samedi, 09 mars 2013
L’ultime bataille de Chavez : un “deuil mobilisateur”

L’ultime bataille de Chavez : un “deuil mobilisateur”
Ex: http://www.dedefensa.org/
La mort du président vénézuélien Hugo Chavez se place aussitôt sous les auspices d’une crise majeure : non pas seulement une crise intérieure du pays, qui va de soi pour un tel événement et dans les circonstances générales qu’on sait, mais essentiellement une crise également générale opposant le Système aux forces nécessairement antiSystème et se plaçant complètement dans un contexte international. Le gouvernement et d’une façon générale, le “groupe Chavez” mené pour l’instant par le vice-président Maduro, ont immédiatement et exclusivement placé l’événement dans ce contexte, et avec tous les arguments pour le faire.
Deux axes ont aussitôt été choisis pour développer ce contexte de l’agression du Système, essentiellement représenté par les USA et leur processus immémorial d’interférences et d’intervention illégales dans les pays d’Amérique latine. D’une part, les interférences directes des USA, notamment par le biais de fonctionnaires ou militaires de l’ambassade US, avec l’expulsion immédiate de deux officiers de l’USAF travaillant à l’ambassade et qui sont accusés d’avoir proposé à des militaire vénézuéliens des actions subversives ; d’autre part, des doutes sur les causes du cancer dont Chavez est mort. On trouve des détails de ces deux axes dans l’intervention de Maduro, dénonçant un plan de déstabilisation, sur Venezuelanalysis.com, le 5 mars 2013.
«Vice-president Nicolas Maduro today denounced destabilisation plans by the international and Venezuelan right wing, announcing the expulsion of two US officials for threatening military security. He also implied that Chavez’s cancer was “caused by enemies of Venezuela”… […] Further, [Maduro] said, “We don’t have any doubts that the historical enemies of the country have searched for a way to damage the health of President Chavez... that he was attacked with this illness,” alluding to the possibility of a “scientific attack”. “Just like what happened to Yasser Arafat... Eventually there will be a scientific investigation into President Chavez’s illness,” he said.»
Cet aspect d’un complot pour susciter le cancer chez Chavez est évidemment l’axe le plus original de cette contre-attaque préventive du gouvernement vénézuélien complètement dans son rôle d’antiSystème. Russia Today, le 5 mars 2013, reprend les deux axes de cette “contre-attaque préventive” et développe notamment celui qui concerne la santé de Chavez. On y trouve rappelé les accusations de Chavez lui-même, citant son cas et celui de la présidente argentine, auxquels il aurait pu ajouter ceux de l'ancien président brésilien Lula et de l’actuelle présidente Rousseff, qui ont tous deux dû être traités pour le cancer.
«In December 2011, Chavez speculated that the United States could be infecting the regions leaders with cancer after Argentine President Cristina Fernandez de Kirchner was diagnosed with thyroid cancer. “I don't want to make any reckless accusations,” Chavez said in light of something he found to be “very, very strange.” “Would it be strange if [the United States] had developed a technology to induce cancer, and for no one to know it?” he asked.»
• Un autre champ de la bataille de l’après-Chavez concerne l’économie. Sur ce point, il s’agit, du côté du Système, d’une intense opération de communication tournant autour de la récente dévaluation au Venezuela, et contre elle évidemment. Il s’agit de discréditer de toutes les façons possibles un système économique qui est en confrontation directe avec l’idéologie économique du Système, dont on peut constater partout les caractères déstructurants et dissolvants engendrant des crises successives qui mettent en cause son essence même.
Ces attaques contre le système économique vénézuélien utilisent toutes les appréciations possibles, parfois extraordinairement hollywoodienne et abracadabrantesques, des réalités de cette dévaluation. On en a une bonne appréciation dans l’article de Mark Weisbrot, dans le Guardian du 3 mars 2013. En voici un court extrait, où Weisbrot semble avoir débusqué un économiste-Système qui pourrait bien avoir confondu, dans sa narrative, des faux chiffres du processus de l’inflation avec des faux chiffres du processus de la dévaluation :
«Not surprisingly, a lot of what passes for analysis in the press is based on wrong numbers and flawed logic. The award for wrong numbers this time goes to Moisés Naím, who writes in the Financial Times that “during Hugo Chávez's presidency, the bolivar has been devalued by 992%.” Fans of arithmetic will note immediately that this is impossible. The most that a currency could be devalued is 100%, at which point it would exchange for zero dollars. Apparently, a very wide range of exaggeration is permissible when writing about Venezuela, so long as it is negative…»
• L’économiste Weisbrot, qui est co-auteur avec Oliver Stone du documentaire pro-Chavez South of the Border, travaille aussi avec le site Venezuelanalysis.com, qui a un fort soutien de “dissidents” pro-Chavez aux USA, et qui est une bonne source pour suivre les événements au Venezuela. Ce site publie, notamment, ce 5 mars 2013, une analyse intéressante du Dr. Francisco Dominguez, secrétaire pour le Royaume-Uni de Venezuela Solidarity Campaign, concernant Ricardo Haussmann, collaborateur épisodique du Guardian qui prend pour cible la situation économique du Venezuela : Haussmann, homme de l’ancien régime d’avant-Chavez, puis du FMI, puis de l’université de Harvard… C’est l’archétype de l’acteur-Système agissant au niveau économique et organisant le rassemblement des diverses forces à dominante économique anti-Chavez et pro-US au Venezuela.
