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jeudi, 07 mai 2026

Sur la vulnérabilité existentielle d’Israël – la désalinisation de l’eau de mer

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Sur la vulnérabilité existentielle d’Israël – la désalinisation de l’eau de mer

Source: https://www.unser-mitteleuropa.com/196511

Pendant des décennies, le pays aujourd’hui appelé Israël faisait partie des zones les plus arides du monde. Le Néguev était autrefois un désert. Le fleuve Jourdain se rétrécissait et le rationnement de l’eau était une urgence nationale.

La “révolution de la désalinisation”

Il n’est pas surprenant que cette méthode “révolutionnaire” d’approvisionnement en eau potable ait été financée à l’origine par les États-Unis. Les installations ont été construites par des entreprises occidentales. Aujourd’hui, Israël exploite certaines des plus grandes installations de désalinisation au monde, utilisant la technologie de l’osmose inverse. Le complexe de désalinisation de Sorek, près de Tel Aviv, est non seulement l’un des plus grands au monde, mais constitue surtout une véritable artère vitale pour la nation. Cinq grandes installations le long d’une côte méditerranéenne étroite, avec celles de Sorek, Ashkelon, Ashdod, Palmachim et Hadera, fournissent aujourd’hui près de 80% de l’eau potable et industrielle d’Israël.

Contrairement aux États du Golfe, dont la capacité de désalinisation s’étend sur des milliers de kilomètres de côte, l’ensemble du système hydrique israélien est concentré sur une bande de terre à peine plus large qu’une ville. C’est précisément cette étroite bande qui pourrait devenir, en temps de guerre, un piège mortel.

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Chaque installation à portée de missile iranien

L’Iran “ne perd pas de temps” et l’échec apparent du système Iron Dome (Dôme de fer), soi-disant infaillible, est désormais évident. Il n’existe aucune stratégie de défense contre les “fils conducteurs” de l’eau d’Israël, comme par exemple contre des drones marins ou des mines marines. Les systèmes de contrôle pourraient déjà être en ligne sur le cyber-radar iranien.

La véritable “catastrophe” stratégique réside cependant dans le fait que ces installations ne fonctionnent pas non plus avec des groupes électrogènes de secours. Elles utilisent du gaz naturel, directement dérivé des plateformes offshore Tamar et Leviathan. Si Leviathan est frappé, Israël ne se heurtera pas seulement à un problème énergétique. Les unités de désalinisation seront également mises hors service. La métropole de Tel Aviv serait alors privée d’eau.

Une pièce maîtresse régionale du domino

En vertu d’un traité de paix, Israël fournit de l’eau à la Jordanie dans le cadre de quotas fixes. Pas d’eau pour Israël, cela signifie aussi pas d’eau pour Amman. Dès lors, la normalisation régionale devient très fragile, même contractuellement.

Israël avait autrefois transformé une crise en un outil de puissance nationale, à travers l’eau. La question aujourd’hui est de savoir si ses adversaires peuvent ou veulent inverser cette équation. C’est précisément cette infrastructure hydrique que l’on pourrait transformer en “point de pression”, capable de faire disloquer tout ce qui y est construit.

Palantir et l'archétype sombre de l'intelligence artificielle

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Palantir et l'archétype sombre de l'intelligence artificielle

Markku Siira

Source: https://markkusiira.substack.com/p/palantir-ja-tekoalyn-p...

Saruman.jpgL'entreprise américaine de logiciels Palantir a été nommée d'après les palantíri – les pierres de vision – dans l'oeuvre de J.R.R. Tolkien. Dans le récit de Tolkien, ces pierres ne sont ni bonnes ni mauvaises en soi; elles révèlent la vérité, mais peuvent facilement être détournées par des gouvernants qui les utilisent comme des instruments pour déformer la réalité, aussi facilement qu’elles la montrent.

Il est légitime de se demander si Palantir a consciemment adopté cet archétype sombre. Le nom de l'entreprise, son branding et sa communication indiquent qu'il s'agit d'un rôle délibérément choisi, en accord avec les cercles ésotériques, technocratiques et stratégiques de l'élite supranationale. Le processus peut être décrit comme une opération primitive en trois étapes.

La première phase consiste en une exposition totale à la brutalité de la réalité naturelle et géopolitique. Le monde est vu tel qu'il est: une compétition impitoyable pour les ressources, une danse d'ombres sans fin entre services de renseignement, et une dynamique auto-alimentée par le complexe militaro-industriel.

