mercredi, 15 juillet 2026
Modèle allemand pour Pékin. Modèle chinois pour l’Allemagne

Modèle allemand pour Pékin. Modèle chinois pour l’Allemagne
Enrico Toselli
Source: https://electomagazine.it/modello-tedesco-per-pechino-mod...
Modèle allemand ou modèle chinois pour relancer l’économie stagnante de l’Europe en déclin qui, à cause de cela même, se montre de plus en plus belliciste? Paradoxalement, la Chine aurait besoin du modèle allemand, l’original, avec davantage d’État-providence, de cogestion, de participation. Et l’Europe, pas seulement l’Allemagne, aurait besoin de plus de sérieux dans les hautes études, dans la formation professionnelle, de plus de méritocratie et de moins de dirigeants et de cadres cooptés uniquement par relations.
Il est indéniable qu’à ce stade, c’est l’Europe qui court le plus de risques. Avec une classe politique qui patauge dans l'indécence et un monde entrepreneurial atteint de myopie, avachi par sa lâcheté, perclus d'avarice. Les résultats sont visibles, avec un PIB stagnant, aucune idée, aucun projet qui ait une perspective, ne serait-ce qu’à moyen terme. Mañana por la mañana et pas au-delà. Trop compliqué d’imaginer l’avenir à plus trois jours, à plus d'une semaine.
Trop pénible d’essayer d’expliquer à un gouvernement, à n’importe quel gouvernement, que l’austérité se transforme en pauvreté et que la pauvreté réduit la consommation. Les exportations ne suffisent pas, surtout en période de grandes tensions internationales.
Mais cela vaut aussi pour la Chine. Qui possède un marché intérieur immense mais asphyxié. Et qui aurait besoin d’un marché mondial prêt à absorber la surproduction de Pékin. Évidemment, la pauvreté des Européens favorise l’exportation de produits chinois de basse qualité et à bas prix. C’est pourquoi entrepreneurs et politiques européens veulent imposer des droits de douane et des barrières aux produits chinois. Dans l’espoir que les familles européennes, de plus en plus pauvres, achèteront alors des produits européens à des prix aberrants. Mais le chancelier allemand, à la solde de la finance internationale, exige que les familles s’appauvrissent toujours plus pour que l'on achète des armes…
18:37 Publié dans Actualité, Affaires européennes, Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : chine, allemagne, europe, asie, affaires européennes, affaires asiatiques, économie |
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Evola sur le problème de la décadence

Evola sur le problème de la décadence
par Joakim Andersen
Source: https://www.arktosjournal.com/p/evola-on-the-problem-of-d...
La métapolitique du langage consiste, entre autres, à retirer de la sphère publique, d’une manière plus ou moins discrète, ces modes de pensée et de perception utiles qui pourraient faciliter le processus que Steve Sailer appelle « remarquer ».
Certains concepts nous aident à reconnaître des schémas : comparez des termes tels que « anarcho-tyrannie », « classe » et « cuckservatism ». Ceux qui ne veulent pas que ces schémas soient remarqués ne trouvent pas non plus leur intérêt à ce que de tels concepts se répandent.
Un tel concept, avec une longue histoire, est celui de la décadence, utilisé non seulement par les fascistes et les réactionnaires, mais historiquement par tout le monde, des communistes comme Karl Marx aux politiciens conservateurs comme Arthur Balfour. En passant, on peut aussi mentionner la chanson suédoise Dekadensen (« La Décadence ») du troubadour Dan Berglund (photo) en 1979, comme exemple de la façon dont ce terme était autrefois fortement associé aux classes supérieures, même au sein de la gauche radicale.
Les définitions précises de la décadence ont varié, tout comme les explications qui en ont été données. Là où de Gobineau mettait l’accent sur le métissage et Auster sur la perte de foi, les marxistes ont eu tendance à insister sur des facteurs plus matériels.
Une analyse intéressante est proposée par le traditionnaliste Julius Evola dans « Le problème de la décadence ».« Le problème de la décadence » d’Evola est inclus dans le volume Recognitions — publié en anglais par Arktos (pour toute commande: https://arktos.com/product/recognitions/)
Dans ce court essai, Evola aborde la question de savoir comment le monde traditionnel a pu être remplacé par le monde moderne, malgré la supériorité du premier — d’abord en Occident, puis à travers le globe. Sa vision de l’histoire diffère de celle des libéraux en ce qu’il ne part pas de l’idée de « progrès », mais au contraire, de celle de « déclin ». Cependant, sa distance par rapport à la vision libérale va plus loin.
Evola considère la société traditionnelle comme fondée sur la souveraineté plutôt que sur la violence. Il parle ici
«de l’attribut “olympien” de la véritable autorité et souveraineté […] de sa manière de s’affirmer directement, non par la violence mais par la présence»¹.
De plus, il note que
«l’adhésion et la reconnaissance de la part de l’inférieur constituent en fait la base fondamentale de toute hiérarchie normale et traditionnelle. Ce n’est pas le supérieur qui a besoin de l’inférieur, mais l’inférieur qui a besoin du supérieur».
Le lecteur attentif remarquera sans doute une certaine affinité ici avec l’anarchisme, quoique d’une variété non égalitaire.
Dans une société traditionnelle, certains individus incarnent des qualités admirables de telle sorte que les autres les reconnaissent et les suivent volontairement: dans la culture populaire, on peut comparer la relation entre Splinter et les Tortues, ou Yoda et Luke. À ce sujet, Evola écrit ailleurs :
«la tradition est pour nous la présence victorieuse et créatrice dans le monde de ce qui “n’est pas de ce monde”, c’est-à-dire de l’esprit, conçu comme quelque chose de plus fort que toute force purement matérielle et simplement humaine»².

Et :
«L’antithèse entre esprit et pouvoir, l’opposition entre force et autorité n’est, une fois encore, qu’une caractéristique de la pensée “moderne”».
À bien des égards, Evola fonctionne comme un « anti-Marx » nécessaire, bien qu’il ait également observé que, dans une société suffisamment décadente, les théories peu flatteuses et la vision de la nature humaine avancées par Marx et Freud décrivent effectivement de larges segments de la population.
À partir de ce point de départ, Evola explique comment les civilisations traditionnelles peuvent s’effondrer lors de révolutions plus ou moins soudaines. Cela ne signifiait pas nécessairement que leur noyau avait dégénéré; il s’agissait plutôt d’une conséquence du libre arbitre. Dans «Le problème de la décadence», il compare cela aux récits de la Chute de l’Homme et de la rébellion des anges :
«Le révolutionnaire commence par tuer la hiérarchie en lui-même, mutilant en lui-même ces possibilités qui correspondent à la fondation intérieure de l’ordre — et il procède ensuite à démolir l’ordre à l’extérieur de lui également».

Cela enclenche un processus qui peut aboutir à l’effondrement de la hiérarchie, menant souvent au régicide ou à l’assassinat d’empereurs, comme en Russie et en Éthiopie. Mais, selon Evola, il s’agit fondamentalement d’un processus intérieur, dont les premiers stades passent souvent inaperçus :
«Sans destruction intérieure préalable, aucune révolution».
Comme on peut le voir, il n’est pas déraisonnable de compléter l’analyse traditionnelle d’Evola de la décadence avec des penseurs comme Gobineau et Marx. Quoi qu’il en soit, son accent sur des facteurs et processus non matériels demeure précieux.
La décadence est, avant tout, une incapacité et une réticence à percevoir même les aspects supérieurs de l’existence. Elle se combat donc principalement par la discipline personnelle et le travail intérieur, dont le but, selon Evola, est
«une adhésion absolue à la vérité, la droiture, la capacité de subordonner la personne à l’œuvre, l’inflexibilité et la rigueur de l’idée, l’indifférence à toute reconnaissance extérieure et à tout avantage matériel»³.
EN SAVOIR PLUS: Julius Evola : Une vie aventureuse, par Andrea Scarabelli, disponible en édition reliée, brochée et ebook chez Arktos et PRAV Publishing - chez Ars en version française: https://www.editions-ars-magna.com/livre/scarabelli-andrea-la-vie-aventureuse-de-julius-evola/

Notes:
¹ Julius Evola, « Le problème de la décadence » dans Recognitions.
² Julius Evola, « Sur le secret de la dégradation ».
³ Julius Evola, « L’Ordre de la Couronne de Fer ».
15:52 Publié dans Traditions | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : julius evola, tradition, traditionalisme |
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On ne négocie pas avec Dadjdjal - L’escalade doit être mutuelle

