variable indépendante qui existe ; tout le reste affecte tout le reste. Mais la production solaire fluctue également et ne peut pas non plus être prédite avec précision.

Les activistes du climat supposent que la consommation de combustibles fossiles est une variable indépendante qui peut être réduite en lançant des appels stridents qui commencent par « A moins que nous n’arrêtions maintenant… ». Cependant, s’ils essayaient de la contrôler en coupant le chauffage des gens au milieu de l’hiver – en arrêtant les livraisons de charbon ou en imposant des sanctions sur les gazoducs – et en laissant leurs habitations geler, ils se retrouveraient en temps voulu jetés contre un mur et abattus par des foules en colère. Ce serait là un effet secondaire involontaire et des plus regrettables de l’activisme climatique que beaucoup de gens ont tendance à négliger, mais nous pouvons être assurés qu’une fois les effusions de sang terminées, les expéditions de charbon et les flux de gaz reprendraient.

Deuxièmement, le climat ne peut pas être prédit parce que les facteurs qui l’affectent ne le font pas de manière directe. Par exemple, nous ne pouvons pas dire si l’augmentation des concentrations de dioxyde de carbone dans l’atmosphère, qu’elle soit due à la combustion de combustibles fossiles, au réchauffement des océans ou à un pic d’activité volcanique, entraînera un réchauffement du climat ou un refroidissement beaucoup plus important en déclenchant le début de la prochaine période glaciaire. Lorsqu’on imagine un système avec des entrées et des sorties spécifiques, les sorties ne sont pas directement proportionnelles aux entrées. Le climat est un système non linéaire.

Troisièmement, parce que le climat ne réagit jamais deux fois de la même manière à un même ensemble de conditions, car à chaque fois elles affectent une planète légèrement différente. Au cours d’une période interglaciaire donnée, une courte période de réchauffement (de quelques siècles) peut s’écouler sans répercussions sérieuses (épisodes de refroidissement) tandis qu’une autre peut déclencher le début de la période de glaciation suivante. Il n’est donc pas possible d’effectuer des expériences répétées, même mentales, pour déterminer comment le climat devrait se comporter à chaque fois, car il se comporte différemment à chaque fois. Le climat est un système qui varie dans le temps.

Ainsi, le climat est un système largement autonome (pas de variables indépendantes, sauf le soleil, qui est lui-même imprévisible), fortement non linéaire (les effets ne sont pas exactement proportionnels à leurs causes) et variable dans le temps (il ne réagit jamais deux fois de la même façon). Les scientifiques sont devenus assez bons pour caractériser et faire des prédictions sur les systèmes linéaires invariants dans le temps avec des variables indépendantes qui peuvent être contrôlées et les ingénieurs sont devenus assez bons pour les concevoir. Les systèmes autonomes non linéaires variables dans le temps ne sont tout simplement pas leur point fort, c’est le moins qu’on puisse dire.

Il y a un autre élément à ajouter au puzzle. Il semblerait que toute la fixation sur le réchauffement de la planète dû à l’effet de serre causé par les émissions de dioxyde de carbone provenant de la combustion de combustibles fossiles soit plutôt hors sujet, car le réchauffement, dans la mesure où il est réel, a une autre source entièrement différente : le noyau de la terre. Les mesures de la température des océans, effectuées par des milliers de sondes robotisées à différentes profondeurs de la planète, ont donné un résultat étonnant, si étonnant que les climatologues traditionnels ont fait de leur mieux pour l’ignorer. Au cours des dix dernières années, l’océan tout entier s’est réchauffé de 1ºC. Comme ce réchauffement est observable à toutes les profondeurs, et pas seulement à la surface, la source de cette chaleur ne peut pas être l’air légèrement plus chaud au-dessus de l’eau ; il doit donc s’agir de ce qui se trouve en dessous.

Et ce qui se trouve en dessous est un assez grand réacteur à fission nucléaire de formation naturelle, encastré dans une sphère de roche et de fer en fusion. Apparemment, l’activité de ce réacteur a augmenté d’un cran. L’énergie supplémentaire nécessaire pour provoquer ce réchauffement est d’environ 300 térawatts. En comparaison, la consommation mondiale totale d’énergie, toutes sources confondues, n’est que d’environ 20 térawatts, et la quasi-totalité de cette énergie, après avoir fait un travail utile, est irradiée dans l’espace sous forme de chaleur résiduelle.

C’est un effet énorme : si cette tendance au réchauffement devait se poursuivre pendant un millier d’années seulement (un clignement de paupière en termes de géologie), les océans commenceraient à bouillir. Mais il n’y a pas lieu de paniquer, car il s’agit probablement d’une fluctuation aléatoire de plus, et à un moment donné, le réchauffement s’arrêtera et la prochaine période glaciaire commencera, de façon très naturelle et totalement indépendante de la volonté de chacun ; en attendant, nous pouvons tous profiter du temps plus chaud.

La hausse de la température des océans explique également l’élévation du niveau de la mer observée. Elle est due à la dilatation thermique : l’eau plus chaude prend plus de place. Il n’est pas nécessaire de faire fondre les glaciers, d’autant plus que, comme je l’ai expliqué, si l’on considère les effets des tremblements de terre, la fonte des glaciers est, sans jeu de mots, un lavement.

Enfin, il n’est pas non plus nécessaire de blâmer les combustibles fossiles pour l’augmentation des concentrations de dioxyde de carbone dans l’atmosphère : la hausse des températures des océans entraîne l’effervescence d’une plus grande quantité de dioxyde de carbone hors de l’eau et dans l’air. Le réchauffement de l’océan, qui couvre ¾ de la surface de la planète, émet environ 100 fois plus de dioxyde de carbone que l’ensemble de l’industrie, de l’agriculture et des autres activités humaines réunies.

Cette poussée de réchauffement provenant du cœur de la Terre rend inutile toute explication du réchauffement climatique lié aux émissions de gaz à effet de serre, ainsi que les efforts internationaux totalement inefficaces pour limiter ces émissions. Il s’avère donc que le type de théorie du réchauffement planétaire qui est devenu conventionnel, du moins en Europe et aux États-Unis, et dans quelques autres endroits, et qui attribue le réchauffement planétaire au dioxyde de carbone provenant de l’utilisation de combustibles fossiles (ainsi qu’aux pets de vache) et prévoit une catastrophe climatique imminente et une extinction humaine à court terme, n’est ni nécessaire (d’autres explications existent) ni suffisant (les données sont loin d’être disponibles).

Si l’on considère la science du climat, la théorie du réchauffement climatique catastrophique n’a aucun sens. Pour lui donner un sens, nous sommes obligés de regarder au-delà de la science du climat, à un niveau méta. Certes, de nombreux climatologues sont d’accord entre eux, mais ce n’est pas de la science, c’est du marketing, comme dans « Neuf dentistes sur dix sont d’accord pour dire que le brossage avec BatGuano® va stimuler votre libido ». La science qui est mue par l’opinion publique n’est pas la science. L’affirmation selon laquelle l’opinion scientifique est en quelque sorte différente, spéciale et plus importante que les opinions des simples mortels est une sorte de sophisme logique, argumentum ad auctoritatem (argument d’autorité).

Dans la vraie science, on formule des hypothèses et on les vérifie par l’expérience ou l’observation. Un ensemble d’hypothèses, vérifiées ou invalidées, est ensuite utilisé pour formuler des théories. La valeur d’une théorie réside dans sa capacité de prédiction. Quelle que soit la notoriété ou la popularité d’une théorie, si elle ne peut pas être utilisée pour faire des prédictions précises qui peuvent être testées, elle est invalide et doit être rejetée. Pour les raisons que j’ai évoquées ci-dessus, les changements climatiques ne sont pas prévisibles en raison de la nature du système : il est autonome, non linéaire, variable dans le temps, et les échelles de temps pertinentes dépassent la durée de vie de toute civilisation humaine donnée.

En tenant compte de tout cela, je voudrais proposer une approche entièrement différente pour traiter le phénomène catastrophique du réchauffement climatique. Je souhaite abandonner toute tentative de le traiter comme une quelconque recherche scientifique et considérer plutôt sa phénoménologie comme un mouvement social. Et ici, je voudrais présenter mon premier témoin : Greta Thunberg.

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Greta est clairement un leader de ce mouvement. Elle rencontre des chefs d’État, prononce des discours devant l’Assemblée générale des Nations unies et participe à des conférences internationales sur le climat. Pourtant, elle n’a manifestement pas la capacité mentale de comprendre les modèles mathématiques du climat et la physique qui les sous-tend. Greta vient d’avoir 17 ans et a beaucoup séché l’école (sa devise est « La grève de l’école pour le climat ! »). Il est donc très peu probable qu’elle soit allée particulièrement loin en mathématiques ou en physique. Si on lui demandait d’estimer la température de surface d’une planète donnée en se basant sur sa distance par rapport au soleil, son albédo et son émissivité (les trois chiffres les plus importants ; les autres peuvent être négligés lors du calcul d’une estimation approximative), elle serait probablement complètement perplexe.

En bref, on peut supposer sans risque que Greta ne sait rien. Mais elle n’a pas besoin de savoir – parce qu’elle y croit ! Elle est parfaitement sincère et honnête lorsqu’elle dit que nous détruisons la Terre – parce que c’est sa foi. Pour expliquer correctement le phénomène Greta, nous devons quitter le domaine de la science et entrer dans le domaine de la religion.

Greta est touchée. C’est une sainte folle, une idiote dont on pense qu’elle possède le don divin de prophétie. Ce qu’elle prophétise, c’est une catastrophe climatique causée par le dioxyde de carbone. Elle dit qu’elle peut en fait voir les molécules de dioxyde de carbone, qui font environ 0,0000000002 mètre de large, donc elle doit aussi être voyante. Il n’y a rien de mal à être un voyant. Je vois parfois des anges, mais je ne proposerais jamais de formuler des politiques énergétiques mondiales sur la base de telles visions.

