mardi, 14 juillet 2026
Ukraine: le MI6 et la CIA paient des dizaines de milliers de mercenaires

Ukraine: le MI6 et la CIA paient des dizaines de milliers de mercenaires
Source: https://www.anonymousnews.org/international/ukraine-mi6-u...
Les lourdes pertes du régime de Kiev dans la guerre en Ukraine obligent ses instigateurs occidentaux à payer à Kiev des contingents de mercenaires toujours plus importants. Douglas MacGregor évoque un chiffre record de plus de 50.000 mercenaires.
par Ernst Fleischmann
Des dizaines de milliers de mercenaires étrangers, financés par le MI6 et la CIA, combattent dans l’armée ukrainienne. Leur nombre s’élèverait à plus de 50.000 hommes, a déclaré le colonel à la retraite de l’armée américaine Douglas MacGregor, ancien conseiller principal du secrétaire américain à la Défense, qui fut également responsable de la planification au sein de l’état-major de l’OTAN lors du bombardement de la Yougoslavie, et occupa un poste similaire lors de la première guerre du Golfe. Il a déclaré sur YouTube:
« J’ai vu des rapports selon lesquels de nombreux mercenaires, c’est-à-dire des non-Ukrainiens en uniforme ukrainien, sont déployés dans la région du fleuve Stary Oskol. J’ai également vu récemment un rapport affirmant qu’au moins 50.000, voire plus, de ces non-Ukrainiens en uniforme ukrainien combattent du côté de l’armée ukrainienne en première ligne. Et ce n’est pas étonnant: l’Ukraine manque de personnel militaire. Il est alors plus simple de laisser le MI6 et la CIA payer des étrangers pour qu’ils se battent pour l’Ukraine – et c’est exactement ce qui se passe. »
Il y a encore deux ans, fin février 2024, ce chiffre était estimé à environ 20.000 hommes par le régime de Kiev lui-même, comme le rapportait alors le Washington Post.
MacGregor a également souligné que, pour les mercenaires, l’argent est aujourd’hui quasiment la seule raison de s’engager dans l’armée de Kiev – notamment au vu des pertes actuelles du côté ukrainien:
« Quoi qu’il en soit, ils trouvent toujours et encore des personnes prêtes à cela. Manifestement, il suffit de mettre une somme importante sous le nez de quelqu’un et d’arranger les choses pour que, par exemple, la famille en profite. »
Le ministère russe de la Défense avait déjà annoncé à plusieurs reprises que des mercenaires venus de Grande-Bretagne, de Géorgie, de Pologne et d’autres pays, notamment d’Amérique latine, avaient été éliminés en Ukraine, estimant les pertes à plusieurs milliers. Le ministère soulignait que le régime de Kiev les utilisait comme chair à canon.
Les soldats de fortune modernes du côté de Kiev ont reconnu, dans de nombreux entretiens, que la direction ukrainienne coordonne mal leurs actions et que leurs chances de survie sont minces — parfois aussi parce que l’intensité du conflit n’est pas comparable à leurs expériences en Afghanistan et au Moyen-Orient.
08:16 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, ukraine, mercenariat |
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dimanche, 12 juillet 2026
L’Ukraine devient le fondement d’un nouvel ordre militaire européen

L’Ukraine devient le fondement d’un nouvel ordre militaire européen
Elena Fritz
Source: https://t.me/global_affairs_byelena
Le sommet de l’OTAN à Ankara doit aboutir à trois résultats: une dissuasion crédible et immédiate dirigée contre la Russie, un nouveau partage des charges entre les États-Unis et l’Europe, et un signal clair à Kiev. Les trois points convergent vers le même axe: l'axe Russie–Ukraine.
L’architecture est déjà claire. Les États-Unis restent l’ancre nucléaire et technologique, mais réduisent leur part dans la défense conventionnelle. L’Europe prend en charge les soldats, la production d’armes, la logistique et les coûts. L’Ukraine continue de se battre. Ce n’est pas une situation temporaire, mais une formule: contenir la Russie, maintenir l’Ukraine comme moyen de pression, transformer l’OTAN pour qu’elle soit dirigée par une puissance moins fiable.
La règle des 5%, décidée à La Haye et mise en œuvre à Ankara, impose un redéploiement qui va bien au-delà des budgets de la défense : il s’agit de passer de la politique sociale à la militarisation. Pour l’Allemagne, cela signifie: elle offrira la plus grande aide européenne à l’Ukraine, installera une nouvelle brigade en Lituanie, jouera un rôle de leader dans la Baltique, et tout cela sera financé par un pays qui débat en même temps de la réforme des retraites et du retard en matière d’investissement.
La véritable faiblesse de cette construction, c’est le temps. L’argent peut être alloué par décision du cabinet. Les officiers, les usines de munitions, la défense antiaérienne, les dépôts de pièces détachées, et la volonté sociale d’accepter de lourdes pertes ne se créent pas en quelques années. Celui qui ne regarde que le pourcentage confond symbolique politique et capacité réelle.
Et dans cette formule, l’Ukraine n’a pas besoin de gagner – elle ne doit simplement pas perdre de façon à ce que toute la nouvelle architecture de défense européenne s’effondre avec elle. C’est pourquoi l’aide se poursuivra, même en cas de conflits, de déficits budgétaires et de mécontentement croissant des électeurs européens. L’aide d’urgence à un pays attaqué devient le pilier de la propre architecture de sécurité européenne, un glissement que personne n’admet ouvertement pour l’instant.
La séparation entre dissuasion et capacité de guerre ne tient pas. Plus les troupes, les états-majors, les dépôts et les voies de communication de l'Allemagne sont intégrés dans les structures de l’OTAN, plus la marge de manœuvre politique en cas de crise se réduit. Une escalade sur le flanc est toucherait les structures allemandes dès la première heure – ce n’est pas un effet secondaire, c’est l’objectif.
À cela s’ajoute le rôle croissant de la Turquie: contrôle de l’accès à la mer Noire, industrie de l’armement en expansion, interface entre la Russie, le Moyen-Orient et la Méditerranée. En contrepartie, Erdoğan exige d’être intégré à la structure de défense européenne – une «OTAN à 360 degrés» qui place les menaces du Sud sur un pied d’égalité avec la Russie. L’Allemagne paie et organise, la Turquie devient une charnière, l’Ukraine un avant-poste, et Washington peut, sans perdre de son influence, se consacrer à d’autres régions du monde. Voilà quel est le véritable partage des charges qui était inscrit à l'ordre du jour à Ankara, donc il ne s'agissait pas seulement de l'aide à l'Ukraine.
L’aspect le plus lourd de conséquences: il n’y a toujours pas de but final qui a été désigné. Isolement de la Russie? Reconquête totale par Kiev? Une impasse militaire qui finirait par imposer des négociations? Sans réponse, la dissuasion devient une préparation sans fin pour atteindre le prochain niveau d’escalade.
Ainsi, le sommet d'Ankara prendra bien plus de décisions que celle d'accorder de nouveaux milliards pour Kiev. Il s’agit d’établir un ordre dans lequel l’Allemagne paie et dirige, l’Ukraine continue de se battre, et les États-Unis, bien que moins impliqués, restent la puissance dominante. Cela peut stabiliser l’OTAN à court terme. Mais de là à dire que cela rend l’Allemagne plus sûre, c’est une autre question.
#geopolitique@global_affairs_byelena
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jeudi, 09 juillet 2026
Pologne et Ukraine: un voisinage brisé

Pologne et Ukraine: un voisinage brisé
Varsovie/Kyiv. Le conflit, observé depuis longtemps, entre la Pologne et l’Ukraine s’intensifie. Pourtant, les deux pays dépendent l’un de l’autre: l’Ukraine a besoin de l’aide militaire polonaise et du réseau logistique du pays, par lequel le soutien occidental transite vers l’Ukraine; mais, inversement, la Pologne a aussi besoin de l’Ukraine comme zone stratégique tampon.
Cependant, les relations entre les deux pays sont depuis longtemps tendues, et récemment le conflit a connu une nouvelle escalade. Les racines de cette discorde plongent profondément dans le passé. Durant la Seconde Guerre mondiale (1943/44), des unités de la soi-disant « Armée insurrectionnelle ukrainienne » (UPA) ont assassiné, sur les arrières de la Wehrmacht, des dizaines de milliers de paysans polonais en Volhynie et en Galicie orientale, alors occupées par les Allemands. Ces territoires avaient été – de façon très contestable – attribués à la Pologne en 1921 lors du traité de Riga; dans les années suivantes, Varsovie y installa intentionnellement des paysans polonais pour poloniser la région. Aux yeux des nationalistes ukrainiens, cette mesure était profondément indésirable. Lorsque la Pologne fut envahie et partagée en 1939 entre les Allemands et les Soviétiques, ils virent là une occasion d'entrer en action.

En Pologne, cela n’a jamais été oublié. Depuis quelques années, il existe même une journée nationale de commémoration des massacres de Volhynie. Dans ce contexte, il a été perçu comme une provocation que le président ukrainien Zelensky ait permis, fin mai, à une unité spéciale des forces armées ukrainiennes de porter le titre honorifique de « Héros de l’UPA ». De plus, Zelensky souhaite, selon un projet de loi actuel, faire inscrire dans un mémorial les noms de tous les « héros » ukrainiens – y compris ceux des combattants de l’UPA de 1943/44. Ici, il n’y a donc aucune volonté de confronter au passé de manière critique.

La réaction de la Pologne ne s’est pas fait attendre. À Varsovie, on envisage de retirer à Zelensky la plus haute distinction du pays, l’Ordre de l’Aigle blanc (photo), qui lui avait été décernée il y a quelques années pour le renforcement des relations amicales entre les deux pays.
Aujourd’hui, ces relations sont au plus bas. Récemment, l’échange prévu de 14 chasseurs polonais MIG-29 contre des drones ukrainiens a également échoué. Le ministre de la Défense Władysław Kosiniak-Kamysz a en outre déclaré: «Tant que Kyiv honorera les membres de l’Organisation des nationalistes ukrainiens et sa branche militaire, l’Armée insurrectionnelle ukrainienne, Varsovie ne donnera pas son accord à l’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne».
Le Premier ministre polonais Donald Tusk a également laissé entendre que le soutien à l’Ukraine pourrait être réduit: la Pologne porte en effet la principale responsabilité de toute la frontière orientale de l’UE.
Le grand bénéficiaire de tout cela est Moscou. Le Kremlin peut observer avec satisfaction l’érosion progressive de l’alliance occidentale autour de l’Ukraine (mü).
Source: Zu erst, juillet 2026.
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samedi, 04 juillet 2026
L’aide européenne à l’Ukraine a désormais une date d’expiration

L’aide européenne à l’Ukraine a désormais une date d’expiration
Elena Fritz
Source: https://t.me/global_affairs_byelena
À l’approche du sommet de l’OTAN à Ankara, des négociations portent sur 70 milliards d’euros d’aide militaire à destination de l’Ukraine pour l’année 2026. Pour 2027, on souhaite également mobiliser une somme comparable.
Mais c’est précisément là que commencent les divergences. Une année supplémentaire d’aide pourrait encore être décidée. Toutefois, de moins en moins de gouvernements veulent s’engager à contracter une obligation durable.
L’Allemagne prévoit au moins 11,5 milliards d’euros d’aide militaire pour 2026, assumant ainsi à nouveau une part particulièrement importante. La France, l’Italie et l’Espagne avaient déjà auparavant rejeté des quotas annuels fixes pour l’Ukraine. Désormais, l’Italie remet également en question une contribution équivalente pour 2027.
Ainsi, la formule européenne du « aussi longtemps que nécessaire » atteint pour la première fois, et de manière visible, ses limites politiques et financières. Presque tous les États continuent de soutenir l’Ukraine. Mais dès qu’il s’agit de milliards d’euros bien concrets à verser sur plusieurs années, l’unité commence à s’effriter.
Pour l’Allemagne, cela crée un schéma bien connu: les autres affichent leur solidarité, Berlin prend en charge une part croissante de la facture. Mais le problème fondamental est plus profond. Une stratégie militaire ne peut pas se limiter à définir chaque année de nouveaux montants et des lots d’armes. Elle doit expliquer quel objectif politique doit être atteint avec ces moyens.
Faut-il tenir la ligne de front? Faut-il reconquérir des territoires? Faut-il forcer la Russie à négocier? Et comment saurait-on que cet objectif a été atteint, ou qu’il ne l’est plus?
Celui qui ne répond pas à ces questions n’a pas de stratégie, mais seulement un plan de dépenses. Les moyens militaires doivent servir un objectif politique réaliste. Ils peuvent faire gagner du temps et modifier les positions de négociation. Mais ils ne peuvent pas remplacer une solution politique absente.
C’est précisément ce qui se passe actuellement: l’Europe finance la poursuite de la guerre sans s’être entendue sur une issue atteignable. Plus d’armes devraient pousser la Russie à négocier. Mais dans le même temps, de véritables négociations sont reportées à plus tard.
Il s’instaure ainsi un cercle vicieux:
L’aide militaire remplace la diplomatie, et l’absence de solution est à nouveau compensée par encore plus d’aide militaire. Les 70 milliards d’euros peuvent financer des munitions, la défense aérienne, la formation et la production d’armement ukrainienne. Ils peuvent aider l’Ukraine à continuer de se battre.
Mais ils ne répondent pas à la question: comment cette guerre doit-elle se terminer? Le débat autour de 2027 révèle donc plus qu’un manque de ressources budgétaires. Il montre que la volonté de l’Europe de financer indéfiniment une guerre dont l’objectif politique devient de plus en plus flou s’amenuise.
Le sommet d’Ankara pourra à nouveau décider des milliards. Cela peut permettre de gagner du temps. Mais sans objectif politique, le temps gagné ne ferait que prolonger la guerre.
#geopolitique@global_affairs_byelena
18:49 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : europe, affaires européennes, ukraine, actualité |
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jeudi, 18 juin 2026
L’Ukraine dans l’UE ? Des critères apparemment différents

L’Ukraine dans l’UE ? Des critères apparemment différents
Jeanne Delahaye
Source: https://www.facebook.com/jeanne.delahaye.7
Depuis des années, l’Union européenne explique à ses citoyens que tout candidat à l’adhésion doit remplir des conditions strictes. L’État de droit, la lutte contre la corruption, des institutions démocratiques stables, la protection des minorités, la viabilité économique et l’adoption complète du droit européen sont officiellement considérés comme des critères indispensables.
Mais lorsqu’on regarde du côté de l’Ukraine, une question gênante se pose :
Ces critères s’appliquent-ils encore aujourd’hui ?
L’Ukraine est en guerre. Des parties de son territoire reconnu internationalement ne sont pas sous son contrôle. Le pays dépend de façon exceptionnelle de l’aide financière étrangère. Les organisations internationales soulignent depuis des années de graves problèmes de corruption. L’UE elle-même réclame sans cesse des réformes dans le domaine de la justice, de l’administration et de l’État de droit.
Pourtant, à Bruxelles, on parle déjà comme si l’adhésion n’était plus qu’une question de volonté politique.
C’est précisément là que le problème commence.
Quiconque prend au sérieux les critères officiels d’adhésion doit constater que l’Ukraine est encore loin de ce que les candidats précédents ont dû accomplir. Aucun autre pays n’aurait été mené sur la voie de l’adhésion à l’UE avec la même détermination politique dans des conditions comparables.
À cela s’ajoute un autre aspect dont on parle étonnamment peu.
Alors qu’en Europe de l’Ouest toute forme de nationalisme est surveillée de près, des évolutions comparables en Ukraine sont souvent évaluées de façon beaucoup plus indulgente. La vénération de personnalités nationalistes controversées, les tensions autour des droits linguistiques et des minorités ainsi que les conflits de longue date entre différents groupes de population sont souvent passés sous silence ou minimisés dans le débat européen.
Pourtant, la protection des minorités devrait justement faire partie des valeurs fondamentales de l’Union européenne.

