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vendredi, 14 février 2014

La farce de Montreux

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Bernhard Tomaschitz:

La farce de Montreux

 

Conférence pour la paix en Syrie: les Etats-Unis et l’Arabie saoudite ne veulent pas la fin de la guerre civile

 

A Montreux, en Suisse, la “communauté internationale” (ou ce qui en tient lieu...) tente de trouver une paix acceptable qui mettrait fin à la guerre civile qui fait rage depuis trois ans en Syrie et qui a détruit le pays. Ce que l’on met en scène sur les bords du Lac Léman n’est rien d’autre qu’une farce. Dès le départ, ni les puissances occidentales, surtout les Etats-Unis, qui soutiennent les rebelles dits “modérés”, ni l’Arabie saoudite, qui protège les combattants radicaux islamistes, n’ont intérêt à conduire des négociations sérieuses.

 

Ainsi, le ministre américain des affaires étrangères, John Kerry, exige, en méconnaissant ainsi la situation réelle dans le pays, que le Président syrien Bechar El-Assad renonce au pouvoir. D’après Kerry, il serait impensable que l’homme “qui a oppirmé son peuple de manière si brutale” puisse encore continuer à diriger la Syrie. Et comme par miracle, juste avant que ne commencent les négociations de Genève II, les médias ont diffusé des images prouvant soi-disant les massacres d’opposants au régime, perpétrés par les forces de sécurité loyalistes syriennes. Quant à la puissance régionale que constitue l’Iran, elle a d’abord été invitée, puis, sous pression américaine, “dés-invitée” par le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-Moon. Le ministre russe des affaires étrangères, Sergueï Lavrov définit cette exclusion de l’Iran comme “une faute impardonnable”.

 

De cette façon, les deux alliés, inégaux entre eux que sont les Etats-Unis et l’Arabie saoudite, ont constitué une sorte d’Axe dirigé directement contre l’Iran. En effet, les deux Etats poursuivent —pour des motifs certes divergents— un but commun, celui de contenir et d’encercler l’Iran. L’élément-clef de cette stratégie américano-saoudienne est de briser un maillon fort de “l’arc chiite”, espace géographique en forme de croissant qui part de l’Iran, s’étend à l’Irak et à la Syrie pour aboutir finalement aux zones contrôlées par le Hizbollah au Liban. Pour faire tomber Assad, Washington accepte délibérément que l’Arabie saoudite soutienne les combattants djihadistes de Syrie.

 

Nikolaï Bobkin, qui appartient à la “Strategic Culture Foundation”, une boîte à penser russe, met bien la situation en évidence: “Ryad ne met plus de gants quand il s’agit de faire face aux initiatives internationales pour contrôler le programme nucléaire iranien. Les Saoudiens prônent sans fard le changement de régime en Syrie et ne cessent plus de verser des fonds pour armer l’opposition syrienne. Le royaume d’Arabie saoudite entretient des liens avec les adversaires les plus rabiques de Bechar El-Assad et est ainsi le principal soutien du terrorisme en Syrie”. A juste titre, Bobkin pose la question: l’Arabie saoudite ne mériterait-elle pas de subir les mêmes sanctions que l’Iran?

 

L’Occident laisse faire le royaume islamo-fondamentaliste saoudien —dont la religion d’Etat est le wahhabisme (une secte sunnite)— qui peut ainsi intervenir non seulement en Syrie mais aussi dans l’Irak voisin. Ce laxisme est facile à comprendre: les Saoudiens, disposant à profusion de pétrodollars, sont de bons clients, surtout pour acheter du matériel militaire. Bobkin poursuit son raisonnement: rien que pour cette raison, la famille royale saoudienne peut demeurer sûre que “Washington et ses alliés européens continueront à fermer les yeux, quoi que fasse l’Arabie saoudite dans la région”.

 

Fin 2011, Washington et Ryad ont signé un accord d’achat de matériels militaires pour une somme de 60 milliards de dollars. Bobkin démontre que, grâce à cet accord, les Saoudiens peuvent prendre sous leur aile protectrice les Etats qui leur sont loyaux dans la région, en soutenant financièrement leur programme d’armement: “Par exemple, l’Arabie saoudite a promis aux militaires libanais de financer à raison de trois millions de dollars un achat d’armes en France”. Les forces libanaises seront alors en mesure d’agir efficacement contre le Hizbollah, bien armé par l’Iran. Les membres de cette milice chiite libanaise se battent en Syrie aux côtés des troupes d’Assad.

 

Pourtant l’Arabie saoudite ne constitue pas un sujet de conversation dans les milieux influents aux Etats-Unis. On se contente d’y réclamer un “changement de régime” à Damas et d’exercer à cette fin une pression constante sur le Président Obama. Elliott Abrams, conseiller de l’ex-Président George W. Bush, rappelle à Obama, dans une contribution au “Weekly Standard”, que le premier président afro-américain des Etats-Unis avait, il y a deux ans et demi, réclamé la chute d’Assad. Ensuite, Abrams dresse une longue liste de “péchés” commis par le gouvernement syrien. Celui-ci serait un “régime ennemi”, lié à l’Iran et au Hizbollah, qui opprimerait brutalement toute opinion divergente émise dans le pays. L’idéologue néo-conservateur utilise ensuite l’arme propagandiste de l’exagération en affirmant tout de go que le régime de Damas “a du sang américain sur les mains”, parce qu’il y a une dizaine d’années, il aurait favorisé le transit de djihadistes vers l’Irak, où ces derniers auraient tué des Américains. Abrams est aveugle quelque part: il refuse de voir que le régime d’Assad excite la haine des islamistes parce qu’il est séculier et laïque. Abrams ne constate pas cet état de choses, pourtant évident: il se borne à faire feu de tous bois pour attiser la haine anti-syrienne.

 

Genève II n’apportera donc aucun résultat. L’invitation de représentants de la “Syrian National Coalition” (SNC), regroupement d’opposants à Assad, n’y changera rien. Cette SNC n’est rien d’autre qu’un spectre inconsistant qui donne l’illusion qu’existerait une opposition pro-occidentale. Car il ne faut pas se voiler la face: la plupart des rebelles sont des islamistes, dont beaucoup cultivent des liens à peine dissimulés avec le réseau Al-Qaeda. Le “Washington Post” commentait les préparatifs à Genève II comme suit: “L’incapacité de la coalition lui a coûté la sympathie de la plupart des Syriens normaux et de la majorité des groupes rebelles armés. Pour cette raison, on ne sait pas très bien qui cette coalition représente, ce qui pose problème si elle a l’intention de participer aux négociations”.

 

Bernhard TOMASCHITZ.

(article paru dans “zur Zeit”, Vienne, n°5/2014, http://www.zurzeit.at ).

Des communautés européennes en voie de disparition...

Des communautés européennes en voie de disparition...

 

par Robert Steuckers

 

Recension: Karl-Markus GAUSS, Die sterbenden Europäer, Unterwegs zu den Sepharden von Sarajevo, Gottscheer Deutschen, Arbëreshe, Sorben und Aromunen, Mit Photographien von Kurt Kaindl, DTV, München, Nr.30.854, 2011 (5. Ausgabe), ISBN 978-3-423-30854-0.

 

die_sterbenden_europaeer-9783423308540.jpgDans l’ABC politique qui nous est cher, déplorer avec anxiété la disparition des faits communautaires, des communautés humaines réelles, de chair et de sang, est une constante, couplée à une anthropologie pessimiste qui ne voit pas de “progrès” dans leur disparition mais qui constate, amèrement, que ce que l’on baptise “progrès” est en réalité une terrible “régression” dans la diversité humaine. Bon nombre d’ethnologues, d’écologistes, d’anthropologues déplorent, à très juste titre, la disparition de langues et de petites communautés ethniques dans la jungle d’Amazonie ou dans les coins les plus reculés de Bornéo ou de la Nouvelle-Guinée. Mais ce triste phénomène se passe en Europe aussi, sous l’oeil indifférent de toutes les canailles qui donnent le ton, qui détiennent les clefs du pouvoir politique et économique, qui n’ont aucune empathie pour les éléments humains constitutifs d’une réalité charnelle irremplaçable si elle venait à disparaître. Pour se rappeler que le phénomène de la “mort ethnique” n’est pas seulement d’Amazonie ou d’Insulinde, il suffit de mentionner la disparition des Kachoubes, des Polaques de l’Eau ou des derniers locuteurs de la vieille langue prussienne (du groupe des langues baltiques), suite à la seconde guerre mondiale.

 

Karl-Markus Gauss, né en 1954 à Salzbourg, est aujourd’hui le directeur de la revue “Literatur und Kritik”. Ses livres sont traduits en de nombreuses langues et obtiennent souvent des prix très prestigieux. “Die sterbenden Europäer” part d’un axiome philosophique fondamental: l’Europe doit sa dimension plurielle, sa qualité culturelle intrinsèque, à l’existence de ces communautés battues en brèche, laminées sous les effets délétères de la pan-médiatisation —qui, comme l’avait prévu Heidegger, allait induire les hommes à oublier ce qu’ils sont vraiment, à ne plus river leurs regards sur les chemins de leur lieu natal— du “tout-économique”, des idéologies réductrices et universalistes, et, enfin, des avatars du jacobinisme étatique et éradicateur qui ne cesse de sévir.

 

La communauté sépharade de Sarajevo

 

Gauss commence par évoquer la communauté sépharade de Sarajevo, issue de la diaspora venue de l’ancienne Espagne musulmane, après la chute de Grenade en 1492 et les autres expulsions qui se sont succédé jusqu’aux premières années du 17ème siècle. La langue espagnole, castillane, s’est perpétuée à Sarajevo jusqu’en 1878, où une autre communauté juive, celle des Achkenazim germanophones, va donner le ton et administrer la Bosnie auparavant ottomane. Les Sépharades de Sarajevo tombaient de haut, en voyant arriver de drôles de coreligionnaires non hispanophones, et n’ont guère montré d’enthousiasme quand il s’est agi, pour eux, de céder la place à ces nouveaux venus qu’ils ne considéraient pas vraiment comme étant des leurs. La guerre de Bosnie commence le 5 avril 1992 précisément par le coup de feu d’un “sniper” embusqué dans le vieux cimetière juif de la ville, aux innombrables tombes portant des poèmes en “spaniole” et aux quelques tombes achkenazes, évoquant des noms hongrois, autrichiens ou bohémiens. Plus tard, l’artillerie des assiégeants s’y arcboutera pour pilonner la ville. Pour empêcher tout assaut contre les pièces, le cimetière a été miné. Il a fallu six mois à une association norvégienne pour enlever les mines. La guerre de Bosnie, et la guerre de 1999 contre la Serbie, qui s’ensuivit, ont donc éradiqué une communauté ancienne, détentrice d’une certaine mémoire d’Espagne transplantée en terres balkaniques. Des 1500 juifs de Sarajevo, 750, les plus jeunes, ont quitté définitivement la ville. Un témoin issu de cette communauté judéo-spaniole, officier instructeur de l’aviation militaire yougoslave, ingénieur et concepteur de drônes avant la lettre, témoigne du départ de tous les jeunes et dit de lui: “Je ne suis pas Israélien, pourquoi donc irais-je en Israël? Je ne suis pas Américain, pourquoi irais-je maintenant en Amérique ... pour y mourir?”.

 

Gauss tire la conclusion: toutes les factions belligérantes s’étaient mises d’accord pour évacuer les Juifs de Sarajevo sous la protection de l’ONU. Ce ne fut donc pas une nouvelle forme d’antisémitisme mais bien un mode nouveau de “philosémitisme” qui porta la responsabilité de cette éradication ethno-communautaire. Le témoin, Moshe Albahari, est clair: il n’y avait pas d’antisémitisme en Yougoslavie ni au sein des factions qui s’entretuaient dans la guerre inter-yougoslave des années 90. Toutes ses factions entendaient protéger la communauté sépharade: elles se haïssaient tellement, qu’il n’y avait plus de place pour d’autres haines en leurs coeurs, précise Albahari. Mais la Bosnie indépendante et divisée, née des conflagrations inter-yougoslaves, est une “entité à drapeaux”, des drapeaux particularistes, à laquelle Albahari, sépharade, ottoman et yougoslavo-titiste, ne peut s’intéresser. Question: ces “drapeaux particularistes” n’ont-ils pas été, paradoxalement, voulu par les théoriciens de l’universalisme pour installer à terme —car tel était le but véritable de la manoeuvre— l’armée américaine dans les Balkans, plus précisément au Kosovo, autre entité étatique nouvelle à idéologie “particulariste” (islamo-albanaise)? Par voie de conséquence, ces idéologies universalistes, tant prisées par les intellocrates et les médiacrates de la place de Paris, y compris les intellocrates sionistes ou judéophiles, ne sont-elles pas les premières responsables, avec leurs commanditaires de Washington, de la disparition de la vieille communauté sépharade de Sarajevo, en dépit du fait que ces intellocrates chantaient les louanges du modèle unificateur et polyethnique de la ville? Une ville qui deviendra essentiellement musulmane, non pas selon un islam ottoman (et tolérant), au sens ancien du terme, mais, comme le souligne Gauss (p. 42), sur un mode néo-islamiste, djihadiste, financé par les Wahhabites saoudiens qui n’ont pas la moindre affinité avec l’islam “spaniole” en exil. Nous touchons là à l’un des paradoxes les plus tragiques de la dernière décennie du 20ème siècle.

 

Les Allemands du Gottschee

 

Pendant 600 ans, une communauté allemande a défriché la forêt du “petit pays”, le Gottschee, 850 km2, et l’a transformé en terres arables et fertiles. Il n’a pas fallu cinquante ans pour que la forêt reprenne tous ses droits et que les villages, jadis florissants, soient devenus inaccessibles derrière un écran touffu d’arbres et de sous-bois. Le Gottschee n’est pourtant pas loin: il se trouve en Slovénie dans le district administratif de Kocevje, à une heure de route de la capitale Ljubljana (Laibach). Le village de Verdreng, comme beaucoup d’autres, a aujourd’hui disparu, à une ou deux maisons près, où vivent encore une poignée d’Allemands, vestiges humains d’un passé totalement révolu.

 

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Leur communauté, réduite aujourd’hui au minimum du minimum, s’était constituée au 14ème siècle et, à force de défricher une forêt particulièrement dense, avait fini par bâtir 171 villages agricoles où la culture des céréales et des fruits ainsi que l’élevage du bétail étaient pratiqués. Ces paysans venaient de Carinthie ou du Tyrol oriental; il étaient surtout des cadets de famille, condamnés, en d’autres circonstances, à la domesticité ou au mercenariat: s’ils cultivaient leurs terres pendant neuf ans et un jour, elles leur appartenaient définitivement. Une aubaine dont tous voulaient profiter. Après la grande peste de 1348, qui décime la moitié de la population, le recrutement de nouveaux venus s’effectue en des régions germaniques plus lointaines: le reste du Tyrol, la Franconie et même la Thuringe. En 1492, l’Empereur Frédéric III leur accorde le privilège de devenir marchands itinérants dans la zone alpine, ce qu’ils sont restés jusqu’au lendemain de la seconde guerre mondiale, participant ainsi au désenclavement de leur communauté et en lui apprenant les choses du vaste monde, en modernisant leur allemand médiéval. Leur manière de commercer est demeurée la même au cours de ces cinq siècles: elle était basée sur la seule force physique du colporteur, qui avait sur le dos un “kraxn”, dispositif de bois permettant de porter une charge, un peu comme celui des Franc-Comtois qui transportaient loin vers la Bourgogne, la Champagne ou le Lyonnais des pendules fabriquées à Morteau ou dans les villages du “Pays horloger”. Les natifs du pays de “Gottschee” partaient peut-être au loin mais ils restaient fidèles à leur site d’origine, au “là” de leur Dasein, pour parler comme le Souabe Heidegger.

 

Cette communauté de Gottschee, théoriquement libre, souffrira considérablement du pouvoir des familles qui prendront misérablement le relais des Ortenburg, qui les avaient fait venir en Slovénie, dans l’arrière pays du diocèse d’Apulée, et leur avaient accordé le droit de devenir pleinement libres au bout de quelques années de labeur à peine. Pire: quand les armées ottomanes ravageaient la région, elles pillaient les réserves et emmenaient les paysans allemands en esclavage pour les faire trimer en Anatolie et les y dissoudre dans une population hétéroclite et bigarrée qui n’avait qu’un seul dénominateur commun: l’esclavage. En 1640, les Comtes d’Auersperg héritent du pays et décident de le développer: l’âge d’or du pays de Gottschee vient alors de commencer pour se terminer au lendemain de la Grande Guerre. Au 18ème siècle, les idées éclairées de l’Impératrice Marie-Thérèse et de l’Empereur Joseph II contribuent au développement de ces Allemands de souche exclavés, vivant de leur agriculture traditionnelle et autarcique et de leur commerce réduit à l’aire alpine et véhiculé à dos d’homme. Au 19ème siècle, cette communauté isolée envoie tant de ses enfants en Amérique qu’il y aura plus de “Gottscheer” au-delà de l’Atlantique en 1920 que dans le pays lui-même. Le premier Etat yougoslave commence une politique de “slovénisation” et de “dégermanisation” forcée, tant et si bien que lorsque les autorités nationales-socialistes rassemblent la population pour la déplacer à l’intérieur des frontières du Reich, les jeunes gens du pays ne parlent quasiment plus l’allemand: leur langue natale est si mâtinée de slovène que leurs voisins autrichiens ne les comprennent plus.

 

Pendant l’hiver 1941/1942, Hitler —qui, ici, ne se fait pas le défenseur des communautés allemandes excentrées— donne en effet l’ordre de déplacer la population locale allemande (13.000 habitants) pour offrir le terrain aux Italiens, en passe d’annexer cette partie de la Slovénie; simultanément, les partisans communistes slovènes s’emparent de la région et commencent l’épuration ethnique contre le millier de germanophones qui avaient décidé de rester, en dépit des ordres de Berlin. Quand les Italiens s’emparent d’un village tenu par les partisans, ils le rasent. Quand les partisans chassent les Italiens, ils font sauter toutes les maisons, désormais vides. On estime à 650 le nombre de “Gottscheer Deutsche” qui demeureront en Slovénie au lendemain de la seconde guerre mondiale. Tous contacts avec les “Gottscheer Deutsche” émigrés (de force) vers l’Allemagne ou l’Autriche sera formellement interdit par les autorités titistes jusqu’en 1972.

 

Ni les Allemands ni les Italiens ni les Slovènes ne tireront bénéfice de ces confrontations fratricides entre Européens: 80% de la région sont redevenus forêt. Cette régression est due aussi, explique Gauss (p. 58), à l’idéologie communiste: aucune famille paysanne, d’aucune nationalité que ce soit, n’était prête à se retrousser les manches pour redonner vie au pays, s’il fallait bosser selon les directives d’apparatchiks ignorants. Pire, le gouvernement titiste-communiste ordonne que la moitié de la région, désormais désertée, devienne une zone militaire, d’où les derniers Slovènes sont à leur tour expulsés en 1950. La “vox populi” chuchote que la nomenklatura avait décrété la militarisation de cette micro-région, non pas pour des motifs de défense nationale, mais pour qu’elle soit une réserve de chasse et de pêche exclusive, au bénéfice des apparatchiks, ou une zone de ramassage des meilleurs champignons, fins des fins de la gastronomie slovène et carinthienne.

 

L’ère titiste est désormais définitivement close. Le projet du nouvel Etat slovène et des financiers eurocratiques est de transformer la micro-région, auparavant germanophone, en une zone vouée au tourisme écologique, aux citadins randonneurs et aisés, aux chasseurs d’ours, aux amateurs de kayak sur petites rivières à débit rapide. La région ne retrouvera donc pas son charme d’antan. Après l’effondrement de la Yougoslavie dans les années 90 du 20ème siècle, la Slovénie post-communiste organise un sondage qui demande aux habitants du nouvel Etat à quelle nationalité ils s’identifient: 191 Slovènes se déclareront de nationalité autrichienne, 546 de nationalité allemande et 1543 se définiront comme “germanophones”. Ces quelques deux mille Slovènes germanophones ne sont toutefois pas tous des “Gottscheer Deutsche”, car la Slovénie abritait d’autres minorités allemandes. La répartition des “nationalités” effectives —que l’on distinguera du ridicule concept franco-jacobin de “citoyenneté” (où le citoyen est alors un être totalement désincarné et sans substance, un être fantômatique et zombifié, que tous peuvent devenir par simple déclaration, fussent-ils originaires des antipodes)— est extrêmement complexe dans la région, explique Gauss: Maribor/Marburg, aujourd’hui en Slovénie, comptait 80% d’habitants germanophones en 1910, alors que Klagenfurt/Celovec, aujourd’hui ville autrichienne de Carinthie, comptait bien plus que 20% de slovénophones à la même époque. En 1991, année du sondage slovène sur les nationalités effectives du pays, deux associations regroupant les germanophones de la micro-région de Gottschee se créent pour encadrer vaille que vaille le reste bien chiche d’une population qui avait compté environ 70.000 Allemands. Pourtant, la modestie de cette communauté germanophone résiduaire a fait paniquer les Slovènes qui entrevoyaient tout à coup le retour offensif des Autrichiens et des Allemands, après le départ des Fédéraux yougoslaves et des Serbes. Entretemps, 60.000 citoyens des Etats-Unis se déclarent originaires du “Ländchen” de Gottschee, plus qu’il n’en vivait là-bas, en Slovénie, à l’âge d’or de cette communauté.

 

Les Arbëreshe de Calabre

 

Nous sommes à 250 km de Naples dans le village de Civita, 1200 habitants, pour la plupart de souche albanaise. On les appelle les “Arbëreshe” parce qu’ils ont quitté la région d’Arbënor dans le sud de l’Albanie, il y a 500 ans. Le village semble peuplé de vieux hommes, revenus au pays après avoir bossé partout dans le monde, où leur descendance est dispersée. La Calabre compte une trentaine de villages albanophones, dont les habitants sont allés travailler en Italie du Nord, en Allemagne, en Suisse, en Belgique ou en Scandinavie. Au soir de leur vie, ils reviennent au pays de leurs ancêtres. Ceux-ci sont arrivés en Italie du Sud en 1468, par bateaux entiers, l’année où leur héros national, Gjergj Kastriota, alias Skanderbeg, meurt au combat, invaincu, face aux armées ottomanes. Les réfugiés qui arrivent au 15ème siècle en Italie sont ceux qui refusent l’ottomanisation et l’islamisation. Ils repeupleront les villages de Calabre, ravagés par la peste, la guerre, les séismes. Leur religion est marquée par les formes byzantines que l’Eglise catholique italienne accepte bon gré mal gré d’abord, sans réticence ensuite: même un Paul VI, qui a voulu balancer aux orties toutes les formes traditionnelles, finit par accepter les dérogations cultuelles accordées aux catholiques albanais de rites byzantins. Les prêtres catholiques des “Arbëreshe” sont mariés (mais non leurs évêques); ils donnent du pain et non des hosties à la communion; seule différence: ils reconnaissent tout simplement l’autorité du Pape romain, qui protègeait jadis leur nouvelle patrie contre toute offensive ottomane.

 

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Le Roi espagnol des Deux-Siciles leur accorde des privilèges en Sicile, en Calabre, en Apulie et dans le Basilicat où leur mission est de refertiliser des terres laissées en friche. Sept vagues successives, en deux cents ans, amèneront un demi million d’Albanais en Italie. Ils sont venus en même temps que des Grecs, qui, eux aussi, ont gardé leurs rites orthodoxes, de “Schiavoni” slaves et d’“Epiroti” (d’Epire). L’ancien royaume des Deux-Siciles était certes majoritairement italien mais il comptait aussi de fortes minorités italo-albanaises et italo-grecques, parfaitement intégrées tout en demeurant fidèles à leurs racines et à leur langue. Dans les troupes de Garibaldi, de nombreux Italo-Albanais ont combattu vaillament, au point que le nouvel Etat leur a d’emblée autorisé à créer des écoles où l’on enseignait les deux langues, l’italien et l’albanais. Les Arbëreshe sont donc des “doubles patriotes”, écrit Gauss (p. 106): ils sont albanais par la langue, qu’ils refusent d’oublier, et italiens par patriotisme envers la terre qui les a accueillis jadis. Dans les armées de Garibaldi et dans celles de Mussolini, les Albanais de l’ex-royaume des Deux-Siciles ont répondu “présents”!

 

Gauss a rencontré un certain Emanuele Pisarra qui lui a déclaré: “Nous ne sommes pas les meilleurs des Albanais, nous sommes les vrais Albanais!” Pourquoi? Parce que le stalinisme d’un Enver Hoxha a malheureusement transformé les fiers “Shkipetars” d’Albanie en égoïstes indignes, oublieux de leurs véritables traditions, uniquement soucieux de posséder une belle auto et une télévision, quitte à s’affilier à un réseau mafieux. Le stalinisme, pour Pisarra, avait pris le relais d’un islam ottoman, déjà annihilateur de véritable “albanitude”, de fierté nationale et d’esprit de liberté. En 1991, quand l’Albanie se dégage de la cangue communiste et que des bateaux bourrés de réfugiés abordent les côtes italiennes, Pisarra fut un des premiers à tendre la main à ces compatriotes d’au-delà de l’Adriatique, à proposer des cours, à chercher à favoriser leur intégration: il a vite déchanté. Les réfugiés islamisés et stalinisés ne veulent recevoir aucune formation, n’ont aucune empathie pour l’histoire de leurs frères albanais d’Italie méridionale. Ils veulent devenir vite riches dans le paradis capitaliste. Pire, déplore Pisarra, ils ne parlent plus la belle langue albanaise que les Arbëreshe ont cultivée pendant cinq siècles en dehors du pays d’origine: la langue s’est appauvrie et abâtardie. “Ils ont désormais une autre religion, une autre langue, d’autres valeurs, ils sont différents”, déplore Pisarra. Ils ne partagent pas la vraie culture albanaise. A l’exception, sans doute, des “Arvénites” albanophones de Grèce, qui n’avaient pas traversé la mer au 15ème siècle mais s’étaient dirigés vers le Sud grec-orthodoxe. Les “Arvénites” orthodoxes de Grèce, tout comme les “Arbëreshe” catholiques d’Italie, sont atterrés par le comportement matérialiste de ceux qui quittent l’Albanie ex-communiste ou le Kosovo pro-atlantiste pour venir embrasser de façon si obscène la “civilisation du Coca-Cola et du frigidaire de Tokyo à San Francisco”.

 

La culture albanaise (la vraie!) connaît cependant une réelle renaissance en Italie depuis quelques années. D’abord parce que l’Italie accepte ses propres minorités et promeut le bilinguisme partout où il s’avère de mise. Pour Gauss, le bilinguisme des minorités constitue, au sein de la nouvelle culture italienne, une sorte d’avant-garde capable d’être pleinement et naturellement “diversifiée” et “diversificatrice”, au sens de ce pluralisme ethnique non politisé qui a toujours fait le charme de l’Europe, avec des minorités qui passent avec une aisance stupéfiante d’une langue à l’autre dans les conversations de tous les jours. Le train de lois votées en Italie en 1999 reconnaît aux Albanais le statut de minorité, le droit d’enseigner la langue dans les écoles et d’être servis en “Arbëreshe” dans les services publics. Le temps des jacobinismes est bel et bien terminé en Italie. Un exemple pour d’autres!

 

Les Sorabes d’Allemagne

 

La région s’appelle la Lusace. Elle est longue d’une centaine de kilomètres, à cheval sur les “Länder” du Brandebourg et de la Saxe, à proximité des frontières polonaise et tchèque. Elle englobe les villes de Cottbus, Hoyerswerda et Bautzen, et de nombreux villages pittoresques. Elle est peuplée d’une ethnie slavophone: les Sorabes, dont le parler est proche du tchèque voire du polonais. Les Sorabes résiduaires, les plus ancrés dans leurs traditions, sont catholiques dans un environnement germano-sorabe majoritairement protestant; ils sont fidèle au culte marial, notamment lors des pèlerinages de Rosenthal. Tous les Sorabes portent deux noms: un nom allemand (pour l’état civil), un nom slave (pour la vie quotidienne). Exemples: Lenka Rjelcec est Elisabeth Rönschke, Jan Mlynk est Hans Müller. C’est comme ça. Depuis quelques siècles. Et personne ne s’en formalise.

 

sprachgebiet.jpgEn 805, les armées de Charlemagne s’ébranlent pour convertir les païens saxons et slaves (les “Wenden”), les inclure dans l’Empire franc afin qu’ils paient tribut. Seuls les Sorabes résistent et tiennent bon: de Magdebourg à Ratisbonne (Regensburg), l’Empereur est contraint d’élever le “limes sorbicus”. Assez rapidement toutefois, la tribu est absorbée par le puissant voisin et connaît des fortunes diverses pendant 1200 ans, sans perdre son identité, en dépit des progressistes libéraux du “Kulturkampf”, qui entendaient éradiquer la “culture réactionnaire” et des nationaux-socialistes qui suppriment en 1937 tout enseignement en sorabe et envisagent le déplacement à l’Est, en territoires exclusivement slaves, de cette “population wende résiduaire” (“Reste des Wendentums”).

 

Gauss constate que les éléments sont nombreux qui ont permis à cette identité sorabe de subsister: la langue, bien sûr, mais aussi les coutumes, les pèlerinages et les processions (équestres, mariales et pascales), les costumes traditionnels. Le plus spectaculaire de ces éléments demeure indubitablement la procession équestre de Pâques, à laquelle des milliers de Sorabes prennent part. La RDA communiste, slavophile par inféodation à Moscou, au Comecon et au Pacte de Varsovie, n’a pas interdit ce folklore et cette “chevauchée pascale” (“Osterritt”), au nom du matérialisme dialectique et de l’athéisme officiel, mais les chevaux disponibles s’étaient considérablement raréfiés, vu la collectivisation du monde agricole. Peu de Sorabes possédaient encore un cheval personnel. Des coutumes païennes immémoriales ont survécu en Haute-Lusace, comme celle du “mariage des oiseaux” (“Vogelhochzeit”), où l’on sacrifie des animaux aux ancêtres avant de les consommmer collectivement, ou celle de la “décapitation des coqs” (“Hahnrupfen”), où les garçons doivent décapiter un gallinacé avant de pouvoir danser avec l’élue de leur coeur sur la place du village. Comme dans les Alpes et à Bruxelles, les Sorabes plantent aussi l’“Arbre de Mai”. Ce folklore, marque indélébile de la “culture réactionnaire” des “Wendes résiduaires”, attire cependant de plus en plus d’Allemands, lassés des religions officielles anémiées et “modernisées”. Tous, même s’ils n’allaient plus à l’église ou au temple, y redécouvrent la vraie religion populaire. La messe ou l’office dominical(e) n’épuise pas la religion: celle-ci vit bien davantage dans les pèlerinages ou les processions, expression de la religion vraie et fondamentale, en dépit du vernis chrétien.

 

Les Sorabes ont donc résisté au progressisme du 19ème siècle, au national-socialisme et à sa politique de germanisation totale, au communisme de la RDA. La Lusace est le pays de la lignite, matière première nécessaire à la construction de “la première république allemande des ouvriers et des paysans”. L’industrialisation forcée, tablant en partie sur l’exploitation de ces gisements de lignite, devait englober tout le pays, jusqu’à ses coins les plus reculés. La collectivisation communiste de la Haute-Lusace s’accompagne de drames, d’une vague de suicides sans précédent. Les propriétaires de petites fermes modestes, transmises de père en fils depuis des siècles, se pendent quand les milices communistes viennent saisir leurs patrimoines immobiliers pour les inclure dans le système néo-kolkhozien. Ou quand les camions viennent chercher leurs avoirs pour transplanter leurs familles dans les clapiers des nouvelles banlieues: le parti a veillé à tout, ils ont désormais un centre culturel, une salle de sport et des jardins d’enfants. Mais, ils n’ont plus de terroir, de glèbe. La RDA a certes donné l’autonomie culturelle à ses citoyens sorabes mais l’exode forcé hors des villages vers les clapiers d’Hoyerswerda a contribué à les germaniser avec plus d’efficacité que la politique répressive des nationaux-socialistes. Quant à la RFA, après la réunification, elle a reproché aux Sorabes germanisés par les communistes de s’être insurgés contre le parcage dans leurs villes de vrais ou faux réfugiés politiques venus d’on ne sait où, pour bénéficier des avantages du système social allemand. Ces cibles du national-socialisme, soucieux de se débarrasser enfin des “résidus du ‘Wendentum’”, sont du coup devenus de la graine de néo-nazis, que l’on fustigeait à qui mieux mieux avec le zèle hystérique de la prêtraille médiatique!

 

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Résultat: s’il y avait 200.000 Sorabes recensés au 15ème siècle, et 300 villages bas-sorabes au 18ème, il n’y a plus aujourd’hui que quelques communes sorabes autour de Cottbus; elles sont principalement catholiques, les protestants, majoritaires et moins enclins à pratiquer les rituels ruraux qui donnent aux traditions sorabes tout leur lustre, ayant été rapidement germanisés par les pasteurs, qui, souvent, n’acceptaient que des enfants germanophones pour les préparer à la confirmation.

 

Les Aroumains de Macédoine

 

Les Aroumains sont une ethnie sans terres compactes, dispersée dans une quantité impressionnnante d’isolats semi-urbains ou ruraux ou dans les grandes villes des Balkans méridionaux, essentiellement dans l’actuelle République post-yougoslave de Macédoine. Au départ, ces locuteurs d’une langue romane proche du roumain avaient pour fonction, dans le Sud de la péninsule balkanique, d’escorter les caravanes qui pèrégrinaient entre Venise et Byzance. On évalue leur nombre à un demi-million d’âmes. Seule la Macédoine les reconnaît comme minorité. Au moyen âge, ce peuple de marchands et d’intermédiaires était réputé, hautement apprécié: on le connaissait en Europe du Nord, où ses ressortissants venaient acheter des marchandises, et son centre névralgique était Moschopolis, une ville aujourd’hui en ruine, totalement abandonnée, située en Albanie. Ce peuple porte aussi d’autres noms: le terme français “aroumain” dérive en droite ligne de l’appelation qu’ils se donnent eux-mêmes, les “armâni”; les Albanais les nomment “Remeri”, les Grecs, les “Vlaques”, les Serbes, les “Vlassi”. D’autres noms circulent pour les désigner, comme les Çobanë, la Macedoneni, les Kutzowlachen ou les “Zinzars” (Tsintsars). Les communautés aroumaines ne vivent pas en vase clos, rappelle Gauss, car ils ont participé à tous les mouvements d’émancipation nationaux-populaires dans les Balkans, depuis les temps héroïques de la révolte grecque chantée par Lord Byron, qui rencontrera d’ailleurs bon nombre de “philhellènes” qui étaient en réalité des Vlaques aroumains. Ne désirant pas perdre tout crédit au sein de cette population jugée intéressante, le Sultan turc Abdoul Hamid reconnaît leur nationalité dans un firman de 1905. Cependant, la phase finale des guerres de libération balkaniques s’achève en 1913, quand la Sublime Porte doit abandonner toutes ses possessions européennes, sauf la Thrace entre Andrinople/Edirne et Istanbul. Du coup, les Aroumains sont répartis sur quatre Etats nouveaux qui veulent absolument faire coïncider ethnicité et citoyenneté, ce qui n’est possible que par un alignement inconditionnel et assimilateur sur l’ethnie majoritaire. Les Bulgares et surtout les Grecs seront les plus sévères à l’égard des Aroumains: ces locuteurs d’un parler roman qui sont orthodoxes comme les Roumains auront été finalement mieux reconnus par les Ottomans d’Abdoul Hamid que par leurs frères orthodoxes, aux côtés desquels ils avaient combattu les Turcs!

 

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Leurs revendications actuelles, finalement fort modestes, correspondent tout simplement à ce qu’Abdoul Hamid était prêt à leur accorder le 20 mai 1905: cette date du 20 mai est devenue celle de la fête nationale de tous les Aroumains. La déréliction que vivent les Aroumains, sauf en Macédoine, a fait naître auprès de leurs conteurs une mythologie nationale grandiose: ils seraient les descendants directs des Pélasges préhelléniques et Alexandre le Grand aurait été un des leurs. De ce fait la langue “macédono-aroumaine” n’est pas une forme de néo-latin, née après la romanisation d’une partie des Balkans et surtout de la Dacie: elle est bel et bien la langue originelle de la région, à peine mâtinée de latin d’Italie.

 

Sur le plan politique, les Aroumains regrettent l’ère titiste en Yougoslavie, car le régime les avait autorisés à avoir des associations culturelles propres. Ils reprochent toutefois à Tito d’avoir été un communiste car cette idéologie ne leur permettait plus d’exercer leur fonction traditionnelle de négoce. Aujourd’hui, ils se félicitent des dispositions bienveillantes que leur accordent les autorités macédoniennes mais se méfient de l’albanisation croissante de cette république ex-yougoslave car en Albanie, où les Aroumains sont la minorité la plus importante, ils ne sont nullement reconnus. Au Kosovo, nouvel Etat né par la grâce de l’idéologie américaine et “droit-de-l’hommarde”, les Aroumains sont persécutés par les bandes de l’UÇK, au même titre que les Serbes ou les Roms. En Macédoine, ils peuvent à nouveau “aroumainiser” leurs patronymes. Le peintre aroumain Martin s’est en effet appelé Martinovic en Serbie et Martinov en Bulgarie, avant de devenir Martinovski en Macédoine. Les Aroumains ont certes été respectés pour leur savoir-faire et pour leur niveau culturel élevé mais, dans les Etats ethno-nationaux des Balkans, ils ont toujours été considérés comme “suspects”: les Albanais les prennent pour des “Grecs déguisés” cherchant à arracher le Sud de l’Albanie pour la livrer aux Hellènes. Les Grecs, eux, les considérent comme un reliquat pré-hellénique au niveau de civilisation fort bas ou comme des “agents macédoniens”. Les Bulgares les accusent d’être des “Macédoniens yougoslavistes” refusant de participer à la création d’un “saint royaume bulgaro-macédonien” englobant une bonne part de l’actuelle République de Macédoine. Dans le contexte européen actuel, ces suspicions ne sont évidemment plus de mise.

 

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En Grèce, la plupart des Aroumains/Vlaques vivent dans un isolat de la région des Monts Pindos mais sont soumis à une politique d’assimilation forcenée: le terme qui les désigne, “Vlaque”, est devenu synonyme, en grec, de “primitif”, d’”homme des bois”, d’”inculte”, d’”idiot”. Cette propagande négative incessante fait que bon nombre de Vlaques, aussi pour éviter la déportation vers d’autres régions ou vers des îles arides de l’Egée, abandonnent leur identité romane, ne la transmettent plus à leurs enfants, phénomène navrant que l’on a vu se produire ailleurs en Europe aussi, le jacobinisme français n’ayant pas fait de cadeaux aux Bretons celtophones, jugés “arriérés” comme Bécassine, le britannisme anglais ayant également traité les sujets irlandais de leurs rois et reines de “primitifs” et le système belge ayant considéré parfois sa majorité (!) flamande de la même manière, au nom d’on ne sait trop quelle “excellence”. L’ingénieur “grec” Vasile Barba, de souche aroumaine, lutte pour la survie de son peuple en Allemagne, où il anime un “Zentrum für aromunische Studien” à Fribourg-en-Brisgau. Il est une voix très écoutée et très respectée dans les communautés aroumaines éparses de Grèce, de Bulgarie et de Macédoine.

 

Le sort des minorités aroumaines nous permet de formuler quelques suggestions: 1) la mémoire balkanique ne peut se passer de la mémoire “aroumaine”, d’autant plus qu’elle est romane au beau milieu d’un monde slave, hellénique et illyrien-balkanique; cette spécificité doit donc être protégée; 2) on s’aperçoit que l’immixtion américaine au Kosovo a déjà fortement ébranlé le patrimoine serbe-orthodoxe, suite aux vandalisations des monastères et des bibliothèques par les milices atlanto-wahhabites stipendiées par Washington; le travail de Gauss nous apprend que les communautés aroumaines, parce qu’orthodoxes, subissent là-bas le même sort au nom de l’idéologie des droits de l’homme et du fondamentalisme saoudien. Il est temps, pour les esprits lucides, de dénoncer, au nom du droit concret des minorités et au nom de la défense du patrimoine mondial, cette collusion malsaine que les médias véreux camouflent soigneusement car il est bien entendu que l’Oncle Sam a, pour ces mercenaires, le droit inaliénable de s’allier avec n’importe qui, avec n’importe quel ramassis d’iconoclastes, pour pouvoir à terme disposer de sa grande base au beau milieu de la province serbe du Kosovo afin de contrôler étroitement l’espace pontique, la péninsule balkanique, l’Anatolie et le bassin oriental de la Méditerranée (avec le Canal de Suez).

 

Robert Steuckers.

(février 2014).

Walka Jeana Thiriarta

Claudio Mutti:

Walka Jeana Thiriarta

Ex: http://www.nacjonalista.pl

pjt1Ostatnia myśl, jaką poświęciłem Jeanowi Thiriart, związana jest z listem, który napisał do mnie jakiś miesiąc przed swoją śmiercią: poszukiwał on miejsca w Apeninach, gdzie mógłby przez dwa tygodnie uprawiać trekking. W wieku prawie siedemdziesięciu lat był pełen wewnętrznej siły: nie skakał na spadochronie od kilku lat, ale podróżował na swoim wodolocie po Morzu Północnym.

Spotkałem go kilka razy w latach 70-tych, gdy był młodym aktywistą Młodej Europy, organizacji której przewodził. Poznałem go w Parmie w 1964 roku, nieopodal pomnika, który natychmiast oczarował jego „euroafrykańską” wrażliwość: był to monument Vittorio Bottego, znanego podróżnika w rejony Juby. Później spotkałem go na kilku spotkaniach Młodej Europy i na obozie w Alpach. W 1967 roku, niedługo przed syjonistyczną agresją przeciwko Egiptowi i Syrii, byłem na zatłoczonej konferencji, którą miał w Bolonii, gdzie wyjaśnił on, dlaczego Europa powinna wspierać arabski świat przeciwko syjonizmowi. W 1968 roku uczestniczyłem w spotkaniu zorganizowanym przez Młodą Europę w Ferrarze, gdzie Thiriart całkowicie rozwinął antyimperialistyczną linię: Tu, w Europie, jedynie oś antyamerykańska jest i będzie europejskim lewicowym nacjonalizmem (…) Mam tu na myśli to, że ludowo zorientowany nacjonalizm będzie konieczny dla Europy (…) Jeśli chodzi o entuzjazm, europejski narodowy komunizm przyczyni się do wielkiej reakcji łańcuchowej w tej kwestii (…) Che Guevara powiedział, że potrzebne jest wiele Wietnamów i miał on rację. Musimy przemienić Palestynę w nowy Wietnam. To była jego ostatnia przemowa, której słuchałem.

Jean-François Thiriart urodził się 22 marca 1922 roku w Brukseli w liberalnie zorientowanej rodzinie, która pochodziła z Liege. W młodości był on członkiem Jeune Garde Socialiste Unifiée oraz Antyfaszystowskiej Unii Socjalistów. W czasie niekrótkiego okresu współpracował on z profesorem Kessamierem, przewodniczącym filozoficznego towarzystwa Fichte Bund, pochodzącego z ruchu narodowo-bolszewickiego; następnie, z innymi okołolewicowymi elementami, wspierał sojusz pomiędzy Belgią a narodowo-socjalistyczną Rzeszą, został członkiem stowarzyszenia Amis du Grand Reich Allemand. Z tego powodu został w 1943 roku skazany na śmierć przez belgijskich sprzedawczyków sił anglo-amerykańskich: angielskie radio umieściło jego nazwisko na liście proskrypcyjnej, która została, wraz ze wszelkimi instrukcjami, przekazana ruchowi oporu. Po „wyzwoleniu” został skazany na podstawie przepisów systemu prawa karnego zmienionego przez belgijskich sprzedawczyków atlantyzmu [a więc wbrew hołubionej przez demoliberałów zasadzie lex retro non agit - Red.]. Przebywał w więzieniu kilka lat, a po uzyskaniu wolności sąd zakazał mu publikowania.

W 1960 roku, w czasie dekolonizacji Konga, Thiriart uczestniczył w założeniu Comité d’Action et de Défense des Belges d’Afrique, który następnie przekształcił się w Mouvement d’Action Civique. 4 marca 1962 roku, jako członek tego ruchu, Thiriart spotkał się w Wenecji z wieloma członkami innych europejskich grup politycznych; skutkiem tego spotkania byłą wspólna deklaracja w której zdecydowano o podjęciu wspólnego wysiłku „europejskich partii nacjonalistycznych w budowie idei Zjednoczonej Europy zdolnej do walki z amerykańskim zniewoleniem Europy Zachodniej i wsparcia ponownego zjednoczenia wschodnich narodów, od Polski, przez Węgry, po Bułgarię.”

Jednakże projekt Partii Europejskiej upadł po krótkim czasie, w szczególności z powodu mikronacjonalistycznych tendencji wyrażanych przez włoskich i niemieckich sygnatariuszy manifestu weneckiego.

Lekcja, którą Thiriart odebrał dzięki tej porażce, uczy, że Partia Europejska nie może zostać stworzona przez jakikolwiek sojusz mikro-nacjonalistycznych ruchów, ale, że musi być ona od początku wspólną, europejską organizacją. Z tego powodu, w 1963 roku, narodziła się Młoda Europa; był to ruch silnie zorganizowany i aktywny w Belgii, Holandii, Francji, Szwajcarii, Austrii, Niemczech, Hiszpanii, Portugalii i Anglii. Polityczny plan Młodej Europy został wyjaśniony w Manifeście Narodów Europy, który rozpoczyna się słowami: Pomiędzy blokiem sowieckim a blokiem amerykańskim naszą rolą jest kierować budową wielkiej Ojczyzny: zjednoczonej, potężnej i komunitarystycznej Europy (…) od Brestu do Bukaresztu. Wyborem była silnie zjednoczona Europa: ‚Europa Federalna’ lub ‚Europa Narodów’ są zarówno koncepcjami ukrycie nieszczerymi, jak i uznawanymi przez ludzi, którzy je popierają, za niemożliwe do zrealizowania (…) Potępiamy mikronacjoanlizm, który utrzymuje podział mieszkańców Europy.

Europa musi wybrać silną, zbrojną neutralność i musi osiągnąć własny potencjał atomowy; musi porzucić cyrk Narodów Zjednoczonych i wesprzeć Amerykę łacińską, która walczy o swoje zjednoczenie i niepodległość. Żądając przewagi robotnika nad kapitałem i przewagi człowieka nad tłuszczą, Manifest starał się odnaleźć alternatywny wybór – daleki, w równym stopniu, od dominujących w podzielonej Europie systemów społecznych: chcemy dynamicznej wspólnoty uczestniczącej w pracy wszystkich ludzi, którzy się na nią składają. Nowa koncepcja organicznej reprezentacji była skierowana przeciwko parlamentarnej demokracji: polityczny Senat, Senat Narodów Europy opierający się na europejskich prowincjach i złożony z osób najwyżej postawionych jeśli chodzi o poglądy naukowe, o pracę, o sztukę i literaturę; syndykalistyczna Izba, która reprezentuje interesy wszystkich producentów Europy, nareszcie wolnych od finansowej tyranii i od obcej polityki. Manifest kończył się w ten sposób: Nie zgadzamy się na ‚Europę w teorii’. Nie zgadzamy się na legalną Europę. Potępiamy Europę strasburską z powodu jej zdrady (…) Albo będziemy mieli naród albo nie będziemy niepodlegli. Przeciwko legalnej Europie reprezentujemy Europę prawdziwą, Europę ludzi, naszą Europę. Jesteśmy Narodem Europejskim.

Po założeniu szkoły służącej politycznej edukacji członków (która, od 1966 do 1968 roku, publikowała każdego miesiąca magazyn L’Europe Communautaire) Młoda Europa spróbowała stworzyć Europejski Syndykat Komunitarystyczny i, w 1967 roku, stowarzyszenie uniwersyteckie (Università Europea), które szczególnie silne było we Włoszech. Od 1963 do 1966 roku publikowano nowy francuski magazyn (Jeune Europe), który ukazywał się co tydzień; pośród czasopism w innych krajach warto wspomnieć o włoskim miesięczniku Europa Combattente.

Od 1966 do 1968 roku ukazywał La Nation Européenne, podczas gdy La Nazione Europea, edytowany przez autora tego artykułu, był nadal wydawany nawet w 1969 roku (po raz ostatni ukazał się wysiłkiem Pino Balzano w Neapolu w 1970 roku). La Nation Européenne, tygodnik o dużym formacie i – w niektórych wydaniach – składający się z prawie pięćdziesięciu stron, miał ważnych współpracowników: politologa Christiana Perrouxa, algierskiego eseistę Maleka Bennabiego, deputowanego Francisa Palermo, syryjskiego ambasadora Selima el-Yatiego, irackiego ambasadora Nathera el-Omariego, liderów Algierskiego Frontu Wyzwolenia Chérifa Belkachema, Si Larbiego and Djamila Mendimreda, przewodniczącego OLP Ahmeda Choukeiriego, lidera misji Wietkongu w Algierii Trana Hoaia Nama, lidera Czarnych Panter Stokeleya Carmichaela, założyciela i lidera Centri d’Azione Agraria księcia Sforze Ruspoliego, pisarzy Pierrea Gripariego and Anne-Marie Cabrini. Pośród stałych redaktorów byli profesor Souad el-Charkawi (w Kairze) i Gilles Munier (w Algierii).

W numerze z lutego 1969 roku znalazł się długi wywiad Jeana Thiriarta z generałem Juanem Peronem, który przyznał, że stale czyta La Nation Européenne i, że całkowicie zgadza się z jego ideałami. W czasie swojego pobytu w Madrycie, były prezydent Argentyny zadeklarował, że Castro i Guevara prowadzą walkę dla niepodległej Ameryki Łacińskiej, rozpoczętą wiele lat wcześniej przez ruch justycjalistyczny: Peron stwierdził, że Castro jest promotorem wyzwolenia. Zwrócił się on o pomoc do imperializmu ponieważ istniały inne zagrożenia, które mogły go zniszczyć. Ale kubańskim celem jest wyzwolenie ludów Ameryki Łacińskiej. Nie mają oni żadnego innego zamiaru, tylko ten, żeby zbudować kraj kontynentalny. Che Guevara jest symbolem tej walki. Był wielkim bohaterem, ponieważ służył wielkiej idei zanim sam się nią stał. Jest on człowiekiem ideału.

Jeśli chodzi o wyzwolenie Europy, Thiriart zamierzał zbudować Europejskie Brygady Rewolucyjne, aby rozpocząć zbrojną walkę przeciwko amerykańskiemu najeźdźcy. W 1968 roku, nawiązał on w Bukareszcie kontakt z chińskim ministrem spraw zagranicznych Zhou Enlai i poprosił go o wsparcie dla statutu politycznej i militarnej struktury w Europie, która walczyłaby ze wspólnym wrogiem. W 1967 roku, Thiriart był zajęty w Algierii: Możliwe, ze musimy rozważyć konieczność podobnej akcji i wierzyć w militarną formację europejskich rewolucjonistów na wzór działającej w Algierii Reichswehry. Obecnie, rządy Belgii, Holandii, Anglii, Niemiec i Włoch są – w różny sposób – satelitami Waszyngtonu; a więc my, Europejczycy, europejscy rewolucjoniści, musimy pojechać do Afryki aby formować kadry dla przyszłej polityczno-militarnej struktury, która – po służbie w rejonie Morza Śródziemnomorskiego i na Dalekim Wschodzie, będzie mogła walczyć i pokonać Quislingów Waszyngtonu w Europie. Delenda est Carthago.

Jesienią 1967 roku, Gérard Bordes, przywódca La Nation Européenne, udał się do Algierii aby spotkać się z członkami sekretariatu wykonawczego Narodowego Frontu Wyzwolenia i z Radą Rewolucyjną. W kwietniu 1968 roku Boreds wrócił do Algierii z Mémorandum à l’intention du gouvernement de la République Algérienne podpisanym przez niego i Thiriarta, w którym zawarto pewne propozycje: Europejsko-rewolucyjni patrioci wspierają: utworzenie specjalnych oddziałów do przyszłej walki przeciwko Izraelowi; techniczny trening dla przyszłej akcji, której celem będzie walka przeciwko Amerykanom w Europie; budowę antyamerykańskiego i antysyjonistycznego serwisu informacyjnego dla równoległego wykorzystania w krajach arabskich i w Europie.

Dialog z Algierią nie przyniósł rezultatu w związku z czym Thiriart rozpoczął pewne rozmowy z bliskowschodnimi krajami arabskimi. Faktycznie, 3 czerwca 1968 roku, bojownik Młodej Europy, Roger Coudroy, zginął w bitwie przeciwko armii syjonistycznej gdy próbował dostać się do okupowanej Palestyny wspólnie z grupą członków al-Fatah.

Jesienią 1968 roku Thiriart został zaproszony przez rząd Iraku i Egiptu oraz przez partię Baas. W Egipcie uczestniczył on w spotkaniu z Arabską Unią Socjalistyczną, egipską partią rządzącą; został przyjęty przez kilku ministrów i spotkał się z prezydentem Nasserem. W Iraku spotkał się z pewnymi osobistościami świata polityki, pośród których był lider PLO i udzielił wywiadów dla niektórych gazet i mass mediów.

Tak czy inaczej, pierwszym celem jego podróży była próba uzyskania wsparcia dla stworzenia Brygad Europejskich, które miały uczestniczyć w narodowo wyzwoleńczej walce Palestyny, a później miały się stać podstawową strukturą narodowo wyzwoleńczej armii w Europie. Iracki rząd, pod presją sowiecką, odmówił swojej pomocy, więc cel Thiriarta nie został zrealizowany. Rozczarowany niepowodzeniem, bez ekonomicznych środków służących wsparciu walki politycznej, Thiriart zdecydował wycofać się z politycznej działalności.

Od 1969 do 1981 roku Thiriart całkowicie poświęcił swój czas na swoją zawodową i związkową działalność na polu optometrii, w której uzyskał ważny awans: został przewodniczącym Europejskiego Stowarzyszenia Optometrii, Belgijskiego Narodowego Związku Optometrów i Optyków, Centrum Studiów i Nauki Optycznej oraz został doradcą wielu komisji Europejskiej Wspólnoty Gospodarczej. Poza tym, w 1975 roku udzielił wywiadu (poprowadził go Michel Schneider) dla magazynu Les Cahiers du Centre de Documentation Politique Universitaire z Aix-en-Provence i pomógł Yannickowi Sauveurowi napisać jego uniwersytecką prace badawczą pod tytułem „Jean Thiriart i europejski narodowy-komunitaryzm” (Uniwersytet Paryski, 1978). Inna praca badawcza, na temat Mouvment d’Action Civique, została opublikowana sześć lat wcześniej przez Jeana Beelena na Wolnym Uniwersytecie Brukselskim.

Atak terrorystyczny wymierzony w jego biuro w Brukseli przeprowadzony w 1981 roku przez syjonistycznych bandytów był decydującym czynnikiem, który skłonił Thiriarta do powrotu do działalności politycznej. Ponownie skontaktował się on z byłym współpracownikiem La Nation Européenne, hiszpańskim historykiem Bernardo Gil Mugarza, który, w czasie długiego wywiadu (liczącego 108 pytań), dał mu szansę na nowe i lepsze wyjaśnienie jego myśli politycznej. Dzięki temu mogła powstać nowa książka: była to książka, którą Thiriart chciał opublikować po hiszpańsku i niemiecku, co do tej pory się nie udało.

Na początku lat 80-tych Thiriart pracował nad książką, która nigdy nie została ukończona: Euro-Sowieckie Imperium od Władywostoku po Dublin. Plan tej pracy składał się z piętnastu rozdziałów, które były podzielone na wiele paragrafów. Jak pokazuje tytuł tej książki, opinia Thiriarta na temat Związku Sowieckiego całkowicie się zmieniła. Porzucił on stare motto „ani Waszyngton, ani Moskwa”. Thiriart pochwycił nową ideę, którą możemy podsumować formułą: „z Moskwą przeciwko Waszyngtonowi.” Trzynaście lat wcześniej, de facto, Thiriart wyraził swoje zadowolenie z sowieckiej interwencji zbrojnej w Pradze, w artykule Prague, l’URSS et l’Europe (“La Nation Européenne”, 29 grudzień 1968) gdzie potępił syjonistyczny spisek tak zwanej „praskiej wiosny” i rozpoczął definiowanie „strategicznych uwag” na temat Związku Sowieckiego.

Europa Zachodnia wolna od wpływu USA umożliwiłaby ZSRR przyjęcie roli przeciwnika Stanów Zjednoczonych. Przyłączenie bądź związanie Europy Zachodniej sojuszem z ZSRR oznaczałoby koniec amerykańskiego imperializmu. (…) Jeśli Rosjanie chcą oddzielić Europę od Ameryki – a musi to stanowić ich cel w dłuższej perspektywie – muszą dać nam szansę stworzenia europejskiej organizacji politycznej skierowanej przeciw złotej amerykańskiej niewoli. Jeśli będą się obawiać tej organizacji, najlepiej będzie jeśli się z nią zintegrują.

W sierpniu 1992 Thiriart i Michael Schneider, redaktor naczelny pisma Nationalisme et République pojechali do Moskwy. Powitał ich Aleksandr Dugin, który wcześniej spotkał się z Alainem de Benoist i Robertem Steuckersem (w marcu), w czerwcu zaś przeprowadził wywiad telewizyjny z autorem niniejszego artykułu po spotkaniu z „czerwono-brunatną” opozycją.

Moskiewska działalność Thiriarta, któremu towarzyszyli także Carlo Terracciano i Marco Battarra, reprezentujący Front Wyzwolenia Europy, był bardzo intensywna. Udzielał wywiadów, uczestniczył w konferencjach i obradach okrągłego stołu z Prochanowem, Ligacewem, Duginem i Sułtanowem w redakcji pisma „Dień”, które opublikowało jego artykuł „Europa po Władywostok”. Spotkał się z Ziuganowem i przedstawicielami „czerwono-brunatnej” opozycji, takimi jak Nikołaj Pawłow i Siergiej Baburin. Dyskutował z filozofem i przywódcą Partii Odrodzenia Islamskiego Gejdarem Dżemalem, brał udział w demonstracji studentów arabskich w Moskwie.

23 listopada, trzy miesiące po powrocie z Moskwy, Thiriart doznał zawału serca.

Wydana w języku francuskim w roku 1964 książka Thiriarta „Imperium 400 milionów ludzi – Europa”, doczekała się tłumaczeń na 6 języków. Autorem przekładu włoskiego był Massimo Constanzo (wówczas przywódca Europa Combattente), który we wstępie do książki napisał: Książka Thiriata załuguje na dużą uwagę z racji swojej dokładności. Skąd się ona bierze? Z bardzo prostej rzeczy: autor używa języka w swej istocie politycznego bez wikłania się w niejasne ideologie i abstrakcyjne konstrukty. Po uważnej lekturze można dostrzec w książce elementy ideologiczne, ale wynikają one z postawionej tezy politycznej, a nie odwrotnie, jak to zazwyczaj bywało u europejskich nacjonalistów.

Czytelnik tego drugiego wydania włoskiego zapewne zgodzi się ze słowami napisanymi 40 lat temu przez Constanzo. Dostrzeże, że ta chyba najbardziej znana książka Thiriarta jest dziełem aktualnym, umożliwiającym przewidzenie wielu czynników, nawet mimo swego głębokiego osadzenia w czasie w którym powstała. Zakładała ona upadek Związku Radzieckiego na 10 lat przed powstaniem „euro-komunizmu”. Wyprzedzała swoje czasy, gdyż obecnie amerykańska hegemonia w Europie stała się niekwestionowanym faktem.

W swojej bibliotece przechowuję egzemplarz pierwszego wydania (“édité à Bruxelles, par Jean Thiriart, en Mai 1964”). Dedykacja od autora zawiera słowa które chciałbym przekazać dziś młodszym: Votre jeunesse est belle. Elle a devant elle un Empire à bâtir. [Wasza młodość jest piękna. Ma przed sobą Imperium do zbudowania. - Red.] W odróżnieniu od Luttwaka i Tony’ego Negri, Thiriart doskonale wiedział, że nie ma nic bardziej odległego od Imperium niż imperializm, a Stany Zjednoczone nie są Rzymem, lecz Kartaginą.

Tłumaczenie: Tomasz Panek, Jacek Skup

Tekst pierwotnie ukazał się na Xportal.pl

Sexpolitik gegen Rußland und den Vatikan

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Sexpolitik gegen Rußland und den Vatikan

Martin Lichtmesz

Ex: http://www.sezession.de

[1]„Kindesmißbrauch: UN-Experten kritisieren Vatikan scharf“ [2] lautet die zur Zeit von den Flaggschiffen bis zu den Provinzkanus verbreitete Schlagzeile, natürlich aus der Schmiede „unserer“ Prawda, der allgegenwärtigen dpa. Dabei dient der „Kindesmißbrauch“, den die Medien seit Jahren systematisch mit der Kirche in Verbindung bringen,  vor allem als propagandistisch wohlfeiles Brecheisen, um den Vatikan politisch aufzuknacken.trans Sexpolitik gegen Rußland und den Vatikan

Der hängt nämlich immer noch nicht gänzlich an der Leine des „New World Order“ und des egalitären Globalismus. Das entsprechende Dokument [3] läßt kaum Zweifel daran, daß das „Kindeswohl“ hier in erster Linie als Vorwand dient, um die römische Kirche unter die politische und ideologische Kontrolle der UNO zu bringen. Das Mittel ist die moralische Erpressung: so wird der Widerstand [4] des Heiligen Stuhls gegen die Forderungen auf Massenportalen wie web.de als „Täterschutz“ [5] denunziert, ganz dem Wortlaut und der Wertung des UN-Gremiums folgend.

Was sich mit so einem Apparat wohl alles anstellen läßt:

The Committee recommends that the Holy See develop and implement a comprehensive and systematic mechanism of data collection, analysis, monitoring and impact assessment on all the areas covered by the Protocol. The data should be disaggregated, inter alia, by sex, age, national and ethnic origin, geographical location, indigenous status and socio-economic status, with particular attention to children in the most vulnerable situations, and include information about the follow-up given to these cases (…) the Committee encourages the Holy See to strengthen international cooperation through multilateral, regional and bilateral arrangements, by strengthening procedures for and mechanisms to coordinate with law enforcement authorities and improve prevention, detection, investigation, prosecution and punishment of those responsible for any of the offences covered under the Optional Protocol.

Ein weiteres langfristiges Ziel scheint zu sein, die von der Kirche vertretene Sexualmoral zu brechen [6] (wobei ich ja gespannt wäre, wieviele Fälle von Kindesmißbrauch in ihren Reihen auf das Konto von homosexuell-päderastischen Klerikern gehen, und inwiefern sich diese mit der „Schwulen-Lobby“ im Vatikan überschneiden, deren Existenz letztes Jahr von Papst Franziskus bestätigt wurde). Die Welt [7]schreibt:

«Der Heilige Stuhl hat den Ruf der Kirche und den Schutz der Täter immer wieder über die Interessen der betroffenen Kinder gestellt», sagte die Vorsitzende des UN-Ausschusses für die Rechte des Kindes, Kirsten Sandberg, in Genf. Zugleich bemängelte das Gremium die Haltung des Vatikans zur Homosexualität und zur Abtreibung.

(Sandberg ist übrigens über das „Europäische Hochschulinstitut“ auch in das EU-Netzwerk eingebunden, was nicht sonderlich überraschend ist.)

Das UN-Gremium sieht auch die Haltung des Vatikans zur Homosexualität und zur Abtreibung kritisch. Frühere Äußerungen der Kirche zur Homosexualität hätten zur Stigmatisierung und zur Gewalt gegen homosexuelle Jugendliche beigetragen, sagte Sandberg.

Die Kirche unter dem Diktat der „Zivilgesellschaft“, ein weiterer Schritt in die Neue Weltordnung! Dabei ist wohl gerade diese Gesellschaft am wenigsten berufen, dem Vatikan ihre Sexualmoral zu diktieren. Hier sind wohlgemerkt dieselben politischen Kräfte, Ideologien und Tendenzen am Werk, die gleichzeitig beabsichtigen, Schulkinder ab einem frühen Alter einem übertriebenen und auf Paraphilien konzentrierten Sexualunterricht auszusetzen. Diese Art von Kindesmißbrauch ist gemäß der Moral, die durchgesetzt werden soll, offenbar zulässig.

Klonovsky says: [8]

Aber der unterleibszentrierte Spaß hört auf, wo Kinder ins Spiel kommen. In Baden-Württemberg will das regierende rotgrüne Ressentiment tatsächlich die sogepredigte „sexuelle Vielfalt“ als neue Norm (nicht Normalität) gegen die bislang waltende, diskriminierende Heteronormativität und Familientraditionalität bis in die Unterstufenlehrpläne hinein durchsetzen, auf dass die Kleinen lernen, wer wen im Dienste von Aufklärung, Chancengleichheit und Selbstverwirklichung an welchen Stellen lecken muss, wogegen sich jetzt der Widerstand wackerer Württemberger mehr als nur regt, weil es ja ihre durchweg minderjährigen und überwiegend im präsexuellen Alter stehenden Kinder sind, die in diese Gegenwelt gedanklich hinabsteigen und dort die Freakshows und Darkrooms durchwandern sollen, ohne wenigstens nach Beatrice zu suchen, und ihr Einfühlungsvermögen in die Praktiken von LSBTTI-Menschen am Ende gar noch benotet wird.

Die Sexfront als politisches Druckmittel ist zur Zeit auffällig aktiv. Die von den Medien gehätschelten Tittendummies von „Femen“ – ohne jeden Zweifel eine gezielt eingesetzte, „kontrollierte Opposition“, wenn überhaupt eine „Opposition“ – hüpfen von Köln bis Madrid halbnackt vor diversen kirchlichen Würdenträgern herum, um sie ins Lächerliche zu ziehen und um gegen angebliche „Frauenunterdrückung“ für Abtreibung, ihre Muschi oder was weiß ich was zu demonstrieren.

Damit unterstützen die vermeintlich subkulturellen, in Wirklichkeit völlig mainstreamkonformen „Femen“ den Kulturkampf der herrschenden Klassen, der als eine „Revolution von oben“ geführt wird, gegen den Willen einer nichtsdestotrotz eher passiven Mehrheit (allein in Frankreich scheint es noch wirksamen Widerstand [9]dagegen zu geben).

Daß hier besonders emsige Unterstützung aus der, wie man nicht vergessen sollte, Heimatpartei der politisierenden Pädophilen und Berufsschwulen kommt, ist nicht verwunderlich. Das EU-Parlament fördert offen Programme [10]wie jenes der österreichischen Grünen-Abgeordneten Ulrike Lunacek [11], die der Jagd nach der aktuellen Haupthexe „Homophobie“ gewidmet sind.

Dabei geht es natürlich ein weiteres Mal um die Durchsetzung der „Homo-Ehe“, die Demontage der bürgerlichen Ehe und Familie  und die Installierung einer Art Rosa Gestapo:

Darin werden die EU-Kommission und die Mitgliedsstaaten aufgefordert, Beleidigungen gegen Homo- und Transsexuelle als Haßkriminalität zu verfolgen und zu bestrafen.

Auch verlangt der Plan die europaweite Anerkennung von Personenstandsurkunden. Somit müßten auch EU-Staaten, die selbst keine gleichgeschlechtlichen Ehen erlauben, solche Verbindungen anerkennen, die in anderen Mitgliedsstaaten geschlossen wurden. Darüber hinaus fordert der Bericht entsprechende Schulungen für Polizisten, Strafverfolger und Journalisten, damit diese besser in der Lage wären, „angemessen“ mit dem Thema Homo- und Transsexualität umzugehen.

