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samedi, 01 août 2026

Incendies orchestrés? Une arme militaire secrète en action?

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Incendies orchestrés? Une arme militaire secrète en action?

Sylvia Miami

Source: https://reseauinternational.net/incendies-orchestres-une-...

Les Français de l’étranger comme Sylvia Miami compatissent au drame européen des incendies mais comme aux US ils ont aussi leur part et qu’ils ont des renseignements qui laissent les Européens incrédules elle estime que «la question des causes et des méthodes se pose de plus en plus».

Difficile de rester insensible devant les images qui nous parviennent d’Europe.

De la France à l’Italie, en passant par l’Espagne et le Portugal, et ailleurs, des milliers de personnes voient leur vie partir en fumée. Une pensée immense pour les habitants qui ont tout perdu, pour les animaux prisonniers des flammes, et pour le courage surhumain de nos pompiers, aidés par les agriculteurs et les habitants.

Face à la répétition et à l’intensité de ces catastrophes, la question des causes et des méthodes se pose de plus en plus.

Je republie ici mon post de 2025 sur l’utilisation des incendies comme arme tactique et militaire, car nous sommes en droit de nous poser des questions légitimes…

Incendies orchestrés!? - «Une arme militaire secrète en action»!?

Depuis des décennies, les incendies ont été perçus comme une menace naturelle dévastatrice, mais saviez-vous que, dans les années 60, les États-Unis avaient étudié l’utilisation des incendies de forêts comme arme militaire?

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Le rapport secret «L’incendie forestier comme arme militaire», publié en 1970, révèle des recherches menées pour déterminer si les feux volontaires pouvaient détruire les ressources ennemies et modifier le champ de bataille. Aujourd’hui, ces flammes hors de contrôle ravagent non seulement des forêts, mais des régions entières, comme on peut le voir actuellement en Californie.

Mais cela ne peut que nous rappeler la tragédie de Maui à Hawaï, ainsi que les incendies en Espagne, au Canada, dans le sud de la France et ailleurs dans le monde. Comment peut-on imaginer que ces feux pourraient être déclenchés et orchestrés par des personnages sans âme, utilisant délibérément de tels moyens pour semer la terreur, détruire et s’enrichir?

Tôt ou tard, ceux qui tirent les ficelles devront rendre des comptes. L’heure de la vérité approche, et tout est en train d’être exposé au grand jour…

Source : Profession Gendarme - https://www.profession-gendarme.com/incendies-orchestres-...

Fabio Vighi et le capitalisme financier de la fin des temps

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Fabio Vighi et le capitalisme financier de la fin des temps

Markku Siira

Source: https://markkusiira.substack.com/p/fabio-vighi-ja-lopun-a...

Dans son dernier essai, Fabio Vighi s’attaque au cœur du capitalisme contemporain en utilisant d’abord les films Network (1976) de Sidney Lumet et Killing Them Softly (2012) d’Andrew Dominik comme fenêtres sur l’idéologie du système.

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Le sermon du dirigeant d’entreprise Arthur Jensen – « il n’y a pas de nations » – et le constat cynique du tueur à gages Jackie Cogan – « l’Amérique n’est pas un pays, mais un business » – forment ensemble un diagnostic : les États-Unis ne sont pas un État-nation traditionnel, mais le quartier général politique et militaire du capital financier global. Il ne s’agit pas d’un complot, mais d’un fait structurel, dont la force idéologique réside dans la présentation qu'il fait de lui-même, comme étant une loi naturelle.

Les États-Unis allient puissance militaire, infrastructure technologique et instrumentalisent le statut du dollar comme principale monnaie de réserve internationale. Les politiciens agissent dans cette structure principalement comme des « technocrates de middle management », dont les décisions sont guidées par la logique de la liquidité, de la gestion de la dette et de la préservation des actifs. Le retour de Donald Trump à la présidence en est un exemple-type : il n’a pas été élu pour ses compétences politiques – « il n’en a pas » – mais parce que son imprévisibilité théâtrale correspond à une époque où « le spectacle débridé a englouti la stratégie ».

