mardi, 06 décembre 2011
Unruheherd Kosovo

Unruheherd Kosovo
Brüssel darf die Lage der Serben nicht länger gleichgültig sein
Ex: http://www.andreas-moelzer.at/
Der Kosovo ist und bleibt ein Unruheherd am Balkan. Vor allem im Norden des Landes kommt es wiederholt zu Zusammenstößen zwischen Serben und der internationalen KFOR-Schutztruppe, und jüngst sprach der serbische Innenminister Dacic sogar von Krieg. Denn bei einem eventuellen Angriff der Albaner auf die Kosovo-Serben würde Belgrad eingreifen, ließ Dacic wissen.
Somit wird immer deutlicher, daß der Kosovo weiter denn je davon entfernt ist, ein „multi-ethnischer Staat“ zu werden, wie man es sich in westlichen Staatskanzleien ausgedacht hatte. Daß die Europäische Union nun vor dem Scherbenhaufen ihrer Kosovo-Politik steht, ist jedoch nicht weiter verwunderlich. Denn es war ein Kardinalfehler, daß Brüssel der einseitigen und völkerrechtswidrigen Unabhängigkeitserklärung der Kosovaren nicht nur tatenlos zugesehen, sondern sie dazu geradezu ermutigt hat. Und nicht minder schwer wiegt die einseitige Haltung der Europäischen Union zugunsten der Kosovo-Albaner, während die berechtigten Interessen der Serben keinerlei Berücksichtigung finden.
Wenn die Europäische Union eine Eskalation verhindern will, dann wird sie gut beraten sein, sich endlich um einen wirksamen Schutz der verbliebenen Serben zu kümmern, anstatt im Zuge des Beitrittsprozesses Druck auf Belgrad zur Anerkennung der Unabhängigkeit des Kosovo auszuüben. Insbesondere wäre in einem ersten, aber wichtigen Schritt dafür zu sorgen, daß den Serben eine möglichst weitreichende Unabhängigkeit gewährt wird, damit sie ihre Angelegenheit so selbständig wie nur möglich regeln können. Zusätzlich muß endlich der Schutz der über den Kosovo verstreuten historischen serbischen Kulturgüter sichergestellt werden. Schließlich sind die wiederkehrenden Angriffe auf serbische Kirchen und Klöster nichts anderes als ein Akt von Kulturbarbarei und müssen abgestellt werden. Auch wenn es sich noch nicht bis nach Brüssel herumgesprochen hat: Die serbische Kultur gehört seit Jahrhunderten zu Europa.
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Pierres de notre longue mémoire: les blocs erratiques
Pierres de notre longue mémoire: les blocs erratiques
par Erik Vuylsteke
Ex: http://terretpeuple.com/
Grands blocs erratiques, couverts ou non de sculptures symboliques, s’élevant au milieu des forêts et des prairies, ou émergeant des eaux, sources divines, chênes majestueux auxquels l’on suspendait les offrandes, bosquets entourés d’une enceinte sacrée : ce furent là les principaux temples des indigènes avant la conquête romaine (1).
Les mégalithes sont bien connus et nous avons tous à l’esprit les menhirs, les dolmens et les cromlechs qui sont des pierres érigées ou façonnées par l’homme.
Les pierres qui dans l’ordre du développement humain furent les premières à jouer un rôle funéraire, social et/ou religieux au sens large sont les blocs erratiques qui se distinguent des mégalithes au sens strict car leur origine est au départ naturelle sans intervention humaine.
Mon propos concernera donc les blocs erratiques.
Il y a des milliers d’années l’arc alpin et la plus grande partie de l’Europe étaient recouverts d’immenses glaciers et seuls les reliefs les plus élevés en émergeaient.
Ainsi le glacier du Rhône occupait une grande partie de la Suisse.
Lors des phases de réchauffement climatique, le glacier fondait et reculait emportant avec lui des fragments de roche qui étaient déplacés sur de longues distances.
Le glacier transportait en quelque sorte ces fragments rocheux « sur son dos ».
Ces fragments de roche ont été dénommés « blocs erratiques » car ils n’appartiennent pas aux terrains sur lesquels ils reposent : ils semblent perdus, tels des intrus dans un environnement qui n’est pas le leur.
