Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

jeudi, 16 juillet 2026

Le nouveau type biologique - Gottfried Benn sur l’histoire au-delà de la démocratie

36118350-gottfried-benn-schaetzen-viele-als-deutschen-schriftsteller-waehrend-ihn-andere-fuer-seine-anfaengliche-rolle-im-nationalsozialismus-und-seine-15LIwwxgNn7a.jpg

Le nouveau type biologique - Gottfried Benn sur l’histoire au-delà de la démocratie

Constantin von Hoffmeister

Source: https://www.eurosiberia.net/p/the-new-biological-type

Le poète allemand Gottfried Benn (1886-1956) soutient que l’histoire n’avance pas par le choix démocratique ou le consensus public, mais par des forces élémentaires qui surgissent lors de tournants décisifs. Selon lui, les grandes transformations historiques n’émergent jamais des votes ou des débats. L’histoire fait plutôt naître ce qu’il appelle un nouveau type biologique, une génération qui incarne des énergies nouvelles et prend sur elle la tâche de façonner une nouvelle ère. Ce nouveau type n’est pas invité à participer, mais contraint d’agir, de supporter les épreuves et de traduire l’idée directrice de sa génération dans la réalité de son temps. Pour Benn, l’histoire exige la fermeté plutôt que l’hésitation, demandant aux individus d’obéir à ce qu’il considère comme la loi fondamentale de la vie par l’action et le sacrifice.

imlsgbages.jpg

Selon Benn, chaque fois qu’un tel type humain nouveau fait son entrée dans l’histoire, les arrangements sociaux existants cèdent inévitablement la place. Les hiérarchies établies sont écartées, les anciennes élites perdent leur position privilégiée, et les traditions intellectuelles qui semblaient autrefois permanentes commencent à s’effacer. Il présente ce processus comme ni accidentel ni évitable, mais comme la conséquence naturelle du renouveau historique. Plutôt que de considérer ces bouleversements comme des tragédies, Benn les interprète comme des signes visibles de la fin d’une époque historique et du début d’une autre, où de nouvelles formes remplacent celles qui ont épuisé leur force créatrice.

livre_galerie_2707306002.jpgBenn s’adresse également à ce qu’il perçoit comme la génération montante, présentant sa conviction intérieure comme une force supérieure à toute puissance matérielle. Il oppose cette énergie juvénile à une classe intellectuelle plus âgée qui, selon lui, a atteint les limites de sa capacité créatrice. Il décrit cette classe comme ne survivant plus que sur les fragments de réalisations passées, tout en tournant son attention vers le confort, la richesse et le respect social, au lieu des idéaux supérieurs. Les symboles de la réussite bourgeoise, comme les maisons luxueuses et les voitures onéreuses, deviennent chez Benn la preuve d’une civilisation qui a troqué la vision contre la satisfaction matérielle. Il exhorte donc la nouvelle génération à ne pas gaspiller ses forces en débats sans fin, mais à se consacrer à la construction d’un nouvel ordre politique.

Les concepts de forme et de discipline occupent une place centrale dans la pensée de Benn. Il les présente comme les fondements essentiels sur lesquels toute civilisation durable doit reposer. À ses yeux, l’autorité politique et la création artistique ne sont pas des forces opposées, mais des expressions complémentaires du même élan civilisationnel. L’ordre, le style, la discipline et l’accomplissement artistique forment ensemble le cadre à l’intérieur duquel un peuple peut façonner son destin. Benn voit donc l’avenir reposer sur deux piliers indissociables : l’État comme organisateur de la vie collective et l’art comme son expression spirituelle suprême.

Benn avance en outre que le pouvoir politique possède une fonction formatrice et non pas seulement coercitive. Selon lui, l’État affine l’individu en réprimant l’impulsivité, en donnant à la personnalité structure, clarté et stabilité. Il emploie un langage artistique pour décrire cette transformation, suggérant que le pouvoir rend l’individu capable d’expression artistique en imposant une forme là où régnait auparavant le désordre. L’autorité politique devient donc, dans la conception de Benn, un instrument par lequel le caractère humain est discipliné et élevé jusqu’à pouvoir participer à un ordre culturel supérieur.