«In the run up to last October’s election, won by Hugo Chavez in a landslide victory, it was Haussmann (acting as an advisor to the defeated right-wing candidate Henrique Capriles) who claimed the right-wing opposition would have 200,000 people at polling stations and could then announce their own results before the official ones. Luckily this plan – which was seen by many as the start of a worrying destabilisation aimed at getting the legitimate results not recognised internationally – failed to pick up momentum due to the scale of Hugo Chavez’s victory, with Capriles himself recognising the results. But this was not before the Spanish newspaper ABC had published a fake exit poll claiming Hugo Chavez had lost. Surely his role as an advisor to the right-wing political candidate should have featured in the Guardian piece. This would better explain the reasons for the content of the piece.
»Likewise sections of the British media have also recently quoted Diego Arria (who denies the 2002 coup in Venezuela was even a coup!) and the 2002 coup-supporting, hard right-wing MP (and friend of George W.Bush) María Corina Machado. Both are prominent signatories to a recent public petition calling on the Venezuelan military to overturn the country’s elected government.»
Tout cela définit une situation très spécifique, qui n’est pas inattendue si l’on considère la personnalité et l’influence du défunt autant que la vindicte et la haine dont le poursuivait le Système, mais une situation qui n’en reste pas moins extraordinaire. Cette mort en apparence “naturelle” (par maladie) est clairement présentée et déjà perçue, et devrait être de plus en plus perçue comme une mort par agression et attentat du Système, de façon directe ou indirecte c’est selon. Cette présentation et cette perception font que la mort de Chavez serait beaucoup plus l’occasion d’une mobilisation que d’un deuil, ou, si l’on veut, l’occasion d’un “deuil mobilisateur” qui serait l’ultime contribution directe de Chavez à la bataille antiSystème. Il semble très probable que les élections présidentielles (dans les 30 jours, selon les déclarations du ministre des affaires étrangères du Venezuela) se feront sous le signe de la mobilisation : contre l’agression du Système (USA et économistes-Système), par ailleurs précisément ou indistinctement perçu comme responsable de la mort de Chavez par attentat médico-technologique ou subversion généralisée. Le rappel général des soupçons pesant sur les causes du cancer de Chavez devrait jouer un rôle majeur dans le comportement et la mobilisation de la population pour les élections.
Par ailleurs et si la situation de l’Amérique Latine est conforme à ce qu’on en perçoit, cette mobilisation devrait dépasser les frontières du Venezuela parce qu’elle concerne logiquement tous les régimes de la nouvelle Amérique Latine, de l’extrême gauche de la Bolivie de Morales au centre-gauche du Brésil de Lula-Rousseff. (On emploie ces notions de “gauche” pour la facilité, alors qu’il faudrait plutôt situer ces tendances selon la référence antiSystème.) On ne dira pas que tous appréciaient absolument Chavez, mais tous devraient être nécessairement solidaires, au moins de l’immédiat après-Chavez, dans la mesure où les pressions du Système contre le Venezuela de Chavez impliquent une attaque contre tout le continent, dans son orientation antiSystème actuelle. On peut aller jusqu’à l’hypothèse qu’il n’est nullement impossible que, dans certaines circonstances comme le cas d’une tentative brutale de “coup” contre le régime issu de Chavez, l’un ou l’autre voisin, y compris le puissant Brésil, envisage une intervention militaire qui s’appuierait sur une réaction populaire au Venezuela. Cette sorte d’hypothèse peut déboucher sur des situations de déstabilisation majeure où le Système n’est pas gagnant à tous les coups, – tant s’en faut, parce qu’il existe à un niveau continental la possibilité d’un furieux durcissement antiSystème dans de telles circonstances.
Mais y aura-t-il tentative directe et brutale de déstabilisation ? La doctrine du “droit à la stupidité” énoncée par Kerry étant d’emploi universel dans le Système, ce n’est pas impossible. L’expulsion des deux officiers de l’USAF pourrait en être un signe, car tenter de fomenter un coup d’État dans les forces armées vénézuéliennes dans les conditions actuelles représente une tactique d’une brutalité qui confine effectivement, dans les conditions actuelles (popularité de Chavez, soupçons sur les causes de sa mort, solidarité de l’Amérique Latine), à la fameuse “stupidité”. (Que les deux officiers aient ou non effectivement comploté est secondaire, le fait essentiel est celui de la perception qu’on aurait qu’une telle initiative est trop conforme aux pratiques des USA pour qu’elle soit catégoriquement rejetée : dans ce cas, le soupçon basé sur l’expérience historique crée la vérité de la chose, par ailleurs quasiment impossible à déterminer objectivement…) L’hypothèse d’une telle tentative active et brutale est donc à considérer, ne serait ce que parce que tous les esprits en acceptent la possibilité, et qu’il ne faut jamais désespérer d’un Système où la multitude de pouvoirs non coordonnés entre eux et la passion anti-Chavez largement répandue accentuent la référence à la “doctrine de la stupidité”. C’est sur ce terrain que le régime Chavez devrait en bonne logique et en juste tactique lancer l’après-Chavez, en allant très vite à de nouvelles élections pour capitaliser à la fois sur l’émotion, et surtout sur la mobilisation qui devrait accompagner cette émotion. On ajoutera, comme autre atout des successeurs de Chavez, que l’opposition est loin d’être unie autour de l’adversaire de Chavez en octobre 2012, Henrique Capriles.
Le point le plus remarquable de la situation est donc, une fois de plus, à trouver sur le terrain de la communication. L’attaque de communication du Système contre Chavez, et notamment depuis qu’il est malade, est telle, elle est d’une telle puissance impliquant les apports de la “doctrine de la stupidité”, que l’idée de l’agression s’est subrepticement institutionnalisée. La mort de Chavez ne serait plus perçue comme naturelle, mais comme le résultat de cette agression. La mobilisation en deviendrait alors absolument naturelle, et si cet état d’esprit domine, et évidemment profitable au régime en place, la responsabilité générale de la crise serait perçue comme le fait de cette attaque constante et massive contre Chavez. Même les méthodes de communication, d’“agression douce“ comme contre la Russie, devraient être déformées dans ce cas parce qu’il y a, en Amérique Latine, le poids de la brutalité historique du Système (des USA) dans cette région, méprisée et considérée comme l’arrière-cour, voire la basse-cour des USA. On chasse difficilement l’atavisme historique de la brutalité, surtout lorsqu’il se charge de cette stupidité-Système qui semble aller de pair avec l’activité surpuissante du Système, sa haine complète pour tous les principes, de la souveraineté à la légitimité, son goût pour l’illégalité allant jusqu’à la dépendance comme dans le cas d’un drogué, etc. Tout cela est déployé depuis des années contre Chavez. Le résultat est que la mort de Chavez, quelle qu’en soit la nature, est aisément perçue comme un attentat du système, justifiant toutes les craintes, et donc la mobilisation générale, la contre-attaque “préventive” des accusations publiques du gouvernement, l’expulsion d’officiers de l’USAF comme on expulsait des agents du KGB en cas de tension, du temps de la guerre froide, et ainsi de suite.
L’ultime bataille de Chavez : un “deuil mobilisateur”
La mort du président vénézuélien Hugo Chavez se place aussitôt sous les auspices d’une crise majeure : non pas seulement une crise intérieure du pays, qui va de soi pour un tel événement et dans les circonstances générales qu’on sait, mais essentiellement une crise également générale opposant le Système aux forces nécessairement antiSystème et se plaçant complètement dans un contexte international. Le gouvernement et d’une façon générale, le “groupe Chavez” mené pour l’instant par le vice-président Maduro, ont immédiatement et exclusivement placé l’événement dans ce contexte, et avec tous les arguments pour le faire.
Deux axes ont aussitôt été choisis pour développer ce contexte de l’agression du Système, essentiellement représenté par les USA et leur processus immémorial d’interférences et d’intervention illégales dans les pays d’Amérique latine. D’une part, les interférences directes des USA, notamment par le biais de fonctionnaires ou militaires de l’ambassade US, avec l’expulsion immédiate de deux officiers de l’USAF travaillant à l’ambassade et qui sont accusés d’avoir proposé à des militaire vénézuéliens des actions subversives ; d’autre part, des doutes sur les causes du cancer dont Chavez est mort. On trouve des détails de ces deux axes dans l’intervention de Maduro, dénonçant un plan de déstabilisation, sur Venezuelanalysis.com, le 5 mars 2013.
«Vice-president Nicolas Maduro today denounced destabilisation plans by the international and Venezuelan right wing, announcing the expulsion of two US officials for threatening military security. He also implied that Chavez’s cancer was “caused by enemies of Venezuela”… […] Further, [Maduro] said, “We don’t have any doubts that the historical enemies of the country have searched for a way to damage the health of President Chavez... that he was attacked with this illness,” alluding to the possibility of a “scientific attack”. “Just like what happened to Yasser Arafat... Eventually there will be a scientific investigation into President Chavez’s illness,” he said.»
Cet aspect d’un complot pour susciter le cancer chez Chavez est évidemment l’axe le plus original de cette contre-attaque préventive du gouvernement vénézuélien complètement dans son rôle d’antiSystème. Russia Today, le 5 mars 2013, reprend les deux axes de cette “contre-attaque préventive” et développe notamment celui qui concerne la santé de Chavez. On y trouve rappelé les accusations de Chavez lui-même, citant son cas et celui de la présidente argentine, auxquels il aurait pu ajouter ceux de l'ancien président brésilien Lula et de l’actuelle présidente Rousseff, qui ont tous deux dû être traités pour le cancer.
«In December 2011, Chavez speculated that the United States could be infecting the regions leaders with cancer after Argentine President Cristina Fernandez de Kirchner was diagnosed with thyroid cancer. “I don't want to make any reckless accusations,” Chavez said in light of something he found to be “very, very strange.” “Would it be strange if [the United States] had developed a technology to induce cancer, and for no one to know it?” he asked.»
• Un autre champ de la bataille de l’après-Chavez concerne l’économie. Sur ce point, il s’agit, du côté du Système, d’une intense opération de communication tournant autour de la récente dévaluation au Venezuela, et contre elle évidemment. Il s’agit de discréditer de toutes les façons possibles un système économique qui est en confrontation directe avec l’idéologie économique du Système, dont on peut constater partout les caractères déstructurants et dissolvants engendrant des crises successives qui mettent en cause son essence même.
