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dimanche, 03 décembre 2017

Qui est derrière la campagne américaine de dénonciations sexuelles?

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Qui est derrière la campagne américaine de dénonciations sexuelles?

par Jean Paul Baquiast

Ex: http://www.europesolidaire.eu

Loin de nous l'idée de nier que, notamment dans la vie professionnelle ou dans certaines rues, les femmes sont victimes de harcelement et chantages de la part des hommes. Celui-ci vise à obtenir d'elles des relations sexuelles auxquelles elles se refusent pour diverses raisons.

Le mouvement féministe en France a donc parfaitement raison d'encourager les femmes à ne pas céder à de tels chantages et dénoncer, quand cela est justifié, les hommes qui s'y livrent. Elles ont d'autant plus de mérites à le faire que ces hommes disposent de pouvoirs dont ils ont la possibilité d'abuser à leur égard. On peut donc considérer que la campagne dite « denoncetonporc », est légitime, malgré le relent nécessairement vichyssois qu'entraine avec lui le terme de dénonciation.

Lorsque ce sont des individus masculins bien identifiables qui sont ainsi dénoncés, et non des comportements généraux, comme le voulaient initialement quelques initiatrices de cette campagne, il est bien évident par contre que, comme toute dénonciation en justice, elle doit s'appuyer sur des preuves ou au moins de fortes présomptions. L'homme dénoncée doit aussi avoir le droit de se défendre, y compris en justice.

En France, la campagne de dénonciation des abus masculins à l'égard de femmes n'ayant pas suffisamment de moyens pour se défendre a pris une certaine ampleur, justifié par l'universalité des comportements « machistes » agressifs. Mais elle reste dans des limites raisonnables. Elle ne doit pas non faire oublier aux femmes qu'en premier lieu, quand elles sont libres de le faire, elle doivent être assez fortes pour se défendre elles-mêmes, avant de chercher de l'aide ailleurs.

Aux Etats-Unis, comme il fallait s'y attendre, les processus sociaux de refoulement de la sexualité, qu'il s'agisse de celle des hommes ou de celles des femmes, ont profité de la campagne de dénonciation pour réinstaurer le puritanisme profond d'origine religieuse qui a toujours marqué la société américaine. On avait pu penser dans les années 1960/2000 que la société américaine avait commencé à s'affranchir de ce puritanisme cachant une grande angoisse devant la sexualité, paralysant autant les hommes que les femmes. Mais « chassez le naturel, il revient au galop ». La campagne de dénonciation des abus masculins prend une telle ampleur qu'elle devient suspecte. C'est manifestement sur les efforts récents de libération sexuelle accomplis par les américains et américaines qu'elle s'efforce de revenir.

Il y a pire. Comme l'indique l'article du World Socialist Web Site dont on trouvera ci-dessous une version française, les 1% de super-puissants et de super-riches qui dominent le monde actuel tirent grand profit de cette campagne. Pendant que l'on dénonce les harcèlements sexuels, on ne dénonce pas les pouvoirs de toutes sortes qu'ils se sont arrogés pour aliéner le monde. « Dénoncez, dénoncez, braves gens, et laissez nous pendant ce temps faire nos petites affaires ».

Comme c'est aux Etats-Unis que la domination des multinationales financières est la plus généralisée, il ne faut pas s'étonner que ce soit aux Etats-Unis que les campagnes de type « dénonce ton porc » rencontrent le plus de succès. Ces multinationales ont fait ce qu'il fallait pour lui donner le plus de retentissement médiatique possible.

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Référence

Repressive political agenda of the “sexual harassment” campaign comes into the open
David Walsh 
28 november 2017

http://www.wsws.org/en/articles/2017/11/28/marc-n28.html

Version française
L'article est long, mais il mérite la lecture. Il s'agit d'une véritable thèse de sciences humaines. Le WSWS nous pardonnera cet emprunt, qui est un hommage à sa lutte pour ce qu'il nomme « les droits démocratiques ».
http://www.wsws.org/fr/articles/2017/11/30/rpao-n30.html

Les intentions politiques répressives derrière la campagne contre le «harcèlement sexuel» plus évidentes que jamais

Par David Walsh 
30 novembre 2017

Le torrent d'allégations et de dénonciations d'inconduite sexuelle contre des personnalités médiatiques, des personnalités hollywoodiennes et des politiciens continue d'affluer sans relâche. Rien ne semble plus obséder la classe moyenne supérieure aux États-Unis, sauf peut-être Vladimir Poutine. Entretemps, les masses populaires aux États-Unis vivent leur vie dominée par des problèmes économiques et sociaux.

La présente campagne n'a rien à voir avec la protection des femmes – et surtout pas des femmes de la classe ouvrière – contre le harcèlement sexuel, sans parler de la violence criminelle et autres formes d'exploitation et de répression qu'elles vivent. Avec chaque jour qui passe, les intentions politiques réactionnaires, antidémocratiques et socialement et politiquement répressives de la campagne actuelle menée par les médias deviennent de plus en plus explicites.

Quiconque suffisamment aliéné ou naïf pour s'être fait avoir devrait reprendre ses esprits avec toute la saleté qui émerge maintenant, notamment l'article dément de Stephen Marche publié dimanche dans le New York Times sur la brutalité de la libido masculine, et dans lequel l'auteur déclare que l'autocastration, rien de moins, peut être une réponse au problème.

La campagne contre l'inconduite sexuelle a commencé dans le Times et le New Yorker avec les présumés méfaits de Harvey Weinstein. Tout le monde peut probablement être induit à détester ce gros magnat d'Hollywood. Mais tout cela s'inscrivait simplement dans un processus d'acclimatation en vue de prendre les gens au dépourvu.

Cette croisade est devenue depuis une opération ouvertement de droite dégageant une odeur toujours plus prononcée de réaction et de répression. De façon extraordinaire, des incidents survenus dans l'industrie du divertissement se transforment maintenant en un appel à la restauration de contrôles stricts sur l'activité sexuelle.

Dans une inhabituelle chronique du Washington Post, «Let's Rethink Sex» (Repensons le sexe), Christine Emba explique à ses lecteurs ce qu'elle considère être un malentendu commun, à savoir «qu'il y aurait une certaine quantité de sexe que nous devrions obtenir ou que l'on devrait du moins être autorisé à poursuivre. Suite à cela vient l'hypothèse que la capacité de poursuivre et de satisfaire nos désirs sexuels... est primordiale.»

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Emba poursuit en expliquant que «puisque les excès de notre éthique sexuelle actuelle se heurtent à leurs conséquences, un réajustement inconfortable devra se produire. S'adapter à cette nouvelle compréhension peut signifier moins de sexe pour certains, à court terme, et plus d'anxiété pour plusieurs. Dommage...». Puis elle conclut: «Nous ne mourrons pas d'avoir moins de sexe (en effet, cela n'est jamais arrivé à qui que ce soit). D'une certaine façon, les gens trouveront toujours des moyens de se rencontrer, de s'accoupler et de propager l'espèce. Si vous êtes une personne décente, la perspective d'une éthique sexuelle plus claire et plus restreinte ne devrait pas vous effrayer.»

L'argument selon lequel la répression sexuelle «n'a jamais tué personne», et qu'en fait que cela pourrait être un bien positif, est digne de Cotton Mather. En effet, ce ministre protestant de la Nouvelle-Angleterre puritaine conseillait aux jeunes et aux adultes d'éviter toute stimulation sexuelle et de contrôler les désirs qui «sommeillent dans votre cœur».

Nous pourrions demander qui a nommé Emba, cette ancienne critique du «Hilton Kramer Fellow» au New Criterion, une publication de droite, et dont les écrits ont paru dans la National Review, comme Gauleiter sexuel des États-Unis? Pourquoi devrait-on en effet prêter la moindre attention à ses prescriptions morales misérables et à ses définitions de ce qu'est la «décence»? Il n'est pas difficile de supposer qu'Emba a une pile de «A» écarlates dans son placard prêts à être déployés au besoin.

D'où viennent toutes ces idioties? Nul doute que de toute cette réaction apparaîtra – à la grande surprise et au désarroi de certains – des efforts pour interdire toutes sortes d'activités sexuelles, y compris les relations extraconjugales, ou la «fornication» pour reprendre les termes d'Emba, le mariage homosexuel et autres formes de sexualité désapprouvées par ces nouveaux Victoriens.

Abordant les choses sous un angle légèrement différent, un commentaire du Sunday Times intitulé «The Unexamined Brutality of the Male Libido» (La brutalité ignorée de la libido masculine) de Marche, un écrivain torontois bien lié aux médias et à l'establishment politique canadien, relève tout simplement du délire.

Marche fait référence à «la nature des hommes en général», au «grotesque de leur sexualité», à «la laideur et la dangerosité de la libido masculine», à «la brutalité implicite de la sexualité masculine» et cite la thèse de la «féministe radicale» ultraréactionnaire Andrea Dworkin selon laquelle «le seul sexe entre un homme et une femme qui peut être entrepris sans violence est le sexe avec un pénis flasque.» Marche poursuit en invoquant, du fait de son contexte, l'exemple du «grand théologien catholique Origène (qui vécut au IIIe siècle après J.-C.) qui s'est castré.»

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Par la suite, Marche poursuit l'élaboration de son mythe et de son conte de fées à propos de la «peur de la libido masculine», expliquant qu'«un vampire n'était qu'un homme puissant de l'ancien temps avec une faim insatiable pour la jeune chair» et rajoutant que «les loups-garous n'étaient que des hommes perdant régulièrement le contrôle de leur nature bestiale».

Impliquant que le sexe est une maladie, Marche affirme qu'«il ne reste plus aucun remède au désir humain». Que devrait-on faire alors? Faisant référence à Freud, il écrit: «L'idée du complexe d'Œdipe contient comme argument implicite la nécessité d'une répression acharnée: si vous laissez les garçons être des garçons, ils finiront par assassiner leur père pour coucher avec leur mère.»

Mais tout ce délire ne s'arrête pas là. «L'ère post-Weinstein sera une ère de pessimisme sexiste», car il se pourrait bien qu'il n'y ait «pas de réconciliation possible entre les idéaux propres et brillants de l'égalité des sexes et les mécanismes du désir humain». Prenant un autre chemin qu'Emba, Marche n'en arrive pas moins à la même destination, proclamant triomphalement que «la morale sexuelle, à laquelle résistent depuis longtemps les libéraux, revient avec un esprit de vengeance», et, avec une satisfaction évidente, il souligne que «nous revenons à la honte comme forme sociale primaire de contrôle sexuel».

