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vendredi, 23 juin 2017

Elections parlementaires britanniques : le demi-échec de Theresa May

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Elections parlementaires britanniques : le demi-échec de Theresa May

par Thomas Ferrier

Ex: http://thomasferrier.hautetfort.com

Ce devait être le scrutin du renforcement pour les Conservateurs de Theresa May en route vers un « hard brexit ». Malgré le peu de charisme de ce premier ministre qui après avoir été opposé au brexit est devenu partisan d’un brexit radical, Theresa May espérait s’imposer largement et c’est ce qui était prévu selon les sondages de l’époque où elle a décidé d’organiser un scrutin anticipé.

Mal lui en a pris car le candidat du Labour Jeremy Corbyn, qui a lancé des attaques sur l’économie et sur la sécurité, sans évoquer le brexit contre lequel il s’était très timidement opposé, a bénéficié alors d’une dynamique favorable.

Avec 42,4% (+5,5 points), les Conservateurs l’emportent mais ils n’obtiennent que 318 sièges (contre 331 auparavant) et perdent ainsi la majorité absolue (326 sièges). Leur progression se fait surtout au détriment du parti UKIP. Ils devront s’allier pour gouverner avec probablement le parti DUP d’Irlande du Nord, les protestants d’Ulster, qui obtient 0,9% des voix (+0.3) et 10 sièges (+2). Mais même leur soutien éventuel n’offrirait qu’une majorité très faible. En outre, le DUP est assez dur et pourrait relancer la crise en Irlande du Nord.

Avec 40% des voix (+ 9,5) et 262 sièges (+30), le Labour de Jeremy Corbyn fait presque jeu égal avec les conservateurs même s’ils ont moins d’élus. Ils progressent notamment au détriment d’UKIP mais surtout des nationalistes écossais du SNP. Ceux-ci avec 3% des voix (-1,7) et 35 sièges (-21) sont ainsi fragilisés et la perspective d’obtenir un nouveau référendum sur l’indépendance semble pour le moment s’éloigner. Réunis, Labour et SNP ne sont pas en mesure de gouverner.

Les Libéraux Démocrates, seuls partisans de l’Union Européenne, n’obtiennent que 7,4% des voix (-0,5) et devront se contenter de 12 sièges (+4). Leur rôle sera modeste dans cette nouvelle assemblée.

UKIP s’effondre littéralement, tombant à 1,8% (-10,8) et perdant son seul siège. C’est une sévère déconvenue pour la formation souverainiste qui avec le Brexit perd sa seule raison d’être, après avoir tué la seule voix un peu identitaire, le BNP n’obtenant que 4000 voix et donc 0%. Le départ de Nigel Farage a également fait beaucoup. Présents avec 25 députés à Bruxelles, qu’ils perdront avec le brexit en 2019, ils seront absents du parlement national. L’impasse souverainiste, qu’on constate aussi dans le cas français, est ainsi démontrée.

Les nationalistes gallois obtiennent 0,5% (-0,1) et 4 sièges (+1), le Sinn Fein irlandais 0,7% (+0,2) et 7 sièges (+3). Les Verts avec 1,6% (-2,1) et un siège demeurent à un niveau très bas, en dehors de leur seule implantation locale.

Minoritaires ou avec une majorité fragile, Theresa May n’est donc pas du tout renforcée à l’issue de ce scrutin. Au contraire, dans le cadre des négociations avec le Brexit, elle aura du mal à se présenter en position de force. Le Brexit n’est d’ailleurs pas si certain que tous semblent le dire. Beaucoup d’eau coulera avant 2019.

Thomas FERRIER (Le Parti des Européens)

Elections législatives françaises : une abstention record, une opposition affaiblie

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Elections législatives françaises : une abstention record, une opposition affaiblie

par Thomas Ferrier

Ex: http://thomasferrier.hautetfort.com

Un 1er tour macroniste.

Au premier tour, le mouvement « La république en marche » du nouveau président Emmanuel Macron s’est imposé comme la première force politique du pays, avec 28,21% des voix, ce qui n’est pas néanmoins un score exceptionnel, d’autant plus que ce résultat a lieu dans un contexte d’abstention record, puisque 48,7% des électeurs seulement s’étaient déplacés pour ce scrutin. L’effet « président » a joué évidemment son rôle pour doter le nouveau gouvernement d’une légitimité parlementaire.

Le Front National connaît quant à lui une sévère déconvenue, n’obtenant que 13,2% des voix (contre 13,6% en 2012) et perdant 61% des électeurs qui avaient voté Marine Le Pen au 1er tour des présidentielles. Ce vote sanction a manifesté la déception de ces derniers quant au résultat du 2ème tour et quant à la prestation catastrophique de la candidate le 3 mai dernier lors du débat face à Emmanuel Macron. Marine Le Pen atteint 46% des voix à Hénin-Beaumont, ce qui pouvait laisser penser au fait qu’elle se retrouverait seule à l’assemblée pour représenter son parti.

Quant au mouvement de Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France), il est écrasé avec 1,17% des voix, seul son président réussissant à passer le cap du 1er tour mais en étant très menacé dans sa propre circonscription. Son alliance ratée avec le FN a considérablement affaibli sa formation politique.

Avec 11,03% des voix, La France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon faisait également une contre-performance, mais à ce pourcentage il faudrait ajouter les 2,7% des voix obtenus par le PCF. Son recul était donc moindre que celui du FN, sans pour autant être un bon résultat.

Avec 7,44% des voix, malgré son implantation ancienne, le Parti Socialiste réalise un score très médiocre et perd ainsi dès le 1er tour un certain nombre de ténors et aussi son premier secrétaire, Jean-Christophe Cambadélis étant éliminé dès cette étape. C’est la fin qui se profile à l’horizon pour le parti mitterrandien qui a été séché par Macron à droite et par Mélenchon à gauche.

Le Modem, avec 4,1% des voix, fait un score en apparence modeste mais étant allié avec La République en Marche, il ne présentait pas des candidats partout sur le territoire. Il n’existe que dans le cadre de cette coalition, sinon il aurait été réduit à un résultat dérisoire.

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Les diverses formations écologistes totalisent quant à elles 4,3% des voix mais se retrouvent extrêmement fragilisées, et même dépouillées. L'extrême-gauche est réduite à 0,8% des voix et l'UPR, la formation ultra-souverainiste d'Asselineau, se situe aux alentours de 0,5% des voix et n'obtiendra en conséquence aucun financement.

Enfin, la droite républicaine, LR, UDI et divers droites, totalise 21,6% des voix (dont 15,8% pour LR), ce qui est un résultat modeste, lié notamment à la stratégie gagnante de Macron consistant à débaucher et/ou à séduire un certain nombre de figures de LR, comme son premier ministre Edouard Philippe par exemple. Le choix de Baroin pour mener la campagne, un candidat Macron-compatible, ne pouvait aboutir à autre chose qu’à un échec. PS et LR ont donc été les victimes d’un président centriste particulièrement habile pour semer le trouble chez ses adversaires et qui s’est révélé un politicien beaucoup plus redoutable que ce que pensaient ses adversaires d’un nouveau venu sans implantation électorale antérieure.

Un léger rééquilibre au 2ème tour.

Les sondages annonçant plus de 400 députés pour la majorité présidentielle, les électeurs ont voulu dans un certain nombre de cas rééquilibrer le jeu. Avec une abstention record de 58%, l’élection n’a pas passionné les Français, mais il est aussi probable que des électeurs de Macron du 1er tour n’ont pas voté, soit parce que les « bourgeois » de centre-gauche ont pensé que les jeux étaient faits, soit parce que le haut degré d’ensoleillement les a amenés à d’autres activités qu’électorales ce dimanche.

En conséquence de quoi, le FN et LFI (Mélenchon) ont connu une légère embellie, ainsi que les candidats de droite très implantés. Avec 8 députés dont Marine Le Pen elle-même, élue avec 58,6% des voix mais avec une participation de 44%, indiquant l’absence de mobilisation contre elle, et dont Emmanuelle Ménard à Béziers, Gilbert Collard (réélu) dans le Gard, le FN obtient son meilleur résultat au scrutin majoritaire. Mais on est loin des 45 à 80 députés que le FN ambitionnait d’obtenir. Les candidats philoppotistes, dont Florian Philippot lui-même, ont en revanche échoué nettement. Avec ses 8 députés, Marine Le Pen limite la casse et va sans doute tenter d’empêcher la remise en cause de son autorité en interne et d’éviter de pourtant nécessaires remises en question. Jacques Bompard (Ligue du Sud) et Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France) sont également réélus, mais même leur éventuel soutien au FN ne permettrait pas la constitution d’un groupe parlementaire. Autres gagnants, ce sont les nationalistes corses qui font rentrer 3 députés à l’Assemblée nationale, un record.

LFI, Mélenchon étant lui-même élu à Marseille-nord, réussit à obtenir au moins 15 députés, ce qui leur permet d’avoir un groupe indépendant du PCF, ce dernier n’en disposant en revanche pas (10 députés à 23h30). Il est à cette heure difficile de savoir s’ils formeront un groupe uni.

La droite républicaine sauve également la tête d’un certain nombre de ses figures dont Eric Ciotti et Claude Goasguen. Néanmoins elle n’aurait obtenu que 130 députés environ, dont beaucoup lorgnent déjà vers La République en Marche, à l’instar de Thierry Solère qui a envoyé des clins d’œil appuyés aux gagnants de ce soir.

Le PS et ses alliés de gauche n’obtiennent qu’entre 44 et 46 sièges. Manuel Valls, qui avait rompu avec lui, gagne de justesse dans l’Essonne, même si sa victoire sera contestée par son adversaire du LFI. En revanche, des figures comme El Khomry, Touraine et Vallaud-Belkacem sont éliminées, malgré parfois le soutien de LREM de Macron. Les personnalités trop associées à l’ancien gouvernement ont ainsi été sanctionnées.

La République en Marche (LREM) et le Modem de François Bayrou obtiennent environ 360 sièges, leur donnant la majorité absolue (sur 577 sièges) mais avec moins de sièges qu’espérés. Les électeurs n’ont pas voulu donner un blanc-seing au nouveau président. Par ailleurs, il sera bien difficile à ce dernier de tenir un groupe parlementaire avec de nouveaux élus dont l’expérience politique est parfois très limitée et dont les positions politiques peuvent être parfaitement antagonistes dans les faits.

Thomas FERRIER (Le Parti des Européens)

jeudi, 01 juin 2017

La mort des idéologies modernes et des partis politiques

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La mort des idéologies modernes et des partis politiques

par Youssef Hindi

 
Ex: http://zejournal.mobi - Youssef Hindi 

L’actuelle implosion des grands partis politiques est la conséquence directe de la mort des idéologies modernes. Idéologies modernes – principalement les messianismes matérialistes que sont le socialisme et le républicanisme [1] – entrées en crise à partir des années 1970 suite à la décomposition terminale du Catholicisme (achevée par le Concile Vatican II) contre lequel elles étaient arc-boutées et sans qui elles perdaient leur raison d’être.

Le psycho-sociologue Gustave Le Bon (1841-1931) donne dès 1895 une explication anticipatoire à l’effondrement des croyances au paradis terrestre de type socialiste :

« Ce n’est pas l’évidente faiblesse des croyances socialistes actuelles qui empêchera les religions de triompher dans l’âme des foules. Leur véritable infériorité par rapport à toutes les croyances religieuses tient uniquement à ceci : l’idéal du bonheur que promettaient ces dernières ne devant être réalisé que dans une vie future, personne ne pouvait contester cette réalisation. L’idéal de bonheur socialiste devant être réalisé sur terre, dès les premières tentatives de réalisation, la vanité des promesses apparaîtra aussitôt, et la croyance nouvelle perdra du même coup tout prestige. Sa puissance ne grandira donc que jusqu’au jour où, ayant triomphé, la réalisation pratique commencera (c’est précisément ce que l’on a vu se produire avec l’Union soviétique qui s’est effondrée sous ses propres contradictions pour laisser revenir le Christianisme en Russie). Et c’est pourquoi, si la religion nouvelle exerce d’abord, comme toutes celles qui l’ont précédée, un rôle destructeur, elle ne saurait exercer ensuite, comme elles, un rôle créateur » [2]

La crise des partis politiques

Jusque dans les années 1970 le système des partis – qui est né, comme l’a fait remarquer la philosophe Simone Weil (1909-1943), durant la période de la Terreur ayant opposée les Jacobins et les Girondins – était structuré par une droite plus ou moins enracinée dans le Catholicisme et une gauche dans le socialisme et sa variante communiste tenant lieu de contre-Eglise. En quelque sorte une thèse et son antithèse qui maintenaient l’échiquier politique français dans une stabilité exercée par ce que j’appellerais une « pesanteur idéologique ».

La mise en apesanteur idéologique du système politique français débute dans les années 1970 avec la décatholicisation sociologique de la droite ; droite privée de son garde-fou, l’Église, et qui sera absorbée idéologiquement par la gauche libérale, c’est-à-dire par la Révolution et les Lumières. Tandis que le parti communiste, qui n’existait qu’en opposition au Catholicisme et qui avait une influence sur le Parti Socialiste, disparut avec le Catholicisme de l’échiquier politique.

Logiquement, ce processus a amené la gauche et la droite à fusionner, étant privées de leurs « garde-fous » idéologico-politiques, respectivement le Parti Communiste et l’Église. C’est ce qui explique pourquoi, en 2007, le candidat de la droite libérale, Nicolas Sarkozy, à peine élu, recrute des membres du Parti Socialiste. C’est cette fusion, de ce qu’il convient d’appeler « la droite et la gauche de l’oligarchie », qui permet aujourd’hui à Emmanuel Macron de débaucher tous azimut, à droite comme à gauche. 

L’élection du banquier n’a fait qu’acter la phase finale de cette fusion idéologico-politique de la gauche et de la droite.

La mort des idéologies modernes a privé les partis politiques traditionnels de leur charpente. Ceci a conduit à leur fragmentation en sous-partis ne défendant plus donc des idéologies ou idéaux mais de simples idées séparées les unes des autres dans une incohérence et un désordre complet et que se partagent ces partis.

Le vide religieux a produit à la fois une société atomisée et, avec un temps de retard, son reflet à l’échelle politique : un système des partis éclaté.

Contrairement à ce qu’affirme les commentateurs et les hommes politiques, nous n’assistons pas à une recomposition mais à la décomposition irrémédiable du système politique. L’absence d’idéologie ou de religion rend, pour le moment, l’unification politique et sociale impossible.

L’étape suivante de cette décomposition idéologico-politique sera l’effondrement du régime et l’anarchie. Car, comme l’expliquait Gustave Le Bon :

« Alors même qu’une croyance est fortement ébranlée, les institutions qui en dérivent conservent leur puissance et ne s’effacent que lentement. Quand elle a enfin perdu complètement son pouvoir, tout ce qu’elle soutenait s’écroule. Il n’a pas encore été donné à un peuple de changer ses croyances sans être aussitôt condamné à transformer les éléments de sa civilisation. Il les transforme jusqu’à ce qu’il ait adopté une nouvelle croyance générale ; et vit jusque là forcément dans l’anarchie. Les croyances générales sont les supports nécessaires des civilisations ; elles impriment une orientation aux idées et seules peuvent inspirer la foi et créer le devoir.

Les peuples ont toujours senti l’utilité d’acquérir des croyances générales, et compris d’instinct que leur disparition devait marquer pour eux l’heure de la décadence. Le culte fanatique de Rome fut la croyance qui rendit les Romains maître du monde. Cette croyance morte, Rome dut périr. C’est seulement lorsqu’ils eurent acquis quelques croyances communes que les barbares, destructeurs de la civilisation romaine, atteignirent à une certaine cohésion et purent sortir de l’anarchie.

Ce n’est donc pas sans cause que les peuples ont toujours défendu leurs convictions avec intolérance. Très critiquable au point de vue philosophique, elle représente dans la vie des nations une vertu. » [3]

Suivant ce modèle, l’on peut anticiper, comme je l’ai écrit à plusieurs reprises [4], un effondrement du régime suivi d’une période d’anarchie qui ne prendra fin que lorsque les Français, sous l’impulsion d’un homme ou d’un groupes d’hommes, retrouveront une croyance collective capable de les unifier à nouveau. Cette désunion des Français ne date pas d’hier, elle a pour origine la Révolution de 1789 qui a opposé durant plus de deux siècles catholiques et révolutionnaires, républicains et monarchistes, dreyfusards et anti-dreyfusards, gaullistes et anti-gaullistes, gauchistes et droitards…

L’implosion du Front national et l’avenir de la droite souverainiste

Le Front national ne fait pas exception. Lui aussi subit les conséquences de la mort des idéologies modernes. La défaite de Marine Le Pen n’a fait que mettre en exergue la ligne de fracture à l’intérieur du parti.

Le Front national se dirige vraisemblablement vers une implosion qui donnera naissance à deux partis distincts : un parti néoconservateur identitaire et libéral sur le plan économique (purgé des ses éléments antisionistes et judéo-critiques) comme le souhaite Robert Ménard. Et un parti gaullo-chevènementiste que pourrait fonder Florian Philippot – un indésirable que Alain Finkielkraut soupçonne d’être trop proche idéologiquement de Alain Soral [5] – que ses petits camarades poussent vers la sortie à cause de sa ligne (centrée sur les questions socio-économiques et la sortie de l’euro) qui aurait causé, d’après eux, la défaite du Front.

Robert Ménard – dont l’avocat n’est autre que l’ultra-sioniste membre du CRIF Gilles-William Goldnadel, aussi conseiller en dédiabolisation de Marine Le Pen et qui a travaillé à son rapprochement avec Israël [6] – déclarait sur France Inter le 4 mai 2017 (entre les deux tours de l’élection présidentielle) :

« Je suis contre la sortie de l’euro, c’est un de mes désaccords avec le Front national, comme je suis contre la sortie de l’Union européenne. Je trouve que ce n’est pas la bonne solution, qu’on a bien d’autres problèmes qu’on peut régler sans sortir de l’euro. »

Le « souverainiste » Eric Zemmour se dévoilera totalement en prenant la même position que Ménard sur la question de l’euro. Le 12 mai 2017, il écrit dans le Figaro :

« Un économiste brillant, Jacques Sapir, homme de gauche et pourfendeur talentueux de l’euro, a convaincu ses nouveaux amis, Marine et Florian, que tout était possible. Que le rapprochement des deux rives, comme disait Chevènement, pourrait s’opérer autour d’un ennemi commun : l’euro… Jacques Sapir gère le cerveau de Florian Philippot, qui gère le cerveau de Marine Le Pen. Trio infernal. Trio de l’échec ».

Eric Zemmour, comme Robert Ménard et Finkielkraut (qui le fait sous un autre angle), attaque Philippot et son projet de sortie de l’euro. 

Ce qu’appelle Zemmour de ses vœux, c’est la création d’un parti néoconservateur et libéral faisant jonction avec les pseudos identitaires des Républicains comme Laurent Wauquiez et Nadine Morano. Le but étant d’empêcher toute émancipation véritable de la France qui est privée de ses organes de souveraineté par l’oligarchie judéo-protestante, israélo-anglo-américaine via l’Union européenne et l’OTAN.

Ce à quoi œuvre Eric Zemmour, comme je l’expliquais lors d’un entretien du 12 mai 2017 [7] – trois jours plus tard, Jacques Sapir fit (ou reprit) exactement la même analyse dans un texte où il répond à Zemmour [8] -, c’est à la neutralisation de toute la France de droite, identitaire et catholique, par un parti politique identitaire. C’est précisément le rôle que joue à gauche Jean-Luc Mélenchon.

