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samedi, 14 février 2026

Les trois Europe à une époque de danger maximal

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Les trois Europe à une époque de danger maximal

Carlos X. Blanco

Article de Carlos X. Blanco publié dans Voces del Periodista (Mexique), année XXX, n° 519, février 2026.

Il appartient aux hommes et aux femmes de cette génération de revivre une fois de plus des temps dangereux. En réalité, l'exception est le contraire : la chance de connaître, au cours d'une seule vie, de longues années de paix relative, entrecoupées seulement de conflits locaux qui ne menacent pas l'existence même de la civilisation, voire de l'espèce.

Cette paix « froide » et relative, ces 80 années de guerres localisées et contenues, sont désormais révolues. Nous devons nous préparer à la « convergence des catastrophes », pour reprendre un terme cher au défunt penseur français Guillaume Faye.

La vie de cette génération et de la prochaine, en particulier dans cette sphère que l'on appelle, par intérêt ou par paresse, « l'Occident », sera de plus en plus risquée, incertaine et soumise à des réalités difficiles. L'« Occident », en tant que tel, est un concept voué à disparaître ; l'idée est en train de mourir parce que la réalité qu'elle reflète est en train de mourir. Il n'existe qu'un seul empire américain... et les autres. La faiblesse même du concept, d'une part, ainsi que la transformation brutale de la réalité géopolitique au cours des derniers mois, d'autre part, conduisent inévitablement à sa fin.

L'« Occident » était un concept qui, s'il n'a pas été inventé, a certainement été diffusé à des fins de propagande par l'Anglosphère. Le mot lui-même cache ce qui, jusqu'au XIXe siècle, était une réalité fondamentale : la civilisation européenne. Depuis leurs îles, les Britanniques se sont historiquement consacrés à maintenir le continent dans un état de guerre civile permanente, désuni et, surtout, séparé de la Russie, séparé de cette immense nation, la seule qui aurait pu donner une consistance (territoriale, démographique, énergétique) à un continent déjà doté d'une tradition culturelle commune, comme l'Europe.

Depuis 1492, lorsque les Européens se sont projetés vers les Amériques dans cette tâche complexe de détruire et de construire un monde nouveau, et depuis la fin du XVIIIe siècle, lorsqu'une nouvelle « nation » anglo-saxonne, les États-Unis, a commencé à acquérir les caractéristiques d'une puissance, cet Occident est devenu synonyme d'américanisation du monde, et l'« Europe » a été éclipsée.

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L'américanisation du monde a connu plusieurs phases au cours du XIXe siècle. La première, évidemment, a consisté à régler ses comptes avec la Couronne britannique. Non seulement l'indépendance de l'Union vis-à-vis des Anglais, mais aussi la sécurité contre les représailles ou les tentatives de reconquête de la part des Anglais, étaient les priorités immédiates. Le mode de production capitaliste, dans son évolution incessante au cours du XIXe siècle, allait transformer la confrontation anglo-américaine en son contraire, une complémentarité, comme nous le voyons aujourd'hui. Le Royaume-Uni continue d'être le pont d'envoi des États-Unis en Europe. Les îles britanniques sont comme d'énormes porte-avions ancrés dans l'océan Atlantique, toujours prêts à intervenir, avec un type d'ingérence spécifiquement destiné à créer la désunion et le dysfonctionnement entre les Européens. L'Amérique du Nord a pris la place de l'Empire britannique dans sa domination impérialiste sur le monde, et aussi sur l'Europe, à l'ère du capitalisme. Parler de l'impérialisme comme de la « phase suprême » du capitalisme (Lénine) et parler de l'Empire de l'Anglosphère, c'est la même chose. En ce sens, ce stade suprême a consisté en deux phases : la phase britannique et la phase américaine. Cette deuxième phase, la phase américaine, dont nous assistons au déclin, est en fait complétée par une entité (le Royaume-Uni) en fort déclin depuis 1945, mais dont les vestiges et le butin sont encore utiles aux États-Unis.

Au cours des dernières semaines, nous avons assisté à une sorte de révélation. C'est comme si les dieux avaient décidé de révéler leurs desseins les plus secrets à l'humanité, nous montrant la signification cachée du monde, un mystère insondable depuis le début du XIXe siècle. Deux longs siècles sont en train d'être déchiffrés. Parlons des deux grandes révélations:

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La « doctrine Monroe ». L'existence même d'une nation artificielle, support matériel d'un empire capitaliste prédateur, repose sur l'anéantissement existentiel de l'Amérique ibérique. Les « États-Unis d'Amérique » avaient un noyau puritain et anglo-saxon, mais ils se sont progressivement étendus avec l'immigration européenne. L'extermination systématique et complète des Amérindiens au cours du XIXe siècle préfigurait Gaza. Le génocide actuellement en cours à Gaza est, à son tour, un présage de ce qui arrivera à d'autres peuples et nations. De plus, la nation américaine ne serait qu'une petite bande de territoire américain peuplée de colons blancs d'origine européenne et de villes calquées sur l'Angleterre, sans l'usurpation massive et le vol de terres au Mexique.

Depuis ses origines au XVIe siècle, une époque où l'Angleterre n'était guère plus qu'une nation appauvrie et un repaire de pirates, l'Anglosphère a trouvé sa raison d'être et sa source d'énergie dans l'anéantissement existentiel de l'Hispanidad : le monstre anglo-saxon s'est développé proportionnellement à la part de l'Hispanidad qu'il a engloutie et pillée. Les nations hispaniques, ou plus généralement les nations ibériques, doivent être traitées comme des colonies et des champs d'extraction, tant en Amérique qu'en Europe, afin de soutenir l'existence même de l'Anglosphère. Tant que les géopoliticiens et les philosophes de l'histoire ne reconnaîtront pas pleinement et méticuleusement, comme une loi inexorable, l'équation qui dit : « plus l'Anglosphère est grande, plus l'Ibéro-sphère est petite », il n'y a aucune chance d'arrêter le monstre de ce même hémisphère, appelé « hémisphère occidental ». La chute du dollar lui-même, ou les attaques défensives de la Russie, de la Chine et d'autres puissances non occidentales, accéléreront la ruine de l'Empire occidental, avec des millions de morts et une grande dévastation dans de nombreux pays.

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Colonialisme et racisme. Il est urgent que l'Europe elle-même se « dés-occidentalise ». Il existe peut-être, pour arrondir, une centaine de nations en Europe. Les différences ethniques entre elles ne sont pas grandes, mais la grande mosaïque qui constitue l'Europe est bien connue. Cette énorme diversité possède cependant un mortier ou un ciment qui lui a donné sa substance pendant des siècles : la tradition hellénique (transmise à Rome et au christianisme), base d'une pensée rationnelle qui s'est épanouie sous la forme de la philosophie, de la science et de l'éthique de la personne. La christianisation de l'Europe tout au long du Moyen Âge est l'autre substance unificatrice qui a fait du chrétien européen l'habitant d'une immense république, la même de Lisbonne aux confins les plus reculés de la Russie, identique des régions septentrionales lointaines aux rives de la mer Méditerranée. Cependant, c'est à l'époque moderne, l'époque des empires d'outre-mer et du capitalisme, que la signification de l'« européité » a été complètement déformée. Ce n'est qu'alors que le mythe de la suprématie blanche s'est emparé du cœur des conquérants qui, se considérant comme des « civilisateurs » et des « évangélisateurs », sont devenus – en réalité – des génocidaires.

Entre le XVIe et le XXe siècle, l'Europe connue par les autochtones d'autres continents n'était pas tant l'Europe d'Homère, de Platon, d'Aristote, de Thomas d'Aquin, de Kant, d'Einstein... ni tant l'Europe de Cervantes, de Shakespeare, de Goethe, ni tant celle de Bach et de Beethoven... c'était l'Europe des esclavagistes, des génocidaires, des pillards. De plus, le mythe suprémaciste et raciste a été intériorisé dans le système complexe des « cent nations » d'Europe. Le continent, désormais rabaissé par les actions néfastes de ses propres élites, laquais des pouvoirs financiers mondiaux et abjects sbires de Trump, traverse également une crise d'identité et une remise en question de son existence homogène.

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L'Europe n'est plus « hellénique », car la religion du capitalisme anglo-saxon (prédation, loi de la jungle en économie, individualisme rampant, idolâtrie du marché, consumérisme féroce...) a remplacé les idéaux d'une vie modérée et rationnelle, de modération face à l'orgueil (hybris) et de culture de la beauté dans le corps et l'âme. Et elle n'est même pas chrétienne : l'Europe a perdu son unité, non seulement à cause d'une « sécularisation » que les progressistes de tous bords exaltent comme bénéfique, mais aussi à cause de l'immigration massive de musulmans, d'une part, et de l'adoption de principes sionistes (que certains confondent avec des principes « chrétiens ») tels que la vision de la « préférence divine » pour un peuple particulier, le suprémacisme ségrégationniste, la bellicosité prétendument justifiée par Dieu, l'acceptation de l'oxymore appelé « judéo-christianisme », etc. Le « modèle Gaza » sera imposé dans d'autres parties du monde tant que l'Empire occidental, c'est-à-dire la superstructure créée par le secteur le plus prédateur et le plus meurtrier du capitalisme anglo-saxon, fonctionnera. Tant que l'Europe ne parviendra pas à retrouver son unité spirituelle (fondement de l'unité géopolitique) basée sur la richesse de ses « cent nations » et, surtout, sur ses doubles racines helléniques et chrétiennes, elle restera une partie du monde vouée à devenir un champ de bataille (elle l'est déjà) et un camp de concentration (elle l'est déjà, au niveau numérique et médiatique).

La raison d'être de l'Europe dans les années à venir devra consister à éviter ces deux horribles possibilités et, à tout prix, à rompre les liens avec les États-Unis. Ce sera difficile : renverser des gouvernements, boycotter des institutions, réajuster les niveaux de consommation et s'habituer à la modestie... Mais si elle n'y parvient pas (et cela doit être fait par les peuples européens eux-mêmes, à partir de la base), elle connaîtra le même sort que les empires « blancs » suprémacistes, esclavagistes et colonisateurs ont infligé à une grande partie de l'humanité qui a assisté à leur arrivée. Les Noirs, les indigènes, les Asiatiques le savent et ne peuvent l'oublier.

À l'heure actuelle, pour le dire simplement, il existe trois grandes Europe : l'Europe orientale, complètement manipulée par l'Empire dans sa russophobie ; l'Europe occidentale et septentrionale, dominée par les Français et les Allemands, victime des mêmes vices suprémacistes, désireuse de continuer à sous-développer l'Europe méridionale, mais vassale indigne des États-Unis ; et enfin, l'Europe méridionale (Portugal, Espagne, Italie et Grèce). Cette Europe méridionale, la plus maltraitée par une Union conçue pour servir l'OTAN et l'Anglosphère (tout se révèle maintenant), est la seule à avoir le potentiel de conclure des alliances avec les principaux pays d'Amérique latine et d'explorer des voies en dehors de celles de l'Anglosphère. Pourtant, nous nous trouvons dans les griffes de cette Anglosphère.

L'effondrement de l'hypocrisie internationale

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L'effondrement de l'hypocrisie internationale

Alessandro Scassellati

Le problème posé par la conceptualisation du Premier ministre canadien, Mark Carney, sur la fin de « l'ordre international fondé sur des règles » est courant dans les capitales occidentales. L'histoire commence lorsque les élites au pouvoir souhaitent un second mandat pour Donald Trump. Elles sont indignées, mécontentes et inquiètes car certains aspects de ce qui a été infligé au tiers-monde, dans le cadre d'actions auxquelles leurs pays ont participé, sont désormais renversés et utilisés contre elles. L'extorsion, le gangstérisme, la coercition économique et les menaces à la souveraineté territoriale sont perpétrés contre les États faibles et vulnérables de l'alliance occidentale. Ce sont ces mêmes États qui sont restés silencieux ou ont participé lorsque les victimes étaient des pays lointains et « autoritaires » qui ne partageaient pas leurs valeurs.

Le 20 janvier 2025, le Premier ministre canadien, Mark Carney, a prononcé un discours lors de la réunion annuelle du Forum économique mondial (FEM) à Davos. Un chœur d'éloges s'est immédiatement élevé de la part des « capitalistes progressistes » et des médias libéraux-progressistes du monde entier, tant du Nord que du Sud. Carney a indirectement visé le président Trump en affirmant que le monde est « en pleine rupture, et non en pleine transition », indiquant que « les hégémons ne peuvent pas continuer à monétiser leurs relations » et cherchant à indiquer une nouvelle direction dans laquelle « les alliés se diversifieront pour se protéger de l'incertitude... [car] les puissances moyennes doivent agir ensemble, car si nous ne sommes pas à table, nous sommes au menu ». Carney a exhorté les « puissances moyennes » à cesser de se conformer aux régimes qui recherchent l'hégémonie, à cesser d'espérer un retour au passé et, au contraire, à construire de nouvelles coalitions pour survivre à ce qui va arriver. Outre l'utopie du premier ministre Carney concernant la sortie du Canada de la sphère d'influence des États-Unis, deux vérités très importantes ont été présentées.

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Avec la présidence Trump, le masque est tombé

Le problème avec la conceptualisation du premier ministre Carney est courant dans les capitales occidentales. L'histoire commence lorsque les élites au pouvoir veulent un second mandat pour le président Trump. En bref, le problème de « l'ordre international fondé sur des règles » (qui n'est pas celui mentionné dans la Charte des Nations unies, mais l'ensemble de règles que les États-Unis ont progressivement inventées pour donner une apparence de légitimité à leur gouvernement unipolaire) provient d'une seule personne : le président Trump. Sans Trump, tout irait bien, comme d'habitude.

Pour Carney et d'autres alliés des États-Unis, l'histoire a commencé en 2025, lorsque Trump a imposé des droits de douane au Canada et à l'Union européenne, extorqué 200 milliards de dollars à la Corée du Sud et 500 milliards au Japon, et finalement menacé de retirer le Groenland au Danemark, allié de l'OTAN.

L'élite de Davos n'a pas réalisé que deux semaines seulement avant le discours « historique » de Carney à Davos, le gouvernement canadien lui-même avait soutenu l'enlèvement du président vénézuélien Nicolás Maduro par Trump . La même élite libérale de l'Union européenne avait réaffirmé son soutien à la démocratie et aux droits humains du peuple vénézuélien, tout en soutenant les violations flagrantes du droit international et de la souveraineté étatique en appuyant l'enlèvement de Maduro.

Pour les alliés des États-Unis, la puissance hégémonique américaine, autrefois fiable, n'agit plus « rationnellement », « conformément aux lois et normes internationales » (mais uniquement selon la « moralité » de Trump), dans l'intérêt de ses alliés, vassaux et suppliants. En d'autres termes, Trump 2.0 est le moment où les États-Unis ont retiré leur masque devant le monde entier.

Cela est en partie vrai dans le sens où le président Trump représente le côté vulgaire, impulsif, agressif, égoïste et destructeur de la politique américaine et de l'empire. Trump s'exprime de manière incohérente par rapport aux anciens dirigeants de l'empire et dit plutôt tout haut ce qui est évident. Un exemple clair est que les États-Unis peuvent voler le pétrole vénézuélien et gouverner le pays .

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Le problème de croire en cette ligne de pensée est qu'elle est historiquement fausse, qu'elle justifie les puissants et qu'elle ignore la réalité qui existe au-delà des bulles libérales. Le Premier ministre Carney n'est pas mécontent que le fictif « ordre international fondé sur des règles » touche à sa fin ; il est furieux que la puissance hégémonique impériale, les États-Unis, commence à traiter ses alliés les plus proches de la même manière qu'elle traite le tiers-monde (aujourd'hui appelé « pays émergents » ou « Sud global ») depuis 1945.

Au lieu de tirer profit de l'extraction des richesses américaines et de la répression mondiale du développement pour satisfaire le noyau dur des pays occidentaux, Trump et la puissance hégémonique extorquent et volent désormais leurs alliés, tout en les traitant avec condescendance, en les méprisant et en les rabaissant. (Dans un discours prononcé devant le Parlement allemand le 29 janvier, le chancelier allemand Friedrich Merz a déclaré : « En tant que démocraties, nous sommes des partenaires et des alliés, pas des subordonnés »).

Regarder le monde avec les yeux grands ouverts

Le discours du premier ministre Carey n'a pas fait preuve d'une réflexion honnête sur la contribution du Canada et d'autres puissances intermédiaires à la destruction du droit international, à la violation des droits humains et à l'inégalité mondiale. Pour ceux qui ont la mémoire et des souvenirs de l'histoire récente, les événements qui se sont déroulés depuis le 20 janvier 2025 ne sont pas si différents de ceux des décennies passées. Carney et ses partisans semblent avoir oublié certains faits importants des 40 dernières années, notamment les suivants.

L'invasion militaire américaine de la Grenade et du Panama pour renverser et emprisonner leurs dirigeants . Plus de 500.000 enfants irakiens sont morts à cause des sanctions. La secrétaire d'État Madeleine Albright avait déclaré: «C'est un prix que nous sommes prêts à payer». Mme Albright n'a jamais payé de prix; un demi-million d'enfants irakiens l'ont payé de leur vie.

La guerre d'agression illégale contre l'Irak en 2003, au cours de laquelle le secrétaire d'État Colin Powell a menti au monde entier au sujet des armes de destruction massive . L'occupation de l'Afghanistan par l'OTAN pendant 20 ans , dix ans après la mort d'Oussama ben Laden , qui était apparemment la véritable raison de l'invasion. La destruction de la Libye par l'OTAN et l'assassinat de son président, Mouammar Kadhafi . La nouvelle de la mort violente du président Kadhafi a été accueillie avec enthousiasme par la secrétaire d'État Hillary Clinton, qui a ri et déclaré: «Nous sommes venus, nous avons vu, il est mort». Cette intervention a transformé la Libye, qui était le pays le plus développé et le plus riche d'Afrique, en un État défaillant avec des marchés d'esclaves en plein air .

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Le président Obama a soutenu Al-Qaïda dans la sale guerre qui a duré 13 ans contre la Syrie. Jake Sullivan, conseiller d'Hillary Clinton puis conseiller à la sécurité nationale du président Biden, l'a démontré en déclarant: «Al-Qaïda est de notre côté en Syrie». Cette opération allait devenir l'opération Timber Sycamore, l'administration Obama envoyant des milliards de dollars pour soutenir les militants liés à Daech et renverser le gouvernement syrien de Bachar al-Assad. En décembre 2024, le gouvernement du président syrien Bachar al-Assad a été définitivement renversé par les militants de Daech, et Abu Mohammad al-Julani a pris la fonction de président par intérim. Abu Mohammad al-Julani, désormais rebaptisé Ahmed al-Sharaa, avait une prime de 10 millions de dollars sur sa tête offerte par le FBI américain. Cette prime était due à son comportement violent dans la lutte contre l'occupation américaine en Irak et à son ascension ultérieure à la tête de l'EI en Syrie .

Les États-Unis, l'Union européenne et le Canada ont rapidement reconnu l'ancien coupeur de gorges de l'EI comme le dirigeant légitime de la Syrie et ont révisé leur politique de sanctions, retirant Al Nusra [lire EI] de leurs listes d'organisations terroristes. Le président Trump a même reçu al-Julani/al-Sharaa à la Maison Blanche, siège du « monde libre ». Lors de son voyage aux États-Unis, le président syrien [lire : ancien chef de l'EI] Ahmed al-Sharaa a reçu une invitation encore plus légitime à s'adresser à l'Assemblée générale des Nations unies en tant que président syrien. Au cas où le monde aurait manqué sa visite à la Maison Blanche.

Pour de nombreux observateurs aux États-Unis et dans le monde entier, le véritable moment où le masque est tombé a été lorsque les États-Unis et tous leurs alliés, y compris le Canada, ont gardé le silence et ont soutenu Israël dans sa campagne génocidaire visant à détruire le peuple palestinien à Gaza . Une destruction à grande échelle, high-tech et retransmise en direct, du peuple palestinien (plus de 71.000 morts) est devenue virale sur les réseaux sociaux pendant plus de deux ans. Le masque est tombé il y a de nombreuses années, mais seulement en 2026 pour le Premier ministre Carney.

L'importance du discours du Premier ministre Carney

Ce qui précède pourrait sembler être une diatribe visant à se moquer du Premier ministre Carney. Ce n'est que partiellement vrai. Le discours de Carney contenait deux points très importants. Tout d'abord, Carney a affirmé que « pendant des décennies, des pays comme le Canada ont prospéré sous ce que nous appelons l'ordre international fondé sur des règles. Nous adhérons à ses institutions, nous louons ses principes et nous bénéficions de sa prévisibilité. Et grâce à cela, nous avons pu mettre en œuvre des politiques étrangères fondées sur des valeurs sous sa protection.

Nous savions que l'histoire de l'ordre international fondé sur des règles était en partie fausse, que les puissants s'en affranchissaient quand cela leur convenait et que les règles commerciales étaient appliquées de manière asymétrique. Et nous savions que le droit international était appliqué avec plus ou moins de rigueur selon l'identité de l'accusé ou de la victime.

Cela correspond aux points historiques que nous avons rappelés, mais selon Carney, la question ne se pose qu'après 2025. Les relations internationales et la politique étrangère ont toujours été fondées sur les intérêts, et dans le monde des intérêts et du pouvoir, certains sont plus égaux que d'autres. Pour Carney et d'autres dirigeants occidentaux, un monde injuste est acceptable, à condition qu'il leur soit profitable.

Deuxièmement, Carney a déclaré : « Nous ne devons pas laisser la montée en puissance de la force brute nous empêcher de voir que le pouvoir de la légitimité, de l'intégrité et des normes restera fort si nous choisissons de l'exercer ensemble... cela signifie reconnaître la réalité. Cessons d'invoquer l'ordre international fondé sur des règles comme s'il fonctionnait encore comme annoncé. Appelons-le par son vrai nom : un système d'intensification de la rivalité entre les grandes puissances, dans lequel les plus puissantes poursuivent leurs propres intérêts en utilisant l'intégration économique comme arme de coercition. Cela signifie agir de manière cohérente, en appliquant les mêmes normes aux alliés et aux rivaux. Lorsque les puissances intermédiaires critiquent l'intimidation économique d'un côté, mais gardent le silence lorsqu'elle vient de l'autre, nous affichons clairement notre position. Cela signifie construire ce en quoi nous disons croire, plutôt que d'attendre que l'ancien ordre soit rétabli.

Cela nous amène à une deuxième vérité. L'ancien ordre nous était peut-être familier, mais il n'était certainement pas juste, démocratique ou équitable, ni fondé sur les valeurs des Lumières ou l'égalité. L'ancien ordre profitait à la petite minorité des principaux pays occidentaux. Encore moins au monde en développement, qui subissait une violence énorme contre ses États et ses peuples.

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Remarques finales sur l'ordre international fondé sur des règles

Aimé Césaire, Franz Fanon et d'autres penseurs postcoloniaux avaient déjà mis en évidence l'hypocrisie occidentale. Dans son ouvrage fondamental de 1950, Discours sur le colonialisme, Césaire démantelait la présomption européenne selon laquelle l'Occident s'était développé grâce à ses colonies et s'était « civilisé » dans le processus. Au contraire, affirmait Césaire, si le colonialisme a enrichi matériellement les puissances impérialistes, il les a également brutalisées sur les plans moral, politique et social. Il a exigé et cultivé une mentalité de supériorité raciale absolue, d'arbitraire administratif et de déshumanisation de « l'autre » pour fonctionner. Pour Césaire, le fascisme européen — en particulier le nazisme — n'était pas une aberration historique, mais un « effet boomerang ». C'était le moment où le modèle colonial de violence, « racialisé, massifié, bureaucratique et impersonnel », s'appliquait sur le sol européen aux corps européens (y compris les Blancs). « Ils ont toléré ce nazisme avant qu'il ne leur soit infligé », a écrit Césaire ; « ils l'ont absous, ils ont fermé les yeux, ils l'ont légitimé, car jusqu'alors, il n'avait été appliqué qu'à des peuples non européens [non blancs] ». Dans cette perspective, le crime d'Hitler n'était ni un génocide ni une guerre d'agression. Le crime d'Hitler était un génocide contre « les Blancs de l'Europe blanche » et une guerre d'agression qui a asservi d'autres Européens. L'horreur de l'Holocauste, dans cette lecture, était le choc de l'Europe face à une version reflétée et intensifiée de sa propre logique coloniale. La description que fait Césaire du leader européen le plus célèbre de l'histoire est une comparaison pertinente avec la situation actuelle (pensons aux meurtres brutaux et aux raids violents de l'ICE à Minneapolis et dans d'autres villes américaines ; voir nos articles précédents: référence infra).

