samedi, 21 mars 2026
Iran: le jour de la «Nouvelle Lumière» - Ce qui unit Allemands et Perses

Iran: le jour de la «Nouvelle Lumière»
Ce qui unit Allemands et Perses
par Jochen Stappenbeck
Source: https://aufgewacht-online.de/iran-der-tag-des-neuen-lichts/
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Les Allemands et les Perses présentent dans leur histoire intellectuelle certains traits essentiels communs: dans les deux cas, la tradition spirituelle originelle a été remplacée par une religion étrangère venue du Sud (de Rome ou de La Mecque), mais les deux peuples disposaient d’un substrat propre si puissant et d’une telle volonté de création qu’ils ont fini par développer des cultures mixtes tout à fait originales. Pour les Allemands, cela se manifeste par les courants gothique et romantique, et religieusement par la Réforme; pour les Perses, ce sont le chiisme et l’emprunt à leur haute culture ancestrale.
Protestantisme et Chiisme
Les deux peuples ont une inclination pour la rationalité et la justice. La distinction entre sunnites et chiites ne nous parle guère, mais il n’est pas faux de voir dans l’orientation chiite des similitudes avec le protestantisme. Le chiisme intègre « l’aql » (la raison) comme source indépendante du savoir religieux à côté du Coran et de la Sunna, tout comme Luther et Calvin associaient la « sola scriptura » à une interprétation rationnelle de la Bible. Dans les deux cultures, la lutte entre le Bien et le Mal est très importante. Ce dualisme a été « inventé » par Zoroastre. Originale aussi, la Renaissance safavide, qui a fusionné arabesques islamiques, motifs sassanides préislamiques (roses, jardins) et symboles zoroastriens du feu.



Le trait de rationalité se manifeste de façon particulièrement saisissante dans la tradition perse, qui fait commencer la nouvelle année avec l’équinoxe de printemps, c’est-à-dire la première égalité du jour et de la nuit après la saison sombre. C’est la raison la plus objective pour débuter un nouveau cycle annuel, et il s’agit d’une des plus anciennes fêtes de l’humanité. Elle fut mentionnée pour la première fois par écrit au 7ème siècle avant J.-C.

Jusqu’à aujourd’hui, la tradition du « Nowruz » se perpétue dans les pays voisins de l’Iran et jusqu’en Russie. Environ 300 millions de personnes célèbrent cette fête. Le terme signifie à l’origine « nouvelle lumière » (la première syllabe correspond à « nouveau » dans d’autres langues indo-européennes, et dans la seconde, on retrouve la racine de « lumière » du germanique, en tenant compte du passage fréquent de «l» à «r»). Il y a plusieurs milliers d’années déjà, l’observation du ciel atteignait son apogée en Perse (alors incluant la Mésopotamie). Ce que nous distinguons aujourd’hui entre astrologie et astronomie formait alors (et jusqu’à l’époque moderne chez nous aussi) une unité.
Une configuration extrêmement rare
Cette année, l’équinoxe a lieu le 20 mars à 15h46. En Iran, il est placé sous le signe des bombardements « usraéliens » (le terme « guerre d’agression illégale au regard du droit international » étant réservé à la Russie) et invite à réfléchir aux liens plus profonds. Traditionnellement, c’est le moment où l’on établit des prévisions pour de longs cycles.

L’astrologue le plus célèbre de Russie, Pavel Globa (photo), qui a enseigné et publié dès l’époque soviétique, a des racines perses et pratique l’ancien système avestique. Ses prévisions restent aujourd’hui encore relativement fiables. Ainsi, début 2020, il déclarait: «Nous vivrons l’année de la souris et devons espérer ne pas finir comme des souris de laboratoire». Andreï Boukharine, un de ses élèves, a interprété début 2026 l’entrée de Neptune en Bélier, en conjonction avec Saturne, comme l’aspect le plus important de l’année.
La conjonction des planètes se produit tous les 36 ans, l’entrée de Neptune en Bélier seulement tous les 165 ans. Mi-juin 2025, une première phase avait déjà commencé, marquée par la première attaque contre l’Iran, accompagnée de la première flambée du prix du pétrole depuis 2022. Neptune symbolise la religion, l’illusion et le fanatisme. Le pétrole lui est aussi associé. Il restera treize ans dans le signe guerrier du Bélier. Un astrologue sérieux analyse de façon comptable toutes les données historiques disponibles et compare les cycles similaires.
La conjonction Neptune-Saturne marque souvent la fin des empires, comme celle de l’URSS à partir de 1989. Boukharine rappelle que lors de l’entrée de Neptune en Bélier, en 715-728, cela coïncidait avec les campagnes arabes contre l’Europe, en 1054 avec le schisme de l’Église, et en 1536 avec le calvinisme militant. L’énergie de Saturne fournit ainsi l’armement, la structure pour les bouleversements. Cela est encore renforcé par le carré avec Pluton et Uranus.
Pont entre l’Inde et l’Europe
L’intérêt porté à ces choses obscures ne relève pas tant de la question d’une prédétermination ou d’influences extraterrestres que de la certitude que les puissances de l’ombre, surtout en temps de guerre, s’en inspirent volontiers pour maximiser leurs chances de succès.

Le point vernal progresse le long de l’écliptique et parcourt près d’un quart de la sphère céleste en six millénaires. Ce fut déjà reconnu dans l’Antiquité. Mais cela ne dérange pas les astrologues. Image : par Dbachmann – œuvre personnelle, CC BY-SA 3.0.
En tant que pont entre l’Inde et l’Europe, la Perse a eu une influence féconde, surtout sur les religions du Levant actuel. Le rôle millénaire de l’ennemi (Amalek) dans certains courants messianiques du judaïsme (qui, grâce à Netanyahu, dominent actuellement la politique israélienne) revient aux hostilités relatées dans la Bible envers Israël, mais évoque aussi une sorte de relation pathologique parent-enfant, qui alimente un motif irrationnel de vengeance pour un préjudice réel ou imaginaire lointain. Des phantasmes d’extermination punitive similaires ont aussi concerné l’Allemagne dans les années 1940.
Israël en tant que « superpuissance mondiale »
Il existe une rumeur selon laquelle la pièce de Goethe « La foire de Plundersweilern » (1773), qui présente une parodie de l’histoire biblique d’Esther, à l’origine de la fête de Pourim, aurait été remaniée après la mort de Goethe parce que le poète montrait le rôle d’Haman d’une manière trop clémente. La déclaration de Netanyahou au 13ème jour de la guerre, selon laquelle Israël deviendrait une « superpuissance mondiale », offre une amplitude d’interprétation similaire.
Et il poursuit textuellement: «Nous trouverons le repos et l’héritage. Nous arriverons aux jours du Messie. Alors je vous le dis, il se pourrait que nous arrivions aux jours du Messie. Mais cela n’arrivera pas jeudi prochain. Dans la vie des nations, on rencontre sans cesse de nouveaux jours ou d’anciens jours qui se renouvellent. Et la seule manière d’assurer ta survie, ton avenir, ta sécurité et les alliances que l’on conclut avec toi, c’est d’être très fort». Neptune et Saturne en Bélier symbolisent précisément cette combinaison de dogme religieux et de grande puissance de transformation terrestre.
Accordera-t-on aux Iraniens une sorte de trêve du Nouvel An pour Nawruz ?
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13:09 Publié dans Actualité, Traditions | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, nowruz, iran, astrologie |
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