J’aurais aimé imaginer que des fées les auraient ainsi déposés au hasard de leur humeur, mais aujourd’hui aucun doute n’est permis quant à l’origine des blocs erratiques (2).
A partir de 5000 ans environ avant l’ère chrétienne, les blocs erratiques commencent à jouer un rôle social et religieux dans nos contrées.
Les premiers menhirs (blocs dressés) et les premières pierres à cupules semblent dater de 4.500 à 4.000 années avant l’ère chrétienne.
Ce ne sont pas les Celtes qui en sont à l’origine puisque l’on considère généralement que ces derniers sont apparus en Europe longtemps après la construction des mégalithes.
Toutefois les Celtes se sont appropriés les constructions mégalithiques existantes de telle sorte que menhirs, pierres à cupules, etc… se sont « celtisés » au même titre que les bois et les rivières des pays que les Celtes ont occupés.
Le bloc erratique se différencie du menhir : ce dernier est une pierre dressée, plantée verticalement, ce qui implique l’intervention humaine alors que le bloc erratique en tant que tel procède d’une intervention uniquement naturelle.
Les blocs erratiques (ou du moins certains d’entre eux) ont constitué un objet de vénération pour nos ancêtres dès le cinquième millénaire avant l’ère chrétienne.
Il semble admis que leur fonction originelle était d’ordre funéraire et social dans la mesure où l’on peut imaginer que le culte des ancêtres jouait un rôle important à cette période et que la pierre se rattache indiscutablement à la notion d’éternité. L’on peut dès lors parler de pierre de mémoire (3).
Les blocs erratiques (ou du moins certains d’entre eux) ont pu à cette époque constituer un tombeau destiné aux reliques d’ancêtres et/ou de centre de cérémonie.
En tout cas, leur fonction sociale et religieuse ne fait aucun doute, même si l’on ne peut être plus précis (4).
Certains blocs erratiques montrent des dessins ou des gravures (voir par exemple la pierre des Gottettes), parfois également des cavités creusées dénommées cupules.
Une pierre à cupules est donc un bloc erratique dont la surface présente des orifices taillés par la main humaine par bouchardage (5) .
L’on trouve de nombreuses pierres à cupules dans l’arc alpin (6) .
L’une de ces pierres à cupules, dénommée « La pierre aux écuelles » révèle 25 cupules creusées dans le roc, dont la plus grande a 25cm de diamètre et 12cm de profondeur.
La raison de ces orifices creusés (cupules) demeure énigmatique et controversée : configuration astronomique (carte des étoiles), cultes et rites des religions préchrétiennes : par exemple culte de la fécondité ou vénération de la foudre ou encore culte de l’eau.
D’aucuns affirment que ces pierres une fois « celtisées » ont servi d’autels aux druides pour des sacrifices d’animaux ou d’ humains (7).
Les cupules ont également pu avoir d’autres fonctions et leur rôle a certainement varié au fil des millénaires et des siècles de telle sorte que l’on ne peut considérer une fonction unique invariable sur le plan temporel (8) .
Les blocs erratiques ayant été déposés sans intervention humaine, ils n’ont pu avoir de fonction astronomique proprement dite, mais les cupules qui les recouvrent pourraient avoir eu cette fonction sous forme d’une cartographie de certaines constellations (9) .
C’est ainsi que l’on peut lire sur le petit panneau indiquant l’emplacement d’une pierre à cupules située non loin d’Apples (Bois de Duin) :
« …La disposition des dix cupules représente assez fidèlement les étoiles de la constellation des Pléiades.
Le sculpteur avait remarqué ce groupe d’étoiles très brillantes et très proches les unes des autres et l’avait fixé sur cette pierre.
Au néolithique, les prêtres et les chamanes accordaient beaucoup d’importance à cette constellation qui, comme la lune, influençait l’agriculture.
De nombreuses cultures et religions font référence aux Pléiades » (10).
Les blocs erratiques se trouvent aujourd’hui presque tous dans les forêts ce qui s’explique par la circonstance évidente que ceux qui s’étaient retrouvés au milieu des plaines rapidement transformées en champs, se virent utilisés comme carrières à ciel ouvert et se firent débiter pour construire des menhirs, des habitations et autres constructions.