„Homophobie wird in Europa nicht mehr länger geduldet“, freute sich Lunacek nach der Abstimmung. Nun müsse die EU-Kommission mit einer „Roadmap gegen Homophobie“ ein eindeutiges Zeichen gegen die „alltägliche Verachtung europäischer Werte“ setzen. „Homophobe Gesetze wie homophobe Praxis sind inakzeptabel und dürfen nirgendwo in der Europäischen Union mehr geduldet werden“, forderte Lunacek.

Die Verve, mit der hier ein absurder, quasi-religiöser Kult um eine Minderheit getrieben wird und ihre Exponate zu höheren, unantastbaren Lebewesen und beispielhaften Vorbildfiguren geadelt werden, hat letzten Endes mit realen Schwulen und Lesben kaum etwas zu tun. In Deutschland machen sie kaum 1-2% des Bevölkerungsanteils aus. Der Aufwand wäre in jeder Hinsicht disproportional, wenn er nicht in Wirklichkeit auf ganz andere Dinge zielen würde.

Nochmal Klonovsky [8]:

Die LSBTTI-Propaganda ist nichts weniger als Minderheitenschutz; es handelt sich im Gegenteil um eine der inzwischen zahlreichen quasi molekularen Bürgerkriegserklärungen an die Mehrheit, was diese Mehrheit endlich begreifen sollte, statt sich in falsch verstandener Toleranz an die Pranger der Intoleranten zerren zu lassen. Deren Taktik ist ja stets dieselbe, ob nun bei den geforderten Homosexuellen-Selbstbloßstellungen im Fußball oder der Durchsexung diverser Unterrichtsfächer im Ländle: Die Mehrheit wird mit Zumutungen behelligt, ein paar Trolle reagieren über, ihre Äußerungen werden in den Medien wie Skalpe präsentiert und mit geheuchelter Erschütterung beplärrt, denn sie sollen beweisen, dass die Homo-, Trans-, Xeno-, Gyno- und weiß der Geier welche weitere Phobie aus der sogebellten Mitte der Gesellschaft kommen, auf dass munter weiter die aus der geschmähten Gesellschaftsmitte sprudelnden Steuergelder in die Taschen derer fließen mögen, die sie beschimpfen, bekämpfen, ihnen ihre devianten sexuellen Gepflogenheiten präsentieren, und das alles im Namen der Toleranz. Das Perpetuum mobile existiert also doch!

Die „Homophobie“ ist gerade dabei, den „Rassismus“ als Chiffre für das globale Böse schlechthin abzulösen, und wie dieser ist sie weitgehend ein Phantom. Hier mischen sich wieder einmal diffuse Heilserwartungen und Bekenntnisekstasen mit politischem Kalkül. Am auffälligsten zeigt sich dies natürlich in den Kampagnen gegen Putins Rußland und den offenbar unmittelbar bevorstehenden russischen Homocaust. Auch hier scheint sich die gesamte politische Klasse des Westens über die weltbewegende Dringlichkeit der Agenda einig zu sein, sekundiert von Bataillonen von Pop-, Sport-, Film- und Fernsehstars.

Unlängst verkündete sogar der als „konservativ“ und „rechts“ geltende Fox-News-Moderator Glenn Beck, eine ganz besonders niedrige Lebensform im US-amerikanischen Medienzoo, er stünde firm Seite an Seite mit der schwullesbischen Pressure Group GLAAD [12] gegen Rußlands „Hetero-Faschismus“. Mehr Beweise für die allgemeine Gleichschaltung und den metapolitischen Totaltriumph der kulturmarxistischen Agenda braucht man wohl nicht mehr.

Wenn es bezüglich Rußland wirklich nur um den „Heterofaschismus“ geht, dann frage ich mich, warum sich keine Socke über Länder wie Nigeria, Mauretanien, Somalia, Sudan, die Vereinigten Arabischen Emirate, Jemen, Iran, Afghanistan oder Saudi-Arabien aufregt, wo Homosexualität unter Todesstrafe steht. Überhaupt ist Rußland bei weitem nicht das schwulenfeindlichste Land auf der Welt: siehe hier. [13]

Der Weg der Homosexuellen-Politik von der einst legitimen Forderung nach Entkriminalisierung und Straffreiheit bis zur ihrer Rolle als zentrales goldenes Kalb einer gesellschaftsmessianischen „Toleranz“-Religion, die sich zunehmend ad absurdum führt, und zur Keule der Weltpolitik – das wird einmal, in ein paar hundert Jahren oder auch ein bißchen früher, ein spaßiger Stoff für zukünftige chinesische Historiker werden.

Übrigens, auch Goldman-Sachs-CEO Lloyd Blankfein setzt sich aktiv für „gay marriage“ ein: das sei gut fürs Business. [14] Was habt ihr homophoben Verschwörungstheoretiker eigentlich alle gegen den Laden??? [15]

Article printed from Sezession im Netz: http://www.sezession.de

URL to article: http://www.sezession.de/43338/sexpolitik-gegen-russland-und-den-vatikan.html

URLs in this post:

[1] Image: http://www.sezession.de/43338/sexpolitik-gegen-russland-und-den-vatikan.html/totallygayworldorder

[2] „Kindesmißbrauch: UN-Experten kritisieren Vatikan scharf“: https://www.google.at/search?q=Kindesmi%C3%9Fbrauch:+UN-Experten+kritisieren+Vatikan+scharf&ie=utf-8&oe=utf-8&rls=org.mozilla:de:official&client=firefox-a&gws_rd=cr&ei=VvnyUs6pM4mLtAaT-oDQAQ

[3] entsprechende Dokument: http://tbinternet.ohchr.org/Treaties/CRC-OP-SC/Shared%20Documents/VAT/CRC_C_OPSC_VAT_CO_1_16307_E.pdf

[4] Widerstand: http://press.vatican.va/content/salastampa/de/bollettino/pubblico/2014/02/05/0087/00183.html

[5] „Täterschutz“: http://www.google.at/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=2&cad=rja&ved=0CDQQFjAB&url=http%3A%2F%2Fweb.de%2Fmagazine%2Fnachrichten%2Fausland%2F18589404-taeterschutz-kindeswohl.html&ei=wfHyUqvJOcGKtAbf5IDABw&usg=AFQjCNERChSn3q97dc8-0CdmKf2L6yBjyw&bvm=bv.60799247,d.Yms

[6] Ein weiteres langfristiges Ziel scheint zu sein, die von der Kirche vertretene Sexualmoral zu brechen: http://www.katholisches.info/2014/02/06/un-kinderrechtskomitee-wie-sich-die-kirche-aendern-sollte-abtreibung-homo-ehe-gender-ideologie/

[7] Welt : http://www.welt.de/newsticker/dpa_nt/infoline_nt/brennpunkte_nt/article124556999/UN-Experten-kritisieren-Vatikan-scharf.html

[8] Klonovsky says: : http://www.michael-klonovsky.de/acta-diurna

[9] wirksamen Widerstand : http://www.pi-news.net/2014/02/frankreich-stoppt-neues-familiengesetz/

[10] EU-Parlament fördert offen Programme : http://http://jungefreiheit.de/politik/ausland/2014/eu-parlament-segnet-lunacek-bericht-ab/

[11] Ulrike Lunacek: http://www.katholisches.info/2014/02/05/homo-lobby-feiert-lunacek-bericht-wer-aber-ist-ulrike-lunacek/

[12] er stünde firm Seite an Seite mit der schwullesbischen Pressure Group GLAAD: http://www.huffingtonpost.com/2014/01/02/glenn-beck-russia_n_4531744.html

[13] siehe hier.: http://25.media.tumblr.com/ddceeb5c4307f49c73615856e5850887/tumblr_n0csf37rtn1rey6pgo1_500.jpg

[14] das sei gut fürs Business.: http://www.cbsnews.com/news/goldman-sachs-ceo-lloyd-blankfein-same-sex-marriage-support-a-business-issue/

[15] habt ihr homophoben Verschwörungstheoretiker eigentlich alle gegen den Laden???: http://ef-magazin.de/2014/02/03/4922-goldman-faz-was-habt-ihr-bloss-gegen-gottspielerei

[16] : http://

[17] : http://www.spiegel.de/wirtschaft/soziales/bierbrauer-affaere-die-wichtigsten-fakten-ueber-das-preiskartell-a-943254.html

[18] : http://www.youtube.com/watch?v=Xuz94ZIPfJk

[19] : http://www.welt.de/vermischtes/article114966836/Barbusige-stuerzte-sich-auf-Europaabgeordneten-Brok.html

[20] : http://ef-magazin.de/2010/04/14/2006-aktuelle-nachricht--ueberraschende-wende-im-kinderschaender-skandal-ganz-neue-verbindungen-geraten-ins-visier

[21] : http://www.zombietime.com/...

[22] : http://ernstfall.org

[23] : http://pius.info/archiv-news/892-kirchenkrise/8611-neue-familienpastoral-der-deutschen-bischoefe

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The Importance of Population Structure & Dynamics

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The Importance of Population Structure & Dynamics

By Andrew Hamilton 

Ex: http://www.counter-currents.com

In trying to conceptualize what a current, or indeed ongoing, global head count of whites would look like (no such reliable enumeration exists [2]), it is imperative to keep in mind the age structure and reproductive profile of whatever population exists, as well as the dynamics of rapid change along key vectors. Nothing is stationary or mirrors the past. Habitual patterns of thought quickly become outmoded without anyone being aware of it.

Contemporary demographic statistics conceal racial information. Elites are obsessed by race, and particularly with accelerating in any way possible the decline and disappearance of the white race. But meaningful data on ethnicity do not exist. It is the only major variable not regularly measured or recorded by demographers. If such figures were available, they might jeopardize indefensible policies.

Given replacement migration, exceptionally high non-white birth rates, sub-replacement fertility among whites, and widespread culturally-encouraged hybridization with non-whites in all formerly white homelands around the world, the opposite ends of the national age spectrum everywhere now feature a predominantly white elderly population and an increasingly non-white youth population.

As a consequence, former First World nations are composed more and more of non-whites and hybrids. The process is taking place with lightning speed. Thanks to an indispensable assist from dishonest media, academia, and governments, plus draconian and repressive laws, even white racialists, never mind the public, fail to grasp the urgency of the situation.

The aging and death of baby boomers born between 1946 and 1964, currently in progress, will in short order eradicate a numerically large proportion of the remaining white populace. Despite the lack of precise data, we nevertheless know the overall trends, so revolutionary and sweeping are the top-down social changes that have been imposed.

To better understand the crisis, it is helpful to employ a demographic tool known as the population pyramid. A population pyramid is a graphical representation of the distribution of age groups, usually by country or region, shaped like a pyramid when populations are young and growing.

There are three basic shapes.

The classic pyramid: A young, rapidly growing population with a high birth rate. This is characteristic of many non-white races today, and of vibrant subpopulations such as Orthodox Jews.

The box: A stable, replacement-level population characterized by low infant mortality, little or no demographic growth, and long life expectancy.

The inverted, or upside-down, pyramid: Low birth rate, collapsing population, long life expectancy. This is characteristic of the white race.

Pyramid graphs consist of two back-to-back bar graphs, with population plotted on the X-axis and age on the Y-axis, one showing the number of males and the other females in five-year age cohorts. Males are conventionally shown on the left and females on the right, measured either by raw numbers or as a percentage of the total population. Typically there are more women than men in older age categories due to females’ longer life spans. On the other hand, women have shorter reproductive periods than men, a fact useful in interpreting the graphs though not incorporated directly into them.

Although population pyramids by race cannot be constructed due to lack of relevant statistics, the device is nevertheless useful to illustrate general trends that everyone knows are occurring. Broadly speaking, rapidly expanding nonwhite races both outside and inside the First World are characterized by age structures indicative of growing populations: a “population explosion” with many young and few old, many births and few deaths. The shape of the population pyramid for Angola (an African country) may be taken as representative of nonwhite birthrates, inside and outside the “West,” be they Mestizo, Muslim, or anything else. (There are some notable exceptions.)

Representative Age Pyramid for an Expanding Nonwhite Race (Angolan age pyramid, 2005) [3]

Representative Age Pyramid for an Expanding Nonwhite Race (Angolan age pyramid, 2005)

This is how the white population looked in the 19th and early 20th centuries. But one must go beyond the static snapshot to the underlying dynamics. A race such as this has built-in momentum for future growth because so many young people will reproduce at high rates in the future even if total fertility gradually falls.

Contrast this with the rapidly aging and collapsing white populations of today, characterized by many old and few young, many deaths and few births. A contemporary population pyramid for our people would resemble the following hypothetical construct (not a representation of any actual white population, the data for which is unavailable):

Hypothetical Inverted Age Pyramid of the White Race (demographic collapse) [4]

Hypothetical Inverted Age Pyramid of the White Race (demographic collapse)

A simple head count (census) of living whites, though indispensable, does not convey an accurate picture of what is really happening. Older cohorts constituting the largest chunk of an upside-down pyramid, though still alive, do not directly contribute children to future generations because they are beyond the close of their reproductive period.

Female fertility peaks between ages 18 and the mid-20s. As a woman approaches 30 her hormone levels start to decline and her fertility also begins to slowly decline. After age 35 the decline accelerates.

A Mayo Clinic guide states that female fertility rates “remain relatively stable until the early 30s, and then they decrease to very low levels by the early 40s.” Broken down further by the same source (Robert V. Johnson, M.D., Editor-in-Chief, Mayo Clinic Complete Book of Pregnancy & Baby’s First Year, New York: William Morrow, 1994, p. 5):

  • Ages 18-24: peak female fertility
  • Ages 30-35: fertility is 15%-20% less than maximum
  • Ages 35-39: fertility is 25%-50% below maximum
  • Ages 40-45: fertility falls to 95% below maximum

“Ultimately, age is still the most important factor when it comes to fertility prediction,” Dr. Mark Perloe, an Atlanta fertility specialist says. “If you’re in your early 40s, the odds are against getting pregnant without help, no matter what the tests say. The odds are much better in your late 30s or younger.”

The risk of miscarriage also increases after age 35, and even more after 40, as do numerous other risk factors, including having a child with chromosome abnormalities such as Down syndrome (mental retardation).

Menopause, which occurs in the late 40s or early 50s in most women, marks the end of the natural ability to bear children. However, as the preceding discussion demonstrates, it is necessary to differentiate between fertility and menopause. It is not as clear-cut as “I can have children until I reach menopause.”

Curiously, in other primate species females continue to reproduce until decrepitude or death overtake them. But among humans a woman loses her capacity to reproduce while still in vigorous middle age.

“‘Certain ethnic groups may have menopause at slightly different ages. Hispanic and African-American women reach menopause a little earlier, and Chinese and Japanese women a little later, than the average Caucasian woman, who reaches menopause at about age 51.5.’ Those are averages; every woman is different.” (Source [5].)

Widespread Ignorance About the Biological Clock

Surprisingly, many contemporary women have little idea how rapidly fertility declines with age. By the time a woman hits 44, it is almost nonexistent. Pregnancy beyond 47 is extremely rare, although it has been medically documented as late as 61.

Fertility treatments may extend the reproductive window slightly, but are extremely expensive and subject to age cut-offs. In Canada, fertility specialists generally will not accept women past their mid-40s. At age 40, even with in vitro fertilization (IVF), the success rate is only about 40%.

According to Dr. Roger Pierson, a Canadian fertility specialist, “Everybody in the reproductive world is shocked at how much ignorance there is. Women get their information from the rather dubious magazines that tend to lurk around the checkout counters of grocery stores.”

In 2009, Britain’s Royal College of Obstetricians and Gynaecologists (RCOG) went so far as to issue a public warning [6] that women should become mothers by the age of 35 or risk infertility, miscarriage, or other health problems:

Our statement has been prompted by concern among obstetricians and gynaecologists because we are seeing more and more [older] women who are confronting the heartbreak of infertility and miscarriage. Every week in my clinic I see women who say ‘if only I had known this, I could have planned for this. I wouldn’t have postponed my plans for pregnancy’.” The college fears too many women still do not understand that their fertility declines after 35.

A University of Calgary professor added: “Women have been given the impression that biology doesn’t matter and they can do whatever they like.”

Male fertility (as distinct from related problems, including erectile dysfunction) likewise declines with age, though far less radically. Some men are biologically capable of having children well into old age. However, as a practical matter this does not happen very often. Therefore, most men by their 50s can probably be considered reproductively irrelevant.

Such information suggests roughly where you should draw an imaginary line through the upside-down pyramid to indicate the age level below which, as a practical matter, the population remains potentially reproductive. Whether it actually reproduces white (non-hybrid) children within stable, nurturing family structures is another matter entirely. Sub-replacement fertility even after large-scale nonwhite and hybrid birthrates are misleadingly factored in strongly suggests that it does not.

In racial terms, selection occurs whenever one ethnic group successfully propagates its genes relative to other groups. “Differential fecundity,” Ukrainian-American geneticist Theodosius Dobzhansky observed, “is, in principle, as powerful a selective agent as differential survival or mortality” (Genetics of the Evolutionary Process, 1970, p. 97).

Human races can expand and contract quickly, both in absolute terms and relative to other races. They grow, shrink, collapse, and become extinct. William Pierce, a physicist steeped in mathematical knowledge, noted that “wherever two racial groups occupying the same territory have different growth rates, the faster-growing group will always overwhelm the slower-growing group numerically, given sufficient time, no matter how much larger the latter may be in the beginning.” (“World’s Deadliest Threat: The Race Bomb,” National Vanguard newspaper, Issue No. 82, 1981; reprinted in Kevin Alfred Strom, ed., The Best of Attack! and National Vanguard Tabloid, 1970–1982 [1984], p. 207)

Italian demographer Massimo Livi-Bacci summed up the dynamics of the present crisis:

We are able to recognize the exceptional nature of the current situation if we keep in mind that a population growing at an annual rate of 4 percent will double in about 18 years, while another declining by 1 percent per year will halve in 70. Two populations of equal size [emphasis added] experiencing these different growth rates will find themselves after 28 years (barely a generation) in a numerical ratio of four-to-one! (A Concise History of World Population, 4th ed., Blackwell Publishing, 2007, p. 20)

The widespread obliviousness to race, or even preference for non-whites (including but not limited to blacks), now observable everywhere, has been culturally-inculcated into the minds (and resultant sexual behavior) of a greatly diminished youth population. Some unspecifiable (but easily seen) proportion of reproduction occurring outside or inside marriage (the term “intermarriage” should be jettisoned as obsolete) is between whites and non-whites. The hybrid offspring of such unions should not be counted as white, and must be rigorously excluded from both the social circle and the gene pool.

In former times, when the white population was large and growing, more introgression of non-white genes could be tolerated (though not on a widespread scale) than is the case when the population is swiftly collapsing.

The connection between demographic strength and political power has long been recognized. As the white population contracted, nations became markedly more tyrannical in the Communist sense—characterized by closed, untouchable, uncriticizable elites not unlike an imperial god cult, universal surveillance, and the criminalization and rigid suppression of thought, speech, association, and authentic political activity.

So overwhelming now is alien control of the culture that even the psychological mores and institutional structures essential to biological and cultural survival have been systematically and efficiently expunged. Diminished numbers, lack of political influence, and the rapid growth of totalitarian-racist institutions have occurred hand in hand. It is a vicious, ever-accelerating cycle that becomes harder and harder to break the more time that passes.

Supplemental Section

As noted, government officials and demographers do not conduct reliable racial head counts. The crucial demographic variable of race is concealed (through non-counting) for ideological reasons. Nevertheless, population pyramids could be constructed from racial data rather than heterogeneous geographical or political units. Such graphical representations would be most enlightening—better than the population projections typically available.

Following are a few illustrative examples of unusual local population pyramids. Keep in mind that the US Census Bureau employs overly-broad definitions of “white [7],” including in this and related categories Jews, Middle Easterners, North Africans, Lebanese, Arabs, Moroccans, etc.

To add to the confusion, large proportions of America’s massive Mestizo population are evidently also classified as “white.” According to the Population Reference Bureau in Washington, D.C. [8], “Since Hispanics or Latinos are considered an ethnic and not a racial group, they are asked on census questionnaires to select a racial category. In the 2000 Census, almost half (48 percent) of Latinos classified themselves racially as ‘white’ while more than two-fifths (43 percent) identified themselves racially as ‘Other.’”

The Census Bureau proceeded to fiddle with the categories:

Changes in the census questionnaire [since then] appear to have changed the way Latinos identify themselves racially. For example, the percentage of Latinos selecting the white racial category increased from 48 percent in the 2000 Census to 63 percent in the 2009 ACS [American Community Survey]. In contrast, the percentage of Latinos preferring the “Other” racial category dropped from 43 percent to 29 percent. This trend is consistent across Latino subgroups.

Clearly, the size of the official “white” population is artificially inflated. It is smaller than census figures indicate.

Ann Arbor, Michigan [9]

Ann Arbor, Michigan, a small city of 116,000 that is home to the University of Michigan. Even the 2010 census could identify only a 70% “white” population in the small Midwestern city. It is obviously less if illegitimate groups are excluded. The bulge caused by students attending the University of Michigan is easily identifiable.

Fort Bragg, North Carolina [10]

The US Army post at Fort Bragg, North Carolina, named for Confederate General Braxton Bragg and home to the US Army airborne forces and Special Forces, the U.S. Army Forces Command and U.S. Army Reserve Command. It had a population of 39,500 in 2010.  In 2000, it was 58 percent “Caucasian,” the rest non-white. Only 1.2% of the population is over 45, the median age is 22, and males significantly outnumber females.

Punta Gorda, Florida [11]

Punta Gorda, a retirement community of 17,000 on Florida’s Gulf coast. In 2000 it was 94% “white,” the rest black, Mestizo, Amerindian, Asian, Pacific Islander, hybrids, and “other.” However, the community has two synagogues, one Chabad [12], the other Reconstructionist, and nearby are 10 more, so some unknown part of the 94% is Jewish. Note the lopsided age structure accounted for by the elderly. In exaggerated form its shape is illustrative of the age structure of the white race as a whole worldwide.

Buffalo Co., SD (Crow Creek Indian Reservation-Sioux) [13]

Buffalo County, South Dakota, home of the Crow Creek Sioux Tribe (Crow Creek Indian Reservation). The 2010 population was 1,900. According to the 2000 census, 82% of county residents were Amerindian, 16% “white,” and 3% other, mostly hybrids and Mestizos. Unemployment is 57%; many homes lack kitchens and/or indoor plumbing. Per capita income was $5,213, the lowest in the nation, with more than half of residents living below the poverty line. Note the classically-shaped pyramid, indicative of a youthful if numerically small population.

Sources (supplemental section only): Lina Trullinger, Bryan Station High School teacher (now evidently a Database Analyst at Mississippi State University), “Understanding Population Pyramids” [14] (2009); Wikipedia.

 


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