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lundi, 03 septembre 2007

Libération de Malaga

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Libération de Malaga

3 septembre 1487 :  Malaga, occupée depuis des siècles par les Maures, capitule devant les troupes des Rois catholiques, permettant à ces derniers de dominer une portion complémentaire du littoral andalou, avant l’assaut final, qui aura lieu cinq ans plus tard. Malaga, abandonnée par la population mauresque, est repeuplée de Castillans, venus de l’intérieur du pays.

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Fondation de Charleroi

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Fondation de Charleroi

3 septembre 1666 : Le Marquis de Castel Rodrigo, gouverneur des Pays-Bas espagnols, pose la première pierre de la forteresse de Charles-Roy, sur le site de laquelle se dressera plus tard l’actuelle ville de Charleroi. La création de cette place forte a été rendue nécessaire par les projets d’invasion de Louis XIV, qui cherchait à annexer le Brabant, qui n’a évidemment jamais été français, mais toujours impérial. Le Marquis de Castel Rodrigo a pris les devants, puis choisi le site d’un village isolé du nom de Charnoy sur la Sambre pour édifier un bastion chargé de défendre la route de Bruxelles et d’Anvers. Un an plus tard, les envahisseurs français déferlent sur la Flandre, que ne peut défendre la petite armée de Castel Rodrigo, qui ne compte que 8000 hommes. Après avoir ravagé la Flandre, les hordes de Louis XIV se tournent vers le Hainaut et prennent Binche et la nouvelle forteresse de Charles-Roy (2 juin 1667). La place reviendra à l’Espagne et à l’Empire, contrairement à bien d’autres et à la Franche-Comté. Notre pays n’est plus aujourd’hui que le lambeau résiduaire, sans frontières « membrées », d’une entité bien plus grande, qui, alliée à la Lorraine, aurait formé un bloc de la Mer du Nord au Léman et à la Bresse, voire à la Savoie. Une simple poussée aurait permis d’atteindre la Méditerranée en libérant la Provence. La reconstitution de la Lotharingie/Burgondie du haut moyen âge serait redevenue une belle et bonne réalité politique en Europe. Sa consolidation aurait certainement empêché le cataclysme des deux guerres mondiales, dont le corollaire le plus terrible a été le ressac démographique européen.

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Mort de Cromwell

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Mort de Cromwell

3 septembre 1658 : Mort du dictateur puritain anglais Cromwell à Londres. Cromwell, protestant intransigeant, a certes introduit des ferments de discipline militaire et civile en Angleterre au temps de son pouvoir, mais son régime a exclu la fantaisie et la joie de vivre qui caractérisait l’Angleterre du moyen âge et du 16ième siècle. Il a fait de l’Angleterre un pays distinct du reste, avec ce fondement de puritanisme, qui va contester toutes les formes politiques et juridiques léguées par l’histoire, au nom d’une pureté à références bibliques. Sur le plan littéraire, les historiens des arts et des lettres aiment mettre en exergue le clivage entre « Cavalier poets » et « Roundheads » (« Têtes rondes »). Les poètes « cavaliers » sont les représentants de la vieille Angleterre joyeuse, admirent les règles de l’ancienne chevalerie, se parent de vêtements luxueux et colorés, en opposition à la rigueur et au moralisme étriqué des cromwelliens, à l’esprit marchand qui se dégage de ce protestantisme rigoriste et aux vêtements noirs et gris des partisans de Cromwell, qui voulaient généraliser cet « esprit de sérieux ». Rappelons-nous aussi que les Pays-Bas espagnols ont été en guerre contre Cromwell dès septembre 1655. Le dictateur anglais s’était allié à la France, qui cherchait à s’emparer de nos ports de mer, dont Dunkerque. Français et Anglais exerceront une pression constante, à un moment où le Saint-Empire, qui faisait face aux Turcs, ne pouvait secourir les Pays-Bas. Cette situation amènera un rapprochement entre l’Espagne et les Pays-Bas septentrionaux (Provinces-Unies). Une bataille navale dirigée par l’Ostendais Erasme de Brauwer permettra d’éloigner temporairement  la menace franco-anglaise sur mer, raison pour laquelle Ostende est toujours restée entre nos mains. Sur terre, en revanche, Don Juan et le Prince de Condé, qui avaient tenté de dégager Dunkerque, seront battus aux Dunes, ouvrant la voie à Turenne, dont les hordes envahissent la Flandre (dont Dixmude, Ypres et Audenaerde). Les Provinces-Unies étaient alors sous la bienveillante férule de Jan de Witt, théoricien d’un fédéralisme à la mode suisse. Il suggérait la recréation du « Cercle de Bourgogne » sous un nouveau régime politique. Il espérait toutefois temporiser pour ramener un maximum de territoire aux Provinces-Unies, en profitant de l’affaiblissement de l’Espagne et de l’Empire. Il sera assassiné par des extrémistes protestants en 1672, au moment où les Français mettront les Provinces-Unies à feu et à sang et ne seront arrêtés que par l’ouverture des digues. Le conflit avec l’Angleterre cessera en septembre 1661, quand le Prince de Ligne ira négocier à Londres.

