lundi, 18 février 2008
Otto Ferdinand von Abensperg und Traun

18 février 1748: Décès à Hermannstadt / Sibiu du Feldmarschall Comte Otto Ferdinand von Abensperg und Traun, l’un des maréchaux du Saint Empire les plus habiles du 18ième siècle. Pendant la guerre de succession d’Autriche, il battit successivement les Espagnols en Italie, agrandissant dans la plaine du Pô le périmètre des possessions impériales, bat les adversaires du Saint Empire sur le cours du Rhin, dont il fait une frontière militaire sûre, force les Prussiens de Frédéric II à évacuer la Bohème en 1744 et chasse au-delà du Rhin les Français qui cherchaient à satelliser les royaumes d’Allemagne méridionale en 1745, mais, hélas, sans pouvoir reprendre pied en Alsace, en Lorraine et en Franche-Comté, territoires encore occupés aujourd’hui, envers et contre toute légitimité. Grâce à ses victoires militaires, l’époux de l’Impératrice Marie-Thérèse, François I, put devenir Saint Empereur Romain Germanique. Il a rétabli la légitimité impériale en Europe. Les Dragons de Latour, régiment de cavalerie hennuyer, notamment montois, ont servi ce général et acquis, sous ses ordres, une réputation légendaire (Robert Steuckers).
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La querelle des historiens en Israël

La querelle des historiens en Israël
Recension: Barbara SCHÄFER (Hrsg.), Historikerstreit in Israel. Die "neue" Historiker zwischen Wissenschaft und Öffentlichkeit, Campus Verlag, Frankfurt/Main, 2000, 283 S., DM 68,-.
Israël vit aujourd'hui la transvaluation de ses valeurs. On s'en aperçoit en observant le malaise croissant ressenti vis-à-vis de la mémoire officielle, celle qui est patronnée par l'Etat. La culture sioniste du souvenir perd de sa force liante. Uri Ram, socio-psychologue attaché à l'Université Ben Gourion du Neguev, rappelle, dans un article, ce héros d'une pièce de théâtre, jouée en première en 1995 à Tel Aviv, qui veut faire raser les musées et les sites du souvenir, chers au sionisme, et éteindre la "flamme éternelle" qui brûle à Yad Vashem. Ce héros appelle les enfants à se méfier des musées et à se boucher les oreilles, lorsqu'on leur parle des lieux de l'holocauste et des camps d'extermination, les exhorte ensuite à oublier les crimes du passé, à se donner à la vie qui enrichira l'avenir et “à jouer au football, tout simplement”.
Les historiens post-sionistes critiquent la survalorisation des mythes fondateurs de l'Etat d'Israël
Pour le professeur Ram, cette pièce de théâtre n'est qu'un symptôme, parmi d'autres, indiquant qu'en Israël le regard que l'on jette sur le passé est en train de changer. Cette mutation des mentalités a commencé à prendre tout son relief, il y a presque dix ans, quand a démarré la fameuse "querelle des historiens israéliens". Bon nombre d'historiens israéliens, en effet, se sont insurgés contre l'historiographie sioniste, plus ou moins officielle, institutionnalisée et établie, et ont appelé à la constitution d'une nouvelle historiographie "post-sioniste". Les exposants de cette nouvelle génération d'historiens disent appartenir à l'“école révisionniste” (ndlr: le "révisionnisme" israélien n'est pas le même que le révisionnisme français, ne nie pas a fortiori l'holocauste, mais entend simplement relire l'histoire de l'idéologie sioniste et de l'Etat d'Israël). Les révisionnistes israéliens attaquent, avec un pathos qui se veut “éclairé”, les axiomes de leurs adversaires, en les accusant de bétonner des blocages de nature idéologique et de se livrer à de la manipulation au service d'une politique de puissance, celle du sionisme et de l'idéal du Grand Israël. L'établissement académique, argumentent les post-sionistes, ont survalorisé les mythes fondateurs de l'Etat hébreu et la guerre d'indépendance de 1948, mais ont refoulé le sort peu enviable des Palestiniens. Les post-sionistes estiment qu'il n'est pas scientifique de parler des succès historiques du sionisme, en les isolant de leur contexte, en les soustrayant à l'histoire générale du pays et de ses habitants. Dès lors, ajoutent-ils, on ne peut pas parler de la fondation de l'Etat juif “en la détachant du processus de destruction de la réalité arabe-palestinienne”, car les colons juifs, qui visaient au statut de population majoritaire et l'ont acquis, ont atteint leur objectif “en éloignant et en expulsant la population du pays” (Ammon Raz-Krakotzkin).
