vendredi, 06 mars 2026
Néoconservatisme et crise de l'universalisme occidental

Néoconservatisme et crise de l'universalisme occidental
par Tiberio Graziani
Source : La Fionda & https://www.ariannaeditrice.it/articoli/neoconservatorism...
Généalogie philologique, périphéries européennes et adaptations de l'hégémonie américaine
Cet article propose une tentative de reconstruction généalogique et philologique du néoconservatisme en tant que forme adaptative de l'hégémonie occidentale dans une phase de crise de l'universalisme libéral-démocratique. Loin d'être interprété comme une simple idéologie contingente ou comme une régression réactionnaire, le néoconservatisme est ici analysé comme un mode de réorganisation du pouvoir alors que la capacité de l'Occident à générer un consensus à travers des valeurs universalistes tend à s'amenuiser progressivement.
À travers l'analyse de ses origines américaines, de sa transformation en doctrine de gouvernement et de ses reformulations discursives successives, l'essai reconstitue la séquence qui mène de l'universalisme décisionniste de la phase bushienne aux tentatives de restauration libérale-internationaliste, jusqu'à l'émergence de formes d'hégémonie post-universaliste. Une attention particulière est accordée à la structure centre-périphérie au sein de l'Occident dirigé par les États-Unis, montrant comment le néoconservatisme européen ne constitue pas une tradition autonome, mais une dérivation discursive et stratégique, légitimée par des réseaux transatlantiques et des références culturelles sélectives.
Le présent texte soutient que la réduction de l'autonomie européenne ne doit pas être comprise comme une absence de capacité d'initiative politique, mais comme sa canalisation progressive dans un espace de discours politiquement légitime de plus en plus restreint. En conclusion, la crise de l'Occident est interprétée non pas comme une crise des valeurs en tant que telles, mais comme une crise de leur pouvoir sémantique : lorsque l'universalisme perd sa capacité d'intégration, l'hégémonie tend à se réorganiser à travers des dispositifs moraux, décisionnels et stratégiques qui restreignent l'espace du pluralisme politique interne.
Le néoconservatisme au-delà de l'idéologie
Le néoconservatisme est généralement interprété comme un courant idéologique spécifique, attribuable à certains milieux politiques américains ou à une période historique circonscrite. Cette lecture ne saisit toutefois que la surface du phénomène. Le néoconservatisme n'est pas simplement une idéologie parmi d'autres, mais une forme historique adaptative de l'hégémonie occidentale, apparue au moment où l'universalisme libéral-démocratique a commencé à perdre sa capacité à générer un consensus.
L'hypothèse qui guide ce travail est que le néoconservatisme ne représente pas une rupture avec le libéralisme, mais plutôt sa transformation fonctionnelle dans des conditions de crise systémique. Lorsque l'hégémonie ne peut plus se fonder principalement sur l'attrait normatif, elle se réorganise à travers des dispositifs moraux, décisionnels et sécuritaires. Le néoconservatisme est le nom de cette réorganisation.
Nous proposons donc une lecture critique du néoconservatisme, non pas comme une idéologie marginale, mais comme un dispositif central à travers lequel l'Occident réorganise son hégémonie après la crise de l'universalisme libéral. La position européenne est ici analysée non pas comme une simple subordination passive, mais comme un espace de capacité d'initiative politique progressivement canalisé dans des contraintes discursives et stratégiques de plus en plus strictes.
Pour comprendre ce processus, il est nécessaire d'adopter une perspective philologique et généalogique, capable de suivre l'évolution des lexiques politiques, des catégories conceptuelles et des structures de légitimation du pouvoir, ainsi qu'une perspective systémique, qui tienne compte des asymétries internes à l'Occident dirigé par les États-Unis.
Universalité libérale-démocratique et hétérogénéité des fins
L'universalisme libéral-démocratique qui s'affirme après la fin de la guerre froide se présente comme un horizon normatif mondial. La démocratie, les droits de l'homme, le marché et l'État de droit sont considérés non pas comme des produits historiquement situés, mais comme des normes universelles du progrès politique. À ce stade, le langage libéral joue un rôle éminemment hégémonique : il rend l'ordre occidental intelligible en tant qu'ordre rationnel et désirable.
Suivant une perspective qui tient également compte de l'enseignement de Gramsci, cet universalisme fonctionne comme une direction morale et culturelle, capable de traduire l'intérêt particulier de l'Occident en intérêt général. Cependant, c'est précisément cette universalisation qui produit une profonde hétérogénéité des fins. La démocratie cesse progressivement d'être une pratique d'auto-gouvernance et se transforme en critère de légitimation; les droits deviennent des instruments sélectifs d'inclusion et d'exclusion; le pluralisme n'est toléré que dans des limites compatibles avec l'ordre existant.