Pourtant, Benn soutient finalement que même l’État le plus fort ne peut accomplir l’acte ultime de la création artistique elle-même. Le pouvoir politique peut préparer les individus en cultivant la discipline, la structure et la disponibilité, mais la véritable réalisation artistique demeure hors de la portée du gouvernement. L’État peut établir les conditions dans lesquelles la culture s’épanouit, mais l’acte créateur appartient au seul artiste. Par cette distinction, Benn préserve l’autonomie de l’art, affirmant que si la politique peut façonner le cadre de la civilisation, les plus hauts accomplissements créateurs naissent toujours de l’esprit indépendant de l’individu.

France, Allemagne, Grande-Bretagne: Trois patients, un diagnostic

beymacmerzstarmtcdn.jpg

France, Allemagne, Grande-Bretagne: Trois patients, un diagnostic

Elena Fritz

Source: https://t.me/global_affairs_byelena

Le magazine britannique The New World pose ces jours-ci une question que l’on entend rarement poser aussi ouvertement dans le courant dominant : parmi les trois anciennes puissances dominantes de l’Europe de l’Ouest, laquelle est en réalité la plus profondément en crise? Rien que la formulation de cette question est révélatrice; le constat est désormais si évident que l’on ne peut plus l'escamoter sous le tapis.

Ce qui est réellement remarquable, ce n’est pas le classement, mais le schéma qui se profile derrière lui: trois pays – Londres, Paris, Berlin – affrontent simultanément des crises gouvernementales, connaissent des coalitions qui se désagrègent, et font face à une population qui retire de plus en plus sa confiance à ses institutions. Et dans les trois cas, le débat public reste pourtant dominé par tout autre chose: la course aux armements, la menace russe, le prochain milliard à offrir à l’Ukraine. Quant à l’état dégradé des infrastructures nationales, à l’effondrement des systèmes sociaux, à la perte de confiance des citoyens, on en parle bien plus discrètement, si tant est qu’on en parle.

Lorsque trois gouvernements risquent simultanément de perdre le contrôle de la politique intérieure, l’ennemi extérieur devient la bouée de sauvetage la plus fiable, le seul récit sur lequel les élites de Paris, Berlin et Londres peuvent encore s’accorder, car il détourne l’attention de leurs propres échecs tout en mobilisant des ressources budgétaires qu’il serait autrement presque impossible de justifier politiquement.

La véritable question qui se pose n’est donc pas « qui est le plus profondément en crise », mais bien : combien de temps la politique pourra-t-elle encore se légitimer par l’invocation de menaces extérieures, alors que la substance intérieure s’effrite ?

#géopolitique@global_affairs_byelena

1968: auto-réforme du capital

d4e18723d8d40d9936b79266f2698671.jpg

1968: auto-réforme du capital

par Francesco Petrone

Source : Francesco Petrone & https://www.ariannaeditrice.it/articoli/il-68-e-stato-l-a...

3065.jpgCostanzo Preve, qui fut un important philosophe, essayiste et politologue italien, a exposé sa thèse selon laquelle 1968 fut un mouvement « anti-bourgeois, mais non anticapitaliste ». Il en était venu à soutenir que 1968 fut le plus grand mouvement de révolte de la petite bourgeoisie de l’histoire.

Pour Preve, la contestation était dirigée contre la bourgeoisie traditionnelle, qui avait pour références la famille, l’Église, les devoirs, l’épargne, l’autorité du père. Elle a tiré à boulets rouges sur le mariage, la carrière, la morale, le « poste fixe ». En ce sens, ce fut profondément anti-bourgeois.

bbd5770ef8959ca66af640c1a4766f61.jpgSelon le philosophe, le mouvement était favorable au capitalisme avancé. En effet, 1968 réclamait plus de marché, plus de mobilité, plus de consommation, plus d’individualisme, plus de « réalisation de soi ». Tout ce dont le capitalisme avait besoin pour passer du modèle « fordiste » — usine, ouvrier, syndicat, collectif — au modèle « post-fordiste » : précaire, créatif, flexible, narcissique.

