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samedi, 30 mai 2026

Le fantôme de Kadhafi

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Le fantôme de Kadhafi

Andrea Marcigliano

Source: https://electomagazine.it/il-fantasma-di-gheddafi/

Il y a un fantôme qui s’agite, et qui hurle, dans ce monde.

Oh, en vérité, des fantômes, de ce genre et d’autres, il y en a vraiment beaucoup… mais celui-ci est particulièrement… vif, si tant est que ce terme convienne à quelqu’un qui est mort depuis longtemps.

Et mort, en plus, de manière atroce. Trahi, torturé, massacré de toutes les façons. Une chose qui, honnêtement, fait frémir rien qu’à y penser. Une honte dont l’Occident, plus précisément l’Europe, porte le poids de la culpabilité.

Car Mouammar Kadhafi, le dictateur libyen, a été capturé par les Français. Et livré à ses ennemis internes, qui l’ont torturé de toutes les manières, avant de le tuer.

Une honte, une tache, qui ne pourra jamais être effacée. Et dont Paris n’est pas seul à porter la responsabilité.

Car, certes, Kadhafi était un excentrique. Avec des attitudes extrêmes, surtout au cours de ses dernières années. Des folies en apparence…

Mais il était aussi un homme politique extrêmement perspicace. Et raffiné.

Un homme d’État qui avait amené sa Libye à un niveau de vie inégalé en Afrique. Et, à bien y réfléchir, même en Europe.

Les Libyens ne payaient pas d’impôts. Ils bénéficiaient de services, d’aides sociales, d’un système hospitalier avancé.

Les recettes des immenses ressources pétrolières étaient utilisées par Kadhafi pour garantir le niveau de vie de son peuple. Et, bien sûr, aussi pour le maintenir sous contrôle.

Par ailleurs, le travail, et surtout la main-d’œuvre issue de l’immigration, principalement d’Afrique, bénéficiait de garanties et d’un traitement économique privilégié.

Bien sûr, tout n’était pas parfait. Kadhafi était un père tout-puissant. Un souverain absolu. Qui contrôlait de près toute forme de dissidence. Pas vraiment un « démocrate », comme les affectionne tant l’Occident.

Il a commis deux erreurs. Fatales.

Il se proclama « Roi des Rois » de l’Afrique noire. Ce qui, dans son langage pittoresque, signifiait en réalité que la Libye contrôlait une grande partie de l’Afrique subsaharienne. Évitant ainsi cet état de conflit permanent qui, aujourd’hui malheureusement, s’offre à nos yeux.

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De plus, il visait à introduire une monnaie commune dans toute l’Afrique du Nord. En fermant la porte au dollar. Et donc aux ingérences américaines et européennes.

Erreur fatale. Car cela ne pouvait être toléré ni par Wall Street ni par la City. Qui s’employèrent à l’éliminer, en utilisant les intérêts particuliers de certaines puissances européennes.

Puis, il y eut l’autre erreur fatale. Kadhafi avait, pendant longtemps, soutenu ou du moins protégé un certain terrorisme palestinien. Ce qui lui valut une attaque américaine contre sa résidence, au cours de laquelle il perdit une fille et d’autres membres de sa famille.

Peut-être aussi pour cette raison, il se convainquit de rechercher une « coexistence civile ». D’accepter de renoncer à son projet d’armes nucléaires. De se rendre disponible à un contrôle par les agences internationales.

Et cela lui coûta cher. Car, une fois privé de telles protections, il se retrouva à la merci de ses ennemis. Les Américains, les Français, les Anglais n’eurent aucune difficulté à le renverser. Et à précipiter la Libye dans le chaos d’une guerre civile sanglante, qui domine encore la scène aujourd’hui.

Et toute l’Afrique subsaharienne continue d’en payer les lourdes conséquences.

Incidemment, nous, Italiens, avions de bons rapports avec le Raïs. Mais, grâce au Président Napolitano et aux ministres Frattini et La Russa, nous nous sommes rangés du côté de la coalition anti-Kadhafi. Berlusconi fut réduit au silence, déjà proche de la fin de sa carrière politique.

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Telle est, en résumé, l’histoire que le fantôme de Kadhafi continue de nous raconter. Entre cris de douleur et grincements de chaînes.

Histoire ancienne, certes. Et pourtant, un avertissement pour d’autres… Peut-être un avertissement pour les ayatollahs iraniens de ne pas se fier aux promesses et aux offres de l’Occident.

Elles cachent toujours un dard empoisonné.

 

21:12 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : khadafi, libye, afrique, histoire, affaires africaines | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

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