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mercredi, 03 octobre 2007

Ethnopsychiatrie : le livre de l'âme

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Ethnopsychiatrie: le livre de l'âme

Docteur en anthropologie, Taoufik Adohane publie une très intéressante étude sous le titre Le livre de l'âme. Psychisme, corps et culture en Sud-Méditerranée. Il écrit: « Curieuse alliance que celle de l'âme et du corps. Le système psychique s'apparente dans le langage des migrants sud-méditerranéens à une entité d'autant plus somato-psychique qu'ils sont hors de leurs propres références culturelles. Tout traitement nécessite d'abord un travail de traduction au sens de transposition des mots dans une autre langue, et d'étymologie en vue de rendre compte des significations du champ de la parole et de l'histoire culturelle signifiée par le mot en langue maternelle. Dans leur solitude, ceux qui sont en perte de leur référence oscillent entre l'oubli et les symptômes organiques. La maladie les pousse à se remémorer les signifiants de leur culture. Au soignant, ils demandent d'abord à être assistés dans cet effort de "se remémorer". Mais à défaut d'un rapprochement révélateur entre les mots et les choses par le biais du rite, ils s'affrontent à la brutalité des pensées. Aucun patient n'adhère, du moins pas consciemment, à des actes sans valeur symbolique. Si le corps s'assujettit parfois aux techniques de soins modernes et aux actes qui en découlent, c'est sans doute du fait de l'illusion de voir s'opérer une magie. Celle du soignant qui, en toute logique, est tributaire de cette propriété. L'âme, qui n'est pas distincte du corps, s'associe à cette illusion et c'est sans doute la raison pour laquelle depuis toujours le soignant est aussi un "magicien". La magie de l'acte, celle du lien, surseoiront-elles encore longtemps au seul geste de gérer une "demande"? C'est pourtant là ce qui caractérise bon nombre de consultations de nos jours et nombreux sont ceux qui gèrent les signes de l'âme comme des symptômes universels. Car si universelle soit-elle, aucune démarche clinique ne saurait détenir à elle seule la vérité. Toute connaissance ne s'efforçant pas d'être tributaire d'un esprit de complémentarité finit tôt ou tard par tomber dans les mailles de l'aliénation » (P. MONTHÉLIE).

 

Taoufik ADOHANE, Le livre de l'âme. Psvchisme. corps et culture en Sud-Méditerranée, 1998. 156 pages. 94 FF. Editions Synthélabo (22 avenue Galilée, F-92.350 Le Plessis Robinson).

 

 

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Philippe d'Anjou sur le trône d'Espagne

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Philippe d'Anjou sur le trône d'Espagne

3 octobre 1700 : Philippe d’Anjou, petit-fils de Louis XIV, succède, sur le trône d’Espagne, à Charles II, mort sans descendance. Nos provinces tombent alors sous la souveraineté d’un petit-fils de Louis XIV, qui sait pratiquer l’ « art d’être grand-père », comme nous l’enseignaient les volumes « Nos Gloires » des collections « Historia », lorsque nous étions enfants. Des garnisons françaises s’installent dans les murs de nos villes et des fonctionnaires français lèvent l’impôt, se rendant très impopulaires : nos ancêtres qualifieront ce régime d’ « anjouin » ; l’hostilité à celui-ci créera en nos provinces un clivage politique entre « cuirassiers », majoritaires et partisans de l’Autriche, et « carabiniers », partisans de Philippe V, et, par voie de conséquence, de l’odieux Louis XIV. La guerre de succession d’Espagne avait commencé en 1701 ; elle durera près de treize ans. Nos troupes, levées généralement contre la France et l’Empire ottoman, vont se retrouver, par le hasard des combines dynastiques, alliées à Louis XIV, qu’elles avaient auparavant toujours combattu, notamment dans les formations de « partisans » avant la lettre, conduites par le Brabançon Jacques Pastuur, qui commencera par étriller les Français au départ de son repère en Forêt de Soignies (Fort Jaco à Uccle) et terminera Maréchal de camp de Louis XIV qui fera de ce leader paysan un marquis de Saint Lazare.

