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vendredi, 09 novembre 2018

La Chine et les Ouïghours

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La Chine et les Ouïghours

Les médias occidentaux se taisent : dans l’Empire du Milieu, on combat fermement l’islamisme

Par Georg Immanuel Nagel

En Chine, l’immense majorité de la population est d’ethnie han mais il y a tout de même beaucoup de minorités. La seule qui, aux yeux du gouvernement chinois actuel, pose problème est une ethnie turque (turcophone), celle des Ouïghours, qui vit dans la région du Sin Kiang. Les neuf millions d’Ouïghours se sentent proches des autres peuples turcophones, ont adopté les mêmes symboles nationaux et, surtout, partagent avec eux la même foi islamique. Le mouvement islamiste global intervient également dans le Sin Kiang, si bien que cette province est, depuis un certain temps déjà, la proie du terrorisme et d’une violence au quotidien.

La situation est d’autant plus tendue que le Sin Kiang, sur son flanc occidental, a des frontières avec le Pakistan et l’Afghanistan, ce qui a pour conséquence que les réseaux terroristes ne manquent jamais de logistique et d’approvisionnements. L’objectif politique des Ouïghours est d’obtenir l’indépendance du « Turkestan oriental », comme ils appellent leur zone de peuplement, et d’en faire une théocratie islamique. Ils espèrent avoir gain de cause en utilisant des méthodes sanglantes. Outre les assassinats ciblés, les musulmans du Sin Kiang envisagent d’autres modes d’agression, comme les viols collectifs. A plusieurs reprises des désordres de grande ampleur et des émeutes ont eu lieu. Ensuite, les autorités chinoises reprochent aux Musulmans de ne participer que très modérément à la vie économique et d’avoir une tendance très généralisée à carotter, à éviter toute profession constructive.

En superficie, le Sin Kiang est la plus grande des régions de Chine mais elle est peu peuplée. Tout comme au Tibet, Beijing pratique une politique de « grand remplacement » de la population pour contraindre les petits peuples récalcitrants à s’étioler, à abandonner le terrain. Contrairement aux esprits confus des gauches européennes, les Chinois savent pertinemment bien que les immigrations massives et les mixages, qui en résultent, ne produisent pas un « paradis multiculturel » mais détruisent la population qui subit cette immigration. En 1955, les Ouïghours représentaient encore 73% de la population du Sin Kiang ; en 2010, ils n’étaient plus que 45%.

La première mesure prise contre les djihadistes a été d’interner de nombreux agitateurs et prédicateurs haineux. Par l’introduction de lois sévères, on a plus ou moins interdit l’islamisme. Les écoles coraniques au statut douteux et les mosquées qui prêchaient la terreur ont dû fermer leurs portes. Il est désormais illégal de donner aux enfants des prénoms à connotation religieuse. Les Ouïghours deviendront-ils dès lors le premier peuple musulman, où un homme sur deux ne se prénommera pas Mohammed ? En plus, le port de la barbe chez les hommes et du voile chez les femmes a été mis à l’index. L’oisiveté, l’absence de métier ou d’emploi, très répandue, va être combattue par les autorités chinoises, par la rééducation dans des centres de formation professionnelle. De très nombreux extrémistes sont désormais obligés de se rendre dans ces centres pour y apprendre à devenir de braves citoyens chinois, travailleurs et consciencieux. Des programmes obligatoires ont été établis, non seulement pour offrir aux islamistes oisifs des perspectives d’emploi, mais aussi pour les resocialiser et pour corriger leurs comportements, jugés aberrants par les autorités chinoises, au point de les soumettre, le cas échéant, à des traitements psychiatriques. L’objectif de ces programmes drastiques est d’éviter la constitution de sociétés parallèles animées par le radicalisme islamiste.

Tous ceux qui ont un comportement « séparatiste », selon les autorités chinoises, sont visés, par exemple, ceux qui n’envoient pas leurs enfants dans les écoles officielles, qui prêchent des doctrines extrêmes ou tentent de forcer d’autres à des pratiques religieuses, risquent bien, à court terme, de gagner un séjour gratuit dans une institution contrôlée par l’Etat.

Dans ce cadre, il est curieux de constater que les Ouïghours reçoivent le soutien de l’Occident (censé combattre le radicalisme islamiste). Les médias mainstream ne présentent l’affaire que dans une seule optique : ils déplorent les mesures prises par les Chinois contre les extrémistes ouïghours mais n’évoquent jamais le terrorisme qui les a provoquées. Les médias occidentaux présentent les Ouïghours comme de pauvres agneaux innocents, méchamment discriminés pour leur foi inoffensive. En Europe centrale, nous avons reçu, récemment, un enrichissement ouïghour car, à Munich, s’est établi le siège du « Congrès mondial des Ouïghours » ; auparavant, les animateurs de cette association pouvaient en toute légalité circuler en Turquie. Le mouvement ouïghour en exil a la réputation d’être soutenu par la CIA.

L’association, établie à Munich, est toutefois beaucoup plus influente aux Etats-Unis. L’Oncle Sam s’engage à chaque occasion en faveur des Ouïghours. Ainsi, la diplomate américaine Kelley Currie a prononcé un discours particulièrement agressif contre la Chine lors d’une assemblée de l’ONU, portant contre elle de nombreuses accusations. D’après Currie, les mesures que prennent les Chinois sont contraires aux droits de l’homme et les Ouïghours sont injustement placés sous le joug de Beijing et discriminés.

Ce discours tonitruant de Madame Currie laisse sous-entendre que ces islamistes ouïghours, comme d’autres groupes fondamentalistes auparavant, sont sciemment promus par Washington pour faire avancer les stratégies géopolitiques du Pentagone. Créer des conflits intérieurs en Chine puis stigmatiser les Chinois en les posant comme des oppresseurs brutaux constitue une stratégie qui entre bien dans l’ordre du jour des stratèges américains, qui, depuis longtemps déjà, cherchent à freiner l’expansion du dragon chinois dans le monde.

Georg Immanuel Nagel.

(article paru dans « Zur Zeit », Vienne, n°42/2018 – http://www.zurzeit.at ).

 

vendredi, 26 octobre 2018

El problema del uigur en China - La parte no mencionada

F. William Engdahl*

Ex: http://www.elespiadigital.com

En los últimos meses, los medios de comunicación occidentales y la Administración de Washington han empezado a aumentar el tono y el llanto por los supuestos campos de internamiento en masa en el noroeste de China, donde supuestamente hasta un millón de chinos uigures chinos están siendo detenidos y sometidos a diversas formas de "reeducación" Varias cosas sobre estas acusaciones son notables, entre otras cosas, todas se originan en los medios de comunicación occidentales o en las ONG "demócratas", como Human Rights Watch, cuyo historial de veracidad deja mucho que desear.

En agosto, Reuters publicó un artículo titulado "La ONU dice que tiene informes creíbles de que China tiene millones de uigures en campamentos secretos ".  Una mirada más cercana al artículo no revela una declaración oficial de la ONU, sino más bien una cita de un miembro estadounidense de un Comité “independiente” que no habla en nombre de la ONU: Resulta que la fuente de la acusación es una ONG asesora independiente de las Naciones Unidas llamada Comité para la Eliminación de la Discriminación Racial. La única persona que hizo la acusación es la miembro del comité estadounidense Gay McDougall, dijo que estaba "profundamente preocupada" por esos "informes creíbles", pero McDougall no citó ninguna fuente para sostener tan dramática acusación.

Reuters en su artículo refuerza su reclamo citando a una turbia ONG con sede en Washington DC, los Defensores de los Derechos Humanos de China (CHRD). En una excelente investigación de sus antecedentes, los investigadores del Proyecto Grayzone descubrieron que el CHRD obtiene cientos de miles de dólares de gobiernos anónimos. La notoria ONG del gobierno de los Estados Unidos, National Endowment for Democracy, está en la lista de los sospechosos habituales.  Cabe destacar que el discurso oficial de CHRD es el de Human Rights Watch, que también recibe fondos de la fundación Soros .

El 'problema uigur'

El verdadero estado de los asuntos en la provincia china de Xinjiang con respecto a los uigures no es posible verificarlo de forma independiente, si existen tales campamentos y, de ser así, quién está allí y bajo qué condiciones. Sin embargo, lo que se sabe es el hecho de que las agencias de inteligencia de la OTAN, entre ellas Turquía y Estados Unidos, junto con Arabia Saudita, han estado involucradas en el reclutamiento y despliegue de miles de musulmanes uigures chinos para unirse a Al Qaeda y otros grupos terroristas en Siria en años recientes. Este lado de la ecuación merece una mirada más cercana, es el lado omitido por Reuters o la embajadora de la ONU Haley.

Según los medios sirios citados en Voltaire.net, en la actualidad hay aproximadamente 18,000 uigures étnicos en Siria concentrados en una aldea en la frontera turca con Siria. Desde 2013, dichos soldados uigures han abandonado el combate junto a Al Qaeda en Siria y han regresado a Xinjiang de China, donde han llevado a cabo varios actos terroristas .  Esta es la punta de un desagradable proyecto vinculado a la OTAN para plantar las semillas del terror y el malestar en China. Xinjiang es un eje de la Iniciativa Belt Road de China, la encrucijada de los oleoductos y gasoductos estratégicos de Kazajstán, Rusia y un objetivo principal de la intriga de la CIA desde hace décadas.

Turquía, al menos desde 2011, al comienzo de la guerra de la OTAN contra la Siria de Bashar al Assad, desempeñó un papel clave en facilitar el flujo de personas uigures chinas para convertirse en jihadistas en Siria. Utilizo deliberadamente el "desempeñó" para dar beneficio de la duda si todavía es el caso hoy o si se ha convertido en una vergüenza para Erdogan y la inteligencia turca. En cualquier caso, parece que miles de uigures están escondidos en Siria, la mayoría alrededor de Idlib, el último puesto de avanzada de terroristas en contra del régimen.

Washington y el ETIM

En un excelente análisis de la historia de terror uigur de China, Steven Sahiounie, periodista sirio del 21st Century Wire, señala que una organización clave detrás de la radicalización de la juventud uigur china es el Movimiento Islámico del Turquestán Oriental (ETIM) y su frente político, el Partido Islámico del Turquestán (TIP), también conocido como "Katibat Turkistani". Cita un discurso pronunciado en Estambul en 1995 por el entonces alcalde de Turquía, Erdogan, quien declaró: "Turquestán Oriental no es sólo el hogar de los pueblos turcos, sino también la cuna de la historia, la civilización y la cultura turcas....". Turkestán oriental es Xinjiang.

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Hoy en día, el ETIM está encabezado por Anwar Yusuf Turani, autoproclamado Primer Ministro de un gobierno en el exilio que reside principalmente en Washington DC. ETIM se mudó curiosamente a Washington en un momento en que el Departamento de Estado de los Estados Unidos lo catalogó como una organización terrorista. De acuerdo con un informe publicado en una revista de investigación turca,  “las actividades de la organización de Turani para el gobierno en el exilio se basa en un informe titulado El Proyecto de Xinjiang”. Eso fue escrito por el ex oficial superior de la CIA Graham E. Fuller en 1998 para Rand Corporation y revisado en 2003 bajo el título "El problema de Xinjiang"

He escrito extensamente en mi libro, The Lost Hegemon, sobre el agente de la CIA Graham Fuller. El ex jefe de la estación de la CIA en Estambul, Fuller, fue uno de los arquitectos del asunto Irán-Contra de Reagan-Bush, y uno de los principales patrocinadores o gestores de la CIA que facilitó el exilio en los EE. UU. de Gülen. También, estaba según lo ha reconocido, en Estambul la noche del fallido golpe de Estado de 2016. En 1999, al final de la era Yelstin rusa, Fuller declaró: “La política de guiar la evolución del Islam y de ayudarlos contra nuestros adversarios funcionó maravillosamente bien en Afganistán contra los rusos. "Las mismas doctrinas todavía pueden usarse para desestabilizar lo que queda del poder ruso, y especialmente para contrarrestar la influencia china en Asia Central". Esto es a lo que se dirige la encubierta arma estadounidense del ETIM. Como la mayoría de los grupos yihadistas sunitas radicales, el ETIM de Turani obtuvo fondos de los grupos sunitas radicales de Arabia Saudita.

A fines de la década de 1990, Hasan Mahsum, también conocido como Abu-Muhammad al-Turkestani, fundador del Movimiento Islámico de Turkestán Oriental, trasladó la sede de ETIM a Kabul, refugiándose en el Afganistán controlado por los talibanes. En Afganistán, los líderes de ETIM se reunieron con Osama bin Laden y otros líderes de Al Qaeda, los talibanes y el Movimiento Islámico de Uzbekistán, entrenados por la CIA, para coordinar acciones en Asia Central.  Cuando el ejército paquistaní asesinó a al-Turkestani en 2003, Turani se convirtió en jefe de ETIM y llevó su sede a Washington.

En su propio estudio de Xinjiang, Graham E. Fuller, observó que los grupos de Arabia Saudita habían diseminado la literatura religiosa extremista wahabí y posiblemente armas pequeñas a través de simpatizantes en Xinjiang, y que los jóvenes musulmanes turcos habían sido reclutados para estudiar en las madrasas en Pakistán, Afganistán y Arabia Saudita. Añade que los uigures de Xinjiang también lucharon junto a Al Qaeda de Osama bin Laden en Afganistán en la década de 1980.

Fuller señaló: "Los uigures están realmente en contacto con grupos musulmanes fuera de Xinjiang, algunos de ellos se han radicalizado en una política yihadista más amplia en el proceso, unos pocos estuvieron involucrados anteriormente en guerrilla o entrenamiento terrorista en Afganistán, y otros están en contacto con Mujahideen musulmanes internacionales luchando por las causas musulmanas de independencia en todo el mundo".

El documento político de la Estrategia de Defensa Nacional del Pentágono de enero de 2018 nombró explícitamente a China junto con Rusia como las principales "amenazas" estratégicas para la supremacía de los Estados Unidos. Afirma que "la competencia estratégica entre estados, no el terrorismo, es ahora la principal preocupación en la seguridad nacional de los Estados Unidos". De manera explícita, y esto es nuevo, el periódico del Pentágono no cita una amenaza militar sino económica. Afirma: "China y Rusia ahora están socavando el orden internacional desde el interior del sistema al explotar sus beneficios al mismo tiempo que socavan sus principios y 'reglas ” La escalada de la guerra comercial contra China, las amenazas de sanciones sobre las denuncias de los campos de detención uigur en Xinjiang, las amenazas de sanciones si China compra equipos de defensa rusos, todo está destinado a interrumpir la única amenaza emergente para un orden global de Washington, que no se basa sobre la libertad o la justicia, sino sobre el miedo y la tiranía. Cómo las autoridades de China están tratando de lidiar con este asalto completo es otro tema. El contexto de los acontecimientos en Xinjiang, sin embargo, debe quedar claro. Occidente, y especialmente Washington, participa en una guerra irregular a gran escala contra la estabilidad de China.

*consultor de riesgos estratégicos y profesor. Es licenciado en política por la Universidad de Princeton

mardi, 25 septembre 2018

Il barone Ungern e il cuore di tenebra dell’Asia

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Il barone Ungern e il cuore di tenebra dell’Asia

Andrea Scarabelli

Ex: http://blog.ilgiornale.it

Ripercorrere la vita del barone Ungern von Šternberg è un po’ come risalire il fiume alla ricerca del Kurtz di Cuore di tenebra. A unire il «Dio della guerra» e il colonnello conradiano è tutta una visione del mondo, l’idea di sperimentare un piano del reale differente interrogando la sorte, combattendo una personalissima guerra anche nei ranghi altrui, a muto convegno di forze ancestrali che, come la lava al di sotto della crosta terrestre, periodicamente riaffiorano, sussurrandoci quanto sia vano e scialbo il concetto di “civiltà”. Ad accomunare Kurtz e Ungern è questo timor panico, nonché l’idea di un destino individuale che, se percorso fino in fondo, si apre alle vastità della Storia, captandone le linee direttrici: non resta allora che interpretare, come antichi aruspici, il corso dei secoli, e magari forzarli un po’, modernissimi rivoluzionari in un mondo di ombre – le loro, le nostre. Di carne l’uno, di carta l’altro (differenza del tutto trascurabile) il loro impatto sull’immaginario contemporaneo è stato ed è notevole. Se, nella celebre pellicola di Coppola, Kurtz/Brando è finito in Vietnam, su Ungern sono usciti nel corso degli anni parecchi libri, anche in italiano, da Il dio della guerra di Jean Mabire a Il signore terribile di Mehmet Frugis, fino al meno interessante Il barone sanguinario di Vladimir Pozner. Il Barone (di volta in volta «pazzo», «sanguinario», «nero» e chi ne ha più ne metta, a rimpolpare la logorrea aggettivale di certa critica) è uno di quegli sconfitti che periodicamente torna a infestare l’immaginario collettivo, spesso raggiungendo lidi inaspettati. C’è chi vince nello spazio, e chi nel tempo.

La sua figura ha affascinato molti, moltissimi, tra cui (in ordine sparso e senz’ansie di esaustività) il Custine delle Lettere dalla Russia, che il genio eretico di Piero Buscaroli – ben prima di Adelphi – volle inserire nella collana La Torre d’Avorio di Fògola. Tra i “mostri sacri” di Eduard Limonov (assieme a de Sade, Lenin, Mao, Freud e altri), lo troviamo anche nei fumetti, ad esempio in Corte Sconta detta Arcana di Hugo Pratt (uscito su «Linus» nel 1974) e nel recente Ungern Khan. Il dio della guerra di Crisse, edito da Ferrogallico. Come tutti i miti, Ungern si è staccato pian piano dalla realtà storica per raggiungere quella archetipica, quella che non si esaurisce nel puro movimento. Se n’era accorto Jacques Bergier, che nella sua autobiografia spirituale, Je ne suis pas une légende, nel terzo capitolo evocò

Baron_Freiherr_Roman_Nikolai_Maximilian_von_Ungern-Sternberg_2.png«i cavalieri liberi del barone Ungern von Sternberg, che sognava di ricostituire in Asia l’impero di Gengis Khan. Un giorno salì a cavallo e disse ai suoi: “Vado su Alpha Centauri”. Nessuno lo vide mai più».

Ma chi era Roman Fëdorovič Ungern von Šternberg? Nato a Graz nel 1886, aristocratico di origini tedesche avvicinatosi al buddhismo, ebbro di sogni euroasiatici e fucilato dai bolscevichi nel 1921, fu uno di «quei personaggi del XX secolo che fecero il ben noto percorso durante il quale il cavaliere errante si trasforma in bandito da strada, il sognatore in boia e il mistico in dottrinario». A scrivere queste parole è Leonid Juzefovič, autore della monumentale biografia – per cui vale la pena spendere il termine definitiva – edita da Mediterranee nella traduzione di Paolo Imperio, Il Barone Ungern. Vita del Khan delle steppe. Una puntuale ed esaustiva ricostruzione della vita e del contesto storico nel quale operò il protagonista di questa storia, ricca di dati e testimonianze di prima mano.

Quell’uomo, che scelse di partecipare e forzare il volgere dei tempi, vi compare in tutte le sue sfaccettature, dalla Prima guerra mondiale, che lo trovò nella Galizia polacca a combattere contro turchi e austriaci. Nella Grande Guerra vide l’opportunità di una rigenerazione del mondo – nell’ottima compagnia, se è per questo, d’insospettabili come Sigmund Freud e Thomas Mann – nonché la fine della borghesia occidentale, a cui scelse di giurare vendetta. Anche perché, più che la posta in gioco, a lui interessava la dimensione avventurosa della guerra, il suo aspetto, per così dire, “ludico”. A prescindere da cause e finalità, insomma, l’importante è non deporre le armi. D’altronde, dirà tempo dopo, liquidando una volta per tutte la faccenda, «è soltanto ora, negli ultimi trent’anni, che si combatte per un’idea». Ungern insegue la guerra come altri vezzeggiavano la pace, il vino o le donne, e questo sembra non piacere a molti suoi commilitoni: alcuni temono addirittura gli venga assegnata una promozione…

Croce di San Giorgio, dopo la rivoluzione di febbraio del 1917 viene spedito nell’Estremo Oriente, collocandosi nel mezzo del complesso scacchiere di quegli anni contro tutto e contro tutti, insieme all’ataman cosacco Semënov. In un mondo che guarda verso altri lidi, si dichiara fedele agli Zar, adepto di un culto appena rovesciato. «La più alta incarnazione dell’idea di Zarismo è nel collegamento della divinità con il potere umano» dirà sotto interrogatorio, ribadendo una concezione anagogica della regalità. Ma a chi fare riferimento per restaurarla? Secondo solo alle battute di caccia, lo sport prediletto dagli aristocratici è il regicidio; per quanto riguarda la borghesia, neanche a parlarne. Il bolscevismo? Una teologia politica tra le altre. La Terza Internazionale? È nata tremila anni fa e risponde al nome di Babilonia. I rivoluzionari? Dei posseduti. Cosa pensasse della rivoluzione ce lo dice anche Ferdinand Ossendowski nel suo Bestie, uomini e dèi, sempre edito da Mediterranee, che contiene un lungo dialogo dell’autore con il Barone, nella città di Urga (l’attuale Ulan Bator). Ne citiamo solo un estratto:

«Nei testi buddhisti leggiamo apocalittiche profezie relative all’epoca in cui comincerà la guerra tra gli spiriti buoni e quelli maligni. Allora si scatenerà la Maledizione sconosciuta che travolgerà il mondo, distruggendo la civiltà, annientando tutti i popoli. La sua arma è la rivoluzione. Durante ogni rivoluzione, l’intelligenza creatrice che si fonda sul passato viene sostituita dalla giovane forza bruta del distruttore. L’uomo verrà allontanato da tutto ciò che è divino e spirituale».

Intanto, in Russia infuria la guerra civile tra Rossi e Bianchi: la capitolazione dei secondi è ormai questione di mesi. Così, abbandona la Russia ma non si accoda agli altri comandanti che riparano in Europa. Ha sete di Oriente e sceglie la Mongolia, in cui si reca con un manipolo di volontari che costituiscono la sua Divisione di cavalleria. Vi giunge nel 1921: da due anni il paese è occupato dall’esercito cinese, e il suo capo spirituale, il Bogd Kan, ottavo Buddha reincarnato, è agli arresti domiciliari a Urga. Dopo aver chiesto un pronostico ai lama, con forze di gran lunga inferiori ai difensori, attacca e conquista la città, liberando il Bogd Kan ed espellendo dalla Mongolia le truppe cinesi. È il febbraio del 1921.

Nominato Kan, i Mongoli guardano a lui come una figura circonfusa dei misteri più insondabili: è anzi da quel momento in poi che si va formando intorno a Ungern un’aura mitologica, con tanto di poteri soprannaturali, invulnerabilità e invisibilità (concessa per intercessione di alcuni spiriti con cui è in contatto). Si dice che di notte cavalchi in valli e steppe accarezzate dagli ululati dei lupi e ricoperte da ossa umane (una variante lo vuole invece a bordo di una carrozza senza cavalli, scagliata nell’oscurità), si mormora che parli con i gufi, animali psicopompi per eccellenza. Il «Dio della Guerra» sperimenta l’ebbrezza – molto russa prima che nietzschiana, molto superominista, molto Raskol’nikov – di essere al di là del bene e del male. Non lesina – come non ha mai lesinato – in punizioni e torture, talune di una crudeltà spaventosa: d’altronde, non c’è tempo per la morale, quando ci si trova nell’occhio del ciclone che solvet saeclum in favilla.

Agli inizi del marzo 1921, la Mongolia viene proclamata monarchia indipendente. Temuto per la sua efferatezza («non era un sadico per natura» scrive Juzefovič, «ma un ideologo della violenza come ultima risorsa capace di poter ragionare con un’umanità decaduta») e ammirato per i suoi innegabili successi militari, la sua ombra si proietta sul futuro, dando il la a una leggenda che nemmeno la morte s’incaricherà di estinguere. Si dice sia la reincarnazione di Gengis Khan: è suo, tra l’altro, l’anello che porta al dito, di rubino, con uno swastika, simbolo del rapporto tra uno e molteplice (dopo la sua morte verrà sequestrato da Bljucher e passerà poi a Žukov). A questo proposito, è molto interessante la testimonianza di George Roerich, figlio del più famoso Nikolaj, pittore metafisico delle altezze himalayane: «Lui per i Mongoli non è morto… nelle canzoni mongole il Barone dorme lontano dalla portata dei mortali, rifugiato nelle profondità del Tibet, nel Regno di Shambala. Il giorno predestinato questo potente Bator, grande come una montagna, risvegliato, agiterà il mondo. Le sue imprese partiranno dalla Mongolia radunando sotto la sua bandiera i popoli e gli porteranno gloria e onore senza precedenti».

Ex Oriente lux recita l’antica sentenza. Era anche il motto del Barone, per cui la Mongolia non rappresentava che una prima tappa; le sue ambizioni erano più ampie. Riconquistato l’Oriente, avrebbe fatto lo stesso con l’Occidente, in una lunga guerra dal retrogusto escatologico che avrebbe liberato la Russia e poi l’Europa da se stesse. Un grandioso quanto utopistico progetto dal respiro eurasiatico: l’Occidente declinante, precipitato in quel nuovo Medioevo che siamo soliti chiamare modernità, avrebbe ricevuto nuova linfa. Fu proprio con l’idea di sparigliare le carte, rovesciando la bussola della Storia, facendo sorgere il sole ad Ovest, che nel 1921, con quattromila soldati, provò a invadere la Russia sovietica, certo dell’appoggio delle popolazioni siberiane. Dopo qualche barlume di vittoria, la catastrofe fu totale, e un tradimento perpetrato dai suoi stessi uomini dettò il passo agli eventi successivi.

Catturato dai bolscevichi, fu processato pubblicamente il 15 settembre 1921 a Novonikolaievsk (l’attuale Novosibirsk) e fucilato lo stesso giorno, eletto a simbolo del peggio di quel passato. Di ciò che gli accadde dopo l’arresto c’è poco da dire, salvo i suoi interrogatori, durante i quali espose la sua visione del mondo. Una sola cosa: poco prima che il plotone facesse fuoco – consegnando le sue spoglie ad Alpha Centauri, al firmamento di ciò che resiste allo scorrere del tempo – ingoiò la croce di San Giorgio assegnatagli tanti anni e tante vite prima, per salvarla dalle mani rapaci dei boia.

jeudi, 20 septembre 2018

Is Langley Unleashing Jihad Against China in Xinjiang?

Is Langley Unleashing Jihad Against China in Xinjiang?

Ex: https://www;strategic-culture.org

One of the early indicators that the Trump administration’s foreign and security policies would not be guided by the President’s own preferences but by those of the supposed “experts” – globalists, neoconservatives, and assorted retreads from the George W. Bush administration – with whom he unwisely has surrounded himself was the announcement of a “new” strategy on Afghanistan in August 2017.  It was neither new nor a strategy. President Donald Trump allowed his publicly stated preference to get the hell out to be overruled by the guys with the short haircuts who want to stay in Afghanistan, in effect, forever.

