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jeudi, 09 juin 2016

Procédés malhonnêtes totalitaires contre Gauland de l'AfD – l'Allemagne délire

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Mafia idéologique

Procédés malhonnêtes totalitaires contre Gauland de l'AfD – l'Allemagne délire

De Roger Köppel
Ex: http://www.weltwoche.ch

L'Inquisition est de retour; on assiste partout à des parodies de justice. Les membres de l’establishment tentent avec des méthodes totalitaires d'imposer leur vision du monde, leurs ambitions de pouvoir. En Allemagne, Alexander Gauland, 75 ans, vice-président du parti critique de Merkel, Alternative pour l'Allemagne (AfD), qui a le vent en poupe, en fait actuellement les frais. Les journalistes l'ont depuis longtemps dans le collimateur. Ils le guettent au tournant, ils brûlent même de démolir politiquement l'ancien secrétaire d'État, érudit et auteur de livres. Que le Frankfurter Allgemeine Sonntagszeitung (FAS), que j'apprécie, ait justement perpétré cette récente attaque montre tristement l'ampleur d'une agitation politique déconnectée de la réalité.

Que s'est-il passé? Gauland a tenu des propos en partie off-the-record avec le FAS, notamment sur l'immigration et l'islam. Au cours de cet entretien, Gauland aurait dit que Jérôme Boateng, footballeur allemand de couleur de la sélection nationale, est certes un bon joueur, mais qu'il y a des gens en Allemagne qui ne voudraient pas l'avoir comme voisin. Ce journal à la réputation de sérieux a fait de la prétendue citation de Gauland son grand titre à la une: «Gauland offense Boateng». Depuis, on assiste à une déferlante d'indignation. Gauland serait raciste. La chancelière Merkel est intervenue et a qualifié d'«abject» ce membre de l'AfD. Les inquisiteurs se sont empressés de dresser le bûcher pour brûler les hérétiques de droite.

Gauland a été écrasé par la vague. Au lieu de faire résolument front, il s’est montré hésitant. Ses premières réactions ont semblé défensives. Même la présidente du parti Petry a tiré dans le dos de son vice-président et rival. L'opinion publique fonctionne comme la loi de la jungle: un animal blessé qui recule devient la proie des charognards.

À tort, car ici le scandale ne réside pas dans ses prétendues déclarations, mais dans les méthodes journalistiques. Gauland a été piégé. Les journalistes ont abusé de sa confiance. Ils ont cité des propos confidentiels. Ils ne lui ont pas soumis ses soi-disant propos pour en autoriser la publication. Ils n'ont même pas confronté leur interlocuteur, qui ne se doutait de rien, à ses supposés dires. Alors que cela aurait été de leur devoir. Quand un homme politique de premier plan fait des déclarations éventuellement choquantes dans un domaine sensible, on doit insister, reposer la question et demander de préciser. C'est du journalisme de qualité tel que le FAZ revendique le pratiquer. Tout le reste est un tissu de ragots, voire relève de l'Inquisition, comme ici.

Par essence, l'Inquisition ne cherche pas à connaître la réalité des faits. Son objet est la dénonciation, la condamnation et l'anéantissement. C'est bien le scénario actuel. Passé le premier assaut, Gauland a riposté. Il dit n'avoir jamais fait ces déclarations sous cette forme. Les journalistes ont répondu qu'ils avaient pourtant «enregistré» les citations. À y regarder de plus près, ils ont admis penauds qu'il n'y a pas d'enregistrements électroniques ou magnétiques, mais seulement quelques gribouillis manuscrits sur leurs calepins.

Est-ce que Gauland a offensé un joueur de couleur de la sélection nationale allemande peu avant l'Euro? Absurde. Ce ne serait même pas le cas si les citations qu'on lui attribue étaient vraies. Gauland aurait dit qu'il y aurait des gens en Allemagne qui n'aimeraient pas avoir un Noir pour voisin. Une telle phrase ne serait pas un appel à la haine, mais simplement une constatation, et probablement même vraie. Il y a en Allemagne, mais aussi en France, aux États-Unis ou en Suisse, des personnes qui ne veulent pas vivre à côté de Noirs. Le dire n'est en rien le signe d'opinions criminelles. À moins que l'on tienne vraiment à incriminer celui qui les exprime.

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Or, il se trouve que Gauland ne l'a jamais dit ainsi. Le porte-parole adjoint de l'AfD m'a confirmé au téléphone n'avoir jamais mentionné de lui-même Boateng, mais que les journalistes lui auraient perfidement suggéré ce nom. Il ne savait pas qui était le footballeur en question, mais aurait intégré ce nom fallacieusement mentionné par les journalistes dans ses propos. Une erreur, dit-il lui-même. La citation dénaturée n'aurait jamais été autorisée si elle lui avait été présentée.

Je n'ai pas assisté à l'entretien, mais je n'ai aucune raison de douter des dires de Gauland. Les procédés journalistiques malhonnêtes parlent d'eux-mêmes. Qui plus est, je connais Gauland personnellement. J'ai collaboré avec lui en Allemagne. Il n’est ni raciste, ni extrémiste. En Suisse, il pourrait sans problème adhérer au PLR ou à l'UDC. Nous n'étions pas d'accord sur tout, je ne partage probablement pas certaines de ses positions actuelles, mais je l'admire pour la façon dont il subit les attaques de ses adversaires et continue indéfectiblement, en dépit de son âge avancé, à s'engager pour une politique plus raisonnable en Allemagne.

Cette affaire montre que l'Allemagne est encore une jeune démocratie. Il n'est pas facile de manifester des opinions différentes. Le lourd passé historique du pays est utilisé abusivement par ceux d'en haut pour marginaliser des voix impopulaires. Lorsque l'auteur à succès Thilo Sarrazin a exprimé une critique à l'encontre de la politique migratoire de Merkel, la chancelière et le président l'ont rapidement taxé de «non-personne». Maintenant la mafia idéologique veut liquider l'AfD de Gauland. Les élites se sentent menacées, et la peur vire déjà à la panique agressive. Et la Suisse dans tout cela? Le pays eurosceptique au cœur de l'Europe doit s'attendre à des attaques virulentes. Mais derrière l'arrogance des élites se cache la faiblesse. Nous ne devons pas nous laisser intimider.

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