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dimanche, 08 février 2026

Quand la droite européenne en aura-t-elle fini avec Trump?

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Quand la droite européenne en aura-t-elle fini avec Trump?

Peter W. Logghe

Source: https://www.facebook.com/peter.logghe.94

Dire qu’une grande partie de ce que l’on appelle la « droite européenne » voit dans l’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis une percée du populisme de droite, et que ces élections ont aussi laissé entrevoir le meilleur espoir pour les partis de droite en Europe, c’est ouvrir une porte grande ouverte. Trump a été soutenu dans ses provocations par la droite européenne, car, comme j’ai lu quelque part sur une page Facebook: «Trump est l’anti-illusion. Il ne parle pas le langage de l’auto-illusion européenne d’après-guerre, mais celui de la réalité. Brutale. Parfois maladroite. Souvent exagérée. Mais ancrée dans une seule vérité simple: le monde ne suit pas des lignes directrices morales, mais des rapports de force».

Une partie de cette sympathie de droite était liée aux réactions pavloviennes de figures comme Björn Soenens et d’autres face à chaque intervention du président américain. Une autre partie avait aussi à voir avec le fait que Donald Trump ose au moins dire ce qu’il pense: «Si vous voulez la paix, préparez-vous à la guerre!». De même, la politique de Trump en matière d’immigration illégale, une politique dure qui porte peu à peu ses fruits, a pu recueillir beaucoup de compréhension de la part de la droite européenne. N’est-ce pas Trump qui réalisait ce qu’il avait promis aux électeurs ?

L’intervention de Trump fait-elle fondre le soutien électoral de la droite européenne?

Les premiers mois de bonheur semblent derrière nous: la menace de taxes à l’importation, le mépris du président américain pour ses partenaires de l’OTAN, et pour couronner le tout, la crise du Groenland ont probablement fait réaliser à certainrs figures de la droite européenne que Trump considère l’Europe comme insignifiante, voire gênante, et qu’il ne sert que les intérêts américains. Qu’il ne croit qu’au droit du plus fort — de l’Amérique donc. Et que ceux qui lui mettent des bâtons dans les roues sont traités avec brutalité, mépris.

À quel moment la sympathie idéologique se transforme-t-elle en soumission politique ou, au contraire, en rébellion politique? La politique migratoire de Trump pourrait bien devenir ce moment de basculement. Comme j’ai aussi lu quelque part sur Facebook : «Arrêter la migration illégale? Aucun problème. Poursuivre les clandestins et les expulser du pays? Aucun problème. Mais tuer des gens de cette façon, c’est une ligne qu’on ne peut pas franchir». La méthode de Trump — brutale, violente, qui semble même désorganisée — cause des soucis à (une partie de) la droite en Europe. Pour la droite européenne, une politique migratoire stricte ne peut être efficace que si elle s’inscrit dans un cadre ordonné, juridiquement fondé et politiquement soutenu. Le soutien à une politique migratoire stricte en Europe de l’Ouest s’élargit, mais jusqu’à quand, avec les actions de Trump en arrière-plan ?

Copier les méthodes américaines ne serait pas seulement une erreur, cela risquerait aussi d’être sanctionné politiquement. Et là réside probablement le plus grand danger pour la droite en Europe: la politique migratoire de Trump freine-t-elle la percée électorale des partis de droite radicale en Europe de l’Ouest, et empêche-t-elle indirectement ces partis d’accéder au pouvoir? Et comment prendre ses distances d’un président et de ses méthodes sans perdre sa crédibilité?

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