Vous pouvez croire que Dieu a mis ces idées dans la tête de la pauvre Greta, mais vous me rendez sceptique. Je crois que quelqu’un d’autre lui a bourré le crâne de ces notions, et la question est : pourquoi ces notions particulières ? Les idéologies populaires (et le changement climatique catastrophique est une idéologie populaire) n’apparaissent pas et ne se répandent pas sans raison. Il y a généralement un besoin spécifique dans l’imagination populaire auquel elles répondent et qu’elles remplissent. Quel est donc ce besoin ?

Avant de pouvoir répondre à cette question, nous devons définir l’objet que nous étudions : Qui a ce besoin ? Et nous constatons ici que les seules personnes qui forment un public réceptif à la prophétie de Greta, qui en sont infectées et qui se transforment en véritables croyants catastrophistes du climat, sont des personnes que l’on peut définir comme occidentales. Plus précisément, il s’agit de l’Union européenne, des États-Unis et des parties les plus importantes et les plus prospères du Commonwealth britannique.

Si, par contre, vous regardez la majorité de la population de la planète, soit elle ne prend pas la peine de prêter attention aux écolières suédoises qui débitent des bêtises, soit, si elle le fait, elle n’est pas du tout impressionnée. Il se peut que leurs dirigeants se contentent d’exprimer un intérêt de pure forme pour le GIEC et qu’ils signent même des traités sur le climat (à condition qu’ils ne les obligent pas à faire quoi que ce soit), mais c’est peut-être parce qu’il est plus facile de faire de l’humour avec des idiots surmenés que de discuter avec eux. Qu’est-ce qui rend les Occidentaux particulièrement vulnérables ?

Greta est presque entièrement non intellectuelle et ne peut que croire. Mais est-ce vrai pour la plupart des autres Occidentaux ? Après tout, les pays occidentaux ont des systèmes d’éducation et délivrent des diplômes de haut niveau dans toutes sortes de disciplines. Pourquoi, alors, la simple foi a-t-elle autant d’attrait pour eux ? Il existe deux types d’éducation en Occident : l’absence presque totale d’éducation (pour les populations pauvres, noires, arabes et latinos) et une éducation de qualité mais purement pragmatique visant spécifiquement à la réussite professionnelle et financière (pour les populations riches, blanches, plus quelques Asiatiques).

Ces deux types d’éducation ont en commun de minimiser la quantité de connaissances en sciences naturelles et en logique tout en décourageant activement la pensée critique indépendante. Dans le premier cas, c’est parce que toutes les connaissances sont minimisées ; dans le second, parce que ces connaissances ne sont pas considérées comme suffisamment importantes et ne sont donc pas hiérarchisées. La priorité est donnée aux connaissances dans un domaine spécifique qui sont applicables à l’exécution d’un travail spécifique.

Comprendre le climat de la Terre n’est pas une tâche spécifique, sauf pour les climatologues occidentaux traditionnels – que nous avons laissés pour compte à ce stade. Il existe de nombreux emplois spécifiques – toiletteurs pour chiens, concepteurs de microprocesseurs, professeurs de yoga, barmen… Prévoir ce que sera le climat mondial à une date future n’est pas une tâche pour aucun d’entre eux. Si vous n’êtes pas d’accord, rassemblez un certain nombre de toiletteurs pour chiens et de concepteurs de microprocesseurs occidentaux dans une pièce, posez-leur des questions sur le climat mondial, et vous constaterez sans doute que leur niveau de compréhension des sciences naturelles est comparable à celui de la pauvre Greta. Et cela leur donne des notes faciles pour la science climatique basée sur la foi.

Les politiciens occidentaux sont-ils différents à cet égard des toiletteurs pour chiens et des concepteurs de microprocesseurs occidentaux ? Non, pas du tout ! Permettez-moi de présenter mon second témoin : Alexandria Ocasio-Cortez.

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AOC, comme ses disciples l’appellent, est un membre du Congrès américain qui est l’auteur du Green New Deal. Le niveau d’absurdité qu’elle débite sur l’économie, le socialisme et l’environnement est tout simplement hors norme ! Tout comme pour Greta, il y a toutes les raisons de croire qu’elle est parfaitement sincère, dans la mesure où elle croit vraiment, profondément, aux absurdités qu’elle débite. Est-elle une spécialiste capable de comprendre toutes ces questions ? Bien sûr que non ! Le niveau intellectuel de cette ancienne barman n’est pas très supérieur à celui de Greta.

Alexandria est-elle significativement différente de ses collègues politiques ? Encore une fois, non. Elle est peut-être plus charismatique, plus performante, plus visible que la plupart d’entre eux, mais elle est toujours aussi crédule et idiote que Greta lorsqu’il s’agit de prédire des changements climatiques catastrophiques. J’utilise le terme « idiot » dans son sens classique, du latin idiota « une personne ignorante » et non comme une insulte vernaculaire. Elle n’est pas une idiote baveuse et dégoulinante, mais une idiote qui fonctionne bien.

Ses décisions sur la façon de « sauver la planète » ne sont pas fondées sur une connaissance ou une compréhension réelle. Pour elle, le test ultime de la science du climat est un concours de popularité politique. Interrogée sur les mérites de la science elle-même, elle va sans doute immédiatement et sans hésitation commettre l’erreur logique de l’argumentum ad auctoritatem (argument d’autorité) en disant que 99,999 % de tous les climatologues partagent ses opinions (ainsi que son désir de leur accorder une subvention fédérale).

Néanmoins, il semble important de se demander pourquoi elle croit ce qu’elle croit plutôt qu’autre chose. Pourquoi croit-elle volontiers au changement climatique anthropique plutôt qu’à l’activité solaire ? Un idiot (encore une fois, au sens technique du terme) devrait être prêt à croire à peu près n’importe quoi. Pourquoi ce choix particulier ? Elle serait probablement déconcertée si on lui demandait d’expliquer le lien entre les émissions de dioxyde de carbone anthropiques et non anthropiques. Pourtant, elle trouve facile de croire que l’activité humaine détruit la biosphère par les émissions de dioxyde de carbone et, bien sûr, par ses pets de vache désormais célèbres dans le monde entier.

En revanche, elle a probablement beaucoup plus de mal à croire que la biosphère est menacée par une éruption de super volcan, une attaque d’astéroïdes géants, une invasion extraterrestre ou un holocauste nucléaire déclenché par ce mécréant en uniforme aux sourcils broussailleux et aux yeux sombres qui se tient derrière Trump lors des conférences de presse. Nous devons donc nous demander : pourquoi est-elle si prête à faire ce saut de confiance particulier et pas un autre tout aussi audacieux ?

Pourquoi croit-on une chose mais pas une autre ? On croit, librement et sans aucune pression ou contrainte, dans deux circonstances : si votre revenu dépend de l’adoption d’une croyance particulière ; et si une foi particulière permet de compenser et de contrôler ses phobies et ses complexes psychologiques.

Dans le premier cas, il existe un aphorisme célèbre d’Upton Sinclair : « Il est difficile d’amener un homme à comprendre quelque chose lorsque son salaire dépend de son incompréhension ». Dans ce dernier cas, un bon exemple est le complexe de l’émigrant, qui oblige les émigrés et les exilés à croire sincèrement que le pays où ils ont abouti est un véritable paradis sur terre, où les rues sont pavées d’or et où le travail et un peu de chance feront de vous un millionnaire – toutes les preuves étant contraires.

Il est amusant de dire à ces gens, comme je l’ai parfois fait, que j’ai moi aussi passé de nombreuses années à vivre du mauvais côté de la planète, et que j’ai souffert de terribles nostalgies, mais qu’elles ont complètement disparu une fois que je suis rentré chez moi, où j’apprécie la compagnie de mes propres concitoyens, et j’aime vraiment ne plus avoir à craindre les flics à la gâchette facile et les avocats suceurs de sang ou de se faire arnaquer sur tous les plans, du logement aux médicaments en passant par les impôts et les services Internet. Ou plutôt, ce serait amusant… sauf que cela les rend vraiment malheureux, que leurs efforts pour cacher leur misère derrière des remarques narquoises sont vains, et que c’est méchant de faire souffrir les gens.

En bref, la foi qui est choisie librement est celle qui permet aux gens de continuer à fonctionner au jour le jour (pas nécessairement à long terme) et d’éviter l’angoisse mentale liée à leur situation incertaine ou à l’absence de bonnes perspectives. La société dans son ensemble, en tant qu’entité autorégulatrice dotée d’une certaine forme d’intelligence émergente, opte pour des idéologies (et la foi est ce qui sous-tend une idéologie particulière) qui lui permettent, dans son ensemble, de réussir ou, si cela n’est plus possible, de continuer à fonctionner pour le moment tout en limitant les conflits et les perturbations internes.

