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mercredi, 11 février 2026

L’éveil du Japon à la multipolarité - L'archipel se soustrait à l’ombre américaine

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L’éveil du Japon à la multipolarité

L'archipel se soustrait à l’ombre américaine

Constantin von Hoffmeister

Les élections pour la Chambre des représentants du Japon ont rendu un verdict d’une clarté sans pareille. Le centre-gauche s’est effondré, ses rangs se sont réduits à de simples fragments. Plus des deux tiers de ses sièges ont disparu, un événement de portée historique. Le Parti libéral-démocrate nationaliste (PLD), dirigé par la Première ministre Sanae Takaichi, est sorti de la compétition électorale pour devenir une force dominante après s'être conquis une part record des votes. Le public a choisi la fermeté politique plutôt que la dérive, la souveraineté plutôt que la tutelle, et la continuité identitaire plutôt que les abstractions alambiquées, prônées par les idéologues atlantistes.

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Dans les derniers jours avant le scrutin, des commentateurs libéraux ont lancé les alarmes habituelles. Des colonnes, dans les journaux, évoquaient le spectre de l'autoritarisme et utilisaient un langage rituel autrefois employé dans toute la sphère occidentale chaque fois qu’un pays sortait du cadre convenu. Mais ces avertissements se sont dissous au contact de la réalité. Le PLD est passé de 198 à 316 sièges. Avec son allié, le Parti de l’innovation du Japon, la majorité gouvernementale a obtenu 352 mandats et une super majorité des deux tiers dans la chambre de 465 sièges. De tels chiffres confèrent une autorité sur la législation, le budget et le rythme de la vie nationale. La procédure parlementaire reflète désormais la volonté d’une population prête à agir en tant qu’État-civilisation plutôt qu’en tant que province administrative au sein d’une structure de sécurité américaine.

Ce résultat revêt une signification bien au-delà de l’arithmétique partisane. Une ère multipolaire avance à grands pas dès que les cultures anciennes retrouvent une capacité stratégique. Le Japon prend sa place parmi les pôles de grande profondeur historique et se prépare à l’émergence d’un concert de puissances souveraines. Washington a longtemps considéré le Pacifique comme un lac géré par ses soins, par ses alliances structurées autour de la dépendance, par ses bases disposées comme des rappels permanents de 1945. L’électorat japonais a signalé sa fatigue face à cet arrangement. Une nation avec des millénaires de mémoire cherche un partenariat entre égaux, que ce soit à travers l’Eurasie ou dans l’ensemble de l’Indo-Pacifique, plutôt que la subordination à un ordre occidental unipolaire en déclin.

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La constitution japonaise de 1947.

La nouvelle majorité détient les voix nécessaires pour ouvrir le débat sur une révision de la Constitution de paix de 1947. Cette charte est née durant l’occupation, façonnée par les impératifs américains, et a enfermé le Japon dans un cadre de retenue stratégique. Une révision marquerait un tournant psychologique : le passage du pacifisme supervisé vers une souveraineté mature. La théorie multipolaire considère de telles transitions comme essentielles. Chaque pôle doit disposer d’une défense crédible, d’une autonomie industrielle, d’une confiance culturelle et de la capacité à dissuader la coercition. La réarmement, dans cette optique, devient moins un geste d’agression qu’une déclaration qui affirme que l’histoire a repris son rythme pluriel.

L’énergie politique s’est concentrée autour de Takaichi elle-même. Elle a convoqué les élections en avance sur le calendrier, demandé au peuple son jugement, et l’a reçu en plénitude. Sa présence — directe, vive et indiscutablement distincte du ton gestionnaire de ses nombreux prédécesseurs — a captivé l’imaginaire public. Les foules ont répondu avec l’ardeur autrefois vue lors de la montée insurgée de Junichiro Koizumi (photo, ci-dessous) deux décennies plus tôt. Le leadership, en période de recalibrage civilisationnel, se condense souvent en une figure. L’électorat reconnaît dans une seule personne la possibilité d’un réveil national.

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Les critiques qualifient cette personnalisation de dangereuse. Leur anxiété révèle un attachement plus profond à la neutralité procédurale, une doctrine exportée dans le monde entier durant l’ère libérale. Pourtant, la politique, dans chaque culture durable, puise sa force dans les mythes, les symboles et les émotions collectives. Le réalisme multipolaire soutient que les nations prospèrent lorsque leur classe dirigeante parle dans l’idiome de leur propre tradition plutôt que dans le dialecte standardisé d’une technocratie mondiale. Une idée du nation émotionnellement résonante renforce la cohésion à une époque marquée par des blocs continentaux et la compétition entre grandes puissances.

Les débats sur la sécurité tournent de plus en plus autour de la Chine, présentée dans les commentaires occidentaux comme la menace du siècle, la mieux organisée. Le Japon aborde cette question d’un point de vue plus complexe. La géographie garantit la proximité ; l’histoire encourage la prudence ; la stratégie exige un équilibre. Un Tokyo souverain peut poursuivre la fermeté parallèlement à la diplomatie, cultivant l’équilibre à travers l’Asie plutôt que servant d’instrument avancé pour l'endiguement voulu par les Américains. La multipolarité prospère par des relations calibrées entre puissances voisines, conscientes que la stabilité se manifeste par la reconnaissance mutuelle plutôt que par la pression hégémonique.

L’expansion fiscale, la volatilité monétaire et la hausse des rendements obligataires font partie du paysage économique. De telles pressions accompagnent tout État qui choisit l’autonomie stratégique, car les marchés financiers reflètent souvent les préférences du noyau atlantiste. Pourtant, le Japon dispose de ressources internes redoutables: maîtrise technologique, discipline sociale, culture de l’épargne, rares dans les économies avancées. Une politique économique axée sur le développement national, le renouvellement des infrastructures et la résilience industrielle peut transformer la turbulence à court terme en force à long terme.

L’élection a également porté au pouvoir le Parti de la participation politique, dont la présence parlementaire est passée de deux à quinze sièges, tandis que l’Alliance réformatrice centriste a connu une chute spectaculaire, passant de 167 à 49 sièges. Le Parti communiste a perdu la moitié de ses représentants. Ce schéma suggère une consolidation plus large autour des questions de souveraineté, d’identité et d’orientation stratégique. Les systèmes de partis dans le monde entier montrent des réalignements similaires à mesure que les électeurs s’adaptent à la fin de l’uniformité idéologique imposée durant les décennies de la prépondérance unipolaire.

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Les observateurs qui craignent pour la démocratie assimilent souvent le pluralisme à une conformité aux normes libérales occidentales. La pensée multipolaire propose une définition plus riche: une démocratie authentique est l’expression authentique d’un peuple façonné par sa propre dynamique civilisatrice. La poussée du Japon s’inspire de la continuité impériale, du devoir communautaire, de la retenue esthétique et d’une éthique guerrière raffinée au fil des siècles. Ces éléments coexistent avec des institutions modernes et donnent naissance à une forme politique distincte des modèles américains.

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Le poète samouraï Yukio Mishima évoquait la beauté associée à la discipline, d’une nation dont la vitalité émane de l’unité de la culture et de la défense. Son acte final, dramatique, présenté comme un appel à la restauration de l’honneur, résonne encore comme un avertissement contre une prospérité purement matérielle. Il imaginait un Japon conscient de son âme, prêt à la protéger. À l’ère multipolaire, sa vision acquiert une actualité renouvelée. La souveraineté culturelle, en plus de l’indépendance militaire et économique, constitue l’un des piliers du pouvoir durable.

Derrière le langage mesuré des comités et de la stratégie, vit un autre Japon, où le soleil brille clairement et où l’épée reflète sa lumière. La force apparaît comme une beauté disciplinée dans la forme ; la souveraineté comme une posture de l’esprit avant qu’elle ne devienne un instrument de l’État. Pendant des décennies, l'archipel nippon s'est reposé sous un parapluie nucléaire étranger, la prospérité s’est étendue alors que l’instinct guerrier dormait d'un sommeil léger et ne s'éteignait pas. Maintenant, l’histoire le remue à nouveau. La nation sent que la dignité exige plus que le confort ; elle appelle à la préparation, à l’autodiscipline et à la volonté de durer. Comme une lame doucement dégainée de son fourreau, le pouvoir acquiert du sens par la retenue, la mémoire et la résolution silencieuse de rester debout plutôt que de s’agenouiller sous son propre ciel.

À travers l’Eurasie et au-delà, le schéma se répète. Les États-civilisations émergent, chacun ancré dans la mémoire, la langue et l’ethnie. Le siècle américain recule devant l’histoire qui se remet en marche; un ordre polycentrique prend forme. Le Japon, longtemps limité par l’architecture de la dépendance d’après-guerre, signale désormais sa volonté de s’affirmer comme un pôle pleinement réalisé: autodirigé, enraciné culturellement et engagé avec le monde par la réciprocité plutôt que par la soumission.

mercredi, 04 février 2026

Cinq élections qui pourraient bouleverser la donne politique en Occident

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Cinq élections qui pourraient bouleverser la donne politique en Occident

Peter W. Logghe

Source: https://www.facebook.com/peter.logghe.94

L'année 2026 sera une année électorale et donc potentiellement une année clé pour les démocraties européennes. Qu'il s'agisse de sécurité, d'énergie, de changements géopolitiques, de souveraineté ou de migration, ces élections auront un impact sur l'UE. En avril 2026, les Hongrois éliront un nouveau parlement. Depuis 2010, Orban a réussi, avec sa coalition de centre-droit Fidesz-KDNP, à remporter quatre élections consécutives. Budapest est devenue une plaque tournante du conservatisme européen.

Orban a notamment mené une politique migratoire restrictive, ce qui lui a valu des sanctions juridiques, des pressions financières et politiques de la part de l'UE. Et pour la première fois, toute l'opposition hongroise se rallie derrière une seule figure, Peter Magyar et son parti Tisza, pour défier Orban. Tisza appartient au groupe PPE et se montre très pro-UE. Une défaite d'Orban sera perçue comme un succès stratégique des institutions et de la politique de l'UE.

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Les États-Unis d'Amérique, la Suède, la Slovénie et l'Allemagne

Les élections de novembre 2026 aux États-Unis, les élections dites de mi-mandat, sont également importantes. Il s'agit d'un test crucial pour Donald Trump, car il ne dispose que d'une faible majorité à la Chambre des représentants. Il peut jouer plusieurs atouts : la croissance économique, la lutte contre l'immigration clandestine, la guerre contre la drogue, les interventions à l'étranger. Cela suffira-t-il à lui permettre de conserver sa majorité ou va-t-il la perdre ? Et surtout, quelles en seront les conséquences pour l'Europe ?

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Les Suédois éliront un nouveau parlement en septembre 2026, après quatre ans de gouvernement au cours desquels les Démocrates suédois ont pu influencer la politique migratoire et sécuritaire en accordant leur soutien au gouvernement de centre-droit. Seront-ils récompensés pour cela ? Les récents sondages indiquent que les sociaux-démocrates ont la faveur des électeurs. Y aura-t-il un nouvel accord avec les conservateurs en Suède ? En Slovénie, le populiste de droite Janez Jansa (photo) espère revenir au pouvoir avec son parti SDS après les élections de mars. Cela signifierait un renforcement du bloc de droite en Europe de l'Est.

Enfin, plusieurs élections régionales auront lieu en Allemagne, où les « etablierte Parteien » (les partis établis) observent avec inquiétude la montée en puissance du parti populaire Alternative für Deutschland. Dans certains Länder est-allemands, l'AfD dépasse largement les 35% des intentions de vote, si l'on en croit les sondages. Non, nous ne nous ennuierons certainement pas sur le plan politique en 2026.

mardi, 13 janvier 2026

Quatre bons points pour le RN

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Quatre bons points pour le RN

par Georges Feltin-Tracol

2025 a été l’annus horribilis du RN pour trois principales raisons. D’abord, son fondateur indirect, Jean-Marie Le Pen, s’est éteint le 7 janvier 2025. Ensuite la condamnation en première instance avec exécution provisoire et l’impossibilité théorique de se présenter à la prochaine élection présidentielle pour Marine Le Pen en est la deuxième.

De cette décision judiciaire inique, le système médiatique spécule et travaille sur l’hypothèse d’une rivalité sous-jacente entre Marine Le Pen et Jordan Bardella. Il aimerait répéter le fâcheux précédent de 1997–1998 entre Jean-Marie Le Pen et Bruno Mégret. Inéligible à la suite du traquenard de Mantes-la-Jolie pendant les élections législatives anticipées de 1997, le «Menhir» pensait ne pas pouvoir conduire la liste du FN aux européennes de 1999. N’entendant pas y investir son délégué général, le président du FN pensait plutôt mettre en première place son épouse Jany. Largement relayée par la presse, cette question attisa les dissensions entre les deux hommes, ce qui accéléra la crise cataclysmique de 1998.

Les commentateurs politiques s’échinent dès à présent à monter la présidente du groupe RN à l’Assemblée nationale contre son dauphin putatif. La première tiendrait un discours populiste social-étatiste tandis que le second exprimerait une sensibilité plus identitaire et libérale, quitte à concurrencer sur ce terrain Marion Maréchal d’Identité-Libertés et le tandem de Reconquête! Sarah Knafo–Éric Zemmour. Quant au niveau institutionnel – c’est la troisième raison -, le Premier ministre Sébastien Lecornu écarte volontiers le RN de toutes négociations sérieuses. Dédaigné et toujours soumis au «cordon sanitaire sénile», le RN doit se remettre en question en matière programmatique, en particulier dans la perspective des élections municipales de mars 2026.

Le RN semblerait toutefois avoir compris la nécessité d’avoir des conseillers municipaux nombreux afin d’obtenir un modeste groupe au Sénat lors de son renouvellement triennal en septembre 2026. Il révise par conséquent sa stratégie dans certaines circonstances spécifiques.

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Acquéreur de la marque RPR (Rassemblement pour la République) à l’Institut de la propriété intellectuelle, Franck Allisio (photo), député de la XIIe circonscription des Bouches-du-Rhône (Vitrolles–Marignane–Berre-l’Étang), se porte candidat à la mairie centrale de Marseille. Face au maire sortant social-wokiste Bruno Payan, du député LFI Sébastien Delogu et de Martine Vassal, présidente issue de la soi-disant droite modérée de l’intercommunalité Marseille–Aix Métropole et du conseil départemental, Franck Allisio a compris tout l’intérêt de s’allier avec un poids lourd local, le sénateur identitaire Stéphane Ravier.

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Élu au palais du Luxembourg depuis 2014, Stéphane Ravier (photo), ex-RN et ex-Reconquête!, interpelle sur la réalité évidente du grand remplacement démographique. Marseillais d’abord, il a su susciter dans la cité phocéenne une «galaxie» associative et militante très active. Le duo Allisio–Ravier (qui n’est pas candidat à cette élection) pourra-t-il remporter la deuxième ville de France malgré toutes les difficultés qui découleront de cette victoire de la part des narco-cartels puissants et de services préfectoraux capables de saboter la moindre mesure audacieuse ?

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Les responsables locaux du RN ont l’intelligence tactique de s’allier avec d’autres forces identitaires. Ainsi trouve-t-on un rapprochement louable en Corse. Pour le plus grand mécontentement de Florian Philippot, plus que jamais national-républicain, le RN, présent sur l’«Île de Beauté», vient de sceller une alliance avec Mossa Palatina (« Mouvement palatin ») de Nicolas Battini. Appelé «Union des patriotes», ce regroupement inattendu contraint le président autonomiste du conseil exécutif de la collectivité territoriale de Corse, Gilles Simeoni, à poser sa candidature à la mairie de Bastia.