Ces attaques contre le système économique vénézuélien utilisent toutes les appréciations possibles, parfois extraordinairement hollywoodienne et abracadabrantesques, des réalités de cette dévaluation. On en a une bonne appréciation dans l’article de Mark Weisbrot, dans le Guardian du 3 mars 2013. En voici un court extrait, où Weisbrot semble avoir débusqué un économiste-Système qui pourrait bien avoir confondu, dans sa narrative, des faux chiffres du processus de l’inflation avec des faux chiffres du processus de la dévaluation :
«Not surprisingly, a lot of what passes for analysis in the press is based on wrong numbers and flawed logic. The award for wrong numbers this time goes to Moisés Naím, who writes in the Financial Times that “during Hugo Chávez's presidency, the bolivar has been devalued by 992%.” Fans of arithmetic will note immediately that this is impossible. The most that a currency could be devalued is 100%, at which point it would exchange for zero dollars. Apparently, a very wide range of exaggeration is permissible when writing about Venezuela, so long as it is negative…»
• L’économiste Weisbrot, qui est co-auteur avec Oliver Stone du documentaire pro-Chavez South of the Border, travaille aussi avec le site Venezuelanalysis.com, qui a un fort soutien de “dissidents” pro-Chavez aux USA, et qui est une bonne source pour suivre les événements au Venezuela. Ce site publie, notamment, ce 5 mars 2013, une analyse intéressante du Dr. Francisco Dominguez, secrétaire pour le Royaume-Uni de Venezuela Solidarity Campaign, concernant Ricardo Haussmann, collaborateur épisodique du Guardian qui prend pour cible la situation économique du Venezuela : Haussmann, homme de l’ancien régime d’avant-Chavez, puis du FMI, puis de l’université de Harvard… C’est l’archétype de l’acteur-Système agissant au niveau économique et organisant le rassemblement des diverses forces à dominante économique anti-Chavez et pro-US au Venezuela.
«In the run up to last October’s election, won by Hugo Chavez in a landslide victory, it was Haussmann (acting as an advisor to the defeated right-wing candidate Henrique Capriles) who claimed the right-wing opposition would have 200,000 people at polling stations and could then announce their own results before the official ones. Luckily this plan – which was seen by many as the start of a worrying destabilisation aimed at getting the legitimate results not recognised internationally – failed to pick up momentum due to the scale of Hugo Chavez’s victory, with Capriles himself recognising the results. But this was not before the Spanish newspaper ABC had published a fake exit poll claiming Hugo Chavez had lost. Surely his role as an advisor to the right-wing political candidate should have featured in the Guardian piece. This would better explain the reasons for the content of the piece.
»Likewise sections of the British media have also recently quoted Diego Arria (who denies the 2002 coup in Venezuela was even a coup!) and the 2002 coup-supporting, hard right-wing MP (and friend of George W.Bush) María Corina Machado. Both are prominent signatories to a recent public petition calling on the Venezuelan military to overturn the country’s elected government.»
Tout cela définit une situation très spécifique, qui n’est pas inattendue si l’on considère la personnalité et l’influence du défunt autant que la vindicte et la haine dont le poursuivait le Système, mais une situation qui n’en reste pas moins extraordinaire. Cette mort en apparence “naturelle” (par maladie) est clairement présentée et déjà perçue, et devrait être de plus en plus perçue comme une mort par agression et attentat du Système, de façon directe ou indirecte c’est selon. Cette présentation et cette perception font que la mort de Chavez serait beaucoup plus l’occasion d’une mobilisation que d’un deuil, ou, si l’on veut, l’occasion d’un “deuil mobilisateur” qui serait l’ultime contribution directe de Chavez à la bataille antiSystème. Il semble très probable que les élections présidentielles (dans les 30 jours, selon les déclarations du ministre des affaires étrangères du Venezuela) se feront sous le signe de la mobilisation : contre l’agression du Système (USA et économistes-Système), par ailleurs précisément ou indistinctement perçu comme responsable de la mort de Chavez par attentat médico-technologique ou subversion généralisée. Le rappel général des soupçons pesant sur les causes du cancer de Chavez devrait jouer un rôle majeur dans le comportement et la mobilisation de la population pour les élections.
Par ailleurs et si la situation de l’Amérique Latine est conforme à ce qu’on en perçoit, cette mobilisation devrait dépasser les frontières du Venezuela parce qu’elle concerne logiquement tous les régimes de la nouvelle Amérique Latine, de l’extrême gauche de la Bolivie de Morales au centre-gauche du Brésil de Lula-Rousseff. (On emploie ces notions de “gauche” pour la facilité, alors qu’il faudrait plutôt situer ces tendances selon la référence antiSystème.) On ne dira pas que tous appréciaient absolument Chavez, mais tous devraient être nécessairement solidaires, au moins de l’immédiat après-Chavez, dans la mesure où les pressions du Système contre le Venezuela de Chavez impliquent une attaque contre tout le continent, dans son orientation antiSystème actuelle. On peut aller jusqu’à l’hypothèse qu’il n’est nullement impossible que, dans certaines circonstances comme le cas d’une tentative brutale de “coup” contre le régime issu de Chavez, l’un ou l’autre voisin, y compris le puissant Brésil, envisage une intervention militaire qui s’appuierait sur une réaction populaire au Venezuela. Cette sorte d’hypothèse peut déboucher sur des situations de déstabilisation majeure où le Système n’est pas gagnant à tous les coups, – tant s’en faut, parce qu’il existe à un niveau continental la possibilité d’un furieux durcissement antiSystème dans de telles circonstances.
