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dimanche, 11 octobre 2020

Le résultat des élections étasuniennes n’aura aucun impact sur la politique étrangère de ce pays

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Le résultat des élections étasuniennes n’aura aucun impact sur la politique étrangère de ce pays

Par Moon of Alabama

John Kiriakou, qui a dénoncé la torture pratiquée par la CIA sous le régime de Bush, met en garde contre la politique étrangère que l’administration de Joe Biden mènerait :

Littéralement, la dernière chose que je ferais serait d'exhorter quiconque à voter pour 
Donald Trump. Le président a été un désastre dans tous les sens du terme, en politique
étrangère comme en politique intérieure. Le pays ne peut pas supporter quatre années
supplémentaires de présidence Trump. Mais Biden n'est pas la panacée. C'est un
remplaçant de centre-droit. [..] Si vous pensez que les choses vont changer en politique étrangère sous la présidence
de Biden, détrompez-vous. Ce sera la même vieille politique expansionniste et
militariste que nous avions sous Bill Clinton et Barack Obama. Alors rentrez dans
l'isoloir avec les yeux ouverts.

À mon avis, Biden est plus à droite qu’au centre. Même son slogan de campagne est partagé avec les conservateurs britanniques.

Une administration Biden amplifierait les politiques hostiles envers la Russie et à la Chine et continuerait à faire pression pour un changement de régime au Venezuela, en Syrie, en Iran et au Belarus. Et ce, alors même que l’organe de l’orthodoxie de la politique étrangère américaine, le magazine Foreign Affairs, affirme que les changements de régime induits par les États-Unis n’atteignent jamais leurs objectifs :

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L'affirmation répétée de la secrétaire d'État américaine, Condoleezza Rice, à l'époque 
de la guerre en Irak, selon laquelle la poursuite par Washington de la "stabilité aux
dépens de la démocratie"
au Moyen-Orient n'avait produit aucun des deux était globalement

vraie. Mais il s'est avéré qu'elle avait un corollaire, à savoir que la poursuite de
la démocratie aux dépens de la stabilité pouvait également ne produire ni l'un ni l'autre,
mais que cela coûtait plus cher. ...
Les changements de régime tenteront toujours Washington. [...] La longue, diverse et

tragique histoire des changements de régime soutenus par les États-Unis au Moyen-Orient
suggère cependant qu'il faut résister à de telles tentations, comme à la plupart des
solutions rapides qui surgissent dans la vie et en politique. La prochaine fois que
les dirigeants américains proposeront d'intervenir dans la région pour renverser un
régime hostile, on peut supposer sans risque qu'une telle entreprise aura moins de
chance de réussite, sera plus coûteuse et plus lourde en conséquences involontaires
que ses partisans ne le réalisent ou ne veuillent bien l'admettre. Jusqu'à présent il
n’en a jamais été autrement.

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De présidence en présidence, la politique étrangère américaine ne change jamais. Dans une récente interview, le président syrien Bachar al-Assad expliquait pourquoi il en est ainsi :

Question 9 : Vous suivez sans aucun doute la campagne présidentielle aux États-Unis. 
Espérez-vous que le nouveau président américain, quel que soit le nom du vainqueur,
révisera sa politique de sanctions à l'égard de la Syrie ? Président Assad : Nous ne nous attendons généralement pas à des présidents lors des
élections américaines, nous nous attendons à des PDG ; parce que vous avez un conseil
d'administration, ce conseil est composé de lobbies et de grandes entreprises comme
les banques, les fabricants d’armes et les producteurs de pétrole, etc. Donc, vous
avez un PDG, et ce PDG n'a pas le droit ni l'autorité de faire des changements ;
il doit juste exécuter. C'est ce qui est arrivé à Trump lorsqu'il est devenu président
après les élections - Journaliste : Il a été PDG pendant de nombreuses années auparavant. Président Assad : Exactement ! Il reste un PDG de toute façon. Il voulait suivre ou
poursuivre sa propre politique, et il était sur le point d'en payer le prix - vous
vous souvenez du problème de sa mise en accusation. Il a dû ravaler chaque promesse
faite avant les élections. C'est pourquoi je dis qu’il ne faut pas s’attendre à un
président, mais seulement à un PDG. Si vous voulez parler de changer la politique,
vous avez un conseil d'administration - ce conseil ne changera pas sa politique.
Le PDG changera, mais le conseil d'administration reste le même, alors n'attendez rien. Question 10 : Qui est ce conseil d'administration ? Qui sont ces personnes ? Président Assad : Comme je l'ai dit, ce conseil est composé des lobbies, donc ils
mettent en œuvre ce qu'ils veulent, et ils contrôlent le Congrès et les autres, et
les médias, etc. Aux États-Unis, Il y a donc une alliance entre ces différentes sociétés
qui ne pensent qu’à leurs intérêts particuliers.

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Caitlin Johnstone serait probablement d’accord avec ce point de vue. Elle affirme que les deux camps politiques aux États-Unis ne diffèrent guère :

Lorsque vous regardez la politique américaine, il semble qu'il y ait deux factions 
politiques principales qui sont en très fort désaccord l'une avec l'autre. "Divisé"
est un mot qui revient souvent. "Polarisé" en est un autre. ... Mais au delà des insultes et des débats passionnés, ces deux factions sont en fait
furieusement en accord l'une avec l'autre. Elles sont d'accord tout le temps. Elles sont d'accord pour que le gouvernement américain reste le centre d'un empire
mondial ; elles se contentent d'ergoter avec colère sur quelques détails concernant
la manière dont cet empire devrait être dirigé [...]. ... Sur toutes les questions qui affectent le plus gravement les personnes réelles à
grande échelle, ces deux factions politiques sont en accord total. Elles ne font
que déverser beaucoup de bruit et de fureur sur le minuscule 1% du spectre sur
lequel elles sont en désaccord. Ils ne permettent aucune discussion générale sur la question de savoir si l'empire
oligarchique doit continuer à exister ; toutes leurs questions, arguments et histoires
tournent autour de la façon dont il devrait exister. C'est ce qu'ils sont conçus pour faire. ...
La politique n'est pas réelle en Amérique. C'est un spectacle. Un spectacle de
arionnettes à deux mains pour distraire le public pendant que des pickpockets
le volent totalement. Si vous voulez voir les choses clairement, ignorez complètement le faux drame

du spectacle de marionnettes et concentrez-vous sur l'avancement du vrai débat :
que l'empire oligarchique centralisé aux États-Unis est corrompu au-delà de toute
rédemption et devrait être complètement démantelé.

Comment ne pas être d’accord avec ces points de vue ?

Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par Jj pour le Saker Francophone

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