Ancien soutien d’Éric Zemmour en 2022, Nicolas Battini s’affirme libéral et identitaire corse. Cet ancien indépendantiste privilégie maintenant une large autonomie interne dans le cadre français. Il déplore que le nationalisme corse tant dans sa composante régionaliste–autonomiste que dans son expression indépendantiste conserve un discours marxiste, tiers-mondiste et immigrationniste. La relative émergence électorale de Nicolas Battini aux législatives de 2024 (4,25 % des suffrages en Haute-Corse) confirme le virage identitaire d’une part de l’électorat corse. Il sera très intéressant d’analyser les résultats de cette entente à l’approche des élections territoriales de 2028. Si le RN, centralisateur parisien, reconnaissait enfin la caractère poly-culturaliste enraciné des peuples de France, et pas seulement en Outre-mer, ce serait une véritable révolution intellectuelle. Pas sûr que les caciques du RN acceptent ce tournant impensable pour eux et néanmoins indispensable…

L’avant-dernier bon point remonte au 3 janvier dernier sur le réseau social X. La «candidate naturelle» du RN à la prochaine présidentielle, Marine Le Pen, exprime par un tweet cinglant sa réaction à l’opération militaro-policière d’enlèvement du chef de l’État vénézuélien Nicolas Maduro. Tout en critiquant le régime bolivarien qu’elle qualifie de «communiste, oligarchique et autoritaire», elle désapprouve l’action des États-Unis d’Amérique au nom de ses principes souverainistes. «Il existe une raison fondamentale pour s’opposer au changement de régime que les États-Unis viennent de provoquer au Venezuela, écrit-elle. La souveraineté des États n’est jamais négociable, quelle que soit leur taille, quelle que soit leur puissance, quel que soit leur continent. Elle est inviolable et sacrée. Renoncer à ce principe aujourd’hui pour le Venezuela, pour n’importe quel État, reviendrait à accepter demain notre propre servitude. Ce serait donc un péril mortel, alors que le XXIe siècle est déjà le théâtre de bouleversements géopolitiques majeurs qui font planer sur l’humanité le risque permanent de la guerre et du chaos».

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Par cette condamnation, la présidente du groupe RN à l’Assemblée nationale renoue pour la circonstance avec la vision géopolitique de l’ancien Front national. Elle se souvient très certainement qu’à rebours d’une opinion publique travaillée par la désinformation médiatique, Jean-Marie Le Pen s’opposait en août 1990 contre l’intervention occidentale en Irak et se rangeait aux côtés d’autres réfractaires au «nouvel ordre mondial» tels Michel Jobert ou Jean-Pierre Chevènement. Sa réaction a surpris certains commentateurs qui ont oublié qu’elle demeure une souverainiste stato-nationale convaincue.   

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Auparavant, début décembre 2025, Jean-Philippe Tanguy (photo), député de la IVe circonscription de la Somme (Abbeville), sort de son champ de compétence dans lequel il excelle – le budget et l’énergie – et réclame une révision des politiques publiques sur la prostitution dans l’Hexagone. La grasse presse subventionnée se gausse alors de cet intérêt soudain pour la «maquereau-économie». Elle aurait dû au contraire noter la continuité. Le FN était jadis hostile à la «police des braguettes». Pour sa part, le RN s’est toujours opposé à l’abjecte loi de 2015 qui pénalise les clients des prostituées et plonge ces dernières dans l’insécurité permanente.

La suggestion de Jean-Philippe Tanguy fait bondir les féministes que Brigitte Macron traite avec raison de «SC». Fidèles à leur idéologie misandre, ces démentes rêvent d’interdire la prostitution elle-même. Et pourquoi pas le froid, le gel et l’hiver ? L’élu de la Somme envisage des lieux coopératifs autogérés par les travailleuses (et pourquoi pas les travailleurs?) du sexe. Il devrait surtout s’inspirer de la Suisse et de la Belgique où le sexe tarifé est légal et bien sûr taxé selon les communes depuis une loi du printemps 2022.

Dans Charlie Hebdo du 18 décembre 2025, l’ineffable Gérard Biard juge cette proposition d’«anti-française». Une remarque saugrenue de la part d’un archétype caricatural de l’anti-France qui exige la légalisation des drogues! Jean-Philippe Tanguy a-t-il sciemment choquer l’esprit bourgeois d’une gauche cosmopolite et d’un extrême-centre mondialiste terrifiés par les accords conclus à Marseille et en Corse? L’Opposition nationale retrouverait-elle l’esprit salutaire de la provocation? En ce début d’année, émettons ce modeste souhait!    

GF-T

  • « Chronique flibustière », n° 180.

lundi, 27 octobre 2025

Le "mur coupe-feu" continue d’agiter les esprits en Allemagne – quelques faits

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Le "mur coupe-feu" continue d’agiter les esprits en Allemagne – quelques faits

Peter W. Logghe

Source: https://www.facebook.com/peter.logghe.94

Le ‘mur coupe-feu’, utilisé systématiquement comme un instrument antidémocratique, choque tellement que même le SPD appelle à briser le cordon sanitaire. Face à l’augmentation des pourcentages de l’AfD dans divers sondages, des dirigeants du SPD ont demandé à la CDU de modifier sa politique du ‘mur coupe-feu’ – mais uniquement en ce qui concerne Die Linke. Le ministre de l’Intérieur de Thuringe, Georg Maier (SPD), a déclaré au quotidien allemand Handelsblatt que diverses clauses d’incompatibilité, énoncées au sein de la CDU, empêchent la formation de majorités stables. Et c’est pourquoi l’AfD gagne de plus en plus d’adhérents.

Le contexte derrière tout cela sont les récents sondages dans le Land allemand de Saxe-Anhalt: l’AfD pourrait obtenir 40 % des voix, la CDU environ 26%. Un gouvernement sans l’AfD ne peut exister qu’avec une coalition incluant Die Linke. Mais la clause d’incompatibilité de la CDU empêche une telle coopération. « Il s’agit d’une nécessité realpolitisch », disent aussi Sebastian Fiedler et Sebastian Roloff. Donc: avec Die Linke. La seule autre option, mais posée comme « impossible », serait une collaboration « avec les ennemis de la démocratie, comme le parti d’extrême droite AfD ». La ‘tolérance’ de la gauche ne fait qu’aggraver le fossé social en Allemagne.

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La base locale de la CDU voit cela autrement: le mur coupe-feu, c’est n’importe quoi !

Stefan Kerth, président du district CDU en Vorpommern-Rügen, a demandé dans une vidéo à son parti de briser le cordon sanitaire contre l’AfD. Littéralement: « Le mur coupe-feu, c’est n’importe quoi, il n’a fait que renforcer l’AfD » (dans le journal local Ostsee-Zeitung). Non, ce que la CDU doit faire maintenant, c’est établir des conditions pour une coopération avec l’AfD: « La CDU veut faire avancer les choses, mais le cordon empêche tout changement de cap. » Et il a ajouté: « Pourquoi la CDU ne formule-t-elle pas des conditions pour une coopération? Dire quelles personnes, quelles activités, quels points du programme l’AfD doit abandonner?».

La CDU doit s’ouvrir à des coalitions et des partenariats en dehors des partis de gauche, et très rapidement: «Mieux vaut le faire maintenant, tant que nous pouvons encore en définir les accents et la direction». Kerth a échangé en 2023 sa carte de membre du SPD contre celle de la CDU à cause de la politique migratoire. Il a déjà déclaré qu’aucun changement fondamental de cap sur la migration n’est possible sans l’AfD. Depuis 2015, l’Allemagne a perdu le contrôle, et les partis de gauche ne traiteront jamais la problématique migratoire en profondeur, car ils la minimisent toujours.

Kerth ne voit aucun danger dans une participation au gouvernement de l’AfD: « Dans notre proximité, gouvernent des partis de droite et des nationalistes, des collègues de l’AfD. Et pourtant, le monde ne s’est pas effondré ! Et c’est précisément l’Allemagne, très sensible à l’histoire, qui retomberait immédiatement dans des affres similaires à celle qui existaient sous le Troisième Reich s'il n'y avait pas le cordon sanitaire? Je n’y crois plus. » Par ailleurs, d’autres politiciens CDU/CSU plus éminents s’expriment également en faveur de la levée du mur coupe-feu contre l’AfD, comme l’ancien ministre de la Défense Karl-Theodor zu Guttenberg, l’ancien secrétaire général de la CDU Peter Tauber et le président du comité des valeurs de base de la CDU, Andreas Rödder.

lundi, 13 octobre 2025

Chaos permanent en France: un mauvais présage pour l'Allemagne et l'Europe

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Chaos permanent en France: un mauvais présage pour l'Allemagne et l'Europe

Paris. Nouveau coup de théâtre chez nos voisins : après seulement 27 jours en fonction, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé lundi sa démission. Le pays va ainsi avoir son sixième chef de gouvernement en deux ans, et le quatrième en douze mois. Lors de son entrée en fonction en septembre, Marine Le Pen, du Rassemblement national, avait prédit que Lecornu serait la « dernière cartouche » de Macron.

Comme la plupart de ses prédécesseurs, Lecornu a lui aussi échoué en raison de l'instabilité chronique qui règne à l'Assemblée nationale à Paris. Le parti du président Macron n'y représente plus qu'un petit groupe parlementaire, coincé entre les grands blocs de gauche et de droite. Le Rassemblement national de Marine Le Pen forme certes le groupe le plus puissant, mais il reste exclu de la formation du gouvernement – une réplique du « mur de feu » (ou cordon sanitaire) allemand.

Le camp de gauche est quant à lui fragile. Il dispose certes de plus de sièges que le Rassemblement National en raison du scrutin majoritaire français, mais il est fragmenté en plusieurs groupes parlementaires et exige de Macron une politique radicale de gauche qu'il ne peut soutenir.

Macron n'a désormais plus que deux options : soit il intègre le Rassemblement national de Le Pen au gouvernement, ce qui, dans l'état actuel des choses, l'obligerait à céder le poste de vice-président à Jordan Bardella, le protégé de Marine Le Pen, soit il organise de nouvelles élections, lors desquelles le Rassemblement national devrait encore renforcer sa position.

Cette crise ne marque pas vraiment un tournant dans la politique française. Le chaos est depuis longtemps institutionnalisé dans ce pays voisin. Elle est toutefois un signe avant-coureur pour l'Allemagne voisine. Elle montre en effet où mènent les « murs coupe-feu » idéologiques (les "cordons sanitaires"). Les différences entre le scrutin majoritaire français et le scrutin proportionnel allemand sont finalement négligeables : même le système électoral allemand, qui offre depuis un certain temps des résultats électoraux impressionnants à l'AfD, pourrait conduire à long terme à une situation instable si les partis traditionnels s'accrochent à leur « mur coupe-feu ». Même de légers changements dans les résultats électoraux pourraient contraindre l'Union et la SPD à former une nouvelle coalition avec les Verts. Les conséquences éventuelles en sont d'ores et déjà connues. (mü)

Source: Zu erst, octobre 2025. 

dimanche, 05 octobre 2025

République tchèque - Un signal clair : les premiers dépouillements montrent une victoire électorale écrasante des patriotes

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République tchèqueUn signal clair: les premiers dépouillements montrent une victoire électorale écrasante des patriotes

Source: https://unzensuriert.at/312060-klares-signal-erste-stimma...

La République tchèque connaît un tournant politique: l'ancien Premier ministre Andrej Babiš devrait remporter une victoire électorale écrasante avec son mouvement ANO (« Oui ») et s'apprête à revenir à la tête du gouvernement.

Le parti frère du FPÖ nettement en tête

Après dépouillement d'environ la moitié des voix, ANO est clairement en tête avec 38,3% des suffrages, devant la coalition libérale-conservatrice au pouvoir Spolu du Premier ministre Petr Fiala, qui n'obtient qu'environ 20 % des voix.

Les deux autres partis patriotiques obtiennent également de bons résultats. Le parti "Motorists", associé à l'ANO et au FPÖ au sein du groupe européen « Patriots for Europe », recueille actuellement 7,1% des voix, tandis que le SPD (« Liberté et démocratie directe »), qui fait partie du même groupe européen que l'AfD allemande, en recueille 8,3%.

Changement d'orientation politique à Prague

Les Tchèques montrent ainsi clairement qu'ils en ont assez de l'explosion des prix, de la bureaucratie européenne et d'un gouvernement qui se soucie davantage de l'Ukraine, de la politique sociale de gauche et de Bruxelles que de sa propre population.

Cette élection est considérée comme le signe d'un changement d'orientation politique en Europe centrale. Outre les gouvernements hongrois et slovaque, la République tchèque va désormais exiger davantage d'autonomie et moins d'idéologie de gauche à Bruxelles.

Babiš, la voix du peuple

Pendant la campagne électorale, Babiš s'est présenté comme l'antithèse d'un establishment déconnecté de la réalité, responsable de la forte inflation et de la baisse du pouvoir d'achat. Selon lui, le chef du gouvernement, Fiala, « a laissé tomber la population et gaspillé des milliards, alors que les familles ont du mal à payer leurs factures de chauffage ».

Dans ce contexte, la guerre en Ukraine a été un thème central de la campagne électorale. Babiš a annoncé la fin de la controversée « initiative tchèque sur les munitions », qui finançait les livraisons d'armes à Kiev.

Une politique pour son propre pays

« Nous devons nous occuper de nos propres citoyens et attendre que la guerre soit terminée », a-t-il déclaré. Dans le même temps, il a annoncé son intention de relancer le groupe de Visegrád, c'est-à-dire la coopération étroite entre la République tchèque, la Slovaquie, la Hongrie et la Pologne, afin de renforcer un bloc souverain d'Europe centrale au sein de l'UE qui s'oppose aux directives paternalistes de Bruxelles.

Malgré sa proximité avec Viktor Orbán et Robert Fico, Babiš rejette les accusations selon lesquelles il souhaiterait mener une politique «pro-russe». Il souligne lui-même ne pas être un ami de Poutine, mais plutôt un admirateur de Donald Trump. Sa position: Prague doit définir ses propres intérêts, et non Washington, Bruxelles ou un autre pays.

Une coalition gouvernementale de droite probable

Si le dépouillement des votes confirme les résultats actuels, les partis patriotiques formeront ensemble la majorité au Parlement à Prague.

Babiš, Tomio Okamura du SPD et Petr Macinka du nouveau mouvement des « motoristes », qui s'opposent fermement à la politique climatique de l'UE et militent pour un renforcement des compétences nationales, pourraient former un gouvernement patriotique de droite.

samedi, 04 octobre 2025

Les Cent jours de Merz: bilan d'un échec

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Les Cent jours de Merz: bilan d'un échec

Berlin. Cent jours se sont écoulés depuis l'entrée en fonction officielle de la coalition noire-rouge de Merz (= chrétiens-démocrates et socialistes). De nombreux électeurs sont désormais complètement désabusés et doivent se rendre à l'évidence que le changement politique promis ne se concrétise pas. Le gouvernement Merz poursuit sans discontinuer la politique ratée de ses prédécesseurs de la coalition « feu tricolore ». Merz, qui s'était présenté pour « réduire de moitié » l'AfD, s'est révélé être un exécutant sans volonté du programme gauche-vert – et a contribué à l'envolée inattendue de l'AfD.

Tous les problèmes fondamentaux du pays continuent de s'aggraver sous la coalition noire-rouge. L'immigration massive n'est pas stoppée, la désindustrialisation progresse et le pillage des contribuables pour des projets idéologiques se poursuit sans relâche. De nombreux secteurs de l'économie ont désormais perdu tout espoir et délocalisent de plus en plus leurs activités à l'étranger.

Le pouvoir réel reste entre les mains des forces qui mènent l'Allemagne dans la mauvaise direction depuis des décennies. S'appuyant sur le dogme du « mur coupe-feu » (= du "cordon sanitaire") et sur des structures parallèles centrées autour d'ONG généreusement subventionnées, les idéologues de gauche tiennent fermement les rênes. L'État de droit et la démocratie sont systématiquement sapés, tandis que le seul parti d'opposition sérieux est menacé d'interdiction. Cela ne reflète pas l'État de droit allemand, qui a déjà beaucoup souffert sous la ministre de l'Intérieur de gauche Nancy Faeser.

Mais la voix du peuple souverain se fait de plus en plus forte. Malgré toutes les campagnes de dénigrement et d'exclusion, l'AfD est désormais devenue la première force politique du pays dans les sondages. Rien ne pourra l'empêcher d'accéder aux responsabilités gouvernementales.

Le bilan historique du chancelier Merz est bien sûr désastreux. Après seulement cent jours au pouvoir, il entrera dans les annales de la République fédérale comme le président de parti qui aura achevé l'œuvre destructrice de Merkel, comme le fraudeur électoral qui aura facilement éclipsé tous les opportunistes et les girouettes qui l'ont précédé, notamment dans les rangs de l'Union (chrétienne-démocrate), comme l'homme de main d'un front uni de gauche woke inébranlable – et comme un échec sans précédent, laissant aux générations futures une dette colossale et une société en pleine désintégration (rk).

Source: Zu erst, Oct. 2025. 

vendredi, 19 septembre 2025

Le gouvernement Starmer sous pression également à gauche

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Le gouvernement Starmer sous pression également à gauche

Peter W. Logghe

Source: https://www.facebook.com/peter.logghe.94 

Le gouvernement travailliste de Sir Keir Starmer ne subit pas seulement de fortes critiques de la droite, mais aussi de la gauche, d'où de lourds orages menacent. Environ 600.000 personnes manifestent de l’intérêt pour le nouveau projet de parti de Jeremy Corbyn. « Votre Parti est en train de naître ici », peut-on lire sur le site Internet du nouveau parti, même si ce nom, Votre Parti, n’est pas définitif. Mais dès le début, des tensions semblent apparaître entre l’ancien socialiste et ex-chef du Labour, Corbyn, et la jeune députée Zarah Sultana, car la création du nouveau parti de gauche au Royaume-Uni se déroule de manière assez chaotique, comme on peut le remarquer avec humour.

Dans les rangs du Labour, en revanche, personne ne rit, car la création d’un nouveau parti de gauche pourrait bien sceller la perte du vieux parti travailliste lors des prochaines élections. Lors des dernières élections législatives, le Labour n’a recueilli qu’un peu plus d’un tiers des voix britanniques, certes suffisant pour obtenir la majorité au Parlement. Depuis, la situation (économique, politique et migratoire) s’est dramatiquement détériorée pour le Labour. Corbyn a été exclu du parti par Starmer en 2020 pour des propos jugés antisémites.

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Vers une coalition de syndicalistes, d’anciens communistes et d’ennemis d’Israël ?

Le nouveau parti de gauche pourrait devenir un fourre-tout où se retrouveraient des syndicalistes, des anciens communistes, des jeunes socialistes, des pacifistes, des amis de la Palestine et des ennemis d’Israël. « Lorsque nous avons annoncé la création du site Web du nouveau parti, c’était comme une rupture de barrage », a déclaré Corbyn dans une interview au magazine britannique de gauche Jacobin. Le congrès fondateur aura lieu à l’automne. Le journal conservateur Daily Telegraph a affirmé que le nouveau parti serait « une coalition floue d’extrémistes de gauche et d’islamistes soutenant le terrorisme ».

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Zarah Sultana (photo), qui s’est retrouvée sous les feux de la rampe après avoir été exclue du groupe parlementaire travailliste, est la fille de migrants pakistanais et représente South Coventry. Elle envisage de déménager à Birmingham, où vivent de nombreux musulmans. Lors des élections de 2024, de nombreux candidats indépendants pro-palestiniens y ont remporté des sièges et soutiennent désormais le projet de Corbyn.

Le Parti travailliste britannique est profondément divisé en interne à cause du conflit à Gaza, c’est une évidence. Alex Hern, du groupe de pression Labour Against Antisemitism, espère que Sultana « restera en marge de la scène politique ». Starmer, marié à une femme juive, a longtemps adopté une position pro-israélienne, mais a récemment annoncé, sous la pression de l’aile gauche, qu’il soutenait la reconnaissance de l’État palestinien.

Les écologistes aussi pourraient menacer le Labour avec leur nouveau « programme éco-populiste ». L’éclatement de la gauche profite à Reform UK de Nigel Farage. Le journaliste de gauche Paul Mason résume la situation ainsi : « Le nouveau parti de Corbyn va ouvrir la porte du 10 Downing Street à Farage. » Mais : attendons de voir, bien sûr.

jeudi, 11 septembre 2025

Le Parti du progrès norvégien célèbre une victoire historique

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Le Parti du progrès norvégien célèbre une victoire historique

Source: https://report24.news/norwegens-fortschrittspartei-feiert...

Les électeurs norvégiens ont envoyé un signal clair: le Parti du progrès (Fremskrittspartiet), dirigé par Sylvi Listhaug, a obtenu un résultat record aux élections législatives et a plus que doublé son score par rapport à 2021. Avec 23,9 % des voix, le parti atteint pour la première fois une force qui le place clairement comme la deuxième force politique du pays. Mais Silvi Listhaug ne peut pas gouverner pour l'instant.

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Ap-S&D: 28.2% (+1.9)

FrP~ECR: 23.9% (+12.3)

H-EPP: 14.6% (-5.8)

Sp~RE: 5.6% (-7.9)

SV~LEFT: 5.5% (-2.1)

R~LEFT: 5.3% (+0.6)

MDG-G/EFA: 4.7% (+0.8)

KrF-EPP: 4.2% (+0.4)

V-RE: 3.6% (-1.0)

Car si le Parti travailliste du Premier ministre Jonas Gahr Støre reste la force la plus importante avec 28,2 % des voix, il serait incapable d'agir sans ses partenaires de coalition de gauche. Avec les socialistes, les verts et le Parti rouge radical, les sociaux-démocrates s'assurent une majorité étroite mais stable. Une alliance de gauche qui prétend faire basculer la politique norvégienne vers la gauche au cours des quatre prochaines années, et ce, à un moment où de nombreux Norvégiens réclament justement plus d'ordre, de stabilité et de frontières.

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Silvi Listhaug (photo) a réagi avec combativité. Dans un message vidéo, elle a annoncé qu'elle formerait une « opposition constructive », mais a mis en garde contre un déséquilibre historique: «Malheureusement, il n'y a pas eu de changement de gouvernement et nous assistons maintenant à un virage historique à gauche dans la politique norvégienne». Son parti a clairement le soutien des électeurs.

Le fait que les partis établis continuent néanmoins à ériger un rempart de gauche montre à quel point l'élite politique est prête à ignorer l'état d'esprit qui règne dans le pays.

Les élections ont été particulièrement amères pour le Parti du centre, qui a connu une débâcle avec une chute de 13,5 % à 5,6 %. Le parti conservateur Høyre de l'ancienne Première ministre Erna Solberg a également chuté, enregistrant l'un des pires résultats de son histoire. Alors que Silvi Listhaug pouvait célébrer son succès, les autres forces bourgeoises ont reculé. Cela explique pourquoi, malgré le succès du Parti du progrès, cela n'a pas suffi pour changer le rapport de force.

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Le véritable champ de bataille de cette élection a toutefois été la politique migratoire. Silvi Listhaug avait mobilisé ses troupes en exigeant clairement une politique d'immigration plus restrictive et un changement de cap inspiré par les normes danoises. De nombreux électeurs se sont sentis concernés. Mais dans le même temps, les Verts ont réussi à tirer profit de la peur suscitée par la force ascendante de Silvi Listhaug: selon une analyse de la radio publique NRK, un tiers des partisans des Verts ont voté pour le parti écologiste de gauche uniquement pour contrebalancer Listhaug. Ironiquement, seule la peur de « l'extrême droite » a permis aux alternatives de gauche de survivre. Cette constellation pourrait s'avérer délicate pour l'UE. La Norvège est un fournisseur indispensable de gaz et de pétrole.

Mais alors que Støre et le Parti travailliste misent sur la continuité, les socialistes, les verts et les rouges ne veulent plus autoriser de nouveaux forages. Un conflit politique est donc inévitable, car les intérêts économiques des Norvégiens et des États membres de l'UE sont en contradiction flagrante avec les projets idéologiques de la gauche norvégienne. Silvi Listhaug, quant à elle, aurait proposé une tout autre ligne de conduite: sécurité d'approvisionnement, politique énergétique pragmatique et défense des intérêts nationaux.

Le résultat record du Parti du progrès marque ainsi plus qu'un simple succès d'estime. C'est le début d'une nouvelle ère politique en Norvège, dans laquelle Silvi Listhaug donnera le ton, même depuis les bancs de l'opposition. La question est de savoir combien de temps la majorité de gauche pourra ignorer la pression avant de céder à la réalité.

samedi, 06 septembre 2025

Harald Vilimsky: «Un vote de défiance clair contre von der Leyen et les partis qui la soutiennent»

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Harald Vilimsky: «Un vote de défiance clair contre von der Leyen et les partis qui la soutiennent»

Selon l'Eurobaromètre, seuls 38 % des Autrichiens ont une image positive de l'UE.

Par Harald Vilimsky

Source: https://www.fpoe.eu/vilimsky-nur-38-der-oesterreicher-hab...

« Le dernier sondage Eurobaromètre montre une fois de plus à quel point la confiance des Autrichiens dans l'Union européenne a chuté », a déclaré aujourd'hui Harald Vilimsky, chef de la délégation de la FPÖ. « Seuls 38 % ont encore une image positive de l'UE, ce qui est un constat d'échec pour la soi-disant « communauté de valeurs » qui sévit à Bruxelles. »

Vilimsky attribue cette situation à une série d'erreurs : « Qu'il s'agisse du bellicisme proclamé au lieu d'une politique de paix, des scandales liés aux vaccins et des accords secrets avec Pfizer, des mesures de censure centralisées sur Internet ou des machinations des ONG écologistes et gauchistes financées par l'UE, tout cela façonne l'image de cette UE sous la houlette d'Ursula von der Leyen. »

Vilimsky souligne également la coresponsabilité du gouvernement fédéral actuel d'Autriche dans ces mauvais résultats et l'attribue à son soutien à la politique actuelle de l'UE menée depuis Bruxelles. « Ce qui est particulièrement perfide, c'est que cette politique est activement soutenue par les partis traditionnels au sein du gouvernement fédéral et leurs satellites au Parlement européen. L'ÖVP, la SPÖ et le parti NEOS se font les complices dociles de l'extension du pouvoir et du programme centralisateur de von der Leyen, et s'opposent aux intérêts de la population autrichienne. »

L'un des problèmes les plus urgents reste la crise migratoire non résolue. « Dix ans après la phrase fatidique d'Angela Merkel, « Nous y arriverons » ("Wir schaffen das!"), il apparaît clairement que non, nous n'y sommes pas arrivés. Le nombre de demandes d'asile reste élevé, les expulsions sont rares et nos systèmes sociaux sont massivement surchargés. Le fait que, précisément en Autriche, la migration et l'asile soient le deuxième sujet le plus important pour les gens après l'inflation en dit long. »

Vilimsky a annoncé que la FPÖ et le groupe parlementaire Patriots continueraient à s'opposer aux dérives au niveau européen : « Nous défendons une Europe de la liberté, de la souveraineté, de la démocratie – et une UE qui sert les citoyens, et non l'élite mondialiste. Nous continuerons à dénoncer le centralisme européen et ceux qui en profitent, et à le combattre sans relâche. » Il souligne que seul un contrepoids fort, apporté par la FPÖ et ses alliés européens, permettra de réussir à mettre en place une politique autodéterminée et proche des citoyens.

Qui est Harald Vilimsky?

Chef de la délégation FPÖ au Parlement européen | Membre de la commission des affaires étrangères (AFET) | Membre suppléant de la commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures (LIBE)

lundi, 18 août 2025

Que faire ?

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Que faire ?

Claude Bourrinet

Source: https://www.facebook.com/profile.php?id=100002364487528

Je reprends, comme titre de cette réflexion politique, le fameux intitulé d'un essai de combat de Lénine, programme organisationnel destiné à former un parti fort et soudé, titre lui-même inspiré de celui d'un roman de Nikolaï Tchernychevski, paru en 1863.  Tchernychevski était membre des Narodniki, « ceux du peuple », autant dire « populistes » (le mot vient de Russie), adeptes d'un socialisme fondé sur le Mir (unités paysannes communautaires), et ayant versé dans le terrorisme, le nihilisme.

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On se souvient que la thèse de Lénine est que le prolétariat ne peut devenir spontanément révolutionnaire, même en fondant ses luttes sur des revendications sociales. Il lui faut, pour le guider, un parti hiérarchisé, discipliné, doté d'un programme solide le menant à l'insurrection et au renversement du Capital.

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Cette problématique, comme on dit dans les classes de lycée, est celle qui court en filigrane dans l'essai que publia Emmanuel Todd : Les Luttes de classes en France au XXIe siècle, lui-même clin d’œil au fameux ouvrage de Karl Marx relatif à ce qui est, selon lui, l'identité de la France, à savoir justement et clairement, la lutte de classes. Cette réflexion venait après la révolte des Gilets jaunes, mouvement spontané engendré par un malaise social, qui toucha presque toute la France (à l'exception de la Bretagne et des quartiers de banlieue, et d’une grande partie de la couche intermédiaire de la société – nous tenterons d’expliquer pourquoi), et répondit à la violence étatique féroce par une violence populaire décidée.

Cette éruption d'une lutte collective que l'on pensait improbable ne manqua pas de susciter des interrogations, auxquelles Todd tenta de répondre, notamment celle sur un avenir de luttes ouvrant la perspective d'une sortie par le haut du piège où nous a enfermé le Traité de Maastricht.

Rappelons que, selon Todd, l'instauration d'un centre de décision à Bruxelles, et l'imposition de l'euro, ont ruiné la France, l'ont désindustrialisée, et ont vidé de toute substance vitale la vie politique de la Nation, de sorte que le pays est dirigé par une caste stato-financière qui ne fait qu'exécuter des ordres néolibéraux extérieurs, et, en même temps, se sert comme un camp de pilleurs dans une ville occupée.

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Le paradoxe a été l'absence complète, malgré le résultat inespéré, mais sans lendemain, du référendum de 2005, qui traduisit la résistance à une Europe technocratique et antidémocratique, mais sans esquisse d’une contestation du règne sans partage de l'Euro. La sortie d'une Union européenne qui nous est hostile ne rencontre pas de succès auprès des masses. Cette asthénie, malgré des flambées de violence, surtout dans la banlieue en 2005, laissait présager un assentiment passif à la servitude et, à terme, à la disparition définitive de la France. L’apathie qui a touché la population sidérée par la brutalité d’un dressage cynique de l’État lors de la crise du Covid, appartient à cette espèce de comportement qui semble être la marque de la société postmoderne, et qu’il s’agit d’expliquer (dans le même temps où, américanisation oblige, avec l’aide enthousiaste des médias, du pouvoir, et des grandes firmes, notamment banquières, la masse a semblé adhérer au programme sociétal progressiste, à l’idéologie LGBT, dont on l’a gavée comme une oie grasse).

Or, différents mouvements de masse ont ponctué les derniers lustres. Pour les caractériser, je vais reprendre sommairement, et en partie (il a écrit son essai en 2020) la classification de Todd.

Nous avons eu, d’une part, deux mobilisations, qui ont touché particulièrement les « cadres » et professions intellectuelles et supérieures et une grande partie des professions intermédiaires : celle des « Charlie », et celle de la « Manif pour tous », dont le socle « idéologico-religieux » est le catholicisme « zombie » et ses « valeurs » (nonobstant, pour ce qui est de la première manifestation, l'instrumentalisation cynique par le pouvoir, afin de détourner la colère populaire engendrée par les attaques sociales du pouvoir, ce « détournement » de la rage se traduisant, à droite, par la propension à rejeter la cause des problèmes sur les immigrés, les musulmans, comme on le constate en ce moment, en 2025). La bourgeoisie et semi-bourgeoisie, plus ou moins pratiquante, très sensible aux questions éducative, est celle-là même qui, en 1986, s’était insurgée contre le projet de loi Savary.

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Ce qui s'est passé à partir de 2018, avec les Gilets jaunes, puis, plus tard, avec les manifestations contre les diverses versions de la réforme des retraites (réactions déjà initiées sous les précédents présidents, de même que la jeunesse étudiante s’était soulevée contre le « Contrat de Première Embauche » (CPE) proposé par … Villepin, qui visait à prolétariser – déjà, en 2006 - la jeunesse diplômée), relève d’un soulèvement d'ordre économique et social.

Le « peuple », surtout celui qui travaille (nous en reparlerons), affronte désormais une tendance irrépressible de baisse de plus en plus accélérée du pouvoir d’achat. La paupérisation générale, des cadres et professions dites « supérieures » aux sous-diplômés et sous-qualifiés, est la conséquence de la ruine du pays par l’euro fort et la technocratie financière européiste, et obéit à un cahier des charges néolibéral de dégagement de marges de profits, visant à aligner les populations occidentales sur le sort de celles des pays en développement. Ce qui est presque fait aux États-Unis et en Grande Bretagne, lesquelles nous dessinent notre avenir.

La différence fondamentale, par rapport aux Trente Glorieuses, par exemple, est que l’État jadis redistributeur ne protègent plus ni le peuple, ni la nation, ayant  « oublié » la souveraineté de la patrie, la patrie elle-même, et son rôle d’unification du corps national. L’État est devenu une structure de prédation sans scrupule, au service d’une superstructure supranationale. Tous ses rouages, du Conseil constitutionnel aux administrations locales, œuvrent contre la société, contre le peuple, et contre le pays. Il faut le considérer comme un ennemi, et comme le préconisait Lénine, il faut le briser, pour en construire un autre, au service des gens.

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Ces remarques nous portent à la question du programme politique à suivre, et, par voie logique, à l’organisation qui le proposerait. Or, pour rester marxiste-léniniste avec conséquence, il s’agit de penser à partir de la société telle qu’elle est.

A vrai dire, nous nous trouvons devant un paradoxe, celui de la révolution russe, justement. Car l’on sait que, pour Marx, la Russie était un empire réactionnaire, paysan, attardé, et il ne prévoyait pas, contrairement à ce qu’il espérait de la Grande Bretagne, qu’il dût éclater là-bas une révolution de type communiste. Le prophète s’est ainsi trompé sur toute la ligne, car les pays anglo-saxons, par l’augmentation spectaculaire des moyens de production, ont embourgeoisé la classe ouvrière, qui a adopté l’individualisme et le matérialisme consumériste, tandis que les masses paysannes et prolétariennes russes ont embrassé, en gros, le programme révolutionnaire. Il est vrai que la guerre avait fait des ravages, mais le tronc vermoulu du tsarisme laissait présager une issue tragique.

En est-il de même pour nous ? Le point commun avec la Russie tsariste est que la classe ouvrière est maintenant minoritaire (quelque 18%). Elle l’était de facto en 1900, en Russie, elle l’est devenue, chez nous, après la ruine provoquée par le Traité de Maastricht. Il est difficile de s’appuyer sur les ouvriers d’usine, comme on le faisait, dans la banlieue rouge de 1960, en France, ou du Nord et de l’Est. La banlieue est verte, désormais.

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C’est le RN qui rassemble les ouvriers. Près de 50 % de son électorat. C’est bien sûr un vote de colère, et la disparition du PCF a rendu cette traduction d’extrême droite possible. D’autre part, cette adhésion frontiste correspond à un besoin, suite à l’humiliation subie par le peuple, à partir des années Mitterrand et du « tournant » néolibéral de la gauche morale, de mépriser ceux qu’on suppose se trouver au-dessous de soi, les immigrés. Autrefois, le combat visait le haut : on était contre le pouvoir des dominants. Maintenant, comme une cascade, chaque couche sociale ne possède le sentiment d’exister qu’en écrasant de sa morgue, par une sorte de racisme, la couche inférieure : la caste stato-financière honnit tout le monde, les Professions supérieures, cadres et diplômés Bac + 4 ou 5, snobe agressivement les supposés « béotiens », ceux qui ne savent pas ce qui est bon pour l’avenir radieux, les couches très défavorisés haïssent les immigrés, ou fils et petits-fils d’immigrés, et les 50 % restants, la couche dite « intermédiaire », du bac professionnel au bac + 2, se pense supérieure, parce que, grâce à l’allongement de la scolarité, qui ne porte pas à rencontrer la réalité, on l’a gavée de poncifs qui lui font croire qu’elle est dans le camp du Bien.

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Politiquement, nous avons donc un RN solidement campé sur la haine et le ressentiment, un macronisme qui joue sur les craintes des retraités, et prospère sur la suffisance des catégories dites supérieures (on peut y inclure certifiés et agrégés), qui ont l’air de profiter de la mondialisation, et qui sont sclérosées par leurs certitudes savantes de diplômés en série, et, fluctuant dans le marais de la couche intermédiaire, que l’on va analyser, les partis « sociétaux » comme le PS, les Verts et LFI, à l’électorat volatile.

Cette couche intermédiaire, malaisément identifiable parce qu’elle est très individualiste et fluctue avec les modes idéologiques surtout made in USA, est sociologiquement et quantitativement la grande victorieuse des Trente Piteuses. Elle donne le ton à la période. Elle s’entiche de modes de pensées dans le vent, comme du dernier i-phone, est très branchée, et donc a une propension, comme tout branché, à se pendre à n’importe quelle corde qui est à sa portée ; elle manifeste une niaiserie abyssale pour toutes les naïvetés idylliques qui traversent l’atmosphère médiatique, est extrêmement poreuse à la propagande et à l’endoctrinement, aux simplifications idéologiques qui lui sont assénées comme des certitudes, et, last but not least, semble n’exister que par un simple petit dénominateur commun : la détestation de l’« extrême droite fasciste », montrant par là qu’elle n’a rien compris à ce qui se tramait depuis cinquante ans, notamment dans le management et la sphère du néolibéralisme de type américain (californien, ou plus précisément, de l’École de Chicago).

Inutile de dire que s’appuyer sur un tel milieu social et culturel, c’est s’interdire de construire quoi que soit ailleurs que sur du sable, et désespérer de faire entendre la voix de la logique (d’autant plus que le niveau culturel, celui notamment des connaissances historiques, a chuté, au profit du manichéisme imbécile, et d’un moralisme gluant, ce contre quoi se fardait la pensée marxiste d’autrefois, très réaliste, à qui on ne la faisait pas, surtout quand on affichait des doctrines humanitaristes hors sol).

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Ainsi LFI est-elle déchirée entre des velléités sociales traditionnelles, son appui assez vaseux à une immigration majoritairement musulmane, et son entichement pour le lobby LGBT très américanisé. Il est évident qu’il faudrait choisir, sans pour autant s’en prendre au féminisme ni à l’homosexualité, ni aux immigrés en tant que personnes, ni à l’islam. Il faudrait avoir une ligne claire, opter franchement pour une politique sociale, voire socialiste, et proposer raisonnablement une limitation à l’immigration, afin de recouvrer une partie des voix ouvrières confisquées par le RN.

Mais une remarque de Todd est beaucoup plus inquiétante (au-delà de son délire, probablement dû à une crise de dépression, d’alliance de la France avec les USA, contre l’Allemagne) ; il n’y a jamais eu de révolution dans une phase descendante. Toutes les révolutions, y compris celles qui se sont appuyées sur des principes religieux, comme en Angleterre (et celles de 1789 et de 1848 étaient, au fond, elles aussi, très religieuses), se sont accomplies dans une séquence de hausse massive de la production. Or, ce qui caractérise la période actuelle, c’est le déclin, voire la décadence, tout au moins de l’Occident global, comme on dit. Ajoutons à cela, et c’est la conséquence de la nature même de la couche intermédiaire, qui constitue maintenant la majorité, l’apathie, l’anomie (ne croire en rien, mener sa petite carrière matérialiste et individualiste sans se soucier du Bien commun), l’effondrement des caractères, des volontés, de la combativité.

Todd pense que l’appauvrissement actuel va faire réagir cette masse confrontée à la rudesse du Réel. Qui sait ?

samedi, 26 juillet 2025

Le parti « Japon d'Abord » l’un des grands gagnants des élections sénatoriales

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Le parti « Japon d'Abord » l’un des grands gagnants des élections sénatoriales

Source: https://www.freilich-magazin.com/welt/gegen-migration-jap...

Avec une ligne claire contre la migration et une orientation nationale, Sanseito devient une force sur laquelle il faudra compter dans la politique japonaise.

Tokyo – Lors des élections sénatoriales au Japon dimanche dernier, le parti Sanseito a enregistré sa plus grande victoire à ce jour. Avec 14 sièges, il entre de manière nettement renforcée dans le parlement de 248 membres, rapporte la plateforme Market Screener. Auparavant, il ne comptait qu’un seul siège. Au sein de la Chambre basse, il est toujours représenté par trois députés. Le parti s’était présenté avec la promesse de réduire les impôts, d’augmenter les dépenses sociales et de se concentrer davantage sur les questions migratoires. Il avait notamment mis en garde contre une « invasion silencieuse » de migrants. 

Du format en ligne aux institutions

Sanseito a été fondé pendant la pandémie de Covid-19 et s’est fait connaître principalement par des contenus vidéo sur YouTube. Avec sa campagne « Japon d'Abord» et sa visibilité numérique croissante, il a réussi à faire le saut dans la politique nationale. 

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Dans une interview avec Nippon Television, le chef du parti, Sohei Kamiya (photo), a expliqué la pensée directrice du mouvement : « L’expression "Japon d'Abord" doit signifier que nous voulons reconstruire les bases de la vie de la population japonaise en résistant au mondialisme. Je ne dis pas que nous voulons totalement bannir les étrangers ou que tout le monde doit quitter le Japon. » Le parti a été souvent critiqué, a poursuivi Kamiya, mais l’image publique a désormais changé : « Nous avons été qualifiés de racistes et de fauteurs de discriminations. Mais le public a compris que les médias avaient tort et que Sanseito avait raison. » 

Pour le Parti libéral-démocrate (PLD) au pouvoir, dirigé par Shigeru Ishiba, les résultats n’ont pas été favorables: avec son partenaire de coalition Komeito, il a perdu sa majorité au Sénat. Après la défaite à la Chambre basse en octobre dernier, le PLD dépend aujourd’hui plus que jamais de la coopération avec des partis d’opposition. 

La migration comme thème marginal mais avec un impact

Selon un sondage NHK avant le scrutin, 29% des répondants citaient la sécurité sociale et la baisse des naissances comme les sujets les plus importants, 28% évoquaient la hausse du coût des voyages. La migration se plaçait en cinquième position avec 7%. Pourtant, le sujet a eu un impact politique: quelques jours avant le scrutin, le gouvernement a annoncé la création d’une nouvelle task force pour traiter des « délits et comportements antisociaux » des étrangers. La LDP a également promis de poursuivre l’objectif de « zéro étranger illégal ». 

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Avant le scrutin, Kamiya a déclaré à Reuters s’être inspiré du « style politique courageux » du président américain Donald Trump. Les observateurs comparent Sanseito à des partis européens comme l’AfD allemande ou Reform UK au Royaume-Uni, mais soulignent que de tels courants politiques sont encore peu établis au Japon. Après l’élection, Kamiya a annoncé qu’il travaillerait avec d’autres petits partis. Il a exclu toute coopération avec la LDP. Au contraire, il souhaite s’inspirer de mouvements européens à succès. 

Les préoccupations économiques renforcent le soutien

Les thèmes politiques du parti ont rencontré un large écho auprès de nombreux électeurs. Les observateurs attribuent cela à une combinaison d’incertitude économique, d’inflation et de l’afflux accru de touristes dû à la faiblesse du yen. Aujourd’hui, le Japon compte environ 3,8 millions d’habitants nés à l’étranger, ce qui constitue un record, mais ils ne représentent que 3% de la population totale. 

Kamiya, le lendemain du scrutin, s’est dit optimiste quant au rôle futur de son parti : « Nous grandissons étape par étape et répondons aux attentes des gens. Si nous construisons une organisation solide et obtenons 50 ou 60 sièges, nos revendications politiques deviendront enfin réalité. »

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vendredi, 18 juillet 2025

De porteuse d'espoir à source de déception: les critiques à l'encontre de Meloni s'intensifient

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De porteuse d'espoir à source de déception: les critiques à l'encontre de Meloni s'intensifient

Rome. Depuis son entrée en fonction à l'automne 2022, Giorgia Meloni était considérée par beaucoup comme le dernier espoir d'un tournant patriotique en Italie. Mais après près de trois ans au pouvoir, les voix qui l'accusent d'avoir trahi ses promesses se multiplient. La cause actuelle de ce mécontentement croissant est un projet de décret sur l'immigration qui vise à permettre une immigration légale à une échelle sans précédent (nous en avions déjà rendu compte).

D'ici 2028, le gouvernement prévoit d'octroyer un total de 500.000 visas de travail à des ressortissants de pays non membres de l'UE – 164.850 sont prévus pour la seule année 2026 et 165.850 pour chacune des années suivantes. Avec les 450.000 visas déjà délivrés entre 2023 et 2025, cela représenterait près d'un million d'immigrants légalisés en six ans, dont une grande partie provient d'Afrique subsaharienne. Ces chiffres ont déclenché une vague d'indignation dans le camp conservateur.

Le chef du mouvement identitaire autrichien Martin Sellner, l'un des détracteurs les plus virulents de Meloni, y voit la mise en œuvre d'un programme mondialiste: « Meloni confirme ainsi les craintes de nombreux militants de droite: elle se présente comme une femme de droite, mais agit dans le sens d'un programme migratoire mondial, et non dans l'intérêt du pays », explique-t-il sur X. Compte tenu d'un taux de chômage des jeunes de 25% et d'une pauvreté croissante dans une grande partie de la population, la « pénurie de main-d'œuvre qualifiée » invoquée par le gouvernement semble pour beaucoup être un argument fallacieux. « Alors que de larges couches de la population souffrent d'une pauvreté croissante (...), la « pénurie de main-d'œuvre qualifiée » est utilisée comme prétexte pour ouvrir davantage les vannes à l'immigration massive », poursuit Sellner.

La critique de la journaliste conservatrice Alessandra Bocchi est particulièrement virulente. Dans une analyse sans concession de la situation actuelle, elle décrit un pays en déclin : « Je vis à Milan, la ville la plus riche d'Italie. Je peux dire qu'après presque trois ans au pouvoir, Giorgia Meloni n'a rien accompli, à part une loi sur la castration des violeurs et des pédophiles (ce qui est une bonne chose)». Les observations de Bocchi brossent un tableau sombre: la présence de migrants illégaux a considérablement augmenté, la criminalité est en hausse, les banlieues se transforment en zones interdites jonchées de détritus. Dans le même temps, les rues pavées, vestiges historiques, sont recouvertes d'un asphalte sans âme, tandis que le coût de la vie explose et que les commerces traditionnels doivent céder la place aux chaînes de magasins. « Les gens sont en colère », résume Bocchi.

Malgré les critiques, la popularité de Meloni reste étonnamment stable dans les sondages – de nombreux Italiens ne veulent pas encore lui refuser leur bonne volonté. Mais la déception grandit surtout dans le camp de la droite. Le politologue allemand Benedikt Kaiser constate que Meloni a certes formulé de nombreuses positions conservatrices « théoriquement formidables » dans son livre, mais qu'elle fait souvent exactement le contraire dans la pratique.

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Pour de nombreux détracteurs, le rapprochement de Meloni avec les élites de l'UE revêt une charge symbolique particulière. Ses relations amicales avec la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, la distance qu'elle a prise d'avec Viktor Orbán et ses interventions au Forum économique mondial alimentent les doutes quant à sa fiabilité politique. Alors qu'elle est célébrée internationalement comme une « citoyenne du monde », les accusations de trahison s'accumulent dans sa propre mouvance politique. « Meloni échoue. J'en ai assez de faire semblant qu'il en soit autrement. Elle a trahi son peuple », résume Bocchi.

Andrea Ballarati, ancien membre du parti Fratelli d'Italia de Meloni, en a déjà tiré les conséquences: « Meloni n'a jamais été de « notre côté ». C'est pour cette raison que j'ai quitté son parti en 2020». Il est particulièrement indigné par l'initiative dite « Ius Scholae », qui vise à accorder automatiquement la citoyenneté aux enfants migrants après la fin de leur scolarité. Cela conduirait à une « immigration massive, qui semble acceptable pour la légion des baby-boomers sans cervelle – et alors, pour nous Italiens, il sera presque impossible de ne pas devenir une minorité dans les décennies à venir ».

Alors que Meloni est saluée internationalement comme une figure de proue forte, une chose se confirme de plus en plus : l'ancienne figure de proue de la droite italienne a déclaré la guerre à son propre camp – une tendance que l'on observe également chez d'autres « porteurs d'espoir » de droite dans toute l'Europe (mü).

Source: Zu erst, Juillet 2025.

lundi, 07 juillet 2025

Sahra Wagenknecht contre de nouvelles participations du BSW au gouvernement: «Nous avons été roulés dans la farine»

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Sahra Wagenknecht contre de nouvelles participations du BSW au gouvernement: «Nous avons été roulés dans la farine»

Berlin. La participation du BSW au gouvernement en Thüringe et Brandebourg n’a pas été favorable au parti de Sahra Wagenknecht – de nombreux électeurs et sympathisants ont été déçus par la rapidité des alliances conclues avec les vieux partis que sont la CDU et la SPD. La cheffe du parti elle-même a exprimé aujourd’hui son scepticisme quant à d’éventuelles futures participations au gouvernement. Dans un entretien avec le Redaktionsnetzwerk Deutschland (RND), elle a souligné que les dirigeants du BSW ne sont plus prêts à faire partie « d’une coalition sans profil », « dont le seul dénominateur commun est d’être contre l’AfD ». Cela concerne notamment les prochaines élections régionales de l’année prochaine.

Sahra Wagenknecht a conseillé à la CDU en Saxe-Anhalt d’envisager un gouvernement minoritaire ou même une coalition avec l’AfD. « Le cordon sanitaire (Brandmauer) est une idiotie antidémocratique qui ne fait que favoriser l’AfD », a-t-elle expliqué. La CDU aurait dû intégrer l’AfD plus tôt, « quand elle était encore bien moins radicale ». Si cela continue à ne pas se produire, il pourrait bientôt y avoir dans l'Est rien que des gouvernements portés par la seule AfD, car « ils n’auraient alors plus besoin de personne pour former une coalition ».

Les participations précédentes du BSW en Thüringe et dans le Brandebourg ont plutôt nui au parti, a reconnu Sahra Wagenknecht. « L’année dernière, nous avons fait des erreurs, surtout en Thüringe. » Le BSW s’est « en partie laissé manipuler par d’autres partis », a-t-elle critiqué. Les sondages dans le Brandebourg et en Thüringe ont montré que beaucoup d’électeurs « espéraient quelque chose d’autre de notre part, quelque chose que nous n’avons pas pu fournir en étant dans le carcan d’une coalition avec les vieux partis ». Ce problème a été « sous-estimé » et, à cause de cela, « nous avons déçu les gens, ce qui a aussi nui à notre parti dans son ensemble ».

Pour les élections régionales de 2026, Sahra Wagenknecht a annoncé une meilleure préparation : « Nous formulerons des revendications très claires. » Son avenir personnel dans le BSW est une question ouverte. Lors du congrès du parti prévu pour novembre, une décision sera prise sur un changement de nom et une nouvelle direction. « Je continuerai à m’engager pour le BSW, indépendamment de la fonction précise que je pourrais occuper », a assuré Sahra Wagenknecht. « Je ne vais pas partir et laisser le parti seul. Mais nous devons nous ouvrir davantage, nous avons besoin de plus de visages bien profilés pour nous présenter au public, car nous avons, dans nos rangs, beaucoup de très bonnes personnes ». 

 

mercredi, 18 juin 2025

Roumanie, Portugal et Pologne: trois rendez-vous électoraux importants pour la reconfiguration du paysage politique européen

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Roumanie, Portugal et Pologne: trois rendez-vous électoraux importants pour la reconfiguration du paysage politique européen

Enric Ravello Barber 

Source: https://euro-sinergias.blogspot.com/2025/06/rumania-portu... 

En Roumanie, le processus électoral, qui fut compliqué et controversé, s'est conclu par la victoire du candidat libéral Nicusor Dan sur le nationaliste George Simion au second tour du 18 mai dernier. Le processus électoral roumain a été très contesté en raison de l'annulation du premier tour qui s'était tenu le 24 novembre, lors duquel le candidat nationaliste Calin Georgescu l'avait emporté avec 22% des voix, puis de sa disqualification alors que les sondages le donnaient toujours vainqueur tant au premier qu'au second tour.

Après l'interdiction très controversée de Georgescu de se présenter, le nationalisme roumain a proposé comme candidat George Simion, qui a remporté le premier tour avec une large avance, 40,6% contre 21% pour Nicusor Dan. Le second tour a été marqué par une campagne constante de tous les médias en faveur du libéral Dan, qui n'a pu l'emporter que grâce à la forte mobilisation des électeurs abstentionnistes qui se sont prononcés en sa faveur, après une pression médiatique et une campagne « de la peur » concernant le maintien de la Roumanie dans l'UE.

Simion a dénoncé les ingérences manifestes du gouvernement français dans la campagne électorale, demandant l'annulation de ce second tour, mais le tribunal roumain a rejeté la plainte du candidat nationaliste. La victoire libérale prive les nationalistes de la présidence, mais elle pourrait s'avérer être une victoire à la Pyrrhus, car dans les premiers sondages pour les élections législatives, après les résultats des présidentielles, le parti nationaliste AUR présidé par Simion obtient son plus haut score de popularité avec 35% des intentions de vote (il avait obtenu 18% lors des précédentes législatives). La situation reste ouverte en Roumanie.

Les élections législatives portugaises du 18 mai peuvent se résumer en trois points:

La consolidation de la coalition Alliance démocratique, de centre-droit, comme première force du pays (32,72%), ce qui signifie la reconduction de Luis Montenegro au poste de Premier ministre.

La débâcle de la gauche, extrême et modérée, dans un pays qui a traditionnellement voté dans ce sens, et une évidence. Le signe le plus patent en est l'effondrement du Parti socialiste, autrefois tout-puissant, qui, avec 22,83% des voix et 58 députés, est la deuxième force en termes de votes, mais la troisième en termes de sièges.

L'importante ascension du parti nationaliste CHEGA, avec 22,76% des voix et 60 députés, en fait la deuxième force parlementaire et le premier parti d'opposition. CHEGA est devenu un acteur majeur de la scène politique portugaise quelques années seulement après sa création. Avant les élections actuelles, les sondages ne lui donnaient pas un résultat aussi important, jusqu'à ce que son président André Ventura décide de durcir le message anti-immigration et d'utiliser le concept qui est devenu central dans le discours nationaliste européen : la remigration.

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Karol Nawrocki (50,89 %) (photo), soutenu par le PiS (nationalisme conservateur), sera le prochain président de la Pologne après avoir battu le libéral Tizas Kowski (49,11 %) lors des élections présidentielles du mois de mai dernier.

Sur le plan interne, ce résultat pourrait conduire à une impasse politique, car la cohabitation entre un président nationaliste et le gouvernement libéral de Varsovie dirigé par Tusk pourrait contraindre ce dernier à convoquer des élections. Les résultats obtenus au premier tour par les candidats nationalistes les plus radicaux, Slawomir Mentzen (14%) et Grzegorz Braun (6,7%), sont particulièrement remarquables, car sans leurs voix, Nawrocki, qui est arrivé deuxième au premier tour (29,54%), n'aurait pas pu devenir président de la Pologne.

jeudi, 05 juin 2025

La coalition aux Pays-Bas a été dissoute

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La coalition aux Pays-Bas a été dissoute

Source: https://unzensuriert.de/299570-koalition-in-den-niederlan...

Le politicien néerlandais Geert Wilders (PVV) a quitté la coalition gouvernementale avec son parti. Le politicien, qui critique l'islam, l'a annoncé aujourd'hui, mardi, sur la plateforme X (anciennement Twitter) en ces termes: « Pas de signature sous nos plans d'asile. Pas d'ajustement de l'accord de principe. Le PVV quitte la coalition ».

Projets de durcissement de la politique d'asile

Lors d'une réunion avec les quatre partis de la coalition, Wilders avait une nouvelle fois insisté sur un durcissement significatif de la politique d'asile. «Si cela ne se produit pas, il y aura un sérieux problème», avait-il déclaré à cette occasion. Entre-temps, les médias grand public tels que t-online ont également repris le sujet, non sans qualifier Wilders de «populiste de droite». Selon ce média, Wilders avait «présenté la semaine dernière un plan en dix points visant à durcir la politique d'immigration» et avait notamment exigé «la fermeture des frontières aux demandeurs d'asile, des contrôles frontaliers plus stricts et l'expulsion des criminels condamnés ayant la double nationalité». En outre, «des dizaines de milliers de Syriens devraient retourner dans leur pays».

On ignore pour l'instant pourquoi ses partenaires de coalition n'ont pas voulu soutenir cette initiative. Nous savons seulement qu'à La Haye, les dirigeants des partis PVV, VVD, NSC et BBB se sont réunis en crise et que les trois autres partis se sont montrés « verbijsterd », c'est-à-dire stupéfaits, par la décision du président du PVV.

« Notre patience est à bout »

Pour être réellement stupéfait, il faudrait toutefois être d'abord surpris. Or, la décision de Wilders ne devrait pas être une surprise, car il avait déjà posé un ultimatum au gouvernement le 27 mai. Lors d'une conférence de presse convoquée à la dernière minute, il avait alors présenté le plan en dix points, que nous venons de mentionner, quant à la politique d'asile et d'immigration. « Notre patience est à bout », avait-il déclaré à cette occasion, ajoutant que si son plan n'était pas mis en œuvre, le PVV « disparaîtrait ».

Le PVV était devenu la première force politique lors des élections législatives de novembre 2023, avec 37 sièges. Après de longues négociations, Wilders avait renoncé au poste de chef du gouvernement afin de permettre la formation d'une coalition avec le parti libéral VVD, le parti agricole BBB et le mouvement anti-corruption NSC. C'est alors l'ancien chef des services secrets Dick Schoof, sans affiliation politique, qui est devenu Premier ministre. L'accord de coalition prévoyait un durcissement de la politique migratoire, mais restait manifestement bien en deçà des attentes du PVV. Avec le retrait du parti de Wilders, la coalition gouvernementale néerlandaise est désormais au bord de la rupture et de nouvelles élections pourraient bientôt avoir lieu.

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jeudi, 08 mai 2025

Directive de Douguine: «L'essentiel est que les élections en Roumanie aient eu lieu»

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Directive de Douguine: «L'essentiel est que les élections en Roumanie aient eu lieu»

Alexandre Douguine

La victoire du candidat souverainiste George Simion au premier tour des élections présidentielles roumaines est un événement très important. Elle confirme la volonté du peuple roumain de mettre fin à l'omnipotence des euro-élites libérales et à la dictature mondialiste. En même temps, nous ne devons pas oublier que le peuple roumain est une nation orthodoxe. Et si George Simion, ainsi que Calin Georgescu, précédemment évincé, parlent d'un retour aux valeurs traditionnelles, ils veulent dire un retour à l'orthodoxie.

« Une vague de révolutions conservatrices se lève actuellement en Europe. Les partisans des valeurs traditionnelles se heurtent aux mondialistes. Nous avons vu l'acte précédent de ce drame en Amérique dans la lutte des Trumpistes contre les mondialistes, ce qui a eu pour résultat que les mêmes partisans des valeurs traditionnelles ont gagné les dernières élections aux États-Unis.

Aujourd'hui, cette révolution conservatrice s'est étendue à l'Europe, et nous voyons avec quelle férocité elle est combattue par des libéraux, devenus enragés, qui ont littéralement établi une dictature dans la plupart des pays européens. Par exemple, l'autre jour, ils ont désigné le parti souverainiste et conservateur Alternative pour l'Allemagne (AfD) comme une « organisation extrémiste » sans aucune raison valable. Cela défie essentiellement la nouvelle administration américaine, puisque Trump et Musk avaient auparavant soutenu l'AfD.

De même, Trump, Musk et les trumpistes ont également soutenu le souverainiste roumain Calin Georgescu, qui a été illégalement écarté de l'élection présidentielle de 2025 et qui avait précédemment remporté le premier tour de 2024, dont les résultats ont été tout aussi illégalement annulés en raison des accusations totalement infondées prétendant que Georgescu travaille pour la Russie. Aujourd'hui, lors d'un autre premier tour, George Simion, soutenu par Calin Georgescu, a remporté la première place avec 41% des voix. En ce sens, sa victoire est une victoire du peuple roumain et de toute l'Europe conservatrice sur la dictature libérale mondialiste.

Bien sûr, nos positions géopolitiques russes ne coïncident pas toutes avec le programme de Simion. Mais il est contre le régime de Kiev, contre la guerre, contre le libéralisme et sa dictature, et il est donc objectivement notre allié. Il n'y aura pas d'harmonie facile dans nos relations, mais au moins les partisans de Simion sont les ennemis de nos ennemis.

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Cela dit, je pense que les mondialistes vont maintenant tenter quelque chose d'autre contre le peuple roumain. La première tentative de porter le candidat conservateur Calin Georgescu à la présidence de la Roumanie a échoué. Il s'agit maintenant de la deuxième tentative. Et nous voyons que les mondialistes ne reculent devant rien: ni devant les assassinats politiques ni devant les méthodes purement terroristes visant l'interdiction et la poursuite en justice des personnalités politiques qu'ils n'aiment pas, ni devant la pratique scélérate d'annuler et de réviser des élections.

Nombreux sont ceux qui craignent les idées de George Simion qui songe à réunir la Roumanie et la Moldavie. À cela, je voudrais répondre que l'actuelle présidente moldave Maïa Sandu, une mondialiste et une protégée de Soros, est en opposition directe aux principes de souveraineté de Simion. Par conséquent, dans ce contexte, il est évident qu'il y aura un malentendu total entre eux. Et je n'exclus même pas que la Roumanie devienne bientôt plus proche de la Russie que la Moldavie, qui nous était si chère et si proche.

Mais aujourd'hui, le plus important est que ces élections aient encore pu avoir lieu. Pour que les Roumains puissent exprimer souverainement leur volonté et que les mondialistes européens, qui ont instauré leur dictature libérale, y compris en Roumanie, ne puissent plus perturber cette libre expression de la volonté du peuple roumain orthodoxe.

lundi, 14 avril 2025

Vers des élections parlementaires passionnantes en Norvège

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Vers des élections parlementaires passionnantes en Norvège

Peter W. Logghe

Source: https://www.facebook.com/peter.logghe.94

Il y a quelques décennies, le paysage politique en Norvège était relativement prévisible: le parti conservateur, le Høyre, et le parti social-démocrate se maintenaient mutuellement dans un équilibre précaire. Un jour, c'était l'un qui arrivait au pouvoir, le lendemain, c'était l'autre. L'arrivée du parti de droite, le Fremskrittspartiet (FP), a perturbé cet équilibre, et plusieurs coalitions gouvernementales incluant le FP ont même vu le jour. La popularité du FP a diminué ces dernières années, le parti atteignant généralement 10 à 12% des voix.

Fin janvier 2025, le gouvernement minoritaire du parti travailliste norvégien (Ap) et du Senterpartiet est tombé à propos de l'incorporation de la législation européenne sur la politique énergétique. Car bien que la Norvège ne soit pas membre de l'UE, elle doit tout de même transcrire la législation européenne dans ses lois. Le Senterpartiet étant plutôt eurosceptique, a retiré son soutien au gouvernement. Depuis lors, le gouvernement norvégien ne se compose que de sociaux-démocrates. Les élections parlementaires sont fixées au 8 septembre. Et dans les sondages, le FP populiste monte en flèche.

L'immigration est également le thème principal dans les pays scandinave.

Selon des sondages récents, les conservateurs du Høyre reculeraient pour passer tout juste sous la barre de 20% des voix, les sociaux-démocrates conserveraient entre 26 et 27%. Le parti centriste Senterpartiet pourrait s'affaiblir et le Fremskrittspartiet ou parti du progrès pourrait voir son pourcentage doubler pour atteindre 22 %. L'attrait qu'exerce la présidente du parti, Sylvi Listhaug (photo), jouera certainement un rôle dans cette percée que l'on annonce d'ores et déjà. Le premier ministre norvégien, le social-démocrate Jonas Gahr Støre, a déjà désigné le FP comme son principal adversaire.

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Sylvi Listhaug n'est pas une inconnue en politique norvégienne : elle a été ministre de l'Agriculture, puis de la Migration, et plus tard ministre de la Justice dans le gouvernement de coalition du premier ministre conservateur Erna Solberg. Le FP peut s'attendre à un succès croissant car il s'est opposé pendant des années à la politique migratoire laxiste de la Norvège – la Norvège affiche actuellement le taux de migration le plus élevé de tous les pays scandinaves. La première ministre danoise, Mette Frederiksen (social-démocrate), a lancé un appel à ses collègues norvégiens lors d'une réunion inter-scandinave dans la capitale norvégienne, Oslo, pour qu'ils s'engagent enfin à mener une politique migratoire restrictive. Les sociaux-démocrates de Jonas Gahr Støre ne répondent donc pas à cet appel.

Six mois avant les prochaines élections parlementaires en Norvège semblent longs. Pourtant, les nerfs sont déjà à vif.

dimanche, 13 avril 2025

France: Séisme politique !

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France: Séisme politique!

Par Georges Feltin-Tracol

Quelques jours après que l’Asie du Sud-Est, dont le Myanmar et la Thaïlande, a subi un terrible tremblement de terre, l’Hexagone connaît – d’une manière non tragique - un tsunami politique majeur et une impressionnante secousse judiciaire.

Le tribunal correctionnel de Paris vient de juger l’affaire dite des « assistants parlementaires européens » du FN – RN. Il rend son verdict le 31 mars 2025 et condamne une vingtaine de prévenus dont Marine Le Pen à diverses peines. La présidente du groupe parlementaires écope de cinq ans de prison, dont deux fermes, cinq ans d’inéligibilité et 300.000 euros d’amende ainsi que d’une exécution provisoire. La physionomie de la prochaine campagne présidentielle en 2027 s’en trouve bouleversée de manière inattendue, même si ce n’est pas la première fois que la justice impose une telle sanction à l’encontre de personnalités politiques.

Cet incroyable procès résulte de la saisie de l’OLAF (Office européen de lutte anti-fraude) en mars 2015 par le président social-démocrate du Parlement dit européen, l’Allemand Martin Schulz, un individu plus que détestable. L’enquête a bénéficié de la complaisance active de la ministresse française de la Justice d’alors, Garde des Sceaux (et des sottes en langage inclusif), l’ineffable Christiane Taubira qui laissera donc à la postérité deux lamentables lois. Ce contentieux procède d’une différence majeure d’interprétation de la fonction d’assistant parlementaire au Parlement de Bruxelles – Strasbourg. Pour Schulz et ses comparses, l’attaché parlementaire est un agent rémunéré du Parlement alors que, pour les Français, c’est une aide précieuse de l’élu qui intervient en politique. Cette divergence culturelle de points de vue sert de prétexte pour écarter une candidate non négligeable à l’Élysée.

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Les diverses lois de financement public des partis politiques en France ont pendant longtemps desservi le FN. On sait qu’il a dû se tourner vers des établissements bancaires étrangers (tchéco-russe, émirati, voire hongrois) pour financer ses nombreuses campagnes électorales. Cela ne doit pas éclipser que le FN a aussi vécu au-dessus de ses seules ressources. Présent au Parlement européen grâce à la proportionnelle, le FN a utilisé toutes les facilités pratiques pour survivre en périodes fréquentes de vaches maigres. C’est un fait. Les relations du FN avec l’argent ont toujours été problématiques. Il lui a manqué une certaine austérité, voire un ascétisme viril. Il aurait été judicieux de s’inspirer des candidats d’extrême gauche dont les comptes de campagne sont plus que rigoureux.

On peut par ailleurs se demander si le FN n’a pas commis dès 1984 une erreur magistrale en acceptant d’entrer dans cette assemblée supranationale. Des élus souverainistes et encore plus tenants du Frexit peuvent-ils en effet siéger au sein d’une pareille instance ? N’aurait-il pas fallu imiter les républicains indépendantistes du Sinn Fein en Irlande du Nord qui se présentent aux élections législatives britanniques, obtiennent des élus, mais refusent de siéger à Westminster ? On peut toutefois imaginer que dans le cadre français, une loi aurait été adoptée afin de contraindre tout élu à siéger effectivement…

Avec cette sentence judiciaire, force est de constater que la dédiabolisation gît dorénavant dans une impasse. Les adversaires du RN, formation aujourd’hui nationale-centriste, se plaisent à répéter ad nauseam les nombreuses condamnations judiciaires qui frappent ses cadres et ses militants en oubliant que la grande majorité de ces condamnations le sont pour des délits scandaleux d’opinion et d’expression. Attaqué et diffamé, le RN n’est pas (ou pas encore ?) un autre PS, auteur impérissable des affaires telles Urba ou la MNEF.

Malgré une réelle pugnacité et une farouche détermination à faire appel, Marine Le Pen s’approche de l’amateurisme. Elle entend soumettre au Conseil constitutionnel une QPC (question prioritaire de constitutionnalité) en faignant d’ignorer qu’il a déjà statué sur ce sujet. Elle envisage de se tourner vers la Cour européenne des droits de l’homme sans que tous les recours n’aient été épuisés dans l’Hexagone ! Elle risque d’autres déconvenues…

Marine Le Pen pourrait ne pas participer à la prochaine présidentielle en 2027. Le conditionnel s’impose, car il revient au seul Conseil constitutionnel de valider ou non les candidatures. On peut supposer qu’en dépit de l’exécution provisoire, Marine Le Pen puisse déposer sa candidature avec les cinq cents parrainages requis au moins. Les neuf membres du « ConsCons » auraient à approuver ou non cette candidature. En 1969, le nationaliste Pierre Sidos avait obtenu les cent parrainages nécessaires, mais sa candidature fut retoquée pour des motifs fallacieux. Pour contourner cette invalidité, le RN pourrait présenter en parallèle et de façon simultanée une autre candidature, celle de Jordan Bardella, mais cette possibilité demeure faible en raison du nombre restreint de signatures potentielles. Le RN garde toujours un maillage territorial faible. Les élections départementales et régionales ne se dérouleront qu’en hiver 2027. Seul un raz-de-marée aux municipales au printemps 2026 pourrait rendre crédible cette option, à savoir que Marine Le Pen et Jordan Bardella se présentent en même temps avec le danger de se retrouver, machiavélisme suprême de la part du Conseil constitutionnel, avec deux bulletins RN concurrents à la présidentielle !

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Tous les commentateurs politiques évoquent l’éventualité d’une dissolution à l’automne prochain, peu de temps avant les débats budgétaires. Oui, les Français voteront certainement cet automne non pas pour leurs députés, mais pour la présidentielle ! En septembre 2025, Emmanuel Macron démissionne et peut ainsi se représenter pour un nouveau mandat de cinq ans. N’ayant pas accompli deux mandats présidentiels consécutifs complets, il serait dans son droit, sachant que le nouveau président du Conseil constitutionnel, le macroniste Richard Ferrand, œuvre pour un troisième mandat. Les experts en droit public savent qu’en octobre 2022, le Conseil d’État a permis à un candidat de prétendre exercer un troisième mandat de président de la Polynésie française parce que son précédent mandat s’était interrompu. Le Conseil constitutionnel pourrait reprendre cette jurisprudence administrative à son compte.

Fort de son expérience du coup d’État médiatico-judiciaire en 2017 contre François Fillon et de sa non-campagne en 2022, Emmanuel Macron encore candidat exigerait de tous les prétendants macronistes (François Bayrou, Yaël Braun-Pivet,  Édouard Philippe, Gabriel Attal, Gérald Darmanin) de se ranger derrière lui. Réélu après l’intérim de Gérard Larcher, le nouveau chef d’État renverrait les députés dans la foulée. Usant des méthodes éprouvées de la « technopolitique », il obtiendrait soit une majorité absolue, soit une majorité relative forte, sinon resurgirait le fantôme de l’article 16...

Lors de ses vœux du 31 décembre 2024, Emmanuel Macron annonçait vouloir consulter les Français. Tout le monde a cru aux référendums. Erreur ! il pensait déjà à une présidentielle anticipée plus que biaisée.   

GF-T

  • « Vigie d’un monde en ébullition », n° 151, mise en ligne le 8 avril 2025 sur Radio Méridien Zéro.

vendredi, 14 mars 2025

Et la Roumanie explose

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Et la Roumanie explose

Andrea Marcigliano

Source: https://electomagazine.it/e-la-romania-esplode/

Que se passe-t-il en Roumanie ? La question n’est pas, loin s’en faut, anodine, même si nos médias et grands journaux ne parlent pratiquement jamais de ce qui se passe à Bucarest et dans ses environs. Ou, au mieux, ils y font allusion, comme s'il s'agissait d'un lointain pays de Clochemerles.

Et, pourtant, la Roumanie n’est pas seulement à notre porte, toute proche, mais c’est aussi un pays membre de l'UE. Et c’est là un fait que nous ne devrions jamais oublier. Parce que ce qui lui arrive peut nous aider à mieux comprendre les comportements de cette Union Européenne. Et, à proportion égale, à comprendre aussi la situation dans laquelle se trouve l’Italie.

Donc, en Roumanie, il y a eu des élections. Un vote qui fut parfaitement régulier, semble-t-il. Qui a conduit à la victoire, certaine et indiscutable, de Câlin Georgescu. Un candidat indépendant, avec une expérience politique limitée, mais un passé professionnel, en tant qu'ingénieur et expert en développement, tout à fait respectable. Une expérience professionnelle, attention, qui fut forgée également aux États-Unis et, surtout, aux Nations Unies.

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Georgescu n’a jamais été communiste. Ni pro-russe. Certaines de ses déclarations – qui lui ont valu pas mal de problèmes – auraient laissé entrevoir une certaine, disons, « sympathie » pour la Garde de Fer et son ancien leader, Corneliu Zelea Codreanu.

Cependant, lorsque, en novembre 2024, il a remporté, à la surprise générale, les élections politiques, surpassant les candidats proches de l'Union Européenne, il a été immédiatement accusé d’être pro-russe. Et le résultat électoral a été, tout aussi rapidement, annulé. Par ordre explicite de la Commission Européenne.

Comment ça ? Vous trouvez cela étrange, vous tombez des nues ? Eh bien, je suis désolé, mais les choses se sont passées exactement comme cela. Les résultats électoraux ont été annulés. Les élections ont été suspendues jusqu'à nouvel ordre. Et, enfin, il y a eu assignation à résidence pour Georgescu, avec interdiction de participer à la vie politique pendant six ans.

Le tout sur ordre de Bruxelles. Ce ne sont pas des affirmations sans fondement, car plusieurs membres de la Commission Européenne en ont témoigné. Membres qui, rappelons-le,  n'ont jamais été élus ni choisis par aucun peuple, bien évidemment.

Les élections ont donc été annulées et reportées sine die. Quand les Roumains se seront mis dans la tête que la démocratie n'a de valeur que si les gagnants sont des personnes redevables au pouvoir économique et politique qui se cache derrière la Commission Européenne.

Sinon… ça ne compte pas, ça s’annule, ça doit être recommencé.

Mais voilà, le diable est très doué pour faire des casseroles, mais, souvent si ce n'est toujours, il oublie les couvercles.

Et, ainsi, la Roumanie est en train d’exploser. Des manifestations de rue, réelles et massives, à Bucarest et dans toutes les villes. Des manifestations en soutien à Georgescu. Et, surtout, des revendications du droit du peuple roumain à décider de son propre destin.

C’est, en résumé, ce qui se passe à quelques centaines de kilomètres de chez nous.

Mais ne vous en faites pas… continuez à suivre les journaux télévisés qui vous racontent à quel point nous sommes démocratiques en Europe. Et combien il est agréable de vivre dans ce paradis de récits débiles.

dimanche, 09 mars 2025

Les enseignements des législatives allemandes

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Les enseignements des législatives allemandes

par Georges Feltin-Tracol

Le 23 février dernier, soixante millions et demi d’Allemands votaient pour désigner leur nouveau Bundestag, suite à la dissolution de la vingtième législature prononcée le 27 décembre 2024 par le président de la République fédérale.

L’élection se déroule selon un mode de scrutin mixte original. Chaque électeur détient deux voix. Sur le même bulletin de vote se présentent deux colonnes. La première concerne le mandat direct: 276 circonscriptions au scrutin majoritaire uninominal à un seul tour. La seconde porte sur une liste présente au niveau du Land, soit 354 sièges répartis à la proportionnelle selon la méthode de Sainte-Laguë qui favorise les minorités. L’électeur coche donc à deux reprises sans forcément choisir la même formation politique. L’accès au Bundestag suppose d’obtenir 5% au niveau fédéral ou bien de gagner trois mandats directs qui annulent ce seuil. Il est enfin possible pour une personne d’être à la fois candidate à un mandat direct et de figurer sur une liste régionale.

Une participation de 82,54%, soit près de six points et demi de hausse, marque ces élections anticipées. Il faut remonter aux législatives de 1987 pour observer un si fort engouement civique. La brièveté de la campagne électorale n’a pas empêché un réel intérêt accru par les attentats islamistes allogènes à la voiture et au couteau. La tendance finale confirme une fragilisation partielle du consensus outre-Rhin.

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Résultats des élections de 2021 (à gauche) et de 2025 (à droite).

Les listes de la coalition CDU – CSU arrivent en tête avec 28,52%. Certes, elles remportent l’élection, mais leur résultat se trouve en dessous des 30% prévus par les sondages. Pressenti pour devenir le prochain chancelier fédéral, Friedrich Merz est dès à présent vulnérable, car ses 208 députés n’arrivent pas à la majorité absolue de 316 sièges.

Le chancelier sortant, le social-démocrate Olaf Scholz, perd son pari de conserver son poste. Avec 16,41%, le SPD réalise la plus mauvaise contre-performance électorale de son histoire. Perdant 86 sièges, les 120 heureux élus vont sûrement exiger quelques comptes à Scholz qui, tel un Biden obstiné et têtu, n’a pas voulu renoncer au profit de l’actuel ministre de la Défense, Boris Pistorius, plus populaire que lui d’après les enquêtes d’opinion.

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Les libéraux-démocrates du FDP sortent du Bundestag avec 4,33 %. Dès l’annonce des premières tendances désastreuses, leur chef de file, Christian Lindner (photo), a démissionné de la présidence du parti et quitté la vie politique active. Ce vote confirme le déclin du FDP qui n’est plus représenté que dans neuf Länder sur seize. Bien que perdant 33 sièges, les Verts restent relativement stables (11,61% et 85 députés). Leur programme belliciste en politique étrangère et liberticide en politique intérieure ne gêne pas leurs électeurs nantis désormais, bien souvent retraités. Certains responsables Verts seraient néanmoins favorables à une entente gouvernementale avec Friedrich Merz. Mais cette hypothétique alliance noire – verte impliquerait un gouvernement minoritaire. 

Toute la médiacratie occidentale bien-pensante s’indigne des 20,80% de l’AfD. Fondée en 2013, elle avait fait cette année-là 4,70% et aucun élu, puis 12,60% en 2017 (94 sièges) et 10,30% (83 sièges) en 2021. Dorénavant principale force d’opposition, l’AfD consolide sa domination dans l’ancienne RDA où elle rafle la quasi-totalité des mandats directs.

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Son co-président Tino Chrupalla (photo) récolte par exemple 48,90% dans sa circonscription de Görlitz en Saxe. Exclu du groupe Europe des nations souveraines au Parlement de Strasbourg – Bruxelles pour un simple point de vue historique non conforme, Maximilian Krah remporte lui aussi un mandat direct (44,20%) à Chemnitz toujours en Saxe. Il appartient bien au groupe AfD. Toutefois, certains sondages pronostiquaient l’AfD à 22%. Fondée par des conservateurs – libéraux hostiles à l’euro et à l’intervention des États pour sauver le système financier en 2008 et la Grèce au début des années 2010, l’AfD reste plus que jamais ambivalente. La structure fédérale allemande influence l’organisation des partis politiques eux aussi fédéraux. Ainsi, dans l’AfD coexistent-ils la libertarienne Alice Weidel, le catholique de tradition Maximilian Krah, et Björn Höcke à la sensibilité identitaire plus affirmée. Ces deux derniers n’apprécient guère le tropisme trumpien de la direction plutôt nationale-libérale...

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Maximilian Krah (en haut) et Björn Höcke (en bas).

Les nationaux-conservateurs de l’Alliance Allemagne n’obtiennent que 0,20% et ceux de l’Union des valeurs, une scission nationale-libérale de la CDU, 0%. Elle ne se présentait qu’en Rhénanie du Nord – Westphalie. Quant à Heimat, le nouveau nom du NPD (Parti national-démocrate d’Allemagne), il n’a pas pu participer au scrutin. Déjà privé pour cinq ans de tout financement public, ce mouvement national radical subit l’hostilité permanente du Régime et de ses sbires médiatiques. En outre, les conditions pour se présenter sont problématiques. Tout candidat aux législatives doit recueillir au préalable un nombre précis de parrainages de citoyens. Vu le climat de haine anti-nationale actuel, rares sont les Allemands prêts à signer pour les valeureux militants de Heimat. La liberté de candidature est donc biaisée et restreinte sans que cette infamie ne suscite la préoccupation du Conseil de l’Europe et de l’Organisation de sécurité et de coopération en Europe qui préfèrent dénoncer Tbilissi ou Budapest. En revanche, l’AfD ne risque plus l’interdiction, d’autant qu’elle bénéficie désormais du soutien tacite de l’administration Trump. La rencontre entre Alice Weidel et le vice-président JD Vance en fait foi.

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La véritable surprise de ces élections revient cependant à Die Linke (8,77 % et 64 sièges). Les sondages la plaçaient en dessous des 5% fatidiques. Cette formation de gauche radicale qui prône l’immigration à outrance, a su tirer partie dans les dernières semaines de campagne de l’aura médiatique acquise par sa co-tête de liste Heidi Reichinnek (photo, ci-dessous) à travers des discours délirants d’antifascisme.

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Plus inquiétant encore, maints primo-votants de 18 à 25 ans ont préféré Die Linke. Cinq – six ans auparavant, ces jeunes adultes manifestaient tous les vendredis à l’appel de « Sacrée Greta Thunberg » pour le climat, la planète et l’école buissonnière. Ce vote puéril en faveur des héritiers du communisme est-allemand provient en outre du bourrage incessant des crânes dans un système éducatif allemand largement déficient.

La remontée surprenante de Die Linke efface l’Alliance Sahra Wagenknecht (BSW) qui frôle les 5% avec 4,90%. Il aurait été exceptionnel qu’un parti lancé en janvier 2024 accède si tôt au Bundestag. Par ailleurs, BSW paie ses compromissions dans les Länder du Brandebourg et de Thuringe. Un mouvement estampillé anti-Système peut-il collaborer au sein des gouvernements régionaux avec la CDU et le SPD? Cet échec ne marque pourtant pas sa fin. BSW pourrait bientôt s’appeler l’Alliance pour la Sécurité et la Prospérité.

Pendant la campagne électorale, Friedrich Merz a vivement critiqué le SPD avec qui il devrait maintenant négocier un partenariat de gouvernement. En dépit de leur claque cinglante, les sociaux-démocrates deviennent des faiseurs de roi. Or bien peu d’entre-eux apprécient le président de la CDU. Ses prises de position jugées « droitières », son passé d’homme d’affaire millionnaire, son avion privé qu’il pilote le rendent antipathiques auprès des électeurs du SPD, des Verts et de Die Linke. Former une éventuelle coalition ne sera pas simple à moins que Merz renonce à son programme en matière d’immigration, de sécurité publique et de budget. Conscient de ces difficultés, il souhaiterait que l’actuel Bundestag qui, bien que dissout, n’en poursuit pas moins ses travaux, adopte avant l’entrée en fonction du nouveau un fonds spécial consacré à la défense et à l’armement. Il craint qu’avec la configuration politique à venir, ce fonds soit retoqué par la minorité de blocage exercée par l’AfD et Die Linke.

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Plutôt que de rechercher une nouvelle « grande coalition » avec un SPD déchu, Friedrich Merz devrait solliciter l’AfD qui partage un libre-échangisme (l’AfD soutient l’accord de commerce avec le MERCOSUR) et un anti-merkelisme carabiné. Grand rival d’Angela Merkel au début des années 2000, Friedrich Merz renonça à la politique en 2009 avant d’y replonger en 2018 sur des thèmes libéraux et conservateurs. En brisant le « cordon sanitaire », il donnerait l’occasion aux membres de l’AfD de prouver leur valeur, leur sérieux et leur compétence à la tête de ministères majeurs. À diverses reprises, les conservateurs autrichiens l’ont fait avec le FPÖ qui perdit très vite et pour de courtes périodes sa dynamique auprès des électeurs. Mais il est exact qu’une pesante tyrannie mémorielle empêche toute transgression politique audacieuse en Allemagne. Le changement attendra.

GF-T

  • « Vigie d’un monde en ébullition », n° 146, mise en ligne le 5 mars 2025 sur Radio Méridien Zéro.

lundi, 03 mars 2025

Autriche: pas de chancellerie pour le peuple!

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Autriche: pas de chancellerie pour le peuple!

par Georges Feltin-Tracol

Le 12 février dernier, les conservateurs de l’ÖVP (Parti populaire autrichien) rompaient les discussions avec les nationaux-populistes du FPÖ au terme de trente-quatre jours de pourparlers intenses. Sept mois après les élections législatives du 29 septembre 2024, Vienne n’a toujours pas de nouveau gouvernement. Pis, pour la seconde fois de sa carrière, le conservateur covidiste acharné Alexander Schallenberg est chancelier fédéral par intérim depuis le 10 janvier dernier.

Officiellement, le désaccord à l’origine de la rupture porte sur l’identité politique des titulaires aux ministères de l’Intérieur, de l’Économie, des Finances, des Affaires étrangères et de l’Agriculture. Bien que partenaires mineurs, les conservateurs exigent ces postes et réclament en plus la direction des services de renseignements. Deux demandes que n’acceptent pas les nationaux-populistes, grands vainqueurs au Conseil national avec 28,85 % des suffrages exprimés. En fait, à l’approche des législatives en Allemagne du 23 février, les conservateurs autrichiens ont obtempéré aux injonctions comminatoires de la droite molle allemande.

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Historiquement, la démocratie chrétienne demeure étrangère à la vie politique autrichienne. L’équivalent autrichien de la CDU (Union chrétienne démocrate) n’existe pas. La matrice de la droite autrichienne est conservatrice avec une forte tradition du christianisme social. L’ÖVP compte de nombreuses affinités avec son homologue bavarois, la CSU (Union chrétienne sociale), allié et faire-valoir de la CDU auprès des électeurs souvent trompés et spoliés. Les dirigeants de la CSU, dont son président, par ailleurs ministre-président de l’État libre de Bavière, Markus Söder, ont estimé inimaginable d’assister à la formation d’un gouvernement FPÖ – ÖVP sous la conduite du FPÖ Herbert Kickl. Un tel gouvernement aurait eu un effet politique considérable sur l’opinion publique allemande.

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Ce n’est pas la première fois que les Allemands s’occupent des affaires intérieures de l’Autriche. En mai 2019, la coalition gouvernementale entre l’ÖVP et le FPÖ explose à la suite de l’« Ibizagate ». Une vidéo aux origines suspectes montre en 2017 le futur vice-chancelier et chef alors du FPÖ, Heinz-Christian Strache (photo), sur l’île espagnole d’Ibiza se faire piéger par une femme qui se présente en nièce d’un supposé oligarque russe afin de financer en douce le parti et d’acheter un journal assez connu, la Kronen Zeitung, en échange de l’obtention de marchés publics. La diffusion de ces images douteuses permet au jeune chancelier Sebastian Kurz d’écarter le FPÖ du pouvoir et de s’allier ensuite aux Verts. Le soi-disant scandale est une opération des services secrets allemands. L’extrême-centriste Angela Merkel, l’une des pires femmes de l’histoire, cherchait à briser cette alliance par tous les moyens.

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La situation politique en Autriche est pour l’heure bloquée. Le FPÖ fait déjà campagne pour de nouvelles législatives bien que la présidence du Conseil national revienne à l’un de ses membres, Walter Rosenkranz (photo). Cet échec ravit l’actuel président de la République fédérale d’Autriche, le Vert Alexander Van der Bellen. Ce dernier n’a jamais caché son mépris pour la FPÖ, ses responsables, ses cadres et ses électeurs.

Dès le 3 octobre dernier, le chef de l’État autrichien manœuvre afin d’empêcher Herbert Kickl, ministre fédéral de l’Intérieur de 2017 à 2019, de constituer une majorité gouvernementale stable et solide. Alexander Van der Bellen offre au chancelier sortant, le conservateur Karl Nehammer, la mission de nouer un accord qui maintiendrait dans l’opposition le FPÖ. Karl Nehammer commence des négociations avec la SPÖ (les sociaux-démocrates) et NEOS. Fondé vers 2012, NEOS - La nouvelle Autriche - Forum libéral est une formation libérale-progressiste pro-euro-atlantiste qui siège aux côtés des macronistes. Or, le 6 janvier 2025, les tractations butent sur des questions budgétaires liées à la réforme probable des retraites. Contrarié par cette mésentente soudaine, Alexander Van der Bellen confie alors de mauvaise grâce à Herbert Kickl le mandat de constituer un gouvernement. En vain !

Au cours de la campagne électorale de septembre 2024, Herbert Kickl qui se moque volontiers du concept défaitiste de dédiabolisation, s’est présenté auprès de ses compatriotes en futur « chancelier du peuple ». Cette simple allusion à la légitimité populaire de la fonction lui a valu de la part des médiacrates et de ses ennemis politiques des tombereaux d’accusations fallacieuses et fielleuses tant il est vrai que les récents chanceliers sont plutôt des « larbins de l’hyper-classe occidentale »…

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Outre la question lancinante de l’immigration de peuplement, le FPÖ défend avec ardeur et constance la neutralité absolue de l’Autriche en dépit de son appartenance à l’Union dite européenne. Il refuse toute adhésion de la Turquie dans l’ensemble gérontocratique continental et exige, avec une belle régularité, la constitutionnalisation de l’usage des espèces monétaires dans la vie quotidienne. Il tient ainsi à répliquer par avance aux délires bureaucratiques du fumeux euro numérique.

Avec les Hongrois du Fidesz de Viktor Orban et les Tchèques d’ANO d’Andrej Babiš, la FPÖ est à l’origine des Patriotes pour l’Europe, le groupe qui, avec 86 membres, est le troisième au pseudo-parlement de Bruxelles – Strasbourg. Il aurait toutefois pu suivre l’AfD (Alternative pour l’Allemagne) au sein du groupe Europe des nations souveraines. Cependant, la tonalité libérale – libertaire – libertarienne de la branche occidentale de l’AfD l’irrite en partie.

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Bien des cadres du FPÖ proviennent des confréries étudiantes non mixtes qui pratiquent encore la Mensur, le duel au sabre, d’où une proximité certaine avec l’élu de Thuringe Björn Höcke, chef de file de l’aile identitaire, régulièrement persécuté par une « injustice » allemande. À la fin du mois de janvier 2025, un adhérent de la FPÖ aurait par exemple financé pour deux millions d’euros la fabrication d’affiches en faveur de l’AfD. Figure bourgeoise par excellence, Alice Weidel, ancienne banquière chez Goldman Sachs, s’est référé pendant les réunions électorales à la « remigration ». C’est aussi le titre d’un essai paru l’an dernier (Remigration. Ein Vorschlag, soit « Remigration. Une suggestion ») de l’identitaire autrichien Martin Sellner, proche de la FPÖ, lui aussi en proie à d’ignobles campagnes médiatico-judiciaires incessantes.

Une alliance tripartite « Feu tricolore à l’autrichienne » entre l’ÖVP, la SPÖ et les Verts est pour l’instant impossible à réaliser. Une entente entre l’ÖVP et la SPÖ est plus plausible, mais elle ne serait majoritaire que d’un seul siège (92 sur 183). Il est donc envisageable que l’Autriche connaisse à son tour des législatives anticipées dans les prochains mois. 

GF-T

PS : Ce 27 février, les conservateurs de l’ÖVP et les sociaux-démocrates de la SPÖ ont conclu un accord de gouvernement avec les centristes libéraux de NEOS. L’Autriche aura sous peu un gouvernement tripartite.

  • « Vigie d’un monde en ébullition », n° 145, mise en ligne le 25 février 2025 sur Radio Méridien Zéro.

jeudi, 27 février 2025

Le destin allemand

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Le destin allemand

Andrea Marcigliano

Source: https://electomagazine.it/il-destino-tedesco-3/

Démocratique, oui… mais jusqu’à un certain point. Démocratique tant que les résultats nous conviennent, tant qu’ils correspondent à nos intérêts… Ou plutôt, aux intérêts de quelques-uns, de ceux qui comptent vraiment et qui ont de l’influence. Qui, bien sûr, ne se trouvent pas en Allemagne. Ou seulement de manière très limitée.

Oui, car cette fois, il s’agit bien de l’Allemagne, et non d’un quelconque petit État balkanique. Il s’agit de la Grande Allemagne, le géant de l’Union européenne. Ou du moins, ce qui était un géant, avant que ne commence son rapide déclin, provoqué par les derniers gouvernements et leur soumission totale aux diktats de Washington.

Une vieille histoire, désormais. Il est (presque) inutile de revenir sur la responsabilité du terne Scholz et de ses alliés, si dociles face aux exigences de la haute finance qu’ils ont mené le pays au bord du gouffre. Et peut-être même au-delà.

Mais à présent, l’Allemagne s’est rendue aux urnes. De manière anticipée, en raison de l’inévitable crise du gouvernement rouge-vert, qui a échoué. Et les résultats, bien qu’encore non officiels, sont clairs pour tout le monde. Seulement, beaucoup, trop nombreux, refusent simplement de les voir tels qu’ils sont.

Car presque tous les journaux télévisés et les soi-disant experts se concentrent sur la victoire de la CDU-CSU. Sans toutefois mentionner que ce parti n’a ni les voix ni les sièges nécessaires pour gouverner seul. Au mieux, on souligne qu’une période de Grande Coalition se profile à l’horizon. Un véritable rassemblement hétéroclite, pour être clair, composé de la CDU-CSU, de la SPD, qui s’est effondré autour de 15 %, et probablement des Verts. Autrement dit, deux des trois partis qui ont conduit l’Allemagne au désastre.

Les libéraux de la FDP, eux, sont absents. Mais seulement parce qu’ils n’auront pas de représentation parlementaire, n’ayant pas atteint le seuil fatidique de 5%.

Bref, tous ensemble, avec passion, ils jureront d'aller de l'avant pour l’Europe et pour un soutien inconditionnel à l’Ukraine.

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Mais derrière ce flot de rhétorique et d’absence d’informations réelles, un détail crucial manque.

L’AfD, le parti dit d’extrême droite, anti-européen et pro-russe, dépasse largement les 20%. Un résultat encore inimaginable il y a peu. Et un résultat qui devrait faire réfléchir. Surtout ceux qui s’apprêtent à (mal) gouverner ce qu’il reste de l’Allemagne sous la Grande Coalition.

Car l’AfD n’est pas, contrairement à ce que nos médias veulent nous faire croire, un dangereux groupuscule de néonazis. Peut-être même ne peut-il pas être qualifié de mouvement nationaliste traditionnel. Il représente plutôt la réaction du peuple allemand face à un système de pouvoir figé. Un système de plus en plus dirigé par des puissances financières étrangères (disons-le ainsi).

Ces élections démontrent une chose: le peuple allemand, en particulier ses couches économiquement les plus fragiles, en a assez.

Assez de maintenir au pouvoir une classe politique incompétente et surtout soumise à des intérêts étrangers.

Et le score de l’AfD n’est rien d’autre qu’un premier signal. Car le mécontentement ne fera que croître.

À moins que la CDU-CSU ne commence enfin à écouter ces voix – nombreuses et influentes – qui appellent à un changement de cap. A une nouvelle majorité et une nouvelle politique étrangère.

Difficile, certes. Mais après l’ascension de Trump à Washington, ce n'est pas impossible.

Il suffirait juste d’un peu… de courage.

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La circonspection où se présentait Merkel jadis est passée à l'AfD (37,3%!!).

 

mercredi, 26 février 2025

La démographie allemande paralyse le pays

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La démographie allemande paralyse le pays

Par Wolfgang Hübner

Source: https://www.pi-news.net/2025/02/die-deutsche-demographie-...

Il y a beaucoup de patriotes qui ne sont pas satisfaits des presque 21% obtenus par l'AfD lors des élections fédérales de dimanche. Cela n'est pas incompréhensible, mais cela ignore la dominance presque écrasante des électeurs âgés. C'est à eux que Friedrich Merz et la CDU/CSU doivent leur pâle victoire électorale. Les personnes âgées dans l'ancienne République fédérale ont, d'une manière tragique, récompensé les partis de l'union démocrate-chrétienne et exprimé leur gratitude d'avoir vécu de nombreuses années dans un État fonctionnant bien, en votant contre l'avenir d'un pays déjà en déclin.

Aussi amer que cela puisse être: la pyramide d'âge des Allemands ne changera que négativement - ils vont en effet devenir encore plus vieux. C'est formidable sur le plan personnel mais cela paralyse déjà le pays sur le plan politique. Voilà pourquoi les presque 21% pour l'AfD doivent être évalués positivement. Après tout, un électeur sur cinq a choisi un parti qui est combattu, diffamé et diabolisé de toutes les manières et avec les méthodes les plus odieuses. Ce sont ces électeurs de l'AfD qui devront au moins partiellement se mobiliser en dehors du parlement dans les années à venir pour tenter d'arrêter le déclin de l'Allemagne.

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Sur le plan parlementaire, l'AfD fait face à d'énormes défis avec le grand nombre de nouveaux députés qu'elle va envoyés au Bundestag. En effet, chaque député a besoin d'une équipe, le groupe lui-même verra augmenter le nombre de ses experts et collaborateurs qualifiés. Le fait qu'il existe toujours le "mur de feu" antidémocratique ne devrait pas inquiéter l'AfD: au-delà de cette construction politique de honte, règne la désolation d'une coalition de perdants. Parmi les perdants, on trouve également le prétendant à la chancellerie, Merz, qui avait promis en 2021 de réduire l'AfD de moitié, mais qui la voit doubler en 2025.

Si la SPD socialiste organise effectivement un référendum auprès de ses membres pour savoir si elle doit former une coalition avec la CDU/CSU, le résultat n'est d'ailleurs en aucun cas assuré. Car dans une telle coalition, la SPD, que ce soit avec Pistorius ou non, ne peut que perdre si elle reste sagement alignée sur la formation présidée par Merz. Mais si elle ne reste pas sage, la coalition ne sera pas seulement fragile: elle se brisera. Pour les Verts, il ne reste rien du glamour espéré de Habeck. L'Allemagne ne sera plus la risée du monde entier à cause des frasques de "Trampolina" Baerbock. Autre point positif: le déclin de la FDP libérale, qui est bien mérité et, espérons-le, demeurera durable. Peut-être que le parti essaiera maintenant de se refaire une santé avec la furie belliciste de Düsseldorf, Agnes Strack-Zimmermann, qui deviendra sa  présidente, afin que Poutine ait au moins peur de la FDP.

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L'échec, essuyé de justesse, du parti Wagenknecht a été prévisible après les élections régionales en Thuringe. Car la sage Sahra Wagenknecht, mais qui n'a pas le sens du leadership, s'était choisie une candidate tête de liste avec des vues d'extrême-gauche, qui a attaqué brutalement le vainqueur des élections, Björn Höcke, de concert avec la CDU. Cette cuisine politicienne a également contribué à ce que les gens, dans les cinq Länder de l'ancienne Allemagne de l'Est, fassent de l'AfD le parti le plus fort de leurs régions. Aucun chancelier, pas même Merz, ne peut ignorer ce fait.

Pour tous ceux qui sont frustrés par les résultats électoraux et les conditions qui règnent dans le pays bigarré de l'Ouest, il reste une consolation: il y a une Allemagne qui veut continuer à être l'Allemagne. Là-bas, il y a aussi de nombreuses maisons vides et des appartements bon marché. Les gens entre Rostock et Dresde sont souvent plus pauvres qu'à l'Ouest, mais beaucoup moins laissés pour compte sur le plan matériel. Cela donne à l'ancienne et malveillante exhortation du temps de la guerre froide  ("Alors va donc de l'autre côté!") une résonance bien différente, beaucoup plus agréable. Car c'est uniquement à l'Est que le vote a clairement été en faveur de l'avenir de notre peuple.

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Qui est Wolfgang Hübner ?

Auteur pour PI-NEWS, Wolfgang Hübner écrit depuis de nombreuses années pour ce blog, principalement sur des sujets de géopolitique, de fascisme de gauche, d'islamisation de l'Allemagne et de liberté d'expression. L'ancien élu municipal et président du groupe "Bürger für Frankfurt" (BFF) a démissionné de son mandat à la fin d'octobre 2016 au Römer de Francfort. Le passionné de cyclisme est joignable via sa page Facebook et son canal Telegram. En outre, on peut constater que : "Qui vote CDU, vote guerre."

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samedi, 22 février 2025

Conseil constitutionnel: la très prévisible trahison du RN

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Conseil constitutionnel: la très prévisible trahison du RN

Pierre-Emile Blairon

La nomination pour neuf ans de Richard Ferrand au poste de président du Conseil constitutionnel a provoqué une onde de choc parmi les rares personnes qui croyaient encore à l’intégrité vertueuse des parlementaires du parti de Marine Le Pen et qui voient le sol s’écrouler sous leurs pieds.

Il faut dire que les 16 députés de la commission des Lois sous étiquette RN se sont opportunément abstenus afin de ne pas entraver l’accession de Ferrand à ce poste-clé.

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On sait que Richard Ferrand (photo) avait été mis en examen en 2019 dans l’affaire dite « des Mutuelles de Bretagne » dans laquelle il « était soupçonné d'avoir profité de sa situation de directeur général des Mutuelles de Bretagne, de 1998 à 2012, pour favoriser sa compagne, lui permettant d'acheter en 2011 un bien immobilier à Brest sans débourser un centime [1] » avant que la cour de cassation ne conclue à sa prescription. Ferrand a cependant été contraint de justifier sa candidature devant l’Assemblée nationale et le Sénat [2].

« Comme Laurence Vichnievsky et Philippe Bas, les deux autres futurs membres du Conseil constitutionnel, validés sans anicroche par l’Assemblée nationale pour la première et le Sénat pour le second, Richard Ferrand va donc pouvoir s’installer dans l’institution de la rue de Montpensier. Mais le vent du soupçon souffle déjà sur cette nomination. ʺLe RN va payer cher ce choix auprès de son électorat. Mais s’ils ont décidé de prendre ce risque, c’est que le deal vaut cherʺ, considère la communiste Elsa Faucillon, non sans sous-entendus. ʺÇa sent la magouilleʺ, a fustigé Julien Dive (LR). » (Le Figaro du 19 février 2025)

« C'est un cadeau auquel Emmanuel Macron ne s'attendait pas. Richard Ferrand, son candidat au poste aussi prestigieux que névralgique de président du Conseil constitutionnel pour les neuf années à venir, a été validé par le Parlement… à une voix près. Et ce, grâce à l'abstention des 11 députés du principal parti d'opposition, le Rassemblement national, tous membres de la commission des Lois. De la gauche jusqu'au parti Les Républicains, les parlementaires de tous bords ont promptement dénoncé une absence de légitimité de Ferrand, d'un côté, et une compromission du RN, de l'autre. « Il y a les paroles, mais il y a surtout les actes : Marine Le Pen devra s'en expliquer devant les Français », a, par exemple, griffé le patron des députés LR et candidat à la présidence du parti de droite, Laurent Wauquiez. » (Le Point du 19 février 2025)

Les réactions de personnalités diverses venant de la politique alternative ou des réseaux sociaux comme celles de Florian Philippot, de Jim le Veilleur [3], de Fabrice Di Vizio [4] ou du site qactus.fr [5] vont toutes dans le même sens: le RN vient de signer son arrêt de mort politique, coupable de trahison manifeste envers ses 11 millions d’électeurs et envers, donc, le peuple français.

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On parle souvent de « parti godillot » pour désigner les membres d’un groupe politique qui suivent sans murmurer les consignes de vote ou de comportement données par ses dirigeants [6].

On ne peut guère faire référence au soulier rustique de M. Godillot pour désigner celui qui chausse avec finesse et, peut-être, un brin de préciosité – le célèbre raffinement à la française que tout le monde nous envie -celui de bon goût et de bon cuir qui galbe élégamment le pied de nos parlementaires d’extrême-droite qu’on pourrait plus judicieusement désigner par l’expression « d’extrême-vide ».

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A propos de chaussures, qui ne se souvient de celles que collectionnait un young leader proche des cercles élyséens au prénom plaisamment exotique, Aquilino Morelle, marié à la présidente de la BNF (Bibliothèque nationale de France) qui avait été obligé, avant d’être contraint à la démission, de se défendre en précisant qu’il ne possédait qu’une dizaine de paires de Weston dont il confiait le cirage à un employé de l’Elysée (voir Le Point du 22 avril 2014) ; on ne saura rien de l’existence d’éventuels paires de Tod’s ou de Berluti, à moins que l’intéressé n’ait conclu un contrat d’exclusivité avec Weston. Le même Morelle traînait quand même d’autres casseroles en lien avec Big Pharma qui expliquent plus sérieusement son éviction de la scène politique.

L’évocation de ces (coûteuses) futilités nous permet de revenir brutalement au cœur du problème bien français de l’utilisation du personnel politique.

Le RN disposait de 89 députés depuis les élections législatives de juin 2022 puis de 124 députés en 2024 après la dissolution.

A quoi auront servi ces députés durant ces presque trois ans de mandat ?

A RIEN.

Quelles avancées significatives auront-ils engrangées pour améliorer le sort de nos compatriotes si maltraités par le pouvoir en place ?

AUCUNE.

Vous pouvez consulter l’article du JDD du 24 août 2023 qui ne vous apprendra pas grand-chose : « Le vrai bilan du RN à l'Assemblée nationale : si le nombre d'amendements adoptés en un an est faible autant que leurs interventions, les députés RN forment un groupe uni qui vote comme LR dans plus de la moitié des cas. »

11 millions d’électeurs ont voté, plein d’espoir, pour voir le RN accéder au pouvoir et remettre la France sur les rails.

RIEN ne s’est produit parce que rien ne devait se produire. Il y a belle lurette que Macron aurait dégagé de la scène politico-médiatique à la première motion de censure si le RN l’avait voulu.

MAIS LE RN NE L’A PAS VOULU.

Ce n’est pas encore cette fois-ci que la France sera great again.

Il y a bien longtemps que nous avons compris que le RN n’était qu’un produit de façade dont l’utilité ne réside que dans l’aptitude de ses membres à se loger dans une niche bien confortable.

Ces députés auront pris soin auparavant de parer aux aléas qui pourraient déranger une organisation bien lissée et bien rodée dont l’unique souci ne consiste qu’à éviter de faire des vagues qui pourraient compromettre ce fragile et doux équilibre.

Nous ne remonterons guère dans le temps pour donner quelques exemples de cette inaction soigneusement entretenue qui n’aura servi que de paramètre d’ajustement à un pouvoir dispendieux et déliquescent.

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Le 29 septembre 2020, sous le titre : Le masque, marqueur de la soumission du RN, Marc Desgorces-Roumilhac écrivait dans nos colonnes, en pleine dictature pseudo-sanitaire, ce qui suit :

« Certaines des gaffes de Marine Le Pen, souvent indignes à son niveau, révèlent des lapsus idéologiques inquiétants. À croire que le RN ne veut pas être en retard de la moindre bêtise servile, au seul bénéfice du Système. Lequel pourtant, demain pas plus qu’hier et aujourd’hui, ne lui rendra même pas la petite monnaie de ses reniements misérables. Ni de ses ralliements à la doxa bien-pensante. Ni de sa soumission au politiquement correct. Le RN prétend réveiller la France. Il serait temps qu’il commence par lui-même. Avant qu’il ne soit trop tard. Si toutefois ce mouvement est capable d’assumer des idées claires et droites, à visage découvert. Sans masque. Sinon, tôt ou tard, d’une façon ou d’une autre, il sera démasqué. »

Le 17 juin 2022, j’écrivais un article intitulé Elections législatives 2022 : La revanche du Titanic et le triomphe de l’inertie dont voici un extrait :

« Les partis politiques qui collaborent activement ou passivement à maintenir le système en place sont ceux qui ont dépassé 10 % des votants aux dernières élections législatives, ce qui ne veut pas dire qu’ils sont légitimes étant donné que plus de la moitié des Français ne se sont pas déplacés pour voter.

Les Français avaient été déjà bien formatés, anesthésiés, pour les Présidentielles, qui avaient vu se rencontrer, lors d’un débat soporifique, Macron et Le Pen, cette dernière ayant soigneusement évité d’émettre la moindre critique envers son interlocuteur (on ne dira pas son « adversaire ») comme si un accord avait été passé préalablement entre eux. »

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Dans mon article du 22 février 2024, « Traditionalistes contre globalistes : le grand chambardement, je mets en garde les Français contre la dérive transhumaniste qui séduit les gens du RN : « Cet engouement du RN pour le transhumanisme ne date pas d’hier. Déjà, en 2020, le journal L’Opinion s’en faisait l’écho sous le titre : Laurent Alexandre, le docteur qui phosphore avec la droite radicale : « Son allure sage, chemise à rayures et lunettes invisibles, est trompeuse : Laurent Alexandre est le showman qui parle de repousser les limites de la mort. Marine Le Pen l’écoute. Elle a invité l’ancien chirurgien-urologue à sa rentrée politique à Fréjus, en septembre, quitte à dérouter un public militant peu porté sur le transhumanisme. Qu’importe, la patronne du RN sort ravie de l’amphithéâtre : la preuve que son parti « réfléchit » ! Quoi de mieux qu’un futurologue médiatique pour dépoussiérer un meeting ronronnant ? « Je les perturbe », rigole l’intéressé auprès de L’Opinion. Un article du Monde du 10 février 2023 relate que Jordan Bardella a été fortement impressionné par le livre Homo deus, une brève histoire du futur de Yuval Harari, le principal théoricien des sectes mondialistes et transhumanistes.

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Le 11 juin 2024, dans son article : Elections européennes 2024 : quel est le scénario de l’oligarchie ? Georges Gourdin écrivait ceci : « Ce qui compte, ce n’est pas tant le « score » obtenu pour telle ou telle liste, puisque ce score est établi à l’avance. Ce qui compte, c’est de se pencher sur les raisons profondes de ce scénario minutieusement concocté. Si la liste Rassemblement National de Jordan Bardella écrase celle de Renaissance d’Emmanuel Macron, il faut bien se dire que cela ne pourrait se faire sans l’assentiment de l’oligarchie qui contrôle les instituts de sondage, les médias et les mécanismes de décompte des voix. »

Dans son article du 21 octobre 2024, Georges Gourdin, sous le titre : Bardella insulte les Français, écrit ceci : « de nombreux patriotes se sentent orphelins depuis que le Rassemblement National s’est rallié à Macron dans son soutien incongru à Volodymyr Zelinsky. Nous avons évoqué plusieurs fois ce sujet dans nos colonnes. Au point de nous demander ce qui sépare vraiment le RN de la macronie puisque le RN est d’accord sur tout ce que propose Emmanuel Macron. »

Nous allons arrêter là cette litanie sans fin (nous pourrions citer encore des dizaines d’articles) qui démontre, à l’évidence, que le RN, depuis le début, n’est là que pour servir les intérêts de Macron et le sauver de la noyade s’il le faut. Quels accords ont conclu le RN et Macron ? Nous le saurons un jour qui peut n’être pas si lointain.

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Des gens de petit calcul, bien sordide, médiocres pantins sans la moindre ambition pour l’avenir de notre pays, pauvre esquif balloté à tous les vents, tiennent le devant de la scène simplement pour faire perdurer un statut de petit notable qui leur avait échu par miracle.

Pendant ce temps, on entend le grondement d’un tremblement de terre qui s’amplifie et qui va bouleverser la planète, une révolution que personne n’attendait et qui va se faire sans eux, et tant mieux, mais aussi sans nous, pauvres Européens contraints, au fil des années et des renoncements, à quitter ce grand théâtre qui a vu se dérouler les pages les plus glorieuses de l’Humanité, sauf si un dernier sursaut salvateur réveille enfin nos compatriotes anesthésiés depuis de si longues années.

Pierre-Emile Blairon

Notes:

[1] France Info du 2 mars 2022

[2] https://www.youtube.com/watch?v=nzi1pX1-9e4

[3] https://www.tiktok.com/@jimleveilleurlevrai/video/7473194008852974870?_r=1&_t=ZN-8u49tzlROCM

[4] https://www.tiktok.com/@divizio.officiel/video/7473173737...

[5] https://qactus.fr/2025/02/19/france-le-rassemblement-nati...

Godillot : c’est le nom d’une grosse chaussure, dérivé en « godasse ». Alexis Godillot était, au 19e siècle, un fabricant de souliers de marche qui fournissait l’armée.