L'universalisme ne s'effondre pas, mais se rigidifie. Lorsqu'il perd sa capacité à générer un consensus, il tend à se transformer en norme coercitive.
C'est dans ce passage que mûrit la nécessité historique du néoconservatisme. Cette nécessité ne doit toutefois pas être comprise dans un sens déterministe, mais comme le résultat d'une combinaison contingente de crise sémantique, de transformations géopolitiques et de réorganisations du pouvoir au sein de l'Occident.
Origine philologique du néoconservatisme : le libéralisme désenchanté
D'un point de vue généalogique, le néoconservatisme est né aux États-Unis entre les années 1960 et 1970 comme une critique interne du libéralisme progressiste, et non comme un retour au conservatisme traditionnel. Des personnalités telles qu'Irving Kristol sont issues de milieux libéraux anticommunistes et partagent les principes fondamentaux de la modernité politique: confiance dans le progrès, centralité relative de l'État, rationalisation de l'ordre social.
La rupture se produit sur le plan anthropologique et moral. Dans les textes néoconservateurs, des concepts tels que vertu, ordre, responsabilité, clarté morale apparaissent. Philologiquement, ces termes ne renvoient pas à une restauration prémoderne, mais à une tentative de correction normative de la modernité. Le libéralisme est accusé non pas d'être moderne, mais d'être moralement neutre et politiquement faible.
À ce stade, le néoconservatisme ne renonce pas à l'universalisme, mais le reformule. Il n'est plus considéré comme le résultat spontané de l'histoire, mais comme une mission consciente. La politique doit orienter l'histoire, et non se limiter à l'administrer.
Du discours à la décision: le néoconservatisme comme doctrine de gouvernement
La transformation décisive se produit lorsque le néoconservatisme passe de la sphère intellectuelle à la sphère gouvernementale, en particulier sous les administrations de George W. Bush. À ce stade, le langage néoconservateur devient un principe décisionnel souverain.
Des expressions telles que « axe du mal », « programme de liberté » et « guerre contre le terrorisme » marquent un passage philologique crucial : l'universalisme n'est plus un horizon normatif, mais une justification de l'exception. La démocratie n'est pas négociable, mais imposable ; le conflit géopolitique est moralisé ; la politique internationale prend la forme d'une lutte entre le bien et le mal.
Ici, le néoconservatisme converge implicitement avec le décisionisme de Carl Schmitt. La distinction ami/ennemi structure le champ politique, tandis que la décision remplace la médiation. C'est la phase de coïncidence maximale entre universalisme et puissance.
Centre et périphérie dans l'Occident usocentrique
Le néoconservatisme ne se développe pas de manière uniforme dans l'espace occidental. Au contraire, il révèle une structure centre-périphérie. Les États-Unis constituent le centre de l'élaboration conceptuelle, stratégique et discursive; l'Europe occupe une position structurellement subordonnée dans l'élaboration et la diffusion de l'orientation politique dominante.

Cette asymétrie devient évidente dans le rôle joué par les centres d'élaboration stratégique (think tanks) américains – tels que l'American Enterprise Institute et la Heritage Foundation – qui fonctionnent comme des usines transnationales de l'hégémonie. Ils n'influencent pas seulement la politique américaine, mais légitiment et orientent les élites conservatrices européennes, en leur fournissant des langages, des catégories et des priorités.
Le néoconservatisme européen ne découle donc pas d'une continuité avec le conservatisme européen historique, traditionnellement sceptique à l'égard de l'universalisme et enclin à la médiation institutionnelle. Il apparaît comme une dérivation hétéro-dirigée, produisant un écart croissant entre la tradition européenne et le nouveau conservatisme euro-atlantique.
La notion de « périphérie européenne » ne vise pas à nier les différences nationales, mais à indiquer une condition structurelle commune de dépendance discursive et stratégique vis-à-vis du centre américain.

Roger Scruton et la légitimation périphérique du néoconservatisme européen
Dans le processus de diffusion du néoconservatisme dans les périphéries de l'Occident centré sur les États-Unis, Roger Scruton, souvent considéré comme une référence théorique par les droites européennes contemporaines, joue un rôle particulier. Scruton n'est pas un néoconservateur au sens propre du terme et n'appartient pas à la généalogie américaine du libéralisme désenchanté. Sa pensée s'inscrit plutôt dans la tradition du conservatisme britannique, caractérisée par un scepticisme envers l'universalisme abstrait, une attention aux limites et une centralité des institutions historiques.
