dimanche, 12 juillet 2026
Les Verts veulent livrer d’urgence les missiles Taurus à l’Ukraine : ils sont les premiers des bellicistes allemands!

Les Verts veulent livrer d’urgence les missiles Taurus à l’Ukraine : ils sont les premiers des bellicistes allemands!
Tobias Riegel
Source: https://www.nachdenkseiten.de/?p=153561
Avec une récente motion au Bundestag visant à livrer « enfin et sans délai » des missiles Taurus allemands à l’Ukraine, les Verts confirment une fois de plus leur statut de militaristes les plus impitoyables du Parlement. L’exigence des Verts de détruire « des rampes de lancement, des dépôts de munitions et des sites de production » sur le territoire russe à l’aide de missiles allemands est d’une telle irresponsabilité qu’il est difficile de trouver les mots pour fustiger cette option politique. Un commentaire de Tobias Riegel.
Comme le rapportent les médias, les Verts ont déposé mercredi dernier au Bundestag une motion demandant la livraison de missiles de croisière Taurus et d’autres mesures pour un appui encore plus soutenu à l’Ukraine. La motion des Verts se trouve sur format pdf, et on peut notamment y lire:
« Il est en outre nécessaire de permettre à l’Ukraine d’attaquer avec précision des cibles militaires situées derrière le front, afin de réduire durablement la capacité offensive de la Russie. La destruction de rampes de lancement, de dépôts de munitions et de sites de production peut contribuer à diminuer l’intensité des attaques contre la population civile. De telles mesures sont conformes au droit international et servent directement à la protection de la population. Le gouvernement fédéral devrait donc abandonner son blocage concernant la livraison de missiles de croisière et mettre sans délai le Taurus à la disposition de l’Ukraine. »
Le résultat du vote illustre le rôle très radical que jouent les Verts, même parmi les nombreux autres bellicistes qui siègent au Bundestag: selon Abgeordnetenwatch, la motion des Verts a été rejetée par 510 voix contre, et soutenue par 79 voix pour, et une abstention.
« Le parti le plus dangereux du Bundestag »
Ce rejet est certes une bonne chose, mais cela ne signifie nullement que le pacifisme règne désormais au Bundestag en dehors des Verts. Bien sûr, le comportement de vote est aussi lié à la discipline de groupe. De plus, la politique du gouvernement fédéral envers l’Ukraine doit elle-même déjà être qualifiée de radicale, destructrice et dangereuse. Certaines composantes de la CDU sont depuis longtemps favorables à la livraison des Taurus.
Mais il y a toujours plus destructeur, et les Verts assument ici – à l’instar d’un Roderich Kiesewetter par exemple – par leur radicalité particulière sur la question de la guerre, la fonctions de relativiser en comparaison le caractère déjà radical de la politique ukrainienne du gouvernement fédéral. La coalition Noir-Rouge peut alors prétendre: « Voyez, il existe des forces au Parlement qui sont encore plus irresponsables que nous ».
Et l’exigence qui veut que, 85 ans après l’agression allemande contre l’Union soviétique, des missiles allemands détruisent à nouveau des cibles en Russie est d’une telle irresponsabilité que les mots nous manquent pour dénoncer cette posture. À l’ancienne déclaration de Sahra Wagenknecht, selon laquelle les Verts seraient le parti le plus dangereux du Bundestag, les Verts viennent d’apporter une nouvelle confirmation.
19:52 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, bellicisme, allemagne, verts, missiles taurus, europe, affaires européennes |
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La tyrannie réglementariste

La tyrannie réglementariste
Par Juan Manuel de Prada
Source: https://noticiasholisticas.com.ar/la-tirania-ordenancista...
Lors de la dernière journée de la récente Foire du Livre de Madrid, la mairie a donné l’ordre d’évacuer et de fermer le parc du Retiro « face au danger de tempête ». Les centaines d’éditeurs et de libraires, qui participaient à la foire, ont obéi sans broncher à l’injonction, qui a dû leur causer un grand préjudice financier ; car, vu qu’il s’agissait du dernier dimanche après-midi de la foire, les prévisions de ventes étaient très élevées. C'est ce que l’on appelle, selon Étienne de La Boétie, la « servitude volontaire ».
