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dimanche, 11 juin 2017

« Daech : L'arme de la communication dévoilée » de François-Bernard Huyghe

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Fiche de lecture:

« Daech : L'arme de la communication dévoilée » de François-Bernard Huyghe

par Nicolas Faure
Ex: http://www.europesolidaire.eu & https://www.polemia.com
 
François-Bernard Huyghe est docteur d'Etat en sciences politiques, habilité à diriger des recherche, directeur de recherche à l'Iris et enseignant, notamment au CELSA Paris IV Sorbonne. Spécialiste de l'influence stratégique, il décrypte dans cet ouvrage traitant de l'Etat islamique les différentes stratégies de communication utilisées par cet Etat islamique.
 
Nous rééditons ici cet article de Nicolas Faure publié par Polémia,  que nous remercions
https://www.polemia.com/daech-larme-de-la-communication-devoilee-de-francois-bernard-huyghe/?utm_source=La+Lettre+de+Pol%C3%A9mia&utm_campaign=a0270d0758-lettre_de_polemia&utm_medium=email&utm_term=0_e536e3990e-a0270d0758-60536937

L'auteur  dresse le portrait d'un ennemi implacable, bien moins déséquilibré que certains commentateurs semblent imaginer. Un livre à lire de toute urgence pour comprendre que la guerre contre les djihadistes n'est sans doute pas terminée...

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« Le nom que nous leur donnons en révèle plus sur nos fantasmes que sur les leurs »

« Difficile d'opérer une conversion plus absolue que celle des djihadistes, d'adopter un critère du vrai, du bien, du juste ou du souhaitable plus opposé au nôtre » écrit François-Bernard Huyghe en introduction de son livre.

Cette opposition évidente entre le monde moderne et ces combattants de l'Etat islamique conduit l'auteur à analyse en profondeur leurs motivations et celles de ceux qui les rejoignent.

Il s'attaque par exemple à la frilosité occidentale quant à la désignation de l'ennemi :

« La question de sa désignation devrait être réglée depuis longtemps. Or le nom de l'ennemi nous pose plutôt problème à nous, ses adversaires (...). Entre les stratégies d'évitement [ne pas stigmatiser, ne pas amalgamer, pas de vocables évoquant des principes généraux ou des « valeurs »] et les stratégies de l'affirmation [il faut avoir le courage de désigner l'ennemi islamiste violent], nos politiques révèlent leurs contradictions. »

Plus loin il adresse une nouvelle pique aux Occidentaux incapables de prendre la mesure des ressorts de l'Etat islamique :

« [Employer] des termes comme “nihilisme” [sonne] creux ; les djihadistes ne sont nullement animés par le refus de toutes valeurs ; ils sont dans l'obsession d'une seule valeur. (...) Nier cette positivité, l'inverser en haine absurde, c'est se donner bonne conscience à bon compte. (...) En niant qu'ils puissent agir au nom de valeurs religieuses, nous les considérons comme irrationnels, et refusons de comprendre leur logique de légitimité. Moraliser [ils veulent le mal] ou psychiatriser [ils sont fous] sont de bien pauvres consolations contre ce qui nous nie. Le nom que nous leur donnons en révèle plus sur nos fantasmes que sur les leurs. »

Dans cet ouvrage, François-Bernard Huyghe s'attache donc à analyser sans faux-semblant ce qui anime les soldats du califat islamique. Cette démarche saine et essentielle permet à ce livre d'être une mine d'or d'informations et d'analyses pertinentes.

La violence relayée par Internet comme arme à double tranchant

Pour François-Bernard Huyghe, l'Etat islamique est passé maître dans l'art de la communication. Il écrit même (p. 68) : « Daech, c'est une machine à tuer plus un appareil à communiquer. »

La plus visible des communications, c'est la mise en scène de sa violence.

« Au-delà du sang, il y a le sens » écrit François-Bernard Huyghe (p. 56). Selon lui, la violence des exécutions d'infidèles a une importance capitale dans la propagande de l'Etat islamique, à la fois pour ses partisans ou supporteurs, fascinés et attirés par la violence des actes, mais aussi pour l'adversaire qui, face à la brutalité des djihadistes, peut être démoralisé ou prendre peur.

L'Etat islamique se sert d'Internet comme d'une caisse de résonnance incroyable. Ce ne sont pas les premiers, nous rappelle François-Bernard Huyghe en citant notamment l'expertise d'al-Qaïda et de ben Laden.

Une communication professionnelle

« La propagande d'Etat du califat est centralisée » assure François-Bernard Huyghe. Un ministère, des agences et des contrôles de production sérieux aboutissent à des réalisations extrêmement professionnelles.

« Il faut que nous reconnaissions la sophistication de leurs moyens et leur professionnalisme » écrit même l'auteur. Dans ce livre, il n'hésite pas à pointer du doigt le véritable souci de l'esthétisme dans les vidéos produites par le califat.

De la part d'un professeur au CELSA, prestigieuse école de communication française, ce ne sont évidemment pas des paroles en l'air...

Outre les images de violence destinées à impressionner et effrayer, François-Bernard Huyghe relève que la propagande de Daech concerne également les bienfaits de l'administration islamique sur les territoires qu'elle contrôle. Des images de familles heureuses ou de marchés bien approvisionnés sont ainsi très nombreuses.

François-Bernard Huyghe s'attache aussi à étudier de près la publication de magazines professionnels comme Dabiq, réservé aux anglophones, paru pour la première fois en avril 2014, ou Dar al-Islam, dédié aux francophones. Des analyses poussées fascinantes qui permettent au lecteur de prendre la mesure du professionnalisme de certains membres de l'Etat islamique.

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Dans cet ouvrage très bien documenté de François-Bernard Huyghe, on apprend également que l'Etat islamique incite fortement ceux qui s'y intéressent à sécuriser leur connexion Internet. Tout d'abord en utilisant un ordinateur volé qui ne puisse pas être relié à soi, puis en se connectant à Internet uniquement via des réseaux publics (type McDonald's) et en installant des outils de cryptage des connexions.

Selon l'auteur, les suiveurs de l'Etat islamique sont également passés maîtres dans l'art de diffuser des messages de tout type (propagande, revendication, etc.) de manière virale grâce aux réseaux sociaux.

La contre-propagande de l'Occident est-elle efficace ?

Selon François-Bernard Huyghe, les pays occidentaux n'ont tout simplement pas pris la mesure de la solidité doctrinale des meneurs de l'Etat islamique. Outre les justifications islamiques apportées après chacun de leurs attentats, les tirades sur des actions n'ayant « rien à voir avec l'islam » ferait tout simplement rire les membres de l'Etat islamique et leurs suiveurs !

Pire : à la campagne anti-djihad du gouvernement français intitulée « Toujours le choix », l'Etat islamique a répondu ironiquement par une campagne « Pas le choix », rappelant à l'aide d'éléments doctrinaux solides qu'un sunnite se devait de rejoindre l'Etat islamique.

François-Bernard Huyghe ne se contente pas d'analyser brillamment les ressorts communicationnels de l'Etat islamique. Il adresse également un avertissement sérieux à ceux qui sous-estiment l'intelligence ou la détermination des meneurs de Daech.

Face à un groupe terroriste aussi ingénieux et professionnel, la guerre pourrait durer encore longtemps, même après la victoire militaire occidentale...

Nicolas Faure

François-Bernard Huyghe, Daech : L'arme de la communication dévoilée, Collection L'Information, c'est la guerre, Va Presse, mai 2017, 134 pages

mercredi, 07 juin 2017

Saudi Arabia's doctrine of global Islamist terror

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Saudi Arabia's doctrine of global Islamist terror 

Much has been remarked about a picture taken by United States President Donald Trump on his recent visit to the Kingdom of Saudi Arabia. Alongside Trump, are the monarch of the Saudi state, King Salman bin Abdulaziz Al Saud and the Egyptian president, Abdel Fattah el-Sisi. All three men were captured placing their hands on a luminescent sphere. In the dimmed surroundings, the contrast between the set of glistening supraorbital ridges and pallid glow of fleshy cheeks on the one hand and the darkened, seemingly sunken eye sockets on the other produced an effect on each man's countenance that was both striking and startling.

If it reminded some of a pagan rite in which the participants were attempting to summon the forces of darkness, such an analogy would not be misplaced for it is an image which evokes the nature of the unholy alliance between the United States and the kingdom. Further, the fact that the event was held at an establishment which the Saudis name the 'Global Center for Combating Extremist Ideology' also captures the diabolical cynicism of the Saudi state whose Wahhabi ideology is the underpinning factor of the phenomenon of global jihadism. This puritan mutation of Islam serves as the inspiration for a network of extremist Sunni terror militias that includes al-Qaeda, the so-called Islamic State, Jabhat al-Nusra and Boko Haram.

The age-long rivalries and ancient hatreds which inform Saudi foreign policy; namely those related to regimes reflecting secular nationalist and pan-Arabist thinking as well as to Persian-majority Iran, the bastion of Shiadom, have produced a situation in which Saudi Arabian geo-political objectives coalesce with those of the United States and Israel. This has meant that the Saudis have been involved in both covert and overt efforts aimed at destabilisation and balkanisation in the Middle East and North African area and beyond; a central tactic that has involved the use of Wahhabist terror groups.

The rulers of Saudi Arabia, the oil rich kingdom situated on the Arabian peninsula, have for long seen themselves as being far more than the custodians of the holy relics of Islam. They have sought to be the undisputed leaders of the Arab and Muslim world; in the past battling with the secular, pan-Arab philosophy espoused by Gamal Abdel Nasser for the heart and soul of the Arab world, and, in more recent times, contending with Shi'ite Iran for regional influence.

However, this global scale reach for power and influence over a period of many decades has resulted in a state of affairs in regard to which the following inexorable conclusion cannot be avoided: that Saudi Arabia bears the greatest responsibility for the spread of militant Islamic ideology and remains the largest sponsor of Islamist terror groups.

A leaked email written by Hillary Clinton in January 2016 included an excerpt from a private speech she had made in 2013 in which she acknowledged that "the Saudis have exported more extreme ideology than any other place on earth over the course of the last 30 years." And a classified 2009 cable signed by Clinton while serving as US Secretary of State admitted that "Donors in Saudi Arabia constitute the most significant source of funding to Sunni terrorist groups worldwide."

In July of 2013, the European Parliament identified Wahhabism, the governing doctrine of Saudi Arabia, to be the main source of global terrorism.

The Wahhabist strain of Islamic theology lies at the heart of the creation of the Saudi state. Based on a demand that Muslims return to the pure and austere faith practiced by Prophet Muhammad and his early companions in Medina, Wahhabist-thinking rejected practices such as consuming tobacco, wearing silk clothes, the adorning of gold jewelry by men, and dancing to music. It forbade the building of gravestones and mausoleums or other edifices or practices which were viewed as encouraging idol and ancestor-worship; all of which detracted from complete subservience to God. It also considered the culture and philosophy accumulated by a thousand years of Muslim civilization to be heretical. This is known in Islamic parlance as Bid'ah.

The original followers of Ibn Abdel Wahhab were Bedouin folk who felt pride in an uncomplicated puritan mode of living which stood in satisfying contrast, as they saw it, to the decadent influences which permeated the practice of Islam among the more 'sophisticated' city dwellers in places such as Mecca and Basra. It was also a reaction against the opulent lifestyles of the Egyptian and Ottoman nobility.

The Wahhabist gospel preached a merciless creed of proselytizing via the sword. The takfiri doctrine designated as infidels not only those who were non-Muslim, but also Muslim adherents to the Shia and Sufi sects, and even Sunnis who did not fulfil to the letter, Wahhab's teachings. Those who did not adhere to his teachings effectively forfeited their right to their lives and to their property. He wrote the following:
Those who would not conform to this view should be killed, their wives and daughters violated, and their possessions confiscated
The relationship between the Sauds, a Bedouin clan, and Wahhabism go back to their antecedent Muhammad al Saud, a chieftain from the Nedj, a highland area of central Arabia. Al Saud combined his military prowess with the fervour engendered by Wahhbist thinking to create what is often referred to as the first Saudi state. Among his conquests were Mecca and Medina. The Shi'ite city of Karbala was also invaded and desecrated.

The license given to pillage outlying communities was an aspect of the Wahhabi doctrine which wedded with Bedouin culture. Saud showed no mercy as he went on to establish what came to be known as the Emirate of Diriyah until his defeat in 1818 by an Egyptian Expeditionary force sent by the Ottoman rulers who took him to Istanbul where he was beheaded in front of St. Sophia. His severed head was thrown into the Bosphorus.

However, the early part of the 20th century saw the beginning of the rise of another Saudi state under a young chief of the Saud clan named Abdelaziz. Utilising the services of a Bedouin cadre of pastoralised warriors known as the Ikhwan, Saud began a series of conquests over a period of several decades which covered much of the Arabian peninsula. The survivors of Ikhwan conquest were subjected to a political and social regime which strictly enforced the tenets of Wahhabism. Saudi expansion was limited largely by the colonial presence of the British who aided Abdelaziz in destroying the Ikhwan, elements of whom rebelled against what they saw as Abdelaziz's compromises with European infidels and the encroaching modern world fuelled by the discovery oil and its attendant wealth.

That is the history through which one can comprehend the motivation of groups such as Islamic State in destroying Roman architecture in Palmyra and of Boko Haram putting whole communities to death. Both groups have outraged the world with their treatment of females who have been subjected to concubinage and forced marriages; acts which amount to mass rape. Hostility to modern culture and its underpinning ideas are reflected in the name Boko Haram, a faux amis which stands for "Western education is a sin". It was given by Hausa-speaking residents of the area of north-eastern Nigeria from where the group originated.
 

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But how did the Wahhabist creed expand beyond the Arabian peninsula after the fall of the Ikhwan and the halt of the military advances of the clan of al Saud?

There are arguably two pivotal events which shaped the beginnings of what we now understand to be global jihadism. One concerns an anti-House of Saud insurrection in 1979, which is known as the 'Siege of Mecca'. It was led by a descendant of a prominent member of the Ikhwan. The other is the role played by Saudi Arabia as part of the anti-Soviet alliance in Afghanistan in the 1980s.
On November 20th 1979, the first day of a new Muslim century, hundreds of gunmen led by a preacher by the name of Juhaymon al-Otaybi seized control of the Grand Mosque in the holy city of Mecca. Otaybi declared that the Mahdi or "redeemer of Islam" had arrived in the form of one Mohammed Abdullah al-Qahtani.

Otaybi and his group of insurgents had the objective of overthrowing the House of Saud on the grounds that the rulers of the Saudi state had compromised the strict tenets of the Wahhabi creed which had been central to the formation of the country. They called for the expulsion of Westerners, the abolition of television and the ending of education for women. The siege lasted for two weeks. After obtaining the blessing of Wahhabi clerics, the Saudis used a detachment of French special forces to enter the Grand Mosque and flush out the rebels.

But it all came at a price. Following consultations with the class of influential fundamentalist clerics, many of whom agreed with the grievances of the rebels, the Saudis set about 'correcting' those areas where 'liberalisation' had strayed beyond acceptable limits including the media and the school curriculum. The clerics also extracted from the Saudis a commitment to pumping money into the coffers of Sunni missionary organisations with the objective of spreading the Wahhabist doctrine in Islamic universities and madrassas around the Muslim world. It is a policy which became institutionalised and continues to this day.

The Soviet invasion of Afghanistan, occurring like the siege of Mecca in 1979, was the second critical event. The outrage felt by the Muslim world included the declaration of a fatwa by Abdelaziz Bin Baz, who later became the Grand Mufti of Saudi Arabia. The rulers of Saudi Arabia then became involved with 'Operation Cyclone', one of the longest and most expensive covert operations undertaken by the American Central Intelligence Agency (CIA).

Masterminded by Zbigniew Brzezinski, the US National Security Advisor during the administration of President Jimmy Carter, the Saudis provided a large amount of funding for the local Mujahideen as well as the bands of non-Afghan jihadis who flocked in from parts of the Muslim world. Among the multi-ethnic force of migrant warriors, the so-called 'Afghan Arabs', was a young, wealthy Saudi Arabian named Osama bin Laden.

It is from this endeavour overseen by the Americans and heavily funded by the Saudis that the rise of al Qaeda and global jihadism can be traced. The template of Operation Cyclone would be used by the Americans with the aid of the Saudis in future conflicts ranging from the one in Bosnia and Kosovo to the present insurrection in Syria. While funding has come from state and private sources among the Gulf states including Qatar, a country with which the Saudis have a rivalry over dominance in the Sunni world, it is safe to assume that the bulk of financing has come from Saudi sources.

A well-worn method of funnelling money and weapons to jihadist causes is through a network of Saudi-sponsored 'charities'. It is estimated that the Saudis funded the Bosnian Mujahideen to the tune of approximately $150 million from both state and private sources. The Saudi government was reputed to be the largest donor to the Third World Relief Agency (TWRA), which served as a conduit for both finance and arms for the Mujahideen, an arrangement which broke an arms embargo.

Saudi funding for militant Islamist groups continued into the era of the so-called war on terror commenced after the September 11 attacks on American soil by what were claimed to be al-Qaeda cells. Most of the alleged 19 hijackers were identified as Saudi citizens although confusion over the identity of a number of them persists until this day.

While the United States claimed that it would wage war against Sunni Islamist groups of the sort that are claimed to have carried out the terror attacks in the name of al-Qaeda, this has not prevented it from utilizing such groups in attempting to overthrow secular Arab governments who have stood in opposition to American policy. This has invariably been pursued with the help of Saudi Arabia.
The administration of President George Bush recalibrated its policy in providing support to Sunni militant groups in achieving the end of overthrowing the Alawite-dominated government of Syria, with the Saudis playing a key role. Writing about this 're-direction' in the March 2007 edition of the New Yorker magazine, Seymour Hersh gave the following explanation of how Washington would put pressure on Hezbollah through the use of militant Lebanese Sunni groups:
In Lebanon, the Administration has cooperated with Saudi Arabia's government, which is Sunni, in clandestine operations that are intended to weaken Hezbollah, the Shi'ite organisation that is backed by Iran. The US has also taken part in clandestine operations aimed at Iran and its ally Syria. A by-product of these activities has been the bolstering of Sunni extremist groups that espouse a militant vision of Islam and are hostile to America and sympathetic to al-Qaeda.
Four years later, this strategy would be taken to another level on Syrian soil under cover of the so-called 'Arab Spring'. The introduction of armed jihadist mercenaries to act in concert with homegrown anti-Assad militias, the majority of which have a jihadist agenda, has produced an insurgency which has caused the deaths of hundreds of thousands and left millions internally and externally displaced.

The Saudis have continued to feature in exposes relating to the funding of these rebels. For instance, the British Daily Telegraph edition of March 8th 2013 reported an airlift of arms through Zagreb destined for Syrian rebels. According to the report, "the shipments were allegedly paid for by Saudi Arabia at the bidding of the United States, with assistance on supplying the weapons organised through Turkey and Jordan, Syria's neighbours."
 

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An earlier report in the New York Times of 25 February 2013 headlined "Saudis Step Up Help for Rebels in Syria With Croatian Arms" was more definitive about Saudi involvement:
Saudi Arabia has financed a large purchase of infantry weapons from Croatia and quietly funneled them to antigovernment fighters in Syria in a drive to break the bloody stalemate that has allowed President Bashar al-Assad to cling to power, according to American and Western officials familiar with the purchases
This was not an isolated episode. In addition to the aforementioned leaked emails of Hillary Clinton, in another communication dated in 2014, Clinton cited Western intelligence sources as asserting that United States allies Saudi Arabia and Qatar supported ISIS. She wrote:
We need to use our diplomatic and more traditional intelligence assets to bring pressure on the governments of Qatar and Saudi Arabia, which are providing clandestine financial and logistical support to ISIL and other radical Sunni groups in the region
But Clinton is not the only senior American political figure to have alluded to Saudi financing of the terror militias in Syria. Referring to "our allies in the region" in regard to which he specifically mentioned "the Saudis", the then serving US Vice President Joe Biden, in a speech at the John Kennedy School of Government at Harvard University in October 2014, revealed the following:
They were so determined to take down Assad and essentially have a proxy Sunni-Shia war. What did they do? They poured hundreds of millions dollars and thousands of tons of weapons into anyone who would fight against Assad. Except that the people who were being supplied were al-Nusra and al-Qaeda and the extremist elements of jihadis coming from other parts of the world
The Saudis have also not been averse to directing the machineries of internal control to serve as instruments of state terror as relates to the actions taken against Shia dissenters in Qatif, a governorate within the largely Shia eastern province. Its military have also undertaken brutal interventions in neighbouring countries. It invaded Shia-majority Bahrain in 2011 to suppress demonstrations by those opposed to the rule of the Sunni al-Khalifa family.

The actions of the Saudi military in its current intervention in Yemen -albeit as part of a coalition of Arab and African states- is not premised as an operation of benevolent peacekeeping. While fighting against the Shia Houthi rebels, who Saudi Arabia claim -without providing evidence- are being aided by Iran, the Saudi military has implemented a campaign of terror directed at the civilian population. This has included airstrikes on residential complexes and market places as well as the deliberate destruction of infrastructure: health centres, farms and agricultural industry.

These all amount to war crimes. The Saudis are signatories to the additional protocol of the Geneva Conventions of August 1949 which provides the following:
It is prohibited to attack, destroy, remove or render useless objects indispensable to the survival of the civilian population such as foodstuffs, crops, livestock...for the specific purpose of denying them for their sustenance value to the civilian population...whatever the motive...
Saudi actions have led to what a top United Nations relief official described as a "humanitarian catastrophe". A United Nations News Service report in July 2015 noted that eighty percent of the total Yemeni population of 26 million were in need of some form of humanitarian assistance. The threat of long-term famine is a real one.

It is important to note that the Saudi role in fomenting terrorism by waging proxy wars or interventionist wars of the sort that Yemen is, has continually been facilitated by Western powers, most notably Britain and the United States. British arms supplies and British military advisers are key components in this war. Both the CIA and MI6 were central in facilitating the transaction involving the previously mentioned airlift of arms from Zagreb to Syrian rebels in their efforts to overthrow Assad; an endeavour which according to Roland Dumas, a former French foreign minister was planned years in advance, with key input by Britain.

Saudi collusion with Nato powers fits into the historical context of Western use of militant Islam in the furtherance of geo-political objectives. Both the United States and Britain have had an enduring relationship with extremist Islamist movements and militias including the Egyptian-originated Muslim Brotherhood. For the Americans, this goes back to at least the time of the Eisenhower administration in the 1950s while Britain's relations with the Brotherhood go further back in time to the period following its creation in the late 1920s.

Britain's specific relationship with the ruling House of Saud has been a long-lasting one. In the early part of the 20th century, the resurgent Saudi emirate was used by the British as a means of weakening Ottoman power in the Arabian Peninsula despite Winston Churchill's misgivings about Ibn Saud's followers being "bloodthirsty" and "intolerant". The logic that Saudi Arabia is a worthy ally because of its oil wealth and geo-strategic position is one which underpins its relations with Britain.
 
This also applies to the United States. The assessment by British policymakers in 1947 of Saudi oil as "a vital prize for any power interested in world influence or domination" captures the essence of America's ties with the Saudi kingdom.

The relationship between both nations, one self-avowedly democratic and republican and the other an absolute monarchy, steeped in medieval-era feudalism, is one which is riddled with contradiction and hypocrisy.
 

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At its heart is the supply of Saudi oil which President Franklin Roosevelt explained would be the determining factor in shaping the alliance. It is one which is predicated on a series of Faustian-like bargains. In 1971, with the aim of propping up the faltering dollar after taking the United States off the gold standard, President Richard Nixon negotiated a deal whereby the United States would guarantee to militarily protect the Saudis in return for the Saudis guaranteeing the sale of the oil they produce in US dollars. The aim of this pact is to assure the survivability of the US dollar as the world's dominant reserve currency.

The relationship has evolved to encompass collusion in the arming and training of jihadi militias pursuant to each country's hegemonic objectives: for the Americans global economic and military dominance and for the Saudis, dominance in the Arab and Muslim world.

The question of terrorism has at various junctures served to complicate Saudi relations with both America and Britain. For instance, in 2016, the Saudis threatened to dump billions of United States assets in retribution if a bill by American lawmakers holding Saudi Arabia responsible for the September 11th terror attacks was passed. It stemmed from the revelation that 28 pages had been redacted from a report on the atrocity.

In the case of Britain, a long-term supplier of arms and who like the Americans have played a key part in training the National Guard, the issue arose when the Saudis threatened to withdraw from security cooperation with British intelligence agencies over a decision by the Serious Fraud Office (SFO) to commence an investigation into allegations of bribery involving members of the Saudi royal family and government officials in an arms deal between BAE Systems and the Saudi government.

After pressure from the highest levels of the government of Tony Blair, the investigation was discontinued. A subsequent judicial review by the highest court in Britain accepted the argument by the government that the threat issued by the Saudis, which the British government claimed would have led to an increased threat of terrorism in Britain was a relevant consideration to be taken into account by the head of the SFO in making the decision to abort the investigation.

Court papers revealed that the rulers of Saudi Arabia had threatened to make it easier to attack London unless the inquiry was stopped. Secret files described how investigators were told that Britain would be faced with "another 7/7" and the loss of "British lives on British streets" if the investigation was not discontinued. The threats to withhold information related to potential suicide bombers and terrorists were claimed to have been made by Prince Bandar, when head of the Saudi National Security Council, on a visit to London in December of 2006.

The irony was that Tony Blair, to whom Bandar must have voiced such threats, had five years earlier described Saudi Arabia as "a good friend in the international coalition against terrorism".

This hypocritical disconnect from reality has for long typified the Western relationship with the Saudis. Blair's predecessor, Margaret Thatcher once claimed that the Saudis "never used arms irresponsibly"; a statement which jars today given the use of British-supplied arms by the Saudi military in the present conflict in Yemen. Thatcher's 1981 declaration that "the hearts of the free world" were with the Afghan Mujahideen must also rankle those aware of the mutation of several of its component parts into al-Qaeda and the Taliban.

The frequent claims by contemporary British and American political and military leaders that Iran is the "the world's biggest sponsor of terrorism" does not stand to scrutiny. All the major acts of terror carried out in the West in the name of Islam have emanated from Sunni and not Shia militants. It is a bias which extends to criticisms leveled at Iran's electoral process while Western politicians say little or nothing about the lack of democratic institutions in Saudi society.

Saudi Arabia's quest for dominance in the Muslim and Arab world is not based on spreading enlightened values. There are no features in its society which would for instance encourage movements designed to develop civil society or the intellectual critique of episodes in Muslim and Arab history as pertain to the issues of slavery and genocide. Its human rights failings are well documented and the problems of discrimination in relation to the ceiling faced by female, Shia and black Saudi citizens remain largely unaddressed.

It is clear that the "shared interests and values" claimed by Donald Trump on his recent visit to Saudi Arabia to be at the basis of the partnership between the Americans and the Saudis are not predicated on what could be termed universal moral and ethical standards of behaviour. It is a partnership which is primarily based on the determined acquisition of power and domination which has been guided by an ends justifies the means ethos.

This in the final analysis is the reason why Saudi Arabia, with the complicity of its Western backers, will not escape history's judgement as the greatest purveyor of fundamentalist-based Islamic terror.

lundi, 29 mai 2017

France : L'idéologie de la Victimisation Islamique

  • La victimisation est une excuse offerte aux Français musulmans par l'État, par la plupart des politiciens (droite et gauche) et par les médias traditionnels.

  • Pour éviter la confrontation, les dirigeants des grands partis politiques et les médias traditionnels alimentent le mythe de la victimisation. Le problème est que cela contribue à plus de violence, plus de terrorisme et plus de fantasmes de victimisation.

La recherche sociologique française est à peu près vide de nouveaux livre, articles ou idées sur la radicalisation des Français musulmans. L'explication est simple : les quelques érudits qui pourraient être tentés de musarder hors des sentiers battus (« les terroristes sont victimes de la société et souffrent du racisme » etc.) courent le risque d'être appelés de noms désagréables, d'être en butte à des pétitions et dénonciation de la part de collègues hostiles. La tentation d'éviter les lieux communs est d'autant plus faible que de nombreux sociologues raisonnent encore sur la base d'une idéologie marxiste qui fonde les comportements liés à la radicalisation sur la discrimination et à la pauvreté. La majorité de ces sociologues récusent toute les analyses qui prennent en compte la culture d'origine ou la religion des populations étudiées. Si un hérétique essaiet d'expliquer que les terroristes ne sont pas automatiquement des victimes (de la société, des hommes blancs français, ou de quoi que ce soit d'autre), que leur appartenance culturelle ou religieuse peut expliquer leur violence, alors, une meute d'éminents professeurs et chercheurs, musulmans et non-musulmans, se constituera illico pour clouer l'insolent au pilori du racisme, de l'islamophobie et de l'atteinte au politiquement correct.

De temps en temps, toutefois des surprises peuvent se produire. Après les attentats terroristes de novembre 2015 à Paris, Alain Fuchs, président du Centre national français de la recherche scientifique (CNRS), a lancé un appel à projet pour des recherches concernant les « facteurs de radicalisation » en France.

Olivier Galland and Anne Muxel qui avaient répondu à l'appel d'offres ont dévoilé le 20 mars 2017, les premiers résultats d'une étude qu'ils ont coordonné sur la radicalité en milieu lycéen. Ces premiers résultats émanent de sondages d'opinion qui ont été menés sur plus de 7 000 lycéens pour mieux comprendre les facteurs d'adhésion des jeunes à la radicalité politique et religieuse. Comme l'expliquent les auteurs, il ne s'agissait pas de « repérer des jeunes radicalisés ou en voie de l'être, mais de mesurer le degré d'adhésion à la radicalité au sein de la jeunesse ».

Dans un souci d'éviter toute « stigmatisation », la recherche n'a pas été menée sur les seuls musulmans. Un premier sondage a touché 7000 lycéens toutes religions confondues. Et un deuxième sondage, plus resserré sur 1 800 lycées de confession musulmane a complété le questionnaire quantitatif initial.

Ce double sondage permettait de satisfaire au politiquement correct des commanditaires (ne pas stigmatiser), sans gommer l'idée qu'il pouvait y avoir un problème spécifique avec les lycéens français musulmans. Le sondage général offrait même l'avantage secondaire d'établir un point de mesure du niveau de radicalisation général qu'il était ensuite possible de comparer au sondage plus spécifique concernant les musulmans.

À la question posée, quels sont les principaux facteurs de radicalisation ? L'étude a répondu : la religion .

« Nous avons constaté dans notre étude un effet religieux qui est, on ne peut le nier, présent chez les jeunes musulmans de notre échantillon. D'une part, ils sont trois fois plus nombreux que les autres à défendre une vision absolutiste de la religion – en considérant à la fois qu'il y a « une seule vraie religion » et que la religion explique mieux la création du monde que la science. ... 4 % des jeunes de toutes confessions défendent une vision absolutiste de la religion tout en adhérant à des idées radicales, alors que ce chiffre est de 12 % chez les jeunes musulmans de notre échantillon »

L'étude frôle toutefois l'hérésie quand elle pousse sur le côté toutes explication de la radicalisation par le positionnement économique et social des élèves. Le manque d'intégration économique, la peur du chômage, l'exclusion sociale, etc. ont-ils favorisé la montée du radicalisme islamique lycéen ?

« Une explication purement économique ne nous paraît pas validée. L'idée d'une « génération sacrifiée » qui serait du même coup tentée par la radicalité se heurte au sentiment de relative bonne intégration de ces populations. Lorsqu'on les compare avec l'enquête témoin réalisée par Opinion Way, ils ne paraissent ni plus ni moins confiants en l'avenir que l'ensemble de la jeunesse française, et croient tout autant en leurs capacités de poursuivre des études après le bac et de trouver un emploi satisfaisant. »

Ces jeunes musulmans ont toutefois offert aux chercheurs un merveilleux paradoxe : ils ont reconnu ne pas souffrir de racisme ou d'une quelconque discrimination. Mais simultanément, ils se sont présentés comme des victimes. En réalité, Ils n'étaient pas les victimes d'un système structurellement raciste - lequel n'existe pas - mais ils adhéraient à une idéologie de la victimisation, qui clame qu'en raison de leur race et de leur religion, les jeunes lycéens musulmans sont (forcément) victimes de discrimination

« Le sentiment d'être discriminé est deux fois plus marqué dans notre échantillon, notamment chez les jeunes de confession musulmane ou d'origine étrangère. Nous devons envisager que les facteurs religieux se conjuguent avec des questions identitaires, mêlées à des sentiments de victimisation et de discrimination, pour expliquer l'adhésion à la radicalité ».

Si l'islam est le moteur premier de la radicalisation, l'idéologie dominante de la victimisation est bel et bien le second moteur.

« Les jeunes musulmans qui se sentent discriminés adhèrent plus souvent à des idées radicales que ceux qui ne se sentent pas discriminés ».

L'interprétation politique politique qu'il est possible de tirer de ces résultats a de quoi inquiéter. Si le niveau d'intégration sociale est bon, si la performance d'un jeune musulman à l'école est bonne et si la profession de ses parents n'est pas en cause, il n'en reste pas moins qu'il est quatre fois plus susceptible qu'un jeune chrétien d'adhérer à des idées radicales.

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« Cette solidité de l'effet islam, c'est peut-être l'enseignement le plus surprenant de cette étude », souligne Olivier Galland. « Cela se confirme dans les statistiques lycée par lycée. Quelle que soit leur sociologie, les jeunes musulmans y affichent une propension identique à la radicalité ».

Cette étude n'est pas la première à mettre en évidence le processus de radicalisation des jeunes musulmans en France. En 2016, l'Institut Montaigne avait estimé qu'un jeune musulman sur deux pouvait être catalogué d'intégriste. Mais l'étude CNRS est la première à relier radicalisation et idéologie de la victimisation. Le discours victimaire est le discours que l'État, la plupart des politiciens (droite et gauche) et les médias offrent aux musulmans en gage d'apaisement et de bonne volonté face à une colère et une violence islamiques qu'ils ne partagent pas et comprennent encore moins. Mais il s'agit d'un marché de dupes, car les musulmans se saisissent de leur victimisation comme excuse – et justification - de tout acte terroriste qu'ils pourraient commettre.

Cette culpabilité imaginaire offerte par les « blancs » aux « basanés » non seulement n'est pas utile, mais pire, elle ne fonctionne pas. Loin d'apaiser la violence, elle l'alimente. La victimisation contribue à la radicalité, alimente la violence des jeunes de banlieue ou les terroristes recrutent mais aussi bloque toute compréhension de la radicalité.

La meilleure preuve en a été fournie le 17 février 2017, quand le président français François Hollande s'est précipité au chevet de Théo, un jeune homme de 22 ans qui affirmait avoir été violé par la police avec une matraque au cours d'un contrôle antidrogue particulièrement difficile. Alors qu'une enquête judiciaire était en cours et que les déclarations du jeune homme n'avaient rien d'avéré, le chef de l'Etat a ouvertement pris le parti de la « victime » présumée contre la police, ouvrant ainsi la voie à trois semaines d'émeutes urbaines. Non seulement la visite présidentielle au lit d'hôpital de Théo n'avait rien apaisé, mais elle avait justifié une nouvelle vague de violence dans les banlieues.

Quand le candidat Emmanuel Macron s'est déclaré en faveur de la « discrimination positive » (une subvention de 15 000 € d'argent public pour toute entreprise qui embauche un jeune de banlieue), il a affirmé sans le dire publiquement que la France est un pays raciste ou l'embauche se produit sur des critères raciaux et religieux. Un nouveau geste d'apaisement mais qui en réalité, brouille le message réconciliateur et favorise le ressentiment et la colère des exclus de la mesure comme de ceux qu'elle favorise.

La France compte la plus grande communauté musulmane, la plus grande communauté juive, la plus grande communauté chinoise et la plus grande communauté arménienne d'Europe. Le modèle d'intégration français a fonctionné efficacement pour tous ces groupes sauf les musulmans. Un pourcentage croissant de musulmans en France n'accepte pas- ou plus - les règles communes au nom de la religion et au nom de leur statut permanent de « victime ».

Les dirigeants des grands partis politiques, le gouvernement et les médias qui plaident toujours coupable d'un racisme imaginaire feraient bien de comprendre enfin que, loin d'apaiser la colère, l'entretien de cette victimisation permanente ne fait que généraliser le ressentiment. Point n'est besoin d'être prophète en son pays pour prédire que, si rien ne change, le quinquennat qui s'avance produira un lot accru de malheurs et de violence.

Yves Mamou, auteur et journaliste basé en France, a travaillé pendant plus de vingt ans au journal Le Monde.

vendredi, 26 mai 2017

EU kijkt toe terwijl Saudi Arabië en Turkije op de Balkan het Kalifaat oprichten

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EU kijkt toe terwijl Saudi Arabië en Turkije op de Balkan het Kalifaat oprichten
 
Ex: http://xandernieuws.punt.nl 

‘Kosovo veranderd in islamitisch terreurcentrum’

‘Geweld- en haatimams kunnen dankzij Europese troepen ongestoord hun gang gaan’ 


Terwijl de Balkan in snel tempo wordt geïslamiseerd, onderneemt Europa helemaal niets. Veel burgers beseffen inmiddels dat wij daarna aan de beurt zullen zijn.

Recht onder de ogen van de KFOR vredestroepen in Kosovo is Saudi Arabië druk bezig het door de NAVO van Servië afgepakte moslim drugs- en maffiarepubliekje Kosovo te veranderen in een strenge Shariastaat. De Turken zijn ondertussen in meerdere Balkanlanden bezig hun invloed dwingend uit te breiden. Zoals bekend streeft de Turkse dictator Erdogan –die afgelopen weekend opnieuw tot hoofd van de islamistische AK Partij werd ‘gekozen’- naar het herstel van het Ottomaanse Rijk, inclusief de destijds door de Turken veroverde landen van Oost Europa.

Kosovo dankzij Europese troepen veranderd in islamistisch terreurcentrum

De Saudische pogingen om Kosovo ‘in te lijven’ in hun extreem strenge en discriminerende variant van de islam, het Wahabisme, zouden volgens het Duitse Die Welt worden bevestigd in een geheim rapport van de regering in Berlijn. Daarin worden eerdere vragen van Linke parlementariër Sevim Dagdelen over de groeiende invloed van Saudi Arabië en Turkije op de Balkan behandeld.

Zowel de Saudische staat, rijke individuele Arabieren als NGO’s en andere instellingen pompen voortdurend geld en haatimams in Kosovo. ‘Onder de ogen van KFOR heeft Kosovo zich tot een islamistisch terreurcentrum in de regio ontwikkeld. Het is schandalig dat Saudische geweld- en haatpredikers dankzij Duitse soldaten ongestoord de ideologische basis daarvoor konden leggen,’ aldus Dagdelen.

Turken ook in Oost Europa begonnen met herstel Ottomaanse Rijk

Concurrent Turkije is ondertussen ook bezig zijn eigen variant van de islam –die feitelijk nog gevaarlijker is, omdat deze onder het dekmantel van ‘gematigdheid’ minstens net zo extreem en gewelddadig is als de Saudische versie- te verspreiden op de Balkan.

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‘Sinds de AKP regering in 2002 aan de macht kwam, en met name sinds de ambtstermijn van voormalig minister van BuZa Ahmet Davutoglu, is het buitenlandse beleid van Turkije een nieuwe richting ingeslagen,’ vervolgt Dagdelen. ‘In lijn met deze nieuwe richting wordt ook –maar niet uitsluitend- politieke nadruk gelegd op gebieden, die vroeger deel van het Ottomaanse Rijk waren.’

