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mardi, 17 mars 2026

La guerre de l’eau

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La guerre de l’eau

Andrea Marcigliano

Source: https://electomagazine.it/la-guerra-dellacqua/

La guerre entre l’Iran et les États-Unis (et, bien entendu, Israël) présente de nombreux aspects, causes et théâtres d’opérations.

Le pétrole, bien sûr. Mais aussi la position géopolitique de l’Iran, qui constitue un pont politique et économique fondamental avec la Chine.

Sans oublier l’équilibre global de tout le Moyen-Orient élargi.

Avec Téhéran qui représente le contrepoids, le principal obstacle à la naissance du Grand Israël.

C’est donc une guerre qui se mène à de nombreux niveaux. Avec différents outils.

Une guerre qui, désormais, devient aussi celle de l’eau.

C’est-à-dire qu’elle implique les ressources hydriques dont toute la région a besoin. Et qui, dans bien des cas, garantissent la survie même de peuples entiers.

Les faits sont clairs et simples.

L’aviation américaine a frappé, et de fait paralysé, les installations de désalinisation de Qesm, une île dans le détroit d’Ormuz, qui dépend entièrement de ces installations.

Il semblerait que ce soient les Américains. Même si, à l’heure actuelle, ils se renvoient la responsabilité avec Israël.

Oui… car ces installations avaient pour seul but de fournir de l’eau potable à la population de l’île. Aucune valeur militaire. Aucun rôle stratégique.

Bref, une absurdité totale. Mais une absurdité qui pourrait avoir de graves conséquences, comme l’ont déjà laissé entendre les déclarations iraniennes.

Parce que l’Iran, dans son ensemble, dispose de beaucoup d’eau, au point de pouvoir en vendre. Les sources d’eau sont abondantes. Les grands fleuves irriguent tout le pays.

Ceux de Qesm constituent un cas limite. Isolé. Un avant-poste.

Cependant, la situation est tout autre dans les pays arabes voisins, qui sont les bases de départ des opérations américaines.

Les besoins en eau de la population y sont, pour l’essentiel, couverts par des installations de désalinisation.

Cela va d’environ 70 % pour l’Arabie saoudite, à près de 100 % pour le Qatar.

Vous comprenez ? Sans usines de désalinisation, dans ces pays, on risque tout simplement de mourir de soif.

C’est pourquoi elles sont entretenues avec le plus grand soin.

C’est aussi pour cette raison qu’on a tenté de les tenir à l’écart du conflit.

Mais ensuite, des génies (américains ou israéliens, peu importe) ont eu la brillante idée de détruire Qesm. Sans aucune raison stratégique.

Et maintenant, qu'arrivera-t-il, pensez-vous?

Téhéran a été clair. À partir de maintenant, elle considère comme objectifs militaires tous, absolument tous, les sites de désalinisation de la péninsule Arabique.

La population civile, bien sûr, n’a rien à voir là-dedans. Mais ces pays arabes accueillent, disons-le, les bases aériennes et de missiles d’où partent les attaques américaines. D’où, probablement, est également partie celle contre l’usine de désalinisation iranienne.

Alors… faites vos comptes.

Riyad et les petits États du Golfe sont déjà en panique. Une riposte iranienne pourrait les mettre plus bas que terre. Les condamner à la soif.

Et cela rendra assurément très difficile le contrôle de populations en grande partie chiites, qui sympathisent déjà avec Téhéran.

Une absurdité militaire, disais-je. L’une des nombreuses absurdités criminelles, comme le bombardement d’une école pour enfants.

Une absurdité qui, dans ce cas, pourrait coûter très cher.

Vraiment très cher.

17:07 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : eau, moyen-orient, golfe persique, iran | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

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