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Arménie: nation martyr

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Arménie: nation martyr de l'orthodoxie

Notes d'un voyage au pays détruit par les invasions turques

Plus d'un touriste s'émerveillait jadis, en 1988, à Erivan, capitale de l'Arménie, de pouvoir aller se promener dans les montagnes du Nagorno Karabagh, une région dont le nom signifie “jardin noir” en langue turque. Aujourd'hui, ce pays merveilleux est l'endroit, sur la planète, le plus couvert de mines anti-personnel. Le Nagorno Karabagh, que les Arméniens appellent “Artzhak”, est un nouvel Etat, né de la résistance et de la guerre des partisans menée par la population arménienne contre l'invasion islamique turque venue d'Azerbaïdjan. Les Azéris, effectivement, se sont rendus maîtres du pays au moment de l'effondrement de l'Union Soviétique. Si on s'y rend en voiture en venant de la cité de Berdzor, il faut traverser un no man's land encore infesté de bandes azéries et passer entre deux colonnes frappée d'un symbole identique au “Soleil des Alpes” placé sur une épée marquée d'une croix. On se trouve alors dans le district de Shushi, une ville accrochée à une montagne escarpée, où Sergey Tsaturian reçoit les visiteurs. Il est le commandant de la Garde Nationale. Il est l'un des sept frères de la première famille qui, guidée par le patriarche Grigory Shendyan, âgé de 98 ans, a pris les armes contre les envahisseurs. Avec grande fierté, il nous montre une église dont on achève la construction: les azéris d'ethnie turque l'avaient incendiée puis faite sauter à la dynamite, il y a trois ans. Aujourd'hui, un jeune prêtre orthodoxe à longue barbe enseigne le catéchisme à de jeunes garçons à l'air libre, alors qu'il pleut. Il me dit: «Nous ne sommes pas encore en mesure de reconstruire l'école primaire et l'école moyenne qui ont été détruites à coups de canon, sous prétexte qu'elles n'étaient pas des “écoles coraniques”». D'une autre petite chapelle de Shushi, il ne reste plus rien d'autre que les fondements; des destructions similaires ont frappé Berdadzor, Kanatckala, Zarisli, Kanintak; avant de se retirer les Azéris d'ethnie turque ont systématiquement détruit les églises, les écoles et les fours à pain. A Stephanakert, capitale de la nouvelle république d'Artzhak, de nombreuses églises ont également été frappées et fortement endommagées par des missiles ou des obus, mais le Musée de la Tradition tient encore debout, malgré les attaques au missile, au beau milieu de maisons disloquées. La directrice de ce musée, Mme Mélanie Balayan, me raconte que les familles et les enseignants y emmenaient les enfants et les élèves pour visiter cet écrin de la mémoire arménienne, même sous une pluie d'obus. Les Arméniens de cette région n'ont plus connu la liberté depuis longtemps: domination turque, 70 années de communisme après l'arrivée des bolcheviques, puis, récemment, l'arrivée des Azéris d'ethnie turque. Pire: l'ONU, sous la double pression de la Turquie et de l'Azerbaïdjan, n'a pas reconnu le nouvel Etat, alors que des élections démocratiques y ont été tenues, qui ont porté au pouvoir des gouvernements sociaux-démocrates ou libéraux.

 

Dans le district d'Askeran, seul un monastère isolé dans la montagne a échappé à la furie destructrice. La plupart des villages ou des hameaux n'ont plus que des églises ou des écoles de fortune, installées dans des maisons d'habitation ou dans des vestiges d'anciennes forteresses russes. La ville morte d'Aghdam, dans le no man's land situé entre la frontière incertaine de l'Artzhak et l'Etat islamique d'Azerbaïdjan, est le véritable monument funéraire de l'“heureuse coexistence” entre orthodoxes et musulmans. Là-bas, tout est miné et les grenades en chapelets de couleur jaune, très semblables à celles que l'OTAN a utilisé contre les Serbes, maculent le vert des champs qui furent jadis fertiles. Les carcasses calcinées des chars de combat émergent des cratères creusés par les obus. Quelqu'un a apporté des fleurs pour les placer sous une petite croix blanche dessinée sur le flanc d'un T-34 détruit. Un calcul approximatif nous permet de dire qu'environ 300 églises et écoles orthodoxes arméniennes ont été détruites par les Turco-Azéris entre 1989 et 1997 au Nagorno Karabagh et dans le Nakhitchevan.

 

Epilogue: dans la vallée du fleuve Araxe, sur la frontière turco-iranienne, en 1999, je rencontre un colonel, qui ressemble à l'un de ces Immortels de Cyrus II le Grand. Il me fait visiter l'ancien monastère de la Kelissa Darré Sham, c'est-à-dire l'église de Saint-Bartolomée, arrivé dans la région en l'an 62. Elle a été détruite  à plusieurs reprises par les invasions successives des Turco-Azéris, depuis le 16ième siècle jusque dans les années 70. Aujourd'hui, le complexe monastique est sous la protection de l'UNESCO et le ministère des monuments iranien est en train de le restaurer. Mais le panorama sur la vallée qui s'étend au-delà de la frontière azérie et du chemin de fer me rappelle le passé, aux blessures toujours béantes: des milliers et des milliers de katchar arméniennes, c'est-à-dire de croix rustiques taillées dans la pierre, révèlent des tombes chrétiennes orthodoxes, les tombes de ceux qui ont dû sans cesse fuir les persécutions déchaînées par le Sultan rouge, le génocide scientifiquement planifié par le gouvernement des Jeunes Turcs et, très récemment, les incursions des Azéris. Une seule chose a changé, ce ne sont plus des cimeterres ou des fusils que manient génocideurs ou envahisseurs, mais des chars d'assaut et des lance-roquettes munis de viseurs laser. La civilisation moderne…

 

Archimede BONTEMPI.

(article paru dans La Padania, le 26 octobre 2000; http://www.lapadania.com ).