Vighi met en garde contre l’illusion typique des libéraux, qui confondent les marionnettes visibles avec les marionnettistes. Le véritable pouvoir repose sur le statut « sans risque » des obligations d’État américaines – un « tour de confiance » qui permet une gestion budgétaire débridée, le financement des guerres et l’inflation des actifs financiers. Mais le système montre de plus en plus de signes de tension : rendements obligataires en hausse, déficits chroniques, dédollarisation et transfert du commerce de l’énergie hors du dollar. L’hégémonie n’est pas en train de s’effondrer, mais elle est entrée dans une « phase d’instabilité structurelle ».

616zJV1vZ3L._AC_UF1000,1000_QL80_.jpgVighi cherche à expliquer cette évolution par la théorie de la valeur-travail de Marx, selon laquelle seul le travail humain crée de la valeur nouvelle, et les machines ne font que la transférer. Mais cette conception industrielle est-elle encore valable dans une économie numérisée où l’intelligence artificielle participe à de nouveaux processus de création de valeur ? L’interprétation de Vighi risque de rester prisonnière des catégories du passé.

Quoi qu’il en soit, le capitalisme a pris la voie de la financiarisation. La finance ne suit plus l’accumulation productive, elle en est devenue le substitut. Le capital fictif – dette, produits dérivés et flux de revenus titrisés – constitue une montagne croissante de créances qui repose sur du travail qui n’a pas encore été effectué et qui, à l’échelle requise, ne le sera jamais.

Cette logique imprègne tout : la maison devient un objet d’investissement, l’éducation une dette d’études, la santé une cible d’extraction financière. La guerre est l’apothéose de la financiarisation – un « événement massif de liquidité », où destruction et ravage créent de nouvelles opportunités d’investissement. Vighi cite la « chorégraphie algorithmique des frappes contre l’Iran et les récits soigneusement construits autour d’Ormuz » comme exemples de la façon dont dépenses militaires, infrastructures numériques et manipulation financière forment une machine chargée de la gestion des crises.

La multipolarité géopolitique n’offre en soi aucune solution, tant qu’elle reste enfermée dans les catégories du capitalisme. Vighi rejette « l’illusion qu’un équilibre global plus juste pourrait stabiliser le capitalisme » et affirme que « le capitalisme multipolaire reste du capitalisme ».

Les choix des banques centrales illustrent l’impasse : une politique monétaire stricte menace de récession, une politique souple fait gonfler les bulles. Le débat sur l’inflation évite la question de l’effondrement de l’accessibilité : « le problème n’est pas que les prix augmentent trop vite, mais que vivre est devenu inabordable ». Chaque intervention ne fait que différer la crise et reporte la contradiction à un niveau supérieur.

Vighi ne croit pas que le salut viendra de la multipolarité, des monnaies numériques ou de l’intelligence artificielle. Ces changements ne servent à rien s’ils ne conduisent pas hors du capitalisme. Le seul espoir, selon l’universitaire italien, est que « l’irrationalité catastrophique du système » produise une sortie de la logique qui détruit les fondements de la société. Le seul obstacle est « l’attachement illusoire des gens à une constellation en train de s’effondrer ».

Néanmoins, l’analyse de Vighi n’est pas exempte de problèmes. Il condamne le capitalisme sans offrir d’alternative concrète – le seul espoir reste l’attente de la catastrophe. Vighi ignore aussi les modèles existants, comme l’économie socialiste de marché chinoise. Le débat sur la fin du capitalisme laisse ouverte la question de savoir quel ordre mondial pourrait lui succéder – et qui le construirait.