AKP versus Gülen beweging

Vooral in de nu al overwegend of gedeeltelijk islamitische Balkanlanden Bosnië-Hercegovina, Albanië, Macedonië en Kosovo worden de Turken steeds actiever. Het conflict tussen de Erdogans AK Partij en de Gülen beweging, die volgens Ankara verantwoordelijk is voor de mislukte staatsgreep van vorig jaar, begint ook in deze landen op te laaien.

De Turkse regering oefent de nodige druk op de Balkan overheden uit om instellingen van Gülen te sluiten, en zowel namen van volgelingen van Gülen als informatie over hen los te krijgen. Turkse regeringsofficials maken hier geen geheim van, mede omdat Europa toch nooit actieve stappen tegen Turkije onderneemt.

‘Strijd om ziel van islam’

In zijn boek ‘Vijandbeeld Europa over het Tijdperk Erdogan’ beschrijft ondernemer en oprichter van de AD-Democraten Remzi Aru hoe de DITIB en andere Turkse verenigingen en instellingen actief lobby voeren in de Balkanlanden. Hij rechtvaardigt dit door te stellen dat er in landen zoals Bosnië, Kosovo en Albanië een ‘strijd om de ziel van de islam’ zou kunnen uitbreken, waarin de Turken en Saudi’s tegenover elkaar komen te staan.

Volgens de Linke parlementariër kan Erdogan ongestoord zijn ‘Neo-Osmaanse imperialistische politiek’ in Kosovo doorzetten. Tegelijkertijd gebruikt hij zijn groeiende invloed in Kosovo om ook daar –net als in zijn eigen land- politieke zuiveringen uit te voeren. (1)

Eerst de Balkan, dan wij

Als de EU lidstaten hier niets tegen ondernemen –en daar ziet het er niet naar uit-, dan kan de Balkan al binnen enkele jaren geheel ten prooi vallen aan de islam en het Kalifaat. Veel –maar nog lang niet genoeg- Europese burgers gaan inmiddels beseffen dat het daar niet bij zal blijven, en dat daarna onze landen –goedschiks of kwaadschiks- aan de beurt zullen zijn.

Maar zolang ook wij nog steeds een regering hebben die weigert ook maar iets te ondernemen tegen de islamisering van onze samenleving en de massa immigratie uit moslimlanden, zal de Turken en Saudi’s geen strobreed in de weg gelegd worden, mede dankzij de volle medewerking van Brussel.

Xander

(1) Anonymous

mercredi, 29 mars 2017

Keeping the Myth and the Islamic State Alive

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Tony Cartalucci:

Keeping the Myth and the Islamic State Alive

Ex: http://landdestroyer.blogspot.com 

March 23, 2017 (Tony Cartalucci - NEO) - Joint Syrian-Russian-Iranian operations against foreign-funded and armed militant groups across Syrian territory have incrementally dismantled and frustrated the fighting capacity of groups including the so-called Islamic State, Al Nusra, Al Qaeda, and a myriad of other fronts coordinated and arrayed from abroad against Damascus.

With the Russian intervention in late 2015, considerable air power was applied to these militant fronts' logistical lines extending beyond Syria's borders. As the supplies were cut, Syrian forces and their allies were able to isolate and eliminate one stronghold after another.

Now, many of these groups face defeat within Syria, prompting their foreign sponsors into two courses of action - posing as the forces responsible for their defeat as the US and Turkey are attempting to do amid their respective, illegal incursions into Syrian territory, and creating a narrative to serve as cover for the evacuation and harboring of these militant groups elsewhere for future use.

Terrorist Organizations are Empire's Modern Mercenaries 

Just before and since the fall of the Ottoman Empire in the early 20th century, Anglo-American interests have cultivated militant groups across its territory to divide and conquer the entire region - contributing toward Washington and London's greater global hegemonic ambitions.

The terrorist organization known as Al Qaeda, created in part from the shattered remains of the Syrian Muslim Brotherhood defeated by Hafez Al Assad in the 1980's, would be deployed next to Afghanistan after their foreign-backed bid to overthrow the Syrian government failed.
 
Since then, Al Qaeda has participated in NATO operations in the Balkans, across the Middle East and North Africa, and even as far as Asia. The group operates as both a casus belli for Western intervention globally, and as a proxy force able to wage war against governments Western military forces are unable to confront directly as was the case in Libya and currently in Syria.

Al Qaeda and its various subsidiaries and affiliates - including the Islamic State - also serve in an auxiliary capacity such as in Yemen where they hold territory taken by mechanized forces from Persian Gulf invaders.

While Western narratives attempt to portray these militant fronts as independent terrorist organizations operating beyond both international law and the reach of superior Western military and intelligence capabilities, in reality, this narrative is cover for what is obvious state sponsored proxy terrorism and militancy.

The United States has all but admitted its role in the creation of these organizations as well as their ongoing role in their perpetuation. The use of US allies including Saudi Arabia, Qatar, and the United Arab Emirates (UAE) to launder money, weapons, training, and other forms of political and material support through has also been extensively documented.

Keeping the Myth and the Islamic State Alive

RAND Corporation representatives recently penned an editorial in Fortune titled, "Why A Dying Islamic State Could Be An Even Bigger Threat To America," in which they attempt to explain how, despite the Islamic State losing its territorial holdings in Syria and Iraq, the organization will continue to operate and pose as a menace to global security.

In reality, the Islamic State, Al Qaeda, and other fronts will continue to persist for one sole reason - the immense multinational state sponsorship they receive from the United States, NATO, and the Gulf Cooperation Council (GCC).

The Fortune editorial claims:
The liberation of Mosul and Raqqa are important initial steps in diminishing the threat from the Islamic State. Without an actual state, the Islamic State will likely lose a substantial amount of its appeal. Without a secure territorial base to operate from, it may have a harder time organizing external attacks. Yet the Islamic State, like al Qaeda before it, will continue to metastasize and seek to spread its influence once it loses its home base.
The RAND authors also claim:
If the Islamic State is to be defeated and stay defeated, military measures will need to be combined with economic, technical, and political assistance designed to improve state and local capacity. Popular grievances that have given rise to extremist movements need to be better addressed. These are not steps the United States should take alone, but Washington should lead in assembling and guiding donor coalitions working with each of the affected countries. 
However, it is difficult to believe that self-proclaimed professional policymakers and experts failed to consider the source of the Islamic State's fighting capacity - its extensive state sponsorship. No mention is made of this in the editorial, nor is any mention of this made by US, NATO, or GCC politicians, military planners, analysts, or other policymakers. It is an open secret guarded carefully with repetitive editorials and news pieces like the aforementioned RAND piece in Fortune.

With US-NATO-GCC plans frustrated in Syria by a formidable military coalition, the special interests driving this axis will inevitably seek to deploy their proxy forces where such coalitions cannot reach. Current efforts to divide and disrupt socioeconomic and political stability across all of Asia would be served well by the inclusion of veteran terrorists and militants escaping from Syrian-Russian-Iranian forces in the Middle East.

Defiant nations in Southeast Asia in particular, may find local political brush fires turned into infernos with the inclusion of the Islamic State's shifting ranks. In Myanmar, US-Saudi backed militants are already attempting to expand violence surrounding the Rohingya crisis, likely in an attempt to create a pretext for a permanent US military presence in the country aimed at further driving a wedge between Myanmar and neighboring China.

In Thailand, inflaming its lengthy southern insurgency by transforming it from a political struggle into the same sort of intentionally sectarian and destructive conflict that has consumed Libya and Syria could help Washington rein in Bangkok. A similar strategy is likely already under way in the Philippines.

Seeing through the myth, and exposing the true nature of the Islamic State and other terrorist organizations as proxy forces serving multinational special interests, is the most important, and perhaps only way of protecting against the use of such groups to geopolitically coerce, divide, and destroy nations.

Building formidable coalitions both on the battlefield and in information space is also essential in confronting and overcoming such tactics. Attempting to capitulate to Western narratives in fear of alienating public opinion does not eliminate the treat of militant fronts entering into and destroying a nation - in fact - it only further emboldens such efforts. Nations like Libya which attempted to appease Western interests by joining the so-called "War on Terror" no longer exist as functioning states.

In the coming months, as pressure grows on Western proxies operating in Syria and Iraq, editorials like that featured in Fortune will multiply. It is important to expose what the West attempts to portray as inevitable retreat conducted solely by terrorist organizations as the Western-enabled evacuation and redeployment it truly is.

Tony Cartalucci, Bangkok-based geopolitical researcher and writer, especially for the online magazine New Eastern Outlook”.  
 

vendredi, 13 janvier 2017

Sayyid Qutb: terrorism and the origins of militant Islam

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Sayyid Qutb: terrorism and the origins of militant Islam

Sayyid Qutb (1906-1966) is widely accepted, not only as one of "the spiritual leaders of radical Islamism",(1) but as "the architect of worldwide jihad".(2) Qutb´s influence has been profound. His thinking has provided the motivation and legitimizing ideology behind 9/11 and other recent terrorist attacks on the west. François Burgat, in his book Face to Face with Political Islam (2003) reminds us how Qutb´s "single shadow covers every wing [as well as the Jam´iyyat al-Ikhwan al-Mulimin, the Muslin Brotherhood] of the Islamic movement".(3) Lawrence Wright, in The Looming Tower (2006) suggested that Al-Qaeda would not have come into existence without the influence of Sayyid Qutb.(4) With these points in mind it would be fair to say that a full understanding of Qutb and his ideology is necessary if we are ever to overcome the threat of militant Islam.

Who was Sayyid Qutb?

Sayyid Qutb (1906-66), was born in Egypt in 1906. He first become prominent as a poet and literary critic. However, with growing criticism of the Islamic world and the alleged immorality of the west, Qutb early developed militant views. By the late nineteen-twenties Qutb had become an active member of the Wafdist nationalist party which called for complete independence from Britain, even legitimizing the use of force to achieve this goal.

In 1933, having gained a degree in Arabic language and literature, Qutb worked as a school teacher teaching Arabic. From 1940 Qutb worked in the ministry of education first as supervisor of education, then as an inspector, and later in 1945 becoming the directorate general of Culture.

In 1948-1950 Qutb spent time in America, mainly at Greeley, Colorado State Teachers College, now the University of Northern Colorado where he studied for a Masters degree in Education. Qutb condemned the USA as immoral and materialistic. Being coloured himself he was understandably annoyed at the racism he experienced. As an Arab, he was also angered with American support for the newly formed state of Israel in 1948.(5) While in America Qutb criticized dances held at Church halls where "the atmosphere was full of desire" and the dance floor "replete with enticing legs, arms wrapped around waists, lips pressed to lips, and chests pressed to chests". He was offended by the features of the "American girl", the "round breasts, the full buttocks, shapely thighs, sleek legs". In America Qutb observed what he called jumu´ rakidah (harried crowds of people) and qati´ ha´ij (excited herds) characterized by da´arah (immorality) and mujun (shamelessness). In Qutb´s opinion such people were "drowning in dirt and mud".(6) According to the popular media myth Qutb was something of a freak, sexually repressed and over-sensitive. This is a caricature of the man and his thought. The views expressed by Qutb in this instance reflect the views of any "moderate" orthodox Muslim man, or woman, trying to live according to the dictates of Shariah Law.

shadeofquran2.jpgLawrence Wright presents the idea that Qutb underwent a spiritual crisis whilst in America, tempted to succumb to the temptations of the American way of life. Such a view is, with respect, pure unfounded speculation which sells books but does little to present the truth. The fact remains that, pace Lawrence and others, Qutb was an ardent dedicated Muslim long before he went to America. His American experience confirmed, rather than gave rise to, his anti-Western views.

Following his return from the United States to Egypt in 1950 Qutb joined the Jam´iyyat al-Ikhwan al-Mulimin {Muslim Brotherhood] becoming a leading spokesman. From 1954, due to his criticisms of the Nasser regime, he spent large parts of the rest of his life in prison, except for aBRIEF period in 1964-5. During these periods of incarceration he was allowed to write producing his classical work Milestones and other polemic works extolling Islam and condemning the western world. Accused of being involved in a failed assassination attempt on President Nasser, Qutb was arrested again in 1965 and executed in the following year.(7)

Qutb´s literary works:

Qutb´ is best known for his work on what he believed to be the social and political role of Islam, particularly in his books Social Justice and Ma'alim fi-l-Tariq (Milestones). Qutb´s Ma'alim fi'l-tareeq, translated as 'Sign-posts on the Road', or Milestones (1964), influenced a generation of activists, particularly in Egypt. Musallam (2005) is justified in claiming that Milestones, after being translated into many different languages" became "a basic reference for radical vanguard jihadist Islamic groups in the Arab and Muslim worlds in the last forty years".(8) His extensive Quranic commentary Fi Zilal al-Qur'an (In the shade of the Qur'an) has contributed significantly to modern perceptions of Islamic concepts such as jihad, jahiliyyah, and ummah. The religion of Islam, 1962; Islam the religion of the future, 1965; and Characteristics of the Islamic Conception, 1962.

What did Qutb teach?

Qutb´s doctrine of jihad is firmly based on an all pervading critique of western culture. Western society, according to Qutb, was paralyzed by al-fisam al-nakid, "the hideous schizophrenia", the separation of religion from the rest of life. Qutb criticized what he called "the rubbish heap of the West".(9) For Qutb American society, if not western society generally, was characterized by jahiliyyah, "the ignorant ways of thinking which prevail in our world".(10) He defined jahiliyyah as "a psychological state which rejects the guidance of God".(11) "Humanity is today", declared Qutb, "living in a large brothel!". "one has only to take a glance at its [western] press, films, fashion shows, beauty contests, ballrooms, wine bars, and broadcasting stations!", declared Qutb, " Or observe its mad lust for naked flesh, provocative postures, and sick suggestive statements in literature, the arts and the mass media! And add to all this the system of usury which fuels men´s voracity for money and engenders vile methods for its accumulation and investment, in addition to fraud, trickery and blackmailDRESSED up in the garb of law".(12)

The whole world is jahili: barbaric, ignorant, corrupt

"The whole world", proclaimed Qutb, "is steeped in jahiliyyah", a "jahiliyyah . . . based on rebellion against God´s hakimiyyah [sovereignty] on earth".(13) All societies, including those claiming to be Muslim, were regarded by Qutb as mujtama´at jahiliyyah (pagan societies). In Milestones (1964), and elsewhere, he argued that this global jahiliyyah "denotes rejection of the divinity of God and the adulation of mortals". Qutb emphasized the concept of ´ubudiyyah, the divinity of Allah and the servitude of mankind to Him. However modern society, he reasoned, "transfers to man one of the greatest attributes of God, namely hakimiyyah and makes some men lords over others".(14)

Sovereignty belongs to God alone, not man

"All sovereignty belongs to God alone", declares Qutb, "there is no law other than God´s law; all authority belongs to God".(15) "Islam", he maintained, "cannot accept any compromise with jahiliyyah, either in its concept or in its modes of living derived from this concept". As such "either Islam will remain, or jahiliyyah; Islam cannot accept or agree to a situation which is half-Islam and half-jahiliyyah. In this respect", continues Qutb, "Islam´s stand is very clear. It says that truth is one and cannot be divided; if it is not the truth, than it must be falsehood. The Sharia´h of Allah will prevail, or else people´s desires".(16) As such argues Qutb, "man is at the crossroads and that is the choice: Islam or jahiliyyah".(17) For Allah to take his rightful place as hakim in society, and for Sharia´h to be implemented, there is therefore, according to Qutb, the need to remove all "jahili influences". According to Qutb Islam is being undermined by "Zionist and Christian neo-crusader trickery"(18), in which western states "establish systems and regimes which give themselves a superficial Islamic colour and which pay lip-service to Islam".(19)

The superiority; all-suffiency and ultimate victory of Islam

milestones.jpgQutb has influenced the Islamist worldview in many ways, particularly in the idea of cosmic dualism, the inexorable fight between truth and untruth, the ideological struggle between the Muslim world and the world of unbelief. For Qutb the outcome of this struggle was inevitable: the triumph of Islam and the establishment of a Sharia´h based society where Allah was sovereign. This eschatological tension provides the backCLOTH for the ideology of jihad.

In his commentary on the Quran, Qutb stated that "the whole world in the eyes of Islam is divided into two, the first is darul-Islam, and the second is darul-harb".(20) This, as one recent writer remarked, "is the prism through which Qutb viewed the political systems of the world, dividing them into Islam and jahiliyyah".(21) Darul-Islam is where Sharia´h law prevails. Darul-harb is "any land where the Kufr law is dominant even if everybody in the land is Muslim".(22) In contrast to darul-harb, (depraved societies usurping the sovereignty of God), Qutb concluded that a true Islamic society is "a superior haven of moral values and clean, healthy relationships".(23) Islam therefore is regarded as the ultimate panacea for all social, economic and political problems.(24)

Jihad can be waged against Muslim rulers

Qutb, in Milestones, taught that Muslims and Muslim rulers who fail to implement God´s laws are takfir [apostate], they live in a state of jahiliyya [ignorance] and must be opposed. In regarding such rulers as takfiri Qutb revived and popularized the thought of the Medieval jurist Ibn Taymiyya. This idea has influenced the rise of contemporary takfiri militants who use this doctrine to legitimize the killing of Muslim by Muslim for alleged apostasy.(25) In contrast to Abul Ala Mawdudi [1903-1979], who advocated the establishment of "Allah´s law in Allah´s land" by a gradualist methodology of infiltration into both secular and nominal Muslim lands, Qutb declared direct, immediate action against jahili and takfiri states.

Traditionally it was argued from the Quran and hadith that for a Muslim to call another Muslim takfiri, was an un-Islamic act. Qutb, however, regarding modern secular Muslim rulers as "pedlars of modernity" accused them of being guilty of ridda, apostasy, and therefore, in his opinion they were takfir (excommunicated) and could be justifiably opposed. In making this claim Qutb influenced the emergence of contemporary militant Islam and gave such jihadis legitimization for the killing of Muslim by Muslim for alleged apostasy.

"Setting up the kingdom of God on earth", suggests Qutb, "and eliminating the kingdom of man, means taking power from the hands of its human usurpers andRESTORING it to God alone . . . . and creating the supremacy of the Sharia´h alone and the repeal of all man-made laws". Qutb insisted that such "liberation" would occur in "stages" until all of society had submitted to the hakimiyyah of Allah. This would involve struggling to assert the tawhid [righteousness] of God and the implementation of a process of Islamization involving inter alia the defense of Muslims to "freely practice Islamic beliefs" even if it entails the use of arms. Each believer, argues Qutb, must realize the manhaj Allah, [the way of Allah] in all areas of life and al-Manhaj al-Ilahi, the Divine plan. There must be mujahadah, a struggle by believers, to establish the truth of Islam. Qutb argued that Muslims must "deliver blows at the political forces [Muslim or kufr] that make men the slaves of something that is not Allah". He exhorts Muslims to "kill every leader who looks for fame, wealth, power and social station". He demands that Muslims must get "rid of the yoke of the jahili ways current in our time, which dominate our minds".

What is jihad?

Qutb, rejecting the notion of jihad merely as a defensive mechanism and the idea of jihad as merely an inner struggle for self righteouseness as argued by many Muslim scholars, affirmed the developmental idea of jihad in the Quran, the idea put forward by Ibn Ishaq, that Muhammad received revelations on jihad in three stages: tolerance, defensive and aggressive. Offensive warfare was now the divine fiat so as to establish the hegemony of Sharia´h law. Qutb argued that such jihad is mandatory on all Muslims. According to the Qutbian system Jihad (either violent or non-violent) is the means by which "´all Satanic forces´ are abolished and God´s hakimiyyah is established on earth".(26).As jahili societies will always be in opposition to Islam Jihad for Qutb has two primary functions: the defense of the right of Muslims to believe and live by principles of Islam and also the struggle to establish Allah´s sovereignty worldwide. In Qutb´s opinion, to reduce jihad to self-defence is to ´diminish the greatness of the Islamic way of life´ and leaves open the possibility that mankind will be left "on the whole earth in evil, in chaos and in servitude to lords other than God".

What Quranic support did Qutb have for his views?

Qutb, like other Islamic militants, found considerable support in the Quran to support his jihadi views. Apparently ignoring the context and exegesis of the passage, frequent reference is made by Qutb to the sword verse of surah nine and the command for Muslims to "fight and slay the pagans wherever you find them, beleaguer them, and lie in wait for them in every stratagem of war".(27) Adopting a similar hermeneutical approach to the Quranic text, using texts from surah three, Qutb argued that kufr could not be trusted as they are "ignorant pagans" who "tell a lie against Allah".(28) Quoting from surah eight Qutb states that Muslims are under a duty to warn kufr to "desist (from unbelief)", but if they persist the believer should "fight them on until there is no more tumult or oppression and there prevails justice and faith in Allah altogether and everywhere". The merits of personal sacrifice were, in Qutb´s opinion, enjoined by the words of surah 9:111 which states how "Allah hath brought from the believers their lives and their wealth because the Garden will be theirs: they shall fight in the way of Allah and shall slay and be slain". He encourages his co-religionists by reminding them "be sure that Allah is your protector. He is best to protect and the best to help".(29) Regarding such Quranic texts as a "clear" mandate for jihad, Qutb maintains that "´taking the initiative" in such matters is of the "veryNATURE of Islam".(30)

The seditious remnant working within society to undermine it

In order to start the task of reviving Islam Qutb advocated the idea of the tali´a, or vanguard. "We are the ummah of the believers, living within a jahili society", announced Qutb. "Nothing relates us to state or society and we owe no allegiance to either. As a community of believers we should see ourselves in a state of war with the state and the society. The territory we dwell in is darul-harb". Qutb, influenced by the Marxist concept of the vanguard preparing for the revolution when the proletariat would rise up against the bourgeoisie, put forward the idea of the tali´a or ´usbah, the faithful remnant which would work within society to establish the divine hakimiyyah.

Qutb stressed theIMPORTANCE of the ´usba mu´mina, (a body of believers), the al-safwa al-mukhtara (the chosen elite), a vanguard of "true" Muslims, dedicated to Allah and the establishment of Sharia´h world-wide.(31) Despite the corrupting influence of jahili, Qutb believed that "a minority of people in the vast area of the Muslim world, remain undeluded [by secularism] and cannot be brought round to accept unfaith as an image of Islam".(32) These "young men", argues Qutb, "who believed in their Lord" are entrusted with the task of removing jahiliyyah society and establishing Sharia´h and the hakimiyyah of God. Qutb maintained that manhaj, the Muslim plan, necessitates the tali´a practicing mufassala or al-Uzlah al-Shu´uriyyah (separation from the host secular society)) and hijra (migration). By this he meant spiritual separation whilst stilling living in western communities rather than physical separation. Having performed da´wa, this leads inexorably to jihad, the "struggle" to implement God´s new society on earth.

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Ideas for discussion:

The idea that everything changed with Qutb on his visit to the US in 1948, and that Qutb the mainstream Muslim became Qutb the fanatic, is a myth perpetuated by writers keen to sell books rather than present the truth. Qutb showed militant tendencies before he went to the States. His visit to America, rather than turn him into a militant fanatic confirmed his abhorance of western lifestyle and culture. He wrote his first Islamist book, Social Justice in Islam (1949) work of which had been researched before he left Egypt in 1948. Much of Qutb´s social theorizing can be seen in the twelve issues of al-Fikr al-Jadid (The New thought) published between Jamuary and March 1948; and later in Social Justice in Islam, completed before he departed for America in 1948. As early as 1938, in one of his poems called "on the Palestinian Arabs during the Palestine Arab revolt" (1936-39) Qutb called on his fellow Muslims to continue on the path of bloody struggle as the only way to achieve independence. Before his visit to America Qutb was quoted as criticizing the scantilyDRESSED sunbathers who visited the Egyptian beaches.

Qutb is often portrayed as a crank, a misfit, crippled by sexual repression. This is a caricature of the man. The description he gave of American culture in The America I have seen is merely the description which any orthodox Muslim would give of a society which does not live up to Shariah law.

Ayaan Hirsi Ali has argued that the militancy behind 9/11 was not confined to jihadists but is at the very core of Islam itself. Similarly she argues that "Sayyid Qutb didn´t invent anything, he just quoted the sayings of Mohammed." This raises the question Is there a difference between Islam and Islamism or is Islamism just Islam in its most pure form?

Is Qutb´s teaching on jihad, and the connected notion of the "government of God", a distortion of Islam, a mis-representation of Islamic belief, or a picture of true Islam?

Dr Simon Ross Valentine is currently undertaking research at the University of Bradford, UK, on the contribution of Qutb, Mawdudi and Azzam to contemporary jihadist ideology. He is available for consultancy or conference work and can be contacted on archegos@btinternet.com

References

(1) F. Burgat, (2003) Face to face with political Islam: I. B. Taurus, London, p. 54.
(2) J. Raban, (2001) "Truly, Madly, Deeply devout", article first appeared in the New Yorker, republished in The Guardian, Saturday Review, 2 March 2002.
(3) Burgat, op.cit., p. 55.
(4) L. Wright (2006) The Looming Tower: Al-Qaeda´s road to 9/11, London, Penguin, p. 332.
(5) See Qutb´s Letters from America in al-Risala, Journal of Middle Eastern Studies, Nov/December 1971.
(6) A quote taken from Milestones which clearly refers to his experience in America.
(7) For information on Qutb see E. Van Donzel, B. Lewis & C. Pellat (1978) eds. Encyclopeadia of Islam, Leiden: E. J. Brill, vol. VI, sv "Qutb". For in-depth biographical details of Qutb see the objective account provided by A. A. Musallam, (2005) From secularism to Jihad: Sayyid Qutb and the foundations of Radical Islamism, Westport, Connecticut, Praeger; and the more hagiographical study by S. B. Hassan, (1980) Sayed Qutb Shaheed, n.p., Karachi. An account of Qutb´s childhood is found in his autobiographical piece (1946), translated by J. Calvert & W. Shepherd, (2004) A Child from the village, by Sayyid Qutb, New York, Syracuse University.
(8) A. Musallam, (2005) From secularism to Jihad:op.cit., p. 156.
(9) See Milestones, op.cit., p 139.
(10) Qutb, Fi Zilal al Quran, In the shade of the Quran, rev ed. 6 vols., Dar-ul Sharuq, Beirut and Cairo, 1981, vol. 1.,op.cit., pp. 510-11.
(11) Qutb, Milestones, op.cit., p. 11.
(12) Qutb, ibid., pp. 510-11.
(13) Ibid., pp. 510-11.
(14) Ibid., p. 511.
(15) Milestones, ibid., p. 14.
(16) Milestones, op.cit., pp. 101-102, 112.
(17) Qutb, In the shade of the Quran, see comment on sura 5:44-48.
(18) See In the Shade of the Quran, ibid., 37-8, Al-Anam.
(19) Qutb ibid., 37-8, Al-Anam.
(20) Qutb, In the Shade of the Qur´an, op.cit vol. 2 p. 874.
(21) S. Khatab, "Hakimiyyah and Jahiliyyah in the thought of Sayyid Qutb", op.cit., p. 147.
(22) Qutb, In the Shade of the Quran, op.cit vol. 2 p. 875.
(23) Qutb cited by Choueiri, Islamic Fundamentalism, op.cit., p. 127.
(24) See Al-´Adalah al-Ijtima´iyyah fi al-Islam (Social justice in Islam); Ma´arakat al-Islam wa-l- Ra´smaliyyah ("The struggle between Islam and Capitalism" 1951) and Al-salam al-´ASlami wa –l Islam (World peace and Islam, 1951) passim.
(25) Milestones, op.cit. For a concise evaluation of Qutb´s political views see C. Tripp, ´Sayyid Qutb: the political vision´, chapter seven in A. Rahnema, Pioneers in Islamic Revival, Studies in Islamic society, London: Zed Books, 2005, pp. 154-83.
(26) Milestones, ibid.
(27) Quran 9:5. Milestones, ibid., pp. 125-27.
(28) Quran 3:74-6, ibid., 126.
(29) Quran 8:38-40.
(30) Milestones, op.,cit., p. 133.
(31) In (1955) Islam and the problems of civilization, np; also see In the shade of the Quran, op.cit., vol., 4., pp 114f.
(32) Milestones, op.cit., p. 39.

http://www.americanchronicle.com/articles/84614

lundi, 26 décembre 2016

WORSHIPPER AND POLITICIAN: THE RELATION BETWEEN SUFI ORDERS AND THE REGIME IN EGYPT

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WORSHIPPER AND POLITICIAN: THE RELATION BETWEEN SUFI ORDERS AND THE REGIME IN EGYPT

Ex: http://www.katehon.com 

If you want to exclude certain categories from society, in particular these categories of significance, you have to search for a substitute to fill the gaps. By the exclusion of political Islamic groups, especially the Muslim Brotherhood, the Egyptian Scene drives the regime towards searching for a substitute. So, has the El-Sisi regime managed tousing the orders of Sufism in filling the social gap resulting from expatriating the Islamic groups? And what are the consequences?

What are Sufis?

As it is in general tradition, Sufism is considered a doctrine, yet the person who engages in Sufism has never tended to classify it as a "doctrine", but rather a path to reach a pillar of religion, which is "Benevolence", through being devoted in worship and exerting effort in performing it, in addition to purifying the spirit and heart from resentment. If we want to learn about the origin of Sufism, we encounter a lack of information, as there is no a confirmed narration about the inception of Sufism internationally.

On the other hand, much literature states that the date of Sufism's origin and its entry to Egypt is the Fatimid Era; due to the Fatimid Dynasty`s interest in the life history of the Prophet as well as the people of his house (Ahl Al-Bayt), therefore they undertook building shrines to protectors and pious people. Then, the Abbasid Era started where the Sufis` movements increased against the prevalence of deterioration. In order to face such deterioration and corruption, they used what is called a "spiritual exercise" which includes holding circles for remembrance of Allah - chants (Dhikr) after the Night Prayer (Salat Al-Isha) in the mosques of Egypt. However, the actual legalization of Sufist orders in Egypt was made by "Mohammed Ali Pasha" in 1812 by issuing a decree, placing the Sufist orders under the banner of "Sultan Sheikh Al-Sejadah AL-Bakriah (Abu Bakr Family Tree)"; which is considered the first time these orders had submission to a central authority.

Now, there are between 74 to 77 Sufist orders, which are branched from six main orders: the Desouki order, the Shadthili order, the Rifa`i order, the Bedouin order, the Azmiyah order, and the Qadiri order.

These orders are organized under the banner of three corporations: the Supreme Council of Sufi Orders, the World Association for the Assembly of Ahl Al-Bayt, the Descendants of Prophet Union. According to the Secretary General of the Association of Sufi Forces and Ahl Al-Bayt Assembly, Abdullah Al-Nasser Helmi, half of the Egyptian population is Sufi, yet this information is not confirmed, as there are no accurate statistics. However, the main reason behind such saying is that the attendants of Sufist sessions in Egypt are a lot and their rituals are considered semi–public in the country; that creates confusion between the real Sufi person and the one who just attends their rituals.

Political role of Sufism

A cursory reading in Sufist orders argues that they are totally away from politics, yet the reality proves the contrary. This matter can be addressed on two levels:

First: Pre – January stage

Much literature indicates that Sufist orders have a political role in Egypt. For example, in modern times, the Sufis played a role in the 1919 Revolution, through their attempt to collect signatures supporting the existence of English occupation in Egypt, with the help of "Mohammed Ibrahim Al-Gamal" the Sheikh of "Assadah Assimaniyah" at that time.

Since the emergence of the Egyptian Republic, Sufism was brought to the scene in an attempt to fill the gap resulted from the actions taken against other Islamic organizations. For example, in the era of the late President Gamal Abdel Nasser and amidst the confrontations between him and the Islamic movements, a decision was issued to appoint Sheikh Mohammed Mahmoud Elwan as a sheikh of the Sufist orders. This is considered the first of its kind, to elect a head sheikh of Sufist orders through appointment, with a little objection from the Sufist orders. Moreover, Sufism then was a shelter for any who one wanted to deny the accusation of belonging to the Muslim Brotherhood, and at the same time it (Sufism) expresses the existence of religious support to the regime at that time.

The Era of Sadat was not greatly different as he made the Sufist orders yield to Law No (118) of the year 1976, which has regulated more accurately the status of Sufist orders and created a kind of strategic alliance between them and the regime.

For example, the Sheikhs of Sufist orders slipped into the Egyptian army and were allowed to make an endeavor to rehabilitate the army and boost their morale after the defeat of 1967. The Muhammadiyah Shadthili order had a significant role in this regard, which drove President Sadat to honor Sheikh "Zaki Ibrahim" the head of Muhammadiyah Shadthili order and granted him the Golden Excellence award.

The beginning of the Mubarak era was not greatly different from that of Sadat in relation to dealing with the Sufis and utilizing them as a religious cover for the regime. However, a few month before the beginning of January Revolution, a clash happened between the Mubarak Regime and the Sufis due to the appointment of Sheikh Abdel Hady Al-Qasabi, by Mubarak, as a head of the Supreme Council of Sufi Orders since he was a member in the National Party; the matter which provoked anger to the Sheikhs of Sufist orders and was considered to be a flagrant interference and violation of the Sufi customs and traditions. They expressed their anger by the threat made by Sheikh Abu El-A`aziem to run against Ahmed Fathi Sorour the Speaker of the People`s Assembly in the 2010 election in the district of El-Saiydah Zienab.

Second: Sufism towards greater political role following the January Revolution

If we want to know the nature of the relationship between the current regime and Sufism, we have to get back to the political attitudes of Sufist orders since the 25 January Revolution, until El-Sisi has held the presidency of Egypt.

The Sufist initiation during the Revolution of January was justifiably soundless according to the statement of Mohammed El-Shahawi the Sheikh of El-Shahawiyah order based on the principle "Obey Allah, and obey the Messenger and those of you in authority"; yet this attitude has not lasted for a long time, once the signs of the January Revolution success have appeared, the Sufist orders took a serious step towards declared political activity.

The Sufist orders have tended to establish political parties, a head of which is the Al-Tahrir Party. Despite the religious trend which appears in Sufist orders, they were the most hostile group against the Muslim Brotherhood and Salafism, to the extent that they have allied with the liberals against them.

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Once President Abdel Fattah El-Sisi had appeared in the scene and announced his nomination to the republican presidential election, the Sufis turned to advocate him under a proclaimed motive that he is "Sufi" as per the statement of "Zein El-Abedin Fahmi Salama", the head of Caliphs of Al-Refaiyah order –El-Minya, who specifically said "El-Sisi loves the Sufist orders because he is originally a Sufi".

After El-Sisi came to power, the Sufists pursued their approach of supporting him to the utmost, where some of them say that "Mohammad, the Prophet of Islam, (Peace be upon him) is satisfied with El-Sisi" as quoted from Sheikh "Alaa Abu El-A`azeim", head of the World Federation of Sufi Orders.

The matter was not limited to statements only, but also the Sufi orders have organized, in cooperation with the Ministry of Awqaf, launching a forum of "Sufism against Extremism" in June 2015, after the call of President El -Sisi for renewing religious speech.

Why do regimes resort to Sufi orders?

The answer to this question is simply summarized in the attitude of Sufi order towards other Islamic movements, which expresses clearly hostility against both the Muslim Brotherhood as well as the Salafism. Many statements were said by the Sheikhs of orders indicating such fact. For example, " Alaa Abu El-A`azeim" has said that "the endeavors of the Muslim Brotherhood and the Salafi movement to involve in official political activity threaten religious tolerance", in addition to what was said by one of the Sufist orders Sheiks, Ismail Tawfik, that "the Sufi votes in the Parliamentary election will not be for any candidate belonging to the Muslim Brotherhood, the Salafi movement, or the Islamic groups".

The possibility of the Sufism conversion against the regime

According to what is above mentioned, the relationship between the Sufi orders and regimes is a changing one, in which the interests in favor of the regimes are weighted. The reason behind this may be the weakness of the Sufi orders; so, is it possible for the Sufi orders, once they become strong, to convert against the regime.

Whether we like it or not, the Sufi orders are an inclusive organization that is not different from other Islamic organizations. In the relationship between the inclusive organizations among each other, there is a prevalent principle indicating that "Inclusiveness is absolute and absoluteness does not accept a partner, but it rather temporarily uses other similar organizations, and once having the ability to get rid of them, it immediately does".

In case of the availability of the components which strengthen the Sufi orders, whether such components are represented in financial support or assistance from internal or external forces that grant them more interests against the conversion against El-Sisi regime, they will actually do, in particular since the Sufi orders have international organizations and branches that are beyond a specific country.

References:

  1. Jonathan Brown, Salafis and Sufis in Egypt, The Carnegie Papers, Middle East, December 2011, URL:

http://carnegieendowment.org/files/salafis_sufis.pdf

  1. Al-SayyedHusein, Sufi orders and their origins, Ahram Online,  24 Sep 2012, URL:

http://english.ahram.org.eg/NewsContent/32/99/53675/Folk/...

  1. Ahmed Fouad,Sufis look for a political role in Egypt, al-monitor, November 20, 2014, URL:

http://www.al-monitor.com/pulse/en/originals/2014/11/sufi...

  1. Ammarali Hassan, political role of sufi orders in Egypt after the January 25 revolution, studies aljazeera, august 13,2011, URL:

http://studies.aljazeera.net/mritems/Documents/2011/8/23/...

  1. IyadJaber, political role of sufi orders in Egypt, albayan, September 18, 2016, URL:

http://www.albayan.co.uk/print.aspx?id=5317

  1. ZakariaSulaimanBayoumi, Sufi and the game of politics, masress, august 16,2011, URL:

http://www.masress.com/almesryoon/73748

 

jeudi, 08 décembre 2016

Géopolitique du Salafisme: L’épée et l’idée en fusion

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Géopolitique du Salafisme: L’épée et l’idée en fusion

Ex: http://www.perspectivesmed.ma 
Une littérature foisonnante fait grand cas du salafisme pour expliquer les dérives djihadistes qui marquent de leur sceau l’actualité internationale. Mais quid de cette mouvance rigoriste maternée par le wahhabisme né dans les terres arides du Hedjaz ? C’est en remontant les aiguilles de l’Histoire que le phénomène salafiste pourrait être finement appréhendé. Histoire d’apporter l’éclairage nécessaire sur les ressorts géopolitiques sur lesquels s’articule une pensée guerrière. 
Le salafisme est apparu dans la moitié du 18ème siècle dans l’oasis d’Al-Dariya, situé à 60 kilomètres de Riyad, capitale du Royaume d’Arabie Saoudite. Il est né du pacte conclu entre Mohammed Ben Ibn Abdel Wahhab, théologien, disciple d’Ibn Taymiyya, homme religieux kurde du 13ème siècle, prônant la diffusion de la pensée Hanbalite, qui interdit toute forme d’innovation, et toute interprétation rationnelle (Al-Ijtihad) des textes sacrés et Mohamed Ibn Saoud Al-Mouqrin, émir de la tribu des Banous Hanifa en 1744. Cette fusion entre le sabre et la doctrine va trouver des soutiens extérieurs, notamment celui des Anglais et plus tard des Français. Les intérêts des deux puissances européennes dans la pénétration de la Région sont multiples : le déclin de l’Empire Ottaman, baptisé  » l’homme malade », l’amélioration de leurs réseau commercial et l’endiguement des Russes qui visaient l’accès aux Mers chaudes.
Pendant ce temps, les Al–Saoud avaient commencé la conquête de la totalité du Nedjd, partie Nord Est de la péninsule Arabique. Leur l’offensive militaire était rapide mais à cause de leurs querelles intestines, ils furent défaits à deux reprises par le gouverneur Ottoman Mohamed Ali Pacha (gouverneur de l’Egypte sous l’Empire Ottoman). Les Turcs et leurs Alliés locaux ne parvenaient ni à éradiquer les racines de ce renouveau Salafisme rigoriste et violent ni ce nationalisme fédératif des tribus arabes (voir les mécanismes de la Assabiya chez Ibn Khaldoun). Dans cet environnement instable et complexe, le général Napoléon Bonaparte profita de sa courte expédition en Egypte (1789/1802) et tissa des contacts précieux avec les Saoudiens pendant leur guerre tribale avec les autres tribus. L’objectif de l’initiative française dans le contexte de l’époque était d’établir une alliance militaire avec la tribu bédouine des Al-Saoud anti-Ottomane et aussi les gouverneurs des Al-Rachid à Nadjd et Haïl et Les Hachémites du Hedjaz (région de l’Ouest de l’Arabie), qui abrite les lieux sacrés de l’islam (la Mecque et Médine).

