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vendredi, 08 février 2008

Citration d'Arnaud Imatz

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Citation d'Arnaud Imatz

"Le carlisme populaire sous la monarchie bourgeoise, la tentation césarienne sous l’Empire, l’agitation boulangiste et nationaliste au tournant du siècle, l’Action française à ses débuts, le « socialisme fasciste » dans l’entre-deux guerres, le gaullisme dans l’après guerre, comme certains ralliements électoraux du temps présent, le démontrent : la rencontre d’une partie du monde du travail avec la tradition nationale populiste, pour être partielle et plus ou moins éphémère, n’en est pas moins une réalité récurrente de la France et de l’Europe contemporaines. La clé de cette réalité réside pour une bonne mesure dans l’aptitude du socialisme national à dépeindre et à dénoncer sans complaisance la malédiction de l’Or, le châtiment des envieux, la corruption des mœurs, la dérision des médiocres, le ridicule et l’égoïsme sordide des nouveaux riches. « On résiste au pouvoir de l’argent par ce qu’on a de traditionnel en tant qu’on est fils d’une race, le croyant d’une religion, l’homme d’une terre, l’artiste obscur d’un métier – écrit Abel Bonnard. C’est pourquoi les financiers détestent d’instinct tout ce qui empêche les hommes d’être absolument pareils. Ils ne voudraient avoir affaire qu’à de la poussière humaine ».

Pour Proudhon, Sorel, Péguy, la prédominance des idées économiques a pour effet non seulement d’obscurcir la loi morale, mais aussi de corrompre les principes politiques. Le respect des anciens, des parents, des enfants, de la femme, de la famille, du foyer, le respect de soi-même, le respect de toutes les supériorités, de toutes les traditions, le sentiment dominateur des sacrifices à consentir pour la famille et la communauté, sont au cœur de leurs préoccupations. Pour eux, le vrai socialisme n’est nullement une école du petit bonheur bourgeois, mais une conduite de vie, une manière de retrouver le sens de l’honneur, de la noblesse d’âme, de l’héroïsme et du sublime ». "

Arnaud IMATZ, Par delà droite et gauche. Permanence et évolution des idéaux et des valeurs non conformes, Paris, Godefroy de Bouillon, 1996, p. 130-131.

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Franchet d'Esperey à Istanbul

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Franchet d'Esperey à Istanbul

8 février 1919 : Le Général français Franchet d’Esperey entre, monté sur un beau cheval blanc, dans Istanbul, après la capitulation, le 30 octobre 1918, de l’Empire Ottoman, battu et assiégé sur son flanc méridional par les Anglais, qui avec Lawrence d’Arabie avaient soulevé contre la Sublime Porte les tribus arabes, et menacé dans les Balkans par les Alliés venus de Salonique, qui contraignent, le 26 septembre 1918, la Bulgarie, alliée des puissances centrales, à capituler. Franchet d’Esperey est acclamé par les chrétiens de la ville, heureux, croient-il, d’échapper définitivement au joug pesant des Turcs. Ironie de l’histoire : c’est un général français qui entre triomphalement dans la capitale d’un Empire que la France avait courtisé pendant plus de deux longs siècles pour qu’il mette l’Europe centrale et orientale à feu et à sang, des côtes pontiques à l’Adriatique et de la Valachie à Vienne.

L’arrivée des troupes de Franchet d’Esperey ne résout évidemment aucun problème : les Alliés occidentaux, qui ne comprennent rien aux dynamiques de la région, avaient promis tout et n’importe quoi aux peuples des Balkans et du Proche-Orient (exemples : la Palestine tout à la fois aux Arabes et aux Juifs ; Mossoul aux Kurdes et aux Arabes, etc.). Cet imbroglio, et, partant, cette paix ratée, prouvent que l’Occident  -plus particulièrement la France et l’Angleterre-  n’a aucune vocation d’ordre, mais n’est que vecteur de chaos et de dissensus. La plupart des conflits actuels proviennent de l’impéritie des diplomates français et britanniques de 1919.  

 

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