L’inquisition conceptuelle de l’Occident: illusion linguistique, institutions et colonialisme du consensus

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L’inquisition conceptuelle de l’Occident: illusion linguistique, institutions et colonialisme du consensus

Adnan DEMİR

Introduction : La propriété de la géographie et de l’esprit

Placer le monde au centre de sa propre carte et classer toute autre géographie en fonction de sa distance par rapport à ce centre est la forme la plus raffinée et la plus dangereuse du colonialisme. La volonté qui construit le concept “d’Orient” comme objet mystique et immobile, nécessitant une éducation, a en même temps proclamé son propre centre comme unique représentant de la civilisation, de la justice et de la rationalité.

Pourtant, lorsque cette fausse carte géographique et mentale est renversée, le panorama qui se dégage est clair: un “Occident proche” (Europe) prisonnier de sa propre bureaucratie et de prétentions éthiques creuses; un “Occident moyen” (Grande-Bretagne) pragmatique qui continue à jouer un double jeu avec une arrogance déduite de ses résidus impériaux ; et un “Occident lointain” (Amérique) qui fortifie le capital global par la violence militaire — le stade ultime du capitalisme sauvage.

L’hégémonie occidentale ne se maintient pas seulement par des porte-avions ou des blocs financiers. Sa force la plus grande réside dans les concepts stériles et préfabriqués qu’elle produit et présente au monde comme des valeurs universelles. Ces concepts sont des rideaux linguistiques qui qualifient de “justice” la violence des puissants et de “crime” la résistance des faibles.

1. Le masque de “l’universalité” et le discours hégémonique

La terminologie qu’utilise l’Occident dans la politique internationale n’est rien d’autre que l’art de camoufler ses intérêts mondiaux.

- Ce qu’on appelle “Communauté internationale” n’est pas la volonté collective de 193 pays, mais le consensus à huis clos de l’Atlantic Interest Club et des élites du G7. Dans une structure où les voix de l’Afrique, de l’Asie et de l’Amérique latine sont absentes, ce cercle étroit d’intérêts est imposé au monde comme “la volonté universelle de l’humanité”.

- L’étiquette de “pays en voie de développement” est une promesse fausse et sans fin offerte à la périphérie. Ces pays n’ont pas d’objectif atteignable ; le seul rôle qui leur est assigné est de fournir au centre global une main-d’œuvre à bas coût, des matières premières et des marchés. Le système est délibérément structuré pour qu’ils ne puissent jamais atteindre le niveau des “pays développés”.

- “Aide et intervention humanitaire” est le nom élégant donné à l’acte de piller d’abord les ressources des régions et de paralyser leurs structures sociales, puis de répandre quelques miettes sur les ruines afin d’apaiser sa propre conscience et d’hypothéquer géopolitiquement les décombres.

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2. L’hypocrisie du droit : la volonté du plus fort transformée en loi

Le discours sur “l’État de droit” est le domaine où l’Occident rend son pouvoir brut le plus invisible. La réalité historique et pratique montre pourtant clairement que ce qui existe n’est pas l’État de droit, mais la domination par le droit.

- Deux poids, deux mesures dans la jurisprudence (CPI et Cour internationale de justice) : la Cour pénale internationale a été, au fil de son histoire, transformée en une inquisition qui ne juge que les dirigeants du Tiers-Monde refusant de se soumettre à l’ordre occidental. Les mêmes puissances qui menacent de bloquer la poursuite de leurs propres soldats par le “Hague Invasion Act” proclament soudainement ces tribunaux comme incarnation de la justice lorsque les cibles sont leurs rivaux.

- Camouflage conceptuel (“dégâts collatéraux”) : lorsque les acteurs occidentaux détruisent des hôpitaux ou des cortèges nuptiaux par la simple pression d’un bouton, ou tuent des centaines d’écolières, les massacres sont classés dans la froide parenthèse technique des “dégâts collatéraux” et ainsi légalisés. Le nom donné à la violence change selon l’identité de celui qui la perpètre : lorsqu’il s’agit de l’Occident, c’est une “erreur opérationnelle” ; lorsque ce sont les autres, c’est du “terrorisme”.