Le Premier ministre Carney, les dirigeants européens et d'autres alliés des États-Unis ne sont pas indignés par la violence, l'injustice et la répression perpétrées pendant les années de leur « ordre international fondé sur des règles ». Au contraire, ils sont indignés, mécontents et inquiets parce que certains aspects de ce qui a été infligé au tiers-monde en développement, dans des actions auxquelles ils ont participé, sont maintenant renversés et utilisés contre eux. L'extorsion, le gangstérisme, la coercition économique et les menaces à la souveraineté territoriale sont désormais perpétrés contre les États faibles et vulnérables de l'alliance occidentale. Ces mêmes États sont restés silencieux ou ont participé lorsque les victimes étaient des pays lointains et «autoritaires» qui ne partageaient pas leurs valeurs. Ils ont encouragé les États-Unis à en arriver là où ils en sont aujourd'hui, en les soutenant et en tolérant leur comportement impérialiste pendant si longtemps parce que cela servait également leurs propres intérêts.

Le Canada (tout comme les pays européens) ne s'est pas contenté de «mettre une affiche à la fenêtre», comme vous l'avez suggéré dans votre discours. Le Canada et les pays européens ont activement participé à la violation du droit international afin d'en tirer des avantages économiques, en appliquant les règles de manière asymétrique (ce qu'on appelle le « deux poids, deux mesures ») pour favoriser leurs intérêts et ceux de leurs alliés. De nombreuses « puissances moyennes » ont colonisé d'autres pays, ont extrait les richesses, les ressources et la main-d'œuvre du Sud et ont renversé les dirigeants démocratiquement élus de ces pays au profit de ceux qui étaient prêts à servir le noyau impérial.

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Le gouvernement canadien a aidé les États-Unis à envahir et à occuper l'Afghanistan ; il a feint de ne pas soutenir l'invasion de l'Irak, alors même qu'il y était favorable ; il a contribué à lancer un coup d'État en Haïti ; et il a aidé à renverser des gouvernements et à déstabiliser des sociétés en Amérique latine où ses entreprises possèdent des mines . Le Canada a été un partenaire constant d'Israël dans son génocide des Palestiniens, en violation de la Convention sur le génocide, des Conventions de Genève, du Traité sur le commerce des armes et plus encore. De plus, Carney a longtemps présenté le Canada comme « une société pluraliste fonctionnelle », où « la place publique est bruyante, diversifiée et libre », mais le gouvernement canadien a violemment réprimé toute opposition à sa complicité dans le génocide israélien à Gaza. La police a évacué des campements étudiants dans des universités, arrêté des militants pour avoir critiqué Israël en ligne, criminalisé des actions et des marches de solidarité, mené des raids nocturnes sans préavis au domicile de militants accusés d'avoir endommagé des biens appartenant à des institutions complices et mené des raids avant l'aube contre d'autres personnes qui auraient organisé des blocages d'usines. Le gouvernement canadien a également déployé la Gendarmerie royale du Canada (GRC) sur des terres autochtones non cédées afin d'arrêter violemment les organisateurs et les militants des Premières Nations qui protègent la terre, l'eau et les forêts contre l'extraction des combustibles fossiles. La GRC, dont le précurseur a été créé pour commettre un génocide contre les peuples des Premières Nations au début de l'expansion coloniale, est aujourd'hui déployée par le gouvernement fédéral pour protéger les intérêts des entreprises de combustibles fossiles.

Le Canada, les pays européens et d'autres États coloniaux qui revendiquent un statut occidental indépendamment de leur géographie, comme l'Australie et la Nouvelle-Zélande, ne sont pas des « puissances intermédiaires ». Ce sont des pays qui ont pillé à maintes reprises le Sud global pour construire et maintenir leurs économies au détriment de la grande majorité des populations et de la planète. Ils ne sont pas au milieu ; ils sont au sommet, et ce n'est que maintenant qu'ils ressentent pleinement le poids de ce que signifie être subordonné à une hiérarchie imposée par ceux qui sont plus violents que vous.

Utilisant le langage d'un banquier (après tout, il a d'abord dirigé la Banque du Canada, puis la Banque d'Angleterre), Carney a exhorté les « puissances intermédiaires » à « diversifier » leurs alliances, à réaliser des « investissements collectifs dans la résilience » et à adopter un « réalisme fondé sur des valeurs ». Il a annoncé que le Canada rechercherait « différentes coalitions sur divers sujets fondés sur des valeurs et des intérêts communs », mais qu'il forgerait également des alliances avec d'autres États économiquement puissants tels que la Chine et l'Inde. Il a spécifiquement exhorté les puissances dites intermédiaires à s'unir, soulignant que « si nous ne sommes pas à table, nous sommes au menu ». Surtout, a-t-il affirmé, ces États doivent agir de manière cohérente, « en appliquant les mêmes normes à leurs alliés et à leurs rivaux ».

Le discours du Premier ministre Carney a été salué dans le monde entier pour son caractère théâtral, « affrontant l'agresseur Trump ». Cependant, il s'agissait d'un exercice d'ironie occidentale hypocrite, parsemé de demi-vérités. En résumé, c'était du « non-sens sous stéroïdes ». Carney a souligné qu'une bonne façon de conclure l'effondrement de l'ancien ordre était de ne pas regretter la situation et de se préparer à beaucoup plus de chaos. Le président Trump entame à peine la deuxième année de son deuxième mandat ; trois années d'instabilité et de chaos l'attendent.

Malheureusement, aussi importants que soient l'aveu de Carney et ses appels à la formation de coalitions, on soupçonne que derrière ce jargon se cache un appel aux « puissances intermédiaires » à redoubler d'efforts en matière de capitalisme, d'extraction des ressources, de libre-échange, d'intelligence artificielle et de militarisme (Carney a déclaré à Davos qu'il doublerait les dépenses militaires du Canada d'ici la fin de la décennie). Il s'agit d'un appel à renforcer le néolibéralisme sous prétexte de contrer le fascisme trumpien, alors que ce sont précisément ces décisions qui conduisent à l'ordre international impérialiste auquel Carney prétend s'opposer.

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Si Carney est prêt à admettre que l'ordre fondé sur des règles était une imposture, il ne doit pas tenter de le reproduire avec d'autres États occidentaux, mais plutôt forger une véritable solidarité avec le reste du monde. Il doit séparer le Canada des États-Unis non seulement sur le plan économique, mais aussi sur le plan militaire. Et il doit respecter le droit international, que, selon lui, les « puissances moyennes » n'ont que partiellement respecté.

Reconnaître ses propres crimes et privilèges est essentiel si les gouvernements des « puissances moyennes » veulent construire des coalitions significatives et durables qui protègent véritablement les personnes et la planète, et ne se contentent pas de poursuivre leurs propres intérêts à court terme. Si les « puissances moyennes » ne veulent pas subir ce qu'elles ont fait subir aux autres, elles doivent s'engager sérieusement à construire des alternatives avec les dirigeants du Sud et les populations lésées par leurs actions passées. Pas de relations coloniales ni d'accords paternalistes et extractifs, mais de véritables alliances. Elles doivent comprendre comment créer des relations économiques et sécuritaires équitables et réciproques qui ne soient pas fondées sur l'exploitation, l'impérialisme, le militarisme ou la violence. Des relations qui privilégient le bien-être de tous, et pas seulement de ceux qui sont au cœur de l'empire, et qui garantissent la survie et la santé de la planète.

Via Trasform! Italia - Source: https://transform-italia.it/il-crollo-dellipocrisia-sullo...

 

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jeudi, 12 février 2026

La dictature des libéraux

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La dictature des libéraux

par Diego Fusaro

Source: https://socialismomultipolaridad.blogspot.com/2026/02/la-dictadura-de-los-liberales.html

Argent créé à partir de rien et exploitation: la dictature financière des seigneurs apatrides de la notation

Sur la base de la nouvelle alchimie bancaire, qui transforme le papier imprimé en or et, en outre, en chaînes inoxydables de l'endettement, la classe liquide-financière des seigneurs de la globocratie sans frontières a acquis le monopole de la creatio ex nihilo de la monnaie et de la notation (c'est-à-dire du montant que les entités publiques ou privées paient pour obtenir de l'argent). Le monde entier est endetté envers la classe dominante pour la simple raison que l'on progresse en accumulant des intérêts. La virtualisation luciférienne de la turbofinance a en effet conduit à la création, ex nihilo, d'immenses valeurs comptables, mais sans fondement réel, ainsi qu'à des bulles immobilières et boursières, à des effondrements et à des récessions. Ainsi, profitant des actifs toxiques et de la fraude financière évidente, le Seigneur mondial-élitiste renforce de plus en plus sa domination sur le Serviteur national-populaire appauvri : grâce à son propre pouvoir, il impose aux gouvernements ses propres choix, en finançant certaines politiques spécifiques et en en définissant d'autres.

Plus précisément, la classe usurière au pouvoir épuise et dirige l'État à l'aide des leviers de la dette et des notations : ainsi, les politiques sont dictées par les marchés spéculatifs. Elle hégémonise également progressivement la recherche scientifique, l'éducation et la juridiction.

Le mystère du grand commerce bancaire réside dans le fait que les banques perçoivent des intérêts sur de l'argent qui n'est pas réellement disponible et prétendent le prêter en ouvrant des crédits comptables à un coût qui, en fait, est nul pour elles. La classe turbo-financière des mondialisateurs et des banquiers, qui apparaissent et agissent de plus en plus comme les détenteurs du monopole planétaire de l'argent, génère de l'argent ex nihilo et, à travers lui, retire le pouvoir d'achat de la société sans rien donner en échange : elle le rectifie, le prête avec intérêts, puis se le fait rembourser avec de l'argent produit par le travail de la classe dominée par le peuple national.

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Dans cette perspective, où les mauvaises entreprises transfèrent les coûts vers la communauté et déversent les actifs de l'entreprise dans de nouvelles entreprises qui sont rapidement privatisées, il est clair comme le jour que les banques ne se limitent pas à servir d'intermédiaires dans l'épargne et à exercer le crédit. Elles créent également de l'argent. Ce que l'on appelle la « seigneurie » consiste en un tel geste de prise de pouvoir d'achat de la richesse réelle en l'absence d'une valeur réelle donnée en échange. Il s'agit, en d'autres termes, du pouvoir d'émettre de la monnaie dont le pouvoir d'achat est indépendant de sa propre valeur.

9782080451910.jpgComme nous le savons, à ses débuts, le capital s'est constitué sur la base de « l'accumulation primitive », décrite dans le chapitre XXIV du premier livre du Capital. Le nouveau capitalisme totalitaire absolu connaît aujourd'hui une sorte de seconde accumulation primitive, d'origine financière.

Il ne se concentre plus sur l'expropriation forcée des terres communales, mais sur l'émission de nouvelle monnaie ex nihilo par les seigneurs de la bancocratie et du core business [activité principale] et, de cette manière, ils acquièrent unilatéralement pour eux-mêmes un pouvoir d'achat de biens et de services sur le marché, à partir duquel ils exercent leur pouvoir. Si la première accumulation a été violente, celle-ci est silencieuse et anonyme, mais non moins tragique dans ses effets. C'est la seule façon d'expliquer la crise américaine de 2007, ainsi que - pour nous limiter à l'Italie - la perte d'environ 40% du pouvoir d'achat du peuple italien avec le passage de la lire à la monnaie unique, l'euro. Cet aspect révèle en outre que la mondialisation est aussi – et non pas secondairement – un processus par lequel la production de biens et de services se traduit par une dépendance monétaire et créditrice envers un système bancaire privé de plus en plus post-national.

La prophétie (néfaste) de Karl Marx sur le capitalisme financier actuel

Dans le troisième livre du Capital, le philosophe allemand avait anticipé l'établissement d'une nouvelle aristocratie financière composée d'usuriers et de parasites vivant grâce à des escroqueries bancaires et à des vols légalisés.

Le troisième livre du Capital de Karl Marx anticipe ce qui a été réalisé dans le cadre du nouvel ordre mondial après 1989, à savoir la mise en place d'une nouvelle aristocratie financière composée d'usuriers et de parasites qui vivent grâce à des escroqueries bancaires et à des vols légalisés. C'est ainsi que Marx écrit à propos de la création financière du capital :

« Elle reproduit une nouvelle aristocratie financière (neue Finanzaristokratie), une nouvelle catégorie de parasites sous la forme de concepteurs de projets, de fondateurs et de simples directeurs nominaux ; tout un système de fraude et de tromperie lié aux fondations, aux émissions d'actions et au commerce des actions. »

Marx suit en effet comment le passage de la société industrielle à la société financière se caractérise également par le passage de la richesse productive et entrepreneuriale à la richesse parasitaire et au vol propres au « capitalisme financier », comme l'appelait Luciano Gallino. Chassée par la Révolution française et la bourgeoisie industrielle, l'aristocratie féodale s'est relevée sous la forme sans précédent de l'aristocratie financière évoquée par Marx, désormais installée au pouvoir dans le cadre du capitalisme absolu et financier après 1989. Claudio Tuozzolo l'a souligné dans son essai « République : travail, décroissance ou finance ? Marx et le capitalisme des revenus financiers » (2013), auquel nous faisons référence ici.

Il n'y a plus de travail, mais le revenu redevient l'axe du mode de production néo-féodal du capitalisme flexible. Selon les termes de Marx à propos de l'aristocratie financière, « le profit se présente exclusivement sous forme de rente » et « le profit total est empoché uniquement sous forme d'intérêts, c'est-à-dire qu'il s'agit d'une simple compensation pour la propriété du capital ». La différence entre le capitalisme industriel et le capitalisme financier, qui ne s'est concrétisée que récemment, est déjà clairement soulignée par Marx, qui montre comment, avec le capitalisme financier, la classe moyenne et le monde des affaires finissent par se dissoudre.

Si, en effet, dans le capitalisme entrepreneurial, le capital est « la propriété privée des producteurs individuels », avec l'avènement de l'économie financiarisée, il se produit une séparation entre la propriété et les producteurs : la conséquence paradoxale est que, selon les termes de Marx, au sein même de la production capitaliste, on assiste à « l'annulation de l'industrie capitaliste privée ». Le producteur capitaliste est désormais remplacé par le spéculateur financier : si le premier risquait son propre capital accumulé, le second risque une propriété qui ne lui appartient pas et affirme que « d'autres épargneront pour lui ».

Au sommet de la dynamique d'absolutisation et d'autonomie de l'économie en tant que processus autoréférentiel, le capitalisme financier de la phase absolue ne repose plus, comme l'écrit, sur « les individus réellement actifs dans la production, du gestionnaire au dernier journalier ». Ces derniers sont utilisés par l'économie financière comme ses outils, comme des fonctionnaires de la croissance infinie de la valeur : ils se contrôlent mutuellement et sont soumis à des sanctions inflexibles, articulées contre quiconque ne remplit pas au mieux sa fonction d'agent de valorisation. Le capital dévore ses propres agents.

Le capital gagne parce qu'il nous demande d'être le pire de nous-mêmes

La réalité dépasse souvent la fantaisie. À partir de 1989, la classe dominée et surexploitée s'est mise à lutter pour défendre un monde socio-économique auquel, après une analyse minutieuse du schéma des relations de pouvoir, elle devrait résolument tourner le dos en vue d'obtenir sa libération. D'autre part, tout le monde peut le voir : le sophisme de la « main invisible », le mythe de la coïncidence entre les intérêts privés et le bien-être public, a révélé sa véritable nature illusoire. Une fois son voile trompeur disparu, le capital s'est révélé dans toute sa cruauté : il a clairement montré, selon les termes de l'Introduction à la métaphysique de Heidegger, « la fuite des dieux, la destruction de la terre, la massification de l'homme, la prévalence de la médiocrité », c'est-à-dire ses véritables fondements. Et pourtant, même en marge des tragédies sociales qu'il produit constamment, le capital reste l'objet d'une foi inébranlable et omniprésente, enracinée également chez ceux qui, en le combattant, ne feraient que perdre leurs chaînes.

9788845270130_0_0_536_0_75.jpgComme je l'ai dit dans Minima Mercatalia. Philosophie et capitalisme (2012), chaque ventre vide continue de représenter un argument non négligeable contre cet ordre de production « sensiblement suprasensible » (Marx), qui a fait de la vie elle-même une lutte cannibale pour la survie. Et pourtant, les ventres vides, chaque jour plus nombreux, continuent d'attester le credo quia absurdum de la religion du libre marché et des homélies des thaumaturges du néolibéralisme. S'ils se soulèvent – ce qui n'arrive en réalité que très sporadiquement –, ils ont tendance à le faire contre ce qui pourrait mettre en danger le contrôle systémique de l'ordre désordonné du fanatisme économique.

Cet aspect doit bien sûr être mis en relation avec l'anthropologie persuasive généralisée par le capital, une anthropologie centrée sur le profil de l'individu sans gravité et sans limites, de sorte que tout désir coïncide avec un droit qui doit être satisfait par le consumérisme et sans délai : la vie, c'est maintenant, comme le répète sans cesse l'affirmation salutaire de la société du spectacle permanent.

Et même sans la discrimination de classe sur laquelle repose l'ordre globocratique – dans sa lutte perpétuelle contre toutes les formes de discrimination qui ne coïncident pas avec l'ordre économique de plus en plus oppressif –, les défaites de la mondialisation continuent d'adhérer avec enthousiasme au projet du capital.

Elles le font parce qu'au final, il ne nous demande que d'être indifférents et de montrer sans inhibition le pire de nous-mêmes. Le cynisme, la cupidité, l'avarice, la débauche, l'égoïsme et toutes les autres prérogatives que les religions et la morale du passé avaient unanimement diabolisées comme des vices pernicieux sont, dans un mouvement inverse, élevées par l'anthropologie capitaliste au rang de qualités favorables à l'individu déraciné, dont le soulagement de la responsabilité pour tout ce qui l'entoure est loué comme le fondement même de sa réussite entrepreneuriale et de l'affirmation de son propre moi.

La civilisation, dans son ensemble, peut également être comprise comme une tentative ardue d'élever l'animal humain au-dessus de sa condition purement animale, en l'éduquant et en l'incitant à développer les déterminations qui le distinguent proprement des autres animaux. Pour sa part, l'anthropologie inhérente au capital est régressive : elle sacrifie l'humain sur l'autel de la bête et transforme en impératif catégorique la simple observance du principe d'animalité, les pulsions immédiates et la satisfaction anormale de son propre plaisir individuel sans report ni règles. C'est là que réside sa force magnétique attractive de religion d'immanence et d'égoïsme.

La politique a perdu. Le marché a donc tué les idéologies

S'appuyant sur la mystique libérale de l'intervention thaumaturgique des marchés autorégulés, la dérégulation libérale correspond à la dépolitisation de l'économie soustraite à la gestion démocratique possible par le peuple souverain. Cela marque, comme on l'a dit, l'apogée de la dés-éthisation, dans la mesure où, suivant les traces de Hegel, l'État s'érige en idée vivante de la réalité éthique et, plus généralement, en garant des « racines éthiques » qui imprègnent le monde de la vie et les connexions communautaires intersubjectives. On ne peut pas dire que le rêve néolibéral se soit réalisé tant que les « dentelles et les broderies » de l'État sont le dernier bastion survivant de la primauté du politique sur l'économique, du choix démocratique sur la volonté oligarchique incontrôlée, des communautés sur l'élite néo-féodale et ploutocratique pour empêcher l'avènement du laissez-faire planétaire et de l'anarchie commerciale.

schmitt_carl_5796.jpgSelon la grammaire de Carl Schmitt, c'est le moment où les processus convergents de « dépolitisation » (Entpolitisierung) et de « neutralisation » (Neutralisierung) deviennent réalité. Tout « centre de référence » symbolique autre que celui de l'économie élevée au rang de seule source de sens est neutralisé ; et, dans cette voie, nous avançons vers une dépolitisation complète. La capacité résiduelle de la force politique à contenir et à gouverner l'économie - de plus en plus déconnectée - est désarticulée. La dépolitisation de l'économie est déterminée par la dé-souverainisation, c'est-à-dire par l'anéantissement de l'espace réel d'action des politiques des États nationaux souverains en tant qu'instances éthiques capables de contenir et d'orienter l'économie en fonction des intérêts de la communauté.

Ainsi, la « tendance à séparer le pouvoir de la politique » apparaît comme la raison d'être du nouveau système du marché absolu. Cela réfute en outre la célèbre thèse de Ferguson dans son Essai sur l'histoire de la société civile (1767), selon laquelle « les arts du commerce et de la politique ont progressé ensemble, tout en se préservant »: en admettant, avec Ferguson, qu'il y a eu dans le passé un entrelacement aussi progressif, celui-ci semble aujourd'hui manifestement dissous ; avec pour conséquence que les nouveaux arts du commerce et de l'économie numérique sans frontières progressent en anéantissant les espaces de la politique. À travers la dépolitisation de l'économie et l'anéantissement de l'État souverain démocratique, s'établit la « domination de l'économie sur la société » et la souveraineté absolue du capital financier, selon les termes de Lukács. Ce dernier décompose le droit du travail, les contrats nationaux, le droit constitutionnel et les acquis sociaux en défense des subordonnés.

Les processus mutuellement innervés de Neutralisierung et d'Entpolitisierung se projettent clairement dans un fait nouveau, qui marque également une rupture par rapport au « petit siècle » : pour la première fois, la société dans son ensemble ne représente plus sa propre dynamique globale à travers la politique, ni n'est considérée comme susceptible d'être transformée par des projets politiques visant à remodeler l'existant. Dans le triomphe de la période post-politique, la dimension antérieure de la politique et ses passions fortes sont remplacées par l'épanouissement de formations idéologiques micro-sectorielles de faible ou nulle importance. Il s'agit, entre autres, du féminisme et de l'écologisme, du fondamentalisme religieux et du nationalisme tribal.

Ces formations idéologiques fragmentent de manière prismatique l'ensemble de la société en dichotomies partisanes sur lesquelles elles reposent. Elles sont donc intrinsèquement inadaptées à tout projet politique visant à reconstituer la société aliénée sur de nouvelles bases. C'est également en vertu de cela que les idéologies post-politiques susmentionnées sont finalement fortement conditionnées et limitées, dans leurs applications pratiques, par l'idéologie omniprésente du marché, qui agit comme un fond idéologique constant, souvent inconscient. Le politicien, quant à lui, est lié à la dimension du choix et de la décision, dans un espace où s'affrontent de manière dialogique différentes idées sur l'orientation générale et globale de la vie associative et l'organisation collective de l'existence : or, cet espace, abandonné par la politique, a été livré au marché lui-même et donc réabsorbé par l'économie.

L'entreprise sanitaire et la marchandisation du langage

61I4y4zHqjL._AC_UF894,1000_QL80_.jpgTout devient marchandise, avait prévenu Marx en 1847. Marx ne pouvait peut-être pas prévoir que même le ventre des femmes et l'école le deviendraient aussi. Cependant, son diagnostic était clair et, après tout, s'il était bien compris, il permettait de prédire la marchandisation totale qui a lieu aujourd'hui. De l'économie de marché dans laquelle Marx a vécu, nous sommes passés indifféremment à la société de marché, dans laquelle il n'existe aucun paramètre qui résiste à la «marchandisation omniprésente» (Latouche). Même les écoles, les hôpitaux et les utérus des femmes.

Selon Foucault, le lien avec le marché est devenu un « a priori historique », c'est-à-dire une condition de réalité pour chaque affirmation et chaque représentation de la signification de la pensée. Tout ce que nous disons et pensons est dit et pensé sur la base de la forme des biens comme condition inéluctable de la possibilité d'énoncer et de penser le réel.

Avec Heidegger, nous sommes parlés par le langage : c'est en lui que se cristallise l'esprit du temps. Notre lexique, parfois sans que nous nous en rendions compte, est colonisé par la forme des biens. Même la sphère sentimentale, qui semble être la plus hétérogène par rapport à la forme de la marchandise, en est profondément imprégnée : ne parle-t-on pas depuis quelque temps d'« investissement affectif » ?

À l'instar du « Je pense » kantien, les biens doivent pouvoir accompagner toutes mes représentations. Jamais auparavant la forme des biens n'avait été élevée au rang de moyen de communication total d'une culture. Jamais auparavant le réel et le symbolique n'avaient été complètement marchandisés.

Dans les limites du capitalisme totalitaire, monde dont nous sommes les habitants, l'individu est soumis au capital non seulement en tant que vendeur de main-d'œuvre (qui est, de surcroît, précaire et flexible à notre époque). Son incorporation est en soi absolument totalitaire, puisqu'elle se produit tant dans la culture que dans les loisirs, dans l'éducation comme dans la maladie, et même dans la mort. Il n'y a aujourd'hui aucun domaine de la vie nue qui puisse échapper aux griffes mortelles du capital.

Dans le passé, le capital s'arrêtait aux portes de l'usine. Aujourd'hui, il les a franchies et s'est emparé de toute la vie, de la pensée et de l'imagination.

