dimanche, 04 janvier 2026
Bas les pattes du Venezuela – Yankee, go home!

Bas les pattes du Venezuela – Yankee, go home!
Nick
Source: https://zannekinbond.org/hands-af-van-venezuela-yankee-go...
La Zannekinbond (Flandre) condamne de la manière la plus fondamentale la tentative de coup d'État des États-Unis au Venezuela. La violation de la souveraineté d'une nation indépendante et l'enlèvement d'un chef d'État légitime et élu démocratiquement – ainsi que de son épouse – constituent non seulement une violation flagrante du droit international et de l'intégrité personnelle, mais aussi une manifestation brutale et sans vergogne de l'impérialisme américain.
Ces derniers mois, les États-Unis ont déployé une puissance militaire sans précédent dans la mer des Caraïbes, et des dizaines de Vénézuéliens ont déjà été tués lors d'opérations présentées comme une lutte contre le prétendu «narcoterrorisme». En réalité, il s'agit de contrôler le pétrole vénézuélien, qui est aujourd'hui largement exporté vers la Chine. Trump n'a laissé aucun doute lors de sa conférence de presse du 3 janvier à ce sujet.

La doctrine Monroe est de retour, transformée en sa forme la plus brutale et la plus agressive. Comme Trump lui-même l'a déclaré sans honte : « J'ai personnellement approuvé les gouvernements d'Argentine, du Chili et du Honduras. » Les États-Unis ne cachent plus leur volonté de soumettre à nouveau entièrement l'hémisphère occidental, comme c'était le cas avant la Guerre froide et la montée des régimes socialistes en Amérique latine. Dès le début, il était clair que l'impérialisme américain sous Trump prendrait une forme plus primitive et grotesque : moins voilée, davantage basée sur la force brute et la démonstration de puissance ouverte. Là où les prédécesseurs démocrates privilégiaient une subversion subtile et un théâtre diplomatique, Trump croit à la démonstration brute, musculaire.
Les régimes de gauche libérale (et d'extrême droite) en Europe sont sans aucun doute complices moralement de ce forfait. La rhétorique bravache de l'époque de Trump I – lorsqu'il était encore considéré comme une anomalie conservatrice, une « erreur de programmation » dans la prétendue fin de l'histoire – a disparu comme neige au soleil. Les discours creux sur les « dictateurs » et le prétendu droit du peuple vénézuélien à la « liberté » et à la « démocratie » ne peuvent dissimuler le fait que les élites européennes apportent leur coopération diplomatique à l'agression américaine. Les déclarations d'Ursula von der Leyen, Kaja Kallas, Keir Starmer, Emmanuel Macron et Giorgia Meloni après l'opération américaine laissent peu de place à l'imagination. La justification morale d’un changement de régime a été soigneusement préparée par l’attribution du prix Nobel de la paix à Machado, la leader de l’opposition d’extrême droite qui approuve ouvertement les bombardements sur son propre peuple.
Pourtant, un rayon d'espoir perce à l'horizon. Alors que l'impérialisme américain se montre à nouveau sous sa forme la plus brutale et décivilisée, – surtout après le génocide à Gaza – de plus en plus de gens perçoivent clairement le vrai caractère de l'impérialisme occidental. Parallèlement, les arguments moraux contre l’opération militaire spéciale russe en Ukraine deviennent de plus en plus creux, à mesure que l’Occident viole ostensiblement la souveraineté d’autres peuples ailleurs.

Trump avait déjà évoqué de nouvelles actions militaires possibles, plus radicales, contre le Venezuela. Contrairement à ses attentes, le peuple de Caracas n’est pas descendu dans la rue en jubilation. Le gouvernement bolivarien n’a pas tombé et le pays ne s’est pas effondré comme un château de cartes. Néanmoins, Trump a indiqué qu'il souhaite diriger temporairement le Venezuela directement depuis les États-Unis, en attendant une prétendue « transition vers la démocratie ». Cela témoigne d’un retour à l’essence brutale de l’impérialisme : les façades néocoloniales ne sont plus nécessaires, car le colonialisme classique n’a plus besoin de masque. Les «investissements massifs» promis montrent que des investisseurs privés, des compagnies pétrolières et des entreprises militaires privées joueront un rôle central dans le Venezuela selon la vision de Trump. En même temps, il a lancé des menaces ouvertes contre Cuba, sans aucune illusion à ce sujet.
La Russie et la Chine ont réagi, comme toujours, avec prudence et diplomatie, en insistant sur la paix et le dialogue. Il est néanmoins encourageant que le ministère russe des Affaires étrangères ait explicitement déclaré que la voie bolivarienne est la bonne pour le Venezuela. Cependant, cela montre aussi à nouveau le manque d'une Russie comme autrefois, qui jouait un rôle idéologique et logistique contre l’impérialisme américain et se posait comme la défenderesse de la souveraineté des peuples du Tiers-Monde. La Russie d’aujourd’hui soutient ses partenaires stratégiques principalement pour des raisons pragmatiques, et ne s’engage plus dans des alliances idéologiques fondamentales comme autrefois. L’exemple de la Syrie, où Assad a été remplacé par al-Jolani en échange d’un accès permanent aux bases militaires et aux ports, en dit long. La position russe sur la question palestinienne – où Moscou, comme l’URSS avant elle, ne rompt pas toutes ses relations diplomatiques avec Israël – le souligne également.
Les événements au Venezuela montrent donc la nécessité de forger des alliances plus fondamentales et d’approfondir l’idéologie pour construire un système mondial alternatif capable de briser réellement l’impérialisme. Un système mondial, selon notre conviction, qui ne peut être construit qu’en fonction des intérêts de la classe ouvrière.
Nous pouvons espérer que les pacifistes, dissidents, penseurs et activistes du monde entier ont enfin dépassé l’illusion que Trump pourrait apporter paix et stabilité à Gaza, en Ukraine ou ailleurs. Les États-Unis, sous son gouvernement, ne sont pas devenus moins agressifs ou moins voraces. Trump n’est qu’une autre « avatar » de l’impérialisme américain : moins diplomate, moins policé et moins voilé moralement qu'Obama ou Biden, et donc apparemment « plus sincère » – mais c’est justement pour cela qu’il peut être encore plus dangereux.

En même temps, les actions de Trump ont mis en évidence une faiblesse majeure. Bien que cette opération – tout droit sortie d’un scénario hollywoodien – ait porté un coup humiliant au peuple vénézuélien, elle montre aussi que les États-Unis reculent face à une guerre terrestre à grande échelle. La perspective de soldats américains revenant dans des cercueils après une guerre de guérilla impitoyable constituerait une perte d’image inacceptable. La résilience et la combativité du peuple vénézuélien, ainsi que ses milices populaires, pourraient sérieusement compromettre les plans de Trump, révéler complètement le vrai visage de l’impérialisme américain – après le fiasco sioniste à Gaza –, et rendre visible la faiblesse croissante de la domination américaine dans cette période de déclin unipolaire et de capitalisme en décomposition.
Notre soutien va sans réserve au peuple vénézuélien, qui porte le lourd fardeau de la défense de sa souveraineté. Nous sommes convaincus que les milices populaires vénézuéliennes sont capables de résister à la bête impérialiste, aussi grande soit la souffrance qu’on essaie d’imposer au peuple. C’est pourquoi le peuple vénézuélien et le bolivarisme reçoivent le soutien total de tout anti-impérialiste sincère, partout dans le monde, notamment chez nous en Flandre, où la lutte pour la souveraineté nationale et la libération est profondément ancrée dans l’histoire.
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Réflexion post-vénézuélienne

Réflexion post-vénézuélienne
Claude Bourrinet
Ce qui a volé en éclats, avec l'intervention brutale des Américains au Venezuela, c'est l'illusion que pouvaient donner les BRICS d'une opposition, au moins minimale, à l'agression impérialiste yankee. Or, Trump a fait exactement ce qu'il avait dit qu'il ferait, il a démoli les résistances vénézuéliennes, sans qu'une résistance l'en ait empêché, et il a, en shérif qu'il prétend être, dans la plus pure tradition du Far West, kidnappé Maduro, présumé truand, pour le livrer à une Justice de cow boy, et probablement l'emprisonner à vie. Dans le même temps, il poursuit son programme cynique de brigandage, de vol du pétrole vénézuélien.
La Russie et la Chine, dont des discours rassurants, accompagnés d'images fascinantes, laissaient espérer une aide militaire (missiles, radars, matériel sophistiqué de surveillance, voire avions de chasse et navires militaires etc.), dispositif qui allait donner du fil à retordre aux Gringos, se sont révélés impuissants à empêcher cette sorte de coup d'éclat dont les Anglo-saxons sont souvent les maîtres. L'inévitable, à savoir la défaite (peut-être temporaire) du chavisme et du bolivarisme dans cette région de l'Amérique latine, après les victoires fascisantes et pro-américaines au Chili, en Équateur, en Argentine, ne peut être enrayé par une quelconque guérilla, qui a sans doute été plus ou moins préparée, mais qui ne semble pas viable à court terme, tellement le pays est épuisé par des années de blocus et d'usure (toutefois, une guérilla résiduelle est persistante se maintiendra). Il est à peu près assuré qu'une dictature féroce va s'installer dans le pays, avec de probables règlements de comptes sanglants, et les exploits de commandos de la mort. Personne ne portera secours au peuple vénézuélienne, ni le Brésil, déconsidéré à vouloir ménager la chèvre et le chou, ni la Colombie, occupée par des bases américaines. L'affaire semble pliée. On peut conjecturer que les Américains laisseront aux Russes et aux Chinois le temps de récupérer leur matériel militaire.
Les Brics sont en fait un réseau d'accords bilatéraux, qui converge parfois vers un horizon commun, mais surtout économique, sans pour autant que les décisions éventuelles prises en commun dans ce domaine engagent une rupture définitive avec l'Occident américanisé. La prudence y est de mise. Quant à une alliance militaire généralisée, il n'en est question, là aussi, que dans des situations bien particulières, quand les choses sont possibles, mais surtout quand il s'agit d'économie et de matériel. Jamais il n'a été question d'une intervention armée, ouverte et concertée, contre les États-Unis. Il est évident qu'une telle opération entraînerait une guerre mondiale nucléarisée.
La configuration planétaire des forces paraît de plus en plus claire. Le monde « polarisé » qu'on nous prédit prendra la forme d'un équilibre, avec quelques conflits en marge, entre empires, chacun doté d'un Lebensraum : l'empire américain, avec son arrière-cour latino-américaine, l'empire russe, avec sa zone de protection, l'empire chinois, empire du milieu ne souffrant pas d’empiétement sur son littoral, l'empire indien, confiné entre océan et chaîne himalayenne. L'empire brésilien n'est qu'un mirage, l'empire africain est une vue de l'esprit, l'empire européen de l'Ouest est une nostalgie, avant effacement définitif.

Avec cet état géopolitique généralisé, c'est l'illusion d'une éthique commune et des règles universelles acceptées de tous qui disparaît. Cette dissolution de la morale internationale est devenue évidente avec le comportement transgressif des États-Unis et d'Israël au Moyen-Orient, où toutes les modalités de mesure et de respect de l'intégrité physique des civils ont été bafouées cyniquement ; mais ces violations des droits élémentaires étaient, chez ces deux nations, depuis Hiroshima, Nagasaki, et la création de l’État d'Israël, une coutume. D'autres catastrophes humanitaires, comme au Cambodge ou au Rwanda, ou ailleurs, ont pu porter des coups sévères aux règles laborieusement édifiées entre nations. Toutefois, l'Histoire s'accélérant, et la Guerre Froide, qui donnait à croire à un choc entre deux visions contraires de l'homme, l'une, individualiste, l'autre socialisée, toutes deux entées dans des conceptions idéalistes et progressistes issues de l'humanisme des Lumières, en cessant, a jeté le monde dans l'engrenage glacé des intérêts aussi francs que la logique pornographique. Les messages fleur bleu de la justice, de l'égalité, de la liberté, de la fraternité, s'ils ne suscitent pas maintenant, de-ci, de-là, des rires sardoniques, engendrent un ennui de fin de beuverie. Ce qui compte, ce ne sont plus les poèmes exaltés de Neruda, d'Eluard, ou la rhétorique évaporée de Radio Free Europe, mais la comptabilité des puissances d'anéantissement, et l'ostentation des muscles, quand ce ne sont pas les envolées de pochards, et les coups de menton agressifs, vulgaires, de crapule.
L'avenir ne chantera que des chansons martiales et d'ivrognes. Car cet état d'équilibre entre empires sera précaire, miné par la chute de la démographie, et par la nécessité de s'emparer à tout prix de sources énergétiques. Des catastrophes écologiques peuvent aussi pousser aux guerres. Il se peut qu'à terme, dans un siècle, par exemple, l'un de ces empires l'emporte sur les autres, et impose une domination planétaire sur ce qui restera de l'humanité. Ce sera sans doute un monde totalitaire, pourvu d'une religion idoine, qui va être élaborée dans ce qui demeure du XXIe siècle, quelque chose qui prendra à toutes les spiritualités du passé, mais avec une dominante orientale.
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samedi, 03 janvier 2026
Mad Max: le monde sans freins

Mad Max: le monde sans freins
Par @BPartisans (Telegram)
Oubliez les règles. Oubliez le droit. Oubliez les discours.
Ce qui se joue autour du Venezuela n’est pas une crise: c’est la version bêta du monde qui vient. Un monde où l’ordre international a été broyé, recyclé, puis revendu en slogans creux pendant que les moteurs de guerre tournent à plein régime.
L’ancien «monde fondé sur des règles» n’a pas été détruit par ses ennemis, mais par ceux qui prétendaient l’incarner. À force d’exceptions, de sanctions unilatérales, de changements de régime sous emballage moral, il a implosé. Résultat: un désert géopolitique où seuls comptent la force, la ressource et la capacité à frapper sans rendre de comptes.
La carte du monde n’est plus faite de frontières mais de zones exploitables. De grands blocs militarisés avancent comme des bandes motorisées. Entre eux, une immensité de pays vulnérables, riches en pétrole, en minerais ou en positions stratégiques, transformés en stations-service du chaos. Le Venezuela n’est pas un cas particulier. C’est un panneau indicateur.
Quand les fragilités internes rencontrent la prédation externe, la recette est connue: asphyxie financière, sabotage institutionnel, polarisation sociale, puis intervention «nécessaire». Le chaos n’est pas un échec de gouvernance : c’est un outil. On ne stabilise plus, on fracture. On ne reconstruit plus, on administre les ruines.

Le droit international est désormais un cadavre desséché. On l’agite encore dans les discours comme un talisman, mais plus personne n’y croit. L’Organisation des Nations unies n’est plus qu’un décor : beaucoup de micros, aucun levier. Pendant qu’on y débat, les décisions se prennent ailleurs, brutalement, sans vote ni mandat.
L’Amérique latine se voulait «zone de paix». Elle découvre qu’elle est surtout une zone temporairement tolérée, jusqu’à ce qu’une ressource, une élection ou une monnaie deviennent trop utiles pour être laissées tranquilles. Comme le Moyen-Orient, l’Afrique ou l’Asie, elle entre dans l’ère des conflits permanents à basse intensité, suffisamment violents pour détruire, pas assez pour choquer durablement.
Dans ce monde Mad Max, chacun forge son blindage.
La Russie transforme la souveraineté en doctrine de survie: sécurité nationale, économie militarisée, stabilité exportable comme un service stratégique. La Chine observe le chaos sans émotion: dans un désert, celui qui contrôle l’eau et le temps finit toujours par gagner.
Les anciennes élites mondialistes, elles, ont compris trop tard qu’elles ont perdu la main. Alors elles frappent avant d’être frappées. Le chaos devient politique officielle, la peur un instrument de gestion, la coercition un langage diplomatique.

Et l’Union européenne ?
Elle découvre que dans ce nouveau monde, l’accusation est une arme réversible. À force de disqualifier, sanctionner, moraliser et criminaliser, elle s’expose à subir exactement les mêmes méthodes. Dans l’univers Mad Max, celui qui brandit la vertu attire le tir. Corruption, ingérences, trafics, censures: tout circule, tout se retourne, tout s’utilise.
Nous avons quitté l’ère des lois pour entrer dans celle des convois armés, des économies de guerre et des populations prises en otage entre des puissances qui n’ont plus rien à proposer, sauf la force.
Mad Max n’était pas une dystopie.
C’était une prévision opérationnelle.
@BPARTISANS
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L’illégitimité: mode d’emploi pour puissances pressées

L’illégitimité: mode d’emploi pour puissances pressées
Par @BPartisans (Telegram)
Il fut un temps où l’illégitimité d’un dirigeant relevait d’un processus long, fastidieux, presque ennuyeux : élections contestées, recours constitutionnels, médiations internationales, observateurs de l’ONU, débats juridiques. Un âge de pierre procédural.
En 2026, grâce à Marco Rubio, tout cela appartient au musée des conventions obsolètes.
Désormais, la règle est simple, moderne, efficace : « Nous ne le reconnaissons pas comme président ». Traduction opérationnelle : il peut être arrêté, enlevé, exfiltré, neutralisé. Le droit international devient un communiqué de presse assorti d’un plan de vol nocturne. Nicolás Maduro n’est plus un chef d’État, mais une variable d’ajustement géopolitique.
Le plus fascinant n’est pas l’acte, mais la logique. L’illégitimité n’est plus un constat, c’est une arme. Elle ne se démontre pas, elle se proclame. Elle ne se vote pas, elle s’énonce. Celui qui parle le plus fort, avec les moyens militaires adéquats, devient juge, procureur et huissier d’exécution.
Problème : cette logique peut être contagieuse.
Depuis des mois, la Russie affirme que Volodymyr Zelensky n’est plus légitime. Jusqu’ici, l’Occident riait, dénonçait la « propagande », rappelait les sacro-saints principes démocratiques. Mais à partir du moment où Washington transforme la non-reconnaissance politique en justification d’enlèvement physique, l’argument moral s’évapore. Il ne reste que le précédent.
La question n’est donc plus si un dirigeant est légitime, mais qui a le droit de décréter son illégitimité. La réponse est d’une limpidité presque obscène : la puissance dominante du moment. Le peuple ? Accessoire. Les urnes ? Contextuelles. Les constitutions ? Interprétables. L’ONU ? Décorative.
Nous entrons dans l’ère du droit international performatif : dire, c’est faire. Déclarer, c’est autoriser. Accuser, c’est neutraliser. Une fois l’étiquette « régime illégitime » collée, tout devient possible et surtout respectable.
L’Ukraine, dans ce cadre, n’est plus seulement un champ de bataille, mais un terrain d’expérimentation conceptuelle. Si l’illégitimité suffit, alors toute opération cesse d’être une agression pour devenir une « restauration de l’ordre ». Les forces spéciales remplacent les diplomates, et le narratif remplace la loi.
L’Occident applaudit aujourd’hui cette simplification brutale du monde. Demain, il découvrira que les règles qu’on détruit avec enthousiasme ont une fâcheuse tendance à manquer cruellement… quand on en aurait soudain besoin.
@BPARTISANS
16:16 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : lawfare, actualité, venezuela, nicolas maduro, amérique latine, amérique du sud, caraïbes, amérique ibérique |
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La guerre des États-Unis contre le Venezuela a commencé en 2001

La guerre des États-Unis contre le Venezuela a commencé en 2001
Source: https://comedonchisciotte.org/gli-stati-uniti-attaccano-i...
Les attaques actuelles des États-Unis contre le Venezuela s’inscrivent dans un processus de vingt ans dirigé par les États-Unis et la droite vénézuélienne pour miner le projet bolivarien et sa courageuse décision d’utiliser la richesse pétrolière du pays pour améliorer la vie de sa population.
Par Vijay Prashad, pour peoplesdispatch.org
Les États-Unis n’avaient aucun problème avec le Venezuela en soi, ni avec le pays ni avec son ancienne oligarchie. Le problème que le gouvernement américain et sa classe d’entrepreneurs ont, c’est avec le processus lancé par le premier gouvernement du président vénézuélien Hugo Chávez.
En 2001, le processus bolivarien de Chávez a adopté une loi appelée Loi Organique sur les Hydrocarbures, qui affirmait la propriété de l’État sur toutes les réserves de pétrole et de gaz, réservait les activités en amont d’exploration et d’extraction aux entreprises contrôlées par l’État, mais permettait aux entreprises privées, y compris étrangères, de participer aux activités en aval (raffinage et commercialisation).
Le Venezuela, qui possède les plus grandes réserves de pétrole au monde, avait déjà nationalisé son pétrole par des lois en 1943 puis à nouveau en 1975. Cependant, dans les années 90, dans le cadre des réformes néolibérales promues par le Fonds Monétaire International (FMI) et les grandes compagnies pétrolières américaines, l’industrie pétrolière avait été largement privatisée.

Lorsque Chávez a promulgué la nouvelle loi, il a ramené l’État au contrôle de l’industrie pétrolière (dont les ventes à l’étranger représentaient 80 % des revenus extérieurs du pays). Cela a mis en colère les compagnies pétrolières américaines, en particulier ExxonMobil et Chevron, qui ont fait pression sur le gouvernement du président George W. Bush pour agir contre Chávez.
Les États-Unis ont tenté d’organiser un coup d’État pour destituer Chávez en 2002, qui a duré plusieurs jours, puis ont poussé la direction corrompue de la compagnie pétrolière vénézuélienne à déclencher une grève pour nuire à l’économie vénézuélienne (finalement, ce sont les travailleurs qui ont défendu l’entreprise et la ont reprise en main).
Chávez a résisté à la fois à la tentative de coup d’État et à la grève parce qu’il bénéficiait d’un large soutien populaire.
Maria Corina Machado, qui en 2025 a reçu le Prix Nobel de la Paix, a fondé un groupe appelé Sumaté (« Unis »), qui a soumis à référendum la révocation du président. En 2004, environ 70% des électeurs inscrits se sont rendus aux urnes, et une large majorité (59%) a voté pour maintenir Chávez à la présidence.
Mais ni Machado ni ses soutiens américains (y compris les compagnies pétrolières) ne se sont calmés. Depuis 2001, ils ont cherché à renverser le processus bolivarien, pour remettre effectivement au pouvoir les compagnies pétrolières détenues par les États-Unis.
La question du Venezuela ne concerne donc pas tant la « démocratie » (un mot usé, qui perd peu à peu de sa signification), mais la lutte de classe internationale entre le droit du peuple vénézuélien à contrôler librement son pétrole et son gaz, et celui des compagnies pétrolières américaines à dominer les ressources naturelles vénézuéliennes.

Le processus bolivarien
Lorsque Hugo Chávez est apparu sur la scène politique dans les années 90, il a capturé l’imagination de la majorité du peuple vénézuélien, en particulier de la classe ouvrière et des paysans.
La décennie a été marquée par les trahisons dramatiques des présidents qui avaient promis de protéger le pays riche en pétrole contre l’austérité imposée par le FMI, puis ont adopté ces mêmes propositions du FMI. Peu importait qu’ils soient social-démocrates (comme Carlos Andrés Pérez de Acción Democrática, président de 1989 à 1993) ou conservateurs (comme Rafael Caldera des Démocrates Chrétiens, président de 1994 à 1999).
L’hypocrisie et la trahison caractérisaient le monde politique, tandis qu’un niveau élevé d’inégalité (avec un indice de Gini de 48,0, un chiffre incroyablement élevé) accablait la société. Le mandat de Chávez (qui a remporté l’élection avec 56% contre 39% pour le candidat des anciens partis) était contre cette hypocrisie et cette trahison.
Le fait que les prix du pétrole soient restés élevés de 1999 (lorsque Chávez a pris ses fonctions) jusqu’en 2013 (lorsqu’il est mort à seulement 58 ans) a aidé Chávez et le processus bolivarien. Après s’être approprié les revenus du pétrole, Chávez les a utilisés pour obtenir d’extraordinaires résultats sociaux. Tout d’abord, il a développé une série de programmes sociaux de masse (« misiones ») qui ont redirigé ces revenus pour satisfaire les besoins humains fondamentaux, comme les soins de santé de base (Misión Barrio Adentro), l’alphabétisation et l’éducation secondaire pour la classe ouvrière et les paysans (Misión Robinson, Misión Ribas et Misión Sucre), la souveraineté alimentaire (Misión Mercal puis PDVAL) et la construction de logements (Gran Misión Vivienda).
L’État a été réformé comme un véhicule de justice sociale, et non comme un outil pour exclure la classe ouvrière et les paysans des bénéfices du marché. Avec l’avancement de ces réformes, le gouvernement a cherché à construire le pouvoir populaire à travers des outils participatifs comme les communes (comunas). Ces communes sont nées initialement des conseils communaux (consejos comunales) et ont ensuite évolué en organes populaires pour contrôler les fonds publics, planifier le développement local, créer des banques communautaires et former des entreprises coopératives locales (empresas de producción social).
Les communes représentent l’un des contributions les plus ambitieuses du processus bolivarien: un effort – irrégulier mais historiquement significatif – pour bâtir le pouvoir populaire comme une alternative durable à la domination oligarchique.

La guerre hybride imposée par les États-Unis au Venezuela
En 2013-2014, deux événements ont profondément menacé le processus bolivarien : d’une part, la disparition prématurée de Hugo Chávez, sans doute la force motrice de l’énergie révolutionnaire dans le pays, et d’autre part, le déclin lent puis constant des revenus pétroliers. Chávez a été remplacé à la présidence par l’ancien ministre des Affaires étrangères et syndicaliste Nicolás Maduro, qui a tenté de stabiliser la situation, mais a dû faire face à un défi sérieux lorsque les prix du pétrole, atteignant un pic en juin 2014 à environ 108 dollars le baril, ont chuté drastiquement en 2015 (en dessous de 50 dollars) puis en janvier 2016 (en dessous de 30 dollars). Pour le Venezuela, dépendant des ventes de pétrole brut à l’étranger, cette baisse a été catastrophique. Le processus bolivarien n’a pas réussi à revoir la redistribution dépendante du pétrole (pas seulement à l’intérieur du pays, mais aussi dans la région, notamment via PetroCaribe) ; il est resté piégé par sa dépendance aux exportations pétrolières et par ses contradictions en tant qu’État rentier. De même, le processus bolivarien n’avait pas exproprié la richesse des classes dominantes, qui continuaient à peser fortement sur l’économie et la société, empêchant ainsi une transition complète vers un projet socialiste.
Avant 2013, les États-Unis, leurs alliés européens et les forces oligarchiques d’Amérique latine avaient déjà forgé leurs armes pour une guerre hybride contre le Venezuela. Après que Chávez ait remporté ses premières élections en décembre 1998, et avant qu’il n’entre en fonction l’année suivante, le Venezuela a connu une fuite accélérée de capitaux, l’oligarchie vénézuélienne transférant ses richesses à Miami. Lors du coup d’État et du blocus pétrolier, d’autres preuves de fuite de capitaux ont encore affaibli la stabilité monétaire du Venezuela. Le gouvernement américain a commencé à poser les bases diplomatiques pour isoler le Venezuela, en qualifiant le gouvernement de problème et en constituant une coalition internationale contre lui. Cela a conduit, en 2006, à des restrictions d’accès aux marchés financiers internationaux. Les agences de notation de crédit, les banques d’investissement et les institutions multilatérales ont constamment augmenté les coûts de financement, rendant plus difficile le refinancement bien avant que les États-Unis n’imposent des sanctions formelles au Venezuela.
Après la mort de Chávez, avec la chute des prix du pétrole, les États-Unis ont lancé une guerre hybride ciblée contre le Venezuela. Par guerre hybride, on entend l’utilisation coordonnée de coercition économique, d’asphyxie financière, de guerre de l’information, de manipulation légale, d’isolement diplomatique et de violence ciblée, employées pour déstabiliser et inverser les projets politiques souverains sans invasion à grande échelle. Son objectif n’est pas la conquête territoriale, mais la soumission politique : discipliner les États qui tentent la redistribution, la nationalisation ou une politique étrangère indépendante.
La guerre hybride opère par la militarisation de la vie quotidienne. Attaques monétaires, sanctions, pénuries, narrations médiatiques, pressions des ONG, vexations juridiques (lawfare) et crises de légitimité orchestrées sont conçues pour éroder la capacité de l’État, épuiser le soutien populaire et fragmenter la cohésion sociale.
La souffrance qui en résulte est ensuite présentée comme une preuve d’un échec intérieur, masquant l’architecture extérieure de la coercition. C’est précisément ce que le Venezuela a affronté depuis que les États-Unis ont imposé illégalement des sanctions financières au pays en août 2017, puis aggravé par des sanctions secondaires en 2018. En raison de ces sanctions, le Venezuela a subi l’interruption de tous ses systèmes de paiement et canaux commerciaux, étant contraint à une conformité excessive aux réglementations américaines.
Pendant ce temps, les narrations des médias occidentaux ont systématiquement minimisé les sanctions, amplifiant inflation, pénuries et migration comme des phénomènes purement internes, renforçant le discours sur le changement de régime.
La chute du niveau de vie au Venezuela entre 2014 et 2017 ne peut être séparée de cette stratégie à plusieurs niveaux d’étouffement économique.
Attaques de mercenaires, sabotage du réseau électrique, création d’un conflit avantageant ExxonMobil entre la Guyana et le Venezuela, invention d’un président alternatif (Juan Guaidó), attribution du Prix Nobel de la Paix à quelqu’un qui prône la guerre contre son propre pays (Machado), tentative d’assassinat du président, bombardements de pêcheurs au large des côtes vénézuéliennes, saisie de pétroliers en partance du Venezuela, accumulation d’une flotte au large des côtes du pays : chacun de ces éléments est conçu pour créer une tension neurologique à l’intérieur du Venezuela, menant à la reddition du processus bolivarien en faveur d’un retour à 1998, et donc à l’annulation de toute loi sur les hydrocarbures promettant la souveraineté du pays.

Si le pays devait revenir à 1998, comme le promet Maria Corina Machado (photo), tous les progrès démocratiques obtenus par les misiones et les comunas, ainsi que par la Constitution de 1999, seraient invalidés. En effet, Machado a déclaré qu’un bombardement étasunien de ses compatriotes vénézuéliens serait « un acte d’amour ». Le slogan de ceux qui veulent renverser le gouvernement est : « En avant vers le passé ».
En octobre 2025, entre-temps, Maduro a dit en anglais à un public à Caracas: «Écoutez-moi, non à la guerre, oui à la paix, peuple des États-Unis.»
Ce soir-là, dans un discours radiophonique, il a averti: «Non au changement de régime, qui nous rappelle tant les guerres infinies et ratées en Afghanistan, en Irak, en Libye, etc. Non aux coups d’État orchestrés par la CIA.»
La phrase «non à la guerre, oui à la paix» a été reprise sur les réseaux sociaux et remixée en chansons. Maduro est apparu à plusieurs reprises lors de rassemblements et rencontres avec de la musique à plein volume, chantant « non à la guerre, oui à la paix » et, à au moins une occasion, portant un chapeau avec ce message.
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Venezuela: attaques américaines, la "fenêtre des War powers" – et le retour des sphères d'influence

Venezuela: attaques américaines, la "fenêtre des War powers" – et le retour des sphères d'influence
Elena Fritz
Source: https://t.me/global_affairs_byelena
Les États-Unis ont frappé militairement (https://www.welt.de/politik/article6958bd00fb77630dac275f... ). La Maison Blanche a confirmé les frappes aériennes contre le Venezuela. Caracas invoque l’article 51 de la Charte des Nations Unies et revendique le droit à l’autodéfense. Un appel téléphonique entre Nicolás Maduro et Donald Trump est resté sans effet.
La destruction précédemment rapportée de navires vénézuéliens apparaît rétrospectivement comme un test – tant sur le plan militaire que politique.
Le véritable cœur de cette escalade n’est pas militaire, mais juridique. Trump opère dans une "fenêtre de pouvoir", précisément calculée et inscrite dans le droit constitutionnel américain.
L’instrument juridique : War Powers
Selon la War Powers Resolution de 1973, le président doit informer le Congrès des États-Unis dans les 48 heures. Sans mandat explicite, une opération ne peut durer plus de 60 jours (plus jusqu’à 30 jours de retrait).
Important : le président peut commencer immédiatement les hostilités. C’est précisément cette "fenêtre" que Trump utilise – pendant la pause du Congrès. Plus il y a de faits établis avant le retour du parlement, plus la limite politique pour une cessation est haute.
Le récit pour légitimer
Trump argumentera que les États-Unis ont réagi à une attaque. Selon cette lecture, Washington mène contre le Venezuela une « guerre anti-drogue-terroriste », car ce dernier introduit délibérément des drogues aux États-Unis.
Ce récit est central: l’autodéfense permet d’agir sans l’approbation préalable du Congrès. C’est ici que la discussion ultérieure commence :
Quand commence le compteur de 60 jours ? Une opération anti-drogue devient-elle de facto une guerre contre un État ?
Venezuela en tant que nœud géopolitique
Le Venezuela n’est pas un théâtre isolé, mais un point de convergence de plusieurs intérêts des grandes puissances.

Chine :
Pékin est depuis plusieurs années un acteur stratégique au Venezuela : crédits, infrastructures, technologie, énergie. Juste avant l’attaque américaine, il aurait eu des accords oraux sur une coopération militaire – pas un traité, mais un signal clair.
Du point de vue américain, le Venezuela n’est pas seulement un « État problème », mais aussi une porte d’entrée pour la présence chinoise dans l’hémisphère occidental – exactement ce que la doctrine Monroe veut empêcher.
Russie :
Moscou a investi environ 20 milliards de dollars au Venezuela – principalement dans l’énergie et la défense. Le facteur déterminant reste cependant le pétrole : le Venezuela possède certaines des plus grandes réserves prouvées au monde.
Si les États-Unis y accèdent ou les contrôlent directement, Washington pourrait mieux contrôler le marché mondial du pétrole – avec des conséquences indirectes pour la Russie : prix, revenus, stabilité budgétaire.
Il ne s’agit donc pas seulement d’investissements perdus, mais d’un déplacement stratégique du marché et du pouvoir.
La logique plus large – miroir de Monroe
En profondeur, l’escalade suit une vieille logique froide.
L’« opération spéciale » de la Russie en Ukraine reflète une application miroir de sa propre logique Monroe: pas de projection d'une puissance étrangère dans la zone immédiate.
L’approche américaine au Venezuela est une version pure de la doctrine Monroe : pas d’acteurs externes dans l’hémisphère occidental – si nécessaire, leur imposer militairement cette interdiction.
Deux grandes puissances, deux sphères d’influence, deux « opérations spéciales » – même logique, mais avec des étiquettes différentes.
Conclusion pour l’Allemagne
Pour l’Allemagne, la leçon ne réside pas dans une appréciation morale, mais dans une compréhension correcte de la réalité.
Cette escalade montre que les grandes puissances n’agissent pas selon des valeurs, mais selon leurs intérêts – à travers des sphères d’influence, des ressources, la sécurité et le contrôle du marché.
Des termes tels que « ordre basé sur des règles » ou « défense de la liberté » servent principalement à légitimer, et non à gérer le pouvoir.
Une politique extérieure allemande réaliste commence là où l’on accepte que le monde est plus complexe, plus dur et plus cynique – et que des États qui n’y définissent pas eux-mêmes leurs intérêts deviennent l’objet de stratégies étrangères.
#geopolitik@global_affairs_byelena
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jeudi, 25 décembre 2025
Le Venezuela comme cas d’essai – sur les intérêts, les règles et les limites de la multipolarité

