mardi, 10 mars 2026
La voix des Juifs iraniens et l’agression contre l’Iran

La voix des Juifs iraniens et l’agression contre l’Iran
Par Enrico Vigna
Source: https://comedonchisciotte.org/la-voce-degli-ebrei-iranian...
Au-delà des campagnes médiatiques martelées et « diversionnistes », qui servent l’objectif de destruction et d’annihilation de l’État iranien, je documente ici la position et la situation des différentes et nombreuses minorités religieuses, qui sont soutenues et protégées dans la Constitution du pays. De la communauté juive, à celles des chrétiens, des sunnites, des arméniens, des assyriens. Tous les représentants des différentes communautés se sont exprimés de façon claire et nette contre l’agression et en faveur de solutions diplomatiques à tous les problèmes.
La religion officielle de l’Iran est l’islam chiite selon la Constitution, mais la République islamique reconnaît et protège les minorités religieuses: du judaïsme, aux chrétiens de diverses confessions, aux zoroastriens, qui ont également des représentants au Parlement, ainsi que les Arméniens, les Assyriens, les sunnites, et aussi des communautés plus petites mais reconnues, telles celles du mandéisme, du yarsanisme, du bouddhisme, de l’hindouisme.
La condition fondamentale posée est d’être d’abord citoyen iranien, avec des droits et des devoirs, puis chacun suit ses propres croyances. Comme c’était le cas dans la République arabe syrienne, avant l’arrivée des djihadistes venus «apporter la démocratie».
Les droits constitutionnels dont jouissent les minorités religieuses dans le pays sont garantis et respectés, avec des centaines de lieux de culte, synagogues, églises et temples, où ils peuvent pratiquer librement leurs rites religieux. Selon diverses statistiques, les croyants son : chiites environ 90 %, sunnites 6 %, le reste réparti entre les autres fois. Il faut rappeler qu’en Iran a toujours vécu une communauté juive plus nombreuse que dans tous les pays arabes.
La Constitution stipule que « l’ingérence dans les croyances individuelles est interdite » et que « nul ne peut être inquiété ou arrêté simplement pour avoir une certaine croyance », à condition de respecter la loi.

La communauté juive iranienne condamne l’agression américano-israélienne et demande une sanction
Le chef religieux juif Younes Hamami Lalehzar (photo), président de la communauté juive iranienne, a émis une forte condamnation des récentes attaques américaines et israéliennes contre son pays, qualifiant l’action de « … trahison de la confiance, nous demandons que les deux régimes soient tenus pour responsables de leur comportement criminel. Une fois de plus, l’Amérique criminelle, en coopération avec le régime sioniste, s’est encore plus enfoncée dans la fange de la décadence par une attaque perfide et imprudente. Cet acte sera condamné par toutes les nations libres et recevra certainement une réponse décisive et forte des Forces armées de la République islamique d’Iran, qui feront tout leur possible pour venger le sang des martyrs iraniens… Le chef de la révolution islamique, l’ayatollah Seyyed Ali Khamenei, a été assassiné lors d’une attaque militaire conjointe, américano-israélienne, à Téhéran, alors que les négociations sur le nucléaire étaient en cours. La disparition de l’ayatollah Khamenei est une perte immense et irréparable pour la nation iranienne, mais j’ai confiance que le peuple iranien saura préserver son sang, son guide et son chemin… Dans cette période difficile, nous soulignons la nécessité de préserver l’unité, l’empathie et la fermeté réunies à tous les niveaux de la nation iranienne. Nous affirmons également notre conviction constante que, selon les traditions divines et les enseignements de nos religions, le droit finira par triompher du mensonge, et que l’honneur et la gloire appartiendront finalement aux nations résilientes, fidèles et en quête de vérité… », a déclaré le rabbin.
En janvier, Hakham Younes Hamami Lalehzar, en tant que représentant de la communauté juive iranienne, pour réaffirmer la fraternité et l’unité des composantes de la société iranienne, a assisté à la conférence de Téhéran en l’honneur du commandant de la Force al-Qods Qasem Soleimani, assassiné par les États-Unis le 3 janvier 2020. Parmi les participants à la conférence, où Soleimani a été décrit comme un « symbole de résistance, de courage et de défenseur des opprimés », on comptait des représentants de diverses organisations comme le Hezbollah, le Hamas et le Jihad islamique, ainsi que des délégués de pays comme l’Irak et le Yémen.
S’adressant aux médias locaux, Hamami a déclaré: « De la manière dont les ennemis du martyr Soleimani l’ont assassiné, et des récentes actions des ennemis contre des personnes, femmes et enfants innocents, on peut comprendre la noble conduite du martyr Soleimani. Le courage de Soleimani a dépassé les frontières de l’Iran. C’est vrai que les ennemis ont réussi à l’assassiner, mais notre conviction est qu’une personne ne se limite pas à ce monde transitoire, et que la meilleure place est pour ceux qui tombent sur le chemin de Dieu. Les ennemis ont tué Haj Qasem, mais ils n’ont pas tué sa pensée. Cette pensée s’est enracinée dans toute la société iranienne, dans la région et parmi les nations. »

Siyamak More Sedgh (photo), homme politique et médecin juif iranien, titulaire du siège parlementaire réservé à la minorité juive au Parlement iranien de 2008 à 2020, également président de l’institution caritative juive Dr. Sapir Hospital and Charity Center, considéré comme « le juif numéro un » d’Iran, souvent critique à l’égard de certaines positions des autorités iraniennes, a lui aussi pris position contre l’agression contre son pays, appelant avant tout à l’unité et à la défense du pays. Sedgh est connu et respecté en Iran, notamment pour un fait qui a été rapporté à la télévision. Il est tellement attaché à ses racines iraniennes que lorsque sa femme a décidé d’émigrer aux États-Unis à la fin des années 1990, il a choisi de rester en Iran, déclarant que « …il ne pouvait pas s’imaginer vivre en dehors de sa culture iranienne natale ».
Malgré l’agression contre le pays, les Juifs iraniens ont tout de même célébré, avec l’autorisation du ministère de l’Intérieur, la fête de Pourim, qui dans la tradition juive commémore le salut du peuple juif de la conspiration d’extermination du maléfique Aman. C’est l’une des fêtes juives les plus joyeuses, un « carnaval juif » qui se célèbre avec la lecture de la Méguila, des déguisements, des fêtes et des dons, et rappelle comment le destin peut être bouleversé. Étant donné la situation, elle a été célébrée avec des costumes sobres et dans la discrétion, à l’intérieur des synagogues et dans les familles, uniquement pour préserver les traditions, la culture et les racines, alors que les autres années elle était célébrée dans les rues.
Par Enrico Vigna, mars 2026
19:49 Publié dans Actualité, Judaica | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : judaica, communauté juive iranienne, iran, actualité |
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