Ceux qui pointent ces contradictions sont vite classés politiquement. Mais la véritable question demeure sans réponse :
Pourquoi faudrait-il appliquer à l’Ukraine des critères différents de tous les autres candidats à l’adhésion ?
Les conséquences économiques sont elles aussi à peine débattues ouvertement. L’Ukraine dispose d’immenses terres agricoles, d’un besoin d’investissement colossal et aura besoin d’une reconstruction massive après la guerre. Une adhésion aurait des conséquences profondes sur les subventions agricoles, le budget de l’UE, les fonds structurels et les marchés du travail. Beaucoup de citoyens européens devront finalement en assumer les conséquences financières.
Néanmoins, le débat est souvent mené sur le plan moral plutôt que factuel.
Celui qui exprime des doutes est vite considéré comme manquant de solidarité. Celui qui pose des questions est soupçonné de soutenir le mauvais camp. Or, la démocratie vit précisément du fait qu’on puisse poser les questions qui dérangent.
La solidarité ne doit pas signifier fermer les yeux sur les problèmes.
La vraie question n’est donc pas de savoir si l’Ukraine mérite du soutien.
La véritable question est :
L’Ukraine remplit-elle réellement les conditions d’une adhésion à l’UE – ou bien s’engage-t-on ici, pour des raisons géopolitiques, sur une voie particulière qui n’aurait été acceptée pour aucun autre candidat ?
Tant que cette question n’aura pas reçu de réponse honnête, l’impression restera que l’UE adapte ses propres règles dès que les intérêts politiques prennent le dessus sur les critères qu’elle a elle-même définis.
Des règles identiques pour tous – ou pas de règles du tout.
* * *
Le site de Mme J. Delahaye: www.sichtwechsel.lu
19:03 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, europe, ukraine, affaires européennes, union européenne |
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lundi, 15 juin 2026
L’UE et Londres craignent leur propre escalade

L’UE et Londres craignent leur propre escalade
Elena Fritz
Source: https://t.me/global_affairs_byelena
Autour de possibles négociations quant à l’Ukraine, un nouveau jeu d’information se déploie. Officiellement, il s’agit de formats, de conditions et d’interlocuteurs. Mais en réalité, il s’agit de bien plus: l’UE et la Grande-Bretagne souhaitent manifestement s’asseoir à la table maintenant, car leur propre rôle dans la guerre devient dangereusement visible.
Moscou continue de se référer à la « ligne d’Anchorage », c’est-à-dire aux ententes entre Poutine et Trump, nouées en Alaska. Ce qui y a été convenu reste flou. Officiellement, un seul point est mentionné: le retrait des troupes ukrainiennes du Donbass. La Russie n’exclut pas des discussions avec les soutiens européens de Kiev, mais seulement dans cette logique, et non selon le scénario bruxellois.
Kiev tente de contrer cette ligne. Zelensky réclame des négociations directes et un gel du front. Mais le ton adopté est tel que Moscou ne peut guère y répondre. De Berlin aussi, on entend soudain que le moment serait venu pour un règlement.
La question est: pourquoi précisément maintenant?
La guerre a changé. L’Ukraine ne combat plus uniquement avec des armes occidentales sur son propre sol. Une partie de la production militaire est transférée dans des pays de l’UE. Des drones de longue portée y sont développés. Des structures militaires, industrielles et logistiques, appartenant à des États occidentaux, sont de plus en plus intégrées dans l’effort de guerre ukrainien.
Cela crée une nouvelle donne: l’Ukraine peut frapper la Russie plus en profondeur – mais de plus en plus avec l’aide de structures ouest-européennes.
Pour Kiev, c’est un avantage. Pour Bruxelles, Londres et Berlin, c’est un risque. Car plus la production, la logistique et le soutien technique sont organisés depuis l’espace de l'UE et de l'OTAN, plus il devient difficile d’affirmer qu’on n’est qu’un « soutien » et non une partie prenante de l’architecture de guerre.
À cela s’ajoute: cet avantage est limité dans le temps. La Russie va adapter sa défense anti-aérienne. Les nouvelles routes de drones sont surtout efficaces au début. Ensuite, l’adversaire s’adapte. C’est justement pour cette raison que l’UE et la Grande-Bretagne disposent d’une fenêtre temporelle étroite: négocier maintenant, tant que la pression fonctionne encore – et avant que Moscou ne fasse de l’implication ouest-européenne un sujet central.
En effet, les frappes contre Kiev impressionnent peu les soutiens occidentaux de l’Ukraine. Elles n’atteignent pas les structures qui permettent désormais de consolider une partie de la capacité militaire ukrainienne. Du point de vue russe, une autre conclusion s’impose donc: si les États de l’UE et la Grande-Bretagne s’impliquent de plus en plus, ils pourraient finir par payer eux-mêmes le prix de ce rôle.
Cela ne veut pas dire que la guerre s’étendra à l’Europe de l’Ouest dès demain. Mais la menace plane: les sites de production militaire qui travaillent directement pour l’Ukraine pourraient entrer dans la logique de dissuasion russe.
Dans ce contexte, les nouveaux signaux de négociation prennent une autre dimension. Il ne s’agit pas seulement de paix. Il s’agit aussi de contenir une escalade que Bruxelles, Londres et certaines capitales ont elles-mêmes contribué à préparer. Un gel du front soulagerait Kiev, gagnerait du temps et stabiliserait la production. Pour Moscou, ce serait sans doute un «Minsk nouvelle version»: un cessez-le-feu comme pause, non comme solution.
Pour l’Allemagne, c’est particulièrement dangereux. Berlin participe à une logique d’escalade dont elle ne contrôle pas l’issue. Or l’intérêt allemand n’est pas de déplacer les risques de la guerre ukrainienne dans l’espace de sécurité allemand et européen.
Qui fait venir la production d’armement ukrainienne dans des pays de l’UE, n’importe pas seulement des capacités. Il importe aussi des risques en tant que cible.
C’est pourquoi l’Allemagne devrait désormais insister sur la limitation: pas de fuite en avant, pas de transfert d’infrastructure militaire ukrainienne dans notre espace de sécurité, pas de négociations comme simple pause avant la prochaine guerre.
Car plus l’UE et la Grande-Bretagne font entrer la guerre, sur le plan technique, en Europe de l’Ouest, moins elles peuvent, sur le plan politique, prétendre rester en dehors de ce conflit.
#geopolitique@global_affairs_byelena
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mercredi, 03 juin 2026
L’Ukrainisation de la conscience européenne

L’Ukrainisation de la conscience européenne
Werner Olles
En 2011, sur ordre du président américain de l’époque, devenu plus tard lauréat du prix Nobel de la paix, Obama, et de sa célèbre secrétaire d’État Hillary Clinton, la Libye, l’un des rares États africains à fonctionner correctement et à prospérer sur le plan économique et social, fut attaquée et complètement détruite par l’OTAN, sans aucune raison, sans mandat de l’ONU ni déclaration de guerre officielle.
Le président libyen Mouammar al Kadhafi, qui avait jusqu’alors veillé à ce que les flux de soi-disant « réfugiés » vers l’Europe soient stoppés aux frontières et sur les côtes libyennes, dut fuir et fut assassiné de façon bestiale par des terroristes islamistes de l’État islamique, collaborant avec les États-Unis, par empalement. Ainsi fut mené à terme le changement de régime, et en conséquence, de nombreuses bandes terroristes islamistes, financées soit par la Turquie, soit par l’Arabie Saoudite, soit par des canaux obscurs du Deep State occidental et des organisations stay-behind de l’OTAN, combattent encore aujourd’hui pour le pouvoir. Grâce à l’Occident, la Libye est désormais un soi-disant « État failli », une machine à broyer, à faire couler le sang.
En 2014, la guerre en Ukraine commença, après que le président démocratiquement élu et favorable à la Russie dut fuir, point d’orgue du soi-disant coup du Maïdan, financé et orchestré par les États-Unis et l’UE, pour laisser la place à un gouvernement putschiste, anti-démocratique, pro-UE et pro-OTAN. La guerre qui dure encore aujourd’hui débuta par l’attaque de l’Ukraine, désormais orientée vers l’Occident et massivement soutenue par les États-Unis, l’Angleterre et les pays de l’UE, contre les provinces orientales du Donbass, de Donetsk et de Lougansk, majoritairement peuplées de personnes d’origine et de langue russes, qui se prononcèrent clairement et sans ambiguïté pour la sécession des Oblast du Donetsk et de Lougansk par référendum populaire, et conclurent avec la Fédération de Russie des accords d’assistance et de coopération comme républiques populaires indépendantes (de la Nouvelle Russie). Elles demandèrent finalement l’aide militaire du gouvernement russe, après avoir enduré jusqu’en 2022 plus de 16.000 morts dus aux bombardements et attaques terroristes, principalement contre des cibles civiles, perpétrés par les forces armées nazies et ultranationalistes de l’Ukraine.
En réalité, la guerre en Ukraine avait été planifiée depuis des décennies par les États-Unis et le Royaume-Uni – qui joua un rôle particulièrement peu reluisant, sabotant et interdisant toute négociation de paix –, comme une guerre par procuration, dans laquelle l’Occident collectif, avec l’OTAN et l’UE, fut poussé à fournir à l’Ukraine des armes offensives et défensives et à financer le carnage du Donbass. La Russie fut simultanément frappée par plus de vingt paquets de sanctions, qui nuisent surtout aux Européens de l’Ouest, puisque les États-Unis se sont, depuis l’arrivée au pouvoir de Trump, largement retirés de ce conflit hors de contrôle et laissent le sale boulot à leurs vassaux européens, dont les limites intellectuelles sont aujourd’hui légendaires.

Cependant, tout cela correspond même à leur calcul politique, car avoir un ennemi extérieur détourne l’attention des innombrables catastrophes intérieures, faites maison, comme par exemple l’immigration de masse illégale et ses conséquences mortelles pour les autochtones, ou la « transition énergétique » aussi absurde et économiquement dommageable qu’infamante, qui a mené à une crise énergétique permanente, à la désindustrialisation et à la hausse générale du coût de la vie, surtout en RFA.
Il fallait évidemment aussi savoir qu’une extension vers l’est avec des troupes de l’OTAN à ses frontières – contrairement aux accords promis selon lesquels cela ne devait pas arriver –, est inacceptable pour la Russie dans tous les cas. Des hommes politiques comme Helmut Schmidt, Helmut Kohl et Willy Brandt avaient compris que la sécurité en Europe ne peut exister qu’en accord avec la Russie, mais aujourd’hui, nous sommes réellement en « route vers l’enfer », selon le géopoliticien russe influent et ex-conseiller de Poutine, Karaganov, lors d’un entretien avec Roger Köppel, éditeur de la « Weltwoche » suisse. Selon lui, la Russie ne laissera pas sans réaction les provocations et attaques terroristes incessantes de l’Ukraine, financée par l’Occident et fortement armée, alors qu’elle-même est totalement corrompue et en faillite, mais attaquera, en cas de besoin, des cibles stratégiques comme Bruxelles, Berlin et Varsovie, même avec des missiles nucléaires.
Le personnel politique dirigeant de l’Europe occidentale semble cependant, en raison de sa profonde stupidité, incapable de reconnaître la réalité: on ne commence pas une guerre avec la plus grande puissance nucléaire, qui se sent menacée non sans raison. Ainsi, des préparatifs de guerre sont mis en œuvre contre la volonté de la majorité absolue de la population, au lieu de désamorcer, de laisser parler la diplomatie et surtout de réactiver l’axe Russie-Berlin. Et, justement, la RFA se pose – folie militaire, politique, économique et historique – en principal partenaire de l’Ukraine, après que les Américains se retirent de ce rôle insensé, car ils ont compris que leur puissance s’effrite, qu’ils ne progressent pas plus en Iran, et que le détroit d’Ormuz reste bloqué par les Iraniens.
Mais l’UE se comporte comme un chien errant abandonné par son maître – les aboiements du petit chien se font désormais entendre partout –, et se ruine elle-même dans sa guerre contre la Russie, alors que ses peuples rejettent clairement cette guerre menée par procuration. C’est une sorte d’autodestruction née de l’incompétence, de l’ignorance, de l’idéologie et de la mégalomanie. Tandis que le nouveau monde multipolaire composé des pays BRICS et du Sud global est déjà bien présent sur l’échiquier international, l’Europe et l’Occident jouent encore au jeu du « Ne t’en fais pas ».

