26.06.2009
Une littérature dans l'ombre: Jean Parvulesco

Christopher Gérard
La Presse littéraire
(automne 2007)
Entretien avec Jean Parvulesco
Une littérature dans l'ombre: Jean Parvulesco
Etrange et attachant personnage que cet écrivain mythiquement né à Lisieux en 1929, compatriote d'Eliade, ami d'Abellio (voir son essai Le Soleil rouge de Raymond Abellio, Ed. Trédaniel) comme de Dominique de Roux, lecteur de Bloy, Meyrink, Lovecraft. De Jean Parvulesco un expert ès clandestinité tel que Guy Dupré a pu écrire qu’il témoignait de "l'entrée du tantrisme en littérature". Et en effet, chacun des romans de Jean Parvulesco peut aussi être lu comme un rituel de haute magie. C'est dire si l'œuvre reste dans l'ombre, d'autant que son auteur ne mâche pas ses mots sur notre présente déréliction. A ses vaticinations qui prédisent sans trembler un cataclysme purificateur Parvulesco ajoute des visions géopolitiques d'une troublante acuité. Avec une habileté démoniaque, l'écrivain passe d'un registre à l'autre, tantôt aux lisières du burlesque (camouflage?), tantôt prophétique - et toujours servi par une écriture hypnagogique. Alors que je lui demandais il y a une douzaine d'années de se définir, il me répondit: "je suis un combattant dépersonnalisé de l'actuelle montée impériale grand-continentale". Eternel conjuré, Jean Parvulesco est surtout un infatigable travailleur: il signe aujourd'hui son dixième roman depuis 1978, parmi lesquels le mythique Les Mystères de la Villa Atlantis (L'Age d'Homme), qui, avec tous les autres, forme une somme où l'ésotérisme et l'érotisme se mêlent au Grand Jeu. Fidèle au mot de son ami de Roux, Parvulesco aura appliqué Nerval en politique …et vice versa. L'homme a survécu aux camps de travail staliniens, s'est évadé d'une geôle titiste, a traîné ses bottes dans les décombres de Vienne, avant de suivre les cours de Jean Wahl à la Sorbonne, d'approcher Heidegger, Evola et Pound. Jean Parvulesco ou la littérature de l'extrême. Ses deux récents livres, publiés par Alexipharmaque, l'étonnante maison d'Arnaud Bordes, illustrent bien les obsessions de cet auteur qui incarne une tradition mystique et combattante. Le Sentier perdu nous fait rencontrer Ava Gardner et Dominique de Roux, tout en évoquant (invoquant?) Thérèse de Lisieux ou Leni Riefenstahl. Tout Parvulesco se retrouve dans ces couples improbables. Est-ce un journal, un essai sur le gaullisme révolutionnaire, un roman chiffré, un programme d'action métapolitique? Le sujet: la fin d'un monde en proie à la grande dissolution dans l'attente d'un embrasement cosmique. Une spirale prophétique, pour citer l'un de ses essais. Dans la Forêt de Fontainebleau se présente lui (faussement) comme un roman stratégico-métaphysique sur le rôle messianique de la France, clef de voûte du bloc continental, et du catholicisme comme unique voie de salut. J'ignore ce que pensent les évêques de ce catholicisme mâtiné de tantrisme et de tir au Beretta, mais après tout qu'importe. Parvulesco actualise enfin le mythe du Grand Monarque, en l'occurrence Louis XVI, miraculeusement sauvé du néant par une conspiration d'élus. Rites érotiques et meurtres rituels, cisterciens et barbouzes, Versailles et le Vaucluse: pas un temps mort dans ce roman sans pareil!
Entretien avec Jean Parvulesco
Propos recueillis par Christopher Gérard
Christopher Gérard: En première ligne sur le front des Lettres depuis trente ans au moins, vous vous revendiquez d'une "nouvelle littérature grand-européenne fondée sur l'Etre". Comment définissez-vous ce combat d'hier et d'aujourd'hui?
Jean Parvulesco: Je pense que l'heure est vraiment venue pour reconnaître qu'en réalité toutes les littératures européennes ne constituent qu'une seule grande littérature, expression d'une même civilisation et d'un même destin, d'une même prédestination. Avec l'avènement et l'affirmation de l'oeuvre visionnaire de Martin Heidegger, la civilisation européenne s'est vue rappelée à l'ordre, sommée de se tourner à nouveau vers l'être, comme lors de ses origines antérieures, polaires et hyperboréennes. Origines premières que l'on a totalement oubliées dans les temps plus récents, avec les troubles profonds et les effondrements de l'actuelle dictature du non-être.
Certes, à présent le grand renouveau ontologique et suprahistorique pressenti par les nôtres est encore à peine visible, maintenu encore dans l'ombre, mais déjà engagé irréversiblement à contre-courant par rapport à la situation du désastre actuel de la civilisation européenne sur le déclin, menacée à terme d'une extinction définitive.
Aujourd'hui, en apparence tout au moins, le spectacle des actuelles littératures européennes est donc celui d'une insoutenable désolation, d'une soumission inconditionnelle aux abjectes exigences de notre déchéance acceptée comme telle. Mais, en réalité, sous les amoncellements écrasants des pesanteurs de l'état antérieur d'assujettissement au non-être, le feu du nouvel état, du nouveau renouvellement annoncé, brûle, dévastateur, qui très bientôt, va l'emporter. A condition que nous autres, de notre côté, nous soyons capables de faire le nécessaire, de forcer le destin. De faire ce qu'il nous incombe de prendre sur nous, révolutionnairement, pour que le grand renversement final puisse se produire dans les temps et dans toutes les conditions requises. Pour que la Novissima Aetas se laisse venir. Car tel s'avère être, en fin de compte, le mystère de la délivrance finale, que tout dépend de nous.
Cependant, la situation encore indécise des groupes, des communautés et des instances actives, des personnalités de pointe qui incarnent l'actuelle offensive du "grand renouveau" occultement déjà en cours, fait que ceux-ci doivent se maintenir, pour un certain temps, dans l'ombre, n'avancer que souterrainement. Mais cela va bientôt devoir changer. A mesure que nous allons pouvoir sortir de l'ombre, les autres vont devoir y entrer.
Comment vous situez-vous sur cette actuelle "ligne de front"?
En premier lieu, ces derniers vingt ans, j'ai écrit une trentaine d'ouvrages de combat, dont dix grands romans d'avant-garde "engagés en première ligne". Des romans faisant partie, dans leur ensemble, d'un cycle arthurien de douze titres. A présent, il me reste deux romans à publier, soit Un Voyage en Colchide, dont je viens de terminer la rédaction finale, ainsi que le dernier ouvrage du cycle de douze, dont, pour le moment, je ne pense pas pouvoir révéler le titre. Bien sûr, j'ai eu, pendant tout ce temps, et j'ai encore en continuation d'autres activités, dont je ne pense pas non plus pouvoir parler ici. Question de cloisonnement: on me guette au tournant, sûr.
Quelles ont été les grandes lectures, celles qui ont le plus contribué à votre évolution créatrice?
Je commencerai par le Gobineau des Pléiades. Ensuite, le groupement des occultistes anglo-saxons, Bram Stoker, Bulwer-Lytton, Arthur Machen, Algernon Blackwood, Dennis Wheatley, John Buchan, Talbot-Mundy. Et aussi Maurice Leblanc, Gustav Meyrink, Raoul de Warren, Henri Bosco, André Dhotel, Biély, Boulgakov. Ainsi que les plus grands, Ezra Pound, Joyce, Hamsun, Heidegger, Céline, Heimito von Doderer. Et René Daumal, Drieu la Rochelle, Raymond Abellio, Guy Dupré.
Je dois vous avouer que j'ai beaucoup et très vivement apprécié votre roman Maugis (L'Age d'Homme), sur lequel je me suis réservé le droit de faire un important article, livrer toutes les raisons, y inclus les plus cachées, de la fascination obstinée que ce roman n'a pas fini d'exercer sur moi.
Je citerai aussi les romans de David Mata, et surtout son Hermann que viennent de publier, à Pau, les éditions Alexipharmaque, dirigées par Arnaud Bordes. Enfin, il me semble que je dois parler des activités des éditions DVX qui, dans le Vaucluse, se sont destinées à faire paraître, sous la direction de Guillaume Borel, toute une série de mes écrits inédits. Le dernier publié, en octobre prochain, s'intitule Six sentiers secrets dans la nuit. Il s'agit de critiques littéraires d'actualité, représentatives du combat de salut qui est le nôtre. Six instances de haut passage.
Que pensez-vous de la prochaine rentrée littéraire?
Une chose d'une inconcevable saleté, d'une nullité totale, d'un exhibitionnisme à la fois éhonté et sans doute inconscient. On est arrivé au dernier degré de l'imbécillité et de l'imposture avantageuse. Ce sont les derniers spasmes de l'assujettissement de l'être aux dominations du non-être. Le Figaro en date du 21 août 2007 consacre deux pages entières, dont une première en couleurs, à la "rentrée littéraire en vingt titres". On y lit: Olivier Adam, A l'abri de rien, "Olivier Adam se met dans le peau d'une femme à la dérive, qui abandonne son mari et ses deux enfants pour aide aux réfugiés clandestins". Et Mazarine Pingeot, "Une femme tente d'expliquer à son mari les raisons pour lesquelles elle a tué et congelé, à sa naissance, l'enfant qu'elle avait porté en secret". Et on annonce 727 romans de la même eau, qui seront publiés d'ici à la fin octobre. Il n'y a plus rien à faire, le dispositif en pleine expansion de l'aliénation anéantissante, de la prostitution suractivée de la conscience européenne que l'on nous impose, a atteint son but, ses buts. A telle enseigne que la rédaction du Figaro précise que "nous vous présentons ici vingt titres qui feront l'actualité, cela ne présage en rien de leur qualité littéraire".
Paris, août 2007
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19.12.2008
Entretien avec A. Murcie et L. O. d'Algange

Entretien avec André Murcie et Luc-Olivier d'Algange, éditeurs de Jean Parvulesco
propos recueillis par Hugues RONDEAU
Amateurs de prose et de vers ajourés, André Murcie et Luc-Olivier d'Algange ne partagent cependant pas l'éthylique détachement de Rimbaud ou la talentueuse indifférence d'Hölderlin.
Pour eux, la poésie est le flambeau de leur combat. Courageux ou téméraires, ils se dépensent sans compter pour la survie d'une petite maison d'édition, les Nouvelles Littératures Européennes. Sous ce label sont déjà parus une revue au parfum de la grande littérature, un roman de Luc-Olivier d'Algange (Le Secret d'or) et surtout un cahier d'hommage à Jean Parvulesco.
Trois cent quarante-quatre pages de témoignages et d'articles inédits font de ce volume, l'indispensable lexique de l'œuvre de l'auteur de La Servante portugaise.
Editer Parvulesco ou avoir opté pour la subversion par le talent.
- En prenant la décision d'éditer Jean Parvulesco, génial trublion du la littérature francophone, vous avez pris un risque certain. Poête et essayiste, géopoéticien aurait dit Kenneth White, écrivain rebelle et ésotériste inspiré, Parvulesco ouvre les yeux des prédestinés mais demeure inconnu du grand public. Votre initiative avait-elle pour but de le rendre populaire ?
- Luc-Olivier d'Algange: Je dois avouer que mon engouement pour les écrits de Jean Parvulesco est né de la lecture en 1984 de son Traité de la chasse au faucon. Il m'apportait la preuve attendue qu'une haute poésie était possible —et même nécessaire— dans cette époque pénombreuse où nous avons disgrâce de vivre. La disgrâce, mais aussi, dirai-je, la chance extraordinaire, car, en vertu de la loi des contrastes, c'est dans l'époque la plus dérélictoire et la plus vaine que l'espoir nous est offert de connaître la joie la plus laborieuse et, dans sa splendeur absolue (Style), l'exaucement de la volonté divine.
Tel était le message que me semblait apporter la poésie de Jean Parvulesco. Or, sachant qu'André Murcie poursuivait une quête parallèle à la mienne et qu'il envisageait en outre de lancer la revue Style, il m'a semblé utile de lui faire part de ma découverte. C'est ainsi que dès le premier numéro, avec un poême intitulé Le Privilège des justes secrets, Jean Parvulesco devint une voie essentielle de la revue Style. Celle-ci devait encore publier le vaste et fameux poème, Le Pacifique , nouvel axe du monde ainsi que le Rapport secret à la nonciature, qui est un admirable récit visionnaire sur les apparitions de Medjugorge et de nombreux autres poèmes. Tout cela avant d'élargir encore son dessein, en créant les éditions des Nouvelles Littératures Européennes, et de publier un Cahier Jean Parvulesco, récapitulation en une succession de plans de l'univers de Parvulesco, en ses divers aspects, poétiques, philosophiques, esthétiques, architecturaux, cinématographiques ou politiques.
- André Murcie: En effet et ceci répond de façon plus précise à votre question, il est clair que Parvulesco va à contre-courant de ses contemporains. Jean Parvulesco n'est en aucune façon un spécialiste. Il est, au contraire, de cette race d'auteurs qui font une œuvre, embrassement de l'infinité des apparences et de cette autre infini qui est derrière les apparences. C'est là la différence soulignée par Evola entre «l'opus», l'œuvre, et le «labor», le labeur. Avec Parvulesco, nous sommes aux antipodes d'un quelconque «travail du texte», c'est à dire que nous sommes au cœur de l'œuvre et même du Grand œuvre, ainsi que l'illustre d'ailleurs le premier essai, publié dans le Cahier dans la série des dévoilements: Alchimie et grande poésie.
Ce texte est sans doute, depuis les Demeures philosophales de Fulcanelli, l'approche la plus lumineuse de ces arcanes et tous ceux qui cherchent à préciser les rapports qui unissent la création littéraire et la science d'Hermès trouveront, sans nul doute, en ces pages, des informations précieuses et, mieux que des informations, des traces - au sens où Heidegger disait que nous devions maintenant nous interroger sur la trace des Dieux enfuis.
Pour Jean Parvulesco, il ne fait aucun doute que la lettre est la trace de l'esprit. C'est ainsi que son œuvre nous délivre des idolâtries du Nouveau Roman et autres littératures subalternes qui réduisent les mots à leur propre pouvoir dans une sorte de ressassement narcissique. Pour Jean Parvulesco, la littérature n'a de sens que parce qu'elle débute avant la page écrite et s'achève après elle.
- Il est signicatif que ces propos sur l'alchimie soient, dans le même chapitre du Cahier, suivis par un essai intitulé: «La langue française, le sentier de l'honneur»...
- Luc-Olivier d'Algange: Trace de l'esprit, trace du divin, la langue française retrouve en effet, dans la prose ardente et limpide de Jean Parvulesco, sa fonction oraculaire. Ses écrits démentent l'idée reçue selon laquelle la langue française serait celle de la commune mesure, de la tiédeur, de l'anecdote futile. Jean Parvulesco est là pour nous rappeler que dans la tradition de Scève, de Nerval, de Rimbaud, de Lautréamont ou d'Artaud, la langue française est celle du plus haut risque métaphysique.
«Langue de grands spirituels et de mystiques, écrit Jean Parvulesco, charitablement emportés vers le sacrifice permanent et joyeux, d'aristocrates et de rêveurs prédestinés, faiseurs de nouveaux mondes et parfois même de mondes nouveaux, langue surtout, de paysans, de forestiers conspirateurs et nervaliens, engagés dans le cheminement de leurs obscures survivances transcendantales, occultes en tout, langue de la poésie absolue...».
C'est exactement en ce sens qu'il faudra comprendre le dessein littéraire qui est à l'origine du Cahier - véritable table d'orientation d'un monde nouveau, d'une autre culture, qui n'entretient plus aucun rapport, même lointain, avec ce que l'on entend ordinairement sous ce nom. Car il va sans dire que la «Culture» selon Parvulesco n'est certes pas ce qui se laisse associer à la «Communication» mais un principe, à la fois subversif et royal, qui n'a pas d'autre but que d'outrepasser la condition humaine.
Tel est sans doute le sens du chant intitulé Les douzes colonnes de la Liberté Absolue que l'on peut lire vers la fin du Cahier: «...que nous chantons, que nous chantons, par ces volumes conceptuels d'air s'appelant étangs, ou blancs corbeaux, autour de l'immaculation des Douzes Colonnes, vertiges s'ouvrant sur les Portes d'Or et indigo de l'Atlantis Magna, chuchotement circulaire et lent, je suis la Liberté absolue».
L'œuvre doit ainsi accomplir, par une intime transmutation, cette vocation surhumaniste, qui, dans la pensée de Jean Parvulesco, ne contredit point la Tradition, mais s'y inscrit, de façon, dirai-je, clandestine; toute vérité n'étant pas destinée à n'importe qui. Mais c'est là, la raison d'être de l'ésotérisme et du secret, qui, de fait, est un secret de nature et non point un secret de convention.
- Vous avez donné une large place dans le Cahier aux rêves et prémonitions métapolitiques de Jean Parvulesco.
- André Murcie: En ce qui concerne le domaine politique, nous avons republié dans le Cahier, un ensemble d'articles de géopolitique que Parvulesco publia naguère dans le journal Combat et qui eurent à l'époque un rententissement tout à fait extraodinaire. Ce fut, à dire vrai, une occasion de polémiques furieuses. A la lumière d'évènements récents, concernant la réunification de l'Allemagne, les changements intervenus à l'Est, ces articles retrouvent brusquement une actualité brûlante. Il semblerait que seul celui qui expérimente les avènements de l'âme soit destiné à comprendre les évènements du monde. Ainsi des études comme L'Allemagne et les destinés actuelles de l'Europe ou encore Géopolitique de la Méditerranée occidentale donnent à relire les évènements ultérieurs dans une perspective différente.
- Le Cahier s'enrichit aussi des reflexions peu banales de Parvulesco sur le cinéma.
- Luc-Olivier d'Algange: Je crois que nous mesurons encore mal l'influence de Jean Parvulesco sur le cinéma français et européen. On sait qu'il fut personnage dans certains films de Jean-Luc Godard - en particulier dans A bout de souffle, et qu'il fut aussi, par ailleurs, acteur et scénariste. A cet égard, le Cahier contient divers témoignages passionnants concernant, plus particulièrement, Jean-Pierre Melville et Werner Schrœter dont nul, mieux que l'auteur des Mystères de la villa Atlantis, ne connait les véritables motivations.
Il nous propose là une relecture cinématographique dans une perspective métapolitique qui dépasse de toute évidence les niaiseries que nous réserve habituellement la critique cinématographique.
- André Murcie: L'intérêt extrême des témoignages de Jean Parvulesco concernant l'univers du cinéma est d'être à la fois en prise directe et prodigieusement lointain. C'est à dire, en somme, de voir le cinéma de l'intérieur, comme une vision, en sympathie profonde avec le cinéaste lui-même, et non point telle la glose inapte d'un quelconque cinéphile. C'est ainsi que Nietzsche ou Thomas Mann parlèrent de Wagner.
- D'autres textes, publiés dans ce Cahier ont également cette vertu du témoignage direct, qui nous donne à pressentir une réalité singulière. Ainsi en est-il des récits portant sur Arno Brecker et Ezra Pound.
- Luc-Olivier d'Algange: J'ai été pour ma part très sensible à l'hommage que Jean Parvulesco sut rendre à Ezra Pound dont Dominique de Roux disait qu'il n'était rien moins que «le représentant de Dieu sur la terre». Hélas, cette recherche de la poésie absolue était jusqu'alors mal comprise, livrée aux maniaques du «travail du texte» et autres adeptes du lit de Procuste, acharnés à faire le silence sur les miroitements italiens de l'œuvre de Pound.
Cette italianité fit d'alilleurs d'Ezra Pound une sorte d'apostat, alors que, par cette fidélité essentielle, il rejoignait au contraire, au-delà des appartenances spécifiantes, sa véritable patrie spirituelle qui, en aucun cas ne pouvait être cette contrée où Edgard Poe et Lovecraft connurent les affres du plus impitoyable exil.
Mais je laisse la parole à Jean Parvulesco lui-même: «Ce qu'Ezra Pound, l'homme sur qui le soleil est descendu, cherchait en Italie, on l'a compris, c'est le Paradis. Toscane, Ombrie, Ezra Pound avait accédé à la certitude inspirée, initiatique, abyssale, que le Paradis était descendu, en Italie, pendant le haut moyen âge et que, très occultement, il s'y trouvait encore. Pour en trouver la passe interdite, il suffisait de se laisser conduire en avant, aveuglément - et nuptialement aveuglé - par la secretissima, par une certaine lumière italienne de toujours ».
Propos recueillis
par Hugues Rondeau.
Cahier Jean Parvulesco, 350 pages, Nouvelles Littératures Européennes, 1989.
Luc-Olivier d'Algange, né en 1955 à Göttingen (Allemagne) a publié :
Le Rivage, la nuit unanime (épuisé)
Médiances du Prince Horoscopale (Cééditions 1978)
Manifeste baroque (Cééditions, 1981)
Les ardoises de Walpurgis (Cahiers du losange, 1984)
Stances diluviennes (Le Jeu des T, 1986)
Heurs et cendres d'une traversée lysergique (Le Jeu des T, 1986)
Co-fondateur, avec F.J Ossang, de la revue CEE (Christian Bourgois éditeur)
Rédacteur de PICTURA EDELWEISS et PICTURA MAGAZINE
Textes parus dans :
Recoupes; Erres; L'Ether Vague; CEE; Encres Vives; Phé; Libertés; Sphinx; Evasion; Le Miroir du Verbe; Dismisura; Bunker; Le Cheval rouge; Devil-Paradis; Anthologie de la poésie initiatique vivante; Claron; Le Jeu des Tombes; Question de; Vers la Tradition; La Poire d'Angoisse; Camouflage; Strass-Polymorphe; Phréatique, Asturgie-Onirie; Pictura; Mensuel 25; Matulu, Place royale, L'Autre Monde.
André Murcie né en 1951
- Poèmes de poésie (1967-1985)
- Poème pour la démesure d'André Murcie
- Poèmes de la démesure (Work in progress).
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13.11.2008
J. Parvulesco: Reconnaître le Pôle indien du Grand Continent Eurasiatique

ARCHIVES DE "SYNERGIES EUROPEENNES" - 1996
Jean PARVULESCO:
Reconnaître le Pôle Indien du Grand Continent Eurasiatique
Nos thèses géopolitiques sont désormais parfaitement connues, qui ouvrent le concept de la plue Grande Europe franco-allemande —le Pôle Carolingien— aux espaces eurasiatiques décisionnels de la Grande Sibérie et du "Projet Continental Grande-Sibérie" (PCGS), du Japon et de l'Inde, à la perspective révolutionnaire totale de ce que nous avons nous-mêmes su appeler l'Empire Eurasiatique de la Fin. A l'heure présente, l'axe fondamental de la politique eurasiatique franco-allemande apparait comme étant oriénté —et d'une manière particulièrement accentuée avec le retour du gaullisme au pouvoir— vers l'Inde, et partant, vers les nouvelles relations spéciales, aussi actives que profondes, en train de s'établir —souterrainement encore, mais comment faire autrement en temps de déréliction— entre la France gaulliste et l'Inde en marche vers l'émergence à terme rapproché de son nouveau Réveil National, voire de son Eveil Final. J'entends des relations spéciales destinées à forger en avant un autre destin du Grand Continent Eurasiatique, un autre destin de future politique planétaire impériale de celui-ci, et dont notre génération se doit à l'heure actuelle d'assumer héroïquement la nomination tragique et toutes les charges révolutionnaires de terrain. Car, devant faire face nuptialement au Pôle Carolingien, il est né, à présent, le Pôle Indien, réminiscence de l'Anabase initiatique de notre Alexandre le Grand, et de la haute lumière aryenne et védique d'avant l'obscurcissement de l'être en nous, et il se développe, inexorablement, au cœur même du mystère vivant de l'histoire mondiale à sa fin.
Aussi n'avons-nous plus à le cacher, des forces supérieures sont déjà à l'œuvre, dans notre camp et même hors de notre camp, des forces que l'on doit considérer, pour le moment, comme essentiellement occultes, des forces révolutionnaires mises en convergence par une nouvelle sommation polaire de l'histoire mondiale et qui, toutes, se trouvent engagées en avant dans le cadre du nouveau processus impérial planétaire dont le rapprochement franco-indien proposé, aujourd'hui, par le gaullisme visionnaire plus ou moins déjà en place à Paris, se veut le symbole ardent, la poussée d'avant-garde décisive, conçue pour qu'elle entraîne le reste, avec elle, et tout avec elle, vers les ultimes accomplissements de sa propre définition d'elle-même, et celle-ci déjà à l'œuvre, partout. Voir, à ce sujet, le travail de définition en profondeur, définition en termes de géopolitique impériale et révolutionnaire de l'actuelle histoire active du monde, auquel je me suis moi-même livré dans un récent entretien avec Mary de Rougement, Francis Mader et Nicolas Beaujolin, entretien publié par Vouloir, Bruxelles, 1995, sous le titre Pourquoi la Géopolitique?, ainsi que tout le faisceau d'approches géopolitiques de combat dont Vouloir s'est fait le véhicule européen privilégié, et qui se trouve en plein développement.
Ainsi se fait-il que, pour nous autres, tout ce qui tend à s'opposer au projet grand-continental révolutionnaire eurasiatique en cours —et plus particulièrement au rapprochement contre-stratégique transcendantal de la France et de l'Inde constituant déjà les fondations vives, irradiantes, l'axe central de toute politique grande-continentale eurasiatique, actuelle et à venir— nous apparaît comme une démarche subversivement concertée contre nous-mêmes, dont il faut que nous prenions immédiatement toutes les mesures visibles et cachées, pour mieux pouvoir en neutraliser la manifestation interceptée, et l'anéantir sur place.
Nous sommes en état de guerre politique totale pour la libération ontologique du Grand Continent et pour la domination finale du monde et de l'histoire finale du monde à sa fin, et tout ce qui fait obstacle à notre volonté impériale d'être et de liberté, à notre volonté de liberté ontologique et cosmique, doit être anéanti, et le sera en temps utile.
Quelles responsabilités pour l'actuelle crise stratégique franco-indienne?
La vigilance, une extrême vigilance de chaque instant, nous semble donc plus que jamais a l'ordre du jour. Car ce n'est quand même pas pour rien que le gouvernement du Premier Ministre indien Narasimha Rao s'est vu dans l'obligation d'annuler —au dernier moment— la réunion, prévue pour novembre 1995, de la "Comission Economique Franco-Indienne", ce qui a également eu pour effet non seulement du suspendre la visite officielle du ministre français de l'Industrie, Yves Galland, mais aussi de bloquer le départ pour New Delhi, organisé, tout comme la visite du ministre de l'Industrie, à l'occasion des travaux de la "Commission Economique Franco-Indienne", d'une cinquantaine de grands patrons représentant les industries françaises de pointe, ainsi que de certains éléments d'encadrement du "Centre National du Patronat Français" (CNPF).