Comment l’idéologie du changement climatique catastrophique causé par les émissions anthropiques de dioxyde de carbone provenant de la combustion de combustibles fossiles (et des pets de vache) remplit-elle cette fonction dans l’Occident actuel, où elle est répandue ? Quelle est la grande transition en cours en Occident qui a permis à cette nouvelle foi de balayer la terre et de conquérir sans effort tant d’esprits ? Ce qui me vient à l’esprit, c’est l’affirmation souvent répétée selon laquelle « le capitalisme a échoué ». En effet, nous pouvons observer de nombreux points d’échec dans l’Union européenne et en Amérique du Nord :
  • La production de ressources énergétiques diminue (ou, dans le cas de la fracturation hydraulique, devient non rentable)
  • La production de ressources naturelles diminue, devient non rentable ou les deux
  • La production industrielle devient également non rentable et s’enfuit en Asie du Sud-Est, en Russie et ailleurs
  • L’agriculture ne peut être maintenue en vie que par des subventions constantes
  • La dette publique gonfle hors de toute proportion avec l’économie physique
  • Les emplois productifs diminuent et sont remplacés par des emplois de services non productifs
  • De larges segments de la population, les jeunes et les personnes d’âge moyen en particulier, se retrouvent économiquement marginalisés et viennent grossir les rangs des chômeurs de longue durée
  • Les résultats des élections deviennent de moins en moins prévisibles à mesure que les partis politiques traditionnels se scindent et perdent du pouvoir et que de nouveaux partis extrémistes et populistes émergent et gagnent du pouvoir
La société n’a aucun moyen d’arrêter ou d’inverser ces processus, qui sont causés par des facteurs objectifs tels que l’épuisement des ressources, la perte de colonies à piller, l’inadéquation de plus en plus flagrante des élites dirigeantes et la dégénérescence et la sénescence progressives générales de groupes ethniques clés et d’une population qui ne forme plus activement des familles avec des enfants et qui adopte au contraire des formes de plus en plus tordues de déviance sexuelle. Une explication réaliste de ce qui se passe, qui prendrait en compte des éléments tels que le rôle corrupteur de l’impression monétaire dans la transformation de l’argent d’une réserve de richesse en matériau de construction pour les pyramides de la dette et les combines de type Ponzi, ou la relation entre les déficits commerciaux structurels et la baisse du niveau de vie, est à la fois trop difficile à traiter pour les masses occidentales et, si elles devaient la traiter, trop insultante.

À l’époque des jours heureux de l’Europe et de l’Amérique, lorsque le capitalisme impérialiste a conquis le monde et a redirigé la plus grande partie des richesses et des ressources vers l’Europe et l’Amérique, la foi dominante était le protestantisme, et l’idéologie qui le sous-tendait était le capitalisme de libre marché. Partout où les marchés étaient jugés insuffisamment libres, comme dans le Japon féodal, un commodore Perry se présentait, menaçant de soumettre les indigènes, et la richesse coulait des marchés nouvellement libérés vers les centres impériaux. Ce processus a duré plusieurs siècles glorieux, mais il est aujourd’hui largement terminé et l’idéologie raciste et suprémaciste blanche qui avait sous-tendu la foi protestante a en grande partie disparu. Lorsque l’idéologie a disparu, la foi aussi a disparu et, dans toute l’Europe, les églises sont maintenant vides et sont démolies et remplacées par des mosquées.

Si l’idéologie islamiste semble adaptée pour remplacer rapidement les populations indigènes vieillissantes et en déclin par des importations plus viriles et plus fructueuses et pour remodeler l’Europe en un califat, ce processus a peu de chances de se poursuivre. La plupart des nouveaux arrivants ne parviennent pas à devenir productifs pour les mêmes raisons, énumérées ci-dessus, que les populations indigènes ne peuvent plus être productives, et ils ne parviennent pas à s’intégrer, car il n’y a plus grand-chose pour eux à quoi s’intégrer. Au lieu de cela, ils restent isolés et se contentent de l’assistanat mis en œuvre. Une fois que les aides ne seront plus disponibles, certains d’entre eux iront vers des pâturages plus verts tandis que les autres resteront sur place et produiront un désordre sanglant qui transformera certaines parties de l’Europe en zone interdite (un processus qui a déjà commencé en Allemagne, en France, en Suède et dans d’autres pays).

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Si le capitalisme a échoué, alors l’Occident passera du capitalisme à… quoi exactement ? Bien que le mot à la mode politique, à peine nouveau mais de plus en plus populaire, soit « Socialisme » (un gériatrique complètement socialiste nommé Bernie, actuellement en tête de la présidentielle américaine), je ne crois pas que le Socialisme soit à l’ordre du jour. La différence entre le capitalisme et le socialisme ne réside pas dans les méthodes de production de la richesse, qui sont inévitablement capitalistes, puisqu’elles nécessitent du capital, que sa source soit privée ou publique.
En fait, les économies capitalistes d’État, telles que celles de la Chine et de la Russie, semblent être un meilleur choix, car l’allocation du capital peut y être dictée par des considérations plus stratégiques que la chance, la cupidité et la peur. La différence entre le capitalisme et le socialisme réside plutôt dans la manière dont la richesse est distribuée : soit elle est autorisée à être stockée sans fin au sommet (jusqu’à ce qu’il soit temps de sortir à nouveau les guillotines), soit elle est faite pour servir le bien public en favorisant le bien-être de la société et en aidant au développement d’une méritocratie nationale.

Mais comme, pour les raisons énumérées ci-dessus, la création de richesses dans les pays occidentaux est désormais compromise, il n’y aura pas beaucoup de richesses à distribuer, de sorte que le choix entre capitalisme et socialisme n’est pas vraiment un choix. Les partisans de Bernie parlent beaucoup de voler les riches et de distribuer le butin, mais le problème avec ce plan est que le butin consiste maintenant en grande partie en des pyramides de dettes et des combines à la Ponzi conçues pour donner aux riches une apparence de richesse sur papier, et ce papier se transformera en cendres dès qu’un effort sera fait pour le dépenser réellement pour quelque chose de physique. Ainsi, le socialisme n’est pas un choix valable. Quel est donc le choix alors ?

Le seul choix évident, confirmé par l’observation, est le parasitisme : la vie d’un ver intestinal baignant dans un flot de nourriture gratuite. Le parasite peut avoir un large choix d’activités, toutes improductives, allant d’activités peu lucratives comme le toilettage des chiens, les cours de yoga, le service de bar ou la préparation de café hors de prix, à des activités totalement non rémunératrices comme s’habiller, se faire des selfies et les afficher sur Instagram. Le flux de nourriture gratuite peut prendre la forme d’un revenu minimum garanti ou d’autres formes de dépenses sociales qui, bien qu’elles soient de plus en plus maigres, parviennent à maintenir le corps et l’âme ensemble pour le moment.

Les parasites ne sont pas responsables de leur parasitisme, puisque chaque type d’activité productive qu’ils tentent de lancer est automatiquement contrecarré par une vaste armée d’autres parasites présents à tous les niveaux de gouvernement, dans chaque cabinet d’avocats et dans chaque groupe industriel, tous exigeant le respect de réglementations déraisonnables, dont la moindre n’est pas liée aux émissions de dioxyde de carbone (qui, en Europe, sont désormais taxées). Ce sont des parasites non pas par choix mais par nécessité. Sans doute, le sentiment d’impuissance et d’inutilité que cette prise de conscience produit est-il psychologiquement destructeur (comme l’attestent les taux déjà élevés et croissants de toxicomanie, de dépression et de suicide).

Dans ces conditions, une idéologie qui dirait aux parasites qu’ils ne sont en fait pas du tout des parasites mais de vaillants guerriers luttant pour sauver la planète d’une catastrophe imminente serait la bienvenue. C’est là que le culte apocalyptique du réchauffement climatique est venu à la rescousse émotionnelle des parasites. Il s’avère soudain que le déclin industriel et la baisse de la production d’énergie peuvent être considérés comme un signe de vertu : ces industries maudites sont des entités impures, maudites, infernales, maléfiques à tous égards, et c’est ce qui tue la planète. Par conséquent, s’en débarrasser est vertueux et pieux, et si le résultat est de frissonner dans le noir, alors c’est le noble sacrifice que l’on doit faire pour le bien de la planète entière. Si votre père a extrait du charbon ou foré pour l’industrie du pétrole, mais que vous êtes un styliste pour chien, alors c’est tout simplement splendide, parce que votre père a travaillé pour ruiner la planète, mais vous, vous travaillez pour la sauver !

L’étape suivante consiste à déclarer que seuls les gens bons et vertueux méritent d’être libérés des contingences et de vivre la belle vie comme parasites. Ce sont eux qui utilisent uniquement l’énergie « renouvelable » et « durable » des panneaux solaires et des éoliennes, alors que tous les malfaiteurs qui produisent et distribuent l’énergie à base de combustibles fossiles sont par définition ceux qui tuent la planète et doivent donc être punis par des amendes, des droits et des taxes sur les émissions de dioxyde de carbone. La plupart des revenus qu’ils en tirent peuvent alors être consacrés à des installations éoliennes et solaires « propres« , tandis que le reste peut être distribué aux stylistes canins sous-employés, qui pourraient alors survivre vertueusement en tant que parasites sur les gains des méchants destructeurs de la planète.

L’idéologie du réchauffement climatique, ainsi que le culte apocalyptique qu’elle sous-tend, est une solution à court terme pour préserver la stabilité psychologique de la société occidentale. Elle offre une explication acceptable à la crise croissante des économies physiques de ces sociétés. Elle fournit également le fondement moral de la tentative acharnée mais futile de voler les ressources des nations riches en combustibles fossiles impurs qui refusent de sauver la planète et de réorienter ces ressources vers des fins vertueuses telles que les installations éoliennes et solaires.