Mais y aura-t-il tentative directe et brutale de déstabilisation ? La doctrine du “droit à la stupidité” énoncée par Kerry étant d’emploi universel dans le Système, ce n’est pas impossible. L’expulsion des deux officiers de l’USAF pourrait en être un signe, car tenter de fomenter un coup d’État dans les forces armées vénézuéliennes dans les conditions actuelles représente une tactique d’une brutalité qui confine effectivement, dans les conditions actuelles (popularité de Chavez, soupçons sur les causes de sa mort, solidarité de l’Amérique Latine), à la fameuse “stupidité”. (Que les deux officiers aient ou non effectivement comploté est secondaire, le fait essentiel est celui de la perception qu’on aurait qu’une telle initiative est trop conforme aux pratiques des USA pour qu’elle soit catégoriquement rejetée : dans ce cas, le soupçon basé sur l’expérience historique crée la vérité de la chose, par ailleurs quasiment impossible à déterminer objectivement…) L’hypothèse d’une telle tentative active et brutale est donc à considérer, ne serait ce que parce que tous les esprits en acceptent la possibilité, et qu’il ne faut jamais désespérer d’un Système où la multitude de pouvoirs non coordonnés entre eux et la passion anti-Chavez largement répandue accentuent la référence à la “doctrine de la stupidité”. C’est sur ce terrain que le régime Chavez devrait en bonne logique et en juste tactique lancer l’après-Chavez, en allant très vite à de nouvelles élections pour capitaliser à la fois sur l’émotion, et surtout sur la mobilisation qui devrait accompagner cette émotion. On ajoutera, comme autre atout des successeurs de Chavez, que l’opposition est loin d’être unie autour de l’adversaire de Chavez en octobre 2012, Henrique Capriles.
Le point le plus remarquable de la situation est donc, une fois de plus, à trouver sur le terrain de la communication. L’attaque de communication du Système contre Chavez, et notamment depuis qu’il est malade, est telle, elle est d’une telle puissance impliquant les apports de la “doctrine de la stupidité”, que l’idée de l’agression s’est subrepticement institutionnalisée. La mort de Chavez ne serait plus perçue comme naturelle, mais comme le résultat de cette agression. La mobilisation en deviendrait alors absolument naturelle, et si cet état d’esprit domine, et évidemment profitable au régime en place, la responsabilité générale de la crise serait perçue comme le fait de cette attaque constante et massive contre Chavez. Même les méthodes de communication, d’“agression douce“ comme contre la Russie, devraient être déformées dans ce cas parce qu’il y a, en Amérique Latine, le poids de la brutalité historique du Système (des USA) dans cette région, méprisée et considérée comme l’arrière-cour, voire la basse-cour des USA. On chasse difficilement l’atavisme historique de la brutalité, surtout lorsqu’il se charge de cette stupidité-Système qui semble aller de pair avec l’activité surpuissante du Système, sa haine complète pour tous les principes, de la souveraineté à la légitimité, son goût pour l’illégalité allant jusqu’à la dépendance comme dans le cas d’un drogué, etc. Tout cela est déployé depuis des années contre Chavez. Le résultat est que la mort de Chavez, quelle qu’en soit la nature, est aisément perçue comme un attentat du système, justifiant toutes les craintes, et donc la mobilisation générale, la contre-attaque “préventive” des accusations publiques du gouvernement, l’expulsion d’officiers de l’USAF comme on expulsait des agents du KGB en cas de tension, du temps de la guerre froide, et ainsi de suite.
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Bulgakow lesen!

Bulgakow lesen!
von Benjamin Jahn Zschocke
Ex: http://www.blauenarzisse.de/
Vor neunzig Jahren – 1923 also – begann der russische Schriftsteller Michail Bulgakow (1891−1940) mit der Niederschrift seines ersten Romans „Die weiße Garde“, der ihn berühmt machte.
Kiew im Winter 1918. Im Hause der Geschwister Alexej, Jelena und Nikolka Turbin versammeln sich übriggebliebene Anhänger der alten russischen Monarchie, die letzten Aufrechten, die weiße Garde. Wie in der gesamten Stadt logieren Militärs in der geräumigen Bürgerwohnung am Alexejewski-Hang Nr. 13, aber auch Intellektuelle und Künstler. Kiew, im Roman durchweg erhaben die STADT genannt, spiegelt im großen wieder, was im Haus der Turbins im kleinen vonstatten geht: Moskau, das pulsierende Herz Rußlands liegt nach der Oktoberrevolution darnieder. Was Beine hat und Geld zum Reisen, flüchtet vor dem Chaos des roten Terrors und findet sich in der ukrainischen Hauptstadt ein, die zwischen Ende 1918 und Anfang 1919 selbst zum Schauplatz mehrerer Umstürze wird. Hinter den Fenstern der STADT bewegt sich eine unüberschaubar illustre Masse, drückt ihre weitgefächerten, grellbunten Blüten von innen gegen die Scheiben, verloren – trotzig – zornig – nicht selten todessehnsüchtig.
Der Einbruch der Geschichte
Das Geschehen in Kiew wiederrum steht stellvertretend für das sprichwörtliche Höllenchaos im russischen Riesenreich mit Beginn der Revolution. Alte Ordnungen brechen auseinander, zerbersten, werden zerschlagen. Bulgakow nennt diesen Zustand den „Einbruch der Geschichte“: Im hinterlassenen Trümmerfeld streiten darauf verschiedene revolutionäre Ideen um ihre weltgeschichtliche Geltung – monatelang, jahrelang, während das Volk in Hunger und Elend dahinvegetiert oder als Kanonenfutter verheizt wird. In Kiew ringen die Kräfte der alten Ordnung mit ukrainischen Nationalisten und den roten Horden der Oktoberrevolution. Im Roman heißt es: „Wer auf wen schoß, wußte niemand.“
Nacht um Nacht fällt bedrohlich blutiger Schnee auf die STADT, auch die Brüder Turbin sind Teil des Geschehens. Alexej – der ältere – ist als Arzt in die Kämpfe eingebunden, Nikolka als junger Unteroffizier. Beide sind Anhänger der alten Ordnung: „Ich bin leider nicht Sozialist, sondern … Monarchist“, faßt Alexej seinen politischen Standpunkt zusammen. Darin spiegelt sich die Auffassung Bulgakows wider, der die Geschehnisse in der Heimat seinerzeit wie folgt kommentierte: „Vor uns liegt die schwere Aufgabe, unser eigenes Land zu erobern, ihnen [also den Roten, Anm. BJZ] wegzunehmen.“
Die Komposition des Romans mit seinen belebten Massenszenen einerseits und den Szenen großer statischer Innerlichkeit andererseits erinnert nicht zufällig an die von Tolstois Roman Krieg und Frieden. Michail Bulgakow, der sich selbst als „konservativ bis auf die Knochen“ verstand (nachzulesen in: Tatjana Lappa: Zeugnisse vom äußeren Leben. Bulgakows erste Frau im Gespräch mit Leonid Parschin. Berlin 1991) nannte als seine ästhetischen Vorbilder das Dreigestirn Tolstoi – Puschkin – Dostojewski. Bis zu seinem frühen Tode 1940 beschäftigte er sich intensiv mit ihnen, schrieb Bühnenfassungen und Analogien – auch sein erzählerisches Werk ist voll von Anspielungen und Parallelen.