Cette convoitise régionale a donné naissance à la fameuse théorie militaire ottomane dite de la « pomme « , contre la théorie française dite de « la tenaille » inventée par Bonaparte. De l’autre côte, les Anglais qui avaient installé des comptoirs dans les pays du Golfe, soutenaient les Al-Saoud chassés à deux reprises de leur fiefs par les Ottomans. Après leur défaite, les Saoudiens vont trouver refuge au Koweït d’où ils menèrent leurs raids éclairs contre les Turcs et leurs alliés. L’émir Abdelaziz ben Abderrahmane Al-Saoud, héritier du trône de la dynastie, décida en 1906, grâce à l’appui des Anglais de reconstruire la royauté de ses ancêtres, en chassant ses ennemis historiques, les tribus des Al-Rachid et les Chérifs Hachémites de la Mecque et de Médine, au moment ou toutes les puissances Occidentales étaient occupées par la Première guerre mondiale. Ce relâchement international concernant le Moyen Orient, a permis la fondation du Royaume des Al-Saoud de l’entre deux guerres, avec comme constitution le Coran et la Sunna. Projet conçu par le théologien Mohammed Ibn Abdel Wahhab (le Wahhabisme est un terme inadéquat). Le lien scellé en 1744 entre les deux familles va prendre la forme d’un État organisé et structuré, grâce à l’appui des occidentaux présents dans la Région. En effet, en 1912, le Roi Abdelaziz organisa les bédouins en Ikhwans (fratries ou frères), le pouvoir politique et religieux est ainsi partagé entre les Al-Saoud et les Al- Sheikh descendants du prêcheur Ibn Abdelwahab selon un équilibre particulier : les premiers accaparent le pouvoir politique, militaire et économique, alors que les seconds sont devenus responsables du pourvoir cultuel, social et judicaire.

Le Salafisme est réapparu sous une forme nouvelle (islam politique) au début du 20ème siècle. Cependant, cet État n’avait aucune stratégie de conquête globale, ni d’un prosélytisme au delà de son environnement immédiat. Le roi Abdelaziz Al Saoud rêvait toujours de l’eau comme le souligne un Hadith cité dans le Sahih Al Boukhari rapportant que le Prophète Mohammed disait « Oh peuple de Nedjd, vous dormez sur l’or », terme signifiant « or noir », en référence au pétrole!La rencontre du fondateur de l’Arabie Saoudite moderne avec les Occidentaux, particulièrement les Américains, a transformé cette entité en puissance régionale, couronnée par la signature d’un traité de solidarité et de défense avec le président Américain Roosevelt en 1944, (traité Quincy). Cette entente va renverser la donne géopolitique du Moyen Orient, accentuant le retrait progressif des Anglais et des Français de la région.

À cet égard, les Etats-Unis se sont engagés à protéger la Monarchie des Al-Saoud, la contre partie étant la préservation des intérêts géostratégiques et surtout énergétiques de cette grande puissance pendant soixante ans. Cette nouvelle alliance a conforté les croyances de l’homme fort de l’Arabie, en déclarant à ses sympathisants: « Allah est là Haut et les Américains sont en bas » pour contourner la gêne occasionnée par ce traité signé avec les mécréants. C’est grâce à deux ingénieurs américains que le pétrole va être découvert en 1932, ce qui a profondément attristé le Roi Saoudien qui s’attendait à la découverte de l’eau! En effet, la découverte des plus grandes réserves d’énergies fossiles mondiales dans la Péninsule Arabique bouleversa la configuration géopolitique du Moyen-Orient. La dynastie saoudienne et ce depuis sa création, était toujours impliquée dans tous les conflits du Moyen-Orient ; accords franco -britanniques de Sykes-Picot en 1916, création de l’Etat d’Israël en 1948, naissance de la Ligue Arabe en 1945, la guerre du Yémen en 1962, la guerre d’Afghanistan en 1979, le conflit Irako-Iranien, l’occupation du Koweït en 1993 et, enfin, l’invasion Américaine de l’Irak en 2003, et dont les conséquences sont toujours d’actualité.

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A partir de 1979, les Saoudiens se sont retrouvés en face d’un autre ennemi régional, l’Iran Shiite qui menaçait les fondements idéologiques du wahhabisme. Paradoxalement, le pétrole ne va pas servir cette monarchie naissante pendant les premières décennies, elle va plutôt s’appuyer sur les recettes du pèlerinage et du commerce Inter-régional, à tel point que le roi Abdelaziz a voulu créer une sorte de Vatican pour les lieux Saints musulmans, mais personne n’avait accepté son offre qui à mon sens était visionnaire, courageuse et révolutionnaire.

En 1952, le régime de Nasser avait déclaré la guerre à l’association des Frères Musulmans créée en 1928. De ce fait, les militaires égyptiens étaient considérés à Riyad comme un danger potentiel pour la survie et la stabilité de l’État Saoudien. De son coté, le colonel Gamal Abdel Nasser ne cachait pas son alliance avec l’URSS et sa haine contre ce qu’il appelait « les valets de l’impérialisme dans le monde arabe ».
Cette situation de rivalité interarabe, poussera les salafistes saoudiens à former une alliance stratégique avec la confrérie des Frères musulmans. Ces derniers vont fournir aux Saoudiens des élites et des bras nécessaires pour contrecarrer la menace nassérienne. Dans ce cadre là, les wahhabites créèrent un axe islamique puissant et international appelé Ligue du Monde islamique. Cette opposition des deux alliés salafistes contre le panarabisme a abouti à la division du Monde arabe entre deux camps rivaux : les progressistes et les modérés.

Dans le même sillage, l’utilisation de l’arme du pétrole dans cette bataille, va nourrir la doctrine extrémiste des salafistes toutes tendances confondues, qui débouchera par la suite sur un projet d’islam politique à travers le Monde. Cette idéologie politique s’est appuyée sur trois piliers stratégiques : La Ligue du Monde Islamique (construction de mosquées et de centres culturels dans les cinq continents), l’Organisation de la Conférence Islamique OACI et l’OPAEP. Pendant cet épisode crucial dans l’histoire arabe, on remarque que les Frères musulmans avaient joué un rôle déterminant dans le recrutement, la formation, la conversion et l’embrigadement de milliers de jeunes dans le monde. Plusieurs d’entre eux étaient envoyés dans différents théâtres de crise. Cette évolution historique souligne que le mouvement Salafiste n’était pas actif uniquement dans le Moyen-Orient. D’autres mouvements de même nature apparaissent au Maghreb et au Sahel. Tous se sont inspirés de la pensée du théologien kurde Ibn
Taimiyya.
L’association des Oulémas en Algérie en 1924, la révolution du Rif en 1915, le mouvement Salafiste des oulémas de l’université de Fès 1944. En Libye et au Sahel, la Zaouiya Sennoussiya fut le fer de lance de la résistance anticoloniale. La séparation entre les Frères musulmans et les Wahhabites, va s’officialiser en 2011. Les Wahabbites avaient accusé la Confrérie Frèriste d’ avoir élaboré un projet secret visant à déstabiliser les monarchies du Golfe avec la complicité des Américains.Cet événement coïncida avec le Printemps arabe qui a consolidé les groupes Takfiristes et Djihadistes les plus radicaux dont la doctrine jette l’anathème sur les deux frères ennemis salafistes et sur toute la planète .À ce sujet, les Wahhabites ont soupçonné l’Occident de miser sur les fréristes. Selon eux, ils sont les seuls dont les membres sont éduqués et partiellement occidentalisés pouvant créer une hiérarchie forte au sein du monde Sunnite.
À cet égard, les Frères musulmans disposent d’une véritable structure riche et secrète, capable d’accepter une normalisation avec l’État Hébreu au Moyen-Orient. Ils pourraient aussi installer une forme de démocratie à l’occidentale dans les pays arabes (Tunisie).En conclusion et dans une vision prospective, on pense que le duel actuel entre les deux protagonistes renforce Daech et ses semblables. Les ultras -radicaux ont situé leur combat contre tous au niveau du verbe et de l’image, plus haut que la stratégie habituelle conçue par les salafistes eux-mêmes. Dans ce même ordre d’idée, on remarque que tous les acteurs de l’islam politique privilégient la négation réciproque plutôt que le compromis. Les Frères musulmans marquent beaucoup de points en leur faveur car leur discours pénètre facilement les esprits des jeunes scolarisés et disposent d’une capacité d’adaptation considérable d’un réseau large et d’une communication très dynamique.

mardi, 22 novembre 2016

Entretien de Youssef Hindi à "Algerie patriotique"

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Entretien de Youssef Hindi à "Algerie patriotique": «Les réformistes veulent apporter leur poison comme remède au wahhabisme»

Ex: http://www.algeriepatriotique.com

L’historien, écrivain et chercheur indépendant Youssef Hindi prône le retour à «une étude saine des textes de l’islam, par-delà le réformisme et le wahhabisme» et à «utiliser le corpus islamique pour comprendre le sens de l’Histoire et faire une critique de la modernité». Pour lui, il ne faut pas «soumettre l’islam au monde moderne», mais «proposer une alternative au projet globaliste, totalitaire et destructeur». Interview.

Algeriepatriotique : Dans votre livre Occident et islam : sources et genèse messianiques du sionisme ; De l'Europe médiévale au choc des civilisations, vous parlez des racines du messianisme kabbalistique et de son influence sur les trois religions monothéistes, à partir du XIIIe siècle. Quel rôle le wahhabisme et les Frères musulmans ont-ils joué dans la subversion de la religion musulmane par la tradition kabbalistique ?

Youssef Hindi : Il est impossible de comprendre le rôle historique du wahhabisme et des Frères musulmans sans retracer la genèse du réformisme islamique (dont est issu le frérisme) et son lien historique et idéologique avec un des mouvements kabbalistiques qu’est le sabbato-frankisme. Les deux piliers fondateurs de la kabbale – depuis sa formation au Ier siècle – sont, d’une part, l’étude de la fin des temps (l’apocalyptique) et, d’autre part, l’ésotérisme et le mysticisme qui englobent une réflexion sur le monde d’ici-bas et de l’au-delà, à quoi il faut ajouter la notion purement kabbalistique d’évolution vers la révélation de la connaissance cachée, induisant l’idée que la kabbale progresse et avec elle l’histoire. Un progrès historique par paliers successifs menant droit vers les temps messianiques, vers la fin des temps et l’apogée du peuple élu.

Dans le second chapitre de mon ouvrage, je retrace l'histoire du wahhabisme, du réformisme islamique et du réformisme chrétien, en mettant en évidence leurs racines communes : le messianisme antinomique sabbato-frankiste.

jacob-frank-hp.jpgIssu d'un double mouvement, né aux XVIIe et XVIIIe siècles avec les faux messies Sabbataï Tsevi et Jacob Frank (l’un faussement converti à l’islam et l’autre au catholicisme), ce messianisme apocalyptique s'opposant à Dieu et à la loi naturelle, par les conversions massives des sabbatéens à l'islam et des frankistes au catholicisme, va promouvoir l'athéisme au cœur de ces deux mondes, via notamment des loges maçonniques.

Jacob Frank

Les principes premiers d’un mouvement historique déterminant ses finalités, les fondements de la kabbale ont conditionné la forme de messianisme dont il est issu, et par la suite, donné au sabbato-frankisme le caractère qui est le sien. Le sabbato-frankisme fut l’inéluctable conséquence de l’évolution de la kabbale, le fruit de l’histoire de la mystique juive aux plans idéologique, intellectuel, politique et moral.

Sabbatai_tsevi.jpgDans la même perspective, le programme apocalyptique du choc des civilisations est partie intégrante du dessein messianique juif. Le projet de destruction du christianisme et de l’islam que l’on trouve au XIIIe siècle, dans le Zohar, a dirigé quelques siècles plus tard et à la suite de tentatives qui en posèrent les fondations, le sabbato-frankisme vers cet objectif.

Le réformisme islamique eut comme point d’ancrage les régions sabbataïstes, et son expansion s’est faite via les loges maçonniques infiltrées par les sabbataïstes. Les loges se sont propagées, à partir du XVIIIe siècle, en Turquie, en Iran, en Asie centrale, mais aussi en Egypte et en Syrie.

Sabbataï Tsevi

De son côté, le père du wahhabisme, Muhammad Ibn Abd Al-Wahhab (tout comme les réformistes allant de Afghani à Hassan Al-Banna, en passant par Abduh et Rachid Ridha) prétendait revenir à l’islam en massacrant les musulmans, avec l’aide des Saoud, pour imposer son idéologie.

Lorsque l’on fait le parallèle entre Cromwell qui, au XVIIe siècle, l’Ancien Testament à la main, massacra en masse les catholiques irlandais et écossais, en détruisant les églises, massacrant prélats, hommes, femmes et enfants, pour imposer une nouvelle religion, et Mohamed Ibn Abd Al-Wahhab un siècle plus tard, l’on y voit bien plus que quelques similitudes. C’est exactement le même schéma. Abd al-Wahhab prétendait revenir à l’islam des origines, comme les protestants qui se présentaient comme des fondamentalistes, véritables tenants du christianisme, en renouant avec l’Ancien Testament. Dans les faits, Abd Al-Wahhab et ses sectateurs d’hier et d’aujourd’hui font montre d’une haine dévastatrice de l’islam, du Prophète et de ses compagnons, dont ils se sont acharnés à détruire systématiquement les tombeaux et l’héritage tant religieux que culturel.

Le réformisme islamique forme avec le wahhabisme deux faces d’un même projet, se complétant l’un et l’autre sous une apparente opposition, soit une hérésie à deux visages suivant ce que j’appelle une dialectique infernale.

Depuis l’apparition d’Abd Al-Wahhab, Malkun Khan (le premier grand réformiste), Afghani et Abduh, ainsi que leurs disciples, cela jusqu’à nos jours, le wahhabisme et son versant libéral réformiste, dont l’ultime avatar sont les Frères musulmans, ont agi comme des agents corrosifs et des facteurs de décomposition matérielle et spirituelle de l’islam ; et nous sommes à présent témoins de la dernière étape de ce processus historique de subversion.

Les wahhabites et les Frères musulmans jouent un rôle essentiel dans ce grand échiquier géopolitique dans lequel s’applique la stratégie du choc des civilisations : les troupes wahhabites fanatisées détruisent les villes et les Etats musulmans, guidées par des prédicateurs et de pseudos savants wahhabites et Frères musulmans ; tandis que les Frères musulmans pilotés, financés par les occidentalistes tant arabes qu’européens et américains sont portés au pouvoir comme en Egypte et en Tunisie.

YH-arton41737.jpgDans vos deux livres Occident et islam et Les mythes fondateurs du choc des civilisations, vous décrivez le choc des civilisations comme étant une doctrine programmée. Qui est à l’origine de cette stratégie qui vise à faire s’affronter les civilisations ?

Mes recherches montrent que cette stratégie a été élaborée par un kabbaliste du nom de Solomon Molcho – suivant les interprétations rabbiniques et eschatologiques de la Bible – qui, au XVIe siècle, a tenté de lancer l'Eglise puis le Saint-Empire romain germanique dans une guerre contre l'Empire ottoman, afin d'expulser ce dernier de Palestine et y reconstruire le royaume d'Israël. C’est précisément ce que les Britanniques ont fait au sortir de la Première Guerre mondiale, par le démantèlement de l’Empire ottoman et la création du Foyer juif en Palestine (1919-1920) à la suite de la promesse faite par les Anglais aux sionistes dans la Déclaration Balfour (1917).

Le projet de Molcho a mis quatre siècles à s’accomplir, mais il s’est finalement réalisé ; ceci est une des preuves que j’apporte en guise de démonstration de la permanence du projet messianique et du lien intrinsèque existant entre le sionisme et la stratégie du choc des civilisations, la seconde étant la condition préalable à la réalisation du premier.

En 1957, Bernard Lewis, le maître de Samuel Huntington, «laïcisera» cette stratégie messianique en lui donnant un habillage scientifique pour l'ériger ainsi en théorie. Lewis, en digne héritier de Molcho, dans l’optique de fomenter des guerres entre le monde (post)chrétien et le monde musulman, décrète alors que ces deux grandes religions seraient ontologiquement vouées à s’affronter. C’est ce même Bernard Lewis, de confession juive et détenteur des nationalités israélienne, britannique et étasunienne, qui œuvra dans le début des années 2000 pour convaincre Dick Cheney, alors vice-président des Etats-Unis, d’envoyer l’Amérique en guerre contre l’Irak.

Ce choc des civilisations fabriqué de toutes pièces n'est au fond que le faux nez de ce que j'appelle «un choc idéologique mondial» opposant le monde vétérotestamentaire – recouvrant le bloc anglo-thalassocratique, ses vassaux anciennement catholiques du vieux Continent, les pétromonarchies wahhabites et Israël – au reste de l'humanité.

L’idéologie wahhabite, Daech et la propagande occidentale ont largement contribué à déformer la perception qu’ont les non-musulmans de l’islam. Sur quels mythes déformants repose cette fausse perception ?

Les mythes fabriqués au cours des siècles autour de l’islam sont très nombreux, mais dans mon second ouvrage Les mythes fondateurs du choc des civilisations, je déconstruis les principaux sur lesquels s’appuie la stratégie du choc des civilisations. J’ai choisi cinq mythes – qui me semblent être les plus importants – que j’ai traités dans cinq chapitres à thèmes.

Ces mythes et accusations ont notamment trait au rapport existant entre l’islam, la violence et la guerre. Mon étude part à ce propos d’une contextualisation historique de la naissance et de l’expansion de l’islam, combinée à une minutieuse étude exégétique ; s’ensuit un focus sur les rapports, souvent méconnus ou oubliés, de la chrétienté et du monde musulman, ainsi que sur la place de la femme dans la religion musulmane.

Mon ouvrage s’achève sur une réflexion fondamentale, à savoir : quelle est la place véritable de Dieu et de la religion dans les sociétés humaines, ceci en relation directe avec la notion de souveraineté. Car il nous est asséné que le problème fondamental du monde musulman et son retard seraient dû au fait qu’il n’aurait pas procédé à un aggiornamento, une séparation complète du religieux et du politique.

Vous affirmez que si l’islam est rejeté en Occident, la faute en incombe aux Occidentaux qui n’ont pas compris cette religion. Peut-on leur en vouloir du moment que le discours alternatif à l'idéologie wahhabite extrémiste et violente est totalement inaudible ?

Je n’ai pas affirmé cela. J’explique que le rejet de l’islam est en grande partie dû à sa diabolisation par les grands médias occidentaux, les idéologues et intellectuels ainsi que les politiciens. Cette diabolisation se fait par la diffusion de vieux mythes forgés dans des contextes historiques, politiques et géopolitiques à partir du Moyen-Age, combinée à la propagation de l’idéologie wahhabite dans le monde – via plusieurs canaux et financée par les pétrodollars : médias, institutions, chaires universitaires, mosquées… –, qui a débuté après la Seconde Guerre mondiale et le Pacte de Quincy (février 1945) passé entre le président des Etats-Unis, Roosevelt, et le roi d’Arabie Saoudite, Abdelaziz Ibn Saoud, avec l’aide et la bénédiction du monde occidental, les Etats-Unis en tête. Sans les pétrodollars et le soutien anglo-américain apporté à l’Arabie Saoudite, le wahhabisme (et ses avatars terroristes) ne serait pas devenu l’orthodoxie musulmane aux yeux des Occidentaux et d’un certain nombre de musulmans.

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La propagande médiatique wahhabite et occidentale rend totalement inaudible le discours des savants traditionnalistes et des intellectuels qui ont étudié l’histoire et le rôle du wahhabisme.

Des penseurs s'accordent à dire qu'il faut aller vers une refondation de la pensée théologique de l'islam afin de dégeler toutes les glaciations théologiques. Quel est votre avis sur cette question ?

Ces penseurs musulmans, dont le discours est accompagné par les idéologues qui veulent finir d’abattre l’islam, sont les héritiers des réformistes francs-maçons (Malkun Khan, Afghani, Abduh et leurs élèves) qui ont commencé ce travail de dilution de l’islam dans la modernité.

Les réformistes se bousculent aujourd’hui, dans la logique de ce mouvement dialectique entre wahhabisme et réformisme dont j’ai parlé, prenant pour prétexte les atrocités de Daech et des autres groupes terroristes, pour apporter leur poison sous forme de remède à une maladie qu’ils ne nomment jamais : le wahhabisme.

Mon avis est qu’il faut revenir à une étude saine des textes de l’islam, par-delà le réformisme et le wahhabisme, et utiliser le corpus islamique pour comprendre le sens de l’Histoire et faire une critique de la modernité ; non pas pour soumettre l’islam au monde moderne, mais pour proposer une alternative aux idéologies modernes et au projet globaliste, totalitaire et destructeur, sous couvert de progressisme, qu’elles ont générés.

Selon vous, Eric Zemmour, Bernard-Henri Levy et Alain Finkielkraut obéissent à un même mouvement qui existe dans la tradition juive, à savoir le mouvement assimilationniste ou «Haskalah». Qu’est-ce que ce mouvement ? Quels sont ses objectifs ?

moses-mendelssohn-german-philosopher-photo-researchers.jpgDans une conférence récente, j’ai expliqué qu’Eric Zemmour s’inscrit dans ce mouvement (on peut y inscrire aussi Finkielkraut dans une certaine mesure), mais pas Bernard-Henri Levy. La Haskalah est un mouvement initié en 1780 par le philosophe juif allemand Moses Mendelssohn (1729-1786). Il propose aux juifs d’Europe de s’assimiler en apparence aux cultures européennes, mais tout en préservant leur identité. La Haskalah appartient au mouvement frankiste qui prône une assimilation par la conversion au catholicisme et/ou par la dissimulation de l’appartenance au judaïsme, pour détruire le monde chrétien de l’intérieur.

Moses Mendelssohn

Dans mon premier livre, je cite l’historien Gershom Scholem, qui est le plus grand spécialiste de la kabbale et de son histoire, et qui écrit à propos de la doctrine de Jacob Frank et de ses finalités (et dont est issu le mouvement de la Haskalah) : «La conception de Jacob Frank revêtit un aspect résolument nihiliste. Sous le sceau du silence, le vrai croyant (c’est-à-dire le partisan de Frank), qui possède Dieu dans le secret de son cœur, peut traverser toutes les religions, les rites et les ordres établis sans donner son adhésion à aucun, au contraire, en les anéantissant de l’intérieur et en instaurant ainsi la véritable liberté. La religion constituée n’est qu’un manteau qui doit être endossé puis rejeté sur le chemin de la "connaissance sacrée", la gnose du point où toutes les valeurs traditionnelles sont anéanties dans le courant de "vie". Il propagea ce culte nihiliste sous l’appellation de "voie vers Esaü" ou "Edom" (le monde chrétien occidental), incitant à l’assimilation sans vraiment y croire, espérant la miraculeuse renaissance d’un judaïsme messianique et nihiliste surgissant dans les douleurs de l’enfantement d’un bouleversement universel. Ces conceptions ouvraient la voie à la fusion entre la dernière phase du messianisme et de la mystique sabbataïste, d’une part, et, de l’autre, le rationalisme contemporain et les tendances laïques et anticléricales. La franc-maçonnerie, le libéralisme, voire le jacobinisme peuvent être considérés comme d’autres façons de tendre au même but.»

La destruction du christianisme à laquelle se sont attelés les frankistes, d’une part, et celle de l’islam par les sabbataïstes, d’autre part, se sont faites en parallèle via des voies quasi-similaires : en accédant et en s’intégrant aux élites et aux classes dominantes, notamment via des loges maçonniques – le concept kabbalistique de la rédemption par le mal, celui de la Table rase en quelque sorte, détruire pour reconstruire, pénétra les mondes chrétien et musulman en passant par des loges maçonniques kabbalistiques.

C’est en comprenant l’origine de ce mouvement et ses finalités, qui se résument à la destruction totale de l’Occident (spirituellement et physiquement), que l’on peut comprendre le discours d’un Zemmour qui se présente comme un patriote assimilé, plus français que les Français, et qui attise paradoxalement depuis des années les flammes de la guerre civile en France, tout comme BHL travaille lui, comme son coreligionnaire Bernard Lewis, à la destruction du monde musulman.

Interview réalisée par Mohamed El-Ghazi

jeudi, 20 octobre 2016

Schisme en Islam: le wahhabisme exclu du sunnisme

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Schisme en Islam: le wahhabisme exclu du sunnisme

Michel Lhomme,

philosophe, politologue

Ex: http://metamag.fr

Le Wahhabisme exclu du sunnisme, cette actualité a eu très peu d’échos médiatiques en France. Elle est pourtant une information des plus importantes pour ses éventuelles répercutions religieuses mondiales y compris dans notre pays. Nous dirons même qu’elle est une information de premier plan.

Dans le but de définir l’identité « des gens du sunnisme et de la communauté sunnite », une conférence inaugurée par le cheikh d’Al-Azhar, Ahmed al-Tayeb, s’est tenue dans la capitale tchétchène Grozny en septembre dernier. Elle a réussi à rassembler quelque 200 dignitaires religieux, oulémas et  penseurs islamiques, venus d’Égypte, de Syrie, de Jordanie, du  Soudan et d’Europe soit les plus grandes personnalités religieuses islamiques du moment telles que le Grand Mufti d’Égypte, Cheikh Chawki Allam, le conseiller du président égyptien et le représentant du Comité religieux au Parlement égyptien, Cheikh Oussama al-Zahri, ou encore l’ancien grand Mufti d’Égypte, cheikh Ali Jomaa, sans compter le grand Mufti de Damas, cheikh Abdel Fattah al-Bezm, le prédicateur yéménite Ali al-Jiffri, ou encore le penseur islamique Adnan Ibrahim.

Dans le communiqué, les participants à la conférence ont convenu que « les gens du sunnisme et ceux qui appartiennent à la communauté sunnite sont les Asharites et les Maturidites, au niveau de la doctrine, les quatre écoles de jurisprudence sunnite, au niveau de la pratique, et les soufis, au niveau de la gnose, de la morale et de l’éthique ».  Cette conférence a donc exclu le wahhabisme salafiste de la définition du sunnisme, voire du cadre de la communauté sunnite ! C’est un événement capital, un vrai schisme musulman. D’ailleurs, les participants à la conférence ont qualifié cette décision de « changement radical et nécessaire pour pouvoir rétablir le vrai sens du sunnisme, sachant que ce concept a subi une dangereuse déformation suite aux efforts des extrémistes de le vider de son sens pour l’accaparer et le réduire à leur perception ».

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Par là, l’Arabie saoudite tafkirite et wahabiste a rejoint les impies et pour le sunnisme les mécréants. Dans ce contexte, les participants sunnites ont émis une série de recommandations notamment une dirigée contre Al-Jazeera et toutes ces microchaînes locales : « créer une chaîne de télévision afin de faire parvenir aux citoyens un message véridique de l’Islam et lutter contre l’extrémisme et le terrorisme ». A aussi été recommandée « la création d’un centre scientifique en Tchétchénie pour surveiller et étudier les groupes contemporains, leurs principes et pour former une base de données fiables, qui permettra de  réfuter et de critiquer de manière scientifique la pensée  extrémiste ». Les participants ont suggéré que ce centre porte le nom de Tabsir qui signifie « clairvoyance » en arabe. La conférence a insisté sur la nécessité de « revenir aux écoles de grande connaissance », en allusion aux institutions religieuses sunnites identifiées comme étant les universités d’Al-Azhar en Égypte, Qarawiyin au Maroc, Zaytouna en Tunisie et Hadramawt au Yémen. La conférence a donc exclu clairement les institutions religieuses saoudiennes, en particulier l’Université islamique de Médine.

L’Arabie Saoudite se retrouve peu à peu au pied du mur piégé par ses exactions et ses débordements au Yémen où dernièrement, les USA ont été furieux de ses derniers bombardements meurtriers dont elle ne les aurait pas prévenus .

La réaction saoudienne ne s’est pas faite attendre

Une campagne médiatique virulente s’est déclenchée, parrainée par les institutions religieuses et politiques en Arabie saoudite et dénonçant l’alliance russo-sunnite des polythéistes ! Rappelons que Ibn Taymiyya, mort en prison en 1328 avait déjà été déclaré « déviant » par les érudits sunnites de son temps et que lorsque Mohammad Ibn Abd Al-Wahhab a fait couler le sang des musulmans en ressuscitant la doctrine taymiyienne au XVIIIe siècle, son mouvement a immédiatement été condamné par l’ensemble du monde sunnite comme une résurgence du kharidjisme.

En France, on a cependant relevé de drôles de réactions dans la communauté musulmane – que pour d’autres causes, on qualifierait d’ailleurs de « complotistes » – accusant la conférence de Grozny de n’avoir aucune valeur parce qu’elle ne serait qu’une manœuvre poutinienne. On notera de fait la concordance surprenante des autorités musulmanes françaises avec la politique internationale de la France, principal allié en effet du wahhabisme international ?

Pourtant, en France, se posera aussi très vite une autre question de poids dans la mesure où les principales mosquées dont celle de Bordeaux comme les principaux centres culturels dont la Maison de la Culture Arabe si chère à  Jack Lang sont en fait financées par l’Arabie Saoudite ? Comment après une telle condamnation théologique par les plus hautes instances de l’Islam sunnites, les jeunes musulmans français vont-ils pouvoir se permettre de continuer à fréquenter des mosquées financées par l’Arabie saoudite ? Ou le fameux Islam de France a-t-il décidé d’assumer le schisme musulman en choisissant clairement son camp celui de l’ Islam de combat, l’Islam du drapeau vert et du sabre de la charia dans les mains, l’Islam de la conquête dénoncée par les sages soufies ? En ce cas, la distinction déjà quasiment artificielle en France entre un Islam modéré et un Islam radical n’aurait même plus sa raison d’être, la France ne serait rien d’autre qu’une terre wahhabite elle-même condamnée par l’Islam traditionnel.

En attendant, maniant à la fois le chantage sur les bons de trésor américains et sa bonne foi, l’Arabie saoudite se prépare à un rendez-vous historique avec les marchés .

samedi, 15 octobre 2016

Sufi Brotherhoods in Syria and Israel

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Itzchak Weismann:

Sufi Brotherhoods in Syria and Israel

A Contemporary Overview (full text)

Ex: http://elkorg-projects.blogspot.com

In the geographical area of Syria, as in other parts of the Muslim world, Sufism found itself during the twentieth century under increasing attack. Though accustomed to strictures against their theosophical meditations and popular-ecstatic practices, with the advent of modernity Sufis had to contend with challenges of an altogether different magnitude. These derived not only from the direct impact of the West with its rationalist mode of thinking, but, even more so, from the growing intervention of a secularized State and the concomitant antagonism of a rising Islamic fundamentalism. Under such circumstances, many Sufi brotherhoods declined; yet others were able to develop a variety of strategies from within their divergent traditions to survive, adapt, and at times even thrive. Since the 1980s, with the turn of Muslim governments against the radical upsurge, and the general rise of interest in “Oriental” mysticism in the West, there has been a marked revival in Sufi activities. [1]

This paper focuses on the current manifestations of Sufism and Sufi brotherhoods in the states of Syria and Israel, with occasional references to Lebanon and Jordan. Although subjected to increasingly differentiated socioeconomic and political processes since the later part of the Ottoman period, Sufis in three of the four countries share in a basic situation of living under non-Sunni governments. In Syria, the sectarian-based authoritarian Ba‘th regime, in power since 1963, has been generally hostile toward independent Sufi activity, the more so during the Islamic uprising that culminated in Hamah in 1982. The same regime imposed itself on the Christian-Maronite-dominated political system in Lebanon following the outbreak of civil war in 1976. In the Jewish State of Israel such activity had been almost eliminated by the disruption of the War in 1948, but partly revived after the renewal of contacts with the Palestinians of the West Bank and Gaza in the wake of the 1967 War. Rather than an exhaustive survey, my aim in this paper is to analyze the various ways by which different Sufi brotherhoods in Syria and Israel have responded to the challenges of modernity in general, and to the peculiar political circumstances in which they live in particular.

Among the Syrian brotherhoods that experienced a marked decline or that disappeared during the twentieth century, De Jong includes the major turuq of the Qadiriyya, Khalwatiyya and Mawlawiyya in his mid-1980s survey. [2] The weakening of the Qadiriyya had already become conspicuous by the turn of that century. Essentially an urban brotherhood in Syria, its major branches were led by the notable Kaylani family of Damascus and Hamah, who claimed descent from the founder ‘Abd al-Qadir al-Jilani. In the late Ottoman period leading members of the family became administrators, later turning into influential politicians and entrepreneurs.[3] The last actual shaykh in the family was Muhammad Fariz al-Kaylani, a follower of Ibn ‘Arabi who died in Damascus in 1971 without designating an heir.[4] In Hamah, the Qadiriyya continued to be observed as a family tradition until its open support of the Islamic uprising in 1982 brought upon it the brunt of the regime. Many members of the family were killed by the security forces, while their illustrious lodge (zawiya), and indeed the entire quarter in which they resided, were razed to the ground.[5] In the rural areas local leading Qadiri families, such as the Zu‘bis of the Hawran, have continued to enjoy influence among the peasants even after relinquishing their Sufi identity.[6]

A closer look at this process of decline is provided by Paolo Pinto in a recent anthropological study conducted in Aleppo. One of the focuses of this study is the Hilaliyya brotherhood, which since the eighteenth century has combined the local Qadiri tradition with the then reformist Khalwati import. At present the dhikr is still performed in two lodges in the city, but the brotherhood’s characteristic practice of seclusion (khalwa) is no longer in use because, as its leaders maintain, in modern times people have neither the leisure nor the possibility to set aside their work.[7] Shaykh al-Hilali, a physician, follows his ancestors’ tradition in stressing the primacy of the shari‘a and in combining the religious and secular sciences. Subscribing to the decision of his grandfather to discontinue the path rather than compromise its ideals, he avoids guiding disciples and is content with conducting the dhikr and with providing spiritual advice for the community. In the weekly session (hadra), Pinto reports, around one hundred adherents are assembled, most of them belonging to the old commercial families of Aleppo. Some of the participants are organized into an informal study group in which they discuss their spiritual experiences and read Sufi texts. Among these texts is the Sufi compendium of the local Shadhili-‘Alawi reformist shaykh ‘Abd al-Qadir ‘Isa, which has appeared in several editions since it was first published in 1961.[8]

The other major brotherhood that De Jong considers as having lost its ground in Syria, the Mawlawiyya, may have done so in its traditional form. In Aleppo, to where the Great Master moved following the ban on Sufi activity in Turkey in 1925, the tariqa died out in the late 1950s. Yet, as elsewhere in the Muslim world, as well as in the West, groups of Mawlawis have exploited the unique ritual resources of their brotherhood – the whirling dance, musical improvisations, and special clothing – to turn the dhikr into a highly impressive, though often touristic, performance. In Damascus, the leader of the new-style whirling dervishes is Shaykh Hamza Shakkur, the choirmaster of singers (munshidin) in the Umayyad mosque and a vocalist who is much in demand for official religious ceremonies. Shakkur also cooperates with the al-Kindi Ensemble from Aleppo, which was founded in 1983 by Julien Jalaleddin Weiss, a converted Frenchman of Swiss extraction who had studied Arab music and specialized on the qanun. The group holds regular concert tours both in the Arab world and in Europe and America.[9]

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As against the general decline of these basically urban-elitist brotherhoods, their rural-popular counterparts have proved more capable of holding to their traditions. Such is the case with the Sa‘diyya, although the spectacular dawsa (the shaykh riding a horse over the backs of his murids) has been long prohibited by the state. Numerous local shaykhs are affiliated with this brotherhood in both the major Syrian cities and in the countryside. Its two centers are the Golan village of Jaba’, the site of the founder’s tomb, and Damascus, where his descendants vie for control over its rich awqaf. The Sa‘diyya in the capital is considerably weakened, but still it is the only brotherhood to take part in the annual procession of laylat al-qadar, in which the first revelation to the Prophet is commemorated by exhibiting one of his hairs in the presence of religious dignitaries and State representatives. In Jaba’ and the neighboring villages, by contrast, hadarat are still regularly conducted with all their traditional vigor, including beating drums, piercing the body with swords and eating burning coal and glass.[10]

Even more popular is the Rifa‘iyya brotherhood, of which the Sa‘diyya is sometimes considered a branch. Rifa‘i zawiyas can be found in most towns of Syria, although, as in the case of the Qadiriyya, the leading families have been incorporated into the local elites; in Damascus rich merchants who are attached to the tariqa are engaged in editing and publishing its basic manuscripts. In Aleppo, however, some of its zawiyas were closed under Shishakli’s military regime in the early 1950s, while in Hamah shaykh Mahmud al-Shaqfa, who was associated with the Muslim Brothers, was killed by Asad’s security forces and his lodge closed in 1979.[11] The mainstay of the Rifa‘iyya has always been in the countryside. The fortunes of the tariqa were enormously enhanced in Syria in the days of the infamous Abu al-Huda al-Sayyadi, who under the patronage of Sultan ‘Abdülhamid II (1876-1909) attracted to the brotherhood a great number of people from the towns, the villages, and the tribes.[12] Considerably reduced during the interwar period, it still persists in many villagers. Thus for instance in Nahjat Brak in the Ghuta the dhikr is held, though only once a year, and is attended by peasants from the adjacent regions.[13] Pinto describes the working of another Rifa‘i lodge in the predominantly Kurdish village of ‘Afrin, north of Aleppo. The head of this zawiya, Shaykh Mahmud, is a descendant of a local family of the brotherhood and has eighteen disciples in various stages of the path. The dhikr of the group includes healing and expulsion of jinns, as well as, like the Sa‘diyya, transpiercing the abdomen with an iron skewer (shish), walking over burning coals and glass eating.[14]

Popular mystical traditions are maintained in contemporary Syria, to some extent or another, also in their non-tariqa forms, particularly around the numerous tombs of prophets and saints which are dispersed throughout the country. The richest locus of sacred sites is naturally Damascus, and it may serve as an illustration of some of the still existing practices. Thus the caves on Mount Qasyun, overlooking the city from the north, are believed to contain the remains of literally hundreds of prophets. Barren women visit Maqam Ibrahim, while wayfarers address themselves to the alleged tomb of al-Khidr, their legendary patron. To this day sixty shaykhs will climb up the mountain in times of drought to perform the traditional prayer for rain. Another important sacred focus is the central Umayyad mosque where, it is claimed, the Prophet Yahya and Imam Husayn’s severed head are interred. At the first, women solicit help in solving problems of motherhood and marriage, and many of them tie a rope to the lattice-work as a symbol of their commitment to fulfill their vow. The second tomb is the starting point of the afore-mentioned solemn procession of laylat al-qadar.[15]

Among the saints (awliya’) buried in Damascus, the most illustrious is Muhyi al-Din ibn ‘Arabi, in whose shrine in the north of the city an impressive hadra is conducted on Friday evenings. Al-Shaykh al-Akbar is visited both by common believers asking for worldly benefits and by mystics who attach themselves to his tomb for spiritual illumination. For the local population, though, even more important is the shrine of Shaykh Arslan, the twelfth-century patron saint and protector of the city. A recent saint is Shaykh Ahmad al-Harun (d. 1962), whose picture adorns many shops and whose miraculous deeds (karamat) are still widely circulated. A stonecutter in Mount Qasyun Harun, who had fiercely fought the French, immersed himself at an advanced age not only in the intricacies of Ibn ‘Arabi’s theosophy but also in the natural sciences, gaining the respect of both ulema and laymen.[16] The “Tales of the Saints” genre is indeed still popular in Syria, as is testified to, for example, by the posthumous publication of a collection of such stories compiled by Muhammad Abu al-Yusr ‘Abidin, the Grand Mufti of the country between 1954 and 1962.[17]

Beyond the unchecked decline of an “elitist”-urban Qadiriyya or the retrograde traditionalism of a “popular”-rural Rifa‘iyya, the Shadhiliyya and Naqshbandiyya Sufi brotherhoods of Syria have tapped into their reformist traditions in an effort to adapt themselves to the modern situation. Such adaptability allows their leaders not only to transcend the urban-rural divide, but – more importantly - to adopt elements from Western culture as well as from Islamic fundamentalist discourse. Moreover, in some cases the Sufi brotherhood appears to have transformed itself into new forms of religious organization in the face of these challenges, notably the educational society and the political movement.

Three Shadhili sub-brotherhoods have had a lasting impact on the Syrian lands in the modern period, all three crossing current political boundaries. The oldest among these branches, and the less effective today, is the Yashrutiyya, which has always stressed its a-political character. Founded in Acre by the Tunisian Shadhili-Madani Shaykh ‘Ali Nur al-Din Yashruti (ca. 1815-1899) in the mid-nineteenth century, the brotherhood spread swiftly throughout the region, from Aleppo in the north to Gaza in the south, attracting both orthodox educated urban elites and disaffected villagers from the countryside with antinomian tendencies.[18] The leadership of the Yashrutiyya has remained within the founder’s family, while its center moved first to Beirut, in the wake of the War of 1948 and then, in 1980, in the midst of the Lebanese civil war, to Amman. In Damascus a regular hadra is still held in the zawiya of Abu al-Shamat, ‘Ali Nur al-Din’s principal deputy (khalifa) in the city, though the once glorious construction is now in a deplorable state. Concentrations of Yashrutis are also found in small towns in the Hawran, in Sirmin near Aleppo, and in the Ghuta villages of Harasta and Daraya. Still a predominantly Palestinian brotherhood, its members are most numerous in the refugee camp of south Damascus, and even more so in the camps near Beirut and Sidon.[19] Another Shadhili sub-brotherhood introduced in Syria in the Second half of the nineteenth century was that of Yashruti’s Madani colleague Muhammad al-Fasi. Brought to Damascus by the celebrated amir ‘Abd al-Qadir al-Jaza’iri, it seems to have remained confined to his elitist circle and died out before the end of the French Mandate.[20]

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The second major modern Shadhili branch to strike roots in Syria was the Dandarawiyya, which had been founded toward the end of the nineteenth century by the Egyptian Muhammad al-Dandarawi (1839-1910), a spiritual grandson of the reformist Sufi scholar Ahmad ibn Idris. Spreading to both Damascus and the surrounding Ghuta in the 1890s, the tariqa still has a small presence in these areas, particularly in the village of Jisrin. Its center of activity in the Syrian lands, however, moved to Beirut, where it underwent a major transformation.[21] A glimpse at the working of this brotherhood is provided by Mark Sedgwick in a study of the worldwide spread and “normalization” of Ibn Idris’ legacy. Its current head is the founder’s grandson, Fadl al-Dandarawi (b. 1934), a Cairo-based wealthy businessman who in the early 1970s launched a new project to remold the tariqa. He was assisted by Su‘ad al-Hakim, a Lebanese professor of Arab and Islamic philosophy and author of a celebrated study on Ibn ‘Arabi’s terminology.[22] On one level, Sedgwick argues, the new “Dandarawi thought” represents an attempt to return to the original reformist Ahmadi path; on another it is designed as an inclusive way which combines Sufism and Salafism and is appropriate for the modern world. This is embodied in the “Dandarawi family”, and the history of the Dandarawiyya is reconstructed as having been a social organization in this “family” mold from the outset, rather than a Sufi tariqa. Fadl insists on being addressed as amir and regards the hadra as an “art” or “folklore”. Hakim, a woman, conducts in Beirut, in accordance with this philosophy, a sober hadra for both men and women, as well as an educated discussion group.[23]

No research is as yet available on the Syrian ‘Alawiyya, the third modern Shadhili branch to operate in the country, although the brotherhood as a whole is well known in the West, having been the inspiration for a remarkable group of mystically-minded intellectuals in Europe and North America.[24] Founded by the Darqawi shaykh Ahmad ibn ‘Aliwa of Mustaghanim, Western Algeria, in the early nineteenth century, the ‘Alawiyya was introduced by him in Damascus in the course of a pilgrimage he undertook shortly before his death in 1934. Combining, not unlike the Idrisi tradition, the theosophy of Ibn ‘Arabi with a call to strictly follow the Qur‘an and the Sunna, the brotherhood under the leadership of Muhammad al-Hashimi soon spread to other parts of the country, from Aleppo in the north to Amman in the south, and was very active both in the field of religious education and in the struggle against the French.[25] Similar to the case of the urban Rifa‘iyya, the leaders of the Damascene ‘Alawiyya have been lately engaged in publishing the writings of their masters, but more significant were the shaykhs from the north, who maintained its original militant zeal in supporting the violent struggle against the Ba‘th. Among them were disciples of the above-mentioned Aleppine ‘Abd al-Qadir ‘Isa, who was consequently forced to spend the last years of his life in exile in Jordan, as well as those of ‘Abd al-Ghaffar al-Durubi of Homs, many of whom were killed along with the Muslim Brothers in the notorious massacre in the Tadmur (Palmyra) military prison in June 1980.[26]

The Naqshbandiyya, unquestionably the most active brotherhood in contemporary Syria, has been long characterized by a tradition combining a strong orthodoxy with a sociopolitical orientation. Both traits were reinforced in the early nineteenth century by Shaykh Khalid, the founder of the Khalidi sub-brotherhood whose mausoleum lies in Damascus. Two of his spiritual descendants were responsible for turning the Khalidiyya into the most widespread Sufi organization in Syria in the twentieth century. These were ‘Isa al-Kurdi (1831-1912), an immigrant scholar who ordained a great number of disciples in Damascus and the Ghuta, and Abu al-Nasr Khalaf (1875-1949), who propagated the path in the villages around his hometown Homs, as well as in Aleppo and Hamah.[27] A third center of the Naqshbandiyya-Khalidiyya can be found in the Kurdish areas of the northeast - the Jazira and Dayr al-Zor.[28] These essentially independent local branches adopted different and, in some respects, even opposing attitudes toward the questions of religious renewal, the Salafi challenge and, above all, relations with the Ba‘th regime. Mention should also be made of Nazim al-Qubrusi, founder of the Haqqaniyya branch, who had initially established himself at his master’s shrine in Damascus, but whose brotherhood has now become a truly international organization counting members in many countries around the globe, from Lebanon and Turkey to England and the United States.[29]

The leading Naqshbandi branch in Syria today is that of Ahmad Kuftaro (b. 1915), son of one of ‘Isa al-Kurdi’s principal deputies in Damascus.[30] This is the only Sufi organization in the country to be allowed freedom of action by the regime, with whom it is closely associated. Despite claims for early beginnings, the Kuftariyya seems to have emerged following the Ba‘th takeover in 1963, and the election of Kuftaro a year later to the highest religious position in Syria, that of the Grand Mufti.[31] In 1971, after the rise to power of Hafiz al-Asad who sought to appease the Sunni population, Kuftaro’s mosque in north Damascus was made the basis of the Abu al-Nur Islamic Foundation. The first recognized college within this trust, The College for Islamic Propagation, was inaugurated in 1982, at the height of the Islamic uprising. The Kuftariyya appeals to social strata generally higher than other Sufi brotherhoods in Syria, especially small merchants and junior functionaries. It has a female wing under Kuftaro’s younger daughter, Wafa’, who propagate his message among women in weekly lectures in the Abu al-Nur Foundation, where she also conducts the dhikr, and in various mosques in Damascus.[32] Kuftaro regards himself in addition as the spiritual father of the more independent female Sufi organization of the Qubaysiyya, which directs its attention to women from higher social classes. Members of this organization run highly appreciated private schools in Syria, and it has lately spread to other countries of the Middle East.

Faithful to the reformist tradition of the Naqshbandiyya, Ahmad Kuftaro seeks to adapt its path to the modern situation by propagating a learned and discreet form of Sufism which is based on the Qur’an and the shari‘a. Particularly under the inspiration of the Indian scholar Abu al-Hasan al-Nadwi, he also stresses engagement in social affairs and rejects monastic mysticism (rahbaniyya) as a major cause of the social and cultural weakening of Islam.[33] The focus of Kuftaro’s reformist activity lies in the sphere of education. On the basis of the Abu al-Nur Foundation, where he himself continues to deliver a weekly lesson in front of thousands of people, Kuftaro has founded numerous religious institutions, from private schools for boys and girls to an Islamic center of higher education which since 1992 has provided Ph.D. degrees in Islamic Law. To enhance the prestige of the foundation, he formed connections with various universities in the Muslim world – in Libya, Pakistan and Sudan – as well as in North America, where an Abu al-Nur Institute was opened in 1993 in Baltimore, Maryland. In view of the great importance that Kuftaro attaches to modern technology, the foundation also supports students of high-status professions, while inculcating in them its religious values. Some of his close relatives are themselves engineers trained in the West, and they helped him develop the Abu al-Nur Foundation beyond its strictly religious functions into an effective economic, social and political organization.

Yet in face of the fierce Salafi critique of Sufism, Ahmad Kuftaro has proved ready to go beyond the traditional reformism of the Naqshbandiyya and eventually adopt much of the discourse and argumentation of his rivals. In this endeavor, he downplays his relation to the great Naqshbandi masters of the past, including Shaykh Khalid,[34] while stressing his good relations with most moderate Islamists.[35] Moreover, once again in the footsteps of Nadwi,[36] Kuftaro suggests to do away with the Sufi terminology in favor of a strictly Qur’anic vocabulary. In this scheme of “spiritual education” (tarbiya ruhiyya) the terms tasawwuf and tariqa themselves are to be substituted by the less controversial ihsan and tazkiyat al-nafs.[37] Kufatro explicitly follows the Salafis in denouncing legal school partisanship and the practice of imitation (taqlid) in favor of individual reasoning (ijtihad). He likewise stresses the need to interpret Islam in relation to the present, and of being guided by reason, often declaring that religion is nothing but “mature reason”. On the other hand, Kuftaro and his associates are keen to demonstrate to the Salafis that the Sufis’ inner search of God has not diverted them from active participation in jihad.[38] Muhammad Sa‘id Ramadan al-Buti, a highly popular doctor of Islamic Law from the University of Damascus who is also affiliated to the Naqshbandiyya,[39] fully supports Kuftaro’s approach. In a book dedicated to the refutation of extreme Salafi positions, Buti approves of the shaykh’s terminology while showing, by way of ijtihad, that the dhikr and other Sufi practices are fully compatible with the Qur’an and the Sunna.[40]

Another aspect in which Ahmad Kuftaro departs from the traditional way of the Naqshbandiyya, in this case even beyond the reformism of the Salafis, concerns his propagation of the religion. As already mentioned, the Abu al-Nur Foundation has an active da‘wa department, which uses modern devices - from videotapes and audio cassettes to the Internet - to spread the shaykh’s message among both Muslim and non-Muslim audiences. For the latter, a collection of lectures translated into English was published in 1993 under the title “The Way of Truth”, and was expanded in a second edition in 1997. Kuftaro himself has exploited his extensive travels in an official capacity to present Islam and Sufism, his earliest visit being as early as 1966 to the United States.[41] His da‘wa is nevertheless characterized by an intentional ambiguity. On the one hand, Kuftaro adheres to the orthodox position, held by Naqshbandis and Salafis alike, that Islam is the final and most perfect religion; on the other hand, however, he points out that the three monotheistic religions stem from a common source, and further maintains that all denominations are different traditions of the one universal religion. In harmony with the latter position, also indicated in the title of his official website – Abrahamic religions - Kuftaro has been long engaged in interfaith dialogue, taking part in various conferences around the world and hosting delegations of clergymen, particularly Christian, in the Abu al-Nur mosque. In recent years his interests have expanded to include other issues of international concern, notably those of human rights and the environment.[42]

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Students of the Syrian religious scene assess differently the special relations between Ahmad Kuftaro and the Asad regime. Thus the more affirmative Geoffroy counts the shaykh among those resilient men of religion, mostly from Damascus, who have sought to assuage the hostility of the Ba‘th and avoid complete rupture. The accusations against his compromising stands are, according to this interpretation, nothing but the age-old claim about the corruption of ulema in the service of rulers.[43] Stenberg, on his part, stresses the fact that although Kuftaro may be allied with – or even controlled by – the Syrian regime, he also can influence the political leadership through his position as the highest religious authority at the head of a large religious movement.[44] He however concurs with Böttcher’s view of Kuftaro as a tool in the Islamic policy of the regime,[45] and with De Jong’s assertion that the cultivation of the Kuftariyya seems to have been designed to weaken the position of the politically unreliable Naqshbandi shaykhs of the north and northeast.[46] In my view, its cultivation was more specifically aimed at offsetting the influence of Sa‘id Hawwa, the foremost ideologue of the Islamic opposition in Syria, who was deeply attached to Sufism in general, and to the northern branch of the Naqshbandiyya in particular.[47]

The affinity between the ideas and discourse of the Naqshbandi brotherhood of Syria and its Salafis-Islamists, which has been noted even in the case of the state-backed Kuftaro, was much more pronounced in the north, where disciples of Abu al-Nasr Khalaf were instrumental in founding local branches of the Muslim Brothers in the 1930s and 1940s. Outstanding among these Naqshbandi-oriented Brothers were Muhammad al-Hamid (1910-1969) in Hamah and ‘Abd al-Fattah Abu-Ghudda (1917-1997) in Aleppo.[48] Under the rule of the Ba‘th, Abu-Ghudda emerged as the leader of the Islamists’ northern faction, while Sa‘id Hawwa (1935-1989) perpetuated Hamid’s work on the national level. Sufism permeates Hawwa’s entire oeuvre, one of the expressed aims of which was to familiarize the Islamic movement with the reformist Sufi tradition and thus provide it with a spiritual “depth”. In a series of books he dedicated to the subject, notably Tarbiyatuna al-ruhiyya and al-Mustakhlas fi tazkiyat al-anfus, Hawwa in all probability preceded Kuftaro in deemphasizing the Sufi vocabulary.[49] Indignant, though, at the Damascene shaykh’s complicity with the un-Islamic Ba‘th, he went beyond the latter’s rejection of rahbaniyya to elaborate upon Nadwi’s complementary concept of rabbaniyya, making it the basis for a sociopolitical alternative. Through this concept, Hawwa conceived of a grass-roots organization, a popular supra-brotherhood as it were, that would unite all the Islamic forces in the country and lead them in the struggle for religious revival in general, and against the secular tendencies of the Ba‘th in particular.[50] The Hamah uprising of 1982, and its brutal suppression by Asad’s regime, left Kufatro’s accommodating collaboration the only alternative open before the Syrian Naqshbandiyya.

Sufi manifestations in contemporary Israel differ considerably from those in Syria in both their scope and the identity of the brotherhoods involved. The differences go back to Ottoman Palestine, in which the Sufi brotherhoods were less organized and of a more limited social significance. The Naqshbandiyya has never struck roots here, its presence being generally restricted to a zawiya run by Uzbeks in Jerusalem, while the Mawlawiyya and Rifa‘iyya had practically disappeared, the first already by the beginning of the twentieth century, the other in 1948.[51] Three brotherhoods - The Qadiriyya, Yashrutiyya and Khalwatiyya-Rahmaniyya were able to adapt themselves to the Israeli realities, in ascending order of success. Various local groups of the Qadiriyya were active in Palestine during Ottoman times, in both towns and villages. These groups disintegrated in 1948, but in recent years new ones appeared, in the same fragmented manner, under leaders who received the path from different shaykhs in the West Bank and Gaza. They include Sa‘id Abu-Laban, a descendant from the leading Qadiri family of Ottoman Ramla which was responsible for the ziyara at Nabi Salih’s tomb; ‘Abd al-Salam Manasara, an ex-Communist from Nazareth who adheres to a more sober type of Sufism; and the charismatic though controversial Abu Filastin from Sahnin in the Lower Galilee. In some cases, to fortify their standing, the shaykhs combine with the Qadiriyya other affiliations such as the Rifa‘iyya and ‘Alawiyya.[52]

The Yashrutiyya, whom we met in the refugee camps of Syria and Lebanon, introduced into Palestine a more organized type of Sufism during the last decades of Ottoman rule. Retaining its essentially centralized structure, the brotherhood was able to attract a wide membership throughout the country well into the British Mandate. Its fortunes were severely affected, however, by the events of 1948, when Muhammad al-Hadi, the founder’s grandson, moved with many of his followers to Beirut. Several zawiyas were lost during the battles, and in 1952 the economic basis of the mother lodge in Acre was further undermined as most of its awqaf were confiscated. After 1967, the Yashrutis in Israel regained some of their former strength as they were allowed to establish contacts with adherents in the West Bank and Gaza, as well as in other parts of the Muslim world. The main figure in this renewed activity was Ibrahim Abu al-Hashish of Umm al-Fahm, where the largest concentration of Yashrutis is found today. With contributions from abroad the zawiya in Acre was also renovated, al-Hadi being buried there beside his fathers in 1981 with Israel’s permission.[53] His son Ahmad occasionally visits the lodge and conducts a celebrated dhikr, but otherwise activity is limited to the religious festivals, notably the Prophet’s mawlid.[54]

Much more successful in its accommodation to the Israeli realities is the Rahmani branch of the Khalwatiyya, a brotherhood that eventually disappeared in other parts of the Syrian lands. This branch was founded immediately after World War I by ‘Abd al-Rahman al-Sharif, a former deputy (muqaddam) of the Yashrutiyya in Hebron who switched to the Khalwati silsila returning to the great reviver of the brotherhood in the eighteenth century, Mustafa al-Bakri. In his footsteps, the Rahmaniyya has propagated, possibly as a counterbalance to the antinomian tendencies among the rural Yashrutiyya, a reformist type of Sufism combining strictly following the Qur’an and the Sunna with the pursuit of worldly concerns.[55] Splitting after the founder’s death in 1925, his most outstanding khalifa, Husni al-Din al-Qasimi, established himself in the village of Zayta, and further spread the path to the villages that now form the Triangle area in Israel.[56] Most important among these is the lodge in Baqa al-Gharbiyya, which four successive sons of Husni al-Din, the last being the present shaykh ‘Abd al-Rauf al-Qasimi, managed by keeping cordial relations with Israeli authorities to develop after 1967 into an impressive religious-educational complex. It includes both a large mosque-zawiya where a regular dhikr is held for both men and women in separate rooms, and a rapidly expanding Islamic College, which was opened in 1989 and is served by a modern academic library. Enjoying the official recognition of the Ministry of Education, the college has currently more than five hundred students.[57]

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Finally attention should be drawn to an Israeli version of the tariqa Ibrahimiyya. Although, as in Syria, this way aims at enhancing an interfaith dialogue, in Israel it was founded by a Jewish group, including a conservative Rabbi and academic scholars, who relate themselves to the Jewish Sufi tradition inaugurated by Rabbi Abraham son of Maimonides in the thirteenth century. The members used to meet to read Sufi texts and perform the dhikr under the guidance of Muslim Sufi shaykhs. These activities were interrupted following the break of the last Intifada in 2000, but recently they have been renewed.[58]

Although clearly losing ground in the face of the multi-faceted challenge mounted against it through the twentieth century, Sufism is still conspicuously present in many countries of the contemporary Muslim world. As the cases of Syria and Israel show, among the diverse Sufi traditions, it was primarily the reformist brotherhoods of the pre-modern era, particularly the Naqshbandiyya but also the Shadhiliyya and the Khalwatiyya, which proved most capable of adjusting to the modern circumstances. Adopting a seemingly paradoxical strategy of accommodating one agent of modernity or another - western rationalism, Islamic fundamentalism or, most importantly, the all-powerful State – by the close of the century branches from these brotherhoods have managed not merely to preserve their mystical traditions, but also at times to expand into new enterprises in the educational, socioeconomic and political realms.

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[1] For a general discussion of the debate on Sufism in the twentieth century, see Carl W. Ernst, Sufism: An Essential Introduction to the Philosophy and Practice of

the Mystical Tradition of Islam (Boston: Shambhala, 1997), 199-228; Elizabeth Sirriyeh, Sufis and Anti-Sufis: The Defence, Rethinking and Rejection of Sufism in the Modern World (Richmond, Surrey: Curzon Press, 1999), chs. 4-6.

[2] Fred de Jong, “Les confréries mystiques musulmanes au Machreq arabe,” in Alexandre Popovic and Gilles Veinstein (eds.), Les Ordres mystiques dans l’Islam: Cheminements et situation actuelle (Paris: Editions de l’EHESS, 1986), 214.

[3] Linda Schatkowski Schilcher, Families in Politics: Damascene Factions and Estates of the 18th and 19th Centuries (Stuttgart: Steiner Verlag, 1985), 194-196; Zaim Khenchelaoui and Thierry Zarcone, “La Famille Jilânî de Hama – Syrie (Bayt al- Jilânî),” Journal of the History of Sufism, 1-2 (2000), 61-71.

[4] On Fariz al-Kaylani, see Muhammad Muti‘ al-Hafiz and Nizar Abaza, Tarikh ‘ulama’ Dimashq fi al-qarn al-rabi‘ ‘ashar al-hijri, (3 vols. Damascus: Dar al-fikr, 1986-1991), 3: 363-365.

[5] Eric Geoffroy, “Sufism, réformisme et pouvoir en Syrie contemporaine,” Égypte/Monde arabe 29 (1997), 17.

[6] Hanna Batatu, Syria’s Peasantry, the Descendants of its Lesser Rural Notables, and their Politics (Princeton: Princeton University Press, 1999), 107-108.

[7] On the Hilaliyya, see Julia Gonnella, Islamischer Heiligenverherung im urbanen Kontext am Beispiel von Aleppo (Syrien) (Berlin: Klaus Schwartz Verlag, 1995), 248-250, 261-263. Similar reasons are given for the actual disappearance of the Khalwatiyya from its once thriving center of Tripoli, see Daphne Habibis, “Change and Continuity: A Sufi Order in Contemporary Lebanon,” Social Analysis 31 (1992), 49-50.

[8] Paolo Pinto, “Proof and Experience: the Construction of Religious Identity in the Sufi Zawiyas of Aleppo, Syria,” a paper read at the 16th Middle East History and Theory Conference, University of Chicago, May 11-12, 2001, 3-8; ‘Abd al-Qadir ‘Isa, Haqa‘iq ‘an al-tasawwuf (5th ed. Damascus: Mu’assasat al-Sham lil-tiba‘a wal-tajlid, 1993).

[9] www.turath.org/Events/Dervishes.htm. See also the discussion in Ernst, 191-194.

[10] De Jong, “Machreq arabe,” 212-214; Pierre-Jean Luizard, “Le Moyen-Orient arabe,” in Alexandre Popovic and Gilles Veinstein (eds.), Les voies d’Allah (Paris: Fayard, 1996), 361-362.

[11] De Jong, ibid., 215-216; Gonnella, 118-119, 263-268. For Mahmud al-Shaqfa, see Johannes Reissner, Ideologie und politik der Muslimbrüder Syriens von den Wahlen 1947 bis zum Verbot unter Adīb aš-Šišaklī 1952 (Freiburg: Klaus Schwarz Verlag, 1980), 427-428.

[12] Butrus Abu-Manneh, “Sultan Abdulhamid II and Shaikh Abulhuda al-Sayyadi,” Middle Eastern Studies, 15 (1979), 131-153; Batatu, 107-108.

[13] Ibid., 105-108.

[14] Pinto, 8-14. For the practice of piercing the body with a shish, see also Gonnella, 74-76.

[15] Eric Geoffroy, “L’empreinte de la sainteté,” in Anne-Marie Bianquis (ed.), Damas: Miroir brise d’un Orient arabe (Paris: Éditions Autrement, 1993), 166-169.

[16] Ibid, 169-174. On Ahmad al-Harun see also Hafiz and Abaza, 753-762.

[17] Muhammad Abu al-Yusr ‘Abidin, Hakaya al-Sufiyya (Damascus: Dar al-basha’ir, 1993).

[18] On the history of the brotherhood see Josef Van Ess, “Libanesische Miszellen, 6: Die YašruÔīya,” Die Welt des Islams, 16 (1975), 1-103; Itzchak Weismann, Taste of Modernity: Sufism, Salafiyya, and Arabism in Late Ottoman Damascus (Leiden: Brill, 2000), 219-224, 252-255.

sufi-6.jpg[19] De Jong, “Machreq arabe,” 217-218.

[20] Weismann, Taste of Modernity, 197-198.

[21] Ibid., 255-256; De Jong, ibid., 216.

[22] Su‘ad al-Hakim, al-Mu‘jam al-sufi: al-hikma fi hudud al-kalima (Beirut: Dandara lil-tiba‘a wal-nashr, 1981).

[23] Mark J.R. Sedgwick, “The Heirs of Ahmad Ibn Idris: The Spread and Normalization of a Sufi Order, 1799-1996,” (Ph.D. Dissertation, University of Bergen, 1998), 235-247, 266-277.

[24] See Martin Lings, A Sufi Saint of the Twentieth Century - Shaykh Ahmad al-‘Alawi: His Spiritual Heritage and Legacy (2nd ed. London: George Allen & Unwin, 1971); Mark Sedgwick, “Traditional Sufism”, Aries 22 (1999), 3-24.

[25] See the entries on Muhammad al-Hashimi and Muhammad Sa‘id al-Burhani in Hafiz and Abaza, 747-751, 794-804; as well as ‘Isa, 618-631, and Muhammad Riyad al-Malih, al-‘Allama Muhammad Sa‘id al-Burhani: Arba‘un ‘amm fi mihrab al-tawba (Damascus: n.p., 1387 A.H.).

[26] Geoffroy, “Sufism, réformisme et pouvoir,” 17-18.

[27] See my two articles, “The Forgotten Shaykh: ‘Isa al-Kurdi and the Transformation of the Naqshbandi-Khalidi Order in Twentieth Century Syria,” Die Welt des Islams 43 (2003), 273-293; and “Sa‘id Hawwa: The Making of a Radical Muslim Thinker in Modern Syria,” Middle Eastern Studies 29 (1993), 607-611.

[28] De Jong, “Machreq arabe,” 214-215; Gonnella, 224, 269-270.

[29] On Nazim al-Qubrusi and his international activity, see Muhammad Hisham Kabbani, The Naqshbandi Sufi Way: History and Guidebook of the Saints of the Golden Chain (Chicago: Kazi Publications, 1995), 375-408; Habibis, 44-78; Annabelle Böttcher, “The Naqshbandiyya in the United States”, www. naqshbandi.net/haqqani/features/ Naqshbandiyya_in_us.htm.

[30] For biographical details, see Muhammad Habash, al-Shaykh Amin Kuftaru fi dhikra khamsin ‘am ‘ala wafatihi (Damascus: Dar al-ma‘rifa, 1989); idem, al-Shaykh Ahmad Kuftaru wa-minhajuhu fi al-tajdid wal-islah (Damascus: Dar al-nur, 1996).

[31] My description of the Kuftariyya and its working is mainly based on the following sources: Annabelle Böttcher, Syrische Religionspolitik unter Asad (Freiburg, 1998), 147-223; Leif Stenberg, “Naqshbandiyya in Damascus: Strategies to Establish and Strengthen the Order in a Changing Society,” in Elisabeth Özdalga (ed.), Naqshbandis in Western and Central Asia (Istanbul: Swedish Research Institute, 1999), 101-116; Geoffroy, “Sufism, réformisme et pouvoir,” 11-18.

[32] See also Annabelle Böttcher, “L’élite féminine kurde de la Kaftariyya: une confrérie Naqshbandi Damascène,” in Martin van Bruinessen (ed.), Islam des Kurdes (Paris: ERISM, 1998), 125-139.

[33] See Abu al-Hasan ‘Ali al-Hasani al-Nadwi, Rabbaniyya la rahbaniyya (4th ed. Beirut: Mu’assasat al-risala, 1986). On his acquaintance with Kuftaro see idem, Mudhakkirat sa’ih fi al-sharq al-‘arabi (2nd ed. Beirut: Mu’assasat al-risala, 1975), 224-225, 236-238.

[34] Stenberg, 109.

[35] ‘Imad ‘Abd al-Latif Naddaf, Al-Shaykh Ahmad Kuftaru yatahaddath (Beirut: Dar al-rashid, 1997), 150-192. Stenberg reports that among Kuftaro’s young adherents the ideas of Hasan al-Banna are well-known and widely discussed.

[36] Nadwi, 7-11.

[37] For an exposition of this doctrine in the context of the anti-Salafi debate, see Muhammad al-Shaykhani, al-Tarbiya al-ruhiyya bayn al-Sufiyyin wal-Salafiyyin (Damascus: Dar Qutayba, 1990), esp. 191-195, 287-297.

[38] Ibid., 299-303. For a widely acclaimed historical exposition of the Sufi’s contribution to jihad struggles, see As‘ad al-Khatib, al-Butula wal-fida’ ‘inda al-Sufiyya (Damascus: Maktab al-Ghazali, 1995).

[39] See Andreas Christmann, “Islamic Scholar and Religious Leader: a Portrait of Shaykh Muhammad Sa‘id Ramadan al-Buti,” Islam and Christian-Muslim Relations 9 (1998), 149-169.

[40] Muhammad Sa‘id Ramadan al-Buti, Al-Salafiyya: marhala zamaniyya mubaraka, la madhhab Islami (Damascus: Dar al-fikr, 1988), 189-209.

[41] On Kuftaro’s philosophy of da‘wa, see Wahid Taja, al-Khitab al-Islami al-mu‘asir: muhawarat fikriyya (Aleppo: Fussilat lil-dirasat wal-tarjama wal-nashr, 2000), 21-34.

[42] See Naddaf, 120-149; www.abrahamicreligions.com/kuftaro/Interfaith.htm and www.abrahamicreligions.com/kuftaro/Environment.htm. For meetings with German and Swiss delegations see Naddaf, 295-309, and with an American delegation, see Syria Times, 18 December 1999, www.islamic-study.org/new

[43] Geoffroy, “Sufism, réformisme et pouvoir,” 17.

[44] Stenberg, 106-107.

[45] Böttcher, 149.

sufi-7.jpg[46] Frederick De Jong, “The Naqshbandiyya in Egypt and Syria. Aspects of its History, and Observations Concerning its Present-Day Condition,” in Marc Gaborieau, Alexandre Popovic and Thierry Zarcone (eds.), Naqshbandis: cheminements et situation actuelle d’un ordre mystique musulman (Istanbul and Paris: ISIS, 1990), 600.

[47] For his biography, see Itzchak Weismann, “Radical Muslim Thinker”, 601-623.

[48] For Abu-Ghudda, who was a disciple of Khalaf’s deputy ‘Isa al-Bayanuni, see Hanna Batatu, “Syria’s Muslim Brethren,” Merip Reports 110 (1982), 14; Muhammad ibn ‘Abdallah Al Rashid, Imdad al-fattah bi-asanid wa-muruyyat al-Shaykh ‘Abd al-Fattah (Riyadh: Maktabat al-Imam al-Shafi‘i, 1999), esp. 149-150, 152; and www.aboghodda.com. For Hamid see my, “Religious Strife on the Periphery: Sufi Populists, Salafi Ideologues, and Muslim Brothers in Twentieth-Century Hamah,” forthcoming in International Journal of Middle East Studies.

[49] Sa‘id Hawwa, Tarbiyyatuna al-ruhiyya (2nd ed. Amman: Maktabat al-risala al-haditha, 1981), 6-8. See also the discussion in Geoffroy, “Sufism, Réformisme et Pouvoir,” 12-13.

[50] Itzchak Weismann, “Sa‘id Hawwa and Islamic Revivalism in Ba‘thist Syria,” Studia Islamica 85 (1997), 131-154.

[51] F. De Jong, “The Sufi Orders in Nineteenth and Twentieth-Century Palestine,” Studia Islamica 58 (1983), 149-158, 167-174.

[52] De Jong, “Machreq arabe,” 221-223; Luizard, 364-365; Arnon Dancho, “Ha-techiya shel ha-Sufim (The Revival of the Sufis),” Eretz ve-Teva 53 (1999), 45-53.

[53] De Jong, “Palestine,” 179-180.

[54] Interview with Ibrahim Satal, attendant at the Shadhiliyya-Yashrutiyya complex in Acre, 7 August, 2002.

[55] ‘Afif ibn Husni al-Din al-Qasimi, Adwa’ ‘ala al-tariqa al-Khalwatiyya al-Jami‘a al-Rahmaniyya (n.p., 1997).

[56] De Jong, “Palestine,” 175; idem, “Machreq arabe,” 220. For the Rahmani silsila see Qasimi, 4-7. For the activities of its successive shaykhs, ibid., 59-63.

[57] Interview with ‘Adil Badran, chief librarian of the Islamic College, Baqa al-Gharbiyya, 28 October, 2002.

[58] Zohara Ron, “Be-Darko shel Avraham (In the Path of Abraham),” Masa Akher 111 (2000), 83-88.

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dimanche, 18 septembre 2016

Le cri d’alarme des soufis contre le wahhabisme

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Le cri d’alarme des soufis contre le wahhabisme

Par Yves Montenay

Ex: http://www.contrepoints.org

Les musulmans soufis sont très nombreux mais mal connus. Ils n’ont pas les moyens financiers des missionnaires wahhabites qui inondent les chaînes de télévision et les mosquées. Leur « islam de tolérance et d’amour laissant sa liberté à l’individu. » est raillée par les ignorants.

Pour les soufis, le wahhabisme est une dégénérescence de l’islam

Le soufisme est une variante individualiste de l’islam, répandue à ma connaissance au moins en Afrique du nord et de l’ouest ainsi qu’en Turquie, mais probablement aussi dans l’ensemble du monde musulman. Elle n’est pas recensée, étant souvent discrète s’agissant d’une opinion personnelle et non d’un culte public. Ses confréries sont toutefois visibles là où elles sont très majoritaires, par exemple au Sénégal.

Laissons les soufis se présenter via l’un d’entre eux, Zaïm Khenchelaoui (EHESS, Paris), membre du comité de rédaction de plusieurs publications scientifiques relatives au soufisme et membre fondateur de l’Union mondiale du soufisme qui vient d’être créé en Algérie. Il résume le soufisme par les fameux vers d’Ibn Arabi, dont on fête le 850e anniversaire :

« Mon cœur devient capable de toute image / Il est prairie pour les gazelles / Couvent pour les moines / Temple pour les idoles / Mecque pour les pèlerins / Tablettes de la Torah et livre du Coran / Je suis la religion de l’amour / Partout où se dirigent ses montures / L’amour est ma religion et ma foi.».

souf.jpgCette citation explique l’existence de l’affirmation, souvent entendue avec scepticisme : « l’islam est une religion de tolérance et d’amour ». Elle est surtout répandue dans le monde soufi ou son environnement dans certaines populations maghrébines ou turques.

Zaïm Khenchelaoui précise que le soufisme prône l’acceptation de l’autre dans sa différence et le devoir de miséricorde, « rahma ». La prière de tous les musulmans se fait d’ailleurs au nom d’Allah le miséricordieux. Il estime que le soufisme serait le véritable islam originel. Privilégiant la recherche en soi-même, il n’est pas un mouvement prosélyte, contrairement au wahhabisme qui appuie sa diffusion par les importants moyens financiers des pays de la péninsule arabique. Ce qui fait que la destruction militaire de l’État Islamique, bien sûr utile, ne résoudra pas le problème.

Pour Zaïm Khenchelaoui, le wahhabisme est la matrice idéologique commune à toutes les sectes exterminatrices soi-disant musulmanes. Il estime urgent de s’attaquer au discours takfiriste (« les autres musulmans sont des apostats qu’il est légitime de tuer ») diffusé par les wahhabites. Ce discours est répercuté à travers les mosquées, les chaînes de télévision et internet, « et jusqu’à nos salles de sport (en Algérie) » ; c’est la secte la plus dangereuse qu’ait connue l’histoire de l’humanité. Elle devrait être prohibée en France, comme la secte de scientologie ou celle du Temple solaire. Elle est d’ailleurs interdite en Russie.

Le géopolitologue français Jean-Michel Vernochet, auteur de Les égarés : le wahhabisme est-il un contre-islam ?, confirme cette analyse :

« Nous sommes face à une Internationale wahhabite qui échappe désormais à tout contrôle. Avec le temps, cette mouvance est devenue une forme de religion autocéphale disposant de son livre sacré qui a supplanté même le Coran : le Tawhid d’Al Wahhâb, fondateur du wahhabisme. »

Wahhabites contre Frères musulmans dans les pays du Golfe

Les émirats sont wahhabites, et à ce titre opposés aux Frères musulmans, car ces derniers sont des sunnites plus classiques, souvent nationalistes et opposés aux régimes des monarchies du Golfe. Cette vieille opposition vient de se réveiller : les officiels de ces pays estiment que leur chef, Qaradhawi, est « le mufti des attentats-suicides » et devrait être traduit en justice. Bien sûr, ces officiels pensent aux attentats qui ont eu lieu en Arabie, et non ailleurs dans le monde. Je laisse les théologiens apprécier si ceux de l’État Islamique sont d’inspiration wahhabite ou non.

Quelle liberté de conscience au Maroc ?

Le Maroc est un cas à part dans le monde musulman, le roi étant commandeur des croyants et l’influence soufie présente, bien que difficile à évaluer. Sa constitution garantit les libertés de pensée, d’opinion et d’expression. Il a signé la résolution sur la liberté de conscience et de religion du Conseil des droits de l’homme. Mais son Code pénal condamne le prosélytisme des autres religions, et la pratique policière n’est pas toujours indulgente envers certains comportements « immoraux » qui nous paraissent totalement anodins. Voir par exemple l’article de Figaro Madame sur l’immoralité du bikini largement repris sur l’Internet marocain.

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C’est dans ce contexte que l’association Bayt Al Hikma, qui reprend l’appellation des « maisons de la sagesse » de l’âge d’or de l’islam, a remis en février dernier au ministre de la Justice du gouvernement (modérément) islamiste un mémorandum en faveur de la liberté de conscience, à l’initiative de son président Fettah Bennani.

Les écoles coraniques maintenant sur Internet

Les écoles coraniques sont les lieux où l’on apprend à lire et réciter le Coran.

D’après un reportage au Pakistan de The Economist du 20 août 2016, elles multiplient les cours à distance, surtout à destination des croyants européens, mieux équipés et plus riches que les populations locales (environ 15 $ la demi-heure). Mais la concurrence s’est intensifiée et il y a des prix d’appel.

À mon avis, s’agissant de Pakistanais, l’islam enseigné est celui de la variante déobandie, que l’on peut grossièrement qualifier de « wahhabisme local », bien qu’elle se soit développée indépendamment. Il faut toutefois préciser que l’arabe coranique est nettement différent de l’arabe standard d’aujourd’hui, ce qui ne permet pas aux non-arabophones d’acquérir une pratique de la langue et exclut d’autres matières, scientifiques par exemple. Ce ne sont donc pas des écoles au sens occidental du terme, ce qui entraîne des malentendus dans les statistiques de scolarisation de certains pays à certaines époques.

Fethullah Gülen, rétrospectivement

Le supposé commanditaire du coup d’État manqué en juillet dernier en Turquie écrivait en décembre 2015 dans Le Monde :

« Je suis triste et révolté face au carnage perpétré par les groupes terroristes du soi-disant État islamique. Je partage la frustration du milliard et demi de musulmans (qui les voient) draper de religion leurs idéologies perverties. Nous, musulmans, avons une responsabilité particulière ; il nous incombe non seulement de joindre nos mains à celles des autres humains pour sauver notre monde du fléau du terrorisme et de la violence extrémiste, mais encore de restaurer l’image ternie de notre foi… le véritable test pour la croyance, ce ne sont ni les slogans, ni le fait de s’habiller de telle manière… c’est de vivre en conformité avec les principes fondamentaux communs à toutes les grandes religions du monde, tels que la préservation du caractère sacré de la vie humaine et le respect de la dignité de tous les êtres humains. »


Aux Turcs de commenter…

lundi, 18 juillet 2016

Islam: The Magian Revolution

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Islam: The Magian Revolution

Western academics and media-types write a lot of drivel about Islam. Part of the problem is there is a dearth of good information, and a bounty of superficial, politically self-serving garbage. But the real problem is misplaced emphasis. Western experts and commenters are used to thinking of history in simplistic terms--as the story of human progress. This model might be a good fit for Euro-American history, it is at least workable. But the progressive model falls apart when applied to the history of Islam. Islam’s heights seem to correspond to the West’s depths, and vice-versa. The “Progress” model causes Westerners to ask the wrong questions about Islamic history. “What went wrong?” “Why has the Middle East been so beset by violence?” “When will Islam adopt modern political and ethical principles?”

This misguided criticism has two faces--liberal and reactionary. Both sides share a simplistic view of history--that millennia-long, worldwide advance of the human spirit. But each side approaches its subject with different motives. Liberals, who dominate public discourse on the subject (surprise), assume the intrinsic goodness of all people. “Islam is peace” (eye roll). They feel good when they can cite examples of seemingly precocious modernism, such as early Muslim rulers’ tolerance (in the strictest sense) for religious minorities. It makes them feel good to contrast these anecdotes with the supposedly unrelenting fanaticism of Euro-Americans throughout the Middle Ages and the Early Modern period, the 19th and 20th centuries, up to and including last week. This rosy, Islamophilic picture is not really about Islam. It is just another stick with which to beat guilt into the Euro-American historical conscience.

The liberal position, while dominant, does not go unchallenged. On the other side are the reactionaries. They are “reactionaries” because they have no real position on Islam, they only know that the liberals are wrong, and reflexively counterattack. Theirs is a form of hypercriticism, given to denying long-established facts and trends of Islamic history with little or no justification other than to refute the Islamophiles. Given the current situation in the West, their excesses are understandable. But the reactionaries’ zeal leads them to stake out indefensible positions. Many of them are have ulterior motives--some are pro-Jewish fanatics or apologists for imperialism, others are democratic ideologues. But they share a defect. They lack a healthy, Faustian drive to pursue universal Truth--whether we like its conclusions or not.

Both approaches fail for two reasons. First, neither affords its subject the proper attitude of “sympathetic criticism.” The student must devote himself to understanding a culture on its own terms--learning its languages, reading its history and literature--all the while imagining things from its perspective. Once he has done this, he can render judgment on its ethics, its cultural attainments, and its overall importance to history. This was the approach of the great orientalists of the late 19th and early 20th century. They devoted tremendous intellectual effort to comprehending Islamic civilization, yet they were unafraid to pass judgment on its shortcomings. The liberals have no aptitude for criticism, the reactionaries have none for sympathy.

Second, the liberals and reactionaries neglect the questions of philosophical history. It is from this oversight that they fall into their assumption of perpetual historical progress. But there is a better way. One hundred years ago, Oswald Spengler reframed the discussion of history by tearing down an idea of progress (at least as it is commonly understood). His “Copernican revolution” in historical thought worked wonders for the study of Classical civilization and Europe, but it would prove even more effective for understanding the meaning of Middle Eastern history. Spengler shifted the emphasis away from time and toward Cultures. Following Spengler, we can understand how meaningless most of the questions posed by conventional commenters are, and begin to see Islam for what it really is.

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The Magian Reformation

Spengler rejected the conventional historical focus on religions and polities. He saw these as merely superficial expressions of something deeper--the Culture. Cultures, in Spengler’s scheme, are a complex of peoples who share a world-outlook. This outlook--the spirit of a Culture--drives it to produce or adapt a religion. “Religion” is the outward expression of the world-outlook and includes such things as prayer rituals, religious architecture, calligraphy, and sculpture. For example, while Euro-Americans and Korean evangelicals may both be “Christians,” they do not belong to the same Culture, because their world-outlooks differ so drastically, despite their notionally common religion. A present-day American protestant has more in common, spiritually, with a 9th-century Norse pagan than with a modern-day Korean convert, despite professing the same doctrines. Cultures are the basic unit by which to analyze history.

Islam is part of the “Magian” Culture. In his Decline of the West, Spengler defines the Magian Culture as comprising the Muslim Arabs, but also many pre-Islamic Middle Eastern groups such as the Babylonian Jews, the Zoroastrians, the Coptic and Syriac Christians, as well as syncretic/heretical groups like the Manichaeans. It arose around the time of Christ and lasted until the 12th century when the anti-rationalist thinker Al-Ghazali dealt the deathblow to Magian philosophical speculation. All of subsequent Magian history was, in Spengler’s view, “civilization”--grandiose, bombastic, imperial, but sterile. No new philosophical or religious ideas could arise from the Magian world outlook. The culture had run its course.

So the birth of Islam does not represent the foundation of a new religion. It was, rather, a revolution in Magian religious thought. As such, it is analogous to the Reformation in Western history. Like Luther, Muhammad preached a puritanical systematization of earlier currents in the spiritual thought of his Culture. Muhammad and Luther were both anti-clerical, iconoclastic reformers who exhorted their adherents to build a more personal relationship with God. They both made the scripture accessible to the masses--Luther by translating the Bible into the vernacular, Muhammad by “receiving revelations” in easily memorized rhymed prose. After their deaths, their Cultures were unified the culture by marginalizing the earlier creeds and, at the same time, quickly spawning an array of heresies. The puritanical movements unleashed a storm, driving the post-reformation Europeans and post-Islam Magians to conquer half the world in a fanatical outburst of religious fervor--compare that to the religious and colonial wars of Europe in the 16th and 17th centuries.

Both movements, to a large degree, cleansed their cultures of foreign influence. Hellenistic influence on the Middle East, while not wiped out, was severely reduced in the first centuries of Islam. The Greek language, long the lingua franca of the Eastern Mediterranean, died out in Egypt and Syria, and later in Anatolia. To use Spengler’s term, Islam ended the Hellenistic pseudomorphosis (false-development) of early Magian Culture, allowing it to come into its own. Likewise after Luther, Northern Europe was free to work out its own cultural development. Free of Rome, the North underwent its own Renaissance. Florence and Rome were replaced by Nuremberg, Rotterdam, and Weimar. The Italian composers of the baroque were, by degrees, superseded by the likes of Bach and Handel. Thus Muhammad is not an Islamic Jesus, but a Luther. His movement, Islam, is a puritanical systematization of earlier currents in the Magian spirit.

Islam needs a Reformation

All this flies in the face of the conventional wisdom. Lacking any deeper insight into the place of Islam in history, the Mass-Media has been promoting a meme, “Islam needs a Reformation” eg: (WSJ and HuffPo). It makes sense superficially. Based on the conventional historical assumptions, one would compare Muhammad to Jesus as founders of world-religions. It follows then that Islam, having gotten a late start, is due for a reformation. After all, it’s been 14 centuries since Muhammad fled to Medina, and about the same duration separates Jesus from Martin Luther. The pre-Reformation Church superficially resembles current-day Islam.

But with a deeper understanding of history, comparing Jesus to Muhammad is preposterous. In contrasting the current state of the West and the Middle East, it would be ridiculous to set the two up as analogs. Jesus no longer matters to Faustian man. When the decadent West looks for myths and heroes, it looks for world-denying saints of Tolerance and Progress. New heroes must spring up or be manufactured--MLK and Gandhi, Anne Frank and Mother Theresa. Jesus would seem to fit the mold, but he is too bound-up in the popular imagination with the distant past. And in the popular imagination, History is Progress, therefore the farther back you go, the more evil everything is. But the West has absolutely no need for heroic men-of-the-world like Luther, so his place in our history is undervalued.

hitti8_BO1,204,203,200_.jpgBut the reborn Islamic fury, much pondered in the West, is not the necessary outcome of Islam’s doctrines. That the Middle East is still populated by “Muslims” is of less consequence than its stage of historical development. Islam is in winter. For centuries following the Crusades the Arabs and Persians were inactive. Islam’s last great conquests were not carried out by these “core-Magians,” but by the Berbers, Turks, and Mughals. And these imperial peoples could only prolong the agony of Magian decline. After c. 1500, the Magians had no meaningful history. They have endured wars and changes of dynasty, but no revolutions of thought or spirit. Classic histories of Middle East recognized this historical void--in over 750 pages of The History of the Arabs, the Lebanese Christian scholar Philip Hitti devoted less than 100 to anything after the 13th century.

What’s to be done

The liberal and reactionary views of Islam are shallow and polemic. They are worthless as history. Neither framework allows us to understand the relationship between Magian culture and ours because the Magians are actually ahead of us. Their decline did not begin in the 19th century, but in the 11th. Their reformation did not happen in the 16th century, but in the 7th.

Where are we now? Today’s situation resembles the era of the Crusades, with the roles reversed. Like Islam of the 1100s, the West has passed its peak. Our spirit is dying, our philosophy and art have ossified. We find ourselves beset by external enemies, barely able to summon the strength for our own preservation. Like Europe of the 1100s, the Middle East is the matrix of peoples--young, vigorous and aggressive.

What can we look forward to? If the West follows the same trajectory as Islam did after 1100, we are doomed. While Islam expelled the Crusaders and launched counteroffensives on its Eastern and Western frontiers, it only did so because it received infusions of fresh blood semi-civilized converts. These barbarian peoples adopted the outward forms of Magian Culture--Islam--but were unable to revive its spiritual vigor.

So contrary to the common view, the West does not face an ancient religious enemy. Islam died centuries ago--any invocation of its doctrines is now entirely superficial. The Arabs have for centuries wallowed in spiritual decrepitude. The “refugees” are not driven on by religious fervor, but simple greed, lust, and envy. They are not so much religious fanatics as they are zombies. Soulless and decrepit, they swarm to history’s last civilization. Do we still have the spirit to do what needs to be done?


Holland, Tom. In the Shadow of the Sword: The Birth of Islam and the Rise of the Global Arab Empire. New York: Doubleday, 2012.

Spengler, Oswald, and Charles Francis Atkinson. The Decline of the West: Perspectives of World-history. Vol. 2. New York: Alfred A. Knopf, 1957.

jeudi, 23 juin 2016

La fin de l’État islamique va-t-elle résoudre le problème terroriste?

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La fin de l’État islamique va-t-elle résoudre le problème terroriste?

Ex: http://www.middleeasteye.net

La défaite imminente de l’EI en Libye puis en Syrie et en Irak d’ici un à trois ans pourrait avoir pour conséquence une dispersion des combattants du groupe qui entraînerait une contagion terroriste et une multiplication des attentats

Le chaos libyen, conséquence directe de la désastreuse intervention occidentale, peut être synthétisé de la façon suivante : à l’Ouest, la Tripolitaine est actuellement aux mains de milices islamistes soutenues par le Qatar et la Turquie. Le groupe État islamique (EI) s’est implanté au centre, dans la zone de Syrte. À l’Est, le général Haftar à la tête des forces armées libyennes a mis la main sur une partie de la Cyrénaïque. Laquelle de ces trois forces va l’emporter ?

Les récents événements de Syrte indiquent un affaiblissement de l’État islamique au profit des islamistes de Misrata. Si jamais la poche de l’EI à Syrte venait à être définitivement liquidée, la situation du général Haftar s’en trouverait fragilisée. Il existe en effet une compétition entre les islamistes de Misrata et le général Haftar pour le contrôle du territoire libyen. Par conséquent, les combats actuels entre islamistes divergents auront probablement pour conséquence un affaiblissement des seules forces en mesure de les mettre en échec.   

L’implantation de l’État islamique en Libye s’est effectuée au moment de l’expansion initiale du proto-État en Irak. En 2015, le groupe eut alors pour projet l’idée d’une métastase en Afrique du Nord. Pour le professeur Bernard Lugan, spécialiste de l'Afrique, le choix de Syrte ne s’est pas fait au hasard. Cette ville se situe précisément à la frontière entre la Cyrénaïque et la Tripolitaine. La manœuvre devait permettre une implantation facile. Mais Syrte revêt également un intérêt stratégique dans la mesure où la ville commande la pénétrante qui s’enfonce du littoral vers la zone péri-tchadique. Cette ancienne voie caravanière devait ainsi permettre de rallier Boko Haram.

À l’heure actuelle, le pari de l’État islamique en Afrique du Nord a échoué. La principale raison réside en Syrie : l’efficacité des frappes russes dans ce pays, forçant l’État islamique à opérer un premier retrait après plusieurs mois de drôle de guerre où la coalition dirigée par les États-Unis se contentait de frappes périphériques, a obligé ces derniers à réagir. Afin d’éviter une victoire diplomatique et militaire au bénéfice exclusif de la Russie, une coopération informelle s’est mise en place entre Russes et Américains.

Frappant désormais au cœur et avec intelligence, les États-Unis ont retourné l’opinion publique des territoires soumis au contrôle de l’État islamique. Depuis quelques mois en effet, après une exécution publique, le bourreau est suivi par un drone puis liquidé. Ceci a eu pour conséquence d’instaurer un climat de terreur et de délation entre fractions rivales de l’EI.

Promis à une réduction prochaine et peut être à une destruction complète, les projets territoriaux de l’État islamique s’en sont trouvés affaiblis : à quoi bon opérer une connexion entre Syrte et Boko Haram si la base territoriale de l’État islamique en Syrie venait à disparaître ? L’étatisation du djihadisme est dans l’impasse. Il faut par conséquent s’attendre à ce que les quelques milliers de combattants nord-africains de l’État islamique se rallient à al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) afin de poursuivre le djihad sous un autre drapeau.

État islamique vs. AQMI

Or, ces deux organisations ne fonctionnent pas de la même manière. Malgré leurs ressemblances et des passerelles de recrutement entre eux, l’État islamique et al-Qaïda sont des concurrents. Ils se présentent comme deux faux-jumeaux en compétition, ce qui explique la surenchère dans une barbarie légitimatrice.

La première différence est politique : pour l’État islamique, il s’agit de construire un État et non de déstabiliser des États. Dès 2008, le mouvement opère une mutation stratégique dont le but est l’installation durable sur un territoire. Ce nouvel objectif entre en contradiction avec toute la politique djihadiste d’al-Qaïda, qui vise la déstabilisation et non l’étatisation.

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Cette différence politique a des conséquences militaires : pour Ayman al-Zawahiri, chef d’al-Qaïda, les membres de l’organisation doivent rester dans leur pays pour constituer une branche terroriste locale qui déstabilisera la société et contraindra les musulmans à se radicaliser. L’EI, en revanche, veut promouvoir l’émigration dans la nouvelle terre sainte.

La seconde différence est militaire : si le djihadisme de l’EI est parfaitement fidèle à la tradition médiévale sunnite, il a recours aux attentats-suicides avec plus de pragmatisme qu’al-Qaïda en Irak. Au Moyen-Orient, les attentats se fixent plus souvent sur des cibles militaires, tandis qu’al-Qaïda cherche d’abord le nombre de victimes.

La troisième différence est sociale : contrairement à la « vieille » al-Qaïda, perçue comme secrète et autoritaire, l’EI se veut moderne, ouvert, enraciné et urbain. Les cadres d’al-Qaïda sont généralement issus des élites sociales de leurs pays, contrairement à l’EI, où l’ascension est plus rapide, et la base plus populaire.

La quatrième différence tient au regard porté par ces organisations sur le monde. Autant al-Qaïda était soluble dans la mondialisation, autant l’État islamique a eu l’intuition que le monde de demain serait composé de nations. En renouant avec le passé, il a pris un temps d’avance.

Qu’entraînera la fin de l’État islamique dans la région et au-delà ?

Au Moyen-Orient, l’état des combats en Syrie-Irak permet de supposer raisonnablement une fin de l’EI d’ici un à trois ans, selon le pronostic d’Olivier Hanne, chercheur-associé à l'Université d'Aix-Marseille et aux Écoles militaires de Saint-Cyr. Ce délai ne concerne toutefois que la structure syro-irakienne, et non ses multiples filiales en Afrique, en Asie, en Sibérie et en Europe.

D’ici un à trois ans, nous pouvons donc poser l’hypothèse suivante : l’État islamique a été vaincu, le « calife » retrouvé mort et ses troupes décimées.

En Irak, la partition ethnico-religieuse du pays aura été consacrée, il sera devenu une fédération distendue. Côté syrien, Bachar al-Assad aura repris les territoires perdus avec l’aide des troupes russes, iraniennes et miliciennes. En revanche, les zones kurdes auront connu une double évolution : certaines auront obtenu leur autonomie de la part du régime ; d’autres auront été internationalisées à l’initiative de la Turquie, qui exercera sur elles un fort contrôle. Damas tentera alors de réinstaller l’hégémonie syrienne sur le Liban, avec le soutien du Hezbollah, saigné par la guerre mais considéré comme un vainqueur moral.

Enfin, plus d’une dizaine de milliers de combattants djihadistes se seront dispersés après la fin de l’EI dans les pays sunnites de la région, risquant d’entraîner une contagion terroriste. La défaite militaire de l’État islamique aura en effet pour conséquence inévitable la dispersion des combattants qui n’auront pas été tués, arrêtés ou désarmés. Aguerris et fanatisés, ces hommes pourraient reconstruire une nouvelle organisation et multiplier les attentats.

- Thomas Flichy de La Neuville est membre du Centre Roland Mousnier (CNRS) de l’Université Paris IV, Sorbonne. Ancien élève en persan de l'Institut National des Langues et Cultures Orientales (INALCO), Thomas Flichy de La Neuville est agrégé d'histoire et docteur en droit. Ses travaux scientifiques portent sur la capacité des civilisations à transmettre la vie sur la longue durée. Il est spécialiste du monde iranien et a publié notamment une Géopolitique de l'Iran aux Presses Universitaires de France.

lundi, 20 juin 2016

Kerbala ou la résistance contre Daech, quelques leçons

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Kerbala ou la résistance contre Daech, quelques leçons

par Maria Poumier

Ex: http://plumenclume.org

Les chiites du monde entier se rendent pendant dix jours au pèlerinage de Kerbala au mois de mai, pour commémorer la naissance de l’imam Hussein, qui allait être massacré ainsi que sa famille, en 680. Cette année, cela fait exactement deux ans, le 5 mai 2014, que Daech s’installait, à la surprise générale, en Irak, prenant le contrôle des gisements pétroliers, la mirifique richesse du pays.

Le chiisme perpétue la lignée familiale du fondateur de l’islam. C’est plus tard qu’apparaît une faction dissidente, celle qui revendique l’autorité de la sunna, la tradition arabe, contre celle des descendants du Prophète. Et le schisme s’installe précisément à Kerbala, lors d’une terrible bataille. En termes chrétiens, on peut parler d’hérésie et de rébellion contre la théocratie héréditaire incarnée par les chiites. Ceux-ci, héritiers du christianisme  oriental et particulièrement libanais, ont bâti une église centralisée à l’image de la papauté. C’est ce qui fait jusqu’à aujourd’hui leur force, même si chaque ayatollah conserve une grande autonomie, comme autant d’évêques locaux, ce qui ne va pas sans heurts.

Cette année, le 10 mai, puis le 11 octobre, anniversaire du martyre de l’imam Hussein (le troisième imam, 626-680), une histoire de cruautés et de perfidie révoltante est intensément revécue chaque année à Kerbala, ainsi que le souvenir d'Abbas, frère d'Hussein, symbole du dévouement et de la fidélité ; tous deux sont les fils de l’imam Ali (deuxième imam, 600-661), dont on vénère le mausolée à Najaf. Le pèlerinage de Kerbala fait écho à celui de Machhad, en Iran, où l’on commémore le martyre d’un autre imam encore, l’imam Reza, également assassiné dans des conditions atroces et déloyales (huitième imam, 765-818).

Les femmes pleurent et sanglotent dans les mosquées, comme si ces massacres étaient strictement contemporains. Les hommes aussi pleurent en public, et des groupes de pèlerins se flagellent dans les rues, comme les pénitents des Semaines saintes d’Andalousie et du Mexique s’infligent des pénitences. Des chants extraordinaires s’élèvent de partout, récits épiques transmis oralement comme nos chansons de geste ; les moments relevant  clairement du miracle improbable  donnent lieu à des fragments énigmatiques et intenses, comme dans le Romancero castillan ; psalmodies élégiaques, pauses sentimentales, psaumes bibliques déchirants adressés au ciel, très proches de la ligne mélodique du Cante jondo, s’enchaînent et se relaient. Cela se passe dans la rue, aux abords du sanctuaire. Les gens marchent en reprenant des refrains, hommes, femmes, couples, enfants, nourrissons, aïeules en chaise roulante. Des groupes de femmes s’assoient sur le trottoir pour écouter les bardes, elles cachent leurs sanglots dans les pans de leur voile. Les enfants sont parfaitement sages, sans se forcer le moins du monde, et ils offrent des bonbons aux passants. Les commerçants sont discrets, sous les arcades, il n’y a pas un touriste occidental pour attirer mendiants, publicité agressive ou profanation quelconque. Une belle cloche sonne un angélus inattendu : c’est l’horloge de style Big Ben qui jouxte la mosquée de l’imam Hussein. Et les lecteurs professionnels du Coran, toujours inspirés, fervents et contagieux, se succèdent dans les mosquées, tandis que résonnent, dans chaque ville, les appels des muezzins à honorer Dieu plutôt que le Veau d’or et autres idoles devant lesquelles s’abaissent si misérablement les impies, parmi lesquels nous  Européens, ne sommes pas les moins obscènes.

Le christianisme a organisé la piété naturelle et le besoin de catharsis partagée autour des images du Crucifié. Les Evangiles racontent que les Juifs et les Romains, en une mauvaise alliance politique de circonstance, furent les bourreaux d’un innocent tellement saint qu’il en est plus que surhumain. La dévotion chrétienne pour le Calvaire, avec tout le rituel de la Semaine Sainte, découlant de la lecture du récit de la Passion selon saint Marc, réitérée à chaque dimanche des Rameaux, est tout à fait comparable à l’émotion organisée autour du souvenir des imams assassinés, et de la reprise de chaque épisode, en détail, de la trahison. Mais le christianisme choisit deux mises à distance : nous ne tenons pas les Italiens d’aujourd’hui ni les juifs d’aujourd’hui pour les assassins de notre Jésus-Christ. Et nous refusons (à l’exception précisément des Nestoriens et des Jacobites, courants dominants du christianisme assyro-syriaque) de ne voir en lui qu’un mortel comme nous : le qualifier de saint ou de prophète parmi d’autres ne nous suffit pas : il est pour nous le fils unique de Dieu, consubstantiel au Père. Ces mises à distances sont deux sages barrières élevées contre des identifications précises qui pourraient porter les chrétiens à l’agression renouvelée et à la haine vengeresse sur des peuples bien réels, dont la permanence et la continuité au long de vingt siècles sont indiscutables. En revanche, nous ne refusons pas de pratiquer l’expressionnisme et de représenter avec le réalisme le plus intense le cadavre torturé du Christ, et chacun de ses bourreaux, avec le risque de nous prendre pour les nouveaux crucifiés par les abus de tel ou tel pouvoir. Mais nous ne considérons pas légitime de sauter sur aucun tortionnaire pour le crucifier à son tour, en bonne symétrie selon la loi du talion, la loi que partagent judaïsme et islam.

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Pour l’islam, la vengeance reste un devoir relevant du sens de l’honneur. Et ce n’est pas sanguinaire dans le sens unique où on l’entend dans le monde occidental, puisque le devoir de vengeance implique celui de mettre en jeu sa propre existence, de donner toute sa vie, de se sacrifier selon la logique du djihad, du dépassement de soi. Comme dans les temps les plus anciens de toutes les sociétés guerrières primitives, dans l’idéal d’un islam vivant, il n’est de mort digne que la mort au combat, dans l’acte de donner la mort à l’adversaire.

Le judaïsme, comme l’islam, refuse la représentation visuelle de ce qui bouleverse, mais comme l’islam, il réactualise constamment la légitime revanche contre les bourreaux : culte de la Shoah, superposition mémorielle de chaque épisode où des juifs se sont sentis persécutés parce que juifs, jusque dans le passé le plus lointain. Le slogan « Identify and indemnify »[1], « cultivons et renforçons l’identité juive afin de mettre en action des attaques et des exigences de réparation sans limite dans le temps ni dans l’espace », relève de la même logique ancestrale, datant sans doute de l’époque où une tribu ne pouvait survivre qu’à condition d’exterminer, sur le territoire revendiqué en propre, toute autre population humaine. C’est la logique du lion en son domaine. L’imam Hussein et son frère l’imam Hassan (deuxième imam, 625-669) sont représentés comme deux lions ensemble. Et les chiites sont les plus fervents tenants de la généalogie comme principe d’autorité indiscutable, chaque fils étant redevable de son présent et de son avenir envers toute la lignée mâle qui l’a amené à voir le jour.

Mais pour nous, le Christ est ressuscité, et le crime de ceux qui l’avaient crucifié s’en trouve minoré dans ses retombées, on peut et on doit, dans la fidélité au Christ, proposer la paix, la réconciliation, l’amour, et construire un avenir de coopération loyale avec les éventuels descendants de tel ou tel peuple qui ait pu dans le passé assassiner le Christ, des saints chrétiens ou de simples mortels chrétiens. Pour le pape comme pour nous tous qui nous appuyons sur cette logique de dépassement de l’humain tribal, les USA et autres impérialistes associés dans l’Otan sont les nouveaux hérétiques qui placent leur « sunna », leur tradition prédatrice propre, par-dessus les vrais commandements de Dieu, impliquant respect et protection réciproques.

Par ailleurs, les musulmans et leurs autorités sont des gens pragmatiques, et savent également pratiquer la négociation et l’alliance. Seuls les wahabbites continuent de prôner l’extermination de tout ce qui n’est pas de leur goût, et Daech est la mouvance qui peut, grâce à des financements étrangers, se permettre de prendre au pied de la lettre ces recommandations.

Or pour les chiites, dans chaque contexte précis, le passage à l’univers du pardon et de la construction en commun est particulièrement difficile. Ils ont, en dehors de l’Iran et de l’Irak où ils sont majoritaires, toujours constitué la minorité pourchassée, ce qui explique   d’ailleurs qu’ils soient si sensibles au thème de la justice, et de la révolution pour bâtir l’avenir selon le modèle khomeyniste. Pour s’en tenir au présent, ils héritent de trente années de guerre au nom de l’islam sunnite : 1980-88, Saddam Hussein lançait ses troupes contre l’Iran, et tentait d’y déporter tous les chiites irakiens ; bilan : entre 500 000  et 1.200.000 morts en tout. Les USA avaient vivement encouragé cette guerre, qui servait parfaitement leur dessein de renverser le pouvoir de Khomeiny et de reprendre le contrôle de l’Iran. Mais les sunnites autour de Saddam échouèrent. Alors les Bush et autres néo-conservateurs totalement identifiés aux intérêts israéliens entreprirent deux guerres pour se débarrasser d’un dictateur incapable et arraisonner l’Iran dès qu’ils auraient pris le contrôle de l’Irak. Second échec total : les militaires US ne peuvent circuler sur le sol irakien sans se faire abattre dans des embuscades, pas plus qu’en Afghanistan, et se sont retirés d’Irak en 2011. On nous dit que désormais, conscients de leurs limites et dépendant moins du pétrole irakien que par le passé, les US souhaitent charger les Iraniens d’administrer l’Irak. Ce n’est certainement pas pour renforcer le pouvoir régional iranien, mais pour mieux affaiblir les ingérables Irakiens ; partageant toujours le schéma israélien, la caste à la manœuvre aux US veut casser l’Irak en trois nouveaux Etats, l’Etat kurde chrétien au nord devant être le plus docile, et d’ailleurs celui qui détient une bonne part du  pétrole. Bassorah, l’autre région pétrolifère, a des raisons comme le Kurdistan de se laisser tenter par l’autonomie. C’est dans le cadre de cette stratégie qu’est encouragé Daech, ennemi juré des chiites, qui a annoncé vouloir réduire Kerbala en cendres. Et l’Arabie des Saoud a ses raisons pour répandre le plus féroce wahabbisme : elle veut que la Mecque ait l’exclusivité des offrandes des pèlerins, qu’ils cessent d’arriver là-bas au terme d’un parcours qui comprend les étapes de Jérusalem, Kerbala, Najaf et Médine, Kerbala continuant d’attirer non seulement les chiites, mais aussi les autres musulmans, à la recherche du contact physique avec la sainteté, au-delà des enjeux politiques du passé, tout à fait prêts à la cohabitation pacifique au présent.

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Dans ce contexte, patriotes chiites et sunnites irakiens savent parfaitement que la seule chance pour l’Irak de ne pas assister impuissants au démembrement de leur Etat consiste à présenter un front uni contre Daech. Le wafq sunnite de Bagdad Abdoulatif al Humayin le répète, tout comme le wafq chiite de Bagdad Saïd al Moussawi. Et quand on demande au chef sunnite du camp de déplacés de Mossoul installé à Kerbala s’ils souhaitent l’intervention d’ONG humanitaires occidentales, il est clair et direct : c’est d’intervention militaire contre Daech qu’ils ont besoin, avant tout. Ce camp abrite environ 8000 personnes, manquant d’eau, d’électricité, d’écoles et de soins médicaux…

Lors de la guerre contre l’Iran, nombre de chiites irakiens ont combattu pour l’Irak contre l’Iran, tandis que d’autres, sunnites, refusaient d’attaquer l’Iran ; maintenant, lorsque l’imam sunnite de Bagdad demande 5000 volontaires pour renforcer l’armée irakienne contre Daech, ce sont 20 000 jeunes hommes qui se présentent, de toute confession. L’autorité suprême résidant à Najaf, l’ayatollah al Sistani, est celui qui a lancé les troupes de volontaires au secours de l’armée irakienne pour combattre Daech, dès juin 2014. Il incarne la volonté d’unité des Irakiens, par-dessus tout enjeu de pouvoir selon l’appartenance religieuse. Contre l’intoxication médiatique occidentale, c’est un devoir que de promouvoir cette logique patriotique de défense du territoire national par-dessus les clivages religieux. On ne peut que souhaiter que le gouvernement irakien accepte l’emprise croissante de Moktada al-Sadr, celui qui, à partir du culte familial à ses héros, son père et son oncle tombés au combat, peut mobiliser les tribus de toute confession, car il a su organiser la déroute US, et il est immensément populaire.

Front commun chiites-sunnites : il ne s’agit ni de vœu pieux  inopérant, ni d’un mot d’ordre démagogique pour cacher aux Occidentaux hypercritiques une hargne toujours aussi vivace entre les deux courants religieux : il s’agit de la seule stratégie  gagnante réaliste.

On peut s’étonner de la récurrence d’un réseau d’alliances familiales bien réel : au sein d’une même tribu, il peut y avoir des chiites et des sunnites, et les mariages faisant fi des  rancunes ancestrales sont bien réels. L’extermination du concurrent sur un territoire donné est de nos jours, sur la planète devenue  village global sans issue de secours, une absurdité, car elle conduit toujours à un double anéantissement, et à la préparation du prochain massacre en réparation du précédent. L’alliance par le biais du mariage d’amour à la vie à la mort et négocié par les deux familles, est le passage obligé pour l’abolition des rancunes. Il faut impérativement que se forment et se consolident des liens intimes entre les gens d’origine diverse. Dans une autre dimension, l’aéroport de Najaf a ouvert en 2008, comme une première pousse de la renaissance après les dégâts énormes infligés à la ville par les US : c’est un symbole d’unité dans le développement et d’ouverture.

Les leçons pour nous Européens, sont multiples. La loyauté et la capacité de pardon semblent avoir progressé en Occident, à mesure que les guerres entre Européens, construites sur des différences de religion, ont reculé ; la laïcisation de nos sociétés, paradoxalement, a fait progresser respect et coopération, c’est-à-dire applications pratiques du principe révolutionnaire et universel chrétien : aimez-vous les uns les autres, y compris vos ennemis, n’en restez pas à la loi du talion qui est intrinsèque au choix de l’appartenance tribale par-dessus tout. Si l’on tisse des liens familiaux entre communautés, ce qui équivaut à un métissage consenti par chacun au niveau de la conscience intime et de sa descendance, la vendetta à grande échelle n’est plus une fatalité: en famille, on parvient à peu près à s’entendre, être en froid peut ne pas déboucher sur des massacres brûlants. Si les familles mélangées imposent leur principe amoureux pour la perpétuation de la vie, les méfiances et provocations entre descendants de juifs, musulmans et chrétiens peuvent ne pas être réactivées à chaque génération. Si des projets de rapine se réactivent et se parent de prétextes religieux, comme dans l’ambition de Daech, c’est quand des pouvoirs étrangers s’en mêlent, et attisent le feu à coup de milliards.

Malheureusement, si les guerres de religion intra européennes se sont atténuées, et si les guerres interethniques peuvent parfaitement être évitées, il reste notre spécificité occidentale : nous nous enferrons dans le clivage idéologique droite gauche, qui a pris la place du fanatisme religieux : c’est le mur à abattre chez nous, dans notre conscience, et le poison qu’on nous inocule, de l’étranger, parce qu’il est fonctionnel pour nous affaiblir.

Il faut donc, depuis la France, actualiser et dynamiser la ligne Villepin de 2003 : contre les visées impériales des Saoud, des Israéliens et des néo-conservateurs US, favoriser tous les rapprochements entre sunnites et chiites pour sauvegarder l’unité de l’Irak. Ce n’est pas à nous d’approfondir leurs contentieux, malentendus ou défaillances. Mais c’est à nous de sortir la France des griffes des mêmes Etats prédateurs : US, Israël, Arabie saoudite. Les jeunes volontaires irakiens qui donnent leur vie dans le combat contre Daech sont les héros et les saints de notre temps, et ils se battent pour nous. La moindre des choses est de nous battre pour eux. Notre pape, autorité de référence même pour ceux qui ne se disent pas chrétiens, a raison : d’abord protéger les plus éprouvés, ceux qui, la mort dans l’âme, nous demandent l’hospitalité. Le devoir d’hospitalité ne concerne pas que les musulmans, qui en font un principe inébranlable. Ainsi la rancœur cèdera le pas à la reconnaissance, aux obligations  réciproques. Les gens qui se retrouvent parqués dans des camps de réfugiés sont en majorité des gens qui ont tout perdu par la faute de ceux qui détruisent leurs pays depuis l’étranger, de préférence en dissimulant leur ingérence. C’est Israël, les US et l’Arabie saoudite qu’il nous appartient de combattre, dans la guerre sainte mondiale de notre temps.

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A Bagdad, comme nous manifestions notre étonnement devant le sang-froid des gens de Kerbala, la ville qui attire ces jours-ci, exactement comme tous les ans, les pèlerins par centaines de milliers, voire millions, alors que Daech les menace explicitement, et multiplie les attentats dans la capitale elle-même, et à moins de 100 km de Kerbala, le cheikh sunnite Abdoulatif al Khomeyim nous a dit : « vous les Français êtes abattus parce que Daech commet des crimes chez vous aussi : retrouvez la foi, et vous n’aurez plus peur ». Et un chiite dévoué à la médiation entre les différentes communautés qui peuplent la France ajoute, selon la tradition de toutes les religions : « celui qui ne croit en rien n’est rien, mais chacun, lorsqu’il touche le fond du désespoir, ressent aussi la main tendue de Dieu vers lui ».

En France, après un attentat, les jeunes retournent sur les lieux du massacre pour bouffer, avant d’aller manifester pour la castration générale souriante, couleur « arc en ciel » sous prétexte de liberté et d’égalité. A Kerbala, les jeunes vont revivre à la mosquée le martyre de l’imam Hussein et ils repartent au front avec un courage renouvelé. Les uns sont les alliés aveugles des US et de l’Arabie saoudite, dociles à tout lavage de cerveau utile à la domination mentale sioniste. Les autres gagneront inéluctablement, parce qu'ils ont la santé mentale, et savent se projeter dans l’avenir, les femmes remplissant leurs devoirs de mères, les hommes remplissant leurs devoirs de guerriers. 

Merci à Kerbala pour ces leçons.

Références : Guide de l’Irak, par Gilles Munier, éd. Jean Picollec, Paris, 2000 ; articles de Wikipedia, très riches, sur chiisme, Irak, guerres du XX° siècle en Irak. Site Irak-Actualités, animé par Gilles Munier.

jeudi, 16 juin 2016

Quand les Wahhabites massacraient les habitants de Kerbala (1801)

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Quand les Wahhabites massacraient les habitants de Kerbala (1801)

Par Jean-Baptiste Rousseau

(Extrait de "Description du Pachalik de Bagdad" - Treuffel et Würtz - Paris - 1809)*

Ex: http://www.france-irak-actualite.com

…(…)… Quinze lieues plus bas que Hilla, au-delà de l’Euphrate dans le Désert, on voit les ruines de Coufa, ville célèbre dans les fastes de l’Islamisme.

A l’occident de Hilla, et à six lieues du fleuve, se trouve Imam Hussein, qu’on doit considérer plutôt comme un gros bourg, que comme une ville bien peuplée. Ce bourg peut contenir sept à huit mille habitants, et ses murailles de terre sont entourées de jardines et de champs cultivés, qu’arrose et fertilise un bras de l’Euphrate, un zabet y commande au nom du pacha.

Ceux qui ont lu l’histoire des Arabes savent que Hussein, fils d’Ali, ayant été appelé en 680 par les habitants de Coufa pour s’asseoir sur le siège pontifical, partit de Médine avec sa famille, et eut le malheur de périr en route, victime de la fureur du khalife Yézid, qui le fit assassiner proche de la ville dont les citoyens lui avaient déféré les honneurs du rang suprême.

Il fut enterré dans la plaine de Kerbala où il avait expiré d’une manière si tragique. On lui éleva d’abord un simple mausolée, et quelques années après les partisans d’Ali bâtirent dans le même endroit une ville qui reçut le nom de Hussein.

Ce lieu si révéré par les Schias a essuyé en différents temps des outrages insignes ; et les Wahabis qui le surprirent il y a quelques années, comme le verrons tout à l’heure, y commirent des désordres affreux. En 851, le khalife Mutawakkel, protecteur de la secte des Sunnis, en avait fait démolir la majeure partie ; ses successeurs achevèrent de le détruire, et ce ne fut que sous les derniers pontifes arabes qu’on le vit sortir de ses ruines, lorsque la mémoire de Hussein fut rétablie et remise en vénération. Depuis cette époque, Schah Ismaël fondateur de la dynastie persane des Séfévis (vulgairement appelés Sofis) , ayant introduit dans ses états la secte de Schias, ordonna par un édit solennel, que la ville et le tombeau de l’Imam fussent réparés et embellis. Les autres souverains de la même race qui occupèrent le trône après Ismaël, entretinrent avec un égal zèle la dévotion de leurs sujets envers Hussein.

Ce pieux exemple a été suivi par les derniers monarques qui ont régné en Perse : chacun d’eux à l’envi a voulu manifester par de riches présents son extrême respect pour le petit-fils du prophète, de façon que la chapelle sépulcrale de Hussein est devenue le dépôt de tout ce qu’il y avoit de plus précieux dans le trésor de ces princes. On sait que l’eunuque Aga Mohammed khan employa, il y a environ douze ans, cinq millions de piastres, pour revêtir de briques de cuivre doré, les minarets ainsi que la coupole de la mosquée d’Imam-Hussein.

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Les richesses immenses qui s’étaient accumulées dans le sanctuaire d’Imam Hussein faisaient depuis longtemps l’objet de l’insatiable cupidité des Wahabis : ils en méditaient sans cesse le pillage et comptaient tellement sur le succès de leur projet, que quand ils voulaient parler d’un jour heureux et solennel pour eux, ils désignaient celui qui devait les rendre maîtres d’une place si attrayante par la quantité de trésors qu’elle renfermait.

Le jour tant désiré arriva enfin. Ce fut le 20 avril de l’année 1801, qu’ils surprirent la ville, au moment où la majeure partie des habitants l’avaient quittée pour aller à quelques lieues de là, faire leurs dévotions sur le tombeau du père de leur patron. Ces barbares mirent tout à feu et à sang : et après avoir fait un butin immense, tel que les plus grandes victoires n’en procurent jamais, ils se retirèrent fort tranquillement, sans que le gouvernement de Bagdad qui fut informé à temps de leur désastreuse apparition, osât troubler leur retraite ; ils étaient venus au nombre de quinze mille. Les cruautés qu’ils commirent sont inouïes ; vieillards, femmes, enfants, tout périt sous leur glaive impitoyable ; on les vit même dans la fureur qui les animait, éventrer les femmes enceintes, et mettre en pièces sur les membres sanglants le fruit qu’elles portaient. Des gens dignes de foi qui ont eu le bonheur d’échapper à cette affreuse boucherie, m’ont assuré à Bagdad, avoir vu quelques-uns de ces hommes féroces se repaître du sang de leurs infortunées victimes.

L’on évalua dans le temps à plus de quatre mille, le nombre de personnes qui avaient péri dans cette affreuse catastrophe. Les Wahabis emmenèrent, à leur sortie d’Imam-Hussein qu’ils saccagèrent pendant deux jours et deux nuits, deux cents chameaux chargés de riches dépouilles. Non contents d’avoir assouvi leur rage sur les habitants, ils rasèrent les maisons, et firent de la riche chapelle de l’Imam un cloaque d’immondices, et de sang ; ils endommagèrent aussi les minarets et les coupoles de la mosquée, dont ils avaient pris d’abord les briques pour de l’or massif ; mais ayant reconnu ensuite qu’elles n’étaient que du cuivre doré, ils ne crurent pas devoir perdre leur temps à démolir totalement ces édifices dont les décombres ne leur eussent été d’aucune utilité.

Depuis cette malheureuse époque, le roi de Perse a fait réparer le lieu sacré, et le pacha y entretient aujourd’hui une division de Lavends, pour le mettre à couvert d’une nouvelle invasion. Tous les ans il y vient de la part du monarque persan un khan, dont l’emploi est de protéger les pèlerins de sa nation, qui accourent de tous les points de l’Empire pour recevoir les bénédictions de l’Imam, en échange des dons précieux qu’ils font à la chapelle.

La ville d’Imam-Ali, presque aussi grande et aussi peuplée que celle d’Imam- Hussein, est à six lieues de cette dernière, dans une plaine aride où la nature ne versa jamais ses bienfaits. C’est le lieu de la sépulture du gendre de Mahomet, d’Ali, que les Persans révèrent jusqu’à l’idolâtrie, et en l’honneur duquel ils ont bâti une superbe mosquée dont les minarets et les coupoles sont recouverts comme à Imam-Hussein, de briques de cuivre doré. Les Persans regardent le favori intime du Très Haut, et l’appellent la Force ou le Lion de Dieu. Le territoire d’Imam-Ali est d’une stérilité dont on ne saurait se former une idée, et n’offre que des aspects hideux, et des morceaux de sable que la chaleur du soleil enflamme en été. Autrefois les habitants de ce lieu étaient obligés d’aller jusqu’à l’Euphrate pour se procurer de l’eau ; mais depuis environ une quinzaine d’années, le frère de l’Empereur du Mogol y a fait construire un canal qui a coûté des sommes immenses ; on n’a pas pu cependant le perfectionner à cause des tourbillons de sable que la violence du vent y verse sans cesse, et qui le combleraient totalement, si on n’avait pas le soin de les nettoyer tous les ans. Quant aux vivres, c’est de Hilla et de plusieurs villages des bords du fleuve qu’on les exporte pour approvisionner la place.

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Imam-Ali n’était pas moins renommé qu’Imam-Hussein, pour la grande quantité d’objets précieux que la pieuse libéralité des Schias avait accumulés dans son enceinte ; mais depuis le sac de cette dernière ville, on a transféré toutes les richesses qui se trouvaient accumulées ici, à Imam-Moussa près de Bagdad, afin de les soustraire à l’avidité des Wahabis. Malgré cette précaution, ces brigands n’ont pas manqué de se présenter à diverses reprises devant Imam-Ali avec l’intention d’en faire le pillage ; mais soit que l’Imam les ait fait repoussés constamment par une force invisible, comme le prétendent les Persans, soit que les mesures des Wahabis ayant été mal combinées, ils n’ont jamais pu venir à bout de leur entreprise.

*L’orientaliste Jean- Baptiste Rousseau (1780-1831) fut consul de France à Bassora en 1805. Il y avait pris la suite de son père Jean-François appelé Rousseau de Perse, ancien directeur de la Compagnie des Indes et consul à Bassora et Bagdad.

samedi, 26 décembre 2015

Marcel Gauchet: «Le fondamentalisme islamique est le signe paradoxal de la sortie du religieux»

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Marcel Gauchet: «Le fondamentalisme islamique est le signe paradoxal de la sortie du religieux»

Propos recueillis par Nicolas Truong

Ex: http://www.contre-regard.com
  

Le philosophe et historien Marcel Gauchet revient sur les origines de la violence terroriste. Entretien avec Nicolas Truong. Le Monde 22 novembre 2015. L’intégralité de la version « abonnés ». À lire…

Comment penser les attaques du 13 novembre et ce déferlement de haine ?

Marcel Gauchet. Cette violence terroriste nous est spontanément impensable parce qu’elle n’entre pas dans nos grilles de lecture habituelles. Nous savons bien sûr que c’est au nom de l’islamisme que les tueurs agissent, mais notre idée de la religion est tellement éloignée de pareille conduite que nous ne prenons pas cette motivation au sérieux.

Nous allons tout de suite chercher des causes économiques et sociales. Or celles-ci jouent tout au plus un rôle de déclencheur.

C’est bien à un phénomène religieux que nous avons affaire. Tant que nous ne regarderons pas ce fait en face, nous ne comprendrons pas ce qui nous arrive. Il nous demande de reconsidérer complètement ce que nous mettons sous le mot de religion et ce que représente le fondamentalisme religieux, en l’occurrence le fondamentalisme islamique.

Car, si le fondamentalisme touche toutes les traditions religieuses, il y a une forte spécificité et une virulence particulière du fondamentalisme islamique. Si le phénomène nous échappe, à nous Européens d’aujourd’hui, c’est que nous sommes sortis de cette religiosité fondamentale. Il nous faut en retrouver le sens.

Les réactivations fondamentalistes de l’islam sont-elles paradoxalement des soubresauts d’une sortie planétaire de la religion ?

Oui, il est possible de résumer les choses de cette façon. Il ne faut évidemment pas réduire la sortie de la religion à la croyance ou à la « décroyance » personnelle des individus. C’est un phénomène qui engage l’organisation la plus profonde des sociétés.

La religion a organisé la vie des sociétés et l’originalité moderne est d’échapper à cette organisation. Or, la sortie de cette organisation religieuse du monde se diffuse planétairement.

Si le fondamentalisme touche toutes les traditions religieuses, il y a une forte spécificité et une virulence particulière du fondamentalisme islamique

D’une certaine manière, on pourrait dire que c’est le sens dernier de la mondialisation. La mondialisation est une occidentalisation culturelle du globe sous l’aspect scientifique, technique et économique, mais ces aspects sont en fait des produits de la sortie occidentale de la religion. De sorte que leur diffusion impose à l’ensemble des sociétés une rupture avec l’organisation religieuse du monde.

On ne voit pas immédiatement le lien entre le mode de pensée économique et scientifique et la sortie de la religion, et pourtant il est direct. Aussi ne faut-il pas s’étonner que la pénétration de cette modernité soit vécue dans certains contextes comme une agression culturelle provoquant une réactivation virulente d’un fonds religieux en train de se désagréger, mais toujours suffisamment présent pour pouvoir être mobilisé. Mais attention, fondamentalisme n’est pas ipso facto synonyme de terrorisme. Ce sont deux choses qui peuvent fonctionner séparément.

Ne pourrait-on pas voir au contraire dans ce fondamentalisme musulman un réarmement du religieux ?

C’est une hypothèse que l’on peut parfaitement formuler. Elle me semble démentie par les faits. Les sociétés européennes sont à la pointe, pour des raisons historiques, de la sortie de la religion. Ce sont donc elles qui devraient le plus souffrir de ce manque. Or les Européens peuvent être tourmentés à titre personnel par des questions d’ordre spirituel et beaucoup le sont, mais cette recherche ne prend absolument pas la forme d’un mouvement politique. Bien au contraire.

Le spirituel dans les sociétés européennes relève typiquement de la part la plus intime des individus. Il les éloigne de la visée d’une action sur la société. Alors que le vrai fondamentalisme est un projet politique d’inspiration révolutionnaire. Le projet de remettre la religion au pouvoir dans la vie des sociétés, dans le cadre de l’islam, est aisément symbolisé par le retour de la charia, loi embrassant tous les aspects de la vie collective.

Le fondamentalisme est un projet radical de société et c’est là toute la différence. C’est pourquoi certains comparent le fondamentalisme à un totalitarisme, ce qui ne me paraît pas éclairant. La religion est autre chose que les idéologies totalitaires qu’on a pu voir à l’œuvre dans notre histoire.

Il ne faut « pas faire d’amalgame », ne cesse-t-on de répéter. Or ces actes − perpétrés au cri d’« Allahou akbar » − ont-ils tout de même à voir avec l’islam et le moment historique qu’il traverse ?

Evidemment. Pas d’amalgame signifie qu’il ne faut pas incriminer de façon indifférenciée l’islam et accuser tous les musulmans de participer à ce phénomène. Mais, dans l’autre sens, on ne peut pas dire que l’islam n’a rien à voir là-dedans.

Je répète que le fondamentalisme n’est pas propre à l’islam, il se manifeste dans toutes les traditions religieuses du monde, sous des formes plus ou moins activistes. Toutefois, on est bien obligé de constater que le fondamentalisme islamique est particulièrement prégnant et vigoureux. C’est là que le phénomène fondamentaliste a son expression la plus forte sur la planète aujourd’hui. Il faut donc s’interroger sur ce lien entre l’islam et ses expressions fondamentalistes. C’est quelque chose que l’on ne peut pas séparer de l’état des sociétés musulmanes et de leur situation particulière, notamment dans la région moyen-orientale.

Pourquoi l’islamisme prend-il cette forme si radicale aujourd’hui ?

Le premier point dont il faut se souvenir pour comprendre l’islamisme, c’est la proximité de l’islam avec nos propres traditions religieuses, juive et chrétienne. Vu d’Orient, du bouddhisme et du confucianisme, l’Occident est très exotique, il est très loin, ce sont deux mondes différents.

Vu de l’islam, il est religieusement proche, et la proximité est plus dangereuse que la distance. Dans la proximité, il y a de la rivalité et de la concurrence. Or le tronc monothéiste sur lequel se greffe l’islam le met dans une position très particulière. Il est le dernier venu des monothéismes et se pense comme la clôture de l’invention monothéiste. Il réfléchit les religions qui l’ont précédé et prétend mettre un terme à ce qu’a été le parcours de cette révélation. Cette proximité le met dans une situation spontanément agonistique vis-à-vis des religions d’Occident.

Le spirituel dans les sociétés européennes relève de la part la plus intime des individus. Il les éloigne de la visée d’une action sur la société. Alors que le vrai fondamentalisme est un projet politique d’inspiration révolutionnaire

Il existe un ressentiment dans la conscience musulmane par rapport à une situation qui lui est incompréhensible. La religion la meilleure est en même temps celle d’une population qui a été dominée par les Occidentaux à travers le colonialisme et qui le reste économiquement. Cette position ne colle pas avec la conscience religieuse que les musulmans ont de leur propre place dans cette histoire sacrée. Il y a une conflictualité spécifique de la relation entre l’islam et les religions occidentales.

Pourquoi ce fondamentalisme fascine-t-il tant une partie des jeunes des cités européennes paupérisées ?

Le message fondamentaliste prend un autre sens une fois recyclé dans la situation de nos jeunes de banlieues. Il entre en résonance avec les difficultés de l’acculturation de cette jeunesse immigrée à une culture individualiste en rupture totale avec ses repères, y compris communautaires, qui viennent de sa tradition religieuse. Une culture individualiste, qui à la fois fascine les plus ébranlés et leur fait horreur, et je pense que c’est le cœur du processus mental qui fabrique le djihadiste occidental.

C’est un converti, qui s’approprie la religion de l’extérieur et qui reste souvent très ignorant de la religion qu’il prétend s’approprier. Son aspiration par ce premier geste de rupture est de devenir un individu au sens occidental du mot, en commençant par ce geste fondateur qu’est la foi personnelle.

Dans une religion traditionnelle, la foi personnelle compte moins que les rites observés et ce ritualisme est essentiel dans l’islam coutumier. C’est avec ce cadre que brise l’adhésion intensément personnelle du fondamentaliste. En même temps, cette adhésion très individuelle est un moyen de se nier comme individu, puisque l’on va se mettre au service d’une cause pour laquelle on donne sa vie. Cette contradiction exprime une souffrance très particulière, liée à une situation sociale et historique très spécifique. C’est dans cette zone que se détermine la trajectoire de ces jeunes gens qui nous sont si incompréhensibles.

Dans ces quartiers si spécifiques du Xe et XIe arrondissements de Paris, il y avait deux jeunesses qui se faisaient face…

Oui, un premier individualisme parfaitement tranquille, sans questions et qui se vit dans une hypersocialisation, et un second qui est vécu par une jeunesse très contradictoire, à la fois très au fait de cette réalité et complètement déstabilisée par elle. Le choix des cibles est très peu politique, mais très révélateur de ce qui constitue l’enjeu existentiel de ces jeunes. Ils ont tiré sur ce qu’ils connaissent, sur ce à quoi ils aspirent tout en le refusant radicalement. Ils se détruisent de ne pas pouvoir assumer le désir qu’ils en ont.

C’est pour cette raison que vous écrivez que « le fondamentalisme est en dépit de tout et malgré lui une voie d’entrée à reculons dans la modernité » ?

Il ne constitue pas pour moi une menace capable de remettre en question la manière d’être de nos sociétés. Bien sûr, il peut tuer beaucoup de gens, faire des dégâts épouvantables et créer des situations atroces, mais il ne représente pas une alternative en mesure de nous submerger. Affrontons-le pour ce qu’il est, sans lui prêter une puissance qu’il n’a pas.


 

Lire aussi, en complément ce remarquable article de Paul Berman: http://contre-regard.com/il-ny-a-pas-de-causes-sociales-au-djihadisme-par-paul-berman/

 

dimanche, 20 décembre 2015

APPRÉHENDER L'ISLAM: Une réalité monolithique ou plurielle?

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APPRÉHENDER L'ISLAM

Une réalité monolithique ou plurielle?

Gustin Sintaud
Ex: http://metamag.fr
 
Pour couper court à toute contestation, même parfois judicieuse, et pour se garder d'avoir sur toute sorte de pinaillages, généralement peu productifs, bien des précisions semblent nécessaire et urgentes, concernant l'appréhension plurielle de l'islam.

Effectivement, il est gravement faux de concevoir l'islam comme une réalité monolithique, même au- delà et en-deçà des deux grandes voies musulmanes d'après le schisme historique entre sunnisme et chiisme. Il serait tout autant erroné d'entrevoir chacune d'elles comme strictement unifiée. Dans ce complexe éparpillement de courants, avec leurs divers sous-courants, parmi toutes ces multiples sensibilités différentes, comment croire ingénument  qu'il n'y aurait qu'un seul et unique islamisme ?

L'immensité territoriale de Dar-Al-Islam, intégrant tant d'origines ethniques et culturelles diverses, ne pouvait engendrer une seule et unique expression musulmane, et tant pis si, dès sa genèse et le balbutiement de son avènement, l'islam prétendit à l'unité sans faille d'une communauté de croyants (oummah).

Depuis ses débuts, cette troisième et dernière branche du monothéisme abrahamique, universaliste et unificatrice, connut force divisions, véhémentes contestations, nombreuses adaptations, certaines divergentes, profondes ou superficielles, mais caractéristiques ou spécifiques,  beaucoup durables.

Il n'y eut pas seulement toutes les démarches soufies, toujours mal tolérées par les orthodoxies musulmanes... .
Le soufisme, comme mysticisme musulman inquiète depuis le VIIe siècle ; on lui reproche partout et toujours sa volonté d'accéder à la présence et à la connaissance de Dieu, directement, et pas seulement par la révélation d'Allah contenue dans le Coran. Partout, toujours, le soufisme contestait conceptuellement la sacro-sainte et essentielle « soumission » totalement acceptée dans la dans le mot « islam ».

Depuis le IXe siècle, le droit et la théologie se figeant, les soufis refusèrent cette religion dans les seules formes coercitives de la Chariah. Leur ascétisme les motiva à privilégier, pour eux, l'exemple du prophète, pour atteindre, par degrés successifs, la Vérité spirituelle intérieure. Leur ascèse, comme moyen de réaliser l'union avec Dieu, est impensable pour des musulmans orthodoxes, entre un Dieu inconnaissable et la faillible et impuissante créature ; Ces musulmans de grande orthodoxie y subodorent immédiatement hérésie et blasphème. Comment, pour eux, par exemple, la voie de l'Amour pourrait-elle vaincre la sévérité de Dieu, censeur et impitoyable justicier ? ….

Des maîtres soufis comme AL-Halldj et Sohrawardi furent, crucifiés pour l'un et exécuté pour l'autre, à cause de leurs originalités déviantes. Néanmoins, et malgré tel acharnement, il y a toujours, partout, florès de confréries soufies dynamiques pour cultiver et enseigner les expressions exotériques de l'islam.

Après avoir signalé cet intéressant type de musulmans, de trop succincte manière il faut en convenir, il faut s'intéresser à d'autres musulmans assez originaux qui nient, par leur spécificité, une oummah unifiée ; spécificités des Alaouites et celles des Druzes, en notant les distances caractéristiques entre les deux ensembles, avant d'accorder un rapide intérêt aux Ismaéliens.

Les Alaouites

Pour les Alaouites, ceux qui rendent un culte à Ali, s'ils ne peuvent être confondus avec les chiites alides d'Iran, eux partisans d'Ali, leur détermination pour célébrer le quatrième calife bien guidé martyr, ne peut que les ranger, dans le grand courant musulman schismatique, parmi les chiites. Ils furent aussi désignés par le terme de « Nosairis », appelation dérivant du nom d'un de leurs chefs historiques : Ibn Nosair. Parce qu'ils semblent les héritiers de plusieurs traditions spirituelles : philosophie gréco-hellénistique, gnosticisme chrétien, dualisme manichéen persan, et même judaisme, ils sont considérés comme d'insolents hétérodoxes autant par le chiisme institutionnalisé que par l'intransigeance du sunnisme orthodoxe.

Ainsi s'explique mieux, nourrie par une vieille haine, la hargne des monarchies wahhabites du golfe contre la Syrie de Bachar-Al-Assad et les deux millions d'Alaouites de Syrie, derrière lui. Une apparence de similitude peut être instrumentalisée pour rapprocher à tort Alaouites surtout concentrés au nord-ouest de la Syrie et Druze plutôt situés sur les montagnes de l 'anti-Liban. Leurs foyers d'expressions assez proches et leur islam tout autant hétérodoxe peuvent amener à une telle erreur. Même s'ils ont  été autant condamnés et châtiés par la rigueur politico-religieuse des autorités religieuses sunnites, comment pourrait-on assimiler la force de critère ethnique de la particularité musulmane alaouite à l'influence nettement ismaélienne du druzisme ?

La doctrine druze est basée sur des rites initiatiques inconnus des Alaouites ; ceux-ci n'admettent aucunement la métempsychose comme ceux-là..... Si les Alaouites sont actuellement sous les feux des actualités géo-politiques avec la guerre en Syrie, les Druzes, eux, sont devenus fort discrets, depuis la fin de la pétaudière libanaise, où, sous la conduite des Jomblatt, Moukhatara, puis Walid, ils voulurent, les armes à la main, s'imposer comme composante ethnico-religieuse à considérer.

Les Ismaéliens

Maintenant, pour s'entretenir des Ismaéliens, il faut commencer par investir la grande diversité des expressions du chiisme.

L'ismaélisme est chiite incontestablement, mais si le chiisme majoritaire, surtout en Iran et au sud de l'Irak, est duodécimain, celui-là se réclame septimain. Les duodécimains se déterminent par l'espoir du retour du douzième imam chiite, successeur d'Ali, Mohammed El-Mahdi, disparu en 874, occulté ; il est qualifié de « Seigneur des temps » et de « Madhi attendu » ; les septimains dont les Ismaéliens ne reconnaissent que sept imams avant la venue de l'imam caché. [il existe aussi des chiites du zaydisme, partisans des « cinq imams », et enfin les Alévis de Turquie,  Turcs et Kurdes, plus connus pour  leurs derviches dont les derviches tourneurs]. L'ismaélisme se révèle comme un mouvement politico-religieux à coloration messianique, comme il en apparut cycliquement dans l'histoire de l'islam. Ce mouvement s'est affirmé fortement hétérodoxe par rapport au sunnisme ; il insiste sur une interprétation allégorique, quelque peu gnostique même, des textes sacrés, allant jusqu'à croire à la métempsychose des âmes. Il met aussi l'accent sur la différence dualiste fondamentale entre l' « apparent » et le « caché » dans les écritures révélées. Voilà pourquoi, seuls les initiés peuvent y approcher les vérités dont celle du sens mystique des lettres et des chiffres....

Aujourd'hui, l'ismaélisme, sous une forme totalement atténuée représente quelques 600 000 personnes, surtout en Inde et Pakistan dont certains reconnaissent l'autorité de l'Agha Khan. Des petites communautés ismaéliennes subsistent aussi en Syrie, au Liban, en Iran, voire en Asie centrale et même en Chine. La religion druze, née sous les Fatimides, peut être considérée comme rameau ismaélien.

La mollesse  de cohésion de l'oummah

Après ce survol bien trop rapide, du moins un aperçu déjà convaincant de la mollesse réelle de cohésion de l'oummah peut se remarquer. Mais ce n'est pas la seule manifestation de la faiblesse d'un islam ayant raté sa vocation hégémonique : universaliste fondamentalement mais non rigoureusement unifiant dans sa réalisation. L'islam apparaît plus, partout où il convainquit et régna, comme un super-strat venant coiffer des ensembles de strats et infra-strats particuliers, divers, même différents. Ces bases, ici et là, ont pu avoir été définitivement gommées ou submergées ; elles ont su, ailleurs, s'intégrer dans le discours musulman original en l'altérant ou le modifiant ; elles ont pu tout autant le truffer d'apports rétifs ou rebelles à la rigueur conceptuelle de la « soumission » prônée par le Coran.

islam_1958725c.jpgAinsi, si le musulman devrait se fondre aveuglément dans l'oummah et se soumettre à la nécessité d'une communauté des croyants sans faille, pour la gloire de l'islam, il s'avère que des réflexes éthnico-culturels, même immergés, refassent surface, sous certaines conditions et situations particulières, offrent des choix spécifiques, provoquent des attitudes éthniques, étatiques, régionales, tribales, claniques ou familiales, divergentes de celles espérées et reconnues par l'oummah : la réalité et la force de ces açabiyya vient souvent limiter ou tempérer le monolithisme effectif de l'oummah.

Il n'y a vraiment pas d'oummah une et indivisible où tous marcheraient d'un même et unique pas, n'en déplaise à ceux qui l'espèrent encore strictement,  unificatrice, comme à tous les autres qui tremblent en l'évoquant pour n'en voir qu'un redoutable bloc expansionniste. Il n'y a pas plus d'unité dans l'islamisme ; on y relève de farouches concurrences, des rivalités acharnées, de sordides affrontements et tout un jeu de surenchères.

D'abord il faut s'interdire de rapprocher, de confondre islamisme, dans sa définition précise, et intégrisme musulman, de même islamisme et salafisme, comme il ne faut pas associer salafisme et djihadisme, surtout aujourd'hui.

L'islamisme traduit la détermination politique qui institutionnalise l'islamisation générale des institutions et du gouvernement dans un pays musulman : à ce titre, l'Iran chiite des ayatollah autant que le royaume saoudien peuvent être justement considérés comme des états islamiques, et pourtant ces deux expressions bien différentes ne sont à rapprocher, car l'islamisme se réfère et exprime la vision de l'islam considéré en l'état concerné. Il se trouve, dans bien des zones à peuplement musulman, des mouvements qui revendiquent une islamisation rigoureuse de leur gestion politique ; ils professent tous l'islamisme bien que certains restent modérés, de tendance bourgeoise,  préconisant des méthodes non-violentes ; ils préfèrent même le système de persuasion jusqu'aux jeux démocratiques et sanctions des urnes. D'autres optent pour une démarche plus musclée jusqu'à vouloir imposer par une lutte féroce, armée même. Le fanatisme peut facilement s'y développer.


Parmi les premiers mouvements islamistes, les modérés, pourraient se ranger : Refah Fazilet en Turquie, Hezbolah au Liban, Nahda en Tunisie, Frères musulmans en Egypte et Yémen, F.I.S en Algérie, Jama'at-i islami au Pakistan, le Parti de le renaissance islamique au Tadjikistan.....
L'autre, plus contestataire, révolutionnaire, n'hésite pas à utiliser les pires moyens avec violences, purges, exécutions comme au soudan, en Afghanistan des Talibans, au sahel avec Boko Aram …...

Il faut noter que ces deux courants islamistes, quel que soit leur crédo initial et la véhémence des discours, tendent tous à finir en nationalisme : ils sont trop prisonniers des impératifs séculiers, des obligations inhérentes aux réponses pour règlement de problèmes immédiats. A preuve d'exemples, il suffit de rappeler le Fazilet turc qui, en 1998, accepte des cadres féminins après s'être allié, en 1974, avec les socio-démocrates et, en 1996, avec le centre droit, tout comme l'Iran des ayatollah qui, malgré son intransigeance religieuse chiite, prend ouvertement parti pour des Arméniens chrétiens contre le gouvernement chiite d'Azerbaïdjan, en 1989. C'est pourtant dans cet islamisme combattant qu'un fanatisme inquiétant peut facilement se développer et s 'exprimer comme parmi les Talibans, en Afghanistan, ou chez les salafistes d'Al Nostra en Syrie...

Si l'intégrisme musulman n'exprime que la stricte application  des textes sacrés en renvoyant à une longue histoire de recentrements sur l'orthodoxie, il peut alimenter le terrorisme de certains musulmans en débordant la stricte application d'un islam intégral. Il s'exprima, depuis Ahmed Ibn Hanbal en 855, à travers la discipline de la plus dogmatique des quatre écoles de la jurisprudence sunnite, qui rejette l'opinion personnelle et le raisonnement par analogie, qui est hostile à une théologie spéculative. Il a inoculé son rigorisme, en 1328, à Ibn Taymiyya, qui, lui-même,a amené, par Mohammed Ibn El-Wahhab, à secréter le Wahabime cher au royaume saoudien.
L'intégrisme sunnite est arrivé par les oulémas, et alimente le fondamentalisme traditionnel ; il ne cesse de prôner l'hijra et le renforcement de l'oummah par la stricte observance, par tous les musulmans, des règles selon les textes sacrés. L'hijra c'est l'opposé du djihad : à l'image du prophète et son repli sur Médine,seul lien sûr de l'islam, c'est la reconcentration des musulmans, le retour aux sources, au creuset , à la certitude. Le retrait du territoire sous domination de non-croyants.

Le fondamentalisme traditionnel, qui peut influencer divers intégrismes, bien qu'il soutienne la généralisation d'une identique charia cloi islamique), en tous pays musulmans, ne recherche pas à s'occuper de politique ; il s'oppose, par exemple, au concept de vélayat-i-fâquih qui organiserait l'articulation du religieux et du politique.

L'intégrisme se trouve aussi exprimé par un fort courant de néo fondamentalisme universaliste qui se repaît de l'impotence du fondamentalisme traditionnel des oulémas à répondre efficacement avec l'hijra préconnisé face aux perturbations et défis du monde moderne, à l'éparpillement des musulmans par l 'émigration vers des pays non musulmans, et à l'effritement dramatique de l'empire de l'islam sur ces croyants ou descendants de croyants déracinés, parachutés en milieux étrangers. Il se nourrit tout autant des islamismes pleins des désillusions après des combats politiques improductifs comme en Turquie, au Pakistan, en Tunisie après la mise au ban du Nahda, en Egypte après la terrible réaction contre les frères musulmans ; c'est de la même manière que l'on peut comprendre la dure relève du G.I.A en Algérie après la spoliation de la victoire électorale  du F.I.S. .

Depuis peu, quelques années tout au plus, un fondamentalisme musulman utilise abusivement la traditionnelle intransigeance intégriste, et n'hésite point à la dénaturer en agitant plus la notion de djihad que celle d'hijra. Cette nouvelle conception anachronique, iconoclaste, semble s »être forgée sur de vifs ressentiments nés de grandes désillusions de moudjahidin combattant an Afghanistan, se sentant privés de leur victoire sur les envahisseurs d'U.R.S.S. . Ce nouvel état d'esprit se renforce avec les guerres d'Irak menées par des coalitions judéo occidentales impudentes et l'éradication de Sadam Hussein, de son parti Ba'as et de ses piliers sunnites, avant l'établissement arbitraire d'un gouvernement chiite décidé bien abominablement par les inconséquents U.S.A. . Ici et là,un sentiment musulman, exacerbé de révolte contre un néocolonialisme occidental, a provoqué, dans une grande parti du monde musulman, une réaction affirmée résolument islamiste, follement intégriste musulmane, et, abominablement djihadiste terroriste dans ses actions.

D'abord Al-quaida, maintenant Daesh  veut renouer avec l'historique grandeur califale. C'est un sunnisme outrancier qui proclame partout le djihad contre les infidèles, les croisés, les Occidentaux en général, les Européens y compris, et surtout les Français pour ce que la France crut devoir s 'immiscer dans des affaires exclusivement musulmanes, deviennent les responsables de leur impuissance à exister en musulmans libres, les causes de tous leurs maux. Ce fut donc le 11 septembre à New-York pour punir les U.S.A. , les attentats de Londres, de Madrid, de Paris, encore et encore. Ces ressentiments sont partagés dans les milieux immigrés en ces pays visés où quelques uns réagissent sur le même fondamentaliste tempo en forme de djihadisme terroriste.

L'essentiel fut-il abordé en si peu? Pour être bref et incisif, peut-on espérer rester concis ?

Néanmoins, l'islam se révèle vite pluriel, et toute sa complexité interdit de le penser comme monolithique. Aucune de ses multiples expressions ne peut suffire à signifier et transcrire l'ensemble. L'islamisme lui-même s'avère sous maintes formes ; aucune n'est représentative de tout le monde musulman, de toutes ses pensées, de ses aspirations pour être au monde.

00:05 Publié dans Actualité, Islam | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, islam, géopolitique, religion | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

lundi, 07 décembre 2015

TERRE & PEUPLE Magazine n°65

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Communiqué de "Terre & Peuple"-Wallonie:

TERRE & PEUPLE Magazine n°65

Le numéro 65 de TERRE & PEUPLE Magazine est centré autour du thème 'L'ISLAM, les bonnes questions, les bonnes réponses'.

Pierre Vial, consacre son éditorial au penchant au suicide que manifeste l'Europe : après l'hécatombe de 1914-1918, récidivée vingt ans après, elle se précipite à présent -est-ce le coup de grâce- dans l'apocalypse prophétisée en 1973 déjà par Jean Raspail, dans son 'Camp des Saints'. Tandis que les élites mondialistes complices redoutent un sursaut populiste, et que les pays d'Europe de l'est refusent en effet d'accueillir sans limite les envahisseurs, le pape demande au contraire à chacun des siens de recevoir ces conquérants, trop souvent arrogants.

Le Blancmeunier épingle, comme nous l'avons fait dans notre numéro précédent, les XIVe Olympiades juives, qui se sont tenues à Berlin dans l'Olympia Stadion où ont eu lieu les Jeux de 1936. Il y associe l'hommage rendu dans le Musée des Cultures Européennes (sic) au transsexuel Conchita Wurst (remarquant que son prénom signifie petit vagin) !

Sur nos racines génétiques, Robert Dragan annonce deux bonnes nouvelles : d'abord, que la question des Indo-Européens n'est pas tabou pour les médias américains et, ensuite, que les travaux d'une équipe de chercheurs américains vient aujourd'hui confirmer l'opinion des linguistes qui situent le foyer originel de la langue mère des parlers européens en Ukraine et dans la plaine germano-polonaise et balte, avec une civilisation qui remonte à 3000 AC et qu'on désigne du nom d'un site de référence : Yamanaya (à mettre en mémoire).

Pierre Vial ouvre le dossier central en soulignant la réalité éclatante de la conquête territoriale de l'Europe par l'islam, qui la justifie comme étant la volonté d'Allah. Le salafisme a la prétention de nous purifier de notre impureté, notamment en détruisant les reliques du christianisme médiéval comme celles du paganisme gréco-romain. Nous sommes appelés à une nouvelle croisade de reconquête sous le signe de la croix celtique.

N. Bagration invite à la connaissance de l'islam, par celle de Mahomet et par celle du Coran. Mahomet est un orphelin pauvre, contraint de travailler comme berger et ensuite comme caravanier au service d'une riche veuve, qu'il épouse et qui lui donne quatre filles, ce qui le contraint à adopter son cousin Ali. Méprisé des notables de La Mecque, dont le pouvoir était assis sur le culte d'idoles (dont une météorite noire), Mahomet que son métier avait mis au contact des religions juive, chrétienne et zoroastrienne, avait appris des bribes de monothéisme. Rejeté par les bourgeois, il se serait retiré dans les montagnes pour y méditer et l'archange Djibril (Gabriel) lui a alors transmis la parole d'Allah, qu'il a dictée ensuite à des secrétaires. Allah dénonce les riches arrogants, qu'il adjure de suivre son prophète et de donner leur fortune aux pauvres. Ces pauvres, Mahomet les rassemble autour de lui. Après une brève tentative d'intégrer dans son discours les idoles païennes (voir les versets sataniques), il reprend des éléments de christianisme et de judaïsme, tentant de rallier les tribus juives qui sont nombreuses et puissantes dans la péninsule. Mais celles-ci lui reprochent sa connaissance approximative de la Bible. Au décès de ses protecteurs, son oncle, chef de son clan, et son épouse, il est contraint de quitter La Mecque en 622. Il se retire avec une centaine de fidèles à Médine : c'est l'Hégire, départ du calendrier musulman. Il épouse plusieurs femmes (Sadwa, Aïcha qui a 6 ans, Zaynab qui est la femme de son fils Ali, Allah l'autorisant opportunément à transgresser l'interdit !). Il organise des razzias et des attaques de caravanes. Ayant violé une trêve sacrée, il fait scandale, mais il produit une sourate qui l'y autorise. Les Mecquois excédés mettent le siège devant Médine, mais ils échouent et Mahomet devient alors le maître de la ville. Allah lui dicte alors la Charia, avec son code politique. Le message d'Allah devient arabisant et anti-juif. La prière ne doit dès lors plus se faire en direction de Jérusalem, mais de La Mecque, dont Mahomet s'empare bientôt sans combat. Allah interdit désormais les razzias contre des musulmans et le puissant mobile du butin est réorienté vers l'extérieur du monde arabe. Mahomet meurt inopinément en 632.

Le Coran comporte 6.240 versets, regroupés en 114 sourates ou chapitres. Les versets, qui sont la parole d'Allah sont versés dans le coeur de Mahomet par Djibril, en fonction des circonstances. Les titres des sourates sont sans rapport avec leur contenu. Elles sont classée par ordre de taille, les plus longues d'abord, ce qui a pour effet un ordre chronologique inverse, car les sourates révélées à La Mecque (de 612 à 622) sont les plus courtes, certains de leurs versets ne comportant parfois que quelques syllabes. Elles sont parfois contradictoires, les verset postérieurs annulant les plus anciens : ainsi, les versets médinois qui prêchent la violence annulent 124 versets mecquois qui prônent la tolérance. Le Coran est destiné à être mémorisé et récité. Initialement, il n'a pas été écrit. La première version écrite n'a été ordonnée que par le troisième calife Utman. Le texte ne doit pas donner lieu à méditation réfléchie, mais à soumission aveugle. Il est très matérialiste : l'enfer est présenté comme une salle de torture et le paradis comme un lupanar. Fataliste, il nie le libre arbitre. Le texte est immuable et le réformisme est surtout un retour aux sources, à un âge d'or mythique.


Robert Dragan plaide pour un retour à une étude scientifique des origines de l'Islam, distante de toute révérence à l'égard d'une révélation monothéiste qui serait venue parachever les deux autres. Le Coran est truffé de référence à la Bible, de citations de la Torah : soit Dieu a répété une partie de sa révélation, soit les proto-musulmans étaient de culture judéo-chrétienne et il faut alors se demander comment ils ont pu produire un Livre nouveau aussi différent ? La Sira regroupe les éléments de la biographie de Mahomet qui ont été fixés par Al-Boukhari d'après des témoignage oraux, les Hadiths, au plus tôt deux siècles et demi après les faits. Avec leurs commentaires, elles constituent la Sunna. Or, au fil des siècles, le nombre des Hadiths n'a cessé de croître : il y en a des dizaines de milliers et les Chiites d'Iran en revendiquent un million et demi ! La tradition historique affirme que le calife Utman a fait procéder à un tri des Corans alors en circulation. Par ailleurs, on notera que Mahomet, superlatif d'un adjectif qui signifie 'digne d'être loué', qualifie 'le Christ Jésus fils de Marie' sur une inscription sur le Dôme du Rocher, à Jérusalem. D'autre part, la langue du Coran n'est pas celle de Médine et de La Mecque et elle donne à penser que les premiers musulmans étaient des Syriens et des Araméens, qui vouaient un culte au Christ et voulaient reconquérir le Terre Promise. Le verset 111 de la sourate 2 promet : N'entreront au paradis que les juifs ou les naçara. Il s'agit de judéo-chrétiens qui avaient pris Jésus pour le messie conquérant et dont saint Jérôme souligne qu'ils ne sont ni juifs ni chrétiens. Toutes ces données sont connues des exégètes, mais demeurent confidentielles en Occident. Pourquoi ?


Alain Cagnat décrit la fulgurante expansion arabo-musulmane durant le VIIe siècle. Alors que les premiers écrits en arabe (araméen dénaturé) ne remontent pas au delà du Ve siècle et que le judaïsme et le christianisme se développent dans la péninsule arabique au prix de grandes violences, de multiples prophètes y prêchent leurs révélations. Mahomet, qui se fera un devoir d'exterminer ses concurrents, meurt en 632, laissant une communauté divisée. Son beau-père lui succède en tant que calife. Il meurt en 634, mais trouve le temps de convertir de force toutes les tribus de la péninsule. Le deuxième calife est assassiné en 644 et remplacé par Uthman, gendre du Prophète, qui est assassiné à son tour. Le quatrième calife est Ali, un autre gendre de Mahomet, qui rencontre l'hostilité d'Aïcha, la veuve du Prophète, et c'est de la fitna, la guerre civile qui ne cessera plus jamais. Les révoltés sont vaincus à la Bataille du Chameau, en 656, mais Ali est assassiné en 658. Son fils al Husayn doit abandonner le califat et les partisans d'Ali, les shi'at Ali (chiites) n'accepteront jamais l'usurpation des sunnites, lesquels se jugent les seuls orthodoxes. Le calife sunnite Mu'âwija transfère la califat à Damas, capitale des Omeyades. Son fils Yazid lui succède en 680. Il écrase les partisans d'Ali à Karbala, en Irak, où al-Husayn est tué. Karbala devient la ville sainte des chiites, où ils commémorent chaque année leur tragédie au cours de l'Ashura, procession d'auto-flagellés. Les califes Omeyades règnent durant 90 années et, exploitant le penchant des tribus arabes pour le rezzou, étendent la conquête bien au delà de la péninsule, à tout le Moyen-Orient, à l'Egypte, à la Libye, la Tunisie, le Maghreb jusqu'à l'Atlantique. En 711, Târiq Ziyâd, qui règne à Tanger, se rue en Hispanie avec 12.000 Berbères. Il bat le roi Wisigoth à Guadalete et s'empare de Cordoue et de Tolède. Une autre armée, formée d'Arabes, s'empare de Séville et fait sa jonction avec l'armée berbère. Les musulmans balayent toute la péninsule ibérique, à l'exception du petit royaume wisigoth des Asturies. Son roi Pelayo, retranché dans ses montagne, lance une contre-attaque et détruit une armée mahométane à Covadonga, en 722 soit tout juste un siècle après l'Hégire. C'est le début de la Reconquista. Les Arabes ne s'attardent pas, franchissent les Pyrénées, prennent Narbonne, poussent jusqu'à Autun. Mais les Francs de Charles Martel les écrasent à Poitiers en 732 et reprennent Nîmes, Béziers et Narbonne. Il a suffi d'un siècle pour que des Bédouins fanatisés religieusement et avide de butin s'imposent aux puissances de l'époque, Byzance, la Perse, les Wisigoths d'Espagne. Cette dernière ne sera complètement libérée qu'en1492 et l'Europe repoussera les Ottomans jusque dans le XIXe siècle.


L'auteur démontre ensuite le caractère abusif et tactique de la distinction qu'on invite à opérer entre l'islam et l'islamisme, qui serait seul à devoir aujourd'hui être rejeté. Il dénonce la tentative de disqualification de toute contradiction par l'accusation d'islamophobie.


Enfin, pour illustrer son argumentation, il retrace l'histoire d'al Qaïda. Pour achever les Russes, embourbés en Afghanistan, les Américains forment et équipent lourdement des guérilleros musulmans, qui vont ensuite échapper à leur contrôle et se muer en talibans, hommes de foi pris en main par un richissime saoudien, Bin Laden. Ils n'admettront pas, lorsque les Américains entreprennent de 'libérer' le Koweit, l'idée de kufars impurs qui souillent la terre d'islam/ On connaît la suite : le 09-11 et al Quaïda mise au ban de l'humanité.

Avec la seconde guerre du Golfe, la milice est pulvérisée et un fragment se transforme en Etat Islamique, avec al Bagdhâdi comme calife. Ciblé en 2005 et blessé, il est capturé. Les Américains (pressés d'être débarrassés d'Assad ?) le libèrent ! L'Etat Islamique et al Qaïda, faux jumeaux, se sont donné comme objectif de conquérir la terre entière, en agissant sur une base populaire à partir de petits chefs locaux. Ils comptent sur la conversion d'une masse de petits Blancs décervelés par leurs élites et achevés de stupeur.


Pierre Vial règle leur compte à ces convertis qui, s'ils ne partent pas en Syrie (un volontaire sur quatre est un autochtone européen), se fondent sagement dans la masse. Nos immigrationistes minimisent le phénomène. Certains se convertissent pour épouser une musulmane, d'autres pour pouvoir survivre dans un milieu sous haute tension (notamment les prisons). Ils ne s'embarrassent guère de lire le coran.


L'auteur poursuit sur le thème du djihad, dont la finalité n'est pas de convertir, mais de conquérir. Il remarque que la guerre, incompatible avec les préceptes chrétiens, est cependant admise par l'Eglise à la condition d'être juste. Le militaire qui tue ne fait qu'obéir à la loi. Il peut le faire sans haine. La bulle d'Innocent II, qui institue l'ordre des Templiers, moines-guerriers, a fait de larges emprunts aux écrits de Saint Bernard de Clairvaux.


Pierre Vial encore souligne le contraste du statut de liberté et de dignité de la femme dans les traditions européennes et l'avilissante impureté dont l'islam la marque. Le comportement complexé du mâle musulman se révèle jusque dans les viols qu'il commet : de nombreuses femmes yézidis qui en ont été les victimes témoignent que leurs bourreaux s'accroupissaient pour prier avant de commettre leur forfait.


Llorenç Perrié Albanell clôture le dossier sur l'islam par un rappel de la guerre ethno-religieuse en Bosnie. Le ministre bosniaque de la Défense Hassan Cengic était imam. Les armes provenaient d'Iran. Les mercenaires, tous musulmans, étaient payés par ben Laden. L'armée musulmane, 200.000 hommes, a été largement financée par les Etats-Unis. The Mirror a repris en juillet 2015 l'information de BFMTV sur le village bosniaque de Osve, qui sert aujourd'hui de camp de base à Daesh ! Il cite le livre d'Ibran Mustafic 'Srebrenica, Le chaos planifié', qui rapporte le massacre d'un millier de musulmans modérés par les radicaux de Naser Oric, aux fins de justifier l'intervention de l'Otan contre la Serbie.


Roberto Fiorini a recensé le livre de Jean-François Bouchard 'Le banquier du diable' sur l'oeuvre du financier économiste Hjalmar Schacht, patriote qui a refusé d'affamer le peuple allemand en remboursant les dettes, dont les pharamineuses réparations de guerre. Préférant investir les faibles ressources dans l'économie réelle de préférence aux spéculations financières, il a permis à son pays exsangue de se relever plus puissant que jamais. « Cette détermination à orienter les moyens sur le bien commun, su présente à berlin et si absente à Paris avait conduit à un écart entre les deux pays qui semùblait irrattrapable. » (2015, éd. Max Millo, 284 p., chez Akribeia, 45/3 route de Vourles, F-69230 Saint-Genis-Laval, 18,90€ + port)


Jean-Patrick Arteault nous a déjà largement informés, dans sa longue enquête sur les racines anglo-saxonnes du mondialisme parue dans TP Magazine, sur Carroll Quigley, professeur à Oxford qui a étudié de tout près l'histoire secrète de l'oligarchie anglo-américaine. C'est sous ce titre que parait au Retour aux sources (452p., 26€) la traduction française de l'ouvrage de Quigley, présentée par Pierre Hillard. On se rappellera que, dans le dernier quart du 19e siècle, un groupe d'hommes de la haute société britannique a été réuni, par Cecil Rhodes d'abord et par Alfred Milner ensuite, en connexion avec la haute finance mondiale, pour réaliser l'unification du monde sous direction anglo-saxonne. Parmi leurs moyens d'action, il y a la formation de réseaux d'influence (notamment le Groupe de Bilderberg) et l'éducation de jeunes sujets d'élite. La fortune considérable de Cecil Rhodes a servi à constituer une fondation de bourses d'études. On notera que les époux Clinton sont tous deux des boursiers Rhodes.

samedi, 05 décembre 2015

Entrevista a Claudio Mutti: “la guerra civil islámica”

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Entrevista a Claudio Mutti: “la guerra civil islámica”.

por Adriano Scianca

Ex: http://paginatransversal.wordpress.com

¿Un choque de civilización entre Occidente y el Islam? Qué va, el conflicto actualmente en curso es (sobre todo) interior al mismo mundo musulmán. De ello está convencido Claudio Mutti, director de la revista Eurasia, que dedica en su último número un dossier a “La guerra civil islámica”. Y en este choque las facciones aparentemente más aguerridas (salafistas y wahhabitas), son justo las que tienen vínculos históricos con las fuerzas de occidente.

Adriano Scianca – El último editorial de Eurasia, la revista de geopolítica que usted dirige, se titula “La guerra civil islámica”. ¿Quiénes son los actores de este conflicto dentro de la religión musulmana y qué es lo que está en juego?

Claudio Mutti – La expresión “guerra civil islámica” utilizada en el editorial del trigésimo noveno número de Eurasia debe entenderse en un sentido amplio, ya que el actualmente en curso no es propiamente un conflicto en el que se enfrentan los ciudadanos de un mismo Estado, incluso si no faltan casos de guerra civil real; tratándose en cambio de un conflicto que opone a Estados, instituciones, corrientes, grupos pertenecientes al mundo musulmán, sería más exacto hablar de “guerra intraislamica”. El enfrentamiento en cuestión debe remontarse a la tentativa puesta en práctica por fuerzas históricamente cómplices del Occidente británico y estadounidense, para instaurar su hegemonía en el mundo musulmán. Gracias además a los petrodólares de los que pueden disponer, estas fuerzas, que sobre el plano ideológico se expresan (sobre todo, pero no solamente) en las desviaciones wahhabita y salafista, ejercen su influencia sobre una parte considerable de la comunidad de creyentes. Esta tentativa hegemónica, además de encontrar las renuencias del Islam tradicional, ha suscitado durante mucho tiempo la fuerte oposición del nasserismo (hasta Gaddafi) y de las corrientes revolucionarias. Hoy su principal obstáculo está representado por el Islam chiíta. De ahí el feroz sectarismo anti-chií que anima a los corrientes heterodoxas y que, por desgracia, también se ha extendido a áreas del Islam que se suponía exentas de ello.

AS – La intervención rusa en Siria parece haber cambiado el rumbo del conflicto. ¿Cree que es posible, para Assad, volver a la situación pre-bélica o ya una porción de su poder y de su soberanía puede darse en todo caso por perdida para siempre?

CM – El gobierno sirio, que todos daban ya por desahuciado, logró sobrevivir a una agresión y a una guerra civil durante más de cuatro años. La alianza euroasiática de Siria, Irán, Hezbollah y Rusia ha prevalecido sobre la coalición occidental y sobre el sedicente “Estado islámico” que la primera ha diseñado, financiado, armado y entrenado. Se trata de la primera derrota geopolítica infligida a los Estados Unidos y sus satélites desde el fin de la Guerra Fría. En este contexto, no creo que Assad deba temer una pérdida del propio poder, tanto es así que el presidente sirio se ha declarado dispuesto a afrontar nuevas elecciones presidenciales. Hace unos días, el 23 de octubre, después de reunirse con John Kerry y los ministros de exteriores turco y saudí, el ministro de Asuntos Exteriores ruso, Sergei Lavrov, ha desmentido del modo más categórico que durante las negociaciones sobre la crisis siria los participantes hayan abordado la cuestión de la dimisión del presidente Assad. Algo antes, Dmitrij Trenin, director del Carnegie Center de Moscú, dijo que para Putin “Assad no es una vaca sagrada” y que su único interés es “salvar el estado sirio, evitando que se fragmente como ha sucedido en Libia o en Yemen”. Sin embargo, una cosa es cierta: Rusia tiene considerables intereses geoestratégicos en Siria, un país que durante más de cuarenta años es su aliado y que alberga en Tartus la única base mediterránea de la Armada rusa. No sólo eso, sino que los rusos han construido una base aérea en Al-Ladhiqiyah (Laodicea), que es un bastión de Assad. No creo, por tanto, que Rusia quiera crear en Damasco las condiciones de un vacío de poder que daría a los aliados de los EEUU la forma de soplar de nuevo sobre el fuego del terrorismo.

AS – En estos días la situación se está caldeando demasiado en los territorios palestinos. ¿Por qué precisamente ahora se vuelve al borde de una “tercera Intifada”? ¿Es un fenómeno que puede ser enmarcado de alguna manera en la convulsión general de la zona?

CM – La “tercera Intifada”, la denominada “Intifada de los cuchillos”, es una gran oportunidad para el eje ruso-iraní, cuya línea estratégica puede abrir perspectivas de victoria para la causa palestina. Acabando con la monstruosidad representada por el sedicente “Estado islámico” y garantizando la seguridad de la República Árabe de Siria, el eje ruso-iraní conseguirá en efecto el resultado de modificar radicalmente la situación en el Oriente Medio. Como consecuencia de ello, el papel de Estados Unidos en la región resultará fuertemente redimensionado, y por lo tanto también la hegemonía de la entidad sionista será puesta en tela de juicio. Si la alianza ruso-iraní quiere llevar hasta el final las medidas adoptadas hasta el momento, tendrá que sostener de manera decisiva la lucha del pueblo palestino; pero los líderes palestinos deberán a su vez romper los vínculos con aquellos gobiernos de la región que sustentan la presencia estadounidense y son cómplices del régimen de ocupación sionista.

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AS ¿Cuál es la relación de las corrientes wahhabita y salafista con la religión islámica? ¿No representan una exacerbación o una perversión? ¿Y cuáles son, en cambio, sus vínculos con el Occidente anglo-americano?

CM – Los movimientos wahhabitas y salafistas, aunque nacidos en lugares y circunstancias históricas diferentes, declaran ambos luchar por un objetivo esencialmente idéntico: reconducir el Islam a aquello que era, al menos en la imaginación de sus seguidores, en el momento de las primeras generaciones de musulmanes. Estas corrientes rechazan tanto el magisterio espiritual ejercido por los maestros de las hermandades sufíes, como las normas de la Ley sagrada (Sharia) elaborada por las escuelas jurídicas tradicionales (sunitas y chiítas). Su interpretación del Corán y de la Sunna Profética (únicas fuentes de la doctrina que ellos reconocen) se caracteriza por un obtuso literalismo anti-espiritual que no rehúye incluso el antropomorfismo.

Desde su creación, estos movimientos heterodoxos y sectarios han actuado en connivencia con Gran Bretaña, convirtiéndose en instrumentos de sus planes de dominio en el mundo musulmán. El fundador del movimiento salafista, Al-Afghani, iniciado en la masonería en una logia del rito escocés de El Cairo, hizo entrar en la organización masónica a los intelectuales de su círculo, entre ellos a Muhammad ‘Abduh, quien en 1899 se convirtió en Mufti de Egipto con el plácet de los ingleses. Lord Cromer, uno de los principales artífices del imperialismo británico, definió a los seguidores de Muhammad ‘Abduh como “los aliados naturales del reformador occidental”.

En cuanto a los wahhabitas, Ibn Saud fue patrocinado por Gran Bretaña, que en 1915 fue el único estado en el mundo en establecer relaciones oficiales con el Sultanato wahhabita del Nejd y en 1927 reconoció el nuevo reino wahhabita del Nejd y del Hiyaz. Consejero de Ibn Saud fue Harry Philby, el organizador de la revuelta árabe anti-otomana, el mismo que apoyó ante Churchill, el barón Rothschild y Weizmann el proyecto de una monarquía saudita encargada de controlar por cuenta de Inglaterra la ruta a la India. Al patrocinio británico lo sustituyó luego el estadounidense; si ya en 1933 la monarquía saudí había otorgado en concesión a la Standard Oil el monopolio de la explotación petrolífera, y en 1934 había concedido a otra compañía estadounidense el monopolio de la extracción de oro, el 01 de marzo de 1945 el rey wahhabita selló la nueva alianza con los EEUU reuniéndose con Roosevelt a bordo del Quincy.

AS – Los dos recientes premios Nobel de la Paz y de Literatura tiene notables implicaciones geopolíticas. ¿Puede darnos su comentario?

CM – Debe tenerse presente que el premio Nobel no es en absoluto una institución neutral y libre de condicionamientos políticos. El Premio Nobel de la Paz, en particular, ha sido concedido más veces a personalidades de la política, de la cultura e incluso de la religión que han servido a los intereses de los Estados Unidos de América o del régimen sionista, quizás a través de la subversión, la mentira propagandística, la acción terrorista y la agresión militar contra otros países. Me limito a mencionar algunos nombres, sobre los que no es necesario hacer ningún comentario: Woodrow Wilson, Henry Kissinger, Menachem Begin, Lech Walesa, Elie Wiesel, el XIV Dalai Lama Tenzin Gyatso, Gorbachov, Aung San Suu Kyi, Shimon Peres, Yitzhak Rabin, Barack Obama. Este año el Premio Nobel de la Paz ha sido concedido al llamado Cuarteto para el diálogo nacional tunecino, en reconocimiento a su “contribución decisiva para la construcción de una democracia plural en Túnez a raíz de la Revolución del Jazmín en 2011”. En resumen, ha sido premiada la llamada “Primavera árabe”, es decir, el vasto movimiento de desestabilización que la “estrategia del caos” ha favorecido en las costas meridional y oriental del Mediterráneo. Análogo significado reviste también la decisión de conceder el Nobel de Literatura a una periodista sobre la que recae la acusación infamante de ser un agente de la CIA.

26 de octubre 2015

(Traducción de Página transversal).

Fuentes: Eurasia Rivista di studi geopolitici e Il Primato Nationale.

mercredi, 02 décembre 2015

La guerra civil islámica

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La guerra civil islámica

por Claudio Mutti

Editorial de la revista Eurasia. Rivista di studi geopoliticiXXXIX (3 – 2015).

Ex: http://paginatransversal.wordpress.com

“Omnia divina humanaque iura permiscentur” (César, De bello civili, I, 6).

La guerra civil propiamente es un conflicto armado de amplias proporciones, en el que las partes beligerantes se componen principalmente de ciudadanos de un mismo Estado; objetivo de cada una de las dos facciones en lucha es la destrucción total del adversario, física e ideológica. Sin embargo, tal definición se puede aplicar ampliamente: Ernst Nolte, por ejemplo, llama “guerra civil europea” al conflicto de las dos ideocracias que, en el período comprendido entre la Revolución de Octubre y la derrota del Tercer Reich, trataron de aniquilarse recíprocamente. Guerra civil, pero combatida a escala global, fue también según Nolte la Guerra Fría, un “choque político-ideológico entre dos universalismos militantes, cada uno de los cuales estaba en posesión de al menos un gran estado, un choque en el que lo que estaba en juego era la futura organización de un mundo unitario” [1].

En cierta medida, es posible extender la definición de “guerra civil” al conflicto político y militar que, en el mundo musulmán de hoy, contrapone Estados, instituciones, movimientos, grupos y facciones pertenecientes a la misma comunidad (umma). Un conflicto de tal naturaleza se indica por el léxico islámico a través del término árabe fitna, al cual recurre el Corán, en donde se afirma “la sedición es más violenta que la matanza” (al-fitnatu ashaddu min al-qatl [2].

La primera fitna en la historia del Islam es la que rompió la comunidad musulmana durante el califato del Imam Alí. Concluida la revuelta de los notables de la Meca con su derrota en la Batalla del Camello, la fitna explotó una vez más con la rebelión del gobernador de Siria, Muawiya ibn Abi Sufyan, que, después de haber enfrentado en Siffín al ejército califal y después de apoderarse de Egipto, Yemen y otros territorios, dio comienzo en el 661 a la dinastía omeya. Una segunda fitna opuso al califa omeya Yazid Ibn Muawiya y al nieto del profeta Mahoma, al-Husayn ibn Alí, que el 10 de octubre de 680 conoció el martirio en la batalla de Karbala. La tercera fitna fue el choque dentro de la familia Omeya, que allanó el camino a la victoria abasí. La cuarta fue la lucha fratricida entre el califa abasí al-Amin y su hermano al-Ma’mun.

Irak-Chiites-et-sunnites.jpgLa primera y la segunda fitna, lejos de resolverse en un mero hecho político, están en el origen de la división de la umma islámica en las variantes sunita y chiíta: dos variantes correspondientes a dos perspectivas de la misma doctrina y por lo tanto definibles como “dimensiones del Islam inherentes a ella no para destruir su unidad, sino para hacer participar a una mayor parte de la humanidad y de  individuos de diferente espiritualidad” [3]. Ahora, mientras la mayoría de los árabes, de los turcos, de los pakistaníes es sunita, como sunita es igualmente Indonesia, que es el más populoso de los países musulmanes, el núcleo más compacto y numéricamente consistente del Islam chiíta es representado por el pueblo iraní. Esta estrecha relación de Irán con la Chía se utiliza ahora en un marco estratégico inspirado en la teoría del “choque de civilizaciones”: los regímenes del mundo musulmán aliados de los Estados Unidos y de Israel recurren instrumentalmente al dualismo “Sunna-Chía” con el fin de excitar el espíritu sectario y dirigir las pasiones de las masas contra la República Islámica de Irán, pintada como enemiga irreductible de los suníes y presentada como el núcleo estatal de la hegemonía regional “neosafávida” (fue bajo la dinastía safávida cuando en la Persia del siglo XVI la Chía se convirtió en la religión del estado).

El alimento ideológico del sectarismo anti-chií consiste principalmente, aunque no exclusivamente, en las corrientes wahabitas y salafistas, que desde su aparición han sido objeto de reprobación y condena por parte de la ortodoxia suní. Acerca de la relación histórica de solidaridad que une tales manifestaciones de heterodoxia al imperialismo británico y estadounidense, ya lo hemos visto en otro lugar [4]. Aquí será oportuno observar que el producto más reciente y virulento de estas corrientes, es decir, el autodenominado “Estado Islámico” (Daesh, Isis, Isil, etc.), abiertamente apoyado por Arabia Saudita, Qatar y Turquía, es el instrumento de una estrategia norteamericana destinada a asegurar al régimen sionista la hegemonía en el Medio Oriente y por lo tanto a impedir la formación de un bloque regional que, desde Irán, se extienda hasta el Mediterráneo.

También es necesario señalar la significativa similitud entre el caricaturesco y paródico “Califato” de al-Baghdadi y la petromonarquía saudita. Los feroces y bestiales actos de sadismo perpetrados por los secuaces del así llamado “Estado Islámico”, la destrucción sacrílega de lugares de culto tradicionales y la vandálica destrucción de los sitios de la memoria histórica en Siria e Irak, de hecho, representan otras tantas réplicas de análogos actos de barbarie cometidos por los wahabitas en la Península Arábiga [5]. El así llamado “Estado islámico”, como se ha demostrado ampliamente en las páginas de esta revista [6], no es sino una forma radical y paroxística de aquella particular heterodoxia que tiene su propio epónimo en Muhammad ibn ‘Abd al-Wahhab. Por otra parte, tanto la entidad saudita como su réplica denominada “Estado Islámico” deben ambas su nacimiento y su desarrollo a los intereses angloamericanos y a las decisiones operativas de la geopolítica atlántica.

La “guerra civil” islámica, la fitna que estalla en el mundo musulmán de hoy, tiene por lo tanto en su origen la acción combinada de una ideología sectaria y de una estrategia que sus propios diseñadores han llamado “la estrategia del caos.”

* Claudio Mutti es director de “Eurasia”.

Notas

[1] Ernst Nolte, Deutschland und der Kalte Krieg (2ª ed.), Klett-Cotta, Stuttgart 1985, p. 16.
[2] Corán, II, 191.
[3] Seyyed Hossein Nasr,  Ideali e realtà dell’Islam, Rusconi, Milán.
[4] Claudio Mutti, L’islamismo contro l’Islam?, “Eurasia. Rivista di studi geopolitici”, a. IX, n. 4, octubre-diciembre 2012, pp. 5-11.
[5] Carmela Crescenti, Lo scempio di Mecca, “Eurasia. Rivista di studi geopolitici”, a. XI, no. 4, octubre-diciembre 2014, pp. 61 a 70.
[6] Jean-Michel Vernochet, Le radici ideologiche dello “Stato Islamico”, “Eurasia. Rivista di studi geopolitici”, a. XI, no. 4, octubre-diciembre 2014, pp. 81 a 85.

(Traducción de Página transversal)

Fuente: Eurasia. Rivista di studi geopolitici

mardi, 01 décembre 2015

Gilles Kepel: «Le 13 novembre? Le résultat d'une faillite des élites politiques françaises»

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Gilles Kepel: «Le 13 novembre? Le résultat d'une faillite des élites politiques françaises»

Ex: http://www.letemps.ch

Politologue et sociologue, Gilles Kepel est internationalement reconnu comme l'un des meilleurs spécialistes du discours djihadiste et de l'islam en France. Il revient sur la dernière vague de terreur qui ébranle la France, bien trop prévisible pour l'intellectuel quelque peu désabusé de prêcher depuis des années dans le désert. Entretien.

Au lendemain des attentats du 13 novembre, un message de revendication était diffusé sur le Net par la voix d'un converti français. «Rhétorique pseudo-islamique à la sauce des banlieues populaires françaises», réagit aussitôt Gilles Kepel.

GK4.jpgPolitologue et sociologue, Gilles Kepel est internationalement reconnu comme l'un des meilleurs spécialistes du discours djihadiste et de l'islam en France. Voici plus de trente ans qu'il étudie en parallèle l'émergence de l'islamisme radical dans le monde arabe et l'évolution des musulmans dans son pays. Son dernier livre «Terreur dans l'Hexagone» devait paraître en janvier. Gallimard, son éditeur, a anticipé la sortie au 15 décembre, avec un avant-propos sur la dernière vague de terreur qui ébranle la France. Un acte bien trop prévisible pour l'intellectuel quelque peu désabusé de prêcher depuis des années dans le désert. Nous l'avons rencontré dans son bureau parisien de Sciences Po.

Le Temps: Le 13 novembre est la conclusion tout à fait logique de votre livre, dites-vous?

Gilles Kepel: Il y a un mois, avant même sa sortie, on m'accusait de faire un titre sensationnaliste pour me faire remarquer. Aujourd'hui, il est un peu en-deça du tambour de la presse qui titre partout «guerre, guerre, guerre». Là, je suis un peu plus dubitatif. Toute ma vie universitaire, j'ai essayé de marcher sur deux jambes, l'une étant ma formation d'orientaliste arabisant éduqué au Moyen-orient, et l'autre qui était la filière française et européenne, avec l'étude des banlieues de l'islam – c'est malheureusement la jonction entre les deux qui s'est produite avec les attentats djihadistes de 2015 en France. Cela ne m'aurait pas gêné que le monde soit différent de ce que je craignais qu'il devint.

GK1.jpg– Vous semblez désabusé.

– J'en veux à la fois à l'université française qui a détruit complètement les études arabes au moment même où Mohamed Bouazizi s'immolait par le feu déclenchant la révolte arabe, et à nos dirigeants.

– C'est-à-dire?

– Je fais une critique au vitriol de la façon dont nos élites politiques conçoivent la nation. La France - peut-être pour un Suisse cela apparaît-il de façon claire - est gangrenée par une haute fonction publique omnisciente et inculte qui méprise l'université, notamment les études qui sont dans mon domaine. Donc on a abouti à ce à quoi on a abouti… Le monde du renseignement s'est endormi sur ses lauriers après s'être débarrassé de Kelkal (Ndlr, terroriste d'origine algérienne qui a commis plusieurs attentats en France avant d'être abattu par la police fin 1995), jusqu'à Merah, et finalement il n'a pas compris le passage au djihadisme de 3e génération. Il y a aussi une incapacité à comprendre ce qui se noue dans la sédentarisation de l'islam de France, ses acteurs, le jeu des élus avec le salafisme pour avoir la paix sociale. C'est l'incapacité globale de notre élite politique.

– On a presque l'impression d'entendre Michel Houellebecq qui, dans une tribune publiée dans le New York Times, traite le premier ministre de «demeuré congénital» et vomit les élites.

– Je n'utiliserais peut-être pas les mêmes termes. Le chapitre six de mon livre commence par Houellebecq puisque la journée du 7 janvier a commencé avec son interview à la matinale de France Inter. Encensé par la presse pour son livre précédent qui avait obtenu le prix Goncourt, Houellebecq est alors brûlé par la même presse sur le thème «C'est un islamophobe». Ce matin-là, Caroline Fourest interpelle Houellebecq. Il dit : «Oui, euh, oh, oui, oui… (il imite la voix de Houellebecq), je crois pas avoir lu de ses livres. Je me suis documenté pourtant, je me suis arrêté à Gilles Kepel. » A ce moment-là le téléphone se met à chauffer, des collègues m'objurguent de me désavouer d'avec Michel Houellebecq, islamophobe. Je n'en fais bien sûr rien. Je viens ensuite dans mon bureau et c'est là que j'apprends l'attaque contre Charlie Hebdo. Et je dis à mes collègues: maintenant ils vont tuer des «apostats» et des juifs. J'avais lu et traduit en français Abou Moussab al-Souri, le théoricien de ce nouveau djihad qui avait rompu avec Ben Laden. Il avait expliqué que c'en était fini avec l'Amérique, la stratégie d'Al Qaida avait été un échec, c'était de l'hubris. Il fallait désormais attaquer le ventre mou de l'Occident, l'Europe, pour y déclencher une guerre civile en utilisant la population mal intégrée et les camps d'entraînement au Levant. Tout cela, je l'ai écrit dans «Terreur et Martyre» paru en 2008 mais personne ne s'y intéressait à l'époque – et c'est effectivement ce qui s'est passé. Aujourd'hui certains disent qu'al-Souri est mort. On n'en sait rien, mais cela n'a plus d'importance car ses textes continuent de circuler, dans le monde du tweet il n'y a plus d'auteur.

– Vous avez lu «Soumission»?

– En fait, l'éditrice de Houellebecq m'avait demandé de regarder les épreuves avant la publication de «Soumission» pour voir dans quelle mesure il courait un risque. J'avais dit que de mon point de vue, il n'y avait rien qui porte atteinte aux valeurs sacrales de l'islam, il n'insulte pas le prophète. Il ironise sur ce Mohamed Ben Abbes, fils méritant d'épicier tunisien, énarque et polytechnicien qui devient président de la République. C'est une fiction, assez drôle (il ne faut bien sûr pas la suivre comme étant la réalité, la réalité est différente), mais qui attrape assez bien un certain nombre de clivages de la société française. Il force le trait mais c'est un livre très intéressant. Notez que les quatre auteurs de langue française les plus fameux ou primés de l'année sont Houellebecq, Hédi Kaddour, Boualem Sansal et Mathias Enard, qui tous traitent de ces sujets. Cette année 2015 aura commencé par Charlie et l'Hyper Cacher et s'achève avec d'une part avec la pègre djihadiste – parce que c'est une pègre, on n'est plus du tout à l'époque de Ben Laden et Zawahiri. Tous les éléments de l'enquête sont hallucinants: la dérive d'Abdel Hamid Abaaoud, qui erre après l'attentat au Bataclan, prend le métro à Montreuil,  et qui finit grâce à sa cousine dans ce squat sordide de Saint-Denis où il est abattu - et la victoire attendue de Marine Le Pen aux élections régionales d'autre part. Cela veut dire qu'il y a un séisme dans la société française et que nos élites sont défaillantes.

– C'est-à-dire?

– C'est-à-dire que les clivages dans la société font un peu penser au 18e siècle avant la révolution française.

GK2.jpg– Cela signifie-t-il la stratégie d'Al-Souri de guerre civile s'impose ?

– On n'en est pas là. Quand François Hollande dit «C'est la guerre», «Nous sommes face à une armée djihadiste», on a l'impression qu'il se regarde au miroir que lui tend Daech. Moi je ne crois pas à cela. Une guerre se mène contre un Etat. L’État islamique est-il vraiment un Etat ? Non. Si guerre il y a, elle est au Levant. C'est le fait d'une coalition internationale qui a décidé de se débarrasser de Daech. Mais, prise dans ses contradictions, elle ne marche pas.

– Pourquoi?

– Les Turcs, au fond, trouvaient que Daech c'était pas mal puisque que cela permettait de tenir les Kurdes en laisse. Et puis ils leur achetaient du pétrole à très bas prix. Les Saoudiens et les gens du Golfe trouvaient eux que Daech permettait d'avoir une force efficiente pour détruire le système assadien, allié de l'Iran et donc d'affaiblir le croissant chiite. Les Russes au fond trouvaient eux aussi que Daech c'était plutôt bien puisqu'ils bombardaient les «djihadistes modérés» comme disent un certain nombre d'ânes de la politique étrangère française. Entre Assad et Daech, il y a un équilibre dans l'horreur, mais il faut bien voir que ce n'est pas Assad qui fait les attentats en France. Et pour cela, la ligne de la politique française, qui faisait de la «neutralisation» d'Assad un préalable, a changé. C'est le sens de la recherche par François Hollande d'une coalition qui a la neutralisation de Daech comme priorité, désormais...

– D'autres attentats les ont précédés, à Beyrouth, l'avion russe…

– Pour les Russes, Daech est désormais un vrai problème. Même s'il n'a pas d'opinion publique à proprement parler, Poutine est obligé de montrer qu'il fait quelque chose contre ceux qui ont détruit l'avion russe au Sinaï, des enfants sont morts comme ici dans le 10e et le 11e arrondissement. Mais aujourd'hui, il y a eu un deuxième avion russe abattu, par la DCA turque, et cela montre les limites de la coalition! De son côté, Erdogan a remporté à nouveau les élections, mais il a besoin de se refaire une virginité en Occident car son image s'est beaucoup dégradée. Il met donc des moyens contre Daech - on verra jusqu'où... Quant aux Saoudiens, ils sont très ennuyés par cette histoire car Daech apparaît maintenant comme une source de légitimité islamique face aux régimes corrompus et occidentalisés de la péninsule. L'auteur algérien Kamel Daoud a écrit que «l'Arabie saoudite c'est Daech qui a réussi». Il y a de ça. Le régime saoudien voit avec beaucoup d'inquiétude la possibilité que Daech s'empare de Damas. Selon les prévisions apocalyptiques salafistes – des propos du prophète remis à la mode du jour - c'est de Damas, Sham en arabe, que viendra l'apocalypse, moment à partir duquel l'islam se répandra à la surface de la terre. Tout cela, on y croit en Arabie saoudite, c'est ce que diffusent les oulémas saoudiens. Si Damas tombe aux mains de Daech, Médine et La Mecque ne pourront plus grand-chose pour protéger le régime. Il y a une vraie inquiétude.

GK3.jpg– Daech est devenu un concurrent.

– Le concurrent d'un régime qui a par ailleurs changé. Il s'est considérablement rajeuni. Longtemps, lorsque des Saoudiens venaient me voir, je passais pour un bambin, ils avaient 80 ans. Aujourd'hui je me sens un vieillard. Dans l'entourage des princes héritiers, ce sont des gens qui ont 35 ans qui sont aux commandes. C'est extrêmement rapide, comme ailleurs dans le Golfe. Il y a donc beaucoup de gens qui ont aujourd'hui intérêt à battre Daech. Mais sur le sol européen, on ne peut pas parler de guerre. C'est une opération de police qui implique d'avoir un renseignement efficace et le renseignement préventif ne l'est pas, Schengen n'aide en rien. Ils sont parfaitement capables de se faufiler dans tous les interstices possible. La différence, c'est qu'en janvier vous aviez des gens ciblés : des «islamophobes», des «apostats», des juifs. Là ils ont tué tout le monde de manière indiscriminée en visant la jeunesse bobo-branchée du Xe et du XIe arrondissement, ainsi que les jeunes issus de l'immigration qui habitent aussi ces quartiers.

– Avec quel but ?

– Un: terroriser l'adversaire. Deux: viser des soutiens auprès de sympathisants. Le 11 janvier, il y a eu une immense manifestation «Je suis Charlie». En même temps, un certain nombre de jeunes «issus de l'immigration» disaient «Chah», ce qui veut dire «Bien fait!» en arabe maghrébin dialectal, ou «Je ne suis pas Charlie». Vous aviez aussi des milliers de «like» pour Merah sur les pages Facebook. En janvier, ils ont mobilisé des soutiens. Là, en novembre, très peu. Il y a très peu d'affirmation d'identification à Daech.

– C'est une rupture, ils sont allés trop loin ?

– Oui. Il est possible que ce soit de ce point de vue-là un vrai souci dans leur stratégie.

GK5-130561514.jpg– Si l'on revient à la guerre de Hollande contre Daech, cela représente un tournant pour un pays qui se montrait le plus intransigeant face à Bachar al-Assad...

– Il a perdu de sa crédibilité pour monter une coalition. Au départ, il y avait ici une ligne selon laquelle la Syrie était notre guerre d'Espagne. Le dire semble romantique, mais c'est une idiotie. Car cela veut dire que toute personne qui va se battre en Syrie le fait avec la bénédiction de l’État. Et c'est ce qui s'est passé avec les djihadistes. C'était un manque de vision, un manque de connaissance. On était tous focalisé contre Assad, pour lequel je n'ai pas de sympathie, mais le résultat est qu'on n'a pas vu venir Daech. Aujourd'hui, cette ligne a été mise sous le boisseau puisqu'on cherche à s'allier avec les Russes pour se débarrasser de Daech. Notez que les Russes non plus ne sont pas des fans d'Assad. Ils ont préservé Assad parce que c'était la façon de garder leur position sur place.

– Et pourtant Daech est en partie une créature d'Assad.

– Bien sûr. Longtemps, ils ne se sont pas battus entre eux. Daech se battait contre les autres rebelles, le régime était très content. C'est un peu la même tactique que les Russes avaient préconisée en Algérie pour combattre la rébellion dans les années 1990, c'est-à-dire susciter des ultra radicaux qui se battent entre eux. Finalement l'explosion de la violence dégoûte les sympathisants. C'est ce qui s'est passé en Algérie en 1997, puis en Egypte aussi. Est-ce qu'on en est arrivé à ce point avec Daech en France, c'est trop tôt pour le dire. De leur point de vue, sur le plan quantitatif, ils ont tué beaucoup plus de monde qu'en janvier.

– Comment définissez-vous le djihad à la française?

– Il y a toute une histoire française qui est passé par la communauté d'Artigat, dans l'Ariège, où l'on retrouve Thomas Barnouin, qui est le grand idéologue du djihad francopohone, la fratrie Merah, des convertis comme les frères Bons. Quand vous appelez les djihadistes français au téléphone, me disent ceux qui sont à leur contact, vous avez parfois un fort accent du sud-ouest, au bout du fil... pas seulement un accent reubeu...