L'attitude négative de la partie indienne, plus que justifiée, aura manifestement été provoquée par le fait que, à l'heure actuelle, le Pakistan négocie —très ouvertement, dans une dialectique de sidération— avec Serge Dassault et les délégations françaises à l'armement et certaines autres, l'achat stratégique, pour un montant de base —qui sera sûrement à revoir ultérieurement à la hausse— d'au moins 5 milliards de francs, de 40 Mirages 2000-F armés du nouveau missile français air-air Mica. Dans les milieux politico-militaires, voire diplomatiques, proches du gouvernement d'Islamabad, on prétend —et l'on va s'évertuer même à ce que cela ne tarde pas trop à se savoir— que le feu vert nécessaire, et même que tous les feus verts ont déjà été donnés par les autorités gouvernementales fransaises compétentes, et que la signature définitive de l'accord final interviendrait avant la fin décembre 1995.
Le fait est donc certain que, grâce aux vecteurs supersoniques ainsi fournis par la France, New Delhi risque de se trouver bientôt à la portée immédiate d'une intervention nucléaire directe du Pakistan: situé à 300 km de la frontière pakistanaise, New Delhi peut être atteinte en 3 minutes par les Mirage 2000-F supersoniques adaptés à la véctorisation des engins nucléaires pakistanais.
Il faut aussi ajouter à cela que le contentieux franco-indien va se révéler déjà alourdi par la fourniture en cours, au Pakistan, de trois sous-marins français conventionnels de la classe Agosta, armés des missiles ultra-modernes SM 39, dernière réalisation majeure de la technologie militaire française actuelle, sous-marins que les chantiers de Cherbourg ont pris en charge pour le compte d'Islamabad.
"Les quinze premiers stagiaires du chantier pakistanais KSEW —l'apprend-on par Le Monde, sous la signature réputée significative de Jacques Isnard— viennent d'arriver à l'arsenal de Cherbourg pour y être formés. D'ici à 1999, deux cent quarante Pakistanais passeront par l'arsenal. L'accord prévoit que le premier sous-marin sera construit à Cherbourg. La coque du deuxième bâtiment sera livrée en tronçons montés par le client. Des sections du troisième sous-marin seront assemblées dans les chantiers au Pakistan" (Le Monde, 28.XII.1995).
L'actuel gouvernement gaulliste de Paris, dont nous connaissons pourtant les orientations géopolitiques et le projet grand-continental révolutionnaire d'avant-garde, entendrait-il donc soutenir, ainsi, ouvertement, et en quelque sorte contre ses propres positions métapolitiques constitutionnelles de base, le dispositif d'encerclement continental de l'Inde et l'investissement stratégique de l'ensemble méridional, océanique, du Grand Continent, par les forces de la ligne du front islamique fondamentaliste, ligne de front supranationale, subversivement engagée, ces forces, sur l'arc de cercle allant des Philippines et du Pakistan jusqu'au Maghreb destabilisé par le même fondamentalisme révolutionnaire, nocturne, antihumain, et dont l'heure s'annonce aussi comme tout à fait proche —soutenue ou non par la Turquie— sur le flanc Sud des espaces en refondation politique totale ayant appartenu à l'ancienne Union Soviétique où à ses zones de pénétration ou d'influence?
Conme une tache douteuse sur un cadavre récemment maquillé, apparaît donc ici une très flagrante contradiction entre les grandes doctrines géopolitiques du gaullisme révolutionnaire actuellement au pouvoir à Paris ne fût-ce qu'en la personne de Jacques Chirac, le gaullisme foncièrement attaché aux projets concernant le proche avenir impérial du Grand Continent eurasiatique et aux engagements de l'Europe à l'égard du Pôle Indien émergeant, et les décisions subversivement aliénantes d'une administration politiques indûment encore en place, non entièrement reconsidérée à cette heure, et qu'il s'agit donc de faire réglementer au plus vite. Et je préciserai, la mettre au plus vite hors de l'état de nuire.
N'est-il pas, alors, de notre devoir de publier, ouvertement et tant qu'il est encore temps, une contradiction qui en l'occurrence nous semble des plus troublantes, voire des plus suspectes, et, surtout à suspecter? Or c'est bien ce que nous faisons, nous suspectons certaines instances administratives en place soit d'inadvertence manifeste et dans tous les cas coupables dans la conception même de leurs initiatives, soit de haute trahison car, n'est-ce pas, co-ment appeler autrement le fait de servir les intérêts d'une puissance étrangère mobilisant sa volonté de domination planétaire contre les plus hauts intérêts politico-révolutionnaires nationaux et grands-continentaux eurasiatiques de la France?
Et d'autant plus troublante, cette soudaine “obstaculisation” de la politique grande-continentale eurasiatique commune de la France et de l'Inde que les deux portes de verrouillage et de contrôle du flux des décisions administratives supérieures de l'Etat français, le Secrétariat Général de la Présidence de la République et la Direction de Cabinet du Premier Ministre, se trouvent entre les mains de, respectivement, Dominique de Villepin et Maurice Gourdault-Montagne, tous deux des diplomates de carrière ayant effectué des longs séjours en Inde, dont ils connaissent les problèmes actuels, et que l'on connaît comme entièrement acquis à la cause de l'Inde et à la ligne indienne secrète qu'avait en son temps définie, pour ceux du "premier cercle", le Général de Gaulle lui-même. Il nous reste à tirer au clair le contexte profond où s'est développée cette "troublante affaire", et, surtout, ce qui se dissimule spectralement derrière celle-ci, dans une succession de faux-fonds encore plus troublante, obscure et mortelle.
Les Etats-Unis poussent la Chine contre le Bloc Eurasiatique
Car, en Asie, la terre brûle. Les feux des volcans souterrains de l'histoire grondent à nouveau, les invisibles digues de la paix menacent de voler en éclats. L'avènement au pouvoir, à Paris, d'un Président de la République incarnant une nouvelle rémontée du "grand gaullisme" révolutionnaire et, de par cela même, la soudaine réactivation politico-stratégique du Pôle Carolingien et des projets grands-continentaux eurasiatiques véhiculés par celui-ci, a forcé les Etats-Unis à y répondre par une contre-offensive du même niveau planétaire.
Aussi le premier objectif de l'actuelle contre-offensive anti-européenne de Washington apparaîtra-t-il comme étant celui d'installer d'urgence un contre-feu grand-continental eurasiatique en s'engageant à soutenir une nouvelle émergence politico-militaire de la Chine pour faire pièce, sur le Front Sud du Grand Continent, aux mobilisations en cours du Japon, de l'Inde et de la Russie Sibérienne dans le cadre de la nouvelle unité continentale promue par l'Europe du Pôle Carolingien.
De même que, avec la Guerre du Golfe, les Etats-Unis avaient déjà essayé de couper l'Europe de l'Ouest de ses sources d'approvisionnement pétrolier les plus immédiates, les Etats-Unis comptent à présent tourner la future identité impériale du Grand Continent Eurasiatique par le Sud, en exacerbant, sur le terrain, le fondamentalisme révolutionnaire islamique tout en faisant semblant —dialectique opérationnelle du leurre— de le combattre à outrance.
Une des stratégies opérationnelles spécifiques de la CIA —et autres agences assimilées— exige, en effet, certains l'ont quand même bien compris, que, lors de la mise en marche de toute grande manœuvre politico-stratégique d'ensemble, l'exhibition préliminaire soit prévue d'un écran diversionnel et de contre-assurance: à l'instant même où Washington décide de soutenir la formidable révolution islamique fondamentaliste naissante, les agences de désinformation active de la CIA s'arrangent pour que par la voie des médias sous contrôle ou par des canaux diplomatiques à couvert l'on apprenne que les Etats-Unis s'engagent à fond dans le combat contre la subversion fondamentaliste planétaire, envisageant de conduire des opérations de déstabilisation intérieure en Iran. Un nouveau budget de 20 millions de dollars a même été officiellement approuvé, le 21 décembre 1995, par la Chambre des Représentants, pour "modérer", par des voies plutôt spéciales, ce que le speaker Newt Gingrich appelle, lui, et d'ailleurs à juste titre, la "menace permanente pour la vie présente sur cette planète" venant de la part d'un "Etat terroriste", etc.
D'une manière analogue —la même stratégie du leurre, de l'écran en dédoublement diversionnel— au moment précis où Washington avait décidé son opération de déstabilisation intérieure du nouveau pouvoir gaulliste grand-européen en place à Paris, déstabilisation envisagée par l'exacerbation de certains conflits sociaux d'envergure, de nature de plus en plus ouvertement insurrectionnelle, visant jusqu'à la rupture intérieure même de la société française actuelle, des conflits, par ailleurs, manigancés et conduits, secrètement, sur le terrain, par des éléments de la CIA opérationnellement détachés sur Paris et sur toute la France, la CIA montait, en plus, une action d'écran préventionnel où certains de ses éléments —plus ou moins déjà "brûlés"— étaient sacrifiés à dessein —et ce sur des indiscrétions directement filtrées depuis l'Ambassade des Etats-Unis a Paris— dans la cadre d'un montage obligeant quand même les structures françaises de sécurité à procéder au démantèlement d'un soi-disant "réseau américain", fabriqué de toutes pièces, un fantasmagorique "réseau américain de renseignement, de pénétration et d'influence à couvert des milieux gouvernementaux et diplomatiques parisiens", en somme le double en faux du vrai lui aussi là, mais celui-ci profondément secret, et déjà prêt à servir, à passer à l'action.
De manière à ce que, ultérieurement, et pour être plus précis à la veille même du déclenchement des grèves insurrectionnelles organisées, en France, en décembre 1995, par la CIA agissant à travers ses entrées spéciales à Force Ouvrière et au sein aussi de certains clans dormants de la nébuleuse trotskyste, Washington puisse annoncer, officiellement, que la CIA se serait vue intimer, sur dispositions supérieures, de renoncer immédiatement à toutes ses activités de renseignement ou d'influence à couvert en territoire français.
Enfin, du point de vue de l'impérialisme planétaire grand-océanique des Etats-Unis, la mission géopolitique dérivée de la Chine happée par leur propre dispositif d'intervention vers le cœur du Grand Continent Eurasiatique devient ouvertement une mission anti-continentale, de poussée divergeante et déstabilisatrice, mettant directement en danger les passions communautaires grand-continentales de l'Inde, du Japon, de la Grande Sibérie. Et ne l'oublions pas: la nouvelle émergence politico-militaire de la Chine en tant que superpuissance eurasiatique et planétaire devant faire contre-poids aux projets européens pour l'engagement révolutionnaire impérial du Grand Continent passe, aujourd'hui, par la normalisation —dans le sens brejnevien du terme, le bon, que l'on avait si parfaitement su exploiter, le bel été 1968, à Prague— de l'ensemble de la situation politique du Sud-Est asiatique et, surtout, par l'intégration forcée, à brève échéance, de la "province rénégate" de Taïwan.
D'où le formidable regain des mouvements de forces en remontée, encore indéchiffrables, des activités politico-militaires souterraines dans tout le Sud-Est asiatique, mouvements dont le Pakistan sous l'invisible contrôle américain, représente aujourd'hui la plate-forme opérationnelle décisive, lieu de rencontre et de compétition révolutionniare des poussées américano-chinoise et américano-islamiste, en attendant que le troisième terme américain finisse par devenir lui-même invitation à un choix non dialectique, et comme le butoir même de la déflagration finale.
Et que revive le Pôle du Soleil Levant!
De toute évidence, c'est bien pour répondre au retour en force de la Chine sur la scène de l'histoire actuelle du Grand Continent que le Japon a déjà dû prendre confidentiellement une série de contre-mesures en projet qui, par des paliers successifs, ont fini par faire que, aujourd'hui, l'Empire du Soleil Levant —ce que nous appelons le Pôle du Soleil Levant de notre futur Empire Eurasiatique de la Fin— dispose du deuxième budget militaire national de la planète, immédiatement après les Etats-Unis.
D'autre part, Tokyo est à l'heure actuelle en train de procéder —vue la situation de plus en plus dramatiquement préoccupante dans la région, où la Chine ne pourra désormais plus ne pas agir ou, comme on dit, "ne pas commettre l'irréparable" à l'intégration accélérée en une seule structure opérationnelle sommitale des services de renseignements politico-militaires des trois Armées - Terre, Air, Mer de l'Etat-Major Général, et du Ministère de la Défense.
En même temps, émanation directe du sommet intégré des services de renseignements militaires, une "délégation spéciale, permanente et secrète" va prendre sous son contrôle immédiat la direction générale du nouvel ensemble en préparation des services civils de la sécurité. Des informations de source tout à fait certaine et amie font en effet état non seulement d'une très prochaine "réorganisation en profondeur" de l'ensemble des forces civiles de la sécurité nationale, mais aussi de la mise sur pied, en urgence, de nouvelles structures de renseignement politico-opérationnel se situant à des niveaux inhabituels, polarisés par les dialectiques spéciales de la "guerre secrète", voire la "guerre occulte" et les zones d'investissement social et des influcnces politiques et culturelles clandestines de celle-ci. De tous ces changements en cours, une assez vertigineuse signification semble se dégager, qui concerne en premier lieu le renouveau intérieur de notre Pôle du Soleil Levant et sa nouvelle émergence impériale actuelle, eurasiatique et planétaire.
Le retour, au Japon, des Forces Armées au premier plan du pouvoir politique agissant ne saurait cependant pas être fait ni même envisagé —on le comprendrait à moins— sans l'appel à une couverture tout à fait massive des forces civiles nationales. Ainsi la désignation à la tête du "Parti Libéral Démocrate" (PLD) de Ryutaro Hashimoto, vice-premier ministre, en charge du MITI (Ministère du Commerce International et de l'Industrie), l'homme de la ligne nationale et impériale japonaise la plus intransigeante face aux Etats-Unis, ainsi que l'élection, le 27 décembre dernier, d'Ichiro Ozawa, à la direction du Parti de la Nouvelle Frontière, le Shin-shito, doctrinaire d'une réconsidération totale de la place actuelle du Japon dans le cadre de la nouvelle politique planétaire, prennent-elles soudain une importance qui dépasse de loin le seul plan des affaires politiques intérieures nippones, pour rejoindre la zone décisive suprême où émerge à nouveau le Pôle du Soleil Levant et ses grandes missions eurasiatiques et planétaires.
D'ailleurs, dans l'ombre, les jeux sont faits: en avril 1996, ce sera bien Ryutaro Hashimoto qui sera le nouveau Premier Ministre du Japon, le douteux et néfaste Tomiichi Murayama, socialiste, devant passer à la trappe. Ou, peut-être, tout de suite.
Les retrouvailles de Jacques Chirac, de Jacques Chirac en tant que Chef de l'Etat français, avec le Japon, porteront donc Jacques Chirac, en juin prochain, à la rencontre de Ryutaro Hashimoto, l'homme du Grand Renouveau, tout comme, pour sa nouvelle rencontre avec l'Allemagne, le nouveau Chef de l'Etat français s'est porté à la rencontre de Helmut Kohl, à Baden-Baden, en décembre 1995, où s'est faite la Nouvelle Europe.
Jacques Chirac et Helmut Kohl, à Baden-Baden, décembre 1995
Or cette même évolution polaire au sein des services de renseignements militaires, interceptée au Japon, est très vite apparue en Europe aussi: à la suite de la réunion franco-allemande au sommet ayant eu lieu en décembre 1995 à Baden-Baden, entre Jacques Chirac et Helmut Kohl, la France, l'Allemagne, l'Italie et l'Espagne ont à leur tour décidé la mise en piste d'urgence d'une communauté polaire de l'ensemble des services de renseignements militaires européens, le "noyau dur" des quatre de Baden-Baden devant aussi assurer, par la suite, l'accueil des autres services de renseignements militaires des pays intégrant la plus Grande Europe.
En plus, lors de cette même réunion franco-allemande de Baden-Baden, il a été également décidé de la mise en commun de l'Aérospatiale française et de la DASA allemande (DASA, Daimler Benz Aerospace) dans le cadre d'un vaste programme européen pour l'industrie des missiles, des satellites et de la poursuite des projets spatiaux grands-européens. Ce programme prévoit la mise en œuvre immédiate du satellite-espion à infra-rouges Hélios II (12 milliards de francs) et du satellite-espion à radar Horus (13 milliards de francs). L'exécution de ces premiers programmes sera confiée, simultanément, aux usines allemandes de Friederichshafen et aux établissements industriels français de Cannes.
En fait, c'est bien le 8 décembre 1995, à Baden-Baden, que le noyau politico-militaire originel de notre futur Empire Eurasiatique de la Fin est né, et que "la saison de Yalta" a véritablement pris fin. C'est depuis ce jour-là que nous sommes libres.
Baden-Baden c'est en tout état de cause le Contre-Yalta, le triomphe final de l'Europe face à la conspiration géopolitique négative des Puissances Extérieures.
Ce jour-là, c'est la vérité de notre propre vérité qui nous a donc rendus libres, et les pouvoirs de projection historique directe de cette vérité déjà agissante-là, déjà à l'œuvre. Tombée, à Yalta, sous la domination des Puissances Extérieures dont, en premier lieu, les Etats-Unis et l'Union Soviétique, ainsi qu'en en subissant, dans l'ombre, le terrible assujetissement aux puissances occultes se tenant derriere celles-ci et les manipulant à des fins encore et toujours inavouables, l'Europe —la plus Grande Europe— retrouve donc à présent sa place dans la nouvelle histoire révolutionnaire du monde, et sa souveraineté entière, à Baden-Baden, où, tout comme le Général de Gaulle avait donné à la France sa liberté nucléaire, Jacques Chirac a donné à l'Europe sa liberté spatiale et supraspatiale ultime. Ainsi voit-on qu'il n'y a de liberté que militaire, qu'il n'y de liberté qu'impériale.
Quelque part, tout se passe comme si, forcé par les délais de la contrainte extérieure et les circonstances négatives intérieures que l'on vient de voir à l'œuvre, Jacques Chirac ait compris que, pour faire l'Europe —la Grande Europe— en temps encore utile, ce n'est pas l'Europe économique, ni même l'Europe politique, voire l'Europe des cultures qu'il faille envisager de faire, mais l'Europe Militaire. Idée impériale s'il en fut, à laquelle tous les partenaires européens de la France et l'ensemble des Pôles de Soutènement de la future grande entité impériale eurasiatique —le Japon, l'Inde— ne peuvent pas ne pas répondre immédiatement, et idée par laquelle la France y trouve automatiquement sa place centrale, décisive, sa place prédestinée. C'est l'dée pour laquelle il fallait se battre à mort. Et c'est pourquoi Jacques Chirac s'est battu à mort. Avec, à ses côtés, Helmut Kohl, jusqu'à la fin.
L'Europe Militaire, c'est l'Europe de l'Espace. Pour que l'on puisse se rendre compte de la portée profondément cachée, inavouable, des enjeux régis par la rencontre et les décisions au sommet prises en décembre 1995, à Baden-Baden, par Jacques Chirac et Helmut Kohl, il suffit de savoir que le fort suspect John Deutch, directeur démocrate de la CIA démocrate de Bill Clinton, s'est lui-même déplacé, par quatre fois, à Bonn, pour essayer de dissuader Helmut Kohl de suivre Jacques Chirac dans ses projets métapolitiques visionnaires concernant le Grand Continent Eurasiatique commis en chantier par le gaullisme révolutionnaire. De son côté, Bill Clinton n'a pas hésité à téléphoner lui-même, à plusieurs reprises, à Helmut Kohl, auprès duquel il dépêcha aussi, au moment culminant, l'étrange secrétaire d'Etat Richard Holbrooke ("l'homme sans bagages et de tous les chantages"). Mais rien n'y fit.
La vision gaulliste révolutionnaire hantant Jacques Chirac, la vision de la plus Grande Europe et de ses futures destinées impériales eurasiatiques, et la résolution inspirée, fidèle et géniale, allemande, de Helmut Kohl, sont parvenues, ensemble, à donner un nouveau commencement à l'histoire européenne du monde et aux destinées planétaires de l'Europe interdite d'histoire depuis 1945.
En décembre 1995, grâce à Jacques Chirac et à Helmut Kohl, une nouvelle superpuissance planétaire est née, la plus Grande Europe, mobilisant, pour commencer, 400 millions d'hommes et se trouvant déjà en mesure d'aligner une puissance politico-militaire, économique, démographique et culturelle face à laquelle les Etats-Unis se retrouvent dans une situation de seconde, voire de troisième position, situation que Washington et les tenants de la puissance américaine intérieure, occulte, sont loin de pouvoir accepter, même devant le fait accompli. La troisième guerre mondiale est donc en principe là.
Il est donc grand temps que la communauté polaire des renseignements militaires de l'Europe de l'Ouest —dont les buts plus proprement politiques sont encore tenus sous réserve— puisse passer au stade suivant, déjà. Stade où, dans la perspective de ce que nous appelons, nous, le projet de l'Empire Eurasiatique de la Fin, cette communauté polaire du renseignement militaire européen vienne à intégrer, aussi, les représentations au sommet des services analogues de la Russie, du Japon et de l'Inde.
''La Quatrième Clef de Voûte"
On voit bien à présent par où passe la ligne de front. Toujours indiscernable pour les regards non prévenus, un même ennemi —toujours le même— se tient à l'affût derrière tout ce qui s'oppose à l'actuelle volonté impériale grande-européenne de la France gaulliste et de ceux qui se sentent appartenir à la même communauté de haut destin, appelés par la même mission secrète suprahistorique.
Les grèves insurrectionnelles antinationales et anti-européennes de décembre 1995 en France, le sabotage des relations stratégiques de la France avec le Pôle Indien portent, nous nous en sommes quand même aperçus à temps, les traces corrosives de la même griffe. Il faut seulement réapprendre à voir, toutes les grandes batailles vont être, désormais, comme toutes les guerres vraiment grandes, de plus en plus occultes, de plus en plus située dans les territoires de l'invisible. Il faudra donc que nous nous y fassions, et tout de suite.
Ainsi, laissant brutalement de côté les prétextes de diversion nécessaires à la circonstancialisation de toute manœuvre poursuivie jusque sur le terrain, les grèves insurrectionnelles "françaises" de décembre 1995 n'avaient en réalité qu'un seul but, un but qui expliquera les étranges complicités de fait dont celles-ci avaient bénéficié de la part de qui l'on s'eût attendu vraiment le moins: car, en réalité, ce but stratégique de pointe était celui de saboter —sur le coup même, et en même temps d'installer les conditions d'une continuité de cette même action de sabotage dans le futur— l'actuelle politique totale d'intégration grande-européenne de la France gaulliste et partant d'empêcher la naissance de ce que Hervé de Charette, le ministre des Affaires Etrangères de Jacques Chirac, appelait, dans son extraordinaire entretien avec Le Figaro du 20 décembre 1995, la Nouvelle Europe. Hervé de Charette: "Pour la première fois de notre histoire, nous allons réaliser l'unité de notre continent. Ce sera mieux que Charles Quint".
Dans Le Figaro encore, Michel Massenet, Conseiller d'Etat, écrivait bien clairement, le 18 décembre dernier, au sujet de Marc Blondel: le leader FO vise l'Europe au cœur, et il le sait. Mais nous aussi on le sait.
Or tout cela devient d'une gravité ultime, dramatique, provocante, mais incontournable aussi, quand on a compris que dans les plans des agitateurs conspirationnels socialo-communistes et trotskystes le mois de janvier 1996 les masques devront tomber, tous, et que les mouvements insurrectionnels soi-disant syndicalistes vont se présenter ouvertement comme un "Front Social uni" contre l'Europe ("contre l'Europe et pour l'emploi", etc).
Il faudra donc faire le nécessaire. Car ces rassemblements de toutes les conspirations, de tous les complots anti-français et anti-européens mobilisés pour appuyer le grèves insurrectionnelles de janvier devront alors être tirés au clair, et il y aura dans ce cas des surprises exécrables et immenses à faire prendre en compte même chez certains de nos plus proches amis. L'histoire de France s'apprête à devoir vomir un long passé de ténèbres, et ce sera son rituel vomitto negro, toutes les boues noires de l'ancienne tragédie française et le grand renouveau salutaire.
D'autre part, nous avons tenu à situer dans son contexte profond l'actuel sabotage des relations stratégiques franco-indiennes. Point n'est-il donc besoin d'insister pour que l'on comprenne que, dans l'horizon dialectique de cet ensemble de considérations finales, l'inconcevable dérapage administratif français convaincu de fournir à un Etat qui, comme le Pakistan, appartient à la ligne de front des puissances subversivement engagées contre la France et contre la totalité agissante de la grande politique eurasiatique de la France gaulliste, du matériel stratégique hautement significatif, destiné à assumer un rôle singulièrement décisif dans les déroulements prévisibles d'une crise désormais sans doute prochaine, devient, en quelque sorte symboliquement même, une action dont il faut signaler, et produire, aussi, en direction de nos compagnons et camarades du régime gaulliste révolutionnaire actuellement en place à Paris, le suivi des culpabilités cachées, les mesures d'arrêt et de démantèlement de l'opération en cours, défaire donc par fidélité ce qui a été fait ou a failli se faire par trahison, envisager les sanctions exigées ne fût-ce que par l'extrême gravités des enjeux et de l'heure.
Telle est notre tâche, notre devoir et notre volonté d'être là, précisément, où nous appellent les missions qui sont nôtres. La sécurité politico-révolutionnaire qu'une entreprise géopolitique continentale de la taille de celle dont nous nous voulons et nous sommes l'avant-garde idéologique et activiste ne se divise pas, de même que ne se divise le principe agissant de l'Imperium dont nous annonçons le prochain avènement et dont le Pôle Indien est la quatrième clef de voûte, la clef de voûte tournée vers la lumière antérieure de notre propre être, de notre plus haute conscience révolutionnaire et impériale à venir.
Jean PARVULESCO.
00:10 Publié dans Jean Parvulesco | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : inde, asie, eurasisme, eurasie, affaires asiatiques, traditionalisme, lettres françaises
05.08.2008
J. Parvulesco: J. Koizumi et le grand réveil du Japon

Jean PARVULESCO
Junichiro Koizumi et le grand réveil du Japon
Il s'est donc en apparence définitivement refermé sur nous le formidable piège planétaire tendu par la conspiration mondiale des Etats-Unis et de ce qui se tient, dans l'ombre, derrière ceux-ci, saisissant dans ses mâchoires d'acier les nations de l'Europe grand-continentale et de l'Amérique Latine, dont la liberté vivante, le destin eschatologique et l'intégration politico-historique finale pourraient représenter très effectivement un péril absolument critique, un péril mortel pour le "grand dessein" en cours de l'impérialisme hégémonique américain, dont les préliminaires obscurcissent déjà l'horizon de la proche histoire mondiale à venir.