Cependant, dans le contexte européen actuel, Scruton est fréquemment extrait de son horizon théorique et utilisé comme source de légitimation culturelle d'un conservatisme qui a progressivement rompu le lien avec ses traditions historiques. Des concepts tels que l'oikophilie, la communauté morale, l'identité nationale et la critique du cosmopolitisme sont isolés de leur contexte d'origine et intégrés dans un lexique euro-atlantique qui ne remet pas en question l'ordre géopolitique occidental dirigé par les États-Unis.
En ce sens, Scruton joue un rôle paradoxal: il permet aux droites européennes de prendre leurs distances avec le libéralisme progressiste sans remettre en cause l'hégémonie occidentale. Sa pensée fournit une légitimation philosophique dérivée, qui remplace l'autonomie théorique par l'adaptation discursive. Il en résulte un écart supplémentaire entre le conservatisme européen historique – fondé sur la limite, la médiation et la pluralité des traditions – et le néoconservatisme euro-atlantique, orienté vers la moralisation du conflit et la subordination stratégique.

Dans cette perspective, l'utilisation européenne de Scruton ne représente pas une continuité avec le conservatisme britannique, mais un processus d'appropriation fonctionnelle, qui contribue à consolider la position périphérique de l'Europe au sein d'un Occident centré sur lui-même.
Cela n'implique pas la disparition de la capacité d'initiative politique européenne, mais sa réorganisation progressive dans un horizon de discours politique défini ailleurs et de plus en plus contraignant.
La fermeture du champ politique européen décrite ici ne nécessite pas une altérité externe radicale, mais se réalise de manière endogène par la combinaison de la légitimation culturelle, de la dépendance discursive et, surtout, de la subordination stratégique.
Obama: le dernier universalisme hégémonique
L'administration de Barack Obama représente une phase de transition. Obama tente une re-sémantisation de l'universalisme libéral à travers un lexique fondé sur le multilatéralisme, l'engagement et les valeurs partagées. Il s'agit d'une tentative de reconstruire le consensus après l'usure de l'interventionnisme néoconservateur.
Cependant, cet universalisme est déjà réflexif et défensif. Il fonctionne davantage comme une gestion de crise que comme un projet historique. Obama incarne le dernier moment où l'hégémonie américaine tente de se présenter comme un ordre souhaitable, même dans un contexte qui réduit considérablement son efficacité.
Trump I: la déconstruction du langage universaliste
L'élection de Donald Trump (2017-2021) marque une rupture éminemment philologique. Trump I abandonne le langage universaliste et adopte un lexique transactionnel: deals, interests, winners and losers. La politique est dépouillée de toute justification morale universelle.
Cette phase ne produit pas encore de nouveau projet hégémonique cohérent, mais démystifie le langage précédent. La critique de l'État profond ne remet pas en cause l'objectif hégémonique des États-Unis, mais dénonce ses méthodes inefficaces. L'hégémonie demeure, mais perd son vocabulaire légitimant.

Steve Bannon et la première articulation idéologique du post-universalisme
Au sein de la phase Trump I, Steve Bannon occupe une position particulière, dont la fonction ne peut être comprise ni en termes de néoconservatisme classique ni comme simple expression d'un populisme antisystémique. Bannon représente plutôt une tentative d'articulation idéologique de la crise de l'universalisme occidental.
Contrairement aux néoconservateurs, Bannon rejette explicitement l'idée que les valeurs occidentales soient universalisables. Son lexique n'est pas celui des droits, mais celui de la décadence civilisationnelle, du conflit historique permanent et de la régénération par la rupture. En ce sens, il opère une translation sémantique: de la démocratie comme valeur universelle à la civilisation comme sujet en lutte.
Cependant, cette rupture n'implique pas l'abandon de l'horizon hégémonique américain. Au contraire, l'hégémonie est reformulée en termes post-universalistes : elle n'est plus le guide moral du monde, mais le centre décisionnel d'un conflit systémique entre civilisations. Bannon fournit ainsi la première tentative de donner une forme idéologique à ce que Trump I avait exprimé de manière principalement pragmatique et déstructurée.
Il est également significatif que Bannon joue un rôle central dans le rapprochement entre le trumpisme américain et les droites européennes, anticipant une circulation idéologique alternative à celle des think tanks néoconservateurs traditionnels. Cette circulation ne produit toutefois pas d'autonomie européenne, mais une nouvelle forme de dépendance périphérique, fondée non plus sur l'universalisme libéral, mais sur une subordination civilisationnelle au centre américain.
Dans cette perspective, Bannon ne représente pas une alternative au néoconservatisme, mais une figure de transition: il prépare le terrain discursif sur lequel le programme MAGA de Trump II pourra s'imposer comme une hégémonie explicite, dépourvue de justification universaliste.
Biden et la restauration inachevée
L'administration de Joe Biden tente une restauration du langage hégémonique classique: démocratie contre autocratie, ordre international fondé sur des règles, défense de la démocratie. Cependant, ces signifiants sont affaiblis. Ils ne produisent plus d'intégration, mais de délimitation.
La rupture avec Trump I est avant tout stylistique. Sur le plan stratégique, la continuité demeure : centralité de la compétition systémique, utilisation sélective des valeurs, subordination du pluralisme. L'universalisme est réintroduit comme langage, mais ne retrouve pas sa fonction hégémonique d'origine.
Trump II et MAGA: l'hégémonie post-universaliste
C'est dans ce contexte que s'inscrit Trump II et son slogan-programme MAGA (Make America Great Again). Philologiquement, MAGA est un syntagme post-universaliste: il ne promet pas des valeurs partagées, mais la puissance; non pas l'universalité, mais la hiérarchie.
La « grandeur » évoquée est positionnelle, et non morale. Trump II renonce définitivement à l'universalisme comme langage légitimant et propose une hégémonie explicite, compétitive et ouvertement asymétrique. Il ne guide pas le monde: il prévaut sur lui.
En ce sens, Trump II représente l'une des formes les plus cohérentes et abouties du néoconservatisme, libéré de tout résidu universaliste.

Conclusion. Le néoconservatisme comme nécessité systémique
Le néoconservatisme n'est pas une parenthèse idéologique, mais une nécessité systémique de l'hégémonie occidentale en crise. Cette nécessité ne doit toutefois pas être interprétée comme le résultat inévitable d'un mécanisme impersonnel, mais comme une forme historiquement récurrente d'adaptation hégémonique, apparue au sein d'un ensemble fini de possibilités politiques et discursives.
Lorsque le langage des valeurs perd de son efficacité, il est remplacé par les langages de la décision, de la sécurité et de la hiérarchie.
Dans les périphéries de l'Occident centré sur lui-même, en particulier en Europe, ce processus entraîne une perte d'autonomie théorique et politique. Le conservatisme européen, dans sa forme néoconservatrice, ne conserve rien: il importe, traduit et radicalise un paradigme élaboré ailleurs.
La crise de l'Occident n'est pas seulement une crise de puissance, mais aussi une crise de pluralité interne. Lorsque même les périphéries parlent le langage du centre, l'hégémonie ne se renouvelle pas: elle se rigidifie. Et c'est dans cette rigidité que le néoconservatisme révèle sa nature la plus profonde: non pas un choix idéologique, mais une forme historique de survie du pouvoir.
19:59 Publié dans Actualité, Théorie politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, états-unis, occident, américanosphère, conservatisme, néoconservatisme |
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mardi, 30 novembre 2010
Summit di Lisbona: la NATO si proclama forza militare globale

SUMMIT DI LISBONA: LA NATO SI PROCLAMA FORZA MILITARE GLOBALE
DI RICK ROZOFF
rickrozoff.wordpress.com
Ex: http://www.comedonchisciotte.org/
Dal vertice recentemente concluso della NATO (North Atlantic Treaty Organization) in Portogallo Washington ha ottenuto tutto quello che chiedeva ai suoi 27 alleati della Nato -almeno 20 partner della NATO che forniscono truppe per la guerra in Afghanistan- all'UE e alla Russia.
L'Alleanza Atlantica controllata dagli USA ha approvato senza riserve e anche senza delibere il piano americano che prevede di includere tutta l'Europa nel sistema missilistico di intercettazione mondiale del Pentagono e della sua Missile Defense Agency (MDA). La dichiarazione del vertice afferma: "La NATO manterrà una giusta combinazione di forze di difesa convenzionali, nucleari, e missilistiche. La difesa missilistica diventerà parte integrante della nostra posizione di difesa globale.". [1]
Nell'adottare il suo nuovo Concetto Strategico ha anche autorizzato un’analoga operazione di guerra informatica su scala continentale in combinazione con il nuovo USA Cyber Command del Pentagono -e per tutti gli scopi pratici sotto la sua direzione.
Ha inoltre ribadito l’impegno della coalizione sull’articolo 5 per rendere l'assistenza militare collettiva a ogni Stato membro sotto ipotetico attacco e esteso il concetto di attacco per includere categorie non-militari come computer, energia e minacce terroristiche. Il Concetto Strategico "riconferma il legame tra le nostre nazioni per difendere l’un l'altra contro l'attacco, anche contro nuove minacce alla sicurezza dei nostri cittadini". [2]
"I membri della NATO presteranno sempre reciproca assistenza contro un attacco, a norma dell'articolo 5 del Trattato di Washington. Tale impegno rimane fermo e vincolante. La NATO scoraggerà ogni minaccia di aggressione e difenderà da essa e dai problemi emergenti dove si minaccino la sicurezza fondamentale dei singoli alleati o l'Alleanza nel suo complesso".