Le capitalisme des années 1970 avait besoin de détruire les anciennes hiérarchies pour mieux vendre. Pendant que les étudiants occupaient les universités au nom de la « libération », le capital délocalisait et démantelait l’usine. Lorsque la bourgeoisie traditionnelle s’est effondrée, ce n’est pas le communisme qui est arrivé. C’est le marché total.

C’est pourquoi Preve qualifie le mouvement de « révolution que le capital a faite contre lui-même ». « 1968 a été le seul mouvement de masse qui a servi les intérêts objectifs du capital tout en croyant le combattre. » Pour Preve, 1968, c’est le nihilisme plus le marché. Ce ne fut pas une révolution, mais une modernisation capitaliste déguisée en révolution. Ce fut l’enterrement du monde paysan/bourgeois et l’inauguration du nouveau capitalisme.

0209f50714b73f8edd05f59a89e4fcfc.jpgPasolini avait eu la même intuition et l’avait écrit, disant que les étudiants étaient les fils de la bourgeoisie, contrairement aux policiers, qui étaient fils de paysans et d’ouvriers du Sud. Par ces mots polémiques, il voulait dire que 1968 était une guerre civile interne à la bourgeoisie. Pas une lutte des classes.

Pasolini détestait la « bourgeoisie », mais il haïssait encore plus le nouveau pouvoir de la consommation, de la télévision, de « l’homologation ». Pasolini disait que de 1961 à 1975, l’Italie avait changé de race. Nous avons perdu les paysans, les ouvriers, les dialectes, les corps, les rites. À leur place sont arrivés les « ragazzi di vita » du bien-être: tous pareils, tous parlant l’italien de la télévision. Pasolini disait en 1975: «Le bien-être a tué l’Italie plus qu’une guerre ne l’aurait fait». Preve a dit en 2000: «1968 a été l’auto-réforme du capital». Les deux ont affirmé que 1968 n’a pas abattu le capital. Il lui a rendu service en abattant tout ce que le capital n’arrivait pas à détruire : la famille, la honte, la tradition.

19:36 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mai 68, 1968, histoire, idéologie, capitalisme | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

Le soft power dans un monde post-hégémonique: crise conceptuelle et nouveaux acteurs de l’influence culturelle

fcdfea2f0300def8541fc558c5dfc618.jpg

Le soft power dans un monde post-hégémonique: crise conceptuelle et nouveaux acteurs de l’influence culturelle

par Anton Bespalov

Source: https://telegra.ph/Il-soft-power-in-un-mondo-post-egemoni...

Les échanges culturels accompagnent depuis longtemps les interactions politiques et économiques entre États, mais ce n’est qu’au XXe siècle que la diplomatie culturelle a émergé comme politique étatique délibérée. À partir des années 1960, le champ de compétence de la diplomatie publique s’est élargi au-delà de la diffusion culturelle pour inclure la formation de l’opinion publique étrangère, la communication des objectifs politiques et la lutte contre les stéréotypes.

Dans les années 1990, le terme « soft power » est entré dans le discours courant. S’il recoupe largement la diplomatie publique et culturelle, il a aussi une portée plus large: le soft power peut émaner non seulement des acteurs étatiques, mais aussi de la société civile, du monde des affaires et de la culture populaire.

Le phénomène en soi, évidemment, est antérieur à la terminologie utilisée pour le décrire. Culture et pouvoir ont toujours été historiquement liés. Les conquêtes d’Alexandre le Grand ont été accompagnées par la diffusion de la culture hellénistique de l’ouest vers l’est ; l’influence culturelle des premiers siècles de l’islam s’est propagée simultanément dans de multiples directions. Il est intéressant de noter que la diffusion des cultures ne dépend pas nécessairement de la victoire militaire: la défaite de Napoléon, par exemple, n’a pas vraiment contribué à diminuer le prestige de la culture française en Europe et au-delà.