Ceux qui subsistent aujourd’hui se trouvent perdus dans les forêts ce qui donne un charme tout particulier à leur découverte.
Nombre de légendes s’attachent à certains de ces blocs : par exemple la pierre pendue (située au pied du Jura) pivoterait de 360° tous les ans à minuit le soir de Noël (11).
D’autres pierres auraient la faculté de favoriser la fertilité féminine et l’on retrouve là sans doute tout un mythe originel.
Ainsi la pierre pouilleuse serait une pierre à papouilles qui favorise la fertilité des femmes qui s’y frottent, tout comme les pierres à glissades (12).
Certains de ces blocs erratiques sont réputés par des géobiologues se trouver dans des lieux à haute énergie, comme d’ailleurs beaucoup de menhirs (13).
Cette observation ne concerne que certains blocs erratiques.
Si de tous temps, les lieux de culte au sens large (notamment des religions préchrétiennes) ont été effectivement érigés dans des endroits propices sur le plan énergétique, l’origine des blocs erratiques (transportés par les glaciers sur leur dos, c'est-à-dire sans intervention humaine) donne à penser que c’est le fruit du hasard qui fait que certains d’entre eux se trouveraient dans des lieux énergétiques propices, sauf à imaginer – pourquoi pas – que les pratiques et rituels de nos ancêtres ont interagi avec le lieu et l’ont en quelque sorte spiritualisé.
Selon une autre hypothèse, certains blocs ont été déplacés vers des lieux énergétiques propices (14).
On trouvera ci-après un certain nombre de photos représentant quelques blocs erratiques dont certains sont des pierres à cupules. La pierre revêtue d’une gravure est la pierre des Gottettes (qui se trouve non loin de Romainmotier), les autres photos représentent divers bloc erratiques revêtus ou non de cupules. L’un d’entre eux dénommé « La pierre de Saubraz » est présenté comme étant un ancien « sanctuaire païen ».
Les diverses photos qui suivent ont été prises entre Léman et Jura.
Si aujourd’hui la plupart des blocs erratiques se trouvent tapis aux fonds des bois, certains demeurent facilement observables : par exemple les pierres de Niton qui émergent du lac Léman dans la rade de Genève face au quai Gustave Ador ou la pierre Féline au bord de l’autoroute Lausanne-Genève.
Eric Vuylsteke.




















[1] Ce paragraphe est textuellement repris de la page 446 du Bulletin de l’Institut genevois de 1917, Tome XLII dans lequel l’archéologue Waldemar DEONNA a consacré une substantielle étude sur les Croyances religieuses et superstitieuses de la Genève antérieure au christianisme.
2 La théorie glacière de l’origine des blocs erratiques fut mise en lumière dès 1821 et développée par divers scientifiques de telle sorte qu’il y a plus de 150 ans au moins que l’origine glacière des blocs erratiques est unanimement admise dans les milieux scientifiques.
3 C’est d’ailleurs le titre d’un ouvrage publié chez découvertes Gallimard « Les mégalithes Pierres de mémoire » par Jean-Pierre Mohen ; c’est aussi le titre d’une exposition en cours au musée d’Yverdon : « Pierres de mémoire, pierres de pouvoirs ».
4 Voir à cet égard concernant les statues-menhirs d’Yverdon « Hommes et Dieux du néolithiques », article de Jean-Louis Voruz publié dans l’Annuaire de la Société suisse de préhistoire et d’archéologie de 1992, p.37 et suivantes, voir particulièrement p.38 et la conclusion p.60 et 61.
5 Ces cupules de forme circulaire ou ovale (voir photos qui suivent) ont un diamètre variant de 1 à 30 cm et sont parfois reliées entre elles par des rigoles.
6 Mais également dans d’autres régions du monde.
7 Mais aucun élément ne vient corroborer pareille hypothèse.
8 Sur les pierres à cupules on peut renvoyer au site www.racines.traditions.free.fr
9 Tout ceci n’est bien sûr qu’hypothèse.
10 Il est à noter que l’on donne volontiers une signification astronomique aux menhirs : Voir Catherine Louboutin, « Au néolithique les premiers paysans du monde, Découvertes Gallimard, p.84 ;
Il est vrai toutefois que de nombreuses fonctions ont été proposées aux menhirs, tant dans des écrits parascientifiques que dans des descriptions archéologiques et je reprends ici un passage de l’article précité de Jean-Louis Voruz, p.38, 2ème col. : « Gardiens de la sépulture rattachée à la terre mère, indicateurs signalant un sépulcre, poteaux indicateurs sur des routes ou des carrefours, repaires de visée d’un observatoire astronomique, représentation de la carte des étoiles, électrodes bio-géologiques liées aux zones à forte activité tellurique, symboles axiaux de l’acte du monde, piliers mâles du monde, symboles phalliques de la puissance mâle, marqueurs de lieux de rassemblements et de cérémonies, monument du culte des eaux près des eaux sacrées, marqueurs sociaux d’identité ou de prestige de la communauté, marqueurs d’un prestige individuel ou familial, représentation à but religieux de héros déifiés ou de dieux, idoles vénérées, etc… ».
11 Il est à noter que la plupart des pierres qui se trouvent en équilibre instable se voient affublées d’une légende similaire ou semblable.
12 Pour éviter la censure, j’ai pris la photo sans les femmes qui se frottent à la pierre.
13 Voir Joëlle Chautemps, Guide des hauts lieux vibratoires de Suisse romande, Ed. Favre ; Voir aussi Lieux sacrés de Suisse romande : www.geniedulieu.ch
14 Voir Joëlle Chautemps précitée, p.17. Cette hypothèse présente un certain nombre d’interrogations sur le plan technique et apparaît donc délicate.
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Le national-bolchevisme allemand de 1918 à 1932
Le national-bolchevisme allemand de 1918 à 1932
Karl Otto Paetel
Ex: http://anti-mythes.blogspot.com/
À l’heure actuelle [i], lorsqu’en Allemagne occidentale on qualifie de « nationales-bolchevistes » des tendances politiques, des groupes ou des particuliers (avec l’intention de faire de la polémique et une nuance péjorative, comme pour « trotzkyste » ou « titiste »), on entend par là que ces tendances, ces groupes ou ces personnes sont orientés vers l’Est et pro-russes, ou du moins sympathisants. Mais cette définition ne suffit pas à caractériser le mouvement qui, entre la fin de la première guerre mondiale et la prise du pouvoir par Hitler, attira l’attention des sphères théorético-politiques, à l’« extrême-droite » comme à l’« extrême-gauche », de bien des façons et sous le même nom.Annexes
Le texte complet du Traité de Versailles (1919) peut être consulté sur le site :
http://mjp.univ-perp.fr/traites/1919versailles.htm
Sur Karl Otto Paetel, on lira l’intéressant article de Luc Nannens, intitulé « K.O. Paetel, national-bolcheviste » et paru dans le N° 5 de la Revue VOULOIR, désormais disponible sur le site suivant : http://vouloir.hautetfort.com/archive/2010/10/10/paetel.html (augmenté de références bibliographiques et de renvois à des articles complémentaires sur le thème).
Nos lecteurs anglophones pourront également consulter, les « Karl M. Otto Paetel Papers » sur http://library.albany.edu/speccoll/findaids/ger072.htm#history. On peut y mesurer la « masse » des écrits de K.O. Paetel non traduits en français à ce jour.
Sur Claus Heim et le Landvolkbewegung, on consultera avec profit la thèse de Michèle Le Bars, Le mouvement paysan dans le Schleswig-Holstein 1928-1932. Peter Lang, Francfort sur Main / Berne / New-York, 1986 (une brève biographie de Claus Heim fait partie des documents en annexe) mais aussi Michèle Le Bars, Le « général-paysan » Claus Heim : tentative de portrait, in Barbara Koehn (dir.) La Révolution conservatrice et les élites intellectuelles. Presses Universitaires de Rennes, Rennes, 2003. Bien évidemment pour des versions romancées, mais faisant revivre les événements de façon saisissante, on lire La Ville, d’Ernst von Salomon et Levée de fourches, de Hans Fallada.
Sur le Groupe Die Tat : on peut lire l’article d’Alex[andre] M[arc] Lipiansky, paru dans La revue d’Allemagne et des Pays de langue allemande, N°60, du 15 octobre 1932, Paris, intitulé : « Pour un communisme national. La revue Die Tat. ». Cet article a été republié intégralement par le bulletin privé C’est un rêve, N°11, automne-hiver 1996, Marseille. Il est également disponible sur le site de la BNF : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5405292f.r=”die+t…. D’autre part, Edmond Vermeil, dans son ouvrage Doctrinaires de la révolution allemande 1918-1932, (Fernand Sorlot, Paris, 1938) consacre le chapitre IV au Groupe de la « Tat » (aperçus disponibles sur Google Livres).
Sur le groupe des Adversaires (Gegner) on peut lire l’article d’Alexandre Marc paru dans La revue d’Allemagne et des Pays de langue allemande, N°66, du 15 avril 1933, Paris, intitulé : « Les Adversaires (Gegner) ». Cet article a été republié intégralement par le bulletin privé C’est un rêve, N°12, automne-hiver 1996, Marseille. On peut aussi le retrouver sur Gallica (en cherchant bien !)
[i] Source : Documents - Revue mensuelle des questions allemandes - no 6/7 - juin-juillet 1952, pp.648-663 : Karl A Otto Paetel “Le national-bolchevisme allemand de 1918 à 1932″. Il s’agit de la traduction de l’article “Der deutsche Nationalbolschewismus 1918/1932. Ein Bericht,” paru dans Außenpolitik, No. 4 (April 1952). [NDLR]
[ii] Karl Otto Paetel fait bien évidemment référence ici au livre de Lénine Le gauchisme, maladie infantile du Communisme : « Mais en arriver sous ce prétexte à opposer en général la dictature des masses à la dictature des chefs, c'est une absurdité ridicule, une sottise. Le plaisant, surtout, c'est qu'aux anciens chefs qui s'en tenaient à des idées humaines sur les choses simples, on substitue en fait (sous le couvert du mot d'ordre “à bas les chefs!”) des chefs nouveaux qui débitent des choses prodigieusement stupides et embrouillées. Tels sont en Allemagne Laufenberg, Wolfheim, Horner, Karl Schroeder, Friedrich Wendel, Karl Erler. » et plus loin : « Enfin, une des erreurs incontestables des “gauchistes” d'Allemagne, c'est qu'ils persistent dans leur refus de reconnaître le traité de Versailles. Plus ce point d e vue est formulé avec “poids” et “sérieux”, avec “résolution” et sans appel, comme le fait par exemple K. Horner, et moins cela paraît sensé. Il ne suffit pas de renier les absurdités criantes du “bolchevisme national” (Laufenberg et autres), qui en vient à préconiser un bloc avec la bourgeoisie allemande pour reprendre la guerre contre l'Entente, dans le cadre actuel de la révolution prolétarienne internationale. Il faut comprendre qu'elle est radicalement fausse, la tactique qui n'admet pas l'obligation pour l'Allemagne soviétique (si une République soviétique allemande surgissait à bref délai) de reconnaître pour un temps la paix de Versailles et de s'y plier. » (in Lénine, Œuvres complètes, Vol 31, p.37 et p. 70) [NDLR]
[iii] Le texte complet du « Programme » a été traduit par Louis Dupeux et joint aux documents accompagnant sa thèse Stratégie communiste et dynamique conservatrice. Essai sur les différents sens de l'expression « National-bolchevisme » en Allemagne, sous la République de Weimar (1919-1933), 2 volumes, Honoré Champion, Paris, 1976. [NDLR]
[iv] Sur Richard Scheringer, on consultera à profit l’article (en anglais) de Thimoty S. Brown, Richard Scheringer, the KPD and the Politics of Class and Nation in Germany: 1922-1969, in Contemporary European History, August 2005, Volume 14, Number 1
disponible sur le net :
http://www.history.neu.edu/faculty/timothy_brown/1/documents/Richard_Scheringer_and_the_KPD.pdf.
[v] Il existe une traduction française de ce livre : Oswald Spengler, Prussianisme et socialisme, Actes Sud, Arles, 1986.