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L’on voit ici toute la contradiction de la position de ce néo-FN en devenir : défendre l’identité française tout en se réclamant du libéralisme économique ; celui-là même qui, par le libre-échange mondialisé, réduit à peau de chagrin toutes les identités traditionnelles, notamment par l’immigration massive dont l’effet est double : la destruction de la culture du pays « d’accueil » et le déracinement des populations migrantes conduites justement à émigrer à cause du système libéral, notamment financier, qui appauvrit ce qu’on appelait le Tiers-monde.

Lorsque ce parti identitaire, libéral et néoconservateur sera créé, Marion Maréchal Le Pen, qui est encadrée par Gilbert Collard et Robert Ménard, pourra alors faire son « grand retour » en politique et jouer le rôle (au sens théâtral du terme) d’une Jeanne d’Arc des temps modernes, l’égérie de cette formation politique.

Mais pour ceux qui croiraient que cette droite inclut le catholicisme dans l’identité française, qu’ils se détrompent, il s’agit d’une identité républicaine comme le dit très clairement Marion Maréchal Le Pen :

« La question identitaire permet de transcender les clivages. Elle comporte une dimension abstraite, c’est vrai avec des symboles, la Marseillaise, la devise (républicaine : Liberté Égalité Fraternité), notre patrimoine républicain, et une dimension charnelle, notre terroir, notre gastronomie, la pierre locale avec laquelle on construit sa maison ». [9]

Vincent Peillon et Jean-Luc Mélenchon n’aurait pas dit mieux…

Si Ménard, Collard et Zemmour (qui est un ami de la famille) ne suffisent pas pour gérer le cerveau de Marion Maréchal Le Pen et la maintenir sur le droit chemin républicain, l’on pourra toujours faire appel à l’ami et conseiller occulte de Jean-Luc Mélenchon : Patrick Buisson.

Comme je l’écrivais plus haut, le rôle de la droite identitaire est précisément le même que celui de l’extrême gauche. Continuer à neutraliser les Français en les maintenant dans la division républicaine gauche/droite. Et à la manœuvre, nous retrouvons les mêmes individus à la solde des mêmes réseaux, à gauche comme à droite ; car la division politique ce n’est bon que pour le bas peuple…

En effet, comme le rapporte le journal Marianne (le 18 mars 2015) :

« Patrick Buisson, l’homme au dictaphone, était donc non seulement le conseiller occulte de Nicolas Sarkozy mais aussi celui de Jean-Luc Mélenchon. Vous lisez bien. De Jean-Luc Mélenchon ! C’est ce qu’affirment en tous cas deux journalistes du Monde, Ariane Chemin et Vanessa Schneider, dans leur livre « Le Mauvais Génie » ».

Les deux journalistes en question expliquèrent que :

« Mélenchon a pris l’habitude de consulter son nouvel ami avant chaque décision stratégique. Buisson met avec plaisir sa science des sondages à son service… Lorsque l’ami Jean-Luc Mélenchon se décide à concourir à la présidentielle (de 2012), son conseiller occulte le convainc chiffres à l’appui, qu’il a un espace à conquérir à gauche du PS ». [10]

Patrick Buisson dira d’ailleurs tout le bien qu’il pense de la campagne présidentielle menée par Jean-Luc Mélenchon en 2017 :

« En 2012, Mélenchon s’est en effet posé comme le chantre d’une France multiculturelle. Or, aujourd’hui, il se positionne davantage comme le candidat d’une France multiethnique, évacuant ainsi la dimension multiculturelle. Cette évolution est le résultat d’une vieille interrogation de sa part… Mélenchon est, avec Marine Le Pen, le seul à véritablement parler de religion dans cette campagne. Il adopte un discours qui emprunte des symboles à la spiritualité… Si le christianisme est le refus de la domination absolue de la marchandise, c’est-à-dire ce que la Bible condamne comme le culte des idoles, Mélenchon est plus chrétien que Fillon lorsque celui-ci se rend à Las Vegas ou entend faire de la France une smart nation ». [11]

C’est au terme de ce cirque démocratique animé par les partis politiques que débutera la politique réelle et conséquente. A défaut d’avoir supprimé les partis comme le suggérait Simone Weil, attendons que l’Histoire, qui s’accélère, les enterre.

Notes:

[1] Sur le messianisme républicain et socialiste voir : Youssef Hindi, La mystique de la laïcité, 2017, Sigest.

[2] Sur l’origine religieuse de la décomposition du système politique français voir : Emmanuel Todd, Après la démocratie, 2008, Gallimard.

[3] Gustave Le Bon, op. cit., p. 84.

[4] Voir mon article « La fin de la démocratie », 25/01/2017, Arrêt-Sur-Info : http://arretsurinfo.ch/la-fin-de-la…

[5] Le 30 avril 2017 sur RCJ : https://www.youtube.com/watch?v=LXw…

[6] http://www.lexpress.fr/actualite/po…

[7] Autopsie de l’élection présidentielle (Vernochet, Hindi) : https://www.youtube.com/watch?v=Olo…

[8] Jacques Sapir, Réponse à Zemmour, 15/05/2015, Russeurope : http://russeurope.hypotheses.org/6002

[9] http://www.medias-presse.info/mario…

[10] https://www.marianne.net/politique/…

[11] http://www.lefigaro.fr/elections/pr…


- Source : Geopolintel

dimanche, 28 mai 2017

Frankreich-Wahl – das Syndikat hat eingegriffen

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Frankreich-Wahl – das Syndikat hat eingegriffen

Für Deutschland droht Macron teuer zu werden

von Prof. Dr. Eberhard Hamer

Ex: http://www.zeit-fragen.ch

Jeder wundert sich, wie ein politischer Nobody wie Macron plötzlich in Frankreich die meisten Stimmen erringen konnte – vorbei an bewährten Politikern und etablierten Parteien.

Das Geheimnis Macron lüftet sich, wenn man erfährt,

  • dass es sich um einen Rothschild-Banker handelt,
  • dass die französische ebenso wie die deutsche Presse von der Finanz- und Grosswirtschaft dirigiert werden,
  • dass die französischen Konzerne und Arbeitgeberverbände (ebenso wie die deutschen) fanatisch für ein Gesamteuropa und die weitere Zuwanderung von Arbeitskräften kämpfen und Angst davor hatten, dass Le Pen siegen würde,
  • dass aber das französische Volk und das Syndikat aus Finanz- und Grosswirtschaft beide von den korrupten Politfunktionären der alten Parteien gründlich enttäuscht sind und diesen Leuten die Unterstützung entzogen haben,
  • so dass – um Le Pen zu verhindern – das Syndikat nun einen neuen Mann aus dem Hut gezaubert, finanziert, ihm die Mainstream-Presse zu Hilfe geschickt und ihn so als Retter der eigenen Machtposition, der eigenen Europa-Interessen, für weitere Immigration und gegen den Verfall der Traditionsparteien durchgesetzt hat.

Hier zeigte sich, wie das Machtsyndikat von Finanz- und Konzernwirtschaft die politische Macht über Frankreich hat und über Parteien und Volksströmungen hinweg durchsetzen kann. Die Kluft zwischen dem Wirtschaftssyndikat und dem politischen Frankreich wurde zugunsten ersterer durch einen von ihr ins Rennen geschickten und mit allen Machtmitteln durchgesetzten Kandidaten entschieden.

In Deutschland ist die Ausgangsposition ähnlich. Auch hier besteht längst eine Kluft zwischen einerseits der Finanz- und Konzernindustrie, ihrer Presse und den etablierten Parteien und andererseits den Interessen der Mehrheit des Volkes, welches zum Beispiel keine Haftung für alle Staaten und Banken Europas tragen oder keine Massenimmi-gration nach Deutschland will. Wer diese Interessen des Volkes vertritt, wird vom Machtkartell der Konzerne, der Presse und ihrer Politik als -«populistisch» diffamiert, als Gefahr für die von den Konzernen geforderte Zuwanderung und politische Zentralisierung Europas angesehen und in der von diesen Kräften beherrschten Presse zunehmend mit Hassartikeln verfolgt, so dass inzwischen deren Repräsentanten gefährlich leben und sozial ausgegrenzt werden.

Eins ist in Deutschland wie in Frankreich: Alle etablierten Parteien vertreten die Forderungen der im Hintergrund regierenden Finanzindustrie und Konzerne und trommeln auf die Gegenmeinung ein.

Für Deutschland droht aber Macron teuer zu werden. Seine Hinterleute wollen, dass Europa entgegen allen Verträgen aus der Haftungs- und Schuldenunion zu einer Transfer-union und zu einer Fiskalunion mit einem eigenen Finanzminister fortentwickelt wird. Dann verliert zum Beispiel Deutschland seine Finanzsouveränität, werden unsere Steuern, unsere Exportüberschüsse und unsere Target-Guthaben bei der EZB alle in den gemeinsamen Topf geworfen und von der EU-Kommission nach dem Willen der südeuropäischen Schuldnerländer verteilt. Wir haften dann nicht nur für alle Schulden wie jetzt, sondern wir haben dann auch keine Überschüsse mehr, sondern nur noch gemeinsame und wachsende Schulden – die von mir schon bei der Gründung des ESM beschworene «Lust am gemeinsamen Untergang».

Macron hat auch bereits verkündet, dass für Frankreich die Schuldenbremse (3%) nicht mehr gelte, dass man entgegen aller EU-Verträge lieber hemmungslos Schulden machen wolle als zu sparen und dass die Sparwünsche Deutschlands nicht mehr die EU blockieren, sondern sich dem Willen des Finanzsyndikats unterwerfen müssten. Praktisch läuft das auf die Sozialisierung aller deutschen Export-überschüsse, Guthaben und Sparanstrengungen hinaus.

Man könnte sagen: «Es wird nichts so heiss gegessen, wie es gekocht wird.» Da aber die südeuropäischen Schuldenländer infolge des Brexit eine deutliche Mehrheit über die Sparländer haben, wird die EU zum hemmungslosen fröhlichen Schuldenstadel, die EZB zur Schuldenmaschine und zum Hedgefonds aller europäischen Staatsschulden, wird dadurch der Euro immer wertloser – bis niemand den Euro mehr haben will oder der Crash aus einer der Finanz- oder Sozial-blasen schon früher eintritt.

Nicht nur Macron hat gewonnen, sondern vor allem das hinter ihm stehende Finanzsyndikat für die Eurozentralisierung und Fortsetzung der Schuldenorgien – alles, was Deutschland nicht wollte und für das es nun mit büssen wird.       

samedi, 27 mai 2017

Macron, artefact et marionnette

 

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Macron, artefact et marionnette

par Guillaume Faye

Ex: http://www.gfaye.com  

Un artefact est une fabrication qui se substitue au réel et dont la vraie nature est travestie. Une marionnette est un personnage de spectacle dirigé par une volonté extérieure. Emmanuel Macron relève peut–être des deux. Feu d’artifice médiatique, brillant et creux, talentueux et retors, il est le produit de forces idéologiques et financières qui l’ont créé afin de neutraliser la menace d’une France identitaire.  Macron a été formaté pour donner à la décadence et à la destruction de la France le visage rassurant d’un jeune premier souriant. En outre, son ”libéralisme” économique, sympathique de prime abord dans ce pays objectivement communiste au taux de chômage double de ses voisins, s’avérera vite bidon. Macron sera une poule mouillée en matière de réformes. Trop peur de la bagarre…

L’opération Macron, montée par des réseaux financiers et médiatiques   

L’élection d’Emmanuel Macron  à l’Élysée serait « le coup de poker le plus sidérant de toute l’histoire politique française » selon Guillaume Tabard (Le Figaro 10/05/2017). En tout cas, il a été bien préparé, notamment par l’exécution de François Fillon grâce à un appareil judiciaire partial, politisé et obéissant à Macron, alors ministre de l ‘Économie de Hollande (voir un article précédent de ce blog).

Tous les médias s’extasient – ou font semblant – de la fulgurante ascension du plus jeune président de la République, 39 ans, hors parti, fondateur d’un mouvement, En marche !, (devenu ” La République En Marche”, LREM) véritable start up politique revendiquant déjà 230.000 adhérents (chiffre exagéré, évidemment) et ridiculisant le PS et la droite. Pas de miracle là dessous : seulement une opération financière massive, préparée dans le secret depuis 2014, destinée à faire élire l’exécutant, le porte–parole de milieux dirigeants cosmopolites, oligarques internationaux alliés à d’importants intérêts musulmans. Pierre Bergé est évidemment de la partie. Tous ont choisi en Macron leur cheval de Troie, pour mettre la main sur la France et enrayer le péril (”populiste” ou plutôt populaire) du Front national présenté comme fascisant. Bien que ce dernier soit bien affaibli par l’agent Philippot et le programme contre–productif qu’il a imposé. 

La ligne économique floue de Macron – et nullement ”libérale” ! –  n’est pas le plus important pour ceux qui l’ont fabriqué ; ce qui compte, c’est son positionnement politique cosmopolite et islamophile. Macron et son lobby sont le résultat d’une opération financière internationale de grande ampleur – avec des dessous probablement cent fois plus opaques que les petites combines de Fillon poursuivi pour des broutilles par une justice au garde–à–vous. Fillon, qui était le symbole d’une France provinciale et catholique détestée – autant que la France déclassée et prolétarisée qui votre FN. Deux populations de souche méprisées par l’oligarchie cosmopolite qui finance Macron et qu’il représente. 

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La fulgurante ascension du playboy Emmanuel Macron, jamais vue dans l’histoire de la République ni chez nos voisins, s’explique donc en grande partie par l’ampleur d’une stratégie financière et médiatique  préparée depuis quelques années, impliquant de très gros investissements. Jamais Le Canard Enchaîné ni la justice n’oseront se pencher sur les ressorts de l’ascension de Macron.  C’est un homme qui a beaucoup plus de pouvoirs d’intimidation et de relations que M. Fillon…   

La campagne électorale de Macron a été financée à hauteur de 15 millions d’euros sans qu’aucune investigation judicaire ne survienne. Dans l’opacité la plus totale. À côté de cela, Fillon, le cocu content, est persécuté par une justice aux ordres. Cherchez l’erreur.

Show, vacuité et boniments

 Flou et ambigu sur tous les sujets, surtout régaliens, Emmanuel Macron apparaît à la fois brillant et d’une vacuité insipide. Mais dans cette société du spectacle, le vide, la superficialité, le show l’ont emporté sur le raisonnement et la réflexion politiques.  

 Rien que le vocabulaire d’Émmanuel Macron, se voulant le « progressiste » contre les « réactionnaires »appartient aux clichés de la vieille gauche. Macron est un jeune vieux, qui recycle des poncifs. C’est le produit chromé d’élites médiocres et fluctuantes, intelligentes, certes,  mais sans caractère ni convictions.

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La « recomposition complète de la vie politique » avec Macron est une plaisanterie. La majorité des médias aux ordres (qui critiquent le ”poutinisme” de leurs confrères russes !) l’ont présenté  comme « le président des patriotes contre la menace nationaliste ».  Patriote, un homme qui explique qu’il n’y a pas de culture française, mais seulement une ” culture  en France ” ?

Un de ses expressions répétitives, « je vais être clair », signifie exactement le contraire. Le ”macronisme” est un syncrétisme opaque et mou qui se compare ridiculement au gaullisme en se voulant ”rassembleur”.  En Marche ! signifie aussi l’inverse : Sur Place ! L’immobilisme, le réformisme minimaliste ou fallacieux sont la marque de fabrique de Macron, dont les ”réformes” n’ont été que des crottes de souris quand il était dans le gouvernement socialiste. Il représente le Système avec perfection : une communication flamboyante, des actes et des résultats misérables. 

En nommant le juppéiste Edouard Philippe (droitiste mou sans idées précises, girouette, issu du PS passé à droite et…islamophile) comme Premier ministre, Macron veut évidemment casser la droite et récupérer un maximum de voix LR aux législatives. Se concrétise bien là une stratégie de type IIIe et IVe République, politicienne mais non pas politique (c’est-à-dire avec un ”axe de volonté”) au sens de Carl Schmitt.

Macron se présente comme le rassembleur droite–gauche, une sorte de voiture balai. Il est la synthèse du vieux Système, de la gauche d’appareil et de la droite affairiste (et non pas entrepreneuriale), c’est–à–dire les deux faces de la même pièce. Il ne rassemble qu’une oligarchie déjà rassemblée.  

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Macron, agent de l’invasion migratoire et de l’islamisation

Ses propos tenus  en Algérie où il a accusé son propre pays de « crimes contre l’humanité » du fait du colonialisme (tout cela pour obtenir le vote des musulmans de France) révèlent un homme sans honneur et inquiétant. On note aussi une étrange tolérance envers un membre musulman de son équipe qui refusait de condamner le terrorisme islamique. Sur l’immigration et l’islamisation, Macron sera probablement encore plus laxiste que ses prédécesseurs. Il semble indifférent, voire favorable, à ces processus mortels pour la France.

Le président du Crif, (principale association juive), au nom d’une position anti FN, a appelé à voter pour lui, bien qu’il soit soutenu par l’UOIF (Union des organisations islamiques de France), structure  islamiste et antisémite dissimulée, partisane de la disparition d’Israël, financé par l’Arabie saoudite, actrice de l’islamisation de l’Europe et très en retrait sur la condamnation du terrorisme djihadiste. C’est une contradiction suicidaire de la part de cette haute autorité juive.   

Comme un certain nombres de hauts responsables juifs, M. Francis Kalifat, exactement d’ailleurs comme ses homologues chrétiens, est victime d’une naïveté destructrice face à l’islam. À moins que ce ne soit du calcul… Mais il est risqué. En tout cas, Emmanuel Macron  a été le candidat (comme Hollande) plébiscité par l’immense majorité des votants musulmans. Et c’est lui que les islamistes préfèrent. C’est normal : il n’y a rien dans son programme pour arrêter ou même ralentir l’invasion migratoire. Et tout pour l’accentuer.   

Soumission, la feuille de route du gouvernement Macron

Le Premier ministre, Édouard Philippe, un de ces LR macronisés, est un faux laïc et un vrai dhimmi (soumis) islamophile. Maire du Havre, il avait, en 2012, fait jeter 8.500 desserts  de cantines scolaires parce qu’ils contenaient de la graisse de porc, se soumettant ainsi avec lâcheté à la charia et imposant la nourriture hallal aux enfants non–musulmans. 

Dans la même veine, le nouveau président a promis une « bienveillance exigeante » envers l’idéologie islamique. On sait ce que ce genre de langue de bois veut dire. Plus encore que Juppé, inventeur de l’ « identité heureuse », Macron veut favoriser la discrimination positive, le multiracialisme et le multiculturalisme « heureux et inclusifs » (alors qu’ils sont dévastateurs). Macron est un grand ami de l’invasion migratoire à majorité islamique. C’est normal : les financiers qui l’ont porté au pouvoir, d’où pourraient-ils venir ? De quels pays ?

Détail très important : Malek Boutih, ancien président de SOS Racisme, encarté socialiste, musulman, peu soupçonnable de ”racisme islamophobe”, péché capital, a été éjecté de En Marche ! Pourquoi ?  Parce qu’il critiquait trop l’islamisme violent et l’UOIF, « classée parmi les organisations terroristes par les Émirats arabes unis », note Ivan Rioufol. Cette UOIF, très louche, a bruyamment soutenu Emmanuel Macron. Réfléchissez pourquoi. UOIF–Macron, même combat ?    

Macron refuse d’interdire les Frères musulmans en France, comme le voulait Fillon. Son ministre de la Justice, François Bayrou, vieille canaille opportuniste et girouette professionnelle, est sur la même ligne que lui. Macron, sous des dehors factices de lutte contre Dae’ch au Mali et au Moyen–Orient, capitulera devant l’islam conquérant et son immigration invasive en terre de France. Encore plus que ses cinq catastrophiques prédécesseurs (Giscard, Mitterrand, Chirac, Sarkozy, Hollande). 