Les fameuses « Gardes wallonnes » de l’armée espagnole se battront contre Léopold I d’Autriche, surtout pour défendre le Royaume des Deux Siciles, alors sous dépendance espagnole. L’écrivain hennuyer Maurice des Ombiaux narrera leur épopée dans un livre poignant, beaucoup lu dans la première moitié du vingtième siècle, mais totalement oublié aujourd’hui, en notre époque de totale déliquescence. En juillet 1706, après la proclamation du candidat autrichien Charles III comme roi d’Espagne, les Etats généraux créeront une armée nationale sous les ordres du Prince de Ligne, du Comte du Holstein et du Comte de Mérode-Westerloo ; le Prince Eugène de Savoie-Carignan commandera l’ensemble des troupes impériales, flanquées des Anglo-Hollandais de Marlborough, qui bouteront dehors les Français.

L’objectif des protagonistes français de la guerre de succession d’Espagne était, bien entendu, d’absorber les Pays-Bas royaux, de parfaire les sophismes de la politique des « Réunions » de Louis XIV et d’atteindre le Rhin ; pour les Habsbourgs d’Autriche, les Pays-Bas royaux devaient rester dans le giron impérial pour éloigner les Français du Rhin et du Palatinat et pour conserver une fenêtre sur la Mer du Nord. L’Angleterre profitera de l’occasion pour s’emparer de Gibraltar en 1703. La coalition contre Louis XIV vaincra, notamment par les batailles qui se sont déroulées sur notre sol à Ramillies, Audenaerde et Malplaquet, où le Duc d’Arenberg, commandant de nos régiments nationaux se distinguera. Ces victoires accroissent les chances des Habsbourgs d’Autriche de récupérer le trône d’Espagne et de mettre la main sur les Amériques, donc de devenir la puissance dominante en Europe, voire d’unifier le continent. Les puissances maritimes (Angleterre, Pays-Bas) lâchent alors l’Autriche et se rapprochent de la France.

La guerre se termine par le Traité d’Utrecht (1713). Philippe V garde l’Espagne et les Amériques. L’Autriche récupère les Pays-Bas royaux, mais les forteresses qui font face à la France seront gardées par des garnisons hollandaises, qui, au premier retour des Français, capituleront pratiquement sans combattre à Ypres, Bruxelles et Namur, tandis que les régiments nationaux se battront aux côtés des Impériaux, et défendront la forteresse de Maestricht et la route d’Aix-la-Chapelle sous les ordres du Marquis de Deynze.

Autre implication du retour à l’Autriche : aussitôt le danger français écarté, nos régiments marcheront contre les Ottomans dans les Balkans, où le Duc d’Arenberg combattra à Temesvar (Timisoara) en 1716 ; le Comte de Mérode-Westerloo se battra à Peterwardein (Petrovaradin) aux confins de la Serbie ; le Général wallon de Bauffe, officier du génie impérial autrichien, et le Luxembourgeois Philippe-Joseph Nothomb conduiront le siège de Belgrade en 1717. Après cette campagne, l’Empire ottoman ne tentera plus aucune opération d’envergure contre le centre de l’Europe et les Français, privés de leur allié musulman et asiatique sur lequel ils avaient toujours compté pour faire le sale travail contre le reste de l’Europe, ne ravageront plus nos provinces pendant près d’un siècle, mis à part l’épisode éphémère de Fontenoy (1745). Nos provinces, à partir de 1720, seront réorganisées sur le plan militaire : les régiments d’active, commandées par des officiers issus de la noblesse, formeront le noyau de la nouvelle armée, tandis que la réserve, issue des masses paysannes et dénommée « compagnies franches », seront commandées par des officiers roturiers, comme les Capitaines Bouvier et Pertuiseaux, qui se battront contre Louis XV et le Maréchal de Saxe à Fontenoy.   

 

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Réunification allemande

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3 octobre 1990: Réunification allemande de jure, après la chute de facto du Mur, un an auparavant. Les deux Allemagnes ne forment plus qu’un seul pays. Jusqu’au bout, Mitterrand avait tenté de s’y opposer. Cette réunification met un terme aux divisions artificielles qui avaient paralysé le continent européen depuis 1945. Mais au lieu de profiter de cette aubaine, de tisser des liens entre eux contre un double environnement hostile, anglo-saxon et musulman, de réintégrer la Russie dans le concert européen et de forger une alliance avec l’Inde, le Japon et la Chine, les Européens ont continué à se vautrer dans la politicaillerie infructueuse et se retrouvent, en dépit de leur unité retrouvée, dans un état de faiblesse rédhibitoire.

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