Dans cette vision du monde, les principaux clients de Palantir – la CIA, le Pentagone, les États alliés et les grandes multinationales – sont éveillés depuis plusieurs années. L'entreprise ne vend pas de promesses utopiques, mais des outils concrets pour survivre et dominer dans cet environnement.

palantir-gotham.jpgLa deuxième phase voit l'intervention de l'intelligence artificielle en tant que force purificatrice. Il ne s'agit pas simplement de logiciels, mais d'une correction à l'échelle du système face au chaos humain. Les plateformes centrales de Palantir – Gotham (pour le renseignement et la défense nationale), Foundry (pour les entreprises) et surtout l'Artificial Intelligence Platform (AIP) – relient d'énormes masses de données hétérogènes en une seule ontologie gérable.

L'AIP n'est pas seulement une couche au-dessus des chatbots, mais elle relie l'intelligence artificielle générative (les grands modèles linguistiques) aux données opérationnelles d'une entreprise ou d'une agence, en toute sécurité et sous contrôle. Elle permet une prise de décision en temps réel: images de drones, données satellitaires, signaux d'espionnage, open source et rapports de terrain fusionnent en un seul système opérationnel. En Ukraine, les outils de Palantir ont joué un rôle clé dans la fusion du renseignement et la précision des opérations – ils forment une «chaîne de destruction» numérique, où les données se transforment en recommandations opérationnelles en quelques secondes.

Palantir ne construit pas d’armes lui-même, mais produit des récits, des modèles et des alternatives sur la base desquels des armes sont utilisées ou des décisions prises. Au cœur de son modèle économique se trouve une approche radicale: fournir la bonne donnée, au bon moment, aux bonnes personnes, en remplaçant la lenteur humaine, les biais et la corruption par un déterminisme algorithmique et une analyse prédictive.

La troisième phase concerne une transformation ontologique de l’humanité. Ici, le rituel s’approfondit encore. La prise de décision migre de l’intuition, des valeurs et des institutions traditionnelles vers des flux de données et des modèles prédictifs. Les gens ne font plus confiance principalement à leur propre jugement, mais aux probabilités générées par des algorithmes. La volonté libre ne disparaît pas, mais s'impose des limites: elle devient un choix entre des scénarios prédéfinis. L’humanité reste fonctionnelle, mais ce n’est plus le même concept que celui que la philosophie des Lumières ou l’existentialisme décrivaient.

Ce développement construit un nouveau récit pour le futur système technologique. Tout comme les guerres mondiales du 20ème siècle ont créé la distinction entre sociétés libres et totalitaires, la menace nucléaire et la course technologique, la crise actuelle pourrait définir une nouvelle ligne de fracture, où la prise de décision humaine céderait la place à l’intelligence artificielle comme force dominante.

Sur le plan géopolitique, Palantir est fortement aligné sur la communauté anglo-américaine de sécurité et de renseignement, ainsi que sur Israël. La société soutient la guerre en Ukraine, la coopération avec l’OTAN et la modernisation de la défense américaine via de grands contrats. Elle est également activement impliquée dans des projets de défense et de renseignement israéliens. Sur le plan commercial, l’entreprise se développe rapidement: ces mêmes technologies sont étendues à l’optimisation des chaînes d’approvisionnement, à la détection de fraude, aux soins de santé et à l’industrie.

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Il est crucial de comprendre à qui est en réalité destiné l’image menaçante et impitoyable de Palantir. Elle ne s’adresse pas aux consommateurs ou au grand public, mais aux investisseurs et aux décideurs. Wall Street valorise les entreprises prêtes à faire tout ce qui est nécessaire pour maximiser leurs profits et leur avantage stratégique, même si cela implique de jouer un rôle d’antagoniste dans la grande mise en scène.

Palantir fonctionne essentiellement comme l’extension technologique des services de renseignement et des gouvernements occidentaux. Ce n’est pas simplement un sous-traitant, mais une infrastructure qui façonne notre perception de la réalité et la façon d’y réagir. Elle fusionne des données, produit des modèles prédictifs et permet des prises de décision à une échelle où un individu seul ne peut plus suivre. Sa direction se montre provocante en public et choisit ouvertement son camp dans le grand jeu géopolitique.

La question reste ouverte: que se passe-t-il lorsque l’archétype rituel se révèle comme une infrastructure de pouvoir déjà en marche? Alors, tout le drame psychologique pourrait s’avérer une ouverture symbolique de l’élite à une concentration de pouvoir technologique sans précédent, où la donnée devient une force qui façonne la réalité.

20:30 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, palantir, intelligence artificielle | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook