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mardi, 19 septembre 2017

Elections parlementaires en Norvège: victoire à la Pyrrhus de la coalition sortante

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Elections parlementaires en Norvège: victoire à la Pyrrhus de la coalition sortante

par Thomas Ferrier

Ex: http://thomasferrier.hautetfort.com

Alors que l’Europe entière attend avec impatience le résultat des élections parlementaires en Allemagne, les Norvégiens votaient ce 11 septembre 2017. Il s’agissait pour eux de reconduire ou de renforcer la coalition sortante minoritaire composée des conservateurs du Høyre et des populistes du Parti du Progrès (Fremskrittspartiet ou FP) de Siv Jensen. En face d’eux, les Travaillistes (Arbeiderpartiet) cherchaient à proposer une alternative.

Les électeurs ont finalement choisi la continuité politique, même si certains mécontentements se sont exprimés en faveur de partis minoritaires, centristes ou d’extrême-gauche. Les mouvements d’extrême-droite quant à eux sont marginalisés par le FP et ne présentaient aucune liste.

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Avec 27,4% des voix, les Travaillistes (AP) restent le premier parti du pays, comme il l’était aux élections précédentes, avec 27,4% des voix. Néanmoins ils reculent de 3,4 points alors qu’ils sont pourtant dans l’opposition depuis plusieurs années. Avec 49 sièges, ils en perdent 6.

Høyre subit l’usure du pouvoir, n’obtenant que 25% des voix (-1,8 points), de même que le FP qui passe de 16,4% à 15,2%. Le désaveu de la coalition sortante est donc très limité et surtout il ne profite pas à la principale force d’opposition. Høyre disposera de 45 députés (-3) et le FP de 27 députés (-2).

Les centristes du Senterpartiet (« Parti du centre ») sont les principaux bénéficiaires de ce recul des grands partis en obtenant 10,3% des voix et (+4,8 points) et 19 sièges (+9). La Gauche Socialiste (Socialistisk Venstreparti) avec 6% des voix (+1,9) et 11 sièges (+4) progresse également au détriment des Travaillistes. Même chose pour la gauche radicale du Parti Rouge (Rødt) qui obtient 2,4% des voix (+1,3) et son premier siège au parlement. Enfin les Verts conservent leur seul siège, et renforcent leur poids électoral avec 3,2% des voix (+0,4).

Libéraux (Venstre) et chrétiens-démocrates (Kristelig Folkeparti) qui avaient soutenu la coalition sortante sans y participer reculent en revanche, avec 4,4% (-0,8) et 8 sièges (-1) pour les premiers et 4,2% (-1,4) et 8 sièges (-2) pour les seconds. Ce recul n’a manifestement pas profité aux partis de la coalition ou aura simplement diminué leur recul.

Avec 72 voix en tout, la coalition sortante est loin des 85 sièges nécessaires pour disposer d’une majorité. Si les deux partis minoritaires précédemment évoqués apportaient leur soutien, cela ferait en revanche 88 sièges. C’est le cas le plus probable.

Thomas FERRIER (Le Parti des Européens)

Les Etats-Unis risquent bientôt de ne plus pouvoir assumer les coûts des guerres

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Les Etats-Unis risquent bientôt de ne plus pouvoir assumer les coûts des guerres

par Beat Kappeler, ancien syndicaliste, économiste et chroniqueur suisse

Ex: http://www.zeit-fragen.ch/fr

Tout est lié – de nouveaux soldats américains en Afghanistan, la lutte pour limiter les dettes et le déficit budgétaire ainsi que le cours du dollar et du franc suisse.


Pour garder la vue d’ensemble à plus long terme, empruntons donc une méthode de l’historien britannique Peter Heather. Dans son analyse historique «The Fall of the Roman Empire», il décrit comment – en raison de la chute des recettes étatiques et de la hausse des déficits – Rome était de moins en moins en mesure de financer ses troupes. Plus l’Empire perdit de terres et de provinces, plus l’argent se raréfia. Suite à la réduction des troupes, d’autres provinces durent être abandonnées à l’ennemi – une spirale de la mort.
Nous allons appliquer cela aux Etats-Unis, où le Congrès et le président luttent pour obtenir une limite plus élevée de l’endettement. Car les dettes sont déjà plus élevées que la production d’un an de cet immense pays. Jusqu’à présent, elles ont été financées par des crédits. Rome payait en monnaie de toujours plus mauvaise qualité. C’est là qu’intervient le levier inexorable de l’Histoire. Le déficit budgétaire est de 680 milliards de dollars. Les dépenses militaires sont au même niveau et également la croissance économique en dollars. Le calcul est donc simple – tout ce qui est produit en plus, va dans les dépenses militaires, et celles-ci sont empruntées à crédit. Ces déficits courants absorbent toute la croissance et toutes les augmentations de salaires et de prix. Suite à cela, les dettes augmentent proportionnellement plus vite que l’économie nationale, elles augmentent massivement d’année en année. Cela fait baisser les taux d’intérêt, ce qui fait augmenter le déficit.


Contrairement à la Rome antique, ces dettes militaires ont d’abord été financées avec du papier – avec des obligations émises par l’Etat. Neta Crawford du Watson Institute a évalué les dépenses pour toutes les interventions impériales dans le domaine de l’antiterrorisme en Irak, en Syrie, au Pakistan et en Afghanistan depuis 2001 à 5000 milliards de dollars. Depuis, la banque centrale a racheté 4000 milliards de dollars de dettes publiques. Des quantités correspondantes d’argent nouvellement imprimé ont alimenté la hausse boursière, les gains du secteur financier, les comptes des banques auprès de la banque centrale, mais moins l’économie nationale. Par l’acquisition des titres de créances, les intérêts de l’Etat sont tombés à 1,3% en moyenne, ou 266 milliards par an. Maintenant la banque d’émission ne veut plus acheter d’obligations d’emprunts et désire normaliser les taux d’intérêts ce qui pourrait hisser le service des intérêts des années à venir à 600 milliards et plus. C’est-à-dire que les dépenses militaires du passé vont massivement faire augmenter les déficits futurs, et l’heure de la vérité approche: ce sera pour les Etats-Unis le moment de faire des économies. Comme dans la Rome antique, il manquera chaque année davantage d’argent pour des légions entières. Comme les dépenses destinées aux redistributions à l’intérieur du pays sont largement liées et politiquement inattaquables, on ne pourra faire des économies que dans le domaine militaire, et cela massivement. La seule issue serait la Banque d’émission qui devrait retourner à la création massive d’argent. Mais cela ferait plonger le dollar, ce qui ferait encore davantage baisser la réputation des Etats-Unis. Les agences de notation menacent déjà de dégrader à nouveau la solvabilité de l’empire. Malheureusement, le franc suisse serait réévalué.


Les guerres ont aussi des conséquences humaines dramatiques, celles-ci ont également des répercussions économiques aux Etats-Unis. Pour un soldat actif en mission, il y a déjà 16 vétérans au pays. Ce sont 21 millions de personnes, pratiquement le double du nombre de travailleurs dans l’industrie américaine. Cela, il faut le payer deux fois, car il manque le rendement économique de millions de jeunes hommes et les retraites, les maladies des vétérans coûtent cher. Cela augmente également le déficit du commerce extérieur qui est déjà très élevé. La qualité de vie des Américains diminue, car il manque de l’argent à l’intérieur du pays. L’intervention massive en Afghanistan sous le président Obama – le modèle pour l’intervention actuelle – a coûté 100 milliards par an, pendant plusieurs années. C’est la même somme que le président Trump voulait dépenser pour les infrastructures bancales. Cela a aussi disparu.


Y a-t-il des alternatives? Car l’Irak, la Syrie, le Pakistan et l’Afghanistan ne se sont pas tous transformés en «a better place», comme les Américains aiment à dire.


Nombreux sont ceux qui pensent qu’avec leur extension mondiale les Etats-Unis convoitent les matières premières. Le ministre des mines de l’Afghanistan les a proposées pour 3000 milliards cette semaine. Mais on peut aussi se procurer ces mines et le pétrole du Moyen-Orient en déposant quelque chose dans les mains tendues des tribus et des dirigeants de la région. Cela coûte beaucoup moins, et l’on peut obtenir le bon comportement aussi en menaçant de bloquer tout paiement. L’Empire romain et les Habsbourgeois se sont les deux procurés deux siècles de paix en payant leur tribut aux Barbares et aux Ottomans. Cependant, si les firmes occidentales payaient, elles s’effondreraient sous la tempête d’indignation des défenseurs de l’éthique et de la gouvernance. On y ajouterait des plaintes, des décisions judiciaires et des amendes à hauteur de milliards. Mais entend-on hurler ces défenseurs de l’éthique et de la gouvernance quand il s’agit de mener de nouvelles guerres? Non, le droit des sociétés anonymes, une comptabilité péniblement propre, et une gouvernance politique entêtée sont plus importants qu’une paix facilement suspecte. On préfère la guerre aux pots-de-vin. Trump n’est pas le seul qui manque de morale, l’Occident n’en a pas non plus.     •


(Traduction Horizons et débats)

«Comment l’Europe devient le jouet de la politique et des services secrets»

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«Comment l’Europe devient le jouet de la politique et des services secrets»

Analyse de livre

par Felix Meier*

Ex: http://www.zeit-fragen.ch/fr

Peu de personnes sont capables de présenter ouvertement et de manière critique le travail des services secrets. Initié, l’auteur et fondateur de l’Office fédéral autrichien de protection de la Constitution et de lutte contre le terrorisme nous révèle, pour la première fois, un aperçu raffiné des dessous du combat pour l’Europe. Gert R. Polli a collaboré avec tous les services secrets du monde. Il connaît les liens entre l’économie, la politique et les services de renseignements. Dans ce livre, il se penche sur la nouvelle et actuelle situation géopolitique de notre monde, entrainant pour l’Allemagne le fait d’être «prise entre deux feux». L’auteur décrit les limites diffuses entre renseignement et désinformation, défense et attaque cachée, action politique et agitation. Ce livre souhaite apporter une contribution à davantage de transparence au sein de la société démocratique et libérale.


L’Europe – et donc aussi l’UE – se trouve dans une situation sécuritaire des plus précaires. Selon l’auteur, l’Allemagne est devenu un facteur-clé pour l’existence de l’UE, telle que nous la connaissons. Pendant des décennies, un partenariat mal compris avec les Etats-Unis a mené à un contrôle et une surveillance généralisés de l’Europe et notamment de l’Allemagne. En première ligne se trouvent les services de renseignement américains et leurs informateurs. Active à l’arrière-plan, le BND [services de renseignement fédéraux allemands, ndt.], a joué un rôle très particulier. Ces informations et de nombreuses autres informations à caractère sensible ont été divulguées grâce au whistle-blower américain Edward Snowden. Les conclusions qu’il faut en tiré sont très inquiétantes pour la politique et l’économie allemande. Les analyses plutôt «amicales» faites au cours du travail de la Commission d’enquête du Bundestag au sujet de la NSA ne peuvent pas le cacher: l’Allemagne est aujourd’hui encore un pays occupé.


La politique, l’économie et les divers services secrets allemands sont, selon l’auteur, étroitement imbriqués et dépendants des services de renseignements étrangers.


Le terrorisme international, en faisant entrer la guerre au cœur de l’Europe, renforce la lutte globale pour les ressources naturelles. L’Union européenne se trouve dans la crise la plus sérieuse de son existence. Suite à l’avènement de nouveaux partis d’extrême droite, d’extrême gauche ou critiques à l’égard d’UE, on observe au sein de celle-ci, des transformations dans les structures démocratiques.


Selon Polli, il n’est plus guère possible pour les citoyens de reconnaître les acteurs se trouvant derrière ses transformations. Les services secrets sont au premier plan les forces responsables de ces transformations globales.    •

*    Felix Meier est colonel à la retraite, ancien officier supérieur du renseignement et ancien président de l’Association suisse des officiers de renseignements.

Polli, Gert R. Deutschland zwischen den Fronten. Wie Europa zum Spielball von Politik und Geheimdienst wird. Finanzbuchverlag 2017