Le mouvement sioniste, déjà du temps de Theodor Herzl, ne s'était pas préoccupé de la "question arabe", car il pensait que la Palestine était un "pays vide". Après les premières expériences de colonisation, avant 1914, les pionniers du sionisme ont bien dû se rendre compte que ce n'était pas le cas. Ils ont alors cherché toutes sortes de justifications: ils auraient eu pour mission “d'apporter aux peuples ‘asiatiques’ les acquis de la civilisation européenne” et “d'être les avant-postes contre la barbarie”. Dans les années 20 et 30, période où les conflits se sont aggravés, on disait sans pudeur que la colonisation par l'immigration juive devait conduire à remplacer les autochtones arabes par des Juifs: "Même le mouvement ouvrier juif ne se montrait pas prêt à subordonner ses intérêts nationaux juifs pour satisfaire la solidarité de classe (avec les travailleurs palestiniens)", écrivait déjà Julius H. Schoeps dans son introduction à une bonne anthologie de textes, très utile, intitulée Zionismus, et publiée à Munich en 1973. Dans une telle optique, la lutte pour la “renaissance nationale” de 1948 n'avait pas d'autre option possible que d'imposer par la force militaire la création d'un Etat juif.
Mobilisation totale
L'historien israélien Avi Shlaim (auteur de The Iron Wall. Israel and the Arab World, New York/Londres, 2000) a expliqué avec précision comment la mentalité d'assiégé des sionistes a toujours placé toute sa confiance dans la puissance militaire du nouvel Etat, en dépit de toutes les retouches rétrospectives, présentant Israël comme une entité politique s'efforçant de faire la paix avec ses voisins arabes. Cette mentalité repose sur la "mobilisation totale" latente de toute la population juive, sur la terreur, la confrontation, la menace et la provocation, le cas échéant, à l'égard de toutes les nations arabes.
La révision opérée par Shlaim, dans un ouvrage largement diffusé dans le monde anglo-saxon, s'inscrit sans heurts dans l'ensemble des thèses des "nouveaux historiens", même si celles-ci sont formulées sur un ton nettement plus polémique. Les nouveaux historiens israéliens post-sionistes prennent notamment pour thème de leurs recherches les méthodes de colonisation de la Palestine pendant l'entre-deux-guerres, souvent couvertes du manteau de l'oubli par l'établissement sioniste: notamment la fixation ethnocentriste de type "folciste" (= "völkisch"), propre à la génération de Ben Gourion, la fondation de l'Etat hébreu en 1948 par le truchement d'épurations ethniques, les agressions répétées contre l'étranger arabe jusqu'à l'occupation du Sud-Liban, qui vient seulement de prendre fin, après vingt ans.
Un relativisme total qui détruit la narration sioniste
Ces spéculations sont dangereuses, non pas tant parce qu'elles expliquent de manière plus rationnelle et donc moins mythique, certains "chapitres sombres" de l'histoire sioniste et/ou israélienne, mais parce qu'elles induisent, par leurs déconstructions, un relativisme général. Daniel Gurwein, professeur d'histoire juive à l'Université de Haïfa, voit poindre un “relativisme total”, qui aboutirait à détruire la “narration sioniste” dominante. Gurwein poursuit: à la place de cette mémoire collective solidement bétonnée, on verrait émerger une pluralité de visions de l'histoire, si bien que l'historiographie israélienne se transformerait rapidement en un “ring de combat où se télescoperaient des mémoires contradictoires”. Pour Gurwein, les “nouveaux historiens” contribuent à une “privatisation de la mémoire”, ce qui est un reflet supplémentaire d'un processus général de privatisation, observable dans toute la société israélienne, où l'on semble prendre congé de l'éthique pionnière du sionisme, et où les échelles de valeurs se métamorphosent considérablement, bouleversant les structures sociales, économiques, politiques et juridiques de la société israélienne. “Un processus qui se renforce sans cesse, parallèlement au processus de paix depuis la fin de la guerre du Yom Kippour, depuis la guerre au Liban et l'Intifada”, ajoute Gurwein.
Irene CASPARIUS.
(recension parue dans Junge Freiheit, n°39/2000 - http://www.jungefreiheit.de ).