Cependant, alors que les nations encore libres de l'Europe de l'Ouest sembleraient avoir cessé de se débattre sous l'étreinte aliénante, dévastatrice, de la conspiration mondialiste à l'œuvre, des nations eurasiatiques grand-continentales, comme l'Inde et le Japon, viennent de se libérer de celle-ci, par leurs propres moyens, et de se donner —ou d'être en train de se donner— un autre destin, fondé sur leur propre liberté reconquise.
Car ce qu'Atal Béhari Vaypajee à réussi à faire en Inde, Junichiro Koizumi se trouve en train de le faire, aussi, au Japon : l'un et l'autre portés démocratiquement au pouvoir par des immenses vagues de prise de conscience national révolutionnaire, n'ont pas un seul instant hésité, une fois au pouvoir, d'entamer abruptement le processus de libération intérieure de leur pays de sous l'emprise subversive extérieure de la conspiration mondialiste.
Ainsi se fait-il que, tout comme la "Nouvelle Russie" de Vladimir Poutine, l'Inde d'Atal Béhari Vajpayee et le Japon de Junichiro Koizumi, se retrouvent, à l'heure actuelle, ensemble, sur la ligne de front de l'ébranlement sismique abyssal poussant le "Grand Continent" eurasiatique à retrouver son être propre et sa prédestinée originelle, archaïque, ébranlement qui suscite, mobilise, assure et affirme les fondations actives du mouvement de libération impériale engageant, en profondeur, l'ensemble du "Grand Continent" eurasiatique en train de se réveiller, et qui finalement l'emportera.
Dans un fort important article intitulé "Les relations récentes entre la Russie et l'Inde", Gilles Troude, chercheur au DESC de la Sorbonne , écrit, dans Géostratégiques (Paris) de mars 2001 : " ... face au monde unipolaire dominé par la puissance écrasante des Etats-Unis, qui ne connaissent plus aucun rival non seulement sur le plan économique, mais aussi dans les domaines militaire et politique, ne s'oriente-t-on pas lentement vers un triangle stratégique Inde-Chine-Russie, seul capable de rivaliser avec la super-puissance qui se veut maîtresse du monde?".
"C'est ce que redoutent les spécialistes américains en affaires internationales, qui ont perçu les signes d'une coopération accrue entre la Russie , la Chine et l'Inde, et d'un sentiment croissant dans ces trois pays, spécialement après la campagne de bombardements de l'OTAN en Yougoslavie au printemps 1999, que la puissance américaine devait d'une manière ou d'une autre être tenue en échec. Bien que ces trois pays soient encore très loin de fusionner en un Axe eurasien anti-OTAN, ces analystes se disent inquiets du fait de l'apparition d'une menace potentiellement très grave : une alliance qui regrouperait environ deux milliards et demi d'êtres humains, une puissance militaire formidable et un stock impressionnant d'armes nucléaires —puisque l'Inde est maintenant officiellement une puissance nucléaire— le ciment de cette coalition étant de contrer la domination globale de l'Amérique".
"Ce serait un désastre pour les Etats-Unis".
"Si ce tissu de relations progresse, a déclaré Charles William Maynes, président de la Fondation Eurasia , think tank basé à Washington, alors vous aurez le cœur continental du monde (heartland) —deux milliards de personnes en Chine et en Inde allié à la formidable puissance technologique que représente la Russie. Ce serait un désastre pour les Etats-Unis".
Et encore, Gilles Troude, tout en se méprenant sur le sens final de la situation politique propre, réelle, de la Chine actuelle et à venir, de la ligne de destin préconçue de celle-ci, qui l'exclut d'avance de l'unité, de la réintégration impériale grand-continentale eurasiatique, ne tient-il étrangement pas compte non plus dans ses analyses, du "grand réveil" national du Japon en train d'avoir lieu à l'heure présente. Dont le rôle apparaît déjà comme absolument décisif dans la mobilisation en cours d'un front grand-continental eurasiatique d'opposition politico-stratégique totale aux desseins de la conspiration mondialiste menée par Washington.
En réalité, c'est l'extraordinaire puissance vitale innée, profonde, secrète, du peuple japonais qui a rendu possible, et pu assurer l'avènement au pouvoir, à l'heure précise où il fallait que cela se fasse, de l'homme providentiel, du "concept absolu" qu'est Junichiro Koizumi, porteur charismatique du nouveau grand destin du Japon. Quelqu'un devait venir, et la volonté du peuple japonais a fait qu'il vienne.

Avec Junichiro Koizumi, la loi providentielle se trouve une nouvelle fois vérifiée qui veut que les pays finissent toujours par trouver les dirigeants prédestinés qu'ils méritent, et cela est entièrement certain aussi pour Vladimir Poutine et sa "Nouvelle Russie", tout comme pour Atal Béhari Vajpayee et l' "Inde Terminale" en train d'émerger actuellement à la face de l'histoire.
Aussi est-il grand temps que l'on finisse par comprendre, en Europe, qui est réellement Junichiro Koizumi, et de quel grand destin révolutionnaire est-il porteur.
Junichiro Koizumi, porteur d'un nouveau destin pour le Japon
Junichiro Koizumi est en effet l'homme chargé par le destin —et par 75 % des Japonais— d'opérer les retrouvailles finales du Japon d'aujourd'hui avec l'histoire antérieure du "Grand Japon", l'homme chargé de renouer avec l'identité impériale du Japon, intemporelle, que l'on avait dû faire semblant de suspendre le 15 août 1945, le jour de la "capitulation".
Car il est chose désormais notoire que Junichiro Koizumi se fait ouvertement prévaloir de sa fidélité tout entière à la ligne nationale, traditionnelle et impériale de son prédécesseur et maître à penser, l'ancien premier ministre, membre aussi du PDL, Yasuhiro Nakasone (1982-1987), qui, le premier, avait osé briser le tabou démocratique concernant le temple shintoïste Yasukuni, à Tokyo, en s'y rendant en pèlerinage le 15 août 1985. Ce qui avait provoqué alors une vague de violences protestataires, menées en sous-main par les services secrets politiques de la Chine communiste, dans plusieurs pays de l'Asie ayant connu l'occupation japonaise. Car le temple shintoïste Yasukuni, à Tokyo, est le très haut sanctuaire de la mémoire nationale japonaise, le symbole suprême de son identité profonde, intacte, hors d' atteinte, qui ne tient compte en rien de la vaste campagne de désinformation montée par les Etats-Unis après la fin de la dernière guerre au sujet des "culpabilités" du Japon.
De son côté, Junichiro Koizumi avait déjà affirmé, à plusieurs reprises, lui aussi, sa ferme intention de se rendre, le 15 août 2001, anniversaire de la "capitulation" du Japon en 1945, au temple Yasukuni, pour participer aux cérémonies religieuses "en hommage à la mémoire des héros tombés pour la défense du Japon". Un geste dont la portée symbolique apparaît comme évidente de par elle-même, et d'une évidence décisive. Et irréversible.
Mais, en fait, c'est le 13 août qu'il s'y est rendu, essayant ainsi de relativement désinvestir la montée des protestations plus ou moins artificiellement soulevée par sa décision. Car les forces réunies de la réaction et du Front Rouge s'étaient en effet saisies de l'occasion pour lancer un tir de barrage intensif contre la décision du premier ministre Junichiro Koizumi de se rendre officiellement en pèlerinage au temple Yasukuni. Mais rien n'y fait. Tout comme rien n'avait pu le convaincre de revenir sur son décret autorisant —et incitant— que les manuels scolaires d'histoire adoptent des positions ouvertement "révisionnistes" au sujet des "responsabilités" du Japon lors de la dernière guerre.
Situé au centre de Tokyo, près du Palais Impérial, sur la colline du Kudan, le temple shintoïste Yasukuni est en effet consacré à la mémoire des 2,5 millions de combattants japonais tombés face à l'ennemi, dont les âmes —y inclus celles des treize "criminels de guerre"— ou soi-disant tels— pendus par les Forces Américaines d'occupation, avec, en premier lieu, le général Hideki Tojo, le premier ministre de l'empereur Hirohito— s'y trouvent rassemblées, dans l'invisible, autour du miroir liturgique, suprêmement sacré, qui en constitue le pivot cosmique. Yasukuni est, dans l'invisible, une immense mer d'âmes en perpétuelle réverbération, veillant sur l'Empire.
Il est tout à fait certain qu'une majorité décisive de Japonais estiment que leur pays à été, lors de la dernière guerre, la victime d'un complot concerté, de dimensions planétaires, mené par les Etats-Unis, qui visaient à interdire la présence effective du Japon en Asie et dans le Pacifique; face à quoi, le Japon n'a rien fait d'autre que de se battre pour sa survie, aux abois, dans les termes d'un combat à la fois final et total. Dont on connaît la conclusion apocalyptique de Hiroshima et de Nagasaki.
Dans les dépendances du temple Yasukuni, un musée consacré à la mémoire nationale japonaise présente actuellement une grande exposition officielle intitulée "Comment nous avons combattu" (en anglais, "La guerre et les soldats du Japon"), exposition dont le témoignage fondamental est axé sur le souvenir des milliers de kamikazes ayant offert leurs jeunes vies pour la sauvegarde de l'Empire. "Rendez-vous à Yasukuni !", s'écriaient-ils en s'envolant pour le sacrifice suprême. Dans le film qui en montre les exploits héroïques, surhumains —divinisants, en termes de shintoïsme— on affirme : "Beaucoup de gens pensent que, dans la guerre d'il y a cinquante ans, le Japon avait été gravement dans son tort: cela est absolument faux. Ainsi le procès de Tokyo est-il nul et non avenu. Le commandant en chef de nos Armées, le général Hideki Tojo a été accusé de "crimes contre l'humanité" et pendu par les Forces Armées d'occupation, les Etats-Unis ayant été les seuls à exiger sa condamnation à mort. Il est temps que le Japon se réveille! Il est grand temps que le Japon reconnaisse la vraie réalité de sa propre histoire! Japon, réveille-toi!".
On sait que la doctrine de gouvernement de Junichiro Koizumi se trouve être fort proche de la vision d'ensemble qui est celle de Shintaro Ishihara, élu, en 1999, gouverneur de Tokyo avec une écrasante majorité, "par un vote quasi-plébiscitaire sur des positions ultra-nationalistes, anti-américaines, ouvertement partisan de la transformation du "Corps de Défense" en une nouvelle grande Armée Japonaise, et auteur d'un livre de grand succès, "Le Japon qui sait dire non", ainsi que d'un roman aux thèses non-conformistes, "La saison du soleil" (Tayô no kietsu). Et l'on sait également que le groupe de jeunes idéologues et des intellectuels qui se tiennent actuellement derrière Junichiro Koizumi est mené au combat par le professeur Fujiuka Nobukatsu, de l'Université de Tokyo, dont la pensée se veut orientée vers la recherche renouvelante, révolutionnaire, des fondations cachées constituant la prédestination originelle du Japon, du "Grand Japon".
Quant au train des réformes totalement bouleversantes que le premier ministre Junichiro Koizumi compte imposer, d'urgence, au Japon, la formule décisive appartient au professeur de l'Université de Tokyo, Yoshiro Tanaka, qui déclarait, récemment, que ce que l'on attend de celui-ci, c'est "qu'il fasse la "Troisième Révolution", après celles de l'ère des Meiji, et de l'après-guerre de 1945". Car, ainsi que nous en avertit Heizo Takenaka, ministre chargé de la politique économique dans l'actuel gouvernement de Junichiro Koizumi, "... si nous engageons maintenant les réformes qui s'imposent, nous devrons accepter aussi les douleurs qui s'ensuivront, et qui seront des plus grandes; mais, si ces réformes, nous les repoussions encore, cela peut nous mener directement à la mort". Car telle est, aujourd'hui, dans sa réalité immédiate, et la plus profonde, la situation socialo-économique du Japon qui, en fait, se trouve au bord du gouffre. Contrairement à toutes les apparences, et c'est bien ce qu'il faut quand même ne pas ignorer. Car des anciennes pesanteurs dissimulées sont à présent venues à échéance, et coûte que coûte il faudra faire face.
Le recours salvateur aux Forces Armées
Cependant, outre le train de réformes qui devront bouleverser de fond en comble les actuelles infrastructures politico-administratives et économiques du Japon, ce qui équivaut, en effet, à une rupture intérieure comme celle qui s'était produite à l'ère des Meiji, Junichiro Koizumi nourrit aussi —et sans doute surtout— le "grand dessein" de redonner aux Forces Armées nationales la place qui doit être fondamentalement la leur, c'est-à-dire tout à fait la première dans la configuration politico-historique du pays ayant retrouvé son propre centre de gravité en lui-même, hors de tout assujettissement, hors de toute ingérence ou domination étrangères.
Même si, pour cela, il faudrait que Junichiro Koizumi parvienne à faire réviser l'actuelle Constitution japonaise, dont le fameux "article 9" interdit au Japon de pouvoir disposer d'une "Armée Nationale". Or c'est bien ce à quoi Junichiro Koizumi est très fermement décidé à faire aboutir son action politique de gouvernement dont la clef de voûte est précisément constituée par le retour du Japon à son identité politico-militaire antérieure, avec tout ce que cela implique au niveau de la "grande histoire", des grandes décisions historiques et politiques immédiatement à venir, en Asie et dans le Pacifique et, aussi, dans le cadre des futurs choix du Japon par rapport à l'unité grand-continentale eurasiatique émergente.
Dans son retour qui n'est politiquement pas dépourvu de tout danger sur le coup même, mais qu'il entend poursuivre d'une manière tout à fait résolue, vers la reconstitution d'urgence des Forces Armées nationales du Japon, Junichiro Koizumi retrouve le mouvement fondamental de toute entreprise de salut et de délivrance nationale révolutionnaire face à la mainmise subversive, aliénante, des conspirations mondialistes et socialo-gauchistes d'infrastructure trotskiste —toujours "la réaction et le front rouge"— qui détiennent aujourd'hui très effectivement le pouvoir politique, économico-social et culturel partout dans le monde. En se tournant, comme il est en train de le faire, vers les Forces Armées nationales du Japon, Junichiro Koizumi ne fait, à son tour, que ce qu'avait fait Vladimir Poutine en Russie, Atal Béhari Vajpayee en Inde et Vojislav Kostuniça en Serbie, ce que tente de faire, souterrainement, à l'heure actuelle, Silvio Berlusconi en Italie: le recours aux Forces Armées est, toujours, la toute dernière chance des instances persistantes de l'Être en train de succomber aux manœuvres d'encerclement, de pénétration intérieure et d'anéantissement menées par les agences d'investissement et de désappropriation du non-être en marche vers l'établissement final de l'anti-monde et de l'Anti-Empire d'au-delà de la fin.
Et c'est ainsi que l'entreprise de redressement national révolutionnaire de Junichiro Koizumi, actuellement en cours, appartient déjà, en fait, au vaste front contre-stratégique grand-continental eurasiatique —et latino-américain aussi— d'opposition désormais irréversible à l'entreprise de subversion anti-historique accélérée poursuivie par la conspiration planétaire "mondialiste" au service de la "Superpuissance Planétaire" des Etats-Unis et de ce qui se tient caché derrière ceux-ci.
Car, en tout état de cause, il faudra comprendre que le retour de Junichiro Koizumi vers le recours aux Forces Armées représente, aussi, la décision sous-entendue —mais désormais sans retour— de l'éloignement et, à terme, de la rupture du pacte d'assujettissement implicite —à la fois sur le plan militaire, économique et idéologico-culturel— du Japon à l'égard des Etats-Unis, et, de par cela même, sa nouvelle orientation fondamentale, d'une part, vers l'Asie et le Pacifique et, d'autre part, vers le "Grand Continent" eurasiatique, et vers sa future adhésion —déjà décidée— à l'Axe grand-continental Paris-Berlin-Moscou.
Aussi dois-je faire état, à ce sujet, des confidences que vient de me faire Alexandre Douguine à la suite de son récent voyage officiel d'information au Japon, où il avait pu constater la très exceptionnelle attention avec laquelle des hautes instances politico-administratives du Ministère des Affaires Etrangères suivent aujourd'hui la marche en avant de certains projets européens grand-continentaux concernant la mise en situation, en premier lieu, de l'Axe Paris-Berlin-Moscou, projets auxquels le Japon serait disposé à apporter un soutien politico-diplomatique inconditionnel et suractivé: pour le Japon, la prolongation —et l'achèvement— de l'axe grand-continental européen Paris-Berlin-Moscou jusqu'à New Delhi et Tokyo constitue déjà une nécessité allant de soi, inéluctablement. De toutes les façons, pour aussi confidentielles qu'elles puissent se vouloir momentanément, la présence économique active et l'assistance politico-militaire du Japon en Inde est désormais une réalité de laquelle on ne saurait en aucun cas pas ne pas tenir compte d'une manière fort significative. Des grandes choses décisives sont en train de se passer là-bas, souterrainement, entre Tokyo et New Delhi, dont les conséquences ne tarderont pas d'agir en profondeur. Le tout sans doute à l'instigation, ou tout au moins avec l'aval agissant de Moscou, Vladimir Poutine s'y trouvant personnellement engagé dans la suite de cette entreprise de l'ombre: c'est la grande géopolitique, il faut le comprendre, qui constitue les fondements dissimulés de l'histoire en marche. Aujourd'hui comme hier.
Le tracé mystique de nos futurs combats
Tout concourt donc à prouver, déjà, que l'usage qu'entend faire Junichiro Koizumi du pouvoir qui vient de lui être démocratiquement confié par le peuple japonais, sera celui d'une reprise politico-historique révolutionnaire totale des destinées profondes de celui-ci, ouvertement reconnues comme telles ou ne fut-ce que partiellement tenues encore pour secrètes. Car il y a une eschatologie occulte de l'histoire nationale japonaise, dont les horizons intérieurs s'ouvrent à une double intelligence, à la fois supra-historique et cosmique, de ce monde-ci à son terme et de son au-delà caché: c'est ce qui constitue la véritable force supra-historique collective du Japon, et c'est aussi ce qui fait que le Japon s'identifie lui-même, totalement, à la conscience transcendantale commune de l'ensemble des peuples du "Grand Continent" eurasiatique, réunis dans la certitude visionnaire, préontologique, de la dimension fondamentalement eschatologique de l'histoire dans son ensemble final. La conscience archaïque commune, abyssale, des peuples du "Grand Continent" eurasiatique considère l'histoire comme le lieu même du salut supra-historique de la fin d'au-delà de la fin, la sainteté suprême étant, pour ces peuples, celle de l'héroïsme des combattants humains et suprahumains devant conduire à cette fin et au-delà de cette fin.
Aussi la réunification politique —la réintégration— grand-continentale eurasiatique mise actuellement en piste par le projet de l'axe contre-stratégique Paris-Berlin-Moscou-New Delhi-Tokyo devra-t-elle se trouver dédoublée, en profondeur, par une nouvelle prise de conscience commune quant à l'identité de la prédestination spirituelle, polaire, de l'ensemble des peuples de l'espace impérial eurasiatique. Or l'avènement de cette prise de conscience spirituelle, à la fois impériale et polaire eurasiatique, c'est ce que va constituer, désormais, la tâche des combattants idéologiques pour la plus Grande Europe et de leurs engagements politico-historiques de haut niveau. Une grande mystique combattante vient ainsi d'être née, qui à présent est en cours de développement révolutionnaire, "destinée à changer la face du monde".
Dans ce développement en cours, la part des "groupes géopolitiques" va devoir être des plus décisives: en effet, s'il y a une nouvelle prise de conscience civilisationnelle de dimensions grand-continentales eurasiatiques, ce sera en premier lieu aux "groupes géopolitiques" que celle-ci sera due, à leurs engagements héroïques de la période nocturne de la clandestinité, à leur travaux d'agitation, d'affermissement et d'affirmation révolutionnaire suractivée qu'ils devront livrer, à présent, en plein jour, une fois que la doctrine de la libération grand-continentale sera ouvertement appelée à devenir la volonté agissante de l'ensemble des peuples appartenant à l'espace originel d'une même communauté d'Être polaire et de destin eschatologique final.
Dans l'immense bataille révolutionnaire qui s'annonce pour une nouvelle prise de conscience historique commune de l'espace intérieur eurasiatique, les "groupes géopolitiques" seront donc les cellules de base de la marée montante de l'éthos vivant, de la conscientisation en marche vers le changement total, vers la transfiguration finale d'une civilisation à prédestination apocalyptique: la grande heure des "groupes géopolitiques" sera venue quand l'unité d'être de l'ensemble grand-continental eurasiatique sera reconnue comme la suprême valeur agissante de sa propre histoire terminale, en même temps que de sa propre histoire recommencée.
D'autre part, d'une manière plus concrète, plus immédiatement objective, il est tout à fait certain que, dans l'état actuel des choses, ce dont nous aurons le plus besoin, c'est d'un certain nombre de centres d'études, de recherches et de documentation (CERD) visant les profondeurs en même temps que réellement exhaustifs quand à leurs objectifs propres, d'un certain nombre de "foyers de rayonnement" au service de notre connaissance active, à jour, de la situation et des réalités actuelles de l'Inde, du Tibet et du Japon, de la partie à proprement parler asiatique du "Grand Continent", vers laquelle devront désormais se porter tous nos efforts de rapprochement, de réactualisation politico-historique et de ré-identification spirituelle de stade final avec ces peuples appartenant à la même communauté de destin profond.
D'ailleurs, le problème des relations continentales Europe/Asie n'est pas du tout nouveau. Déjà en 1940, dans son essai géopolitique aussi fondamental que décisif, Le bloc continental Europe Centrale-Eurasie-Japon, "imprimé mais non distribué", Karl Haushofer déplorait vivement l'absence flagrante, catastrophique, de centres européens d'étude et de recherches de haut niveau sur l'Inde, le Japon et l'Eurasie en général. Karl Haushofer pouvait cependant se féliciter de l'existence et des activités, à plusieurs égards exemplaires, de l'"Institut pour le Moyen et l'Extrême-Orient" de l'Italie mussolinienne, fonctionnant "sous la direction du Sénateur Gentile, de l'archiduc Tucci, du duc d'Avarna, fils de l'ancien ambassadeur d'Italie à la cour de Vienne".
Dans la situation d'émergence spéciale qui est la nôtre aujourd'hui, il faudrait donc qu'au moins six de ces Instituts pour le Moyen et l'Extrême-Orient soient installés d'urgence, deux en France, deux en Allemagne, un en Italie et un en Espagne. La Russie devant être, pour le moment, considérée à part, où plusieurs de ces genres d'Instituts existent déjà, et qu'il s'agirait alors plutôt de réorganiser, de restructurer et d'en intensifier les activités en cours d'une manière nouvellement significative.
Dans l'ensemble, la zone de problèmes concernant la Chine se devra d'être, cependant, étudiée à part, suivant une disposition d'esprit offensive, préventivement contre-stratégique. Car, située à l'intérieur de l'espace grand-continental eurasiatique, la Chine représente, pourtant, géopolitiquement, une tête de pont du monde "extérieur", "océanique". Relevant d'une vocation irréductiblement auto-centrée, la Chine se trouve de par cela même assujettie à l'"influence extérieure" des Etats-Unis et aux conspirations mondialistes anti-continentales, "océaniques", d'encerclement et d'investissement offensif du "Grand Continent" eurasiatique. La Chine se trouve préontologiquement engagée dans le camp ennemi du "Grand Continent", dans le "camp océanique" du Léviathan, du "non-être".
D'autre part, la rencontre finale entre les destinées spirituelles profondes de l'Europe et certaines prédestinations encore cachées de l'Asie se maintenant dans l'ombre ne trouvent-elles pas un domaine de jonction spécifique à travers des convergences ardentes qui s'imposent en matière de religion vivante, de religion en marche? N'est-ce pas dans l'invisible que viennent à se faire les grandes rencontres spirituelles, le Feu de l'Esprit ne se révèle-t-il pas irrationnellement dans les visions spéciales de ses élus secrets?
On sait que saint Maximilien Kolbe, le martyre d'Auschwitz, avait visionnairement pressenti le double cheminement de l'Inde et du Japon vers le catholicisme. Ayant lui-même séjourné au Japon, et notamment à Hiroshima et à Nagasaki —et l'on peut ainsi mieux comprendre les raisons du choix de ces deux villes pour cibles du feu nucléaire en août 1945, quand on sait qu'il s'agissait des deux villes catholiques du Japon— il y avait en effet acquis la certitude intérieure du grand avenir catholique du Japon.
En même temps, sans avoir pu réellement donner cours à son brûlant désir de se rendre personnellement comme missionnaire en Inde aussi, les relations personnelles de saint Maximilien Kolbe avec certains tenants de l'hindouisme initiatique l'avaient amené à penser la même chose de l'Inde: non pas dans les termes d'un raisonnement concerté, mais dans la perspective fondamentalement irrationnelle d'une vision spirituelle propre, d'une grâce de voyance à ce sujet, à laquelle il avait eu l'accès en tant que porteur d'une mission spéciale, ultérieure, décisive. Une mission occultement prophétique.
En ce qui concerne le Japon, il est vrai que le shintoïsme initiatique se prête à des rapprochements doctrinaux assez flagrants avec le grand catholicisme mystique. Dans la figure ensoleillante d'Amatarasu, ne pourrait-on pas distinguer une préfiguration enclose de l'Immaculée Conception? De même que les trois objets du culte impérial shintoïste —le "miroir", le "poignard" et le "joyaux"— pourraient également trouver des correspondances extrêmement révélatrices dans le catholicisme. Ainsi le "Miroir" —fondamentalement présent à Yasukuni— rappelle le Miroir du Cœur Immaculé de Marie, alors que le "Poignard" peut être identifié à l'Epée du Verbe Vivant. "Alors l'Impie se révèlera, et le Seigneur le fera disparaître par le souffle de sa bouche, l'anéantira par la manifestation de sa Venue", II Th., II, 8. Et, quant au "Joyau", cette figure polaire, centrale, conduit au mystère nuptial suprême de l'Aedificium Caritatis. Il faut savoir oser pénétrer derrière le voile.
Car c'est bien dans cet horizon spirituel ultime qu'il fait situer l'actuelle tentative révolutionnaire entreprise et poursuivie par Junichiro Koizumi au Japon, pays secret s'il en fut. Toutes ses initiatives politico-administratives comportent un dédoublement spirituel occulte, un répondant immédiat sur le plan de l'invisible. C'est l'autre monde qui, aujourd'hui, agit au Japon, à des fins très hautes.
Jean PARVULESCO.