Marche conclut plus ou moins comme suit: «Si vous voulez être un homme civilisé, vous devez réfléchir à ce que vous êtes. Prétendre être quelque chose d'autre – une quelconque fiction que vous préféreriez être – n'aidera en rien. Ce n'est pas la morale, mais la culture – le fait d'accepter notre monstruosité et de vivre avec – qui peut nous sauver.» Un tel aveu évoque des images de moines se flagellant et s'immergeant dans l'eau glacée et diverses formes d'automutilation. Marche argumente explicitement que l'enjeu ici est la suppression de la libido masculine.

Cette haine contre lui-même est-elle une prise de position conçue pour s'attirer les faveurs de la foule partisane de la politique du genre ou est-elle authentique? Peut-être que seul M. Marche peut répondre à cette question. Mais quelle que soit la réponse, ses idées malades et pourries n'en sont pas moins publiées dans le New York Times. Seules les intentions politiques les plus profondément réactionnaires peuvent utiliser des conceptions aussi toxiques.

Le mépris des droits démocratiques dans la campagne contre le harcèlement sexuel apparaît de plus en plus clairement.

De plus en plus, les commentateurs expriment le plus grand manque d'intérêt qui soit quant à l'innocence ou la culpabilité des accusés.

Ainsi, Emily Lindin, chroniqueuse de Teen Vogue, explique sur Twitter: «Je ne suis pas le moins du monde préoccupée par le fait que des hommes innocents puissent perdre leur emploi suite à de fausses accusations d'agression sexuelle ou de harcèlement», puis renchérit par la suite: «Si la réputation d'un homme innocent doit prendre un coup dans le processus pour défaire le patriarcat, c'est un prix que je suis absolument prête à payer.»

Olivia Goldhill quant à elle a titré un article dans Quartz «Naming abusers online may be “mob justice” but it's still justice.» (Nommer les agresseurs en ligne est peut-être une “justice populaire”, mais c'est quand même de la justice). Goldhill ne semble pas comprendre que l'expression «justice populaire» signifie justement l'absence de justice.

En ce qui concerne les protestations contre les dénonciations de type maccarthystes, Roxane Gay dans le New York Times se plaint amèrement qu'il y ait «beaucoup de tergiversations à propos de la diffamation et de l'éthique de la divulgation anonyme».

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Chez Splinternews, Isha Aran suggère qu'«à la lumière de la campagne #MeToo sur les médias sociaux où des dizaines de femmes de tous les milieux partagent leurs expériences de harcèlement et d'agression, le fait même d'évoquer le concept de fausses accusations est inopportun et grossier.»

Encore une fois, tout cela vient d'une partie très aisée de la population, qui cherche à tirer profit de circonstances dites souffrantes pour accumuler des richesses encore plus grandes.

Des décennies de réaction idéologique et politique sous-tendent ces notions réactionnaires, mais aussi beaucoup d'ambitions.

Comme l'explique l'avocate et écrivaine Jill Filipovic, sur le site Internet de NBC News : «Nous devons faire pression pour un réel pouvoir féminin – pour que les femmes prennent la place des nombreux hommes qui sont actuellement au sommet de presque toutes les industries. Certes cela n'empêchera pas totalement les abus, mais cela les diminuera certainement.»

Cette défense et cette poursuite de la richesse ne peuvent avoir lieu que dans la mesure où la loi et l'ordre bourgeois sont maintenus, que l'opposition politique est détournée ou contenue. C'est là l'une des voies de la répression généralisée.

Il est tout à fait approprié de qualifier cette campagne de chasse aux sorcières sexuelle, au sens politico-juridique du terme. Le dictionnaire Collins en ligne définit la chasse aux sorcières (britannique) comme «une campagne rigoureuse pour rassembler ou exposer des dissidents sous prétexte de sauvegarder le bien-être public» et (américain) comme une «enquête menée ostensiblement pour découvrir la déloyauté, l'activité politique subversive, etc., généralement avec beaucoup de publicité et souvent en s'appuyant sur des preuves non concluantes et en capitalisant sur la peur du public à l'endroit des opinions impopulaires.»

Or si l'offensive contre les opposants politiques n'a pas encore commencé, ça ne saurait tarder!

Le Code de production d'Hollywood, qui se référait principalement aux comportements sexuels et antisociaux de toutes sortes et qui ne mentionnait jamais la politique ou la lutte des classes, a été strictement appliqué le 1er juillet 1934. Cette année-là avait été exceptionnellement explosive, dominée par trois grèves largement suivies et dirigées par des socialistes de gauche, des trotskystes et des membres du Parti communiste – à savoir les grèves de Toledo Auto-Lite, des chauffeurs de camion de Minneapolis et des débardeurs de San Francisco.

L'application du Code en plein milieu de la Dépression reflétait incontestablement la nervosité généralisée et bien compréhensible au sein de la classe dirigeante à propos de l'effondrement de toutes sortes de tabous moraux et sociaux et des conséquences plus profondes qu'avait une telle rupture. Comme nous l'avons déjà dit il y a quelque temps: «l'imposition du Code de Production était précisément l'un des moyens par lesquels l'industrie cinématographique et ses superviseurs pouvaient veiller à ce que les réalités de la Dépression ne s'expriment pas à l'écran.»

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La campagne contre l'inconduite sexuelle est malhonnête à bien des égards. Il y a la prétention ridicule par exemple qu'Hollywood et l'industrie du divertissement sont le reflet général des rapports entre les sexes et professionnels aux États-Unis. Dans le General Social Survey, une enquête menée en 2014, un échantillon aléatoire d'Américains se sont fait poser cette question: «Au cours des 12 derniers mois, avez-vous été harcelé sexuellement par quelqu'un pendant que vous étiez au travail?» En réponse, 3,6 % des femmes ont répondu affirmativement, ce qui est une baisse par rapport au chiffre de 6,1 % de 2002. Ce n'est certes pas là une statistique définitive d'aucune sorte, mais on est loin tout de même de l'«enfer» décrit par les différents chroniqueurs et experts.

Ces derniers d'ailleurs ne se soucient jamais des conditions de la grande masse de la population américaine ou mondiale, qu'elle soit féminine ou masculine. La pauvreté, la destruction des retraites et des soins de santé, l'itinérance, la crise des opioïdes et le taux de suicide – ou même l'annulation brutale du droit à l'avortement, l'attaque contre les mesures de planification familiale et autres programmes essentiels pour la santé des femmes – ne les préoccupent en effet nullement. Et quand ont-ils jamais protesté contre les massacres en Irak et en Afghanistan, les frappes illégales de drones et les «listes de personnes à abattre»?

Le Parti démocrate en particulier est profondément plongé dans les affaires de crimes sexuels. Aux élections de 2016, la stratégie d'Hillary Clinton pour l'emporter était basée sur l'affaire Brock Turner à Stanford, l'accès aux toilettes pour les personnes transgenres et le «privilège blanc». Les démocrates ont énormément investi d'efforts dans tout cela, et cela a échoué. Maintenant ils mettent les bouchées doubles. Au «privilège blanc» vient s'ajouter «la sexualité masculine». Ces idées sont logées dans une section bien précise et privilégiée de la population.

Quiconque étudie les procès des sorcières de Salem arrive à la conclusion qu'il n'y avait pas là simplement une crise d'hystérie collective, mais que des processus économiques et sociaux précis étaient à l'œuvre. Comme le remarque Christopher Bigsby, dans sa préface à l'ouvrage Les Sorcières de Salem d'Arthur Miller, «Salem en 1692 était en pleine tourmente. La Charte royale venait d'être révoquée. Les titres fonciers originaux avaient été annulés et de nombreux autres n'étaient pas encore sécurisés. Tous se regardaient avec suspicion, craignant que leurs terres ne soient réaffectées à leur voisin. C'était aussi une communauté profondément déchirée par des schismes...»

Toute personne voulant sérieusement comprendre l'hystérie sexuelle actuelle doit fouiller sous la surface de la société américaine pour saisir la spécificité de la «tourmente» qui la hante.

samedi, 08 octobre 2016

Oliver Cromwell: un surdoué halluciné autant que criminel

Oliver Cromwell offre à l’observateur un type de chef d’État – chef de guerre, fou de dieu, différent de la plupart de ses confrères : c’est un halluciné.

Orphelin de père à 18 ans, Cromwell est un petit propriétaire terrien du Pays de Galles perpétuellement désargenté, ce dont il ne se soucie guère. Très attaché à sa mère, à son épouse et à leurs 9 enfants (dont 7 parviennent à l’âge adulte, ce qui est une proportion remarquable pour l’époque), il passe ses heures de loisir à fréquenter la Bible, singulièrement l’Ancien Testament.

En 1620, âgé de 21 ans, il perçoit ses premières hallucinations auditives et visuelles, à tonalité franchement mystique. En médecine, le terme d’hallucination ne s’emploie que dans le cas où la victime est fermement convaincue de la réalité de ses visions.

Chez lui, les accès surviennent de façon aléatoire, irrégulièrement espacés, sans facteur caractéristique. La répétition des hallucinations lui fait progressivement croire qu’il est appelé par la divinité à remplir une mission particulière. Vers 1640, cette conviction est solidement ancrée.

C’est un homme peu instruit. Sa connaissance du latin, la langue diplomatique de l’époque, sera toujours pitoyable. Médiocre orateur, il se contente d’être un obscur député aux Communes durant les années 1628-29, puis, à compter de 1640, quand le Parlement est de nouveau réuni après 11 années de despotisme royal. La révolution anglaise de 1642 lui offre l’occasion de révéler ses dons de chef de guerre.

Fort méticuleux, il prend un soin extrême de l’armement et du ravitaillement de ses hommes, chez lesquels il fait régner une très stricte discipline. Il est difficile d’apprécier son sens tactique : ses adversaires, les « Cavaliers » du parti royal, sont tellement stupides et indisciplinés qu’ils offrent des victoires faciles aux « Têtes rondes » du Parlement.

Chargé de réprimer « l’insurrection papiste » d’Irlande, en 1649-50, il se montre effroyablement sectaire et fort sanguinaire, exterminant systématiquement les combattants ennemis, mais aussi une partie de la population désarmée : son action préfigure celle des « colonnes infernales » de Turreau en Vendée, à ceci près que le génocide irlandais de Cromwell est perpétré au nom du dieu d’amour.