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La mort de Georges Montandon

Marc Laudelout:
La mort de George Montandon
Dans le numéro de décembre 2007 du Bulletin célinien, nous avons reproduit un texte de Pierre Vial sur George Montandon. Il y écrit qu’il fut assassiné chez lui par des résistants. L’encyclopédie Wikipédia, elle, fait état de « deux hypothèses sur sa mort ». En réalité, s’il fut bien agressé dans sa villa sise en banlieue parisienne, c’est en Allemagne qu’il mourut de ses blessures. Le doute n’est plus permis depuis qu’Émile Brami a reproduit son acte de décès ¹. C’est le matin du 3 août 1944 qu’une camionnette s’arrête devant le domicile de Montandon, au 22 rue Louis-Guespin, à Clamart. Des résistants F.F.I. ², au nombre de deux ou trois, en descendent et sonnent à la porte. L’épouse de Montandon vient ouvrir ; elle est tuée d’un coup de revolver. Les assassins pénètrent ensuite dans le pavillon, montent au premier étage et y trouvent George Montandon, malade et alité mais lui aussi armé. Un échange de coups de feu a lieu et ils prennent la fuite. Le fils et les deux filles de Montandon étaient également présents, dont Odile, alors âgée de 21 ans, qui en apportera témoignage.
Atteint au côté droit, Montandon, encore conscient, demande à être transporté à l’hôpital Lariboisière. La gendarmerie de Clamart, sitôt alertée, effectue les premières recherches et transmet l’enquête au commissaire de police de la ville de Vanves qui avise les Renseignements Généraux. Le 5 août, un employé de la mairie de Clamart dresse l’acte de décès de la femme de Montandon. Comme celui-ci est de nationalité suisse, le responsable du consulat de Suisse à Paris est avisé. Il écrit alors au ministre des Affaires Étrangères à Berne afin de lui signaler qu’à sa connaissance, George Montandon aurait été victime d’un attentat mais ne serait que blessé. Après avoir été soigné à Lariboisière, il est pris en charge, dans une clinique à Nogent, par Alexandre Gentil, chirurgien ami de Céline. Quelques jours plus tard, il est transféré en Allemagne où il décède le 30 août 1944 au Karl-Weinrich-Kranhenhaus de Fulda (Hesse).
Dans une lettre au journaliste lyonnais Charles Deshayes, Céline confirme que Montandon est bien mort à dans cet hôpital militaire allemand mais date erronément sa mort de novembre 1944. Il raconte ainsi les circonstances de cette agression : « ...Montandon était couché, malade, cardiaque (je le soignais). Un des assassins lui tira au revolver quelques balles à bout portant, l’une lui pénétra dans le foie. C’était des assassins amateurs. Ils prirent peur. Le fils de Montandon voulant défendre son père avec une sagaïe [sic] papoue, d’une panoplie au mur… Montandon fut transporté en Allemagne dans un train sanitaire allemand, il resta sur les rails pendant un mois, crevant de souffrance et de soif, enfin atteignant Fulda. Là fut opéré. Le chirurgien recherchant la balle découvrit en même temps un cancer au même lieu – Il referma la plaie. Il n’y avait rien à faire… » ³
M. L.
1. Catalogue n° 8 de la Librairie « D’un livre l’autre », p. 38. Cet acte de décès est également visible sur le site Internet www.thyssens.com consacré à Robert Denoël (voir « Chronologie, année 1944 »).
2. Henry Coston écrit : « ...un commando de résistants, vraisemblablement israélites », sans autre précision, supposant que les activités de Montandon auprès du Commissariat Général aux Questions Juives sont à l’origine de cet attentat (Dictionnaire de la Politique française, tome II, 1972, p. 200). C’est aussi ce que pensait en 1944 le responsable du consulat de Suisse à Paris. Archives fédérales de Berne citées par Marc Knobel, « George Montandon et l’ethno-racisme » in Pierre-André Taguieff (éd.), L’antisémitisme de plume, 1940-1944. Études et documents, Berg International Éditeurs, coll. « Pensée Politique et Sciences sociales », 1999, pp. 292-293.
3. Lettre du 16 juillet 1948 in L’Année Céline 1999, Du Lérot-IMEC Éditions, 2000, pp. 109-110. Le texte a été établi sur un fac-similé de l’original, ce qui n’était pas le cas pour le recueil Lettres à Charles Deshayes paru en 1988.
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