[vi] Cf. Fritz KLOPPE, Der possedismus. Die neue deutsche wirtschaftsordnung. Gegen kapitalismus und marxistischen sozialismus; gegen reaktion und liberalismus., Wehrwolf-verlag, Halle, 1931
[vii] « Ohne mich-Bewegung » mené par Kurt Schumacher et dont les protestations seront portées par les syndicats, les intellectuels, les groupes chrétiens et les groupes féministes (en particulier la Westdeutsche Frauenfriedensbewegung).
00:05 Publié dans Révolution conservatrice | Lien permanent | Commentaires (0) |
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Novlangue médiatique : « Islamistes modérés » et « populistes extrémistes »
Novlangue médiatique :
« Islamistes modérés »
et « populistes extrémistes »
Andrea MASSARI
Ex: http://www.polemia.com/
Nouveau pouvoir libyen sous influence islamiste, succès électoral d’Ennhada, le parti islamiste tunisien, victoire électorale des islamistes du Parti de la justice et du droit au Maroc, Frères musulmans en position de force en Egypte : le message des « révolutions arabes » est clair. Les régimes laïcs et autoritaires, fruits du nationalisme arabe issu de l’Occident et enfants tardifs du kémalisme, ne cèdent pas la place à des démocrates libéraux mais à des islamistes.
Les médias de la superclasse mondiale qui avaient salué, début 2011, les « révolutions arabes » se tranquillisent néanmoins fin 2011, en parlant « d’islamistes modérés ». Une manière de se rasséréner, tout en continuant à rassurer la population française confrontée à une poussée de l’Islam sur son propre territoire.
« Islamiste modéré », un mot vide de sens
Pourtant ce terme d’islamiste modéré est vide de sens : les islamistes en question ne sont ni « extrémistes » ni « modérés » ; ce sont tout simplement des musulmans qui se réfèrent à l’islam comme guide de l’action politique. Dans le Dictionnaire historique de l’islam, paru aux PUF en 1996, Dominique et Jeanne Sourdel, professeurs émérites, écrivent : « L’islamisme est actuellement une tendance qui consiste à exiger l’application stricte des préceptes de la loi religieuse ou chari’a. » (…) Les islamistes prônent le jihad, d’une part dans leur propre pays contre les « mauvais » musulmans et les gouvernants corrompus de manière à instaurer si besoin est un Etat purement islamique, d’autre part, de façon plus générale, contre les valeurs séculières qui dominent le monde non musulman. » Attitude non dénuée de cohérence puisque l’islam est une totalité qui ne distingue pas le domaine de Dieu de celui de César.
« Modérés » ou non, les islamistes tunisiens, libyens, marocains et égyptiens ont tous pour projet d’islamiser la société, ce qui implique :
- - de rapprocher le droit local des préceptes de la chari’a ;
- - d’en revenir à une conception soumise et minorée de la femme, dont le voile islamique est le symbole visible ;
- - de marginaliser, sinon d’éliminer, les minorités chrétiennes catholiques, coptes ou évangélistes.
Toutes choses que font d’ailleurs, tranquillement mais fermement, les « islamistes modérés » de l’AKP turque qui sert de modèle.
Là encore il n’y a pas lieu d’être surpris : dans leurs réactions au modèle occidental, les peuples musulmans se retournent vers leurs racines. Quoi de plus normal ? D’autant que l’islam n’est pas seulement une religion, c’est aussi, c’est surtout une civilisation.
