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mardi, 05 mai 2026

Charles III veut la guerre: l’obsession fatale de Londres pour la Russie

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Charles III veut la guerre: l’obsession fatale de Londres pour la Russie

Londres/Washington. Depuis 200 ans, la Grande-Bretagne fait partie des ennemis les plus intransigeants et tenaces de la Russie. Cela repose aussi bien sur des raisons géopolitiques que sur des enjeux liés aux ressources naturelles. Aujourd’hui, les visées géopolitiques des Anglo-Saxons cherchent à couper la Russie du commerce mondial autant que possible et, à long terme, à démembrer son territoire — un objectif qui fait l’objet de discussions ouvertes dans des think tanks transatlantiques depuis la fin de l’Union soviétique.

Fait intéressant, le roi britannique Charles III a justement évoqué cette constante de la politique anglo-américaine lors de sa visite récente aux États-Unis. Lors d’une séance conjointe du Congrès, il a prononcé un discours qui peut aussi être considéré comme une déclaration de guerre à peine voilée à la Russie.

Charles a déclaré textuellement: «Juste après le 11 septembre, lorsque l’OTAN a invoqué pour la première fois l’article 5 et que le Conseil de sécurité des Nations Unies s’est uni face au terrorisme, nous avons répondu ensemble à l’appel, comme notre peuple le fait depuis plus d’un siècle — où nous avons été main dans la main durant deux guerres mondiales, pendant la guerre froide, la guerre d’Afghanistan et d'autres moments qui ont façonné notre sécurité commune. Aujourd’hui (…) la même détermination inébranlable est nécessaire pour la défense de l’Ukraine et de son peuple si courageux».

L’idéalisation de l’échec en Afghanistan et la référence explicite au pacte militaire de l’OTAN sont un appel sans équivoque à Washington pour qu’il participe enfin à une guerre terrestre européenne d’envergure contre Moscou. Le fait que les deux guerres mondiales précédentes aient coûté la vie à près de 70 millions de personnes n’a pas empêché les représentants américains présents d’accueillir cette exhortation à une Troisième Guerre mondiale par des applaudissements tonitruants.

Cette scène s’inscrit parfaitement dans une obsession de la Russie qui dure depuis près de deux siècles et qui façonne en permanence la politique extérieure britannique. Depuis la guerre de Crimée en 1853, l’élite londonienne ourdit des plans pour culbuter militairement la Russie, toujours selon un modèle éprouvé: le Royaume agit en coulisses et incite d’autres puissances à porter le lourd fardeau, à payer le prix du sang.

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Cette stratégie a atteint un premier sommet cynique immédiatement après la capitulation allemande en 1945. Alors que l’Armée rouge détruisait la Wehrmacht, le Staff de planification conjoint britannique élaborait «le projet Impensable/Unthinkable» — un plan pour une attaque surprise contre l’allié soviétique.

Le document présenté à Winston Churchill le 22 mai 1945 prévoyait une attaque le 1er juillet 1945 avec des forces britanniques, américaines, polonaises et même allemandes unies sous un même commandement. L’objectif politique déclaré était très simple: la Russie devait «se soumettre à notre volonté». Le document précise également: «Un succès rapide pourrait amener les Russes à se soumettre, au moins provisoirement, à notre volonté; mais peut-être pas. (…) S’ils veulent une guerre totale, ils sont capables de la mener».

Aujourd’hui, la participation active des États-Unis est devenue une nécessité absolue pour Londres. L’offensive de charme transatlantique de Charles joue un rôle clair: elle doit ressusciter sous une nouvelle apparence «l’Opération Impensable/Unthinkable» (ndt: parfois appelée aussi "Liberty Storm").

Le discours du roi et l’ensemble de la tradition diplomatique britannique révèlent une fixation ininterrompue sur la Russie. Cette obsession représente un danger mortel pour le reste du monde. Comme on le sait, Londres a, quelques mois auparavant, offert, de manière à peine voilée, d’aider l’Ukraine à construire des armes nucléaires. Si la Russie prend cette menace au sérieux, une guerre nucléaire n’est plus qu’une question de temps (mü). 

5000 soldats américains en moins en Allemagne: une goutte d’eau hors d'un océan 

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5000 soldats américains en moins en Allemagne: une goutte d’eau hors d'un océan 

Washington. Une bonne nouvelle – et une mauvaise. La bonne: après de nombreuses tentatives et annonces dans le passé, les États-Unis prennent enfin au sérieux la réduction de leur présence militaire en Allemagne. La mauvaise: seulement 5000 hommes seront retirés – bien que Trump ait annoncé davantage ce week-end. 

