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lundi, 23 mars 2026

Le retour du Japon

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Le retour du Japon

Andrea Marcigliano

Source: https://electomagazine.it/il-ritorno-del-giappone/

Et même Sanae Takaichi se retire.

Ou plutôt, elle retire le Japon, dont elle est la Première ministre, du conflit avec l’Iran.

Une prise de position ferme. Et importante, surtout après que l’armée japonaise semblait s’être montrée ouverte à une participation à l’offensive américaine dans le golfe Persique.

Madame Takaichi n’est certainement pas une «pacifiste» ni une «neutraliste».

Au contraire, c’est le chef du gouvernement japonais qui a le plus poussé dans le sens du réarmement.

Allant jusqu’à faire monter la barre de la tension avec le grand voisin, la Chine.

Pékin, en effet, voit le réarmement du Japon avec beaucoup d’inquiétude.

Car cela pourrait commencer à constituer un problème concret et obsédant pour les ambitions hégémoniques de la Chine sur l’Extrême-Orient.

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Car un Japon qui se réarme et qui met en place une politique autonome d’influence sur toute la région représente une sérieuse brèche dans l’hégémonie, tant désirée, de la Chine.

Le retour en force d’un rival historique.

Avec lequel Pékin devra, forcément, recommencer à compter.

C’est ce qu’espérait Washington.

Qui, ce n’est pas un hasard, a permis le réarmement du Japon, après des décennies durant lesquelles il l’avait maintenu dans une condition de totale subordination.

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Subordination contre laquelle le plus grand écrivain japonais du 20ème siècle, Yukio Mishima, protesta de façon spectaculaire. Pratiquant publiquement le seppuku rituel, après avoir harangué les troupes clairsemées et hallucinées de l’armée nippone.

C’était le 25 novembre 1970.

Depuis, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts.

Et aujourd’hui, Washington a besoin d’un Japon armé, pour contrer Pékin.

Surtout en ce moment, alors que les États-Unis ont dû déplacer navires et troupes en direction du golfe Persique, où ils se trouvent empêtrés dans une guerre qu’ils ont voulue, mais qui semble leur échapper.

Cependant, comme on dit chez nous en Italie, le Diable fait les marmites, mais pas les couvercles.

Le Japon se réarme. Pourtant, il n’a aucune intention de rester soumis à Washington.

Madame Sanae Takaichi a déjà dit clairement qu’elle n’a aucune intention d’impliquer son Japon dans le conflit avec l’Iran.

Et elle l’a fait en invoquant précisément la Constitution imposée en son temps par Washington.

Le Japon ne peut pas participer à des guerres plus ou moins lointaines.

Point barre.

Hétérogenèse des fins.

Tokyo, réarmée, commence à nouveau à développer une politique indépendante des États-Unis.

Un tournant décisif, après tant de décennies de subordination forcée.

21:11 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, sanae takaichi, japon, asie, affaires asiatiques | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

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