Gefangen im sowjetischen Höllenschlund
Nun ist jedoch bekannt, wie die Sache mit der Oktoberrevolution ausging und welche revolutionäre Kraft in Rußland für die nächsten Jahrzehnte die Oberhand gewann. Die Bühnenfassung der weißen Garde, das Stück „Die Tage der Turbins“ wurde noch 1926 am Moskauer Künstler-Theater uraufgeführt. Doch die Verhältnisse für einen Konservativen, der sich auf das zu Sowjetzeiten wenig gelittene Dreigestirn alter russischer Größe berief, wurden zunehmend ungemütlicher.
Obwohl „Die Tage der Turbins“ ein großer Erfolg wurde, driftete der aufrechte Bulgakow, der nach dem Ende des Zarenreiches keineswegs von seinen Überzeugungen abrückte, Tag für Tag mehr ins gesellschaftliche Abseits. Elsbeth Wolffheim schreibt: „Der Versuchung, die Verantwortlichen durch Konzessionen gnädig zu stimmen, hat er jedesmal hartnäckig widerstanden. Darin vor allem besteht seine Größe.“ (Elsbeth Wolffheim: Michail Bulgakow. Reinbek 1996). Doch diese Größe nützte herzlich wenig, wenn späterhin jedwede Möglichkeit der Publikation seiner Werke, sei es in gedruckter Form, sei es die Aufführung seiner zahlreichen Bühnenstücke, schlichtweg gen Null tendierte. Bulgakow beschreibt die Starre dieser Zeit mit einem an Kubin erinnernden Bild: „Nichts rührt sich vom Fleck. Die Sowjetische Bürokratie, dieser Höllenschlund, hat alles aufgefressen. Jeder Schritt, jede Bewegung eines Sowjetbürgers ist eine Folter, die Stunden, Tage, mitunter Monate verschlingt.“
Ein Repräsentant der russischen Intelligenz des Ancien Régime
Es verwundert nicht, daß Bulgakows Werk zu großen Teilen erst nach dem Ende der Sowjetunion erscheinen konnte und somit in Deutschland erst Anfang der Neunziger Geltung erlangte. Bulgakow, der das letzte Drittel seines Lebens nach jahrelangen medialen Hetzkampagnen in zunehmender nervlicher Zerrüttung verbrachte, ahnte, daß zu seinen Lebzeiten keine Satisfaktion in Form von schriftstellerischem Ruhm zu erwarten war. Um so erstaunlicher ist es, daß er dennoch seine letzten Lebenskräfte versammelte und buchstäblich bis zum letzten Atemzug an seinem letzten überragenden Roman Der Meister und Margarita arbeitete, einem schillernden Kunstwerk von ebenso monumentaler Größe wie Die weiße Garde.
Boris Gasparov,Professor an der Columbia University,beschreibt Bulgakows literarische Bedeutung so: „In seinem Leben wie in der Literatur verkörpert Bulgakow offenkundig den Repräsentanten der russischen Intelligenz des Ancien Régime, der die Welt, in der er lebte, akzeptierte, ohne sich der geringsten Einflußnahme zu beugen. Diese Position ist ebensowohl charakteristisch für zahlreiche Helden Bulgakows.“ In den letzten zwanzig Jahren ist die Bulgakow-Forschung weit voran geschritten, sodaß der Luchterhand Literaturverlag nun das Gesamtwerk Bulgakows in einem sehr ansprechenden künstlerischen Gesamtkonzept neu herausgegeben hat. Über Umwege tauchte aus den Tiefen der russischen Archive ein alternativer Schluß des Romans Die weiße Garde auf, der nun – zwanzig Jahre nach der Erstveröffentlichung auf Deutsch – eine Gesamtschau über dieses außergewöhnliche und durch seinen künstlerischen Anspruch bis heute höchst wertvolle Werk erlaubt.
Michail Bulgakow: Die weiße Garde. Mit literaturgeschichtlichen Anmerkungen von Ralf Schröder. 432 Seiten, Sammlung Luchterhand 2011. 10 Euro.
Das gesamte in der Sammlung Luchterhand erschienene Werk findet sich hier.
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Crypto-Anarchism, Cyber-Security, & the New Right

Crypto-Anarchism, Cyber-Security, & the New Right
By Matt Parrott
Ex: http://www.counter-currents.com/
In theory, anarchy is against hierarchy and obedience to authority while traditionalists embrace these unfashionable principles.
