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mercredi, 05 mars 2008

1903: Bagdadbahn

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La première locomotive vient d'arriver à Bagdad!

05 mars 1903: La société allemande « Bagdadbahn » signe un accord avec le gouverment turc pour construire une ligne de chemin de fer entre Istanbul et Bagdad, via Konya (centre religieux des derviches tourneurs de Mevlânâ) en Anatolie et Mossoul dans le Kurdistan (aujourd’hui irakien). Le contrat prévoit un embranchement vers le Golfe Persique. Ce projet envenimera les rapports anglo-allemands et sera l’une des causes majeures de la seconde guerre mondiale.

Londres ne peut effectivement tolérer qu’une grande puissance industrielle européenne porte ses énergies en avant vers cette zone clef de son empire qu’est le Golfe Persique. Les projets britanniques de l’époque, depuis la fin du 19ième siècle, sont de relier le Cap au Caire (mais le Tanganyka allemand coupe la continuité territoriale), selon les vœux de Cecil Rhodes, et le Caire à Calcutta, en satellisant les provinces arabes-mésopotamiennes de l’empire ottoman et la Perse. Une présence allemande en Mésopotamie ruinerait le projet. Le pari allemand sur la Turquie sera suivi d’un pari britannique antagoniste : le pari sur les tribus arabes wahhabites contre la Sublime Porte. Ce sera la mission de T. E. Lawrence, dit « Lawrence d’Arabie ». Cette alliance est toujours actuelle.

Citation de Charles du Bus de Warnaffe

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Citation de Charles du Bus de Warnaffe

Dans l’ordre politique, les jours révolus ne sont guère moins décevants.

Il est de bon ton de considérer la politique avec mépris ; ce n’est pas toujours à tort lorsqu’il s’agit de la politique des politiciens. Mais alors le terme est galvaudé et sert d’étiquette à des agissements que dictent l’intérêt ou la passion, et qui se font une arme de la démagogie sous toutes ses formes. Certains politiciens ne doivent s’en prendre qu’à eux-mêmes si, aux yeux de la masse, la politique paraît synonyme de querelles villageoises, de chantages, de compromissions, de marchandages, de discours creux et de promesses reniées.

Le politicien n’est tel, et ne parvient pas à se hisser sur le plan du politique ou de l’homme d’Etat, qu’à défaut d’avoir le courage de l’indépendance, et de se souvenir qu’aux termes de la Constitution il est élu de la Nation, et non d’une profession, d’une classe, d’une circonscription ni d’un parti.

Trop souvent, il oublie qu’il est membre d’une représentation nationale, participant à une politique nationale qui n’est pas seulement nécessaire en certains moments historiques, mais toujours ; que sa mission est de travailler exclusivement à la grandeur et au bien du pays, en respectant la hiérarchie des activités qui concourent à les réaliser.

La politique sera une grande chose, lorsqu’elle sera pratiquée par tous hommes libérés de l’esprit partisan, débarrassés de toute ingérence tutélaire suspecte, dégagés des intérêts particuliers, serviteurs des seuls principes, résolus à « défendre avec intransigeance les positions de l’ordre ».

Et le politique le plus fort sera celui que j’appellerai l’homme seul, pour qui le souci de la chose publique exclut le rattachement à toute préoccupation autre que celle de son foyer, image et centre de la Patrie qu’il entend servir.

Ce sera celui qui comprendra qu’un mandat éminent est une charge avant d’être un honneur, et exige qu’on s’y consacre dans le travail et l’abnégation, sans recherche d’amour-propre ni de profit indirect, avec un idéal très élevé.

Duc in altum ! Cinglez vers le large !

La politique n’est pas du cabotage, mais de la haute mer ; là où la tempête peut être sévère, mais où l’équipage, à son poste, s’identifie avec le navire, dans un cadre strict, sous un commandement responsable.

Charles du BUS de WARNAFFE

(in : « Ceux de demain », L’Edition Universelle S.A., Bruxelles, s.d. ; extrait d’un discours prononcé à l’Assemblée extraordinaire de l’Association catholique de Bruxelles, 17 janvier 1935).

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