samedi, 22 août 2026
Entre multipolarité et “fin des temps” apocalyptique

Entre multipolarité et “fin des temps” apocalyptique
Lorenzo Carrasco
Source: https://jornalpurosangue.net/2026/04/29/entre-a-multipola...
Dans un article opportun intitulé «La fausseté mécaniste – pourquoi l’Occident échoue si souvent en géopolitique», l’ex-diplomate et ancien analyste du MI-6 britannique Alastair Crooke affirme sans détour que la grille de lecture de la rationalité séculière occidentale n’est pas adaptée pour comprendre le conflit israélo-palestinien. Pour lui, il est évident que l’avenir de la région est de plus en plus décidé par des symboles religieux — «[la mosquée] Al-Aqsa contre le Troisième Temple».
Crooke précise: «(…) En Israël, les élections nationales de novembre 2022 ont amené au pouvoir une nouvelle direction qui s'est engagée à parachever la fondation d’Israël sur la “Terre du (Grand) Israël”, en déplaçant la population non juive et en mettant en œuvre la loi halakhique [liée aux coutumes dictées par la Torah et la tradition rabbinique].
«La plateforme du nouveau gouvernement était l’expression d’un dessein eschatologique et messianique, avec une téléologie visant à ouvrir la voie vers la Rédemption messianique. Elle n’était ni séculière, ni formulée dans des termes éclairés.
« Mon argument… est que les modes de pensée occidentaux, séculiers et mécanistes, ne comprennent pas ces changements fondamentaux. L’Occident s’obstine à appliquer ses préceptes conceptuels occidentalisés à quelque chose — le messianisme et la quête de la Rédemption — qui échappe totalement au champ de conscience occidentale postmoderne. Nous comprenons bien la politique de puissance, mais l’eschatologie reste, dans une large mesure, un livre fermé pour la plupart des Occidentaux séculiers ».
D’un autre côté, il affirme que «les États-Unis eux-mêmes sont loin d’être immunisés contre les courants de l’idéalisme messianique, du millénarisme et du manichéisme». Citant l’historien Michael Vlahos, il observe: «Depuis leur fondation, les États-Unis ont recherché, avec une ferveur religieuse ardente, un appel supérieur pour racheter l’humanité, punir les impies et inaugurer un millénaire d’or sur Terre. L’Amérique est restée fidèle à sa vision singulière d’une mission divine en tant que “Nouvel Israël de Dieu”».
Autrement dit, «les États-Unis ne sont pas seulement ‘messianiques’ dans leur nature… mais ils manifestent une vision implicitement biblique, proclamant leur foi dans la nature prédestinée de leur destinée. Une “nation élue”, désignée divinement pour agir au nom de la Providence comme Rédemptrice du monde».
Néanmoins, ce que signale Alastair Crooke, c’est la fin de l’ère dominée par la suprématie de la pensée mécaniste consolidée par les Lumières occidentales, en gros, ces derniers trois siècles et demi. Un système qui s’avère de plus en plus incapable d’expliquer des phénomènes qui relèvent de la métaphysique, y compris la révolution islamique elle-même et la résilience conséquente de l’Iran dans sa confrontation avec deux des plus grandes puissances militaires du monde, la résurgence de la Russie orthodoxe et l’expansion du catholicisme aux États-Unis, en grande partie impulsée par l’immigration hispanique.
En somme, un carrefour entre une multipolarité réelle et la « fin des temps » souhaitée et préparée par des fondamentalistes qui se déguisent en avant-gardistes de la civilisation.
12:55 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, messianisme, messianisme politique, israël, états-unis, eschatologie |
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Les BRICS n’ont pas besoin d’une monnaie commune pour affaiblir le dollar

Les BRICS n’ont pas besoin d’une monnaie commune pour affaiblir le dollar
Source: https://www.unser-mitteleuropa.com/203884
Les BRICS peuvent « tout simplement » réduire leur dépendance au dollar, sans même avoir à essayer de créer une monnaie commune semblable à l’euro.
Les échanges peuvent aussi être réglés en monnaies nationales via un système de compensation multilatéral, permettant ainsi aux membres d’utiliser de façon productive les soldes accumulés.
Les « intermédiaires » deviennent superflus
Même les échanges qui n’impliquent jamais les États-Unis passent souvent par le dollar. Les importateurs reçoivent des dollars, les banques utilisent des canaux libellés en dollars et les gouvernements détiennent des réserves en dollars. Le règlement direct en roubles, roupies, yuans ou autres monnaies des BRICS élimine automatiquement cet intermédiaire, réduit les coûts de conversion et la vulnérabilité face aux sanctions financières.
Des échanges déséquilibrés posent toutefois un autre problème. Si un pays exporte beaucoup plus qu’il n’importe, il accumule la monnaie d’un partenaire, avec peu de possibilités de la dépenser ou de l’investir. Ces soldes inutilisés peuvent finir par pousser les exportateurs à refuser les paiements dans la monnaie locale.
Le système proposé limiterait donc la quantité de chaque devise que les membres pourraient détenir. Une institution de compensation des BRICS gèrerait les flux commerciaux nets entre plusieurs pays, au lieu de régler chaque opération séparément. Les soldes excédentaires pourraient être investis dans des obligations d’État, des fonds pour l’infrastructure et le développement, convertis via des échanges de devises ou, en dernier recours, transformés.

La stabilité du dollar est remise en cause
Cela vise donc la fonction qui confère au dollar une grande partie de sa stabilité. Les pays acceptent le dollar notamment parce que la profondeur des marchés américains leur permet de réinvestir leurs excédents commerciaux dans des actifs liquides. Les BRICS n’ont cependant pas besoin d’une banque centrale commune ou d’une politique fiscale partagée pour reproduire cette fonction. Il suffit de règles de compensation crédibles et d’actifs utiles pour les détenteurs d’excédents.
Certains éléments existent déjà. Les banques centrales des BRICS ont développé une initiative volontaire de paiements transfrontaliers et discutent de « BRICS Clear », un éventuel réseau indépendant de compensation et de dépôt. Les comptes spéciaux Vostro en roupies de l’Inde permettent déjà aux banques étrangères de détenir des recettes commerciales en roupies et de les investir dans des titres de créance autorisés.
Le risque de change, les contrôles de capitaux, les marchés inégaux et la méfiance politique restent toutefois des obstacles possibles. Une union de compensation doit rendre les devises nationales attractives à détenir en période de déséquilibres commerciaux. Un tel système ne détrônerait évidemment pas le dollar du jour au lendemain. Sa valeur réside dans la possibilité de transférer davantage d’échanges hors du circuit du dollar, de réduire la dépendance aux réserves et de limiter la portée des sanctions financières occidentales.
La puissance du dollar peut donc s’éroder via l’infrastructure de paiement, bien avant que les BRICS ne s’accordent sur une monnaie commune.
11:10 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : brics, finance, monnaie, actualité |
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