But why? What possible national interest could be advanced from a permanent American military presence in a godforsaken piece of real estate about as remote from the United States as it is possible to get while staying on this planet?

One answer was suggested by Colonel Lawrence Wilkerson (US Army-Ret.), former chief of staff to US Secretary of State Colin Powell, at the August 18, 2018, conference of the Ron Paul Institute. Wilkerson’s description of the subjective thinking of the US military has the ring of truth (presented here in authentic Pentagonese BLOCK LETTERS, emphasis added in bold):

‘HERE IS WHAT THE MOST POWERFUL AND MOST STRATEGICALLY-ORIENTED BUREAUCRACY IN OUR GOVERNMENT, THE MILITARY, HAS DECIDED FOR AFGHANISTAN.

‘THERE ARE THREE STRATEGIC REASONS WE WILL BE IN AFGHANISTAN, AS WE HAVE BEEN IN GERMANY SINCE WWII, FOR A VERY LONG TIME—WELL BEYOND THE ALMOST TWENTY YEARS WE HAVE BEEN THERE TO DATE.

‘THESE REASONS HAVE LITTLE TO DO WITH STATE-BUILDING, WITH THE TALIBAN, OR WITH ANY TERRORIST GROUP THAT MIGHT BE PRESENT.  THESE THINGS ARE ANCILLARY TO OUR REAL OBJECTIVES.

‘THE FIRST REAL OBJECTIVE IS TO HAVE HARD POWER DIRECTLY NEAR THE CHINESE BASE ROAD INITIATIVE (BRI) IN CENTRAL ASIA. 

‘ASK DONALD RUMSFELD HOW DIFFICULT IT WAS TO GET MAJOR MILITARY FORCES INTO THIS EXTRAORDINARILY DIFFICULT LAND-LOCKED TERRAIN IN THE FALL OF 2001.  FOR THAT REASON, WE ARE NOT ABOUT TO DEPART.

‘SECOND, IN AFGHANISTAN WE ARE RIGHT NEXT TO THE POTENTIALLY MOST UNSTABLE NUCLEAR STOCKPILE ON EARTH, PAKISTAN’S.  WE ARE NOT ABOUT TO LEAVE THAT EITHER.  WE WANT TO BE ABLE TO POUNCE ON THAT STOCKPILE VERY SWIFTLY SHOULD IT BECOME A THREAT.

‘THIRD, WE WANT TO BE ABLE TO MOUNT AND COVER WITH HARDPOWER CIA OPERATIONS IN XINJIANG PROVINCE, CHINA’S WESTERNMOST SECTION.  THESE WOULD BE OPERATIONS AIMED AT USING THE SOME 20 MILLION UIGHURS IN THAT PROVINCE TO DESTABLIZE THE GOVERNMENT IN BEIJING SHOULD WE SUDDENLY FIND OURSELVES AT WAR WITH THAT COUNTRY. 

‘I WILL WAGER THERE ARE NOT A HANDFUL OF OUR CITIZENS WHO REALIZE THAT WE—OUR MILITARY, THAT IS—PLAN TO BE IN AFGHANISTAN FOR THE ENTIRE TIME WE ARE CONSIDERING FOR OUR GRAND STRATEGY—AND PERHAPS BEYOND.’ 

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We are not yet overtly at war with China, but given Beijing’s quasi-alliance with Moscow and the growing prospect of a clash between the US and Russia in Syria or Ukraine it’s not too soon to suppose the self-proclaimed “steady state” already thinks of China as an enemy, or at least as a “great power competitor” that needs to be taken down a peg.  Of particular importance, as noted by Wilkerson, is the Belt and Road Initiative (BRI), the centerpiece of a greater Eurasian partnership, a key component of China’s bid to become a military superpower as well as an economic one.

Beijing’s geographical weak link to Eurasian partnership is Xinjiang, which is BRI’s logistics hub and China’s gateway to the west towards Central Asia, Russia, and Europe. It also conveniently happens to be the home of restive Muslim ethnic Uyghurs.

In short, Xinjiang is an ideal place for the CIA (per Wilkerson) to give Beijing a hotfoot and try to throw an impediment in the way of BRI and thus of Eurasian integration.

Whenever you see western governments and the legacy media wailing about the plight of “persecuted Muslims” somewhere (in a way they never do for Christians anywhere) it should be a tipoff the boys and girls over at Langley are pushing the start button on a jihad against someone for geopolitical reasons having nothing to do with human rights, religious freedom, or other ostensible bleeding heart concerns. That appears to be what we’re seeing today in the strident chorus of alarm from Congress calling for sanctions against Chinese officials.

We’ve seen this movie before. Today we see it against China and Beijing’s Belt and Road Initiative (the Uyghurs, and connectedly the Rohingya in Myanmar, directed against BRI’s China-Myanmar Economic Corridor through Rakhine State on the Bay of Bengal). In the past we saw it in Afghanistan (against the USSR), in the Balkans on behalf of Bosnian Muslims and Kosovo Albanians (against the Serbs), in the Caucasus on behalf of the Chechens (against Russia). Of course the successful overthrow and murder of the Libya’s Muammar Kaddafi and the not-yet-abandoned effort to effect regime change in Syria depend heavily on support for various al-Qaeda affiliates and offshoots.  

It’s significant that in all of our post-Cold War 1 military interventions every one (except for Bill Clinton’s invasion of Haiti) was ostensibly to free or rescue some suffering Muslims – never mind that in Afghanistan, Iraq, Libya, Syria, Yemen, Somalia, etc. we somehow ended up killing large numbers of the supposed beneficiaries. Just imagine how many oppressed Muslims we would need to kill liberating Iran! Meanwhile, as we continue to support the Saudi slaughter in Yemen with a US quasi-alliance with al-Qaeda there, there’s nothing to see, folks . . .

Recognizing these crocodile tears for what they are isn’t to suggest that bad things aren’t happening in Xinjiang. But based on past experience it’s reasonable to think that behind the fog of state-sponsored media propaganda the reality is more complex and involves a substantial element of western intelligence ginning up the jihadis against the kaffir Han as we have against many other targets.

As is the case with Myanmar, where the government’s claims of actual jihad terrorism – including massacring Hindu villagers – are dismissed out of hand, China’s policy in Xinjiang is condemned without reference to the demonstrable reality of outside-supported attacks. As noted by Moon of Alabama:

‘Since the early 1990s a number of terror incidents by the East Turkistan Islamic Movement (ETIM) [also known as the Turkestan Islamic Party] killed several hundred people in China. ETIM is sanctioned by the UN as an al-Qaeda aligned movement. Three years ago China decided to attack the problem at its roots. It prohibited Salafist-Wahhabi Islamic practice, which was only recently imported into the traditionally Sufi Uyghur-Muslim areas, and it tries to weed out any such ideology. It also fears the potential growth of an ethnic-nationalistic Turkic Uyghur movement, sponsored by Turkey, that could evolve into a separatist campaign.

‘People who are susceptible to such ideologies will be put through an reeducation training which includes language lessons in Mandarin and general preparation for the job market. This may not be the way 'western' countries mishandle a radicalization problem, but it is likely more efficient. There surly are aspects of the program that can be criticized. But to claim that these trainings happen in "concentration camps" and for nonsensical reasons is sheer propaganda.’

Further:

‘Xinjiang province is larger than Great Britain, France, Spain, and Germany combined. It is a mostly uninhabitable landscape of mountainous and desert terrain with a tiny population of some 24 million of which only 45% are Muslim Uyghurs of Turkic ethnicity. It would be rather unimportant outer province for China were it not at the core of the new Silk road connections.

‘It is a vulnerable point. An established insurgency in the area could seriously interrupt the new strategic communication lines.

‘Chinese strategists believe that the U.S., with the help of its Turkish, Saudi and Pakistani friends, was and is behind the Islamic and ethnic  radicalization of the Turkic population in the province. It is not by chance that Turkey transferred Uyghur Jihadis from Xinjiang via Thailand to Syria to hone their fighting abilities. That the New York Times publishes about the Xinjiang re-education project, and also offers the report in Mandarin, will only confirm that suspicion. China is determined to end such interference.’

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The fact is that the CIA and MI6 spooks love jihadis – they’re very “operational” as well as expendable. Case in point are several thousand Chinese Uyghurs fighting with the al-Qaeda-led terrorists in Syria’s Idlib province, where China’s President Xi Jinping no doubt will help Syria’s Bashar al-Assad and Russia’s Vladimir Putin ensure as many of them as possible never make it back home.

One inescapable irony is that the US and other intelligence services likely siccing their terrorist hounds on China represent governments that worship at the absurd altar of “diversity is strength,” unlike the countries they are targeting. Unashamed of their identity and culture, the Han Chinese aren’t buying it. As American nationalist Patrick Buchanan observes:

‘Consider China, which seeks this century to surpass America as the first power on earth. Does Xi Jinping welcome a greater racial, ethnic and cultural diversity within his county as, say, Barack Obama does in ours?

‘In his western province of Xinjiang, Xi has set up an archipelago of detention camps. Purpose: Re-educate his country's Uighurs and Kazakhs by purging them of their religious and tribal identities, and making them and their children more like Han Chinese in allegiance to the Communist Party and Chinese nation.

‘Xi fears that the 10 million Uighurs of Xinjiang, as an ethnic and religious minority, predominantly Muslim, wish to break away and establish an East Turkestan, a nation of their own, out of China. And he is correct.

‘What China is doing is brutalitarian. But what China is saying with its ruthless policy is that diversity—religious, racial, cultural—can break us apart as it did the USSR. And we are not going to let that happen.

‘Do the Buddhists of Myanmar cherish the religious diversity that the Muslim Rohingya of Rakhine State bring to their country?”

If Donald Trump really were master of his own house, maybe he could move forward on his pledge of an America First, national interest-based policy that finds “common ground” (as articulated at the same Ron Paul Institute conference by Colonel Doug Macgregor (US Army-Ret.)) with countries like Russia and China we continue to treat as adversaries.

But as things stand now, Trump’s nominal subordinates continue to do as they please as though someone else occupied the Oval Office. Perhaps they anticipate that will soon be the case

mercredi, 23 mai 2018

Renseignements russes et chinois : début d’une invasion de l’Asie centrale par l’EI couverte par les Etats-Unis

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Renseignements russes et chinois : début d’une invasion de l’Asie centrale par l’EI couverte par les Etats-Unis

 
 
Auteur : Par Andrey Afanasyev
Ex: http://www.zejournal.mobi

Des sources dans les agences militaires et de renseignement russes, disent que la préparation d’une opération offensive à grande échelle contre la Russie à travers le Tadjikistan et l’Ouzbékistan est dans la phase finale. Citant des données provenant de canaux de communication avec les ministères de la Défense de la Chine, du Pakistan et de l’Afghanistan, ils disent que l’Afghanistan est la pierre angulaire de ce plan.

Des messages similaires ont déjà été reçus, en particulier lors d’une récente conférence sur la sécurité qui s’est tenue à Tachkent, la capitale ouzbèke. Puis le ministre tadjik des Affaires étrangères Sirodzhiddin Aslov a annoncé publiquement l’activation des terroristes dans la région :

« Nous voyons l’activation de groupes terroristes, leur progression dans les régions du nord de l’Afghanistan, en particulier dans les territoires limitrophes du Tadjikistan, l’augmentation du nombre de partisans de l’EI et la participation d’un certain nombre de citoyens des républiques post-soviétiques aux groupes et mouvements terroristes présents en Afghanistan…. cela nous préoccupe sérieusement ».

Selon les agences de renseignement russes, le nombre de terroristes de l’EI opérant en Afghanistan varie de 2500 à 4000 personnes. Ces données ont été confirmées par le ministère de la Défense de la Chine. Les sources de la RPC affirment qu’au moins 3800 combattants opèrent dans 160 cellules terroristes mobiles. Ils sont concentrés dans la province de Nangarhar, à la frontière avec le Pakistan, où l’État islamique a augmenté la production et le trafic de drogue, ainsi que la création d’infrastructures pour la formation de combattants et de kamikazes.

Comment ça va se passer

Selon des sources militaires russes, des terroristes se retirent actuellement de Syrie et d’Irak par voie maritime jusqu’au port de Karachi, dans le sud du Pakistan. Après cela, ils arrivent à Peshawar près de la frontière afghane et s’installent dans la province de Nangarhar. Le nouveau siège de l’EI dans la région est situé dans le district d’Achin.

À partir de la fin de l’année 2017, les terroristes ont réussi à rassembler jusqu’à 500 combattants syriens et irakiens, dont plusieurs dizaines de femmes. Des sources disent que la plupart d’entre eux sont des citoyens de la France, du Soudan, du Kazakhstan, de la République tchèque, de l’Ouzbékistan, etc.

L’objectif principal de l’EI en Afghanistan est non seulement la déstabilisation du pays, mais aussi une invasion à grande échelle des républiques post-soviétiques d’Asie centrale : le Turkménistan, l’Ouzbékistan et le Tadjikistan afin d’attiser les tensions aux frontières sud de la Russie.

Les sources de renseignement russes disent qu’il y aura deux voies pour l’offensive de l’EI. L’une mènera au Tadjikistan à travers les provinces du Nuristan et du Badakhshan, l’autre passera par Farakh, Ghor, Sari-Pul et Faryab au Turkménistan.

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Mohammed Gulab Mangal.

Le principal responsable des opérations de l’EI est le gouverneur de la province de Nangarhar, Mohammad Gulab Mangal. Il utilise la structure des radicaux pour renforcer son influence dans les régions voisines. De plus, Mangal est bien connu pour sa participation aux opérations financières de l’EI. Des sources affirment que toute tentative de protestation des populations locales est violemment réprimée par les autorités, y compris par des opérations punitives contre les zones peuplées.

Mangal a été connecté aux services spéciaux américains pendant une longue période. La page Wikipédia à son propos dit que le gouverneur actuel de Nangarhar a pris part à une guerre contre les troupes soviétiques dans les années 80. Juste après l’invasion américaine en 2001, il a été nommé à la tête de l’autorité locale. Les médias occidentaux le considèrent comme un homme d’État efficace et juste. La BBC a même qualifié Mangal de « nouvel espoir pour Helmand », une province qu’il gouvernait.

Selon le ministère de la Défense afghan, l’EI prévoit d’augmenter son effectif à 5000 soldats dont la plupart seront cantonnés dans la province de Mangals.

Il est à noter que les deux plus grandes bases militaires américaines dans le pays sont situées près de la région de NAngarhar contrôlée par l’EI et un gouvernement corrompu.

Traduction : Avic – Réseau International

dimanche, 11 février 2018

La Chine installe une base militaire en Afghanistan

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La Chine installe une base militaire en Afghanistan

Par Peter Korzun

Source Strategic Culture

Ex: http://lesakerfrancophone.fr

La province afghane du Badakhshan est limitrophe de la région autonome chinoise ouïgour, le Xinjiang. Elle faisait autrefois partie d’une voie commerciale reliant l’Orient et l’Occident, connue sous le nom d’ancienne route de la soie. Aujourd’hui, cette route est relancée dans le cadre de l’initiative chinoise One Belt, One Road (OBOR), qui prévoit la construction d’importantes infrastructures en Afghanistan et en Asie centrale, dans le but de stimuler l’intérêt de Beijing pour la province.

L’Afghanistan abrite d’importants gisements de matières premières que la Chine pourrait importer. Pékin est en train d’investir 55 milliards de dollars au Pakistan et prévoit de construire un corridor économique s’étendant  jusqu’à la mer d’Arabie. L’OBOR dynamisera l’économie mondiale et profitera également à l’Afghanistan. La Chine est le principal investisseur et partenaire commercial de l’Afghanistan. La stabilité en Afghanistan est dans l’intérêt de la Chine, mais il y a peu d’espoir que les États-Unis puissent la fournir. Après tout, Washington n’a rien réalisé de substantiel allant dans ce sens depuis 2001. Il y a eu des attaques et des replis soudains, des changements de tactiques et de stratégies, et de nombreuses études sur la façon de renverser la tendance de cette guerre, mais les talibans sont toujours forts et l’économie afghane en ruine – le trafic de drogue étant le seul type d’entreprise qui y prospère. Jusqu’à présent, l’administration Trump n’a pas encore présenté sa stratégie tant attendue pour l’Afghanistan, même s’il y a au moins 8 400 soldats américains basés dans le pays. Et leur nombre va bientôt augmenter. Les relations entre les États-Unis et les autres acteurs concernés, comme le Pakistan, sont très tendues. Washington a récemment suspendu son aide militaire à ce pays.

L’instabilité en Afghanistan menace le corridor économique sino-pakistanais, un élément important de l’OBOR. La Chine agit en tant que médiateur, essayant de concilier les différences entre les acteurs régionaux. Les relations afghanes et pakistanaises se sont détériorées en 2017 lorsqu’elles se sont accusé l’une et l’autre de fournir un soutien aux djihadistes opérant dans les zones frontalières. Pékin travaille d’arrache-pied pour améliorer ces relations bilatérales. Elle a mis en place une réunion tripartite entre tous les ministres des Affaires étrangères en 2017. L’un des résultats de ces discussions a été la création de groupes de travail pour promouvoir la coopération dans divers domaines d’activité. Une autre réunion devrait avoir lieu cette année à Kaboul.

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Le Mouvement islamique du Turkménistan oriental, un mouvement nationaliste et islamique ouïgour du Xinjiang, est actif en Afghanistan. Les militants acquièrent de l’expérience de combat en combattant côte à côte avec les talibans et d’autres groupes militants. Pékin ne veut pas que ces guerriers chevronnés reviennent et se livrent à des activités terroristes sur son territoire.

La Russie et la Chine ont intensifié leur aide militaire aux États d’Asie centrale. Elles estiment que l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) peut contribuer de manière substantielle à un règlement pacifique. Ces deux pays tentent de construire un réseau d’États régionaux. Moscou et Pékin sont motivées par leurs intérêts nationaux. Conscientes de leurs responsabilités en tant que grandes puissances, elles travaillent ensemble pour promouvoir la sécurité en Afghanistan et en Asie centrale.

Ceci dit, la Chine pourrait penser que ses intérêts dans la région sont suffisamment forts pour justifier un engagement militaire à l’extérieur de ses frontières. Des représentants du gouvernement afghan ont indiqué que la Chine envisage de construire une base militaire au Badakhshan. Les discussions sur les détails techniques vont bientôt commencer. Les armes et le matériel seront chinois, mais l’installation sera dirigée par du personnel afghan. Les véhicules et le matériel seront acheminés par le Tadjikistan. Il ne fait aucun doute que des instructeurs militaires chinois et autres experts viendront également former et assister les missions. Le vice-président de la Commission militaire centrale chinoise, Xu Qiliang, affirme que la construction de cette base devrait être achevée en 2018.

Grâce à quelques offensives puissantes menées en 2017, les talibans ont capturé temporairement les districts d’Ishkashim et Zebak et celui du Badakhshan. Le gouvernement afghan n’a pas réussi à assurer une présence militaire suffisante pour assurer la sécurité. Un accord avait été conclu avec les commandants locaux sur le terrain, qui leur avait donné une part de la production de lapis-lazuli là-bas, en échange d’une cessation des hostilités. Mais les chamailleries internes ont sapé la paix fragile entre les groupes locaux, et les talibans ont saisi l’occasion pour intervenir. La présence d’État islamique dans la province est particulièrement préoccupante. La sécurité des frontières est donc une question d’une importance primordiale pour Pékin.

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La question est : jusqu’où la Chine est-elle prête à aller ? Jusqu’à présent, elle a limité ses activités militaires à des équipes commandos patrouillant dans le corridor de Wakhan. Une base militaire au Badakhshan constituerait une étape importante démontrant que Pékin est prête à étendre sa présence dans le pays et remplacer les États-Unis. La Chine a un atout dont les États-Unis manquent – ses bonnes relations avec la Russie et le Pakistan. Pékin représente l’OCS, une grande organisation internationale qui comprend des acteurs tels que la Turquie, l’Iran, l’Inde, le Pakistan et les pays d’Asie centrale. L’année dernière, le président russe Vladimir Poutine a pris l’initiative de relancer les travaux du Groupe de contact de l’OCS sur l’Afghanistan. Ces activités avaient été suspendues en 2009. La Russie préconise d’ouvrir dès que possible des pourparlers directs entre le gouvernement afghan et les talibans. Pékin soutient également cette idée. Les deux nations sont dans le même bateau. Moscou a déclaré qu’elle était prête à accueillir une conférence sur l’Afghanistan.

L’OCS peut transformer le processus de paix en un véritable effort multilatéral. Cela affaiblira le poids des États-Unis dans la région, mais renforcera les chances de trouver un règlement au conflit. La coopération et la diplomatie pourraient ouvrir un nouveau chapitre dans l’histoire de l’Afghanistan.

Peter Korzun

Traduit par Wayan, relu par Cat pour le Saker Francophone.

 

jeudi, 04 janvier 2018

Afghanistan : les diplomates chinois dament le pion aux Américains

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Afghanistan : les diplomates chinois dament le pion aux Américains

Ex : http://www.zuerst.de

Beijing/Kaboul. La Chine essaie en ce moment de chercher un compromis voire une solution dans la conflit afghan et pourrait très bien obtenir le succès voulu : les diplomates chinois, en effet, sont parvenus à amener l’Afghanistan à engager un dialogue pacificateur avec le Pakistan dans le cadre de la lutte anti-terroriste. Le gouvernement chinois avait préalablement suggéré aux Afghans un programme d’investissement de plusieurs milliards. L’année 2018 pourrait donc bien couronner de succès les efforts chinois à Kaboul car Beijing est prêt à accepter les Talibans à la table des négociations.

En déployant cette stratégie diplomatique originale, la Chine sera d’emblée plus sûre de ses succès que les Etats-Unis, dont la politique afghane s’est avéré un désastre complet. Les observateurs de la politique internationale considèrent que ces chances chinoises d’obtenir de meilleurs résultats vient tout simplement du fait qu’ils cherchent équilibre et harmonie tandis que les Etats-Unis viennent de critiquer violemment le Pakistan et n’ont qu’une seule politique en Afghanistan, celle de ne perpétrer que des coups de force militaires. Les Chinois, eux, peuvent se présenter comme des « amis » du gouvernement pakistanais alors que les Américains ne soutiennent que des politiques conduisant à des conflits de longue durée dans la région.  

L’initiative chinoise en Afghanistan s’inscrit dans le cadre de l’initiative dit de la “Route de la Soie”. La région de l’Hindou Kouch joue un rôle important dans cet énorme projet géopolitique, géostratégique et infrastructurel. Beijing y suit bien sûr une politique visant à sécuriser ses propres intérêts et ceux-ci postulent évidemment que la paix règne dans la région et que le conflit cesse de connaître une « escalade » perpétuelle.

Pour les Chinois, l’Afghanistan a un rôle concret à jouer sur l’échiquier eurasien où doit s’articuler le projet de la “Route de la Soie”. Le ministre chinois des affaires étrangères, Wang Yi, l’a expliqué : « Sur le long terme, nous envisageons de relier le corridor pakistanais avec le corridor économique du centre de la Chine puis avec le corridor économique ouest-asiatique à travers le territoire afghan ».

L’initiative chinoise en Afghanistan prolonge une tendance qui s’est mise en œuvre au cours des derniers mois : la Chine, en effet, a étendu son influence non seulement dans son environnement géographique immédiat mais aussi dans des régions plus éloignées d’elle, ce qui a amplifié l’éventail de ses intérêts géostratégiques, à un moment où les Etats-Unis se heurtent de manière de plus en plus frontale avec ses partenaires asiatiques et autres. Beijing renforce son réseau de relations internationales en optant pour une diplomatie visant l’équilibre et l’harmonie tandis que les Américains, en misant sur la force brutale et l’intransigeance impérialiste, accumulent les problèmes sans y apporter de solution.

samedi, 30 septembre 2017

Washington va-t-il ouvrir un nouveau front anti-russe dans le Tadjikistan?

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Washington va-t-il ouvrir un nouveau front anti-russe dans le Tadjikistan?

par Jean Paul Baquiast

Ex: http://www.europesolidaire.eu

On peut penser qu'après avoir subi défaites sur défaites dans son effort de plus de 20 ans visant à déstabiliser la Russie, Washington ne s'en tiendra pas là. Il ne le fera pas directement, mais par « proxies » interposés.
 
Ce terme de plus en plus utilisé désigne les différentes factions islamistes que les Etats-Unis n'ont cessé d'armer, de financer et de conseiller avec l'aide de leurs forces spéciales. Plus personne ne doute de la chose aujourd'hui, alors que Bashar al Assad est en train de récupérer une souveraineté presque entière sur la Syrie. Il apparaît en effet que l'Etat islamique, utilisant des armes abondamment fournies par des intermédiaires aux ordres de Washington, est encore pratiquement le seul à lutter contre les forces syriennes au nord-est de l'Euphrate. Même Israël, grand allié des Etats-Unis, semble avoir renoncé à exiger le "Assad must go".

Or la Russie dispose de points faibles connus depuis longtemps. Il s'agit des Etats dits du « stan », dont le Tadjikistan est le plus connu. Même si ces Etats entretiennent officiellement de bonnes relations avec Moscou, dont ils s'étaient émancipés à la chute de l'Union soviétique, ils sont peuplés essentiellement de musulmans parmi lesquels la CIA et autres services secrets américains n'auront aucun mal à recruter des djihadistes près à mener le combat, non seulement dans ces pays eux-mêmes, mais au coeur de la Russie. Ils reprendraient un combat que pendant des années les terroristes tchétchènes avaient mené en Russie même, et dont Vladimir Poutine avait fini par se débarrasser.

Des experts militaires russes se disent convaincus qu'aujourd'hui l'Amérique va entreprendre par différents moyens, dont l'aide à des nationalistes prêts à devenir des terroristes, de déstabiliser l'Asie centrale. Le Tadjikistan est le plus vulnérable, mais l'Ouzbékistan et le Turkménistan le seront aussi.

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Moscou aura beaucoup de mal à lutter contre des factions islamistes s'implantant dans ces pays, abondamment pourvues en argent et en armes par les services américains. Il pourra aussi difficilement empêcher que des djihadistes ne s'infiltrent en Russie même. Vladimir Poutine est bien conscient du problème, mais il y a tout lieu de penser que Washington va engager de gros moyens, de moins en moins clandestins, pour lui rendre cette tâche difficile.

 

mercredi, 05 juillet 2017

Comment les Etats-Unis ont réduit à néant les espoirs des Afghans

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Comment les Etats-Unis ont réduit à néant les espoirs des Afghans

A propos de l’histoire contemporaine du pays de l’Hindou Kouch

par Matin Baraki

Ex: http://www.zeit-fragen.ch/fr

hd. Il y a quelques semaines, un attentat faisant plus de 90 morts dans la capitale afghane de Kaboul a de nouveau épouvanté l’opinion mondiale. L’Afghanistan ne revient pas à une vie normale. Dans ce pays, la guerre continue et elle demeure quotidienne – à présent depuis déjà pratiquement 40 ans. Le texte ci-dessous de Matin Baraki, chercheur en sciences politiques et enseignant à l’Université de Marbourg, donne un aperçu des rapports historiques et politiques. Baraki, lui-même originaire d’Afghanistan, l’a quitté en 1974, rend compte des tentatives – depuis le début des années 1960 – de construction d’une démocratie dans le pays, de l’échec de ces tentatives et de la responsabilité des pouvoirs étrangers impliqués, notamment les Etats-Unis et leurs alliés.

Le 9 mars 1963, le roi Mohammad Saher annonça la démission de son Premier ministre, Mohammad Daud. Cela devait éviter au royaume d’Afghanistan une révolution venue de la rue. Il s’agissait d’une tentative de transformation partant d’une monarchie absolue pour aboutir à une monarchie constitutionnelle. La monarchie afghane s’était décidée, «à laisser au peuple l’entière liberté du choix de la forme sous laquelle il souhaitait voir s’exercer le gouvernement et l’administration». La population pouvait être sûre, «que nous irons jusqu’au bout dans le domaine des principes démocratiques et des réformes sociales. Nous voulons que notre peuple détermine son destin. Nous voulons que les partis politiques puissent y souscrire»1, soulignait-on du côté officiel.

Tentative de monarchie constitutionnelle (1964–1973)

Le 11 mars 1963, Mohammad Jossof, jusqu’alors ministre de l’Industrie minière et de l’Industrie, fut nommé nouveau ministre-président. Avec Jossof, des forces extérieures à la dynastie accédaient pour la première fois aux affaires gouvernementales tout en jouissant de la confiance du roi ainsi que de la classe dirigeante aristocratique. Dès sa première déclaration gouvernementale, le 28 mars 1963, Jossof annonça des réformes dans la politique du pays, dont l’élément essentiel devait être l’élaboration d’une nouvelle Constitution et d’une loi électorale. En septembre 1964, une Loyah Djergah (Grand Conseil) accepta le projet constitutionnel et le 1er octobre 1964, la nouvelle Constitution fut ratifiée par le roi.
Dans l’article 1 de la Constitution, il est dit: «L’Afghanistan est une monarchie constitutionnelle et un Etat unitaire indépendant et indivisible.» Soutenues par la Constitution, toutes les tendances politiques furent rendues publiques, ainsi que leurs programmes. Le 1er janvier 1965, les forces politiques d’orientation marxiste fondèrent en toute illégalité le Parti populaire démocratique d’Afghanistan (PPDA). Un an plus tard fut adoptée une loi sur les partis politiques. Le 30 avril 1963, Jossof, alors Premier ministre, avait déclaré que la seule solution valable pour l’Afghanistan était un système bipartite. Cela était dans l’intérêt d’un pouvoir exécutif stable et il fallait barrer la voie de la formation politique aux groupes minoritaires. Le parti au pouvoir devait être composé des partisans du roi et de ses proches pouvoirs, le second parti faisant fonction de «parti d’opposition», avec obligation de loyauté envers le roi.
Pour la première fois eurent lieu des élections législatives (du 10 au 25 septembre 1965) avec une forte participation populaire. Le 25 octobre 1965, lycéens et étudiants manifestèrent publiquement pendant le débat parlementaire sur la question de confiance au cabinet nouvellement formé et qui serait de nouveau sous la direction de Mohammad Jossof.
Leur protestation concernait la composition du cabinet Jossof au sein duquel on trouvait des personnalités réputées extrêmement corrompues telles Said Qasem Reschtia, le ministre des Finances. La police et l’armée réagirent par la force des armes envers les manifestants; selon les chiffres officiels, il y eut trois morts et plusieurs douzaines de blessés. Selon les informations diffusées par des observateurs indépendants, il y eut entre 20 et 30 morts parmi les lycéens et les étudiants.
Afin d’apaiser la situation, Jossof démissionna de ses fonctions de chef du gouvernement le 29 octobre 1965. Cela marque l’échec de la première tentative de démocratisation, connue comme la «révolution tranquille». Les neuf gouvernements qui se succédèrent jusqu’en avril 1978 ne parvinrent pas non plus à satisfaire mêmes les besoins élémentaires de la population.

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Le roi Saher («ombre d’Allah») est balayé (1973–1978)

Dans de nombreux domaines, l’Afghanistan se rangeait parmi les pays les moins développés et les plus pauvres du monde. C’était déjà à l’époque, selon les statistiques de l’ONU, le pays le plus sous-développé d’Asie.
Malgré l’aide au développement «néocolonialiste» accordée depuis des décennies par les nations occidentales – principalement les Etats-Unis et la RFA – la situation socio-économique s’était aggravée en Afghanistan d’année en année. A lui seul, l’endettement, résultant notamment de nombreux projets de développement partiellement aboutis ou carrément avortés,2 était en forte hausse au point que la situation générale devenait de plus en plus menaçante pour la monarchie.
La majorité de la population afghane vivait de toute façon déjà à la limite du minimum vital. La famine, dont furent victimes près de 1,5 millions de personnes suite à la période de sécheresse dévastatrice de 1971/1972, scella la fin du règne du roi Mohammad Saher. «Le temps approchait de prendre des décisions au sujet, soit de la révolution de ceux qui attendaient dans l’ombre […] soit des mesures radicales menant à une démocratie moderne. Il fallait que quelque chose se produise tôt ou tard venant de la monarchie, ou alors il y aurait quelque chose qui se passerait avec la monarchie.»3
Le 17 juillet 1973, les officiers appartenant au Parti populaire démocratique d’Afghanistan (PPDA) lancèrent un coup d’Etat contre la monarchie et portèrent au pouvoir Mohammad Daud (ministre-président de 1953 à 1963 et, en outre, beau-frère et cousin du roi). Cependant le gouvernement Daud ne mis en œuvre aucune des réformes qu’il avait promises dans son premier «discours à la nation». Sur le plan de la politique extérieure, il jeta par-dessus bord la politique traditionnelle de non-alignement de l’Afghanistan tout en intensifiant les relations avec le Shah d’Iran, le président égyptien Anwar Al Sadat, l’Arabie saoudite et le Pakistan.
En premier lieu, Daud exclut peu à peu toutes les forces de gauche de toutes les positions importantes et passa de plus au printemps 1978 à la répression ouverte contre la direction du PPDA. S’y ajoutèrent en outre le terrorisme politique islamiste et la terreur exercée par les services secrets dont étaient victimes des politiciens connus et des représentants du PPDA. Mir Akbar Chaibar, membre fondateur du parti et membre du bureau politique, fut assassiné en pleine rue le 18 avril 1978. En outre, Daud fit arrêter tous les membres de la direction du parti, à quelques exceptions près; ils devaient être liquidés.
Lorsqu’on annonça cette nouvelle aux actualités du soir à la télévision afghane, cela amena le 27 avril 1978 une révolte de l’armée contre le régime de Daud sous la conduite du parti PPDA et initia en conséquence un processus révolutionnaire (révolution d’avril).4 Les militaires libérèrent la direction de parti et lui transmirent le gouvernement de l’Etat: le secrétaire général Nur Mohammad Taraki fut nommé à la présidence du Conseil de révolution et ministre-président et Babrak Karmal son adjoint, ainsi qu’Hafisullah Amin ministre des Affaires étrangères. Ainsi échoua la deuxième tentative de démocratisation du pays de l’Hindou Kouch.

Afghanistan, un modèle à ne pas imiter (1978–1980)

Après la réussite de la révolte du 27 avril 1978, le gouvernement révolutionnaire entreprit des mesures de réforme comme la législation sur le mariage et le divorce (Décret no 7 du 17/10/78), la réforme agraire (Décret no 8 du 28/11/78) ainsi qu’un programme exhaustif d’alphabétisation, ceci afin de s’attaquer et casser les structures féodales et semi-féodales encore en place.5 Dès le début, le combat contre l’analphabétisme remporta un tel succès qu’en 6 mois près de 1,5 millions de personnes apprirent à lire et à écrire, ce pour quoi l’UNESCO décerna un prix à l’Afghanistan. Dans le pays tout entier, on organisa 27 000 cours de formation permanente auxquels participèrent en tout 600 000 personnes.6
De nombreuses erreurs furent commises dans le mouvement de réformes. Entre autres choses, on négligea de préparer la population aux mesures révolutionnaires, ce qui renforça la contre-révolution. Fin 1979, la situation du gouvernement était si désespérée qu’ils demandèrent l’aide militaire soviétique «afin d’empêcher l’Afghanistan de devenir un second Chili (putsch militaire contre le gouvernement Allende du 11/9/73).7 Le gouvernement afghan demanda au total 21 fois8 l’aide de l’Union soviétique, entre autres lors d’une conversation téléphonique le 18 mars 1979 entre N.M. Taraki et Alexej N. Kossygin, président du Conseil des ministres de l’URSS. 9
Avec l’engagement militaire soviétique à partir du 27/12/79, fondé sur le traité d’amitié soviéto-afghan du 5/12/78 et l’article 51 de la Charte de Nations-Unies, le conflit afghan s’internationalisa et fut attisé d’abord de façon occulte puis plus tard ouvertement par les plus grands pays occidentaux, y compris la RFA et ses alliés régionaux. A l’époque, le porte-parole du groupe parlementaire de la CDU/CSU au Bundestag, Jürgen Todenhöfer, plaida avec véhémence pour l’équipement et le réarmement des contre-révolutionnaires avec les armes les plus modernes et motiva sur place les fanatiques du combat et de la destruction de l’Afghanistan.
Les pays impérialistes se réjouirent tout haut d’avoir attiré l’Union soviétique dans un piège. Dans une interview pour le «Le Nouvel Observateur» Zbigniew Brzezinski, ancien conseiller de sécurité du président américain Jimmy Carter (1977–1981), souligna: «Nous n’avons pas poussé les Russes à intervenir,10 cependant nous avons sciemment augmenté la probabilité qu’ils le fassent.»11
A partir de 1979, on lança contre l’Afghanistan «la plus grande opération secrète dans l’histoire de la CIA».12 Immédiatement après la révolution d’avril, sous la houlette des services secrets américains CIA et de son organisme-frère pakistanais, l’Inter Service Intelligence (ISI), on réorganisa environ 35 000 islamistes radicaux issus de 40 pays islamiques13 en puissantes organisations armées qui furent lâchées à l’attaque contre l’Afghanistan.14 Plus de 100 000 islamistes ont ainsi été directement influencés par la guerre contre l’Afghanistan.15 En 1985, la CIA a soutenu la contre-révolution afghane «avec un montant record de 250 millions de dollars».16 Cela constituait «plus de 80% du budget pour les opérations secrètes de la CIA».17 Selon le Spiegel, dans les dix premières années de la guerre civile en Afghanistan, les islamistes ont été officiellement armés pour «plus de deux milliards de dollars».18

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Il fallait absolument empêcher que l’Afghanistan devienne un modèle. Sinon les souverains de toute la région, depuis l’Iran – l’allié le plus proche des Etats-Unis – jusqu’aux potentats arabes despotiques, auraient été emportés par des tempêtes révolutionnaires. La révolution iranienne de février 1979 en fut un exemple patent: le Shah d’Iran, l’un des souverains les plus puissants de la région et, à côté de la Turquie – partenaire de l’OTAN – l’allié le plus important du monde occidental, fut chassé. Les Etats-Unis furent ensuite contraints de transférer leurs stations d’espionnage de la frontière soviéto-iranienne à la Turquie, de retirer près de 40 000 de leurs conseillers militaires et de fermer le siège de la centrale régionale de la CIA à Téhéran.19
Comme les efforts des autorités afghanes pour résoudre politiquement le conflit n’eurent aucun succès, elles décidèrent de capituler. La voie vers l’islamisation était ainsi aplanie et l’immense espoir de la population, détruit.

Début de l’islamisation (1992)

Le nouveau gouvernement formé autour du ministre des Affaires étrangères Abdul Wakil, Najmudin Kawiani, Farid Masdak (tous trois étaient membres du bureau politique) et l’ex-représentant et successeur de Najibullah, Abdul Rahim Hatef, avait décidé de transmettre le pouvoir aux contre-révolutionnaires le 27 avril 1992. Leur président en exil Sebghatullah Modjadedi devint ainsi le premier chef d’Etat de la République islamique d’Afghanistan.
Cependant les islamistes ne réussirent pas non plus à gouverner ensemble le pays, en raison d’intérêts politiques et économiques divergents. La paix, si ardemment souhaitée par le peuple, ne revint pas. Au contraire, la guerre continua avec une brutalité jusque là inégalée. L’opinion mondiale s’en apercevait à peine, mais «les dernières nouvelles de Kaboul, la capitale afghane faisaient en sorte que même la guerre civile en Bosnie-Herzégovine apparaissait presque comme un conflit inoffensif: 3000 à 4000 morts,20 200 000 réfugiés, une ville sans eau, ni électricité ou denrées alimentaires».21
Les grandes villes, au nombre desquelles Kaboul, furent réduites en ruines et en cendres. Des observateurs parlaient même de l’incinération de Kaboul.22 Cet échec historique des islamistes contredisait les intérêts stratégiques et politico-économiques de leurs commanditaires étrangers. Car de leur avis, un régime d’Afghanistan coopérant avec les Etats-Unis et le Pakistan devait réussir à créer des conditions de stabilité politique favorables à la conception du capital pakistanais et américain dans la région du Moyen-Orient – en particulier dans les républiques d’Asie centrale. C’est ainsi que cette situation donna naissance aux talibans dont les accoucheurs furent les Etats-Unis.

La talibanisation (1994)

Longtemps oublié de l’opinion mondiale et rétrogradé au stade d’«orphelin» de la politique mondiale23, l’Afghanistan redevint un sujet prépondérant pour les médias internationaux avec l’apparition des talibans en 1994, la prise de Kaboul le 27 septembre 1996, et leur politique fondamentaliste, extrêmement misogyne et hostile à toute forme de culture, laquelle culmina lors de la destruction des statues de Bouddha dans le Bamyan (Afghanistan central) début mars 2001.
La catastrophe du 11 septembre 2001 à Washington et New York aurait pu devenir un point d’inflexion pour l’Afghanistan, si la communauté internationale avait pris en considération non seulement les intérêts particuliers de certains pouvoirs déterminés, mais aussi ceux des Afghans. Bien que l’apparition publique des talibans ne date que de septembre 1994, ils étaient cependant déjà constitués en force militaire dans le nord-est de l’Afghanistan dès 1985/86, selon les informations recueillies auprès du général Aslam Beg, l’ancien chef d’état-major général du Pakistan. Ils étaient principalement passés par les «Madrasah», des écoles religieuses dispensant une formation fondamentaliste aussi bien militaire que religieuse. Olivier Roy, expert français de l’Afghanistan, avait, dès l’été 1984, pu observer l’action sur les fronts des talibans dans les régions du sud de l’Afghanistan, à Orusgan, Sabul et Kandahar.

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«Il s’agissait en principe de la transformation d’une Madrasah villageoise en un front militaire.»24 Ils recrutaient entre autres parmi les enfants issus des orphelinats en Afghanistan et dans les camps de réfugiés au Pakistan. Sous le commandement direct de l’armée pakistanaise et des services secrets de l’ISI, ils étaient utilisés selon les besoins dans divers groupes de moudjahidins. D’après le général Beg, les moudjahidins «ont été financés généreusement par les gouvernements du Pakistan et de l’Arabie saoudite et, éventuellement des Etats-Unis».25 Pour ce qui est de la décision d’utiliser les talibans en tant que formation militaire indépendante dans la guerre civile afghane, les motivations principales en étaient, selon ma propre estimation, les suivantes:

  1. Au printemps 1994, les chefs des groupes rivaux de moudjahidins en Afghanistan furent cités à comparaître devant la Commission des Affaires étrangères du Congrès américain lors d’un entretien à Washington. Les moudjahidins n’envoyèrent que leurs dirigeants secondaires ou ne répondirent simplement pas du tout à cette «invitation». On présenta aux chefs de moudjahidins présents un plan de réalisation d’un projet d’oléoduc qui aurait fait transiter par l’Afghanistan le pétrole et le gaz de l’Asie centrale – troisième réserve mondiale – jusqu’à l’océan Indien. C’est la raison pour laquelle les plus grands groupes pétroliers occidentaux avaient mené depuis 1990 une «lutte sans merci».26 Il fut donc demandé aux représentants des moudjahidins de conclure une entente dès que possible afin de ne pas retarder la réalisation du projet.27 Ils promirent alors à leurs interlocuteurs américains qu’ils désiraient résoudre le conflit afghan rapidement et pacifiquement – une promesse jamais tenue.
    Les talibans ne sont rien d’autre que le produit des intérêts économiques des Etats-Unis et de leurs alliés régionaux. L’échec historique des moudjahidins a vu la naissance des talibans en tant qu’unité tactique organisée et indépendante sur le théâtre des opérations d’Afghanistan.
    Sorties en apparence du néant, des unités militaires bien organisées, connues à présent sous le nom de talibans, attaquèrent en septembre 1994 la ville afghane de Kandahar à partir de leurs bases du Pakistan. C’était le début d’une nouvelle tentative de résolution militaire du conflit afghan, ayant la préférence des Etats-Unis et de leurs alliés régionaux. La mission historique des talibans telle qu’on la voyait alors, était d’occuper tout l’Afghanistan afin de créer les conditions favorables à la réalisation des projets économiques, politiques et idéologiques des Etats-Unis, du Pakistan et de l’Arabie saoudite. S’y rajoutait encore l’intérêt géostratégique spécifique du Pakistan envers le pays voisin. «Ce serait bien d’avoir un gouvernement fantoche à Kaboul qui contrôlerait le pays tout entier et serait favorablement disposé face au Pakistan»28 constata alors un stratège pakistanais.
  2. Gulbuddin Hekmatyar, le moudjahid favori des Etats-Unis et de leurs alliés dans le conflit afghan, était tombé en disgrâce à cause de ses discours anti-occidentaux et de son soutien au dictateur irakien Saddam Hussein pendant la deuxième guerre du Golfe, ainsi que son refus catégorique de retourner les missiles Stinger encore en sa possession et dont il avait reçu de grandes quantités des Etats-Unis. Il suscita même un affront direct envers les Etats-Unis en en vendant une partie à l’Iran.
  3. Le marché de l’Asie centrale était considéré comme le terrain privilégié des exportations pour les produits pakistanais. Cependant l’unique voie de transit pour y accéder passe par le territoire afghan. Après une rencontre avec des représentants des compagnies pétrolières saoudiennes et américaines, le ministre-président pakistanais Nawaz Sharif de l’époque invita impérativement les talibans à finaliser l’occupation totale de l’Afghanistan avant la fin de l’été 1997.29 Depuis longtemps, cela n’était plus un secret que des unités régulières de l’armée pakistanaise étaient associées aux opérations de combat amplifiant encore l’injonction de Nawaz Sharif, car «livrés à eux-mêmes, les talibans ne seraient pas capables de s’emparer d’un seul village».30
  4. Les Etats-Unis ainsi que l’Arabie saoudite voulaient endiguer l’influence idéologique de leur rival iranien en Afghanistan. Les groupes de moudjahidins s’étant ici aussi révélés incapables, ils devaient appuyer les talibans à leur place.

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La guerre des Etats-Unis dans l’Hindou Kouch (2001–jusqu’à?)

Le 5 décembre 2001, alors que la guerre américaine en Afghanistan était encore en cours, un gouvernement pour l’Afghanistan fut constitué, sous la responsabilité des Nations Unies, sur le Petersberg près de Bonn. Y étaient représentés des chefs de moudjahidins qui se connaissaient depuis plusieurs années de guerre civile. Les forces rassemblées étaient principalement celles qui avaient participé de façon décisive à la destruction de Kaboul durant laquelle plus de 50 000 civils avaient trouvé la mort. Le général ouzbek Abdul Raschid Dostum, le seul chef de milice séculaire d’Afghanistan n’avait pas été invité à cette conférence.
Parmi les observateurs internationaux, seuls étaient représentés les Etats-Unis avec 20 participants. Cette énorme présence laissait présager une influence déterminée du déroulement et du résultat des pourparlers. Les Etats-Unis s’imposèrent ainsi avec la nomination de Karsei au poste de ministre-président bien que ce dernier n’était pas présent au Petersberg, car il se trouvait sur un navire de guerre des Etats-Unis dans l’océan Indien.
La communauté internationale sous l’égide américaine parlait d’une «démocratisation» de l’Afghanistan, et pourtant elle portait au pouvoir des islamistes, des seigneurs de guerre et des criminels de guerre. C’était à présent la quatrième fois qu’étaient déçus les espoirs de paix durable et de démocratie de la population afghane meurtrie: 1) En 1989, après le départ des forces armées soviétiques, 2) suite à la prise de pouvoir des moudjahidins en 1992, 3) avec l’arrivée des talibans en 1994–1996, 4) avec l’expulsion des talibans en 2001. Ainsi la communauté internationale a non seulement gaspillé une autre chance d’aider l’Afghanistan sur la voie de la démocratisation, mais encore a dûment entériné l’échec d’une solution au conflit par la voie militaire.

Tentative d’intégration des talibans

Lors de la guerre d’Afghanistan, l’administration Bush avait présenté la destruction d’Al-Kaida sous la direction d’Oussama ben Laden et des talibans comme l’objectif direct de la guerre. Quand ils finirent par se rendre compte qu’on ne pouvait détruire les talibans aussi facilement qu’Al-Kaida et encore moins les éliminer d’Afghanistan, les stratèges occidentaux entreprirent alors de les différencier. Al-Kaida avait un agenda international, les talibans demeuraient à l’échelon national, c’était le nouveau mot d’ordre. C’est-à-dire que la lutte des talibans avait à présent un objectif national, de plus orienté uniquement contre les armées occidentales en Afghanistan. On devait donc tenter de les intégrer dans les structures politiques quasi-coloniales dans l’Hindou Kush. Pour mettre cette stratégie en pratique avec succès, il fallait avant tout renforcer la pression sur les talibans en les divisant et en éliminant physiquement certains des chefs locaux.
Les experts gouvernementaux auprès de la Stiftung Wissenschaft und Politik (SWP) de Berlin plaidèrent pour un «‹coup fatal› à porter contre les instances dirigeantes des groupes de résistance afghans [Quetta-Shura, qui comprend les talibans, le réseau d’Haqqani et le Hezb-e Islami de Gulbuddin Hekmatyar] avec pour objectif d’affaiblir significativement l’opposition militante […]».31 Cela ressemblait à une incitation au meurtre, ce qui d’après le code pénal allemand (StGB § 26 Anstiftung) est interdit et condamnable: «L’instigateur est punissable de la même façon que l’auteur du crime, celui qui a intentionnellement incité un tiers à commettre un acte illégal avec préméditation.» En conséquence, l’instigateur devrait être condamné exactement comme l’auteur du délit lui-même.
Les exigences politiques et militaires des talibans devaient ultérieurement être présentées de telle manière qu’elles puissent être satisfaites.
Les stratèges occidentaux découvrirent alors les «talibans modérés» qui entrèrent en ligne de compte comme partenaires de négociations. En avril 2007, le chef du SPD de l’époque, Kurt Beck avait convoqué une conférence pour la paix pour l’Afghanistan, à laquelle tous les groupes importants de l’Hindou Kush, dont les talibans auraient dû participer. Cela ne mena nulle part. On continua néanmoins les négociations secrètes entre les diverses parties impliquées dans le conflit, avec plusieurs rencontres en Allemagne. C’est seulement six ans plus tard, le 18 juin 2013, que les talibans ouvrirent leur bureau de liaison à Doha, capitale du Qatar. C’est là que les islamistes, les Etats-Unis et le gouvernement afghan entreprendraient des pourparlers.
L’arrière-plan sous-tendant la volonté des Etats-Unis de conduire les négociations résidait dans le fait que pour ceux-ci la guerre était devenue trop chère. D’après les informations officielles, la guerre de l’Hindou Kouch, lorsqu’elle atteignit son paroxysme, coûtait 1,5 milliards de dollars par semaine. Pour cette raison, plus de 135 000 hommes appartenant aux troupes d’intervention des Etats-Unis et de l’OTAN devaient être retirées d’Afghanistan avant la fin 2014. Les occupants américains et leurs alliés avaient depuis longtemps fait leur deuil des paysages riants et autres augustes objectifs qui avaient été projetés pour l’Afghanistan en 2001 par l’Occident, comme par exemple la démocratie, les droits de l’homme, une bonne politique gouvernementale. «Aussi longtemps que les talibans renonceront à faire usage de leur souveraineté pour servir de base arrière aux terroristes internationaux, ils pourront y fonctionner et y agir à leur guise, firent savoir les Etats-Unis.»32 Les talibans suspendirent dans leur siège de Doha la bannière de l’«Emirat islamique d’Afghanistan» et cela, en tant que gouvernement parallèle, ce qui fut perçu comme un affront par l’administration de Kaboul. Jusque là les talibans avaient refusé toute discussion avec cette dernière, car ils considéraient Karsei comme une marionnette des Etats-Unis.

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A la fin des pourparlers, les talibans devaient être associés au gouvernement et ils auraient donc dû pour cette raison accepter la Constitution afghane de 2004. Les talibans se référèrent cependant à la Charia. C’est ainsi que l’échec des pourparlers de Doha fut rétrospectivement influencé par les exigences maxima des deux parties.
Au début de 2016, une nouvelle tentative fut entreprise pour ranimer en Afghanistan le processus de paix, qui était resté au point mort. Le 11 janvier, des représentants des gouvernements afghans, pakistanais, chinois et américains se rencontrèrent dans la capitale pakistanaise d’Islamabad afin d’élaborer un plan de paix pour le pays de l’Hindou Kouch. Suite à cela, Sartaj Aziz, conseiller en politique extérieure du gouvernement pakistanais, indiqua dans son discours d’ouverture qu’on devait proposer aux talibans des incitations pour qu’ils cessent d’utiliser la violence. «Nous ne devrions avoir aucune attente excessive» restreignait-il donc.33
Après des pourparlers secrets de plusieurs années, l’administration de Kaboul réussit à intégrer Gulbuddin Hekmatyar, criminel de guerre et chef du parti islamique afghan, dans les structures existantes de l’Afghanistan. Puisque son groupe n’a militairement joué plus aucun rôle au cours des dernières années, il ne s’agit donc que d’une opération à la signification psychologique et propagandiste.

La Chine et la Russie, nouveaux acteurs

Les tentatives de l’Occident d’intégrer également l’opposition armée regroupée sous la bannière des talibans ont échoué. «Les interventions de l’Occident ont été contreproductives», souligna, apparemment fâché, Khawaja Muhammad Asif, ministre pakistanais de la Défense34 en marge de la Conférence de sécurité de Munich de 2017. L’Occident est responsable des interventions militaires manquées en Afghanistan de même qu’en Irak, en Libye et en Syrie et de leurs conséquences, soulignait Asif, en ajoutant que dans l’Hindou Kouch, une coalition militaire internationale sous commandement américain avait «laissé derrière elle un réel chaos». Pour une résolution politique du conflit en Afghanistan et dans la région, une coopération régionale de pays tels que l’Afghanistan, le Pakistan, la Chine, l’Iran et l’Inde aurait des perspectives de succès.
Deux nouveaux acteurs, les gouvernements de la Chine et de la Fédération de Russie, essaient à présent en tant qu’intermédiaires neutres de trouver une solution politique. La Chine, étant considérée comme un partenaire stratégique du Pakistan, les talibans ont donné leur accord. La Russie participera également, étant acceptée comme intermédiaire neutre par toutes les parties. Fin décembre 2016, la Chine, la Russie et le Pakistan se sont mis d’accord pour retirer les représentants des talibans de la liste des sanctions établie par l’ONU. De cette façon, on peut encourager un dialogue apaisé entre l’administration de Kaboul et les talibans.
Alors que le gouvernement de Kaboul réagit avec réserve, les talibans saluèrent la proposition. Le porte-parole de l’OTAN à Kaboul, Charles Cleveland, déclara à Kaboul sur Tolo-TV que «l’engagement russe avec les talibans» lui causait des soucis.35 Cela donnait une légitimation aux talibans en tant qu’organisation. Cependant, souligna Cleveland, nous voulons renforcer le gouvernement de Kaboul.
Le gouvernement russe a cependant invité à nouveau à des pourparlers sur l’Afghanistan pour le 14 avril 2017 à Moscou, comme l’annonça le 18 mars 2017 Mohammad Hanif Atmar, expert pour la sécurité de la présidence de Kaboul à l’agence de presse Interfax. Pendant que l’administration de Kaboul envoyait un chef de service à Moscou, des représentants de la Chine, de l’Iran, de l’Inde et du Pakistan ainsi que de cinq ex-républiques soviétiques centrales-asiatiques étaient associés à la rencontre aux côtés d’experts de la Russie et de l’Afghanistan. Les Etats-Unis et les talibans y étaient invités eux aussi.36 Tous deux avaient refusé leur participation37, ce qui équivalait à un boycott. Les participants de la conférence appelèrent les talibans à des pourparlers de paix. Leurs dirigeants devaient s’écarter d’une résolution violente du conflit et entreprendre des pourparlers avec le gouvernement de Kaboul, disait-on le 14 avril 2017 au ministère russe des Affaires étrangères. De possibles pourparlers de paix pourraient avoir lieu à Moscou.
Au lieu de participer aux négociations de paix, l’armée américaine avait, à la veille de la Conférence de paix de Moscou, lancé une bombe à «16 millions de dollars»38 dans l’est de l’Afghanistan.39 «Cependant, lancer une bombe de 10 000 kg sur un groupe de terroristes légèrement équipés, c’est comme tirer au canon sur des moineaux.»40 Selon les premières estimations, 36 personnes désignées par l’armée américaine comme des combattants de l’Etat islamique avaient été tuées.41 D’après les informations du gouvernement régional, il y aurait eu au moins 94 morts, comme l’a relevé la Deutsche Welle.42 La population afghane considère ce bombardement massif comme un acte de vengeance de la part des Etats-Unis. En effet, quelques jours auparavant un soldat d’élite américain avait été tué durant les opérations dans cette même région.43

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L’Afghanistan pourrait avoir des perspectives d’avenir

Les facteurs extérieurs n’ont pas pu résoudre le conflit en Afghanistan. Au contraire, ils ont uniquement importés des intérêts étrangers en Afghanistan et ont ainsi détruit les solutions politiques.
Ce n’est qu’après 16 ans de guerre de l’OTAN, de destruction et de catastrophes humanitaires dans le Hindou Kouch que certains politiciens occidentaux, tel le ministre allemand des Affaires étrangères Sigmar Gabriel, réalisent que «les interventions militaires ont échoué et […] n’ont apporté aucune stabilisation».44 C’est la raison pour laquelle les populations quittent l’Afghanistan en grand nombre. Il est temps de laisser les Afghans de trouver une solution au conflit en Afghanistan et dans le sens des intérêts nationaux de l’Afghanistan.
La «Communauté internationale» mène depuis plus de 39 ans une guerre larvée et depuis quinze ans une guerre ouverte contre l’Afghanistan et a ainsi détruit en grande partie la structure sociale du pays: les infrastructures, les bases économiques, politiques et sociales sont désorganisées dans une telle mesure qu’il ne pourra y avoir dans l’avenir immédiat de société capable de fonctionner dans l’Hindou Kouch.
Sur la base de mes propres recherches sur le terrain et de nombreux entretiens avec la population issue des couches et des classes sociales les plus différentes en Afghanistan, je suis arrivé à la conviction qu’il est grand temps de réfléchir à des alternatives à la guerre de l’OTAN. 39 ans de guerre, c’est plus qu’assez. Nous devons sérieusement rechercher des voies nouvelles vers la paix. Les thèses suivantes pourraient servir de base de discussion:
1.    Armistice unilatéral et sans condition de la part d’OTAN, d’abord pour une durée d’au moins six mois.
2.    Remplacement des unités d’OTAN par une International Security Assistance Force (Isaf), comprenant des unités en provenance d’états musulmans et non alignés. Parmi les Casques bleus des Nations-Unies, 80% proviennent d’Etats non-alignés, pourquoi pas aussi en Afghanistan.
3.    Démantèlement de toutes les bases militaires de l’OTAN ainsi que les contrats conclus avec l’administration de Kaboul.
4.    Invitation à une politique de réconciliation nationale comprenant tous les groupements politiques, y compris ceux estampillés islamiques, tels les talibans, l’Hesbe Islami de Gulbudin Hekmatyar et le réseau d’Haqani.
5.    Formation d’une Commission de vérité d’après le modèle de l’Afrique du Sud.
6.    Démantèlement de toutes les troupes militaires et paramilitaires des seigneurs de guerre ainsi que des sociétés de sécurité privées, étrangères et afghanes.
7.    Préparation d’élections nationales dans les villages, les communes, les arrondissements etc. pour une Loya Djerga (Conseil national) sous le contrôle d’organisations internationales indépendantes, tels les mouvements pacifistes, féministes, les associations d’étudiants et les syndicats.
8.    Institution d’une Loya Djerga élue par le peuple, sans possibilité de désignation de ses députés par le président.
9.    Un gouvernement provisoire et des commissions pour l’élaboration d’un projet constitutionnel basé sur l’abolition du système présidentiel, d’une loi électorale, d’une loi sur les partis et d’une loi sur les syndicats doivent être élus par cette Loya Djerga.
10.    Conduite d’élections législatives générales, libres et contrôlées par des organisations indépendantes.
11.    Election d’un nouveau gouvernement directement par le Parlement, sans proposition préalable du ministre-président par intérim encore en fonction.
12.    Abolition de la politique de la porte ouverte et la mise en place d’une politique économique, financière, juridique et fiscale basée sur les intérêts nationaux.
13.    Mesures de reconstruction du pays détruit auxquelles serait affecté un quart du budget de guerre de l’OTAN. Ces fonds seraient déposés sur un compte de tutelle lui-même contrôlé de façon indépendante et uniquement dévolu à ce projet.
14.    Les voisins de l’Afghanistan devaient être des associés privilégiés dans les mesures de reconstruction. Cela encouragerait la coopération régionale et la stabilité.
15.    Il faudrait mettre en place dans la région périphérique de l’Afghanistan une Union d’Asie du centre et du Sud. Outre l’Afghanistan, y participeraient les cinq pays d’Asie centrale (Tadjikistan, Ouzbékistan, Turkménistan, Kirghizistan et Kazakhstan) ainsi que l’Iran, le Pakistan et l’Inde. Tous ces pays ont en effet beaucoup de points communs, tels les langues, les religions et l’histoire.
16.    Comme mesure de renforcement de la confiance, l’Afghanistan devrait commencer par être le premier pays à dissoudre son armée nationale, au bout d’environ cinq ans.
17.    Une Union d’Asie du centre et du Sud pourrait contribuer à résoudre définitivement le conflit du Cachemire entre l’Inde et le Pakistan et le conflit autour de la Ligne Durand entre l’Afghanistan et le Pakistan.
18.    Il serait alors temps de réduire et de supprimer les arsenaux d’armes nucléaires de l’Inde et du Pakistan. Ainsi l’une des régions les plus riches en conflits du continent asiatique pourrait devenir une zone de la paix, de stabilité et de prospérité.     •

(Traduction Horizons et débats)

1    Cité selon: Afghanistan nach dem Besuch Chruschtschews – Erklärungen des Fürsten Daud. In: «Neue Zürcher Zeitung» du 9/3/1960
2    Cf. Baraki, Matin. Die Beziehungen zwischen Afghanistan und der Bundesrepublik Deutschland 1945–1978. Frankfurt/M. 1996. p. 201–548
3    Ackermann, Klaus. Stille Revolution in Afghanistan. In: Aussenpolitik. H. 1, Jg. 16. Stuttgart 1965, p. 34
4    Cf. aussi: Baraki, Matin. Theorie und Praxis der nationaldemokratischen Revolution am Beispiel Afghanistans. In: Kraft, Dieter (Hrsg.). Aus Kirche und Welt: Festschrift zum 80. Geburtstag von Hanfried Müller. Berlin 2006, p. 284–310
5    Cf. Taraki, Nur Mohammad. Grundlinie der revolutionären Aufgaben der Regierung der Demokratischen Republik Afghanistan, 9. Mai 1978. In: Brönner, Wolfram. Afghanistan, Revolution und Konterrevolution. Frankfurt/M. 1980, p. 203
6    Cf. Karmal, Babrak. Rede auf dem neunten Plenum des Zentralkomitees der Demokratischen Volkspartei Afghanistans. Kabul. Asad 1361 [Juli/August 1982]. p. 18 in Dari (Archives de l’auteur)
7    «Ich sehe nicht ein, warum wir ein Land marxistisch werden lassen sollen, nur weil sein Volk verantwortungslos ist», verkündete US-Aussenminister Henry Kissinger am 27. Juni 1970 in vertrauter Washingtoner Runde im Hinblick auf seinen Beitrag beim Sturz der Regierung Salvador Allendes am 11.9.1973 in Chile. In: Dederichs, Mario R. Reagan legt die Lunte an. In: Stern, Nr. 32 vom 4.8.1983, S. 102. Schmid, Thomas. Der andere 11. September. In: Die Zeit. No 38 du 11/9/03, p. 90
8    Cf. Sapper, Manfred. Die Auswirkungen des Afghanistan-Krieges auf die Sowjetgesellschaft. Münster 1994, p. 68
9    Cf. Protokoll der Sitzung des Politbüros des ZK der KPdSU, 18. März 1979, nach Sapper, M. Die Auswirkungen des Afghanistan-Krieges auf die Sowjetgesellschaft. a.a.O., p 385 s.
10     L’armée soviétique s’est retirée de l’Afghanistan le 15 février 1989 après 10 ans d’engagement.
11    Les révélations de l’ancien conseiller de sécurité de Jimmy Carter, «Oui, la CIA est entrée en Afghanistan avant les Russes […]». In: Le Nouvel Observateur du 15 au21 janvier 1998, p. 76
12    Chossudovsky, Michel. Global brutal. Frankfurt/M. 2002, S. 359
13    Un de mes amis était professeur à l’Université de Riad en Arabie saoudite. Il m’a raconté que 5% des salaires des employés et des fonctionnaires étatiques saoudiens étaient déduits sans leur accord en faveur du djihad en Afghanistan. La situation était semblable dans d’autres Emirats arabes.
14    Cf. Baraki, A. Matin. Nacht über Afghanistan. In: Marxistische Blätter. Jg. 31. Essen 1993, Nr. 4, p. 17s.
15    Chossudovsky, Michel. Global brutal, a.a.O., p. 359
16    CIA-Hilfe für afghanischen Widerstand höher denn je. In: «Frankfurter Rundschau» du 14/1/85, p. 2
17    idem.
18    Absolut blind. In: Der Spiegel, Nr. 38, 1989, p. 194
19    Cf. Brönner, Wolfram. Afghanistan, a.a.O., p. 18
20    Après la destruction totale de Kaboul, on rescensa 50 000 morts.
21    Sichrovsky, Peter. Ein Land zerfleischt sich selbst. In: «Süddeutsche Zeitung» du 31/8/92, p. 4
22    Cf. Gatter, Peer. Hoffnung in Trümmern. In: Mahfel. Berlin 1995. Nr. 5, p. 7
23    Cf. Ghali, Butros Butros. Die Aufgabe des Sisyphus. In: Der Spiegel. Nr. 31/96 du 29/7/96, p. 116
24    Roy, Olivier. Die Taleban-Bewegung in Afghanistan. In: Afghanistan-Info. Neuchâtel. no 36, février 1995. Cité d’après: Mahfel, H. 2. Berlin 1995, p. 8
25    Jang, The News du 3/3/95, cite d’après: Taleban schon seit 1985/86? In: Ebenda, p. 5
26    Newsweek du 17/4/95 et Artico, A. Afghanistans ferngesteuerte Glaubenskrieger. In: Le Monde Diplomatique/Tageszeitung. novembre 1995, p. 15.
Il s’agissait là aussi d’Usbekistan, situé au nord de l’Afghanistan, ou se trouvent les plus riches mines d’or du monde avec une production annuelle d’environ 50 tonnes et des plus grandes reserves d’argent du monde ainsi que de l’uranium au Kirgistan.
27    Malgré la présence américaine massive au Hindou Kouch, le projet n’était toujours pas concrétisé 20 ans plus tard.
28    Haubold, Erhard: In Afghanistan spielen die UN noch eine untergeordnete Rolle, in: «Frankfurter Allgemeine Zeitung» du 26/10/96, p. 1
29    Krieg um Bodenschätze. In: Der Spiegel Nr. 22/1997 du 26/5/97
30    Haubold, Erhard. In Afghanistan spielen die UN noch eine untergeordnete Rolle, a.a.O., p. 2
31    Wörmer, Nils/Kaim, Markus. Afghanistan nach den gescheiterten Präsidentschaftswahlen im April 2014. S. 23. In: Perthes, Volker/Lippert, Barbara (Hrsg.). Ungeplant bleibt der Normalfall – Acht Situationen, die politische Aufmerksamkeit verdienen. Berlin, SWP-Studie du 16/9/13
32    Sydow, Christoph: Die Kapitulation des Westens in Afghanistan. Spiegel Online du 20/6/13
33    Bemühungen um Frieden für Afghanistan,
in: «Neue Zürcher Zeitung» du 12/1/16, p. 3
34    Matern, Tobias. Eine Sache von Jahrzehnten.
In: «Süddeutsche Zeitung» du 20/2/17, p. 2
35    Petersen, Britta. Die Rückkehr des «Grossen Spiels» um Afghanistan. In: «Neue Zürcher Zeitung» du 3/1/17, p. 4
36    Cf. Russland organisiert Afghanistan-Treffen. dpa du 19/3/17 et Deutschlandfunk du 14/4/17
37    Cf. Böge, Friederike/Schmidt, Friedrich. Kratzen an der Nato-Flanke. In «Frankfurter Allgemeine Zeitung» du 13/4/17, p. 5.
38    «Gazeta Wyborcza» du 15/4/17. Cf. Tagesschau.de du 14/4/17
39    Avec ce bombardement, les Etats-Unis ont détruit un système de tunnels qu’ils avaient eux-mêmes construit dans les années 1980 pour les moudchahidin terroristes.
40    «De Telegraaf» du 15/4/17
41    Cf. dpa du 14/4/17
42    Afghanistan-Konferenz ruft Taliban zu Frieden auf. Deutsche Welle Online du 14/4/17
43    Cf. Böge, Friederike. Bombe mit Signalwirkung. In: «Frankfurter Allgemeine Zeitung» du 15/4/17, p. 2
44    Gabriel sucht die Konfrontation in der Nato. In: «Frankfurter Allgemeine Zeitung» du 1/4/17, p. 2

vendredi, 24 mars 2017

Des soldats du Califat en Chine ?

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Bob Woodward
Ex: http://www.decryptnewsonline.com 

Dans une vidéo adressée à la Chine, le groupe Etat islamique menace le pays, par la voix de combattants issus de la minorité ouïghoure.

"Vous les Chinois qui ne comprenez pas ce que les gens disent! Nous sommes les soldats du Califat, et nous viendrons à vous pour clarifier les choses en faisant parler nos armes, pour verser des rivières de sang afin de venger les opprimés". Dans une vidéo de 28 minutes, des combattants issus de la minorité chinoise ouïghoure adressent ces menaces glaçantes à la Chine entière.

Dans l'enregistrement publié lundi par une branche du groupe djihadiste basée dans l'ouest de l'Irak, selon SITE, un organisme spécialisé dans la surveillance sur internet des sites islamiques, l'auteur des menaces égorge un homme désigné comme un informateur.

Ces menaces qui visent régulièrement les Etats-Unis, l'Europe, ou le Proche-Orient sont inédites pour la Chine. Pékin est désormais selon "une cible de la rhétorique jihadiste", confirme Michael Clarke, expert du Xinjiang à l'Université de Canberra. Selon lui, cette vidéo serait la "première menace directe" de l'Etat islamique contre la Chine. 

Adressée depuis l'Irak, la menace pourrait pourtant frapper la Chine de l'intérieur. Les combattants présent sur la vidéo sont issus de la minorité chinoise ouïghoure. Cette ethnie majoritairement musulmane de la province du Xinjiang (nord-ouest) dit subir régulièrement des discriminations religieuses et sur le marché de l'emploi. 

Une frange radicalisée de cette ethnie s'est vu imputer par Pékin plusieurs attentats sur l'ensemble du territoire chinois, qui ont fait plusieurs centaines de mort ces dernières années. Selon Michael Clarke, il s'agit de "la première fois que des militants s'exprimant en ouïghour font allégeance à l'EI".

La guerre contre l'EI en Syrie et en Irak implique désormais, outre les puissances régionales, l'ensemble des grandes puissances membres permanents du conseil de sécurité de l'ONU à l'exception de la Chine. Aussi est-il légitime de se poser la question: la Chine restera-t-elle la grande absente du chaudron irako-syrien?

Le voyage du président chinois Xi Jinping, du 19 au 23 janvier 2016, en Arabie saoudite, en Égypte et en Iran démontre clairement l'influence géopolitique croissante de Pékin au Moyen-Orient. Il est donc légitime de se demander si la Chine va aussi s'impliquer militairement dans la lutte contre les terroristes de l'État Islamique. La déclaration du Président Xi Jinping, annonçant que son pays entendait faire payer aux «criminels» de Daesh l'«atroce assassinat» d'un ressortissant chinois en Syrie, détenu depuis septembre dernier (Fan Jinghui a été enlevé le 10 septembre ; exécution Annoncée le 19/11/2015 par Daesh), peut le faire penser, d'autant plus que cet assassinat coïncide avec la mort de trois cadres chinois dans l'attaque de l'hôtel Radisson de Bamako le 20/11. Le gouvernement chinois peut-il se contenter de déclarations et ne rien faire pour protéger ses ressortissants à l'extérieur du pays?

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Dans un document publié à Pékin en janvier 2016, la Chine a réaffirmé sa détermination à développer ses relations avec les pays arabes sur la base des cinq principes: «le respect mutuel de la souveraineté et de l'intégrité territoriale, non-agression mutuelle, non-ingérence mutuelle dans les affaires intérieures, égalité et avantages réciproques, et coexistence pacifique». Elle soutient le processus de paix au Moyen-Orient, la création d'un État palestinien indépendant et pleinement souverain sur la base des frontières de 1967 et ayant Jérusalem-Est comme capitale, ainsi que les efforts déployés par la Ligue arabe et ses États membres à cette fin. Elle s'en tient au règlement politique des crises régionales, et appuie la création d'une zone exempte d'armes nucléaires et d'autres armes de destruction massive au Moyen-Orient. Elle soutient les efforts actifs des pays arabes visant «à renforcer l'unité, à contrer la propagation des idées extrémistes et à combattre le terrorisme».

Conformément à cette ligne politique, la Chine s'est maintenue jusqu'à présent à l'écart de la lutte contre l'État islamique. Cette attitude était dictée par le désir de ne pas déplaire à l'Arabie Saoudite et au Qatar, deux de ses principaux fournisseurs de pétrole, ennemis farouches du régime de Bachar el-Assad et qui soutiennent les groupes islamistes, mais aussi pour ne pas fournir d'arguments à tous les prédicateurs salafistes qui veulent embrigader dans le terrorisme la population Ouighour du Xinjiang.

Néanmoins, la position chinoise reste très éloignée de la solution «démocratique à tout prix», que semblent défendre hypocritement les États-Unis et l'Europe en Syrie, quand on connaît le soutien indéfectible qu'ils apportent à des régimes corrompus ou moyenâgeux comme celui en place en Arabie Saoudite.

La position chinoise insiste sur la nécessité d'un compromis, plutôt que la révolution et ses conséquences directes: le désordre et le chaos généralisés.

La Chine a donc conservé naturellement ses relations diplomatiques avec Damas et y maintient un ambassadeur. Pékin soutient diplomatiquement le gouvernement d'Assad (La Chine a joint son véto en 2014 à une résolution du Conseil de sécurité de l'Onu présentée par la France qui devait renvoyer le «dossier syrien» devant la Cour pénale internationale (CPI) pour ses violations monumentales des droits de l'homme et du droit humanitaire international). La Chine n'a jusqu'à présent acheminé en Syrie, de manière ouverte, qu'une aide humanitaire au profit du croissant rouge syrien et a promis une aide importante pour la reconstruction du pays.

Fait nouveau, en mai 2015, sur le plan militaire, la Chine a affiché sa coopération navale en Méditerranée orientale avec la Russie à l'occasion de manœuvres navales communes.

Aussi, il apparait légitime de se demander si on ne va pas assister à un changement de cette politique traditionnelle face à la menace que constitue l'État islamique, à l'implication plus ou moins directe et ouverte des États du Moyen-Orient, notamment celle de la Turquie, et aux conséquences que cela peut engendrer pour la sécurité dans le Xinjiang.

En effet, la Chine apprécie toujours une situation selon trois points de vue: le droit international et la légitimité, ses intérêts internationaux et sa stratégie globale, et les conséquences sur le plan intérieur ; c'est-à-dire pour le Moyen-Orient: les activités des djihadistes Ouighours de la province extrême orientale du Xinjiang.

Cette province chinoise vaste comme 3 fois la France est frontalière de 8 Etats- la Mongolie, la Russie, le Kazakhstan, le Kyrgyzstan, le Tajikistan, l'Afghanistan, le Pakistan et l'Inde.

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Les Ouïghours font partie d'un vaste ensemble de groupes ethniques et culturels turco-mongole dont les Kirghizes, les Ouzbeks et les Kazakhs que l'on trouve aussi au Xinjiang qui composent la majorité des populations de l'Asie Centrale. Les peuples turcs regroupent 22 groupes ethniques couvrant le Caucase (Azerbaïdjan, Crimée, Daguestan, la Moldavie), l'Iran, l'Asie centrale (d'Ouest en Est: le Turkménistan, l'Ouzbékistan, le Kirghizstan, le Kazakhstan, Karakalpakie), la Mongolie, la Chine (le Xinjian), la Russie (la Sibérie, la Iakoutie) Tous des groupes parlent des langues turciques apparentées, de la famille ouralo-altaïque, qui sont des langues agglutinantes.

Pékin prend très au sérieux le risque de contamination des Ouighours du Xinjiang par le salafisme djihadiste, même si cette population musulmane n'est pas acquise a priori aux djihadistes. En effet, elle est de tradition soufie et, de ce fait, considérée par les salafistes comme déviante car revendiquant une relation directe avec Dieu et faisant du prophète un simple instrument de la révélation.

Néanmoins, les musulmans chinois sont passés de près de 11 millions en 1951 à plus de 20 millions aujourd'hui (Statistiques officielles du Gouvernement chinois). D'autres estimations avancent le chiffre de 40 à 60 millions, avec plus de 30.000 imams et presque 24.000 mosquées répartis principalement dans les provinces musulmanes.

À partir de la fin des années 80, les séparatistes musulmans de la province autonome du Xinjiang, sous l'influence d'Al Qaida, ont de plus en plus contesté l'autorité centrale de Beijing. Néanmoins, ce conflit est resté peu médiatisé en occident par rapport à la lutte des Tibétains contre le gouvernement central chinois.

Les Ouighours représentent, en effet, l'ethnie la plus nombreuse du Xinjiang, soit 46% de la population (13 millions) malgré une «hanisation» galopante depuis l'arrivée au pouvoir de Mao. Il existe par ailleurs une diaspora ouïgoure très active regroupée dans le Congrès mondial des Ouïghours dont le siège est à Munich, l'Allemagne ayant accueilli de nombreux réfugiés politiques ouïghours. Cette organisation est présidée par Rebiya Kadeer, militante des droits de l'homme libérée des prisons chinoises, qui vit aux États-Unis où existe une association américaine des Ouïghours: le Uyghur Human Rights Project, forme classique des ONG soutenues par la CIA et le département d'État américain .

Depuis le début des années 2000, des dizaines d'organisations avec un programme démocratique ont vu le jour, principalement en Amérique du Nord et en Europe à Munich qui est la ville d'Europe qui possède la plus grande population ouïghoure et qui accueille le plus d'organisations. Aujourd'hui, par l'intermédiaire de la National Endowment for Democracy, le Département d'État des États-Unis finance la plupart des organisations indépendantistes ouïghoures militant pour un État démocratique.

Pékin considère que ces structures sont des organisations terroristes et dénonce des liens avec le Mouvement islamique du Turkestan oriental, classé comme organisation terroriste, qui cherche à établir un État islamique Ouighour dans le Xinjiang. ( Le Mouvement islamique du Turkestan oriental est placé sur la liste officielle des groupes terroristes de la République populaire de Chine, des États-Unis et du Kazakhstan. En 2002, les Nations unies ont classé le mouvement comme étant proche d'Al-Qaida.)

L'ethnie ouighour fait partie d'un vaste ensemble turcique et bénéficie ainsi de relais dans les pays voisins où existent des minorités turcophones, et en premier lieu dans la Turquie d'Erdogan. Alors qu'il lutte contre le sentiment national Kurde, et nie le génocide arménien, Recep Tayep Erdogan appuie le développement du panturquisme. Ainsi en juillet 2009, depuis le G8 d'Aquila (Italie), il a dénoncé une «forme de génocide» au Xinjiang. La diplomatie turque s'est ensuite employée à modérer ses propos. Mais les services secrets turcs sont à la manœuvre pour aider le Mouvement Islamique de l'Est du Turkestan à acheminer les combattants Ouighours en Syrie.

Seymour Hersh rapporte dans Military to Militaryles inquiétudes de l'ambassadeur de Syrie en Chine Imad Moustapha, actuel ambassadeur de Syrie en Chine, qui fut le doyen de la faculté des sciences de l'Université de Damas, et un proche collaborateur d'Assad, lorsqu'il fut nommé en 2004 ambassadeur de Syrie à Washington, poste qu'il occupa pendant 7 ans: «Erdogan a transporté des Ouighours vers la Syrie par des moyens de transport spéciaux, tandis que son gouvernement s'agitait en faveur de leur combat en Chine. Les terroristes musulmans ouighours et birmans qui s'échappent par la Thaïlande se procurent d'une manière ou d'une autre des passeports turcs, puis sont acheminés vers la Turquie d'où ils transitent vers la Syrie.»

L'ambassadeur a ajouté qu'il existe une «ratline» («route secrète») qui achemine les Ouighours - les estimations vont de quelques centaines à quelques milliers - depuis la Chine via le Kazakhstan pour un éventuel transit par la Turquie. «Le fait qu'ils aient été aidés par les services secrets turcs pour se rendre en Syrie depuis la Chine en passant par la Turquie a été à la source de tensions énormes entre services secrets chinois et turcs. La Chine est inquiète du soutien de la Turquie envers les combattants Ouighours en Syrie, qui pourrait très bien s'étendre au Xinjkiang. Nous fournissons déjà des informations concernant ces terroristes et les routes qu'ils empruntent pour rejoindre la Syrie aux services secrets chinois.»

Le journal IHS-Jane's Defence Weekly a estimé en octobre 2015 qu'au moins 5000 futurs combattants Ouighours étaient arrivés en Turquie depuis 2013, dont peut-être 2000 avaient fait mouvement vers la Syrie. Moustapha a déclaré qu'il détenait des informations selon lesquelles «au moins 860 combattants Ouighours se trouveraient en Syrie.»

La presse officielle chinoise louait le 12 mai 2015 la relation de plus en plus étroite entre Pékin et Moscou, tandis que les deux puissances lançaient conjointement des manœuvres navales inédites en Méditerranée . Ces exercices rassemblent neuf navires de guerre russes et chinois pour une durée prévue de 11 jours, a rapporté le quotidien Global Times.

La Méditerranée est une partie du monde où les deux pays n'avaient jamais procédé à des exercices militaires communs, ont précisé les médias à Pékin. «Cela montre clairement que les deux pays vont œuvrer ensemble au maintien de la paix et de l'ordre international de l'après-guerre», a commenté l'agence de presse Chine Nouvelle, qui voit dans ce rapprochement la garantie d'une «contribution à un monde meilleur».

Par ailleurs, en novembre 2015, Pékin a conclu un accord de dix ans avec Djibouti, pour permettre à la Chine d'y construire une plateforme qui abritera des infrastructures logistiques militaires. «Il s'agira de leur premier emplacement militaire en Afrique». Cette base sera tournée vers l'Océan Indien pour sécuriser la route maritime d'acheminement du pétrole du Golfe Persique et vers l'Afrique. C'est la première base chinoise située aussi à l'Ouest. Elle pourrait aussi constituer un relais et un point d'appui précieux si Pékin décidait d'engager des troupes ou de fournir des équipements militaires à la Syrie.

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Pour l'instant, l'action ouverte de la Chine se borne à un soutien diplomatique de l'Etat syrien, à une aide humanitaire et à une promesse de 30 milliards après la guerre pour aider à la reconstruction du pays. Le 2 novembre 2015, l'ambassadeur de Chine à Damas, Wang Qi Jian, recevant une délégation syrienne de religieux et de tribus, a réitéré le soutien de son pays «au règlement politique de la crise en Syrie pour préserver la souveraineté du pays et l'unité de ses territoires».

On peut donc affirmer sans crainte que la Chine ne restera pas à l'écart d'un règlement politique de la crise syrienne. De plus, si la guerre contre Daesh s'éternise, il est certain que les menaces pour la sécurité de ses ressortissants au Xinjiang ou de ses expatriés augmentera et qu'il sera de plus en plus difficile au gouvernement chinois de se borner à des déclarations comme en 2015 sans rien faire pour venger les victimes chinoises des terroristes.

 

jeudi, 09 mars 2017

Turkey and ISIL: Anti-Chinese cooperation

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Turkey and ISIL: Anti-Chinese cooperation

If the “Islamic State” would have managed to quickly capture the territories controlled by Afghan-Pakistani Taliban and make these territories a part of their proclaimed “caliphate”, the threat of destabilization would be right on China’s doorstep

The latest months showed how deeply Turkey is absorbed by everything that has to do with ISIL. Turkey was behind the stage of the events developing around the “Islamic State” for a long time, aiding its activities only indirectly or unofficially. However, an official statement was made in autumn 2015 in Istanbul, which could be viewed as a sort of Turkish declaration regarding the “Islamic State”.

The statement was made by the head of National Intelligence Organization of Turkey Hakan Fidan, who usually doesn’t make public appearances. Fidan stated: ” ‘Islamic State’ is a reality. We must acknowledge that we can’t eradicate such a well-organized and popular organization such as the “Islamic State”. Which is why I urge our Western partners to reconsider their former notions of the political branches of Islam and put aside their cynical mindset, and together frustrate the plans of Vladimir Putin to suppress the Islamic revolution in Syria.

Based on the reasoning above, Hakan Fidan makes the following conclusion: it is necessary to open an office or a permanent embassy of ISIL in Istanbul — “Turkey strongly believes in this“.

The story with the date of the statement of National Intelligence Organization head is a curious one. First it appeared in online media on October 18, 2015, but didn’t get much attention back then. The statement of Hakan Fidan became famous after it got republished on the websites of news agencies on November 13 — on the eve of Paris terror attacks, which happened on the night between November 13 and November 14.

It so happened that Turkey urged the West to recognized a quasi-state, which, on its part, refuses to recognize the right of other states for existence. In essence, we see a call to accept the demands of ISIL as a global terrorist. Its demand is well-known — an oath of allegiance to it as the new caliphate.

What does the live participation of Turkey in the life of the “Islamic State” promise to the Islamic world and its neighbors (including Russia)? This question becomes more important in this very moment, after thousands of refugees were transported not without Turkey’s participation from the Middle East to Europe, after the incident with the Russian plane, which was bombing ISIL, downed by Turkey, after the far-reaching claims of Turkish officials. In this regard it is worth to recall another important aspect of Middle Eastern politics.

The fall of Mubarak’s regime in Egypt and the destruction of Gaddafi’s state in Libya in the beginning of the “Arab Spring” almost collapsed the economic communication of these countries with China. China’s economic presence in these countries was rapidly growing. This way, it is understandable that the events of the “Arab Spring” created a barrier for the Chinese economic expansion to Middle East and Africa, which threatened the United States. In other words, “Arab Spring” was also an effective tool in the hands of the USA in its global competition with People’s Republic of China.

Now, studying the connections between Turkey and ISIL, it is necessary to discuss what the expansion of the “Islamic State” means for China.

In autumn 2015 media reported that Turkish intelligence agencies are preparing terrorists among Chinese Uighurs. One could think that the reason here is the traditionally strong ties between Turkic peoples, as well that Turkey is interested in strengthening its influence over the Easternmost part of the Turkic world – Turkestan. All of this is, of course, true. But this isn’t everything that this is about. It is also about Uighur groups being trained and becoming battle-hardened in the ranks of ISIL. There is more and more evidence of the presence of such groups in Syria.

Therefore, ISIL is a new tool, improved after the “Arab Spring“, capable of destabilizing the primary competitor of the USA — China. If the “Islamic State” would have managed to quickly capture the territories controlled by Afghan-Pakistani Taliban and make these territories a part of their proclaimed “caliphate”, the threat of destabilization would be right on China’s doorstep. The capabilities of the caliphatist organization which would have appeared this way — with the prospect of Uighurs joining it — would have made such destabilization inevitable.

However, ISIL failed to quickly advance into the Afghan-Pakistan area. Recall what The Daily Beast newspaper wrote in October 2015 in an article titled “A Taliban-Russia Team-Up Against ISIS?” The newspaper wrote that the representatives of Taliban went to China several times to discuss the problem of Xinjiang Uighurs living in southern Afghanistan. The Daily Beast quoted one of Taliban representatives: “We told them they (to Uyghurs – Author) are in Afghanistan, and we could stop them from making anti-Chinese activities“.

Experts insist that Pakistan (the intelligence agencies of which played a decisive part in creating Taliban) significantly reorients from USA to China. Because the prospects of surrendering its own and Afghani Pashtun areas to the “Islamic State”, which won’t stop at that, is unacceptable for Pakistan. This is what, obviously, caused the turn of Pakistan towards China. And this turn was so drastic that its consequences create a new threat to the USA of expanding China’s influence.

During the Xiangshan Security Forum, which took place in October 2015, Pakistani Minister of Defense, Water and Power Khawaja Muhammad Asif announced the banishment of Uighur militants of the “East Turkestan Islamic Movement”. He said: “I think there (were) a small number in tribal areas, they’re all gone or eliminated. There are no more there.”  Asif added to this that Pakistan is ready to fight against the “East Turkestan Islamic Movement”, because this is not only in the interests of China, but in Pakistan’s own interests.

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Next, in the first half of November 2015, Chinese newspaper China Daily announced that the Chinese state company China Overseas Port Holding received 152 hectares of land on lease in Gwadar port from Pakistani government for 43 years (!). Perhaps it is time to admit that China has almost reached the Arabian sea through the strategically important Pakistani region Balochistan (that is where Gwadar is) and that the planned expansion of ISIL to the east didn’t make it in time to prevent this? It is obvious that the struggle of the USA against China will continue on this direction, which is why China hurries to secure the reached results and create its own economic zone near the Strait of Hormuz.

China Daily wrote: “As part of the agreement, the Chinese company, based in Hong Kong, will be in full charge of Gwadar Port, the third-largest port in Pakistan.

There is a noteworthy detail in this story: Gwadar is considered to be the southern tip of the large Chinese-Pakistani economic corridor. This corridor starts in the Xinjiang Uyghur Autonomous Region of People’s Republic of China. This means that the necessity to destabilize China from there becomes more acute for its competitors.

Since Pakistan and Talibs refuse to radicalize Chinese Uighurs (more than 9 million of whom live in China), this role goes to, on the one hand, Turkey as the Turkic patron of Uighurs, one the other hand — to ISIL as Islamist ultra-radicals. Next, if this Afghan-Pakistani corridor for supplying radical groups to China is blocked for now, it means there is a need for another one. Which one? Obviously, the Turkic world — from Turkey to Turkic countries of Central Asia and Chinese Uighurs. It is more than likely that Russian Volga region and North Caucasus will have to be made a part of the corridor which Turkey and ISIL need to communicate with Uighurs.

Chinese media point out to this since the end of 2014. Back then the news website Want China Times published an article titled ” ‘East Turkestan’ separatists get trained in ISIL and dream of returning to China“. The website referred to the data already published by the Chinese news outlet Global Times. According to this data, Ethnic Uighur radicals flee from the country to join ISIL, receive training and fight in Iraq and Syria. Their goals are to win wide acknowledgement among international terrorist groups, establish contact channels and acquire real combat experience before bringing their knowledge back to China.

Global Times reported, citing Chinese experts, that Xinjiang Uighurs join ISIL either in Syria and Iraq, or in the divisions of ISIL in South-East Asian countries. Next the publication informed that, since the international community launched the anti-terrorist campaign, ISIL now avoids recruiting new members right on its “base”, preferring to separate them by sending to smaller cells in Syria, Turkey, Indonesia and Kyrgyzstan.

The Uighur problem caused the complication in the Turkish-Chinese relations in summer 2015.

Everything started in Thailand. The authorities made the decision to deport over 100 Uighurs to China. On the night between July 8 and July 9, Turkish Uighurs attacked Chinese embassy in Istanbul, protesting against this decision.

In response, Thailand authorities changed their position and declared that Uighur emigrants will not be deported to China without evidence pointing to their criminal activity. Instead… they will be deported directly to Turkey! This wasn’t a novel decision, deportations of Uighurs to Turkey happened before. A total of 60 thousand Uighurs live in Turkey. This means that we are not talking about separate cases of deportation here, but about consistent concentration of Uighur groups scattered around Asian countries in Turkey.

In July the Arab news website “Al-Qanoon” quoted Tong Bichan, a high-ranking China’s Public Security Ministry official. He said: “The Turkish diplomats in Southeast Asia have given Turkish ID cards to Uyghur citizens of Xinjiang province and then they have sent them to Turkey to prepare for war against the Syrian government alongside ISIL.

Finally, only recently the propagandist resource of the “Islamic State” posted a song in Chinese language. The song contains the call to wake up, adressed to Chinese Muslim brothers. Such calls are a part of the anti-Chinese campaign launched by ISIL. Another video of caliphatists features an 80-year old Muslim priest from Xinjiang urging his Muslim compatriots to join ISIL. The video then shows a classroom of Uighur boys, one of whom promises to raise the flag of ISIL in Turkestan.

All of this leads to the conclusion that among the goals ISIL tries to reach in cooperation with Turkey is the warming up and launching of the “Chinese Spring” in quite observable terms. Such a goal demands “cooperators” to use the territories near China — first and foremost, Turkic states of Central Asia. For example, Kyrgyzstan in this regard is clearly supposed to become the place of accumulation and training of radical groups.

The large world-rebuilding Middle Eastern war is seeking its way towards East, in the direction of China. Which means that new large phases of this war are not too far ahead.

Source (for copy): http://eu.eot.su/?p=5441

This is the translation of an article (first published in “Essence of Time” newspaper issue 160 on December 30, 2015) by Maria Podkopayeva of a series on rebuilding of Middle East and Africa by the West. This rebuilding was launched to give rise to the most violent and bloody regime, such as IS “caliphate”, which is supposed to eventually attack and conquer Russia, China and Europe.

We encourage republishing of our translations and articles, but ONLY with mentioning the original article page at eu.eot.su (link above).

vendredi, 13 janvier 2017

An Ancient Route Rolls On: Questions For Peter Frankopan, Author Of 'The Silk Roads'

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An Ancient Route Rolls On: Questions For Peter Frankopan, Author Of 'The Silk Roads'

The Silk Roads, A New History of the World, by Peter Frankopan, Hardcover, 645 pages, purchase
 
Ex: http://www.npr.org 

frankopan.jpgThe very mention of the Silk Roads creates an instant image: camel caravans trudging through the high plains and deserts of central Asia, carrying silks, spices and philosophies to Europe and the larger Mediterranean. And while these ancient routes may remain embedded in our imagination, they have, over the past few centuries, slowly faded inIMPORTANCE. The region today is home to despotic regimes, failing states and endless conflict. But historian Peter Frankopan thinks that the Silk Roads "are rising again."

In his new book, The Silk Roads, Frankopan has created something that forces us to sit up and reconsider the world and the way we've always thought about it. Western scholarship, he argues, has long ignored the routes linking Europe to the Pacific, the areas he calls "the axis on which the globe spun." So he has chosen to focus firmly on the Silk Roads, for what he calls "a new history of the world."

The book takes us by surprise right from the start: It begins not with the Greeks or the Romans, but with the Persian Empire — Frankopan writes that the Greeks and Romans, when they thought to expand, moved east toward the riches of Persia, rather than north or west into Europe. In an email conversation, Frankopan tells me that he wanted to explore exchange between the East and the West of everything from ideas and beliefs to food andFASHION. "Incidentally, it's not just luxury goods that I track — silks, textiles, spices, ceramics and slaves — but violence and disease, too," he says. "For example, the pathways followed by the Mongols and the Black Death were identical."

As you worked on this book, what struck you as the most important contributions the Silk Roads made to world history?

One thing that I was particularly interested in is the spread of faith along the Silk Roads. All the great global religions — Judaism, Christianity, Islam, Buddhism and Hinduism, as well as lots of otherIMPORTANT but less well-known belief systems — spread along the web of routes crisscrossing the spine of Asia.

I was also very struck by the scale of the white slave trade in the early Middle Ages — huge numbers of men, women and children were trafficked from Europe to the east in return for silver. I think readers will be surprised by that. But most of all is the fact that the Silk Roads keep on being involved all the time in more or less everything: they play the lead role in the expeditions of Columbus, who was trying to connect to the trade routes of the east; they were crucial to the origins of World War I — whose origins were firmly based in Asia, even though the trigger came from the assassination of Franz Ferdinand in Sarajevo.

There is a profound significance to the origins of the Holocaust, too, for example: Documents relating to German agricultural production and needs show that the decision to invade the Soviet Union was closely linked to taking control of the wheat fields of the rich lands lying north of the Black and Caspian Seas. The failure to "extract" the expected harvests from what is now Ukraine and Southern Russia led to discussions first about how to feed back in German controlled territories and then about who to feed. Those in prison camps found their calories reduced and then cut altogether; the jump to genocide was directly linked to the failure of the campaigns in the east.

We just don't look at this region at all — so have never thought to join up all these dots before.

You write, "We are seeing the signs of the world's center of gravity shifting — back to where it lay for millennia." But some argue that the world's center is shifting not toward the Silk Roads but farther East — toward China, Southeast Asia and India.

I can't speak for those who believe that the center of gravity is moving elsewhere. Many seem to think China and/or India exist in a bubble and can be looked at on their own. But I am much more interested in how China engages with Russia, with Iran, with the Middle East and with Central Asia — as well as with Southeast Asia. And that, by the way, is how China itself sees the world. China's signature foreign policy for the next 30 years is ... essentially the construction of a series of new Silk Roads.

China has dramatically rising energy needs as its middle classes grow in number and prosperity. So pipelines bringing oil and gas from mineral-rich countries like Kazakhstan, Turkmenistan and Iran have been or are being built to help fuel China's growth. And as a historian, it gives me no small pleasure to realize that those pipelines follow the same paths that traders bringing goods followed 2 1/2 thousand years ago.

Nishant Dahiya is NPR's Asia Editor

mercredi, 28 décembre 2016

Indo-European Dispersals and the Eurasian Steppe with J.P. Mallory

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Indo-European Dispersals and the Eurasian Steppe with J.P. Mallory

J. P. Mallory speaks on Indo-European Dispersals and the Eurasian Steppe at the Silk Road Symposium held at the Penn Museum held in March 2011.

Contacts between Europe and China that bridged the Eurasian steppelands are part of a larger story of the dispersal of the Indo-European languages that were carried to Ireland (Celtic) in the west and the western frontiers of China (Tokharian, Iranian) in the east. Reviewing some of the problems of these expansions 15 years ago, the author suggested that it was convenient to discuss the expansions in terms of several fault lines -- the Dnieper, the Ural and Central Asia. The Dnieper is critical for resolving issues concerning the different models of Indo-European origins and more recent research forces us to reconsider the nature of the Dnieper as a cultural border. Recent research has also suggested that we need to reconsider the eastern periphery of the Indo-European world and how it relates to its western neighbors.

J.P. Mallory is Professor of Prehistoric Archaeology at Queen's University, Belfast, Northern Ireland.

More at http://www.penn.museum

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lundi, 12 décembre 2016

Le chamanisme d'Asie centrale et de Turquie : histoire et anthropologie / Zarcone Thierry

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Le chamanisme d'Asie centrale et de Turquie : histoire et anthropologie / Zarcone Thierry

Le chamanisme d'Asie centrale et de Turquie : histoire et anthropologie. Conférence de Thierry Zarcone. Date de réalisation : 27 Mars 2012

samedi, 08 octobre 2016

America’s Longest War Gets Longer

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America’s Longest War Gets Longer

America was furious after the bloody 9/11 attacks. The Bush administration had been caught sleeping on guard duty. Many Americans believed 9/11 was an inside job by pro-war neocons.

Afghanistan was picked as the target of US vengeance even though the 9/11 attacks were hatched (if in fact done from abroad) in Germany and Spain. The suicide attackers made clear their kamikaze mission was to punish the US for ‘occupying’ the holy land of Saudi Arabia,  and for Washington’s open-ended support of Israel in its occupation of Palestine.

This rational was quickly obscured by the Bush administration that claimed the 9/11 attackers, most of whom were Saudis, were motivated by hatred of American ‘values’ and ‘freedoms.’ This nonsense planted the seeds of the rising tide of Islamophobia that we see today and the faux ‘war on terror.’

An anti-communist jihadi, Osama bin Laden, was inflated and demonized into America’s Great Satan. The supposed  ‘terrorist training camps’ in Afghanistan were, as I saw with my eyes, camps where Pakistani intelligence trained jihadis to fight in India-occupied Kashmir.

Afghanistan, remote, bleak and mountainous, was rightly known as ‘the graveyard of empires.’ These included Alexander the Great, Genghis Khan, Timur, the Moguls, and Sikhs. The British Empire  invaded Afghanistan three times in the 19th century. The Soviet Union, world’s greatest land power, invaded in 1979, seeking a corridor to the Arabian Sea and Gulf.

All were defeated by the fierce Pashtun warrior tribes of the Hindu Kush.  But the fool George W. Bush rushed in where angels feared to tread, in a futile attempt to conquer an unconquerable people for whom war was their favorite pastime. I was with the Afghan mujahidin when fighting the Soviet occupation in the 1980’s, and again the newly-formed Taliban in the early 1990’s. As I wrote in my book on this subject, ‘War at the Top of the World,’ the Pashtun warriors were the bravest men I’d ever seen.  They had only ancient weapons but possessed boundless courage.

During the 2001 US invasion, the Americans allied themselves to the heroin and opium-dealing Tajik Northern Alliance, to former Communist allies of the Soviets, and to the northern Uzbeks, blood foes of the Pashtun and former Soviet Communist allies.

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Taliban, which had absolutely nothing to do with 9/11, had shut down 90% of Afghanistan’s heroin and opium trade. The US-allied Northern Alliance restored it, making Afghanistan again the world’s leading supplier of heroin and opium. US occupation forces, backed by immense tactical airpower, allied themselves with the most criminal elements in Afghanistan and installed a puppet regime of CIA assets. The old Communist secret police, notorious for their record of torture and atrocities, was kept in power by CIA to fight Taliban.

Last week, Washington’s Special Inspector General for Afghan Relief (SIGAR) issued a totally damning report showing how mass corruption, bribery, payoffs and drug money had fatally undermined US efforts to build a viable Afghan society.  

What’s more, without 24/7 US air cover, Washington’s yes-men in Kabul would be quickly swept away. The Afghan Army and police have no loyalty to the regime; they fight only for the Yankee dollar. Like Baghdad, Kabul is a US-guarded island in a sea of animosity.

A report by Global Research has estimated the 15-year Afghan War and the Iraq War had cost the US $6 trillion. Small wonder when gasoline trucked up to Afghanistan from Pakistan’s coast it costs the Pentagon $400 per gallon. Some estimates put the war  cost at $33,000 per citizen. But Americans do not pay this cost through a special war tax, as it should be. Bush ordered the total costs of the Iraq and Afghan wars be concealed in the national debt.

Officially, 2,216 American soldiers have died in Afghanistan and 20,049 were seriously wounded. Some 1,173 US mercenaries have also been killed. Large numbers of US financed mercenaries still remain in Afghanistan and Iraq.

Noble Peace Prize winner Barack Obama promised to withdraw nearly all US troops from Afghanistan by 2016.

Instead, more US troops are on the way to protect the Kabul  puppet regime from its own people. Taliban and its dozen-odd allied resistance movements (‘terrorists’ in Pentagon-speak faithfully parroted by the US media) are steadily gaining territory and followers.

Last week, the US dragooned NATO and other satrap states to a ‘voluntary’ donor conference for Afghanistan where they had to cough up another $15.2 billion and likely send some more troops to this hopeless conflict.  Washington cannot bear to admit defeat by tiny Afghanistan or see this strategic nation fall into China’s sphere.

Ominously, the US is encouraging India to play a much larger role in Afghanistan, thus planting the seeds of a dangerous Pakistani-Indian-Chinese confrontation there.

There was no mention of the 800lb gorilla in the conference room: Afghanistan’s role as the world’s by now largest heroin/opium/morphine producer – all under the proud auspices of the United States government. The new US president will inherit this embarrassing problem.

lundi, 20 juin 2016

L’Iran se relie à l’Eurasie avec le Canal Perse

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L’Iran se relie à l’Eurasie avec le Canal Perse

F. William Engdahl

Ex: http://reseauinternational.net

Avec la disparition des sanctions économiques étasuniennes et européennes, il devient manifeste que l’Iran veut aujourd’hui construire, pas détruire comme l’Occident semble le vouloir à tout prix. La toute dernière annonce  est que Téhéran a décidé de se lancer dans un grand projet d’infrastructure qui demandera peut-être une dizaine d’années pour être achevé: un canal navigable, reliant pour la première fois la mer Caspienne au golfe Persique en traversant l’Iran. Compte tenu de la topographie très montagneuse de l’Iran, il n’est pas facile à creuser. Ce sera également un grand avantage pour la Russie et les autres pays bordant la mer Caspienne, ainsi qu’une infrastructure exactement adaptée au grand projet chinois de la Route de la Soie.

Pour sa marine et son commerce, la Russie cherche un lien vers les mers chaudes depuis l’époque des tsars Romanov. Aujourd’hui, sur une voie très étroite traversant Istanbul entre mer Noire et mer de Marmara, les navires russes doivent franchir les détroits turcs du Bosphore, les Dardanelles, la mer Egée et la mer Méditerranée. Compte tenu des relations glaciales entre Moscou et Ankara aujourd’hui, depuis que les forces aériennes turques ont l’année dernière abattu délibérément un jet russe dans l’espace aérien syrien, en violation de toutes les normes du droit international, la traversée du Bosphore par les navires russes est une entreprise très incertaine, malgré les traités internationaux sur la liberté de passage.

D’ailleurs, pour les navires iraniens ou chinois aussi, atteindre les ports méditerranéens de l’Europe, exige maintenant qu’ils traversent le canal de Suez appartenant au gouvernement égyptien. En dépit de la Convention de 1888 de Constantinople, qui accorde le droit de libre accès à toute nation et navire en temps de guerre ou de paix, le gouvernement égyptien, comme cela a été évident lors du coup d’État des Frères musulmans de Mohammed Morsi soutenu par les USA, présente aussi un très important risque politique. En contournant les détroits turcs et le canal de Suez égyptien, le canal iranien offre aussi à la Russie et aux autres États le chemin le plus court vers l’océan Indien.

Téhéran a dévoilé les plans de construction d’une voie artificielle qui reliera pour la première fois la mer Caspienne et le golfe Persique. Son achèvement est prévu dans une dizaine d’années. Elle a d’énormes implications économiques, militaires et économiques.

Le « Canal de Suez » de l’Iran

canalphoto_3321_5183249.jpgDu point de vue économique et géopolitique, ce sera, dans tous les sens du terme, un rival au canal de Suez. Selon un article publié par Sputnik International de Russie, le projet a été approuvé en 2012 par l’ancien Président iranien Mahmoud Ahmadinejad, au moment où les sanctions occidentales étaient toujours en place. Le coût avait été estimé alors par Khatam-al Anbiya, une société d’ingénierie appartenant à la Garde révolutionnaire iranienne, à environ sept milliards de dollars. À cette époque, dans une démarche visant à bloquer le projet, Washington avait imposé des sanctions économiques aux entreprises qui participaient au projet. Maintenant, pour d’autres raisons géopolitiques, Washington a levé de nombreuses sanctions et Téhéran va de l’avant.

Le canal de la mer Caspienne de l’Iran a un avantage majeur de sécurité. Il traverse strictement l’espace iranien, espace qui est bien défendu.

Deux itinéraires sont envisagés pour le « Canal de Suez » iranien. Le plus court à l’ouest traverserait le territoire montagneux, tandis que le plus long permettrait l’irrigation des vastes régions désertiques de l’est de l’Iran et éviterait l’étroit chenal d’Ormuz, entre Oman et Iran.

L’itinéraire oriental, entre l’est du Golfe d’Oman et le sud-est de la mer Caspienne a une longueur totale comprise entre 1465 et 1600 kilomètres, en fonction du cheminement interne. Il aurait l’avantage supplémentaire de permettre l’irrigation et le développement de l’agriculture dans les provinces sèches du pays, à l’est et au centre, là où l’absence de précipitations a créé une énorme sécheresse ces dernières décennies. La voie navigable permettrait de recharger la nappe phréatique en eau.

L’itinéraire occidental, bien que plus court, présente des inconvénients majeurs. Faisant environ 950 km, empruntant des lits de fleuves partiellement navigables, il devrait traverser les vallées des montagnes Zagros sur 600 kilomètres. L’inconvénient majeur de cette voie est la traversée des hauteurs de Zagros et des provinces du Kurdistan et d’Hamedan, où il doit grimper à plus de 1800 mètres.

Quel que soit l’itinéraire choisi, et apparemment des raisons de sécurité nationale l’ont fait garder secret jusqu’ici, plusieurs avantages majeurs se développeront à partir du canal reliant la mer Caspienne à l’océan Indien. D’abord, d’une part, il créera le lien maritime le plus court entre le golfe Persique et l’Inde et l’Europe de l’est, du centre et du nord; d’autre part, il sera en concurrence directe avec le canal de Suez et l’instabilité politique égyptienne. Pour la Russie, il aura l’avantage géopolitique majeur d’offrir un accès facile et direct à l’océan Indien, indépendant du canal de Suez et des détroits turcs du Bosphore. Pour l’Iran, sur le plan économique, ce serait un créateur d’emploi majeur. Il ajouterait environ deux millions de nouveaux emplois dans la construction et l’entretien le long du canal. Il permettra aussi à Téhéran de relancer les régions isolées de l’est qui se chargeraient de l’infrastructure, incluant la construction d’un nouveau port moderne dans les régions économiques libres de Bam et Tabas, de chantiers navals et d’aéroports, et des villes prévues. Il permettrait aussi d’éviter ou de réduire considérablement la désertification en créant un obstacle à la propagation du désert vers les terres iraniennes fertiles.

Cela arrive au moment où l’Iran se prépare à devenir membre à part entière de l’Organisation de coopération eurasienne de Shanghai (OCS). L’Iran avait le statut de nation observatrice à l’OCS depuis 2008, mais les sanctions de l’ONU ont empêché sa pleine adhésion jusqu’à janvier dernier. La Russie et la Chine soutiennent fermement sa pleine adhésion, qui sera vraisemblablement ratifiée plus tard cet été, lors de la réunion annuelle. En février 2016, en visite à Téhéran, le Président chinois Xi Jinping a discuté de la participation de l’Iran au projet d’infrastructure eurasiatique de la Chine, de la création d’un réseau de ports et des réseaux ferroviaires à grande vitesse sillonnant l’Eurasie de Pékin à la Biélorussie et au-delà. Il est très probable que Xi et le Premier ministre Rouhani ont aussi discuté de la participation de la Chine au financement et peut-être aussi à la construction du Canal persan, alternative iranienne au canal de Suez.

D’après ce que j’ai observé personnellement lors d’une récente visite à Téhéran, les Iraniens en ont assez de la guerre. Ils ne se sont pas totalement remis des pertes et des destructions de la guerre Iran-Irak initiée par les USA dans les années 1980, ni des déstabilisations US ultérieures. Ils veulent plutôt un développement économique pacifique et être en sécurité chez eux. Le projet du Canal Persan de l’Iran est une belle étape dans cette direction.

  1. William Engdahl est consultant en risques stratégiques et conférencier. Titulaire d’un diplôme en politique de l’université de Princeton, il est auteur de best-sellers sur le pétrole et la géopolitique. En exclusivité pour le magazine en ligne New Eastern Outlook.

NEO, F. William Engdahl

Original : journal-neo.org/2016/04/07/iran-links-to-eurasia-with-per...
Traduction Petrus Lombard

samedi, 16 avril 2016

Trains Against Terrorism: The New Silk Road Crosses Afghanistan

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Author: Caleb Maupin

Trains Against Terrorism: The New Silk Road Crosses Afghanistan

Ex: http://journal-neo.org

Recent developments around the world concerning the seemingly unrelated topics of railways, heroin production, and international terrorism point toward emerging realities about the global economy.

On April 4, 2016, the 48th anniversary of the assassination of Dr. Martin Luther King Jr., an Amtrak Train derailed in western Pennsylvania. Two Amtrak workers were killed. Accidents on Amtrak and other systems of United States public transportation are becoming much more common. Just a few weeks before, the DC Metro, the second-largest subway system in the country, closed down for an entire day for urgent safety repairs. In January, someone died when a DC metro station filled up with smoke.

Every day, Amtrak train passengers in the United States are transported over a 106-year-old bridge in Hackensack, New Jersey. () It’s widely acknowledged that the decaying railway bridge needs to be repaired, but the funds simply cannot be put together. The plan to replace the bridge was abandoned in 2014 when the funds raised for the project came up $900 million short.

As the US public transportation system decays, it is still highly useful to individuals who support themselves with a certain illicit profession — narcotics trafficking. According to City Lab, train and bus stops are the ideal spot for those transporting cocaine, crystal meth, or the drug which is causing an epidemic throughout the United States: heroin.

The Global Heroin Problem

Every day 78, people in the United States die from heroin overdoses. Heroin use gradually increased in the first decade of the 21st century. By 2012, the rate of heroin-related deaths was four times what it was in 2002. Between 2012 and 2013, the number of deaths skyrocketed by 39%. Heroin addiction is rising all across the United States, and poppy fields are sprouting up across Mexico to meet the demand.

Currently, just over fifty percent of US heroin originates in Mexico. The rest of the heroin can be traced to the country where 90% of the world’s heroin is produced: Afghanistan.

The first poppy fields intended for opium production sprouted in Afghanistan when it was under British economic domination during the 1870s. Heroin sprouted up in many different parts of the world — accompanying the slaughter of indigenous peoples, the singing of “God Save the Queen,” and the institution of public floggings — as a kind of trademark of British imperialism.

Heroin production was a very small factor in Afghanistan until 1979. Following the seizure of power by the pro-Soviet People’s Democratic Party, the US Central Intelligence Agency began cooperating with Gulbuddin Hekmatyar. Hekmatyar was the top drug lord in Afghanistan, and with the help of the CIA and the Saudi monarchy, poppy fields sprouted up everywhere. As Sunni takfiri extremists from around the world went to Afghanistan to fight against the People’s Democratic Party, the booming heroin industry of Afghanistan was utilized to fund the operations. The Pakistani secret police, cooperating with the CIA and the Saudis, escorted trucks full of heroin across the Afghan-Pakistan border.

The Taliban government that came to power in Afghanistan during the 1990s saw the drug as a violation of Islamic teachings and thus worked to wipe out heroin production. According to the United Nations, the crackdown on heroin in Afghanistan had decreased production “from 3,300 tons in 2000 to 185 tons in 2001.”

After the US invasion following the September 11 attacks, heroin production in Afghanistan dramatically increased. Since 2001, heroin production in Afghanistan has risen to astoundingly high levels. No country in history has ever produced as much heroin as Afghanistan currently does, accounting for 90% of all world production.

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The “Trade and Transport” Plan

Heroin production has been key in strengthening another problem in Afghanistan — terrorism. Since 2001, US leaders have been fighting a “War on Terror.” The goal is to  wipe out “terrorism.” However, in each of the countries invaded by the United States since the “War on Terror” began, terrorist organizations have gotten stronger.

Sunni takfiri terrorist groups like ISIS and Al-Nusra had virtually no presence when the secular Baath Arab Socialist Party controlled Saddam Hussein’s Iraq. Now extremists, including ISIS and Al-Qaeda, are very prevalent in the country. ISIS has set up shop in Libya since the overthrow of Gaddafi. Years of drone strikes have clearly not created stability in Yemen.

In Afghanistan, heroin dealing has been a key factor in subsidizing a terrorist organization called “Jundallah” which conducts kidnappings, bombings, and other terrorist activities. Jundallah are Saudi-funded terrorists based in Afghanistan who seek to overthrow the Islamic Republic of Iran, whose clerics they deem to be “Shia Apostates.” They appear to have received assistance from the United States, Britain, and various pro-western regimes in the region.

While Iran has graciously hosted over 2 million refugees since 2001, Jundallah and other anti-Iranian terrorists based in Afghanistan have arranged for heroin to be routinely smuggled across the borders. Heroin addiction is currently a huge problem in Iranian society.

When addressing the United Nations Security Council about the problems of Afghanistan on June 22, 2015, Iranian deputy ambassador Hossein Deghani explained Iran’s plan to aid the country. He said: “In the view of the Iranian government, trade and transport are two main fields for expansion of Tehran-Kabul relations.” He highlighted the fact that Afghanistan is a landlocked country, and that this has limited its ability to export. He talked of the project for the construction of a railroad from China, through Central Asia and Afghanistan, to Iran.

On February 16, the first train to travel from China to Iran successfully arrived. The train was constructed utilizing the most recent innovations in transportation technology, and completed the journey of 5,900 miles in just 14 days. A sea voyage between the two countries takes 30 days longer, at minimum.

China’s 13th Five-Year Plan includes connecting Afghanistan with the emerging Central Asian Rail System. Trains would travel from China’s city of Kashgar to the Afghan city of Herat, and then connect to Iran after crossing Kyrgyzstan and Tajikistan. Access to Iran’s various seaports would ensure that Afghanistan could begin exporting at a much higher rate.

Currently, China’s government-controlled banks are funding railroad projects in 30 different countries. In 2013, China exported $3.23 billion in railroad equipment.

Afghanistan is not a wealthy country. The CIA World Factbook describes it as arguably the most impoverished country in the world. It has no oil deposits. The once-vast timber resources of Afghanistan were nearly eradicated by the British Empire, and the reforestation efforts of the 1980s were abandoned when the People’s Democratic Party was overthrown. Though Afghanistan has almost nothing to offer the People’s Republic of China, the central banks are willingly investing billions into putting a railroad through this deeply impoverished country. Chinese banks are funding the project, even as growth in the Chinese economy is notably slowing.

Stability for Central Asia: Why Invest in Afghanistan?

How is it possible that projects for building new, modern railroads in impoverished Afghanistan can be financed, while financing is unavailable to replace a 106-year-old railway bridge in the richest country on earth? Why do Chinese banks invest in the most impoverished, drug-infested, and war-torn country in the world — while US banks are unwilling to invest in highly developed and industrialized Hackensack, New Jersey?

The answer can be found in simplistic phrases used by Mao Zedong, the founder of the People’s Republic. US banks operate as capitalist institutions, where, as Mao put it, “profits are in command.” Banks in the United States lend money in order to make a return on their investment. With the huge rate of public debt amid the shrinking US economy, lending money to replace a dangerous bridge in New Jersey — or to the federal government to beef up the Amtrak system, or to the District of Columbia in order to fix up the DC Metro — is not a smart business move. As the wages of US workers go down, and tax revenue shrinks, “debt crises” are plaguing the western world. During the Great Depression of the 1930s, the US government’s slogan was “give a man a job.” During the depression of the 21st Century, the rallying cry is “austerity.” Government workers are being laid off and public services like food stamps, libraries, and fire departments are being cut. It is clearly not a good time to lend money to the US government.

It’s not a good time to lend money to the Afghan government either. The country is arguably worse off than it has ever been before, but the major banks in China operate under a different principal. The government-owned banks in China operate with “politics in command,” to use Mao’s phraseology.

The decision to build and improve railroads in Afghanistan, as well as Indonesia, Thailand, Africa, Eastern Europe, and elsewhere is not a financial decision for China’s banks. It is a political one. The trains that China is constructing all over the world are part of the “One Belt, One Road” policy, and fit into the overall global vision of Chinese President Xi Jinping. Xi has become well-loved throughout the impoverished countries for his plan to build a “New Silk Road.”

Xi Jinping argues that it is in China’s interest to see people around the world lifted out of poverty. According to Xi, one key to eliminating poverty is the construction of infrastructure. The rhetoric of the Chinese Communist Party on the global stage presents a vision of peace, where countries do not go to war with one another, because they are economically bound together.

In the case of Central Asia, China has a real self-interest in stabilization. The drug-dealing terrorists and extremists of Afghanistan, unleashed and empowered by the US invasion, have recently found their way into China. The recent wave of mass stabbings conducted by extremist groups among China’s Islamic Uyghur minority have not arisen spontaneously. Money from Saudi Arabia and training from the western-backed insurgents fighting against the Syrian government has been used to fund anticommunist takfiris in China’s Islamic regions. Many Chinese people fear that the horrors unleashed in places like Paris and Brussels could eventually happen in Chinese cities if conditions in Afghanistan are not improved.

Stability in Afghanistan means jobs, economic opportunities, and a means of survival beyond heroin trafficking and extremism for the impoverished Afghan people. Working in the interests of Chinese society, not the profits of a few capitalists, Chinese banks are funding infrastructure projects in Central Asia. These banks are not obeying stockholders. They are obeying the Communist Party, which has 86 million members who are trained in Marxist-Leninist ideology, Mao Zedong Thought, and Deng Xiaoping Theory.

The foreign policy goals of the Chinese government, under the leadership of Xi Jinping — who in the US press is widely decried as a “hardliner” and compared to Joseph Stalin — has been to stabilize the world by providing economic opportunity to imperiled regions. If people are not starving and desperate, the world will be a much safer place, not just for China, but for all countries.

Wall Street Bankers: The New Opium Warriors

Who gains from instability? What forces could possibly view as beneficial, economically or otherwise, the rise of terrorist groups like ISIS? Unfortunately, the answer is global monopoly capitalism, headquartered on Wall Street and the London Stock Exchange.

The regimes targeted and deposed by the US “War on Terror” have all been sources of stability and economic independence. The Taliban was wiping out the drug trade, and planning to build oil pipelines. Saddam Hussein’s Iraq had an independent, state-run oil company that was exporting petroleum on the world markets, as did Gaddafi’s Libya. Prior to western efforts to foment civil war, Syria was one of the most stable countries in the Middle East, with religious diversity and a high-quality healthcare and educational system.

Though people in western countries continue to live in fear of terrorist attacks, and a crisis of mass migration is causing political turmoil in Europe, the leaders of western government continue to foment chaos in Syria. Each day, as US leaders work to overthrow the Syrian Arab Republic, ISIS and Al-Qaeda get stronger. Iran and Russia, two countries who have made gigantic efforts to fight against ISIS in Syria, are targeted by economic sanctions from the United States.

Economic development does not only mean alleviating poverty and reducing terrorism. It also means eliminating the monopoly of the west. If countries can remain impoverished and war-torn, Wall Street and London can remain at the center of the world economy, and everyone will be forced to purchase from them. Economic development around the world means western corporations will face new competitors.

In two infamous “Opium Wars,” the British Empire forced China to accept the domination of foreign corporations. The official reason for the war was objections to Chinese tariffs and protection of domestic businesses. The wars were known as the “Opium Wars” because they ensured that Britain could import narcotics, which were key in impoverishing China.

The first time the US military intervened in China was to put down the Boxer Rebellion. In 1899, Chinese nationalists called “Boxers” began to attack symbols of Christianity, which they saw as a foreign religion imposed on the country by western capitalism. They also confiscated opium pipes and lynched drug dealers. The United States Marine Corps was dispatched in order to ensure that the Boxer Nationalist Movement was not successful, and that China remained “the sick man of Asia” as it was widely known at the time.

However, China is no longer the “sick man of Asia.” In 1949, it had a revolution and the Communist Party came to power. China soon seized control of its own natural resources, and began to develop its industries with a planned economy. Prior to 1949, China had no steel industry. Today, more than 50% of the world’s steel is produced in China’s government-owned steel industry. The standard of living inside China has risen drastically in what the Communist Party describes as the “Great Revival” of China to its role as a global superpower.

The New Silk Road Vision and the “One Belt, One Road” policy applies the lessons China learned over the course of the 20th century. China’s billions of people have learned that the hope for reducing poverty, drug addiction and other societal ills is with central planning, infrastructure, and public control over the economy.

The United States at this time could serve as a case study in the tragic results of “profits in command.” Crime rises, civil liberties are stripped away, and police routinely kill innocent civilians as corporations make money from “prisons for profit.” The US military is all over the world functioning as part of a “military industrial complex” that stimulates Wall Street. Culture is in decline as Hollywood and television drop to vulgarly low levels. Reality TV shows and superhero action films, pornography and other guaranteed money-makers are everywhere as enlightened artistic expression is rare. Homelessness rises as millions of houses sit empty. Hunger rises amid agricultural surplus. The irrationality of a profit-run economy is on full display as the entire society spirals into a low-wage police state. The fact that media circus clown Donald Trump espouses racism and promotes violence doesn’t prevent him from being a serious contender in the presidential election.

With our transit systems in decay and heroin addiction rising, perhaps it is time for the United States to start learning from China’s alternative vision.

dimanche, 06 mars 2016

Tibetan Mysticism, Russian Monarchy, Holy War: von Ungern Sternberg — an Interview With Andrei Znamenski

Tibetan Mysticism, Russian Monarchy, Holy War: von Ungern Sternberg — an Interview With Andrei Znamenski

In People of Shambhala's latest podcast, Andrei Znamenski speaks about Roman von-Ungern-Sternberg, alittle-known but important character in late revolutionary and early-Bolshevik Russia. A fanatical monarchist, von-Ungern-Sternberg wanted to save Russia -- and by extension European and Asian nations -- from Bolshevism and the upheavals of revolution, and sought support for his worldview and militarism in Tibetan mysticism.

Von-Ungern-Sternberg took many wrong ideological turns, and his self-imposed mission ended in failure. Yet, this strange and enigmatic character represents some of the darker aspects of the convergence of the early twentieth century fascination with Tibetan legend, mysticism, and magic with geopolitical aims.

Links:

Andrei Znamenski's YouTube channel:
https://www.youtube.com/user/maguswest

Andrei Znamenski's Amazon profile:
http://www.amazon.com/Andrei-A.-Zname...

Music by Lino Rise (www.linorise.de)
Lino Rise — "Initiate Frame I".

Other links:

Andrei Znamenski’s Amazon profile
MagusWest, Andrei Znamenski’s Youtube channel.

The Beauty of the Primitive by Andrei Znamenski.
Red Shambhala by Andrei Znamenski.
The Bloody Baron by James Palmer.
The Baron’s Cloak by Willard Sunderland.
Buddhists, Occultists and Secret Societies in Early Bolshevik Russia: an interview with Andrei Znamenski

mardi, 02 février 2016

China’s Counter-Terrorism Calculus

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China’s Counter-Terrorism Calculus

Publication: China Brief Volume: 16 Issue: 2

By: Jacob Zenn

Ex: http://moderntokyotimes.com

The Jamestown Foundation

China’s growing global footprint, escalating conflicts and the spread of terrorism in theaters ranging from Syria to Afghanistan and Southeast Asia have created openings for non-state actors to target Chinese interests and citizens overseas. Accompanying China’s growing global footprint and the spread of terrorism in theaters ranging from Syria to Afghanistan and Southeast Asia have created openings for non-state actors to target Chinese interests and citizens overseas. Traditionally, militant groups within China arose from independence movements with ethnically-linked narratives. Their suppression within China, as well as China’s growing international exposure, led some of these groups to build relationships with international terrorist groups abroad: while they could not survive wholly within China, they found breathing room in the form of operational space with co-ethnics outside of the country. This is primarily the case for Uighur movements commonly referred to by the catch-all name “East Turkistan Independence Movement(s), or (ETIM).”

Given China’s rising engagement in the Middle East—from President Xi Jinping’s series of state visits this January, to a role in the Iran nuclear deal, to a growing military footprint on the peripheries of the region boosted by the recent commitment to building a base in Djibouti—an assessment of non-state terrorist threats, particularly from Al-Qaeda and its sub-affiliate, the Turkistan Islamic Party (TIP), and the Islamic State (IS) and its “Provinces,” to China, as well as Chinese perceptions of them, is appropriate. This assessment is useful in understanding the differences in costs to China’s human security versus national security objectives. As such, the knowledge of how non-state actors influence Chinese policy and actions is relevant for governments and analysts in assessing China’s foreign policy, as well as providing opportunities for engagement on issues of overlapping concern.

Al-Qaeda and Islamic State Threats to China

Al-Qaeda / Turkistan Islamic Party (TIP)

Anti-Chinese Uighur militants shifted from operating under the umbrella of the Islamic Movement of Uzbekistan (IMU) and Taliban in Afghanistan and Pakistan to forming the TIP in 2006 (China Brief, May 23, 2014). Since then, the TIP has become part of Al-Qaeda’s structure. Although it is not an Al-Qaeda “affiliate” on the level of AQIM in Northwest Africa, Al-Shabaab in East Africa, AQAP in Yemen and Jabhat al-Nusra in Syria, the TIP now operates alongside Jabhat Al-Nusra and can be considered a “sub-affiliate.” Moreover, before the TIP adopted the Syrian war as its own cause in 2013 (in part to seek reciprocal support from jihadists for its goals in Xinjiang), leading Al-Qaeda figures, such as the late Khalid Al-Husaynan and late Abu Yahya Al-Libi, issued statements in support of the TIP (Terrorism Monitor, May 24, 2015). More recently, in 2015, Abdullah Al-Muhyasini, a Saudi preacher close to Jabhat Al-Nusra, also issued statements supporting the TIP (Islom Awazi, December 2, 2015). Al-Qaeda affiliates, such as AQIM and Al-Shabaab, have formally promoted the TIP and its cause to “liberate East Turkistan,” while the TIP, in turn, has also issued statements in support of mainstream Al-Qaeda figures, such as a eulogy for AQIM sharia official Abu al-Hassan Rashid al-Bulaydi on January 7, 2016.

Beyond its propaganda with Al-Qaeda, the TIP has often claimed responsibility for major operations domestically in China, including:

  • Bus-bombings in several cities before the Beijing Olympics in 2008;
  • A truck hit-and-run on pedestrians and mass stabbing attack in Kashgar on Ramadan Eve in 2011;
  • A low-sophistication suicide car-bombing in Tiananmen Square in Beijing in October 2013;
  • A mass stabbing at the Kunming Train Station in March 2014;
  • An apparent double-suicide bombing (or suitcase bombing) at Urumqi Train Station in April 2014; and
  • Car-bombings and explosions killing at an Urumqi market in May 2014 (Terrorism Monitor, May 24, 2015)

However, as TIP’s propaganda and fighters have shifted their focus from Afghanistan—and even Xinjiang—to Syria, the TIP has become involved in “cheerleading” attacks in Xinjiang than masterminding them. Rather, the “masterminding” of the most recent attacks in China appears to have been carried out by loosely inter-connected cells across the country. These cells have some coordination with each other as well as with Turkey-based Islamist organizations that run fake passport schemes and assist Uighur men and their families migrate from China through Southeast Asia to Turkey (and sometimes to the TIP or other settlements under rebel control in northwestern Syria) (Today’s Zaman, January 14, 2015; Yenisafak.com, June 30, 2014).

While the TIP may be primarily a propaganda platform for recent attacks in Xinjiang, Istanbul-based East Turkistan Education and Solidarity Association (ETESA) also praises—or at least justifies—attacks. These include the aforementioned attacks as well as others that the TIP has not claimed, such as the assassination of the pro-Chinese Communist Party leading imam at the Id Kah mosque in Kashgar in 2014, and a large-scale attack at a coal mine in Xinjiang in October 2015 (SCMP, July 30, 2014). Either these attacks occurred outside the scope of the TIP or were so locally ordered and executed (and minimally reported on outside of China) that the foreign-based TIP did not take notice.

The Islamic State

The Islamic State brought China into its focus in 2015, although a predecessor to the Islamic State in Iraq and Al-Sham (ISIS) featured at least one Chinese fighter in its propaganda as early as 2013 (YouTube, March 18, 2013) The Islamic State’s more recent focus on the Uighurs may have been a reaction to the increasing numbers of Uighurs—reportedly up to 1,000 fighters—fighting in the TIP (and therefore with Al-Qaeda affiliate Jabhat Al-Nusra). The Islamic State’s promotion of the status and cause of Uighurs in its ranks included:

  • Two videos and tweeted photos of an elderly Uighur man who made “hijra” (exodus or migration) from Xinjiang to Syria with his family (shanghaiist.com, June 4, 2015);
  • Suicide attack “martyrdom” claims of Uighurs (and other Central Asians) in Syria and Iraq; and
  • An Islamic State-produced nasheed (Islamic chant) in Mandarin Chinese, which represented a general outreach to Chinese Muslims, including Huis, Kazakhs, and possibly Uighurs who speak Mandarin more fluently than Uighur (although the quality of this nasheed was lower than typical Arabic language ones.

For China, the recruitment of TIP jihadists—China’s traditional opponent—into Islamic State represents an evolved and hitherto unknown threat. While these recruits arguably make the TIP weaker, higher levels Uighur militancy in the Islamic State is a “devil that China does not know.” It is possible that the Islamic State could generate traction within China where, since 2006, the TIP has not—that is, if the Islamic State has the tools to be as effective in social media and propaganda outreach in a more closed media environment like China as compared to Europe.

The Islamic State has also likely begun to compete with the TIP in recruiting Uighurs along the trafficking networks in Southeast Asia that assist Uighurs to travel to Turkey and Syria. Four Uighurs stood trial in Indonesia in 2015 for trying to meet with the Mujahidin Indonesia Timor (MIT) in Sulawesi, which is a militant group based in Central Sulawesi, whose leader, Santoso, pledged loyalty to Al-Baghdadi in 2014 (Jakartapost, December 1, 2015). In addition, numerous Islamist organizations in Indonesia have expressed support for the Islamic State and served as feeders for Islamic State recruitment in Syria and Iraq. One man known as Alli, was part of a group of three Uighur militants arrested outside of Jakarta in December 2015 with a bomb-making manual and lists of jailed Indonesian terrorists, as well as Indonesians in Syria who joined the Islamic State. Counterterrorism officials suspected members connected to this cell were involved in the Erawan Shrine bombing in Bangkok, Thailand on August 17, 2015 (Bangkok Post, December 26, 2015). Alli was also reported to be part of the network of Al-Raqqa-based Indonesian Islamic State militant Bahrun Naim before Naim masterminded a series of attacks in Jakarta on January 14, 2016 (Jakarta Globe, December 24, 2015; Time.com, December 28, 2015).

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Assessment of Threats

TIP / Al-Qaeda

Despite the increasing numbers of attacks by networks of Uighur militants in China, the threat to China from such attacks remains an issue of human security—not national security. The rising death toll of Chinese citizens in these attacks are “only” in the several hundreds each year. Even if they were in thousands, however, this would hardly lead China to yield to the demands of groups like the TIP and ETESA for the construction of an Islamic state and ending, among other policies:

  • The migration of Han Chinese from eastern China to Xinjiang;
  • Use of Chinese language in schools in Xinjiang;
  • Encouragement of inter-marriage between Han and Uighurs and job offers for Uighur women in eastern China (where presumably they would assimilate or marry Han Chinese);
  • Restrictions on offspring (Uighurs and most Chinese minorities have, however, had fewer restrictions as part of the former “one-child policy” than Han families); and
  • Testing of nuclear weapons in Xinjiang (Militant Leadership Monitor, December 30, 2011)

Beyond attacks in China, what also could place pressure on China are actions by states. Thus, TIP, ETESA and other Islamist organizations have adopted a “Palestine strategy” of framing China’s rule in Xinjiang as an “occupation,” delegitimizing Chinese sovereignty, and ultimately seeking an international referendum on Xinjiang’s status (presumably parts of northwestern Xinjiang where Han already far outnumber Uighurs would not be included in such a vote). [1] This strategy may be of greater relevance to China as a state than the human security losses as resulting from Uighur militancy (China Brief, May 23, 2014). While the prospects of any such referendum occurring in the near-term future is highly unlikely, there is some evidence that this narrative is finding sympathetic ears:

  • Then Turkish Prime Minister Tayyip Erdogan called Chinese rule in Xinjiang a “genocide” in 2009 (Hurriyet, July 14, 2009);
  • The TIP held territory in northwestern Syria as part of the coalition with Jabhat Al-Nusra with support from Turkey or Turkey-based organizations, which furthered support and recognition of the TIP from supporters of Jabhat Al-Nusra around the Muslim world; [2] and
  • The prospect of re-shaping the borders in the Middle East that could lead to new conceptions of sovereignty and statehood—not only in that region but elsewhere throughout the Islamic World, including Central Asia and Xinjiang

Thus, it is the mobilization potential of groups like the TIP or ETESA, which merge pan-Islamist themes with Uighur nationalism while accepting—and even promoting—violent struggle, or “jihad” (even though ETESA may not directly participate in it) that may become the broader national security issue for China to deal with in the future. In fact, China’s counterterrorism success in preventing the TIP from gaining the traction to begin a full-blown insurgency in Xinjiang capable of anything beyond a few sporadic albeit deadly attacks may have forced the TIP and ETESA to become increasingly close in their respective “cheerleading” and “advocacy” roles.

The Islamic State

Despite the Islamic State’s overall expansion beyond Iraq and Syria in 2015, its direct threat to China is still low compared to other regions. The Islamic State announced it killed Chinese and Norwegian hostages in its magazine, Dabiq, in November 2015 after having first offered them for “sale.” But the focus of its propaganda in terms of killing hostages is still mostly on Westerners or, in some cases, their allies, such as the Japanese (SCMP, November 20, 2015). Moreover, closer to China’s borders, Southeast Asian jihadists are not yet sufficiently unified for the Islamic State to announce a Province in South East Asia, despite the bayat (pledges) to Islamic State leader Abubakar Al-Baghdadi from several Indonesian and Philippine factions since 2014. Nonetheless, in terms of logistics the Islamic State has funding and immigrant support networks in the Persian Gulf region, Malaysia, Hong Kong and even Japan that can facilitate its “infrastructure-building” in Southeast Asia ahead of a possible Province announcement in 2016 (isisstudygroup, October 15, 2015).

In addition, while the TIP has focused on appealing to recruits from the Chinese Hui and Chinese Kazakh minorities more than the Islamic State, the Islamic State does not appear to have any “local” traction within China. The Islamic State’s apparent hacking of the prestigious Tsinghua University’s website on January 18, 2016 highlights the possibility of the “Islamization” of anti-government sentiment in China, which could lead to the growth in support for the Islamic State in the same way it has in Europe. [3] Some elites, including dissidents from Muslim minority communities, may also have sympathies for the Islamic State for religious, ideological or political reasons (SCMP, January 18).

While Islamic State consolidation in Southeast Asia and a smattering of support for it from within China would certainly be of concern within Chinese borders, no prospective Southeast Asian provinces or domestic pro-Islamic State movement would comprise a national security threat to major Chinese diplomatic or trade interests for the foreseeable future – even if they could harm the human security of Chinese nationals. Rather, China is likely more concerned about the arrival of the Islamic State in Afghanistan via its Khorasan Province, which subsumed the Islamic Movement of Uzbekistan (IMU) and is intended to include Xinjiang and to subsume all of Central Asia. [4] Khorasan province does not appear to be more powerful than the Taliban or likely to control large tracts of territory in Afghanistan, but even fighting between Khorasan Province and the Taliban and Al-Qaeda or the Afghan government could further destabilize and complicate the economic and political situation in Afghanistan. This, in turn, would undermine Chinese strategic interests in Afghanistan and objectives of China’s New Silk Road and One Belt, One Road plan road at a time when China is considering elevating trade with Iran following the U.S. “Iran Deal” and its international profile with expected visits of President Xi to Iran and Saudi Arabia in 2016 (SCMP, January 15).

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Conclusion

The threat of non-state actors to China such as the TIP, Al-Qaeda and the Islamic State can influence Chinese state policies, priorities and objectives. Thus, even though this article assesses that these threats mostly concern the human security rather than the national security of China and its citizens, they do indirectly affect China’s power projection, counter-terrorism calculus and foreign policy. These threats also have the potential to affect China’s level of engagement abroad, including its use of special forces overseas, new counter-terrorism laws, pressure relationships with allies (such as Pakistan to crack down on anti-Chinese militancy), tacit support to other governments’ foreign policies (such as Russia’s airstrikes in Syria), and its academic understandings and trainings in counterterrorism studies. Thus, the role of non-state actors is relevant not only in terms of security affairs but also in broader diplomacy, relationships, and engagement with China.

Jacob Zenn is a Fellow of Eurasian and African Affairs at The Jamestown Foundation. Mr. Zenn graduated as a Global Law Scholar from Georgetown Law in 2011 and the Johns Hopkins School of Advanced International Studies (SAIS) Nanjing Center for Chinese-American Studies in Nanjing, China in 2007.

Notes

  1. Author’s Interview, ETESA supporter in USA, 2015
  2. The start of the Russian bombing campaign in northwestern Syria in late 2015 appears, however, to have led to more than 30 TIP deaths and the destruction of TIP’s main headquarters as well as settlements where militants were living with their families.
  3. Oliver Roy, “ International Terrorism: How can prevention and repression keep pace?” BKA Autumn Conference, November 18–19, 2015 life.eui.eu, November 18, 2015
  4. The Taliban nonetheless reportedly killed or captured the IMU leader, Usman Ghazi, and killed other IMU members after Ghazi pledged to Al-Baghdadi such that the IMU may now be near-elimination.

Files:

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vendredi, 01 janvier 2016

Ursula Gauthier, le terrorisme Ouïghour et le rôle délétère de Recep Tayyip Erdogan

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Ursula Gauthier, le terrorisme Ouïghour et le rôle délétère de Recep Tayyip Erdogan

par Jean-Paul Baquiast
Ex: http://www.europesolidaire.eu
 
La correspondante à Pékin de l'hebdomadaire français L'Obs, Ursula Gauthier, a annoncé avoir été informée vendredi 25 par les autorités chinoises qu'elle serait de facto expulsée le 31 décembre, devenant le premier journaliste étranger à subir ce sort depuis 2012.
 
La Chine a confirmé l'expulsion imminente de la journaliste, l'accusant de "défendre de manière flagrante" des actes terroristes, dans un communiqué mis en ligne samedi sur le site du ministère chinois des Affaires étrangères.

L'article de Ursula Gauthier décrivait une politique répressive à l'égard du Xinjiang, vaste région en majorité musulmane de l'ouest de la Chine, de la part de la RPC. Il dénonçait les mesures répressives et la politique "antiterroriste" des autorités chinoises au Xinjiang, région en proie depuis deux ans à une recrudescence de violences. Berceau de la minorité musulmane turcophone des Ouïghours, certains de ses membres dénoncent des discriminations ethniques, culturelles et religieuses grandissantes à l'encontre de cette communauté.

Apparemment, Ursula Gauthier n'avait pas enquêté complètement sur cette question.

Turkestan-map.gifSeymour Hersh, chroniqueur diplomatique et politique réputé, souvent accueilli dans la London Review of Books, vient de publier un article Military to Military où il apporte de nouvelles preuves de la complicité de Washington dans le soutien aux mouvements terroristes en Syrie, ceci avec la complicité active d'Ankara. Il y ajoute la dénonciation d'un canal de terroristes Ouïghours “Uyghur rat-line”, organisé par la Turquie en vue de transporter des rebelles musulmans djihadistes provenant de la Région Autonome du Xinjiang à destination de la Syrie.

Erdogan a mis en place des transports spéciaux pour ce faire, dans le même temps qu'il soutenait par différents moyens leur combat en Chine même. Les djihadistes ouïghours et birmans réfugiés en Thaïlande et volontaires pour aller combattre en Syrie reçoivent des passeports turcs qui leur permettent d'entrer en Turquie puis de là en Syrie.

Un autre canal est organisé de la Chine vers le Kazakhstan, puis vers la Turquie puis  la Syrie. Il aurait intéressé des milliers de djihadistes depuis les 3 dernières années. La Chine non sans raisons s'inquiète d'une politique turque visant à soutenir les rebelles islamistes au Xinjaing même. Ceci permettrait à Erdogan d'étendre ses ambitions pour la construction d'un califat turc aux frontières mêmes de la Chine, dans le Xinjiang. ..et pourquoi pas à terme vers la Russie.

Il est facile de comprendre pourquoi Pékin s'en inquiète. Il est moins compréhensible de constater que l'Europe, directement à terme menacée par les visées de Erdogan, le laisse faire sans réagir

jeudi, 12 novembre 2015

Les seigneurs de l'anneau

Les seigneurs de l'anneau

Ex: http://www.chroniquesdugrandjeu.com 

Les seigneurs de l'anneau

En attendant l'Inde, qui mettra encore quelques années pour participer pleinement aux dynamiques du continent-monde (ce qui fera d'ailleurs l'objet d'un prochain article), un spectaculaire triangle eurasien se met en place, qui donne vertiges et sueurs froides aux stratèges américains. Les amoureux de la géométrie insisteront certes sur la forme circulaire du nouveau colosse qui émerge et ils n'auront pas tout à fait tort (nous y reviendrons en fin d'article).

Nous avons déjà montré à plusieurs reprises à quel point le rapprochement entre Moscou, Pékin et Téhéran s'est accéléré ces dernières années. Nous écrivions le 20 octobre :

"Tout ceci n'est cependant rien en comparaison de ce qui se prépare avec l'Iran, grande puissance régionale si l'en est, case cruciale de l'échiquier eurasiatique. Si Obama pensait amadouer les ayatollahs avec l'accord sur le nucléaire, il s'est planté en 3D. La marche de Téhéran vers l'alliance sino-russe est inarrêtable. Coopération militaire renforcée avec Pékin, navires iraniens invités en Russie, et bien sûr une position commune sur les grands dossiers internationaux dont la Syrie. L'entrée de l'Iran dans l'OCS n'est qu'une question de temps.

Les liens énergétiques entre Téhéran et Pékin sont déjà anciens mais se consolident chaque jour. Ceci en attendant l'oléoduc irano-pakistanais qui verra prochainement le jour, reliant la base chinoise de Gwadar avant, un jour, de remonter tout le Pakistan et rejoindre la Karakoram Highway dans les somptueux décors himalayens."

Et le 25 octobre :

"Quant à l'Iran, qui ne sert désormais plus de prétexte fallacieux au bouclier anti-missile, sa lune de miel avec Moscou est à la hauteur de la désillusion de l'administration Obama qui espérait sans doute, avec l'accord sur le nucléaire, intégrer Téhéran dans son giron et l'écarter du grand mouvement de rapprochement eurasien. Et bah c'est raté, et drôlement raté...

En l'espace de quelques jours : accords sur des projets d'infrastructure (dont une ligne ferroviaire. Eurasie, Eurasie) d'une valeur de 40 milliards, établissement d'une banque commune pour favoriser les échanges (qui se feront évidemment en monnaies locales. Dédollarisation, dédollarisation). Cerise sur le gâteau, l'Iran va participer la banque des BRICS.

Leur future victoire en Syrie rapprochera encore Moscou et Téhéran, qui entrera bientôt, sous les auspices chinoises, dans l'Organisation de Coopération de Shanghai."

En ce moment, ô temps géopolitiquement excitants, pas une semaine ne passe sans qu'un jalon supplémentaire ne soit posé. Il y a quatre jours, l'Iran a proposé à la Chine d'organiser des exercices militaires communs. Pékin devrait évidemment accepter. Avant-hier, le fameux contrat pour la livraison des S-300 russes à Téhéran a enfin été signé, qui mettra à peu près définitivement l'Iran à l'abri de toute intervention aérienne étrangère.

Résumons :

  • dans le domaine militaire : manoeuvres/coopération sino-russes + sino-iraniennes + russo-iraniennes.
  • sur le plan énergétique : contrats gaziers du siècle sino-russes en 2014 + achats massifs de pétrole iranien par Pékin + entente russo-iranienne vis-à-vis de l'Europe (blocage des pipelines qataris et saoudiens en Syrie, accord sur le statut de la Caspienne...)
  • dans le domaine politique, géopolitique et géo-économique : entente totale des trois sur le dossier syrien, opposition commune aux tentatives unilatérales américaines, marche à la dédollarisation. Future entrée de l'Iran dans l'OCS sino-russe et participation à la banque des BRICS.

Il paraît que Brzezinski en a renversé son bol de café...

En 2013 paraissait un intéressant essai géopolitique intitulé Chine, Iran, Russie : un nouvel empire mongol ? La présentation de l'éditeur mérite qu'on s'y attarde :

"Le 20 mars 2013, le Homeland Security Policy Institute désignait des hackers chinois, russes et iraniens comme auteurs des attaques déstabilisant les systèmes de sécurité américains. Non contents de multiplier les cyber-intrusions, la Chine, la Russie et l'Iran collaborent aujourd'hui de façon croissante dans le domaine des nouvelles technologies. Dans un contexte marqué par l'effacement des frontières, ces trois pays sont-ils en train de fonder un nouvel empire mongol ou à l'inverse tentent-ils désespérément de préserver leurs influences régionales respectives ? Contrairement à la construction politique de Gengis Khan, ayant unifié l'Eurasie à partir d'un centre turco mongol, ces alliés encerclent une aire de civilisation turque dont ils se sont détournés. Cette alliance pragmatique, fondée sur l'axe sino-iranien, se matérialise par des appuis géopolitiques réciproques, une coopération étroite avec l'arrière-pays énergétique russe et la diffusion d'une vision du monde allant à rebours de nos propres stéréotypes. Étrangers à la chimère du dépassement des cultures par l'abolition des frontières, la Chine, la Russie et l'Iran peuvent puiser dans leurs histoires respectives des raisons d'exister sous une autre forme que celle d'une citadelle continentale résistant à la mondialisation océanique. Au delà de ses carences maritimes, le nouvel empire souffre toutefois de nombreuses fragilités telles que son affaiblissement démographique ou les intérêts parfois divergents des pays qui le composent. Aussi pourrait-il bouleverser soudainement nos repères géopolitiques avant de connaître une recomposition."

Si certaines bases de la coopération Moscou-Pékin-Téhéran étaient déjà là, que de chemin parcouru en deux petites années... Les "intérêts parfois divergents" ont presque totalement disparu, balayés par la dangereuse hystérie états-unienne en Ukraine et en Syrie. C'est désormais un triangle, pardon, un anneau extrêmement solide qui émerge, uni par des liens énergétiques, militaires et géopolitiques irréversibles.

A noter l'intéressante référence historique au coeur turco-mongol, centre de l'empire de Gengis Khan mais naine blanche de la nébuleuse annulaire russo-sino-iranienne, tournée vers les extrémités de l'échiquier eurasien. Les pays turcophones d'Asie centrale, qui appartiennent déjà à l'OCS et/ou à l'Union eurasienne, ne feront que suivre le mouvement, se coupant sans doute encore un peu plus d'une Turquie d'ailleurs elle-même embarquée dans un voyage bien turbulent...

Les seigneurs de l'anneau

lundi, 09 novembre 2015

Shinzo Abe’s Visit to Mongolia and Central Asia

 
Shinzo Abe’s Visit to Mongolia and Central Asia
 
Ex: http://journal-neo.org

From October 22 to 28 this year, the Japanese Prime Minister Shinzo Abe made a tour to Mongolia, Turkmenistan, Tajikistan, Uzbekistan, Kyrgyzstan and Kazakhstan. This trip was the second one after almost a similar tour in 2006 of Junichirō Koizumi – the Prime Minister of Japan of that time, who is considered to be Abe’s “political father”.

The current Prime Minister’s “hurricane visits” to each of the six countries were marked by further actualization of the key foreign policy challenge, which is perceived by Tokyo as a factor directly linked to the development of China as the second global power.

Nearly all the regions of the world point out that the two major Asian powers are implementing the strategy known to football fans as “man-to-man marking” towards one another. In this regard, the Central Asian tour of the Japanese Prime Minister is no exception. It was made in response to Beijing’s desire to involve the Central Asian countries in the reconstruction of the land route of the Silk Road project.

As it has been repeatedly pointed out in the NEO, in recent years, there is a trend of the growing importance of the “power” component in Japan’s “toolbox” intended to address its foreign policy objectives, including those caused by strategic confrontation with China. However, its third economy status, as well as its image as one of the global centers of technological progress and potential investor in the national development projects of its partner countries remain the most important of them (and, apparently, they will remain like that in the foreseeable future).

By intensifying relations with them, Japan is resolving its “genealogical” problem, which the country faced after it went the way of westernization in the second half of the 19th century. We are talking about a complete absence of mineral resources within the territory of the country that are crucial for the functioning of a modern economy. Nevertheless, if you do not have them, you can buy them abroad in some way. This “some way” may vary. For about one hundred years since the beginning of the period of the “Meiji Restoration”, the principal means of solving this problem were political and military expansion into the neighboring countries that finally resulted in the national disaster of 1945. The entire postwar history of Japan shows a significantly more effective solution of the same problem using the nation’s current main instrument – the 50 “agents” (representing the leading Japanese financial and industrial conglomerates) who formed the core of the team, and accompanied Abe on his Central Asian tour.

Comments about the tour focus attention on the fact that, along with their important strategic position, the visited countries are also extremely rich in natural resources. In particular, they specify the countries’ shares in percentages of the world’s oil, gas and uranium ore reserves found in their territories, for control over which several leading players have been drawn in the struggle.

As a matter of fact, Mongolia can hardly be included in the Central Asian region. However, the mere fact that on the way to the five countries belonging to that region the Japanese Prime Minister felt it necessary to make a preliminary stop-over in Ulaanbaatar once again demonstrates the growing importance of control over the Mongolian territory for the world’s leading players. To be more politically correct, securing a privileged spot in the list of Mongolia’s partners plays an increasingly important role for each of them. In particular, it already played the role of a mediator in an attempt to normalize relations between Japan and North Korea under the pretext of resolving “the problem of the kidnapped” two dozen Japanese during the 70’s. From the standpoint of maintaining an independent state status, implementation of the so-called “third neighbor strategy”, which stipulates the development of relations with the “non-regional” leading countries of the world, is becoming increasingly important for Mongolia.

Thus, the entire tour of Abe can be divided into two separate parts – his visit to Mongolia and his trip to the Central Asian countries.

It is noteworthy that at that time an article appeared in the Chinese Global Times with seemingly abstract reasoning of the benefits of a neutral positioning in the international scene for small countries (including Mongolia), as well as for the whole world.

During the talks between Shinzo Abe and the Prime Minister of Mongolia Chimediin Saikhanbileg, the Partiesreaffirmed their desire to incorporate specific content into the Agreement on economic partnership signed in February 2015 during the latter’s visit to Tokyo. Among other things, it provides gradual withdrawal of tariff barriers in bilateral trade in respect of 96% of goods and services supplied to each other by 2030.

This Agreement is the first such document for Mongolia and the fifteenth for Japan, which supplies mainly engineering products, and purchases coal and other mineral resources, wool and light industry products from its partner.

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Today, amid the decline in China’s growth rate – the main trade partner of Mongolia – as well as falling prices for mineral raw materials in the global markets (the main Mongolian export product), development of relations with the third economy in the world is particularly important for Ulaanbaatar. During his visit, Abe expressed Japan’s readiness to continue participation in the infrastructure projects in Mongolia, including its key national project – the development of the giant coal deposit at Tavan Tolgoi.

Special attention should be given to two aspects in the statement of the Japanese Prime Minister at the final press conference. First, he expressed gratitude to the leadership of Mongolia for its support of Japan’s adoption of a package of new laws in the defense sphere. Second, Abe noted that the two countries agreed to develop strategic partnership, and called for the involvement of the United States in the format of these relations.

The latter is not a fiction, taking into account the growing interest shown by Washington to Mongolia, especially in the development of cooperation in the field of defense. It will suffice to mention that the multilateral military exercises – Khaan Quest – are held annually in Mongolia under the auspices of the USA. The last Khaan Quest-2015 exercises involved 22 countries to different extents.

It should also be noted that the Japanese Prime Minister enjoyed a very favorable reception in Mongolia and Central Asia, which was quite understandable. All the neighbors of China deriving considerable benefits from the development of their economic relations with China show a clear commitment to insure against risks (real or imaginary ones – this is a separate issue) due to the entire fact of its transformation into the second global power.

Against the emerging decline in the shares of the main “insurance company” in the region (and in the entire world), whose role is still played by the US, the significance of “insurance company No. 2″, i.e. Japan, is increasing. Its leader arrived in the region with a proposal of financial and technological support for projects that are extremely important for the countries visited, such as those associated with the development of the Galkynysh gas field in Turkmenistan, the reconstruction of the Manas airport in Kyrgyzstan, and development of the transport infrastructure in Tajikistan.

Experts, however, have noted the apparent time lag in the Japanese reaction to China’s economic expansion that have taken place in Central Asia and Mongolia for a long time.

As for Russian interests, the potential spread of the China-Japan struggle to Central Asia (especially in a format that has already been noted in South-East Asia) may give rise to a number of new and complex issues during selection of the optimal strategy of behavior with respect to each of Russia’s two most important Asian neighbors.

Vladimir Terekhov, expert on the issues of the Asia-Pacific region, exclusively for the online magazine “New Eastern Outlook”.

jeudi, 05 novembre 2015

Los caprichos fronterizos de Asia Central

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Los caprichos fronterizos de Asia Central

Hablar de fronteras nunca es sencillo, probablemente porque tras cada una de ellas se esconden siglos de gestación, en no pocos casos violentos. Lo que sí es fácil de aclarar es el hecho de que todas las fronteras del mundo son una construcción humana. Si por algo se ha caracterizado la humanidad desde hace miles de años es por haber superado los límites que la naturaleza le imponía, fuesen cordilleras nevadas u océanos. No obstante, también hay que considerar que en otros muchos casos la geografía ha facilitado la separación de distintas comunidades humanas, un distanciamiento que con el paso de los siglos se ha naturalizado y profundizado mediante el surgimiento de rasgos culturales diferenciados, caso de la religión, la lengua e incluso distintas formas de organización social y política.

Con la proliferación del estado-nación a partir del siglo XVII, los procesos de fronterización han estado a la orden del día. Cada estado debía, lógicamente, tener unos límites definidos para no crear malentendidos con los vecinos. Sin embargo, esta obsesión por marcar los límites de cada ente estatal, de profundo carácter occidental, ha llevado en muchos casos a cometer auténticos desaguisados. Y es que aunque en el mundo occidental haya una alta correspondencia entre los límites del Estado y la homogeneidad social y cultural, en muchas otras partes del planeta esto no es así. A pesar de ello, la imposición de fronteras por parte de países europeos ha llevado, a menudo buscando los propios intereses, a que hoy día podamos observar estados cuyas fronteras son altamente artificiales –partiendo de la base de que toda frontera estatal es de por sí artificial–, generando numerosos conflictos y tensiones, algo que con un trazado más sensible a cuestiones étnicas, lingüísticas o simplemente históricas podría haberse mitigado.

La región de Asia Central es una de esas zonas del planeta en las que la dictadura del mapamundi es tremendamente nociva. A las particularidades sociales, económicas y culturales que durante siglos han caracterizado a los pueblos de esta región se le añaden las injerencias de distintos poderes externos y su afán de modelado, dando como resultado estados más grandes de lo “nacionalmente lógico”, otros más pequeños, alguno inexistente y terceros surgidos de la nada.

Del nomadismo al homo sovieticus

La aparición del nacionalismo en los actuales “tanes” centroasiáticos es un suceso enormemente tardío. En un ángulo muerto de los acontecimientos globales de la época contemporánea, la región, al abrigo del Hindukush, los montes Tian Shan y la vasta llanura siberiana, no supo de potencias, nacionalidades ni estados hasta bien entrado el siglo XIX.

Hasta entonces, la mezcla étnica, lingüística y los distintos modos de vida eran la norma en aquel territorio sin nombre. Su importancia histórica radicaba en haber sido un núcleo de gran importancia en la primigenia Ruta de la Seda medieval. Ciudades como Samarcanda, Mirv o Bujará se convirtieron en centros del comercio de gran importancia para la región, con su correspondiente florecimiento artístico y político. Y es que la zona centroasiática, comerciantes aparte, se caracterizó por ser siempre de paso. Desde las etnias y tribus locales de carácter nómada o seminómada, dedicadas al pastoreo entre las llanuras centroasiáticas y el piedemonte de las enormes cordilleras que guardan Asia Central, hasta otros poderes imperiales como los árabes, los persas y los chinos, aquella región que puenteaba Asia oriental con Oriente Medio vio pasar todo tipo de poderes foráneos, con las correspondientes influencias religiosas y lingüísticas.

A pesar de haber evidentes señas distintivas entre los pobladores de la zona, las identidades no se basaban en las que actualmente se pueden considerar “normales” en muchas partes del mundo, como la religión, el idioma o la etnia de cada uno. En Asia Central todo se construía en torno a dos factores: el lugar de pertenencia –la ciudad o el pueblo de origen o residencia– y una división de tipo económica, en la que los distintos grupos étnicos –que se subdividían en tribus y éstas, a su vez, podían ser nómadas o sedentarias– realizaban mayoritariamente determinadas actividades productivas. Este factor hacía interdependiente a toda la sociedad en el plano económico. Así, lo habitual era que los kirguizos y los turkmenos se dedicasen al pastoreo; los tayikos de las ciudades al comercio y la artesanía; los eslavos a labores administrativas y de cierta capacitación; los uzbekos a los cultivos de trigo y algodón y los judíos a la medicina o la enseñanza. Además, todas estas comunidades vivían entremezcladas en muchos puntos de Asia Central, especialmente en las ciudades, si bien en otras zonas, las tradicionales para esa etnia, su presencia era mayoritaria.

Llegó sin embargo el siglo XIX, y con él los británicos y los rusos. La potencia anglosajona posó sus ojos en Asia Central, una región ignota para los ingleses y con la que Rudyard Kipling fantaseó recurrentemente –sirva de ejemplo ‘El hombre que pudo reinar’. Deseaban expandir el imperio desde India hacia el norte, a una región sin poder foráneo desde Alejandro Magno. Desde el norte se extenderían los rusos, poseedores de un vasto pero despoblado imperio y acechantes de cara a abrirse paso hacia el Índico. Por ello, la región centroasiática fue testigo de lo que se denominó como el “Gran Juego”, en el que rusos y británicos pujaron por sus intereses de manera tan decidida que a poco estuvieron de entrar en conflicto directo. La solución vino de un clásico de la geopolítica: un estado-tapón llamado Afganistán.

Al tiempo que el siglo XIX llegaba a su fin, Asia Central ya había sido convenientemente anexionada a la Rusia zarista. Los kazajos, turkmenos, uzbekos, kirguizos, tayikos y demás etnias de la zona quedaban así bajo el poder de San Petersburgo y lejos de los incipientes movimientos panturquistas y panislamistas, algo que la élite rusa consideraba enormemente peligrosos para sus intereses. Sin embargo, el imperio zarista no tuvo especial interés en promover el nacionalismo ruso. El hecho de que como tal no existiese en Asia Central un fuerte sentimiento identitario nacionalista, así como la ya asumida multietnicidad y multirreligiosidad del imperio –nada que ver los eslavos “europeos” con las etnias del Cáucaso o los rusos del extremo oriental–, fueron motivos lo suficientemente poderosos para no intentar encontrar solución a un problema que no existía. De hecho, no sería el régimen zarista sino su sucesor, el soviético, el que plantaría la semilla del actual y exacerbado nacionalismo centroasiático.

A principios de los años veinte del siglo pasado, con la guerra civil rusa a punto de acabar, se procedió al rediseño territorial de la URSS. Dentro de la lógica soviética, la consecución del socialismo requería irremediablemente de la superación del nacionalismo tradicional. Sin embargo, y con el fin de reconocer a los entes federados dentro de la Unión Soviética, las repúblicas socialistas se dibujaron en base a esos criterios nacionalistas.

Paradójicamente, la URSS quiso fomentar cierto nacionalismo para después vaciarlo y transformarlo en un sentimiento soviético. Esto, en las repúblicas del continente europeo o caucásicas sí fue relativamente sencillo al existir previamente un nacionalismo propio y diferenciado. Sin embargo, la cuestión en Asia Central distaba mucho de ser tan fácil. ¿Cómo superar un nacionalismo si este ni siquiera existe? La solución promovida por Stalin era simple: se crea.

Mapa étnico de Asia Central. Fuente: http://www.oocities.org/ethnics_of_central_asia/

Mapa étnico de Asia Central. Fuente: http://www.oocities.org/ethnics_of_central_asia/

En aquellos años, el pensamiento soviético asociaba de manera inseparable la idea de nación –cultural– con la idea de lengua. Así, un grupo étnico con idioma propio podía ser perfectamente una nación, lo que la podía convertir en República Socialista y de ahí pasar a subsumirse en la URSS y llegar al socialismo. Sin embargo, la cuestión lingüística en Asia Central no seguía unas pautas tan uniformes. Si bien existían grupos étnicos con su propia lengua, otros tantos no disponían de un idioma exclusivo, utilizando normalmente una lengua túrquica compartida con los uzbekos o los tayikos. Con todo, este factor fue obviado por los responsables soviéticos, y la nacionalidad –como comunidad singular dentro de la URSS– fue concedida a los grupos étnicos hoy convertidos en “tanes”, mientras que otros grupos de enorme peso, como los sartos, fueron diluidos en el nuevo entramado multinacional soviético.

Sin embargo, en Moscú redoblaron los esfuerzos para dotar a las recientes nacionalidades de un sustrato que acentuase las diferencias. El primer paso fue trazar las fronteras internas, de carácter administrativo, pero que ya establecían límites geográficos –y sobre todo mentales– a las comunidades centroasiáticas. A un diseño bastante arbitrario de estos límites se le sumó el hecho, bastante habitual en la URSS, de ir traspasando territorios de una república a otra con la única razón de equilibrar económicamente a los territorios o, como ocurrió con Crimea, hacer un simple regalo. Así, ciudades uzbekas como Osh o Uzgen pasaron en 1924 a estar en Kirguizistán por el único motivo de que esta última república carecía de núcleos industriales.

Tras la fronterización vendría la creación de un nacionalismo propio para cada una de las recién creadas entidades. Identitariamente se empezó a etiquetar a la sociedad centroasiática, ya que además de ser ciudadanos de la Unión Soviética, también eran identificados como miembros de una república y una etnia concreta. Así, este continente étnico-nacional, bastante vacío en sus inicios, fue llenándose paulatinamente a partir de la Segunda Guerra Mundial –Gran Guerra Patriótica en la retórica soviética–. Se promovió la simplificación folclórica para crear una historia y una cultura diferenciada. Esto irremediablemente llevó a la apropiación de la identidad centroasiática compartida por cada una de las nacionalidades. Así, el arte, la arquitectura, la historia o la etnia cada vez fueron haciéndose más homogéneas en las fronteras impuestas desde Moscú. Ahora sí, en Asia Central existían las naciones bajo el paraguas de la Unión Soviética.

MÁS INFORMACIÓN: Identidad y espacio en Asia Central

El escenario que probablemente no se plantearon los responsables soviéticos fue el de un Asia Central fuera de la URSS, o directamente los problemas derivados de la inexistencia del estado soviético. Así, para cuando en diciembre de 1991 la Unión Soviética se disolvió, en la región centroasiática no se había realizado ningún tipo de transición hacia el ideal socialista. De hecho, estos territorios se hallaban en un frenesí nacionalista, algo que aprovecharon y alimentaron los responsables soviéticos de la región, ahora reconvertidos en presidentes de las nuevas repúblicas.

Kazajistán, Uzbekistán Tayikistán, Kirguizistán y Turkmenistán nacían oficialmente como estados a finales de 1991. Desde el primer día los ilógicos trazados fronterizos heredados de la época soviética remarcaron las dificultades que iba a tener esta región para revertir aquella situación. Si a eso se le sumaba el declive económico en los años posteriores a la desaparición de la URSS y a la carrera nacionalista, el panorama no podía ser más desolador.

Desde entonces, no hay estado centroasiático que no tenga problemas con sus vecinos por la cuestión fronteriza por tierra, mar –el lago Aral– y aire. Cierres de fronteras, campos minados y conflictos étnicos han estado a la orden del día desde entonces, y sólo dos factores han evitado que los problemas fuesen a más: las etnias repartidas por varios países y la interdependencia económica. En definitiva, las variables que históricamente han sido el nexo de unión regional. No es casualidad. Así, que dos o más de estos países no hayan entrado en conflicto abierto responde a que una importante comunidad del país atacante viviría en el país atacado y viceversa, actuando éstas de potenciales “rehenes”, un coste político imposible de asumir. Del mismo modo, la organización agrícola, industrial y energética de la región provoca que en muchos casos las actividades estén diferenciadas entre las distintas repúblicas. Así, el país industrial necesita de la energía del país energético, al igual que del agrícola y este del que dispone de los recursos hídricos. Un conflicto en Asia Central significaría el derrumbe de toda la economía regional.

MÁS INFORMACIÓN: Las conflictivas fronteras de Asia Central

A día de hoy el gran punto caliente es el valle de Fergana, vergel y centro de producción agrícola de la región. Su composición multiétnica y la importancia zonal de este territorio mayoritariamente uzbeko hace que sea deseado por muchos. Por ello, el ejercicio de fronterización de este valle es exhaustivo; trazado milímetro a milímetro entre las montañas para no dejar a nadie descontento. Sin embargo, las tensiones entre estados –y líderes–; los habituales conflictos interétnicos, que han ocasionado cientos de muertos y miles de desplazados o la todavía no resuelta cuestión sobre el control de los ríos hacen poco halagüeño el futuro de estas repúblicas, que unido al desinterés de la comunidad internacional podría alargar este problema durante décadas.

ARTÍCULO RELACIONADO: Asia Central, región geoestratégica (Juan Pérez Ventura, Marzo 2013)

Mortimer Durand o el Salomón de los pastunes

En 1893, el funcionario colonial británico Mortimer Durand fue enviado a la frontera noroccidental de la India para negociar con el emir afgano Abdur Rahman Khan una solución al conflicto entre los británicos y las tribus pastunes lideradas por el emir. Los casacas rojas habían intentado durante medio siglo establecer un control efectivo sobre Afganistán, pero, para su desgracia, este apenas había llegado más allá de las ciudades, haciendo imposible llevar el control de la Corona a las agrestes montañas afganas. Por ello, las revueltas de caudillos y señores locales habían sido frecuentes, infligiendo severas derrotas a los británicos.

La finalidad de aquellas negociaciones no eran las de trazar una frontera al uso, sino demarcar hasta dónde podía llegar la autoridad del emir y de la colonia británica. En el fondo, lo que se dirimía era la influencia sobre las tribus pastunes establecidas entre el Hindukush y la llanura fluvial del río Indo. Durand, en vista de que el Imperio no iba a poder someter a los pastunes y para que el emir afgano no acaparase demasiado poder, optó por la vieja táctica de “divide y vencerás”. Para ello, en las negociaciones trazó una línea desde la cordillera del Pamir, entonces territorio del imperio ruso, hacia el suroeste, acabando en la frontera con Persia –hoy Irán. En dicho recorrido seccionó por la mitad las áreas tribales pastunes, quedando la mitad bajo control afgano y la otra mitad bajo control inglés. Esta división pasaría a la historia como Línea Durand.

Trazado de la Línea Durand, el “Pastunistán” y las zonas tribales. Fuente: Le Monde Diplomatique

Trazado de la Línea Durand, el “Pastunistán” y las zonas tribales. Fuente: Le Monde Diplomatique

Este trazado no produjo demasiados problemas en las décadas siguientes. Los pastunes, como la práctica totalidad de las etnias de la zona, no habían interiorizado ningún tipo de sentimiento nacionalista, y la porosidad de la frontera era tan elevada que a efectos prácticos no limitaba los movimientos de un lado a otro.

La idea de Durand se convertiría en un asunto espinoso cuando los británicos abandonasen el continente indio, dejando tras de sí dos estados abiertamente enfrentados, India y Pakistán. El estado pakistaní, autofabricado a partir de un acrónimo y la fe musulmana, se encontró arrinconado entre un país del que se declaraba enemigo, unas fronteras al noreste sin definir –la región de Cachemira– y la Línea Durand, que de un día a otro había pasado de ser un trazo en el mapa a ser la frontera entre los pakistaníes y los afganos.

Y es que esa frontera, totalmente naturalizada en los mapas y reconocida por todos los estados del mundo, no es del gusto de Afganistán ni de Pakistán. Consideran la Línea Durand como una imposición colonial que perjudica a ambos entes. Sin embargo, la resolución de la cuestión es tan espinosa que lleva décadas empantanada. Cada estado defiende la postura de recoger en su territorio a todas las zonas de mayoría pastún, lo que supondría tanto para Afganistán como para Pakistán perder importantes zonas de territorio. Por ello, tampoco desean alimentar un nacionalismo pastún que podría traer inestabilidad y conflicto a una zona que en la actualidad escapa al control de ambos estados.

Recordemos que este área pastún, las conocidas como “zonas tribales”, parte vital del concepto del AfPak, han sido el refugio de los talibanes desde la invasión norteamericana de Afganistán en 2001. La extrema porosidad de la frontera, la colaboración de los pastunes y la incapacidad –o desinterés– de Pakistán en realizar un control efectivo sobre esta zona han sido un factor determinante en la imposibilidad norteamericana de zanjar esa guerra, retirándose del país sin haber eliminado la amenaza talibán y con un estado afgano tremendamente frágil. Otro motivo más de la extrema influencia que tiene el trazado de una frontera.

La región centroasiática sigue abocada al reto de tener que vivir con unas fronteras que ellos no crearon, algo que ha provocado unas dinámicas nocivas para la región y tremendamente disfuncionales. El equilibrio existente hasta hace menos de un siglo fue roto por las potencias que ahora se desentienden, aunque los problemas no hayan desaparecido. El terrorismo islamista transnacional, por ejemplo, es uno de ellos, y creciente. Que en el mundo occidental las fronteras se den por sentadas y naturalizadas no implica que en otras partes del planeta deban ser repensadas.

Fernando Arancón

 
Nacido en Madrid, en 1992. Graduado en Relaciones Internacionales en la UCM. Máster en Inteligencia Económica en la UAM. Analista de Inteligencia. Especialista en geopolítica y entornos estratégicos.

mercredi, 04 novembre 2015

Brzezinski, Obama, l’Islamisme et la Russie

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«Brzezinski, Obama, l’Islamisme et la Russie»

Auteur : Bruno Adrie 
Ex: http://zejournal.mobi
 

« Qui domine l’Europe orientale, domine le Heartland, qui domine le Heartland domine l’île mondiale », c’est à-dire l’Eurasie. C’est grâce à cette phrase, écrite en 1904, que le géographe Halford Mackinder est devenu célèbre. Or le Heartland (la zone pivot), lorsqu’on regarde la carte publiée dans l’article de Mackinder, c’est grosso modo la Russie actuelle, européenne et asiatique, le Caucase, l’Asie Centrale et l’Iran.

Dans le numéro de septembre/octobre 1997 du magazine Foreign Affairs, Zbigniew Brzezinski signe quant à lui un article intitulé « A Geostrategy for Eurasia » dans lequel il prétend pousser plus loin la pensée hégémonique de son prédécesseur.

Pour lui, la Russie vit actuellement recluse dans la nostalgie de son passé impérial, une nostalgie qui l’empêche de voir le présent et d’envisager l’avenir avec pragmatisme. Plutôt que de faire preuve de réalisme, la Russie est régulièrement tentée de « s’engager dans un effort futile afin de regagner son statut de puissance mondiale ». Or ça, pour Zbigniew Brzezinski, c’est du passé, et la Russie doit cesser de vivre dans la contemplation de ce passé doré comme les cieux des vieilles icônes. D’abord, la Russie souffre d’une perte de vitesse démographique qui ne lui permettra pas de continuer à gouverner un pays de 17 millions de kilomètres carrés. Ensuite, sa bureaucratie, trop lourde et centralisée, n’a pas permis à cet immense territoire de se développer. Aussi, pour que l’ensemble reste tenable et évolue, le pays doit-il « se moderniser » et se décentraliser. Zbigniew Brzezinski, que rien n’arrête et qui pense à tout, prend la carte de la Russie et, en deux traits pointillés, nous fabrique une « confédération » de trois Etats: à l’ouest, la Russie d’Europe, au centre, une République sibérienne et une République extrême orientale donnant sur l’océan Pacifique (voir l’image d’en-tête), un découpage qui, selon lui, permettra de libérer les forces vives trop longtemps contenues et d’accroître les relations commerciales de ces territoires nouveaux avec leurs voisins. Et il ne s’arrête pas là. Dans un ouvrage intitulé The Choice: Global Domination or Global Leadership (2004), il approfondit son idée en prétendant qu’« un effort international pour développer et coloniser la Sibérie pourrait stimuler un authentique rapprochement entre les Européens et les Russes ». Pour lui, la Sibérie est une nouvelle « Alaska », une nouvelle « Californie », « un Eldorado pour des pionniers aventuriers », une « source de grande richesse » et d’« investissements profitables ». Pris dans son élan géopolitique, il envisage même la transformation de la Sibérie en un bien commun eurasiatique exploité dans un esprit de partage. Pour lui, cette évolution aurait l’avantage de « stimul[er] une société européenne repue » grâce à cette « excitante nouvelle frontière » à conquérir. Une sorte de « Drang nach Osten pour le développement » en quelque sorte. Mais, précise-t-il, on n’y parviendra pas facilement car il faudra passer par un changement intérieur, par la consolidation d’ « un pluralisme géopolitique en Russie ». C’est d’ailleurs là que réside, selon lui, « une des principales tâches qui incombent à la société euro-atlantique » qui va devoir lutter contre les « ambitions impériales résiduelles de la plus grande partie de [l’] élite politique [russe] ». Par quel moyen? En plaçant « des obstacles à toute tentative de restauration impériale » (The Choice). Une idée très ancrée dans la tête du Doctor: une Russie décentralisée « serait moins susceptible de se mobiliser en tant qu’Empire » (Foreign Affairs).

En ajoutant quelques détails pris dans ses écrits, nous pensons pouvoir résumer ainsi le credo de Zbigniew Brzezinski. Il se décline en trois nécessités fondamentales que nous explicitons :

- La Russie doit cesser de vouloir être un challenger des Etats-Unis et se laisser inféoder par l’Union Européenne et par l’OTAN. Ainsi, elle ne constituera plus une menace pour les Etats-Unis qui pourront sans doute, on le devine, exercer leur pression militaire ailleurs, pourquoi pas en mer de Chine.

- La Russie doit se démocratiser, selon la définition qui confond démocratie et adhésion au système occidental du suffrage universel. Cette démocratisation permettra, on le voit partout en Europe et aux Etats-Unis, de porter au pouvoir des technocrates opportunistes, des membres des réseaux atlantistes, pas vraiment intéressés par la question des libertés fondamentales et plutôt indifférents aux questions environnementales. Ces agents agiront conformément aux intérêts des oligarques locaux et étrangers et seront rémunérés par leurs lobbies. Ils fermeront les yeux sur la régulation des opérations des marchés bancaires, accueilleront les délocalisations dans un cadre propice où le code du travail ne mettra pas de barrière à l’exploitation de la main-d’œuvre et feront pression pour que la politique fiscale ne nuise jamais aux profits de ceux qui ont toujours profité. Dit simplement, afin d’augmenter les bénéfices des actionnaires locaux et envahisseurs, ils répandront partout la corruption.

- La Russie doit accepter d’être démantelée et de devenir une terre d’accueil de pionniers pour permettre de tirer plus de profits des richesses que recèle un sous-sol inexploité qui deviendra, dès lors, puisque tous les hommes sont frères dans l’extraction, un terrain neutre, une sorte de zone de partage économique. Or, ça tombe bien parce la République de Sibérie, la partie centrale du découpage, correspond précisément au bassin de Sibérie occidentale qui détient, selon un rapport de l’USGS de 2003 (Petroleum, Geology and Resources of the West Siberian Basin, Rusia, par Gregory F. Ulmishek), le plus grand bassin pétrolier du monde, un bassin couvrant une superficie de 2,2 millions de kilomètres carrés, exactement situé entre l’Oural et le fleuve Ienisseï et délimité au nord par la mer de Karal. Comportant plusieurs dizaines de champs pétroliers et gaziers géants et super-géants, il produit les ¾ du pétrole et du gaz de Russie et, en dépit du forage de gros volumes, il reste modérément exploré. Si nous nous tournons maintenant vers le BP Statistical Review of World Energy de 2015, pour nous faire une idée de cette manne à l’échelon mondial, nous découvrons qu’aujourd’hui, la Russie possède 6,1% des réserves mondiales prouvées de pétrole (contre 2,9% pour les Etats-Unis) et qu’elle possède aussi 17,4% des réserves mondiales prouvées de gaz (contre 5,2% pour les Etats-Unis). Remarquons d’autre part que l’Iran détient 18,2% des réserves mondiales de gaz, 9,3% pour le Turkménistan. Inutile de préciser que ces deux pays sont situés dans le Heartland de Mackinder.

On sourit quand on voit la liste des abandons que le Dr. Brzezinski exige de la Russie, tant sur le plan politique (abandon du régime qui permet au pays de garder son indépendance pour le remplacer par un régime apparemment démocratique mais en réalité uniquement électif et, par conséquent, poreux à tout le lobbying et à toutes les corruptions dont sont porteuses les multinationales), qu’économique (abandon de sa souveraineté sur des territoires qui offrent de nombreux avantages économiques grâce à leurs ressources, à leurs infrastructures, et à leurs voies de communication) et stratégique (perte de bases militaires, de bases nucléaires, et d’ouverture sur les mers).

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Il est donc difficile de garder son sérieux devant une telle plaisanterie si sérieusement adressée à un lectorat qu’on imagine uniquement préoccupé par l’accroissement de sa puissance et de ses revenus, plus précisément de sa puissance par ses revenus. Un lectorat à l’esprit « pionnier » et qui voit dans la Sibérie une nouvelle Californie, une nouvelle Alaska, l’occasion d’une nouvelle ruée vers l’or, d’une nouvelle Drang nach Osten qui n’aura rien de pacifique mais qui sera, au contraire, un pillage de plus, un pillage en grand, le pillage en technicolor d’un Heartland définitivement conquis et dont la soumission signifiera sans doute, pour ceux qui y croient encore, la fin de l’Histoire.

Rappelons-nous ce qu’a dit le président Obama au sujet du Doctor: que celui-ci a, pendant des décennies, formé les spécialistes de la politique étrangère dans les deux partis (c’est le cas de Madeleine Albright) et que cet universitaire exceptionnel, ce penseur exceptionnel, cet ami exceptionnel lui a personnellement beaucoup appris en plus de le soutenir pendant sa campagne présidentielle (les deux allant de pair, évidemment).

Il semble très cohérent que cet Obama-là, poupée politique façonnée et portée à la présidence par les puissants que représente Zbigniew Brzezinski, mène aujourd’hui une guerre contre la Russie, une guerre qui a commencé par un coup d’Etat en Ukraine, qui s’est poursuivie par l’application de « sanctions » et a fini par une tentative de déstabilisation de l’allié syrien, favorisée il est vrai par l’apparition opportune d’une organisation terroriste justifiant l’ingérence étasunienne dans un Etat souverain, à travers des bombardements et un soutien apporté à une armée de libération composée d’islamistes dits modérés, des islamistes bien utiles et peut-être pas si modérés qu’on le dit, comme ceux que le Doctor avait armés dès 1979 en Afghanistan afin d’offrir aux Russes leur « guerre du Vietnam ».

Le but de l’Amérique d’Obama, qui est celle de Brzezinski et qui est celle des élites qui décident de la politique étrangère depuis le Council on Foreign Relations, c’est de faire reculer la Russie, de l’enfermer dans ses frontières afin de l’assiéger, de la soumettre et de la faire éclater en trois blocs affaiblis, plus faciles à écraser sous les grosses pattes des dinosaures de la mondialisation.

En espérant que ces réflexions permettront au lecteur indécis de mieux comprendre M. Poutine, sa défense de la Syrie, sa résistance devant l’Ukraine, son invasion de la Géorgie et sa politique face aux mouvements « islamistes » dont il conviendrait de connaître les sources de financement avant de clore toute analyse.


- Source : Bruno Adrie

samedi, 31 octobre 2015

Les djihadistes de l’EI se sont rassemblés pour une Invasion MASSIVE de l’Asie Centrale

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Renseignements russes : Les djihadistes de l’EI se sont rassemblés pour une Invasion MASSIVE de l’Asie Centrale

Auteur : Nick Gutteridge
Traduction Laurent Freeman
Ex: http://zejournal.mobi

Un grand nombre de combattants islamistes se sont rassemblés au nord de la frontière afghane et se préparent à entrer dans les états voisins, ont révélé des agents des services de renseignement russes.

L’espion moscovite en chef, Alexander Bortnikov, a mis en garde les Talibans, des combattants, dont beaucoup ont prêté allégeance à l’Etat Islamique, qui sont lourdement armés et préparés à pénétrer la frontière poreuse.

S’adressant à un congrès des services spéciaux des Etats Indépendants du Commonwealth, il a dit:

« La communauté internationale fait désormais face à un nouveau challenge géopolitique, un groupe criminel international du nom de l’Etat Islamique. »

« Ce projet, qui est la progéniture même du ‘Printemps Arabe’, a obtenu son élan à cause du deux poids deux mesures de certains pouvoirs mondiaux et régionaux, en utilisant ‘un proxy terroriste ravageur’ pour qu’ils atteignent leurs objectifs stratégiques en Asie et en Afrique ».

« Selon nos propres estimations, les citoyens de plus de 100 pays différents se battent actuellement dans les différents rangs de ces structures terroristes variées et les jeunes recrues représentent 40% de leurs forces ».

« L’escalade des tensions en Afghanistan a provoqué de graves dangers. Il y a de nombreux groupes criminels au sein du mouvement taliban au nord de ce pays en ce moment-même. Certains d’entre eux ont également commencé à opérer sous les ordres de l’Etat islamique, ce qui amène à une montée critique du niveau de menaces terroristes d’une potentielle invasion de l’Asie centrale ».

Le groupe de djihadistes haineux pourrait essayer de se frayer un chemin au nord de l’Afghanistan après avoir essuyé plusieurs raids aériens meurtriers de la Russie.

L’invasion serait comme un coup bas pour Vladimir Poutine, car elle emporterait avec elle plusieurs régions de l’ex-URSS à savoir le Turkménistan, l’Ouzbékistan, le Tadjikistan, qui sont toujours en bon terme avec Moscou.

Ils prendraient ainsi le contrôle des champs d’opium en Afghanistan qui sont entretenus par les forces occidentales. Une manne qui renforcerait l’Etat Islamique, car le produit une fois transformé en héroïne, serait revendu dans les rues européennes ou américaines.

L’Etat Islamique n’a cherché qu’à accroître sa présence en Asie et n’a cessé de recevoir du soutien de plusieurs cellules islamistes indiennes, pakistanaises et malaisiennes.

Tôt ce mois-ci, Poutine a dénoncé la situation en Afghanistan comme étant « proche du seuil critique » et a appelé les nations de l’ex Union Soviétique à se préparer à agir à l’unisson pour contrer une potentielle attaque de l’Etat Islamique.

Les fous islamistes ont été usés par les bombardements aériens russes et occidentaux, ce qui a amené plusieurs experts à reconnaître que leur économie est en panne et que leur structure de commande est sur le point de disparaître.

Les djihadistes ont précédemment annoncé leur intention de conquérir le monde et de soumettre tous les êtres humains à une seule idéologie, la loi de la Charia.