Le Venezuela comme cas d’essai – sur les intérêts, les règles et les limites de la multipolarité
Elena Fritz
Source: https://t.me/global_affairs_byelena
Le président américain Donald Trump a affirmé que les navires-citernes saisis par les États-Unis, et chargés de pétrole vénézuélien, seraient retenus. Le pétrole doit être vendu ou ajouté aux réserves stratégiques. À première vue, cela ressemble à une étape supplémentaire dans la politique de sanctions bien connue. En réalité, il s’agit de plus: d’un précédent qui en dit long sur l’état réel de l’ordre international.
Car il ne s’agit pas seulement du Venezuela, mais de la question de la signification des règles encore en vigueur, lorsque celles-ci entrent en collision avec des intérêts géopolitiques et économiques concrets. Sur le plan juridique, la démarche des États-Unis peut être juridiquement sécurisée ou du moins argumentée. Sur le plan politique, en revanche, un modèle familier se manifeste: la mise en œuvre factuelle de ses propres intérêts prime sur le droit international, tant que la résistance anticipée reste gérable.
C’est précisément pour cette raison que le cas du Venezuela est si instructif. Le pays n’est pas pertinent parce qu’il serait un acteur géopolitique central, mais parce qu’il fonctionne comme un maillon faible dans la chaîne internationale. Les réactions restent limitées, les protestations sont ritualisées, et aucune conséquence sérieuse ne se produit. Pour Washington, cela envoie un signal: la marge de manœuvre est plus grande qu’on ne le croit dans les déclarations officielles relatives à l’ordre fondé sur des règles.
De nombreuses analyses évoquent actuellement une transition irréversible vers la multipolarité. Cette hypothèse paraît rassurante, mais elle ne tient que partiellement devant une analyse plus approfondie. La multipolarité n’est pas une loi de la nature, elle ne se produit pas automatiquement par la perte relative de pouvoir d’un acteur dominant. Elle suppose que d’autres acteurs soient prêts et capables de répondre politiquement à toute violation des règles. Ce qui fait souvent défaut.
Les États-Unis n’agissent donc pas comme une puissance en retrait structurel, mais comme un acteur qui teste activement son espace de manœuvre restant. Dans ce contexte, le Venezuela n’est pas une exception, mais un laboratoire d’essai: jusqu’où peut-on aller sans provoquer une réaction sérieuse ? Quelles normes résistent – et lesquelles ne sont que de la rhétorique ?
La véritable leçon de cette affaire ne se trouve donc pas tant dans les Caraïbes, mais dans la politique d’ordre mondial. Tant que les violations des règles restent sans conséquences, il n’y a aucune incitation pour les acteurs hégémoniques à la retenue. Parler d’un monde multipolaire stable sans prendre en compte ces asymétries de pouvoir, c’est méconnaître la réalité.
En résumé : le Venezuela ne montre pas la force des États-Unis, mais la faiblesse du système qui aurait dû leur imposer des limites.
#géopolitique@global_affairs_byelena
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vendredi, 19 décembre 2025
Sur la victoire électorale de Kast au Chili

Sur la victoire électorale de Kast au Chili
Qui est José Antonio Kast, l’ultra-droitiste qui, lors de sa troisième tentative, accède à la présidence du Chili?
René Fuchsloscher
Source: https://euro-sinergias.blogspot.com/2025/12/sobre-la-vict...
La victoire du conservateur José Antonio Kast au second tour de l’élection présidentielle chilienne constitue sans aucun doute un tournant politique: avec plus de 58 % des voix face à la candidate communiste Jeannette Jara, l’électorat a opté pour une gouvernance de droite associée à l’ordre, à la sécurité et au contrôle, fermant la voie à un projet de gauche largement perçu comme épuisé. Il s’agit de la victoire la plus large depuis la transition démocratique et elle exprime un rejet net de la narration progressiste dominante des dernières années, ainsi qu’une exigence citoyenne de rectifier la trajectoire dans des domaines tels que la criminalité, l’immigration irrégulière et la dégradation de l’espace public.
Cependant, réduire ce résultat à une simple «victoire contre le communisme» serait une lecture incomplète — et en quelque sorte complaisante — de ce qui est réellement en jeu. Le gouvernement annoncé ne semble pas orienté vers une récupération substantielle de la souveraineté politique ou économique du pays, mais plutôt vers une reconfiguration du pouvoir dans les marges du même ordre mondial. Loin d’un conservatisme national ou d’une droite enracinée dans des intérêts productifs internes, le projet de Kast montre des signes clairs d’alignement avec les réseaux transnationaux du grand capital financier et corporatif.
Dans cette optique, ses voyages à Washington et à New York, ainsi que ses rencontres avec des banques d’investissement, des fonds et des organisations comme le Council of the Americas, fondé par David Rockefeller et traditionnellement plateforme d’articulation entre les élites économiques américaines et l’Amérique Latine, doivent être compris. Ces espaces ne fonctionnent pas comme des forums neutres d’échange académique, mais comme des lieux d’influence idéologique et programmatiques, visant à garantir des cadres réglementaires favorables, une ouverture des marchés sans restriction et la subordination des politiques nationales aux exigences de l’investissement international.
Ce modèle correspond à ce qu’on désigne habituellement par une orientation mondialiste: non un internationalisme solidaire ni une coopération entre nations souveraines, mais l’intégration disciplinée des États dans les circuits financiers mondiaux, où les décisions stratégiques sont prises en dehors du cadre démocratique et loin du contrôle citoyen.
De ce point de vue, le nouveau gouvernement s’approche davantage de la tradition néoconservatrice américaine que d’une droite nationale: conservatisme en matière d’ordre public et de valeurs, combiné à une adhésion presque automatique à l’idéologie globale. Dans ce contexte, l’anticommunisme fonctionne plus comme une ressource rhétorique mobilisatrice que comme une doctrine réelle de confrontation idéologique, surtout dans un pays qui a laissé derrière lui, il y a plusieurs décennies, tout un scénario comparable à la Guerre froide.
Ainsi, la victoire de Kast ne peut pas être uniquement interprétée comme une défaite de la gauche radicale, mais elle doit l'être aussi comme la consolidation d’une droite fonctionnelle à l’ordre économique mondial, qui modifie le discours, durcit le ton sur la sécurité et l’immigration, mais maintient intacte la structure de pouvoir qui limite l’autonomie politique de l’État. Le véritable défi pour ce gouvernement ne sera pas seulement de gouverner avec ordre, mais de prouver qu’il est capable — ou même disposé — à mettre des limites réelles à l’influence du grand capital et aux agendas extérieurs, ou si son mandat se résumera, une fois de plus, à une administration locale de décisions prises ailleurs.
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mercredi, 26 novembre 2025
Crise dans les Caraïbes: pourquoi les Européens seront également touchés

Crise dans les Caraïbes: pourquoi les Européens seront également touchés
Paul Weber
Source: https://report24.news/krise-in-der-karibik-warum-auch-die...
Dans les Caraïbes, un nouveau foyer de conflit se développe. Les États-Unis renforcent leur présence militaire au large des côtes du Venezuela – officiellement pour lutter contre les cartels de drogue, mais officieusement, l’accent semble être mis sur les réserves stratégiques de pétrole. Des parallèles avec des interventions américaines antérieures s’imposent. Parallèlement, les tensions politiques internes au Venezuela s’aggravent et les mouvements migratoires vers le nord s’intensifient : les impacts pourraient bientôt affecter également l’Europe.
Contribution de Paul Weber:
Nous avons déjà écrit sur l’hypocrisie de l’administration américaine concernant la résolution du conflit en Ukraine. Il faut cependant reconnaître que ce scénario est typique et que les politiciens américains l’utilisent à plusieurs reprises pour atteindre leurs objectifs politiques. Il s’agit principalement d’accéder à de nouvelles sources de financement ou de créer des possibilités pour davantage de lobbying en faveur d’intérêts personnels.
La guerre en Irak en est un exemple vivant. Sous prétexte de « libération » de la population, les États-Unis ont instauré le concept de stabilité dans la région. La diplomatie américaine – alors représentée par Colin Powell – visait à assurer l’accès aux champs pétrolifères et à renforcer leur influence au Moyen-Orient. En réalité, ces actions hostiles ont été justifiées par ces mêmes raisons et largement soutenues par les médias.
Des médias américains comme CNN, Fox News ou le New York Times ont activement défendu l’invasion américaine en Irak. La journaliste Judith Miller affirmait que des armes de destruction massive étaient présentes dans le pays arabe. Vingt ans plus tard, l’invasion de la Russie en Ukraine est beaucoup moins négativement évaluée. Tous les arguments avancés pour justifier le début du conflit ont été à l’époque peu pris au sérieux. La politique étrangère des États-Unis a-t-elle vraiment changé ? En regard de la situation actuelle dans les Caraïbes, on peut en douter.
Est-ce vraiment une question de cartels de drogue ?
Les exercices navals des forces américaines à Trinité-et-Tobago, ainsi que les manœuvres militaires au Panama, créent actuellement une situation tendue dans la région. Le déploiement de navires de guerre américains près de la côte du Venezuela constitue la plus grande opération navale des dix dernières années. Officiellement, les cartels de drogue sont considérés comme l’objectif principal de la politique américaine.
Pourquoi le ministère de la Défense américain, sous la houlette de Hegseth, ne planifie-t-il pas une offensive contre la Colombie? Après tout, le trafic de drogue y génère d’énormes profits et la criminalité y est légendaire dans le monde entier. Peut-être y a-t-il aussi des intérêts personnels de lobbyistes américains...

La plate-forme offshore située à la frontière maritime entre le Venezuela et la Guyana est en réalité l’objectif principal des opérations hybrides américaines en cours. Il s’agit du plus grand et du plus riche gisement mondial. L’accès à ce pétrole offre des avantages économiques et renforce l’hégémonie régionale des États-Unis. Est-il vraiment impossible de renoncer à la violence comme moyen?
Par ailleurs, la lauréate du prix Nobel de la paix, María Corina Machado, en tant que principale opposante du régime de Maduro, se voit honorée avec des distinctions internationales. D’un côté, les médias américains lui reprochent de contrôler le trafic de drogue. De l’autre, elle se dit prête à tout faire pour la paix en tant que politicienne. Les discours populistes et les déclarations contre Maduro ont naturellement leur effet. En outre, le rapatriement de réfugiés aux États-Unis vers le Venezuela confirme le changement dans les flux migratoires.
L’Europe reste intéressée par des conditions favorables à la résolution du conflit en Ukraine, tandis qu’une nouvelle crise se développe dans les Caraïbes. Bien sûr, l’Europe offrira un nouveau foyer aux citoyens du Venezuela. Le multiculturalisme européen deviendra ainsi encore plus diversifié.
Pouvons-nous, Européens, influencer la situation dans d’autres parties du monde ? Même si ces régions semblent éloignées, nous risquons de vivre une nouvelle vague de crises migratoires et économiques, auxquelles l’Europe pourrait être confrontée de manière directe.
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jeudi, 20 novembre 2025
Des missiles russes pour Caracas: une nouvelle crise de Cuba en perspective?

Des missiles russes pour Caracas: une nouvelle crise de Cuba en perspective?
Caracas/Moscou. Dans le contexte de la récente escalade dans les Caraïbes, les indices se multiplient selon lesquels la Russie soutiendrait le Venezuela en lui fournissant des systèmes modernes de défense aérienne. Selon des informations du Washington Post et de Newsweek, Moscou aurait déjà livré des systèmes de type « Pantsir-S1 » à la demande du gouvernement de Caracas. Le député de la Douma Aleksey Chouravlev, membre du parti patriotique « Rodina », a déclaré que la Russie pourrait également être disposée à fournir des missiles balistiques au Venezuela.
La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a déclaré vendredi que Moscou était prête à « réagir de manière appropriée » à la demande d'aide militaire du Venezuela, faisant référence à la présence militaire croissante des États-Unis dans les Caraïbes. Selon l'agence de presse russe TASS, elle a mis en garde contre une escalade militaire: «Il est clair qu'un certain nombre d'observateurs, d'experts et de personnalités américains issus de différentes structures affirment qu'une telle agression directe aggravera la situation au lieu de résoudre les problèmes, qui pourraient tout à fait être résolus par des moyens juridiques et diplomatiques dans le cadre légal».
Selon certaines informations, Caracas aurait demandé à la Russie de l'aider à réparer ses avions de combat Sukhoi Su-30MK2 et de lui livrer quatorze unités de missiles. Le président vénézuélien Nicolás Maduro, que Washington souhaite destituer, a récemment souligné que ses forces armées disposaient de plus de 5000 missiles russes Igla-S, stationnés à des «positions importantes pour la défense aérienne». Il a également déclaré que la milice fidèle au gouvernement, forte de plusieurs millions de membres, était prête à entrer en guerre en cas d'attaque américaine.
Selon le New York Times, les États-Unis examinent plusieurs options militaires, allant de frappes aériennes ciblées à des opérations commando contre Maduro, en passant par l'occupation d'installations stratégiques. Chacune de ces options comporte toutefois le risque d'une guerre totale. Néanmoins, l'armée américaine continue de renforcer sa présence dans la région et bombarde des bateaux soupçonnés de transporter de la drogue (mü).
Source: Z uerst, Nov. 2025.
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La Colombie se défend contre l'agression américaine

La Colombie se défend contre l'agression américaine
Washington/Bogotá. Alors que les États-Unis se préparent à un conflit militaire avec le Venezuela, le président colombien de gauche Gustavo Petro est désormais également dans le collimateur des États-Unis. Il s'est attiré les foudres de l'administration Trump en exprimant sa solidarité avec son homologue vénézuélien Maduro. Fin octobre, le gouvernement américain a imposé des sanctions à Petro, à son épouse et à son fils, ainsi qu'au ministre de l'Intérieur Armando Benedetti. Leurs avoirs aux États-Unis ont été gelés ou saisis, selon un communiqué du ministère américain des Finances.
« Le président Petro a permis la croissance des cartels de la drogue et a refusé de mettre fin à ces activités », a déclaré le ministre américain des Finances, Scott Bessent. Petro rejette ces accusations. Trump a également qualifié Petro de « baron de la drogue » à la « langue bien pendue » et a menacé de recourir à la force militaire. Si les champs destinés à la culture de la coca n'étaient pas immédiatement fermés, les États-Unis le feraient à sa place, « et pas de manière aimable », a menacé Trump.
Dans un discours prononcé lundi à Santa Marta, Petro s'est défendu avec virulence et a soulevé un aspect intéressant: il a accusé l'administration Trump de vouloir détourner l'attention du scandale Epstein en exacerbant les tensions dans la région. Le président colombien a déclaré textuellement: "Un clan de pédophiles veut détruire notre démocratie. Pour empêcher la publication de la liste d'Epstein, ils envoient des navires de guerre pour tuer des pêcheurs et menacent notre voisin d'une invasion afin de s'emparer de son pétrole. Ils veulent transformer la région en une deuxième Libye, devenue un pays plein d'esclaves".
Petro a également déclaré que les événements récents, tels que les publications sur les réseaux sociaux et les campagnes le liant au trafic de drogue, faisaient partie d'une opération politiquement motivée et coordonnée depuis l'étranger. Selon le président, leur objectif est de « donner l'impression que le chef de l'État colombien est un criminel » afin de justifier des poursuites judiciaires et diplomatiques.
Petro a nommé l'ancien président colombien Andrés Pastrana et le sénateur républicain américain Bernie Moreno, d'origine colombienne, comme étant les forces motrices derrière cette campagne. Selon Petro, l'attaque contre son gouvernement s'inscrit dans une stratégie internationale visant à délégitimer les gouvernements progressistes en Amérique latine et à rétablir « une ère de domination oligarchique » (mü).
Source: Zu erst, Nov. 2025.
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mercredi, 19 novembre 2025
„Southern Spear“ – Le retour discret de l’Amérique dans sa propre arrière-cour

„Southern Spear“ – Le retour discret de l’Amérique dans sa propre arrière-cour
Elena Fritz
Source: https://t.me/global_affairs_byelena
Les États-Unis ont annoncé une nouvelle opération militaire: „Southern Spear“. Officiellement, il s’agit de neutraliser des „narco-terroristes“. En réalité, il s’agit de quelque chose de bien plus fondamental: le contrôle par l’Amérique de son environnement.
Le ministre de la Défense Pete Hegseth ne parlait pas comme quelqu’un qui remet un sujet longtemps négligé sur la table. Et c’est exactement ce qui se passe.
Pourquoi les États-Unis s’occupent-ils à nouveau de l’Amérique du Sud ?
Pendant de nombreuses années, les États-Unis ont concentré leur attention sur d’autres régions du monde: Balkans, Irak, Afghanistan, puis Ukraine et Chine. Entre-temps, ils ont presque perdu de vue l’Amérique du Sud. Cela a créé une situation que Washington considère maintenant comme risquée:
- Les pays partenaires se tournent vers de nouveaux acteurs.
- La Russie et la Chine ont étendu leur influence ces dernières années.
- Le Venezuela entretient des liens militaires étroits avec Moscou.
- L’Amérique se rend compte qu’elle ne domine plus seule dans son arrière-cour.

Le Venezuela est le point central – pas à cause du pétrole, mais à cause de la géopolitique
Désormais, les États-Unis voient le Venezuela non plus uniquement comme une question pétrolière, mais comme un problème stratégique:
- La Russie pourrait déployer des systèmes militaires au Venezuela.
- La Chine investit déjà dans le secteur de l’énergie et des infrastructures.
- La zone des Caraïbes est géographiquement extrêmement sensible pour les États-Unis.
L’idée que des missiles russes de portée moyenne pourraient se trouver à 150 km de la Floride suffit à faire sonner l’alarme à Washington – même si cette installation d’armes n’est pas encore décidée.
Il s’agit donc de possibilités, pas de faits. En géopolitique, la simple possibilité suffit souvent.
Que veulent atteindre les États-Unis avec cette opération ?
„Southern Spear“ n’est pas une opération anti-drogue ordinaire.
Elle sert trois objectifs :
1) Montrer leur présence – pour signaler aux États comme le Venezuela: „Nous sommes de retour. Cette région appartient à notre zone de sécurité.“
2) Maintenir à distance les rivaux – surtout la Russie.
3) Construire un filet de sécurité dans l’hémisphère occidental, similaire à la ceinture de l’OTAN en Europe de l’Est.
Cela réactive une ancienne doctrine américaine: la doctrine Monroe soit "pas de puissance étrangère dans la sphère américaine".
Pourquoi la situation est-elle compliquée pour Washington ?
Une attaque militaire contre le Venezuela serait possible – mais politiquement risquée:
- La population américaine est lasse de la guerre.
- L’Europe ne veut pas d’un nouveau foyer de conflit.
- Les États-Unis sont déjà fortement liés par l’Ukraine, le Moyen-Orient et l’Asie.
Une longue guerre ne serait donc pas soutenable. C’est pourquoi les États-Unis tentent de combiner pression politique et présence militaire – sans risquer une grande guerre.
Comment la Russie pourrait-elle réagir ?
La Russie laisse entendre que si les États-Unis stationnent des missiles à la frontière russe, Moscou pourrait renforcer le Venezuela en retour.
Ce serait une réponse symétrique: Tomahawks à la frontière russe - > Kalibr dans la zone des Caraïbes.
Cette logique n’est pas un modèle de provocation, mais fait partie de la mécanique géopolitique fondamentale.
Les deux côtés se renvoient la balle – et c'est ainsi depuis des décennies.
Conclusion: „Southern Spear“ marque un tournant
L’opération n’est pas un détail régional.
Elle indique que:
- les États-Unis veulent reprendre le contrôle de leur „hemisphere oublié“,
- la Russie voit la région autour du Venezuela comme un levier stratégique,
- la zone des Caraïbes est de nouveau chargée sur le plan géopolitique – comme lors de la Guerre froide.
Le message principal :
Les grandes puissances se rapprochent de nouveau de leurs zones d’influence classiques.
Et là où ces zones se touchent, de nouvelles lignes de conflit apparaissent.
18:48 Publié dans Actualité, Géopolitique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, géopolitique, venezuela, caraïbes, doctrine de monroe, états-unis, amérique latine, amérique du sud, amérique ibérique |
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vendredi, 14 novembre 2025
La guerre en Ukraine menace la doctrine Monroe - De la crise des missiles cubains à la crise des drogues vénézuéliennes

La guerre en Ukraine menace la doctrine Monroe
De la crise des missiles cubains à la crise des drogues vénézuéliennes
Adrian Severin
Source: https://www.estica.ro/article/razboiul-din-ucraina-amenin...
Récemment, un petit bateau de pêche, naviguant sous pavillon vénézuélien dans la région des Caraïbes, a été coulé par les forces armées américaines, au motif qu'il aurait été impliqué dans le trafic de drogue.
L'embarcation se trouvait loin des eaux territoriales américaines. Personne ne l'avait inspectée au préalable. Il n'existe aucune preuve de son implication dans le trafic de substances interdites. L'action consistant à le couler ne s'est pas basée sur un mandat émis par une institution nationale ou internationale neutre, compétente dans la lutte contre le trafic de stupéfiants.