On ne négocie pas avec Dadjdjal
L’escalade doit être mutuelle
Alexander Douguine
Alexander Douguine explique pourquoi l’escalade doit être mutuelle, sinon les négociations avec l’Occident deviennent un piège.
Comme on pouvait s’y attendre, aucune paix entre l’Iran et les États-Unis n’a jamais vu le jour. Les États-Unis ont repris leurs bombardements sur le territoire iranien. Téhéran a frappé les bases militaires américaines à Bahreïn et a de nouveau fermé le détroit d’Ormuz. Cela n’a pas fonctionné, et cela n’aurait jamais pu fonctionner. On ne forge pas d’accords avec Dadjdjal¹. C’est un principe fondamental de la métaphysique chiite.
Retarder la guerre et maintenir la simple apparence de négociations joue toujours et dans toutes les circonstances en faveur de l’Occident.
En Iran, tout comme dans notre propre guerre russe contre l’Occident, il existe une règle inébranlable: l’escalade doit être réciproque. L’ennemi intensifie, nous intensifions. Ce n’est qu’alors que nous pouvons influencer le processus. Sinon, l’ennemi intensifie unilatéralement, entièrement dans son propre intérêt, tandis que nous nous contentons de réagir de manière passive, en mode « suiveur ». En réalité, ce type d’escalade unilatérale en temps de guerre crée un système de contrôle externe.
Au fait, pourquoi ne brûle-t-on pas de statues de Baal en Russie ? Pourquoi ne soulevons-nous pas une tempête contre les réseaux criminels liés à Epstein ? Pourquoi ne répondons-nous en aucune manière significative à la participation directe des pays occidentaux — les États baltes, la Grande-Bretagne et l’Allemagne — à la guerre contre nous, même si nous en faisons nous-mêmes le rapport ?
L’Iran va à la table des négociations et n’en retire rien. Pour les observateurs extérieurs, cela est évident. Parfois, on voit les choses plus clairement depuis l’extérieur.
D’ailleurs, juste après les premières frappes américaines et israéliennes contre la direction iranienne, les Gardiens de la Révolution (IRGC) ont éliminé une part significative de la sixième colonne. Apparemment, certains subsistent encore.
Des négociations peuvent avoir lieu, mais on ne doit les mener uniquement dans son propre intérêt et jamais publiquement. Dès qu’elles deviennent ouvertes et publiques, elles se transforment instantanément en une arme d’information que seul l’Occident utilise, et exclusivement à ses propres fins.
C’est pourquoi toute mention de Witkoff, Kushner, ou même Kirill Dmitriev, à un certain moment, devient un coup porté au moral des soldats au front et à l’état d’esprit patriotique du pays. Une seule mention suffit. C’est la même chose avec la diffusion apparemment innocente d’un ancien programme de Vladimir Pozner sur Channel One².
La même chose se produit avec les Iraniens. Lors des funérailles de l’Imam Khamenei et de sa famille, des malédictions furieuses ont été lancées contre ceux qui négocient avec Dadjdjal : Pezeshkian et Araghchi. Je ne pense pas qu’ils soient personnellement coupables. C’est simplement ainsi que fonctionnent les lois de la guerre de l’information. L’Occident fixe ces règles, et il est le seul à les utiliser de manière unilatérale.
(Traduit du russe)
Notes:
(1) Note du traducteur (NT) : Dadjdjal est le faux messie borgne et l’ultime trompeur dans l’eschatologie islamique. Dans la tradition chiite en particulier, il incarne le mal absolu et la tromperie, rendant toute forme de compromis avec lui impossible.
(2) NT : Douguine fait référence à la rediffusion d’anciens programmes de Vladimir Pozner, journaliste russe bien connu pour ses opinions libérales et pro-occidentales. Même des émissions apparemment inoffensives de ce genre sont vues par de nombreux patriotes comme des instruments subtils de la guerre de l’information, qui minent le moral public et la volonté de résister.
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L’art grec de la curiosité - La merveille civilisationnelle grecque

Réouverture de l’Agora
L’art grec de la curiosité
La merveille civilisationnelle grecque
Source : https://demospolis.substack.com/p/the-greek-art-of-curios...
Les grandes civilisations abordent le monde non pas avec peur, ni avec une naïveté résignée, mais avec une confiance fondée sur la réalité qu’elles construisent. De telles civilisations ne s’enferment pas dans leur coquille pour finalement s’éteindre. Elles possèdent quelque chose qui échappe à notre époque et à nos schémas de pensée : elles détiennent un centre vivant, un noyau fertile qui engendre l’avenir avec assurance. C’est ce qu’elles protègent à tout prix, mais sans s’y retrancher.
Les Grecs offrent l’un des exemples les plus clairs de ce phénomène, tant dans son expansion que dans sa contraction.
Beaucoup de débats contemporains sur l’identité et la civilisation oscillent – à l’extrême – entre deux pôles. D’un côté se trouve le fantasme de l’ouverture totale: l’idée que toutes les cultures sont interchangeables, que la continuité est sans importance, que l’enracinement est suspect d’extrémisme. De l’autre côté, une rigidité défensive: la conviction que les cultures ne survivent qu’en se protégeant de tout contact.
Les Grecs suggèrent une troisième possibilité.
Ils se distinguaient nettement des autres. Ils défendaient la polis, valorisaient et raréfiaient la citoyenneté, cultivaient des lois, des rites et des formes d’éducation qui leur étaient propres. Pourtant, ils voyageaient aussi, commerçaient, questionnaient, absorbaient, comparaient, métabolisaient et transformaient. Leur civilisation n’était ni informe comme la bouillie occidentale actuelle, ni fermée non plus. Elle était perméable à l’expérience, sans être fragile.
Cet équilibre mérite une attention renouvelée.
Les Grecs étaient profondément conscients de la différence culturelle. La distinction entre Grecs et « barbaros » était réelle et significative. Pourtant, le terme désignait au départ moins l’origine que la langue et l’intelligibilité: le langage des étrangers sonnait comme des sons incompréhensibles, des « bar-bar », aux oreilles grecques, habituées aux plus hautes octaves de l’harmonie mathématique du cosmos. Au fil du temps, surtout après les guerres médiques, le terme acquit des dimensions politiques et morales.
Cependant, même lorsque les Grecs jugeaient les autres peuples, ils cessaient rarement de les observer. Cette curiosité est l’un des fondements de la civilisation grecque.
Hérodote, le père de l’histoire, ne se contentait pas de raconter les guerres. Il voyagea en Égypte, en Perse, en Scythie, en Lydie, et au-delà, enregistrant coutumes, croyances, pratiques funéraires, systèmes politiques et mythes. Ses Histoires ne sont pas seulement une chronique du conflit entre la Grèce et la Perse; elles comptent parmi les premières grandes œuvres de civilisations comparées.
À un moment donné, Hérodote raconte que les Grecs brûlaient leurs morts tandis que certains peuples indiens consommaient rituellement les corps de leurs parents après leur décès. Chaque groupe considérait les coutumes de l’autre avec horreur.¹
Hérodote conclut que la coutume, en tant que nomos, règne en maître parmi les êtres humains. Ce passage est remarquable car il démontre quelque chose de rare: la reconnaissance que les sociétés humaines vivent leurs propres modes de vie comme naturels. C’est une reconnaissance que la plupart des sociétés et groupes religieux n’ont toujours pas aujourd’hui.

Les Grecs n’habitaient pas un monde sans hiérarchie ni jugement. Ils pouvaient être arrogants, impériaux, exclusifs et violents. Athènes elle-même pouvait se montrer impitoyable envers ses alliés et rivaux, y compris d’autres Grecs.
La civilisation grecque n’était pas innocente. Et pourtant, contrairement à de nombreux systèmes ultérieurs, les Grecs cherchaient rarement l’effacement total de l’Autre.
Cette distinction est importante.
La civilisation grecque s’est répandue à travers la Méditerranée par les colonies, les routes commerciales, les sanctuaires, la langue, la philosophie et le prestige. Pourtant, l’Égypte resta égyptienne sous les Ptolémées. Les villes phéniciennes conservèrent leur caractère. Les cultes anatoliens survécurent et se mêlèrent aux formes grecques de culte. Les dieux étrangers étaient souvent interprétés à travers les yeux grecs plutôt qu’anéantis purement et simplement. L’instinct grec inclinait fréquemment vers la traduction plutôt que la suppression.
Cela révèle quelque chose d’important sur la mentalité grecque.
Les Grecs semblent avoir possédé un noyau civilisationnel suffisamment fort pour risquer la rencontre.
Leur confiance ne provenait pas seulement de la force militaire ou du succès économique, mais d’une conviction plus profonde sur l’intelligibilité du monde. La civilisation grecque reposait sur une idée du kosmos : non simplement l’ordre, mais un ordre porteur de sens. Le monde pouvait être contemplé, interprété, mesuré, orné, discuté.
Cette orientation a produit des conséquences culturelles extraordinaires. La réussite grecque ne fut pas la séclusion ni la revendication de pureté. Ce fut la sélection. Ou peut-être plus précisément: la transformation.
Les Grecs copiaient rarement de façon mécanique. Ils absorbaient, recomposaient, proportionnaient, et rendaient les choses reconnaissablement grecques.
Ce même esprit apparaît dans la philosophie elle-même.
Aristote écrit que tous les hommes désirent naturellement savoir. L’émerveillement, thauma, devient le commencement de la philosophie. La curiosité n’est pas considérée comme une faiblesse ou une déstabilisation, mais comme le point de départ de la civilisation.²
Cela peut expliquer pourquoi la civilisation grecque a produit non seulement l’art et la politique, mais aussi l’enquête elle-même comme idéal culturel.
L’agora n’était pas simplement un marché.
C’était un espace de rencontre et de fécondation croisée.
Le symposium n’était pas simplement un divertissement.
C’était un rituel de conversation disciplinée.

La tragédie ne détournait pas simplement de la réalité comme une série en ligne.
Elle examinait les limites entre les humains, les dieux et la Nature qui gouverne tout, la souffrance, l’hubris, la délivrance, et la fragilité de ce que nous percevons comme un ordre intouchable.
La civilisation grecque éduquait ses citoyens au sens de la perception.
C’est peut-être pour cela que la Grèce continue de hanter l’Europe. Non pas parce que l’Europe « descend » de la Grèce au sens linéaire et simpliste, mais parce que le monde grec a formulé des questions qui restent pertinentes aujourd’hui :
Comment les êtres humains doivent-ils vivre ensemble ?
Qu’est-ce qui constitue la citoyenneté ?
Comment une société peut-elle rester ouverte sans se perdre ?
La curiosité peut-elle coexister avec la continuité ?
Qu’est-ce qui permet à la rencontre de produire une civilisation plutôt que le chaos ?
Ces questions pourraient en effet définir le XXIe siècle.
Notes:
(1) « Lorsque Darius était roi, il convoqua les Grecs qui étaient avec lui et leur demanda à quel prix ils mangeraient les corps morts de leurs pères. Ils répondirent qu’il n’y avait aucun prix pour lequel ils feraient cela. Ensuite, Darius convoqua les Indiens appelés Callatiae, qui mangent leurs parents, et leur demanda … ce qui les rendrait disposés à brûler leurs pères à leur mort. Les Indiens poussèrent des cris, disant qu’il ne fallait pas parler d’un acte aussi horrible… il est justement dit dans le poème de Pindare que la coutume est le maître de tous. » (« νόμος ὁ πάντων βασιλεὺς θνατῶν τε καὶ ἀθανάτων ». Cité dans le Gorgias de Platon à partir d’un poème de Pindare autrement inconnu. Hdt. 3.38.4)
(2) « C’est par l’émerveillement que les hommes commencent maintenant et ont commencé à philosopher ; s’émerveillant d’abord devant les perplexités évidentes, puis, peu à peu, posant des questions sur les choses plus importantes aussi, par exemple sur les changements de la lune et du soleil, sur les étoiles et sur l’origine de l’univers. Or, celui qui s’émerveille et est perplexe pense qu’il est ignorant (ainsi, l’amateur de mythes est en quelque sorte philosophe, puisque les mythes sont composés de merveilles) »
« …διὰ γὰρ τὸ θαυμάζειν οἱ ἄνθρωποι καὶ νῦν καὶ τὸ πρῶτον ἤρξαντο φιλοσοφεῖν, ἐξ ἀρχῆς μὲν τὰ πρόχειρα τῶν ἀτόπων θαυμάσαντες, εἶτα κατὰ μικρὸν οὕτω προϊόντες καὶ περὶ τῶν μειζόνων διαπορήσαντες, οἷον περί τε τῶν τῆς σελήνης παθημάτων καὶ τῶν περὶ τὸν ἥλιον καὶ ἄστρα καὶ περὶ τῆς τοῦ παντὸς γενέσεως. ὁ δ᾽ ἀπορῶν καὶ θαυμάζων οἴεται ἀγνοεῖν(διὸ καὶ ὁ φιλόμυθος φιλόσοφός πώς ἐστιν: ὁ γὰρ μῦθος σύγκειται ἐκ θαυμασίων)(Aristot. Met. 1.982b)
12:33 Publié dans Définitions, Philosophie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : grèce antique, antiquité grecque, hellénisme, philosophie |
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