Ce culte apocalyptique du réchauffement climatique n’est certainement pas l’une des choses suivantes :
  • Ce n’est pas une tentative de sauver la planète car le changement climatique est constant, avec ou sans influence humaine. Son avenir ne peut être prédit avec précision car la science est faible lorsqu’il s’agit de systèmes autonomes non linéaires et variables dans le temps, alors que le dioxyde de carbone est un gaz utile qui fertilise toute la vie végétale de la planète et améliore le rendement des cultures.
  • Ce n’est pas une tentative de se préparer à la famine énergétique qui se profile à l’horizon. Elle n’offre aucun moyen de résoudre les problèmes actuels liés aux futurs approvisionnements en énergie. Par exemple, ce serait une bonne idée d’aider la Russie à perfectionner la technologie du cycle fermé du combustible nucléaire, qui est assez avancée, et qui permettra aux centrales nucléaires de fonctionner pendant des siècles sur le grand stock d’uranium appauvri qui a déjà été extrait et raffiné, et aussi de brûler pratiquement tous les déchets nucléaires de haute activité. Au lieu de cela, les ressources sont réorientées vers des projets futiles tels que les installations éoliennes et solaires, qui ont une durée de vie très limitée et ne peuvent être remplacées que par des procédés de fabrication qui nécessitent l’utilisation de combustibles fossiles et d’autres ressources non renouvelables. La famine énergétique est déjà là, et se manifeste comme un problème d’accessibilité à l’énergie dans les pays à court d’énergie comme les États-Unis. Dans ces pays, la fracturation hydraulique produit encore beaucoup de pétrole, mais ce n’est pas le bon type de pétrole pour fabriquer du diesel et du carburant pour avions, et cela entraîne un flux constant et croissant de faillites d’entreprises parce que l’industrie de la fracturation ne peut pas atteindre le seuil de rentabilité avec un pétrole à 60 dollars le baril. En conséquence, les États-Unis sont aujourd’hui le deuxième importateur de pétrole russe. Les campagnes occidentales visant à acquérir le pétrole manquant par le vol échouent toutes : la tentative de voler le pétrole du Venezuela n’a abouti à rien, la production pétrolière de la Libye est à zéro, le vol du pétrole irakien se heurte à des problèmes et, alors que les États-Unis continuent de voler le pétrole de la Syrie, c’est certainement une petite affaire et un signe de désespoir. Pendant ce temps, la compagnie russe Rosneft est extrêmement rentable, produit près de 6 millions de barils/jour à 3,2 $/baril, a un taux de remplacement des réserves de 1,8 en raison de nouvelles découvertes et est le plus grand contributeur fiscal au budget fédéral russe.
  • Il ne s’agit pas de permettre de survivre aux conséquences d’une dislocation économique extrême et de la rupture des chaînes d’approvisionnement mondiales, car la plupart des nouvelles installations d’énergie renouvelable sont trop sophistiquées pour pouvoir être entretenues à l’aide de composants d’origine locale et leur réparation et remplacement dans de telles conditions deviendra impossible. Pour l’instant, le culte du réchauffement climatique oblige les services publics à installer des milliards de dollars d’équipements défectueux : pratiquement toutes les installations d’énergie alternative sont conçues pour alimenter les réseaux électriques existants, qui doivent de plus en plus souvent être alimentés par les turbines à gaz naturel à cycle unique, plutôt peu rentables. Ces dernières, à l’exception des installations hydroélectriques, sont le seul moyen de compenser l’énergie intermittente et irrégulière produite par l’énergie éolienne et solaire. Les centrales nucléaires, les centrales au charbon et les centrales à gaz à cycle combiné, plus efficaces, ne peuvent pas monter et descendre en puissance assez rapidement pour compenser les fluctuations aléatoires de la production des parcs éoliens et solaires. Il y a actuellement une surabondance de gaz naturel provenant de l’explosion de la très temporaire fête du slip issue de la fracturation hydraulique aux États-Unis, où de plus en plus de puits qui devaient produire du pétrole aussi bien que du gaz ne produisent plus que du gaz. À plus long terme, le gaz naturel va se raréfier et devenir plus cher. Le résultat inévitable à plus long terme est une panne de réseau, où les parcs solaires et éoliens resteront inutilisés parce qu’il n’y aura plus de réseau pour les alimenter.
Ce n’est que récemment que j’ai réalisé que ce culte écologiste de l’apocalypse est en fait un culte de l’apocalypse inspiré par les délires fous de certains monstres scientifiques marginaux et suralimenté par le besoin psychologique de compenser l’inévitabilité de la dégradation et de l’effondrement économique et social en cours. Dans les années 1980, ils ont fait irruption sur la scène, tentant de prouver que nous allons tous mourir à coup sûr, car il existe une corrélation entre les émissions de dioxyde de carbone et le réchauffement du climat de la Terre. Il s’est alors avéré que leurs modèles étaient incorrects et que la planète se refroidissait en fait. Le problème a donc été rebaptisé à la hâte « changement climatique mondial » et la lutte contre ce phénomène s’est poursuivie comme auparavant. Mais le fait que ces folles divagations se soient avérées incorrectes n’a dérangé personne, car elles ont fourni une idéologie si parfaite pour une société qui tentait de passer du capitalisme au parasitisme.

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La vérité est que ce qui passe pour la science climatique occidentale dominante n’est pas de la science ; c’est une tentative de faire avancer un programme politique en utilisant un ensemble de postulats idéologiques formulés dans un langage à consonance scientifique. De nombreuses personnes, qui tentent de donner un sens à ce gâchis par elles-mêmes, sont induites en erreur par les soi-disant « négationnistes du changement climatique » – ceux qui tentent de s’opposer à ce jonglage politique en « démystifiant » les diverses affirmations des climatologues. Le problème ne réside pas dans leurs revendications spécifiques, mais dans la disposition hystérique qui les oblige à faire de telles revendications. Démystifier leurs revendications, c’est comme débattre avec quelqu’un qui est violemment fou ou discuter des conditions de financement avec quelqu’un qui vous a volé votre portefeuille.

Bien que la tentative de transition du capitalisme au parasitisme soit vouée à l’échec, pour l’instant, le culte apocalyptique du réchauffement climatique a donné naissance à une mafia du changement climatique dans tout l’Occident qui s’est implantée dans les gouvernements, les entreprises, les universités et la presse. Les scientifiques ne peuvent pas remettre en question sa validité, car ceux qui le font perdent leurs subventions et leur emploi et deviennent d’anciens scientifiques déshonorés dont la voix n’est plus autorisée à être entendue. Les politiciens ne peuvent pas non plus le faire parce que leurs électeurs n’ont que faire de la vérité et qu’ils ont besoin d’explications simples qui font de leur appauvrissement et de leur dégradation continus une nécessité vertueuse et salvatrice pour la planète. Les journalistes qui tentent d’offrir une vision équilibrée de l’histoire du réchauffement climatique sont sûrs d’être qualifiés de « trolls russes » et évincés.

Quant à ceux qui se trouvent en dehors de l’Occident, en particulier dans les pays encore riches en ressources, socialement stables et en expansion économique, repousser l’assaut des membres de la secte apocalyptique occidentale du réchauffement planétaire qui tentent de leur imposer des politiques de « vol à l’arraché » restera une tâche essentielle. Ces fanatiques continueront à recruter et à former des idiots utiles parmi les habitants du pays, puis à utiliser l’argent et la pression internationale pour les installer à des postes de pouvoir.

Rien de tout cela ne fonctionnera. Le front occidental lui-même s’est fissuré et les nations occidentales seront de plus en plus enclines à se sauter à la gorge les unes les autres et incapables de formuler des politiques à l’égard du reste du monde. Le terme « Occidentalisme » a fait l’objet d’un badinage lors de la récente conférence de Munich sur la sécurité : il n’y a plus d’Occident, plus de programme commun. Il ne reste plus que quelques Occidentaux qui débitent toutes les absurdités qu’ils souhaitent tout en s’ignorant les uns les autres. Ces groupes sont toujours capables de causer des problèmes internationaux, mais ils ne font que faire perdre du temps à tout le monde.

Capture-d%u2019écran-2018-03-04-à-17.37.07-234x350.pngTenter de s’engager de manière constructive avec les membres de la secte apocalyptique du réchauffement climatique n’est pas la bonne approche. La bonne approche consiste à rejeter le sort des climatologues occidentaux comme étant une bande d’hommes d’affaires politiques pires qu’inutiles gaspillant des subventions ; à se servir des résultats de la recherche scientifique réelle et à s’informer sur les raisons pour lesquelles le climat de la Terre change constamment, a changé pendant des millions d’années et changera encore pendant des millions d’années et, enfin, à reconnaître la secte apocalyptique du réchauffement climatique pour ce qu’elle est – une secte – et à mettre autant de distance que possible entre ses membres et vous-même. C’est un jeu de patience ; éventuellement, les aspirants parasites occidentaux seront obligés de réaliser que leur appel à la vertu n’atteignant pas le résultat escompté, ils devront descendre de leur cheval de bataille du réchauffement climatique et commencer à faire ce que les parasites sociaux doivent normalement faire : mendier.

Dmitry Orlov

Le livre de Dmitry Orlov est l’un des ouvrages fondateurs de cette nouvelle « discipline » que l’on nomme aujourd’hui : « collapsologie » c’est à-dire l’étude de l’effondrement des sociétés ou des civilisations.

[Crédit de recherche : Stanislav Bezgin]

lundi, 02 mars 2020

Le contrôle des mots dans 1984 d’Orwell

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Le contrôle des mots dans 1984 d’Orwell

par Quraishiyah Durbarry

Ex: https://echyelledejacob.blogspot.com 

“Les frontières de mon langage sont les frontières de mon monde” (Ludwig Wittgenstein, Tractatus logico-philosophicus)

“On ne commande pas aux âmes comme aux langues”, affirme Spinoza. C’est le langage qui définit une société et crée la cohésion au sein d’un peuple. Contrôler le langage est l’apanage de l’État, que ce soit un État créé dans un but utopique, démocratique ou totalitaire car le langage permet d’avoir accès au logos du peuple, et ainsi commander leurs « âmes ». Dans les Histoires florentines, Machiavel relève comment pour conditionner l’homme, toute politique doit nécessairement passer par la logique, en se tissant par le biais du langage. Continuant la même idée, Hobbes affirme que l’humain peut facilement être assujetti par un système langagier qui amalgame la peur et l’orgueil. Ainsi si l’État créé une situation de frayeur et de fierté simultanées, il créé en même temps un peuple obéissant qui de lui-même serait prêt à renoncer à ses droits pourvu qu’il ait l’impression, fausse certes, d’être en train de faire ou encore de dire ce qu’il faut.
 