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25.07.2008
J. Parvulesco: Dans la Forêt de Fontainebleau

De Nicolas Bonnal, lire, entre autres, Le voyageur éveillé, Les Belles Lettres, 2002 (ISBN 978-2251442235)
| Jean Mabire | Thulé | Robert Laffont Réédition : Pardès |
| Jean Mabire | Godefroy de Harcourt | Les éditions du Lore |
| Jeanne Bourin | Le grand feu | La Table Ronde |
| Anne Dudant | Le Cycle d’Harold, Chevalier de la Table Ronde et Guerrier Impie | Édition Nox, Vielsam, Belgique |
| Gillian Bradshaw | La légende arthurienne | Nestiveqnen |
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18.06.2008
J. Parvulsco parle à "Synthesis"

Entretien avec Jean Parvulesco pour Synthesis, journal du “Cercle de la Rose Noire” (Angleterre)
Propos recueillis par Troy Southgate
Voudriez-vous bien parler à nos lecteurs de votre vie en Roumanie et leur expliquer pourquoi vous avez été contraint de quitter votre patrie?
A 70 ans passés, j'ai vécu au moins trois ou quatre vies entières, à la fois différentes et séparées, et que ne relient ensemble qu'une sorte d'auto-transmigration obscure, très obscure. Je n'ai plus aucun souvenir vivant de la Roumanie, c'est pour moi des temps infiniment lointains, comme s'il s'agissait de je ne sais quel XVIIIe siècle à la cour des Habsbourg, dans Vienne sous la neige. L'effort de la marche arrière m'est trop pénible, trop difficile, je n'y pense plus jamais. Mes plus proches souvenirs actuels, mais qui, eux aussi, se font déjà brumeux, sont ceux des temps de l'OAS dans Madrid ensoleillé par les certitudes agissantes du régime politico-militaire franquiste au sommet de son pouvoir. Avant, c'est brusquement la nuit noire, la vie de quelqu'un d'autre que moi, une sorte de théâtre d'ombres aux représentations illégales, effacées, oniriques. Vous m'en voyez donc bien désolé: ma réponse à la première de vos questions s'avère être en fait une non-réponse; poussée dans ses derniers retranchements, ma propre existence apparaît comme une non-réponse, ou plutôt comme une réponse dissimulée, comme une réponse codée. De par la situation qui est à présent la mienne, je suis tenu de me regarder moi-même comme à travers la grille secrète d'un codage en profondeur, agent confidentiel jusque par rapport à moi-même. Ce sont les temps qui l'exigent, ces temps de la subversion totale qui sont nôtres.
Vous avez connu Julius Evola personnellement. Que pensez-vous de son œuvre? Et que pensez-vous de l'homme Julius Evola?
Je m'étais en effet senti fort proche de Julius Evola. Et cela pour une raison fort précise: tout comme Miguel Serrano, Julius Evola ne s'était pas vu arrêter dans son devenir intérieur par la sombre défaite européenne de 1945. Tous les grands créateurs de culture européens —Ezra Pound, Knut Hamsun, Pierre Drieu la Rochelle, Louis-Ferdinand Céline, Raymond Abellio, Mircea Eliade, et tant d'autres— s'étaient retrouvés, à la fin de la dernière guerre mondiale, comme dépossédés d'eux-mêmes, mortellement blessés par l'effondrement apocalyptique de l'histoire européenne qu'il leur avait ainsi fallu connaître, et dont ils avaient intérieurement eu à éprouver le désastre irréversible. Ainsi que je viens de le dire, je n'ai connu, depuis, que seuls deux grands penseurs européens qui n'aient pas accepté cet effondrement et qui, au contraire, n'avaient fait que continuer, avec le même acharnement héroïque, le même combat en continuation, le même combat ininterrompu: Julius Evola et Miguel Serrano.
Julius Evola: un être à contre-courant
Il y aurait bien sûr une infinité de choses importantes à dire sur Julius Evola. Je me contenterai de vous faire part, ici, de son extraordinaire charisme aristocratique, patricien, de la dépersonnalisation initiatique parfaitement atteinte et maîtrisée de son propre être, qui n'était déjà plus rien d'autre qu'un concept d'action engagé dans le devenir providentiel de la "grande histoire" en marche, dont tous les efforts combattants tentaient, pourtant, d'en renverser le courant. Car Julius Evola était, en effet, un être à contre-courant, une négation ontologiquement active de l' actuel cours crépusculaire d'une histoire du monde devenue, finalement, en elle-même, une instance de la grande conspiration subversive du non-être au pouvoir. Je prétendrai donc qu'une certaine lumière émanait, supérieure, mais en même temps dissimulée de sa personne, et que le simple fait de fréquenter Julius Evola, de se trouver même indirectement sous son influence active, impliquait déjà un avancement spirituel significatif, majeur, voire secrètement transfigurant. Il était là, mais caché derrière sa propre présence refermée sur elle-même, hors d'atteinte.
Et je pense qu'il me sera également permis d'affirmer que la vision doctrinale personnelle et ultime, secrète, de Julius Evola, sa vision de ce monde et de l'action en ce monde, se trouvait polarisée sur les destinées suprahistoriques occultes de Rome, qu'il considérait, et cela jusque dans sa continuité historique actuelle —j'entends jusque dans son actuelle identité catholique— comme le véritable centre spirituel impérial, polaire —dans le visible et dans l'invisible— de l'actuel grand cycle historique finissant. Julius Evola ne s'était en effet jamais considéré lui-même que sous l'identité d'"agent secret", dans le siècle, de la Roma Aeterna.
Je pourrais aussi livrer bien de révélations décisives —voire étourdissantes, en fin de compte— à partir de mes propres souvenirs des longs entretiens confidentiels que j'avais eu avec Julius Evola, à Rome, chez lui, Corso Vittorio Emmanuele, l'été et l'automne de 1968. Mais je m'interdis de le faire dans la mesure où je n'ignore pas qu'un profond secret opératoire en recouvre encore le contenu, qu'il serait infiniment dangereux —et à présent bien plus que pour le passé— de porter abruptement à la lumière du jour. Car l'heure n'en est pas encore tout à fait venue pour cela.
La "centrale polaire" du Corso Vittorio Emmanuele
Je peux néanmoins vous signaler que dans mon roman Le gué des Louves, Paris 1995, pages 20-31, je m'étais quand même permis de faire certains aveux d'une extrême importance, d'une haute gravité spirituelle et philosophique —je devrais sans doute dire "philosophale", comme la "pierre philosophale"— sur certains événements de mon séjour romain auprès de Julius Evola, en 1968, et sur mes fréquentations confidentielles d'une "centrale polaire" occulte, ouverte toute la nuit, Corso Vittorio Emmanuele, presque en bas de chez Julius Evola, le Daponte Blu.
Les réverbérations encore souterrainement agissantes de la doctrine traditionnelle de Julius Evola, ainsi que son enseignement politico-révolutionnaire à contre-courant, tracent derrière lui un profond sillon ardent, un sillon d'incandescence vive auquel devraient s'abreuver ceux des nôtres qui portent cachée en eux une prédestination spéciale, qui ont accédé à la différence. Car Julius Evola avait lui-même en quelque sorte dépassé la condition humaine, il avait fait émerger en lui le surhomme qui reste à venir. Loin d'être un homme du passé, Julius Evola était un homme de l'avenir d'au-delà du plus lointain avenir. L'homme de la surhumanité solaire du Regnus Novissimum qu'avait entrevu Virgile.
L'un de vos premiers romans était La Miséricordieuse Couronne du Tantra. Pouvez-vous nous expliquer comment vous voyez le concept de Tantra?
La Miséricordieuse Couronne du Tantra n'était pas un roman, mais un recueil de poèmes initiatiquement opératoires. Le tantrisme —ce que l'on devrait appeler l'Aedificium Tantricum— est un ensemble doctrinal comptant une série d'étagements intérieurs de plus en plus occultes, de plus en plus prohibés, visant à porter l'être humain à sa libération —ou à sa délivrance— ultime par les moyens d'une certaine expérience personnelle intime du "mystère de l'amour", du mystère de l'Incendium Amoris.
Si la substance vivante du cosmos dans sa totalité ultime n'est constituée que du feu, que de l'embrasement amoureux se retournant indéfiniment sur lui-même et surcentré, polarisé sur la relation nuptiale abyssale régnant à l'intérieur de l'espace propre, de l'espace unitaire du Couple Divin, l'accélération intensificatrice, superactivante d'une certaine expérience amoureuse de limite, portée à ses états paroxystiques tout derniers, fait —peut faire— qu'une identification à la fois symbolique en même temps qu'ontologique avec le Couple Divin apparaisse —à la limite— possible, qui dépersonnalise, éveille et livre les pouvoirs suprahumains de celui-ci aux amants tantriquement engagés corps et âmes dans les voies dévastatrices de l'Incendium Amoris.
Or ce sont précisément les traces encore brûlantes d'une expérience de pénétration clandestine du mystère de l'Incendium Amoris que La Miséricordieuse Couronne du Tantra est appelé à livrer, à travers son témoignage chiffré. Car c'est bien de cela qu'il s'agit: La Miséricordieuse Couronne du Tantra, mon premier livre, portait déjà en lui, comme une annonciation chiffrée, les germes suractivés de ce qui, par la suite, allait devenir l'ensemble de mon œuvre et, dans ce sens-là, était un livre essentiellement prophétique —ou auto-prophétique— tout comme l'avait été, pour l'ensemble de l'œuvre de Raymond Abellio, son premier essai, Pour un nouveau prophétisme. Il y avait eu comme cela des mystérieuses structures d'accointance entre l'œuvre de Raymond Abellio et la mienne, dont les significations ultimes resteraient encore éventuellement à élucider.
Parlez-nous donc de votre ami Raymond Abellio, sur qui vous avez écrit une biographie, intitulée Le soleil rouge de Raymond Abellio…
Dans Le soleil rouge de Raymond Abellio, j'avais essayé de rassembler les conclusions essentielles d'une approche en raccourci de l'ensemble de son œuvre et de sa propre vie, car l'œuvre de Raymond Abellio et sa vie ne font qu'un: il avait voulu vivre sa vie comme une œuvre, et son œuvre comme sa vraie vie.
En prise directe sur la "grande histoire" en marche
Cependant, au contraire d'un Julius Evola, d'un Miguel Serrano, Raymond Abellio avait eu à subir, lui, de plein fouet la catastrophe de la destitution politico-historique de l'Europe vouée, en 1945, ainsi que le Général de Gaulle l'avait alors compris sur le moment même, à la double domination antagoniste des Etats-Unis et de l'URSS. Destitution dont, consciemment ou inconsciemment, Raymond Abellio avait porté en lui, jusqu'à la fin de sa vie, l'inguérissable brûlure dévorante, la stupéfaction secrète, irrémédiable. Et cela d'autant plus qu'il avait eu à connaître, pendant les années mêmes de la guerre l'expérience exaltante de l'action politico-révolutionnaire en prise directe sur la "grande histoire" en marche.
En effet, en tant que secrétaire général du "Mouvement Social Révolutionnaire" (MSR), Raymond Abellio se trouvait personnellement à l'origine de la première tentative de mise en chantier —en pleine guerre— du grand projet continental européen de l'axe politico-stratégique Paris-Berlin-Moscou, qui, à l'heure actuelle, plus de cinquante ans après, redevient de la plus extrême actualité en tant que première étape du prochain avènement de l'"Empire Eurasiatique de la Fin" dont on sait que, suivant le "grand dessein" européen en cours, il va devoir procéder à l'intégration finale de l'Europe de l'Ouest et de l'Est, de la Russie et de la Grande Sibérie, du Tibet, de l'Inde et du Japon. Une même histoire profonde, un même destin supratemporel, une même civilisation et un même ethos nordique, un même sang et un même souffle de vie originelle, antérieure, archaïque en train de revenir à son centre polaire de départ.
Lui-même détaché, après 1945, de la marche de l'histoire mondiale, l'œuvre philosophique et littéraire de Raymond Abellio tend précisément au dépassement de l'histoire en cours, qu'elle transcende par une prise de conscience supérieure de soi-même, extatique, la "conscience de la conscience" dira-t-il. Prise de conscience libératrice et qui, de par cela même, livrera en retour les clefs opératives d'une puissance absolue exercée sur la marche de l'histoire, la puissance opérative de la "conscience occidentale de la fin parvenue à l'occident de la conscience" devenant ainsi l'arme métastratégique suprême, l'arme de la "domination finale du monde". Ainsi l'"homme nouveau" de la révolution européenne grand-continentale, de la nouvelle Totale Weltrevolution actuellement en cours d'affirmation clandestine, sera-t-il l'homme du "soi libéré", instruit par Raymond Abellio, car c'est l'homme libéré de l'histoire qui fera l'"histoire d'après la fin de l'histoire". La conscience ainsi exhaussée au-dessus d'elle-même, dédoublée, parviendra donc à intervenir directement dans l'histoire.
Ainsi, de toutes les façons, Raymond Abellio sera-t-il donc présent au rendez-vous, sur la "ligne de passage" du grand cycle finissant et du grand cycle du renouveau.
Je voudrais que vous nous parliez de votre roman, L'étoile de l'Empire invisible, et du combat apocalyptique qui a lieu entre les forces du "Verseau" et celles de l'"Atlantis Magna"…
Je peux dire qu'à la parution de mon roman L'étoile de l'Empire Invisible, j'avais eu beaucoup de chance. Normalement, j'aurais dû avoir les pires ennuis, je pense même que j'avais bien risqué d'y laisser ma peau, et déjà à ce moment-là je le sentais. Etais-je confidentiellement protégé, je n'en sais toujours rien. Mais il faudrait le croire. En effet, ce qui dans L'étoile de l'Empire Invisible se dissimulait sous la double dénomination chiffrée de la conspiration du "Verseau" et de la contre-conspiration de l'"Atlantis Magna" n'était en réalité que la confrontatio, faisant s'opposer alors, au plus haut niveau suprahistorique, pour la domination finale de la plus Grande Europe et des espaces d'influence de celle-ci, la conspiration mondialiste de la "Superpuissance Planétaire des Etats-Unis" et la contre-conspiration du Pôle Carolingien franco-allemand s'appuyant secrètement sur l'URSS. Les fort dangereuses révélations, à peine codées, qui s'y trouvaient faites à ce sujet dans L'étoile de l'Empire Invisible eussent largement pu justifier le coup en retour de représailles extrêmes contre l'auteur de ce roman, révélations dont celui-ci portait l'entière responsabilité.
Seul un petit nombre connaissait le dernier mot
J'avais estimé, quant à moi, qu'à travers un roman de l'importance de L'étoile de l'Empire Invisible, une prise de conscience en profondeur devait marquer, pour les plus avancés des nôtres, le tournant historique —et suprahistorique— suprêmement décisif de la conjoncture du moment, où la confrontation de deux mondes irréductiblement antagonistes s'apprêtait à trouver sa conclusion, qui s'avérera comme totalement imprévue. Car c'est bien ce qui en vint alors à se faire, avec l'auto-dissolution politique de l'URSS, événement infiniment mystérieux, où des puissances abyssales étaient occultement intervenues dans le jeu, d'une manière tout à fait providentielle, et dont seul un petit nombre connaissait le dernier mot.
Aussi l'ossature fondationnelle de L'étoile de l'Empire Invisible —la dialectique de sa démarche intérieure— correspond-elle entièrement à la réalité effective des situations qui s'y trouvent décrites, à la réalité des personnages en action, des tensions, des conflits et des passions, des secrets à l'œuvre et des dessous conspirationnels et amoureux, de la réalité précise des lieux et jusqu'à l'identité même —jusqu'aux noms propres, parfois— de certains personnages que j'ai tenu à utiliser sans ne rien y changer. Une mince part de fiction y fera fonction de liant, ou servira à des dissimulations nécessaires. Cette exhibition de la réalité des choses dans le corps littéraire d'un roman représentera, au moment de la parution de ce livre, un pari des plus risqués, une assez dangereuse option de provocation à froid, dont on ne comprenait pas la raison. Mais trente ans sont passés depuis que ces événements étaient censés avoir eu lieu: bien de choses se sont effacées depuis, les tensions à ce moment-là paroxystiques ne signifient à présent plus rien, ou presque plus rien. Le temps a totalement dévore la chair vivante des choses, desséché les souffles.
Imposer à la réalité un statut de rêve
Aujourd'hui, la réalité de toutes ces choses là a fini par devenir une fiction, tout comme, au moment de la parution de ce livre, c'est la fiction qui était en train de devenir réalité. Or c'est précisément ce double échange entre réalité et fiction, entre fiction et réalité que j'avais voulu organiser: m'introduire moi-même dans la réalité à travers le roman. Ayant imposé à la réalité un statut de rêve, j'avais fait que le rêve lui-même devienne réalité.
Et je viens ainsi de répondre à votre sixième question:
«Serait-il correct de dire que ce roman contient un élément de réalité?» Votre septième question est la suivante:Pensez-vous que ce livre puisse être comparé à d'autres romans conspirationnels comme celui de Robert Shea et de Robert Anton Wilson, Illuminatus Trilogy, ou celui d'Umberto Eco, Le pendule de Foucault?
Non, je suis infiniment désolé, mais je ne connais pas le livre de Robert Shea et Robert Anton Wilson, Illuminatus Trilogy.
Quant à Umberto Eco, je le tiens, tout comme son compère Paulo Coelho, pour des faiseurs subalternes, dont les littératures ne concernent que les minables petites convulsions pseudo-initiatiques du New Age: leurs tirages pharamineux ne font que dénoncer le degré de dégénérescence mentale qui est aujourd'hui celui des masses occidentales hébétées, menées, à demi-consentantes aux abattoirs clandestins de l'histoire dont on nous impose les dominations, et qui n'est pas notre histoire.
Quelles sont les visions que vous développez sur a) le marxisme et b) le fascisme?
L'humanité est divisée, d'après ce que je crois savoir suivant des sources certaines archaïques, légitimes, secrètes, en deux grandes parties: celle d'origine "animale" qui "descend des grands singes", correspondant plus ou moins aux doctrines soutenues par l'évolutionnisme darwinien, et la partie d'origine "divine", en provenance du "foyer ardent de l'Incendium Amoris", de la "planète Venus", constituée d'hommes éveillés, destinés à rejoindre, "à la fin de ces temps", la patrie de leurs origines sidérales, "métagalactiques".
Happée vers le bas, vers les régions ontologiques du non-être, par le matérialisme révolutionnaire marxiste, la part "animale", "bestiale", de l'humanité avait sombré dans le délire sanglant de la "révolution mondiale du communisme" animée par l'URSS et exacerbée par le marxisme-léninisme et par le stalinisme. Alors que la partie "divine", "métagalactique" de l'humanité s'est trouvée spirituellement exhaussée par ce qui, dans la première moitié du XX° siècle, avait donné naissance à la grande aventure révolutionnaire suprahistorique européenne connue sous la dénomination générique de "fascisme", qui, vers sa fin, avait subi des déviations aliénantes et que l'antihistoire des autres s'est chargée d'anéantir.
Raymond Abellio fait dire à un de ses personnages de son roman Les yeux d'Ezéchiel sont ouverts: "Aujourd'hui je le sais. Aucun homme ayant un peu le goût de l'absolu ne peut plus s'accrocher à rien. La démocratie est un dévergondage sentimental, le fascisme un dévergondage passionnel, le communisme un dévergondage intellectuel. Aucun camp ne peut plus gagner. Il n'y a plus de victoire possible".
Il nous faudra donc qu'à partir de la ligne actuelle du néant, nous recommencions, à nouveau, tout, que nous remettions tout en branle par le miracle suprahistorique d'une nouvelle immaculée conception révolutionnaire. C'est la tâche secrète de nous autres.
Que pensez-vous de l'«eurasisme»? Est-ce une alternative viable et acceptable au "Nouvel Ordre Mondial”?
La vision de l'unité géopolitique et de destin grand-continental eurasiatique représente le stade décisif, fondamental, de la conscience historique impériale et révolutionnaire des nôtres, l'accomplissement final de l'histoire et de la civilisation européennes dans leur marche ininterrompue vers l'intégration de ses nations constitutives au sein de notre prochain "Empire Eurasiatique de la Fin".
Les actuelles doctrines impériales de l'intégration européenne grand-continentale de la fin trouvent leurs origines à la fois dans la géopolitique combattante de Karl Haushofer, dont le concept de Kontinentalblock reste tout à fait pertinent, et dans les continuations présentes de celle-ci à travers les doctrines confidentielles du "grand gaullisme", ainsi qu'à travers les positions révolutionnaires de certains jeunes penseurs russes de la nouvelle génération poutinienne, dont le plus représentatif me paraît être très certainement Alexandre Douguine.
Un grand dessein final qui nous mobilise totalement
C'est sur le concept géopolitique, sur la vision suprahistorique fondamentale de l'"Empire Eurasiatique de la Fin" que va donc devoir se constituer le grand mouvement révolutionnaire européen continental appelé à livrer les dernières batailles décisives du camp retranché de l'être contre l'encerclement subversif de la conspiration mondialiste actuelle du non-être. Et ce sera aussi la tâche révolutionnaire propre de notre génération prédestinée que de pouvoir mener à son terme prévu ce "grand dessein final" qui nous habite secrètement, qui nous mobilise, à nouveau, totalement. Comme avant.
Finalement, comme quelqu'un qui a vécu une longue vie féconde, quel conseil pourriez-vous offrir aux générations qui montent, aux jeunes gens qui viennent, pour qu'ils rejettent les pièges du libéralisme et de la société de masse?
Le conseil que vous voudriez que je puisse donner aux jeunes générations qui montent, ce serait alors le suivant: si au tréfonds de votre sang, vous sentez l'appel irrésistible des hauteurs enneigées de l'être, l'appel des "chemins galactiques de la Frontière Nord", n'hésitez pas un seul instant à y répondre, et que toute votre vie ne soit qu'un long engagement éveillé envers vos propres origines occultes, envers la part qui en vous n'est pas de ce monde.
Quant aux engagements politiques présents ou immédiatement à venir qui se doivent d'être nôtres, tout, à mon avis, doit se trouver désormais polarisé, mobilisé inconditionnellement sur le concept géopolitique et suprahistorique révolutionnaire de l'unité impériale européenne grand-continentale, concept révolutionnaire auquel l'émergence à terme d'une nouvelle superpuissance planétaire russe, la "Russie Nouvelle" de Vladimir Poutine —car les profondes ouvertures spirituelles, ainsi que les positions européennes grand-continentales de Vladimir Poutine sont à présent connues— vient d'assurer une base politique absolument décisive, notre "dernière chance".
Pour la civilisation européenne, pour l'être et la conscience européennes du monde, la formidable montée en puissance actuelle de la conspiration mondialiste menée par la "superpuissance Planétaire des Etats-Unis" constitue, et désormais à très brève échéance, un vrai danger de mort, une menace terrifiante, inqualifiable. Les groupements géopolitiques national-révolutionnaires agissant partout dans le monde, à demi clandestinement, doivent donc intensifier au maximum leur travail idéologique et d'unité, leur travail de terrain: c'est exclusivement sur l'action souterraine des nôtres que reposent les dernières chances de survie qui nous restent face au gigantesque bloc mondialiste que tient par en dessous l'ennemi ontologique de tout ce que nous sommes nous autres, les "derniers combattants de l'être" face à l'assaut final des puissances négatives du non-être et du chaos, face à l'Empire du Néant, face au mystérieux Imperium Iniquitatis qui s'annonce à l'horizon assombri de notre plus proche avenir. L'heure de l'Imperium Iniquitatis semble en effet être venue.
Le régisseur dans l'ombre du grand dessein en action de la subversion mondialiste actuellement en marche, se trouve à présent sur le point d'achever la mise en place de son dispositif planétaire d'ensemble: les mâchoires d'acier de l'inéluctable se referment sur nous, si nous n'agissons pas tout de suite, bientôt il n'y aura plus rien à faire. Les dernières élections aux Etats-Unis en fournissent la preuve, tout est prêt pour que la trappe se referme. Nous autres, qui depuis toujours jouons la parti de l'invisible, nous n'attendons plus notre salut que de l'invisible. Attention.
Jean PARVULESCO, Paris, le 19 novembre 2000, in nomine Domini.
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17.02.2008
Stratégie contre-mondialiste de l'Axe Paris-Berlin-Moscou

Jean PARVULESCO:
La stratégie contre-mondialiste de l'Axe Paris-Berlin-Moscou
C'est lors du retentissant discours qu'il avait fait le 12 mai 2000 à l'Université Humboldt de Berlin que Joschka Fischer, l'actuel ministre des Affaires étrangères de l'Allemagne avait lancé son appel en faveur d'une Europe fédérale s'appuyant sur le noyau fondationnel franco-allemand, sur le "Pôle Carolingien" d'une union fédérale de la France et de l'Allemagne devant constituer ainsi, ensemble, l'armature intérieure, l'îlot central de soutien et de mobilisation permanente d'une Europe politiquement élargie, de ce que sera sans doute la future "Grande Europe". Ce retour de Joschka Fischer sur le fédéralisme du noyau de base franco-allemand représente sans doute une tentative majeure en faveur de la relance politique du concept de "Grande Europe", qui se lève à l'horizon ouvert des prochaines années du nouveau millénaire.
Sans tarder, Wolfgang Schäuble, l'ex-président de la CDU, de la démocratie chrétienne allemande, ainsi que Hans Dietrich Genscher, prédécesseur de Joschka Fischer à la tête du ministère allemand des Affaires étrangères, se sont déclarés, chacun de son côté, entièrement d'accord avec les propositions fédérales européennes que venait de faire, à Berlin, l'actuel ministre des Affaires étrangères d'Allemagne. Ainsi un consensus en profondeur semblerait se dégager, en Allemagne, englobant l'ensemble de l'arc de cercle de l'actuelle réalité politique allemande, en faveur des thèses fédéralistes grand-européennes avancées par Joschka Fischer. Et de ce que celles-ci impliqueraient à plus longue échéance.
Renforcer l'Union Européenne dans un monde multipolaire
Ainsi, dans un entretien avec Le Figaro, en date du 20 mai 2000, Hans Dietrich Genscher encadrait-il parfaitement la somme de problèmes soulevés par les déclarations de Joschka Fischer:
(1) "L'intention de Fischer est maintenant de renforcer l'Union européenne dans la perspective de son élargissement. Il s'agit d'en faire un acteur efficace du nouvel ordre mondial".
(2) "Au monde bipolaire de la guerre froide s'est substitué un monde multipolaire. Les Etats-Unis, la Russie, la Chine et, à quelque distance, le Japon, y ont déjà pris place. L'Inde va entrer dans le club. Il ne faut pas que l'Europe soit en reste. A ses débuts, le nouveau gouvernement allemand avait laissé un peu en friche le terrain de la politique étrangère. Ce plan Fischer lui restitue un visage européen sur l'arrière-plan de la mondialisation. Fisher voit loin. Il aura des contradicteurs, mais il tient le bon bout".
Bien entendu, que l'actuel ministre des Affaires étrangères de l'Allemagne ait vivement ressenti, et pour une fois pu dire clairement et très fort la nécessité d'un renforcement significatif des liens politiques unissant déjà la France et l'Allemagne au sein de l'Europe, renforcement que l'on entend porter jusqu'à l'institution immédiate d'une relation fédérale des deux pays, d'une relation fédérale spéciale, destinée à servir de banc d'incitation, de pôle d'attraction et de chantier ouvert à l'intention d'autres pays européens disponibles, dans la course, déjà, de l'intégration politique, quoi de plus normal?
L'inconcevable omission de la Russie
Mais, ce qui, par contre, apparait en même temps là comme tout à fait anormal, c'est l'inconcevable omission de la Russie dans la proposition de Joschka Fischer quant au projet d'un "ilot central" fédéraliste destiné à devenir le cœur de la future Grande Europe. Car, désormais, qu'est-ce que l'Europe mutilée de la Russie ? Rien, une fiction velléitaire, un leurre social-démocrate de plus, conçu pour qu'il barre préventivement les chemins devant le projet révolutionnaire de l'axe Paris-Berlin-Moscou, qui seul peut assurer une réalité politico-historique décisive à la plus Grande Europe, au "Grand Continent" eurasiatique suprahistoriquement non pas unifié, mais réunifié. Car c'est bien d'une réunification suprahistorique finale qu'il s'agit là et si on ne l'a pas compris, on n'a rien compris.
Est-ce donc possible que l'aveuglement politique —sans doute, d'ailleurs, bien volontaire— de la social-démocratie allemande à l'égard de la véritable situation politico-historique de l'Europe actuelle, violemment en butte à l'agression politico-stratégique permanente de la conspiration mondialiste dirigée par la "Superpuissance Planétaire des Etats-Unis" ainsi qu'à l'égard de la nouvelle mission impériale de la Russie par rapport à l'Europe d'aujourd'hui et, surtout, de demain, puisse atteindre de telles dimensions d'inconséquence dangereuse, riches déjà de quels futurs désastres.
Un front clandestin de libération de l'Europe
Dans la conjoncture politique européenne actuelle, dont la caractéristique décisive est celle de l'installation préventive sur place d'une vaste conspiration social-démocrate partout au pouvoir dans l'actuel espace politique européen, conspiration social-démocrate mise subversivement en place et dirigée, dans l'ombre, par la "Superpuissance Planétaire des Etats-Unis", les combats pour la libération de l'Europe ne peuvent plus être, aujourd'hui, que des combats souterrains, les combats désespérés d'une résistance clandestine. Car il y a un front clandestin de libération de l'Europe, qui reste, à présent, la dernière chance d'une nouvelle liberté politico-historique européenne face à la conspiration mondialiste qui veut sa fin, qui se bat pour la fin de l'Europe, et de ses libertés géopolitiques impériales et suprahistoriques.
Le fait même que les responsables politiques de l'actuelle Europe social-démocrate ignorent ou font semblant d'ignorer l'existence, la grande prédestination de la Russie, alors que c'est désormais grâce exclusivement à la Russie que l'Europe, la plus Grande Europe, l'Europe grand-continentale eurasiatique puisse déjà prétendre à son existence à venir, donne la juste mesure de l'égarement idéologique et, finalement, de l'immense trahison politique et historique de la social-démocratie européenne au service non pas de la liberté de conscience de l'Europe —et bien moins encore de ses combats de libération, combats souterrains, clandestins, désespérés— mais de son assujettissement subversif aux intérêts, aux buts d'emprise impérialiste de la conspiration mondialiste en action. Tous les régimes social-démocrates actuellement au pouvoir en Europe —et, d'ailleurs, partout dans le monde— ne sont que des régimes supplétifs, des régimes-harkis à la disposition de la force d'occupation mondialiste américaine agissant dans l'ombre.
L'ouvrage fondamental d'Alexandre Del Valle
L'Europe occidentale, "tête de pont" géostratégique de l'Amérique en Eurasie, intitule Alexandre Del Valle un chapitre de son livre Guerres contre l'Europe. Bosnie - Kosovo - Tchétchénie, publié par Pierre Guillaume de Roux aux Editions des Syrtes, Paris, 2000.
Ouvrage fondamental, ouvrage visionnaire, ouvrage d'utilisation contre-stratégique immédiate s'il en fut. Et qui livre les clefs confidentielles des plans de bataille de l'encerclement ontologique de l'Europe, de la conspiration mondialiste qui ne peut atteindre ses ultimes objectifs planétaires qu'en empêchant que la Grande Europe impériale eurasiatique ne puisse se faire. A travers son agression politico-militaire contre la Serbie, la conspiration mondialiste des Etats-Unis s'est directement attaquée à l'Europe, la guerre intercontinentale de la fin est commencée.
Je cite l'ouvrage d'Alexandre Del Valle, Guerres contre l'Europe. Bosnie - Kosovo - Tchétchénie, qui confirme intégralement nos propres thèses.
(1) "Conscients qu'une Europe forte et indépendante serait en mesure de dépasser l'Amérique dans tous les domaines de la puissance, notamment économique, les stratèges américains veulent à tout prix prévenir le moindre réveil, tuer dans l'œuf la moindre velléité d'autonomie européenne, au cas où des dirigeants lucides décideraient de mettre sur pied une Grande Europe continentale, réconciliant ses "deux poumons", orthodoxe et occidental. D'où la volonté américaine d'affaiblir et de diluer le continent européen en incluant —au nom de l'OTAN— la Turquie dans l'Union Européenne et en éloignant consécutivement encore un peu plus celle-ci de la Russie, afin que la constitution d'une Grande Europe continentale indépendante et forte, susceptible de concurrencer les Etats-Unis —mais ainsi rendue impossible— ne voie jamais le jour".
(2) "Vis-à-vis de l'Est européen, les Etats-Unis mènent donc une double politique consistant: primo, à étendre l'OTAN aux portes de la Russie, en intégrant au "monde occidental" les nations anti-russes de l'ex-Bloc soviétique en voie d'industrialisation, de culture catholico-protestante (Hongrie, Pologne, ex-Tchécoslovaquie, etc.) et islamique (Turquie, républiques musulmanes d'Asie centrale, Bosnie, Albanie-Kosovo, etc.); secundo, à affaiblir la Russie, la "refouler" vers l'Asie et la couper de l'Europe occidentale. Il s'agit ainsi de scinder le continent européen en deux, en réactivant une "nouvelle guerre froide" entre un Est post-byzantin ex-soviéto-communiste et un Ouest américanisé, un nouveau "choc géocivilisationnel" entre les "deux Europes" opposées l'une à l'autre autour des pierres d'achoppement stratégiques islamo-occidentale et socio-économique".
La superpuissance unique veut se perpétuer
(3) "La doctrine stratégique "globale" des Etats-Unis apparaît clairement dans le nouveau concept américain de "stratégie nationale de sécurité", dont le contenu fut révélé au grand public à l'occasion de la parution, le 8 mars 1992, dans le New York Times, d'une version du Defence Planning Guidance du Pentagone élaboré en liaison avec le Conseil national de sécurité (NSA), plus haute instance américaine de sécurité et de politique internationale. On y apprend que les Etats-Unis d'Amérique doivent tout faire pour dissuader d'éventuels rivaux, parmi les pays avancés et industrialisés, de défier notre domination, ne serait-ce que d'aspirer à un rôle plus grand à l'échelle mondiale ou régionale (...). La mission des Etats-Unis sera de s'assurer qu'il ne soit permis à aucune puissance rivale d'émerger en Europe occidentale, en Asie ou sur le territoire de la CEI". En bref, il s'agit ni plus ni moins d'empêcher l'Europe et le Japon, "alliés" relativement dociles, ainsi que la Russie affaiblie, mais encore redoutable, de relever la tête et de porter un jour ombrage à l'"hégémonie bienveillante" de Washington; en fait à la formidable machine économico-commerciale américaine. "La politique étrangère américaine doit se donner pour but de convaincre d'éventuels rivaux qu'ils n'ont pas besoin de jouer un grand rôle. Notre statut de superpuissance unique doit être perpétuer par une force militaire suffisante pour dissuader n'importe quelle nation ou quel groupe de nations de défier la suprématie des Etats-Unis, et de chercher à mettre en cause l'ordre économique et politique établi (...). Nous devons empêcher l'émergence d'un système de sécurité exclusivement européen qui pourrait déstabiliser l'OTAN. En Extrême-Orient, il faut rester attentif aux risques de déstabilisation qui viendraient d'un rôle accru de nos alliés, en particulier du Japon", explique le Defence Planning Guidance". (Pages 10,11, 161,162).
Ces documents, en fait, rendent inutile tout commentaire, qui de par eux-mêmes éclairent d'un jour singulièrement inquiétant les temps des prochaines confrontations américano-européennes, désormais fatales.
Trouver la faille salvatrice dans la stratégie de l'anaconda
Autrement dit, il faut savoir reconnaître que, à l'heure actuelle, la guerre politico-subversive totale est secrètement déclarée entre la conspiration mondialiste régie par la "superpuissance Planétaire des Etats-Unis" et l'Europe —l'Europe de l'Ouest, et l'Europe de l'Est, déjà ensemble sur la ligne du front— qui cherche les voies propres de son auto-libération révolutionnaire. La faille salvatrice.
Du côté de l'encerclement, de l'enserrement —la stratégie de l'anaconda, que Karl Haushofer avait identifié comme la stratégie naturelle, inconsciente, instinctive de l'Amérique— exercé actuellement par la conspiration mondialiste à l'égard de l'Europe plus ou moins déjà sur la défensive, il est définitivement certain que tout le travail politico-stratégique subversivement poursuivi par les services secrets de Washington, ces dix dernières années, en Europe et contre l'Europe, n'avait, comme on vient de le voir, qu'un seul but final, celui de l'implantation totalitaire des régimes social-démocrates à leur service, pour empêcher, ainsi, tout retour de l'Europe à son identité antérieure, à l'être de sa propre liberté historique totale. Cependant, de leur côté, les forces vives, cachées, de la résistance européenne ayant choisi la clandestinité, n'ont plus devant elles, pour survivre à la tâche, que l'engagement en avant, inconditionnel, dans une contre-stratégie révolutionnaire de dimensions déjà continentales. A l'actuelle agression intérieure et extérieure dont elle fait l'objet de la conspiration mondialiste à l'œuvre, l'Europe ne peut plus opposer, le dos au mur, que seule sa volonté inspirée d'une intégration impériale de visée suprahistorique, transcendantale, eschatologique, l'intégration grand-cont inentale eurasiatique de la fin. Jouer le tout pour le tout, et d'un seul coup.
Or, dans l'état actuel des choses, l'intégration grand-continentale eurasiatique de l'Europe doit très impérativement prendre le passage obligé de la mise en piste préalable de l'axe Paris-Berlin-Moscou, qui représente, en effet, la faille salvatrice pour les nôtres.
En finir avec la mainmise de la social-démocratie
Ce qui revient à exiger la double mobilisation des nôtres, d'une part, pour en finir, par tous les moyens, avec la mainmise subversive de la social-démocratie et de ses conspirations partout à l'œuvre, partout au pouvoir en Europe et, d'autre part pour parvenir à une implantation révolutionnaire décisive dans la conscience collective européenne d'une représentation suractivée de la nécessité absolue et immédiate, de l'intégration grand-continentale, dont la première phase opérationnelle devra être celle de la mise en piste politique de l'axe Paris-Berlin-Moscou. La bataille finale pour la libération de l'Europe, sera donc une bataille qui va devoir se porter en termes de conscience, la bataille pour sa prise de conscience finale d'elle-même et de sa grande prédestination polaire des origines.
Ainsi le double épreuve qui est celle du démantèlement en force de la mainmise social-démocrate sur l'ensemble de l'actuel pouvoir politique européen, en même temps que celle de l'accession de l'Europe dans son entier à la conscience révolutionnaire de sa propre unité préontologique, de sa prédisposition impériale eurasiatique, constitue-t-elle la ligne de passage même de l'Europe actuellement en état de non-être à l'Europe à nouveau capable de maîtriser révolutionnairement ses destinées politico-historiques propres, consciente à nouveau de sa mission suprahistorique finale.
L'histoire, cependant, ne fait jamais des cadeaux, tous les objectifs appartenant à la définition active des grandes prédestinations politico-historiques à accomplir doivent être emportés, toujours, de haute lutte, tragiquement, héroïquement. Telle apparaît donc comme étant la tâche de notre génération, la génération vouée à la mission révolutionnaire décisive du salut et de libération de la plus Grande Europe de son actuel assujettissement à la conspiration mondialiste régie par la "Superpuissance Planétaire des Etats-Unis".
Un commandement d'action immédiate et totale
Or c'est le devenir circonstanciel même de la présente histoire mondiale, à l'heure fatale de l'accomplissement d'un destin secret déjà inéluctablement en marche, qui fait que nous nous trouvons appelés aujourd'hui devant un commandement d'action immédiate et totale: c'est maintenant ou jamais qu'il nous faut agir, et qu'en agissant l'on emporte la partie.
Ainsi qu'on n'a cessé de le répéter, le passage à l'action révolutionnaire directe de l'Europe souterraine, de l'Europe déjà clandestinement engagée dans le combat pour sa libération, ne peut ni ne doit se faire qu'à partir de la mise piste politico-historique de l'axe Paris-Berlin-Moscou.
Malheureusement, ni la France ni l'Allemagne ne se trouvent à l'heure présente disposées, ni surtout pas en état de prendre l'initiative politique de l'axe Paris-Berlin-Moscou.
La Russie: pivot originel, bunker ontologique de départ
Seule la Russie pourrait le faire, mais encore faudrait-il qu'au préalable y apparaisse l'"homme providentiel", l'"homme du plus grand destin", qui seul saurait prendre sur lui d'engager la Russie dans la grande aventure impériale eurasiatique présupposée comme nécessairement consécutive à la mise en place de l'axe Paris-Berlin-Moscou, qui n'en est que le pivot originel, le bunker ontologique du départ.
Car, de toutes les façons, l'Europe sera grand-continentale eurasiatique, ou ne sera pas. En fait, le noyau fédéral franco-allemand proposé aujourd'hui par Joschka Fischer ne représente déjà plus rien: l'Europe à laquelle il en appelle n'est pas l'Europe, mais une sorte d'apparition spectrale, ectoplasmique de celle-ci. La véritable Grande Europe, c'est l'Imperium qui émergera autour de l'axe Paris-Berlin-Moscou, quand celui-ci sera devenu l'axe Madrid-Paris-Rome-Berlin-Moscou-New Delhi-Tokyo.
Ainsi le seul intérêt du projet fédéral de Joschka Fischer réside-t-il dans le fait qu'en proposant un noyau fédéral dur franco-allemand, auquel viendraient se joindre par la suite, et également fédéralisés, les autres pays européens envisagés, il outrepassait les interdits les plus formels de la conspiration mondialiste américaine, qui ne supportera absolument pas que l'émergeance d'une Europe Fédérale, fût-elle réduite à son expression réduite, mutilée, fût-elle même d'orientation social-démocrate, puisse avoir lieu dans l'espace européen sous son contrôle. A quoi correspond-elle au juste, on se le demande, cette tentative de Joschka Fischer? L'Allemagne envisagerait-elle finalement de s'embarquer dans une manœuvre politique parallèle, en prenant des risques considérables? Berlin entamerait-il, ainsi, qui sait quel chantage politique, qui sait quelle obscure épreuve de force avec Washington, ou bien Berlin et Washington font-ils, ensemble, un jeu encore indéchiffrable, poussent-ils en avant une nouvelle phase du jeu américain secret de la social-démocratie en place?
Moscou devra donner le signal de départ
Quant à nous autres, on peut déjà s'aventurer à affirmer que la bataille politique décisive pour la mise en activité du projet de l'axe Paris-Berlin-Moscou est à présent commencée, et que c'est bien à Moscou même que, pour le moment, nous avons choisi d'installer le centre opérationnel de sa mise en situation de départ immédiat.
Si c'est à Moscou qu'il appartient de prendre l'initiative, c'est à Moscou que nous allons devoir commencer par mettre la pression, essayer de susciter la grande lame de fond porteuse de l'enthousiasme révolutionnaire à l'égard de la représentation supra-mentale collective du projet de l'axe Paris-Berlin-Moscou. C'est Moscou qui, comme on l'a dit, devra donner le signal du départ, un mystérieux rituel l'exige.
Aussi devons-nous concentrer toutes nos disponibilités d'agitation, d'influence et d'intervention pour porter à l'incandescence l'intérêt abyssal de nos structures idéologico-révolutionnaires de présence et d'encadrement agissant sur place, à Moscou, de manière à ce que l'heure venue, celles-ci puissent déterminer, depuis les profondeurs, l'entrée en action des médias et des grands groupements d'influence politique, culturelle, voire même religieuse, ainsi que, finalement, des instances gouvernamentales actives, pour promouvoir, pour exiger une initiative politique décisive de Moscou en faveur du projet de l'axe Paris-Berlin-Moscou. Initiative de Moscou à laquelle nous nous engageons d'obtenir les réponses attendues de Paris et de Berlin. Il faudra donc qu'en même temps nous entreprenions d'urgence un double mouvement analogue de réveil, d'exacerbation, à Paris et à Berlin, en mettant à l'épreuve d'une manière extrêmement intensive les "groupes géopolitiques" dont nous disposons, sur place, à l'heure actuelle, afin que la figure mobilisatrice du projet de l'axe Paris-Berlin-Moscou y soit présente, et agisse suivant nos plans.
Ce qui implique —on se trouvera obligés de le faire— que les "groupes géopolitiques" sortent de leur demi-clandestinité pour agir à découvert, situation nouvelle qui ne sera pas sans comporter sûrement d'assez graves dangers. Mais il n'est moins certain que, de par cela même, la mainmise politique de la soi-disant social-démocratie sur l'ensemble du pouvoir politique en place s'en trouvera violemment contestée, et que, de toutes les façons, nous allons devoir aller à l'épreuve de force.
Une "opposition nationale" inexistante, de pure frime
Et il n'est même pas impossible que l'épreuve de force entre la social-démocratie au pouvoir et les forces de contestation qui vont s'élever alors contre l'état de fait puisse prendre aussitôt les allures d'une guerre civile, les choses apparaissant ainsi d'autant plus étranges que les forces de contestation se levant contre la dictature à la fois sournoise et totalitaire de la social-démocratie seront tout fait inconnues, n'ayant encore fait état, ouvertement, de leur existence, et ne manifestant donc aucune relation avec ce que l'on appelle, sans doute par dérision, l'"opposition nationale" —soi-disant "gaulliste"— et autres formations de la même frime, salement complices, à la traîne, et dans l'imitation honteuse du pouvoir en place— "opposition nationale" dont les positions affichées font ouvertement assaut d'allégeance aux mots d'ordre de la conspiration mondialiste se tenant présente dans l'ombre.
D'autre part, il faudra aussi que le déclenchement de la campagne, à Moscou, en faveur du projet de l'axe Paris-Berlin-Moscou, coïncide en quelque sorte avec l'apparition soudaine, et avec la prise du pouvoir présidentiel par l'"homme providentiel", par "celui que l'on attend", de manière à ce que l'on puisse être certains de l'attitude du gouvernement russe à ce sujet. Le gouvernement de Moscou devant alors, en effet, s'emparer de la pétition en cours pour le projet de l'axe Paris-Berlin-Moscou, pour en faire son propre cheval de bataille, au niveau propre de la "grande politique". L'affaire devant être en dernière instance traitée d'Etat à Etat entre la Russie, la France et l'Allemagne.
"Celui que l'on attend”
D'ailleurs, si l'"homme providentiel" qui devra prendre le pouvoir présidentiel à Moscou se trouve identique à la figure visionnaire, prophétique, de "celui que l'on attend", il devra y avoir déjà pensé, de par lui-même, au problème révolutionnaire fondamental de l'axe Paris-Berlin-Moscou, qui est le problème absolument prioritaire du "nouveau pouvoir" à Moscou, quel qu'il sera.
Le projet de l'axe Paris-Berlin-Moscou sera prêt à être immédiatement activé au moment où les puissances nationales révolutionnaires des élites et des masses françaises, allemandes et russes suractivées par nos soins rencontreront, et épouseront, sur leur montée même, la triple volonté d'Etat de la France, de l'Allemagne et de la Russie, car c'est bien cette rencontre qui est appelée à fonder, à renouveler abyssalement l'histoire grand-européenne asiatique.
Et ce n'est pas du tout que l'on essayerait d'escamoter, à présent, ce qu'à ce moment-là ne va pas pouvoir ne pas être la farouche opposition de la conspiration mondialiste américaine face à l'émergence, en Europe, de l'axe Paris-Berlin-Moscou, la libération de l'Europe aura alors déjà été acceptée, l'encerclement politique et tous les interdits politico-stratégiques opposés par la conspiration mondialiste américaine à la plus Grande Europe naissante défoncés, balayés, anéantis par le soulèvement des forces national-européennes de libération révolutionnaire. Car, dans état actuel des choses, il est de fait impossible que l'axe Paris-Berlin-Moscou en vienne à se trouver installé avant que la libération politique totale de l'Europe ne soit déclarée, et c'est précisément la déclaration de l'installation, de la mise en place de l'axe Paris-Berlin-Moscou qui marquera l'avènement en marche de la plus Grande Europe, l'arrachement révolutionnaire de celle-ci à l'emprise assujettissante de la "Superpuissance Planétaire des Etats-Unis".
Conduire l'offensive du désencerclement
La guerre idéologique de l'axe Paris-Berlin-Moscou va être faite par les grandes batailles de conscience à venir, et c'est nous autres qui détiendrons alors le commandement suprême de ces batailles. Le renversement fondamental du front intérieur de la bataille décisive pour la libération de la conscience européenne fera que la conspiration mondialiste américaine sera alors réduite à la défensive, et que c'est nous autres qui conduirons l'offensive du désencerclement et de l'affirmation finale de nos propres positions grand-européennes, qui l'auront emporté.
Lors d'une récente réunion de groupe, quelqu'un avait fait l'observation fort juste que le projet de l'axe Paris-Berlin-Moscou engage avec lui comme une puissante présence chamanique ancestrale, sacrée. Or il n'y a là rien d'imprévu, rien de très étonnant: le profond changement de l'histoire d'un vaste groupement de populations essentiellement identiques quant à leur être caché mais différentes en surface doit toujours secrètement mettre en branle des colossales puissance spirituelles souterraines, dont la mise en œuvre relève sans doute de certaines identités occultes, inavouables, d'un ordre transcendantal. Des identités surnaturelles, sans visage.
Balzac: grande famille continentale et mystère de civilisation
Qu'on le veuille ou non, ce point de vue risque de s'imposer, à la fin. Magiquement. Et cela d'autant plus que ce même point de vue représente une profonde constante de l'esprit européen dans son intemporalité souterrainement active.
Concluons donc ce bref écrit de combat sur le projet contre-stratégique, actuellement en cours, de l'axe Paris-Berlin-Moscou, en citant ce que Ernst Robert Curtius appelait, dans son monumental Balzac de 1933, l'"allusion" de l'auteur de la Conspiration des Treize à une certaine "Europe comme mystère", à cette grande famille continentale, dont tous les efforts tendent à ne je sais quel mystère de civilisation.
Or cette grande famille continentale de laquelle Balzac avait eu en son temps la prescience visionnaire n'est autre, en fait, que celle précisément de cette conspiration permanente qui, de siècle en siècle, perpétue souterrainement la volonté d'intégration impériale finale du "Grand Continent" eurasiatique et de la réalisation des buts eschatologiques occultes de celle-ci, conspiration qui constitue ce que Balzac appelait, lui, d'une si géniale manière, un mystère de civilisation. "Marche imposante que rien ne peut arrêter", car "c'est la volonté de Dieu qui s'exécute, c'est sa pensée qui se réalise", dira-t-il encore (cité par Ernst Robert Curtius dans son Balzac).
On voit ainsi que l'obsession grand-continentale eurasiatique d'une certaine conscience révolutionnaire européenne secrètement impériale ne date pas d'aujourd'hui, qu'elle existe en continuité depuis des temps que l'on peut assurément tenir pour immémoriaux ; que cette obsession constitue un véritable "mystère de civilisation".
Loin de représenter une simple émergence politico-historique circonstancielle, le projet de l'axe Paris-Berlin-Moscou, pour lequel nous nous battons déjà, apparaît donc comme la face immédiatement visible d'une profonde actualité supra-temporelle de la conscience européenne, de cette "grande famille continentale" entrevue par Balzac, considérée dans ses ultimes dimensions eurasiatiques, impériales et révolutionnaires.
C'est l'histoire qui décide…
La conspiration mondialiste peut très certainement prétendre, à l'heure actuelle, d'être en état de tout verrouiller, de neutraliser toute velléité de résistance européenne, cette prétention se trouvant posée dans les termes mêmes de la dialectique offensive de ses propres intérêts d'ensemble, de ses propres desseins, désormais à découvert, de domination planétaire. La conspiration mondialiste s'y croit déjà.
Mais l'histoire n'est absolument pas la somme de ses circonstances: au contraire, c'est l'histoire qui décide, invente et impose irrationnellement les circonstances de sa propre marche en avant. Les circonstances historiques ne sont jamais que les effets d'une cause abyssale, la cause même de ce "mystère de civilisation" dont parlait Balzac et qui est la clef occulte de toute "grande politique" européenne continentale, eurasiatique.
Les tenants actuels de la conspiration mondialiste commandent aux effets circonstanciels de l'histoire visible. Nous autres, qui sommes du côté de l'"Europe comme mystère", nous commandons aux causes, parce que ce sont les causes qui nous commandent, directement. Les causes invisibles, abyssales, eschatologiques et providentielles, les "causes premières". A la terreur de la raison démocratique totalitaire, nous opposons la ligne de front de l'irrationalité dogmatique de l'histoire elle-même.
La Plus Grande Europe progresse. Inéluctablement
Ainsi se fait-il que malgré l'état de l'actuelle mainmise inconditionnelle de la conspiration mondialiste sur l'ensemble des structures politiques de la social-démocratie, l'histoire, de par elle-même, avance en imposant de force sa propre spirale décisionnelle, ses propres changements de fond et ses propres formes de renouvellement par dessus les circonstances de fait et les desseins hégémoniques de l'impérialisme démocratique des Etats-Unis subversivement à l'œuvre à l'intérieur de l'espace de sa visée européenne permanente: mystérieusement, des choses se font, qui ne devraient pas se faire, des choses à la fois irrévocables et secrètement fondamentales. Comme si, sans cesse, l'histoire échappait de par elle-même à l'emprise de la subversion mondialiste sur l'Europe naissante, à toutes les manigances dans l'ombre. On l'a vu, l'objectif ultime de la grande stratégie politique actuelle et à venir de la conspiration mondialiste est et sera celui d'empêcher par tous les moyens l'émergence impériale de la Grande Europe: malgré cela, de par le mouvement intérieur même de l'histoire en marche, la plus Grande Europe ne cesse de progresser, inéluctablement. Et c'est du sein même du pouvoir social-démocrate européen que les initiatives concernant cette marche en avant de l'Europe, comme celle de Joschka Fischer, surgissent, alors que le pouvoir social-démocrate n'est là que pour en empêcher l'affirmation, la mise en œuvre effective. L'étonnante performance européenne de Jacques Chirac, le 27 juin 2000, à Berlin, devant le Reichstag au grand complet, appartient au même genre d'opération inconsciemment imposée par la marche propre de l'histoire, de l'histoire qui suit les commandements de sa propre irrationalité dogmatique. Quoi qu'ils fassent, ce n'est que ce qui doit se faire qui se fera.
Car l'histoire qui se révèle dans ses choix propres sera toujours plus forte que l'histoire qui révèle les choix que l'on tente de lui imposer.
Des forces historiques irrationnelles combattent souterrainement, soutiennent notre propre combat pour la mise en piste de l'axe Paris-Berlin-Moscou. Les apparences objectives de la situation sont contre nous. Mais, à la fin, seules comptent les certitudes contre-objectives émanant de la marche même de l'histoire, la part abyssale.
Jean PARVULESCO.
00:30 Publié dans Affaires européennes, Eurasisme, Géopolitique, Jean Parvulesco, Théorie politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
27.12.2007
J. Parvulesco: Guerre intercontinentale de la Fin

Un texte de 1999 qu'il est toujours bon de relire !
Jean PARVULESCO :
La guerre intercontinentale de la fin est commencée !
Avec l'effondrement du Mur de Berlin en 1989, le cycle politico-historique de l'"après-guerre", commencé en 1945, venant de prendre fin, un bref interrègne a-historique s'en était ensuivi, pendant lequel l'histoire mondiale s'en était trouvée comme provisoirement suspendue dans sa marche en avant. Interrègne qui prend fin, aujourd'hui, avec les débuts de l'ère des conflagrations intercontinentales planétaires entamée par l'actuelle agression anti-européenne directe des Etats-Unis dans le Sud-Est de notre continent. En effet, la guerre anti-européenne —en fait, anti-grand-continentale— menée, actuellement, par les Etats-Unis, au Sud-Est de l'Europe, contre la Serbie, représente le commencement —l'enclenchement politico-militaire direct, et tout à fait à découvert— du grand cycle des conflagrations intercontinentales planétaires qui, dans les prochaines années à venir, vont devoir opposer l'unité impériale européenne grand-continentale à l'entreprise impérialiste d'hégémonie planétaire totale poursuivie, depuis 1945, par les Etats-Unis, ou plutôt par ce que Bill Clinton vient d'appeler, déjà, la « Superpuissance Planétaire », agissant au service de l'idéologie démocratique mondialiste des "droits de l'homme" (en réalité, l'idéologie subversive fondamentale de l'Anti-Empire, de l’« Empire du non-être »).
Dans l'état présent des choses, deux enseignements essentiels se dégagent analytiquement de l'agression anti-européenne des Etats-Unis, actuellement en cours :
(1) La situation d'inconcevable mainmise des Etats-Unis sur l'ensemble des moyens de communication européens, presse, radio, télévision, ensemble entièrement contrôlé par l'appareil souterrain d'emprise et d'encadrement à la disposition de la ligne politique offensive anti-européenne de Washington.
(2) L'assujettissement intégral, à la ligne offensive anti-européenne de Washington de l'ensemble des infrastructures politiques de gouvernement de la social-démocratie partout au pouvoir en Europe, en Grande-Bretagne, en France, en Allemagne, en Italie, etc.
A ce titre, l'actuel renversement des positions politiques de base de la France et de l'Allemagne —pourtant pré-engagées sur des positions essentiellement anti-américaines de par leur participation même au Pacte Carolingien franco-allemand, base fondationnelle originelle de l'unité impériale européenne grand-continentale— apparaît comme extraordinairement flagrant : la France et l'Allemagne qui, normalement, auraient dû se trouver à l'avant-garde de la ligne de résistance européenne grand-continentale face aux tentatives en cours de l'emprise américaine sur l'Europe, se retrouvent, en ce moment, au contraire, et très paradoxalement, à la pointe de l'assujettissement aux actuelles positions anti-européennes offensives de Washington. La ligne géopolitique grand-continentale eurasiatique du "grand gaullisme" se voit ainsi non seulement abandonnée, mais totalement retournée, changée en son propre contraire.
A telle enseigne que l'on se trouve puissamment tentés de se demander —et cela est vrai, d'évidence, plus particulièrement encore pour la France— si à l'arrière-plan de la situation présente —à l'arrière-plan des changements, des renversements, apparemment incompréhensibles, de la ligne politique conductrice de leur attitude— il n’y avait pas de raisons, des “anti-raisons", des "raisons autres”, profondément dissimulées, inavouables et inavouées dans le contexte présent, des raisons ayant très occultement eu à présider aux choix inconcevables de la France —et de l'Allemagne aussi— face à l'actuelle tentative américaine de mainmise offensive sur l'Europe.
L’action contre la Serbie pourra se répéter contre n’importe quelle puissance européenne
Car un troisième enseignement, moins discernable, peut-être, que les deux précédents, se dégage également de l'actuelle initiative politico-militaire américaine en Europe, à savoir celui de la dialectique de défi et de menace sous-entendue, présents dans l'action stratégique, à tous égards exemplaire, ainsi entamée par les Etats-Unis au Sud-Est de notre continent. Ce troisième enseignement serait alors le suivant : que ce que les Etats-Unis sont actuellement en train de faire contre l’insoumission de la Serbie à la volonté mondialiste subversive de la « Superpuissance Planétaire », la « Superpuissance Planétaire » pourrait entreprendre de le faire également, quand l’occasion se présentera, contre n'importe laquelle des nations européennes, et même contre l'ensemble de celles-ci (et plus particulièrement contre la France, l'Allemagne et la Russie, qui sont, chacune de leur côté et, surtout, ensemble, des « puissances décisives »).
Il ne semble donc pas du tout qu'il fût impossible que le choix d'assujettissement politique forcené —mais après tout, des faux choix peut-être, des leurres politico-stratégiques de circonstance— qui sont aujourd'hui ceux de la France et de l'Allemagne à l'égard de la volonté offensive des Etats-Unis dans le Sud-Est européen ne représentent, en réalité, que des options opératives de décalage, de diversion préventive, de tergiversation et de mise en retard stratégique destinées à gagner du temps, à contrer d'avance toute éventuelle extension à venir du champ de l'action offensive américaine en Europe. En effet, les Etats-Unis viennent de prouver qu’ils disposent d'un nombre absolument dramatique de longueurs d'avance par rapport à l'Europe, et surtout par rapport à nos propres projets d'une Grande Europe, d' Europe grand-continentale eurasiatique. Or, à l'heure présente, c'est avant tout autre chose à ce dramatique retard qu'il nous faut faire face. Par n'importe quels moyens, et en prenant n’importe quels risques. C'est une affaire de destin, une affaire de destin final.
Alain Peyrefitte: « Jamais l'évidence de la prise de possession de l'Europe par Washington n'a été aussi mortifiante » (Le Figaro, 15. IV. 1999).
Une pénétration militaire offensive en Europe
Car le choix des Balkans comme zone d'intervention politico-militaire directe de Etats-Unis en Europe ne laisse d'être extrêmement révélatrice. Le Kosovo et, derrière celui-ci, la « Grande Albanie » et la Bosnie, enclaves islamistes en Europe, vont devoir servir aux plans de la grande stratégie politique américaine de pénétration militaire offensive en Europe au titre de bases d'implantation et de rayonnement, établissant un lien subversif permanent, à travers la Turquie, avec la chaîne de présence contre-stratégique américaine longeant l'ensemble du flanc Sud de la Russie, où les républiques islamistes de l'ancienne URSS se trouvent actuellement travaillées à fond par les services spéciaux de Washington, et où des grande bases stratégiques militaires américaines sont en train d'être implantées d'urgence.
C’est en effet par une prise de position dans le Sud-Est du territoire visé que la géopolitique confidentielle américaine entame toujours le processus de sa pénétration, et de l'investissement continental de grande envergure ultérieure. Tout comme dans le Sud-Est asiatique, au Vietnam, l'établissement d'une tête de pont politico-militaire au Sud-Est de l'Europe, dans les Balkans, révèle l'intention d'un projet américain d'investissement continental total. Si ce qui a été ainsi mis en branle par Washington n'est pas contré, n'est pas arrêté à temps, le sort de l’Europe —de la Grande Europe de dimensions continentales eurasiatiques— est scellé, ses destinées anéanties. Car tel est l'ultime but de guerre des Etats-Unis, de leur guerre politique totale actuellement déjà en cours.
A part l'intensification de plus en plus poussée du travail de la résistance européenne au double niveau, idéologique et immédiatement politique, travail révolutionnaire que l'on doit considérer, dans les circonstances présentes, comme un travail confidentiel, voire même tout à fait souterrain, et qui marque l'heure de l’émergence activiste de l'ensemble de nos "groupes géopolitiques", de Lisbonne à Moscou, l'effort européen d'ensemble concerne la bataille actuelle pour la surqualification de l'Union Européenne, à laquelle il faut obtenir que l'on confie l'administration provisoire du Kosovo, ce qui bloquerait, sur place, les manœuvres directes des forces américaines d'ingérence. Or c'est bien ce que Jacques Chirac a demandé, et obtenu, lors de la réunion des chefs d'Etat et de gouvernement qui s'est tenue, le 14 avril dernier, à Bruxelles, pour le sommet d'urgence de l'Union Européenne.
Un effort européen d’ensemble
L’effort européen d'ensemble, ai-je dit. Il s'agit là d'un nouveau concept de combat révolutionnaire pour la libération politico-historique finale de l'Europe grand-continentale, de dimensions eurasiatiques, combat qui doit inclure, fondamentalement, la participation effective, immédiate et à part entière, totale, de la Russie. Dans ce sens, les efforts actuels de la France en faveur de l'intégration de la Russie au nouveau dispositif politico-stratégique européen en voie de constitution est un signe majeur, un signe prémonitoire de notre prochain réveil révolutionnaire supra-historique.
Contrairement aux allégations de Samuel Huntington, l'orthodoxie ne représentera pas, à l'heure des retrouvailles grand-continentales eurasiatiques des nôtres, une ligne de rupture infranchissable : au contraire, la mobilisation transcendantale de l'éthos européen abyssal provoquée par la tentative américaine d'assujettissement du Grand Continent fera que l'Europe catholique de l'Ouest et que l'Europe orthodoxe de l'Est y retrouveront, providentiellement, l'unité antérieure d'une même foi et d'un même destin. Unité impériale, foi impériale et destin impérial, encore une fois et, cette fois-ci, définitivement. Ce qui doit se faire se fera, ce qui doit se faire est déjà en train de se faire, on le sait.
Jean PARVULESCO (1999).
00:05 Publié dans Eurasisme, Géopolitique, Jean Parvulesco | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
25.12.2007
Jean Parvulesco: considérations stratégiques

Cet article de 2000, dû à la plume de Jean Parvulesco garde une forte pertinence eu égard aux nouvelles perturbations dans les Balkans. A relire...
Jean PARVULESCO:
L'avenir de la Serbie préfigure le prochain avenir de l'Europe et du monde
(1) La dialectique subversive américaine des "précédences établies"
L'intervention politico-militaire de la "conspiration mondialiste" contre la Serbie, effectuée par la "superpuissance Planétaire des Etats-Unis" à travers l'OTAN et avec l'intolérable complicité politique des régimes social-démocrates européens, marque un rupture absolument décisive à l'intérieur de l'actuelle histoire mondiale en cours : la terreur démocratique planétaire ayant jeté bas son masque, s'est pour la première fois montrée tout à fait à découvert, signifiant ainsi que ce qui venait d'arriver à la Serbie risquait désormais d'arriver, aussi, à tout instant, à n'importe quel autre pays européen qui se mettrait en contradiction avec les doctrines équivoques du "nouvel ordre mondial" décrétées par Washington, et par ce qui se cache derrière les nouvelles options impérialistes totalitaires de Washington.
Ainsi les Etats-Unis viennent-ils de s'offrir, après leur intervention politico-militaire de fait en Serbie et à la suite de leurs autres interventions, en Irak et en Bosnie, les armes politiques de l'acceptation en droit, par précédence établie, de leur propre impérialisme planétaire en action. La voie est désormais ouverte à toute intervention politico-militaire de Washington dans le monde.
Si on laissait faire, l'actuel destin de la Serbie préfigurerait le prochain avenir de l'Europe et du monde: la soumission sans conditions aux volontés politiques, économiques et culturelles, voire religieuses du complot mondialiste en cours régi par la "superpuissance Planétaire des Etats-Unis".
Social-démocratie et "démocratiquement correct"
Aussi l'état de permanente agression politico-militaire entretenu actuellement par la "conspiration mondialiste" des Etats-Unis à l'égard du continent européen exige-t-il une réponse contre-stratégique immédiate et totale de la part des puissances agressées, la constitution d'un front révolutionnaire de résistance européenne grand-continentale, eurasiatique, comprenant la Russie, ainsi que l'Inde et le Japon. Front de résistance révolutionnaire européenne grand-continentale à mettre d'urgence en relation directe avec la contre-action d'ensemble qui reste à susciter également au sein des puissances appartenant à l'espace géopolitique de l'Amérique Romane, espace immédiatement concerné par l'ingérence permanente de la "conspiration mondialiste" dans l'hémisphère australe aussi, ingérence particulièrement active, suractivée, ininterrompue.
Afin que le "grand dessein" hégémonique de la "conspiration mondialiste" soutenue par la "Superpuissance Planétaire des Etats-Unis" puisse être effectivement mis en action les services politiques spéciaux de Washington ont longuement travaillé à l'installation au pouvoir, subversivement, d'une chaîne de régimes social-démocrates partout e Europe et en Amérique Romane, conçus, ces régimes d'intervention clandestine, pour qu'à travers leur entier assujettissement à la ligne politique de l'étalon du "démocratiquement correct" dictée par les Etats-Unis, un barrage permanent puisse être dressé face à toute velléité de résistance de la part des puissances nationales agressées, prises dans le piège ontologique de l'état de fait, du fait accompli par surprise et sans qu'il n'y ait la moindre réaction défensive continentale commune, l'ensemble des régimes agressés se trouvant en état de complicité totale avec l'agresseur. Ce fut notamment le cas de la France, pendant les grèves syndicalistes insurrectionnelles contre les réformes administratives de structure proposées par Alain Juppé.
Suite donc au travail spécial, sur place, des services politiques secrets de Washington ayant réussi à installer partout, dans les zones visées, des régimes social-démocrates dans leur entière obédience politique, la "conspiration mondialiste" a pu gagné la première manche, emporter la première phase préliminaire de la troisième guerre mondiale —la guerre intercontinentale de la fin— sans hostilités ouvertes, en évitant les engagements politico-militaires qui eussent été nécessaires pour réduire directement, par la force des armes, la résistance nationale des zones géopolitiques concernées par l'action impérialiste préconçue de Washington, qui s'y trouvait déjà engagée.
La guerre de l'ombre à l'échelle planétaire
De cette manière, Washington disposait donc d'une guerre politique gagnée d'avance face à l'ensemble géopolitique planétaire directement concerné par l'actuelle entreprise impérialiste de la "conspiration mondialiste": en effet, Washington venait ainsi d'inventer, et de mettre aussitôt à l'œuvre un nouveau type de guerre politique planétaire, la guerre clandestine, la guerre souterraine des services politico-stratégiques secrets. La guerre qui n'est plus une guerre, la "guerre de l'ombre" à l'échelle planétaire.
Ce changement est absolument capital, qui, du point de vue de Washington, vient de transformer la nature même de l'espace politique planétaire, dont les responsables cachés de Washington font un espace intérieur de la puissance propre des Etats-Unis où les guerres extérieures des Etats-Unis deviennent de par cela même des opérations de sécurité politique intérieure américaine. Nous arrivons ainsi à la dialectique hautement subversive de l'"empire invisible". Mais dialectique non moins immédiatement opérative. L'histoire actuelle n'est plus, à son niveau planétaire, que l'histoire de l'"empire invisible" de la "conspiration mondialiste". L'histoire occulte d'une toute-puissance invisible, l'histoire invisible d'une toute-puissance occulte.
(2) Sur les nouvelles stratégies en action des services spéciaux des Etats-Unis
Un vaste bouleversement de la stratégie politique offensive planétaire des Etats-Unis a récemment fait que, dans le plus grand secret, le centre de gravité de l'ensemble de l'action politico-stratégique de Washington s'est déplacé du domaine de la puissance d'affirmation militaire de sa volonté de domination à celui de sa puissance subversivement clandestine et des actions propres à celle-ci, une réorganisation en profondeur de ses services d'action politique spéciale s'en étant immédiatement suivie. Ce qui fait qu'à l'heure présente, ce sont les services secrets de Washington qui se trouvent en charge de la guerre impérialiste planétaire de la "subversion mondialiste" et de ce qui se dissimule derrière celle-ci, des services secrets puissamment réconsidérés quant à leurs buts assignés, quant à leurs missions d'ensemble et quant à leurs structures politico-administratives intérieures désormais directement à la disposition de la Maison Blanche.
A l'abri de la fiction diversionniste de la soi-disant toute-puissance de la CIA, des nouvelles structures d'action politico-stratégique souterraine de Washington, surpuissantes, mènent le même combat en continuité. Des nouvelles structures d'action politico-stratégiques surpuissantes dont on ne sait pratiquement rien encore, mais dont on peut éventuellement mesurer l'efficacité exceptionnelle, tout à fait redoutable, à travers certaines de leurs récentes entreprises de terrain.
En guise de coupe spectrale à travers ces réalisations de terrain, j'en citerai ci-dessous trois exemples des plus significatifs.
Grèves insurrectionnelles dans la fonction publique en France
(1) Le déclenchement de la série de grandes grèves insurrectionnelles de la fonction publique en France qui, en bloquant le train des réformes administratives de fond préconisées par Alain Juppé, premier ministre en charge à ce moment-là, avait poussé —obligé— Jacques Chirac à dissoudre l'Assemblée Nationale et procéder à des élections législatives anticipées, ce qui, suivant un scénario calculé d'avance, devait faire sauter le barrage national gaulliste et provoquer l'avènement du régime social-démocrate actuellement encore au pouvoir. On sait en effet que depuis les temps de la "guerre froide", l'ensemble des grandes infrastructures du dispositif syndicaliste français se trouvent dans un état d'entière dépendance souterraine à l'égard des servi ces politiques secrets de Washington qui, le moment voulu, n'avaient eu qu'à les faire agir dans le sens de leur propre stratégie de déstabilisation abrupte et pratiquement totale du régime national gaulliste alors en place, mais réduit en dernière instance à démissionner pour céder la place au régime social-démocrate destiné à installer l'actuelle politique de soumission sans réserves à la ligne de conduite dictée par la "conspiration mondialiste".
Des scénarii analogues avaient en même temps été mis en exécution, aussi, en Amérique Romane, en Argentine, au Chili, etc. A ce propos, il me semble chose extrêmement importante que de retenir le fait de la parfaite identité de traitement, de procédure subversive spéciale et de contrôle dissimulé que Washington utilise à l'égard à la fois de l'Europe de l'Ouest et de l'Amérique Romane, la dialectique du remplacement souterrainement commandé des régimes nationaux manifestant des velléités d'indépendance, de résistance à l'emprise de la "subversion mondialiste", apparaissant comme étant tout à fait la même dans un cas comme dans l'autre.
Car, sans la complicité entière des régimes social-démocrates subversivement mis en place par Washington, rien n'aurait été possible de ce que Washington est parvenu à faire en Irak, en Bosnie, dans le Kosovo et, finalement, en Serbie, où l'Europe s'est trouvé attaquée dans le Sud-Est de son continent non seulement sans broncher, mais en apportant tout son soutien politique —voire même militaire— à cette attaque à découvert, qui, dans des conditions normales, eût dû être à même de provoquer la riposte politico-militaire intercontinentale qui s'imposait de toute évidence.
La déstabilisation du régime Milosevic
(2) La déstabilisation subversive du régime de Slobodan Milosevic, actuellement au pouvoir à Belgrade, ne saurait s'expliquer, aussi, que par l'action sur le terrain des nouveaux services secrets politico-stratégiques de Washington. Des soi-disant "règlements de comptes intérieur du régime" éliminent, en effet, depuis un certain temps, un par un, dans une série de mystérieux attentats ponctuels répétitifs, les éléments de base du soutien politique au régime national-révolutionnaire de Slobodan Milosevic. Et que tout cela puisse se produire à l'intérieur d'un régime très extraordinairement encadré par des services de sécurité politiques et militaires plus que redoutables, assurant un verrouillage quasiment total du territoire national, en dit long sur les performances opératives, d'infiltration et de manœuvre à couvert, des nouvelles structures d'action politico-stratégique clandestine mises en ligne actuellement par Washington, qui semblent donc en mesure de tout se permettre, ou presque. Ce qui est fort révélateur quant au degré des changements intervenus dans l'organisation intérieure des services secrets politico-stratégiques de Washington, suivant la perspective de leurs nouvelles missions décisives, destinées à assurer confidentiellement la poursuite de la grande politique planétaire des Etats-Unis. Des changements conçus pour qu'ils puissent parvenir à changer l'identité finale de ce monde.
Le "Mouvement du 17 novembre" en Grèce
(3) Je citerai également les menées clandestines du soi-disant "groupe terroriste anti-impérialiste" dit du "Mouvement du 17 novembre" agissant en Grèce, et plus particulièrement le fait du récent assassinat de l'attaché militaire britannique à Athènes, Stephen Saunders. Car on s'accorde désormais pour dire que, derrière la façade diversionnelle du soi-disant "groupe terroriste anti-impérialiste" du "Mouvement du 17 novembre", se dissimulent en réalité des structures politico-stratégiques spéciales, ultra-secrètes, manipulées par les services secrets de Washington.
"Tous les attentats imputés au Mouvement du 17 novembre ont toujours servi objectivement, que ce soit sur le plan stratégique ou tactique, les intérêts des Etats-Unis". Et aussi: "Le Mouvement du 17 novembre existe depuis 1974. Ses membres, qui avaient sans doute une vingtaine d'années à l'époque, sont donc âgés de quarante-cinq ans au minimum. C'est sans exemple dans l'histoire du terrorisme international". D'autre part: "Le Mouvement du 17 novembre a pu échapper aux recherches après avoir tué à vingt-trois reprises et provoqué des centaines de blessés sans qu'aucun de ses membres soit identifié. C'est également sans exemple" (Le Libre Journal, Paris, n°213, juillet 2000).
En plus, on sait que Stephen Saunders, qui avait servi en Yougoslavie, avait constitué un "dossier réservé" sur les activités secrètes des services spéciaux américains, qu'il s'apprêtait précisément à rendre public, et que ses positions anti-américaines allaient en se raidissant à mesure que les pressions occultes américaines à son sujet se manifestaient de plus en plus ouvertement. Et qu'il était en train de constituer confidentiellement autour de lui un groupe de soutien politico-militaire, comprenant de officiers appartenant à plusieurs armées européennes, destiné à relayer, intensifier et diffuser ses propres positions anti-américaines et contre l'emprise subversive du commandement politique de l'OTAN.
Il apparaît d'autre part comme un fait certain que, bien plus que ses précédentes interventions politico-militaires en Irak et en Bosnie, l'agression contre la Serbie de la "subversion mondialiste" ayant utilisé, pour ce faire, les structures opératives de l'OTAN, aura au moins eu le mérite, pour nous autres, de dévoiler les véritables dimensions de l'emprise de Washington sur l'ensemble des instances politiques et médiatiques décisives de l'Europe de l'Ouest.
Une tête de pont dans le Sud-Est européen
Dès le premier jour et jusqu'à la fin des opérations contre la Serbie, l'ensemble du dispositif médiatique de l'Europe de l'Ouest —presse, radio, télévision, sans aucune exception— s'est automatiquement et paroxystiquement trouvé mobilisé au service de l' intervention de la "subversion mondialiste" dans le Sud-Est du continent européen, de même que l'ensemble des régimes social-démocrates européens en place, qui se sont totalement investis dans la dialectique de leur propre assujettissement à la politique d'agression anti-européenne des Etats-Unis en Serbie, faisant ainsi inconsciemment assaut de leurs servitudes démissionnaires à l'égard d'une action à travers laquelle —paradoxalement, suicidairement— ils s'attaquaient eux-mêmes en s'attaquant à l'intégrité politique de l'espace continental européen, complices et outils de la grande offensive anti-européenne menée par les Etats-Unis lors de l'établissement par ceux-ci de leur tête de pont dans le Sud-Est du continent européen, en Bosnie et au Kosovo.
Supplétifs donc des Etats-Unis lors de leur agression contre l'Europe, les régimes social-démocrates européens, ayant ainsi participé politiquement et militairement à une entreprise de guerre d'une puissance étrangère contre leur propre continent, se sont rendus coupables de haute trahison, ce qui exige la sanction suprême. Nous nous en souviendrons.
(3) La "doctrine stratégique globale" de Washington, d'après la Defence Planning Guidance du Pentagone
L'objectif politico-stratégique fondamental des Etats-Unis reste encore et toujours celui d'empêcher par tous les moyens, y inclus, éventuellement, ceux de la guerre politique totale, la promotion de la plus Grande Europe continentale, la constitution d'une communauté politico-historique de volonté et de destin continental européen, dont la puissance finale dépasserait de loin celle des Etats-Unis et de leur "conspiration mondialiste", manipulée par eux dans les termes de leur "grand dessein" hégémonique planétaire.
Le spectre de l'"Empire Eurasiatique de la Fin" n'en finit plus d'entretenir le cauchemar permanent, la menace abyssale pesant —à juste titre— sur la conscience politique américaine, dont tous les efforts vitaux se trouvent polarisés ainsi par la nécessité de pouvoir contre-attaquer, de contrer l'émergence politique de la plus Grande Europe: l'existence même des Etats-Unis en tant que "Superpuissance Planétaire" s'en trouve directement concernée, abruptement remise en cause par cette menace de plus en plus actuelle.
D'où la guerre politique totale souterrainement entreprise, et qui va en s'intensifiant, par les Etats-Unis contre l'émergence en cours de la plus Grande Europe qui, avec le renforcement absolument décisif de la "Nouvelle Russie" de Vladimir Poutine, risque désormais d'atteindre —en quelque sorte même fatalement— ses véritables dimensions finales, devenir, au-delà des Etats-Unis, la suprême, la seule vraie "superpuissance Planétaire" au terme de l'actuelle histoire du monde.
Eviter la future conflagration de front de la "conspiration mondialiste" et de la plus Grande Europe continentale eurasiatique, exige donc —tant qu'il en est encore temps— que les Etats-Unis parviennent à empêcher la réintégration finale de celle-ci, sa reconstitution impériale offensive au niveau planétaire ultime. Et, pour les Etats-Unis, le même problème se pose, actuellement, par rapport au concept révolutionnaire de l'intégration finale de l'Amérique Romane, déjà entamée, doctrinalement en cours de définition.
Dans son livre fondamental —outil de combat immédiatement utilisable s'il en fut— intitulé Guerres contre l'Europe. Bosnie-Kosovo-Tchétchénie (Editions des Syrtes, Paris, 2000), Alexandre del Valle écrit :
(1) "Vis-à-vis de l'Est européen, les Etats-Unis mènent une double politique consistant: primo, à étendre l'OTAN aux portes de la Russie, en intégrant au "monde occidental" les nations anti-russes de l'ex-Bloc soviétique en voie d'industrialisation, de culture catholico-protestante (Hongrie, Pologne, ex-Tchécoslovaquie, etc) et islamique (Turquie, républiques musulmanes d'Asie centrale, Bosnie, Albanie-Kosovo, etc), secundo, à affaiblir la Russie, la "refouler" vers l'Asie et la couper de l'Europe occidentale. Il s'agit ainsi de scinder le continent européen en deux, en réactivant une "nouvelle guerre froide" entre un Est post-byzantin ex-soviéto-communiste et un Ouest américanisé, un nouveau "choc géo-civilisationnel" entre les "deux Europes" opposées l'une à l'autre autour des pierres d'achoppement stratégiques islamo-occidentale et socio-économique".
(2) "La doctrine stratégique "globale" des Etats-Unis apparaît clairement dans le nouveau concept américain de "stratégie nationale de sécurité", dont le contenu fut révélé au grand public à l'occasion de la parution, le 8 mars 1992, dans New York Times, d'une version du Defence Planning Guidance du Pentagone élaboré en liaison avec le Conseil national de Sécurité (NSA), la plus haute instance américaine de sécurité et de politique internationale. On y apprend que les Etats-Unis d'Amérique doivent tout faire pour "dissuader d'éventuels rivaux, parmi les pays avancés et industrialisés, de défier notre domination, ne serait-ce que d'aspirer à un rôle plus grand à l'échelle mondiale ou régionale (...). La mission des Etats-Unis sera de s'assurer qu'il ne soit permis à aucune puissance rivale d'émerger en Europe occidentale, en Asie ou sur le territoire de la CEI". En bref, il s'agit ni plus ni moins d'empêcher l'Europe et le Japon, "alliés" réellement dociles, ainsi que la Russie affaiblie, mais encore redoutable, de relever la tête et de porter un jour ombrage à l'"hégémonie bienveillante" de Washington, en fait à la formidable machine économico-commerciale américaine. "La politique étrangère américaine doit se donner pour but de convaincre d'éventuels rivaux qu'ils n'ont pas besoin de jouer un grand rôle. Notre statut de superpuissance unique doit être perpétué par une force militaire suffisante pour dissuader n'importe quelle nation ou quel groupe de nations de défier la suprématie des Etats-Unis et de chercher à mettre en cause l'ordre économique et politique établi (...). Nous devons empêcher l'émergence d'un système de sécurité exclusivement européen qui pourrait déstabiliser l'OTAN. En Extrême-Orient, il faut rester attentif aux risques de déstabilisation qui viendraient d'un rôle accru de nos alliés, en particulier du Japon", explique le Defence Planning Guidance"- (Pages 10,11,161,162).
(4) La phase de l'intégration impériale européenne grand-continentale
Il est par conséquent évident que toute stratégie européenne face aux manœuvres d'empêchement et de désintégration anti-continentale de la "conspiration mondialiste" se doit d'être axée sur l'intégration finale grand-continentale accélérée, qui devra comprendre l'Europe de l'Ouest, l'Europe de l'Est, la Russie et la Grande Sibérie, l'Inde et le Japon. Intégration grand-continentale finale qui devra se trouver mise en œuvre à travers la dialectique fondamentale de l'installation politique immédiate de l'axe Paris-Berlin-Moscou, pierre angulaire de l'ensemble du futur édifice impérial européen. Tout doit commencer, tout se trouvera engagé à travers le projet grand-européen révolutionnaire de l'axe Paris-Berlin-Moscou.
Cependant, il n'est pas moins évident que, dans l'état actuel des choses, pour que les "groupes géopolitiques" européens puisent enclencher le processus de l'intégration impériale grand-continentale, il faut qu'auparavant la mainmise de la "conspiration mondialiste" social-démocrate sur l'ensemble du pouvoir politique européen en place se trouve complètement démantelée, et que la libération de l'ensemble des médias européens aussi —presse, radio, télévision— de sous la domination terroriste de la "conspiration mondialiste" ait pu être menée à son terme ultime, qu'une vaste épuration puisse nettoyer à fond, et définitivement, l'appareil médiatique européen. Ce qui, au niveau des faits, implique très nécessairement l'émergence de certaines formes de guerre civile européenne, dont c'est bien à nous autres qu'il appartiendra de déterminer les modalités stratégiquement opératives, pour le moment encore relativement imprévisibles encore. Mais nous saurons faire.
Vers une guerre civile de libération continentale
De toutes les manières, nous nous dirigeons inéluctablement vers une guerre civile de libération continentale, nous faudra emporter en premier lieu sur les puissances souterraines d'encadrement subversif et d'aliénation mises en place et agissant clandestinement, à tous les niveaux, pour le compte de la "conspiration mondialiste" et de l'ensemble des régimes social-démocrates subversivement installés par celle-ci partout en Europe, dédoublée par une Anti-Europe annulant tout espace de liberté et d'être européen.
Car ce n'est que le processus de libération grand-européenne continentale porté à son terme ultime que l'on pourra envisager de passer à la phase de l'intégration politico-historique impériale de l'ensemble du "Grand Continent" eurasiatique.
Cependant, il n'en reste pas moins assuré que jouant sur l'équivoque de certaines situations politiques au statut intermédiaire, le processus d'intégration grand-européenne peut se trouver devancé —notamment pour ce qu'il y est de la mise en œuvre de l'axe Paris-Berlin-Moscou— dès maintenant, mettant à profit des choix européens en cours, la social-démocratie au pouvoir se voyant elle-même emportée, comme malgré elle, par la spirale objective de l'histoire en marche.
Car l'histoire, soumise à sa propre irrationalité dogmatique et qui n'a donc pas à tenir compte, dans son cours, de la somme apparemment prédéterminante des circonstances qui la constituent, poursuit souterrainement sa propre marche, la marche qui lui est propre ontologiquement, qui ne dépend, en réalité, d'aucune influence, d'aucun choix, d'aucune décision extérieures à son propre mystère en action, im-prédéterminable, toujours dissimulé sous le profond secret de ce qui nous vient du fond de l'avenir.
Ainsi l'Espagne ne s'est-elle pas libérée d'elle-même, démocratiquement, du socialisme? Et l'Italie n'est-elle pas en passe d'en faire autant? Quant à l'Allemagne, les récentes prises de positions ouvertement européennes et confédérales de son actuel ministre des Affaires étrangères, Joschka Fischer, ainsi que la ligne ouvertement pro-russe du chancelier Gerhard Schröder ne laisse-t-elle pas pressentir une avancée fort significative en direction du projet fondamental de l'axe Berlin-Paris-Moscou? "Pas de solution, de paix durable en Europe sans la Russie", déclarait le chancelier Gerhard Schröder en juin dernier, lors de la visite du Président Vladimir Poutine en Allemagne. Et il ajoutait: "Nous devons intégrer la Russie dans l'Europe sur tous les plans tant du point de vue économique et politique que de celui de la sécurité et de la défense".
Car, dans l'actuelle conjoncture grand-européenne, tout dépend, en effet, de la Russie, qui, sous la conduite du Président Vladimir Poutine, l'on peut très assurément tenir pour le premier territoire européen ayant retrouvé sa liberté par rapport à l'état de permanente agression interventionniste de la "conspiration mondialiste", et, à partir de sa liberté nouvellement recouverte, qui se trouve prête à assumer les responsabilités extérieures de sa propre libération, soutenir politiquement le même mouvement là où il se déclarerait.
Chavez et la contre-stratégie andine
En Amérique Romane enfin, si la "conspiration mondialiste" a réussi à obtenir le passage de l'Argentine et du Chili à la social-démocratie, le régime du Colonel Chavez ne laisserait-il pas entrevoir une ligne politique autre en perspective au Venezuela?
En même temps, ne faut-il pas se dire que, si une centrale contre-stratégique andine assumait la responsabilité de l'enclenchement d'un mouvement de libération nationale de dimensions continentales, il apparaît comme tout à fait certain que l'Amérique Romane, dans son ensemble, ne tarderait pas à basculer dans le camp anti-mondialiste des nôtres, prendre des positions révolutionnaires dont les répercussions ne manqueraient pas de se faire sentir jusque derrière les lignes de la "Superpuissance Planétaire des Etats-Unis" elle-même? N'est-il pas secrètement inscrit dans son destin que l'Amérique Romane devra intervenir, le jour venu, dans le conflit intérieur décisif des Etats-Unis, prendre part à la guerre de sécession à rebours qui sera appelée à décider de l'ultime identité politico-historique de ceux-ci, au terme de leurs parcours?
(5) Pour une nouvelle religion d'Empire
En amenant les pays catholiques de l'Europe de l'Ouest —la France, l'Italie, l'Espagne, l'Allemagne, la Belgique— à prendre très effectivement partie —dans le cadre faussement justificatif de l'OTAN sous commandement américain— à l'opération politico-militaire de la "Superpuissance Planétaire des Etats-Unis" contre la Serbie, en participant à l'investissement militaire du Sud-Est du continent européen par une puissance étrangère, ennemie et antagoniste aux intérêts vitaux de l'Europe —de la Grande Europe— dans son intégrité d'être et de destin, les services politiques de Washington comptaient introduire, pour le présent et sans doute surtout pour l'avenir, une contradiction intérieure apparemment irréductible au sein du continent européen, de la "Forteresse Européenne", en faisant s'opposer la moitié catholique de l'Europe —Europe de l'Ouest— à la moitié orthodoxe de celle-ci —l'Europe de l'Est et la Russie— le long d'une ligne de confrontation reproduisant plus ou moins à l'identique le tracé de l'ancien "rideau de fer" ayant marqué les frontières politiques de la "guerre froide".
Mais il se fait que le dessein subversivement offensif de Washington quant à l'installation d'une profonde contradiction intérieure d'ordre politico-religieux au sein de l'Europe en butte à l'agression de la "conspiration mondialiste" a complètement échoué: le catholicisme aussi bien que l'orthodoxie se sont, au contraire, retrouvés sur les positions communes d'une farouche opposition, aussi active que profonde, face à l'intervention militaire, confiée à l'OTAN, dans le but d'une dissimulation fallacieuse de ses véritables origines et de ses buts propres. L'opération visant la création subversive d'une séparation politico-religieuse de l'Europe ayant finalement produit des effets contraires à ceux qu'escomptaient ses manipulateurs dans l'ombre, en se retournant complètement contre eux.
Et c'est même à partir de cette mobilisation commune face a l'agression anti-européenne de l'OTAN au service des desseins hégémoniques planétaires des Etats-Unis qu'un nouveau tournant s'est déclaré dans le processus du rapprochement déjà en cours du catholicisme et de l'orthodoxie, un nouveau tournant dont la dynamique propre, encore souterraine, pourra sans doute faire bientôt aboutir des choses jusqu'à présent plus ou moins inconcevables. Il suffira désormais que des groupes responsables s'en chargent, tant de l'intérieur du catholicisme que de l'intérieur de l'orthodoxie, des groupes poursuivant, pour le moment, une double action de rapprochement confidentielle.
Car, ainsi que l'avait compris visionnairement, au début du siècle, Arthur Moeller van den Bruck, il n'y a qu'une seule Eglise comme il n'y a qu'un seul Reich, qu'un seul Empire, le futur "Empire Eurasiatique de la Fin" auquel doivent aboutir tous nos efforts d'intégration européenne grand-continentale; il devra lui-même se constituer autour d'une seule religion, et d'une seule Eglise, dont le catholicisme et l'orthodoxie seront les composantes intégrées suivant une structure encore à déterminer. Mais, qui, de toutes les façons, ne saura être que plus ou moins celle d'une "troisième religion", et celle-ci, d'ailleurs, elle-même identique à la première religion impériale européenne, celle d'avant la séparation du catholicisme et de l'orthodoxie. Il n'y aura donc pas à proprement parler une nouvelle religion à suivre, mais la réapparition de la "religion impériale européenne des origines", de la "première religion impériale" des débuts antérieurs de l'Europe, de l'Europe d'avant la "grande fracture intérieure" de ses actuelles origines.
Double nécrose des cléricatures
Certes, pour le moment des divergences insurmontables semblent s'interposer entre les deux religions européennes, entre le catholicisme et l'orthodoxie, des divergences persistantes, obstinées, dramatiques, en provenance, quant à l'essentiel, de l'état de la double nécrose de leurs structures ecclésiales respectives —de leurs cléricatures— en place, auxquelles il faudra opposer, pour les réduire définitivement, le double appareil confidentiel intérieur des deux religions, qui combat pour leur rapprochement, de leurs foyers intimes de sainteté, des groupements occultes d'action spirituelle et mystique en profondeur, existant et agissant secrètement de l'intérieur tant du catholicisme que de l'orthodoxie, en même temps que la volonté politique impériale d'intégration —ou plutôt de réintégration— des deux religions présentes dans une troisième religion à venir. La volonté politique impériale des nôtres, qui finira par prévaloir, par s'imposer de force, inconditionnellement, aux résistances —quelle que puissent être leur intensité circonstancielle, leur irréductibilité manifeste— qui s'obstineraient à refuser cette intégration finale des deux religions. C'est la volonté politique révolutionnaire des puissances impériales en action qui devra l'emporter dans l'épreuve de force finale, puisque c'est bien de celles-ci qu'il faudra que vienne s'affirmer, si le besoin se faisait réellement sentir, l'usage de la force, qu'elles n'hésiteront pas à faire intervenir directement pour imposer leur volonté, qui fera loi. Car il reste entendu que la volonté révolutionnaire des puissances impériales en action devra briser toute résistance qui s'opposera à leurs démarches constitutionnelles de la nouvelle histoire en marche, l'histoire même de la plus Grande Europe de la Fin.
Perspective eschatologique de l'Imperium Ultimum
Tout ceci donc dit, il convient également d'invoquer ici un autre aspect du problème des dimensions religieuses de la future fédération impériale grand-continentale eurasiatique l'aspect de l'identité eschatologique finale de celle-ci, qui seul peut livrer les clefs d'une compréhension explicitement effective des véritables engagements qui sont ceux du projet révolutionnaire total de l'Imperium Ultimum.
Car la perspective impériale finale de l'actuelle histoire du monde est fondamentalement une perspective eschatologique, l'Imperium Ultimum constituant précisément ce par quoi devra se faire le passage assomptionnel de l'histoire à un prochain au-delà transhistorique de l'histoire, la transmutation intérieure de l'histoire dans sa propre continuité suprahistorique, transcendantale, "apocalyptique".
La somme de nos combats politiques pour la libération impériale révolutionnaire de l'espace géopolitique et spirituel du "Grand Continent" eurasiatique comporte donc un objectif secrètement supratemporal, "transhistorique", de nature sacrée, qui impose déjà au devenir final de l'actuelle histoire mondiale une identité eucharistique ardente, une violente centrification polaire de nature très précisément christologique Ce qui en fait le lieu même du mystère d'un nouvel avènement de l'Etre. Aussi doit-on avoir toujours présente en nous la conscience du fait que tous nos combats possèdent une double identité, visible et invisible.
Car, me semble-t-il au point où en viennent les choses, il devient fondamental qu'on le comprenne: derrière l'identité visible de ce qui nous oppose révolutionnairement à la "conspiration mondialiste" des Etats-Unis, se tiennent dans l'invisible les appareils offensifs de l'ennemi ontologique de tout ce que nous sommes et avons été, nous autres, ceux des armées invisibles de l'Etre, ceux du mystère abyssal de l'Incendium Amoris. L'ennemi ontologique caché qui n'est autre que la Puissance des Ténèbres, le "Mystère d'Iniquité" et ses propres agencements stratégiques de présence suractivée, de combat dans les profondeurs ultimes et de domination occulte des agencements stratégiques dont la concentration la plus proche du visible immédiat, d'une certaine surface objective de l'histoire en cours, reste encore celle de l'immense pouvoir nocturne, étranger et suprêmement malfaisant infiltré sur place, aux Etats-Unis, et de son influence permanente, incontournable, qui se dissimule derrière les rouages décisionnels, de la société américaine actuelle elle-même, de ses grandes administrations intérieures et des instances suprêmes de la conduite secrète de sa politique extérieure, de sa "grande politique" planétaire. Me suis-je fait bien comprendre?
De toutes les façons, la "conspiration mondialiste" des Etats-Unis n'est en réalité pas elle-même, mais ce qui la dédouble abyssalement dans l'invisible, dans le proche dissimulé qui en constitue l'horizon intime et la raison stratégique fondamentale de son action dans le visible, à savoir le renversement subversif de tout ordre naturellement établi, de l'ordre même de l'Etre.
(6) "Nous sommes condamnés à la Victoire finale"
Outre l'extraordinaire pression déstabilisatrice qu'exerce actuellement le fait de l'ensserrement économico-politique extérieur, ainsi que la mainmise intérieure, permanente et de plus en plus prononcée, envahissante, de la "conspiration mondialiste" contre les présentes tentatives en projet, ou à peine entamées, de la mise en œuvre de l'intégration continentale grand-européenne, l'espace géopolitique grand-européen subit, en même temps, la double action de l'encerclement sur le plan Sud du continent, à travers la suite en effervescence révolutionnaire de la chaîne des républiques islamiques de l'ancienne URSS, du Front Fondamentaliste Islamique et de ses avant-gardes wahabites, et de l'installation en force des Etats-Unis au Sud-Est de l'Europe, à travers leur tête de pont politico-militaire islamique, en Bosnie, en Albanie et au Kosovo. La "ceinture verte" de la subversion politico-militaire américano-islamiste est en place, et poursuit son travail révolutionnaire anti-continental sans relâche.
En même temps, un mouvement d'investissement concerté, planifié à grande échelle, est en train d'être exécuté par le Tiers Monde, en direction de l'Europe, dont les infiltrations de plus en plus soutenues, massives, idéologiquement intensifiées, servent de masse de manœuvre aux inavouables desseins de la subversion social-démocrate au pouvoir partout en Europe, qui vise ainsi, secrètement, la dévastation à terme de l'identité nationale, sociale, culturelle et religieuse de l'ensemble des pays de l'Europe de l'Ouest.
Dans ces conditions, comment résister encore, comment ne pas céder à la tentation nocturne, sournoise, fatidique, de la démission à laquelle on nous invite d'une manière si extrêmement pressante?
Une mince marge d'élites révolutionnaires européennes
C'est qu'une prédestination fondamentalement miraculeuse, providentielle, ne cesse de maintenir en éveil une mince marge d'élites révolutionnaires européennes, héroïquement décidées à ne pas céder, à mener le combat jusqu'au bout et, finalement, de l'emporter envers et contre tout, de gagner sur l'ensemble actuel des conjurations anti-européennes qu'entretient et exacerbe, souterrainement, l'œuvre désintégratrice de ce qu'il est convenu d'appeler la Puissance des Ténèbres, dont on n'ignore plus la présence à l'origine des actuelles conflagrations de religions et de civilisations ontologiquement antagonistes. Car notre combat est celui de l'être contre le non-être, et nous savons d'avance que l'être ne peut pas ne pas l'emporter, que le non-être, à la fin, est voué à la défaite qui constitue, encore et toujours, sa toute première identité ontologique, et la dernière.
Ainsi que le disait, il y a déjà quelques années, un responsable révolutionnaire de Europe de l'Est, "nous sommes condamnés à la victoire finale".
(7) L'actuel Président de la Russie, Vladimir Poutine en "homme providentiel"
C'est ainsi que dans l'immense désastre politique actuel des positions européenne, grand-continentales, la "Nouvelle
Russie" du Président Vladimir Poutine représente l'assurance suprahistorique d'une instance d'affirmation et de recours révolutionnaire inespéré, absolument et sans doute irrévocablement décisifs, qui remet abruptement en question l'état présent des choses, qui ouvre des nouvelles perspectives salvatrices au combat apparemment sans aucune issue que nous menons nous autres, gardiens prédestinés et clandestins du seuil de la survie ultime d'une civilisation en péril de disparition, d'anéantissement planifié.
Le Président Vladimir Poutine nous apparaît en effet comme l'"homme providentiel", comme "celui que l'on n'attendait plus", comme l'"homme du plus grand destin", déterminé à faire de la Russie la base révolutionnaire continentale du "nouveau recommencement", du mouvement de retour de la plus Grande Europe à son identité ontologique originale, suprahistorique, guidée en avant par sa prédestination eschatologique secrète miraculeusement retrouvée, et qui se situe d'emblée au-delà de l'actuelle histoire d'un monde à sa fin.
L'orthodoxie impériale antérieure
Les retrouvailles de l'orthodoxie profonde, de l'"orthodoxie impériale antérieure" et des doctrines impériales géopolitiques des Forces Armées russes sont déjà prêtes à assumer, à travers la volonté révolutionnaire prédestinée du Président Vladimir Poutine, la prochaine renaissance providentielle de la Russie, l'avènement suprahistorique de la "Nouvelle Russie" qui donnera ses assises propres au "grand dessein" européen grand-continental, sa volonté révolutionnaire d'être et de réaffirmation historique, son nouveau grand destin planétaire.
Quand la jointure décisive se sera donc faite entre la "Nouvelle Russie" de Vladimir Poutine et les destinées eschatologiques occultes de la Russie antérieure, cela apparaîtra en pleine lumière du jour par la ré-émergence des thèses mythologiques figuratives de l'orthodoxie de toujours, avec les funérailles solennelles qu'il s'agit de faire en l'honneur des restes suppliciés des derniers Romanov, cérémonies engageant la totalité actuelle de la nation russe, des peuples russes, et de l'appareil d'état de la "Nouvelle Russie", ainsi que leur élévation à l'autel; par le remplacement, aussi, sur le faîte du Kremlin, de l'Etoile Rouge soviétique par la statue votive de la Vierge Marie, de la "Vierge Immaculée", conformément à la vision prophétique de Saint Maximilien Kolbe; par la ferveur exaltée de la nation profonde se mobilisant pour la reconquête de Constantinople et, surtout, pour la libération finale de la Sainte-Sophie, et son retour au culte marial et sophianique de ses origines.
Tant que la basilique de Sainte-Sophie ne sera pas rendue à son identité de culte première, la Russie sera secrètement mutilée d'une part absolument vitale d'elle-même, et cela jusqu'à la fin des temps, ou jusqu'à ce que cela soit réellement fait. La "Nouvelle Russie" ne sera vraiment elle-même, dans la plénitude propre de son identité dogmatique, transcendantale, que le jour où la grande messe impériale sera à nouveau dite dans les murs sacrés de la Sainte-Sophie libérée, comme à la veille des longues années de son ensevelissement dans le deuil de la profanation islamique.
L'éclat insoutenable de la levée haut dans les cieux de cet ensemble de signes ardents, révélateurs, embrasera alors l'horizon entier de la nouvelle histoire de la Russie et du grand continent eurasiatique, illuminant de l'intérieur la vie de la nouvelle Grande Europe d'une espérance impériale révolutionnaire encore in-prépensable.
Un immense incendie révolutionnaire eschatologique
Mais cette transmutation eschatologique de la "Nouvelle Russie" de Vladimir Poutine ne se fera pas toute seule. Il faudra qu'auparavant l'état d'une immense polarisation révolutionnaire des consciences nationales traditionnelles russes vienne à se faire, que le miracle de ce que Corneliu Codréano appelait, lui, l'"état d'œcuménisme national" se lève à l'horizon intérieur de la Russie en marche, ainsi, vers l'accomplissement de sa plus haute prédestination impériale eschatologique secrète. Or cet immense incendie révolutionnaire eschatologique devant prendre feu au sein de l'orthodoxie russe —ce terrible Incendium Amoris final— seul peut l'amener à son paroxysme révélateur ultime le travail conspirationnel abyssal des élites de l'encadrement souterrain national-révolutionnaire, à l'heure actuelle déjà en place, clandestinement, déjà agissantes, en Russie comme partout à l'intérieur de l'espace géopolitique propre du "Grand Continent" eurasiatique. Et il est impératif que l'on ajoutât, aussi, que le même feu couve, en Amérique Romane, au-dessous des infrastructures de l'aliénation économico-politique totale imposée sur place par la "conspiration mondialiste" des Etats-Unis, et qu'il suffirait d'une secousse significativement conduite pour que tout l'édifice installé par ceux-ci vienne à s'auto-destituer, à disparaître sous la poussée révolutionnaire des forces vives ainsi brusquement amenées à refaire surface, emportant tout dans leur déchaînement libérateur.
L'immense courant d'air mis en branle par ce qui se passe actuellement en Russie parviendra-t-il à réveiller, à mobiliser les puissances de vie de l'ensemble géopolitique continental grand-européen, tout en se répercutant, aussi, dans l'espace intérieur de l'Amérique Romane? Mais n'est-ce pas le travail à nous autres, notre propre travail de jour et de nuit, que de faire se propager, de proche en proche, souterrainement, les feux conspirationnels de la nouvelle vague révolutionnaire anti-mondialiste qui monte actuellement à l'assaut de son propre destin en même temps que de la plus "grande histoire"?
(8) L'avènement des guerres dialectiques
En réalité, notre travail révolutionnaire —tout travail révolutionnaire— consiste dans l'effort concerté, intensif et ininterrompu pour la conquête —pour la libération— des consciences. D'où l'inappréciable importance de ces appareils dialectiques pour la libération des consciences qui sont constitués par nos "groupes géopolitiques" de combat idéologico-doctrinal: le changement total de l'histoire et du monde n'en sera que la conséquence de leur action révolutionnaire en profondeur.
Nos stratégies révolutionnaires sont autant de stratégies pour l'encadrement et la prise sous contrôle des consciences, nos barricades révolutionnaires sont des barricades de consciences entassées de par leur commune exacerbation même, nos incendies révolutionnaires sont faits des embrasements à la fois libérés et partisans des consciences mobilisées à la tâche, dont le tourbillon montant emportera l'histoire vers le haut. En dernière analyse, l'action révolutionnaire est une action d'ordre intérieur, conduite par un travail lui-même exclusivement d'ordre intérieur, conceptuel. La révolution apparaît donc comme la mystique suractivée d'une vaste société secrète, dirigée "occultement" depuis une centrale polaire unique, dissimulée, inconnaissable.
Et nos combats pour la libération de l'Europe et la constitution, à terme, de l'"Empire Eurasiatique de la Fin" seront les combats d'une certaine prise de conscience géopolitique et eschatologique, dont le caractère exclusivement conceptuel va néanmoins devoir changer le cours de l'histoire au niveau des faits eux-mêmes, révolutionnairement.
