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samedi, 04 juillet 2026

L’aide européenne à l’Ukraine a désormais une date d’expiration

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L’aide européenne à l’Ukraine a désormais une date d’expiration

Elena Fritz

Source: https://t.me/global_affairs_byelena

À l’approche du sommet de l’OTAN à Ankara, des négociations portent sur 70 milliards d’euros d’aide militaire à destination de l’Ukraine pour l’année 2026. Pour 2027, on souhaite également mobiliser une somme comparable.

Mais c’est précisément là que commencent les divergences. Une année supplémentaire d’aide pourrait encore être décidée. Toutefois, de moins en moins de gouvernements veulent s’engager à contracter une obligation durable.

L’Allemagne prévoit au moins 11,5 milliards d’euros d’aide militaire pour 2026, assumant ainsi à nouveau une part particulièrement importante. La France, l’Italie et l’Espagne avaient déjà auparavant rejeté des quotas annuels fixes pour l’Ukraine. Désormais, l’Italie remet également en question une contribution équivalente pour 2027.

Ainsi, la formule européenne du « aussi longtemps que nécessaire » atteint pour la première fois, et de manière visible, ses limites politiques et financières. Presque tous les États continuent de soutenir l’Ukraine. Mais dès qu’il s’agit de milliards d’euros bien concrets à verser sur plusieurs années, l’unité commence à s’effriter.

Pour l’Allemagne, cela crée un schéma bien connu: les autres affichent leur solidarité, Berlin prend en charge une part croissante de la facture. Mais le problème fondamental est plus profond. Une stratégie militaire ne peut pas se limiter à définir chaque année de nouveaux montants et des lots d’armes. Elle doit expliquer quel objectif politique doit être atteint avec ces moyens.

Faut-il tenir la ligne de front? Faut-il reconquérir des territoires? Faut-il forcer la Russie à négocier? Et comment saurait-on que cet objectif a été atteint, ou qu’il ne l’est plus?

Celui qui ne répond pas à ces questions n’a pas de stratégie, mais seulement un plan de dépenses. Les moyens militaires doivent servir un objectif politique réaliste. Ils peuvent faire gagner du temps et modifier les positions de négociation. Mais ils ne peuvent pas remplacer une solution politique absente.

C’est précisément ce qui se passe actuellement: l’Europe finance la poursuite de la guerre sans s’être entendue sur une issue atteignable. Plus d’armes devraient pousser la Russie à négocier. Mais dans le même temps, de véritables négociations sont reportées à plus tard.

Il s’instaure ainsi un cercle vicieux:

L’aide militaire remplace la diplomatie, et l’absence de solution est à nouveau compensée par encore plus d’aide militaire. Les 70 milliards d’euros peuvent financer des munitions, la défense aérienne, la formation et la production d’armement ukrainienne. Ils peuvent aider l’Ukraine à continuer de se battre.

Mais ils ne répondent pas à la question: comment cette guerre doit-elle se terminer? Le débat autour de 2027 révèle donc plus qu’un manque de ressources budgétaires. Il montre que la volonté de l’Europe de financer indéfiniment une guerre dont l’objectif politique devient de plus en plus flou s’amenuise.

Le sommet d’Ankara pourra à nouveau décider des milliards. Cela peut permettre de gagner du temps. Mais sans objectif politique, le temps gagné ne ferait que prolonger la guerre.

#geopolitique@global_affairs_byelena

Le parti BSW de Sahra Wagenknecht prend les devants: des majorités à l’avenir aussi avec l’AfD

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Le parti BSW de Sahra Wagenknecht prend les devants: des majorités à l’avenir aussi avec l’AfD

Magdebourg/Schwerin. Sahra Wagenknecht ne cesse de surprendre. Cette fois, son parti a de nouveau critiqué le « cordon sanitaire » dressé par les vieux partis contre l’AfD – et avance une proposition aussi inhabituelle que constructive. Dans une lettre adressée à la cheffe de l’AfD, Alice Weidel, et à son co-président Tino Chrupalla, le BSW invite à deux débats publics – l’un à Magdebourg, l’autre à Schwerin. Le public devrait être témoin d’un « débat controversé sur une grande place publique de l’Est de la République », indique l’alliance BSW dans la lettre.