Frances-Stonor-Saunders-2.jpg

imccwages.jpg

91Dx4tu4YAL._AC_UF1000,1000_QL80_.jpg

Ce n’est pas un hasard si le « soft power » est apparu comme concept à la fin de la guerre froide. Les valeurs et modes de vie occidentaux, transmis par des canaux informels et — plus rarement — officiels, ont joué un rôle significatif dans l’érosion des idéologies officielles au sein du bloc de l’Est et, par conséquent, dans l’issue du conflit bipolaire. Bien que le terme « instrumentalisation » ne soit entré que récemment dans le langage courant, la culture a été largement instrumentalisée durant la guerre froide, comme le montre de façon convaincante Frances Stonor Saunders dans son ouvrage Who Paid the Piper?. Par la suite, encouragées par ce succès perçu, les nations occidentales ont mené une campagne visant à gagner les cœurs et les esprits dans le monde non occidental, en créant de nombreuses organisations dédiées à la promotion du soft power.

Aujourd’hui, cependant, les outils du soft power font l’objet de débats beaucoup moins nombreux qu’il y a dix ou quinze ans. En Occident, la rhétorique du pouvoir « dur » classique a pris de plus en plus d’importance. La mobilisation de l’opinion publique européenne contre la Russie et les menaces de Donald Trump de « détruire » la civilisation iranienne sont devenues presque routinières selon les normes actuelles.

Dans le même temps, le soft power occidental traverse aujourd’hui une grave crise de réputation. Le fossé entre les valeurs proclamées et les politiques effectives — qu’il s’agisse de doubles standards dans la gestion des conflits ou de gouvernance économique mondiale — rend les messages culturels et diplomatiques de moins en moins convaincants pour les publics non occidentaux. Là où l’on transmettait jadis une vision d’un avenir désirable, ces messages sont désormais perçus de plus en plus comme des instruments de coercition.

Dans les années qui ont suivi la guerre froide, les États non occidentaux ont en grande partie adopté le modèle occidental. À travers diverses institutions culturelles — ainsi que des médias destinés à un public étranger et largement calqués sur les modèles occidentaux — des pays comme la Russie et la Chine ont en substance reproduit les schémas occidentaux d’influence culturelle. Pourtant, eux aussi ont rencontré des résistances, comme en témoignent les sanctions contre Rossotrudnichestvo, la fermeture des Instituts Confucius dans les pays occidentaux, sans parler du blocage de RT et Sputnik. Bien que ce soit un article de foi dans le courant libéral occidental que les « démocraties » auront toujours un avantage sur les « autocraties » dans le libre marché des idées, un changement discursif significatif s’est produit.

l’Institut-Confucius-à-Carthage-1-696x385.jpg

Le soft power des États non occidentaux est désormais de plus en plus perçu, par défaut, comme potentiellement nuisible aux intérêts occidentaux — il est rebaptisé « sharp power ». Joseph Nye, qui a inventé le terme, a un jour mis en garde sur la nécessité de distinguer entre les deux concepts et de ne pas entraver les efforts légitimes de soft power des pays non occidentaux ; l’expérience récente, cependant, suggère le contraire.

L’avenir du soft power dans le dialogue bilatéral entre la Russie et la Chine (Hua Han)

La Chine et la Russie ne se limitent plus à mettre en œuvre des pratiques et instruments de soft power parallèles, mais convergent progressivement vers une configuration hybride que l’on peut qualifier de « soft power stratégique ». Cette forme émergente d’influence combinée intègre infrastructures, médias, connectivité des ressources clés et plateformes institutionnelles dans une architecture géopolitique unifiée.

L’analyse de la crise du détroit d’Ormuz, du conflit en Ukraine, de la chaîne russe RT, de la chinoise CGTN, du réseau médiatique TV BRICS, de la coopération arctique et de l’initiative chinoise « Belt and Road » montre comment le soft power est devenu indissociable de la connectivité matérielle et de l’alignement géopolitique dicté par les crises, écrit Hua Han, cofondateur et secrétaire général du Beijing Club for International Dialogue.

imhhages.jpg

En Chine, la reconnaissance des limites du soft power a donné naissance à un débat croissant sur le « pouvoir discursif » — c’est-à-dire la capacité à façonner l’agenda international, élaborer des récits et déterminer les cadres de référence dans lesquels sont débattues les questions clés. L’objectif n’est plus simplement d’être apprécié, mais de s’exprimer dans un langage que les autres sont obligés d’écouter. L’efficacité de cette approche demeure débattue, mais le changement d’accent est en soi révélateur.

L’expérience récente de la Russie offre un autre exemple instructif, d’une perspective différente. Les tentatives de « cancel culture », dirigées contre la Russie depuis 2022, ont couvert un large éventail: de l’exclusion des athlètes russes des compétitions sous leur propre drapeau à la suppression des œuvres de compositeurs russes dans les programmes de concerts. L’ampleur de ces mesures n’a pas eu de précédent ces dernières décennies. Pourtant, la culture russe n’a pas disparu de la scène mondiale; la langue russe a conservé sa position dans les régions où elle est traditionnellement forte ; et la perception de la Russie dans le Sud global n’a changé que marginalement — parfois même en mieux.

La culture, à la différence des flux financiers ou des fournitures d’équipements, est difficile à bloquer totalement par des moyens administratifs.

Cela ramène à la question plus large de l’efficacité des institutions étatiques de diplomatie culturelle. Les canaux informels, la « seconde voie » comme on l’appelle, donnent souvent des résultats bien supérieurs. Un label étatique infuse inévitablement un message politique dans le message culturel, et le public réagit en conséquence. Cela ne signifie pas que l’État doive se retirer complètement de cette sphère. Cependant, son rôle pourrait être repensé de façon plus utile: non pas comme producteur et distributeur de contenus culturels, mais comme promoteur de conditions favorables à la prospérité des échanges informels: politiques de visas, mobilité académique, accessibilité aux infrastructures numériques et absence de restrictions excessives sur les exportations culturelles.

37cb12f513cd96e42b70bf955f7f0e2b.jpg

Dans ce contexte, les nouvelles technologies — notamment l’intelligence artificielle — méritent une attention particulière. Historiquement, les barrières linguistiques ont constitué l’un des principaux obstacles à la diffusion organique des cultures. Aujourd’hui, le développement d’outils de traduction automatique pour les contenus vidéo, par exemple, contribue à surmonter cet obstacle. Des spectateurs au Brésil ou en Indonésie, ayant un accès direct à des vidéos russes, chinoises ou iraniennes dans leur langue maternelle, se forgent leur propre perception de ces pays. Cela ne garantit pas la sympathie — l’exposition directe peut autant susciter l’attirance que la répulsion — mais offre au moins la possibilité d’une perception plus complexe et nuancée, susceptible de dépasser le poids des stéréotypes ancrés.

En ce sens, les avancées technologiques ouvrent des perspectives tout à fait nouvelles. La diplomatie culturelle de demain sera peut-être bien moins l’œuvre des États et des institutions spécialisées, et bien davantage le fait d’algorithmes, de plateformes et de millions d’utilisateurs individuels qui n’auraient jamais imaginé devenir des acteurs de la diplomatie. L’influence culturelle, dès lors, ne disparaît pas : elle emprunte simplement des canaux de plus en plus informels. Les États qui reconnaissent ce fait et élaborent des politiques qui laissent place à de tels canaux seront en meilleure position que ceux qui s’obstinent à vouloir contrôler d’en haut cet instrument rétif.

Publié préalablement sur Valdai : https://valdaiclub.com/a/highlights/soft-power-in-a-post-...

14:08 Publié dans Actualité, Définitions | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, soft power | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook