dimanche, 26 juillet 2009
Une nouvelle politique étrangère pour la Lituanie?

Une nouvelle politique étrangère pour la Lituanie?
VILNIUS – La nouvelle présidente de la République de Lituanie, Dalia Grybauskaité, a annoncé qu’elle lutterait contre la corruption et donnerait une coloration nouvelle à la politique étrangère de son pays. “Lorsque je voyage en Lituanie, je rencontre beaucoup de gens qui sont fort déçus des tribunaux”, a dit cette dame âgée de 53 ans qui fut naguère Commissaire européenne en prononçant son discours inaugural au début juillet 2009. “J’ai perçu beaucoup d’animosité contre la pratique de deux poids deux mesures, avec un type de justice pour les gens simples et un autre, différent, pour les figures influentes”. Elle déclare ensuite vouloir vérifier scrupuleusement l’intégrité des juges avant de les nommer. L’économie, a-t-elle ajouté, mérite également davantage de transparence. “Vivons sans monopoles oligarchiques et sans transactions opaques!”, a réclamé cet ancien professeur de la haute école du PCUS à Vilnius. A l’avant-plan de sa politique, elle entend rétablir les meilleures relations avec les pays voisins de la Lituanie: la Pologne, la Russie et la Biélorussie. Il va falloir adopter une politique étrangère “bien balancée” et protéger les intérêts directs de la Lituanie, ce qui aura pour corollaire de mettre au second plan “la direction imaginaire au sein de l’espace euro-atlantique”. Son prédécesseur Valdas Adamkus, aujourd’hui âgé de 82 ans, qui avait vécu à partir de 1944 en Allemagne et de 1949 à 1997 aux Etats-Unis avait adopté, pour sa part, une orientation nettement anti-russe en politique étrangère.
(article issu de “Junge Freiheit”, Berlin, n°30/2009; trad. franç.: Robert Steuckers).
00:25 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mer baltique, pays baltes, europe, affaires européennes, politique internationale |
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Le Chêne de la Vehme

Le Chêne
de la Vehme
par Ulrich STEINMET
Entre les villes de Borken et de Dorsten, dans le vieux Land saxon de Hama, se trouve le village d'Erle, près de Raesfeld en Westphalie. Il y pousse un chêne très ancien, qui mesure 14 mètres à la circonférence; ses branches s'élèvent à 15 mètres du sol.
Au printemps, malgré son très grand âge, ses feuilles réapparaissent, toutes vertes. Le vieil arbre doit être soutenu par des poutres qui le maintiennent debout et stable. Ce chêne a été planté sur le site d'un Assenkamp, «un camp des Ases». Les Ases sont la plus vieille famille des dieux germaniques; elle a combattu, avant de pacifier le monde, la famille des Vanes, divinités symbolisant la fertilité du sol.
Retenons que le Chêne de la Sainte-Vehme, avant sa christianisation toute superficielle, était consacré à Wotan, le père des dieux qui errait, monté sur son cheval Sleipnir, souvent gravé sur les pierres runiques pourvu de huit jambes; Wotan est également accompagné de deux loups, Freki et Geri, et de deux corbeaux, Hugin et Munin, qui lui transmettent la sagesse et lui rapportent tout ce qui se passe dans le monde des hommes. Les Indo-Européens ont toujours parfaitement perçu le caractère sacré des arbres; le Freistuhl, littéralement «siège de l'homme libre», en fait siège où s'assied le chef qui donne les directives pour administrer le peuple et dit la justice, est toujours situé au pied d'un grand et vieil arbre. Le Chêne de la Sainte-Vehme, lui aussi, est le site d'une ancienne Gerichtstätte (lieu de justice), où les libres communautés paysannes saxonnes venaient discuter et appliquer leurs lois.
Par un calcul approximatif, nous devinons que cet arbre, qui nous reste aujourd'hui, devait déjà avoir été énorme au temps de Charlemagne. De nos jours, on estime qu'il doit environ avoir deux mille ans. C'est le seul arbre d'Allemagne qui reste debout et qui date d'avant le Christ. Le prédicateur chrétien Boniface n'a sans doute jamais réussi à trouvé le Chêne de la Vehme: sinon, il l'aurait abattu lors de la christianisation comme ont été abattus tous les arbres sacrés propres aux cultes païens. Après la soumission et la sanglante évangélisation des Saxons, Charlemagne n'a pas supprimé le Freistuhl d'Erle mais l'a transformé en Tribunal de la Feme ou Vehme, c'est-à-dire en un des tribunaux institué par le monarque carolingien pour maintenir en état de soumission les Saxons et combattre les païens et les hérétiques, au moyen de procédures secrètes, dont la légalité était des plus discutables. De nombreux nobles francs se sont installés, sur ordre de l'empereur, dans la région, dans le but d'empêcher toute restauration de la religion et du droit des ancêtres. C'est la raison pour laquelle le Chêne d'Erle a été nommé Feme-Eiche, Chêne de la Sainte-Vehme. Mais dans les proverbes de la région, on l'appelle le Ravenseiche, le Chêne des Corbeaux.
Durant le Moyen Age, on a assisté à une revitalisation tacite du vieux droit germanique: les Westphaliens, Frisons et Saxons ont remis à l'honneur la libre juridiction, propre de leur souche. Leur tribunaux étaient composés de Fri-greven (des «comtes libres»), choisis parmi les paysans libres, puis nommés par l'empereur. Ce personnel des tribunaux a fini par fusionner avec la magistrature officielle. Ceux qui n'étaient pas Fri-greven devaient se rendre à cheval au palais de l'empereur pour recevoir confirmation de leur nomination en tant que juges. Le libre banc (= tribunal) d'Erle pouvait, lui, nommer d'office un Greve et sept conseillers, de façon à ce que le tribunal puisse siéger au complet.
Pendant les XVième et XVième siècles, le pouvoir des nobles (de souche franque ou gallo-romaine) et du clergé est devenu tellement puissant que les Freistühle furent interdites. Mais pour parvenir à les interdire, nobles allochtones et clergé ont dû livrer aux libres autochtones une longue lutte sanglante; au XIXième siècle encore, les libres paysans de la région s'opposèrent, par des émeutes et du tumulte, aux lois imposées par l'archevêque de Münster.
Témoin de l'esprit d'indépendance de la race saxonne, l'énorme plaque de pierre qui constituait le Freistuhl proprement dit, a été déposée sur le pont de Dorsten et est devenu un monument vénéré par la population. En 1945, des soudards britanniques l'ont fait basculé dans la rivière, au fond de laquelle elle se trouve toujours, en dépit de son importance historique et culturelle. L'arbre, lui, a résisté à tout. En 1928, il a fallu l'étayer de poutres de bois. Son tronc s'est scindé en quatre et a été renforcé par un anneau de fer. Plus tard, le chirurgien du bois, Dr. Michael Mauer, a renforcé ses racines et sa couronne. Ainsi le Chêne de la Feme/Vehme peut espérer résister encore aux défis du temps et témoigner de sa noble histoire.
Ulrich STEINMET.
(d'après Gedenkstätten deutscher Geschichte, Orion Heimreiter Verlag; trd. franç. d'après un extrait de cet ouvrage paru dans la revue milanaise Orion).
00:05 Publié dans Traditions | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : traditions, arbre, paganisme, chênes, tradition germanique |
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