En Europe, environ 86.000 soldats américains sont actuellement stationnés, dont environ 39.000 en Allemagne. Moins 5000, cela représente toujours 34.000 soldats américains stationnés sur le sol allemand. Selon le ministre américain de la Défense Hegseth, le retrait devrait être achevé d'ici six à douze mois. La démarche a été justifiée par une révision approfondie des déploiements de troupes en Europe ainsi que par les besoins des zones d’opérations. 

Ce retrait fait suite à une critique acerbe du président américain Donald Trump à l’encontre du chancelier Friedrich Merz, en raison de sa position défavorable à l’attaque américano-israélienne contre l’Iran. Trump avait déjà voulu examiner la possibilité d’une telle démarche. 

Samedi, le président a réitéré et annoncé une réduction « significative » de la présence des troupes américaines en Allemagne. Lorsqu’on lui a demandé la raison, il a refusé de donner une explication claire, mais a précisé qu’une réduction encore plus importante était à venir, car l’engagement des États-Unis pour la sécurité européenne allait être diminué. « Nous allons drastiquement réduire nos effectifs. Et nous allons retirer beaucoup plus que 5000 soldats », a déclaré Trump devant des journalistes en Floride. 

Les indices se multiplient pour montrer qu’il s’agit encore une fois d’une décision typique de Trump, prise sur un coup de tête. « Nous ne savons pas quelles unités sont précisément affectées. Est-ce le noyau d’une brigade, une escadre aérienne ? », a déclaré l’ancien ambassadeur américain auprès de l’OTAN, Ivo Daalder, à Euronews. Une autre source américaine a confié à la plateforme: «Il n’y a pas de détails, parce que Trump a simplement inventé ce chiffre». Et encore: «Les 5000 militaires relèvent une estimation purement arbitraire, sortie de nulle part, pour marquer le coup dans sa dispute avec Merz ». 

Depuis des décennies, l’Allemagne sert les États-Unis comme plaque tournante de leur logistique militaire – et continuera de le faire. Même dans le récent conflit avec l’Iran, la logistique américaine en Allemagne a été essentielle pour les opérations militaires des Etats-Unis. Depuis la base aérienne de Ramstein, la coordination de toutes les missions de drones dans la région afro-asiatique est assurée. 

Déjà lors du premier mandat de Trump (2017-2021), celui-ci avait menacé de qu'il réduirait les effectifs de l'US Army en Allemagne de 12.000 soldats, en représailles à ce qu’il considérait comme des dépenses de défense allemandes trop faibles. Son successeur, Joe Biden, a stoppé ces plans. Lors de son second mandat, Trump a initialement rassuré le monde, mais il a ensuite réagi avec irritabilité face à l’attitude critique des Européens concernant la guerre en Iran. Cependant, rien ne changera fondamentalement avec le retrait désormais confirmé (mü).

Source: Zu erst, Mai 2026. 

La guerre qui ne vise pas la victoire: le conflit en Ukraine comme moyen de démantèlement du système

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La guerre qui ne vise pas la victoire: le conflit en Ukraine comme moyen de démantèlement du système

Markku Siira

Source: https://markkusiira.substack.com/p/sota-jota-ei-ole-tarko...

En étudiant la guerre de la Russie contre l’Ukraine, l’attention ne se porte plus autant sur ce que le Kremlin fait, mais sur ce qu’il ne fait pas. Les raffineries ont à plusieurs reprises été ciblées par des drones ukrainiens, les armes de l’OTAN affluent via Lemberg (Lvov/Lviv) vers le front, et personne ne semble plus se soucier des lignes rouges ou des menaces de Moscou.

Plus cette « opération militaire spéciale » stagne, plus il devient probable que cela ne soit pas simplement une incapacité militaire, mais un phénomène structurel plus profond: un conflit gelé, épuisant, maintenu en vie pour favoriser certains objectifs plus larges.

La situation commence aussi à se faire sentir dans le débat public en Russie. Le président est désormais ouvertement critiqué – non pas tant pour ses objectifs de guerre, mais pour ses échecs pratiques, pour le durcissement de la censure sur Internet, pour l’absurdité de la bureaucratie et la crise économique générale. On le décrit de plus en plus comme un vieil homme détaché, ayant perdu le contact avec la vie quotidienne de ses concitoyens.

Dans cette perspective, il est compréhensible que le Kremlin ne recherche pas une victoire rapide. Une telle victoire nécessiterait une clarté stratégique et une compétence opérationnelle que le système actuel ne semble pas posséder. La gouvernance de Poutine n’est pas non plus prête à passer à une économie de guerre totale et à mobiliser la population.