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Macron contre  le FN : procédés déshonorants

Macron est, en beaucoup plus dur, sur la même ligne anti FN que la majorité des politiciens guimauve LR – dont le chef bien coiffé Baroin qui a appelé à voter pour lui contre Marine Le Pen et qui, maintenant, en pleine contradiction, appelle à voter contre LREM aux législatives. (1) 

Macron sera le défenseur utopique et angélique des « quartiers populaires » (immigrés non–Européens musulmans) et des « minorités culturelles » (même signification), qui seront bientôt majorités, si rien ne change, et qui le sont déjà dans de nombreuses villes et banlieues, avec une explosion de la criminalité, de l’insécurité et de la dégradation des conditions de vie.

Un des ministres de Macron, Richard Ferrand, a été un des financiers d’associations palestiniennes et une de ses secrétaire d’État, Marlène Schiappa, est une militante anti–israélienne pro–arabe. Macron se dit ”pro –Européen”, mais n’est–ce pas être  ”anti–Européen” que d’organiser l’invasion ethnique de l’Europe ? Inversion orwelienne perverse du langage. 

Macron a essayé de ”rediaboliser” Marine Le Pen et le FN par une visite symbolique à Oradour–sur–Glane et au Mémorial de la Déportation et à celui de la Shoah, et en célébrant la mémoire d’un Marocain, Brahim Bouarram, noyé dans la Seine il y a plus de vingt ans en marge d’un défilé du 1er mai du FN à la suite d’une rixe avec des skins qui n’avaient rien à voir avec ce dernier. Le message est clair : Marine Le Pen et le FN seraient des racistes héritiers de Vichy et du nazisme. Ce procédé usé est injurieux, comme l’a montré Gilles–William Goldnadel, pour la mémoire des juifs jadis déportés, instrumentalisés par la communication électorale de Macron qui, par ailleurs, manœuvre sans scrupules  avec les musulmans judéophobes.  La communauté juive devrait vraiment se poser des questions sur Macron et son double discours permanent. Ce président n’est pas fiable. Pour personne.

Après Macron, le FN ?

Archange entouré de courtisans, il est mauvais pour le nouveau président d’être pris par les médias pour une sorte d’Obama français, de thaumaturge. Emmanuel Macron, pendant toute sa campagne, a donné l’impression, par sa gestuelle, son regard étrangement fixe et son langage ampoulé et exalté – mais insignifiant – d’imiter un télé–évangéliste américain. Le spectacle primait sur le fond, quasi absent. Plus merveilleuse est l’image, plus dure sera peut-être la chute. D’autant que déjà, en tout début de mandat, sa cote de popularité est plus faible que celle de ses prédécesseurs ; il ne bénéficiera d’aucun ”état de grâce”. Plusieurs commentateurs ont dit qu’il ne fera pas de vieux os et que son échec entraînera en 2022 la victoire du Front national. Mais ce dernier ne semble pas au meilleur de sa forme. Ce sera le thème du prochain article de ce blog : «  L’avenir  du Front national ».  

(1) Le FN avait inventé l’UMPS pour souligner la connivence entre l’UMP et le PS. Et, suite à une profonde bêtise qui procède d’une profonde logique, le mouvement de Macron s’intitule LREM (La république en marche) qui reproduit (ridicule) LR – Les Républicains.  

dimanche, 21 mai 2017

Nouveau Gouvernement Macron : ultra-libéralisme, soumission à Bruxelles et bellicisme

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Nouveau Gouvernement Macron : ultra-libéralisme, soumission à Bruxelles et bellicisme

Nous avons un nouveau gouvernement. Qu'importe, d'ailleurs ! C'est Macron qui gouvernera, ou plutôt l'éminence noire Attali ; l'un des maîtres du monde les plus redoutables, Rothschild ; l'UE des banksters et l'Amérique profonde des néo-conservateurs. Et ce gouvernement, sans doute très provisoire, n'est là que pour flouer les futurs électeurs aux Législatives.

D'ores et déjà, quatre tendances:

- Ultra libéralisme,

- Soumission à Bruxelles,

- Mise en place du Nouvel Ordre Mondial, totalitaire (un seul Parti), liberticide, asexué..

- Préparation aux guerres...

L'ultra libéralisme saute aux yeux. Peu importe d'ailleurs que l'on se dise de gauche, de droite, du centre, il suffit de voir arriver Gérard Collomb, grand bourgeois partisan de la mondialisation malheureuse, ou au Travail (quelle provocation !) Muriel Pénicaud, engagée dans les multinationales notamment du CAC40. La contestation sera dans la rue, et de masse ! Surtout avec le grand perdant de la Primaire, Bruno Le Maire, parrain des jobs à 5 euros (http://www.lepoint.fr/presidentielle/et-bruno-le-maire-cr...), qui hérite de l'Economie. L'homme est choisi par Macron pour son libéralisme impitoyable...
 

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La TOTALE soumission à Bruxelles passera entre autres par deux Européistes acharnées, la Modem De Sarnez pour toujours plus d'UE des banksters, et horreur suprême, pour le TAFTA (https://www.libre-echange.info/veille/article/vote-desast...), et la « centriste » Goulard, ne voyant pas l'austérité dans les politiques actuelles, et adversaire résolue de la liberté d'information sur le Net. Cette politique de folle soumission à Bruxelles sera totalement contraire aux intérêts des Français. Et au numérique, voici un homme issu de la diversité, d'une famille marocaine, pour créer des « French Bureau ». On est loin d'un Montebourg...

Le Nouvel Ordre Mondial (NWO) cher à Attali se met INSIDIEUSEMENT en place, dès ce mercredi matin avec l'annonce du choix des rythmes scolaires par nos écoles, pour pas après pas, mener à l'autonomie des établissements, et à la PRIVATISATION de l'enseignement public ; qui le voit ? Tout est si bien présenté pour nous berner ! Le NWO est totalitaire, avec un seul Parti - comme celui que le pion Macron prépare discrètement -, des médias collabos (ainsi, C dans l'Air annonce déjà « la palme d'or du casting » pour ce gouvernement), des lois liberticides (Macron a prévu la poursuite de la loi d'Urgence, et qu'il gouvernera par ordonnances ; Mme Goulard veillera à bâillonner la ré-information), la préparation à un monde asexué (la féministe Marlène Schiappa travaillera au respect de l'égalité des femmes et des hommes, prélude d'un futur monde asexué)...
 

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Pire que tout, des va-t-en guerres réputés rentrent dans le nouveau gouvernement Macron-Rothschild, de Mme De Sarnez mettant sur le même plan l'humaniste (http://eva-coups-de-coeur.eklablog.com/assad-n-est-pas-un...) Assad et les égorgeurs de Daesh, à Sylvie Goulard (on peut s'attendre avec elle à un déploiement en Syrie voire contre la Russie, et à une Défense européenne soumise à l'OTAN), et ne parlons pas de Le Drian, qui a fait ses preuves en ciblant obsessionnellement le Président Assad, en osant soutenir et armer (au nom, l'hypocrite, de la « lutte contre le terrorisme ») l'I, en laissant prospérer Boko Haram, en jouant au pompier-pyromane en Afrique, pour après avoir délégué des mercenaires islamistes, proposer les services de la France afin de « rétablir l'ordre », comprenez : contrôler la politique d'Etats africains, et piller leurs ressources. Le Drian ne va-t-il pas aussi se confronter à Poutine ? Alerte, la France sera sur un volcan...

De toutes façons, même si nous avons là une idée de la politique qui sera menée par Macron-Rothschild, il s'agit certainement d'un gouvernement provisoire, mélangeant individus de Droite, de Gauche, du Centre, au bilan désastreux, recyclés pour donner aux Français l'illusion de « rassemblement », alors que le but est de draguer les Electeurs déboussolés par tous les bouleversements, en particulier par les difficultés que connaissent actuellement les Partis traditionnels, victimes du machiavélisme du pouvoir actuel appuyé en coulisses par le plus perfide, François Hollande, et les médias aux ordres du Système.

Pour séduire les Electeurs, on fait miroiter un rassemblement harmonieux, alors qu'il a en son sein un Bayrou qui sera vite floué (http://actualiteevarsistons.eklablog.com/macron-et-bayrou...), le leurre provisoire Hulot prié de collaborer avec un gouvernement pour qui le profit prime sur tout, sur la défense de l'environnement en particulier, et qui défendra les centrales nucléaires comme le gaz de schiste !
« Un pathétique pitre dont la veste est évidemment réversible vient d'être nommé premier sinistre » (AbdalahGeronimoCohen)
La vie politique moralisée ? Foutaises ! Le Premier Ministre lui-même traîne plusieurs boulets (https://www.legrandsoir.info/edouard-philippe-implique-da..., http://www.lexpress.fr/actualite/politique/edouard-philip.....), et le travail de la Haute Autorité est toujours contestable, car elle n'a jamais dénoncé, par ex, les multiples casseroles de Macron (voir mon dossier http://actualiteevarsistons.eklablog.com/macron-et-bayrou...).
 

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Ainsi, tout est imposture : Gouvernement au casting fourre-tout pour berner les indécis, ministres leurres, pseudo renouveau, buts réels masqués dont le plus important est de « diviser pour régner »... Et la menace Macron est plus que jamais d'actualité (http://actualiteevarsistons.eklablog.com/la-menace-macron...).

Les Français vont-ils mordre à l'hameçon, ou enfin démasquer l'imposteur Macron ?
 
 
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mardi, 16 mai 2017

Guillaume Faye & Yann-Ber Tillenon: Macron président, quel avenir pour la France ?

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Guillaume Faye & Yann-Ber Tillenon:

Macron président, quel avenir pour la France ?

lundi, 15 mai 2017

Préciser au plus vite les thèmes des futures oppositions

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Préciser au plus vite les thèmes des futures oppositions

par Jean-Paul Bastiat & Jean-Claude Empereur

Ex: http://www.europesolidaire.eu 

Emmanuel Macron a été élu avec plus de 65% des votes, comme le laissaient présager les sondages. Mais il a été élu avec un nombre important d'abstentions, environ 26% et un nombre record de votes blancs estimés à 8% . Même si tous les abstentionnistes ne peuvent être comptabilisés comme anti-Macron, l'essentiel de ceux-ci, ainsi que les votes blancs résultant du refus de choisir entre Macron et Marine Le Pen, font que l'élection du nouveau Président, en fait sinon en droit, n'a été décidée que par une minorité d'électeurs.
Macron n'aura recueilli sur son nom qu'environ 20 millions de suffrages sur les 46 millions de français en âge de voter. De plus, de nombreux électeurs d'Emmanuel Macron n'ont voté pour lui que pour faire barrage à Marine le Pen. Sauf erreur, c'est la première fois dans l'histoire de la 5e République qu'un Président aura été si mal élu.

On peut donc penser que le pays est profondément divisé et n'arrivera pas à s'unir sous ce nouveau Président. Des pans entiers de la population paraissent prêts à entrer dans une opposition radicale, que certains observateurs pensent pouvoir qualifier de future sécession.

Ce qui sauvera momentanément le nouveau pouvoir sera l'incapacité, pour un temps, des opposants de tous bords à s'unir dans une opposition cohérente. Ceci apparaît déjà dans la préparation des futures élections législatives. Face aux candidats de En Marche, une gamme incohérente d'adversaires se prépare. Elle réunit ce qui reste de vrais réfractaires dans le Parti socialiste, les soutiens de la France Insoumise, c'est-à-dire de Jean-Luc Mélenchon, quelques « communistes » et bien évidement les membres du Front National. Ceux-ci, même s'ils se divisent entre durs et moins durs, sur le mode de Florian Philippot, même si beaucoup reprochent à Marine Le Pen de nombreuses erreurs de campagne, ne devraient jamais accepter de se rallier à la nouvelle majorité présidentielle. On voit mal d'ailleurs pourquoi Marine Le Pen refuserait à l'avenir d'en prendre la direction.

Parmi ces opposants, on ne comptera évidemment pas ceux qui, chez Les Républicains, le Parti socialiste ou le Modem, font aujourd'hui quelques objections de forme à rejoindre En Marche, non par conviction mais pour faire payer plus cher leur ralliement.

Les conflits de principe ou oppositions personnelles caractérisant ces divers opposants les empêcheront de se présenter rassemblés aux électeurs, en se mettant d'accord sur des candidats uniques face à ceux de En Marche. Tout laisse donc penser qu'une majorité présidentielle substantielle favorable au nouveau Président se dégagera, lui laissant les mains libres pour appliquer ses objectifs politiques et géostratégiques, ou plutôt ceux des forces profondes qui ont provoqué sa candidature et financé sa campagne.

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Deux France

Il en résultera qu'à terme, deux France se dégageront et nécessairement s'opposeront. La première sera une France des beaux quartiers profondément imbue de libéralisme économique, de soumission aux intérêts financiers et à l'Amérique. La deuxième France sera celle des quartiers urbains périphériques et d'une partie de la France rurale, qui refuseront de plus en plus de servir les intérêts de la première. Mentionnons seulement pour être précis que dans la première France, celle dite ici des beaux quartiers, figurent aussi un certain nombre d'opposants à Emmanuel Macron se présentant eux-mêmes comme de gauche – notamment un certain nombre de militants de la France Insoumise.

Confrontés aux prochaines élections législatives, comme aux 5 années suivant ces dernières, les opposants ont théoriquement deux possibilités. La première consistera à s'unir quelles que soient leurs divergences pour constituer à tous une forte minorité voire une majorité de députés. Cette union n'est pas impossible, mais paraît cependant très improbable vu les antagonismes actuels entre les diverses oppositions. La France Insoumise et le Front national, par exemple, accepteraient-ils de s'entendre sur le candidat le mieux placé pour l'emporter sur un candidat En Marche ou Les Républicains.

L'autre solution serait que les deux composantes majeures de l'opposition, France Insoumise et Front national, se bornent à tenter, dans les circonscriptions où ils pourraient l'emporter sur En Marche ou Les Républicains, de faire élire un de leurs représentants. Ils pourraient ainsi constituer dans la future Assemblée Nationale des minorités plus ou moins fortes susceptibles de gêner beaucoup la mise en oeuvre du programme d'Emmanuel Macron, comme les dérives possibles de ce dernier vers un pouvoir personnel.

Dans les deux cas, ces minorités seront, lors des élections comme durant les 5 années qui viennent, d'autant plus aptes à susciter des soutiens dans l'électorat qu'elles préciseront les grandes lignes de leurs objectifs politiques, en mettant en évidence les points de convergence, nombreux selon nous, que ces objectifs pourraient présenter.

Il devrait leur être possible de recenser ces points de convergence et de préciser les questions sur lesquelles les divers programmes demeurent encore trop flous. Ainsi, concernant l'Union européenne ou l'euro, il serait indispensable, sans mentionner une possible sortie qui paraît aujourd'hui très impopulaire, de se mettre d'accord sur les aménagements que France Insoumise et Front national jugent aujourd'hui nécessaires. L'opposition se distinguerait ainsi de la soumission à des institutions conçues dès l'origine pour imposer le poids des Etats-Unis et de la finance atlantiste sur l'ensemble de l'Europe, et en particulier sur une France jugée encore trop « gaullienne ».

Nous nous efforcerons pour notre compte de recenser sur ce site les divers éléments qui devraient selon nous être pris en compte par les futures oppositions, quelles que soient par ailleurs leurs divergences.

( A suivre. Ci-dessus, version révisée à la date du 13/05/2017)

 

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En relisant notre article, j'ai un commentaire

Par Jean-Claude Empereur
 
Je pense que tôt ou tard il faudra créer et structurer un véritable " bloc national" que seul l'approfondissement de la crise sous sa triple composante financière , identitaire et au bout du compte, géopolitique rendra inévitable.
La question est de savoir de quoi sera composé ce bloc.
Deux questions se posent aujourd'hui qui n'ont pas été posées dans le bon ordre au cours de cette passionnante campagne  : que faire? et comment en est on arrivé, là ?
Malheureusement les différents candidats, par opportunisme et par électoralisme, voire par démagogie,se sont contentés de ne poser que la première c'est ã dire la plus facile ,sans jamais aborder la seconde qui , bien entendu , était un préalable , mais qui était aussi la plus difficile et surtout la plus dangereuse.
Tout est donc ã recommencer. Il faudra du temps...
 

 

«Grands enjeux de l’élection présidentielle en France: la gouvernance contre le peuple»

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«Grands enjeux de l’élection présidentielle en France: la gouvernance contre le peuple»

par Diana Johnstone

Ex: http://cerclearistote.com

(article rédigé en avril 2017) 

L’élection présidentielle française 2017 n’est pas une plaisanterie. Il s’y dessine un conflit lourd de  conséquences entre deux conceptions radicalement opposées de la vie politique. D’une part, la « gouvernance », qui signifie l’administration de la société par une élite cooptée, sur le modèle des sociétés commerciales. D’autre part, le système traditionnel appelé « démocratie, » qui signifie que le peuple choisit ses dirigeants par des élections libres et loyales.

Historiquement, en France, les événements politiques ont tendance à caractériser des époques et à clarifier des dichotomies ; en l’occurrence, il s’agit de la distinction évanescente entre la gauche et la droite. Cette élection pourrait bien être un événement de cette sorte.

Qu’est-ce que la gouvernance ?

Il est de plus en plus clair que le pouvoir des élites transatlantiques a décidé depuis longtemps que la démocratie représentative traditionnelle n’est plus adaptée à un monde globalisé fondé sur la libre circulation du capital. En revanche, son modèle favori est « la gouvernance », terme emprunté au  monde des affaires, et qui se rapporte à la bonne gestions de  de grandes entreprises accordées dans la poursuite d’un objectif unique et visant à une efficacité maximale. Cette origine est évidente en bien des aspects de la gouvernance politique : unanimité obligatoire sur les « valeurs », renforcée par des médias organisés ; mise en œuvre de comités spécialisés pour fournir des suggestions sur des sujets délicats et rôle joué par la « société civile » ; recours à la psychologie et à la communication pour façonner l’opinion publique ; mise à l’écart des trublions et cooptation des leaders.

Ces traits caractérisent toujours davantage la vie politique de l’Ouest. Aux États-Unis, la transition de la démocratie à la gouvernance a été ménagée par le système bipartite, qui limite le choix des électeurs à deux candidats, sélectionnés et approuvés par les principaux actionnaires du business national, selon leur engagement à suivre le programme de la gouvernance. Tout cela fonctionnait gentiment, jusqu’à ce qu’Hillary Clinton, l’insurpassable favorite de !’élite tout entière, fut battue d’une choquante façon par un intrus non adoubé, Donald Trump. Si la réaction sans précédent de l’élite de la gouvernance montre combien elle est peu disposée à céder le pouvoir à un profane, la situation en France est encore plus claire. Trump représente à bien des égards un coup du sort, un loup solitaire, sans base populaire clairement définie et qui n’a, en l’état actuel, pas réussi à arracher le pouvoir à « l’État profond », demeuré loyal aux options de la  gouvernance occidentale. La situation aux États-Unis demeure donc incertaine, mais le renversement s’affirme, bien que difficile à définir : ressentiment populaire contre les gouvernants globalisants, spécialement en raison des inégalités économiques et du déclin du niveau de vie pour la majorité de la population.

Hillary Clinton a réellement choisi de faire usage du mot « gouvernance » pour décrire ses objectifs, en partenariat avec Goldman Sachs et d’autres représentants de la « société civile ». Toutefois, elle n’était pas un aussi pur produit du système globalisant que ne l’est le candidat français Emmanuel Macron.

La gouvernance personnifiée

La première façon d’éclairer le rôle assigné à Macron est tout simplement de jeter un œil sur les médias : les couvertures stéréotypées à l’infini des magazines, les boniments débités, les interviews sur des platitudes – et jamais un mot de critique (tandis que ses principaux rivaux sont systématiquement dénigrés) . En janvier, Foreign Policy, présentait Macron à ses lecteurs comme « l’anglophone germanophile, que l’Europe politique attend».

Sa carrière professionnelle explique pourquoi les médias du courant dominant en Europe saluent Macron comme le messie.

Né à Amiens il n’y a que 39 ans, Emmanuel Macron a passé la plus grande partie de sa vie à l’école. Comme la plupart des dirigeants français il a été formé dans plusieurs des meilleures écoles de l’élite française,  mais non dans la meilleure (pour les connaisseurs : il a échoué à Normale Supérieure ; mais il a « fait » Sciences-po et l’ENA). Les médias US paraissent impressionnés de ce qu’en cours de route, il ait étudié la philosophie ; mais ce n’est pas une affaire en France.

En 2004 il a réussi au concours de l’Inspection Générale des Finances, l’un des corps qui ont fait la réputation du système français depuis Napoléon. Les Inspecteurs des finances ont la garantie de l’emploi à vie et sont choisis comme conseillers économiques des administrations ou du secteur privé. À l’Inspection Générale des Finances, il fut distingué par Jean-Pierre Jouyet, haut fonctionnaire dans la cinquantaine, aux relations très influentes, qui le recommanda à Jacques Attali, le plus spectaculaire gourou intellectuel des 35 dernières années qui ait régalé les gouvernements français successifs de ses visions futuristes (Jérusalem  capitale d’un futur gouvernement mondial, par exemple). En 2007 Attali coopte Macron dans sa super- élitiste « Commission pour la Libération de la Croissance », accréditée pour cornaquer la Présidence. Une étoile était née – une étoile du monde des affaires.

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La commission Attali prépara une liste de 316 propositions explicitement dévolues à « instaurer une nouvelle gouvernance au service de la croissance ». Dans ce contexte, « croissance » signifie,  naturellement, croissance des profits, par la réduction du coût du travail, la levée des barrières à la circulation du capital, la dérégulation. Les quarante membres de l’élite planifiant l’avenir de la France incluaient les présidents de la Deutsche Bank et de la firme suisse Nestlé. Ce qui fournissait au jeune Macron un très précieux carnet d’adresses.

En 2008, sur recommandation d’Attali, Macron fut engagé par la banque Rothschild à de hautes fonctions.  Les commissions consécutives à l’achat de Nestlé pour neuf milliards de dollars firent de Macron un millionnaire.

À quoi devait-il cette ascension qui, il y a deux siècles, aurait fait le sujet d’un roman de Balzac ? Il était « impressionnant » rappelle Attali. Il cheminait avec tout le monde et « ne contrariait personne ».

Alain Minc, une autre star experte en tout, le définit un jour comme ceci : Macron est chic, mais par-dessus tout il fait un bon banquier parce qu’il est « charmant » – une qualité nécessaire pour faire « un métier de putes ».

Macron est fameux pour ses maximes pleines de sagesse, comme  :

« Ce dont la France a besoin c’est de davantage de jeunes qui veulent devenir milliardaires ». Ou bien : « Qu’avons-nous à faire de programmes ? Ce qui compte c’est la vision. »

Ainsi Macron a-t-il lancé sa carrière sur la base de son charme et de sa « vision ». S’il a une vision claire, c’est certainement celle du chemin vers les sommets.

Formation de l’élite de la gouvernance

Ce chemin est pavé de contacts. Les membres de l’élite de la gouvernance opèrent par cooptation. Ils se reconnaissent les uns des autres, ils « se flairent entre eux », ils ont la même mentalité.

En ce moment, l’active police de la pensée est certes prompte à condamner les propos dénonçant la « gouvernance» comme des manifestations de la théorie du complot. Mais il n’y a pas de complot, parce que l’on n’en n’a pas besoin. Des gens qui pensent de la même façon agissent de concert, personne n’a à leur dire ce qu’ils ont à faire.

Ceux qui dénoncent toute allusion au « complot » paraissent croire que des gens qui possèdent un immense pouvoir, spécialement financier, ne se soucient pas d’en user. Ils préfèrent rester en retrait et disent « Au  peuple de décider » ; comme, par exemple, George Soros.

En réalité, ceux qui détiennent le pouvoir, non seulement l’utilisent mais sont convaincus qu’ils doivent l’utiliser, pour le bien de l’humanité et du monde entier. Ils savent les choses mieux que quiconque, pourquoi donc devraient-ils laisser les décisions capitales aux masses ignorantes ? C’est pourquoi David Rockefeller a fondé la commission trilatérale il y a 40 ans, pour étudier comment résoudre la difficulté d’un « excès de démocratie »

De nos jours, des idéologues amusent les masses par des considérations sur eux-mêmes ; leurs groupes d’appartenance identitaire, le genre auquel ils pourraient appartenir, qui trahit qui, et qui est-ce qu’il faut « haïr » pour crime de « haine ».

Et pendant ce temps-là, l’élite se rencontre, se concerte et décide du meilleur...

Grâce à Jouyet, Macron fut coopté en 2007 dans un club appelé les Gracques (allusion à deux héros de l’histoire romaine) qui se consacre à étudier les « valeurs » découlant du rejet de l’État keynésien, impropre à la globalisation et au développement de l’Union européenne.

En 2011, il fut coopté dans le club de la Rotonde,  qui entreprit de conseiller au président Hollande d’administrer à la France un « choc de compétitivité »… favorisant l’investissement par l’allègement de la dépense publique et des coûts du travail.

En 2012, il fut accueilli au sein de la Fondation Franco-américaine, réputée pour sélectionner les « jeunes leaders» du futur.

En 2014, Macron a décroché le gros lot. Le 31 mai et le 1er juin de la même année, il fut associé à la réunion annuelle du Bilderberg à Copenhague. Ce rassemblement ultra-secret des architectes de la « gouvernance » a été fondé en 1954 par le prince Bernhard des Pays-Bas. Aucun journaliste n’est autorisé à assister aux réunions du Bilderberg, mais les barons de la presse y vont, pour s’entendre sur le consensus qui doit être répandu dans les masses.

Et les programmes Politiques ? Que sont-ils ?

Avec toutes ses accréditations, Macron s’imposa comme conseiller économique de François Hollande en qualité de ministre de l’Economie, des finances et de l’économie numérique, sous le premier ministre Manuel Valls, où il promut vigoureusement la maison Attali, sur  le prétexte de dynamiser « la croissance ». Entre autres choses, il inversa la politique de son prédécesseur en approuvant la vente à la General Electric d’un joyau de la couronne de l’industrie française, la branche énergie d’Alstom, dont dépend l’industrie nucléaire en France,

Ministre, Macron fut responsable des mesures les plus impopulaires de toute l’impopulaire présidence de Hollande. La loi dite « loi Macron » promouvant une dérégulation massive conforme aux directives de l’Union européenne, ne put obtenir l’approbation d’une  majorité au parlement, et dut être promulguée par  recours à l’article 49-3 de la Constitution, qui autorise le premier ministre à publier une loi sans vote.

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Son exploit suivant fut plus voilé. Il élabora la « réforme » (c’est à dire le démantèlement partiel) de la loi française sur le travail, présentée au public sous le nom de la jeune ministre du Travail née au Maroc, Myriam El Khomri. Mme El Khomri n’avait pratiquement rien à voir avec « sa » loi, si ce n’est qu’elle prêtait son joli minois et son nom issu de la « diversité ethnique » à  une législation furieusement impopulaire, qui fit descendre dans la rue pendant plusieurs semaines des foules de travailleurs protestataires, éclater le parti socialiste et obligea le premier Ministre Manuel Valls à recourir une fois de plus, à l’article 49-3 pour promulguer cette loi.

Ici l’histoire devient presque comique. Les coups et le choc de Macron au sein du gouvernement Hollande/Valls, détruisant pratiquement le parti socialiste français, l’a laissé divisé et démoralisé. La voie lui est ouverte désormais pour apparaître en  champion héroïque du « futur », « ni à gauche ni à droite », de « la France des gagnants », dans son nouveau parti, « En marche » (ce qui peut signifier « toujours plus haut et vite »)

A présent, Macron s’est hissé au sommet des sondages, au coude à coude avec le coureur de tête Marine Le Pen, pour le premier tour du 23 avril  et, par conséquent, favori pour le tour décisif du 7 mai. Son charme, qui lui a valu une brillante carrière de banquier et la flagornerie des médias de masse, fait merveille  pour le porter à la présidence, par ses seuls appas  juvéniles.

Les Medias et le peuple

Comme jamais auparavant, la presse et la télévision, d’où la plupart des gens tirent leur information, sont devenues non seulement unanimes dans leurs choix et sans scrupules dans leurs procédés,  mais tyranniques pour condamner les sources d’information indépendantes, qu’elles taxent de  « trucage » et de « fausseté». On devrait les qualifier de « médias de formatage des esprits ». L’objectivité appartient désormais au passé.

Il y a onze candidats officiels au poste de président de la République. L’extravagante admiration des médias de formatage des esprits pour Macron leur fait traiter ses rivaux les plus sérieux comme des délinquants, jeter quelques os à ronger à ceux dont l’élimination est certaine et ignorer les autres. Appuyé par ces médias de formatage, Macron est le candidat d’une gouvernance autoritaire, contre tous les autres candidats et la démocratie française elle-même.

Traduit de l’anglais par Philippe Renoux et Yves Branca.

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Source : Site Counterpunch, tell the facts, name the names, 31 mars 2017.)

Diana Johnstone née en 1934, est une universitaire et journaliste américaine. Diplômée d’études slaves, elle a obtenu son doctorat à l’Université du Minnesota. Journaliste à l’Agence France Presse dans les années 1970, elle a séjourné en France, en Allemagne et en Italie, avant de s’installer définitivement à Paris en 1990. Ouvrages traduits en français :

  • La Croisade des fous : Yougoslavie, première guerre de la mondialisation, Le Temps des Cerises, 2005
  • Avec Stephen Lendmann et d’autres auteurs, Ukraine, le coup d’état fasciste orchestré par les Etats-Unis, article ‘Ukraine, nouveau rideau de fer » – édition Delga, Paris,2014 )
  • Hillary Clinton : La reine du chaos, Delga, 2016

Macron, le président du vieux monde

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Macron, le président du vieux monde

par Hervé Kempf (Reporterre)

Ex: https://reporterre.net 

Sous les habits neufs de M. Macron, le néo-libéralisme continue sans changer. Marginalisant l’écologie, et oubliant l’inégalité sociale.

Emmanuel Macron est un personnage remarquable : on ne gravit pas aussi rapidement les échelons de la pyramide du pouvoir si l’on n’est pas doté de qualités exceptionnelles. Et même si la chance a largement joué son rôle - la faillite de François Fillon, la déliquescence plus rapide que prévue du Parti socialiste -, la capacité à s’engouffrer dans les opportunités est un talent que tous n’ont pas. Il ne fait pas de doute que cette énergie ascensionnelle va continuer à se déployer dans les premiers mois de la nouvelle présidence.

Il reste que M. Macron n’a pas gravi la montagne à la force de son seul poignet. Massivement soutenu par tous les médias des dominants (faut-il encore rappeler que la "presse" est aujourd’hui l’instrument des Arnault, Bolloré, Bouygues, Dassault, Drahi, Lagardère, Niel, Pigasse, Pinault... ?), il n’a pas gagné à la loyale. Plutôt qu’un duel Macron-Le Pen, on aurait pu assister à un duel Macron-Mélenchon bien plus stimulant si la presse oligarchique n’avait pas pilonné dans la dernière ligne droite le candidat de la France insoumise. Mais l’oligarchie avait bien sûr choisi son camp. Ce serait Fillon ou Macron. Fillon tombant à l’eau, ce fut Macron.

Homme remarquable, appliquant les méthodes entrepreneuriales en vogue - En marche a appliqué tous les outils marketing et a fonctionné en mode "start-up", comme l’a raconté Mediapart -, M. Macron n’en est pas moins porteur des idées du vieux monde. Le vieux monde ? Celui où l’on croit que la croissance reste le moteur de l’équilibre social, que la question écologique est secondaire, et qu’une société peut vivre sans désordre avec de fortes inégalités.

Pour grimper rapidement, M. Macron a adopté les idées de ses parrains. Ou étaient-ce les siennes ? Peu importe. Deux hommes en particulier l’ont propulsé vers les hautes sphères : Henry Hermand, millionnaire ayant fait fortune dans la construction de centres commerciaux dévoreurs de terres agricoles et propageant l’étalement urbain, et Jacques Attali, qui l’a recruté en 2007 dans sa "Commission pour la libération de la croissance". Le nom de cette commission créée par M. Sarkozy en disait tout. Parmi les prescriptions qui révélaient la pertinence de ses analyses, il y avait la libération accrue des règles du marché financier parisien, un an avant que n’éclate la grande crise financière... Mais l’oligarchie n’a cure de ses erreurs, et M. Attali continue à parader, tandis que ses poulains galopent dans les prairies du pouvoir. Et de l’argent, puisque M. Macron est passé par la banque Rotschild.

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Béton, croissance et finances

Béton, croissance et finances, voilà donc le terreau idéologique sur lequel M. Macron s’est épanoui. Le nouveau président a déjà quatre ans d’expérience gouvernementale à son actif, à l’Elysée où il a conseillé François Hollande dans son orientation néo-libérale, puis au ministère de l’Economie.

Et la liste des actes ou intentions de M. Macron parle d’elle-même : travail le dimanche, facilitation de l’affichage publicitaire, permis de recherche de gaz de schiste, soutien au projet nucléaire d’Hinkley Point, autorisation de l’extraction de sable à Lannion, accord très favorable aux sociétés autoroutières, encouragement à l’exploitation minière en Guyane, amendement législatif sur les déchets nucléaires à Bure - l’écologie est le cadet des soucis du nouveau président.

Et les signaux qu’il a lancé ne sont pas très positifs : en matière d’agriculture, il veut « continuer le combat » de son « ami » Xavier Beulin, chantre de l’industrialisation agricole et de la compétitivité. Son programme d’investissement sur la transition écologique s’élève à un modeste 15 milliards d’euros sur cinq ans, moins, rappelait Thomas Porcher lors de notre Alter soirée électorale que le coût du projet nucléaire d’Hinkley Point en Angleterre. Quant à son entourage proche, il vient pour partie du monde du béton de son parrain Henry Hermand : avant de rejoindre En marche comme porte-parole, Benjamin Griveaux était chez Unibail Rodamco, grand promoteur de l’immobilier commercial (qui veut par exemple lancer Val Tolosa). « Le programme Macron fait saliver les promoteurs », signale La Lettre A, en laissant notamment prévoir l’abaissement des possibilités de recours contre les permis de construire.

Sur les autres domaines que l’environnement, n’attendez pas de progrès. Le mot « inégalité » n’apparait pas dans le programme de M. Macron, pas plus que celui d’évasion fiscale. Une nouvelle loi Travail sera imposée par ordonnances (une variante du 49.3, consistant à forcer la main au Parlement pour légiférer), et pour la « sécurité », on embauchera 10.000 policiers et gendarmes supplémentaires et l’on construira 15.000 places de prison.

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Tout cela n’est guère encourageant. Le néo-libéralisme continue sous de nouveaux habits, l’écologie est marginalisée, le vieux monde perdure.

Mais il craque. Le niveau étonnamment élevé des votes blancs ou nuls au deuxième tour de l’élection présidentielle montre que de plus en plus de gens ne supportent plus le chantage qui nous est imposé entre le fascisme et le néo-libéralisme. L’assise de M. Macron n’est pas solide. Et autre tournant porteur d’espoir de cette campagne présidentielle, le camp de la gauche a solidement intégré l’écologie dans sa vision du monde et dans sa politique. Il reste à ce que ce camp s’unisse. Sinon les vieilles idées de M. Macron continueront à détruire le monde.


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samedi, 13 mai 2017

Macron, président ready made...

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Macron, président ready made...

par Richard Millet

Ex: http://metapoinfos.hautetfort.com

Nous reproduisons ci-dessous une chronique de Richard Millet, cueillie sur son site personnel et dans laquelle il évoque, pour le quotidien italien La Verità Emmanuel Macron, le nouveau président de la République...

Auteur de La confession négative (Gallimard, 2009) et de Tuer (Léo Scheer, 2015), Richard Millet a publié l'automne dernier aux éditions Léo Scheer un roman intitulé Province.

Macron, président ready made

D’une certaine façon, Macron a toujours déjà été élu. L’unanimité extatique qui l’a porté au pouvoir s’est drapée d’une prétendue contestation à gauche (le bobo trotskiste Mélanchon) et de l’habituel épouvantail d’ «extrême-droite » : Marine Le Pen, dont les hystériques défenseurs des « valeurs républicaines », prétendument menacées par la « montée du fascisme », n’admettraient pour rien au monde qu’elles trouvent en Le Pen un ardent défenseur.

Macron n’a donc pas été élu, comme on le dit, sur les ruines des partis politiques (y compris le Front national) ; il l’a été par un système qui avait besoin de faire croire à sa propre décomposition pour présenter Macron comme l’homme « providentiel », principalement parce qu’il est jeune. L’argument du « jeunisme » est en effet puissant dans un pays qui tient encore aux apparences pour cacher la fatigue de l’enchantement démocratique. La démocratie, en l’occurrence, consiste à faire croire aux gens qu’ils peuvent décider d’un destin politique qui ne serait pas entièrement soumis à l’argument économique : on aurait ainsi le choix entre plusieurs candidats, puis deux ; et si Macron n’est pas Le Pen, Le Pen et Macron représentent bien les deux faces d’un même désastre : le candidat par défaut – conséquence de la « défection » de Dominique Strauss-Kahn, en 2012, qui a porté Hollande au pouvoir, et aujourd’hui, Fillon ayant conduit la « droite » au suicide, Macron, candidat secret de l’Élysée. Ce défaut marque la fin de l’apparatchik français, clientéliste, conservateur, qui vivait de l’indifférenciation entre la droite et la gauche. De ce « renouveau », le ready made Macron est la quintessence, comme Trudeau, Merkel, Obama, Blair, etc., noms génériques de la social-démocratie mondialiste. Tous s’enchantent de l’élection d’un homme dont on peut dire qu’il a été aussi porté au pouvoir pour que l’Europe ne connaisse pas un Trump français.

Macron a donc été élu non par le peuple français (quel « peuple » ? et qui est vraiment français, dans cet imbroglio post-démocratique ?) mais par les médias officiels - détenus par une poignée de business men post-gauchistes, qui ont fait voter les lois sur l’euthanasie, le mariage homosexuel, la procréation assistée, la gestation pour autrui, bientôt la libéralisation du cannabis, les manipulations génétiques, le vote des étrangers, et tous ces dispositifs nihilistes que le Système politico-médiatique présente comme l’unique version du progrès.

Et comme nous sommes en France, ancienne nation littéraire, la farce électorale a pris une dimension théâtrale, malgré l’absence de femmes, mais avec ses traitres, la lutte entre jeunes et vieux, ses rebondissements, et le grotesque qui tient lieu de débat ; car les vraies questions ont été soigneusement évitées, notamment celle de l’immigration de masse, principalement musulmane, Le Pen modérant son discours pour ne pas trop paraître Front national, Macron pour faire un peu oublier qu’il était le candidat déclaré des musulmans.