Confondre « modération politique » et « libéralisme économique » : une imposture
Confondre « modération politique » et « libéralisme économique » est une imposture : un fait que les oligarchies occidentales sont incapables de comprendre. D’où l’usage du mot « modéré » qui sert de cache-sexe à une réalité qui sinon les révulserait. Sur le site Oummah.com Mohamed Tahar Bensaada propose une explication complémentaire : selon Le Monde, « Ils (les islamistes) n’ont pas de doctrine économique précise - et sont souvent, en la matière, très libéraux ». Et le commentateur d’Oummah d’ironiser ainsi : « Le terme magique est lancé : “libéraux” ! C’est donc cela qui explique que tous les médias sont unanimes à parler de la victoire des “islamistes modérés” ? Les termes “modérés” et “libéraux” sont donc devenus synonymes dans le nouveau dictionnaire de la science politique française et on ne le savait pas ? ». Et l’analyste musulman de poursuivre : « L’imposture intellectuelle est plus grave. D’abord, on fait preuve de légèreté en cherchant à confondre “modération politique” et “libéralisme économique” (…) Ensuite, la “modération” et le “libéralisme” encensés le sont en fait pour des raisons que généralement les éditorialistes ne divulguent pas et qu’il faut aller rechercher entre les lignes. Le “libéralisme” qui vaut aux “islamistes” la sympathie relative des médias et des intellocrates occidentaux signifie que ces derniers ont montré patte blanche et qu’ils ne vont pas tomber dans le “protectionnisme” et le “nationalisme économique” synonymes d’une tentative de renégociation des rapports de dépendance qui lient leurs pays aux centres du capitalisme mondial ! »
« Populiste extrémiste » : un terme disqualifiant
Les médias de la superclasse mondiale gardent leurs réserves de répulsion aux « populistes » : ces mouvements qui partout en Europe sont à l’écoute des peuples, ce qui les conduit :
- - à s’opposer à la poursuite de l’immigration de peuplement que les nations européennes subissent ;
- - à refuser l’implantation de coutumes étrangères contraires à leurs règles d’urbanisme (mosquées avec minarets) ou leurs modes de vie (voile islamique, abattage hallal, hallalisation des cantines et des restaurants, invasion des préceptes religieux à l’école, à l’hôpital, dans l’entreprise) ;
- - à réaffirmer leur identité européenne et chrétienne ;
- - à refuser que les valeurs issues de leurs traditions soient placées sur le même plan que celles de religions étrangères ;
- - à défendre la séparation du spirituel et du temporel et la laïcité ;
- - à remettre en cause le libréchangisme mondial.
Populistes européens et islamistes du Maghreb et du Machrek ont néanmoins un point commun : les uns et les autres s’inscrivent dans une démarche identitaire. Ils veulent que leurs peuples restent ou redeviennent eux-mêmes.
De ce point de vue-là, les uns et les autres s’opposent à la marche triomphale du mondialisme. Car ils rétablissent, sinon des frontières physiques, du moins des frontières mentales et psychologiques.
Il est donc naturel que les médias de la superclasse mondiale s’opposent aux populistes européens en les qualifiant « d’extrémistes » pour mieux les disqualifier. Il l’est moins qu’ils baptisent « modérés » les islamistes qui prennent le pouvoir au sud de la Méditerranée et dans les banlieues européennes.
Le formatage de l’opinion par les médias de la superclasse mondiale
Utiliser les termes « extrémistes » et « modérés » pour définir une idéologie politique est d’ailleurs stupide. La modération, l’extrémisme ou la radicalité ne sont pas en soi des idéologies, ce sont des attitudes, des comportements qui dépendent des personnalités et des circonstances.
Cette confusion des termes et des analyses s’explique : les médias de la superclasse mondiale ne cherchent pas à éclairer l’opinion, ils cherchent à la formater ; les médias de la superclasse mondiale ne sont pas des médias d’information mais des médias de manipulation qui appliquent les commandements du discours dominant : faisant contre mauvaise fortune bon cœur à propos des évolutions au sud de la Méditerranée, ils continent de militer pour des sociétés les plus ouvertes possibles au nord.
Andrea Massari
30/11/2011
Voir aussi :
« Dictionnaire historique de l'islam », par Jeanne et Dominique Sourdel
Les 20 Commandements du discours dominant Un nouveau « Novlangue » (mise à jour 1)
Réflexions sur les révolutions dans le monde arabe.
Le lotus et le jasmin sont-ils déjà fanés ?
De la Révolution de jasmin à la révolution islamique ? (Tunisie - 5e volet)
Oskar Freysinger, éveilleur des peuples européens
« Des hommes et des dieux » : un film beau et poignant mais lourd d'influence pernicieuse
Ce que nous voile le voile
Correspondance Polémia – 30/11/2011
00:05 Publié dans Actualité, Manipulations médiatiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : novlangue, manipulations médiatiques, totalitarisme, langue, linguistique |
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