Le langage comme outil de contrôle politique
Le contrôle utopique du discours


On peut penser que « contrôle utopique » est un genre d’oxymore qui met en parallèle deux idées contraires. Or, en nous basant sur le Kallipolis de Platon, nous voyons que tel n’est pas le cas. Comme dans un état dystopique, l’État utopique doit contrôler le langage pour contrôler le savoir du peuple. Dans La République, l’État est géré par un groupe de philosophes qui choisissent ce qui est bien pour la population en se donnant pour but le bien-être du peuple, au lieu du contrôle absolu qu’est le but avoué de Big Brother, mais la similitude entre les deux états est plus que dérangeante.

Par exemple pour créer les « guerriers » de l’État, Socrate établit les lois du discours qui doivent nécessairement être basées sur la vérité selon lui. Mais pour Socrate sa vérité est la seule qu’on puisse concevoir pour ne pas corrompre les jeunes esprits par le mensonge et la fiction. Il décide donc que pour la bonne gouvernance il faudrait bannir tout simplement certaines fables, et même les idées qui relèveraient du mensonge :

« … jamais dans un État qui doit avoir de bonnes lois, ni vieux ni jeunes ne doivent tenir ou entendre de pareils discours sous le voile de la fiction, soit en vers soit en prose, parce qu’ils sont impies, dangereux et absurdes. »

Dans les deux cas, utopie ou dystopie, c’est l’État qui détient le pouvoir de discerner entre le bien et le mal et dans les deux cas le libre arbitre individuel est sacrifié. Dans L’Orange mécanique d’Anthony Burgess nous voyons comment l’État en voulant réprimer ce qu’il considère mal, réprime le libre arbitre et de ce fait réprime l’homme aussi. 

novlangue.jpgLa Novlangue

Le novlangue est la langue inventée par le Parti pour remplacer l’ancilangue à Océania. Le novlangue n’est pas traité uniquement dans la trame du roman, mais Orwell consacre également une partie importante au développement de cette langue dans son appendice. En 1984, le Novlangue est encore en mode décollage, même si le dictionnaire novlangue est à sa onzième édition et ce n’est qu’en 2050 qu’il effacera complètement l’ancilangue. Se rapprochant de l’hypothèse Sapir-Whorf, selon lequel c’est le langage qui détermine notre perception du monde et que chaque société, différente de par leur système linguistique, développe des pensées et des réflexions distinctes, Orwell dépeint un monde inconscient, manipulé par un système de langage élaboré. Dans son essai Politics and the English Language publié en 1945, Orwell émet déjà l’idée de la corrélation qui existe entre la langue et l’esprit. Le novlangue, pour le but du Parti, se développe donc en s’appauvrissant. Dans un premier temps, toute connotation associée aux mots est éliminée, puis on procède par éliminer les synonymes et les antonymes. La langue devient rigide, ne permettant aucune souplesse d’esprit, aucune émotion d’y traverser. La grammaire subit le même traitement. Tout était simplifié de telle façon à ce que la personne réfléchit le moins possible, ou ne réfléchit pas du tout.

Le novlangue a comme fin de sectionner la pensée en découpant la langue afin qu’il ne reste que des mots domestiques pour les robots de l’angsoc. De ce fait, il est planifié et instauré de manière à éliminer systématiquement, et plus efficacement que la torture, le crime par la pensée, et toute autre forme d’hérésie. 

Le langage comme contrôle de la pensée

Pour Orwell, la situation politique reflète le langage et si l’un est corrompu, il s’ensuit que l’autre doit l’être aussi. S’appuyant sur les constructions de la langue anglaise, il démontre comment le langage est utilisé dans la politique pour créer une fausse impression de sécurité, pour rassurer le peuple à obéir sans réfléchir. L’Océania est continuellement en guerre. Cette guerre a deux buts. Premièrement de garder le peuple dans un État de frayeur et deuxièmement de faire de sorte que le peuple soit satisfait et même fier de cette guerre. De ce fait, au lieu de mettre l’emphase sur tous les manques, l’État utilise un langage hautement positif. L’emphase est mise sur les victoires, sur la capture des ennemis, sur des augmentations imaginaires et aucune mention n’est faite des bombardements continuels, sur la qualité de vie misérable ou sur la diminution permanente des ressources.

Dans Le Cru et le Cuit, Claude Lévi-Strauss démontre comment dans une région où la cuisson de la nourriture est inconnue, le peuple n’a pas de mot pour signifier le concept « cuit » et comme dans « la langue il n’y a que des différences», il ne possède pas de signifié pour désigner le concept « cru ». De la même façon, le novlangue éliminait toute idée de révolte en supprimant d’abord les mots et ensuite les concepts mêmes qui sont associés à ces mots :

« On remarqua qu’en abrégeant ainsi un mot, on restreignait et changeait subtilement sa signification, car on lui enlevait les associations qui, autrement, y étaient attachées. »

C’est le concept hégélien qui stipule qu’on ne peut penser ce qu’on ne peut dire. De même selon Boileau « ce qui se conçoit clairement s’exprime clairement et les mots pour le dire viennent aisément. » Ainsi donc, il faudrait retenir la conception anti-platonicienne et anti-idéaliste qui voudrait que les choses n’existent pas en dehors des mots qui servent à les designer.

Orwell relève aussi comment l’orthodoxie commande une certaine forme de répétition, tant et si bien que le langage ad absurdum résulte en un reductio ad absurdum de la logique. Dans 1984, les orateurs du Parti inculquent le même genre d’orthodoxie par leur jargon à la fois répétitif et inflammatoire. Dans ce système de répétition, les mots deviennent que des sons, du bruit qu’on émet à la gloire du Parti et ne véhiculant aucun sens à part bien-sûr la célébration du Parti. Ainsi les chansons accomplissent ce but à la perfection car elles permettent à la fois l’apprentissage par cœur sans réflexion et la scansion du Parti. 

Inversion de la logique
« Le gros mensonge »

C’est par une manipulation psychologique élaborée que le Parti arrive à ses fins dans 1984, s’infiltrant subtilement dans le cerveau tant et si bien que la personne même ne se rencontre pas qu’elle a été lobotomisée. Inverser la logique de l’individu c’est changer sa perception de telle façon qu’il devient impossible à cette personne d’avoir un quelconque raisonnement approprié :

« Par manque de compréhension, ils restaient sains. Ils avalaient simplement tout, et ce qu’ils avalaient ne leur faisait aucun mal, car cela ne laissait en eux aucun résidu, exactement comme un grain de blé, qui passe dans le corps d’un oiseau sans être digéré. »

Dans Mein Kampf, Adolf Hitler utilise le terme « Le Gros Mensonge ». Le gros mensonge est l’utilisation d’un mensonge, si grand, que personne ne croirait que quelqu’un puisse avoir eu l’audace d’avoir inventé une telle chose. Le public se laisse facilement manipuler par une voix autoritaire et au lieu de remettre en question la rhétorique étatique, ils préfèreront croire à n’importe quelle ineptie. « Big Brother », les termes ne sont pas anodins, représente ce parent qui veille sur eux, et crée dans leur esprit l’image de cette personne primordiale à leur sauvegarde. Les citoyens sont donc psychologiquement amputés de toute forme de rébellion. 1984, jouant sur les mots et la parole, crée un climat langagier envahissant où l’individu est amené à croire à tout ce que le parti proclame, même s’il détient des informations contraires. Par exemple, après avoir proclamé une diminution dans la ration de chocolat, le Parti annonce qu’il y a en effet une augmentation de ration et le peuple l’acclame sans se poser des questions.

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Le peuple utilisant différents niveaux de compréhension, de fanatisme ou même d’intelligence va boire les paroles de l’état qu’ils ont été amenés à croire infaillible, allant même jusqu’à mettre en doute leur propre conception de l’histoire. Par exemple, durant le rassemblement pour la semaine de la Haine, le parti change d’allégeance politique de sorte que son ennemi devient son allié et son ancien allié devient son ennemi et le peuple, par une prouesse d’imagination, accepte cela en rejetant la faute sur Goldstein, l’adversaire choisi de Big Brother, qui a dû changer leurs bannières. 

La double pensée

Selon Philippe Breton, la manipulation consiste à construire une image du réel de telle façon qu’il a l’air d’être réel. Océania est un état délabré où les gens croient quand même à la richesse, où le peuple est courbé et malade mais croit quand même à la vigueur, où c’est la pénurie qui règne et les gens croient à l’abondance.

La double-pensée est un mot novlangue signifiant « contrôle de la réalité. » C’est le fait d’accepter deux idées opposées, simultanément et absolument. Elle est utilisée comme arme de manipulation psychologique de sorte que la personne soit incapable de penser par soi ou même de voir la contradiction dans leurs idées et accepter plus facilement les « gros mensonges ». Ce sont les mots qui permettent la contradiction, mais utilisées à perpétuité les contradictions deviennent admissibles, voire même analogues. Ainsi les slogans du Parti sont eux-mêmes construits sur les propos antinomiques :

« La guerre c’est la paix. La liberté c’est l’esclavage. L’ignorance c’est la force. »

De même, toutes les choses dégoûtantes sont décrites par des mots élogieux pour faire avaler la pilule à la population, par exemple la cigarette de la Victoire et le Gin de la victoire. Tout comme les noms des ministères : le ministère de la Paix s’emploie à faire la guerre, le ministère de la Vérité s’occupe des mensonges, le ministère de l’Amour se consacre à la torture, et le ministère de l’Abondance s’attèle à créer la famine. Le terme « canelangue » de même est insultant quand il est utilisé contre un opposant mais élogieux pour décrire un partisan. Et le mot « noirblanc », qui peut résumer le but machiavélique du parti et son système de double pensée, veut dire : faire croire à quelqu’un que le noir est blanc s’il est appliqué à un opposant mais signifie une croyance absolue dans le parti et ne pas seulement dire mais croire que le noir est blanc quand c’est voulu par ce dernier.
2+2=5

En 1939, Orwell écrit déjà qu’il est « possible qu’on arrive à une ère où deux et deux font cinq quand le dirigeant le voudra. » 1984 est essentiellement axé sur le contrôle psychologique de la personne. Même si la torture physique est présente, c’est le contrôle mental qui est la priorité du Parti. La manipulation mentale, qui passe principalement par le langage, est si subtilement distillée dans l’inconscient que la population ne se rend même pas compte de son endoctrinement. Même Julia qui se révolte contre le Parti ne pouvait avoir d’autre mémoire que celle du Parti.