Finalement, il n’y eut ni tempête ni diable. À huit heures du soir, un petit vent s’est levé et fut suivi d'une pluie insignifiante, voire supportable. Cela aurait été une de ces magnifiques fins d’après-midi entrecoupées de pluie, qui sont l’emblème même de la Foire du Livre de Madrid: jusqu’à vingt heures, les ventes auraient été très importantes ; et à partir de vingt heures, le public serait parti en masse, occasion que libraires et auteurs auraient mise à profit pour discuter agréablement, tandis que, de temps en temps, un lecteur intrépide et détrempé serait venu aux stands demander la dédicace de son écrivain préféré. C’est ainsi que cela se passe depuis des décennies à la Foire du Livre de Madrid, sans qu’aucun incident ne soit jamais survenu.
Mais voilà qu’il y a quelques années, un enfant est mort dans le Retiro, écrasé par un arbre tombé sur lui lors d’une tempête. J’ignore si l’arbre était sain et vigoureux et a fini par céder à la force du vent, ou s’il s’agissait au contraire d’un arbre décrépit que les services municipaux n’avaient pas abattu par négligence. Mais qu’une personne meure tous les dix ou vingt ans, écrasée par un arbre dans le parc du Retiro, bien que ce soit une tragédie déplorable, ne peut justifier que, dès qu’une tempête est annoncée, le parc soit fermé, encore moins lorsqu’y est organisée une foire dont l’économie de nombreuses familles dépend.
En Espagne, sans qu’il y ait besoin de tempête, il se produit chaque jour en moyenne deux accidents liés à des chutes de matériaux en provenance de bâtiments; parfois, l’un de ces effondrements blesse un passant, et dans de rares cas, il y a un décès.
Puisque le zèle réglementariste de la mairie de Madrid ordonne de fermer le Retiro chaque fois qu’une tempête est annoncée (même si l’alerte s’avère ensuite fausse ou exagérée), pourquoi ne pas interdire aux Madrilènes de marcher sur les trottoirs de leurs rues face au danger, bien plus réel, de chutes de corniches ou de balcons? Pourquoi ne pas leur imposer le confinement à domicile chaque fois qu’une tempête réelle ou fictive est annoncée? Et, considérant que les chutes de façades se produisent sans même qu’il y ait de tempête, par simple obsolescence des matériaux, pourquoi ne pas décréter un confinement perpétuel des Madrilènes, qui pourraient ainsi être totalement à l’abri des chutes d’objets et des écrasements suite à des éboulements? Mieux encore, pourquoi ne pas tous les enfermer dans des prisons de haute sécurité pour les sauver aussi des accidents domestiques?
Le malicieux Hobbes expliquait déjà que le Léviathan, s’il veut réduire la liberté de ses sujets, doit d’abord attiser en eux la peur de la mort pour ensuite se présenter comme leur protecteur.
Les fausses garanties de sécurité constituent l’un des mécanismes de manipulation les plus efficaces de toutes les tyrannies qui ont existé dans le monde. Le tyran offre à ses sujets une illusion de sécurité qui exige en contrepartie une soumission de plus en plus totale et inconditionnelle ; c’est ainsi, par exemple, que les pauvres gens soumis ont accepté de vivre, pendant la pandémie de coronavirus, en portant un masque en plein air.
Dans les tyrannies d’autrefois, le tyran inspirait des peurs fondées sur l’existence d’ennemis tangibles (puissances étrangères, races envahissantes, criminels en liberté); dans les tyrannies modernes, le tyran attise des peurs fondées sur des ennemis invisibles que seule la « science » détecte, à travers de savantes statistiques, des bulletins météo, des analyses cliniques, des tests de laboratoire; et ainsi, il est possible de transformer la vie des pauvres gens soumis en un ordonnancement minutieux.
Comme nous l’enseigne Montesquieu, « il n’est point de pire tyrannie que celle qui s’exerce à l’ombre des lois et sous la protection de la justice ». Ou peut-être y en a-t-il une pire encore : celle où le peuple accepte les réglementations les plus insensées, croyant illusoirement que le tyran se soucie de sa sécurité, croyant grotesquement qu’en suivant ses ordonnances il pourra se garantir l’invulnérabilité, même au prix de sa propre ruine, parce qu’il a fini par aimer la servitude. C’est ce qui arrive en cette époque maudite.
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La Russie, l’Asie centrale et les enjeux de la politique infrastructurelle

La Russie, l’Asie centrale et les enjeux de la politique infrastructurelle
Leonid Savin
Nous nous trouvons actuellement dans une situation de turbulence géopolitique. D’un côté, pour beaucoup, cela signifie incertitude et instabilité politique. Pour d’autres, c’est un bon moment sur le plan géoéconomique, en particulier pour les acteurs qui restent en dehors des principaux conflits. Les politologues évoquent également l’essor des puissances moyennes, qui saisissent les opportunités existantes pour améliorer leur position en politique, économie, diplomatie et relations internationales.
Dans le même temps, il existe l’opinion selon laquelle, alors que le système mondial passe de l’unipolarité à la multipolarité, nous vivrions un moment « techno-polaire ».
Même les pays technologiquement avancés ou les groupes d’États tels que l’UE et les États-Unis s’inquiètent fortement de leur souveraineté en matière de technologies critiques, notamment la microélectronique et les industries de haute technologie. La raison en est la même: la désindustrialisation des dernières décennies et la tentative d’utiliser la mondialisation pour exploiter d’autres pays vers lesquels la production avait été délocalisée. Mais avec la défragmentation mondiale actuelle, le leadership technologique devient la clé non seulement des avantages économiques, mais aussi de la stabilité géopolitique.
L’instabilité globale nous amène également à réfléchir à la fiabilité des partenaires – les États fragiles pourront-ils, si leur situation politique ou économique se détériore, honorer leurs engagements ?
L’élément de liaison entre tous les acteurs est l’infrastructure. Récemment, un terme spécifique est apparu: l’infra-politique, qui reflète la manière dont les décisions politiques influent sur la situation des systèmes infrastructurels. Tous les États sont des maillons de la chaîne complexe d’interdépendance de l’économie mondiale.
D’autres risques peuvent s’y ajouter. Ainsi, les sanctions peuvent avoir des effets à long terme sur des pays tiers, car en général, elles visent des secteurs de l’économie qui impactent directement la concurrence économique et la capacité de défense du pays. Certains estiment que même le changement climatique peut également constituer une menace pour l’accès aux produits essentiels et aux innovations technologiques.
L’UE, par exemple, en est arrivée aux conclusions suivantes concernant la géopolitique des chaînes d’approvisionnement :
– il existe des risques significatifs liés à la diversification commerciale en raison de la fragilité des États, de la coercition économique et de la vulnérabilité climatique ;
– une stratégie de diversification sera probablement appliquée aux matières premières ou aux composants, plutôt qu’aux secteurs de haute technologie tels que les processeurs de données, les télécommunications ou les superordinateurs, qui nécessitent de lourds investissements pour être viables ;
– les partenariats commerciaux existants de l’UE constituent une bonne base pour la diversification.
En parallèle, l’UE a tenté d’introduire des droits de douane et des mesures restrictives spéciales, espérant ainsi obtenir un avantage concurrentiel. Et la nouvelle politique tarifaire de Donald Trump montre que cela n’apporte qu’une grande incertitude dans les relations transatlantiques (et au-delà), recréant effectivement un régime de grandes puissances plus caractéristique du XIXᵉ siècle que du XXᵉ siècle avec ses guerres mondiales et son système bipolaire de la seconde moitié du siècle. Reste à savoir si les principaux acteurs joueront la même partition ou si chacun aura la sienne.

Il semble que la seconde option soit plus probable et, dans le contexte de la géostratégie, nous devrions porter plus d’attention à l’Eurasie. Géopolitiquement, elle a toujours été le prix convoité par les acteurs extérieurs comme la Grande-Bretagne ou les États-Unis. Il existe une sorte d’idée fixe sur le contrôle de l’Eurasie, que l’on retrouve dans les ouvrages de H. Mackinder, N. Spykman et Z. Brzezinski.
Pour cette raison, la pression sur la Russie – le Heartland de l’Eurasie – se poursuit. Pour la même raison, les pays occidentaux tentent activement de pénétrer en Asie centrale, l’arrière-pays, qui est un lien organique entre le Nord et le Sud, ainsi qu’entre l’Ouest et l’Est de l’Eurasie.
En tant qu’ex-républiques soviétiques, ces pays disposent déjà d’une certaine infrastructure, mais en tant qu’États indépendants, ils ont leurs propres intérêts, souvent en contradiction avec ceux de leurs voisins. Tout d’abord, il existe des disputes constantes sur le contrôle des ressources en eau, rares dans la région, ce qui soulève automatiquement la question de l’hydro-hégémonie. L’énergie est un autre facteur important. Outre les réseaux électriques existants, la possibilité de construire de nouvelles centrales nucléaires est envisagée.
L’entreprise russe Rosatom a déjà des contrats avec le Kazakhstan et l’Ouzbékistan, où la construction d’unités de production d’électricité est prévue. Des négociations sont en cours avec le Kirghizistan pour la construction de centrales nucléaires de faible puissance. L’accroissement de l’indépendance énergétique grâce à de tels projets aidera considérablement ces pays et réduira les tensions liées à la faim énergétique. Il faut considérer tout cela dans le contexte des défis mondiaux actuels, liés aussi au changement climatique, à l’utilisation de nouvelles technologies comme les centres de données, ainsi qu’à l’extraction continue de minerais, du pétrole et du gaz aux terres rares.
En même temps, il est impossible de ne pas prêter attention aux mythes de la soi-disant économie verte, dont les éléments actifs pourraient avoir un effet indésirable à l’avenir. Par exemple, les panneaux solaires et les éoliennes. En plus du fait que leur fabrication nécessite des composants associés à une production polluante, il n’existe pas de technologie véritablement écologique pour l’élimination des panneaux usagés ou des pales d’éoliennes. Par conséquent, ils ne peuvent pas être considérés comme 100 % respectueux de l’environnement. De plus, il faut tenir compte des rapports de prix des producteurs – la Chine domine actuellement dans ce secteur, où la surproduction de ces produits, ainsi que des véhicules électriques, est manifeste. Dans le cadre de la stratégie « Belt and Road », la Chine procède également à des interventions commerciales dans la vente de systèmes de production d’énergie alternative.

Ainsi, nous observons un type particulier de concurrence, où la Chine possède un avantage évident, puisque ce segment reste demandé par les consommateurs extérieurs.
Si nous continuons à parler de la concurrence dans la région, la Turquie est un autre acteur actif, mais elle tente d’agir par des stratégies culturelles et politiques – à travers l’Organisation des États turciques, en construisant une idéologie artificielle d’identité commune. Parallèlement à la stratégie culturelle et politique, une voie économique est également développée, comprenant la vente de marchandises et l’intérêt des entreprises de construction. Ces entreprises sont théoriquement intéressées par le développement des infrastructures des pays d’Asie centrale, car cela leur permet d’obtenir des contrats de construction.
Cependant, il reste deux acteurs majeurs – l’Iran et l’Afghanistan. Les deux pays ont montré une résilience remarquable face à la pression extérieure, y compris l’usage de la force militaire. Les deux nécessitent une reconstruction et un développement à long terme, notamment par le biais de projets d’importance internationale comme le corridor Nord-Sud, le gazoduc TAPI et bien d’autres initiatives.
Nous avons maintenant dressé un tableau des faits. Cependant, des solutions concrètes sont nécessaires pour mettre en œuvre des stratégies à grande échelle. Cela dépend désormais des dirigeants politiques des pays de la région. Pour sa part, la Russie est intéressée par le renforcement de la stabilité de ce « ventre mou » de l’Eurasie, de sorte que l’élargissement des partenariats en matière de projets d’infrastructures serait dans l’intérêt de Moscou.
18:26 Publié dans Actualité, Géopolitique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, géopolitique, russie, asie centrale |
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L’Ukraine devient le fondement d’un nouvel ordre militaire européen

L’Ukraine devient le fondement d’un nouvel ordre militaire européen
Elena Fritz
Source: https://t.me/global_affairs_byelena
Le sommet de l’OTAN à Ankara doit aboutir à trois résultats: une dissuasion crédible et immédiate dirigée contre la Russie, un nouveau partage des charges entre les États-Unis et l’Europe, et un signal clair à Kiev. Les trois points convergent vers le même axe: l'axe Russie–Ukraine.
L’architecture est déjà claire. Les États-Unis restent l’ancre nucléaire et technologique, mais réduisent leur part dans la défense conventionnelle. L’Europe prend en charge les soldats, la production d’armes, la logistique et les coûts. L’Ukraine continue de se battre. Ce n’est pas une situation temporaire, mais une formule: contenir la Russie, maintenir l’Ukraine comme moyen de pression, transformer l’OTAN pour qu’elle soit dirigée par une puissance moins fiable.
La règle des 5%, décidée à La Haye et mise en œuvre à Ankara, impose un redéploiement qui va bien au-delà des budgets de la défense : il s’agit de passer de la politique sociale à la militarisation. Pour l’Allemagne, cela signifie: elle offrira la plus grande aide européenne à l’Ukraine, installera une nouvelle brigade en Lituanie, jouera un rôle de leader dans la Baltique, et tout cela sera financé par un pays qui débat en même temps de la réforme des retraites et du retard en matière d’investissement.
La véritable faiblesse de cette construction, c’est le temps. L’argent peut être alloué par décision du cabinet. Les officiers, les usines de munitions, la défense antiaérienne, les dépôts de pièces détachées, et la volonté sociale d’accepter de lourdes pertes ne se créent pas en quelques années. Celui qui ne regarde que le pourcentage confond symbolique politique et capacité réelle.
Et dans cette formule, l’Ukraine n’a pas besoin de gagner – elle ne doit simplement pas perdre de façon à ce que toute la nouvelle architecture de défense européenne s’effondre avec elle. C’est pourquoi l’aide se poursuivra, même en cas de conflits, de déficits budgétaires et de mécontentement croissant des électeurs européens. L’aide d’urgence à un pays attaqué devient le pilier de la propre architecture de sécurité européenne, un glissement que personne n’admet ouvertement pour l’instant.
La séparation entre dissuasion et capacité de guerre ne tient pas. Plus les troupes, les états-majors, les dépôts et les voies de communication de l'Allemagne sont intégrés dans les structures de l’OTAN, plus la marge de manœuvre politique en cas de crise se réduit. Une escalade sur le flanc est toucherait les structures allemandes dès la première heure – ce n’est pas un effet secondaire, c’est l’objectif.
À cela s’ajoute le rôle croissant de la Turquie: contrôle de l’accès à la mer Noire, industrie de l’armement en expansion, interface entre la Russie, le Moyen-Orient et la Méditerranée. En contrepartie, Erdoğan exige d’être intégré à la structure de défense européenne – une «OTAN à 360 degrés» qui place les menaces du Sud sur un pied d’égalité avec la Russie. L’Allemagne paie et organise, la Turquie devient une charnière, l’Ukraine un avant-poste, et Washington peut, sans perdre de son influence, se consacrer à d’autres régions du monde. Voilà quel est le véritable partage des charges qui était inscrit à l'ordre du jour à Ankara, donc il ne s'agissait pas seulement de l'aide à l'Ukraine.
L’aspect le plus lourd de conséquences: il n’y a toujours pas de but final qui a été désigné. Isolement de la Russie? Reconquête totale par Kiev? Une impasse militaire qui finirait par imposer des négociations? Sans réponse, la dissuasion devient une préparation sans fin pour atteindre le prochain niveau d’escalade.
Ainsi, le sommet d'Ankara prendra bien plus de décisions que celle d'accorder de nouveaux milliards pour Kiev. Il s’agit d’établir un ordre dans lequel l’Allemagne paie et dirige, l’Ukraine continue de se battre, et les États-Unis, bien que moins impliqués, restent la puissance dominante. Cela peut stabiliser l’OTAN à court terme. Mais de là à dire que cela rend l’Allemagne plus sûre, c’est une autre question.
#geopolitique@global_affairs_byelena
14:49 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, otan, europe, affaires européennes, ukraine |
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