In theory, anarchism and traditionalism are polar opposites and naturally antagonistic. In practice, within the current social and political context, the two causes are natural allies. Both anarchists and traditionalists are opposed to this state . . . for the opposite reasons. Anarchists are against any and all sovereign regimes, whereas traditionalists are opposed to this sovereign regime. The anarchist Peter Pan is opposed to parents altogether, while the traditionalist Robin Hood is against this wicked usurper.
Crypto-Anarchism can be understood as an ideology, and it even has its own little Crypto-Anarchist Manifesto [1]. More generally, though, Crypto-Anarchism encompasses any and all efforts to liberate communication from state control and manipulation. It would be ironic for one who conflated Crypto-Anarchism and generic anarchism that the Al Qaeda network–intent on establishing a draconian theocratic global Caliphate–has pioneered the application of cryptography in its ongoing war with several dozen states. Of course, these are the same Leftist fools who rally under the likeness of Catholic traditionalist radical Guy Fawkes, so this confusion should come as no surprise.
There are state laws against cryptography, but they’re utterly inconsequential, except perhaps as additional charges to throw at the condemned. The reason is that it’s impossible to detect cryptography when it’s concealed (steganography), and it’s impractical to detect illegal variants of cryptography when it’s bundled in legal variants of cryptography. While the state may be able to pick off the unwary and ill-prepared, the only complete recourse at this point is for the state to shut off the Internet.
The state’s at least as dependent on the Internet as the citizenry, and untold billions of dollars worth of corporate capital rely on the Internet. The question is not whether this state will tolerate the Internet and secure communication, but whether the Internet and secure communication will tolerate this state. While the Internet did indeed originate in America’s military-industrial complex, and was incubated by multinational corporations, there’s reason to believe that neither the regime nor its financial backers have any real ability to control or contain it.

Jay Rockefeller: Internet should have never existed [2]
There are multiple reasons secure communication remains an afterthought on the Internet, all of which are ephemeral. Some are technical. The “deep web” (the secret Internet behind the Internet) remains flaky and slow because there are relatively few people on it, because the encryption overhead carries a significant performance cost, and because a virtual “commons” intrinsically designed to be devoid of accountability is categorically ripe for abuse. Furthermore, the technology remains a few steps beyond the reach of the digital layman, requiring one to willfully seek it out, download it, and figure out how to use it.
The primary obstacle to achieving ubiquitous secure email communication isn’t a mathematical wizard at the NSA, it’s the frustrating mess of “private keys,” “public keys,” and specific steps involved in the process. Processors and networks will continue incrementally improving, but genuine progress for the deep web will only come when accessing the technology gets easier and carrying on as usual gets harder. Currently, the deep web is largely a frontier occupied by radical dissidents, child pornographers, computer hobbyists, and the sharper organized crime networks.
Up until recently, government regulation of illicit file-sharing networks was rather mild, but that’s changing, driving an increasing amount of it into the deep web and entirely beyond the reach of government enforcement. It’s in the tactical interest of sovereign states to tolerate absolutely all speech and communication except for terrorist plots and the most heinous organized crime (inclusive of child pornography). What grabbing for the royalties of e-book thieves and classic film buffs accomplishes is accelerating the inevitable transition of the entire Internet from a relatively transparent network they can observe like a fishbowl into an inscrutable black box. Military intelligence analysts don’t make policy, they enforce policy. Policy and enforcement is at the hands of corporate lobbying groups like the MPAA and RIAA which lean on legislative, executive, and judicial institutions to rescue their imperiled business models.
There’s an argument that the more advanced intelligence agencies are actually on top of these things. Ultimately, there’s no way to prove or disprove this proposition, and I may be proven wrong, but I don’t believe it’s possible for them to insert back doors into the open source software the Internet runs on. I don’t believe they’ve cracked the more advanced encryption algorithms. There are, after all, substantial cash prizes waiting for those who can demonstrate having cracked the more popular encryption schemes . . . not to mention undying fame within hacker subcultures.
The more successful hacks on record have largely been feats of social engineering, and many of the others have been clever exploitation of simple mistakes at some improbable layer of the technology stack. If the government can control it, Al Qaeda wouldn’t have chat rooms. Banks wouldn’t entrust billions of dollars every day to SSL encrypted websites. Silk Road wouldn’t be mail-ordering cocaine and XTC with impunity. Child pornography wouldn’t be a thriving global black market with only a fraction of the consumers being caught.
What does all this mean, politically? What does it mean for us?
Within the next decade, powerful smartphones will be ubiquitous. The technology connecting them to the deep web will be readily accessible to the layman. Creeping state efforts to intrude upon communication will make the deep web a daily necessity for anybody who desires any degree of privacy. Monetary transactions will gradually shift to the tax-free, inflation-free, fee-free, digital currencies, undermining the global economic order and bringing down with it every regime which relies on military technology or economic incentives to ensure the loyalty of its subjects.
The regimes which rely primarily on financial control rather than more organic and traditional authority are existentially threatened by the rapid advances in secure communication technology. For all the concern about China, Russia, Iran, and North Korea posing a cyber-security threat to the United States government, the greatest threat is coming from BitCoin or a variant thereof. If the state monopoly on legal tender is broken in the same way the music industry’s monopoly on listening to music has been broken, a cascade failure of the prevailing global power structure without historical precedent will follow.
It may be foolhardy to make a prediction as bold and specific as that one, and it’s foolish to speculate on exactly how it will play out. I believe; however, that political progress in the future will favor those vanguards which rely on traditional and organic authority, especially the ones which take the lead in mastering and utilizing the secure communication technologies as they’re developing. As a movement, we have the first half of the equation nailed. To capitalize on the coming revival of tribal and traditional leadership, the New Right needs to know how to send encrypted emails and communicate through encrypted means whenever possible. At the very least, we should all avoid the habit of discussing anything private on services like Facebook, Skype, and Gmail Chat which likely have back doors.
We can’t allow technology to overwhelm us.
If political pressure on web hosting companies forces our major websites to be pulled, then they should reappear shortly thereafter on the deep web. Readers and supporters should know where to find it.
There’s a certain bias among conservatives and traditionalists against technology, due to its dehumanizing and alienating impact on society, and due to its having been leveraged against conservatism and tradition.
Technology is what one makes of it, and I believe it can be a veritable Excalibur against the global oligarchs and Modernity itself if leveraged intelligently and effectively.
One of the charming aspects of Farnham O’Reilly’s neo-fascist sci-fi novel Hyperborean Home [3] is the proposition that technology will be advanced and ubiquitous, yet seamlessly integrated into the natural world and traditional community. Rather than being a distracting, obnoxious, and gaudy intrusion into our daily lives, it will fade into the background and be there when necessary, as if it were magic. Rather than coming between us, it will help pull us together. Instead of posing an insidious threat to human dignity and privacy, it will enhance both. This is, in my opinion, what the New Right’s position should be on technology, not a reactionary conservative’s reflexive fear of change or the buffoonish liberal’s dehumanizing “futurist” dystopia of bionic people floating in chrome contraptions . . . but a mastery of technology in the service of tribe, tradition, and transcendence.
Article printed from Counter-Currents Publishing: http://www.counter-currents.com
URL to article: http://www.counter-currents.com/2013/03/crypto-anarchism-cyber-security-and-the-new-right/
URLs in this post:
[1] Crypto-Anarchist Manifesto: http://www.activism.net/cypherpunk/crypto-anarchy.html
[2] Jay Rockefeller: Internet should have never existed: http://www.youtube.com/watch?v=Ct9xzXUQLuY
[3] Hyperborean Home: http://www.counter-currents.com/2011/07/hyperborean-home/
00:05 Publié dans Définitions, Nouvelle Droite | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cybernétique, anarchisme, nouvelle droite, sécurité |
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Et si Détroit, l'afro-américaine en faillite, était... notre futur ?

Et si Détroit, l'afro-américaine en faillite, était... notre futur ?
Joris Karl
Boulevard Voltaire cliquez ici
Cette fois-ci on y est presque. Détroit, l’ancienne « Motor City », fierté de l’Amérique des fifties, risque d’aller à la casse : Rick Snyder, le gouverneur de l’État devrait mettre la ville… sous tutelle, dernière étape avant la faillite !
À ce niveau-là, on n’est même plus dans l’urgence car la ville est en panne sèche. Pour l’exercice en cours, le déficit budgétaire a déjà crevé le plafond (100 millions de dollars) ; quant à la dette, elle dépasse 14 milliards ! Les tuteurs auront le pouvoir de décider unilatéralement de fermer des départements entiers de la municipalité, de modifier les contrats de travail, de vendre des actifs de la ville et de changer lois et règlements.
C’était couru d’avance : qu’un gouverneur blanc veuille mettre cette ville sous tutelle a enclenché une polémique raciale. Car l’ancienne capitale de l’automobile est devenue quasi noire en 30 ans. L’évolution démographique est effarante : de 1 850 000 en 1950, Détroit a plongé à 700 000 habitants aujourd’hui ! Autrefois blanche, la ville est composée désormais de Noirs à 90 %.
Tout a commencé par l’explosion raciale de 1967. 43 morts. Des combats de rue ultra violents. Les chars de l’US Army. Le gouverneur avait survolé la ville en hélico : « Merde, on dirait que Motown a été bombardée » avait-il lâché… Au sol, la loi martiale. Des mecs avec coupe afro et t-shirt moulant qui gueulaient. Des brigades avec des chiens fous furieux. Des snipers blacks Panthers sur les toits qui dégommaient les pompiers. Il fallait que ça crame. Que tout crame !
La descente aux enfers commençait. En 73, Coleman Young, le « Mother Fucker in charge » comme il s’appelait lui-même, fut élu… Enfin un afro-américain au pouvoir ! Young avait voulu affirmer l’identité noire de sa ville en rebaptisant des rues ou en érigeant des monuments à la gloire des figures du mouvement afro-américain. La population blanche commença à fuir le centre ville, s’éloignant toujours plus vers des banlieues « protégées ».
Pour ne rien arranger, les « nuits du diable », durant Halloween, étaient prétexte à des actes de petit vandalisme dans toute la ville. Mais à partir des années 70, ces drôles de fiestas dégénérèrent. En 84, ce fut l’apocalypse : 1 000 bagnoles avaient flambé, des viols, des meurtres et tout le tralala. Les flics n’en revenaient pas. Détroit devenait la ville la plus cinglée d’Amérique.
En 2013, le chaos urbain vous prend à la gorge. Les gens hagards, l’insécurité partout, les voitures laissées pour mortes dans les cours des maisons fantômes. Certains disent que l’endroit est à l’image du pays. Que le rêve est passé. Le pire, c’est peut-être la « chose qui faisait peur », la Michigan Central Station. L’énorme gare édifiée au temps de la splendeur, en 1913, voici plus d’un siècle. Ce bâtiment sent la poisse, sorte de Mary Céleste échouée à l’écart. Le dernier train est parti en 1988. Depuis, tout le monde est à quai. Détroit, ou la sensation malsaine de voir notre futur…
00:05 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : politique internationale, detroit, états-unis, muticulturalité, multiculturalisme, faillite, urbanisme, ville |
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