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vendredi, 24 novembre 2017

La France, Hariri, le Hezbollah et Israël

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La France, Hariri, le Hezbollah et Israël

par Jean-Paul Baquiast

Ex: http://www.europesolidaire.eu

Le premier ministre libanais est rentré dans son pays après une libération d'Arabie Saoudite et un séjour de quelques jours à Paris, marquant l'intervention du président Macron dans une situation dont la complexité est sans doute clairement perçue par le gouvernement français, mais où les intentions de Paris n'apparaissent pas aux yeux du profane.

S'agit-il de réaffirmer l'appui de la France à un Liban multi-confessionnel, avec une forte présence de chrétiens francophones, mais aussi disposant de nombreux représentants à Paris, très appréciés et pas seulement par les amateurs de « restaurants libanais »? Très bien en ce cas.

S'agit-il de rappeler à l'Arabie saoudite que même si celle-ci a pris la haute main au Moyen Orient sunnite, avec l'appui des Etats-Unis, la France, traditionnellement présente dans la région, entend encore essayer d'y jouer un certain rôle? Pourquoi pas?

Mais si la France voulait , à travers Hariri, contribuer à diminuer l'influence du Hezbollah au Liban et dans le front Chiite qui s'est mis en place avec l'appui des Russes contre l'alliance américano-saoudienne, alors on ne peut que s'interroger. Les études récentes faites à propos du Hezbollah montrent que celui-ci est devenu une sorte d'Etat non officiel, disposant d'une armée puissante et de nombreux appuis (voir https://southfront.org/hezbollah-capabilities-role-middle...

On ne voit pas ce que serait l'intérêt de la France à tenter de contrer le Hezbollah. D'une part, la tâche serait désormais impossible. D'autre part, jusqu'à présent le Hezbollah ne s'est jamais montré particulièrement opposé aux Européens non plus qu'à la France. Il la soutiendrait même semble-t-il dans sa volonté de se protéger contre le terrorisme islamique qui continue à menacer non seulement l'Europe mais aussi la Russie, désormais alliée du Hezbollah.

S'agirait-il enfin pour la France de céder aux « pressions amicales » d'Israël, en lutte ouverte contre le Hezbollah et l'Iran, et dont la position d'ensemble dans la région paraît de plus en plus fragilisée. Certes la France est aussi alliée d'Israël pour de multiples raisons. Elle considérerait comme une catastrophe le fait de le voir disparaitre, comme l'avait publiquement affirmé il y a quelques années un leader iranien. Mais est-il adroit pour elle de paraître endosser les objectifs radicaux de Binjamin Netanyahu et de la droite israélienne, qui joue à fond l'appui de Washington au détriment d'autres appuis que pourrait trouver Israël, notamment en Russie.

Si avec le retour d'Hariri à Beyrouth, la diplomatie française entendait contrer tout à la fois le Hezbollah, Bashar al Assad et la Russie, elle ferait évidemment fausse route.

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