Les autorités américaines, qui ont pour objectif officiel la lutte contre les narcotrafiquants, ont elles-mêmes confirmé que le Venezuela, contrairement au Mexique et à la Colombie, n'est pas dans leur collimateur. La position géographique et le régime politique du Venezuela ne placent pas ce pays sur la carte des États qui soutiennent ou tolèrent la production et/ou le commerce de drogues, comme le font le Mexique et la Colombie.
Alors, de quoi s'agissait-il ? Pour les États-Unis, cette démonstration de force avait deux objectifs.
D'une part, elle voulait réaffirmer son statut, en principe, d'unique gendarme de l'hémisphère occidental, prêt à intervenir militairement contre quiconque trouble ou remet en question son ordre.
D'autre part, l'administration Trump cherchait un prétexte pour lancer une « opération militaire spéciale » (pour reprendre la formule si décriée du Kremlin concernant l'intervention en Ukraine) contre le Venezuela, sous prétexte qu'il serait la source, le complice et le facilitateur du trafic de drogue, identifié comme une menace pour la sécurité des États-Unis – qui sont le marché de consommation ciblé. Par conséquent, le Venezuela menace la sécurité des États-Unis ! Quel autre motif de guerre pourrait-on trouver ? Bien sûr, pas une guerre d'agression, comme celle de Poutine en Ukraine, ni une guerre préventive, comme celle de Netanyahu contre l'Iran, mais une guerre défensive (sic !).

Ainsi, la flotte militaire américaine a été mobilisée en direction du Venezuela, avec pour objectif, entre autres, le changement de régime politique vénézuélien. Au-delà des anciennes critiques idéologico-politiques formulées contre le président Nicolás Maduro, concernant le caractère non démocratique de son gouvernement, des accusations pénales ont été formulées, justifiant une sorte de mandat d'arrêt à l'image de celui utilisé dans le passé lors de l'intervention militaire nord-américaine au Panama, qui a conduit à l'arrestation et à la condamnation à la prison du président panaméen Manuel Noriega aux États-Unis (Dans le cas de ce dernier, l'intérêt pour le trafic de drogue comme source de financement de son régime autoritaire pouvait sembler plausible, mais pour le président d'un pays stable, bénéficiant de revenus pétroliers, l'idée d'une implication dans le commerce de stupéfiants, produits dans d'autres pays, est absurde.)

Le comité Nobel a également contribué à la mise en scène en attribuant le prix de la paix, au détriment même de la candidature de Maria Corina Machado, leader de l’opposition vénézuélienne, que Washington a déclarée gagnante de l’élection présidentielle… sur la base d’enquêtes d’opinion. Cela, après que le « mandat » présidentiel attribué par les États-Unis, à Juan Guaido, a expiré – tout comme son mandat. (Selon les règles de l’ère de la « post-vérité », Wikipédia mentionne Guaido comme « président en exercice » (Acting President) pour la période 2019-2023.)
Pour prouver que la récompense était amplement méritée, la lauréate du prix Nobel et progressiste mondial a annoncé que, dans le cadre du « passage juste et pacifique de la dictature à la démocratie », elle prévoit de privatiser les ressources pétrolières du Venezuela au profit des multinationales américaines.

Au-delà de l’attraction irrésistible exercée par ses vastes réserves de pétrole, le Venezuela est dans le collimateur des États-Unis/CIA en raison de son refus obstiné et ostentatoire de se soumettre à l’agenda géostratégique des États-Unis en Amérique centrale et du Sud. Ainsi, il constitue, avec Cuba, un « mauvais exemple » pour les autres États latino-américains. Un exemple intolérable pour Washington, qui doit être rapidement éliminé; manu militari si nécessaire.
Ce qui a suivi fut néanmoins un événement d’une importance historique à laquelle peu de gens s’attendaient. Le Venezuela a demandé l’aide de la triade stratégique eurasiatique formée par la Russie, la Chine et, étonnamment, l’Iran. En réponse, la Russie a envoyé plusieurs navires de sa flotte dans les eaux vénézuéliennes pour se placer entre l’État menacé et les forces navales déployées là-bas par Washington. De plus, jour après jour, heure après heure, la Russie, avec la Chine, a fourni un armement sophistiqué capable de porter la capacité de défense du Venezuela à un niveau comparable à la menace qui pèse sur lui. En d’autres termes, des États tiers hors de l’hémisphère occidental sont intervenus dans un différend entre les États-Unis et un État latino-américain.
Cela constitue une défi explicite et manifeste à la doctrine Monroe, vieille de plus de deux siècles (formulée par le président américain James Monroe en 1823), selon laquelle toute intervention d’une puissance extérieure à l’hémisphère occidental dans la résolution de différends politiques impliquant des nations latino-américaines est considérée comme une action hostile à l’égard des États-Unis et justifie une réaction militaire. Plus tard, le président Theodore Roosevelt a étendu cette doctrine par une interprétation nouvelle, affirmant que sa mise en œuvre légitime également l’intervention des États-Unis pour discipliner les États latino-américains, c’est-à-dire pour changer leurs régimes, dans la mesure où ceux-ci pourraient affaiblir la capacité de l’administration de Washington à « protéger » l’Amérique latine contre l’ingérence indésirable de puissances tierces.
À l’époque, il s’agissait des grandes puissances européennes. Mais la situation mondiale a changé. Les empires coloniaux européens ont disparu, laissant derrière eux un « musée d’histoire » rassemblant des acteurs régionaux qui tentent vainement de se fédéraliser dans une union d’États et de citoyens d'une portée stratégique mondiale. À la place, de nouvelles puissances ont émergé ou renaissent en Asie (par exemple la Chine, l’Inde, l’Arabie saoudite, la Turquie, l’Iran), en Afrique (par exemple l’Afrique du Sud ou le Nigeria) et même en Amérique latine (par exemple le Brésil ou le Mexique), qui contestent la suprématie mondiale des États-Unis et s’orientent vers des structures de résistance telles que le BRICS ou la Shanghai Cooperation Organization, mais aussi le MERCOSUR ou le Pacte andin.
La présence de la flotte russe dans les eaux vénézuéliennes, face à la flotte américaine, et l’aide militaire sino-russe (peut-être aussi iranienne) fournie au Venezuela dans le cadre de la confrontation avec les États-Unis, ainsi que le soutien politico-diplomatique déclaré par de nombreux États latino-américains à l’égard du Venezuela, disent à la Maison Blanche que la doctrine Monroe a été respectée jusqu’à présent, car elle appartenait à l’ancien ordre mondial, aujourd’hui disparu, mais qu’elle est morte avec lui. Le nouvel ordre, en train de se former, nie à la fois la suprématie des États-Unis à l’échelle mondiale et le monopole géopolitique des États-Unis sur l’hémisphère occidental. Avant que Washington ne tente d’imposer un ordre (c’est-à-dire dicter les conditions de paix) en mer Noire ou dans le Grand Océan, il doit (re)négocier son statut dans l’Atlantique Sud.
Après avoir déployé leurs armées suite au maidan ukrainien contre la Russie et aux portes chinoises de Taïwan, les États-Unis se retrouvent désormais face à face avec les Russes et les Chinois dans la mer des Caraïbes, dans le jardin de leur maison. Piégés dans la toile des guerres chroniques, chaudes ou froides, de la mer Noire et de la mer de Chine orientale, mais incapables de les terminer, les rapaces de Washington découvrent que Poutine et Xi sont à la porte; comme Carthage autrefois, avec sa fière armée sous le commandement d’Hannibal Barca, qui, lors du siège de Rome, se réveilla de son rêve de victoire, surpris par la flotte romaine conduite par Scipion l'Africain, qui avait évité l’attaque et traversé la Méditerranée pour lui porter le coup de grâce. Pour les fanatiques de la « paix par la force » aux États-Unis, c’est une occasion en or de réfléchir à l’adage : « Ne fais pas à autrui ce que tu ne veux pas qu’on te fasse ! »; mais aussi un argument fort, résultant d’un mouvement stratégique russo-chinois audacieux – spontané ou quelque peu approuvé à Anchorage et Séoul ? – pour convaincre ceux qui s’opposent à la « paix de Trump », y compris en planifiant l’adoption d’une législation interdisant le retrait des troupes américaines d’Europe, que prolonger la guerre nuit davantage aux États-Unis qu’à leurs rivaux eurasiatiques.
Trump aurait, comme lors de la crise des missiles de Cuba pendant la Guerre froide, pu déclencher une réaction militaire, menant à une guerre nucléaire entre les grandes puissances. Mais alors que dans les années 1960, les États-Unis étaient une puissance montante, aujourd’hui ils sont une puissance décadente, et à cette époque désormais lointaine, ils ne faisaient face qu’à l’URSS, alors qu’aujourd’hui ils affrontent le partenariat illimité russo-chinois, qui, à l'extrême, pourrait entraîner toute l’Organisation de coopération de Shanghai dans une «opération globale».

C’est pourquoi la stratégie de l’administration Kennedy reste un modèle valable aujourd’hui encore pour l’administration Trump. Dans les années 1960, Kennedy sauva la sécurité mondiale en renonçant au renversement du régime à Cuba et en retirant les missiles américains de Turquie, en échange du retour de la Russie en ses frontières soviétiques. Ainsi, il évita une guerre nucléaire dévastatrice pour tous et confirma la paix américaine.
Dans les années 2020, alors que les États-Unis tentent de retrouver leur grandeur perdue, le président Trump n’a d’autre solution réaliste que de reprendre la formule de Kennedy: ne pas saper le régime vénézuélien et retirer la présence militaire américaine d’Europe de l’Est, en échange d’une Russie post-soviétique restant uniquement sur ses territoires historiques proches de la mer Noire. En outre, les États-Unis pourraient s’engager à soutenir la réintégration pacifique de Taïwan dans la sphère de souveraineté de la Chine, exprimant ainsi concrètement le principe d’« une seule Chine », en échange de garanties chinoises de libre circulation dans le Pacifique Ouest.
Ce ne sera plus la pax americana, mais ses funérailles. Ce sera aussi le baptême d’un nouvel ordre mondial dans lequel l’Amérique pourra à nouveau être grande; mais pas seule, avec d’autres nations avides de grandeur, capables de grandeur et légitimes pour assumer la grandeur.
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jeudi, 13 novembre 2025
Le Venezuela et la loi du plus fort - Seul le pouvoir garantit la liberté

Le Venezuela et la loi du plus fort
Seul le pouvoir garantit la liberté
Constantin von Hoffmeister
« La sociologie est un problème biologique et les nations sont des troupeaux de bétail. »
— Ragnar Redbeard, Might Is Right (1890)
Note de la rédaction : l’auteur de cet article raisonne en termes de puissance, de proximité spatiale et évoque la doctrine de Monroe, laquelle autoriserait, sans limites aucunes, les Etats-Unis à agir d’autorité dans l’espace ibéro-américaine et, a fortiori, dans les Caraïbes. Ce raisonnement a peut-être été accepté en Europe, même par des auteurs tels Carl Schmitt ou Karl Haushofer : il n’empêche que l’Europe, par le truchement de l’Espagne et de l’Allemagne (car les conquistadores du Venezuela et du bassin de l’Orénoque étaient des Allemands au service de l’Espagne), dispose d’un droit d’aînesse dans cette région qui lui permet d’y contester l’unilatéralisme américain, au nom de l’hispanité, du catholicisme ou de la lutte contre les dérives calvinistes exportées dans le « Nouveau Monde » (ou « Hémisphère occidental ») ou de la lutte contre la piraterie caribéenne (dont les prétentions américaines sont, en quelque sorte, les héritières). Quoiqu’il en soit, il est exact, comme le souligne l’auteur avec emphase, que la puissance réelle et atomique demeure déterminante mais deux choses me semblent devoir être soulignées : l’acceptation tacite de cette puissance que l’on ne peut contrer ne doit nullement conduire à une acceptation de principe, surtout si la puissance de l’hémisphère occidental perpétue sa détestable pratique d’intervenir dans les affaires du Vieux Monde et d’occuper des bases dans les mers intérieures de celui-ci.
* * *
Le Venezuela reste un État dépendant car il ne dispose pas du garant ultime de la souveraineté: les armes nucléaires. Dans le monde moderne, le pouvoir repose sur la dissuasion, et la dissuasion nécessite la capacité de détruire. Sans cela, une nation ne peut être considérée comme égale. La doctrine Monroe régit toujours l'hémisphère occidental. Elle définit le territoire non pas par la loi, mais par la hiérarchie. Dans ce système, le Venezuela existe dans la sphère américaine, où chaque mouvement est toléré ou puni selon les besoins de Washington. Les réserves de pétrole, le commerce et l'idéologie n'ont aucune importance. Ce qui compte, c'est la capacité à résister à la pression, et le Venezuela n'en a pas.
La réalité de la multipolarité est darwinienne. Les États-civilisations rivalisent comme les espèces rivalisent, et la survie appartient à ceux qui s'adaptent grâce à leur force. Ragnar Redbeard (alias Arthur Desmond - photo) a écrit que « la force fait le droit », et sa formule brutale s'applique toujours. La rhétorique de l'« indépendance » n'est qu'une façade. Derrière elle se cache le pouvoir brut: missiles, alliances et ressources mobilisées pour la guerre. Les dirigeants vénézuéliens parlent de « socialisme » et de « souveraineté », mais ils dépendent des autres pour leur protection. Ils comptent sur la Russie ou la Chine pour faire pression sur les États-Unis, mais cette dépendance ne fait que confirmer leur subordination. La multipolarité crée de nouveaux maîtres, pas la libération. Il remplace un empire par plusieurs. C'est ce qu'on appelle l'équilibre.
La vision de Carl Schmitt reste la plus juste: la souveraineté est le pouvoir de décider en temps de crise. Le Venezuela ne peut pas décider. Les choix du pays sont dictés par des puissances plus fortes. La multipolarité darwinienne fonctionne comme une loi tacite de la nature. Elle impose l'ordre par la proximité et la force. Dans cet ordre, les petits États vivent sous une indépendance conditionnelle: ils sont libres d'agir tant que leurs actions ne menacent pas la hiérarchie. La multipolarité, en ce sens, n'est pas une promesse d'égalité, mais une reconnaissance de l'inégalité permanente. Il s'agit d'un système mondial de souverainetés inégales, où seules les puissances nucléaires sont véritablement libres.
La doctrine Monroe fonctionne comme la loi métaphysique de l'hémisphère occidental: un nomos de l'ordre enraciné dans la force et la distance. À l'intérieur de son périmètre, les petits États possèdent une liberté déléguée, autorisés à agir uniquement dans les limites tracées par l'hégémon régional (les États-Unis). La multipolarité se révèle non pas comme un équilibre, mais comme une stratification: une hiérarchie planétaire dans laquelle la décision est l'apanage du souverain et l'obéissance le destin des autres. Pour les États-Unis, tout mouvement de la Russie ou de la Chine dans l'hémisphère occidental brise le nomos qu'ils gardent ; l'architecture du pouvoir ne tolère aucune présence rivale dans sa sphère d'influence.
13:31 Publié dans Actualité, Géopolitique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : géopolitique, doctrine de monroe, actualité, venezuela, amérique ibérique, amérique latine, amérique du sud, caraïbes, états-unis |
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dimanche, 02 novembre 2025
Élections législatives argentines: victoire à la Pyrrhus pour Milei?

Élections législatives argentines: victoire à la Pyrrhus pour Milei?
Raphael Machado
Source: https://www.facebook.com/profile.php?id=100069794930562
Beaucoup d'observateurs ont été surpris par les résultats favorables obtenus par Milei lors des élections législatives argentines, qui visaient le renouvellement de la moitié de la Chambre des députés et d’un tiers du Sénat.
La coalition La Libertad Avanza, dirigée par Javier Milei, a obtenu un peu plus de 9,3 millions de voix (40%), tandis que son principal rival, la coalition Fuerza Patria, dirigée par Cristina Kirchner, a recueilli 7,7 millions de voix (34%).
Le résultat est comparé à celui des élections législatives de 2023, où la coalition La Libertad Avanza avait atteint 6,8 millions de voix (28%) et la coalition kirchneriste Unión por la Patria 9,2 millions (38%).
Cette comparaison sert de base pour analyser le paysage politique argentin comme étant un paysage où le peuple continue de faire confiance à Milei et de miser sur "des réformes difficiles". On utilise également ces résultats pour critiquer les analyses qui pointent les erreurs et la perte de popularité de Milei.
Mais il y a beaucoup de superficialité et de précipitation dans un tel raisonnement.
Tout d’abord, il y a une grande différence entre les élections de 2023 et celles de 2025: la consolidation de presque toutes les forces "de droite" dans la coalition La Libertad Avanza. En 2023, Mauricio Macri dirigeait la coalition Juntos por el Cambio, avec 6,4 millions de voix (26%). En 2025, les forces menées par Macri se sont alignées sur La Libertad Avanza, unifiant leurs forces avec celles de Milei.
Il n’existe plus de "troisième force" politique argentine représentée par une droite libérale centriste; la politique argentine se consolide en seulement deux grands camps.
Prendre en compte ce facteur remet en question la narration triomphaliste, car si l’on additionne les voix du camp macriste et celles de Milei, la coalition de ce dernier aurait dû dépasser les 13 millions de voix.
La droite a donc perdu 4 millions de soutiens entre 2023 et 2025. Mais ces soutiens perdus ne sont pas passés au kirchnerisme, car la gauche a aussi perdu des électeurs, mais seulement 1,5 million durant cette même période.
La démographie électorale de base aide à expliquer une partie du phénomène: en 2023, 24,5 millions d’Argentins ont voté valide, contre 22,9 millions en 2025.
Un autre facteur est le renforcement du fédéralisme, avec des gouverneurs provinciaux formant la coalition Provincias Unidas, qui a recueilli 1,5 million de voix. Le reste des voix "perdues" s’est dispersé entre de nombreuses autres micro-coalitions (Innovación Federal, Frente de Izquierda y de Trabajadores - Unidad, Nuevos Aires, etc.).
Dans ce sens, ce que montre le résultat de ces élections, c’est une déception du peuple argentin envers la politique traditionnelle. Le peuple en a assez de Milei, mais ne veut pas voter pour Kirchner. Les Argentins attendent donc une nouvelle alternative politique — mais il n’y a rien à l’horizon. En attendant, la tendance est à une baisse progressive de la participation populaire, ainsi qu’à une augmentation du soutien à des micropartis localistes ou radicaux.
Pour Milei, c’est une victoire à la Pyrrhus.
D’abord, parce qu’elle n’a pas permis d’obtenir la majorité parlementaire, de sorte que le législatif restera fracturé et contre Milei.

Ensuite, parce qu’elle a été une victoire obtenue grâce au pouvoir d’autrui, avec l’aide financière des États-Unis, qui ont fourni 40 milliards de dollars pour maintenir l’Argentine à flot. Sans cet argent, le peso argentin aurait été en chute libre en pleine période électorale.

Cette même aide financière résulte d’un accord entre l’oligarque Robert Citrone (photo) et le secrétaire au Trésor des États-Unis, Scott Bessent. Citrone a misé une grande partie de ses fonds sur l’Argentine au début du mandat de Milei, mais lui et d’autres investisseurs n’ont pas vu de résultats satisfaisants.
L’argent qui entre a pour seul but de stabiliser la monnaie argentine juste le temps que Citrone et d’autres investisseurs puissent partir du pays, en limitant leurs pertes.
Après que cet effet d’injection d’argent aura disparu, l’Argentine continuera à s’enfoncer.
Par exemple, selon les données publiées la semaine dernière par la Banque centrale argentine, le taux de défaut des familles argentines a atteint son niveau le plus élevé depuis 2010 (date du début de la série statistique), et les taux d’intérêt sur les prêts personnels ont atteint 74%.
Pour les entreprises, la situation est encore pire. Le coût de financement des avances en compte courant (couramment utilisées pour payer les salaires) est de 190% par an, le plus haut niveau de l’histoire argentine depuis la publication de cette statistique en 2009.
En résumé, Milei n’a obtenu qu’une survie. Et cette survie a été octroyée par des tiers, et non même en raison de Milei, mais pour garantir la sécurité financière des investisseurs étrangers qui ont parié gros sur le succès argentin.
14:14 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : javier milei, argentine, amérique du sud, amérique ibérique, amérique latine |
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mercredi, 15 octobre 2025
Polarisation politique au Brésil

Polarisation politique au Brésil
Leonid Savin
La confrontation entre les États-Unis et le Brésil dure déjà depuis plusieurs mois, alors que ce dernier pays traverse également une polarisation politique, qui a des causes tant internes qu’externes.
Les deux principales raisons de la pression américaine sur le Brésil sont la demande de concessions sur les nouveaux tarifs douaniers et le procès de l’ancien président Jair Bolsonaro, allié idéologique de Donald Trump. Trump lui-même a menacé d’imposer des droits de douane de 50% dans une lettre adressée au président brésilien Lula da Silva le 7 juillet. Lula a ignoré cette lettre. Après l’annonce du verdict, le 12 septembre, qui a condamné Bolsonaro à 27 ans et 3 mois de prison pour complot en vue d’un coup d’État, la rhétorique agressive de la Maison-Blanche à l’égard du gouvernement de Lula da Silva s’est intensifiée.
L’ancien président n’a cependant pas été incarcéré, et ses avocats ont déclaré qu’il avait été diagnostiqué d’un cancer de la peau et avait besoin d’un traitement urgent. Beaucoup ont perçu cet état de flottement comme le fait que les autorités utilisaient Bolsonaro comme otage politique.
Les États-Unis ont imposé des sanctions, dans le cadre du Global Magnitsky Act, contre le juge de la Cour suprême brésilienne Alexandre de Moraes. Son épouse, Viviane Barci de Moraes, directrice de l’Institut Lex, a également été sanctionnée. Les sanctions s’appliquent également à toutes les mesures juridiques prises par Alexandre de Moraes. D’autres juges en exercice et leurs assistants figurent aussi sur la liste des sanctions.
De plus, de nombreux hommes politiques brésiliens ont vu leur visa pour les États-Unis annulé avant et pendant l’Assemblée générale de l’ONU. Paula Coradi, dirigeante du Parti socialisme et liberté (Partido do Socialismo e Liberdade, PSOL), a été la dernière à subir de telles mesures.

Le président brésilien Lula da Silva, présent à New York pour un discours à l’Assemblée générale des Nations unies, a refusé une rencontre personnelle avec Donald Trump. Le ministre brésilien des Affaires étrangères a toutefois indiqué qu’un échange téléphonique était encore possible. D’une manière générale, dans son discours devant les Nations unies, Lula a ouvertement critiqué les actions des États-Unis contre son pays, affirmant qu’« une attaque contre l’indépendance du système judiciaire est inacceptable ». Il a également défendu Cuba, exigeant que les États-Unis le retirent de la liste des « États soutenant le terrorisme », et a plaidé pour la création de l’État de Palestine.
Il est significatif que, dans le contexte de la confrontation avec les États-Unis, les relations du Brésil avec le Venezuela se soient améliorées (il convient de rappeler qu’auparavant, c’est le Brésil qui avait empêché le Venezuela de rejoindre les BRICS+) et que le trafic aérien entre les deux pays ait été rétabli.
Dans l’ensemble, les processus politiques au Brésil se déroulent sur fond de spéculations et de désinformation. Ainsi, il y a quelque temps, une rumeur a circulé selon laquelle le gouverneur de l’État de São Paulo, Tarcisio de Freitas, se présenterait à la présidentielle l’an prochain. Cela a entraîné une hausse de l’indice boursier brésilien. Mais après que le gouverneur a démenti cette intention et annoncé qu’il briguerait un nouveau mandat à l’échelle de l’État, l’indice s’est effondré.
Les partisans de Bolsonaro organisent des manifestations de masse. Récemment, de tels événements ont été organisés sous prétexte d’une amnistie nécessaire. De leur côté, les partis de gauche de la coalition au pouvoir organisent des rassemblements tout aussi importants.

Pendant ce temps, les parlementaires travaillent à des mesures pour empêcher l’ingérence dans les affaires intérieures du pays. Le député fédéral Filipe Barros (photo) a notamment déclaré qu’une loi interdisant la réception de fonds étrangers par les ONG opérant au Brésil serait adoptée dans les prochaines semaines.
Paradoxalement, une telle loi pourrait également affecter les intérêts de la coalition de Lula da Silva. En effet, plusieurs personnalités de la gauche brésilienne, y compris le président lui-même, sont en contact avec Alexander Soros, fils de George Soros, qui préside le conseil d’administration de l’Open Society Foundation et possède ses propres actifs et intérêts à long terme au Brésil.
Les paradoxes de la confrontation américano-brésilienne ne s’arrêtent pas là. Les industriels de l’État de São Paulo, dont les autorités s’opposent à Lula et soutiennent Bolsonaro, sont les plus vulnérables aux nouveaux tarifs américains. Bien sûr, le secteur agricole, très important, sera également touché de manière indirecte, mais il est depuis longtemps réorienté vers la Chine.
Il convient de noter que parmi les produits exclus des nouveaux tarifs figurent les avions et pièces d’avion, qui constituent l’un des principaux postes d’exportation à forte valeur ajoutée du Brésil, ainsi que la cellulose, le minerai de fer, le pétrole et les produits pétroliers. Mais de nombreux produits, difficiles voire impossibles à remplacer sur le marché américain, tels que le café, le bœuf et le bois, n’ont pas été exemptés des droits de douane.
Ainsi, le Brésil ne comprend pas la logique de l’administration Trump et tente de faire valoir ces questions auprès du Congrès américain et des entrepreneurs américains, et surtout auprès des oligarques de droite alliés de Bolsonaro.
Néanmoins, dans un contexte global, il est évident que les mesures de Trump ne relèvent pas du protectionnisme, par exemple dans le secteur de l’acier, où l’acier brésilien, moins cher, concurrence l’acier américain. Trump a justifié les nouveaux tarifs par le déficit commercial, mais ce n’est pas suffisant pour déclarer une guerre commerciale. Avec la Chine, les États-Unis ont un déficit bien plus important, mais avec Pékin, Washington tente de trouver des solutions acceptables pour éviter une spirale d’escalade.

Un facteur d’irritation probable pour l’administration Trump est l’activité du BRICS+ et la présidence brésilienne de cette association cette année. Il n’est pas étonnant que Trump ait auparavant menacé de punir quiconque prônerait la dédollarisation, et Lula da Silva lui-même a publiquement soutenu l’idée de s’éloigner du dollar. Il faut ajouter que le Brésil dispose de son propre système de paiement Pix, à cause duquel les États-Unis ont déjà tenté de « mettre la pression » sur le Brésil. Brasilia a répondu que le système était très apprécié par des organisations telles que le FMI et l’OCDE, et qu’en outre, Pix facilitait la concurrence sur le marché des paiements électroniques, ce qui a conduit à une plus grande implication des entreprises privées, y compris américaines.
Mais, apparemment, Trump ne veut pas de concurrence saine, mais seulement de la dépendance. À cet égard, le Brésil a réduit sa dépendance vis-à-vis des États-Unis d’environ moitié au cours des 20 dernières années, pour atteindre environ 10%. Les exportations sont dirigées vers divers pays du Sud global, et cette tendance s’accentue. Enfin, au niveau international, le Brésil a acquis le rôle et le statut de partisan d’un monde multipolaire. C’est probablement la véritable raison de l’hystérie de Donald Trump, qui voit le crépuscule de la Pax Americana se dérouler sous ses yeux.
Pour la direction brésilienne, il est important de déterminer ses alliés stratégiques, parmi lesquels les « sorosiens » n’augurent rien de bon. De même, les rencontres avec le dictateur Zelensky (la dernière ayant eu lieu lors de l’Assemblée générale de l’ONU) ne donneront pas de poids politique à Lula da Silva. À l’approche des élections générales de l’année prochaine au Brésil, il est nécessaire d’avancer avec un programme d’action clair, à orientation sociale, sans flirt avec les forces néolibérales.
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mardi, 14 octobre 2025
Le Messie à la tronçonneuse vacille: l’expérience ultralibérale de Milei touche-t-elle à sa fin?

Le Messie à la tronçonneuse vacille: l’expérience ultralibérale de Milei touche-t-elle à sa fin?
Buenos Aires. Lors de sa prise de fonction en décembre 2023, le nouveau président argentin Javier Milei fut accueilli par beaucoup comme un sauveur. Milei avait promis un programme radicalement ultralibéral qui devait bouleverser le pays en un temps record et le remettre sur pied. En très peu de temps, il a mis en œuvre plus de 300 mesures individuelles visant une vaste déréglementation, une privatisation et une réduction drastique des dépenses publiques. Les subventions à l’énergie, aux transports et aux services de base ont été supprimées, des milliers d’emplois publics supprimés et les prestations sociales massivement réduites. La recette de Milei : retrait de l’État, libération du marché.
En réalité, quelques premiers succès de prestige ont été obtenus : le taux d’inflation est passé de près de 300 % en avril 2024 à environ 34 % à l’été 2025, et le budget a été équilibré. Des bailleurs de fonds internationaux comme le FMI ont accordé des prêts de plus de 40 milliards de dollars. Mais le prix de ce succès est élevé. L’industrie argentine souffre de la libéralisation brutale ; les secteurs à forte consommation d’énergie comme l’industrie du plastique et du caoutchouc enregistrent des baisses de production allant jusqu’à 25 % par rapport au niveau d’avant la crise. Le produit intérieur brut a également diminué de près de 4 % en 2024, un sérieux revers comparé au Brésil voisin qui a connu une croissance sur la même période.
L’échec de la thérapie de choc est particulièrement flagrant dans le domaine social : le taux de pauvreté a continué d’augmenter, la situation d’approvisionnement dans les zones périurbaines s’est détériorée et la polarisation politique s’est accentuée. Le gouvernement Milei opère sans majorité propre au Congrès, ce qui complique la mise en œuvre de son programme et a conduit à un patchwork de décrets et de lois édulcorées. La renaissance promise du pays n’a pas eu lieu – au contraire, la fuite des capitaux, la désindustrialisation et la fragmentation sociale menacent.
Désormais, la cure radicale de Milei semble vouée à l’échec. Le retour de l’hyperinflation est une menace réelle. La monnaie, redevenue forte, freine les exportations et laisse affluer des importations bon marché, ce qui a entraîné une dangereuse pénurie de réserves de dollars. Les analystes jugent le peso fortement surévalué ; la banque centrale a dû dépenser 1,1 milliard de dollars en trois jours pour soutenir la monnaie. Les réserves de change librement disponibles sont tombées à environ cinq milliards de dollars.
Parallèlement, les revers politiques internes affaiblissent la position de Milei. Une lourde défaite électorale dans la province de Buenos Aires, un scandale de corruption impliquant sa sœur Karina et plusieurs défaites parlementaires, où les députés ont refusé de soutenir les coupes budgétaires, ont fait chuter sa popularité sous les 40 %. Il en résulte une fuite massive des capitaux qui met le peso sous pression malgré les interventions. Les obligations d’État sont à nouveau considérées comme « à risque », et le chômage augmente.
Face à la crise, les États-Unis, par la voix du secrétaire au Trésor Scott Bessent, signalent leur soutien. Bessent a déclaré que toutes les options étaient sur la table, y compris des lignes de swap et le rachat d’obligations argentines. Mais aux États-Unis, cette aide fait débat. La sénatrice Elizabeth Warren a averti dans une lettre qu’un sauvetage ne devait pas se faire « aux dépens du peuple américain ».
Les économistes sont également critiques envers une aide américaine, car elle empêcherait une dévaluation nécessaire du peso et ne réglerait pas les problèmes structurels. Milei tente de se maintenir à flot par des mesures d’urgence telles que des allègements fiscaux pour les exportations agricoles. Les élections de mi-mandat du 26 octobre seront un test décisif. Si Milei ne parvient pas à obtenir une majorité stable pour ses réformes et à renforcer la monnaie, l’expérience de la tronçonneuse pourrait prendre fin plus rapidement que ses partisans ultralibéraux ne l’auraient imaginé.
Source: Zu erst, Oct. 2025.
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lundi, 13 octobre 2025
Argentine : nuages d’orage et vents de changement

Argentine : nuages d’orage et vents de changement
Javier M. del Castillo
Source: https://euro-sinergias.blogspot.com/2025/10/argentina-nub...
I.
Le dimanche 7 septembre dernier, le gouvernement de Javier Milei a subi le choc d’une défaite retentissante lors des élections législatives et municipales qui se sont tenues dans la province de Buenos Aires : Fuerza Patria (FP), la coalition dirigée par le Parti Justicialiste, est sortie largement gagnante, s’imposant dans 6 des 8 circonscriptions électorales existantes. Elle a dépassé de plus de 13 points La Libertad Avanza (LLA), une coalition composée du parti éponyme du président argentin et de Propuesta Republicana (PRO) de l’ex-président Mauricio Macri. Ainsi, à la Chambre des députés de Buenos Aires, FP a obtenu 39 sièges, à 8 du quorum, tandis que la coalition LLA a atteint un total de 30 sièges. Parallèlement, au Sénat provincial, FP a obtenu 24 sièges, atteignant le quorum, tandis que la coalition LLA totalisait 16 sénateurs.

Ces résultats affaiblissent non seulement gravement les positions de la LLA et de ses alliés dans l’État le plus important de la République argentine. Ils augmentent également de manière significative la probabilité d’une défaite lors des élections législatives nationales du 26/10/25. Cela s’explique par l’importance considérable de la province de Buenos Aires dans la politique argentine: elle abrite près de 40 % de la population nationale et détient 35 des 127 sièges à renouveler à la Chambre des députés de la Nation. Mais en outre, cette augmentation des probabilités est due à l’attitude adoptée par Milei lui-même face aux élections de Buenos Aires: avec un ton ouvertement triomphaliste, le président n’a pas hésité à conférer à ces élections provinciales une signification et une portée nationale.
Face à la clarté du message transmis par les électeurs de Buenos Aires, le président n’a pas tardé à reconnaître publiquement la défaite. Cependant, il a aussitôt confirmé l’orientation politique de son gouvernement, annonçant même son renforcement et son accélération. Une telle confirmation, face à la fermeté du scrutin, met en évidence une dangereuse obstination du président et alimente en parallèle les soupçons d’une forte influence occulte, dans l’agenda de son gouvernement, d’intérêts contraires à la Nation argentine.
Ces deux considérations gagnent encore en crédibilité lorsqu’on tient compte de quatre revers sévères subis par le président au Congrès national. L’un, trois jours avant les élections de Buenos Aires, et les autres, les 18 septembre et 2 octobre : par de larges majorités, les vetos présidentiels contre les lois d’urgence nationale concernant le handicap, la répartition des apports du Trésor national aux provinces, l’urgence pédiatrique et le financement universitaire, ont été rejetés. Ces vetos, malgré l’importance et la gravité des sujets concernés, avaient été annoncés publiquement par le président sur un ton vantard, provocant, voire moqueur, allant jusqu’à dénigrer les promoteurs des initiatives législatives dont question. Depuis plus de 20 ans, le Congrès national n’avait pas rejeté un veto présidentiel…
II.
Il va sans dire que le rejet du premier de ces revers, survenu quelques jours avant les élections de Buenos Aires, a fortement contribué à la défaite électorale de la LLA dans cette province. Cependant, il serait erroné d’omettre au moins deux autres facteurs qui ont également conduit à ce résultat :
1) L’échec de la politique économique :
Le gouvernement de Milei met particulièrement en avant, parmi les mérites de sa politique économique, la lutte contre l’inflation et l’excédent budgétaire primaire obtenu en 2024 (10,4 billions de pesos). Ces deux points exigent les précisions suivantes :
- Il est vrai que le processus d’inflation a ralenti. Cependant, il n’en est pas moins vrai que c’est ce même gouvernement qui, en décembre 2023, a provoqué un bond brutal de l’inflation (de 10/12 % à 25,5 % par mois) et que, depuis, celle-ci n’a cessé de croître, atteignant en juin 2025 une accumulation de 214,4 %.
- L’excédent budgétaire primaire a été obtenu grâce à un ajustement extraordinaire des comptes de l’État national (le plus dur de l’histoire argentine, selon les dires de Milei lui-même). Mais cet ajustement, loin de peser sur “la caste” comme le promettait le président pendant sa campagne électorale, a été supporté par le peuple argentin accablé (par la dévaluation des revenus et subventions dus à l’inflation ; par la paralysie massive et indiscriminée des travaux publics ; par la réduction drastique des prestations sociales ; par des hausses exorbitantes des tarifs des services publics et des impôts distorsifs, comme les “taxes sur les carburants” ; etc.). De plus, cet excédent budgétaire a finalement servi à payer une partie des intérêts de la dette publique de l’État central.
En conséquence, loin de la relance tant promise et attendue, l’économie argentine continue à montrer de nombreux signes d’alarme : contraction de l’activité industrielle, augmentation du chômage, dépréciation des salaires réels, chute de la consommation intérieure, dégradation grave de l’infrastructure logistique, insuffisance énergétique, etc. À ce sombre panorama s’ajoutent : la mauvaise santé des comptes de la banque centrale (réserves nettes négatives : entre 4 et 8 milliards de dollars US) et une augmentation hypertrophiée de la dette publique de l’administration centrale (par prise de prêts sans capacité de remboursement, acceptation ou offre de taux exorbitants, renégociation systématique, anatocisme et emprunt pour payer la dette). Il suffit de mentionner le sauvetage de 44 à 48 milliards de dollars conclu avec le FMI et d’autres entités il y a quelques mois, ou les démarches désespérées en vue d’obtenir une aide financière du Trésor américain, pour conclure que l’Argentine se trouve déjà à l’épicentre d’une nouvelle crise de la dette publique, avec un risque sérieux de défaut de paiement.

Parallèlement, le spectre de la dévaluation du peso agite, car le gouvernement de Milei “subventionne” le taux de change avec le dollar américain par la dette publique, le maintenant artificiellement bas. Ce taux n’est pas viable, en premier lieu, à cause de son artificialité et de la volatilité de la dette qui le soutient. Mais aussi parce qu’il s’agit d’un taux de change non compétitif pour le commerce extérieur, lequel, combiné à la politique d’ouverture de Milei qui supprime les barrières à l’importation, déséquilibre la balance commerciale.
2) Scandales pour délits présumés :
Depuis le début de 2025, divers cas retentissants ont éclaboussé le gouvernement de Milei : celui de la crypto-monnaie $LIBRA ; celui du fentanyl contaminé qui a déjà causé plus de 100 morts ; celui des enregistrements attribués à l’ex-directeur de l’Agence nationale du handicap, évoquant des pots-de-vin systématiques impliquant Karina Milei, sœur du président et secrétaire générale de la présidence ; et celui de la relation du député José L. Espert, l’une des principales figures du parti au sein de la Chambre basse nationale, avec ‘Fred’ Machado, un homme d’affaires argentin assigné à résidence en attente d’extradition demandée par un tribunal texan pour trafic de drogue et blanchiment d’argent, entre autres délits (suite à ce scandale, Espert a fait l’objet d’une plainte pénale en Argentine et vient de renoncer à sa candidature au Sénat national)…

Ces affaires ont mis à mal l’un des principaux atouts politiques du “mileisme” : le drapeau de l’honnêteté, de la transparence et de l’efficacité. Par ailleurs, ces scandales ont favorisé la réémergence d’anciennes accusations publiques contre divers dirigeants de la LLA, formulées par d’anciens partisans “mileistes” désabusés, concernant : paiement pour des réunions avec Milei, vente de candidatures et même harcèlement sexuel. Dans ce contexte inquiétant, face à une population de plus en plus lassée, certaines voix publiques commencent à affirmer que Milei consomme régulièrement des psychotropes puissants et porte des couches en raison de son incontinence. De plus, certains l’accusent publiquement d’avoir consommé et/ou diffusé de la pornographie infantile (des rumeurs qui, par leur extrême gravité, provoquent un mélange de confusion, de perplexité, d’indignation et de rejet).
III.
Inutile de dire que tout ce qui précède constitue un cocktail explosif d’une grande dangerosité, d’autant plus dans un contexte où, pour couronner le tout, l’ensemble des forces politiques est affaibli dans sa représentativité (les taux élevés d’abstention et de vote blanc en témoignent). Dans ces conditions, l’atmosphère argentine est de plus en plus imprégnée du parfum funèbre d’un possible effondrement du gouvernement Milei, ainsi que du sentiment inquiétant que le pays est à la veille de changements brusques. Ce n’est pas un hasard si, dans les milieux politiques, la presse et l’opinion publique, les diagnostics de “fin de cycle” et les pronostics d’“éclatement de la crise” résonnent de plus en plus fortement. D’ailleurs, ces présages trouvent un écho dans de nombreux médias et cercles proches ou alliés du gouvernement Milei.

Au milieu de ce contexte sombre et préoccupant, une actrice clé se détache, dont la pertinence politico-institutionnelle semble grandir de jour en jour dans cette conjoncture difficile. Il s’agit de la vice-présidente de la nation, Victoria Villarruel (photo), qui serait appelée à assumer la présidence du pays en cas de départ anticipé de Milei. C’est une figure politique très différente de celle du président. Contrairement aux extravagances idéologiques de ce dernier, Villarruel revendique un patriotisme profond, sain et limpide, enrichi d’autres valeurs traditionnelles chères au peuple argentin. Face aux scandales qui entachent l’image de Milei, la réputation de Villarruel est exempte de tout soupçon de corruption. À l’opposé des emportements et des débordements du “manieur de tronçonneuse”, Villarruel fait preuve d’une grande prudence et de bon sens. C’est une qualité que la vice-présidente a démontrée, par exemple, par la lucidité et la fermeté avec lesquelles – dans un bel exemple de dignité personnelle et de responsabilité politique – elle a su répondre aux attaques injustifiées et acharnées de Milei à son encontre. À l’opposé de l’intransigeance radicale dont se vante ouvertement ce dernier, Villarruel a montré une remarquable ouverture au dialogue politique, une attitude qui n’a pas tardé à être remarquée et appréciée dans divers milieux politiques, favorisant le rapprochement de personnalités importantes, notamment des sénateurs nationaux et des gouverneurs de provinces.
À cela s’ajoute un facteur objectif fondamental, qui est l’Argentine elle-même. Ses immenses richesses et la résilience démontrée de ses habitants maintiennent ouverte la possibilité d’une reprise relativement rapide du pays, malgré la gravité des problèmes qui l’assaillent. Une reprise qui dépend, bien sûr, des changements de cap que la direction politique devra effectuer.


Tout cela apporte un peu de sérénité et encourage un certain optimisme face à la tempête qui semble sur le point de s’abattre sur l’Argentine. Il convient ici de rappeler que le père de la vice-présidente, Eduardo Villarruel (photos), haut gradé de l’Armée argentine et vétéran reconnu de la guerre de l’Atlantique Sud, concluait souvent ses conférences géopolitiques destinées à la jeunesse en soulignant l’immense potentiel argentin et en appelant à un engagement patriotique actif. Peut-être la Providence divine a-t-elle prévu de confier à la fille de ce valeureux lieutenant-colonel la tâche de prendre la barre du navire national, de manœuvrer pour éviter la tempête qui s’annonce et de remettre le pays sur la voie de la grandeur.
Dans le contexte actuel, les signes se multiplient qui permettent de penser que, plus tôt que tard, les événements en Argentine vont s’accélérer de façon dramatique, et que la situation incertaine du pays sud-américain prendra une direction – pour le meilleur ou pour le pire. Pour l’instant, seul DIEU sait ce qu’il adviendra…
Javier M. del Castillo est avocat et professeur d’université argentin.
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samedi, 20 septembre 2025
Argentine, le tango triste de Javier Milei

Argentine, le tango triste de Javier Milei
L’économie ne décolle pas, les scandales le pénalisent et les péronistes relèvent la tête : simple coup d’arrêt ou début du déclin pour le président à la tronçonneuse?
par Giorgio Ballario
Source: https://www.barbadillo.it/124514-argentina-il-tango-trist...
À une semaine de la nouvelle du spectaculaire effondrement du président ultralibéral argentin Javier Milei lors des élections de la province de Buenos Aires, il vaut la peine d'émettre deux réflexions à froid. Malgré les liens étroits et la proximité culturelle entre les deux pays, la presse italienne s’intéresse généralement très peu à l’Argentine et ne s’en préoccupe que lorsque des dépêches internationales annoncent des nouvelles fracassantes, comme la défaite électorale de la semaine dernière. Puis c’est à nouveau le silence. La prochaine échéance sera le 26 octobre, date à laquelle les Argentins reviendront aux urnes pour renouveler la moitié du Parlement, un scrutin qui correspond peu ou prou aux « élections de mi-mandat » américaines.
Il s’agit d’élections très importantes, non seulement parce qu’elles permettent de « prendre le pouls » des électeurs deux ans après la présidentielle de 2023, mais aussi parce que Milei a, jusqu’à présent, gouverné sans majorité au Congrès, devant donc s’appuyer sur les parlementaires de centre-droit du PRO (de l’ex-président Macri), sur ce qui reste des radicaux, ainsi que sur des députés et sénateurs indépendants.
Si, le 26 octobre, son parti, La Libertad Avanza, remporte la mise, alors le président à la tronçonneuse pourra poursuivre les réformes draconiennes promises lors de la campagne électorale (elles avaient été jusqu’ici bloquées par le Parlement). En revanche, si la tendance observée dans la province de Buenos Aires – qui concentre à elle seule 40% de l’électorat argentin – se confirme, l’avenir de Milei s’annonce des plus compliqués.
Dans ce contexte complexe s’inscrit également la résurgence apparente du péronisme, qui, il y a deux ans à peine, avait subi une lourde défaite et qui aujourd’hui – du moins électoralement – semble s’être recomposé grâce à la coalition Fuerza Patria. Celle-ci a recollé les morceaux, masqué la crise d’identité de l’opposition et apaisé les vives rivalités politiques internes de ces dernières années.

La victoire lors des élections provinciales de Buenos Aires constitue un succès avant tout pour le gouverneur Axel Kiciloff (photo), 44 ans, économiste, à la tête de la province de 15 millions d’habitants depuis deux ans. Ancien dauphin de la double présidente Cristina Fernandez Kirchner, Kiciloff a su se forger un rôle autonome et apparaît désormais comme le candidat péroniste le plus sérieux pour la présidentielle de 2027. D’ailleurs, le gouverneur est aujourd’hui en conflit ouvert avec sa « mère » politique, qui préférerait voir son propre fils biologique, Maximo Kirchner – président du parti justicialiste de la province de Buenos Aires mais détesté par une grande partie des péronistes non progressistes – lui succéder.
Revenant au président Javier Milei, les raisons de la défaite de la semaine dernière sont multiples et font craindre pour le scrutin d’octobre. D’autant plus que les prétendus grands succès économiques accumulés par l’Argentine en deux ans de présidence sont bien plus apparents que réels, même si en Italie ses alliés politiques – de Fratelli d’Italia à Forza Italia – semblent l’ignorer. Certes, grâce à sa recette ultralibérale et à ses coupes dans les dépenses publiques, l’inflation a considérablement baissé (de 140 à 36%) et le déficit budgétaire est redevenu positif, mais une politique économique aussi rigoureuse a déprimé la consommation intérieure, nui à l’industrie nationale, réduit drastiquement les budgets de l’éducation et de la santé, et fait passer le taux de pauvreté de 41 à 53%.
Selon l’économiste Guillermo Oliveto, interrogé par le quotidien pro-gouvernemental Clarín, 70% des Argentins, autour du 20 du mois, n'ont plus d’argent et doivent renoncer à tout achat durant les derniers jours. « Ce sont des pauvres intermittents », observe Oliveto.
Par ailleurs, les coupes dans la dépense publique ont provoqué le licenciement de dizaines de milliers de fonctionnaires, mais la politique économique de Milei a également de lourdes répercussions sur le secteur privé, puisqu’au cours des deux dernières années, même les entreprises privées ont supprimé des emplois, soit 44.000 postes en moins, rien que dans la province de Buenos Aires.
En somme, le chômage commence aussi à augmenter, et ce phénomène, conjugué aux coupes dans les retraites, les allocations et les programmes sociaux, risque de déclencher une dangereuse bombe sociale. Selon une enquête récente, 65% des personnes interrogées déclarent que leur situation économique s’est détériorée au cours des six derniers mois. Parallèlement, Milei a obtenu un nouveau prêt de 20 milliards du Fonds monétaire international et les agences de notation commencent à douter de la stabilité du pays.

À cette situation économique fragile s’ajoute la chute de la popularité du président, également en raison des scandales qui l’entourent. D’abord, la promotion controversée, sur son profil officiel X, d’une cryptomonnaie qui s’est avérée être une escroquerie, faisant perdre de l’argent à des milliers d’épargnants.
Ensuite, plus récemment, une enquête sur un présumé réseau de pots-de-vin impliquant certains de ses proches et surtout sa sœur Karina, secrétaire générale de la présidence et pour beaucoup la véritable « femme forte » du gouvernement. Des enregistrements audio ont révélé que Diego Spagnuolo, ancien directeur de l’Agence des programmes sociaux pour personnes handicapées (Andis), a touché d’importants dessous-de-table sur des marchés publics, et que 3% étaient destinés à Karina Milei. L’indignation face à une affaire de spéculation sur le dos des personnes handicapées – alors même que le gouvernement Milei leur a déjà coupé de nombreux fonds – a été énorme, et il est possible que cela ait pesé sur les résultats électoraux des derniers jours.
Il y a enfin un sujet peu abordé dans la presse écrite mais omniprésent à la radio et à la télévision en ligne: l’incertitude sur l’état de santé du président. Depuis la campagne de 2023, des rumeurs courent sur la prétendue folie de Milei, rumeurs qu’il a lui-même alimentées en se faisant appeler « El loco » (= "Le Fou") et en multipliant les provocations: on se souvient qu’il a traité le pape François d’imbécile, de non présentable, de représentant du mal; qu’il a promis de faire sauter la banque centrale argentine; ou encore qu’il affirmait recevoir des ordres via une médium de son chien Conan, décédé des années plus tôt. On pensait à des excès de langage propres au personnage et à l’adrénaline de la campagne, mais même après son arrivée à la Casa Rosada, Milei a continué à donner des signes d’instabilité mentale, au point que certains adversaires politiques le qualifient explicitement de « schizophrène » et mettent en doute sa capacité à présider la nation.


En particulier, le journaliste télévisé haut en couleur Santiago Cuneo (photo), celui-là même qui, en 2022, avait trinqué en direct à la mort de la reine Elizabeth II et s’était réjoui de la disparition de Henry Kissinger, mène depuis des mois une campagne médiatique virulente, qualifiant Milei de tous les noms: fou, schizophrène, génocidaire, imposteur, fils de pute. Il sous-entend en outre que le président ne serait qu’une marionnette droguée entre les mains de sa sœur Karina et du ministre de l’économie Luis Caputo. Et comme Cuneo se présentera aux élections du 26 octobre avec le parti Mouvement Confédéral Argentin et pourrait être élu au Parlement, il a déjà annoncé qu’il présentera alors au Congrès les preuves documentaires de la folie du président. Escarmouches pré-électorales, sans doute. Mais il est curieux que ni Milei ni les membres du gouvernement ne l’aient jamais poursuivi en justice.
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jeudi, 18 septembre 2025
Poudrière latino-américaine

Poudrière latino-américaine
Andrea Marcigliano
Source: https://electomagazine.it/polveriera-latino-americana/
Maduro part en guerre. Le leader vénézuélien, qui se réfère à Simon Bolívar et à Chávez, semble déterminé.
Il est désormais temps de passer aux armes. Pour réagir aux ingérences constantes des gringos nord-américains.
Il ne voit pas d'autre solution. Passer à la défense active.
Cela peut faire sourire. Et, bien sûr, la force militaire de son Venezuela est risible face à la flotte américaine qui croise déjà, menaçante, dans ses eaux.
Cependant, la situation est très complexe. Et elle révèle le signal d'alarme d'un malaise qui touche toute l'Amérique du Sud, ou presque.

Car Washington a été très clair depuis l'arrivée au pouvoir de Trump. Le monde, dans son ensemble, est à l'évidence multipolaire. Et le jeu entre les puissances – en particulier la Russie, la Chine et les États-Unis – répond à trop de variables pour qu'il puisse y avoir une seule puissance à la tête du globe. Le rêve, ou le cauchemar, qui a commencé avec Clinton s'est misérablement évanoui avec la présidence de Biden.
Mais l'Amérique, c'est autre chose. Toute l'Amérique, de la pointe extrême de l'Alaska à la Terre de Feu. Le jardin de la maison yankee. Et cela ne se discute pas.
Maduro se mue donc en un problème. Qui devrait être résolu rapidement.
Cependant, la rébellion vénézuélienne n'est pas un événement isolé.
Toute l'Amérique du Sud est en effervescence. Ou plutôt, elle est traversée par une fièvre qui risque de devenir dangereuse. Voire mortelle, pour Washington.
Et à la Maison Blanche, ils le savent parfaitement. Car Washington peut prendre puis perdre le contrôle de l'Afghanistan. Cela fait partie du jeu.
Mais il ne peut absolument pas se permettre de laisser partir certaines parties de son jardin.
Un jardin, cependant, qui est aujourd'hui extrêmement agité.
Le géant brésilien, sous la présidence de Lula, s'est déjà, de fait, retiré du jardin. En se liant de plus en plus étroitement aux BRICS et en s'éloignant de toute protection de Washington.

Milei, bien sûr, est un allié fidèle. Mais seul un aveugle ne verrait pas que son hyperlibéralisme mène l'Argentine à la faillite. Écrasant sous le seuil de la misère de larges couches sociales.
Et les élections dans les États ont vu une lourde défaite du président actuel. De tristes présages pour l'avenir proche.
Puis, bien sûr, les pays de la région andine. Avec le Venezuela en tête.
Le Venezuela bolivariste, qui ose désormais défier Washington de plus en plus ouvertement.
Presque pour le contraindre à une intervention armée qui, bien sûr, aurait une issue prévisible.
Et qui pourrait néanmoins constituer un signal dangereux. La première étincelle d'un incendie capable de ravager toute l'Amérique du Sud.
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mercredi, 10 septembre 2025
Frappe dans la mer des Caraïbes et pression sur le Venezuela

Frappe dans la mer des Caraïbes et pression sur le Venezuela
Leonid Savin
Donald Trump a déclaré que le matin du 2 septembre, sur son ordre, les forces armées américaines sous la responsabilité du Southern Command ont porté une frappe cinétique contre des narco-terroristes identifiés comme appartenant au groupe Tren de Aragua. Il a également été ajouté que ce cartel « agit sous le contrôle de Nicolás Maduro et est responsable de meurtres à grande échelle, de trafic de drogue, de traite d’êtres humains ainsi que d’actes de violence et de terreur aux États-Unis et dans l’hémisphère occidental ». Selon Trump, la frappe a eu lieu alors que le navire se trouvait dans les eaux internationales et transportait de la drogue. Au total, onze personnes ont été tuées. Le message était accompagné d’une vidéo montrant un bateau à grande vitesse qui a explosé peu après.

Le Secrétaire d’État américain Marco Rubio a également déclaré que « le navire était parti du Venezuela et appartenait à une organisation narco-terroriste bien connue ».
L’annonce du président américain a été relayée par les médias américains et commentée par les autorités vénézuéliennes. En particulier, le ministre de la Culture et de la Communication Ernesto Villegas a déclaré que la vidéo avait été générée par intelligence artificielle. Le président colombien Gustavo Petro a condamné les actions des États-Unis en disant: «Si c’est vrai, il s’agit d’un meurtre, où que ce soit dans le monde. Pendant des décennies, nous avons arrêté des civils transportant de la drogue, sans les tuer. Ceux qui transportent de la drogue ne sont pas de grands barons de la drogue, mais représentent une jeunesse très pauvre des régions caraïbe et pacifique».
On peut donc classer cette opération américaine parmi les actions démonstratives de surface. Si Washington était réellement préoccupé par le problème du trafic de drogue, il proposerait une coopération à d’autres États. Mais nous ne voyons qu’un déploiement d’armes et n'entendons que des menaces absurdes.
Dans l’ensemble, aucune preuve n’a été présentée que le bateau transportait des membres d’un groupe criminel. On aurait tout aussi bien pu couler un bateau de pêche en prétendant qu’il transportait des armes ou de la drogue. Aucune pièce du bateau à moteur ni aucun corps des victimes n’ont été présentés, même si on peut expliquer leur absence par le fait qu’ils auraient tous coulé immédiatement après l’attaque.
D’un côté, cet incident montre un nouveau niveau de tension entre les États-Unis et le Venezuela. Au moins, la force militaire a été utilisée contre un sujet particulier (si le bateau à moteur était réel et non un montage en studio), que Washington a désigné comme une menace pour sa sécurité. Si les États-Unis frappent une fois, ils peuvent le refaire à l’avenir.
D’un autre côté, certains éléments indiquent que la pression sur le Venezuela pourrait diminuer. Premièrement, Washington peut ainsi « relâcher la pression » et déclarer que la mission a été accomplie avec succès. Cela s’est déjà produit à plusieurs reprises: lors du premier mandat de Donald Trump, une attaque de missiles de croisière a été menée contre une base militaire en Syrie, qui n’a pas causé de dommages importants, mais qui a été présentée comme un grand succès; plus récemment, dans la guerre entre l’Iran et Israël, les États-Unis se sont également contentés d’actions plutôt démonstratives que réellement efficaces.

Deuxièmement, la frappe contre le navire dans les eaux internationales montre que les États-Unis évitent de violer la souveraineté territoriale du Venezuela. Il est probable qu’à Washington, on s’est rendu compte qu’après la mise en alerte des forces armées bolivariennes (le ministre de la Défense Vladimir Padrino López a déclaré qu’ils défendraient le pays par tous les moyens possibles) et la mobilisation de la milice populaire à Caracas, aucune concession ne serait faite et que le pays était prêt à repousser toute agression future.
On peut supposer que les informations recueillies par les services de renseignement au cours des dernières semaines (la région caraïbe a vu une grande activité d’avions militaires américains équipés de dispositifs de détection à longue portée) ont également convaincu la direction américaine que le gouvernement vénézuélien était extrêmement déterminé et que les narco-cartels, dont l’administration de la Maison Blanche parlait constamment, n’existaient pas. Cela est indirectement confirmé par l’annonce de la destruction d’un bateau appartenant prétendument au clan Tren de Aragua (avec aussi des preuves douteuses de son existence, ressemblant davantage à une falsification) et non au groupe fictif « Los Soles », auquel on avait attribué auparavant la direction au président vénézuélien Nicolás Maduro lui-même.
Bien entendu, tout cela n’est que supposition, et à cause de l’imprévisibilité du comportement de Donald Trump (imprévisibilité qui devient une certaine norme), il est difficile de prévoir ce qui se passera ensuite.
Il existe un autre détail intéressant: les manœuvres américaines débutées le 4 septembre à Porto Rico, auxquelles participent justement les navires de guerre, dont un navire de débarquement, qui, au départ, avaient officiellement été envoyés pour lutter contre le trafic de drogue. Puisque les exercices militaires ne sont pas organisés spontanément, mais planifiés et coordonnés à l’avance pour des raisons logistiques et de soutien, il est fort probable que les déclarations de Trump relèvent de la diplomatie préventive, c’est-à-dire de menaces, et que l’envoi de l’escadre devait servir de confirmation à ses paroles.
Le contexte dans lequel cet incident s’est produit est également important. Le sommet de l’OCS, puis le défilé militaire à Pékin, au cours desquels l’élite politique du Sud et de l’Est global discutait de la nécessité de créer de nouveaux principes de gouvernance mondiale, ont été perçus avec nervosité à la Maison Blanche. Donald Trump a même affirmé qu’un complot se tramait contre les États-Unis.
Auparavant, la Russie et la Chine avaient exprimé leur soutien total au Venezuela dans la défense de sa souveraineté, sans parler des alliés traditionnels comme Cuba et le Nicaragua.

La frappe contre le bateau a eu lieu à la veille du voyage prévu du secrétaire d’État Marco Rubio au Mexique et en Équateur. Si les États-Unis obtiennent ce qu’ils veulent en Équateur (y compris le stationnement de soldats américains sous prétexte de lutte antidrogue); au Mexique, la Maison Blanche n’a pas encore obtenu les résultats escomptés. La présidente du pays, Claudia Sheinbaum, a rejeté les revendications du voisin du Nord pour un contrôle militaire extérieur renforcé et a condamné l’envoi d’une escadre militaire vers les côtes du Venezuela. Bien que Rubio ait souligné lors de son discours au Mexique que les frappes pourraient se répéter. Mais contre qui ? Ainsi, une telle démonstration de force peut être un signal pour d’autres pays de la région, que les États-Unis veulent mettre à genoux dans le cadre de leur doctrine Monroe 2.0.
D’un point de vue historique, l’activité politico-militaire des États-Unis dans la mer des Caraïbes rappelle celle du Royaume-Uni et de la France, notamment la pratique des corsaires et des flibustiers capturant et pillant des navires espagnols au profit de leurs métropoles.
À propos, en réalité, l’Équateur et la Colombie devraient s’inquiéter davantage de possibles actions des États-Unis, car plus de 80 % du trafic de drogue des pays andins (y compris le Pérou) passe par la mer vers les États-Unis via le Pacifique. Encore 8% partent du Guajira colombien vers la région caraïbe. Et seulement 5 % du trafic de drogue est lié au Venezuela. Ce sont les chiffres officiels de l’ONU.

Mais la paranoïa de Donald Trump et de son équipe l’emporte sur le bon sens et ne tient pas compte des statistiques et données officielles. De la même manière, comme Cuba a été inscrite sur la liste des pays soutenant le terrorisme, dans le cas du Venezuela, c’est une logique de diabolisation politique délibérée qui prévaut. Compte tenu des précédentes interventions américaines dans cette région et au Moyen-Orient, les actions de Washington sont perçues par beaucoup comme une tentative d’accès aux ressources pétrolières du Venezuela, ainsi qu’à d’autres minéraux, parmi lesquels on trouve des gisements confirmés d’or et de coltan – un élément rare nécessaire à la production des batteries de téléphones portables.
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jeudi, 04 septembre 2025
Amérique latine: les États-Unis reviennent à la diplomatie des canonnières

Amérique latine: les États-Unis reviennent à la diplomatie des canonnières
Leonid Savin
La semaine dernière, le président américain Donald Trump a décidé d’envoyer une flotte de navires de guerre et un sous-marin au large du Venezuela dans le cadre d’une opération spéciale ciblant les cartels de la drogue internationaux. La porte-parole de la Maison-Blanche, Carolyne Levitt, a également déclaré que la force militaire serait utilisée, si nécessaire, contre le Venezuela.
Étant donné qu’auparavant, le président du Venezuela, Nicolás Maduro, avait déjà été accusé d’être à la tête du cartel de la drogue "Sun" et de ne pas être un président légitimement élu, il y a toutes les raisons de penser que ce geste démonstratif de force pourrait dégénérer en une provocation sérieuse avec des conséquences imprévisibles pour toute la région.
La flotte américaine comprend trois destroyers de classe Arleigh Burke équipés de missiles guidés, un sous-marin et trois navires de débarquement transportant environ 4500 marines. Si la cible était des cartels de la drogue utilisant de petits bateaux ou des sous-marins artisanaux, souvent utilisés une seule fois, une telle flotte, aussi puissante, ne serait pas nécessaire. Il serait plus logique d’utiliser des avions de reconnaissance en coordination avec des bâtiments des garde-côtes, qui patrouillent le long des routes présumées empruntées par les trafiquants. Bien que, selon certaines déclarations, des avions de détection à longue portée Boeing P-8-A Poseidon de la marine américaine participent également à cette opération.

La diabolisation de la direction vénézuélienne n’a pas été un événement isolé. L’ancien procureur général américain William P. Barr a déclaré précédemment que "depuis plus de 20 ans, Maduro et plusieurs collègues de haut rang auraient conspiré avec les FARC (groupe rebelle colombien d’extrême gauche), ce qui aurait permis à des tonnes de cocaïne d’entrer dans les circuits américains et, par suite, de les dévaster."
En février 2025, Donald Trump a inscrit le groupe Tren de Aragua, actif aux États-Unis, sur la liste des organisations terroristes. Des mesures similaires ont été prises contre la MS-13 salvadorienne et six autres groupes mexicains. Il faut souligner qu’il n’y a aucune preuve qu’il existe des cartels de la drogue à l’intérieur du Venezuela ou que le gouvernement de ce pays ait des liens avec des gangs aux États-Unis. Il s’agit d’une désinformation pure, utilisant des méthodes similaires à celles employées auparavant contre la Russie.

En réalité, toutes les accusations portées contre le gouvernement vénézuélien sont tirées par les cheveux et basées sur un faux rapport rédigé par Joseph Humire, directeur du Center for a Safe and Free Society, un think tank conservateur lié à l’extrême droite américaine.
Ce rapport a été publié le 5 décembre 2024 par la Heritage Foundation et présenté comme un document stratégique pour la «sécurité de l’hémisphère».
Selon le journal britannique The Guardian, Humire aurait utilisé des données fictives et manipulé des déclarations à l’encontre du gouvernement vénézuélien dans divers médias américains, en mentant également lors d’audiences au Congrès américain.
Il est aussi mentionné que les déclarations de Humire concernant les liens entre le gouvernement de Maduro et des groupes criminels organisés ont suscité des doutes, y compris dans la communauté du renseignement américain.
Néanmoins, ces fausses accusations ont fonctionné: une récompense de 50 millions de dollars a été offerte pour Nicolás Maduro (probablement pour inciter l’armée vénézuélienne à commettre un coup d’État), de nouveaux prisonniers ont été envoyés à Guantanamo, en janvier 2025, la loi anti-immigration de Laken Riley a été adoptée aux États-Unis, et le Venezuela a été qualifié d’« État sponsor du terrorisme » (ce qui entraînera de nouvelles sanctions et autres mesures restrictives si la liste officielle est modifiée). Le dernier prétexte invoqué est la lutte contre les cartels de la drogue (dont au moins un, "Sun", est fictif), qui représentent une menace pour les États-Unis, pour laquelle Donald Trump a autorisé l’usage de la force armée.
Il faut aussi noter que, parallèlement, les États-Unis continuent de négocier avec Caracas pour l’extraction de pétrole, mais cela n’est pas beaucoup médiatisé. Probablement, la diabolisation du gouvernement vénézuélien vise aussi à renforcer la position de Washington dans ces négociations.

Mais Caracas a répondu fermement à ces provocations américaines par une déclaration de mobilisation. Le ministre de la Défense, Vladimir Padriño Lopez, a déclaré que « la patrie ne se discute pas, la patrie se défend ». Nicolás Maduro a donc annoncé la mobilisation de la milice bolivarienne, dont les membres ont été appelés à se rendre dans les points de rassemblement les 23 et 24 août. Le soutien au gouvernement vénézuélien a été exprimé par divers partis politiques, syndicats et organisations non gouvernementales, dont certains sont russes.
Une réunion extraordinaire d’ALBA-TCP a été organisée, au cours de laquelle les actions des États-Unis contre le Venezuela ont été condamnées. Dans la déclaration, il est dit que « nous rejetons catégoriquement les ordres du gouvernement américain concernant le déploiement des forces armées sous des prétextes fallacieux, avec l’intention évidente d’imposer une politique illégale, interventionniste et contraire à l’ordre constitutionnel des États d’Amérique latine et des Caraïbes. Le déploiement militaire américain dans les eaux des Caraïbes, déguisé en opérations anti-drogue, constitue une menace pour la paix et la stabilité dans la région. »
Ils ont également exigé de Washington qu’il mette fin immédiatement à toute « menace ou action militaire qui viole l’intégrité territoriale et l’indépendance politique » des pays de la région, ainsi que le « respect sans condition du cadre juridique international et des mécanismes multilatéraux de règlement pacifique des différends ».

Outre Cuba, le Nicaragua et la Bolivie, des critiques à l’égard de Washington ont été exprimées par les dirigeants du Mexique, de la Colombie et du Brésil, ainsi que par de petits États insulaires des Caraïbes: République Dominicaine, Antigua-et-Barbuda, Saint-Vincent-et-les-Grenadines, Saint-Christophe-et-Niévès, Grenade et Sainte-Lucie.
Quant à l’évolution possible du scénario, il est probable que Washington tentera d’utiliser le conflit territorial entre le Venezuela et le Guyana, en entrant dans les eaux territoriales que le Venezuela considère comme étant siennes, mais que le Guyana ne reconnaît pas (notamment où se trouvent d’importants gisements de pétrole). Même sans l’accord du gouvernement guyanais, il est peu probable que ce pays puisse empêcher une telle opération de piraterie.
Il est également évident que, dans un contexte géopolitique plus large, les États-Unis veulent jouer la carte de la force face à la Colombie et au Brésil, dont la direction n’est pas actuellement sous influence de Washington. Avec le renforcement de leur influence en Argentine, en Uruguay, au Paraguay, au Pérou, en Équateur, au Panama et en Bolivie (après les dernières élections générales où le Mouvement pour le socialisme a perdu face à des candidats et partis pro-américains), il semble qu’un plan systématique est en marche pour contrôler toute l’Amérique latine. Et le Venezuela reste un obstacle difficile à franchir.
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vendredi, 25 juillet 2025
L'OTAN menace le Brésil de sanctions

L'OTAN menace le Brésil de sanctions
Incapable de reconnaître sa défaite face à la Russie, l'OTAN, désormais impuissante, profère des menaces qui prêtent à rire.
Wellington Calasans
Source: https://jornalpurosangue.net/2025/07/15/otan-ameaca-o-bra...
Les menaces de l'OTAN envers le Brésil ne sont qu'un chapitre supplémentaire de l'histoire de l'impérialisme en crise. Victimes de leur propre corruption, les pays membres de l'OTAN n'ont pas eu le courage d'assumer qu'ils ont utilisé l'Ukraine pour mener une guerre par procuration contre la Russie, qu'ils ont perdu et qu'ils veulent maintenant blâmer les pays du bloc BRICS pour cet échec embarrassant.
L'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN) a récemment élargi sa stratégie de pression mondiale en incluant le Brésil dans une liste de pays-cibles susceptibles d'être soumis à des représailles économiques.

Le larbin de Trump, Mark Rutte, qui joue le rôle clownesque de secrétaire général de l'alliance, a publiquement menacé le pays, ainsi que la Chine et l'Inde, de sanctions « massives » s'ils ne faisaient pas pression sur la Russie pour qu'elle avance dans les négociations sur le conflit ukrainien.
Cette déclaration, faite au lendemain de l'annonce hilarante par Donald Trump de droits de douane supplémentaires de 100% contre les nations qui commercent avec Moscou, révèle une escalade inquiétante, car elle découle de la jactance des désespérés, dont l'ego a été passablement écorné.
L'OTAN instrumentalise la guerre pour imposer son programme, traitant les pays non alignés comme de simples pions géopolitiques. Une stratégie vouée à l'échec, car même si le Brésil est dirigé par un président faible, il sera difficile de l'isoler de ses partenaires du groupe BRICS, car les intérêts en jeu sont très nombreux.
La position de l'OTAN reflète une expansion de son rôle historique. Créée en 1949 comme alliance défensive, elle agit aujourd'hui comme le bras politico-militaire d'un ordre international en plein effondrement.
Malheureusement, le Brésil, qui a toujours recherché l'autonomie dans ses relations extérieures, est devenu une sorte de « pomme pourrie du bloc BRICS », en particulier avec les derniers présidents qui n'ont pas compris que les Occidentaux ne recherchent pas un partenariat, mais visent plutôt l'exploitation.
Aujourd'hui, après avoir offert des jabuticabas à Trump, Lula expose sa fragilité et le pays devient une cible pour ne pas avoir adhéré aux sanctions contre la Russie. Il suffisait d'un coup de poing sur la table pour mettre fin à la mascarade des lions édentés de l'OTAN, mais Lula, tout comme Bolsonaro, est le toutou de l'Occident et préfère raconter des blagues et faire des imitations.
Les menaces telles que celles proférées par Rutte ignorent la souveraineté brésilienne et exposent l'hypocrisie d'un bloc qui, tout en prônant la « sécurité collective », agit pour étouffer les voix critiques à l'égard de ses propres intérêts.
Comme le soulignent les analyses sur la démocratie au 21ème siècle, l'absence de soutien à l'OTAN peut transformer les pays réfractaires en « parias », soumis à un chantage systémique. Cependant, la Chine et la Russie étaient prêtes à affronter un tel chantage et vont remettre les ratés de l'OTAN à leur place.
Le discours de l'OTAN sur l'Ukraine mérite également d'être critiqué. L'alliance, qui depuis 2014 a alimenté la crise en étendant ses opérations à l'Europe de l'Est, utilise désormais le conflit comme justification pour étendre encore davantage son pouvoir coercitif.
Dans le même temps, des pays comme le Brésil sont accusés de « ne pas faire pression sur Poutine » — une exigence cynique, puisque c'est le Kremlin lui-même qui a récemment proposé la reprise des pourparlers de paix à Istanbul.
L'incapacité à reconnaître sa responsabilité dans le conflit révèle le caractère unilatéral de l'OTAN, qui préfère menacer des tiers et promouvoir des politiques néocolonialistes. Il est temps que le peuple brésilien exige de ses dirigeants une position souveraine ancrée dans les institutions.
Depuis les années 2000, le Brésil a renforcé son action sur les questions mondiales, défendant une politique étrangère indépendante. Cependant, la pression de l'OTAN cherche à saper cette autonomie, en imposant le dilemme suivant: « soit vous vous alignez, soit vous serez punis ».

La menace de sanctions secondaires, telles que les tarifs douaniers de Trump, montre comment le bloc OTAN instrumentalise l'économie pour contraindre les gouvernements. Il s'agit d'une stratégie qui combine des « mesures défensives » ambiguës et une coercition ouverte, consolidant un ordre où la souveraineté des pays périphériques est subordonnée aux intérêts des puissances qui, pour le plus grand bonheur du monde, sont en déclin.
Enfin, il est crucial de dénoncer et de rejeter l'impérialisme structurel de l'OTAN. En menaçant le Brésil, l'alliance atlantique expose non seulement son visage autoritaire, mais met également en évidence la crise d'un système international qui traite la guerre comme un simple outil de domination.
Alors que l'OTAN refuse de dialoguer avec la réalité multipolaire émergente, des pays comme le Brésil et d'autres membres des BRICS doivent résister à ces chantages, en réaffirmant que la paix n'est possible que dans le respect de la souveraineté et du droit international — et non sous les menaces d'un bloc obsolète et belliciste.
Mark Rutte n'a même pas d'autonomie chez lui. En tant que larbin de Trump, il ne sert qu'à faire du bruit. Il aboie beaucoup, mais n'a même pas de dents pour mordre.
12:37 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, politique internationale, otan, brésil, amérique ibérique, amérique du sud, amérique latine |
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dimanche, 18 mai 2025
Même la Colombie rejoint la Route de la Soie. Et l’Europe est de plus en plus isolée

Même la Colombie rejoint la Route de la Soie. Et l’Europe est de plus en plus isolée
Enrico Toselli
Source: https://electomagazine.it/anche-la-colombia-nella-via-del...
Même la Colombie fait désormais partie du programme planétaire de la nouvelle Route de la Soie chinoise. Un programme qui comprenait également l’Italie, en la plaçant au centre des initiatives en Europe et en Méditerranée. Mais ensuite sont arrivées les reproches de Biden et la souveraineté italienne a disparu comme neige au soleil, au grand plaisir de Tajani, avec Lady Garbatella (= Giorgia Meloni), heureuse d’échanger les intérêts nationaux contre le blanc-seing reçu de l’ancien maître de Washington.
Le problème, en amont, est cependant bien plus complexe. Peut-on être vraiment souverain si, économiquement, on dépend de chaque frisson des marchés internationaux ? Non, évidemment. La folie autodestructrice des toxiques de Bruxelles, avec les sanctions contre le gaz et le pétrole à bas coût en provenance de Russie, a indéniablement favorisé et enrichi leurs maîtres, mais elles ont pénalisé la compétitivité des entreprises européennes et italiennes en particulier. Et Rome ? Muette et obéissante.
Il en va de même pour le pari sur les voitures électriques. Des droits de douane sur celles venues de Chine, pour obliger les Européens à acheter des voitures de Stellantis, Volkswagen, Renault. Comme si, par miracle, les Européens, de plus en plus pauvres et précaires, pouvaient se permettre une dépense insensée pour des véhicules qui doivent avancer au pas pour satisfaire les maniaques de la sécurité.
Donc, boycottons la Chine. Et aussi le Brésil, la Russie, et les autres pays du groupe BRICS qui déplaisent aux maîtres de Washington. Renonçons à la Route de la Soie pour nous faire imposer des droits de douane par l’ami Donald. Renonçons aux jeunes Italiens les plus qualifiés, qui partent travailler à l’étranger, parce qu’il faut faire plaisir aux preneurs de fonds nationaux qui veulent pouvoir imposer des salaires de misère. Renonçons à la défense contre l’invasion des clandestins pour satisfaire les magistrats immigrationnistes.
Et puis, quelqu’un s’étonne devant l’abstention croissante…
20:25 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, colombie, amérique latine, amérique du sud, amérique ibérique, route de la soie |
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jeudi, 10 avril 2025
Enric Ravello Barber: «L'Argentine est le principal acteur en Amérique du Sud et le pont entre l'Amérique latine et l'Europe»

Enric Ravello Barber: «L'Argentine est le principal acteur en Amérique du Sud et le pont entre l'Amérique latine et l'Europe»
L'analyste géopolitique espagnol a analysé en profondeur avec PoliticAR les phénomènes liés à ce que l'on appelle désormais la « nouvelle droite libérale », tant en Amérique latine qu'en Europe et il a été direct : « Trump se tourne vers un techno-féodalisme », ce qui pour lui confirme la thèse selon laquelle il est la solution miracle pour tous les espaces qui se sentent partie prenante du « banquet » rassemblé autour du président américain.
Interview réalisée par Luciano Ronzoni Guzmán
Source: https://politicar.com.ar/contenido/593/enric-ravello-barb...
Enric Ravello Barber est un intellectuel bien établi, un polémiste et un penseur pointu avec lequel on peut débattre pendant de nombreuses heures. Il possède une double compétence qui fait de lui une figure très attrayante pour instaurer le débat d'idées : il sait être tranchant tant avec la gauche progressiste qu'avec la droite libérale. Son opinion pèse lourd en ces temps où les boussoles n'ont plus que des aimants désarticulés. Pour la première fois en Amérique latine, ce penseur-phare de notre temps entre dans le débat médiatique.
- À quoi correspond le phénomène de la dite "nouvelle droite libérale" qui est aujourd'hui en vogue en Amérique latine et en Europe ?
Je dirais que le phénomène est assez complexe et bourré de contradictions internes.
Je ne parlerais pas d'un phénomène de « nouvelles droites libérales », mais d'une confluence stratégique spécifique de « droites » d'origines diverses, voire opposées, qu'il convient d'analyser.
Il y a trois « acteurs » dans cette confluence :
- Trump, avec sa politique tarifaire protectionniste et sa confrontation économique et géopolitique claire avec l'Europe.
- Milei, un ultra-libéral, anti-protectionniste et anti-étatique. Je me souviens qu'un membre éminent du parti nationaliste flamand Vlaams Belang m'avait invité à donner une conférence sur Milei au siège de son parti à Anvers. À la fin de la conférence, on m'a demandé : « Pouvons-nous considérer Milei comme une “référence” ou non ? Ma réponse a été claire : « Vous et vos partis alliés en Europe vous définissez comme des “souverainistes”, c'est-à-dire des défenseurs de l'idée de la souveraineté de l'État. Milei dit que l'Etat est l'ennemi et qu'il doit être détruit au profit du marché. La réponse est dès lors évidente.
- Il y a ensuite la mal nommée « droite » européenne. Nous les appellerons désormais les partis nationalistes européens, qui ont toujours été caractérisés par un fort contenu social et dont la base électorale est constituée par les classes populaires autochtones.
Il y a en effet des points de convergence et de nombreux points de contradiction dans cette confluence stratégique compliquée. Dans ce contexte, nous devons nous poser quelques questions :
Qui est derrière tout cela ? Fondamentalement, nous pointons du doigt le CPAC, l'organisation conservatrice américaine. Les conférences qu'elle organise sont la vitrine de cette convergence.
Quel est le facteur unificateur ? La défense de certaines valeurs traditionnelles, l'opposition à l'immigration illégale, la défense de la souveraineté nationale - difficilement applicable dans le cas de Milei - et l'opposition à l'idéologie woke.
Dans quel but ? Pour que ce réseau agisse au niveau international comme une courroie de transmission du Parti républicain présidé par Donald Trump, et donc désormais du gouvernement de la Maison Blanche.
- Selon vous, quel rôle joue Trump par rapport à ce phénomène politique en Europe, est-il un carburant ou une solution miracle pour ces secteurs de l'individualisme radical ?
La deuxième partie de votre question confirme la première contradiction, laquelle relève des effets de l'élection de Trump en Europe. Ce ne sont pas du tout les secteurs de « l'individualisme radical » - dont l'expression serait la droite libérale classique - qui s'alignent sur Trump, mais le nationalisme européen, socialement et sociologiquement profilé, propre des travailleurs issus des classes moyennes et populaires.
La deuxième erreur est de s'allier avec quelqu'un qui a annoncé - et mis en œuvre - des mesures tarifaires sévères contre l'agriculture et l'industrie européennes : comment leurs alliés européens défendront-ils la politique tarifaire de Trump contre le vin français, l'huile espagnole et les voitures allemandes, alors que ces mesures douanières affectent gravement leurs économies nationales ? Il est évident que cette contradiction ne peut être maintenue dans le temps. Qui plus est, elle peut s'aggraver, comme en témoignent les aspirations annexionnistes de Trump à l'égard du Groenland. Anders Visiten, membre du parti nationaliste danois Dansk Folkeparti (DF), a répondu au Parlement européen aux prétentions de la Maison Blanche sur le Groenland par un retentissant et retentissant « Trump fuck off ».
La troisième erreur est qu'être l'équivalent européen de Trump, c'est aussi assumer les erreurs, les problèmes et les échecs de l'administration Trump. L'administration de la Maison Blanche s'oriente vers un techno-féodalisme de nature incertaine et dont les résultats économiques ne sont pas clairs à ce jour. Un échec économique de l'administration Trump serait compris en Europe comme un échec politique de ceux qui ont voulu s'identifier à lui, un gros risque à prendre s'il l'on agit de manière irréfléchie.

Qui gagne et qui perd dans ce nouvel échiquier géopolitique dessiné par Trump ?
Trump a un objectif clair : l'expansion impérialiste des USA. Il a aussi une vision claire de la scène mondiale, où il n'y a que trois acteurs principaux. Ce sont les États-Unis, la Russie, qu'il tente d'éloigner de l'orbite chinoise en partageant avec elle une nouvelle partition de l'Europe (un Yalta II) et la Chine comme grand adversaire contre lequel concentrer tous les efforts.
Sur cet échiquier, l'Europe et l'Amérique latine sont en train de perdre, ou plutôt de disparaître dans l'anonymat de l'impuissance.
Une Europe que Trump vise à éliminer en tant que concurrence économique et à annuler par occupation/soumission/partition avec la Russie en tant que puissance politique - et a fortiori militaire.
Et une Amérique latine à laquelle Trump a dit ne « pas être intéressé »; je crois qu'il ne la considère même pas comme une arrière-cour: il l'ignore et ne s'y intéresse que lorsqu'elle est la cible de politiques très spécifiques et ponctuelles.
L'Europe et l'Amérique latine sont-elles condamnées à ne plus être qu'une périphérie ou de simples « arrière-cours » où règnent querelles et inimitiés ?
Cette question est importante. Dans l'histoire, plus que les condamnations des autres, c'est la volonté propre ou l'absence de volonté qui compte. L'Europe est à un moment existentiel de son histoire, et, de ce fait, il faut voir s'il y a des élites capables d'établir les lignes d'action politiques pour l'unification et l'émancipation du continent, c'est-à-dire des élites capables de penser en des termes adéquats pour ce milieu du 21ème siècle qui s'annonce. Cela implique d'accepter fondamentalement le défi de l'époque, comme le disait le géopolitologue autrichien Jordis von Lohausen, c'est-à-dire « penser en termes de continents », aussi comme le faisait Jean Thiriart, théoricien du nationalisme grand-européen et ami de Juan Domingo Perón, dans les années 1960.

Si de telles élites ne se manifestent pas bien vite et si les personnages politiques européens restent figés dans les marges mentales étroites d'époques révolues, l'Europe deviendra une périphérie décadente, avec tout ce que cela implique en matière de crise civilisationnelle et économique et en tensions sociales croissantes.
Les perspectives pour l'Amérique latine sont très similaires : y aura-t-il quelqu'un pour relever ce défi historique décisif ?
- Quel rôle l'Argentine pourrait-elle jouer dans cette réalité ?
J'ai des liens affectifs et familiaux très forts avec l'Argentine, c'est pourquoi je réponds presque comme un « local ». L'Argentine possède trois éléments qui font d'elle le grand atout géopolitique de l'Amérique du Sud.
- La puissance. En raison de sa taille, de ses ressources, de sa réalité bi-océanique, de son niveau d'éducation et de sa qualité démographique, l'Argentine est sans aucun doute le premier acteur du continent. Perón a perçu cette réalité lorsqu'il a proposé son ABC comme premier pas vers la construction géopolitique d'une Amérique du Sud émancipée de la domination étrangère.
- L'ABC est donc l'un des héritiers de la plus grande construction politique et géopolitique de l'ère moderne réalisée par les descendants des Espagnols sur le continent américain. Cela lui confère une position privilégiée dans ses relations avec l'Espagne, un pays qui, à son tour, peut jouer un double rôle - de la même manière que l'Argentine - dans la construction de son propre pôle européen - émancipé de la puissance américaine - et en tant que pont vers le pôle nécessairement lié et potentiellement complémentaire de l'Amérique du Sud.
- L'Argentine en tant qu'Euro-Amérique. L'Argentine n'existerait pas sans l'arrivée massive de populations européennes à la fin du 19ème et au début du 20ème siècle. Cette arrivée a fait de l'Argentine un pays à physionomie démographique propre. Italiens, Espagnols (« Galiciens »), Français, Allemands, Polonais, Flamands, Croates, Gallois, un contingent de descendants européens constituent l'essentiel de la population argentine. En Europe, on est très conscient que l'Argentine est le pays le plus européen d'Amérique du Sud. Cela suscite un grand intérêt et un désir de rapprochement. J'ai été un témoin privilégié de cette attitude lors de mes rencontres avec les députés européens au Parlement de Bruxelles. L'Argentine suscite un intérêt très particulier et une proximité avec l'Europe qu'aucun autre pays d'Amérique du Sud ne génère. C'est un potentiel que la diplomatie argentine n'a jamais su jouer avec intelligence et constance.

En résumé, l'Argentine est le principal acteur en Amérique du Sud et en même temps le pont entre l'Amérique du Sud et l'Europe. Son rôle pourrait être décisif dans toute « géopolitique alternative » au projet de Trump et au monde tripolaire (États-Unis, Russie et Chine).
« Milei est un ultra-libéral qui est entré dans une phase de décadence »
« Milei est déjà dans une phase de déclin et de perte de consensus et de soutien populaire qu'il lui sera très difficile d'inverser. Il a été élu en espérant qu'il serait capable de construire un nouveau modèle économique qui relancerait l'économie nationale. Il est devenu évident qu'un tel modèle alternatif n'existe pas et que ses formules étaient loin d'être magiques.
Milei était présenté dans de nombreux médias européens comme l'homme miracle et la référence absolue en tant qu'économiste. Aujourd'hui, ses références positives ont complètement disparu, encore plus après ses « recommandations sur LIBRA » qui remettent en cause non seulement sa gestion mais aussi son éthique.
Milei est désormais dépendant du prêt du FMI, ce qu'il avait pourtant critiqué dans sa grande incohérence. Je pense que finalement le FMI lui accordera le prêt et, en échange, exigera d'exercer une « dictature » sur la politique économique de l'Argentine. Milei, en bon ultra-libéral, continuera à mettre les ressources de l'Argentine entre les mains des entreprises et des organisations internationales. Je pense qu'il tiendra jusqu'à la fin de son mandat, mais avec un affaiblissement progressif et qu'il atteindra 2027 avec une très faible popularité. S'il existe un projet alternatif social, national et populaire pour les élections présidentielles de 2027, ce sera la fin de Milei ».
* Enric Ravello Barber (Valence, 1968). Diplômé en géographie et en histoire, doctorant en histoire. Cours de géopolitique à l'Institut LISA et au CEDEGYS. Diplôme de troisième cycle en métapolitique. Écrivain et conférencier. Président de l'AAESA (Association d'amitié euro-sud-américaine).
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