À 53 ans, il devient le maître absolu de la Grande-Bretagne, sous l’appellation de Lord Protecteur d’Angleterre, d’Écosse et d’Irlande, cumulant tous les pouvoirs, même celui d’inspirer le dogme religieux. Il méprise ouvertement les juristes et viole perpétuellement la Constitution qu’il a fait adopter en décembre 1653 pour satisfaire le légalisme de ses partisans. De la même façon, il n’aime guère les parlementaires qu’il a laissés se gaver de terres et de biens mobiliers arrachés aux royalistes, au clergé anglican et aux papistes.

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Officiellement, l’inspiration divine lui dicte sa politique et cet argument, répété à longueur d’années, paraît bon à ses administrés après qu’il a exterminé l’opposition des « niveleurs ». Seul le Lord Protecteur connaît les desseins de dieu : une grande partie de la population britannique en est convaincue, l’autre partie se tait par prudence.

Lui-même est austère et parfaitement désintéressé ; il ne se gave que de ses « voix ». À l’étranger, on le craint chez les catholiques, on le vénère chez les protestants. Il parle constamment de paix et jette l’Europe dans la guerre générale. C’est le prototype du dictateur de droit divin, qui rend à sa divinité son esprit halluciné le 3 septembre 1658, au plus fort d’une tempête d’intensité exceptionnelle.

On dispose de trop peu d’éléments cliniques pour affirmer la nature des troubles psychiatriques d’Oliver Cromwell. L’importance de ses hallucinations, leur tonalité mystique et leur début précoce pourraient orienter vers le diagnostic de paraphrénie, une variété (controversée) de psychose hallucinatoire chronique. L’hypothèse d’une épilepsie limbique (suivant la dénomination ancienne) temporale n’est pas à écarter, même si elle est peu probable : l’homme avait une vie sexuelle assez riche et n’a jamais présenté d’autres signes de cette variété d’épilepsie.

Quelle que soit l’origine de ses hallucinations, il est parvenu à faire adhérer la masse de ses partisans à son délire, en dépit de talents oratoires fort médiocres. La réussite du chef de guerre a emporté la conviction de lecteurs assidus de l’Ancien Testament, un ensemble de textes où l’être heureux dans ses réalisations est réputé béni de Dieu. C’est un exemple de fou de dieu, grand exterminateur d’ennemis. Le mysticisme dévoyé mène volontiers au crime de masse.

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A propos de l'auteur

Bernard Plouvier

Ancien chef de service hospitalier, spécialisé en Méde­cine interne.Il est auteur de nombreux livres historiques (L’énigme Roosevelt, faux naïf et vrai machiavel ; La ténébreuse affaire Dreyfus ; Hitler, une biographie médicale et politique ; Dictionnaire de la Révolution française,…) et d'essais (Réflexions sur le Pouvoir. De Nietzsche à la Mondialisation ; Le XXIe siècle ou la tentation cosmopolite ; Le devoir d’insurrection,…). Il a été élu membre de l’Académie des Sciences de New York en mai 1980.

dimanche, 07 février 2016

Calvinism: The Spiritual Foundation of America

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Calvinism: The Spiritual Foundation of America

Ex: http://www.geopolitica.ru

Calvinism caught on like wild fire in North America (even among the White masses), where an austere spiritual-cultural-political-economic worldview was needed in order to: (1) inspire endless thrift and hard work among the masses, (2) tame the vast American wilderness (considered by settlers to be the biblical “Promised Land” or “Canaan”), and (3) subjugate the “heathen” Indians (also considered by settlers to be immoral “Canaanites”).

To comprehensively understand any of the world’s nations it is imperative to first understand a nation’s spiritual foundation or “Soul.” Without this basic understanding it is impossible to even begin to seriously form opinions about a nation and the broader civilization to which it is bound by culture and history – it would also be impossible to accurately compare and contrast the development of a particular nation with other countries and civilizations.What differentiates the United States culturally and historically from all other nations (even its closest European allies) is its unequivocal Calvinist spiritual foundation, which at some point – while North America was still only a series of colonies of the British Crown – organically morphed into the well-known “Protestant” or “Puritan” Ethic.This ideological transmutation signaled the arrival of Calvinist extremism in the New World – a development championed by the Anglo-Saxon elites of New England.

This religious-based ideology was originally developed in Europe by the Frenchman John Calvin (born Jehan Cauvin) during the Protestant Reformation. Eventually Calvinism made its way to the New World with the Puritans, and would greatly influence the development of the Enlightenment and the Industrial Revolution in both Western Europe and North America. To this day, Calvinism remains a “founding” ideological influence in the religious and secular worldviews of America’s political, economic, and cultural elites. Before we continue, however, it is important to understand a little bit about John Calvin and the historical context of his time.

calvinRJ97200_2769.jpgJohn Calvin (1509-1564) appeared as a player on the historical stage during an intense developmental period for Western civilization. The Roman Catholic Church had wielded power in the West for over a millennium, and during that time it had become increasingly corrupt as an institution – so much so that by the 16th century the Church hierarchy was funded (to a large degree) by a direct marketing scheme known as “indulgences.” How the indulgences worked were as follows: No matter how grievously someone might have “sinned,” one could buy a piece of paper signed by either a Bishop or a Cardinal, which guaranteed a place in heaven for that particular person or a loved one of the person’s own choosing. These “get-out-of-hell-free” cards were sold by members of the clergy through franchises granted by the Church hierarchy. The typical indulgence erased one’s previous sins, but for a larger fee there was a twisted kind of“super”indulgence which erased any future sins one might commit as well, no matter how great or blasphemous.

Much of the proceeds from this religiously based corporate swindle went straight to Rome and financed the wars waged by Papal armies, the sexual orgies of the clergy, the sadism of Grand Inquisitors, the genocide of non-Europeans, and other earthly “indulgences.” Theselling of indulgences is precisely what the most famous of all 16th century “whistle blowers,” Martin Luther, railed against and exposed in his 95 Theses – one of the first works published (alongside the Bible) using Guttenberg’s new movable type printing press technology.

As one of the 16th century’s most important Protestant reformers (second only to Luther), Calvin established himself as a minister in Basel and then later in Geneva. It was in these Swiss cities that he preached his distinctive brand of “reformed” Christianity, which advanced the premise that all human beings were innately depraved and totally undeserving of God’s salvation. Such total pessimism was tempered by Calvin’s belief that the Deity did happen to nevertheless hand-pick a minority of people, by means of his loving grace, to be the beneficiaries of eternal salvation. Calvin’s unique spin on all this was that none of the lucky beneficiaries (or the “elect”) deserved to go to heaven, no matter how profound their piety or copious their good works. In other words, no amount of good faith or good deeds could compensate for mankind’s utterly irredeemable nature. If one was “chosen” by God it was not due to that person’s own individual merits, it was merely an act of divine grace.

This dismal view of both God and humanity not only caught on in Europe and North America, but it became one of the key ideological underpinnings of post-feudal Europe, influencing every facet of revolutionary change, from the Enlightenment and the Industrial Revolution to the development of Capitalism and the exploitation of the entire planet by European imperialists. In time, it was essentially the countries of the Anglosphere – specifically Britain and its bastard offspring the United States – which embraced and promoted the Calvinist attitude most passionately.

It was precisely Calvinism that was needed in order to further advance the geopolitical and cultural interests of the Anglosphere. In order to employ large sums of money for the construction and staffing of industrial factories in Europe and in order to explore and commercially exploit the rest of the non-European world, a very specific ideology was needed; one which could re-legitimize the institution of usury (which the prior Medieval order adamantly opposed), and one which could legitimize unbridled avarice and exploitation – i.e. the accumulation of great wealth amidst even greater misery – and all within a preordained religious context. Calvinism, or a somewhat modified secular form of Calvinism, was a perfect fit.

For if it is true that the innate depravity of man is universal and no one deserves salvation, then it necessarily follows that the genocide of non-Europeans, the oppression of marginalized groups, the impoverishment of the working class and the annihilation of human life in ever bloodier conflicts are all nothing more than “natural” off shoots of man’s incorrigible depravity. It does not matter, then, how many “Red savages” one kills in extending God’s plan of Manifest Destiny for his cherished elect, nor does it matter how many paupers, workers, “infidels” or even common people are sacrificed in carrying out the absolute INSANITY of the Calvinist God’s decrees.

In this context it is easy to see how the new Calvinist mercantile class in Europe and North America utilized their beliefs to justify their growing brutality against all classes, races and religious denominations which represented the “Other.” Indeed, this new class of religiously motivated entrepreneurs totally believed that they were God’s chosen people and the fortunate (though undeserving) recipients of His limited atonement. The pessimistic attitude the Calvinists held about their own good fortune – i.e. that they did not deserve it – helped keep them somewhat humble (at least outwardly) and fixated on their business matters. Thus, “Calvinist pessimism” was a useful ideological tool for those who would become known as the “Pilgrims” and “Puritans” in North America (those comprising the White Anglo-Saxon Protestant elite) to exploit, enslave and annihilate ever greater numbers of people, to accrue even more undeserved wealth for the “glory of God,” so long as they did not (paradoxically) squander their holdings on “sinful” endeavors.  And if they did succumb to any amount of sinful degradation (as they most certainly did) – oh well! That was merely the natural result of mankind’s innate depravity. One could simply confess one’s sins and commit oneself to doing better, since God’s grace isinevitable in the end.

Needless to say, Calvinism caught on like wild fire in North America (even among the White masses), where an austere spiritual-cultural-political-economic worldview was needed in order to: (1) inspire endless thrift and hard work among the masses, (2) tame the vast American wilderness (considered by settlers to be the biblical “Promised Land” or “Canaan”), and (3) subjugate the “heathen” Indians (also considered by settlers to be immoral “Canaanites”).

With the exception of a handful of Catholics in Maryland, the vast majority of European-American colonists subscribed to an ever increasing variety of Protestant sects which had their fundamental ideological roots in the reformist ideas of John Calvin and Martin Luther. Both commoners and elites thus embraced the intertwined religious and secular manifestations of the Calvinist ethos – a philosophy defined by the idea that, instead of merely working for one’s living (in order to survive), one must “live to work.”

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By the time of the American War of Independence, the Calvinist ethos had been firmly planted in the minds of the majority of colonists for a period of no less than a century and a half. In order to galvanize support for a successful war of secession against England – and, more to the point, against England’s perceived anti-American mercantile policies – the American elites manipulated popular Puritan religious zeal for their own political and economic objectives.

Specifically, the landowning White American upper classes wanted to replace the British nobility as the sole rulers and exploiters of the North American continent. And so, a large-scale anti-British propaganda campaign was initiated.

Thomas Paine and other pro-American agitators of the time portrayed America as nothing other than “God’s kingdom” and (long before Reagan) as a “shining city upon a hill” – in other words, as a place that was worth fighting for in the name of God. At the same time, Paine and his cohorts painted King George III in the most negative of lights – as a “Papist” and a bloodthirsty tyrant (patently false accusations).