Sia pure in mancanza di minacce militari convenzionali -come pure di quelle nucleari-, ovvero anche senza rischi di carattere militare nei riguardi dei membri della NATO nordamericani ed europei, altri pericoli –se pianificati- serviranno come base per l'attivazione dell'articolo 5. Essi includono attacchi o minacce alle reti di computer:
" Cyber-attacchi ... possono raggiungere una soglia tale da minacciare la prosperità nazionale ed euro-atlantica, la sicurezza e la stabilità", afferma la NATO, per cui i suoi membri sono obbligati a "sviluppare ulteriormente la capacità di prevenzione, individuazione, difesa e recupero dai cyber- attacchi, anche mediante l'uso del processo di pianificazione della NATO di rafforzare e coordinare le capacità nazionali di cyber-difesa, portando tutti gli organismi della NATO sotto cyber-protezione centralizzata .... "
"Dipendenza" europea dal petrolio e dal gas naturale russo e il controllo delle vie marittime strategiche e rotte commerciali:
"Alcuni paesi della NATO diventeranno più dipendenti dai fornitori esteri di energia e, in alcuni casi, dalla fornitura estera di energia e di reti di distribuzione per il loro fabbisogno energetico. Dato che una quota sempre maggiore del consumo mondiale è trasportato in tutto il mondo, le forniture di energia sono sempre più a rischio di perturbazione".
E diverse altre questioni neanche lontanamente connesse a faccende militari [3]:
"Vincoli vitali ambientali e delle risorse, tra cui rischi per la salute, il cambiamento climatico, scarsità d'acqua e il fabbisogno energetico crescente condizioneranno ulteriormente il futuro contesto di sicurezza nelle aree di interesse per la NATO e avranno il potenziale per incidere in misura significativa nella pianificazione e nelle operazioni della NATO".
La NATO ha anche ribadito il suo impegno a mantenere armi nucleari tattiche americane in Europa, con il Concetto strategico che dichaira: "finché ci sono armi nucleari nel mondo, la NATO rimarrà una alleanza nucleare".
E l'alleanza si è allineata con il cambiamento della Casa Bianca e il Pentagono da un impegno precedente per il "taglio" delle truppe Usa e Nato in Afghanistan a partire dall'anno prossimo per quello che Washington ha di recente definito un progetto "provvisorio" e "aspirazionale", di una strategia "transitoria" che potrebbe vedere forze militari occidentali ancora sulla scena della nazione asiatica 15 o più anni dopo il loro arrivo. La dichiarazione del vertice di Lisbona afferma: "La transizione sarà basata sullo stato di fatto, non fissata da un calendario, e non equivale al ritiro delle truppe ISAF".
Non c'è nessuna nazione o gruppo di nazioni che ponga alla NATO una sfida seria, nessuno costituisce una minaccia per l’unico blocco militare del mondo, e quasi nessuno ancora si frappone alla sua espansione globale. "Tuttavia, nessuno dovrebbe dubitare della determinazione della NATO se la sicurezza di uno dei suoi membri dovesse essere minacciata... La dissuasione, basata su un adeguato mix di capacità nucleari e convenzionali, resta un elemento centrale della nostra strategia globale .... Finché esistono armi nucleare, la NATO rimarrà una alleanza nucleare".
"La garanzia suprema della sicurezza degli alleati è fornita dalle forze nucleari strategiche dell'alleanza, in particolare quelle degli Stati Uniti; le forze strategiche nucleari indipendenti del Regno Unito e della Francia, che hanno un loro ruolo di dissuasione, contribuiscono alla deterrenza complessiva e alla sicurezza degli alleati».
Formalizzando i cambiamenti internazionali degli ultimi undici anni -in Europa, Asia, Africa e nel Mare Arabico– il nuovo Concetto Strategico della NATO obbliga tutti gli stati membri e decine di partner a “sviluppare e mantenere forze convenzionali robuste, mobili e dispiegabili per svolgere sia i compiti dovuti dall’articolo 5 che le operazioni delle spedizioni dell'alleanza, comprese nella NATO Response Force", e "garantire la più ampia partecipazione possibile degli alleati alla pianificazione della difesa collettiva in ruoli nucleari, nella costruzione del tempo di pace delle forze nucleari".
Invocando il semi-sconosciuto slogan che dal 1989 è stato impiegato nell’anticipazione e poi nella realizzazione dei progetti per subordinare tutta l'Europa sotto il comando militare della NATO [4], i capi di stato dell’alleanza a Lisbona la settimana scorsa hanno anche approvato il completamento dei piani di espansione che interessano i Balcani e l'ex Unione Sovietica:
"Il nostro obiettivo di un'Europa libera e integra e della condivisione di valori comuni, sarebbe meglio servito dalla eventuale integrazione nelle strutture euro-atlantiche di tutti i paesi europei che lo desiderano.
"La porta per l'adesione alla NATO rimane completamente aperta a tutte le democrazie europee che condividono i valori della nostra alleanza, che sono disposti e in grado di assumersi le responsabilità e gli obblighi di adesione, e la cui inclusione possa contribuire alla sicurezza comune e alla stabilità".
In particolare, la NATO "continuerà a sviluppare l’associazione con l'Ucraina e la Georgia nelle Commissioni NATO-Ucraina e NATO-Georgia, sulla base della decisione della Nato al summit di Bucarest del 2008" e "favorire l'integrazione euro-atlantica dei Balcani occidentali". Una menzione particolare è stata fatta riguardo la Bosnia, la Macedonia, il Montenegro e la Serbia.
La Commissione NATO-Georgia è stata istituita nel settembre del 2008, il mese dopo la guerra dei cinque giorni tra la Georgia e la Russia, che fu iniziata dal governo di Mikhail Saakashvili a Tbilisi, una settimana dopo che 1000 soldati Usa completarono l’esercitazione militare Immediate Response 2008 NATO Partnership for Peace, mentre le truppe e le attrezzature americane erano ancora in Georgia.
La decisione del vertice di Bucarest su un'eventuale adesione piena della Georgia e dell'Ucraina nella NATO e la creazione della Commissione NATO-Georgia ha dato luogo ad un Annual National Program per accelerare l'integrazione della Georgia nella NATO. Il percorso tradizionale di adesione, un Membership Action Plan (MAP), non è stato presentato alla Georgia nel 2008 a causa di due disposizioni NATO: una è quella per cui gli Stati membri non possono essere coinvolti in persistenti dispute territoriali (per questo motivo, per esempio, a Cipro non sarebbe stata data un MAP se fosse stata sul punto di aderire al Partenariato per la Pace) e l’altra che non ci possono essere forze militari straniere -vale a dire non-NATO- sul suolo di un potenziale socio.
Il governo georgiano rivendica le ormai indipendenti nazioni di Abkhazia e Ossezia del Sud come proprie e due anni fa ci sono stati piccoli contingenti di peacekeepers russi in entrambi i paesi. La Commissione NATO-Georgia e NATO e l’Annual National Program della NATO -un veicolo unico per integrare Georgia (e Ucraina) nella NATO bypassando i vincoli di cui sopra di un MAP - sono completati dalla Carta per il Partenariato Strategico (Charter on Strategic Partnership) Stati Uniti-Georgia la quale fu annunciata poco dopo la guerra del 2008 e firmata il 9 gennaio 2009. (La consimile Carta per il Partenariato Strategico Stati Uniti-Ucraina è stata firmata tra il segretario di Stato Condoleezza Rice e il ministro degli Esteri ucraino Volodymyr Ogryzko il 19 dicembre 2008).
La tesi di molti osservatori, compreso chi scrive, è che l'attacco georgiano in Ossezia del Sud il 7 agosto 2008 sarebbe stato, in caso di successo, immediatamente seguito da uno in Abkhazia, eliminando in tal modo gli ostacoli di cui sopra al pieno sviluppo della NATO nel Caucaso meridionale.
Il Parlamento della NATO, nella sessione autunnale dell'Assemblea in Polonia, il 12-16 novembre ha approvato una risoluzione che chiama l'Abkhazia e l'Ossezia del Sud "territori occupati", che ha portato il Ministero degli Esteri dell'Abkhazia a rispondere:
"La NATO è un'organizzazione che ha contribuito alla militarizzazione intensiva della Georgia per molti anni, fomentando la mentalità revanscista della leadership georgiana, che ha portato nell’agosto 2008 a spargimenti di sangue in Ossezia del Sud". [5]
Il presidente Barack Obama ha tenuto un colloquio col georgiano Saakashvili, a margine del vertice di Lisbona il 19 novembre.
I piani della NATO per una penetrazione più a est e a sud di ciò che molta gente pensa che sia l'Europa non sono limitati al Caucaso.
Il vertice di Lisbona, approvando la nuova dottrina della coalizione, ha anche affermato per la prima volta senza mezzi termini che la portata della NATO è tanto ampia quanto il mondo stesso:
"La promozione della sicurezza euro-atlantica è meglio garantita attraverso una vasta rete di relazioni con i paesi partner e organizzazioni in tutto il mondo".
Il presidente Obama e gli altri 27 capi di Stato della NATO hanno approvato il nuovo Concetto Strategico, che inoltre afferma:
"Siamo fermamente impegnati nello sviluppo di relazioni amichevoli e di cooperazione con tutti i paesi del Mediterraneo, e abbiamo intenzione di sviluppare ulteriormente il Mediterranean Dialogue nei prossimi anni. Attribuiamo grande importanza alla pace e alla stabilità nella regione del Golfo, e intendiamo rafforzare la nostra cooperazione nella Istanbul Cooperation Initiative".
Il Mediterranean Dialogue comprende la NATO e sette paesi in Africa e in Medio Oriente: Algeria, Egitto, Israele, Giordania, Mauritania, Marocco e Tunisia.
La Istanbul Cooperation Initiative del 2004 [6], mira al potenziamento delle partnership del Mediterranean Dialogue al livello di quelle del programma NATO "Partenariato per la Pace, che ha preparato 12 nazioni in Europa orientale per la piena adesione a partire dal 1999: Albania, Bulgaria, Croazia, Repubblica Ceca , Estonia, Ungheria, Lettonia, Lituania, Polonia, Romania, Slovacchia e Slovenia.
Viene anche consolidato il legame con i sei membri del Gulf Cooperation Council - Bahrain, Kuwait, Oman, Qatar, Arabia Saudita e gli Emirati Arabi Uniti - in qualità di partner militari della NATO. Giordania ed Emirati Arabi Uniti sono paesi contributori ufficiali di truppe (Troop Contributing Nations –TCN) per la International Security Assistance Force in Afghanistan della NATO, come sono membri del Partenariato per la Pace della Georgia e dell'Ucraina nell’ex spazio sovietico e in Bosnia, Macedonia e Montenegro nei Balcani.
Lo scorso fine settimana la NATO ha promesso di "approfondire la cooperazione con gli attuali membri del Mediterranean Dialogue e di essere aperta all’inclusione in esso di altri Paesi della regione" e di "sviluppare un più profondo partenariato per la sicurezza con i nostri partner del Golfo e di rimanere pronti ad accogliere nuovi partner nella Istanbul Cooperation Initiative". Cioè, includere tutto il Medio Oriente e l'Africa settentrionale nella sua più ampia connnessione militare con un occhio alle nazioni come l'Iraq [7], Libano, Palestina, Yemen, Libia, Somalia, Gibuti, Etiopia, Senegal, Mali, Niger, Ciad e anche il Kenya.
La dichiarazione del summit ha confermato la prosecuzione dell'Operazione Active Endeavour, "l’operazione marittima nel Mediterraneo per il nostro articolo 5", l’operazione Ocean Shield al largo del Corno d'Africa, il trasporto aereo di di truppe ugandesi in Somalia per i combattimenti e il sostegno alla Forza africana in attesa e la Training Mission NATO in Iraq.
Oltre ai dettagli dei piani di espansione in Europa, Asia e Africa una dopo l’altra, la NATO ha annunciato che ora è una formazione politico-militare internazionale. La dichiarazione del vertice ha espresso "profonda gratitudine per la dedizione, la professionalità e il coraggio dei più di 143.000 uomini e donne provenienti da paesi alleati e partner, che vengono dispiegati nelle operazioni e le missioni della NATO".
La sua nuova dottrina afferma anche: "unica nella storia, la NATO è un’alleanza di sicurezza che mette in campo forze militari in grado di operare insieme in qualsiasi ambiente; capace di controllare operazioni dovunque attraverso la sua struttura di comando militarmente integrata...."
La NATO Response Force (NRF) della coalizione "fornisce un meccanismo per generare una elevata prontezza e un pacchetto di forze tecnologicamente avanzate costituito da elementi di terra, aria, mare e delle forze speciali che può essere schierato rapidamente in operazioni ovunque sia necessario." [8]
La NRF è stata proposta dall'allora Segretario alla Difesa Usa Donald Rumsfeld, nel settembre del 2002 e formalizzato in occasione del vertice NATO di Praga nel novembre dello stesso anno. Essa ha effettuato la sua prima esercitazione a fuoco, la Steadfast Jaguar su grande scala del 2006, nella nazione dell'Africa occidentale dell'isola di Capo Verde. Alla fine dell'anno fu affermato che essa aveva piena capacità operativa formata da un massimo di 25.000 uomini "fatto di componenti di terra, aria, mare e delle forze speciali... in grado di svolgere missioni in tutto il mondo attraverso l'intero spettro delle operazioni." [9]
Alludendo in parte alla NRF, il nuovo Strategic Concept dichiara:
"Dove la prevenzione dei conflitti non abbia esito, la NATO sarà preparata e in grado di gestire le ostilità in corso. La NATO ha capacità uniche di gestione dei conflitti, compresa la facoltà senza pari di implementare e sostenere vigorose forze militari in campo".
Essa impegna inoltre i Paesi membri a "sviluppare ulteriormente la dottrina e le capacità militari per organizzare gli interventi, tra cui quelli per anti-insurrezione, stabilizzazione e ricostruzione".
A Lisbona, Obama ed i suoi colleghi capi di Stato hanno convenuto che:
"Noi, i leader politici della NATO, siamo determinati a continuare il rinnovamento della nostra alleanza in modo che sia adatta allo scopo di affrontare le sfide alla sicurezza del 21° secolo. Siamo fermamente impegnati a conservare la sua efficacia come l’alleanza politico-militare di maggior successo del mondo".
L’unica coalizione militare mondiale non protegge l'Europa da minacce chimeriche nucleari e missilistiche o dalle questioni che sono meglio affrontate dai rispettivi membri della sua magistratura, dalle forze di sicurezza interna ed ambientali,dai ministeri e dipartimenti dell'immigrazione, dell'energia, della salute pubblica e dalle unità di crisi.
Impiega piuttosto il continente europeo come una base operativa per le campagne e gli dispiegamenti militari ovunque altrove.
Tale ruolo è stato consolidato con l'integrazione militare di Stati Uniti, NATO e Unione europea [10]. Il 19 novembre il presidente della Consiglio europeo della UE, Herman Van Rompuy, si è rivolto ai leader della NATO a Lisbona e ha detto "la capacità delle nostre due organizzazioni per plasmare le nostre future condizioni di sicurezza sarebbe enorme se lavorassero insieme. È ora di abbattere le pareti restanti tra loro". [11]
La nuova dottrina della NATO del 21° secolo, afferma:
"L’Unione europea è un partner unico ed essenziale per la NATO. Le due organizzazioni condividono la maggioranza dei soci, e tutti i membri di entrambe le organizzazioni condividono valori comuni. La NATO riconosce l'importanza di una difesa europea più forte e più capace. Accogliamo con favore le entrata in vigore del trattato di Lisbona, che fornisce un quadro per rafforzare le capacità dell'UE di affrontare le sfide comuni.
"Alleati non comunitari rappresentano un significativo contributo a tali sforzi. Per il partenariato strategico tra la NATO e l'UE, il loro pieno coinvolgimento in queste iniziative è essenziale. La NATO e l'UE possono e devono giocare ruoli di rafforzamento in modo complementare e reciproco".
La NATO ha anche acquisito un nuovo partner in Eurasia, uno con il territorio più grande del mondo, che si estende dal Baltico e il Mar Nero fino al Pacifico: la Russia. Il soggetto di un altro articolo.
Rick Rozoff
Fonte: http://rickrozoff.wordpress.com
Link: http://rickrozoff.wordpress.com/2010/11/22/lisbon-summit-nato-proclaims-itself-global-military-force/
22.11.2010
Traduzione per www.comedonchisciotte.org a cuar di ETTORE MARIO BERNI
1) North Atlantic Treaty Organization Lisbon Summit Declaration http://www.nato.int/cps/en/natolive/official_texts_68828.htm?mode=pressrelease
2) Strategic Concept For the Defence and Security of The Members of the North Atlantic Treaty Organisation http://www.nato.int/lisbon2010/strategic-concept-2010-eng.pdf
3) Thousand Deadly Threats: Third Millennium NATO, Western Businesses Collude On New Global Doctrine Stop NATO, October 2, 2009 http://rickrozoff.wordpress.com/2009/10/02/thousand-deadly-threats-third-millennium-nato-western-businesses-collude-on-new-global-doctrine
4) Berlin Wall: From Europe Whole And Free To New World Order Stop NATO, November 9, 2009 http://rickrozoff.wordpress.com/2009/11/09/berlin-wall-from-europe-whole-and-free-to-new-world-order
5) Russian Information Agency Novosti, November 18, 2010
6) NATO In Persian Gulf: From Third World War To Istanbul Stop NATO, February 6, 2009 http://rickrozoff.wordpress.com/2009/08/26/nato-in-persian-gulf-from-third-world-war-to-istanbul
7) Iraq: NATO Assists In Building New Middle East Proxy Army Stop NATO, August 13, 2010 http://rickrozoff.wordpress.com/2010/08/14/iraq-nato-assists-in-building-new-middle-east-proxy-army
8) North Atlantic Treaty Organization Allied Command Operations http://www.aco.nato.int/page349011837.aspx
9) North Atlantic Treaty Organization The NATO Response Force http://www.nato.int/cps/en/natolive/topics_49755.htm
10) EU, NATO, US: 21st Century Alliance For Global Domination Stop NATO, February 19, 2009 http://rickrozoff.wordpress.com/2009/08/26/eu-nato-us-21st-century-alliance-for-global-domination
11) EUobserver, November 21, 2010
00:25 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : géopolitique, otan, alliance atlantique, occidentalisme, américanosphère, défense, europe, affaires européennes, etats-unis, sommet de lisbonne |
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