samedi, 21 février 2026
De l'Amérique sinisée

De l'Amérique sinisée
Andrea Marcigliano
Source: https://electomagazine.it/sino-america/
Pékin établit une série d’accords avec l’Uruguay.
Le président uruguayen, Yamadù Orsi, a été reçu avec tous les honneurs à Pékin, où il a eu une longue entrevue avec Xi Jinping.
En marge de cette rencontre, le leader chinois a souligné la nécessité d’un monde toujours plus intégré, basé sur la coopération. Un monde non dominé par un seul despote ou maître.
Xi ne l’a pas nommé, bien sûr. Cependant, même un aveugle peut voir la référence explicite à Washington. Surtout parce qu’Orsi est le premier leader sud-américain à se rendre dans la Cité Interdite après le cas Maduro.
C’est-à-dire après que des forces spéciales américaines ont enlevé le président vénézuélien avec sa femme, pour l’emmener aux États-Unis et le poursuivre pour trafic de drogue.
Cela ne concerne personne, puisque le Venezuela est un pays presque insignifiant pour les cartels de la drogue.
Et, surtout, Trump lui-même n’a jamais caché que les véritables raisons de l’«opération Maduro» sont autres: ramener le Venezuela, avec ses immenses richesses pétrolières, dans l’orbite des États-Unis.
Selon ce qui semble, l’opération a réussi. Avec un coût modique (pour dire) de juste un peu plus d’une centaine de morts. Tous vénézuéliens, bien entendu.
Les événements ont cependant semé la terreur dans toute l’Amérique latine. Où seules l’Argentine et le Chili sont, pour l’instant, parfaitement alignés sur Washington.
Le Brésil de Lula semble très préoccupé, malgré le fait que, en raison de sa force et de sa taille, il reste dur à cuire.
Le Mexique tremble.
Cuba cherche des aides et un bouclier à Pékin.
Et il semble que les pays de la région andine aient aussi l’intention de faire de même.

De même, comme on peut le voir aujourd’hui, l'Uruguay.
En effet, Pékin représente la seule possibilité authentique d’alternative à la soumission totale à Washington qui, pour beaucoup, s'avère néfaste.
La Russie, qui déclare officiellement s’opposer à la lourde emprise des États-Unis sur l’Amérique latine, ne peut cependant faire grand-chose au-delà de déclarations de principe.
Trop occupée par le conflit ukrainien et, par ailleurs, en quête d’un accord, aussi difficile soit-il, avec les États-Unis sur les équilibres européens.
Pékin, en revanche, c’est une autre histoire. La stratégie de Xi Jinping vise totalement une pénétration capillaire dans chaque région du monde.
Bien sûr, principalement une pénétration commerciale. Et donc pacifique… du moins en apparence.
Il est cependant vrai que Pékin cherche un nouvel équilibre multipolaire, qui libère le système économique mondial du contrôle américain.

Pour cette raison, la Banque centrale chinoise délaisse ses énormes réserves de dollars.
Une opération qui pourrait avoir de fortes répercussions sur la stabilité économique des États-Unis.
Et Xi Jinping parle, avec une dureté sibylline, de nouveaux équilibres mondiaux. Et avertit que Pékin n’est pas disposé à accepter davantage d’hégémonies imposées par la force.
Comme je le disais, il ne nomme personne. Ni pays, ni hommes.
Ce n’était pas nécessaire. Ceux qui ont des oreilles pour entendre, ont entendu.
19:33 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, chine, états-unis, uruguay, amérique ibérique, amérique du sud, amérique latine |
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