Les dernières guerres planétaires seront, ainsi, des guerres dialectiques, des guerres conceptuelles, qui, au-delà de l'histoire, imposeront une réalité suprahistorique finale à ce monde et à son devenir, l'un et l'autre ontologiquement changés de l'intérieur. La guerre continentale grand-européenne de libération de sous l'actuelle domination de la "conspiration mondialiste" des Etats-Unis est une guerre essentiellement conceptuelle, la grande guerre dialectique de notre prochain avenir, et la dernière.
Jean PARVULESCO.
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20.12.2007
Affaire KOHL: l'Allemagne attaquée de l'intérieur

Cet article de Jean Parvulesco, qui date déjà d'il y a quelques années, garde une pertinence indubitable, eu égard au lent démantèlement de l'Axe Paris-Berlin-Moscou
Jean PARVULESCO :
Affaire Kohl: L'Allemagne attaquée de l'intérieur
Qu'une puissante opération politico-stratégique souterraine avait dû relier, à l'origine et d'une manière unitaire, l'auto-destitution du communisme soviétique, l'effondrement du communisme dans toute l'Europe de l'Est, le démantèlement du Mur de Berlin et la réunification des deux Allemagnes, ne saurait laisser le moindre doute, de même que l'évidence de la part absolument déterminante qu'y avaient tenue les services politiques spéciaux de l'Allemagne Fédérale, et le rôle tout-à-fait décisif, comme prédestiné, du Chancelier Helmut Kohl dans la conception, la mise en place et l'exécution sur le terrain de l'ensemble opérationnel ayant finalement abouti à la liquidation définitive du communisme dans l'Est de l'Europe et à la fin de son influence dans la partie occidentale de celle-ci, privée, soudainement, de l'action suractivante de son épicentre soviétique. Tout cela ayant constitué un tout, un bloc opérationnel unitaire agissant d'une manière dissimulée, s'étant utilisé à cacher sa démarche, parvenant à exploiter d'une manière maximale son avantage sur le double plan du secret total et d'un effet de surprise non moins total, suivant la dialectique décisive du fait accompli.
Douter du rôle éminent qu'avait été celui du Chancelier Helmut Kohl, tout comme de la mission particulière et du poids politique implicitement engagé, dans ce complexe de circonstances actives, par l'Allemagne Fédérale, c'est reconnaître son ignorance des mécanismes qui décident occultement de la marche visible de l'histoire, de la «grande histoire». C'est avouer ne pas être dans le coup, c'est se mettre en dehors du petit nombrer de ceux qui savent, de ceux qui se trouvent habilités à comprendre le jeu profond des forces secrètes en compétition lors des grands tournants politiques de l'histoire en marche.
La pierre fondationnelle de la future Grande Europe
Aussi l'histoire européenne présente et à venir, qui sera, avant tout et fondamentalement, l'histoire de l'intégration impériale grand-continentale de l'Europe de la Fin, se trouve-t-elle en dette d'une manière indéniablement établie à l'égard de l'Allemagne démocrate-chrétienne du Chancelier Helmut Kohl, qui a su prendre sur elle de la libérer une fois pour toutes de la pesanteur —en tout état de cause mortelle— du communisme et des conspirations négatives que celui-ci entretenait d'une façon permanente dans l'espace intérieur européen à travers les partis assujettis à son influence subversive. Et ceci, en sachant faire l'économie d'une troisième guerre mondiale, par la mise en marche d'un jeu souterrain vertigineux de contre-influences, de provocations, de menaces sous-entendues et de pressions occultes de plus en plus exacerbées ayant mené à l'épreuve de force finale. Une épreuve de force en quelque sorte clandestine, et que l'Allemagne a emportée de haut vol, et définitivement. Pourquoi, alors, les choses étant ce qu'elles sont, ne pas le reconnaître ouvertement? Pourquoi ne pas en faire la pierre fondationnelle de la Future Grande Europe? Pourquoi ne pas y trouver une leçon significative pour les prochaines batailles politiques continentales de notre histoire immédiatement à venir, lors des confrontations qui ne manqueront pas de se déclarer entre la Future Grande Europe et la conspiration mondialiste de la «Superpuissance Planétaire» des Etats-Unis?
Et comment peut-on donc ne pas comprendre encore que ce qui se passe actuellement en Allemagne, dans le Sud-Est de l'Europe et dans l'Europe de l'Est, et plus particulièrement en Russie, concerne aussi, d'une manière à la fois totale et décisive, les destinées politiques immédiates de la France? Quel est cet aveuglement aussi tragiquement malfaisant que suspect —et même de plus en plus suspect— qui empêche certains milieux politiques français de droite de comprendre que, désormais, la France ne peut absolument plus être considérée en dehors de l'Europe, que dans l'avenir le plus proche déjà les destinées de la France se trouvent inexorablement, non pas seulement liées, mais identiques dans leur devenir à celles de la Grande Europe? Que toute atteinte portée aux intérêts politiques profonds de l'Allemagne, ou de la Russie, est également une atteinte fondamentale aux destinées politiques actuelles de la France? Que face à la conspiration mondialiste exacerbée par la puissance dans l'ombre de la «Superpuissance Planétaire» des Etats-Unis, l'Europe se doit de pouvoir présenter un front uni, ou accepter de se démettre sans retour?
Or il se fait que, à l'heure présente, l'Europe se trouve violemment en butte à une action de déstabilisation décisive, menée à travers une vaste opération de dislocation intérieure de l'Allemagne, et dont les retombées prochaines ne manqueront pas de se répercuter d'une façon catastrophique en France aussi, et partout en Europe, jusqu'en Russie même. Et, peut-être, en Russie surtout.
Déconsidérer l'œuvre européenne du Chancelier Helmut Kohl
Une fort importante centrale subversive apparemment inidentifiable —mais qui, pour peu que l'on soit au courant des véritables buts politiques et suprapolitiques s'y trouvant engagés, cesse de pouvoir garder son anonymat— s'utilise à l'heure actuelle à défaire, sous des prétextes fallacieux, diversionnistes, les destinées politiques présentes de la Nouvelle Allemagne, en s'attaquant à la personne de l'ancien Chancelier Helmut Kohl et partant à l'ensemble de son action de libération anti-communiste européenne —auto-destitution du communisme soviétique et de l'ensemble des régimes communistes à l'œuvre dans l'Europe de l'Est, démantèlement du Mur de Berlin, réunification des deux Allemagnes— dont elle tente de dévaloriser, d'aliéner, voir, si possible, d'en renverser le sens, les acquis, la situation de fait, à travers une stratégie de destitution largement soutenue par les médias et l'ensemble des relais politiques en place du régime social-démocrate de Gerhard Schröder. Régime qui, à mesure qu'il se trouve forcé à dévoiler ses cartes, apparaît de plus en plus asservi à des intérêts contraires à ceux de l'Allemagne et de la Grande Europe, comme un régime, donc, de haute trahison anti-allemande et anti-européenne.
La ligne de front de l'actuelle attaque personnelle contre l'ancien Chancelier Helmut Kohl, qui se veut dévastatrice mais qui vise, en réalité, la déconsidération indirecte, sournoise et portant en profondeur de son œuvre politique européenne de salut et de libération anti-communiste, a trouvé son prétexte de façade dans la dénonciation virulente, paroxystique, du fait que celui-ci avait couvert l'existence d'un dispositif de caisses noires de la CDU: l'ensemble de l'opération pue outrageusement le coup monté, et bénéficie, ainsi que nous l'avons déjà relevé, de l'appui médiatique déchaîné sur commande de la totalité de l'appareil d'agitation-propagande de la sociale-démocratie allemande en place, ainsi que, ce qui plus est, européenne, et française plus particulièrement. Car tout se tient pas en-dessous.
Des puissantes complicités médiatico-politiques s'en trouveront-elles donc soudainement mobilisées, aussi, en France, à l'appui de l'opération de déstabilisation personnelle engagée contre l'ancien Chancelier Helmut Kohl. Ainsi a-t-on pu voir le quotidien parisien gauchiste Libération consacrer des pages entières à la “dénonciation” de l'ancien Chancelier Helmut Kohl, et qui se permet de publier des documents confidentiels de très haut niveau diplomatique, à savoir une correspondance secrète —cotée vertraulich - amtlich geheimgehalten— du Chancelier Helmut Kohl au Premier Ministre français Edouard Balladur, et ceci pour non seulement essayer de disqulifier le Chancelier Helmut Kohl, mais, surtout, pour déstabiliser la politique européenne franco-allemande, en dévoilant les dessous confidentiels de la plus grande opération économique européenne franco-allemande de l'après-guerre. A savoir le rachat par Elf des stations-service Minol et du complexe de raffineries de Leuna, privatisées en ex-Allemagne de l'Est. Une affaire d'un niveau de quarante milliards de francs, qui devait puissamment asseoir la présence française dans l'ex-Allemagne de l'Est, récemment revenue à l'unité allemande antérieure, unité gagnée de haute lutte.
Une guerre politique totale
Alors que le fait de veiller à l'institution d'un dispositif de caisses noires de la CDU représentait, dans la période cruciale —et dans l'extrême incertitude politico-sociale environnante— où celle-ci était en train d'organiser la mise ne faillite du communisme soviétique, une entreprise politique engagée à l'avant-garde de l'action contre-stratégique fondamentale, d'envergure suprahistorique et grande-continentale que poursuivaient à ce moment-là le Chancelier Helmut Kohl et, derrière celui-ci, l'Allemagne chrétienne-démocrate du régime établi par la CDU. Non point “erreur d'appréciation administrative”, et bien moins encore “malversation délictueuse”, mais une très impérieuse exigence d'une guerre politique totale, une obligation stratégique incontournable de la grande bataille anti-subversive alors en cours, moyen décisif en première ligne d'un combat décisif. Une résolution totalement responsable, située à la pointe d'un combat tout à fait résolu, inconditionnel: telle est la perspective à l'intérieur de laquelle il s'agit de considérer l'“affaire” des caisses noires de la CDU que l'on impute actuellement d'une si suspecte manière à l'ancien Chancelier Helmut Kohl, la juste perspective.
Car, redisons-le: en réalité, l'actuelle opération en cours contre l'ancien Chancelier Helmut Kohl vise à remettre en cause l'ensemble de la politique européenne anti-communiste de l'Allemagne démocrate-chrétienne —auto-destitution du communisme soviétique, liquidation de l'ensemble des régimes communistes de l'Europe de l'Est, démantèlement du Mur de Berlin, réunification des deux Allemagnes— et ce faisant d'ouvrir grand les chemins d'un retour aux positions marxistes radicales, mais dissimulées, d'une certaine social-démocratie de gauche, ombre portée de l'opposition anti-nationale, “internationaliste”, “cosmopolite”, au sein de l'ancien pouvoir soviétique. Car, dans l'ombre, la bête gigote encore, et avec le soutien subversif de la “Superpuissance Planétaire” des Etats-Unis, elle est même en train de recouvrer son propre souffle, tout son souffle. Si nous autres nous n'y intervenons pas.
C'est qu'il s'agit d'une opération qui trouve ses racines très loin en arrière, d'une opération qui gagne actuellement des dimensions continentales, et qui après avoir dévaste, en France, la ligne gaulliste nationale, est en train de s'attaquer, à présent, de plein front à l'Allemagne.
Réduire l'élan de l'Allemagne, l'asphyxier
On l'a compris: il faut que par tous les moyens la puissance politique propre de la Nouvelle Allemagne soit combattue, mise dans l'impossibilité d'agir, de se développer, de pousser en avant ses nouveaux buts politiques et suprapolitiques dans le cadre de la puissance géopolitique naissante de la plus Grande Europe. Car ce n'est point en tant qu'elle-même que l'Allemagne se trouve ainsi être bridée, forcée à réduire son élan, asphyxiée, mais en tant que puissance fondamentale de la plus Grande Europe. Ce que l'ennemi intérieur ne le sait que trop bien. Mais nous aussi.
Car il n'y a pas seulement les actuelles tentatives de diversion négationiste et révisionniste concernant la personne de l'ancien Chancelier Helmut Kohl et les grandes lignes de sa politique de libération européenne anti-communiste. D'autres grandes opérations de diversion négative et révisionniste, anti-allemande et partant fondamentalement anti-européenne, sont actuellement en cours, comme celle visant le démantèlement à très prochaine échéance du dispositif d'affirmation, de présence et d'action politique de l'Allemagne, en Europe et dans le monde, dispositif fonctionnant à travers les structures opératives propres de la radio-télévision allemande dirigée vers l'extérieur, la Deutsche Welle. Le nouveau directeur de la Deutsche Welle, Dieter Weirich, qui fait fonction de commissaire politique socialiste aux ordres du ministre socialiste des médias et de la culture, Michael Neumann, vient en effet de décider la fermeture des émissions en direction du Japon, de l'Amérique latine, de la Slovénie, de la Slovaquie, de la République Tchèque, de la Hongrie, de la Croatie, de la Serbie et de la Roumanie.
Au moment même où l'Allemagne réunifiée regagne sa capitale traditionnelle, et où Berlin se trouve en position de devenir la capitale effective de l'Europe centrale si ce n'est le centre même de l'Europe, au moment donc où l'Allemagne aurait besoin d'être à nouveau présente partout en Europe et dans le monde, la même centrale subversive inidentifiable qui propose et entretient l'équivoque obscène, intolérable, sur l'ancien Chancelier Helmut Kohl, s'attaque aussi à la Deutsche Welle, dans un but de sabotage, d'empêchement et d'une auto-réduction très significativement négationiste de l'expression de la Nouvelle Allemagne à l'extérieur. L'ennemi sans visage n'admet pas que la Nouvelle Allemagne puisse rayonner révolutionnairement, faire entendre à nouveau la voix de son destin, la voix de sa prédestination. La voix de ce qu'elle a à dire de décisif au sein de la plus Grande Europe.
C'est que la centrale subversive inidentifiable —ou soi-disant telle— actuellement en action au cœur même du pouvoir politique social-démocrate allemand s'est donné pour objectif prioritaire de saboter, d'empêcher par tous les moyens que l'Allemagne ne puisse en acun cas porter à l'accomplissement ses nouvelles destinées politiques et suprapolitiques grand-européennes suivant les lignes de force qu'avaient été établies et mises en action par ses convergences gaullistes au sein du Pôle Carolingien franco-allemand, entité fondamentale, polaire, suprahistorique de la fédération impériale grand-continentale européenne à venir. Car c'est bien là que le bat blesse, et tout est là. Indiscutablement. Et c'est aussi ce qui doit dicter notre conduite, l'ensemble de nos initiatives contre-stratégiques, les buts de la totalité de notre propre ligne contre-offensive immédiate ou plus lointaine.
Un même processus d'émasculation sournoise
Dans un certain sens, il est aussi extrêmement révélateur que, géopolitiquement, la Deutsche Welle, a décidé d'interrompre ses activités en direction, précisément, du Japon, de la France, de l'Europe de l'Est danubienne et de l'Amérique latine, autrement dit dans les quatre directions fondamentales de l'offensive politico-stratégique impériale de la Nouvelle Allemagne agissant, en étroite relation avec la France, à la pointe la plus avancée de l'Europe grand-continentale. Or l'action de freinage en profondeur, de sabotage et d'empêchement que la centrale subversive inidentifiable actuellement présente et agissante au cœur du pouvoir social-démocrate en place en Allemagne s'étend aussi à d'autres secteurs fondamentaux des structures politiques intérieures de celles-ci, et notamment à l'ensemble des services spéciaux et de renseignement politico-militaire, dont un profond travail de démantèlement est actuellement en cours. Sans parler du train accéléré des réformes politico-sociales, de niveau constitutionnel, qui visent à complètement renverser les structures de base de la société, de la culture, de la civilisation traditionnelle allemandes, train de réformes visant en premier lieu la nouvelle politique de l'immigration qui prépare des lendemains de désastre pour la nation allemande et partant pour l'Europe concernée dans son ensemble (situation, d'ailleurs, tout à fait identique à ce qui se passe actuellement en France, en Grande-Bretagne, en Italie, etc.).
Or il se fait en même temps que, d'une manière que l'on doit tenir pour fort significative, le même processus d'émasculation sournoise, dissimulée, des services spéciaux de renseignement politico-militaire est en train de découvrir actuellement ses cartes en France aussi, où un mouvement en faveur d'un “contrôle démocratique” de ceux-ci se met séditieusement en place, au moment même où des parlementaires socialistes en mission prétendent déjà que ces services seraient devenus “obsolètes”. La procédure du démantèlement de fait se trouve donc en voie d'installation, et ce qui sera ainsi défait sera très difficile à refaire, voire impossible et, de toutes les façons, trop tard.
Défaire l'armature des structures intérieures de la France
Cependant, dans un article capital qu'il vient de publier, sous le titre de «Le Parlement et les services secrets», dans Le Monde en date du 29 décembre 1999, l'ancien ministre de la coopération Michel Roussin, qui avait été, aussi, chef de cabinet du Général Alexandre de Marenches à la direction centrale du SDECE, prend formellement le contre-pied de ces initiatives négatives, révisionnistes, à l'égard des services spéciaux de renseignement politico-militaire de la France, en concluant: «La divulgation des actions conduites et de l'identité des acteurs serait le moyen idéal pour neutraliser définitivement les services secrets». Or c'est bien neutraliser définitivement les services secrets que visent les actuelles manigances de ceux qui s'utilisent à défaire l'armature des structures intérieures de l'intelligence politico-militaires de la France, et cela dans un but de subversion au service du vaste dessein que l'on sait d'assujettissement, d'aliénation et de destitution finale de la Grande Europe en voie d'émergence révolutionnaire. Car c'est en bloquant l'Allemagne, en neutralisant la France, que la conspiration mondialiste compte abattre, empêcher d'accéder à une existence politico-historique propre la Grande Europe qui s'oppose à ses projets de domination planétaire finale.
Dans cet état de choses catastrophique, la stratégie de barrage qu'eussent pu contre-opposer, en Allemagne, ne fût-ce que provisoirement et pour le principe, les forces encore debout de la démocratie chrétienne, se trouve neutralisée par le fait que celles-ci ont été complètement retournées, souterrainement gagnées à une politique d'alignement, voire de surenchère “démocratique” face aux positions fondamentalement subversives de la social-démocratie en place. Ainsi que cela s'est laissé assez inconcevablement surprendre à travers la trahison plénière de l'actuel président de la CDU, Wolfgang Schäuble, et de la secrétaire générale de celle-ci, Angela Merkel, qui, loin de se retrancher derrière les positions de l'ancien chancelier Helmut Kohl, se sont aussitôt rangés du côté de la conspiration abjecte et criminelle montée, par l'ennemi intérieur, contre celui-ci. Conspiration abjecte moralement, et criminelle du point de vue —qui seul compte pour nous autres— des intérêts de l'Allemagne et de l'ensemble de l'Europe face à l'encerclement de plus en plus serré auquel nous nous trouvons soumis de la part de la stratégie mondialiste actuellement à son point paroxystique, auquel ne saurait plus succéder que la guerre politique ouverte, à son niveau planétaire final, et la défection de l'un des deux camps en présence.
D'ailleurs, partout en Europe, le même phénomène apparaît à la lumière du jour: la social-démocratie au pouvoir au niveau européen a réussi à complètement retourner, à forcer à s'aligner sur ses propres positions tous les partis de la droite démocratique. Et cette situation se vérifiant d'une manière particulièrement dramatique en France aussi, où le parti gaulliste —ou soi-disant tel, le RPR— n'est plus qu'une sorte de formation d'appoint du régime socialiste en place. L'étau semble s'être définitivement refermé sur nous.
L'Europe en est venue à se faire la guerre à elle-même
Que la social-démocratie partout au pouvoir en Europe se fût très formellement alignée sur les positions fondamentalement anti-européennes de la conspiration mondialiste en pleine montée, et que cet alignement ait pu aller jusqu'à la situation de limite, suprêmement paradoxale, où l'Europe en fût venue —ainsi qu'on l'a déjà dit— à se faire la guerre à elle-même, dans le Sud-Est du continent, lors de l'intervention politico-militaire de la “Superpuissance Planétaire” des Etats-Unis, par l'intermédiaire de l'OTAN, contre la Serbie, cela pourrait éventuellement aller de soi, parce que c'est précisément dans les termes mêmes de ce dessein que les services spéciaux politiques des Etats-Unis se sont utilisés à faire que la social-démocratie en vienne à s'emparer du pouvoir partout en Europe. Mais ce qui, par contre, apparaît comme tout à fait inconcevable, c'est que les formations politiques de la droite nationale européenne aient pu suivre, elles aussi, et sans aucune exception, les exigences de la “Superpuissance Planétaire” des Etats-Unis dans ses actions politico-militaires contre l'Europe. A l'heure présente, un assez hallucinant renversement intérieur de la situation fait que ce sont les puissances européennes en état de guerre politique totale avec la conspiration mondialiste de la “Superpuissance Planétaire” des Etats-Unis qui s'empressent —qu'elles fussent de gauche ou de droite— à se ranger du côté de l'attaquant, à assumer inconditionnellement les positions anti-européennes de celui-ci, parfois sous le prétexte aberrant de l'“ingérence humanitaire”, parfois sous celui du “rétablissement de la démocratie”, ce qui est un comble quand on sait que ce “rétablissement” va contre la volonté clairement exprimée par les nations impliquées de force dans ces manigances éhontées de la terreur démocratique en action.
C'est tout l'ensemble de l'appareil politique démocratique européen qui, consciemment ou inconsciemment, participe actuellement à une entreprise de haute trahison politique continentale, en livrant à la conspiration mondialiste anti-européenne la totalité de ses propres positions politico-stratégiques les plus décisives.
Aussi la légitimité du pouvoir politique européen n'appartient-elle plus, désormais, qu'aux seules forces national-révolutionnaires grand-européennes en état d'opposition inconditionnelle, totale, face aux régimes de la trahison social-démocrate actuellement au pouvoir à l'intérieur de l'espace politique européen (à l'exception, toutefois, de la Russie et de la Serbie).
La conspiration mondialiste en est actuellement à son paroxysme
Une ligne de rupture intime abyssale parcourt donc, de bout en bout, le Grand Continent eurasiatique, du Portugal au Japon: si la totalité du pouvoir politique européen actuellement en place est en réalité tout à fait le contraire de ce qu'il aurait dû être, irrémédiablement assujetti aux positions opérationnelles de la conspiration mondialiste de la “Superpuissance Planétaire” des Etats-Unis et de ce qui se tient occultement derrière celle-ci, face au renversement suprêmement subversif d'une situation politique d'aliénation intégrale, se tiennent, e l'autre côté de la ligne de rupture décisive, les forces nationales révolutionnaires grand-européennes mobilisées par leur double mission de résistance et de contre-offensive finale. Lesquelles, dans une situation de profonde clandestinité du moment, sont déjà en train de se battre pour gagner les positions de départ de la contre-offensive qui, à terme, devra déloger —sans doute dans les termes d'une sorte de guerre civile grand-continentale— les forces en place de l'aliénation anti-européenne d'une Europe aveuglément, passagèrement prisonnière de la conspiration mondialiste actuellement à son paroxysme. Cette ligne de rupture abyssale qui parcourt à présent le Grand Continent, séparant le pouvoir en place de la haute trahison anti-européenne du pouvoir émergeant des puissances du renouveau révolutionnaire grand-européen, c'est aussi la ligne de la grande libération continentale à venir, la ligne de la reprise impériale finale de la plus Grande Europe à venir. La ligne de la prédestination secrète de celle-ci et de la nouvelle histoire du monde dont elle est porteuse révolutionnairement.
Ainsi qu'un coup de foudre éclairant la nuit noire fait apparaître ce qui se tient caché dans les ténèbres, l'intervention politico-militaire de la “Superpuissance Planétaire” des Etats-Unis dans le Sud-Est du continent européen, en Serbie, a brusquement dévoilé le secret en action de la conspiration mondialiste anti-européenne, ses buts de guerre cachés et son “grand dessein” de l'asservissement final de l'Europe.
Que l'on veuille ou que l'on ne veuille pas le reconnaître, la Grande Europe se trouve aujourd'hui en état de guerre politique totale avec la “Superpuissance Planétaire” des Etats-Unis, dont les instances opératives de terrain essayent par tous les moyens d'affaiblir, de neutraliser, de destituer les puissances européennes fondationnelles, constitutives, de la Grande Europe continentale, impériale, eurasiatique à venir: c'est dans cette dialectique subversivement opérative que s'inscrit donc l'actuelle tentative de liquidation politique de l'ancien chancelier allemand Helmut Kohl et de son grand œuvre de libération européenne anti-communiste, de remettre en cause ce qui avait déjà été fait. Seulement, ainsi que le déclarait Arnold Vaatz, membre du présidium de la CDU, comment pourrait-on ignorer, effacer, combien l'ancien Chancelier Helmut Kohl a marqué de façon décisive l'ordre de l'Europe de l'après-guerre?
Nous sommes la minorité agissante alternative
Bas les masques, donc. Nous savons qui est qui. Aujourd'hui, l'ennemi de tout ce que nous sommes, nous ne savons que trop bien qui il est. Et nous-mêmes, qui sommes-nous? Le concept de puissance nationale révolutionnaire grand-continentale, par lequel nous nous définissons, ne se doit-il pas d'être élucidé? Dans l'état actuel des choses, les puissances nationales révolutionnaires représentent avant tout un certain état de conscience quant à leur propre identité suprahistorique, et c'est précisément cette prise de conscience suprahistorique agissante qui constitue l'acte révolutionnaire fondationnel, l'acte de rupture, de détachement et d'élévation abrupte par lequel celles-ci se posent, en le niant, face à l'état de désastre apparemment irrémédiable d'une histoire mondiale arrivée à sa fin, achevée.
Ainsi, c'est dans les souterrains ontologiques d'une clandestinité politico-historique dangereuse et héroïque, éveillée, secrètement suractivée par le feu dévorant de cette prise de conscience libératrice, que les groupes d'action spéciale constituant l'actuelle puissance nationale révolutionnaire grand-continentale élevent leur barrage d'arrêt, établissent la ligne de front de la résistance impériale européenne anti-mondialiste et préparent la future grande contre-offensive de l'éveil de l'être européen contre les ténèbres rampantes du non-être mondialiste.
La conscience nationale révolutionnaire grande européenne, c'est la dernière chance de liberté d'un monde et d'une histoire en train d'être happées par le tourbillon de la puissance des ténèbres, de l'indifférenciation et de la régression au chaos antérieur.
Nous sommes une communauté de rappel abyssal de notre propre immémoire retrouvée au feu du combat: c'est à l'avant-garde de la plus grande histoire en marche que s'exerce le pouvoir de décision propre des minorités agissantes.
En tant que minorité agissante, nous représentons la marge de rupture ontologique totale de l'histoire en marche, la garantie d'un nouveau recommencement révolutionnaire de l'être actuellement en état de déréliction.
Jean PARVULESCO.
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