- Confiscation de biens et de finances : la “sacralité des droits de propriété” et la “sécurité financière” ne valent que tant qu’on se soumet au système occidental. La saisie des réserves des banques centrales d’États d’un simple clic lors de ruptures géopolitiques n’est rien d’autre que la licence légale de l’Occident pour s’approprier le capital.

3. Marchés libres et illusions idéologiques

Le monde économique et le monde académique forment les deux autres piliers qui complètent l’occupation mentale par l’Occident.

- Le “marché libre” est l’imposition, par un Occident qui protège ses propres producteurs grâce à de massives subventions publiques, aux pays périphériques de démanteler leurs tarifs douaniers et leurs mécanismes de défense. Ce qui est libre, ce ne sont pas les peuples, mais l’expansionnisme sans limite du capital international.

- Le “lobbying” est la même corruption sordide qui, lorsqu’elle est pratiquée dans les pays de l’Est ou du Sud, est qualifiée de “kleptocratie et corruption”, mais qui, dans la politique occidentale, est parée d’un costume-cravate et bénéficie d’une couverture légale. C’est la mise aux enchères ouverte des politiques.

- “Les avis d’experts et les think tanks” ne sont pas des centres indépendants produisant un savoir objectif ; ce sont des laboratoires de discours financés par les géants de l’industrie de l’armement et de la finance, chargés de conférer une légitimité académique aux manœuvres géopolitiques à venir.

Conclusion: faire tomber le rideau

Le réseau conceptuel développé par l’Occident vise à transformer le monde en spectateurs passifs et en objets à exploiter. Derrière les termes prestigieux comme “Droit”, “Démocratie”, “Marché libre” ou “Droits de l’homme” se cache une vaste illusion où le consensus est fabriqué et la violence institutionnalisée.

Dénoncer cette imposture n’est pas seulement une correction du langage; c’est un acte de libération mentale et une prise de position révolutionnaire. Lorsque la violence est transformée en clause juridique et que ceux qui la commettent la définissent comme “ordre”, la première chose à faire est de faire s’effondrer sur leur propre tête la prison conceptuelle qu’ils ont construite — en utilisant leurs propres termes.

17:31 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : occident, occidentalisme, occidentisme | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

Un monde multipolaire fondé sur la légitimité : ne pas monopoliser le droit d’assigner les coordonnées et désigner le mal qu'est l’unipolarité

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Un monde multipolaire fondé sur la légitimité: ne pas monopoliser le droit d’assigner les coordonnées et désigner le mal qu'est l’unipolarité

Kazuhiro Hayashida

Je considère l’unipolarité comme un mal. L’unipolarité est une condition dans laquelle la carte entière du monde est peinte d’une seule couleur et un centre unique détermine la configuration du monde entier. Dans une telle condition, les autres civilisations, États, peuples et communautés perdent leur propre centre de jugement indépendant et voient leurs positions alignées sur une norme unique. L’essence de l’unipolarité réside dans la concentration du pouvoir, qui culmine finalement dans la monopolisation du droit de déterminer où chaque acteur doit être placé dans le monde — le droit d’assigner les coordonnées. À la base du monde multipolaire repose un principe théologique et structurel : chaque civilisation, communauté et être humain possède le droit d’affirmer sa propre légitimité et aucun pôle extérieur ne peut les priver de ce droit a priori. Chaque civilisation conserve ses propres critères concrets d’évaluation.

Je définis la multipolarité comme une condition dans laquelle la part de la puissance dominante reste égale ou inférieure à 40 % et où les parts combinées de la deuxième et de la troisième puissances suffisent à rivaliser avec celle du leader. L’existence d’une puissance dominante ne constitue pas en soi un monopole. Le monde reste multipolaire tant que la puissance dominante ne peut pas tout déterminer seule et qu’une configuration est maintenue dans laquelle plusieurs autres pôles peuvent l’en empêcher. Le seuil de 40 % n’est pas une métaphore, relevant d’un idéal. C’est un seuil opérationnel conçu pour empêcher la possession monopolistique et garantir que le droit d’assigner les coordonnées reste distribué entre plusieurs centres.

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Sur la base de cette définition, je rejette clairement le Nouvel Ordre Mondial, ou NWO. Le NWO intègre le monde dans un ordre unique, une seule norme et une seule couleur, concentrant le droit d’assigner les coordonnées en un centre unique. La question qui se pose alors est : qui possède le droit de tout réunir sous un centre unique et d’où provient cette autorité ? Si une personne, un État ou une institution possède le droit d’organiser le monde entier, cet acteur se place hors du monde et occupe la position de Dieu tout en restant humain. C’est là que réside le mal théologico-structurel généré par l’unipolarité.

Le mal du Japon d’avant-guerre peut aussi être compris à travers cette structure. Une explication qui se limite à affirmer qu’un être humain ait assumé le nom d’un dieu religieux ne peut saisir toute l’ampleur de ce mal. Son essence résidait dans la concentration du droit d’assigner les coordonnées — qui aurait dû être conservé par le peuple japonais en tant que tel — dans une personne et une institution particulières, rationalisant le droit divin des rois sous la forme d’un pouvoir décisionnel concret. La légitimité de ceux qui étaient mis en place n’était accordée que dans les limites approuvées par ce centre. Lorsque les êtres humains absolutisent le droit d’assigner les coordonnées, l’autorité abandonne sa position propre d’évaluer ce que les humains ont créé et se déplace vers la position de refaire le monde, d’accorder des qualifications à l’existence et de déterminer la configuration elle-même. Par ce mouvement, l’autorité évaluative s’empare du pouvoir de création et occupe la place de Dieu.

La multipolarité garantit que les êtres humains, quel que soit leur rang, conservent la possibilité de s’affirmer comme centre à travers la légitimité. Puisque la puissance dominante ne monopolise pas le droit d’assigner les coordonnées, les revendications venant d’en bas, de la périphérie ou des minorités peuvent être placées au centre de la délibération chaque fois que leur contenu est légitime. Cette structure peut être illustrée par la scène du Livre de Suzanne, texte deutérocanonique, où le jeune Daniel se présente devant les anciens. Son rang et son titre ne déterminent pas la valeur de ses paroles. La légitimité démontrée par le jeune homme s’élève au centre de la délibération, où le processus de jugement autorisé de la communauté examine sa revendication. Une revendication de légitimité venant d’en bas relance la délibération et modifie la configuration existante des rangs et de l’autorité.

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Il existe ici deux hiérarchies. La première concerne l’existence de la légitimité. La légitimité devient le point central de la délibération, au-dessus du rang, du statut, du pouvoir et de l’autorité de celui qui avance la revendication. La légitimité n’est pas créée par l’autorité. Elle existe dans le contenu même de la revendication et constitue déjà quelque chose qui doit être examiné avant que l’autorité n’émette un quelconque jugement. Dans cette hiérarchie, la légitimité devient un standard supérieur placé au-dessus du rang humain et de l’autorité établie.

L’autre hiérarchie concerne l’activité humaine et la fonction institutionnelle. L’acte par lequel un être humain crée quelque chose et présente une revendication occupe une position inférieure. L’acte d’évaluer ce qui a été créé et d’examiner sa nécessité et sa légitimité occupe une position supérieure. Cette fonction évaluative supérieure est l’autorité. L’autorité est ainsi élevée à une position institutionnelle supérieure à celle de l’être humain qui crée ou présente la revendication. L’autorité n’est pas placée comme une fonction subordonnée à la légitimité. Elle est placée comme la fonction supérieure qui évalue ce que les humains ont réalisé.

Ces deux hiérarchies sont reliées par la séquence suivante : le créateur humain, l’affirmation de la légitimité, l’évaluation par l’autorité, et la confirmation et le soutien de la légitimité. Lorsqu’une personne en position inférieure affirme la légitimité, celle-ci se sépare du rang de celui qui la revendique et s’élève au centre de la délibération. L’autorité, en tant que fonction évaluative supérieure, examine cette légitimité et soutient ce qui est légitime. La légitimité constitue la norme supérieure appliquée à l’objet évalué par l’autorité, tandis que l’autorité constitue la fonction supérieure exercée par le sujet qui procède à l’évaluation. Ces deux formes de supériorité ne sont pas en concurrence. La légitimité est supérieure en tant que standard de jugement, tandis que l’autorité est supérieure en tant que fonction institutionnelle humaine.

L’autorité ne crée pas la légitimité. Si l’autorité créait la légitimité, elle serait libre de fabriquer le juste et l’injuste selon son propre jugement, et monopoliserait ainsi le droit d’assigner les coordonnées. L’autorité devient telle en évaluant, confirmant et soutenant la légitimité qui existe déjà dans le contenu d’une revendication. La capacité à évaluer précisément la légitimité, ainsi que la position institutionnelle à partir de laquelle cette évaluation peut être publiquement confirmée, constituent le fondement de l’autorité. Une autorité qui nie la légitimité et certifie l’injustice comme légitime perd sa fonction évaluative et, par conséquent, le fondement de sa propre autorité.

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Tout ce qui a été créé par Dieu existe déjà dans le monde et chaque chose est nécessaire à la constitution du monde créé. Les êtres humains n’ont aucun droit de déterminer la nécessité de ce que Dieu a créé ni d’en révoquer le droit à l’existence. La création de Dieu n’est pas soumise à un examen de nécessité comparable à celui appliqué aux biens produits par les humains. Ce que les humains créent nécessite une évaluation, car rien ne garantit que tout ce qu’ils réalisent soit nécessaire à l’humanité entière ou au monde.

La raison pour laquelle l’offre et la demande sont qualifiées de « main de Dieu » réside aussi dans la fonction d’évaluation. Ce que les humains créent prouve son importance par sa nécessité pour les autres. Ce qui n’est pas nécessaire ne reçoit aucune évaluation et n’est pas placé au centre du monde. La création humaine occupe une position inférieure, tandis que l’évaluation humaine occupe une position supérieure. Cette fonction évaluative constitue l’autorité. L’élévation de l’autorité ne signifie pas qu’elle acquiert le pouvoir créateur de Dieu. Cela signifie que la fonction d’évaluer ce que les humains ont réalisé est placée au-dessus de l’acte humain de réalisation.

Ce qui est important possède la légitimité. Lorsqu’elle est affirmée, la légitimité est placée au centre de la délibération, indépendamment du rang de celui qui la revendique. L’autorité n’est pas un acteur qui crée arbitrairement l’importance. Elle évalue si quelque chose créé par les humains possède de l’importance et confirme la légitimité inhérente à cette importance. Une revendication de légitimité est présentée d’en bas, passe par l’évaluation de l’autorité et est soutenue comme quelque chose d’important. Une condition qui maintient ce parcours ouvert constitue une structure multipolaire d’évaluation.

De ce point de vue, on peut aussi définir l’essence de la discrimination. La discrimination est la négation de la légitimité d’autrui. Un acte qui prive un sujet de la légitimité qui devrait lui être reconnue est injuste. Une conduite injuste constitue le mal. La reconnaissance des attributs d’une autre personne et l’admission des différences ne constituent pas en soi le mal. Le mal naît de l’acte de priver autrui de l’opportunité de voir sa légitimité examinée et de lui refuser la qualification d’occuper une place dans le monde en tant que sujet légitime.