And although the colonial smear campaign was obviously initiated in order to provide the majority Protestant colonists (the “useful idiots” as it were) with a common villain whom they could all rally against, the small farming class (which comprised the majority of all colonists) did not support the so-called “Revolution” (i.e. elite bourgeois uprising).The majority waseither disinterested in political decisions that did not directly affect themselves and their families, or they were (as many modern historians believe) “under the radar” loyalists who still considered themselves proud “Britons,” regardless of religious affiliation. Nevertheless, the pro-independence faction won the day, and this was due, in no small way, to successful Calvinist propaganda among the town and city based American bourgeoisie – a demographic which was also very tied to the growing Freemasonic movement.

The defeat of the British in North America was a profound moment in American and indeed world history. More than a mere military/political victory for the colonists, the defeat of the British symbolized the defeat of the traditionalism of the Old World and the cultural and political ascendancy of liberalism in the New World – an outcome which owed a great deal to the powerful underlying influence of Calvinism, with its ideological conception of innate depravity and “chosenness,” its self-righteous exploitation of man and nature, and its “live to work” ethos. In time, these concepts would be coopted by the 19th century’s triumphant liberal bourgeois capitalist spirit, which replaced religion (as the dominant force in people’s lives) with secular humanism – an ideology which is no less draconian in its “all or nothing” quest to control the planet.

A secular “civil religion” evolve dafter the separation from Britain, which promoted the United States as God’s chosen nation – one which is historically unique, preeminent in world affairs and deserving of a special (almost “divine”) status; hence, the corresponding offshoot beliefs of Manifest Destiny and American exceptionalism. The view that it is somehow virtuous to spend long, grueling hours at work beyond the need of economic survival – as opposed to leading a more balanced, healthier lifestyle – is yet another facet of Calvinism which was coopted by secular liberalism.

To conclude, it is accurate to say that extreme religious Calvinism constitutes the spiritual foundation of the United States. Certainly, Freemasonry is another part of the ideological substructure on which the U.S. was founded, and indeed much has been written on this topic and the injurious influence Freemasonry has had on traditional society, particularly with its rabid promotion of liberalism in all faces of human life. However, when one considers the role of Calvinism as it is – as being the spiritual catalyst of liberal American and/or “Freemasonic” values – one is forced to conclude that Calvinism (this great bastardization of genuine Christianity) is chiefly responsible for the creation and widespread acceptanceamong U.S. citizens of the dogma of American exceptionalism. And this latter represents, by far, the greatest ideological threat to the future welfare of all mankind.

vendredi, 06 mars 2015

Book Reviews from http://www.atimes.com

   

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Book Reviews from http://www.atimes.com

To read full review, click on title

  Pakistan's proclivity for war
The Warrior State: Pakistan in the Contemporary World
by T V Paul

Author T V Paul adds to the numerous unflattering descriptions of Pakistan with his depiction of a "warrior state" whose security forces have outgrown all other institutions and activities and where radical Islamization and its attendant obscurantism have been the consequences of state policy. His explanation for why this continues is elaborate and thought-provoking. - Ehsan Ahrari (Jul 28, '14)

 

  The US-Pakistan ties that bind
No Exit from Pakistan: America's Tortured Relationship with Islamabad by Daniel S Markey

The author argues that even as Pakistanis grow increasingly hostile to the United States', America's interests in South Asia, Central Asia and the Middle East mean that Washington can ill-afford to disengage from Pakistan. Maneuvers by the Obama administration such as managing anti-Americanism sentiment by keeping a lower profile ring true with the policy prescriptions presented, yet the book suffers in places from simplistic reasoning. - Majid Mahmood (Jun 20, '14)

 

  US stuck between dispensability and decline
Dispensable Nation: American Foreign Policy in Retreat
by Vali Nasr


While offering a harsh critique of the President Barack Obama's policies in Afghanistan, Pakistan, and across the Arab World, the author argues that the United States is not declining. This ignores that while the United States became an "indispensable nation" by implementing its stimulating post-World War II vision, it has failed since to develop a comparable vision for the future that is both realistic and doable.
- Ehsan M Ahrari (Jun 13, '14)

 

  A struggle against Israeli soft power
The Battle for Justice in Palestine by Ali Abunimah

The author believes the Palestinian struggle will benefit from a growing awareness of Israeli actions brought about by a "boycott, divestment, and sanctions movement" similar to that which increased international isolation of apartheid-era South Africa. One of the more interesting parts of the work is its exploration of how neoliberal economic patterns have been imposed on Palestine. - Jim Miles (Jun 6, '14)

 

  Re-imagining the caliphate
The Inevitable Caliphate? A History of the Struggle for Global Islamic Union, 1924 to the Present by Reza Pankhurst

A forceful and authoritative attempt at elevating debate over the Islamic caliphate beyond Western elitist perceptions of extremism and radicalization, this book offers a clear-sighted analysis of the movements that have placed the caliphate at center of their revivalist discourse. The book's biggest flaw is arguably the author's reductionist approach toward the potential constituency of the caliphate.
- Mahan Abedin (May 23, '14)

 

  Keeping peace with total war
To Make and Keep Peace Among Ourselves and With All Nations by Angelo M Codevilla

White Anglo-Saxon Protestant interpretations of history are central to the argument this book propounds: that the US needs constant, decisive warfare to ensure its own interests and security. While the thesis suffers because the author fails to recognize that a Washington focused on maintaining control doesn't share his populist values, it offers useful insights into the thinking of the American conservative right. - Jim Miles (May 16, '14)

 

  Shaking the pillars of Israel's history
The Idea of Israel - A History of Power and Knowledge by Ilan Pappe

This exploration of how Israel shaped a historic narrative to create a sense of nationhood and political direction recounts the attacks on historians in the 1990s who challenged the traditional Zionist discourse. The takeaway from this complex book is that issues surrounding the manipulation of victimhood have the potential to erode the foundations that the modern state is built on. - Jim Miles (May 2, '14)

 
 
 

lundi, 26 janvier 2015

Thomas Cromwell was the Islamic State of his day


         
       

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Hans Holbein’s portrait of Thomas Cromwell Photo: Alamy

On July 24, 2014, worshippers in Mosul were asked to leave one of the city’s most historic and famous buildings — an ancient Nestorian-Assyrian church that had long ago been converted into the Mosque of the Prophet Younis (biblical Jonah). The Islamic State then rigged the entire building with explosives, and blew it into oblivion. Tragically, it was a Shia mosque - one of many that have suffered the same fate.

The UK's current primetime TV fantasy blockbuster du jour is Wolf Hall. Everyone loves a costume drama, but there is a world of difference between fictional history and historical fiction. One dramatizes real people and events. The other is an entirely made-up story set in the past. The current tendency is to blur the two, which Wolf Hall does spectacularly.

Thomas Cromwell, whose life it chronicles, comes across as a plucky, self-made Englishman, whose quiet reserve suggests inner strength and personal nobility. Back in the real world, Cromwell was a “ruffian” (in his own words) turned sectarian extremist, whose religious vandalism bears striking comparison with the iconoclasm of Islamic State or the Afghani Taliban.

Thanks to Wolf Hall, more people have now heard of Thomas Cromwell, and this is a good thing. But underneath its fictionalized portrayal of Henry VIII’s chief enforcer, there is a historical man, and he is one whose record for murder, looting, and destruction ought to have us apoplectic with rage, not reaching for the popcorn.

Historians rarely agree on details, so a lot about Cromwell’s inner life is still up for debate. But it is a truly tough job finding anything heroic in the man’s legacy of brutality and naked ambition.

Against a backdrop of Henry VIII’s marital strife, the pathologically ambitious Cromwell single-handedly masterminded the break with Rome in order to hand Henry the Church, with its all-important control of divorce and marriage. There were, to be sure, small pockets of Protestantism in England at the time, but any attempt to cast Cromwell’s despotic actions as sincere theological reform are hopeless. Cromwell himself had minimal truck with religious belief. He loved politics, money, and power, and the reformers could give them to him.

Flushed with the success of engineering Henry’s divorce from Catherine of Aragon and his marriage to Anne Boleyn, Cromwell moved on to confiscating the Church’s money. Before long, he was dissolving monasteries as fast as he could, which meant seizing anything that was not nailed down and keeping it for himself, for Henry, and for their circle of friends. It was the biggest land-grab and asset-strip in English history, and Cromwell sat at the centre of the operation, at the heart of a widely-loathed, absolutist, and tyrannical regime. When Anne Boleyn pointed out that the money should be going to charity or good works, he fitted her up on charges of adultery, and watched as she was beheaded.

As an adviser to Henry, Cromwell could have attempted to guide the hot-headed king, to tame his wilder ambitions, counsel him in patience, uphold the many freedoms enjoyed by his subjects. But Cromwell had no interest in moderation. He made all Henry’s dreams come true, riding roughshod over the law of the land and whoever got in his way. For instance, we are hearing a lot about Magna Carta this year, but Cromwell had no time for tedious trials and judgement by peers. With lazy strokes of his pen, he condemned royalty, nobles, peasants, nuns, and monks to horrific summary executions. We are not talking half a dozen. He dispatched hundreds under his highly politicised “treason” laws. (When his own time came and the tables had turned, he pleaded to Henry: “Most gracyous prynce I crye for mercye mercye mercye.” But he was given all the mercy he had shown others.)

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And then there is his impact on this country’s artistic and intellectual heritage. No one can be sure of the exact figure, but it is estimated that the destruction started and legalised by Cromwell amounted to 97% of the English art then in existence. Statues were hacked down. Frescoes were smashed to bits. Mosaics were pulverized. Illuminated manuscripts were shredded. Wooden carvings were burned. Precious metalwork was melted down. Shrines were reduced to rubble. This vandalism went way beyond a religious reform. It was a frenzy, obliterating the artistic patrimony of centuries of indigenous craftsmanship with an intensity of hatred for imagery and depicting the divine that has strong and resonant parallels today.

It can only be a good thing that people are again thinking about Cromwell. Because as we look to the east, to the fanaticism that is sacking the cultural and artistic heritage of other ancient societies, we can all draw the same, inevitable conclusions about religious extremism in any age, whether Christian, Muslim, Jewish, Hindu, or Buddhist. None of it is pretty. All of it is real. And we, in England, are not in some way removed from it. We only have to survey the smashed up medieval buildings the length and breadth of the country, or contemplate Cromwell’s record of public beheadings and other barbarous executions.