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Observons pour finir les symboles de la victoire de Macron, cet homme qui a prétendu qu’il n’y a pas de culture française tout en se disant l’ami du philosophe Paul Ricœur : la cour du Louvre, la pyramide mondialiste de Pei, Bonaparte et Beethoven, l’hymne « européen », une foule « bigarrée », parfaitement sélectionnée ethniquement par les organisateurs du spectacle ; bref, le vieux rituel du mortifère Mitterrand au service d’un homme jeune mais en fin de compte très vieux : rien de neuf, donc, sous le soleil de la République médiatique ; les Français, qui ont fait semblant de réfléchir à leur avenir, sont passés de l’insignifiant Hollande au sémillant Macron ; ils peuvent continuer de dormir de leur sommeil d’esclaves consentants.

Richard Millet (Site officiel de Richard Millet, 9 mai 2017)

mercredi, 10 mai 2017

Présidentielles : station “État de Grâce” supprimée

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Présidentielles : station “État de Grâce” supprimée

Ex: http://www.dedefensa.org

Dans un texte mêlant dérision et gravité que le New York Times nous restitue en français qui est sa langue du cœur autant que de l’esprit, l’écrivain algérien Boualem Sansal constate : « En France, on change de président tous les cinq ans, mais rien ne change jamais qui vienne vraiment d’eux. » ... On notera que, sans le vouloir précisément même s’il le sait évidemment, l’écrivain a signifié ce nouveau phénomène de la politique française, qui est la durabilité extrêmement réduite des présidents. Depuis Sarko, le président n’est plus réélu même s’il se présente, – et nous pourrions dire jusqu’au paradoxe, “même s’il ne se représente pas”. Nous disons cela comme s’il s’agissait d’une règle nouvelle alors que la démission de De Gaulle, la mort de Pompidou et même l’échec de Giscard de 1981, devraient être considérés comme autant d’avatars accidentels dont certains tragiques. Désormais, ce n’est plus l’accident : la règle semble être devenue, aujourd’hui, que le président est comme un Kleenex, jetable après emploi et qui ne vaut que pour un seul emploi.

(La prochaine étape pourrait être et devrait être, en bonne logique subversive, le président-kleenex impropre à la consommation, jeté avant de s’en servir, bref par interruption du quinquennat pour cause de crise de régime. Macron, le président qui innove en tout, pourrait bien nous apporter également cette “modernisation” décisive de la postmodernité. Il aurait alors bien mérité de la République française, européenne et laïque.)

Plus encore et mieux encore, car l’on nous dit, dans le chef de certaines plumes inspirées, qu’il s’agit de l’élection “triomphale” d’un président. (Dixit sans crainte de la réalité des chiffres qui ridiculise la qualification de la performance l’organe de référence du Système ; le quotidien Le Monde dans sa newsletter d’information pour les les lecteurs réticents : « Le triomphe de Macron, les défis du président »)... Eh bien, ce “triomphe” est immédiatement suivie (le lendemain) d’une manifestation de contestation d’une politique d’ores et déjà condamnée avant que d’exister, avec des accusations redoutables (« En marche vers la guerre sociale »), que même les sites US se font un plaisir de détailler, – ZeroHedge.com, par exemple. On ne parle même pas des horions qu’ont aussitôt échangé ceux qui avaient soutenu Macron par inadvertance, et notamment ceux qui, dans cette diversité de circonstance, ont aussitôt proclamé que leur ralliement s’arrêtait là et qu’ils reprenaient aussitôt leur (vraie ?) bataille ; il suffisait d’entendre un Barouin avertissant que tout soutien à Macron pour les législatives signifierait l’exclusion immédiate du fautif du parti LR. Autrement dit, non seulement il n’y a pas d’état de grâce mais il y aurait plutôt un immédiat état de disgrâce qui suivrait, vingt-quatre plus tard, “le triomphe de Macron”.

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(Certes, nous avons compris la finesse du titreur qui suit le déterminisme imposé par la narrative [déterminisme-narrativiste]. Le triomphe est celui de l’homme sans équivalent, la pure merveille sortie de la glèbe franco-globalisée qui a réussi cet exploit sans précédent de séduire un peuple entier, – et quel peuple, mazette, selon les statistiques de l’élection, – alors que “les défis” sont ceux de cette fonction suprême que le monde entier nous envie.)

Effectivement, la situation est singulière, le gênant n’étant pas l’élection face à la contestation, mais le “triomphe” de l’élection salué aussitôt par la contestation très organisée par des acteurs sociaux habituels (syndicats) et selon une thématique dont l’extrême est du type “vers la guerre sociale”. L’esprit de la Vème République est bien que l’élection présidentielle constitue effectivement un moment sacré (mais laïque, certes car l’on tient aux contradictions du genre) où un personnage identifié à un parti ou à une tendance devient par la grâce de la fonction, et au moins pour une période symbolique (justement dit-“état de grâce”), le président de “tous les Français” ; Hollande lui-même y avait eu droit bien que fort courtement, c’est dire si l’esprit a le cuir épais et ne meurt pas facilement... La postmodernité a finalement balayé tout cela avec le “président Macron” (il sera difficile de se passer de guillemets) comme déjà l’élection de Trump l’annonçait (quoique d’une façon encore ambiguë tant l’opposition publique, – dans la rue et dans les médias, – était ouvertement organisée, manipulée et financée par des manipulateurs idéologisés). L’élection de Macron inaugure donc une époque nouvelle, ce qui fait d’ailleurs partie de son programme.

Il est vrai que le texte de Sansal est intéressant par ce mélange de dérision et de gravité, ce qui est au fond parfaitement définir la forme de l’opération. Aux USA, il y a quelques mois, pour l’élection de Trump, ce fut assez semblable si l’on veut bien s’en souvenir, au point que nous jugeâmes judicieux d’inclure dans notre Glossaire.dde l’expression volontairement paradoxale sinon oxymorique de “tragédie-bouffe”. Au fond, ce phénomène de suppression d’un temps d’armistice pour cause d’“état de grâce” qui renvoie à un processus de modernisation et de rentabilisation, – comme l’on supprime les arrêts pour les bus et les trains, et les stations de métro, – signifie simplement que le temps métahistorique ne prend plus de gants, un peu comme s’il disait : “on n’arrête pas une crise en cours, même pour un nouveau président” ; simplement, enfin, parce que le temps métahistorique est également et nécessairement un temps crisique, et que, par conséquent il ne souffre aucune interruption de la crise.

Emmanuelle-Macron-227x300.jpgAinsi avons-nous de ces contradictions presque immédiates, y compris dans le propos et assumées comme telles, qui rendent compte de cette cohabitation du dérisoire et du tragique. Sans en rendre compte par la logique précise de son analyse le commentateur en rend compte effectivement en faisant défiler ces contradictions. Nous ignorons si cela est voulu, mais dans tous les cas cela a la vertu du vrai (d’une vérité-de-situation fondatrice du caractère tragédie-bouffe). Ainsi nous dit-il que les présidents changent et ne changent rien, parce que « la France ne se gouverne plus elle-même », qu’il y a l’Europe qui donne ses consignes et la “mondialisation” (le globalisation) qui fait que « la terre ne tourne plus que dans un sens », celui du « cartel des banques » ; puis il enchaîne aussitôt par la proposition de bon aloi mais tout de même assez paradoxale « Voilà pourquoi il importait que soient débattus durant la campagne présidentielle tous ces thèmes mondialisés... », pour aussitôt émettre la réserve évidente qui explique tout : « Mais ceux-ci ont été à peine évoqués. Peut-être est-ce à cause d’un sentiment d’impuissance face à ces problèmes. »

... Ce qui fait bouffe encore plus dans cette affaire, bien entendu, c’est qu’on se précipite en désespoir de cause mais pour une si belle cause, jusqu’aux plus extrêmes hystériques contre la chose la plus sérieuse du monde qui est, comme on le sait, la “menace fasciste”. La campagne se fit donc, surtout au second tour, comme si on nous étions en 1924 ou en 1933, ce qui ne gêne pas trop les tenants la globalisation tous comptes faits. Mélenchon s’est vanté, après le résultat final, d’être celui qui avait permis d’arrêter le fascisme (celui de 1924-33, donc) ; bien sûr, puisque c’est lui qui a permis en bonne partie de faire élire l’homme de la globalisation ; la belle intelligence de Mélenchon ne hume-t-elle pas ce que cette contradiction peut avoir de bouffe, à côté de la tragédie ? A peine indirectement, Sansal met cela en évidence lorsqu’il salue plutôt ironiquement le talent rassembleur de Mélenchon (« En tout cas, il a formidablement égayé la campagne. Quel bateleur, quel stratège, ce Jean-Luc! Merci pour ces bons moments »), puis en signale aussitôt la conséquence qui n’est pas des plus habiles (« En affaiblissant les Républicains, le Parti socialiste et le Front national, Mélenchon aura profité à Macron ainsi qu’aux oligarques »). Tout cela crève tellement les yeux que plus personne ne voit distinctement, – ceci explique cela, – que cette bataille si furieuse contre un danger vieux de 80 ans et totalement anéanti dans sa véritable puissance il y a 60 ans est conduite au profit exclusif du seul danger planétaire et sans aucun précédent pour aujourd’hui même. Et pourtant, nombre de ces combattants du passé (les “antifafs”) connaisse parfaitement et dénoncent à mesure l’existence de cette puissance destructrice d’aujourd’hui même qui passe tout puisqu’elle menace le monde lui-même, toutes espèces et idéologies bouffe-fantasmagoriques confondues.

Sans doute se trouve-t-il une frustration secrète de devoir tenir un rôle si faussaire et, en combattant l’ennemi imaginaire, de favoriser non seulement “l’ennemi principal” mais le seul Ennemi possible ; laquelle frustration, à cause de son ampleur, fait souvent tomber le débat “contre le fascisme” dans l’ivresse de l’outrance et du bombastique, – le bruit remplit le vide et écarte les pensées qui pourraient s’aventurer sous l’écume des jours, – qui nous restitue le style tragédie-bouffe qui est le nôtre.

Quoi qu’il en soit, pour les lecteurs avisés, on trouve dans le texte de Sansal plusieurs marques de cette situation attristante. Homme courageux et grand écrivain qui ne craint pas de dénoncer le pouvoir corrompu en Algérie tout en restant sur place au risque des contraintes et des pressions qu’on imagine, Sansal est acclamé par le monde culturel et littéraire (et progressiste-sociétal) français et européen, et les institutions qui vont avec. Il constitue une de ces situations paradoxales si nombreuses où le Système chérie certains critiques de lui-même dans une position spécifique, parce que le jeu de billard pratiqué entre les diverses tromperies et simulacres des situations lui permet tout de même (au Système) d’en tirer avantage du point de vue de la vertu apparente qu’il veut conserver dans le domaine de la communication. Il n’empêche, cet article qui dit une bonne partie de son fait à un nouveau président si exceptionnel par son “triomphe” de jeune homme quasiment “sorti de rien” (les banques, une belle fortune qu’il s’est faite, un an à Bercy mais jamais d’élection, un rassemblement d’influence et de fortunes pour l’encourager de consignes diverses, une presseSystème déchaîné pour le promouvoir et détruire ses adversaires, cela vous donne un innocent aux mains propres, un être d’exception et un “inconnu” vertueux pour une présidentielle), – cet article-là a dû faire penser au Système, où l’on est très strict en ce moment pour maintenir la discipline dans ces moments très difficiles, que la vertu dont on parlait plus haut, dont il a besoin, est parfois payée un peu cher.

Ainsi nous permettons-nous d’emprunter cet article de Boualem Sansal, écrivain, auteur dernièrement de 2084, du 8 mai 2017...

dedefensa.org

 

La France, état altéré

Il y a du nouveau en France: un nouveau système pour désigner le président de la république. Ni plus réellement une démocratie, ni une dictature, c’est quelque chose qui n’a pas encore de nom. Un acronyme ou un mot porte-manteau construit de «démocratie», «dictature» et «ploutocratie» ferait bien l’affaire.

Le mécanisme fonctionne ainsi: des patrons de grands groupes financiers, industriels et commerciaux, ainsi que d’éminents conseillers habitués de l’Elysée, de Matignon et de Bercy ont choisi le futur président de la république — Emmanuel Macron, en l’occurrence — et l’ont instruit de sa mission. Ensuite ces oligarques ont mobilisé l’Etat, le gouvernement, la justice, les médias, les communicants, les artistes, les cachetiers, les sondeurs, les sociétés de Paris et les grands noms de la société civile pour le porter à la magistrature suprême. La machine s’est mise au travail et en un tour de piste a fait de l’impétrant le candidat du peuple, le favori, le héros indépassable. Lui-même en est devenu convaincu.

kid-ger_382866.jpgLe reste était une simple formalité: il suffisait juste d’éliminer les autres candidats. On en a mis beaucoup sur la ligne de départ, désespérant le peuple en lui donnant l’image de la déplorable division dans laquelle les partis politiques ont entrainé le pays. Puis on a promis des primaires pour remédier à ça: il y aura un tri impitoyable! En effet: les candidats sérieux — Manuel Valls, Alain Juppé — ont été éliminés.

La justice a ensuite lancé des fatwas contre les gros candidats qui restaient, et la presse, bras séculier de l’oligarchie, les a traqués. François Fillon et Marine Le Pen ont été poursuivis pour vol à l’étalage, leurs photos placardées à la une des journaux.

On accuse aussi Jean-Luc Mélenchon de pas mal de crimes. Il aurait assassiné le Parti socialiste, caporalisé les communistes, volé des troupes aux Républicains et aux frontistes et contrevenu aux règles de la soumission en appelant son mouvement La France insoumise.

En tout cas, il a formidablement égayé la campagne. Quel bateleur, quel stratège, ce Jean-Luc! Merci pour ces bons moments. Notre côté romantique invétéré a apprécié ton mot en forme de salut à la veille du premier tour: «Allez, viennent les jours heureux et le goût du bonheur!»

En affaiblissant les Républicains, le Parti socialiste et le Front national, Mélenchon aura profité à Macron ainsi qu’aux oligarques — mais tout en gagnant lui-même aussi. Maintenant, les législatives.

L’autre inconnue dans l’affaire aura été le peuple. Il est trop bête, dit-on; c’est un troupeau angoissé, qui peut réagir n’importe comment. D’ailleurs, le moment est peut-être venu d’en changer. Ce peuple-ci a fait son temps. Il parle encore de de Gaulle, Jaurès, Jeanne d’Arc. C’est vrai qu’il rechigne un peu: dimanche, les électeurs se sont abstenus de voter en nombre record.

Le résultat de ce méli-mélo c’est Macron. Jamais élu auparavant, tête d’un mouvement vieux de juste un an, le voilà président de la République. On ne faisait semblant de douter de son ultime succès que pour écarter la suspicion de manipulation politique. Alors que Fillon a été mis en examen et que la justice française a demandé la levée de l’immunité parlementaire de Le Pen à l’Union européenne, elle a refusé d’ouvrir une enquête sur le patrimoine de Macron, pourtant demandée par de nombreux candidats.

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Mais au fond tout ça c’est du frichti, des amusettes, des histoires de carrières personnelles. Valls, Juppé, Le Pen, Fillon, Macron, Mélenchon, Hamon, Tartempion — tout ça c’est pareil, à peu de choses près. En France, on change de président tous les cinq ans, mais rien ne change jamais qui vienne vraiment d’eux.

La France ne se gouverne plus elle-même; l’Europe a toujours son mot à dire. La mondialisation fait que la terre ne tourne plus que dans un sens — le sens du cartel des banques, qui a pris le relais du cartel des compagnies pétrolières, qui avait pris le relais du cartel des compagnies minières.

Voilà pourquoi il importait que soient débattus durant la campagne présidentielle tous ces thèmes mondialisés: l’islamisation, le terrorisme, le réchauffement climatique, la migration, l’affaiblissement des institutions multilatérales. Mais ceux-ci ont à peine été évoqués. Peut-être était-ce à cause d’un sentiment d’impuissance face à ces problèmes. Mais le fait de ne pouvoir rien y changer n’est pas une raison de ne pas y regarder.

Cette campagne présidentielle n’aura pas non plus confronté les options stratégiques de la France à moyen et long terme. La France saura-t-elle réinventer ses institutions? Et surtout: saura-t-elle enrayer son déclin? Saura-t-elle retrouver son rôle de moteur de l’Europe, surtout face à l’Allemagne? Cette campagne présidentielle aura été une campagne de gouvernement qui discute de gestion des ressources et d’équilibre des comptes. On a parlé boutique avec quelques accents lyriques pour faire grandiose. Mais tout du long on a plié sous la tyrannie du court-termisme et du pas-de-vague.

A gauche comme à droite, les grands partis d’antan ont été brisés, discrédités. La recomposition politique en France ressemble à un nettoyage par le vide. Entre-temps la fonction présidentielle a aussi été considérablement affaiblie. Merci Nicolas Sarkozy et François Hollande. Macron, héritier d’une fonction qui a été mise au plus bas, va vite découvrir l’étroitesse de sa marge de manœuvre — d’autant plus qu’il sera l’otage de la troupe disparate qui l’a fait arriver là.

Boualem Sansal

French elections: No Russian influence, and so far an unknown policy toward Moscow

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French elections: No Russian influence, and so far an unknown policy toward Moscow

Ex: http://www.ponarseurasia.org

France concluded a highly divisive presidential election campaign. Emmanuel Macron (En Marche!) won 66% of the vote against Marine Le Pen (National Front). The campaign will be seen by historians as having expelled in the first round the traditional parties (Les Républicains, Socialist Party).

The left-right divide, which is so deeply rooted in French history, became a secondary issue compared to a choice between a centrist, pro-European, and liberal position, and a nativist narrative focusing on anti-European and anti-immigration arguments.

The campaign was marked by a debate about the alleged influence of Russia. Le Pen, who has always been the darling of Russian media (and especially of Russia Today), was received on several occasions by senior Russian officials such as Sergei Naryshkin, then Chairman of the State Duma, and then by President Putin himself in March. An endorsement by a foreign leader is not an issue per se. Barack Obama made a small video clip expressing his support for Macron.

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The Russian funds given to the National Front through the First Czech Russian Bank in 2014 did not develop into larger financial support. The emergence of Les Républicains candidate Francois Fillon, known for his pro-Russian stance, created new competition for the National Front in getting Moscow’s attention. It was a reminder that many among Les Républicains hope for improving relations with Moscow, both because of tight economic links with Russia, but also because they believe in a kind of Gaullist alliance with Russia and support Moscow’s vision of stability in the Middle-East.

Claims that Russia was interfering in the French political campaign were a repetition of U.S. hysteria on that topic. But just because the Russian media showed preference for Le Pen against Macron does not mean they had any solid way to influence the voters. Yesterdays’ results show that Le Pen, even with 10 million voters behind her, failed to rally the broader majority.

The massive leak of thousands of hacked documents from Macron’s campaign (released on Friday) also did not end up having influence. Cybersecurity pundits said the hack came from Russia-affiliated groups. While this remains to be confirmed, we now see that the leak did not play a role. Contrary to the “Russian threat” narrative spread by some experts during the campaign, Moscow was not able to lead discussions to shape the national political debate. It is thus time to deflate the supersized narrative about Russia’s influence stemming from “Kremlin meddling.”

What will be the new French president’s policy toward Russia? It is too early to say. New in politics and without a structured political party, Macron’s policy will be built depending on his forthcoming government. Macron will seek to build a presidential majority along with members of the Socialist Party, the centrists, and Les Républicains, which leaves the door open for adjustments both in terms of domestic and foreign policy.

We do know that Macron has always displayed a resolute pro-European and pro-NATO stance. Trying to relaunch the European project and work closely with Germany will be one of his main goals. He will probably not show any specific inclination to soften France’s relationship with Russia, but he will have to adapt depending on Russia’s actions in the Syrian theater, the potential spillover effects of which may impact Europe far more than the Ukrainian conflict.

mardi, 09 mai 2017

Emmanuel Macron, Président et Idiot utile de l'Islamisme

  • Emmanuel Macron, « idiot utile », n'est pas à proprement parler un allié de l'islamisme. C'est pire, il ne voit pas le problème.

  • L'article de Louizi donne des noms, des dates, et des photos et explique comment le mouvement politique de Macron a été largement infiltré par les Frères musulmans.

  • Macron est-il un promoteur ouvert de l'islamisme en France ? Il est plus politiquement correct de dire que nous avons affaire à un « mondialiste » et un « promoteur actif du multiculturalisme ». L'islamisme n'est pas selon lui une menace nationale dans la mesure où la nation française ou, la culture française n'ont pas d'existence réelle.

Pendant la guerre froide, on les nommait les « idiots utiles ». Ils n'étaient pas membres du Parti communiste, mais ils le considéraient d'un œil favorable, parlaient de lui positivement et ne condamnaient pas les idées de Lénine et Staline. Au 21ème siècle, le communisme a globalement disparu, mais l'islamisme a pris le relais de principale menace mondiale.

De la même manière que le communisme produisait ses Idiots utiles, le totalitarisme islamique produit ses « Infidèles utiles ». A une importante différence près : à l'époque de l'Union soviétique, les Idiots utiles étaient des intellectuels. Maintenant, les Infidèles utiles sont des politiciens, et l'un d'entre vient d'être élu président de la République française.

Emmanuel Macron, Infidèle Utile, n'est pas un partisan du terrorisme ou de l'islamisme. C'est pire : il ne voit même pas la menace. Peu après les horribles attaques du 13 novembre 2015 à Paris, Macron a déclaré que la société française devait assumer une « responsabilité » dans le « terreau » sur lequel le djihadisme a pu prospérer. « Quelqu'un sous prétexte qu'il a une barbe ou un nom à consonance qu'on pourrait croire musulmane, a quatre fois moins de chances d'avoir un entretien d'embauche qu'un autre » a-t-il ajouté. Ce qui revient à considérer que faire ses bagages pour la Syrie et revenir en France armé d'une kalachnikov et d'une ceinture d'explosifs ne peut être que le geste de dépit d'un chômeur de longue durée. 

Macron en vient presque à accuser les Français d'être racistes et « islamophobes ». « Nous avons une part de responsabilité », a-t-il averti » parce que ce totalitarisme se nourrit de la défiance que nous avons laissée s'installer dans la société. Il se nourrit de cette lèpre insidieuse qui divise les esprits, et, si demain nous n'y prenons pas garde, il les divisera plus encore ».

Par conséquent, a conclu M. Macron, la société française « doit changer et être plus ouverte ». Plus ouverte à quoi? À l'islam, bien sûr.

Le 20 avril 2017, après qu'un terroriste islamiste ait assassiné un policier et blessé deux autres à Paris, sur les Champs Elysées, Macron a déclaré : « Je ne vais pas inventer un programme de lutte contre le terrorisme en une nuit ». Après deux ans d'attentats terroristes ininterrompus sur le territoire français, le candidat à la présidence de la République considère les problèmes de sécurité du pays comme quantité négligeable.

L'« affaire Mohamed Saou » est exemplaire du peu de cas que fait Emmanuel Macron de l'islamisme. Le 6 avril, en pleine campagne présidentielle, Barbara Lefebvre, professeur et auteur de livres sur l'islamisme, a révélé au public de L'Emission Politique (France 2), la présence d'un islamiste notoire, Mohamed Saou, dans l'équipe de campagne de Macron. Ce responsable départemental du mouvement « En Marche » avait tweeté « Je n'ai jamais été et je ne serai jamais Charlie » en septembre 2016. Un an plus tôt, il partageait un message Facebook de Marwan Muhammad, le directeur du controversé Comité contre l'islamophobie en France (CCIF).

Sentant venir un scandale potentiel, Macron a demandé à Saou de renoncer à ses fonctions dans l'organisation d'En Marche. Mais le 14 avril, invité à Beur FM, une station de radio française musulmane, Macron croyant être hors antenne, a été surpris à déclarer : « Non, mais il a fait un ou deux truc un peu plus radicaux, c'est ça qui est compliqué. Mais à côté de ça, c'est un type très bien, Mohamed. Et c'est pour ça que je ne l'ai pas viré ».

Un type très bien en effet puisqu'il avait pour fonction de rallier les voix musulmanes de son département à Emmanuel Macron.

Saou est-il un cas isolé ? Bien sûr que non. Le 28 avril, Mohamed Louizi, auteur du livre Pourquoi j'ai quitté les Frères Musulmans, a publié sur Facebook un article détaillé en noms, dates et photos, accusant Macron d'être un « l'otage du vote islamiste ». Republié par Dreuz, un site chrétien anti-islamiste, l'article de Louizi développait l'idée que le mouvement En Marche était largement infiltré par les Frères musulmans. Il sera intéressant de compter combien d'entre eux seront candidats du mouvement de Macron aux prochaines élections législatives.

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Le 24 avril, l'Union des organisations islamiques de France (UOIF), connue pour être le représentant tricolore des Frères musulmans, a, dans un communiqué, « enjoint » les « musulmans de voter contre les idées xénophobes, antisémites et racistes du Front National, et appelé à voter massivement pour Monsieur Macron. »

Pourquoi ?

Il serait bien sur absurde d'affirmer que Emmanuel Macron est un promoteur patenté de l'islamisme et du terrorisme en France. Mais il est plus juste et plus politiquement correct de dire qu'il est un « mondialiste » et un « partisan déclaré du multiculturalisme ». En tant que tel, il ne considère pas l'islamisme comme une menace nationale parce que, pour lui, la nation française ou, comme il l'a dit, la culture française n'existe pas réellement. Macron a en effet nié que la France avec son histoire et sa culture n'a pas d'existence réelle. Le 22 février, en visite aux expatriés français à Londres, Macron a déclaré : « La culture française n'existe pas, il y a une culture en France et elle est diverse ». En d'autres termes, sur le territoire français, la culture française et les traditions françaises n'ont aucune priorité par rapport aux cultures immigrées importées. Le même jour, à Londres, il a ajouté : « l'art français? Je ne l'ai jamais rencontré ».

Multiculturaliste et politicien, Macron ne s'adresse pas à la population française mais à des publics segmentés. En Algérie, Macron a déclaré que la colonisation française était un « crime contre l'humanité » pour séduire les votes des citoyens français d'origine algérienne. Mais au magazine Causeur dont les positions anti-islamistes sont connues, il déclare :« La France n'a jamais été et ne sera jamais un pays multiculturel ».

Désormais président, Macron ne pourra plus tenir ces discours multiples et contradictoires. Mais les Français qui tiennent à leur culture, à leur langue, à leur patrimoine historique ainsi qu'à l'idée qu'ils se font de leur pays pourraient bien avoir quelques déceptions.

Yves Mamou est journaliste et auteur basé en France. Il a travaillé pendant deux décennies pour le quotidien Le Monde, avant sa retraite.

Macron ou le crépuscule de la France

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Macron ou le crépuscule de la France

par Yvan Perrin

Ancien Conseiller National (Suisse)

Ex: http://www.lesobservateurs.ch  

Emmanuel Macron a réussi son pari, il présidera aux destinées de la France durant les cinq prochaines années. Sa tâche ne sera guère aisée au vu du champs de ruines dont il hérite ce jour. Après un quinquennat Hollande qui aura permis à Flamby de pulvériser les records d'impopularité, il y a eu la campagne présidentielle. Ce fut l'occasion de constater à quel point la classe politique est gangrenée par ces hommes et ces femmes qui se remplissent les poches après avoir voté les lois qui le leur permettent. Sous couvert de légalité du style "tout le monde le fait", on bouffe à tous les râteliers de la République, ceci sans le moindre souci pour le peuple à qui on ne donne la parole que lors d'élections très encadrées comme le souhaitait le Général de Gaulle. Nul doute que cette campagne nauséabonde ne contribuera guère à la popularité du monde politique au sein de la population.

Aujourd'hui, on mesure le caractère visionnaire de Georges Simenon lorsqu'il rédige son roman "Le Président" en 1957. Son personnage principal, incarné au grand écran par l'immense Jean Gabin, s'exclame à l'Assemblée nationale : "une campagne électorale coûte cher mais pour certaines grosses sociétés, c'est un placement amortissable en quatre ans…" Dans le cas présent, c'est durant cinq ans au moins que les promoteurs d'Emmanuel Macron auront l'occasion d'encaisser de juteux bénéfices sur leur investissement. Le poulain de François Hollande, pur produit de la haute finance, veillera consciencieusement, à remercier ses généreux sponsors dès son entrée en fonction. L'homme prévoit de gouverner par décrets, étant d'ores et déjà conscient que ses rapports avec le parlement seront compliqués. Après le verdict du jour, toute la classe politique a les yeux fixés sur les législatives de juin, élections qui dessineront la future représentation du peuple. On ne court pas grand risque à imaginer que l'homme d'En Marche ne disposera que d'une majorité de bric et de broc, composée d'élus intéressés qui marchanderont âprement leur soutien en échanges de prébendes diverses et variées.

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Le nouveau président trouvera très vite ses limites, coincé entre un parlement hétéroclite et la rue où se joueront les prochaines décisions. Fort de son score au premier tour, Jean-Luc Mélenchon entend bien rester à la tête de la gauche authentique après le naufrage du parti socialiste dont la part de marché n'a jamais été aussi faible. Pour conserver son ascendant sur un monde communiste traditionnellement malcommode, Mélenchon va devoir multiplier les actions faisant de lui le véritable représentant du monde du travail. On peut lui faire confiance, l'homme a du talent, du bagout et un culot extraordinaires. Tout ce qu'il faut pour mobiliser les foules à chaque fois qu'une décision gouvernementale le contrariera, ce qui, compte tenu de son caractère, se produira fréquemment.

Comme si tout cela ne suffisait pas, Emmanuel Macron devra répondre aux attentes de la communauté musulmane qu'il a flattée dans le sens du poil depuis des mois, multipliant les déclarations d'amour à une religion dont certains disciples endeuillent régulièrement les rues. Rien d'étonnant de la part d'un personnage qui a nié la culture française, estimant qu'il y a au contraire une culture en France qui serait diverse. Douce musique aux oreilles chatouilleuses de ces islamistes qui ont fait de la destruction des valeurs de la République leur objectif revendiqué. Par ses propos faisant l'éloge du communautarisme, Emmanuel Macron a surtout fait preuve d'une inculture crasse, contestant le Siècle des Lumières et ses philosophes de même que la Déclaration des Droits de l'Homme issue de la Révolution.

Compte tenu de ces divers facteurs contrariants, Emmanuel Macron sera à la Vème République ce que Louis XVI fut aux Capétiens, le dernier d'une lignée qui compta de grands hommes avant de sombrer dans la médiocrité. Dépourvu d'expérience politique, vendu à la fois au grand capital et à l'islam, le héros du jour ne va pas tarder à donner raison à Jean Giraudoux qui disait de la France qu'elle est une bureaucratie tempérée par l'instabilité gouvernementale.

La Côte-aux-Fées, le 7 mai 2017                                                                       

Yvan Perrin

lundi, 08 mai 2017

La misère Macron...

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La misère Macron...

par Richard Millet

Ex: http://metapoinfos.hautetfort.com

Nous reproduisons ci-dessous une chronique de Richard Millet, cueillie sur son site personnel et dans laquelle il évoque Emmanuel Macron, le probable vainqueur de l'élection présidentielle...

Auteur de La confession négative (Gallimard, 2009) et de Tuer (Léo Scheer, 2015), Richard Millet vient de publier aux éditions Léo Scheer un roman intitulé Province.

La misère Macron

La macronisation de la France est en bonne voie. L’unanimité s’est constituée autour de lui, comme en toute période de crise, ou de pré-dictature ; et Marine Le Pen, censée menacer des « valeurs républicaines » pourtant bien faisandées, ne fait que resserrer davantage cette unanimité. Macron est donc le nom d’une unanimité qui ne reflète nullement la « décomposition du champ politique », comme on peut le lire ça et là ; c’est même tout le contraire qui a lieu : la coalition médiatico-politique et financière se porte mieux que jamais ; elle s’adapte à toutes les situations, y compris à la mort d’une forme de bipartisme qui ne trompait personne, au sein de l’enfumage démocratique. Ne créant plus l’Histoire, la démocratie européenne fabrique de l’événementiel, en l’occurrence un prétendu enjeu, alors que Macron est d’ores et déjà président de la République, parce que le Système le veut.Ainsi voit-on une nouvelle clique de politicards de gauche, du centre et de droite se convertir au macronisme, applaudis par une claque d’acteurs, de chanteurs, de sportifs, d’essayistes mondains, de financiers et d’écrivassiers qui, alors qu’on est sorti du symbolique pour vivre uniquement dans l’économique, ont tous leur mot à dire sur le danger de revivre « les heures les plus sombres de notre histoire » ; on fait parler les morts, ou les demi-morts tels le Marocain Ben Jelloun qui y va de sa plume de dromadaire pour exhorter Macron à être plus de gauche, tandis que les éditorialistes font croire qu’il y a là un enjeu civilisationnel, à tout le moins un « débat », et un suspense.

MacCar1.jpgEn vérité, les jeux sont faits, parce que Macron est tout ce qu’on veut : de gauche, de droite, du centre, hétéro, homo, gendre idéal, fils rêvé, intello, pragmatique, « prodige », marié avec sa mère, mais pas encore père, et tout dévoué pour finir d’évacuer l’idée de nation française dans un « espace France » ouvert au grand rut migratoire et à la soumission. Macron est vide ; mais c’est un vide sémillant, donc acceptable. Macron n’est qu’un Fillon qui a 25 ans de moins que l’ex-candidat de la droite officielle, pour qui il était impossible de voter, me dit une amie, depuis qu’on avait appris que ses discours étaient réécrits par une ordure telle que Macé-Scaron. Ce simple fait en dit long sur la décomposition morale d’une France où les musulmans s’apprêtent à voter pour Macron – raison suffisante pour ne pas le soutenir, me dit encore cette amie ; car partager un bulletin de vote avec un musulman est non seulement une faute, mais une soumission au muezzin du totalitarisme mondialisé.

Si l’on pouvait souhaiter la victoire de Marine Le Pen (à supposer que celle-ci veuille vraiment le pouvoir, et non la puissance de l’opposition), c’eût été uniquement pour qu’il se passe enfin quelque chose : l’état insurrectionnel que ne manquerait pas de déclencher son élection, et qui amènerait un groupe d’officiers catholiques à prendre le pouvoir pour mettre de l’ordre dans un pays prostitué à l’audimat politico-culturel.

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Redisons-le : nul candidat n’a posé les vraies questions – celle qui agite en profondeur la France et l’Europe : l’immigration de masse, principalement musulmane. L’oligarchie règne toujours sur les faibles d’esprit qui constituent le « peuple », du moins ce qu’en daignent montrer les médias. Un peuple qui ne se révolte plus pour dire ce qu’il est et chasser les intrus n’est plus un peuple.

La seule bonne nouvelle, dans ce désastre, est la découverte d’une larve capable de digérer la matière plastique. L’humanité sauvée non par la démocratie mais par une larve ? Les larves humaines devant leur salut à un ver ? Nous sommes non plus chez Macron, qui serait, lui, de l’ordre du plastique, mais chez Pascal : sans Dieu, l’homme n’est qu’une larve. Macron est le nom de cette misère.

Richard Millet (Site officiel de Richard Millet, 1er mai 2017)

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jeudi, 27 avril 2017

Emmanuel Macron a été élu sur une escroquerie intellectuelle, morale, politique et médiatique

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Emmanuel Macron a été élu sur une escroquerie intellectuelle, morale, politique et médiatique

La crise fondamentale que traverse actuellement la France ne fait que s’aggraver, selon François , candidat à l’élection présidentielle, qui se penche sur les résultats du premier tour.

macron-prof-13-sept-2016.jpgRT France : Quelle est votre lecture des résultats du premier tour de la présidentielle ? Que signifie le fait que les candidats des deux partis de gouvernement n’aient pas été qualifiés pour le deuxième tour ?

François Asselineau (F. A.) : Il y a une crise fondamentale en France qui ne fait que s’aggraver, une crise politique, économique, sociale et morale. A mon avis, la France est en train de foncer vers le désastre. Si les Républicains et le Parti socialiste ont perdu, il y a eu des raisons : François Fillon aurait été élu, s’il n’y avait pas eu ces affaires. S’ils n’ont pas été élus, c’est parce que les Français n’admettent plus les politiques qui leur sont imposées. Les Français n’ont pas encore bien compris que l’origine de ces politiques est l’Union européenne, l’ et l’. J’ai essayé de faire passer ce message, malheureusement les élections en France sont truquées. On l’a distingué en permanence dans tous les . Il y a eu de grands candidats et des petits. Les derniers ont tous fait 1% des voix, parce que pendant plusieurs semaines ils avaient eu droit à 0,9% du temps de parole. En revanche, les prétendus grands candidats ont eu accès à un très grand nombre d’heures et de couverture médiatique. La situation politique française est donc verrouillée. Les Français ont finalement choisi deux personnalités : Emmanuel , parce que les médias n’ont pas arrêté de le promouvoir et Marine Le Pen, parce qu’elle est considérée comme le seul adversaire parmi les grands candidats.

RT France : Comment expliquez-vous la victoire d’Emmanuel Macron au premier tour ?

F. A. : Il a bénéficié d’une couverture énorme. Ce n’est pas moi qui le dit, les Américains ont inventé un système, et ils ont découvert une espèce de loi électorale : plus on promeut quelqu’un, plus quelqu’un passe dans un média pendant des centaines d’heures, plus il a de bulletins dans les urnes. C’est comme une publicité, c’est comme un lavage des cerveaux. Tout au long de l’année 2017 Emmanuel Macron a bénéficié d’une propagande inouïe, à un moment il a obtenu pendant une semaine jusqu’à 75% du temps de parole réservé pour les responsables politiques sur BFM. Malheureusement, il y a des Français qui se sont laissé impressionner. 23% ce n’est pas énormément non plus, pas vraiment considérable, mais cela a suffi pour qu’il arrive en tête. On ne sait pas très bien ce qu’est son programme. Et quand on le saura, les Français ne seront pas du tout d’accord avec ce programme. Il a donc été élu sur une escroquerie intellectuelle, morale, politique, médiatique. On a fait croire aux Français que c’était quelqu’un de nouveau, qui devait remettre du dynamisme en France, alors qu’il a travaillé pendant cinq ans auprès de François Hollande. Il s’agit un petit peu de recycler François sous une autre forme.


En savoir plus sur https://www.onsaitcequonveutquonsache.com/emmanuel-macron-a-ete-elu-sur-une-escroquerie-intellectuelle-morale-politique-et-mediatique/#2RdgmoZ1ZlLw0ztB.99

Asselineau sur la présidentielle: «La France est en train de foncer vers le désastre»

La crise fondamentale que traverse actuellement la France ne fait que s’aggraver, selon François Asselineau, candidat à l'élection présidentielle, qui se penche sur les résultats du premier tour.

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mardi, 25 avril 2017

Elections présidentielles françaises : un échec collectif

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Elections présidentielles françaises: un échec collectif

par Thomas Ferrier

Ex: http://thomasferrier.hautetfort.com 

A l’issue d’une campagne pénible, polluée par les interventions de la justice, où onze candidats, dont quatre étaient réduits au simple témoignage, se sont affrontés, le premier tour a abouti au duel Macron / Le Pen, celui-là même que tous les sondages indiquaient depuis plusieurs semaines, mais l’ordre prévu a été inversé. Aucun candidat, même les deux finalistes, ne peut s’estimer être sorti vraiment vainqueur de cette confrontation.

Avec 24,01% des voix, Emmanuel Macron est sorti finalement en tête, en ayant bénéficié d’un report de voix favorable à la fois de la droite du PS, du centre et de la gauche de LR, mais aussi d’un soutien médiatique sans faille et de l’action des réseaux Hollande. Candidat créé artificiellement par le système politico-médiatique, sans assise populaire, n’ayant jamais été candidat à la moindre élection même locale, représentant par excellence de la bobocratie, il a su donner l’illusion d’être un homme neuf, libre de tout appareil politicien comme des fameuses « Primaires » qui ne survivront sans doute pas à 2017. En réalité, il a été soutenu par les plus démonétisés et « has been » de la classe politique française, de Robert Hue à Alain Madelin, et par tous les « philosophes » du conformisme le plus béat.

Avec 21,3% des voix, Marine Le Pen réussit à accéder pour la première fois au second tour d’une élection présidentielle. Sa présence était prévue par tous les instituts de sondage depuis plus d’un an, mais en tête et plus près des 27% que des 20%. Or elle a bien failli être éliminée, François Fillon obtenant 20,01% des voix et Jean-Luc Mélenchon 19,58%. Les sondages montraient en effet cette dernière semaine un tassement des intentions de vote en faveur de Marine Le Pen. Les raisons de cette contre-performance sont multiples.

Elle a été concurrencée sur le terrain du vote protestataire par Jean-Luc Mélenchon, sur le terrain de l’Europe, où Nicolas Dupont Aignan a proposé un souverainisme modéré, renonçant à tout départ de l’UE ou de tout abandon de l’euro, et enfin sur le terrain des valeurs conservatrices par François Fillon. Ce dernier a repris à droite ce qu’il a perdu au centre, mais de manière insuffisante. Son pari insensé, alors que l’affaire « Pénélope » l’avait plombé, a bien failli réussir. Il était néanmoins difficile de penser qu’il pourrait vaincre Macron. Certains ont ainsi proposé un vote stratégique, en cherchant à opposer Marine Le Pen et Fillon au second tour, garantissant ainsi l’élimination de la gauche et du candidat médiatique Macron.

D’autres raisons ont pu amener à décourager certains électeurs en sachant que 80% de ceux-ci ont voté Marine Le Pen pour signifier leur opposition à l’immigration sous-entendue extra-européenne. Les prises de position en faveur d’une coopération avec l’Afrique, les aides annoncées aux DOM-TOM, message qui a été fort bien entendu par les domiens par ailleurs, sa modération sur l’islam, devenu compatible avec la république selon elle, auront déstabilisé certains électeurs. Elle aura aussi subi les effets pervers de la dédiabolisation, faisant apparaître Jean-Luc Mélenchon comme davantage contestataire du système en place qu’elle-même. Ses positions sur l’Union Européenne et l’euro ont maintenu entre elle et l’électorat de droite un cordon sanitaire naturel.

La surprise est venue du vote des DOM en sa faveur. 23,5% à la Réunion, 27,3% à Mayotte (île à 99% bantoue et musulmane), 32,5% en Polynésie Française ou encore plus de 25% en Guyane. Une façon de marquer leur sentiment d’appartenance à la France ? Ou bien plutôt la marque des « vertus » de la démagogie socialisante sauce mariniste dans ces territoires ? A Paris, elle ne fait que 5% des voix, score lamentable, pour 12,6% en moyenne en Ile de France. L’ouest reste rétif (15,3% en Bretagne seulement), l’Est, le Nord et le sud-est sont forts. La Corse voit le FN atteindre presque 28% des voix, les nationalistes n’hésitant pas à la soutenir au niveau national alors qu’ils la rejettent au niveau régional.

Fillon échoue de peu, n’ayant néanmoins jamais réussi à remonter la pente. Mélenchon absorbe la gauche du PS sur une ligne plébéienne où il incarne un côté robespierrien, évoquant sa « patrie bien aimée » dans un étrange discours de défaite.

Avec 6,36% des voix, le candidat du Parti Socialiste, Benoît Hamon, prend une correction dans les urnes. Pris en tenailles entre un Mélenchon qui pouvait espérer le second tour et un Macron rejoint par plusieurs ténors du PS, il était contraint à faire de la figuration. Le score du PS laisse augurer d'une future extinction.

Nicolas Dupont-Aignan, avec 4,7% des voix, échoue de peu à voir sa campagne remboursée. Cette perte financière va certainement limiter ses ambitions qu’il annonçait immenses au moment des résultats. Il n’a pas apporté de soutien à Marine Le Pen dimanche soir. Il est douteux qu’il le fasse car cela signifierait un ralliement implicite, dans un contexte où la dédiabolisation du FN a échoué, même si l’anti-fascisme de bazar semble adouci par rapport à 2002, car aucun dirigeant politique, aucune personnalité, n’a annoncé son soutien à la candidate du FN.

Le sympathique quoique peu audible Lassalle sort premier des petits candidats avec 1.2% des voix. Les gauchistes Poutou (1,09%) et Arthaud (0,64%) montrent la réalité électorale de leur activisme de rue, à savoir qu’ils ne représentent personne. Avec 0,92% des voix, Asselineau réalise une performance pour quelqu’un de parfaitement inconnu du plus grand nombre en dehors des réseaux sociaux, même si son score reste très modeste. L’européiste identitaire que je suis ne va pas pleurer sur son sort.  Cheminade, n’ayant obtenu que 0,18% des voix seulement, la colonisation de Mars prend du plomb dans l’aile.

Au second tour, Marine Le Pen peut espérer un report favorable des électeurs de Dupont-Aignan, d'au moins la moitié des électeurs de François Fillon du premier tour, d'une petite part de mélenchonistes. Elle devrait pouvoir dans un contexte gauche/droite réunir 40% des voix, si comme tout le laisse penser, beaucoup de gens de gauche répugnent à voter pour Macron et restent chez eux. Ses chances réelles de victoire sont néanmoins très faibles.

Enfin un troisième tour, avec les élections législatives, peut laisser espérer à la droite classique de prendre sa revanche. Il est douteux que le mouvement "En marche", très composite et sans colonne vertébrale, puisse réunir autour de lui une majorité, à moins d'une "grande coalition" très hypothétique au centre.

Thomas Ferrier (Le Parti des Européens)

jeudi, 20 avril 2017

Euro : révolver sur la tempe de Marine Le Pen

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Euro : révolver sur la tempe de Marine Le Pen

par Guillaume Faye

Ex: http://www.gfaye.com 

Et c’est elle qui a armé le barillet : son projet de sortie de l’euro,    risque de lui interdire une victoire possible au second tour, en détournant une partie déterminante de son électorat potentiel. Pourtant, déjouant les pronostics, après le lamentable épisode Fillon, qui aurait pu fissurer le ”plafond de verre” empêchant Marine Le Pen de l’emporter au second tour, une promesse de victoire n’était pas impossible. Mais voilà… la gaffe de la sortie de l’euro fait peur.

Le fragile atout de Marine : TSM, ” tout sauf Macron ! ”

Face à Fillon au second tour, Marine Le Pen perd. Contrairement à la propagande des médias (pro–Macron à 80%), opposée à Macron, elle peut vaincre. Car en cas de duel au second tour Fillon – MLP, cette dernière serait éliminée à coup sûr, tous les électeurs de Macron et des autres candidats de gauche se reportant sur Fillon, selon la discipline du ”front républicain”. En revanche, un second tour Macron–MLP pourrait voir Marine Le Pen l’emporter : parce qu’une partie de l’électorat Fillon  ne voterait pas Macron, l’héritier de Hollande, mais MLP, par hostilité à cet intrigant, perçu comme un imposteur. Défenseur d’idées laxistes pro–immigration, cosmopolites et francophobes snobs, partisan de la ”discrimination positive”, euphémisme pour racisme institutionnel anti–Français de souche, accusant son propre pays de ”crimes contre l’humanité”, silencieux sur le génocide des chrétiens d’Orient, affirmant l’inexistence d’une ”culture française”, le candidat Macron peut ne pas bénéficier d’un report de voix de la droite filloniste face à MLP. Donc, contrairement aux sondages peu crédibles, Marine Le Pen, récoltant une partie de l’électorat Fillon (”tout sauf Macron !”) pourrait  faire un score légèrement supérieur au faux nez de Hollande et …être élue à l’Élysée.

À ce propos, on notera qu’au cours de ses meetings, Fillon fait très aisément siffler Macron mais échoue lamentablement à faire siffler Marine Le Pen. 

Mais cette chance historique de la présidente du FN d’accéder à l’Élysée est plombée par son programme fébrile de sortie de l’euro, qui s’ajoute à son projet économique ultra–conservateur de gauche, dans le prolongement de la léthargie socialo–étatiste des Mitterrand, Chirac, Sarkozy et Hollande, voire flirtant avec les momies marxistes Mélenchon et Hamon. Son électorat ne comprend pas : la sortie de l’euro n’est vraiment pas pour lui la priorité…    

Mais avant de critiquer Marine Le Pen, critiquons l’euro

L’euro était une fausse bonne idée. Associer dans une monnaie commune des économies très divergentes, n’était pas une décision économique rationnelle, mais purement politique. L’euro est un projet allemand de domination économique cynique. La France (le naïf Giscard) a suivi le projet par romantisme européiste. L’euro n’était – et n’est toujours– ni plus ni moins que le mark, camouflé sous un faux nez. D’ailleurs, la parité a été fixée à l’époque à 1€ = 2 DM et le siège de la BCE qui gère l’euro est à Francfort. Quelle coïncidence… 

Un des effets pervers de l’euro a été qu’il a permis de faire baisser les taux d’intérêts des emprunts internationaux – grâce à la politique de la BCE de Francfort–  et donc d’encourager à s’endetter de manière irresponsable, notamment les États français et grec, les plus pusillanimes et gauchisés d’Europe. Il ne fallait pas créer l’euro, mais, c’est trop tard : il serait dévastateur de sortir brutalement de cette énorme machine, de ce monstre monétaire. On doit malheureusement faire avec. Et le réformer progressivement. Modifier l’euro de l’intérieur (comme l’UE) serait plus pertinent que revenir à un ”nouveau franc” folklorique : ce remède enfantin serait pire que le mal. 

MLP a parfaitement raison de critiquer la catastrophique Europe de Bruxelles. Elle pose de bonnes questions, mais apporte de mauvaises réponses. Son projet mal ficelé de sortie  inquiète son électorat ; ce qui risque de lui retirer quelques points  fatidiques qui lui permettraient de franchir la barre des 50% au second tour. N’oublions pas que, selon les sondages – qui ne se trompent que de quelques  points dans le pire des cas – 72% des Français ne veulent surtout pas sortir de l’euro. Le pari de Marine Le Pen de renverser cette tendance lourde est impossible à gagner.  

Très graves inconvénients d’une sortie de l’euro

La sortie de la France de l’euro, même négociée –forcément mal–, serait très aventureuse. Elle provoquerait tout d’abord dans les six mois une dévaluation d’au moins 25% du ”nouveau franc”. Tous les détenteurs d’avoirs, particuliers ou entreprises modestes, perdraient une grande partie de leur épargne ou capital. 

D’autre part, cette dévalorisation du ”nouveau franc” générerait une puissante inflation par la hausse de prix des produits importés et même des produits fabriqués en France puisque ces derniers incorporent de nombreux composants importés. D’où une baisse du pouvoir d’achat. La fuite des capitaux, des cerveaux et des compétences s’accroîtrait. Le contrôle des changes serait rétabli. Les détenteurs d’assurance–vie subiraient une limitation de retirer leur épargne, ajoutée à sa dévalorisation fiduciaire.  

« Un projet de sortie de l’euro indissociable d’un défaut sur la dette française […] implique une explosion du chômage et de l’inflation ainsi qu’une chute d’au moins 20 % du pouvoir d’achat des Français », affirme Nicolas Baverez (Le Figaro, 17/ 04/ 2017). Certes, à son habitude, ce catastrophiste patenté exagère peut-être, mais les conseillers économiques du Front national sont–ils vraiment compétents ? 

Quitter l’euro et le remplacer par ”un nouveau franc”, préviennent les deux agences de notation Moody’s et Standard & Poor’s – qu’on peut ne pas aimer mais dont les prévisions ont très rarement été mises en défaut – reviendrait à mettre la France en cessation de paiement à l’image de la Grèce ou jadis de l’Argentine. Cela impliquerait non seulement de ne plus pouvoir rembourser les intérêts de la dette, mais ne plus pouvoir emprunter. Donc être obligé de cesser de payer à 100% les 6 millions de fonctionnaires et agents publics et autres millions de retraités de ce secteur. Sans parler de la Sécu, endettée jusqu’au cou, qui cesserait de fonctionner, faute de liquidités.

Le pays pourrait être acculé à la faillite. En effet, c’est tout bête : si vous ne pouvez plus rembourser vos créanciers, vous ne pouvez plus continuer à leur emprunter. Et aucun État ne peut forcer les ”marchés”  à lui prêter !  

En cas de sortie effective de l’euro et de son remplacement par une ”nouveau franc”, les premières victimes seraient – non pas les très riches ou les multinationales  – mais les classes moyennes modestes et les petites entreprises, qui verraient s’effondrer la valeur de leurs avoirs, transcrits dans une monnaie dévalorisée. 

Le sophisme de retrouver la ”souveraineté monétaire”

Les arguments en faveur du retour au franc s’appuient sur les exemples du franc suisse, de la couronne suédoise ou de la livre sterling, monnaies de pays prospères qui n’ont jamais adopté l’euro ni inconsidérément changé de monnaie ! Le problème, c’est la mutation monétaire de l’euro, grande monnaie (mal) mutualisée, vers une nouvelle monnaie ressuscitée – le franc – qui ne bénéficierait plus d’aucune confiance ou crédibilité internationales. La réincarnation d’un ectoplasme.    

La candidate MLP, en rétablissant le franc, argumente qu’elle rendra à la France sa « souveraineté monétaire ». Rien de moins sûr avec les étranglements que provoquerait le retour au franc, notamment la mise sous tutelle du pays par le FMI et les autres créanciers, du fait d’une explosion de la dette (dévalorisation du franc et majoration des taux d’intérêt) et de l’impossibilité de la rembourser en euros, la monnaie où elle a été libellée.

Un retour forcé au franc, qui deviendrait une monnaie de singe, aurait exactement l’effet inverse : l’esclavage monétaire. Et l’humiliation de mendier des crédits à la BCE.  La raison (principe de réalité) est que la France est endettée jusqu’au cou auprès des créanciers étrangers  – et non pas nationaux comme le Japon, la Chine et les USA– et qu’un retour au franc signifierait une mise sous tutelle internationale, de notre pays  à l’économie objectivement socialiste.

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Brexit et Frexit : rien à voir

Marine Le Pen a beau expliquer quelle serait ”sage”, qu’elle négocierait avec Bruxelles, l’Allemagne et nos autres partenaires une sortie en douceur de la France de l’euro et une sorte de ”Frexit”, bien peu croient à ce scénario Blanche–Neige. Elle fustige les mauvais prophètes qui prédisaient une catastrophe en cas de vote pour le Brexit. Elle compare un Brexit qui, pour l’instant, ne se passe pas trop mal à un Frexit (France exit, sortie de la France de l’UE). Mais ça n’a rien à voir ! Comparaison n’est pas raison. La Grande Bretagne n’a jamais été réellement membre de l’UE. Elle ne participe ni à l’euro, ni à Schengen et bénéficie d’un régime financier dérogatoire depuis Mme Thatcher.     

Si Marine Le Pen est élue, elle a peu de chance de parvenir à un abandon de l’euro par la France. (D’autant qu’elle risque de ne pas avoir de majorité parlementaire ni de majorité populaire en cas de référendum sur la sortie de l’euro) et de l’UE). Mais  cette éventualité peut créer un vent de panique sur les marchés, provoquant une fuite des capitaux et un recul des investissements en France, causes supplémentaires de destructions d’emplois.

Sortie de l’euro : préoccupation marginale dans l’électorat FN

Alors que Marine Le Pen et le Front national avaient un boulevard devant eux en se présentant comme le seul espoir crédible face à l’invasion migratoire incontrôlée, à l’islamisation massive, à la destruction de l’identité nationale, à l’explosion de la criminalité et de l’insécurité, à l’effondrement de l’école publique, à la marginalisation de la ”France périphérique”, voilà qu’ils se focalisent sur des sujets mal travaillés comme la sortie de l’euro. Ces positions inquiètent les classes populaires, qui craignent un aventurisme d’amateurs et redoutent que le FN, dans son obsession anti–euro, ait oublié leurs préoccupations centrales.  

Une majorité de Français, y compris parmi les nostalgiques du franc et de la souveraineté monétaire française, redoute une sortie de la France de l’euro, par réalisme. Et surtout pour leurs propres économies ! L’assurance–vie est plus importante que l’idéologie…

Le vote FN est motivé par l’immigration, pas par l’euro !  

La motivation du vote FN chez les classes populaires, mais pas seulement, est d’abord la révolte silencieuse contre l’immigration invasive et l’islamisation avec ses conséquences innombrables qui pourrissent la vie de millions de nos concitoyens modestes. La sortie de l’euro avancée comme priorité par MLP leur apparaît donc comme un projet très secondaire, voire utopique et dangereux pour leurs modestes économies. Ce n’est pas qu’ils soient attachés à l’euro ou à l’UE actuelle, très loin s’en faut, mais ils pensent que l’acharnement de MLP contre l’euro et l’UE est une obsession qui ne correspond pas à leurs  préoccupations centrales. Elle risque donc de perdre des milliers (euphémisme) de voix qui lui était acquises. 

Surtout avec ce scénario de référendum : une telle consultation sur la sortie de l’euro et de l’UE, proposée par MLP de manière inconséquente, serait suicidaire pour elle si elle était élue présidente  de la République. Car un ”non” serait probable et la carboniserait, la forçant à démissionner, avec un bonnet d’âne sur la tête et la mort du Front national.  

La confusion des priorités dessert gravement le FN

Les classes populaires françaises se méfient des mesures ”sociales” collectivistes et utopiques qui abondent dans le programme du FN ; elles exigent d’abord, parce qu’elles sont en première ligne, une protection contre l’immigration invasive, l’insécurité endémique qu’elle provoque et les transferts financiers à leur détriment et au bénéfice des aliens.

Marine Le Pen fait de la sortie de l’euro ce qu’elle croit être un  point fort alors que c’est un point faible. Elle s’est enferrée dans un scénario ingérable de référendum et de démission de sa part si elle le perd, ce qui est l’hypothèse la plus probable. Personne n’y comprend plus rien.  

Plutôt que la sortie de l’euro, il fallait un plan astucieux, ”gaullien”, de désobéissance aux institutions de l’UE (Commission, Cour de Justice, Conseil, etc.) selon le principe machiavélien du fait accompli. Mais surtout pas un chantage enfantin qui, finalement, rassure ses ennemis.     

Dans l’urgence, il faut que Marine Le Pen amende son discours sur la sortie de l’euro (pas sur sa critique de l’UE, bien au contraire) en rassurant une partie indispensable de ses électeurs. Elle devrait aussi abandonner cette psychorigidité perdante qu’elle a exprimée dans une interview au Figaro  du 18 avril : la rédaction lui demande si elle ”partirait” (démissionnerait de sa présidence) en cas d’échec de son référendum sur la sortie de l’UE et de l’euro. Elle répond de manière affligeante : « je ne considère pas la politique comme du rodéo, où il faut à tout pris rester sur son cheval ».

Ce qui signifie : je me laisserai tomber de mon cheval si je suis désarçonnée, je démissionnerai sans me battre si je perds mon référendum. Tout ou rien. Ce n’est pas très enthousiasmant. Je voterai tout de même pour elle, mais sans illusions.   

mercredi, 29 mars 2017

Le tiers inclus nord-irlandais

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Le tiers inclus nord-irlandais

Georges Feltin-Tracol

Ex: http://synthesenationale.hautetfort.com 

Le 2 mars dernier, les électeurs de l’Irlande du Nord (ou Ulster pour les loyalistes britanniques) élisaient leur Parlement régional d’une manière anticipée. Née en 1921 au lendemain de la signature du traité anglo-irlandais qui fondait l’État libre irlandais (Eire) afin de satisfaire la minorité protestante unioniste orangiste alors dominante dans les six comtés du Nord-Est de l’île, l’Irlande du Nord connut une vraie guerre civile de 1969 à 1998 entre les républicains catholiques, les orangistes protestants et leurs alliés, les forces britanniques qui se comportèrent en véritable troupe d’occupation.

L’abandon progressif de la lutte armée et des attentats par l’IRA permit la conclusion des Accord du Vendredi Saint en 1998 et le début d’une période d’apaisement. Le régime d’autonomie régionale favorisa même en 2007 l’impensable, à savoir une coalition gouvernementale entre les anciens ennemis les plus farouches : les unionistes radicaux du pasteur Ian Paisley, nouveau Premier ministre, et le Sinn Fein de Martin Mc Guiness, un ancien chef de l’IRA désigné comme vice-Premier ministre ! Cette entente s’est brisée en décembre 2016. Malade, Mc Guiness démissionna pour protester contre le détournement de subventions publiques au profit des héritiers politiques de Paisley (NDLR SN : il est décédé la semaine dernière).

Hostile au « Brexit » à 55,8 %, l’Irlande du Nord voit avec inquiétude le retour probable d’une frontière terrestre avec l’autre Irlande. Or la population catholique en Ulster sera bientôt majoritaire. L’éventualité d’une réunification de l’île s’éloigne cependant surtout si l’Écosse n’obtient pas son indépendance. Il faut toutefois prendre en compte une nouvelle donnée démographique qui modifie le face-à-face habituel en faveur d’un tiers inclus surprenant. L’Irlande du Nord enfin pacifiée a bénéficié à la fois du dynamisme économique du « Tigre celtique » et des nombreuses aides régionales de l’Union pseudo-européenne. L’Ulster a donc non seulement attiré des Polonais, des Baltes et des Roumains, mais aussi des masses allochtones extra-européennes, en particulier une importante communauté musulmane indo-pakistanaise.

Si les premiers immigrés allogènes se faisaient discrets, leurs enfants se montrent, eux, plus revendicatifs et, comme à Londres, à Édimbourg ou à Cardiff, soutiennent un multiculturalisme dément et l’instauration progressive de la charia. Leurs exigences irritent autant les républicains que les orangistes qui découvrent avec surprise et effroi qu’un troisième larron vient d’entrer en scène…

• « Chronique hebdomadaire du Village planétaire », n° 26, diffusée sur Radio-Libertés, le 24 mars 2017.

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mardi, 28 mars 2017

Elections parlementaires aux Pays-Bas: Geert Wilders a-t-il échoué?

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Elections parlementaires aux Pays-Bas: Geert Wilders a-t-il échoué?

par Thomas Ferrier

Ex: http://thomasferrier.hautetfort.com 

Avec 13,1% des voix (+ 3 points) et 20 sièges (+5), le PVV de Geert Wilders est loin d’avoir remportée les élections parlementaires aux Pays-Bas, contrairement à ce que les sondages annonçaient encore quelques semaines avant que le scrutin n’ait lieu. Néanmoins peut-on parler de la défaite d’un parti qui progresse en cinq ans ? Il faut oser dire que oui.

La progression de Wilders est très modeste. Pour quelqu’un qui prétendait pouvoir réorienter radicalement la politique néerlandaise, on est loin du compte. Mais hors contexte, malgré tout, ce n’est pas si mal. Son parti est désormais le deuxième du pays, et ce n’est pas rien.

En fait, la surprise vient surtout de la chute vertigineuse des travaillistes (gauche sociale-démocrate) qui avec 5.7% des voix et 9 sièges s’effondrent totalement. Leur recul est de 19.1 points et de 29 sièges. Dans un tel contexte, le PVV aurait dû être le principal bénéficiaire de cette chute, d’autant plus que le parti au pouvoir, le VVD de Mark Rutte, avec 21.3% des voix (-5.3 points) et 33 sièges (-8), n’a pas bénéficié du moindre report favorable. Cela ne l’a pourtant pas été.

Qui a donc progressé ? Le CDA (chrétiens-démocrates) avec 12.4% (+3.9) et 19 sièges (+6) est davantage gagnant. Il a récupéré de nombreuses voix perdues par le VVD de Rutte, voix qui ne sont pas allés sur Wilders. Ce dernier a donc récupéré uniquement 1.4% environ du VVD, et 1.7% environ de la gauche. C’est faible. Or ses réserves étaient à droite, surtout sur le dos du VVD, et cela n’a pas fonctionné ainsi.

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Le mouvement Démocrates 66 (D66) avec 12.2% des voix (+4.2) et 19 sièges (+7) est également un des grands vainqueurs de cette élection, ayant pris de nombreuses voix à gauche. Cela a été encore bien davantage le cas des écologistes de gauche (GL) qui avec 9.1% (+6.8) et 14 sièges (+10) ont aspiré littéralement les voix travaillistes.  Le Parti Socialiste (gauche radicale), plutôt eurosceptique, n’obtient que 9.1% des voix (-0.6) et 14 sièges (-1). C’est pour lui aussi une sérieuse déconvenue car il a été incapable de récupérer des voix de la gauche modérée.

Enfin les petits partis ont également grappillé des voix, comme l’Union Chrétienne avec 3.4% (+0.3) et 5 sièges (-), le Parti en faveur des Animaux (PvdD) avec 3.2% (+1.3) et 5 sièges (+2), le Parti des Seniors 50+ avec 3.1% (+1.2) et 4 sièges (+2). Un nouveau venu, représentant la minorité islamo-turque, auparavant intégrée au sein des sociaux-démocrates, Denk, obtient 2.1% des voix et 3 sièges.

Enfin, de petits partis populistes de droite ont pu freiner la progression du PVV. Le Forum pour la Démocratie du politologue Thierry Baudet, eurosceptique, obtient 1.8% des voix et 2 sièges, alors que le VNL (Pour les Pays-Bas) de Jan Roos échoue de peu à entrer au parlement avec 0.4% des voix.

Geert Wilders n’a pas su convaincre mais a aussi été victime de la très grande résistance de Mark Rutte, dont l’effondrement pourtant probable a été enrayé. L’explication est très contextuelle. En s’opposant stratégiquement aux provocations du président turc Erdogan, en interdisant aux ministres turcs de venir prêcher la bonne parole aux Pays-Bas mêmes en direction des Turcs qui y sont installés, Mark Rutte a bénéficié d’un effet patriote, dont le PVV, plus dur et plus cohérent sur cette question, a été la victime. Les voix qui ont échappé à Wilders pour devenir le dirigeant du premier parti du pays l’ont été en raison de cette crise diplomatique, habilement instrumentalisée par le premier ministre sortant.

Enfin, c’est une défaite de l’euroscepticisme alors qu’un sondage sorti il y a quelques semaines indiquait même une majorité de Néerlandais prêts à voter pour un « Nexit », pour un départ des Pays-Bas de l’Union Européenne, en cas de référendum. Or seuls Wilders et les socialistes radicaux le prônaient. Ils n’ont pas été récompensés. Wilders certes n’est pas affaibli mais renforcé, car ses thèmes ont dominé le débat. Mais il n’a pas réussi le coup qu’il espérait. Et en ce sens, c’est un échec, même si cela ne signifie pas que son parti va s’effondrer, ce que rien n’indique. Dans l’opposition, car Wilders ne sera sans doute pas intégré à une coalition gouvernementale, il devrait se refaire même une santé en plaçant le nouveau gouvernement, si le VVD trouve une majorité autour de lui, sous sa surveillance constante.

Thomas FERRIER (Le Parti des Européens)

Elections parlementaires en Bulgarie : à gauche et très à droite

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Elections parlementaires en Bulgarie : à gauche et très à droite

par Thomas Ferrier

Ex: http://thomasferrier.hautetfort.com 

Les élections parlementaires bulgares anticipées de 2017, les dernières élections ayant eu lieu en 2014, à la demande du gouvernement sortant de droite de Boyko Borisov autour de son parti, le GERB, ont eu lieu dans un contexte tendu où la position vis-à-vis de la Russie et de l’Union Européenne a été au cœur des enjeux, tout comme dans la Macédoine voisine.

Avec 32,6% en 2017 contre 32,67% en 2014, le GERB (« Citoyens pour le développement européen de la Bulgarie ») reste la première force du pays avec une étonnante constante, maintenant à peu près à l’identique son résultat antérieur. Il gagne 11 sièges, l’amenant à disposer de 95 sièges sur 240, en raison de l’effondrement de plusieurs formations modérées qui ont perdu tous leurs mandats en tombant en dessous de la barre fatidique de 4% des voix.

Mais c’est le Parti Socialiste Bulgare, russophile, qui avec 27,2% des voix, progresse de près de douze points, devant la principale force d’opposition au GERB. Avec 80 sièges (+41), il n’est certes pas en mesure de créer une coalition majoritaire autour de lui, mais il a montré qu’il fallait compter avec lui. Il a profité notamment de l’effondrement du Parti des Réformateurs (3,06%, - 5 points, -23 sièges) et aussi de l’ABR-Mouvement 21, social-démocrate et pro-russes, qui est passé de 5,35% (4,15 + 1,2) et 11 sièges à 1,55% et aucun siège.

De la même façon, la division des partis représentant la population turque de Bulgarie a abouti à un recul du parti DSB (« Mouvement des droits et libertés ») qui, avec 8,99% (-5 points) et 26 sièges (-12) n’est plus faiseur de roi. Il a été notamment victime d’une scission du mouvement Dost, qui obtient 2,86% des voix mais aucun siège.

C’est à la droite du GERB que le jeu a changé. Autour de la coalition « Patriotes unis », les principaux partis nationalistes bulgares autour de l’IMRO, du FNSB et Ataka (le mouvement de Volen Siderov), ont obtenu ensemble 9,07% des voix et 27 sièges (-3) soit moins que la liste Front Patriotique et la liste Ataka en 2014 (11,8%). Leur unité aurait dû logiquement les renforcer mais ils ont été victimes de la concurrence du mouvement Volya (« Volonté ») qui avec 4,15% des voix rentre au parlement et obtient en outre 12 sièges.

Les autres mouvements politiques font de la figuration. Les mouvements nationalistes PNR (0,07%), Association Nationale Bulgare (0,11%) et Renouveau (1,08%), nouveaux, n’ont pas réussi leur implantation dans un contexte de forte concurrence à droite. A gauche, les Verts obtiennent 2,88% des voix, la « Nouvelle République » 2,48% des voix, échouant l’un comme l’autre à entrer au parlement.

Cinq partis seulement seront donc représentés ce qui limite les combinaisons électorales possibles. Le PSB, même avec le parti turc, est minoritaire. Le GERB l’est également, et doit donc se doter d’alliés. L’alliance possible avec le parti Volya serait insuffisante. Il faut donc que le GERB s’ouvre aux « Patriotes unis » afin de disposer d’une majorité parlementaire. Il y aura nécessairement droitisation de la ligne gouvernementale dans un sens en outre davantage eurosceptique. Une grande coalition GERB/BSP est peu vraisemblable. La situation n’est pas celle de l’Autriche ou de l’Allemagne. La droite nationale en Bulgarie n’est pas victime d’un ostracisme particulier.

Thomas FERRIER (Le Parti des Européens)

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vendredi, 17 février 2017

Y a-t-il un populisme de gauche ? Le cas de Podemos

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Y a-t-il un populisme de gauche ?

Le cas de Podemos

par Javier Portella

Ex: http://www.bvoltaire.fr 

Comment ce Michéa, qui voit juste en mettant dans le même panier « Hayek et Foucault », peut-il ne pas voir que Podemos, c’est du « Foucault » tout craché ?

« Tout mon livre doit être lu comme un soutien à la révolution culturelle accomplie par Podemos et aux combats des partisans de la décroissance ! » C’est ainsi que Jean-Claude Michéa – quelqu’un pour la pensée duquel j’ai la plus grande estime – s’exprimait l’autre jour lors de l’entretien accordé à Libération et où il était question de son dernier livre Notre ennemi, le capital. C’est curieux de constater la déférence avec laquelle les médias amis du capital accueillent la pensée iconoclaste, anti-système, de Jean-Claude Michéa ; lequel, loin de leur faire la moindre courbette, en profite, comme c’était le cas lors de l’entretien à Libé, pour décocher des flèches envenimées contre l’esprit libéral-libertarien que le journal incarne.

La raison la plus probable d’un tel accueil est sans doute… la plus bête aussi : c’est quand même de la « gauche » que Michéa vient, doivent-ils se dire, les bobos des rédactions ! Quoi qu’il en soit, le fait est que toute cette déférence médiatique ne va pas sans rappeler celle que les grands médias espagnols ont accordée à Podemos ; une déférence sans laquelle jamais le parti de ces jeunes gauchistes ne serait passé, dans l’espace de quelques mois, du néant où il était aux portes (encore closes) du pouvoir.

Mais la comparaison s’arrête là car, quelles que soient les illusions que Michéa se fait à l’égard de Podemos, il n’y a aucun rapport entre l’idéologie de ce parti et la pensée de ce grand penseur qui a mis nettement en lumière le rapport intime reliant le libéralisme de « droite » (le capitalisme, dans sa dimension économique) et le libertarisme de « gauche » (le même capitalisme sous son jour sociétal).

Comment Michéa, ce grand pourfendeur du nihilisme libertarien qui déracine tout à son passage, peut-il applaudir à la « révolution culturelle » accomplie par ceux qui ne rêvent que de dissoudre les restes d’identité nationale qui peuvent encore demeurer en Espagne, tout comme ils souhaitent en finir avec l’assujettissement des femmes frappées, aujourd’hui encore, prétendent-ils, par l’oppression patriarcale ? Qu’y a-t-il à admirer chez ces partisans de la théorie du genre qui se font les apôtres des revendications des associations de lesbiennes, gays, transsexuels et transgenres, sans oublier – c’est finalement là le plus important – que s’ils parvenaient au pouvoir, ils ne se borneraient pas à faciliter la vie de l’oligarchie en sauvegardant l’invasion migratoire que nos peuples subissent : les gens de Podemos adorent tellement la dissolution « multiculturelle » qu’ils seraient parfaitement capables d’organiser des ponts aériens pour aller chercher les migrants directement sur place.
 

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Deux femens se sont enchaînées dans la cathédrale Almudena: un happening foucaldien de mauvais goût. Même si Foucault peut être qualifié de "nietzschéen", ce faux nietzschéisme n'est en tous les cas pas "apollinien"... 

Comment ce Michéa, qui voit juste en mettant dans le même panier « Hayek et Foucault », peut-il ne pas voir que Podemos, c’est du « Foucault » tout craché ? Sans doute ne le voit-il pas parce que si, sur le plan sociétal, Podemos tombe en plein dans la fange nihiliste, il n’en va pas de même sur le plan économique. Là, c’est vrai, son libertarisme ne rejoint nullement le libéralisme, les positions anticapitalistes de Podemos étant plus qu’évidentes – du moins sur le papier, car mille autres questions restent posées.

Il y a deux grands fronts, finalement, dans la lutte du peuple contre les élites de l’oligarchie : le front sociétal ou culturel, et le front économique. Lorsqu’on oublie, chez ceux qu’on appelle parfois « les populistes de gauche », leur déchéance nihiliste concernant l’invasion migratoire, la dissolution sexuelle, la négation de l’identité nationale, lorsqu’on ne retient que leurs « bonnes intentions » sur le plan économique, cela revient à considérer que, de ces deux fronts – et là, je ne pense pas qu’au seul Michéa –, il y en a un qui l’emporte décidément sur l’autre. Cela revient à considérer, en un mot, que l’argent et la bouffe sont toujours la clé du monde : son « infrastructure », comme l’appellent depuis toujours les marxistes – clé ou infrastructure qu’aucun libéral-capitaliste ne saurait, d’ailleurs, contredire.

Javier Portella. 

mardi, 07 février 2017

Yannick Jaffré : "Les élites françaises baignent dans l'atlantisme !"

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Yannick Jaffré : "Les élites françaises baignent dans l'atlantisme !"

Yannick Jaffré est professeur de philosophie. Il a dirigé le Collectif Racine pour la sauvegarde des savoirs et des humanités. Il a rédigé un ouvrage intitulé "Vladimir Bonaparte Poutine", une contribution pointue au dialogue franco-russe en construisant une analogie à trois termes entre l’épopée du Consulat bonapartiste, la Russie de Vladimir Poutine et la France contemporaine.

Dans un livre atypique, mêlant élément de philosophie, politique et thèse universitaire, Yannick Jaffré fait le description d'un Poutine, qui comme Bonaparte, est une forte personnalité d'autorité, un républicain fort qui solde les révolutions ou des effondrements politiques.

Passionné de politique internationale mais aussi spécialités des questions touchant à l'enseignement, Yannick Jaffré dirige un blog : "sévèrement français" destiné à ne pas opposer souveraineté et identité !



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vendredi, 16 décembre 2016

La Macédoine entre droite nationale et gauche sociale-démocrate

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La Macédoine entre droite nationale et gauche sociale-démocrate

par Thomas Ferrier

Ex: http://thomasferrier.hautetfort.com 

Le 11 décembre 2016, les Roumains n’étaient pas les seuls à voter. Dans la Macédoine voisine, les électeurs étaient également appelés aux urnes. Le choix était entre le VMRO-DPMNE, une droite élargie prônant l’unité nationale macédonienne et allant du centre-droit à l’extrême-droite, dirigée par Nikola Grouevski, et la gauche modérée incarnée par le SDSM (Union Sociale-Démocrate). Le VMRO-DPMNE, bien que reculant de quatre points, a obtenu 39,4% des voix, demeurant le premier parti du pays mais de peu. Le SDSM, avec 37,9% des voix, progresse de douze points. Le VMRO-DPMNE n’obtient que 51 sièges contre 49 sièges pour la SDSM, la majorité étant à 60 sièges.

Bien que vainqueur en nombre de voix, le VMRO-DPMNE pourrait perdre le pouvoir. Cela dépend des différentes formations politiques albanaises. Quatre partis, dont le DUI (7,5% des voix, - 6 points, 10 sièges), le Besa (mouvement conservateur albanais, 5,02% des voix, 5 sièges), l’Alliance pour les Albanais (3,05%, 3 sièges) et le Parti Démocrate des Albanais (2,69%, 2 sièges, -5) se partagent ainsi le vote albanais et pourraient permettre à un des deux partis principaux de s’imposer en définitive. La division entre Macédoniens slaves offre ainsi à la communauté albanaise (35% des habitants) un rôle pivot, celui d’élire le roi.

Le VMRO-Parti du Peuple, mouvement national-conservateur indépendant, proche de la droite nationale, obtient 2,13% des voix (+0,63), échoue en revanche à peser sur le résultat du scrutin et à faire rentrer un ou plusieurs représentants à l’assemblée. « La Gauche », mouvement plus radical, n’obtient quant à elle que 1,05% des voix, les autres formations politiques étant enore plus marginales.

En conclusion, on peut dire que le VMRO-DPMNE, qui avait gagné les élections présidentielles et législatives précédentes, a reculé. L’usure du pouvoir a favorisé notamment les sociaux-démocrates. Le choix des partis albanais sera prépondérant. Il est probable qu’ils soutiennent davantage le SDSM. Cela dépendra aussi de l’offre que leur proposera le premier ministre sortant Grouevski.

Thomas FERRIER (Le Parti des Européens)