Pour justifier cette démarche inhabituelle, il est avancé que les deux partis seraient « combattus par le mainstream pour des raisons différentes ». Sahra Wagenknecht, cheffe du BSW, en profite également pour lancer une attaque générale contre l’audiovisuel public. Celui-ci serait « devenu une radio-télévision de propagande d’État, à l’image de la télévision de l'ex-RDA », déclare la fondatrice du BSW. L’AfD y serait à peine présente, et le BSW, quasiment plus du tout.

La lettre est signée par les deux coprésidents du BSW, Fabio De Masi et Amira Mohamed Ali. Le parti y réitère aussi sa demande de « ministres-présidents indépendants des partis » en Saxe-Anhalt et dans le Mecklembourg-Poméranie-Occidentale. Ceux-ci devraient « gouverner avec des majorités variables, incluant l’AfD ». Une participation gouvernementale de l’AfD serait ainsi exclue, reconnaît le BSW. Mais désormais, des majorités au parlement régional devraient aussi pouvoir être organisées avec les voix de l’AfD – un modèle que tous les partis traditionnels refusent encore catégoriquement.

Le 6 septembre auront lieu les élections en Saxe-Anhalt, le 20 septembre dans le Mecklembourg-Poméranie-Occidentale. Selon les sondages actuels, le BSW est sur le point d’entrer au parlement à Schwerin, tandis qu’à Magdebourg, il reste pour l’instant nettement en dessous du seuil des cinq pour cent. L’AfD, en revanche, a de grandes chances dans les deux Länder : en Saxe-Anhalt, elle est créditée de plus de 41 %, et dans le Mecklembourg-Poméranie-Occidentale de 35 % (rk).

Source: Zu erst, juillet 2026.

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Un film qui pose les bonnes questions: Qui a fait exploser Nord Stream?

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Un film qui pose les bonnes questions: Qui a fait exploser Nord Stream?

Berlin. Le 26 septembre 2022, quatre explosions ont secoué la mer Baltique près de l’île danoise de Bornholm. Les gazoducs Nord Stream, qui transportaient du gaz naturel russe vers l’Allemagne et l’Europe de l’Ouest, ont été détruits. Les conséquences furent considérables et se font encore sentir aujourd’hui : explosion des prix de l’énergie, délocalisations d’entreprises, perte de la stabilité économique de l’Allemagne. Les enquêtes officielles n’ont jusqu’à présent apporté aucune réponse convaincante à la question de savoir qui a commis cet attentat et pour le compte de qui. Les médias dominants se concentrent sur une seule explication – particulièrement maigre : quelques Ukrainiens à bord d’un voilier affrété.

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C’est là qu’intervient le nouveau documentaire « Nord Stream – Die Sprengung » de Moritz Enders et Gunther Merz. Produit par Ronald Thoden de la maison d’édition Hintergrund, le film réunit des experts internationaux : le journaliste d’investigation allemand Dirk Pohlmann, le physicien du MIT et ancien conseiller militaire Theodore Postol, le chercheur sur la paix suédo-norvégien Ola Tunander, l’ex-analyste de la CIA Ray McGovern, l’ancien inspecteur général de la Bundeswehr et ancien président du comité militaire de l’OTAN Harald Kujat, ainsi que l’ingénieur suédois Erik Andersson, qui a examiné et analysé les débris des gazoducs à l’aide de son propre drone sous-marin.

Les réalisateurs posent les questions essentielles que d’autres éludent. Ils remettent en question la plausibilité de la thèse de l’équipage du petit voilier ukrainien. Ils replacent l’attentat dans son contexte géopolitique et de rapport de force plus large. Ils s’attardent également sur les omissions du livre très commenté du journaliste Bojan Pancevski, qui prétend pourtant livrer « la véritable histoire ».

