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jeudi, 12 mars 2026

Trump est un «chrétien sioniste fondamentaliste»

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Trump est un «chrétien sioniste fondamentaliste»

Pierre-Emile Blairon

Tout comme 50 millions d’Américains car, oui, 50 millions d’Américains se réclament de ce mouvement religieux, ce qui n’est pas rien pour un pays de 350 millions d’habitants.

Trump ne changera pas, il a dans son ADN la poursuite du rêve d’hégémonie américaine sur la planète et n’acceptera jamais de voir les États-Unis d’Amérique relégués derrière les BRICS.

Trump suit exactement son modèle biblique: c’est le rêve sioniste du «Grand Israël» étendu à l’échelle de la planète: pour Trump, le «Peuple élu», c’est moins l’Israël sioniste que les Américains du «Nouveau Monde» !

La scène de la Cène

Tout le monde a vu cette photo, ou cette vidéo, de Trump assis à son bureau, le visage baissé et la mine contrite comme s’il s’apprêtait à être lavé de tous ses péchés, ce jeudi 5 mars 2026.

Autour de lui, debout, les mains posées sur son crâne élégamment parcouru d’une vague blonde décolorée, une vingtaine de prédicateurs se pressent, rameutés en urgence des quatre coins du pays afin de constituer un égrégore qui, grâce à ses prières extatiques, serait susceptible de permettre à Trump de gagner sa guerre contre le « Mal ».

Le Mal est représenté en l’occurrence par les méchants Iraniens qui se passeraient bien de cette « fatwa » sionisto-chrétienne puisqu’ils sont blancs comme neige, n’ayant jamais voulu agresser personne.

On dirait une parodie de la Cène, en moins triviale, moins satanique, moins epsteinienne néanmoins que celle présentée par les Macron et leurs suppôts lors des Jeux Olympiques organisés par la France en été 2024.

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Cette scène soulève cependant de nombreuses questions, objections et critiques sur la légitimité de ce personnage à jouer ce rôle du héros adoubé par ses preux chevaliers avant de partir au combat pour terrasser le dragon.

Dans plusieurs articles précédents[1], notamment celui de janvier 2026, j’ai tracé un portrait de cet homme qui reste encore (pour combien de temps ?) l’un des plus puissants de la planète.

Donald Trump est un individu que des circonstances et une ascendance favorables ont placé à la tête des États-Unis sans que rien, dans son caractère ou ses aspirations, ne le distingue d’un Américain moyen, voire médiocre. C’est un fils à papa qui, comme tous les gosses de riches, a passé sa jeunesse à trousser les filles et à flamber dans les boîtes de nuit[2] l’argent d’un père qui a réussi lui-même à s’imposer et à s’enrichir grâce à des parents peu regardants sur les moyens d’y parvenir. Ce va-t-en-guerre (pour les autres) n’a pas fait son service militaire, ce qui lui aurait permis d’aller se battre au Vietnam car, après 4 reports d’incorporation, il a réussi à se faire réformer pour une banale épine calcanéenne au talon (ce dont j’ai souffert moi-même sans me faire réformer).

Comme un certain nombre d’Américains, dont la lecture spirituelle se limite souvent à celle d’un seul livre, la Bible, Donald Trump est un individu inculte, rustre et fruste, fasciné par le clinquant, qui n’a retenu de son passage à l’Université, où il a suivi un cursus spécialisé dans les affaires immobilières, que ce qu’un bon Américain doit apprendre, à savoir : respecter la devise sacrée de tous les Américains qui est contenue dans trois mots : Bible and Business.

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Le traumatisme originel des Américains

Toute la nation américaine est fortement conditionnée par un traumatisme originel qui explique bien des comportements de ce peuple dirigé par des marchands, des « outlaws » à la gâchette facile, des pasteurs et des psychiatres : le mythe de fondation [3] de l’Amérique est le rejet de leurs ancêtres par le continent européen dont ils sont issus. L’Europe, en l’occurrence l’Angleterre puis la Hollande, les a chassés au début du XVIIe siècle parce qu’ils avaient été atteints d’une sorte de folie religieuse fanatique agressive, le Puritanisme, qui perturbait l’ensemble de leurs comportements et portaient atteinte à la vie normale des voisins qu’ils étaient bien obligés de côtoyer. Pas grand-chose n’a changé depuis.

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Le livre, désormais classique, de Christopher Hill sur les sectes extrémistes chassées d'Angleterre au début du 17ème. Catalogue de sectaires établis à la même époque (notons que l'on y inclut les Jésuites). Des Puritains découpent la croix du drapeau anglais, début du 17ème siècle.

Nombre d’Américains d’aujourd’hui ont repris à leur compte ce mythe qu’ils n’ont pas créé mais qu’ils se persuadent d’incarner physiquement, en quelque sorte par procuration tout comme leurs ancêtres revivaient, par leur exil, l’épopée fantasmée des Hébreux dont tous leurs enfants portaient les prénoms. Les biblistes considérèrent dès lors la terre sur laquelle ils venaient de poser les pieds, dont ils ignoraient la vaste étendue (et aussi les habitants), comme la leur, leur terre promise, Israël constituant la nouvelle « maison-mère » des nouveaux Américains, leur véritable patrie spirituelle.

Les premiers présidents des États-Unis vont suivre cette même voie comme nous le montre Prisca Perani, de l’Université de Reims, qui écrivait en 2004, dans un numéro de la revue Matériaux pour notre temps dans cet article : Les chrétiens sionistes aux États-Unis :

« Une certaine identification avec l’Israël biblique semble caractériser les toutes premières colonies. Ainsi, les premiers colons calvinistes ont tendance à s’identifier aux Hébreux, fuyant les persécutions pour trouver une Terre promise où fonder une Nouvelle Jérusalem. Au siècle suivant, des sympathies que l’on pourrait qualifier de philosémites commencent à voir le jour dans certains cercles. Ainsi, des indépendantistes tiennent l’anglais pour la langue de l’oppresseur et veulent faire de l’hébreu la langue nationale.

Thomas Jefferson, Benjamin Franklin et John Adams proposent comme sceau officiel des États-Unis une représentation des Hébreux traversant la Mer Rouge, poursuivis par le pharaon et protégés par Moïse […] John Adams écrit à Thomas Jefferson que les « Hébreux ont fait plus pour civiliser l’homme que toute autre nation ».

Quelle est la doctrine des chrétiens sionistes fondamentalistes ?

Voilà qui n’est pas très simple à expliquer, ce sont des esprits tordus, selon l’expression de Julius Evola.

Selon la revue Études de janvier 2024, fondée par des Jésuites russes en 1856, « Pour les évangéliques américains, fort attachés à une lecture littérale de la Bible, il est certain que les Juifs sont un peuple d’élus, auquel Dieu a promis une terre qui s’étend du ʺNil à l’Euphrateʺ et qui inclut la Judée et la Samarie, la bande de Gaza, les hauteurs du Golan et Jérusalem Est. Pour eux, les territoires occupés après la guerre des Six Jours sont les territoires promis par Dieu à Abraham, d’après la Genèse (Gn 15, 18). Du point de vue évangélique, l’existence des Juifs sert de preuve ou plutôt de témoignage à la véracité de l’Ancien Testament. Le soutien inconditionnel des évangéliques à Israël prend tout son sens dans une perspective eschatologique, centrée sur la ʺFin des tempsʺ, l’ʺenlèvementʺ (the Rapture) des vrais chrétiens avant la Grande Tribulation, le combat de sept ans contre l’Antéchrist, la bataille d’Armageddon (le ʺmont Megiddoʺ, en hébreu), précédant le retour du Christ en gloire, la Parousie. […]

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Selon le plus célèbre des sionistes chrétiens, le pasteur John Hagee (photo), ʺil n’est pas possible de dire “Je suis chrétien” et de ne pas aimer le peuple juifʺ. Pour des raisons eschatologiques, Dieu nous ordonne d’aimer le peuple juif et de défendre sa présence sur la Terre sainte. Or, la Bible, selon les évangéliques, ne mentionne pas l’existence d’un peuple palestinien : les Palestiniens n’existent pas, c’est du moins l’opinion maintes fois exprimée par des évangéliques ultraconservateurs comme Mike Huckabee[4], ancien gouverneur de l’Arkansas et candidat malheureux aux présidentielles de 2008 et de 2016. »

Pour les sionistes chrétiens, « seul le retour de Jésus peut apporter la justice aux hommes incapables de la créer eux-mêmes. Il faut donc hâter le retour du Christ pour qu'advienne le règne millénaire du Christ, mais pour hâter ce retour, il faut organiser celui des Juifs dans la terre qui leur a été donnée par Dieu ». (Wikipedia : article : Sionisme chrétien)

Où ça se complique, c’est que beaucoup de ces chrétiens sionistes sont violemment… antisémites comme John Hagee, cité plus haut, qui déclare, rappelons-le : ʺil n’est pas possible de dire “Je suis chrétien” et de ne pas aimer le peuple juifʺ pour ensuite clamer son admiration pour Adolf Hitler. C’est le même John Hagee qui a persuadé Trump de déplacer l’ambassade des États-Unis de Tel-Aviv à Jérusalem, soulevant l’émoi des pays arabes.

Tout ceci est d’une totale incohérence ; on croit retrouver les discours de Trump (ou ceux de Macron) :

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En effet, selon Wikipedia, « ce courant comprend parmi ses principaux représentants des personnalités antisémites, tels que les pasteurs John Hagee, pour qui Adolf Hitler fut « le bras armé de dieu », Robert Jeffress, selon lequel tous les juifs sont destinés à l'enfer. […]

Le Premier ministre israélien de 1977 à 1983, Menahem Begin, encouragea les croyances des sionistes chrétiens. Il cultiva ses liens avec un certain nombre de dirigeants évangéliques fondamentalistes comme Jerry Falwell, David Allen Lewis, Hal Lindsey, Pat Robertson. Menahem Begin entretint d'ailleurs une véritable amitié avec Jerry Falwell, qui reçut le prix Jabotinsky[5], témoignage d'une grande reconnaissance des milieux nationalistes israéliens. » (Wikipedia : article : Sionisme chrétien)

Le sionisme chrétien de l’administration Trump est clairement affiché

Déjà, le 18 janvier 2025, la revue universitaire The Conversation, dans un article intitulé Le sionisme chrétien, une influence majeure sur la nouvelle administration Trump avait pointé la prépondérance des sionistes chrétiens au sein de l’équipe Trump qu’elle appelait encore « nationalistes chrétiens » et relevait l’aspect messianique et mystique de l’entourage de Donald Trump.

« Depuis une dizaine d’années, une nouvelle idéologie s’est fabriquée autour du candidat républicain devenu président en 2016 et réélu en 2024 : le nationalisme chrétien. Cette synthèse de circonstance joue sur la corde d’une identité américaine chrétienne ʺde toujoursʺ qui serait menacée par des ennemis intérieurs, mais que Donald Trump – l’élu du peuple – et de Dieu – va protéger et restaurer, de même qu’il va relever la grande Amérique, nation chérie de la Providence. Le nationalisme chrétien qui définit l’ère Trump a une dimension sioniste assumée, malgré son isolationnisme officiel. Cette dimension est plus ancienne que le nationalisme chrétien. Depuis les années 1970-1980, le Parti républicain a progressivement incorporé, avec la pression exercée sur lui par la droite chrétienne, une grille de lecture religieuse de l’État contemporain d’Israël qui semble être devenue commune parmi ses membres et l’entourage de D. Trump. »

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Plaque commémorant l’arrivée de sionistes chrétiens américains à Jaffa en 1866.

TV5Monde Info, dans un article intitulé : « Le sionisme chrétien, une idéologie néfaste : le cri d'alarme venu du saint des saints de la Chrétienté » a diffusé, le 30 janvier 2026, un reportage consacré à la colonie israélienne sioniste dénommée Trump Heigths[6], les « hauteurs de Trump », « offerte » par ce même Trump, fondée le 4 juillet 2020 sur le plateau du Golan syrien occupé et annexé par Israël, un Trump qui ne semble pas s’embarrasser, tout comme l’Israël sioniste, de la souveraineté de ces territoires occupés par la force.

Il est désormais difficile, par cet exemple on ne peut plus probant, de nier la politique assumée de l’administration Trump d’occupation de territoires qu’elle considère comme propriété acquise en vertu des mêmes allégations chimériques de terres supposées « données » par Dieu à l’Israël sioniste et, par délégation, aux christiano-sionistes américains.

Des terres, si ce n’est des pays, qui ne leur appartiennent pas, ni aux uns ni aux autres, sous prétexte de préparer conjointement la « parousie » (second avènement du Christ) pour les uns et la venue du Messiah pour les autres.

Pitoyables marchands du Temple qui exposent à la vue de Dieu et du monde leurs sordides tractations !

Nous sommes en plein délire. Comment des esprits sensés peuvent-il croire qu’il suffit de préparer matériellement, -voire d’en faire table rase- un lieu illégalement acquis au prix de massacres de dizaines de milliers de personnes innocentes pour croire qu’un Dieu, qu’il soit juif ou chrétien, ou autre, accepterait d’y faire sa demeure dans de telles conditions ?

Quand on écoute les prédicateurs évangélistes, ceux-là qui se sont précipités au secours de Trump, on se demande s’ils ne sont pas plus fanatiques que ces islamistes qui appellent à la guerre sainte et à décapiter l’infidèle. On ne comprend pas quel genre de christianisme, à des milliers de kilomètres de la bienveillance, de la charité et de l’amour du prochain qui ont toujours constitué l’armature et la raison d’être de cette religion, pratiquent ces gens hystériques, qui semblent réellement possédés par le démon comme on peut le voir sur certaines vidéos, telle cette femme qui hurle et fait mine de frapper l’infidèle à mort. Cette femme, Paula White[7], est celle qui, dans la scène de la Cène, lors du rassemblement des pasteurs dans le bureau de Trump, est habillée en rouge. N’est-ce pas la couleur de Satan ? Ce choix était-il bien approprié, ou innocent, dans une telle circonstance où on sait que la planète entière regardera cette séquence ?

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D’autres personnages, proches de Trump, ont attiré sur eux l’attention des médias par leur comportement pour le moins excessif ; j’en citerai deux qui ont, tous les deux, subi les foudres de l’une des rares personnes à avoir conservé en Amérique un minimum de bon sens, avec Candace Owens, je veux parler de Tucker Carlson ; Tucker Carlson a interviewé Mike Huckabee (photo, ci-dessous) [8], ancien pasteur baptiste, « Il est ambassadeur en Israël depuis 2025. Fervent sioniste chrétien, il défend la colonisation israélienne en Cisjordanie occupée et s'oppose à la création d’un État palestinien, affirmant que le peuple palestinien est une invention. Il défend également le droit de l’État israélien à étendre son territoire au détriment des pays voisins. » (Wikipedia)

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Le deuxième personnage sulfureux est Pete Hegseth[9], actuel secrétaire à la Guerre américain, dont Tucker Carlson a dit qu’il était un agent sioniste : « Je n'imaginais pas qu'il ait des opinions aussi mûrement réfléchies, précises et apparemment très éclairées sur la reconstruction du troisième temple. Ce n'est pas le genre de choses qu'on apprend à l'école du dimanche. »

Je terminerai cet article sur cette remarquable intervention de Pascal Lottaz, intitulée La guerre sans changement : les fondamentalistes ont pris l’armée américaine[10], qui est présentée ainsi, résumant parfaitement ce qui vient d’être dit ici : «Divers rapports indiquent que des commandants militaires américains disent à leurs soldats que le but de la guerre contre l’Iran est de provoquer l’Armageddon et le Second Avènement du Christ. Pete Hegseth est lui-même un évangélique fanatique avec deux tatouages fondamentalistes chrétiens, et il existe un ʺBureau de la foi de la Maison-Blancheʺ dirigé par un évangéliste belliciste. Le sionisme (juif et chrétien) tourne entièrement autour de ces idées. Et si la guerre contre l’Iran n’était pas en réalité une guerre ʺrationnelle et séculièreʺ menée par les néoconservateurs pour projeter la puissance américaine, mais une guerre irrationnelle de fanatiques religieux qui la veulent pour elle-même, parce qu’elle ferait partie du plan divin de Dieu ? Cela changerait fondamentalement la manière d’évaluer la nature de cette tragédie… et cela pourrait mettre directement en danger la mosquée Al-Aqsa de Jérusalem ».

Pierre-Émile Blairon

Notes: 

[1] Le nouveau « Nouveau monde » de Trump, 2 mars 2025

Quelle est donc cette « civilisation judéo-chrétienne » à laquelle nous appartiendrions ? 21 septembre 2025

Trump veut-il vraiment en finir avec la guerre en Ukraine ? 30 novembre 2025

Avis de recherche : l’Occident a été confisqué par deux psychopathes, 19 janvier 2026

[2] Ce qui le mènera à rencontrer Epstein.

[3] Voir Le sacré et le Profane, de Mircea Eliade, Gallimard.

[4] Aujourd’hui ambassadeur des États-Unis en Israël.

[5] C’est le père de Benjamin Netanyahou qui était le secrétaire de Jabotinsky, l’un des fondateurs du nouveau sionisme. Comme le monde est petit !

[6] https://information.tv5monde.com/international/edito-le-sionisme-chretien-une-ideologie-nefaste-le-cri-dalarme-venu-du-saint-des-saints-de-la-chretiente-2807543

[7] Trump et ses fous de Dieu : https://www.youtube.com/watch?v=p8goipwHbag

[8] https://www.facebook.com/reel/1878217349485526

[9] Encore un personnage plus que douteux : « À partir de l'été 2025, Pete Hegseth supervise une série d'attaques militaires contre de petites embarcations soupçonnées de transporter de la drogue dans la mer des Caraïbes. Ces opérations ont provoqué la destruction de dizaines d'embarcations et la mort d'au moins 145 personnes. Aucune preuve n’a été fournie par les autorités américaines sur la présence à bord de chargements de drogue et de nombreux experts en droit international humanitaire estiment que ces frappes constituent des exécutions extrajudiciaires » (Wikipedia)

[10] https://www.youtube.com/watch?v=QSDLCTFFy10

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