It is plain that extremists come in all shapes and sizes.

dimanche, 21 décembre 2014

L’antiracisme, un puritanisme à la française

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L’antiracisme, un puritanisme à la française
 
Les Français ont peur du noir. Ça n’est pas joli joli.
 
par Marie Delarue
Ex: http://www.bvoltaire.fr

Il s’appelle Hacen Boukhelifa. C’est un grand traumatisé. Et comme tous les traumatisés, il lui a fallu du temps pour que le refoulé remonte à la surface. Les psy connaissent ça, c’est le lot de tant de pauvres fillettes et d’adolescents tripotés derrière les portes.

Bref, Hacen Boukhelifa vient de se souvenir que madame Marie-Arlette Carlotti, ex-ministre déléguée aux Personnes handicapées et à la Lutte contre l’exclusion des gouvernements Ayrault I et II l’avait publiquement et racistement (j’assume ce néologisme) injurié le 25 janvier 2014. Alors qu’elle inaugurait son local de campagne en prévision des municipales à venir, Mme Carlotti l’aurait – c’est lui qui l’affirme – évincé des primaires socialistes à Marseille en ces termes : « Hacen Boukhelifa ne sera jamais sur ma liste. De toute façon, j’ai déjà un candidat arabe de la diversité sur ma liste. Il n’a qu’à aller voir Samia Ghali [elle n’était pas encore une mère célibataire blonde tournant pour la télé-réalité] pour qu’elle le prenne dans les quartiers nord. » 

Horreur et putréfaction ! Le crime, s’il est avéré, est odieux, et l’on comprend que Maître Boukhelifa (il est avocat), après tant de mois passés à se reconstruire, ait décidé de porter la chose en justice. Un an donc après cet insupportable affront, Mme Carlotti vient d’être mise en examen pour injure publique. Et crie son innocence par la bouche de son avocat : Me Boukhelifa « utilise le droit pour se payer un élu, il connaît la procédure, il sait que la mise en examen est inévitable. C’est une histoire politique qui n’ira jamais devant un tribunal pénal. Il sera un jour poursuivi pour dénonciation calomnieuse. »

L’ex-ministre conteste, évidemment, avoir tenu ces propos et, d’une certaine façon, le français incite à la croire. Dans un moment de fol égarement, elle aurait pu dire « j’ai déjà un candidat arabe sur ma liste » ou bien « j’ai déjà un candidat de la diversité sur ma liste »… mais « un candidat arabe de la diversité », c’est une redondance qui paraît très improbable.

Reste que l’antiracisme est un nouveau puritanisme qui fait des ravages. Le prouve cette petite histoire d’une copropriété parisienne qui voudrait bien se débarrasser d’un importun qui squatte les parties communes où il fait ses petites affaires et ses besoins, et qui sème la panique dans l’immeuble le soir venu. En désespoir de cause, après de lourds investissements parfaitement inutiles pour lui barrer le passage (on se croirait à Rikers Island !) et devant l’inefficacité de la police et des services psychiatriques et sociaux, une lettre a été distribuée aux résidents les appelant à la vigilance. Dans le texte original, l’individu était décrit comme « 40 ans environ, de race noire, portant une parka beige et une casquette ». Dans la lettre à en-tête du syndic et remise aux habitants ne restaient que l’âge, la parka et la casquette. Autrement dit, rien de ce petit quelque chose qui aurait permis de le distinguer des autres porteurs de parka et de casquette…

Les Français ont peur du noir. Ça n’est pas joli joli.

samedi, 10 septembre 2011

Protestantism, Capitalism, & Americanism

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Protestantism, Capitalism, & Americanism

By Edouard RIX

Translated by M. P.

Ex: http://www.counter-currents.com/

Many authors distinguish between, on the one hand Catholicism, which is supposed to be a negative Christianity incarnated by Rome and an anti-Germanic instrument, and, on the other hand, Protestantism, which is supposed to be a positive Christianity emancipated from the Roman papacy and accepting traditional Germanic values. In this perspective, Martin Luther is a liberator of the German soul from the despotic and Mediterranean yoke of papal Rome, his grand success being the Germanization of Christianity. The Protestants thus include themselves in the line of the Cathars and the Vaudois as representatives of the Germanic spirit in rupture with Rome.

But in reality, Luther is the one who first fomented the individualist and anti-hierarchical revolt in Europe, which would find expression on the religious plane by the rejection of the “traditional” content of Catholicism, on the political plane by the emancipation of the German princes from the emperor, and on the plane of the sacred by the negation of the principle of authority and hierarchy, giving a religious justification to the development of the merchant mentality.

On the religious plane, the theologians of the Reformation worked for a return to sources, to the Christianity of the Scriptures, without addition and without corruption, that is to say, to the texts of the Oriental tradition. If Luther rebelled against “the papacy instituted by the Devil in Rome,” it is only because he rejected the positive aspect of Rome, the traditional, hierarchical, and ritual component subsisting in Catholicism, the Church marked by Roman law and order, by Greek thought and philosophy, in particular that of Aristotle. Moreover, his words denouncing Rome as “Regnum Babylonis,” as an obstinately pagan city, recall those employed by the Hebraic Book of Revelation and the first Christians against the imperial city.

The balance sheet is as completely negative on the political plane. Luther, who presented himself as “a prophet of the German people,” favored the revolt of the Germanic princes against the universal principle of the Empire, and consequently their emancipation from any supranational hierarchical link. In effect, by his doctrine that admitted the right of resistance to a tyrannical emperor, he would legitimize rebellion against imperial authority in the name of the Gospel. Instead of taking up again the heritage of Frederick II, who had affirmed the superior idea of the Sacrum Imperium, the German princes, in supporting the Reformation, passed into the anti-imperial camp, desiring nothing more than to be “free” sovereigns.

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Similarly, the Reformation is characterized on the plane of the sacred by the negation of the principle of authority and hierarchy, the Protestant theologians accepting no spiritual power superior to that of the Scriptures. Effectively, no Church or any Pontifex having received from the Christ the privilege of infallibility in matters of sacred doctrine, every Christian is able to judge for himself, by individual free examination, apart from any spiritual authority and any dogmatic tradition, the Word of God.

Besides individualism, this Protestant theory of free examination is connected with another aspect of modernity, rationalism, the individual who has rejected any control and any tradition basing himself on what, for him, is the basis of all judgment, reason, which then becomes the measure of all truth. This rationalism, much more virulent than that which existed in ancient Greece and in the Middle Ages, would give birth to the philosophy of the Enlightenment.

Beginning from the sixteenth century, Protestant doctrine would furnish an ethical and religious justification to the rise of the bourgeoisie in Europe, as the sociologist Max Weber demonstrates in The Protestant Ethic and the Spirit of Capitalism, a study on the origins of capitalism. According to him, during the initial stages of capitalist development, the tendency to maximize profit is the result of a tendency, historically unique, to accumulation far beyond personal consumption.

Weber finds the origin of this behavior in the “asceticism” of the Protestants marked by two imperatives, methodical work as the principal task in life and the limited enjoyment of its fruits. The unintentional consequence of this ethic, which had been imposed upon believers by social and psychological pressures to prove one’s salvation, was the accumulation of wealth for investment. He also shows that capitalism is nothing but an expression of modern Western rationalism, a phenomenon closely linked to the Reformation. Similarly, the economist Werner Sombart would denounce the Anglo-Saxon Handlermentalitat (merchant mentality), conferring a significant role to Catholicism as a barrier against the advance of the merchant spirit in Western Europe.

Liberated from any metaphysical principle, dogmas, symbols, rites, and sacraments, Protestantism would end by detaching itself from all transcendence and leading to a secularization of any superior aspiration, to moralism, and to Puritanism. It is thus that in Anglo-Saxon Puritan countries, particularly in America, the religious idea came to sanctify any temporal realization, material success, and wealth, prosperity itself being considered as a sign of divine election.

In his work, Les États-Unis aujourd’hui, published in 1928, André Siegfried, after having emphasized that “the only true American religion is Calvinism,” had already written: “It becomes difficult to distinguish between religious aspiration and pursuit of wealth . . . One thus admits as moral and desirable that the religious spirit becomes a factor of social progress and of economic development.” North America features, according to the formula of Robert Steuckers, “the alliance of the Engineer and the Preacher,” that is to say, the alliance of Prometheus and of Jean Calvin, or of the technics taken from Europe and of Puritan messianism issued from Judeo-Christian monotheism.

Transposing the universalistic project of Christianity into profane and materialistic terms, America aims to suppress frontiers, cultures, and differences in order to transform the living peoples of the Earth into identical societies, governed by the new Holy Trinity of free enterprise, global free trade, and liberal democracy. Undeniably, Martin Luther and, even more so, Jean Calvin, are the spiritual fathers of Uncle Sam . . .

As for us, we young Europeans viscerally reject this individualist, rationalist, and materialist West, the heir of the Reformation, the pseudo-Renaissance, and the French Revolution, as so many manifestations of European decadence. We will always prefer Faust to Prometheus, the Warrior to the Preacher, Nietzsche and Evola to Luther and Calvin.

Source: http://www.voxnr.com/cc/di_antiamerique/EpVAkuZFllAtfQNhcl.shtml [3]


Article printed from Counter-Currents Publishing: http://www.counter-currents.com

URL to article: http://www.counter-currents.com/2011/09/protestantism-capitalism-and-americanism/

lundi, 08 août 2011

Il segreto dei padri fondatori

Il segreto dei padri fondatori

di Luca Leonello Rimbotti

Fonte: mirorenzaglia [scheda fonte]


 

hegger_fondo-magazine-306x450.jpgGli  Stati Uniti sono un groviglio che nasconde un intrigo. Il groviglio è la mentalità fanaticamente esclusivista che recarono con sé i Padri pellegrini che fondarono, all’inizio del Seicento, le prime comunità puritane del New England. Essi erano febbrilmente convinti di dover portare nel mondo la verità biblica, che fosse con le buone o con le cattive. L’intrigo è invece la congiura massonica di sovversione mondiale del potere, che ben presto si saldò al puritanesimo nel corso del Settecento, andando a costituire un’esplosiva miscela di intollerante invasività. Noi sappiamo che, da quei tempi lontani, un unico disegno fondamentalista muove all’azione gli eredi di quella duplice formula puritano-massonica: la conquista dichiarata del mondo, l’assoggettamento delle popolazioni del pianeta al potere degli “eletti” di Geova e del Grande Architetto, la costruzione del tempio universale di Salomone.

Cosa sia questo “tempio”, quanto di spirituale esso racchiuda, è ben detto dalla struttura del templarismo bancario cui appartengono, da sempre, le amministrazioni americane, a cominciare dalla potente loggia Skull and Bones, di cui erano membri i Bush. L’obiettivo del potere mondiale che queste sette si son date, sin dagli esordi, lo si raggiunge servendosi dell’infiammata parola di predicatori che agiscono in maniera martellante dai pulpiti mass-mediatici, quando basti. Quando non basti, ci si rivolge senza indugio alla soccorrevole intercessione della più brutale violenza, ad esempio elargendo ai popoli riottosi le note somministrazioni di napalm, il santo argomento che negli ultimi decenni numerose nazioni hanno potuto apprezzare in qualità di concreto sostegno al diritto, che una ristretta casta cosmopolita si riserva, di erigere una repubblica universale a sua misura.

Come ognuno sa, quando si parla degli Stati Uniti, non sono in ballo né la “democrazia” né la “libertà”, né tantomeno l’“uguaglianza”. Ciò che conta è l’imposizione di “diritti” concreti (accesso al denaro, al potere, alle risorse, al controllo sociale) veicolati sotto specie di “diritti” individuali di facciata, ma alla cui fruizione sono deputati soltanto i membri della setta mondialista. Nicholas Hagger, studioso inglese delle culture nazionali e storico affermato, ha recentemente scritto Il segreto dei padri fondatori. La nascita degli Stati Uniti fra puritani, massoni e la creazione del Nuovo Ordine Mondiale (Arethusa). Un libro che si inserisce in un filone, minoritario ma di valore, presente da svariati anni sul mercato delle idee ed inteso a strappare la maschera dalla faccia dello zio Sam, per presentarlo per quello che è: un impostore travestito da salvatore. Ricordiamo, solo a titolo d’esempio, libri come Il sistema per uccidere i popoli di Guillaume Faye o Un paese pericoloso di John Kleeves (entrambi pubblicati anni fa dalla Società Editrice Barbarossa), ma anche Gli eletti di Dio. Lo spirito religioso dell’America (Editori Riuniti) del giornalista Marco Nese. Proprio in quest’ultimo, ad esempio, si trova scritto in quale maniera la sindrome elettiva degli antichi e degli attuali puritani non abbia per nulla in vista una democrazia sociale, quanto piuttosto una “repubblica teocratica” su base oligarchica, strumento diretto di una ristretta minoranza di fondamentalisti, che si spacciano con virulenza come possessori di un mandato universale, intorno al quale veniamo assicurati che si tratta della diretta volontà del Geova biblico. Quella che normalmente la si direbbe una patologia da alienati è divenuta la giustificazione di un gigantesco potere che avanza pretese di universalità, e che ottiene incredibili riscontri di assuefazione e persino di condivisione, attraverso lo strumento della minaccia e dell’intimidazione, oppure dei beni materiali diffusi, col miraggio dei quali si registra l’ammorbidimento dell’opinione pubblica internazionale.

Che, per i Padri pellegrini, si trattasse di mentalità alienata di emarginati fanatizzati dal Libro, è cosa sulla quale gli studiosi paiono concordi. Un pugno di invasati, sfuggiti all’anglicanesimo nazionalista elisabettiano, è alle origini dell’insediamento sul territorio altrui nel Nuovo Mondo, attuato dopo una prima fase di oculato etnocidio locale. Un pugno, invece, di freddi e lucidi programmatori, i massoni sbarcati in America un secolo più tardi, è all’origine dell’organizzazione politica di quella volontà di dominazione mondiale, che i puritani, da soli e con la sola recita dei versetti biblici, mai sarebbero riusciti a trasformare in sonante realtà planetaria.

Hagger, a darci la misura di quanto profondi fossero e siano gli intrecci fra l’universalismo puritano e il cosmopolitismo massonico, scrive chiaro e tondo che «si può affermare che la filosofia puritana fosse in realtà rosacrociana». Fra il puritanesimo anglo-olandese, all’origine del millenarismo americano, e il ginepraio massonico e illuminista settecentesco (Illuminati di Baviera, Rosacroce, Giacobiti, Priorato di Sion, templarismi vari, neo-catarismi, etc.) correva un unico filo. Si trattava di erigere la Nuova Sion in terra vergine, dopo che il tentativo di sovvertire i poteri tradizionali in Europa (ad es. contro i Borbone o i Tudor) era per il momento fallito. Poiché: «L’ordine di Weishaupt fu finanziato dalla casa sionista dei Rothschild e da altri quattro ebrei» e il rabbino Adam Weishaupt – guida degli Illuminati – ebbe secondo Hagger una decisiva influenza sui puritani americani, entrò in contatto con lo stesso Benjamin Franklin e condizionò in chiave massonica l’afflato rivoluzionario dei coloni americani. Si preparò il terreno alla fase storica della rivoluzione. E di Franklin sappiamo, come scrive Hagger, che «dopo essere stato a lungo un sionista rosacroce, era stato inviato a Parigi nel dicembre 1776 come ambasciatore coloniale per chiedere aiuto militare e finanziario».

Legami stretti fra la massoneria illuminista e il puritanesimo. Legami ideologici, oltre che operativi. Il sogno massonico e quello biblista venivano fatti coincidere: il tempio di Salomone e la Nuova Sion potevano essere costruiti senz’altro nel Nuovo Mondo, ma ugualmente nel Vecchio si potevano organizzare le prime rivoluzioni, i primi sforzi per svellere lo Stato nazionale a forte tenuta e sostituirlo con lo Stato massonico a direttiva puritana. La coincidenza temporale fra la rivoluzione americana e quella francese parla da sola. Al culmine, il piano sovversivo mondiale: «Le direttive che Weishaupt ricevette furono quelle di unirsi con i templari, deporre i Borboni in Francia e dar forma alla Nuova Atlantide sionista baconiana nel Nuovo Mondo». Da allora anche i ciechi hanno potuto vedere che l’installazione del massonismo puritano negli USA e la sua alleanza con l’illuminismo francese hanno significato prima di tutto la lotta contro l’Europa, percepita come il primo, grande ostacolo al piano mondialista: guerra alla Spagna nel 1898, due guerre mondiali con utilizzo di massacro aereo scientifico e bomba atomica umanitaria, poi franca imposizione del modello cosmopolita ed etnopluralista, “patriottismo costituzionale”, sudditanza militare ed economica. Il tutto, sempre gestito in coppia dalla premiata agenzia internazionale America-Francia, con zelante succursale inglese: parliamo dell’Occidente atlantista, la rovina dell’Europa, la sua maledizione. Oggi, ad esempio nel caso della fasulla guerra anti-libica, con Obama e Sarkozy sembra di rivedere all’opera Franklin e Lafayette, e si ha la più plateale conferma che l’analisi di Hagger coglie nel segno.

Non si tratta, infatti, di vicende storiche che seguano vie casuali. Si tratta di un programma secolare di sovversione e di erezione di un potere unico mondiale, che liquidi le entità politiche solide e insedi il massonismo universale. Come ha scritto Carlo Marroni sul Sole-24 Ore, riferendosi proprio al libro di Hagger: «l’ascesa degli Stati Uniti non è stato un evento aleatorio ma un piano strategico progettato da un’élite massonica fin dagli albori della nuova Repubblica». Il “Grande Oriente d’America” guida la mano politica delle amministrazioni americane: e poco, anzi nulla importa che queste siano repubblicane o democratiche, nere o bianche o magari domani ispaniche o gialle. Ciò che importa è che l’unico obiettivo, quello fissato tra Seicento e Settecento, vada a compimento: repubblica mondiale gestita dall’oligarchia cosmopolita che, attraverso la gestione della finanza internazionale, si assicuri la “elezione divina” di governare il mondo.

L’unificazione di progetto puritano e progetto massonico in un unico piano poteva dirsi compiuta alla fine del secolo XVIII. Quei fanatici eversori vollero anche dare simboli eloquenti alla loro opera: la capitale Washington costruita con la planimetria templare della squadra e del compasso, ad esempio. Oppure la piramide e l’occhio del Grande Orologiaio, che ti fissa minaccioso dalla banconota da un dollaro. Tutto questo ha voluto significare una sfida essenzialmente anti-europea. Il Gran Maestro George Washington sapeva ciò che faceva. E con lui lo sapevano i suoi generali, i quali «praticamente tutti erano massoni templari», come attesta Hagger. Tirando le somme: era davvero tutta propaganda lo slogan dell’Asse sulla “congiura ebraico-massonico-plutocratica”? O non era invece, quella formula di lotta, uno sguardo profetico sull’abisso, la denuncia di un feroce piano di morte, il tentativo di salvare la nostra civiltà con la forza della disperazione? Ognuno, che non sia cieco e sordo, può rispondersi da solo.



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vendredi, 20 mai 2011

Regime Change at the IMF: The Frame-Up of DSK?

Regime Change at the IMF: The Frame-Up of Dominique Strauss-Kahn?

by Michel Chossudovsky

Ex: http://www.voltairenet.org/article169953.html

soubr.jpgAccording to Canadian scholar Michel Chossudovsky, the arrest of IMF Managing Director Dominique Strauss-Kahn has all the appearances of a frame-up ordered by powerful members of the financial establishment, in liaison with France’s Nicolas Sarkozy, whose presidency has served the interests of the US at the expense of those of France and the European Union. While there is for the moment no proof of a plot, the unusual circumstances of his arrest and imprisonment require careful examination.

Immediately following Strauss Kahn’s arrest, pressures were exerted by Washington to speed up his replacement as Managing Director of the IMF preferably by a non-European, an American or a handpicked candidate from an "emerging market economy" or a developing country.

Since the founding of the Bretton Woods institutions in 1945, the World Bank has been headed by an American whereas the IMF has been under the helm of a (Western) European.

Strauss-Kahn is a member of elite groups who meet behind closed doors. He belongs to the Bildeberger. Categorized as one of the world’s most influential persons, he is an academic and politician rather than a banker. In contrast to his predecessors at the IMF, he has no direct affiliation to a banking or financial institution.

But at the same time he is the fall guy. His "gaffe" was to confront the Washington-Wall Street Consensus and push for reforms within the IMF, which challenged America’s overriding role within the organization.

The demise of Strauss-Kahn potentially serves to strengthen the hegemony of the US and its control over the IMF at the expense of what former Defense Secretary Donald Rumsfeld called "Old Europe".

Blocking Strauss-Kahn, the Presidential Candidate

In recent years, a major shift has occurred in Europe’s political landscape. Pro-American governments have been elected in both France and Germany. Social Democracy has been weakened.

Franco-American relations have been redefined, with Washington playing a significant role in grooming a new generation of European politicians.

The presidency of Nicolas Sarkozy has, in many regards, become a de facto US "client regime", broadly supportive of US corporate interests in the EU and closely aligned with US foreign policy.

There are two overlapping and interrelated issues in the DSK frame-up hypothesis.

The first pertains to regime change at the IMF, the second to Strauss-Kahn as a candidate in France’s forthcoming presidential elections.

Both these processes are tied into the clash between competing US and European economic interests.

Strauss-Khan as a favorite of the Socialist Party, would have won the presidential elections leading to the demise of "Our Man in Paris" Nicolas Sarkozy.

As documented by Thierry Meyssan, the CIA played a central undercover role in destabilizing the Gaullist party and supporting the election of Nicolas Sarkozy. [1]

A Strauss-Kahn presidency and a "Socialist" government would have been a serious setback for Washington, contributing to a major shift in Franco-American relations. It would also have contributed to weakening America’s role on the European political chessboard. It would also have changed the balance of power between America and "Old Europe" (namely the Franco-German alliance). It would have had repercussions on the internal structure of the Atlantic Alliance and the hegemonic role of the US within NATO.

The Frame-Up?

Fifty-seven percent of France’s population, according to a May 17 poll, believe that Strauss-Kahn was framed, victim of a set-up. He was detained on alleged sexual assault and rape charges based on scanty evidence. He was detained based on a complaint filed by the Sofitel hotel where he was staying, on behalf of the alleged victim, an unnamed hotel chamber-maid:

- The 32-year-old maid told authorities that she entered his suite early Saturday afternoon and he attacked her, New York Police Department spokesman Paul J. Browne. She said she had been told to clean the spacious $3,000-a-night suite, which she thought was empty.

- According to an account the woman provided to police, Strauss-Kahn emerged from the bathroom naked, chased her down a hallway and pulled her into a bedroom, where he began to sexually assault her. She said she fought him off, then he dragged her into the bathroom, where he forced her to perform oral sex on him and tried to remove her underwear. The woman was able to break free again and escaped the room and told hotel staff what had happened, authorities said. They called police.

Challenging the Washington Consensus

What is at stake in the immediate wake of Strauss Kahn’s demise is "regime change" at the IMF.

The Obama administration has demanded his replacement by a more compliant individual. U.S. Treasury Secretary Timothy Geithner, former CEO of the New York Federal Reserve Bank is pushing for the replacement of Dominique Strauss-Kahn, "suggesting he can no longer perform his duties" as IMF Managing director.

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At the opening press conference for the IMF and World Bank meetings held in Washington, 8-10 October 2010.

"Geithner called for greater formal recognition by the IMF board that John Lipsky, the fund’s second-in-command, will continue serving as temporary managing director for an interim period. Although Strauss-Kahn has yet to resign [Editor’s note: Mr. Strauss-Khan announced his resignation on 19 May 2011.], sources say the IMF is in touch with his legal counsel to discuss his future at the organization."

What lies behind the frame-up scenario? What powerful interests are involved? Geithner had a close personal relationship with Strauss-Kahn.

On the floor of the US Senate (May 18), Senator Mark Kirk of Illinois, called for the resignation of DSK while calling upon the IMF’s deputy managing director John Lipsky to "assume full responsibility of the IMF" as interim managing director. The process of "permanent replacement should "commence at once," he said. John Lipsky is a well connected Wall Street banker, a former Vice Chairman at JPMorgan Investment Bank.

While the IMF is in theory an intergovernmental organization, it has historically been controlled by Wall Street and the US Treasury. The IMF’s "bitter economic medicine", the so-called Structural Adjustment Program (SAP), imposed on countless developing countries, essentially serves the interests of creditor banks and multinational corporations.

The IMF is not the main architect of these devastating economic reforms which have served to impoverish millions of people, while creating a "favorable environment" for foreign investors in Third World low wage economies.

The creditor banks call the shots. The IMF is a bureaucratic entity. Its role is to implement and enforce those economic policies on behalf of dominant economic interests.

Strauss Kahn’s proposed reforms while providing a "human face" to the IMF did not constitute a shift in direction. They were formulated within the realm of neoliberalism. They modified but they did not undermine the central role of IMF "economic medicine". The socially devastating impacts of IMF "shock treatment" under Strauss-Kahn’s leadership have largely prevailed.

Dominique Strauss Kahn arrived at the helm of the IMF in November 2007, less than a year prior to September-October 2008 financial meltdown on Wall Street. The structural adjustment program (SAP) was not modified. Under DSK, IMF "shock treatment" which historically had been limited to developing countries was imposed on Greece, Ireland and Portugal.

Under the helm of DSK as Managing Director, the IMF demanded that developing countries remove food and fuel subsidies at a time of rising commodity prices on the New York and Chicago Mercantile exchanges.

The hikes in food and fuel prices, which preceded the September-October 2008 Wall Street crash, were in large part the result of market manipulation. Grain prices were boosted artificially by large scale speculative operations. Instead of taming the speculators and containing the rise in food and fuel prices, the IMF’s role was to ensure that the governments of indebted developing countries would not in any way interfere in the "free market", by preventing these prices from going up.

These hikes in food prices, which are the result of outright manipulation (rather than scarcity) have served to impoverish people Worldwide. The surge in food prices constitutes a new phase of the process of global impoverishment.

DSK was complicit in this process of market manipulation. The removal of food and fuel subsidies in Tunisia and Egypt had been demanded by the IMF. Food and fuel prices skyrocketed, people were impoverished, paving the way towards the January 2011 social protest movement:

- Fiscal prudence remains an overarching priority for the [Tunisian] authorities, who also see the need for maintaining a supportive fiscal policy in 2010 in the current international environment. Efforts in the last decade to bring down the public debt ratio significantly should not be jeopardized by a too lax fiscal policy. The authorities are committed to firmly control current expenditure, including subsidies... [2]

- "[The IMF] encouraged the [Egyptian] authorities to press further with food and fuel subsidy reforms, and welcomed their intention to improve the efficiency and targeting of food subsidy programs. [meaning the selective elimination of food subsidies].

"Consideration should be given to introducing automatic adjustment mechanisms for domestic fuel prices to minimize distortions [meaning dramatic increases in fuel prices without State interference], while strengthening cash-based social programs to protect vulnerable groups. [3]

Under the helm of DSK, the IMF also imposed sweeping austerity measures on Egypt in 2008, while supporting Hosni Mubarak’s "efforts to broaden the privatization program". [4]

The Frank G. Wisner-Nicolas Sarkozy Connection

Strauss-Kahn was refused bail by Judge Melissa Jackson, an appointee and protégé of Michael Bloomberg, who in addition to his role as Mayor is a powerful figure on Wall Street.

Manhattan District Attorney Cyrus Vance Jr. charged (using scanty evidence) Strauss-Kahn "with seven crimes, including attempted rape, sexual abuse, forcible touching and unlawful imprisonment".

Who is Cyrus Vance Jr.?

He is the son of the late Cyrus Vance who served as Secretary of State in the Carter administration.

But there is more than meets the eye. Nicolas Sarkozy’s step father Frank G. Wisner II, a prominent CIA official who married his step mother Christine de Ganay in 1977 served as Deputy Executive Secretary of State under the helm of Cyrus Vance Senior, father of District Attorney Cyrus Vance Junior.

Is it relevant?

The Vance and Wisner families had close personal ties. In turn Nicolas Sarkozy had close family ties with his step father Frank Wisner (and his half brothers and sisters in the US and one member of the Wisner was involved in Sarkozy’s election campaign).

It is also worth noting that Frank G. Wisner II was the son of one of America’s most notorious spies, the late Frank Gardiner Wisner (1909- 1965), the mastermind behind the CIA sponsored coup which toppled the government of Mohammed Mossadegh in Iran in 1953. Wisner Jr. is also trustee of the Rockefeller Brothers Trust.

While these various personal ties do not prove that Strauss-Kahn was the object of a set-up, the matter of Sarkozy’s ties to the CIA via his step father, not to mention the ties of Frank G. Wisner II to the Cyrus Vance family are certainly worth investigating. Frank G, Wisner also played a key role as Obama’s special intelligence envoy to Egypt at the height of the January 2011 protest movement.

Did the CIA play a role?

Was Strauss-Kahn framed by people in his immediate political entourage including President Obama and Secretary of the Treasury Tim Geithner?

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Tabloids - May 16, 2011

Fair trial?

Innocent before proven guilty? The US media has already cast its verdict. Will the court procedures be manipulated?

One would expect that Strauss-Kahn be granted a fair trial, namely the same treatment as that granted to thousands of arrests on alleged sexual aggression charges in New York City.

How many similar or comparable alleged sexual aggressions occur on a monthly basis in New York City? What is the underlying pattern? How many of these are reported to the police? How many are the object of police follow-up once a complaint has been filed?

What is the percent of complaints submitted to police which are the object of police arrest? How many of these arrests lead to a judicial procedure? What are the delays in court procedures?

How many of these arrests lead to release without a judicial procedure?

How many of the cases submitted to a judicial procedure are dismissed by the presiding judge?

How many of the cases which are not dismissed are refused bail outright by the presiding judge? What is the basis for refusing bail?

How many are granted bail? What is the average amount of bail?

How many are imprisoned without bail based on scanty and incomplete evidence?

How many of those who are refused bail are sent to an infamous maximum security prison on Rikers Island on the orders of Michael Bloomberg?

Diplomatic Immunity

Press reports state that full diplomatic immunity does not apply to officials of the United Nations and the Bretton Woods institutions, namely that the US did not ratify the protocol.

U.N. convention on privileges and immunities for international agencies that most countries have ratified. It gives the heads of U.N. agencies broad immunity in the countries where they are based. But the U.S. government never became a party to that treaty. Employees of international agencies are covered by a U.S. statute that gives only limited immunity.

The relevant question is how has this limited immunity provision been applied in practice? Namely how many people with limited immunity (UN officials, officials of the Bretton Woods institutions) have been arrested and sent to a high security prison?

Has Strauss Kahn been given the same treatment as those arrested under the provisions of "limited immunity"?

Does the Strauss Kahn arrest fit the pattern? Or is Strauss Kahn being treated in a way which does not correspond to the normal (average) pattern of police and judicial procedures applied in the numerous cases of persons arrested on alleged sexual assault charges?

Without a frame-up instrumented by very powerful people acting in the background, the head of the IMF would have been treated in an entirely different way. The mayor of New York Michael Bloomberg and Timothy Geithner would have come to his rescue. The matter would have been hushed up with a view to protecting the reputation of a powerful public figure. But that did not happen.

Michel CHOSSUDOVSKY

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See also Voltaire Network’s file on the International Monetary Fund


[1] See "Operation Sarkozy: How the CIA placed one of its agents at the presidency of the French Republic", Voltaire Network, by Thierry Meyssan, 26 July 2008.

[2] IMF Tunisia: 2010 Article IV Consultation - Staff Report; Public Information Notice on the Executive Board Discussion; and Statement by the Executive Director for Tunisia, September 2010.

[3] IMF Executive Board Concludes 2008 Article IV Consultation with the Arab Republic of Egypt Public Information Notice, PIN No. 09/04, January 15, 2009.

[4] Ibid.

 

 

samedi, 10 octobre 2009

"Le cauchemar américain" de Robert Dôle

dole.jpgArchives de SYNERGIES EUROPEENNES - 1996

Le cauchemar américain

 

L'éditeur québecois VLB a publié Le cauchemar américain. Essai pamphlétaire sur les vestiges du puritanisme dans la mentalité américaine contemporaine de l'Américain Robert Dôle. D'origine puritaine, Robert Dôle a fait ses études à Harvard puis a vécu et enseigné en Europe aux universités de Metz, de Bonn et de Lodz. Il est actuellement professeur d'anglais dans une université du Québec. Nous lisons dans son introduction: «L'hypothèse fondamentale du présent essai veut que la mentalité américaine d'aujourd'hui soit le produit du puritanisme du XVIIième siècle. Cette idée parait banale à première vue, surtout si on pense à l'hypocrisie en matière sexuelle  —par exemple, les hommes politiques n'ont pas le droit de faire ce que font les citoyens—  ou au mouvement des born-again christians.  Ce qui m'intéresse pourtant, ce sont les vestiges de la mentalité puritaine précisément là où on ne les soupçonnerait pas de prime abord. Je pense, entre autres, à la politique extérieure des Etats-Unis, au mouvement de libération des homosexuels et au féminisme américain. Dans l'esprit des Américains, toute intervention militaire ou politique dans d'autres pays est justifiée par le fait que les Américains sont toujours le peuple élu de Dieu, ce dont les puritains du XVIIième siècle étaient entièrement convaincus. Le féminisme américain hérite aussi de cette tradition de pensée en donnant aux femmes le statut de peuple élu par rapport aux hommes déchus. Le mouvement homosexuel est une manifestation de la tradition de confession publique qui joue un rôle primordial dans le comportement puritain. Etablir des liens entre les sermons des pasteurs du XVIIième siècle et l'articulation des mouvements homosexuel ou féministe ne sera pas toujours tâche facile, mais le plaisir d'un raisonnement est aussi grand que le défi qu'il présente (...). Les vestiges du puritanisme dont il sera question ici ne sont pas limités aux Etats-Unis, bien qu'ils y trouvent leur origine. Le XXième siècle est le siècle américain par excellence. Les tendances sociales et culturelles qui y naissent se propagent dans tous les autres pays du monde, surtout dans les pays capitalistes avancés. Depuis la chute du socialisme en Europe et ailleurs, plus rien n'empêche l'américanisation de la planète. La critique de la situation actuelle de mon pays d'origine peut donc servir d'avertissement aux autres nations qui continuent à suivre, qui seraient tentées de le faire, l'exemple américain. Le malaise spirituel et social des Etats-Unis d'aujourd' hui risque fort bien de se reproduire dans les sociétés qui abandonnent leur mode de vie traditionnel pour adopter celui de la société de consommation».

 

Pierre MONTHÉLIE.

 

Robert DOLE, Le cauchemar américain, VLB éditeur (1010, rue de la Gauchetière Est, Montréal, Québec H2L 2N5), 1996. Distribué en France par Inter Forum.

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dimanche, 02 août 2009

Protestantisme, capitalisme et américanisme

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Nous avons aimé ce texte d'Edourd Rix:



Protestantisme, capitalisme et américanisme


On trouve chez de nombreux auteurs la distinction entre, d'une part, le catholicisme, christianisme négatif incarné par Rome, qui serait un instrument anti-germanique, et d'autre part, le protestantisme, christianisme positif émancipé de la papauté romaine, qui assumerait les valeurs traditionnelles germaniques. Dans cette perspective, Martin Luther serait un libérateur de l'âme allemande du carcan méditerranéen et despotique de la Rome papale, sa grande réussite étant la germanisation du christianisme. Les Protestants s'inscriraient donc dans la lignée des Cathares et des Vaudois, autant de représentants de l'esprit germanique en rupture avec Rome. Mais en réalité, Luther est celui qui a fomenté le premier en Europe la révolte individualiste et antihiérarchique, laquelle devait se traduire, sur le plan religieux, par le rejet du contenu «traditionnel» du catholicisme, sur le plan politique par l'émancipation des Princes allemands de l'Empereur, sur le plan du sacré par la négation du principe d'autorité et de hiérarchie, et donner une justification religieuse au développement de la mentalité marchande.

Sur le plan religieux, les théologiens réformés oeuvrent pour un retour aux sources, au christianisme des Ecritures, sans addition et sans corruption, c'est à-dire aux textes de la tradition orientale. Si Luther se rebelle contre «la papauté instituée par le diable à Rome», c'est uniquement parce-qu'il refuse l'aspect positif de Rome, la composante traditionnelle, hiérarchique et rituelle subsistant dans le catholicisme, l'Eglise marquée par l'ordre et le droit romain, par la pensée et la philosophie grecques, en particulier celle d'Aristote. D'ailleurs, ses paroles fustigeant Rome comme «Regnum Babylonis», comme cité obstinément païenne, ne sont pas sans rappeler celles employées par L’Apocalypse hébraïque et les premiers chrétiens contre la ville impériale.

Le bilan est tout aussi négatif sur le plan politique. Luther, qui se présentait comme «un prophète du peuple allemand», favorisa la révolte des Princes germaniques contre le principe universel de l'Empire, et par conséquent, leur émancipation de tout lien hiérarchique supranational. En effet, par sa doctrine qui admet le droit de résister à un empereur tyrannique, il légitimait au nom de l'Evangile, la rébellion contre l'autorité impériale. Au lieu de reprendre l'héritage de Frédéric II, qui avait affirmé l'idée supérieure du Sacrum Imperium, les Princes allemands, en soutenant la Réforme, passèrent dans le camp anti-impérial, n'ambitionnant plus que d'être des souverains «libres».

De même, la Réforme se caractérise, sur le plan du sacré, par la négation du principe d'autorité et de hiérarchie, les théologiens Protestants n'acceptant aucun pouvoir spirituel supérieur à celui des Ecritures. Effectivement, aucune Eglise ni aucun Pontifex n'ayant recu du Christ le privilège de l'infaillibilité en matière de doctrine sacrée, chaque chrétien est apte à juger de lui-même, par un libre examen individuel, en dehors de toute autorité spirituelle et de toute tradition dogmatique, la Parole de Dieu. Outre l'individualisme, cette théorie protestante du libre examen n'est pas sans lien avec un autre aspect de la Modernité, le rationalisme, l'individu qui a rejeté tout contrôle et toute tradition se fiant à ce qui, en lui, est la base de tout jugement, la raison, qui devient alors la mesure de toute vérité. Ce rationalisme, bien plus virulent que celui existant dans la Grèce antique et au Moyen-Age, donnera naissance à la philosophie des Lumières.

A partir du XVIè siècle, la doctrine protestante fournira une justification éthique et religieuse à l'ascension de la bourgeoisie en Europe, comme le démontre le sociologue Max Weber dans L'Ethique protestante et l'Esprit du Capitalisme, étude sur les origines du capitalisme. D'après lui, pendant les phases initiales du développement capitaliste, la tendance à maximiser le profit est le résultat d'une tendance, historiquement unique, à l'accumulation bien au-delà des biens de consommation personnelle. Weber trouve l'origine de ce comportement dans «l'ascétisme» des Protestants marqué par deux impératifs, le travail méthodique comme tâche principale dans la vie et la jouissance limitée de ses fruits. La conséquence non intentionnelle de cette éthique, qui était imposée aux croyants par les pressions sociales et psychologiques pour prouver son salut, fut l'accumulation de richesse pour l'investissement. Il montre également que le capitalisme n'est qu'une expression du rationalisme occidental moderne, phénomène étroitement lié à la Réforme. De même, l'économiste Werner Sombart dénoncera la Handlermentalitat (mentalité marchande) anglosaxonne, conférant au Catholicisme un rôle non négligeable de barrage contre la progression de l'esprit marchand en Europe occidentale.

Libéré de tout principe métaphysique, des dogmes, des symboles, des rites et des sacrements, le Protestantisme devait finir par se détacher de toute transcendance et mener à une sécularisation de toute aspiration supérieure, au moralisme et au puritanisme. C'est ainsi que dans les pays anglosaxons puritains, particulièrement en Amérique, l'idée religieuse en vient à sanctifier toute réalisation temporelle, la réussite matérielle, la richesse, la prospérité étant même considérées comme un signe d'élection divine. Dans son ouvrage Les Etats-Unis aujourd'hui, publié en 1928, André Siegfried, après avoir souligné que «la seule vraie religion américaine est le calvinisme’, écrivait déjà : «Il devient difficile de distinguer entre aspiration religieuse et poursuite de la richesse (...). On admet ainsi comme moral et désirable que l'esprit religieux devienne un facteur de progrès social et de développement économique». L'Amérique du Nord figure, selon la formule de Robert Steuckers «l'alliance de l'Ingénieur et du Prédicateur», c'est-à-dire l'alliance de Prométhée et de Jean Calvin ou encore de la technique ravie à l'Europe et du messianisme puritain issu du monothéisme judéochrétien. Transposant en termes profanes et matérialistes le projet universaliste de la chrétienté, elle entend supprimer les frontières, les cultures, les différences afin de transformer les peuples vivants de la Terre en des sociétés identiques, régies par la nouvelle Sainte-trinité de la libre entreprise, du libre échange mondial et de la démocratie libérale. Indéniablement, Martin Luther, et, plus encore, Jean Calvin, sont les pères spirituels de l'Oncle Sam...

Quant à nous, jeunes Européens, nous rejetons viscéralement cet Occident individualiste, rationaliste et matérialiste, héritier de la Réforme, de la pseudo Renaissance et de la Révolution française, autant de manifestations de la décadence européenne. Nous préférons toujours Faust à Prométhée, le Guerrier au Prédicateur, Nietzsche et Evola à Luther et Calvin.

Edouard Rix est un des animateurs de la revue Le Lansquenet (disponible sur
www.librad.com).