Le film rappelle aussi l’événement mémorable du 7 février 2022, lorsque le président américain Joe Biden annonça, en présence du chancelier Olaf Scholz, la fin de Nord Stream – sans la moindre objection de Scholz. Donald Trump, quant à lui, a déclaré à plusieurs reprises, lors de sa campagne de réélection, qu’il avait déjà stoppé le gazoduc lors de son premier mandat.

Le documentaire s’appuie en grande partie sur les révélations du journaliste américain Seymour Hersh, qui a publié en février 2023, pour la première fois, des informations selon lesquelles le gouvernement américain aurait commandité l’attentat. Bien que Enders et Merz n’aient pas pu s’entretenir avec Hersh, le physicien Theodore Postol, ancien conseiller de la US Navy, a confirmé devant la caméra que les détails techniques des informations confidentielles de Hersh étaient corrects. Il les avait vérifiés pour Hersh et les avait jugés exacts.

L’ex-analyste de la CIA Ray McGovern déclare dans le film, au sujet de la réaction allemande : « La réaction allemande me stupéfie. Il est clair que l’Allemagne a reçu une gifle au visage lors de cette opération. Les politiciens allemands agissent toujours avec cette “soumission de moutons” – comme l’appelait Sebastian Haffner. »

L’économiste Christian Kreiß a fait remarquer en octobre 2022 sur la plateforme « apolut » que l’affaiblissement massif de l’économie allemande offrait « une formidable opportunité » pour les capitaux américains, en quête d’investissements rentables. Les entreprises pourraient être rachetées à bas prix suite à des ventes forcées. Fait particulièrement important : « Un fort ralentissement ouvre la possibilité d’acquérir enfin, à grande échelle, des entreprises industrielles allemandes de taille moyenne. Parmi elles se trouvent de nombreuses perles qui, jusqu’à présent, étaient hors de portée des fonds américains. »

Les réalisateurs posent également la question de savoir s’il ne serait pas temps pour l’Allemagne et l’UE de se détacher des anciennes alliances et de lutter pour leur autonomie politique et économique dans l’ordre mondial multipolaire qui se dessine. Si cela était possible, les explosions pourraient rétrospectivement être perçues comme un signal d’alarme. Mais, selon le film, cet espoir est illusoire. Les États-Unis tiennent trop fermement leur sphère d’influence – toute tentative de s’en écarter exposerait à une forte dépendance. Les laquais régionaux de la superpuissance mondiale trahissent les intérêts de leurs propres pays.

Le film sera présenté en avant-première le 2 juillet au cinéma Babylon à Berlin (mü).

Source: Zu erst, juillet 2026. 

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La guerre de la superintelligence et les investissements - Le cas Leopold Aschenbrenner

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La guerre de la superintelligence et les investissements

Le cas Leopold Aschenbrenner

Markku Siira

Source: https://markkusiira.substack.com/p/superalyn-sota-ja-sijo...

Le recueil d’essais du chercheur en intelligence artificielle et investisseur d’origine allemande Leopold Aschenbrenner, Situational Awareness: The Decade Ahead (2024), propose une analyse quant à l’avenir de l’IA, analyse fortement axée sur les intérêts américains.

L’ouvrage anticipe une transition rapide vers l’intelligence artificielle générale (AGI) d’ici 2027, suivie d’une explosion de l’intelligence menant à la superintelligence. Aschenbrenner fonde son argumentation sur une observation cohérente des tendances, c’est-à-dire le calcul des ordres de grandeur (OOM). Le saut de GPT-2 à GPT-4 se répétera, à mesure que la puissance de calcul, l’efficacité algorithmique et la disparition des limitations des modèles progresseront.

« Il est tout-à-fait crédible qu’en 2027, les modèles soient capables d’effectuer le travail d’un chercheur en IA ou d’un ingénieur », affirme-t-il. Cela ne nécessite pas de foi en la science-fiction, mais simplement de croire aux graphiques. Lorsque des systèmes d’intelligence générale automatiseront la recherche en IA, une décennie de progrès algorithmiques se concentrera en un an, menant à une transition explosive vers des systèmes superintelligents dépassant le niveau humain.

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Aschenbrenner (photo) décrit avec enthousiasme une mobilisation industrielle massive: des clusters de plusieurs milliers de milliards de dollars, la construction de centaines de millions de processeurs graphiques dédiés à l’IA, ainsi qu’une hausse de plusieurs dizaines de pourcents de la production électrique américaine.

« Une grande entreprise américaine se prépare à investir des milliers de milliards de dollars dans une mobilisation de la puissance industrielle des États-Unis comme on n’en a pas vu depuis longtemps». Bien que la description soit techniquement convaincante, elle révèle une vision technocapitaliste où croissance économique et puissance militaire fusionnent sans couture.

Aschenbrenner divise le monde de façon tranchée entre le « monde libre » et les États autoritaires, en particulier la Chine. « Si nous avons de la chance, nous sommes en pleine course avec le Parti communiste chinois ; si nous avons de la malchance, nous sommes en guerre ».

Une telle dichotomie reprend les vieux schémas de la guerre froide, mais fait abstraction des propres tendances autoritaires de l’Occident: surveillance de masse, domination des géants technologiques, campagnes d’intervention militaire et réduction progressive de la démocratie au nom de la sécurité nationale.

La notion de « monde libre » apparaît comme un outil rhétorique éculé, surtout quand, dans le même souffle, on réclame un contrôle étatique plus strict sur les laboratoires et la confidentialité des détails techniques des modèles d’IA. Aschenbrenner craint que les principaux laboratoires négligent les questions de sécurité et «remettent les secrets clés de l’AGI au Parti communiste chinois sur un plateau d’argent».

Comme solution, il propose une nationalisation encore plus stricte et un renforcement de l’appareil de sécurité de l’État. «Aucune startup n’est capable de gérer la superintelligence. Quelque part, dans une pièce secrète, la partie finale se joue déjà». Cela soulève des questions fondamentales sur la concentration du pouvoir et sur qui définit finalement les conditions d’usage de la superintelligence.

Il convient de noter que la course à l’IA tend elle-même à autoritariser les démocraties occidentales. Un contrôle plus strict, le secret, l’alliance toujours plus étroite entre État et grands groupes, ainsi que la survalorisation de la sécurité nationale réduisent la transparence et le débat démocratique, y compris aux États-Unis et en Europe.

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Ainsi, la compétition entre grandes puissances n’est finalement pas un véritable combat idéologique entre liberté et autoritarisme, mais une rivalité classique de puissances, où chaque camp poursuit ses propres intérêts de pouvoir presque par les mêmes moyens.

Aschenbrenner croit à la supériorité technologique de l’Occident, son pire cauchemar étant que la Chine vole les principales technologies AGI avant l’Occident – ou que les laboratoires occidentaux les livrent par négligence. Cette hypothèse occulte la possibilité que la Chine développe indépendamment une technologie similaire, ou que la recherche parallèle dans différents pays aboutisse à des solutions similaires.

Cela souligne une profonde méfiance envers un monde multipolaire. Si les États-Unis atteignent la superintelligence en premier, ses bénéfices seront-ils partagés avec l’ensemble de l’humanité, ou serviront-ils avant tout d’outil à un nouvel impérialisme technologique? L’histoire enseigne que la supériorité technologique ne garantit pas d’emblée une utilisation responsable ou juste.

Le contrôle fiable des systèmes superintelligents reste pour Aschenbrenner essentiellement un défi technique, mais l’analyse géopolitique demande une réflexion plus profonde: qui peut définir au niveau mondial ce que signifient sécurité et conformité ? Le leadership des États-Unis n’assure pas automatiquement un meilleur résultat éthique, mais risque simplement de renforcer les structures de pouvoir existantes et le complexe militaro-industriel.