Ainsi, le modèle de l'entreprise totale prévaut : tout devient entreprise, même les écoles. En raison de cette dynamique entrepreneuriale initiale, les hôpitaux ont désormais laissé place à des « agences de santé », selon la logique de la marchandisation de la santé et des soins de santé eux-mêmes. La santé n'est plus un droit social incontournable, mais est devenue une marchandise parmi tant d'autres.

Le cannibalisme libéral. Comment les citoyens sont devenus des consommateurs

Johann-Gottlieb-Fichte-1762-1814.jpegLe pouvoir apolitique de l'économie peut aujourd'hui s'exercer sans entrave dans l'arène mondialisée et dénationalisée, hors de portée de la politique. L'« anarchie commerciale » dénoncée par Fichte correspond à la déréglementation actuelle du laissez-faire mondial du code néolibéral. Le capitalisme réglementé ne peut exister, car son essence est la désobéissance, l'entropie efficace qui dépasse toute norme visant à freiner et à limiter les dynamiques autoréférentielles de la croissance infinie.

Présentée à travers l'utilisation autorisée et liturgique de la langue anglaise comme un nouveau latin, la déréglementation n'est finalement rien d'autre que la dynamique de libération des formes et des réglementations qui entravent l'innovation techno-capitaliste, garantissant en échange des protections juridiques pour les travailleurs et la communauté humaine, les démocraties et les droits. Pour que cette déréglementation soit pleinement possible, il est bien sûr nécessaire de déconstruire la conscience oppositionnelle de la masse nationale-populaire (ce qui a été fait avec succès), mais aussi de dés-souverainiser les États, en éliminant les conditions de toutes les manœuvres possibles de leur gestion de l'économie.

La gestion de l'économie est rendue impossible par l'annulation de l'espace politique des États souverains et, symboliquement, par la diabolisation a priori de tout projet de gouvernement politique de l'économie elle-même, déjà qualifié de totalitaire.

Cela est également possible, et ce n'est pas secondaire, par le fait que le libéralisme, d'une manière totalement non vérifiée, a été pacifiquement accepté comme le nec plus ultra de la philosophie politique et comme la cour suprême devant laquelle tous les régimes politiques qui ne s'appuient pas sans réserve sur lui sont convoqués et appelés à se disculper.

La politique elle-même, après 1989, réduite presque entièrement à une continuation de l'économie par d'autres moyens, n'accepte pas les mouvements, les factions et les partis qui n'ont pas juré fidélité éternelle au discours libéral : avec pour conséquence évidente que, dans le triomphe du faux pluralisme qui cache la véritable nature du totalitarisme glamour, seuls le libéralisme de droite, le libéralisme centriste et le libéralisme de gauche s'affrontent toujours. Quel que soit le camp victorieux, c'est le libéralisme qui l'emporte, mais avec une intensité et des couleurs changeantes.

C'est également grâce à la déréglementation que la condition néolibérale peut être caractérisée, non sans raison, par la privatisation complète de ce qui, même avant 1989, était considéré comme des biens communautaires indisponibles (de la santé au logement, en passant par l'éducation). Le cœur secret du capital et son élan atavique d'acquisition fondé sur l'asymétrie du lien entre seigneurie et servitude, l'esprit individualiste du profit illimité, continuent sans relâche à recourir à la pratique de la clôture, privatisant le public et transformant les biens et droits communs en biens achetables.

Le cannibalisme libre, typique de la norme de compétitivité antagoniste, occupe à nouveau les espaces de solidarité communautaire ; il redéfinit comme des objets de consommation accessibles à partir de la valeur d'échange ce qui était auparavant des droits inaliénables. Les figures interconnectées de citoyenneté et de citoyen fondées sur l'éthique de l'État national souverain sont éclipsées, remplacées par de nouveaux profils de clientèle et de consommation, avec au centre la forme des biens et la valeur d'échange réparties différemment. Avec la grammaire de l'essai marxiste Sur la question juive, le profil de l'individu privatisé s'est mondialisé, non pas celui du citoyen, qui est en réalité en train de s'éclipser, mais celui du bourgeois, qui construit ses relations sur la base du théorème de la sociabilité malheureuse.

La Russie et le Pakistan: renforcement des relations de partenariat

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La Russie et le Pakistan: renforcement des relations de partenariat

Milana Gunba

Les relations entre la Russie et le Pakistan ont connu un parcours difficile, passant de l'antagonisme de la guerre froide à un partenariat pragmatique au 21ème siècle. Historiquement, le Pakistan était un allié clé des États-Unis en Asie du Sud, tandis que l'URSS soutenait l'Inde. Cependant, les changements dans l'architecture géopolitique mondiale, en particulier la formation d'un monde multipolaire, le déplacement du centre de gravité économique mondial vers l'Asie, ainsi que les défis communs en matière de sécurité, tels que le terrorisme et l'instabilité régionale (notamment la situation en Afghanistan), ont créé un terrain favorable au rapprochement entre les deux pays.

Au cours de la dernière décennie, on observe une tendance constante à l'approfondissement de la coopération russo-pakistanaise, qui dépasse le cadre des contacts diplomatiques traditionnels. Ce processus couvre un large éventail de domaines, allant des exercices militaires conjoints périodiques à la discussion et à la mise en œuvre de projets d'investissement à grande échelle dans les secteurs de l'énergie et des infrastructures.

Évolution des relations et contexte géopolitique

Après l'effondrement de l'URSS, la Russie a hérité de relations complexes avec le Pakistan. Les premières années de la période post-soviétique ont été marquées par une faible activité, mais dès le début des années 2000, des signes de rapprochement progressif ont commencé à apparaître. Les catalyseurs de ce processus ont été les suivants:

Le changement des priorités de la politique étrangère de la Russie: dans un contexte de confrontation avec l'Occident et de « tournant vers l'Est » actif, la Russie cherche à diversifier ses relations étrangères et économiques en trouvant de nouveaux partenaires en Asie.

La diversification des relations extérieures du Pakistan: confronté à l'instabilité et parfois à la pression de ses alliés occidentaux traditionnels (principalement les États-Unis), Islamabad cherche à mener une politique étrangère multivectorielle, réduisant ainsi sa dépendance à l'égard d'un seul centre de pouvoir. Le renforcement des relations avec la Russie est perçu comme faisant partie de cette stratégie, en particulier dans le contexte de l'influence croissante de la Chine (à travers l'initiative « Belt and Road » et le Corridor économique Chine-Pakistan, CPEC).

Défis communs en matière de sécurité: le Pakistan et la Russie ont tous deux intérêt à assurer la stabilité régionale et à lutter contre le terrorisme international, le trafic de drogue et l'extrémisme. La situation en Afghanistan est l'un des principaux dénominateurs communs.

Intérêts économiques: le Pakistan, avec sa population croissante et son économie en développement, est un marché potentiellement important pour les biens et services russes, en particulier dans les domaines de l'énergie et de la construction mécanique. La Russie, quant à elle, voit dans le Pakistan de nouvelles opportunités d'investissement et d'exportation d'hydrocarbures.

L'adhésion du Pakistan à l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS) en 2017, dont la Russie est l'un des membres clés, a constitué une étape importante, offrant une plateforme pour la coopération multilatérale et donnant un élan supplémentaire aux relations bilatérales.

Coopération militaire et de défense

La coopération dans le domaine militaire, autrefois inimaginable, est devenue l'un des signes les plus visibles du changement dans les relations entre les deux pays. Alors qu'auparavant, la Russie vendait principalement du matériel militaire à l'Inde, le Pakistan est désormais également considéré comme un marché potentiel.

Exercices militaires conjoints:

« Druzhba »: Lancés en 2016, ces exercices conjoints entre les forces spéciales russes et pakistanaises ont lieu chaque année (avec quelques interruptions). Ils sont axés sur les opérations antiterroristes, l'entraînement en montagne et l'échange d'expériences dans des conditions de terrain difficiles. Les exercices « Druzhba » symbolisent non seulement l'approfondissement de la coopération militaire, mais aussi la démonstration publique d'un changement de paradigme dans les relations.

« Arabian Monsoon »: Des exercices navals conjoints sont également organisés périodiquement, démontrant la capacité des flottes des deux pays à coopérer.

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Exercices multilatéraux: l'armée pakistanaise participe également à des exercices multilatéraux organisés sous l'égide de l'OCS, ce qui contribue à renforcer la compatibilité opérationnelle et la coordination.

Fournitures d'armes et coopération militaro-technique:

Hélicoptères Mi-35M: L'un des accords les plus importants a été l'acquisition par le Pakistan d'hélicoptères d'attaque polyvalents Mi-35M « Super Crocodile ». Cette transaction a constitué un précédent important, ouvrant la voie à une coopération future.

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Discussion sur de nouveaux achats: Des négociations sont régulièrement menées sur d'éventuelles livraisons de systèmes de défense aérienne russes (y compris le S-400, bien que cela reste spéculatif en raison du caractère sensible du sujet pour l'Inde), de véhicules blindés, ainsi que sur la modernisation des systèmes existants et la création de productions conjointes.

Équipements et formation antiterroristes: la Russie aide le Pakistan à former du personnel et à fournir des équipements pour lutter contre le terrorisme, ce qui constitue une priorité commune.

Importance stratégique: pour le Pakistan, la coopération militaire avec la Russie signifie une diversification des sources d'armement, une réduction de la dépendance vis-à-vis des États-Unis et de la Chine, ainsi qu'un accès aux technologies russes de pointe. Pour la Russie, il s'agit d'un nouveau marché pour la vente d'armes, d'un renforcement de ses positions en Asie du Sud et d'une influence accrue dans la région, ce qui correspond à sa stratégie de « pivot vers l'Est ».

Partenariat énergétique

Le secteur énergétique est sans doute le domaine le plus prometteur et le plus capitalistique de la coopération bilatérale, susceptible de générer des investissements de plusieurs milliards. Le Pakistan est confronté à une grave pénurie énergétique, tandis que la Russie est l'un des plus grands exportateurs mondiaux d'hydrocarbures et de technologies.

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Gazoduc « Pakistan Stream »

Historique du projet: Initialement connu sous le nom de « Nord-Sud », ce projet prévoit la construction d'un gazoduc d'environ 1100 km entre le port de Karachi (où sera réceptionné le GNL regazéifié) et Lahore, afin d'assurer le transport du gaz vers les zones densément peuplées du pays.

Participants et statut: un protocole d'accord a été signé dès 2015, mais le projet a connu des retards en raison de lenteurs bureaucratiques, de problèmes de financement et de sanctions internationales contre la Russie. En 2021, les gouvernements des deux pays ont signé un accord intergouvernemental prévoyant une participation de 26 % pour le Pakistan et de 74 % pour la Russie. L'opérateur du projet devrait être la partie russe. Le projet est estimé à plusieurs milliards de dollars.

Pour le Pakistan, ce gazoduc est essentiel pour garantir la sécurité énergétique, développer l'industrie et réduire les coûts énergétiques. Pour la Russie, c'est l'occasion de s'implanter sur un nouveau marché gazier prometteur et de démontrer sa capacité à réaliser de grands projets d'infrastructure dans des conditions difficiles.

Livraisons de GNL et de pétrole brut: Le Pakistan est intéressé par des contrats à long terme pour la fourniture de gaz naturel liquéfié (GNL) et de pétrole brut russes. Dans le contexte de la crise énergétique mondiale et de la volonté du Pakistan de diversifier ses sources d'énergie, les livraisons russes pourraient devenir un élément important de la stratégie énergétique du pays.

Raffinage du pétrole: Des projets de modernisation et de construction de nouvelles raffineries de pétrole au Pakistan avec la participation d'entreprises russes sont également à l'étude.

Exploration et production d'hydrocarbures: Les entreprises russes, qui disposent de technologies de pointe dans le domaine de l'exploration et de la production, manifestent leur intérêt pour la participation à des projets sur le plateau continental et sur terre au Pakistan.

Énergie électrique: Il existe des perspectives de coopération dans la construction et la modernisation de centrales électriques utilisant différentes sources d'énergie, notamment l'énergie hydraulique et les centrales thermiques.

Coopération commerciale, économique et en matière d'investissements

Outre les grands projets d'infrastructure, la Russie et le Pakistan cherchent à accroître le volume des échanges commerciaux bilatéraux et des investissements dans d'autres secteurs.

Dynamique des échanges commerciaux: Bien que le volume des échanges bilatéraux ait été historiquement modeste (environ 700 à 900 millions de dollars par an), on observe une croissance soutenue. Les deux pays se sont fixé pour objectif de le porter à 5 milliards de dollars dans un avenir proche.

Exportations de la Russie: principalement des céréales (blé), des machines et des équipements, des engrais minéraux.

Exportations du Pakistan: textiles, produits agricoles (mangues, riz), articles en cuir, articles de sport.

Coopération bancaire et financière: les possibilités d'utiliser les monnaies nationales dans les règlements mutuels, de créer des canaux bancaires directs et des systèmes de paiement pour contourner les sanctions internationales et renforcer l'autonomie économique sont en cours de discussion.

Opportunités d'investissement

Industrie: le Pakistan est intéressé par les investissements russes dans l'industrie lourde, la construction mécanique et l'industrie chimique.

Agriculture: la Russie peut fournir des machines et des technologies agricoles, tandis que le Pakistan peut augmenter ses exportations de denrées alimentaires.

Pharmacie: il existe un potentiel de coopération dans le secteur pharmaceutique.

Coopération douanière: l'optimisation des procédures douanières et la création de conditions favorables au commerce font également l'objet de discussions.

Coopération humanitaire, éducative et culturelle

Bien que moins importante, la coopération humanitaire joue également un rôle important dans le rapprochement des peuples.

Programmes éducatifs: la Russie accorde au Pakistan des quotas pour étudier dans les universités russes, en particulier dans les domaines techniques et scientifiques. Cela contribue à la formation d'une élite pro-russe et au renforcement des liens interculturels.

Échanges culturels: l'organisation de festivals culturels, de projections de films et d'expositions favorise une meilleure compréhension mutuelle et permet de dépasser les stéréotypes.

Tourisme: malgré les difficultés existantes, il existe un potentiel de développement du tourisme entre les deux pays, en particulier dans le domaine du tourisme écologique et culturel.

Défis et obstacles à la coopération

Malgré des progrès évidents, le partenariat russo-pakistanais est confronté à un certain nombre de défis majeurs :

Le facteur indien: les relations traditionnellement étroites entre la Russie et l'Inde constituent un point sensible. Delhi suit de près le développement du partenariat russo-pakistanais, craignant qu'il ne perturbe l'équilibre régional des pouvoirs ou ne porte atteinte à ses intérêts. La Russie est contrainte de trouver un équilibre entre les deux puissances sud-asiatiques.

Pression des États-Unis et de l'Occident: malgré sa volonté de diversification, le Pakistan entretient toujours des liens économiques et stratégiques importants avec l'Occident. Les sanctions américaines contre la Russie pourraient compliquer la mise en œuvre de projets communs, en particulier dans le domaine financier. Le Pakistan craint d'être soumis à des sanctions secondaires.

Contraintes financières: les grands projets d'investissement nécessitent des ressources financières importantes. Le Pakistan rencontre souvent des difficultés pour financer ses projets en interne et obtenir des crédits extérieurs. Les entreprises russes sont également confrontées à des restrictions sur le marché financier international.

Bureaucratie et instabilité politique: au Pakistan, les changements fréquents de gouvernement et le niveau élevé de bureaucratisation peuvent ralentir la mise en œuvre des projets et affecter leur viabilité à long terme.

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Concurrence avec la Chine: la Chine est le principal partenaire stratégique du Pakistan et l'investisseur le plus important via le CPEC. Les projets russes doivent rivaliser avec les initiatives chinoises pour attirer l'attention et les ressources d'Islamabad, même s'ils peuvent souvent être complémentaires.

Logistique et infrastructure: le développement des routes commerciales et de l'infrastructure logistique pour augmenter les échanges commerciaux nécessite des investissements et du temps considérables.

Perspectives et importance stratégique

Malgré les défis, les relations russo-pakistanaises ont un potentiel considérable pour se développer davantage.

Renforcement d'un monde multipolaire: L'approfondissement du partenariat entre la Russie et le Pakistan contribue à la formation d'un ordre mondial plus équilibré et multipolaire, réduisant la domination d'un seul centre de pouvoir.

Stabilité régionale: La coopération en matière de sécurité, en particulier en ce qui concerne l'Afghanistan et la lutte contre le terrorisme, est essentielle pour la stabilité et la sécurité régionales en Asie centrale et en Asie du Sud.

Sécurité énergétique du Pakistan: les investissements et les livraisons russes peuvent améliorer considérablement la situation énergétique du Pakistan, ce qui est une condition essentielle à sa croissance économique.

Diversification pour la Russie: le Pakistan devient un élément important de la stratégie russe de « pivot vers l'Est », offrant de nouvelles opportunités économiques et politiques.

Rôle de l'OCS: l'Organisation de coopération de Shanghai sert de plateforme importante pour le développement de relations multilatérales et bilatérales, fournissant un cadre institutionnel pour la coopération.

Les projets communs de la Russie et du Pakistan – des exercices militaires périodiques aux discussions sur les investissements majeurs dans l'énergie et les infrastructures – reflètent les profonds changements géopolitiques et l'approche pragmatique des deux pays dans l'élaboration de leurs stratégies de politique étrangère. Ce partenariat, qui était autrefois pratiquement inexistant, prend désormais de l'ampleur, motivé par des intérêts communs dans les domaines de la sécurité, de l'économie et de la recherche d'un monde multipolaire.

Bien que des obstacles importants, tels que la sensibilité du facteur indien, la pression occidentale, les contraintes financières et l'instabilité interne du Pakistan, entravent l'approfondissement de la coopération, l'intérêt stratégique de cette interaction est évident. Elle ouvre de nouveaux marchés à la Russie et renforce son influence en Asie du Sud, tandis qu'elle permet au Pakistan de diversifier ses relations étrangères, de renforcer sa sécurité énergétique et d'accéder à des technologies et à des investissements.

À long terme, avec la volonté politique et la capacité de surmonter les difficultés qui se présenteront, le partenariat russo-pakistanais a toutes les chances de devenir l'un des éléments clés de la géopolitique régionale, contribuant à la stabilité et au développement économique en Asie du Sud et en Asie centrale.

Outre les domaines déjà évoqués, la coopération entre la Russie et le Pakistan pourrait être élargie à d'autres domaines tels que:

Santé et pharmacie: développement des systèmes de santé, tourisme médical (attirer des patients pakistanais dans les cliniques russes), localisation de la production de médicaments et de vaccins, échange de spécialistes et de technologies.

Gestion des catastrophes naturelles: compte tenu de la vulnérabilité des deux pays aux catastrophes naturelles, il est possible d'approfondir la coopération dans le domaine de la prévention et de la gestion des conséquences des situations d'urgence, de l'échange d'expériences, des exercices conjoints et de la fourniture d'équipements spécialisés.

Urbanisme et « villes intelligentes »: la Russie peut offrir son expérience et ses technologies en matière de planification des infrastructures urbaines, de mise en œuvre de solutions numériques pour les transports, le logement et la sécurité dans les villes à croissance rapide du Pakistan.

Développement du tourisme et de l'hôtellerie: Projets communs de construction de complexes hôteliers, extension des itinéraires touristiques, simplification des procédures de visa pour augmenter les flux touristiques réciproques.

Innovation et start-ups: création de parcs technologiques communs, d'incubateurs, soutien aux projets innovants des jeunes et au financement par capital-risque dans les secteurs prometteurs.

Développement des échanges éducatifs et entre jeunes: augmentation des quotas pour les étudiants, recherches scientifiques conjointes, échanges entre étudiants et jeunes afin de renforcer les liens entre les générations futures.

Médias et échanges culturels: projets communs dans les domaines du cinéma, de la télévision, de la musique et des arts afin d'améliorer la compréhension mutuelle entre les cultures et de lutter contre la désinformation.

Dialogue interparlementaire et inter-partis: approfondissement des relations politiques non seulement au niveau des gouvernements, mais aussi entre les parlements et les partis politiques des deux pays.

La synergie entre les technologies, les ressources et l'expérience russes et les besoins du Pakistan en matière de développement, sa population jeune et sa position géographique stratégique peut donner un élan puissant à la coopération bilatérale, contribuant à la prospérité mutuelle et au renforcement des positions des deux pays dans un monde multipolaire en formation.

mercredi, 11 février 2026

Nouvelle arme dans la guerre du 21ème siècle: canon à ondes acoustiques en opération

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Nouvelle arme dans la guerre du 21ème siècle: canon à ondes acoustiques en opération

Minnesota / Caracas. Lors des récents troubles dans le Minnesota ainsi que lors de l’intervention militaire américaine au Venezuela début janvier, des «canons à ondes acoustiques» ont été utilisés. Dans des rapports concernant l’action des autorités migratoires américaines contre des manifestants dans le Minnesota, on voyait des véhicules avec des structures rectangulaires. Il s’agit de dispositifs appelés Long Range Acoustic Devices (LRAD) — en français: dispositifs acoustiques à longue portée. Les patrouilles de l’État du Minnesota ont utilisé un tel système pour faire des annonces, comme l’a rapporté CBS News. Des images montrent des personnes qui reculent dès qu'une annonce est prononcée en guise de test. Les effets sont décrits par des experts militaires comme exceptionnellement intenses, «comme si l’on entendait la voix de Dieu dans sa tête».

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Contrairement aux haut-parleurs classiques, les systèmes LRAD concentrent le son en un faisceau étroit, semblable à la lumière d’un projecteur. Cette technique produit, par l’interaction de nombreux transducteurs acoustiques, un cône sonore très focalisé avec une intensité extrême. La parole ou les signaux d’avertissement peuvent ainsi être transmis sur de longues distances, jusqu’à plusieurs kilomètres.

Ces systèmes ont été développés il y a plusieurs décennies en réponse à l’attaque contre le «USS Cole» (1996). Le fabricant Genasys les commercialise comme un moyen de «communication claire, de sécurité et de contrôle — à tout moment et partout». Ils disposent de deux modes: le mode communication pour les annonces et un mode dissuasif, qui émet des sons intenses. Les fiches techniques indiquent des niveaux jusqu’à 160 dB. La technologie est optimisée pour la bande de fréquences particulièrement sensible de l’audition humaine.

Initialement conçus pour les navires et la gestion de catastrophes, les LRAD trouvent de plus en plus d’usage dans la police et la surveillance des frontières. Genasys explique que les LRAD jouent «désormais un rôle essentiel dans la gestion des troubles». Les forces de sécurité les utilisent pour diriger la foule, l’armée aussi mais pour une influence psychologique. La source invisible des voix peut provoquer de la confusion.

L’inconvénient est le risque pour la santé. Dans le faisceau direct, les sons peuvent provoquer de fortes douleurs et des nausées. Le manuel d’utilisation d’un modèle avertit du risque de perte auditive. Des groupes de défense des droits humains, comme Amnesty International, critiquent leur utilisation lors de rassemblements, dénonçant un abus potentiel.

En tant que tel, ces armes LRAD ont apparemment été utilisées lors de l’intervention militaire américaine au Venezuela. Par la suite, des interviews ont circulé où des personnes témoignent et affirment que l’arme à son a été déployée par des hélicoptères ou des drones.

Un prétendu agent de sécurité vénézuélien a été cité: «Je ne sais pas comment le décrire (…) c’était comme une onde sonore très intense. Soudain, j’avais l’impression que ma tête allait exploser de l’intérieur. Nous avons tous commencé à saigner du nez. Certains ont vomi du sang». Heureusement, l’utilisation du LRAD a évité aux forces américaines d’avoir recours à une violence létale. Le nombre de morts du côté vénézuélien a été limité. Selon les informations disponibles, il s’agissait principalement de mercenaires cubains (mü).

Source: Z uerst, Février 2026. 

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mardi, 10 février 2026

À partir de 2027, plus de GNL russe vers l’Europe

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À partir de 2027, plus de GNL russe vers l’Europe

Les membres du G7/UE se sont enfermés dans une position délicate: comment nuire à la Russie en cessant d’importer du GNL russe tout en garantissant l’approvisionnement nécessaire en GNL?

par Joachim Van Wing

Source: https://joachimvanwing.substack.com/p/vanaf-2027-geen-rus...

Exclure le GNL russe s’annonce comme un défi de taille, car les deux objectifs semblent presque incompatibles. Comment échanger le GNL russe contre tout le gaz naturel disponible du Qatar, d’Australie et des États-Unis?

Nous en sommes déjà à la 20ème série de sanctions que le G7/UE27 impose à la Russie. Elles s’appuient sur des sanctions précédentes qui ont été techniquement bien préparées, mais qui, comme prévu, n’ont jamais atteint l’effet escompté.

« La Russie ne viendra à la table des négociations qu’avec des intentions sincères si elle est mise sous pression. C’est la seule langue que la Russie comprend. »

Ursula von der Leyen, Bruxelles, 6 février 2026

Sanctions précédentes contre la Russie

Jusqu’à présent, la 6ème série de sanctions, fin 2022, a été la plus sévère.