En fait, par exemple, il n’existe en RFA aucun poste universitaire critique envers l’OTAN, le thème de l’impérialisme américain reste tabou, et l’ukrainisation de la conscience est menée de façon fanatique par une propagande médiatique quotidienne et des répressions qui s'étendent au-delà des frontières nationales. L’affaire du colonel suisse Jacques Baud (photo), officier sanctionné par l’UE, en dit long. Les critiques du gouvernement sont poursuivis, sanctionnés par l’UE et le Conseil européen, et aussi en RFA, des auteurs ou des voix critiques, quand ils abordent des sujets comme l’islam, l’immigration de masse illégale et la propagande de guerre contre la Russie, sont classés comme ennemis de la constitution. Un abus manifeste commis par le soi-disant « Office de protection de la constitution », qui se ridiculise ainsi lui-même.
Nous ne devons toutefois pas nous laisser troubler. La devise doit être: pas un pouce de terrain aux fauteurs de guerre de l’UE, de l’OTAN et à la propagande de guerre du cartel politico-médiatique ! Au contraire, une nouvelle architecture de sécurité paneuropéenne, incluant naturellement la Russie et ses intérêts géopolitiques légitimes, est l’impératif urgent du moment !
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jeudi, 07 mai 2026
Personne n’a intérêt à la paix: le conflit en Ukraine devient-il une «guerre éternelle»?

Personne n’a intérêt à la paix: le conflit en Ukraine devient-il une «guerre éternelle»?
Kiev/Bruxelles/Washington. De nombreux observateurs de la guerre en Ukraine, qui en février a entamé sa cinquième année, se rappellent de plus en plus le classique de science-fiction La guerre éternelle de l’auteur américain Joe Haldeman, publié en 1974.
Le roman raconte l’histoire du soldat William Mandella, envoyé sur une planète étrangère pour combattre les « Tauriens ».
À la fin, la guerre se révèle être une mise en scène du complexe militaro-industriel : une attaque sous fausse bannière aurait pour but de sauver l’économie mondiale et d’offrir à l’humanité du bonheur – par un hasard totalement fortuit. Les ressemblances avec les vicissitudes de nos temps présents sont purement fortuites.
Il semble également qu’aucune des deux parties ne puisse actuellement remporter la guerre en Ukraine par la force militaire. Les drones et la surveillance moderne du champ de bataille rendent presque impossibles les attaques à grande échelle. Au lieu de négocier un cessez-le-feu, les deux camps restent figés sur leurs positions. Les États-Unis abandonnent de plus en plus le soutien qu'ils apportaient à Kiev aux Européens, tandis que la Chine observe le choc avec sérénité. Une solution diplomatique n’est pas en vue.
Les deux parties en guerre sont déjà des perdants, tout comme l’ensemble de la « planète blanche ». Elles perdent des centaines de milliers de soldats et subissent de lourds dégâts dans leurs infrastructures. Pour Kiev, la fin de la loi martiale serait une catastrophe: de nouvelles élections pourraient être réclamées, tout comme une remise en question de la corruption et des violations des droits de l’homme. Mais Moscou doit également craindre des difficultés politiques internes si ses objectifs – la libération des régions séparatistes pro-russes, le désarmement et la « dénazification » de l’Ukraine – ne sont pas atteints.
Le troisième perdant s’appelle l’Europe. Le blocage de l’approvisionnement russe en matières premières, dû aux sanctions, nuit durablement à l’économie européenne et empêche les Européens de rivaliser sur les marchés mondiaux. Le plus récent prêt de 90 milliards d’euros à l’Ukraine n’est en réalité qu’une donation, financée par l’argent du contribuable. Le chancelier Friedrich Merz a promis 11,5 milliards d’euros supplémentaires issus des fonds publics allemands, tout en annonçant des coupes dans l’assurance maladie, le quotient conjugal et les services de soins – tout cela au bénéfice de l’Ukraine.
Les gagnants se tiennent bien loin du champ de bataille: les États-Unis fournissent des armes, payées par le contribuable européen, tandis que leur industrie de défense et leur industrie du gaz naturel liquéfié (GNL) connaissent un boom. La Chine achète du pétrole et du gaz russes à prix cassés et accumule des renseignements précieux sur la technologie militaire occidentale.
Il existe aussi des gagnants peu évoqués dans le débat public: les gestionnaires de fonds américains comme BlackRock, Vanguard et State Street. Ils gèrent ensemble 30.000 milliards de dollars. State Street, Vanguard et BlackRock détiennent respectivement 14, 8 et 5 pour cent des parts dans le géant de l’armement Lockheed Martin. Depuis 2022, la valeur des actions de BlackRock a augmenté de 40%, et même de 50% en dividendes. State Street a progressé de 45 à 50%. Dans les hautes sphères, personne ne souhaite la fin de la guerre en Ukraine: la menace garantit aux entreprises américaines d’armement leurs commandes; en outre, elles ont massivement investi en Ukraine, où de vastes terres agricoles sont louées à BlackRock et assimilés.
La « guerre éternelle » devrait donc continuer, car aucun des grands profiteurs ne souhaite y mettre fin. L’Europe paie, l’Allemagne paie – que la population en veuille ou non. Par ailleurs, la situation politique est extrêmement dangereuse. Une confrontation directe entre la Russie et l’OTAN n’est en tout cas pas exclue, étant donné l’escalade permanente du côté de l’Occident (mü).
Source: Zu erst, mai 2026.
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Personne n’a intérêt à la paix: le conflit en Ukraine devient-il une «guerre éternelle»?

Personne n’a intérêt à la paix: le conflit en Ukraine devient-il une «guerre éternelle»?
Kiev/Bruxelles/Washington. De nombreux observateurs de la guerre en Ukraine, qui en février a entamé sa cinquième année, se rappellent de plus en plus le classique de science-fiction La guerre éternelle de l’auteur américain Joe Haldeman, publié en 1974.
Le roman raconte l’histoire du soldat William Mandella, envoyé sur une planète étrangère pour combattre les « Tauriens ».
À la fin, la guerre se révèle être une mise en scène du complexe militaro-industriel : une attaque sous fausse bannière aurait pour but de sauver l’économie mondiale et d’offrir à l’humanité du bonheur – par un hasard totalement fortuit. Les ressemblances avec les vicissitudes de nos temps présents sont purement fortuites.
Il semble également qu’aucune des deux parties ne puisse actuellement remporter la guerre en Ukraine par la force militaire. Les drones et la surveillance moderne du champ de bataille rendent presque impossibles les attaques à grande échelle. Au lieu de négocier un cessez-le-feu, les deux camps restent figés sur leurs positions. Les États-Unis abandonnent de plus en plus le soutien qu'ils apportaient à Kiev aux Européens, tandis que la Chine observe le choc avec sérénité. Une solution diplomatique n’est pas en vue.
Les deux parties en guerre sont déjà des perdants, tout comme l’ensemble de la « planète blanche ». Elles perdent des centaines de milliers de soldats et subissent de lourds dégâts dans leurs infrastructures. Pour Kiev, la fin de la loi martiale serait une catastrophe: de nouvelles élections pourraient être réclamées, tout comme une remise en question de la corruption et des violations des droits de l’homme. Mais Moscou doit également craindre des difficultés politiques internes si ses objectifs – la libération des régions séparatistes pro-russes, le désarmement et la « dénazification » de l’Ukraine – ne sont pas atteints.
Le troisième perdant s’appelle l’Europe. Le blocage de l’approvisionnement russe en matières premières, dû aux sanctions, nuit durablement à l’économie européenne et empêche les Européens de rivaliser sur les marchés mondiaux. Le plus récent prêt de 90 milliards d’euros à l’Ukraine n’est en réalité qu’une donation, financée par l’argent du contribuable. Le chancelier Friedrich Merz a promis 11,5 milliards d’euros supplémentaires issus des fonds publics allemands, tout en annonçant des coupes dans l’assurance maladie, le quotient conjugal et les services de soins – tout cela au bénéfice de l’Ukraine.
Les gagnants se tiennent bien loin du champ de bataille: les États-Unis fournissent des armes, payées par le contribuable européen, tandis que leur industrie de défense et leur industrie du gaz naturel liquéfié (GNL) connaissent un boom. La Chine achète du pétrole et du gaz russes à prix cassés et accumule des renseignements précieux sur la technologie militaire occidentale.
Il existe aussi des gagnants peu évoqués dans le débat public: les gestionnaires de fonds américains comme BlackRock, Vanguard et State Street. Ils gèrent ensemble 30.000 milliards de dollars. State Street, Vanguard et BlackRock détiennent respectivement 14, 8 et 5 pour cent des parts dans le géant de l’armement Lockheed Martin. Depuis 2022, la valeur des actions de BlackRock a augmenté de 40%, et même de 50% en dividendes. State Street a progressé de 45 à 50%. Dans les hautes sphères, personne ne souhaite la fin de la guerre en Ukraine: la menace garantit aux entreprises américaines d’armement leurs commandes; en outre, elles ont massivement investi en Ukraine, où de vastes terres agricoles sont louées à BlackRock et assimilés.
La « guerre éternelle » devrait donc continuer, car aucun des grands profiteurs ne souhaite y mettre fin. L’Europe paie, l’Allemagne paie – que la population en veuille ou non. Par ailleurs, la situation politique est extrêmement dangereuse. Une confrontation directe entre la Russie et l’OTAN n’est en tout cas pas exclue, étant donné l’escalade permanente du côté de l’Occident (mü).
Source: Zu erst, mai 2026.
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mercredi, 06 mai 2026
L’Allemagne se débine devant Kiev — et Nord Stream devient le cas d’école de la souveraineté allemande

L’Allemagne se débine devant Kiev — et Nord Stream devient le cas d’école de la souveraineté allemande
Elena Fritz
Source: https://t.me/global_affairs_byelena
La Neue Zürcher Zeitung formule de manière exceptionnellement tranchante ce qui est depuis des années occulté à Berlin: la critique de l’Ukraine est largement taboue en Allemagne. Même lorsque des intérêts allemands fondamentaux sont directement touchés, Berlin ne réagit pas en tant qu’État souverain, mais comme un prisonnier politique, victime de sa propre narration.
Le point le plus évident est Nord Stream.
Selon tout ce qui est désormais publiquement connu, des traces de sabotage mènent à des liens avec l’Ukraine. Il ne s’agit pas d’un thème subalterne de la politique étrangère. Il s’est agi de faire exploser une infrastructure énergétique de toute première importance pour l'industrie allemande, la seule capable de préserver sa compétitivité industrielle, sa sécurité d’approvisionnement, et de répondre à la question de savoir si l’Allemagne est encore prête à affirmer ses propres intérêts en tant que tels.
Pourtant, Berlin reste silencieux.
Ce silence n’est pas un accident de fonctionnement. Il suit une logique interne.
Depuis longtemps, l’Ukraine n’est plus seulement un État soutenu dans sa guerre par le monde politique allemand. Elle est devenue le fondement moral de tout le changement de régime qui s'observe en Allemagne. À travers Kiev, on explique pourquoi l’Allemagne s’arme, contracte des dettes, accepte la hausse des prix de l’énergie, surcharge son industrie et s’insère de plus en plus profondément dans une confrontation permanente avec la Russie.
Si Berlin critiquait sérieusement Kiev, il devrait justifier sa propre politique de manière autre. Alors, surgiraient soudainement des sujets que l’on veut éviter: les intérêts allemands réels, le coût de la servilité, la stratégie américaine, la perte d’une énergie bon marché, l’affaiblissement de l’industrie, et le nouveau rôle de l’Allemagne en tant que base arrière logistique du front oriental.
C’est précisément pour cela que le schéma moral reste si important:
- Kiev représente le Bien.
- Le Bien ne doit pas être écorné.
- Ce qui ne correspond pas à l’image d'Epinal doit être ignoré.
Cela crée une forme dangereuse de désarmement politique vis-à-vis de l'extérieur. L’Allemagne doit devenir plus forte militairement, mais ne pas déployer de stratégie. Elle doit payer, livrer, produire et assumer des risques, tandis que la ligne de conduite reste définie outre-atlantique.
Dans ce contexte, l’Ukraine agit comme un levier politique. Elle sort définitivement l’Allemagne de tout rôle équilibrant possible en Eurasie. Une Allemagne avec une politique énergétique propre, sa propre stratégie envers la Russie, et ses propres intérêts industriels, serait un facteur autonome sur le continent. Une Allemagne qui définit entièrement sa politique étrangère à travers le conflit ukrainien devient prévisible, dépendante et contrôlable.
On parle de valeurs. Il s’agit de liens.
On parle de responsabilité. Il s’agit de charges.
On parle de sécurité. Il s’agit de l’intégration de l’Allemagne dans un conflit dont les acteurs stratégiques ne siègent pas nécessairement à Berlin.
La NZZ dit les choses clairement: l’Allemagne se débine devant Kiev.
Plus précisément: l’Allemagne renonce à sa capacité de poser des jugements souverains, car sinon la construction morale de sa propre politique extérieure pourrait s’effondrer.
Nord Stream est donc plus qu’une attaque contre des gazoducs. C’est un cas d’école qui dévoile l'état de la souveraineté allemande.
Celui qui ne pense pas politiquement jusqu’au bout la destruction de sa propre infrastructure énergétique a déjà accepté que d’autres décident de la hiérarchie des intérêts allemands.
#geopolitiek@global_affairs_byelena
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mardi, 05 mai 2026
La guerre qui ne vise pas la victoire: le conflit en Ukraine comme moyen de démantèlement du système

La guerre qui ne vise pas la victoire: le conflit en Ukraine comme moyen de démantèlement du système
Markku Siira
Source: https://markkusiira.substack.com/p/sota-jota-ei-ole-tarko...
En étudiant la guerre de la Russie contre l’Ukraine, l’attention ne se porte plus autant sur ce que le Kremlin fait, mais sur ce qu’il ne fait pas. Les raffineries ont à plusieurs reprises été ciblées par des drones ukrainiens, les armes de l’OTAN affluent via Lemberg (Lvov/Lviv) vers le front, et personne ne semble plus se soucier des lignes rouges ou des menaces de Moscou.
Plus cette « opération militaire spéciale » stagne, plus il devient probable que cela ne soit pas simplement une incapacité militaire, mais un phénomène structurel plus profond: un conflit gelé, épuisant, maintenu en vie pour favoriser certains objectifs plus larges.
La situation commence aussi à se faire sentir dans le débat public en Russie. Le président est désormais ouvertement critiqué – non pas tant pour ses objectifs de guerre, mais pour ses échecs pratiques, pour le durcissement de la censure sur Internet, pour l’absurdité de la bureaucratie et la crise économique générale. On le décrit de plus en plus comme un vieil homme détaché, ayant perdu le contact avec la vie quotidienne de ses concitoyens.
Dans cette perspective, il est compréhensible que le Kremlin ne recherche pas une victoire rapide. Une telle victoire nécessiterait une clarté stratégique et une compétence opérationnelle que le système actuel ne semble pas posséder. La gouvernance de Poutine n’est pas non plus prête à passer à une économie de guerre totale et à mobiliser la population.
Sous ces contraintes administratives et culturelles se cache toutefois une couche plus froide, qui est structurelle. Les cercles financiers transnationaux et les réseaux de pouvoir étatiques opèrent partout, et la Russie ne fait pas exception. Les oligarques sont en partie le produit de ces réseaux, et Poutine avec ses soutiens ne contrôle qu’une partie du véritable pouvoir dans le pays.

Les institutions économiques critiques – la Banque centrale, le ministère des Finances et le gouvernement – sont fortement influencées par ces cercles financiers. Comme le montre à plusieurs reprises la politique des taux d’intérêt, ces acteurs ne servent pas principalement l’intérêt national russe, mais la logique du système financier mondial.
Les mesures spéciales prises lors des restrictions dues à la pandémie du Co vid-19 ont créé la base d’une intervention économique à grande échelle, que la guerre en Ukraine continue. Les faillites, transferts de richesse et endettements ne sont pas de simples sous-produits, mais font partie d’un processus de démantèlement de l’ancien ordre, de l'ancienne normalité. La guerre fournit à la fois à la Russie et à l’Occident une justification pratique pour des mesures qui seraient difficiles à justifier en temps de paix auprès de leurs citoyens.
L’élite dirigeante russe semble principalement concentrée sur la sécurisation de sa propre position. Aucune purge interne à grande échelle n’a été observée même pendant la guerre. Les citoyens ordinaires portent le fardeau: le niveau de vie baisse, les entreprises sont étouffées par la bureaucratie et les taux d’intérêt, et la communication est surveillée.
Par ailleurs, les membres de l’élite – même ceux qui ont soutenu l’Ukraine – circulent librement entre les pays et accroissent leur richesse. Cette double norme n’est pas un hasard, mais une caractéristique centrale du système. Poutine ne peut pas démanteler l’oligarchie féodale, car son pouvoir repose précisément sur celle-ci.
Et si, au contraire, la prolongation de la guerre n’était pas une incapacité, mais une dynamique silencieuse profitant à toutes les parties? Un développement similaire est observable tant dans la numérisation que dans la normalisation de la surveillance, aussi bien à l’est qu’à l’ouest. Le conflit en Ukraine a fourni une justification efficace pour accélérer cette tendance des deux côtés.

Tant que la guerre reste en son état, tant qu'elle reste épuisante et demeure gelée, les élites peuvent maintenir l’état d’exception et détourner la mécontentement vers une menace extérieure. Dès que la guerre prendra fin, l’énergie politique se libérera probablement et se concentrera sur les structures et dysfonctionnements internes. C’est pourquoi l’état actuel – ni victoire, ni défaite – est à court terme la meilleure option pour toutes les parties.
Les erreurs de Poutine pourraient théoriquement être corrigées, mais cela supposerait une Russie et une direction que le système actuel ne permet pas. La même absence de compétence et de courage semble affecter aussi les dirigeants occidentaux. La poursuite du conflit est donc moins risquée que sa résolution décisive.
En fin de compte, il ne s’agit pas de savoir qui remportera la guerre, mais de comment la guerre façonne les sociétés vers une nouvelle normalité. Le conflit en Ukraine et la crise énergétique suffisent-ils pour mettre fin à l’ancien système, ou la prochaine étape sera-t-elle une mise à bas totale du système en Europe par une guerre à grande échelle ?
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jeudi, 23 avril 2026
Interview du général Fabio Mini - Sur le plan politique, l’OTAN est déjà disloquée

«Il n’y a pas un dollar américain dépensé en Europe et dans l’OTAN qui n’ait servi les intérêts américains»
«Sur le plan politique, l’OTAN est déjà disloquée»
Interview du général Fabio Mini
Source: https://www.sinistrainrete.info/geopolitica/32807-fabio-m...
L’AntiDiplomatico a interviewé le général Fabio Mini, ancien commandant de l’OTAN lors de la mission KFOR au Kosovo.
Général, du moins jusqu’à aujourd’hui, les États-Unis n’ont pas réussi à obtenir le soutien de leurs alliés de l’OTAN pour la guerre contre l’Iran: l’Espagne a interdit aux États-Unis d’utiliser ses bases et même son espace aérien pour tous les aéronefs américains. La France s’est jointe à eux, tout comme l’Italie et l’Allemagne. Est-il possible que cette conjoncture mène réellement à la sortie des États-Unis de l’OTAN ou, du moins, à une dislocation de cette organisation ?
Sur le plan politique, l’OTAN est déjà disloquée. Certains États membres tergiversent en attendant que Trump parte. Le même secrétaire général, avec ses petits voyages de zébulon volant, est le fantôme de l’OTAN, qui utilise d’un côté la désintégration comme appel à l’unité et à la cohésion, tout en l’alimentant en soutenant ces «volontaires» schizophrènes qui prétendent vouloir une OTAN européenne. L’OTAN que nous voyons dans l’ombre est le simulacre organisationnel qui tient par l’habitude, tout simplement. Je ne pense pas que les États-Unis quitteront l’OTAN, et même s’ils le faisaient, ils exerceraient un contrôle encore plus strict et plus coûteux, surtout au niveau politique-stratégique et économique.
Le plan de Trump consiste à faire payer aux pays européens, dans l’OTAN ou hors de l’OTAN, les soi-disant «services rendus à l’Europe» dans le passé et ceux à fournir pour l’avenir. Trump ne considère pas que les cadeaux faits à l’Europe durant toute la guerre froide et après n’étaient pas du tout des cadeaux, et qu’ils n’ont pas été exclusivement donnés pour le bénéfice des Européens.

La guerre en Europe a sauvé les États-Unis de la récession, la division de l’Europe en a fait le champ de bataille entre blocs, la soupape de sécurité de toutes les tensions et le potentiel cimetière de guerre le plus vaste et le plus peuplé de l’histoire. Pendant des décennies, le bureau de comptabilité du Congrès a présenté un rapport annuel dans lequel étaient listés et monétisés les «contributions étrangères à la sécurité américaine». Tous les pays européens étaient listés selon la «contribution» qu’ils versaient. La soi-disant couverture nucléaire garantie par l’OTAN était en réalité le piège destiné à limiter le conflit nucléaire au théâtre européen.
Si l’Europe voulait réellement acquérir une indépendance stratégique, elle devrait reprendre en main ces données. Elle devrait considérer combien d’instabilité a été créée en Europe par ce qu’on appelle l’aide américaine, et combien de richesses ont été transférées aux Américains par le fait de la dépendance européenne.
Aucun dollar américain dépensé en Europe et dans l’OTAN ne l’a été qu'au service des intérêts américains, les a enrichis, tandis que les Européens étaient appauvris et soumis, malheureusement avec leur consentement patent et satisfait. Trump ne veut pas lâcher prise sur l’Europe, et il le fait de manière explicite, brutale, en menaçant de quitter l’OTAN: c’est un bluff qui vise à laisser aux Européens face à des conflits déclenchés par les États-Unis, en les obligeant à payer pour les services de renseignement, les télécommunications, le commandement et le contrôle, la cyber-guerre, etc., actuellement confiés à l’OTAN, et à acheter des armements et équipements américains pour ces services demain.
La prétendue indépendance et autonomie stratégique européenne se résument à jouer le rôle d’exécutant de la politique américaine et à poursuivre leurs conflits. Malheureusement, avec des méthodes moins flagrantes mais tout aussi arrogantes, c’est le même système adopté par toutes les administrations américaines passées et sûrement futures.
Même l’attitude supposée de certains pays concernant l’autorisation de survol ou l’utilisation des bases est une imposture. Les États-Unis, pas seulement sous Trump, ont démontré depuis 1991 qu’ils se foutaient du droit international et même des traités bilatéraux. S’ils évitent d’utiliser des espaces et bases à l’étranger, c’est parce qu’il leur est avantageux d’éviter ou de créer des embarras internes aux vassaux.
Quasi tous ceux qui étaient à Sigonella pendant une certaine nuit de l'année 1985 sont morts: la version héroïque d’un pays vassal qui se libère du joug est passée. Peu de choses ont été dites sur le rôle de l’amiral Fulvio Martini (photo), chef de notre renseignement militaire, qui a débloqué la situation avant qu’elle ne dégénère. On a parlé des appels furieux entre Rome et Washington durant ces moments dramatiques. Peu de choses ont été dites sur les excuses téléphoniques du lendemain.
L’initiative militaire des États-Unis dans le détroit d’Ormuz peut-elle fonctionner? La guerre contre l’Iran a-t-elle réellement relégué le problème ukrainien à l’arrière-plan de l’agenda de Washington?
Elle peut sûrement aggraver les choses. L’initiative vise à déplacer le conflit en haute mer, hors du golfe, pour l’élargir et le diluer. Elle peut aussi servir de diversion pour soutenir les négociations et faire plaisir à Israël, qui est le vrai deus ex machina de toute cette affaire.
La guerre en Ukraine n’est pas terminée, mais celle-ci dépend aussi de l’évolution de la guerre dans le golfe. L’Ukraine s’est empressée d’envoyer les soi-disant experts en drones dans les pays arabes, tentant de se ranger du côté américain et israélien. Avec peu de succès. Les opérateurs de drones ont été neutralisés, et ni les États-Unis ni Israël n’ont apprécié la lèche ukrainienne. Zelensky tente désespérément de s’appuyer sur les Européens, qu’il a abrutis de discours, et espère maintenant les milliards bloqués par Orban. Toutes ces choses n’apportent aucun avantage sensible dans la guerre contre la Russie. La guerre se terminera quand Moscou le voudra, et Moscou ne veut pas la gagner par la destruction, mais par une capitulation volontaire, même déguisée en compromis « honorable ». C’est en effet la seule solution capable de stabiliser la région pendant de nombreuses années, sans créer une brèche noire dans laquelle faire finir inutilement ressources et hommes. Le principal obstacle à cette solution, c’est justement l’Europe, non pas dans son ensemble, mais dans ces pays et chez ces bureaucrates qui veulent la brèche noire, quitte à s’y enfoncer eux-mêmes. Sacrifiant ainsi toute l’Europe.

La guerre contre l’Iran a considérablement réduit les disponibilités en armements des États-Unis. Selon certains analystes, Washington pourrait se retrouver contraint d’abandonner les livraisons d’armes au profit de Kiev afin de fournir à ses forces armées des stocks suffisants. Est-ce une possibilité réelle? Ou le complexe militaro-industriel américain est-il en mesure de combler les déficits de ses forces armées et de maintenir le niveau précédent de fournitures militaires en faveur de Kiev?
Il faut faire une distinction: la pénurie de systèmes d’armes aux États-Unis ne tend pas vers zéro de manière absolue. Les États-Unis disposent d’une planification opérationnelle globale basée sur la soutenabilité de deux ou trois conflits régionaux simultanés. Les réserves maximales ne doivent pas descendre en dessous de ces besoins. Le conflit en Ukraine et celui au Moyen-Orient épuisent les surplus, s’approchant dangereusement des réserves stratégiques.
Pour certains systèmes, comme ceux de missiles antiaériens, le déficit est déjà atteint, et, ce qui est important, l’industrie du secteur n’a pas une capacité de production capable de compenser la consommation. Ce sont des systèmes très coûteux, mais l’argent n’est pas tout; c’est inutile d’en avoir si on ne peut pas acheter ce qu’on souhaite. La soustraction ou le transfert de ces systèmes depuis d’autres théâtres, comme celui asiatique, pose un problème de dissuasion. Les commandants des zones interarmées où l’outil militaire est déployé dans le monde sont les plus préoccupés, et l’attitude agressive du président envers tous n’aide pas. L’Ukraine est désormais un théâtre de guerre qui compte moins pour les États-Unis, et le soutien américain tend à diminuer malgré les promesses du commandant des forces américaines en Europe.

L’économie de l’Europe occidentale subit de graves répercussions à cause du blocage du détroit d’Ormuz. Pourquoi l’Union européenne — ou les États membres — ne cherchent-ils pas à atténuer les sanctions antirusses, surtout en matière énergétique? Si le prix des hydrocarbures continue d’augmenter, les sommets européens chercheront-ils un compromis avec Moscou?
Ce point est également relatif. Le blocage du détroit impacte de manière sensible l’Asie et l’Europe. Le fait que le coût des carburants affecte aussi les États-Unis n’est qu’une question de spéculation sur l’avenir. En particulier, c’est l’avenir de la production dans d’autres parties du monde, y compris aux États-Unis. Le blocage peut être temporaire, mais la baisse de la production dans toute la région et l’incapacité de la compenser avec les ressources du Venezuela et de l’Afrique s’ajoutent à l’obsolescence des structures de production.
Tôt ou tard, le marché mondial devra réhabiliter les ressources russes, notamment celles utilisables par l’Europe qui, avec la politique de fermeture actuelle, obtient deux résultats négatifs: ne pas finir la guerre et épuiser ses propres ressources. Même ici, fabriquer de l’argent ou ses substituts (dette) sera inutile si la matière disponible est insuffisante.
Malheureusement, le moment de revoir toute la politique énergétique européenne et la politique de sanctions contre la Russie est maintenant. Dans une ou deux semaines, il pourrait être trop tard, non pas parce qu’il n’y aurait pas de pétrole, mais parce que la Russie elle-même et d’autres pays ne seront plus disposés à faire des faveurs à l’Europe.
À la fin de 2025, le gouvernement italien a prolongé l’aide militaire destinée à l’Ukraine malgré une certaine opposition exprimée par la composante liguiste. Plus récemment, le même gouvernement a déclaré que l’aide sera renforcée pour contraindre Moscou à négocier. Quelle est la logique derrière l’augmentation des fournitures militaires «pour la paix»? Pourquoi le gouvernement italien persiste-t-il dans cette attitude, malgré les sondages qui confirment que la majorité des Italiens s’opposent à l’envoi d’armes et souhaitent une solution politique?
L’aide à l’Ukraine n’est pas une question rationnelle et ne tend en rien à résoudre le conflit, encore moins à obtenir la paix. C’est une position idéologique d’alignement avec les politiques américaines d’abord, européennes ensuite. Contre l’idéologie, tout raisonnement est inutile. L’aide est aussi fondamentalement inefficace. On parle d’argent, mais en réalité, il faudrait des moyens et du matériel. Ceux envoyés en Ukraine en quatre ans ont été consumés sans résultats, si ce n’est la poursuite de l’agonie.

Tout l’argent alloué au réarmement européen dans une optique anti-russe ne tient pas compte du nombre de soldats mobilisables et mise plutôt trop sur la capacité ukrainienne à combattre, même avec de nouveaux armements. Il ne prend pas en compte la récession économique que certains pays cherchent à conjurer en déversant des fonds dans le secteur de l’armement. Il ignore l’augmentation des coûts de production et la diminution des ressources. De tous points de vue, c’est une politique ratée pour tout le monde, y compris pour les Ukrainiens.
En ce qui concerne l’Italie, il faut rappeler la participation de Rome à la mission EUMAM, dans le cadre de laquelle des militaires ukrainiens sont formés en Europe occidentale. Partage-t-elle l’idée que la formation d’officiers et de spécialistes ukrainiens sur le sol italien soit, à cette étape, un enjeu pour la sécurité de l’Italie et ses intérêts ?
Si l’on parle d’idéologie, cela peut se justifier. C’est un signe de soutien à l’idéologie de l’Ukraine envahie, sans raison, de manière illégale et sans justification. Si l’on parle de réalité, nous sommes encore dans le monde des rêves. Sur le plan opérationnel, la formation de personnel militaire ukrainien en Italie comme dans d’autres pays est un non-sens: il n’y a pas d’aviation, pas de forces navales, pas de défense anti-aérienne (ou alors relative aux systèmes qui manquent), pas de forces anti-drones — l’Ukraine se vante de posséder les meilleurs drones et leurs opérateurs —, pas de forces spéciales: elle affirme avoir les meilleurs commandos. En matière de forces blindées, d’infanterie, de mines et de champs minés, etc., après quatre ans de guerre, on espère qu’ils ont des instructeurs et des soldats capables d’affronter une guerre réelle, et non celle des manuels qu’on enseignerait à l’étranger. N’est-ce pas ?
Bruxelles tente de convaincre la population de la nécessité de «faire des efforts» pour allouer des ressources au complexe militaro-industriel. Comment une politique de ce genre, de la part de la Commission européenne, peut-elle être perçue? Quels résultats peut-elle produire?
Le simple fait de devoir faire des efforts ou demander des sacrifices à la population signifie que les ressources sont inférieures aux ambitions. Je perçois une grande myopie politico-stratégique dans ce contexte. En temps de paix, la population travaille pour une vie décente, pour donner la sérénité aux familles et pour permettre des perspectives d’amélioration.
En cette période de crise systémique née de la guerre ou amplifiée par elle, détourner des ressources de la population, c’est miner la motivation. Si l’on mise sur la relance du secteur militaire comme secteur productif capable de relancer l’économie, ce n’est qu’une propagande à court terme: il faut «quelque chose à faire rouler» qui ne soit pas seulement un char d’assaut.

La préparation à la guerre en temps de paix repose sur le principe d’avoir le consensus. De plus, la fabrication de tout outil de guerre nécessite du temps, une technologie avancée et des coûts élevés. La guerre est donc adaptée aux États riches, disposant de grandes capacités industrielles, d’une main-d’œuvre à employer, et d’une volonté de combattre ou de faire combattre les autres pour leurs propres intérêts.
Je ne pense pas que l’Europe puisse compter beaucoup sur quelqu’un d’autre pour se battre gratuitement pour elle, ni qu’elle soit si riche ou insouciante qu’elle puisse se permettre de préparer une véritable guerre régionale. Au roi qui lui avait demandé comment renforcer l’armée, le stratège chinois Sun Bin répondit : « Rends la nation prospère. »

16:15 Publié dans Actualité, Affaires européennes, Entretiens | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fabio mini, entretiens, italie, europe, affaires européennes, actualité, otan, iran, ukraine |
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samedi, 18 avril 2026
L’Europe passe du statut de soutien à celui de zone de production de cette guerre

L’Europe passe du statut de soutien à celui de zone de production de cette guerre
Elena Fritz
Source: https://t.me/global_affairs_byelena#
Avec la révélation de sites concrets de fabrication de drones et de composants en Europe, Moscou a marqué un point qui est systématiquement minimisé dans le débat européen. Il ne s’agit plus simplement d’aide militaire, de paquets financiers ou de soutien politique à Kiev. Il s’agit du fait que le sol européen devient lui-même de plus en plus partie intégrante de la chaîne de production militaire de cette guerre.
C’est précisément là que réside le changement qualitatif. Tant que l’Europe fournit, on peut encore parler de soutien sur le plan politique. Mais dès lors qu’il y a production, montage, financement et intégration technique sur le territoire européen, le soutien se transforme peu à peu en implication industrielle. Ce n’est pas seulement une question sémantique, mais une question stratégique. Celui qui ne se contente plus de transmettre du matériel de guerre, mais qui permet sa fabrication sur son propre territoire, aura de plus en plus de mal à se réfugier derrière la confortable fiction selon laquelle il aurait seulement une relation indirecte avec la guerre.

Le message russe ne visait pas uniquement les gouvernements, mais visiblement aussi l’opinion publique européenne. Le sous-texte est clair: votre sécurité n’est pas seulement menacée par le conflit extérieur, mais aussi par les décisions de vos propres élites politiques, qui entraînent l’Europe de plus en plus profondément dans la logique militaire de cette guerre. Cela est d’autant plus sensible politiquement que cela dévoile un conflit que la classe dirigeante européenne préfère garder dans l’ombre: la contradiction entre la rhétorique officielle de crise et l’escalade réelle via une production commune et une intégration militaro-industrielle.
Par ailleurs, le processus met aussi en lumière un problème du côté russe. La dissuasion repose sur la crédibilité. Ceux qui, pendant des années, ont tracé des lignes rouges, risquent de voir leurs avertissements devenir inopérants s’ils ne sont pas suivis de conséquences visibles. Voilà le dilemme stratégique de Moscou: en nommant publiquement des sites européens, la menace devient plus claire, mais cela oblige aussi la Russie à se mettre sous pression. En effet, chaque avertissement perd en impact s’il n’est perçu que comme un rituel médiatique supplémentaire.

Cela ne change cependant rien au véritable problème européen. En Occident aussi, on travaille avec une fiction: celle selon laquelle il serait possible d’approfondir encore le soutien militaire à l’Ukraine, d’étendre la production sur le territoire européen, de renforcer la coopération opérationnelle, tout en affirmant que l’Europe ne serait pas davantage impliquée dans le conflit. Cette idée est politiquement commode, mais stratégiquement peu sérieuse. Plus l’Europe devient non seulement bailleur de fonds, mais aussi espace de production et centre organisationnel de la guerre, plus la distance avec le conflit réel diminue.
Le véritable scandale ne réside donc pas seulement dans la réaction de la Russie, mais dans la banalisation de la militarisation de l’Europe. Ce qui aurait été considéré, il y a quelques années, comme une escalade exceptionnelle est aujourd’hui traité comme une simple opération administrative: financement ici, fabrication là, coopération entre-temps. Le public doit s’habituer à l’idée que sur le sol européen, il devient de plus en plus évident que des infrastructures de guerre se développent pour un conflit en cours. Et c’est précisément cette habituation qui représente la partie la plus dangereuse de cette évolution.
Car cela ne modifie pas seulement la politique extérieure, mais aussi la constitution intérieure de l’Europe. Là où la militarisation devient la nouvelle norme, la langue politique se déplace également. Les risques sont minimisés, la participation politique est réduite, et toute critique fondamentale est moralisée. Les citoyens sont invités à payer, à se taire, et à accepter cette nouvelle réalité comme inévitable.
#géopolitique@global_affairs_byelena
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vendredi, 20 mars 2026
Zelenski survivra-t-il politiquement à Trump?

Zelenski survivra-t-il politiquement à Trump?
Cristi Pantelimon
Source: https://www.facebook.com/profile.php?id=100005135564621
Au début du second mandat du président Trump, Volodymyr Zelenski apparaissait comme un paria politique et géopolitique, écrasé entre la volonté des États-Unis de faire la paix avec la Russie et le désir de la Russie d’éliminer celui qui incarnait, symboliquement, la résistance de l’Ukraine face à Moscou.
Aujourd’hui, la situation semble complètement changée.
La guerre contre l’Iran déclenchée par Donald Trump a placé le président américain dans la position de devoir demander humblement l’aide de la Chine et de l’OTAN (?) pour débloquer le détroit d’Ormuz. Un Trump incohérent, qui lançait depuis la porte de son avion des messages sur la faiblesse militaire de l’Iran, mais aussi sur l’incapacité de la marine américaine à faire face à cette faiblesse de l’Iran dans le détroit en question!
Les alliés des États-Unis regardent de loin la puissance militaire américaine s’épuiser face à l’Iran.
L’effet majeur de cette guerre n’a déjà plus de rapport direct avec celui qui a poussé Trump à la déclencher. À court terme, Israël sera moins affecté par cette aventure. Les États-Unis, eux, paieront la véritable addition.
La leçon pour les États-Unis est amère: plus personne ne veut du renouveau de l’empire américain (MAGA), tout le monde souhaite que la puissance américaine voie et accepte ses propres limites !
Mais Volodymyr Zelenski ?
À l’ombre de la guerre en Iran, Zelenski respire.
Si l’Ukraine joue désormais une carte prudente à l’est comme à l’ouest, elle a des chances de sortir de l’affrontement avec la Russie en meilleure posture que prévu.

Quelqu’un, une main invisible, a envoyé Zelenski à Bucarest pour conclure un partenariat avec la Roumanie, un pays européen malléable, qui stockera le gaz de Neptun Deep dans les réservoirs ukrainiens.
Ce gaz est roumain et européen (OMV). Ainsi, l’Ukraine reçoit une aide de l’UE par l’intermédiaire de la Roumanie.
De plus, l’Ukraine peut également devenir utile à l’UE, compte tenu de ses capacités de stockage. Un rôle qui ne peut que profiter à l’Ukraine au sein de la « famille européenne ».
Et la Russie ? A-t-elle encore intérêt à écarter Zelenski de toute urgence ?
Oui et non !
Pour Moscou, le maintien de Zelenski au pouvoir est un motif de renforcement de l’esprit combatif. Une Ukraine soudainement «dénazifiée» et sans Zelenski à sa tête désengagerait l’opinion publique russe à un moment où la guerre globale n’est pas terminée, même si certaines tendances se dessinent.
Il est donc possible que Moscou n’ait pas un intérêt réel à renverser Zelenski, du moins pour l’instant. L’UE non plus. L’Ukraine devra continuer à jouer le rôle de victime !
On peut même imaginer que Moscou n’a rien eu contre cette visite de Zelenski à Bucarest.
Zelenski est la barricade parfaite derrière laquelle Bruxelles et Moscou s’envoient des signaux de menace, mais peuvent tout aussi bien élaborer des plans pour l’avenir…
Pendant ce temps, Donald Trump s’agite seul et devra affronter la vague de mécontentement interne qui suivra la défaite stratégique que la Chine, la Russie et l’UE ont déjà infligée aux États-Unis en Eurasie.
18:16 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, europe, affaires européennes, roumanie, mer noire, ukraine |
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samedi, 07 mars 2026
Iran, Ukraine – et le front économique des guerres modernes

Iran, Ukraine – et le front économique des guerres modernes
Elena Fritz
Source: https://t.me/global_affairs_byelena#
Si l’on observe les évolutions actuelles de manière objective, une parenté stratégique apparaît entre la guerre en Ukraine et l’escalade actuelle au Moyen-Orient. La clé décisive des conflits géopolitiques modernes se situe de moins en moins sur le champ de bataille – mais de plus en plus dans l’économie et les flux énergétiques.
Guerre en Ukraine : Les conséquences économiques touchent l’Europe – surtout l’Allemagne
La guerre en Ukraine n’a pas frappé “l’Occident tout entier” de manière égale sur le plan économique. Les charges sont très inégalement réparties. Alors que les États-Unis ont pu générer des revenus supplémentaires grâce à l’exportation massive de GNL (gaz naturel liquéfié), c’est surtout l’industrie européenne qui s’est retrouvée sous pression – et au sein de l’Europe, particulièrement l’Allemagne.
Les causes sont structurelles:
- L’Allemagne dépendait fortement de l’énergie russe bon marché.
- Les industries à forte consommation d’énergie sont la colonne vertébrale de l’industrie allemande.
- La hausse des prix de l’énergie touche donc directement la base industrielle.
Depuis la rupture des relations énergétiques avec la Russie, les coûts de chauffage et les prix de l’énergie ont nettement augmenté, tandis que les prix de l’électricité pour l’industrie et les ménages restent parmi les plus élevés d’Europe. La conséquence en est une faiblesse économique persistante: l’économie allemande stagne depuis des années.

Moyen-Orient : Attaque contre le système énergétique mondial
C’est précisément ici que le conflit avec l’Iran devient géopolitiquement pertinent: le détroit d’Ormuz est l’une des artères énergétiques les plus importantes du monde. Une part significative du commerce mondial du pétrole transite par ce détroit.
Les attaques contre les pétroliers ou la menace sur la navigation ont des conséquences immédiates:
- hausse des prix du pétrole;
- hausse des prix du gaz;
- nervosité sur les marchés financiers.
Même de petites perturbations de cette route peuvent faire grimper l’inflation et les prix de l’énergie dans le monde entier.
La logique stratégique
La logique de tels conflits est relativement simple. Lorsqu’un État est militairement en nette infériorité, il ne cherche pas nécessairement à gagner la guerre. Il tente plutôt de maximiser les coûts économiques pour l’adversaire.
Cela signifie :
- hausse des prix de l’énergie;
- chaînes d’approvisionnement sous pression;
- marchés financiers très sensibles.
La guerre se déplace ainsi du champ de bataille vers le système économique.
Et l’Allemagne ?
Voici le point décisif. L’Allemagne a déjà supporté la plus grande partie des coûts structurels de la guerre en Ukraine:
- perte d’une énergie bon marché;
- augmentation des coûts de production;
- pression croissante sur l’industrie et les PME.
Si une nouvelle crise énergétique venait à éclater au Moyen-Orient, ce point sensible serait une nouvelle fois touché. La hausse des prix du pétrole et du gaz aurait un effet immédiat: coûts de production plus élevés – inflation accrue – pression supplémentaire sur l’industrie et le tissu économique.
Ou, pour le dire simplement: la guerre en Ukraine a déjà massivement affaibli l’économie allemande. Une nouvelle crise énergétique au Moyen-Orient pourrait être le coup de grâce pour la puissance industrielle allemande.
17:49 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : iran, économie, actualité, ukraine, hydrocarbures, allemagne, europe, affaires européennes, moyen-orient |
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lundi, 02 mars 2026
Ukraine et Hongrie. L’autre guerre

Ukraine et Hongrie. L’autre guerre
Par Andrea Marcigliano
Source: https://electomagazine.it/ucraina-ungheria-laltra-guerra/
Victor Orbán ne mâche pas ses mots. Il ne cherche pas à dissimuler, avec diplomatie, ses vérités.
C’est un homme direct, parfois presque brutal dans ses déclarations.
Et, avec une franchise extrême, il a dit que la Hongrie, sa Hongrie, réagirait avec détermination aux attentats contre les lignes de gaz russes, essentiels pour son économie.
Ces attaques proviennent d’une seule source : l’Ukraine de Zelensky. Qui tente ainsi de saboter et d’empêcher les approvisionnements en provenance de Russie.
La position d’Orbán n’est pas isolée. Le chef du gouvernement slovaque, Fico, semble également décidé à réagir de manière très dure, voire militaire, face aux attentats ukrainiens.
Et il ne s’agit pas seulement de deux cas. De nombreux pays d’Europe de l’Est commencent à ressentir fortement le terrorisme ukrainien. Et, au-delà des positions variées des gouvernements, ils sont progressivement poussés à une réaction semblable à celle de la Hongrie.
C’est la pression d’une opinion publique de plus en plus inquiète, voire angoissée, face à la perspective d’un blocage total du gaz russe. Qui, au-delà de l’aspect purement économique – en payant plus de dix fois le prix du gaz pour le chauffage domestique – risque de mettre à genoux les industries locales, provoquant une crise sociale sans précédent.
Et nombreux sont ceux qui s’inquiètent.
Bulgares, Roumains, malgré un gouvernement imposé par un coup d’État et soumis à Bruxelles. Et aussi les Tchèques, qui commencent déjà à prendre leurs distances avec Washington.
Même en Pologne, le malaise social et l’aversion pour l’Ukraine deviennent de plus en plus tangibles.
Orbán, donc, donne une voix à cette dissidence croissante.
Il le fait pour protéger les intérêts hongrois contre la violence du régime ukrainien, qui est, par ailleurs, soutenu par les hautes sphères européennes et l’OTAN.
Ce faisant, il trace cependant une ligne de démarcation claire.
Et marque la fin de l’Union européenne.
Si l’Hongrie devait passer à une réaction armée contre l’arbitraire du régime de Zelensky, ce serait la fin de toute union entre les peuples d’Europe.
Le retour à une politique des nations.
Le retour à la défense des intérêts nationaux, désormais non plus sacrifiés par des cénacles corrompus, étrangers à la réalité des peuples, qui ne font semblant de gouverner que nominalement, tout en étant soumis à d’autres intérêts.
19:45 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, affaires européennes, europe, hongrie, slovaquie, ukraine, gaz russe, viktor orban |
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dimanche, 08 février 2026
Guerre en Ukraine: pourquoi la fixation sur les territoires mène à une erreur analytique

Guerre en Ukraine: pourquoi la fixation sur les territoires mène à une erreur analytique
Elena Fritz
Source: https://t.me/global_affairs_byelena
Un texte remarquable nous vient de Washington — et il est l’un des textes qui, dans le discours mainstream allemand, reste largement sous le radar. Il émane de l’analyste américaine Jennifer Kavanagh de Defense Priorities (https://www.defensepriorities.org/opinion/conceding-donet...) et remet en question une hypothèse qui est également considérée comme acquise ici: que la question « Donbass oui ou non ? » n’est pas une perspective de solution, mais une simplification analytique. La guerre n’a pas été lancée à cause des territoires — et elle ne peut pas être terminée en résolvant la question des territoires.
Pendant des mois, l’administration Trump, selon Kavanagh, a défendu une équation simple: concessions territoriales de Kiev contre garanties de sécurité occidentales. Cette approche a été notamment portée par Steve Witkoff, qui a déclaré que la question des territoires était le dernier obstacle sur la voie de la paix. C’est cependant ici que réside l’erreur de raisonnement. Réduire le conflit à des cartes géographiques, c’est passer à côté de sa nature en tant qu’affrontement militaire-stratégique autour d’espaces de sécurité, autour d'un contrôle pour éviter toute escalade et toute logique d’alliance.

Le point central de l’analyse est donc sobre — et d’un point de vue sécuritaire, impératif:
Un cessez-le-feu stable n’est possible que si les causes structurelles de la guerre sont traitées. Ces causes ne résident pas dans le simple contrôle de certaines régions, mais dans des questions relevant d'une architecture de sécurité de dimension européenne: rapports de force militaires, zones de stationnement, de portées balistiques, appartenance à une alliance et profondeur stratégique.
Kavanagh argumente logiquement : même une concession territoriale de Kiev ne marquerait pas la fin, mais seulement le début de négociations substantielles. Il s’agirait alors: 1) de la taille des forces ukrainiennes et de l’orientation qu'elles prendraient, 2) d’un statut de non-alignement formellement établi, 3) d'un contrôle des armements et 4) de questions d’ordre politique intérieur. Le territoire ne serait alors plus un objectif, mais au mieux un facteur tactique dans un cadre de sécurité plus global.
On peut contredire l’auteure sur certains détails — par exemple sur la confusion entre Donetsk et le Donbass. Mais cela est secondaire. Ce qui est plus important, c’est autre chose: pour la première fois, la partie américaine reconnaît sérieusement que cette guerre ne peut pas être analysée isolément, mais qu’elle est l’expression d’une question fondamentale de sécurité qui n’a pas été résolue en Europe depuis des années.
De ce point de vue, il devient évident qu'une stratégie de négociation qui mettrait l’accent sur les seules questions territoriales resterait superficielle. Ce qu’il faudrait, c’est un retour aux instruments classiques de la politique de sécurité et de contrôle des armements: règles de neutralité, limitations des forces armées, transparence sur l’infrastructure militaire, accords sur la non-stationnement de certains systèmes d’armes.
Le point devient politiquement sensible lorsque les think tanks américains parlent encore d’un rôle «médiateur» de Washington. Du point de vue européen — et encore plus du point de vue allemand — cette vision est problématique. Les États-Unis ne sont pas un observateur extérieur, mais un acteur central avec ses propres intérêts stratégiques. Ces intérêts ne sont pas automatiquement alignés avec les besoins de sécurité de l’Europe.
Pour l’Allemagne en particulier, ce point est crucial. Car les conséquences de cette guerre — économiques, énergétiques, sécuritaires — touchent directement l’Europe. Un ordre de paix européen reposant uniquement sur des garanties de sécurité transatlantiques reste structurellement instable.
Il ne suffit donc pas d’émettre des déclarations politiques en faveur de la fin de l’expansion de l’OTAN vers l’Est. La stabilité ne se construit pas par la rhétorique, mais par des règles vérifiables et contractuellement fixées.
#géopolitique@affaires_mondiales_par_elena
14:58 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ukraine, europe, affaires européennes, actualité |
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mardi, 03 février 2026
Odessa, clef de voûte du conflit russo-ukrainien

Odessa, clef de voûte du conflit russo-ukrainien
Andrea Marcigliano
Source: https://electomagazine.it/odessa/
On en parle très peu... voire pratiquement pas du tout, dans ces journaux uniformisés que sont désormais nos grands médias.
Pourtant, ce serait une nouvelle à la une. Une nouvelle fondamentale.
Odessa est prise dans les anneaux d'un python. Et elle étouffe peu à peu.
Et Odessa représente la clé de voûte du conflit russo-ukrainien. L'objectif final visé par le Kremlin.
C'est le principal débouché maritime de l'Ukraine. Une ville portuaire, traditionnellement cosmopolite, mais fondamentalement russe dans ses fondements. Elle a été donnée à Kiev pour lui permettre d'avoir un débouché important sur la mer Noire. À une époque pas si lointaine, celle des Soviets. Mais elle a toujours été un monde à part. Fondamentalement étrangère à l'Ukraine, terre agricole, sans aucune projection ni vocation maritime.

Le dessein stratégique du Kremlin est évident. La conquête d'Odessa signifie réduire ce qui reste de l'Ukraine à un petit État purement continental et enclavé. Sans débouchés sur la mer. Et donc sans projection internationale.
De plus, Odessa représente la possibilité de créer une continuité entre le territoire russe et la Transnistrie. Cette province moldave russophone et rebelle s'est proclamée indépendante, refusant la politique pro-européenne de Chisinau.
Une indépendance de fait, protégée par les troupes russes.
La stratégie russe pour conquérir Odessa progresse lentement. Avec un calme délibéré, sans accélérations, sans offensives violentes.
Poutine veut la ville portuaire, mais pas un bain de sang. Ce qui serait pire qu'inutile. Carrément contre-productif.
D'autant plus que la majorité des habitants, russes et autres, attendent avec impatience l'arrivée des Russes. Considérés comme des libérateurs de l'oppression de Kiev.
La conquête russe signifierait, par ailleurs, un retour d'Odessa au rang de grand port sur la mer Noire.
Un rôle qui, pour l'instant, est paralysé par l'embargo russe, qui ne laisse pratiquement passer aucun navire marchand à destination du port.
Une stratégie d'étouffement bien précise. Et fonctionnelle.
Il faut d'ailleurs rappeler que des navires de l'OTAN arrivaient à Odessa, sous faux pavillon et sous de faux prétextes, pour apporter des armes et des drones aux Ukrainiens. Un ravitaillement de guerre qui a désormais été stoppé.
Poutine rencontre Trump. Il se déclare prêt à négocier avec Kiev. Il serre des mains et sourit.
Cependant, il n'a pour l'instant aucune intention d'accepter un cessez-le-feu.
Du moins, pas avant d'avoir pris Odessa.
Alors, probablement, il y aura un tournant dans cette terrible guerre.
Et le conflit, alors, et alors seulement, touchera à sa fin.
21:12 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : odessa, ukraine, actualité, europe, mer noire, affaires européennes |
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mercredi, 21 janvier 2026
Protéger l’Ukraine pour protéger le Groenland? Sur la logique du document de la DGAP allemande sur la «Doctrine Donroe»

Protéger l’Ukraine pour protéger le Groenland?
Sur la logique du document de la DGAP allemande sur la «Doctrine Donroe»
Elena Fritz
Source: https://t.me/global_affairs_byelena
La Société allemande pour la politique étrangère (DGAP) a publié début 2026 un mémo (https://dgap.org/en/research/publications/donroe-doctrine-requires-firm-calm-response-europe), qui, sous le mot-clé de «Doctrine Donroe», étudie la politique extérieure de la deuxième présidence de Donald Trump.
Ce document mérite l’attention – non pas parce qu’il convainc nécessairement, mais parce qu’il montre de manière exemplaire comment la politique étrangère allemande est actuellement pensée, encadrée et priorisée.
Tout d’abord, voyons l'argumentation du mémo.
L’autrice décrit la politique extérieure de Trump comme une rechute dans une pensée typique du 19ème siècle: nationaliste, imprégnée de christianisme, ouvertement orientée vers la puissance. Le terme «Doctrine Donroe» doit illustrer que Trump réinterprète la doctrine classique de Monroe – qui consiste à protéger l’hémisphère occidental – de façon renouvelée, plus débridée et plus explicite que les gouvernements américains précédents. Trois éléments la caractérisent: d’abord, un mépris ostentatoire pour les normes internationales; ensuite, un «mercantilisme musclé», où les gains économiques sont garantis et sécurisés par la puissance militaire; et enfin, une approche politique reposant expressément sur le court terme, qui relègue la stabilité, les alliances et les effets secondaires au second plan.

De cette analyse découle une mise en garde sur le plan de la sécurité pour l’Europe – notamment en ce qui concerne le Groenland. Même si une annexion est considérée comme peu probable, la région est interprétée comme un cas-test de la projection de puissance américaine. L’Europe doit donc agir de manière unie, souligner son autonomie et tenter de « faire comprendre » ses intérêts en matière de sécurité aux Américains.
Jusqu’ici, le document reste dans le cadre d’une analyse classique des risques. L'étape décisive intervient cependant ensuite – et c’est précisément là que commence le problème.
En effet, la DGAP conclut que l’Europe – et implicitement l’Allemagne – doit poursuivre résolument et approfondir son soutien à l’Ukraine pour contrer d’éventuelles ambitions expansionnistes américaines. La politique envers l’Ukraine devient ainsi une clé stratégique: preuve de la capacité d’action européenne, signal de fermeté face à Washington, et expression d’un réel sujet politique.
Ce lien stratégique constitue le point névralgique du mémo.
Car c’est ici que différents espaces conflictuels, intérêts et logiques de pouvoir sont connectés de manière fonctionnelle, sans qu’une causalité sécuritaire solide soit établie. Pourquoi des livraisons d’armes et un soutien financier durable à Kiev doivent-ils, en particulier, permettre d’atténuer les ambitions américaines dans l’Atlantique Nord, reste inexpliqué. L'Ukraine n’est pas traitée comme un problème de sécurité autonome, mais comme un instrument symbolique universel de la puissance européenne.
Cela nous amène à la question des intérêts.
Contrairement à certaines critiques, le mémo de la DGAP définit clairement les intérêts européens – et donc aussi les intérêts allemands. Selon lui, ils résident dans le maintien de l’ordre basé sur des règles, dans la cohésion européenne et dans une continuité politique crédible, incarnée principalement par la politique envers l’Ukraine. C’est cohérent – mais extrêmement réducteur.
Car les intérêts allemands ne sont pas formulés comme le résultat d’une priorisation ouverte, mais comme une déduction d’un postulat d’ordre. Divers champs politiques – Arctique, Europe de l’Est, relations transatlantiques – ne sont pas évalués séparément, mais regroupés normativement. Les coûts, risques et alternatives pour l’Allemagne elle-même restent peu analysés : c'est-à-dire les coûts politiques, énergétiques, économiques, fiscaux, sécuritaires.
La politique extérieure apparaît ainsi moins comme un instrument de défense des intérêts de l’État que comme une épreuve de fidélité à l’ordre. Toute déviation ne met pas en danger une position concrète mais toute la crédibilité européenne.
C’est précisément là que réside le danger de telles logiques issues de think tanks. Elles remplacent l’évaluation stratégique par des chaînes d’arguments moralement connotés. Elles relient les conflits, plutôt que de les désolidariser. Et elles définissent la capacité d’agir politique non pas par la réalisation d’objectifs, mais par la continuité d'une attitude.
Conclusion :
Le document de la DGAP est moins une analyse de la politique extérieure américaine qu’un miroir de l’auto-affirmation européenne. Il montre comment les intérêts allemands sont actuellement pensés: fortement liés à l’ordre en place, faiblement priorisés, très symboliques. Mais si l’on veut réellement orienter la politique extérieure allemande selon des intérêts nationaux, il faut précisément commencer ici – et reposer la question à laquelle le mémo répond trop vite :
Qu’est-ce qui sert concrètement l’Allemagne – et qu’est-ce qui sert surtout une certaine vision du monde en matière de politique extérieure ?
19:24 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : politique internationale, europe, affaires européennes, ukraine, groenland, allemagne |
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jeudi, 15 janvier 2026
Venezuela et Ukraine: deux visages de la même guerre

Venezuela et Ukraine: deux visages de la même guerre
par Costantino Ceoldo
Costantino Ceoldo explique comment l’enlèvement de Maduro et l’agressivité de l’Ukraine révèlent la véritable nature de “l’ordre fondé sur des règles”.
Le Venezuela n’existe plus
Suite à l’enlèvement de son président légitime, Nicolás Maduro, et de toute sa famille, le 3 janvier 2026, le Venezuela n’existe plus en tant que nation, car sa souveraineté n’existe plus. L’expérience politique de la République bolivarienne, si chérie et défendue par Hugo Chávez, qui a travaillé sans relâche pour restaurer la dignité des peuples indigènes et des travailleurs du Venezuela, touche douloureusement à sa fin à cause de nombreuses trahisons internes, bien rémunérées.
Les mouvements quotidiens de Maduro étaient connus à l’avance, et son escorte, apparemment composée de loyalistes interchangeables, a été facilement éliminée. Aucune roquette anti-aérienne portable n’a été tirée par les forces de défense vénézuéliennes à Caracas, et les hélicoptères américains ont pu voler à basse altitude et en toute impunité en effectuant leur mission. Comment ne pas voir qu'il y a eu trahisons dans l’armée, les services secrets et tout l’appareil de sécurité vénézuélien dans la façon dont l’enlèvement de Nicolás Maduro a été orchestré par les Américains?
Le président Maduro a été élu deux fois lors d’élections régulières, et les candidats pro-américains ont été rejetés à chaque fois par la majorité écrasante de la population vénézuélienne. Les accusations selon lesquelles Maduro aurait été le marionnettiste du trafic de drogue vers les États-Unis, ou même qu’il possédait des armes automatiques utilisées contre des citoyens américains (sic), sont risibles. Il s’agit de pétrole, de minéraux et de géopolitique.

Les ressources pétrolières et minières du Venezuela seront à nouveau pillées par des multinationales américaines (principalement) et quelques autres entreprises étrangères (de pays vassaux de Washington, y compris l’Italie, qui a depuis longtemps cessé d’être honteuse de son statut de soumission). Vendu sur les marchés internationaux, seuls des miettes des profits immenses issus du pillage des ressources vénézuéliennes reviendront au peuple vénézuélien, tandis que la nation sera dominée par une bourgeoisie collaboratrice locale qui s’enrichira sans limites.
Les États-Unis ont donc enlevé le président Maduro et c'est là un nouvel avertissement à d’autres pays d’Amérique latine: ils ne doivent jamais se faire d’illusions en pensant qu’ils peuvent décider de leur destin, de leur vie et de leur politique. C’est l’“ordre fondé sur des règles”, version américaine, mais c'est en réalité la loi du plus fort, et cela marque la fin de toute illusion concernant le soi-disant “droit international”, comme l’a souligné le philosophe russe Alexandre Douguine.
Il y a un autre aspect important. Le grand général iranien Qasem Soleimani, un génie stratégique et logistique, a été assassiné de manière traîtresse par Trump le 3 janvier 2020 (exactement six ans, jour pour jour, avant l'enlèvement de Maduro). Grâce à ce stratège iranien, à ses efforts infatigables et à ses capacités extraordinaires, la République islamique d’Iran a pu contourner les sanctions imposées par Washington pendant de nombreuses années. L’un des éléments clés du plan de Qasem était le Venezuela, qui s’est révélé ces dernières années comme un nœud crucial d’un réseau international permettant à l’Iran de vendre son pétrole sous embargo et d’acquérir des technologies critiques.
Il ne faut pas beaucoup d’imagination pour comprendre que si le pétrole vénézuélien revient aux mains des Américains et envahit le marché mondial, l’économie iranienne, déjà sous pression aiguë en raison de sanctions inhumaines depuis des années, en souffrirait davantage. En regardant plus loin, on peut facilement supposer que si le pétrole vénézuélien coulait librement et en grande quantité, le prix mondial d’un baril de pétrole chuterait radicalement—même si Téhéran fermait le détroit d’Hormuz et bombardait les champs pétrolifères des monarchies du Golfe Persique, comme cela a été rapporté dans le passé, notamment lors de la guerre de 12 jours menée par Israël contre les ayatollahs iraniens pendant l'été 2024.
L’enlèvement de Nicolás Maduro et de sa famille, ainsi que son futur procès-bidon à New York — où, apparemment, les procureurs ne sont plus si indésirables pour Donald Trump — constitue une étape supplémentaire dans la guerre directe et par procuration d’Israël contre la République islamique d’Iran. Les prochains mois révéleront à quel point le destin de cette ancienne et noble nation sera tragique.

Zelensky, l’assassin
Lors du réveillon du Nouvel An, un drone ukrainien a frappé un restaurant à Khorly, dans l’oblast de Kherson, d'une bombe incendiaire, tuant 27 civils qui célébraient la nouvelle année et en blessant 31 autres, dont cinq enfants. Étant donné que les victimes étaient des Russes vivant sur un territoire sous administration russe, les médias occidentaux ont accordé peu d’attention à l’incident et l’ont largement ignoré: aucune indignation, aucune “prise de position”, aucun rappel des droits de l’homme violés.
Les civils meurent dans toutes les guerres, et même les forces armées russes ont causé des pertes parmi la population civile ukrainienne; c’est le prix de la guerre. Cependant, il y a une différence entre la mort inévitable de civils en tant que dommages collatéraux lors d’opérations militaires qui ne les ciblent pas spécifiquement, et le fait de les traquer comme des proies dans l’espoir de provoquer une réaction disproportionnée de la part de l’ennemi.
Les forces armées ukrainiennes ne sont pas étrangères à de telles attaques et ont, par le passé, lancé des drones ou tiré des roquettes HIMARS sur des cibles civiles, touchant même des immeubles résidentiels qui ne comportaient pas d’objectifs militaires, souvent en pleine nuit, lorsque les civils étaient les plus vulnérables car endormis.
Les forces armées ukrainiennes, et par leur intermédiaire l’OTAN, se vengeaient des défaites subies sur le champ de bataille. L’attaque du réveillon à Kherson a suivi de quelques heures une attaque massive contre une résidence présidentielle russe, avec des drones ukrainiens partant de Sumy et de Chernihiv. L’objectif apparent était d’éliminer Vladimir Poutine dans une frappe précise et décapante.
Au début de l’Opération militaire spéciale, Zelensky, l’ancien comique connu pour ses performances vulgaires, aurait aussi pu être décapité, et cela aurait probablement été mieux ainsi. Naftali Bennett, alors Premier ministre d’Israël, aurait appelé Poutine et l’aurait convaincu de ne pas continuer. Poutine a donné sa parole et l’a toujours tenue. Est-il encore logique de garantir la survie de Zelensky après tout ce qui s’est passé ?
La rhétorique de l’OTAN vacille, Trump déteste Zelensky et aimerait le remplacer par quelqu’un qu’il trouve plus agréable, et l’Europe elle-même pourrait ne pas survivre à une victoire russe, comme l’a soutenu Simplicius sur son Substack. Donc, plus la guerre dure longtemps, plus les termes de paix seront pires pour l’Ukraine, et plus les pertes en vies humaines, infrastructures et territoires que Kiev sera contraint d’accepter seront importantes.
J’écris “Kiev”, mais il est désormais évident que l’Ukraine est captive d’une bande de fous et de meurtriers locaux, perdus dans leurs propres illusions néo-nazies. Ce sont des instruments de la folie idéologique et transhumaniste qui domine les élites autoproclamées du Occident collectif.
La victoire de Moscou doit être claire et écrasante. Pour l’instant, cependant, nos pensées vont seulement — douloureusement — aux victimes de Khorly, qui ne pourront plus jamais embrasser leurs proches et qui attendent maintenant une véritable justice.
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vendredi, 26 décembre 2025
Escalade sans limite: pourquoi l’UE veut croire à la guerre

Escalade sans limite: pourquoi l’UE veut croire à la guerre
Elena Fritz
Source: https://t.me/global_affairs_byelena
L’ancien conseiller à la sécurité nationale Michael Flynn formule une accusation (https://x.com/i/status/2002518869609431458 ) qui touche au cœur de l’architecture du pouvoir occidental: la pression pour promouvoir l’escalade vis-à-vis de la Russie ne vient pas de Moscou – mais des structures occidentales de sécurité et d’intérêts elles-mêmes.
Le déclencheur a été l’intervention de la coordinatrice du renseignement américain Tulsi Gabbard, qui a publiquement contredit la thèse selon laquelle la Russie planifierait de prendre le contrôle total de l’Ukraine. Rien que cette rupture avec le récit établi constitue une transgression du tabou. Flynn va plus loin – et nomme acteurs et motifs.

La thèse centrale de Flynn (photo) – synthétisée:
La CIA agit en collaboration avec le MI6 britannique et certaines parties de la bureaucratie sécuritaire européenne pour stabiliser un conflit permanent avec la Russie. Non par nécessité de défense, mais parce que le conflit est institutionnellement utile: pour les budgets, l’influence et la présence politique.
La logique structurelle:
- Les appareils sécuritaires ont besoin d’une menace.
- Sans escalade, pas de légitimité, pas de moyens, pas de projection de puissance.
- La “guerre sans fin” n’est donc pas une erreur, mais un état du système.
Flynn fait référence à l’Afghanistan et à l’Irak : 20 ans d’engagement, des milliards de coûts, une perte de prestige – sans conséquence stratégique.
L’UE comme accélérateur:
Ce qui est particulièrement frappant, c’est l’indication de Flynn que la volonté d’escalade vient aujourd’hui plus de l’Europe que des États-Unis. Alors que certaines élites américaines sont fatiguées de la guerre, l’Europe agit de plus en plus comme un vecteur moral de la confrontation – sur les plans politique, financier, rhétorique.
L’analyse du Premier ministre hongrois Viktor Orbán entre en jeu ici. Il dit ce qui, à Bruxelles, est considéré comme inavouable:
Une partie de la politique européenne croit sérieusement qu’un État doté d’armes nucléaires peut être vaincu dans une guerre conventionnelle. « Bonne chance », dit Orbán sèchement.
L’illusion dangereuse:
Orbán désigne trois groupes moteurs:
- Les fabricants d’armes qui veulent la guerre à tout prix.
- Les banques qui misent sur l’accès aux actifs russes.
- Et les politiciens qui ne sont pas suffisamment lucides pour voir où cette logique s’arrête. Sa conclusion est sombre: il ne faut pas compter sur une régulation en temps voulu par les élites européennes.
La dimension américaine:
Flynn appelle Donald Trump à rester ferme. Le public américain n’est pas prêt à financer une nouvelle guerre par procuration, encore moins le président ukrainien Volodymyr Zelensky, que Flynn qualifie délibérément de “petit dictateur”. Cette provocation n’est pas un hasard, mais une tentative de briser l’immunité morale de Zelensky.
Synthèse:
Ce qui se profile ici, ce n’est pas une question de narratifs, mais de puissance économique et géopolitique.
L’Europe joue avec l’illusion d’une “guerre non nucléaire” contre la Russie.
Flynn et Orbán confirment, sous différents angles, la même chose: le moteur de l’escalade se trouve en Occident lui-même.
Qui le contrôle et qui en profite ?
#géopolitique@global_affairs_byelena
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lundi, 22 décembre 2025
Les 90 milliards qui n’existent pas – le financement de l’Ukraine par l’Europe comme placebo politique

Les 90 milliards qui n’existent pas – le financement de l’Ukraine par l’Europe comme placebo politique
Elena Fritz
Bron: https://pi-news.net/2025/12/90-milliarden-die-es-nicht-gi...
"Merci, cher Friedrich !": L’Ukraine, le pays le plus corrompu du monde, reçoit de l’UE un prêt sans intérêt de 90 milliards d’euros.
Les décisions nocturnes du Conseil européen nous laissent surtout une impression: celle d’un théâtre politique destiné à donner une illusion d’action, là où il ne reste pratiquement plus d’espace de manœuvre. Beaucoup de problèmes semblent résolus, beaucoup de déclarations paraissent grandes – mais en y regardant de plus près, il reste étonnamment peu de substance.
Commençons par le supposé rassurant: les avoirs d’État russes gelés en Europe restent intacts. Malgré des mois de débats, de charges morales et de menaces politiques, Bruxelles n’a finalement pas osé franchir cette ligne juridique. Cela n’est pas tant l'expression de principes propres à l’État de droit, mais plutôt la reconnaissance que la confiscation formelle d’actifs étrangers serait un précédent dangereux – pour le marché financier européen, la confiance des investisseurs internationaux et la crédibilité fragile des garanties de propriété occidentales.
Au lieu de cela, on a présenté un chiffre qui capte mieux l’attention dans les médias: 90 milliards d’euros pour 2026 et 2027, "provenant du budget de l’UE". C’est là que commence le problème.
Car ce budget de l’UE existe déjà – et il est largement planifié. Le cadre financier pluriannuel 2021-2027 comprend au total 1074 milliards d’euros, soit environ 153 milliards par an. Pour l’Ukraine, aucune ligne budgétaire spécifique n’est prévue. Si l’on mobilisait effectivement 90 milliards d’euros en deux ans, cela représenterait jusqu’à 30% du budget annuel – une ampleur qui bouleverserait fondamentalement la structure financière actuelle de l’UE.
Le budget de l’UE n’est pas un simple coffre-fort, mais le résultat de compromis politiques. Il est principalement alimenté par les contributions de quelques payeurs nets – notamment l’Allemagne, la France, l’Italie et l’Espagne – et finance des politiques classiques de l’UE: subventions agricoles, projets de transport et d’infrastructure, développement régional. De grands bénéficiaires comme la Pologne en profitent tout particulièrement en chiffres absolus, tandis que des pays comme l’Estonie en profitent en proportion de leur PIB.
Un déplacement massif en faveur de l’Ukraine entraînerait donc inévitablement des perdants au sein de l’UE. Ce que ce vote nocturne ne dit pas. Reste à voir si les programmes existants seront coupés, si de nouvelles dettes seront contractées ou si les règles du budget seront simplement assouplies. Jusqu’à présent, le budget de l’UE est officiellement en équilibre; un déficit structurel serait politiquement délicat et, du moins juridiquement, nécessiterait des explications.

Il n’est donc pas exclu qu’un troisième scénario se dessine: que la référence au "budget de l’UE" soit avant tout rhétorique – un signal politique sans financement assuré. Un simple marqueur pour gagner du temps.
Dans ce contexte, le mécanisme de remboursement choisi est particulièrement révélateur. L’Ukraine remboursera les fonds lorsque la Russie versera des réparations. Cela semble juridiquement net, politiquement élégant – mais c'est économiquement une fiction. En réalité, il s’agit de subventions assorties d’une promesse morale de remboursement. Personne à Bruxelles ne compte sérieusement sur un tel paiement.
Il ne reste donc du grand vote qu’une seule chose: un report. La question fondamentale – qui doit financer à long terme le budget de l’État ukrainien et ses besoins militaires – n’a pas reçu de réponse, mais à été reportée à l’avenir. Chaque euro devra être négocié durement, avec une opposition intérieure croissante dans les États payeurs nets.
L’UE voulait montrer sa détermination, mais a plutôt révélé son épuisement financier. Le problème central n’est pas le manque d’argent, mais le manque de sincérité quant aux limites du possible.
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jeudi, 18 décembre 2025
Comment Blackrock intervient dans la guerre en Ukraine

Comment Blackrock intervient dans la guerre en Ukraine
Meinrad Müller
Source: https://pi-news.net/2025/12/wie-blackrock-im-ukrainekrieg...
Pourquoi Larry Fink, le PDG de Blackrock, se retrouve soudainement à la table des négociations de paix ? La réponse simple : le gros argent gouverne le monde.
La revue économique allemande WirtschaftsWoche titrait jeudi en grosses lettres: «Pourquoi le PDG de Blackrock est soudainement à la table des négociations en Ukraine». Habituellement, seuls les participants au conflit siègent à la table. BlackRock était-il donc un participant à la guerre? Car si même un journal économique sérieux devient aussi explicite, cela signifie que l’ordre des choses a été profondément bouleversé.
Larry Fink gère avec BlackRock un patrimoine de plus de dix mille milliards de dollars. C’est du pouvoir. Du pouvoir pur. L’argent a toujours été l’arme la plus efficace, à toutes les époques, dans toutes les guerres. Si Fink déplace ne serait-ce qu’une petite pièce d’échecs, cela provoque un séisme, plus qu’un vote dans une assemblée parlementaire.

Un joueur de poker avec des as dans la manche
Fink est là comme un joueur de poker avec un paquet d’as dans la manche. Il pose ses atouts sur la table, et tout le monde voit ce que cela signifie: la carte supérieure l’emporte. Depuis 2022, Fink téléphone régulièrement à Zelensky. Alors que l'on comptait les morts à la guerre sur le front, en coulisses, des discussions sur la reconstruction étaient déjà en cours.
Le 10 novembre 2022, l’Ukraine et BlackRock ont signé une déclaration d’intention à Washington. BlackRock devait aider à élaborer un grand fonds de reconstruction, avec de l’argent public et privé, soigneusement organisé en paniers d’investissements.
Fink a obtenu des informations d’initié en première main
C’est ce dont un gestionnaire de fonds a besoin. Combien de temps la guerre va durer, quelles infrastructures ont été détruites et le seront encore. Où se trouvent l’énergie et les matières premières. Sur le marché boursier, on dit qu’il faut acheter quand les canons tonnent, vendre quand les violons jouent des airs de paix. C’est exactement comme cela que ça se passe. Le rouble circule dans la guerre, et il circule encore plus tard dans la paix. Blackrock maîtrise les deux. Et il méprise la morale dans la recherche de rendement.
Mais cette déclaration d’intention a été le coup d’envoi d’un modèle économique qui rapporte deux fois. D’abord via l’industrie de l’armement, qui affiche des chiffres record. Ensuite via la reconstruction, lorsque le pays détruit est organisé en paquets d’investissements. Énergie, routes, usines d’eau, terres agricoles, peut-être plus tard des mines et des terres rares. Selon la Banque mondiale, le coût de la reconstruction est estimé à au moins 500 milliards de dollars. Ce n’est pas un programme d’aide de la Croix-Rouge, c’est un marché du siècle.

Corruption à l’échelle XXL
Voici à quoi ressemble la corruption quand elle ne se cache pas dans de petites enveloppes, mais dans un format bien plus vaste, qui se chiffre en milliards. On appelle cela de bonnes affaires. Les contrats sont en ordre, les cabinets d’avocats en tirent profit, tout est formellement correct. Mais le schéma reste le même. Fink a vu les ruines, les morts, les villes en flammes. Et il sait qu’il encaissera dans les deux phases. D’abord quand la guerre fait rage, puis lors des contrats qui s'ensuivront.
Il est assis à la table et il calcule. Combien de centrales électriques doivent être remplacées. Combien de ponts, combien de routes, combien d’années de péages et de taxes. Les gens voient des décombres. Fink voit des flux de trésorerie.
Qui est Meinrad Müller?
Auteur pour le site PI-NEWS, Meinrad Müller (71 ans), entrepreneur à la retraite, commente divers thèmes liés à la politique intérieure, économique et étrangère pour divers blogs en Allemagne. Originaire de Bavière, il aborde principalement des sujets rarement mentionnés dans la presse mainstream. Ses livres humoristiques et satiriques sont disponibles sur Amazon. Vous pouvez retrouver ses contributions précédentes sur le site PI-NEWS ici: https://pi-news.net/tag/meinrad-mueller/ et son blog privé ici: https://www.info333.de/p/ .
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mardi, 16 décembre 2025
La République tchèque se désengage de la guerre en Ukraine

La République tchèque se désengage de la guerre en Ukraine
Source: https://mpr21.info/la-republica-checa-se-desentiende-de-l...
Le soutien financier à l’Ukraine continue de diviser les pays membres de l’Union européenne. C’est une partie de poker. Alors que Bruxelles étudie de nouvelles astuces pour «aider» Kiev, la position annoncée à Prague par le futur chef du gouvernement contraste avec la politique d’Ursula von der Leyen et de ses alliés.
Le futur Premier ministre tchèque, Andrej Babiš, a déclaré que la République tchèque ne participerait pas aux garanties que la Commission européenne envisage pour soutenir le financement de l’Ukraine. «Nous n’accepterons aucune garantie pour quoi que ce soit et nous ne contribuerons pas financièrement», a-t-il déclaré.
Cette déclaration intervient à un moment où les dirigeants de l’Union européenne s’apprêtent à débattre d’un plan de prêts, fondé sur la confiscation des actifs russes gelés, tout en intégrant des garanties nationales.
Babiš a renvoyé la question à la Commission européenne, lui indiquant qu’elle devrait explorer d’autres voies pour obtenir du soutien. La position tchèque ajoute une contrainte politique supplémentaire à un moment où plusieurs États cherchent à mettre en place un mécanisme pour prolonger autant que possible la souffrance de l’Ukraine.
Depuis le début de la guerre, les pays européens ont soutenu Kiev par divers moyens: aide budgétaire, prêts, assistance humanitaire, relogement des réfugiés, livraison d’équipements militaires via des initiatives nationales et des mécanismes européens, formation des troupes ukrainiennes, communications satellitaires, entre autres.
L’Union européenne a également mis en place des instruments financiers pour contribuer au fonctionnement de l’État ukrainien, en parallèle des efforts bilatéraux engagés par plusieurs capitales du continent.
Depuis janvier, les États-Unis se sont désengagés de l’Ukraine, estimant que la guerre est perdue. Cette situation a accru la pression sur l’Europe pour qu’elle établisse des solutions de financement plus régulières et moins dépendantes des tiers, ce qui explique l’intérêt croissant pour des accords reposant sur le vol des actifs russes et des garanties publiques.
Le refus annoncé par Prague ne met pas fin aux négociations, mais complique la recherche d’un accord solide sur un mécanisme où les États membres seraient obligés de partager une partie du risque. L’Union européenne devra désormais gérer des positions nationales tout en tentant de maintenir l’aide sans dépenser l’argent qu’elle ne possède pas.
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lundi, 08 décembre 2025
Pour une préhistoire de la poudrière ukrainienne

Pour une préhistoire de la poudrière ukrainienne
Peter Backfisch
Source: https://opposition24.com/politik/pulverfass-ukraine-die-v...
L’éditeur „Wörner-Medien“ publie avec le livre Pulverfass Ukraine - Die Vorgeschichte (= "La poudrière ukrainienne - la préhistoire") un ouvrage précieux sur les événements qui ont suivi l’effondrement de l’Union soviétique. Les auteurs Roland Fritzsche et Oleg Nikiforov, ce dernier ayant déjà abordé cette thématique en 2021 dans le livre „Poutine – hier, aujourd’hui et demain – La Russie en route vers les grandes nations du monde“, publié chez Gerhard Hess Verlag (v. ci-contre), donnent dans ce livre de près de 300 pages une analyse détaillée des raisons de l’«opération militaire spéciale» de la Russie.
Celle-ci est devenue un conflit sans issue, semblant ne pas pouvoir mener à une paix durable. Pour comprendre comment cela a pu arriver, il ne suffit pas de décrire le déroulement de la guerre; un regard sur le passé est indispensable. C’est précisément ce que font les auteurs, avec une grande expertise quant aux contextes historiques.

Origines historiques
Pour comprendre le présent, Fritzsche et Nikiforov remontent jusqu’aux 10ème et 12ème siècles de l’histoire russe, non pas pour légitimer par des concepts tels «Monde russe» ou «Monde ukrainien» leur existence, approfondir la division actuelle ou opposer les peuples, mais pour souligner qu’en connaissant l’histoire commune de la Russie ancienne, on peut également poser des jalons conduisant à l’unité et à la coexistence. Les auteurs placent en centre de leur analyse les événements des 110 dernières années. Ils se concentrent donc sur les bouleversements après la dissolution de l’URSS; en fin de compte, l’Ukraine n’est devenue un État stable que dans le cadre de l’URSS, ses frontières étant floues et soumises à diverses influences politiques.
Histoire oubliée
Avec les bouleversements historiques de 1990/1991, l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN est intensément discutée en Occident comme étant une „garantie de sécurité“ nécessaire. C’est pourquoi, en plus des développements bilatéraux entre ces deux États, le rôle de l’OTAN de l’époque doit aussi faire l’objet d’une analyse approfondie. Les auteurs s’y emploient avec compétence, avec une vision objective nécessaire, en essayant, dans leur analyse approfondie et professionnelle, de comprendre les deux parties.
Dans les prédictions du politologue américain Zbigniew Brzezinski, „La seule superpuissance mondiale“, publié en 1997, ils perçoivent parfaitement le plan imaginé par l’Occident d’intégrer durablement et pour toujours l’Ukraine dans sa sphère d’influence. „Sans l’Ukraine en tant qu’allié ou partie intégrante de la Russie, Moscou perdrait son statut de grande puissance européenne“, écrit Brzezinski. Il plaidait pour une adhésion rapide de Kiev à l’UE et à l’OTAN. En même temps, il décrit le retour de l’Ukraine sous contrôle russe comme une menace pour l’Occident. Cette vision est rejetée par les auteurs, qui la considèrent comme la cause de l’escalade.
Ils abordent la situation à la veille de la guerre. Le manque d’instruments pour préserver la paix a finalement conduit à la guerre et a des conséquences graves pour la société russe et ukrainienne à ce jour.
Les accords contractuels, traités, y compris les résolutions de l’ONU, sont analysés en détail. Que s’est-il passé en 2014? Comment Yanoukovitch est-il arrivé au pouvoir, pourquoi et comment a-t-il été renversé? Quel rôle ont joué les différentes forces à Kiev? Les événements de Maidan et de la Crimée sont décrits en détail. L’influence occidentale a alimenté la conflit de manière durable. Dans leurs analyses, les auteurs critiquent aussi à plusieurs reprises la politique de la Russie, notamment concernant le déroulement de „l’opération spéciale militaire“, comme „le verdict général est que l’objectif principal de l’opération spéciale n’a pas été atteint et que la guerre s’éternise.“ Aujourd’hui, une situation est survenue qui ne peut probablement pas être résolue par des moyens militaires et qui possède un potentiel pour une guerre mondiale. Malgré cette impasse apparente, les auteurs proposent un scénario: „comment pourrait se présenter une voie vers la paix“, en insistant toutefois sur la nécessité de prendre en compte les propositions de la Russie.
Pour commander le livre: https://woerner-medien.de/pulverfass-ukraine-die-vorgesch...

Qui est Peter Backfisch?
Peter Backfisch, né en 1954, est pédagogue diplômé et a travaillé 40 ans dans une organisation (ONG) du secteur social. Il a notamment été conseiller auprès du conseil d’administration pour la politique internationale. De plus, jusqu’en 2004, il a travaillé en Afrique du Nord, au Moyen-Orient et dans les États de la CEI en tant que collaborateur indépendant pour diverses organisations internationales. Depuis 2019, il écrit en tant qu’auteur indépendant, notamment pour Junge Freiheit, Abendland, Wochenblick, Attersee Report et Tumult en ligne.
13:46 Publié dans Actualité, Affaires européennes, Livre, Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, ukraine, europe, affaires européennes |
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