La vision de l’auteur d’un projet national d’AGI rappelle le projet Manhattan, mais dans le contexte actuel, un tel secret et une telle militarisation comportent de sérieux risques: concentration du pouvoir, abus et instabilité mondiale.

Aschenbrenner insiste sur la conscience de la situation: selon lui, seules quelques personnes, principalement à San Francisco, comprennent vraiment la situation. Ce point de vue d’initié est précieux mais aussi limité. Il reflète la bulle de la Silicon Valley et de Washington, où les intérêts stratégiques et économiques propres sont vus comme le bien universel.

Selon Aschenbrenner, les bâtisseurs de l’IA sont « les personnes les plus intelligentes qu’il ait jamais rencontrées ». Mais l’intelligence ne garantit pas la sagesse dans la gestion des risques mondiaux ou dans la construction d’un monde plus juste.

Dans le débat sur l’IA, Aschenbrenner se place à mi-chemin entre les alarmistes et les techno-optimistes: il n’exige pas l’arrêt de l’IA, mais ne croit pas non plus à la minimisation des risques de sécurité. Pour lui, le « réalisme AGI » signifie que la superintelligence est une affaire de sécurité nationale et que les États-Unis doivent maintenir leur avance technologique.

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Le texte d’Aschenbrenner est techniquement pointu mais politiquement unilatéral. Il remet peu en question le rôle des sociétés occidentales dans la course, et omet d’analyser comment la compétition de l’IA modifie à la fois les sociétés autoritaires et démocratiques dans le même sens : vers plus de contrôle et de pouvoir de l’État.

L’approche de la superintelligence souligne davantage la nécessité d’une vraie coopération internationale et d’un débat ouvert, plutôt que la répétition d’oppositions idéologiques anciennes. Sans une distance critique suffisante, la course à la technologie peut conduire non seulement à des risques pour la sécurité, mais aussi à une inégalité mondiale accrue et à des sociétés de surveillance – quel que soit le vainqueur.

Les thèses principales d’Aschenbrenner sont restées d’actualité après la publication. Le développement rapide des capacités des modèles, ainsi que les investissements croissants des États et des entreprises technologiques dans l’infrastructure et la sécurité, ont en partie validé ses prédictions.

Dans le même temps, le climat géopolitique s’est tendu. L’administration américaine a déjà renforcé sa mainmise sur les entreprises d’IA et, par exemple, sur la disponibilité des nouveaux modèles de langage. Ces évolutions n’ont pas infirmé l’analyse d’Aschenbrenner, mais en ont plutôt souligné la pertinence des risques évoqués: la course technologique ne fait pas que renforcer les grandes puissances, elle transforme aussi de l’intérieur les sociétés qui y participent.

Le parcours d’Aschenbrenner dans le monde de l’IA a également été sinueux. Il a travaillé pendant un an dans l’équipe Superalignment d’OpenAI, avant d’être licencié en 2024 après avoir alerté le conseil d’administration de l’entreprise sur des failles de sécurité et le risque d’espionnage chinois. Selon OpenAI, le motif du licenciement était une fuite d’informations, mais pour Aschenbrenner, il s’agissait de raisons politiques.

Depuis, Aschenbrenner s’est concentré sur la gestion du fonds d’investissement Situational Awareness LP. Le fonds gère désormais plus de 20 milliards de dollars d’actifs et appartient à la catégorie des poids lourds de Wall Street. Il ne croit donc pas seulement à la course à la superintelligence, il en profite aussi financièrement.

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Il reste encore un détail singulier: la fiancée d’Aschenbrenner, Avital Balwit (photo), est la directrice des ressources humaines de la startup IA Anthropic. Cette même entreprise Anthropic dont les actions ont rapporté au fonds d’Aschenbrenner un bénéfice décuplé. Technologie, politique, informations privilégiées et relations personnelles s’entremêlent ici d’une façon propre à susciter la méfiance.