(I) 6 octobre 2022 : interdiction des services de transport, de financement et d’assurance pour l’exportation russe de pétrole par bateau.

(II) 5 décembre 2022 : mise en œuvre d’un plafonnement des prix pour le pétrole brut russe.

(III) 5 février 2023 : mise en œuvre d’un plafonnement des prix pour les produits pétroliers russes, comme le diesel raffiné et l’essence.

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Cette 6ème série de sanctions s’est révélée moins efficace que prévu, car les clients et fournisseurs ont contourné ces mesures par trois astuces simples:

(1) Des centaines de compagnies maritimes ont proposé de transporter le pétrole russe en dehors du système d’assurance occidental. Ces compagnies sont désignées comme la « flotte fantôme ».

(2) Des pays du sud global et des BRICS n’ont en rien respecté le plafond fixé, utilisant les sanctions comme levier pour obtenir de fortes réductions de prix à Moscou.

(3) Le pétrole brut russe et les produits finis sont déchargés ou mélangés en ports ou en mer, rendant la « provenance » non documentée ou non traçable. Le pétrole russe continue ainsi d’alimenter nos voitures, camions, grues, tracteurs, ainsi que les clusters pétrochimiques de Dunkerque, Barcelone, Bilbao, Rotterdam ou Anvers.

20ème cycle de sanctions économiques

Attention… les traders et compagnies maritimes respectant scrupuleusement le « plafond de prix » transportent aujourd’hui en toute légalité le pétrole russe vers l’Europe de l’Ouest. La surproduction mondiale de pétrole fait chuter les prix en dessous du plafond fixé à 65 dollars le baril, ce qui a réduit l’effet du « price cap » sur le pétrole russe. En réaction, l’UE ajoute 43 navires à la liste des sanctions, portant la « flotte noire » à 640 tankers. Par ailleurs, le plafond de prix du diesel et du pétrole brut est encore abaissé à 15 % en dessous des prix du marché de l’Oural. Enfin, l’UE27, avec le soutien du G7, impose une interdiction de maintenance et de services techniques pour les tankers et brise-glaces russes, ciblant directement les infrastructures clés pour l’exportation gazière de la Russie et ses activités dans l’Arctique.

Malgré cette 6ème série de sanctions, la Russie a encore exporté en janvier 16% de son pétrole brut et 35% de ses produits raffinés vers l’Europe. Les chiffres pour le GNL sont également importants.

Importation/exportation de GNL russe

Les sanctions concrètes contre le pétrole russe se sont révélées plus difficiles à mettre en œuvre que prévu. C’est pourquoi l’Union européenne et le G7 concentrent désormais leurs efforts sur le gaz naturel liquéfié russe (GNL), livré quotidiennement en grandes quantités dans nos terminaux de GNL en Europe de l’Ouest.

En 2025, l’UE27 a importé pour 7,2 milliards d’euros de GNL russe et a reçu l’an dernier plus de 200 livraisons de GNL en provenance de Russie. Selon un rapport de Kpler, en janvier cette année, 92,6% de la production totale de GNL à Yamal a été achetée par des clients européens. Cela représente une augmentation de 8% par rapport à janvier de l’année dernière. Sur les 25 navires transportant du gaz de Yamal en janvier 2026, 23 ont livré leur cargaison dans des ports européens, Zeebrugge étant la destination la plus importante.

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Exportations de GNL russe vers l’UE en janvier 2026. Source : Kpler

Conclusion

Cela montre à quel point l’Europe, malgré les sanctions et la pression politique, dépend du gaz russe. Et c’est compréhensible: la Russie reste le producteur mondial pivot de gaz naturel. En d’autres termes… les volumes que la Norvège, le Qatar, les États-Unis et l’Australie peuvent exporter ne suffisent pas à remplacer la totalité des exportations russes.

A la Place Schuman à Bruxelles, cette réalité est pleinement reconnue. Mais cela n’empêche pas le Conseil de l’Union européenne de commencer, dès le 1er janvier 2027, à limiter totalement l’importation de GNL russe.

L'Uruguay et la Chine renforcent leurs alliances

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L'Uruguay et la Chine renforcent leurs alliances

Enrico Toselli

Source: https://electomagazine.it/uruguay-e-cina-prove-di-rafforz...

Yamandù Orsi, qui est-il ? C'est le président de l'Uruguay, d'origine italienne et espagnole. Il vient de rencontrer son homologue Xi Jinping à Pékin. Il a été accueilli avec les honneurs, suivis de rencontres avec les dirigeants chinois dans différents secteurs. L'approche de Pékin est très différente de celle des États-Unis, qui ont agressé les pays d'Amérique latine. Pas de bombardements, pas d'enlèvements. Pas de menaces.

Seulement des affaires, avantageuses pour les deux parties. Dans ce cas précis, elles sont particulièrement avantageuses pour l'Uruguay qui, au cours du premier semestre de l'année dernière, a enregistré un excédent commercial de 187 millions de dollars avec la Chine. Il exporte principalement des produits alimentaires, mais aussi du bois, et importe des produits chimiques, des produits électroniques et des machines.

Probablement, les bons démocrates de Washington vont maintenant commencer à proférer des menaces et à imposer des droits de douane à Montevideo. Pour empêcher, comme d'habitude, que certains pays d'Amérique latine ne s'affranchissent du contrôle yankee.

Ou bien ils essaieront d'inviter Orsi à une fête ou une orgie à la manière d'Epstein. Car la mort – de plus en plus mystérieuse – du satyre numéro 1 n'empêche pas les égouts occidentaux de poursuivre leurs ébats avec les mêmes méthodes et les mêmes objectifs.

Les cinq thèses "complotistes" confirmées par les fichiers Epstein

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Les cinq thèses "complotistes" confirmées par les fichiers Epstein

par Riccardo Paccosi 

Source : Riccardo Paccosi & https://www.ariannaeditrice.it/articoli/le-cinque-tesi-co...

D’après l’ensemble des fichiers Epstein, la quasi-totalité des thèses de l’opposition anti-système, qui ces dernières années avaient été qualifiées de "théories du complot" par les négationnistes de la politique, trouvent une confirmation.

Dans la majorité des cas, il ne s’agit pas de preuves formelles, mais d’éléments indiciaires lourds qui, combinés à une analyse politique visant à relier faits, paroles et intérêts en jeu, conduisent aux conclusions suivantes :

- Il existe une élite occulte de pouvoir, transversale à la droite et à la gauche, qui peut peut-être être qualifiée de "sataniste" ou – et c’est plus probable – être définie comme l'une expression d’un culte de la destruction et de l’anti-vie, d’une nature plus nihiliste encore.

- Quasiment toutes les figures impliquées dans ce réseau s’identifient à la cause d’Israël et à la composante plus suprémaciste du sionisme.

- Les quatre États-voyous qui pratiquent le plus le terrorisme et déclenchent des guerres dans divers coins du monde sont aussi les quatre États soupçonnés d’avoir une classe politique impliquée dans des réseaux pédophiles. Il s’agit de :

    1) des États-Unis et du Royaume-Uni, en raison des fichiers Epstein et de témoignages et/ou scandales antérieurs;

    2) de l’Ukraine, en lien avec la disparition de nombreux enfants envoyés en adoption;

    3) d'Israël, comme cela a été reconnu à la mi-2025 par une commission spéciale de la Knesset et par les médias mainstream israéliens.

- Le coup d’État en Ukraine en 2014, qui a déclenché la crise actuelle entre l’OTAN et la Russie, a été organisé par l’Occident dans la perspective de lancer une grande guerre européenne.

- L’état d’urgence pandémique de 2020-2021 avait été prévu, préparé et financé par Bill Gates et d’autres dès 2015.

Vingt jours après cette première, certes ce n'était pas la première en termes absolus, mais la première publication significative de documents par le Département de la Justice américain, il faut malheureusement constater qu’il n’y a finalement eu aucun séisme mondial, sauf peut-être dans le contexte britannique, où la Couronne est aujourd’hui fortement décrédibilisée et où le Premier ministre Starmer risque la démission. 

Comme toujours, la droite et la gauche ont contribué à diviser l’opinion publique en un affrontement insensé visant à faire porter la responsabilité de l’affaire à l’une ou l’autre partie, garantissant ainsi l’impunité du seul vrai coupable: le système politico-économique de l’Occident.

Dans environ une semaine, grâce très probablement à la guerre entre les États-Unis et l’Iran, on tournera la page, et le pouvoir aura ainsi porté d’un degré supplémentaire le seuil de son impunité, accélérant sa marche triomphale vers la restauration de l’absolutisme.

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lundi, 09 février 2026

L'Europe est prête à se suicider pour une poignée de misérables idées

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L'Europe est prête à se suicider pour une poignée de misérables idées

Lorenzo Maria Pacini

Source: http://newsnet.fr/304235

Il y eut une période où l’Union européenne était décrite comme un rempart compétitif face aux États-Unis, comme la création d’un sujet supranational doté d’une masse critique suffisante pour peser sur la scène mondiale.

Tout cela s’est avéré une illusion.

Pourquoi ?

Lorsque le Traité de Maastricht a été élaboré, l’Occident était encore plongé dans le mythe de la victoire néolibérale sur l’Union soviétique. En conséquence, le modèle néolibéral a façonné les principaux mécanismes juridiques, le rôle de l’industrie publique et les relations avec la finance.

Ce modèle suppose que la liberté de marché constitue une sorte d’équivalent supérieur de la démocratie (quasi une perfection par rapport au mécanisme électoral traditionnel) et confère une fonction de moteur au grand capital, reléguant la politique à un rôle subordonné, limité à faciliter les processus économiques.

9782130414841-475x500-1-1629166468.jpgDes théories extrêmement abstraites, comme celle de Nozick sur la naissance de l’État à partir du libre échange entre individus motivés par l’intérêt personnel, ont fourni la structure d’un modèle inédit. On imaginait qu’une entité politique (une union, une fédération) pourrait émerger spontanément d’une intense intégration de marchés.

L’expérience européenne représente ainsi la première (et, à la lumière des résultats, peut-être la dernière) tentative historique de construire une union politique à partir d’un marché commun, fondée sur la compétition mutuelle entre États obligés d’atteindre une compétitivité maximale.

Ce qui s’est produit, cependant, correspond à ce qui arrive habituellement sur des marchés hautement compétitifs dépourvus de correctifs politiques adéquats (sans tarifs douaniers, sans instruments d’ajustement monétaire, etc.): il y a eu des gagnants et des perdants. Certains pays ont accumulé des avantages, d’autres ont vu leurs ressources s’amincir (notamment l’Italie).

L’idée traditionnelle de gouvernements démocratiquement responsables envers les citoyens a été progressivement remplacée par le concept de «gouvernance», entendu comme un système de règles techniques pour la gestion économique, jusqu’à configurer une politique guidée par un «pilote automatique».

Les systèmes financiers sont impersonnels et supra-nationaux, mais pas pour autant dépourvus de centres de pouvoir. Le principal centre de la finance occidentale se situe le long de l’axe New York-Londres, tandis que l’axe politique reste, historiquement, le gouvernement des États-Unis.

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L’Europe née avec Maastricht, choisissant d’opérer selon des règles néolibérales, est inévitablement entrée dans l’orbite des grands centres financiers, étroitement liés à la politique américaine. Aux États-Unis, la recherche de la suprématie nationale et celle du profit financier coïncident presque parfaitement.

Ainsi, au moment même où le développement de l’après-guerre aurait pu permettre une plus grande autonomie, l’Europe est revenue sous l’hégémonie américaine.

Depuis les années 1990, cette hégémonie s’est manifestée non seulement sur le plan financier et militaire, mais surtout culturellement, érodant progressivement la capacité de résistance de l’Europe. Au cours des trente dernières années, on a assisté à une profonde américanisation idéologique: non seulement dans le domaine du divertissement, mais aussi dans les modèles institutionnels, la gestion de l’éducation, de l’université et des services publics.

L’hégémonie culturelle a facilité l’expansion de l’influence politico-militaire américaine, qui, au lieu de diminuer après la Seconde Guerre mondiale, s’est redéfinie dans une nouvelle dimension mondiale.

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L’UE a systématiquement soutenu les principales initiatives géopolitiques américaines: Afghanistan, Irak, Yougoslavie, Libye. Le cadre narratif — celui de l’ordre international fondé sur des règles et des droits humains — a permis de faire accepter ces politiques par l’opinion publique européenne.

En même temps, alors que l’Europe se félicitait de sa supériorité morale, les États-Unis ont contribué à interrompre des chaînes d’approvisionnement essentielles pour notre continent. Plusieurs producteurs d’énergie du Moyen-Orient non alignés ont été déstabilisés; d’autres, comme l’Iran, ont été frappés par des sanctions limitant leurs relations commerciales avec l’Europe.

La guerre en Ukraine a finalement coupé le principal canal énergétique européen en provenance de Russie.

Privée de ces sources, l’Europe s’est liée au GNL américain, avec une hausse significative des coûts énergétiques et une perte de compétitivité industrielle. Dans ce contexte, le pouvoir de négociation européen face aux États-Unis s’est considérablement réduit.

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Une telle situation, aussi détériorée, est difficile à inverser. L’Union européenne néolibérale et ses institutions ont produit l’un des moments de faiblesse relative les plus importants de l’histoire moderne de l’Europe.

Il ne reste plus qu’à laisser « les morts enterrer leurs morts », car, soyez-en certains, il n’y aura, dans l'avenir, ni ceux qui chercheront à sauver le statu quo, ni ceux qui voudront de nouvelles alliances pour « changer le système de l’intérieur » — mais tous ignorent que des idées déjà mortes ne peuvent qu’engendrer la mort.

Lorenzo Maria Pacini est professeur associé en philosophie politique et en géopolitique, à l'UniDolomiti de Belluno. Consultant en analyse stratégique, renseignement et relations internationales.

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Calvinisme, américanisme, christianisme oriental 

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Calvinisme, américanisme, christianisme oriental 

Cristi Pantelimon

Source: https://www.facebook.com/profile.php?id=100005135564621

Un phénomène mimétique majeur se produit sous nos yeux, à savoir la réimportation du christianisme américain en terre roumaine. Un fait qui doit nous rappeler les racines protestantes du christianisme américain, qui n'ont pas vraiment de lien avec les significations communautaires de notre propre christianisme orthodoxe.

Pour s'imposer, le christianisme protestant a dû lutter contre le «totalitarisme» universaliste de l’Église catholique, qu’il a vaincu en utilisant une force opposée, à savoir l’individualisme, qui ne correspond pas non plus vraiment à notre espace oriental. Un christianisme parfaitement individualisé est celui qui exige une soumission aveugle à la lettre de la Loi, qui devient un commandement divin.

Du point de vue du calvinisme, par exemple, la Loi est divisée en trois aspects: la loi morale, la loi judiciaire et la loi cérémonielle. Les deux dernières sont dispensables, c’est-à-dire qu’elles peuvent être modifiées sans affecter l’essence de la Loi, qui est la volonté de Dieu, l’honorer par la piété, etc. La loi morale domine de loin les autres aspects de la loi. Un Dieu qui a gravé dans la conscience de tous les hommes ces sentiments qui forment la loi morale et qui, par conséquent, sont considérés comme étant équivalents à la loi naturelle. Une première étape vers le déisme est ainsi franchie par le concept de loi naturelle, en tant que loi morale. Dieu, qui a gravé dans toutes les consciences une loi qui devient «naturelle», n’a plus besoin de participer aux affaires du monde. En revanche, nous devons adorer la Loi, mais... nous ne savons pas pourquoi !

La source d’inspiration de cette structure tripartite de la Loi est la loi mosaïque.

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Calvin explique alors pourquoi il étudie les lois de la cité: «Car aucuns nient qu'une République soit bien ordonnée, si en délaissant la police de Moyse, elle est gouvernée des communes loix des autres nations » («Car certains nient qu’une République puisse être bien gouvernée si l’on délaisse les lois de Moïse, et qu’elle est gouvernée par les lois communes des autres nations»).

En latin, dans l’édition originale: «Sunt enim qui recte compositam esse rempublicam negant, quae neglectis Mose politicis communibus Gentium legibus regitur».

Même si cette source d’inspiration s'est quelque peu relativisée plus tard, Calvin et ses successeurs puisent surtout leur inspiration dans l’Ancien Testament. Ce n’est pas un hasard si «la loi morale» est la loi suprême — ici, ceux qui soutiennent aujourd’hui la politique du mondialisme moral sont soit des protestants américains, soit leurs cousins primaires qui revendiquent également des sources tirées de l’Ancien Testament.

Le christianisme oriental n’a aucun lien avec cette posture individualiste de la religion occidentale. C’est à la fois une religion fervente, moraliste et piétiste, qui suscite notre méfiance. La justice chez nous n’a rien à voir avec la «clarté morale». Au contraire, la déviance la plus perverse de l’acte de justice est de demander une conformité stricte à une règle extérieure déclarée "Loi morale".

Étant donné que la communauté est la première et la dernière sphère de notre foi, nous n’avons pas besoin d’un commandement transmis par quelqu’un en particulier. Nous n’avons pas non plus besoin d’une Loi morale comme « essence » et comme « raison » de la loi, car, comme Calvin le dit en manifestant son insatisfaction, nous nous nourrissons de nos lois communautaires, lesquelles sont en pleine harmonie (Kosmos – grec) avec les lois de l’univers.

De la civilisation de Baal-Moloch

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De la civilisation de Baal-Moloch

Alexandre Douguine

Animateur : Eh bien, le ministère de la Justice des États-Unis a finalement publié les listes d’Epstein. Il s’agit de trois millions de fichiers que les journalistes analysent activement en ce moment. Certaines choses sont horribles, d’autres — comiques, surtout lorsque des noms précis, figurant dans ces documents, sont extraits de leur contexte. On y a trouvé à la fois Zyriovnski, Lénine, et même des personnages de films et de dessins animés. Vous, Alexandre Guélievitch, avez évoqué l’année dernière la présence de votre nom dans une correspondance. Pour résumer toute cette affaire: comment doit-on l’interpréter, étant donné que les nouvelles se répandent rapidement tant dans les médias russes qu’étrangers?

Alexandre Douguine : À mon avis, je ne réduirais pas l’importance de ce qui se passe. Une vaste toile pédophile a été dévoilée, impliquant des tortures, des violences et des meurtres, allant jusqu’au cannibalisme et aux « messes noires ». Ce réseau comprenait l’élite des deux partis américains: de George Bush père à Barack Obama, Clinton et Bill Gates. La participation à cette structure a été confirmée tant par eux-mêmes que par de nombreux dirigeants européens. Beaucoup d’entre eux démissionnent actuellement parce que l’appartenance à ce groupe, la fréquentation directe du cercle d’Epstein et la visite de son île constituent, en principe, une totale déconsidération pour tout homme politique, figure publique, scientifique, penseur, philosophe, économiste ou homme d’affaires. En gros, faire partie de ce réseau criminel, connaître Epstein, Ghislaine Maxwell et d’autres personnages de leur entourage, en tout ou en rien, revient à reconnaître une activité criminelle totale.

Par conséquent, à mon avis, c’est extrêmement sérieux. D’abord, le point principal est que l’élite occidentale moderne est tellement amorale qu’elle n’a plus le droit moral, non seulement de donner des leçons à sa propre société ou de lui dicter quoi faire, mais aussi, à l’égard des autres peuples, ces dégénérés — cette caste libérale, globaliste et pédophile — n’ont simplement pas le droit d’ouvrir la bouche. À mon sens, négocier avec eux ou s’asseoir à côté de personnes impliquées dans la « liste d’Epstein » est tout simplement immoral. Ceux qui respectent leur dignité se voient interdits d’être dans la même situation que ceux qui bafouent ouvertement cette dignité. C’est une question d’honneur: les personnes figurant sur la liste d’Epstein ont totalement perdu de vue le fait qu’elles peuvent encore entrer en contact ou en communication avec des gens décents. Il existe un terme dur dans le jargon criminel russe — « être en loi » (être « zakoncheny »). Les personnes ayant participé à la violence sur des enfants sont totalement disqualifiées à tous égards. Et c’est la première conclusion de grande envergure. Aujourd’hui, ce scandale tente d’être un peu étouffé, mais il aura des conséquences véritablement tectoniques.

Animateur : Permettez-moi une question supplémentaire: cela va-t-il vraiment passer comme une lettre à la poste pour ces politiciens et responsables occidentaux impliqués dans cette affaire? Ou tout se limitera-t-il simplement à des démissions bruyantes que nous observons en ce moment — comme celle de Peter Mandelson en Grande-Bretagne ou de Miroslav Lajčák en Slovaquie?

Alexandre Douguine : Je ne peux pas le dire avec certitude, mais la question est: qui jugera? Pour juger ces personnes, impliquées dans des crimes aussi atroces contre des enfants, des femmes et des innocents — y compris les menaces de faire enterrer par Trump sur des champs de bataille ces adolescentes qui ont protesté contre ce qu’on leur a fait — il faudrait une révolution. Il faut des gens véritablement libres de tout contact avec ce milieu. Et là, il apparaît que Musk, Bannon, sans parler de Trump lui-même — Trump est totalement impliqué dans ce cercle étroit d’Epstein, y compris la première dame. Qui peut vraiment les juger? Les juger, c’est juger toute l’élite occidentale, l’élite américaine et ceux qui gouvernent aujourd’hui le monde.

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Thomas Massie et Ro Khanna.

Et dans les partis démocrate et républicain, deux politiciens remarquables ont insisté pour la publication de ces fichiers. Ce n’est pas grâce à une attitude bienveillante de Trump, qui lui-même a été un participant direct aux activités pédophiles sur l’île d’Epstein. Il s’agit du républicain Thomas Massie et du démocrate Ro Khanna, qui n’avaient probablement rien à voir avec cela. Ils ont réussi à faire passer cette décision malgré la résistance furieuse des élites. Trump a affirmé un temps que ces documents n’existaient pas et qu’ils étaient inventés, mais il s’est avéré que ce n’était pas une fiction, mais une véritable condamnation des élites occidentales. Comment peut-on les juger s'ils détiennent le pouvoir en Occident ?

En général, dans de telles situations, on assiège la Bastille, on opère des coups d’État, et alors sur la place, déboulent des masses furieuses, enragées, qui ne supportent plus la pourriture qui a pris le contrôle du monde. Cela n’est pas encore visible, et personne ne sait ce qui adviendra, mais cela constitue au moins une base solide pour une révolution anti-élite totale aux États-Unis et dans d’autres pays. Je ne connais aucun précédent dans l’histoire où l'on a laissé passer une telle chose. Aujourd’hui, certains fuient, d’autres se cachent, d’autres essaient de minimiser le scandale et de réduire l’importance de la publication des fichiers, mais plus les gens les lisent, plus ils sont horrifiés. Les fichiers contiennent non seulement des informations sur la violence envers des enfants, mais aussi sur le trafic d’êtres humains au plus haut niveau.

C’est la première remarque. La deuxième est qu’on a l’impression que beaucoup ne sont pas venus sur l’île d’Epstein pour satisfaire leurs perversions. Ils y allaient comme dans une sorte de « département du personnel » du gouvernement mondial, pour participer à des actes criminels enregistrés sur vidéo et faire l’objet de chantage. Sans un dossier lié à l’île d’Epstein, on ne peut tout simplement pas entrer dans l’élite. C’est une organisation bien orchestrée, systémique, qui déconsidère ces politiciens occidentaux, une sorte de « billet » pour accéder au pouvoir, ce qui est en soi monstrueux. À une époque, on reprochait cela au KGB ou aux régimes pro-soviétiques d’Europe de l’Est, mais il s’avère qu’au sein de l’Occident, c’est encore plus gros. Sur ce sujet, je préfère ne pas entrer dans les détails, mais c’est désormais un fait avéré: si tu veux accéder à l’élite, il faut commettre un crime monstrueux, lequel sera enregistré, et alors, une fois totalement disqualifié, tu peux entrer au pouvoir et suivre les ordres d’un centre.

Voici la troisième question: qu’est-ce que ce centre? Il est intéressant de noter qu’une grande partie des documents dans les fichiers d’Epstein ne concerne pas du tout des viols, mais la gestion du monde. Dans les échanges avec des hautes personnalités politiques, il est question de déstabilisation du pouvoir et de coups d’État en Russie et en Ukraine. En Ukraine, le plan a réussi, et Epstein s’en réjouit. En Russie, en 2012, ce cercle avait l’idée de déloger le président légitime Vladimir Vladimirovitch Poutine, en plaçant à sa place des représentants de l’opposition — on parle d’Ilya Ponomarev et d’Alexeï Navalny. De plus, dans la correspondance d’Epstein et de Bannon, il est question de mon nom, dans le contexte de l’existence en Russie de cercles conservateurs traditionalistes, qui soutiennent un monde multipolaire et refusent l’hégémonie de l’Occident.

