dimanche, 15 février 2026
Polemos. La condition de la guerre

Polemos. La condition de la guerre
Andrea Marcigliano
Source: https://electomagazine.it/polemos-la-condizione-della-gue...
Une réflexion, en marge de ce qui se passe sous nos yeux.
La chute du monde dans une guerre générale. Mondiale, si l’on veut la définir ainsi, bien qu’elle soit fragmentée en une pluralité de guerres et de petits conflits déconnectés les uns des autres.
Seulement en apparence, cependant. Car la condition de la guerre est générale. Et, surtout, ce sont les intérêts, qui déclenchent tant de conflits, qui sont généraux.
Bien, j’en ai déjà parlé. Peut-être même trop.
Ce qui, cependant, m’apparaît maintenant de façon presque angoissante, c’est autre chose.
La guerre, la condition de la guerre, est une constante dans l’histoire et dans la vie des hommes.
La paix ? Il est désolant de le constater, mais ce ne sont que des périodes de trêve. Plus ou moins courtes. Qui ont pour seul but de se reposer, de récupérer forces et énergies pour revenir à la lutte.


L’exemple qui me vient à l’esprit est la Guerre du Péloponnèse. Tel que nous l’a racontée Thucydide, du moins en partie. Et puis telle qu'elle le fut par d’autres, par Xénophon, etc.
Une guerre très longue. Interrompue par de longues, très longues trêves parfois. Parfois par des trêves saisonnières, car on combattait au printemps, en été. En automne et en hiver, on se consacrait aux activités agricoles nécessaires.
Ainsi, des générations entières ont grandi en Grèce antique sans connaître la paix, sauf comme une trêve courte et occasionnelle.
Et même lorsque Athènes, vaincue, capitula, il n’y eut pas de paix. De nouveaux conflits commencèrent. La Confédération de Delphes, le Tyran de Fère, Thèbes d’Epaminondas…

Et puis Philippe de Macédoine (buste) et son fils Alexandre…
Il n’y eut donc jamais la paix utopique et idyllique. Absolue. C'est une illusion. Un rêve.
Notre histoire, celle de l’humanité en général, est bien illustrée par celle de la Grèce antique.
Prenons presque le temps présent.
La longue trêve, de plus d’un demi-siècle, s'appelle la Guerre froide. Qui, certes, a représenté une saison de paix, bien qu'angoissée, pour nous, Européens.
Et qui, cependant, a vu se déclencher et se dérouler des guerres ailleurs. Menées directement entre les États-Unis et l’URSS, ou plus exactement, par procuration. Le Vietnam, la Corée… juste deux exemples parmi tant d’autres.
Puis, la chute de l’URSS. La Glasnost, vouée à l’échec, de Gorbatchev. Les années folles et dissipées d'Eltsine.
Mais ce n’était pas la paix. Juste une illusion d’hégémonie mondiale américaine. Représentée par Bill Clinton qui riait. Et jouait du saxophone.
Cela a duré très peu de temps. Tout comme la “fin de l’histoire”, théorisée par Fukuyama, n’a duré que l'espace d'un instant. Qui a dû ensuite vite rétropédaler. Faire un mea culpa sincère.
Et nous voilà déjà aux portes de l’Ukraine. Du conflit mondial asymétrique dont ils subissent les ravages. Inconscients.
Mais avant cela, il y a eu la Somalie, les guerres africaines, le Moyen-Orient perpétuellement en flammes… et je pourrais continuer, longtemps, très longtemps. Malheureusement.
Alors? Je pense que les anciens Grecs avaient raison. La condition naturelle de l’homme est le conflit. La guerre. Le Polemos.

La seule possibilité pour nous, les humains, n’est pas de rêver la paix, impossible, mais d’établir des règles précises de guerre. Jusqu’à la ritualiser, comme dans les tournois du Moyen Âge lointain.
Ce qui manque aujourd’hui, malheureusement. Car les élites actuelles se révèlent pires qu’incompétentes. Totalement désintéressées du destin des peuples qu’elles devraient gouverner.
Et qui, au contraire, les conduisent à l’abattoir.
19:14 Publié dans Actualité, Polémologie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, guerre, polémologie |
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