Sous ces contraintes administratives et culturelles se cache toutefois une couche plus froide, qui est structurelle. Les cercles financiers transnationaux et les réseaux de pouvoir étatiques opèrent partout, et la Russie ne fait pas exception. Les oligarques sont en partie le produit de ces réseaux, et Poutine avec ses soutiens ne contrôle qu’une partie du véritable pouvoir dans le pays.

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Les institutions économiques critiques – la Banque centrale, le ministère des Finances et le gouvernement – sont fortement influencées par ces cercles financiers. Comme le montre à plusieurs reprises la politique des taux d’intérêt, ces acteurs ne servent pas principalement l’intérêt national russe, mais la logique du système financier mondial.

Les mesures spéciales prises lors des restrictions dues à la pandémie du Co vid-19 ont créé la base d’une intervention économique à grande échelle, que la guerre en Ukraine continue. Les faillites, transferts de richesse et endettements ne sont pas de simples sous-produits, mais font partie d’un processus de démantèlement de l’ancien ordre, de l'ancienne normalité. La guerre fournit à la fois à la Russie et à l’Occident une justification pratique pour des mesures qui seraient difficiles à justifier en temps de paix auprès de leurs citoyens.

L’élite dirigeante russe semble principalement concentrée sur la sécurisation de sa propre position. Aucune purge interne à grande échelle n’a été observée même pendant la guerre. Les citoyens ordinaires portent le fardeau: le niveau de vie baisse, les entreprises sont étouffées par la bureaucratie et les taux d’intérêt, et la communication est surveillée.

Par ailleurs, les membres de l’élite – même ceux qui ont soutenu l’Ukraine – circulent librement entre les pays et accroissent leur richesse. Cette double norme n’est pas un hasard, mais une caractéristique centrale du système. Poutine ne peut pas démanteler l’oligarchie féodale, car son pouvoir repose précisément sur celle-ci.

Et si, au contraire, la prolongation de la guerre n’était pas une incapacité, mais une dynamique silencieuse profitant à toutes les parties? Un développement similaire est observable tant dans la numérisation que dans la normalisation de la surveillance, aussi bien à l’est qu’à l’ouest. Le conflit en Ukraine a fourni une justification efficace pour accélérer cette tendance des deux côtés.

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Tant que la guerre reste en son état, tant qu'elle reste épuisante et demeure gelée, les élites peuvent maintenir l’état d’exception et détourner la mécontentement vers une menace extérieure. Dès que la guerre prendra fin, l’énergie politique se libérera probablement et se concentrera sur les structures et dysfonctionnements internes. C’est pourquoi l’état actuel – ni victoire, ni défaite – est à court terme la meilleure option pour toutes les parties.

Les erreurs de Poutine pourraient théoriquement être corrigées, mais cela supposerait une Russie et une direction que le système actuel ne permet pas. La même absence de compétence et de courage semble affecter aussi les dirigeants occidentaux. La poursuite du conflit est donc moins risquée que sa résolution décisive.

En fin de compte, il ne s’agit pas de savoir qui remportera la guerre, mais de comment la guerre façonne les sociétés vers une nouvelle normalité. Le conflit en Ukraine et la crise énergétique suffisent-ils pour mettre fin à l’ancien système, ou la prochaine étape sera-t-elle une mise à bas totale du système en Europe par une guerre à grande échelle ?

Alexandre Kojève: la Sophia du dire le toujours présent

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Alexandre Kojève: la Sophia du dire le toujours présent

Jean-Louis Feuerbach

Au professeur Jean Lauxerois, en amicalice hommage.

71Z3IirvqxL.jpgIl aimait à se donner comme « philosophe du dimanche ». Alexandre Kojève (1902-1968) c’est son « Introduction à la phénoménologie de Hegel », soit le recueil de ses cours publiés par « l’humoriste Raymond Queneau » : « une œuvre de propagande destinée à frapper les esprits ». Lui suit, « Sophia : philosophie et phénoménologie «.

Ce texte date de 1941. Fut écrit en russe, dédicacé à Staline, mis sous l’éteignoir par la censure gaulliste. Il vient seulement d’être publié.

84 ans durant, l’adultère phénoménologique demeurera celé au public.

1.

Sophia doit se lire comme l’offre théorique d’un citoyen soviétique putatif à l’édification du communisme dans le grand espace de « l’union mondiale des républiques socialistes soviétiques ». Kojève n’est pas au bavardage mais à l’advenir du monde sans l’immonde.

815MIDlVgAL-1627435428.jpgAprès tout, si Kojève a pu faire dire à Hegel ce qu’il voulait lui faire dire, le programme pouvait être étendu à Staline et à De Gaulle. Et ce dernier, qui s’était fâché en son temps avec son parrain Philippe Pétain pour une virgule dans une préface, paraissait dialectiquement mur pour accueillir, ce qu’il fit, la lecture « dialectique » de la philosophie interprétée par Kojève » à la lumière du marxisme-léninisme-stalinisme.

Advint la révolution gaullo-communiste de 1944-1946, récidiviste depuis 1958. Kojève fut catapulté à titre fonctionnel et onéreux dans la diplomatie managériale (O.E.C.E, O.C.D.E. et G.A.T.T.). Où l’on voit que l’avenir du monde est d’abord alimentaire. Pour y être mécanicien admissible, mieux vaut être affilié au PC. De là, Kojève s’élèvera au règne, à prince des princes, au savoir-faire curialisant.

Il distingue "savoir parfait ou sagesse" et "philosophie". Celle-ci n’est qu’"aspiration au savoir absolu", parce qu’un philosophe ne possède pas la sagesse. Depuis la révolution socrato-platonicienne, il n’est qu’à l’omnicitude de la théologie, en fait profession et ingéniérise la déconstruction de la Sagesse. Il campe dans la «dialectique « pour hystériser sa misosophie» (Platon). Tandis que le sage kojévien commande erga omnia et erga omnes, pense, écrit, fait; distribue les rôles, le scénario, les costumes; cornaque au dialektikon.

Bagarre du primordial et du secondaire. Lutte à mort pour le prestige de l’hegemon. «Archée» (Kostas Axelos).

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Kojève s’empare totalement du monde et le recrée à son image. Mieux encore, soutient son traducteur Nicolas Rambert, le philosophe du dimanche arme un processus qui mène au «dimanche de la vie», «défait l’homme-dieu» comme le «dieu-homme» et pense la mort comme négation du théologique en général, et du théologique soloviévien en particulier.

Aussi, sa «Sophia» fait doctrine de la «conscience de soi comme mortel» et donc lèse-majesté envers les récits de l’immortalitude chevillée autour de la fabrique de dieux.

En plaçant le «centre de gravité» de sa réflexion sur la mort, il signe une pensée de congédiement sinon «d’exécution» du tout théologique. "L’esprit de destruction est un esprit de création". Elle mesure la capacité à révolutionner le monde, à cogner sur ce qui doit être métaphysiquement brisé et à affirmer le fait mortalice contre les partis et paroisses immortalices. Comme création en propre.

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Jean Lauxerois (photo) élèvera la question à la beauté des mortels. Mourir oui, mais vivre bellement: «savoir vivre en mortels».

2.

Un super-vice-président des États-Unis d’Amérique est venu proclamer au printemps 2025 à Munich: la mondialisation est finie.

L’imaginaire globalitaire a pris une claque. Le rêve de la marche hallachique dans le sens global est K.-O.. L’omnimarchandisation du monde est récusée.

Il n’y aura donc pas d’Etat universel et homogène. Le royaume des cieux n’a pas trouvé à se terriser. Napoléon est tombé de son cheval. Staline est mort intestat. De Gaulle finit en Hamlet. « L’ordre secret ne gouverne plus! Halford J. Mackinder s’est réfugié sur les rives du fleuve Jourdain pour y planter son nouveau rideau de fer.

Il n’y a plus ni communisme, ni gaullisme, ni universalisme; à la théosphère de finir sa catabase.

Le théâtre Potemkine des sotties théologiques qui à «l’humanité», qui à «l’androgynie», qui au fake-gag du «vous serez comme des dieux» champions d’immortalitude, verse dans la «kata-strophe». False flag = clap de fin.

Restent russitude et hypergrécitude de la mieux-disance kojévienne. Notre homme de penser la mortalitude par-delà les opinions dominantes de la domination par l’impensable impensé. Stupéfiant!

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Sait-on que Kojéve était russe et filleul de Kandinsky, penseur russe à l’horizon de la pensée russe et disciple de Vladimir Soloviev (portrait). Kojève exécutera ce dernier en ces termes: "… à la veille de sa mort, Soloviev abandonna presque tout ce à quoi il avait cru toute sa vie", façon pour lui de mettre un terme au débat d’acier: immortalitude solovienne versus mortalitude kojévienne.

Sait-on assez qu’il incitera les étudiants allemands de 1967 à «apprendre le grec»?

Parce que là est la vraie Sophia. C’est là l’horizon à partir duquel éclot l’éclat (Lauxerois). C’est là la seule pensée neuve qui nous réveille d’entre notre long sommeil dogmatique (I. Kant). Nous sommes mortels, des brotoi, pas des anthropoi.