À ce titre, beaucoup de noms sont évoqués. Tous ne sont pas impliqués dans des crimes : notre président Vladimir Poutine, par exemple, y apparaît comme une cible à éliminer, sur laquelle il faut faire pression ou qu'il faut renverser. Sont décrits aussi bien des amis que des ennemis. La question se pose: quelle est cette instance? Ces cercles ne se contentent pas de fournir « de la marchandise vivante » et de collecter du matériel compromettant, ils travaillent aussi pour quelqu’un d’autre, avec leur propre plan de restructuration du monde, de soutien à certains régimes tout en en déconsidérant d’autres.

Et là, se révèle une autre chose terrible, qui a provoqué un énorme scandale aux États-Unis : il est évident que cela concerne Israël. Les services secrets israéliens ont dirigé et coordonné toute cette activité. Ghislaine Maxwell était une courroie officielle du Mossad aux États-Unis. Aujourd’hui, se dessine une image claire: Israël, par le biais de ce type de chantage, contrôlait la politique américaine et peut-être mondiale. Cela bouleverse totalement toutes nos idées et nos cartes. Les Américains se croyaient souverains, Israël n’était qu’un allié au Moyen-Orient, mais il s’avère en réalité que c'était le contraire. C’est Israël qui dirigeait la politique américaine, en coordonnant le processus de chantage. De plus, Epstein et son entourage ne cachaient pas leur racisme sioniste direct. Dans les fichiers, ils discutent: «Les nôtres, ou juste des nôtres, seront-ils à la fête ou y aura-t-il aussi ces maudits goyim?». Et Epstein répond: « Oui, malheureusement, il y aura aussi des goyim». C’est une participation explicite au plan sioniste pour contrôler l’Occident. On en parlait auparavant uniquement parmi des marginaux, partisans des théories du complot, auxquels personne ne croyait, pensant qu’un pays aussi puissant ne pouvait être l’outil d’un petit État. Et maintenant, l’Amérique, effrayée, a compris qu’elle pouvait tout à fait l’être.

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Quels autres soupçons sont confirmés, et que découvrira-t-on encore dans ces fichiers, sachant que seule la moitié a été publiée? Et pour finir: il est crucial de souligner qu’un certain nombre de fichiers, accessibles sur le site du ministère américain de la Justice sous la direction de Pamela Bondi, contenaient, pendant quelques heures, des documents liés à Trump lui-même. Ces documents confirmaient sa complicité dans des actes de pédophilie. Il y avait aussi des histoires concernant Melania Trump, le maire de New York, plusieurs membres des élites européennes, la famille royale anglaise (y compris le prince Andrew) et des proches de Macron. Tous figuraient dans cette liste, et, par ailleurs, Elon Musk y apparaît aussi.

Animateur: Permettez-moi de préciser certains détails. Tout d’abord, rappelons: Ilya Ponomarev et le défunt Alexeï Navalny sont inscrits sur la liste des terroristes et extrémistes. Alors que nous discutons de ce sujet, les événements évoluent rapidement. Trump vient de publier sur Truth Social un message ferme: il n’a jamais été sur l’île d’Epstein et ne l'a même pas approchée. C’est sa réaction à une blague de Trevor Noah lors des Grammy Awards. La question est: cela a-t-il encore un sens de faire des gestes de défi, alors que la publication — qui n’a duré qu’une heure — a déjà fait le tour? Comme on le sait, internet se souvient de tout.

Alexandre Douguine : Trump, en fait, est soit véritablement déconnecté, soit totalement irresponsable de ses paroles. Rien qu’au cours de cette première année de son second mandat présidentiel, il a modifié ses affirmations à plusieurs reprises: il promettait d’abord aux électeurs que les fichiers d’Epstein seraient publiés, puis jurait qu’ils n’existaient pas, et maintenant, lorsque leur publication a été forcée, il affirme qu’ils existent, mais qu’il n’est pour rien là-dedans. Peut-on sérieusement écouter et croire un tel personnage? Remarquez: ce vieil homme, impliqué dans ces affaires, ment constamment et mène des actes d’agression non provoquée contre des États modernes souverains. Peut-on négocier sérieusement avec une telle personne, peut-on lui faire confiance? Ses paroles ont perdu toute valeur. Il fait partie de ce réseau, et il est tout à fait naturel qu’il essaie de se justifier en niant l’évidence. Cependant, ces documents ont été conservés, ils ont été publiés sur le site du ministère américain de la Justice, et chacun peut les étudier.

C’est évidemment un scandale énorme qui a suscité une idée légitime: puisque nous savons maintenant avec certitude que l’Amérique est contrôlée par le Mossad, Israël et des extrémistes sionistes d’extrême droite, la publication de ce matériel à ce moment précis a ses raisons. Les réseaux occidentaux discutent du fait que Trump essaie prétendument de résister à la guerre avec l’Iran, guerre que ces cercles lui imposent. Je ne veux pas porter de jugement définitif, mais il faut comprendre la nature intérieure de la société occidentale, mais il semble que la publication soudaine de ces documents est un instrument des forces géopolitiques qui se profilent derrière Epstein. Le but est simple: par le chantage, pousser Trump à lancer une guerre contre l’Iran ou à pourrir les relations avec la Russie. Il s’avère que l’élite américaine est totalement sous le contrôle de ce centre, et leurs déclarations publiques ne sont qu’un voile dissimulant des processus invisibles, dirigés depuis un petit État du Moyen-Orient.

Ce tableau change radicalement notre vision de l’Occident. Nous voyons sa chute morale totale et découvrons la véritable nature satanique de la civilisation occidentale. Notre président a déjà souligné avec prudence que l’Occident est devenu satanique, et nous disposons maintenant de preuves concrètes: «messes noires», rituels sataniques, pédophilie mondiale, et une entité totalement criminelle. Les plus terribles soupçons et les invectives les plus corsées de ceux qui avaient aperçu dans l’Occident «le secret du crime» sont désormais devenus faits universels. Comment traiter avec de telles personnes? Nous ne devons plus nous étonner de leur mensonge, de leur violation des accords et de leur soutien à des régimes terroristes en Ukraine ou au Moyen-Orient. Ils sont prêts à changer de régime partout, en utilisant des outils de pression même sur ceux qui n’en veulent pas.

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Nous nous sommes réveillés dans un monde différent. Quand ces fichiers ont commencé à être publiés, nos médias ont été momentanément sidérés par le choc. Toutes nos descriptions de l'Occident se sont révélées trop candides. Nous les considérions simplement comme des gens avec leurs opinions, mais la correspondance d’Epstein montre autre chose: la promotion du transgendérisme, la légalisation du mouvement LGBT (interdit en Russie), et des liens directs avec des groupes sataniques. Il est crucial de souligner que cela n’a aucun rapport avec le judaïsme religieux traditionnel, où il y a foi en Dieu. Ce que nous avons vu, c’est un système diabolique de gouvernement mondial. C’est la concrétisation vivante des prophéties de la culture orthodoxe sur le Royaume de l’Antéchrist. Il est difficile d’imaginer quelque chose de plus expressif que ces fichiers, confirmant la pensée qui dit que nous vivons à l’époque de l’Antéchrist, et que la civilisation occidentale est celle de l’Antéchrist.

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Animateur : Rappelons que le satanisme est officiellement reconnu en Russie comme mouvement terroriste et extrémiste, et est interdit. Et face à tout cela, il ne reste plus de place pour la surprise. Quand d’anciens alliés de Zelensky et des dirigeants occidentaux évoquent sérieusement les rituels, les poupées vaudou et la magie noire, on a l’impression que tous les masques sont tombés en un clin d’œil. Je suis entièrement d’accord avec vous. Nous avons déjà commencé à établir un pont vers la question iranienne à travers la lentille des fichiers d’Epstein. Selon vous: cette publication et le scandale gigantesque qui l’accompagne peuvent-ils réellement retarder ou même repousser le début d’une éventuelle guerre des États-Unis contre l’Iran?

Alexandre Douguine : Je pense que, compte tenu du rapport général des sentiments dans la société occidentale et aux États-Unis, cela va plutôt accélérer l’agression militaire contre l’Iran. Pour détourner l’attention des conséquences inévitables de la publication des fichiers d’Epstein, quelque chose de vraiment gigantesque doit se produire: soit une grande guerre, soit — je ne l’exclus pas — un conflit nucléaire. La compromission profonde de l’élite occidentale et la lecture de ces trois millions de fichiers constituent un verdict fatal pour l’establishment, et il ne peut y avoir qu’une réponse d’un autre ordre pour en détourner l’impact.

Il me semble qu’une guerre classique contre l’Iran ne suffira même pas à couvrir l’ampleur du scandale, sauf si, dès le départ, il y a utilisation d’armes nucléaires. Le monde est au seuil d’une catastrophe véritable. La présence, dans l’Occident aujourd’hui, d’une élite véritablement satanique — sans guillemets ni métaphores — change complètement la donne par rapport à ce qu’on pensait récemment. Nous croyions pouvoir négocier avec certains, convaincre d’autres, faire preuve de force ou d’arguments avec d’autres encore. Mais ce que nous découvrons maintenant prouve que cela ne fonctionne pas. Il faut des méthodes totalement différentes pour traiter avec une civilisation satanique.

Théoriquement, cette civilisation doit être en guerre contre tous ceux qui ne font pas partie d’elle. Toutes les forces qui ne sont pas sous le contrôle total de cette « île d'Epstein » mondiale et du réseau pédophile des élites libérales doivent se soulever. Cela répond également à un devoir religieux, y compris pour certains cercles juifs, qui voient où mènent ceux qui se cachent derrière leur nom. Je pense que c’est notre devoir commun, et c’est la conclusion la plus sérieuse. Quant à l’Iran...

Animateur: La seule chose que je préciserai en rappelant aux auditeurs: le mouvement mondial satanique est reconnu en Russie comme organisation terroriste et extrémiste, et est interdit. Alexandre Guélievitch, vous parlez de l’inévitabilité d’une grande guerre ou d’une catastrophe, mais en même temps, Axios rapporte des signaux que les États-Unis envoient à l’Iran concernant un éventuel accord. Si, selon vous, même un conflit d’une telle ampleur ne peut pas faire oublier l’histoire des fichiers d’Epstein, alors il semble qu’aucun accord ne pourra non plus faire disparaître ce scandale. Ai-je tort dans mes évaluations?

Alexandre Douguine : Un accord passera tout simplement inaperçu, surtout qu’on ne peut pas faire confiance à l’Amérique. Ils ont justement invité le Hamas à un accord, et en même temps, ils ont détruit toute leur direction politique. Il ne faut pas faire confiance à l’Occident, même pendant une seule seconde. Un accord ne détournera pas l’attention, donc il n’y en aura tout simplement pas. Ou bien ce sera une manœuvre habile pour détruire l’élite iranienne. Mais concernant la destruction de l’élite: je tiens à souligner à quel point tout cela devient sinistre aujourd’hui. Ce que nous voyons aujourd’hui, ce sont des opérations américaines, occidentales en général, ou émanant de leurs alliés (ou plutôt, la question est: qui est allié de qui: je veux dire Israël, ou peut-être que c’est l’Occident qui est l’allié d’Israël, et non l’inverse). En tout cas, les méthodes de l'Occident deviennent de plus en plus visibles, et leur utilisation contre des pays et des systèmes politiques qui refusent leur volonté s’intensifie chaque jour: ils sont utilisés contre ceux qui ne capitulent pas.

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Remarquez: tout a commencé avec Israël qui a détruit la direction politique du Hamas. On pourrait dire que le Hamas a attaqué Israël, ce qui donne une certaine symétrie ou équilibre. Ce n’est pas justice, mais c’est une situation qui, au moins, a permis de détruire la direction militaire du Hamas, où qu’elle se trouve. Ensuite, c’est la destruction de la direction du Hezbollah, qui n’a pas officiellement rejoint la guerre contre Israël au Liban, malgré ses déclarations de soutien au Hamas. Maintenant, la direction politique d’un autre pays est ciblée. Lors du conflit entre Israël, les États-Unis et l’Iran, ce sont des missiles israéliens et d’autres technologies qui éliminent les hauts responsables politico-militaires iraniens, y compris des scientifiques impliqués dans des projets nucléaires. En somme, on voit à nouveau des éliminations ciblées de leaders de régimes politiques qui ne cadrent pas avec le programme d’Israël et des États-Unis.

Ensuite, il y a la capture du président légitime du Venezuela en quelques heures. Puis, des attaques de drones, ukrainiens, contre la résidence du président de Russie. Et, en gros, aujourd’hui, il y a un tabou, une sorte de limite tacite, sur l’élimination de dirigeants politiques et militaires d’un autre pays avec lequel il n’y a pas de guerre déclarée ou de conflit direct — cela devient une pratique courante. À cela s’ajoute la récente tentative de coup d’État militaire en Chine. On en parle peu, mais presque tout le commandement militaire y a été remplacé, y compris le chef de la armée chinoise, Zhang Yuxia, un homme proche de Xi Jinping. La majorité des autres dirigeants militaires ont été démis de leurs fonctions le même jour, accusés, selon les médias chinois, d’avoir participé à un complot contre la direction du Parti communiste chinois en faveur des États-Unis. En Chine même, l’Occident tente de mener une opération de changement de régime. Tout récemment, des protestations soutenues par les États-Unis et Israël ont secoué l’Iran, sans aboutir au résultat souhaité: le changement du régime politique du Velayat-e Faqih, qui est le système politique et religieux en Iran. Donc, il y aura d’autres actions.

Ainsi, les opérations de changement de régime, l’élimination physique des dirigeants politiques de ces États et systèmes qui refusent d’accepter cette civilisation satanique, interdite en Russie, c'est-à-dire la civilisation du libéralisme occidental — il faut s’attendre à cela. Bien sûr, si aujourd’hui l’ennemi parvient à éliminer les figures clés, celles qui sont essentielles pour ces États (notamment les civilisations ayant le courage, la dignité et la force d’un appel spirituel pour s’opposer à ce que nous voyons en Occident), ils en profiteront. Si cette possibilité existe, et cela dépend uniquement d’eux, rien ne pourra les arrêter: ni arguments, ni menaces de conflit total ou d’utilisation d’armes nucléaires.

Tous ces arguments ne fonctionnent plus. Voilà le côté terrible de notre situation. Ce que nous voyons, c’est comment les États-Unis mènent des opérations de changement de régime et tentent d’éliminer leurs opposants politiques, quel que soit leur poste, y compris président ou chefs d’État, et parfois, hélas, ils y parviennent — cela met toutes les sociétés (l’Iran, la Chine et la Russie, ce qui est le plus important) dans une situation totalement nouvelle. Si l’Occident est fou, s’il a activé tous les moyens d’action contre nous et ne parvient plus à empêcher ses satellites de frapper notre président, alors l’opération de changement de régime en Russie même est ce qu’il faut craindre et attendre dans un avenir très proche.

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Je rappelle encore la correspondance d’Epstein avec un personnage interdit en Russie, l’extrémiste Ilya Ponomarev (photo): ils discutaient de l’opération de changement de régime dès 2012. Et aujourd’hui, la Russie, en première ligne dans la lutte contre la civilisation satanique de l’Occident, représente évidemment un danger énorme pour eux. En réalité, tout repose sur notre président, notre peuple, notre armée et notre société: tout l’axe de la résistance à la civilisation de l’Antéchrist est là. Bien sûr, certains diront qu’il y a aussi la Chine, mais la Chine a essayé de différer cette confrontation directe. Elle ne nous a même pas soutenus activement au début de la guerre en Ukraine. Nous avons tenu seuls le choc initial. Mais quelle est la récompense que récolte cette neutralité de la Chine? Une tentative de déstabilisation de Xi Jinping et la mise en place au pouvoir de politiciens encore plus pro-occidentaux. Autrement dit, personne n’est à l’abri de l’Occident, entré dans une période critique de son histoire.

C’est une civilisation totalement démente, purement diabolique, qui n’a aucune restriction morale, ses dirigeants ayant traversé ces expériences anti-humaines du système Epstein pour accéder à l’élite. Vous imaginez qui est Trump, ce qu’il a dans la tête? Peut-on avoir des arguments moraux, politiques ou juridiques capables de le retenir? Il a lui-même récemment déclaré qu’il n’existe pas de droit international. La morale, c’est ce que je considère comme moral. Si c’est un pédophile qui dit cela (réfléchissons bien et combinons cette information avec celle sur ses expériences pédophiles, qui a duré peu de temps sur le site du ministère de la Justice, et sa déclaration sur la morale), alors cela veut dire que pour lui, la pédophilie est morale. Cela devient donc une loi pour tout l’Occident. Imaginez dans quel monde profondément malade et déformé nous sommes progressivement et insensiblement tombés. Et nous voulions encore le suivre il y a trente ans, cet Occident. Non, même pas trente ans — il y a cinq ou six ans seulement, avant le début de l’opération spéciale. Nous partagions ses soi-disant valeurs, voulions respecter la souveraineté, préserver les particularités de la culture nationale, mais contre l’Occident dans son ensemble, nous n’avions rien. Dans les années 90, nous étions simplement attirés vers lui, et nos élites ont commencé à s’intégrer à ces cercles mondiaux.

Au fait, il y a peu de choses sur le «fil russe» dans les fichiers d’Epstein: ils mentionnent des personnes secondaires, quelques dames de compagnie légère. Ce sont des détails, mais nous ne savons pas tout. Peut-être que d’autres figures plus sérieuses du camp libéral, opposées à notre président et à la souveraineté, ressortiront. Avant l’opération spéciale, il y en avait déjà beaucoup dans le champ légal. Peut-être ont-elles aussi passé ces formes d’initiation aux cultes sataniques sur l’île d’Epstein. Nous ne savons pas encore; les fichiers ne sont pas encore totalement traités. Mais, même en imaginant que tout n’est pas aussi profond, et que des gens ont simplement été attirés par l’attrait extérieur de l’Occident… Je ne sais pas quel être humain malade ou irréfléchi peut exister en se croyant libéral et favorable à l’Occident. Mais cela, laissons tomber pour l'instant, car on ne sait jamais: parfois, les gens ne parlent pas toutes les langues et se laissent berner comme des sauvages, comme des bibelots. Bon, mais maintenant, les masques sont tombés.

Selon moi, la situation est très grave. Si nous ne pouvons avoir aucune garantie en Occident, en voyant l’état moral de leurs élites, il faut une mobilisation totale de la société. Nous devons renforcer les cercles patriotiques de la Russie elle-même, pour ne pas laisser tomber notre président.

En Occident, il peut naître une fausse image: celle que le plus grand opposant à l’Occident serait personnellement Vladimir Vladimirovitch Poutine, mais que tout son entourage serait prêt à faire des compromis. Mais cela revient à mettre en danger la vie et la sécurité de notre commandant suprême. Ils doivent avoir le sentiment que si, mais que Dieu nous en préserve, quelque chose arrivait à notre président, des forces politiques se dresseraient derrière lui qui ne seraient pas petites pour l’Occident. Ce qu’ils ont maintenant face à eux est une conduite correcte, équilibrée et responsable, qui ne reconnaît que partiellement leur hégémonie. La prochaine vague doit tellement effrayer l’Occident qu’arriveront ceux qui ne négocieront plus, déclareront l’Occident "civilisé" totalement satanique et rompront toutes les relations, sauf une escalade nucléaire. Ce sera la garantie que rien n’arrivera à notre président.

Pour l’instant, si en Occident, il y a la sensation que le seul porteur de notre esprit indépendant et de l’idée russe, c’est lui, et que tous les autres sont prêts à faire des compromis — c’est en fait une invitation à tenter encore et encore de changer de régime ou à éliminer physiquement notre leader. Voilà le danger. Et ce n’est même pas une question de libéraux: peut-être que tout l’entourage du président est composé de patriotes convaincus, je peux le croire. Mais il faut le montrer, car beaucoup, comme sous l’eau, n’ont pas la moindre idée de ce qu’ils pensent de l’opération spéciale, de l’Occident, du Christ et de l’idée russe. Le président — oui, il ne fait pas que parler, il agit en tout. Il faut montrer: si une seule de ses mèches tombe, l’Occident fera face à un cauchemar. Il faut démontrer ce cauchemar dès maintenant pour la sécurité du système. Toute allusion au libéralisme ou à une attitude flexible envers l’Occident, y compris à l'égard de Trump, doit être effacée. Cette étape est terminée. Nous avons essayé de ne pas irriter Trump, en voyant son conflit avec d’autres élites, mais maintenant, en voyant ces dossiers, il est évident: parmi ces personnes, il ne peut y avoir des soutiens pour nous. Leur confiance et leur accord sont impossibles. Donc, quand on dit que Kirill Dmitriev est allé à Miami, mais qu’il n’y a pas de progrès, je pense que son avion volait justement au moment où ces fichiers étaient publiés au-dessus de l'Atlantique. Ce serait bien que son avion, comme celui de Primakov autrefois, fasse demi-tour au-dessus de l’océan en disant: «Avec qui allons-nous négocier?» — Avec ces gens-là, on ne négocie pas.

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Animateur: Je précise: il ne faut pas essayer de « désenivrer » les élites occidentales ou de guérir l’irréparable, mais il faut avant tout se concentrer sur la sécurité intérieure et la mobilisation spirituelle. Il faut comprendre qui nous sommes, quels sont les objectifs de l’État, et qui en est à la tête.

Alexandre Douguine : On peut le dire ainsi. Je pense qu’il faut s’unir autour de notre président. Il faut, dans les plus brefs délais, passer à une nouvelle vitesse dans l’affirmation dans notre société des valeurs traditionnelles. Tout cela est annoncé, mais cela avance lentement, ça patine. Dans de nombreux instituts — je ne vais pas faire de reproches — il y a encore des portraits d’agents étrangers dans des auditoires de sciences humaines. Nous avançons très lentement dans cette voie, et cette vitesse devient déjà inacceptable. Oui, il faut d’abord préparer le pays à de grandes épreuves encore à venir. Rien ne finira : tout ne fait que commencer, malheureusement — le choc avec cette civilisation satanique.

Et d’un autre côté, ce dont vous avez commencé par parler dans votre question: faire en sorte qu’ils cessent d’être des adorateurs du diable, des satanistes et des pédophiles. C’est absurde. Comment pouvons-nous, en envoyant Kirill Dmitriev, convaincre des criminels endurcis, des sadomasochistes et des cannibales de ne pas l’être? Est-ce que Kirill Dmitriev a cette apparence pour ressembler à un prédicateur orthodoxe ou à un saint, venu parler à des païens, des meurtriers et des barbares pour leur transmettre notre vérité chrétienne? Peut-être est-il une bonne personne, mais il n’est clairement pas de cette race.

Il faut appeler les élites et la société occidentale au repentir, au retour à la tradition, à une apparence humaine. C’est nécessaire. Mais cela doit se faire par d’autres moyens, et pas seulement en disant: «on va arrêter de se battre, puis on reprendra le commerce». Il faut chercher un autre registre dans notre manière de parler à l’Occident, et ne plus craindre, honnêtement, les témoignages prophétiques, comme ceux d’Élie et d’Énoch, qui apparaissent à la fin des temps et commencent à dénoncer publiquement le pouvoir de l’Antéchrist. On se trouve dans une situation proche de cela, et il faut comprendre: c’est difficile. Mais notre mission spirituelle doit être accomplie. C’est pour cette mission — la confrontation avec l’Antéchrist — que notre peuple russe a été choisi par le Christ.

dimanche, 08 février 2026

Quand la droite européenne en aura-t-elle fini avec Trump?

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Quand la droite européenne en aura-t-elle fini avec Trump?

Peter W. Logghe

Source: https://www.facebook.com/peter.logghe.94

Dire qu’une grande partie de ce que l’on appelle la « droite européenne » voit dans l’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis une percée du populisme de droite, et que ces élections ont aussi laissé entrevoir le meilleur espoir pour les partis de droite en Europe, c’est ouvrir une porte grande ouverte. Trump a été soutenu dans ses provocations par la droite européenne, car, comme j’ai lu quelque part sur une page Facebook: «Trump est l’anti-illusion. Il ne parle pas le langage de l’auto-illusion européenne d’après-guerre, mais celui de la réalité. Brutale. Parfois maladroite. Souvent exagérée. Mais ancrée dans une seule vérité simple: le monde ne suit pas des lignes directrices morales, mais des rapports de force».

Une partie de cette sympathie de droite était liée aux réactions pavloviennes de figures comme Björn Soenens et d’autres face à chaque intervention du président américain. Une autre partie avait aussi à voir avec le fait que Donald Trump ose au moins dire ce qu’il pense: «Si vous voulez la paix, préparez-vous à la guerre!». De même, la politique de Trump en matière d’immigration illégale, une politique dure qui porte peu à peu ses fruits, a pu recueillir beaucoup de compréhension de la part de la droite européenne. N’est-ce pas Trump qui réalisait ce qu’il avait promis aux électeurs ?