– Dans ce djihadisme made in France, quelle est la part d'explication relevant de facteurs économiques et sociaux, des problèmes d'intégration de l'immigration, des dérives sectaires ou religieuses, de la criminalité ?

– C'est un mélange. La criminalité se retrouve dans les cas les plus lourds: Merah, Kouachi, Coulibaly, Abdeslam, Abaaoud. C'est l'itinéraire de braqueurs. Et c'est l'incubateur carcéral qui a joué un rôle clé pour transformer ces braqueurs en djihadistes. Le passage par la prison est fondamental. Là encore, vous avez une défaillance des élites politiques françaises: tous ces types sont devenus extrêmement dangereux durant la décennie 2005-2015, quand ils sont passés en prison, sous le contrôle de l'administration pénitentiaire.

– Quelle doit être la riposte?

– Emmanuel Macron posait cette question dimanche dernier: comment s'est constitué le terreau et pourquoi la machine à intégrer ne marche plus. J'ai travaillé en Seine St-Denis pendant une année, cinq ans après les émeutes de 2005, pour comprendre comment la rénovation urbaine s'était mise en place, mais le travail est toujours absent. Il faut qu'il y ait des stratégies éducatives qui permettent à des jeunes d'occuper des emplois auxquels ils sont aujourd'hui inadaptés en sortant de l'école. L'école est décrédibilisée parce qu'elle n'apporte pas d'emploi, du coup les valeurs qu'elle enseigne - c'est-à-dire la laïcité - sont nulles et non avenues dans l'esprit de nombreux jeunes de milieux défavorisés. On est dans un cercle vicieux. Le terrorisme n'est pas quelque chose de génétique: c'est l'aboutissement d'un processus dans lequel les utopies d'extrême-gauche et d'extrême-droite sont tombées en déshérence, en putréfaction. Le djihadisme rattrape aussi tout cela.

– Qu'en est-il des autres causes?

– Il y a l'explication psychiatrique. Le père a généralement disparu et la mère se retrouve seule face à des fratries avec une substitution du père par les pairs et la projection dans le départ en Syrie pour redresser les torts privés et publics.

– Et il y a le salafisme.

– Il y a un débat à ce propos. Des gens vous disent que c'est formidable, parce que cela maintient la paix sociale. On voit émerger des communautés, parfois d'anciens gauchistes, comme celle d'Artigat en Ariège, passée du chichon à la charia. Le problème est de savoir quand le salafisme dit «quiétiste» bascule dans le salafisme djihadiste. Les quiétistes disent qu'ils n'ont rien à voir avec les autres. Je pense que ce n'est pas si simple. Artigat en est un très bon exemple. Au départ cela se veut quiétiste, on fait de la poterie. Finalement, toute la mouvance djihadiste du sud-ouest passe par là, de Merah au frères Clain qui ont lu et psalmodié le communiqué de Daesh après le 13 novembre. Le problème du salafisme est la rupture en valeurs avec les normes de la société ambiante. Et à partir du moment où vous êtes en rupture en valeurs, le substrat du passage à l'acte est là, même s'il n'a pas toujours lieu.

– Et ce passage du salafisme quiétiste au djihadiste est dû…

– … essentiellement à des raisons affinitaires. Quand vous êtes dans ces milieux désocialisés, que vous avez un gourou qui est éloquent, vous basculez.

– Le salafisme nous ramène à l'Arabie saoudite puisqu'il en est la source. Peut-on lutter contre le salafisme tout en vendant des armes à l'Arabie saoudite ? N'est-on pas là au coeur de la contradiction française?

– C'est très complexe effectivement. Le budget de la France doit beaucoup à la vente d'armes financées par les Saoudiens, que ce soit pour l'armée égyptienne, l'armée libanaise ou pour eux-mêmes. Quelles sont les contre-parties à ces budgets, ça je ne le sais pas.

– Les Saoudiens ne financent-ils pas les prédicateurs salafistes qui créent le terreau de la terreur?

– C'est difficile à dire quand vous n'avez pas vous-même accès aux organismes qui traquent l'argent. Mais l'influence de ces prédicateurs sur les réseaux sociaux est immense.

samedi, 31 octobre 2015

Les djihadistes de l’EI se sont rassemblés pour une Invasion MASSIVE de l’Asie Centrale

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Renseignements russes : Les djihadistes de l’EI se sont rassemblés pour une Invasion MASSIVE de l’Asie Centrale

Auteur : Nick Gutteridge
Traduction Laurent Freeman
Ex: http://zejournal.mobi

Un grand nombre de combattants islamistes se sont rassemblés au nord de la frontière afghane et se préparent à entrer dans les états voisins, ont révélé des agents des services de renseignement russes.

L’espion moscovite en chef, Alexander Bortnikov, a mis en garde les Talibans, des combattants, dont beaucoup ont prêté allégeance à l’Etat Islamique, qui sont lourdement armés et préparés à pénétrer la frontière poreuse.

S’adressant à un congrès des services spéciaux des Etats Indépendants du Commonwealth, il a dit:

« La communauté internationale fait désormais face à un nouveau challenge géopolitique, un groupe criminel international du nom de l’Etat Islamique. »

« Ce projet, qui est la progéniture même du ‘Printemps Arabe’, a obtenu son élan à cause du deux poids deux mesures de certains pouvoirs mondiaux et régionaux, en utilisant ‘un proxy terroriste ravageur’ pour qu’ils atteignent leurs objectifs stratégiques en Asie et en Afrique ».

« Selon nos propres estimations, les citoyens de plus de 100 pays différents se battent actuellement dans les différents rangs de ces structures terroristes variées et les jeunes recrues représentent 40% de leurs forces ».

« L’escalade des tensions en Afghanistan a provoqué de graves dangers. Il y a de nombreux groupes criminels au sein du mouvement taliban au nord de ce pays en ce moment-même. Certains d’entre eux ont également commencé à opérer sous les ordres de l’Etat islamique, ce qui amène à une montée critique du niveau de menaces terroristes d’une potentielle invasion de l’Asie centrale ».

Le groupe de djihadistes haineux pourrait essayer de se frayer un chemin au nord de l’Afghanistan après avoir essuyé plusieurs raids aériens meurtriers de la Russie.

L’invasion serait comme un coup bas pour Vladimir Poutine, car elle emporterait avec elle plusieurs régions de l’ex-URSS à savoir le Turkménistan, l’Ouzbékistan, le Tadjikistan, qui sont toujours en bon terme avec Moscou.

Ils prendraient ainsi le contrôle des champs d’opium en Afghanistan qui sont entretenus par les forces occidentales. Une manne qui renforcerait l’Etat Islamique, car le produit une fois transformé en héroïne, serait revendu dans les rues européennes ou américaines.

L’Etat Islamique n’a cherché qu’à accroître sa présence en Asie et n’a cessé de recevoir du soutien de plusieurs cellules islamistes indiennes, pakistanaises et malaisiennes.

Tôt ce mois-ci, Poutine a dénoncé la situation en Afghanistan comme étant « proche du seuil critique » et a appelé les nations de l’ex Union Soviétique à se préparer à agir à l’unisson pour contrer une potentielle attaque de l’Etat Islamique.

Les fous islamistes ont été usés par les bombardements aériens russes et occidentaux, ce qui a amené plusieurs experts à reconnaître que leur économie est en panne et que leur structure de commande est sur le point de disparaître.

Les djihadistes ont précédemment annoncé leur intention de conquérir le monde et de soumettre tous les êtres humains à une seule idéologie, la loi de la Charia.

dimanche, 11 octobre 2015

Islamism, Violence, & Global Theocracy

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Islamism, Violence, & Global Theocracy

k9067.gifRoxanne L. Euben and Muhammad Qasim Zaman, eds.
Princeton Readings in Islamist Thought: Texts and Contexts from al-Banna to Bin Laden [2]
Princeton: Princeton University Press, 2009

There is a tendency among people concerned one way or another with Islam to resort to various cherry-picked Quranic teachings and quotes in order to demonstrate that Islam is either “good” or “bad.” But just as the Bible cannot provide a complete picture of what the Catholic Church practices today and why it does so, the Quran cannot provide a complete picture of the contemporary practice of Islam. For this we need to turn to the writings and teachings of more recent serious Islamic thinkers, in particular those of the Islamist variety.[1] It is they who have set the political philosophical tone of contemporary Islam. Upon familiarizing oneself with this body of literature, one realizes that the problem of Muslims in white societies is far greater than most people even realize.

As more and more Muslims invade the West, there is a greater need to understand them as they are now. A knowledge of early Islamic history is necessary and valuable but it cannot serve as one’s main source of critique. Nor, for that matter, can footage of brown hordes rampaging across white lands provide us with anything deeper than visceral disgust, however justified and strategically animating that feeling may be. Knowing that Muhammad was a pedophile and watching the latest videos of “refugees” angrily tossing away non-halal food donations and complaining about bad internet connections still leaves a vast historical middle ground of highly relevant and often untapped knowledge. Within this historical space, the 20th century is the most important focal point because it is during this time that Islam became the highly politicized force with which we are currently dealing.[2]

Understanding Islamism is not, in fact, particularly hard. There has only been a relatively small number of influential Islamist intellectuals and they, more often than not, simply stole their ideas from European philosophers and placed them in an Islamic context. However, these few intellectuals have been so influential in the past century or so within the ever-encroaching Islamic world that it is well worth becoming acquainted with them. An excellent way to do this is with the book Princeton Readings in Islamist Thought, a collection of various Islamist texts, edited and with introductions by Roxanne Euben, a political scientist at Wellesley College, and Muhammad Qasim Zaman, a professor of Near Eastern studies at Princeton University.

The book begins with an introduction that is typical of modern academic writing on any controversial subject. It gives the reader an impression of the current intellectual climate as much as it does of the subject matter itself. For example, the editors attempt to “situate” Islamism (p.5). When an academic proclaims his desire to “situate” anything, the critical reader should be especially alert because it usually means that the author is about to whitewash his subject, drowning it in contemporary dogma and intellectual fashion. Unsurprisingly, Drs. Euben and Zaman do just that. For example, they state at one point in a section entitled “Islamism and Violence,” that the “fact that some Islamist thinkers sanctify violent struggle . . . does not mean, of course, that all those who advocate or engage in jihad endorse violence” (p. 45). This is followed by: “. . . for true believers, jihad is no less than an enactment of a divine imperative to remake the foundations of collective life. In this respect, Islamist views of jihad can be seen as part of a long-standing association between violence and political foundings upon which no particular culture or historical epoch has a monopoly” (pp. 45-46). Such a condescendingly childish qualification would not need to be made in a university press publication on most other subjects. Even so, one must question their logic. If “true believers” associate jihad with the violence of “political foundings” does that not mean that Islamism is, at its very core, violent? Wouldn’t an Islamist who explicitly opposed all violent jihad (if one could be found) then cease to be an Islamist? Despite such efforts at careerist diplomacy, the texts that make up the bulk of the book make quite clear that violent jihad is not only a major concern of Islamist thought generally but that it is the central political concern. To be sure, the editorial content is not without merit but, for our purposes, the value of this book is in the Islamist texts themselves.

Princeton Readings in Islamist Thought is organized into five parts. The first part, entitled “Islamism: An Emergent Worldview,” deals with early Islamist thinkers who rose to prominence during the various anti-colonial struggles across the Muslim world in the early to mid-20th century: Hasan al-Banna (1906-1949), an Egyptian who formed the Muslim Brotherhood; Sayyid Abu’l-a’la Mawdudi (1903-1979), an Indian/Pakistani Muslim who founded the Jam’at-i Islami; Sayyid Abu’l-Hasan ‘Ali Nadwi (1914-1999), an Indian Muslim member of the Tablighi Jama’at; and Sayyid Qutb (1906-1966), an Egyptian member of the Muslim Brotherhood who has since been referred to by Jewish journalist Paul Berman as “The Philosopher of Islamic Terror” (p. 129).[3] The work of these men has had a tremendous impact on the Muslim world, setting in place what would be common themes within Islamist thought in the years to follow. The most important conceptual development common to these early Islamists, one that essentially frames all others, is the idea of Islam as a world system, a complete and perfect global theocracy. This is the key to understanding all that follows and to realizing the true extent of the Muslim threat.

Traditionally, the ulama (Muslim religious scholars) tended to separate religion from politics. Under colonial rule, this became an increasingly unsatisfactory position for many Muslims, and new politically-oriented Islamist thinkers began to gain prominence in the Muslim world. It seemed obvious to them that the political was inseparable from the religious. Indeed, as the political is an inescapable phenomenon of any human community, Muslims were duty-bound to steer politics in an Islamic direction. Thus the Quran became not only a religious text but a political program for the colonial and post-colonial Muslim world. In the words of Mr. Banna: “No regime in the world will supply the renascent nation with what it requires in the way of institutions, principles, objectives, and sensibilities to the same extent that Islam supplies every one of its renascent nations” (pp. 59-60). Mr. Qutb goes even further when he states that Muslims must “assume the leadership of humankind” (p. 138). This is, quite obviously, distinctly political language. The notions of an Islamic “regime” and Muslim “leadership” were exciting and appealingly modern to disaffected Muslims, who were, in this period, often torn between the obvious material benefits of white modernity, the anti-imperialism of Marxism, and the somewhat old-fashioned and tame, but deeply ingrained and comfortable, Islam of the ulama.

By the late colonial period of the 20th century, not only was the West physically dominating Muslim lands but, certainly in the eyes of the Islamists, it was also culturally dominating them. Much has been written about the psychological effects of colonialism on the colonized — the retreat into fantasies of past glory, the tension between the longing for Western material success and the desire for cultural sovereignty among the subordinated autochthonous populations — but nowhere is this more clear than in the Muslim world at this time. The reconciliation of the stagnation of Islamic civilization with the obvious technological, scientific, and economic superiority of the West was of utmost importance to those trying to build an Islamic global empire. If Islam was correct in all ways — as it had to be for believers — then why were Muslim lands under foreign rule and why were Muslims being outpaced in every single measure of material and organizational success? There were two possible answers: “bad Muslims” or the notion that the West was lacking some spiritual truth that only Islam could provide.

In order to begin the process of realizing the Islamic world system, a newly energized and committed Muslim had to be created. This was the primary project of Mr. Mawdudi, who perhaps more than any other, made a compelling case for this new breed. A learned man, deeply knowledgeable of Islam as well as European philosophy, he devoted his life to promulgating a radical Islamic faith through personal spiritual transformation, which would, he believed, necessarily lead to political activism. The future required first a revamping of the individual’s relation to his faith. The degraded state of the Islamic world was at root the result of what he perceived as a collective historical drift away from Islamic truth. He explained Muslim cultural degeneration in terms familiar to post-colonialists: “Political slavery gave birth to an inferiority complex, and the resultant intellectual serfdom eventually swept the entire Muslim world off its feet. . . The ultimate consequence of this evil situation was that when Muslims woke up again to the call of progress, they were incapable of looking at things except through the colored glasses of Western thought” (pp. 86-87). This inferiority complex caused them to doubt their own value, leading them to gradually succumb to the insidiousness of foreign cultural norms, a phenomenon that crossed class and educational barriers. Indeed, for Mr. Mawdudi, the Muslim elites, especially the ulama, were largely to blame and remained a special target for him throughout his life. They had failed to tend to their flock, failed to live by and enforce shari’a law, and for this the entire Muslim world was now suffering.

Mr. Qutb tended to emphasize what he saw as the spiritual bankruptcy of the West in his efforts to counter its painfully clear material dominance. For him, the West was superior only in superficial areas of human existence. In his last book Signposts Along the Road, published in 1964 and excerpted in this reader, he wrote: “It is not easy to disregard such achievements and blame those who invented them, especially as the so-called Islamic world is almost devoid of such accomplishments. Yet in spite of all these considerations, it is still essential to “revive” Islam” (p. 138). He goes on to say:

. . . we must clearly understand — in exact terms — this umma’s [the greater Muslim community] qualifications for the leadership of humankind. The Muslim community now is not capable — nor required — to present evidence of extraordinary material achievements in order for humankind to bow down before its supremacy and appoint it to world leadership . . . To assume the leadership of humankind, then, it is essential to have a quality other than material creativity. This is none other than the “faith” and “way of life,” which both enable humanity to preserve the fruits of material progress and fulfill the needs of human nature. This faith and program must then be actualized in a human collectivity — that is, a Muslim society (p. 138).

The qualifications possessed by the Muslim community, according to Islamists, are simply the complete acceptance of, and obedience to, the divine law contained in the Quran, the necessarily perfect plan for the entirety of humanity.[4]

For Islamists, anything that is not explicitly Islamic is, to use Mr. Mawdudi’s term, “un-Islam.” They believe that all who deviate from their interpretation of the basic tenets of Islam, including other Muslims, are enemies. Islam is the word of God and the word of God cannot be challenged except by evil men. In a Hegelian sense, Islam is the end of history — a state of perfection for which no antithesis can rationally exist. The enemies of Islam are the enemies of man, of history, of the universe itself. Indeed, to hold this rigid position and not believe in the validity of violent jihad would require conceptual contortions and obfuscations the likes of which are usually absent outside of the Judaized world.

It is true that jihad is not necessarily violent. The word only means “struggle.” And the word “struggle” connotes as many things for Muslims as it does for anyone else. However, in the context of the larger Islamist worldview and, crucially, in the words of the Islamists themselves it is quite clear that opinions on the use of violence range only from “acceptable in certain situations” to “required.” We see this train of thought developing in early Islamist writings. It is again worth quoting the “philosopher of terror,” Mr. Qutb, at length:

Jihad is essential for the Islamic message if it is to be taken seriously as a declaration of the liberation of man, because it cannot confine itself to theoretical and philosophical arguments. It must confront existing situations with effective means, whether the land of Islam is secure or under threat from neighboring powers. As Islam works for peace, it is not satisfied with a cheap peace that applies only to the area where people of the Muslim faith happen to live. Islam aims to achieve the sort of peace that ensures that all submission is made to God, and none of them take others for their lord (p. 150).

And here is Mr. Nadwi on jihad:

There can be nothing more noble for a Muslim than the earning of God’s pleasure through complete submission to His will. For this, a long and sustained inner struggle is required against the false deities that may lay claim to his spiritual allegiance, as well as against all those whims and desires that may try to lure him away from goodness and piety. When this has been attained, it becomes his moral responsibility to exert himself for the improvement of his fellow beings and the establishment of Divine sovereignty over the world around him (pp. 112-13).

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The concept of jihad as an amalgamation of personal internal struggle and collective political struggle was a marked shift in understanding. This shift was to be further refined by the next generation of Islamists.

The second part of the book, “Remaking the Islamic State,” deals with this second generation: Ayatollah Ruhollah Khomeini (1902-1989), the very well-known leader of the Iranian Revolution; Muhammad Baqir al-Sadr (1934-1980), the Iraqi Shi’i leader who was executed by Saddam Hussein and whose name will forever remain etched in the minds of many in the name of Sadr City, the infamous Shi’a slum in Baghdad; Hasan al-Turabi (1932- ), the Sudanese religious leader; and Yusuf al-Qaradwi (1926- ), an Egyptian with close ties to the Muslim Brotherhood. By the time these men appeared on the scene, the basic Islamist positions — “revivalist” spiritual reform and collective political struggle towards an Islamic empire — had been set. It was now up to them to continue the work towards Islamic global dominance and doing this required a bit of intellectual and political finesse.

Earlier Islamist thinkers had rejected nationalism as a politically and spiritually limiting Western construct. The nation-state was not a social unit that concerned them because the larger Muslim community itself was not limited to particular nations, and the desired Islamic world system was necessarily supranational. Still, practical politics had to be taken into account and so Islamists worked within national political parameters even while ultimately rejecting the concept. Mr. Khomeini argued that:

No one can say it is no longer necessary to defend the frontiers and the territorial integrity of the Islamic homeland. . . Any person who claims that the formation of an Islamic government is not necessary implicitly denies the necessity for the implementation of Islamic law, the universality and comprehensiveness of that law, and the eternal validity of the faith itself (p. 165).

Dr. Turabi clarified this seemingly un-Islamist position:

. . . an Islamic state is not a nationalistic state because allegiance is owed to God and thereby to the community of all believers . . . [the Islamic state] would work toward the eventual unity of the umma and beyond. Ultimately there is nothing final even about the so-called Muslim world or Muslim nation, because Islam is open to humanity, is universal . . . The state is only the political dimension of the collective endeavor of Muslims (pp. 214-15).

The efficacy of 20th century nationalist movements in overcoming colonialism coupled with the unavoidable reality of the global state system forced these Islamists to be realistic in ways that the earlier generation had often resisted. The nation-state began to be seen as a manageable, albeit ultimately temporary, political unit through which to accomplish their long-term goals. By accepting the usefulness of national politics, Islamists began to think realistically about how their states were to be organized. Questions of law, democracy, and economics had to be dealt with more explicitly than they had been previously. There is a great deal of information in this volume regarding the Islamist vision of the state but the important general point is that, for Islamists, the state is a mere stepping stone on the path to global theocracy.

The third part of the book, entitled “Islamism and Gender,” contains writings by various Islamists on the role of women in Islamic societies: Murtaza Mutahhari (1920-1979), a key figure in the Iranian Revolution; Zaynab al-Ghazali (1917-2005), an Egyptian woman, characterized by the editors as Islamism’s “largely unsung mother” (p. 275); and Nadia Yassine (1958- ), “the highly visible if unofficial spokeswoman for the most popular Islamist group in Morocco, Jama’at al-‘Adl wa-l-Ihsan” (p. 302). Unless one is living in a Muslim society or is a student of feminism, these chapters offer little in the way of intellectual stimulation. Mr. Mutahhari spends much time articulating the difference between equality and identicalness and Miss Ghazali describes her work alongside the Muslim Brotherhood and her fond memories of spending time group-reading and group-studying the Quran. There is little here of interest for the New Rightist reader. But if any have ever wondered whether or not there were social justice warriors in Islamist circles, Miss Yassine provides the answer in stilted, tedious prose. She writes: “. . . reviving the Islamic faith consists in denouncing the rerouting of history by regimes that have imposed patriarchy and autocracy on our societies” (p. 314). And: “Our reading of the sacred texts is at odds with the ossifying ideology built up over the course of time by a body of exegetes who sapped all dynamic from Islamic Law” (p. 315). She also defends the hijab in similar style: “When a woman wears the Islamic scarf, she reclaims her spirituality, reconquers the public sphere (because the Islamic scarf is a projection of the private sphere within the public space), and finally makes a political declaration of dissidence against the established order, be it national or international” (pp. 316-17).

The fourth part of the book is entitled “Violence, Action, and Jihad.” It includes writings by Muhammad ‘abd al-Salam Faraj (1954-1982), an Egyptian electrical engineer and member of the Jama’at al-Jihad, the group that assassinated Egyptian president Anwar al-Sadat in 1981, as well as by ‘Umar ‘abd al’Rahman (1938- ), an Egyptian sheik involved with the 1993 bombing of the World Trade Center in New York and the assassination of Rabbi Meir Kahane. Also included is the Hamas charter, writings by Muhammad Husayn Fadlallah (1935- ), an Iraqi religious scholar based in Lebanon who has been referred to as the “spiritual leader of the Hizbullah” (p. 390), as well as a Taliban rule book and an interview with a Taliban leader.

As the section title would indicate, the concept of jihad is dealt with in more detail here. Every page contains some insight into exactly how important it is to Islamists. Mr. Faraj, dealing with those who suggest that jihad does not have to be violent, responds that this type of person “is not interested in Islam or is a coward who does not wish to stand up for the Rule of God with firmness” (p. 330). He rejects entryism, propaganda, scholarship, traditional politics, and, interestingly, emigration. All of these things he argues are a move away from God and only serve to prolong the existence of the “pagan state.” This position directly reflects the attitudes of earlier Islamists but there is a greater sense of urgency in his writings, something common among the more recent generation of Islamists. Simply put, violence is essential. Commenting on a Quranic verse in which Muhammad states that if his followers fight the infidel “God will punish them . . . will humiliate them and aid you against them, and will bring healing to the breasts of people who are believers” (p. 335), Mr. Faraj writes that “a Muslim has first of all the duty to execute the command to fight with his hands” (p. 335). Over the course of Islamic history there have been various religious scholars who tried to dampen the obvious inherent violence in such famous Quranic passages as the “Verse of the Sword,” arguing that jihad was primarily an internal struggle of the soul, but Mr. Faraj accuses them — in common Islamist fashion — of belonging to the category of “bad Muslims.”[5] He writes: “The only reason for inventing this tradition is to reduce the value of fighting with the sword, so as to distract the Muslims from fighting the infidels and the hypocrites” (p. 342). And he even offers advice to young, aspiring jihadists: “Know that when jihad is an individual duty, there is no (need to) ask permission of (your) parents to leave to wage jihad . . .” (p. 341).

20120627_islamist_koran_terrorist.jpgMr. ‘Abd al-Rahman holds similar positions. He writes: “The very existence of a threat to the social order is in itself justification for the overthrow of the regime” (p. 350). It is important to bear in mind that the word “regime” is not qualified. The “regime” could thus be any regime under which Muslims live. One must always keep in mind the basic fact that Islamists are intent on world domination, on implementing theocracy wherever they reside, even when it seems as if they are engaged in purely nationalist struggle, as is the case with Hamas, an organization that devotes itself to the Palestinian cause and freely uses nationalist rhetoric. Article 5 of the Hamas Charter states:

The historical dimension of the Islamic Resistance Movement originates from its adoption of Islam as a system of life. It reaches far back to the birth of the Islamic Message and to the Pious Predecessors. Therefore, Allah is its goal, the Messenger its leader, and the Qu’ran its constitution. . . As for its geographic dimension, it is wherever Muslims — those who adopt Islam as a system of life — are found, in any region on the face of the earth . . . (p. 367)

In Article 8, these notions are reiterated in more dramatic fashion with an addendum stating that jihad is Hamas’s “methodology” and that death “for the sake of Allah is its most coveted desire” (p. 369). One might support the Palestinian cause as a legitimate nationalist movement, but when understood in the grand Islamist context, the language used by Hamas clearly indicates that it has much in common with the transnational ideology preached by earlier Islamists. There is absolutely nothing in Islamist literature to indicate that, once political sovereignty has been acquired, the Islamists will content themselves with local rule. Indeed, the opposite is the case.

This fourth section also contains a reprint of an interview with Mr. Fadlallah which, while also dealing with jihad, contains some interesting commentary on Islamist ethics that reveals the deep similarity between Muslim and Jewish thought. The rupture between endogenous and exogenous ethics is made readily apparent. He states:

A negative value may be transformed into a positive value if it serves the public good. Lying is wrong. However, if speaking the truth means betraying one’s umma, then telling the truth would be wrong and lying would be right. Speaking ill of someone behind his back is wrong, but when doing so means warning others of his vices so as to help them avoid problems that could arise from contact with him, it could be a duty. When the welfare of mankind is served by a negative value, it is transformed into a positive value (p. 398).

Concerned as he is with ethics, however foreign to white Western minds his version may be, he does see a difference between, for example, the September 11th attacks and blowing up Jewish civilians in Israel. He argues that the World Trade Center attack was unjustified because most Americans “are generally uninterested in their country’s foreign policy” and so ignorant Americans are not legitimate targets. Israelis, however, consider Palestinian deaths part of the cost of war, and so Palestinians are justified in killing Israeli civilians. The logic is not quite sound, but he, perhaps unwittingly, reveals his true position a bit later. It becomes clear as the interview progresses that Mr. Fadlallah simply believes that the World Trade Center attacks did not benefit the Islamist cause — which, as it so happens, turns out to be the main reason why he condemns it. He states that “what happened has opened wide the gates of the world to America, making the whole world subject to it. . . . This is why I say to those who think that such acts can be justified for the sake of the larger goal, that no larger goal can be achieved using such methods, which can actually bring about the opposite outcome” (p. 406).

The fourth part of the book ends with a short discussion of the Taliban, including a reprint of a Taliban laheya (program or rule book). Most of it is just basic run-of-the-mill paramilitary organizational strategy. But it is humorous at times. Some of the more comical rules include: “Taliban may not use jihad equipment or property for personal use” (p. 415); “Mujahidin are not allowed to take young boys with no facial hair into the battlefield or into their private quarters” (p. 416); “Anyone who works as a teacher for the current puppet regime must receive a warning. If he nevertheless refuses to give up his job, he must be beaten. If the teacher still continues to instruct contrary to the principles of Islam, the district commander or a group leader must kill him” (p. 417). In an interview with Taliban leader Mullah Sabir regarding the release of the above referenced laheya, he is asked about the efficacy of and reason behind the Taliban campaign of suicide bombings. He responds by saying that the “suicide bombings are a tactic with which we drive the enemy to panic. Without this miracle weapon [italics mine] we would never accomplish our goal of reconquering all of Afghanistan” (p. 420).

In the fifth and final part of the book, “Globalizing Jihad,” the editors include Usama Bin Laden’s (1957-2011) “Declaration of War Against the Americans Occupying the Land of the Two Holy Places” and the final instructions to the World Trade Center attackers written by Muhammad ‘Ata al-Sayyid (1968-2001). Mr. Bin Laden’s writing hits all of the major points covered by previous Islamists: the failure of the ulama to adequately enforce Islamic law; the duty of Muslims to wage jihad; the tremendous Zionist problem; a healthy dose of post-colonial rhetoric; a smattering of historical anecdotes interspersed with Quranic verses; and the communal unity of all Muslims across the globe. Like Mr. Faraj, he too believes that the children are the future. He writes of the new generation of radical Muslim youths: “Those youths know that their reward in fighting you, the United States, is double the reward for fighting someone not from the People of the Book [Jews and Christians]. They have no intent other than to enter Paradise by killing you. An infidel and enemy of God like you cannot be in the same hell with his righteous executioner. . . The youths you call cowards are competing among themselves to fight and kill you” (p. 453). He adds: “Terrorizing you, while you are carrying arms on our land, is a legitimate and moral duty” (p. 457). And before ending with a prayer to Allah, he writes: “O you [soldiers] of Allah, ride and march on. This is the time of hardship, so be tough. And know that your gathering and cooperation to liberate the sanctuaries of Islam is the right step toward unifying the word of the umma under the banner of ‘No God but Allah’” (p. 458). One could argue that Mr. Bin Laden is the quintessential Islamist, not only in terms of face and name recognition, but in terms of ideological and political comprehensiveness.

One of the problems in dealing with Islamism is that it contains ideas that are, to varying degrees, appealing to racially-aware whites, particularly those in the New Right: tribal loyalty, social conservatism, the willingness to make sacrifices for a greater cause, and the fearless combating of Jewish political and cultural hegemony. Admirable and appealing as these qualities may be to whites who desire the awakening of similar qualities in their own people, they are precisely the qualities that make Islamism (and any Muslim presence in white lands) such a tremendous practical threat to whites. There are those who argue that Islam is a problem that can be contained, that it can act to foil Jewish influence, that because some of their values overlap with those of the New Right they are natural allies. These beliefs are, however, terribly misguided and naive. There can be no compromise with those who desire to remake one’s civilization by force, to assert their ideological dominance in every facet of human existence, and who preach universalist ideas that would contribute to the destruction of the white race.

Much like the Jew, the Islamist hides in plain sight. Under the nauseatingly ubiquitous protecting veil of tolerance, humanitarianism, and anti-racism, these enemies conspire against whites while enjoying — and developing ravenous appetites for — the benefits of white civilization. If given the chance to be implemented, their theocratic “end of history” would spell the end of our history. The texts in this book make this crystal clear.

Notes 

1. Though I believe that the term “Islamist” is, in part, a way to shield Islam itself from criticism, it is commonly used and accepted and for the sake of ease I will use it here.

2. There will be no discussion here of Jewish influence on Middle Eastern politics and its role in Muslim political radicalization, not because I feel it is irrelevant–quite the contrary–but because it is outside the scope of this review.

3. Paul Berman, “The Philosopher of Islamic Terror,” New York Times, March 23, 2003, http://www.nytimes.com/2003/03/23/magazine/the-philosopher-of-islamic-terror.html [3] (accessed September 28, 2015).

4. Mr. Mawdudi, quoted in a different source, makes the universality of Islam even more clear:

This powerful law which governs and controls all that comprises the Universe, from the largest stars to the tiniest particle in the earth, is made and enacted by the Great Governor, whom the whole Creation obeys. The universe, therefore, literally, follows the religion of Islam, as Islam signifies nothing but obedience and submission to God, the Lord of the Universe. The sun, the moon, and the stars are thus all ‘Muslims’. The earth is also Muslim, and so are air, water, and heat. Trees, stones and animals are all “Muslims.”

Sayyid Abu’l-a-la Mawdudi, quoted in: Eran Lerman, “Mawdudi’s Concept of Islam.” Middle Eastern Studies Vol.17, No.4 (Oct.,1981): 497.

5. The Verse of the Sword: “Then when the sacred months have slipped away, slay the polytheists wherever ye find them, seize them, beset them, lie in ambush for them everywhere.” Q 9:5 (p. 337).

Article printed from Counter-Currents Publishing: http://www.counter-currents.com

URL to article: http://www.counter-currents.com/2015/10/islamism-violence-and-global-theocracy/

URLs in this post:

[1] Image: http://www.counter-currents.com/wp-content/uploads/2015/10/Islamism.gif

[2] Princeton Readings in Islamist Thought: Texts and Contexts from al-Banna to Bin Laden: http://www.amazon.com/gp/product/0691135886/ref=as_li_tl?ie=UTF8&camp=1789&creative=390957&creativeASIN=0691135886&linkCode=as2&tag=thesavdevarc-20&linkId=QWOVADBH7BCEBHHZ

[3] http://www.nytimes.com/2003/03/23/magazine/the-philosopher-of-islamic-terror.html: http://www.nytimes.com/2003/03/23/magazine/the-philosopher-of-islamic-terror.html

jeudi, 27 août 2015

Saudi Arabia’s Frightening New Movement in the Middle East

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Religious Eugenics: Saudi Arabia’s Frightening New Movement in the Middle East 
This post was originally published on this site
Ex: http://www.therussophile.org

Blanketed by its wealth and protected by political alliances, Saudi Arabia has covertly run and promoted a new movement in the Middle East: religious eugenics, under the false pretense of opposing the rise of Iran. From Syria to Bahrain and Yemen the evidence is overwhelming.

Earlier this August, the Red Cross added its voice to those of other humanitarian and rights groups in its condemnation of Saudi Arabia’s war in Yemen, lifting the lid on Riyadh’s little house of horrors in southern Arabia.

In no uncertain terms Peter Maurer, the head of the international Red Cross told reporters he had seldom witnessed such degree of devastation. He said: ”Yemen after five months looks like Syria after five years … The images I have from Sanaa and Aden remind of what I have seen in Syria.”

He stressed

“the firepower with which this war is fought on the ground and in the air is causing more suffering than in other societies, which are stronger and where infrastructures are better off and people are wealthier and have reserves and can escape.”

A country in ruins, Yemen is also a nation in permanent mourning, as every day its people are relentlessly slain – casualties of a violent and murderous colonial war – the latest victims of Riyadh’s expansionist military campaign in the Middle East.

According to official UNICEF tallies,

“close to 2,800 people have been killed and almost 13,000 people injured (including 279 children killed and 402 injured, respectively). An estimated 1 million people have been internally displaced (an increase of 122 percent since the crisis began), and some 400,000 people have sought protection in neighboring countries.”

While such figures are horrifying, they fall short of the truth. Agencies on the ground have already said that well over 500 children have been killed in Saudi-led air raids, most specifically in northern Yemen, where the war has been most devastating and aggressive. On average, children account for a quarter of all deaths and casualties.

For those who have managed to find shelter, living conditions are catastrophic. With no water, no electricity, little food and no access to health facilities ten million children are at risk of disease and starvation – again, North Yemen has suffered the brunt of this crisis.

Never in its history has Yemen experienced such a degree of pain and utter despair. But while wars are generally ugly affairs since they require their fill of blood before the canons finally fall silent, Saudi Arabia’s campaign in Yemen is far from ordinary.

But not only that, Saudi Arabia’s foreign policy in the Middle East is betraying a disturbing and rather ominous covert agenda, one which resonates with ethnic engineering and religious eugenics.

And if so far few have connected the dots, their hands tied by Riyadh’s overbearing and overarching control on media outlets and the grand political narrative, it is high time we learn to recognize Al Saud’s campaign for what it really is: a concerted effort to cleanse the region of all religious minorities, beginning with Shia Islam, its self-appointed nemesis.

To put it in simple terms – under Saudi Arabia’ suffocating grip, religious minorities are dying a slow and painful death.

From Syria to Bahrain, the kingdom’s eugenics campaign threatens the region’s religious and ethnic patrimonies, in a fashion reminiscent of Nazi Germany, when Jews and Gypsies were labeled undesirables.

Saudi Arabia is now building 600 mile wall to keep dangerous people out. What a concept!#tcot#pjnet#FoxNewspic.twitter.com/u056SB7HxW

— Michael A Nöthem (@mikandynothem) August 21, 2015

In an interview this April, the Saudi ambassador to the United States, Adel Al-Jubeir lifted the veil on Riyadh’s determination to carry through its agenda, no matter the price, no matter the impact. He asserted: ”This campaign is having a huge impact in Yemen and it is not over yet. For us failure is not an option. We will destroy the Houthis if they do not come to reason.”

If subtitles were running they would read – the Houthis will be destroyed because they represent a religious challenge to Wahhabism’s hegemony in the region. The Houthis, and the majority of all northerners in Yemen are Zaidis, a branch of Shia Islam.

Is it then a surprise that while South Yemen has benefited from humanitarian aid, North Yemen has witnessed a spike in violence, its seaports targeted to prevent food and medicine to be ferried in? Riyadh is quite simply profiling aid to carry out its religious cleansing, punishing millions for their rejection of Riyadh’s religion.

Saudi Arabia is an absolute theocracy, and as such its very raison d’ être is rooted within its violent and reactionary interpretation of Islam: Wahhabism, the ideology which inspired the likes of Al Qaeda and Islamic State. One of the main tenets of Wahhabism actually calls for the destruction of all religious sects, Islamic or otherwise. For Wahhabis there can be no greater glory than to massacre ”apostates.”

And while Riyadh’s neo-eugenics movement has taken on different forms, operating under various denominations depending on the countries it has targeted, the underlying current has been the destruction of religious pluralism.

Let me ask you this: Is there a real difference between Manama’s campaign to strip Shia Bahrainis from their nationality because the House of Al Khalifa seeks to eliminate all political and religious competition, and Islamic State’s murderous rampage against religious minorities in Iraq and Syria? And though Bahrain’s campaign might appear more “elegant” in that it is more covert and pernicious, the intent remains the same.

From the language used to the policies it has carried out in the Middle East, Riyadh has pushed the sectarian card, christening the resistance movement against its eugenics movement, the so-called Shia crescent threat.

The real threat here lies with Riyadh’s twisted crusade and sickening sectarian agenda.

Catherine Shakdam is a political analyst, writer and commentator for the Middle East with a special focus on radical movements and Yemen. Her writings have been published in world-renowned publications such as Foreign Policy Journal, Mintpress News, the Guardian, Your Middle East, Middle East Monitor, Middle East Eye, Open Democracy, Eurasia Review and many more. A regular pundit on RT, she has also contributed her analyses to Etejah TV, IRIB radio, Press TV and NewsMax TV. Director of Programs at the Shafaqna Institute for Middle Eastern Studies and consultant for Anderson Consulting, her research and work on Yemen were used by the UN Security Council in relation to Yemen looted funds in 2015.

from: http://www.globalresearch.ca/religious-eugenics-saudi-arabias-frightening-new-movement-in-the-middle-east/5471146