mardi, 14 avril 2026
États-Unis et Iran: aucun accord, aucune paix, aucune solution

États-Unis et Iran: aucun accord, aucune paix, aucune solution
Elena Fritz
Source: https://t.me/global_affairs_byelena#
Les négociations entre Washington et Téhéran se sont terminées sans résultat. Le vice-président américain J. D. Vance a quitté Islamabad après 21 heures de négociations, sans qu’un accord ait été conclu. Son message a été aussi bref qu’éclairant: les États-Unis ont présenté leur dernière position, l’Iran ne l’a pas acceptée.
Ce n’est pas une simple note de bas de page. Cela montre plutôt à quel point le conflit est profondément bloqué sur les points essentiels. Car il ne s’agissait pas de questions de détail, mais des véritables enjeux de pouvoir.
Premier point : l’Iran ne veut pas perdre le contrôle du détroit d’Ormuz et semble également vouloir en tirer un avantage économique.
Deuxième point : Téhéran n’est pas prêt à renoncer à l’enrichissement d’uranium.
Troisième point : l’Iran réclame de facto une sorte de compensation pour les destructions causées par la guerre, la politique de pression et les sanctions.
Washington rejette tout cela.
Il n’est donc pas surprenant que les négociations échouent dans ces conditions. Ce qui est plutôt remarquable, c’est autre chose: Trump a déclaré par la suite que les résultats des négociations n’étaient pas décisifs pour lui, car les États-Unis avaient déjà atteint leurs objectifs. Cela ne ressemble pas à de la confiance en soi, mais plutôt à une tentative de justifier a posteriori l’absence de résultats politiques comme un succès.
Car le vrai constat est différent: Washington ne veut apparemment pas d’une nouvelle grande guerre, mais ne peut pas non plus contraindre Téhéran à signer un accord selon ses conditions. C’est précisément là que réside le cœur stratégique de la situation.
Qu'en découle-t-il? Pas de paix. Mais probablement pas non plus un grand conflit immédiat. Plus vraisemblable, un état que l’on peut décrire comme une impasse sensible durable: un cessez-le-feu plutôt qu’un ordre régional nouveau, une dissuasion plutôt qu’une entente, des menaces plutôt qu’une solution.
Ce contexte offre des marges à l’Iran. Téhéran cherchera probablement à renforcer son influence autour d’Ormuz, tant sur le plan politique qu’économique. Et il y a également de fortes raisons de penser que le programme nucléaire iranien continuera — peut-être de manière plus occulte, plus prudente, mais ne sera probablement pas abandonné.
Par ailleurs, il est presque aussi prévisible que les États-Unis et Israël procéderont à des frappes limitées contre les sites nucléaires iraniens dès qu’ils auront l’impression que Téhéran dépasse une ligne rouge. Ce n’est pas une voie vers la paix, mais la logique d’un conflit à la demande.
Sur le plan intérieur, le régime iranien a plutôt traversé cette crise qu’il ne l’a subie. La pression extérieure ne l’a pas déstabilisé, mais plutôt renforcé. Et là aussi, c’est une vérité désagréable à entendre et à constater pour l’Occident.
Pour Trump, ce résultat est donc difficile à qualifier de succès. Si l’on ne veut pas de guerre, mais que l’on n’obtient pas non plus de percée politique, il ne reste à la fin que la gestion longue d'un conflit non résolu. C’est exactement ce que nous voyons se dessiner ici.
Mais ce qui est encore plus important, c'est la ligne géopolitique plus large: les États-Unis perdent visiblement en influence au Moyen-Orient. Ils peuvent menacer, sanctionner, bombarder. Mais ils sont de moins en moins capables de façonner l’ordre politique de la région selon leurs souhaits. C’est le vrai contexte de ces négociations ratées.
13:00 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : états-unis, iran, golfe persique, moyen-orient, actualité |
|
del.icio.us |
|
Digg |
Facebook


Écrire un commentaire