L’intervention de Trump fait-elle fondre le soutien électoral de la droite européenne?

Les premiers mois de bonheur semblent derrière nous: la menace de taxes à l’importation, le mépris du président américain pour ses partenaires de l’OTAN, et pour couronner le tout, la crise du Groenland ont probablement fait réaliser à certainrs figures de la droite européenne que Trump considère l’Europe comme insignifiante, voire gênante, et qu’il ne sert que les intérêts américains. Qu’il ne croit qu’au droit du plus fort — de l’Amérique donc. Et que ceux qui lui mettent des bâtons dans les roues sont traités avec brutalité, mépris.

À quel moment la sympathie idéologique se transforme-t-elle en soumission politique ou, au contraire, en rébellion politique? La politique migratoire de Trump pourrait bien devenir ce moment de basculement. Comme j’ai aussi lu quelque part sur Facebook : «Arrêter la migration illégale? Aucun problème. Poursuivre les clandestins et les expulser du pays? Aucun problème. Mais tuer des gens de cette façon, c’est une ligne qu’on ne peut pas franchir». La méthode de Trump — brutale, violente, qui semble même désorganisée — cause des soucis à (une partie de) la droite en Europe. Pour la droite européenne, une politique migratoire stricte ne peut être efficace que si elle s’inscrit dans un cadre ordonné, juridiquement fondé et politiquement soutenu. Le soutien à une politique migratoire stricte en Europe de l’Ouest s’élargit, mais jusqu’à quand, avec les actions de Trump en arrière-plan ?

Copier les méthodes américaines ne serait pas seulement une erreur, cela risquerait aussi d’être sanctionné politiquement. Et là réside probablement le plus grand danger pour la droite en Europe: la politique migratoire de Trump freine-t-elle la percée électorale des partis de droite radicale en Europe de l’Ouest, et empêche-t-elle indirectement ces partis d’accéder au pouvoir? Et comment prendre ses distances d’un président et de ses méthodes sans perdre sa crédibilité?

Guerre en Ukraine: pourquoi la fixation sur les territoires mène à une erreur analytique

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Guerre en Ukraine: pourquoi la fixation sur les territoires mène à une erreur analytique

Elena Fritz 

Source: https://t.me/global_affairs_byelena

Un texte remarquable nous vient de Washington — et il est l’un des textes qui, dans le discours mainstream allemand, reste largement sous le radar. Il émane de l’analyste américaine Jennifer Kavanagh de Defense Priorities (https://www.defensepriorities.org/opinion/conceding-donet...) et remet en question une hypothèse qui est également considérée comme acquise ici: que la question « Donbass oui ou non ? » n’est pas une perspective de solution, mais une simplification analytique. La guerre n’a pas été lancée à cause des territoires — et elle ne peut pas être terminée en résolvant la question des territoires.

Pendant des mois, l’administration Trump, selon Kavanagh, a défendu une équation simple: concessions territoriales de Kiev contre garanties de sécurité occidentales. Cette approche a été notamment portée par Steve Witkoff, qui a déclaré que la question des territoires était le dernier obstacle sur la voie de la paix. C’est cependant ici que réside l’erreur de raisonnement. Réduire le conflit à des cartes géographiques, c’est passer à côté de sa nature en tant qu’affrontement militaire-stratégique autour d’espaces de sécurité, autour d'un contrôle pour éviter toute escalade et toute logique d’alliance.

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Le point central de l’analyse est donc sobre — et d’un point de vue sécuritaire, impératif:

Un cessez-le-feu stable n’est possible que si les causes structurelles de la guerre sont traitées. Ces causes ne résident pas dans le simple contrôle de certaines régions, mais dans des questions relevant d'une architecture de sécurité de dimension européenne: rapports de force militaires, zones de stationnement, de portées balistiques, appartenance à une alliance et profondeur stratégique.

Kavanagh argumente logiquement : même une concession territoriale de Kiev ne marquerait pas la fin, mais seulement le début de négociations substantielles. Il s’agirait alors: 1)  de la taille des forces ukrainiennes et de l’orientation qu'elles prendraient, 2) d’un statut de non-alignement formellement établi, 3) d'un contrôle des armements et 4) de questions d’ordre politique intérieur. Le territoire ne serait alors plus un objectif, mais au mieux un facteur tactique dans un cadre de sécurité plus global.

On peut contredire l’auteure sur certains détails — par exemple sur la confusion entre Donetsk et le Donbass. Mais cela est secondaire. Ce qui est plus important, c’est autre chose: pour la première fois, la partie américaine reconnaît sérieusement que cette guerre ne peut pas être analysée isolément, mais qu’elle est l’expression d’une question fondamentale de sécurité qui n’a pas été résolue en Europe depuis des années.

De ce point de vue, il devient évident qu'une stratégie de négociation qui mettrait l’accent sur les seules questions territoriales resterait superficielle. Ce qu’il faudrait, c’est un retour aux instruments classiques de la politique de sécurité et de contrôle des armements: règles de neutralité, limitations des forces armées, transparence sur l’infrastructure militaire, accords sur la non-stationnement de certains systèmes d’armes.

Le point devient politiquement sensible lorsque les think tanks américains parlent encore d’un rôle «médiateur» de Washington. Du point de vue européen — et encore plus du point de vue allemand — cette vision est problématique. Les États-Unis ne sont pas un observateur extérieur, mais un acteur central avec ses propres intérêts stratégiques. Ces intérêts ne sont pas automatiquement alignés avec les besoins de sécurité de l’Europe.

Pour l’Allemagne en particulier, ce point est crucial. Car les conséquences de cette guerre — économiques, énergétiques, sécuritaires — touchent directement l’Europe. Un ordre de paix européen reposant uniquement sur des garanties de sécurité transatlantiques reste structurellement instable.

Il ne suffit donc pas d’émettre des déclarations politiques en faveur de la fin de l’expansion de l’OTAN vers l’Est. La stabilité ne se construit pas par la rhétorique, mais par des règles vérifiables et contractuellement fixées.

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samedi, 07 février 2026

L’effondrement accéléré

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L’effondrement accéléré

Stephen Karganovic

Source: https://telegra.ph/Il-crollo-accelerato-02-02

Nous assistons à l’effondrement accéléré des principaux piliers de ce qui était autrefois considéré comme la civilisation occidentale.

Journal-d-un-ecrivain.jpgDostoïevski exprime une pensée très perspicace dans son « Journal d’un écrivain ». Il affirme que l’effondrement de l’Occident (l'« Europe », dans le langage des intellectuels russes de son temps) se produira soudainement et de manière précipitée. Cette prévision audacieuse de Dostoïevski, écrite il y a plus de cent cinquante ans, a dû sembler fantaisiste à ses lecteurs pour au moins deux raisons.

Premièrement, dans le contexte de la période où cette prévision a été formulée, au milieu du 19ème siècle, il y avait à première vue très peu d’éléments soutenant l’idée que l’Occident approchait d'un point de rupture, que ce soit graduellement ou rapidement. Au contraire, l'Occident progressait et gagnait en force en science, dans l’industrie et dans tous les autres domaines significatifs de l’activité humaine. Collectivement, comme l’ensemble des grandes puissances de l’époque, l’Occident exerçait une domination mondiale incontestée. Au cours des siècles précédents, il avait été en constante expansion, et aucune puissance ne semblait capable de limiter ou d’inverser sa suprématie. Il rendait un hommage extérieur aux principes chrétiens, tels qu’il les comprenait et les pratiquait, et trouvait dans cette foi un soutien moral. Ses institutions sociales et politiques semblaient solides, et sa puissance militaire combinée suffisait à soumettre et maintenir dans un état de dépendance de nombreuses civilisations et empires «païens», autrefois puissants. À l’époque où Dostoïevski et d’autres penseurs russes slavophiles partageant des idées similaires mettaient en doute la durabilité de l’entreprise occidentale, l’idée d’une fin semblait difficilement concevable.

Deuxièmement, et toujours pour les raisons évoquées ci-dessus, la prévision la plus précise de Dostoïevski, selon laquelle l’effondrement du système mondial apparemment invulnérable, centré sur l’Occident, ne serait pas seulement certain, mais aussi relativement rapide et soudain, devait à l’époque où elle a été publiée sembler encore moins probable.

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Pourtant, nous assistons à l’effondrement accéléré des principaux piliers de ce qui était autrefois considéré comme la civilisation occidentale, et cela se produit d’une manière qui rappelle étonnamment la structure des événements décrite par Dostoïevski.

L'effondrement moral, symbolisé par une rupture radicale et même par le rejet net des fondements métaphysiques que l’Occident revendiquait comme son héritage, est évident. Il a été confirmé par deux événements publiquement orchestrés et délibérément blasphématoires: les cérémonies olympiques de Paris en 2024 et les célébrations de l’ouverture du tunnel du Saint-Gothard en Suisse en 2016. Il convient de noter que le seul acteur important à protester officiellement contre la blasphémie de Paris a été l’Iran, musulman et chiite.

Les effondrements dans d’autres domaines sont tout aussi impressionnants, avec les piliers de la civilisation qui s’effritent un par un. Sur le plan social, les populations autochtones sont remplacées par un afflux massif de «migrants» provenant d’autres parties du monde qui ne partagent pas leur culture, leurs valeurs, et même leur langue. Parallèlement, une catastrophe démographique se produit, car le taux de natalité des nouveaux arrivants dépasse de loin celui des autochtones, annonçant leur extinction ou, dans le meilleur des cas, leur réduction à une minorité marginalisée dans leurs anciennes terres natales. Sur le plan culturel, presque rien de significatif n’est plus produit. Avec la dissolution de tout objectif collectif, la vie perd son sens et sa valeur intrinsèque. Des « solutions » auparavant impensables aux défis et au stress de la vie, comme les énormes programmes étatiques de suicide au Canada, deviennent courantes et même attrayantes.

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Dans le domaine politique, le fossé entre l’élite dominante et les masses inertes, dont le destin est dicté par des gouvernants aliénés, n’a jamais été aussi grand. La liste des signes inquiétants pourrait être étendue. Les esprits les plus aigus sont profondément conscients de la situation et de ses implications terribles. Récemment, Paul Craig Roberts a posé la question cruciale: comment en sommes-nous arrivés à ce point si rapidement? D’autres analystes crédibles, comme Dmitry Orlov, ont proposé des modèles explicatifs du processus d’effondrement basés sur l’expérience de précédents échecs impérialistes et civilisations.

Toutes ces tendances annoncent un avenir très sombre pour la civilisation qu’elles influencent. Cependant, il existe un échec qui, à première vue, pourrait ne pas sembler très important, mais qui sort du lot parce qu’il indique le déclin cognitif de l’Occident. Ce déclin, qui paralyse la pensée, aggrave de manière cumulative les effets des effondrements dans d’autres domaines.

ivermamages.jpgL’incident que nous allons mettre en évidence incarne la folie, normalisée, d’une société mourante. La mise en scène est une audience d’un sous-comité du Sénat des États-Unis, convoquée pour recueillir des preuves sur la sécurité et la réglementation des pilules abortives. L’audience aurait probablement suivi son cours habituel si la sage-femme, Dr. Nisha Verma (photo), n’avait pas été invitée à témoigner sur certaines questions liées à la grossesse. Lors de son témoignage, elle a essayé de paraître politiquement correcte et d’éviter d’insinuer que la grossesse est une condition qui ne concerne que les femmes. Quand ce fut son tour d’interroger le Dr Verma, le sénateur Joshua Hawley (Républicain – Missouri) lui a directement demandé, pour clarifier, en tant que médecin et scientifique, quelle était sa position sur la question: les hommes peuvent-ils tomber enceints?

Dans l’échange qui a suivi avec le sénateur Hawley, cette obstétricienne-gynécologue, qui détient un doctorat en médecine et prétend avoir une connaissance de l’anatomie humaine et une expertise en questions reproductives, est restée exceptionnellement évasive. Elle a obstinément refusé de répondre par un simple « oui » ou « non » à une question qui ne nécessitait aucune référence académique. La vidéo de son témoignage doit être examinée de manière critique, non seulement en raison de son absurdité indéniable, mais surtout comme une preuve troublante d’un déni idéologique de faits empiriques évidents, déni désormais dangereusement répandu.

imahawlyges.jpgLe Dr Verma semblait évidemment mal à l’aise et même effrayée, tentant de recourir à des stratagèmes d’évitement pour détourner la question de bon sens du sénateur Hawley (photo). Le fait qu’elle soit d’origine indienne, bien que, selon son accent, elle soit née et ait grandi en Amérique, suggère que l’idée d’une grossesse masculine lui est probablement aussi culturellement repoussante que pour toute personne normale sur le sous-continent indien. Son nervosisme indique qu’en réalité, elle connaît parfaitement la réponse correcte à la question du sénateur, mais qu’elle est professionnellement et socialement intimidée à l’énoncer publiquement.

Ce qui, si c’est le cas, ne donnerait pas une bonne image de son intégrité professionnelle. Mais il est absolument nuisible pour la culture que, dans un contexte public, lorsqu’on pose des questions importantes, il soit personnellement risqué de répondre la vérité.

Et il ne fait aucun doute que, du moins en ce qui concerne la question spécifique de la grossesse masculine, les faits ne sont pas seulement bien connus, mais même facilement admis, tant qu’ils ne remettent pas en cause les chimères idéologiques dominantes. La preuve en est ce clip fascinant sur YouTube à propos des « quinze différences entre les chats mâles et femelles ». Les amateurs de chats l’apprécieront. Lorsqu’il s’agit de chats, il n’y a pas d’ambiguïté, pas de confusion entre rôles masculins et féminins ou d’attribution erronée de fonctions biologiques. L’idée que les chats mâles puissent tomber enceints n’est même pas envisagée, pas même théoriquement. On se demande comment le Dr Verma réagirait si la question lui était reformulée: les chats mâles peuvent-ils tomber enceints? Ou les cigognes mâles, ou les mille-pattes mâles?

De la réponse évidente qui est «oui» concernant les humains, avec référence aux mâles, à la même réponse évidente concernant les chats ou les chiens mâles, il n’y a qu’un pas. Avec la normalisation de la folie imposée, qui est l’aspect cognitif de l’effondrement, cette distance se réduit rapidement.

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Devises, pouvoir et détermination politique

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Devises, pouvoir et détermination politique

Elena Fritz

Source: https://t.me/global_affairs_byelena

Dans le débat géopolitique, on parle actuellement beaucoup des monnaies. De la perte progressive de l’importance du dollar, de la montée du yuan, de nouveaux systèmes de paiement et de mécanismes commerciaux alternatifs. Tout cela est pertinent, mais cela reste incomplet si l’on oublie la question du pouvoir.

Car, historiquement, une règle simple prévaut : aucune monnaie mondiale n'est solide sans soutien militaire.

Ce n’est pas parce que le dollar est « pratique » ou parce que les marchés financiers américains sont si attractifs qu’il domine. Il est dominant parce que les États-Unis ont, pendant des décennies, été prêts à défendre politiquement, et en dernier recours militairement, leurs intérêts économiques, le long des voies maritimes, dans les régions de production de biens ou de ressources, aux points stratégiques.

C’est précisément ici que se trouve le point névralgique de la stratégie chinoise.

Aujourd’hui, la Chine est une grande puissance économique. Le volume des échanges, les capacités industrielles, l’étendue technologique — tout cela est indiscutable. Mais la force économique ne remplace pas la détermination stratégique. Et jusqu’à présent, la question reste ouverte de savoir si Pékin est prêt à défendre ses intérêts également là où les instruments économiques ne suffisent plus.

Le Venezuela et l'Iran ne sont donc pas des sujets marginaux

Ce sont des cas-tests :

– Le Venezuela a montré à quel point il est facile de neutraliser les intérêts énergétiques chinois sous pression américaine.

– L’Iran est le véritable marqueur: c’est un nœud pour l’énergie, le transport et l’ensemble de la connexion eurasienne de la Chine.

Si l’Iran tombe, c’est plus qu’un acteur régional qui vacille.

Alors aussi, les éléments clés de la stratégie eurasienne chinoise — la fameuse Route de la Soie — risquent de s’effondrer. Des projets d’infrastructure sans sécurité politique sont vulnérables. Et la vulnérabilité est exploitée dans la lutte pour le pouvoir.

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La stratégie américaine est remarquablement claire:

Ce n’est pas la grande guerre qui est menée, mais le découpage progressif des options. Isoler les partenaires, perturber les chaînes d’approvisionnement, couper les flux d’énergie, augmenter les risques politiques. Pas d’attaque frontale — mais une pression permanente qui réduit l’espace stratégique.

Jusqu’à présent, la Chine y répond par esquives et gain de temps. C’est rationnel — mais risqué. Car le temps ne travaille pas automatiquement pour celui qui attend. Souvent, il travaille pour celui qui agit.

Dans cette configuration, un autre point devient crucial: la Chine, seule, est vulnérable stratégiquement. Pas économiquement, mais en termes de sécurité. Une autre situation ne naît qu’avec l’axe russo-chinois, qui changerait fondamentalement le calcul du risque de Washington. C’est précisément pour cela que la politique américaine tente de maintenir ces deux acteurs séparés et de les engager bilatéralement.

La conclusion peut donc être bien plus désagréable: nous vivons une période de transition, particulièrement dangereuse.

– L’ancien hegemon n’est plus tout-puissant, mais il reste suffisamment fort pour détruire,

– les challengers sont capables de riposter, mais hésitent à montrer cette capacité ouvertement.

Tant que cela perdure, peu de choses changeront dans la stratégie américaine. Il n’existe pas encore de « frontière militaire » à laquelle on pourrait se heurter. Et sans cette frontière, les tests, les pressions et les décalages continueront.

La question centrale n’est donc pas: quelle monnaie domine?

Mais: qui est prêt à défendre son ordre, si nécessaire — et qui espère que l’adversaire trébuche un jour tout seul ?

Il reste incertain si cet espoir sera fondé. L’histoire semble plutôt aller dans le sens contraire.

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vendredi, 06 février 2026

Le gros bâton : les États-Unis se retournent contre leurs alliés – l’Europe commence à reconnaître le coût de sa dépendance, mais ne peut s’en libérer

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Le gros bâton: les États-Unis se retournent contre leurs alliés – l’Europe commence à reconnaître le coût de sa dépendance, mais ne peut s’en libérer

par Shen Sheng

Source: https://www.cese-m.eu/cesem/2026/02/il-grosso-bastone-usa...

Les propos du Premier ministre belge Bart De Wever marquent un changement de ton en Europe : la « protection » américaine devient un levier de pression contre les mêmes alliés. La prise de conscience des coûts de la dépendance s’accroît, mais l’autonomie reste encore loin.

SOURCE DE L’ARTICLE : https://giuliochinappi.com/2026/02/04/il-grosso-bastone-u...

Le nombre de dirigeants occidentaux qui lancent des avertissements sévères contre la pratique, adoptée par le passé, d’une dépendance excessive aux États-Unis, augmente. Le Premier ministre belge Bart De Wever a mis en garde, lors d’un forum de haut niveau sur « L’avenir de l’Europe » organisé par un média belge de première importance, que l’Europe s’est longtemps appuyée sur le « gros bâton » des États-Unis pour sa protection, pour découvrir que ce même bâton est maintenant brandi contre ses propres alliés. En plus de ses observations selon lesquelles l’Europe pourrait passer de « vassal heureux » à « esclave misérable » si elle ne trace pas de lignes rouges, ses paroles sont devenues virales sur les réseaux sociaux dès lundi.

Fin janvier, De Wever a prononcé une série de déclarations cinglantes lors du forum annuel de début d’année « L’avenir de l’Europe », co-organisé par les principaux quotidiens économico-financiers belges De Tijd et L’Echo. En abordant des thèmes tels que l’autonomie stratégique européenne, la transformation des relations transatlantiques, une intégration plus profonde du marché intérieur de l’UE et la fin de l’excès de dépendance vis-à-vis des États-Unis, il a lancé des avertissements nets sur les risques d’une subordination prolongée.

Certains observateurs ont souligné que les paroles de De Wever résonnent comme un sentiment similaire exprimé lors du discours très suivi du Premier ministre canadien Mark Carney à Davos. Tous deux montrent une réflexion plus lucide des alliés traditionnels de l’Occident sur la dépendance passée aux États-Unis et la vague d’angoisse actuelle.

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Un moment crucial

Dans la vidéo, De Wever a déclaré que l’Europe a longtemps compté sur le « gros bâton » de Washington pour sa sécurité, mais qu’elle découvre maintenant que ce même levier est de plus en plus utilisé contre ses propres alliés. « C’est un moment crucial », a-t-il dit, ajoutant que la situation actuelle a mis en lumière les vulnérabilités de l’Europe et l’a forcée à faire face à des vérités inconfortables concernant sa dépendance vis-à-vis des États-Unis.

Il a également soutenu que la vision de l’Europe par le président américain Donald Trump est fondamentalement hostile à l’UE en tant que force politique et économique unifiée. Lorsqu’il affirme « aimer l’Europe », selon De Wever, il entend « 27 pays séparés qui vivent en vassaux ou tendent vers l’esclavage », notant que l’économie collective de l’UE est la seule capable de rivaliser avec celle des États-Unis. « Et cela ne lui plaît pas », a-t-il ajouté.

Certains médias décrivent la fermeté récente de certains dirigeants occidentaux envers les États-Unis comme une transition d’un accommodement prudent à une attitude plus assertive, dans le contexte des menaces tarifaires de Trump et des demandes concernant le Groenland. The Guardian l’a qualifié de « moment de vérité pour l’Europe », tandis que la BBC a écrit que « l’Europe abandonne la stratégie douce-douce avec Trump».

Un expert chinois a indiqué lundi au Global Times que ce n’est pas un tournant soudain, mais le résultat d’un processus de longue durée. L’Europe, longtemps traitée comme un « instrument » de l’hégémonie mondiale américaine, a désormais reconnu les coûts de sa dépendance vis-à-vis de Washington.

217d78ac-76b9-471f-8ff7-e08e8b3a0005.jpg« Pendant des décennies, l’Europe a fonctionné sur la base d’une hypothèse centrale : les États-Unis garantissent la sécurité, tandis que l’Europe se concentre sur la croissance économique et le bien-être. Mais la réalité offre maintenant un réveil brutal », a déclaré lundi à la Global Times Jiang Feng (photo), chercheur senior à l’Université des études internationales de Shanghai.

Jiang a dit que l’observation de De Wever selon laquelle le « gros bâton » américain est maintenant dirigé contre ses alliés équivaut, en substance, à admettre ce qui suit: l’Europe ne s’est jamais vraiment appuyée sur de véritables garanties de sécurité institutionnalisées, mais sur la « bonne humeur » de l’Amérique.

La vidéo du forum a également suscité une vague de réactions parmi les utilisateurs européens, dont beaucoup ont exprimé leur soutien aux propos du Premier ministre. Un utilisateur, @dirkschneider1608, a écrit : « Il est temps que le bla-bla constant dans les conseils européens se transforme en actions concrètes. Le moment, c’est maintenant, pas dans cent ans, pas dans une décennie. Sinon, nous finirons dans l’assiette à manger de Trump».

En commentant ses interactions récentes avec Trump et l’avenir des liens transatlantiques, De Wever s’est dit « le plus pro-américain qu’on puisse trouver », mais a souligné que les alliances doivent reposer sur le respect mutuel. « Pour danser le tango, il faut être deux, dans un mariage, il faut s’aimer mutuellement », a-t-il dit, comparant la relation transatlantique à un partenariat qui exige de la réciprocité et non des concessions unilatérales.

Vues différentes, même situation

Les références explicites aux « lignes rouges » et à l'« esclavage » ne sont pas évoquées pour la première fois par le Premier ministre belge, lequel utilise désormais un langage assez dur. Lors du même forum de Davos où le Premier ministre canadien Mark Carney a prononcé un discours très commenté, De Wever a déclaré : « Nous étions dans une position très défavorable à cette époque. Nous dépendions des États-Unis, alors nous avons choisi d’être indulgents. Mais maintenant, tant de lignes rouges sont franchies qu’il ne vous reste qu’un choix: exiger le respect de soi… ». Il a souligné que « être un vassal heureux, c’est une chose, être un esclave misérable, c’en est une autre ».

De manière similaire au Premier ministre belge, le chancelier allemand Friedrich Merz a également souligné la nécessité pour l’Europe de l’unité et de l’autosuffisance. Lors d’un discours au parlement allemand jeudi, Merz a loué «l’unité et la détermination» de l’Europe à réagir face aux menaces tarifaires de Trump durant la crise du Groenland, et a exhorté le continent à agir avec plus de confiance sur la scène mondiale, comme le préconise DW. « Nous étions tous d’accord pour ne pas nous laisser intimider par les menaces de taxes », a-t-il dit. « Si quelqu’un pense pouvoir faire de la politique en menaçant d'imposer des tarifs contre l’Europe, ce quelqu'un sait maintenant que nous pouvons et nous voulons nous défendre. »

« Ces dirigeants européens ont compris le coût de la dépendance, mais ils n’ont pas encore acquis la capacité de s’en libérer », a déclaré Jiang, ajoutant qu’il s’agit d’une situation où « la conscience s’est réveillée, mais les muscles ne sont pas encore développés ». L’expert a analysé que, en raison de divisions internes, de carences militaires et de pressions extérieures provenant des États-Unis, l’autonomie stratégique de l’Europe ne peut pas être atteinte du jour au lendemain et que l’Europe pourrait rester longtemps suspendue entre dépendance et autonomie.

Malgré cette situation, il existe aussi d’autres voix. Selon Reuters, lundi, le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, a déclaré lors d’une conférence organisée par l’International Institute for Strategic Studies à Singapour, que l’Allemagne « n’est pas neutre » entre les États-Unis et la Chine, et qu’elle restera toujours plus proche de Washington malgré les tensions récentes.

Zhao Junjie, chercheur senior à l’Institut d’études européennes de l’Académie chinoise des sciences sociales, a déclaré au Global Times que les propos du ministre allemand ne reflétaient pas la réalité changeante que traverse l’Europe. Il a ajouté que les manœuvres politiques internes en Allemagne influencent aussi les déclarations de Wadephul.

Selon Zhao, il existe en Europe trois principales orientations concernant la relation avec les États-Unis. Actuellement, la déception et la distanciation prédominent, exprimées par de nombreux dirigeants européens, car la base de valeurs et la confiance entre l’Europe et les États-Unis ont été structurellement endommagées, et les liens transatlantiques ne reviendront jamais à la « belle époque ».

La deuxième orientation est celle de la contradiction et de l’alternance : tout en reconnaissant des frictions croissantes avec Washington, on affirme que l’alliance n’est pas encore rompue et qu’il reste de l’espoir pour des réparations.

La troisième, relativement rare, consiste à continuer d’affirmer le rôle de leader des États-Unis dans l’OTAN et en Occident, en insistant sur la préservation du cadre actuel d’alliances malgré la fracture transatlantique.

« Quelle que soit la vision qui l’emportera, en Europe, un consensus se forme : les relations transatlantiques ne reviendront pas comme avant, et une période de profonde réorganisation et de désengagement stratégique s’amorce », a déclaré Zhao.

« Un changement de marée dans l’histoire est un processus long, tortueux, plein de contradictions. Il est normal, pas exceptionnel, que différents pays et différentes personnes aient des opinions divergentes. Dans un paysage mondial en mutation, la coexistence de positions divergentes est la norme, tandis que la Chine a maintenu de manière cohérente ouverture, confiance et calme stratégique », a ajouté Zhao.

L’internationale P2 d’Epstein : le réseau du financier comme laboratoire d’intelligence

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L’internationale P2 d’Epstein : le réseau du financier comme laboratoire d’intelligence

Andrea Muratore

Source: https://it.insideover.com/spionaggio/la-p2-internazionale...

Le cas des fichiers de Jeffrey Epstein suscite de nombreuses discussions : de l’émergence d’un réseau mondial de trafic d’êtres humains, d'abus sexuels et d’extorsions par le financier décédé d'un prétendu suicide en 2019 lors de sa détention au Metropolitan Correction Center de New York, à des phénomènes politologiques intéressants qui méritent d’être abordés indépendamment de leur enjeu pénal. Il convient notamment de souligner le rôle important du réseau du financier, condamné pour abus sexuels et harcèlements à des fins politiques, ainsi que comme laboratoire d’intelligence capable de connecter différents mondes et systèmes de pouvoir.

Le réseau de pouvoir d’Epstein

On a parlé d’un « réseau mondial » d’Epstein, mais cette affirmation est pour le moins exagérée. Le financier gérait un réseau de contacts qui concernaient essentiellement le monde américain et anglo-saxon de la finance et des affaires, les sphères aristocratiques de Londres, de la Norvège (dont la famille royale est apparentée à celle du Royaume-Uni), d'Israël, et en partie de la Russie et du Golfe Persique, avec une présence limitée en Europe continentale, quasi nulle en Asie, en Afrique et en Amérique latine.

Le système Epstein ressemblait à un laboratoire d’intelligence ou à un système para-maçonnique, et à cet égard, il s’agissait d’une structure à plusieurs niveaux. Ce qui a suscité le plus de scandale et d’indignation, c’est la révélation du réseau de trafics d’êtres humains (lesquels, malheureusement, sont bien mondialisés), des abus et des violences qui concernaient souvent des figures de proue de l’élite mondiale.

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La structuration de ce réseau et l’impunité dont Epstein a bénéficié pendant des années, malgré des dénonciations et des condamnations en justice pour des délits similaires, semblent être les premières conséquences d’une capacité à gérer le pouvoir, qui s’est manifestée sur plusieurs fronts et qui a puisé beaucoup dans l’héritage de Robert Maxwell, homme politique et éditeur, père de Ghislaine, compagne d’Epstein et gestionnaire du trafic international pour l’île de Little Saint James, ainsi qu’un agent clandestin important pour Israël au Royaume-Uni dans la seconde moitié du 20ème siècle.

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Comme l’a noté Emanuel Pietrobon en dialoguant avec Mow, Maxwell père a assuré « le transfert d’informations secrètes sur la famille royale, des compromissions, l’identification de taupes – c’est lui qui a identifié Mordechai Vanunu comme la source des révélations à la presse occidentale sur l’existence d’armes nucléaires en Israël ». Pour l’analyste géopolitique, « peut-être parce qu’il a essayé de jouer double jeu avec le MI6 et le KGB, ou parce qu’il a tenté de faire chanter ses chefs, Robert est mort par noyade en 1991 » et, d’une certaine manière, une décennie plus tard, Epstein, en rencontrant sa fille, a en quelque sorte hérité de son réseau et de ses capacités d’influence.

Epstein et le monde de l’entre-deux

Epstein, en réalité, était plus un facilitateur qu’un grand stratège ; son système était un « monde de l’entre-deux » où des crimes ont été commis, certes, mais qui a, aussi, indubitablement, facilité des contacts politiques. C’était aussi un repaire d’espions et d’échanges de faveurs et d’intérêts. Un réseau qui tentait de s’étendre vers la Russie, mais rencontrant souvent des murs dressés, et qui, dans le domaine du renseignement, n’agissait pas seulement par le biais de « pièges à miel » de nature sexuelle, mais aussi comme un pont pour des contacts stratégiques.

Le réseau d’Epstein servait ou accélerait des intérêts publics et politiques de groupes bien précis, d’amis personnels, de politiciens et de gestionnaires. Il existe des preuves que, par exemple, via Epstein, le rapprochement entre Israël et le monde arabe, notamment les Émirats arabes unis, a été facilité ; des opportunités ont été créées dans l’État hébreu pour des entreprises stratégiques comme Palantir et des financiers comme Peter Thiel ; et, dans les mois précédant le début du chaos en Ukraine en 2014, un secteur précis de financiers et de figures d’élite de l’anglosphère aurait essayé d’évaluer si un espace de dialogue économique avec la Russie était possible en exploitant les connexions d’Epstein avec la Norvège.

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Les comparaisons avec la P2

Une comparaison très claire pour les lecteurs italiens peut être faite avec le célèbre cas de la loge maçonnique P2, un organisme d’une pénétration politique redoutable et surtout un réseau d’influence clandestin qui a uni d’importants secteurs du sommet du pouvoir national depuis les années 1960 et 1970. Comme Licio Gelli avec la P2, Epstein était l’animateur et le coordinateur du réseau, mais n’en était pas le maître absolu, et ceux qui y participaient le faisaient avec différents degrés d’intérêt.

Dans les deux cas, il y avait ceux qui partageaient le but le plus sombre et occulte (la participation à la loge de l’île dans le cas d’Epstein, la subversion du système démocratique dans celui de Gelli), ceux qui connaissaient des composantes criminologiquement pertinentes du système mais n’y participaient pas directement, et ceux qui étaient simplement intéressés par le profil relationnel, informationnel et privé du réseau sans connaître ou en ignorant le second et le troisième niveau. En parallèle, la dimension internationale: Gelli avait tissé des liens avec les appareils conservateurs de l’OTAN, avec les dictatures latino-américaines de l’époque, et avec les régimes européens de Grèce et du Portugal pour chercher du soutien, tandis qu’Epstein évoluait dans le périmètre que nous avons évoqué.

the-roberto-calvi-murder.jpgEpstein et Calvi, destins croisés

Ce qui relie les deux cas se trouve dans les dossiers d’Epstein et apparait sous trois références à une affaire tout à fait italienne et liée à la loge de Gelli: la fin mystérieuse de Roberto Calvi, un banquier italien important proche de la P2 et président du Banco Ambrosiano, dont la faillite a failli faire chuter, entre 1980 et 1981, l’ensemble de la finance italienne. Calvi, déjà connu comme le « banquier de Dieu » pour ses liens avec l’Institut pour les œuvres de religion (IOR) du Vatican, a été retrouvé mort à Londres le 18 juin 1982, pendu au Pont des Black Friars. Une mort qui soulève de nombreux doutes. Tout comme pour le prétendu suicide d’Epstein en 2019, de nombreux contours restent obscurs.

Epstein et l’affaire P2 : des laboratoires d’intelligence avec des liens internationaux, des systèmes de pouvoir servant des réseaux profonds, et surtout, des chambres de compensation où se cachaient des plans subversifs (pour Gelli) ou profondément criminels (pour Epstein). Reliés par le mur inviolable du silence et des conspirations. Inévitablement, ces structures finiront par céder dans les sociétés démocratiques. Mais les fissures de tels faits restent visibles.

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La chute du dernier des Kadhafi

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La chute du dernier des Kadhafi

Mauro Indelicato

Source: https://it.insideover.com/guerra/la-caduta-dell-ultimo-de...

La nouvelle de l’assassinat de Saif Al Islam Kadhafi est arrivée certes de manière inattendue, mais ce n'est pas totalement une surprise. Après tout, le contexte reste celui d’une Libye encore très instable et soumise à des rebondissements constants et rapides. Dans une telle situation, porter le nom de Kadhafi n’est certainement pas une garantie d’immunité. D’autant plus si l’ancien chef Muammar Kadhafi, tué en 2011 après 42 années de règne ininterrompu, avait, à un moment donné, fait de Saif son héritier politique. Un héritage que Saif lui-même a cherché à poursuivre. Du moins jusqu’à hier, lorsque quatre hommes armés ont fait irruption dans sa maison à Zintan sans lui laisser d’échappatoire. Sa mort a probablement marqué la fin d’une ère, celle du kadhafisme. Et, avec elle, plus de cinquante ans d’histoire de la Libye et du Moyen-Orient.

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Les possibles raisons de l’embuscade à Zintan

Il est difficile pour le moment de déterminer qui a réellement appuyé sur la gâchette contre Saif, et qui, simultanément, a armé la main de ses bourreaux. La seule donnée certaine concerne le lieu de l’incident. Comme mentionné précédemment, le second fils du leader a été tué à Zintan. Ici, où le désert embrasse les montagnes à environ 200 km au sud de Tripoli (photo), se trouvent certaines des milices les plus importantes de l’ouest de la Libye. Des groupes armés qui, en 2011, furent parmi les premiers à se soulever contre Kadhafi et qui, quelques mois après la mort de Muammar, ont repéré Saif alors qu’il tentait de fuir vers le Niger. Depuis ce moment, Saif a rarement quitté Zintan. En prisonnier, il s’est transformé en un invité de luxe en 2017, suite à la décision de le libérer et de ne pas appliquer une condamnation à mort prononcée en 2015.

Zintan a donc constitué une sorte de forteresse, à partir de laquelle cultiver ses ambitions politiques. Le fait que quelqu’un soit arrivé jusque-là pour le tuer signifie que certains équilibres ont été rompus. Peut-être des équilibres internationaux. La professeure Michela Mercuri a récemment souligné la faible distance temporelle entre l’assassinat et la publication des nouveaux fichiers sur Epstein. Des documents où le nom de Saif Kadhafi est également apparu, en lien avec des intérêts liés aux comptes libyens encore gelés aux États-Unis et en Europe. Mais il pourrait aussi s’agir de “simples” équilibres locaux. L’analyste Jalel Harchaoui a rappelé que de nombreux groupes à Zintan toléraient de moins en moins la présence de cet invité de luxe. Il était perçu depuis longtemps comme une entrave et comme une menace pour la sécurité de la région.

Ce que représente la mort de Saif

Il ne faut pas exclure l’hypothèse que cela soit lié à la crainte d’un retour de Saif au pouvoir en Libye. Cependant, en suivant cette piste, plus de questions que de certitudes surgiraient. La première concerne la chronologie, puisque Saif n’a pas caché ses ambitions politiques depuis longtemps, et il serait donc intéressant de comprendre pourquoi ses bourreaux se sont armés précisément maintenant. De plus, la figure du second fils était plus symbolique que politique : “Sa figure a fonctionné comme une référence évocatrice, utile dans certaines régions du pays pour signaler un malaise, une protestation ou une demande d’attention”, a déclaré à nos micros Alessandro Scipione de l’AgenziaNova, “sans pour autant déboucher sur un projet organisé ou un leadership capable de rivaliser avec les principaux centres de pouvoir.”

Saif était donc plus un symbole, à sortir au bon moment ou à revendiquer lorsqu’on voulait exprimer un mécontentement face à la situation actuelle et une nostalgie du régime : “Dans ce contexte, la zone kadhafiste – a poursuivi Scipione – ne semble pas avoir disparu, mais continue de se manifester de manière diffuse et non coordonnée.” En résumé, la mort de Saif représente aujourd’hui la fin d’une idée politique, bien avant celle d’un projet politique. Les conséquences seront plus visibles dans les annales de l’histoire que dans les chroniques de l’actualité politique. Car, en réalité, l’assassinat du dernier Kadhafi en politique a définitivement clos une ère de plus de 50 ans.

L’Affaire Epstein, un cas d’hystérie transnationale

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L’Affaire Epstein, un cas d’hystérie transnationale

par Claude Bourrinet

J'avertis : je me place d'un point de vue parfaitement amoral.

Ce qui ne veut pas dire immoral, bien entendu.

Ni moral.

Je ne vais pas me faire que des amis, et, du reste, je ne devrais pas me mettre dans ces états là : je ne serai pas compris, il est impossible qu’on me comprenne, hormis quelques lecteurs cultivés, souvent âgés, jouissant du recul de la pensée et de la distance historique, de l’usage de la relativité des choses humaines.

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Dans l’hystérie généralisée suscitée par l’affaire Epstein, qui voit des pédophiles partout au sein des classes dirigeantes, je reconnais le son, le ton, le timbre, l’accent criard d’autres affaires gélatineuses : celles du co vid, de Brigitte, de telle pauvre victime de la sauvagerie allogène, etc. (j’en oublie). Le style n’est pas nouveau (je vais m’expliquer) : on trouve dans tous les torchons glauques, quand on touille la sauce pour la faire monter, un ragoût peu ragoutant, de sang, de sperme, de sueur, de larmes, de crime, de fornication, et de copulations de rats d’égout grouillant dans les caves humides des palais, ceux des princes ou de la république. Jetez un coup d’œil sur la une de certains magazines « people » (populaciers), ou sur des centaines de milliers de messages spasmodiques sur la toile. En Grande Bretagne, où le capitalisme acide a dissous la culture pour jeter les classes populaires dans des vomissures de pulsions nauséabondes, on a par exemple un périodique comme le Sun, tiré à des millions d’exemplaires.

Je m’interroge du reste sur la fascination qu’exercent ces chaudrons de sorcières à la mixture nauséabonde sur un grand nombre de cerveaux. Il y a là-dedans quelque chose de plébéien, de cette dilection douteuse pour les viols, les assassinats sadiques, la guillotine et le lynchage. Comme une manifestation d’une loi de similarité imitative, qui répond au crapuleux par l’infâme, le lascif par le libidineux, et la bestialité par le sadisme. On y rencontre la jubilation des soirs de d’ivrognerie sanglante, comme lors des mises au bûcher, ou des liturgies guillotineuses.

32ec8e048244330cc0bf6d4d674f156f.jpgMais revenons à nos dénonciations vociférantes, visant une classe dominante supposée dégénérée, en voie de putréfaction accélérée (ce qui n’est certes pas impossible). Qui est familier de la littérature latine connaît Suétone, Juvénal, Pétrone, et même le merveilleux Apulée, sait que le motif de la décadence des moeurs est récurrent depuis toujours. C’est un fait assuré : le pouvoir et l’argent corrompent. Pas tout le beau monde, bien évidemment (et il se rencontre dans les basses couches de la population autant de cas d’incestes et de pédophilie que dans la classe supérieure. Peut-être davantage). Mais les chroniques scandaleuses de notre Histoire française (au moyen âge, on a les fabliaux et les farces grivoises pour en parler), depuis les Valois jusqu’à la Ve République, en passant par les Bourbon, la révolution (Danton, puis les « Inc'oyables » - ou "Merveilleuses" de Thermidor, les parvenus du Directoire …), l’Empire (ce brave Napoléon, si friand de chair fraîche), la Restauration, le IIe Empire, la IIIe, la IVe république etc.. Ces temps sont farcis d’actualités scabreuses (en ce qui concerne la IIIe république, il n’est qu’à lire Sodome et Gomorrhe de Marcel Proust … Proust, qui, lui-même…). Il y avait des bordels pour canaliser ce beau monde. Et les pouvoirs, souvent, fermaient les yeux … ou faisaient chanter… Du reste, le champ de l’orgie était assez large. La pudibonderie (hypocrite) de la bourgeoisie républicaine – nourrie du moralisme de certains écrivains pleurnichards et « vertueux » des Lumières, et, plus tard, du catéchisme laïque ou bondieusard de la bourgeoisie industrieuse sous influence anglaise – qui exploitait dans les usines les enfants, assaisonnée, au XXe siècle, de puritanisme américain, nous a habitués à une sévérité morale hyperbolique. Les sociétés traditionnelles, qui en avaient vu d’autres, n’étaient pas si collet monté sur leurs échasses vertueuses. Qui a lu maints romans du XVIIIe siècle, ou des ouvrages historiques sur les mœurs sexuelles des Temps anciens, sait à quoi s’en tenir : on n’était pas spécialement revêche, alors, de ce côté-là, et les jeunes demoiselles étaient très mûres autrefois, et fort folâtres.

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D’ailleurs, ce qui m’a frappé dans la cataracte de messages venant des archives de Washington, pour autant que les images, les photographies supposées ou les brèves vidéos n’aient pas été façonnées par l’Intelligence artificielle (ce qui semble être souvent le cas), c’est que les jeunes filles mises en scène avec Epstein, Trump etc. (que je n’aime pas précisément, je le précise pour les Nuls !), n’ont pas l’air d’être particulièrement traumatisées. Elles paraissent même être dans un état de réjouissance manifeste. Ou bien on ignore le degré de désinhibition pornographique du Nouveau Monde, ou on tombe dans le cliché convenu qu’il y aurait d’une part des bourreaux, et de l’autre de pauvres victimes violentées et innocentes. La réalité est tout autre : la prostitution est une industrie aux Etats-Unis, le dollar jouant le rôle de la savonnette aseptisante, et le dogme du péché originel permet de faire une grande part au Diable, en considérant qu’il faut bien que la chair ait sa part naturelle, surtout quand elle est à moitié excusée par l’appât du gain. Des enfants étaient vendus par leur mère à Mickaël Jackson, qui n’a cependant pas perdu son aura de demi-dieu. Je ne veux pas me substituer à un gardien divin des âmes, mais massacrer, par exemple, des enfants par dizaines de milliers, me paraît bien plus une occasion de damnation qu’une orgie, dont on ressort vivant. Que les MAGA y songent !

Je vais être encore plus clair. Je veux bien que les demoiselles qui sont tombées dans les filets d’Epstein n’étaient pas des professionnelles, mais enfin ! qu’allaient-elles faire dans cette galère ? A moins d’être une demeurée complète, il ne faut pas être sorcier pour deviner ce qu’on risque en fréquentant la jet set !

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Deux idées forces sont à relever dans ce phénomène d’hystérisation. D’abord, l’empreinte profonde, dans les consciences et les cœurs, du manichéisme délirant du protestantisme, qui oppose en les associant une pureté impossible à atteindre, et une dépravation qu’on admet comme variable économique, ou comme penchant inévitable de l’homme (et qu’il faut donc admettre, ce qui nous vaut parfois l’éloge de la pornographie comme nouvelle sainteté – un certain producteur porno assassiné, Larry Flint, a été même considéré comme un héros, ou comme un saint)). Cette surévaluation de la sexualité rompt avec l’éthique antique, qui parlait soit d’éros et de désir, soit de besoin physiologique. Le christianisme a aboli l’érotisme (au sens noble) pour lui substituer le péché de chair, donc la gravelure, l’obscénité.

En soi, le « sexe », dans l’Antiquité, échappait à l’idée de « faute ». Un jeune aristocrate, qui sortait du lupanar, fut apostrophé par Caton l’Ancien, qui le félicita, car il manifestait sa virilité dans ce lieu de débauche. Mais, quelques jours plus tard, le retrouvant dans la même situation de "vidage de bourses" (pour parler comme Montaigne), il le sermonna vertement, en lui reprochant de ne savoir maîtriser ses instincts, et de sacrifier la qualité pour une quantité excessive. Car si l’amour physique, pour les anciens, n’est pas condamnable, puisqu’il fait partie de la nature, s’y adonner est l’opposé d’un comportement de guerrier, de "maître" (dominus).

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L’épouse est destinée à faire des enfants, la maîtresse (ou le jeune amant), ou, si l’on n’a pas la chance d’entretenir une relation amoureuse (seulement concevable hors mariage – et cela durera jusqu’à la fin’amor du XIIe siècle), le bordel - permettent d’assouvir ses besoins, mais avec modération. Rien de trop, là aussi ! Dans l’Europe – surtout l’Italie – de la Renaissance - mais on retrouvera la même générosité sensuelle dans la civilisation baroque catholique, ou sous la Régence et la monarchie française du XVIIIe siècle -  la vie sexuelle, quand bien même l’Eglise tentât d’y faire face – quand elle ne s’y adonnait pas elle-même – était un fait culturel noble (aux deux sens du terme : de valeur éthique, et d’appartenance à une classe; toutefois, la liberté sexuelle était grande dans le peuple, et seule la bourgeoisie était pincée). Il en est resté quelque chose, en France, dans la condamnation de l’hypocrisie, et dans l’éloge de la Nature.

81Yx1HABAkL._UF1000,1000_QL80_.jpgQuant à l’hypocrisie, justement, la scène 2 de l’Acte V du Dom Juan de Molière, la fameuse tirade dite de l’hypocrisie, témoigne de l’utilisation, déjà, du « vice » - comme d'un appareillage accusatoire massif, particulièrement efficace - pour contrôler, ou détruire ses ennemis. L’instrumentalisation méthodique du motif de la corruption est un procédé politique vieux comme le monde, à condition que tout le monde soit d’accord sur ce qu’il y a à stigmatiser. Il ne serait jamais venu à l’esprit des républicains romains groupés autour de Brutus d’accuser César de fornication ubiquiste et abondante ! Sa faute était l’ambition. Un régime sain perçoit la vie politique de cette façon, sous la forme de luttes de pouvoir, et non d’un affrontement entre le Bien et le Mal. Et, ne nous voilons pas les yeux : dans toute société d’animaux sociaux, comme les primates (et l’homme est un animal de cette espèce), le mâle dominant, celui qui a mâté les jeunes concurrents et tué les plus âgés, se tape en pagaïe les femelles, et accapare la grande masse des bananes, sans que l’ordre naturel en soit transgressé (on trouvera toujours à cela des raisons génétiques, biologiques, sociales et « culturelles »).

L’obsession sexuelle, un Lénine l’avait bien vu, est, d’une façon ou d’une autre, un dérivatif. Elle sert à tordre les meilleures causes vers les caniveaux, et surtout à faire oublier les vrais enjeux d’un combat, qui, pour Vladimir Illitch, est celui de la révolution, le passage au communisme ; pour nous, c’est tout aussi bien la lutte de classes, contre la Finance, la technocratie, le sécu-libéralisme, le libertarianisme, l’impérialisme américain, le suprémacisme « blanc » ou sioniste, la destruction de la nature par l’industrie et le productivisme, et, last but not least, le transhumanisme.

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mercredi, 04 février 2026

Cinq élections qui pourraient bouleverser la donne politique en Occident

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Cinq élections qui pourraient bouleverser la donne politique en Occident

Peter W. Logghe

Source: https://www.facebook.com/peter.logghe.94

L'année 2026 sera une année électorale et donc potentiellement une année clé pour les démocraties européennes. Qu'il s'agisse de sécurité, d'énergie, de changements géopolitiques, de souveraineté ou de migration, ces élections auront un impact sur l'UE. En avril 2026, les Hongrois éliront un nouveau parlement. Depuis 2010, Orban a réussi, avec sa coalition de centre-droit Fidesz-KDNP, à remporter quatre élections consécutives. Budapest est devenue une plaque tournante du conservatisme européen.

Orban a notamment mené une politique migratoire restrictive, ce qui lui a valu des sanctions juridiques, des pressions financières et politiques de la part de l'UE. Et pour la première fois, toute l'opposition hongroise se rallie derrière une seule figure, Peter Magyar et son parti Tisza, pour défier Orban. Tisza appartient au groupe PPE et se montre très pro-UE. Une défaite d'Orban sera perçue comme un succès stratégique des institutions et de la politique de l'UE.

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Les États-Unis d'Amérique, la Suède, la Slovénie et l'Allemagne

Les élections de novembre 2026 aux États-Unis, les élections dites de mi-mandat, sont également importantes. Il s'agit d'un test crucial pour Donald Trump, car il ne dispose que d'une faible majorité à la Chambre des représentants. Il peut jouer plusieurs atouts : la croissance économique, la lutte contre l'immigration clandestine, la guerre contre la drogue, les interventions à l'étranger. Cela suffira-t-il à lui permettre de conserver sa majorité ou va-t-il la perdre ? Et surtout, quelles en seront les conséquences pour l'Europe ?

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Les Suédois éliront un nouveau parlement en septembre 2026, après quatre ans de gouvernement au cours desquels les Démocrates suédois ont pu influencer la politique migratoire et sécuritaire en accordant leur soutien au gouvernement de centre-droit. Seront-ils récompensés pour cela ? Les récents sondages indiquent que les sociaux-démocrates ont la faveur des électeurs. Y aura-t-il un nouvel accord avec les conservateurs en Suède ? En Slovénie, le populiste de droite Janez Jansa (photo) espère revenir au pouvoir avec son parti SDS après les élections de mars. Cela signifierait un renforcement du bloc de droite en Europe de l'Est.

Enfin, plusieurs élections régionales auront lieu en Allemagne, où les « etablierte Parteien » (les partis établis) observent avec inquiétude la montée en puissance du parti populaire Alternative für Deutschland. Dans certains Länder est-allemands, l'AfD dépasse largement les 35% des intentions de vote, si l'on en croit les sondages. Non, nous ne nous ennuierons certainement pas sur le plan politique en 2026.

Sur la nouvelle stratégie militaire américaine

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Sur la nouvelle stratégie militaire américaine

Leonid Savin

Le 23 janvier 2026, le Département de la Guerre des États-Unis a publié la Stratégie de Défense Nationale, sous-titrée « Restaurer la paix par la force pour un nouveau âge d’or de l’Amérique ». Un vestige important qui attire immédiatement l’attention sur le titre du document est qu’il concerne la défense, non la guerre, même s’il serait plus correct de le désigner comme une stratégie de guerre, puisque le Pentagone a finalement été renommé selon la logique des actions agressives des États-Unis à l’étranger depuis de nombreuses décennies, ce qui est déjà devenu une sorte de norme.

La stratégie se concentre déjà sur l’hémisphère occidental dès les premières pages et présente même une sorte de carte datant de l’époque des Lumières, avec, d’ailleurs, la désignation du Golfe du Mexique, que Donald Trump a tenté de renommer immédiatement après son retour à la Maison Blanche. « Cette stratégie est fondamentalement différente des stratégies grandioses des administrations post-Guerre Froide passées, qui étaient déliées d’un focus concret sur les intérêts pratiques des Américains », indique la section sur l’environnement de sécurité. Ce qui peut être noté concernant les différences, c’est le changement dans le terme terrorisme. Le nouveau document divise ce phénomène en deux sections : le narco-terrorisme et le terrorisme islamique. Si la première innovation est directement liée à la direction vénézuélienne (et, apparemment, sert de signal d’alarme pour d’autres politiciens en Amérique latine), la seconde ravive la phobie des néoconservateurs de l’ère George W. Bush, en insistant sur la diabolisation de l’islam en tant que tel.

Bien que plusieurs dispositions poursuivent la tendance des deux dernières décennies. Il s’agit d’une désignation des principales menaces sous forme d’États. Quatre pays sont restés inchangés : la Chine, la Russie, l’Iran et la Corée du Nord. Mais, en général, il est dit que « les intérêts américains sont également menacés à travers tout l’hémisphère occidental. Dès le 19ème siècle, nos prédécesseurs ont reconnu que les États-Unis doivent jouer un rôle plus puissant et dirigeant dans les affaires de l’hémisphère afin de préserver la sécurité économique et nationale de notre nation. C’est cette compréhension qui a donné naissance à la Doctrine Monroe et au Corollaire Roosevelt qui a suivi. Mais la sagesse de cette approche s’est perdue, puisque nous avons considéré notre position dominante comme acquise, même lorsque celle-ci commença à s’éroder. En conséquence, nous avons vu l’influence de nos adversaires croître, du Groenland dans l’Arctique jusqu’au Golfe d’Amérique, le canal de Panama, et des lieux plus au sud. Cela menace non seulement l’accès des États-Unis à des terrains clés dans tout l’hémisphère ; cela rend également les Amériques moins stables et moins sûres, sapant à la fois les intérêts américains et ceux de nos partenaires régionaux. »

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Ajoutons que la sagesse s’est également perdue dans le fait qu’au moment du discours de James Monroe au Congrès américain, ce pays avait un territoire bien plus petit et, comme l’a correctement noté le président Monroe, n’était jamais intervenu dans des guerres européennes. Mais depuis le 19ème siècle, Washington a adopté une politique offensive, notamment par l’annexion de parties du Mexique et d’anciens territoires espagnols, sans parler des nombreuses interventions du 20ème et 21ème siècles.

Et, en général, la division en hémisphères est une abstraction, tout comme la projection de Mercator donne des dimensions de continents qui ne correspondent pas à leurs échelles réelles. Le point est que les États-Unis essaient non seulement de préserver leur hégémonie, mais aussi de revendiquer le droit exclusif d’intervenir dans les affaires d’autres États (ce qui contredit les promesses électorales de Donald Trump).

Et à propos de la Russie :

« La Russie restera une menace persistante mais gérable pour les membres orientaux de l’OTAN dans un avenir proche. En effet, bien que la Russie souffre de diverses difficultés démographiques et économiques, sa guerre en cours en Ukraine montre qu’elle conserve encore de profonds réservoirs de puissance militaire et industrielle. La Russie a aussi démontré qu’elle possède la résolution nationale nécessaire pour soutenir une guerre prolongée dans son voisinage immédiat. De plus, bien que la menace militaire russe soit principalement concentrée sur l’Europe de l’Est, la Russie détient également le plus grand arsenal nucléaire mondial, qu’elle continue de moderniser et de diversifier, ainsi que des capacités sous-marines, spatiales et cybernétiques qu’elle pourrait utiliser contre le territoire américain. »

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À la lumière de cela, le département veillera à ce que les forces américaines soient prêtes à défendre contre les menaces russes pour le territoire national américain. Le département continuera également à jouer un rôle vital au sein de l’OTAN, en calibrant mieux la posture et les activités des forces américaines en Europe afin de mieux tenir compte de la menace russe pour les intérêts américains ainsi que pour les capacités de nos alliés. Moscou n’est pas en position de revendiquer l’hégémonie européenne. L'OTAN européenne dépasse la Russie en échelle économique, en population, et en puissance militaire latente. En même temps, bien que l’Europe reste importante, elle possède une part plus petite et en diminution de la puissance économique mondiale. Il s’ensuit que, même si nous sommes et resterons engagés en Europe, nous devons — et nous donnerons la priorité — à la défense du territoire américain et à la dissuasion de la Chine », indique le document.

Cela mène à la conclusion que les États-Unis ont besoin des membres européens de l'OTAN pour continuer à affaiblir la Russie et les utiliser comme tampon contre la menace. Comme la Russie n’a pas l’intention d’établir son hégémonie dans la partie européenne du continent (ce qui n’est tout simplement pas rationnel et ne correspond pas aux intérêts stratégiques des États-Unis), ce passage contredit l’affirmation précédente selon laquelle la Russie représenterait une menace pour le flanc est de l’OTAN.

Mais lorsque nous lisons des documents anglo-saxons, nous devons essayer de penser de manière anglo-saxonne. Bien sûr, Washington interprète les actions de la Russie strictement selon ses propres critères. L’intérêt des États-Unis à transférer la responsabilité et les coûts de l'« endiguement de la Russie » aux satellites européens est également compréhensible, puisqu’ils sont plus proches de leurs problèmes, et devront aussi faire face à la Chine, qui est la deuxième puissance militaire mondiale.

Une section spéciale de la stratégie est consacrée à la modernisation militaire américaine. Comme le montrent les activités des chefs précédents du Pentagone, il s’agit d’un processus continu où l’armée américaine s’adapte à la situation actuelle et demande régulièrement des financements au Congrès pour toutes sortes de risques. Beaucoup de projets antérieurs ont échoué complètement, tandis que d’autres ont été réorganisés pour répondre à de nouveaux besoins. Dans cette optique, le secrétaire à la guerre actuel, Pete Hegseth, partage la même enthousiasme de ses collègues et propose de renforcer la base industrielle et matérielle des forces armées américaines.

En résumé, les auteurs de la nouvelle stratégie s’inquiètent davantage de la présence d’autres acteurs dans l’hémisphère occidental ainsi que de la montée en puissance militaire de la Chine. Les termes « narco-terrorisme » et « terrorisme islamique » sont dangereux non seulement en tant qu’outils de diabolisation dans un récit, mais aussi, compte tenu de l’expérience historique précédente, peuvent être utilisés comme justification pour des interventions militaires. Sinon, le document suit la ligne des stratégies précédentes.

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Crise du modèle occidental (États-Unis-UE)

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Crise du modèle occidental (États-Unis-UE)

Cristi Pantelimon

Source: https://www.estica.ro/article/criza-modelului-occidental-...

Ernst Nolte avait jadis raisonné sur l'idée d'« une guerre civile européenne »: la crise actuelle du monde euro-atlantique nous ferait toutefois facilement perdre de vue qu’en réalité nous assistons à la remise en question de la modernité occidentale en tant que telle, et pas seulement de ses versions américaine ou européenne.

Ce n’est pas un hasard si les opposants à notre monde euro-atlantique sont la Chine, la Russie et, avec votre permission, la dernière sur la liste, l’Inde, dont la classe moyenne deviendra dans peu d’années la plus grande du monde.

Si nous sommes attentifs aux signes de la crise, nous voyons des symptômes similaires des deux côtés de l’Atlantique.

Il y a quelques décennies, c'était une dogme des sciences sociales de dire que le socialisme n’avait pas sa place aux États-Unis (Werner Sombart). Un pays grand, individualiste, libéral, en plein essor.

Or, les États-Unis sont confrontés à la forme la plus étrange de socialisme, où la lutte des classes se mène aussi avec l’arme de la lutte raciale !

Le maire de la ville la plus représentative d’Amérique, Zohran Mamdani, est membre des Democratic Socialists of America, un parti socialiste qui ne ressemble en rien à ceux que les Européens exhibaient dans les années 70, l’âge d’or de l’État-providence.

Les mouvements de guérilla dans le Minnesota, la lutte à la baïonnette entre les brigades rouges qui défendent les droits des immigrants et les forces fédérales, étaient difficilement imaginables il y a cinq décennies ; tout comme en Europe, il était difficile d’imaginer des quartiers entiers de villes françaises presque paralysés par des immigrés qui, à la deuxième génération, ont abandonné l’idée républicaine !

Que font les Américains pour sortir de cette impasse ? Ils inventent l’oligarchie culturelle-informationnelle.

Les républicains qui combattent le socialisme, ceux de l’extrême-droite comme la Heritage Foundation, croient que le socialisme commence immédiatement à gauche de la célèbre Ayn Rand !

Une université récemment créée, à Austin (UATX), est précisément conçue pour ce discours impérial-républicain du capitalisme débridé.

71pUHkznVzL.jpgLes prêtres du nouveau culte ? Niall Ferguson, Bari Weiss, Michael Lind (auteur du livre : « Vietnam, la guerre nécessaire »).

La promesse de cette université élitiste: anti-communisme, anti-socialisme, politiques identitaires, anti-islamisme.

Cela sonne très bien : on construit des barricades, on prépare les armées de la guerre civile.

La crise qui a frappé l’Occident n’est autre que la conséquence d’une longue, trop longue cohabitation avec le paradigme de l’individualisme, sous toutes ses formes.

Rien ne mettra fin à ce combat intérieur sinon le retour à la conception traditionnelle de la vérité comme vie communautaire, partage, communauté de vie (les Grecs l’appelaient koinonia).

En dehors de cette lutte contre l’individualisme, pour redécouvrir un esprit commun, il n’y aura pas de paix.

C’est pour cela que l’Asie est forte, car elle n’a pas extrait de la bouteille l’esprit empoisonné de l’individualisme.

Aux débuts de la modernité ancienne (sic), les Grecs ont averti :

« Tant que nous sommes ensemble, nous disons la vérité ; mais lorsque nous ne disons que ce que nous pensons en tant qu’individus, nous disons ce qui est faux » (Héraclite).

Ce qui nous unit nous sauve (la vérité) ; les significations individuelles nous tuent.

Dès le début, la modernité a voulu nous sauver, en synthèse, par voie individuelle, en inventant divers moyens : l’économie, la religion protestante, le libéralisme, la démocratie libérale, le socialisme en tant qu’arme économique.

Tout cela mis sous le même signe de l’égoïsme transplanté à l’échelle de masse.

Pour redevenir un monde, l’Occident doit nier sa momerie individualiste.

Ce n’est qu’alors qu’il pourra atteindre le niveau de l’Asie et qu’il échappera au spectre de l’autodestruction.

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mardi, 03 février 2026

Odessa, clef de voûte du conflit russo-ukrainien

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Odessa, clef de voûte du conflit russo-ukrainien

Andrea Marcigliano

Source: https://electomagazine.it/odessa/

On en parle très peu... voire pratiquement pas du tout, dans ces journaux uniformisés que sont désormais nos grands médias.

Pourtant, ce serait une nouvelle à la une. Une nouvelle fondamentale.

Odessa est prise dans les anneaux d'un python. Et elle étouffe peu à peu.

Et Odessa représente la clé de voûte du conflit russo-ukrainien. L'objectif final visé par le Kremlin.

C'est le principal débouché maritime de l'Ukraine. Une ville portuaire, traditionnellement cosmopolite, mais fondamentalement russe dans ses fondements. Elle a été donnée à Kiev pour lui permettre d'avoir un débouché important sur la mer Noire. À une époque pas si lointaine, celle des Soviets. Mais elle a toujours été un monde à part. Fondamentalement étrangère à l'Ukraine, terre agricole, sans aucune projection ni vocation maritime.

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Le dessein stratégique du Kremlin est évident. La conquête d'Odessa signifie réduire ce qui reste de l'Ukraine à un petit État purement continental et enclavé. Sans débouchés sur la mer. Et donc sans projection internationale.

De plus, Odessa représente la possibilité de créer une continuité entre le territoire russe et la Transnistrie. Cette province moldave russophone et rebelle s'est proclamée indépendante, refusant la politique pro-européenne de Chisinau.

Une indépendance de fait, protégée par les troupes russes.

La stratégie russe pour conquérir Odessa progresse lentement. Avec un calme délibéré, sans accélérations, sans offensives violentes.

Poutine veut la ville portuaire, mais pas un bain de sang. Ce qui serait pire qu'inutile. Carrément contre-productif.

D'autant plus que la majorité des habitants, russes et autres, attendent avec impatience l'arrivée des Russes. Considérés comme des libérateurs de l'oppression de Kiev.

La conquête russe signifierait, par ailleurs, un retour d'Odessa au rang de grand port sur la mer Noire.

Un rôle qui, pour l'instant, est paralysé par l'embargo russe, qui ne laisse pratiquement passer aucun navire marchand à destination du port.

Une stratégie d'étouffement bien précise. Et fonctionnelle.

Il faut d'ailleurs rappeler que des navires de l'OTAN arrivaient à Odessa, sous faux pavillon et sous de faux prétextes, pour apporter des armes et des drones aux Ukrainiens. Un ravitaillement de guerre qui a désormais été stoppé.

Poutine rencontre Trump. Il se déclare prêt à négocier avec Kiev. Il serre des mains et sourit.

Cependant, il n'a pour l'instant aucune intention d'accepter un cessez-le-feu.

Du moins, pas avant d'avoir pris Odessa.

Alors, probablement, il y aura un tournant dans cette terrible guerre.

Et le conflit, alors, et alors seulement, touchera à sa fin.

L’Europe après l’érosion de l’OTAN – un projet d’ordre stratégique

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L’Europe après l’érosion de l’OTAN – un projet d’ordre stratégique

Elena Fritz

Source: https://t.me/global_affairs_byelena   

Le débat sur la politique de sécurité en Europe a atteint un stade nouveau. Avec la contribution « If NATO Dies, Long Live NEATO » issus du Center for European Policy Analysis (CEPA), une esquisse cohérente d’un ordre de sécurité post-guerre (https://cepa.org/article/if-nato-dies-long-live-neato/) pour l’ordre euro-atlantique est proposée pour la première fois. Non comme une réforme des structures existantes, mais comme une rupture consciente avec celles-ci.

  1. 1. Situation de départ : la perte progressive de fonctionnalité de l’OTAN

Le constat de l’auteur du texte est sobre: l’OTAN existe formellement, mais n’accomplit plus que partiellement sa fonction stratégique initiale. Les intérêts des États-Unis et des États européens se sont structuralement éloignés. Washington privilégie la compétition mondiale des systèmes, l’Europe reste ancrée régionalement. L’OTAN compense cette divergence jusqu’à présent uniquement par le leadership américain – un état qui devient de plus en plus fragile politiquement et socialement.

  1. 2. L’approche NEATO : Sélection fonctionnelle plutôt qu’intégration

L’auteur du CEPA en tire une conclusion claire, mais radicale: l’Europe ne doit pas être davantage intégrée, mais divisée fonctionnellement. L'hypothétique NEATO n’est expressis verbis ni une armée européenne ni une UE militaire. Dans ce modèle, l’Union européenne est considérée comme inadaptée à la politique de sécurité – trop lente, trop consensuelle, trop bloquante politiquement.

À la place, une zone militaire nord- et nord-est-européenne est proposée, composée d’États à haute préparation militaire, qui perçoivent une menace susceptible de conduire à une confrontation. D’autres pays européens restent en dehors. Le concept n’envisage pas la division de l’Europe comme un risque, mais comme une condition de la capacité d’action.

  1. 3. Le vide stratégique du modèle NEATO

Aussi claire que soit cette approche, sa principale faiblesse demeure: les contradictions internes de l’Europe ne sont pas résolues, mais institutionnalisées. La disparition de l’hégémonie américaine en tant qu’élément équilibrant révélerait sans frein les lignes de conflit existantes – entre l’Est et l’Ouest, le Nord et le Sud, entre grandes et moyennes puissances. Le modèle mise sur l’efficacité opérationnelle, pas sur la stabilité politique.

  1. 4. Une autre approche de l’ordre

Dans ce contexte, une autre conception stratégique, plus prudente, apparaît nécessaire. Elle évite délibérément la formation de nouveaux blocs et mise plutôt sur une limitation de la logique d’escalade.

Les éléments clés d’une telle approche seraient :

– Rattacher clairement la responsabilité militaire à l’État-nation.

Pas de forces supranationales, pas d’engagements automatiques en dehors de situations défensives clairement définies. La puissance militaire reste politiquement attribuable.

– Coopération sans contrainte institutionnelle de blocage.

La coopération sécuritaire se fait bilatéralement ou en petits formats ciblés – régionalement, à durée limitée, toujours révisable. La capacité d’action naît par la précision, non pas par la taille.

– Refus d’une logique de tri européen basée sur la capacité militaire.

Une division de l’Europe en noyaux de sécurité et en marges accroît à long terme l’instabilité. La stabilité ne naît pas de la sélection, mais de l’équilibre d’intérêts divergents.

– Flexibilité stratégique plutôt que fixation permanente.

Dans un ordre mondial fluide, la capacité d’adaptation est plus précieuse que l’immobilisme institutionnel. La politique de sécurité doit garder ses options ouvertes, ne pas fermer d’avance.

  1. 5. Conséquences pour l’Allemagne

De ce point de vue, l’Allemagne n’a pas pour mission de prendre la tête de nouveaux blocs militaires, mais une responsabilité différente: limiter toute escalade par un choix de structure. La valeur ajoutée sécuritaire de l’Allemagne ne réside pas dans une position maximaliste, mais dans l’évitement de liaisons frontales et automatiques qui limitent irréversiblement l’espace d’action politique.

Conclusion

La proposition NEATO marque une étape importante: elle montre à quel point certains segments du débat transatlantique ont déjà évolué d’une logique d’intégration vers une logique de sélection. C’est précisément pour cela qu’il est nécessaire de proposer une contre-approche, qui ne se fonde pas sur une nouvelle architecture confluictuelle, mais sur une modération institutionnelle. 

Ce ne sont plus les alliances qui décident de la sécurité, mais la capacité à attribuer la responsabilité clairement, à peser les intérêts de manière objective et à limiter structurellement toute éventuelle escalade.

#géopolitique@global_affairs_byelena

Les indicateurs économiques allemands annoncent des temps difficiles

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Les indicateurs économiques allemands annoncent des temps difficiles

Peter W. Logghe

Source: https://www.facebook.com/peter.logghe.94 

Les chiffres du bureau de conseil aux entreprises Falkensteg montrent que le nombre de faillites de moyennes et grandes entreprises (entreprises dont le chiffre d'affaires est supérieur à 10 millions d'euros) aura augmenté de 25% en 2025 par rapport à 2024. Depuis la crise du coronavirus, le nombre de faillites de moyennes entreprises a triplé. Le chercheur Jonas Eckhardt parle d'une évolution dramatique, car selon lui, il ne s'agit plus d'une faiblesse conjoncturelle, mais de problèmes structurels profonds.

Falkensteg_Jonas-Eckhardt_033_k-1526890002.jpgPour 2026, le cabinet de conseil Falkensteg prévoit également une augmentation supplémentaire du nombre de faillites de moyennes et grandes entreprises. Selon Jonas Eckhardt (photo), nous pouvons nous attendre à une augmentation de 10 à 20%. Les principales causes ont déjà été mentionnées: des consommateurs incertains qui reportent leurs achats (construction automobile et mécanique), des coûts énergétiques élevés (en raison de la transition énergétique verte) et une bureaucratie, une réglementation sans équivalent en Europe, même en Flandre.

Les chiffres des exportations baissent, ceux des importations augmentent

Ces chiffres indiquent également une «fatigue économique» en Allemagne. En novembre 2025, les exportations allemandes ont baissé de 2,5% par rapport à octobre, soit la plus forte baisse mensuelle depuis mai 2024. Dans le même temps, les importations de marchandises étrangères en Allemagne ont augmenté de 0,8%. Il s'agit de chiffres officiels, publiés par l'Office fédéral allemand de la statistique.

Les exportations allemandes ont atteint 128,1 milliards d'euros, tandis que les importations étrangères en Allemagne se sont élevées à 115,1 milliards d'euros. L'excédent commercial s'élève ainsi à 13,1 milliards d'euros, alors qu'il était encore de 17,2 milliards d'euros en octobre. La plus forte augmentation des importations a été enregistrée pour les marchandises en provenance de Chine, ce qui n'est bien sûr pas tout à fait surprenant. C'est une augmentation de 8% par rapport au mois d'octobre.

Une dernière donnée économique concernant notre principal partenaire commercial, l'Allemagne: depuis le début de l'année 2026, les réserves de gaz dans les réservoirs allemands ont atteint leur niveau le plus bas en 15 ans. Selon le Verband der europäischen Gasinfrastrukturbetreiber (GIE ou Union des gestionnaires d'infrastructures gazières européennes), les réserves de gaz en Allemagne représentaient 53% de la capacité maximale de stockage au 5 janvier. Normalement, le niveau à la fin janvier est de 70%. L'Agence allemande pour le réseau gazier a donc appelé les Allemands à économiser leur consommation de gaz. Heureusement, l'Allemagne peut compter sur les importations de gaz via la France et la Belgique. La moyenne européenne des réserves de gaz s'élève à 59% de la capacité disponible. Avec 53%, l'Allemagne se situe clairement en dessous de cette moyenne. En Pologne, où il fait également très froid en ce moment, les réservoirs de gaz sont actuellement remplis à plus de 80%.

L'Allemagne est dans une situation difficile. Cela ne sera pas sans conséquences pour les autres États membres de l'UE.