Cette définition fournit les bases pour rejeter la persécution des immigrés. Priver une personne de l’opportunité de voir sa légitimité examinée du seul fait de son statut d’immigré et la placer d’emblée comme une présence illégitime est un acte par lequel un centre unique monopolise le droit d’assigner les coordonnées. Les revendications et les actions des immigrés relèvent de la même structure évaluative et leur légitimité est examinée par l’autorité. La multipolarité ne confère d’autorité inconditionnelle à aucun attribut particulier. Elle reconnaît la position de chaque sujet à partir de laquelle la légitimité peut être affirmée et relie cette affirmation à la fonction supérieure de l’évaluation.

Je ne suis pas un penseur égalitariste. Il existe de réelles différences dans les capacités humaines, dans le contenu des idées et dans les fonctions des civilisations. Cependant, les différents systèmes de pensée ont le même droit d’affirmer leur propre sens du juste. Lorsque les systèmes de pensée sont traités comme égaux en ce sens, chaque personne doit tenir compte des affirmations des autres et évaluer de quelle manière leur légitimité doit être acceptée. Refuser de reconnaître comme légitime ce qui l’est met à nu une injustice qui va au-delà de ce que l’on exprime habituellement par le mot « discrimination ». Il ne s’agit pas seulement d’attribuer à une autre personne une valeur inférieure, mais de nier son statut même de sujet capable de posséder la légitimité.

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Il faut également opérer une claire distinction entre diversification et multipolarisation. La diversification augmente l’entropie sociale en dispersant sans limite les normes et les relations et en dissolvant les centres de jugement. La multipolarisation est une configuration dans laquelle de multiples centres préservent leurs propres frontières, mémoires, religions, vocations, familles et formes de protection étatique, tout en évaluant la légitimité réciproque et en empêchant la domination unilatérale. L’entropie sociale est contenue lorsque de multiples centres d’ordre maintiennent en leur sein à la fois l’affirmation de la légitimité et l’évaluation par l’autorité.

En ce sens, la multipolarisation des États-Unis peut être défendue rationnellement. Une condition dans laquelle de multiples centres politiques et sociaux se contrebalancent et aucun centre unique ne peut monopoliser le droit d’assigner les coordonnées dans l’ensemble des États-Unis protège la légitimité affirmée par le bas et la périphérie. La multipolarisation du monde souhaitée par la Russie correspond à cette même structure. Le but du monde multipolaire est d’établir une configuration dans laquelle chaque civilisation possède le droit d’affirmer sa propre conception de ce qui est juste et aucune civilisation ne peut peindre le monde entier d’une seule couleur.

Le mal de l’unipolarité réside dans une structure qui monopolise le droit d’assigner les coordonnées, nie la légitimité d’autrui et impose ce jugement injuste à l’ensemble du monde. La valeur de la multipolarité réside dans le maintien de la part de la puissance dominante à 40 % ou en dessous de ce seuil, en garantissant que le poids combiné des puissances de second et troisième rang puisse rivaliser avec elle et en préservant pour chaque acteur, quel que soit son rang, la possibilité d’affirmer un centre par la légitimité. La légitimité est affirmée d’en bas, s’élève au centre de la délibération et est examinée par l’autorité en tant que fonction évaluative supérieure, qui soutient alors ce qui est légitime. Maintenir ce parcours ouvert à tous est la condition fondamentale d’un monde multipolaire.

Une carte du monde qui conserve plusieurs couleurs signifie que chaque civilisation, État, peuple, communauté et être humain conserve ses propres coordonnées. C’est un monde où la légitimité est supérieure en tant que critère de jugement, l’autorité est supérieure en tant que fonction évaluative humaine, et où les humains ne s’approprient pas le droit divin d’assigner les coordonnées. La conservation simultanée de ces deux hiérarchies empêche le mal théologico-structurel de l’unipolarité. Voilà le fondement de mon refus de la domination unipolaire et la raison pour laquelle je soutiens le monde multipolaire.