« Dire de ce qui est que cela est, et dire de ce qui n’est pas que cela n’est pas, c’est dire la vérité » selon Aristote dans sa Métaphysique. De là découle l’idée que ce qui est vrai est réel. Or, la réalité de quelqu’un peut ne pas être partagée par un autre car l’imaginaire de chacun est différent. Mais dans 1984, le Parti travaille à ce que l’imaginaire soit le même pour tout le monde, la même réalité doit être partagée par tous et ainsi la même vérité sera détenue par tous.

Le Parti ne peut admettre que les gens puissent réfléchir par eux et procède donc à détruire toute logique chez la personne. Au début du roman, Winston écrit :

« La liberté, c’est la liberté de dire que deux et deux font quatre. Lorsque cela est accordé, le reste suit»

En détruisant même cette simple logique mathématique, le Parti détruit toute forme de réflexion et d’indépendance mentale. De sorte qu’il n’y a plus de réalité objective mais seulement la réalité à laquelle le Parti veut faire croire. Se basant sur le système de la double pensée, le Parti habitue la personne à accepter toute sorte d’incohérences. Pour soumettre la personne, il ne suffit pas de lui faire croire à une notion fallacieuse, mais de croire à ce que le Parti veut lui faire croire, et d’y croire seulement parce que le Parti lui demande de croire. C’est pour cela que 2+2 peut faire 3 si le Parti le veut. Cette croyance établie, même les personnes intelligentes comme Syme n’arrivent pas à voir hors la logique du Parti. Une fois guéri, Winston peut lui aussi accepter les dichotomies sans se questionner et finalement trace 2+2=5. 

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Effacement de la mémoire
La propagande


Comme système totalitaire, Océania a recours à une propagande minutieuse pour endoctriner sa population. Elle passe par le bourrage de crâne, à instaurer la crainte, à modifier et contrôler les comportements de tout un chacun et surtout à changer et à recréer la connaissance.

Les enfants sont lobotomisés, comme dans La République de Platon où l’éducation de l’enfant est prise en charge pour ne pas le laisser corrompre par d’autres idées. Selon Bertrand Russell, une éducation autoritaire aide à créer des esclaves aussi bien que des despotes car la personne accepte l’idée que la seule relation possible entre deux personnes est une relation où l’un ordonne et l’autre obéi. L’association des Espions et de la Ligue de la jeunesse, à l’instar d’un certain Hitlerjugend, travaille à soumettre les enfants et les femmes, qui sont parmi les plus fervents adorateurs du parti. Tout comme le contrôle de l’acte sexuel, qui devient important pour un état totalitaire où la frustration sexuelle est dirigée vers le fanatisme. Dans les deux textes, les femmes sont instruites à avoir une répugnance pour le sexe qu’elles ne devaient accomplir que dans le but de la procréation.

Les phrases, les mots, et les images ne laissent aucun répit, aucune liberté. Par exemple les mots « facecrime » et « crime de la pensée » qui décrivent des crimes qu’on commet par ses expressions ou par sa pensée, c’est-à-dire si la personne n’a pas montré l’expression ou la pensée attendue de lui. En plus, la présence de la Police de la Pensée qui surveille les moindres gestes renforce cet état de terreur. Winston craint même qu’il puisse se trahir de dos ou dans son sommeil.

Il y a un vrai culte de la personnalité, emprunté au régime mussolinien, autour de Big Brother. À commencer par le terme affectueux « grand frère », les membres du parti ne doivent pas seulement vénérer mais aimer Big Brother. Ainsi les défilés dans les rues sont récurrents et chaque jour les membres sont soumis aux « Deux Minutes de la Haine ». La propagande pour être effectif joue sur l’affect de la personne. La figure de Goldstein créer par le Parti pour représenter l’ennemi est efficace car elle pousse la haine des membres à son paroxysme même Winston ne peut que se laisser emporter, et parallèlement accentue l’amour pour Big Brother.

La propagande est si réussie que Winston depuis le début ressent de l’amour envers O’Brien et même à la fin, quand ce dernier est en train de le torturer, il ne peut s’empêcher de l’admirer. Le but de la propagande de l’Océania est d’arriver justement à un amour inconditionnel à l’égard de Big Brother. Le Parti vise à posséder l’esprit de tout un chacun, l’endoctrinement absolu. Winston ne peut mourir tant que ses sentiments ne changent pas et de façon lugubre, pour montrer la victoire totale de Big Brother, le roman se termine par cette phrase en majuscule :

« Il AIMAIT BIG BROTHER » 
 
Mutabilité de l’Histoire

Poussant à l’extrême la notion que ce sont les gagnants qui écrivent l’histoire, le Parti utilise ce concept pour ratifier l’Histoire de sorte à effacer la mémoire des personnes. Le Parti commence par détruire le passé, tout ce qui a trait aux souvenirs est irrémédiablement abattu et toute chose véhiculant un morceau d’Histoire est impérativement modifiée. Sans informations du passé, ou encore sans les moyens de comprendre ses informations, il ne serait même plus nécessaire de censurer l’Histoire hétérodoxe. La manipulation de la langue est utile dans ce qu’il n’affecte pas que le présent, mais a de l’emprise sur le passé aussi bien que le futur.

Winston Smith travaille au Ministère de la Vérité, dont le but est de propager le mensonge. Son travail consiste à changer l’histoire au fur et à mesure que les évènements changent. Le passé est rectifié, remanié et changé tant de fois que le passé même n’existe plus. Il est intéressant de noter que le tube dans lequel les informations désuètes sont jetées pour être oubliées s’appelle « trou de mémoire ». L’écriture-même qui est un acte de transcendance perd de sa fonction. Winston se demande pour qui et pourquoi il écrit un journal quand son seul sort est l’oubli.

Comme l’Histoire passe par le langage, il devient impératif de falsifier ou d’effacer les écrits pour changer le cours de l’histoire. Sans la mise en parole, la mémoire s’atrophie et s’efface. Et c’est à force d’altérer la mémoire que le Parti peut faire tout croire aux personnes car l’individu n’a plus d’ancrage dans le passé. Comme le Parti ne peut être infaillible, alors c’est la mémoire qui doit l’être. Winston se demande continuellement s’il n’est pas fou car « aujourd’hui, la folie était de croire que le passé était immuable.»

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La mutabilité de l’Histoire permet donc la recréation de l’Histoire. Par exemple, quand Winston inventa le personnage d’Ogilvy, ce membre exemplaire du Parti, participant ainsi consciemment à la propagande et pensant avec une certaine fierté que c’est sa rédaction qui allait être acceptée. Éventuellement, Ogilvy a plus d’existence que Winston lui-même, et a l’instar du roman de Mary Shelley, la créature éclipse le créateur.

Le langage, seul vestige de la mémoire antérieure, doit être effacé et recréé à son tour. Après son premier acte de révolte, l’écriture, les souvenirs de Winston remontent à la surface par ses rêves et il se réveille en prononçant le mot « Shakespeare ». La littérature, surtout la littérature classique, fait partie de l’imaginaire collectif et ne peut que réveiller chez la personne idéologie et révolte. Pour établir et maintenir l’oligarchie, il faut être sûr que toute la littérature antique serait ensevelie et il ne suffira pas de les détruire tout simplement car les idées peuvent renaître. L’instauration du novlangue ferait le reste du travail et terminerait la destruction physique par la destruction mentale de ces œuvres car même s’ils ont échappé au pillage, ils n’auront plus de signification. 

Réalité et constructivisme

Le contrôle de la vérité, ou sur ce qu’il veut établir comme vérité, permet au Parti de construire une réalité voulue. Se basant sur les données qu’il possède, qu’il pressent comme véridiques, puisque c’est prouvé par les documents, l’individu est amené à recréer sa réalité ou plutôt à accepter la réalité du Parti. Même Winston est amené à questionner la réalité à chaque fois et a des doutes sur sa réalité en l’opposant à la réalité que le Parti veut lui faire croire.

En psychologie, le terme dissonance cognitive renvoie à l’inconfort que ressent un humain quand il se trouve confronté à des idées contraires aux informations qu’il détient comme réalité. Un des buts du Parti est alors d’enlever cet inconfort de l’esprit des personnes pour qu’elles ne doutent plus. Et pour ce faire, il commence donc par effacer les données déjà établies dans leur esprit, et même jusqu’à dans leur imaginaire pour arriver à l’orthodoxie ultime.

L’un des plusieurs slogans du Parti stipule « Qui commande le passé commande l’avenir ; qui commande le présent commande le passé. » Se basant sur la théorie du constructivisme opposée à la réalité, le Parti met en avant l’idée que la connaissance des faits découle d’une construction exécutée par la personne. Selon Arthur Schopenhauer, tout ce qui est n’a de valeur que pour le sujet. Le Parti alors ne conserve que ce qui a de la valeur pour lui. Le reste est oublié et doit être oublié par tout le monde. La réalité est détruite et reconstruite selon les besoins du Parti. Par exemple O’Brien tente de convaincre Winston que sa réalité est fausse en lui montrant une copie de la photo que Winston avait jetée dans le trou de mémoire tout en lui demandant de croire que la photo n’existe pas.

Pour construire la réalité de tout un peuple, le Parti procède en détruisant la mémoire de tout un chacun et d’y mettre les souvenirs qu’il veut. Le cas de Winston semble alors très improbable dans ce système. Winston se demande à plusieurs reprises s’il est la seule personne à avoir une mémoire. O’Brien lui-même à un moment lui accorde qu’il est le dernier homme à s’en souvenir. Le livre d’horreur qu’est 1984, nous pousse à nous demander si même la révolte de Winston n’est pas manigancée du début à la fin. Le journal qui lui permet son premier pas vers l’anarchie a été acheté chez M. Charrington qui travaille pour la Police de la Pensée. C’est lui qui lui chante le premier morceau d’une chanson ancienne qui réveille ses souvenirs et c’est chez lui-même qu’il achète le bloc de corail qui agissant à un certain degré comme la madeleine de Proust, réveillant son inconscient. O’Brien lui avoue qu’il le surveille depuis sept ans. Winston Smith n’est alors qu’un rat dans un labyrinthe et la mémoire elle-même devient malléable dans la main du Parti qui la recréé et l’efface selon sa volonté. 
 
84livGO.jpgConclusion

1984 est classé premier dans les meilleures ventes sur Amazon et est actuellement le livre le plus vendu au monde. Sean Spicer, Directeur de la communication de la Maison-Blanche, pour l’inauguration présidentielle de Donald Trump annonça qu’il y avait pour cet évènement « le plus grand public jusque-là ». Défiée par les statistiques, Kellyanne Conway, porte-parole du nouveau Président américain, a dit que Sean Spicer se référait en fait à des « faits alternatifs », ayant ainsi recours aux mêmes procédés que l’État de l’Océania dans 1984. Le pouvoir sur les mots est souvent utilisé par les gouvernements pour maintenir la population dans un état inférieur, leur faisant croire ce qu’ils veulent. La falsification, l’exagération, la dramatisation sont autant de méthodes auxquelles l’État a recours pour manœuvrer la personne. Utilisés comme outil de manipulation et de propagande, les mots peuvent diriger toute la pensée d’un peuple. Que ce soit dans les États utopiques ou dystopiques, pour contrôler le peuple, un travail minutieux sur le langage est élaboré, car c’est à travers le langage qu’ils atteignent la pensée et peuvent diriger le peuple dans la direction qu’ils souhaitent. Ainsi ce n’est peut-être plus vers une utopie que nous devons nous tendre. Huxley dans son épigraphe pour le Meilleur des mondes cite Nicolas Berdiaeff : « … Les utopies sont réalisables. La vie marche vers les utopies. Et peut-être un siècle nouveau commence-t-il, un siècle où les intellectuels de la classe cultivée rêveront aux moyens d’éviter les utopies et de retourner à une société non-utopique, moins ‘parfaite’ et plus libre ».

Annexe : Présentation de 1984

1984 dépeint un monde d’après-guerre où seulement trois États dominent le monde : l’Eurasia, l’Estasia et l’Océania. Ces trois pouvoirs totalitaires contrôlent un monde dépourvu de toute liberté, et chacun de ces États ont leur propre philosophie : le Néo-Bolchévisme en l’Eurasia, le Culte de la Mort ou l’Oblitération du Moi en Estasia et l’Angsoc en Océania (socialisme anglais en novlangue). Il y a une guerre continuelle entre ces trois États qui sert leurs intérêts communs pour maintenir la dictature.

L’histoire est racontée par Winston Smith, un homme de 39 ans qui travaille au Ministère de la Vérité. Son travail consiste à ratifier les informations antérieures pour qu’elles soient à jour avec les communications actuelles du Parti. Il décrit le monde dans lequel il vit. Un monde détruit, géré par la propagande, la manipulation et la peur. La figure de Big Brother, leur leader, avec la phrase « Big Brother vous regarde », se trouve partout. En plus, les citoyens sont surveillés tout le temps grâce à des « télécrans » qu’ils n’ont pas le droit d’éteindre et par la Police de la Pensée qui surveille leurs moindres faits et gestes. Le peuple vit dans un état de fatigue et de manque qui le rend plus docile et facile à manipuler. Il n’y a plus de vie privée et les relations elles-mêmes sont factices car les enfants sont encouragés à dénoncer leurs parents et la sexualité devient taboue, pour gommer tout désir chez l’humain. 

Winston, la seule personne qui est assez consciente pour se rendre compte de ce qui se passe, se révolte en commençant à écrire un journal pour noter ses pensées, qui vont à l’encontre de l’État. Il est hanté par le passé, par ses souvenirs et n’arrive pas à faire abstraction du passé, contrairement aux autres. En même temps il rêve de faire partie d’un groupe révolutionnaire, La Fraternité, mené par Goldstein, l’ennemi du Parti. Il veut s’associer à O’Brien, un membre du Parti qu’il pense faire partie de La Fraternité. Révolté par l’asexualité chez la femme, il s’éprend d’une femme Julia qui elle aussi se rebelle contre le Parti. Leur promiscuité devient un acte politique et voulant aller plus loin dans leur révolte même s’ils savent qu’ils risquent la torture et la mort, ils se joignent à O’Brien qui confirme l’idée de Winston, qu’en effet il est membre de la Fraternité.

Pour se voir aussi souvent qu’ils le veulent, Winston loua une chambre chez M. Charrington, un vieil antiquaire qui recèle encore quelques objets du passé, notamment le journal que Winston avait acheté, un presse-papier incrusté d’un corail qui deviendra un fétiche pour Winston et un tableau qu’il essaie de lui vendre. Entretemps O’Brien lui fait parvenir le livre de La Fraternité écrit par Goldstein lui-même après que Winston et Julia se sont dits prêts à tout, que ce soit le suicide ou le meurtre, pour servir le groupe.

Alors qu’ils sont dans la chambre de M. Charrington, Winston et Julia sont arrêtés et torturés. M. Charrington, membre actif de la Police de Pensée surveillait Winston pendant tout ce temps et le télécran caché à l’arrière du tableau avait tout enregistré. Winston découvre qu’O’Brien est loin d’être révolutionnaire et que le livre de Goldstein est écrit par le Parti lui-même pour chasser les criminels par la Pensée et vérifier l’orthodoxie du peuple.

On apprend que Julia s’est facilement rendue après la torture mais Winston prend plus de temps à être guéri croyant en une réalité objective. Peu à peu, avec l’accroissement dans la torture, Winston devient aussi lobotomisé que les autres et commence à croire que la réalité est seulement dans la tête. Mais le dernier faisceau de révolte est éteint quand Winston est forcé à renier son amour pour Julia, et ainsi la trahir. Ultime torture, réservée au détenus de la chambre 101, qui consiste à mettre l’humain en face de ses phobies et ainsi le forcer à se rendre complètement – une cage de rats sur son visage qui s’ouvrira sur l’ordre d’O’Brien pour lui dévorer le visage. La victoire est complète. Un Winston vaincu promène les routes en attendant la balle qui va le tuer, avec dans son cœur l’amour d’une seule personne : Big Brother.

Quraishiyah Durbarry 

Sur l’auteur

Enseignante de formation, Quraishiyah Durbarry a publié plusieurs nouvelles et poèmes en français et en anglais dans diverses revues (Point Barre, Vents Alizés, Contemporary Poets…).

A été co-lauréate du « Prix Livre d’or – Romans 2011 », organisé par la Mairie de Quatre-Bornes (Ile Maurice) et présidé par Ananda Devi.

A publié un recueil de poèmes : Entre Désir et Mort (ISBN : 9782332471154) et un roman : Féminin Pluriel (Harmattan, ISBN : 978-2-336-00843-1)
Co-lauréate du prix d’écriture du festival Passe Portes et de l’Union européenne à Maurice en 2015 (pour la pièce L’Attrape-bête, mise en scène en 2016 pour le même festival et ayant recu le prix coup de coeur de Daniel Mesguish.)

Lauréate du prix d’écriture du festival Passe Portes et de l’Union européenne à Maurice en 2016 (pour la pièce Le Minotaure.), présidé par Bernard Faivre d’Arcier.

En cours de publication, Sandor Marai, Mémoire et Vérité

Bibliographie 

Besnier Jean-Michel, Les Théories de la Connaissance, PUF, collection « Que sais-je ? », Paris, 2005.
Breton Philippe, Convaincre sans manipuler, La Découverte, 2015
Hobbes, Leviathan, Chapitre XIV Ludwig Wittgenstein, Tractatus logico-philosophicus, 1921.
Festinger Leon, Une théorie de la dissonance cognitive, Enrick B. Editions, 2017.
George Orwell, 1984, Éditions Gallimard, (format Kindle), 2013.
Georges Orwell, Politics and the English Language, first published 1945, the Estate of the late Sonia Brownell Orwell, 1984 (format Kindle).
Lévi-Strauss Claude, Mythologiques 1 : Le cru et le cuit, Plon, Amazon Media EU S.à r.l. (format Kindle), 2014.
Platon, La République, traduction de Victor Cousin, Amazon Media EU S.à r.l. (format Kindle)
Russell Bertrand, Power: A New Social Analysis, Routledge, 2004.
Saussure Ferdinand, Cours de linguistique générale, Ed. Payot, 1964.
Spinoza, Traité théologico-politique, Chapitre XX.
Whorf Benjamin Lee, Language, thought, and Reality – Selected Writings of Benjamin Lee Whorf, MIT Press, 2nd Revised edition, 2012.
Sitographie

George Orwell, Review of Russell’sPower: A new social analysis, 1939
Observatoire B2V des Mémoires, Mémoire et émotion, Le rôle des émotions dans le fonctionnement de la mémoire, B2V 2013.
http://www.observatoireb2vdesmemoires.fr/les-memoires/la-... (consulté le 27.01.17).
Filmographie
Kellyanne Conway: Press Secretary Sean Spicer Gave ‘Alternative Facts’, 2017.

https://www.youtube.com/watch?time_continue=2&v=VSrEE...
Two minutes of hate 1984, 2015

https://www.youtube.com/watch?v=0KeX5OZr0A4
 

dimanche, 01 mars 2020

Een aantal woorden en begrippen waarmee u dit jaar geconfronteerd zal worden

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Een aantal woorden en begrippen waarmee u dit jaar geconfronteerd zal worden
 
Francis Van den Eynde
Ex: Nieuwsbrief Knooppunt Delta, nr. 145, Februari 2020

Het leidt geen twijfel dat u ook dit jaar overspoeld zal worden door de politiek correcte “new speak”  die ons langs alle mogelijke kanalen door de heersende ideologie zal opgedrongen worden. Dat jargon zal zoals altijd bestaan uit een aantal woorden en begrippen waarvan sommigen al een tijdje in gebruik zijn, andere pas recent ontstaan zijn en een aantal andere in de komende maanden nog zullen uitgevonden worden. Maar wat er ook van zij: begrijpen wat er precies mee bedoeld wordt, kan best van pas komen. We vonden het dan ook nodig u er nu al enkele voor te stellen. Dit gebeurt in alfabetische volgorde en uiteraard worden ze stuk voor stuk van een summiere uitleg voorzien.
 
Allochtoon: een term die al een tijdje meegaat en waarop stilaan sleet komt. Ondertussen mag hij wel beschouwd worden als het voorlopig einde van een lange evolutie die bij ‘vreemdeling’ startte. Die ‘vreemdeling’ werd na een tijdje een ‘gastarbeider’, daarna een ‘migrant’, een ‘mede-Vlaming’, dan iemand uit een ‘etnisch culturele minderheid’ en is dus nu voorlopig een ‘allochtoon’. Want vermits al die benamingen na een tijdje vervangen werden omdat ze mogelijkerwijze ‘pejoratief’ konden overkomen, is er geen reden om te denken dat dit uiteindelijk ook voor’ allochtoon’ niet het geval zou zijn. In Gent is het al zover, vermits die term verbannen werd uit de woordenschat van de stedelijke administratie. Het woord werd zelfs door burgemeester in het Baudelopark officieel begraven. Het stadsbestuur  heeft het vervangen door  ‘Gentse Turk’, ‘Gentse Noord-Afrikaan’, enz. Het vergat echter mede te delen of het woord ‘allochtoon’ toch nog gebruikt wordt wanneer het mensen betreft die niet in Gent wonen. Maar gezien de universele roeping van het huidig bestuurscollege van de Arteveldestad zal hieraan wel binnenkort een mouw worden gepast.

Antipolitiek: Een woord dat plots ontstond na de verrassende verkiezingsoverwinning van het VB op 24 november 1991. Niemand wist van waar het kwam of wie het had uitgevonden, maar in de eerste jaren na  “zwarte zondag” (ook new speak) werd er zowel  in de politiek als in de media veelvuldig gebruik van gemaakt. Daarna geraakte het stilaan onder de radar. De laatste tijd duikt het echter regelmatig weer op. Als u zou denken dat het woord betrekking heeft op mensen die met politiek niets willen te maken hebben, bent u volledig verkeerd. Antipolitiek is een terminologie die voorbehouden is voor mensen die een politieke mening huldigen die afwijkt van deze van de heersende ideologie, dit met de bedoeling ze uit het democratisch debat te bannen. In kerkelijke termen zouden ze ketters zijn.

Belgische djihadist: er is geen ontkomen aan, een radicale moslim die vanuit ons land vertrokken is om in Syrië of Irak aan de kant van IS te gaan vechten, mag alleen zo genoemd worden. Van zijn oorspronkelijke nationaliteit mag absoluut geen gewag worden gemaakt. Of hij de Belgische nationaliteit verkregen heeft of niet, is ook van geen enkel belang. Hij is van hier vertrokken en dus is hij Belg en uiteraard nooit een allochtoon.

Burgerbeweging: gewone burgers die spontaan samen een politieke agenda op stellen en hiermee het stelsel van de politieke partijen willen vervangen. Er zijn nogal wat mensen waaronder een aantal journalisten die, vaststellend dat de politieke partijen de huidige crisis niet aan kunnen, erop rekenen dat burgerbewegingen hierin wel zullen slagen. Ze zien hierbij over het hoofd dat van zodra die bewegingen aan verkiezingen zullen deelnemen, ze niets anders zullen zijn dan partijen zoals alle anderen.

Child free: dit epitheton definieert mensen uit Europa die bewust kinderloos willen blijven omdat… de overbevolking van de Derde Wereld een ernstige bedreiging voor het leefmilieu vormt.

Culturele accaparatie: een misdrijf waaraan westerlingen zich vaak schuldig maken wanneer zij gebruik maken van voorwerpen, kledij e.d. die oorspronkelijk bij een niet-blank (excuseer: wit) volk horen. De voetbalploeg AA Gent werd door een instelling van de Verenigde  Naties van culturele accaparatie beschuldigd, toen die vernam dat de club een Indiaan met een veren hoofddeksel als symbool gebruikte. Opgelet! Culturele accaparatie kan slechts in één richting gebeuren. Een zwarte Afrikaan in drieledig pak en met een stropdas om de nek pleegt geen culturele accaparatie. Een Vlaamse vrouw die op het strand een zijden sari boven haar badpak draagt, doet dat wel.

Dekoloniseren: U dacht dat de tijd van het kolonialisme al lang achter ons lag, Kongo is tenslotte al zestig jaar onafhankelijk. Fout dus. Volgens de huidige generatie bobo’s en culturo’s is het nog nooit zo actueel geweest. Ze zijn namelijk tot de ontdekking gekomen dat we in onze geest nog altijd kolonialen zijn en dit onder meer omdat we nog steeds niet bezwijken onder de schuldcomplexen m.b.t. wat onze voorouders allemaal zouden uitgespookt hebben. Er wordt dan ook geprobeerd ons die op te dringen via toneel (een specialiteit van de KVS in Brussel en de NTG in Gent), film, literatuur, radio, TV en een paar kranten (De Standaard, De Morgen…).  Hier bestaat een naam voor: hersenspoelen… Opgelet: argumenteren dat wij toch niet verantwoordelijk kunnen worden gesteld voor wat de generaties die ons vooraf gingen al dan niet hebben uitgespookt, heeft totaal geen zin. De kleur van uw huid volstaat om uw schuld onomstotelijk aan te tonen.

Duurzaam: Een epitheton dat bij alles past dat positief moet worden voorgesteld. Er bestaat in Gent zelfs een lagere school die zich als duurzaam voorstelt. Het is niet duidelijk of hiermee bedoeld wordt dat de leerlingen geacht worden er langer dan zes jaar les te volgen.

Eye rape: een neologisme dat maar zeer recent ontstaan is. Een linkse feministische vrouw die te lang en te nadrukkelijk aangestaard werd door een man die niet in haar smaak zou kunnen vallen, zal beweren het slachtoffer van “eye rape” te zijn. Andere vrouwen zouden zoiets ook best gênant en vervelend vinden maar het daarom nog niet verkrachting noemen.

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Fascisme: een evergreen van het zuiverste water. Het woord werd zo vaak gebruikt dat het helemaal geen betekenis meer heeft. Er mag trouwens van uitgegaan worden dat zij die het overal menen te zien opduiken, weinig of niets van het historisch fascisme afweten. Een Franse denker zei ooit dat iedereen wel eens de fascist van iemand anders is geweest. M.a.w. het is gewoon een scheldwoord dat intellectueler klinkt dan andere en dat net zoals de “reductio ad Hitlerum” een ultieme redding biedt voor wie over geen enkel ernstig argument beschikt om een politieke tegenstander de mond te snoeren.

Femicide: Vrouwen zouden naar verluidt vaker dan mannen het slachtoffer zijn van passionele moorden en van uit de hand gelopen verstoorde relaties. Er kan hier gerust worden uit geconcludeerd dat mannen brutaler zijn en zichzelf minder onder controle hebben dan vrouwen. Maar dat volstaat niet voor linkse feministen. Ze zijn van mening dat vrouwen vooral vermoord worden omdat ze vrouw zijn en noemen dit femicide, naar analogie met genocide … (commentaar overbodig). Wat er ook van haar: er is verbetering op komst want zowel in Parijs als in Brussel werd de laatste maanden tegen femicide betoogd en dat zal zeker helpen…

Islamofobie: deze term is niet nieuw maar zal ongetwijfeld nog lange tijd in zwang blijven. Het woord werd een decennium terug in Teheran naar aanleiding van een radicaal islamitisch congres uitgevonden. Het werd zeer snel gretig overgenomen door al wie zich in het westen links progressief noemt om het naar het hoofd te slingeren van al wie de lef heeft om zich kritisch over de islam uit te laten. Zij die dat doen, beseffen niet dat een fobie een psychiatrische ziekte is en dat ze zich hiermee op het pad begeven van de vroegere communistische Sovjet-Unie waar dissidenten in psychiatrische instellingen werden opgesloten.

Omstreden: een woord dat voornamelijk door de VRT wordt gebruikt en alleen maar betekent dat de persoon van wie het gezegd wordt niet in de smaak valt van de redacties van de openbare omroep. Salvini, Viktor Orban, Theo Francken, Boris Johnson zijn omstreden, J.M. Le Pen was dat jarenlang maar de leiders van de communistische totalitaire staten China, Cuba en Vietnam waren dit nooit en de theocratische dictatuur die het in Iran voor het zeggen hebben, werd ook nooit zo genoemd.


Dit is, geachte lezer, een eerste lijst van begrippen die u de komende maanden vaak zal horen of lezen.
Volgende maand leggen wij u een andere voor.
 
 
Francis Van den Eynde