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Kojève de maritimiser sa russitude en hyper grécitude. L’œil du russe est à l’imaginal de la beauté grecque. Kojève le nouveau champion de l’hypergrécitude

En laissant publier à titre posthume son legs véritable couché en Essai d’une histoire raisonnée de la philosophie païenne, Kojève ne se sera-t-il pas vengé de son initia(lisa)teur et patron de thèse, Karl Jaspers, qui le déportera dans l’impasse des Hegel et Soloviev? Pierre Simon Ballanche sait: l’initié tue l’initiateur.

Sophia parait en 2025 comme urticant, contre-temps éditorial, pro-création culinaire (Adorno), bascule du théocratique.

Kojève est à lire comme pata-thèse de Sophie hypergrecque. Son logos dia-lectique locute la parole native grecque du toujours (diaiein) présent dans l’actualité de sa plénitude. Ainsi il peut «exécuter Dieu» et faire virer l’humanité du «charbon au diamant». Partant, c’en est fini du gag de l’hominide-roi, de «l’égal» en toc, le «co-éternel à Dieu» (Nicolas Rambert). C’en est fini surtout de l’hyperguerre des dieux faite aux mortels.

C’est assez dire que Kojève est porteur de la «ruse de la catastrophe», soit l’autre nom de la métamorphose. La fiction de la fin du monde déplace et travestit seulement la dimension de la fin. Et cela change tout: la mort est la limite; la limite est donc l’initial; l’initial «ouvre l’horizon» (Lauxerois).

Le penseur malicieux dit l’effondrement du fondement de la théose, le télescopage de l’idéalité dominante dans le "en bout de course" de la négativité et l’ouverture de la pensée à une expérience inédite d’une autre puissance.  

5482ceec29ae8d9d39c823bf605ed8c5.jpgIl se sera joué des petits princes cités plus haut. Espièglerie germinalice: «Le temps est un enfant qui joue en déplaçant les pions; royauté de l’enfant» (Héraclite).

A quelques jours de son décès, il proclamera: «il me faut des sages pas des philosophes»!

L’opus doit se lire comme rosserie de la philosophie et des philosophes. Kojève y voit déguisement de qui ne possède pas le savoir véritable mais phénoménalise ce non -savoir en culture de la reproduction industrielle et en technique du questionnement de l’idéologie de l’adversaire pour lui enlever toute réponse à la question: anthropos ou brotos? Pour Kojève c’est du « brigandage.

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Or, la sagesse c’est savoir «se connaître soi-même». Gnôthi séauton: connais-toi toi-même en tant que tu es mortel, pas un dieu. Et surtout ne te prends pas pour un dieu.

Penser veut dire prendre les choses plus simplement qu’elles ne se donnent à voir (Friedrich Nietzsche).

Savoir penser au plus simple: le théologique est la piraterie du divin. Kojève le débusque sous le vocable de «phénoménologie». Soit faire du théologique l’industrie culturelle du service privé de la "Création".

Kojève nous offre sa création mondiale et la précipite en savoir vrai et pas en «savoir faux». Chez lui on ne recrée ni ne décrée l’incréé; on n’axialise pas au mensonge de l’immortalitude sous condition; on ne patauge plus dans le "théologiquement correct" et l’expérimentation théologique.

Il provoque l’ante historique à entrer en scène comme réponse à la question de la fin de l’histoire. En fixant d’abord la définition questionnante du questionnant quoi, il déplace la «question des questions» dans la question grecque de la réponse grecque. Brotos, tout le brotos , rien que le brotos.

Discours neuf de la plénitude de la présence de la réponse hypergrecque.

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Kojève est grand: le pansophos de l’anti théologique rature Hegel le greffier du théologique. Il conspire à la thèse. Et non à l’antithèse. Et fait croire que ce serait «synthèse». Or il sait comme nous et comme tout Grec que synthèse est faiblesse de l’intelligence.

La-Conscience-de-Staline.jpgMieux encore, Kojève opinera «qu’il n’y a qu’un seul type de Sagesse possible». Martin Heidegger enfoncera le clou: le savoir est païen.

Suite de la mise en présence de l’Odyssée d’Ulysse Kojève dans le tome 2.

Jean-Louis Feuerbach.

Alexandre Kojève, SOPHIA tome I Philosophie et phénoménologie, Editions Gallimard (édité et traduit du russe par Nicolas Rambert, 2025).

Nicolas Rambert, La conscience de Staline - Kojève et la philosophie russe, Editions Gallimard (2025).

 

 

 

14:44 Publié dans Philosophie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : philosophie, alexandre kojève | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook