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lundi, 19 octobre 2026

Ukraine: la guerre de Londres contre Trump et le nouveau Yalta

Image ID 2J2N4TG Ukrainian flag and British Union Jack flag flying together in UK, showing solidarity & support for people of Ukraine in the Russia Ukraine war CREDIT ALAMY STOCK PHOTO 270423.png

Ukraine: la guerre de Londres contre Trump et le nouveau Yalta

Entre-temps, Trump a levé toutes les sanctions imposées à Moscou, réduisant à néant les analyses de ceux qui avaient prédit qu’il brandirait comme une massue les sanctions infernales conçues par le sénateur Lindsey Graham.

Par Davide Malacaria

Source: https://www.piccolenote.it/mondo/ucraina-la-guerra-di-lon...

Trump poursuit son offensive de pression sur Zelensky pour le contraindre à négocier avec Poutine. Celle-ci va de pair avec les pressions exercées sur l’Europe pour qu’elle cesse de soutenir la posture musclée du président ukrainien et qu’elle renoue des relations avec la Russie, en commençant par l’achat de gaz acheminé par Nord Stream — dans lequel des entrepreneurs américains souhaitent investir.

Entre-temps, Trump a levé toutes les sanctions imposées à Moscou, réduisant à néant les analyses de ceux qui avaient prédit qu’il brandirait comme une massue les sanctions infernales conçues par le sénateur Lindsey Graham et approuvées par le Congrès après son décès (¹). Lorsqu’il avait signé la résolution, il était évident qu’il en atténuerait la portée ou ne l’appliquerait pas au moment opportun.

Il reste toutefois qu’à ce jour, la paix n’en est qu’au stade des pourparlers et que les déclarations de Trump, chargées de frustration et d’irritation envers Zelensky, qu’il accuse de ne pas vouloir la paix — il n’est pas le seul à le penser —, ne suffisent pas à le faire plier.

Zelensky a tout à perdre à la paix: le pouvoir, l’argent — il est impossible qu’il soit le seul homme honnête de son cercle rapproché, décimé depuis des années par les enquêtes judiciaires — et, enfin, le prestige international que le conflit lui a offert (sic!).

Ainsi, le 14 octobre, l’Amérique a envoyé un message fort et clair en interrompant pendant une nuit le fonctionnement du réseau satellitaire Starlink, facilitant ainsi les opérations russes.

Zelensky, misant sur les critiques généralisées des oligarchies occidentales contre l’initiative trumpienne, critiques qui n’ont effectivement pas manqué de se manifester, a poursuivi imperturbablement sa route, comptant sur le rétablissement du réseau, qui a bien eu lieu.

Malgré ce rétablissement, Zelensky s’est toutefois plaint que le service n’avait pas été pleinement restauré pour les forces armées ukrainiennes. Et cette nuit, une nouvelle attaque russe contre Kiev n’a pas été signalée par Starlink.

Zelensky s’est donc décidé à téléphoner aux hommes de Trump, Witkoff et Kushner, ce qu’il s’était abstenu de faire depuis qu’il avait commencé à polémiquer violemment avec le président américain après la levée, par celui-ci, des sanctions visant le gazole russe.

Zelensky s’entretient avec Witkoff et Kushner sur fond de crise entre les États-Unis et l’Ukraine

Nous n’en sommes qu’à un premier pas, ambigu de surcroît, compte tenu de l’entêtement de Zelensky et de sa fragilité, autre facteur qui l’empêche de s’engager sur la voie de la paix: il risque d’être tué pour trahison par ses amis, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays.

Pour comprendre ce que préparent les soutiens de Zelensky afin de contrer l’offensive trumpienne, reprenons les propos d’Anders Åslund dans le Kyiv Post, média ukrainien étroitement lié aux Britanniques. Trump, écrit le professeur, a «désormais jeté le masque» et montre son vrai visage à l’Europe.

En réalité, Trump avait déjà manifesté par le passé son penchant pour une approche non conflictuelle avec Moscou — et pour la recherche de la paix en Ukraine —, disposition à laquelle les dirigeants européens avaient répondu par la flatterie et la persuasion.

Cette fois, Trump paraît plus déterminé et cette approche ne fonctionnera pas, écrit Åslund, qui ajoute: «L’Europe ne peut plus rester passive. Elle ne peut pas non plus faire semblant de considérer les États-Unis comme un allié. Il s’agit d’un ennemi qui soutient la Russie, s’oppose à l’Ukraine et veut détruire l’UE». Aussi, selon le professeur, la première mesure à prendre, conjointement avec le Canada, consiste à transformer l’OTAN en «éliminant le plus rapidement possible le personnel et les éléments américains»…

La nouvelle OTAN, qui serait ainsi placée sous la houlette britannique, doit «développer rapidement» les capacités de renseignement nécessaires pour soutenir Kiev et entreprendre de «s’armer le plus vite possible». Cette évolution doit aller de pair avec un processus d’intégration de l’Ukraine à l’OTAN, lequel doit avancer «au plus vite, mais cela ne peut se faire qu’après l’exclusion des États-Unis».

Nous ne citerions pas un article aussi hallucinant s’il ne donnait voix à un sentiment qui circule dans de nombreux milieux intellectuels européens, lesquels caressent le rêve — comprenez: le cauchemar — d’un affrontement direct avec la Russie. Ils le caressent, le présentent comme quelque chose de réalisable, en faisant semblant de croire que l’on pourrait éviter la catastrophe qui en résulterait.

Mais cet article est évidemment intéressant aussi pour son exhortation à modifier les rapports avec l’Amérique, du moins celle de Trump, que ces milieux considèrent précisément comme une entité hostile.

Ce n’est pas seulement la guerre en Ukraine qui éloigne comme jamais les deux rives de l’Atlantique, mais aussi, et surtout, la perspective vers laquelle s’oriente Trump, évoquée dans un article du Wall Street Journal. Lors de l’entretien téléphonique entre Trump et Poutine du dimanche 14 juin, il a en effet été question d’une éventuelle rencontre trilatérale entre Poutine, Trump et Xi Jinping au sommet de l’APEC des 18 et 19 novembre.

Dans notre compte rendu de cet appel, nous avions laissé entendre que tel était le contenu de la conversation; le WSJ le confirme avec autorité. Selon le journal américain, cette rencontre porterait sur la paix en Ukraine. C’est possible, même s’il faut un interlocuteur ukrainien pour la conclure, mais l’enjeu est bien plus vaste: un nouveau Yalta, sous d’autres formes et modalités, un nouvel ordre mondial qui mette fin à la dynamique actuelle des guerres sans fin.

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Poutine évoque un sommet avec Trump et Xi pour discuter d’un accord sur l’Ukraine

Un nouveau Yalta dont l’Europe serait exclue, avec toutes les conséquences que cela implique. Mais surtout la Grande-Bretagne, qui était présente au précédent Yalta et joua un rôle important dans l’ordre mondial de l’après-guerre, dont la dynamique des guerres sans fin constitue un prolongement devenu incontrôlable — ces guerres servent en effet à tenter de préserver le pouvoir des anciens maîtres et à contenir l’émergence de nouvelles réalités géopolitiques.

Ce n’est pas pour rien que Winston Churchill fut à l’origine du rideau de fer, cette barrière infranchissable entre l’Est et l’Ouest qui donna forme à ce Yalta, conférant à l’oligarchie anglo-saxonne la direction de l’Occident.

Ce précédent explique pourquoi la Grande-Bretagne a aujourd’hui lancé un djihad contre cet hypothétique nouveau Yalta trilatéral. La guerre en Ukraine est un précieux levier à cette fin. Londres est en proie à une véritable démesure, au point d’aller jusqu’à rêver de prendre la tête d’une OTAN sans les États-Unis. Entre-temps, elle a attelé l’UE à son char. Ce n’est pas rien.

Note: 

(¹) Note de traduction : le texte italien porte bien «dopo il suo decesso» («après son décès»). Cette formulation, dont le référent est ambigu, est conservée sans correction.

Comprendre Carl Schmitt, c’est ne jamais avoir besoin de publier des appels à la violence faisant le jeu de la répression

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Comprendre Carl Schmitt, c’est ne jamais avoir besoin de publier des appels à la violence faisant le jeu de la répression

Chad Crowley

Source: https://chadcrowley.substack.com/p/how-understanding-carl...

C’est une caractéristique curieuse et révélatrice de la dissidence contemporaine que certaines de ses expressions de révolte les plus impuissantes se donnent désormais en spectacle dans une imitation hypertrophiée, et souvent caricaturale, du vocabulaire du pouvoir.

Derrière des écrans anonymes et sous des pseudonymes jetables, des légions d’internautes anonymes proclament leur défi au régime en des termes toujours plus explicites et combatifs, comme si la seule violence des mots pouvait faire surgir la révolution. Ils parlent comme s’ils avaient exhumé quelque vérité sinistre et interdite: que l’on ne peut se débarrasser du système par les urnes, que la politique conventionnelle n’offre aucune délivrance. Et ils proclament cette découverte avec le zèle des nouveaux convertis, prenant la prise de conscience pour un état de préparation, et une compréhension élémentaire pour une stratégie.

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Il ne s’agit pas de condamner l’anonymat en lui-même, qui demeure un refuge nécessaire et souvent prudent à une époque de surveillance et de criminalisation des opinions. Il s’agit plutôt de critiquer un personnage désormais familier: celui qui utilise l’anonymat non comme un bouclier au service d’une stratégie, mais comme un permis de se montrer stupide.

Ce comportement a reçu le nom bien trouvé de fedposting (1): un terme qui désigne, en raccourci, des appels inconsidérés à la violence, drapés de bravade et indifférents aux conséquences. Que ces déclarations procèdent d’un zèle malavisé ou d’un sabotage délibéré, leur effet est le même. Elles ne défient pas le régime; elles le servent. Elles ne sont pas des étincelles de résistance, mais des invitations à la répression, offrant à l’ennemi précisément la justification qu’il recherche.

Pour comprendre pourquoi ce comportement n’est pas seulement inconsidéré, mais aussi philosophiquement confus et, en définitive, contre-productif, il faut partir d’une compréhension juste de la politique. À cette fin, il n’est pas de guide plus clair que Carl Schmitt.

imacsaeges.jpgSchmitt, sans doute le penseur politique le plus incisif du siècle dernier, ne définissait pas la politique par le droit, l’économie ou l’idéologie. Il définissait le politique par son caractère existentiel: la distinction entre l’ami et l’ennemi. Cette distinction n’est ni métaphorique ni rhétorique; elle n’est pas d’ordre moral et ne se réduit ni au désaccord ni à l’opinion. Elle marque la frontière ultime entre des groupes dont le conflit peut devenir mortel. Elle définit la sphère de l’identité collective dans laquelle les questions d’appartenance, de loyauté et de survie se tranchent de manière définitive.

Dans cette perspective, la politique n’est pas l’évitement de la violence, mais sa possibilité structurée. Elle se fonde sur la capacité organisée de recourir à la force — sur la disposition toujours présente à tuer ou à être tué pour défendre un peuple, un ordre ou un mode de vie. L’ordre politique ne repose pas sur la procédure, mais sur la capacité de décider, de commander et de contraindre.

Ainsi, parler politiquement, c’est reconnaître que sous la surface du droit et le vernis de la civilité se trouve une vérité plus primordiale: la politique est affaire de pouvoir, et le pouvoir repose sur la capacité de recourir à la violence. Le droit ne se maintient pas par le seul consentement, mais par la capacité d’agir contre ceux qui le défient. Invoquer la souveraineté, les frontières ou l’appartenance, c’est soulever, explicitement ou non, la question de la force. Cette idée, centrale dans la théorie de Schmitt, n’est pas une célébration de la violence, mais une exigence de sérieux: reconnaître que la vie politique entraîne des conséquences dont on ne peut faire abstraction ni différer la prise en compte.

Or c’est précisément ce sérieux qui fait défaut à ceux qui se livrent au fedposting. Leur langage reproduit le vocabulaire du pouvoir, mais sans autorité, sans discipline et sans capacité de commandement. Ils saisissent, si grossièrement que ce soit, que la politique implique la force et que le conflit est inéluctable. Mais au lieu d’intérioriser cette vérité et d’agir avec discernement, ils la répètent compulsivement, comme si la répétition pouvait tenir lieu de résolution. En cela, ils ressemblent à une figure familière de la philosophie politique classique: Thrasymaque, l’impétueux sophiste de La République de Platon.

9782081229907_internet_h1400.jpgThrasymaque déclare, dans une formule célèbre, que la justice n’est rien d’autre que l’intérêt du plus fort. Les gouvernants, affirme-t-il, élaborent les lois pour servir leurs propres intérêts, et la société appelle cela justice lorsque les gouvernés se soumettent. Pour lui, il n’existe ni ordre moral supérieur ni critère immuable du juste: seulement la volonté changeante de ceux qui dominent. La force ne se contente pas de soutenir la justice; elle la définit.

Platon, par la voix de Socrate, finit par réfuter cette position, non sans lui reconnaître une part de vérité. Thrasymaque oblige à se confronter à une réalité politique brutale: aucun ordre ne peut exister sans les moyens de s’imposer. Il demeure pourtant une figure inachevée. Il saisit le pouvoir, mais non sa sublimation en une forme. La même limite affecte celui qui, aujourd’hui, publie ces appels à la violence. Il reconnaît que la politique repose sur la force, mais confond le volume de la voix avec l’autorité, et la rage avec l’exercice du pouvoir. Il énonce un fragment de vérité, mais, en l’exprimant sans discipline, il en défigure le sens.

Cela reflète une immaturité plus profonde au sein d’une grande partie de la dissidence contemporaine. L’adepte du fedposting voit que le régime se maintient par la coercition et que le langage de la justice ne sert qu’à voiler la domination. Il comprend qu’une véritable transformation exige un conflit. Pourtant, sa compréhension demeure rudimentaire. Il reconnaît la réalité du pouvoir, mais ne possède pas l’architecture intérieure nécessaire pour lui donner forme. Ses gestes relèvent de la mise en scène, non de la préparation. Son défi est bruyant, mais dépourvu de sérieux. Sa rébellion se dissout dans le théâtre.

imagsophes.jpgPublier de tels appels à la violence n’est pas un acte de réalisme. C’est une parodie de réalisme, un spectacle qui prend les griefs pour une stratégie. Cela fait directement le jeu du régime, qui se saisit de ces manifestations pour justifier la surveillance et la répression. Dans bien des cas, il ne s’agit pas seulement d’un symptôme d’immaturité, mais du produit d’une manipulation délibérée: un outil employé par les informateurs et les agents provocateurs pour piéger les naïfs et discréditer, par association, toute dissidence.

Mais l’erreur la plus profonde est philosophique. Ceux qui publient ces appels ne comprennent pas que, si le pouvoir est essentiel à la politique, il doit être façonné par une forme. La force seule ne peut rien construire; elle doit être disciplinée, préparée et dirigée.

Schmitt comprenait que l’action politique exige davantage que de l’indignation. Elle demande la capacité de décider — d’imposer un ordre lorsque l’unité d’un peuple est menacée. Pourtant, la décision n’existe pas dans le vide. Elle présuppose une structure, le choix du moment et un état de préparation. La force a sa place, mais cette place est déterminée par les conditions. Agir avant que ces conditions soient réunies n’est pas du courage; c’est agir en vain. Sans institutions, sans cadres et sans vision directrice, la volonté de résistance devient non seulement inefficace, mais véritablement dangereuse.

Ce qui est nécessaire aujourd’hui, ce n’est pas la démonstration, mais la formation. Ceux qui souhaitent voir émerger un ordre différent doivent construire les conditions dans lesquelles la souveraineté pourra renaître: familles, communautés, traditions, fidélités, institutions. L’heure est métapolitique, non parce que la politique serait sans importance, mais parce que l’action politique est impossible sans fondations. La discipline précède l’exercice du pouvoir. L’autorité doit être cultivée bien avant de pouvoir être exercée.

Thrasymaque n’avait pas entièrement tort; il manquait simplement de formation. Il avait saisi que la justice repose sur la force, mais ne possédait pas le développement intérieur nécessaire pour élever cette force au rang d’ordre. Sa vérité était brute et dépourvue de direction. Il en va de même de l’adepte du fedposting. Sa colère peut être justifiée, mais, sans structure ni finalité supérieure, elle devient un handicap. Il s’imagine révolutionnaire, mais devient en réalité une caricature — quelqu’un qui discrédite la cause par sa seule présence. La passion sans forme n’est que mise en scène. Et la mise en scène, dans le domaine politique, sert le régime, non la révolte.

Comprendre Schmitt, c’est comprendre que la politique n’est pas le domaine de l’impulsion ou de l’ostentation. Elle est celui de la souveraineté et du sacrifice, des engagements irrévocables et des décisions définitives. Elle appartient non à ceux qui parlent le plus fort, mais à ceux qui façonnent les conditions dans lesquelles la parole prend un sens. La politique exige non l’immédiateté, mais l’endurance; non le ressentiment, mais la capacité de commander.

b9a8efd6ec5c3bc1ed640e24f4c53720.jpgÉcrivant au XIXe siècle, Søren Kierkegaard avertissait que l’époque moderne serait marquée par une agitation qui prend le mouvement pour une finalité et l’expression pour la substance. Dans une telle époque, l’impulsion d’agir devient une forme de paralysie, tandis que la rébellion est réduite au spectacle et que la mise en scène remplace la discipline. Tout le monde parle, mais peu construisent. L’action doit revenir, mais elle doit être disciplinée, ancrée dans la préparation, guidée par une forme et engagée au moment précisément choisi.

Ceux qui construisent le comprennent. Et ceux qui comprennent n’ont pas besoin de publier des appels à la violence faisant le jeu de la répression.

Note:

(1) Note de traduction: « To fedpost » est un terme d’argot d’Internet qui désigne ici le fait de publier des appels à la violence ou des propos susceptibles d’être incriminants, propres à attirer l’attention des services de sécurité ou à leur fournir un prétexte pour intervenir. Le terme évoque les « feds », les agents fédéraux américains, sans impliquer nécessairement que l’auteur de ces publications soit lui-même un agent. Il est rendu ci-dessous par « publier des appels à la violence faisant le jeu de la répression », ou par des formulations équivalentes selon le contexte.

 

 

L’accord sur le diesel et la fin de l’Ukraine

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L’accord sur le diesel et la fin de l’Ukraine

Anastassia Guéchéva

Le début de la fin de la guerre en Ukraine progresse bien. Un regroupement des forces se prépare dans le camp mondialiste et, malgré tous mes efforts pour trouver des conséquences négatives pour la Russie à cet accord sur le diesel, je n’en trouve aucune.

En revanche, il n’a aucune conséquence positive pour les mondialistes occidentaux. Tout d’abord, il semble que les conditions d’un effondrement interne de l’UE et de l’OTAN soient enfin réunies. Que les indicateurs économiques aient joué ou non un rôle décisif dans la décision de la Maison-Blanche de conclure un accord avec le Kremlin importe peu. Car, quelle que soit la durée de l’aide occidentale à l’Ukraine, celle-ci ne détruira pas l’économie russe et empêchera encore moins l’issue militaire de la guerre.

Première conclusion : la cinquième année de la guerre menée par l’OTAN et l’UE contre la Russie en Ukraine a marqué le début de l’effondrement… L’Occident s’attendait à ce que Poutine meure, soit assassiné ou renversé, mais, dans tous les cas, éliminé. Au lieu de cela, il a remporté les élections à la Douma, ce qui a contraint Trump à agir. Pourquoi? Pour deux raisons: l’épuisement des capacités des États-Unis à fournir des armes à l’Ukraine et l’épuisement de leurs capacités à contenir leur propre crise politique et économique intérieure liée à la guerre contre la Russie en Ukraine.

On s’attendait à la chute de Poutine, mais ce sont Trump, Macron et Merz qui tombent. Trump s’est ressaisi et, pour ne pas se retrouver dans le camp des principaux imbéciles, a entrepris de racheter ses fautes. De plus, Trump a conduit les États-Unis dans une impasse à cause de l’Iran — une stratégie erronée et une mauvaise appréciation géopolitique — et cela, ajouté à l’Ukraine, est devenu pour lui un fardeau mortellement lourd.

Lorsqu’il est devenu évident, en 2026, que les États-Unis perdaient le Moyen-Orient et que leurs actions dans cette région avaient provoqué un problème pétrolier mondial, l’esprit d’Anchorage a brusquement ressuscité et frappé Zelensky là où il aurait dû le frapper dès le mois d’août dernier. Mais, en août dernier, Trump n’était pas encore enlisé au Moyen-Orient et élaborait encore des projets avec Ursula.

Voici maintenant ce qui se profile :

Un conflit entre les États-Unis et l’Angleterre au sujet de l’Ukraine. À long terme, j’avais prévu des affrontements militaires des États-Unis tant avec l’Angleterre qu’avec Israël. Parce que telle est précisément la logique à long terme. Le problème de l’Amérique n’est pas la Chine, mais ses alliés, qui n’accepteront pas ce qui se passe. Ainsi, Poutine sauve le Congrès pour Trump, mais cela jette immédiatement et bel et bien Trump dans les griffes des mondialistes anglais, qui tenteront de détruire la majorité républicaine au Congrès. Autrement dit: Trump et Poutine contre Londres. J’avais envisagé cette option comme le seul choix juste et fructueux pour Trump dès son retour sur le trône. Voilà, les événements eux-mêmes l’y ont conduit !

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Trump n’a littéralement aucun coup gagnant à jouer dans cette situation ni dans toutes celles qui suivront. Un accord avec la Russie signifie la guerre avec Londres, avec Ursula et avec leur nain Zelensky. Les premières étincelles de cette guerre verbale sont déjà apparues: Trump a annoncé qu’il couperait non seulement les financements, mais aussi les livraisons d’armes à l’Ukraine, et c’est déjà très sérieux. Le portail par lequel l’Ukraine passe commande auprès du complexe militaro-industriel américain — PURL, par lequel l’UE passe également des commandes pour Kiev — a été officiellement rendu public. Les États-Unis ont appelé toutes les capitales de l’UE ainsi que Kiev pour les informer que PURL pourrait cesser de fonctionner. Et c’est aussi très sérieux! Car cela signifie une crise du mécanisme américain de manipulation de la guerre en Ukraine: ils ne donneront pas d’armes, mais les vendront aux Européens, qui les remettront ensuite à l’Ukraine. Cela revient à déclarer la guerre à Ursula.

L’accord de Trump avec Poutine signifie la fin de l’UE. Deux possibilités existent: soit l’UE se disloque et la Commission européenne cesse de fonctionner, soit l’UE décide d’entrer dans une guerre ouverte contre la Russie. Il n’existe aucune autre manœuvre qui permettrait de justifier et de maintenir le fonctionnement antérieur de l’Union.

Examinons maintenant l’OTAN.

Tout ce qui précède décrit la situation. L’Angleterre et l’UE peuvent-elles prendre en charge la guerre contre la Russie en Ukraine sans les États-Unis? La réponse est non, parce que le commandant suprême de l’OTAN en Europe est un général américain. Par conséquent, si Trump poursuit la voie qu’il a choisie vers un accord avec la Russie — j’ai expliqué pourquoi il n’a pas d’autre issue s’il veut éviter de se retrouver dans le camp des perdants de la guerre en Ukraine —, cela signifie une rupture au sein de l’OTAN. Si Zelensky continue de répondre hargneusement à Trump, il devra s’attendre non seulement à un scénario vénézuélien ou iranien, mais aussi à l’arrêt de l’aide américaine à l’Ukraine en matière de renseignement et de moyens numériques.

L’OTAN peut-elle faire la guerre à la Russie sans les États-Unis ?

Je vous laisse répondre à cette question…

Regardons un peu la situation au-delà de l’Europe. La Russie est déjà le médiateur officiel entre les États-Unis et l’Iran. Trump n’a aucune chance dans une nouvelle guerre contre l’Iran. Israël s’y résoudra-t-il? Nous verrons, mais je me dois aussi de relayer l’avertissement de Mohsen Rezaï, président du Conseil de discernement — c'est-à-dire le secrétaire du Conseil de sécurité — de l’Iran: si les hostilités contre l’Iran reprennent, Téhéran sectionnera le câble sous-marin passant par le Moyen-Orient et détruira les centres de données de la région. Autrement dit, il aveuglera les États-Unis et Israël.

Autre nouvelle très intéressante: une délégation chinoise s’est rendue auprès des Houthis au Yémen pour tenter de convaincre Ansar Allah de ne pas attaquer l’Arabie saoudite, car la Chine y possède de nombreux intérêts. Eh bien! C’est extrêmement sérieux! Les Houthis et l’Iran ne font qu’un; la Chine est le principal partenaire stratégique de l’Iran, mais aussi de l’Arabie saoudite! Et maintenant?

Sans parler du fait qu’il s’agit d’un affrontement dans la région entre Kiev, d'une part, et la Chine et la Russie, d'autre part.

Ainsi, nous continuons à traverser à toute vitesse des transformations irréversibles du monde, d’une profondeur et d’une gravité stupéfiantes, tandis que les positions antérieures s’effondrent.

Les répercussions sur la Bulgarie, dans notre situation intérieure complexe, nous les découvrirons tous. Mais l’aide à l’Ukraine touche à sa fin. Ou alors nous devrons nous joindre aux opérations militaires de l’UE et de l’Angleterre contre la Russie.

Il me reste toutefois une autre question (ironique): quand « Azov » tentera-t-il d’assassiner Trump ?

Dissolution européenne. En ordre dispersé

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Dissolution européenne. En ordre dispersé

Andrea Marcigliano

Source: https://electomagazine.it/dissolvenza-in-ordine-sparso/

Un journaliste aurait demandé à Poutine: "N’est-il pas temps de démanteler l’UE pour négocier avec les États individuellement?".

Le tsar aurait répondu avec un ricanement: "Ce n’est pas nécessaire. Ils se dissoudront tout seuls".

Que cette anecdote soit vraie ou fausse, elle brosse malheureusement un tableau fidèle de la situation.

L’Union européenne est désormais tout sauf une union. Et les pays qui, en théorie, la composent avancent de plus en plus en ordre dispersé.

La responsabilité en incombe à une Commission dirigée de manière dictatoriale par von der Leyen, qui répond à des intérêts n’ayant rien à voir avec ceux des peuples européens.

Qui sert, et de façon extrêmement manifeste, des puissances économiques qui nous conduisent à la ruine.

Mais aussi aux gouvernements, prétendument nationaux, de France, d’Allemagne, d’Italie, sans compter tous les autres instances de pacotille.

Elles aussi totalement asservies à ceux qui n’ont rien à voir avec l’Europe et, surtout, avec les Européens.

Qui poursuivent d’autres objectifs, sans se soucier de nous, entièrement tournés, au contraire, vers des intérêts étrangers aux nôtres. Et dévastateurs pour nous.

Nous pouvons ainsi voir la révolte monter dans toute l’Europe. À commencer par l’Allemagne, où les résultats électoraux dans les Länder contraignent Merz à se cramponner désespérément au pouvoir, désormais privé de tout soutien populaire.

Puis la France, où Le Pen, à mesure qu’elle progresse, semble s’enhardir et déclare son intention de prendre ses distances avec Kiev. En suspendant les financements accordés au régime qui sévit là-bas.

L’Espagne, où la révolte éclate ouvertement dans les rues.

Et l’Italie aussi, dont le Sud est désormais paralysé par les agriculteurs et où la contestation se propage. Malgré le silence prolongé, coupable et complice des grands médias.

Et puis il y a l’Europe de l’Est. Qui avance déjà en ordre dispersé. Avec la Slovaquie qui veut renouer avec Moscou. Les pays baltes qui se font les porte-étendards, ridicules et risibles, de la guerre à outrance. La Pologne tiraillée entre son aversion historique pour la Russie et sa méfiance, voire pire, envers l’Ukraine de Zelensky…

Je pourrais continuer. Car la Bulgarie, la Hongrie, l’Autriche, la Croatie, la Slovénie et la Roumanie font toutes, plus ou moins, cavalier seul.

La dissolution de l’illusion européenne est à l'ordre du jour.

Exactement comme l’aurait dit, en ricanant, Vladimir Poutine.